Luraghi a tué le clown, il n’est plus drôle du tout

http://www.dna.fr/faits-divers/2014/10/29/ces-clowns-agressifs-qui-ne-font-rire-personne

publiée le 29/10/2014 à 05:00

Peurs Depuis quelques semaines, la rumeur enfle et plusieurs d’entre eux ont été arrêtés

Ces clowns agressifs qui ne font rire personne

À la veille d’Halloween, faudra-t-il endosser un costume de clown pour effrayer ses voisins ?  Photo PQR / La Voix du Nord
À la veille d’Halloween, faudra-t-il endosser un costume de clown pour effrayer ses voisins ? Photo PQR / La Voix du Nord

 

Qui a peur du grand méchant clown ? Depuis quinze jours, une dizaine d’affaires, mais aussi des milliers de signalements font état d’« attaques » de clowns « agressifs » un peu partout en France.

 

La plupart du temps, ce ne sont que rumeurs et canulars, même si quelques clowns ont été arrêtés. Un jeune homme a même été condamné, le 20 octobre à Béthune, à six mois de prison avec sursis et à des travaux d’intérêt général après avoir effrayé un enfant et des adolescents dans le Nord.

Pas question de « faire un exemple », avait assuré le procureur à l’audience. Pour autant, il admet avoir voulu « mettre un coup d’arrêt à ce phénomène des faux clowns » qui défraient la chronique à quelques jours d’Halloween (31 octobre). Et suscitent la peur : le 24 octobre, la police nationale rappelle qu’aucun cas d’agression violente n’a été recensé, mais que face à un clown agressif, il faut « composer le 17 ».

La police veut contenir le phénomène et éviter qu’il ne serve de prétexte à de vraies violences. Trois semaines après les premiers signalements, un seul cas, à Montpellier, fait état d’une agression violente : le 25 octobre, un passant aurait reçu des coups par trois individus qui voulaient le dépouiller, dont l’un était grimé en clown. Un cas isolé qui détonne avec les innombrables plaintes évoquant des clowns effrayants, mais pas plus.

Marche des zombies annulée

À cette exception près, c’est donc d’un début de psychose qu’il s’agit. À tel point que la célèbre et très festive « marche des zombies » de Lille a été annulée à quelques jours de la date habituelle — le 1er novembre. La ville invoque un problème « d’image » où les organisateurs voient « le contexte international (terrorisme) mais aussi national (attaques de clowns) ».

Le phénomène n’est pourtant ni nouveau ni français et revient régulièrement à chaque apparition d’un méchant clown dans une œuvre de fiction (lire par ailleurs). Ainsi, les derniers cas signalés en Europe — en France, donc, mais aussi en Italie et en Angleterre — de clowns maléfiques concordent avec le début de la diffusion, le 8 octobre, de la saison 4 de la série américaine American Horror Story. Dans laquelle s’illustre Twisty, un horrible clown très, très méchant. Très regardée, la série pourrait être à l’origine de la recrudescence de vidéos clownesques sur Internet et de leurs conséquences dans la rue.

En 2006, les organisateurs d’un festival anglais avaient demandé aux spectateurs de venir déguisés en clowns avant de renoncer pour éviter toute « coulrophobie » (1). Fin 2013, un « mystérieux clown » hantait Northampton (Royaume-Uni) : il a tout arrêté en découvrant, sur sa page Facebook, qu’il effrayait les gens ! En mars 2014, de nombreux New-Yorkais signalent la présence d’un clown, de nuit, à des intersections routières. Mi-octobre, c’est un projet photographique s’inspirant d’un clown maléfique qui a semé le trouble à Wasco, en Californie. Cette fois encore, la rumeur a pris une ampleur démesurée par rapport à un simple couple de photographes…

(1) Coulrophobie : peur irraisonnée des clowns

publiée le 29/10/2014 à 05:00

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141028.OBS3383/clowns-menacants-interpelles-ou-pourquoi.html

Clowns « menaçants » interpellés : où ? pourquoi ?

L' Obs

Publié le 28-10-2014 à 20h42

Plaintes, interpellations, condamnations… Les clowns « menaçants » et ceux qui les chassent préoccupent les autorités,  »un peu à cran ».

 

Image extraite de l'adaptation de "Ça" de Stephen King. (DR)
Image extraite de l’adaptation de « Ça » de Stephen King. (DR)
Entre les enfants « effrayés », les parents « inquiets » et les forces de l’ordre « un peu à cran », le procureur de Douai Eric Vaillant, interrogé lundi 20 octobre par « L’Obs », se voulait on ne peut plus clair : « Tout cela a assez duré« . Raté. Une semaine plus tard, le soufflet n’est pour le moins pas retombé. Et les chasseurs de clowns se sont, à leur tour, davantage mobilisés. Au grand dam des autorités, qui n’ont pourtant pas lésiné sur la communication en ligne. »C’est déjà en train de baisser », assure toutefois, optimiste, une source policière ce mardi. Si les forces de l’ordre ont reçu de nombreux « faux appels » et « canulars », elles ont dû intervenir ces dernières semaines à plusieurs reprises pour des faits, eux, bien réels. Aux motivations bien différentes les unes des autres. Retour sur leurs principales interventions, dépôts de plaintes et autres condamnations.• Essonne : deux chasseurs de clowns présumés arrêtés 

Deux chasseurs de clowns présumés ont été arrêtés dans la nuit de dimanche à lundi à Chilly-Mazarin, selon  »Le Parisien« . Âgés de 19 et 22 ans, ils erraient dans le centre-ville, armés de bombes lacrymogènes et de câbles rigides pouvant faire office de fouet. Quelle était leur réelle motivation ? Ils ont assuré être à la recherche d’un clown agressif. Relâchés après leur garde à vue, ils seront convoqués ultérieurement par la justice.

• Doubs : plainte pour agression par un clown armé d’une hache 

Un étudiant de 22 ans a porté plainte samedi à Besançon. Il affirme avoir été blessé, vers deux heures dans la nuit de samedi à dimanche, par un clown armé d’une hache. Alors qu’il regagnait son véhicule, une voiture blanche s’est arrêtée à sa hauteur, et trois clowns aux cheveux verts et rouge en sont descendus, a-t-il rapporté. Un autre clown était selon lui armé d’une batte de baseball. L’étudiant, qui dit avoir fui la main droite en sang, a déclaré ne plus se souvenir précisément de quelle manière il avait été blessé. Selon sa mère interrogée par « L’Est Républicain », se sentant « menacé », son fils se serait blessé en mettant sa main sur la lame de la hache dans « un geste de réflexe de défense ». Aucun témoin n’a été identifié.

• Doubs : quatre clowns en voiture signalés le même jour

Si aucun autre signalement n’a été enregistré à Besançon, un groupe d’adolescents et de jeunes adultes a quant à lui affirmé avoir été pris pour cible par quatre clowns, à une vingtaine de kilomètres de là, à Saint-Vit, à 20 km de là, samedi soir. Selon leurs déclarations à la gendarmerie, les clowns circulaient en voiture, et auraient tiré sur eux avec une réplique d’arme à feu propulsant des billes en plastique. Personne n’a été blessé.

• Hérault : 4 mois ferme pour un jeune clown violent

Un jeune homme de 18 ans a été condamné lundi à Montpellier à 12 mois de prison, dont 4 ferme, puis placé sous mandat de dépôt. Il était jugé en comparution immédiate pour avoir frappé d’une trentaine de coups de barre de fer un passant de 35 ans dans la nuit de samedi à dimanche.

Ivre, le jeune homme déguisé en clown, accompagné de deux mineurs passifs, a reconnu avoir voulu l’effrayer après avoir pris connaissance du phénomène en ligne.  »Il m’a pourchassé en hurlant, ‘donne moi tout, ton téléphone, ton fric, ta sacoche’, j’ai eu la peur de ma vie » a notamment témoigné la victime.  »Je regrette, je voulais pas le frapper, je tiens à payer les dommages » a déclaré le jeune homme connu pour de « petites affaires » mais au casier judiciaire jusque-là vierge selon « Midi Libre« .

• Seine-et-Marne : un clown de 14 ans arrêté

Un adolescent de 14 ans, déguisé en clown et soupçonné d’avoir tenté d’attaquer une passante, a été interpellé lundi après-midi à Chelles. La passante a rapporté que deux clowns, dont l’un était muni d’une hache visiblement factice, avaient tenté de l’agresser alors qu’elle sortait de sa voiture. Elle n’a pas été blessée. Un clown a été arrêté par la police.

• Seine-et-Marne : un autre clown arrêté le même jour

Une demi-heure plus tard, lundi dernier toujours, une dizaine de personnes affublées d’un masque blanc au large sourire s’en seraient prises à trois jeunes personnes à la gare de Melun. Plusieurs téléphones portables ont été volés, selon la police. Un des agresseurs présumés a été interpellé.

• Hérault : plusieurs plaintes d’automobilistes

A Palavas-les-Flots, Thézan-lès-Béziers et Cessenon-sur-Orb, trois automobilistes se disant victimes de « clowns effrayeurs » dans la nuit de samedi 25 à dimanche 26 octobre ont déposé plainte. Vendredi soir, un jeune homme grimé en « clown agressif » avait endommagé la voiture d’un automobiliste à Marseillan (Hérault), et avait été interpellé samedi. Il avait confié lors de son audition avoir succombé à la mode des « clowns qui attaquent ». Remis en liberté, il sera convoqué ultérieurement par la justice.

• Hérault : 14 jeunes clowns interpellés

Samedi 25 octobre au soir, 14 adolescents déguisés en clown et porteurs, selon la police, de pistolets, de couteaux et de battes de base-ball ont été interpellés sur le parking d’un lycée d’Agde, placés en garde à vue et remis en liberté dimanche. Des témoins inquiets avaient alerté la police.

• Gironde : six chasseurs de clowns présumés interpellés

Vendredi 24 octobre, six adolescents armés de bâtons et de barres de fer et affirmant rechercher des clowns agressifs ont été interpellés par la police à Bordeaux. Vers 23 heures le même jour, à Mérignac, une dizaine de personnes ont été interpellées. Elles cherchaient semble-t-il un clown qui aurait effrayé un mineur. Selon « Sud-Ouest« , un enfant de 12 ans armé d’un poignard a également été stoppé dans son élan, le même soir, par la police.

• Var : trois jeunes chasseurs de clowns présumés arrêtés

Dans la nuit de jeudi à vendredi dernier, trois jeunes hommes, un mineur et deux majeurs, ont été interpellés à Fréjus et placés en garde à vue, selon « Var Matin« . Armés de différentes sortes de couteaux et de marteaux, ils sont soupçonnés d’avoir voulu faire la chasse aux clowns menaçants. Selon le quotidien, ils vont être poursuivis pour port d’arme sur la voie publique.

• Oise : un jeune clown arrêté

Un adolescent déguisé en clown a été interpellé mercredi 22 octobre à Beauvais après avoir menacé des lycéens. Il était armé d’un couteau en bois. « Il n’y avait aucune agressivité de sa part, c’était juste une blague de mauvais goût » a notamment déclaré le maire de Beauvais Caroline Cayeux, selon « L’Observateur de Beauvais« . Il a fait l’objet d’un rappel à la loi.

• Haut-Rhin : cinq jeunes chasseurs de clowns présumés interpellés

Cinq jeunes dont quatre mineurs ont été interpellés mercredi 22 octobre au soir à Mulhouse. Âgés entre 16 et 19 ans, ils auraient semble-t-il cherché à se rendre justice eux-mêmes en « chassant » d’hypothétiques clowns menaçants dont ils auraient découvert la présence supposée via Facebook. Ils étaient selon la police en possession d’une batte de base-ball, d’une matraque télescopique, d’un poing américain, d’un marteau et d’une bombe lacrymogène. Placés en garde à vue, ils sont ressortis libres et seront convoqués ultérieurement devant un juge.

• Haut-Rhin : et cinq autres un peu plus tard le même jour

Cinq autres individus qui se prenaient semble-t-il eux aussi pour des « chasseurs de faux clowns » ont été interpellés, le 22 octobre toujours, à Colmar. Ils comparaîtront eux aussi prochainement devant la justice.

• Pas-de-Calais : un clown condamné à 6 mois avec sursis

Vendredi 17 octobre au soir, un jeune homme de 19 ans déguisé en clown a été interpellé à Douvrin. Accusé d’avoir effrayé un enfant, il a été condamné le lundi suivant à Béthune à six mois de prison avec sursis et 105 heures de travail d’intérêt général. Pour violences avec arme -le clown a brandi un bâton ressemblant à un long couteau- et préméditation.

• Somme : deux clowns arrêtés

A Péronne, deux clowns armés d’un marteau et d’un couteau factices et soupçonnés d’avoir effrayé des passants dans le centre-ville ont été arrêtés jeudi 16 octobre.

• Dordogne : trois plaintes et une prochaine convocation

Vendredi 10 octobre, « une jeune femme de 19 ans et sa soeur de 11 ans ont dit avoir été poursuivies par un clown armé d’un couteau en plastique », nous indiquait la semaine dernière le parquet de Périgueux. Une troisième jeune femme dit avoir été poursuivie par le même clown à la sortie d’un gymnase. Toutes trois ont porté plainte. L’auteur présumé des faits, un jeune de 17 ans inconnu des services, doit être prochainement convoqué en vue, selon le procureur, d’une « réponse judiciaire adaptée ».

C. R. (avec AFP) – Le Nouvel Observateur

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20141028.OBS3424/clown-agressifs-d-ou-vient-ce-phenomene-malsain.html

Clown agressifs : d’où vient ce phénomène malsain ?

Amandine Schmitt

Publié le 29-10-2014 à 09h00

Les agressions de faux clowns se multiplient en France. Un phénomène venu directement des Etats-Unis. Explications.

 

Twisty, le clown effrayant de la série "American Horror Story" (FX).
Twisty, le clown effrayant de la série « American Horror Story » (FX).
Le début de psychose apparu en France ces dernières semaines après plusieurs agressions attribuées à de faux clowns, parfois armés, s’appuie sur l’imagerie glaçante du « clown maléfique », ce personnage effrayant popularisé par la littérature et le cinéma.Le rictus pervers du Joker dans Batman, le regard fou du clown psychopathe en couverture du roman d’épouvante « Ça » de Stephen King, ou les cheveux rouges en pétard du trouble « Tahiti Bob », dans les Simpsons : ces figures constituent le terreau d’une phobie bien réelle, la « coulrophobie », la peur des clowns. »Le création ou la réutilisation d’un personnage fort tel que le clown psychopathe, le motif de l’agression par un sadique qui choisit ses victimes au hasard, la circulation rumorale des alertes aux clowns et la difficulté de distinguer celles à prendre au sérieux des faux avertissements nous informent qu’une légende urbaine est en train de se créer sous nos yeux et se cristallisera bientôt en quelques scénarii stéréotypés », explique Aurore Van de Winkel, spécialiste des légendes urbaines, sur Le Plus.

John Wayne Gacy, l’un des tueurs en série les plus célèbres des Etats-Unis, a également beaucoup fait pour noircir le maquillage du saltimbanque : arrêté en 1978 et exécuté en 1994, il distrayait les enfants malades, déguisé en clown, mais a aussi tué 33 jeunes gens dans les années 1970.

A l’approche d’Halloween, période où s’amuse à se faire peur en Amérique du Nord et désormais aussi en Europe à la veille de la Toussaint, c’est avec cette crainte diffuse que semblent jouer les « clowns agressifs ».

Un phénomène venu des Etats-Unis

Le phénomène arrive tout droit des Etats-Unis. Le clown de Wasco, un projet artistique montrant des photos de clowns dans la ville du même nom, a suscité bien des imitations. Alors que plusieurs clowns effrayants ont été aperçus en Californie, en Floride ou au Nouveau Mexique, le clown de Wasco gagnait en popularité sur les réseaux sociaux, avec un compte Twitter (désactivé), un compte Instagram (vidé) et une page Facebook. Mais rien ne dit que ces comptes soient liés aux incidents constatés par la police.

Des clowns avaient déjà perturbé le Royaume-Uni en 2013. Le clown de Northampton, à 100 km de Londres, avait pour habitude de regarder fixement les passants, un bouquet de ballons gonflables à la main. Il avait connu son heure de gloire sur Facebook avant d’être démasqué. Il avait affirmé avoir voulu « amuser les gens ».

Les petits rigolos qui portent l’habit de cirque pourraient aussi s’être inspiré des canulars de la société italienne DmPranksProductions, qui montrent un clown commettre de (faux) crimes sanglants sous le regard effrayé des passants.

Enfin, la tendance des clowns est aussi alimentée par la dernière saison de la série télé « American Horror Story », qui met en scène Twisty. Un clown si malfaisant que l’association  de professionnels Clowns of America International s’en insurge.

Amandine Schmitt (avec AFP)



Affaire Hervé Gourdel : comment l’armée algérienne traque les terroristes

http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/13/comment-l-armee-algerienne-a-identifie-l-assassin-de-gourdel?page=all

REPORTAGE Comment l’armée algérienne a identifié l’assassin de Gourdel

 
Les autorités algériennes ont révélé le 11 octobre l’identité du terroriste qui a décapité Hervé Gourdel. Il s’agit de Kherza Bachir, originaire d’Alger, et qui a à son actif de nombreux assassinats. L’armée algérienne poursuit sa traque en Kabylie.

  • 13 octobre 2014
L'armée algérienne poursuit la traque des terroristes en Kabilye, le 10 octobre à côté du village de Aït Ouabane -AFP/Farouk Batiche
L’armée algérienne poursuit la traque des terroristes en Kabilye, le 10 octobre à côté du village de Aït Ouabane -AFP/Farouk Batiche
Le vent souffle fort sur le mont de Lalla Khedidja, en Kabylie, l’un des plus hauts pics d’Algérie. Une file interminable de véhicules militaires longe la route sinueuse qui relie Tizi Ouzou à cette montagne très prisée par les amoureux de la nature. A 560 mètres d’altitude, nous faisons notre première halte.Nous sommes à Tizi n’Kouilal. Une grande tente verte sert de QG au commandement de l’opération militaire lancée il y a trois semaines dans la forêt de Aït Ouabane, à la recherche du groupe terroriste Djound Al-Khilafa (Les soldats du califat), auteur de l’enlèvement et de l’assassinat [le 24 septembre] du ressortissant français Hervé Gourdel. Le dispositif mis en place est impressionnant. De la peinture noire sur le visage, le dos et la tête couverts d’herbes, les paras sont positionnés dans les coins les plus reculés.Formant une chaîne humaine, ils nous assurent le passage jusqu’au campement des terroristes. Avec nous, le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou, un colonel parachutiste, un homme de terrain qui cumule au moins deux décennies de lutte antiterroriste. Il connaît les coins et recoins de cette région comme sa poche. Durant tout notre voyage, il nous parle de la coopération de la population, de son patriotisme et de sa patience. « Cette région a déjà été nettoyée. Regardez bien le relief accidenté, à proximité des villages, à cheval entre trois wilayas, il y a de l’eau et une dense forêt pour les protéger. C’est une zone stratégique qui leur permet de voir de loin tout mouvement de l’armée. Avant même que nous arrivions, ils sont déjà très loin », explique le colonel.

Gourdel a emprunté ce chemin

Nous laissons nos véhicules pour entamer l’ascension, à pied, d’une ancienne route datant de l’époque coloniale, devenue piste, qu’empruntent les amoureux de cette montagne pour faire du camping. Les jeunes paras sont aux aguets. A gauche puis à droite, leurs kalachnikovs sont tout le temps en mouvement. Nous sommes déjà à plus de deux kilomètres. Des troncs d’arbre jonchent la route. « Ici, seuls les bergers s’aventurent et, dès qu’ils voient ces troncs d’arbre par terre, ils savent qu’il y a une chance sur deux pour tomber sur des terroristes. Gourdel et ses accompagnateurs ont emprunté ce chemin », explique le colonel.

Nous continuons à marcher sous les rafales de vent. Le paysage est féerique. Des sources d’eau douce, de la verdure à perte de vue, un panorama à couper le souffle. Nous arrivons devant un grand bassin en béton, qui récolte l’eau des entrailles du mont Lalla Khedidja, avant d’être déviée vers l’usine d’embouteillage située au pied de la montagne. Les parachutistes se mettent à genoux, en position de tir, les armes pointées pour certains vers le haut et pour d’autres vers les falaises. « C’est ici, devant ce bassin, que les terroristes ont enlevé Gourdel. Vers quelle destination l’ont-ils emmené ? Aucun des accompagnateurs n’a pu nous le dire. Cependant, ce qui est certain, c’est que l’endroit est à deux kilomètres seulement du campement du groupe », souligne l’officier.

Un véritable campement

Des appels radio brisent le silence. A quelques kilomètres, les paras viennent de trouver un obus Hawn, des jumelles et des engins suspects. « Ne faites rien, nous ne sommes pas loin de la zone », ordonne l’officier. Nous entamons la rude escalade d’un monticule. Bien camouflés, les paras sont partout. Sur les arbres, les rochers, dans les moindres coins exposés. Ils nous ouvrent le passage. Cela fait deux heures que nous marchons. Nous arrivons enfin à un vaste terrain, au milieu duquel se trouve un immense cèdre entouré de grosses pierres. « C’est ici que les terroristes ont tenu leur réunion d’allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) », révèle l’officier. L’endroit semble avoir été déserté à la hâte.

De vieilles baskets noires, des chaussettes, des sous-vêtements sont accrochés aux branches des arbres. Non loin, une cuisinière improvisée avec une cuve métallique à l’intérieur de laquelle une lame de fer est tapissée de charbon. Des marmites noircies par la fumée, des cuillères et des plats, mais aussi de grandes quantités de semoule, de pâtes, d’épices, de farine, de lait en poudre jonchent le sol. Des espaces où sont étalés des cartons sont aménagés en dortoir, alors que des sachets noirs couvrent les branches pour se protéger de l’humidité et du vent.

Le lieu est un véritable campement avec des postes de garde bien positionnés pour surveiller tout mouvement de véhicules et de personnes à des kilomètres, permettant ainsi une retraite en cas de pépin. Une odeur nauséabonde se confond à celle que dégagent les branches calcinées. L’officier se retire pour répondre à un appel radio. Un de ses éléments a trouvé un téléphone portable dans lequel se trouvent de nombreuses photos prises sur les lieux.

Le groupe s’est dispersé dans la précipitation

Des notices de médicaments, surtout des anti-inflammatoires, des antidouleur (notamment pour l’estomac) et des antidépresseurs sont éparpillées un peu partout. « Ils ont tous été identifiés à l’exception de ceux qui filmaient et de ceux qui assuraient la garde et n’apparaissent pas sur la vidéo. La majorité d’entre eux sont des rescapés des années 1990 [la décennie noire, années de guerre civile], seuls quelques-uns, les plus jeunes, sont de nouvelles recrues et donc inconnus des services de sécurité. Ils sont venus de Boumerdès, Bouira et Bordj Bou Arréridj pour la réunion. D’où la quantité de produits alimentaires. Nous avons détruit 25 kg de sucre, 80 kg de semoule, autant de farine et des dizaines de litres d’huile sans compter les autres ingrédients. Ils ont dû préparer cela pour recevoir les invités à la réunion. Ils ont filmé la séance d’allégeance, qui n’a été diffusée qu’après la décapitation d’Hervé Gourdel. Sur cette vidéo, trois des auteurs de cet assassinat étaient présents et leur chef, Gouri [Abdelmalek Al-Gouri, alias Khaled Abou Souleiman, un homme recherché par les services de sécurité algériens et condamné par contumace en 2012 à la peine capitale], n’apparaît pas, mais c’était lui qui parlait. Sa voix a été identifiée par nos spécialistes », explique le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou.

Pour lui, le groupe s’est dispersé dans la précipitation. Et d’ajouter : « Ils sont pris entre deux feux. Les forces de sécurité d’un côté, le groupe de Droukdel [Abdelmalek Droudkel, alias Abou Moussab Abdelouadoud, chef local d'Aqmi , Al-Qaida au Maghreb islamique] auquel ils ont déclaré la guerre de l’autre. Des batailles rangées entre les deux belligérants ne sont pas à exclure, d’autant que parmi ceux qu’on voit sur la vidéo, il y en a qui n’ont pas vraiment coupé les liens avec leurs anciens compagnons. »

Les visiteurs étaient très nombreux

L’officier donne l’ordre de tout brûler, de ne rien laisser sur les lieux. L’ordre de quitter l’endroit est donné. L’artillerie doit détruire des engins suspects trouvés cachés sous les buissons. Les jeunes paras scrutent les alentours. Ils nous ouvrent le passage et nous suivent pas à pas. Nous reprenons le même chemin, mais avec une autre équipe, toujours camouflée avec des branchages sur la tête et le dos. La prudence est de mise.

« C’est grâce à la population que nous sommes arrivés à ce lieu. Elle a été très coopérative. Notre présence sur les lieux la réconforte et cela nous encourage beaucoup. Tous ces jeunes parachutistes qui prennent part à l’opération sont déterminés à ne quitter la région qu’une fois nettoyée. Ils ne reculent devant rien. Ils sont très courageux. Ils avancent sans peur sur un terrain qu’ils savent miné. Il faut leur reconnaître une abnégation et un engagement sans faille », lâche l’officier, en tapant sur l’épaule d’un de ses éléments, dont l’âge ne dépasse pas les 25 ans.

Poursuivant notre marche, il nous montre du doigt, deux villages, en contrebas de cette montagne : Aït Ouabane et Aït Allaoua. « C’est vrai que les terroristes ne s’attaquent pas à la population de ces villages. Cependant, leur activité a privé la région des revenus du tourisme. Avant, les visiteurs étaient très nombreux et faisaient travailler de nombreuses familles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les gens ont peur de s’y aventurer », note le colonel.

Nous arrivons au QG. Pour le commandement, « il n’est pas question de laisser les bandes de criminels derrière nous. Avant que la première neige ne tombe, le groupe doit être totalement anéanti. C’est l’objectif assigné ». Les jeunes parachutistes font le va-et-vient. Certains viennent d’ajouter des couvertures dans leurs sacs à dos. Ils doivent assurer la relève et passer la nuit dans ces montages humides et froides. Cela fait trois semaines qu’ils n’ont pas quitté les lieux.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/assassinat-d-herve-gourdel-ou-va-l-157936

Assassinat d’Hervé Gourdel : où va l’Algérie ? Sous l’oeil des services secrets algériens…

 

dimanche 12 octobre 2014

L’assassinat d’Hervé Gourdel le 21 septembre dernier a de nouveau braqué les regards vers l’Algérie. Ce n’est pas la première fois que des événements tragiques concernant des Français s’y produisent : et si tout un chacun se souvient de l’assassinat des 7 moines de Thibhirine en 1996 dans des conditions similaires (épisode toujours pas officiellement éclairci 18 ans plus tard), on se rappelle moins la mort tragique de Pierre Claverie évêque d’Oran le 1er août 1996 et bien d’autres homicides moins médiatisés

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L’histoire du meurtre perpétré dans les monts du Djudjura est curieuse, nous a-t-on dit. Hervé Gourdel a été enlevé non loin du col de Tizi N’Kouilal qui culmine à 1560 mètres le 21 septembre, 24 heures après son arrivée en Kabylie où il a été amené par Karim Oukara, alpiniste de 43 ans résidant dans le Nord de la France, près de Lille, qu’il a connu grâce aux réseaux sociaux. Leur guide Oussama Dehendi, 22 ans, est connu pour faciliter les courses dans ces montagnes, c’est un professionnel reconnu. Ces 2 hommes capturés en même temps que le Français ont été libérés le 25 septembre quelques heures après l’assassinat du Français en même temps que les autres montagnards, Amine Ayache, Kamel Saâdi et Hamza Boukamoun. La rapidité de l’organisation de l’enlèvement interroge : les ravisseurs qui se réclament de l’Etat Islamique en Irak (Daech) étaient à l’évidence informés pour mettre au point en moins de 24 heures l’enlèvement, l’annonce de cette capture et la mise en scène de la décapitation. L’armée a été alertée très tôt : dès les premières heures du lundi 1500 hommes ont été amenés sur le terrain sous le commandement du général-major Boustila, bien avant que la première vidéo ne soit diffusée. Ce rapide déploiement interroge les observateurs.

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Par ailleurs l’enquête des services algériens a été bien trop simple. Les cinq accompagnateurs ont été relâchés cinq jours seulement après leur interpellation. D’autre part, chacun dans la région connaît les risques d’une expédition dans ces montagnes situées 40 km au sud-est de Tizi Ouzou, on les sait parcourues par des bandes armées issues des groupes islamiques des années 1990. Une centaine de personnes y ont été kidnappées depuis 10 ans. C’est pourquoi à Tizi Ouzou, mes interlocuteurs ne comprennent pas pourquoi cette expédition a été montée et affirment que c’est celui qui l’a décidé qui est le principal suspect.

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On sait moins que des régions entières de l’Algérie restent sous la menace de bandes terroristes où la sécurité n’est pas toujours assurée. La population probablement paralysée par la terreur et les massacres des années de guerre civile qui ont sévi pendant les années quatre-vingt-dix ne réagit pas. Et ils sont nombreux les Algériens à quitter le pays : en 2011 une étude réalisée par l’Université d’Alicante révélait que le nombre d’Algériens installés en Espagne augmentait de 5% chaque année, la même année les services officiels algériens annonçaient qu’il y avait plus de 60 000 algériens installés au Québec. En France ils sont près de 2 millions. En 2013 il n’y avait pas loin de 7 millions d’Algériens officiellement installés hors de leur pays (par comparaison il y a 1 700 000 Français qui vivent à l’étranger). L’émigration est un sport national algérien. Et un pays où la jeunesse n’aspire qu’à aller vivre sous d’autres cieux n’a pas d’avenir, d’autant que ce sont surtout les plus instruits, les plus cultivés qui s’enfuient.Ses dirigeants en sont-ils conscients ?

Ceux qui comme moi reviennent d’Algérie, un pays qu’ils fréquentent régulièrement, sont déconcertés à chaque visite : les mœurs changent, les mentalités régressent notamment loin des grandes agglomérations. Même dans les rues d’Alger, les femmes non voilées sont de moins en moins nombreuses. La vie est chère et l’inflation une réalité difficile à contourner. L’Etat débourse sans compter la manne pétrolière et gazière, sans penser, semble-t-il, que cette richesse commence à s‘épuiser. Tout ceci pour acheter une paix sociale qui n’est qu’artificielle et qui disparaîtra lorsque l’exaspération populaire le décidera. Et ce ne sont pas les projets pharaoniques inutiles, juste bons à jeter de la poudre aux yeux tel celui de la nouvelle grande mosquée d’Alger, près de l’Harrach, qui coûtera près de 3 milliards de dollars alors que l’agglomération en compte plusieurs centaines. Et comble d’ironie, ce seront 10 000 Chinois qui construiront cet ensemble qui pourra accueilli 40 000 fidèles, comme si les entreprises et la main d’œuvre algérienne manquaient alors que le chômage touche officiellement au moins 12% de la population active. L’autoroute Est-Ouest a également été construite par des Chinois.

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La Kabylie a été mise à l’index et subit de plus en plus le harcèlement des autorités. C’est une région qui se singularise par sa culture, sa langue, son histoire et ses coutumes. La Kabylie est un lieu où ses habitants tentent de maintenir ou de réhabiliter des valeurs démocratiques, de laïcité (les chrétiens n’y sont pas rares, le ramadan n’est pas obligatoire, on y trouve encore des boissons alcooliques à la vente). Tout est bon pour la discréditer. Ainsi l’assassinat d’Hervé Gourdel vient à point nommé pour la dénigrer. Les Kabyles sont pris en otages et finalement les terroristes islamistes – vraisemblablement manipulés par des services qui depuis plus d’un demi-siècle ont perfectionné leurs techniques qui n’ont pour but que de maintenir au pouvoir une oligarchie corrompue – y sont plus ou moins tolérés pour permettre l’élimination des militants amazighs les plus actifs sans que le gouvernement ne puisse être directement accusé. Ce dernier permet que dans des lieux géographiquement limités le terrorisme survive pour maintenir un climat d’insécurité.

Cette immersion dans la réalité algérienne ne peut qu’engendrer l’inquiétude : inquiétude pour un peuple qui semble abandonné par ses dirigeants, inquiétude de constater que le désordre et l’insécurité s’y installent, que le chômage et la précarité se développent, que l’islamisme radical poursuit ses avancées et que cette situation ne peut que s’étendre aux autres pays du Maghreb. Ils ne sont pas rares les chibanis qui évoquent avec une nostalgie à peine cachée le temps où le pays avait d’autres maîtres.

http://www.metamag.fr/metamag-2322-… 

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2804p048.xml0/

Algérie : jours tranquilles en Kabylie… malgré le terrorisme

 

13/10/2014 à 10:47 Par Farid Alilat, envoyé spécial

 

Tizi Ouzou en Kabylie.
Tizi Ouzou en Kabylie. © MOURAD ALLILI / AFP

Quelques jours après l’exécution atroce d’un otage français par des jihadistes, on est loin de l’atmosphère de psychose décrite par les médias. Retour sur les lieux du crime.

Montagnes du Djurdjura, en Kabylie, à 100 km à l’est d’Alger. Pour accéder au chalet où Hervé Gourdel a passé la nuit du 20 au 21 septembre, il faut emprunter un chemin étroit surplombant un ravin vertigineux, serpenter au milieu de cèdres centenaires qui forment à certains endroits des voûtes naturelles, ou encore slalomer entre les vaches faméliques qui y paissent librement. Devant la bâtisse en pierre taillée et aux tuiles rouges qui domine une clairière, des militaires bivouaquent au-dessus d’une dizaine de camions moteurs éteints.

Au milieu d’un troupeau de vaches, allongés sur l’herbe, des soldats se reposent, devisent ou tapotent sur leurs portables. Devant le barrage permanent installé à l’entrée du complexe touristique de Tikjda, partiellement incendié par des groupes armés dans les années 1990, trois militaires en faction jettent à peine un regard aux automobilistes qui se frayent un passage. À dix minutes de voiture plus au nord, sur le piton de Tizi Nkouial, à 1 560 m d’altitude, une vingtaine d’autres montent la garde.

Difficile de croire que dans ce décor fait d’alpages et de paysages lunaires s’est déroulé un drame qui a bouleversé et révulsé la planète, et replongé les Algériens dans les pires heures de la décennie noire : la décapitation, le 24 septembre, du touriste français Hervé Gourdel, 55 ans, par des éléments de Jund al-Khilafa (« soldats du califat »), nouvel affidé de l’État islamique (EI).

On est loin de cette atmosphère de traque, de guérilla et de psychose décrite par les médias.

Encore plus difficile de croire qu’une vaste opération ayant mobilisé 3 000 hommes - dont des parachutistes -, des hélicoptères, une armada de camions et de blindés s’y est déroulée pendant une semaine pour tenter de retrouver les ravisseurs et la dépouille de l’otage exécuté. Ici, en ce dimanche 28 septembre, le calme règne. Le dispositif a-t-il été levé ou surestimé ? Toujours est-il que dans ce massif à cheval sur les départements de Bouira, Tizi-Ouzou et Béjaïa, dans les hameaux à flancs de montagne, on est loin de cette atmosphère de traque, de guérilla et de psychose décrite par les médias.

« Ce coin est un havre de paix »

Issu d’une famille de bergers, Amar, 36 ans, vit dans ces pâturages, avec ses vaches, son cheval et ses chiens, de la fonte des neiges du printemps jusqu’aux premiers flocons d’hiver. En ce dimanche caniculaire, son seul motif d’inquiétude est une jeune vache qui tarde à mettre bas. Les terroristes ? Amar dit qu’ils ont toujours rôdé dans le coin sans s’en prendre aux populations locales. La grande opération de l’armée ? « J’ai vu passer des camions remplis de soldats, mais ce n’est guère nouveau, confie-t-il. Les militaires passent souvent par ici. » Alors, le soir, à la belle étoile, devant sa télé alimentée par un groupe électrogène, ce berger a du mal à reconnaître ses montagnes, que l’on décrit comme infestées de terroristes.

« Ce coin est un havre de paix, corrige Amar. Des familles et des touristes, y compris des étrangers, y campent même la nuit sans la moindre inquiétude. Depuis la mort du Français, le climat est devenu un peu pesant. Mais vous verrez que dans peu de temps la situation redeviendra normale. Des drames comme celui-là, nous, les montagnards, en avons tellement vécu qu’un livre ne suffirait pas à les raconter. » Ce fut le cas notamment en décembre 1994, quand quatre pères blancs français ont été mitraillés par des islamistes dans leur maison à Tizi-Ouzou, chef-lieu de wilaya (département) et principale ville de Kabylie.

Ath Ouabane, là où Hervé Gourdel aurait été enlevé le 21 septembre. Dans ce village rasé en 1958 par l’aviation française au plus fort de la guerre d’indépendance, les habitants sont partagés entre affliction et colère. Ici, on tient à rappeler que, par le passé, les villageois ont maintes fois repoussé les assauts de groupes armés venus subtiliser leurs armes, se ravitailler ou les racketter. « Déjà abandonné, Ath Ouabane est maintenant tristement entré dans l’histoire, maugrée Dahmane, vieux retraité. Notre village n’a rien à voir avec le rapt et l’exécution de ce touriste. »

Repaire du GIA

Makhlouf, enseignant dans le primaire, accable, lui, les autorités algériennes. « Plus de quatre-vingts citoyens ont été enlevés en Kabylie depuis 2005 sans 006102014145849000000JA2804p050_infoque l’État ne bouge le petit doigt, peste-t-il. Mais quand c’est un Français qui est kidnappé, l’armée dépêche des milliers de soldats. À croire que la vie d’un Français vaut celle de quatre-vingts Algériens. »

La Kabylie, fief des groupes armés ? Il y a dans cette sinistre réputation une part de vérité. Cette contrée montagneuse a en effet servi de repaire aux Groupes islamiques armés (GIA) dès le début des années 1990, mais aussi aux maquisards nationalistes durant la guerre d’Algérie ou aux bandits d’honneur au XIXe siècle. Pendant plus de quinze ans, ses maquis touffus, ses grottes et ses ravins étaient infestés de terroristes, qui y pratiquaient assassinats, embuscades, faux barrages et autres rackets.

Hassan Hattab, fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), repenti depuis 2007, en a longtemps fait son QG. Droukdel, l’insaisissable chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), s’y cacherait encore avec sa garde prétorienne. Si ces montagnes constituent encore des zones de repli, si des attaques contre les forces de sécurité sont encore périodiquement signalées, les terroristes n’y sont plus légion.

Certains ont été éliminés, d’autres ont déposé les armes, et il s’en recrute de moins en moins. « À preuve, commente un officier rangé de la lutte antiterroriste, personne n’est en mesure de fournir un chiffre crédible pour attester de la présence de ces irréductibles du jihad. » Aujourd’hui, des barrages militaires parsèment tous les accès aux grandes agglomérations, comme Ath Yenni, Les Ouacifs, Larbaa Nat Irathen, Aïn el-Hammam ou Azzefoune, et aux centaines de villages environnants. L’armée a installé des campements et des casernes autour des grands massifs forestiers dont la surface globale s’amenuise au fil des ans en raison des incendies récurrents.

Plus que l’activisme terroriste, c’est le banditisme et les enlèvements qui inquiètent la population. « La mort du Français est révélatrice de l’insécurité qui règne dans notre région, déplore Améziane Medjkouh, 63 ans, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Djurdjura. Des opérateurs privés locaux ont subi le même sort sans susciter autant d’émoi. » Pour cet entrepreneur, la Kabylie a besoin de routes, de gaz de ville, de logements, d’emplois, de loisirs. « Elle a été marginalisée, alors que ses écoliers et lycéens sont parmi les meilleurs du pays, souligne encore Medjkouh. Ces zones montagneuses ont besoin d’un programme spécifique pour les sortir de l’isolement. Une fois qu’elles seront désenclavées, les terroristes ne pourront plus y mettre les pieds. »

Chasse… au sanglier

Yakouren, à 50 km à l’est de Tizi-Ouzou. Pendant des années, les forêts de chênes-lièges de cette grande bourgade ont servi de sanctuaire aux groupes d’Aqmi. On dit que les terroristes s’y sont terrés si longtemps que les animaux ne prenaient plus la fuite à leur passage. Depuis quatre ans, les chasseurs de gros et de petit gibier se sont réapproprié les lieux. « Hier, on y traquait les terroristes, aujourd’hui on y chasse les sangliers », plaisante Da El Hachemi, membre de l’Association des chasseurs d’Akfadou, agréée par l’État. Régulièrement, lui et ses compagnons, dont des officiers, organisent des battues dans les lieux mêmes où campent des jihadistes.

« Nous les avons croisés à maintes reprises à Yakouren, mais ils ne s’en prennent jamais à nous, raconte Mohamed, un autre chasseur. Ils nous dissuadent d’emprunter certaines pistes ou de s’aventurer devant leurs campements, qu’ils piègent. » L’année dernière, ces chasseurs ont mené une grande battue à Mizrana, autrefois fief de Hassan Hattab, avant de revenir avec une vingtaine de sangliers. Ce 29 septembre, Da El Hachemi et ses amis en préparent une autre, prévue pour début octobre. Comme si de rien n’était…

Col de Tirourda, à dix minutes à vol d’oiseau du chalet de Tikjda. Dans un bar-restaurant dont les larges baies vitrées plongent dans la vallée de la Soummam, des clients sifflent des bières jusqu’à une heure avancée de la nuit. Une file incessante de voitures et de camions montent ou descendent vers Tizi-Ouzou. Des automobilistes s’arrêtent de temps à autre pour acheter des canettes avant de reprendre la route. « Le malheureux touriste français ? Il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment », déplore un client.



Affaire de la décapitation d’Hervé Gourdel : plusieurs enquêtes en cours

Après leurs homologues algériennes, les autorités françaises ont ouvert une enquête judiciaire, des juges d’instruction vont être désignés pour informer.

Selon la presse algérienne, les assassins d’Hervé Gourdel auraient tous été identifiés.

Ses accompagnateurs restent suspects.

 
http://www.liberation.fr/monde/2014/10/24/des-juges-francais-vont-enqueter-sur-l-assassinat-d-herve-gourdel-en-algerie_1128569

Des juges français vont enquêter sur l’assassinat d’Hervé Gourdel en Algérie

 

AFP 24 octobre 2014 à 12:05

 

Un portrait du guide de haute montagne Hervé Gourdel, décapité en Algérie, devant l'hôtel de ville de Nice, le 25 septembre 2014.
Un portrait du guide de haute montagne Hervé Gourdel, décapité en Algérie, devant l’hôtel de ville de Nice, le 25 septembre 2014. (Photo Valery Hache. AFP)
 

Le guide de haute montagne avait été enlevé puis décapité fin septembre. L’assassinat avait été revendiqué par un groupe islamiste.

 

Des juges d’instruction français vont enquêter sur l’enlèvement et l’assassinat d’Hervé Gourdel, l’otage français décapité en Algérie en septembre, selon une source judiciaire. Après avoir diligenté une enquête en flagrance, le parquet de Paris a ouvert jeudi une information judiciaire pour «enlèvement et séquestration en bande organisée suivis de la mort, en relation avec une entreprise terroriste», et «assassinat en bande organisée en lien avec une entreprise terroriste». Cette étape procédurale entraînera la désignation de juges d’instruction.

Guide de haute montagne de 55 ans, Hervé Gourdel avait été enlevé le 21 septembre à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger.

Le groupe islamiste Jund al-Khilafa («Les soldats du califat») avait revendiqué ce rapt ainsi que la décapitation de l’otage quelques jours plus tard, un acte commis en représailles, selon cette organisation, à l’engagement de la France aux côtés des Etats-Unis dans les frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak. Des investigations ont également été lancées en Algérie sur ce crime qui a suscité l’indignation.

La justice algérienne a ainsi lancé des poursuites contre quinze personnes, actuellement en fuite, soupçonnées d’avoir participé à l’enlèvement et à l’assassinat d’Hervé Gourdel. Les 15 suspects, tous algériens, sont poursuivis notamment pour «création d’un groupe armé terroriste», «prise d’otage» et «assassinat avec préméditation», a précisé cette source. Parmi eux figure Abdelmalek Gouri, dit Khaled Abou Souleïmane, 37 ans, le chef de Jund al-Khilafa.

Jund al-Khilafa avait surgi sur la scène jihadiste fin août en publiant un communiqué annonçant avoir quitté Al-Qaeda au Maghreb islamique (Aqmi), dénoncée pour sa «déviance» et fait allégeance à l’EI, selon le texte.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/10/10/01003-20141010ARTFIG00061-l-armee-algerienne-retrouve-le-campement-des-ravisseurs-d-herve-gourdel.php

L’armée algérienne retrouve le campement des ravisseurs d’Hervé Gourdel

Celui qui a égorgé Hervé Gourdel est le mufti de Jund Al-Khilafa.

VIDÉO – Un téléphone portable et des vivres ont été saisis. L’armée assure avoir identifié les cinq terroristes ayant exécuté le Français.

L’étau se resserre-t-il autour des ravisseurs d’Hervé Gourdel, le touriste français exécuté en Algérie, en septembre, par Jund Al-Khilafa, un groupe allié de l’Etat islamique ? L’armée algérienne a annoncé jeudi avoir retrouvé le camp de ses geôliers, après avoir ratissé la région de la forêt d’Aït Oubane, près du lieu du rapt.

Selon le quotidien El-Watan qui a suivi les militaires durant leur intervention, l’armée algérienne a désormais identifié les cinq djihadistes ayant participé à la décapitation d’Hervé Gourdel. Âgés de 20 et 54 ans, les bourreaux sont en majorité natifs de Boumerdès et de Bouira, précise le journal, qui ajoute que les moyens de reconnaissance les plus sophistiqués ont été utilisés pour examiner les vidéos réalisées par le groupuscule.

Celui qui a égorgé Hervé Gourdel est le mufti de Jund Al-Khilafa. Originaire d’Alger et vétéran des groupes armés islamistes de la guerre civile des années 1990, Abdelmalek Gouri est l’ancien bras droit de Abdelmalek Droukdel, chef d’al-Qaida au Maghreb islamique (AQMI).

Un campement abandonné dans la précipitation

Dans le camp où a été tournée la scène d’allégeance des membres du groupe Jund Al-Khilafa (soldats du Califat) à l’Etat islamique, ont été retrouvés des obus de mortier, de la nourriture, des médicaments, des chaussures, des ustensiles de cuisine, les restes d’une vache rôtie, un téléphone portable contenant des photos d’islamistes armés. La quantité d’effets personnels suggère que les djihadistes ont pris la fuite précipitamment lorsqu’ils ont réalisé que les militaires se rapprochaient.

En revanche, les militaires qui traquent, en tout, une quarantaine de djihadistes dans la forêt kabyle d’Aït Ouabane, n’ont pas retrouvé le corps du guide de haute-montagne.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/10/11/01003-20141011ARTFIG00112-l-executeur-d-herve-gourdel-identifie.php

L’exécuteur d’Hervé Gourdel identifié

Selon les autorités algériennes, l'armée mène de front plusieurs opérations pour retrouver le corps du guide de haute montagne et «neutraliser le groupe terroriste».
 

VIDÉO – Le quotidien algérien El Watan explique qu’il s’agit de Kherza Bachir, «un terroriste notoire qui fait office de mufti du groupe» ayant enlevé le Français.

Alors que l’armée algérienne poursuit sa traque des tueurs d’Hervé Gourdel, l’otage français décapité en septembre en Kabylie, le quotidien algérien El Watan annonce samedi que l’armée a identifié la personne l’ayant exécuté. Le même quotidien annonçait vendredi que l’armée avait retrouvé le campement de ses ravisseurs et identifié les cinq djihadistes ayant participé à la décapitation du guide de haute montagne.

«Tous les membres du groupe (…) ont été identifiés grâce à des moyens scientifiques irréfutables», explique le journal sur son site internet. «L’égorgeur (…) n’est autre que Kherza Bachir, un terroriste notoire qui fait office de mufti du groupe». Abdelmalek Gouri, ex-bras droit du chef d’al-Qaida au Maghreb islamique, serait le chef de ce groupe, et non l’exécuteur d’Hervé Gourdel, comme nous l’expliquions vendredi. Bachir, poursuit El Watan, est âgé d’une cinquantaine d’années. «Il est natif de Bab El Oued, à Alger, et a à son actif de nombreux assassinats et attentats terroristes». Le journal cite également le nom de deux autres personnes présentes sur la vidéo de la décapitation.

La majorité des terroristes de la vidéo identifiés

«Les services de sécurité ont également identifié la majorité des 32 terroristes qui apparaissent sur la vidéo, diffusée après la décapitation et qui concerne la réunion du groupe Jund Al Khilafah annonçant son allégeance à l’organisation terroriste Daech». Quant à Gouri, sa voix aurait été identifiée sur cette dernière vidéo dans laquelle il n’apparaîtrait pas. L’ancien bras droit d’Abdelmalek Droukdel, chef d’al-Qaida au Maghreb islamqiue, décrit comme «très ambitieux», n’aurait pas plus de 40 terroristes sous son autorité. «II n’y a aucun lien structurel entre son groupe et Daech» qui lui aurait servi de tremplin médiatique, poursuit le quotidien.

Sur une vidéo tournée suite à la découverte du campement des ravisseurs, on voit des obus de mortier, de la nourriture, des médicaments, des chaussures, des ustensiles de cuisine, les restes d’une vache rôtie, un téléphone portable contenant des photos d’islamistes armés. La quantité d’effets personnels suggère que les djihadistes ont pris la fuite précipitamment lorsqu’ils ont réalisé que les militaires se rapprochaient.

L’armée mène de front plusieurs opérations pour localiser les assassins d’Hervé Gourdel et récupérer sa dépouille. Trois islamistes armés ont été tués vendredi par l’armée non loin de la région où a été détruit le campement, a annoncé vendredi le ministère algérien de la Défense. Lors de cette opération «de ratissage et de bouclage», qui est «toujours en cours» selon le ministère, deux kalachnikovs et un fusil semi-automatique ont notamment été récupérés.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/le-nom-de-l-assassin-d-herve-gourdel-est-desormais-connu-11-10-2014-4205589.php

Le nom de l’assassin d’Hervé Gourdel est désormais connu

 

Publié le 11.10.2014, 15h52 | Mise à jour : 16h22

Hervé Gourdel. 

Hervé Gourdel.  | (Document Facebook.)

 

Il s’appelle Bachir Kherza et, à en croire El Watan qui révèle son nom, c’est «un terroriste notoire.» Cet homme d’une cinquantaine d’année serait, selon le journal algérien, l’auteur de la décapitation d’Hervé Gourdel, l’ex-otage français assassiné dans les montagnes de Kabylie par un groupe terroriste qui a fait allégeance à Daesh.

Affaire de la décapitation d'Hervé Gourdel : plusieurs enquêtes en cours dans Attentats empty

Originaire de Bab el Oued, un quartier d’Alger, il aurait à son actif de nombreux assassinats et attentats lors de la guerre civile dans les années 90. Il est considéré comme le «mufti» (interprète de la loi musulmane, ndlr) du groupe Jund Al-Khilafa (les soldats du Califat).

L’armée algérienne avait déjà fait savoir hier qu’elle avait identifié les cinq auteurs de l’exécution de l’alpiniste originaire de Nice, mais sans donner les noms. Ce samedi, El Watan en donnne deux, en plus de Bachir Kherza  : Athmane El Acimi, aussi natif de Bab El Oued et Abou Souleimane de Boumerdès, à 45 km à l’est de la capitale.

Gouri, l’émir du groupe

On apprend par ailleurs que les 32 individus présents sur la vidéo de la décapitation d’Hervé Gourdel ont été identifiés par les services de sécurité, qui recherchent toujours le corps d’Hervé Gourdel. Un homme n’apparaît pas sur les images mais sa voix aurait été authentifiée : il s’agit de l’émir du groupe, nommé Gouri.

Selon El Watan, ce dernier, après avoir purgé cinq ans de prison pour terrorisme en 2006, a repris le maquis dés sa sortie, emmenant avec lui des hommes que l’on retrouve sur la vidéo. Son groupe serait composé d’une quarantaine d’individus.

Ces annonces interviennent alors que la traque s’intensifie pour mettre la main sur les responsables de l’enlèvement et de l’assassinat du Français et retrouver son corps. Depuis la destruction du campement des jihadistes du Jund Al-Khilafa, jeudi, l’armée algérienne a ainsi annoncé avoir tué huit islamistes armés dans des zones au sud de Lakhdaria, non loin du massif du Djurdjura.

LeParisien.fr

 

http://www.leparisien.fr/international/assassinat-d-herve-gourdel-l-identification-du-tueur-est-toujours-en-cours-selon-alger-13-10-2014-4210115.php

Assassinat d’Hervé Gourdel : l’identification du tueur toujours en cours, selon Alger

 

Publié le 13.10.2014, 15h52 | Mise à jour : 16h50

Un portrait du guide de haute montagne Hervé Gourdel, décapité en Algérie, devant l'hôtel de ville de Nice, le 25 septembre 2014

Un portrait du guide de haute montagne Hervé Gourdel, décapité en Algérie, devant l’hôtel de ville de Nice, le 25 septembre 2014 | AFP/Valery Hache

 

Alger ne confirme toujours pas si le terroriste ayant décapité le 21 septembre l’alpiniste français Hervé Gourdel est bien le sanguniaire de Bab-el-Oued, Bachir Kherza. L’identification des assassins présumés de l’otage, dont l’auteur de l’égorgement, «est toujours en cours» s’est contenté d’affirmer lundi le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh.

Il s’est refusé de confirmer si l’exécuteur de cet horrible assassinat était Bachir Kherza comme cela a été rapporté par la presse locale en fin de semaine dernière.

Selon le ministre algérien, les autorités étaient aussi en train de procéder, grâce à des analyses ADN, à l’identification des huit «terroristes» tués dans une opération de l’armée lancée en Kabylie, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger, après l’enlèvement du guide de haute montagne niçois de 55 ans. Pourtant, dans son édition de samedi, le quotidien francophone «El Watan» s’est montré formel. Il affirmait que Bachir Kherza, présenté comme le «mufti» des jihadistes algériens de Jund Al-Khilafa (les soldats du Califat, ayant fait allégeance à l’organisation Etat islamique), avait été identifié comme l’exécuteur d’Hervé Gourdel. «El-Watan», qui ne cite pas les sources lui ayant permis d’identifier Bachir Kherza, rapporte que l’émir islamiste a, à son actif, de nombreux assassinats et attentats terroristes.

Ce quinquagénaire originaire du quartier populaire de Bab El-Oued, à Alger, est en effet un vétéran des groupes armés islamistes actifs lors de la guerre civile des années 1990, qui a fait 200.000 morts en une décennie, ajoute le journal. Et comme durant les années noires du terrorisme en Algérie, des sources sécuritaires, sous couvert d’anonymat, émettent souvent des réserves sur les informations de presse en matière de terrorisme.

Selon un expert de la lutte antiterroriste, Bachir Kherza est en réalité âgé de 36 ans. Surnommé Abou Abdallah Otmane el Assimi (de Assima, la capitale), il est né à la Casbah, la vieille ville d’Alger, tout près de Bab-el-Oued. Sa famille a ensuite déménagé à Bab-Ezzouar à l’extrême est de la capitale d’où il a rejoint Aqmi (Al Qaida au Maghreb islamique) en 2006.  Pour lui, Bachir Kherza est apparu le visage découvert fin septembre dans une vidéo où il renouvelait l’allégeance de Jund al khilafa à l’EI. Alors que dans la vidéo mettant en scène l’exécution d’Hervé Gourdel, l’égorgeur apparaissait masqué.

Les autorités algériennes ont juste confirmé la destruction du camp où, semble t-il, s’est déroulé le drame visant le Français, et la mort de cinq personnes lors des ratissages de l’armée dans la même région. Trois autres ont été tuées la même semaine à un barrage de gendarmerie.

L’enquête sur la mort de Hervé Gourdel a été confiée à une juridiction d’Alger, spécialisée dans les affaires de terrorisme et le crime organisé. A Paris, une information judiciaire a été parallèlement ouverte.

VIDEO. Français enlevé en Algérie : qui sont les preneurs d’otage?

 
LeParisien.fr avec_afp dans Crime



Pourquoi Josette Brenterch du NPA de Brest hait-elle tant François Heilbronner ?

Mais qui est donc François Heilbronner ?

PDG du groupe GAN de 1986 à 1994, il est aussi connu comme un ami de Jacques Chirac.

Mais ce n’est pas pour cette raison que Josette Brenterch du NPA de Brest peut tellement lui en vouloir, elle dont le père a été gaulliste et qui a elle-même appelé à voter Chirac au second tour de l’élection présidentielle de 2002.

Non. Surtout, par-dessus tout, deux directeurs du groupe GAN ont jadis témoigné en ma faveur et contre ses amis proxénètes, ceux-là même avec qui elle tente de me contraindre à la prostitution par tous les moyens depuis des lustres.

C’est rédhibitoire.

Le PDG du groupe s’est ensuite laissé entraîner dans des opérations douteuses de son beau-fils Imad Lahoud, le même qui jouera plus tard un rôle très trouble dans l’affaire dite Clearstream 2.

Le monde est petit.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Heilbronner

François Heilbronner

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Heilbronner.
Pourquoi Josette Brenterch du NPA de Brest hait-elle tant François Heilbronner ? dans Attentats 35px-Crystal_Clear_app_Volume_Manager 35px-Nuvola_apps_kedit.svg dans Crime
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François Heilbronner (né le 17 mars 1936) est un homme d’affaires, ancien haut fonctionnaire français (Inspecteur des Finances).

Biographie

D’origine juive alsacienne1, François Heilbronner devient, en 1972, chef de cabinet du ministre de l’Agriculture, Jacques Chirac puis de 1975 à 1976, directeur adjoint du cabinet du Premier ministre Jacques Chirac2 De 1986 à 1987, il est directeur adjoint du cabinet du Premier ministre Jacques Chirac2et de 1986 à 1994, président de la compagnie d’assurance nationalisée le GAN2 Il est mis en examen dans l’affaire Clearstream 2 en 2002.

Vie privée

François Heilbronner est le beau-père d’Imad Lahoud, cité dans l’affaire Clearstream 2. Sa fille, Anne-Gabrielle Heilbronner, l’épouse d’Imad Lahoud, a travaillé au cabinet d’Éric Woerth, secrétaire d’État de la réforme de l’État, puis de Philippe Douste-Blazy, ministre des Affaires étrangères.

Notes et références

  1. La guerre des Trois, de Serge Raffy
  2. a, b et c «La chasse aux corbeaux» [archive] Le Point le 17 janvier 2009

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Imad_Lahoud

Imad Lahoud

45px-Question_book-4.svg dans Folie
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Imad Lahoud (Arabe: عماد لحود), né au Liban le 7 octobre 1967, est un homme d’affaires français, actuellement professeur de mathématiques, cité dans plusieurs affaires politico-financières, en particulier l’affaire Clearstream 2. Dans cette affaire, les médias lui associent généralement le qualificatif d’« informaticien ».

Liens familiaux

Imad Lahoud est le fils de Victor Lahoud, et frère de Marwan Lahoud, ancien chief executive officer de MBDA, la branche missile d’EADS issue de la fusion de l’Aérospatiale et des missiles Matra et nouveau directeur général d’EADS, nommé en juin 2007.

La parenté supposée d’Imad et Marwan avec le général Émile Lahoud, président de la République du Liban a été longtemps entretenue par Imad lui-même1. Du fait de l’ampleur prise par l’affaire Clearstream 2 en France en avril 2006, la présidence de la République libanaise a dû affirmer dans un communiqué que Imad n’avait aucun lien de parenté avec le chef de l’État Émile Lahoud, mais que ce dernier a par contre un neveu prénommé Imad2.

Imad Lahoud épouse Anne-Gabrielle Heilbronner le 9 juillet 19912. Celle-ci a été conseillère chargée du budget et des questions économiques internationales auprès du ministre des Affaires étrangères Philippe Douste-Blazy. Elle était auparavant directrice de cabinet d’Éric Woerth, secrétaire d’État à la réforme de l’État.

Imad Lahoud est ainsi le gendre de François Heilbronner, ancien directeur adjoint et directeur du cabinet du Premier ministre Jacques Chirac (de 1975 à 1976 et 1986) avant d’être nommé président directeur général du groupe d’assurances Gan2.

Parcours

Imad Lahoud est né dans une famille chrétienne maronite du Liban. Après des études au lycée jésuite Saint-Louis-de-Gonzague à Paris 16e, Imad Lahoud obtient une maîtrise de mathématiques, puis deux DEA en 1990 et 1991, l’un de physique des solides, l’autre de probabilités et processus aléatoires, qui lui vaudront une embauche chez Merrill Lynch à Londres.

Imad Lahoud a débuté sa carrière financière en gérant les fonds de riches familles arabes. Il passe quatre ans à Londres dont un séjour chez Salomon Brothers.

En 1998, il crée le fonds Volter Fund : 40 millions d’euros hébergés aux îles Vierges et gérés par HL Gestion (HL pour Heilbronner et Lahoud). Gan, Fortis et les AGF y investissent. Imad Lahoud fait alors l’objet d’un reportage d’Éric Rochant, Traders, programmé sur Arte le 10 avril 20012.

Le fonds fait faillite en trois jours à la rupture de la bulle des nouvelles technologies, à l’été 2000. Fortis porte plainte en juillet 2000 pour escroquerie et usage de faux. Imad Lahoud fait trois mois de détention provisoire à la prison de la Santé.

Début février 2003, il collabore ponctuellement avec la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) pour lutter contre le financement du terrorisme, mais cette collaboration prend rapidement fin à la fin du mois de mai.

Selon le journal Libération du 3 mai 2006, il prétendait détenir des informations sur des opérations de « noircissement d’argent » propre vers des fonds clandestins autour de la famille Ben Laden jusqu’à début 2001. À la demande du général Philippe Rondot, une dizaine de rencontres sont organisées entre la DGSE et Imad Lahoud de janvier à avril 2003. Des missions de récupération de documents sont alors programmées, mais « à chaque fois quelque chose ne collait pas »[évasif]. En avril 2003, la DGSE arrête cette collaboration. Les juges saisissent le « dossier de contact » avec Imad Lahoud pendant leur perquisition à la DGSE fin mars 2006.

Jusqu’en juin 2004, il travaille aux côtés du général Rondot, chargé au ministère de la Défense de la coordination des services de renseignements et des opérations spéciales.

Il est alors recruté en 2004 par Jean-Louis Gergorin à EADS comme consultant puis est nommé en 2005 directeur scientifique au centre de recherche de Suresnes. Il est licencié par EADS en mai 2006.

En juillet 2009, suite à deux tentatives infructueuses en 2007 et 2008, il obtient l’agrégation de mathématiques, au 196e rang sur 2503, et est, suite à un stage dans le secondaire4, enseignant en classe préparatoire aux grandes écoles (CGPE) en tant qu’enseignant remplaçant tout d’abord puis titularisé à la rentrée de septembre 2010. Il enseigne au lycée Carnot en semaine et à Intégrale les week-ends et pendant les vacances scolaires5,6 . Il quitte le lycée Carnot en 2013 à la suite d’un conflit d’intérêts : ses collègues l’accusaient de débaucher ses meilleurs élèves pour qu’ils le rejoignent à Intégrale. Il enseigne à présent à plein temps à Intégrale et n’a plus aucun lien avec le lycée Carnot.

Etc…



Le juge Trévidic autorisé à enquêter en Algérie et au Pakistan

Le juge antiterroriste Marc Trévidic a récemment été enfin autorisé à se rendre en Algérie et au Pakistan pour y enquêter sur l’assassinat, en 1996, des moines de Tibhirine, ainsi que sur l’attentat ayant coûté le 8 mai 2002 à Karachi la vie de onze Français employés de la DCN, en des lieux plus que jamais infestés de coupeurs de têtes, kamikazes et poseurs de bombes très irrités par l’ingérence de la France dans leurs affaires et la présence de Français sur leurs territoires.

On lui souhaite bien du courage.

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/alpes/2014/09/05/le-juge-trevidic-va-pouvoir-enqueter-en-algerie-sur-les-moines-de-tibhirine-544872.html

Le juge Trévidic va pouvoir enquêter en Algérie sur les moines de Tibhirine

 

La justice algérienne a donné son feu vert à une visite, en octobre, du juge français chargé de l’enquête sur l’assassinat des sept moines de Tibhirine, en 1996. Après deux reports cette année, qui ont provoqué la colère du magistrat, l’Algérie semble enfin ouvrir ses portes.

  • F.G avec AFP
  • Publié le 05/09/2014 | 15:49, mis à jour le 05/09/2014 | 16:14
Hommage aux moines de Tibhirine en Algérie en 2007 © AFP
© AFP Hommage aux moines de Tibhirine en Algérie en 2007

 

Un certain nombre des moines assassinés il y a 18 ans avaient de la famille dans les Pays de Savoie. Ces hommes de prière étaient issus de l’Abbaye de Tamié, en Savoie. Dans les Alpes, on a donc toujours suivi, avec intérêt, l’enquête qui, au final, a beaucoup fait de surplace. Un espoir vient aujourd’hui de l’Algérie.  »Les autorités judiciaires ont donné leur feu vert à une visite les 12 et 13 octobre en Algérie » du juge français Marc Trévidic, a affirmé, mercredi 3 septembre, le ministre algérien de la Justice, Tayeb Louh.

Marc Trévidic © AFP

 
Le magistrat antiterroriste, qui enquête sur cet assassinat, a dû reporter deux fois cette année cette visite, notamment faute d’avoir reçu l’invitation officielle d’Alger. Le 9 juillet, M. Trévidic s’était montré excédé de ces reports: « il va falloir savoir si on se moque de nous », avait-il lancé sur la radio France Inter.M. Trévidic et sa consoeur Nathalie Poux avaient obtenu en novembre 2013 l’accord de principe des autorités algériennes pour assister à l’exhumation des têtes des moines enterrées à Tibhirine, et à leur autopsie dans le but de faire la lumière sur leur assassinat. On sait aujourd’hui que la procédure d’expertise et d’autopsie sera assurée par des experts algériens. Le magistrat algérien, en charge de ce dossier, doit, de son côté, se rendre en France le 21 octobre pour mener des auditions.

Seules les têtes avaient été retrouvées

Les moines avaient été enlevés dans la nuit du 26 au 27 mars 1996, dans leur monastère isolé de Tibhirine, près de Medea (90 km au sud d’Alger). Le rapt avait été revendiqué un mois plus tard par le Groupe islamique armé (GIA) via un communiqué. Le 21 mai, un second communiqué annonçait l’exécution des religieux dont seules les têtes avaient été retrouvées, neuf jours plus tard, au bord d’une route de montagne. Trois moines, qui avaient échappé à l’enlèvement, ainsi que des villageois, ont confirmé aux gendarmes l’implication du GIA dans le rapt survenu dans une des zones les plus troublées d’une guerre civile qui a fait environ 200.000 morts en une décennie.

Des versions contradictoires

Le 25 juin 2009, l’ancien attaché militaire de l’ambassade de France à Alger, le général François Buchwalter, a livré à M. Trévidic le témoignage indirect d’un militaire algérien. Ce général a expliqué que « les hélicoptères (de l’armée) ont vu un bivouac (…) pour eux, ça ne pouvait être qu’un groupe armé. Ils ont donc tiré sur le bivouac (…) Une fois posés, ils ont découvert qu’ils avaient tiré notamment sur les moines. Les corps des moines étaient criblés de balles ». C’est pour dissimuler cette bavure que les corps auraient été décapités.

Outre la présence d’impacts de balles, les analyses prévues sur les têtes visent notamment à établir si la décapitation a été menée avant ou après la mort et pourraient permettre d’écarter certains témoignages et d’en accréditer d’autres.

Lors de sa visite en France, le juge algérien souhaite interroger Pierre le Doaré, ancien chef d’antenne des services secrets français (DGSE) à Alger (1994-1996), et Jean-Charles Marchiani, ancien officier du même service et ex-préfet du Var, selon le quotidien francophone algérien El Watan. M. Marchiani, qui avait été chargé d’une mission auprès du GIA, a confirmé à M. Trévidic en 2012 que cette mission avait été décidée par le président Jacques Chirac pour négocier une rançon, mais que le Premier ministre d’alors, Alain Juppé, qui n’en avait pas été informé, y a mis fin, signant « l’arrêt de mort des moines », selon le témoignage de M. Marchiani.

De son côté, Pierre le Doaré avait reçu dans les locaux de l’ambassade de France à Alger un émissaire du GIA qui lui avait remis une preuve de vie des religieux en captivité, selon plusieurs témoignages et documents versés au dossier.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/attentat-de-karachi-le-juge-trevidic-va-enfin-enqueter-au-pakistan-12-09-2014-4129745.php

Info le Parisien

Attentat de Karachi : le juge Trévidic va enfin enquêter au Pakistan

 

Elisabeth Fleury | Publié le 12.09.2014, 15h38 | Mise à jour : 15h42

Le juge français Marc Trevidic. 

Le juge français Marc Trevidic.  | LP / OC

 

Cela faisait presque deux ans que, pour les besoins de son enquête sur l’attentat de Karachi, le juge Marc Trévidic réclamait aux autorités d’Islamabad l’autorisation d’aller au Pakistan. A la faveur de l’été, le magistrat antiterroriste a enfin obtenu leur feu vert. De quoi relancer l’enquête sur ce drame qui, le 8 mai 2002, a causé la mort de 11 Français, employés de la Direction des constructions navales (DCN).

Reste à trouver une date et à s’entendre avec les autorités pakistanaises sur l’étendue des investigations qu’il pourra conduire sur place. Marc Trévidic espère s’y rendre au plus vite, «avant la fin de l’année», indique une source proche du dossier.

Son voyage peut s’avérer décisif . Car, aussi surprenant que cela puisse paraître dans une affaire criminelle de cette envergure, le dossier ne comporte quasiment rien sur les investigations menées, sur place, par les enquêteurs pakistanais. Aucun interrogatoire de suspect. Aucun témoignage. «Il n’y a pas, non plus, le moindre procès-verbal relatif à la scène de crime», relate une source judiciaire.

Les autorités pakistanaises ne sont pourtant pas restées inactives. Dès le lendemain de l’attentat, une centaine de suspects sont interpellés avant d’être, finalement, relâchés. En décembre 2002, trois hommes sont arrêtés, tous islamistes. L’un d’entre eux s’échappe. Ses complices présumés, condamnés à mort en 2003 par la cour anti-terroriste de Karachi, sont finalement acquittés et remis en liberté par la Haute Cour du Sind en juin 2009.

L’attentat n’a jamais été revendiqué

«L’accusation n’a pas pu apporter de preuve qui ne laisserait subsister aucun doute raisonnable», estime alors la haute juridiction. N’ayant été revendiqué par personne, l’attentat de Karachi n’a donc toujours pas, officiellement, d’auteur.

Des experts français, dépêchés sur la scène de crime au lendemain de l’attentat, ont pu analyser la nature de l’explosif utilisé. Leurs conclusions : il s’agit essentiellement de TNT, une substance utilisée par l’armée pakistanaise. Du coup, c’est sur les services secrets pakistanais que pèsent, aujourd’hui, les soupçons.

Ces derniers auraient pu organiser l’attentat pour punir la France d’avoir stoppé le versement de commissions en marge du contrat Agosta, signé en 1994 avec le Pakistan, et prévoyant la livraison de trois sous-marins. Cette hypothèse a abouti, en France, à l’ouverture du volet financier de l’enquête que le juge Renaud Van Ruymbeke a très récemment clôturé.

A l’occasion de sa visite, Marc Trévidic souhaite consulter l’intégralité de la procédure judiciaire pakistanaise, «y compris la retranscription des audiences». Douze ans après les faits, des témoins-clés ont peut-être encore des choses à dire : le magistrat entend réclamer, à cet effet, un certain nombre d’auditions. Si les autorités pakistanaises l’acceptent, c’est à coup sûr un travail de Titan qui attend le juge avec, qui sait, de nouveaux rebondissements à la clef.

LeParisien.fr

 

http://www.lepoint.fr/societe/djihad-en-syrie-trevidic-ceux-qui-rentrent-sont-degoutes-par-ce-qu-ils-ont-vu-08-09-2014-1861320_23.php

Djihad en Syrie – Trévidic : « Ceux qui rentrent sont dégoûtés par ce qu’ils ont vu »

 

Le Point – Publié le 08/09/2014 à 16:59

L’emblématique juge antiterroriste Marc Trévidic évoque les profils et les témoignages d’apprentis djihadistes français de retour de Syrie. Entretien.

 

Des combattants djihadistes du Front al-Nosra en Syrie.

Des combattants djihadistes du Front al-Nosra en Syrie. © GUILLAUME BRIQUET/CITIZENSIDE / AFP

 
Propos recueillis par
 

Le juge antiterroriste Marc Trévidic ©  JACQUES DEMARTHON/AFP PHOTO

 
D’après le procureur de Paris, 942 Français seraient partis en Syrie ces deux dernières années. Un phénomène de grande ampleur, qui touche aussi les femmes et les mineurs, en France comme à l’étranger. Et qui fait craindre la multiplication de Merah ou de Nemmouche en puissance. En France, le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a annoncé en avril dernier l’activation d’un plan anti-djihad. Marc Trévidic, juge emblématique du pôle antiterrorisme du TGI de Paris et spécialiste des filières islamistes, revient pour Le Point.fr sur ces mesures. Il évoque aussi les profils, toujours plus diversifiés, les missions et les témoignages des apprentis djihadistes français partis rejoindre la Syrie. Entretien.

 
Le Point.fr : Quelles sont les différences entre vos premiers dossiers concernant les affaires liées à l’islamisme radical et ceux auxquels vous êtes confronté aujourd’hui ?

Marc Trévidic : La première évolution majeure, c’est que nous sommes passés d’un terrorisme professionnel à un terrorisme d’amateur. Le GIA (Groupe islamique armé en Algérie) – qui avait une mission très territoriale et non une logique internationale – expliquait ses actes par la raison. Il n’y avait pas d’attentats kamikazes à cette époque. Les gens ne se faisaient pas sauter, cela ne faisait pas partie de leur mode opératoire. C’étaient des actes plus longs qui s’inscrivaient dans la tradition du terrorisme d’État. Par ailleurs, les personnes concernées lisaient et avaient des fondements religieux : elles pouvaient passer des heures à tenter de convaincre, à prêcher. Désormais, les candidats au djihad ne sont le plus souvent convaincus que par l’image : des clichés ou des vidéos d’exécutions, d’égorgements, de kalachnikovs. Ils font appel à l’émotion, aux images fortes, pas à la raison. La plupart des jeunes qui partent en Syrie sont ainsi très peu radicalisés au fond.

Il semble difficile d’établir un profil-type des Français qui rejoignent la Syrie…

Il y a deux ans, j’aurais dit qu’il s’agissait d’un jeune, entre 20 et 22 ans, en difficulté sociale, qui a côtoyé les milieux radicaux. Aujourd’hui, il y a parfois des jeunes filles de 17 ans, de 14 ans… On voit des mineurs, des femmes partir, ce qui n’a jamais été le cas auparavant. C’est, entre autres, le fruit d’une radicalisation via Internet.

Quel est le rôle des femmes sur place ?

Nous n’avons pas de preuves qu’elles combattent. Il n’y a pas de prostitution les concernant, mais, le plus souvent, elles doivent épouser des combattants. Parfois, elles doivent en épouser quatre à cinq différents : il arrive que leur époux meure et soit immédiatement remplacé par un autre.

Quelles sont les tâches assignées aux hommes par l’État islamique ou, dans une moindre mesure, le Front al-Nosra ?

Ces missions peuvent être très différentes. Récemment, un Français a par exemple été chargé d’être fossoyeur : pendant trois mois, il a enterré des cadavres avant de rentrer ! Mais la plupart, bien sûr, combattent. Il arrive même qu’ils luttent contre des groupes opposés, où ils retrouvent d’autres Français ! Certains ont d’ailleurs quitté le Front al-Nosra pour l’EI et vice-et-versa.

Que vous racontent ceux qui sont rentrés en France ?

La majorité d’entre eux témoignent de scènes abominables, notamment à Racca (dans le centre de la Syrie, NDLR). On a pu voir des photos qu’ils ont prises ou des photos publiées directement sur Internet. Il y a eu de nombreuses exécutions : sur certains clichés, on voit des têtes alignées sur la place publique. Certains ont été témoins, ou directement acteurs, d’atrocités. Ce n’est pas très encourageant d’entendre de tels témoignages.

Actuellement, existe-t-il beaucoup de potentiels Mohamed Merah qui ont regagné la France ?

Il y en a sûrement, c’est évident. Mais le profil de ceux qui sont partis en Syrie est tellement varié qu’il faut rester prudent. Il y a ceux qui versent dans le djihadisme comme dans le trafic de drogue, ceux qui deviennent incontrôlables en revenant – comme Mehdi Nemmouche -, et ceux qui sont partis combattre Bachar el-Assad et reviennent en disant « j’ai fait le djihad » et n’ont pas d’intention particulière à leur retour.

Selon le procureur de Paris, il y a 942 cas recensés de Français partis ou revenus de Syrie, 329 font l’objet d’une enquête et 35 d’une information judiciaire. Comment faites-vous pour les surveiller ?

Nous faisons vite, donc je pense qu’il nous arrive de faire mal. Dans les conflits précédents (Bosnie, Afghanistan, Irak), il n’y avait jamais plus de quarante Français concernés. Nous avions alors la capacité de les suivre. Mais ce n’est jamais évident de distinguer ceux qui, à leur retour, ont véritablement de mauvaises intentions. Avant, lorsqu’ils revenaient du Waziristan (région du nord-ouest du Pakistan hébergeant des talibans afghans et des islamistes d’al-Qaida, qui servirait de base d’entraînement aux apprentis djihadistes, NDLR), cela pouvait nécessiter un an d’enquête avant que nous ne décidions de les suivre. Désormais, on les arrête dès qu’ils rentrent sur le territoire. Ils écopent souvent de courtes peines, mais ensuite, nous ne savons pas ce qu’ils vont faire. La plupart de ceux que nous interrogeons à leur retour affirment être dégoûtés par ce qu’ils ont vu et ne plus vouloir y retourner. Faut-il pour autant les croire ? Le fait est que nous ne pouvons pas avoir un oeil sur tout le monde. D’autant que tous ne s’affichent pas sur Facebook et parfois, il n’est donc pas simple d’engager une procédure par manque de preuves.

Un plan antiterroriste a été décidé par le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. Répond-il à vos attentes ?

Pour l’instant, il n’est pas voté. Il sera discuté en commission des Lois au Sénat à la mi-septembre, avant que la discussion n’ait lieu à l’Assemblée nationale en octobre prochain. L’idée de la loi est de criminaliser le projet individuel, alors qu’auparavant, l’association de malfaiteurs à caractère terroriste obligeait à être au moins deux. Désormais, nous sommes dans l’idée d’arrêter quelqu’un qui est dans le projet d’un acte terroriste. Aussi, ce qu’il faudrait, c’est davantage de solidarité entre les nations pour lutter plus efficacement.

Le gouvernement a annoncé la création d’un numéro vert à destination des familles dont un membre serait tenté de partir en Syrie. Quelle est l’efficacité de ce service ?

Cela commence à porter ses fruits. En juin, 55 familles se sont signalées par ce biais. Nous constatons que la plupart d’entre elles ne sont pas radicales et ne sont pas musulmanes pratiquantes. Le numéro vert permet de faire remonter des informations et, surtout, de rassurer les familles.

>> Lire aussi Marc Trévidic : « Pas de repentir possible pour les terroristes »

 

http://www.roubaix.maville.com/actu/actudet_-marc-trevidic-%20les-profils-des-jihadistes-ont-change%20_une-2616198_actu.Htm

Mercredi 10 septembre 2014 22:01

Marc Trévidic : « Les profils des jihadistes ont changé »

photo marc trévidic, juge d’instruction et vice-président du pôle antiterrorisme de paris. © photo : daniel fouray / ouest-france

Marc Trévidic, juge d’instruction et vice-président du pôle antiterrorisme de Paris.© Photo : Daniel Fouray / Ouest-France

Les députés vont revoir le projet de loi visant à renforcer la lutte contre le terrorisme, dont les actions individuelles. « Indispensable », selon le juge Marc Trévidic.

 

« Une personne qui, sur le territoire français, fait des recherches sur le net, loue un local, achète du matériel, repère des cibles de façon complètement isolée, n’est pour l’instant pas punissable », rappelle Marc Trévidic, juge d’instruction et vice-président du pôle antiterrorisme de Paris. « Avec l’explosion de la radicalisation islamiste via internet, les profils ont changé. On se trouve confronté à des jeunes faiblement endoctrinés, au sens où leur culture de l’islam est faible, mais surexcités par les images ultraviolentes… »

Pour lire gratuitement notre entretien avec le juge Marc Trévidic dans l’édition du soir de ce mercredi, cliquez sur le lien ci-dessous :

>>> Marc Trévidic : « Les profils des jihadistes ont changé »

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/11/01003-20140911ARTFIG00105-djihad-le-juge-trevidic-alerte-sur-les-coupeurs-de-tete-francais.php

Djihad : le juge Trévidic alerte sur les coupeurs de tête français

    • Par Jean-Marc Leclerc
    • Mis à jour le 11/09/2014 à 11:12
    • Publié le 11/09/2014 à 10:24
Capture d'écran d'une vidéo d'exécution orchestrée par des djihadistes du Front al-Nosra en Syrie, le 16 mai 2013.

 

Selon le magistrat antiterroriste, de jeunes Français participent aux exécutions publiques en Syrie et s’exhibent même sur Internet, avec des têtes tranchées dans les mains. Certains ont des profils de tueurs en série, dit-il.

Après la diffusion, il y a neuf jours, par les islamistes, des images de la décapitation du journaliste israélo-américain, Steven Sotloff, le juge Trévidic, fait cette confidence inquiétante au Figaro: «Il y a dans nos dossiers antiterroristes des cas de jeunes Français qui ont été formés à couper des têtes par les djihadistes en Syrie. Certains ont directement mis en pratique ce qui leur a été enseigné en décapitant des personnes, lors d’exécutions publiques, notamment à Racca», ville syrienne tombée aux mains des djihadistes et proclamée capitale du califat créé le 29 juin dernier.

Ce magistrat français très chevronné, qui a repris le cabinet d’instruction du juge Bruguière depuis de nombreuses années, précise même que «circulent actuellement sur Internet des images de jeunes Français qui tiennent une tête coupée dans leur main». À le croire, «ils s’habituent à l’horreur», comme les enfants soldats d’Angola. «C’est dire leur degré de dangerosité» lorsqu’ils reviennent en France, selon lui.

Profils de plus en plus psychiatriques

Combien au juste de jeunes exaltés Français se livrent ou se sont livrés à de telles exactions? Une poignée sans doute parmi le millier de personnes, comptant les femmes et des mineurs, qui se sont rendus dans les zones de conflit. À ce jour, 370 djihadistes présumés font l’objet de poursuites judiciaires en France. Leurs parcours très variés nécessitent une action «sur mesure, au cas par cas», explique-t-on chez les experts du ministère de l’Intérieur.

Mais le juge Trévidic insiste sur le «durcissement des profils». Selon lui, «des profils de plus en plus psychiatriques émergent» dans les enquêtes. À l’entendre, «le djihad en Syrie draine des individus à ce point déséquilibrés que», même sans l’islam radical extrême dans lequel ils basculent, «l’on peut se demander s’ils n’auraient pas pu finir tueurs en série». Cet expert ajoute que «parmi les profils les plus pulsionnels, l’on croise des adolescents extrêmement isolés, y compris des gamins de 15 à 16 ans».

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2014/09/25/les-etats-unis-pas-au-courant-de-projets-d-attentats-de-l-ei-en-occident_4494665_3218.html

Sécurité renforcée dans les centres commerciaux et les grands magasins

 

Le Monde.fr | 25.09.2014 à 18h52 • Mis à jour le 26.09.2014 à 09h49 | Par Matthieu Suc

Patrouille de l'armée dans le cadre du plan Vigipirate à la gare du Nord, à Paris, le 4 octobre 2010.

 

Aucun détail n’avait filtré jusque-là sur le conseil de défense qui s’était tenu en milieu d’après-midi à l’Elysée, jeudi 25 septembre. « Les mesures de prévention contre les risques terroristes mises en œuvre sur le territoire national vont être renforcées dans les lieux publics et dans les transports », s’était contentée d’annoncer la présidence.

 

Jeudi soir, Matignon a détaillé dans un communiqué lesdites mesures. Il s’agit de l’application du plan « Vigipirate renforcé », et déjà adopté le 17 juillet. Avec néanmoins deux nouveautés : une intensification des patrouilles dans les gares et surtout un contrôle destiné à assurer la sécurité dans les grands magasins et les centres commerciaux.

Lire aussi : François Hollande rappelle la fermeté de la France face au terrorisme

La modalité de ces contrôles reste à déterminer après une concertation dans les jours qui viennent avec les entreprises concernées. Parmi les mesures envisagées, un contrôle systématique des sacs à l’entrée des grands magasins. Par ailleurs, note le communiqué, « le ministre de l’intérieur adressera aux préfets une instruction précisant ces différentes mesures dont le détail opérationnel ne saurait être rendu public ».

CONTRÔLES D’IDENTITÉ

Le secrétariat général à la défense et à la sécurité nationale (SGDSN), qui gère « Vigipirate », a pécisé dans un communiqué que ces « patrouilles fréquentes », menées de « manière ponctuelle et aléatoire », pourront notamment « comporter des contrôles d’identité ».

Les mesures de sécurité en vigueur comportent « la restriction ou l’interdiction de stationnement ou de circulation aux abords de certains bâtiments, lieux ou installations sensibles ainsi que des opérations de surveillance des principaux sites touristiques, des lieux de culte, des aérogares et des gares ».

DÉMENTIS FRANÇAIS ET AMÉRICAIN

Enfin, Matignon a pris soin d’éteindre l’incendie après les propos d’Haïdar Al-Abadi, le premier ministre irakien, qui, en marge de l’Assemblée générale des Nations Unies, à New York, jeudi, a affirmé à des journalistes américains que l’Etat islamique préparait des attentats dans les métros de Paris et des Etats-Unis :

« Aujourd’hui, j’ai reçu des renseignements de Bagdad, où ont été arrêtés certains éléments, laissant penser que des réseaux présents en Irak préparent des attentats. Au vu des détails que j’ai reçus, cela semble crédible. »

Dans son communiqué, Matignon a pris soin de préciser que « les services de renseignement français ne disposent à cette heure d’aucun élément permettant de confirmer les propos tenus aujourd’hui par le premier ministre irakien concernant des menaces contre le métro. Les mesures décidées lors du conseil restreint de défense l’ont été indépendamment et préalablement à ces déclarations ».

Dans la soirée, diverses sources policières affectées à la surveillance des transports en commun nous ont assuré ne pas avoir reçu de consignes particulières de vigilance. Et, Place Beauvau, on confirmait que le niveau « alerte attentat », dernière étape du plan « Vigipirate », déclenché lorsque la menace est imminente et précise, n’était pas envisagé.

De leur côté, les Etats-Unis ont également affirmé jeudi ne pas disposer d’éléments corroborant des informations données par le premier ministre irakien. Les Etats-Unis ont eu connaissance par le passé de menaces de divers groupes radicaux, mais il n’y a rien eu de tel récemment concernant un éventuel projet imminent de la part de l’Etat islamique, selon un responsable américain, cité anonymement par l’agence de presse Reuters.

Toutefois, le chef de la police de New York, William Bratton, a indiqué que ses services avaient renforcé la présence policière dans les métros et les rues de la ville après la mise en garde du premier ministre irakien.

Les Etats-Unis et la France, avec plusieurs pays du Proche-Orient, mènent depuis plusieurs jours des frappes contres des cibles de l’EI en Irak et, plus récemment, en Syrie.

  • Matthieu Suc
    Journaliste au Monde


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