Cybercriminalité : Jean-Marc Manach ou la comprenette tout à l’envers

Son « gentil troll » David Doucet, rédacteur en chef des Inrocks, vient d’être licencié pour faute grave tout comme son collègue François-Luc Doyez, rédacteur en chef adjoint de l’hebdomadaire, et c’est bien normal quand on sait tout ce que l’on a appris ces derniers temps, d’abord sur la Ligue du LOL, puis sur certains agissements au sein de leur rédaction, allant apparemment jusqu’à des piratages informatiques.

Publiera-t-il un nouvel article pour les défendre aussi sur la question de ces piratages informatiques ?

L’avenir dira s’il souhaite comme pour le trollage et autres « blagues » faites à des femmes multiplier les prises de position publiques en leur faveur.

En effet, il a déjà donné une interview très éloquente à ce sujet au mois de septembre dernier, d’où il ressort assez clairement et piteusement qu’il préfère violer l’intimité de la vie privée d’ingénieurs informaticiens tout à fait sérieux et compétents, ou soutenir les malades mentaux qui le font, comme les cybercriminels Pascal Edouard Cyprien Luraghi, Jean-Marc Donnadieu et autres « déconnologues » patentés, plutôt que de faire un vrai travail d’investigation journalistique.

Une vague d’attentats islamistes particulièrement meurtriers semant panique et terreur à travers le pays, c’est tellement plus fendard que de neutraliser cette poignée d’assassins…

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement/ligue-du-lol/ligue-du-lol-deux-journalistes-des-inrocks-licencies-pour-faute-grave_3213089.html

« Ligue du LOL » : deux journalistes des « Inrocks » licenciés pour faute grave

 

David Doucet, rédacteur en chef de l’hebdomadaire, et François-Luc Doyez, rédacteur en chef adjoint, ont été notifiés de leur licenciement dans le courant de la semaine. Ils avaient été mis à pied après la publication, le 8 février, d’un article de « Libération ».

 

La direction des \"Inrocks\" justifie ces licenciements notamment par l\'impact négatif sur \"l\'image\" du journal et par la \"crédibilité journalistique\" des deux intéressés.

La direction des « Inrocks » justifie ces licenciements notamment par l’impact négatif sur « l’image » du journal et par la « crédibilité journalistique » des deux intéressés. (FRANCOIS GUILLOT / AFP)

Deux journalistes des Inrockuptibles mis en cause dans l’affaire de la « Ligue du LOL » ont été licenciés pour « faute grave », a appris franceinfo de source proche de la direction de l’hebdomadaire, confirmant une information de Libération. David Doucet, rédacteur en chef, et François-Luc Doyez, rédacteur en chef adjoint, ont été notifiés de leur licenciement dans la semaine. Ils avaient déjà été mis à pied après la publication, le 8 février, d’un article de « Libération ».

Selon Libération, la direction des Inrocks justifie ces licenciements par l’impact négatif sur « l’image » du journal et par la « crédibilité journalistique » des deux intéressés au sein de la rédaction. La direction reproche également à ses deux employés des comportements non-professionnels dans l’exercice de leur fonction hiérarchique. De nombreux agissements ont notamment été détaillés dans un article de Mediapart (article payant) à la mi-février.

Peu après les révélations concernant la « Ligue du LOL », David Doucet avait publié des excuses publiques sur Twitter. « Cette libération de la parole m’a surtout fait prendre conscience que je comptais parmi les bourreaux. (…) Je mesure aujourd’hui la dégueulasserie de mes actes et je n’ai pas d’excuses pour cela », avait-il posté le 10 février.

 

 

https://www.inaglobal.fr/numerique/article/les-journalistes-ont-besoin-des-hackeurs-10271

« Les journalistes ont besoin des hackeurs »

 

Article  par  Vincent BRESSON  •  Publié le 14.09.2018  •  Mis à jour le 27.02.2019
Jean-Marc Manach

 

Les outils numériques apportent aux rédactions une aide précieuse dans la collecte d’informations. Les hackeurs, bidouilleurs informatiques, s’inscrivent parfois dans un travail journalistique. Entretien avec Jean-Marc Manach, journaliste d’investigation sur les liens entre hackeurs et journalistes.

 

Comment expliquer le rapprochement entre journalistes et hackeurs ces dernières années ?

Jean-Marc Manach : Il y a 20 ans quand j’ai commencé le journalisme sur Internet j’ai tout de suite compris que les hackeurs étaient du côté de la solution et pas du problème. C’est grâce à des hackeurs et sous leur influence que j’ai développé à la fois des compétences en matière de sécurité informatique et d’investigation en ligne. J’ai pu commencer à aborder l’état d’esprit, la façon de travailler sur Internet : chercher des failles de sécurité, trouver des solutions, expérimenter, bidouiller et apprendre de mes erreurs.
Cela reste un phénomène minoritaire, mais il y a de plus en plus de journalistes qui arrêtent de considérer qu’un hackeur c’est un criminel qui met des masques d’Anonymous et des gants pour ne pas laisser ses empreintes digitales sur un ordinateur.
Sur Google Images, quand vous tapez « hackeur », le résultat est caricatural et méprisant à un point ! Depuis l’affaire Snowden, ce qui a changé c’est qu’un nombre non négligeable de journalistes commence à comprendre qu’il faut sortir de la caricature. Le problème c’est qu’une majorité d’entre eux continue néanmoins à propager cette image. Mais avec l’essor du data journalisme, de plus en plus de journalistes comprennent qu’il faut travailler avec des développeurs, et avoir des compétences en informatique et en code. Ils découvrent que les hackeurs et les développeurs ne sont pas uniquement des ingénieurs informaticiens, et qu’on a besoin d’eux.
Pendant longtemps, Internet était considéré comme un problème et on ressent encore les effets de cette représentation. On voyait ça comme quelque chose de compliqué, de technique. Donc les gens et pas seulement les journalistes, avaient peur d’Internet et des hackeurs qui, dans l’imaginaire collectif, sont des gens qui maîtrisent Internet.

 

Que cherchent les journalistes en sollicitant des hackeurs ? Que cherche le hacker réalisant un travail journalistique ?
 
Jean-Marc Manach : Je ne sais pas si les hackeurs ont besoin des journalistes. Par contre, les journalistes ont besoin des hackeurs. Qu’est-ce qu’un journaliste peut y gagner ? D’abord une meilleure compréhension du fonctionnement d’Internet, donc, de la façon d’y trouver des informations, de les recouper et de repérer les bons outils. Je me souviens des premiers cours que je donnais à des journalistes, ils ne savaient pas si l’information qu’ils cherchaient était disponible sur Internet. Ils étaient complètement perdus. Alors que si l’information existe, je peux la trouver. C’est moi qui contrôle l’ordinateur. C’est moi qui suis aux commandes. La majorité des utilisateurs sont contrôlés par leurs ordinateurs qui les empêchent de faire des choses avec des « logiciels privateurs », selon l’expression de Richard Stallman. Car quand vous n’avez pas le droit d’examiner le code source d’un logiciel, ce qui est le cas de Windows par exemple, vous êtes contrôlés par le logiciel.
Le journaliste peut donc gagner de l’aisance dans sa façon de travailler, avec plus d’outils et plus de pouvoir. Et je ne vous parle même pas en termes de protection des sources. Si vous êtes journaliste d’investigation, vous avez le devoir de protéger vos sources. Et pour pouvoir le faire, il faut savoir comment fonctionne un ordinateur, comment fonctionne Internet. Ça ne sert à rien d’acheter une porte blindée si vous laissez la fenêtre ouverte. Le problème, c’est que la majeure partie des gens pense qu’il suffit d’installer un antivirus ou un logiciel de chiffrement pour pouvoir protéger ses sources. Alors que vous risquez de faire des erreurs si vous ne maîtrisez pas le fonctionnement de vos terminaux et d’Internet. On peut avoir un faux sentiment de sécurité. Donc un hacker a énormément de choses à apporter aux journalistes.

 

Pourquoi certains hackeurs comme Bluetouff avec le site reflets.info ou l’équipe de ThinkerView se lancent-ils dans un travail journalistique ?
 
Jean-Marc Manach : Reflet.info est parti d’une discussion entre Kitetoa et Bluetouff [respectivement Antoine Champagne, journaliste, et Olivier Laurelli, hackeur, NDLR], qui constataient un vide dans le paysage médiatique français sur les sujets qu’ils traitent. Constat avec lequel j’étais et je suis toujours d’accord.
ThinkerView, c’est pareil. Ils sont partis de l’idée que la majeure partie des journalistes se contentent de « servir de la soupe ». Ce n’est pas en faisant des interviews pendant trois minutes qui vont être coupées pour passer aux JT de 20 h qu’on va comprendre un phénomène. Sur ThinkerView, une interview prend souvent une heure. Ils prennent le temps de poser des questions. Si la réponse ne suffit pas, elle sera posée à nouveau. Dans les deux cas ils n’ont pas besoin de journalistes. ThinkerView est animé par quelqu’un qui n’est pas journaliste. Antoine Champagne, c’est un journaliste qui s’est associé avec un hackeur parce qu’il pensait qu’il y avait un vide sur la question d’Internet.

En France il n’y a pas énormément de journalistes qui comprennent et maîtrisent Internet
Dans la presse anglo-saxonne, on a des journalistes qui maîtrisent la matière première qu’ils traitent dans le domaine informatique. Alors qu’en France il n’y a pas énormément de journalistes qui comprennent et maîtrisent Internet.

 
 
Peut-on parler d’une spécificité française dans les relations entre journalistes et hackeurs ?
 
Jean-Marc Manach : La spécificité réside dans l’histoire du CCCF (le Chaos Computer Club France). À la fin des années 1980, les services de renseignements américains découvrent que quatre hackeurs allemands sont payés par le KGB pour espionner les ordinateurs de l’OTAN. Ils sont arrêtés. Et là c’est un séisme dans le monde du renseignement occidental. On est en pleine guerre froide et les services de renseignements découvrent que des « adulescents », petits génies de l’Internet, peuvent travailler pour le KGB. Donc ça change la donne en matière de contre-espionnage. Et la DST, le service de contre-espionnage français, ne trouve rien de mieux à faire que créer le CCCF pour attirer les jeunes hackeurs français et éviter qu’ils ne se retrouvent dans les griffes du KGB. Plus personne en France ne va se définir comme hackeur ou se réclamer du hacking, car c’est prendre le risque d’avoir les services de renseignements aux fesses.
La spécificité française c’est donc ça : le mot hackeur est devenu tabou. Il a fallu attendre 2007 pour qu’un premier festival utilise le mot « hackeur » en France : le Hacker Space Festival. Mais ce mot a été tabou pendant près de 20 ans. À cause de ce qui s’est passé avec le CCCF. C’est ce qui fait qu’on a cette imagerie populaire du hackeur comme un criminel.
 Quand le mot hackeur est utilisé dans les médias, c’est pour définir des comportements criminels  Cent pour cent des djihadistes se réclament de l’islam. Ça ne veut pas dire que 100 % des musulmans sont des terroristes. C’est la même chose avec les hackeurs. La quasi-totalité des hackeurs sont bien intentionnés. Ce ne sont pas des délinquants, ils ne font pas des choses hors-la-loi. Si depuis l’affaire Snowden, la tendance a un peu évolué, aujourd’hui encore, la majeure partie du temps, quand le mot hackeur est utilisé dans les médias c’est pour définir des comportements délinquants ou criminels. C’est une aberration totale !
Il y a un autre congrès de sécurité informatique en France, le SSTIC. C’était organisé [à l’origine] dans l’enceinte même d’une caserne militaire, à l’École des transmissions à Rennes. Aux États-Unis les colloques de hackeurs s’organisaient dans des hôtels à Las Vegas et ils avaient un jeu : d’identifier qui était l’agent du FBI ou de la NSA. En Allemagne, le Chaos Communication Camp était organisé dans d’anciennes bases militaires de la RDA, avec un esprit de contre-culture. En France, la moitié des gens était en uniforme. Il y a une sorte de consanguinité avec l’armée ou la police. Et du coup, peu de journalistes ont eu l’occasion de discuter avec les hackeurs de manière sérieuse en France.

 

Existe-t-il une prise de conscience en matière de sécurité informatique au sein des journalistes ?
 
Jean-Marc Manach : Le premier site que j’ai créé pour expliquer comment sécuriser ses conversations sur Internet, j’ai dû le concevoir en 1999 ou 2000. Nous sommes en 2018, Edward Snowden est sorti du bois en 2013 et il a fallu attendre l’année dernière pour que l’École supérieure de journalisme de Lille me demande de former l’ensemble de sa promo de première année. L’an passé, une étude, basée sur un questionnaire envoyé aux 14 écoles reconnues par la profession, a révélé que, sur les 11 répondants, 4 proposaient une « sensibilisation » théorique à travers des cours non spécifiques, 4 des conférences de quelques heures, et 3 (CFJ, ESJ et EJDG) des formations d’au moins deux voire quatre jours. Cinq ans après le début des révélations Snowden, c’est juste hallucinant ! Cette formation devrait être un prérequis dans toutes les écoles de journalisme. Mais aussi dans les écoles de médecine, d’ingénieurs … Il y a de nombreux métiers soumis au droit de réserve et où l’on doit protéger des données.
Concernant les rédactions, avant les révélations d’Edward Snowden, aucune ne m’avait demandé de dispenser des formations internes. Depuis, ça a dû arriver deux fois dans des petites rédactions, il y en a une qui m’a donné deux heures et l’autre une matinée … Ça fait des années que sur les catalogues de formation continue pour les journalistes, il y a des formations à la sécurité informatique, mais aucune rédaction ne les achète. Mais ce qui a un petit peu changé, c’est que les journalistes, d’eux-mêmes, apprennent. L’information est aujourd’hui disponible.

 

Quelle en est la cause, selon vous ?
 
Jean-Marc Manach : « Faites ce que je dis, pas ce que fais. » Beaucoup de journalistes se scandalisent sur les révélations d’Edward Snowden sans comprendre de quoi il retourne exactement, et pour autant, ils ne vont pas faire l’effort d’apprendre à se protéger. C’est de l’inconscience totale, de la paresse intellectuelle, de la faute professionnelle. Je ne dis pas que tous les journalistes devraient apprendre. Tous n’ont pas vocation à faire de l’investigation et donc intérêt à savoir protéger leurs sources.
Mais depuis les révélations Snowden ou Cambridge Analytica, notamment, des journalistes dénoncent la surveillance de masse, le fait qu’Internet soit du capitalisme de surveillance … Les médias écrivent là-dessus. Par contre, prendre le temps d’apprendre à protéger ses sources et donc à faire face à ces technologies de surveillance, ils ne le font pas. C’est une forme d’hypocrisie.

 

Quelles formes peut prendre le rapprochement entre les hackeurs et les journalistes ?
 
Jean-Marc Manach : Aux États-Unis, le New York Times a recruté quelqu’un pour sécuriser les communications de ses journalistes. En France, certaines rédactions ont embauché des data-journalistes, des gens qui avaient des compétences en matière de journalisme et de code, pour traiter les données. Mais ce ne sont généralement pas des hackeurs au sens « sécurité informatique » ou de quelqu’un qui va pouvoir développer un logiciel.
Deux exemples. Le projet OWNI, c’était un média français qui a été pionnier du data-journalisme en France. On y avait cassé (physiquement) le mur entre les développeurs et les journalistes. Nous y avions des développeurs, des journalistes, des graphistes et nous travaillions ensemble. On a vraiment « hacké » l’information.
L’autre exemple c’est celui de Nicolas Kayser-Bril, lui aussi pionnier du data-journalisme. Quand il est parti d’OWNI, il s’est fait un nom. Il a été approché par un certain nombre de rédactions. Il voulait bien travailler avec celles-ci, mais il avait besoin pour cela d’un développeur et d’un graphiste, et les rédactions ont dit non. Elles voulaient un journaliste qui soit bon en code, bon en graphisme et bon en journalisme. Je connais un certain nombre de data-journalistes qui ont été recrutés dans de grandes rédactions mais qui en sont partis parce qu’on leur demandait de tout faire, même et y compris des camemberts, sur des sujets pas très intéressants et sans réelle plus-value « data ». Ils ne pouvaient pas faire des choses aussi intéressantes que ce qu’on faisait à OWNI où l’on avait ces trois compétences-là.

 

Sur certains sites américains il est possible d’envoyer à la rédaction des informations chiffrées. En France, pourquoi si peu de médias le font-ils ?

 

Jean-Marc Manach : En France, Mediapart le fait mais sans passer par SecureDrop, qui est le système de référence dans ce domaine depuis les révélations Snowden. C’est un logiciel qui a été conçu pour permettre aux lanceurs d’alerte de contacter de manière sécurisée et anonyme des rédactions. Ça a été fait pour que quelqu’un qui travaille dans les services de renseignements puisse contacter anonymement un journaliste pour envoyer des informations. Un peu moins d’une centaine de médias l’utilisent. Pour la plupart, ils sont américains. Quand l’un des principaux développeurs de SecureDrop a approché les rédactions en France pour leur proposer de l’installer, bénévolement ou contre une petite somme d’argent, ils ont refusé.
Après, il y a des journalistes au Monde ou à Libération notamment, qui indiquent dans leurs profils Twitter ou sur leur site personnel comment les contacter sur Signal, mais ce sont des initiatives individuelles. Aux États-Unis, dans de plus en plus de médias, les journalistes précisent leur numéro sur Signal ou WhatsApp à côté de leur signature, avec leur nom. Ça devient la norme aux États-Unis. En France, pas du tout.

 

Certains hackeurs créent leur propre site internet indépendant, d’autres travaillent par intermittence avec journalistes. Vous avez fait les deux. Entre ces deux options, quelle est la plus intéressante pour délivrer la meilleure information possible ?
 
Jean-Marc Manach : J’ai deux réponses à ça. La première, c’est comme si vous me demandiez ce que peuvent faire les médecins pour améliorer le journalisme, ce que peuvent faire les policiers pour améliorer le journalisme… Je ne sais pas si les hackeurs, les médecins et les policiers veulent améliorer le journalisme, mais ils peuvent y contribuer en aidant les journalistes à améliorer leurs compétences dans leurs domaines respectifs : quand un journaliste ou un média écrit une ânerie il faut lui expliquer. Il faut arrêter la désinformation. Tout citoyen doit contribuer au fait qu’on ait de moins en moins de fake news. Ce n’est pas seulement un travail de journalistes. On a besoin de personnes qui s’y connaissent mieux que nous.
La deuxième, et c’en est la parfaite illustration, c’est quand Le Monde a fait une une expliquant que la DGSE surveillait l’intégralité des communications en France. À l’époque, j’avais cherché à savoir comment la DGSE aurait pu le faire, parce que vu le maillage décentralisé des télécommunications en France ça me semblait extrêmement complexe à mettre en œuvre. J’avais contacté des ingénieurs, des informaticiens, des hackeurs qui travaillaient au cœur des réseaux internet et je leur ai demandé ce qu’ils en pensaient, et si c’était possible.
Une des réponses qui m’a été faite, c’est que techniquement et financièrement, c’était inenvisageable, il aurait fallu installer des dizaines de milliers de logiciels espions partout en France. Ce qui aurait coûté des milliards d’euros. Et quand je leur ai demandé : « pourquoi n’avez-vous pas réagi quand il y a eu la une du Monde qui racontait ça ? Pourquoi attendez-vous que je vous pose la question, et pourquoi ne dites-vous pas que c’est faux ? ». La réponse qui m’a été faite, c’est qu’ils avaient tellement l’habitude que les médias racontent n’importent quoi en matière d’Internet qu’ils ne réagissent même plus. Le problème c’est aussi ça.
Donc je ne sais pas dans quelle mesure il y a des hackeurs qui veulent changer les médias, même s’il existe des mouvements comme Cryptoparty, qui vont essayer d’expliquer aux gens comment sécuriser leurs communications. Mais ça reste une minorité, tout comme du côté des policiers ou des médecins … Tout le monde se plaint des médias sans s’impliquer pour autant. Alors que les journalistes ont besoin que les gens qui s’y connaissent mieux qu’eux les aident à comprendre et maîtriser les sujets dont ils parlent, afin de pouvoir les contextualiser et les remettre en perspective, tant pour les profanes que pour les experts.


Crédit photo : Capture d’écran d’un entretien sur la chaine Youtube de ThinkerView, avec l’aimable autorisation de ThinkerView.

 



Violences faites aux femmes : l’avocat brestois Ronan Appéré condamné à Poitiers

Ronan Appéré fait partie des « avocats » brestois que j’avais consultés au cours de l’été 2010 suite à la révélation de mon identité sur les blogs du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi en date du 19 juin 2010 et aux avalanches quotidiennes d’inventions calomnieuses, injures, obscénités et menaces en tous genres à mon encontre qui depuis lors constituaient le flot ininterrompu des publications diurnes et nocturnes de ce malade mental et de toute sa troupe de « déconnologues » (cf. son dernier billet de blog, du 22 février 2019, il est vraiment fou et qui plus est extrêmement dangereux).

J’en ai déjà parlé dans cet article du 28 décembre 2015 :

http://petitcoucou.unblog.fr/2015/12/28/des-denonciations-calomnieuses-de-josette-brenterch-a-mon-encontre/

J’avais alors écrit :

« Contrairement à d’autres, par exemple Ronan Appéré qui n’était pas censé me connaître et m’avait néanmoins soutenu que tout ce qui était publié à mon sujet sur les blogs de Cyprien Luraghi n’était que la vérité et ne posait aucun problème, alors que je me plaignais précisément que toutes ces « informations » n’étaient pour la plupart qu’inventions calomnieuses outre qu’elles portaient atteinte à l’intimité de ma vie privée et me mettaient gravement en danger ainsi que de nombreuses autres personnes, Me Elard ne paraissait pas déjà « renseigné » à mon sujet par Josette Brenterch ou l’un de ses complices. »

Désormais, j’ouvre les guillemets quand je parle des « avocats » brestois, car j’ai depuis appris à mes dépens qu’il n’en existe en fait aucun, puisque selon leurs dires ils sont tous tenus par le règlement intérieur de leur barreau d’obéir aux « magistrats » brestois ou de ne surtout pas les contrarier… raison pour laquelle je n’en trouve vraiment aucun parmi eux qui accepte de me défendre au lieu de jouer le jeu de ces « magistrats » ou de leurs corrupteurs… et donc, je fais pareil pour ces « magistrats » qui pour anéantir toute ma famille et éliminer le plus tranquillement du monde tous les témoins de leurs violences à notre encontre ont organisé tous les attentats islamistes de ces dernières années avec leurs complices Josette Brenterch du NPA de Brest et ses sbires de la bande du psychopathe Pascal Edouard Cyprien Luraghi.

Et puisqu’à la base, il y a quand même une affaire de violences faites aux femmes, ces « juristes » finistériens qui ont toujours au moins vingt ans de retard en matière de moeurs n’admettant toujours pas que des femmes puissent être ingénieurs, je ne suis vraiment pas mécontente de la condamnation prononcée à Poitiers au mois de janvier dernier contre Ronan Appéré, cet « avocat » brestois qui défend régulièrement proxénètes et violeurs locaux et m’avait clairement signifié me dénier toute forme de droit.

En effet, il a été condamné à deux mois de prison avec sursis pour des violences commises sur une femme et j’espère très sincèrement que la sentence sera plus sévère en appel.

Aucune présomption d’innocence ne tient pour les propos qu’il m’avait tenus lors de notre entrevue de 2010.

Cet homme n’est pas avocat, ce n’est qu’un jean-foutre. Mettez-le au gnouf et qu’on n’en parle plus.

 

https://www.lanouvellerepublique.fr/poitiers/un-avocat-penaliste-de-brest-condamne-a-deux-mois-de-prison-avec-sursis-a-poitiers

L’avocat pénaliste de Brest jugé à Poitiers fait appel de la décision

 

Publié le 21/01/2019 à 04:55 | Mis à jour le 22/01/2019 à 10:23

 

Le palais de justice de Poitiers.
Le palais de justice de Poitiers.
© Photo NR

Poitiers. Un avocat pénaliste, poursuivi pour des violences sur une femme en 2013, dans le Finistère, a été reconnu coupable des faits reprochés.

Mise à jour : mardi 22 janvier 2019

Me Ronan Appéré, poursuivi pour des faits présumés de violences devant le tribunal correctionnel de Poitiers et condamné à deux mois de prison avec sursis (édition du 21 janvier 2019) fait part de son intention d’interjeter appel de cette décision «tant sur sa culpabilité que sur le caractère impossible de la peine d’inéligibilité prononcée en application d’une loi postérieure aux faits et sur les intérêts civils», indique son avocat, Me Vincent Omez (barreau de Quimper). Le conseil de Me Ronan Appéré précise : «Les principes posés par les dispositions de l’article préliminaire du Code de procédure pénale, et notamment celui de la présomption d’innocence auraient dès lors commandé davantage de prudence dans la rédaction du compte rendu d’audience, Ronan Appéré n’ayant pas plus de droits en tant qu’avocat qu’un justiciable qui ne le serait pas, mais pas moins de droits non plus […] Ronan Appéré conteste la réalité des faits dénoncés, avait lui-même la qualité de parties civiles dans le cadre de ce procès, ayant été victime de violences ayant entraîné une incapacité supérieure à 8jours et que l’ensemble de ces éléments seront rediscutés devant la Cour d’appel.»

 

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Avant de lire les lignes qui suivent, vous allez certainement vous poser une légitime question : pourquoi un dossier concernant la Bretagne a-t-il encombré le tribunal correctionnel de Poitiers ? Il s’agit d’un procès dit « dépaysé », en raison de la profession d’un des prévenus, avocat pénaliste dans le Finistère, poursuivi pour une sombre histoire de violences.
L’avocat avait été mis à la porte d’un restaurant peu de temps avant Que s’est-il passé dans la nuit du 25 mai 2013 dans une petite rue noire de Lanildut (Finistère) ? Dans cette commune du Pays d’Iroise, située à 25 km de Brest, ce n’était pas la valeur du premier port goémonier d’Europe (35.000 tonnes d’algues déchargées chaque année) qui occupait les discussions dans un des restaurants de ce bourg de 946 âmes.
Sur fond d’alcool, la discussion entre Ronan Appéré et une femme, amie d’un avocat irlandais, dégénère. Les insultes pleuvent. Des jeunes s’en mêlent. Le propriétaire de l’établissement est obligé de ceinturer l’avocat pour le mettre à la porte.
« Oui, le ton est monté, a reconnu l’avocat à la barre du tribunal. J’ai eu des propos inadaptés, insultants. J’ai eu un mauvais comportement avec cette femme. Des jeunes se sont interposés, ils avaient raison. »
Mais le plus grave, ce qui justifiait son renvoi devant un tribunal, était à venir. Et les versions divergent. Il est minuit. La victime affirme avoir été ramenée en voiture par l’avocat irlandais au domicile de l’avocat. Elle aurait alors été sortie de force du véhicule par Ronan Appéré : « J’ai été traitée de pute, jetée trois fois sur le bitume alors que j’ai des vis dans le dos. Je me suis réfugiée dans la voiture et j’ai appelé un ami. »
Cet ami, c’est Ahmed, poursuivi pour violences. Il arrive de Brest pour secourir son amie. Il descend de voiture, met une claque à Ronan Appéré avant de repartir avec la victime.
A leur arrivée, à 1 h 30, les gendarmes appelés par Ronan Appéré, découvrent une autre version de la soirée. Ce dernier affirme avoir été frappé par deux hommes (peut-être des jeunes « avec des matraques et deux pistolets sur la tempe »), au pied de sa résidence secondaire.
Défendu par Me Thierry Fillion (barreau de Rennes) sur le plan pénal et Me Vincent Omez (barreau de Quimper) sur le volet parties civiles, l’avocat de Brest n’a évoqué à aucun moment les violences commises sur cette femme à la barre du tribunal correctionnel de Poitiers.
Les magistrats poitevins l’ont pourtant reconnu coupable des faits reprochés. Ils ont suivi les réquisitions du parquet en le condamnant à deux mois de prison avec sursis et à une peine d’inéligibilité pendant deux ans. Il devra verser 6.000 €, toutes causes de préjudices confondus, à la femme victime. Son ami, Ahmed, qui avait porté secours à cette femme, a été relaxé.

à chaud

L’avocat pourra-t-il continuer à plaider ?

Sans préjuger d’un appel de la décision, que se passera-t-il en cas de condamnation définitive de l’avocat ? Pourra-t-il continuer à plaider ? Interrogé sur cette question, le bâtonnier du Barreau de Poitiers, Me Hervé Ouvrard, affirme que tout dépend de la relation avec l’activité professionnelle de l’avocat. « C’est au conseil de discipline de l’Ordre régional des avocats de décider s’il y a suspension voire radiation du tableau du barreau. Une condamnation au pénal ne peut être compatible avec le serment de l’avocat. » D’autant plus quand la spécialisation de l’avocat est au pénal.

 

Xavier BENOIT

Journaliste, rédaction de Poitiers

 

 

https://www.liberation.fr/france/2019/02/28/il-y-a-une-maniere-tres-francaise-d-envisager-les-violences-sexuelles_1712223

«Il y a une manière très française d’envisager les violences sexuelles»

 

Par Virginie Ballet — 28 février 2019 à 18:56
«Le Verrou», par Fragonard, 1777. Le sens de l’œuvre exposée au Louvre demeure incertain : scène galante ou viol  ? Photo RMN. Stéphane Maréchalle

Dans un essai, la militante féministe Valérie Rey-Robert dénonce la culture du viol historiquement ancrée dans notre société et confortée par une prétendue tradition galante.

  • «Il y a une manière très française d’envisager les violences sexuelles»

C’était mi-février. Sur le plateau de l’émission Touche pas à mon poste, Jean-Marie Bigard se lance dans une «blague» sur le viol : l’histoire d’une femme consultant un médecin pour une déchirure, et à qui le praticien demande de se dévêtir. «Et là, il la chope par le chignon, il défouraille, il l’attrape par les hanches et il l’encule», enchaîne Bigard, mime à l’appui… A défaut d’être drôle, cette séquence atterrante, qui a suscité l’ire de nombreuses féministes et une douzaine de signalements au Conseil supérieur de l’audiovisuel, illustre à merveille le poids de la culture du viol dans la société française.

Dans un essai très documenté paru jeudi dernier (1), la militante féministe Valérie Rey-Robert appelle à prendre conscience de l’ampleur de ce phénomène, décrit aux Etats-Unis dès les années 70 et qui désigne un environnement dans lequel les violences sexuelles sont banalisées. Pis, pour l’auteure du blog «Crêpe Georgette», devenu en dix ans une référence en matière de féminisme et de problématiques liées au genre, «la vérité, aussi culpabilisante soit-elle, est que les violences sexuelles ne sont pas un problème pour nous». Alors l’auteure appelle à regarder la réalité en face, chiffres à l’appui. Selon les données croisées de l’Insee et de l’Observatoire national de la délinquance et des réponses pénales, chaque année en France, 84 000 femmes et 14 000 hommes de 18 à 75 ans sont victimes de viol ou de tentative de viol. Des données en-deça de la réalité, bien des viols n’étant jamais déclarés. Seule une victime sur dix porte plainte, et une plainte sur dix aboutit à une condamnation. Pour Valérie Rey-Robert, il y a urgence à agir. Seulement voilà, à l’en croire, «la lutte contre les violences sexuelles est possible à condition de revoir un peu nos idées reçues sur le viol». Alors, au fil de ces 300 pages, Valérie Rey-Robert s’applique à décortiquer ces préjugés qui contribuent à culpabiliser les victimes et déresponsabiliser les coupables : trop souvent encore, circule l’idée que les victimes l’auraient bien cherché, ou que les violeurs auraient agi en raison de pulsions masculines incontrôlables. La preuve ? Selon un sondage réalisé par l’institut Ipsos en décembre 2015 pour l’association Mémoire traumatique et victimologie, pour 40 % des Français, la responsabilité d’un violeur est atténuée si la victime a eu une attitude jugée «provocante» en public ; et pour près d’un tiers des Français (29 %), les hommes sont plus susceptibles de commettre ce genre d’actes «à cause de la testostérone, qui rend leur sexualité incontrôlable». La méconnaissance de la réalité des faits est telle que 16 % des interrogés pensent qu’il est rare qu’un violeur s’attaque à quelqu’un qu’il connaît… Alors que c’est le cas neuf fois sur dix. Pis, pour 30 % des 18-24 ans, une femme peut prendre du plaisir à être forcée à un rapport sexuel.

Pour Valérie Rey-Robert, il y a une «manière très française d’envisager les violences sexuelles». Et même, une «culture du viol à la française». Pour comprendre ses racines et mieux l’endiguer, l’auteure remonte l’histoire, de la Bible à l’affaire DSK, et fournit des pistes pour sortir de cette dangereuse impasse. Entretien.

Comment expliquer notre difficulté à accepter la réalité des violences sexuelles dans l’Hexagone ?

On a en quelque sorte construit une image type des viols : comme si le «viol idéal» ne pouvait être que le fait de monstres, de satyres au teint mat et aux pieds de bouc… Résultat : tout acte commis par un homme lambda, sans arme ou que la victime connaîtrait, n’est pas considéré comme un «vrai viol». Ce sont des stratégies d’«altérisation» : le violeur, c’est l’autre. On a du mal à considérer qu’il puisse être un ami, un voisin, un mari. Cela se ressent dans le grand hiatus entre les déclarations générales sur le viol et les cas concrets : dans l’absolu, les gens n’ont pas de propos assez horribles pour condamner les viols mais dès qu’il s’agit de cas concrets, le discours change : on se demandera ce que faisait une femme dehors seule à une heure tardive, ou ce qu’elle portait, ou à un homme pourquoi il ne s’est pas défendu… On a beaucoup de mal à admettre que l’on a des préjugés sur le viol. Par exemple, il y a encore 10 % des Français qui considèrent qu’un homme ne peut pas être violé. Il est grand temps de parvenir à une prise de conscience.

Est-ce qu’elle n’a pas eu lieu avec les mouvements #MeToo et #Balancetonporc ?

C’est encore un peu tôt pour le dire. Ce qui est certain en revanche, c’est que cette période a fait remonter des arguments similaires à ceux brandis au moment de l’affaire DSK. Ce qui était surprenant, ce n’était pas tant de voir des gens le défendre, mais plutôt les excuses qu’ils invoquaient, à l’image du tristement célèbre «troussage de domestique». Ont aussi été convoqués des siècles de littérature courtoise ou d’histoire galante, quitte à les déformer, ou les idéaliser, alors qu’on évoquait des faits extrêmement graves.

Cette idée d’une spécificité française dans les relations homme-femme a ressurgi à l’automne 2017 avec #MeToo. Une nouvelle fois, certains ont argué que les féministes ne comprenaient pas que la France serait le pays qui aurait inventé une certaine façon de pratiquer l’amour, fondée sur la domination masculine et donc sur des relations par essence asymétriques, empreints d’une certaine violence. La tribune parue à l’époque dans le Monde revendiquant une «liberté d’importuner» illustrait cela très bien. Pour autant, il ne faudrait rien y changer, parce que cette spécificité serait un patrimoine culturel enviable, dont on devrait s’enorgueillir. La culture du viol à la française, c’est exactement ça. J’ai aussi été très frappée par la comparaison qui a été faite au moment de #Balancetonporc avec les collabos qui livraient les Juifs pendant la Seconde Guerre mondiale. Comme si dénoncer les violences sexuelles ou une certaine manière d’envisager les rapports amoureux revenait à trahir la nation !

Les femmes peuvent aussi véhiculer des stéréotypes sans s’en rendre compte…

On baigne tous et toutes dans la culture du viol, donc il est évident qu’une femme à qui on aurait inculqué l’idée que les viols sont forcément commis par des inconnus avec un couteau dans un parking, si elle est violée par son petit ami, va avoir tendance à minimiser. Cela explique entre autres pourquoi les victimes ne portent pas plainte. J’ai d’ailleurs très rarement rencontré des victimes qui exagèrent ce qu’elles ont vécu, bien au contraire. Je me souviens de gens violés étant enfant, qui avaient pourtant grandi et réfléchi sur le sujet, et continuaient de minimiser ou de culpabiliser. C’est un sentiment très difficile à combattre.

Comment agir, justement ?

D’abord, en prenant conscience de nos idées reçues, j’insiste là-dessus. Ensuite, il faut en finir avec l’idée qu’il y aurait des petits et des grands combats féministes, dont le viol ferait partie. Car tout est lié : dès lors qu’on commence à éduquer les enfants de façon genrée, dans l’idée que les petits garçons valent plus que les petites filles, mais qu’une petite fille doit les aider, se maintenir en retrait, ne pas manifester trop ses envies ou ses désirs, on prépare déjà une société faite de violences sexuelles. On devrait aussi repenser la place des femmes dans l’espace public. A force de leur répéter que si elles sortent tard, s’habillent court, ou que si elles prennent les transports en commun, elles vont être violées, elles finissent par adopter des stratégies d’autodéfense ou d’évitement, comme limiter leur liberté de mouvement ou moins sortir.

Vous exhortez aussi à mener des actions de prévention, pas seulement à cibler les suites des violences sexuelles ?

C’est essentiel. L’une des premières pistes pourrait consister à financer des recherches sur la sexualité et sur les violences sexuelles, dont on manque cruellement en France. A l’inverse, aux Etats-Unis, des travaux ont été menés pour comprendre la manière dont les hommes reçoivent les modes de négation exprimés par les femmes, lorsqu’ils ne sont pas formulés de manière directe, mais à travers une périphrase par exemple. Il en est ressorti que les hommes comprennent très bien ces formulations, tant qu’il ne s’agit pas du domaine sexuel. Là, le souci n’est pas de comprendre, mais bien d’accepter la négation. Ce genre d’études permet de mieux cibler les campagnes de prévention, remettant en cause celles fondées sur des slogans comme «non c’est non». Au Canada, des résultats ont été obtenus avec des messages comme «vous ne voulez pas être ce type-là». Une des idées reçues les plus prégnantes sur le viol est qu’il serait inévitable. Comme si de la même manière qu’on ne peut empêcher la pluie de tomber, on ne pouvait empêcher les hommes de violer. Comme si les femmes n’avaient qu’à s’y faire. Il faut déconstruire cette idée, parce que rien n’oblige évidemment les hommes à violer.

(1) Une Culture du viol à la française, éditions Libertalia.

Virginie Ballet

 



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