Attentats de Paris : le Maroc a bien contribué à l’enquête

Hier en fin de journée et encore ce matin, plusieurs médias démentaient les informations que d’autres journaux avaient publiées plus tôt concernant la participation des services marocains à l’enquête sur les attentats commis à Paris et à Saint-Denis vendredi dernier, 13 novembre 2015.

Aujourd’hui, ces informations évoluent et se précisent peu à peu.

 

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/20/une-troisieme-personne-a-ete-tuee-lors-de-l-assaut-du-raid-a-saint-denis_4814123_4809495.html

Hasna Aït Boulahcen, une femme parmi les trois morts de l’assaut de Saint-Denis

 

Le Monde.fr | 20.11.2015 à 11h09 • Mis à jour le 20.11.2015 à 16h37 | Par Laurent Borredon et Simon Piel

L’enquête de la section antiterroriste de la police judiciaire parisienne, de la sous-direction antiterroriste de la direction centrale de la police judiciaire (SDAT) et de la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avance à grand pas.

 

  • Une troisième personne tuée dans l’assaut de Saint-Denis

Alors qu’on avait jusque-là confirmation de la mort de deux personnes lors de l’assaut donné dans l’appartement de Saint-Denis où se trouvait Abdelhamid Abaaoud, l’instigateur présumé des attentats du 13 novembre, le parquet informe vendredi 20 novembre que ce sont « trois personnes [qui] ont été tuées au cours de l’assaut du RAID, dont [Abdelhamid] Abaaoud ». Le corps de femme retrouvé dans les décombres a été identifié, selon le parquet, comme étant celui de Hasna Aït Boulahcen, cousine d’Abdelhamid Abaaoud. Un sac à main contenant un passeport à son nom avait été retrouvé dans l’appartement. La tête retrouvée par la police scientifique correspond finalement à celle d’un homme.

Qui sont les individus impliqués dans les attentats du 13 novembre ?

  • Comment est-on remonté jusqu’à Abaaoud ?
La police scientifique travaille sur la scène de l'assaut donné par le RAID contre l'appartement de Saint-Denis où se trouvait Abdelhamid Abaaoud.
La police scientifique travaille sur la scène de l’assaut donné par le RAID contre l’appartement de Saint-Denis où se trouvait Abdelhamid Abaaoud. GONZALO FUENTES / REUTERS

 

Selon une source proche de l’enquête, c’est la géolocalisation du téléphone d’Hasna Aït Boulahcen, la cousine d’Abaaoud, qui a permis de confirmer le premier renseignement obtenu lundi après-midi selon lequel elle se trouvait à Saint-Denis avec son cousin. Un témoin est ensuite venu confirmer cette hypothèse. A la veille de la visite du roi du Maroc en France, plusieurs médias ont assuré que ce sont les services marocains qui avaient mis la police française sur la piste de l’appartement de Saint-Denis. Des informations démenties de sources judiciaires et policières françaises, qui tout au plus expliquent que les services du royaume chérifien ont transmis a posteriori des précisions sur les personnes interpellées dans l’appartement.

C’est bien un renseignement de police judiciaire, l’exploitation de la téléphonie et des réquisitions bancaires qui ont mis les enquêteurs sur la piste de Saint-Denis. Toutefois, il n’est pas exclu que la Direction générale de la sécurité extérieure (DGSE) a pu bénéficier de renseignements transmis par des services de renseignements étrangers qu’elle aurait ensuite fournis aux enquêteurs français.

Chronologie des interpellation et perquisitions en Ile-de-France.

Chronologie des interpellations et perquisitions en Ile-de-France depuis le 13 novembre

  • Le parcours d’Abdelhamid Abaaoud se précise

Les tribulations d’Abdelhamid Abaaoud dans la capitale française et sa proche banlieue entre vendredi et mercredi se précisent. Une caméra de vidéosurveillance de la RATP l’a filmé sur la ligne 9 vendredi 13 novembre, à 22 h 14, entrant à la station Croix-de-Chavaux, à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Des images qui tendent à corroborer l’idée que celui qui se faisait appeler Abou Omar était dans la Seat convoyant le commando qui a tiré sur les terrasses de café du 10et du 11arrondissement. La voiture avait été retrouvée dans la nuit de samedi à dimanche, rue Edouard-Vaillant, à Montreuil. Des éléments de téléphonie en cours d’exploitations pourraient venir confirmer cette hypothèse.

Lire aussi : Traque, mesures sécuritaires en UE et vote au Sénat : les informations du jour

 

 
http://www.boursier.com/actualites/reuters/hollande-remercie-le-maroc-d-avoir-aide-a-retrouver-abaaoud-183101.html?fil52

Hollande remercie le Maroc d’avoir aidé à retrouver Abaaoud

 

Publié le 20/11/2015 à 18h08

Hollande remercie le Maroc d'avoir aidé à retrouver Abaaoud

Crédit photo © Reuters

par Gérard Bon

PARIS (Reuters) – Les autorités du Maroc, dont le roi Mohamed VI a été reçu vendredi par François Hollande, ont contribué à l’enquête sur les attaques de Paris en aidant à repérer la présence en France d’Abdelhamid Abaaoud, le chef opérationnel des commandos.

Les services marocains ont en outre arrêté le mois dernier un jeune frère du djihadiste, Yassine Abaaoud, alors que l’avion à bord duquel il se trouvait venait d’atterrir à Agadir, a indiqué vendredi une source marocaine à Reuters.

Après l’entretien à l’Elysée avec le roi, le président français a salué dans un communiqué « l’assistance efficace apportée par le Maroc » à la suite des attentats de Paris.

Dès qu’elle a été informée de la présence d’Abdelhamid Abaaoud en France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a mis sur écoutes Hasna Ait Boulahcen, qui est présentée comme sa cousine, explique-t-on de source policière.

La jeune femme d’origine marocaine de 26 ans, qui a été tuée mercredi avec Abaaoud lors de l’assaut des forces de l’ordre, était déjà placée sous écoutes par un autre service, la police judiciaire de Seine-Saint-Denis, pour trafic de stupéfiants.

« Dès que l’information est tombée via le Maroc, la PJ de Seine-Saint-Denis a transmis à la DGSI ses informations, les correspondants d’Hasna Ait Boulahcen, les bornes téléphoniques, ses points de chute », explique la source policière.

Dans le même temps, quatre représentants marocains ont participé mardi à une réunion avec des chefs de service de la police française, comme le révélait Reuters dès mercredi.

Les écoutes ont permis d’entendre une conversation dans laquelle Hasna Ait Boulahcen faisait état de la présence d’Abaaoud, un Belge d’origine marocaine de 28 ans, selon une autre source policière.

« Il y a eu ensuite une surveillance physique qui a permis de déterminer que la jeune femme et le djihadiste se sont présentés dans l’immeuble de la rue Corbillon à Saint-Denis mardi en début de soirée », explique-t-elle.

RADICALISÉ SUR LE TARD

La Sous-direction anti-terroriste (SDAT) ayant l’assurance que la « cible » se trouvait dans l’immeuble, décision a été prise de donner l’assaut mercredi au petit matin, d’autant que le groupe était soupçonné de préparer une nouvelle attaque jeudi.

Hasna Ait Boulahcen est suspectée de s’être fait exploser lors de l’assaut.

Selon La Libre Belgique, le frère de la jeune femme, Hassan Ait Boulahcen, a disparu avec sa camionnette de la ville flamande de Maasmechelen où il habite, près de la frontière néerlandaise, et pourrait chercher à venger sa mort.

Lors de leur enquête, les policiers ont été informés que l’homme pourrait avoir décidé de se venger contre les forces de l’ordre françaises de la mort de sa soeur, précise le quotidien.

Née à Clichy-la-Garenne (Hauts-de-Seine), Hasna Ait Boulahcen a été décrite par des proches comme une jeune femme frivole qui se serait radicalisée sur le tard.

Selon le journal belge La Dernière Heure, la jeune femme a posté sur Facebook le 11 juin dernier une photo avec le commentaire suivant : « Jver biento aller en syrie inchallah biento depart pour la turkie » ! ».

Elle ne cachait pas non plus son admiration pour Hayat Boumeddiene, la veuve d’Amedy Coulibaly, l’auteur de la prise d’otages de l’Hyper Casher de la porte de Vincennes en janvier dernier, ajoute le journal belge.

(avec Aziz El Yaakoubi à Rabat et Elizabeth Pineau à Paris, édité par Yves Clarisse)

 

http://www.lepoint.fr/monde/assaut-de-saint-denis-hasna-aitboulahcen-n-est-pas-morte-en-kamikaze-20-11-2015-1983481_24.php

Assaut de Saint-Denis: Hasna Aitboulahcen n’est pas morte en kamikaze

 

Publié le 20/11/2015 à 18:08 | AFP

 

Hasna Aitboulahcen, cousine de l’organisateur présumé des attentats de Paris dont le corps a été retrouvé dans les décombres de l’appartement de Saint-Denis visé mercredi par un assaut policier, n’est pas morte en kamikaze, a-t-on appris vendredi de source policière.

Trois personnes sont mortes dans l’assaut: l’organisateur présumé des attentats Abdelhamid Abaaoud, sa cousine Hasna Aitboulahcen, et un homme encore non identifié. Les enquêteurs ont d’emblée dit qu’une personne retranchée s’était fait exploser, pensant dans un premier temps qu’il s’agissait d’une femme. Mais c’est en fait un homme qui s’est fait sauter en kamikaze, selon la source policière.

20/11/2015 18:07:40 – Paris (AFP) – © 2015 AFP

 

 
http://www.bladi.net/experts-marocains-paris,43657.html

Attentats à Paris : le Maroc a fourni l’adresse de l’appartement à Saint-Denis

 

19 novembre 2015 – 10h20 – Monde

 
Attentats à Paris : le Maroc a fourni l'adresse de l'appartement à Saint-Denis

Ce sont encore une fois les services de sécurités marocains qui ont guidé leurs homologues français vers l’appartement situé à Saint-Denis dans lequel se cachaient certains terroristes liés aux attentats de Paris.

C’est ce qu’affirme un responsable marocain à l’agence Reuters qui explique que l’information avait été donnée aux Français et c’est ce qui a permis de donner l’assaut. « Le Maroc a donné l’information en relation avec les événements qui se sont déroulés ce matin », a déclaré une source marocaine à Reuters.

Au moins deux personnes se sont barricadées dans cet appartement de la région parsienne qui a été la cible d’une intervention du RAID à partir de 4 heures du matin.

Quatre experts marocains se trouvent actuellement à Paris pour aider les autorités françaises à mettre la main sur les terroristes, affirme une source française à l’agence de presse.

 

http://www.france24.com/fr/20151120-attaques-paris-role-maroc-abdelhamid-abaaoud-renseignements-france-paris-raba

Attentats de Paris : le rôle du Maroc dans la localisation d’Abdelhamid Abaaoud

 

Attentats de Paris : le Maroc a bien contribué à l'enquête dans Attentats hollande-mohamed-6
© Fadel Senna, AFP | François Hollande et le roi du Maroc Mohammed VI, le 20 septembre 2015, à Tanger.

 

Texte par Steven JAMBOT

Dernière modification : 20/11/2015

Un renseignement émanant du Maroc aurait notamment mis les enquêteurs sur la piste d’Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats de Paris tué mercredi lors d’un assaut de la police en banlieue parisienne.

 

Le Belgo-Marocain Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats de Paris, a été tué mercredi lors d’un assaut de la police à Saint-Denis, en banlieue parisienne. L’information a été confirmée jeudi 19 novembre par le procureur de Paris, François Molins qui a indiqué que les enquêteurs ont bénéficié d’un « témoignage faisant état de la présence d’Abaaoud sur le territoire français » et procédé à « de nombreuses vérifications téléphoniques et bancaires ».

Dans « Le Figaro », le directeur du Raid, Jean-Michel Fauvergue, précisait mercredi : « On savait que Abdelhamid Abaaoud était peut-être là. Les autres services nous avaient transmis cette information. » Qui sont ces « autres services » ?

Un renseignement émanant du Maroc

Jeudi, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a confirmé « qu’un pays hors d’Europe » a signalé lundi 16 novembre qu’Abdelhamid Abaaoud aurait séjourné un temps en Grèce. Mais il n’a pas précisé de quel pays il s’agissait.

Selon RFI, qui s’appuie sur des informations obtenues d’une source sécuritaire marocaine, le rôle du Maroc aurait été déterminant. C’est Rabat qui aurait averti Paris de la présence d’Abaaoud sur le territoire français et contribué à déclencher l’opération à Saint-Denis. C’est aussi le royaume chérifien qui aurait orienté les enquêteurs français sur la piste belge.

Jeudi soir, l’AFP a également appris de source proche de l’enquête que c’est un renseignement émanant du Maroc qui aurait notamment mis les enquêteurs sur la piste d’Abdelhamid Abaaoud.

Dès mercredi matin, le site marocain Le360.ma, l’affirmait : « Ce sont les services de renseignements marocains qui ont réussi à localiser les terroristes retranchés dans un appartement de Saint-Denis, apprend Le360 de source sûre.  » Le site précisait : « Au lendemain des attentats qui avaient ensanglanté la capitale française, et sur demande des autorités françaises et belges, des officiers des renseignements marocains s’étaient rendus à Paris et Bruxelles pour aider dans les investigations en cours. Et déjà cette collaboration donne ses fruits avec l’opération menée ce (mercredi) matin. »

Mohammed VI reçu vendredi à l’Élysée

Alors que l’implication des autorités ou services marocains n’a pas été confirmée, l’Élysée a indiqué jeudi dans un communiqué que le président François Hollande recevra vendredi après-midi le roi du Maroc Mohammed VI.

Les deux chefs d’État devraient notamment s’entretenir de la lutte contre le terrorisme et la coopération en matière de sécurité. Le roi du Maroc se trouvait en visite privée en France et a souhaité s’entretenir avec le président, a appris l’AFP auprès de l’entourage présidentiel qui dément tout lien direct entre cette visite et l’implication de personnes d’origine marocaine dans les attentats.

Cette rencontre vise sans doute aussi à accentuer la coopération franco-marocaine, notamment dans l’échange de renseignements. Elle a repris depuis janvier après un an de brouille sérieuse en 2014 à la suite d’un conflit judiciaire. L’expertise du Maroc, un des rares pays du monde arabe à ne pas avoir connu d’attaque terroriste sur son sol depuis quatre ans, semble précieuse pour Paris.

Avec AFP

Première publication : 20/11/2015

 

http://www.france24.com/fr/20151120-attentats-paris-cooperation-capitale-maroc-localisation-abaaoud-france

Attentats de Paris : le rôle déterminant du Maroc dans la localisation d’Abaaoud

 

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© Lionel Bonaventure, AFP | François Hollande et le roi du Maroc Mohammed VI sur le perron de l’Élysée, le 20 novembre 2015.

 

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 20/11/2015

À l’occasion de la visite du roi Mohamed VI à Paris, vendredi, François Hollande a remercié le Maroc pour « l’assistance efficace » qu’il a apporté à la France en l’aidant à repérer la présence, sur son territoire, d’Abdelhamid Abaaoud.

 

François Hollande a vivement remercié le roi Mohamed VI en visite à Paris, vendredi 20 novembre, pour le rôle crucial des services de renseignement marocains dans l’enquête sur les attaques à Paris.

C’est en effet Rabat qui a permis aux services antiterroristes parisiens de se mettre sur la piste d’Abaaoud sur le territoire français et contribué à déclencher l’opération à Saint-Denis. C’est aussi le royaume chérifien qui aurait orienté les enquêteurs français sur la piste belge.

Le renseignement marocain appelé à l’aide

Dès mercredi matin, le site marocain Le360.ma, l’affirmait : « Ce sont les services de renseignement marocains qui ont réussi à localiser les terroristes retranchés dans un appartement de Saint-Denis ». Le site précisait : « Au lendemain des attentats qui avaient ensanglanté la capitale française, et sur demande des autorités françaises et belges, des officiers des renseignements marocains s’étaient rendus à Paris et Bruxelles pour aider dans les investigations en cours. Et déjà cette collaboration donne ses fruits avec l’opération menée ce (mercredi) matin. »

Le mois dernier en effet, les services marocains ont arrêté un jeune frère du djihadiste, Yassine Abaaoud, alors que l’avion à bord duquel il se trouvait venait d’atterrir à Agadir, a indiqué vendredi une source marocaine à Reuters. Dès qu’elle a été informée de la présence d‘Abdelhamid Abaaoud en France, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a suivi les écoutes d’Hasna Ait Boulahcen, présentée comme sa cousine, explique-t-on de source policière.

La jeune femme d’origine marocaine de 26 ans, qui a été tuée mercredi avec Abaaoud lors de l’assaut des forces de l’ordre, était déjà surveillée par la police judiciaire (PJ) de Seine-Saint-Denis, pour trafic de stupéfiants. « Dès que l’information est tombée via le Maroc, la PJ de Seine-Saint-Denis a transmis à la DGSI ses informations, les correspondants d’Hasna Ait Boulahcen, les bornes téléphoniques, ses points de chute », explique la source policière.

« Surveillance physique »

Les écoutes ont permis d’entendre une conversation dans laquelle Hasna Ait Boulahcen faisait état de la présence d’Abaaoud, un Belge d’origine marocaine de 28 ans, selon une autre source policière. « Il y a eu ensuite une surveillance physique qui a permis de déterminer que la jeune femme et le djihadiste se sont présentés dans l’immeuble de la rue Corbillon à Saint-Denis mardi en début de soirée », explique-t-elle.

La Sous-direction anti-terroriste (SDAT) ayant l’assurance que la « cible » se trouvait dans l’immeuble, décision a été prise de donner l’assaut mercredi au petit matin, d’autant que le groupe était soupçonné de préparer une nouvelle attaque jeudi.

Les autorités françaises ont aussi indiqué cette semaine avoir bénéficié d’une information de la Turquie pour localiser Abdelhamid Abaaoud, le situant en Grèce.

Avec Reuters et AFP

Première publication : 20/11/2015

 

http://www.francetvinfo.fr/faits-divers/terrorisme/attaques-du-13-novembre-a-paris/enquete-sur-les-attentats-de-paris/attentats-de-paris-comment-les-enqueteurs-ont-remonte-la-piste-des-terroristes_1181147.html

Attentats : les sept jours d’enquête qui ont permis à la police de remonter la piste des terroristes

 

Depuis vendredi 13 novembre, cinq des sept kamikazes des attentats de Paris ont été identifiés. Deux assaillants sont toujours recherchés.

 

Un homme est arrêté par des membres des forces de l'ordre lors de l'intervention antiterroriste à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 novembre 2015.

Un homme est arrêté par des membres des forces de l’ordre lors de l’intervention antiterroriste à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), le 18 novembre 2015. (PETER DEJONG / AP / SIPA)
francetv.info dans Crime
Par Francetv infoMis à jour le 20/11/2015 | 18:20 , publié le 18/11/2015 | 17:25

 

Ils n’ont pas cherché à se cacher. Parce qu’ils comptaient se suicider, les terroristes des attaques du 13 novembre à Paris ont laissé un peu partout en Ile-de-France des indices. Depuis vendredi, ils ont permis aux enquêteurs de remonter leur trajectoire mortelle.

Francetv info reprend le fil de l’enquête.

Samedi 14 novembre : les premiers noms

Dans la matinée. Au Bataclan, alors que les secours continuent d’évacuer les corps des 89 victimes, les policiers font une première découverte. Un doigt, retrouvé à l’endroit où un kamikaze s’est fait exploser, « parle » : il appartient à Omar Ismaïl Mostefai, un Français de 29 ans, présent dans le fichier des empreintes génétiques pour huit condamnations. Ses proches sont interpellés dans la journée.

Une Polo noire, garée devant la salle de concert, est ouverte en fin de matinée. « A l’intérieur se trouvaient des documents de location au nom d’un Français, résidant à Molenbeek, commune voisine de Bruxelles », rapporte Le Parisien. Il s’agit de Salah Abdeslam, 26 ans.

En passant le nom dans leurs fichiers, les policiers sursautent. L’homme a été contrôlé le matin même, à bord d’une Golf grise, à Cambrai (Nord). Mais, comme son nom n’était pas encore lié aux attentats, les gendarmes l’ont laissé repartir. « Cela s’est joué à très peu », souffle une source proche du dossier au Parisien.

Dans l’après-midi. Au Stade de France, l’enquête progresse. On apprend en début d’après-midi qu’un passeport syrien a été « retrouvé à proximité d’un des corps des assaillants », selon une source de l’AFP. Quelques heures plus tard, le ministre grec de la protection publique annonce que le document appartient à un migrant enregistré sous le nom d’Ahmad Al-Mohammad. « Le détenteur du passeport syrien est arrivé le 3 octobre par l’île grecque de Leros où il a été enregistré conformément aux règles de l’Union européenne », indique Nikos Toskas.

Le centre de gravité de l’affaire se déplace à Molenbeek, la commune de Bruxelles où résidait Salah Abdeslam. Sept personnes sont interpellées par la police belge. Parmi elles figurent les deux autres occupants de la Golf contrôlée à Cambrai. « Il n’y avait pas de logistique, rien. Il a appelé ses copains, qui se sont trouvés au mauvais endroit au mauvais moment », racontera plus tard un de leurs proches à L’Obs. Une version dont doutent les enquêteurs, qui se demandent si l’un d’eux, Mohamed Amri, n’a pas confectionné les gilets explosifs.

Salah Abdeslam, lui, est introuvable. Deux éléments viennent alourdir les soupçons qui pèsent contre lui : un homme qui lui ressemble figure sur les images de vidéosurveillance des terrasses de bars attaquées. Dans la soirée de samedi, le groupe Etat islamique revendique l’attentat, et évoque « huit frères portant des ceintures d’explosifs et des fusils d’assaut ». Seuls sept corps ont été retrouvés.

Dimanche 15 novembre : une voiture et deux nouveaux noms

Dans la nuit. Une perquisition, qui sera révélée le lendemain, est conduite dans un résidence hôtelière Appart’City d’Alfortville (Val-de-Marne).  »J’ai entendu la police défoncer les portes dans la nuit de samedi à dimanche », raconte à l’AFP une locataire de l’appart-hôtel, voisine des chambres louées. Elle assure avoir vu deux hommes, mais ne pas les avoir reconnus sur les photos présentées par la police.

Comment les policiers ont-ils localisé cet appartement ? On l’apprendra bien plus tard, mais un téléphone a été retrouvé près du Bataclan. A l’intérieur, un plan de la salle et un SMS avec cette phrase : « C’est parti on commence ». « C’est grâce à ce téléphone que les enquêteurs remontent la piste jusqu’à l’un des points de chute des commandos à Alfortville. La recherche sur la géolocalisation dudit téléphone indique que son propriétaire y était passé avant les attaques », écrit Le Monde.

Dans la matinée. La veille, les enquêteurs de la police judiciaire ont aussi visionné et revisionné les images des 1 400 caméras de vidéosurveillance disséminées dans Paris. Ils ont réussi à retracer l’itinéraire de la deuxième voiture utilisée par les assassins, la Seat Leon noire qui transportait le commando qui a mitraillé les terrasses. Le véhicule est retrouvé dans la nuit de samedi à dimanche à Montreuil (Seine-Saint-Denis). Selon Le Parisien, les policiers planquent plusieurs heures à proximité, dans l’espoir de voir revenir l’un de ses occupants.

Ils ouvrent finalement le véhicule. A l’intérieur, trois kalachnikovs et des chargeurs, selon Le Monde. Surtout, la Seat permet aux enquêteurs d’identifier un deuxième kamikaze. Elle a été louée par Brahim Abdeslam, 31 ans, le frère aîné de Salah. Les policiers mettent ainsi un nom sur l’homme qui s’est fait exploser au comptoir d’un bar du boulevard Voltaire.

Dans l’après-midi. En fin d’après-midi, le parquet annonce que deux nouveaux kamikazes ont été identifiés. Outre Brahim Abdeslam, il communique le nom de Bilal Hadfi. Ce jeune Français de 20 ans, qui résidait en Belgique, est le kamikaze du restaurant McDonald’s qui jouxte le Stade de France. Il a été identifié grâce à ses empreintes digitales. La police nationale lance un appel à témoins contre Salah Abdeslam.

 

Lundi 16 novembre : une nouvelle planque perquisitionnée à Bobigny

La France se réveille avec un chiffre impressionnant : en 48 heures, 168 perquisitions ont été menées, dans 19 départements. Lundi matin, l’une d’elles a mené les policiers dans un pavillon de Bobigny (Seine-Saint-Denis). Il a été loué, sur le site Homelidays, par Brahim Abdeslam pour une semaine, du 10 au 17. « Des gens très gentils, corrects, bien habillés. Il n’y avait pas de barbes, de djellabas, des gens qui se sont présentés comme travaillant pour une société », confie la propriétaire à Europe 1. C’est son mari qui a prévenu la police, en entendant à la télévision le nom de leur locataire.

A 10 heures, France 2 révèle que le kamikaze au passeport syrien s’est bien mêlé au flot des migrants pour entrer en Europe. « Il existe une concordance entre les empreintes papillaires [digitales] du kamikaze et celles relevées lors d’un contrôle en Grèce en octobre 2015″, confirme le procureur de la République. Parti sur un canot qui a chaviré, il a été récupéré par les secours grecs et enregistré sur l’île de Leros, où il a déposé ses empreintes digitales, le 3 octobre. Il a ensuite demandé l’asile en Serbie, le 7 octobre, selon les autorités locales.

Le parquet donne un quatrième nom : Sami Amimour, un Français de 28 ans, est l’un des assaillants tués après le carnage du Bataclan.

A Molenbeek, les événements se sont brusquement accélérés. Pendant quatre heures, la police belge fait le siège du 47 rue Delaunoy. Salah Abdeslam est la cible de cette spectaculaire opération policière. Mais le suspect n’est pas là. « Ils l’ont pas chopé ! Franchement, il est fort, Salah », s’exclame Reda, provocateur, aux journalistes qui patientent sous une pluie battante. Les deux hommes de la Golf grise, qui ont exfiltré Salah, sont placés sous mandat d’arrêt pour « attentat terroriste ».

Un autre homme est au centre de toutes les interrogations. Abdelhamid Abaaoud, un jihadiste belge qui se trouve en Syrie, est considéré par les enquêteurs comme un  »inspirateur » possible des attaques de Paris. Cerveau de la cellule de Verviers, il a côtoyé Salah Abdeslam, un jeune de Molenbeek comme lui, en prison.

Mardi 17 novembre : le mystère du 18e arrondissement

Dans la matinée. Le cordon rouge et blanc des policiers est déployé une nouvelle fois dans Paris. Sur la place Albert-Kahn, dans le 18e arrondissement de la capitale, une voiture a attiré l’attention des enquêteurs. Et pas seulement parce qu’elle est mal garée et immatriculée en Belgique. « Cette voiture a été aperçue sur l’autoroute A1, dans le cadre de ce qui pourrait être des liaisons préparatoires entre Paris et la Belgique », explique une source policière à l’AFP.

« A l’intérieur, les policiers ont trouvé des mouchoirs, des emballages de nourriture et, plus intéressant, un GPS dont les données sont en cours d’exploitation », indique Le Parisien. Cette découverte épaissit un peu plus l’un des mystères de cette affaire. Dans son communiqué de revendication, le groupe Etat islamique avait mentionné, aux côtés des quartiers frappés, le 18e arrondissement de Paris.

Un vieux routier du jihadisme français fait son apparition dans le dossier. Selon des sources proches de l’enquête, c’est Fabien Clain, un proche de Mohamed Merah et un membre de la filière d’Artigat (Ariège), qui a lu le communiqué de revendication de l’Etat islamique.

Dans la soirée. Salah Abdeslam n’est plus le seul suspect en fuite. Un deuxième homme est actuellement recherché par les enquêteurs et pourrait être le neuvième membre des commandos qui ont attaqué Paris. Il apparaît comme le troisième homme du commando des terrasses sur une vidéo. Elle le montre à 21h32 au moment de la fusillade qui a fait cinq morts devant le café Bonne bière, à l’angle de la rue de la Fontaine au Roi et de la rue du Faubourg du Temple, dans le 10e arrondissement de Paris.

La police nationale diffuse un appel à témoins pour identifier le kamikaze qui s’est mêlé aux migrants.

 

Mercredi 18 novembre : l’assaut de Saint-Denis

Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) se réveille dans la peur. A 4h20, une rafale de kalachnikov brise le silence de la nuit. En pleine nuit, les hommes du Raid ont encerclé un immeuble situé rue du Corbillon, en plein centre-ville. Ils cherchent Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé, que l’on croyait en Syrie.

Un mystérieux témoignage recueilli lundi a signalé sa présence en France. Les policiers ont suivi sa cousine pour remonter jusqu’à lui. Les services secrets marocains ont donné un coup de main, sans que l’on sache bien lequel.

L’opération s’achève à 11h45. Bilan : sept personnes interpellées, deux terroristes présumés tués (dont l’un ou l’une qui se serait fait exploser). Selon les informations de France 2, ils projetaient de commettre des attentats imminents à l’aéroport de Roissy-Charles-de-Gaulle et au centre commercial des Quatre Temps, à la Défense (Hauts-de-Seine).

Jeudi 19 novembre : le corps d’Abaaoud  »formellement identifié »

Abdelhamid Abaaoud était bien en France. Vers 15 heures, le parquet de Paris annonce que le commanditaire présumé des attentats a été « formellement identifié ». C’est son corps qui a traversé le plancher. Les policiers l’ont retrouvé à l’étage du dessous, criblé de balles. « On ignore par ailleurs à ce stade si Abbaoud s’est fait – ou non – exploser », précise le parquet.

Vendredi 20 novembre : la cousine d’Abaaoud identifiée

Dans l’appartement de Saint-Denis, rempli de gravats et partiellement effondré, les constatations se poursuivent. Les enquêteurs découvrent d’abord un troisième corps. Puis un sac à main avec un passeport au nom d’Hasna Aït Boulahcen, qui serait la cousine d’Abaaoud, âgée de 26 ans. Son corps est formellement identifié quelques heures plus tard. Mais finalement, selon une source policière, elle ne se serait pas fait exploser. Elle serait morte pendant l’assaut.

 



Vendredi 13 : encore bien des mystères six jours plus tard

Tous les auteurs des attentats de vendredi ne sont encore identifiés, leurs complices encore moins.

Bien des terroristes sont toujours dans la nature.

 

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/19/confusion-apres-l-assaut-de-saint-denis_4813390_4809495.html

Confusion après l’assaut de Saint-Denis

 

Le Monde | 19.11.2015 à 11h34 • Mis à jour le 19.11.2015 à 14h05 | Par Laurent Borredon et Simon Piel

 

Interpellation d'un des suspects par la police, mercredi 18 novembre à Saint-Denis.

 

Au lendemain de l’assaut mené par le RAID à l’angle de la rue de la République et de la rue du Corbillon à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis) mercredi 18  novembre, au cours duquel les policiers ont tiré près de 5 000 munitions, le parquet de Paris a confirmé, jeudi 19 novembre, qu’Abdelhamid Abaaoud, le commanditaire présumé des attentats du 13 morts, avait été tué sur place.

 

L’enjeu était de taille. Le procureur de la République à Paris, François Molins, lors d’une conférence de presse tenue mercredi en fin de journée, avait expliqué qu’il était encore trop tôt pour dire si le principal suspect des attaques avait été retrouvé.

L’hypothèse de sa présence était compliquée par l’état de l’appartement – le sol a fini par s’effondrer – et l’état des « débris de corps », dus à la violence de l’assaut. Toutefois, la morphologie des corps ne correspondait pas à celle du djihadiste belge – sauf à imaginer qu’il ait pris un poids certain depuis les dernières images connues de lui, qui datent de février.

En outre, après avoir indiqué qu’une femme s’était fait exploser dans l’appartement, sur la base de témoignages des policiers ayant mené l’assaut, le parquet de Paris a finalement fait machine arrière, en indiquant que ce point devait être vérifié. Preuve supplémentaire de la confusion qui a régné sur place.

Une source proche de l’enquête n’excluait pas, par ailleurs, jeudi matin, que certaines des personnes interpellées après l’assaut n’aient rien à voir avec la cellule terroriste démantelée. Les enquêteurs de la direction générale de sécurité intérieure (DGSI) et de la SDAT vérifiaient toujours leur profil, mais « rien ne se dégageait », explique la même source. L’immeuble étant en partie squatté, il est difficile pour les policiers d’établir une liste précise des occupants.
 

« Débris de corps »

 

Le corps d'une des deux personnes tuées dans l'assaut, mercredi 18 novembre à Saint-Denis.

 

La mort d’Abdelhamid Abaaoud signifie que ce djihadiste belge a pu rentrer sur le territoire français, échappant ainsi à la vigilance des services de renseignements français – et plus largement européens.

C’est un renseignement parvenu aux enquêteurs lundi, aux environs de 17 heures, qui les a conduits à Saint-Denis. Au début, les policiers sont assez sceptiques sur la crédibilité du renseignement qui leur est transmis. Après de nombreuses vérifications, notamment téléphoniques et bancaires, ils acquièrent la conviction qu’Abdelhamid Abaaoud et sa cousine Hasna Aitbouhlacen peuvent se trouver dans l’appartement de la rue du Corbillon.

Lors de l’assaut, lorsque la porte blindée de l’appartement résiste aux explosifs, ils sont accueillis par un feu nourri de kalachnikov, à leur stupéfaction. Ils s’aperçoivent alors qu’il y a plus de deux personnes à l’intérieur. Trois hommes sont interpellés, puis à mesure que les policiers progressent, deux autres personnes cachées dans les gravas le sont à leur tour. Comme certaines images ont pu le montrer, tous ont été presque intégralement déshabillés par les policiers pour s’assurer qu’ils ne portaient aucun engin explosif. Dans le même temps, la brigade de recherche et d’intervention (BRI) se rend à un appartement boulevard Carnot où sont susceptibles de se trouver des complices.

Si l’appartement est vide, deux interpellations ont lieu dans la rue, dont celle de celui qui a logé les terroristes rue du Corbillon, appréhendé devant les caméras de BFM-TV. Cet homme, Jawad B., a assuré à l’AFP puis à la chaîne d’information qu’il ignorait tout des gens à qui il avait rendu service. Condamné à cinq reprises pour des faits de droit commun, dont une pour « coups mortels » devant la cour d’assises de Seine-Saint-Denis, prononcée en 2008, il est actuellement en garde à vue.
 

Arrivées en convoi en région parisienne

 

Le déroulement des événements du vendredi 13 novembre continue également à se préciser. Alors qu’un doute subsistait sur le nombre de personnes qui ont tiré sur les terrasses de café dans le 10e et le 11e, des images saisies par une caméra de vidéosurveillance de la rue de la Fontaine-au-Roi sont venus confirmer qu’il y avait trois personnes.

Sur les trois, une seule certitude, Brahim Abdeslam, l’homme qui a fini par se faire exploser devant le comptoir Voltaire, en faisait parti. Un SMS envoyé depuis un téléphone retrouvé dans une poubelle à proximité du Bataclan est venu confirmer la coordination des différents commandos. « On commence on est parti », indiquait le message envoyé à 21 h 42 et dont le destinataire est toujours inconnu.

Comme l’a indiqué François Molins, l’on sait désormais aussi que les différentes équipes sont arrivées en convoi le 12 novembre en région parisienne à bord de la Polo retrouvée devant le Bataclan, de la Seat abandonnée à Montreuil ayant servi au commando ayant mitraillé les terrasses de café et de la Clio récupérée dans le 18e arrondissement à Paris.

Ces trois véhicules ont tous été loués par les frères Abdeslam dans une société de location belge (la Polo et la Clio par Salah ; la Seat par Brahim). Selon les derniers éléments de téléphonie dont disposent les enquêteurs, il se pourrait que Salah Abdeslam ait conduit le commando du Stade de France à bord de la Clio. Enfin, les recherches sur l’identification d’un des kamikazes du Stade de France et de l’un des assaillants du Bataclan étaient toujours en cours.

 Laurent Borredon
Journaliste

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151117.OBS9650/attentats-de-paris-une-cible-manquee-dans-le-18e-plusieurs-personnes-en-fuite.html?utm_source=outbrain&utm_medium=widget&utm_campaign=obclick&obref=obinsource

Attentats de Paris : le 18e était aussi visé, plusieurs personnes en fuite

L' Obs

Publié le 17-11-2015 à 14h29

Une Clio noire immatriculée en Belgique a été retrouvée abandonnée dans l’arrondissement, où Daech revendique une attaque qui n’a pas eu lieu. Plusieurs personnes pourraient être toujours en fuite.

 

La Clio noire abandonnée dans le 18e arrondissement de Paris et louée par Salah Abdeslam (Thibault Camus/AP/SIPA)La Clio noire abandonnée dans le 18e arrondissement de Paris et louée par Salah Abdeslam (Thibault Camus/AP/SIPA)

 

Le 18e arrondissement de Paris aurait-il échappé à une attaque terroriste ? Samedi, au lendemain des attentats à Paris et Saint-Denis, l’Etat islamique (Daech) publie un communiqué de revendication, évoquant les lieux des attaques : « le stade de France, le Bataclan, les 10e, 11e et 18e arrondissements. » Daech n’a pas pour habitude de publier des revendications bidons ou imprécises. Pourtant, aucune fusillade ou explosion n’a eu lieu dans le 18e vendredi soir.

Avec la découverte ce mardi 17 novembre au matin place Albert-Khan, dans le 18e, d’une « voiture qui a été louée par Salah Abdeslam« , cette piste se précise. Sans que l’on sache qui était visé dans cet arrondissement, qui regroupe des quartiers aussi divers que Montmartre ou la Goutte d’Or. Ni pourquoi une tentative aurait pu échouer. Selon des sources policières :

Une Clio noire, retrouvée place Albert-Kahn dans le 18e arrondissement de Paris, pourrait avoir servi à la préparation des attentats. Cette voiture a été aperçue sur l’autoroute A1, dans le cadre de ce qui pourrait être des liaisons préparatoires entre Paris et la Belgique. »

Les assaillants avaient-ils prévu une attaque contre le 18e arrondissement qui a avorté ? Une autre source policière nuance :

Seule l’analyse de la voiture par la police scientifique pourra déterminer son implication. »

Le véhicule n’est pas passé inaperçu. Il a été abandonné vendredi soir, les portes ouvertes, en partie sur un passage piéton, dans un virage. Cette Clio noire est immatriculée en Belgique.

Plusieurs personnes recherchées

Cette découverte ouvre une piste qui n’avait jamais été véritablement fermée par les enquêteurs. D’après des sources que nous avons interrogées, ce n’est pas une seule personne – Salah Abdeslam – mais plusieurs, qui sont actuellement recherchées par les forces de l’ordre. Il pourrait s’agir des « logisticiens » des attentats de Paris. Ou du huitième kamikaze cité dans le communiqué de Daech, dans l’hypothèse où Salah Abdeslam fait partie de l’équipe « technique » et non « opérationnelle. »

Ce qui est sûr, c’est que le compte n’y est pas », soupire une de nos sources.

Si Salah Abdeslam a conduit la Seat retrouvée à Montreuil, comme l’ont dans un premier temps envisagé les enquêteurs, qui était au volant de la Clio du 18 arrondissement ? Salah a également pu conduire la Clio noire, qui aurait pu servir à convoyer les kamikazes du Stade de France. En tout cas, au moins un conducteur aurait donc réussi à prendre la fuite.

Aucun mandat de recherche n’a été lancé pour le moment.

Seul Salah Abdeslam est activement recherché. La police belge a diffusé ce mardi matin un nouvel avis de recherche. Il pourrait être le seul terroriste des attaques de Paris et Saint-Denis encore vivant.

Vendredi 13 : encore bien des mystères six jours plus tard dans Attentats 14576282

Violette Lazard (avec B.M.)

 dans Corruption

 

http://www.france24.com/fr/20151117-drpp-note-alerte-groupe-preparation-gros-coups-paris-trafic-passeports-syriens

Exclusif : une alerte sur des « gros coups » en préparation à Paris n’a pas été transmise à la DGSI

 

paris-car-investigation-m dans Crime
© Kenzo Tribouillard, AFP | Une Renault Clio noire suspecte a été retrouvée, mardi 17 novembre, dans le 18e arrondissement de Paris.

 

Texte par FRANCE 24

Dernière modification : 18/11/2015

France 24 révèle qu’une note des services de renseignement de la préfecture de police de Paris, rédigé début novembre, faisait état d’individus suspects préparant « de gros coups » à Paris. Information qui n’a pas été transmise à la DGSI.

 

Une éventuelle faille des services de renseignements français aurait-elle eu lieu ? Selon des informations de France 24, une note avait été rédigée au début du mois de novembre au sein de la Direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP) au sujet d’individus suspects.

Cette note indiquait que six individus, dont un Syrien, hébergés rue Myrha, dans le 18e arrondissement de la capitale française, étaient suspectés de trafic de passeports syriens et de préparer « plusieurs gros coups sur Paris ». La section en charge du terrorisme au sein de la préfecture de police n’a cependant pas jugé utile, selon des informations du journaliste de France 24 Antoine Mariotti, de la transmettre à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI).

« Cette note, selon nos informations, n’a jamais été transmise à la DGSI, affirme Antoine Mariotti. C’est-à-dire qu’au niveau de la section T, ils ont estimé qu’il n’y avait aucun intérêt à la transmettre ou alors ils sont passés au travers, on ne sait pas. »

Au vu des attaques ayant eu lieu à Paris le 13 novembre, certaines sources policières ont fait état, auprès de France 24, de leur « malaise » en raison des « éléments troublants » contenus par cette note.

Rien n’indique toutefois que les six personnes évoquées dans la note soient impliquées de près ou de loin dans les attaques.

Première publication : 17/11/2015

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/en-direct-attentats-incertitude-sur-la-mort-d-abdelhamid-abaaoud-19-11-2015-5291885.php

EN DIRECT. Attentats : perquisition à Aulnay chez la mère de la kamikaze présumée

 

Ch.G, R.Ba, J.Cl. et A.A. (avec agences) | 19 Nov. 2015, 06h45 | MAJ : 19 Nov. 2015, 18h19

 
Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce jeudi. Les forces de l'ordre mènent ce jeudi une perquisition dans un immeuble de la cité de la Rose-des-Vents. Sans que les sources proches du dossiers ne donnent plus de détails, cette perquisition s’inscrit dans la suite de l’enquête après l’assaut de Saint-Denis mené mercredi.
Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis), ce jeudi. Les forces de l’ordre mènent ce jeudi une perquisition dans un immeuble de la cité de la Rose-des-Vents. Sans que les sources proches du dossiers ne donnent plus de détails, cette perquisition s’inscrit dans la suite de l’enquête après l’assaut de Saint-Denis mené mercredi. (LP/Olivier Arandel)

 

Il était considéré comme l’un des terroristes francophones les plus dangereux. Abdelhamid Abaaoud fait partie des deux jihadistes tués lors de l’assaut lancé par la police, à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), mercredi.

 

Ce Belge, né en 1987, est fortement soupçonné d’être impliqué dans les attentats de Paris et Saint-Denis qui ont fait 129 morts, le vendredi 13 novembre.

La deuxième victime de l’assaut de Saint-Denis est une femme qui s’est fait exploser. Il reste désormais à savoir où se trouve Salah Abdeslam, l’un des logisticiens des attentats.

Vers 17 heures ce jeudi, François Hollande va réunir un conseil restreint de Défense pour «faire le point sur la situation intérieure et extérieure».

A retenir ce jeudi
- Abdelhamid Abaaoud fait partie des jihadistes tués lors de l’assaut de Saint-Denis.
- La prolongation de trois mois de l’état d’urgence a été votée.
- Une perquisition est menée à Aulnay-sous-Bois au domicile de la mère de la kamikaze présumée de Saint-Denis.
- L’Assemblée vote le recours au bracelet électronique pour certains assignés à résidence.
- Les policiers pourront porter leur arme en dehors des heures de service, sous certaines conditions (brassard, avertir la hiérarchie…).
- Manuel Valls redoute des attentats avec des «armes chimiques ou bactériologiques».
- Neuf personnes ont été interpellées après des perquisitions à Bruxelles.

 

>>> Suivez en direct les événements de ce jeudi :

18h10. L’interdiction de manifester en Ile-de-France prolongée jusqu’à dimanche. L’interdiction de manifester sur la voie publique en Ile-de-France a été prolongée jusqu’à dimanche, a annoncé ce jeudi la préfecture de police de Paris tout en précisant que cela n’empêche pas «les rassemblements de fait sur les lieux des attentats à des fins commémoratives». L’interdiction de manifester avait été décidée au lendemain des attentats du 13 novembre qui ont fait 129 morts dont 89 dans la salle de spectacles parisienne du Bataclan.


18 heures. Plus de 200 pétitions en ligne après les attentats de Paris.
Depuis le vendredi 13 novembre et les attentats meurtriers de Paris et Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), plus de 200 pétitions ont été lancées sur la plateforme Change.org pour rendre hommage aux victimes, défendre la liberté et la laïcité ou même faire décorer le chien du Raid Diesel tué mercredi à Saint-Denis. Jeudi en fin d’après-midi, 211 pétitions liées aux attentats avaient rassemblé 115 000 signatures, dont la moitié pour soutenir un texte en faveur d’un mémorial pour les victimes.

17h55. Le marché de Noël de Colmar maintenu. Premier grand marché de Noël alsacien au programme cette année, le marché de Noël de Colmar est maintenu et ouvrira comme prévu vendredi, avec des effectifs policiers et militaires renforcés dans le contexte de la menace terroriste, ont annoncé ce jeudi le préfet du Haut-Rhin et le maire de Colmar.

17h50. Huit Marocains suspectés d’appartenir à Daech expulsés de Turquie. Les autorités turques ont expulsé ce jeudi huit Marocains arrêtés à l’aéroport d’Istanbul et présentés comme des militants du groupe Etat islamique qui voulaient se rendre illégalement en Allemagne, a-t-on appris de source gouvernementale. «Ces individus ont été placés en garde à vue conformément aux évaluations des profileurs sur place, qui ont considéré ces ressortissants marocains comme des suspects de terrorisme», a précisé une source sous couvert d’anonymat. Tous ont été expulsés aujourd’hui.» Les huit suspects avaient été arrêtés à l’aéroport Atatürk d’Istanbul mardi soir en provenance de Casablanca. Ils affirmaient être des touristes venus visiter la Turquie. Les médias turcs ont affirmé que ces huit personnes souhaitaient retourner en Europe en se faisant passer pour des réfugiés, sur la foi d’un document manuscrit retrouvé sur l’un d’eux détaillant les étapes en bateau, train et bus d’un périple jusqu’en Allemagne.

17h45. Abaaoud contrôlé en janvier 2014 en Allemagne. 
Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur présumé des attentats de Paris tué mercredi, est passé par un aéroport allemand à destination d’Istanbul en janvier 2014 sans être interpellé faute «d’indications» en ce sens, a indiqué ce jeudi la police allemande. «Abdelhamid Abaaoud a été contrôlé le 20 janvier 2014 à l’aéroport de Cologne-Bonn, a indiqué à l’AFP un porte-parole de la police fédérale. Il était en route pour Istanbul. La police fédérale n’avait pas d’indications selon lesquelles nous devions lui interdire son voyage ou l’arrêter.» Abdelhamid Abaaoud, âgé de 28 ans, était «un citoyen belge» à qui s’appliquait par conséquent le principe de la libre-circulation, a précisé le porte-parole, confirmant des informations du site Internet du Spiegel.

17h35. La perquisition à Aulnay cible le domicile de la mère de la kamikaze présumée. La perquisition en cours ce jeudi à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) a lieu dans l’appartement de la mère de la jeune femme qui se serait fait exploser lors de l’assaut mené mercredi à Saint-Denis. «Tout le quartier est bouclé par la police. Ils ne laissent entrer et sortir personne. La rue Edgar-Degas en particulier est complètement bouclée», a déclaré à l’AFP un habitant de la cité des 3000. Une source proche de l’enquête a confirmé qu’une perquisition était en cours rue Edgar-Degas au domicile de la mère de la jeune femme, qui était revenue vivre sous son toit il y a six mois.

17h25. Le footballeur belge Radja Nainggolan pris pour un terroriste. L’anecdote est rapportée par le média néerlandais Nieuwsblad. Mardi soir, alors que le match de football Belgique-Espagne a été annulé, l’international belge Radja Nainggolan a suscité l’inquiétude de clients du Radisson Blu Astrid Hotel… qui l’auraient pris pour un terroriste. En cause : son look atypique, notamment sa crête blonde. «La clientèle trouvait que j’avais l’air menaçant, a expliqué le joueur. Heureusement, la police est arrivée. Les agents m’ont tout de suite reconnu. J’ai même posé avec eux.»

17h15. Les premiers enterrements de victimes des attentats prévus la semaine prochaine. Les premiers permis d’inhumer concernant les victimes des attentats ont été délivrés et «nous avons eu des premières demandes d’acquisition de concessions dès mardi», a indiqué Pénélope Komitès, l’adjointe à la maire de Paris chargé des affaires funéraires. Les premiers enterrements pourraient avoir lieu en début de semaine prochaine, a ajouté l’adjointe sans plus de précisions.

17 heures. La présence d’Abaaoud en France «pose la question des frontières», estime Marine Le Pen. La présidente du FN a estimé dans un communiqué publié ce jeudi que la présence en France d’Abdelhamid Abaaoud, l’organisateur présumé des attentats de Paris mort dans l’assaut de Saint-Denis mercredi, «posait la question des frontières nationales». «Censé se trouver en Syrie (…) depuis 2013, il se trouvait donc en réalité aux portes de Paris où il aurait pu piloter directement les attentats du 13 novembre qui ont frappé la capitale», affirme Marine Le Pen, pour qui «l’absence de frontières nationales représente une folie criminelle».

16h55. Manuel Valls invité du 20 heures de France 2 ce soir. Le Premier ministre Manuel Valls sera ce soir l’invité de David Pujadas sur le plateau du journal télévisé de France 2. Le chef du gouvernement devrait notamment évoquer la prolongation de trois mois et le renforcement de l’état d’urgence, adoptés à la quasi unanimité par les députés avant un vote définitif du Sénat vendredi.

16h40. Neuf interpellations à Bruxelles. Le parquet belge a indiqué que la police a procédé ce jeudi à neuf interpellations dans la région de Bruxelles après des perquisitions menées dans le cadre des investigations en lien avec les attentats de Paris et l’entourage de Bilal Hadfi, l’un des kamikazes mort près du Stade de France. Sept personnes ont été appréhendées dans le dossier concernant Bilal Hadfi lors de six perquisitions menées à Bruxelles, notamment à Molenbeek. Cette commune est considérée comme une base arrière du jihadisme européen. Deux autres personnes ont été interpellées dans le cadre plus général de l’enquête sur les attentats commis à Paris vendredi, a précisé le parquet.

16h35. La Marseillaise jouée ce week-end avant les matchs de Premier League. La Marseillaise sera jouée ce week-end avant chacun des matchs du Championnat d’Angleterre en solidarité avec les victimes des attentats de Paris, a annoncé ce jeudi le patron de la Premier League. «Etant donné notre proximité et la longue relation qui existe entre le Championnat d’Angleterre et la France, jouer la Marseillaise comme un acte de solidarité et de souvenir est la bonne chose à faire», a déclaré Richard Scudamore dans un communiqué. La Marseillaise avait déjà été reprise en choeur par les spectateurs de Wembley lors du match amical de mardi Angleterre-France.

16h25. Des renseignements du Maroc pour retrouver Abaaoud. Le Maroc semble avoir joué un rôle important dans la filature du jihadiste belge d’origine marocaine Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attentats de Paris. Les services marocains ont fourni des renseignements aux autorités françaises qui leur ont permis de déjouer un nouvel attentat qui devait cibler le quartier de la Défense à Paris ce jeudi, nous ont indiqué plusieurs sources. Quatre agents du renseignement marocain ont participé à une réunion à Paris avec les services de sécurité français.

16h10. La Tour Eiffel reste bleu-blanc-rouge. La Tour Eiffel, parée des couleurs tricolores depuis lundi en réaction aux attentats de vendredi dernier, restera illuminée la nuit en bleu-blanc-rouge jusqu’au mercredi 25 novembre inclus, a annoncé ce jeudi la mairie de Paris. L’illumination tricolore continuera à être accompagnée de la projection de la devise en latin de la ville de Paris «Fluctuat Nec Mergitur» («Elle subit l’assaut des vagues mais ne coule pas»).

15h50. Daech exécute en Irak cinq otages accusés d’espionnage. Le groupe Etat islamique (ou Daech) a exécuté cinq hommes qu’elle décrit comme des espion dans la province irakienne d’Al-Anbar. Des photos publiées ce jeudi sur Internet montrent les victimes pieds nus, genoux à terre, et vêtues d’une combinaison orange au milieu d’une foule. Des hommes, le visage caché par une cagoule noire, les exécutent à l’arme à feu. L’authenticité de ces images n’a pas pu être confirmée indépendamment.

15h45. Hollande s’est entretenu avec Obama. D’après l’Elysée, le président français s’est entretenu avec son homologue américain de l’enquête post-attentats. Les deux hommes ont aussi évoqué «la coopération militaire» sur le théâtre syrien et ont examiné «les conditions d’un progrès des négociations pour une solution rapide de la situation en Syrie». Cet entretien préparatoire à leur rencontre de mardi prochain s’est déroulé à la demande de Barack Obama, a précise l’Elysée.

15h35. La perquisition se poursuit à Aulnay-sous-Bois. Selon nos informations, la perquisition qui a débuté dans un immeuble de la cité de la Rose-des-Vents à Aulnay-sous-Bois (Seine-Saint-Denis) est toujours en cours. Les forces de l’ordre armées de gilets pare-balles sont déployées autour de l’immeuble. Si le quartier est désormais calme, un bruit sourd entendu par plusieurs habitants à créé un mouvement de panique vers 14 heures.

15h20. L’Europe doit se «reprendre» face au terrorisme. Bernard Cazeneuve a appelé ce jeudi l’Europe à se «reprendre» et à «s’organiser» face à la menace terroriste.

15h17. Abaaoud impliqué dans quatre tentatives d’attentats récents.
Le ministre de l’Intérieur a précisé que «parmi les six attentats évités ou déjoués par les services de renseignements français depuis le printemps 2015, Abaaoud semble avoir été lié à quatre d’entre eux». Lire notre article en cliquant ici.

15h15. Abaaoud avait formé des jihadistes. Selon Bernard Cazeneuve, «les services français avaient établi la responsabilité d’Abaaoud dans plusieurs projets d’attentats contre la France, ainsi que le rôle qu’il jouait au sein de l’Etat islamique. Elle l’a été dans la tentative d’attentat de Sid Ahmed Ghlam en avril dernier à Villejuif. Un lien avait également pu être établi avec un jihadiste interpellé par la DGSI à son retour de Turquie. Il l’avait formé et missionné pour commettre un attentat en France.»

15h10. Abdelhamid Abaaoud repéré en Grèce. Bernard Cazeneuve a assuré qu’«aucune information émanant de pays européens dans lequel il (Ndlr : Abaaoud) aurait pu transiter avant d’arriver en France ne nous a été communiquée. Ce n’est que le 16 novembre dernier qu’un service de renseignement d’un pays hors d’Europe nous a dit avoir eu connaissance de sa présence en Grèce.»

15h07. Cazeneuve remercie les policiers. Le ministre de l’Intérieur a exprimé lors d’une déclaration à la presse ses remerciement aux hommes du Raid et à l’ensemble des policiers et sapeurs pompiers. «Les enquêteurs sont entièrement mobilisés», a-t-il assuré.

15 heures. Rassemblement annulé vendredi devant la Grande mosquée de Paris. Les conditions de sécurité ne sont «pas réunies» pour permettre le rassemblement de vendredi. «Après discussion avec les autorités de la préfecture de police de Paris, il apparaît que les conditions de sécurité indispensables à l’organisation d’un rassemblement public ne sont pas réunies», précise l’institution musulmane dans un communiqué. La préfecture de police a annoncé que l’interdiction de manifester sur la voie publique en Île-de-France était prolongée jusqu’à dimanche, à l’exception des «rassemblements de fait sur les lieux des attentats à des fins commémoratives».

14h57. De nouvelles attaques «probables» en Europe, selon Europol. C’est ce qu’explique à Bruxelles le directeur d’Europol Rob Wainwright, qui considère la menace terroriste après les attentats de Paris comme «la plus sérieuse depuis les dix dernières années».

14h55. L’état d’urgence prolongé de trois mois. L’Assemblée nationale a adopté à la quasi unanimité, par 551 voix contre 6 et une abstention, le projet de loi prolongeant pour trois mois l’état d’urgence post-attentats et renforçant ce régime d’exception. «L’ensemble des forces politiques de ce pays ont fait la démonstration de leur capacité d’union et c’est aussi un geste très fort», a déclaré Manuel Valls à l’issue du vote.

14h45. Un conseil restreint de Défense à 17 heures. François Hollande va réunir un conseil restreint de Défense ce jeudi à 17 heures pour «faire le point sur la situation intérieure et extérieure».

14h40. Perquisition à Aulnay-sous-Bois. Selon nos informations, une perquisition est en cours dans le quartier des 3000 et la cité de la Rose-des-Vents. Sans que les sources proches du dossiers ne donnent plus de détails à cette heure, cette perquisition s’inscrit dans la suite de l’enquête après l’assaut de Saint-Denis, mené mercredi. Dès mercredi soir, ce domicile était sous surveillance policière suspectant la présence d’un complice qui aurait fui en direction de la Belgique.

14h37. La boutade d’une Tunisienne engagée. Amira Yahyaoui, blogueuse tunisienne distinguée en 2014 par la Fondation Chirac pour son engagement pour les droits de l’Homme, se moque sur Twitter au sujet d’Abaoud. «Je ne peux pas croire que ce type était tranquillement en France… A partir d’aujourd’hui, je cesse de critiquer l’incompétence de la police tunisienne.»


14h30. Frappes en Syrie : France et Russie se coordonnent. 
Le chef d’état-major des armées français, Pierre de Villiers, s’est entretenu pour la première fois avec son homologue russe, le général Valeri Guerassimov, pour discuter de la «coordination» des opérations militaires en Syrie, annonce le ministère russe de la Défense.

14h25. Bangladesh : l’EI tire sur un prêtre italien. L’organisation Etat islamique (EI) revendique l’attaque par balle d’un prêtre italien grièvement blessé mercredi au Bangladesh, indiqué le réseau de surveillance des mouvements jihadistes SITE.

14h20. Le FBI signale cinq suspects en Italie. Les forces de sécurité italiennes travaillent pour identifier cinq personnes, selon le ministre transalpin des Affaires étrangères. Ils ont été signalés par la police fédérale américaine, qui a mis en garde contre de possibles attaques jihadistes au Vatican, à Rome et à Milan.

14h10. Blocage de sites internet et de réseaux sociaux. Le gouvernement pourra, dans le cadre de l’état d’urgence, bloquer des sites internet et des réseaux sociaux faisant l’apologie du terrorisme ou incitant à des actes terroristes, vote l’Assemblée nationale.

14 heures. Manuel Valls salue la neutralisation d’«un des cerveaux» des attentats. «Le procureur vient de le confirmer. Nous savons aujourd’hui que Abaaoud, le cerveau de ces attentats (l’un des cerveaux, car il faut être particulièrement prudent, et nous savons les menaces) se trouvait parmi les morts», déclare le chef du gouvernement devant les députés à l’Assemblée nationale. «Et je veux saluer le travail exceptionnel de nos services de renseignement et de la police», ajoute-t-il.

13h35. Le corps d’Abaaoud «formellement identifié» parmi les morts de l’appartement de Saint-Denis, annonce le procureur. Son corps était «criblé d’impacts», précise le communiqué.

>> A LIRE. Mort confirmée d’Abaaoud, cerveau des attentats.

13h30. De 30 à 50 % de fréquentation en moins dans les grands magasins parisiens. La fréquentation des Galeries Lafayette et du Printemps a chuté depuis les attentats, indiquent leurs directions. «De l’ordre de 50 %» pour le premier, de 30 % pour le second. Le chiffre d’affaires est également en baisse.

13h28. L’Assemblée vote le recours au bracelet électronique pour certains assignés à résidence. Mais comme pour la prolongation de l’état d’urgence, l’ensemble du projet de loi est toujours en cours d’examen dans l’hémicycle.

13h20. Foot : les matches du week-end se joueront sans supporter. Le ministère de l’Intérieur interdit le déplacement des supporteurs à l’extérieur et les clubs-hôtes ont pris des mesures particulières pour assurer la sécurité des spectateurs. Sont concernés par cette interdiction neuf matches de la 14e journée de Ligue 1 (Nice-Lyon vendredi, Lorient-Paris SG, Troyes-Lille, Montpellier-Reims, Guingamp-Toulouse et Bastia-Ajaccio samedi, Caen-Angers, Rennes-Bordeaux et Saint-Etienne-Marseille dimanche) et quatre rencontres de la 15e journée de Ligue 2.

13h15. Les actes antimusulmans en hausse depuis les attentats. C’est ce qu’assure l’Observatoire national contre l’islamophobie du Conseil français du culte musulman (CFCM) en précisant que 24 actes antimusulmans, dont 2 agressions de femmes voilées, ont été enregistrés depuis les attentats. Ces chiffres, basés sur les plaintes et mains courantes déposées auprès des services de police ou de gendarmerie, se ventilent en 6 actions (dégradations de mosquées, violences physiques…) et 18 menaces (lettres haineuses, insultes…).

13 heures. Abaaoud voulait recruter des femmes espagnoles. Selon le ministre espagnol de l’Intérieur, Jorge Fernandez Diaz, le leader terroriste «avait essayé de recruter à travers les réseaux des personnes, des Espagnols et principalement des femmes, pour qu’ils soient intégrés et se déplacent pour combattre avec Daech en zone de conflit». Mais ce n’était «pas pour commettre des attentats en Espagne, de cela, nous n’avons pas connaissance».

12h50. L’Assemblée vote l’article permettant la prolongation de trois mois de l’état d’urgence. «L’état d’urgence déclaré par le décret du 14 novembre 2015 portant application de la loi du 3 avril 1955 est prorogé pour une durée de trois mois à compter du 26 novembre 2015», stipule cet article au projet de loi soumis en urgence au Parlement. L’ensemble du projet de loi est toujours en cours d’examen à l’Assemblée. Ce régime d’exception prendra fin le 25 février 2016 à minuit, sauf s’il est interrompu avant.

12h45. La Russie veut que l’on respecte le gouvernement syrien. Selon une déclaration du chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov, son pays est prêt à coopérer avec la coalition anti-Daech si elle respecte la «souveraineté de la Syrie et les prérogatives du gouvernement syrien».

12h35. Après deux agressions, Hollande veut une réponse «impitoyable». François Hollande condamne les agressions commises mercredi contre un enseignant juif et une femme musulmane. «Nous devons être d’une terrible, impitoyable même, réaction parce que c’est l’ensemble de la communauté nationale qui est concernée», déclare le président de la République qui a déjà marqué les esprits en employant ce mot après les attaques de vendredi.

12h32. Hasna Aitboulahcen admirait Hayat Boumeddiene. Le site belge La Dernière Heure rappelle également que sur les réseaux sociaux, la jeune femme ne cachait pas son admiration pour Hayat Boumeddiene, veuve d’Amédy Coulibaly, auteur de la prise d’otages d’Hyper Casher. En août dernier, elle avait même publié une photo d’elle brandissant une arme de poing.

>> A LIRE. Hasna Aitboulahcen : logisticienne et kamikaze ?

12h30. Le portable d’Hasna Aitboulahcen aurait permis de trouver la planque. Selon le site belge La Dernière Heure, la femme qui se trouvait dans l’appartement de Saint-Denis était connue «notamment pour trafic de stupéfiants et gérante d’une entreprise immobilière en liquidation judiciaire». Placée sur écoutes et soupçonnée d’héberger Abdelhamid Abaaoud, c’est son téléphone portable qui a permis aux enquêteurs de localiser la planque du commando.

12h05. Pourquoi l’intervention au Bataclan a duré si longtemps ? «Dès 22h15, il n’y a plus un seul coup de feu». Le patron de la BRI détaille l’opération menée par ses hommes sur i>Télé.

VIDEO. L’assaut donné au Bataclan raconté par le patron de la BRI

11h55. La Fête des lumières annulée à Lyon. La Fête des Lumières, qui réunit chaque année des millions de personnes à Lyon début décembre, est annulée et remplacée par un hommage d’une journée aux victimes des attentats de Paris, indique Gérard Collom, maire (PS) de la ville.

11h40. Un drapeau de Daech en Haute-Savoie. Un jeune homme a été placé en garde à vue en Haute-Savoie à la suite d’une perquisition administrative durant laquelle un drapeau de Daech et des documents suspects ont été découverts à son domicile. «Aucune arme n’a été découverte», précise le procureur de la République à Thonon-les-Bains, Patrick Steinmetz. «Les contenus informatiques sont en cours d’exploitation par les enquêteurs.»

11H30. Les mesures annoncées après les attentats chiffrées à 600 millions d’euros, en 2016, par le ministre des Finances. Michel Sapin explique au Sénat que les dépenses couvrent les «nouveaux postes et les besoins en équipements qui les accompagnent».

11h17. Le match de rugby entre le Racing 92 et le Stade Toulousain n’aura pas lieu au Stade de France, comme «le Parisien» – «Aujourd’hui en France» l’annonçait dès mercredi.

11h10. La tour Eiffel reste en bleu-blanc-rouge jusqu’à la fin du mois, selon France Bleu.


10h45. Les conditions de l’armement des policiers en dehors du service.
Les policiers pourront porter et utiliser si besoin, en cas de danger terroriste par exemple, leurs armes de service. La démarche sera basée sur le volontariat, il faudra alors porter un brassard «police» afin d’éviter «toute confusion» en cas d’intervention. Il faudra également avoir effectué un minimum de séances de tir réglementaire organisées dans la police. Et aviser sa hiérarchie de la démarche de prendre son arme en rentrant chez soi par exemple.

10h35. Six perquisitions sont en cours dans la région bruxelloise dans l’«entourage direct» de Bilal Hadfi, l’un des jihadistes morts dans les attentats de Paris, annonce le parquet belge. Les perquisitions sont menées dans différentes communes de l’agglomération bruxelloise, dont Molenbeek-Saint-Jean, Jette et Uccle. Par ailleurs, une autre perquisition a été menée dans la matinée dans le quartier bruxellois de Laeken, «dans le cadre du dossier Paris», lors de laquelle une personne a été interpellée.

10h30. Valls demande aussi le PNR pour les voyages en avion. Dans la foulée du ministre des Affaires étrangères, Laurent Fabius, qui l’a réclamé lors d’une interview à la radio, le Premier ministre, Manuel Valls, estime qu’«il est plus que jamais temps que l’Europe adopte le texte sur le PNR afin de garantir la traçabilité des déplacements y compris à l’intérieur de l’Union» européenne. Le Passenger Name Record, un dossier comportant les données des passagers pendant un an, est déjà en place aux Etats-Unis et au Royaume-Uni notamment.

10h25. Une «structure pour jeunes radicalisés». Manuel Valls évoque la création d’une «structure pour jeunes radicalisés», dont le site sera choisi «d’ici la fin de l’année». «Une première structure pour jeunes radicalisés va (…) être créée. Les financements sont prêts, le cadre juridique et le projet pédagogique en voie de finalisation. Les premiers admis pourront être des repentis, que nous mettrons à l’épreuve afin de mesurer leur volonté de réinsertion dans la durée», dit le Premier ministre devant l’Assemblée nationale.

>> A RELIRE. Valls annonce une structure pour les Français qui renoncent au jihad (avril 2015).

VIDEO. Une cellule de prévention contre l’islam radical en Seine-Saint-Denis (janv. 2015)

10h20. Salah Abdeslam toujours à Molenbeek ? Selon La Capitale, site d’information belge du groupe Sudpresse, Salah Abdeslam, suspecté d’être le huitième homme des attentats de Paris et Saint-Denis, était à Molenbeek (Belgique) mardi soir. La Capitale assure qu’une de ses sources a rencontré le fugitif mardi soir dans cette commune où ont eu lieu plusieurs opérations de police depuis vendredi. « Il est là, mais plus pour longtemps ». Selon lui, le Français résidant en Belgique, membre du « commando des terrasses », « a dit qu’il avait été trop loin. Il était dépassé par ce qu’il se passait. Mais il ne pouvait pas se rendre, ça pourrait avoir des conséquences pour sa famille », laissant ainsi entendre qu’il craignait des représailles de l’EI.

10h10. Des attentats avec des « armes chimiques ou bactériologiques » sont possibles selon Manuel Valls. « Il ne faut rien exclure », juge le Premier ministre devant l’Assemblée nationale. «Je le dis bien sûr avec toutes les précautions qui s’imposent mais nous savons et nous l’avons à l’esprit », prévient le locataire de Matignon.
>> A lire :
le gouvernement autorise l’utilisation d’un antidote aux attaques chimiques

9h45. Une frégate belge va escorter le Charles-de-Gaulle, le porte-avions français qui a appareillé pour le large de la Syrie. Cette décision fait de la Belgique le premier pays à répondre à la demande de la France de coopération militaire.

9h35. Des renseignements belges. «Hier à Saint-Denis, un attentat a été évité notamment grâce aux renseignements fournis par la Belgique», assure le Premier ministre belge, Charles Michel, devant les députés belges.

9h30. 400 millions pour la sécurité belge. La Chambre des députés belges tient une séance plénière extraordinaire en raison des attentats en France. «Une enveloppe supplémentaire de 400 millions d’euros est mobilisée dans le budget 2016 pour renforcer la sécurité», annonce le Premier ministre belge, Charles Michel.

9h25. Le Canada continuera de lutter contre l’EI. Le nouveau Premier ministre canadien, Justin Trudeau, qui maintient sa décision de mettre fin aux frappes aériennes canadiennes en Irak et en Syrie, a assuré Barack Obama de son soutien. «Le Canada doit rester et restera un partenaire fort dans la coalition» internationale contre les jihadistes de l’EI, assure-t-il à l’issue d’une rencontre à Manille (Philippines) avec le président américain.

9h20. Obama répond à Poutine. «Je n’imagine pas une situation dans laquelle nous pouvons mettre fin à la guerre civile en Syrie, avec Assad (le président syrien) qui resterait au pouvoir», estime Barack Obama depuis Manille (Philippines). Le président américain répond ainsi à Vladimir Poutine, son homologue russe, qui estime, au sujet du départ préalable de Bachar al-Assad, que «seuls ceux qui se sentent exceptionnels se permettent de se conduire d’une manière si éhontée, imposant aux autres leur volonté».

9h15. «Bild» donne les détails du projet d’attentat à Hanovre. Mardi, le match Allemagne – Pays-Bas, prévu à Hannovre (Allemagne) a été annulé peu de temps avant le coup d’envoi en raison d’une menace terroriste. Le quotidien «Bild» assure ce jeudi que plusieurs bombes devaient exploser dans le stade, qu’une autre devait exploser en ville et une autre dans une gare. Les explosifs devaient arriver au stade dans une ambulance et un membre du commando devait filmer l’opération. 

8h55. Rassemblement à 18 heures au Stade de France. La mairie de Saint-Denis appelle à un rassemblement à 18 heures, aux abords du stade de France, avenue Jules Rimet, en mémoire des victimes des attentats de vendredi 13 novembre. «En attaquant le Nord-Est parisien et les abords du Stade de France, les terroristes ont porté atteinte à des lieux de diversité, de mixité sociale, de jeunesse, de tolérance et d’ouverture d’esprit», explique la mairie.

8h40. La Fondation Chirac salue la déradicalisation.
La Fondation Chirac remet ce matin au musée du Quai Branly, à Paris, son Prix pour 2015. En présence de l’actuel chef de l’Etat, François Hollande, et peut-être de Jacques Chirac, président de 1995 à 2007, sera distinguée Latifa Ibn Ziaten, la mère de l’une des victimes de Mohammed Merah, auteur de tueries en 2012. Elle est récompensée car elle «fait ce travail de combat contre la radicalisation, notamment pour la jeunesse qu’il faut protéger contre cette peste», explique Alain Juppé (LR), membre du jury, sur Europe 1.

08h35. Baisse de 10% de la fréquentation du métro parisien. Francetv info rapporte que le RATP enregistre une baisse de 10% de la fréquentation depuis lundi. Les stations touristiques sont les plus concernées par ce recul. La SNCF, après un recul pendant le week-end, observe un retour à la normale pour la partie du réseau d’Ile-de-France dont elle a la gestion. Parallèlement à ces constats, la circulation est plus dense qu’en moyenne dans la région depuis le début de la semaine, laissant penser à un report sur la voiture de certains trajets.

08h30. Les policiers armés en dehors de leurs heures de service. Une mesure dont se félicite Jean-Marc Falcone, le directeur général de la Police Nationale, sur RTL. Cette disposition est prise pendant l’état urgence pour les officiers volontaires, mais Jean-Marc Falcone ne serait pas contre la prolonger.

8h25. La France veut plus de contrôles dans les avions. Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, déclare, sur France Info, que «la France va exiger le PNR». Le Passenger Name Record, un dossier comportant les données des passagers pendant un an, est déjà en place aux Etats-Unis et au Royaume-Uni notamment.

08h20. L’attaque du Casa Nostra filmée par la vidéosurveillance. Les images publiées par le Daily Mail sont les premières à montrer un terroriste tirer sur une terrasse.

08h10. L’Etat d’urgence officiellement étendu à l’outre-mer. Le décret étendant à l’outre-mer l’état d’urgence décrété vendredi soir en métropole par le président de la République, François Hollande, est publié ce jeudi au Journal officiel. «L’état d’urgence est déclaré, à compter du 19 novembre 2015, à zéro heure à l’heure locale, sur le territoire des collectivités de la Guadeloupe, de la Guyane, de la Martinique, de La Réunion, de Mayotte, de Saint-Barthélemy et de Saint-Martin», stipule le décret.

08h05. «Pas de menace spécifique» à New York. La police de New York réagit à la diffusion d’images de la ville de la côte Est des Etats-Unis dans une vidéo de l’organisation de l’Etat islamique (EI) en assurant qu’il «n’y a pas de menace actuelle et spécifique». «Même si certains des plans de la vidéo ne sont pas nouveaux, la vidéo réaffirme le message que New York reste une cible terroriste très importante (…) Nous resterons dans un état de vigilance renforcée», indique le porte-parole de la police, Stephan Davis. «New York ne sera pas intimidée», ajoute le maire de la ville, Bill de Blasio.

7h55. Trois morts à Saint-Denis ? Pour le ministère de l’Intérieur, il n’est «pas exclu» qu’un «troisième terroriste» ait pu être tué pendant l’assaut à Saint-Denis, mercredi, les constatations étant compliquées par l’état des corps morcelés.

7h50. L’application Telegram ferme des comptes de l’Etat islamique.

This week we blocked 78 ISIS-related channels across 12 languages. More info on our official channel: https://t.co/69Yhn2MCrK

— Telegram Messenger (@telegram) 18 Novembre 2015  » target= »_blank »>L’application Telegram annonce avoir fermé 78 comptes, en 12 langues, liés à l’organisation de l’Etat islamique (EI) après qu’ils lui ont été signalés. Telegram permet de communiquer de manière sécurisée, sans que les échanges privés puissent être décryptés, tout du moins facilement, même par des agences gouvernementales.

7h45. Deux otages chinois et norvégien assassinés par Daech. C’est le magazine de propagande du groupe Etat islamique qui diffuse les photos des deux hommes, visiblement tués par balles, âgés respectivement de 50 et 48 ans. L’annonce de leur enlèvement avait été faite le 10 septembre par l’EI, sans que l’on sache depuis quand ils étaient détenus.

7h35. Plusieurs médias annoncent la mort d’Abaaoud. Le cerveau présumé des attentats de Paris est mort mercredi à Saint-Denis (Seine-Saint-Denis), selon plusieurs médias. Le «Washington Post», par exemple, se fonde sur deux officiels européens pour étayer son propos. Un ancien membre de la Direction générale des services extérieurs (DGSE) annonce aussi la mort d’Abaaoud sur RTL.

7h25. «Paris est une fête». Ce roman, souvenirs tendres et joyeux de l’écrivain américain Ernest Hemingway relatant son séjour dans la capitale française dans les années 1920, connaît un irrésistible regain de popularité depuis les attentats. Des exemplaires sont déposés entre fleurs et bougies devant un des bars visés. On le trouve aussi déposé devant le Bataclan. Pendant la minute de silence lundi, de nombreuses personnes tenaient le livre à la main. Les libraires ne cessent de réclamer qu’on les approvisionne; sur amazon le livre se classait en tête des ventes mercredi.

7h10. L’interdiction des manifestations prolongée jusqu’au dimanche 22 novembre, inclus, en Ile-de-France par la préfecture de police. Une mesure censée s’arrêter ce jeudi, mais maintenue après l’assaut de Saint-Denis.

6h55. Abdelhamid Abaaoud et Salah Abdeslam sont-ils morts ? Les deux commanditaires présumés des attentats de Paris ne font pas partie des personnes interpellées mercredi, à Saint-Denis, lors de l’assaut qui les visait, a annoncé le procureur. Des autopsies doivent être réalisées pour identifier les trois victimes de cette opération, parmi lesquelles une femme. La kamikaze serait Hasna.A, la cousine d’Abaaoud.

6h45. Le patron du Raid raconte l’assaut de Saint-Denis.  «Nous étions soumis à un feu nourri, avec de vrais professionnels face à nous. Ils tiraient par rafales, ou en coup par coup, à tour de rôle, pour que le feu ne s’arrête pas.»
>> A lire : L’interview du patron du Raid

VIDEO. St-Denis : l’échange entre la police et les présumés terroristes

La chronologie de l’assaut à Saint-Denis

leparisien.fr

 

http://www.leparisien.fr/international/attentats-de-paris-le-rapport-premonitoire-des-services-secrets-americains-19-11-2015-5290339.php

Attentats de Paris : le rapport prémonitoire des services secrets américains

 
Mehdi Pfeiffer | 19 Nov. 2015, 00h43 | MAJ : 19 Nov. 2015, 17h52

 
Une photo non datée, prise du magazine en ligne en anglais du groupe EI Dabiq, montrant probablement Abdelhamid Abaaoud cité dans le rapport des services de renseignements américains
Une photo non datée, prise du magazine en ligne en anglais du groupe EI Dabiq, montrant probablement Abdelhamid Abaaoud cité dans le rapport des services de renseignements américains
(AFP/-)

 

Les services de renseignement américains semblaient savoir qu’un attentat d’envergure se préparait en Europe. Les États-Unis avaient en effet rédigé en mai dernier un rapport complet sur les risques d’attentats et la dangerosité d’Abdelhamid Abaaoud, cerveau présumé des attentats de Paris.

 
Le document déclassifié et relayé mercredi par la presse américaine a été écrit après les attentats de janvier et les arrestations menées en Belgique au début de l’année.

Le rapport du Homeland Security indique que Abdelhamid Abaaoud est soupçonné d’avoir dirigé plusieurs opérations en Europe depuis Athènes, en Grèce, avec des membres se trouvant dans plusieurs pays occidentaux. La plaque tournante de ce réseau était clairement localisée en Belgique, où séjournaient la plupart des terroristes des attentats de Paris. «Le groupe Etat islamique a développé la capacité à lancer des opérations complexes en Occident», indique le rapport. qui évoque également la ville de Paris. Par ailleurs, selon CBS, qui cite une source officielle, la plupart des terroristes, auteurs de la tuerie parisienne , figuraient sur la «no-fly list» américaine qui répertorie les individus interdits d’entrée au Etats-Unis.

Les services de renseignements de l’Hexagone étaient-ils eux aussi informés de la menace ? Oui, vraisemblablement. Le gouvernement français ne s’en est d’ailleurs pas caché, martelant depuis le week-end dernier qu’il savait que des actes terroristes se préparaient. Mais sans savoir où, ni quand, ni même comment les jihadistes allaient frapper la menace semblait trop difficile à contenir…

Le rapport complet (en anglais) en cliquant sur ce lien

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Le 13 octobre 2015, deux obus sont tombés sur l’ambassade russe à Damas

Pour rappel : ce même jour, j’avais subi une première cyberattaque remarquable, puis il y eut celle des 6 et 7 novembre 2015, ayant duré près de 24 heures.

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/10/13/deux-obus-tombent-sur-l-ambassade-russe-a-damas_4788334_3218.html

Deux obus tombent sur l’ambassade russe à Damas

 

Le Monde.fr avec AFP, AP et Reuters | 13.10.2015 à 10h42 • Mis à jour le 13.10.2015 à 13h32

Deux obus ont frappé, mardi 13 octobre au matin, l’ambassade de Russie à Damas au moment où débutait une manifestation de soutien à ce pays, qui aide militairement les forces du régime à repousser rebelles et djihadistes. Selon des photographes de l’Agence France-Presse et d’Associated Press, la chute des deux obus sur l’ambassade a créé la panique parmi les quelque 300 personnes rassemblées.

 

Il n’y a pas eu de blessés parmi les manifestants et aucune information n’a été donnée sur d’éventuels dégâts à l’intérieur de l’ambassade. Les manifestants brandissaient des photos du président russe Vladimir Poutine, des drapeaux et des banderoles de soutien à la Russie. Après la chute des obus, certains ont scandé : « Par notre sang, par notre âme, nous vous défendrons, Poutine, Assad et la Syrie. »

L’attaque est un « attentat terroriste » visant à dissuader Moscou de poursuivre ses bombardements aériens contre l’Etat islamique en Syrie, a déclaré mardi le chef de la diplomatie russe, Sergueï Lavrov. Le chef du Front Al-Nosra, la branche syrienne d’Al-Qaida, a menacé la Russie, lundi, et comparé l’intervention russe en Syrie, depuis le 30 septembre, à celle de l’Afghanistan en 1979.

Le 20 septembre, soit dix jours avant le début de l’intervention, un obus avait été tiré « sur le territoire de l’ambassade de Russie à Damas » sans causer de dommages, avait affirmé le ministère des affaires étrangères. L’ambassade russe à Damas, installée dans le quartier de Mazraa, avait auparavant été déjà touchée à plusieurs reprises par des tirs de mortier. En mai, un homme avait été tué près de l’ambassade dans des tirs visant le secteur de la représentation russe.



Terrorisme : nouvel attentat avorté, à Toulon

Les auteurs ou commanditaires s’avèrent être toujours du même groupe…

 

http://www.liberation.fr/france/2015/11/11/attentat-dejoue-a-toulon-le-suspect-en-contact-avec-un-jihadiste-present-en-syrie_1412614

Attentat déjoué à Toulon : le suspect en contact avec un jihadiste présent en Syrie

 

Par Willy Le Devin — 11 novembre 2015 à 13:01
La base navale de Toulon en 2004. Un homme interpellé fin octobre projetait d’attaquer au couteau des marins. Photo éric estrade. AFP

Hakim M., 25 ans, interpellé le 29 octobre, projetait d’attaquer au couteau des marins de la base navale. Mustapha M., un jihadiste ayant voulu s’en prendre à «Charlie Hebdo» avant de partir en Syrie, l’a aidé à définir son action.

  • Attentat déjoué à Toulon : le suspect en contact avec un jihadiste présent en Syrie

Après l’annonce, début juillet, d’un projet d’attentat déjoué contre le sémaphore de Béart (Pyrénées-Orientales), les militaires étaient une nouvelle fois visés par un jihadiste. Mardi, Canal+ a révélé l’interpellation, le 29 octobre, d’un Toulonnais de 25 ans, Hakim M., qui ambitionnait une attaque contre la base navale de la marine nationale du Var. En garde à vue, l’homme est passé rapidement aux aveux. Mis en examen le 2 novembre pour «association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste», il était connu depuis l’été 2014 par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour ses velléités de départs en Syrie et son activité ostentatoire sur Facebook. Les enquêteurs ont notamment découvert des posts glorifiant l’action de l’Etat islamique (EI), ainsi que des échanges éloquents avec un autre Toulonnais, Mustapha M., parti, lui, en Syrie en décembre 2014.

Alertés par le contenu de leurs conversations, les services intérieurs ont intercepté deux colis, commandés par Hakim M. sur un site internet chinois, dont l’un contenait deux cagoules noires et un «couteau de combat». Le jihadiste présumé avait choisi d’acheter du matériel en ligne après avoir échoué à se procurer une kalachnikov en Corse. Ces colis avaient pour destination le foyer Adoma, dans lequel résidait Hakim M., qui avait coupé les ponts avec sa famille et ses amis depuis plusieurs mois. «Même si son passage à l’acte n’était pas encore totalement clair, son profil est un peu plus sérieux et déterminé que les trois jeunes impliqués dans le projet d’attaque près de Perpignan [Les trois suspects, Ismaël K. (17 ans), Djebril A. (23 ans) et Antoine F. (19 ans) consultaient tout de même des documents de propagande de l’EI et des manuels de confection d’engins explosifs, ndlr]. Toutefois, on observe désormais des similitudes dans de nombreux dossiers. Des consignes sont données par des connaissances en Syrie et certains, sur le territoire français, sont désignés ou se portent volontaires pour les appliquer», confie un policier antiterroriste haut placé.

C’est en effet en dialoguant avec Mustapha M. qu’Hakim M. se serait fortement radicalisé. Agé de 21 ans, Mustapha M. a lui-même un lourd passif. Il a été interpellé en septembre 2012 pour des menaces formulées à l’encontre de Charlie Hebdo après la publication de caricatures de Mahomet. Des perquisitions à son domicile avaient permis de mettre la main sur plusieurs couteaux. Libéré sous contrôle judiciaire en avril 2013, il cesse de pointer au commissariat en décembre 2014, période à laquelle il gagne la Syrie. Il se serait alors basé un temps à Raqqa, la capitale syrienne du califat de l’Etat islamique (EI), et serait «formé au combat» selon une source des services de renseignements. Pour sa part, Hakim M. a tenté de rejoindre les zones de combat en octobre et décembre 2014. La première fois, sa famille l’en a empêché en confisquant ses documents de voyage. Hakim M. les a alors déclarés volés, avant, semble-t-il, de réussir à reprendre les originaux à ses parents. En décembre, il tente de quitter la France par la route, et rejoint la frontière italienne où ses documents déclarés volés font tiquer les autorités lors d’un contrôle. Quelques semaines plus tard, en février 2015, une interdiction administrative de sortie de territoire, permise par la loi antiterroriste votée en novembre 2014, est prononcée à son encontre. Contraint de rester à Toulon, il aurait, sur conseils de Mustapha M., choisi de s’en prendre à des marins de la base navale, les militaires étant des cibles récurrentes de la propagande de l’Etat islamique.

Willy Le Devin

 

http://www.leparisien.fr/flash-actualite-politique/attentat-dejoue-a-toulon-le-gouvernement-reaffirme-sa-vigilance-absolue-10-11-2015-5266905.php

Attentat « déjoué » à Toulon: le gouvernement réaffirme sa « vigilance absolue »

 

10 Nov. 2015, 21h49 | MAJ : 10 Nov. 2015, 21h49

 

Des militaires français embarque sur un navire de guerre Mistral à Toulon, le 18 juillet 2006
Des militaires français embarque sur un navire de guerre Mistral à Toulon, le 18 juillet 2006 (AFP/Eric Estrade)

 

Le gouvernement a insisté mercredi sur sa « vigilance absolue » face à la « menace terroriste élevée », après l’arrestation d’un homme qui était en contact avec un jihadiste français en Syrie et projetait d’attaquer des militaires à Toulon.

 

Cet homme de 25 ans, connu pour des faits de petite délinquance et dont la radicalisation avait été repérée vers l’été 2014 par les services de renseignement, notamment sur les réseaux sociaux, a été arrêté le 29 octobre. Il a été mis en examen le 2 novembre pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, puis écroué, mais ces informations n’ont filtré que mardi soir.

« Nous assurons avec beaucoup de force et d’autorité la sécurité des Français et nous en faisons aujourd’hui la démonstration », a déclaré Manuel Valls en marge des cérémonies du 11 novembre.

Selon le Premier ministre, « il y a toujours une menace terroriste particulièrement importante, mais nous combattons ce terrorisme à l’extérieur, en Syrie, en Irak (…) mais aussi bien sûr en France« .

« Chaque jour nous procédons à des arrestations », « chaque jour nous démantelons des filières », « chaque jour nous mettons hors d’état de nuire des individus qui veulent nous frapper », a énuméré de son côté le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. « C’est la raison pour laquelle nous déjouons des attentats », a-t-il assuré, réaffirmant sa « vigilance absolue ».

Les attentats jihadistes de janvier contre Charlie Hebdo et un supermarché casher à Paris, qui avaient fait 17 morts, ont été suivis de plusieurs autres attaques ou tentatives. Parmi celles-ci, certaines ont visé des militaires. Début février, trois militaires en faction devant un centre communautaire juif de Nice avaient ainsi été agressés au couteau par un homme aussitôt arrêté. Et en juillet, trois jeunes ont été écroués, soupçonnés d’avoir voulu attaquer le sémaphore de Fort Béar, un camp militaire de Port-Vendres (Pyrénées-Orientales) où avait officié l’un d’eux, alors marin.

- Un Français en Syrie déjà connu de la justice -

Ce sont à nouveau des militaires qui étaient la cible du jeune homme arrêté fin octobre. Dans son viseur, l’arsenal de Toulon, premier port militaire d’Europe, regroupant 70% de la flotte française, dont les sous-marins nucléaires d’attaque et le porte-avions Charles-de-Gaulle, bientôt déployé dans le Golfe pour participer aux raids contre le groupe jihadiste État islamique (EI).

Selon des sources policières et proches du dossier, le suspect, en rupture familiale depuis plusieurs mois, était surveillé par les services. Il souhaitait se rendre en Syrie, projet qu’il a « manifesté » en octobre et décembre 2014, poussant les autorités à prendre « des dispositions de police administrative pour l’empêcher de partir », a expliqué Bernard Cazeneuve.

C’est le foyer où il vivait à Toulon qui a appelé la police, après la réception de deux colis, un avec deux cagoules, l’autre avec un couteau de combat avec poing américain intégré, a-t-on précisé mercredi de source policière. Un colis, partiellement éventré, a éveillé les soupçons.

En garde à vue, il a reconnu avoir été en contact avec un Français actuellement en Syrie dans les rangs de l’EI qui, « par internet, l’a incité à passer à l’acte », selon une des sources proches du dossier.

Ce jihadiste français qui se trouve en Syrie depuis environ un an avait été mis en examen et écroué quelques mois pour avoir proféré de violentes menaces contre Charlie Hebdo en 2012, a ajouté cette source.

Les enquêteurs avaient établi un lien entre ce jeune homme, également toulonnais, et la cellule islamiste démantelée de Cannes-Torcy dont certains membres auraient eu, déjà, des projets d’attentat visant des militaires. Il avait néanmoins été libéré en avril 2013.

C’est lui qui a conseillé au jeune récemment arrêté d’acheter une arme, a précisé une autre de ces sources.

L’homme arrêté a fini par admettre un projet d’attaque contre des marins de la base navale de Toulon. Selon des sources policières, il n’avait pas encore de plan très précis, mais il « voulait mourir en martyr à l’arsenal ».



Attentats de Paris : le point sur les enquêtes en cours

Samedi 7 novembre 2015, Le Monde a publié deux articles payants relatifs aux attentats de janvier 2015 à Paris.

Le premier fournit des précisions sur les échanges d’Amedy Coulibaly et ses complices, ainsi que leurs modalités, et le second se rapporte au trafic d’armes de Claude Hermant à Lille, au sujet duquel il convient de rappeler qu’une information judiciaire avait été ouverte le 7 mai 2014, soit deux jours après la réalisation des étranges vidéos des frères Kouachi qui ont été retrouvées par les enquêteurs et concomitamment à l’ensemble des faits que j’ai révélés ou rappelés dans mon précédent article.

Rappelons ou précisons encore que l’avocat brestois de Josette Brenterch, Maître David Rajjou, est aussi depuis de nombreuses années celui des salafistes locaux et mène parallèlement à sa carrière d’avocat celle d’un homme politique local se manifestant comme « de gauche ».

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/11/07/attentats-de-paris-la-justice-sur-les-traces-du-donneur-d-ordres_4805115_1653578.html

Attentats de Paris : la justice sur les traces des commanditaires

 

LE MONDE | 07.11.2015 à 10h49 • Mis à jour le 08.11.2015 à 13h49 | Par Elise Vincent

Amedy Coulibaly dans une vidéo de revendication des attentats de janvier 2015 à Paris. .

 

L’enquête colossale sur les attentats de Paris en janvier s’oriente aujourd’hui, notamment, sur la piste d’un donneur d’ordre. Une personne susceptible d’avoir coordonné à distance les attaques des frères Kouachi contre Charlie Hebdo, le 7 janvier, et d’Amedy Coulibaly à l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, le 9 janvier. C’est la découverte de quelques-uns de ses échanges avec ce dernier qui ont trahi l’existence de ce commanditaire. En l’état, impossible d’identifier son nom ou sa localisation exacte. Les éléments qui attestent de sa présence ne sont que des morceaux de mails et des adresses IP disparates repérées dans l’immensité du Web.

Mais dix mois jour pour jour après les attentats, l’étau se resserre progressivement, d’après les éléments que Le Monde a pu consulter, autour d’un individu basé à l’étranger. Un homme qui, à l’évidence, avait une vision d’ensemble des tueries qui ont coûté la vie à 17 personnes et en a piloté en partie les opérations.

Rédigés dans le langage lapidaire des SMS mais toujours précis dans leurs instructions, les messages de ce mystérieux commanditaire s’apparentent à chaque fois à de véritables ordres guerriers. « Ok, fé ske ta a fair aujourdhui ms simple com ça tu rentr dormir ensuit tu plank et verifi adress 1 ts les jrs : indications bientot pr recup amis aider toi. debarasse toi puce, maintenant passe sur adress 1, fini adress 2 », écrit-il ainsi à Amedy Coulibaly le 7 janvier, à 14 heures. Soit seulement deux heures après la tuerie de Charlie Hebdo

Un carnage beaucoup plus important aurait pu avoir lieu

Un peu plus tôt, à 12 h 48 exactement, le coordinateur inconnu a consulté un message du futur tueur de l’Hyper Cacher contenant plusieurs fichiers intitulés « Inventaires ». Un seul d’entre eux n’était pas chiffré et donne une idée du contenu des autres. « J’ai un AK74 avec 275 cartouches. Six tokarev avec 69 cartouche. Trois gillet par balle militaire trois gillet tactique deux bombe a gel et a gaz deux gros couteaux un choqueur ». Un mail à l’orthographe hasardeuse sans doute rédigé par Amedy Coulibaly lui-même.

En plus d’établir qu’il y avait donc bien une personne, en coulisse, tirant les ficelles du drame, ces échanges laissent entrevoir la possibilité de ce que les services de police redoutent depuis toujours : des attaques simultanées sur le territoire de plusieurs djihadistes embusqués. Au-delà des frères Kouachi, Amedy Coulibaly devait, semble-t-il, recevoir le renfort de plusieurs compagnons d’armes pour son épopée macabre. Un carnage beaucoup plus important aurait pu avoir lieu, le 9 janvier. Mais pour une raison que l’on ignore encore, ces complices-là, qui pourraient être parmi les sept hommes aujourd’hui mis en examen dans le cadre de l’enquête en cours, ont dû faire machine arrière.

Un scénario redoutable qui semble avoir échoué à la dernière minute, et dont atteste, en filigrane, un dernier mail du donneur d’ordre présumé, dévoilé par BFM-TV, le 13 octobre. Le message date cette fois du 8 janvier à 17 h 21. « 1) pas possible amis, travailler tt seul », écrit notamment l’insaisissable correspondant avant d’ajouter : « 2) si possible trouver et travailler avec zigotos bien. 3) si possible expliker ds video ke toi donner zigoto les outils au nom de d, préciser leskels. » Les « zigotos » désigneraient les frères Kouachi, alors en pleine cavale. « D » signifierait « Daech ». L’enquête a par ailleurs permis de rassembler des éléments soutenant l’hypothèse selon laquelle c’est effectivement Amedy Coulibaly qui a fourni les armes aux Kouachi.

Officiellement, les frères Kouachi ont revendiqué seuls l’attaque du journal satirique au nom d’Al-Qaida dans la péninsule Arabique (AQPA). Revendication appuyée, dès le 9 janvier, par un message vidéo sur YouTube du porte-parole d’AQPA au Yémen, Nasser Ben Ali Al-Anassi. Dans une autre vidéo posthume, Amedy Coulibaly, lui, s’est réclamé de l’Etat islamique (EI). Mais en exhumant tous ces échanges, le travail minutieux des enquêteurs spécialisés en cybercriminalité montre que les frontières peuvent être poreuses entre les deux organisations.

La filière dite des « Buttes-Chaumont »

Quel individu, francophone, a pu avoir l’expérience, le parcours et le réseau, pour se retrouver informé à la fois du projet des frères Kouachi contre Charlie Hebdo au nom d’AQPA et de celui d’Amedy Coulibaly au nom de l’EI ? Quel itinéraire derrière ce soin inattendu à ne pas laisser AQPA « bénéficier » seule des retombées médiatiques de l’attentat contre le journal satirique ?

En la matière, les experts de l’antiterrorisme français ont assez vite fait le tour de leur documentation. Et une nouvelle fois, ils en sont revenus à ce dossier maudit qui n’était qu’un parmi d’autres lors du procès de ses auteurs, en mars 2008 : la filière dite des « Buttes-Chaumont ». Un petit groupe d’amis issus du Nord-Est parisien, condamnés pour avoir été candidats au djihad en Irak, au début des années 2000, et dont a notamment fait partie Chérif Kouachi.

Parmi les protagonistes de ce dossier aux ramifications sans fin, un nom suscite un intérêt particulier : celui de Peter Cherif, 33 ans. Aucune note, aucun rapport ne fait le lien direct entre lui et les attentats de Paris. Mais son nom revient avec insistance dans l’épluchage des répertoires téléphoniques et les diverses auditions de l’entourage des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly.

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Le 17 octobre, le journal régional L’Union a de son côté exhumé le témoignage d’un ancien moniteur d’auto-école. Sous le pseudonyme de Patrick, celui-ci se dit toujours intrigué par le fait que les frères Kouachi ont trouvé leur dernier refuge dans une imprimerie de Dammartin-en-Goële (Seine-et-Marne), située à moins de 300 m d’un centre de formation routière que Peter Cherif a fréquenté en 2010. Son prosélytisme religieux avait, déjà, à l’époque, marqué les esprits.

Cet ancien délinquant compte parmi les Français les plus aguerris au sein d’une organisation terroriste étrangère. Combattant expérimenté, il a été au front en Irak, en 2004. Capturé à Falloujah, il est passé tour à tour par le sinistre camp Bucca et la prison d’Abou Ghraib. Il a réussi à s’échapper en 2007 avant d’être arrêté en Syrie, puis extradé vers la France. Remis en liberté avant d’être jugé, il a réussi une nouvelle fois à s’échapper le dernier jour de son procès, en 2011. C’est là qu’il a fui au Yémen. Nul ne sait s’il y est toujours. Hasard du calendrier, Peter Cherif a, le 29 septembre, rejoint le cercle très restreint des Français ajoutés à la liste noire des Etats-Unis des « combattants étrangers ».

Un autre nom revient également dans l’énorme instruction dirigée par la juge Nathalie Poux : celui de Salim Benghalem. Ce geôlier présumé des quatre journalistes français retenus en otages en Syrie, libérés en 2014 après dix mois de détention, a été l’une des principales cibles des premières frappes françaises en Syrie, début octobre. Sa particularité : avoir fait le voyage avec Chérif Kouachi, en 2011, vers Oman, d’où ils seraient tous les deux passés au Yémen. Un séjour de quelques semaines au cours duquel Chérif Kouachi a sans doute reçu l’entraînement commando qui lui a servi lors de l’attaque de Charlie Hebdo.

Salim Benghalem – qui a rejoint mi-2013 les rangs de l’EI en Syrie – connaît aussi de loin Amedy Coulibaly. En 2010, il a été entendu dans une affaire où le tueur de l’Hyper Cacher a été condamné : le projet d’évasion d’Aït Ali Belkacem, un des artificiers des attentats de la station RER Musée-d’Orsay, à Paris, en 1995. Salim Benghalem est surtout apparu, en février, dans une vidéo de propagande publiée sur le site Internet d’Al Hayat, le « centre de presse » de l’EI, où il se réjouissait des attentats de Paris.

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Aujourd’hui, aucune trace d’échanges directs entre le mystérieux interlocuteur d’Amedy Coulibaly et les frères Kouachi n’a été retrouvée. Peut-être ont-elles existé, mais à la différence de leur camarade dont l’ordinateur a été découvert dans l’Hyper Cacher, les Kouachi ont soigneusement pris le temps de nettoyer leur matériel informatique avant de se lancer dans leur cavale mortifère. De leurs dernières heures, les enquêteurs, n’ont retrouvé que quelques images de famille, où ils posent sur le canapé familial, en oncles modèles, leurs neveux sur les genoux.

Saura-t-on donc jamais ce qui s’est vraiment tramé derrière l’une des adresses mail utilisées par le mystérieux commanditaire ? Notamment « lawrence0122007@gmx.com », un compte ouvert le 8 janvier, à 12 h 25. Nom : Patriks Lawrence. Domicile : « JP ». Né le 13 septembre 1981. Jusque-là, l’enquête a pu établir qu’une personne située sur le territoire français avait pu, par un cheminement indirect, encore tenter de s’y connecter fin janvier. Il s’agirait d’un proche de Mehdi Belhoucine, un jeune homme qui a fui en Syrie début janvier avec Hayat Boumedienne, l’épouse religieuse d’Amedy Coulibaly. Cet ami resté en France souhaitait-il lui aussi récupérer des instructions ?

A son mystérieux tuteur opérationnel, Amedy Coulibaly avait en tout cas confié jusqu’à ses prescriptions testamentaires. Dans un ultime message non daté intitulé « salam », il demande à ce que l’on prenne soin d’Hayat Boumedienne : « Je voudrais que le frère s’occupe de ma femme dans les regles de l’Islam. Je voudrais pour elle qu’elle ne se retrouve pas seule qu’elle est une bonne situation financiere qu’elle ne soit pas dellaiser. Surtout qu’elle apprenne l’arabe, le Coran et la science religieuse. Veillez a se quel aye bien religieusement. Le plus important c’est le dine [la religion en arabe] et la foi et pour sa elle a besoin d’etre accompagné. Qu’Allah vous assiste. »

Après de longs mois d’attente, la demande d’entraide judiciaire adressée à la société américaine éditrice de l’adresse mail « lawrence0122007@gmx.com » a fini par revenir au ministère de la justice. C’était mi-octobre. Le résultat a été aussi décevant que prévisible : compte « bidon », « fermé le 28 janvier », était-il seulement fait mention.

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/11/07/les-remords-de-l-ex-parachutiste-devenu-marchand-d-armes_4805125_1653578.html

Les remords de l’ex-parachutiste devenu marchand d’armes

 

LE MONDE | 07.11.2015 à 10h58 • Mis à jour le 08.11.2015 à 19h07 | Par Elise Vincent

Les frères Kouachi après l'attentat à Charlie Hebdo, à Paris, le 7 janvier 2015.

 

Il s’appelle Claude H. Ce Lillois de 52 ans déclare officiellement exercer le métier de « veilleur de nuit ». Mais sa vie est un roman noir. D’abord engagé dans le régiment de parachutistes de Pau au début des années 1980, Claude H. a œuvré pendant quinze ans dans la zone grise du secteur de la « sécurité » et autres barbouzeries en Croatie, au Congo et en Angola. Puis il a doucement glissé vers le monde des « portiers » de boîtes de nuit et des professionnels de la boxe thaïlandaise.

Mais, si son nom a rejoint, au printemps, l’enquête sur les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, c’est parce que Claude H. est aussi devenu marchand d’armes. Les enquêteurs sont remontés jusqu’à lui, inopinément, en étudiant à la loupe les très nombreuses armes détenues par Amedy Coulibaly, dans son appartement conspiratif de Gentilly et dans l’Hyper Cacher.

Une partie de ces armes pourraient avoir transité par un autre artisan de ce marché clandestin. Un certain Metin K., d’origine kurde, boulanger de formation et garagiste à ses heures. Basé en Belgique, très connecté à la mouvance islamiste radicale, il est déjà mis en examen dans l’enquête sur les attentats. Mais d’autres armes, au moins quatre pistolets semi-automatiques Tokarev et sans doute un fusil d’assaut CZ, auraient pu passer entre les mains de Claude H.

La transaction de trop?

Les bases documentaires d’Europol et d’Interpol ont permis d’établir que cet arsenal avait été acheté par une société slovaque et vendu sur Internet, avant d’arriver entre juillet et novembre 2014 jusqu’à la société gérée par la compagne de Claude H. Souci de taille : Claude H., ancien animateur de la Vlaam Huis (« maison du peuple flamand ») à Lambersart (Nord), un lieu chargé de regrouper la mouvance identitaire, est un indicateur patenté des gendarmes. La bienveillance relative des forces de l’ordre à l’égard de sa double activité a-t-elle laissé passer la transaction de trop ?

Poursuivi depuis mai 2014 dans une affaire de trafic d’armes en bande organisée dans la région lilloise, il a finalement été placé en détention provisoire le 23 janvier. Un dossier, pour l’heure, distinct de l’instruction sur les tueries de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher. Même si, interrogé le 22 janvier sur les armes retrouvées en possession d’Amedy Coulibaly, Claude H. s’est confié : « En détaillant ce qui a pu paraître dans la presse, (…) j’ai pris conscience que ces armes citées [auraient] pu être des armes que j’ai été amené à fournir. »

Claude H. assure qu’il travaillait toujours avec le même intermédiaire. Un jeune trentenaire, originaire de Roubaix, proche des milieux du banditisme. Lui aussi a été placé en détention provisoire depuis fin avril. Claude H. dit l’avoir rencontré mi-2014, à l’occasion « d’opérations d’infiltrations pour le compte de la gendarmerie ». Il lui aurait alors vendu une quarantaine de pièces en quelques mois. La dernière commande, composée de six armes, serait arrivée juste avant les attentats.

Stupéfait par les « faits de Paris », comme il les appelle, Claude H. dit avoir interrogé très directement son client pour savoir « s’il était impliqué ». Ce dernier, qui se mure dans le silence face aux accusations, lui aurait alors répondu « qu’il allait se mettre au vert ».

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/25/le-djihadiste-francais-salim-benghalem-aurait-ete-le-geolier-des-ex-otages-en-syrie_4771104_1653578.html

Le djihadiste français Salim Benghalem aurait été le geôlier des ex-otages en Syrie

 

Le Monde.fr | 25.09.2015 à 07h03 • Mis à jour le 25.09.2015 à 11h45 | Par Soren Seelow

Salim Benghalem en 2010.

 

A Cachan, dans le Val-de-Marne, ses anciens camarades se souviennent de lui comme d’un jeune homme « drôle », volontiers « taquin », et « pas spécialement courageux ». Salim Benghalem est aujourd’hui soupçonné d’être un des principaux geôliers de l’Etat islamique (EI). Le 23 juillet, une information judiciaire a été ouverte par la section antiterroriste du parquet de Paris pour enlèvement et séquestration visant Mehdi Nemmouche, Salim Benghalem « et tous autres ». Ces deux ressortissants français ont été identifiés parmi le groupe de djihadistes francophones chargés de surveiller les quatre journalistes français – Didier François, Edouard Elias, Nicolas Hénin et Pierre Torres – gardés en otage par l’EI entre juin 2013 et avril 2014.

 

La présence dans les geôles de l’EI de Mehdi Nemmouche, l’auteur présumé du quadruple assassinat du 24 mai 2014 au Musée juif de Bruxelles, avait été révélée par Le Monde en septembre 2014. Selon nos informations, il était en réalité encadré dans ses basses œuvres par un Français bien plus important au sein de la hiérarchie de l’EI : Salim Benghalem, 35 ans, compagnon d’armes des frères Kouachi et connu des services de renseignement depuis près de cinq ans. Ces deux djihadistes auraient gardé en binôme les quatre otages français dans une prison d’Alep sur une période de six mois, entre juillet et décembre 2013.

Mehdi Nemmouche a été décrit par les témoignages des anciens otages comme un exécutant de base au tempérament brutal, qui semblait se servir de son engagement djihadiste pour assouvir sa soif de notoriété – il rêvait qu’un épisode de Faites entrer l’accusé, son émission préférée, lui soit consacré. Son supérieur hiérarchique, Salim Benghalem, apparaît, lui, comme un professionnel aguerri du djihad ayant patiemment gravi les échelons de l’EI. « Quand Nemmouche cognait, c’est Benghalem qui posait les questions », précise une source proche du dossier.

Une ascension fulgurante dans la hiérarchie de l’EI

Une note de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) permet de mesurer l’ascension de cet ancien petit délinquant de Cachan dans l’organigramme de l’EI : Salim Benghalem « ferait actuellement partie de la police islamique de l’EI et participerait aux exécutions et châtiments corporels administrés aux personnes jugées par leurs soins ». Une autre note précise qu’il a occupé « les fonctions de bourreau au sein du Tribunal Islamique à proximité d’Al-Bara [près d’Alep], où il aurait déjà exécuté une sentence de mort ». Une information corroborée par le département d’Etat américain, qui l’a placé en septembre 2014 dans sa liste des dix « Specially Designated Global Terrorists » – désignant les personnes les plus dangereuses aux yeux de Washington – pour avoir participé à des exécutions.

Salim Benghalem n’est pas uniquement soupçonné d’être un geôlier. Il est également visé dans la procédure du 23 juillet pour « provocation à commettre des actes de terrorisme », en raison de son apparition dans une vidéo de propagande diffusée le 12 février 2015. Dans ce « reportage » tourné sous la contrainte par un otage britannique, John Cantlie, un djihadiste français, identifié comme étant Benghalem, se félicite à visage découvert des attentats commis en janvier à Paris par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, dont il a croisé la route quelques années plus tôt. Il y exhorte ses « frères » en France à devenir des « loups solitaires » et à combattre les mécréants : « Tuez-les avec des couteaux, crachez-leur au minimum à la figure, mais désavouez-vous d’eux. »

L’ascension fulgurante de Benghalem au sein de la hiérarchie de l’EI est un cas d’école pour les services de renseignement, qui n’ont pas su interpréter le parcours initiatique de cet ancien délinquant, radicalisé sur le tard…

Pour en savoir plus : Salim Benghalem, le petit bandit français devenu geôlier de l’Etat islamique



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