Financement du terrorisme par Lafarge : Laurent Fabius bientôt interrogé ?

 

http://www.novethic.fr/actualite/gouvernance-dentreprise/entreprises-controversees/isr-rse/lafarge-en-syrie-le-role-de-la-diplomatie-francaise-en-question-145397.html

Publié le 02 février 2018

GOUVERNANCE D’ENTREPRISE

Lafarge en Syrie : le rôle de la diplomatie française en question

 

L’enquête sur Lafarge, soupçonné d’avoir financé l’État islamique pour rester en Syrie, peut-elle impliquer la diplomatie française ? C’est ce qu’affirme un ex-responsable du cimentier. Selon lui l’ambassadeur de France « était au courant du racket ». Lafarge est suspecté d’avoir versé entre 2011 et 2015 plus de 12 millions d’euros à des groupes armés en Syrie, pour continuer à faire tourner sa cimenterie de Jalabiya malgré la guerre.

 

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Les juges d’instruction ont récemment concentré leurs investigations sur le volet étatique de l’affaire Lafarge en Syrie.
Franck FIFE AFP

 

Que savaient les autorités françaises de l’argent versé par Lafarge à des groupes armés pour continuer à faire tourner son usine syrienne pendant la guerre ? « Ont-elles poussé Lafarge à se maintenir pour préparer l’après-Bachar el-Assad, quitte à mettre en danger les salariés syriens, restés seuls sur le site à partir de 2012 ? Des diplomates étaient-ils au courant de versements délictueux ? Si c’est le cas, ont-ils tardé à tirer la sonnette d’alarme ? », s’interroge une source proche du dossier.

Dans cette affaire hors norme, où pour la première fois de grands patrons français sont soupçonnés d’avoir financé le terrorisme, Lafarge est suspecté d’avoir versé entre 2011 et 2015 plus de 12 millions d’euros à des groupes armés en Syrie, dont l’État islamique (EI), pour continuer à faire tourner, malgré la guerre, sa cimenterie de Jalabiya, située dans le nord du pays.

Les autorités françaises ont-elles demandé à Lafarge de rester ?

Certains responsables du groupe, dont l’ex-directeur général adjoint Christian Herrault, ont reconnu avoir été soumis à « une économie de racket« . Et, pour ce dernier, l’État savait. Il a même poussé l’entreprise à rester.

Lors d’une confrontation organisée le 9 janvier 2018 entre Christian Herrault et l’ex-ambassadeur de France en Syrien, Éric Chevallier, l’ex cadre de Lafarge explique que ce dernier lui aurait dit, lors d’une de leurs rencontres : « vous devriez rester, les troubles ne vont pas durer« .

Des propos démentis par Éric Chevallier. D’autant que, pour l’ex-ambassadeur, le quai d’Orsay avait été clair. Dès 2012, des consignes de quitter la Syrie avaient été émises, pour les particuliers et les entreprises. Sauf qu’ »elles ne s’appliquaient qu’aux collaborateurs français qui ont d’ailleurs été rapatriés. Jamais il n’a été demandé de fermer l’usine. Sinon, cela aurait été fait« , estime Solange Doumic, avocate de Christian Herrault.

Des notes et réunions qui auraient dû alerter le quai d’Orsay

Les juges d’instruction ont récemment concentré leurs investigations sur le volet étatique de l’affaire. Elles ont mis en lumière plusieurs réunions entre Lafarge et l’ambassade. Le directeur de la cimenterie de Jalabiya, Bruno Pescheux, a aussi évoqué « des contacts » avec l’ambassade tandis que le directeur de la sûreté de Lafarge, Jean-Claude Veillard, a assuré avoir fait remonter des informations sur la situation dans la région aux services de renseignement français.

Certains courriers diplomatiques auraient-ils dû alerter au plus haut niveau du Quai ? Une note d’un conseiller datant de septembre 2014 évoque ainsi le « jeu d’équilibriste entre régime de Damas, forces kurdes et Etat islamique » auquel est soumis Lafarge, tout en relevant que le patron de la cimenterie indique « ne rien verser » à l’EI.

« Démontrer une éventuelle implication des autorités françaises est difficile car il n’y a jamais eu de consigne écrite. Mais il faut que Paris assume les positions prises à l’époque« , estime Solange Doumic. La question est également de savoir si Laurent Fabius, alors ministre des Affaires étrangères était au courant. L’association Sherpa, partie civile dans le dossier a demandé son audition. « On nous dit que Lafarge n’a pas été évoqué avec lui. Il est étonnant qu’il ne se soit pas intéressé à la seule entreprise française dans ce pays stratégique« , relève ainsi l’avocate.

La rédaction avec AFP

 

https://www.nouvelobs.com/justice/20180203.OBS1665/l-un-de-nous-d-eux-ment-quand-le-directeur-de-lafarge-et-l-ambassadeur-de-france-sont-face-a-face.html

« L’un de nous d’eux ment » : quand le directeur de Lafarge et l’ambassadeur de France sont face à face

 

"L'un de nous d'eux ment" : quand le directeur de Lafarge et l'ambassadeur de France sont face à face
Le siège de Lafarge à Paris ((Thomas SAMSON / AFP))

 

Que savait la France des activités du fabriquant de ciment en Syrie ? Les services secrets et la diplomatie ont-ils été avertis des pots de vin versés à Daech ? Au début de l’année, l’ancien ambassadeur de France en Syrie et le directeur opérationnel ont été confrontés par la justice. « L’Obs » publie le détail de leur face-à-face chez les magistrats.

 

Cette confrontation relance le dossier Lafarge et les financements des groupes terroristes en Syrie. Le 9 janvier dernier, chez les juges Eric Chevalier, 57 ans, dernier ambassadeur de France à Damas fait face à Christian Herrault, ancien directeur opérationnel adjoint de Lafarge.

« Vous devriez rester. Les troubles ne vont pas durer », aurait dit le diplomate selon la version de l’homme de la Lafarge. Ce que le diplomate conteste.

L’histoire aurait-elle pu être changée et le financement de Daech par Lafarge évité si les deux hommes en avaient décidé autrement ? Cette interrogation essentielle arrive en fin de confrontation:   »Sans cet aval du Quai d’Orsay seriez vous partis  ? », demande le juge.

« Si le Quai d’Orsay nous avait demandé de partir, je pense que Bruno Lafont [alors PDG du groupe] qui était celui qui pouvait en décidé aurait en effet choisi de quitter le territoire syrien », assure Christian Herrault. Ce vif échange ne restera pas sans suite. Déjà, l’association qui représente d’anciens salariés syriens de l’usine a réclamé l’audition de Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères de 2012 à 2016. « L’Obs » revient en détails sur cette confrontation majeure. Notre enquête :

 

 

https://www.nouvelobs.com/justice/20180202.OBS1656/affaire-lafarge-un-directeur-accuse-paris-d-avoir-ete-au-courant-du-racket-de-daech.html

Affaire Lafarge : un directeur accuse Paris d’avoir été « au courant du racket » de Daech

 

Affaire Lafarge : un directeur accuse Paris d'avoir été "au courant du racket" de Daech
Une usine de Lafarge en Irak. ((CAPMAN/SIPA))

 

INFO OBS. Une confrontation tendue entre l’ancien ambassadeur de France en Syrie et le directeur opérationnel de Lafarge s’est déroulée chez les juges d’instructions. Que savait la France ? Lafarge a-t-il été incité à rester en Syrie ? Le diplomate et le dirigeant s’accusent mutuellement de mensonges. Révélations.

 

Ces deux hommes-là avaient jusque-là bien des points en commun. Tous deux se sont frottés aux guerres dans plusieurs points du globe. Tous deux sont de grands voyageurs. Tous deux ont servi l’Etat et se plaisent manifestement à porter haut les couleurs de la France dans le monde. Tous deux, chacun à sa place, ont assisté aux débuts de la guerre civile en Syrie en 2012. Le premier, Eric Chevallier, 57 ans, est diplomate de haut rang, dernier ambassadeur de France à Damas avant de devoir fermer la représentation diplomatique en 2012 pour raisons de sécurité.

Le second, Christian Herrault, polytechnicien et ingénieur des mines, passé par des cabinets ministériels, est ancien directeur opérationnel adjoint de Lafarge, superviseur de plusieurs pays sensibles, dont l’Irak ou la Syrie. Aujourd’hui retraité, il est l’un des six directeurs de Lafarge que la justice française a mis en examen pour financement d’une organisation terroriste et mis en danger de la vie d’autrui. Il est l’un de ceux à avoir admis durant l’enquête que le cimentier, succombant à « une économie du racket », avait, entre 2013 et 2014, versé 12 millions d’euros, à des mouvements proches de l’Etat islamique. Les coupables pots-de-vins ont été versés pour que, malgré la guerre, l’usine de Jalabiya continue à tourner.

 

https://www.nouvelobs.com/justice/20171213.OBS9208/lafarge-en-syrie-un-nettoyage-de-preuves-a-la-javel.html

Lafarge en Syrie : un nettoyage de preuves « à la Javel » ?

 

Lafarge en Syrie : un nettoyage de preuves "à la Javel" ?
Les locaux parisiens de Lafarge en mars 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

 

Une ONG accuse le cimentier d’entrave à la justice dans l’enquête sur le financement de groupes djihadistes en Syrie.

 

Par L’Obs

Publié le 13 décembre 2017 à 07h39

L’ONG Sherpa, partie civile dans l’enquête pour financement du terrorisme qui vise Lafarge, accuse le cimentier de ne pas collaborer avec les enquêteurs. Elle a fait savoir, mardi 12 décembre, qu’elle demandait au parquet de diligenter une enquête « pour entrave à l’exercice de la justice », a indiqué mardi l’association.

Lafarge, mis en cause pour avoir transmis de l’argent et acheté du pétrole à des groupes djihadistes, dont l’Etat islamique (EI), pour continuer à faire tourner sa cimenterie en Syrie, « ment quand il affirme pleinement collaborer avec les enquêteurs », a dénoncé lors d’une conférence de presse Marie Dosé, avocate de l’ONG qui représente onze anciens employés syriens de l’usine.

Selon elle « les ordinateurs ont été passés à l’eau de Javel pour empêcher la justice de travailler » avant la perquisition menée au siège du groupe à Paris, les 14 et 15 novembre.

Lafarge dément

Les juges d’instruction, qui pilotent cette enquête depuis juin, semblent dresser le même constat : « Des éléments essentiels ne se trouvaient plus au siège lorsque la perquisition a été effectuée », ont-ils récemment relevé, d’après une source proche du dossier citée par l’AFP.

Et d’ajouter :

« L’intégralité de la comptabilité susceptible d’impliquer la personne morale n’a pas été davantage transmise. »Par ailleurs, deux mis en examen ont fait état de « propositions d’accord du groupe pour soit acheter leur silence, soit devancer les interrogations qui pourraient leur être soumises », selon Sherpa, qui y voit une « entrave à l’exercice de la justice ».

Le cimentier dément et affirme que « des milliers de pièces ont été remises aux juges par le groupe ou saisies à l’occasion de la perquisition ».

« Complicité » des autorités

L’avocat William Bourdon, président de l’ONG, s’interroge quant à lui sur la « frilosité, la complaisance, voire la complicité » des autorités françaises.

Des cadres et responsables du cimentier français, qui a fusionné avec le Suisse Holcim en 2015, ont relaté aux enquêteurs que la décision de se maintenir en Syrie avait reçu l’aval du Quai d’Orsay. Entendu par les enquêteurs, Eric Chevallier, ex-ambassadeur de France pour la Syrie, a démenti. « Il y en a manifestement un de nous deux qui ment », a rétorqué Christian Herrault, ex-directeur général adjoint du cimentier.

Par ailleurs, dès septembre 2014, peu de temps avant que l’EI prenne le contrôle du site, plusieurs télégrammes diplomatiques à destination de la direction générale du Trésor faisaient état de la situation de Lafarge en Syrie. Or « il a fallu attendre un article dans « le Monde » près de deux ans plus tard pour qu’une enquête soit ouverte », a déploré Marie Dosé. Elle ajoute :

« Qui nous dit qu’entre-temps, une partie de l’argent versé à l’EI n’a pas servi à financer un attentat en France ? »

Plus de 500.000 dollars versés à l’Etat islamique

Six cadres et responsables du cimentier ont été mis en examen en décembre pour « mise en danger de la vie d’autrui » et « financement d’une entreprise terroriste », dont l’ex-PDG de Lafarge, Bruno Lafont, et l’ex-directeur général de LafargeHolcim, Eric Olsen. Une première pour de grands patrons en France.

De juillet 2012 à septembre 2014, la filiale syrienne de Lafarge a versé environ 5,6 millions de dollars à diverses factions armées via l’intermédiaire Firas Tlass, dont plus de 500.000 dollars à l’organisation Etat islamique.

Au total, 12,946 millions de dollars auraient été versés entre 2011 et 2015 par Lafarge à l’ensemble des factions armées (taxes pour assurer le passage des employés, achat de matières premières dont du pétrole…), d’après un rapport du cabinet d’expertise comptable PricewaterhouseCoopers (PWC), également missionné en interne et dont l’AFP a eu connaissance.

A.R. (avec AFP)

L'Obs

L’Obs

 

https://www.nouvelobs.com/monde/guerre-en-syrie/20171121.OBS7637/lafarge-a-verse-plus-de-500-000-dollars-a-daech.html

Lafarge a versé plus de 500.000 dollars à Daech

 

Lafarge a versé plus de 500.000 dollars à Daech
Les locaux parisiens de Lafarge en mars 2017. (THOMAS SAMSON / AFP)

 

Selon « le Canard enchaîné », le groupe a versé au total 5,56 millions de dollars à des groupes armés en Syrie.

 

Par L’Obs

Publié le 21 novembre 2017 à 19h50

C’est un chiffre qui donne le tournis. La filiale syrienne du cimentier Lafarge a versé plus de 500.000 dollars au groupe Etat islamique entre juillet 2012 et septembre 2014, selon « le Canard enchaîné » qui cite un rapport rédigé à la demande du groupe par le cabinet américain Baker McKenzie en avril 2017.

En tout, le groupe a versé 5,56 millions de dollars « au titre de ‘dons’ à de nombreuses factions armées locales en Syrie, y compris l’EI », indique l’hebdomadaire. Précisément, le montant des paiements destinés à l’EI s’élève à « au moins 509.694 dollars ».

Une enquête est menée depuis juin par trois juges d’instruction des pôles financier et antiterroriste de Paris, qui cherchent à déterminer si le géant du ciment a transmis ou non de l’argent à certains groupes. La question est aussi de savoir si les responsables de l’entreprise en France, qui a fusionné en 2015 avec le Suisse Holcim, ont eu connaissance de tels accords et du danger qu’ils ont pu faire courir aux employés syriens sur place.

Qui savait ?

Le rapport révèle également qu’une « grande partie de la direction du groupe connaissait la situation », assure « le Canard ». L’hebdomadaire évoque notamment un courriel adressé en septembre par le patron de la sécurité à la directrice juridique, qui « semble découvrir les relations de la boîte avec Daech ». Il écrit :

« Je lui ai quand même fait remarquer qu’elle faisait partie du comité de sûreté et que je parl[ais] de ces sujets depuis presque trois ans maintenant. »Le scandale avait été révélé en juin 2016 par « le Monde » : dans son enquête, le quotidien avait mis en lumière de « troubles arrangements » entre Lafarge Cement Syrie, la branche syrienne du groupe, et l’organisation Etat islamique qui gagnait alors du terrain et devenait incontournable dans la région. Deux mois plus tard, le ministère français de l’Economie avait porté plainte, déclenchant l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris, confiée au Service national de douane judiciaire.

Dans son rapport, dont l’AFP a eu connaissance, le SNDJ conclut que LCS a « effectué des paiements aux groupes djihadistes » pour que la cimenterie continue à fonctionner.

Une perquisition a eu lieu le 14 novembre dernier au siège de GBL (Groupe Bruxelles Lambert), la holding du milliardaire belge Albert Frère qui détient 9,4% du capital de LafargeHolcim.

A.R. (avec AFP)

L'Obs

L’Obs

 

https://www.nouvelobs.com/justice/20170921.OBS4951/lafarge-en-syrie-le-cimentier-aurait-bien-verse-plus-de-20-000-euros-par-mois-a-daech.html

Lafarge en Syrie : le cimentier aurait bien versé plus de 20.000 euros par mois à Daech

 

Lafarge en Syrie : le cimentier aurait bien versé plus de 20.000 euros par mois à Daech
(Photo d’illustration) ((Thomas SAMSON / AFP))

 

Face aux enquêteurs, l’ex-directeur général adjoint opérationnel de Lafarge, Christian Herrault, a reconnu que le groupe s’est plié à une « économie de racket ».

 

Par L’Obs

Publié le 21 septembre 2017 à 06h36

L’enquête sur l’activité de Lafarge en Syrie pourrait être accablante pour le cimentier : trois ex-salariés syriens ont été entendus et un rapport des douanes conclut que la direction en France a validé « des paiements aux groupes djihadistes » pour continuer à travailler dans le pays en guerre.

Les juges d’instruction chargés de cette affaire très sensible tentent de déterminer les liens qu’a pu entretenir le géant du ciment notamment avec l’organisation Etat islamique (EI), pour faire fonctionner en 2013 et 2014, malgré le conflit, la cimenterie de Jalabiya (nord du pays).

L’enquête porte aussi sur la connaissance qu’auraient eu des responsables du groupe en France de ces agissements et du danger qu’ils ont pu faire courir aux employés sur place.

Un informaticien, un ingénieur et un employé chargé des emballages, venus de Syrie pour répondre à la convocation des magistrats, ont été entendus cette semaine, a appris l’AFP de source proche de l’enquête. « Ils ont confirmé le caractère accablant des éléments qui pourraient être retenus contre Lafarge », a indiqué à l’AFP leur avocate Marie Dosé.

Il s’agit des premières auditions par les magistrats dans cette enquête pour « financement d’entreprise terroriste » et « mise en danger de la vie d’autrui », qui leur a été confiée en juin.

Le scandale avait été révélé un an plus tôt par une enquête du « Monde » qui avait mis en lumière de « troubles arrangements » entre Lafarge Cement Syrie (LCS), branche syrienne du groupe, et l’EI alors que le groupe djihadiste gagnait du terrain et devenait incontournable dans la région.

En septembre 2016, le ministère de l’Economie avait déposé plainte, déclenchant l’ouverture d’une enquête préliminaire par le parquet de Paris, confiée au Service national de douane judiciaire (SNDJ).

30.000 dollars par mois

Dans son rapport, dont l’AFP a eu connaissance, le SNDJ conclut que LCS a « effectué des paiements aux groupes djihadistes » via un intermédiaire pour que la cimenterie continue à fonctionner.

La conclusion des douanes est surtout accablante pour la direction française du groupe Lafarge, qui a fusionné en 2015 avec le suisse Holcim. Celle-ci « a validé ces remises de fonds en produisant de fausses pièces comptables », affirme le SNDJ dans ce document, également révélé par « le Canard enchaîné » et « le Monde ».

Et, si seules trois personnes ont avoué avoir eu connaissance de ces pratiques, « il est tout à fait vraisemblable que d’autres protagonistes aient couvert ces agissements », dont l’ex-PDG de Lafarge Bruno Lafont, ajoutent les douanes judiciaires qui ont entendu neuf responsables du cimentier et de sa filiale syrienne.

Face aux enquêteurs, l’ex-directeur général adjoint opérationnel de Lafarge, Christian Herrault, a reconnu que le groupe s’est plié à une « économie de racket », menée par différentes milices armées, pour assurer la circulation de ses marchandises dans le pays.

« Cela représentait 5 millions de livres syriennes par mois pour Daech (acronyme arabe de l’EI), environ 30.000 dollars (plus de 20.000 euros) », a-t-il indiqué, précisant que « l’argent était prélevé directement dans le cash de l’usine » et versé à un intermédiaire.

Lafarge est aussi soupçonné d’avoir acheté du pétrole à des groupes djihadistes, là encore pour que ces derniers lui permettent de poursuivre son activité.

LCS en a acheté « en toute illégalité » à des groupes « islamistes, kurdes ou autres », a raconté Frédéric Jolibois, directeur général de LCS à partir de l’été 2014.

Rôle de l’Etat ?

L’enquête suggère aussi que la décision du cimentier de rester en Syrie a reçu l’aval des autorités françaises. « Le gouvernement n’a jamais incité Lafarge à partir de Syrie », a souligné M. Herrault, tandis que M. Jolibois a relevé avoir été « régulièrement en contact avec le Quai d’Orsay et la DGSE ».

« La seule gestion de Lafarge était une gestion financière en dehors de tout critère humanitaire: le groupe n’a pas hésité à mettre en danger l’intégrité physique de ses salariés et à les exposer au pire », a déploré Me Dosé.

L’EI avait fini par prendre le contrôle du site en septembre 2014. Ce jour-là, d’après « le Monde », la direction n’a pas prévenu les employés de l’imminence d’un raid, et ils avaient dû se sauver par leurs propres moyens.

Sollicité, LafargeHolcim n’était pas disponible dans l’immédiat.

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

 

https://www.nouvelobs.com/economie/20170613.OBS0644/financement-de-daech-en-syrie-ce-que-l-on-reproche-a-lafarge.html

Financement de Daech en Syrie : ce que l’on reproche à Lafarge

 

Financement de Daech en Syrie : ce que l'on reproche à Lafarge
Une usine de Lafarge en Irak. (CAPMAN/SIPA)

 

Une information judiciaire a été ouverte et vise notamment les chefs de financement d’entreprise terroriste » et de « mise en danger de la vie d’autrui ». L’enquête a été confiée à trois juges d’instruction.

 

Par L’Obs

Publié le 13 juin 2017 à 10h13

L’enquête sur le cimentier franco-suisse LafargeHolcim, mis en cause pour avoir indirectement financé des groupes armés en Syrie, a été confiée à trois juges d’instruction, a-t-on appris ce mardi 13 juin auprès du parquet de Paris.

Cette information judiciaire, ouverte le 9 juin, vise notamment les chefs de « financement d’entreprise terroriste » et de « mise en danger de la vie d’autrui », a précisé le parquet. Elle a été confiée à deux juges d’instruction du pôle financier et à un magistrat instructeur du pôle antiterroriste.

# Des liens supposés avec plusieurs groupes armés

L’enquête, également révélée par France-Inter, devra déterminer les liens qu’a pu entretenir le géant du ciment avec plusieurs groupes en Syrie, dont l’organisation djihadiste Etat islamique (EI), pour continuer à faire fonctionner la cimenterie de Jalabiya, dans le nord du pays, malgré la guerre civile. L’EI s’était finalement emparé du site en septembre 2014.

LafargeHolcim fait l’objet de plusieurs plaintes déposées à l’automne par le ministère français de l’Economie, mais aussi par des ONG comme Sherpa qui s’était appuyée sur des témoignages d’anciens employés de l’usine.

Dans une enquête de juin 2016, « le Monde » avait mis en lumière ces témoignages pour révéler de « troubles arrangements », alors que l’EI gagnait du terrain et devenait incontournable dans la zone.

Le journal avait pu consulter des mails envoyés par la direction de Lafarge en Syrie relatant les arrangements de l’entreprise avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production de son usine. « Le Monde » avait également pu constater que des laissez-passer « estampillés du tampon de l’EI » avaient été délivrés à l’entreprise française. Des preuves accablantes pour Lafarge.

# Aveux et crise à Lafarge

Lafarge, qui a fusionné en 2015 avec le groupe suisse Holcim, a admis début mars avoir « indirectement » financé en 2013 et 2014 des groupes armés en Syrie pour maintenir en activité sa cimenterie.

Entre les « menaces pour la sécurité des collaborateurs » et les « perturbations dans les approvisionnements nécessaires pour faire fonctionner l’usine et distribuer ses produits », la filiale locale de Lafarge a tenté d’amadouer les diverses « factions armées » qui contrôlaient ou tentaient de contrôler les zones autour de la cimenterie, a reconnu le groupe.

Eric Olsen, le patron du cimentier suisse LafargeHolcim, a annoncé en avril qu’il allait quitter ses fonctions en juillet pour tenter de désamorcer le dossier syrien.

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

 

https://www.nouvelobs.com/monde/20160621.OBS3073/quand-lafarge-travaillait-avec-l-etat-islamique-en-syrie.html

Quand Lafarge travaillait avec l’Etat islamique en Syrie

 

Quand Lafarge travaillait avec l’Etat islamique en Syrie
Une usine de Lafarge en Irak. (CAPMAN/SIPA)

 

« Le Monde » révèle que le cimentier français Lafarge a payé des taxes à l’organisation Etat Islamique.

 

Par L’Obs

Publié le 21 juin 2016 à 13h42

Le géant français des matériaux de construction Lafarge a payé des taxes à l’organisation Etat Islamique entre 2013 et 2014, via sa cimenterie implantée à Jalabiya, dans le nord de la Syrie. La raison ? Financière. Le groupe ne voulait pas prendre le risque que son chiffre d’affaires souffre de la guerre.

C’est une enquête menée par le journal « Le Monde » et publiée ce mardi 21 juin qui a permis de révéler cette coopération entre l’entreprise française – numéro un mondial du ciment depuis sa fusion avec la multinationale suisse Holcim – et le groupe Etat Islamique.

Comme le rappelle le journal du soir, la cimenterie de l’entreprise Lafarge implantée dans le nord-est de la Syrie et inaugurée en 2010 était « le fleuron » du groupe au Proche-Orient.

Une renommée qui aurait conduit la direction de l’usine à accepter l’inacceptable pour repousser l’échec, inévitable dans cet environnement « dangereux et instable ».

Négociations avec l’EI

La guerre civile, qui a débuté en 2011, a fini par dégrader la situation de l’usine Lafarge en Syrie. Et en 2013, la production ralentit fortement, affirme un ancien employé au « Monde ».

Dans le même temps, le groupe Etat Islamique gagne du terrain au niveau des villes et des routes autour de l’usine. Pour pouvoir continuer à fonctionner, la cimenterie est alors contrainte de « négocier » avec l’EI.

Le journal a pu consulter des mails envoyés par la direction de Lafarge en Syrie relatant les arrangements de l’entreprise avec le groupe djihadiste pour pouvoir poursuivre la production. « Le Monde » a également pu constater que des laissez-passer « estampillés du tampon de l’EI » avaient été délivrés à l’entreprise française. Des preuves accablantes pour Lafarge.

Plusieurs contacts avec Daech

En juin 2013, Rakka – située à moins de 90 kilomètres de l’usine – tombe sous le contrôle de l’EI. En 2014, Manbij – ville qui accueille la plupart des employés de l’entreprise française – subit le même sort. Pour garantir la circulation de ses ouvriers et de ses marchandises, Lafarge envoie un dénommé Ahmad Jal oudi obtenir des « autorisations de l’EI de laisser passer les employés aux checkpoints ».

Ahmad Jaloudi, pourtant absent de l’organigramme de Lafarge Syrie, est le « gestionnaire de risques » de l’entreprise et il se déplace beaucoup entre la Turquie, Razza, Manbij et l’usine, explique « Le Monde » à qui un ancien employé s’est confié.

Le 28 août 2014, le « gestionnaire de risques » envoie un mail à Frédéric Jolibois, PDG de la filiale de Lafarge en Syrie depuis juin 2014, pour lui faire part de ses difficultés. « Le Monde » rapporte le message :

« L’Etat islamique demande une liste de nos employés… j’ai essayé d’obtenir une autorisation pour quelques jours mais ils ont refusé »Il est ensuite question d’organiser une « conférence téléphonique » en urgence avec « Frédéric [Jolibois, basé à Amman], Mamdouh [Al-Khaled, directeur de l’usine, basé à Damas], Hassan [As-Saleh, représentant de Mamdouh Al Khaled dans l’usine] » et Ahmad Jaloudi.

La direction à Paris était au courant

Le PDG de la filiale de Lafarge en Syrie répond au mail qui lui a été adressé le lendemain et « ajoute en copie Jean-Claude Veillard, directeur sûreté du groupe Lafarge à Paris », raconte « Le Monde ». Preuve que la direction parisienne de Lafarge était au courant de ces tentatives de négociations avec le groupe Etat Islamique.

Autre preuve, s’il en faut plus, Jean-Claude Veillard échangeait quotidiennement sur des questions de sécurité depuis Paris avec l’usine en Syrie.

La liste de contacts avérés ou de tentatives de contacts entre Lafarge et l’EI est longue. « Le Monde » mentionne notamment une tentative de rencontre avec le « haut responsable de l’EI ».

Ahmad Jaloudi avait écrit à Mazen Shiekh Awad, directeur des ressources humaines à Lafarge Syrie, tout en mettant en copie Bruno Pescheux, PDG de Lafarge Syrie, pour leur dire que la rencontre avec le « haut responsable de l’EI » aura lieu :

« Je le verrai dès son retour. Notre client [il ne précise pas lequel] à Rakka m’a organisé un rendez-vous avec lui. »

Un an de coopération

Outre les taxes de circulation et les tentatives de contacts, les dirigeants auraient aussi accepté de se « fournir auprès des négociants en pétrole, dont les champs étaient tenus par le groupe EI », révèle encore « Le Monde ».

Cette « coopération » aurait duré jusqu’au 19 septembre 2014, date à laquelle l’EI s’est tout simplement emparé du site. Forçant ainsi Lafarge à fermer boutique.

« Pendant un peu plus d’un an, Lafarge a ainsi indirectement financé l’organisation djihadiste », conclu le journal.

L’usine est devenue une base occidentale

L’enquête du « Monde » affirme cependant que :

« A deux reprises, un intermédiaire a proposé au groupe français de relancer la cimenterie sous la protection de l’EI et en échange d’un partage des bénéfices. Sans succès ».La guerre se faisant, l’ancienne cimenterie est aujourd’hui devenue une base pour les forces spéciales occidentales, « qui soutiennent discrètement les forces kurdo-arabes dans leur offensive en cours contre les djihadistes à Manbij et Rakka », souligne le journal.

B.K.

L'Obs

L’Obs

 



Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray : sept services de renseignement connaissaient le projet !

En effet, la DRPP n’était pas le seul service de renseignement a avoir repéré le projet d’attentat. La DRM et le SCRT avaient également transmis des notes à la DCRI. Par ailleurs, un « veilleur » avait fait un signalement sur Pharos et les services secrets américains avaient alerté la France.

Vu le nombre d’alertes reçues par la DCRI, il est bien difficile de ne pas la comptabilier parmi les services informés.

DRPP, DRM, SCRT, DCRI, Pharos et services américains, cela fait au moins six.

Enfin, le NPA, service de renseignement occulte, était lui aussi bien au courant, en témoigne la réaction publique de la Brestoise Julie Le Goïc à peine le père Hamel assassiné.

Rappelons à ce propos que le 24 juillet est une des dates fétiches du malade mental au clavier – son « arme » : il avait ouvert son premier site sur Internet le 24 juillet 2001, l’avait fermé dix ans plus tard le 24 juillet 2011, et s’était dans la foulée attaqué à plusieurs sites de préfectures sous le pseudonyme de « SaMo_Dz » dans la soirée du 24 juillet 2011.

Aussi, il est probable que l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray fût initialement programmé pour le 24 juillet 2016.

 

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/saint-etienne-du-rouvray-trois-services-de-renseignement-surveillaient-kermiche_1980868.html

Saint-Etienne-du-Rouvray: trois services de renseignement surveillaient Kermiche

 

Par LEXPRESS.fr , publié le 31/01/2018 à 11:37 , mis à jour à 12:46

Adel Kermiche, à gauche, et Abdel Malik Petitjean, dans une vidéo d'allégeance à Daech enregistrée avant l'assassin du père Jacques Hamel.
Adel Kermiche, à gauche, et Abdel Malik Petitjean, dans une vidéo d’allégeance à Daech enregistrée avant l’assassin du père Jacques Hamel.Handout via Reuters TV

Trois services de renseignement différents avaient rédigé des notes sur la dangerosité d’Adel Kermiche, 5 jours avant l’attentat qui a coûté la vie au père Hamel, en vain.

 

Dans son édition du mercredi 31 janvier, Le Canard enchaînéenfonce le clou sur la gestion de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray par les services de renseignement. Début janvier, Mediapart avait déjà révélé que certains documents essentiels à la capture d’Adel Kermiche, l’un des deux terroristes, n’avaient pas été transmis avant l’attaque. Une enquête avait ensuite été ouverte par le parquet de Paris, selon une source judiciaire interrogée à l’époque par L’Express.

Ce mercredi, les policiers antiterroristes sont une nouvelle fois épinglés, mais cette fois par le Canard enchaîné. Selon l’hebdomadaire, « ce n’était pas un, ni deux, mais bien trois services de renseignement qui suivaient à la trace Adel Kermiche ». En tout, ils ont rédigé cinq notes alarmistes dans les jours précédant l’attaque -le 26 juillet 2016-, dont certaines par des agents infiltrés dans la chaîne Telegram d’Adel Kermiche, où le futur terroriste faisait part de ses projets. Problème: personne n’a pris les mesures nécessaires.

Sur Telegram, Kermiche inquiète les agents opérationnels

La première instance à agir est le Service central du renseignement territorial (SCRT). Le 21 juillet 2016, cinq jours avant l’attaque, elle émet une note transmise à tous les services de police. Le document, accompagné d’une photo d’Adel Kermiche, est également envoyé à Allat, une cellule chargée de la coordination entre services, pilotée par la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Le lendemain, un agent de la Direction du renseignement militaire (DRM), infiltré dans la chaîne Telegram de Kermiche, transmet un bulletin de renseignement dans lequel il prévient Allat qu’un dénommé Jayyed -le pseudo d’Adel Kermich-, a fait allégeance à Daech. Le même jour, un policier de la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP), lui-aussi sur l’application chiffrée Telegram, rédige « un blanc », un document notifiant la menace.

Contactés par tous les canaux, les services français ne font rien

La DRM aura beau diffuser deux autres bulletins de renseignement les 25 et 26 juillet -jour de l’attentat-, dans lesquels elle souligne les menaces de Kermiche contre des « églises », Allat ne réagira pas. Pire, aucun service n’alerte la DGSI directement, alors que la procédure d’urgence l’impose dans ce genre de cas, rappelle le Canard. Une série d’échecs, alors même qu’Adel Kermiche se montraient très clair sur sa chaîne Telegram, comme L’Express l’avait révélé.

LIRE AUSSI >> « Tu vas dans une église, tu fais un carnage »: l’enregistrement glaçant de Kermiche sur sa chaîne Telegram

Et comme si ces révélations ne suffisaient pas, Médiapart rappelle, ce mercredi 31 janvier, que la menace Kermiche avait même été signalée sur Pharos par un veilleur anonyme et que les services secrets américains avaient de leur côté alerté la France concernant les menaces d’Abdel Malik Petitjean, l’autre terroriste de Saint-Etienne-du-Rouvray.

Un raté d’autant plus incompréhensibles que des enquêteurs, contactés à l’époque par L’Express, avaient indiqué être incapables de se connecter à la chaîne Telegram d’Adel Kermiche plusieurs jours après l’attentat. Les voies du « sinueux alambic du renseignement français », comme l’écrit le Canard, seraient-elles impénétrables?

 

https://francais.rt.com/france/47726-saint-etienne-rouvray-renseignements-militaires-informes-projet-attentat

Saint-Etienne-du-Rouvray : le renseignement militaire aurait été au courant d’un projet d’attentat

 

31 janv. 2018, 11:55

Saint-Etienne-du-Rouvray : le renseignement militaire aurait été au courant d'un projet d'attentat© Steve Bonet Source: Reuters
Procession en mémoire du père Hamel

 

Le Canard enchaîné fait de nouvelles révélations concernant l’un des terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray : son profil et son intention de passer à l’acte auraient été signalés à la direction du renseignement militaire.

Dans son édition du 31 janvier, le Canard enchaîné fait de nouvelles révélations concernant l’attaque terroriste survenue en juillet 2016 à Saint-Etienne-du-Rouvray, lors de laquelle le prêtre Jacques Hamel avait été assassiné dans son église. Selon le quotidien, la direction du renseignement militaire (DRM) était au courant de la dangerosité de l’un des auteurs de l’attaque, Adel Kermiche.

Si Mediapart avait déjà révélé que la direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) pistait Adel Kermiche sur internet, le Canard Enchaîné affirme que la DRM s’était infiltrée dans la chaîne Telegram où celui-ci publiait des menaces à l’encontre d’églises sous le pseudonyme de «Jayyed». Les 22, 25 et 26 juillet, la DRM aurait même rédigé trois bulletins de renseignement classés «secret défense» à ce sujet  avant de les transmettre à une cellule de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI).

Seul problème : la première de ces notes aurait été envoyée un vendredi… soit juste avant le week-end, et n’aurait donc pas été lue. La deuxième aurait été reçue par la DCRI un lundi, qui n’en aurait pas non plus pris connaissance dans l’immédiat. Quant à la troisième, lorsque le représentant de la DRM au sein de la DCRI en aurait pris connaissance, il était déjà trop tard : le père Hamel avait été tué quelques heures après son envoi.

Une troisième alerte se serait également perdue dans les rouages du renseignement. Le 21 juillet, le Service central du renseignement territorial (SCRT) aurait ainsi envoyé une note à tous les services de police. Celle-ci évoque les appels à commettre des attentats contre des églises diffusés par «Jayyed» sur les réseaux sociaux : une photographie est même jointe au document, que la DCRI reçoit, sans pour autant juger nécessaire d’activer une procédure d’urgence.

 

http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/attentat-de-saint-etienne-du-rouvray-un-veilleur-signale-adel-kermiche-pharos-trois-services-renseignement-dcri-drm-scrt-notes-sous-silence-hamel

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray: « un veilleur » avait également signalé Kermiche sur Pharos

 

Publié le :

Mercredi 31 Janvier 2018 – 18:48

Mise à jour :

Mercredi 31 Janvier 2018 – 18:55

Une semaine avant que le père Hamel soit assassiné à Saint-Etienne-du-Rouvray (Seine-Maritime), en juillet 2016, les services de renseignement ont détecté la volonté d’agir d’Abel Kermiche. Avant cela, un particulier l’avait également signalé sur la plate-forme Pharos révèle Mediapart.

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray : sept services de renseignement connaissaient le projet ! dans AC ! Brest terroristes-francesoir_field_mise_en_avant_principale

Adel Kermiche a vait été repéré pas moins de quatre fois avant qu’il ne passe à l’acte.

©Capture d’écran YouTube

Auteur : La rédaction de FranceSoir.fr

Le Canard enchaîné enfonce ce mercredi 31 le clou planté par Mediapart, qui en remet aussi une couche. Selon l’hebdomadaire satyrique, pas moins de trois services de renseignements différents ont rédigé des notes sur Adel Kermiche, l’un des terroristes responsable de l’assassinat du père Hamel à Saint-Etienne-du-Rouvray à l’été 2016, avant que celui-ci ne passe à l’acte.

« Ce n’était pas un, ni deux, mais bien trois services de renseignement qui suivaient à la trace l’un des terroristes auteurs du meurtre du prêtre Jacques Hamel« , assure le palmipède. Adel Kermiche avait en effet fait part à plusieurs reprises de sa volonté de passer à l’action sur sa chaîne Telegram. Cette dernière avait été infiltrée par des agents des services de renseignements.

Lire aussi – Saint-Etienne-du-Rouvray: le terroriste Adel Kermiche était suivi par trois services de renseignement

Le 21 juillet 2016, le Service central du renseignement territorial (SCRT) émet une première note transmise à l’Allat, cellule de la Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI) œuvrant contre le terrorisme, précise Le Canard enchaîné. Avec un cliché « peu lisible » du suspect jointe à la note.

Puis le lendemain, une nouvelle alerte liée au compte Telegram d’Adel Kemiche est transmise à l’Allat par un agent de la Direction du renseignement militaire. Le jour même, c’est aussi la Direction du renseignement de la préfecture de police de Paris (DRPP) qui rédige une note pour les mêmes messages comme l’avait déjà révélé Matthieu Suc de Mediapart. Deux nouveaux bulletins sont transmis le lundi 25 et le mardi 26 juillet.

Voir également - Saint-Etienne-du-Rouvray: comment les renseignements ont étouffé leur incapacité à empêcher un attentat prévisible

Toutefois, ni le SCRT, ni la DRM n’auraient recouru à la procédure d’urgence qui permet de prévenir l’état-major de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), opérationnel 24 heures sur 24, avec pour conséquence, la mort du père Hamel.

Autre révélation de Mediapart ce mercredi, s’appuyant sur un tweet de Jean-Charles Brisard, le président du Centre d’analyse du terrorisme, en date du 4 janvier: « un veilleur » de la plateforme Pharos a « alerté dans la nuit du 18 au 19 juillet des intentions d’Adel Kermiche« .

Cité par le site d’investigation, ce dernier précise: « Avec des amis, on avait remarqué le contenu de sa chaîne Telegram mais on ne l’a pas pris au sérieux. Il faisait des audio interminables, se mettait beaucoup en scène, courait après les filles. On ne l’imaginait pas mûr pour passer à l’acte« .

Auteur : La rédaction de FranceSoir.fr

 



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