Inégalités hommes-femmes : des sanctions pour les entreprises, mais toujours pas pour les magistrats…

Dans ces conditions, « la véritable égalité réelle » souhaitée par le Premier ministre n’est toujours pas près de s’imposer en France.

A titre d’exemple, rappelons qu’en ce XXIème siècle, les magistrats brestois dans leur ensemble, et certains de manière excessivement violente, soutiennent toujours que les femmes n’ont pas l’intelligence pour être ingénieurs, que ce sont des débiles mentales lorsqu’elles s’imaginent qu’elles l’ont, et nécessairement des prostituées lorsqu’elles occupent effectivement des emplois d’ingénieurs, car elles n’ont pu que « coucher » avec tous leurs professeurs, employeurs et supérieurs hiérarchiques pour obtenir de bonnes notes et appréciations, des diplômes et postes d’ingénieurs.

 

http://www.lepoint.fr/economie/salaires-hommes-femmes-sanctions-a-partir-de-2022-si-ecarts-injustifies-07-03-2018-2200607_28.php

Salaires hommes-femmes: sanctions à partir de 2022 si « écarts injustifiés »

AFP

Publié le 07/03/2018 à 20:26 | AFP

Salaires hommes-femmes: sanctions à partir de 2022 si

Salaires hommes-femmes: sanctions à partir de 2022 si « écarts injustifiés » © AFP/Archives / PHILIPPE HUGUEN

 

Les entreprises de plus de 50 salariés présentant des écarts « injustifiés » de salaires hommes-femmes seront sanctionnées à partir de 2022 avec une pénalité financière pouvant aller jusqu’à 1 % de leur masse salariale, a annoncé mercredi le gouvernement.

Cette mesure, qui figurera dans la loi sur les réformes sociales (assurance chômage, apprentissage, formation professionnelle) que Muriel Pénicaud doit présenter en Conseil des ministres fin avril, a été annoncée dans l’après-midi par Edouard Philippe aux partenaires sociaux.

« Ce qui est fou c’est que tout existe dans le droit, mais dans les faits l’égalité n’est pas là. Notre objectif c’est de passer de belles déclarations juridiques à une véritable égalité réelle », a déclaré le Premier ministre après une réunion de deux heures avec patronat et syndicats.

Dans son nouveau plan pour l’égalité professionnelle, l’exécutif prévoit également le quadruplement des contrôles de l’inspection du travail sur l’égalité de salaires hommes-femmes. Ils passeraient à 7.000 par an pour les entreprises de plus de 250 salariés, et à 30.000 pour celles de 50 à 249 salariés.

Un logiciel identifiera les écarts de salaires injustifiés entre hommes et femmes au sein d’une même entreprise. Lorsqu’ils seront détectés, l’entreprise devra consacrer une « enveloppe de rattrapage salarial pour les femmes » et aura trois ans pour se mettre en conformité.

Le gouvernement et les partenaires sociaux doivent encore travailler sur les critères retenus (âge, diplôme, ancienneté, catégorie professionnelle…), afin que le logiciel calcule les écarts sur des caractéristiques identiques dans toutes les entreprises.

A partir de 2019, il sera déployé dans les entreprises de plus de 250 salariés, et dans celles de 50 à 249 d’ici 2020.

Le principe « à travail de valeur égale, salaire égal » est inscrit dans la loi depuis 45 ans. Pourtant, à poste et âge équivalents, le taux d’écart de salaire hommes-femmes reste de 9 %.

‘Logiciel renifleur’

De façon générale, cet écart entre salaires hommes-femmes dépasse les 25 %, notamment car le temps partiel est largement occupé par les femmes.

La concertation avec les partenaires sociaux sur ce plan va durer six semaines.

Avant 2022, le contrôle de l’inspection du travail va porter sur la mise en place du logiciel mais aussi sur l’obligation de transparence du résultat au sein de l’entreprise (obligation de diffuser le résultat global sur internet et communication des résultats aux élus du personnel par catégories de postes). A partir de 2022, ils porteront aussi sur les résultats.

En outre, les conseils d’administration des entreprises cotées seront obligés de délibérer sur la politique salariale, ses résultats et le plan d’action correctif.

A propos des violences sexistes et sexuelles, Matignon a annoncé la mise en place de « référents » dans les entreprises, chargés d’accompagner les personnes qui s’estiment victimes. Une mesure qui sera également dans la loi présentée en avril.

L’annonce de la mise en place d’un logiciel a été fraîchement accueillie par la CPME, son représentant Jean-Michel Pottier le qualifiant de « logiciel renifleur », qui pourrait avoir « des effets pervers et contre-productifs ».

Côté syndical, François Hommeril, président de la CFE-CGC, a salué « l’engagement remarquable » du gouvernement et s’est dit « prêt à tenter l’aventure » du logiciel, quand Pascale Coton (CFTC), plus mesurée, « a demandé à voir » comment il fonctionne.

Une prudence qu’a partagée Sophie Binet (CGT). Se félicitant des « annonces concrètes » du gouvernement sur les sanctions, elle a mis en garde contre un éventuel « tour de passe-passe » qui laisserait de côté certaines inégalités, comme le temps partiel. Concernant les violences sexistes et sexuelles, elle a réclamé des « moyens financiers concrets ».

07/03/2018 20:25:32 -          Paris (AFP) -          © 2018 AFP



Empoisonnement de personnes dérangeantes : je suis l’éternelle oubliée de la liste !

Empoisonnée le 22 mars 2002 par des complices de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest, notamment pour avoir toujours refusé de me prostituer alors que j’exerçais comme ingénieur d’études en informatique, et ce, même après avoir perdu mon emploi pour cette raison souvent exprimée par mes harceleurs, et en dépit de toutes les dettes qu’ils mettaient illégalement et artificiellement à ma charge tout en me privant tout aussi illégalement de toutes les ressources auxquelles je pouvais prétendre, j’ai bien failli trépasser au cours de ce printemps 2002.

Les auteurs de tous les harcèlements en vue de me contraindre à la prostitution dont j’avais déjà à me plaindre en ce temps-là ont bien recommencé leur cirque à compter des années 2008 à 2010.

Ils ne m’avaient en fait jamais lâchée.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2018/03/06/01003-20180306ARTFIG00106-le-poison-une-arme-au-service-d-assassinats-d-espions-et-de-politiques.php

Le poison, une arme au service d’assassinats d’espions et de politiques

 

Avant Sergueï Skripal, ex-espion russe retrouvé dans un état critique à Londres dimanche et probablement empoisonné, des substances toxiques ont déjà servi à réduire au silence des individus. Le Figaro revient sur cinq affaires célèbres d’empoisonnement.

Ricine, Polonium-210, ou encore dioxine. Ces poisons font partie de l’histoire. Tous ont servi à des tentatives d’assassinat de personnalités. Discret, et difficilement identifiable, le poison est depuis longtemps un moyen prisé pour éliminer adversaires politiques et personnes gênantes. Dimanche, c’est un ancien espion russe travaillant pour le Royaume-Uni qui a été retrouvé dans un état critique. L’homme, qui avait été arrêté en Russie puis libéré en 2010 lors d’un échange, a été hospitalisé après avoir été exposé «à une substance toxique». Le dernier d’une longue liste dont voici quelques cas célèbres.

Georgi Markov, mortel parapluie

«L’affaire du parapluie bulgare» se déroule en pleine Guerre froide en 1978. Georgi Markov, écrivain bulgare, a fui son pays neuf ans plus tôt pour se réfugier au Royaume-Uni. Le 7 septembre, à Londres, alors qu’il attend le bus pour rentrer chez lui après sa journée de travail à la BBC, il se fait piquer la jambe par un passant, qui abandonne son parapluie. Le soir même, il est pris d’une forte fièvre et décède trois jours plus tard.

L’enquête permet d’établir que le parapluie était en réalité une arme. L’écrivain aurait été empoisonné par un liquide dissimulé dans une capsule de la taille d’une épingle. L’autopsie du corps établie finalement que Georgi Markov a succombé à une dose de 0,2 milligramme de ricine, un poison 6000 fois plus violent que le cyanure. L’affaire n’a jamais été élucidée.

» LIRE AUSSI – Ces espions qui firent l’Histoire

Viktor Iouchtchenko, un visage marqué à vie

Viktor Iouchtchenko en décembre 2004.

Il porte toujours les stigmates du poison sur son visage. Si, avec le temps il a retrouvé une couleur de peau normale, son faciès reste grêlé. En septembre 2004, l’Ukrainien Viktor Iouchtchenko, candidat de l’opposition, héros de la Révolution orange, mène campagne pour la présidentielle. Celle-ci l’oppose à Viktor Ianoukovitch, candidat favori de Moscou. Iouchtchenko tombe malade après un dîner avec le chef des services secrets urkrainiens et son adjoint. Il faut trois mois pour que des médecins autrichiens identifient un empoisonnement à la dioxine.

Les analyses montrent que l’organisme de Viktor Iouchtchenko présente des concentrations en dioxine 1000 fois supérieures à la normale. Malgré les traces qui ne disparaîtront pas de son visage, il est élu président de l’Ukraine ans janvier 2005. Cinq en plus tard, il sera balayé, échouant à se faire réélire en ne recueillant que 5% des suffrages.

Alexandre Litvinenko, un thé toxique

Le 1er novembre 2006, l’opposant russe et ex-agent du KGB Alexandre Litvinenko rencontre deux Russes, Dmitri Kovtoun et Andreï Lougovoï, pour prendre un thé au Millenium Hotel, dans le centre de Londres, et discuter de possibles opportunités d’affaires.

Alors qu’il enquêtait sur d’éventuels liens entre le Kremlin et des réseaux mafieux et qu’il collaborait également avec les services secrets britanniques, Litvinenko est victime d’un malaise après avoir bu le thé et est hospitalisé. Il succombe quelques semaines plus tard à l’âge de 43 ans, empoisonné au polonium-210, une substance radioactive extrêmement toxique produite en Russie. Avant de mourir, Alexandre Litvinenko a longuement été interrogé par Scotland Yard et a ainsi pu, chose peu habituelle, témoigner sur son propre assassinat.

Un témoignage qui a grandement servi à l’enquête menée en Grande-Bretagne. Celle-ci a conclu, le 21 janvier 2016, soit près de 10 ans après le thé du Millenium Hotel, que le président russe, Vladimir Poutine, avait «probablement approuvé» l’homicide de l’ex-espion. Une mise en cause qualifiée de «blague» par Moscou. «Visiblement, on peut relier ça à l’élégant humour britannique», avait déclaré le porte-parole du Kremlin, Dmitri Peskov. La mort de Litvinenko a provoqué une crise diplomatique entre la Grande-Bretagne et la Russie, qui a toujours refusé d’extrader le principal suspect.

Khaled Mechaal, assassinat raté

En septembre 1997, à Amman, cinq agents du Mossad, les services de renseignements israéliens, tentent d’assassiner Khaled Mechaal, chef du bureau politique du mouvement islamiste Hamas. Se faisant passer pour des touristes canadiens, ils lui injectent du poison dans le cou. Celui-ci est censé provoquer une mort naturelle, une crise cardiaque. Au lieu de ça, l’homme tombe dans le coma. Deux agents du Mossad sont arrêtés tandis que les trois autres se réfugient dans l’ambassade israélienne.

» LIRE AUSSI – La guerre de l’ombre du Mossad

Khaled Mechaal est alors sauvé par l’intervention du roi Hussein de Jordanie, qui exige du gouvernement israélien, dirigé par Benjamin Netanyahou, qu’il lui remette l’antidote et autorise la libération du chef spirituel du Hamas, cheikh Ahmad Yassine. En échange, il libère deux agents israéliens.

Kim Jong-Nam, agent neurotoxique à Kuala Lumpur

C’est une affaire beaucoup plus récente. Kim Jong-Nam, demi-frère en disgrâce du dirigeant de la Corée du Nord Kim Jong-un, a été assassiné en plein jour, le 13 février 2017, avec un agent neurotoxique à l’aéroport de Kuala Lumpur, en Malaisie. Il attendait un avion pour Macao, quand il a soudain été approché par deux femmes qui lui ont projeté une substance au visage, selon des images de caméras de surveillance. Kim Jong-Nam est décédé peu après, lors de son transfert à l’hôpital.

Des traces de VX, un agent neurotoxique classé comme arme de destruction massive, ont été découvertes sur son visage et dans ses yeux lors d’examens médico-légaux. La Corée du Nord, qui a toujours nié farouchement toute implication dans cet assassinat, possède du VX, selon des experts. Mais l’enquête n’a pas établi comment les deux femmes ont pu en obtenir. Celles-ci ont plaidé non coupables lors de l’ouverture de leur procès le 2 octobre dernier.

La vidéo de l’empoisonnement du demi-frère du dictateur nord coréen
Kim Jong-nam, le demi-frère du dictateur nord coréen Kim Jong-Un est mort le 13 février des suites d’une attaque au neurotoxique mortel VX. La télévision japonaise Fuji TV, s’est procuré les images de vidéo surveillance de l’aéroport de Kuala Lumpur.
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Guillaume Descours
AFP agence

 



Ouagadougou : la revendication du GSIM peine à convaincre

L’attaque revendiquée par ce groupe de tout juste un an serait une réponse à un raid de l’armée française du 14 février 2018 au nord du Mali.

Deux semaines pour préparer l’attaque, c’est court, et de nombreux observateurs aguerris s’interrogent sur ses mobiles réels et les éventuelles complicités dont auraient bénéficié les assaillants déclarés, notamment au sein de l’armée burkinabé.

Pour ma part, je relève un certain nombre de similitudes avec l’attentat de Karachi du 8 mai 2002 et fais un petit coucou aux amis de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest qui ont des intérêts au Burkina Faso, notamment les anciens adeptes de feu Sathya Sai Baba.

Sous quelle étiquette sévissent-ils, aujourd’hui ?

 

http://www.dw.com/fr/burkina-faso-iyad-ag-ghaly-et-son-groupe-gsim-revendiquent-les-attaques/a-42814393

Burkina Faso: Iyad Ag Ghaly et son groupe GSIM revendiquent les attaques

 

Elles seraient une réponse à la mort de plusieurs de leurs dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali. L’armée burkinabè est critiquée pour ne pas avoir réagi suffisamment rapidement.

 

Iyad Ag Ghaly (AFP/Getty Images)

 

Le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) a revendiqué les attaques de vendredi (02.03.2018) contre l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France à Ouagadougou qui ont fait 8 morts parmi les militaires. C’est ce que le groupe a affirmé samedi dans un message parvenu à l’agence privée mauritanienne « Al Akhbar ». Le groupe islamiste affirme avoir agi en représailles à une opération française au Mali. Le GSIM, dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, considère les attaques comme réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines.

« Des scènes apocalyptiques »

La journée du samedi était consacrée aux visites des sites touchés par les attaques. Le premier ministre s’est rendu à l’ambassade de France et à l’état-major général des armées. Le Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba a décrit des « scènes apocalyptiques ».

Déjà avant le révendiation par le GSIM, Siaka Coulibaly, analyste politique burkinabè, avait estimé que cette nouvelle attaque avait visé « des intérêts officiels français ». « On sait par ailleurs que le groupe qui agit dans le Sahel et le Sahara a bien identifié la France comme l’un de ses ennemis soit idéologique soit stratégique. »

Pour lui les assaillants ont visé l’Ambassade de France pour exprimer leur opposition à la force G5 Sahel soutenue par Paris et l’Union européenne: « La France fait partie des pays qui sont visés par ces mouvements. Et même avant l’attaque de vendredi, on sait que beaucoup de Français ont été abattus dans l’attaque du 15 janvier 2016 à Ouagadougou au Cappuccino sur l’avenue Kwame Nkrumah », souligne l’expert burkinabè.

Un symbole fort de l’Etat burkinabè égalemet touché

Les attaques de Ouagadougou interviennent aussi après le report sine die du procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso qui s’est ouvert mardi à Ouagadougou, avec 84 accusés, dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, cerveaux présumés du coup. « Au delà de la France, il y a aussi l’état-major et ses alentours y compris la justice militaire qui ont subi ces attaques. Et donc je crois que les intentions commencent à se préciser. Il s’agit de s’en prendre aux institutions de l’Etat burkinabé », ajoute Siaka Coulibaly qui indique cependant qu’ « en attendant que les enquêtes ne puissent permettre d’établir des liens entre disons les généraux et ces groupes armés, on ne peut pas écarter complètement un lien entre le procès des généraux et les attaques ».

Le tribunal militaire était-il visé ?

Selon le dernier bilan officiel, les attaques menées contre l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France ont fait 8 morts parmi les militaires et 12 blessés en état d’urgence absolue, selon un nouveau bilan d’une source sécuritaire française. Huit assaillants ont en outre été tués pendant ces attaques qui ont touché le coeur de la capitale burkinabè.

 

« Nous sommes surpris par la facilité avec laquelle ils ont pu s’attaquer à cette enceinte qui est vraiment au centre-ville. On n’a pas pris la mesure de la chose. On n’a pas pensé que la menace était aussi sérieuse et que le dispositif mis en place n’était pas efficace. L’attaque sur l’état-major, c’est une façon de montrer la faiblesse de notre armée ou de la narguer », a déclaré à la DW Idrissa Ouédraogo, directeur du Centre de documentation et de recherche économique à l’université de Ouaga 2. Pour lui, tout le monde est surpris de la faille dans le système sécuritaire de l’armée. « On est surpris que cette attaque ait lieu à 10h du matin sans aucun problème et qu’on n’ait pas pu riposter, qu’on n’ait pas pu l’empêcher. C’est une façon de montrer à l’Etat qu’ils peuvent venir attaquer et ressortir sans aucun problème », dit l’expert.

Le coeur du pouvoir militaire touché 

De son côté, le professeur Soma Abdoulaye estime que les réformes de l’armée doivent s’accélérer. « Nous sommes en phase de réformes sécuritaires parce qu’on a démantelé le système de sécurité qui était en place avec ses forces et ses limites. Et on est en train de constituer un nouveau système de renseignements qui n’est pas encore en place. Il est opérationnel mais il n’a pas atteint sa vitesse de croisière en matière de ressources, de stratégie et d’intelligence. Et c’est ce qui nous met dans une situation un peu délicate et de fragilité. »

Selon Soma Abdoulaye c’est effrayant, « mais pour moi ce n’est pas étonnant parce que c’est le même système de sécurité et de renseignements qui doit couvrir tout le pays qui est mis en cause. Vous voyez que les assaillants n’ont même pas eu peur d’attaquer au centre-ville en pleine journée. Mais c’est ecoeurant et c’est effrayant pour les Burkinabè ».

L’armée critiquée

Soma Abdoulaye pointe du doigt la lenteur de réaction des forces armées burkinabè. « Les assaillants auraient pu attaquer plus facilement la Primature – qui n’est pas loin de l’état-major. Or, l’ambassade de France qui a pu réagir rapidement et efficacement n’est qu’un détachement de la France au Burkina. Donc, par hypothèse, au Burkina Faso, l’armée burkinabè doit être plus forte que les forces françaises. L’armée burkinabè devrait donc avoir plus de réactivité. »  

Vendredi soir, le ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo a déclaré que l’attentat visait « peut-être » une réunion militaire de la force multinationale antidjihadiste du G5-Sahel (Mali, Burkina, Niger, Tchad et Mauritanie), qui devait se tenir dans une salle qui a été dévastée par l’explosion d’une voiture piégée.

« Un terroriste, un djihadiste fait une action pour qu’on puisse savoir que c’est lui qui a fait cette action. Parce que son influence, sa crédibilité en tant que mouvement djihadiste est liée à la masse de ses actions. Si une attaque est revendiquée, ceci fait partie du mode de fonctionnement des groupes djihadistes pour avoir de l’impact psychologique », conclut Soma Abdoulaye.

Dans un discours ce samedi, le président burkinabè Roch Marc Chriatian Kaboré a fermement condamné les attaques.

 

 

http://www.dw.com/fr/les-mobiles-des-attentats-de-ouagadougou/a-42835686

Les mobiles des attentats de Ouagadougou

 

Les premiers éléments de l’enquête confirment que la majorité des assaillants habillés en uniformes militaires étaient des Burkinabè. Et dans l’opinion, on continue de s’interroger sur les mobiles de la double attaque.

 

Écouter l’audio 04:59

« A l’époque de Blaise Compaoré, ces djihadistes n’avaient pas intérêt à toucher le Burkina  » (Lemine Ould Salem, journaliste mauritanien)

 

Les enquêtes se poursuivent au Burkina Faso pour tenter de faire la lumière sur le double-attentat qui a frappé, vendredi, la capitale Ouagadougou. Ce lundi, la justice a entendu deux hommes, soupçonnés d’être impliqués dans ces attentats revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le GSIM. Ce groupe lié à Al-Qaïda est dirigé par le chef d’Ansar Dine, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Pour l’heure, les autorités burkinabè privilégient la piste djihadiste. Surtout depuis que l’attentat a été revendiqué par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine. Cependant, certains n’excluent pas un lien entre les djihadistes et des personnes liées au putsch raté de septembre 2015. Ce putsch a été mené par le général Gilbert Dienderé. L’ex-régime de Blaise Compaoré est-il donc lié à cette double-attaque terroriste ? « Non. Moi, je ne ferais pas ce lien là, parce que ce sont des gens qui se battaient pour leur propre cause, qui avaient été radiés par le régime Compaoré. Ils n’ont aucune raison d’en vouloir au nouveau régime, ni de s’allier à l’ancien régime qui les a fait partir de l’armée », répond Lona Charles Ouattara, un ancien Colonel de l’armée de l’air du Burkina Faso. Il a aussi été le chef des opérations aériennes des Nations Unies.

Collusion ?

Autre interrogation: pourquoi, le Burkina n’a-t-il jamais été pris pour cible sous le règne du président déchu, Blaise Compaoré ? « Ce n’était pas une cible importante pour ces groupes là. Et ces groupes djihadistes n’avaient pas intérêt à toucher le Burkina Faso pour préserver leur bon rapport avec un gouvernement qui pouvait éventuellement relayer leurs revendications et jouer les négociateurs auprès des occidentaux pour la libération des otages », estime Lemine Ould Salem, journaliste mauritanien, et auteur de l’ouvrage, « L’histoire secrète du djihad. »

Rappelons que le régime de Blaise Compaoré entretenait d’excellentes relations avec les principaux groupes djihadjistes, en l’occurrence, le patron du GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Solidarité

Deux chefs d’Etat de la sous-région se sont rendus ce lundi matin à Ouagadougou pour exprimer leur solidarité avec leur homologue burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré. Ensemble, les trois dirigeants ont visité les lieux des deux attaques, à savoir, l’état major général des armées et l’ambassade de France. « Je voudrais avoir une pensée pour les alliés, qui payent un lourd tribu dans ce combat que nous menons côte-à-côte contre le terrorisme et en particulier, parmi les alliés, la France, dont l’ambassade a été attaquée »  a déclaré le président du Niger Mahamadou Issoufou, en sa qualité de président en exercice du G5 Sahel, la force mixte forte de 5000 hommes qui seront déployés dans 5 pays du Sahel, la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, avec l’appui de plusieurs pays occidentaux, dont  la France.

« Je reste convaincu qu’avec la détermination des uns et des autres, qu’avec la courageuse initiative du G5 Sahel, une solution définitive passe également par une rapide opérationalisation du G5 Sahel », a déclaré, face aux journalistes, Faure Gnassingbé, le numéro Un togolais.

Écouter l’audio 05:20

« La France a laissé faire Iyad Ag Ghaly » (Antoine Glaser)

 

Audios et vidéos sur le sujet

 

« A l’époque de Blaise Compaoré, ces djihadistes n’avaient pas intérêt à toucher le Burkina  » (Lemine Ould Salem, journaliste mauritanien)

« La France a laissé faire Iyad Ag Ghaly » (Antoine Glaser)

« J’ai vu Iyad Ag Ghaly dans un hôtel de Ouagadougou au temps de Blaise Compaoré » (Lona Charles Ouattara ancien Colonel de l’armée de l’air du Burkina Faso)

 

 

http://www.rfi.fr/afrique/20180306-attaque-ouagadougou-procureure-point-enquete

Double attaque de Ouagadougou: la procureure fait un premier point sur l’enquête

 

Ouagadougou : la revendication du GSIM peine à convaincre dans AC ! Brest 2018-03-02t124738z_433181310_rc14cc8c8000_rtrmadp_3_burkina-security_1_0
De la fumée s’échappe d’un des lieux des attaques menés à Ouagadougou, le 2 mars 2018.
© REUTERS/Anne Mimault

 

Par RFI Publié le 06-03-2018 Modifié le 07-03-2018 à 09:02

Quatre jours après le double attentat meurtrier de Ouagadougou, la procureure du Faso Maïza Sérémé a fait pour la première fois ce mardi 6 mars un point sur l’enquête.

 

C’est bien par un bâtiment annexe à la chancellerie que les assaillants ont réussi à franchir l’un des murs d’enceinte de l’ambassade de France après avoir tué le gendarmes burkinabé de faction. Ils ont aussitôt été stoppés dans leur assaut  par les gendarmes de l’ambassade soutenus par les forces burkinabè. Maïza Sérémé  ajoute que l’autre militaire burkinabè tué par les terroristes était un homme non armé qui quittait les services du consulat.

La procureure confirme par ailleurs que la voiture berline gris clair qui a servi au transport des assaillants a été incendiée par l’un d’entre eux.

A l’état-major, selon les premiers éléments de l’enquête, ce sont quatre assaillants – et non pas cinq comme on l’a cru un moment – qui ont pris d’assaut le bâtiment. Deux sont arrivés en mobylette rouge, deux autres en voiture Nissan Almeira verte.

Pendant que trois des terroristes faisaient usage de leur kalachnikovs, de grenades et d’engins incendiaires, le quatrième homme au volant du véhicule a attendu qu’on lui ouvre le portail arrière pour faire sauter la Nissan contre un bâtiment où devait se tenir une réunion du G5 Sahel, indique Maïza Sérémé. Ces hommes étaient en civil, soulignent les enquêteurs, et portaient tous des bandeaux blanc autour de la tête où étaient écrits en arabe des slogans à la gloire d’Allah.

Encore des zones d’ombre

Des zones d’ombres demeurent sur la façon dont la voiture piégée a franchi la porte. Comment cette porte qui est intacte a-t-elle pu s’ouvrir de l’intérieur à un véhicule apparemment civil s’il n’y avait pas une complicité dans l’enceinte militaire ? Ou alors les terroristes ont-ils réussi à forcer le passage par une porte de service avant d’ouvrir ce fameux portail. Les enquêteurs n’excluent aucune complicité intérieure ou extérieure à l’armée.

De même, on ne connait pas encore l’identité ou la nationalité des terroristes ni la nature de l’explosif utilisé dans la voiture piégée. On en revient par ailleurs au bilan initial de huit militaires et huit assaillant tués, alors que le dernier faisait état de neuf assaillants et sept militaires tués.

L’enquête se poursuit. Huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, parmi lesquelles deux militaires, un ex-militaire radié et cinq civils. Les enquêteurs, qui devraient prochainement diffuser les portraits des terroristes, lancent un appel à témoin pour faciliter les investigations.

à lire aussi sur le même sujet: Ouagadougou, nouvelles révélations, nouvelles questions…

Plus d’une soixantaine de personnes ont été auditionnées, comme victime ou témoin
Maïza Sérémé
07-03-2018 – Par Frédéric Garat

 



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