Attaque du Thalys : le djihadiste aurait eu pour mission de tuer les Américains

Le Monde a pris connaissance de l’audition d’Ayoub El Khazzani mercredi dernier, 14 décembre 2016, et en a livré aujourd’hui de nombreux détails.

Interrogé par le juge, le djihadiste a notamment déclaré avoir reçu d’Abdelhamid Abaaoud, une semaine avant l’attaque, soit à la mi-août 2015, l’information de l’imminence de l’opération, et quelques jours plus tard des instructions précises pour tuer des Américains dans un Thalys.

RTL : « Les organisateurs de l’attaque avaient des informations très précises concernant la présence de soldats américains – ceux-là même qui vont couper court à la tentative d’attentat – dans ce train précisément, ce wagon et même ces places. »

Et chacun de s’interroger, à l’instar des journalistes du Monde : « si El Khazzani a réellement eu pour mission de tuer des militaires américains, comment Abaaoud a-t-il su qu’ils seraient présents ce jour-là à bord de la voiture 12 du Thalys 9364 ? »

Je rappelle mes commentaires du 14 décembre à ce sujet :

http://petitcoucou.unblog.fr/2016/12/14/attaque-du-thalys-du-21-aout-2015-ayoub-el-khazzani-sest-explique-devant-le-juge/

 

Entendu ce jour pendant cinq heures, il « s’est expliqué de manière circonstanciée sur tous les faits » et « a retracé dans les grandes lignes son parcours de la Syrie, la Turquie jusqu’en Europe. Avec [Abdelhamid] Abaaoud », l’un des coordinateurs des attentats du 13 novembre, a fait savoir son avocate Sarah Mauger-Poliak.

Or, il révèle être monté dans le Thalys pour tuer « une cible précise, déterminée ».

Contente. C’est exactement ce que j’ai toujours pensé depuis le début.

Enregistrer le nom du voyageur avec son numéro de place dans le train, ce n’est pas précisément ce qui se fait de mieux en matière de sécurité : cela facilite le travail de tueurs à gages qui se maquillent en djihadistes ou autres excités.

 

De deux choses l’une : ou bien les djihadistes ont bénéficié d’informations en provenance directe des Américains ou de leur entourage, ou bien ils les pistaient et ont pu trouver leurs numéros de places dans le Thalys en interrogeant la base de données ad hoc.

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/12/19/attentat-du-thalys-le-projet-raconte-par-le-terroriste_5050943_1653578.html

Attaque du Thalys : le terroriste était sous les ordres d’Abdelhamid Abaaoud

 

Devant le juge, Ayoub El Khazzani raconte la genèse de son projet, piloté par Abaaoud, et explique leur décision d’entrer en Europe par la route des migrants.

LE MONDE | 19.12.2016 à 06h31 • Mis à jour le 19.12.2016 à 14h39 | Par Soren Seelow

 

Le Thalys à la gare de Bruxelles, le 22 août 2015.

 

Durant ses quatre premières auditions devant la justice française, il avait nié toute motivation terroriste avant de se murer dans le silence. Ayoub El Khazzani, l’auteur de la tentative d’attentat du 21 août 2015 dans un train Thalys reliant Bruxelles à Paris, a finalement décidé de passer aux aveux.

Entendu pour la cinquième fois, mercredi 14 décembre, dans le bureau d’un juge d’instruction, ce ressortissant marocain de 27 ans, qui a longtemps vécu en Espagne, a raconté son parcours en détail : son séjour en Syrie, la genèse de son projet terroriste et les semaines passées, entre Istanbul et Bruxelles, avec son donneur d’ordres Abdelhamid Abaaoud, futur coordinateur des attentats du 13 novembre 2015.

Ayoub El Khazzani avait demandé par courrier à être entendu le 8 septembre 2016. On savait encore peu de chose, à cette date, des détails de sa mission, miraculeusement contrecarrée par des militaires américains en permission. Depuis, une note des services de renseignement hongrois, obtenue par le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) et révélée le 12 novembre par Le Monde, a démontré qu’Ayoub El Khazzani était entré en Europe en compagnie d’Abdelhamid Abaaoud.

« Un noble combattant »

Etonnamment, c’est le directeur du CAT, Jean-Charles Brisard, qui a lui-même transmis cette note hongroise à la justice française quelques jours après sa divulgation dans la presse. Symptôme des lenteurs de la coopération judiciaire internationale, les magistrats français n’avaient toujours pas récupéré le précieux document malgré une demande adressée à leurs partenaires européens. Ces nouveaux éléments d’enquête, et leur médiatisation, ont sans doute achevé de convaincre le terroriste de la nécessité de tout avouer.

Ayoub El Khazzani, qui n’a été entendu que le 14 décembre, affirme, lui, s’être décidé à parler pour « donner une image de [lui] qui [lui] correspond ». « Je suis un vrai djihadiste, mais on ne massacre pas les femmes et les enfants, a-t-il expliqué devant le juge. Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant. Je suis un soldat. » Il assure avoir voulu tuer des « Américains » à bord du Thalys, et non des passagers au hasard, afin de venger les bombardements en Syrie. Une affirmation invérifiable, en partie mise à mal par l’arsenal (une kalachnikov, huit chargeurs et un pistolet) retrouvé sur lui.

Lire aussi :   Attaque du Thalys : le point sur l’enquête

Par-delà l’opportunisme de certaines de ses déclarations, l’audition d’Ayoub El Khazzani, dont Le Monde a pris connaissance, est un document rare : il est l’un des seuls terroristes liés à la cellule des attentats de Paris à s’être montré aussi prolixe sur l’élaboration de son projet. Il confirme, avec ses mots, nombre des informations recueillies ces derniers mois par les services hongrois et allemands.

A travers son récit, on apprend notamment que la décision de l’Etat islamique (EI) d’emprunter la route des migrants pour entrer en Europe a été inaugurée par El Khazzani et Abaaoud en raison des échecs répétés du premier à pénétrer l’espace Schengen par avion. Cette technique d’infiltration sera ensuite employée par la quasi-totalité des kamikazes de Paris.

La naissance du projet

Ayoub El Khazzani dit avoir rejoint la Syrie en mai 2015 : « J’étais parti pour lutter contre les massacres faits par les chiites, mais en arrivant en Syrie il s’est passé autre chose que je n’avais pas prévu. » Il affirme n’avoir passé que six jours sur place, un laps de temps qui suffira à le convaincre de rentrer en Europe pour tuer.

Peu de temps après son arrivée, il dit avoir aperçu un bâtiment « détruit » en sortant d’un camp d’entraînement : « Le frère syrien qui nous encadrait m’a dit que c’étaient les Américains qui avaient bombardé. Il m’a dit que ce bâtiment était une mosquée. Ça m’a fait un choc, ça m’a révolté, ça m’a détruit de l’intérieur. » Le jour même, un homme encagoulé vient le voir. L’émotion du candidat au djihad devant les ruines de la mosquée va décider de son sort.

« Il m’a dit que le frère qui nous avait accompagnés à l’extérieur du camp avait remarqué que j’avais été profondément touché par la destruction de la mosquée. Je lui ai dit que j’étais prêt à mourir, qu’il devait me considérer comme un objet et qu’il pouvait faire de moi ce qu’il voulait. Il m’a dit que pour ce qui était des chiites, ils pouvaient s’en occuper. Mais pour ce qui était des Américains, ils utilisaient des drones et des avions et qu’il était difficile de les combattre, que le mieux était d’aller les combattre sur leur propre territoire. »

Lire aussi :   Un des « héros » américains de l’attaque du Thalys poignardé en Californie

Ayoub El Khazzani passe les quatre jours suivants à s’entraîner au maniement de la kalachnikov. A l’issue de cette formation accélérée, il est reconduit à la frontière turque muni de deux numéros de téléphone à contacter, un belge et un syrien. Une fois à Istanbul, il achète un billet d’avion pour Tirana, en Albanie, et fait un peu de tourisme sur les rives du Bosphore, conformément aux instructions.

La route des migrants

Le jour de son vol, il est refoulé au guichet de l’aéroport d’Istanbul car la page centrale de son passeport marocain est « arrachée ». Son donneur d’ordres en Syrie lui demande alors de faire une nouvelle tentative depuis l’aéroport d’Antalya, dans le sud de la Turquie, toujours à destination de Tirana, en utilisant sa carte de séjour espagnole. Il est encore une fois refoulé, les autorités refusant de le laisser embarquer sans passeport.

Le terroriste est bloqué en Turquie. Il passe une semaine dans un hôtel d’Istanbul à attendre de nouvelles instructions. Son contact en Syrie finit par le rappeler : « Il m’a dit qu’un frère allait venir vers moi en Turquie, nommé Hamza. (…) Il m’a dit qu’il fallait que j’attende l’ouverture des routes des réfugiés. (…) Hamza m’a dit qu’il pouvait m’ouvrir la voie pour rentrer en Europe. » L’éclaireur « Hamza », identifié comme étant Bilal Chatra, un Algérien de 20 ans, sera interpellé en Allemagne un an plus tard, en juillet 2016.

Quelques jours après ce coup de fil, le contact syrien rappelle El Khazzani pour l’informer qu’un autre « frère » va le rejoindre « pour faire la route » avec lui. Cet homme s’appelle Abou Omar : il s’agit d’Abdelhamid Abaaoud, l’homme qui mettra en place depuis Bruxelles, au cours des mois suivants, la cellule des attentats de Paris. Informés en temps réel par Hamza, qui ouvre la voie, El Khazzani et Abaaoud rejoignent ensemble la Hongrie, où ils sont localisés le 1er août, en suivant le flux de migrants.

Après quelques jours dans un hôtel de Budapest, Abaaoud se rend en voiture en Autriche le 4 août. Il demande à son compagnon de voyage de rejoindre Hamza en Autriche, puis de gagner l’Allemagne. El Khazzani prend un train le lendemain jusqu’à Vienne, et se rend avec l’éclaireur à Cologne.

Un complice, qu’El Khazzani n’a pas voulu identifier durant l’audition, vient ensuite les chercher en voiture pour les emmener en Belgique. Ils y retrouvent Abdelhamid Abaaoud, un des terroristes les plus recherchés d’Europe, qui a élu domicile dans un petit appartement bruxellois, alors que les services de renseignement le croient toujours en Syrie.

Lire aussi :   Attaque du Thalys : le djihadiste Ayoub El Khazzani nie avoir voulu commettre « un meurtre de masse »

La planque de Bruxelles

« On est resté un certain temps dans l’appartement avec Hamza et Abou Omar. Nous n’avions pas le droit de sortir, nous étions ravitaillés par des frères. C’est moi qui faisais la cuisine, se souvient El Khazzani. Un jour, Abou Omar, qui avait des contacts avec la Syrie, nous a dit qu’il avait reçu un ordre du pays du Sham [la Syrie], à savoir qu’Hamza et moi devions nous préparer psychologiquement à faire une opération. »

L’éclaireur aurait, à en croire El Khazzani, refusé de participer à un attentat. « Le lendemain matin, Hamza s’est enfui de la maison. A ce moment-là, il s’est produit beaucoup de choses. Abou Omar a quitté l’appartement de peur d’être dénoncé par Hamza. (…) Les jours suivants, Abou Omar passait à l’appartement, parfois y dormait. Il me disait de rester là, j’ai l’impression qu’il n’avait pas confiance en moi, il ne me racontait rien. Je m’en fichais de son comportement. J’avais mon objectif et j’attendais mes consignes. »

« Je devais attaquer des Américains »

Une semaine avant l’attaque du Thalys, Abdelhamid Abaaoud lui annonce que l’opération est imminente. « Je lui ai dit que ce qui m’intéressait, c’était de m’attaquer à ceux qui tuaient nos frères, assure-t-il au juge. Il m’a dit qu’il avait compris, qu’il allait tout préparer et que je ne devais pas m’en soucier, que je n’aurais qu’à agir. »

Quelques jours plus tard, Abaaoud lui expose les détails de sa mission : « Il m’a dit que la cible était dans le Thalys, où je devais attaquer des Américains. (…) Abou Omar m’a expliqué qu’il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17 heures (…) Abou Omar m’a dit qu’il y aurait entre trois et cinq militaires. »

Les armes, explique-t-il, avaient été livrées à l’appartement par le mystérieux complice qui était venu les chercher à Cologne quelques semaines plus tôt. Outre la présence de huit chargeurs de kalachnikov, qui peut sembler disproportionnée au regard des cibles évoquées, un autre élément intrigue les enquêteurs : si El Khazzani a réellement eu pour mission de tuer des militaires américains, comment Abaaoud a-t-il su qu’ils seraient présents ce jour-là à bord de la voiture 12 du Thalys 9364 ?

 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/abdelhamid-abaaoud-etait-il-derriere-l-attentat-dejoue-du-thalys-7786346140

Abdelhamid Abaaoud était-il derrière l’attentat déjoué du Thalys ?

 

« Le Monde » dévoile les aveux du terroriste présumé, Ayoub El Khazzani, qui avait tenté d’ouvrir le feu dans un Thalys en août 2015.

 

La police dans la gare de Arras au lendemain des tirs dans le Thalys, le 22 août
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP

La police dans la gare de Arras au lendemain des tirs dans le Thalys, le 22 août

par Cécile De Sèze publié le 19/12/2016 à 12:58

 

Ce n’était pas un « déséquilibré », un « loup solitaire »… Avec les aveux d’Ayoub El Khazzani, après des mois de silence devant la justice française, les contours de l’attaque manquée dans un Thalys à l’été 2015 se dessinent. Le Monde s’est procuré les procès verbaux de sa cinquième audition. Le journal raconte dans son édition du lundi 19 décembre, que l’assaillant du train reliant Bruxelles à Paris le 21 août 2015 s’est décidé à parler et à raconter les étapes de son parcours, jusqu’au jour J de l’attaque manquée grâce à l’intervention de soldats américains.

Pourquoi ? Pour donner une « image de lui qui correspond », peut-on lire dans les colonnes du quotidien. « Je suis un vrai djihadiste, mais on ne massacre pas les femmes et les enfants. Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant. Je suis un soldat« , aurait-il expliqué devant les juges avant de raconter son parcours, de Syrie jusqu’à Bruxelles. Ce témoignage est d’autant plus précieux qu’il est le seul aussi expressif d’un terroriste lié à la cellule des attentats du 13 novembre à Paris.

Le ressortissant marocain de 27 ans a d’abord séjourné en Syrie. Période qui n’aurait duré que 6 jours – dont 4 à manier les kalachnikov – selon le quotidien. Une période suffisante pour marquer son esprit. C’est la destruction d’une mosquée par des Américains qui lui restera en tête. Il raconte que sur place, un de ses accompagnateurs a remarqué son émotion face au bâtiment en ruines. C’est alors qu’il lui explique : « Je lui ai dit que j’étais prêt à mourir, qu’il devait me considérer comme un objet et qu’il pouvait faire de moi ce qu’il voulait. » Le projet de frapper directement sur le territoire des Occidentaux est alors en élaboration.

Un donneur d’ordre : Abdelhamid Abaaoud

Bloqué en Turquie sur le chemin du retour, alors qu’on lui ordonne pour la discrétion de faire du « tourisme sur les rives du Bosphore », un contact va le rejoindre depuis la Syrie pour « faire la route ». Il s’agit d’Abou Omar, plus connu en France sous l’identité d’Abdelhamid Abaaoud, longtemps présenté comme le « cerveau » des attaques de Paris et Saint-Denis en novembre 2015. Les deux complices aux ordres de l’État islamique vont alors faire une partie de la route ensemble pour se retrouver en Belgique, à Bruxelles.

C’est Abdelhamid Abaaoud qui reçoit directement les ordres depuis la Syrie pour Ayoub El Khazzani et un troisième terroriste venu les aider à traverser l’Europe et répondant au nom de Hamza. Mais ce dernier prend la fuite quand ils ont reçu l’ordre de se « préparer psychologiquement à faire une opération ». C’est une semaine avant le 21 août que l’annonce de l’attaque lui est faite. Une dernière occasion de rappeler que ce qu’il veut, comme il le raconte aux juges : « S’attaquer à ceux qui tuaient nos frères ». « [Abou Omar] m’a dit qu’il avait compris, qu‘il allait tout préparer et que je devais pas m’en soucier, que je n’aurais qu’à agir« , aurait-il encore raconté.

Une route : celle des migrants

Pour arriver jusqu’à la planque bruxelloise, les trois combattants sous le drapeau de Daesh ont bien emprunté la route des migrants. Quand Ayoub El Khazzani est resté bloqué en Turquie, « un frère » lui transmet les instructions. Hamza lui ordonne d’attendre l’ouverture des routes des réfugiés. « Hamza m’a dit qu’il pouvait m’ouvrir la voie pour rentrer en Europe ».

Hamza m’a dit qu’il pouvait m’ouvrir la voie pour rentrer en Europe

Ayoub El Khazzani

C’est donc par cette route qu’Abaaoud et El Khazzani rejoignent leur destination. Ils passent d’abord par la Turquie, puis la Hongrie, suivant toujours les flux des migrants. Leur route se sépare quand Abaaoud rejoint l’Autriche quelques jours avant son compagnon de route. Puis c’est l’Allemagne et enfin, la Belgique - où il retrouve donc son donneur d’ordres – qu’Ayoub El Khazzani rejoint en voiture grâce à un autre complice.

Une cible : des Américains

Ce n’est que quelques jours avant le jour de l’attaque qu’Abdelhamid Abaaoud lui transmet les détails de l’opération qui aurait pu être meurtrière. Des détails troublants qui soulèvent plusieurs questions. Les organisateurs de l’attaque avaient des informations très précises concernant la présence de soldats américains – ceux-là même qui vont couper court à la tentative d’attentat – dans ce train précisément, ce wagon et même ces places.

« Il m’a dit que la cible était dans le Thalys, où je devais attaquer des Américains. (…) Abou Omar m’a expliqué qu’il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17 heures (…) Abou Omar m’a dit qu’il y aurait entre trois et cinq militaires », rapporte Le Monde. Les militaires étaient bien trois, dans la bonne voiture, à la bonne heure. Le quotidien pose d’ailleurs la question qui reste en suspend après ces déclarations : comment le cadre de Daesh avait-il toutes ces informations ?

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