Programme Macron : les réactions tardent à venir…

Pour l’heure, je ne vois guère que celle de Benoît Hamon concernant les réductions de postes de fonctionnaires, outre les commentaires de Jean-Baptiste Duval, chef de rubrique Economie et Technologie au HuffingtonPost.

Où est passé pépé Bayrou ? On va encore le retrouver à gueuler comme un goret, accroché à une grille la tête en bas et les pieds en l’air…

Pour moi, c’est comme toujours : je ne vois toujours rien concernant les patrons voyous et leurs innombrables victimes, notamment celles à faire taire par tous les moyens et à tout prix, fatalement et réellement vouées à l’exclusion définitive de tout tissu social ou à l’assassinat, à part, bien sûr, comme d’habitude, des propositions de nouvelles mesures propres à priver ces dernières de tout moyen de résistance… Josette Brenterch du NPA de Brest y tenait, elles figurent bien dans le programme…

 

http://www.lefigaro.fr/conjoncture/2017/02/23/20002-20170223ARTFIG00407-emmanuel-macron-promet-de-supprimer-120000-postes-de-fonctionnaires.php

Assurance-chômage, fonctionnaires, impôts… les propositions d’Emmanuel Macron

 

  • Par lefigaro.fr
  • Mis à jour le 24/02/2017 à 11:02
  • Publié le 23/02/2017 à 22:00

VIDÉO – Le candidat à l’élection présidentielle et ancien ministre de l’Économie présente son programme économique. Il prévoit 60 milliards d’euros de baisse de dépenses publiques, en supprimant 120.000 postes de fonctionnaires, et un allègement de l’impôt sur les sociétés.

Le cadre est posé. Une semaine avant de livrer le détail de son programme, annoncé pour le jeudi 2 mars, Emmanuel Macron en a tracé les contours budgétaires. Dans une interview donnée aux Échos, puis ce vendredi sur RMC, le candidat à l’élection présidentielle promet une politique «sans cadeau, ni rigueur supplémentaire». Il entend réduire la dépense publique française de trois points de PIB en cinq ans, soit 60 milliards d’euros d’économies. Cela passera notamment par la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires. En parallèle, l’ancien ministre de l’Économie promet un plan d’investissement public de 50 milliards d’euros.

Voici les principales orientations détaillées ce vendredi:

• 60 milliards d’euros d’économies. Emmanuel Macron vise 15 milliards d’euros d’économies sur l’assurance-maladie, grâce notamment à une réorganisation du système de soins et à une modernisation de l’hôpital, et «10 milliards d’euros d’économies sur l’assurance-chômage grâce aux réformes structurelles». «Le taux de chômage peut raisonnablement atteindre 7% en 2022», dit-il. Emmanuel Macron ajoute 25 milliards d’euros d’économies dans le fonctionnement de l’État, et promet «un mode de gouvernance totalement nouveau» et des «souplesses» dans la fonction publique. Les collectivités locales seront appelées à baisser leurs dépenses de 10 milliards d’euros. L’ex locataire de Bercy assure, en revanche, qu’«il n’y aura pas d’allègements des pensions de retraite».

» 35h, chômage, ISF…: les contradictions d’Emmanuel Macron

• Le respect des 3% de déficit. Emmanuel Macron dit vouloir respecter la règle européenne des 3% de déficit, «avec des prévisions de croissance prudentes: 1,4% cette année, 1,8% en 2022». S’agissant de l’Europe, il appelle à la création d’un poste de ministre de l’Économie et des Finances de la zone euro, qui serait à la tête d’un «vrai budget» de plusieurs centaines de milliards d’euros, ce qui «permettra de réaliser les investissements nécessaires et de réagir ensemble aux crises».

Emploi: une assurance universelle et des formations

Emmanuel Macron veut une assurance-chômage généralisée pour que tout le monde soit protégé. Mais s’il y a des droits il y aura aussi des devoirs, précise le candidat. «On pourra refuser une offre d’emploi mais pas deux», sous peine de sortir du système d’indemnisation. «Je veux un système qui responsabilise. S’il y a une offre décente vous devez l’accepter». Et si aucune offre ne correspond au candidat, il propose la mise en place d’un bilan de compétences pour permettre de se former et d’être orienté vers un nouvel emploi. «Je vais former les chômeurs de manière massive: c’est un des piliers de mes 50 milliards d’investissements», annonce Emmanuel Macron qui affirme que 15 milliards seront consacrés aux compétences et qualifications des Français, avec un plan de formation ambitieux des jeunes et des demandeurs d’emploi. Il souhaite également inciter au retour à l’emploi en réformant la prime d’activité. «Il y a aujourd’hui un système où l’argent que l’on touche vous fait perdre des droits», et qu’il devient par conséquent moins rentable de reprendre un emploi que de rester au chômage. «Je paierai beaucoup mieux ceux qui sont de retour dans un emploi», promet le candidat. «Au niveau du smic, on touchera au total 100 euros de plus par mois. Ce sera un treizième mois pour tous les hommes et les femmes qui travaillent au smic».

• 120.000 postes de fonctionnaires de moins. Le candidat de En Marche! considère qu’il est «possible de ne pas renouveler 120.000 postes de fonctionnaires, 70.000 venant des collectivités et 50.000 de l’État». Les arbitrages reviendront aux ministres de son gouvernement, qui seront autour d’une «petite quinzaine». Ce vendredi, il a précisé qu’il souhaitait également dissocier les trois fonctions publiques, et qu’il croyait au paiement «au mérite». «Les protections légitimes des fonctionnaires ne justifient pas d’avoir des droits exorbitants», a-t-il affirmé ajpoutant qu’il allait «bien sûr, je restaure un jour de carence dans la fonction publique».

• Fiscalité: 20 milliards d’euros de baisse des prélèvements obligatoires. Emmanuel Macron promet «une politique fiscale plus réaliste, plus juste et plus équilibrée, avec des baisses d’impôts réparties équitablement entre ménages et entreprises». Il exclut toute hausse de la TVA et promet aussi des réductions d’impôts spécifiques à destination des classes populaires et des classes moyennes, engagées au début du quinquennat. Il souhaite notamment exonérer de taxe d’habitation 80% des «ménages modestes et de classe moyenne» qui acquittent cet impôt «injuste». Une mesure qui représenterait 10 milliards d’euros sur le prochain quinquennat. Il n’y aura pas de hausse d’impôt durant le quinquennat, sinon pour aligner la fiscalité du diesel sur l’essence et faire «monter en charge» la taxe carbone. Un nouveau prélèvement forfaitaire unique sera créé «au taux de l’ordre de 30%, prélèvements sociaux inclus, pour tous les revenus du capital». Les droits de succession ne seront pas relevés. Enfin, parmi les mesures à destination des entreprises, l’ancien ministre de l’Économie dit vouloir ramener l’impôt sur les sociétés de 33,3% à 25% sur la durée du quinquennat.

» Macron propose d’individualiser l’impôt sur le revenu pour les couples

 

http://www.huffingtonpost.fr/2017/02/23/oui-emmanuel-macron-a-un-programme-mais-il-part-dans-tous-les/

Oui, Emmanuel Macron a un programme, mais il part dans tous les sens pour l’instant

 

Entre gauche et droite, rupture et continuité, rigueur budgétaire et investissement… Bien malin qui comprendra ses priorités.

 

24/02/2017 05:07 CET | Actualisé il y a 1 heure
  • Jean-Baptiste Duval Jean-Baptiste Duval est chef de rubrique Economie et Technologie au HuffingtonPost.
Programme Macron : les réactions tardent à venir... dans AC ! Brest

Toby Melville / Reuters 

Oui, Macron a bien un programme, et il part dans tous les sens

ÉCONOMIE – Le ralliement de François Bayrou à Emmanuel Macron fera peut-être oublier l’espace de quelques jours l’un des sujets de plaisanteries préférés de la campagne: son absence de programme.

La plus connue? « Emmanuel Macron a confirmé qu’il ne dévoilera son programme que s’il est élu ». Mais c’est loin d’être la seule qui tourne sur les réseaux sociaux… Ces plaisanteries ont le don d’agacer les soutiens du candidat « anti-système ».

A juste titre. Depuis le mois d’octobre, de meeting en interview, Emmanuel Macron a égrainé ses propositions, souvent lors de sorties thématiques comme sur l’environnement le 9 février. Le 23 février, il a apporté les premières précisions sur son programme économique dans une interview aux Echos.

Au total, son programme affiche déjà une centaine de propositions, à comparer aux 144 du programme de Marine Le Pen, que plusieurs sites recensent scrupuleusement, le sien y compris. Comme ses rivaux, il aborde tous les thèmes clés: travail, santé, éducation, fiscalité, budget, Europe, etc.

Dans ce cas, pourquoi cette impression de vide, ou, a minima, de flou persistant? Eh bien, n’en déplaise à Emmanuel Macron, il faut dire qu’il part un peu dans tous les sens. Candidat « anti-système », il s’inscrit plus encore dans la continuité du gouvernement. Candidat du libéralisme, il se révèle tout autant interventionniste. Candidat de la rigueur budgétaire, certains de ses projets coûteraient très cher…

Ce 24 février, son équipe de campagne doit peaufiner les détails en fin matinée sur l’ensemble de la stratégie économique et budgétaire. Mieux vaut tard que jamais. Tant que le candidat refusera de dévoiler ses priorités, il sera difficile de savoir quel projet de société dessine ces réformes.

Ni de gauche ni de droite, ou les deux en même temps?

Chacun sait qu’Emmanuel Macron veut dépasser le clivage gauche-droite. Peut-être par conviction que cette grille de lecture n’est plus pertinente, ou encore pour rafler l’électorat centriste.

Sur plusieurs thèmes, le grand écart n’est qu’apparent. A droite comme à gauche, l’agriculture a toujours été l’objet de toutes les attentions de l’Etat: subventions, indemnisations, intervention sur les cours de vente… Sur le logement, les propositions sont aussi consensuelles, avec plus de transparence sur l’attribution des HLM, l’aide à l’hébergement des SDF.

En revanche, sur les thèmes clés, le programme dégage une impression de slalom, un coup à gauche, un coup à droite. Sur l’éducation, il promet aussi bien des hausses de salaire des enseignants, que plus d’autonomie pédagogique, classique de droite.

Sur le travail, Emmanuel Macron semble plutôt de droite, comme l’indique la suppression du régime social des indépendants (RSI), et l’obligation des chômeurs à accepter un emploi à l’issue d’une formation. Mais il désarçonne aussi avec des mesures qui mélangent plusieurs philosophies: baisser le coût du travail de 6% en échange d’une hausse de la CSG sur les hauts revenus.

Sur la santé, il apparaît plus franchement marqué à gauche, refusant les déremboursements, promettant une meilleure prise en charge des frais de lunettes et de dentiste.

Quant au libéralisme esquissé par les « cars Macron » et les « notaires Macron », on peine à en retrouver la trace, à part peut-être dans la vente des médicaments à l’unité, qui amènerait plus de concurrence pour les labos pharmaceutiques.

Pas étonnant que les Français aient parfois du mal à le suivre…

Plus proche du bilan du gouvernement que de la rupture

« Anti système » et « rupture », Emmanuel Macron a voulu attacher ces deux adjectifs à sa campagne présidentielle, notamment pour justifier son approche très personnelle sur le programme de campagne.

Dans les faits, cette tentative est surtout déroutante. Le programme d’Emmanuel Macron contient bien des idées originales, mais il est bien plus marqué du sceau de la majorité sortante.

Au niveau des nouveautés, on note la nationalisation de Pôle Emploi, avec une réforme importante de l’allocation chômage pour l’ouvrir aux indépendants, aux démissionnaires, afin de mieux accompagner les aléas du chômage. En contrepartie, les incitations financières pour retrouver un emploi seront fortes. Une mesure qui n’est pas sans rappeler la « flexisécurité » des pays nordiques.

Au chapitre de la continuité avec François Hollande, il faut en revanche mettre la quasi totalité de son programme écologique. Là où la droite vit souvent l’écologie comme une contrainte, Emmanuel Macron assume le bilan du quinquennat: application des accords de la COP21, refus des gaz de schistes, réduction du nucléaire, prime à la casse pour les véhicules diesels…

Il faut aussi ajouter son engagement européen, seule position clivante ouvertement assumée par le candidat Macron. Comme le gouvernement actuel, il promet le respect de revenir sous 3% de déficit public, et le renforcement de la coopération européenne.

Rigueur et relance budgétaire

En attendant les précisions de son équipe ce 24 février, l’interview du 23 février aux Echos donne le ton. En théorie, le candidat se veut être celui du sérieux budgétaire, comme il l’a revendiqué. Il ramènera le déficit public en-dessous de 3%, diminuer le taux de dépenses publics de 56% du PIB à 53% en 2022, soit 60 milliards d’euros d’économie en 5 ans, notamment à travers la suppression de 120.000 postes de fonctionnaires.

Mais dans la pratique, de nombreuses mesures de son programme seraient très coûteuses. Le passage du budget de la Défense à 2% en 2022? Un surcoût de 15 milliards d’euros par an. Allouer 3% du PIB à la recherche, contre 2% aujourd’hui? 20 milliards de plus.

Et cela s’accompagnerait en plus d’un plan de relance de 50 milliards d’euros. « Quinze milliards seront consacrés aux compétences et qualifications des Français avec un plan de formation ambitieux des jeunes et des demandeurs d’emploi. 15 milliards seront consacrés à la transition écologique et énergétique, y compris en accompagnant, comme à Fessenheim, les territoires. Autres priorités: la modernisation des administrations publiques (numérisation), l’agriculture, les transports locaux, et la santé », a-t-il détaillé aux Echos.

A titre de comparaison François Fillon table sur 100 milliards de réduction des dépenses publiques, et ne jure que par les allègements de charge pour les entreprises.

Lire aussi :

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http://www.lepoint.fr/politique/hamon-consternation-sur-une-partie-du-programme-de-macron-24-02-2017-2107159_20.php

Hamon: « consternation » sur une partie du programme de Macron

AFP

Publié le 24/02/2017 à 10:26 | AFP

Benoît Hamon en meeting le 23 février 2017 à Arras
Benoît Hamon en meeting le 23 février 2017 à Arras © AFP / PHILIPPE HUGUEN

 

Benoît Hamon, candidat socialiste à l’élection présidentielle, a déclaré vendredi ressentir « une forme de consternation » face au programme économique d’Emmanuel Macron et ses objectifs de réduction de postes de fonctionnaires, produits d’ »une tradition politique qui a échoué ».

Interrogé sur les propositions du candidat d’En Marche ! à la présidentielle, qui prévoit de réduire la dépense publique de 60 milliards d’euros en cinq ans, et de supprimer jusqu’à 120.000 postes de fonctionnaire, M. Hamon a dit ressentir « une forme de consternation ».

« Qui peut penser aujourd’hui que la solution pour notre pays c’est de faire exactement ce qu’ont fait tous les pays qui aujourd’hui sont en récession, c’est à dire continuer à réduire la dépense publique ? » a demandé M. Hamon sur France 2. « C’est une obsession chez celles et ceux qui à Bruxelles, depuis maintenant plusieurs années, ne pensent qu’à cela », a-t-il ajouté.

« Aujourd’hui Emmanuel Macron nous propose quoi ? De supprimer des postes de fonctionnaires comme Nicolas Sarkozy ou comme François Fillon. Quelle originalité, quelle audace ! » a-t-il ironisé, qualifiant M. Macron de « candidat de centre-droit ».

« Si c’était ça l’audace ou la modernité en politique, pardon de le dire, on l’a connu il y a 20 ou 30 ans en Angleterre ou en Allemagne, » a-t-il encore fustigé, se disant « frappé du classicisme libéral des propositions d’Emmanuel Macron ».

Le fondateur d’En Marche ! a présenté vendredi le chiffrage de son projet qui entend « rest(er) dans l’épure des 3 % de déficit ». Il propose également 50 milliards d’euros d’investissement public sur le quinquennat (dont 15 milliards consacrés à la formation et 15 autres à la transition écologique et énergétique), et 20 milliards de baisse nette des prélèvements obligatoires.

« Ces objectifs appartiennent à une tradition politique qui a échoué. Voulons-nous une politique qui finalement remette en cause les grands piliers de l’égalité en France, qui considère que la réussite de ce pays repose uniquement sur quelques champions qui vont réussir individuellement et qui vont tirer la France vers le haut ? Je ne crois pas à cela », a déclaré M. Hamon.

24/02/2017 10:25:44 -          Paris (AFP) -          © 2017 AFP

 

http://www.lesechos.fr/economie-france/budget-fiscalite/021157551695-impot-sur-le-capital-le-vrai-choc-fiscal-1131642.php

Impôt sur le capital, le vrai choc fiscal

 

Elsa Conesa Le 25/06/2015 à 09:13Mis à jour le 29/06 à 15:11
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L’ARGENT DES FRANÇAIS – L’imposition des ménages a été allégée jusqu’en 2009 avant d’augmenter lourdement, crise oblige. Mais ce sont les prélèvements sur le capital – financier et immobilier – qui ont le plus augmenté en dix ans.

 

Le taux des prélèvements obligatoires est passé de 41,9 % en 2004 à 44,7 % en 2014. - SIPA
Le taux des prélèvements obligatoires est passé de 41,9 % en 2004 à 44,7 % en 2014. – SIPA

 

Difficile de le nier, la pression fiscale s’est accrue en France au cours de la dernière décennie – le taux des prélèvements obligatoires est passé de 41,9 % en 2004 à 44,7 % l’an dernier. Mais l’augmentation de la charge n’a été ni homogène ni régulière. En revanche, une tendance très nette se dégage sur la décennie : l’augmentation continue des prélèvements sur le capital (placements financiers et patrimoine immobilier), un mouvement qui s’est accentué depuis 2008.

« Les crises économiques et financières de 2008 et 2011, qui ont accru la dégradation de nos finances publiques, ont [...] nécessité des alourdissements de la fiscalité du capital, afin que tous les revenus participent à l’effort de solidarité et de redressement national », résumait ainsi le député Christian Eckert dans son rapport sur le budget 2013.

Une hausse de 50 % en dix ans

Principale mesure : la hausse des prélèvements sociaux (CSG, CRDS…) sur le capital. Alors que les prélèvements sociaux pesant sur les revenus salariaux ont progressé marginalement depuis 2004, ceux sur les revenus du capital ont été relevés à plusieurs reprises : en 2005 (de 10,3 % à 11 %), en 2009 (de 11 à 13,5 %) et enfin en 2012 (de 13,5 à 15,5 %). Soit une hausse de 50 % en dix ans !

A ces évolutions s’est ajoutée, en 2012, la grande réforme voulue par François Hollande d’alignement de la fiscalité du capital sur celle du travail. Les revenus de l’épargne (placements financiers), jusque-là imposés de façon proportionnelle (19, 21 et 24 % pour les plus-values, dividendes et intérêts) ont ainsi été soumis au barème progressif de l’impôt sur le revenu. Une réforme censée rapporter un total de 3 milliards d’euros, mais dont le rendement a été amputé par l’aller-retour de l’exécutif sur le régime des plus-values après la fronde des « pigeons ».

Cet accroissement sensible des prélèvements sur le capital a contribué à accentuer la progressivité de l’impôt, en particulier pour les hauts et très hauts revenus, comme le montre le dernier rapport du ­Conseil des prélèvements obligatoires (CPO). « La progressivité de l’impôt sur les très hauts revenus, qui avait en partie disparu ces dernières années, a été rétablie par les hausses successives, en particulier sur les revenus du capital », juge Antoine Bozio, directeur de l’Institut des politiques publiques (IPP).

Plans de rigueur à la chaîne

L’évolution des autres impôts des ménages sur dix ans est moins lisible. Au début de la période, les ménages ont, en effet, bénéficié de nombreuses mesures de baisse entre 2004 et 2008. Aux allégements du gouvernement Villepin (baisse du barème de l’impôt sur le revenu…) a succédé la loi Tepa de 2007, prévoyant 10 milliards de baisse pour les ménages (exonérations des heures supplémentaires, bouclier fiscal, déductibilité des intérêts d’emprunt…). « C’est pendant cette période qu’on atteint un point bas en termes de recettes de l’impôt sur le revenu, confirme Antoine Bozio. Et que la part des ménages imposés approche des 40 %, un seuil historiquement faible depuis les années 1950. »

Puis, à partir de 2010, crise oblige, les plans de rigueur se succèdent : d’abord ceux du gouvernement Fillon (gel du barème, surtaxe de 3 et 4 % sur les hauts revenus, relèvement à 41 % de la dernière tranche du barème, hausse de la CSG sur le capital, alourdissement de la fiscalité sur les plus-values immobilières).

Puis ceux de la gauche, avec des mesures emblématiques pour les ménages (création de la tranche à 45 %, forte baisse du plafond du quotient familial, réforme de l’ISF, refiscalisation des heures supplémentaires, plafonnement et suppression de niches fiscales). Des plans successifs qui ont conduit à un « ras-le-bol fiscal » généralisé, poussant le gouvernement Valls à diminuer, cette année, l’impôt des ménages modestes.

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