Claude Hermant missionné par la gendarmerie

C’est l’info du jour, côté belge :

http://www.lanouvellegazette.be/1281079/article/2015-05-07/le-carolo-qui-aurait-vendu-des-armes-au-terroriste-amedy-coulibaly-auteur-de-l-a

Publié le Jeudi 7 Mai 2015 à 08h06

Régions > Charleroi > Actualité

Le Carolo qui aurait vendu des armes au terroriste Amédy Coulibaly, auteur de l’attentat contre l’Hyper Casher, court toujours

 

R.T.

On se serait trompé de fournisseur dans l’affaire des armes de guerre vendu à Coulibaly depuis Charleroi. Le vrai trafiquant a été pisté par un indic des gendarmes et serait toujours libre come l’air ! Le premier suspect arrêté vient d’être libéré.

Amedy Coulibaly.

PhotoNews

Amedy Coulibaly.

En janvier dernier, un Carolo se livrait à la police et était placé dans la foulée sous mandat d’arrêt. Metin Karasular avait avoué avoir vendu une voiture à la copine d’Amedy Coulibaly, le terroriste de l’Hypercacher. Mais très vite, on l’avait soupçonné d’avoir aussi fourni des armes au djihadiste français. En pleine période des attentats de Charlie Hebdo, l’homme se voyait coller sur le crâne une véritable étiquette d’ennemi public. Mais cet homme pourrait n’avoir réellement fait que ça : vendre une voiture à la compagne d’un terroriste… Metin Karasular, écroué depuis janvier, a été libéré sous conditions.

Le réel fournisseur des armes qui ont servi lors de la prise d’otage de l’Hypercacher, lui, court toujours. Il s’agirait d’un habitant de Charleroi qui n’a rien à voir avec Metin Karasular. Ce Carolo a fait l’objet d’un signalement suite à une affaire se jouant côté français. Tout part d’un certain Claude Hermant, qui, après avoir joué les mercenaires au Congo et réalisé des missions de sécurité pour le FN de Jean-Marie Le Pen, a servi d’indicateur pour la gendarmerie de Lille. Et c’est dans ce rôle de « cousin » qu’il a mentionné l’existence d’un trafic d’armes piloté depuis Charleroi. Ce Claude Hermant a alors été missionné par les gendarmes français pour infiltrer le réseau carolo.

L’enquête a raté à cause d’une mauvaise coordination avec la France… Les détails d’un méchant couac dans votre édition du jour

 

Hier, Marianne publiait :

http://www.marianne.net/claude-hermant-barbouze-extreme-droite-fournisseur-armes-coulibaly-100233232.html

Qui c’est celui-là ?

Claude Hermant : barbouze d’extrême droite et fournisseur d’armes de Coulibaly ?

 

Mercredi 06 Mai 2015 à 5:00

Bruno Rieth

Claude Hermant, ce nom ne vous évoque peut-être pas grand-chose. Pourtant, cet ancien militaire de 51 ans est suspecté, comme l’a révélé ce dimanche « La Voix du Nord », d’être impliqué dans un réseau de trafiquant d’armes, réseau qui aurait notamment fourni Amedy Coulibaly, le responsable de le tuerie de l’Hyper Cacher. Retour sur l’itinéraire d’un barbouze issu des rangs d’extrême droite.

Claude Hermant missionné par la gendarmerie dans Attentats

Claude Hermant – BAZIZ CHIBANE/SIPA

 

Ce dimanche, La Voix du Nord révélait que les armes utilisées par Amédy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otage de la Porte de Vincennes, pourraient avoir été fournies par une figure de l’extrême droite du Nord, Claude Hermant, un chef de file identitaire au parcours atypique. Mis en examen et écroué fin janvier pour une possible implication dans un trafic d’armes, les enquêteurs le soupçonnent désormais d’avoir également armé, directement ou indirectement, l’auteur de la fusillade de Montrouge le 8 janvier et de la prise d’otage de l’Hyper Cacher du 9 janvier. Et pour compliquer le tout, toujours selon le quotidien régional, des courriels en possession du juge chargé de l’enquête prouveraient qu’il était aussi un informateur de la gendarmerie… Une grande tartufferie ? Pas si l’on se réfère au parcours atypique de cet ancien militaire de 51 ans, ancien barbouze reconvertit dans le survivalisme et le folklore flamand, toujours prêt à faire parler de lui.

C’est en 2001 qu’apparaît pour la première fois le nom de Claude Hermant, dans les colonnes du journal Libération. Renaud Dély et Karl Laske mettent la main sur cet ancien membre du service d’ordre du Front national, le DPS (pour Département Protection et Sécurité), auquel il aurait appartenu pendant six ans. Et ce que leur révèle alors l’homme est explosif. Selon ses dires, le DPS, déjà sous le feu des projecteurs après un rapport parlementaire sur ses dérives militaristes, aurait constitué une cellule de « 30 à 60 fantômes » jusqu’en 1999, fonctionnant avec des faux- papiers, tantôt espions, infiltrés, agitateurs dans les banlieues, ou encore hommes de main. Recruté par Bernard Courcelles, l’ancien directeur du DPS à l’origine de la création de cette cellule fantôme, l’ancien para, champion de boxe américaine, est envoyé au Congo pour mener une « mission de sécurité ». Sauf que l’opération qui s’apparente à un faux-putsch contre le pouvoir en place, véritable scénario à la pied nickelé, prend rapidement l’eau et Claude Hermant est arrêté, emprisonné et même lâché par son responsable Bernard Courcelles, comme le racontait en 2001 Karl Laske. Finalement gracié par le président Denis Sassou N’Guesso, il coupe brutalement les ponts avec le DPS et pour se venger, balance aux deux journalistes de Libé son histoire.

On le retrouve en 2008, lors de la création de la Vlaams Huis, la Maison du peuple flamand, basée à Lambersart, commune jouxtant la métropole lilloise. Une association pour promouvoir et défendre « la culture flamande » selon ses fondateurs. Un lieu qui permet surtout aux Identitaires de la région de se rassembler pour parler politique, à l’occasion, et descendre des bières, surtout, accoudés au comptoir du bar du local. Yoann Mutte, ainsi que ses camarades impliqués dans l’attaque d’un bar gay à Lille, ce fait divers qui avait fait grand bruit en plein débat sur l’ouverture du mariage aux couples homosexuels, avaient d’ailleurs leurs petites habitudes à la Maison du peuple Flamand. Mutte, en plus de taper sur des homosexuels, faisait partie du mouvement Troisième voie de Serge Ayoub, structure depuis dissoute suite à la mort du jeune militant antifasciste Clément Méric, lors d’une rixe avec des skinheads proches d’Ayoub. Il faut dire qu’Hermant et Ayoub avaient un temps songé à faire route commune. Une alliance qui s’était concrétisée lors d’une manifestation à Lille le 8 octobre 2011, rassemblement de tout ce que compte la France de crânes rasés et de xénophobes de tout poil (voir vidéo ci-dessous).

Cette même année, notre ancien barbouze, dans une logique d’expansion du mouvement identitaire dans le Nord, participe aussi à l’ouverture d’un nouveau lieu, la Maison de l’Artois, dans la petite ville d’Auchel. Une structure calquée sur le modèle de la Vlaams Huis mais qui rencontre l’opposition de syndicats et d’associations locales. Outre des bagarres à répétition, l’institution se distingue par un « week-end Trident », organisé là encore en partenariat avec Serge Ayoub, qui voit débarquer dans cette commune du Nord-Pas-de Calais, crânes rasés et porteurs de Dr. Martens en tout genre, certains de ces énergumènes se baladant avec des masques d’Adolf Hitler, arborant des tatouages « de croix gammées sur le corps », selon un témoin de la scène interrogé par un canard local. Mais l’expérience ne dure pas et en 2012, Claude Hermant doit dissoudre la Maison des identitaires de l’Artois ainsi que la Maison flamande en 2012.

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Mais l’ancien militaire ne s’avoue pas vaincu. Outre une apparition dans un reportage de M6 sur le survivalisme, dans lequel Hermant étale fièrement sa collection d’armes, il se lance dans la friterie, devenant gérant de la Frite Rit, située à Lille dans le secteur Gambetta-Solférino (ça ne s’invente pas). Un Hermant rangé des voitures donc… Pas vraiment puisque en 2014, en représailles à une attaque commise contre des participants à un concert antifasciste, l’ancien militaire est attaqué à son tour dans sa friterie. Il répond à ses attaquants à coup de matraque télescopique et flash-ball, comme on peut le constater dans une vidéo (voir ci-dessous) ajoutée par ses soins, sous le regard médusé des riverains.

Utilisation d’un lanceur de balles de défense généralement réservé aux forces de police qui ne lui vaudra pourtant pas d’être inquiété le moins du monde par les autorités judiciaires…

 

Résumé du Figaro lundi, 4 mai 2015 :

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/05/04/01016-20150504ARTFIG00002-une-figure-de-l-extreme-droite-lilloise-fournisseur-d-armes-presume-d-amedy-coulibaly.php

Une figure de l’extrême droite lilloise fournisseur d’armes présumé d’Amedy Coulibaly

    • Par Patrick Bèle
    • Mis à jour le 04/05/2015 à 07:39
    • Publié le 04/05/2015 à 03:44
Amedy Coulibaly posant à côté d'une de ses armes (illustration).
 

Arrêté en janvier, Claude Hermant remilitarisait des armes venues d’Europe de l’Est. Son réseau avait des ramifications à Charleroi où Coulibaly a acheté les armes qu’il a utilisées à Vincennes le 9 janvier.

Les armes utilisées par Amedy Coulibaly dans l’attaque de l’hyper casher de Vincennes seraient passées par Claude Hermant, un membre de la mouvance identitaire de Lille, selon des informations publiées par La Voix du Nord. En détention provisoire depuis fin janvier et mis en examen pour trafic d’armes en bandes organisées, «des éléments extrêmement lourds», selon la source citée par le journal, pèsent contre lui.

Le réseau de Claude Hermant avait des ramifications en Belgique et notamment à Charleroi où Coulibaly avait acheté les armes qu’il a utilisées à Vincennes le 9 janvier. «Dans ce genre de trafic, il y a toujours un ou des intermédiaires. Claude Hermant ne connaissait pas forcément la destination finale des armes. Ca montrerait en tout cas la porosité entre certains milieux islamistes et du banditisme», précise la source citée par La Voix du Nord.

Caches d’armes

L’enquête a débuté bien avant les attentats de janvier à Paris. Une information judiciaire a été ouverte le 7 mai 2014 et a conduit à une commission rogatoire internationale d’un juge lillois le 18 décembre dernier puis à une spectaculaire perquisition à Comines, en Belgique. 82 personnes avaient dû être évacuées pour permettre aux services de police et aux démineurs d’inspecter une maison suspectée d’être une cache d’armes. D’autres perquisitions fin janvier en France et en Belgique ont permis de découvrir des armes.

Claude Hermant aurait remilitarisé depuis plusieurs années des armes neutralisées en provenance d’Europe de l’Est expédiées par conteneurs à Anvers ou Rotterdam par une entreprise slovène, AFG. Agé de 51 ans, il a longtemps eu des liens avec les milieux barbouzards et l’extrême droite. Il était le leader de l’ex-Maison Flamande de Lambersart, fermée en 2012, ou se retrouvaient de jeunes skinheads, affichant haine du «système», xénophobie et régionalisme flamand. Il se dit «anarchiste de droite». Il a été boxeur, a voyagé au Congo, en Croatie et en Angola. Il gérait un terrain de paintball et travaillait ces derniers mois dans une friterie de la rue Solférino, à Lille.

La Voix du Nord révèle également des courriels échangés entre Claude Hermant et la gendarmerie dont il aurait été un informateur. «Mon client est un combattant, il n’aurait jamais travaillé contre les intérêts de son pays, explique son avocat, maître Maxime Moulin. Il entend laver son honneur».



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