Avec quel poison le Nord-Coréen Kim Jong-Nam a-t-il été tué ?

Sans grande surprise, il s’agit d’un poison prisé des communistes pour leurs assassinats politiques.

Il pourrait d’ailleurs s’agir du même neurotoxique exactement que celui qui fut utilisé pour m’empoisonner à Brest le vendredi 22 mars 2002.

En tous les cas, mes médecins avaient conclu que ce poison était possiblement de la même famille de produits chimiques, comme l’avait indiqué l’un d’eux dans un compte rendu que j’ai partiellement rendu public dès le 18 avril 2013, dans cet article publié alors sur mon ancien blog « Un petit coucou » chez OverBlog (cliquer sur l’image pour l’agrandir et lire le texte) :

 

2013-04-18 Empoisonnements criminels à Brest - Un petit coucou

 

Je l’avais republié sur Petitcoucou le 6 juillet 2014, dans l’article que je vous invite à lire ou à relire à l’adresse suivante :

http://petitcoucou.unblog.fr/2014/07/06/sur-mon-etat-de-sante/

 

L’on notera à ce sujet que le néphrologue qui au cours de l’été 2002 avait émis un diagnostic confirmant de manière claire, nette et tout à fait indiscutable l’empoisonnement dont je m’étais plainte dès ses premières manifestations (ultra violentes) le vendredi 22 mars 2002, a par la suite connu bien des difficultés chez les amis vietnamiens de la révolutionnaire communiste Josette Brenterch du NPA de Brest, après avoir quitté cette ville dans des circonstances déjà liées à des difficultés très surprenantes qu’il y avait connues à compter de l’automne 2002 alors que je commençais à remuer sur la question de l’empoisonnement CRIMINEL dont j’avais été victime quelques mois plus tôt.

Je vous en donne un aperçu avec un article relatif à ses aventures vietnamiennes publié sur le site Agoravox le 31 août 2007 que je reproduis intégralement ci-dessous.

 

 

http://www.lavenir.net/cnt/dmf20170224_00964874/qu-est-ce-que-le-vx-cette-arme-chimique-interdite-et-fatale-a-kim-jong-nam

Qu’est-ce que le VX, cette arme chimique interdite et fatale à Kim Jong-Nam?

Devant l’ambassade nord coréenne à Kuala Lumpur
Devant l’ambassade nord coréenne à Kuala Lumpur-AFP

 

La police malaisienne a mis un nom sur l’agent neurotoxique utilisé pour assassiner le demi-frère du dirigeant Nord Coréen Kim Jong-un: le VX, cousin plus meurtrier encore que le gaz sarin.

Les commanditaires de l’assassinat de Kim Jong-Nam n’ont pas laissé de place au hasard, ressort-il des premières analyses de la dépouille du demi-frère de Kim Jong-un. Pour le tuer, ils auraient utilisé le VX, un agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive par les Nations unies. Un centième de gramme de cette substance sur la peau suffit à tuer un adulte, en s’attaquant à son système nerveux et musculaire.

Des images de vidéosurveillance de l’attaque perpétrée à l’aéroport de Kuala Lumpur montrent que Kim Jong-Nam avait été approché par deux femmes qui lui ont apparemment projeté quelque chose au visage. Kim Jong-Nam s’est écroulé quelques instants après et est décédé sur le chemin de l’hôpital.

Invisible meurtrier

Qu’est-ce que le VX, cette arme chimique interdite et fatale à Kim Jong-Nam? Formule du gaz VX, également C11H26NO2PS-Wikipedia

Le VX est né en 1952 dans un centre de recherche britannique. C’est un gaz dix fois plus toxique que le gaz Sarin. Par contact cutané ou par inhalation, il suffit d’un rien de cette substance nodore et incolore pour tuer un homme en quelques minutes. Le VX peut également être utilisé pour contaminer l’air et l’eau. Il provoque écoulements du nez, larmes, salivation excessive et transpiration accrue.

Après la contamination, un tissu porte le VX pendant une demi-heure avant qu’il s’évapore. L’assaillante de Kim Jong-Nam avait l’air au courant de ce fait, car elles ont fui les mains en avant vers les toilettes pour se débarrasser de la substance au plus vite. L’une aurait été prise de vomissements après les faits.

Le gaz VX est listé comme une arme de destruction massive depuis 1993 par la Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques (ONU). Cette dernière impose aux pays membres de déclarer leurs stocks de VX et les détruire progressivement.

Pourquoi ce VX désigne la Corée du Nord

Cette substance, dont des traces ont été décelées sur les yeux et le visage de la victime, n’est pas du genre des cocktails toxiques que l’on pourrait confectionner chez soi. Le VX est très difficile à produire. L’implication d’un État est donc fortement suggérée.

La Corée du Nord, soupçonnée depuis le début, a déjà fabriqué du VX par le passé. De même, le pays communiste empruntait des voies de contrebande pour faire sortir cette arme chimique de son territoire. Rohan Gunaratna, directeur du Centre international de recherche sur le terrorisme et les violences politiques, explique que la Corée du Nord utilisait les valises diplomatiques «pour faire passer en contrebande des matières qui seraient soumises à des contrôles si elles transitaient par les canaux habituels».

Depuis le début de cette affaire digne d’un roman d’espionnage, la Corée du Sud pointe du doigt son voisin du Nord, citant un «ordre permanent» du dirigeant Kim Jong-Un pour éliminer son demi-frère Kim Jong-Nam, un critique du régime le plus fermé au monde.

Tensions diplomatiques autour de l’enquête

Dans un bref communiqué publié vendredi, le chef de la police malaisienne Khalid Abu Bakar ajoute que des équipes médico-légales continuent d’analyser «d’autres échantillons» dans le cadre de l’autopsie.

Trois suspects sont en détention provisoire: les deux femmes, une Vietnamienne et une Indonésienne, ainsi qu’un Nord-Coréen. La police soupçonne également quatre Nord-Coréens ayant fui la Malaisie le jour du crime pour regagner Pyongyang, et elle souhaite en interroger trois autres, parmi lesquels un diplomate à Kuala Lumpur.

La police a reconnu qu’elle ne pourrait pas interroger le diplomate s’il ne se présentait pas de lui-même, en raison de son immunité diplomatique.

Jeudi, la Corée du Nord a rompu le silence depuis l’assassinat en tirant à boulets rouges sur la Malaisie. L’agence de presse officielle KCNA a accusé Kuala Lumpur d’être responsable du décès et de comploter avec la Corée du Sud, ennemi juré du Nord.

KCNA a aussi critiqué la Malaisie pour ne pas avoir remis le corps à la partie nord-coréenne, «sous le prétexte absurde» qu’une comparaison des ADN avec une personne de la famille du défunt était nécessaire.

 

http://www.lemonde.fr/asie-pacifique/article/2017/02/24/qu-est-ce-que-le-vx-le-poison-qui-a-tue-kim-jong-nam_5085016_3216.html

Qu’est ce que le VX, le poison qui a tué Kim Jong-Nam

 

Cet agent neurotoxique interdit a été utilisé pour assassiner en Malaisie le demi-frère du dirigeant nord-coréen, selon les autorités malaisiennes.

Le Monde.fr avec AFP | 24.02.2017 à 13h45

 

Une image tirée d’une caméra de surveillance montre un homme supposé être Kim Jong Nam, discutant avec un agent de sécurité, après avoir été accosté par une femme à l’aéroport international de Kuala Lumpur, en Malaisie.

Des experts malaisiens en toxicologie ont révélé, vendredi 24 février, que le VX, un agent neurotoxique interdit, avait été utilisé pour assassiner le 13 février, à Kuala Lumpur, Kim Jong-Nam, le demi-frère du dirigeant nord-coréen.

 

Lire aussi :   La Malaisie retrouve un agent neurotoxique sur le corps de Kim Jong-nam

Nom de code donné par les scientifiques américains qui l’ont fabriqué en masse, le VX est un composant organophosphoré et l’un des agents chimiques les plus mortels jamais produits. Il serait dix fois plus puissant que le sarin.

Gaz inodore

Incolore, ce gaz (sous forme liquide à température et pression normales), est suffisamment stable pour être transporté et difficile à détecter, un avantage pour un assassin potentiel. Mais c’est un agent persistant, susceptible de contaminer des lieux pendant longtemps.

Lire :   La Malaisie soupçonne la Corée du Nord dans le meurtre de Kim Jong-nam

« Il peut tuer un adulte de 70 kilos avec seulement cinq milligrammes sur la peau », explique Yosuke Yamasato, ancien principal de l’Ecole de chimie des forces terrestres d’autodéfense japonaises. « C’est incroyable que les exécutants du crime l’aient utilisé à mains nues – ils ne devaient pas savoir que l’agent était le VX. »

Lire :   Kim Jong-nam, un meurtre en eaux troubles

Une mort rapide

Le VX attaque rapidement le système nerveux. Le gaz innervant se répand dans les vaisseaux sanguins transportant le sang dans les poumons et les autres organes vitaux. Les symptômes dépendent du dosage et varient selon que la substance a été inhalée ou introduite par la peau – la plus lente forme d’empoisonnement.

Une exposition à faible dose permet de survivre. Mais une contamination plus importante agit vite et une personne exposée à cette toxine peut ressentir en l’espace de quelques minutes des difficultés à respirer et des nausées. A haute dose, le VX peut entraîner une perte de connaissance, une insuffisance cardiaque ou un arrêt respiratoire.

 

Des armes chimiques de la seconde guerre mondiale présentées aux médias à Munster, le 5 mars 2014.

 

Des antidotes existent, mais le traitement doit être immédiat. Pendant le première guerre d’Irak, des soldats américains transportaient des trousses avec de quoi s’injecter l’antidote.

Origine britannique

Le VX a été créé pour la première fois dans un laboratoire britannique au début des années 1950. Mais des scientifiques américains ont perfectionné sa puissance dans la course aux armements avec l’Union soviétique pendant la Guerre froide.

Des dizaines de milliers de tonnes ont été fabriquées en série aux Etats-Unis – un stock finalement détruit à la fin des années 1980. Des fuites accidentelles ont été signalées aux Etats-Unis et au Japon.

Soupçons d’utilisation en Irak

Lire :   90 % des stocks mondiaux déclarés d’armes chimiques ont été détruits

Des résidus trouvés sur un site suggèrent que l’ancien dictateur irakien Saddam Hussein pourrait avoir eu recours au VX parmi les substances chimiques répandues en 1988 sur la ville kurde de Halabja, où au moins 5 000 personnes ont péri.

En 1994, la secte japonaise Aum a utilisé du VX pour le meurtre d’un employé de bureau à Osaka et une tentative d’homicide sur deux autres personnes.

Arme de destruction massive

Le VX figure sur la liste des armes de destruction massive de l’ONU. Selon la Convention internationale sur l’interdiction des armes chimiques (CIAC), les pays doivent déclarer leurs stocks de VX et sont obligés de les détruire progressivement.

« La Corée du Nord n’est pas signataire de la CIAC. Il ne serait donc pas surprenant qu’elle possède du VX », souligne Satoshi Numazava, professeur de toxicologie à l’université Showa au Japon.

« Violation » du droit international

La Corée du Sud dénonce vendredi dans un communiqué une « violation patente » du droit international. Pour Séoul, « l’utilisation des armes chimiques est strictement interdit, partout, quelle qu’en soit la raison ».

Le ministère sud-coréen de la défense avait affirmé en 2014 que le Nord avait commencé dans les années 1980 à produire des armes chimiques et estimé qu’il disposait de stocks de 2 500 à 5 000 tonnes.

Lire aussi :   Corée du Nord : qui peut stopper Kim Jong-un ?

En 2015, le think tank américain Nuclear Threat Initiative estimait lui que la Corée du Nord possédait le troisième plus gros stock d’armes chimiques au monde, après les Etats-Unis et la Russie.

Lire aussi :   Kim Jong-nam, le mauvais fils de l’ancien dictateur nord-coréen

 

http://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/vietnam-quand-l-humanitaire-se-28468

Viêtnam : quand l’humanitaire se fait piéger

 

par Gwenboul
vendredi 31 août 2007

 

Ouvert en 2002, le centre Dialasie, destiné à soigner les patients viêtnamiens souffrant d’insuffisance rénale, a été la victime des autorités de Saigon, plus occupées par la spéculation immobilière que par l’accès aux soins de la population. Le Dr Jean-Marc Dueymes, à l’origine du projet, témoigne.

Tout est parti d’un simple constat pour le néphrologue Jean-Marc Dueymes alors qu’il participe à une mission humanitaire au Viêtnam en 1999 : plus de 12 000 patients meurent chaque année au Viêtnam, en raison d’une insuffisance rénale, et faute d’offres de soins.

Une situation intolérable à ses yeux mais, à la différence des « french doctors » qui ont popularisé ces aides médicales aux pays en développement, il n’est pas question ici de traiter une situation d’urgence. Le but du projet Dialasie est de pouvoir installer une structure médicale pérenne à Saigon, au Viêtnam, afin de traiter les malades souffrant de problèmes rénaux, ceci en coopération avec le personnel médical local.

Pour ce faire, en 2002, des médecins et des infirmières viêtnamiens viennent suivre une formation en France. Une infirmière et un médecin sont accueillis pendant 3 mois au Centre de néphrologie et de dialyse d’Armorique (CNDA). Ce dernier se rend également au service de néphrologie de la Cavale Blanche puis à l’AUB (Centre de formation et de repli à la dialyse). Parallèlement, 4 infirmières suivent une formation dans le service de néphrologie du Pr Jean Conté à l’hôpital Purpan, à Toulouse. Des infirmières françaises, travaillant au CNDA et au Centre d’hémodialyse de Châteauroux se sont ensuite rendues au Viêtnam, après l’ouverture du centre, pour continuer la formation du personnel local.

Pour Erwan Gourcuff, qui a eu l’occasion de travailler pour Dialasie, en juillet et août 2003 puis de novembre 2003 à novembre 2004, « étant moi-même patient, traité à Dialasie durant mon séjour, j’ai été impressionné par la qualité des soins dispensés, supérieurs à certains centres de dialyse français. Les protocoles étaient ceux utilisés en France par le Dr Dueymes à Brest ».

Mais la particularité du projet est également de permettre, via la télémédecine (téléassistance, télédiagnostic, partage de ressources), un suivi continu des patients et du personnel depuis la France. Pour le Dr Jean-Marc Dueymes « partager les outils, les connaissances, le savoir-faire, c’était non seulement possible mais surtout le meilleur moyen de diminuer les coûts pour faciliter l’accès aux soins ».

Le projet Dialasie vise non seulement à fournir au Viêtnam les outils médicaux pour traiter les malades mais également à rendre possible l’accès aux soins au plus grand nombre. L’établissement bénéficie alors d’un conventionnement avec l’Assurance maladie viêtnamienne : tous les patients sont, comme en France, pris en charge, la dialyse étant facturée à 30 $ (contre plus de 300 € en France).

Le pouvoir étant toujours aux mains du Parti communiste viêtnamien, il est difficile pour des étrangers d’investir dans ce pays, même si le Viêtnam s’ouvre progressivement depuis les années 90. Il faut donc pour Dialasie faire de longues démarches pour obtenir un terrain et une licence d’investissement. Le terrain, situé en centre-ville, est attribué par l’État en décembre 2000 et la licence accordée en 2002 après 2 ans de procédure, donnant à son possesseur un droit d’usage de 25 ans sur ce terrain. La propriété dudit terrain restant celle du peuple viêtnamien.

L’ouverture de l’établissement a lieu en septembre 2002. Et l’hôpital doit faire face à une croissance constante des demandes « En 2005, nous avions dépassé les 25 000 séances annuelles de dialyse, soit 170 patients viêtnamiens maintenus en vie par dialyse, en sachant que nous avions une croissance de 45 % par an » explique le Dr Jean-Marc Dueymes. Dialasie est considéré à l’époque comme l’un des meilleurs centres de dialyse en Asie par les patients asiatiques de passage, les conditions de traitements étant identiques à celles d’un centre en France.

Cependant le terrain où est installé l’hôpital, et laissé jusqu’ici à l’abandon, aiguise les appétits des promoteurs. En particulier celui de la Saigon coop. qui est en charge de la construction de l’hôpital et s’occupe de louer les locaux à Dialasie, à l’image d’une société civile immobilière en France. Une société dirigée par Nguyen Ngoc Hoa, l’ancien directeur de la police secrète du Comité populaire de la ville, et dont la présidente du conseil d’administration, Mme Nguyen Thi Nghia, est devenue depuis députée à l’Assemblée nationale.

Pour obtenir le droit d’usage (l’équivalent du droit de propriété du sol en France), il faut que l’État Viêtnamien attribue ce terrain, qui lui appartient, à une société ayant une autorisation d’exploitation commerciale. Ce qui est fait avec l’arrivée de Dialasie. Ce terrain de 1300 m2 ne vaut rien lorsqu’il est attribué, et la taxe foncière ne s’élève qu’à 10 dollars le m2. Détourner l’usage de ce terrain pour y faire construire des bureaux, puis les louer, représente alors une plus-value énorme qui pèse peu face aux considérations médicales. En 2006, le droit d’usage de ce terrain, qui possède une valeur marchande, est évalué à 3,6 millions de dollars.

Reste cependant pour la Saigon coop. à récupérer ce droit d’usage. Et le moyen le plus simple est de faire disparaître l’investisseur étranger. Ce qu’a déjà planifié la société dès le début. Le droit d’usage devait être accordé à Dialasie pour 25 ans, ce que confirme le service du cadastre, mais le Comité populaire de Saigon a remis en fait le terrain, et donc son permis de construire, à la Saigon Coop. « Cette manipulation s’est bien entendu faite à notre insu, en 24 h, le 1er août 2001. Nous nous sommes aperçus de la supercherie quand le service des taxes du Comité populaire nous a demandé de payer les taxes locatives en octobre 2005″ explique le Dr Jean-Marc Dueymes.

Après l’ouverture de l’hôpital, qui emploie alors 80 personnes, elle n’hésite pas à exercer des pressions directes sur le Dr Jean-Marc Dueymes et son fils Cédric, responsable financier et administratif de la structure. Menaces verbales ou écrites, articles diffamatoires dans la presse locale et nationale, y compris des tentatives de corruption répétées sur l’avocat du Dr Jean-Marc Dueymes.

« Les pressions ont dans un premier temps commencé à s’exercer sur le petit personnel, puis progressivement sur la direction, enfin nos malades et nos fournisseurs pharmaceutiques, explique Cédric Dueymes. De petites rumeurs aux intimidations sur les employés et les malades, elles ont ensuite été propagées via des articles dans les journaux locaux et nationaux, des lettres aux autorités sanitaires et aux instances judiciaires jusqu’à atteindre le ministère du Plan ainsi que le ministère de la Santé. »

« Lorsque j’ai voulu prendre l’avion en août 2005 pour me rendre à un rendez-vous d’affaires à Bangkok, pour rencontrer des investisseurs potentiels, je me suis retrouvé bloqué à l’immigration et interrogé pendant 2 heures par la police de l’aéroport, raconte Cédric Dueymes. Il m’a fallu 5 mois pour faire annuler cette interdiction, ceci sans l’aide des autorités françaises. »

« J’étais moi-même interdit de séjour, ajoute le Dr Jean-Marc Dueymes. Une interdiction de sortie qui ne repose sur aucune décision, ni officielle ni officieuse. C’est de la simple corruption de fonctionnaires en poste dans les aéroports. Mes dernières sorties du sol viêtnamien ont été faites sous protection de l’ambassade de France en janvier 2006 puis du consulat début mai. » Face à ces pressions, accompagnées de plusieurs menaces de mort, le Dr Jean-Marc Dueymes prend contact avec les diplomates français, qui lui conseillent d’éviter tout accident ou résistance.

La Saigon coop., qui est une émanation du Comité populaire de Saigon et donc sous la responsabilité de l’État, agit en toute illégalité mais le gouvernement viêtnamien est incapable de se faire obéir. L’aboutissement de ces méthodes est l’expulsion, à la fin du mois de mai 2006, du personnel et des patients de l’hôpital.

« Mon fils et le médecin-chef de Dialasie, le docteur Anh Hong, m’ont appelé pour me dire que la direction de la Santé nous donnait 3 jours pour partir. Il n’y avait pourtant aucune décision officielle à l’appui, mais le risque était trop grand pour nos malades et nous-mêmes. J’ai alors donné mon autorisation pour quitter les lieux. »

« Nos malades ont reçu des lettres de menaces et de désinformation de la part des autorités viêtnamiennes locales et du propriétaire les incitant à changer d’hôpital, alors que les centres de dialyse de toute la métropole étaient déjà saturés (5 patients par jour par générateur de dialyse, la moyenne en France étant 2) », complète son fils. « Nos fournisseurs ont été convoqués par les autorités locales pour leur demander de stopper leurs livraisons. Enfin notre contrat avec l’Assurance maladie a finalement été annulé unilatéralement par la tutelle de santé locale, sous la demande ferme du président du Comité populaire d’Ho Chi Minh Ville, qui est un ami personnel de la présidente du conseil d’administration de notre propriétaire viêtnamien. Cette résiliation a été en fait le coup de grâce qui nous a poussé à fermer les portes de l’hôpital, étant donné que 100 % de nos patients en bénéficiaient. »

Les 70 salariés viêtnamiens sont alors licenciés et les 170 patients de l’établissement placés dans des hôpitaux saturés, ne pouvant ainsi pas leur prodiguer les soins nécessaires. « Une commission devait descendre d’Hanoi en juin pour résoudre nos problèmes. Mais nous avons été tués avant, victimes de la fièvre spéculative qui gagne les pays émergents » explique avec regret J-M Dueymes.

De retour en France, le Dr Jean-Marc Dueymes ne se résout pourtant pas à voir son projet de coopération réduit à néant. « Dans notre cas, l’État viêtnamien était responsable de la bonne application de la licence d’investissement accordée à Dialasie » explique-t-il. Une plainte pour expropriation a été déposée auprès de l’ambassadeur du Viêtnam en France, suivant une convention signée entre les 2 pays en 1994 et qui prévoit l’expropriation d’un investisseur étranger, le 15 septembre 2006. Au terme de 6 mois, les deux parties, l’État viêtnamien et Dialasie, doivent désigner un arbitre international. Le secrétaire des Nations-Unies désignant le troisième. La commission d’arbitrage siégeant, en principe, à la Haye. « Dialasie a été indirectement contactée par le cabinet du Premier Ministre viêtnamien, mais aucune suite n’a été depuis donnée » regrette le Dr Jean-Marc Dueymes.

« La poursuite du projet d’aide médicale reste notre objectif principal, les besoins de la population sont énormes, mais cela doit avant tout se faire dans des conditions de sécurité satisfaisantes. » Si ces conditions ne sont pas réunies, Dialasie demandera à l’État viêtnamien de respecter ses engagements en restituant ses investissements. Mettant un terme, malgré elle, à un projet essentiel de santé publique.

[J’ai contacté l’ambassade de France au Viêtnam ainsi que l’ambassade du Viêtnam en France, sans avoir de réponse en retour concernant le projet Dialasie.]

Encadré 1
Les besoins criants de la population viêtnamienne en matière de santé ont pour conséquence de développer un véritable trafic d’organes. Trafic dont ont été témoins les membres de Dialasie. « Entre 2004 et 2005, nous avons eu 25 patients qui sont partis en Chine pour se faire greffer un rein, le plus souvent prélevé sur un condamné à mort » raconte le Dr Jean-Marc Dueymes. Un véritable réseau s’est mis en place à partir de Canton pour recruter des patients viêtnamiens en dialyse. Un « voyage » facturé entre 10 et 15 000 dollars.

Encadré 2
Dans le classement 2006 des pays les moins corrompus, par l’ONG Transparency international, le Viêtnam se retrouve en fin de classement, à la 111e place sur 160.



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