Le terroriste et ses drames : toujours les mêmes responsables ?

 

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Affaire des paillotes

 

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L’affaire des paillotes est le nom donné à une affaire politico-juridique en Corse faisant suite à l’incendie nocturne d’une paillote servant de restaurant sur une plage et installée illégalement sur le domaine public maritime. L’enquête a démontré l’implication de plusieurs gendarmes dans l’incendie, ayant obéi sur ordre de leur hiérarchie et du préfet de Corse, Bernard Bonnet, en dehors de tout cadre légal.

Contexte

Début 1999, le préfet de Corse Bernard Bonnet, successeur de Claude Érignac, mort assassiné, souhaite mettre fin à l’installation illégale de paillotes sur le domaine public maritime, beaucoup d’entre elles étant la propriété de nationalistes corses et soupçonnées de servir à blanchir de l’argent ou à financer des actions criminelles. Le 9 avril 1999, suite à une décision judiciaire, il fait intervenir des bulldozers du génie militaire pour deux paillotes de la plage Mar e Sol dans le golfe d’Ajaccio mais doit reculer : des paillotiers et des nationalistes s’interposent ; François Léotard et le président de l’Assemblée de Corse, José Rossi, viennent leur apporter leur soutien. Yves Féraud, homme proche des milieux nationalistes et propriétaire de la paillote Chez Francis, organise le blocage du port. Le préfet accepte finalement de suspendre les destructions en échange de la promesse écrite de huit des propriétaires de raser eux-mêmes leurs constructions, à la fin de la saison touristique1.

Incendie de la paillote

Dans la nuit du 19 au 20 avril 1999, à une heure du matin, un incendie ravage la paillote Chez Francis d’Yves Féraud, construite dans l’illégalité en bord de mer, sur le domaine public maritime, plage de Cala d’Orzo au sud du golfe d’Ajaccio en Corse (France)2.

Enquête

Alertée, la gendarmerie de Pietrosella trouve sur place, après l’attentat, des tracts « Féraud balance des flics », laissés près de la paillote pour faire croire à un règlement de comptes entre Corses. Le 23 avril 1999, les militaires de la section des recherches de la gendarmerie d’Ajaccio qui ont pris le relais des gendarmes de Pietrosella découvrent certains objets3 (deux jerricans, une cagoule tachée de sang, et un « Corail », appareil de transmission radio de marque Alcatel réglé sur la fréquence du GPS, Groupe de pelotons de sécurité4) ensevelis dans le sable non loin de la paillote incendiée. Interrogé, le colonel Henri Mazères qui dirige la gendarmerie en Corse, explique que trois hommes du GPS étaient « en mission de surveillance » cette nuit-là, et, au moment où l’un d’entre eux, un capitaine, s’approchait du restaurant, le bâtiment s’est embrasé. « Effrayés, les gendarmes se sont enfuis en craignant une embuscade », selon le colonel, et le capitaine, blessé, a abandonné sa cagoule et son poste radio-émetteur. Le parquet d’Ajaccio, territorialement compétent, ordonne aussitôt une enquête préliminaire qui révèle que le capitaine Norbert Ambrosse, commandant le GPS, a été exfiltré pour être hospitalisé à l’hôpital Rangueil de Toulouse, pour des brûlures au second degré au visage, à la main et à une jambe. L’Inspection générale de la gendarmerie retrouve rapidement les trois hommes du GPS qui donnent plusieurs versions contradictoires au sujet des objets du GPS retrouvés sur la plage. Le 26 avril, le juge d’instruction Patrice Camberou met en examen et place en détention provisoire cinq militaires de la gendarmerie dont le capitaine Norbert Ambrosse et le colonel Mazères afin d’éviter tout maquillage de preuves et de collusion de témoins. Trois gendarmes du GPS reconnaissent avoir incendié volontairement la paillote sur ordre du colonel Mazères. Le préfet de Corse Bernard Bonnet est également placé en garde à vue et suspendu de ses fonctions. Le colonel de gendarmerie Mazères avoue lors d’un interrogatoire avoir incendié la paillote sur ordre de Bonnet5.

Le 3 mai 1999, le lieutenant-colonel Bernard Cavalier, chef d’état-major de la légion de gendarmerie, demande à être entendu par le juge d’instruction Patrice Camberou. Il lui explique que l’opération contre les paillotes a été commanditée, bien qu’il ait exprimé son opposition, par le colonel Mazères et que le préfet Bonnet était au courant, détenant la preuve de son implication grâce à l’enregistrement clandestin de leur conversation. Le soir, le préfet Bernard Bonnet et son directeur de cabinet Gérard Pardini sont placés en garde à vue et deux jours plus tard, mis en examen et écroués par le juge d’instruction Patrice Camberou pour « complicité de destruction de biens par incendie en bande organisée » ; Bonnet invoque la thèse du complot judiciaire6.

Le Premier ministre Lionel Jospin tente de minimiser l’affaire en déclarant devant les députés à l’Assemblée « c’est une affaire de l’État, et non une affaire d’État »7.

Le Président Jacques Chirac demande au gouvernement que « les faits soient éclaircis et les responsabilités établies ».

Procès et condamnations

L’affaire des paillotes est jugée le 19 novembre 2001 au tribunal correctionnel d’Ajaccio. Après trois semaines d’audience, le verdict tombe le 11 janvier 2002 : Bernard Bonnet, considéré comme l’instigateur des faits, est condamné à trois ans de prison, dont un ferme et trois ans de privation de ses droits civiques et civils ; Gérard Pardini, ancien directeur de cabinet à la préfecture, à 30 mois d’emprisonnement dont 6 fermes ; Henri Mazères, colonel de gendarmerie, à 30 mois dont 6 mois ferme. Le capitaine Norbert Ambrosse est condamné, à 18 mois dont 6 mois ferme. Les cinq sous-officiers sous ses ordres sont condamnés chacun à 18 mois d’emprisonnement avec sursis8.

Les condamnés font appel. Lors du procès devant la cour d’appel de Bastia, Bonnet prend un cinquième avocat, Jacques Vergès qui plaide. Selon ce dernier, l’opération paillote n’a été qu’une « manipulation barbouzarde » visant à « éliminer un préfet de Corse qui devenait gênant pour un gouvernement qui s’apprêtait à dialoguer avec les clandestins ». Le 15 janvier 2003 voit la confirmation de la condamnation en appel. Le 13 octobre 2004 marque le rejet du recours en cassation9,10. Dans un entretien publié par Le Monde daté du 13 octobre 2004, l’ancien préfet de Corse reconnaît sa responsabilité dans l’affaire des paillotes, il considère qu’il s’agissait d’un ordre « implicite mais non formalisé ». Lucien Felli avocat du gérant de la paillote Chez Francis estime alors que « l’État y trouve son compte ».

Mars 2005 marque le rejet du recours en grâce.

« Le tribunal a jugé, après analyse de la loi, que si l’État était bien propriétaire, selon lui, des constructions incendiées, puisqu’établies illicitement sur le domaine public maritime, cela ne pouvait cependant autoriser le préfet à ordonner la destruction des paillotes dans les conditions réalisées. En ce sens, les prévenus ont été condamnés solidairement à payer environ 17 600 euros de dommages-intérêts aux parties civiles pour les seuls meubles entreposés dans les immeubles qui, juridiquement, ne leur appartenaient pas. »

— Jean-Michel Dumay, Le Monde du 11 février 2002

Après cette affaire, les militaires ont trouvé une nouvelle affectation sur le continent8.

Documentaire télévisé

Notes et références

  1. Laurent Chabrun, Eric Conan, Fabrice Lhomme, Jean-Marie Pontaut, « Crise d’Etat » [archive], sur lexpress.fr, 6 mai 1999.
  2. Alain Bauer, Christophe Soullez, Une histoire criminelle de la France, Odile Jacob, 2012, p. 233.
  3. Henri Mazères, L’honneur bafoué d’un officier, Rocher, 2000, p. 28.
  4. Composé de 95 hommes, dont une moitié venant de l’escadron de gendarmerie mobile d’Ajaccio, le GPS fondé en juillet 1998 a pour missions le maintien de l’ordre, les opérations de renseignement, les interventions discrètes, la lutte contre le terrorisme et la traque des assassins du préfet Claude Érignac. Cet escadron d’élite est placé sous l’autorité de la légion de gendarmerie de Corse, dirigée par le colonel Henri Mazères, lui-même sous l’autorité du préfet. cf. Sylvie Maligorne, Duel au sommet, Seuil, 2001, p. 152
  5. Pierre Montagnon, Histoire de la gendarmerie, Pygmalio, 2014, p. 26-27.
  6. Bernard Bonnet, Le sang et le pilori, Archipel, 2005, p. 301.
  7. Christophe Deloire, Christophe Dubois, L’Enquête sabotée, Albin Michel, 2014, p. 57.
  8. a et b Gilbert Thiel, Magistrales insomnies, Fayard, 2005, p. 87.
  9. Crim. 13 octobre 2004, n° 00-86726 00-86727 01-83943 01-83944 01-83945 03-81763 [archive]
  10. Christian Lavialle, « L’affaire « des paillotes » et la domanialité publique », RFDA 2005, p. 105

Voir aussi

Bibliographie

  • Christophe Deloire, Christophe Dubois, L’Enquête sabotée, Albin Michel, 2014
  • Patrice Camberou et François Pottier, Daniel Blancou (dessin), Sous le feu corse. L’enquête du juge des paillotes, Futuropolis, 2016

Article connexe

 



Egypte : l’attentat annoncé ce matin par Jean-Marc Donnadieu

En effet, il y a maintenant 11 h, soit vers 9h30 ce matin, il avait posté sur Facebook :

 

 

Egypte : l'attentat annoncé ce matin par Jean-Marc Donnadieu dans Action Directe
youtube.com
Voici le nouveau film de divulgations au sujet des pyramides et autres sites sacrés ancestraux. Il s’agit…


Vendredi 28 décembre 2018 : l’attentat du jour s’est bien produit, cette fois en Egypte

 

https://www.bfmtv.com/international/egypte-des-victimes-apres-l-explosion-dans-un-bus-de-touristes-pres-des-pyramides-1599720.html

Égypte: au moins deux morts après une explosion dans un bus de touristes près des pyramides

 

28/12/2018 à 18h49
Les pyramides de Khéops et de Khephren (image d'illustration)

Les pyramides de Khéops et de Khephren (image d’illustration) – Mohamed el-Shahed – AFP

 

Deux touristes vietnamiens ont été tués dans l’attaque contre leur bus, selon le ministère de l’Intérieur égyptien. Dix personnes sont blessées.

 

Une explosion dans un bus de touristes au Caire, capitale de l’Égypte, a fait au moins deux morts et dix blessés vendredi, selon le ministère de l’Intérieur. Elle a eu lieu près du site des pyramides de Guizeh au Caire.

Deux touristes vietnamiens ont été tués dans l’explosion, selon les informations du ministère égyptien.

« Un engin explosif artisanal a explosé lors du passage d’un bus transportant 14 touristes vietnamiens », a précisé le ministère dans un communiqué. Le chauffeur et un employé d’une entreprise de tourisme ont également été blessés dans l’attaque. Les forces de sécurité ont été dépêchées sur place, a poursuivi le ministère.

Un récent regain du tourisme

L’Egypte a été la cible de nombreuses attaques menées par des groupes extrémistes, visant essentiellement les forces de sécurité et la minorité chrétienne copte. La sécurité a été renforcée dans les sites touristiques en Egypte, à la suite de ces attaques.

Le 31 octobre 2015, le groupe jihadiste État islamique (EI) a revendiqué un attentat à la bombe ayant coûté la vie aux 224 occupants d’un avion russe transportant des touristes russes après son décollage de Charm el-Cheikh, station balnéaire située dans le sud du Sinaï.

Cette attaque a porté un coup dur au tourisme en Egypte, secteur clé de l’économie, déjà touché par l’instabilité politique depuis le soulèvement populaire de 2011 qui a provoqué la chute du président Hosni Moubarak. L’Egypte avait enregistré ces derniers mois un regain dans le secteur du tourisme, avec 8,2 millions de visiteurs en 2017, selon les chiffres officiels. Mais le pays est encore loin des 14,7 millions de touristes de 2010.

Sa. V avec AFP


Terrorisme : encore un gendarme très suspect… et des projets avortés…

Un gendarme a été arrêté et placé en garde à vue à Paris le 23 décembre dernier pour avoir transporté des explosifs sans autorisation.

Or, nous ne l’apprenons qu’aujourd’hui, alors que l’affaire Benalla de cette fin d’année a eu le temps de bien se développer.

Quels étaient les projets de ce gendarme pour Noël ? Préparait-il le « cadeau » que certains m’avaient promis ?

Pourquoi Jean-Marc Donnadieu a-t-il repris ses curieuses visites quotidiennes sur Satanistique précisément le jour de Noël, après y avoir mis un terme très certainement mûrement réfléchi le 9 décembre 2018, tout juste un an après leur début ?

Manifestement, il ne s’est pas produit ce qu’il attendait pour Noël, il l’exprime sur Facebook avec ses chats :

https://www.facebook.com/jeanmarc.donnadieu

 

Jean-marc Donnadieu

Ça ne s’est pas super bien passé …

 

Jean-marc Donnadieu a partagé une publication.
7 h ·

Noël et ses drames…
Toujours les mêmes responsables…
https://www.facebook.com/JaimemonChat2017/videos/2137501356564752/

 

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2018/12/28/01016-20181228ARTFIG00118-un-gendarme-arrete-a-paris-alors-qu-il-transportait-des-explosifs.php

Un gendarme arrêté à Paris alors qu’il transportait des explosifs sans autorisation

  • Par  Etienne Jacob
  • Mis à jour le 28/12/2018 à 16:58
  • Publié le 28/12/2018 à 14:26
Un gendarme arrêté à Paris alors qu’il transportait des explosifs
Un gendarme a été mis en examen et placé en détention provisoire. Lors d’un contrôle de routine de la douane à la gare de Lyon à Paris, il a été arrêté alors qu’il transportait des explosifs.
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INFO LE FIGARO – L’individu, gendarme mobile à Maisons-Alfort, a été mis en examen et placé en détention provisoire. Ses motivations restent floues.

Le 23 décembre dernier, les agents de la douane ont fait une bien étrange découverte en gare de Lyon, à Paris. Lors d’un contrôle de routine, ils ont arrêté un homme, gendarme de profession, qui transportait des explosifs sur lui. L’individu s’est rebellé et a tenté d’éviter l’intervention des douaniers, en vain. Il a été placé en garde à vue dans le cadre d’une enquête confiée à l’Inspection générale de la Gendarmerie nationale (IGGN), selon une source judiciaire au Figaro.

» LIRE AUSSI – Attentats du 13 novembre, trois ans après: la philosophie au défi du terrorisme

Le suspect, né en 1989, a auparavant servi comme légionnaire, où il était spécialisé dans la manipulation des explosifs

Après 96 heures de garde à vue, durant lesquelles de nombreux interrogatoires ont été effectués, le suspect a été déféré au parquet et présenté à un juge d’instruction, ajoute la même source. Il a été mis en examen des chefs «d’opposition à l’exercice des fonctions d’un agent des douanes, rébellion, transport et détention sans motif légitime de produits ou engins explosifs, cession d’armes, munitions ou éléments de catégorie A, détournement ou dissipation par militaire d’armes ou d’objets remis lors du service». Ce vendredi, il a été placé en détention provisoire conformément aux réquisitions du parquet. Il a également été suspendu de ses fonctions, précise la gendarmerie nationale au Figaro.

» LIRE AUSSI – Gendarmerie: bientôt une empreinte olfactive pour identifier les criminels

Le suspect exerçait le métier de gendarme mobile à Maisons-Alfort (Val-de-Marne). Récemment, il a été dépêché à Calais, où les forces de l’ordre interviennent quotidiennement pour déloger les migrants installés illégalement sur zone. Selon une source bien informée, l’homme, né en 1989, a auparavant servi comme légionnaire, où il était spécialisé dans la manipulation des explosifs. Pour l’heure, ses motivations restent extrêmement floues. Mais, au vu des chefs d’accusation retenus, il pourrait notamment être impliqué dans une affaire de trafic d’armes.

Etienne Jacob
Auteur – Sa biographie


Vendredi 28 décembre 2018 : après les menaces djihadistes, celles d’Alexandre Benalla

Alexandre Benalla revient actuellement sur le devant de la scène comme il y était brutalement apparu cet été en période de vacances pour à peu près tout le monde.

Le temps de la polémique a certes pour effet de suspendre celui de l’action violente.

Pour autant, il n’est pas certain qu’il suffise à « conjurer le sort ».

L’arrestation des commanditaires qui se manifestent d’eux-mêmes sur le blog Luraghi serait certainement plus efficace.

 

https://www.huffingtonpost.fr/2018/12/26/alexandre-benalla-menace-de-devenir-le-sparadrap-de-macron_a_23627187/

26/12/2018 13:02 CET | Actualisé 26/12/2018 13:30 CET

 

Alexandre Benalla menace de devenir le sparadrap de Macron

 

« Je ne me tairai plus », met en garde l’ancien collaborateur du président.

"Je ne me tairai plus", menace Alexandre Benalla en accusant l'Elysée de vouloir le "salir".

Le HuffPost
« Je ne me tairai plus », menace Alexandre Benalla en accusant l’Elysée de vouloir le « salir ».

 

POLITIQUE – Homme de confiance du candidat Macron en 2017, persona non grata à l’Elysée en 2018, Alexandre Benalla pourrait bien devenir le sparadrap du président de la République en 2019. Limogé de ses fonctions en juillet et mis en examen pour « violences volontaires » après avoir participé à une interpellation musclée en marge des manifestations du 1er mai à Paris, l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron n’hésite plus à menacer directement par voie de presse l’entourage du chef de l’Etat, qu’il accuse de vouloir le « salir ».

« Je ne me tairai plus », a prévenu dans un communiqué transmis ce mercredi à l’AFP Alexandre Benalla en réaction à des « propos diffamatoires » tenus à son encontre par « certaines personnes de l’Élysée » suite à son récent déplacement au Tchad.

« Quelles que soient les démarches qu’entreprend M. Benalla, il n’est pas un émissaire officiel ou officieux de la présidence de la République. S’il se présentait comme tel, il est dans le faux », s’est senti obligé de préciser l’Élysée ce mardi, après la publication d’un article du Monde révélant que l’ancien collaborateur d’Emmanuel Macron l’avait précédé de quelques semaines au Tchad, accompagné « d’une demi-douzaine de personnes, par avion privé, réglant les frais par carte bleue ».

« Je suis allé au Tchad, accompagnant une délégation économique étrangère dans le cadre d’investissements », se défend ce mercredi Alexandre Benalla, assurant que « l’ensemble des frais concernant ce voyage a été pris en charge par le chef de cette délégation ». Se sentant lâché par la présidence et convaincu que « le but ultime » de ces dernières informations « est de saccager (ses) vies familiale et professionnelle », l’ancien chargé de mission de l’Elysée entend désormais « charger (ses) avocats de saisir le procureur de la République ».

Et menace de ne plus retenir ses coups. « Certaines personnes au plus haut sommet de l’Etat souhaitent me faire taire ou me neutraliser », s’étrangle-t-il auprès de BFMTV.

Quand Benalla et Macron s’épargnaient

Un changement de ton notable alors qu’Alexandre Benalla avait jusqu’ici pris soin d’épargner l’Elysée et le président de la République dans ses déclarations publiques, tout particulièrement lors de son audition ultra-médiatisée devant la commission d’enquête du Sénat. En retour, Emmanuel Macron s’est lui aussi toujours montré compatissant à l’égard de son ancien directeur de cabinet adjoint, excluant d’en faire un « fusible » de sa présidence.

« S’il y a un responsable, il est devant vous, qu’ils viennent le chercher », avait lancé le chef de l’Etat en juillet en pleine affaire Benalla. En novembre, le même Emmanuel Macron concédait que les faits reprochés à son ex-collaborateur étaient « graves » tout en jugeant qu’ils ne méritaient pas que son ex-garde du corps soit voué aux gémonies. « Il a fait des fautes. Est-ce qu’il mérite d’être traité comme le plus grand criminel en liberté? Je n’en suis pas sûr, il faut penser que les gens ont leur vie, leur famille », plaidait-il alors.

Problème: ces déclarations n’ont fait qu’alimenter les soupçons de l’opposition, convaincue que l’Elysée n’a jamais coupé les ponts avec Alexandre Benalla, voire même couvrirait ses agissements. « Monsieur Benalla est une personne qui ne compte pas mais qui est toujours là où il ne faut pas! », a ironisé sur LCI le député de la France insoumise Eric Coquerel, dont le parti n’a eu de cesse de réclamer « la vérité sur cette affaire ». « Toute la clarté doit être faite dans cette affaire », a également estimé la porte-parole des Républicains Laurence Sailliet pour qui la parole d’Alexandre Benalla n’est plus fiable.

Même le président de l’UDI, Jean-Christophe Lagarde, juge « malsain » qu’Alexandre Benalla menace « le président de la République comme s’il avait quelque chose à révéler ».

Un feuilleton sans fin

A tort ou à raison, Emmanuel Macron demeure donc toujours exposé aux moindres gestes et déclarations de son ancien collaborateur, et ce potentiellement jusqu’à la fin de son quinquennat. « Benalla est désormais une fièvre récurrente du macronisme. Pour ne pas avoir voulu immédiatement s’en démarquer, Emmanuel Macron est contraint de faire face régulièrement à ce personnage sur lequel les médias feuilletonneront en continu », anticipe le spécialiste en communication politique Florian Silnicki .

Un feuilleton alimenté régulièrement par les rebondissements de l’enquête judiciaire en cours, mais aussi par la personnalité provocatrice d’Alexandre Benalla et son refus de faire profil bas depuis son limogeage de la présidence de la République. Les révélations sur son selfie avec un pistolet (à eau?) en pleine campagne présidentielle ou ses rencontres avec le sulfureux homme d’affaires Alexandre Djouhri sont autant de sources d’embarras pour le chef de l’Etat, qui peine à se désembourber de la crise des gilets jaunes.

Ce mercredi, l’Elysée a encore dû corriger des propos de l’ancien chargé de mission, qui affirmait avoir prévenu la présidence de son déplacement au Tchad. Non, Alexandre Benalla « n’a pas informé l’Élysée de ses déplacements avant de les effectuer, mais uniquement de manière récente la semaine dernière », a précisé l’entourage d’Emmanuel Macron.

Une communication à vue qui pourrait une fois encore se retourner à terme contre l’Elysée. Car pourquoi Alexandre Benalla a-t-il tenu informé son ancien employeur? L’Élysée n’a pas fait de commentaires, évoquant simplement l’hypothèse qu’il ait « eu vent des mêmes rumeurs de presse que nous-mêmes ». De son côté, l’ancien chargé de mission ne décolère pas et accuse dans L’Express les conseillers du président de communiquer « sur la base de rumeurs »: « Est-ce qu’on gouverne avec des rumeurs? Ils vont désormais faire un communiqué à chaque fois qu’il y a une rumeur me concernant? ». Pas sûr que la présidence de la République ait beaucoup d’autres choix.

 

https://www.lexpress.fr/actualite/politique/benalla-menace-de-poursuites-par-le-quai-d-orsay_2055027.html

Benalla menacé de poursuites par le Quai d’Orsay

 

Par LEXPRESS.fr avec AFP , publié le 28/12/2018 à 07:33 , mis à jour à 17:53

Le ministère des Affaires étrangères étudie "les suites à donner, y compris judiciaires" à la rétention et l'utilisation des passeports diplomatique d'Alexandre Benalla (image d'illustration).

Le ministère des Affaires étrangères étudie « les suites à donner, y compris judiciaires » à la rétention et l’utilisation des passeports diplomatique d’Alexandre Benalla (image d’illustration).
REUTERS/Gonzalo Fuentes

 

Le ministère des Affaires étrangères soupçonne l’ex-chargé de mission de l’Élysée d’utiliser les passeports qu’il aurait dû rendre.

 

Alexandre Benalla doit rendre ses passeports, sinon… Le Quai d’Orsay a confirmé jeudi soir avoir demandé à l’ex-chargé de mission de l’Elysée reconverti dans le « consulting » de remettre les deux passeports diplomatiques qui lui ont été délivrés.

EXCLUSIF >> La colère de Benalla contre l’Élysée

Sans succès, selon Mediapart, qui révélait le même jour que c’est l’un de ces sésames qui aurait facilité les nombreux voyages d’Alexandre Benalla à l’étranger, notamment dans des pays africains. Assez pour que le ministère des Affaires étrangères dise jeudi dans un communiqué « examine[r] les suites à donner, y compris judiciaires » à cette rétention et cet usage indus de documents officiels.

« Le ministère de l’Europe et des affaires étrangères a demandé à Alexandre Benalla, par lettre recommandée du 26 juillet 2018, de restituer les deux passeports diplomatiques en sa possession (émis respectivement le 20 septembre 2017 et le 24 mai 2018) », a précisé la diplomatie française dans un tweet jeudi.

LIRE AUSSI >> Benalla au Tchad : la polémique en 4 actes

« Cette lettre a été retirée le 6 août 2018, par une personne munie d’un pouvoir d’Alexandre Benalla », poursuit le Quai d’Orsay, qui précise que l’ex- directeur adjoint de cabinet « s’était engagé par écrit le 23 mai 2018 à restituer ces documents à la fin des fonctions qui en justifiaient l’attribution ».

Benalla s’était engagé à rendre ses passeports

Lors de son audition sous serment devant une commission d’enquête du Sénat le 19 septembre, Alexandre Benalla avait confirmé qu’il disposait de deux passeports diplomatiques lorsqu’il travaillait à la présidence. Interrogé sur le fait de savoir s’il avait restitué ses deux passeports, il avait répondu : « Ils sont au bureau que j’occupais à l’Elysée donc je pense que l’Elysée a dû s’en occuper ».

Selon Mediapart, Alexandre Benalla utilise toujours le passeport délivré le 24 mai 2018, soit deux semaines après sa mise à pied à l’Élysée consécutive aux événements du 1er mai. Ce passeport a été « utilisé ces dernières semaines pour entrer dans différents pays africains ainsi qu’en Israël », selon le média en ligne qui cite « des sources sécuritaires ».

« Le passeport, qui porte la référence 17CD09254, est valide jusqu’au 19 septembre 2022″, précise encore Mediapart. Interrogé par Le Monde après la révélation de sa rencontre avec le président tchadien Idriss Déby, Alexandre Benalla avait confirmé avoir visité « une dizaine de pays en Afrique ».

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2018/12/28/passeports-de-benalla-opposition-et-majorite-demandent-des-comptes-a-l-elysee_5403115_823448.html

Passeports diplomatiques de Benalla : opposition et majorité demandent des comptes à l’Elysée

 

Le nouveau chapitre dans « l’affaire Benalla » irrite jusque dans la majorité, où la députée LRM Cendra Motin parle de « faute des services de l’Elysée ».

Le Monde avec AFP et Reuters Publié aujourd’hui à 13h17, mis à jour à 13h50

Ni les mises au point de l’Elysée ni le communiqué du Quai d’Orsay ne semblent avoir convaincu. A droite comme à gauche et dans la majorité, on entendait ouvrir, vendredi 28 décembre, un nouveau chapitre dans l’affaire Benalla.Selon nos informations et celles de Mediapart, M. Benalla, malgré sa mise à pied liée aux violences du 1er mai, continue de voyager avec un passeport diplomatique émis le 24 mai. C’est en effet avec un tel document qu’il a voyagé dans certains pays d’Afrique, en tant que « consultant » (comme il définit aujourd’hui ses nouvelles fonctions) en novembre et en décembre.

Il avait pourtant affirmé, sous serment devant la commission d’enquête du Sénat en septembre, avoir laissé ce document dans son bureau de l’Elysée. Le Quai d’Orsay a, par ailleurs, expliqué dans un communiqué que les documents lui avaient été officiellement réclamés le 26 juillet, soit après son licenciement.

Dès l’éviction de M. Benalla, l’Elysée a « demandé aux administrations compétentes […] que ces passeports soient restitués et ne puissent plus être utilisés », a confirmé vendredi la présidence. Celle-ci « ne dispose à ce stade d’aucune information remontée par les services de l’Etat concernés sur [leur] utilisation », précise le communiqué.

Nos informations : Voyage au Tchad : Alexandre Benalla s’est reconverti dans la diplomatie privée en Afrique

 

« C’est très grave »

Mais l’opposition exige désormais plus d’explications, suggérant le maintien de liens opaques entre la présidence et l’encombrant Alexandra Benalla. « On est très interrogatifs sur le scénario qui est présenté publiquement aujourd’hui, c’est-à-dire ce conflit qui subitement opposerait M. Benalla à M. Macron », a déclaré vendredi sur RTL Gilles Platret, porte-parole des Républicains. « La justice doit se saisir de cette nouvelle affaire », a-t-il insisté. « C’est au président de dire la vérité sur cette affaire, c’est très grave. Il y a mensonge et dissimulation », a renchéri sur LCI Laurence Sailliet, autre porte-parole des Républicains.

« Cela peut devenir un danger pour la République », a lancé le premier secrétaire du PS, Olivier Faure, sur Europe 1 :

« Il est de notoriété publique qu’il continue de se balader dans l’Afrique entière, et malgré cela l’Elysée ne vérifie pas qu’il a bien rendu ses passeports diplomatiques, qui lui donnent une sorte de sésame. C’est profondément inquiétant, soit sur l’amateurisme de cette présidence, soit sur le double langage qu’elle continue d’avoir. »

Pour Sébastien Chenu, porte-parole du Rassemblement national (RN), « Alexandre Benalla n’est pas complètement sorti de l’orbite élyséenne ». Cette affaire n’aura pas de fin « tant que l’Elysée ne nous aura pas dit la vérité », a-t-il lancé sur BFM-TV.

Eric Coquerel, député La France insoumise (LFI) veut, quant à lui, demander de « rouvrir une commission d’enquête à l’Assemblée nationale sur tous les tenants des affaires Benalla. Ce serait un minimum dans une démocratie normale ». « Ça suffit ! Je crois qu’à un moment ou à un autre il faudra qu’[Emmanuel Macron] s’exprime sur le sujet », a aussi estimé Jean-Christophe Lagarde, le chef de file des députés UDI-Agir.

« Faute » de l’Elysée

Des élus de la majorité ont, eux aussi, demandé vendredi des éclaircissements. « Il faut récupérer ces passeports », a réclamé sur Franceinfo la députée La République en marche (LRM) Cendra Motin. « Il y a clairement une faute des services de l’Elysée, qui sont d’ailleurs actuellement en pleine refonte », a-t-elle déploré, évoquant « un dysfonctionnement grave ».

« Il a reçu un courrier qui exigeait qu’il remette ses passeports, courrier qu’il a d’ailleurs retiré puisqu’on sait que l’accusé de réception a bien été retiré à La Poste. (…) C’est lui qui est en faute en les ayant gardés », a jugé, pour sa part, le sénateur LRM Julien Bargeton sur BFM-TV. « Si la commission d’enquête [du Sénat] souhaite rouvrir le cas, elle est libre (…) parce que, visiblement, Alexandre Benalla aurait peut-être menti », a-t-il ajouté. Le député LRM Bruno Questel a, lui, demandé sur LCI « une enquête administrative du ministère des affaires étrangères ».

L’ex-homme de confiance d’Emmanuel Macron avait été mis à pied quinze jours, du 4 au 22 mai, pour avoir molesté des manifestants en marge des rassemblements du 1er-Mai à Paris. Mis en examen en juillet, notamment pour « violences volontaires » à la suite de la diffusion d’enregistrements vidéo des faits par Le Monde, il avait fait l’objet d’une procédure de licenciement de l’Elysée le 20 juillet.

Comprendre : Les personnages-clés de l’affaire Benalla

 

Depuis, la publication spécialisée La Lettre du continent puis Le Monde ont révélé qu’Alexandre Benalla s’était reconverti « dans les affaires africaines » et qu’il avait notamment été reçu par le président tchadien, Idriss Deby, au début de décembre, quelques semaines avant la visite officielle d’Emmanuel Macron à N’Djamena, les 22 et 23 décembre. L’Elysée souligne qu’Alexandre Benalla, 27 ans, n’est en rien « un émissaire officiel ou officieux » du chef de l’Etat. Le directeur du cabinet du président de la République, Patrick Strzoda, a adressé le 22 décembre une lettre sommant l’intéressé de clarifier ses activités, particulièrement celles qu’il exerçait lorsqu’il était encore en fonction à l’Elysée.

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2018/12/28/97001-20181228FILWWW00168-passeports-benalla-le-drian-va-saisir-le-procureur-de-la-republique.php

Passeports diplomatiques de Benalla: Le Drian va saisir le procureur de la République

 

  • Par  Le Figaro.fr avec AFP
  • Mis à jour le 28/12/2018 à 17:54
  • Publié le 28/12/2018 à 17:26

Le ministre des Affaires Etrangères Jean-Yves Le Drian va saisir le procureur de la République après des informations de presse sur l’utilisation d’un passeport diplomatique par l’ancien conseiller de l’Elysée Alexandre Benalla, a annoncé aujourd’hui son ministère.

» LIRE AUSSI - Alexandre Benalla n’aurait pas restitué ses passeports diplomatiques

« Le ministre a décidé de saisir le procureur de la République sur le fondement de l’article 40 du code de procédure pénale » qui enjoint tout représentant des autorités de le faire s’il a connaissance d’un crime ou d’un délit, selon le communiqué du ministère, qui précise avoir demandé à deux reprises la restitution des deux passeports diplomatiques délivrés à Benalla.

Les révélations cette semaine sur un voyage d’affaires de Benalla au Tchad au cours duquel il aurait utilisé un passeport diplomatique fourni avant son limogeage de l’Elysée ont plongé le gouvernement dans l’embarras et poussé l’opposition à faire feu nourri pour réclamer des explications.

L’Elysée et le Quai d’Orsay affirment n’avoir aucune information sur l’éventuelle utilisation d’un des passeports diplomatique de Benalla.  »Toute utilisation de ces passeports (diplomatiques) postérieure à la fin des fonctions qui avaient justifié l’attribution de ces documents serait contraire au droit », affirme le Quai d’Orsay, qui précise avoir demandé par courrier recommandé à deux reprises – en juillet et septembre – la restitution des documents à Benalla.

Le Figaro.fr avec AFP

 

https://www.nouvelobs.com/politique/20181227.OBS7667/les-mysterieuses-activites-de-consulting-d-alexandre-benalla-en-afrique.html

Les mystérieuses activités de « consulting » d’Alexandre Benalla en Afrique

 

Les mystérieuses activités de "consulting" d'Alexandre Benalla en Afrique

Le président français Emmanuel Macron (à droite) serre la main d’Alexandre Benalla (C), haut responsable de la sécurité de l’Elysée, lors d’une visite au 55e Salon de l’Agriculture, Porte de Versailles, à Paris, le 24 février 2018. ((STEPHANE MAHE / POOL / AFP))

 

En « reconversion professionnelle », l’ex-chargé de mission de la présidence rencontre des intermédiaires, des autocrates africains et agace encore et toujours l’Elysée.

 

Par L’Obs

Publié le 27 décembre 2018 à 12h58

« Aujourd’hui, je fais du consulting. J’ai une dizaine de pays en Afrique », se targue Alexandre Benalla auprès du « Monde ». Licencié en juillet par l’Elysée, mis en examen notamment pour « violences volontaires » à la suite des violences qu’il a commises en marge du 1er-Mai, muni d’un casque et d’un brassard de police, l’ex-chargé de mission de la présidence a bien rebondi. Lui qui se disait chez « Pôle emploi » lors de son audition par la commission d’enquête du Sénat en septembre, niant s’être reconverti comme garde du corps d’une star de la télé-réalité ou comme patron d’une société au Maroc, s’est trouvé une nouvelle vocation…

« Le Monde » a enquêté sur ses activités en Afrique, principalement francophone. L’encombrant ex-collaborateur du président s’est notamment rendu au Tchad, où il a rencontré le président Idriss Déby, trois semaines avant la visite d’Emmanuel Macron auprès des troupes françaises pour le réveillon de Noël.

Un mystérieux voyage d’affaires susceptible de soulever de nombreuses interrogations, poussant l’Elysée à une clarification :  « Il n’est pas un émissaire officiel ou officieux de la présidence de la République. » 

Alexandre Benalla a, quant à lui, dénoncé des propos « diffamatoires » « sous-entendant » qu’il ait pu se « prévaloir d’une fonction, d’un titre, ou d’un pouvoir aux fins de démarchages professionnels ». Au moins les versions de l’Elysée et de son ex-collaborateur concordent sur ce point : aucune mission officielle ni officieuse pour le chef de l’Etat. Mais peu convaincue, l’opposition n’a pas manqué de s’interroger sur cet étonnant timing.

« Quand vous avez un ancien conseiller de l’Elysée qui va au Tchad une semaine avant le président, cela pose une question sur qui porte la diplomatie de notre pays et les institutions », a ainsi attaqué Valérie Rabault, la chef de fil des députés PS à l’Assemblée nationale, sur Europe 1, ce jeudi.

« Une coïncidence », balaye l’avocate de l’ex-garde du corps, Me Laffont.

Quel serait l’objectif de la rencontre avec le président tchadien Idriss Déby ?

Alors qu’a donc fait Alexandre Benalla au Tchad ? Pourquoi a-t-il rencontré le président tchadien Idriss Déby ? « Le Monde » révèle de nouveaux détails sur cette visite dans une enquête publiée ce jeudi. On y apprend que le jeune homme de 27 ans a été reçu par le président tchadien et par son frère, Oumar, patron de la direction générale de la réserve stratégique, qui a « la haute main sur les commandes d’équipements militaires du Tchad ».

L’entourage d’Alexandre Benalla a confirmé à « l’Express » que ce dernier a rencontré « pendant deux heures » le président tchadien qui aurait « découvert sa présence quand [Alexandre Benalla] est entré dans son bureau ». Il dément cependant avoir rencontré son frère.

Selon les informations du « Monde », le jeune « consultant » était cornaqué par un certain Philippe Hababou Solomon, « spécialiste de la diplomatie privée en Afrique pour le compte de gouvernements ». Un mentor qui « s’est piqué de former Alexandre Benalla ». Cet homme d’affaires aurait réglé les nuitées au Hilton, et Benalla serait ensuite reparti vers Istanbul, en Turquie, par avion privé.

Toujours d’après le quotidien du soir, qui citait des sources concordantes dans ses premières révélations du 24 décembre, les deux hommes étaient accompagné « d’une demi-douzaine de personnes, par avion privé, réglant les frais par carte bleue ».  »Une délégation de chefs d’entreprise étrangers, des grands patrons du Moyen-Orient », a expliqué l’intéressé à « l’Express ».

Des contacts « susceptibles de créer 3.000 emplois au Tchad, de construire des usines », dont il a refusé de dévoiler l’identité. En tant que « consultant », il aurait « signé des accords de confidentialité » avec ces « sociétés privées ».

Selon le « Monde », il s’agissait de quatre Turcs également cornaqués par Philippe Hababou Solomon pour le compte d’une société soudanaise de textile, Sur International, ainsi que Barer Holding « une joint-venture entre le Qatar et la Turquie ». Le véritable objectif de la délégation : « négocier la vente d’uniformes pour les forces de sécurité camerounaises et tchadiennes et discuter d’investissements du Qatar ».

Que faisait Benalla au Congo-Brazzaville et au Cameroun ?

Philippe Hababou Solomon et Alexandre Benalla s’étaient auparavant rendus au Congo-Brazzaville, en octobre, où ils auraient rencontré l’autocrate Denis Sassou-Nguesso, qui cumule plus de trente années à la tête de ce pays pétrolier d’Afrique centrale. Une rencontre que l’ancien chef de cabinet adjoint refuse de confirmer au « Monde ».

Leur jet se serait posé directement à Oyo, « le fief du clan présidentiel congolais ». Les deux hommes auraient logé à la résidence présidentielle réservée aux hôtes de marque et dîné avec le chef d’Etat congolais. Denis Sassou-Nguesso aurait été ravi de recevoir un « frère », franc-maçon comme lui, en qui il aurait aussi vu un possible moyen de faire passer des messages à Emmanuel Macron, même si l’Elysée assure avoir absolument coupé les ponts. Le directeur du cabinet du président de la République a même pris la plume pour écrire à Alexandre Benalla, selon nos confrères du « Monde », afin de lui « interdi[re] de se prévaloir d’une quelconque recommandation ou appui tacite de la présidence ».

Mais Sassou-Nguesso serait nostalgique d’une certaine Françafrique, « naguère plus arrangeante », se plaignant de la « froideur des conseillers Afrique d’Emmanuel Macron. Même nostalgie, assure le journal, chez Paul Biya, au pouvoir depuis trente-six ans au Cameroun, où s’est également rendu le duo. A Yaoundé, Benalla aurait rencontré le chef d’état-major et le directeur de cabinet de Paul Biya. Au Cameroun comme au Tchad, la délégation aurait tenté d’écouler des uniformes pour l’armée.

Qui est le mystérieux mentor de Benalla ?

Philippe Hababou Solomon, franco-israélien de 63 ans « spécialiste de la diplomatie privée en Afrique pour le compte de gouvernements », est l’ancien conseiller spécial de l’ex-président sud-africain Jacob Zuma.

Il loue aujourd’hui ses services au ministère des Affaires étrangères et à celui de la Défense du Qatar pour leur stratégie africaine, selon « le Monde ». Un « homme d’affaires décomplexé qui s’enorgueillit d’avoir rétabli des relations diplomatiques tchadiennes avec le Qatar et même Israël », et qui n’a guère besoin d’aide.

Mais ce  »vieux routier » se serait pris d’amitié pour le jeune Alexandre Benalla :  »Une connaissance commune m’a contacté après le scandale. Je ne l’ai rencontré qu’en novembre. Je cherche à préparer une coopération privée franco-turque en Afrique. Je l’ai pris en apprentissage non pas parce que c’est Benalla, mais parce qu’il est brillant », explique Philippe Hababou Solomon.  »Il peut m’être d’une grande aide car il connaît les rouages d’un Etat. »

Quel est le rôle de Benalla ?

L’ancien adjoint au chef de cabinet d’Emmanuel Macron est peut-être aussi à même de lui ouvrir pas mal de portes, même si l’Elysée jure qu’il n’a aucun contact avec Emmanuel Macron.  »Certains clients, plutôt étrangers, vont faire appel à ses services, convaincus qu’avec un ancien collaborateur du chef de l’Etat ils vont se rapprocher de Dieu », analyse ainsi un spécialiste de l’intelligence économique interrogé par « le Parisien ».

Parmi les autres « rouages » rencontrés par l’ex-garde du corps, l’homme d’affaires Vincent Miclet, l’ex-journaliste Marc Francelet, ou encore le journaliste Charles Villeneuve.

Alexandre Benalla a aussi reconnu avoir rencontré trois fois Alexandre Djouhri, l’intermédiaire qui attend à Londres son audience d’extradition réclamée par la justice française qui souhaite l’entendre sur son rôle dans le financement de la campagne de Nicolas Sarkozy en 2007 avec de l’argent libyen…

« J’ai voulu le voir, me faire mon avis », assume-t-il, après avoir démenti les informations de « Libération » dans un premier temps. « Je connais la loi. A ma connaissance son casier est vierge. Sulfureux pas sulfureux, je connais pas. Ce que je connais, c’est la loi. Il y a un certain racisme dans notre pays. Que ce soit lui ou moi, on est renvoyé à nos origines, une manière de dire que l’on n’est pas à notre place. »

 L. T.

L'Obs

L’Obs

 

https://www.lemonde.fr/international/article/2018/12/24/barcelone-en-alerte-apres-un-avertissement-americain-sur-un-risque-d-attentat_5401930_3210.html

Barcelone en alerte après un avertissement américain sur un risque d’attentat

 

La police espagnole a renforcé les mesures de sécurité dans les zones de grande affluence pour les fêtes de fin d’année.

Le Monde avec AFP Publié le 24 décembre 2018 à 19h16

Des passants devant un magasin du centre de Barcelone, le 10 mars 2016.

Des passants devant un magasin du centre de Barcelone, le 10 mars 2016. Albert Gea / REUTERS

La ville de Barcelone, déjà victime d’un attentat en 2017, était en état d’alerte, lundi 24 décembre, après un avertissement des autorités américaines au sujet d’un risque d’attaque terroriste pour les fêtes de fin d’année.

« Espagne : faites preuve d’une prudence accrue dans les zones où il y a des mouvements de véhicules y compris des bus, dans la zone des Ramblas de Barcelone à Noël et au premier de l’An », a écrit le bureau des affaires consulaires du Département d’Etat américain dimanche sur son compte Twitter. « Des terroristes pourraient commettre une attaque (…) et cibler des zones touristiques, de transports ou autres zones publiques », a-t-il ajouté.

A quelques heures du réveillon, les Barcelonais faisaient leurs dernières courses de Noël dans une relative tranquilité, mais la présence policière s’est intensifiée dans l’après-midi près des Ramblas, a constaté un journaliste de l’Agence France-Presse (AFP). Plusieurs véhicules de police étaient postés au début de la célèbre promenade, qui fut le théâtre en 2017 d’une attaque terroriste, et une trentaine d’agents étaient répartis entre cette zone et la place de Catalogne adjacente.

Niveau 4 sur 5 d’alerte terroriste

La police régionale des « Mossos d’Esquadra et le reste des forces de police travaillent sur cette menace », a assuré, lundi, sur la radio locale Rac1 le responsable régional de l’intérieur en Catalogne, Miquel Buch, en précisant qu’il s’agissait « d’une menace de plus » parmi d’autres.

Selon la presse locale, la police recherche un Marocain, titulaire d’un permis pour conduire des cars. Selon le quotidien El Periodico de Catalunya, cet homme aurait planifié de foncer dans la foule avec un autobus dans la deuxième ville la plus peuplée d’Espagne. Les médias notaient toutefois que les autorités ne savaient pas si cette personne se trouvait sur le territoire espagnol.

Contactée par l’AFP, la police régionale n’a pas confirmé ces informations, mais a reconnu « un renforcement ponctuel des mesures de sécurité dans les zones de grande affluence ». Un porte-parole du ministère espagnol de l’intérieur a, de son côté, souligné que le pays restait au niveau 4 sur 5 d’alerte terroriste fixé en 2015, mais que les mesures de sécurité avaient été renforcées le 11 décembre en raison des fêtes de fin d’année.

Les Ramblas de Barcelone avaient été la cible d’une attaque terroriste le 17 août 2017 lorsqu’un Marocain de 22 ans s’était lancé sur cette célèbre allée au volant d’une camionnette, provoquant la mort de 14 personnes. Il s’était ensuite enfui dans une voiture après en avoir tué le conducteur. Quelques heures plus tard, cinq de ses complices l’avaient imité, fauchant des passants dans la station balnéaire de Cambrils avant de les attaquer au couteau et de poignarder à mort une femme. Cette double attaque avait été revendiquée par l’organisation djihadiste Etat islamique.



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