Comment le procureur de Brest aurait pu signaler Michel Walter au Conseil de l’Ordre des Médecins

J’illustre ici les contenus de mon précédent article concernant le cas du chirurgien pédophile Joël Le Scouarnec avec un exemple directement tiré de mon expérience personnelle, que mes plus fidèles lecteurs connaissent bien, puisque j’en parle régulièrement et ai déjà abordé de manière assez précise le cas du psychiatre brestois Michel Walter à travers les trois articles suivants :

http://petitcoucou.unblog.fr/2015/12/24/comment-cyprien-luraghi-sest-moque-de-michel-walter/

http://petitcoucou.unblog.fr/2016/03/23/des-plaintes-de-cyprien-luraghi/

http://petitcoucou.unblog.fr/2019/02/01/comment-le-cybercriminel-pascal-edouard-cyprien-luraghi-a-tente-de-me-faire-interner/

Comme de très nombreux autres délinquants ou criminels, le cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi s’est toujours défendu, non seulement en niant de manière éhontée tous les faits répréhensibles dont il était l’auteur, mais également en accusant mensongèrement toutes ses victimes de n’importe quoi et en les faisant passer tout aussi mensongèrement pour des fous ou des folles délirants qui l’auraient accusé de faits imaginaires.

En ce qui me concerne, il a même pris les devants en me traitant de folle et me faisant partout passer pour telle dès qu’il eut commencé à me pirater, en 2008.

Et par la suite, il a donc bel et bien tenté de me faire interner afin de résoudre le problème de mes plaintes à son encontre, celles qui existaient déjà comme celles à venir, étant donné que depuis le printemps 2009 au moins selon ses dires, il écrivait sa version entièrement fausse et calomnieuse de ma « biographie » afin de la publier, celle-ci étant de plus en partie alimentée par les infractions graves qu’il commettait à mon encontre depuis le début, tels, notamment, les piratages informatiques et écoutes illégales qui lui auront permis en tout premier lieu d’obtenir mon identité et celles de toutes les personnes de mon entourage, lesquelles sont tout comme moi quotidiennement violées dans l’intimité de leurs vies privées depuis maintenant plus de dix ans par ce malade mental extrêmement dangereux et toute sa bande de dingues, bien entendu avec la bénédiction des magistrats ultra CORROMPUS du Tribunal de Grande Instance de Brest.

Or, le 14 novembre 2013, jouant toujours la même comédie auprès de ces magistrats qui ne demandaient pas mieux, il leur avait adressé la lettre que j’ai publiée le 1er février dernier, dans laquelle il faisait état d’échanges qu’il avait eus à mon sujet avec le psychiatre brestois Michel Walter, que de 2010 à 2013 au moins il a vainement tenté de convaincre de me faire interner, les échanges allégués entre eux suscitant toutefois de nombreuses questions, comme celle du respect du secret professionnel par le psychiatre.

Cette lettre aurait donc dû déclencher une enquête appropriée et un signalement de Michel Walter au Conseil de l’Ordre des Médecins du Finistère.

Rebelote en 2015, lorsque le cybercriminel pro-pédophile et mythomane a porté plainte contre moi pour la toute première fois, m’accusant alors mensongèrement d’une quantité effroyable de faits imaginaires – l’avocat parisien qu’il a consulté au mois d’avril 2016 après avoir encore commis des infractions graves à mon encontre, et afin, conséquemment, de prévenir derechef mes plaintes ou procédures à son encontre, parfaitement prévisibles à raison de ces nouveaux faits, n’en aura retenu pour sa propre procédure à mon encontre au nom de son client que l’accusation mensongère de cyberharcèlement, évacuant toutes les autres, aussi fantaisistes, pour certaines, que des harcèlements téléphoniques anonymes…

En effet, pour le malade mental Pascal Edouard Cyprien luraghi, tout ce qui est anonyme, c’est forcément moi, et inversement, il n’y a aucun problème à m’attribuer des tas de faits et gestes anonymes n’ayant même aucune existence réelle… Son avocat ne l’aura donc pas suivi en tous ses délires à mon encontre.

Refermons cette parenthèse pour revenir à sa fameuse lettre au procureur de la République de Brest du 14 novembre 2013, jointe à sa plainte de 2015 comme à ses demandes en référé de 2016, avec de nombreux autres éléments – pas tous les mêmes en 2015 et 2016.

En 2015, ayant manifestement préparé son dossier sans l’aide d’un avocat, il avait également produit, entre autres, tout un ensemble d’écrits qu’il présentait comme de ses échanges de courriers électroniques avec Michel Walter à mon sujet, ces « documents » étant censés prouver ses dires du 14 novembre 2013 à l’autorité judiciaire brestoise à propos de ses discussions avec ce psychiatre qui effectivement me connaît un peu – mais pas comme patiente, contrairement à ce que prétend mensongèrement le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi – au sujet de ma soi-disant « pathologie psychiatrique » – qu’il m’a toujours attribuée de manière gratuite ou mensongère et qui n’a donc, en réalité, jamais existé.

J’ai mis le mot « documents » entre guillemets, car en fait il ne s’agissait absolument pas de ses échanges de courriers électroniques avec Michel Walter, mais uniquement d’extraits de leurs discussions me concernant qu’il aurait copiés et collés dans les « documents » produits, au lieu de fournir des impressions de l’intégralité des courriels échangés, si bien que l’on en déduit très facilement qu’il en a ainsi caché les passages les plus compromettants pour lui ou le psychiatre, ou qu’il a même pu totalement inventer tous les échanges qu’il donne, le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi n’étant vraiment pas à ça près.

Il convient de noter ici qu’il a procédé de la même manière pour exhiber des extraits prétendument probants de ses discussions par mails avec plusieurs autres personnes et n’a ainsi, en définitive, fourni strictement aucune preuve de ces discussions ou de leur réalité, mais pour lui, ce n’est pas bien grave, car il a pour habitude d’exiger d’être cru sur parole, ce qu’il obtient effectivement sans aucun problème de tous ou presque, et particulièrement des magistrats ultra CORROMPUS du Tribunal de Grande Instance de Brest.

En ce qui concerne ses échanges allégués avec Michel Walter, étant donnée l’infraction de violation du secret professionnel qui en ressort, il convenait donc, pour le moins, d’en vérifier la réalité et toute l’ampleur en exigeant du présumé receleur Pascal Edouard Cyprien Luraghi qu’il produisît l’intégralité des courriers électroniques échangés avec le psychiatre, et non plus seulement des recopies certifiées conformes uniquement par lui, mythomane notoire, de quelques extraits de ces mails.

Mais encore une fois, le procureur de la République de Brest l’a cru sur parole pour tout et a de plus avalisé comme à son habitude toutes les infractions potentiellement ou effectivement commises à mon encontre, le malade mental Pascal Edouard Cyprien Luraghi en ayant révélé d’autres dans sa plainte démentielle à mon encontre.

Ainsi donc Michel Walter n’a-t-il très probablement pas été signalé au Conseil de l’Ordre des Médecins du Finistère.

Et c’est pareil à chaque fois que les magistrats locaux décident de traiter par le mépris une plainte pour viol ou tout autre fait préjudiciable pour elle d’une personne qui met en cause un médecin, soit, quasiment, à chaque fois qu’ils reçoivent une telle plainte.

A ma connaissance, dans la région, il n’y a guère que l’ancien psychiatre brestois Serge Rodallec à avoir fait l’objet de poursuites sur plaintes de ses victimes, en l’occurrence de ses anciens patients handicapés mentaux l’ayant accusé de viols ou d’agressions sexuelles. Mais il s’agissait de garçons, ce qui semble avoir particulièrement ému ou choqué les policiers ayant traité leurs plaintes, et j’ai aussi entendu parler d’un règlement de compte pour une histoire d’argent sans laquelle les plaintes pour viols et agressions sexuelles auraient bien pu être traitées comme elles le sont habituellement dans le Finistère, par le mépris le plus total… ou l’internement des plaignants… avec la complicité de psychiatres locaux, donc…

Cela dit, les victimes ont aussi la possibilité de saisir directement l’Ordre des Médecins des faits qu’elles reprochent à l’un des leurs.

Il faut les encourager à le faire systématiquement, à remuer ciel et terre jusqu’à être entendues.



Affaire Joël Le Scouarnec : la curée continue…

De nouvelles publications apparaissent tous les jours sur cette affaire mais restent pour la plupart réservées à un public restreint.

Ainsi, hier, de l’article de Marianne.net dont début rapporté ci-dessous, et avant-hier soir, de l’interview par un journaliste du Télégramme des responsables du Conseil de l’Ordre des Médecins du Finistère.

Donnant de nouvelles précisions sur leur intervention dans cette affaire en 2006 et les difficultés qu’ils avaient rencontrées, ceux-ci soulignent l’absence de réaction de la DDASS et son silence à cette époque tout comme encore aujourd’hui, et expliquent que les relations santé-justice se sont améliorées ces dernières années : beaucoup plus réactifs qu’autrefois, les procureurs n’hésitent pas à leur signaler les cas de confrères qui font l’objet d’enquêtes ou de condamnations.

« L’autorité peut aussi agir très vite pour écarter d’un service de soin un médecin dont l’attitude peut être préjudiciable pour les patients », disent-ils.

Encore faut-il qu’elle en ait la volonté… tout comme la DDASS en 2006…

Il est donc très hasardeux d’en conclure que les mêmes faits auraient du mal à se reproduire.

Par ailleurs, les procureurs n’effectuent toujours de signalements que dans les limites du département où ils exercent et s’en abstiennent bien évidemment dans tous les cas où ils se moquent ouvertement des victimes, comme dans le Finistère pour les affaires de moeurs.

 

https://www.marianne.net/societe/enquete-sur-les-trente-ans-d-impunite-du-chirurgien-violeur-d-enfants-joel-le-scouarnec

Le chirurgien de Jonzac, violeur d’enfants : 30 ans d’impunité et une liste de 200 noms

 

Par Laurent Valdiguié

Publié le 30/08/2019 à 09:30

 

Démasqué en 2004 par une première enquête américaine, Joël Le Scouarnec avait berné les enquêteurs. Ses premiers viols remonteraient à 1987. La justice recherche désormais plusieurs centaines de victimes.Combien de viols auraient pu être évités ? En 2004, déjà, Joël Le Scouarnec, le chirurgien de Jonzac aujourd’hui soupçonné de centaines de viols et d’agressions sexuelles, était dans le collimateur… de la justice américaine. A l’époque, avec les débuts d’Internet, il s’agissait d’une des premières traques des pédophiles 2.0.

Cette enquête initiale a commencé le 30 juillet 2003, à Paris, avec l’arrestation de trois Biélorusses suspectés de blanchiment et de diffusion d’images d’enfants à caractère pornographique. Dans la foulée, en Floride, sont saisis les ordinateurs des sociétés Connexion.usa, Regpay ou Trust-bill. Le FBI met la main sur leurs fichiers « clients ». Dans le lot… 2 468 Français. La liste, une des premières listes françaises de « consommateurs » d’images pédopornographiques, est transmise à Paris. Parmi les 2 468 noms, un médecin de Vannes, Joël Le Scouarnec, aujourd’hui âgé de 68 ans. L’enquête américaine démontre sans l’ombre d’un doute que cet honorable chirurgien jusque-là sans histoire, à trois reprises, les 21 février, 7 mars et 19 avril 2003, avait utilisé sa carte bancaire pour accéder à des vidéos interdites.

A l’époque, une perquisition est opérée chez lui par la gendarmerie, mais aucune image n’est retrouvée dans son ordinateur et personne dans son entourage familial ne mentionne quoi que ce soit. Aucune enquête n’est menée dans son milieu professionnel, où le chirurgien digestif opère à tour de bras des appendicites d’enfants. Le 13 octobre 2005, Joël Le Scouarnec se retrouve…

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https://www.francebleu.fr/infos/faits-divers-justice/pedophilie-des-choses-abominables-retrouvees-chez-un-chirurgien-accuse-de-viols-et-agressions-1566383290

 

Pédophilie : « des choses abominables » retrouvées chez un chirurgien accusé de viols et agressions sexuelles

 

Mercredi 21 août 2019 à 12:28 – Mis à jour le jeudi 22 août 2019 à 8:35 -

Par , France Bleu, France Bleu La Rochelle, France Bleu Poitou, France Bleu Armorique

 

Des carnets décrivant des « choses absolument abominables » ont été retrouvés au domicile d’un chirurgien accusé de viols et agressions sexuelles sur au moins quatre mineurs. L’homme est incarcéré à Saintes, en Charente-Maritime, dans l’attente de son procès. Il pourrait y avoir jusqu’à 200 victimes.

 

Le chirurgien aurait agressé sexuellement des mineurs en phase de réveil
Le chirurgien aurait agressé sexuellement des mineurs en phase de réveil © Maxppp –

Jonzac, France

Il est en détention provisoire depuis mai 2017 à Saintes, accusé de viols et d’agressions sexuelles sur quatre mineurs, mais ses victimes pourraient être plusieurs dizaines, voire 200 partout en France. Les enquêteurs ont retrouvé au domicile de Joël Le Scouarnec, médecin de 68 ans qui a notamment exercé pendant près de 10 ans en chirurgie viscérale à l’hôpital de Jonzac, en Charente-Maritime, des carnets qui décrivent « des choses absolument abominables« . Cette découverte comprend notamment un « carnet avec deux répertoires« , qui consigne les « noms et prénoms de jeunes filles et garçons mineurs, avec la narration de faits très précis les concernant« .

200 noms, autant de victimes potentielles

C’est le journal La Charente libre qui révèle cette découverte ce mardi. Selon le quotidien, le docteur a exercé dans des hôpitaux bretons, en Touraine, et à Jonzac, et 200 noms figureraient dans ces carnets. Soit autant de victimes potentielles recensées partout en France. Impossible pour l’instant de savoir si ces faits sont avérés ou fantasmés, mais si ces faits étaient confirmés par les victimes, Fransesca Satta, l’avocate de la famille d’une des victimes estime sur Franceinfo que cet homme serait « un pédophile de grande envergure, particulièrement dangereux pour notre société« .

L’avocate évoque aussi « des petits baigneurs retrouvés cachés sous les lattes du plancher« . Ces objets « lui servaient d’exutoires sexuels« , assure-t-elle, évoquant également « des photos de lui dénudé, en érection, portant des perruques« .

Témoignage d’une fillette de 6 ans

Son interpellation est intervenue après le témoignage d’une fillette de 6 ans, voisine du médecin, auprès de son père. La petite fille avait, selon les informations de nos confrères de Franceinfo, raconté à ses parents avoir vu le « zizi » du voisin. Après avoir décrit une scène de masturbation, la fillette a fini par dire à ses parents que le sexagénaire s’est déshabillé et évoque une pénétration.

D’autres investigations sont en cours pour identifier d’autres potentielles victimes. Selon Franceinfo, ces recherches menées par la section de recherches de la gendarmerie de Poitiers (Vienne) ont permis de récolter de nouvelles plaintes, une petite dizaine pour le moment. Les gendarmes s’attachent à retracer le parcours professionnel et personnel du médecin.

Indre-et-Loire puis Morbihan

Joël Le Scouarnec a débuté sa carrière de chirurgien digestif à Loches, en Indre-et-Loire, où il a fondé la clinique de la Fontaine avec deux confères, avant qu’elle ne ferme en 1988. Le médecin a reconnu lors d’une audition des agressions sexuelles commises à cette époque. Il est ensuite intervenu à l’hôpital de Loches, jusqu’en 1990, avant de partir pour la Bretagne, à Vannes, dans le Morbihan. Là-bas, il avait été condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques.

Quatre dossiers pour viol sur mineurs

L’homme est aujourd’hui mis en cause dans quatre dossiers pour viol sur mineurs dont une petite fille de sa propre famille. Il est aussi poursuivi pour exhibition et consultation et diffusion d’image pédopornographique. S’il reconnaît les agressions sexuelles, il conteste en revanche, la matérialité de la pénétration.

Concernant la deuxième enquête, son avocat, maître Thibault Kurzawa, assure ne pas être au courant pour l’instant. C’est à la justice de travailler. Mais pour lui, rien ne permet de conclure que son client est l’auteur de viols et d’agressions sexuelles sur 200 victimes, sur la base des carnets. « Ce que je constate, c’est qu’il y a une enquête qui serait menée. Il y a des noms qui ont été cités dans ces fameux carnets. D’une part, on ne sait pas ces personnes existent réellement. D’autre part, on ne sait pas si derrière chaque nom il existe réellement un fait. Mon client, s’il ne conteste pas être l’auteur de ces écrits, en revanche, conteste formellement avoir commis ces faits », assure-t-il.

A aucun moment il n’est possible d’établir avec certitude que tous ces écrits correspondent à des faits » – Maître Thibault Kurzawa

Pour son avocat : « mon client était une personne qui avait de graves problèmes par rapport à l’aspect sexuel de ses idées et de ses fantasmes. C’est quelqu’un qui passe effectivement son temps à retranscrire sur papier l’ensemble de ses rêves, aussi sordide soient-ils. Mais à aucun moment il n’est possible d’établir avec certitude que tous ses écrits correspondent à des faits ». Thibault Kurzawa affirme enfin que son client comprend l’impact psychologique de ses écrits. Il les regrette et les qualifie lui-même d’ignobles, selon son avocat. Il se soigne en prison et voit régulièrement un psychologue.

L’homme de 68 ans a demandé sa radiation de l’Ordre des médecins en 2017. Il comparaîtra fin 2019 ou début 2020 devant la cour d’assises de Charente-Maritime pour ces faits, « susceptibles d’avoir été commis entre 1989 et 2017 » selon le parquet de La Rochelle.

 

https://larochesuryon.maville.com/actu/actudet_-chirurgien-accuse-de-pedophilie.-les-questions-que-pose-ce-dossier_54135-3809276_actu.Htm

logo Ouest-France Mercredi 21 août 2019 21:26

Chirurgien accusé de pédophilie. Cinq questions que pose ce dossier hors norme

photo l'hôpital de quimperlé, où le chirurgien a officié. © ouest-france

L’hôpital de Quimperlé, où le chirurgien a officié.© OUEST-FRANCE

Des carnets décrivant des scènes d’abus sexuels sur des enfants ont été trouvés par les enquêteurs au domicile d’un chirurgien de Jonzac, incarcéré depuis 2017 pour 4 viols et agressions sexuelles présumées. Ce médecin, qui a officié en Bretagne, y mentionne plus de 250 noms. « Des fantasmes », répond son avocat.

 

Ce chirurgien viscéral de 68 ans, incarcéré depuis deux ans et en attente de son procès pour viols sur plusieurs mineurs, est accusé d’être au cœur du plus grand scandale de pédophilie en France.

Combien de victimes ?

Un premier procès sera organisé fin 2019, début 2020, selon le parquet de la Rochelle, pour des faits de viol et agressions sexuelles, exhibition et consultation et diffusion d’image d’un mineur à caractère pornographique, « susceptibles d’avoir été commis entre 1989 et 2017 sur 4 mineures », dont deux nièces et une voisine. L’affaire est partie du père de la petite voisine de 6 ans qui a porté plainte. Le médecin de 68 ans, spécialisé dans la chirurgie digestive, père de famille aujourd’hui séparé, a été placé en détention provisoire en mai 2017.

C’est le premier volet d’un dossier qui pourrait s’avérer beaucoup plus épais. Comme l’indique le parquet, « les investigations se poursuivent sous la direction du parquet de la Rochelle pour identifier et entendre d’autres éventuelles victimes. » Chez le chirurgien, lors de perquisitions, les enquêteurs ont trouvé des carnets décrivant des scènes d’abus sexuels. Plus de 250 noms y seraient mentionnés. Il n’est pas poursuivi pour ces actes aujourd’hui.

Comment les gendarmes ont-ils procédé ?

L’enquête a été confiée aux gendarmes de la section de recherches de Poitiers. L’homme a officié dans différents hôpitaux et cliniques en Touraine, en Charente-Maritimes mais aussi dans le Morbihan, le Finistère, et lors d’un court remplacement aux Sables-d’Olonnes (en 2003), du début des années 90 à 2008, année où il est parti à Jonzac. Les potentielles victimes étant éparpillées en France, ce sont des brigades locales qui les ont contactées et entendues. Les gendarmes utilisent un canevas type d’audition. Un exercice délicat car la plupart des personnes n’ont pas de souvenir d’agression.

Fantasme ou réalité ?

Pour Caroline (prénom d’emprunt), cela ne fait pas de doute. « Ce n’est pas du « fantasme » ce qu’il a raconté sur moi dans son carnet. » Elle a été contactée par les gendarmes le 27 décembre 2017. Quand ils lui ont demandé si elle avait été hospitalisée en août 2003, tout est « remonté à la surface ». « J’avais 10 ans. C’était pour une appendicite. » Caroline a décrit aux gendarmes ce qui lui était arrivé, lors de son séjour de plusieurs jours à l’hôpital, avant qu’ils ne lui lisent l’extrait du carnet du chirurgien la concernant. « Il m’a violée plusieurs fois. J’étais consciente. Je me souviens d’une fois, c’était le lendemain de mon opération. J’étais dans une chambre isolée, au fond du couloir. C’était quelqu’un de très froid. Il ne parlait quasiment pas. J’ai tout gardé pour moi. Je croyais que j’étais folle. »

Comme une autre victime morbihannaise dont nous avons reçu le témoignage, elle l’a reconnu parmi neuf photos d’hommes présentées par les gendarmes. 16 ans après. Elle a déposé plainte pour viol.

L’avocat du chirurgien reconnaît l’existence d’écrits « dans des carnets ou numériques ». « Mon client ne conteste pas être l’auteur de ces écrits mais, pour lui, il s’agit de fantasmes, de rêves. Rien ne prouve aujourd’hui qu’il s’agit de faits avérés », indique Me Thibault Kurzawa, avocat au barreau de Saintes.

« Il est persuadé d’avoir une déviance. Et depuis deux ans et demi, il ne fait que cela : se soigner. Il exprime des regrets profonds et sincères et cherche à comprendre comment il a pu en arriver là. »

Comment réagissent les victimes ?

La révélation de leur nom marqué sur ses carnets et des faits étant décrits a été un véritable choc. Certains se souviennent, d’autres non. Des victimes présumées se sont rapprochées de l’association d’aide aux victimes, qui met à leur disposition des psychologues. Deux frères, victimes présumées, ont créé un groupe Facebook pour rassembler les victimes. Il comptait 39 membres mardi, 75 membres ce mercredi soir. « Personne ne sait trop quoi faire. On n’a pas de réponses à nos questions », indique une Morbihannaise victime présumée.

Comment a-t-il pu continuer d’exercer après une condamnation ?

Comment a-t-il pu continuer d’exercer, auprès d’enfants notamment, après une condamnation pour détention d’images pédopornographiques, en novembre 2005 par le tribunal de Vannes ? Il a été condamné à quatre mois de prison avec sursis simple, sans aucune autre obligation (soin, interdiction d’approcher des enfants…). « Il a pu reprendre son activité dans la foulée », confirme son avocat.

Nadine BOURSIER et Carine JANIN.   Ouest-France

 

https://www.bfmtv.com/police-justice/les-souvenirs-commencent-a-revenir-un-homme-accusant-le-chirurgien-de-pedophilie-temoigne-1754448.html#xtor=AL-68

« Les souvenirs commencent à revenir »: un homme accusant le chirurgien de pédophilie témoigne

 

23/08/2019 à 17h29
justice

Le chirurgien sera jugé dans les prochains mois par la cour d’assises de Charente-Maritime. – AFP

 

Un jeune homme, dont le nom figure dans les carnets de Joël Le Scouarnec, ce chirurgien soupçonné de pédophilie, a accepté de témoigner pour BFMTV. Il raconte comment il a refoulé les faits qui se sont déroulés, selon son récit, lorsqu’il était hospitalisé enfant dans un établissement de Bretagne. Depuis il a porté plainte.

 

Il s’agit de l’une des 200 voix que les gendarmes recherchent depuis plusieurs mois. Le prénom de ce jeune homme, qui a accepté de témoigner anonymement auprès de BFMTV, figure dans l’un des carnets de Joël Le Scouarnec, ce chirurgien soupçonné de plusieurs cas de pédophilie ces 3 dernières décennies. Pendant plusieurs années, il a refoulé les faits, avant que la réalité remonte à la surface.

Alors enfant, ce jeune homme a consulté Joël Le Scouarnec pour « une opération dans un hôpital breton », raconte-t-il. A cette époque, le chirurgien digestif a exercé dans plusieurs établissements bretons, et ce, jusqu’en 2008 et sa prise de poste à Jonzac, en Charente-Maritime. En 2005, le tribunal de Vannes l’avait condamné à 4 mois de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende pour « détention d’images pédopornographiques ». Les faits dont il accuse le médecin se sont produits lors de son hospitalisation.

« J’ai été victime au rendez-vous post-opératoire et après l’opération », confie ce jeune homme, traumatisé.

Dépôt de plainte

Pendant de longues années, il a refoulé ce qu’il a subi. « Je fais partie des victimes qui ont préféré occulter les actes qu’il m’a infligés. Avec un travail et un accompagnement, petit à petit, les souvenirs commencent à revenir », poursuit le jeune homme. Et l’année dernière, après l’ouverture d’une nouvelle enquête préliminaire par le parquet de La Rochelle sur des potentielles autres agressions sexuelles, les gendarmes le contactent.

« En effet, je fais partie de la liste des personnes présentes dans les carnets (de Joël Le Scouarnec, NDLR). A la suite de ce contact, j’ai porté plainte », explique-t-il.

Ces potentielles autres cas d’abus et d’agressions sexuelles ont été découverts après le dépôt d’une plainte de la famille d’une fillette contre le chirurgien en 2017. A l’époque, la famille était voisine de ce médecin. La petite fille, alors âgée de 6 ans, va raconter à ses parents, qu’alors qu’elle jouait seule au fond du jardin familial, l’homme s’est exhibé nu devant elle, avant de la violer. Cette plainte est alors l’élément déclencheur de cette affaire. Les perquisitions au domicile du médecin vont permettre de découvrir l’existence de ces carnets dans lesquels sont inscrits plus de 200 prénoms de petits garçons et petites filles, ainsi que des descriptions d’abus sexuels.

Le chirurgien, depuis radié par le conseil de l’ordre des médecins, est mis en examen et placé en détention provisoire en mai 2017. Lors de l’instruction, il va reconnaître d’autres attouchements, notamment commis sur ses deux nièces et une autre voisine. Dans quelques mois, il sera jugé pour ces quatre faits par la cour d’assises de Charente-Maritime. Mais les investigations se poursuivent pour identifier et entendre d’éventuelles autres victimes. Selon nos informations, 4 plaintes ont déjà été déposées pour viol ou agression sexuelle.

Amélie Rosique avec Justine Chevalier

 

 

https://www.lci.fr/police/fantasmes-ou-dizaines-de-victimes-les-recits-des-carnets-du-chirurgien-de-jonzac-soupconne-de-pedocriminalite-2130337.html

Fantasmes ou dizaines de victimes ? Les récits des carnets du chirurgien de Jonzac soupçonné de pédocriminalité

 

ENQUÊTE – Les carnets retrouvés dans la maison Joël Le Scouarnec dévoilent de nouveaux éléments et précisent la psychologie du chirurgien accusé de pédocriminalité sur plusieurs mineures, dévoile ce dimanche le JDD.

25 août 2019 11:11 – La rédaction de LCI
 

Ce sont des récits sordides, contenus dans des carnets auxquels ont eu accès les gendarmes dès le mois de mai 2017. La maison du chirurgien Joël Le Scouarnec, à Jonzac (Charentes-Maritimes), a été fouillée de fond en comble par les enquêteurs, après les accusations de viol  portées contre lui par sa voisine, une petite fille âgée de 6 ans.

Depuis, l’enquête suit son cours, l’accusé est en détention provisoire, et les 200 noms listés dans des cahiers laisseraient penser que ses victimes sont bien plus nombreuses. « Des fantasmes, pas la réalité », répond Thibault Kurzawa, avocat chargé de la défense du chirurgien. Au domicile de ce dernier, les découvertes faites par les gendarmes sont des plus effarantes :  200 noms inscrits dans un répertoire donc, mais aussi des journaux intimes qui décrivent soit des fantasmes soit des violences sexuelles infligées potentiellement à des enfants, des godemichés, des films le mettant en scène coiffé d’une perruque, ou encore une vingtaine de poupées destinées à assouvir ses désirs sexuels.

Lire aussi

De nouvelles plaintes déposées contre le chirurgien soupçonné de pédocriminalité : ce que l’on sait« Elle lui a dit d’arrêter, que cela lui faisait mal » : la famille d’une victime présumée du chirurgien accusé de pédocriminalité témoigne

Outre les faits sur sa petite voisine, le chirurgien a avoué cinq agressions sexuelles, dont certaines correspondent à des noms inscrits dans son répertoire. Les faits de trois d’entre-elles sont prescrits. Joël Le Scouarnec, 68 ans, a été renvoyé en mars dernier devant la cour d’assises de Charente-Maritime, à Saintes, où il devrait être jugé début 2020, pour des viols et des agressions sexuelles sur quatre mineurs de moins de 15 ans. Il encourt 20 ans de réclusion criminelle pour ces premiers faits. Mais l’affaire n’en est sans doute qu’à ses débuts.

La rédaction de LCI

Mis à jour : dimanche dernier à 11:11Créé : dimanche dernier à 11:11

 

https://www.letelegramme.fr/bretagne/affaire-le-scouarnec-la-justice-trainait-des-pieds-29-08-2019-12369868.php

Affaire Le Scouarnec. Une série de dysfonctionnements

 

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Publié le 29 août 2019 à 18h30 Modifié le 29 août 2019 à 19h10

Affaire Joël Le Scouarnec : la curée continue... dans AC ! Brest

(Le Télégramme/Didier Déniel)

 

L’affaire Le Scouarnec, ce chirurgien suspecté de viols et agressions sur mineurs, a eu l’effet d’un électrochoc dans le monde médical. Le Conseil de l’Ordre des médecins du Finistère, explique, qu’aujourd’hui, de tels faits auraient du mal à se reproduire.

 

Dans leurs bureaux de la rue de l’Elorn, à Brest, les docteurs Pierre Jourdren et Yvon Balavoine, respectivement président et secrétaire général du Conseil de l’Ordre du Finistère, reviennent sur l’affaire Le Scouarnec. Sur le bureau, une chemise où ils détiennent tous les courriers émis ou reçus par l’Ordre, lors de cette affaire.

« Tout a commencé le 13 juin 2006. Un confrère de Quimperlé nous a appelés nous informant que le docteur Le Scouarnec avait été condamné pour consultation de photos pédophiles. Ce médecin hospitalier était inscrit dans le Finistère depuis le 1er janvier 2005. Il venait du Morbihan », racontent les deux responsables départementaux de l’Ordre.

Une extrême lenteur judiciaire

« Le jour même, nous avons appelé le greffe du TGI de Vannes. Le lendemain, le 14, nous avons expédié un courrier officiel demandant que le jugement nous soit transmis ».

Les jours passent et rien. Le 24 juillet, une secrétaire de l’Ordre relance le greffe de Vannes, par téléphone, sans résultat. « Le 22 septembre, on téléphone à nouveau et on poste une nouvelle lettre. Rien en retour. Début novembre, on réitère notre demande par lettre recommandée. Le 9 novembre, enfin, nous recevons copie du jugement qui nous informe des détails de la condamnation de notre confrère. À l’époque, les médecins hospitaliers dépendaient de la DDASS (Direction départementale des affaires sanitaires et sociales) et non pas de l’Ordre, dont dépendaient uniquement les libéraux. Les choses ont changé depuis. Mais cette situation nous préoccupait. »

Le jour de la réception du jugement, le docteur Simon qui était président de l’Ordre du Finistère, appelle la DDASS et l’informe de la situation. Aucune réaction de l’organisme de tutelle. « Le 15 novembre, nous prenons la décision d’adresser un courrier à la DDASS assorti d’une copie du jugement ». Réuni le lendemain, à Brest, le Conseil approuvera cette démarche. Il demandera aussi que le docteur Le Scouarnec soit auditionné.

La DDASS ne répond pas

« Nous l’avons rencontré à Brest. Nous étions trois confrères, se souvient le docteur Jourdren. Il n’a pas nié les faits. Nous trouvions étonnant que la décision de justice ne soit pas accompagnée d’une injonction de soins, d’interdiction d’exercice, ou d’une interdiction d’approcher des mineurs dans le cadre de ses fonctions de praticien. Nous n’avions pas les pouvoirs d’agir en ce sens. Seule la DDASS pouvait le faire ».

En décembre de la même année, le Conseil de l’Ordre se réunira à nouveau, confirmant les démarches engagées auprès de la DDASS. « Nous n’avons reçu aucune réponse de cet organisme ». Nous avons voulu en savoir plus sur ce silence, en nous rapprochant de l’Agence régionale de santé (ARS) qui, après 2010, a pris la suite des quatre DDASS bretonnes. Cet organisme, dont le siège est à Rennes, a déclaré ne pas « vouloir communiquer sur cette affaire » ».

Selon les docteurs Jourdren et Balavoine, les relations santé-justice se sont réellement améliorées ces dernières années. « Les procureurs sont beaucoup plus réactifs et n’hésitent pas à nous signaler le cas de confrères qui font l’objet d’enquête ou de condamnations. On nous fait même part des conduites en état d’ivresse quand elles relèvent d’un délit. L’autorité peut aussi agir très vite pour écarter d’un service de soin un médecin dont l’attitude peut être préjudiciable pour les patients », concluent les deux représentants de l’Ordre.

 



Affaire Joël Le Scouarnec : une sanction disciplinaire inappliquée

C’est ce qui se déduit de nouvelles révélations faites hier par des journalistes du Point qui ont eu accès à un PV d’audition mentionnant l’existence d’un dossier disciplinaire du Conseil de l’Ordre des Médecins de Bretagne qui aurait entraîné pour le chirurgien la présence obligatoire d’un autre praticien lors de l’examen clinique de mineurs.

Interrogés par la gendarmerie, ses collègues de l’hôpital de Jonzac disent avoir toujours ignoré cette mesure et ne l’avoir donc pas appliquée.

Le vice-président du Conseil National de l’Ordre des Médecins explique aux journalistes : « Au niveau de l’ordre, il n’y a pas eu de sanction disciplinaire, et pour cause. À l’époque des faits, en 2004, nous n’étions pas compétents pour rechercher une responsabilité disciplinaire envers les médecins hospitaliers. »

Et de poursuivre : « Nous n’avons eu aucun courrier émanant d’une structure publique, tels un centre hospitalier, une DDASS ou un centre national de gestion, à ce sujet. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de sanction disciplinaire, mais, en tout état de cause, nous n’avons pas été informés. »

Quant à la nature de la sanction, elle l’étonne : « Cela me semble difficile à mettre en place ; une restriction d’exercice avec interdiction d’entrer en contact avec des mineurs me semblerait plus facile à appliquer. »

« A l’époque des faits, en 2004″

Rappelons que le chirurgien a été condamné à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images à caractère pédopornographique entre mars 2002 et décembre 2003 au mois de novembre 2005, à Vannes, dans le Morbihan.

Il exerçait alors à l’hôpital de Quimperlé, dans le Finistère, depuis octobre 2004, mais avait auparavant, dans le Morbihan, toujours relevé du secteur privé.

En effet, ce praticien spécialisé en chirurgie viscérale est intervenu dans le Morbihan d’abord à la Polyclinique du Sacré-Cœur, à Vannes, de 1994 à début 2003, puis à l’hôpital de Bodélio, à Lorient, où il a effectué des remplacements sans jamais être recruté de manière définitive, entre 2002 et 2004. Ce n’est qu’au mois d’octobre 2004 qu’il a acquis le statut de médecin hospitalier, à Quimperlé.

La sanction disciplinaire que les journalistes du Point ou leurs interlocuteurs n’ont pu retrouver résulte donc vraisemblablement d’une procédure ordinale dans le Morbihan, où le chirurgien a été poursuivi puis condamné et exerçait lors des faits lui ayant été reprochés.

 

 

https://www.lepoint.fr/justice/affaire-le-scouarnec-l-introuvable-sanction-disciplinaire-28-08-2019-2332206_2386.php

Affaire Le Scouarnec : l’introuvable sanction disciplinaire

 

EXCLUSIF. Le chirurgien pédophile n’aurait plus été autorisé à examiner des mineurs sans la présence d’un autre praticien, après sa condamnation de 2005.

 

Par et Émilie Trevert

Publié le 28/08/2019 à 18:46 | Le Point.fr
L'hopital de Jonzac dans lequel Joel Le Scouarnec a exerce en dernier, avant d'etre incarere en 2017.
L’hôpital de Jonzac dans lequel Joël Le Scouarnec a exercé en dernier, avant d’être incaréré en 2017.© Moritz Thibaud / Moritz Thibaud/ABACAMoritz Thiba

 

Renvoyé aux assises pour viols et agressions sexuelles sur des mineurs de moins de 15 ans et soupçonné d’autres crimes de cette nature — dont le nombre pourrait atteindre plusieurs dizaines si l’on en croit les terribles carnets retrouvés chez lui —, le Dr Joël Le Scouarnec aurait, selon nos informations, fait l’objet d’une mesure disciplinaire après sa condamnation pour détention d’images pédopornographiques, en 2005, à Vannes (Morbihan). Le cas échéant, ces sanctions ont-elles été appliquées ? Ou bien ont-elles été ignorées ?

Difficile d’obtenir une réponse malgré nos appels répétés aux ordres des médecins régionaux et départementaux, à l’agence régionale de santé (ARS), aux centres hospitaliers de Quimperlé (Finistère) et de Jonzac (Charente-Maritime), où le chirurgien viscéral a continué à exercer, entre 2005 et son arrestation, le 2 mai 2017. Et pourtant, il semble bien qu’une instance ait pris des mesures et décidé de sanctions, après la condamnation à quatre mois d’emprisonnement avec sursis (sans suivi ni obligation de soins) du Dr Le Scouarnec, pour les images retrouvées sur le disque dur de son ordinateur, il y a douze ans. C’est en tout cas ce qui ressort d’un procès-verbal d’audition que Le Point a pu consulter.

Je ne suis pas sûr que cette mesure ait été appliquée.

Lire aussi Le Scouarnec : étudiant brillant, mari délaissé, chirurgien et pédophile

Convoqué quelques jours après l’arrestation de Le Scouarnec, le 19 mai 2017, son collègue, le Dr X., est interrogé par les gendarmes de la brigade de recherche de Jonzac.

– « Étiez-vous informé qu’il [Le Scouarnec] avait déjà fait l’objet d’une procédure judiciaire pour détention d’images pédopornographiques, en 2005 ? » lui demande l’enquêteur.

– « Non, mais j’ai appris après son interpellation qu’il avait des antécédents, sans plus de précision », répond le Dr X.

Nouvelle question du gendarme : « Avez-vous eu connaissance qu’il avait fait l’objet d’un dossier disciplinaire par le conseil de l’ordre de Bretagne, et que cela avait entraîné la présence obligatoire d’un autre praticien, lors de l’examen clinique de mineurs ? » Le confrère de Le Scouarnec répond également par la négative :

– « Non, et d’ailleurs je ne suis pas sûr que cette mesure ait été appliquée à son arrivée à Jonzac [en 2008, NDLR] », déclare-t-il.

Qui a pris la mesure ?

Ainsi, donc, une mesure disciplinaire présentant un caractère préventif, qui imposait la présence d’un médecin tiers lors de tout examen clinique que le chirurgien pouvait être amené à effectuer sur des mineurs, aurait été ordonnée. Par qui ? L’ordre régional des médecins, comme le laisse entendre la question du gendarme ? Ou bien la DDASS du Finistère, à l’époque compétente pour poursuivre des médecins hospitaliers sur le plan disciplinaire ? Contactée par Le Point, l’agence régionale de santé (ARS) à Quimper — qui a remplacé la DDASS — refuse de répondre : « La direction de l’ARS a fait le choix de ne pas s’exprimer. »

La sanction que la DDASS s’abstient d’évoquer a-t-elle été suivie d’effets, autrement dit appliquée à l’hôpital de Quimperlé, où Joël Le Scouarnec a travaillé entre 2004 et 2008, puis au centre hospitalier de Jonzac, où il fut affecté ensuite et a terminé sa carrière ? Là encore, la question embarrasse. Le groupe hospitalier Bretagne Sud (GHBS), auquel est rattaché aujourd’hui l’hôpital de Quimperlé, nous a transmis pour seule réponse ce communiqué laconique : « Le centre hospitalier de Quimperlé était autonome à l’époque et ne dépendait pas de [notre] groupe, créé au 1er janvier 2018. De fait, le GHBS n’est pas en mesure de fournir des éléments relatifs à ce dossier, sauf auprès de la justice lorsqu’elle en fera la demande dans le cadre de la procédure en cours. »

Une mesure non appliquée ?

Quant à l’hôpital de Jonzac, il est aux abonnés absents, malgré nos demandes, orale et écrite. La direction se refuse à toute « déclaration » et semble avoir mis la pression sur le personnel afin qu’il s’abstienne de tout commentaire. « On a des instructions », confirme un agent, interrogé par Le Point. Les ordres médicaux régionaux et départementaux n’ont pas davantage répondu à nos sollicitations. Il a fallu que nous interrogions l’Ordre national des médecins, à Paris. Ce dernier vient de recevoir le dossier ordinal du praticien incriminé, et « aucune procédure disciplinaire » n’y figure.

Le Dr Jean-Marcel Mourgues, vice-président du Conseil national de l’Ordre, nous explique : « Au niveau de l’ordre, il n’y a pas eu de sanction disciplinaire, et pour cause. À l’époque des faits, en 2004, nous n’étions pas compétents pour rechercher une responsabilité disciplinaire envers les médecins hospitaliers. » La sanction ne peut donc venir de l’Ordre, mais en a-t-il été informé ? « Nous n’avons eu aucun courrier émanant d’une structure publique, tels un centre hospitalier, une DDASS ou un centre national de gestion, à ce sujet, affirme Jean-Marcel Mourgues. Cela ne veut pas dire qu’il n’y a pas eu de sanction disciplinaire, mais, en tout état de cause, nous n’avons pas été informés. » Quant à la nature de la sanction, si elle a existé (obligation de la présence d’un tiers pour tout examen de patients mineurs), elle étonne quelque peu le vice-président de l’Ordre : « Cela me semble difficile à mettre en place ; une restriction d’exercice avec interdiction d’entrer en contact avec des mineurs me semblerait plus facile à appliquer. »

Lire aussi Affaire Le Scouarnec : « Peut-être la plus grande affaire de pédophilie du siècle »

Quant à Me Thibault Kurzawa, l’avocat du chirurgien soupçonné d’actes pédophiles, notamment sur son lieu de travail, il assure « n’avoir pas eu connaissance de cette mesure disciplinaire ». Soit la sanction évoquée dans la procédure n’existe pas, mais, alors, pourquoi l’enquêteur y aurait-il fait allusion ? Soit cette décision a bien été rendue, mais elle n’a pas été appliquée. Ce qui serait autrement plus dommageable quand on sait que Le Scouarnec ne sera confondu que douze ans après sa première condamnation, à la suite de la plainte d’une petite voisine de 6 ans, à laquelle il aurait fait subir un viol et plusieurs agressions sexuelles, en 2017, quelques jours avant son arrestation. Des faits pour lesquels il comparaîtra, avec d’autres de même nature, devant les assises de Charente-Maritime, fin 2019 ou début 2020.

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/bretagne/morbihan/chirurgien-soupconne-pedophilie-exerce-18-ans-bretagne-1712909.html

Le chirurgien soupçonné de pédophilie a exercé 18 ans en Bretagne

 

© AFP - F. Five

© AFP – F. Five

Incarcéré depuis mai 2017, Joël Le Scouarnec est un chirurgien accusé d’agressions et de viol sur quatre fillettes. En parallèle, les gendarmes ont ouvert une enquête lorsqu’ils ont découvert des carnets personnels où le suspect décrivait des agressions sur des mineurs depuis 1989.

Par C.B. Publié le 21/08/2019 à 18:53 Mis à jour le 21/08/2019 à 19:26

L’affaire fait grand bruit. Ce chirurgien accusé de pédophilie est aujourd’hui âgé de 68 ans, mais les faits remonteraient à 1989, s’ils sont avérés. Deux enquêtes visent aujourd’hui le praticien, incarcéré depuis mai 2017.La première concerne des accusations d’agressions sexuelles et de viol sur quatre fillettes. Son procès en cour d’assises devrait se tenir en 2020. L’élément déclencheur fut le témoignage de l’une d’entre-elles. En 2017 elle accuse Joël Le Scouarnec d’exhibition et d’attouchements. Le médecin était son voisin à Jonzac en Charente-Maritime.

Déjà condamné en 2005

Auparavant, Joël Le Scouarnec avait exercé 18 ans dans des établissements bretons. D’abord 14 ans à la Polyclinique du Sacré-Cœur à Vannes, puis dans les hôpitaux de Lorient et Quimperlé entre 2004 et 2008. Ce n’est qu’ensuite qu’il a rejoint l’hôpital de Jonzac en Charente-Maritime.

Pourtant, le docteur avait déjà été condamné en 2005 pour « détentions d’images pédopornographiques ». Sa peine : quatre mois de prison avec sursis et 20.000 euros d’amende.
Contacté par téléphone, la direction du Groupe Hospitalier Bretagne Sud « n’est pas en mesure d’apporter des éléments relatifs à ce dossier » car l’hôpital de Quimperlé « était autonome à cette époque et ne dépendait pas du GHBS. »

200 noms d’enfants sur des carnets

Lors de l’instruction, les enquêteurs tombent sur des éléments troublants au domicile du suspect, au cours d’une perquisition. Comme le révèlent nos confrères de Charente Libre, parmi ces éléments, les gendarmes examinent des carnets personnels.

Sur ces pages manuscrites, une vision d’horreur. Le chirurgien a compilé plus de 200 profils d’enfants dans ses notes. Il y décrit le physique des enfants, les habits qu’ils portent puis les sévices qu’il leur aurait fait subir. Une deuxième instruction est alors ouverte sur la base de ces découvertes accablantes. L’avocat de Joël Le Scouarnec défend son client en déclarant que ces notes relèveraient du « fantasme » de son auteur et que les faits décrits ne sont pas avérés.Pourtant, des témoignages de victimes présumées du chirurgien sont édifiants. La plupart d’entre-elles n’ont aucun souvenir des aggressions mentionnés dans les carnets. Les victimes auraient été abusées alors qu’elles étaient en salle de réveil des hôpitaux où elles avaient été admises. Ces aggressions présumées, les victimes ne les ont apprises que dernièrement lorsqu’elles ont été auditionnés par les enquêteurs, soit bien des années plus tard.

Les extraits des carnets les concernant leur ont été communiqués. Elles sont tombés des nues à l’écoute des écrits rapportés par les gendarmes.

Des propos glaçants

Dans les colonnes du Télégramme, l’une d’entre-elles raconte qu’ « il y écrivait qu’il n’avait qu’une hâte, que ma famille quitte ma chambre pour qu’il se retrouve seul avec moi. Il y a tout décrit : ce qu’il ressentait, le plaisir qu’il prenait. C’est très traumatisant de lire cela. Mais ça m’a conforté aussi dans mon statut de victime. Pour moi, ce type est un grand malade« .

Les enquêteurs ont un long travail devant eux. L’audition de l’ensemble des personnes mentionnées dans les carnets va prendre du temps. Sur les réseaux sociaux, un groupe dédié à rassembler les victimes du chirurgien s’est constitué fin juillet. Pour l’heure, les membres ne souhaitent pas s’exprimer, le temps de digérer et « de se faire aider par un psy » pour certains.

 

https://www.letelegramme.fr/bretagne/pedophilie-deux-temoignages-bretons-accablent-le-chirurgien-21-08-2019-12364814.php

Pédophilie. Deux témoignages bretons accablent le chirurgien

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Publié le 21 août 2019 à 17h02

Le docteur Le Scouarnec a travaillé dans les hôpitaux de Quimperlé (ci-dessus), Lorient et Vannes.

Le docteur Le Scouarnec a travaillé dans les hôpitaux de Quimperlé (ci-dessus), Lorient et Vannes. (Archives Le Télégramme)

 

L’affaire Le Scouarnec, ce chirurgien accusé de viols et violences sexuelles sur mineurs, en Charente-Maritime, a provoqué la stupeur ces dernières heures. Ce praticien est soupçonné d’avoir commis de tels actes dans des cliniques et hôpitaux en Bretagne où il a exercé de longues années. Le Télégramme a recueilli le témoignage de deux victimes présumées, à Vannes et à Quimperlé.

 

L’émoi est grand en France après les révélations qui ont permis de confondre Joël Le Scouarnec, qui a officié en tant que chirurgien dans plusieurs établissements de santé du Grand Ouest. Ce mercredi, nous avons pu contacter une de ses victimes présumées, Sabine (*), une jeune maman qui habite la région de Vannes. « En décembre, j’ai été convoquée par la gendarmerie, à Vannes. Je me demandais ce qu’on me voulait. Un enquêteur m’a présenté neuf photos, dont une qui représentait le chirurgien. On m’a demandé si je connaissais un de ces hommes. Sans hésiter, j’ai montré le visage de Joël Le Scouarnec et j’ai su tout de suite pourquoi j’étais là ».

Les faits qui concernent Sabine remontent à une vingtaine d’années. « J’avais onze ans à l’époque. J’avais été hospitalisée à la clinique du Sacré-Cœur, à Vannes, pour une péritonite. J’y suis restée dix jours. À plusieurs reprises, j’ai été victime des agissements de Joël Le Scouarnec. Je les qualifie de viols. Je n’osais rien dire. Du haut de mes onze ans, j’avais du mal à discerner la gravité de ces actes. C’était un adulte, et un chirurgien de surcroît. Quelqu’un qui me voulait du bien ».

« On avait confiance »

Durant son audition, Sabine explique qu’elle a eu accès aux écrits la concernant, consignés par le chirurgien dans des carnets glaçants – sur lesquels apparaissent plus de 200 noms d’enfants – où il notait avec force détails les actes commis sur ses victimes. « Il y écrivait qu’il n’avait qu’une hâte, que ma famille quitte ma chambre pour qu’il se retrouve seul avec moi. Il y a tout décrit : ce qu’il ressentait, le plaisir qu’il prenait. C’est très traumatisant de lire cela. Mais ça m’a conforté aussi dans mon statut de victime. Pour moi, ce type est un grand malade ».

Pendant toutes ces années, Sabine a enfoui ces faits et n’a rien dit à ses proches. « Ma mère s’en veut à présent. Elle dit qu’elle n’a pas su me protéger. Mais à l’époque, on avait confiance en ce chirurgien. Seul mon grand-père s’en méfiait. Il disait qu’humainement, il ne le sentait pas ».

Durant les années qui ont suivi, Sabine dit avoir souffert de très fortes angoisses. « J’ai toujours eu peur du noir. Que quelqu’un m’agresse. Pendant longtemps, j’ai garé ma voiture au plus près de la porte de mon logement, pour y prendre place le plus vite possible. J’avais toujours peur d’être agressée ».

Après cette audition dans les locaux de la gendarmerie, Sabine dit avoir « vrillé ». « Tout est remonté à la surface. J’ai complètement perdu les pédales. Il m’était impossible de travailler. J’en ai parlé à mes employeurs et je suis restée à la maison pendant deux semaines ». Sabine a porté plainte et a pris un avocat.

Un garçon de 7 ans

Dans le pays de Quimperlé (29), Alexandra (*) accepte aussi de confier ce qu’a vécu son fils, il y a vingt ans. « Il avait sept ans à l’époque. Il était tombé et s’était blessé à la cuisse. Je l’avais conduit aux urgences de l’hôpital de Quimperlé. Il avait été pris en charge par le Docteur Le Scouarnec, qui lui avait fait trente points de suture. Je me souviens qu’il avait utilisé un gaz pour ne pas que mon garçon sente la douleur. Le médecin m’avait demandé de sortir de la salle de soins. Après l’intervention, j’avais récupéré mon fils et nous étions rentrés à la maison ».

Il y a quelques mois, le fils d’Alexandra est convoqué à la gendarmerie. Il n’a aucune idée de ce qu’on attend de lui. « Les enquêteurs lui ont lu ce qui était consigné dans les carnets du médecin. Mon fils est tombé de haut. Il avait des flashs, comme des mauvais rêves. Mais rien de bien précis. À la lecture des notes, il a été extrêmement choqué. Dès lors, on a compris pourquoi notre fils, depuis des années, avait parfois un comportement déroutant. Il était souvent déprimé. Ses relations avec les filles n’étaient pas évidentes, et il avait pris l’habitude de consommer du haschich. Désormais, nous connaissons l’origine de ces problèmes. Il se reconstruit à présent. Mais il a beaucoup souffert ».

On en sait peu sur la personnalité du docteur Le Scouarnec. Un praticien qui a travaillé à ses côtés en Bretagne-sud, parle « d’un bon technicien qui connaît bien son travail. Mais un type un peu bizarre. Un peu cru ». « On ne se doutait de rien car ce confrère n’avait fait l’objet d’aucun signalement ».

* Il s’agit de prénoms d’emprunt, afin de préserver l’anonymat des témoins qui étaient mineurs quand les faits ont été commis.

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/lorient-56100/lorient-le-chirurgien-soupconne-de-pedophilie-bien-travaille-bodelio-6488521

Le chirurgien soupçonné de pédophilie a bien travaillé à Bodélio, à Lorient

 

L’ancien hôpital de Bodélio juste avant les débuts du chantier de démolition. Aujourd’hui, l’hôpital public de Lorient se trouve près du Scorff.
L’ancien hôpital de Bodélio juste avant les débuts du chantier de démolition. Aujourd’hui, l’hôpital public de Lorient se trouve près du Scorff. | ARCHIVES

 

Ouest-France Publié le 22/08/2019 à 18h10

 

Un spécialiste de chirurgie digestive, incarcéré depuis mai 2017 à Saintes (Charente-Maritime), est soupçonné de viols et d’agressions sexuelles, qui pourraient concerner près de 200 victimes, surtout des mineurs. Il a exercé dans le Morbihan du début des années 1990 à 2008. Il a bien travaillé à Lorient entre 2002 et 2004.

Déjà renvoyé devant la cour d’assises de Saintes pour quatre viols et agressions sexuelles sur mineurs, un chirurgien viscéral de 68 ans est soupçonné d’être impliqué dans une grande affaire de pédophilie, pour des faits qui ont pu être commis entre 1989 et 2017.

Chez lui, des carnets intimes ont été retrouvés. Il a noirci des pages avec des récits d’agressions sexuelles concernant des patients. Plus de 200 noms y sont mentionnés. Les enquêteurs recherchent, contactent et auditionnent ces potentielles victimes, dont certaines localisées en Bretagne, où le patricien a travaillé du début des années 90 à 2008.

Difficile de savoir précisément où et de quand à quand il a exercé dans le Morbihan. Le conseil de l’ordre des médecins du Morbihan précise juste que « ce confrère a quitté, en octobre 2004, le département du Morbihan pour le département du Finistère. » Se refusant à en dire plus. Le chirurgien a en effet été employé par le centre hospitalier de Quimperlé du 4 octobre 2004 au 30 juin 2008. Avant de partir à Jonzac (Charente-Maritime).

Revirement

Après avoir affirmé que ce praticien « n’a jamais été en activité à l’hôpital de Bodélio (à Lorient) », le GHBS (groupe hospitalier Bretagne Sud) se ravise. Comme nous l’indiquions mercredi 21 août, le médecin a bien opéré à Bodélio (hôpital aujourd’hui démoli, transféré sur les bords du Scorff). Une victime et un membre du personnel nous l’assuraient. Dans un communiqué de presse envoyé jeudi 22 août à midi, la direction du GHBS le confirme : « une recherche approfondie effectuée ce jour dans les archives de l’hôpital de Bodélio a permis de déterminer que ce médecin avait réalisé des remplacements à l’hôpital de Bodélio entre 2002 et 2004. La Direction de l’époque n’avait pas souhaité prolonger cette période par un recrutement définitif. »

 



Affaire Joël Le Scouarnec : comment le chirurgien pédophile a-t-il pu sévir aussi longtemps ?

C’est la question qu’aujourd’hui tout le monde pose publiquement, à l’exception notable des journalistes du site 20minutes.fr, bien entendu, lesquels ont pour l’heure arrêté leurs publications sur cette affaire avec celle de l’interview de l’avocat du mis en cause, en date du 22 août 2019.

Conseils de l’Ordre des Médecins, DDASS, directeurs hospitaliers et collègues médecins, tous connaissaient les antécédents du pédophile après sa condamnation pour détention d’images pédopornographiques de 2005 et tendent aujourd’hui à se renvoyer mutuellement la balle sur la question de leurs responsabilités, ou à se couvrir avec la décision de justice prononcée à Vannes, qui fut comme toujours en la matière assez légère : comment ont-ils pu laisser le chirurgien continuer à exercer et ne jamais soupçonner l’existence de faits plus graves alors qu’au minimum une vigilance accrue à son égard s’imposait et qu’aujourd’hui, précisément, les témoignages affluent sur les comportements pour le moins inappropriés du médecin hospitalier ?

Pour ma part, j’observe que le fautif a changé deux fois de département : d’abord au mois d’octobre 2004, sa condamnation à venir dans le Morbihan étant très probablement attendue; il est allé se réfugier à Quimperlé, dans le Finistère, un département qui a toujours accusé plusieurs décennies de retard dans le traitement des affaires de moeurs et où il devait bien savoir qu’il serait tranquille; puis au mois de juin 2008; il a alors carrément changé de région, d’où cette question : lui aurait-on demandé de s’éloigner à la suite d’éventuelles plaintes de victimes ?

Son directeur hospitalier était à cette époque Etienne Morel dont je connais bien les méthodes pour l’avoir vu à l’oeuvre du temps où il était directeur de l’hôpital psychiatrique de Bohars, un poste qu’il a occupé à compter de la révocation de la fonction publique de son prédécesseur au mois d’août 1999 et jusqu’au mois de juin 2007, correspondant à sa mutation à l’hôpital de Quimperlé.

Je vais donc en parler un peu, en précisant que je dispose de tous les éléments de preuves nécessaires pour justifier mes dires.

Commençons par son prédécesseur, Christian Barthes, originaire de Rodez et ayant fait des études de droit à Toulouse, tout comme Richard Ferrand.

Après avoir été révoqué de la fonction publique à la suite d’un conflit violent avec son directeur général Louis Rolland, il a fait l’objet de poursuites et condamnations judiciaires toutes confirmées en appel en 2004 pour une multitude de faits comprenant diverses violences, jusqu’à une tentative d’assassinat, des faits de proxénétisme aggravé, de faux et usage de faux, d’escroquerie, de faux témoignages et dénonciations calomnieuses, d’usurpations de titres ou de fonctions, l’individu s’étant présenté mensongèrement comme commissaire de police ou ayant fait usage d’une qualité de directeur hospitalier qu’il n’avait plus, afin d’impressionner des tiers.

Cette dernière condamnation se basait notamment sur la plainte du responsable d’un Foyer de l’enfance du Finistère l’ayant dénoncé pour des faits de détournement et harcèlement de mineures et de menaces à son encontre après qu’il eut découvert son manège auprès des jeunes filles dont il avait la garde, certaines s’étant plaintes d’être harcelées par l’individu tandis que d’autres étaient régulièrement ramenées au foyer par lui après de soi-disant « fugues » qui n’en étaient pas, vu qu’il en était toujours l’instigateur.

Christian Barthes avait été poursuivi et condamné pour usurpation de titre par le Tribunal de Grande Instance de Brest pour s’être présenté comme directeur hospitalier auprès de ce responsable… dont la plainte pour détournement de mineures, harcèlement de mineures et menaces à son encontre n’avait, quant à elle, jamais donné lieu à l’ouverture d’aucune enquête… La même condamnation était également justifiée par deux plaintes de femmes, l’une pour une tentative d’internement psychiatrique arbitraire, et l’autre pour des faits de pressions, manipulation ou tromperie ayant entraîné une grave et irréversible détérioration de son état de santé, Christian Barthes ayant à chaque fois usé d’une qualité de directeur hospitalier qu’il n’avait plus pour obtenir ce qu’il voulait.

Ces deux autres plaintes n’avaient pas davantage que la première donné lieu à l’ouverture d’une quelconque enquête. Directeurs hospitaliers et magistrats locaux les utilisaient pour régler leurs comptes entre eux au mépris de tous les faits dénoncés, pourtant graves (les mineures « détournées » se retrouvaient par la suite prostituées dans des bars à hôtesses locaux, leur fournisseur de drogue étant bien entendu toujours le même Christian Barthes, lequel était aussi toujours tenté de régler divers problèmes en faisant interner et traiter par ses amis psychiatres hospitaliers ceux ou celles qui le dérangeaient), et de leurs différentes victimes véritables, les uns et les autres étant restés totalement ignorés tout au long de la procédure ayant vu le seul Directeur Général du CHU de Brest se constituer partie civile et réclamer et obtenir un euro de dommages et intérêts pour les usurpations de titre commises par le délinquant.

En effet, c’est Etienne Morel qui assumait désormais toutes ses fonctions hospitalières passées et gérait à sa manière toutes les hospitalisations psychiatriques abusives de la région brestoise : femmes et enfants victimes de viols, à faire taire pour protéger violeurs et pédophiles contre leurs velléités de poursuites judiciaires, victimes d’aléas thérapeutiques ou d’erreurs médicales des autres services de l’hôpital, à finir en psychiatrie afin d’éviter toute condamnation pour le CHU de Brest, réduction à l’état de légume de toute personne dérangeant un de ses copains, notamment ceux de la fonction publique, etc, etc…

Ce traitement psychiatrique généralisé à de très nombreux problèmes relevant en principe de la justice est la cause du nombre ahurissant de « schizophrènes » enregistrés dans le département du Finistère, où leur prévalence dépasse les 2% de la population, alors qu’elle est invariablement de 1% partout ailleurs dans le monde. Il a toujours été cautionné par le médecin-inspecteur de la DDASS Françoise Largeau, promue au grade de médecin général de santé publique par arrêté du 24 avril 2008 :

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000018764098&categorieLien=id

Dans les années 2000, l’un et l’autre s’étaient montrés si brillants dans leurs fonctions respectives qu’à compter du mois d’octobre 2002, la communauté médicale brestoise avait été frappée par toute une série de suicides, notamment ceux de quatre étudiants en médecine de 4ème année entre octobre 2002 et mars 2003 (ils avaient effectué leurs premiers stages hospitaliers en psychiatrie au cours du printemps 2002), puis celui d’un infirmier psychiatrique qui les connaissait bien, le 31 décembre 2004. Ces cinq suicidés avaient tous été retrouvés pendus à l’identique et le psychiatre hospitalier qui les suivait, une femme contre laquelle pleuvaient les plaintes de diverses victimes depuis des années, fut sanctionné par une mutation à Saint-Brieuc. Elle aura donc été « éloignée » par son directeur Etienne Morel qui par ailleurs n’hésitait pas à décrocher son téléphone pour appeler à leur domicile et les menacer de plaintes pour des faits imaginaires des victimes de ces hospitalisations psychiatriques abusives causes de suicides en série dont il était responsable. C’étaient alors à leur intention des hurlements similaires à ceux dont il gratifiait aussi très régulièrement son personnel ou ses collaborateurs hospitaliers, tous tenus d’obéir à tous ses ordres illégaux et illégitimes en vue d’éviter des poursuites judiciaires sinon quasi certaines.

 

https://www.lepoint.fr/justice/affaire-le-scouarnec-peut-etre-la-plus-grande-affaire-de-pedophilie-du-siecle-27-08-2019-2331795_2386.php

 

https://www.letelegramme.fr/dossiers/pedophilie-affaire-le-scouarnec/affaire-le-scouarnec-la-ddass-avait-ete-informee-26-08-2019-12367772.php

Affaire Le Scouarnec. « La DDASS avait été informée »

 

Publié le 26 août 2019 à 19h56 Modifié le 26 août 2019 à 20h00

Le Conseil de l’Ordre des médecins assure avoir informé la DDASS du Finistère d’une condamnation du praticien, qui exerçait alors au centre hospitalier de Quimperlé.

Le Conseil de l’Ordre des médecins assure avoir informé la DDASS du Finistère d’une condamnation du praticien, qui exerçait alors au centre hospitalier de Quimperlé. (Photo Stéphane Guihéneuf)

 

Le Conseil national de l’Ordre des médecins dit ne rien avoir à se reprocher dans l’affaire Le Scouarnec, du nom de ce chirurgien soupçonné de viols et attouchements sur plus de 200 patients mineurs. Actes qui auraient été perpétrés en Charente-Maritime et en Bretagne. Selon l’Ordre, la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (DDASS) du Finistère avait été informée d’une première condamnation à Vannes.

 

Rappelons que le docteur Le Scouarnec avait été condamné en novembre 2005, par le tribunal de Vannes, à la peine de quatre mois de prison avec sursis pour consultation d’images pédopornographiques et ce, sans injonction de soins. « Le Conseil de l’Ordre des médecins du Finistère avait été informé par un médecin, d’une manière informelle, que ce praticien, qui exerçait dans le département (à Quimperlé, NDLR) avait été condamné dans le Morbihan. Mais mes confrères ne connaissaient pas la raison pour laquelle ce chirurgien avait eu des démêlées judiciaires » explique le docteur Jean-Marcel Mourgues, vice-président du Conseil national de l’Ordre des médecins, que nous avons pu contacter ce lundi.

« L’Ordre des médecins est allé vers le tribunal pour aller chercher cette information. Je suis formel. L’information n’ayant pas été immédiate, la demande a été réitérée » poursuit le docteur Mourgues. Une copie du jugement a enfin été confiée, début novembre 2006, soit un an après le jugement. Désormais, la justice est tenue d’informer les autorités compétentes de jugements concernant des personnes exerçant une profession exposée (santé, éducation, etc.).

« Nous sommes allés jusqu’au bout de notre démarche »

Deux semaines plus tard, et après s’être réunis en assemblée plénière, les membres du Conseil finistérien avaient décidé d’informer de ces faits la DDASS du Finistère. « À l’époque, nous étions juridiquement incompétents. Il a fallu attendre la loi de 2009 de réorganisation du système de santé, pour que soit reconnue la compétence de l’Ordre de poursuivre, sur le plan disciplinaire, des médecins. Nous sommes allés jusqu’au bout de notre démarche, de ce que nous devions faire » insiste le vice-président de l’Ordre national.

Ensuite, le docteur Le Scouarnec n’a pas été inquiété. Après Quimperlé, il a rejoint Jonzac où il a pu intégrer sans le moindre problème un autre établissement hospitalier. À nos confrères de France Info, Pascal Revolat, président du Conseil des médecins de Charente-Maritime, expliquait récemment que le casier judiciaire du chirurgien avait été consulté avant son inscription au tableau de l’Ordre. « Cette condamnation pour détention d’images pédopornographiques était connue. Sauf que la Justice avait pris une décision qui n’ordonnait aucune suspension. De plus, à l’époque, les faits qui sont actuellement reprochés à Joël Le Scouarnec (des viols et agressions sexuelles) n’étaient pas les mêmes, se défend Pascal Revolat. Il s’agissait de détention d’images pédopornographiques ».

Des infractions, pas un délit

Reste que ce procès vannetais n’avait pas fait l’objet d’une publicité tapageuse. À l’origine, Joël Le Scouarnec, père de trois enfants, avait été confondu suite à une commission rogatoire internationale. Aux États-Unis, des ordinateurs de plusieurs sociétés diffusant des images pédopornographiques avaient été saisis, levant le voile sur les adresses informatiques de leurs « clientèles ». 2 468 internautes français avaient été inquiétés. Dont Joël Le Scouarnec et un autre professionnel de santé morbihannais. Le tribunal avait décidé de disjoindre ces deux cas ainsi qu’un autre concernant un troisième prévenu.

Suivant un arrêt de la Cour de cassation datant du 5 janvier 2005, le tribunal de Vannes avait qualifié les faits d’infractions et non de délit : la simple consultation de sites pornographiques mettant en scène des mineurs ne suffit pas à caractériser le délit de détention d’images pornographiques.

 

https://www.charentelibre.fr/2019/08/26/chirurgien-pedophile-l-ordre-des-medecins-avait-connaissance-de-son-passe-judiciaire,3476395.php

Chirurgien pédophile: l’Ordre des médecins avait connaissance de son passé judiciaire

 

Chirurgien pédophile: l’Ordre des médecins avait connaissance de son passé judiciaire

Le Dr Le Scouarnec a officié à l’hôpital de Jonzac entre 2008 et 2017. Il est incarcéré depuis cette date.

Capture d’écran Google Street View
Par charentelibre.fr, publié le 26 août 2019 à 23h17.

 

Joël Le Scouarnec, l’ex-chirurgien de 68 ans soupçonné d’être l’auteur de nombreux actes pédophiles, avait bel et bien été signalé à l’Ordre des médecins ainsi qu’à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère, contrairement à ce que Pascal Revolat, le président de l’Ordre des médecins de Charente-Maritime, expliquait dans nos colonnes vendredi. Et ce, après sa condamnation en 2005 à Vannes (Morbihan) à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédo-pornographiques.

En 2005, il était ensuite allé travailler dans le Finistère. Le conseil départemental de l’Ordre des médecins avait alors eu vent de cette condamnation et avait demandé le compte rendu du jugement à la justice. L’instance ordinale l’avait ensuite transmise à la Ddass « qui n’a apparemment pas réagi », note sur France Info Pascal Revolat.

En 2008, Joël Le Scouarnec a de nouveau changé de département pour venir travailler à Jonzac. Et l’Ordre des médecins de Charente-Maritime était au courant de la condamnation de 2005 du chirurgien. C’est ce qu’indiquait vendredi Pascal Revolat à France Info.

« Il y a eu un entretien entre le président du conseil de l’Ordre de Charente-Maritime et ce médecin. Ensuite, en séance plénière, le conseil a décidé qu’il n’était pas justifié d’aller au-delà, sachant que la justice ne l’avait pas suspendu. À l’époque, ce n’était pas du tout les faits actuels qui étaient en cause, il s’agissait de détention d’une image pédo-pornographique. »

Pascal Revolat précise également que jusqu’en 2009, les médecins hospitaliers étaient sous l’autorité des Direction départementale des affaires sanitaires et sociales.

 

https://www.sudouest.fr/2019/08/26/chirurgien-de-jonzac-accuse-de-pedophilie-l-ordre-et-la-ddass-connaissaient-sa-condamnation-de-2005-6485924-1368.php

Chirurgien de Jonzac accusé de pédophilie : l’Ordre et la Ddass connaissaient sa condamnation de 2005

 

Publié le 26/08/2019 à 20h15. Mis à jour le 27/08/2019 par Eric Chauveau.
Chirurgien de Jonzac accusé de pédophilie : l’Ordre et la Ddass connaissaient sa condamnation de 2005
Joël Le Scouarnec a exercé de 2008 à 2017 au centre hospitalier de Jonzac

Gobin Marie-Laure

 

Condamné pour détention d’images pédo-pornographiques en 2005, Joël Le Scouarnec a continué d’exercer jusqu’en 2017.

Comme le révélait « Sud Ouest » en février 2019, le chirurgien Joël Le Scouarnec, soupçonné de plusieurs viols et agressions sexuelles sur mineurs, avait été condamné en novembre 2005 à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images à caractère pédopornographique entre mars 2002 et décembre 2003. On sait aujourd’hui que cette condamnation était connue de l’Ordre des médecins et de la Ddass, ce qui ne l’a pas empêché de continuer d’exercer jusqu’en 2017.

À la suite de la condamnation de 2005, il a en effet été signalé à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère. C’est le conseil de l’ordre des médecins du Finistère, département où a travaillé le docteur, qui a « fait connaître cette situation à la Ddass qui n’a apparemment pas réagi », a assuré, à FranceInfo, Pascal Revolat, président du Conseil de l’Ordre des médecins de Charente-Maritime.

« Je peux parler de ce qui s’est passé au Conseil de l’Ordre de Charente-Maritime. Pour toute inscription ou transfert [d’un médecin dans notre département], nous consultons le casier judiciaire. Cette condamnation [pour détention d’images pédopornographiques] était connue, sauf que la justice avait pris une décision qui n’ordonnait aucune suspension« , indique Pascal Revolat. Et d’ajouter qu’il y avait eu « un entretien entre le président du Conseil de l’Ordre de Charente-Maritime et ce médecin. Ensuite, en séance plénière, le Conseil a décidé qu’il n’était pas justifié d’aller au-delà, sachant que la justice ne l’avait pas suspendu ».

Pas d’obligation de soins

La peine infligée au médecin l’avait été par le tribunal correctionnel de Vannes (Morbihan), ville où le praticien exerçait alors à l’hôpital. Le praticien, né en 1950, avait exercé d’abord, en Touraine, à Loches, à hôpital et au sein d’une clinique de 1984 à 1989. Il exerce en Bretagne de 1994 à 2003 à Vannes Sacré Coeur, de 2002 à 2004 à Lorient, puis à Quimperlé de 2004 à 2008. Pour finalement prendre un poste à l’hôpital de Jonzac en 2008 et jusqu’en 2017.

« Avec cette condamnation en 2005, il n’y a pas eu d’obligation de soins », indiquait, en février dernier, Me Thibault Kurzawa, l’avocat saintais du médecin, en détention provisoire de mai 2017 à la suite de sa mise en examen pour deux viols et deux agressions sexuelles (ce dossier fera l’objet d’un procès devant les assises de Saintes, sans doute début 2020 ).

L’avocat se demandait alors si une telle obligation n’aurait pas pu permettre d’éviter les agissements sur une fillette jonzacaise, sa voisine de domicile. Domicile où les gendarmes retrouvaient de sinistres carnets contenant le récit (réel ou fantasmé ?) de 150 agressions sexuelles et 50 viols sur des patients et un attirail d’objets à caractère sexuel. Ce deuxième volet de l’affaire Le Scouarnec fait toujours l’objet d’une enquête préliminaire de la gendarmerie.

 



Affaire Joël Le Scouarnec : nouvelles révélations sur le chirurgien pédophile

Les différents médias cités ci-dessous ne sont pas 20minutes.fr.

Pour preuve : ils font de nouvelles révélations sur cette affaire… autant sur les faits de pédophilie et la personnalité de leur auteur que sur l’étonnante mansuétude des autorités dont il aura bénéficié après une première condamnation pour détention d’images pédopornographiques en 2005.

Notons que le chirurgien pédophile a exercé à l’hôpital de Quimperlé sous la direction d’Etienne Morel durant un an, de juin 2007 à juin 2008, et donc après cette condamnation, dont les autorités compétentes étaient bien informées.

 

A lire ou à relire :

http://petitcoucou.unblog.fr/2017/12/21/lhopital-de-quimperle-epingle-par-la-chambre-regionale-des-comptes-de-bretagne/

http://petitcoucou.unblog.fr/2017/12/25/etienne-morel-ancien-directeur-hospitalier-de-brest-les-iles-kerguelen-apres-wallis-et-futuna/

http://petitcoucou.unblog.fr/2019/08/21/joel-le-scouarnec-chirurgien-accuse-de-pedophilie-peut-etre-250-victimes/

 

https://www.charentelibre.fr/2019/08/25/nouvelles-revelations-sur-le-chirurgien-pedophile,3475831.php

Nouvelles révélations sur le chirurgien pédophile

 

Nouvelles révélations sur le chirurgien pédophile
Le Journal du Dimanche rapporte le témoignage de la femme d’un médecin, collègue de Joël Le Scouarnec à Jonzac. Elle évoque un «comportement déplacé envers leur petite fille de huit ans» à qui il aurait «caressé les jambes».

repor CL
Par charentelibre.fr, publié le 25 août 2019 à 17h09.

 

Depuis les premières révélations mardi de Charente Libre sur Joël Le Scouarnec, le médecin retraité de 68 ans, soupçonné d’avoir agressé sexuellement 200 enfants depuis la découverte de ses carnets en 2017, les précisions sur le profil de l’accusé et de nouveaux témoignages de victimes présumées se multiplient.

Ce week-end, « Le Journal du Dimanche » et « Libération » ont consacré deux longs papiers sur cette affaire hors-norme.

« Le JDD » explique que, selon le médecin lui-même, sa première victime remonte à « 1985–1986 » et qu’il s’agit de sa nièce par alliance. A l’époque, il exerçait en Touraine, à Loches.

Des victimes d’abord dans le cercle familial

Les faits sont prescrits mais sa nièce aujourd’hui âgée d’une quarantaine d’années a été entendue par les enquêteurs. Les assauts de son oncle auraient duré entre ses 5 et 13 ans.

« Il trouvait n’importe quel prétexte pour se retrouver seul avec moi. Il en profitait pour me toucher le sexe et a fini par y introduire son doigt. Tous ces abus avaient lieu systématiquement, à chaque fois que nous nous voyons ».

L’accusé a reconnu de lui-même cinq agressions. Trois sont prescrites mais deux autres, concernant également deux nièces, seront jugées aux assises à la fin d’année ou début 2020.

Une autre victime de cette époque a expliqué avoir subi une agression sexuelle lors de son hospitalisation.

Les deux journaux cherchent également à cerner un peu plus le profil du « pédophile », comme il se qualifie lui-même. Un homme capable de cacher sous le plancher de son domicile jonzacais « des petits baigneurs (qui) portaient des chaînes et étaient mis en scène dans des positions sado-masochistes », explique l’avocate saintaise Me Francesca Satta, à Libération.

« L’enfant-objet lui permet d’exercer sa mégalomanie »

L’expertise psychologique du 1er juillet 2017, deux mois après le témoignage de sa voisine de six ans qui a permis de déclencher l’affaire, décrit un homme qui n’évoque « aucun remord, aucune culpabilité (avec) un fort sentiment d’impunité ».

L’enfant n’est ainsi qu’un moyen d’assouvir ce qu’il appelle « sa sexualité préférentielle ». « L’enfant-objet lui permet d’exercer sa mégalomanie, sa toute-puissance », précise l’expertise.

Nouveaux témoignages à Jonzac

La recherche d’images pédopornographiques sur internet au début des années 2000 est rapidement devenue « une vraie addiction, une boulimie », raconte également le médecin aux enquêteurs. Ce qui lui vaudra sa première condamnation à Vannes en 2005. Quatre mois avec sursis pour la détention de ces images.

« Le JDD » rapporte le témoignage de la femme d’un médecin, collègue de Joël Le Scouarnec à Jonzac. Elle évoque un « comportement déplacé envers leur petite fille de huit ans » à qui il aurait « caressé les jambes ».

Des victimes du médecin pédophile pendant qu’il exerçait à Jonzac de 2008 à 2017, seraient en passe de se manifester et de porter plainte.

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/morbihan/chirurgien-soupconne-de-pedophilie-comment-t-il-pu-continuer-d-exercer-6492110

Chirurgien soupçonné de pédophilie : « Il y a eu un manquement quelque part »

 

L’ancien hôpital de Bodélio juste avant les débuts du chantier de démolition. Aujourd’hui, l’hôpital public de Lorient se trouve près du Scorff.
L’ancien hôpital de Bodélio juste avant les débuts du chantier de démolition. Aujourd’hui, l’hôpital public de Lorient se trouve près du Scorff. | ARCHIVES OUEST-FRANCE
Ouest-France Nadine BOURSIER. Publié le 26/08/2019 à 15h07

 

Comment un chirurgien, condamné pour avoir détenu des images pédopornographiques, a-t-il pu continuer ? L’Ordre des médecins répond.

Un chirurgien de 68 ans est soupçonné d’actes pédophiles qui pourraient concerner près de 200 victimes, parmi lesquelles des jeunes patients. Les gendarmes s’attellent toujours à recueillir les témoignages des personnes mentionnées dans ses carnets, notamment en Bretagne où il a exercé. Ce praticien spécialisé en chirurgie viscérale est intervenu à la clinique du Sacré-Cœur à Vannes de 1994 à début 2003, à l’hôpital de Lorient de 2002 à 2004, à l’hôpital de Quimperlé d’octobre 2004 à juin 2008, avant de partir en Charente-Maritime.

En novembre 2005, il a été condamné par le tribunal de Vannes à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images pédopornographiques. Comment a-t-il pu continuer d’exercer jusqu’en 2017 ?

Sa condamnation n’était assortie d’aucune obligation (soin, interdiction d’exercer ou d’entrer en contact avec des mineurs, inscription au fichier des délinquants sexuels…). Pour Jean-Marcel Mourgues, vice-président du conseil national de l’Ordre des médecins, « la condamnation n’a pas été portée à la connaissance de l’Ordre, par l’autorité judiciaire (N.D.L.R., ce qui est une obligation depuis une loi de 2002). Le conseil départemental du Finistère a eu écho par un médecin que ce chirurgien avait eu des démêlés judiciaires ». L’Ordre a donc demandé au tribunal de Vannes de lui communiquer cette décision. « Il a fallu quatre sollicitations. Dès réception, le 9 novembre 2006, le président du conseil départemental a saisi la DDASS, autorité compétente à l’époque pour prendre des sanctions. Jusqu’à une loi de 2009, l’Ordre n’était pas compétent pour sanctionner des médecins exerçant en établissement hospitalier. »

Pour Yves Crespin, avocat de l’association Enfant Bleu, « il y a eu un manquement quelque part. Ce chirurgien a, semble-t-il, bénéficié d’un laxisme, d’une défaillance des autorités. »

 

https://brest.maville.com/actu/actudet_-Quimperle.-etienne-Morel-le-directeur-de-l-hopital-part-a-Mayotte_-2265202_actu.Htm

logo Ouest-France Mercredi 19 décembre 2012 21:55

Quimperlé. Étienne Morel, le directeur de l’hôpital part à Mayotte

photo étienne morel, le directeur de l'hôpital de quimperlé, partira mi-janvier à mayotte. © ouest-france

Étienne Morel, le directeur de l’hôpital de Quimperlé, partira mi-janvier à Mayotte.© Ouest-France

 

Étienne Morel est arrivé à Quimperlé en juin 2007 après avoir passé treize ans à Brest. Il quittera le centre hospitalier mi-février.

«Un nouveau défi»

A 56 ans marié, père de trois enfants, cet ancien inspecteur des impôts est né à Paris puis a grandi entre Rennes et Vitré. Il a ensuite effectué l’essentiel de son parcours comme directeur adjoint des hôpitaux de Brest.

Ouest-France  

 

https://www.francetvinfo.fr/faits-divers/le-chirurgien-soupconne-de-pedophilie-avait-ete-signale-a-la-ddass-apres-une-premiere-condamnation_3587897.html

Le chirurgien soupçonné de pédophilie avait été signalé à la Ddass après une première condamnation

 

Condamné en 2005 pour détention d’images pédopornographiques dans le Finistère, ce médecin qui s’est ensuite installé en Charente-Maritime est aujourd’hui soupçonné de viols et d’agressions sexuelles.

 

Le palais de justice de Saintes (Charente-Maritime), où le chirurgien de Jonzac devrait être jugé début 2020 pour viols et agressions sexuelles sur mineur. (image d\'illustration)
Le palais de justice de Saintes (Charente-Maritime), où le chirurgien de Jonzac devrait être jugé début 2020 pour viols et agressions sexuelles sur mineur. (image d’illustration) (DOMINIQUE PARIES / MAXPPP)

Le chirurgien, de nouveau soupçonné de pédophilie sur de jeunes patients, avait été signalé à la Direction départementale des affaires sanitaires et sociales (Ddass) du Finistère, après une première condamnation pour détention d’images pédopornographiques en 2005. C’est le Conseil de l’ordre des médecins du Finistère, où a travaillé le docteur, qui a « fait connaître cette situation à la Ddass qui n’a apparemment pas réagi », assure vendredi 23 août sur franceinfo Pascal Revolat, président du Conseil de l’Ordre des médecins de Charente-Maritime où le chirurgien exerçait avant sa mise en examen pour viols et agressions sexuelles en mai 2017.

Ce médecin, qui a exercé en Bretagne et en Touraine avant de s’installer à Jonzac (Charente-Maritime) en 2008, est soupçonné de plusieurs viols et d’agressions sexuelles sur mineurs par au moins quatre victimes présumées. Mais la liste pourrait s’allonger.

franceinfo : Étiez-vous au courant de cette condamnation pour détention d’images pédopornographiques ?

Pascal Revolat : Le casier judiciaire, oui, puisqu’il était écrit, sauf qu’il n’était pas sous l’autorité de l’Ordre des médecins parce qu’il était médecin hospitalier. Jusqu’à la loi de Roselyne Bachelot en 2009, les médecins hospitaliers étaient sous l’autorité de la Ddass de l’époque, puis des Agences régionales de santé (ARS).

Aucune décision n’a été prise à son sujet ?

En 2006, le Conseil de l’Ordre des médecins du Finistère, qui avait péniblement réussi à obtenir le jugement, a signalé le cas à la Ddass qui n’a apparemment pas réagi.

Comment expliquez-vous ce manque de réactivité ?

À la Ddass, je ne sais pas. Je peux parler de ce qui s’est passé au Conseil de l’Ordre de Charente-Maritime. Pour toute inscription ou transfert [d'un médecin dans notre département], nous consultons le casier judiciaire. Cette condamnation [pour détention d'images pédopornographiques en 2005] était connue, sauf que la justice avait pris une décision qui n’ordonnait aucune suspension.

Il y a eu un entretien entre le président du Conseil de l’Ordre de Charente-Maritime et ce médecin. Ensuite, en séance plénière, le Conseil a décidé qu’il n’était pas justifié d’aller au-delà, sachant que la justice ne l’avait pas suspendu. À l’époque, ce n’était pas du tout les faits actuels [des soupçons de viols et d'agressions sexuelles] qui étaient en cause, il s’agissait de détention d’une image pédopornographique.

Il n’y a donc pas eu de vigilance particulière, alors que ce médecin était amené à travailler avec des enfants ?

Le problème, c’est que la vigilance ne peut absolument pas relever de l’Ordre des médecins. Elle peut relever de la justice, peut-être de la Ddass, mais pas de l’Ordre des médecins. L’Ordre peut simplement autoriser ou non l’exercice.

Y a-t-il eu des signalements lorsqu’il exerçait au centre hospitalier de Jonzac ?

Depuis son installation, quel que soit le Conseil de l’Ordre départemental [dont il dépendait, en fonction de son lieu d'exercice], il n’y a jamais eu la moindre plainte, la moindre doléance de qui que ce soit.

La seule chose qui nous a fait réfléchir [en Charente-Maritime], c’est ce qui s’est passé en mai 2017 lorsque la gendarmerie s’est présentée au Conseil de l’ordre sur réquisition du juge d’instruction pour saisir le dossier ordinal. Nous avons appris qu’il s’était passé des choses beaucoup plus graves que ce qui s’était passé en 2004. Aussitôt, le médecin a demandé à être radié pour convenance personnelle et le Conseil départemental de l’Ordre n’avait plus autorité sur ce médecin.

 

https://www.liberation.fr/france/2019/08/23/pedophilie-a-jonzac-un-chirurgien-pervers-et-tout-puissant_1746944

Libération
Le chirurgien Joël L. a exercé à l’hôpital de Jonzac (Charente-Maritime) de 2008 à 2017, année de son incarcération. Photo Thibaud Moritz

Accusé de viols et d’agressions sexuelles sur quatre mineures, Joël. L doit comparaître aux assises en 2020. «Libération» révèle de nouveaux éléments sur la personnalité du sexagénaire qui aurait pu faire plusieurs dizaines d’autres victimes.

  • Pédophilie : à Jonzac, un chirurgien «pervers» et «tout-puissant»

En passant au crible la vie de Joël L., un chirurgien retraité de Charente-Maritime accusé de faits de viols et d’agressions sur quatre mineures, les enquêteurs ne s’attendaient sûrement pas à devoir remonter jusqu’à des dizaines d’autres victimes potentielles. Une sordide découverte leur a permis de tirer le fil d’Ariane : des carnets intimes manuscrits ont été saisis à son domicile. Ils relatent en détail, depuis la fin des années 80, des abus sexuels commis sur des mineurs dans plusieurs départements du centre et de l’ouest de la France. Le praticien, qui a exercé à Jonzac, mais aussi en Touraine et en Bretagne, y désigne plus de 200 noms d’enfants.

Révélés en début de semaine parla Charente libre, ces nouveaux éléments donnent une tout autre ampleur à l’affaire. Le quotidien indique par ailleurs que le médecin pourrait avoir «agressé sexuellement des mineurs, parfois en phase de réveil lors de séjours à l’hôpital». Les investigations se poursuivent pour établir si les faits décrits ont réellement existé, auquel cas il pourrait s’agir de l’un des plus importants scandales pédophiles jamais révélés en France. Toujours présumé innocent, le sexagénaire est incarcéré depuis 2017 dans l’attente d’être jugé d’ici début 2020 devant la cour d’assises de Saintes. De nouveaux éléments révélés par Libération permettent cependant de cerner un peu mieux la personnalité du suspect.

Une expertise psychologique datée du 1er juillet 2017 et versée au dossier semble ainsi décrire un profil pour le moins trouble et inquiétant. Dans un résumé, le psychologue décrit un homme doté d’une intelligence «au-dessus de la moyenne», dont «les émotions ne colorent pas ses propos» et qui «n’a pas de signe évocateur d’une quelconque maladie mentale». En revanche, selon l’expertise, le chirurgien «ne reconnaît pas l’autre comme un sujet mais comme un objet sur lequel il cherche à avoir une emprise. Il semble s’envisager comme un objet d’études, il prend un plaisir évident à détailler le parcours qu’il devait suivre pour visionner des images pédopornographiques. La transgression est elle-même érotisée, et il jubile à l’idée d’échapper à la psychologie et à la psychiatrie […] L’enfant-objet lui permet d’exercer sa mégalomanie, sa toute-puissance». Présenté comme «pervers» et «narcissique», l’homme semble aussi, selon l’expert, être «habité par un sentiment d’impunité et de toute-puissance […] Il n’évoque aucun remord, aucune culpabilité». Il ne réfute d’ailleurs pas son attirance sexuelle pour les enfants : «Au contraire, il la présente comme une sexualité préférentielle […] Selon ses propres termes, il se dit et se sait lui-même pédophile.»

«Poupées, perruques et godemichés»

Avant la découverte de ce qui s’apparente à un journal intime tenu sur plusieurs décennies, c’est le précieux témoignage d’une enfant de 6 ans qui a permis de briser le silence. L’histoire remonte au mois d’avril 2017. Après avoir recueilli ses confidences, sa mère se rend à la brigade de gendarmerie de Jonzac pour porter plainte. Sa fille lui a révélé un peu plus tôt qu’un voisin, avec qui la famille n’entretient aucun lien, a exhibé son sexe devant elle et s’est masturbé à travers la clôture grillagée qui sépare leurs deux jardins. La scène s’est déroulée sous les yeux de son petit frère de 2 ans. Avec ses mots d’enfant, la fillette confirme aux enquêteurs avoir vu «le zizi du voisin» et reproduit ses gestes. Les gendarmes placent rapidement Joël L. en garde à vue. Né en 1950, le chirurgien viscéral est alors en poste à l’hôpital de Jonzac depuis 2008. Lorsqu’il officiait en Bretagne, le tribunal correctionnel de Vannes l’avait déjà condamné en 2005 à quatre mois de prison avec sursis pour détention d’images à caractère pédopornographique.

Lors de la perquisition de son domicile en mai 2017, les enquêteurs accumulent les trouvailles effrayantes. Sous le plancher, ils exhument «de nombreux supports numériques renfermant des contenus pédopornographiques, des poupées, des perruques et des godemichés», rapporte l’ordonnance de mise en accusation dont Libération a pu consulter des extraits. Selon l’avocate de la famille, Me Francesca Satta, «des petits baigneurs portaient même des chaînes et étaient mis en scène dans des positions sado-masochistes». C’est lors de ces fouilles que sont retrouvés les carnets intimes du docteur. Remplis de textes et de dessins, ces journaux ultra détaillés – où figurent aussi des numéros de téléphone – évoquent sans ambiguïté des récits pédophiles : «Avec mes petites danseuses, mes lettres pédophiles, petite fille précoce, petites filles de l’île de Ré.»

Tandis que l’enquête se poursuit, différentes auditions avec l’enfant et un examen gynécologique permettent de conclure que la petite fille de 6 ans a été violée. A nouveau entendue, elle révèle que son voisin lui a aussi introduit un doigt dans le sexe. Interrogé, le chirurgien nie farouchement les accusations de pénétration digitale mais admet lui avoir montré son pénis et ses fesses et lui avoir demandé de baisser sa culotte. «Depuis ce jour, la petite et les parents sont suivis psychologiquement, précise Me Satta. C’est très difficile pour eux, ils attendent le procès avec impatience. Personne dans la famille ne connaissait ce chirurgien. C’était seulement bonjour, bonsoir. La mère et le père de la petite m’ont d’ailleurs indiqué que ce dernier semblait ne pas avoir de vie sociale. Il rentrait chez lui le soir et paraissait très isolé. Quand il sortait dans son jardin, il avait aussi tendance à se dénuder, m’ont rapporté mes clients. Grâce à son témoignage, cette petite fille a ouvert le volet d’un dossier qui serait peut-être resté dans le silence total si elle n’avait pas parlé.»

Cran supplémentaire dans l’horreur, lors d’un nouvel interrogatoire, Joël L. avoue de lui-même être déjà passé à l’acte sur d’autres enfants lorsqu’il exerçait à Loches, en Touraine. Toujours «sans aucune pénétration», martèle-t-il. En 2017, six autres victimes sont ainsi identifiées et localisées par les enquêteurs. Pour trois d’entre elles, les faits dénoncés sont prescrits. Les témoignages des trois autres victimes – ainsi que celui de l’enfant de 6 ans – seront au cœur du procès qui se tiendra en 2020 aux assises de Saintes.

Plusieurs chefs d’accusation ont été retenus : «Viol sur mineur par personne ayant autorité», «viol sur mineur de moins de 15 ans», «agression sexuelle par personne abusant de l’autorité conférée par ses fonctions», «agression sexuelle incestueuse sur mineur de moins de 15 ans par personne ayant autorité», «exhibition sexuelle» et «consultation et diffusion d’images d’un mineur à caractère pornographique». Domiciliées en Touraine à l’époque des faits, deux victimes – nées en 1985 et 1990 – se trouvent être les propres nièces du chirurgien. La quatrième enfant, née en 1989, a subi une agression sexuelle lors de son hospitalisation à Loches. «Les histoires de ces trois autres enfants ont été consignées dans les carnets, assure Me Satta. Cela tend à montrer que ces récits ne sont pas uniquement de l’ordre du fantasme.» D’autant que, selon l’avocate, de nouvelles plaintes seraient venues nourrir le dossier depuis le début de la semaine.

«Journaux nauséabonds»

De son côté, l’avocat du chirurgien, Thibaut Kurzawa, contacté par Libération, appelle à la plus grande prudence : «Des centaines, voire des milliers de pages, ont effectivement été retrouvées. Mon client ne conteste pas les avoir rédigées, mais selon lui, ces descriptions seraient uniquement de l’ordre du fantasme. Certaines remontent à très loin et sont écrites au futur, au conditionnel, au passé ou au présent. Aucun élément objectif ne vient affirmer que ce qu’il a écrit s’est réellement produit. Ces journaux sont nauséabonds mais pour autant est-ce qu’ils relèvent de faits réels ? Personne ne peut le savoir à ce jour», pointe l’avocat, qui met en avant la présomption d’innocence du chirurgien et souligne que «200 noms ne font pas 200 faits». D’après lui, son client vivrait même depuis son arrestation «un extrême soulagement» : «Il s’était enfermé dans une spirale depuis une dizaine d’années. Car s’il nie avoir commis les agressions détaillées dans les carnets ainsi que des viols dont il est accusé, il ne conteste pas avoir commis les atteintes sexuelles – sans pénétration – pour lesquelles il a été renvoyé devant la cour d’assises de Saintes. Il regrette aujourd’hui profondément son comportement», précise-t-il.

Dans l’attente du procès, le parquet de La Rochelle atteste que «les investigations se poursuivent pour identifier et entendre d’autres éventuelles victimes, dans l’entourage proche ou professionnel de l’accusé». A ce stade, les magistrats n’ont souhaité donner aucun autre détail sur le nombre ou la nature des faits. «L’enquête est en cours, elle a été confiée à la section de recherches de Poitiers.» En attendant, plus de 80 personnes s’organisent sur les réseaux sociaux pour se défendre. Les membres d’un groupe privé Facebook, qui se désignent eux-mêmes comme les «victimes» du docteur, recueillent les témoignages et appellent «à se battre ensemble pour que cela cesse et ne plus avoir peur».

Eva Fonteneau Correspondante à Bordeaux



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