Terrorisme : rééduquons nos magistrats

Comme rapporté dans mes deux précédents articles de blog, des procureurs tiennent actuellement des propos ahurissants sur leurs missions, dont, notamment, ils disent clairement avoir toujours écarté les poursuites pour faits de terrorisme ou leur étude jusqu’au 13 novembre 2015.

Ils avouent par là avoir toujours laissé les individus les plus dangereux parfaitement libres de commettre tous leurs forfaits.

Afin de remettre ces magistrats dans le droit chemin, je préconise qu’il leur soit ordonné autant de fois que nécessaire pour produire effet d’écouter l’intégralité de la bande-son de l’attaque du Bataclan.

Qu’ils se disent bien que les cris des victimes qu’à longueur d’année ils refusent catégoriquement d’entendre sont toujours les mêmes.

 

http://www.leparisien.fr/attentats-terroristes-paris/attentats-une-bande-son-de-l-attaque-du-bataclan-etudiee-par-la-justice-18-12-2015-5383627.php

Attentats : une bande-son de l’attaque du Bataclan étudiée par la justice

 

V.F. | 18 Déc. 2015, 07h59 | MAJ : 18 Déc. 2015, 07h59

Une bande-son de la tuerie du Bataclan du 13 novembre est actuellement aux mains de la justice.
Une bande-son de la tuerie du Bataclan du 13 novembre est actuellement aux mains de la justice.
(LP/Matthieu de Martignac.)

 

Une bande-son de la tuerie du Bataclan du 13 novembre est actuellement étudiée par les six juges d’instruction parisiens chargés de l’enquête sur les attentats de Paris. L’enregistrement d’une durée de deux heures, un document «glaçant» selon TF1, laisse entendre les cris des victimes, des appels au secours et la voix des terroristes. Un élément déterminant pour les enquêteurs qui peuvent analyser en détail les événements tragiques qui se sont produits dans la salle de concert parisienne.

Le fichier audio a été réalisé par un technicien du Bataclan qui a voulu, à titre personnel, enregistrer le concert des Eagles of Death Metal, selon TF1.  Il laisse entendre l’horreur vécue par les victimes «depuis l’entrée des trois kamikazes dans le Bataclan vers 21h40, jusqu’à la fin de l’assaut des hommes d’élite de la Brigade de recherche et d’intervention (BRI) vers 0h30», explique la chaîne de télévision. Sur cet enregistrement jugé de qualité, les trois auteurs du massacre qui a fait 90 morts se parlent, échangent beaucoup, s’appellent par leurs prénoms, discutent de leur appartenance au groupe Etat islamique, du jihad en Syrie ou en Irak, le temps pour eux de recharger leurs armes de d’ouvrir à nouveau le feu sur les victimes.

Cette bande-son a également permis d’établir que Samy Amimour, Ismaël Mostefaï et Foued Mohamed-Aggad avaient arrêté de tirer sur les victimes une fois la BRI entrée dans la salle. Un des trois suspects vient alors de se faire abattre par le commissaire de police arrivé le premier sur les lieux.

Les attentats du 13 novembre à Paris et Saint-Denis ont fait 130 morts et quelques 400 blessés. Depuis l’instauration de l’état d’urgence après les attentats, 488 procédures judiciaires ont été engagées sur l’ensemble du territoire français et 51 personnes ont été écrouées, a annoncé mercredi la chancellerie.

Paris, 13 novembre 2015

VIDEO. Les premiers instants de l’attaque du Bataclan

VIDEO. « Les gens hurlaient, comme s’ils étaient torturés »

VIDEO. « Les gens annonçaient la mort en sortant du Bataclan »

 

http://www.metronews.fr/info/attentats-de-paris-ce-qu-ont-decouvert-les-policiers-dans-le-bataclan/molr!EH6nXwjb34Ks/

Attentats de Paris : ce qu’ont découvert les policiers dans le Bataclan

 

Mis à jour : 18-12-2015 15:21

- Créé : 18-12-2015 14:03

TERRORISME – Les experts de l’Identité judiciaire -police scientifique et technique-, sont arrivés au Bataclan le 13 novembre dernier après l’assaut et l’évacuation des blessés. Sur place, ils ont du comptabiliser les morts, et faire face à une scène d’horreur. Le patron régional, Xavier Espinasse, témoigne ce vendredi dans les colonnes du Figaro. Un récit troublant.

 

La police technique et scientifique, devant le Bataclan, le 13 novembre.

AFP

Photo:

Il est entré dans le Bataclan vêtu de sa traditionnelle combinaison blanche. Cette tenue, Xavier Espinasse ne l’a pas quittée de toute la nuit.

Le 13 novembre 2015, le patron du service régional de l’Identité judiciaire, Xavier Espinasse, et ses équipes sont arrivés au 50, boulevard Voltaire à la fin de l’assaut, relate Le Figaro ce vendredi. Les spectateurs sont en train d’être évacués de la salle de concert qui vient d’être attaquée par trois kamikazes : Ismaël Mostefaï, Samy Amimour et Foued Mohamed Aggad.

« Je me souviens de tout »

Sur place, les experts de l’Identité judiciaire commencent leur délicat travail. A côté de chaque élément balistique – étui de cartouche, chargeur… – ils déposent un tube lumineux pour retrouver facilement tous les objets qui ont participé à ce carnage. Xavier Espinasse raconte à nos confrères la suite. « Je m’accroupis et commence à compter les morts. Je m’arrête à 60, avec la pleine conscience que ça n’est pas fini. Je me souviens de tous, de ces jeunes hommes qui avaient de bonnes bouilles, portaient souvent des lunettes, des barbes, et se ressemblaient, ce qui n’a pas facilité les identifications. Et des femmes, notamment de l’une d’elle, allongée comme dans la position d’une danseuse (il mime), avec des yeux magnifiques grands ouverts. »

En plus de ce spectacle insoutenable, les experts entendent le bruit continu des téléphones portables qui ne cessent de sonner ou de vibrer dans les poches de ceux et celles qui étaient venus assister au concert parisien des Eagles of death metal. « Avant l’intervention de mes équipes, j’ai eu besoin de prendre quelques minutes pour aller visiter chaque victime, comme si je le devais à leur famille. J’étais au milieu de mes frères morts », poursuit le patron du service régional de l’Identité judiciaire.

Une lettre plutôt qu’un numéro

Pour respecter ceux qui sont partis, la police ne met pas de numéros sur les corps, à la place des lettres. Seulement voilà, l’alphabet n’en compte que 26, près de quatre fois moins que nécessaire. « L’alphabet n’y suffisait pas » relève Xavier Espinasse. Le Bataclan est donc quadrillé de Rubalise (ruban plastique rouge et blanc), chaque zone marquée d’une lettre étant inspectée par un groupe dédié.

« Les équipes travaillent, ça murmure, ça parle bas, explique Xavier Espinasse. Il ne viendrait à quiconque l’idée de héler un collègue à l’autre bout de la salle pour lui demander une lampe. Les manipulations de corps sont obligatoires, mais les familles doivent savoir que nous opérons avec un maximum de délicatesse et de respect, j’en atteste », poursuit-t-il.

S’occuper des terroristes

Outre les corps des innocents, Xavier Espinasse et ses équipes, qui se sont rendus sur les différents sites visés par les attentats, ont dû aussi gérer les cadavres des kamikazes. « La plupart étaient en charpie, au Stade de France il y avait des morceaux projetés sur les murs… On a tout mis dans des sacs mortuaires en faisant très attention de ne pas mélanger. À l’Institut médico-légal, un anthropologue se charge de reconstituer les puzzles. C’est lui qui nous a appelés pour nous informer qu’il lui manquait une jambe pour l’un des kamikazes ». La jambe en question sera retrouvée quelques semaines plus tard dans un caisson sous la scène.

Depuis ce 13 novembre, Xavier Espinasse vit avec ça. Le 27 novembre, il est allé à l’hommage rendu aux Invalides et s’est retrouvé par hasard dans les mêmes rangs que les familles des victimes. Le 4 décembre, jour où le bar La bonne bière a rouvert ses portes, Xavier Espinasse est allé, seul, mais au nom de son service tout entier, boire un café au comptoir : « Je voyais des fantômes allongés sur le sol » confie-t-il encore.

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Terrorisme : les procureurs ne seraient pas entendus

Dans mon précédent article de blog, je rapportais un article que Le Parisien a publié hier soir à la suite d’une conférence de presse donnée par des procureurs de la République ayant notamment fait publiquement aveu d’incompétence pour une bonne part des missions qui leur sont depuis toujours normalement dévolues, les plus sensibles, les plus importantes :

 

«La garde des Sceaux a souhaité que tous les parquets aient des référents terrorisme. Mais ce ne sont pas des collègues en plus qui sont arrivés, ce sont des missions en plus qui sont venues se rajouter», a déploré Thomas Pison, pour qui la «pression» supplémentaire peut engendrer des «erreurs de procédure».

 

Plus tôt dans la journée, France Inter avait repris une dépêche de Reuters rapportant que ces magistrats disent qu’ils « ont le sentiment de ne pas être entendus ».

C’est la phrase de trop, celle qu’aucune des victimes dont ils se moquent ouvertement depuis toujours ne peut entendre.

En ce qui me concerne, je n’entends pas la « souffrance au travail » alléguée par ces magistrats lorsqu’à l’instar d’Isabelle Johanny, vice-procureur au tribunal de grande instance de Brest, ils expriment dans la joie et l’allégresse leur plaisir extrême de participer à tous les actes de terrorisme du malade mental Pascal Edouard Cyprien Luraghi et de tous ses amis « déconnologues ».

Aussi, je comprends qu’aujourd’hui ils aient un peu de mal à lancer leur « cri d’alarme ».

Les justiciables qu’à longueur d’année ils refusent catégoriquement d’entendre ne peuvent pas du tout l’entendre.

 

http://www.franceinter.fr/depeche-les-procureurs-se-jugent-desarmes-pour-remplir-leurs-missions

Dépêches > justice du vendredi 18 Décembre à 15H59

Les procureurs se jugent désarmés pour remplir leurs missions

 

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François Molins, procureur de Paris © MaxPPP/EPA/Yoan Valat – 2015

C’est une situation extrêmement rare : le bureau de la Conférence nationale des procureurs de la République a tenu à s’exprimer publiquement aujourd’hui, pour dénoncer le manque de moyens, en particulier en période de menace terroriste. Beaucoup se disent « au bout du rouleau » devant leur propre impuissance.

Ils sont nombreux à demander au gouvernement de se pencher sur la crise que traversent depuis des années les parquets de France et demandent à être reçus par la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Ils estiment que depuis leur précédent cri d’alarme en 2011, presque rien n’a été fait pour faire face à un manque de moyens humains, matériels et financiers, alors même que les missions de magistrats littéralement « au bout du rouleau » ne cessent de croître.

Pour les procureurs, c’est un véritable cri d’alarme, très rare dans leur domaine. Corinne Audouin

« Les parquets connaissent une véritable thrombose », déclare ainsi Thomas Pison, procureur de Nancy et président de la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR), qui a le soutien de 130 magistrats sur 167.

« Quatre ans après, il y a une aggravation de la crise », a ajouté lors d’une conférence de presse Marc Cinamonti, procureur de Lyon, pour qui les magistrats « ont le sentiment de ne pas être entendus ».

« Au parquet la crise est plus sensible, plus aiguë »

Les procureurs, en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, insistent sur le manque de moyens, soulignant que les renforts annoncés par François Hollande après les attentats du 13 novembre ne seront pas opérationnels avant deux ans.

Selon eux, 6,58% des postes de magistrats du parquet ne sont pas pourvus et la France compte 2,9 magistrats du parquet pour 100.000 habitants, contre 12 en moyenne en Europe.

La CNPR déplore également le manque d’assistance des magistrats le soir et le week-end (secrétariat, greffe, etc.), ainsi qu’un matériel bureautique désuet et inadapté. Les portables attribués en 2014 fonctionneraient mal.

Le coût de la justice est de 61 euros par an et par Français, contre 114 euros en Allemagne, ajoute-t-elle dans son dossier de presse.

Parallèlement, les procureurs dénoncent « l’inflation » des missions qui leur sont dévolues à la suite des réformes multiples de la procédure pénale et de celle de l’application des peines. « Ils doivent animer de plus en plus d’instances partenariales avec les élus, les préfets et les représentants de différents ministères ».

Cette situation se traduirait par une tension extrême au sein des parquets, qui sont « la colonne vertébrale du système » judiciaire. « L’éponge ne peut plus absorber et crée une souffrance réelle au travail », ajoute le magistrat. Pour Nathalie Beccache, procureur à Créteil (Val-de-Marne), c’est un « crève-coeur » pour les magistrats de devoir afficher ainsi publiquement leurs conditions de travail déplorables. « Il y a une crise de l’institution judiciaire, mais au parquet elle est plus sensible, plus aiguë ».

Par France Inter avec Reuters, | 18 Décembre 2015 à 15:59

 

http://www.boursorama.com/actualites/les-procureurs-s-alarment-d-un-manque-de-moyens-73a862b284e935ac0ff9f283e26e7bf5

Les procureurs s’alarment d’un manque de moyens

 

Reuters le 18/12/2015 à 14:08

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) – Une large majorité des procureurs de la République appellent le gouvernement à se pencher sur la crise que traversent depuis des années les parquets de France et demandent à être reçus par la ministre de la Justice, Christiane Taubira.

Ils estiment que depuis leur précédent cri d’alarme en 2011, presque rien n’a été fait pour faire face à un manque de moyens humains, matériels et financiers, alors même que les missions de magistrats littéralement « au bout du rouleau » ne cessent de croître.

« Les parquets connaissent une véritable thrombose », a déclaré Thomas Pison, procureur de Nancy et président de la Conférence nationale des procureurs de la République (CNPR), qui a le soutien de 130 magistrats sur 167.

« Quatre ans après, il y a une aggravation de la crise », a ajouté lors d’une conférence de presse Marc Cinamonti, procureur de Lyon, pour qui les magistrats « ont le sentiment de ne pas être entendus ».

Les procureurs, en première ligne dans la lutte contre le terrorisme, insistent sur le manque de moyens, soulignant que les renforts annoncés par François Hollande après les attentats du 13 novembre ne seront pas opérationnels avant deux ans.

Selon eux, 6,58% des postes de magistrats du parquet ne sont pas pourvus et la France compte 2,9 magistrats du parquet pour 100.000 habitants, contre 12 en moyenne en Europe.

La CNPR déplore également le manque d’assistance des magistrats le soir et le week-end (secrétariat, greffe, etc.), ainsi qu’un matériel bureautique désuet et inadapté. Les portables attribués en 2014 fonctionneraient mal.

« SOUFFRANCE AU TRAVAIL »

Le coût de la justice est de 61 euros par an et par Français, contre 114 euros en Allemagne, ajoute-t-elle dans son dossier de presse.

Parallèlement, les procureurs dénoncent « l’inflation » des missions qui leur sont dévolues à la suite des réformes multiples de la procédure pénale et de celle de l’application des peines.

« Ils doivent animer de plus en plus d’instances partenariales avec les élus, les préfets et les représentants de différents ministères », souligne Thomas Pison.

Cette situation se traduirait par une tension extrême au sein des parquets, qui sont « la colonne vertébrale du système » judiciaire. « L’éponge ne peut plus absorber et crée une souffrance réelle au travail », ajoute le magistrat.

Pour Nathalie Beccache, procureur à Créteil (Val-de-Marne), c’est un « crève-coeur » pour les magistrats de devoir afficher ainsi publiquement leurs conditions de travail déplorables.

« Il y a une crise de l’institution judiciaire, mais au parquet elle est plus sensible, plus aiguë ».

En conséquence, la CNPR réclame des mesures concrètes, à commencer par le recentrage des parquets sur leurs missions de base, l’action publique, la direction de la police judiciaire et la garantie des libertés.

Elle demande également une remise à niveau des budgets « au regard des standards européens », en particulier pour renforcer l’assistance des magistrats.

Enfin, les procureurs réclament une évolution du statut des magistrats du parquet afin de « renforcer son indépendance ».

(Edité par Sophie Louet)



Terrorisme : les procureurs se disent au bord du « burn-out »

Très honnêtement, le justiciable que je suis a bien du mal à comprendre ce « cri d’alarme ».

Que la justice française soit sous-dotée en moyens par rapport à ses homologues des autres pays européens, c’est indéniable, mais pas nouveau.

Et la recherche de criminels a toujours fait partie de ses missions.

Les procureurs ne seraient-ils pas en train de nous dire qu’effectivement, comme nous sommes assez nombreux à le leur reprocher, ils avaient jusqu’au 13 novembre dernier toujours négligé une part considérable de leurs missions au profit d’activités annexes à l’utilité très discutable ?

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/terrorisme-au-bord-du-burn-out-les-procureurs-lancent-un-cri-d-alarme-18-12-2015-5385211.php

Terrorisme : au bord du «burn-out», les procureurs lancent un cri d’alarme

 

Des procureurs sortent de leur traditionnelle réserve pour lancer un cri d’alarme sur la dégradation des conditions de travail des parquets après les attentats. Ils appellent la garde des Sceaux à l’aide.

 

18 Déc. 2015, 21h10 | MAJ : 18 Déc. 2015, 21h05

La conférence nationale des procureurs de la République (CNPR) a appelé les parquets, à suspendre certaines missions annexes pour se concentrer sur l'essentiel, notamment la direction des affaires judiciaires.
La conférence nationale des procureurs de la République (CNPR) a appelé les parquets, à suspendre certaines missions annexes pour se concentrer sur l’essentiel, notamment la direction des affaires judiciaires.
(LP/GAEL CORNIER.)

 

La conférence nationale des procureurs de la République (CNPR) a appelé jeudi les parquets, saturés et au bord du «burn-out» après les attentats de Paris, à suspendre certaines missions annexes pour se concentrer sur l’essentiel, notamment la direction des affaires judiciaires.

Cinq procureurs, membres de l’association qui revendique 90 adhérents et 130 sympathisants sur les 167 procureurs de France, ont lancé un cri d’alarme sur la dégradation des conditions de travail des parquets, sortant ainsi de leur traditionnelle réserve.

«C’est un crève-cœur de s’exprimer ainsi mais la tension est extrême. Nos collègues sont épuisés, certains au bord du burn-out», a expliqué Thomas Pison, président du CNPR et procureur de Nancy, en expliquant que la mobilisation après les attentats du 13 novembre et la mise en place de l’état d’urgence ont à nouveau mis en lumière le manque de moyens humains et matériels du ministère public face à des missions toujours plus nombreuses.

Ne se concentrer que sur les priorités

«Il y a une vraie urgence. Nous avions déjà lancé des cris d’alarme en 2011 et 2013, mais nous constatons que les choses n’ont pas beaucoup avancé», a-t-il regretté, ajoutant que les procureurs, malgré leur dévouement, ne peuvent plus tout faire et des priorités doivent être définies.

Réunis samedi en assemblée générale, la CNPR a donc demandé aux parquets de France «de suspendre leurs activités périphériques et chronophages éloignées de leurs missions judiciaires essentielles» et de «cibler leur participation aux multiples instances partenariales pour ne retenir que celles présentant un intérêt opérationnel».

En clair, les procureurs appellent à mettre entre parenthèses les rapports administratifs, les réunions sur la politique de la ville ou la prévention de la délinquance pour se concentrer sur les métiers de base: l’action publique, la direction des enquêtes judiciaires, leur présence dans les états-majors de sécurité ou les cellules de radicalisation.

Dans l’attente d’une réponse de la garde des Sceaux

«On a écrit lundi à la garde des Sceaux pour lui expliquer ce que l’on comptait faire. Nous attendons sa réponse», a indiqué Thomas Pison. Sur la crise de moyens, les procureurs constatent que 6,58% des postes de magistrats du parquet restent non pourvus et qu’on assiste à une véritable crise des vocations : «Ceux qui sortent de l’école sont motivés. Mais au bout de deux ans, ils choisissent d’autres fonctions moins prenantes et avec un niveau de responsabilité moins fort».

«La garde des Sceaux a souhaité que tous les parquets aient des référents terrorisme. Mais ce ne sont pas des collègues en plus qui sont arrivés, ce sont des missions en plus qui sont venues se rajouter», a déploré Thomas Pison, pour qui la «pression» supplémentaire peut engendrer des «erreurs de procédure».

Les parquetiers français sont aujourd’hui 2,9 pour 100.000 habitants contre 12 au niveau européen. Ils traitent en moyenne chacun 2.532 affaires par an contre 615 pour leurs voisins. A l’inverse, le coût de la justice représente en moyenne 61 euros par habitant en France contre 121 en Europe.

 
Paris, 13 novembre 2015



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