Reine Pédauque : lépreuse, orthodoxe ou scandinave ?

Je poursuis mon incursion chez les cagots qui me ramènera bientôt à l’un de mes sujets de prédilection, la psychiatrie moderne.

 

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Reine Pédauque

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La reine Pédauque est une reine mythique qui trouverait son origine dans la ville de Toulouse à l’époque où elle était capitale du royaume wisigoth (de 413 à 508). Elle se caractérise par un pied d’oie, d’où son nom : « pè d’auca » en occitan signifie « pied d’oie »; l’étymologie attribuée par d’autres sources au bas-latin, est tout aussi probable, « pes aucæ »1. Des reines pédauques, de diverses origines et significations, sont sculptées sur les portails de plusieurs églises de France2.

Sommaire

Le pied d’oie

Le pied d’oie est une particularité que Pédauque partage avec de nombreuses personnalités historiques, également plus ou moins mythiques ; d’une part, des nobles ou des reines — la reine de Saba, et de nombreuses Berthe comme la reine Bertrade de Laon, plus connue sous le nom de Berthe au grand pied ; d’autre part, des saintes, généralement d’origine royale ou noble, devenues bergères et fileuses, et marquées de ce signe, ou frappées par la lèpre, miraculeusement, pour échapper aux assiduités d’un prétendant (sainte Isbergue en Artois, sainte Néomoise ou Néomaye dans le centre de la France, sainte Énimie dans les gorges du Tarn). La patte d’oie et la lèpre sont en effet étroitement liées : cette maladie entraînant des affections cutanées pouvant faire penser à la peau des pattes de palmipèdes. La patte d’oie était la marque distinctive des lépreux au Moyen Âge et, plus tard des cagots du sud de la France (parmi les hypothèses sur l’origine des cagots, figure celle selon laquelle ils auraient été les descendants de lépreux).

La reine Pédauque de Toulouse

220px-Pedauque dans Perversité

Détail du plan de Toulouse par Albert Jouvin de Rochefort (1680), le seul plan montrant les restes du pont vieil dit de Pédauque (ici marqués en jaune)

Les premiers textes anciens qui l’évoquent, à l’époque de la Renaissance, font état d’une « fille de Marcellus, cinquième roi de Toulouse, nommée Austris ». Selon Nicolas Bertrand (de Tolosanum Gestis publié en 1515)3, Austris était pleine de douceur, de modestie et de bonté. « Dieu ne voulut pas qu’une créature aussi vertueuse embrassât le culte païen, aussi lui envoya-t-il une lèpre hideuse ». Cachant sa maladie, Austris se tourna vers l’enseignement des saints Saturnin[Lequel ?], Martial et Antonin d’Apamée (ou Antonin de Pamiers). Baptisée, elle guérit, mais cacha aussi sa guérison4. Bertrand raconte que le roi son père lui fit construire au quartier dit la Peyralade, un magnifique palais dont une salle, dite bains de la reine, était directement approvisionnée en eau par un aqueduc5. Le personnage de la reine Pédauque était semble-t-il connu des Toulousains depuis très longtemps, en ce début du XVIe siècle.

Antoine Noguier, un autre historien toulousain6, ajoute aux récits de son prédécesseur une description des bains de la reine Pédauque. Il raconte que le roi Marcellus capta une source dans l’actuel quartier Saint-Cyprien, puis fit bâtir un aqueduc pour amener ses eaux jusqu’à son palais. Il conclut en disant que Marcellus et Austris, qui est probablement la régine Pedauco, sont des personnages mythiques. Aucun Marcellus ne figure parmi les rois wisigoths de Toulouse, mais il pourrait être antérieur à leur arrivée (la chronologie est extrêmement douteuse, les trois saints cités n’étant pas contemporains).

La source et l’aqueduc, aujourd’hui disparus, sont bien connus : l’aqueduc de Lardenne et le Pont Aqueduc ou Pont-Vieux. Un ensemble hydraulique (captage de sources et thermes), non loin du trajet de l’aqueduc, mais vraisemblablement indépendant, dont des vestiges subsistèrent jusqu’en 1834, s’appelait les « bains de la Régine », et plus tard « bains de la Régine Pédauque » (banhs de la regina Pedauca). Le nom gagna l’ensemble du dispositif : on parla alors de l’aqueduc de la reine Pédauque, et le pont-aqueduc qui traversait la Garonne devint le pont de la Reine Pédauque7.

En 1621, l’abbé Chabanel, curé de la Daurade, publie une histoire de la Daurade dans laquelle il présente la reine Pédauque comme l’épouse de Théodoric III (ou Théodoric II ? car il n’ y a pas eu de Théodoric III), Ragnachilde, arguant du fait qu’elle aimait prendre des bains, et que son sarcophage portait également des dessins de pieds d’oie (qui sont en fait des plis de tentures)8,9.

En 1718, on fit procéder à l’examen d’un tombeau de marbre, découvert dans l’ancien cimetière des Comtes, devenu cimetière communal de la Daurade (proche de l’emplacement de l’ancien palais des rois wisigoths) ; ce tombeau était supposé être celui de la princesse Austris. Les archéologues relevèrent « assez distinctement sur le haut un pied d’oyson de chaque côté ». Ce sont toujours les plis de deux tentures.

Une légende dit que la reine Pédauque possédait une quenouille merveilleuse, qui ne s’épuisait jamais, lui permettant de filer sans cesse. Frédéric Mistral (Trésor du Félibrige) cite Rabelais, donnant comme juron toulousain « par la quenouille de la reine Pédauque ». Rabelais, décrivant des adversaires aux pieds larges : « et estoient largement pattez, comme sont des Oyes, et comme jadis à Tholose les portoit la royne Pedaucque »10. Mistral cite un autre dicton : « du temps que la reine Pédauque filait », pour parler du « vieux temps ». Mais il cite aussi « du temps que Berthe filait », évoquant Berthe, épouse de Boson, comte d’Arles au Xe siècle. D’autre part, le filage est une des activités des bergères, saintes ou pas, et la quenouille leur attribut principal.

La reine Pédauque « historique »

Selon Renée Mussot-Goulard, Pédauque est une princesse wisigothe, de la dynastie des Balthes, fille d’Alaric Ier, sœur du roi des Wisigoths Wallia et de la princesse Pélagie (femme du Comte Boniface puis d’Aetius). Elle est l’épouse de Théodoric Ier, roi des Wisigoths et lui donne deux fils Thorismond et Théodoric II, à leur tour rois des Wisigoths11.

Il faut reconnaître dans le roi Marcellus des textes anciens, une allusion au dieu Mars qui est une constante des fondements de la royauté tervinge et que l’on retrouve jusque dans les champs des guerriers. Il s’agirait donc d’une allusion au roi Alaric Ier, identifié à Mars. Même si tous les rois balthes seront qualifiés par les chroniqueurs contemporains, de Mars, comme Euric par Sidoine Apollinaire.

Sa réputation de reine aux pieds palmés serait une mauvaise interprétation de son nom. Elle était homéenne de religion, donc hérétique pour les catholiques qui conteront son histoire, et le dessin du pied palmé étant un signe distinctif du Moyen Âge pour désigner les exclus ou les marginaux, cette particularité corporelle lui serait ajoutée à tort.

Les « reines Berthe » et autres reines Pédauque non toulousaines

La figure de la reine Pédauque liée à plusieurs personnages portant le nom de Berthe semble à l’évidence une référence à la divinité germanique Perchta équivalent de Holda ou de la déesse scandinave Freyja [réf. souhaitée]. Dans les pays alpins de tradition germanique (Souabe, Bavière, Autriche, Suisse, Alsace…), Perchta est une déesse d’apparences variables, parfois très belle, blanche comme la neige, ou franchement horrible, toujours dotée d’un pied d’oie ou de cygne, et souvent en train de filer, principalement pendant les douze jours d’hiver entre Noël et Épiphanie (selon la terminologie chrétienne à laquelle la tradition s’est adaptée). Son nom signifiant « brillante » ou « lumière », elle est souvent représentée par sainte Lucie.

Berthe de Souabe, dite la Filandière ou la reine fileuse, apparaît ainsi comme une personnification directe de Perchta.

Jean-Baptiste Bullet, théologien de l’Université de Besançon, échappe le premier à la sphère toulousaine. Il raconte que Robert Ier, Robert « le Pieux », roi de France, ayant épousé en 995 sa cousine Berthe de Bourgogne, fut excommunié par le pape Grégoire V. Il finit par la répudier. Mais entretemps, la légende dit que Berthe aurait mis au monde un fils doté non pas d’un pied, mais d’une tête et d’un cou d’oie : signe de malédiction du Ciel ? Robert étant le protecteur de l’abbaye de Saint-Bénigne de Dijon, il y fut représenté en statue, vis-à-vis d’une statue « de la reine Pédauque ». Pour justifier de la forte réputation de son nom à Toulouse, Bullet imagine une explication quelque peu forcée, où Constance d’Arles, la nouvelle épouse de Robert, cherche à tout prix à discréditer Berthe. C’est lors d’un passage qu’elle fait à Toulouse que Constance aurait baptisé « reine Pédauque » ce qui n’était qu’un pont anonyme.

Il y avait avant elle, chronologiquement, une autre « Berthe », Bertrade de Laon, épouse de Pépin le Bref. Mais sa légende est forgée tardivement, vers 1275, par le trouvère Adenet le Roi : selon lui, Berthe de Hongrie, qui a un « grand pied » (ou un pied-bot ?) doit épouser Pépin le Bref, mais au cours du voyage vers la France, sa suivante, qui lui ressemble étonnamment, la séquestre, se fait passer pour elle, et épouse le roi. Ce n’est qu’au bout de plusieurs années que Berthe fera éclater la vérité, son pied attestant de sa vraie identité. Selon la croyance de l’époque, Pépin avait déjà une épouse, qu’il répudia quand il fit venir Berthe auprès de lui. Le roman d’Adenet donnait une légitimité à l’union de Pépin et de Berthe, donc à Charlemagne.

Aux XVIIe et XVIIIe siècles, des érudits rivalisent dans les hypothèses. Le Père Mabillon, ainsi que le Père Montfaucon, penchent pour Clotilde, épouse de Clovis. L’abbé Lebeuf propose la reine de Saba, à qui Salomon aurait concédé qu’elle était une des plus belles femmes du monde, mais que « ses pieds n’y répondaient guère ».

Le signe du pied difforme : les saintes lépreuses

La première sainte gratifiée de cette marque est immédiatement dans la lignée de Berthe au grand pied, puisqu’il s’agit de sa propre fille sainte Isbergue, ou Ybergue, ou encore Gisèle, donc fille de Pépin le Bref et sœur de Charlemagne. Destinée à être mariée au fils du roi d’Angleterre, elle préféra suivre sa vocation religieuse et l’enseignement de saint Venant. Une lèpre soudaine vint lui couvrir le corps, mettant fin aux projets matrimoniaux, mais dans sa colère le prince anglais fit décapiter Venant. Dans la commune d’Isbergues (Pas-de-Calais), on venait prier la sainte pour guérir les maladies de peau et des yeux, à la source que saint Venant aurait faite jaillir, et qui aurait guéri Isbergue.

À partir de là, cette situation se reproduit, avec diverses variantes, pour de nombreuses saintes :

  • Sainte Néomoise, ou Néomaye, ou Néomoye, bergère et fileuse, mais issue d’une famille noble, convoitée par un homme, obtient un pied d’oie dont la vue fait reculer le prétendant.
  • Sainte Énimie, princesse mérovingienne, sœur de Dagobert Ier, est atteinte de la lèpre envoyée par Dieu pour l’écarter elle aussi d’un hymen non désiré. Elle en est guérie miraculeusement en se baignant dans une fontaine, dans le village de la Lozère qui porte aujourd’hui son nom. Elle s’y installe définitivement, fonde un couvent, combat le Drac, un monstre diabolique…

Hypothèses

Le thème de la Reine Pédauque réunit plusieurs constantes : il s’agit d’une femme d’origine noble ou aristocratique, atteinte soit par la lèpre, soit ayant un pied palmé comme celui d’une oie, et souvent liée au thème de l’eau (les bains et l’aqueduc, les diverses fontaines et sources miraculeuses). Les divers exégètes ne se sont pas fait faute de trouver des explications plus au moins ingénieuses. La reine Pédauque aurait été une excellente nageuse, qui utilisait l’aqueduc pour aller et venir d’une rive à l’autre de la Garonne. Seul son amour immodéré des bains aurait justifié le surnom de pè d’auca12. Pour d’autres, plus récents, pè d’auca est le sobriquet d’une personne boiteuse. La confusion serait alors venue d’une représentation symbolique de la boiterie, dans la statuaire, par un pied d’oie. Représentation qui aurait été prise « au pied de la lettre ». Mais on sait que ce genre d’argumentation ne résiste pas à l’analyse : le terme existait bien avant toute représentation visuelle.

L’influence de la Perchta germanique, fileuse au pied d’oie, ou du moins une préfiguration de celle-ci, qui aurait été apportée par les Wisigoths, sur les variations autour de la reine Pédauque, peut être envisagée.

Pédauque en littérature

Dans son roman La Rôtisserie de la reine Pédauque, Anatole France résume assez bien la diversité des aspects de ce personnage : [Les savants] ont reconnu Ma Mère l’Oie dans cette reine Pédauque que les maîtres imagiers représentèrent sur le portail de Sainte-Marie de Nesles dans le diocèse de Troyes, sur le portail de Sainte-Bénigne de Dijon, sur le portail de Saint-Pourçain en Auvergne et de Saint-Pierre de Nevers. Ils ont identifié Ma Mère l’Oie à la reine Bertrade, femme et commère du roi Robert ; à la reine Berthe au grand pied, mère de Charlemagne ; à la reine de Saba, qui, étant idolâtre, avait le pied fourchu ; à Freya au pied de cygne, la plus belle des déesses scandinaves ; à sainte Lucie, dont le nom était lumière. Mais c’est chercher bien loin et s’amuser à se perdre13.

Notes

  1. Encyclopédie, citant le P. Mabillon, qui pense que la reine Pédauque était la reine Clotilde, hypothèse démentie par les encyclopédistes.
  2. article Reine Pédauque, dans l’Encyclopédie de Diderot et d’Alembert.
  3. Nicolas Bertrand est notamment cité dans l’article Reine Pédauque de l’Encyclopédie
  4. Bertrand, cité par Pierre Salies in Archistra, no 158
  5. cité dans l’Encyclopédie, article Reine Pédauque
  6. Antoine Noguier qui publie une histoire de Toulouse en 1559, reprend en bonne partie les dires de Bertrand. Il est lui aussi cité dans l’article Reine Pédauque de l’Encyclopédie.
  7. Pierre Salies, Archistra
  8. L’article Reine Pédauque de l’Encyclopédie cite également l’abbé Chabanel, mais le roi son époux est nommé Euric, sans précision de numéro
  9. L’Histoire de Toulouse illustrée, d’Anne Lestang, reprend cette hypothèse : Ragnachide et non Ragnachilde, aurait été l’épouse de Théodoric II. Éditions le Pérégrinateur, 2006, p. 30
  10. Rabelais, Pantagruel, Quart Livre, Chapitre XLI, Édition Pléiade p. 635, Encyclopédie
  11. http://gw.geneanet.org/loic15?lang=fr;pz=anais+marie+louise;nz=priou;ocz=0;p=pedauque;n=des+wisigoths [archive]
  12. C’est notamment la version de Diderot dans l’Encyclopédie, tome 28, édition de 1780, p. 178
  13. Ce texte (1892) est repris à peu près littéralement d’un passage du Livre de mon ami (1885)

Sources et bibliographie

Voir aussi

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%89glise_orthodoxe

Église orthodoxe

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220px-Hagia_Sophia_Imperial_Gate_mosaic_2 dans Politique

Mosaïque de la Porte impériale de l’ancienne basilique Sainte-Sophie de Constantinople : l’empereur Léon VI le Sage se prosterne devant le Christ Pantocrator ; les médaillons figurent l’archange Gabriel et Marie.

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Le Christ Pantocrator du Monastère de Hilandar, au Mont Athos (Grèce).

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L’« Église orthodoxe » ou « Communion des Églises orthodoxes » regroupe les nombreuses Églises territoriales qui se réclament de la théologie des sept premiers conciles du christianisme et des canons ou lois qu’ils ont édictés.

Le christianisme orthodoxe (en grec Ὀρθοδοξία, signifiant « opinion juste ») professe descendre directement des premières communautés chrétiennes fondées par les apôtres de Jésus dans les provinces orientales de l’Empire romain.

Sept de ces Églises orthodoxes se réclament d’une fondation par un apôtre, ou un évangéliste, au Ier siècle, l’Église orthodoxe de Constantinople fondée par l’apôtre André, l’Église d’Alexandrie et de toute l’Afrique fondée par Marc, l’Église d’Antioche et de tout l’Orient fondée par les apôtres Pierre et Paul, l’Église orthodoxe de Jérusalem fondée par l’apôtre Jacques, l’Église de Géorgie fondée par l’apôtre André, l’Église orthodoxe de Chypre fondée par Paul et l’Église orthodoxe de Grèce fondée par Paul : certaines portent la dénomination officielle d’apostoliques, d’autres non.

Les Églises orthodoxes se sont réparties dans le monde entier au travers de la diaspora des communautés d’origine et par le biais de convertis. Ces Églises en inter-communion partagent une compréhension, un enseignement et des offices qui avaient cours à l’origine dans l’Empire romain d’Orient et se considère comme faisant partie d’une seule et même Église.

Avec les chrétiens orthodoxes des Églises des deux conciles et ceux des Églises des trois conciles, les chrétiens orthodoxes des Églises des sept conciles représentent dans le monde la troisième plus grande confession chrétienne en nombre de fidèles après l’Église catholique et les dénominations protestantes. On estime à 250 millions le nombre de chrétiens orthodoxes dans le monde1,2.

Elles sont principalement présentes dans l’antique zone de culture grecque, c’est-à-dire dans la zone orientale du bassin de la Méditerranée (Grèce, Turquie, Syrie, Liban, Israël, Palestine, Égypte, Arménie, Géorgie), dans les zones de peuplement slave (Russie, Ukraine, Biélorussie, Bulgarie, Serbie, Monténégro, République de Macédoine) ainsi qu’en Roumanie et Moldavie.

Les Églises orthodoxes célèbrent la liturgie selon cinq rites différents (byzantin, arménien, antiochien, chaldéen et alexandrin3) ; la Bible et la Liturgie sont lues dans les langues nationales actuelles ou anciennes (araméen, arménien classique, grec des Évangiles, vieux-slave).

Sommaire

Définitions

Article connexe : Christianisme orthodoxe.

L’Église orthodoxe, Église des sept conciles

L’Église orthodoxe (ou Communion orthodoxe) est tout d’abord le nom officiel d’un corps ecclésial fondé par les apôtres et organisé par les Pères de l’Église, leurs successeurs depuis les premiers temps du christianisme. L’instance suprême de cette communion est le concile œcuménique, seul habilité à décider des formulations dogmatiques. L’instance immédiatement inférieure est le synode des primats qui se réunit pour s’adresser aux autres communautés chrétiennes. Puis viennent les 14 Églises autocéphales dirigées chacune par un synode présidé par le primat.

L’Église orthodoxe est ainsi l’ensemble des Églises des sept conciles qui se trouvent en communion les unes avec les autres. La communion est matérialisée de plusieurs manières et en particulier par la communauté eucharistique, la communion de foi et par les con-célébrations des membres du clergé, par les diptyques et par l’ordre honorifique de chacune des Églises autocéphales (voir Liste des Églises orthodoxes)

Les églises orthodoxes considèrent ne former qu’un seul corps dont le chef n’est autre que le Christ lui-même, et c’est la communion de foi qui prévaut et qui rend inutile une administration commune. Bien qu’autocéphales, elles ne sont pas indépendantes les unes des autres, même en l’absence voulue d’un chef terrestre absolu comme le Pape et d’une administration centralisée comme le Vatican.

Les Églises orthodoxes des deux et trois conciles

Une erreur commune qualifie de « orthodoxe » la foi de toute Église orientale indépendante de Rome. Ce n’est pas le cas : s’il y a en effet deux autres confessions orthodoxes différentes,

  1. Églises des deux conciles, l’Église assyrienne ou syriaque-orientale parfois dite nestorienne,
  2. Églises des trois conciles ou communion miaphysite, appelée aussi pré-chalcédonienne ou communion orthodoxe orientale,

il y a aussi des Églises orientales indépendantes.

Ces expressions officielles autant que techniques se réfèrent aux conciles christologiques dont elles acceptent les conclusions. Voir Dogmes chrétiens.

Les autres Églises orientales indépendantes

Article détaillé : Chrétiens d’Orient.

Les principes fondamentaux

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L’Église orthodoxe se comprend comme l’Église chrétienne « des origines », « une, sainte, catholique et apostolique ». Ainsi, elle considère que toutes les autres Églises (ou confessions), y compris la catholique romaine, sont ses membres ou potentiellement ses membres, même si des séparations ont pu, provisoirement ou durablement, empêcher la communion. Une Église orthodoxe conçoit aussi tous les chrétiens résidant dans son territoire canonique comme relevant de sa responsabilité pastorale même si certains d’entre eux ne la reconnaissent pas comme leur patrie spirituelle.

L’évêque est successeur des apôtres

Pour les orthodoxes, l’épiscopat est le plus haut rang de la hiérarchie ecclésiastique : l’évêque possède la plénitude du sacerdoce chrétien, il est en cela une image du Christ, le seul grand prêtre et le seul sacrificateur de la Nouvelle Alliance. Chaque évêque est successeur de l’ensemble des douze apôtres et cette succession est matérialisée par la succession apostolique, par la consécration de tout évêque par d’autres évêques, eux-mêmes consacrés par des lignées d’évêques qui remontent, à travers les siècles, jusqu’à un apôtre.

L’Église orthodoxe ne confond pas cette tradition sacramentelle, inhérente à la dignité épiscopale, avec les différents usages honorifiques destinés à rappeler l’ancienneté et l’origine apostolique de telle ou telle Église particulière. On dit en effet que le pape de Rome ou celui d’Alexandrie sont successeurs respectivement de Pierre ou de Marc, que l’évêque d’Antioche est également successeur de Pierre : ce sont de simples formules de politesse, des souvenirs historiques, certes importants, mais qui n’enlèvent rien à la dignité des autres évêques. L’Église orthodoxe se conforme sur ce point aux recommandations de saint Grégoire Ier, pape de Rome, qui craignait qu’un titre épiscopal grandiloquent revienne à glorifier un évêque et à rabaisser les prérogatives des autres (Livre V, lettre 8).

La territorialité de l’Église

Traditionnellement, les Églises orthodoxes sont territoriales, concept qui n’a pas de caractère ethnique : les titulatures des évêques ne renvoient pas à des peuples mais à des lieux. Le premier concile de Nicée a affirmé ce principe déjà largement appliqué depuis les apôtres, qu’en un lieu donné, un évêque et un seul, est garant à la fois de l’unité et de la communion de tous les chrétiens du lieu ainsi que de l’unité et de la communion avec les Églises des autres lieux. Chaque Église locale, rassemblée autour de son évêque, est en communion avec les Églises des autres lieux. Par exemple, il n’y a pas d’Église « finnoise » mais une Église orthodoxe de Finlande qui rassemble les orthodoxes du lieu, qu’ils soient Finnois, Russes ou Suédois. De la même manière, il existe une Assemblée des évêques orthodoxes de France qui rassemble des paroisses de nationalités différentes : la Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Nino de Paris, créée en 1929 par des réfugiés politiques, lui est rattachée.

Ce principe s’accommode traditionnellement de trois exceptions, tolérables parce que mineures et très particulières :

  • le statut d’extraterritorialité des métochions (dépendances) des monastères,
  • le statut de stavropigie de certains monastères (exempts),
  • le statut d’extraterritorialité des exarcats (représentations de certains primats dans des grandes villes relevant de la juridiction d’un autre primat).

Ce principe connaît toutefois de nos jours plusieurs entorses importantes.

  • Depuis le début du XXe siècle, en raison des conflits et des bouleversements politiques, idéologiques et démographiques, plusieurs Églises ont fondé des paroisses parallèles puis des évêchés « superposés » dans des pays qui ne sont pas traditionnellement orthodoxes, c’est-à-dire dans la diaspora (Europe occidentale, Amériques, Asie du Sud et de l’Est, Australie et Océanie).

C’est le cas de la quasi-totalité des Russes qui ont fui la révolution bolchévique. Les Églises et communautés religieuses orthodoxes russes (des sept conciles) en France et en règle générale dans la diaspora, dépendaient selon les cas, du Patriarcat de Moscou ou de celui de Constantinople. L’Église orthodoxe russe hors frontières (ou synodale russe) s’était séparée de l’Église orthodoxe russe lors de la Révolution d’Octobre. Elle constituait une dissidence jusqu’à ce que la communion eucharistique et l’unité canonique soient rétablies à Moscou le 17 mai 2007 : des paroisses hors territoire se sont ainsi établies. L’ERHF, dont le synode siège à New York, s’était entre-temps scindée en deux, il existe ainsi une autre église russe hors frontières qui ne reconnaît pas la réunion.

C’est aussi le cas, après la chute de l’Union soviétique, avec les paroisses hors territoire créées par certaines Églises orthodoxes : par exemple, en 2009, la Paroisse orthodoxe géorgienne Sainte-Tamar de Villeneuve-Saint-Georges est créée et rattachée à l’Église orthodoxe de Géorgie et non à l’Assemblée des évêques orthodoxes de France.

L’Afrique a échappé à cet éparpillement parce que le patriarche d’Alexandrie y est bien identifié comme le primat du lieu.

  • Depuis la chute de l’Union soviétique en 1990, il y a, dans plusieurs pays de l’Europe de l’Est (Pays baltes, Moldavie, Ukraine) des doubles, voire triples appartenances juridictionnelles, les orthodoxes locaux revendiquant pour eux-mêmes le principe de la territorialité dans les frontières de leurs états nouvellement ou à nouveau indépendants, tandis que le Patriarcat de Moscou continue à se référer à la territorialité de l’ancienne Union soviétique.

Avec ces paroisses qui, dans une même ville ou un même pays, relèvent ici d’un évêque et là d’un autre, voire d’une autre Église autocéphale, l’Église orthodoxe se trouve confrontée à un vrai défi. Ou bien l’approche politique l’emporte et elle se figera dans une situation de contradiction par rapport à ses principes fondateurs, ou bien l’approche spirituelle reprend le dessus et elle aura le courage de faire vivre la tradition qui est la sienne, pour trouver des solutions acceptables et adaptées aux diverses situations pastorales.

L’Église orthodoxe voit avec plus ou moins de surprise les nombreuses confessions évangéliques ouvrir sur son propre secteur des Églises parallèles. Cette surprise se manifeste aussi pour l’évangélisation catholique s’insérant en milieu orthodoxe. Dans cette optique, la papauté, lorsqu’elle cesse de se manifester comme archevêché de Rome ou patriarcat d’Occident, pour agir en super-diocèse mondial, devient un obstacle à la réunion des Églises : pour les orthodoxes, c’est en effet dans la collégialité apostolique que doit s’effectuer la réunion. Des intérêts politiques et économiques font perdurer ces divergences : par exemple, dans les pays anciennement communistes, les églises catholiques de rite oriental se sont vu confisquer leurs biens au profit des églises orthodoxes, et le contentieux ainsi apparu n’est toujours pas résolu.

La collégialité et la tradition

« Là où deux ou trois sont réunis en mon nom, dit le Seigneur, je suis au milieu d’eux ». La règle, dans l’Église orthodoxe, est de ne rien décider tout seul et de toujours prendre l’avis de ses pairs et de décider avec eux : « le Saint Esprit et nous avons décidé que… » C’est pour cette raison que l’Église orthodoxe ne peut pas accepter que le pape de Rome soit sorti du collège épiscopal et isolé comme chef solitaire ; la collégialité est une garantie non suffisante mais nécessaire d’orthodoxie. En application de ce même principe, une époque, si éclairée qu’elle puisse se croire, ne doit pas agir et décider sans se mettre en harmonie avec les époques précédentes : c’est le principe de tradition qui régit toute la vie de l’Église orthodoxe.

L’harmonie entre pouvoir temporel et pouvoir spirituel

On a beaucoup reproché à l’Église de l’Empire byzantin d’avoir été soumise à l’empereur [réf. nécessaire]. Certes les empereurs ont constamment désigné les patriarches de Constantinople et autres évêques. Certes ils ont régulièrement exercé des pressions sur l’Église. Rien de tout cela n’était inconnu en Occident. Ce qui est remarquable dans l’histoire byzantine, c’est la formidable résistance de l’Église. Chaque fois que les empereurs ont cherché à porter atteinte à la doctrine essentielle de l’Église, ils se sont heurtés à des opposants et même à des martyrs : iconoclasme, tentatives de proclamer martyr tout soldat mort au combat, quatrième mariage de Léon VI le Sage etc. Les titres et les honneurs dont bénéficient l’empereur s’assortissent d’une condition de taille : la fidélité à la tradition.

L’organisation

L’Église orthodoxe est une communion d’Églises indépendantes sur le plan de l’organisation et de la discipline et intimement liées entre elles sur le plan dogmatique. Chacune d’elles est autocéphale, c’est-à-dire dirigée par son propre synode habilité à choisir son primat. Elles partagent toutes une foi commune, des principes communs de politique et d’organisation religieuses ainsi qu’une tradition liturgique commune. Outre les langues employées lors du culte, seules des traditions mineures diffèrent en fonction des pays. Les évêques primats à la tête de ces Églises autonomes peuvent être appelés patriarches ou archevêques. Ces primats président les synodes épiscopaux qui, dans chaque Église, constituent l’autorité canonique, doctrinale et administrative la plus élevée.

Il existe, entre les différentes Églises orthodoxes, une hiérarchie honorifique, déterminée en fonction de l’histoire plutôt que par leur force numérique actuelle. Les orthodoxes considèrent que le patriarche de Constantinople a une prééminence honorifique sur les 13 autres Églises autocéphales orthodoxes, dont 6 bénéficient de patriarcats instaurés avant le VIe siècle (les 6 étant apostoliques) et 7 bénéficient de patriarcats instaurés après le XIIe siècle (dont 1 est apostolique). Il convient néanmoins de rappeler que ces prééminences honorifiques sont souvent remises en cause dans les faits, ne serait-ce que par le critère retenu, date supposée de fondation, date de déclaration de l’autocéphalie, date de reconnaissance de l’autocéphalie … ou puissance temporelle du moment.

Ordinations et sacerdoce

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Archimandrite Tikhon (Shevkunov).

Le patriarche, l’archevêque primat ou le métropolite comme primus inter pares, président les assemblées d’évêques, puis viennent les évêques (du grec ancien episkopos, c’est-à-dire surveillant, inspecteur), prêtres (du grec presbyteros, ancien), enfin les diacres (en grec, diakonos, i.e. aide ou assistant).

La hiérarchie compte aussi des sous-diacres, des lecteurs, des chantres ordonnés lecteurs ou sans sacrement spécifique et sans obligation particulière de discipline. Ces offices tirent leur origine des liturgies primitives ; et ceux qui ont reçu ces ordres exercent en partie d’autres fonctions que celles suggérées par leur nom. Les diaconesses appartiennent également au groupe des services sans ordination mais avec bénédiction spéciale de l’évêque. Elles sont principalement compétentes pour la préparation du baptême des femmes ; leur rôle est toutefois devenu insignifiant avec l’acceptation des baptêmes d’adultes, en sorte qu’elles disparaissent complètement dès la fin de l’Empire byzantin. Les diaconesses ne participèrent jamais à l’office et ne peuvent être considérées comme un « diaconat féminin ».

Contrairement aux Églises occidentales, dans les Églises orthodoxes la plupart des théologies sont traditionnelles et l’enseignement est en grande partie, entre les mains des Églises ; on rencontre aussi de nombreux laïcs théologiens et, inversement, la majorité des prêtres ne sont pas théologiens.

On n’ordonne pas les femmes et on n’admet pas les jeunes filles au service d’autel. En revanche l’épouse du prêtre a une position particulière dans la communauté et un titre spécifique. Exclues du service de l’autel, les femmes peuvent, en principe, exercer beaucoup de fonctions dans la communauté, comme élues au conseil d’église, chefs de chœur, catéchistes pour les enfants comme pour les adultes, peintres d’icônes. La participation des femmes à la vie communautaire est toutefois différente selon la culture locale.

Les conciles œcuméniques

Article détaillé : Concile œcuménique.

Le synode des primats

À certaines occasions, les primats orthodoxes se réunissent. C’est le cas en particulier quand il convient d’affirmer une position orthodoxe face aux autres confessions chrétiennes. Ce fut le cas en 1848. Les patriarches orthodoxes rédigèrent une encyclique mettant en garde la papauté romaine contre son projet de dogme sur « l’infaillibilité pontificale ».

Les Églises autocéphales et autonomes

En communion plénière :

Article détaillé : Liste des Églises orthodoxes canoniques autocéphales.

Pour les autres juridictions :

Article détaillé : Liste des églises orthodoxes.

Les Églises autocéphales, d’un point de vue juridique et spirituel, sont complètement indépendantes et choisissent leur propre primat. Elles peuvent avoir compétence sur d’autres Églises, dites seulement autonomes parce qu’elles ne désignent pas seules leur primat.

Du fait de son rayonnement ou de son importance historique, une Église autocéphale peut porter le titre de patriarcat ou d’archevêché ; elle est alors dirigée respectivement par un patriarche ou un archevêque. À la tête d’une Église autonome, exerce un archevêque.

Dans les Églises orthodoxes, tous les évêques sont juridiquement et spirituellement égaux : un patriarche, un archevêque ou un métropolite n’ont pas plus d’autorité ni de droit juridictionnel que n’importe quel autre évêque dans le territoire canonique d’un évêque voisin. Ils dirigent toutefois collégialement avec les évêques du synode, portant le titre de primus inter pares (« premier entre les égaux ») et ils représentent l’Église à l’extérieur.
Les résolutions engageant une Église entière ne peuvent être prises que par la communauté des évêques lors d’un concile ou un synode. Dans son diocèse, chaque évêque exerce la juridiction épiscopale pleine et entière.

L’Organisation de l’Église orthodoxe en Grèce est particulièrement complexe.

Spiritualité

Sacrement

Les Églises orthodoxes connaissent sept sacrements (bien que la notion des sept sacrements soit très tardive), plus exactement nommés mystères :

  • le baptême ;
  • la chrismation (qui succède immédiatement au baptême) ;
  • l’eucharistie (donnée la première fois également directement après le baptême), les Saints Dons ;
  • la confession (réconciliation ou pardon) ;
  • l’ordination ;
  • le mariage ;
  • le sacrement des malades – onction des malades (n’est pas réservé aux mourants).

Les sept sacrements sont les mêmes que ceux de l’Église catholique, hormis quelques nuances rituelles (cependant les orthodoxes appellent Chrismation le sacrement de Confirmation de l’Église romaine). L’Église orthodoxe n’a jamais arrêté dogmatiquement le nombre des sacrements, contrairement à l’Église catholique qui en a arrêté le nombre à sept au concile de Trente. Ainsi, la délimitation n’est pas claire entre sacrement et sacramental (p. ex. un enterrement, une bénédiction).

Contrairement à la plupart des religions du monde, les Églises orthodoxes ne célèbrent aucun rituel de transition de l’enfant à l’adulte ; mais beaucoup de traditions locales sont pratiquées par des jeunes et ressortissent à ce type de célébration : en Grèce, par exemple, plonger dans un fleuve ou dans la mer et en rapporter la croix que le prêtre y a jetée lors de la célébration du Baptême du Christ, ou Épiphanie, le 6 janvier.

Liturgie

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Vierge à l’enfant Jésus, une icône populaire (de Valachie).
  • Le cœur de la spiritualité orthodoxe est riche, principalement dans le chant de la liturgie fortement symbolique, dont la forme actuelle, au moins partiellement, s’enracine dans l’époque constantinienne (IVe siècle).
  • La première partie de la liturgie, appelée Liturgie des catéchumènes avec prière et lectures bibliques, se réfère au culte synagogal, tel que Jésus dut le connaître ; la deuxième partie, la Liturgie des fidèles qui célèbre l’eucharistie, est d’origine proprement chrétienne. Le nom de chacune des parties se réfère au temps où tous les candidats non encore baptisés devaient quitter l’église après la première partie et où l’on fermait les portes à clef.
  • la liturgie originale dure cinq heures, la liturgie de saint Basile dure environ deux heures, la liturgie de saint Jean Chrysostome ne dure environ qu’une heure et demie et c’est celle qui est célébrée la plupart des dimanches tandis que, pour certaines occasions (dimanches du grand carême, fête de saint Basile) le τυπικόν, typikon ou cérémonial de l’Église, prévoit la liturgie de saint Basile de Césarée.

Avec l’orthros (matînes), les petites heures, les prières avant et après la communion, l’office dominical peut durer trois heures, ou plus les jours de fête. De plus, l’usage de l’agrypnie ou vigile nocturne s’est conservé, non seulement pour Pâques, comme en Occident, mais aussi pour d’autres fêtes et en particulier pour les fêtes patronales, votives ou panégyries. Dans certains grands monastères, la célébration de la fête patronale peut durer toute la nuit. De ce fait, tous les fidèles ne restent pas du début à la fin des célébrations. L’antienne Kyrie eleison (Seigneur, prends pitié), fréquente, est typique tant de la prière liturgique que de la prière individuelle.

  • le chant possède une importance particulière dans la liturgie russe orthodoxe. Les chants sont compris comme prière à part entière ; ils ne doivent donc être produits que par les voix humaines. L’utilisation des instruments n’est pas admise dans les Églises russes orthodoxes parce que les instruments ne peuvent prier.

Dans les autres Églises orthodoxes, la musique instrumentale est rare. Une théorie, envisageant cette aversion contre la musique instrumentale, la rapproche des orchestres usuels dans les jeux du cirque romains ; les chrétiens considèrent les jeux du cirque, dans lesquels ils étaient parfois les victimes, comme un culte idolâtre.

Dans la liturgie orthodoxe, on se signe chaque fois que la Trinité est mentionnée. Le signe de croix se pratique selon un mouvement de droite à gauche : front, poitrine, épaule droite, épaule gauche. Le pouce, l’index et le majeur sont liés pour représenter la Trinité, tandis que l’annulaire et l’auriculaire sont repliés dans la paume pour signifier la double nature. On se signe aussi en admirant une icône avec ou sans prière et dans d’innombrables autres occasions, laissées à la discrétion du croyant.

Le fidèle est, en principe, debout à l’office ; beaucoup d’églises n’ont de sièges que le long des murs pour les personnes âgées ou affaiblies. La position à genoux est peu fréquente ; le dimanche, on connaît quelques grandes prosternations dans les Églises d’Europe centrale ou d’Égypte.

Calendrier

Voir le chapitre équivalent dans l’article : Calendrier liturgique orthodoxe.

Les fêtes liturgiques

Voir le chapitre équivalent dans l’article : Calendrier liturgique orthodoxe

Les saints

Article détaillé : Liste des saints de l’Église orthodoxe.

Œcuménisme

Le cas de l’Église catholique

Le Schisme de 1054

Article détaillé : Séparation des Églises d’Orient et d’Occident.

Le schisme de 1054 a séparé l’Église dite « orthodoxe » de l’Église dite « catholique ». Le protestantisme s’est ensuite séparé du catholicisme. Plusieurs querelles théologiques et canoniques les séparent :

  • Les orthodoxes refusent l’ajout au credo du mot filioque4, pour trois raisons :
    • cet ajout ne serait pas conforme au texte de l’Évangile selon Jean (Jean 15, 26)
    • il modifierait les relations entre les personnes de la Trinité et rabaisserait le Saint-Esprit
    • il impliquerait que Dieu ne peut sauver que des âmes chrétiennes (mais les catholiques depuis Vatican II n’en tirent plus cette conclusion).
  • La doctrine augustinienne sur la nécessité de la grâce pour le salut, que l’Église orthodoxe refuse pour deux raisons :
    • cette doctrine serait très personnelle, et ne serait pas partagée par le concert des Pères de l’Église, tant en Orient qu’en Occident (principe de collégialité)
    • interprétée à la façon de Luther, cette doctrine annihilerait la liberté de l’homme : si c’est la grâce qui fait tout, quelle est la part de l’homme ? (Les catholiques, à la suite de Thomas d’Aquin, se réclament aussi d’Augustin mais l’interprètent différemment).
  • Le baptême par immersion. L’Église orthodoxe baptise par immersion pour trois raisons :
    • c’est la tradition depuis les origines évangéliques ;
    • c’est le sens même du mot baptême en grec ;
    • cela symbolise bien l’adhésion totale au Christ et le fait de « revêtir le Christ ».
  • La notion d’« hospitalité eucharistique », que l’Église orthodoxe ignore pour trois raisons :
    • lors de la Cène, c’est le Christ lui-même « qui offre et qui est offert, qui reçoit et qui distribue », comme le répète chaque liturgie. Aucun prêtre, aucun évêque, aucun patriarche n’a le droit de s’interposer entre le Christ et la conscience du fidèle.
    • si une personne est en communion de foi avec l’Église (celle du Christ qui s’exprime en plénitude dans l’orthodoxie), c’est à elle de faire librement la démarche d’en devenir membre, et cette démarche sera scellée par la communion eucharistique.
    • si une autre personne n’est pas en communion avec l’Église, que sa conscience soit respectée et ne soit pas violentée, qu’elle ne communie pas sans conviction et que nul rituel mensonger ne vienne obscurcir sa relation avec Dieu.
  • L’Église orthodoxe autorise l’ordination d’hommes mariés (mais non le mariage des prêtres déjà ordonnés). Seuls les moines qui vivent à l’écart de la société dans les monastères orthodoxes doivent faire vœu d’abstinence sexuelle. C’est parmi eux que sont choisis les évêques.
  • L’Église orthodoxe considère le pape comme le patriarche de Rome, il a une place de primauté en cas de concile œcuménique, le Christ étant chef de l’Église pour ces deux confessions. Si les catholiques considèrent le pape comme seul successeur de Pierre et vicaire du Christ à la tête du corps mystique de l’Église, les orthodoxes en revanche ont une conception plus restreinte de la primauté de Pierre : la primauté d’honneur est justifiée par l’ancienneté, mais n’engage aucune autorité réelle. Rien, pour les orthodoxes, n’étaye ni le Dictatus papæ, ni le dogme de l’infaillibilité pontificale.

Les Églises orthodoxes, pour la plupart d’entre elles, sont membres du Conseil œcuménique des Églises, rejoint en 1961. Elles entretiennent aussi un dialogue œcuménique avec l’Église catholique et la Communion anglicane. Elles ne sont cependant pas prêtes, même si une décision est votée à la majorité, à envisager d’adopter des notions et des pratiques non traditionnelles (présidence d’une pasteurine lors d’une célébration commune, évolution de la langue liturgique, libéralisme théologique etc.)

Conditions des orthodoxes pour la réunion des Églises catholique et orthodoxe ou « Afin que tous soient un… » (Jean 17 : 21)

  • La donation de Constantin est considérée par l’Église orthodoxe de Constantinople comme un faux rédigé au IXe siècle au bénéfice des intérêts de Rome, ce qui est aujourd’hui reconnu par l’Église catholique. Cette condition est donc aujourd’hui accomplie.
  • Abandon du Dictatus papæ (pour un orthodoxe, seul un Concile œcuménique peut avoir une telle autorité) et du dogme de l’infaillibilité pontificale.
  • Réexamen de la Réforme grégorienne : les chrétiens d’Orient y voient une forme d’autoritarisme spirituel et de renversement graduel des traditions. Cette réforme impose entre autres le célibat des prêtres. Il est cependant à noter que l’Église catholique a toujours accepté le maintien de la discipline orthodoxe traditionnelle en matière de célibat (célibat imposé uniquement aux moines et aux évêques) pour toutes les églises orientales rejoignant l’Église catholique. Cette condition pourrait donc être satisfaite relativement aisément.
  • Organisation à Rome d’un VIIIe Concile œcuménique pour rétablir l’unité.

La rupture de l’Occident (787-1204)

Les raisons de cette rupture progressive sont à chercher tant du côté des divergences doctrinales et liturgiques qui couvaient entre l’Église d’occident et celles d’orient depuis le VIIIe siècle, que du côté des rivalités politiques entre les États occidentaux qui commencent à s’affirmer, et l’Empire byzantin dont la puissance décline au XIIe siècle. Selon la plupart des auteurs, les premiers schismes, en 787 et 863, ont deux causes principales :

  • la diminution de l’influence de l’Empire romain d’Orient en Italie, au profit des Lombards, et le souci de la Papauté de se concilier ces derniers, géographiquement plus proches ;
  • la divergence doctrinale au sujet du Saint-Esprit (Filioque, voir Schisme de Photius) : selon l’évêque de Rome, celui-ci découle du Christ autant que du Père :par conséquent seule une âme chrétienne peut être sauvée et par conséquent, le devoir de l’Église est de convertir tout incroyant[réf. nécessaire] ; selon le reste de l’Église restée fidèle au symbole de Nicée-Constantinople et donc selon les patriarcats orthodoxes, le Saint-Esprit ne découle que du Père et celui-ci peut sauver qui Il veut, sans condition de religion.

Mais ces deux schismes furent éphémères. La rupture définitive en 1054 de l’évêque de Rome, à l’époque Léon IX, avec le reste de la Pentarchie a pour origine :

  • la disparition de l’influence de l’Empire romain d’Orient en Italie, au profit des Francs et des Normands, et le souci de la Papauté de renforcer son autorité spirituelle sur ces puissants voisins ;
  • la rivalité politique entre Léon IX et le patriarche de Constantinople Michel Cérulaire, le premier interprétant son statut de Primus inter pares dans le sens d’une autorité canonique sur les autres Patriarches, le second réfutant cette interprétation ;
  • la volonté papale d’uniformiser dans le sens latin les rites dans la partie sud de l’Italie, récemment conquise par les Normands sur les Byzantins, qui se heurte à l’opposition du même Michel Cérulaire (Keroularios), tout aussi soucieux de les uniformiser dans le sens grec ; la pierre d’achoppement fut l’usage du pain azyme (dont la pâte n’a pas été levée) en Occident.

Il s’ensuivit un échange de lettres peu amènes dans lesquelles est discutée l’œcuménicité du patriarcat de Constantinople. L’intransigeance des deux protagonistes mène à la rupture, alors que l’empereur Constantin IX est partisan d’une alliance avec Rome et se veut conciliant. Le pape Léon IX envoie à Constantinople les légats Humbert de Moyenmoûtier, Frédéric de Lorraine (plus tard pape sous le nom d’Étienne IX) et Pietro d’Amalfi. Humbert et Michel Cérulaire sont aussi susceptibles l’un que l’autre. Michel Cérulaire met en doute la validité du mandat des légats. Le débat tourne à l’échange de propos injurieux. Humbert soulève le problème du Filioque. Le 16 juillet 1054, Humbert et les légats déposent la bulle d’excommunication de Michel sur l’autel de la cathédrale Sainte-Sophie, sortent et secouent la poussière de leurs chaussures5. Le 24 juillet, le synode permanent byzantin réplique en anathématisant les légats.

Toutefois, contrairement à ce qui est souvent affirmé, l’excommunication n’est pas réciproque entre Rome et Constantinople car le pape n’y est pas mis en cause (il était mort et remplacé quelque temps avant l’arrivée d’Humbert à Constantinople, rendant la mission de ce dernier caduque), et l’affaire n’est pas prise très au sérieux à l’époque, malgré l’excommunication, quelques années plus tard de l’empereur Alexis Ier Comnène, d’ailleurs levée par le pape Urbain II. À la fin du XIe siècle, il n’est pas question de schisme. Ce n’est qu’au XIIIe siècle que les choses se gâteront au moment des croisades. L’événement déterminant sera le sac de Constantinople par la quatrième croisade en 1204, lequel avec son flot de barbaries et d’actes satanistes (les croisés font danser des prostituées dans les églises, sur les autels et sur la chaire de Saint Jean Chrysostome, où ils forniquent avec elles) choquera profondément et durablement les Orthodoxes.

Malgré des divergences difficilement surmontables, les relations se sont partiellement détendues au XXe siècle dans un effort d’œcuménisme : les anathèmes ont été levés le 7 décembre 1965 par le pape Paul VI et le patriarche Athénagoras Ier. Mais au XXIe siècle elles se sont tendues à nouveau, avec la politique de recentrage du pape Benoît XVI, le recul de l’œcuménisme, l’ouverture d’évêchés en territoires déjà évangélisés avec l’implantation de communautés charismatiques (Communauté d’Emmanuel) particulièrement prosélytes, voire agressives, et l’irritation des Églises orthodoxes roumaine et slaves face aux revendications des Églises uniates (ces dernières leur réclament la restitution des locaux confisqués par les régimes communistes et remis aux Églises orthodoxes).

Les quatorze Églises autocéphales

Patriarcat œcuménique de Constantinople

Article détaillé : Patriarcat œcuménique de Constantinople.

Église orthodoxe d’Alexandrie et de toute l’Afrique

Article détaillé : Patriarcat orthodoxe d’Alexandrie.

Église orthodoxe d’Antioche, en Syrie et dans tout l’Orient

Article détaillé : Patriarcat orthodoxe d’Antioche.

Église orthodoxe de Jérusalem pour Israël, la Palestine, la Jordanie et le Sinaï

Article détaillé : Patriarcat orthodoxe de Jérusalem.

Église orthodoxe de Géorgie

Article détaillé : Catholicossat-Patriarcat de toute la Géorgie.

Église orthodoxe de Chypre

Article détaillé : Église orthodoxe de Chypre.

Église orthodoxe de Serbie

Article détaillé : Église orthodoxe serbe.

Église orthodoxe de Russie

Article détaillé : Patriarcat de Moscou et de toute la Russie.

Les persécutions du XXe siècle (1914-1990)

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Cathédrale du Christ-Sauveur (Moscou) reconstruite dans les années 1990.

Pendant plus de soixante-dix ans, les autorités politiques de l’URSS ont tenté d’éradiquer la foi orthodoxe, tenue pour responsable de l’aliénation des masses et coupable d’avoir soutenu, durant des siècles, l’empire tsariste. Cependant, la position des autorités soviétiques ne fut pas immuable. Dans les années suivant la Révolution russe de février 1917 et le coup d’état bolchevik d’octobre, le pouvoir adopte une position clairement anticléricale. On brûle alors des églises et des reliques. La saisie des biens de l’Église est ordonnée en 1934, officiellement pour lutter contre la Grande Famine. Avec la Grande Guerre Patriotique qui commence par l’opération Barbarossa en 1941, la politique soviétique vis-à-vis de la religion orthodoxe change : pour souder la population autour du régime, il ne s’agit plus de persécuter, mais d’instrumentaliser l’Église. Celle-ci connaît un nouveau départ avec l’élection d’un nouveau patriarche (le dernier n’avait pas été remplacé à sa mort). Staline s’adresse à la radio aux citoyens en utilisant non plus le terme de « camarades » (товарищь) mais celui de « frères » (брать). Certes, l’emprise de l’Église sur la société reste limitée par rapport à ce qu’elle était autrefois. Mais pratiquer l’orthodoxie ne conduit plus au Goulag et même des membres du Parti et de la Nomenklatura finissent par s’y adonner, notamment après l’instauration de la « transparence » (гласность : glasnost) et de la « refondation » (перестройка : perestroïka) en 1985.

Depuis 1990

Longtemps étouffée par les régimes communistes, la foi orthodoxe a repris souffle malgré les conflits auxquels sont confrontées les Églises, longtemps inféodées au communisme, puis au nationalisme de la Nomenklatura.

Près de vingt ans après la chute du régime soviétique, qui rétablit une totale liberté de culte, des milliers d’églises ont été construites ou reconstruites et de nombreux citoyens des pays ex-communistes retournent à la religion. À côté d’une recherche spirituelle, beaucoup d’Orthodoxes voient sans doute dans la religion un retour à leurs racines historiques, l’affirmation d’une culture millénaire des pays slaves de l’est et du sud, et des pays roumains, qui n’a pas été effacée par la police politique.

Le mardi 30 novembre 2010, le président Dmitri Medvedev annonce avoir signé la loi sur la restitution des biens de l’Église. La loi prévoit de rendre à l’Église orthodoxe de nombreux monastères et églises souvent transformés en musées. Ce transfert concerne 6 584 sites religieux.

Église orthodoxe de Grèce

Article détaillé : Église orthodoxe de Grèce.

Église orthodoxe de Roumanie

Article détaillé : Patriarcat de Roumanie.

Église orthodoxe de Bulgarie

Article détaillé : Patriarcat de Bulgarie.

Église orthodoxe d’Albanie

Article détaillé : Église orthodoxe d’Albanie.

Église orthodoxe de Pologne

Article détaillé : Église orthodoxe de Pologne.

Église orthodoxe de Tchéquie et de Slovaquie

Article détaillé : Église orthodoxe de Tchéquie et de Slovaquie.

Église orthodoxe d’Ukraine

Article détaillé : Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Moscou).
Article détaillé : Église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev).
Article détaillé : Église orthodoxe autocéphale ukrainienne.

En Ukraine, trois principales églises orthodoxes coexistent, dont deux ne sont pas reconnues, l’église orthodoxe d’Ukraine (Patriarcat de Kiev) et l’église orthodoxe autocéphale ukrainienne.

Notes et références

  1. http://fr.euronews.com/2006/11/28/benoit-xvi-en-turquie-pour-etablir-un-pont-entre-christianisme-et-islam/ [archive]
  2. http://www.lexpress.fr/actualite/societe/benoit-xvi-rencontre-bartholomee_461589.html [archive]
  3. Néophytos Edelby, Liturgicon. Missel byzantin à l’usage des fidèles, Beyrouth, 1960, p. 14-21.
  4. Le filioque a modifié le texte d’un concile œcuménique (Ier concile de Constantinople). Cet ajout aurait été suggéré par l’empereur Charlemagne qui souhaitait asseoir son pouvoir en latinisant l’Église occidentale ; et ce, contre l’avis du pape de Rome, saint Léon III, et de la plupart de ses successeurs durant plus d’un siècle (IXe siècle). Seule exception notable : le pape Nicolas Ier. Vers 867, le Pape Nicolas, au nom de la primauté du siège romain, veut intervenir dans une affaire interne de l’Église de Constantinople, suscitant un conflit avec le patriarche Photios Ier de Constantinople. Cela conduira à la séparation de 1054.
  5. Il s’agit d’une allusion à un passage de l’Évangile selon Luc (9:6) : « Et, si les gens ne vous reçoivent pas, sortez de cette ville, et secouez la poussière de vos pieds, en témoignage contre eux. » (traduction Louis Segond)

Annexes

Bibliographie

  • Olivier Clément, L’Église orthodoxe, Collection Que sais-je ? P.U.F. 2002 (ISBN 2-13-053042-7)
  • Alexis Obolensky, Luc Svetchine, Pierre Antoine Gatier Les églises russes de Nice Honoré Clair 2010
  • Stella Ghervas, Réinventer la tradition. Alexandre Stourdza et l’Europe de la Sainte-Alliance, Honoré Champion, Paris, 2008 (ISBN 978-2-7453-1669-1)
  • Jean Meyendorff, L’Église orthodoxe hier et aujourd’hui, Seuil, Paris, 1995 (ISBN 2-0202-3537-4)
  • Jean-Claude Roberti, Être orthodoxe en France aujourd’hui, Hachette, Paris, 1998 (ISBN 2-0123-5342-8)
  • Timothy Ware, L’Orthodoxie : l’Église des sept conciles, Desclée de Brouwer, Paris, 1997 (ISBN 2-2200-4022-4) (2e éd., 1re éd. en français en 1968)

Articles connexes

Liens externes

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https://fr.wikipedia.org/wiki/Freyja

Freyja

Cet article utilise les noms français. Les noms en vieux norrois sont donnés entre parenthèses et en italiques.
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Freyja dans son char tiré par ses chats, entourée d’angelots, par Nils Blommér (1852).

Freyja est une déesse majeure dans le paganisme germanique et nordique, où de nombreux contes l’impliquent ou la représentent. Néanmoins les meilleures sources documentées de cette tradition religieuse, la mythologie nordique, sont à prendre avec prudence car elles ont pu subir l’influence des représentations chrétiennes ou classiques. En effet, elles nous ont été transmises, en grande partie, par l’intermédiaire d’historiens médiévaux islandais, alors que l’île était convertie au christianisme depuis plus de deux siècles 1,2,3. La majorité de ces textes, issus de la tradition orale scandinave, ont été mis à l’écrit en Islande au XIIe siècle et XIIIe siècle par des auteurs chrétiens. Le culte et les pratiques rituelles associées à cette déesse sont de ce fait mal connus. Dans les croyances pré-chrétiennes, Freyja représenterait un des trois visages de la Grande Déesse Mère, avec les déesses Frigg et Skaði 4.

Dans la mythologie nordique, Freyja est de la famille des dieux Vanes, elle est la fille de Njörd et la sœur jumelle de Freyr. Ses filles s’appellent Hnoss et Gersimi.

Sommaire

Noms

Étymologie

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Le nom Freyja est issu d’un terme germanique signifiant « dame » (cf. fru ou Frau en scandinave ou en allemand).

En vieux norrois comme en islandais moderne, Frú a pour sens « maîtresse, dame, femme ». Dans les autres langues modernes, le vocable est devenu Frue (danois), Fru (suédois), Frau (allemand), Vrouw (néerlandais).

On pourrait la considérer comme l’équivalent de Vénus pour sa symbolique de la beauté, mais aussi de Minerve du fait de ses attributs guerriers. Il est probable qu’elle soit la descendante mythologique la plus directe de Nerthus.

Le nom de son animal symbolique, la truie (syr en vieux norrois), pourrait être à l’origine du nom des suédois, Sviar (« adorateurs de la truie »)5.

Autres noms

D’après l’Edda en prose de Snorri Sturluson, Freyja était également connue sous les noms suivants :

  • Vanadís, « Dís des Vanes » ou « belle déesse » (väna signifie « belle ») ;
  • Mardöll, « mer brillante » (mar signifie « mer » et döll est le féminin de dallr, « brillant ») ;
  • Hörn, qui pourrait être apparenté au mot hörr, qui veut dire « lin » ou « linge » ;
  • Gefn, « la donatrice », un nom approprié pour une déesse de la fertilité ;
  • Sýr, « truie », suivant l’association des Vanes aux cochons et à la fertilité.

Dans la Saga de Njáll le Brûlé, Freyja est également appelée Valfreyja, soit « maîtresse des élus », « maîtresse des tués », à rapprocher du nom d’Odin Valfaðir (« père des tués ») et de celui des valkyries, valkyrja (« qui choisit les tués »).

Kenningar

Un kenning est une figure de style propre à la poésie scandinave, qui consiste à remplacer un mot par une périphrase à valeur métaphorique. Si aucun kenning n’est communément utilisé pour désigner Freyja, le nom de la déesse a été source de nombreux kenningar, principalement dans le registre des matières précieuses. L’or est ainsi appelé « larmes de Freyja », « larmes de Mardöll », ou encore « larmes de l’épouse d’Óðr ». Les belles choses en général sont appelées « filles de Freyja ».

Autres œuvres

C’est un personnage, sous la graphie Freia, de L’Or du Rhin de Richard Wagner.

Parenté et filiation

Freyja est la fille de Njörd et de sa sœur Nerthus.

Elle a pour frère jumeau Freyr, chef de file des Vanes, et pourrait n’être que la face féminine du concept incarné par Freyr.

De son époux Ód, « un homme qui voyage loin », Freyja eut deux filles, Hnoss et Gersimi. Ód est probablement une hypostase d’Odin voire Odin lui-même, car celui-ci disparaît peu après leur mariage. Après la disparition de Ód, Freyja pleura des larmes d’or rouge qui se transformaient en ambre quand elles tombaient dans la mer. On la confond parfois avec Frigg qui serait l’hypostase de Freyja, l’épouse d’Odin, déesse du mariage.

Symboles et attributs

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Freyja, par J. Penrose.

Collier des Brísingar

Article détaillé : Collier des Brísingar.

Le collier des Brísingar est un célèbre collier fait d’or et d’ambre, qui apparaît dans les sagas légendaires ainsi que dans Beowulf. Certaines versions de son mythe l’attribuent à Frigg et non à Freyja.

Lorsque Freyja portait le collier, nul ne pouvait résister à son charme. Le bijou avait en outre la propriété de soutenir l’armée que la déesse souhaitait favoriser sur le champ de bataille.

Manteau

Freyja possède un manteau de plumes de faucon, appelé Valshamr (« peau (ou plumage) de faucon » ou « cape aux plumes de faucon » selon les traductions). Il permet à celui qui le porte de se changer en oiseau et de voler d’un monde à l’autre. De même que le collier des Brísingar, ce manteau magique est parfois attribué à Frigg.

Char

Le char de Freyja est tiré par deux chats, nommés « amour maternel » et « tendresse ». De taille imposante, ils sont pensés être des chats de forêts norvégiennes ou des lynx. Comme les loups pour Odin, les chats sont sacrés pour Freyja.

Contrairement à beaucoup d’autres dieux, elle est appréciée des géants et plusieurs d’entre eux la convoitent.

Mythe

Déesse de l’amour et de la fertilité

Freyja est considérée comme une déesse de l’amour, de la beauté, de la terre et de la fertilité. Freyja est belle, rousse et on l’invoque pour être heureux en amour, mais aussi lors des accouchements. On la sollicite de même pour obtenir de bonnes saisons. Elle était la déesse de l’intimité, de l’attirance entre personnes, de la richesse, de la magie, des prophéties et l’origine du Seid a été attribué à Freyja6,7.

Déesse guerrière

Freyja est liée par de nombreux aspects à la guerre. Parcourant les champs de bataille, elle reçoit notamment la moitié des guerriers morts au combat dans Sessrumnir (« Pièce aux sièges nombreux »), la salle principale de sa demeure Fólkvangr (« Champs du peuple/ de l’armée »), tandis qu’Óðinn reçoit l’autre moitié dans sa halle, la Valhöll (Valhalla)8. Pour expliquer ce partage des Einherjar (« guerriers combattant seuls ») entre Óðinn et Freyja, certains courants néo-païens expliquent que les guerriers dévolus à Óðinn sont ceux d’entre eux qui vouent leur existence à la guerre et aux batailles que l’on nomme les offensifs. Les guerriers dévolus à Freyja sont ceux d’entre eux qui mènent des combats pour protéger leurs familles leurs clans et leurs biens que l’on nomme les défensifs.

Influences chrétiennes

Statue de Freyja à Djurgården, Stockholm, Suède. Elle est représentée ici avec un faucon, l’un de ses symboles.

Dans la Saga du Roi Olaf Tryggvason, d’après les ordres de ce dernier, afin de prouver leur piété, les gens doivent insulter et ridiculiser les déités majeures des païens quand ils sont nouvellement convertis au christianisme. Les déités nordiques telle Freyja sont finalement rendues démoniaques conformément aux enseignements de l’autorité chrétienne9,10.

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Historiquement, durant la christianisation de la Norvège, le roi Olaf Tryggvason usait de moyens élaborés pour tuer ceux qui refusaient le christianisme.

Les Vikings avaient l’obligation d’abandonner leurs anciennes croyances. « L’Église n’autorise pas d’autres dieux, qu’elle considère comme des démons et des forces du Mal. Freyja, la grande Déesse des Vikings, symbole de la fécondité, fut pour l’Église un objet de ridicule et de mépris. » 11

Écrit par deux prêtres chrétiens au XVe siècle, la nouvelle islandaise Sörla þáttr est une tentative d’humilier des déités païennes, louer le christianisme et immortaliser le roi chrétien Olaf Tryggvason. L’histoire emprunte les parties de Heimskringla (où les déités des païens sont raillées), les parties de la poésie Lokasenna (de Gefjun dormant avec un garçon pour un collier, collier des Brísingar adaptée pour humilier la déesse Freyja. Les parties de l’Húsdrápa la poésie (de Loki volant Brisingar) et la bataille éternelle Hjaðningavíg. À la fin de l’histoire, l’arrivée du Christianisme dissout la vieille malédiction qui devait traditionnellement attendre le Ragnarök12.

Relation entre Freyja et Frigg

Freyja a des attributs parallèles à Frigg, la déesse souveraine des Germains et des anciens Scandinaves, patronant notamment le mariage et la maternité . L’époux de Freyja est Óðr, celui de Frigg est Óðinn. La racine germanique Frijō serait à l’origine du nom des deux déesses en vieux-norrois.

Influence moderne

Vanadis, autre nom de Freyja, a donné son nom à l’élément chimique vanadium.

Hommage

Freyja est l’une des 1 038 femmes dont le nom figure sur le socle de l’œuvre contemporaine The Dinner Party de Judy Chicago. Elle y est associée à la Déesse de la fertilité, deuxième convive de l’aile I de la table13.

Notes et références

  1. Microsoft Encarta 2007, Norse Mythology
  2. Williams, Gareth (2001) Pagan belief [archive],Sagas [archive]
  3. W. A. Craigie, Religion of Ancient Scandinavia (1914), p. 2
  4. Régis Boyer La Grande Déesse du Nord,Paris, Berg, 1995 et Les Vikings : histoire, mythes, dictionnaire, éditions Robert Laffont, collection bouquins ISBN 978-2-221-10631-0 p.&nbs;424
  5. Régis Boyer, La Grande Déesse du Nord : Essai, Berg International,‎ 1995, 218 p. (ISBN 9782911289002, présentation en ligne [archive]), p. 126.
  6. La saga de Frithiof :
  7. Microsoft Encarta 2007, Freya
  8. la Prose Edda, Gylfaginning, Poêmes de l’Edda, Grímnismál
  9. W. A. Craigie, Religion of Ancient Scandinavia (1914)
  10. T. Kendrick, History of the Vikings (1930), p.349, 350.
  11. Jean Renaud « les dieux des Vikings » Editions Ouest France (ISBN 978-2737314681) sept 96, page 190
  12. Cette petite histoire s’appelle aussi La Saga de Högni et Hedinn, summarization provided by Wikipedia editors. English translation can be found at Northvegr: Three Northern Love Stories and Other Tales. [archive])
  13. Musée de Brooklyn – Freyja [archive]

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Freyja, sur Wikimedia Commons

Notices d’autorité : Fichier d’autorité international virtuel • Gemeinsame Normdatei



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