Nouveau témoignage dans l’affaire de l’attentat de Karachi

Révélée au public vendredi 13 novembre 2015 à la première heure, cette information a été vite éclipsée par les nouveaux attentats commis le soir même.

Notons que dans l’article publié par l’Obs à ce sujet, le nom de « Verger », pseudonyme d’un agent de la DST, a été remplacé deux fois par celui de « Verdier ».

Probablement s’agit-il là d’une facétie de journaliste.

Le nom de Verdier est en fait celui de la juge d’instruction brestoise ultra CORROMPUE qui de 2012 à 2014 a multiplié les violations éhontées de tous les articles de loi auxquels elle était censée se référer pour instruire mes plaintes.

Sachant très bien quelles étaient mes fonctions sur un projet classé de la Défense nationale en 1994, et toutes les attaques que je subissais alors de la part de criminels en relation avec Josette Brenterch du NPA de Brest, tentatives d’assassinat y compris, lesquelles attaques se sont depuis lors toujours poursuivies, elle cherchait visiblement à obtenir un non-lieu dans l’affaire de l’attentat de Karachi du 8 mai 2002.

 

http://www.franceinter.fr/depeche-nouvelles-revelations-sur-lattentat-de-karachi

Dépêches > justice du vendredi 13 Novembre à 11H00

 

Nouvelles révélations sur l’attentat de Karachi

 

Nouveau témoignage dans l'affaire de l'attentat de Karachi dans Attentats maxnewsworldtwo126316La stèle érigée en mémoire aux victimes de l’attentat de Karachi à Cherbourg © MaxPPP/L’Est Républicain/Alexandre Marchi – 2015

« L’homme de l’ombre » de l’affaire Karachi était bien dans le radar des services secrets français. C’est une information France Inter/Le Monde. Des documents récemment déclassifiés permettent d’en savoir un peu plus sur le possible commanditaire de l’attentat de Karachi (11 français employés de la Direction des constructions navales, tués au Pakistan, le 8 mai 2002), le saoudien Ali Ben Moussalem. Officiellement, les services secrets français n’ont jamais travaillé sur cet « homme de l’ombre » de l’affaire Karachi. Or, pour la première fois, un ancien membre de la DST (Direction de la surveillance du territoire) reconnait avoir enquêté sur ce Ben Moussalem avant la présidentielle de 1995.

 

Ali Ben Moussalem est un peu « le fantôme de l’affaire Karachi ». Mort en 2004, en Suisse, ce sulfureux intermédiaire saoudien se trouve au cœur de « l’argent noir » des gros contrats d’armements conclus par les balladuriens avant la présidentielle de 95. La vente de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite. Après la victoire de Jacques Chirac en 95, une partie de « l’argent noir » de ces contrats est réorienté, échappe à Ben Moussalem, qui aurait pu vouloir se venger.

 

POUR EN SAVOIR PLUS :

Ali Ben Moussalem, le fantome de l’affaire Karachi

Ben Moussalem, l’homme de l’ombre de l’affaire Karachi

 

Ecoutez les explications de Benoît Collombat

 

 

 

Officiellement, les services secrets français n’ont jamais enquêté sur Ben Moussalem

Pourtant, au moment de l’attentat de Karachi, Ben Moussalem finance des mouvements djihadistes. Or, pour la première fois, un ancien membre de la DST (Direction de la surveillance du territoire) reconnait que les « services »  ont bien enquêté sur Ben Mussalem, suite aux informations données par l’une de leurs sources, un certain Gérard Willing, qui, lui aussi, a été entendu dans la procédure judiciaire.

 

Le témoignage écrit de cet ex-agent, dont le nom de code est « Verger », a été entièrement déclassifié, après le feu vert du ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve. L’homme confirme également que la DST suivait à la trace les rencontres entre Ben Mussalem et les balladuriens, dans une boutique, en plein Paris.

 

Lire un extrait du témoignage de l’agent « Verger » en poste à la DST de 1969 à 2002 :

En 1994-1995, je me suis intéressé aux activités de Cheikh Ali Ben Moussalem et de son bras droit Ziad Takieddine. Gérard Willing m’avait indiqué que la boutique Arije était une plaque tournante de trafic en tout genre et d’armes en particulier.

La DST a placé cette boutique sous surveillance. A notre grande surprise, sa campagne électorale étant lancée, nous avons observé que des membres du Parti républicain de F. Léotard se rendaient dans l’immeuble abritant Arije. Selon G. Willing, Arije bénéficiait d’un réseau de prostituées qui recevaient leurs clients dans des studios munis de caméras et de magnétophones.

P. Donnedieu de Vabres aurait rencontré Cheickh Ali Ben Moussalem à l’hôtel prince de Galles. Ce dernier lui aurait remis deux valises, pleines, selon G. Willing, d’argent. P. Donnedieu de Vabres aurait alors remercié Ben Moussalem en lui disant : « Merci pour la France, on vous le rendra ».

 

Pour l’avocate de victimes de l’attentat de Karachi, Marie Dosé, ce témoignage est la preuve que des documents concernant Ben Mussalem ont été détruits…

Non seulement les « services » ont travaillé sur Ben Mussalem, en effectuant des surveillances techniques, mais ils ont également découvert un lien entre Ben Moussalem et certains membres du Parti républicain qui travaillaient pour la campagne d’Edouard Balladur. Ce genre de surveillance donne toujours lieu à un document classifié. Les « services » nous ont menti en nous disant qu’ils n’avaient jamais travaillé sur Ben Moussalem. Quand on demande la déclassification des informations écrites sur Ben Moussalem, ils nous répondent qu’il n’y a pas de documents. Mais ce n’est pas parce que les services n’ont jamais travaillé sur Ben Moussalem, c’est parce que ces documents ont probablement été détruits après l’élection de Jacques Chirac, en 95 ! 

 

En revanche, tous les responsables des services de renseignement qui témoignent dans le volet terroriste de l’affaire Karachi, instruit jusqu’ici par le juge Marc Trévidic, disent n’avoir aucune information particulière sur Ben Moussalem.

 

Il s’agit de Raymond Nart (membre de la DST de 1964 à 1997), de Jean-Jacques Pascal (directeur de la DST de 1997 à 2002) et de Eric Bellemin-Comte (affecté à la DST en octobre 2001, aujourd’hui conseiller auprès du Coordinateur pour le renseignement à l’Elysée).

13 Novembre 2015 à 11:00

 

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/11/13/attentat-de-karachi-le-temoignage-qui-revele-les-dissimulations-de-la-dst_4808707_1653578.html

Attentat de Karachi : le témoignage qui révèle les mensonges de la DST

 

Le Monde.fr | 13.11.2015 à 06h52 • Mis à jour le 13.11.2015 à 13h10 | Par Soren Seelow

 

Sur les lieux de l'attentat de Karachi, le 8 mai 2002.

Personne ne connaît son nom. Dans le dossier d’instruction de l’attentat de Karachi, qui a fait quinze morts dont onze employés français de la Direction des constructions navales (DCN) le 8 mai 2002 au Pakistan, il apparaît sous son seul alias : « Verger ». Verger est un ancien agent de la Direction de surveillance du territoire (DST), l’ancêtre de la DGSI. Il n’avait encore jamais été entendu par la justice. C’est désormais chose faite. A la faveur d’un tour de passe-passe inédit, les magistrats instructeurs sont parvenus à contourner le secret-défense qui leur est opposé depuis le début de cette enquête.

 

DEPUIS 2009, LE JUGE MARC TRÉVIDIC CHERCHE À SAVOIR SI LE MOBILE POLITICO-FINANCIER A ÉTÉ VOLONTAIREMENT ÉTOUFFÉ AU PROFIT DE LA PISTE ISLAMISTE

 
Le témoignage de Verger, que Le Monde a pu consulter, a été déclassifié par le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, le 23 octobre. Il vient confirmer des informations longtemps tues par les responsables des services de renseignement : la DST, chargée en 2002 de l’enquête sur l’attentat, avait bel et bien travaillé dès les années 1990 sur un certain Ali Ben Moussalem, aujourd’hui considéré comme un personnage clé de l’affaire.

Depuis 2009, le juge Marc Trévidic – chargé de l’enquête jusqu’à son départ du pôle antiterroriste en août 2015 – cherche à savoir si la DST a enquêté sur cet homme et le lui a caché. En d’autres termes si le mobile politico-financier a été volontairement étouffé au profit de la piste islamiste. Les anciens responsables des services qu’il a auditionnés sur ce sujet se sont systématiquement retranchés derrière le secret-défense. Et ses innombrables requêtes en déclassification concernant Ali Ben Moussalem se sont jusqu’ici heurtées à la même réponse : la DGSI, qui a succédé à la DST, ne retrouve aucune trace de ce travail dans ses armoires.

Ce cheikh saoudien était à la tête d’un réseau d’intermédiaires – dont faisait partie Ziad Takieddine – imposé par le gouvernement Balladur dans plusieurs marchés d’armement en 1994 : la vente des sous-marins français Agosta au Pakistan et des frégates Sawari II à l’Arabie saoudite. Il est le pivot de la thèse selon laquelle l’attentat serait une mesure de rétorsion après l’interruption des commissions prévues par ces contrats. Quelques mois après son accession à la présidence de la République en 1995, Jacques Chirac avait décidé de mettre fin aux versements, qu’il soupçonnait d’avoir financé la campagne de l’ancien premier ministre devenu son rival dans la course à l’Elysée.

Ali Ben Moussalem – qui est mort en 2004 – est considéré comme la principale victime de cette décision, avec un préjudice estimé à 120 millions d’euros. Ses connexions avec les services secrets pakistanais et la mouvance terroriste en font, pour les tenants de la thèse politico-financière, un suspect potentiel.

Lire aussi : Attentat de Karachi : comment Bernard Cazeneuve a permis de contourner le secret-défense

« Merci pour la France, elle vous le rendra »

Le témoignage de Verger ne suffit pas à étayer le mobile financier de l’attentat. Il confirme en revanche que le renseignement intérieur a bien observé des transactions entre Ben Moussalem et des membres du gouvernement Balladur dans les années 90. La scène qu’il relate a été immortalisée par des « sous-marins » de la DST, des véhicules placés devant la boutique Arije – qui occupait le rez-de-chaussée de la permanence de campagne de Balladur à Paris – en face de l’hôtel Prince de Galles, propriété de Ben Moussalem :

« En 1994-1995, je me suis intéressé aux activités de cheikh Ali Ben Moussalem et de son bras droit, Ziad Takieddine. Gérard Willing [le correspondant de la DST dont Verger était l’officier traitant] m’avait indiqué que la boutique Arije était une plaque tournante de trafics en tout genre et d’armes en particulier. La DST a placé cette boutique sous surveillance. A notre grande surprise, la campagne électorale étant lancée, nous avons observé que des membres du parti républicain de François Léotard [ministre de la défense du gouvernement Balladur] se rendaient dans l’immeuble abritant Arije. (…) Donnedieu de Vabres [chargé de mission auprès de François Léotard] aurait rencontré Ben Moussalem à l’hôtel Prince de Galles. Ce dernier lui aurait remis deux valises, pleines, selon Gérard Willing, d’argent. Donnedieu de Vabres aurait alors remercié Ben Moussalem en lui disant : Merci pour la France, elle vous le rendra. »

Aucune trace de cette surveillance n’a été retrouvée dans les archives de la DGSI. Ce témoignage tend ainsi à confirmer les soupçons des parties civiles, convaincues depuis des années que l’appareil d’Etat leur cache la vérité. « Soit la DGSI ment à la justice et à son ministre de tutelle, soit les souvenirs de cet épisode peu reluisant de la rivalité entre Chirac et Balladur ont été détruits », explique Me Marie Dosé, avocate de plusieurs parties civiles.

Durant les sept premières années de l’instruction, une seule piste a été creusée par la DST : celle d’un attentat perpétré par la nébuleuse Al-Qaida. Il faudra attendre 2008 – et la divulgation par la presse d’un rapport confidentiel commandé par la DCN dès septembre 2002, le rapport « Nautilus » – pour que la piste d’une vengeance liée à l’arrêt des commissions s’impose comme une alternative.

Lire aussi : Affaire de Karachi : si vous avez raté un épisode

Pendant six ans, le juge Marc Trévidic se heurtera au secret-défense opposé par les témoins qu’il auditionne. Faisant suite à de multiples demandes d’actes déposées par Me Dosé, il requiert en 2012, 2013 et 2014 la déclassification des notes de la DST sur Ben Moussalem. Il n’obtiendra qu’un seul document : l’analyse d’un article du quotidien suisse Le Temps, copieusement caviardée et ne présentant aucun intérêt pour l’enquête.

Les déclarations de Verger confirment – pour partie – celles du seul acteur de ce dossier à s’être montré prolixe sur le travail réalisé par la DST durant cette période : Gérard Willing. Cet « honorable correspondant » de la DST a affirmé dans le bureau du juge, le 28 janvier 2013, avoir enquêté sur Ben Moussalem dès 1994 et en avoir rendu compte à Verger, son officier traitant. Il précisait encore avoir transmis une note étayant la piste politico-financière cinq jours après l’attentat.

« Non – Non plus – Non plus – Non »

Son témoignage a depuis été régulièrement contesté – voire discrédité – par plusieurs anciens responsables de la DST. Aucune trace de son travail n’a jamais été retrouvée. Afin de vérifier ses assertions, le juge Trévidic a envoyé le 6 mai des questionnaires à remettre à cinq témoins qu’il n’avait pu entendre ou qui s’étaient retranchés derrière le secret-défense. Les réponses à ces formulaires ont été envoyées directement au ministre de l’intérieur – sans passer par le cabinet du juge – afin que le secret-défense ne puisse lui être opposé. A charge ensuite pour le ministre de les classifier, pour les déclassifier dans la foulée, ce qui est chose faite depuis le 23 octobre.

Les destinataires de ces questionnaires étaient : Jean-Louis Gergorin (ancien directeur de la stratégie du groupe Matra), Raymond Nart (ancien directeur adjoint de la DST), Eric Bellemin-Comte (ancien chef du service de la DST chargé des contacts avec Gérard Willing), Jean-Jacques Pascal (ancien directeur de la DST) et le fameux Verger. Le seul à avoir fait état dans ses réponses d’un travail sur Ben Moussalem est celui dont l’identité demeure à ce jour un mystère. Interrogé sur l’existence de cet agent, l’ancien directeur adjoint de la DST, Raymond Nart, affirme pourtant que l’alias « Verger » ne lui évoque « aucun souvenir ».

Eric Bellemin-Comte – aujourd’hui conseiller auprès du coordinateur national du renseignement à l’Elysée – continue lui aussi d’assurer que, « de mémoire », aucun travail n’a été effectué sur Ben Moussalem par son service. Quant à Jean-Jacques Pascal, ses réponses sont une succession de variations lapidaires sur le thème de la négation :

« J’ignore tout de Monsieur Gérard Willing – Non – Non plus – Non plus – Non – J’en ignore tout – Je ne connais pas le Cheikh Ali Ben Moussalem – Rien – Non. »

Treize ans après les faits, cet ancien patron de la DST continue de se dire convaincu, « à tort ou à raison », que l’attentat est le fait de « la mouvance taliban ».

 

 Soren Seelow

  • Journaliste

 

 
http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20151113.OBS9364/attentat-de-karachi-les-secrets-de-la-dst-se-devoilent.html

Attentat de Karachi : les secrets de la DST se dévoilent

L' Obs

Publié le 13-11-2015 à 10h34

Selon un ex-agent de la DST, le contre-espionnage a bien enquêté sur un certain Ali Ben Moussalem après l’attentat de Karachi.

 

Cérémonie en hommage aux victimes de l'attentat de Karachi perpétré en 2002, en présence de Bernard Cazeneuve, le 8 mai 2015, à Cherbourg. (AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU)Cérémonie en hommage aux victimes de l’attentat de Karachi perpétré en 2002, en présence de Bernard Cazeneuve, le 8 mai 2015, à Cherbourg. (AFP PHOTO/CHARLY TRIBALLEAU)

 

En 2002, l’attentat de Karachi tuait 15 personnes, dont 11 ouvriers français de la Direction des constructions navales. Une des thèses est celle de la piste islamiste, mais une autre étudie le mobile politico-financier. A savoir une attaque ourdie en représailles à une décision de mettre un terme au versement des commissions, prise par Jacques Chirac, adversaire politique d’Edouard Balladur.

Or, parmi les témoignages d’ex-agents de la direction de la Surveillance du territoire (DST) qui viennent d’être déclassifiés, l’un fournit des éléments susceptibles de corroborer cette dernière thèse, indique « Le Monde », vendredi 13 novembre.

Le témoignage d’un certain « Verger », que le quotidien a pu consulter, « vient confirmer des informations longtemps tues par les responsables des services de renseignement : la DST, chargée en 2002 de l’enquête sur l’attentat, avait bel et bien travaillé dès les années 1990 sur un certain Ali Ben Moussalem, aujourd’hui considéré comme un personnage clé de l’affaire. »

Ben Moussalem, un cheick saoudien à la tête d’un réseau d’intermédiaires

Qui est cet Ali Ben Moussalem ? « Le Monde » le présente comme un « cheikh saoudien [...] à la tête d’un réseau d’intermédiaires - dont faisait partie Ziad Takieddine. « Ses connexions avec les services secrets pakistanais et la mouvance terroriste en font, pour les tenants de la thèse politico-financière, un suspect potentiel », selon le journal qui précise que Ben Moussalem est mort en 2004.

En planque devant la boutique Arije à Paris, « Verdier » assure avoir « observé que des membres du parti républicain de François Léotard [ministre de la défense du gouvernement Balladur] se rendaient dans l’immeuble ».

Citant son supérieur, Gérard Willing, « Verdier » évoque même la remise de valises pleines par Ben Moussalem à Donnedieu de Vabres [alors chargé de mission auprès de François Léotard].

Donnedieu de Vabres aurait alors remercié Ben Moussalem en lui disant : « Merci pour la France, elle vous le rendra », déclare Verdier, comme le rapporte  »Le Monde ».

« Verger » n’est pas le vrai nom de l’agent, mais son alias, précise « Le Monde », qui rappelle les difficultés rencontrées par le juge Marc Trévidic - chargé de l’enquête jusqu’à son départ du pôle antiterroriste en août 2015 - pour que soient déclassifiés les souvenirs d’anciens agents de l’ex-Direction de la surveillance du territoire.

E.H. (avec AFP)



« Quand on consulte des images de djihadistes… »

Voilà. Il y a comme une idée à moduler et ajuster selon les circonstances.

Quand on consomme des images pédopornographiques, on n’est pas loin d’être soi-même pédophile, à moins de les traquer pour les dénoncer – encore faut-il en faire la preuve.

Quand on s’inscrit sur le blog du cyberdélinquant Pascal Edouard Cyprien Luraghi, on est soi-même terroriste, à moins de faire la preuve du contraire avec une dénonciation en bonne et due forme.

 

http://www.slate.fr/story/110855/sarkozy-djihadhistes

«Quand on consulte des images de djihadistes, on est un djihadiste»: la formule dont Sarkozy abuse

Repéré par Grégor Brandy

France

Tech & internet

01.12.2015 – 13 h 18mis à jour le 01.12.2015 à 13 h 18

Nicolas Sarkozy en meeting, le 30 mai 2015. REUTERS/Philippe Wojazer.Nicolas Sarkozy en meeting, le 30 mai 2015. REUTERS/Philippe Wojazer.

Le président du parti Les Républicains était venu soutenir Edgar Morin, à Rouen, le 30 novembre. Et on retiendra de ce meeting une comparaison marquante entre pédophiles et djihadistes, que Nicolas Sarkozy avait déjà utilisée.

«Quand on consulte des images de djihadistes, on est un djihadiste». Voici probablement la seule chose que l’on va retenir de l’intervention de Nicolas Sarkozy du lundi 30 novembre, lors d’un meeting à Rouen, où il était venu soutenir Hervé Morin (UDI).

Comme le racontent 20 minutes et l’AFP, le chef de file du parti Les Républicains «veut aller “plus loin” dans la lutte contre le terrorisme et l’embrigadement islamiste». Il a notamment demandé pourquoi n’avait pas été mis en œuvre un délit de consultation de sites djihadistes, avant de «se lancer dans des formules marquantes». Il a ainsi asséné:

«Pardon de cette image mais, quand on consulte des images de pédophilie, on est un pédophile; quand on consulte des images de djihadistes on est un djihadiste.»

 

Évidemment, une partie de Twitter s’est emparé de cette phrase pour la détourner et s’en moquer gentiment (ou moins).

On notera également que Libé a conclu une des brèves de son direct par un très joli:

«Si vous avez regardé la photo qui illustre cette brève, vous êtes sarkozyste. Désolé.»

Réponse à l’affaire Mohamed Merah

L’AFP et 20 minutes précisent cependant que Nicolas Sarkozy a vite nuancé, en partie, ses propos, expliquant que l’on n’était pas djihadiste si l’on était «un professeur qui fait des recherches». Les concernés apprécieront. Pour les autres, dommage, vous aurez peut-être plus de chance la prochaine fois. En effet, cette petite nuance n’existait pas la dernière fois qu’il avait fait la même comparaison. C’était le 15 novembre sur TF1:

«Toute personne convaincue de consulter des sites djihadistes doit être considérée comme un djihadiste. Ça doit être reconnu comme un délit. Quand on consulte des sites pédophiles, on est considéré comme un pédophile. On doit prendre la même mesure s’agissant des sites djihadistes.»

L’Obs précise d’ailleurs que «le délit de consultation de sites terroristes est une promesse que Nicolas Sarkozy avait déjà faite en 2012: c’était sa réponse à l’affaire Mohamed Merah».

«Un site internet djihadiste n’existe pas»

Lors de son intervention sur France Inter, il y a deux semaines, David Thomson, l’un des spécialistes de ces mouvements, et auteur de Les Français Jihadistes avait pourtant expliqué que «les sites internet djihadistes n’existent pas» (à 16’30’’):

 

«Pour ce qui est des réseaux sociaux, tout se passe sur Twitter. C’est pour cela que lorsque j’entends Nicolas Sarkozy –pour le citer, parce qu’il a parlé de cela au journal de TF1– dire qu’on va interdire les sites internet djihadistes, la première chose qui m’étonne en tant que personne qui suit ça depuis un moment et au quotidien, c’est que je sais qu’un site internet djihadiste ça n’existe pas. Toute la propagande djihadiste passe par Twitter.»

Blocage compliqué et contourné

Quant à la comparaison avec la pédopornographie, L’Obs avait très bien résumé pourquoi il était difficile de s’inspirer d’une telle législation, et que de telles mesures, si elles devaient être mises en place, seraient «techniquement possibles mais compliquées».

Le gouvernement avait de son côté mis en place un blocage de sites internet en février dernier. Sur le site de L’Obs, Adrienne Charmet-Alix, la coordinatrice des campagnes de la Quadrature du Net, affirmait que cela ne résolvait «rien du tout». Comme l’expliquait le magazine, «il peut être très facilement contourné via Tor ou un VPN. De plus, bloquer un site risque de bloquer d’autres sites (potentiellement parfaitement légaux) hébergés au même endroit».

En août dernier, Le Monde rappelait par ailleurs que «les principaux attentats qui ont touché la France et la Belgique ont ainsi surtout été le fait de terroristes qui ne se sont pas radicalisés sur le web», mais plutôt «en prison ou dans des mosquées radicales».

 



Manuel Valls et les supercheries du Front National

Il y a de gros menteurs dans les rangs de ce parti, c’est certain, ce sont les complices de Josette Brenterch du NPA de Brest et de ses amis cyberdélinquants et terroristes de la bande de Cyprien Luraghi.

Les victimes se plaignent depuis longtemps, elles n’en peuvent plus.

A la veille d’une nouvelle décision de justice où une fois de plus ces criminels ont des chances d’obtenir une condamnation totalement scandaleuse à leur encontre, il n’est vraiment pas trop tôt pour le dire !

Il faudrait peut-être aussi songer à « recadrer » les magistrats qui continuent à satisfaire ces ordures au mépris des lois de la République.

 

http://www.leparisien.fr/elections-regionales/regionales-valls-veut-mettre-fin-a-la-supercherie-fn-01-12-2015-5329325.php

Régionales : Valls veut «mettre fin à la supercherie» FN

 

R.L. et J.Cl. | 01 Déc. 2015, 08h48 | MAJ : 01 Déc. 2015, 10h09

 

Manuel Valls a appelé à la mobilisation «pour faire reculer le FN». 
Manuel Valls a appelé à la mobilisation «pour faire reculer le FN».  (Europe 1.)
 

A cinq jours du premier tour des élections régionales, les politiques, de gauche comme de droite, tirent à vue sur le Front national qui a le vent en poupe dans les sondages.

 

 

Valls : «Que les Français aillent voter, qu’ils fassent reculer le FN»
Invité ce matin d’Europe 1, le Premier ministre Manuel Valls a appelé à la mobilisation. «Si les Français vont voter», le FN ne fera pas les scores annoncés par les sondages, selon lui. «Je souhaite que les 6 et 13 décembre, les Français se mobilisent, qu’ils aillent voter, qu’ils fassent reculer le FN», a-t-il insisté. «Je ne peux me résoudre à ce sondages, le meilleur moyen de les faire mentir, c’est la mobilisation de nos électeurs». Selon lui, après «le choc des attentats», après la tenue de la COP21 à Paris, une victoire du FN aux régionales serait «un message de repli, de haine».

«Le Fn n’aime pas la France et trompe les Français, attention à la supercherie», a martelé Manuel Valls appelant à «mettre fin aux supercheries du FN sur tous les sujets». Il réagissait notamment aux propos de Marine Le Pen lundi soir. En meeting à Lille, elle a mis en cause le gouvernement après les attentats de Paris. «Attention à ceux qui disent avec nous il n’y aurait pas d’attentat», a-t-il mis en garde.

Au sujet du second tour et de la possible victoire du FN dans certaines régions, Manuel Valls a réitéré son souhait de tout faire pour que cela n’arrive pas et a lancé un appel. «Dimanche soir, à gauche comme à droite, chacun devra prendre ses responsabilitésé, pour empêcher le FN de prendre une région», a-t-il expliqué gravement. Une phrase qu’il a répétée deux fois.

Par ailleurs le Premier ministre s’est «félicité de la mobilisation de Pierre Gattaz», le patron du Medef qui ce mardi dans notre journal taille en pièce le programme économique du FN. Manuel Valls a également salué l’engagement «d’un grand journal comme La Voix du Nord» qui depuis deux jours fait des Unes pour dénoncer lui aussi le programme du FN.

VIDEO. Manuel Valls :«le FN n’aime pas la France, trompe les Français»

Pour les Républicains, « chacun dans son couloir ». « Je ne suis pas sûr que le discours en diabolisation soit la meilleure des réponses » contre le Front national, estime le Républicain Luc Chatel sur France 2. « Il faut sur le terrain expliquer en quoi on peut appliquer des solutions que le FN n’apportera pas », propose plutôt le conseiller politique de Nicolas Sarkozy. Le président du Sénat sur Radio classique enchérit : « je suis pour courir chacun dans son couloir, le projet du FN c’est de nous foutre en dehors de notre couloir », prévient Gérard Larcher pour qui « le sujet, c’est de voter dimanche », et de parler à ces Français qui « ont parfois le sentiment d’être désabusés, abandonnés, (qui) se disent on a tout essayé, essayons celle-là ».

« L’application du programme du FN isolerait la France et appauvrirait les Français », plaide l’eurodéputé Brice Hortefeux sur iTélé.

« Avant de parler du deuxième tour, on va peut-être laisser les Français voter au premier », poursuit Chatel. Quant à un front républicain au soir du premier tour, en fonction des résultats frontistes, l’ancien ministre botte en touche : « pour participer au 2e tour, on s’inscrit en préfecture jusqu’au mardi ».

Les Verts prêts à l’union. « Il faut combattre le Front national, il nous reste cinq jours pour le faire », martèle la n°1 d’EELV Emmanuelle Cosse sur France Info. La tête de liste écolo pour l’Île-de-France s’adresse sur France Info aux électeurs du Nord Pas-de-Calais Picardie, où Marine Le Pen est annoncée en tête des sondages : « Maintenant bougez-vous, il y a un droit de vote, il faut l’utiliser et s’exprimer. Ne pas aller voter, c’est soutenir la liste du FN ».

Au soir du premier tour, « on pourra se retirer ou on ira vers une union de la gauche si elle est gagnante. Se retirer est une grande responsabilité mais face à des moments très graves, il faut prendre des décisions » graves, assure-t-elle. Et d’ajouter que cette attitude est « une consigne qu’on discutera avec l’ensemble des têtes de liste ». « L’idée, résume-t-elle, c’est de faire tout pour empêcher la victoire du FN ».



Trois nouveaux terroristes à identifier

Le premier est localisé en Midi-Pyrénées, le second dans la région PACA, et le troisième est lyonnais :

 

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Comme les précédents, ils fréquentent assidument les parties privées du blog de comploteurs terroristes dont l’auteur est le cyberdélinquant et psychopathe Pascal Edouard Cyprien Luraghi.



Attentats : un des terroristes s’était entraîné au tir avec des policiers

Curieusement, un des criminels franco-marocains qui m’attaquaient en 1993 et 1994 en relation avec les négociations des contrats d’armement Agosta et Sawari II par le « réseau K » s’entraînait lui aussi au tir avec des policiers dans l’un de leurs principaux clubs parisiens.

Toujours aussi curieusement, lorsqu’en 2012 Samy Amimour commence lui-même à s’entraîner au tir avec des policiers, mes harceleurs, dont un militant du Front National en relation avec un de mes lecteurs de blog en provenance de Drancy, connaissent également cet individu qui près de vingt ans plus tôt avait décidé qu’il fallait m’éliminer, et organisé à mon encontre plusieurs tentatives d’assassinat.

Inversant systématiquement toutes les situations, ils le désignent comme une de mes « victimes ».

Je me serais montrée « très très méchante » avec lui en refusant de me prostituer.

Coïncidence ou pas, Joël Roma, ancien militant de la LCR et président de l’association AC ! Brest, passé au Front National en 2010 après le début des campagnes de calomnies publiques nominatives de Josette Brenterch et de son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi à mon encontre qui l’atteignaient lui aussi comme plusieurs autres de mes relations passées ou actuelles, a jadis lui-même exercé comme chauffeur de bus dans le région parisienne. Il était alors pris en charge par la CGT qui a continué à lui assurer du travail après son retour à Brest.

Si en 2012 ce dernier ne faisait plus la bise à ses anciens camarades de la LCR depuis longtemps, en revanche son collègue frontiste qui me harcelait cette année-là était bien en très bons termes avec Josette Brenterch et ses complices cyberdélinquants de la bande de Cyprien Luraghi. Il l’est toujours.

 

http://www.lemonde.fr/attaques-a-paris/article/2015/11/30/l-un-des-assaillants-du-bataclan-s-etait-entraine-dans-un-stand-de-tir-parisien_4820905_4809495.html

L’un des assaillants du Bataclan s’était entraîné dans un stand de tir parisien

 

Le Monde.fr | 30.11.2015 à 18h21 • Mis à jour le 30.11.2015 à 20h14 | Par Simon Piel

L’un des assaillants du Bataclan, Samy Amimour, tué lors de l’assaut de la brigade de recherche et d’intervention (BRI) dans la nuit du 13 au 14 novembre, avait déjà eu l’occasion de manier des armes en France en toute légalité. Selon les informations du Monde, il disposait d’une licence de la fédération française de tir pour la saison 2011/2012, numéro 82475196, ainsi qu’une carte de membre de l’Association nationale de tir de la police (ANTP), l’un des principaux clubs de tirs de la région parisienne qui revendique aujourd’hui 2 350 membres.

 

Les enquêteurs de la direction centrale du renseignement intérieur (DCRI devenue depuis DGSI) avaient fait cette découverte après que Samy Amimour avait été interpellé en octobre 2012. Il cherchait alors à se rendre au Yémen ou dans la zone pakistano-afghane pour faire le djihad. A l’époque, il avait mis en examen puis placé sous contrôle judiciaire. En 2013, il avait rompu ce contrôle et rejoint la Syrie.

C’est l’un de ses coaccusés, Charaffe El M. qui avait initié les inscriptions auprès de l’ANTP. Le 29 mars 2012, Samy Amimour avait participé à une séance d’initiation au maniement d’un 9mm, d’un 38 spécial et d’un 22 long rifle via le site tir-initiation.com. Le 7 avril 2012, il effectuait une nouvelle séance de tir à l’arme de poing.

Lire aussi : Samy Amimour à sa petite sœur: se faire exploser , « c’est une belle mort ! »

Casier judiciaire vierge

Selon les enquêteurs, Samy Amimour et un autre de ses coaccusés, Samir B., ont effectué le même stage d’initiation au tir le 14 avril 2012. C’est ensuite qu’il a pu solliciter une demande d’adhésion à l’ANTP grâce au parrainage du site Tir-initiation.

Lorsqu’il fait cette demande d’adhésion, Samy Amimour possède un casier judiciaire vierge et ses projets de départs ne sont connus que de lui et quelques proches. C’est tout naturellement qu’il obtient l’autorisation de s’exercer au tir.

Après avoir indiqué lors de ses différentes auditions en garde à vue qu’il s’agissait pour lui d’être « en mesure de [se] défendre », il avait modifié ses déclarations devant les magistrats.

Entendu le 24 janvier 2013 par les juges d’instruction, il avait indiqué :

« Cela fait un moment que je m’intéresse au tir sportif, d’ailleurs c’est pour cela que ma mère m’avait ramené une carte dédicacée d’une championne de tir. Depuis tout petit, je fais des jeux vidéos et, à 14 ans, j’ai eu ma première carabine en main au Sénégal avec mon oncle pour tirer les alouettes. J’aime regarder les épreuves de tir aux jeux olympiques, ou le ball-trap par exemple. »

Contactées, ni la fédération française de tir ni l’ANTP n’étaient joignables dans l’immédiat.

 

 Simon Piel

  • Journaliste au Monde

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151120.OBS9941/samy-amimour-de-la-ratp-a-daech-itineraire-d-un-kamikaze.html

Samy Amimour : de la RATP à Daech, itinéraire d’un kamikaze

L' Obs

Publié le 21-11-2015 à 15h07

Cet ancien employé de la RATP était déjà connu de la justice pour avoir tenté de rejoindre le Yémen. Sa famille avait essayé, en vain, de le ramener à la raison.

 

Samy Amimour, l'un des assaillants du Bataclan qui s'est fait exploser. (Famille Amimour/AFP)Samy Amimour, l’un des assaillants du Bataclan qui s’est fait exploser. (Famille Amimour/AFP)

 

Il y a le garçon d’avant, avec sa petite vie ordinaire de banlieue, machiniste sur la ligne 148 du centre bus de Pavillons-sous-Bois. Avec son apparence banale, cheveux courts, jeans, baskets, qui a laissé le souvenir d’un gars sans histoire, poli, souriant. Et puis il y a l’autre, le monstrueux Samy Amimour, devenu tueur de masse et djihadiste fou, qui a cru s’épanouir à 28 ans dans l’horreur, en abattant froidement des dizaines de gens, le vendredi 13 novembre dernier au Bataclan.

Avant de se faire exploser, il n’était rien d’autre qu’ »un gentil garçon » dans la tête de ceux qui l’ont vu grandir. C’est ce que raconte Philippe, son voisin du dessus place Marcel-Paul à Drancy. A 45 ans, cet animateur en centre de loisirs se souvient d’un jeune rangé, qui ne « traînait pas en bas des bâtiments ». Né en octobre 1987 en Seine-Saint-Denis, Samy est le deuxième et unique garçon des trois enfants de Mounia et Azzedine Amimour, tous deux franco-algériens. Il grandit dans cette petite résidence au bout d’une rue bordée de maisons anciennement ouvrières.

Elève sage, intelligent, gentil

Avec une mère engagée dans le monde associatif, un père vendeur de vêtements, les Amimour ont un mode de vie « à la française ». On fait le ramadan, les filles se maquillent et sortent. A l’école, le garçon se pose en enfant studieux, qui ne fait pas de vagues. Karim, qui était au collège Paul-Bert avec lui, ne se souvient « de rien en particulier, parce qu’il était assez discret. Je peux seulement dire qu’il était un élève sage, intelligent, gentil avec nous, ses camarades ». Il décroche un bac littéraire au lycée Delacroix. Mais lâche ses études.

Samy Amimour cherche du boulot. Il frappe aux mêmes portes que sa sœur, surveillante de cantine pour la municipalité. En vain. Le garçon est « trop timide », s’entend-il répondre. Comme près de 20% de la population à Drancy, il est sans-emploi, se perd dans des pistes vaines sur la Toile. En 2010, sursaut d’espoir : il est pris pour une formation de machiniste-receveur en décembre. Enchaîne 455 heures. Se retrouve au volant d’un bus qui fait Bobigny à Garonor tous les jours. Philippe, le voisin, confie encore :

J’ai pensé alors qu’il sortait, il avait ce qu’il faut, une petite copine dont il paraissait amoureux, et une situation professionnelle devenue solide. »

Une vie fondue dans la banalité quotidienne, qui semble pourtant cacher une radicalisation en cours. Les services français commencent à suivre Amimour. Un voisin de la cité le voit « tous les vendredis s’engouffrer dans la même voiture remplie de gens pour aller à la mosquée ». Celle du Blanc-Mesnil, selon Jean-François, « un lieu de recrutement et d’embrigadement ».

Disparaître lentement comme un fantôme

Mohamed Merah vient de tuer sept personnes à Toulouse et Montauban, en mars 2012. Trois mois plus tard, Samy Amimour quitte brutalement et volontairement la RATP. Enfile une djellaba. Porte le bouc. En septembre, une cellule terroriste est démantelée après l’attentat d’une épicerie casher à Sarcelles. Et le 15 octobre 2012, jour de ses 26 ans, Samy Amimour reçoit la visite surprise de la police. Les fonctionnaires défoncent la porte du petit appartement où vit toute la famille. Sous les yeux de ses parents menottés et de sa petite sœur, il est emmené pour une garde à vue de quatre jours. Et mis en examen dans la foulée pour « association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste », comme deux autres jeunes. Ils sont soupçonnés d’avoir voulu rejoindre le Yemen pour faire le djihad, la justice les place sous contrôle judiciaire.

Attentats : un des terroristes s'était entraîné au tir avec des policiers dans Attentats 14589378Dès 2012, l’appartement du jeune terroriste a été perquisitionné par la police.
(Eliot Blondet/AFP)

« Quand ils l’ont ramené à la maison, il m’a dit: ‘Papa, j’ai rien fait.’ Il n’avait fait que regarder des sites islamistes. C’est pas interdit », déclarait son père à l’AFP mi-octobre. C’est vrai, son père, sa mère pensaient que la police s’était trompée. Même les voisins, tel Philippe :

Pour moi, c’était un malentendu, Samy était victime de quelques mauvaises fréquentations, c’est tout. Ça m’avait même fait de la peine pour lui, pour son image dans son boulot et dans le quartier. »

Il ignorait tout, la démission de son travail, le projet pour le Yemen via la Somalie. Philippe se souvient :

Avec le recul, le seul signe qui aurait pu me marquer, c’est qu’il était devenu drôlement balèze. »

Samy Amimour avait un but, il s’entraînait. Faisant de sa vie ordinaire une couverture, il se radicalisait, disparaissait lentement comme un fantôme.

« Ne me cherchez pas, je suis en Syrie »

Moins d’un an plus tard, le 11 septembre 2013, Samy enfreint son contrôle judiciaire, et échappe à la vigilance des services français, qui émettent trop tard un mandat d’arrêt international à son encontre. Amimour a quitté la France, en passant par Marseille, puis l’Italie et la Turquie, pour rejoindre Raqqa en Syrie. Il avait fait la bise à son père, la veille, comme ça lui arrivait peu : « D’habitude, c’était ‘Salut, bonne route’ », comme le confiait Azzedine Amimour au « Monde » en décembre 2014. Ensuite, plus rien, sauf ce coup de téléphone à ses parents : « Ne me cherchez pas, je suis en Syrie« . Il y refait une vie, avec femme et enfant. Dans une quête acharnée, son père réussit à le rejoindre pour un face-à-face de quelques minutes. Samy ne lui apparaît plus comme son fils, mais comme un étranger froid.

Comment quelqu’un à qui on a retiré le passeport, qui est théoriquement surveillé, peut-il franchir la frontière ? »

C’est ce que demande aujourd’hui Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, qui avait tenté d’aider « sa mère, une féministe parfaitement laïque, désemparée et inquiète ». L’édile raconte les confidences de cette femme alors en détresse :

Elle était venue voir les élus en se plaignant de son fils qui comptait les forcer, sa fille et elle, à porter le voile, et qui passait son temps allongé sur son lit à regarder des vidéos de djihadistes sur internet. »

Lundi, le gardien de la petite résidence de la cité, située derrière la mairie de Drancy, n’en croyait pas ses yeux en sortant les poubelles. Les hommes du raid ont investi l’immeuble avec fracas. Ils ont emmené Azzedine, sa femme, et leur fille Maya, âgée de 22 ans. Sa sœur aînée, elle, vivrait à Dubai. Une famille qui s’est vainement démenée pour ramener son fils, rentré en France comme dans du beurre malgré un mandat international, pour tuer. Et mourir dans une guerre folle contre les siens.

Céline Rastello, Marie Vaton et Elsa Vigoureux

 

http://www.lejdd.fr/Societe/La-derive-de-Samy-Amimour-chauffeur-de-bus-et-terroriste-du-Bataclan-760931

La dérive de Samy Amimour, chauffeur de bus et terroriste du Bataclan

 

Samy Amimour, ancien conducteur de bus de Drancy, est l’un des trois tueurs du Bataclan. Il compte parmi ses victimes un agent de la RATP de la même commune… Dans cette ville de Seine-Saint-Denis, l’heure est à la sidération.

Samy Amimour Paru dans leJDDblank dans Corruption Samy Amimour a actionné sa ceinture d’explosifs à l’arrivée de la police. (DR)

Vendredi 13 novembre, peu après midi, Samy Amimour aurait été vu à Drancy (Seine-Saint-Denis). « Plusieurs jeunes l’ont croisé, rapporte un « grand frère » au JDD. Il leur a demandé s’ils avaient été à la mosquée, ils ont répondu que oui. Il leur a dit : ‘C’est bien.’ Alors, quand on a appris qu’il s’était fait exploser au Bataclan, on était encore plus sous le choc. »

Dans la petite cité de la Boule, paisible quartier HLM au centre de Drancy, les habitants sont en état de sidération. « On n’a rien vu venir », murmure une voisine. Elle se souvient d’un garçon « très gentil et très bien élevé, pas à traîner dans le quartier comme d’autres ». Quand elle a vu sa photo à la télévision, elle a failli ne pas le reconnaître « tellement il avait l’air sombre et dur… Ce n’était plus le même ». Elle n’ose pas aller frapper à la porte de l’appartement de la maman. « À un moment, je lui avais dit : « On ne le voit plus, Samy. » Elle m’avait répondu qu’il était parti dans le Sud », se rappelle la vieille dame. « Ces derniers temps, je sentais bien qu’elle m’évitait. »

Au volant du 148 pendant quinze mois

Samy Amimour n’avait « pas le profil » du candidat au djihad, insiste un proche. Son père est lettré, sa mère préside un club de patinage spécialisé en roller artistique. Sa sœur aînée est chargée de recrutement à la DRH d’une multinationale à Dubai. Sa cadette, très populaire dans le quartier, était animatrice en centre de loisirs. Une famille sans histoires, « un modèle de laïcité », insiste un proche. Lorsque, suspectés de vouloir partir en Somalie, Samy et deux de ses amis ont été placés sous contrôle judiciaire en octobre 2012, sa mère a demandé à plusieurs « anciens » de parler à son fils. « J’ai pensé que ce n’était pas la peine, admet l’un d’eux. Je lui ai dit qu’elle n’avait pas à s’en faire. Il était très réservé et timide, à tel point que lorsqu’il me disait bonjour, il baissait les yeux. »

Drancy a été doublement touchée : Samy Amimour, le tueur du Bataclan, et Emmanuel Bonnet, l’une de ses victimes, étaient tous deux originaires de cette ville (Julien Jaulin/Hanslucas pour le JDD).

Pourtant, entre les murs de l’appartement familial, Samy cherchait à imposer le port du voile à sa mère, s’était débarrassé des tortues et de l’aquarium du salon sous prétexte que c’était haram (« péché »). Ce serait pour cette même raison qu’il aurait démissionné de la RATP où on lui laissait pourtant la possibilité de faire ses cinq prières quotidiennes. Durant quinze mois, Samy Amimour a conduit le bus 148 qui rallie Bobigny à Aulnay-sous-Bois en passant par Drancy. C’est dans ce bus qu’il a rencontré Kahina, une jeune femme voilée de 17 ans qui l’a rejoint en Syrie il y a un an, selon les informations du Monde. Elle attendrait un enfant.

Kahina vivait au Blanc-Mesnil où Samy fréquentait une mosquée salafiste avec ses deux amis qui se sont radicalisés et sont partis en Syrie en même temps que lui. Un seul serait encore en vie. « On l’a vu samedi dernier à la télévision dans Enquête exclusive : il est devenu recruteur pour Daech », confie un habitant du quartier qui n’en revient toujours pas. « Nous avons eu les mêmes professeurs, fréquenté les mêmes mosquées… »

La cité derrière le mémorial de la Shoah

Bien que Drancy soit une des villes les plus pauvres du département, « elle a toujours été très tranquille, même au moment des émeutes de banlieue en 2005″, relève Hamid Chabani, professeur d’histoire-géographie et conseiller municipal. « Des petits merdeux de banlieue, on en a connu plein mais jamais cela n’aurait tourné comme ça à notre époque », rappelle Olivier Coloneaux, 49 ans, venu voir ses parents dans la cité de la Boule où il a passé sa jeunesse. Dans la tuerie du Bataclan, il a perdu un ami d’enfance : Emmanuel Bonnet, 47 ans, ancien chauffeur de bus lui aussi, puis formateur à la RATP. Manu a grandi derrière la cité de la Muette où se dresse le mémorial de la Shoah rappelant que ce vaste bâtiment en U était un camp d’internement durant la Seconde Guerre mondiale. « Il était new wave et moi funk, se souvient Olivier. On avait d’interminables discussions sur la musique et le cinéma, un peu sur le football. » Ils s’étaient retrouvés récemment via Facebook. « Je n’ai pas eu le temps de le revoir… Ni de lui dire qu’il n’avait pas été un très bon gardien de but. »

Deux fois par semaine, les deux copains prenaient le 143 pour se rendre à l’entraînement de football au club du Bourget où Emmanuel a joué jusqu’en Minimes et où Samy Amimour a été licencié une saison (1999-2000). Dans le bus et dans l’équipe, il y avait aussi Alain Chouet, devenu détective privé, expert en protection des entreprises, et toujours très impliqué dans la vie associative de Drancy. Son pote est mort à cause « d’un autre Drancéen, devenu taré de la doctrine du nihilisme. Manu était en mec en or qui se nourrissait de musique. Il m’avait invité à mon premier concert : Dire Straits, en 1985 à Bercy. » En mars, Alain Chouet avait adressé un SMS au député-maire de Drancy pour lui proposer une journée de sensibilisation autour du phénomène croissant de radicalisation dans la société et dans le domaine de l’entreprise. Il n’a jamais eu de retour.

« Chacun de nous peut être victime. Mais j’ai aussi l’impression que beaucoup de personnes auraient pu être à la place de Samy Amimour. C’est ce qui est le plus dur et le plus inquiétant, concède Farid Amari, adjoint au maire. Ce sont des enfants de France et qui n’ont pas tous été délinquants. » Il questionne l’absence de communication, le lien social qui se délite, la perte des espaces communs…

« Bonjour », en portugais, en arabe, en hébreu…

Il aurait voulu pouvoir parler autrement de la ville. « De ceux qui réussissent. Des jeunes qui montent leur entreprise ou qui s’investissent dans la vie associative et s’occupent des autres. » Comme Idriss Niang, diplômé en sciences de l’éducation et président de l’association Agir ensemble, qu’il a créée en 2009. Son local se trouve quasiment en face de l’immeuble où a vécu Samy Amimour. Avec cette association, environ 500 jeunes ont déjà obtenu leur Bafa, 59 élèves bénéficient d’un soutien scolaire. « Normalement on est complet mais quand des parents viennent pour qu’on aide leurs enfants, je n’arrive pas à leur dire non », sourit Idriss, fier d’avoir des élèves de toutes confessions et aucun problème. Sur un mur, « bonjour » se décline en portugais ou en turc, en arabe comme en hébreu. Sur un autre, des citations choisies, comme celle de Martin Luther King : « Nous devons apprendre à vivre ensemble comme des frères. Sinon, nous allons mourir tous ensemble comme des idiots. »

Christel De Taddeo – Le Journal du Dimanche

dimanche 22 novembre 2015

 

http://www.closermag.fr/people/people-francais/je-suis-la-femme-d-un-kamikaze-le-sms-choquant-de-la-compagne-d-un-terroriste-du-bataclan-577150

« Je suis la femme d’un kamikaze » : le sms choquant de la compagne d’un terroriste du Bataclan

 

News publiée le 25/11/2015 à 15h13 – Mise à jour le 25/11/2015 à 15h57
Par EM

 

Douze jours après les attentats du 13 novembre qui ont fait 130 morts et plus de 300 blessés, le Point est allé à la rencontre de la famille de l’un des kamikazes, Samy Amimour.

Il s’appelait Samy Amimour, il avait 28 ans. Lundi 16 novembre, ce natif de Paris, élevé à Drancy (Seine-Saint-Denis) a été identifié comme l’un des kamikazes de l’attaque du Bataclan. En 2014 déjà, son père avait tenté de le ramener de Syrie. Lettré, polyglote, Azzedine Amimour ne comprend pas la radicalisation de son fils…

Jean-Christophe Lagarde, maire de Drancy, président de l’UDI racontera dans les médias la souffrance de sa famille, impuissante. Malgré leurs efforts pour éloigner leur fils des salafistes, celui-ci s’enfoncera peu à peu, jusqu’à partir combattre en Syrie où il sera blessé. « Sa mère ne pensait pas que ce genre d’histoire pouvait lui arriver. Elle a vu son fils se radicaliser très vite. Il y a quatre ans, elle s’inquiétait déjà de la situation. Son fils ne voulait plus parler. Il fréquentait une mosquée du Blanc-Mesnil. «  raconte le maire de Drancy.

Kahina fière d’être la femme d’un kamikaze…

Aujourd’hui, la famille Amimour est encore sous l’emprise du jeune homme qui leur a imposé son mode de vie… Ainsi il ne parlait plus à sa mère, car elle ne faisait pas la prière. De sa petite soeur, il est resté proche. C’est elle à qui Samy demande d’organiser et de financer son mariage avec Kahina. Les deux gens jeunes se rencontrent en 2012, Samy travaille alors à la RATP. A l’époque ce n’est qu’une adolescente mais porte déjà le niqab et « devenait très dure quand on parlait de religion« . Aujourd’hui, elle a 18 ans, affirme se trouver en Syrie et être enceinte. Dans un sms à sa mère, elle se félicite d’être « la femme d’un kamikaze ». Là-bas, elle devrait « accoucher d’une petite fille d’un moment à l’autre ». La future grand-mère envisage « une fois que tout sera calmé, d’aller les voir, en vacances… »

130 personnes sont mortes, et 352 ont été blessées lors de ces attentats qui ont endeuillé la France. Grâce à l’action de Virgile, le patron du Café des Anges : Kevin-Lucas et Tania qui ont perdu leurs parents lors de ces attaques peuvent compter sur le soutien des internautes : déjà 70.000 euros ont été récoltés.



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