Des revenants dans mes statistiques de blogs…

Depuis quelques jours, je vois revenir dans mes statistiques de blogs bien de mes anciens lecteurs un peu particuliers et m’interroge sur ce qui me vaut de leur part un tel retour d’affection.

Ne serait-ce pas, par hasard, le procès de l’affaire Merah qui s’est ouvert au début de la semaine ?

Comme j’ai eu l’occasion de le dire à plusieurs reprises par le passé, j’avais sur mon ancien blog « Un petit coucou » sur la plateforme de blogs OverBlog un régulier lecteur d’Auterive que je n’ai plus jamais revu après l’interpellation et l’incarcération d’Abdelkader Merah le 21 mars 2012.

Après que je me sois mise à publier sur les assassinats de militaires à compter du 18 mars 2012, ses visites de mon blog étaient devenues frénétiques, il le consultait plusieurs fois par jour.

Aussi, depuis la fin mars 2012, d’autres indices ayant achevé d’emporter ma conviction, j’ai toujours été absolument persuadée que mon lecteur d’Auterive était bien le frère du tueur au scooter.

Mais à la même époque, j’avais aussi un très régulier lecteur de Chéreng.

Or, le revoilà… avec quelques autres dont je parlerai peut-être plus tard, ou pas.

 

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http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2017/10/07/l-indispensable-et-impossible-proces-merah_5197640_1653578.html

L’indispensable et impossible procès Merah

 

L’absence de l’auteur des sept assassinats, en mars 2012 à Toulouse et Montauban, pèse sur le procès d’Abdelkader Merah et Fettah Malki.

LE MONDE | 07.10.2017 à 09h51 • Mis à jour le 07.10.2017 à 13h42 | Par Henri Seckel

Depuis l’ouverture du procès Merah, lundi 2 octobre à Paris, on assiste au spectacle déroutant d’une justice qui fait ce qu’elle peut avec ce qu’elle a. Et elle n’a pas Mohamed Merah. D’où ce décalage : l’auteur de sept assassinats en mars 2012 à Toulouse et Montauban, lui-même abattu par le RAID dans la foulée de ces tueries, n’est pas dans le box des accusés, mais il est partout ailleurs. Dans les esprits, dans les débats, dans la majeure partie des 117 tomes du dossier que l’on aperçoit empilés au fond de la salle Voltaire du Palais de justice.

 

Lire aussi :   Au procès Merah, le « cinéma » du témoin anonyme « n° 35 »

Le procès de Mohamed Merah ne peut pas avoir lieu, mais pouvait-il ne pas y avoir de « procès Merah », pour les familles des victimes, pour l’opinion publique, pour que ces faits terribles ne restent pas impunis ? Inimaginable. Pourtant, comment ne pas constater, dans le même temps, qu’on veut faire porter un chapeau trop grand pour eux à Abdelkader Merah et Fettah Malki, dont le président de la Cour a jugé utile de rappeler à plusieurs reprises qu’ils étaient « présumés innocents » ? Telle est l’ambivalence de ce procès : à la fois indispensable et impossible.

Le premier accusé est soupçonné d’avoir endoctriné son petit frère dans sa pensée djihadiste, de l’avoir encouragé à commettre des attentats, et d’avoir favorisé leur réalisation en l’aidant à voler un scooter. Au second, on reproche d’avoir fourni une arme et un gilet pare-balles à Mohamed Merah. Ils encourent respectivement la perpétuité et vingt ans de réclusion.

« Ce procès répond à un impératif politique et social, pas au droit, râle Me Christian Etelin, avocat de Fettah Malki. Le problème de leur complicité ne nécessitait pas tout ce maelström, cette audience qui dure cinq semaines, où l’on va instruire chacun des crimes de Mohamed Merah. »

Procès posthume

De fait, la première semaine a pris des airs de procès posthume du « tueur au scooter ». Enquêteurs, médecins légistes, experts balistiques sont revenus, avec un luxe de détails, sur le déroulé des tueries, et on en est parfois venu à oublier la présence des deux accusés dans le box. La journée de mercredi s’est achevée sans qu’ils aient été mentionnés dans les débats, ni amenés à s’exprimer.

« On est obligé de parler de Mohamed Merah pour le relier à son frère, explique Me Méhana Mouhou, avocat de la famille d’Imad Ibn Ziaten, première victime du tueur. On est obligé de s’attarder sur sa personnalité, sa radicalisation et ses contacts avec Abdelkader avant et pendant les attentats. C’est une frustration immense pour les familles qu’il ne soit pas là, mais c’est une satisfaction que la justice puisse passer grâce à la participation de son frère pour complicité. »

Lire aussi :   Procès Merah : « Votre frère, c’était un bon ou un mauvais musulman ? »

Mais « y a-t-il des preuves ? », a demandé plusieurs fois Me Eric Dupond-Moretti, l’avocat d’Abdelkader Merah. On n’en a pas encore vu de solides. Au sujet du vol du scooter, l’accusé a reconnu qu’il était avec son frère au moment des faits, mais nie y avoir participé. Sa présence – dans une voiture, d’où Mohamed Merah s’était soudain extrait pour aller commettre le vol – lui a semblé suffisamment peu grave pour qu’il l’apprenne lui-même aux policiers. « Si Abdelkader Merah ne vous avait pas dit qu’il était là pour le vol du scooter, vous l’auriez su ? », a demandé son avocat à un enquêteur venu témoigner, lequel a simplement répondu : « Non. »

Autre élément fragile de l’accusation : quelques heures avant de tuer Imad Ibn Ziaten, Mohamed Merah est venu s’entretenir avec son grand frère au bord d’un terrain où ce dernier jouait au football. « C’est indifférent, a balayé Me Dupond-Moretti. Qu’est-ce que vous avez comme preuve qu’il lui a demandé de commettre les horreurs qu’il a commises ? »

Enfin, élément à charge rappelé à l’envi par les avocats des parties civiles, cette déclaration d’Abdelkader Merah en garde à vue : « Je suis fier de la façon dont [Mohamed] est mort, il est mort en combattant, c’est ce que nous enseigne le Coran. » Argument démonté par Me Dupond-Moretti : « A supposer que ces propos soient bruts, qu’il n’y ait pas eu de provocation de la part des policiers, et qu’Abdelkader Merah trouve magnifique ce que son frangin a fait, cela s’appelle “apologie du terrorisme”, pas “complicité”. Ça le rend haïssable, mais pas complice. »

Lire aussi :   Terrorisme : le procès Merah sans Merah

« On s’inquiète vraiment, on a peur de l’acquittement, a lâché, en sortant de l’audience, jeudi, la sœur de Mohamed Legouad, militaire tué par Mohamed Merah à Montauban. Déjà qu’il manque celui qui est à nos yeux le coupable majeur… Normalement, le frère n’est pas pour rien dans ce massacre, mais bon, rien ne le prouve. » Le procès Merah, qui s’annonce laborieux et éprouvant jusqu’au bout, connaîtra son verdict le 2 novembre.



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