Frank Berton nouvel avocat de Salah Abdeslam

Depuis cette annonce, les portraits du pénaliste se multiplient, tous élogieux.

Frank Berton est décrit par tous… comme l’avocat dont rêvent toutes les victimes, éternelles oubliées, méprisées ou haïes du système judiciaire français.

Mais il défend des accusés, comme quasiment tous ses confrères les plus réputés.

Et si je tuais quelqu’un pour avoir droit moi aussi à une défense ? Voilà la question que doivent se poser assez souvent quelques-unes de ces victimes auxquelles l’Etat refuse toujours toute aide juridictionnelle, les poussant à voler ou se prostituer pour survivre après avoir été dépouillées de toutes leurs ressources et privées de tout moyen de travailler.

Qu’elles donnent le bâton pour se faire battre encore plus est évidemment pour elles la dernière chose à faire, le « système » ou ses représentants n’attendent pas mieux pour laisser exploser de nouveaux déferlements de haine à leur encontre.

Que n’eurent-elles commencé par là, elles n’en seraient certainement pas là et profiteraient allègrement de la vie comme tous les autres.

Cela dit, je n’ai encore vu rappeler nulle part que Me Berton s’est aussi illustré en Bretagne pour sa défense de José Antonio Freitas de Jesus dans l’affaire de l’assassinat au mois de décembre 2005 de l’ancien proxénète brestois Bernard Algret, d’abord à Quimper en première instance à l’automne 2009, puis à Saint-Brieuc en appel au printemps 2011.

Tout comme Amedy Coulibaly, l’un des auteurs des attentats de janvier 2015 à Paris, le « parrain » nantais José Antonio Freitas de Jesus fait partie des détenus qui avaient clandestinement filmé leur quotidien à la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis en 2007, plusieurs mois durant.

 

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2016/04/26/frank-berton-avocat-francais-de-salah-abdeslam_4909215_4809495.html

Frank Berton, avocat français de Salah Abdeslam

 

LE MONDE | 26.04.2016 à 22h42 • Mis à jour le 28.04.2016 à 11h13 | Par Soren Seelow

 

L'avocat Frank Berton, le 3 juin 2016 à Rennes.

L’avocat français Frank Berton a déclaré au Monde, mardi 26 avril, qu’il avait été désigné par Salah Abdeslam pour le défendre dans la procédure des attentats à Paris et à Saint-Denis. MBerton a déjà participé à plusieurs dossiers médiatisés, comme les affaires d’Outreau, de Florence Cassez ou encore Cottrez.

 

Le pénaliste lillois constituera une équipe de défense avec l’avocat belge Sven Mary et un second avocat français, dont le nom n’a pas été communiqué. Mes Frank Berton et Sven Mary ont rencontré Salah Abdeslam vendredi 22 avril pendant plus de deux heures à la prison de Beveren, où il était incarcéré jusqu’à son transfèrement vers la France mercredi 27 avril au matin.

« J’ai rencontré un jeune homme abattu, qui a témoigné d’une réelle volonté de s’expliquer à la fois sur son parcours de radicalisation et sur les faits eux-mêmes : le 13 novembre, ainsi que les jours qui ont précédé et suivi, a déclaré Me Berton au Monde. S’il avait été dans une démarche de revendication, je ne l’aurais pas défendu. Mais il est d’accord pour aborder le fond et nous pouvons écrire une page intéressante de la justice, notamment pour les victimes : j’ai donc accepté d’être son avocat. »

Lire aussi :   Qui est Sven Mary, l’avocat belge de Salah Abdeslam ?

Arrêté le 18 mars à Molenbeek, dans la région de Bruxelles, après quatre mois de cavale, Salah Abdeslam, 26 ans, a été placé en détention provisoire et mis en examen pour « meurtres terroristes et participation aux activités d’un groupe terroriste » dans l’enquête sur les attentats du 13 novembre en France. Il était sous le coup d’un mandat d’arrêt européen délivré par la justice française le 19 mars 2016 par les juges d’instruction.

Ce mandat d’arrêt lui a été notifié mercredi après son arrivée, à 9 h 5, sur le territoire français. Il sera présenté dans la journée aux magistrats instructeurs en vue de sa mise en examen. Le parquet a annoncé dans un communiqué qu’il allait requérir son placement en détention provisoire.

Le suspect clé des attentats à Paris et à Saint-Denis a également été mis en examen en Belgique, le 21 avril, pour « tentative de meurtres comme auteur ou coauteur » dans l’enquête sur la fusillade survenue dans la commune bruxelloise de Forest le 15 mars.

Une semaine avant les attentats qui ensanglantèrent la capitale belge, le 22 mars, une opération antiterroriste liée aux attentats du 13 novembre en France s’était soldée par des tirs contre les policiers, la mort d’un suspect, Mohamed Belkaid, et la fuite de deux autres. Salah Abdeslam était soupçonné d’être l’un d’eux.

Lire aussi :   Attentats du 13 novembre : Salah Abdeslam mis en examen et placé à l’isolement à Fleury-Mérogis

 

http://www.liberation.fr/france/2016/04/27/si-je-tuais-quelqu-un-c-est-frank-berton-que-je-prendrais_1449089

«Si je tuais quelqu’un, c’est Frank Berton que je prendrais»

Par Stéphanie Maurice, Correspondante à Lille — 27 avril 2016 à 20:31

Pour sa défense en France, Salah Abdeslam a choisi ce ténor du barreau lillois, connu pour avoir fait libérer Florence Cassez ou assisté Smaïn Ait Ali Belkacem, artificier des attentats de 1995.

  • «Si je tuais quelqu’un, c’est Frank Berton que je prendrais»

Salah Abdeslam n’a pas choisi un inconnu pour sa défense en France : Frank Berton, 53 ans, ténor du barreau lillois, appartient au club fermé des meilleurs avocats pénalistes français. Il est décrit comme pugnace, aux épaules assez larges pour assumer son rôle dans le dossier judiciaire le plus compliqué du moment : «Il se place tout de même à côté de celui que tout le monde veut crucifier sur la place publique», note une de ses consœurs. «Il est excellent. Si je tuais quelqu’un un jour, c’est lui que je prendrais», s’amuse-t-elle. Elle résume ses atouts : un bon technicien du droit, doté de vraies qualités humaines dans ses rapports avec ses clients.

Ombrageux. Qu’il se colle à l’affaire n’a surpris personne parmi les avocats nordistes. Mario Califano, un autre avocat lillois, évoque de son côté un professionnel qui n’a pas froid aux yeux, capable d’assumer une défense en contre, avec un accusé qui revendique ses actes, aussi horribles soient-ils, au nom d’une conviction politico-religieuse.

Le cas Abdeslam n’est pas le premier dossier terroriste de l’avocat lillois : Berton avait déjà défendu l’Algérien Smaïn Ait Ali Belkacem, du Groupe islamiste armé (GIA), impliqué dans la vague d’attentats qui a frappé la France en 1995. Avec ses cheveux gominés en arrière et sa gueule de film noir, Frank Berton hante les cours d’assises depuis 1989, infatigable bosseur. Sur lui, les avis divergent : les uns trouvent l’homme au caractère ombrageux antipathique, les autres humain, fidèle en amitié.

Le procès d’Outreau, en 2004, est son premier révélateur médiatique : la fine fleur du barreau lillois est là et élabore une défense commune, avec en figure de proue Eric Dupond-Moretti, avocat connu pour sa truculence et ses plaidoiries implacables. Berton, lui, est le défenseur d’Odile Marécaux, la femme de l’huissier. Les deux hommes se respectent. D’ailleurs, Eric Dupond-Moretti avait été le propre avocat de Berton, lorsque ce dernier avait été mis en cause dans une sombre affaire d’agression de travestis se livrant à la prostitution en 2000 : un coup monté dont il sortira avec un non-lieu.

Mais c’est surtout la libération de Florence Cassez, condamnée à 96 ans d’emprisonnement au Mexique pour participation à des enlèvements, qui le propulse sur le devant de la scène. L’arrestation de la jeune femme a été mise en scène par la police, et elle crie son innocence depuis trois ans quand il prend l’affaire en main, en 2008. «Imaginez, vous êtes avocat en France, et vous vous demandez bien comment vous allez pouvoir sortir votre cliente de là», sourit Mario Califano. Frank Berton relève le pari. «Il ne se contente pas des techniques procédurales habituelles, mais frappe à toutes les portes possibles, poursuit son confrère. Il sait se servir des médias et réussit le tour de force de faire intervenir les politiques au plus haut niveau.»

A relire le portrait de Frank Berton publié en janvier 2013

«Malin». Les journalistes locaux se souviennent encore de ces conférences téléphoniques organisées dans le bureau de Berton, tous groupés autour du haut-parleur à écouter la voix de Florence Cassez répondre à leurs questions, du fond de sa prison. Sa libération lui vaut la réputation d’être «un malin», capable de sortir du strict domaine du droit pour défendre un client. Ce qui ne l’empêche pas d’avoir «une vraie conscience professionnelle». Pas de doute : Abdeslam s’est offert le haut du panier.

Stéphanie Maurice Correspondante à Lille

 

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/arrestation-de-salah-abdeslam/qui-est-frank-berton-la-gueule-du-barreau-de-lille-prete-a-prendre-des-coups-pour-defendre-salah-abdeslam_1425179.html

Qui est Frank Berton, la « gueule » du barreau de Lille prête à prendre des coups pour défendre Salah Abdeslam ?

 

L’avocat lillois, qui a défendu Florence Cassez et des acquittés d’Outreau, estime que tout accusé mérite une défense. Ténor au parcours cabossé, il n’a pas son pareil pour faire ressortir l’humanité de ses clients.

 

Frank Berton, le nouvel avocat français de Salah Abdeslam, devant le Palais de justice de Paris, le 27 avril 2016.

Frank Berton, le nouvel avocat français de Salah Abdeslam, devant le Palais de justice de Paris, le 27 avril 2016. (MATTHIEU ALEXANDRE / AFP)

Frank Berton nouvel avocat de Salah Abdeslam dans Attentats louis.boy Louis Boy

Mis à jour le 28/04/2016 | 19:06, publié le 28/04/2016 | 16:11

 

En annonçant, mercredi 27 avril à La Voix du Nord, qu’il défendrait Salah Abdeslam, Frank Berton, 53 ans, a pris le risque de devenir l’avocat le plus détesté de France. Lui-même a confié, au 20 heures de France 2, que le flot de commentaires haineux sur internet ne lui avaient pas échappé. Il a aussi décroché un dossier, médiatique et complexe, que les plus prestigieux de ses confrères lorgnaient sans doute. Mais il est revenu à ce ténor du barreau lillois, révélé par l’affaire Outreau puis par sa défense de Florence Cassez, et dont le profil et le look détonnent dans le milieu. Portrait de celui qui devra convaincre l’opinion que l’on peut défendre l’ennemi public numéro 1.

« C’est sûr qu’on aura des menaces »

Frank Berton le sait, il va prendre des coups. « C’est sûr qu’on aura des critiques, c’est sûr qu’on aura des menaces », dit-il à La Voix du Nord. Il en a discuté avec Sven Mary, l’avocat belge de Salah Abdeslam, qui affirme avoir été agressé dans la rue à cause de son choix de défendre le suspect-clé des attentats de novembre à Paris et Saint-Denis. Son confrère français a hésité, il le reconnaît. La veille encore, il balançait « entre le vertige, la crainte et le plaisir de s’attaquer à cette affaire », raconte un ami auMonde. Un état d’esprit que résume à francetv info Eric Dussart, chroniqueur judiciaire de La Voix du Nord, qui le connaît depuis vingt ans : « Que ce soit pour défendre un petit dealer de Lille Sud ou Salah Abdeslam, il a besoin que ça ne soit pas simple. Je pense que ça le motive. »

Ce sont ces dossiers « pas simples » qui ont fait la carrière de Frank Berton. Il se révèle au grand public quand, en 2004 et 2005, aux côtés d’un autre ténor de Lille, Eric Dupont-Moretti, il se bat pour rétablir l’innocence des accusés d’Outreau. Il explose quand il devient l’avocat qui fait libérer Florence Cassez, emprisonnée au Mexique, où il ne peut se déplacer sans un garde du corps et une voiture blindée. Beaucoup d’observateurs retiennent aussi sa défense passionnée, l’an dernier, de Dominique Cottrez, meurtrière de huit de ses enfants et pour qui il obtiendra du jury une peine deux fois moins importante que les réquisitions. A Libération, pour expliquer son choix de se tourner vers le droit, il cite « l’envie de sortir quelqu’un du pétrin ». Nageur dans sa jeunesse, Frank Berton aime par dessus tout le contre-courant.

Avant de défendre Abdeslam, il a voulu le rencontrer

« Chacun a le droit à une défense », a martelé mercredi Frank Berton au sujet de Salah Abdeslam. « On est dans une République. Sinon, il n’y aurait pas besoin de faire un procès, une instruction… Autant qu’on lui tranche la tête tout de suite ! »

« Il a dit plusieurs fois qu’Abdeslam ne devait pas être jugé pour les actes des autres. Ça fait vingt ans que j’entends ce discours », confie Eric Dussart. Ce travail de pédagogie, pour faire entendre au public que même un terroriste a droit à un avocat, est une des motivations de Frank Berton. « Il faut être pétri de courage et imprégné de sa mission de défenseur » pour s’attaquer à cette affaire, juge Julien Delarue, son confrère au barreau de Lille, contacté par francetv info. « Beaucoup d’avocats médiatiques sont en quête de lumière, mais pas forcément des risques qui vont avec. »

Comment expliquer ces choix ? Frank Berton ne défend « jamais des causes, jamais une morale ou une histoire, toujours des personnes. C’est la nature humaine qui l’intéresse », révélait sa femme et associée à Libération. Le quotidien ajoute qu’il lui arrivait de refuser des clients médiatiques sur lesquels il ne trouvait rien à raconter. Avant d’accepter de défendre Salah Abdeslam, il a rencontré le prisonnier dans sa cellule belge pendant deux heures, vendredi, et explique en être sorti avec la conviction que son client était prêt à parler de sa participation aux attentats de Paris. Berton avait déjà défendu un terroriste, Smaïn Aït Ali Belkacem, condamné pour son implication dans l’attentat du métro parisien en 1995. Quand ce dernier est revenu sur ses aveux, l’avocat explique avoir quitté sa défense : « Ça, je l’ai dit à Salah Abdeslam. » Il y a donc une condition à l’engagement de Frank Berton : que ce procès serve à dire la vérité.

Un « hypersensible » avec ses clients comme avec les jurés

Avec ses clients, la relation humaine peut être intense. « Il s’intéresse aux gens qu’il défend, et cherche beaucoup à nouer des rapports avec eux. Ce n’est pas une défense de façade », estime Julien Delarue. Jean-Luc Romero, qui présidait le comité de soutien de Florence Cassez, se souvient « qu’au-delà de sa conviction très forte d’avocat, il était tombé, comme nous tous, sous le charme de Florence. Il avait cette conviction qu’elle était tombée dans un traquenard. » Une conviction qu’il ne réserve pas à ses clients stars, assure Eric Dussart : « Il y a quelques semaines, je l’ai vu défendre une femme qui a tué son père. J’étais le seul journaliste dans la salle, et je peux vous assurer qu’il a mouillé la chemise pour cette jeune femme. »

« C’est quelqu’un qui a une hypersensibilité », estime Nathalie Perez, journaliste spécialiste de la justice à France 3 et qui a suivi nombre de ses plaidoiries. « Il travaille avec ses tripes. Il est tout le temps dans l’affect, il touche par ses mots forts, il est capable de faire pleurer les jurés. » L’avocat Julien Delarue décrit un homme « à l’humanité assez débordante, qui a une grande capacité à sonder les âmes. C’est un peu une éponge, qui s’inspire de tout ce qui se passe dans une salle d’audience. Et quand il faut élever la voix, il sait le faire aussi ». « Chez les gens simples et humbles, qui constituent une grande partie de sa clientèle, il passe très bien », poursuit Nathalie Perez. « Il parle comme eux, leur tape dans le dos. Quand ils pleurent, il sort un mouchoir. C’est ce genre d’homme. »

« Quand il s’adresse aux jurés, on sent que c’est un mec simple »

« Il faut le voir à l’œuvre », dit son confrère. Quand il plaide à Lille, dans des affaires pas toujours médiatiques, la salle est remplie de collègues comme de curieux, assure le chroniqueur de La Voix du Nord. Il faut lire le récit que fait la journaliste du Monde Pascale Robert-Diard de sa plaidoirie pour Dominique Cottrez, pour saisir son style, la façon dont il emporte un jury et dont il fait ressortir l’humanité de cette femme infanticide. « Les assises, il n’y a pas de lieu plus humain dans le monde judiciaire », explique Eric Dussart. « Quand il s’adresse aux jurés, on sent que c’est un mec simple, qui vient d’un milieu populaire. Les grands pénalistes ont ce point commun de savoir parler aux gens parce qu’ils en sont, des gens. » Pour autant, il n’est pas un de ces avocats qui se reposent sur leur éloquence à la barre. « Frank, c’est 90% de transpiration, et le reste après », assure Hubert Delarue, père de Julien et avocat lui aussi.

Cet ami de vingt ans de Frank Berton, qui a traité des dizaines d’affaires avec lui à commencer par Outreau, lie la sensibilité de l’avocat à son histoire personnelle. « On dit que l’adulte n’est qu’un enfant couvert de cicatrices. On ne devient pas avocat pénaliste par hasard », raconte-t-il. « Frank est un garçon pudique, mais je sais que sa jeunesse n’a pas toujours été facile. » Il s’en était un peu ouvert à Libération : sa naissance à Amiens, d’un représentant de commerce et d’une mère au foyer engagée au PCF ; son père qui les bat, et finit par partir ; sa sœur handicapée qu’il a longtemps crue morte, avant de la retrouver au soir de sa vie. Frank Berton a eu une jeunesse « de merde » et des complexes, « comme ceux que je défends aujourd’hui », explique-t-il à L’Obs.

« J’ai cette gueule-là, autant en jouer »

Son visage buriné, sa voix rocailleuse, ses cheveux gominés détonnent dans le milieu. Son look ne le dessert pas forcément à la barre ; il colle avec le personnage. « J’ai cette gueule-là, alors autant en jouer », a-t-il dit un jour à Eric Dussart. En plus de son look, Berton peut se montrer flambeur, comme lorsqu’il rend visite à son ami Hubert Delarue en Aston Martin : « Il n’est pas né avec une cuillère en argent dans la bouche, Frank. C’est peut-être un esprit de revanche. » Son succès fait sans doute quelques jaloux au barreau de Lille, qui comptait déjà une star en la personne d’Eric Dupont-Moretti (qui a d’ailleurs défendu Frank Berton dans une affaire où il était accusé à tort). « Des gens se disent qu’ils sont dans un autre monde », raconte le chroniqueur de La Voix du Nord. Dans les couloirs, on le surnomme affectueusement « la madone des aéroports » : depuis l’affaire Cassez, Frank Berton est celui qu’on appelle pour défendre les Français à l’étranger, du Pérou à la République dominicaine.

Mais tous évoquent un avocat jamais avare de conseils, adepte du travail d’équipe et fidèle en amitié. Eric Dussart décrit ce grand écart : « Quand il prend le train pour Paris, tout le monde se retourne. Mais il va encore jouer aux cartes avec ses copains ; on le voit boire des coups dans les mêmes bistrots qu’il y a vingt ans. » Celui qui a joué le DJ pour payer ses études est resté fêtard. « C’est un gros bosseur, très organisé dans son travail, mais quand le procès est fini, il aime la vie et la fête, c’est un épicurien », raconte son ami Hubert Delarue. « Je ne dirais pas qu’il brûle la chandelle par les deux bouts, mais il a une soif de vivre, une gourmandise. » Devant l’affaire Abdeslam, sans doute la plus alléchante de sa carrière, Frank Berton n’a pas résisté.



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