Incendie de Notre-Dame : début de l’enquête, déjà des hypothèses

L’une d’elles, révélée cette semaine par deux hebdomadaires, porte sur une installation électrique précaire qui pourrait être à l’origine d’un court-circuit.

Or, Cyprien Luraghi évoquait déjà cette installation dans un tweet du 17 avril 2019 prouvant qu’il connaissait donc bien l’état des lieux au moment où l’incendie s’est déclaré :

 

Incendie de Notre-Dame : début de l'enquête, déjà des hypothèses dans AC ! Brest wacpeS_-_bigger
Cyprien Luraghi
@CyprienLuraghi
·

17 avr.

En réponse à

@Mr_Tschaggatta
@HomereHoupette

et

@Caporal_Pancho
Il a fait ses études d’électricien au Népal, ce qui te classe un bonhomme…
Image

 

 

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/incendie-de-notre-dame-les-hypotheses-les-defaillances-les-questions-en-suspens_2074776.html

Incendie de Notre-Dame : les hypothèses, les défaillances, les questions en suspens

 

Par LEXPRESS.fr , publié le 25/04/2019 à 10:06 , mis à jour à 13:25

 

Dix jours après l'impressionnant incendie qui a détruit en partie la cathédrale Notre-Dame de Paris, la police scientifique commence ses prélèvements et ses constatations ce jeudi.
Dix jours après l’impressionnant incendie qui a détruit en partie la cathédrale Notre-Dame de Paris, la police scientifique commence ses prélèvements et ses constatations ce jeudi.

Reuters/Benoit Tessier

 

La police scientifique commence ses prélèvements et ses constatations ce jeudi pour connaître l’origine du feu qui a ravagé la cathédrale dans la nuit du 15 au 16 avril.

 

Dix jours après l’impressionnant incendie qui a détruit en partie la cathédrale Notre-Dame de Paris, la police scientifique commence ce jeudi ses prélèvements et ses constatations dans les décombres pour identifier l’origine du sinistre. Alors que la piste accidentelle est privilégiée, plusieurs hypothèses émergent. L’Express fait le point.

  • Un dysfonctionnement des cloches électrifiées ?

La cathédrale abritait six cloches électrifiées qui auraient pu générer un court-circuit, révèlent en milieu de semaine Marianne et le Canard Enchaîné. Trois cloches avaient été installées en 2007 au-dessus de la clé de voûte du transept, et trois autres, remises en service en 2012 au moment de la rénovation des grandes cloches des beffrois, se trouvaient dans la flèche de Viollet-le-Duc, désormais disparue.

LIRE AUSSI >> Notre-Dame : comment les enquêteurs vont-ils pouvoir déterminer l’origine de l’incendie ?

« Des fils électriques courraient dans les combles, placés à la demande expresse du clergé. Au risque de court-circuit, et en infraction à tous les règlements de sécurité édictés par les architectes en chef des monuments historiques », souligne l’hebdomadaire satirique. Cette installation devait par ailleurs être provisoire mais elle est restée en place pendant sept ans.

  • Des mégots de cigarettes retrouvés

Toujours selon le Canard Enchaîné, les enquêteurs ont retrouvé sept mégots sur le site de la cathédrale. L’entreprise Le Bras Frères, qui montait l’échafaudage autour de la flèche de Notre-Dame, a reconnu mercredi que certains de ses compagnons ont fumé sur ce chantier malgré l’interdiction de le faire.

Mais pour le porte-parole de la société, Marc Eskenazi, il est « hors de question » que cette négligence soit à l’origine de l’incendie. Il a fait valoir : « Si n’importe qui a déjà essayé d’allumer un feu de cheminée, ce n’est pas en mettant un mégot sur une bûche en chêne qu’il va se passer grand chose ».

  • Les ascenseurs des échafaudages hors de cause ?

Pour assurer la titanesque campagne de travaux autour de la flèche, un échafaudage électrifié avec ascenseurs et éclairage aux néons avait été installé l’an dernier autour du toit et de son immense charpente en bois de chêne, tous deux engloutis par les flammes.

Evoquant la piste d’un feu provoqué par les moteurs électriques des ascenseurs de l’échafaudage, Marc Eskenazi de l’entreprise Le Bras Frères a souligné que ces moteurs « ne posaient aucun problème ». « De toute façon, ils sont loin de la flèche alors que ce qui est établi c’est que l’incendie a démarré à l’intérieur de l’édifice », a-t-il argué, avant d’insister : « En aucun cas, ils peuvent être responsables de l’incendie ».

  • Des « erreurs humaines » dévastatrices ?

Deux alertes incendie ont retenti le soir de l’incendie de Notre-Dame. La première à 18h20, qui a été suivie d’une levée de doute, et la seconde 20 minutes plus tard, alors que le feu était déjà en train de se propager. Selon BFMTV, qui cite une source proche de l’enquête, la personne chargée de vérifier la première alarme s’est rendue au mauvais endroit de la cathédrale pour une raison encore inconnue.

Le Canard Enchaîné assure par ailleurs que les soldats du feu n’ont été appelés que trente-cinq minutes après la première alerte incendie, contre vingt minutes annoncé officiellement. Un retard dû, d’après l’hebdomadaire, à « une série d’erreurs humaines ».

Autre défaillance mise en avant par le journal : le plan incendie, mis en place par la direction régionale des affaires culturelles, n’aurait pas été respecté. Un PC sécurité 24h/24, avec deux surveillants payés par l’Etat, aurait dû être mis en place. Or, un seul homme était présent, de 8 à 23 heures.

 

https://www.liberation.fr/checknews/2019/04/25/pourquoi-la-fumee-de-l-incendie-de-notre-dame-etait-elle-jaune_1723060

Pourquoi la fumée de l’incendie de Notre-Dame était-elle jaune ?

 

Par Fabien Leboucq et Olivier Monod 25 avril 2019 à 07:26
Paris, 16 avril 2019. Incendie à Notre Dame de Paris. Photo Yann Castanier.Hans Lucas

Une rumeur assure que la fumée jaune qui s’échappe de Notre-Dame est due à de la thermite, un mélange chimique hautement inflammable. Cette couleur s’explique pourtant par la fonte du plomb, présent dans la toiture et dans la flèche.

 

Question posée le 20/04/2019

Bonjour,

Vous êtes nombreux à nous interroger sur la fumée jaune qui s’échappait, lors de l’incendie de la charpente et de la flèche de Notre-Dame de Paris, le 15 avril. A ce sujet, un post conspirationniste relayé plusieurs milliers de fois sur Facebook, affirme que le feu de Notre-Dame «n’est évidemment pas un accident ! Rien ne peut créer un tel incendie, dans un lieu hautement surveillé, sauf un acte volontaire et délibéré. Alors, à qui profite le crime ?» Pour étayer sa thèse, il assure que ces fumées jaunes «indiquent sans hésitation, l’utilisation de thermite».

 dans Attentats

«La thermite est un mélange d’aluminium métallique et d’oxyde de fer. Sa réaction est dite « aluminothermique ». […] Cette réaction chimique génère une chaleur intense permettant d’atteindre une température de 2 204,4°C en quelques secondes», poursuit l’internaute en paraphrasant la page Wikipédia de ce mélange utilisé «le plus souvent pour souder ou faire fondre de l’acier».

Selon l’auteur, l’incendie de Notre-Dame, comme les attentats du 11 Septembre, prouvent que les «criminels qui nous gouvernent usent de tous les pires stratagèmes, les plus diaboliques, pour se maintenir au pouvoir».

Pas de thermite dans la cathédrale selon les experts

Certaines théories font en effet la part belle, pour expliquer leur effondrement, à la présence de thermite dans les tours de Manhattan. Il en irait donc de même pour l’incendie de Notre-Dame. Pascal Paillard, responsable de l’équipe «ingéniérie des matériaux et métallurgie» à l’Institut des matériaux de Nantes, confirme que la fumée produite par la combustion de thermite «pourrait être jaune». Mais cela n’étaye pas pour autant la thèse complotiste de l’incendie volontaire.

D’une part, car il n’y a pas de raison que de la thermite ait été présente sous la charpente ou dans la zone de travaux. «Je n’ai pas le souvenir de présence d’oxyde de fer [un composant possible de la thermite] dans les combles lors de ma visite», répond le professeur de mécanique à l’Université Versailles Saint-Quentin Paolo Vannucci, auteur d’un rapport sur la sécurité des cathédrales paru en 2016 et classé «Confidentiel défense», dont CheckNews vous parlait précédemment.

pixel dans Calomnie

Le porte-parole de Notre-Dame André Finot insiste à son tour : il n’y a pas de raison qu’il y ait eu de la thermite car «il n’y avait pas de soudures sur les échafaudages.» Ce que confirme à CheckNews l’entreprise en charge des travaux. Or, c’est précisément pour effectuer de soudures qu’est utilisée la thermite – «par exemple pour des rails de chemin de fer», note le chercheur Pascal Paillard.

D’autre part, la fumée jaune pourrait s’expliquer autrement que par la présence de thermite. Selon le scientifique, c’est le plomb qui a donné cette couleur à la fumée de l’incendie de Notre-Dame. «La couleur de la fumée au-dessus de Notre-Dame correspond tout à fait à une combustion de plomb», appuie Pascal Paillard. Il y en avait 250 tonnes dans la flèche, et 210 tonnes dans la toiture de Notre-Dame, selon le site internet de la cathédrale.

D’autres exemples de fumée jaune dans l’histoire

Et l’histoire semble lui donner raison. L’incendie de Notre-Dame est un événement historique mais il ne s’agit pas du premier embrasement d’une cathédrale française. «Nous avons des exemples dans l’histoire, à Chartres et Reims notamment, qui auraient pu permettre de prendre des mesures pour éviter que cela se reproduise», commente l’auteur du rapport sur la sécurité des cathédrales Paolo Vannucci.

Or, dans ces deux cas, les fumées s’échappant des lieux de culte en flammes étaient… jaunes selon les récits de l’époque. Ainsi, sur le site de la ville de Reims, on peut lire cette description de l’incendie de 1914 : «A 15 heures, un obus touche l’échafaudage en bois de pin qui depuis mai 1913 ceinturait la tour nord de la cathédrale et l’enflamme. Vers 15h30, la toiture prend feu rendant l’incendie visible de loin ce qui amène les Allemands à cesser leur tir. Mais la chaleur de l’incendie met en ébullition les 400 tonnes de feuilles de plomb qui recouvrent la toiture. Le plomb fondu se répand alors sur les voûtes et coule par les gargouilles, provoquant une spectaculaire fumée couleur jaune d’or.»

De même il est fait mention d’une «fumée épaisse, à la teinte jaunâtre, sulfureuse et plombée» lors de l’incendie de la cathédrale de Chartres de 1836 dans le livre Historique de la cathédrale de Chartres.

La thèse de Pascal Paillard, d’une fumée jaune due à la combustion de plomb, est ainsi confirmée par l’histoire.

Rumeurs contre enquête

De nombreuses théories circulent à propos de l’incendie de Notre-Dame. Certains ont cru voir une personne sur le toit pendant que le feu dévorait le toit - il s’agissait en fait d’une statue. D’autres ont assuré qu’un gilet jaune, visible sur les tours pendant l’incendie en était le responsable – mais c’était un pompier. D’autres encore se sont étonnés d’une vidéo où l’on aperçoit une personne près de la flèche, à côté de laquelle on discerne des flashs lumineux – et CheckNews a retrouvé plusieurs vidéos permettant de voir les ouvriers travailler l’après-midi du 15 avril.

La thèse de l’accident, parfois remise en cause, est pourtant «privilégiée» par le procureur de Paris. «Les combles de Notre-Dame étaient une forêt de bois sec, saturée en poussières et avec un système de tirage naturel à cause de la flèche. Je ne suis pas surpris que les pompiers n’aient pas pu circonvenir le feu. L’accès est très compliqué. C’est pourquoi nous avions préconisé l’installation d’un système d’extinction automatique en 2016», commente Paolo Vannucci. Le New York Times est du même avis, puisqu’il a produit une infographie intitulée «Pourquoi Notre-Dame était une poudrière».

A lire aussi : «Tout ce que vous avez voulu savoir sur l’incendie de Notre-Dame»

L’enquête pour «destruction involontaire par incendie» ouverte par le parquet de Paris et confiée à la Direction régionale de la police judiciaire de la préfecture de police de Paris (DRPJ) est toujours en cours, et devra permettre de déterminer comment le feu a démarré puis s’est propagé. Le parquet s’est pour l’heure refusé à commenter l’hypothèse de la thermite, ou même donner des pistes concernant l’origine de la fumée jaune.

Fabien Leboucq , Olivier Monod



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