Affaire Méric : les parents se manifestent

Alors que mon spammeur d’habitude était en crise dans ma corbeille de blog, les parents de Clément Méric ont décidé de sortir de leur silence, ou se sont laissé convaincre de fournir à la presse les derniers SMS que leur fils a échangés avec ses amis, de 17h39 à 18h35 le 5 juin 2013.

Le journal ayant obtenu cette exclusivité, Le Parisien, a également publié d’autres éléments ressortant de l’information judiciaire.

Pour autant, nous n’apprenons rien de nouveau sur les causes de la mort du jeune homme décédé le 6 juin 2013, que les légistes n’ont su déterminer avec précision et certitude.

 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/clement-meric-les-derniers-sms-du-militant-7773285068

Clément Méric : les derniers SMS du militant

Les parents de Clément Méric ont accepté de dévoiler les derniers SMS envoyés et reçus par leur fils avant sa mort.

 

Un poster de Clément Méric, le 6 juin 2013
Crédit : AFP PHOTO/PASCAL PAVANI

Un poster de Clément Méric, le 6 juin 2013

par La rédaction numérique de RTL publié le 18/07/2014 à 12:22

 

« Ils descendent ». C’est le seul SMS envoyé par Clément Méric en lien avec la bagarre qui lui a coûté la vie, le 5 juin 2013, à Paris. Les parents du jeune militant d’extrême-gauche ont accepté de rendre publics les derniers textos envoyés et reçus par leur fils, avant la bagarre avec un groupe de skinheads, rapporte le quotidien Le Parisien.

Clément Méric, 19 ans, était étudiant à Sciences Po et membre de l’Action antifasciste Paris-Banlieue. En fin d’après-midi, le groupe composé de militants antifascistes rencontre des militants d’un groupuscule d’extrême droite, en sortant d’une vente Fred Perry, rue de Caumartin, dans le 9ème arrondissement de Paris.

Les circonstances exactes du drame sont floues

Les circonstances exactes du drame ne sont pas totalement claires. Les amis de Clément Méric ont expliqué avoir eu un échange de « mots » avec les skinheads, mais qu’ils n’en étaient pas venus aux mains. De l’autre côté, les sympathisants d’extrême droite affirment qu’ils étaient en position de légitime défense.

Le vigile du magasin affirme, sur le procès-verbal de l’enquête, que « Clément Méric voulait vraiment en découdre »Une vidéo de surveillance de la RATP montre que le groupe d’extrême gauche a attendu longtemps les skinheads à côté de la station de métro.

Il se préparait à partir pour une fête d’anniversaire

C’est peut-être pour démentir cette version que les parents de Clément Méric ont décidé de révéler les SMS envoyés par leur fils peu de temps avant la rixe mortelle. En effet, ces messages ne laissent pas soupçonner un état d’esprit belliqueux chez le jeune homme, qui se préparait à se rendre à une soirée d’anniversaire.

Pendant les deux heures qui précèdent sa mort, Clément Méric reçoit sept textos et en envoie six. La plupart d’entre eux portent sur la fête prévue le soir même. « T’as une place en voiture du coup ou pas? » écrit-il par exemple, ou encore « bon anniv ». « Tu pars quand chez Samy ? » lui demande un de ses amis, avant que Clément ne réponde : « Je sais pas encore l’heure, vers 19h si pas de place en voiture ».

À 18h27, seize minutes avant qu’il ne tombe au sol après avoir été frappé au visage par le skinhead Esteban Morillo, il envoie un lapidaire  »Ils descendent », à un autre de ses amis. Il s’agit de son dernier SMS. Quelques minutes plus tard, sa petite amie lui envoie un cœur stylisé.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/les-derniers-sms-de-clement-meric-18-07-2014-4010007.php

Exclusif.

Les derniers SMS de Clément Méric

Juste avant d’être frappé, le jeune militant a envoyé des textos qui le montrent plus préoccupé par une fête que par la guerre avec les skinheads.

 

Élisabeth Fleury | Publié le 18.07.2014, 06h58

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Le 5 juin 2013 en fin d’après-midi, une violente rixe oppose un groupe de skinheads d’extrême droite à des militants antifascistes. Elle se déroule en plein Paris, devant l’église Caumartin (IX e), à deux pas d’un immeuble où se déroule une vente de vêtements Fred Perry, très prisés par les uns et les autres.

Victime d’au moins deux coups de poing assénés par Esteban Morillo, un skinhead appelé en renfort par ses amis, Clément Méric tombe. Il est 18 h 43 et 31 secondes, comme l’attestentles — mauvaises — images vidéo prises par une caméra de surveillance de la station de métro Caumartin-Saint-Lazare. En état de mort cérébrale, il décède le lendemain. Arrivé de Brest un an plus tôt pour y suivre des cours à Sciences-po, en passe de surmonter une leucémie contractée l’année de ses 16 ans, ce militant de 19 ans est, depuis, devenu l’icône des mouvements antifascistes. Quel a été son rôle exact dans l’affrontement ?

Confuse, brève et violente, la bagarre a duré sept secondes. Mais les deux groupes, eux, se sont croisés une quarantaine de minutes plus tôt, dans l’appartement loué pour la vente de vêtements. A cet instant, Clément Méric n’est pas encore arrivé. Il rejoint ses amis quelques instants plus tard, alors qu’ils attendent devant l’église Caumartin.

Les skinheads, confortés par le témoignage d’un vigile, affirment que le jeune homme est venu les narguer alors qu’ils attendaient, dans la cour, que le groupe des « antifas » s’éloigne. Les amis de Clément, eux, insistent sur la fragilité physique de leur ami, affirment qu’il était venu les rejoindre dans le seul but de faire du shopping et réfutent toute idée de provocation. Esteban Morillo, auteur des coups mortels, qualifie Clément de « gamin » et son propre coup de poing de « réflexe ». « Je me suis senti menacé », dit-il.

Un seul texto est en rapport avec les faits

Qui croire ? Les parents de Clément Méric, tous deux profs de droit à la retraite, ont épluché le contenu du téléphone portable de leur fils cet après-midi-là et l’ont confronté aux images de la vidéosurveillance. Ce travail, qu’ils ont accepté de nous communiquer, ne permet pas de préciser le rôle des différents protagonistes de la bagarre. Mais il éclaire l’état d’esprit dans lequel Clément Méric se trouvait, quelques minutes avant sa mort. On est loin de l’état d’esprit belliqueux décrit par les skinheads.

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Entre 17 h 21 et 19 h 35, Clément Méric passe et reçoit une quinzaine de coups de fil. Il envoie six textos et en reçoit sept. S’il est impossible de connaître la teneur des appels téléphoniques, le contenu des SMS est clair : Clément tente de trouver un véhicule pour se rendre à une soirée d’anniversaire organisée, le soir même, pour son amie Céline*. « T’as une place en voiture du coup ou pas ? » demande-t-il à Delphine à 17 h 41. Dans la foulée, il souhaite à Céline un « bon anniv ! » qui l’en remercie, une demi-heure plus tard.

Alors qu’il vient de rejoindre ses potes à Caumartin, Clément Méric reçoit un texto de son ami Stef* : « Tu part quand chez Samy* ? » Réponse de Clément, trois minutes plus tard : « Je sais pas encore l’heure, vers 19 si pas de place en voiture ». Entre-temps, sa petite amie lui fait savoir, par SMS, qu’elle est occupée ce soir-là. « Busy ». Stef insiste : « Quel voiture ? ». Réponse immédiate de Clément : « Delphine* si y a de la place qui se libère ». Un seul texto est en rapport avec les faits. Adressé à l’un des membres du groupe antifa posté devant l’église Caumartin, il est envoyé à 18 h 27 : « ils descendent ». C’est le dernier SMS de Clément Méric. A 18 h 31, sa petite amie lui envoie un coeur stylisé. A 18 h 35, l’un de ses meilleurs amis, Lucas*, écrit « Excuse rappel ». A ce moment-là, le jeune étudiant, qui a fait un tour à la vente de vêtements et a croisé les skins dans la cour, vient de rejoindre ses amis devant l’église. A 18 h 43, mortellement touché par un coup de poing, Clément Méric s’effondre.

A 20 h 13 puis à 20 h 38, le skinhead Samuel Dufour envoie 2 SMS à l’un de ses contacts : « Salut, j’ai frappé avec ton poing américain », indique-t-il dans le premier, avant de préciser dans le deuxième  : « Ba il est parti à l’hôpital… MDR. »

* Les prénoms ont été changés.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/mort-de-clement-meric-des-agresseurs-faussement-naifs-devant-le-juge-18-07-2014-4009995.php

Mort de Clément Méric : des agresseurs faussement naïfs devant le juge

 

E.F. | Publié le 18.07.2014, 06h57

Esteban Morillo est actuellement incarcéré à la prison de la Santé à 

Esteban Morillo est actuellement incarcéré à la prison de la Santé à  | Paris (XIVe). (Prod.)

 

Les skinheads Esteban Morillo et Samuel Dufour sont les deux principaux protagonistes de la rixe qui a causé la mort de Clément Méric. Tous deux sont mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec armes ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Au bout d’un an de détention, Samuel Dufour a été libéré sous contrôle judiciaire.

Esteban Morillo, lui, demeure en prison. Devant la justice, ils s’emploient à minimiser la portée de leurs choix idéologiques.

Esteban Morillo. Né à Cadix en Espagne, cet agent de sécurité de 22 ans a grandi « dans une famille aimante et structurante », selon l’expertise psychologique. S’il n’a pas dépassé le stade des études secondaires, il dispose de « capacités intellectuelles de niveau supérieur » et est notamment attiré par les échecs. Parmi ses nombreux tatouages figure une banderole pétainiste « travail, famille, patrie » qu’il s’est « offerte » pour ses 17 ans. « Je ne savais pas ce que cela voulait dire, expliquera-t-il au juge. Je trouvais que la devise était belle. » Pour ses 18 ans, il se fait tatouer un trident, logo du mouvement Troisième Voie dont il a été membre. Avant d’être incarcéré, il vivait en couple avec Katia Veloso, 32 ans, agent de crématorium à Nanterre (Hauts-de-Seine). Cette dernière, décrite comme souffrant d’un « vide affectif structurel » par l’expertise psychologique, est sympathisante de Troisième Voie et membre de Section Défense animale, un groupe qui prétend défendre la cause animale tout en propageant les idées nationalistes. Au domicile qu’ils partagent à Saint-Ouen (Seine-Saint-Denis), deux poings américains ont été trouvés par les enquêteurs.

Soupçonné d’avoir porté deux coups de poing, dont un mortel, à Clément Méric, Esteban Morillo a été mis en examen et est actuellement incarcéré à la prison de la Santé à Paris (XIV e).

Samuel Dufour. Troisième d’une fratrie de 5 enfants, cet apprenti boulanger de 21 ans « n’aurait jamais reçu d’influences particulières sur le plan politique ou idéologique », relève l’expertise psychologique. Son père, agent de mairie, et sa mère, coiffeuse, forment un couple uni. Pourtant, l’expertise relève « une tendance à développer des sentiments de persécution » ainsi qu’un « comportement défensif », de l’impulsivité et de l’anxiété. Sympathisant de Troisième Voie, Samuel Dufour porte des tatouages explicites sur son bras gauche : le slogan nazi « sang et honneur » ainsi que la croix celtique. Sur une clé USB saisie chez lui, les enquêteurs ont trouvé des photos de Hitler (dont l’une est légendée « nous voulons un Hitler français »), des images de croix gammée, d’aigles nazis ainsi qu’une carte de France recouverte du logo du Front national. Face au juge, il élude. Pourquoi a-t-il sélectionné les images d’Hitler ? « Car c’est un personnage politique et qu’il a fait partie de l’histoire. » Les photos mentionnant « skinhead » ? « Je ne savais pas ce que ça voulait dire. » La croix celtique ? « Un symbole européen. » Les manifestations de Troisième Voie ? « C’était surtout sur la mondialisation. »

S’il a bien participé à la rixe mortelle, sans doute à l’aide d’un coup-de-poing américain, il n’est pas certain qu’il ait porté des coups à Clément Méric. C’est pour cette raison que ses avocats, M es Antoine Vey et Julien Fresnault, ont obtenu sa libération.



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