Nous n’avons pas gardé les cochons ensemble !

Tiens, quelques répliques intéressantes, ici (cliquer sur l’image pour l’agrandir et lire les textes) :

 

2010-11-24 Serge Rodallec a entamé son marathon judiciaire de retour d'exil par une condamnation à quatre ans de prison ferme - Un petit coucou

 

Et ça continue…

 

2010-11-24 Serge Rodallec a entamé son marathon judiciaire de retour d'exil par une condamnation à quatre ans de prison ferme - Un petit coucou - 2

 

Commentaire N°15 et sa réponse :

 

Commentaire 15

 

Commentaire N°10 et sa réponse :

 

Commentaire 10

 

Ah, ce n’est pas dans le même ordre…

 

Reste que nous n’étions pas amies du tout, ça c’est bien vrai.

La preuve : je n’ai jamais gardé les cochons qu’elle m’envoyait, je les lui retournais !

Elle l’avait d’ailleurs déjà dit elle-même sur le blog Tique Toc de son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi le 19 juillet 2010, ils faisaient bien tous leur rapport à Mme « je sais pas qui » après s’être pris un vent :

 

@ Mon-Al (125)

Ben oui, ça m’étonnerait aussi que Jex reçoive beaucoup de visites, de la façon dont elle s’y prend, ce n’est malheureusement pas étonnant.
Quand elle rencontre des gens prêts à lier une relation amicale avec elle, elle tente, avec plus ou moins de succès, de les embobiner et les veut entièrement à sa botte. Forcément, ça ne peut marcher qu’un temps, voire pas du tout.

Sitôt que la personne se rebiffe un tant soit peu, elle devient « l’Ennemi » (mafieux, débile, assassin, idiot, complice de je sais pas qui, harceleur etc…)

En revanche, l’accusation de pédophilie n’a, à ma connaissance, pas eu cours ici dans la période où j’ai connu Jex.

 

Et après ça, elle me fait passer pour paranoïaque, menteuse ou mythomane…

C’est bien elle qui m’envoyait tous ces porcs, elle l’a elle-même révélé au public de manière spontanée. C’est aussi bien elle qui les persuadait que j’étais une prostituée, elle a recommencé dès le 19 juin 2010 auprès du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi, comme le savent bien tous les lecteurs de ce pornographe.

Voilà bien le point faible de tous les pervers, celui qui les trahit toujours : tôt ou tard ils vont se vanter de tout le mal qu’ils ont fait, ils ne peuvent pas s’en empêcher, ils en jouissent.

La criminelle extraordinairement perverse Josette Brenterch du NPA de Brest a patiemment attendu d’avoir réussi à me voler la totalité de ma vie pour s’en vanter publiquement.

Depuis lors, cela n’arrête pas.



Clash entre Mélenchon et Cohn-Bendit en direct sur France 2

 


Quand Mélenchon fait son cinéma par LePoint

 

Extra ! J’avais justement l’intention de titrer un de mes prochains articles : « Brest : une rivière et deux rives qui ne se tutoient toujours pas », le v’là bien introduit !

Mais quelle mouche aura encore piqué celui qui a récemment découvert le terrorisme ?

 

http://www.lepoint.fr/presidentielle/cohn-bendit-a-melenchon-va-te-faire-voir-28-11-2016-2086227_3121.php

Cohn-Bendit à Mélenchon : « Va te faire voir ! »

 

VIDÉO. Invité à commenter les résultats de la primaire de la droite sur France 2, Jean-Luc Mélenchon s’en est violemment pris à Daniel Cohn-Bendit à l’antenne…

 

Par

Modifié le 28/11/2016 à 10:13 – Publié le 28/11/2016 à 10:03 | Le Point.fr

 

Le clash entre Jean-Luc Mélenchon et Daniel Cohn-Bendit a fait le bonheur des réseaux sociaux. En tutoyant le candidat à la présidentielle récemment intronisé par le Parti communiste, l’ancien leader de Mai 68 ne s’attendait sans doute pas à se prendre une telle volée de bois vert.

Alors qu’il s’adressait au chef de file du Front de gauche, Daniel Cohn-Bendit s’est fait renvoyer dans ses buts par un Mélenchon passablement énervé. À l’origine du clash ? Une simple apostrophe. « Jean-Luc, si tu te présentes à la primaire [de la gauche], tu peux la gagner », déclare l’ancien député européen écologiste au dernier soutien occidental d’Hugo Chávez.

Réponse de Mélenchon, en duplex :

- Monsieur Cohn-Bendit, est-ce que vous pouvez m’appeler par mon nom, et pas par mon prénom, s’il vous plaît ? Nous ne sommes pas amis. Ne jouons pas la comédie…

Ambiance ! Sur le plateau de France, au soir des résultats de la primaire de la droite, Daniel Cohn-Bendit voit rouge à son tour.

- Va te faire voir, réplique-t-il, vexé. Et « Dany » d’inviter le porte-drapeau de la France « insoumise » à aller tutoyer Fidel Castro, l’ancien révolutionnaire cubain, auquel Mélenchon a tressé des couronnes après sa disparition.

Plus tard, dans les loges, Daniel Cohn-Bendit rappellera que Jean-Luc Mélenchon et lui se sont toujours tutoyés. Comme l’attestent d’ailleurs plusieurs vidéos en ligne.

 



Après la mort de David Hamilton, une cinquième victime du photographe se dévoile

Pour elle, les faits n’étaient pas prescrits. De plus, elle avait déjà porté plainte, en 2008, mais n’avait pas été entendue.

Le photographe tenait pourtant depuis longtemps des propos ambigus.

A des journalistes du Monde qui en 2007 lui avaient clairement demandé s’il avait eu des relations sexuelles avec ses modèles de 13 ou 14 ans, il n’avait pas répondu non.

Au moins deux juges d’instruction pouvaient être soupçonnés de complicité ou de corruption.

Lequel aurait accepté de les « déjuger » ?

A quelques exceptions près, ils ne se contredisent jamais entre eux.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20161127.OBS1785/mort-de-david-hamilton-il-ne-faudrait-pas-transformer-notre-bourreau-en-victime.html

Mort de David Hamilton : « Il ne faudrait pas transformer notre bourreau en victime »

 

Mort de David Hamilton : "Il ne faudrait pas transformer notre bourreau en victime"

Elodie a accepté de témoigner à visage découvert. (Emmanuelle Anizon/L’Obs)

 

Elodie, une des victimes présumées du photographe accusé de multiples viols, qui s’est suicidé, a décidé de témoigner à visage découvert.

 

Emmanuelle AnizonPublié le 27 novembre 2016 à 13h08

 

David Hamilton s’est suicidé. Quand la nouvelle est tombée, Flavie Flament (Cap d’Agde, 1987) a immédiatement fustigé la « lâcheté du photographe » qui « nous condamne à nouveau au silence et à l’incapacité de le voir condamné ». Et les autres ? Les trois femmes qui ont témoigné dans « l’Obs » ? Chez toutes, les révélations de l’animatrice avaient fait naître l’espoir d’être enfin entendues. Et là… Lucie (Cap d’Agde, 1987) se dit incapable de parler. « Je n’arriverai pas à exprimer ce que je ressens », dit-elle.  Constance (Saint-Tropez, 1967) a senti un « sentiment de culpabilité, remplacé très vite par un sentiment de gâchis : dites, on ne peut pas s’arrêter là ? », demande t-elle.

« Le geste est dramatique mais ses actes restent scandaleux ! » s’énerve Alice (Cap d’Agde, 1985). « Je n’ai fait que lui renvoyer le miroir de ce qu’il est, je n’ai rien à me reprocher. Plus ça va, plus je sens au contraire la colère monter : en nous empêchant de nous adresser à lui, il réussit à nous museler ! »

David Hamilton, le chasseur de jeunes filles

« Je suis déçue que la justice ne soit pas rendue »

Il y en a une autre, très en colère. Elodie. Nous ne l’avions pas citée encore dans « l’Obs ». C’est un quatrième témoignage, exclusif. La Tropézienne a 27 ans, et les agressions qu’elle raconte, similaires à celles vécues par les autres femmes, sont les plus récentes : elles datent de 2004. La jeune fille, forcément blonde et fine, avait 15 ans, et le photographe… 71 ans. Elodie a porté plainte pour viol, en 2008. Onze ans après la plainte d’Alice Et, pas plus qu’Alice, elle n’a été entendue : elle a écopé d’un non lieu.

Depuis le livre de Flavie Flament, elle espérait relancer sa plainte, comme nous le confirme son avocate Me Taylor Salusse :

« Elodie envisageait la réouverture de l’information pour charges nouvelles. Mais le suicide de David Hamilton éteint l’action publique. La plus grande souffrance  des victimes est de voir leur bourreau faire un sort à la vérité. »

 

Elodie avait tellement espéré que « Cette page se tourne, enfin », pour commencer à se construire une vraie vie, avec son amoureux. Sortir de ces blocages et de ces peurs qui l’empêchent d’avancer, encore aujourd’hui. Le geste du photographe la laisse « partagée. Je suis soulagée qu’il ne puisse plus agresser personne, déçue que la justice ne nous soit pas rendue, et inquiète aussi : il ne faudrait, pas, parce qu’il s’est suicidé, que les rôles soient inversés, que notre bourreau soit transformé en victime ! »

« Si je saute par la fenêtre… ? »

Elodie a pensé au suicide elle aussi autrefois. Dans l’appartement parisien de David Hamilton. « Je me disais : si je saute par la fenêtre en culotte, peut-être qu’ils verront ce que je vis  ? ».  Alice aussi, avoue y avoir songé longtemps… « Si aujourd’hui on peut déplorer qu’un homme ait mis fin à ses jours pour fuir ses responsabilités, n’oublions pas que dans la majeure partie des cas, ce sont des victimes qui mettent fin à leurs jours parce qu’elles ne sont pas entendues, dans l’anonymat le plus totale, rappelle Flavie Flament.

Flavie Flament confirme : l’homme qu’elle accuse de viol est bien David Hamilton

Elodie a voulu pour cet article qu’on utilise son vrai prénom. Et a décidé de poser pour nous, le visage découvert, devant la maison de Ramatuelle du photographe. Là où, dit-elle, tout a commencé. « Je n’ai pas honte, je n’ai pas à cacher mon visage. » Déterminée à faire libérer la parole. Elles sont donc quatre femmes désormais, solidaires autour de Flavie Flament, qui martèle que « le combat continue. »

Emmanuelle Anizon

Emmanuelle Anizon

Emmanuelle Anizon

Journaliste

 

http://www.lejdd.fr/Societe/Flavie-Flament-sur-le-deces-de-David-Hamilton-La-mort-n-est-pas-un-non-lieu-827743

27 novembre 2016

Flavie Flament sur le décès de David Hamilton : « La mort n’est pas un non-lieu »

 

INTERVIEW – L’animatrice Flavie Flament, qui a accusé le photographe David Hamilton de viol avant sa mort vendredi soir, confie son sentiment au JDD.

Flavie Flament revient sur la mort de David Hamilton, qu’elle accuse de viol. (Francesca Mantovani)

Où vous trouviez-vous quand vous avez appris la mort de David Hamilton?
Au restaurant, en compagnie de l’homme que j’aime. Nous étions en train de dîner quand l’alerte est tombée sur mon téléphone. Ensuite, ça n’a pas arrêté de sonner. Les médias voulaient tous recueillir ma réaction. J’ai alors appelé mon éditrice, qui m’a confirmé que David Hamilton était bien décédé.

Une image vous est-elle revenue d’abord?
Non, pas d’image, j’étais dans un état de sidération. Mes pensées sont allées à toutes les victimes qui m’avaient contactée suite à la publication de mon livre [La Consolation, JC Lattès]. J’ai été prise d’une colère sourde. Une fois de plus, cet homme échappait à ses responsabilités ; une fois de plus, il avait trouvé le moyen de ne pas répondre aux accusations portées contre lui ; une fois de plus, il nous faisait porter le poids du silence. Nous ne pourrons jamais le regarder en face et obtenir réparation. Cet homme nous a volé nos premières fois. Là, il nous spolie notre reconnaissance. Par sa mort, il tente de faire peser le soupçon sur notre parole.

« Je n’ai plus eu aucun contact depuis qu’il m’a violée à l’âge de 13 ans »

Dans votre livre, le nom de David Hamilton n’est jamais mentionné. Cinq semaines après, vous avez décidé de le révéler, jeudi dernier dans L’Obs. Pourquoi maintenant?
Quand ce livre est sorti, je pensais que j’étais seule. Mais rapidement, des témoignages me sont parvenus de partout, de France mais aussi d’Allemagne, de Belgique… Les faits couvrent une période qui s’étend de 1967 à 2007. Aujourd’hui, nous sommes cinq femmes dont les viols sont avérés. Ils recoupent les mêmes périodes et les mêmes modes opératoires : gestes, paroles, rituels. Parmi nous, deux ont déjà porté l’affaire devant les tribunaux. En 1997 et en 2008, David Hamilton a été accusé de viol et de corruption de mineurs par deux femmes. Il a été mis en examen et une enquête a été ouverte. Toutes les plaintes ont été confiées à mon avocat.

«Il savait qu’on était toutes là et qu’on l’attendait…»

Après la publication de votre livre, David Hamilton a dit qu’il allait porter plainte contre vous pour diffamation. Qu’en a-t-il été?
Nous n’avons jamais rien reçu. Son avocat ne nous a jamais contactés. Je n’ai plus eu aucun contact depuis qu’il m’a violée à l’âge de 13 ans. S’il ne nous a pas attaqués, c’est qu’il ne le pouvait pas en réalité. Pourtant, nous avons publié une photo de lui en couverture du livre. Il aurait légitimement pu nous attaquer. C’était intentionnel, je voulais le faire sortir du bois. Puisque je ne pouvais aller à lui en raison de la prescription, il fallait qu’il vienne à moi. Il ne pouvait mettre ses menaces à exécution. C’est pour cela que j’ai révélé son nom dans L’Obs. Je n’étais plus seule. Des dossiers judiciaires se constituaient, nous avions la preuve de sa culpabilité. Nous savions, et lui aussi, qu’il ne pourrait contredire la parole de ces femmes dont il avait volé l’enfance, l’innocence. Nous étions en train de mettre au grand jour la personnalité d’un violeur pervers et dangereux. Il savait qu’on était toutes là et qu’on l’attendait…

David Hamilton devant l’une de ses photos à Paris, en avril 2015. (PJB/Sipa)

« Ça en dit long sur la lâcheté de cet homme »

Son suicide semble résonner pour vous comme un aveu?
Oui, c’est un aveu qui achève de montrer son mépris absolu vis-à-vis de ses victimes. Même si c’est dramatique, ça en dit long sur la lâcheté de cet homme qui a préféré fuir pour échapper à ses responsabilités. C’est une pitoyable révérence.

Eprouvez-vous de la culpabilité vis-à-vis de sa mort?
Non, aucune. Il ne faudrait pas que la culpabilité change de camp : nous sommes les victimes! Et bien souvent, ce sont elles qui mettent fin à leurs jours parce qu’elles ne sont pas entendues. La situation est dramatique. N’oublions pas que cet homme a brisé nos vies, celles de jeunes filles de 13, 14 ou 15 ans qui ont toutes, par la suite, connu les mêmes difficultés à mettre un pied devant l’autre, à trouver une place dans le monde, à se sentir sûres d’elles. Cet homme nous a détruites.

«David Hamilton emporte dans sa tombe son secret, mais aussi ses péchés»

Mais vous ne vous dites pas que c’était un vieil homme?
Et alors? La vieillesse ne constitue pas un non-lieu, comme la mort n’est pas un non-lieu. David Hamilton emporte dans sa tombe son secret, mais aussi ses péchés. La vieillesse, comme la mort, ne rend pas innocent.

« Les souvenirs me sont revenus à l’âge de 35 ans »

Savez-vous aujourd’hui pourquoi vous avez attendu si longtemps pour prendre la parole?
Comme je l’ai expliqué lors de la sortie de La Consolation, les victimes de viol sont très souvent sujettes à une amnésie traumatique. Une partie de votre mémoire vous déserte, tout simplement pour survivre. Une jeune fille qui a été violée ne peut continuer à vivre en se souvenant. C’est tragique : elle ne peut dire qu’elle a été violée. Elle ne peut connaître que l’oubli d’elle-même. Sa mémoire est arrachée. Une partie de sa vie est confisquée. En ce qui me concerne, les souvenirs me sont revenus à l’âge de 35 ans et ça a été terrible. Mais aujourd’hui, je me sens une personne complète. J’ai récupéré la partie de moi qui m’avait été volée.

Qu’allez-vous faire maintenant?
David Hamilton est mort. Mais notre combat continue. A travers les témoignages recueillis, c’est la parole des enfants violés que nous voulons libérer. La ministre Laurence Rossignol m’a proposé la coprésidence auprès d’un magistrat d’une mission de consensus autour de la prescription couvrant ce type de crime. Les victimes seront considérées au même titre que des « experts ». Enfin nous pouvons êtes entendues…

Ludovic Perrin – Le Journal du Dimanche

 

http://www.closermag.fr/article/david-hamilton-ambigu-dans-le-passe-on-a-dit-que-ma-relation-aux-modeles-est-degueulasse-687036

David Hamilton ambigu dans le passé : « On a dit que ma relation aux modèles est dégueulasse »

 

Par Jordan Landreau Le 26 novembre 2016 à 14h59

Le célèbre photographe David Hamilton

© BALDINI / BESTIMAGE

David Hamilton

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Info - Le célèbre photographe David Hamilton retrouvé mort à son domicile parisien  le 25 novembre 2

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Archives - David Hamilton - Dîner de la mode pour le Sidaction au pavillon d'Armenonville à Paris. L

© RACHID BELLAK / BESTIMAGE
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Le célèbre photographe David Hamilton
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Le photographe accusé de viol par Flavie Flament et plusieurs femmes est décédé. Qu’en est-il de la vérité ?

David Hamilton a été retrouvé mort par asphyxie dans son appartement parisien ce vendredi 25 novembre. Il avait 83 ans. D’après nos informations, un voisin l’a découvert avec la tête recouverte par un sac plastique. Ce qui semble être au premier abord un suicide est évidemment un obstacle à la révélation de la vérité sur les accusations de viol qui visaient le photographe mondialement célèbre ces dernières semaines. En brisant le silence, Flavie Flament a ouvert la voie à d’autres femmes qui ont également affirmé avoir été victimes d’agression sexuelle de la part de David Hamilton.

Celui dont la carrière était à son sommet dans les années 1970 et 1980 a, peu avant sa mort, nié les accusations. « Je n’ai rien fait« , assurait-il à l’AFP, ajoutant qu’il comptait porter plainte. Mais quand il n’était pas encore au coeur du scandale, son discours n’était pas aussi catégorique. En effet, Le Monde évoque aujourd’hui une interview du photographe datant de 2007 où le photographe répondait « On dit que ma relation aux modèles est dégueulasse. On ne peut pas plaire à tout le monde« , lorsque le journal lui demandait s’il avait eu des relations sexuelles avec ses modèles âgées de 13 ou 14 ans. Connu pour ses clichés plus ou moins érotiques de jeunes filles, il a donc préféré rester ambigu à l’époque et emporte avec lui ses secrets en quittant ce monde… Flavie Flament, choquée, considère qu’il s’est suicidé « par lâcheté« .

 

http://www.boursier.com/actualites/reuters/suicide-du-photographe-britannique-david-hamilton-197436.html?fil40

Suicide du photographe britannique David Hamilton

 

Publié le 26/11/2016 à 11h23

PARIS (Reuters) – Le photographe britannique David Hamilton, accusé de viol et d’agressions sexuelles mais qui clamait son innocence, s’est suicidé vendredi à son domicile parisien, a-t-on appris de source policière.

Selon cette source, qui a confirmé une information d’Europe 1, le photographe de mode, âgé de 83 ans, est mort d’asphyxie.

Compte tenu de la personnalité de la victime, la police judiciaire a été chargée d’une enquête pour rechercher les causes de la mort, ajoute-t-on de même source.

Une source proche de l’enquête a précisé qu’il s’était asphyxié en se couvrant la tête d’un sac en plastique.

Selon la radio, qui ne spécifie pas ses sources, il a été retrouvé inanimé par un voisin, alors que la porte de son appartement avait été laissée entrouverte.

Deux policiers étaient en faction devant la porte de son immeuble vendredi soir et un cordon de sécurité avait été mis en place pour tenir les badauds à distance, a constaté sur place une journaliste de Reuters, qui a vu entrer dans l’immeuble deux officiers de police judiciaire vers 23h20.

Accusé de viol par plusieurs femmes, dont l’animatrice de télévision et de radio Flavie Flament, le photographe avait annoncé son intention de porter plainte pour diffamation.

Dans un livre, « La consolation », Flavie Flament dit avoir été violée il y a près de 30 ans par un photographe célèbre dont elle ne révèle cependant pas le nom dans cet ouvrage.

Dans une récente interview enregistrée par l’Obs et diffusée par le site de l’hebdomadaire, elle déclare cependant : « L’homme qui m’a violée lorsque j’avais 13 ans est bien David Hamilton. »

Elle précise que c’est en 1987, dans le quartier naturiste du Cap d’Agde, dans le sud de la France, que David Hamilton l’a violée dans son appartement, où il la prenait en photo.

A la suite de la parution de son livre, d’autres femmes ont dit dans la presse avoir aussi été abusées, quand elles étaient adolescentes, par le photographe, auteur notamment d’albums photo et de films mettant en scène de très jeunes filles.

A la suite de ces accusations, David Hamilton avait dénoncé dans un communiqué des « propos diffamatoires », protesté contre une « absence totale de respect de (sa) présomption d’innocence » et assuré qu’il n’avait « jamais été l’auteur » des « comportements criminels » qui lui étaient « imputés par certains ».

(Service France, édité par Emmanuel Jarry)
 

http://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/suicide_de_david_hamilton_un_proche_temoigne_on_est_sous_le_choc_379744

Suicide de David Hamil­ton : un proche témoigne : “On est sous le choc !“

 

“ Il n’était ni malade ni dépres­sif“

 
Mathieu BonisMathieu Bonis | samedi 26 novembre 2016 à 17:43

Suicide de David Hamil­ton : un proche témoigne : “On est sous le choc !“

témoi­gnage

Un proche du photo­graphe décédé hier soir, affirme qu’il ne sortait plus beau­coup de chez lui mais n’était pas pour autant dépres­sif, ajou­tant même qu’il travaillait sur plusieurs projets.

Il avait annoncé vouloir porter « plusieurs plaintes » dans les prochains jours, pour se laver des accu­sa­tions dont il se disait victime. Fina­le­ment, il n’en sera rien. Le photo­graphe anglais David Hamil­ton, 83 ans, a été retrouvé mort vendredi soir à son domi­cile, dans le 6ème  arron­dis­se­ment de Paris.

Retrouvé inanimé avec un sac plas­tique sur la tête, un voisin, fonc­tion­naire de police, a tenté de le réani­mer en vain. Il était en arrêt cardio-respi­ra­toire lorsque le Samu de l’hôpi­tal Necker a tenté à son tour de le sauver. Son décès a été constaté à 21 h 30. Le témoin n’a pas mentionné la présence de médi­ca­ments près du corps de l’artiste qui gisait au sol de son 40 mètres carrés au premier étage d’une rési­dence huppée.

Un très probable suicide commis dans la soli­tude la plus totale. En effet l’un de ses rares proches qui lui avait briè­ve­ment parlé quelques heures avant sa mort, a confié que le photo­graphe ne sortait presque plus de chez lui. De plus malgré ses costumes blancs et son appar­te­ment à Rama­tuelle, David Hamil­ton ne roulait plus du tout sur l’or.

Une réac­tion rappor­tée par Le Point qui n’ayant pas réussi à joindre son ex-femme ni son agent, a cepen­dant obtenu le témoi­gnage de son comp­table et ami.

Je l’ai eu encore hier matin au télé­phone. Il n’était ni malade ni dépres­sif. Je connais David depuis 40 ans. Je me suis occupé de son mariage puis de son divorce. On est sous le choc. Il était avec un colla­bo­ra­teur qui l’a quitté vers 18–19 heures vendredi, avec plusieurs projets en cours. Il travaillait sur ces prochaines expo­si­tions notam­ment en Belgique. Il devait tour­ner un film sur Saint-Tropez pour Arte“.

Ces dernières semaines, le photo­graphe de 83 ans avait été accusé de viols ou d’agres­sions sexuelles par plusieurs femmes, dont l’ani­ma­trice Flavie Flament, alors qu’elles étaient mineures.

Des crimes et délits présu­més aujourd’­hui pres­crits, inter­di­sant toute éven­tuelle pour­suite à son encontre. “Par sa lâcheté, il nous condamne à nouveau au silence et à l’in­ca­pa­cité de le voir condamné. L’hor­reur de cette annonce ne saura jamais effa­cer celles de nos nuits blanches“, a réagi Flavie Flament dans un commu­niqué.

 

http://www.lepoint.fr/societe/pour-hamilton-flavie-flament-se-faisait-de-la-publicite-sur-son-dos-26-11-2016-2085946_23.php

« Pour Hamilton, Flavie Flament se faisait de la publicité sur son dos »

 

Un proche du photographe affirme que les accusations de viol n’affectaient pas l’artiste, lequel travaillait à plusieurs projets.

 

Par

Publié le 26/11/2016 à 15:24 | Le Point.fr
David Hamilton devant ses oeuvres, durant une exposition à Aschenorf en Allemagne le 21 avril 2006. Ingo Wagner
David Hamilton devant ses oeuvres, durant une exposition à Aschenorf en Allemagne le 21 avril 2006. Ingo Wagner © INGO WAGNER / DPA / DPA/AFP/ INGO WAGNER

 

Le célèbre photographe David Hamilton, 83 ans, s’est donné la mort vendredi soir dans son appartement du boulevard Montparnasse (Paris 6e). Retrouvé inanimé avec un sac plastique sur la tête, un voisin, fonctionnaire de police, a tenté de le réanimer en vain. Il était en arrêt cardio-respiratoire lorsque le Samu de l’hôpital Necker a tenté à son tour de le sauver. Son décès a été constaté à 21 h 30. Le témoin n’a pas mentionné la présence de médicaments près du corps de l’artiste qui gisait au sol de son 40 mètres carrés au premier étage d’une résidence huppée.

David Hamilton, né à Londres en 1933, était divorcé, son ex-femme n’a pu être jointe alors qu’elle est à New York actuellement. Son agent en déplacement en Israël n’était pas non plus joignable. En revanche, son comptable, à son service depuis 40 ans, a accepté de répondre aux questions du Point. « Je l’ai eu encore hier matin au téléphone. Il n’était ni malade ni dépressif. Je connais David depuis 40 ans. Je me suis occupée de son mariage puis de son divorce. On est sous le choc. Il était avec un collaborateur qui l’a quitté vers 18-19 heures vendredi. Avec plusieurs projets en cours. Et il travaillait sur ces prochaines expositions notamment en Belgique. Il devait tourner un film sur Saint-Tropez pour Arte. »

Depuis plusieurs semaines et notamment la parution du livre autobiographique de Flavie Flament, ex-animatrice télé et ex-épouse de Benjamin Castaldi, David Hamilton a fait l’objet d’accusation d’agressions sexuelles sur des modèles, dont Flavie Flament, qu’il avait photographiés alors adolescentes.

« Il a toujours démenti. Ses accusations ne le perturbaient pas. Je l’ai incité à réagir plutôt que laisser prospérer ces calomnies. Elles étaient totalement fantaisistes. Quand on le connaît, tout cela ne pouvait avoir aucune réalité. Pour lui, elle se faisait de la pub sur son dos », conclut l’ami de 40 ans du photographe.

 

http://www.lepoint.fr/people/hamilton-vous-avez-eu-les-calendriers-moi-j-ai-eu-les-filles-19-11-2016-2084161_2116.php

Hamilton : « Vous avez eu les calendriers. Moi, j’ai eu les filles… »

 

Le photographe britannique David Hamilton avec le mannequin Élodie Durand, à Saint-Tropez, devant la galerie Gut Altenkamp, en 2006.
Le photographe britannique David Hamilton avec le mannequin Élodie Durand, à Saint-Tropez, devant la galerie Gut Altenkamp, en 2006. © INGO WAGNER / DPA / DPA/AFP/ INGO WAGNER

 

Par

Modifié le 19/11/2016 à 18:44 – Publié le 19/11/2016 à 10:06 | Le Point.fr

 

David Hamilton est aujourd’hui accusé de viols par d’anciens jeunes modèles. Portrait d’un photographe kitsch obsédé par les jeunes filles « en fleurs ».

 

Seize ans, c’était l’âge limite de ses modèles. Limite « supérieure » s’entend, car, au-delà de cet âge canonique, monsieur Hamilton déclarait forfait. « Les femmes, ce n’est pas mon rayon », a-t-il candidement répété, quarante ans durant, à longueur d’interviews. Un âge minimum requis ? Qu’importe, pourvu que les seins de ces toutes jeunes filles commencent à poindre un peu, et Hamilton était le plus heureux des hommes. Il les repérait, toujours blondes, toujours pâles, toujours minces comme des fils, sur les plages de Saint-Tropez ou dans les rues de Stockholm, à la terrasse des cafés, et parfois même à la sortie des écoles.

En 1983, une journaliste de Elle raconte dans un article assez grinçant que la dernière recrue du photographe britannique n’a que… 12 ans, et qu’il a littéralement enlevé la gamine à la sortie de son collège, chargeant manu militari sa bicyclette, à la vue de tous, dans le coffre de sa voiture… Jamais ses modèles n’ont été payés. Jamais les parents n’ont pu assister aux « séances de travail » du photographe, qui, à défaut de verser un salaire à ces jeunes filles, les emmenait voyager dans le monde entier. « Mais les parents sont ravis, ils trouvent leurs filles plus dégourdies à leur retour », se vante sans rire Hamilton dans un entretien donné au temps de sa gloire, au temps où ses livres se vendaient à des millions d’exemplaires et où ses innombrables produis dérivés – posters, cartes postales, puzzles – trônaient dans toutes les chambres d’adolescentes et firent sa fortune.

Une époque puritaine ?

Souvenez-vous, c’était l’époque où les filles portaient de longues jupes aux imprimés Laura Ashley et de jolies blouses dites « roumaines », où elles se parfumaient à l’Air du temps de Nina Ricci et où elles punaisaient, entre deux posters de Snoopy, ces drôles de clichés vaporeux, flous et kitschissimes. La « lumière hamiltonienne » ? Le terme est récemment entré dans le dictionnaire, en fait un bête bas de soie que l’ancien directeur artistique, qui n’a jamais caché n’avoir aucune notion de technique photographique, enfilait simplement sur l’objectif. Pour justifier son goût obsessionnel des très jeunes filles, qui, dans ses livres, ont bien souvent la culotte Petit Bateau baissée et s’enlacent dans des poses suggestives, l’homme n’a jamais craint de se comparer en toute modestie à Balthus, aux préraphaélites, à Degas… Rien que ça.

Las, à défaut d’être accrochées comme celles de ses maîtres dans de véritables musées, ses œuvres sont restées à son grand désespoir abonnées aux galeries, aux hôtels et aux magasins de posters. D’autant que, depuis quelques années, ses photos érotico-romantiques n’ont plus guère la cote. Son dernier livre, publié en France en 2007, n’a été tiré qu’à 8 000 exemplaires, et encore ses clichés ont été triés avec grande prudence tant ils gênent notre regard contemporain. La même année, il est exposé à la Biennale d’art contemporain de Lyon dans une salle… interdite aux mineurs. Alors, à chacune de ses expositions – la dernière a eu lieu à l’hôtel Scribe, à Paris, en 2015 –, l’« artiste » y va de son même petit couplet bien rodé : nous vivons une époque puritaine, coincée, ennuyeuse, peuplée de « mal-baisés » – dit-il – qui voient du porno ou de la pédophilie là où il n’a jamais cherché que « la candeur d’un paradis perdu ».

83 ans et des mocassins à pompons

Le plus étonnant de tout cela ? Si, du temps de ses immenses succès commerciaux, la presse n’a pas toujours été tendre pour les « œuvres » de ce photographe du dimanche, aujourd’hui, elle est souvent tout miel et d’une incroyable complaisance pour ce vieux monsieur – il a aujourd’hui 83 ans – qui porte des mocassins à pompons et des pantalons de velours, et incarne une époque que l’on fantasme, à défaut de l’avoir vraiment connue, une époque libérée, détendue, où, en somme, on avait « le droit »…

Mais le droit de quoi ? Dans son livre La Consolation (JC Lattès), l’animatrice Flavie Flament qui fut son modèle accuse – sans le nommer – le photographe de l’avoir violée à l’âge de 13 ans, et L’Obs vient de recueillir trois témoignages similaires d’anciennes proies supposées de l’artiste kitsch. Hamilton s’est indigné dans un communiqué et a récusé ces accusations. On ne saura peut-être jamais, puisqu’il y a prescription, si le photographe a oui ou non abusé de ces jeunes filles à peine pubères. Mais le numéro médiatique du vieux bonhomme – l’art censuré par la pudibonderie de notre triste époque – ne devrait plus guère fonctionner. Et la relecture de ses dernières déclarations « anti politiquement correctes » s’avère aujourd’hui ravageuse. Ainsi, à un journaliste qui dans une interview de 2015 se souvient avec émotion de ses calendriers sensuels, que rétorque Hamilton ?  « Vous, vous avez eu le calendrier. Moi, j’ai eu les filles… »



Mort du photographe David Hamilton : accusé de viols sur mineures, il se serait suicidé

Encore un mythe qui s’écroule et une histoire qui finit mal…

Pour ses victimes, le décès du monstre peut être un soulagement, une libération, tout comme il peut être extrêmement frustrant et rageant, surtout s’il s’agit d’un suicide, de surcroît à 83 ans, alors qu’elles approchaient d’un but : lui demander des comptes.

Au fond, nous attendons toujours les mêmes choses : la cessation des exactions lorsqu’elles perdurent, des aveux, des explications, la mise hors d’état de nuire du monstre, avec bien des souffrances si possible, qu’elles lui rappellent à chaque instant combien il a fait souffrir.

Mais les réactions des unes et des autres ne sont pas toujours les mêmes et peuvent varier pour chacune au fil du temps et selon les circonstances.

Le déni est aussi chez les victimes qui sont quand même les premières et le plus durement confrontées à une réalité inacceptable.

Le monstre en profite : il n’a rien fait de mal, il n’a même rien fait du tout.

Dans la plupart des cas, de toute façon, il niera jusqu’au bout et n’hésitera pas à se présenter comme victime de médisants ou de « dérangées » à l’instar du pervers polymorphe Pascal Edouard Cyprien Luraghi (cliquer sur l’image pour l’agrandir et lire le texte) :

 

Capture d’écran 2016-11-20 à 12.00.28

 

 

 

 

http://www.europe1.fr/faits-divers/accuse-de-viol-le-photographe-david-hamilton-a-tente-de-se-suicider-2911382

INFO E1 – Accusé de viol, le photographe David Hamilton s’est suicidé

 

21h57, le 25 novembre 2016, modifié à 13h15, le 26 novembre 2016
INFO E1 - Accusé de viol, le photographe David Hamilton s'est suicidé

Le photographe britannique a été retrouvé inanimé par son voisin, vendredi soir.@ Olivier Strecker/Wikimedia

 

Le photographe britannique, accusé de viol, notamment par Flavie Flament, s’est suicidé vendredi soir à l’âge de 83 ans dans son domicile parisien.

 

INFO EUROPE 1Le photographe britannique David Hamilton s’est suicidé dans son appartement du 6e arrondissement de Paris, vendredi soir, selon les informations d’Europe 1.

Accusé de viol. L’homme de 83 ans avait été accusé de viol et d’agressions sexuelles par plusieurs femmes, notamment l’animatrice télé Flavie Flament, qui avait confirmé le nom de son agresseur le 18 novembre dernier. David Hamilton avait été retrouvé inanimé vendredi soir par son voisin, qui avait prévenu les secours peu avant 21 heures. Immédiatement, pompiers de Paris et Samu se sont rendus sur place. Mais à leur arrivée, le photographe de mode se trouvait déjà en arrêt cardiaque. Malgré les efforts des secouristes, il n’a pas pu être ramené à la vie. Son décès a été prononcé un peu avant 22 heures. Une enquête a été confiée au 3e district de police judiciaire (3e DPJ) pour déterminer les causes de la mort, une procédure classique s’agissant de personnalités.

hamilton

L’immeuble où David Hamilton a été retrouvé par les secours. (Photo Guillaume Biet/Europe 1)

« Je suis innocent ». « Je suis innocent et dois être considéré comme tel », avait clamé la photographe mercredi après les révélations de Flavie Flament, la semaine dernière. Dans son livre La Consolation, paru mi-octobre, l’animatrice Flavie Flament révélait avoir été violée à 13 ans par un célèbre photographe. Rapidement, le nom de David Hamilton avait circulé sur les réseaux sociaux, poussant l’intéressé à nier ces accusations dans un communiqué. La semaine dernière, deux nouveaux témoignages accablants publiés dans L’Obs étaient venus s’ajouter à celui de l’animatrice.  »L’instigatrice de ce lynchage médiatique cherche son dernier quart d’heure de gloire. Par la diffamation. Je déposerai plusieurs plaintes dans les jours à venir », avait précisé David Hamilton.

Flavie Flament a « un sentiment d’immense révolte ». L’animatrice Flavie Flament est « dévastée » par la nouvelle de sa mort, a déclaré vendredi soir l’éditrice de l’animatrice, Karina Hocine. « J’ai eu Flavie, elle est dévastée bien entendu. On nous a dit que c’était un suicide. Bien entendu nous sommes partagées entre l’horreur de la situation en tant qu’humain et en même temps, il y a un sentiment d’immense révolte car il n’aura pas laissé le temps à la justice de faire son oeuvre », a-t-elle ajouté.

 

 

http://www.20minutes.fr/people/1969367-20161127-mort-david-hamilton-flavie-flament-dit-devastee

Mort de David Hamilton: Flavie Flament se dit «dévastée»

 

DECES «Par sa lâcheté, il nous condamne à nouveau au silence et à l’incapacité de le voir condamné», a déclaré l’animatrice, qui accuse le photographe de l’avoir violée quand elle avait 13 ans…

Flavie Flament sur TF1 en 2006.

Flavie Flament sur TF1 en 2006. – Jean-Marc SUREAU/TF1/SIPA

20 Minutes avec AFP

    • Publié le 27.11.2016 à 06:42
    • Mis à jour le 27.11.2016 à 06:42

« L’horreur de cette annonce ne saura jamais effacer celle de nos nuits blanches », a déclaré Flavie Flament après la mort du photographe David Hamilton, qu’elle accuse de l’avoir violée quand elle avait 13 ans. L’animatrice, s’est dite « dévastée » par la nouvelle, réitérant ses accusations et rappelant celles d’autres jeunes filles qui se sont « manifestées avec courage et émotion ces dernières semaines ».

>> A lire aussi : Le photographe anglais David Hamilton retrouvé mort à son domicile

Le photographe de 83 ans, retrouvé mort vendredi soir à son domicile parisien, avait ces derniers jours clamé son innocence et annoncé son intention de porter plainte pour diffamation. « C’est à elles que je pense. A cette injustice que nous étions en train de combattre ensemble. Par sa lâcheté, il nous condamne à nouveau au silence et à l’incapacité de le voir condamné », déclare Flavie Flamant.

>> A lire aussi : Qui est David Hamilton, le photographe de 83 ans accusé de viol?

« Un sentiment d’immense révolte »

L’éditrice de l’animatrice, Karina Hocine, avait auparavant déclaré que Flavie Flament était « dévastée bien entendu ». « On nous a dit que c’était un suicide. Bien entendu nous sommes partagées entre l’horreur de la situation en tant qu’humain et en même temps, il y a un sentiment d’immense révolte car il n’aura pas laissé le temps à la justice de faire son œuvre », avait ajouté Karina Hocine, éditrice chez Lattès du livre de Flavie Flament La consolation.

>> A lire aussi : Flavie Flament va se pencher sur le délai de prescription pour les viols

L’animatrice a affirmé dans ce livre avoir été violée il y a près de 30 ans, par un photographe connu, dont elle ne dévoilait pas le nom. Après la parution de son livre, d’autres femmes ont témoigné dans la presse, sous pseudonyme, et affirmé avoir subi le même sort pendant leur adolescence.

Le photographe voulait déposer plainte pour diffamation

Il y a une semaine, dans L’Obs, l’animatrice de RTL a fini par accuser nommément David Hamilton comme son agresseur présumé. « L’homme qui m’a violée lorsque j’avais 13 ans est bien David Hamilton », a-t-elle affirmé dans un entretien filmé.

Le photographe britannique avait annoncé mardi son intention de déposer plainte pour diffamation à la suite des accusations de viol portées contre lui. « Aujourd’hui, je ne fais l’objet d’aucune poursuite. Nous sommes au-delà de ma présomption d’innocence. Je suis innocent et dois être considéré comme tel », avait-il déclaré.

 

http://www.europe1.fr/societe/lhomme-qui-ma-viole-est-bien-david-hamilton-declare-flavie-flament-2904128

Flavie Flament : « L’homme qui m’a violée lorsque j’avais 13 ans est bien David Hamilton »

 

11h23, le 18 novembre 2016, modifié à 13h43, le 18 novembre 2016
Flavie Flament : "L'homme qui m'a violée lorsque j'avais 13 ans est bien David Hamilton"

Flavie Flament explique n’avoir pas cité le nom de son violeur dans son livre pour éviter d’être accusée de diffamation. @ ALAIN JOCARD / AFP
 

Dans un entretien accordé à « L’Obs » vendredi, l’animatrice télé appelle d’autres victimes à témoigner.

 

Jusque-là, elle avait toujours refusé de dévoiler l’identité de son violeur. Mais, vendredi, dans un entretien filmé accordé à L’Obs, Flavie Flament a confirmé que l’homme qui l’avait agressée alors qu’elle avait 13 ans était bien le photographe de mode David Hamilton.

Risque de diffamation. « L’homme qui m’a violée lorsque j’avais 13 ans est bien David Hamilton », déclare Flavie Flament dans l’interview. Dans son livre La consolation, elle n’avait pas dévoilé le nom de son agresseur. L’animatrice télé s’en explique : « Je ne l’ai pas cité parce qu’aujourd’hui, la prescription condamne doublement les victimes de viol. Au bout de 20 ans, après la majorité, on vous explique que c’est trop tard. Et puis, vous pouvez aussi passer de victime à coupable : coupable de diffamation ».

Appel à témoignages. Le fait que d’autres femmes aient elles aussi accusé David Hamilton d’agressions sexuelles a beaucoup soulagé Flavie Flament. « Ça change tout de pouvoir partager une douleur, de savoir qu’on n’a pas été la seule », raconte celle qui « a passé des années et des années » à se dire qu’elle était « un cas isolé ». Elle se félicite au passage que son livre « ait libéré sa parole » mais aussi « celle des autres ». C’est pourquoi elle encourage d’autres victimes du célèbre photographe à témoigner à leur tour afin d’ »agir et d’être entendu » pour « ne pas laisser ces crimes impunis ». « Il y en a d’autres, c’est évident », ajoute-t-elle.

Une « fiction » pour le photographe. Le 27 octobre dernier, David Hamilton s’est défendu des accusations qui le visent. « J’ai pris connaissance des propos diffamatoires circulant à mon sujet depuis plusieurs jours dans certains médias, et sur des réseaux sociaux », avait-il écrit au site SudInfo. Le photographe a évoqué « d’abominables diffamations, nées d’insinuations (…) à l’occasion de la promotion d’un ouvrage ». Dans sa défense, il relève la mention « roman » inscrite sur l’ouvrage de Flavie Flament, plaidant qu’il est donc « une œuvre de fiction ». Il n’exclut pas de porter l’affaire en justice.

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20161117.OBS1362/flavie-flament-confirme-l-homme-qu-elle-accuse-de-viol-est-bien-david-hamilton.html

Flavie Flament confirme : l’homme qu’elle accuse de viol est bien David Hamilton

 

EXCLUSIF. Flavie Flament dévoile l’identité du photographe qu’elle accuse dans son livre et lance un appel aux femmes qui auraient été de potentielles victimes.

 

Emmanuelle AnizonPublié le 18 novembre 2016 à 08h34

 

Flavie Flament, dans son livre « la Consolation » (Ed. JC Lattès, 2016), dit avoir été violée par un grand photographe, sans le nommer. Et a toujours refusé depuis de prononcer son nom, alors même que celui-ci tournait sur les réseaux sociaux et avait été dévoilé par Thierry Ardisson.

Affaire Flavie Flament : d’autres femmes accusent David Hamilton de viol

Dans une interview exclusive accordée à « l’Obs », elle le prononce enfin. Flavie Flament revient sur les raisons de son silence, explique combien les témoignages d’autres femmes se disant victimes, recueillis par « l’Obs », la confortent dans sa démarche. Elle lance un appel pour que la parole se libère.

15642116 dans Crime

 

Le photographe britannique David Hamilton lors du vernissage d’une des ses expositions, dans les années 1970. (Jack Nisberg / Roger-Viollet)

David Hamilton, qui a maintenant 83 ans, a réagi dans un communiqué quand son nom a commencé à circuler. Il s’est dit « particulièrement indigné par l’absence totale de respect de sa présomption d’innocence », et a précisé qu’il  »ne commentera pas plus amplement les comportements criminels qui lui sont imputés par certains et desquels il n’a jamais été l’auteur ». Après plusieurs tentatives pour le joindre au cours de notre enquête, David Hamilton nous a appelés le 15 novembre pour nous dire qu’il n’avait rien à dire de plus que dans son communiqué.

Emmanuelle Anizon (eanizon@nouvelobs.com)

Emmanuelle Anizon

Emmanuelle Anizon

Journaliste



Nemrod et Loki : des histoires qui finissent mal…

Attention, les gars, l’un devient fou à cause d’un moustique et l’autre finit traqué comme le bandit qu’il est, puis supplicié jusqu’à la fin du monde…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nimrod

Nimrod

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Nemrod et Loki : des histoires qui finissent mal... dans AC ! Brest 220px-Danziger%2C_Itzhak%2C_Nimrod%2C_1939

Nimrud ou Nimrod, Nemrod (en arabe نمرود du verbe tamarada, et qui signifie « se rebeller », en hébreu נִמְרוֹד du verbe maradh, qui dérive du verbe mered, qui signifie également « se rebeller ») est un personnage biblique du livre de la Genèse. Le nom de Nimrod peut signifier également « celui qui a dompté le tigre », en partant de la signification arabe de Nimr, « tigre » et Rawad, « dompter ».

Sommaire

Nimrod dans la Bible

Récit biblique

Dans la Genèse, Nimrod est présenté comme un fils de Koush1, lui-même fils aîné de Cham et petit-fils de Noé. Nimrod est le premier héros sur la terre, et le premier roi après le Déluge. Il est décrit comme un « chasseur héroïque devant Dieu »2. La ville de Babel, au pays de Shinar, est une capitale de son royaume. En Assyrie, Nimrod a fondé Ninive, Kalkhu et Résen.

Interprétation et tradition juive puis chrétienne

Le titre de « chasseur devant Dieu », donné à Nimrod, est peut-être péjoratif. En effet, le mot hébreu liphné, « à la face de », peut signifier « contre » ou « en opposition avec ». Bien que, dans ce cas, certains spécialistes prêtent à la préposition hébraïque le sens favorable, « en face de », les Targoumim juifs, ainsi que les Antiquités juives de l’historien Flavius Josèphe, mais aussi le contexte du chapitre 10 de la Genèse lui-même laissent entendre que Nimrud était un puissant chasseur qui provoquait Dieu.

Selon les traditions juive et chrétienne, Nimrod, le « roi-chasseur » régnant sur les descendants de Noé, eut l’idée de construire à Babel (Babylone) une tour assez haute pour que son sommet atteigne le ciel, et rassemblant tous les hommes en opposition avec l’ordre Divin donné à Noé et à ses fils de remplir la terre (Genèse 9:1).[réf. nécessaire]

Nimrod était le fils-époux de Sémiramis[réf. nécessaire], la déification et le culte voué à ce couple incestueux sont traces de la naissance du mythe de la Mère et de l’Enfant commun à de très nombreuses religions.

Nimrod meurt d’une façon humiliante. Un moustique s’est introduit dans son nez, provoquant d’atroces migraines[réf. nécessaire]. Il demande à tous les passants de lui donner une tape sur le crâne dans l’espoir de faire tomber le moustique. C’est ainsi que celui qui se prenait pour un Dieu meurt victime d’un moustique. Dans le Talmud, la mort du « méchant Titus » qui a détruit le Temple de Jérusalem est décrite par un midrash identique. Selon les sources juives, Nimrod a été tué après avoir été provoqué en duel par Esaü, frère de Jacob[réf. nécessaire].

L’opinion juive traditionnelle considère que la construction de Babel et de la tour de Babel débuta sous sa direction. Josèphe écrivit : « [Nimrud] peu à peu, transforme l’état de choses en une tyrannie. Il estimait que le seul moyen de détacher les hommes de la crainte de Dieu, c’était qu’ils s’en remissent toujours à sa propre puissance. Il promet de les défendre contre une seconde punition de Dieu qui veut inonder la terre : il construira une tour assez haute pour que les eaux ne puissent s’élever jusqu’à elle et il vengera même la mort de leurs pères. Le peuple était tout disposé à suivre les avis de [Nimrod], considérant l’obéissance à Dieu comme une servitude ; ils se mirent à édifier la tour […] ; elle s’éleva plus vite qu’on eût supposé. » — Antiquités judaïques, I, 114, 115 (IV, 2, 3).

Archéologiquement parlant, la Tour de Babel a été restaurée par Nabuchodonosor au VIe siècle avant notre ère, plus de 1 000 années après l’existence de Nimrod selon la Bible. [réf. nécessaire]

Étant un des plus anciens rois d’Assyrie, puissant chasseur, inaugurateur des guerres, il fut aussi un des premiers à regrouper les hommes en tribus et à construire des cités (Babylone et Ninive sont les plus importantes)[réf. nécessaire].

Nimrod appartient également au domaine légendaire arabe et persan[réf. nécessaire].

Déification

Selon Alexandre Hislop, pasteur protestant du XIXe siècle, après la mort de Nimrod, les Babyloniens se sentirent poussés à l’honorer grandement en tant que fondateur, bâtisseur et premier roi de leur ville, et comme organisateur de l’Empire babylonien initial. D’après la tradition, Nimrod mourut de mort violente. Puisque le dieu Mardouk (Merodak) était tenu pour le fondateur de Babylone, Hislop a émis l’hypothèse que Mardouk représente Nimrod déifié. De même, il en rapproche la figure des divinités méditerranéennes et orientales Bacchus-Dionysos, voire Cupidon et Mithra archétypes antiques de l’Enfant Divin à la mort tragique.

Nimrod dans d’autres ouvrages

  • Il est possible de voir en Nimrod, un personnage repris dans Les Mille et Une Nuits, mentionné dans L’Histoire du Portefaix avec les jeunes filles, Histoire de Zobéida, la première adolescente. Cette dernière, à la suite de quelques mésaventures, échoue dans une cité où les personnages ont été changés en statues de pierre noire. Seul le fils du roi, converti à la religion d’Allah et de son Prophète par son éducatrice, a survécu à la punition qui a frappé la ville. En effet, ses habitants étaient des mages qui vénéraient « le terrible Nardoun », roi des Géants rebelles à Dieu, tout comme Nimrod.
  • Dans l’Enfer, Dante fait de Nimrod l’un des gardiens du Puits aux Géants, se trouvant au fond du huitième cercle de l’enfer. Ce puits est le passage vers le 9e cercle et terme de l’enfer. En voyant Dante et Virgile approcher, Nimrod leur crie ces paroles mystérieuses : « Raphél mai amèche zabi almi », mots vraisemblablement inventés par Dante pour retranscrire le mélange des langues (arabes et hébraïques) à Babylone, Nimrod étant celui qui causa la perte du langage unique et la division des hommes.
  • Nimrod est un personnage majeur de la franc-maçonnerie. Dans son encyclopédie maçonnique, Albert Mackey écrit que Nimrod fut l’un des fondateurs de la franc-maçonnerie.
  • Dans La Fin de Satan de Victor Hugo, Nimrod est représenté comme un tyran qui tentera d’atteindre les cieux après avoir conquis et ravagé la Terre. Il construit une grande cage, y accroche quatre aigles et au-dessus d’eux quatre carcasses de lions, et s’envole vers les cieux. Au bout de plusieurs jours de vols, il bande son arc et tire une flèche, « Et la terre entendit un long coup de tonnerre »3. Nimrod retombe mort sur Terre. « Auprès de lui gisait sa flèche retombée. La pointe, qui s’était enfoncée au ciel bleu, Était teinte de sang. Avait-il blessé Dieu ? »3
  • Friedrich Nietzsche, dans ses Dithyrambes de Dionysos, qualifie son Zarathoustra de « cruel Nemrod », dans Entre Oiseaux de proie.4
  • Lucrèce Nemrod est un personnage féminin créé par l’écrivain Bernard Werber apparu dans Le Père de nos pères, L’Ultime Secret et Le Rire du cyclope.

Articles connexes

Bibliographie

  • Alexandre Hislop, Les deux babylones, 1889

Notes et références

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Nimrod, sur Wikimedia Commons
  1. Genèse 10,8–10,10.
  2. En allemand : http://bitflow.dyndns.org/german/MartinLuther/Von_Der_Babylonischen_Gefangenschaft_Der_Kirche.html [archive]
  3. a et b Victor Hugo, La Fin de Satan.
  4. Friedrich Nietzsche, « Dithyrambes de Dionysos », {{Article}} : paramètre « périodique » manquant,‎ 1892, https://fr.wikisource.org/wiki/Dithyrambes_de_Dionysos#cite_note-1 [archive]

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Loki

Loki

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Loki
Dieu de la mythologie nordique
Loki tel que représenté dans le manuscrit MS NKS 1867 4° du XVIIIe siècle.
Loki tel que représenté dans le manuscrit MS NKS 1867 4° du XVIIIe siècle.
Caractéristiques
Autre(s) nom(s) Loptr, Hveðrungr
Fonction principale Dieu fripon
Équivalent(s) par syncrétisme Syrdon (mythologie ossète)
Prométhée et Typhon (mythologie grecque)
Amiran (mythologie géorgienne)
Lucifer (religions abrahamiques)
Seth (Mythologie égyptienne).
Culte
Région de culte Scandinavie
Mentionné dans Edda poétique

Edda de Snorri

Ynglingatal 7, 32
Sörla þáttr (en)
Poème runique norvégien 13

Famille
Père Farbauti
Mère Laufey
Fratrie Býleist et Helblindi
« Frère de sang » d’Odin.
Premier conjoint Sigyn
• Enfant(s) Nari et/ou Narfi
Deuxième conjoint Angrboda
• Enfant(s) Fenrir, Jörmungand et Hel
Troisième conjoint Svadilfari
• Enfant(s) Sleipnir
Quatrième conjoint Inconnue
• Enfant(s) Vali
Symboles
Attribut(s) Feu et vent ?
modifier Consultez la documentation du modèle

Loki (aussi appelé Loptr et Hveðrungr) est le dieu de la discorde dans la mythologie nordique. Il est le fils du géant Farbauti et de Laufey. Loki est le père de plusieurs monstres ; le serpent Jörmungand, le loup Fenrir, et la déesse du monde des morts Hel. Il est également le parent du cheval d’Odin à huit jambes Sleipnir. Malgré ses origines, il est accueilli dans le panthéon divin des Ases par Odin.

Loki est capable de métamorphose, et il est aussi impulsif et irresponsable que malin et rusé. Les Ases ont souvent recours à lui pour régler des problèmes, alors que bien souvent c’est Loki lui-même qui en est la cause. De nature fondamentalement négative et traître, sa jalousie l’amène à causer la mort du dieu Baldr. Furieux, les Ases le punissent en l’attachant avec les entrailles d’un de ses fils sous un serpent dont le venin goutte sur son visage. Il en sera ainsi jusqu’à la fin prophétique du monde, le Ragnarök, où Loki se libèrera et mènera les géants à l’assaut contre les dieux et les hommes. Loki et son dieu opposé, Heimdall, s’entretueront pendant la bataille.

La nature changeante et ambiguë de Loki est sujette à débats chez les spécialistes quant à son rôle dans le panthéon divin, et il a été comparé à divers personnages d’autres mythologies. Loki est un dieu récurrent et célèbre qui a survécu dans le folklore moderne d’Europe du Nord, et son personnage est référencé et source d’inspiration dans de nombreuses œuvres de la culture moderne.

Sommaire

Noms

Étymologie

L’étymologie du nom « Loki » est discutée. Elle pourrait être apparentée au vieux norrois lúka, signifiant « proche »1. Une autre origine possible serait le verbe du germanique commun *lukijan, désignant l’action de fermer un anneau ou, par extension, de voyager par des chemins sinueux. Ce dernier sens pourrait être adapté pour le nom d’un dieu escroc[réf. nécessaire]. La Fibule de Nordendorf datée du VIIe siècle porte une inscription runique de dieux germaniques dont Logaþore, proche des termes du vieil anglais logþor ou logþer qui signifient « malicieux » ce qui correspond à la nature de Loki. S’appuyant sur ces éléments, le linguiste Jean Haudry avance que le nom Loki serait une hypocoristique de Logaþore, qu’il faudrait interpréter comme « celui qui dépasse la flamme »2, mais cette interprétation n’est pas entièrement acceptée3.

Plusieurs sources primaires désignent Loki sous le nom de LoptrNote 2. En vieux norrois loptr signifie « air »4 ou « vent »5,6.

Loki est également nommé HveðrungrNote 3 dont l’étymologie est incertaine. Il signifie peut être « hurleur »7 ou « écumant »8. Ce nom est également rapproché à hvida qui signifie « coup de vent », associant Loki au vent immatériel[réf. nécessaire].

Kenningar

Le kenning (au pluriel, kenningar) est une figure de style propre à la poésie scandinave qui consiste à remplacer un mot, ou le nom d’un personnage ou d’une créature par une périphrase. Le chapitre 16 de la partie Skáldskaparmál de l’Edda en prose de Snorri Sturluson révèle les kenningar qui peuvent désigner Loki et qui font référence à sa famille, sa nature ou aux mythes qui lui sont associés ;

« Fils de Farbauti et de Laufey, de Nál ; le frère de Byleistr, de Helblindi ; le père de Vanargandr, de Jörmungandr, de Hel, et Nari, d’Áli ; le parent, l’oncle paternel, le compagnon de route et de siège d’Óðinn et des Ases, le visiteur et l’ornement du coffre de Geirröđr, le voleur des géants, du bouc, du collier des Brísingar, des Pommes d’Iðunn ; le parent de Sleipnir, Mari de Sigyn ; l’ennemi des dieux ; le dévastateur de la chevelure de Sif ; l’artisan de malheur ; l’Ase malin ; le diffamateur et le trompeur des dieux ; le ráðbaniNote 4 de Baldr ; l’Ase lié ; l’ennemi obstiné de Heimdallr et de Skadi. »

— Skáldskaparmál, chapitre 16 (traduction de Georges Dumézil)9,10

Le chapitre 33 du Gylfaginning propose les kenningar « calomniateur des Ases », « initiateur des tromperies », « honte de tous les dieux et de tous les hommes ». On lit également « père du Loup », « artisan de malheur », « corneille du mal » et « fils de Laufey » dans Lokasenna 10, 41, 43, 52. « Fils de Laufey » apparaît également dans Þrymskviða 18 et 20. Loki est appelé « frère de Býleist » dans Völuspá 51 et Hyndluljóð 40. La strophe 7 du poème scaldique Haustlǫng désigne Loki par le kenning « charge des bras de Sigyn ».

Parallèlement, un kenning pour le dieu Heimdall est « ennemi de Loki » d’après le chapitre 8 du Skaldskaparmal10. « Fils/fille de Hveðrungr » sont des kenningar servant à désigner respectivement Fenrir et Hel dans Völuspá 55 et Ynglingatal 327.

Parenté et filiation

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Les enfants de Loki et d’Angrboda : Jörmungand, Hel et Fenrir. Illustration d’Emil Doepler (1905).

Loki est le fils du géant Fárbauti et de LaufeyNote 5. Ses deux frères sont Býleist et Helblindi. Les sources primaires ne mentionnent ces personnages qu’en raison de leur parenté à Loki ; autrement nous ne disposons d’aucune information sur eux. D’après le poème eddique Lokasenna 9, le dieu Odin et Loki ont fait un pacte de sang ce qui a permis de l’intégrer dans le panthéon des Ases.

Loki est le parent de plusieurs créatures spectaculaires. Métamorphosé en jument, il engendra avec l’étalon Svadilfari le cheval à huit jambes Sleipnir, qui devient le monture d’Odin. Le chapitre 34 de la Gylfaginning de l’Edda de Snorri raconte que Loki a procréé trois enfants monstrueux avec la géante Angrboda : le loup Fenrir, le serpent de Midgard Jörmungand et Hel, qui sont élevés à Jötunheim. Comme les prophéties racontent que ceux-ci causeront le malheur des dieux, ces derniers décident de s’en débarrasser. Odin jette alors Jörmungand dans la mer et envoie Hel dans Niflheim, le monde des morts, dont elle devient la gardienne. Le loup Fenrir est quant à lui enchaîné11. Angrboda est également mentionnée comme mère de Fenrir dans le poème eddique Hyndluljóð 40.

Fárbauti
Laufey
Svadilfari
Loki
Angrboda
Sleipnir
Jörmungand
Fenrir
Hel

Hyndluljóð évoque à la strophe 41 un mythe énigmatique où Loki mange le cœur brûlé d’une femme sorcière ou géante, et en tombe enceinte d’un monstre9,12. Le poème eddique Lokasenna évoque aux strophes 23 et 33 la métamorphose de Loki en femme féconde qui aurait enfanté ; nous ignorons les mythes auxquels ces strophes font référence13, mais la seconde pourrait être une référence à Sleipnir14. Lokasenna 40 mentionne également que Loki aurait eu un fils de la femme du dieu Týr, toutefois aucun mythe préservé ne le confirme, et nous ne connaissons pas de femme pour Týr15.

Loki est cependant marié à la déesse Asyne Sigyn qui selon l’Edda de Snorri lui donna un fils « Nari ou Narfi ». Loki a également un autre fils, Vali, dont la mère n’est pas mentionnée. Ceci est contradictoire avec l’épilogue en prose de la Lokasenna où Nari et Narfi sont deux fils distincts de Loki.

Sigyn
Loki
Inconnue
Nari ou Narfi
Vali

Nature

Dans la partie Gylfaginning de l’Edda de Snorri, Loki est décrit au chapitre 33 comme suit :

« Loki est beau et splendide d’apparence, mauvais de caractère, très changeant dans son comportement. Plus que les autres êtres, il possédait cette sagesse qui est appelée rouerie, ainsi que les ruses permettant d’accomplir toutes choses. Il mettait constamment les dieux dans les plus grandes difficultés, mais il les tirait souvent d’affaire à l’aide de subterfuges. »

— Gylfaginning, chapitre 3316

Loki est compté parmi les Ases bien qu’il n’ait aucun lien de parenté avec eux ; il a été accepté dans la famille par Odin. Il apparaît dans de nombreux mythes comme compagnon de route pour Odin et pour Thor. Il sert en quelque sorte de bouffon pour les dieux, qui l’utilisent comme messager et semblent le considérer comme un inférieur. Malgré son ingéniosité, sa nature impulsive conduit à ce qu’il soit la cause de problèmes et de malheurs, qu’il est contraint de réparer sous la menace des autres dieux, ce qu’il réussit grâce à sa ruse et ses tromperies. Loki est un observateur curieux et détient le don de métamorphose, changeant sa forme parfois en saumon, en cheval, en oiseau, en phoque ou encore en mouche. Il peut également changer de sexe, se métamorphosant en jument ou en femme. Loki est foncièrement amoral, traître, injurieux et menteur, des qualités qu’il utilise pour sauver sa peau ou simplement par plaisir. Il s’amuse de farces perverses qui le mettent souvent dans des situations délicates, et il se révèle mauvais joueur. Finalement, sa nature négative et haineuse culmine dans sa part dans le meurtre gratuit du dieu Baldr. Il ne se soucie pas des répercussions de ses actes, et finit traqué comme un bandit; il est finalement puni jusqu’à la fin du monde prophétique, le Ragnarök, où, libéré, il mènera les géants et forces du mal contre les dieux17.

Mythes

Les récits nordiques proviennent de sources éparses avec peu d’informations chronologiques, ainsi les différents mythes mentionnés dans cette section n’ont pas volonté à être présentés de manière chronologique, excepté les mythes qui possèdent un repère de temps indéniable, comme la première rencontre entre Loki et Odin, forcément au début, et le Ragnarök à la fin. L’organisation des mythes présentée ci-dessous s’appuie néanmoins en partie sur la chronologie théorique proposée par le spécialiste Viktor Rydberg dans Investigations sur la Mythologie germanique, Volume II (1889)18.

Origine

Loki est le fils des géants Farbauti et Laufey, toutefois il fait partie du panthéon des Ases. Dans le poème eddique Lokasenna, à la strophe 9, Loki rappelle brièvement (et énigmatiquement) les circonstances de son adoption par les Ases, lorsqu’Odin et lui se sont liés par une fraternité sacrée, le rite du fóstbroedralag, un rite que se retrouve également dans le cycle héroïque de Sigurd19.

Loci qvaþ:
9.
«Mantv þat, Oþinn!
er við i ardaga
blendom bloþi saman:
a/lvi bergia
leztv eigi mvndo,
nema ocr veri baþom borit?»20
Loki dit :
9.
« Te rappelles-tu, Ódinn,
Quand autrefois, nous deux
Mêlâmes ensemble notre sang ?
Boire de la bière,
Tu déclaras que tu ne le ferais pas
Si elle ne nous était offerte à tous deux. »19

La forge des attributs divins

Au chapitre 35Note 6 du Skáldskaparmál de l’Edda de Snorri le farceur Loki coupe la chevelure de la déesse Sif, épouse de Thor, pendant son sommeil. Lorsque Thor menace Loki de le broyer, ce dernier propose de récupérer chez les nains une chevelure d’or. Alors les nains fils d’Ivaldi fabriquent pour les dieux la chevelure de Sif ainsi que le bateau Skidbladnir pour Freyr et la lance d’Odin, Gungnir. Ensuite, Loki parie sa tête avec les nains Brokk et son frère Eitri qu’ils ne pourraient fabriquer des objets aussi précieux. À la forge, Eitri demande à Brokk d’actionner le soufflet sans s’arrêter avant qu’il n’ait retiré l’objet qu’il a fabriqué. Afin de gagner son pari, Loki métamorphosé en mouche vient piquer Brokk pour le distraire mais ce dernier continue à actionner le soufflet jusqu’au bout, et le forgeron retire du fourneau le verrat aux soies d’or Gullinbursti pour Freyr. Pour le second objet, Eitri place de l’or dans le fourneau et Brokk ne cède pas aux piqures de Loki avant qu’Eitri ne retire du fourneau un anneau d’or appelé Draupnir, pour Odin. Ensuite Eitri place du fer dans le fourneau en exigeant à Brokk de ne pas arrêter d’actionner le soufflet sinon tout serait gâché. Mais Loki en mouche le pique entre les paupières jusqu’au sang, alors Brokk s’arrête un court instant, et il en a fallu de peu pour que tout soit gâché. Ils sortent du fourneau le marteau Mjöllnir pour Thor, mais à cause de Loki le manche du marteau est trop court. Brokk et Loki présentent les objets aux Ases pour qu’ils décident lesquels sont les plus précieux. Les Ases décident que le marteau est la plus grande protection possible contre les géants du givre. Ainsi le nain a gagné le pari pour la tête de Loki. Ce dernier essaye alors de s’échapper grâce à ses chaussures qui lui permettent de courir à travers les airs et la mer, mais Thor le rattrape pour qu’il honore son engagement. Afin de sauver sa peau, Loki déclare qu’il avait mis sa tête en gage et non pas son cou. Finalement, le nain Brokk se contente de lui coudre les lèvres21.

Intrigues avec les géants

Chez Útgarða-Loki

220px-I_am_the_giant_Skrymir_by_Elmer_Boyd_Smith dans Attentats

Je suis le géant Skrymir, illustration d’Elmer Boyd Smith (1902).

Les chapitres 44 à 47 de la Gylfaginning racontent la légende de Thor, Loki et Thjálfi chez le roi géant Útgarða-Loki. Au chapitre 44, Thor et Loki sont reçus par un paysan pour la nuit. Les boucs de Thor servent de repas mais Thjálfi, le fils du paysan, casse un os pour récupérer la moelle. Le lendemain matin, Thor bénit les restes des boucs qui ressuscitent, mais l’un d’entre eux boite. Furieux il accuse les paysans d’avoir cassé un os. Terrifiés ils acceptent de lui donner en compensation leurs deux enfants comme servants, Thjálfi et Roskva. Au chapitre 45, les quatre protagonistes marchent vers Jötunheim, et se reposent une nuit dans une grande maison. Ils découvrent le lendemain matin que la maison était en fait le gant du géant Skrymir, qui propose de les accompagner. L’arrogance et les moqueries de Skrymir sur leur petite taille énervent Thor à plusieurs reprises, mais ses grands coups de marteau font tellement peu d’effet contre le géant que ce dernier semble à peine les remarquer, demandant par exemple si un gland lui est tombé sur la tête. Skrymir leur indique ensuite la route pour atteindre le fort d’Utgard où réside le géant Útgarða-Loki et il conseille les compagnons de bien s’y tenir car les géants sont très puissants. Au chapitre 46 les compagnons arrivent à l’immense fort d’Utgard et se présentent au roi Útgarða-Loki qui en se moquant de leur petite taille leur demande s’ils ont quelconque talent supérieur aux autres hommes. Loki répond qu’il mange plus vite qu’aucun autre. Il se mesure alors à un certain Logi qui le défait au jeu puisque Loki n’a mangé que la viande alors que Logi a mangé les os également. Thjálfi affirme qu’il est plus rapide que tous les hommes, mais il perd sa course contre un garçonnet nommé Hugi. Thor déclare qu’il est bon buveur, mais il peine à baisser le niveau d’une corne à boire après trois traits. Riant de sa faiblesse, Útgarða-Loki propose à Thor de tenter de soulever son chat, mais le dieu parvient difficilement à soulever une de ses pattes. Furieux des moqueries du roi, Thor demande que quelqu’un se mesure à lui en lutte. Le roi le fait alors combattre sa vieille nourrice Elli qui réussit à mettre Thor sur un genou. Au chapitre 47 on lit que le lendemain matin le roi les accompagne à la sortie du royaume et demande à Thor s’il avait déjà rencontré d’adversaire plus puissant, ce à quoi Thor répond qu’il a effectivement subit un grand déshonneur. Alors Útgarða-Loki lui explique les illusions visuelles qu’il leur ont fait subir. Il avoue qu’il était le géant Skrymir et que ses coups de marteau l’ont en fait raté et ont créé trois vallées profondes. Loki s’était battu contre le feu sauvage, et Thjálfi contre son esprit. La corne que Thor but était reliée à l’océan et le dieu but tellement qu’il a créé les marées, le chat était en fait le serpent de Midgard que Thor a quand même réussit à soulever, et enfin la vieille qu’il combattit était en fait une personnification de la vieillesse. Tous les témoins furent impressionnés et terrifiés par les prouesses des trois compagnons, qui excédaient largement leurs attentes. Furieux Thor brandit son marteau pour frapper le géant mais celui-ci disparait ainsi que son fort22.

Le poème eddique Hymiskviða, à la strophe 37, attribue à Loki la responsabilité de la boiterie du bouc, mais la strophe suivante mentionne la compensation des deux enfants d’un géant, ce qui est plus en accord avec le récit du Gylfaginning23. Aux strophes 60 et 62 du poème eddique Lokasenna, Loki se moque de la rencontre de Thor avec Skrymir24.

Chez Geirröd

Le chapitre 18Note 7 du Skáldskaparmál raconte qu’un jour, Loki s’amuse à voler sous la forme de faucon qui appartient à Frigg. Il vole par curiosité dans la demeure du géant Geirröd et se pose sur une lucarne pour observer la halle. Voyant l’oiseau, Geirröd ordonne qu’on lui amène. Loki reste posé s’amusant des difficultés du serviteur à grimper jusqu’à lui, mais lorsqu’il décide de s’envoler il réalise que ses pattes restent collées. Loki est capturé et Geirröd soupçonne sa véritable nature d’humain, mais le dieu ne l’avouant pas le géant l’enferme dans un coffre pendant trois mois jusqu’à ce que Loki lui révèle son identité et pour racheter sa vie il lui jure d’attirer Thor dans son domaine mais sans son marteau Mjöllnir ni ses autres attributs puissants. Lorsque Thor et Loki arrivent dans la halle de Geirröd en tant qu’invités, les géants tentent de tuer Thor mais ce dernier parvient malgré tout à en sortir victorieux, massacrant Geirröd et ses deux filles25.

L’expédition de Thor chez Geirröd est également raconté dans le poème scaldique Þórsdrápa qui est vraisemblablement la source de Snorri Sturluson qui en cite des strophes. Toutefois dans le poème, Thor visite Geirröd accompagné de son valet Thjálfi et non de Loki. Loki est tout de même indiqué comme l’instigateur de l’expédition et est qualifié de « grand menteur » dès la première strophe26.

Vol de Mjöllnir

220px-Thor_Destroys_the_Giant_Thrym dans Calomnie

Thor abat le géant Þrymr, illustration de Lorenz Frølich (1906).

Le mythe burlesque du vol du marteau de Thor est raconté dans le poème eddique Þrymskviða. Thor se réveille et constate la disparition de son marteau Mjöllnir. Loki s’envole alors le chercher dans le monde des géants, et rencontre le géant Þrymr qui déclare l’avoir pris, et ne le rendrait qu’en échange de la main de la déesse Freyja. Loki retourne en informer Thor, et Freyja furieuse refuse de se donner au géant. Le dieu Heimdall propose de travestir Thor en mariée pour tromper le géant, ce qu’il fait alors non sans réticences. Loki l’accompagne déguisé en servante. Les deux dieux sont accueillis à un banquet du géant qui est trompé par le subterfuge. Le géant remarque quelques éléments étranges dans la façon d’agir de son épouse ; elle mange et boit beaucoup plus que l’on s’attendrait. Loki déguisé explique que c’est parce qu’elle a voyagé huit nuits de suite sans manger dans son empressement de prendre sa main. Þrymr demande ensuite pourquoi elle a des yeux aussi enragés. Loki répond que c’est parce qu’elle n’a pas dormi pendant huit nuits dans son empressement pour prendre sa main. Þrymr ordonne qu’on lui apporte le marteau pour consacrer la fiancée, alors Thor s’en empare, jette son déguisement et tue Þrymr avant de massacrer toute sa famille27.

Si le thème du poème émane sans doute d’un mythe authentique, cette version rédigée au XIIIe siècle, sans doute par Snorri Sturluson, trahit son christianisme par son ton évidemment satirique, amusé de la goinfrerie et de la brutalité de Thor, sans toutefois être méprisant28.

Le géant maître-bâtisseur et Sleipnir

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Loki en jument séduit l’étalon Svaðilfari alors que le géant maître-bâtisseur tente de le retenir. Illustration de Dorothy Hardy (1909).

Au chapitre 42 de la Gylfaginning, un maître-bâtisseur se présente aux dieux et propose de leur construire une forteresse pour Ásgard en seulement trois semestres, ce qui les protégera des géants. Il demande alors comme payement la déesse Freyja, le Soleil et la Lune à condition qu’il réussisse son exploit. Les dieux acceptent, pensant qu’il ne réussirait pas. Mais l’étranger, avec l’aide de son étalon Svadilfari, entame la construction à une vitesse impressionnante. Inquiets qu’il réussisse sa prouesse, les dieux tiennent conseil et forcent Loki à empêcher l’étranger de finir son travail à temps. Loki se transforme en jument en rut pour distraire le cheval de l’étranger l’empêchant par ce biais d’accomplir à temps son ouvrage. Pris de fureur, le maître-bâtisseur révèle sa véritable identité de géant. Les dieux invoquent Thor qui lui fracasse le crâne avec son marteau. Loki fut néanmoins fécondé par l’étalon, et engendre le cheval à huit pattes Sleipnir, qui devient la monture d’Odin29.

L’enlèvement d’Idunn

220px-He_flapped_away_with_her%2C_magic_apples_and_all_by_Elmer_Boyd_Smith dans Crime

Il s’envola avec elle, pommes magiques et tout, illustration d’Elmer Boyd Smith (1902).

Le premier chapitre de la partie Skáldskaparmál de l’Edda de Snorri raconte l’enlèvement d’Idunn. Odin, Loki et Hœnir voyagent loin de chez eux et capturent un bœuf pour le manger, mais étrangement la viande ne cuit pas. Un aigle perché sur un chêne au-dessus d’eux leur explique qu’il en est la cause et propose de laisser se faire la cuisson si les dieux lui permettent d’en manger tout son soûl. Ils acceptent, et le bœuf cuit, l’aigle emporte une grande partie de la viande. Alors Loki en colère frappe l’aigle avec une perche mais la perche reste accrochée à ses mains et au dos de l’oiseau qui s’envole. Saisi par la douleur, Loki supplie l’aigle de le relâcher, et ce dernier accepte à la seule condition que Loki attire la déesse Idunn et ses pommes hors d’Ásgard. Libéré, Loki emmène alors Idunn dans un bois hors d’Ásgard, sous le prétexte qu’il a trouvé d’autres pommes remarquables. Il lui recommande d’emporter ses propres pommes pour les comparer. Le géant Thjazi sous la forme d’un aigle s’empare d’Idunn et l’emporte chez lui à Thrymheim. Privés de ses pommes de jouvence, les Ases vieillissent rapidement. Ils tiennent conseil et comprennent qu’elle a été vue pour la dernière fois sortant d’Ásgard avec Loki. Ils le menacent alors des pires supplices s’il ne retrouve pas Idunn. Apeuré, Loki promet de la ramener et réclame à Freyja son plumage de faucon. Loki s’envole alors vers le Nord à Jötunheim pour la demeure de Thjazi où il retrouve Idunn seule, Thjazi étant sorti. Loki la transforme en noix afin de la porter dans ses serres et il la ramène vers Ásgard. Lorsque Thjazi rentre et constate la disparition d’Idunn, il prend sa forme d’aigle et se lance à leur poursuite. Les Ases voient alors Loki arriver vers eux avec la noix, poursuivi par un aigle, et comprennent la situation. Dès que Loki franchit l’enceinte d’Ásgard, les Ases enflamment les copeaux qui brûlent les plumes de l’aigle. Il tuent ensuite le géant au sol. Alors, Skadi, la fille du géant, marche vers Ásgard pour venger son père. Les Ases lui proposent comme compensation de choisir n’importe quel mari d’entre eux mais en ne regardant que leurs pieds. Elle choisit alors le dieu Njörd bien qu’elle ait espéré tomber sur Baldr. L’autre clause était de parvenir à la faire rire. Loki attache une corde à la barbe d’une chèvre et l’autre bout à ses propres bourses, et chacun tire tour à tour, ce qui fait rire la géante30.

Les strophes 2 à 13 du poème scaldique Haustlǫng racontent le même mythe en s’arrêtant à la mort de Thjazi, mais ne précisent pas la métamorphose d’Idunn en noix31. Snorri Sturluson a utilisé ce poème comme source pour son récit, et il le cite dans son œuvre. À la strophe 50 du poème eddique Lokasenna, Loki fait allusion à son rôle dans la mort du géant32.

L’or d’Andvari

Dans le poème eddique héroïque Reginsmál, on apprend que Regin élève Sigurd et lui raconte l’histoire de l’or d’Andvari. Ce mythe est également raconté dans la Völsunga saga et au chapitre 39Note 8 du Skáldskaparmál, avec peu de variations. Regin explique qu’Odin, Hoenir et Loki arrivent à une cascade et Loki tue avec une pierre une loutre qui mangeait un saumon. Loki se vante alors de sa double prise. Cette loutre n’est autre que Ótr métamorphosé, le frère de Reginn et de Fafnir, fils de Hreidmarr. Le soir même, les dieux se logent chez Hreidmarr avec leur butin. Hreidmarr et ses fils s’emparent des dieux et demandent en réparation assez d’or pour remplir et recouvrir la peau de la loutre. Loki est envoyé pour récupérer l’or, et il capture le nain Andvari métamorphosé en brochet. Loki exige l’or d’Andvari qui le lui donne. Le nain dissimule tout de même un anneau mais Loki le voit et lui prend, alors Andvari prononce la malédiction sur l’or. Les Ases remplissent ensuite la peau de la loutre et la recouvrent d’or. Hreidmarr voit qu’un poil de moustache dépasse, et donc Odin place l’anneau d’Andvari pour le recouvrir. Loki informe Hreidmarr de la malédiction sur l’or, et annonce la trame du cycle de Sigurd33,34.

Vol du collier des Brísingar

Il existe plusieurs allusions au mythe du vol par Loki du collier des Brísingar qui appartient à la déesse Freyja. Dans le poème scaldique Haustlǫng 9, et dans Skáldskaparmál 16, un kenning pour désigner Loki est « voleur du collier des Brísingar ». Le poème scaldique Húsdrápa préservé en partie dans le Skáldskaparmál, mentionne que Loki a volé l’objet précieux à Freyja. Celle-ci demande à Heimdall de le retrouver et ils découvrent que Loki en est le voleur. S’ensuit un combat entre les deux dieux métamorphosés en phoques, où Heimdall triomphe.

Dans le texte évhémériste Sörla þáttr rédigé au XIVe siècle, Freyja est la maîtresse favorite du roi Odin. Elle désire un collier fabriqué par des nains, qui lui donnent à condition qu’elle passe une nuit d’amour avec chacun d’entre eux, ce qu’elle fait. Un certain Loki est au courant du marché scandaleux et en informe Odin qui ordonne de ravir le collier à Freyja. Alors il lui vole métamorphosé en mouche pendant qu’elle dort. Lorsque Freyja réclame le collier à Odin, il lui rend à la seule condition qu’elle provoque une guerre éternelle entre deux rois, ce qu’elle réussit au troisième essai. Cette guerre se termine finalement avec l’avènement du christianisme.

Meurtre de Baldr

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Représentation de Loki incitant Höd à tuer Baldr dans le manuscrit islandais du XVIIIe siècle NKS 1867 4to.

Le chapitre 49 de la Gylfaginning raconte que Baldr, l’un des fils d’Odin, rêve de sa mort prochaine ce qui inquiète les Ases. Sa mère Frigg fait alors jurer à chaque élément de ne jamais faire de mal à son fils. Ainsi les Ases s’amusent à honorer Baldr en lançant vers lui des objets qui conséquemment ne lui font aucun mal. Ceci déplaisant à Loki35, il prend l’apparence d’une femme et obtient l’aveu de Frigg qu’elle n’a pas demandé de serment au gui, tant cette pousse lui paraissait inoffensive. Loki recueille alors le rameau de gui, et incite le dieu aveugle Höd, frère de Baldr, de le lancer contre lui pour se joindre à l’activité. Loki guide le jet de Höd, et le rameau transperce Baldr et le tue devant la stupéfaction des Ases. Le dieu Hermód se porte alors volontaire pour voyager au monde des morts pour demander à la gardienne Hel de leur rendre Baldr. Celle-ci accepte à condition que toutes choses au monde le pleurent. Les Ases envoient donc des messagers à travers les mondes pour leur demander de pleurer la mort de Baldr, mais ils confrontent une géante appelée Thokk, qui est en fait Loki déguisé, qui refuse de le pleurer, empêchant ainsi Baldr de revenir des morts36.

Le poème eddique Baldrs draumar raconte le meurtre de Baldr par Höd, mais le rôle de Loki n’y est pas mentionné. De même, le poème Völuspá aux strophes 31 à 34 évoque ce meurtre sans impliquer Loki, toutefois la strophe 35 mentionne la punition de Loki (cf. infra). Dans le poème eddique Lokasenna, Loki se vante d’avoir causé la mort de Baldr :

Loci qvaþ:
17.
«Enn vill þv, Frigg!
at ec fleiri telia
mina meinstafi:
ec þvi red,
er þv riþa serat
siþan Baldr at sa/lom.»37
Loki dit :
28.
« Veux-tu encore, Frigg,
Que je prononce d’autres
De mes charmes maléfiques ?
Je suis la cause
Que tu ne verras plus
Baldr revenir à la salle. »38

Le poème runique norvégien offre un moyen mnémotechnique pour mémoriser les runes, Loki est associé à la rune Berkanan (bouleau) et on lit à la strophe 13 : « Ruse à Loki valut misère »39. Il s’agit peut être d’une référence à son rôle dans le meurtre de Baldr[réf. nécessaire].

Querelle de Loki

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Loki se querellant avec les dieux, illustration de Lorenz Frølich (1895).

Dans le poème eddique Lokasenna, le dieu malin Loki profère des insultes à l’encontre des principaux Ases lors d’un banquet. Le prologue en prose raconte que le géant Ægir tient un banquet pour tous les Ases. Loki est énervé par la louange des domestiques du géant, Eldir et Fimafeng, ainsi il tue le second et se fait chasser du banquet par les Ases. En revenant, Loki croise Eldir et le poème commence à cet instant. Eldir lui informe que les dieux parlent de leurs prouesses et ne parlent pas de Loki en bien. Dès la strophe 3, Loki précise ses intentions pour la suite :

Loci qvaþ:
3.
«Inn scal ganga
Egiss hallir i
a þat svmbl at siá;
ioll oc áfo
fori ec asa sonom
oc blend ec þeim sva meini mioþ.»37
Loki dit :
3.
« Faut que j’entre
Dans la halle d’Aegir
pour voir ce banquet ;
Discorde et dissension
J’apporte aux fils des Ases
Et mêlerai maléfices à leur hydromel. »38

Entré dans la halle qui est devenue silencieuse à son arrivée, Loki exige à boire et Odin lui permet de s’assoir pour le calmer. S’ensuit un échange verbal entre Loki et les principaux dieux, où Loki les insulte et les nargue tour à tour. Beaucoup de mythes sont rappelés dans le poème, et d’autres qui ne nous sont pas parvenus. À la strophe 57, Thor, qui était absent, arrive au banquet et menace Loki, « être abject », de le tuer avec son marteau. Après un bref échange, Loki se résigne à partir car il sait que Thor le frapperait, puis il maudit Ægir. L’épilogue en prose raconte alors la capture et la punition de Loki par les Ases40.

Capture et supplice

Au chapitre 50 de la Gylfaginning, les dieux, excédés par le meurtre de Baldr, décident de rechercher Loki, qui s’était caché sur une montagne. Il s’y construit une maison dotée de quatre portes, une sur chaque façade, afin de pouvoir surveiller toutes les directions. Le jour, il se transforme parfois en saumon dans les cascades de la rivière Fránangr. Réfléchissant à la manière dont les Ases pourraient l’attraper sous sa forme de poisson, il invente le premier filet de pêche avec des fibres de lin. Il voit alors les Ases s’approcher, il jette le filet au feu avant de bondir dans la rivière. Kvasir entre en premier dans la maison et en voyant les cendres laissés par le filet il comprend son utilité pour pêcher les poissons, ainsi les Ases en fabriquent un à leur tour. Les Ases se divisent en deux groupes et remontent la rivière, finissant ainsi par capturer Loki. Thor attrape Loki par la queue, et depuis les saumons sont minces à l’arrière. Les Ases emmènent Loki dans une caverne, ainsi que ses fils Narfi (ou Nari) et Vali. Ils métamorphosent Vali en loup qui déchire son frère Narfi, et avec les boyaux de ce dernier ils attachent Loki à trois pierres. Skaði place un serpent au-dessus de lui, de manière à ce que le venin coule sur son visage. Sigyn, la femme de Loki, recueille le venin dans une cuvette. Toutefois, lorsqu’elle vide la cuvette pleine, du venin coule sur le visage de Loki ce qui le fait se tordre de douleur et causer les tremblements de terre. Loki restera ainsi jusqu’au Ragnarök41.

L’épilogue du poème eddique Lokasenna raconte en moins de détails le supplice de Loki. Une différence notable avec la Gylfaginning est que dans ce poème les deux fils de Loki sont Nari et Narfi, et Vali n’y est pas mentionné42. À la strophe 49 de ce poème, Skaði annonce à Loki qu’il sera entravé par les entrailles de son fils sur un rocher. Le supplice de Loki est également mentionné par la völva (prophétesse) à la strophe 35 du poème Völuspá, où Sigyn est décrite siégeant à ses côtés :

35.
Hapt sá hon liggja
undir hvera lundi
lægjarnlíki
Loka áþekkjan;
þar sitr Sigyn
þeygi um sínum
ver vel glýjuð.
Vituð ér enn eða hvat ?43
35.
Elle vitNote 9, enchaîné
Sous HveralundrNote 10,
Un fourbe de forme
Semblable à Loki ;
Là, siège Sigyn,
Bien que, du lot de son mari,
Elle ne soit point remplie d’allégresse.
En savez-vous davantage ? – ou quoi 44?

Ragnarök

Le chapitre 51 du Gylfaginning raconte en détail les évènements de la fin du monde prophétique du Ragnarök. Le monde sera ravagé par les guerres et un hiver de trois ans, le Fimbulvetr. Toutes les chaînes se briseront, ainsi le loup Fenrir et Loki seront libérés, et le serpent Jörmungand dévastera les terres. Les géants et Loki accompagné du cortège des morts de Hel combattront les dieux sur la plaine de Vigrid. Presque tous périront. Fenrir engloutira Odin avant d’être tué par Vidar, Jörmungand et Thor s’entretueront, et Loki combattra le dieu Heimdall et ils s’entretueront également. Le géant du feu Surt enflammera le monde, avant qu’il renaisse des flammes45.

Le poème eddique Völuspá raconte également les évènements du Ragnarök, et a servi de source pour Snorri Sturluson. Le poème précise à la strophe 51 que Loki arrivera de l’est sur un bateau46, ce qui contraste avec la Gylfaginning qui mentionne également un bateau, Naglfar, mais c’est le géant Hrym qui le gouvernera45.

Témoignages archéologiques

Fibule de Nordendorf I

La fibule de Nordendorf I est une fibule d’argent de 13 cm découverte en 1843 vers Nordendorf, au sud de l’Allemagne et datée de la première moitié du VIIe siècle. Cette pièce figure une inscription runique qui semble mentionner des noms de dieux47. On lit :

logaþore
wodan
wigiþonar

Si wodan et wigiþonar sont vraisemblablement les noms alémaniques des dieux Odin et Thor, logaþore pose problème. Certains spécialistes ont proposé Lódur et Loki, mais aucune conclusion satisfaisante n’a été trouvée48,3.

110px-Gosforth_Cross_Loki_and_Sigyn dans Pédophilie

Détail de la croix de Gosforth.

Croix de Gosforth

La croix de Gosforth, retrouvée en Cumbrie (Angleterre), et datée de la première moitié du Xe siècle, présente un mélange d’iconographies chrétienne et païenne. Une image sur la face ouest représente certainement Loki enchaîné et protégé par Sigyn du venin d’un serpent49,50. Cette scène fait écho à une autre représentation de la sculpture, celle du Christ sur sa croix assisté par Marie-Madeleine51. Il s’agit là d’un exemple de syncrétisme entre la religion païenne nordique et le christianisme ; ici des mythes païens ont servi à établir des concepts chrétiens à une population christianisée et certainement versée en légendes nordiques52.

Croix de Kirkby Stephen

110px-Kirkby_Stephen_Stone_by_Petersen dans Perversité

Le personnage attaché de la pierre de Kirkby Stephen.

Une croix fragmentée de la fin du Xe siècle, retrouvée à Kirkby Stephen en Cumbrie, porte une figure entravée dotée de cornes et d’une barbe. Ce personnage est parfois pensé représenter Loki53. La pierre, découverte en 1870, est en grès jaune pâle ; elle est aujourd’hui placée à l’entrée de l’église de Kirkby Stephen. Une pierre portant des gravures similaires, découverte à Gainford, dans le nord de l’Angleterre, est abritée à la cathédrale de Durham54.

Pierre de Snaptun

220px-Lokistone dans Politique

La pierre de Snaptun porte une représentation probable de Loki.

Au printemps 1950, une pierre plate semi-circulaire portant, gravé un visage moustachu, fut retrouvée sur une plage proche de Snaptun, au Danemark. Les gravures de la pierre, une stéatite de Norvège ou de Suède, ont été datées aux environs de l’an Mil. Le personnage moustachu fut identifié grâce aux cicatrices figurant sur ses lèvres, en référence à un conte du Skáldskaparmál, une section de l’Edda poétique, où les fils d’Ivaldi, des nains, cousent ensemble les lèvres de Loki55.

La pierre de Snaptun est une pierre d’âtre ; le museau du soufflet se plaçait dans le trou situé à l’avant de la pierre, et l’air produit par le soufflet poussait la flamme à travers l’orifice supérieur. La pierre protégeait ainsi le soufflet de la chaleur du feu et d’une exposition directe aux flammes. D’après Hans Jørgen Madsen, la pierre de Snaptun est « la plus belle pierre d’âtre ouvragée connue ». La pierre, qui pourrait suggérer une connexion entre Loki et la forge ou les flammes, est aujourd’hui exposée au musée Moesgård, près d’Århus au Danemark55.

Théories

Loki est une divinité complexe qui se laisse difficilement ramener à un seul élément explicatif. Si les philologues du XIXe siècle sont enclins à mettre en avant des explications naturalistes aux nombreuses indications notamment folkloriques d’une divinité du feu, Jan de Vries propose une théorie de « trickster » (de fourbe, d’escroc), puis Georges Dumézil, tout en rappelant les éléments naturalistes, préfère mettre en avant un type psychologique « mal né contestataire ». Pour Rudolf Simek, il s’agit de « la figure la plus complexe, mais aussi la plus négative du panthéon germanique »56. Jean Haudry avance que la mythologie de Loki ne peut être comprise que par la duplicité fondamentale du feu, puis de l’image héritée de la « parole de feu » car la parole elle-même est ambiguë, ce qui explique son rôle de satiriste, puis finalement de messager, d’être en marge qui peut tromper et persifler.

Éléments naturalistes

Des spécialistes ont longtemps cherché une fonction pour Loki, et Jacob Grimm en a fait un dieu du feu, ce qui a été repris par plusieurs spécialistes, le feu étant comme Loki ; ambivalent, bénéfique ou destructeur. Cette association est également issue de la proximité linguistique avec le mot logi (« feu »). Mais les mythes n’associent pas particulièrement Loki à un élément. Georges Dumézil note tout de même que le feu est parfois associé à Loki dans les proverbes et expressions qui ont survécu à l’époque moderne. Le vent est également parfois associé à Loki, et un de ses autres noms, Lopt, signifie « air » en vieux norrois57.

Sophus Bugge estime en 1888 que Loki est dérivé de Lucifer (« Luki-fer ») de la mythologie chrétienne, une théorie qui n’est plus acceptée aujourd’hui. En revanche, il n’est pas exclu que Loki ait été assimilé au diable par les populations nordiques christianisées. Le diable est, selon son nom grec, « celui qui divise », et la proximité de Loki avec le feu ne pouvait que favoriser ce rapprochement58.

Rudolf Simek estime que Loki n’a rien à voir avec le feu, ni avec aucun autre élément59.

Le mal né contestataire

Dans sa monographie de Loki (1933), Jan de Vries propose une nouvelle théorie qui présente le dieu nordique comme un trickster, un fripon fourbe et parfois dangereux. Georges Dumézil, dans son ouvrage Loki (1948, 1986), développe largement cette interprétation psychologique et sociale, présentant Loki comme un de ces « êtres « en marge », de naissance inférieure, traités en inférieurs, incomplètement adoptés par la société et se détachant eux-mêmes de la société »60. Il avance également que cette figure est une figure héritée de la période commune proto-indo-européenne et trouve des équivalents en termes de personnalité dans le farceur semi-divin Syrdon de la mythologie ossète (et caucasienne en général) et le personnage irlandais Bricriu. En effet, comme Loki, Syrdon est indirectement responsable de la mort d’un personnage héroïque quasi-immortel en poussant un autre à l’acte, et s’est même métamorphosé en femme pour obtenir des informations sur le point faible de sa victime. Bricriu est, lui, un semeur de zizanie. Il établit ainsi un personnage divin de satiriste qui utilise une partie de ses dons « à ruser, à tromper, à intriguer, et aussi […] à persifler, à nuire, à haïr »61.

Dumézil reconnaît, néanmoins, l’importance des « vêtements naturalistes » de Loki, mais préfère les considérer comme symboliques.

Le feu de la parole-qualifiante

Dans son étude de Loki (1988), Jean Haudry affirme qu’il faut reconsidérer la présence du feu, « presque omniprésent dans sa mythologie »62 et amène une nouvelle comparaison avec le dieu du feu indien Agni, dont l’une des désignations est la « qualification des seigneurs »63. Cette qualification est, dès le départ, ambiguë, aussi bien louange que calomnie. La parole, pareille au feu, est caractérisée par sa duplicité fondamentale. Le feu passant constamment du monde des ténèbres à la lumière58, la parole peut être bienfaisante ou dangereuse. Loki, comme Agni, assume également un rôle de messager, d’éclaireur et de compagnon. Haudry reconstruit ainsi une notion héritée de « parole de feu » qui permet une réinterprétation de la mythologie du dieu nordique, tant dans ses aspects naturalistes, que dans le type de mal né contestaire, persifleur, dont l’apparition, dans les sociétés traditionnelles est particulièrement redoutée: la médisance et la satire pouvant avoir des effets destructeurs.

C’est en tant que personnage subversif, qui pousse les dieux au parjure, que Loki joue un rôle décisif dans le Ragnarök, car l’énonciation de la vérité, l’ordre moral, l’ordre social et l’ordre du monde sont homologues64. Il correspond alors au démon indien Kali, celui qui provoque le dernier âge du monde, le Kali Yuga65.

Une divinité complexe

Les auteurs de synthèses comme Régis Boyer ou Rudolf Simek préfèrent mettre en avant la complexité de la divinité. Boyer souligne son aspect « intelligent, mais amoral, aimant à faire le mal pour s’amuser », un « tissu de traits contradictoires »66.

Le mythe de la punition de Loki a également été comparé à ceux du Titan grec Prométhée (un voleur du feu), du géant Typhon et du géant du Caucase Amiran59.

Folklore et survivances modernes

Axel Olrik a publié deux articles dans la revue Danske Studier, l’un en 1908 et l’autre en 1909, regroupés sous le même titre de Loki i nyere Folkeoverlevering (« Survivances de Loki dans le folklore moderne »), où il note de nombreux proverbes, expressions et gestes rituels qui se référent à Loki, ainsi que des contes et récits populaires qui le mettent en scène, dans plusieurs pays et régions d’Europe du Nord ; les pays scandinaves, l’Islande, les Îles Féroé, l’Angleterre et les Shetland. Une ballade des Îles Féroé recueillie au XIXe siècle implique également Odin et Hœnir, et son caractère païen était tel qu’il était interdit de la raconter au moment de sa rédaction. La plupart des récits modernes mettent en scène un Loki malin voir cruel, parfois étourdi. Au XVIIIe siècle en Telemarken (sud de la Norvège), Lokje était un mauvais esprit parfois associé au diable67.

Des expressions incluent au Danemark « porter des lettres de Lokke » (mentir), en Norvège « Lokje bat ses enfants » (lorsqu’un feu pétille fort). Un proverbe islandais est « Loki et Thor marchent longtemps, les orages n’en finissent pas » (Leingi geingr Loki ok Þór, léttir ei hríðum). Certains termes modernes tirent leur étymologie de Loki. En Islande, Lokabrenna désigne la canicule, et Lokasjóðr (« bourse de Loki ») les plantes qu’on appelle ailleurs « monnaie de Judas »67.

En 1898, le clergyman Robt M. Kennley raconte que pendant son enfance en Lincolnshire (Angleterre), il apporta de la quinine a un enfant malade et observa sa grand-mère frapper un à un avec son marteau trois fers de cheval cloués au pied du lit de l’enfant et récitant67 :

Feyther, Son and Holy Ghoast
naale the divil to this poast;
with this mall Oi throice dew knowk
one for God an’ one for Wod an’ one for Lok !
Père, Fils et Saint-Esprit,
clouez le diable à ce poteau !
Avec ce marteau je frappe trois fois :
une pour Dieu, une pour Wod [Odin], une pour Lok !

Dans les œuvres modernes

Opéras

C’est un personnage, sous la graphie « Loge », de L’Anneau du Nibelung de Richard Wagner : il est physiquement présent dans L’Or du Rhin, et Wotan l’invoque à la fin de La Walkyrie.

Littérature et bandes dessinées

Loki apparaît dans de nombreux romans de fantasy, dont Le masque de Loki (en) (1990) de Roger Zelazny, la trilogie Everworld (1999-2001) de Katherine Alice Applegate, American Gods (2001) de Neil Gaiman, et les séries Amos Daragon (2003-2007) de Bryan Perro et Arielle Queen (2006-) de Michel J. Lévesque

Loki est un personnage Marvel Comics (première apparition en 1949 dans Venus, no 6)68. C’est également le nom du héros du manga et de l’animé Matantei Loki Ragnarok (en) et de Fairy Tail. Il apparait aussi dans Thorgal dans les tomes 29 à 32. Il apparait également dans la bande-dessinée Mythos.

Dans la série de livres «Gaïg», de Dynah Psyché, Loki est un Pookah, c’est-à-dire un lutin des bois farceur.

Cinéma et télévision

Loki apparaît ou a inspiré des personnages dans de nombreuses œuvres de cinéma et de télévision69.

Dans le film The Mask (1994), le masque est censé être celui du dieu Loki, qui apparaît en personne dans la suite Le Fils du Mask (2005) où il est interprété par Alan Cumming. Loki est également un ange de la mort interprété par Matt Damon dans le film Dogma (1999). Le personnage Marvel Comics Loki est interprété par Tom Hiddleston dans le film Thor (2011) ainsi que dans The Avengers (2012) et Thor : Le Monde des ténèbres (2013).

Dans la série de science-fiction Stargate SG-1 (1997-2007), Loki est un extra-terrestre de la race des Asgards, antagoniste des autres Asgards.

Dans la série fantastique Supernatural, Saison 5, épisode 19 : Une réunion de dieux païens à laquelle le dieu Loki est présent (il s’avérera que ce n’était qu’un usurpateur qui utilisait la ruse et la métamorphose pour se faire passer pour tel).

Dans la deuxième saison de Lost Girl, Bo apprend par Ryan (une Fée de l’Ombre) qu’il est un Loki[Quoi ?].

Jeux vidéo

Loki est régulièrement référencé dans les jeux vidéo, où il apparait sous différentes graphies soit en tant que véritable dieu nordique, soit en tant que personnage ou unité inventé qui porte son nom et s’inspire de sa nature. Parmi ces jeux on compte Valkyrie Profile (1999), Rune (2000), Age of Mythology (2002), World of Warcraft (2004), Loki (2007), Too Human (2008), StarCraft II (2010), The Binding of Isaac (2011), Divina (2012) et SMITE (2014)

Annexes

Notes

  1. Dans l’Edda traduite en français par Dillmann (1991) Loki apparait dans les chapitres 1, 4, 5 et 6. La numérotation des chapitres y est différente que dans la version originale car sa traduction n’inclut que les principaux passages en prose. Nous préciserons dans le corps de l’article par le moyen de notes le numéro de chapitre correspondant de la traduction de Dillman.
  2. Dans les poèmes eddiques Lokasenna 6, 19, Hyndluljóð 41, Fjölsvinnsmál 26, les poèmes scaldiques Haustlöng 8 et Þórsdrápa 1, et au chapitre 32 de la Gylfaginning
  3. Dans Völuspá 55 et Ynglingatal 32.
  4. « ráðbani » désigne celui qui tue par conseil9.
  5. La nature exacte de Laufey (géante ou déesse?) est incertaine.
  6. Dans l’Edda traduite par Dillmann (1991), ce passage est au chapitre 5.
  7. Dans l’Edda traduite par Dillmann (1991), ce passage est au chapitre 4.
  8. Dans l’Edda traduite par Dillmann (1991), ce passage est au chapitre 6.
  9. Dans la Völuspá, la völva se désigne à la troisième personne.
  10. « Hveralundr » pose problème, il pourrait signifier « arbre à chaudrons » ou « bosquet des sources chaudes »44.

Références

  1. Simek 2007, p. 195.
  2. Jean Haudry, Loki, Naramsama, Nairyo.Sanha, le feu de la « parole-qualifiante » , Etudes Indo-européennes, p. 110-111 et p. 124-125, 1988
  3. a et b Simek 2007, p. 191.
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  5. Boyer 1992, p. 474.
  6. Sturluson 1991, p. 170.
  7. a et b Simek 2007, p. 166.
  8. Boyer 1992, p. 547.
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  16. Sturluson 1991, p. 61.
  17. Dumézil 1986, p. 128-129.
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  28. Boyer 1992, p. 437.
  29. Sturluson 1991, p. 73-75.
  30. Sturluson 1991, p. 105-108
  31. Dumézil 1986, p. 18.
  32. Dumézil 1986, p. 16.
  33. Boyer 1992, p. 242-244.
  34. Sturluson 1991, p. 119-120.
  35. Certains spécialistes, dont Eugen Mogk, ont contesté le rôle de Loki dans le meurtre de Baldr. En effet, ce rôle n’est décrit précisément que chez Snorri Sturluson (Mogk considérait Snorri plus comme un créateur qu’un témoin de mythes nordiques), les poèmes eddiques étant évasifs selon eux, et la version fortement évhémériste du meurtre de Baldr par Höd dans la Gesta Danorum de Saxo Grammaticus ne mentionne même pas Loki. Georges Dumézil a toutefois défendu que le mythe tel qu’il est décrit par Snorri est bien un témoignage sérieux d’une des versions connues à l’époque. Il assure que les mentions évasives du meurtre de Baldr ne contestent pas le rôle de Loki, au contraire, et rajoute que la Gesta Danorum qui reproduit de nombreux autres mythes nordiques ne mentionne Loki nulle part, mais par contre Loki est remplacé dans sa fonction par un Gevarus qui conseille à Höd sur la manière de tuer l’invincible Baldr ( ref. Dumézil, 1986, p.102-117)
  36. Sturluson 1991, p. 89-93.
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  49. Bailey 2000, p. 19.
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  66. Régis Boyer, L’Edda poétique, Fayard, coll. « L’Espace intérieur », 1992, (ISBN 2-213-02725-0)
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  69. (en) « Loki (personnage) » [archive], sur IMDB (consulté le 30 août 2011)

Bibliographie

Sur les autres projets Wikimedia :

  • Loki, sur Wikimedia Commons

Document utilisé pour la rédaction de l’article : publication utilisée pour la rédaction de cet article.

Traductions annotées de sources primaires

Études spécialisées

  • Georges Dumézil, Loki, Paris, Flammarion, coll. « Nouvelle bibliothèque scientifique », 1986 (1re éd. 1948), 259 p. (ISBN 2-08-081342-0, présentation en ligne)Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Jean Haudry, « Loki, Naramsama, Nairyo.Sanha, le feu de la « parole-qualifiante » », Études Indo-européennes,‎ 1988, p. 99-130Document utilisé pour la rédaction de l’article
  • Bernard Mezzadri, « Les brocards de Loki et la toile d’Arachné », Mètis. Anthropologie des mondes grecs anciens, vol. 13, no 13,‎ 1998, p. 439-450 (lire en ligne)
  • (da) Axel Olrik, « Loki i nyere Folkeoverlevering 1-2 », Danske Studier,‎ 1908-1909
  • (en) Jan de Vries, The problem of Loki, Folklore Fellow Communication 110, 1933

Études généralistes



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