Terrorisme : nouvel attentat avorté, à Toulon

Les auteurs ou commanditaires s’avèrent être toujours du même groupe…

 

http://www.liberation.fr/france/2015/11/11/attentat-dejoue-a-toulon-le-suspect-en-contact-avec-un-jihadiste-present-en-syrie_1412614

Attentat déjoué à Toulon : le suspect en contact avec un jihadiste présent en Syrie

 

Par Willy Le Devin — 11 novembre 2015 à 13:01
La base navale de Toulon en 2004. Un homme interpellé fin octobre projetait d’attaquer au couteau des marins. Photo éric estrade. AFP

Hakim M., 25 ans, interpellé le 29 octobre, projetait d’attaquer au couteau des marins de la base navale. Mustapha M., un jihadiste ayant voulu s’en prendre à «Charlie Hebdo» avant de partir en Syrie, l’a aidé à définir son action.

  • Attentat déjoué à Toulon : le suspect en contact avec un jihadiste présent en Syrie

Après l’annonce, début juillet, d’un projet d’attentat déjoué contre le sémaphore de Béart (Pyrénées-Orientales), les militaires étaient une nouvelle fois visés par un jihadiste. Mardi, Canal+ a révélé l’interpellation, le 29 octobre, d’un Toulonnais de 25 ans, Hakim M., qui ambitionnait une attaque contre la base navale de la marine nationale du Var. En garde à vue, l’homme est passé rapidement aux aveux. Mis en examen le 2 novembre pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», il était connu depuis l’été 2014 par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour ses velléités de départs en Syrie et son activité ostentatoire sur Facebook. Les enquêteurs ont notamment découvert des posts glorifiant l’action de l’Etat islamique (EI), ainsi que des échanges éloquents avec un autre Toulonnais, Mustapha M., parti, lui, en Syrie en décembre 2014.

Alertés par le contenu de leurs conversations, les services intérieurs ont intercepté deux colis, commandés par Hakim M. sur un site internet chinois, dont l’un contenait deux cagoules noires et un «couteau de combat». Le jihadiste présumé avait choisi d’acheter du matériel en ligne après avoir échoué à se procurer une kalachnikov en Corse. Ces colis avaient pour destination le foyer Adoma, dans lequel résidait Hakim M., qui avait coupé les ponts avec sa famille et ses amis depuis plusieurs mois. «Même si son passage à l’acte n’était pas encore totalement clair, son profil est un peu plus sérieux et déterminé que les trois jeunes impliqués dans le projet d’attaque près de Perpignan [Les trois suspects, Ismaël K. (17 ans), Djebril A. (23 ans) et Antoine F. (19 ans) consultaient tout de même des documents de propagande de l’EI et des manuels de confection d’engins explosifs, ndlr]. Toutefois, on observe désormais des similitudes dans de nombreux dossiers. Des consignes sont données par des connaissances en Syrie et certains, sur le territoire français, sont désignés ou se portent volontaires pour les appliquer», confie un policier antiterroriste haut placé.

C’est en effet en dialoguant avec Mustapha M. qu’Hakim M. se serait fortement radicalisé. Agé de 21 ans, Mustapha M. a lui-même un lourd passif. Il a été interpellé en septembre 2012 pour des menaces formulées à l’encontre de Charlie Hebdo après la publication de caricatures de Mahomet. Des perquisitions à son domicile avaient permis de mettre la main sur plusieurs couteaux. Libéré sous contrôle judiciaire en avril 2013, il cesse de pointer au commissariat en décembre 2014, période à laquelle il gagne la Syrie. Il se serait alors basé un temps à Raqqa, la capitale syrienne du califat de l’Etat islamique (EI), et serait «formé au combat» selon une source des services de renseignements. Pour sa part, Hakim M. a tenté de rejoindre les zones de combat en octobre et décembre 2014. La première fois, sa famille l’en a empêché en confisquant ses documents de voyage. Hakim M. les a alors déclarés volés, avant, semble-t-il, de réussir à reprendre les originaux à ses parents. En décembre, il tente de quitter la France par la route, et rejoint la frontière italienne où ses documents déclarés volés font tiquer les autorités lors d’un contrôle. Quelques semaines plus tard, en février 2015, une interdiction administrative de sortie de territoire, permise par la loi antiterroriste votée en novembre 2014, est prononcée à son encontre. Contraint de rester à Toulon, il aurait, sur conseils de Mustapha M., choisi de s’en prendre à des marins de la base navale, les militaires étant des cibles récurrentes de la propagande de l’Etat islamique.

Willy Le Devin

 

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/attentat-dejoue-a-toulon-le-gouvernement-reaffirme-sa-vigilance-absolue-10-11-2015-5266905.php

Attentat « déjoué » à Toulon: le gouvernement réaffirme sa « vigilance absolue »

 

10 Nov. 2015, 21h49 | MAJ : 10 Nov. 2015, 21h49

 

Des militaires français embarque sur un navire de guerre Mistral à Toulon, le 18 juillet 2006
Des militaires français embarque sur un navire de guerre Mistral à Toulon, le 18 juillet 2006 (AFP/Eric Estrade)

 

Le gouvernement a insisté mercredi sur sa « vigilance absolue » face à la « menace terroriste élevée », après l’arrestation d’un homme qui était en contact avec un jihadiste français en Syrie et projetait d’attaquer des militaires à Toulon.

 

Cet homme de 25 ans, connu pour des faits de petite délinquance et dont la radicalisation avait été repérée vers l’été 2014 par les services de renseignement, notamment sur les réseaux sociaux, a été arrêté le 29 octobre. Il a été mis en examen le 2 novembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, puis écroué, mais ces informations n’ont filtré que mardi soir.

« Nous assurons avec beaucoup de force et d’autorité la sécurité des Français et nous en faisons aujourd’hui la démonstration », a déclaré Manuel Valls en marge des cérémonies du 11 novembre.

Selon le Premier ministre, « il y a toujours une menace terroriste particulièrement importante, mais nous combattons ce terrorisme à l’extérieur, en Syrie, en Irak (…) mais aussi bien sûr en France« .

« Chaque jour nous procédons à des arrestations », « chaque jour nous démantelons des filières », « chaque jour nous mettons hors d’état de nuire des individus qui veulent nous frapper », a énuméré de son côté le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. « C’est la raison pour laquelle nous déjouons des attentats », a-t-il assuré, réaffirmant sa « vigilance absolue ».

Les attentats jihadistes de janvier contre Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts, ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives. Parmi celles-ci, certaines ont visé des militaires. Début février, trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice avaient ainsi été agressés au couteau par un homme aussitôt arrêté. Et en juillet, trois jeunes ont été écroués, soupçonnés d’avoir voulu attaquer le sémaphore de Fort Béar, un camp militaire de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) où avait officié l’un d’eux, alors marin.

- Un Français en Syrie déjà connu de la justice -

Ce sont à nouveau des militaires qui étaient la cible du jeune homme arrêté fin octobre. Dans son viseur, l’arsenal de Toulon, premier port militaire d’Europe, regroupant 70% de la flotte française, dont les sous-marins nucléaires d’attaque et le porte-avions Charles-de-Gaulle, bientôt déployé dans le Golfe pour participer aux raids contre le groupe jihadiste État islamique (EI).

Selon des sources policières et proches du dossier, le suspect, en rupture familiale depuis plusieurs mois, était surveillé par les services. Il souhaitait se rendre en Syrie, projet qu’il a « manifesté » en octobre et décembre 2014, poussant les autorités à prendre « des dispositions de police administrative pour l’empêcher de partir », a expliqué Bernard Cazeneuve.

C’est le foyer où il vivait à Toulon qui a appelé la police, après la réception de deux colis, un avec deux cagoules, l’autre avec un couteau de combat avec poing américain intégré, a-t-on précisé mercredi de source policière. Un colis, partiellement éventré, a éveillé les soupçons.

En garde à vue, il a reconnu avoir été en contact avec un Français actuellement en Syrie dans les rangs de l’EI qui, « par internet, l’a incité à passer à l’acte », selon une des sources proches du dossier.

Ce jihadiste français qui se trouve en Syrie depuis environ un an avait été mis en examen et écroué quelques mois pour avoir proféré de violentes menaces contre Charlie Hebdo en 2012, a ajouté cette source.

Les enquêteurs avaient établi un lien entre ce jeune homme, également toulonnais, et la cellule islamiste démantelée de Cannes-Torcy dont certains membres auraient eu, déjà, des projets d’attentat visant des militaires. Il avait néanmoins été libéré en avril 2013.

C’est lui qui a conseillé au jeune récemment arrêté d’acheter une arme, a précisé une autre de ces sources.

L’homme arrêté a fini par admettre un projet d’attaque contre des marins de la base navale de Toulon. Selon des sources policières, il n’avait pas encore de plan très précis, mais il « voulait mourir en martyr à l’arsenal ».



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