Attentats de Paris : le point sur les enquêtes en cours

Samedi 7 novembre 2015, Le Monde a publié deux articles payants relatifs aux attentats de janvier 2015 à Paris.

Le premier fournit des précisions sur les échanges d’Amedy Coulibaly et ses complices, ainsi que leurs modalités, et le second se rapporte au trafic d’armes de Claude Hermant à Lille, au sujet duquel il convient de rappeler qu’une information judiciaire avait été ouverte le 7 mai 2014, soit deux jours après la réalisation des étranges vidéos des frères Kouachi qui ont été retrouvées par les enquêteurs et concomitamment à l’ensemble des faits que j’ai révélés ou rappelés dans mon précédent article.

Rappelons ou précisons encore que l’avocat brestois de Josette Brenterch, Maître David Rajjou, est aussi depuis de nombreuses années celui des salafistes locaux et mène parallèlement à sa carrière d’avocat celle d’un homme politique local se manifestant comme « de gauche ».

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/11/07/attentats-de-paris-la-justice-sur-les-traces-du-donneur-d-ordres_4805115_1653578.html

Attentats de Paris : la justice sur les traces des commanditaires

 

LE MONDE | 07.11.2015 à 10h49 • Mis à jour le 08.11.2015 à 13h49 | Par Elise Vincent

Amedy Coulibaly dans une vidéo de revendication des attentats de janvier 2015 à Paris. .

 

L’enquête colossale sur les attentats de Paris en janvier s’oriente aujourd’hui, notamment, sur la piste d’un donneur d’ordre. Une personne susceptible d’avoir coordonné à distance les attaques des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, et d’Amedy Coulibaly à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier. C’est la découverte de quelques-uns de ses échanges avec ce dernier qui ont trahi l’existence de ce commanditaire. En l’état, impossible d’identifier son nom ou sa localisation exacte. Les éléments qui attestent de sa présence ne sont que des morceaux de mails et des adresses IP disparates repérées dans l’immensité du Web.

Mais dix mois jour pour jour après les attentats, l’étau se resserre progressivement, d’après les éléments que Le Monde a pu consulter, autour d’un individu basé à l’étranger. Un homme qui, à l’évidence, avait une vision d’ensemble des tueries qui ont coûté la vie à 17 personnes et en a piloté en partie les opérations.

Rédigés dans le langage lapidaire des SMS mais toujours précis dans leurs instructions, les messages de ce mystérieux commanditaire s’apparentent à chaque fois à de véritables ordres guerriers. « Ok, fé ske ta a fair aujourdhui ms simple com ça tu rentr dormir ensuit tu plank et verifi adress 1 ts les jrs : indications bientot pr recup amis aider toi. debarasse toi puce, maintenant passe sur adress 1, fini adress 2 », écrit-il ainsi à Amedy Coulibaly le 7 janvier, à 14 heures. Soit seulement deux heures après la tuerie de Charlie Hebdo

Un carnage beaucoup plus important aurait pu avoir lieu

Un peu plus tôt, à 12 h 48 exactement, le coordinateur inconnu a consulté un message du futur tueur de l’Hyper Cacher contenant plusieurs fichiers intitulés « Inventaires ». Un seul d’entre eux n’était pas chiffré et donne une idée du contenu des autres. « J’ai un AK74 avec 275 cartouches. Six tokarev avec 69 cartouche. Trois gillet par balle militaire trois gillet tactique deux bombe a gel et a gaz deux gros couteaux un choqueur ». Un mail à l’orthographe hasardeuse sans doute rédigé par Amedy Coulibaly lui-même.

En plus d’établir qu’il y avait donc bien une personne, en coulisse, tirant les ficelles du drame, ces échanges laissent entrevoir la possibilité de ce que les services de police redoutent depuis toujours : des attaques simultanées sur le territoire de plusieurs djihadistes embusqués. Au-delà des frères Kouachi, Amedy Coulibaly devait, semble-t-il, recevoir le renfort de plusieurs compagnons d’armes pour son épopée macabre. Un carnage beaucoup plus important aurait pu avoir lieu, le 9 janvier. Mais pour une raison que l’on ignore encore, ces complices-là, qui pourraient être parmi les sept hommes aujourd’hui mis en examen dans le cadre de l’enquête en cours, ont dû faire machine arrière.

Un scénario redoutable qui semble avoir échoué à la dernière minute, et dont atteste, en filigrane, un dernier mail du donneur d’ordre présumé, dévoilé par BFM-TV, le 13 octobre. Le message date cette fois du 8 janvier à 17 h 21. « 1) pas possible amis, travailler tt seul », écrit notamment l’insaisissable correspondant avant d’ajouter : « 2) si possible trouver et travailler avec zigotos bien. 3) si possible expliker ds video ke toi donner zigoto les outils au nom de d, préciser leskels. » Les « zigotos » désigneraient les frères Kouachi, alors en pleine cavale. « D » signifierait « Daech ». L’enquête a par ailleurs permis de rassembler des éléments soutenant l’hypothèse selon laquelle c’est effectivement Amedy Coulibaly qui a fourni les armes aux Kouachi.

Officiellement, les frères Kouachi ont revendiqué seuls l’attaque du journal satirique au nom d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA). Revendication appuyée, dès le 9 janvier, par un message vidéo sur YouTube du porte-parole d’AQPA au Yémen, Nasser Ben Ali Al-Anassi. Dans une autre vidéo posthume, Amedy Coulibaly, lui, s’est réclamé de l’Etat islamique (EI). Mais en exhumant tous ces échanges, le travail minutieux des enquêteurs spécialisés en cybercriminalité montre que les frontières peuvent être poreuses entre les deux organisations.

La filière dite des « Buttes-Chaumont »

Quel individu, francophone, a pu avoir l’expérience, le parcours et le réseau, pour se retrouver informé à la fois du projet des frères Kouachi contre Charlie Hebdo au nom d’AQPA et de celui d’Amedy Coulibaly au nom de l’EI ? Quel itinéraire derrière ce soin inattendu à ne pas laisser AQPA « bénéficier » seule des retombées médiatiques de l’attentat contre le journal satirique ?

En la matière, les experts de l’antiterrorisme français ont assez vite fait le tour de leur documentation. Et une nouvelle fois, ils en sont revenus à ce dossier maudit qui n’était qu’un parmi d’autres lors du procès de ses auteurs, en mars 2008 : la filière dite des « Buttes-Chaumont ». Un petit groupe d’amis issus du Nord-Est parisien, condamnés pour avoir été candidats au djihad en Irak, au début des années 2000, et dont a notamment fait partie Chérif Kouachi.

Parmi les protagonistes de ce dossier aux ramifications sans fin, un nom suscite un intérêt particulier : celui de Peter Cherif, 33 ans. Aucune note, aucun rapport ne fait le lien direct entre lui et les attentats de Paris. Mais son nom revient avec insistance dans l’épluchage des répertoires téléphoniques et les diverses auditions de l’entourage des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly.

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Le 17 octobre, le journal régional L’Union a de son côté exhumé le témoignage d’un ancien moniteur d’auto-école. Sous le pseudonyme de Patrick, celui-ci se dit toujours intrigué par le fait que les frères Kouachi ont trouvé leur dernier refuge dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), située à moins de 300 m d’un centre de formation routière que Peter Cherif a fréquenté en 2010. Son prosélytisme religieux avait, déjà, à l’époque, marqué les esprits.

Cet ancien délinquant compte parmi les Français les plus aguerris au sein d’une organisation terroriste étrangère. Combattant expérimenté, il a été au front en Irak, en 2004. Capturé à Falloujah, il est passé tour à tour par le sinistre camp Bucca et la prison d’Abou Ghraib. Il a réussi à s’échapper en 2007 avant d’être arrêté en Syrie, puis extradé vers la France. Remis en liberté avant d’être jugé, il a réussi une nouvelle fois à s’échapper le dernier jour de son procès, en 2011. C’est là qu’il a fui au Yémen. Nul ne sait s’il y est toujours. Hasard du calendrier, Peter Cherif a, le 29 septembre, rejoint le cercle très restreint des Français ajoutés à la liste noire des Etats-Unis des « combattants étrangers ».

Un autre nom revient également dans l’énorme instruction dirigée par la juge Nathalie Poux : celui de Salim Benghalem. Ce geôlier présumé des quatre journalistes français retenus en otages en Syrie, libérés en 2014 après dix mois de détention, a été l’une des principales cibles des premières frappes françaises en Syrie, début octobre. Sa particularité : avoir fait le voyage avec Chérif Kouachi, en 2011, vers Oman, d’où ils seraient tous les deux passés au Yémen. Un séjour de quelques semaines au cours duquel Chérif Kouachi a sans doute reçu l’entraînement commando qui lui a servi lors de l’attaque de Charlie Hebdo.

Salim Benghalem – qui a rejoint mi-2013 les rangs de l’EI en Syrie – connaît aussi de loin Amedy Coulibaly. En 2010, il a été entendu dans une affaire où le tueur de l’Hyper Cacher a été condamné : le projet d’évasion d’Aït Ali Belkacem, un des artificiers des attentats de la station RER Musée-d’Orsay, à Paris, en 1995. Salim Benghalem est surtout apparu, en février, dans une vidéo de propagande publiée sur le site Internet d’Al Hayat, le « centre de presse » de l’EI, où il se réjouissait des attentats de Paris.

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Aujourd’hui, aucune trace d’échanges directs entre le mystérieux interlocuteur d’Amedy Coulibaly et les frères Kouachi n’a été retrouvée. Peut-être ont-elles existé, mais à la différence de leur camarade dont l’ordinateur a été découvert dans l’Hyper Cacher, les Kouachi ont soigneusement pris le temps de nettoyer leur matériel informatique avant de se lancer dans leur cavale mortifère. De leurs dernières heures, les enquêteurs, n’ont retrouvé que quelques images de famille, où ils posent sur le canapé familial, en oncles modèles, leurs neveux sur les genoux.

Saura-t-on donc jamais ce qui s’est vraiment tramé derrière l’une des adresses mail utilisées par le mystérieux commanditaire ? Notamment « lawrence0122007@gmx.com », un compte ouvert le 8 janvier, à 12 h 25. Nom : Patriks Lawrence. Domicile : « JP ». Né le 13 septembre 1981. Jusque-là, l’enquête a pu établir qu’une personne située sur le territoire français avait pu, par un cheminement indirect, encore tenter de s’y connecter fin janvier. Il s’agirait d’un proche de Mehdi Belhoucine, un jeune homme qui a fui en Syrie début janvier avec Hayat Boumedienne, l’épouse religieuse d’Amedy Coulibaly. Cet ami resté en France souhaitait-il lui aussi récupérer des instructions ?

A son mystérieux tuteur opérationnel, Amedy Coulibaly avait en tout cas confié jusqu’à ses prescriptions testamentaires. Dans un ultime message non daté intitulé « salam », il demande à ce que l’on prenne soin d’Hayat Boumedienne : « Je voudrais que le frère s’occupe de ma femme dans les regles de l’Islam. Je voudrais pour elle qu’elle ne se retrouve pas seule qu’elle est une bonne situation financiere qu’elle ne soit pas dellaiser. Surtout qu’elle apprenne l’arabe, le Coran et la science religieuse. Veillez a se quel aye bien religieusement. Le plus important c’est le dine [la religion en arabe] et la foi et pour sa elle a besoin d’etre accompagné. Qu’Allah vous assiste. »

Après de longs mois d’attente, la demande d’entraide judiciaire adressée à la société américaine éditrice de l’adresse mail « lawrence0122007@gmx.com » a fini par revenir au ministère de la justice. C’était mi-octobre. Le résultat a été aussi décevant que prévisible : compte « bidon », « fermé le 28 janvier », était-il seulement fait mention.

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/11/07/les-remords-de-l-ex-parachutiste-devenu-marchand-d-armes_4805125_1653578.html

Les remords de l’ex-parachutiste devenu marchand d’armes

 

LE MONDE | 07.11.2015 à 10h58 • Mis à jour le 08.11.2015 à 19h07 | Par Elise Vincent

Les frères Kouachi après l'attentat à Charlie Hebdo, à Paris, le 7 janvier 2015.

 

Il s’appelle Claude H. Ce Lillois de 52 ans déclare officiellement exercer le métier de « veilleur de nuit ». Mais sa vie est un roman noir. D’abord engagé dans le régiment de parachutistes de Pau au début des années 1980, Claude H. a œuvré pendant quinze ans dans la zone grise du secteur de la « sécurité » et autres barbouzeries en Croatie, au Congo et en Angola. Puis il a doucement glissé vers le monde des « portiers » de boîtes de nuit et des professionnels de la boxe thaïlandaise.

Mais, si son nom a rejoint, au printemps, l’enquête sur les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, c’est parce que Claude H. est aussi devenu marchand d’armes. Les enquêteurs sont remontés jusqu’à lui, inopinément, en étudiant à la loupe les très nombreuses armes détenues par Amedy Coulibaly, dans son appartement conspiratif de Gentilly et dans l’Hyper Cacher.

Une partie de ces armes pourraient avoir transité par un autre artisan de ce marché clandestin. Un certain Metin K., d’origine kurde, boulanger de formation et garagiste à ses heures. Basé en Belgique, très connecté à la mouvance islamiste radicale, il est déjà mis en examen dans l’enquête sur les attentats. Mais d’autres armes, au moins quatre pistolets semi-automatiques Tokarev et sans doute un fusil d’assaut CZ, auraient pu passer entre les mains de Claude H.

La transaction de trop?

Les bases documentaires d’Europol et d’Interpol ont permis d’établir que cet arsenal avait été acheté par une société slovaque et vendu sur Internet, avant d’arriver entre juillet et novembre 2014 jusqu’à la société gérée par la compagne de Claude H. Souci de taille : Claude H., ancien animateur de la Vlaam Huis (« maison du peuple flamand ») à Lambersart (Nord), un lieu chargé de regrouper la mouvance identitaire, est un indicateur patenté des gendarmes. La bienveillance relative des forces de l’ordre à l’égard de sa double activité a-t-elle laissé passer la transaction de trop ?

Poursuivi depuis mai 2014 dans une affaire de trafic d’armes en bande organisée dans la région lilloise, il a finalement été placé en détention provisoire le 23 janvier. Un dossier, pour l’heure, distinct de l’instruction sur les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Même si, interrogé le 22 janvier sur les armes retrouvées en possession d’Amedy Coulibaly, Claude H. s’est confié : « En détaillant ce qui a pu paraître dans la presse, (…) j’ai pris conscience que ces armes citées [auraient] pu être des armes que j’ai été amené à fournir. »

Claude H. assure qu’il travaillait toujours avec le même intermédiaire. Un jeune trentenaire, originaire de Roubaix, proche des milieux du banditisme. Lui aussi a été placé en détention provisoire depuis fin avril. Claude H. dit l’avoir rencontré mi-2014, à l’occasion « d’opérations d’infiltrations pour le compte de la gendarmerie ». Il lui aurait alors vendu une quarantaine de pièces en quelques mois. La dernière commande, composée de six armes, serait arrivée juste avant les attentats.

Stupéfait par les « faits de Paris », comme il les appelle, Claude H. dit avoir interrogé très directement son client pour savoir « s’il était impliqué ». Ce dernier, qui se mure dans le silence face aux accusations, lui aurait alors répondu « qu’il allait se mettre au vert ».

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/25/le-djihadiste-francais-salim-benghalem-aurait-ete-le-geolier-des-ex-otages-en-syrie_4771104_1653578.html

Le djihadiste français Salim Benghalem aurait été le geôlier des ex-otages en Syrie

 

Le Monde.fr | 25.09.2015 à 07h03 • Mis à jour le 25.09.2015 à 11h45 | Par Soren Seelow

Salim Benghalem en 2010.

 

A Cachan, dans le Val-de-Marne, ses anciens camarades se souviennent de lui comme d’un jeune homme « drôle », volontiers « taquin », et « pas spécialement courageux ». Salim Benghalem est aujourd’hui soupçonné d’être un des principaux geôliers de l’Etat islamique (EI). Le 23 juillet, une information judiciaire a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris pour enlèvement et séquestration visant Mehdi Nemmouche, Salim Benghalem « et tous autres ». Ces deux ressortissants français ont été identifiés parmi le groupe de djihadistes francophones chargés de surveiller les quatre journalistes français – Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres – gardés en otage par l’EI entre juin 2013 et avril 2014.

 

La présence dans les geôles de l’EI de Mehdi Nemmouche, l’auteur présumé du quadruple assassinat du 24 mai 2014 au Musée juif de Bruxelles, avait été révélée par Le Monde en septembre 2014. Selon nos informations, il était en réalité encadré dans ses basses œuvres par un Français bien plus important au sein de la hiérarchie de l’EI : Salim Benghalem, 35 ans, compagnon d’armes des frères Kouachi et connu des services de renseignement depuis près de cinq ans. Ces deux djihadistes auraient gardé en binôme les quatre otages français dans une prison d’Alep sur une période de six mois, entre juillet et décembre 2013.

Mehdi Nemmouche a été décrit par les témoignages des anciens otages comme un exécutant de base au tempérament brutal, qui semblait se servir de son engagement djihadiste pour assouvir sa soif de notoriété – il rêvait qu’un épisode de Faites entrer l’accusé, son émission préférée, lui soit consacré. Son supérieur hiérarchique, Salim Benghalem, apparaît, lui, comme un professionnel aguerri du djihad ayant patiemment gravi les échelons de l’EI. « Quand Nemmouche cognait, c’est Benghalem qui posait les questions », précise une source proche du dossier.

Une ascension fulgurante dans la hiérarchie de l’EI

Une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) permet de mesurer l’ascension de cet ancien petit délinquant de Cachan dans l’organigramme de l’EI : Salim Benghalem « ferait actuellement partie de la police islamique de l’EI et participerait aux exécutions et châtiments corporels administrés aux personnes jugées par leurs soins ». Une autre note précise qu’il a occupé « les fonctions de bourreau au sein du Tribunal Islamique à proximité d’Al-Bara [près d’Alep], où il aurait déjà exécuté une sentence de mort ». Une information corroborée par le département d’Etat américain, qui l’a placé en septembre 2014 dans sa liste des dix « Specially Designated Global Terrorists » – désignant les personnes les plus dangereuses aux yeux de Washington – pour avoir participé à des exécutions.

Salim Benghalem n’est pas uniquement soupçonné d’être un geôlier. Il est également visé dans la procédure du 23 juillet pour « provocation à commettre des actes de terrorisme », en raison de son apparition dans une vidéo de propagande diffusée le 12 février 2015. Dans ce « reportage » tourné sous la contrainte par un otage britannique, John Cantlie, un djihadiste français, identifié comme étant Benghalem, se félicite à visage découvert des attentats commis en janvier à Paris par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, dont il a croisé la route quelques années plus tôt. Il y exhorte ses « frères » en France à devenir des « loups solitaires » et à combattre les mécréants : « Tuez-les avec des couteaux, crachez-leur au minimum à la figure, mais désavouez-vous d’eux. »

L’ascension fulgurante de Benghalem au sein de la hiérarchie de l’EI est un cas d’école pour les services de renseignement, qui n’ont pas su interpréter le parcours initiatique de cet ancien délinquant, radicalisé sur le tard…

Pour en savoir plus : Salim Benghalem, le petit bandit français devenu geôlier de l’Etat islamique



Attentats de Paris : deux vidéos des frères Kouachi découvertes par les enquêteurs

Pour l’heure, difficile d’en dire grand-chose.

Cela m’évoque la manière dont j’avais été accueillie dans l’association AC ! Brest en début d’année 2004 par un militant de la LCR aux ordres de Josette Brenterch. Il faisait mine de tenir un fusil et mimait les gestes consistant à le pointer dans ma direction, me viser et tirer. « Pan ! Pan ! » faisait-il alors, « les ingénieurs, je les tue ! »

La date de ces vidéos, maintenant. Elles ont été tournées le 5 mai 2014.

Sachant à quel point les anniversaires ont d’importance pour certains, cela m’évoque d’abord le 5 mai 1994, un jour où, arrivant au bureau comme tous les matins, j’en ai « tué » quelques-uns de mes collègues de travail qui me croyaient bien morte depuis la veille au soir…

Mais il est d’autres évènements qui, bien plus récents, peuvent être rapprochés assez sûrement de cette date du 5 mai 2014 :

1°/ en date du 6 mai 2014, c’est-à-dire le lendemain, l’avocat de Josette Brenterch a communiqué au mien ses conclusions en appel pour la procédure engagée à mon encontre par sa cliente à compter du 19 août 2011 à raison de soi-disant injures et diffamations publiques qu’auraient consisté les droits de réponse que je publiais sur mon blog « Un petit coucou » chez OverBlog à la suite de ses campagnes de calomnies publiques nominatives à mon encontre, afin de démentir la version de ma biographie qu’elle faisait publier sur ses blogs par son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi depuis le 19 juin 2010, et de rétablir quelques vérités à ce sujet, me concernant au plus haut point, puisqu’il s’agit de ma vie comme de mon honneur et de ma réputation;

2°/ Souad Merah, son mari et ses enfants ont quitté la France entre le 6 et le 9 mai 2014;

3°/ Cyprien Luraghi a « déménagé » du site Rue89 le 10 mai 2014 et ne s’y est plus exprimé jusqu’au 7 novembre 2014, jour où, y reprenant son activité habituelle de troll, il troquait son dernier avatar, une tête de mort, pour celui de son tout nouveau « Numeric », et indiquait avoir « tenu six pieds sous terre » durant « six mois et un jour »; il avait donc retenu la date du 6 mai 2014;

4°/ Cyprien Luraghi a suspendu son blog public le 13 mai 2014 et ne l’a rouvert que le 24 décembre 2014.

 

http://www.rtl.fr/actu/politique/deux-videos-recuperees-dans-l-enquete-sur-les-freres-kouachi-7780431970

Deux vidéos récupérées dans l’enquête sur les frères Kouachi

 

INFO RTL – Les enquêteurs continuent de décrypter les centaines de mails que les deux terroristes ont tenté d’effacer avant les attentats de janvier 2015.

 

La page de l’émission : RTL Matin
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Deux vidéos récupérées dans l’enquête sur les frères Kouachi Crédit Image : FRENCH POLICE / AFP Crédit Média : Nicolas Burnens

 

par Nicolas Burnens , Geoffroy Lang publié le 09/11/2015 à 08:14 mis à jour le 09/11/2015 à 08:31

 

Malgré les précautions pris par les frères Kouachi pour faire disparaître les traces de leur préparation des attentats de janvier, l’enquête continue de progresser. Ils avaient pourtant pris le soin de supprimer toutes leurs données avant de commencer leur tuerie. Mais les experts en cybercriminalité ont réussi à récupérer ces deux vidéos effacées sur une carte mémoire. Sur une première vidéo de 57 secondes, on y voit l’un des deux frères, probablement Chérif, debout dans une cave. Il fait semblant de tenir un fusil et mime une revendication sans prononcer le moindre mot. La seconde séquence, filmée au même endroit, simule une attaque. On aperçoit une main qui tient une arme de poing, sans tirer de coups de feu.

Ces vidéos sont datées du 5 mai 2014, soit huit mois avant les attentats. A l’époque, les frères Kouachi sont encore sous la surveillance des services de renseignement et déjà en contact avec Amedy Coulibaly, le tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher. Plusieurs questions entourent ces images : est-ce la répétions de leurs futures attaques ou une simple revendication qui était censée être publiée plus tard ? Et à qui ces vidéos sont-elles destinées ?

Un commanditaire identifié

Au fil de l’enquête, un homme bien connu des services de renseignement apparaît de plus en plus comme un possible commanditaire. Salim Benghalem, un Français de 35 ans originaire de la région parisienne, a rejoint Daech en octobre 2013. D’abord simple combattant, il serait devenu très vite un recruteur et un bourreau présumé de l’État Islamique. Mais les enquêteurs s’intéressent surtout à cette vidéo diffusée en février dernier. Salim Benghalem se réjouit des attentats et appelle ses frères d’armes à frapper à nouveau.

L’enquête n’a pas permis de démontrer qu’il était effectivement le commanditaire des attentats de janvier. Mais le terroriste a bien été en relation avec ses auteurs. En 2011, il se rend aux côtés de Chérif Kouachi au Yémen pour s’entraîner au maniement des armes. Les deux hommes s’étaient rencontrés dans les années 2000 au sein de la bande des « Buttes Chaumont », un groupe lié à l’islamisme radical. Et puis, Salim Benghalem connaît également Amedy Coulibaly. Ils sont mêlés à la même affaire : la tentative d’évasion d’un des responsables des attentats de 1995 à Paris. En tout cas, l’homme est aujourd’hui jugé suffisamment dangereux, pour être désigné, depuis octobre, comme l’une des cibles des frappes françaises en Syrie.

La rédaction vous recommande
avatar dans Attentats
par Nicolas BurnensJournaliste RTL

 

 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/salim-benghalem-un-delinquant-sans-envergure-devenu-l-un-des-jihadistes-francais-les-plus-dangereux-7780150003

Salim Benghalem, un délinquant sans envergure devenu l’un des jihadistes français les plus dangereux

 

PORTRAIT – Geôlier et sans doute bourreau de Daesh, le Français aurait été une cible d’un bombardement français en Syrie.

 

Des membres de l'État islamique (photo d'illustration).
Crédit : TAUSEEF MUSTAFA / AFP

Des membres de l’État islamique (photo d’illustration).

 

par La rédaction numérique de RTL , Avec AFP publié le 18/10/2015 à 15:07 mis à jour le 18/10/2015 à 15:09

 

Qui pouvait prévoir que Salim Benghalem, petit délinquant de Cachan, serait considéré aujourd’hui comme l’un des plus dangereux parmi les jihadistes français partis en Syrie et en Irak ? Geôlier et sans doute bourreau de Daesh, Benghalem a été selon Le Monde une cible d’un bombardement français à Raqqa, en Syrie le 8 octobre. Une information que la Défense n’a pas commenté.

Jugé en 2007 devant les assises du Val-de-Marne, alors qu’il était âgé de 26 ans, pour un assassinat dans un règlement de comptes entre cités en 2001, il se repent de sa « totale erreur », . En détention, il se conduit bien; sa contrition convainc. L’avocat général réclame 18 ans de réclusion, il en prend onze.

Radicalisé en prison

Mais la prison a changé ce dragueur, consommateur de « shit ». Selon un proche du dossier, elle l’a placé sur le chemin d’islamistes violents, comme Mohammed El Ayouni, pilier de la filière des Buttes-Chaumont, groupe radical du nord parisien. El Ayouni est une « figure », auréolé de son « jihad » en Irak où il a perdu un œil et un bras en 2004. Benghalem se marie religieusement en janvier 2010 avec une femme qui lui a été présentée, et à sa sortie, fréquente le groupe des Buttes-Chaumont, y rencontre les futurs assassins de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, les frères Kouachi et Amédy Coulibaly.

Désormais « client » identifié de l’antiterrorisme, il est interpellé en septembre 2010 pour le projet avorté d’évasion d’un auteur des attentats de 1995, Smaïn Aït Ali-Belkacem. Coulibaly et Chérif Kouachi sont condamnés. Benghalem s’en tire avec une garde à vue.

Le Yémen, un tournant

En juillet 2011, il est avec l’un des Kouachi dans un avion pour Oman, porte d’entrée pour le Yémen. Il n’a pas prévenu ses proches. Après trois semaines, Benghalem revient. Ce court séjour semble un tournant. Il raconte à son entourage avoir payé un bédouin pour traverser le désert jusqu’au Yémen. Une « tribu de jihadistes » l’aurait formé aux armes, selon la déposition d’une proche dont l’AFP a eu connaissance.

Il croise sans doute un gros poisson du radicalisme islamiste français, Peter Chérif, et raconte avoir rencontré des responsables d’Al-Qaïda dans la péninsule arabique (Aqpa), dont Anwar al-Awlaki, un Américain d’origine yéménite tué peu après par un drone américain. Un haut responsable de la nébuleuse islamiste que Chérif Kouachi évoquera aussi en janvier dans une interview donnée avant d’être abattu.

À en croire les confessions d’un proche aux policiers, Benghalem aurait raconté avoir reçu pour mission « de commettre un attentat en France contre des Américains ». Il aurait renoncé, entretenant « un doute sur le bien-fondé » d’une telle action. 

Départ en Syrie

Ses envies d’ »hijra », d’émigration en terre d’islam, s’ancrent. En décembre 2012, il part en Tunisie, impose le niqab à sa femme, mais ne trouve pas de travail et rentre. Selon un proche du dossier, il y tisse des liens avec des Tunisiens qu’il retrouvera en Syrie. Une destination naturelle pour un islamiste radical français. Benghalem y part mi-2013, brièvement rejoint par son épouse et leurs deux enfants. « Il y avait plein d’armes dans la maison, elles étaient en hauteur à cause des enfants et la plupart n’étaient pas chargées », a raconté à son retour la jeune femme aux policiers.

Celui qui se fait appeler « Abou Mohamed » reste en contact avec la France par Skype et Viber, raconte les combats, les rivalités entre jihadistes, affiche son souhait de « mourir en martyr ». En novembre 2013, selon le récit de son épouse, il est blessé par balle à une jambe. Mais il guérit. Un proche du dossier décrit un homme endurci, « insensible ».

Exécuteur de Daesh

Il travaillait dans une prison et il participait aux interrogatoires », notamment de soldats de Bachar al-Assad mais aussi de personnes ayant commis des infractions au regard des règles de l’État islamique « car il fait partie de la police islamique », explique en audition un membre de son entourage. Benghalem concède que des jihadistes peuvent être exécutés pour « quelque chose qui selon le Coran méritait la peine de mort« , selon ce témoignage. Des femmes aussi, accusées de cacher des puces électroniques pour guider les frappes.

Comme l’a révélé Le Monde, il a été avec Mehdi Nemmouche, le tireur du musée juif de Bruxelles, un des geôliers des quatre journalistes français libérés en avril 2014 après dix mois de détention. En le plaçant en septembre 2014 sur leur liste noire, les Américains n’ont exprimé aucun doute : loin d’être chargé de verbaliser des infractions mineures comme l’affirmaient récemment certains proches à Cachan, Benghalem « effectue des exécutions pour le compte » de l’EI.

Plus de doutes

Ses doutes sur le bien-fondé d’actes terroristes, ont disparu. Un proche décrit aux enquêteurs comment il se compare à Mohamed Merah : délinquance, prison, radicalisation. Il lui explique que les attentats à la bombe ne sont « plus trop d’actualité », que ce sont « les tueries en série qui sont préconisées » désormais. Le 9 février, dans une vidéo de propagande tournée par le Britannique John Cantlie, journaliste otage de Daesh, il exprime sa joie après les tueries de Paris, invoque Merah, appelle ses « frères » à des actions similaires.

Ce quatrième d’une fratrie de sept enfants, n’est plus le « gringalet », « très taquin », décrit par ses amis de Cachan. Benghalem est devenu un nom qui compte parmi les quelque 850 jihadistes français. Au même titre que Cherif, El Ayouni, Mourad Farès -incarcéré après avoir fui la Syrie-, Oumar Diaby ou David Drugeon -sans doute tués.

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par La rédaction numérique de RTL

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/enquete-comment-souad-merah-a-prepare-son-depart-en-syrie-13-05-2015-4767399.php

Enquête : comment Souad Merah a préparé son départ en Syrie

 

La sœur du tueur à scooter avait minutieusement préparé son départ vers les terres du jihad, où elle a fini par partir en 2014 avec son mari et ses quatre enfants.

 

Le Parisien | 13 Mai 2015, 06h59

 

Elle est toujours l’une des femmes les plus recherchées de France. Elle était pourtant l’une des plus surveillées avant de disparaître en Syrie. Selon nos informations, Souad Merah, la sœur de Mohamed Merah, l’auteur des tueries de Montauban et Toulouse en mars 2012, a été placée sur écoute par les enquêteurs de la SRPJ de Toulouse pendant plus d’un an, et jusqu’à son départ pour les terres du jihad, en mai 2014.

Lors de ses conversations, Souad, radicalisée de longue date, a distillé des indices laissant peu de doute sur son désir de quitter la France pour un long voyage dans un pays musulman, sans toutefois évoquer clairement la Syrie. Nous avons pu consulter les retranscriptions de l’essentiel des échanges alors interceptés par la police toulousaine, qui ne ratait aucun de ses faits et gestes mais n’a pas pu l’empêcher de mener à bien son projet de départ. Eloquent.

Un an avant le départ : « Je sais, ça se prépare »
Une première conversation sans équivoque est interceptée le 23 avril 2013 entre Souad et l’une de ses confidentes. Les deux femmes discutent de la nécessité de faire la « hijra », terme qui désigne le retour en terre d’islam. La sœur de Mohamed Merah fait alors part de ses errements sur le sujet. « Moi par exemple, ne serait-ce que pour faire hijra, je fais trop de manières avec mon mari : Non on va pas là, non la Mauritanie c’est trop dur… »

Plus loin, elle se montre pourtant bien moins hésitante. « Je sais, ça se prépare. Moi j’ai dit à mon mari : on partira. Quand on aura les moyens de s’acheter quelque chose. En fait non, on doit pas réagir comme je réagis ! Tu vois, parce que normalement on n’a pas le droit de rester dans ce pays (NDLR : la France), déjà, à la base. »

Quatre mois avant : « On va faire les cartes d’identité pour tout le monde »
En janvier 2014, le doute n’est plus permis. Plusieurs conversations interceptées entre Souad et son mari, Abdelouahed, indiquent que le couple cherche à refaire les passeports et cartes d’identité de toute la famille. Lors de l’échange qui suit, l’époux se trouve manifestement à la mairie de Toulouse. « Faut faire les cartes d’identité, les trucs ? », demande-t-il. « Ben oui, pour Mohamed (NDLR : l’un de leur fils), et pour moi, la mienne est périmée », répond sa femme.

Pour éviter tout malentendu, elle résume finalement la tâche à accomplir : « Tu demandes deux dossiers pour passeport, un pour bébé et un pour adulte… et d’identité pour adulte, et carte d’identité pour enfants. [...] Non, excuse-moi, en fait on va faire les cartes d’identité pour tout le monde. »

Trois mois avant : « Il faudrait pas que je dépasse fin avril »
Nouvel indice, plus précis encore, fin février. Cette fois, une date approximative de départ est évoquée. Dans cet échange a priori banal, Souad Merah informe son mari qu’elle doit prendre rendez-vous chez une dentiste. Mais la date proposée par la praticienne semble poser problème. « Elle pourrait finir [les soins] le 6 mai », indique-t-elle. Abdelouahed tique : « Ah non, non le 6 mai c’est beaucoup trop. » Sa femme insiste : « Je vais pas partir avec mes dents à moitié. » Elle demande conseil pour la date à choisir lors d’un nouvel appel quelques minutes plus tard : « En fait, il faudrait pas que je dépasse fin avril, c’est ça ? – Fin avril, ouais. Pas fin, vers le 25 avril. »

Le 9 mai, Souad, son mari et leurs quatre enfants embarquaient sur un vol Barcelone-Istanbul avant de gagner la frontière syrienne.



En 2015, le militant associatif Serge Havet se présente au suffrage universel

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/departementales-canton-de-villeneuve-d-ascq-front-de-ia24b58799n2701514

Départementales-canton de Villeneuve-d’Ascq: Front de gauche, «Nous ne sommes pas de doux rêveurs»

 

Publié le 09/03/2015

Par Franck Bazin

Comme le sud de l’Europe ose les politiques alternatives, les candidats Front de gauche aux élections départementales du mois de mars nourrissent de nouveaux espoirs. Y compris face au président sortant du Département.

 

Dominique Lecomte et Marie-Pierre Cauwet prennent part à une élection locale aussi pour peser sur la politique nationale.
Dominique Lecomte et Marie-Pierre Cauwet prennent part à une élection locale aussi pour peser sur la politique nationale.

 

Si le nouveau canton de Villeneuve-d’Ascq s’est élargi à quatre communes tournées vers Roubaix, ce sont bien quatre Villeneuvois qui défendront les couleurs du Front de gauche lors des élections départementales de mars. Des candidats entourés d’un collectif comme le symbolisait la présence d’une dizaine de personnes autour de Marie-Pierre Cauwet et Dominique Lecomte, samedi matin pour la présentation de l’équipe.

Chacun est d’ailleurs intervenu tour à tour pour défendre la candidature, les ambitions, les enjeux et les moyens. Les candidats revendiquent haut et fort la défense de l’institution départementale, pour sa proximité. Pour l’essentiel, les candidats de « la gauche de la gauche » veulent renforcer, intensifier l’action du conseil général en faveur des plus faibles sur les questions de santé, de logement, d’emploi, de handicap…

Les mesures proposées demandent bien évidemment des financements : « L’argent existe, nous ne sommes pas des doux rêveurs », s’emporte Marie-Pierre Cauwet. Pour financer leur programme, les candidats Front de gauche « exigent le remboursement de la dette de trois milliards que l’État doit au département du Nord et la suppression du cadeau de 40 milliards fait chaque année aux entreprises ; l’annulation des 156 millions réclamés par les banques aux collectivités du Nord, suite des emprunts toxiques et alors que les contribuables ont déjà financé le sauvetage des banques ; une augmentation des ressources allouées par l’État aux départements les plus pauvres ; un impôt sur les bénéfices des groupes du CAC 40 aligné sur le taux d’imposition des salariés ».

Les titulaires :

Marie-Pierre Cauwet, formatrice-consultante dans le domaine sanitaire et social, militante de l’égalité des droits, membre de la Coordination communiste. Dominique Lecomte, enseignant, militant syndical, membre du Parti communiste français.

Les remplaçants :

Claudine Regulski, militante associative et écologiste, non cartée. Serge Havet, militant associatif en faveur des chômeurs et des précaires, membre du Parti communiste français.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/elections-departementales-dans-le-canton-de-ia28b50417n2710594

Élections départementales : dans le canton de Villeneuve-d’Ascq, le patron du département défend son bilan

 

Publié le 14/03/2015 – Mis à jour le 14/03/2015 à 13:21

par Jean-Marie Guichard

Le Parti Socialiste maintiendra-t-il ses (très) bons scores antérieurs dans un contexte de grogne à l’égard du pouvoir actuel ? Le Front national est-il en mesure de battre à nouveau la droite « classique » comme en 2011 ? Cette élection sera en tout cas un test pour le niveau de la gauche dans ce canton où se représente le président du conseil général.

 

 Le nouveau collège Simone-de-Bauvoir est une réalisation du département, comme le rappelle Didier Manier qui revendique un bilan très riche. Photo Alexis Christiaen
Le nouveau collège Simone-de-Bauvoir est une réalisation du département, comme le rappelle Didier Manier qui revendique un bilan très riche. Photo Alexis Christiaen

 

Principal enjeu du scrutin : la cote de popularité du conseiller général sortant de Villeneuve-d’Ascq nord, Didier Manier, qui se représente sous l’étiquette Union de la gauche (« majorité départementale ») avec Françoise Martin, de Rassemblement citoyen, en binôme. Or Didier Manier est devenu président du conseil général quand Patrick Kanner a été appelé au gouvernement l’année dernière. Rappelant « qu’il ne faut pas se tromper d’élection », il sait aussi que le contexte politique général va jouer. La gauche dirige le canton depuis l’origine et un mauvais score serait mal vu d’autant que Didier Manier a été confortablement élu en 2011 avec 73,56 % des voix au deuxième tour contre le Front national, après élimination de la candidate UMP Florence Bariseau. De son côté, Monique Lempereur, de Rassemblement citoyen, a remporté le canton Villeneuve sud en 2008 avec 45,22 % des voix au deuxième tour à l’issue d’une triangulaire l’opposant au PS (Olfa Laforce) et au Mouvement démocrate (Christian Carnois).

Pour éviter un remake de 2011, l’UMP-UDI a misé sur la jeunesse – Sophie Lefebvre n’a que 21 ans – et l’expérience du terrain avec Thierry Rolland, maire de Willems.

De son côté, le Front national, fort des sondages nationaux, ne cache pas ses ambitions d’autant qu’il a atteint 18,91 % des voix à Villeneuve-d’Ascq aux européennes de 2014, soit un gain de 5,15 points en trois ans. Finalement, le poids de l’abstention sera déterminant, y compris pour les socialistes : « Nous sommes à quatre listes de gauche contre deux de droite, il faut se méfier de l’éparpillement des voix », avertit Didier Manier.

binomes

Nouvelle donne

Anne Betting (ND), 52 ans, professeur d’art à la retraite, de Villeneuve-d’Ascq et Xavier Roussel (ND), 50 ans, artisan menuisier, de Villeneuve-d’Ascq.

Pour la justice sociale, la solidarité, le référendum local.

Suppléants : David Basseux (ND), 37 ans, fonctionnaire territorial, de Pérenchies et Jeanne Parreau (ND), 77 ans, professeur retraitée, de Mons-en-Barœul.

Front de gauche

Marie-Pierre Cauwet (Coordination communiste), formatrice-consultante, de Villeneuve-d’Ascq et Dominique Lecomte (PC), enseignant, de Villeneuve-d’Ascq.

Proposent le renforcement des actions du Département en direction « des plus faibles ».

Suppléants : Claudine Regulski (non cartée) et Serge Havet (PC).

Union de la droite

Sophie Lefebvre (UMP), 21 ans, étudiante en sciences politiques, conseillère municipale à Villeneuve-d’Ascq et Thierry Rolland (DVD), 45 ans, cadre, maire de Willems. Pour une politique départementale « à l’écoute des jeunes ».

Suppléants : Isabelle Lefebvre (DVD), 44 ans, de Villeneuve-d’Ascq et Christophe Bonnard (MoDem), 40 ans, conseiller d’opposition à Villeneuve-d’Ascq.

Union de la gauche

Didier Manier (PS), 53 ans, cadre territorial, président du conseil général, conseiller communautaire à Villeneuve-d’Ascq et Françoise Martin (Rassemblement citoyen), 54 ans, enseignante-chercheuse, adjointe à Villeneuve-d’Ascq.

Suppléants : Yves Vanbeneden, 59 ans, facteur retraité, conseiller municipal à Willems et Dominique Furne (RC), adjointe à Villeneuve-d’Ascq.

Front national

Véronique Descamps (FN), 50 ans, gérante d’entreprise, conseillère municipale à Villeneuve-d’Ascq et Pascal Reignier (FN), 54 ans, chef d’entreprise, de Villeneuve-d’Ascq. Ils proposent un audit des dépenses sociales et la lutte contre la fraude aux allocations.

Suppléants : Guy Quintric (FN), 42 ans, employé, de Villeneuve-d’Ascq, Colette Lemaître (FN), retraitée, de Villeneuve-d’Ascq.

Europe écologie les Verts

Xavier Hardy (Europe Écologie-Les Verts), directeur de Mission locale, de Villeneuve-d’Ascq et Sandrine Rousseau (Europe Écologie-Les Verts), 43 ans, économiste, auteure, vice-présidente du conseil régional, de Villeneuve-d’Ascq. Au programme : «solidarité avec les personnes, solidarité avec les territoires, solidarité avec la planète».

Suppléants : Douglas Galleguillos et Catherine Boutté.

 

http://www.rtl.fr/elections-departementales/departement-nord/canton-villeneuve-d-ascq-40

Elections départementales 2015 : Villeneuve-d’Ascq

 

Résultats du canton : Villeneuve-d’Ascq (47 808 inscrits)

Participation 2nd tour: 40,72%

M. MANIER Didier et Mme MARTIN Françoise ÉLU Union de la Gauche 10 197 votes

52,38%

Mme LEFEBVRE Sophie et M. ROLLAND Thierry Union de la Droite 9 270 votes

47,62%
Participation 1er tour: 45,01%

M. MANIER Didier et Mme MARTIN Françoise BALLOTAGE Union de la Gauche 6 673 votes

31,01%

Mme LEFEBVRE Sophie et M. ROLLAND Thierry BALLOTAGE Union de la Droite 5 814 votes

27,02%

Mme DESCAMPS Véronique et M. REIGNIER Pascal Front National 5 017 votes

23,31%

M. HARDY Xavier et Mme ROUSSEAU Sandrine Europe-Ecologie-Les Verts 1 903 votes

8,84%

Mme CAUWET Marie-Pierre et M. LECOMTE Dominique Front de Gauche 1 380 votes

6,41%

Mme BETTING Anne et M. ROUSSEL Xavier Divers gauche 732 votes

3,4%

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/villeneuve-d-ascq-didier-manier-prend-ce-resultat-ia28b0n2741529

Villeneuve-d’Ascq: Didier Manier «prend ce résultat comme une injustice»

 

Publié le 29/03/2015 – Mis à jour le 29/03/2015 à 23:33

La Voix du Nord

Didier Manier, président sortant du département du Nord, commente les scores du PS. Bien que réélu dans le canton de Villeneuve-d’Ascq avec 52,38 % des voix, il estime que le contexte national l’a emporté, et que la majorité sortante n’a pas été jugée sur son action.

 

 Le vote de Didier Mannier, président sortant du conseil départemental du Nord. Photo Pierre LE MASSON VDN

 

« La gauche sera dans l’opposition départementale, c’est le contexte national qui l’a emporté », commente Didier Manier au soir du deuxième tour des élections départementales, où la gauche a perdu sa majorité dans le Nord. « Nous n’avons pas été jugés sur notre travail ni sur notre projet. Les résultats montrent une sanction de l’action du gouvernement. Il va nous falloir analyser ces jours prochains les raisons de l’abstention d’une partie des électeurs de gauche et éviter de stigmatiser ceux qui ont voté pour le Front national mais plutôt comprendre pourquoi ils se jettent dans les bras de l’extrême droite. »

Il revient ensuite sur la déconcenue de la gauche. « Sur 41 cantons, la gauche en conserve entre 13 et 15 ce soir, je prends ce résultat comme une injustice. Si nous avions été jugés sur notre bilan dès dimanche, le résultat ne serait pas le même. Je regrette aussi la non-alliance de la gauche au premier tour et souhaite qu’on en tire des leçons. »

 

http://election-departementale.linternaute.com/resultats/villeneuve-d-ascq/ville-59009

Résultats départementales Villeneuve-d’Ascq

30/03/15 18:03

Résultat départementales 2015 – Villeneuve-d’Ascq

Résultats des départementales

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Canton Villeneuve-d’Ascq

Résultat canton Villeneuve-d’Ascq : 2ème tour

Candidats % voix commune % voix canton Statut
Didier MANIER et Françoise MARTIN

Union de la Gauche
56,58% 52,38% Elu
Sophie LEFEBVRE et Thierry ROLLAND

Union de la Droite
43,42% 47,62%
Villeneuve-d’Ascq Canton Villeneuve-d’Ascq
Nombre d’inscrits 39 513 47 808
Nombre de votants 16 998 21 124
Taux de participation 43,02% 44,19%
Votes blancs (en % des votes exprimés) 5,29% 5,31%
Votes nuls (en % des votes exprimés) 2,65% 2,53%

Résultat canton Villeneuve-d’Ascq : 1er tour

Candidats % voix commune % voix canton Statut
Didier MANIER et Françoise MARTIN

Union de la Gauche
33,50% 31,01% Ballotage
Sophie LEFEBVRE et Thierry ROLLAND

Union de la Droite
24,04% 27,02% Ballotage
Véronique DESCAMPS et Pascal REIGNIER

Front National
21,99% 23,31%
Xavier HARDY et Sandrine ROUSSEAU

Europe-Ecologie-Les Verts
9,42% 8,84%
Marie-Pierre CAUWET et Dominique LECOMTE

Front de Gauche
7,26% 6,41%
Anne BETTING et Xavier ROUSSEL

Divers gauche
3,80% 3,40%
Villeneuve-d’Ascq Canton Villeneuve-d’Ascq
Nombre d’inscrits 39 513 47 808
Nombre de votants 17 877 22 263
Taux de participation 45,24% 46,57%
Votes blancs (en % des votes exprimés) 2,05% 2,16%
Votes nuls (en % des votes exprimés) 1,12% 1,18%

EN VIDEO – Ce qu’il faut retenir en 5 minutes

[MIS A JOUR LE 30 mars 2015] Election 2015 à Villeneuve-d’Ascq : les résultats officiels du 2nd tour des élections départementales 2015 sont disponibles sur Linternaute dès leur communication par le ministère. Que vont préférer les 39 513 électeurs de Villeneuve-d’Ascq pour présider le conseil départemental ? Au premier tour, l’Union de la gauche a pris le plus de suffrages exprimés (avec 33,50%), suivi par l’Union de la droite (24,04%) et le Front national (21,99%). L’analyse du rapport de forces à Villeneuve-d’Ascq indique que la gauche engrange 46,72% des suffrages, contre 24,04% pour le mouvement de Nicolas Sarkozy et 21,99% pour le rassemblement Bleu Marine. Ce dernier pourrait donc faire figure d’arbitre aussi bien pour les résultats du second tour dans les 41 cantons rattachés au département que lors d’un conditionnel 3e tour en occasionnant le choix du président du conseil général pour l’un ou l’autre parti. Zoom sur le département du Nord où Didier Manier mène le conseil général qui oriente les prestations sociales des 2 579 208 personnes de ce département, pour 41 cantons. Alors que le pourcentage de demandeurs d’emploi s’élève à 12,1% pour le département du Nord (selon des chiffres INSEE, 2011) soit plus que la moyenne nationale, Villeneuve-d’Ascq se différencie avec 16,6% de personnes sans emploi, un sujet incontournable alors que la compétitivité des entreprises est au coeur des tourments des électeurs. Les résultats des départementales du Nord et de Villeneuve-d’Ascq découleront de trois paramètres : le taux de participation, le score du FN et le nombre de suffrages exprimés. En moins de 2 années, le résultat du Parti de Marine Le Pen a progressé de 5,15 points dans la zone de Villeneuve-d’Ascq, dont les plus de 60 ans représentent 13,47% de la population. Ce qui illustre le fait que que les résultats des départementales à Villeneuve-d’Ascq seront particulièrement étudiés dans le département du Nord, voire en Nord-Pas-de-Calais. Plus précisément, le résultat du parti fondé par Jean-Marie Le Pen était de 18.91% aux européennes de 2014 (moins que le score atteint dans l’Hexagone) et de 13.76% aux présidentielles de 2014 (moins que la moyenne française). Villeneuve-d’Ascq couvre un canton aux problématiques diversifiées. Concernant la circonscription du canton de Villeneuve d’Ascq : Au 1er tour, le pourcentage de citoyens s’étant abstenus à Villeneuve-d’Ascq représentait 54,76%, soit plus que la moyenne du canton. Les 39 513 inscrits à Villeneuve-d’Ascq pour ce canton devront choisir au 2e tour entre M. MANIER Didier et Mme MARTIN Françoise (Union de la Gauche, 33,50% à Villeneuve-d’Ascq) et Mme LEFEBVRE Sophie et M. ROLLAND Thierry (Union de la Droite, 24,04% à Villeneuve-d’Ascq) pour les représenter au sein de l’assemblée du Nord.

Score du Front National / Rassemblement Bleu Marine au premier tour des élections à Villeneuve-d’Ascq

Score du FN à Villeneuve-d’Ascq20042007200920122012201420140510152025

Résultat cantonales 2011 – Villeneuve-d’Ascq

Résultats des départementales

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Canton Villeneuve-d’Ascq-Nord

Résultat canton Villeneuve-d’Ascq-Nord : 2ème tour

Candidats % voix commune % voix canton Statut
Didier MANIER

Socialiste
73,56% 73,56% Elu
François DE WEPPES

Front National
26,44% 26,44%
Villeneuve-d’Ascq Canton Villeneuve-d’Ascq-Nord
Nombre d’inscrits 20 162 20 162
Nombre de votants 8 266 8 266
Taux de participation 41,00% 41,00%
Votes blancs et nuls (en % des votes exprimés) 6,48% 6,48%

Résultat canton Villeneuve-d’Ascq-Nord : 1er tour

Candidats % voix commune % voix canton Statut
Didier MANIER

Socialiste
35,65% 35,65% Ballotage
François DE WEPPES

Front National
19,98% 19,98% Ballotage
Malik IFRI

Europe Ecologie / Les Verts
15,26% 15,26%
Florence BARISEAU

Union pour un Mouvement Populaire
13,40% 13,40%
Roland DIAGNE

Communiste
8,04% 8,04%
Christian CARNOIS

Majorité présidentielle
7,67% 7,67%
Villeneuve-d’Ascq Canton Villeneuve-d’Ascq-Nord
Nombre d’inscrits 20 162 20 162
Nombre de votants 7 313 7 313
Taux de participation 36,27% 36,27%
Votes blancs et nuls (en % des votes exprimés) 1,81% 1,81%

Résultat cantonales 2008 – Villeneuve-d’Ascq

Résultats des départementales

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Canton Villeneuve-d’Ascq-Sud

Résultat canton Villeneuve-d’Ascq-Sud : 2ème tour

Candidats % voix commune % voix canton Statut
Monique LEMPEREUR

Divers gauche
45,22% 45,22% Elu
Olfa LAFORCE

Socialiste
28,20% 28,20%
Christian CARNOIS

UDF- Mouvement Démocrate
26,57% 26,57%
Villeneuve-d’Ascq Canton Villeneuve-d’Ascq-Sud
Nombre d’inscrits 19 123 19 123
Nombre de votants 11 162 11 162
Taux de participation 58,37% 58,37%
Votes blancs et nuls (en % des votes exprimés) 2,71% 2,71%

Résultat canton Villeneuve-d’Ascq-Sud : 1er tour

Candidats % voix commune % voix canton Statut
Monique LEMPEREUR

Divers gauche
32,70% 32,70% Ballotage
Olfa LAFORCE

Socialiste
22,76% 22,76% Ballotage
Christian CARNOIS

UDF- Mouvement Démocrate
18,33% 18,33% Ballotage
Jean-François HILAIRE

Union pour un Mouvement Populaire
9,75% 9,75%
Pierre-Jocelyn HUYGHE

Les Verts
8,75% 8,75%
Martine BERTHOULOUX

Communiste
4,63% 4,63%
Frédéric GOSSART

Front National
3,07% 3,07%
Villeneuve-d’Ascq Canton Villeneuve-d’Ascq-Sud
Nombre d’inscrits 19 123 19 123
Nombre de votants 10 970 10 970
Taux de participation 57,37% 57,37%
Votes blancs et nuls (en % des votes exprimés) 1,58% 1,58%

 

 

http://www.lemonde.fr/nord-pas-de-calais-picardie/nord,59/villeneuve-d-ascq,59009/elections/municipales-2014/

Villeneuve-d’Ascq 59 491 Résultats des élections municipales

La commune Villeneuve-d’Ascq – Les enjeux des élections régionales

 

La tension monte dans la nouvelle grande région Nord Pas-de-Calais Picardie. Voilà des mois que les actuels présidents socialistes Daniel Percheron (Nord- Pas-de-Calais) et Claude Gewerc (Picardie) sentent leurs territoires échapper à la gauche. Les récents sondages ont annoncé que la grande gagnante des élections régionales des 6 et 13 décembre serait Marine Le Pen, qui est créditée de près de 39 % des suffrages en cas de triangulaire (32% pour le candidat LR Xavier Bertrand et 29 % pour le socialiste Pierre de Saintignon).

Avec près de 6 millions d’habitants, le territoire est plombé par un taux de chômage de 12,5%, soit deux points de plus que la moyenne nationale. Une aubaine pour le FN qui accroît son assise depuis l’élection présidentielle de 2012 dans les villes du Nord, touchées de plein fouet par la crise. L’emploi sera donc au cœur de cette campagne. Le candidat Les Républicains, l’ancien ministre Xavier Bertrand, a d’ailleurs choisi comme slogan « Notre région au travail ». De son côté, l’aubryste Pierre de Saintignon mise sur son expérience de premier vice-président de la région Nord-Pas-de-Calais chargé des affaires économiques pour proposer des solutions aux 200 000 entreprises et aux industries telles que la métallurgie, la sidérurgie, l’automobile et l’agro-alimentaire.

Mais l’heure n’est pas encore aux débats d’idées et aux programmes. Le scrutin régional est pollué par l’hyper-médiatisation suscitée par l’éventuelle victoire de l’extrême droite. Marine Le Pen va-t-elle remporter la présidence de la deuxième région de France par sa jeunesse, troisième région de France par sa population (derrière l’Ile-de-France et Auvergne-Rhône-Alpes) et première région agricole de France (pour la production de céréales, pommes de terre et betteraves) ? Après Hénin-Beaumont, la terre des chtis deviendrait le symbole de la conquête du FN. A droite, on s’inquiète du séisme économique et de la désertion des investisseurs en cas de victoire de la fille de Jean-Marie Le Pen.

Quel que soit le résultat au soir du 13 décembre, ces régionales auront aussi un impact sur la présidentielle. Xavier Bertrand maintient sa candidature aux primaires à droite en vue de 2017. A gauche, on dénonce le marche-pied vers la présidentielle que constituerait son élection ou celle de Marine Le Pen à la tête de cette grande région. Mais l’argument ne prend pas. Le mécontentement des Nordistes vis-à-vis de la politique gouvernementale est tel qu’il plombe le PS. Europe écologie-Les Verts, allié au Parti de Gauche, et le PS n’ont d’ailleurs pas su se mettre d’accord pour une union de la gauche dès le premier tour. Et ce malgré des années passées à travailler main dans la main.

Laurie Moniez

LES DERNIÈRES ÉLECTIONS

Retrouvez l’ensemble des résultats des élections présidentielles, législatives, municipales et départementales de 2002 à aujourd’hui.

 

Municipales 2014 – Villeneuve-d’Ascq

Premier Tour

  • Gérard CAUDRON Liste Union de la Gauche

    45.54 %

  • Florence BARISEAU Liste Union de la Droite

    21.93 %

  • Véronique DESCAMPS Liste Front National

    14.47 %

  • Sandrine ROUSSEAU Liste Europe-Ecologie-Les Verts

    9.94 %

  • Martine BERTHOULOUX Liste Front de Gauche

    6.24 %

  • Pascale ROUGÉE Liste Extrême gauche

    1.85 %

Second Tour

  • Elu Gérard CAUDRON Liste Union de la Gauche

    58.43 %

  • Florence BARISEAU Liste Union de la Droite

    26.84 %

  • Véronique DESCAMPS Liste Front National

    14.71 %

Les Élus

  • Maire : Monsieur CAUDRON Gérard (DVG)


Serge Havet, un président d’AC ! qui tutoie Martine Aubry

A compter du mois de décembre 2010, alors que Josette BRENTERCH du NPA de Brest me calomniait quotidiennement avec ses amis les cyberdélinquants de la bande de Cyprien LURAGHI sur les blogs de ce dernier depuis juin 2010, j’avais commencé à publier sur mon ancien blog « Un petit coucou » sur OverBlog, en vue de rétablir la vérité à ce sujet, des articles portant sur les conflits qui nous avaient opposées en 2004 et 2005 dans le cadre de l’association AC ! Brest.

En fin d’année 2004, Josette BRENTERCH avait décidé de me faire exclure de cette association du fait que j’avais interrogé un psychiatre conférencier sur la question du harcèlement moral en entreprise lors d’une journée de débats organisés par la Ville de Brest sur les thèmes de la santé et de la précarité. Ces quelques questions et réponses échangées en public sur le mode cordial avaient intéressé tout le monde, mais Josette BRENTERCH qui n’avait pas participé à ce débat et n’y avait même pas assisté les avaient ensuite jugées intolérables.

En effet, elle refusait catégoriquement d’entendre parler du problème du harcèlement moral en entreprise, considérant qu’il n’en était pas un, et avait donc décidé de me faire exclure de l’association en raison de mes prétendus « délires » à ce sujet, mais n’avait pas été suivie par les autres membres de l’association qui tous « déliraient » exactement comme moi sur les divers sujets que j’avais commencé à traiter avec eux. Nous étions tous atteints des mêmes « délires ».

Pour pouvoir finalement réussir à m’exclure de cette association un an plus tard, elle aura donc dû dans l’intervalle multiplier les attaques et coups tordus les plus divers contre tous les autres membres de l’association et moi-même, jusqu’à fomenter à l’automne 2005 deux putschs successifs qui auront renversé toutes ses instances dirigeantes à l’échelon brestois et au niveau national. C’est à cette seule et double condition qu’elle obtiendra enfin mon exclusion d’AC ! Brest au mois de décembre 2005.

Son putsch du mois d’octobre 2005 dans le réseau national des collectifs d’AC ! avait porté à la présidence de l’association supportant tout cet ensemble le Lillois Serge HAVET qui n’avait pas tardé à se retrouver à la tête d’une coquille vide, tous les collectifs actifs du réseau, désapprouvant le putsch, ayant décidé de le quitter et de se rassembler ailleurs. C’est la scission d’AC ! de l’automne 2005, actée en 2006. L’ancienne structure, restée entre les mains de Josette BRENTERCH et ses amis de la LCR, s’appelle depuis AC-Chômage, et la nouvelle AC-Réseau.

Je rappelle les deux premiers de ces articles que j’avais publiés à compter du mois de décembre 2010 (cliquer sur les images pour les agrandir et lire les textes) :

 

2010-12-08 Octobre 2005- la LCR expulse d'AC ! ses chômeurs, précaires et exclus - Un petit coucou

 

2010-12-08 La véritable scission dans AC ! - Un petit coucou

 

A compter de l’année 2011, La Voix du Nord a régulièrement consacré des articles à Serge HAVET et ses combats :

 

http://www.lavoixdunord.fr/Locales/Lille/actualite/Secteur_Lille/2011/06/19/article_serge-havet-mourir-a-100-ans-et-me-dire.shtml

Serge Havet : « Mourir à 100 ans et me dire que mon combat a servi à quelque chose »

 

Publié le 19/06/2011 à 05h15

Agir ensemble contre le chômage. Pour Serge Havet, le combat n’a de sens que s’il est collectif. À l’heure de parler de lui, de son parcours, le « Robin des bois des supermarchés », comme l’a surnommé le journal « Libération », hésite un peu : « Il faut éviter de dire moi, il faut dire nous. » Il accepte finalement de déroger à la règle quelques instants, pour mieux rebondir sur le sens de son combat. PAR JEAN-FRANÇOIS SOLERI

Serge Havet : « Mourir à 100 ans et me dire que mon combat a servi à quelque chose »

lille@lavoixdunord.fr

Serge Havet est fâché avec les chiffres. Il a ça en commun avec l’ancien leader syndical Henri Krasucki. Et peut-être aussi une forme de révolte naturelle propre aux gens qui ne mentent pas. À l’heure de fêter les 15 ans d’AC !, dont le responsable du bureau ne sait plus très bien si la naissance remonte à 1996, 1994, 1999 ou 2001, il est l’heure d’évoquer les actions qui ont jalonné son parcours, malgré quelques doutes sur les dates qui lui reviennent en mémoire…

Boulevard de Metz, à Lille. AC a installé ses deux bureaux au rez-de-chaussée d’un immeuble HLM. Serge Havet, débraillé comme à son habitude, arbore un large sourire. Peu soucieux de son image, à l’aise avec tout le monde, il a au moins retenu une chose des hommes politiques qu’il fréquente régulièrement : les petites phrases. « Je suis un militant qui agit au quotidien au coeur des quartiers, au coeur de la précarité et au coeur des réalités. » La comparaison s’arrête là. Car pour le reste, Serge Havet ne respecte aucun devoir de réserve : « Je lui ai dit à Martine Aubry, le 1 er mai : « Tu sais, si tu veux gagner l’élection, il va falloir aller plus loin. » Rien sur les expulsions, rien sur les grands patrons. Est-ce qu’ils vont revenir sur les retraites ? Il y a de bonnes idées mais ça ne va pas assez loin.

» Pierre de Saintignon, 1er adjoint au maire de Lille, s’assoit à ses côtés à chaque conseil communal de concertation : « Ça nous est arrivé de nous engueuler, de ne pas être d’accord, mais je n’ai jamais douté de la sincérité de son combat. Il est dur au bon sens du terme, exigeant. Mais en même temps, c’est un homme qui accepte le dialogue. Il prend la parole et écoute ce que les autres ont à dire. »

« Expulsé, SDF, au RMI et au RSA »

Enfant d’Annappes, à Villeneuve-d’Ascq, Serge Havet est élevé par un père ouvrier ajusteur aux ateliers d’Hellemmes : « Ma famille était assez militante. Mon père a été tête de liste à Annappes à la fin des années 50. J’ai été bercé tout de suite. J’ai découvert à 14 ans les premières bagarres entre colleurs d’affiches. Ensuite, j’avais 18 ans en 68 donc j’étais un peu anarchiste sur les bords. » Le certificat d’études, les premières manifs, les petits boulots : « A 18-20 ans, je ne voyais pas trop l’intérêt de travailler. » C’est le début d’une période sur laquelle Serge Havet choisit de laisser un voile de discrétion. « J’ai été expulsé de mon logement, SDF, au RMI et au RSA. Comme quoi, on peut avoir de gros problèmes et s’en sortir. » Quinze ans à La Poste, d’abord pour y distribuer des prospectus puis en tournée, « dans tous les quartiers défavorisés ». Un jour, une manif, une pétition, Serge replonge : « On m’a demandé de faire grève et de signer. Mon côté militant a resurgi. Le receveur a vu mon nom, il m’a fait venir. Mon contrat n’a pas été renouvelé. » Le tournant s’opère en 1994. « Il y avait une expulsion à Villeneuve-d’Ascq. Avec des copains, on s’y est opposés et on a gagné. » Création d’AC ! Métropole Lilloise en 1996 (?) et du Droit au logement (DAL) Lille en 1997, obtention du transport gratuit pour toutes les personnes en situation de précarité en 1994, prime de Noël en 1997, nuit des sans-logis, combats contre l’UNEDIC : quelques-unes des luttes parmi les plus emblématiques.

Deux éléments fondamentaux distinguent Serge dans sa lutte : il vit parmi les plus démunis et il est constamment dans l’action. « Je suis un révolté permanent. Tant qu’il y aura ce mot ignoble de seuil de pauvreté, je me battrai. Je refuse les injustices. On laisse les gens dans le dénuement et en plus on les montre du doigt. C’est insupportable. » Coups de fil au Trésor public pour demander un délai de paiement, à Pôle emploi pour éviter une radiation, au patron d’une PME pour une embauche : Serge ne baisse jamais la garde. Un jour, peut-être, le militant aimerait ouvrir une brasserie. « Mais je voudrais surtout mourir à 100 ans et me dire que mon combat a servi à quelque chose, qu’on ne connaît plus la misère. J’y pense, souvent, tous les jours… » •

La Voix du Nord

 

http://www.lille.maville.com/actu/actudet_-ac&160;-m&233;tropole-revient-sur-quinze-ans-de-lutte-contre-les-exclusions-samedi_13169-1840923_actu.Htm

Lundi 20 juin 2011 00:00

AC ! Métropole revient sur quinze ans de lutte contre les exclusions, samedi

photo serge havet préside l'associationqui organise quinze heures de manifestations pour ses quinze ans. © la voix du nord

Serge Havet préside l’associationqui organise quinze heures de manifestations pour ses quinze ans.© La Voix du Nord

L’association AC ! Métropole, qui lutte contre le chômage et la précarité, a 15 ans ce mois-ci. Le Lillois Serge Havet, son président, combat de haute lutte toute forme d’exclusion. Il fait le point sur les actions menées par son association qui organise quinze heures de débats, de projections vidéo et d’exposition samedi, à Lille.

 

PAR JEAN-FRANÇOIS SOLERI

metro@lavoixdunord.fr PHOTO MAX ROSEREAU

> Quels sont les plus beaux succès que vous avez obtenus au cours de ces quinze dernières années ?

« On a obtenu le transport gratuit pour tous les précaires. On a fait la nuit des sans-logis devant la mairie de Lille pour obtenir des relogements. En 2004, quand les Assedic étaient à sec, on a poursuivi l’Unedic en justice. C’est Borloo qui avait remis des sous dans la caisse pour les chômeurs longue durée. Nous avons aussi obtenu la prime de Noël en 1997. C’est Jospin et Aubry qui nous l’avaient accordée après avoir occupé les Assedic. »

> Comment a évolué la société au cours de cette période ?

« Mal. Les gens n’en peuvent plus. Je suis obligé d’aller demander des colis à la Banque alimentaire pour les gens qui ne s’en sortent pas et qui n’ont pas accès aux Restos du coeur. Aujourd’hui, on ne peut plus vivre avec le SMIC. C’est devenu un minimum social. »

> L’élection présidentielle peut-elle être porteuse d’espoir ?

« Quand je vois les programmes, on est loin de nos revendications. On en a marre de ne pas être associés aux grandes décisions. Toutes celles qui concernent les chômeurs et les précaires sont prises sans nous. Il faut faire de la politique citoyenne avec les gens. Pas dans les cabinets ministériels. Je sais que les caisses sont vides mais il faut prendre l’argent là où il se trouve. Certaines personnes ne voient pas le bout de leur fortune. Mme Bettancourt, on peut y aller. M. Mulliez, on peut y aller. Qu’ils fassent un peu preuve de solidarité, ces gens-là. »

> Quelles sont les solutions à apporter ?

« Il faut taxer les riches, les grands patrons. Quand Mélenchon dit : « Au-dessus de 350 000 euros, je prends tout », c’est bien, mais je ne sais pas comment il peut l’appliquer. On ne le laissera pas faire. (…) Il faut réduire les crédits d’armement, rappeler nos soldats qui se font tuer en Afghanistan, réduire les grands trains de vie de l’État. Pour lutter contre l’insécurité, on a besoin d’animateurs, d’éducateurs dans les quartiers. Il faut une police de proximité. C’est de la prévention éducative. Et puis surtout, il faut arrêter de culpabiliser les gens.

J’ai rencontré M. Wauquiez à La Madeleine en mai. « L’assistanat, cancer de la société » ? Qu’est-ce qui leur passe par la tête pour dire des conneries comme ça ? Vous croyez que les gens ne veulent pas s’en sortir ? Ils ne demandent que ça de travailler et de vivre mieux. On ne demande que ça de disparaître. Que chacun ait un logement et un revenu décents. » •

Les rédactions de La Voix du Nord   la Voix du Nord  

 

http://www.liberation.fr/societe/2009/01/03/les-robins-des-bois-des-supermarches_299848

Les Robins des bois des supermarchés

 

Par Marine Pennetier, 0 — 3 janvier 2009 à 06:51
  • Les Robins des bois des supermarchés

Ils se présentent comme des «autoréducteurs». A l’approche des fêtes de fin d’année, on peut les apercevoir dans les rayons des supermarchés, poussant des chariots de pâtes, riz, foie gras et champagne avant de partir sans payer, après négociation avec le gérant, pour redistribuer à ceux qui n’ont rien. Robins des bois pour certains, pilleurs pour d’autres, ces deux dernières semaines, ils ont frappé trois fois. A Rennes, Grenoble et Paris, ce mercredi.

Le 6 décembre, les associations de chômeurs défilent contre la précarité à Paris. Avec en toile de fond, une remontée du chômage et un désaccord sur la convention Unédic qui régira l’assurance chômage 2009-2011. «Nous nous sommes alors dit qu’il fallait passer à l’action», explique Serge Havet, président d’AC! Agir contre le chômage. Décision est prise avec d’autres collectifs de multiplier les opérations coups de poing pour permettre aux «personnes précaires» de fêter le réveillon.

Champagne. Le 20 décembre, le rayon alimentation des Galeries Lafayette de Rennes est pris d’assaut par des militants du Mouvement des chômeurs et précaires en lutte (MCPL). Une semaine plus tard, c’est au tour d’un Monoprix grenoblois d’être réquisitionné par une trentaine de personnes. Chômeurs, mal logés, RMistes, intermittents, précaires. Parmi eux, Léa (1). «On est entré par petits groupes, on a rempli les paniers et on est arrivé aux caisses. On a alors expliqué qu’on souhaitait obtenir les aliments gratuitement pour en faire profiter ceux qui n’ont pas les moyens de fêter la nouvelle année», raconte la jeune femme. «Surprise» du gérant, clients «réceptifs», policiers maintenus à l’écart et après une demi-heure de négociations, accord du directeur du magasin. «C’est avant tout symbolique. Les plus précaires ont pu boire du champagne et manger du foie gras comme tout le monde.»

A Paris, le jour de la Saint-Sylvestre, ce sont les sans-papiers de la Bourse du travail et les mal-logés du gymnase Saint-Merry qui ont pu profiter des aliments «réquisitionnés» un peu plus tôt au Monoprix de la rue du Faubourg-Saint-Antoine (XIe arrondissement) par une cinquantaine de militants de collectifs de chômeurs et de précaires. Ces «empêcheurs d’encaisser en rond», comme ils se présentent, ont déposé au fond de 13 chariots des produits de première nécessité (riz, huile, lait) et des aliments homologués réveillon du 31 décembre, type saumon, foie gras et champagne.

La veille, une action menée par AC! dans un Champion lillois s’était soldée par un échec. «C’est assez rare,le gérant a pris ça pour une agression», explique Serge Havet qui a entamé depuis des négociations avec une grande surface de Villeneuve-d’Ascq pour mettre en place un système mensuel de dons comme à Bordeaux depuis deux ans.

«Les campagnes de mobilisation traditionnelles pour les droits sociaux ne fonctionnent plus», souligne Boris, de la Coordination des intermittents et précaires (CIP) d’Ile-de-France, et qui a participé à l’autoréduction de mercredi. «Face à l’aggravation des conditions de vie et de travail, on a dû développerd’autres formes de solidarité plus concrètes.»

Solidarité, autodéfense sociale, autoréduction, réquisition. Qu’importe le vocable employé, pour Monoprix il s’agit bien de vol. Hier, à l’issue d’un conseil de crise, le groupe a décidé de «porter plainte contre X pour vols avec violence et insultes, avec constitution de partie civile». Une plainte visant l’action menée à Grenoble avait été précédemment déposée pour «vol».«On comprend les difficultés matérielles de certains, les sentiments qu’ils peuvent avoir le soir d’un réveillon, mais il n’en reste pas moins que ce sont des actes regrettables», explique-t-on au siège.

«Goutte d’eau». Le groupe table sur une perte de 5 000 euros pour l’action menée à Paris, selon les premières estimations. «Une goutte d’eau dans les bénéfices du groupe comparée à la prime de Noël et au montant du RMI», se défendent les autoréducteurs. «Nous ne sommes ni des casseurs ni des voleurs», estime Serge Havet. «On ne peut pas parler de vol au sens pénal du terme. Il n’y a pas eu de délit, il y a eu un accord, une négociation et l’intervention de la police n’a pas été effective», explique Boris. «Quand ils prennent la décision de nous laisser partir, ils savent que c’est un camouflet sur le plan symbolique, mais un meilleur calcul du point de vue du chiffre d’affaires.»

Mercredi, à Paris, le magasin était «rempli». L’action menée par les autoréducteurs a duré un peu plus d’une demi-heure. «Plus longtemps, ils auraient perdu des clients.» De son côté, Monoprix indique que «les salariés et la direction ont essayé de régler cette affaire par la discussion pour éviter que ça ne dégénère en période des fêtes».

(1) Les prénoms ont été changés.

Marine Pennetier 0

 

http://www.liberation.fr/politiques/1998/11/05/decus-les-militants-d-ac-preparent-la-campagne-d-hiver-a-lille-ils-vont-insister-sur-les-difficultes_252733

Déçus, les militants d’AC! préparent la campagne d’hiver. A Lille, ils vont insister sur les difficultés de vie quotidienne des chômeurs.

 

Par Hugues BEAUDOUIN — 5 novembre 1998 à 15:54
  • Déçus, les militants d’AC! préparent la campagne d’hiver. A Lille, ils vont insister sur les difficultés de vie quotidienne des chômeurs.

Lille, correspondance.

De leur combativité, ils n’ont rien perdu. Depuis le mouvement des chômeurs de l’hiver dernier, Serge Havet et Jean-Marie Honoret, les deux leaders d’AC! (Agir ensemble contre le chômage) dans le Nord-Pas-de-Calais, ne sont pas restés inactifs. Dernière action, avant-hier, avec l’occupation durant quelques heures de la chambre départementale des huissiers à Lille. «Nous n’avons jamais cessé d’agir. Maintenant, avec l’hiver qui approche, nous allons monter en puissance et nous espérons aller beaucoup plus loin que l’année dernière», assure Serge Havet. Jean-Marie Honoret, qui a provoqué tant de sueurs froides à la préfecture d’Arras il y a quelques mois, ne décolère pas non plus: «Jospin et Aubry nous ont trompés. Ils savent causer et ça s’arrête là.»

Coups de fil aux directeurs. Aucun des 40 militants qui participent régulièrement aux actions d’AC! ne regrette le mouvement de l’année dernière, en dépit de la modestie des résultats. «Tous les organismes sociaux savent que nous sommes là et vigilants. Nous avons tous les numéros directs des directeurs. On les appelle régulièrement pour débloquer des dossiers. En général, ils ne tardent pas à réagir», poursuit Serge Havet. Aujourd’hui, d’autres types d’actions, moins spectaculaires mais plus efficaces, sont privilégiées, axées sur les problèmes de vie quotidienne. «Ce sont les plus pénibles pour les familles: coupure d’eau ou d’électricité, expulsions… Les élus n’ont aucune idée de ce que cela signifie concrètement. Quand j’ai interpellé directement Martine Aubry sur ce sujet, elle m’a répondu que sa priorité était de nous trouver un emploi stable. En attendant, il nous faut vivre dans la précarité», analyse le leader d’AC!.

Harcèlement. Ainsi, AC! ­ un peu moins de 400 adhérents dans la région ­ entend pratiquer un harcèlement systématique d’EDF, des distributeurs d’eau, des offices HLM, des mairies… «On en a assez des courriers polis qui nous assurent qu’on va étudier les situations les plus difficiles avec attention. Dorénavant, on rétablira l’eau ou l’électricité et on discutera après, s’emporte Serge Havet. Nous avons toutes les compétences qu’il faut parmi nos militants pour faire ça.» Les cellules d’urgence créées par Lionel Jospin en janvier n’ont suscité que déception: «Il n’y a eu de l’argent que pendant trois mois. Maintenant, ces cellules se contentent de renvoyer les dossiers auprès des administrations compétentes. La vrai cellule d’urgence, c’est nous.» Depuis janvier, AC! s’est tout de même imposé comme interlocuteur auprès des pouvoirs publics. L’association a par exemple son siège au sein du comité des usagers de l’ANPE. Les relations sont encore tendues, mais le dialogue s’est imposé. La mairie de Lille soutient financièrement l’association, et la plupart des unions locales des syndicats ont admis sa légitimité ­ «sauf FO, qui refuse de participer à quoi que ce soit avec nous». Et Serge Havet conclut: «Le jour où on parlera moins du CAC 40 et plus du CAC pauvreté, je serai d’accord pour dire qu’ils ont enfin compris le drame des chômeurs.».

Hugues BEAUDOUIN

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/les-militants-d-ac-chomage-revent-d-un-monde-sans-taxe-jna0b0n808525

Les militants d’AC Chômage rêvent d’un monde sans taxe d’habitation

 

Publié le 06/11/2012 – Mis à jour le 06/11/2012 à 03:52

La Voix du Nord

| SOCIÉTÉ |

Chômeur en fin de droits, René ne percevra bientôt plus que 450 euros par mois… mais il doit régler avant le 15 novembre une taxe d’habitation de 480 euros. Comment faire ?

 

 

Hier, René était devant la direction des services fiscaux à Lille avec une poignée de militants de l’association AC Chômage. But de la démarche ? Obtenir une dispense de paiement de la taxe d’habitation pour les chômeurs non indemnisés, les personnes aux minima sociaux, les retraités modestes, les précaires… « Nous sommes confrontés à de plus en plus de situations critiques, ce n’est pas que les gens refusent de payer mais ils ne peuvent plus payer », résume Serge Havet, le porte-parole d’AC Chômage qui conduisait la délégation reçue par des représentants de l’administration fiscale.

Serge Havet n’est pas venu les mains vides. Dans son dossier, plusieurs feuilles de taxe d’habitation pour lesquelles il comptait bien obtenir une révision à la baisse de l’addition sinon sa suppression pure et simple.

Au cas par cas

Si les impôts locaux constituaient le sujet du jour, sur le trottoir, le président d’AC Chômage évoque dans la foulée les difficultés à régler certaines factures d’eau, de gaz, d’électricité, des interlocuteurs face auxquels « les accords pour étaler les paiements sont de plus en plus difficiles à obtenir ». Seule éclaircie pour Serge Havet, « la prime de Noël pour les chômeurs va être reconduite et légèrement augmentée ».

Hier, le dialogue avec les services fiscaux s’est déroulé dans un climat constructif.

« Nous tenons compte des difficultés des gens, nous examinons les situations au cas par cas et nous disposons d’une certaine marge de manoeuvre », expliquait à l’issue de la rencontre Laurent Grave, administrateur des finances publiques.

Confrontés à des situations de détresse, les services fiscaux accordent en règle générale des délais de paiement, plus rarement des remises partielles et exceptionnellement des remises totales de taxe d’habitation.  • D. S.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/ac-mene-l-enquete-sur-le-pouvoir-d-achat-des-personnes-ia19b0n1216918

AC ! mène l’enquête sur le pouvoir d’achat des personnes précaires

 

Par la rédaction pour La Voix du Nord, Publié le 02/05/2013

La Voix du Nord| MOBILISATION |

Depuis une semaine, l’association Agir ensemble contre le chômage ! réalise une intéressante et nécessaire enquête auprès des demandeurs d’emploiet de toutes les personnes en situation de précarité. Son objectif : mesurer le pouvoir d’achat des intéressés et le faire savoir aux pouvoirs publics. Les premiers témoignages sont sans surprise : c’est la crise.

 

 Lundi matin, devant l'agence Pôle Emploi, Serge Havet et un militant d'AC ! s'entretiennent avec les allocataires.
Lundi matin, devant l’agence Pôle Emploi, Serge Havet et un militant d’AC ! s’entretiennent avec les allocataires.

 

PAR FRÉDÉRICK LECLUYSE

lille@lavoixdunord.fr

Serge Havet, l’inamovible cheville ouvrière d’AC !, Agir ensemble contre le chômage !, n’en est pas à sa première lutte. Mais là, quand il dit que c’est grave, on le sent pour le moins inquiet. « Je n’ai jamais vu autant de gens dans la misère, ça n’arrête pas. » Posté lundi matin à l’entrée de l’agence Pôle Emploi du boulevard de la Liberté, le militant distribue les questionnaires aux allocataires. L’une des questions est ainsi libellée : « Vos ressources vous permettent-elles de vivre décemment ? » La réponse sonne souvent comme le vide d’un jour sans pain : « Non ! » « Déjà, le SMIC ne suffit pas, alors quand vous vous retrouvez avec le RSA ou le minimum vieillesse, ce n’est tout simplement pas possible.

» Serge Havet ne décolère pas. « Quand les plus précaires parviennent à payer les charges, ils n’ont plus rien pour vivre, c’est terrible. »

17 000 chômeurs à Lille

Le gaz, l’eau, l’électricité sont aujourd’hui des produits de luxe. « Tous les jours, il faut parlementer des heures. Avec EDF, ça va à peu près, mais à GDF, ils ne veulent rien entendre. » Avec le pouvoir politique, ce n’est pas mieux, semble-t-il. « J’ai participé en décembre à la conférence sur la grande précarité, raconte le leader d’AC !. J’étais à la commission sur l’emploi avec Michel Sapin ; eh bien, ce ministre n’a rien d’autre à proposer que des contrats d’avenir ou de génération, ça fait peur. » Peur ? Selon Serge Havez, Lille compterait aujourd’hui 17 000 demandeurs d’emploi et 13 000 bénéficiaires du RSA. « Ce qu’il faut, c’est augmenter immédiatement tous les minima sociaux d’au moins 20 %, comme cela a été fait pour l’allocation de rentrée scolaire. Ça coûterait cinq milliards d’euros, pour un État, ce n’est rien. » Pour le moment, le gouvernement envisage d’augmenter le RSA de 10 %. Mais sur cinq ans. On est loin du compte.

« Tous les jours, il faut aller quémander de la nourriture à la Banque alimentaire pour distribuer des colis à ceux qui n’ont plus rien. La situation est vraiment dramatique. Même le Fonds de solidarité logement n’a plus un sou. » L’enquête initiée par AC ! va se poursuivre jusqu’à début juillet (*). Après, ce sera le temps des bilans. « Nous allons synthétiser tous les témoignages recueillis et mettre les politiques devant leurs responsabilités d’élus. Nous écrirons même au président François Hollande. » Avec quel espoir ? « Il faut une loi pour améliorer le quotidien de ceux qui n’ont rien. Il faut arrêter les expulsions, les coupures d’eau ou d’électricité. » •

(*) AC !, Agir ensemble contre le chômage !, sera présente à la CPAM, rue Brûle-Maison, mercredi 15 mai, de 14 h à 17 h.

 

http://www.leparisien.fr/actualite/municipales-a-lille-ludovic-chomeur-a-besoin-d-une-formation-qualifiante-20-12-2013-3426971.php

Municipales à Lille : Ludovic, chômeur, a «besoin d’une formation qualifiante»

 

Valérie Hacot | 20 Déc. 2013, 07h00 | MAJ : 20 Déc. 2013, 07h44

 Ludovic, 40 ans, ouvrier non qualifié au chômage 

 Ludovic, 40 ans, ouvrier non qualifié au chômage  (LP/Matthieu de Martignac)

 

Réfugié dans le local exigu de l’association d’aide au chômeurs AC ! niché entre les immeubles à briques rouges du quartier du Faubourg-de-Béthune à Lille-Sud, Ludovic soupire. « Je n’ai jamais connu de période de chômage aussi longue.

 

» Sans qualification, cet ouvrier de 40 ans a enchaîné les contrats précaires dans les usines : « Et puis, vu qu’il n’y avait plus de boulot dans l’industrie, je suis devenu technicien de surface, mais avec la crise, même dans ce secteur, c’est mort. »

Ce célibataire survit aujourd’hui avec une allocation de 472 € par mois. « Une fois que j’ai payé mon loyer, il ne reste presque plus rien, alors je déjeune chez ma mère le midi, et chez des amis le soir. Pour m’en sortir, j’aurais besoin d’une formation qualifiante rémunérée au smic », glisse-t-il.

René, 42 ans, carreleur dans le bâtiment, au chômage depuis trois ans, n’y croît plus : « A chaque fois que j’en ai demandé, on me l’a refusé. » Il y a encore quatre ans, il était surchargé de travail, et touchait près de 3 000 € net. Et puis, tout s’est subitement arrêté. La faute, selon lui, à la concurrence des salariés détachés. « J’ai croisé des ouvriers polonais sur les chantiers : ils étaient rémunérés 500 € par mois. Impossible de lutter. »

200 000 emplois supprimés par la désindustrialisation

La montée du chômage et de la précarité, Serge Havet, le fondateur d’AC !, la constate au quotidien. « On est en train de crever le plafond. A Lille, le chômage est à 14 %. » Avec la crise, la situation s’est dégradée : « Entre 2008 et 2013, le nombre de chômeurs a augmenté de 41 %. Mais, dans le même temps, en France, cette progression a été de 68 %. Pour la première fois, notre ville est en dessous de la moyenne nationale », nuance Pierre de Saintignon, le premier adjoint.

La métropole multiplie les initiatives pour inverser la tendance, dans une région où la désindustrialisation s’est soldée par la disparition de 200 000 emplois. Un « circuit court » de mise en relation des jeunes avec les employeurs a créé 1 100 emplois. Des pôles d’excellence — Euralille (tertiaire), Eurasanté (biotechnologies) et Euratechnologies (le dernier-né qui va bientôt accueillir IBM) — ont vu le jour avec à la clé des milliers d’emplois pour des salariés très qualifiés.

« Mais le problème, c’est que ces emplois ne correspondent pas aux profils de la plupart des chômeurs », se désole Serge Havet qui, crise oblige, a vu la subvention de son association réduite de 8 000 €. Et de tirer la sonnette d’alarme : « Les gens ne s’en sortent plus. Si on augmente pas les minima sociaux de 20 %, on court à la catastrophe. »

 

http://www.leparisien.fr/municipales-2014/en-regions/municipales-a-lille-ces-oublies-des-quartiers-populaires-28-03-2014-3717511.php

Municipales à Lille : ces oubliés des quartiers populaires

 

Colère. Martine Aubry sera certainement réélue dimanche à Lille, mais la déception et le sentiment d’abandon de beaucoup d’électeurs de gauche expliquent l’abstention et son mauvais score au premier tour.

 

Valérie Hacot | 28 Mars 2014, 09h19 | MAJ : 28 Mars 2014, 09h37

Lille-Sud,mercredi. Dans la dernière friterie du quartier, Philippe et Aurélie ne cachent pas leur colère contre Martine Aubry. Joëlle (la blonde) comprend : «On sent que c’est vraiment dur pour nos clients», excuse-t-elle.

Lille-Sud,mercredi. Dans la dernière friterie du quartier, Philippe et Aurélie ne cachent pas leur colère contre Martine Aubry. Joëlle (la blonde) comprend : «On sent que c’est vraiment dur pour nos clients», excuse-t-elle.(LP/Olivier Arandel.)

 

« C’EST INGRAT quand même la politique… » Mercredi, en marge de sa conférence de presse officialisant son accord avec les écologistes, Martine Aubry laissait poindre une certaine amertume. Arrivée largement en tête dimanche, la charismatique maire PS de Lille n’a toutefois pas réalisé le score triomphal que lui prédisaient les sondages.

Avec 34,85 %, elle réalise 11 % de moins qu’en 2008. Un net repli relativisé par la candidate : « Il y a six ans, il n’y avait que trois listes de gauche, cette année, sept, le score de dimanche est donc logique. »

Arithmétiquement, le raisonnement tient la route. Mais l’abstention record (près de 52 %) et les 17,15 % engrangés par le Front national sont venus gâcher la fête. « Je suis très choquée par ce qui s’est passé à Lille-Sud. Quand on voit tout ce qu’on a fait comme travail pour ce quartier… On peut quand même se bouger dix minutes une fois tous les six ans un dimanche pour aller voter. Votez pour qui vous voulez, mais votez ! » lâchait d’ailleurs, meurtrie, mercredi, la maire sortante. Depuis dimanche, elle ne cesse de souligner la déception des Français à l’égard de la politique du gouvernement…

VIDEO. Aubry : «D’autres seront mieux placés que moi» pour entrer au gouvernement

Le candidat du FN, Eric Dillies, lui, boit du petit-lait : « J’ai fait + 12 %. Martine Aubry – 12 %. C’est son électorat historique, celui des quartiers populaires, qui a voté pour moi. Ce sont eux les grands abandonnés de la politique de la gauche. »

«Aubry n’a jamais tenu ses promesses»

A quelques kilomètres du dynamique centre-ville, les habitants de Lille-Sud, justement, ne cachent pas leur lassitude, ni leur colère. « Martine Aubry, vous la reprenez et vous la mettez à Paris », s’emporte Philippe, un routier « presque à la retraite ». Accoudé au comptoir de la friterie — la dernière dans le quartier –, il avoue sans détour avoir opté pour le FN. « J’avais voté pour Aubry en 1995. Mais elle n’a jamais tenu ses promesses. Du boulot ? Elle n’en a pas créé pour les Lillois. Ses technopôles, c’est pour des gens ultra-qualifiés qui viennent d’ailleurs. Et le boulevard là, on pourrait le rebaptiser boulevard du shit, tellement ça deale. »

>> Municipales : les résultats du premier tour à Lille

Derrière ses fourneaux, la douce et blonde Joëlle n’est pas étonnée par la violence de la charge : « On sent que c’est vraiment dur pour nos clients. » La semaine dernière, elle n’a pas voté « parce que je ne savais pas qu’il y avait des élections ». Promis, juré, elle ira dimanche prochain. Pas sa soeur, Aurélie : « Ça ne sert à rien. Nous, on coule et les politiques nous mettent des bâtons dans les roues. La France, c’est devenu une poubelle. On est dans la m…, mais personne nous aide, et nous on aide tout le monde. » Au chômage, Michael* ne se fait guère d’illusions : « Ils pensent à quoi les politiques ? A leur score et au FN. Mais ils ne parlent pas de nous. On a élu Martine Aubry pour qu’elle s’occupe de nous, mais sortie de ses idées à elle, elle n’est à l’écoute de personne. »

Le score miraculeux du candidat en soutane

C’est la surprise du scrutin lillois. La liste de « notre père » Allessandro Di Giuseppe, figure de proue (en soutane) de la Très Sainte Eglise de la consommation a recueilli… 3,55 % des suffrages dimanche, soit 1 978 électeurs. C’est plus que le score combiné de Lutte ouvrière et du NPA. « On est monté jusqu’à 16 % dans un bureau de vote », se réjouit le porte-parole, Maxime Höm de Profy Jr (sic). Durant la campagne, le candidat a pratiqué l’humour absurde prônant la croissance à tout prix.

Sa « sainteté » Giuseppe était injoignable hier pour cause de prise d’otage par « des écocitoyens, paysans, fans de Manu Chao », bref des « beatniks décroissants », rigole-t-il. La vidéo du forfait postée hier sur YouTube montre Giuseppe attaché, lisant leur communiqué, appelant, la voix brisée, à un mode de vie plus sobre. Et de conclure : « Futur maire de Lille, nous serons partout. » Une consigne de vote pour le second tour ? « Eh ben non ! » s’amuse Maxime. Les appels du pied de Martine Aubry, qui affirmait que les zozos posaient de bonnes questions, les laissent de marbre. Et Giuseppe se prépare pour l’échéance de la présidentielle de 2017.

Roxane, 45 ans, dont dix-neuf passés à Lille-Sud, ne comprend pas vraiment cette exaspération : « Le quartier est plus agréable à vivre aujourd’hui. Il y a eu beaucoup de réhabilitation. » Elle aussi a oublié de se rendre au bureau de vote : « Mais j’y vais dimanche, un vote, ça peut changer les choses. » Son fils, Damien, 19 ans, lui, restera à la maison : « Ça m’intéresse pas. »

«A Lille l’insécurité monte»

Entre les immeubles en briques du Faubourg-de-Béthune, où le taux de chômage flirte avec les 60 %, l’abstention a également été record et le FN a engrangé 30 %. « Ça fait deux ans que j’attends un logement social. Les sans-papiers passent avant moi », glisse Odile, 39 ans, FN « depuis toujours ». Noureddine, comme à chaque fois, a voté Martine Aubry : « Elle a embelli la ville. Mais sa politique favorise trop les étrangers. A Lille, on accueille tous les nouveaux débarqués et les Roms, l’insécurité monte. Si elle continue comme ça, c’est la dernière fois que je vote pour elle. » Et ce commerçant né à Oran d’ajouter : « Le Front national, c’est pas mon truc, mais avec le temps peut-être. » De quoi faire bondir Serge Havet, de l’association AC ! contre le chômage : « Comment des gens avec de telles difficultés peuvent imaginer que le FN va leur apporter des solutions. C’est pas normal », se désole cet authentique homme de gauche.

>> CARTE INTERACTIVE. Municipales : 70 villes à la loupe

A mille lieues de là, dans le quartier bobo de République, Hubert, antiquaire, est bien conscient de « la frustration et de la détresse qui poussent certains dans les bras du FN ». Electeur de Martine Aubry de la première heure, il lui reconnaît un « sacré caractère », mais aussi « d’avoir vraiment amélioré l’image de la ville ». Et ne s’inquiète pas pour sa réélection.

* Le prénom a été changé

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VIDEO. L’édito du Parisien : «Les socialistes broient du noir»


L’édito du Parisien : « Les socialistes broient du noir » par leparisien

 

http://ladegauche.fr/developper-lemploi-dans-les-associations-une-solution-au-chomage/

Développer l’emploi dans les associations, une solution au chômage ?

 

7 novembre 2014

 

Serge Havet est le président national d’AC ! (Agir ensemble contre le chômage). Communiste depuis toujours, le militant se sent plus efficace dans ses actions avec AC !. L’organisation tente de trouver des solutions au chômage, et intervient au cas par cas dans les contentieux que rencontrent les chômeurs avec les institutions ou les employeurs.

La Dégauche : Avec un taux de chômage de 12,7% (contre 9,7% pour la France), considérez-vous que la gauche a fait son travail dans le Nord-Pas-de-Calais ?
Serge Havet : Pas du tout. Que ce soit la droite ou la gauche, ils n’ont rien apporté, à part peu être quelques petites solutions comme les contrats aidés ou les emplois d’avenir. Quand on a rien, c’est toujours ça, mais on préfère de vrais emplois. Le problème, c’est qu’il n’y en a pas. Les directeurs des agences locales de Pole Emploi me le disent, ils n’ont pas d’offres à proposer. D’après les témoignages que je reçois, quand il y a des emplois, ce sont des contrats courts et précaires.

Que proposez-vous ?
S.H.: Au lieu de faire des déclarations d’amour aux patrons, le gouvernement devrait obliger les entreprises à proposer des emplois. C’est une première piste. En plus de ça, dans les quartiers difficiles, nous pensons qu’il y a plein de choses à faire. Les associations ont besoin de main d’oeuvre pour faciliter la vie des gens : faire du secrétariat, traiter les dossiers qui s’accumulent, animer, guider les gens, tenir des permanences d’accueil. C’est plein d’emplois potentiels, si on trouvait les financements nécessaires. 

Vous pensez qu’il est possible de financer tout cela ?
S.H.: Il n’y a plus de sous dans les caisses, c’est certain, mais il va bien falloir dépenser pour lutter contre l’exclusion sociale. C’est un passage obligatoire. Le contribuable, et surtout les plus riches, va bien devoir mettre la main à la poche. Je comprends les gens qui en ont marre de payer des taxes, mais si elles étaient mieux dépensées, par exemple, en finançant des emplois dans les associations, elles seraient mieux acceptées.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/lille-agir-ensemble-contre-le-chomage-a-20-ans-et-craint-ia19b0n2521995

Lille : Agir ensemble contre le chômage a 20 ans et craint de rempiler pour autant

 

Publié le 29/11/2014

LAKHDAR BELAÏD

Elle est née en 1994 après une longue marche contre les exclusions. Agir ensemble contre le chômage n’est pas une association de chômeurs. Son but est, au contraire, de sortir ces derniers de l’isolement dans la lutte contre le non-emploi. L’association fête ses 20 ans et tire son bilan.

 

Dans leur local du Faubourg de Béthune, les membres d’AC préparent leurs prochaines actions.

On a les satisfactions qu’on peut. La semaine dernière, à la salle du Gymnase, l’association Agir ensemble contre le chômage (AC) a célébré ses vingt ans à quasi-guichets fermés. « On a eu du monde », résume Serge Havet, président de AC Nord – Pas-de-Calais depuis cinq ans et membre fondateur de cette branche locale. « AC n’est pas une association de chômeurs, insiste Havet. Différentes personnes, sans-emplois, salariés, retraités, se sont regroupées pour lutter contre le chômage et la précarité. » « L’esprit a toujours été de mettre en action une solidarité des actifs à l’égard des chômeurs, confirme Marie-Claude Armand, membre du bureau. L’important étant de ne pas les laisser se battre de façon isolée. » « On rêvait de disparaître, on est toujours là, rebondit Havet, 64 ans. La région compte 450 000 chômeurs. Dont 18 000 à Lille auxquels s’ajoutent 15 000 allocataires du RSA. »

Un local Faubourg de Béthune

AC s’est même installée. Petitement, mais installée tout de même. La branche nordiste compte un local dans une barre du Faubourg de Béthune. Elle a même… une salariée. À mi-temps. Un demi-salaire pour des tâches plus que complètes aux côtés des bénévoles. L’association ne veut pas se cantonner aux négociations avec les responsables d’agences Pôle Emploi ou les CCAS. AC tient à mettre en avant ses propres recettes pour faire reculer l’inemploi. Aux yeux de ses militants, les gisements existent. Même avec une croissance en panne. Comme la création d’énergie propre ou le respect de l’environnement…

Des solutions

« Prenez donc l’exemple des inondations dans le sud, argumente Marie-Claude Armand. Comparez les dégâts, les souffrances avec ce qui peut être évité en entretenant les fossés, ou les berges des rivières » À propos du vivre ensemble, les centres sociaux, les associations, les entreprises d’insertion ont besoin d’âmes et de bras. Pour l’heure impossibles à financer. D’où une vieille position d’AC : transférer vers ces’activités l’argent permettant aujourd’hui de lutter contre… le chômage.



Statistiques de Justinpetitcoucou pour septembre 2015

http://justinpetitcoucou.unblog.fr/2015/10/01/statistiques-de-justinpetitcoucou-pour-septembre-2015/

 

Hier, j’ai publié les statistiques de Petitcoucou pour septembre 2015.

Voici celles de Justinpetitcoucou, qui restent globalement nettement moins impactées par les fantaisies de mon Chinois de Thaîlande.

 

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Retenons-en que le nombre de mes lecteurs sur ce blog reste très faible.

Entre les deux blogs Petitcoucou et Justinpetitcoucou, ce nombre est actuellement d’une cinquantaine de lecteurs quotidiens en moyenne, soit moitié moins que le nombre de mes lecteurs quotidiens sur le blog « Un petit coucou » de la plateforme de blogs OverBlog durant son activité, du 26 mars 2010 au 11 juin 2013.

Rappelons par ailleurs que l’auteur des blogs où je suis quotidiennement calomniée depuis 2009, Pascal Edouard Luraghi, dit Cyprien Luraghi, un malade mental qui sous la dictée de Josette Brenterch du NPA de Brest rédige et publie pour ses lecteurs une version de ma biographie particulièrement infamante que l’un et l’autre des deux complices disent mensongèrement correspondre à ma vraie vie, s’est toujours vanté d’avoir pour sa part plusieurs milliers de lecteurs par jour.

La balance entre nous est donc encore bien loin d’être atteinte.

Dans ces conditions, je ne suis toujours pas parvenue à me faire entendre comme j’aurais dû l’être.



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