Affaire Karachi : Nicolas Bazire et cinq comparses renvoyés en correctionnelle

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Affaire Karachi : Nicolas Bazire, ex-bras droit de Balladur, en correctionnelle

 

Publié le 12.06.2014, 20h33 | Mise à jour : 13.06.2014, 08h33

L'ancien chef de cabinet d'Edouard Balladur Nicolas Bazire à Paris le 2 novembre 2011

L’ancien chef de cabinet d’Edouard Balladur Nicolas Bazire à Paris le 2 novembre 2011 | Martin Bureau

 

Le financement de la campagne présidentielle de 1995 d’Edouard Balladur sera au coeur d’un procès pénal, les juges ayant ordonné jeudi le renvoi en correctionnelle de six personnes, dont son ex-homme lige, Nicolas Bazire, actuel dirigeant de LVMH.

Au terme de plus de trois ans d’investigations internationales, les magistrats Renaud van Ruymbeke et Roger Le Loire ont acquis une conviction: 327 millions d’euros de commissions «indues» et «exorbitantes» sur des contrats d’armement, notamment ceux de fourniture de sous-marins au Pakistan et de frégates à l’Arabie Saoudite (Agosta et Sawari II), ont été versés à un réseau d’«intermédiaires affairistes» qui n’était d’«aucune utilité», selon des sources judiciaires.

Des rétrocommissions pour financier la campagne d’Edouard Balladur

Selon elles, ce «réseau K» (pour «King», allusion au roi saoudien) a été imposé à la fin du processus, alors que tout était réglé. Il avait pour «vocation première», outre l’enrichissement de ses membres, le financement «occulte de politiques français» via des «rétrocommissions» : Edouard Balladur, Premier ministre et candidat malheureux à la présidence sans être adossé à la machine d’un parti, et François Léotard, patron d’un parti en déconfiture financière, le Parti Républicain.

Comme l’avait requis le parquet, six personnes sont renvoyées, notamment Nicolas Bazire et Renaud Donnedieu de Vabres, hommes de confiance des deux anciens responsables politiques. L’enquête visait notamment des faits d’abus de bien social.

D’ici un mois Edouard Balladur et François Léotard seront fixés

MM. Balladur et Léotard seront absents, mais pourraient devoir s’expliquer devant la Cour de justice de la République (CJR), seule habilitée à enquêter sur les faits commis par des ministres dans l’exercice de leur fonction. Une décision sur ce point est attendue d’ici un mois, selon une source proche du dossier.

Sur le banc des prévenus, prendra aussi place celui qui a incarné le dossier, l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine, seul à avoir été placé en détention provisoire et qui affirme que le «réseau K» a permis de débloquer les contrats. Son associé Abdul Rahman el Assir est également renvoyé. Il vit en Suisse et s’est gardé de passer la frontière durant l’enquête.

Quant à Thierry Gaubert, un proche de Nicolas Sarkozy, chargé durant l’enquête par son ex-femme, il est soupçonné d’avoir rapatrié en France du liquide retiré de comptes reliés au «réseau K», empochant sa commission au passage. La sixième personne renvoyée est l’ex- PDG de la branche internationale de la Direction des constructions navales (DCN-I) Dominique Castellan.

10 millions en T-shirts et gadgets

Après avoir beaucoup tergiversé, Ziad Takieddine a fini par concéder qu’il avait financé la campagne Balladur pour 6,2 millions de francs (moins d’un million d’euros), affirmant avoir été sollicité par Nicolas Bazire via Thierry Gaubert.

L’enquête s’est notamment penchée sur les 10,2 millions de francs versés en espèces le 26 avril 1995 sur le compte de campagne de M. Balladur après son élimination.

L’ex-Premier ministre avait invoqué des ventes de gadgets et de T-shirts en meetings pour expliquer ce versement au Conseil constitutionnel. Dubitatifs, les Sages n’en avaient pas moins validé ses comptes en octobre 1995.

S’ils ne l’avaient pas fait, Edouard Balladur aurait été redevable sur ses deniers personnels des frais de campagne.

20 ans avant Bygmalion : lutte fratricide et frais de campagnes

Les retraits d’espèces en Suisse «devaient nécessairement profiter à ceux qui avaient autorisé la mise en place du réseau El Assir/Takieddine, le ministre de la Défense» François Léotard et «le Premier ministre», Edouard Balladur, résume une source judiciaire.

Dans cette enquête hors-norme, il a fallu comprendre des montages financiers opaques, dont les flux ont été tracés en Irlande, au Liechstenstein et jusqu’aux Iles Vierges britanniques, aux Bahamas ou aux Caïmans.

«C’est une première grande victoire car à l’origine, le parquet s’était opposé à l’ouverture de ce volet financier», a réagi Me Olivier Morice, avocat de parties civiles.

Au moment où, avec le dossier Bygmalion, un nouveau scandale financier éclabousse la droite, l’affaire Karachi vient rappeler ses luttes fratricides des années 1990. Elu président en 1995, Jacques Chirac avait ordonné en 1996 l’arrêt du versement des commissions au réseau K.

A alors été évoquée l’hypothèse que l’attentat de Karachi, qui a coûté la vie à 15 personnes dont onze ouvriers français construisant des sous-marins, était une mesure de rétorsion ourdie par des responsables pakistanais qui se sont sentis floués. Ce pan du dossier fait l’objet d’une enquête menée par le juge antiterroriste Marc Trevidic.

VIDEO. Septembre 2011 : Nicolas Bazire mis en examen dans l’affaire Karachi


Affaire Karachi : Bazire mis en examen par BFMTV

LeParisien.fr

 

Moi, je veux bien croire que le « réseau K » ait permis de débloquer les contrats. Encore faudrait-il que Mr Takieddine précise, éléments de preuve à l’appui, quels sont les blocages qu’il a pu faire sauter, et comment.

En attendant, j’observe que les réactions de Mrs Mélenchon et Besancenot sur cette affaire ont été extrêmement discrètes, voire inexistantes.

En effet, je ne trouve que celles-ci, consécutives aux mises en examen de septembre 2011, et auparavant, deux commentaires du 22 novembre 2010 :

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2011/09/22/97001-20110922FILWWW00702-affaire-karachi-melenchon-consterne.php

Affaire Karachi: Mélenchon « consterné »

    • Par AFP
    • Publié le 22/09/2011 à 21:58

Le leader du Front de gauche Jean-Luc Mélenchon, s’est dit à Nérac (Lot-et-Garonne) « consterné » et « affligé » après les mises en examen dans l’affaire Karachi et a ironisé en disant espérer qu’ils sont « innocents ».  »Comme tout le monde je suis consterné, affligé, car j’imagine qu’un juge ne met pas en garde à vue des personnes aussi importantes sans qu’il ait de bonnes raisons », a indiqué Mélenchon avant un rassemblement de soutien aux deux candidats du Front de gauche du département aux sénatoriales.

« J’espère que tout cela n’est pas vrai mais ça commence très mal, je crains le pire », a-t-il dit à propos des mises en examen de proches de Nicolas Sarkozy dans le volet financier de l’enquête sur l’attentat de Karachi, qui concerne le financement de la campagne d’Edouard Balladur de 1995.  »Bien sûr ils sont présumés innocents et j’ai presque envie qu’ils le soient car s’ils étaient coupables quelle catastrophe, qu’est-ce que cela révèlerait d’un mode de fonctionnement épouvantable », a-t-il ajouté.

Avant de soutenir Michel Cerutti et Bernard Faucon-Lambert, candidats du Front de gauche aux sénatoriales dans le Lot-et-Garonne, M. Mélenchon a planté « un arbre de la laïcité » dans un square de Nérac. « Les symboles sont importants aujourd’hui car la laïcité est attaquée par toutes les religions », a-t-il commenté.

Parallèlement, Jean-Luc Mélenchon a jugé être « une très bonne chose » la première condamnation de deux femmes poursuivies pour avoir porté le voile intégral sur la voie publique. « Il est normal que la loi soit appliquée », a-t-il dit, estimant que le voile intégral était « dégradant pour la femme ».

Deux femmes portant des niqab ont été condamnées jeudi par le tribunal de police de Meaux à des amendes, première décision de ce type prononcée par un tribunal depuis l’entrée en vigueur de la loi sur le port du voile intégral le 11 avril.

 

http://www.europe1.fr/Politique/Karachi-la-consternation-de-Melenchon-735089/

Karachi : la « consternation » de Mélenchon

 

Par Europe1.fr avec AFP

Publié le 24 septembre 2011 à 18h16 Mis à jour le 24 septembre 2011 à 18h16

Jean-Luc Mélenchon, candidat du Front de Gauche à la présidentielle, a réagi samedi aux propos de la femme de Thierry Gaubert qui a confirmé publiquement samedi que son mari rapportait des valises d’argent de l’étranger dans les années 1990 , en pleine enquête sur des financements politiques présumés occultes visant des proches de Nicolas Sarkozy et d’Edouard Balladur : « je devrais dire que cela prouve ce qu’on ne cesse de dire, qu’ils sont tous pourris et qu’il est temps d’en changer mais à vrai dire je ressens surtout de la consternation, pour notre pays, pour l’image qu’ils en renvoient, par un tel comportement de la part de personnalités si haut placées », a-t-il déploré.

 

http://www.rtl.fr/actualites/politique/article/karachi-peut-etre-la-peau-de-banane-du-systeme-selon-melenchon-7638124567
 

Karachi, peut-être « la peau de banane du système » , selon Mélenchon

 

Par | Publié le 22/11/2010 à 07h29

Jean-Luc Mélenchon sur RTL

Jean-Luc Mélenchon sur RTL

Crédit : Capture rtl.fr

Jean-Luc Mélenchon a estimé dimanche que l’affaire Karachi pouvait « être la peau de banane finale sur laquelle va glisser tout le système ». Interrogé par des journalistes, à son arrivée au Parc des expositions du Mans où se déroule le congrès du PG, sur une éventuelle implication de Nicolas Sarkozy dans ce dossier, le président du Parti de gauche (PG) il parlé d’événements « extrêmement graves ».

 

Ecouter, Voir

 

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« Le Front de Gauche est prêt à prendre la relève si tous ces gens s’effondrent dans leurs histoires »

 

Crédit : Christian Panvert

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2010/11/22/97001-20101122FILWWW00350-karachi-c-est-le-pompon-besancenot.php

Karachi: « c’est le pompon » (Besancenot)

    • Par AFP
    • Publié le 22/11/2010 à 08:58

Le porte-parole du NPA Olivier Besancenot a estimé qu’après les affaires Clearstream et Woerth-Bettencourt, « Karachi, c’est le pompon », jugeant le pouvoir « durablement plombé » par ces dossiers.

« Karachi, c’est le pompon (…) Ca s’inscrit après l’affaire Clearstream, mais aussi après l’affaire Woerth-Bettencourt, c’est une nouvelle démonstration que ce système est nauséabond », a déclaré M. Besancenot sur LCI.

C’est aussi « le bal des hypocrites parce que plutôt que de pleurnicher, il faudrait que la justice puisse faire son travail et pour ça, il faut lever non seulement le secret défense, mais aussi, à un certain moment, probablement, le secret commercial et le secret des affaires », a-t-il ajouté.

« Le pouvoir est plombé durablement par ces affaires-là et par le climat social », a aussi déclaré le leader d’extrême gauche. Selon lui, « il faut arrêter les ventes d’armes, arrêter ce business-là ».

 

 

 

Il faut aussi lever tous les secrets du NPA ou de l’ancienne LCR.

Concernant son associé Jean-Luc Mélenchon, notons qu’il compte comme Nicolas Bazire parmi les anciens élèves du Lycée Pierre Corneille de Rouen :

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Bazire

Nicolas Bazire

 
Nicolas Bazire, né le 13 juillet 1957 à Fort-de-France, est un homme d’affaires français, et un ancien haut fonctionnaire.

Biographie

Fils de Nicolette Barroux et d’Albert Bazire (directeur de la radio ondes courtes Radio Brazzaville de 1952 à 1963 puis directeur de la RTF aux Antilles et en Guyane ; retraité, il lance Radio Rouen en 1982)1 ; frère Benoît Bazire, PDG d’Areva TA depuis mai 2010, et d’Arnaud Bazire PDG de Lamy ; Nicolas Bazire suit sa scolarité au lycée Corneille à Rouen, puis devient diplômé de l’École navale et de l’Institut d’études politiques de Paris.

Ancien élève de l’École navale et de l’ENA (1985-1987 ; promotion Fernand-Braudel), il devient auditeur à la Cour des comptes en 1987, puis conseiller référendaire en 1991 et chargé de mission auprès du secrétaire général du groupe Thomson2.

Il est depuis 1993 un proche de Nicolas Sarkozy et un de ses conseillers personnels. Il a été son témoin lors de son mariage avec Carla Bruni le 2 février 20082.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean-Luc_M%C3%A9lenchon

Jean-Luc Mélenchon

 
Jean-Luc Mélenchon, né le 19 août 1951 à Tanger au Maroc1, est un homme politique français.

Militant socialiste à partir de 1977, il est successivement élu conseiller municipal de Massy (1983), conseiller général de l’Essonne (1985) puis sénateur du même département en 1986, 1995 et 2004, enfin député européen en 2009 dans la circonscription Sud-Ouest. Il est ministre de l’Enseignement professionnel de 2000 à 2002, dans le gouvernement de cohabitation de Lionel Jospin.

Il fait partie de l’aile gauche du Parti socialiste jusqu’au congrès de Reims, en novembre 2008, date à laquelle il quitte ce parti pour fonder le Parti de gauche (PG). D’abord président du bureau national, il en est actuellement coprésident aux côtés de Martine Billard. Il est le candidat du Front de gauche à l’élection présidentielle de 2012, où il se positionne quatrième au premier tour, avec 11,10 % des voix.

Biographie

Famille

Jean-Luc Mélenchon est le fils cadet de Georges Mélenchon, receveur des PTT, et de Jeanine Bayona, institutrice, tous deux Français nés en Algérie2.

Son grand-père paternel, Antonio Melenchón est un Espagnol de la région de Murcie. Au début des années 1900, il s’installe à Oran, en Algérie, et épouse Aimée Canicio, elle aussi d’origine espagnole. Du côté maternel, son grand-père, François Bayonna, est né en 1889 près de Valencia, en Espagne, et est marié à Jeanne Emmanuelle Caserta, une Italienne originaire de Sicile2.

En 1962, à la suite du divorce de ses parents3, il quitte le Maroc pour la France, et s’installe à Yvetot, dans le Pays de Caux, puis dans le Jura, où sa mère est mutée4,5,6. Marié durant son séjour à Besançon (puis divorcé), il a une fille, Maryline, née en 19746, adjointe au maire du 4e arrondissement de Lyon de mars 2008 à février 20097, fonctionnaire au conseil général de l’Essonne et compagne de Gabriel Amard, secrétaire national du Parti de gauche8.

Durant l’élection présidentielle française de 2012, il refuse que les médias s’approchent de sa famille et s’immiscent dans sa vie privée.

Parcours professionnel

Titulaire d’une licence de philosophie5,9, il devient correcteur6 à l’imprimerie Néo-Typo10 de Besançon, parallèlement à ses études6. Il a également travaillé à l’entreprise d’horlogerie Maty et dans une station-service10. En 1976, il retourne à Lons-le-Saunier6, où il est professeur de français11,12 dans un lycée technique13,6, puis devient journaliste à La Dépêche du Jura, collabore ponctuellement en qualité de dessinateur à l’hebdomadaire catholique d’information La Voix Jurassienne et dirige La Tribune du Jura, le mensuel de la fédération socialiste du Jura, qui finit par péricliter, à la fin des années 197014,15. En 1978, à la demande de Claude Germon, maire de Massy qu’il a rencontré lors d’une visite de ce dernier dans le Jura, il s’installe dans l’Essonne où il devient son directeur de cabinet14,9,16 et fonde un bulletin hebdomadaire intitulé À Gauche6. De 1993 à 1995, il est directeur politique de l’hebdomadaire du Parti socialiste Vendredi5,9,6.

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Lyc%C3%A9e_Corneille_%28Rouen%29

Lycée Corneille (Rouen)

 

Le lycée Pierre-Corneille est un lycée quadricentenaire de Rouen. Il y forme des élèves de la seconde jusqu’aux classes préparatoires aux grandes écoles.

Le lycée fait l’objet de classements au titre des monuments historiques depuis les 21 mars 1910 (chapelle) et 31 décembre 1985 (Ancien collège des Jésuites, Petit lycée de Joyeuse) et d’une inscription le 28 décembre 1984 (Ancien collège des Jésuites, Petit lycée de Joyeuse)2.

Association d’anciens élèves

Depuis 1840, l’habitude s’était établie d’un repas des Anciens fixés à Paris. En 1864, l’Association des Anciens élèves est créée avec comme buts essentiels de resserrer les liens de camaraderie et de venir en aide aux plus jeunes. En 1906 est fondé Notre vieux lycée, bulletin de l’Association auquel ont collaboré entre autres Maurice Leblanc, André Maurois ou le peintre Jacques Villon. L’association sportive, les Francs Joueurs, est fondée en 1890.

Aujourd’hui

Le lycée a suivi l’évolution générale du système scolaire national. Devenu mixte et ne comptant plus que les classes secondaires du second degré, il reste un établissement prestigieux par ses résultats au baccalauréat et les succès de ses classes préparatoires.

Anciens élèves



Affaire Clément Méric : qu’en est-il vraiment ?

Du 5 au 7 juin, diverses manifestations commémoratives se sont succédé les unes aux autres à l’appel de différentes parties et organisations.

La meilleure des façons d’honorer la mémoire de la victime étant encore de tenter de faire la lumière sur sa vie, son destin, ses derniers instants, les conditions et circonstances de sa disparition, j’y reviens avec ce nouvel article réunissant diverses publications sur cette affaire, en rappelant que j’ai bien du mal à m’exprimer d’une autre manière, les miliciens du NPA de Brest continuant à guetter chacune de mes publications pour tenter de la faire supprimer et me faire taire.

 

http://www.bfmtv.com/societe/clement-meric-manifestation-a-paris-memoire-lantifasciste-789051.html

En mémoire de Clément Méric: « Plus que jamais combattons l’extrême droite »

 

Plus de 3.500 personnes se sont rassemblées dans les rues de Paris pour rendre hommage au jeune militant d’extrême-gauche, mort il y a un an après une bagarre avec des skinheads. L’occasion de marquer leur opposition à la montée du Front national après les élections européennes.

 

Affaire Clément Méric : qu'en est-il vraiment ? dans Crime avatar_45x45

Jé. M. avec AFP
Le 07/06/2014 à 16:03
Mis à jour le 07/06/2014 à 22:34

Défilé samedi en hommage à Clément Méric, jeune militant d'extrême gauche mort il y a un an à l'issue d'une bagarre avec des skinheads. Ici une bannière de la Confédération du travail, de mouvance anarcho-syndicaliste. (Jacques Demarthon - AFP)

Défilé samedi en hommage à Clément Méric, jeune militant d’extrême gauche mort il y a un an à l’issue d’une bagarre avec des skinheads. Ici une bannière de la Confédération du travail, de mouvance anarcho-syndicaliste. (Jacques Demarthon – AFP)

Plus de 3.500 personnes selon la police se sont rassemblées samedi à Paris en mémoire de Clément Méric, militant d’extrême gauche mort il y a un an à l’issue d’une bagarre avec des skinheads. Le cortège, mené par des « militants antifascistes », a quitté la place de la Bastille, fermée à la circulation, peu avant 15 heures, en direction de Gambetta dans l’est de la capitale.

Parmi des détonations de pétards, la tête du cortège, principalement composée de militants « antifa »(scistes) aux visages souvent dissimulés par des foulards, cagoules, casquettes ou lunettes noires, s’était placée derrière une banderole « Plus que jamais combattons l’extrême droite ».


 

« Oui, Clément était un camarade »

 

« Clément, Clément, an-ti-fa » ou « Oui, Clément était un camarade », ont scandé des membres de l’Action antifasciste, tapant dans leurs mains et levant les bras, en rythme. D’autres, derrière une banderole « Ni oubli, ni pardon », hurlaient « On pardonne pas, on n’oublie pas ».

Plusieurs autres mouvements avaient appelé à manifester, notamment le Front de gauche et plusieurs syndicats. Au delà du souvenir de Clément Meric, mort à l’âge de 18 ans, beaucoup étaient présents pour marquer leur opposition au Front national.

« Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers », « Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève », criaient les manifestants.
 

« Un moment d’honneur et de lutte »

 

« Clément était un ami, un camarade. Il a été assassiné il y a un an par des militants néo-nazis. Aujourd’hui, c’est un moment en son honneur mais aussi un moment de lutte », a expliqué Ihn, un jeune militant qui ne veut pas donner son nom de famille.

Interrogé sur les résultats du Front national aux élections européennes, il affirme: « Nous n’avons pas attendu cette montée pour avoir un sursaut, le FN est aussi haut parce que les thèses d’extrême droite sont consolidées par les politiques ».

Pour rappel, Clément Méric est mort le 5 juin 2013 au lendemain d’une rixe entre un groupe de skinheads et des militants d’extrême gauche, dont Clément Méric, près de la gare Saint-Lazare. Quatre personnes sont mises en examen dans cette affaire, dont deux sont en détention provisoire, poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
 

Besancenot appelle à la « résistance contre l’extrême droite »

 

Olivier Besancenot qui défilait lui aussi en hommage à Clément Méric a dit à BFMTV qu’il etait « important de montrer une résistance de ceux et celles qui veulent lutter contre l’extrême droite ».

 

http://www.atlantico.fr/pepites/mort-clement-meric-milliers-personnes-lui-rendent-hommage-plus-tard-1603810.html

Pour ne pas oublier

Publié le 7 Juin 2014
 

Mort de Clément Méric : des milliers de personnes lui rendent hommage un an plus tard

 

Ce militant d’extrême gauche est décédé à la suite d’une bagarre avec des skinheads.

Il y a un an, le 5 juin 2013, Clément Méric décédait des suites d’une bagarre. Une mort qui avait suscité beaucoup d’émotion et entraîné un vif débat public. En effet,  Clément Méric, militant d’extrême gauche et antifa revendiqué, succombait à ses blessures suite à une bargarre avec un militant d’extrême droite. Plusieurs manifestations aux quatre coins de la France avaient eu lieu et les politiques avaient été pris à partie pour que plus jamais une telle situation ne se reproduise. Qu’en est-il un an après ?

Si l’enquête n’a pas tellement avancé (quatre personnes sont mises en examen dans cette affaire, dont deux sont en détention provisoire, poursuivies pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner), les soutiens à Clément Méric demeurent.

Ainsi, ce samedi, plusieurs milliers de personnes (3 500 selon la police) ont défilé dans les rues. A Paris, le cortège, mené par des « militants antifascistes »  a quitté la place de la Bastille en direction de Gambetta dans l’est de la capitale. Ils se sont déplacés derrière une banderole « Plus que jamais, combattons l’extrême droite ! ».

Plusieurs autres mouvements avaient appelé à manifester, notamment le Front de gauche et plusieurs syndicats. Au-delà du souvenir de Clément Meric, mort à l’âge de 18 ans, beaucoup étaient présents pour marquer leur opposition au Front national. « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers », « Le fascisme, c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève », ont crié les manifestants selon l’AFP.

D’autres manifestations ont eu lieu en France. C’était le cas à Angers où selon Ouest France, des centaines de jeunes ont défilé afin  de rendre hommage à Clément Méric. Le quotidien régional indique aussi qu’à La Roche où là aussi des centaines de personnes se sont massées dans les rues du centre-ville.   »C’est une date symbolique, en l’hommage de Clément Méric. Nous souhaitons réoccuper un espace public de plus en plus fermé, la rue est un moyen d’expression, a expliqué à Ouest France Camille, un des manifestants. Nous montrons que nous sommes contre les valeurs d’exclusion, de division et de ségrégation véhiculées par certains. « 

 

http://www.politis.fr/Cette-jeunesse-qui-manifeste,27308.html

Par Louise Pluyaud8 juin 2014

 

Cette jeunesse qui manifeste contre le fascisme

 

Un an après la mort de Clément Méric, jeune militant anti-fasciste tombé sous les coups de l’extrême droite, ils étaient plusieurs milliers à lui rendre hommage à Paris, le 7 juin.

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Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés [1], samedi 7 juin, à Paris, pour commémorer le premier anniversaire de la mort de Clément Méric, un jeune militant d’extrême-gauche tué à l’issue d’une bagarre avec des skinheads. Militants antifascistes, organisations syndicales et de jeunesse, partis de gauche, associations contre l’exclusion et collectifs féministes, tous s’étaient donnés rendez-vous place de la Bastille à 14h sous un soleil de plomb et dans la clameur des apophtegmes pour exprimer leur rejet et leur dégoût commun de l’extrême-droite. Pour l’occasion, certains militants ont fait le déplacement de loin comme Gildas Auzou, un militant Solidaires débarqué de Rouen « pour montrer que la résistance antifasciste est en France ». A quelques mètres, l’antenne parisienne du parti politique espagnol Podemos est également de la partie pour « exprimer son soutien et confondre sa voix avec les manifestants français », explique un de ses membres, Daniel Garcia.

« La manifestation ne se veut pas un temps de commémoration. Elle se veut une initiative politique, un moment de lutte. Car le combat contre l’extrême-droite est loin d’être gagné », peut-on lire sur un tract de l’organisation Alternative Libertaire. Sur les dizaines d’autres collectés de manière éparse, le mot d’ordre est également le même : « Face à la montée du Front national, il faut unir nos forces. » Cet après-midi là en effet, les slogans se font écho sans qu’une musique assourdissante ne vienne les contredire. « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ! » est repris en chœur successivement par les manifestants à commencer par les antifas. Ils ouvrent la marche, groupés en rangs serrés derrière une banderole qui proclame : « Un an après, plus que jamais combattons l’extrême droite. » Le Parti Pirate ferme le cortège. Au milieu, un jeune militant du NPA en hurle un autre dans un microphone, « Contre le fascisme et la misère, c’est la lutte sociale qui est nécessaire ! », tandis qu’un peu plus loin le bruit étouffé de « Les droits de l’homme sont remplacés par la terreur » parvient à ses oreilles.

jeunes-_2_-172ad dans LCR - NPA
 

La jeunesse a raison !

 

Les jeunes constituent la majorité de cette manifestation d’hommage à leur ancien compagnon de lutte mais également la preuve que « la rue n’appartient pas aux extrémismes de droite  » affirme François-Xavier, lycéen et membre d’Alternative Libertaire. Sur son T-shirt noir est imprimé le visage de Clément Méric sous lequel est inscrit en caractères blancs l’injonction « Plus jamais ça ».

« Si je suis ici, c’est pour réaffirmer ma solidarité avec un jeune homme de mon âge qui est mort il y a un an, explique-t-il. C’est inacceptable qu’aujourd’hui encore quelqu’un puisse être tué pour ses idées. C’est exactement la même chose qui s’est passée en Grèce avec le meurtre de Pavlos Fyssas par un militant d’Aube Dorée. La France, l’Europe ne doivent pas devenir les terrains de jeu des fascistes. Nous sommes là pour le rappeler. »

 

A ce jour, quatre personnes sont mises en examen dans l’affaire Clément Méric, dont deux sont en détention provisoire, poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Souvent critiquée pour son inaction ou sa démobilisation, la jeunesse était bel et bien présente dans la rue samedi, et pas seulement à Paris [2]. Vive et marchant d’un pas décidé jusqu’à Gambetta, elle a montré qu’elle poursuivait le même combat que Clément Méric contre le fascisme, le racisme, le sexisme et le capitalisme. « La semaine dernière, j’étais déjà avec les lycéens. C’est vivifiant de voir plein de jeunes dans la rue qui chantent et qui crient. Cette manifestation est pour moi l’une des plus belles démonstrations parmi toutes celles que j’ai pu faire en trente ans », s’émerveille Katel Benoît, une professeur à la retraite et présente également le jeudi 29 mai aux côté de l’UNL pour protester contre le FN suite aux résultats des élections européennes.

Spook : « C'est important d'être là aujourd'hui. L'antifascisme est une lutte de tous les jours. »

Spook : « C’est important d’être là aujourd’hui. L’antifascisme est une lutte de tous les jours. »

 
Darkos : « Je connaissais Clément Méric, on s'était vu plusieurs fois en manif. Cet hommage est important. Ça fait plaisir de voir qu'il y a du monde. »

Darkos : « Je connaissais Clément Méric, on s’était vu plusieurs fois en manif. Cet hommage est important. Ça fait plaisir de voir qu’il y a du monde. »

 
Maelyss, une jeune citoyenne de 19 ans venue rendre hommage à la mort de celui qui aurait eu son âge cette année, s’indigne approuvée par ses deux amis :

« Aujourd’hui, il y a une montée de l’extrême-droite. Les gens n’ont plus honte de dire qu’ils votent pour Marine Le Pen. Je pense que cette décomplexion est due à la crise. Ils ne savent plus quoi faire et le gouvernement ne les aidant pas ils se lancent dans la bêtise. Et ce qui me désole le plus, c’est que parmi ceux qui ont voté FN aux dernières élections européennes, 35% d’entre eux étaient des jeunes. »

La jeunesse de France n’est en effet pas homogène. Selon Yohan du Collectif Antifasciste Paris-Banlieue : « Le FN absorbe seulement une certaine jeunesse, en majorité non diplômée et qui a déserté les milieux associatifs, culturels ou syndicaux. » Cependant, à l’inverse de ces jeunes qui donnent leur voix à l’extrême-droite ou qui s’abstiennent, le jeune militant de 26 ans observe depuis un an le sursaut d’une partie de sa génération qui, selon lui pourrait bien remplacer l’ancienne dans la rue et dans la lutte contre le fascisme. « Aujourd’hui, il y a toute une jeunesse qui arrive, beaucoup plus diverse et multiculturelle et qui vient remplacée cette ancienne génération de militants de manière très dynamique, très ouverte prenant en compte toutes les formes d’oppression, épilogue-t-il tandis qu’une jeune femme passe prés de lui en brandissant une pancarte sur laquelle est inscrite « Vive la révolution ! ». Nous arrivons à un mouvement pluriel, peut-être moins structuré par les organisations traditionnelles mais qui est bien vivant. Il peut être l’avenir.  »

Bastos, porte-parole de l'Action Antifasciste Banlieue : « Je n'ai pas les chiffres de la manif mais c 'est une belle réussite, il y a du monde pour honorer la mémoire de Clément. Ça a demandé du boulot et l'union des différents groupes s'est bien passée. Je rappelle au passage qu'on a pas attendu les scores du FN pour attirer l'attention là dessus. »

Bastos, porte-parole de l’Action Antifasciste Banlieue : « Je n’ai pas les chiffres de la manif mais c ’est une belle réussite, il y a du monde pour honorer la mémoire de Clément. Ça a demandé du boulot et l’union des différents groupes s’est bien passée. Je rappelle au passage qu’on a pas attendu les scores du FN pour attirer l’attention là dessus. »

 

Unis dans la diversité

 

Derrière des militants antifascistes en ébullition, des syndicats de jeunesse et des partis politiques, dont le Parti de gauche et Ensemble !, sont venus se joindre à la manifestation. « C’est honteux ce qui est arrivé l’année dernière, s’indigne Camille Laine, membre à la coordination du Mouvement des Jeunes Communistes de France. Le MJC combat l’extrême-droite au quotidien. Il était donc logique que nous participions à ce rassemblement. » Derrière ces jeunes militants politiques, l’Union nationale des Lycéens (UNL) est également venue participer à « la construction d’une réplique suite au choc de la victoire du FN aux élections européennes », assène son président, Corentin Durand.

Parmi cette foule remontée contre la multiplication des actes racistes, sexistes et homophobes, se mêlent aussi des associations pour la lutte des droits de l’homme ainsi que des collectifs féministes. Unissant leur voix à celle des autres organisations, des femmes ainsi que des sans-papiers venus du Sénégal, du Gabon ou encore de la Mauritanie ont exprimé leur colère face à l’extrême-droite mais aussi leur déception envers la politique anti-sociale du gouvernement.

« Il est pour nous tout à fait normal qu’en tant que féministes nous soutenions cette manifestation antifasciste, relate le collectif 8 mars pour ToutES. D’une part, parce que l’extrême droite est une menace pour les droits des femmes en tant que telles, puisqu’elle a une vision essentialiste qui ne vise qu’à nous réduire à des outils de reproduction (…). D’autre part, beaucoup de femmes sont la cible directe de l’extrême droite et de ses discours, en tant que qu’étrangères ou non-blanches. C’est pour toutes ces raisons que nous devons nous inscrire de manière plus large dans la lutte antifasciste. »

Fatima-Ezzahra Benomar, secrétaire générale de l’organisation Les Effronté-e-es articule elle aussi cette lutte contre l’extrême-droite avec féminisme car depuis quelques temps elle s’alarme d’une recrudescence de violences sexistes perpétuées par des groupuscules réactionnaires et fascistes. « Suite à la Manif pour Tous et notamment grâce aux reculades du gouvernement notamment sur la PMA et la loi famille, ces derniers ont repris du poil de la bête », déplore-t-elle.

Outre le fascisme, le chef de l’Etat et son nouveau premier ministre se sont eux aussi attirés les foudres des manifestants. Car, si le cortège était rouge vif, il n’a laissé aucune place au rose. Les socialistes ni les MJS n’étaient présents et sans doute pas les bienvenus. « Pour nous, c’est très important que le gouvernement actuel applique les mesures pour lesquelles il a été élu. Mais, pour prendre un exemple parmi tant d’autres, le droit de vote des étrangers on l’attend encore, confie François-Xavier, le regard dans le vague. Les jeunes sont de moins en moins mobilisés parce qu’ils voient qu’au niveau politique rien ne change. Les partis qui sont élus ne tiennent jamais leurs promesses et aujourd’hui ne nous font plus rêver. »

Avant de partir rejoindre ses camarades de lutte, le jeune homme de 18 ans l’oeil pétillant et avec l’éloquence d’un tribun finit par conclure : « Je pense que c’est à toute la société civile de s’opposer à Marine Le Pen. C’est important que cette manifestation soit unitaire. Il est temps que toute la France se réveille et se rende compte qu’il y a une solidarité anti-fasciste qui existe et qui doit continuer. »
 

Nota Bene :

Reportage photos : Maxime François.

[1] 3 500, selon la police.

[2] Des manifestations se sont tenus, depuis jeudi 5 juin, à Lyon, Marseille, Strasbourg, Angers, Tours, Châteauroux, La Roche-sur-Yon, Lisieux… Elles ont rassemblé entre 10.000 et 30.000 personnes à travers toute la France.

 

http://www.ouest-france.fr/clement-meric-lenquete-un-apres-2605939

Clément Méric : l’enquête un an après

 

 

Voilà un an, le jeune antifasciste originaire de Brest mourait lors d’une rixe avec des skinheads à Paris.

 

Des rassemblements associant la famille et les amis de Clément Méric ont eu lieu hier rue Caumartin, dans le quartier de Saint-Lazare à Paris, là où le 5 juin 2013, le jeune militant âgé de 18 ans est décédé lors d’une rixe entre antifas et skinheads.

Deux skinheads, Esteban Morillo et Samuel Dufour, sont toujours incarcérés alors que l’enquête pour violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner se poursuit. Le premier a toujours reconnu avoir porté deux coups de poing au visage de Clément ; le second nie l’avoir frappé.

Un poing américain ?

Une question centrale est l’usage ou non d’un poing américain. Arme aperçue par les antifascistes mais aussi des passants. Esteban Morillo maintient qu’il a frappé à mains nues. Samuel Dufour est sur la même ligne. Mais une étude des SMS de son téléphone envoyés ou reçus le soir des faits a mis à mal sa version. « Jai frappé avec ton poing américain », mentionne un message. Mais il n’existe pas à l’heure actuelle d’éléments prouvant sans conteste que Dufour a atteint ainsi Clément Méric.

L’expertise de la vidéo d’une caméra de surveillance n’a rien apporté : un obstacle cache la scène de la rixe. Les expertises des blessures, des marques géométriques et symétriques, n’écartent pas l’usage d’une telle arme sans être concluantes.

La prochaine étape importante de l’instruction sera une reconstitution, peut-être à l’automne prochain. L’entourage de Clément Méric se montre « vigilant » pour que les responsabilités ne soient pas inversées. C’est bien lui qui est tombé sous des coups assénés après des invectives échangés de part et d’autre.

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/clement-meric-la-video-de-l-agression-a-parle-7762597802

Clément Méric : la vidéo de l’agression a parlé

Clément Méric en avril 2013, lors d'une manifestation.

Clément Méric en avril 2013, lors d’une manifestation.

Crédit : AFP

INFO RTL – Trois semaines après l’agression mortelle de Clément Méric le 5 juin, la police judiciaire parisienne vient de mettre la main sur les toutes premières images de la bagarre.

On avait d’abord cru qu’aucune image ne pourrait aider les enquêteurs… Finalement, trois semaines après l’agression mortelle de Clément Méric, le 5 juin dernier à Paris, la police judiciaire parisienne a mis la main sur les premières images de la bagarre.

La scène a été filmée par une caméra de surveillance de la RATP, située côté rue, au niveau de la station Havre-Caumartin. Les experts de la police technique et scientifique ont travaillé pendant plusieurs jours sur ces images pour les faire parler. Elles permettent de se faire une idée précise de la scène, jusqu’alors uniquement racontée par des témoins.

Clément Méric : la vidéo de l’agression a parlé

Crédit : Georges Brenier

On voit notamment, pendant une bagarre générale, le jeune militant d’extrême gauche se précipiter dans le dos d’Esteban Morillo, le meurtrier présumé, alors de dos, semble-t-il pour lui asséner un coup. Le skinhead se retourne alors et le frappe avec son poing en plein visage.

L’image ne permet pas de dire de façon formelle si Esteban Morillo donne un deuxième coup, ni s’il a ou non un poing américain. Le militant d’extrême-gauche, en tout cas, tombe immédiatement au sol, inconscient. Il n’est pas lynché une fois par terre.

L’autopsie avait établi que la victime n’était pas morte en tombant sur le bitume, mais avait été tuée par un ou plusieurs coups au visage  Ces images permettent de confirmer l’identité du meurtrier. Elles excluent l’hypothèse d’un lynchage, montrent un Clément Méric provocateur et confortent la thèse du juge sur une mort accidentelle à la suite de coups donnés.

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/clement-meric-la-video-n-est-pas-tournee-au-ras-du-bitume-la-camera-a-filme-des-visages-7762621374

Clément Méric : la vidéo n’est pas tournée au ras du bitume, la caméra a filmé des visages

 

Une caméra de vidéosurveillance de la RATP a enregistré la rixe, fatale pour Clément Méric. Sur les images exploitées par la police scientifique, des visages sont bien visibles.

Trois semaines après l’agression, les circonstances exactes de la mort de Clément Méric s’éclaircissent, vidéo à l’appui. Comme le révélait RTL ce mardi matin, une caméra de surveillance de la RATP a enregistré la rixe à l’issue de laquelle le jeune militant d’extrême gauche a été mortellement blessé par un militant d’extrême droite. Pour la première fois, le déroulé des faits se précise. Des éléments contestés par les proches du jeune homme de 19 ans.

Les images parlent d’elles-mêmes. Elles ont été exploitées par des experts de la police scientifique et elles permettent de retracer seconde par seconde le déroulé de l’altercation.

Sur la vidéo, des visages

C’est une bagarre générale qui a été captée par cette caméra, qui n’a pas seulement filmé des pieds et des chaussures, mais des corps en mouvement et des visages. Son objectif n’enregistre pas au ras du bitume, mais va jusqu’à environ 1 mètre 50 de hauteur. Les images reflètent bien ce qu’avaient déjà décrit des témoins, c’est-à-dire une bagarre violente, confuse, où les acteurs, des deux côtés, se rendent coup pour coup.

Une bagarre générale

Clément Méric fait partie de ses acteurs. Il frappe et se fait frapper, notamment par un premier skinhead, prénommé Samuel, qui est aujourd’hui en prison. Esteban Morillo, son complice du groupuscule Troisième Voie, se bat lui aussi. On le voit, à la toute fin de la scène, échanger coups de poings et coups de pieds avec deux amis de Clément Méric.

C’est là que le jeune militant d’extrême gauche arrive dans le dos d’Esteban. Il semble lui asséner un coup, peut-être à la tête. La réaction du skinhead est en tout cas immédiate : il se retourne et frappe Clément Méric en plein visage. Un coup de poing, puis peut-être un deuxième, mais la vidéo ne permet pas de le dire. Sa victime en tout cas s’écroule sur le bitume. L’un des coups qui vient de lui être donné a été fatal. Ses agresseurs, eux, ont déjà pris la fuite.

Clément Méric : les images de l’agression

Crédit : Georges Brenier – RTL

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/mort-de-clement-meric-la-justice-saisit-de-nouveaux-experts-pour-analyser-la-video-7766518439

Mort de Clément Méric : la justice saisit de nouveaux experts pour analyser la vidéo

 

Une banderole déployée lors d'une manifestation en hommage à Clément Méric, le 8 juin à Toulouse

Une banderole déployée lors d’une manifestation en hommage à Clément Méric, le 8 juin à Toulouse

Crédit : AFP / REMY GABALDA

Le militant antifasciste Clément Méric est décédé dans des conditions troubles, lors d’une rixe avec des jeunes d’extrême droite, le 5 juin dernier. Une vidéo devrait permettre de faire la lumière sur ce décès.

La justice a décidé de mener une nouvelle expertise sur la vidéo de la mort de Clément Méric, selon une information BFMTV. De nouveaux experts ont été mandatés pour analyser l’enregistrement de vidéosurveillance qui montre la bagarre, survenue le 5 juin dernier et qui s’est soldée par la mort du militant d’extrême gauche.

Les juges veulent notamment que l’auteur des premiers coups soit identifié. Les conclusions de ces nouveaux experts sont attendues avant le 15 janvier 2014, selon BFMTV.

On avait d’abord cru qu’aucune image ne pourrait aider les enquêteurs, mais trois semaines après les faits, la police avait mis la main sur une vidéo très importante. Une caméra de vidéosurveillance de la RATP a enregistré la rixe . Sur les images exploitées par la police scientifique, des visages sont visibles.

 

http://ripostelaique.com/serge-ayoub-auteur-de-laffaire-clement-meric-les-antifas-sont-couverts-par-valls.html

Serge Ayoub, auteur de l’affaire Clément Méric : les antifas sont couverts par Valls

 

 

Riposte Laïque : Le 5 juin 2013, Clément Méric perdait la vie, lors d’un affrontement que lui et ses amis avaient provoqué. 6 mois plus tard, tu as senti la nécessité de publier un livre, « L’affaire Clément Méric, du fait divers au scandale politique ». Qu’amène de nouveau ce livre, par rapport à toutes tes interviews de l’époque ?

Serge Ayoub : Comme je l’ai raconté dans le livre, j’ai été contacté par l’ami intime de Manuel Valls, Monsieur Claude Askolovitch parce qu’il voulait écrire un livre sur l’affaire Méric, je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas laisser un homme du camp ennemi imposer sa version. Ce qu’il y a de proprement nouveau, c’est le recul et l’analyse. Après avoir géré la crise au mieux de nos modestes moyens, j’ai pris le temps d’analyser d’où était venue une telle haine envers les patriotes que nous sommes de la part des antifas, du pouvoir, et des médias.

Riposte Laïque : Peux-tu nous parler de la situation d’Esteban et de Samuel, en prison depuis 6 mois, et de celle des autres inculpés ?

Serge Ayoub : Leur situation est claire dans une affaire trouble. « Dans le doute, j’embastille ». C’est un euphémisme de dire qu’on ne sait pas qui a attaqué, mais on sait qui est incarcéré. La seule chose dont on soit sûr, c’est que dans cette affaire le gouvernement est complice des antifas, dont le comportement bafoue pourtant toutes les lois et les règles de la démocratie. Quant à Esteban et Samuel, ils attendent la reconstitution des faits, qui devrait avoir lieu en janvier et qui sera évidemment décisive.

Riposte Laïque : Tu évoques dans ce livre le rôle joué, dans cette manipulation médiatique, par Alexis Corbière, bras droit de Mélenchon. Tu parles, d’autre part, d’un repas avec le journaliste Claude Askolovitch. Peux-tu, sur ces deux sujets, nous en dire davantage ?

Serge Ayoub : Corbière, son rôle est le même que celui que joue Mélenchon avec les Bonnets Rouges, c’est d’aboyer avec le système mais depuis une autre niche. « Assassinat fasciste », l’expression de son billet du 5 juin, quelques heures à peine après la bagarre, c’est le « la » donné par Corbière et que va reprendre l’ensemble de la gauche, y compris celle qui gouverne. Quant à Askolovitch, il est l’avocat, la plume et le verbe d’un gouvernement qui n’en a pas tant à son service.

Riposte Laïque : Tu regrettes également, dans l’ouvrage, ce que tu as ressenti comme une frilosité de Marine Le Pen et du Front national, dans cette affaire. Qu’attendais-tu d’autre de leur part ?

Serge Ayoub : Personnellement, je n’attendais rien du FN. Ses électeurs, ses sympathisants en revanche, attendaient peut-être davantage de noblesse de la part d’un parti dans lequel ils placent leurs espoirs. « La France ne peut être la France sans grandeur » disait De Gaulle. Il serait temps que Le FN médite cette phrase et apprenne à reconnaître dans l’adversité l’opportunité de se montrer digne de cette grandeur. Sans leurs moyens, sans leurs accès aux médias, sans le rouleau compresseur qu’est le Front, nous avons pu inverser la tendance et changer le scénario pré-écrit par les médias et le gouvernement. Si Marine s’était engagée franchement dans la bataille, c’était l’occasion de venger Carpentras et de retourner contre leur ennemi ce mensonge permanent qu’est la diabolisation. La sécurité du parti a prévalu sur le parti de la vérité.

Riposte Laïque : Ton organisation est dissoute, le bar que tu avais monté, le Local est fermé. Que deviennent tes amis militants, et quels sont, après ces six mois qui ont tout changé pour toi, tes projets ?

Serge Ayoub : Nous continuons, différemment et plus en profondeur notre travail politique. Tous ceux qui défendent la Nation ont besoin d’une ligne et d’un programme clairs. Notre travail est celui-ci, dans le prolongement de la réflexion théorique de Troisième Voie. Nous venons également de lancer un journal gratuit, Année Zéro, qui sera disponible en papier et en ligne, gratuitement également, à l’adresse suivante : http://fr.calameo.com/read/002941615b03cc5ea01ce .

Riposte Laïque : Comment vois-tu l’union des patriotes, que notre journal et d’autres réclament, pour lutter contre l’islamisation de la France et la défense de notre civilisation ?

Serge Ayoub : Nous avons déjà eu des discussions franches à ce sujet, ce sera donc facile de te répondre. Je crois sincèrement que l’union de patriotes est non seulement souhaitable mais possible, à condition d’élargir le programme à une lutte contre le système de domination de notre pays. Si certains quartiers s’islamisent, c’est à cause d’une politique d’immigration décidée par le grand capital et validée par la gauche et la droite depuis 40 ans. On ne défend pas une civilisation en jouant les Cassandre, mais en désignant l’ennemi, et pour moi l’ennemi n’est pas le musulman ou l’immigré en soi, mais le système qui engendre sa présence massive sur notre territoire. C’est cet ennemi qu’il faut désigner, et cet ennemi c’est le pouvoir. C’est lui qui créé les lois de regroupement familial, c’est lui qui fait mine de céder aux diverses pressions de lobbies montés de toute pièces par lui. C’est cet ennemi qu’il faut attaquer pour défendre notre civilisation, pas le musulman qui ne fait que se soumettre logiquement à ses propres traditions religieuses.

Riposte Laïque : Pour illustrer ce rapprochement, Riposte Laïque est d’accord pour servir de boutique à ton livre qui montre l’ampleur d’une manipulation politico-médiatique, et jusqu’où ce pouvoir est capable d’aller. Parle-nous de ton avocat, homme de gauche, Nicolas Gardères, qui a écrit la postface de ton ouvrage.

Serge Ayoub : Aussi étrange que cela puisse paraître pour toute personne sensée, un homme de gauche peut encore être honnête. C’est le cas de Maître Gardères, qui a depuis le début regardé cette affaire avec les yeux du juriste, du défenseur des libertés publiques et de l’homme de bon sens.

Riposte Laïque : Partages-tu l’avis, fréquemment développé, selon lequel Hollande n’ira pas au bout de son mandat ? Penses-tu que la période soit pré-révolutionnaire ?

Serge Ayoub : Je crains que la seule et unique compétence du gouvernement soit de garder le pouvoir. Ils dépensent des sommes considérables pour maintenir l’illusion que leurs décisions sont irréversibles et inéluctables. Les Français ont l’impression que leur gouvernement ne sert à rien, qu’il est incapable de sortir leur pays de la crise dans laquelle il s’enfonce, mais en même temps qu’il n’y a pas vraiment d’alternative. C’est le sens d’un sondage récent de l’Ifop : 70 à 80% des Français estiment que l’UMP et le FN ne feraient pas mieux que la majorité en place. Notre peuple est en train de désespérer. D’un point de vue révolutionnaire, c’est à double tranchant, parce que même si les élites ont perdu leur légitimité, le désespoir et l’absence d’alternative paralysent. C’est contre cela que nous voulons travailler, car sans une foi puissante dans la possibilité d’un avenir meilleur, aucune révolution, pire aucune politique n’est possible.

Propos recueillis par Pierre Cassen

 

http://www.liberation.fr/societe/2014/01/23/mort-de-clement-meric-des-responsabilites-difficiles-a-etablir_974960

 

De quoi est mort Clément Méric ? Sept mois après le décès du jeune militant antifasciste lors d’une bagarre le 5 juin dernier en plein Paris avec des jeunes skinheads, l’enquête judiciaire se poursuit. D’après nos informations, début janvier, l’une des premières expertises commandées par les juges d’instruction en charge du dossier a été rendue. Il s’agit du rapport de trois médecins chargés de déterminer les causes exactes du décès du jeune homme le lendemain de la rixe, à l’hôpital. Ce rapport est effectué à partir de l’autopsie réalisée juste après les faits, mais permet d’être plus précis dans les causes de la mort du jeune homme et d’établir les responsabilités.

Les coups donnés par les skins, notamment par Esteban Morillo et Samuel Dufour actuellement mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ont-ils tué le jeune homme ? Sa chute sur le trottoir a-t-elle été fatale ? Les deux, répondent en substance le collège des trois médecins experts, qui peinent à faire la part des choses. «Les lésions traumatiques, que ce soit le coup porté au visage ou la chute à terre sont directement responsable de l’hémorragie méningée», qui a conduit à la mort du jeune homme, écrivent-ils dans ce rapport de 19 pages.

Une chose est sûre : «On peut qualifier l’impact des coups comme très violent.» D’après eux, Clément Méric a reçu cinq coups au niveau du visage, laissant des ecchymoses sur les joues et au niveau du nez. «Il semble que M. Méric ait perdu connaissance très rapidement et qu’il ait ensuite chuté. Du fait de cette perte de connaissance, il n’a eu aucune retenue dans sa chute», poursuit le rapport.

Par ailleurs, précisent les médecins, la leucémie dont avait souffert Clément Méric n’ont pas eu d’influence sur son décés.
 

Poings américains ?

 

Les skinheads, qui se trouvaient comme les antifascistes à une vente privée de vêtements Fred Perry dans le quartier des grands magasins parisiens, ne nient pas les échanges de coups. Il y a eu des provocations, des deux côtés. Des injures. Le ton est monté. Puis la bagarre, très violente et très brève sur le trottoir, en bas de l’appartement qui accueillait la vente privée. Au fil de leurs auditions, les deux skins ont d’ailleurs fini rapidement par reconnaître avoir porté des coups à Clément Méric. Et même d’avoir donné le premier, car le jeune antifa les «provoquait».

En revanche, les deux jeunes skins (qui au cours de leur garde la vue, ont tous les deux nié leur sympathie pour l’extrême droite…) réfutent s’être armés de poings américains, ou de bagues de combat. Les médecins experts étaient donc chargés de déterminer si les lésions de Clément Méric «résultent d’un traumatisme provoqué par des coups portés à main nue ou par des coups portés au moyen d’un objet de type poing américain». Réponse : «L’aspect des sutures en points séparés des ecchymoses sur les joues, la plaie de la face latérale droite du nez pourraient faire évoquer l’utilisation d’objet métallique. Cependant et au vu des conclusions de l’expert légiste, ces aspects morphologiques des lésions traumatiques ne permettent pas de l’affirmer.» Ils précisent : «Les lésions faciales et du nez ne permettent pas de préciser si la victime a été frappée à poing nu ou s’il a été utilisé des objets métalliques contondants de type bague ou de type poing américain.»Esteban Morillo a toujours nié détenir un poing américain.

Pourtant, de nombreux témoins présents lors de la bagarre affirment avoir vu un objet brillant sur sa main. Une amie du jeune skin, présente avec lui dans le magasin, a même déclaré aux policiers avoir aperçu dans son sac «un poing américain assez gros, vraiment gros, couleur métal argenté». Elle avait ajouté : «Je crois qu’il avait des pics mais je n’en suis pas sûre.» Un détail relevé par un passant témoin de la scène. Esteban Morillo s’est défendu, en expliquant que sa «main avait doublé de taille, quand on est allé au bar [le soir même, ndlr] je n’arrivais même pas à tenir une bière. Je n’avais pas de poing américain». L’examen médical de sa main au lendemain de la rixe montre pourtant une petite blessure, sans rapport selon les juges avec le coup sur le visage de Clément Méric. Par ailleurs, chez Esteban Morillo, les policiers ont trouvé deux poings américains dont l’un «en acier supportant des pointes sur chaque anneau correspondant à l’emplacement des quatre doigts».

Lors de ses auditions, Morillo a également indiqué que Samuel Dufour avait fait usage d’un poing américain «ou peut-être de bagues de combat». Ce que, évidemment, Samuel Dufour nie. «Je n’avais pas de bagues de combat. J’avais juste mes bagues qui étaient chromées», s’est défendu Samuel Dufour. Des expertises sur les bagues et poing américain retrouvés au domicile des jeunes skins sont toujours en cours.

Violette LAZARD

 

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/18/mort-de-clement-meric-ce-qui-s-est-passe-ce-5-juin-a-18h43_932932

 

Qui a donné les premiers coups, dont certains ont été mortels pour Clément Méric, jeune antifa de 18 ans ? Les skinheads, dont deux sont aujourd’hui mis en examen et écroués, étaient-ils armés lors de cette bagarre de rue qui a éclaté ce 5 juin à la sortie d’une vente privée de vêtements ? Plus de trois mois après les faits, l’enquête menée par les policiers et les juges sur le décès du jeune militant – et que Libération a pu consulter – a permis de reconstituer en détail le contexte de la rixe puis le déroulement de la bagarre qui a coûté la vie au jeune homme. L’enquête a également montré qu’aucun des sympathisants des mouvements d’extrême droite radicaux mis en cause dans ce dossier ne revendique aujourd’hui son appartenance à ces réseaux.

 

Le déclenchement de la rixe

 

D’après de nombreux témoignages, il semble que ce sont bien les militants d’extrême gauche qui ont d’abord provoqué les skinheads, venus à une vente privée de vêtements Fred Perry, marque qu’affectionnent les deux camps. Samuel Dufour – l’un des deux skins, écroué et mis en examen car soupçonné d’avoir porté l’un des coups mortels à Clément Méric – explique que les «rouges» sont venus les provoquer, leur conseillant de faire peu d’achat pour pouvoir courir très vite à la sortie de la vente… Entendu par les policiers au lendemain de la bagarre, un militant d’extrême gauche présent à la vente confirme que l’un de leur groupe a lâché un «bravo les nazis», rien de plus. Un autre explique que le même membre de leur groupe a déclaré à haute voix «qu’il était inadmissible de voir des nazis se trimbaler dans des lieux publics». Puis ils expliquent être descendus de l’appartement où la vente avait lieu, s’être positionnés en face de l’immeuble pour attendre Clément Méric pour que celui-ci, qui n’était pas encore sur les lieux, ne vienne pas faire ses courses tout seul. «N’avez-vous pas plutôt attendu pour en découdre avec eux?», demandent les policiers à l’un des militants de gauche. «Non, nous sommes plutôt minces. Clément est vraiment gringalet.» Les skins, eux, affirment ne pas être sortis tout de suite car ils avaient «peur».

Au-delà des versions contradictoires de chacun des deux groupes, quelques faits sont établis. Les «rouges» n’ont pas bougé de la rue. Clément Méric est venu parler aux skins lorsque ces derniers attendaient regroupés dans la cour de l’immeuble. Et au moment de sortir des lieux, les skins, au lieu d’éviter la bande adverse, se sont dirigés vers eux.
 

La bagarre a-t-elle été filmée ?

 

Oui. Une caméra de vidéo-surveillance, disposée à l’entrée de la gare Haussmann-Saint Lazare à quelques mètres des lieux de la rixe a permis de voir «partiellement» la bagarre d’après le compte-rendu effectué par la police sur un PV. Cependant, à 18 h 43 et 25 secondes, impossible de distinguer sur les images qui donne le premier coup car «leurs mains et les visages ne sont pas visibles. Le pilier situé à l’entrée de la gare obstrue le reste de l’action.» Sur certaines images, on ne voit que les pieds et les jambes des protagonistes. A 18h43 et 33 secondes, les images montrent «une masse sombre» à terre.
 

Qui a donné les coups de poing ?

 

Esteban Morillo reconnaît avoir porté deux coups de poing à Clément Méric, en situation de légitime défense. Le premier, car Clément Méric s’approchait de lui. Le second, face à un nouvel assaut du jeune homme et de deux de ses amis. «Ils m’ont entouré et se sont ensuite jetés sur moi. J’ai été agrippé, tiré et c’est seulement après que j’ai frappé.» Samuel Dufour, lui, reconnaît avoir donné des coups de poing mais pas à Clément Méric. Pourtant, d’après les juges, l’autopsie a montré des plaies sur le visage de Clément Méric qui ne paraissent pas avoir été causées par les poings de Morillo. Et ils soupçonnent très fortement Samuel Dufour de ne pas avoir frappé à mains nues.
 

Les skins avaient-ils des poings américains ou des bagues de combat ?

 

Esteban Morillo l’a toujours nié. Chez lui, les policiers ont pourtant trouvé deux coups de poing américains dont l’un «en acier supportant des pointes sur chaque anneau correspondant à l’emplacement des quatre doigts». Mais les analyses effectuées sur ces armes n’ont pas permis de déterminer qu’elles avaient été utilisées lors de la rixe, selon une source judiciaire. Esteban Morillo s’est défendu, en expliquant que sa «main avait doublé de taille, quand on est allé au bar [le soir même, ndlr] je n’arrivais même pas à tenir une bière. Je n’avais pas de poing américain». L’examen médical de sa main au lendemain de la rixe montre pourtant une petite blessure, sans rapport selon les juges avec le coup sur le visage de Clément Méric. Et de nombreux témoins, dont la petite amie de Samuel Dufour, ont déclaré avoir vu Esteban Morillo en possession de cet objet dans la salle de vente. En revanche, des analyses sont toujours en cours sur les «bagues» de Samuel Dufour. Plusieurs témoins ont expliqué avoir vu des choses «briller» aux doigts du skinheads. «Je n’avais pas de bagues de combat. J’avais juste mes bagues qui étaient chromées», s’est défendu Samuel Dufour.

Violette LAZARD

 
Retenons donc que l’information judiciaire s’éternise alors que les enquêteurs semblent avoir à peu près tout en main dès le 6 juin 2013.



Hommages à Clément Méric : très discret à Brest

La manifestation annoncée pour la journée d’hier dans la capitale a rassemblé plusieurs milliers de personnes.

De nombreux autres rassemblements ont eu lieu un peu partout en France et à l’étranger ces derniers jours.

A Brest, ville dont Clément Méric était originaire, une cinquantaine de personnes a répondu vendredi soir à un appel minimaliste publié le même jour sur le site La Horde.

Contrairement à l’année dernière, syndicalistes et politiques s’y sont fait discrets.

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/mort-de-clement-meric-l-hommage-un-an-plus-tard-7772472461

Hommage à Clément Méric : 3.500 personnes selon la police

Une marche à eu lieu à Paris samedi 7 juin, pour rendre hommage à Clément Méric

Une marche à eu lieu à Paris samedi 7 juin, pour rendre hommage à Clément Méric

Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP

Des milliers manifestants se sont rassemblés pour rendre hommage à Clément Méric, jeune militant d’extrême gauche décédé il y a un an. Selon la police, ils étaient 3.500.

Un an après la mort de Clément Méric, le militant d’extrême gauche qui avait perdu la vie lors d’une bagarre avec des skinheads, plus d’un millier de personnes (3.500 selon la police) se sont rassemblées pour lui rendre hommage, ce samedi 7 juin à Paris. Le cortège était mené par des « militants antifascistes ».

Les participants ont quitté la place de la Bastille fermée à la circulation peu avant 15 heures pour se diriger vers Gambetta dans l’est de la capitale.

Une banderole  »Plus que jamais combattons l’extrême droite » s’affichait en tête de cortège, parmi des détonations de pétards. Suivaient des militants « antifa »(scistes) le visage souvent dissimulé par des foulards, cagoules, casquettes ou lunettes noires.

Les « antifa » mobilisés pour Clément Méric

Des membres de l’Action antifasciste, tapant dans leurs mains et levant les bras, en rythme, ont scandé  »Clément, Clément, an-ti-fa » ou « Oui, Clément était un camarade ». D’autres, derrière une banderole « Ni oubli, ni pardon », hurlaient « On pardonne pas, on n’oublie pas ».

Plusieurs autres mouvements avaient appelé à manifester, notamment le Front de gauche et plusieurs syndicats. Au delà du souvenir de Clément Meric, mort à l’âge de 18 ans, beaucoup étaient présents pour marquer leur opposition au Front national.  »Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers », « Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève », criaient les manifestants.

Il a été assassiné il y a un an par des militants néo-nazis.Ihn, un manifestant

« Clément était un ami, un camarade. Il a été assassiné il y a un an par des militants néo-nazis. Aujourd’hui, c’est un moment en son honneur mais aussi un moment de lutte », a expliqué à l’AFP Ihn, un jeune militant qui ne veut pas donner son nom de famille. Interrogé sur les résultats du Front national aux élections européennes, il affirme : « Nous n’avons pas attendu cette montée pour avoir un sursaut, le FN est aussi haut parce que les thèses d’extrême droite sont consolidées par les politiques ».

Clément Méric est mort le 5 juin 2013 au lendemain d’une rixe entre un groupe de skinheads et des militants d’extrême gauche, dont lui, près de la gare Saint-Lazare. Quatre personnes sont mises en examen dans cette affaire, dont deux sont en détention provisoire, poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

L’hommage à Clément Méric, un an après sa mort

Crédit : Sina Mir

 

http://lahorde.samizdat.net/ai1ec_event/brest-rassemblement-en-hommage-a-clement-meric-2/?instance_id=

Brest : rassemblement en hommage à Clément Méric

6 juin 2014

Quand : 6 juin 2014 @ 18:00
Où : Place de la Liberté
29200 Brest
France

 

http://www.letelegramme.fr/finistere/brest/ligue-des-droits-de-l-homme-un-hommage-a-clement-meric-07-06-2014-10201670.php

Ligue des droits de l’homme. Un hommage à Clément Méric

7 juin 2014

 

Hommages à Clément Méric : très discret à Brest dans LCR - NPA une-cinquantaine-de-personnes-s-est-rendue-hier-place-de_1932499_528x397

Une cinquantaine de personnes s’est rendue, hier, place de la Liberté, au rassemblement-hommage à Clément Méric proposé par la Ligue des droits de l’homme..

 

« L’an dernier, nous avions déjà appelé à se rassembler suite à la mort de Clément », ont expliqué, hier, Jean-Yves Varin, président de la Ligue des droits de l’homme (LDH) Brest-BMO, et Claire Duval-Olivaud, chargée du groupe de lutte contre les extrêmes droites. « Aujourd’hui, un an, jour pour jour, après la confrontation violente avec un fasciste qui a entraîné son décès, il nous a semblé logique d’organiser un moment-hommage ». Une cinquantaine de personnes, de LDH, mais aussi de l’Université de la paix, se sont ainsi regroupées, hier, peu après 18 h, pour lire, à tour de rôle, un texte spécialement rédigé pour l’occasion. « Nous n’oublions pas », a-t-il été rappelé. Aujourd’hui, un nouveau rassemblement organisé par un jeune collectif « encore en construction » est prévu, à partir de 11 h, sous l’arche de la place de la Liberté.

 

http://www.ouest-france.fr/800-personnes-brest-en-hommage-clement-meric-363492

800 personnes à Brest en hommage à Clément Méric

 

 

 

Environ 800 personnes se sont rassemblées à 18 h 30 place de la Liberté à Brest, en hommage à Clément Méric.

A Brest, 800 personnes ont rendu hommage à Clément Méric, 18 ans, mort à la suite de coups reçus mercredi soir par des skinheads, militants d’extrême droite, à Paris. Le rassemblement était à l’initiative de la Ligue des droits de l’homme et d’un collectif de syndicats et partis politiques.

Tension

François Cuillandre, maire PS de Brest, a été sévèrement pris à partie par des militants de la CNT, mouvement anarcho-syndicaliste auquel appartenait Clément Méric. Il a même été bousculé par l’un d’eux. Il était reproché aux formations présentes une sorte de récupération politique du drame.

Les nombreuses personnes anonymes, proches de la victime ou Brestois solidaires, n’ont pas vraiment apprécié une telle tension dans ce moment plutôt dédié au recueillement.

Un nouveau rassemblement est prévu à 20h30 place Guérin à Brest.

 


Brest. Rassemblement en hommage à Clément Méric par Letelegramme

 

 



Affaire Clément Méric : un an après

Le point avec huit articles de presse suivis de mes informations personnelles, inédites.
 

http://paris-ile-de-france.france3.fr/2014/06/04/video-il-y-un-l-affaire-clement-meric-491293.html

 

VIDEO : il y a un an l’affaire Clément Méric

 

Le 5 juin 2013, Clément Méric mourrait à la suite d’une bagarre entre son groupe anti-fa et un groupe d’extrême droite, rue Caumartin à Paris. Un an après plusieurs manifestations sont prévues ce samedi.

  • Par Mathilde Riou
  • Publié le 04/06/2014 | 17:42, mis à jour le 04/06/2014 | 18:01

Entre 4.000 et 8.000 personnes, selon une source policière, sont attendues pour le rassemblement des « anti-fa » ce samedi à Paris organisé en mémoire de Clément Méric.

Originaire de Brest et étudiant à Sciences Po à Paris, Clément Méric, 18 ans, est décédé au lendemain d’une bagarre violente avec des skins. C’était un « antifa », un militant antifasciste d’extrême gauche, très engagé dans de multiples causes. Ses camarades de Sciences Po décrivent un jeune homme blond, petit, frêle avec un visage poupin. « Clément se relevait d’une leucémie, ce n’était pas un monstre de guerre », ont même précisé des membres d’Action antifasciste Paris Banlieue, groupe auquel appartenait selon eux Clément Méric. Ce dernier « faisait du terrain, du renseignement, de l’agit-prop ».
 

>> Le point sur l’enquête avec Laurence Barbry

 

http://www.liberation.fr/societe/2014/06/04/un-an-apres-la-mort-de-meric-un-scenario-et-des-zones-d-ombre_1033323

 

Une rencontre entre skinheads et antifascistes en plein Paris, des invectives, des provocations, puis les coups mortels: un an après le décès de Clément Méric, l’enquête a permis de retracer le scenario du drame, mais des zones d’ombre demeurent.

La semaine dernière, la justice a prolongé la détention provisoire des deux skinheads incarcérés après cette rixe tragique, qui avait provoqué une grande émotion.

Sympathisant comme ses camarades de Troisième voie, l’un des groupuscules dissous par la suite par le gouvernement, Esteban Morillo a reconnu dès le départ avoir porté deux coups de poing, à mains nues, au visage de l’étudiant de Sciences-Po, alors en rémission d’une leucémie. Le premier parce qu’il s’est senti «menacé», le second «alors qu’il reçoit lui-même des coups», déclare à l’AFP son avocat, Antoine Maisonneuve, qui ajoute que «sa version n’a jamais varié». C’est après le second coup que l’étudiant de 18 ans a chuté au sol et ne s’est pas relevé.

Samuel Dufour, un apprenti boulanger de 20 ans, réfute en revanche avoir frappé Clément Méric. L’un des «antifas» qui l’a eu face à lui a même confirmé cette version aux juges d’instruction. «Il est incompréhensible qu’on n’entende pas cet élément. On est en train de bousiller sa vie en prison», déplore son avocat, Julien Fresnault.

Son client est mis en examen, comme Morillo, pour violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner. Les juges d’instruction avaient dès le début écarté l’intention de tuer.

Mais la position de Dufour s’est sérieusement compliquée depuis qu’une expertise sur son téléphone a dévoilé des SMS au soir des faits: «J’ai frappé avec ton poing américain», dit l’un d’eux. «On les a défoncés», dit un autre.

Pour son avocat, ces éléments ne démontrent toujours pas qu’il a touché Clément Méric.

- Bagarre brève et violente -

Cet après-midi du 5 juin 2013, rue Caumartin, dans le quartier Saint-Lazare, Esteban Morillo et Clément Méric ne sont pas encore là quand leurs camarades respectifs se croisent dans une vente privée de vêtements. Selon des témoins, les premières invectives viennent des étudiants d’extrême-gauche, qui disent avoir vu les skins ranger des poings américains.

«On vous attend à dix en bas (…) il va falloir courir», aurait dit l’un d’eux. Seul Clément Méric les rejoindra.

De leur côté, les skins, décrits comme «inquiets», appellent Esteban Morillo. Le jeune homme de 21 ans prévient sa compagne, Katia. Elle téléphone à son tour à deux autres amis. D’abord poursuivie pour complicité, la jeune femme a obtenu l’annulation de sa mise en examen par la cour d’appel de Paris, qui a souligné son «inquiétude légitime».

L’un des vigiles de la vente demande aux antifascistes de partir, mais ces derniers restent près de l’église Saint-Louis d’Antin. Des témoins décrivent un Clément Méric virulent.

«Ils ne cherchaient pas la bagarre», affirme à l’AFP l’avocate de deux «antifas», Me Irène Terrel. «Entre des mots et des coups avec un poing américain, il y a un fossé».

Le vigile conseille aux skinheads de sortir par la droite pour éviter de croiser l’autre groupe. «Mais ils sont partis à gauche, là où ils étaient sûrs de rencontrer Clément Méric et ses amis», affirme Me Yves Baudelot, l’avocat des parents de la victime, qui y voit une preuve de leur volonté d’en découdre.

Les avocats des skinheads répondent que de ce côté-là, une bouche de métro était très facilement accessible et leur aurait aussi permis de fuir.

Le premier coup part. Dans cette rue passante et commerçante, la bagarre est brève et violente. Les deux camps se sont accusés d’être les premiers agresseurs.

Une caméra de vidéo-surveillance a filmé la scène, mais la vue est obstruée par un obstacle, et comme le disent plusieurs avocats, «on ne voit que des pieds». Impossible, donc, de certifier par l’image qu’Esteban Morillo a utilisé une arme, en l’occurrence un poing américain. Des antifas et des témoins l’affirment, lui réfute avec constance.

Pour tenter de mieux déterminer le déroulement du drame, une reconstitution sur place pourrait avoir lieu prochainement. Outre Morillo et Dufour, deux autres skinheads sont mis en examen pour violences. Les antifascistes sont parties civiles.

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/mort-de-clement-meric-on-n-a-jamais-souhaite-ca-dit-un-temoin-7772431826

 

Mort de Clément Méric : « On n’a jamais souhaité ça », dit un témoin

 

Un poster de Clément Méric, le 6 juin 2013

Un poster de Clément Méric, le 6 juin 2013

Crédit : AFP PHOTO/PASCAL PAVANI

DOCUMENT RTL – Ancienne compagne du principal accusé de l’époque, Katia tente de tourner la page, un an après le décès du jeune militant d’extrême gauche.

 

Mort de Clément Méric : « On n’a jamais souhaité ça », dit un témoin

 

Crédit : Georges Brenier

Il y a un an, le 5 juin 2013, Clément Méric, militant d’extrême gauche, perdait la vie au cours d’une bagarre avec un groupe d’extrême droite, dans les rues de Paris. Compagne du principal suspect de l’époque, Katia avait assisté à la scène et avait été mise en examen pour complicité. Une accusation finalement annulée.

La jeune femme se souvient de cette rixe, qu’elle a revue des centaines de fois dans sa tête. « La bagarre a commencé, ça a été très rapide. Tout le monde frappait (…) Je vois un garçon qui tombe par terre (…) Je pensais qu’il allait se relever. Ça ne nous a jamais effleuré l’esprit qu’il tomberait dans le coma ou allait mourir« , raconte-t-elle.
 

Des regrets

 

Katia regrette de ne pas être intervenue pour tenter de calmer les choses. « Des fois, je me dis que si une fille était allée leur parler, ça aurait calmé les choses. Mais je ne l’ai pas fait, je suis restée à ma place, se rappelle-t-elle. Si on avait su que ça se finirait comme ça, on ne l’aurait jamais fait« .

Voilà un an que Katia tente de tourner la page et ne fréquente plus les groupes d’extrême droite que Clément Méric combattait.

 

http://www.liberation.fr/societe/2014/02/24/mort-de-meric-la-verite-des-sms_982714

 

Les examens des portables contredisent la version de la rixe que les skins ont donnée aux policiers.

 

Devant les policiers, devant les juges, lors de toutes ses auditions, Samuel Dufour a toujours nié. Le jeune skin de 20 ans, mis en examen et écroué depuis cet été dans l’enquête sur la mort de Clément Méric lors d’une rixe le 5 juin 2013 a toujours expliqué ne pas avoir donné de coup à ce dernier. Il réfute avoir été armé d’un poing américain. Grâce à l’examen de son téléphone portable, la justice est aujourd’hui en possession d’éléments qui contredisent le système de défense du jeune homme.

D’après nos informations, des SMS envoyés par Samuel Dufour lors de la soirée suivant la bagarre qui avait éclaté entre skins et antifas et provoqué la mort de Méric, à la sortie d’une vente privée de vêtements Fred Perry près des grands boulevards parisiens, sont accablants. «J’ai frappé avec ton poing américain», écrit-il à une connaissance. «Ba il est parti à l’hôpital», écrit encore Samuel Dufour, qui ouvre cet échange avec un «mdr» comme «mort de rire», sans que l’on sache à quelle partie de la conversation cet éclat de joie fait référence.

Bagues. Ces messages, d’après une source proche de l’enquête, ont été envoyés à un proche de Serge Ayoub, leader des groupuscules d’extrême droite Troisième Voie et les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) dissoutes après la mort de Clément Méric. Cet interlocuteur lui répond : «vous étiez combien ?» «Cinq contre trois», puis, «on les a défoncés». Autre SMS : «j’ai plein de sang sur mon bombers mais c’est le mien, demande à Serge si je dois le nettoyer ?» Ce SMS restera sans réponse. Aux policiers, lors de sa garde à vue, Samuel Dufour, apprenti pâtissier, avait expliqué qu’il n’avait fait que se défendre face à l’agression des antifas. Tout comme lors de sa mise en examen pour «violence volontaire en réunion avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner» sur la personne de Clément Méric. Le coup-de-poing américain ? Il n’en a pas porté ce jour-là, dit-il. Il concède simplement avoir eu ses bagues, au nombre de deux, comme tous les jours. Il nie que ces bijoux soient des bagues de combat et réfute les avoir portés pour frapper. L’un des antifas décrira pourtant très précisément que Samuel Dufour était porteur «d’un poing américain de couleur argentée avec de la peinture rouge un peu passé sur les phalanges». Des témoins extérieurs à la bagarre également. A-t-il porté des coups à Clément Méric ? Il jure que non, et explique n’avoir fait que se défendre. Un témoin raconte pourtant aux enquêteurs que celui qui a tapé Méric était porteur d’un «drapeau français». Or, Dufour reconnaît avoir eu un blouson avec un écusson du drapeau français. Lors de sa garde à vue, Samuel Dufour s’était montré plus confus. «J’ai pris plusieurs [coups], mais je ne sais plus si j’en ai donné plusieurs.»

L’expertise concernant les causes exactes de la mort de Clément Méric, 1 m 80 pour 66 kilos et en rémission d’une leucémie depuis dix-huit mois avait conclu à l’absence d’usage d’un poing américain, mais sur le mode interrogatif. Les experts concluaient également que cinq coups avaient été portés sur le jeune homme, alors qu’Esteban Morillo, l’autre skinhead écroué et mis en examen dans le dossier, a lui reconnu en avoir porté deux. «Ces éléments ne remettent pas en cause ce qui a été établi par ailleurs, c’est-à-dire que Samuel Dufour n’a jamais touché Clément Méric», a réagi hier soir Julien Fresnault, l’avocat du jeune skin.

Rôle. L’examen des appels passés par le petit groupe de skins présent lors de la rixe contredit une partie de leurs déclarations. Dès 20 heures ce soir-là, et jusqu’au lendemain sans interruption, les lignes de portables ont crépité. Ont-ils préparé leur défense ? Convenu d’un rôle pour chacun ? Samuel Dufour, encore lui, avait par exemple expliqué aux policiers lors de sa garde à vue être rentré directement chez lui après la rixe et appris le lendemain matin la mort du jeune antifa. En fait, le jeune homme, tout comme Morillo, s’est retrouvé ce soir-là dans le XVe arrondissement de Paris, au Local, le bar de Batskin (surnom de Serge Ayoub) qui était également présent ce soir-là, près du comptoir. Le duo a fini par le reconnaître, tout en niant lui avoir parlé. Ayoub, entendu le 7 juin par les policiers, a lui reconnu s’être entretenu avec Morillo et l’avoir encouragé à se rendre à la police le lendemain. D’après les relevés des appels, Ayoub et Morillo se sont bien parlé treize minutes après minuit. Mais ce n’est que l’un des 34 contacts entre les deux hommes cette nuit-là. Ils ont ensuite échangé jusqu’à 3 heures du matin, puis de nouveau tôt le lendemain matin. Et Ayoub ne s’est pas entretenu qu’avec une seule des personnes présentes lors de la rixe. Il a eu des contacts avec un autre skin, Alexandre E. à 22 reprises, puis avec Stéphane C. (qui n’a pas donné de coup le 5 juin, mais s’est approché des antifas en faisant tournoyer sa ceinture) à 4 reprises. A 9 reprises, enfin, Ayoub a communiqué avec Samuel Dufour.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/l-enquete-de-l-obs/20130919.OBS7760/exclusif-clement-meric-la-video-de-l-agression-decryptee.html

EXCLUSIF. Clément Méric : la vidéo de l’agression décryptée

Publié le 19-09-2013 à 18h42

La bande-vidéo de la rixe du 5 juin contredit la thèse selon laquelle le jeune « antifa » aurait lui-même déclenché l’affrontement. « L’Obs » révèle le déroulement des événements, minute par minute.

 

Manifestation le 8 juin 2013 à Toulouse, à la mémoire du jeune militant antifasciste Clément Méric, tué à Paris le 5 juin par un skinhead. (LANCELOT FREDERIC/SIPA/SIPA) Manifestation le 8 juin 2013 à Toulouse, à la mémoire du jeune militant antifasciste Clément Méric, tué à Paris le 5 juin par un skinhead. (LANCELOT FREDERIC/SIPA/SIPA)

 

À lire aussi

 

Que s’est-il vraiment passé le 5 juin 2013 ? Comment s’est déroulée la rixe entre « antifas » et skinheads, qui s’est achevée par la mort de Clément Méric ? Le 25 juin, trois semaines après les faits, certains médias avaient avancé une nouvelle version des événements : Clément, contrairement à ce qui avait été dit jusqu’ici, serait le « provocateur », celui qui aurait déclenché l’affrontement, en assénant le premier coup, qui plus est par derrière, à Esteban Morillo… C’est ce qu’aurait révélé une vidéo de la scène, filmée par une caméra de surveillance de la RATP.

En réalité, le décryptage de cette vidéo, ainsi que les déclarations d’Esteban Morillo, le jeune skinhead qui a mortellement frappé Clément Méric, et le récit de plusieurs témoins de la scène, démentent cette thèse. Dans son édition du 19 septembre, « le Nouvel Observateur » révèle les derniers éléments de l’enquête.

 

Ce que dit vraiment la vidéo

 

Hormis la police judiciaire, personne n’a visionné la bande vidéo. Mais les enquêteurs, qui l’ont analysée séquence par séquence, ont consigné leur décryptage sur un procès verbal versé au dossier.
Les images filmées par la caméra de surveillance de la RATP, expliquent les policiers, montrent les deux groupes ennemis sortant de l’immeuble où se tient la vente de vêtements Fred Perry. D’abord Méric et ses trois compagnons de shopping, tous militants antifas ; puis, quarante minutes plus tard, Morillo et ses six amis skins. La bagarre va éclater quelques mètres plus loin, devant l’église Saint-Louis d’Antin. A cet endroit, « les visages sont hors du champ de vision de la caméra, seuls les jambes et le torse des individus sont visibles », précise le procès-verbal. Quant à la scène clé, voici très exactement comment elle est décrite :

A 18h43 et 25 secondes, deux individus, initialement adossés au mur [issus du "groupe Méric"] se déplacent en avant. Le pilier à l’entrée de la gare obstrue le reste de l’action. On ne peut pas voir si des coups sont échangés, ni qui assène les premiers coups. A 18h43 et 28 secondes, l’individu le plus à droite de l’image donne des coups de pied à un individu qui se jette sur lui juste après. Ce dernier, porteur d’une chemise à manches courtes et à prédominance violette, peut être Esteban Morillo. A 18h43 et 30 secondes, ce dernier fait face à celui qui lui a donné les coups de pied. Des coups semblent échangés [...]. A 18h43 et 31 secondes, constatons qu’une masse sombre semble tomber à la renverse. [...] Il s’agit probablement de Clément Méric. »

 

Ce qu’a dit Esteban Morillo à la police et au juge

 

Esteban Morillo a reconnu dès sa première garde à vue des faits qui devraient à eux seuls suffire à éteindre le faux débat suscité par la bande-vidéo de la RATP.

Arrivés à (la) hauteur (du groupe Méric), explique Esteban Morillo le 6 juin à 16 heures, j’ai constaté qu’ils nous fixaient. Ils nous ont lâché des insultes telles que ‘enculés’, etc. Moi je leur ai dit : ‘C’est bon il n’y a pas de problème.’ [...] Puis ils se sont rapprochés en premier et nous nous sommes alors nous aussi rapprochés [...] Un des jeunes [Clément Méric] m’a dit : ‘Bande de fiottes, vous vous cachez derrière les vigiles.’ [ ...] Il s’est avancé. J’ai eu le réflexe de lui mettre un coup de poing au visage. Car je me suis senti menacé. Il est resté debout. Ses deux copains m’ont mis des coups de pieds sur tout le corps. Je réussissais à les repousser. [...] Dans cette altercation, le gamin à qui j’avais porté le premier coup s’est de nouveau approché de moi. C’est là que je lui ai porté le coup de poing qui l’a fait tomber par terre. »

 

Esteban Morillo admet avoir porté le coup initial. Il l’a répété lors de tous ses interrogatoires à la PJ, puis devant le juge. Il a frappé en premier. Et il a rapidement eu le dessus. « Après le coup de poing, raconte un témoin entendu par la police, il a écarté les bras, pour signifier ‘Je l’ai eu’, il faisait le fier. » D’autres l’ont entendu crier : « One shot ! » Morillo, enfin, n’a pas retenu sa force, la bagarre a duré moins d’une minute.

 

Ce qu’ont raconté les témoins de la scène

 

Selon le rapport d’autopsie, ce sont ces coups à la tête qui ont entraîné la mort de l’étudiant (et non le choc quand il est tombé sur le trottoir). Ont-ils été donnés avec un poing américain ? Morillo nie farouchement.

Mais au milieu de l’été, plusieurs personnes, des vendeurs ou des passants, que l’on ne peut soupçonner d’appartenir à la mouvance antifa, ont été interrogées. De leurs déclarations, rien n’avait encore filtré. « Le Nouvel Observateur » a pu en prendre connaissance : ces témoins eux aussi déclarent avoir vu la pièce de métal, classée arme de 6e catégorie, sur les phalanges de Morillo.

« Je le vois clairement sortir quelque chose de sa poche, que j’ai pris pour un poing américain, car je l’ai vu faire le geste d’enfiler cet objet sur sa main », affirme T., un employé de la vente Fred Perry, entendu fin juillet par la police.

« Je l’ai vu mettre un poing américain […] en métal blanc argenté plat. J’en suis sûr », déclare M., un autre employé du magasin. « Allez, on y va », a ensuite lancé Morillo, aux dires du même témoin. Puis, une fois dans la rue, « avec son poing américain, il a fait tomber le jeune Méric comme par KO ».

P., un SDF de la rue Caumartin présent lors de la rixe, est tout aussi formel : « J’ai bien vu le poing américain. […] Il brillait. C’est pour cela que je l’ai remarqué. Il n’avait pas la forme classique. Il n’était pas composé de plusieurs anneaux reliés avec des pointes. On aurait cru une barre d’un centimètre de large qui prenait toute la main du gars. […] Le skin a frappé Clément Méric et l’a mis KO direct. »

Une amie de Morillo, présente dans le magasin, a également aperçu dans son sac « un poing américain assez gros, vraiment gros, couleur métal argenté. […] Je crois qu’il avait des piques mais je n’en suis pas sûre.  »

Une infirmière du Smur, également auditionnée, assure que les graves blessures sur le visage de Clément Méric n’ont pas pu être « occasionnées par un simple coup de poing à main nue ».

Quant à Morillo, il a seulement admis, en garde à vue, que l’un de ses comparses, Samuel Dufour, avait fait usage d’un poing américain « ou peut-être de bagues de combat ». Les juges cherchent aujourd’hui à savoir si ce dernier a porté l’un des quatre coups assénés à Méric (outre les deux reconnus par Morillo). Dufour vient en effet d’être mis en examen pour « violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».
 
 
> A LIRE. L’intégralité de l’enquête « Comment Clément Méric a été tué » dans « le Nouvel Observateur » du 19 septembre.

 

http://www.causeur.fr/meric-antifas-justice-23173.html#

Méric : ce que dit vraiment pour de vrai la vraie vidéo

 

Certaines preuves dérangent. Pourquoi ?

 

Publié le 26 juin 2013 à 11:20 dans Politique Société

 

Je ne sais pas si la police partage les interprétations tirées par RTL de la vidéo du meurtre de Clément Méric, mais je sais qu’elle ne partage pas celles de Libération.

Le brave quotidien de gauche hollandiste se fendait hier d’un article tortillard pour essayer de démonter, sous un titre accrocheur, ce que révélait le matin même RTL et ce que nos propres sources policières nous avaient confirmé il y a déjà trois jours : que la vidéo de la RATP, qui n’est certainement pas au ras du bitume, mais qui permet clairement d’identifier les combattants, joue clairement en défaveur du groupuscule d’extrême gauche. Ces images infirment donc définitivement la thèse hurlée sur toutes les ondes par une gauche de bonne conscience, Jean-Luc Mélenchon en tête, d’un malheureux Clément Méric victime d’un « assassinat », donc d’un meurtre avec préméditation. Il faut d’ailleurs qu’elle soit bien dérangeante cette vidéo qui, pour avoir été entre les mains de la police depuis le 6 juin, a dû attendre presque trois semaines avant d’être évoquée publiquement. Il faut croire que la gauche qui nous gouverne, qui a déjà selon toute probabilité trafiqué les images de la Manif pour Tous du 24 mars, a un sérieux problème avec les images en général, et en particulier quand elles appuient le réel contre ses rêves.

Si l’on se résume, et toujours selon la police, Clément Méric et ses amis, cornaqués par un antifa dur-à-cuire réputé pour sa pratique des sports de combat, étaient venus spécialement à la vente privée de la rue Caumartin pour en découdre. C’est-à-dire que s’il y a eu préméditation, elle était de leur côté. Dans la boutique même, ils commencent à prendre à partie des skins peu soucieux d’en venir aux mains qui en appellent à la sécurité. Celle-ci expulse les chasseurs de skins qui, têtus, se postent en bas, dans la cour, en attendant leur proie. Quand celle-ci arrive, une deuxième fois elle requiert les services des videurs qui éloignent à nouveau Clément Méric et ses camarades. Et c’est quand les skins, rassurés, se dispersent que, dissimulée un peu plus loin dans la rue, la bande d’extrême gauche tombe à bras raccourcis sur l’un d’eux. Les autres, alertés, rappliquent : une bagarre d’une « violence extrême », selon la police, se déclenche. La tragédie se noue : alors qu’Esteban Morillo lutte contre deux assaillants, Clément Méric tente de le frapper par derrière. Morillo se retourne et lui assène deux coups en pleine figure mais, et les images le confirment, c’est sans poing américain. D’ailleurs, quand les policiers perquisitionneront chez lui, il en découvriront deux, l’un vert fluo qui serait parfaitement identifiable sur une vidéo, l’autre clouté, dont les marques auraient été trouvées sur le visage de Méric s’il avait servi. Un Méric qui, toujours selon nos informations, portait pour sa part un protège-dents, accessoire peu usité quand on est en mode shopping. La vidéo permet aussi de savoir que les mains de la  plupart des combattants étaient serties de bagues d’un genre contondant, qui ne poussent guère au pacifisme.

Ce qui est troublant dans cette sinistre histoire c’est, outre la mort absurde d’un jeune homme, que ce qu’on peut appeler la gauche en l’occurrence, c’est-à-dire un mode d’être transpartisan, se soit accrochée à tout prix à une interprétation non fondée des événements qui s’est révélée très vite fausse. Il fallait à tout prix, semble-t-il,  que ce drame démontre que le démon fasciste avait encore frappé. Et d’ailleurs peut-être y avait-il des pulsions fascistes dedans, mais certainement pas du côté que l’on imaginait. Est troublante cette volonté malikoussékinienne, voire carpentriste, de trouver des boucs émissaires immédiatement, dans un lynchage médiatique général, sans même que la justice ait rendu la moindre conclusion. On se souvient tous avec dégoût de l’émotion, peut-être non feinte et c’est sans doute le pire, de dame Clémentine Autain à la télévision, sûre de son droit à dénoncer un assassinat, et sans preuves. Il n’y a pas si longtemps, on nous rebattait les oreilles avec la présomption d’innocence, me semble-t-il. Il faut croire que lorsqu’il s’agit d’une certaine catégorie de la population française, il y a au contraire présomption de nocence, pour employer le vocabulaire de Renaud Camus. Il faut croire qu’une certaine partie des Français est suspecte par principe. Les skins aiment la violence ? Certainement. Leurs jumeaux les antifas tout autant.

Mais on est à Hollywood : il faut prouver que le bien ne peut être le mal. Selon nos informations toujours, le juge d’instruction saisi de l’affaire serait si impartial qu’on lui aurait dépêché un adjoint pour réenquêter à charge, un adjoint sûr de ne pas figurer sur le mur des cons. Il faut bien que les méchants paient. Puisqu’ils sont méchants. Comment disait Churchill déjà ? Ah oui : « Les fascistes de demain s’appelleront eux-mêmes antifascistes. » Il se peut que demain soit aujourd’hui.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2014/06/05/01016-20140605ARTFIG00007-affaire-clement-meric-un-an-apres-des-zones-d-ombre-subsistent.php

Affaire Clément Méric : un an après, des zones d’ombre subsistent

    • Par Julien Licourt
    • Mis à jour le 05/06/2014 à 14:59
    • Publié le 05/06/2014 à 06:02
En juin 2013, manifestation en hommage à Clément Méric à Marseille.

 

Les deux principaux groupes d’extrême droite dissous après la mort du militant antifasciste ont connu des destins radicalement différents. Les deux principaux suspects, eux, sont toujours en détention provisoire.

 

• Une bagarre à la sortie d’une vente de vêtements

 

Si la trame de l’histoire qui a conduit à la mort de Clément Méric, le 5 juin, les détails divergent selon les protagonistes. Ce jour-là, dans un quartier commerçant de Paris, proche de la gare Saint-Lazare, deux groupes antagonistes, l’un d’extrême droite, l’autre d’extrême gauche, se croisent lors d’une vente privée de la marque Fred Perry. Cette derrière a pour particularité d’être prisée à la fois par les skinhead, comme des milieux antifascistes.

Selon des témoins, les militants d’extrême gauche invectivent l’autre groupe et promettent de l’attendre en bas, dans la rue. Les nationalistes ne sortent pas tout de suite et appellent des renforts, notamment Esteban Morillo, âgé d’une vingtaine d’année. Clément Méric rejoint de son côté les antifascistes. Les skins finissent par descendre et la bagarre éclate. La rencontre entre les deux groupes est brève et violente. Clément Méric ne s’en relèvera pas. Transporté à l’hôpital dans un état critique, il est déclaré mort le lendemain.

 

• Des aspects toujours flous

 

Le 5 juin, chacun s’accuse d’avoir porté le premier coup. Une bande de vidéo-surveillance ne montre que les pieds des protagonistes et ne permet pas de savoir qui a fait quoi. Esteban Morillo reconnaît avoir porté deux coups à Clément Méric. Le premier parce qu’il s’est senti «menacé» et le second «alors qu’il reçoit lui-même des coups». Les rapports des experts n’ont pu déterminer si un ou des poings américains avaient été utilisés lors de la bagarre: «L’aspect des sutures en points séparés des ecchymoses [...] pourraient faire évoquer l’utilisation d’objet métallique. Cependant et au vu des conclusions de l’expert légiste, ces aspects morphologiques des lésions traumatiques ne permettent pas de l’affirmer.» Le second nationaliste mis en cause, Samuel Dufour, nie également toute utilisation de poing américain. Celui-ci s’en serait cependant vanté par des SMS envoyés le soir des faits. Les deux hommes sont toujours en détention provisoire.

 

• Des dissolutions aux résultats contrastés

 

À la suite de cette affaire, qui déclenche une tempête médiatico-politique, deux principaux groupes d’extrême droite, antagonistes, ont été dissous par le gouvernement.

Le premier, Troisième voie, et son service d’ordre, les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR), en raison de leur proximité avec les protagonistes impliqués dans la bagarre. Ces deux groupes, réunis derrière Serge Ayoub, militant nationaliste historique de la capitale, développaient une doctrine politique, le «solidarisme», affiliée au nationalisme-révolutionnaire. Les effectifs de ces deux formations, estimés à quelques centaines pour Troisième voie et une quarantaine pour les JNR, étaient en bonne partie constitués par des militants typés skinheads. On pouvait notamment les voir défiler le second weekend de mai, rue de Rivoli, à Paris, lors d’une manifestation traditionnelle en l’hommage à Jeanne d’Arc, réunissant l’extrême droite radicale française. Pour tenter de couper l’herbe sous le pied du gouvernement, ces groupes se sont autodissous avant l’annonce du gouvernement, qui a tout de même été prononcée en juin 2013. Le mouvement ne s’est pour le moment pas relevé de cette décision. Aujourd’hui, des cadres de l’ancienne Troisième voie, qui contestent toujours le bien-fondé de cette dissolution, se plaignent de la surveillance dont ils feraient toujours l’objet de la part des autorités. Cependant, alors que Serge Ayoub était connu pour savoir tenir ses troupes, la dissolution laisse dans la nature nombre de militants sans l’encadrement dont ils bénéficiaient avec Troisième voie.

Le second groupe emporté par l’affaire Méric fut l’Œuvre française. Assez différent du précédent, et même antagoniste sur nombre de points, l’Œuvre était l’un des plus vieux partis d’extrême droite français, prônant un nationalisme très pétainiste et nostalgique de la Révolution nationale. Le mouvement avait été fondé par Pierre Sidos en 1968, qui l’avait présidé avant d’en remettre les rênes à Yvan Benedetti. Ce dernier l’avait fait passer d’une structure discrète, pratiquant l’entrisme, notamment au Front national, à celui de mouvement d’action, prêt à occuper la rue et adepte de l’agitprop. Pour ce faire, la structure s’était dotée d’un organe de jeunesse, baptisé les Jeunesses nationalistes (JN), à la tête duquel se trouvait Alexandre Gabriac, exclu du FN en 2011 pour cause de salut nazi. Ces deux groupes sont dissous par Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur en juillet 2013, qui les accuse de propager «une idéologie xénophobe et antisémite, des thèses racistes et négationnistes». Les cadres de ces mouvements s’offusquent publiquement depuis près d’un an contre cette dissolution. Nombre de rencontres et d’actions militantes ont eut lieu depuis. Ainsi, début mai, ils ont continué à défiler rue de Rivoli, en affirmant que «la Marianne républicaine» n’était qu’une «prostituée» et qu’ils souhaitaient «abattre le système». Presque comme avant, mais sans le nom.

 

http://www.lalibre.be/dernieres-depeches/afp/un-an-apres-meric-destins-ambivalents-pour-les-groupuscules-d-extreme-droite-538eee92357065bdf31bf1ea

Un an après Méric, destins ambivalents pour les groupuscules d’extrême droite

 

Publié le 04 juin 2014 à 12h00

Paris (AFP)

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Un an après la mort de Clément Méric, les groupuscules d’extrême droite dissous connaissent des destins ambivalents: si les pétainistes de l’ex-Oeuvre française sont actifs, Serge Ayoub et son groupe « Troisième Voie » sont « dans la nature ».

Entre 4.000 et 8.000 personnes, selon une source policière, sont attendues pour le rassemblement des « anti-fa » samedi à Paris organisé en mémoire de Clément Méric.

TROISIEME VOIE ET LES JNR: fondé en 2010 par Serge Ayoub, alias « Batskin », l’ancien chef des skinheads d’extrême droite parisiens, Troisième voie réunissait quelques centaines de sympathisants en France. Les Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR) étaient leur service d’ordre. Vêtus de noir, ils arboraient la devise « Croire, obéir, combattre », héritée des fascistes italiens. Les deux structures ont été dissoutes le 10 juillet 2013.

Depuis? « Serge Ayoub a arrêté son activité politique. Je serais étonné qu’il retourne vers une activité militante d’ici un certain temps. La dissolution a eu un effet: à ma connaissance il n’y a pas eu d’incident depuis l’affaire Méric », selon Jean-Yves Camus chercheur spécialiste de l’extrême droite.

Que font les personnes qui étaient autour de lui? « C’est une bonne question. On n’en sait rien, c’est tout le problème des dissolutions, on a des personnes dans la nature sans surveillance » remarque Stéphane François, autre spécialiste de l’extrême droite, maître de conférences à Valenciennes.

Une activité en berne ? « Evidemment, on est sous le coup d’une dissolution. On est en recours, on en attend le résultat », répond M. Ayoub à l’AFP. Que font ses ex-troupes? « Il y a certaines personnes qu’on continue à voir », élude-t-il. Mais il affirme avoir tiré bénéfice de cette dissolution sur internet avec une progression des vues de ses vidéos. Du « militantisme virtuel », pour M. Camus.

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L’OEUVRE FRANCAISE ET LES JEUNESSES: L’Oeuvre française était un groupuscule antisémite et pétainiste, longtemps présidé par Pierre Sidos, et dirigé jusqu’à sa dissolution, en juillet 2013, par Yvan Benedetti. Bras droit de Bruno Gollnisch dans la campagne de succession à Jean-Marie Le Pen au FN, M. Benedetti avait été exclu des rangs frontistes. Un de ses très proches, Alexandre Gabriac, jeune élu FN exclu du parti après la diffusion d’une photo le montrant faisant un salut nazi, avait fondé en octobre 2011 les Jeunesses nationalistes. Ce groupe, dissous aussi en juillet 2013, était en quelque sorte la branche activiste de l’Oeuvre française.

La dissolution n?a pas empêché les deux mouvements de continuer à agir au grand jour, par des manifestations et des réunions, et d?entretenir des liens avec des mouvements d?extrême droite en Europe, à tel point qu’une procédure pour reconstitution de ligue dissoute serait en cours à Lyon.

La dissolution n?a pas empêché non plus Gabriac et Benedetti de se présenter sur la même liste aux municipales de Vénissieux. Cette liste qui a bénéficié de l’absence de liste FN (motif officiel : ils n?avaient pas pu trouver suffisamment de candidats) a eu deux élus, dont Benedetti. Gabriac, troisième, n?a pas été élu.

Le préfet du Rhône, Jean-François Carenco, a déposé un « déféré » demandant l?annulation de l?élection d?Yvan Benedetti et de l?autre élue. Le Tribunal administratif de Lyon doit statuer à l?automne sur ce recours.

La dissolution « n’a pas fait diminuer leur niveau d’activité », constate M. Camus. Pierre Sidos, dirigeant historique de l’Oeuvre française, est « passé par de nombreuses dissolutions », note Nicolas Lebourg, historien de l’extrême droite. « Ce ne sont pas des gens faciles à dissoudre ».

 

Et pour finir, la révélation qui tue, ce message du 14 avril 2012 qui m’a été envoyé par erreur par son auteur, un ancien leader du Front national :

—– Original Message —–
From:
To:
Sent: Saturday, April 14, 2012 11:16 PM

 

Bsr Josette Comment vas tu. Je passe à Brest lundi On peux se voir? J ai de bonnes infos sur l oiseau de malheur Tel moi quand tu veux Bises

Eh oui, c’est bien de moi qu’il parle… à la grande prêtresse du NPA de Brest…

Au mois de juin 2013, ils attendaient, ensemble, la condamnation à laquelle ils travaillaient à mon encontre depuis au moins deux ans, à grands renforts de manipulations en tous genres…



L’UMP une mafia ?

 

 

 

Ce n’est pas moi qui pose la question et prononce le mot qui tue, c’est François Fillon, comme il l’avait déjà fait une première fois fin 2012.

Et j’en suis heureuse.

Car pour ma part, j’ai bien failli perdre la vie pour avoir eu l’audace de parler de mafias et de fonctionnaires corrompus, les unes n’existant que grâce aux autres, devant toute une assemblée de gauchistes réunis à Brest le 7 janvier 2005 pour une conférence-débat sur les paradis fiscaux.

Non, ni les unes ni les autres n’auraient jamais existé selon les organisateurs de l’évènement, dont les troupes m’avaient sitôt huée, avant qu’un tueur ne sorte des rangs…

 

http://lci.tf1.fr/politique/mentir-tricher-detourner-l-argent-des-adherents-la-violente-8429764.html

« Mentir, tricher, détourner l’argent des adhérents » : la violente charge de Fillon contre Copé


le 04 juin 2014 à 11h46 , mis à jour le 04 juin 2014 à 11h52.

 

La guerre à l’UMP entre François Fillon et Jean-François Copé est plus que jamais relancée depuis les révélations dans l’affaire Bygmalion. Mardi soir, l’ancien Premier ministre a très violemment attaqué son rival.

 

Mardi soir, lors de l’Assemblée générale de son association de soutien Force républicaine, François Fillon a très violemment attaqué Jean-François Copé, sans toutefois citer son nom. En allusion à l’affaire Bygmalion, l’ancien Premier ministre a lancé :  »Des millions d’euros détournés, est-ce que c’est ça la politique ? Est-ce que la fin justifie toujours les moyens ? Est-ce qu’on peut mentir, tricher, détourner l’argent des adhérents et des sympathisants, et ensuite prétendre représenter la France et les Français. Moi je vous réponds non, non et non ».

Comme lors de la primaire pour la présidence de l’UMP fin 2012, il a répété « qu’un parti, ce n’est pas une mafia ». François Fillon, qui entend bien s’emparer du leadership à droite, s’est donné comme mission de sauver son parti, aujourd’hui englué dans l’affaire Bygmalion. « Sauver l’UMP d’une disparition désormais possible: voilà l’enjeu des prochaines semaines », a lancé François Fillon devant environ 800 personnes, selon les organisateurs, dont quelque 120 députés et sénateurs.

Faire toute la lumière sur ce qui s’est passé

Il a ajouté qu’il avait pris ses « responsabilités en décidant de défendre devant le bureau politique de l’UMP l’installation d’une direction collégiale provisoire ». « J’ai été rejoint par de nombreux élus de notre mouvement, et ensemble, nous n’avons fait que notre devoir », a-t-il assuré. Le député de Paris faisait ainsi allusion au triumvirat qu’il forme avec deux autres anciens Premiers ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin, mis en place à l’issue du bureau politique de leur parti le 27 mai pour pallier la démission forcée de son ex-président Jean-François Copé.

Avec MM. Juppé et Raffarin, « nous avons accepté une mission d’urgence. Il s’agit de restaurer la confiance des militants et des Français en contribuant à faire toute la lumière sur ce qui s’est passé » et de « garantir l’unité de notre mouvement dont Alain, Jean-Pierre et moi-même sommes parmi les fondateurs ». Selon François Fillon, il faut également « assurer les conditions exemplaires et transparentes d’un congrès au mois d’octobre », qui « permettra de donner toute la parole aux adhérents de l’UMP, car seule la démocratie peut nous sortir d’un tel chaos ».

 

http://www.lemonde.fr/politique/article/2014/06/04/fillon-veut-sauver-l-ump-d-une-disparition_4431494_823448.html

Fillon s’en prend au « chaos » créé par la présidence Copé

 

Le Monde.fr avec AFP | 04.06.2014 à 09h21 • Mis à jour le 04.06.2014 à 10h28

« Les soupçons et les affaires nous ont blessés », c'est le « chaos », a lancé M. Fillon.

 

« Les soupçons et les affaires nous ont blessés », c’est le « chaos ». François Fillon n’a pas épargné son ancien rival Jean-François Copé lors de l’assemblée générale de son association de soutien, Force républicaine mardi 3 juin soir à la porte de Versailles, à Paris.

« Problème de leadership, problème de projet politique, problème d’éthique », l’ancien premier ministre a résumé ainsi les « turpitudes » de la présidence Copé, rapporte Le Parisien. Le tout, « sur fond de disputes fratricides et de coups tordus ».

 
Des critiques qui lui ont permis de se poser en rédempteur de l’Union pour un mouvement populaire (UMP). « Sauver l’UMP d’une disparition désormais possible : voilà l’enjeu des prochaines semaines », à l’heure où l’affaire Bygmalion menace de l’engloutir, a-t-il affirmé.

Lire :  L’affaire Bygmalion fait imploser l’UMP et Affaire Bygmalion : des dénégations de Copé à sa démission

Il a ajouté qu’il avait pris ses « responsabilités en décidant de défendre devant le bureau politique de l’UMP l’installation d’une direction collégiale provisoire ». « J’ai été rejoint par de nombreux élus de notre mouvement, et ensemble, nous n’avons fait que notre devoir », a-t-il ainsi assuré.

Lire (édition abonnés) :  « Les dindons de la farce, c’est nous », déplorent des sympathisants UMP

« FAIRE TOUTE LA LUMIÈRE SUR CE QUI S’EST PASSÉ »

Le député de Paris faisait ainsi allusion au « triumvirat » qu’il forme avec deux autres anciens premiers ministres, Alain Juppé et Jean-Pierre Raffarin. « Nous avons accepté une mission d’urgence. Il s’agit de restaurer la confiance des militants et des Français en contribuant à faire toute la lumière sur ce qui s’est passé [et de] garantir l’unité de notre mouvement, dont Alain [Juppé], Jean-Pierre [Raffarin] et moi-même sommes parmi les fondateurs ».

Selon M. Fillon, il faut également « assurer les conditions exemplaires et transparentes d’un congrès au mois d’octobre ». La direction tricéphale doit être validée le 10 juin par le bureau politique statutaire de l’UMP, organe qui regroupe les cinquante personnalités les plus importantes du mouvement.

CRAINTE DES SARKOZYSTES

D’ores et déjà, elle est contestée par de nombreux sarkozystes, qui craignent la concurrence de MM. Fillon et Juppé pour leur champion en vue de la présidentielle de 2017.

Lire (édition abonnés) :  Les sarkozystes contestent déjà la direction de l’UMP et Sarkozy, Bygmalion et la petite musique du retour

Revenant sur les élections européennes, gagnées par le Front national, M. Fillon a regretté que l’UMP et l’UDI n’aient « pas su se rassembler ».

« La pression du Front national est désormais suffisamment évidente pour ne pas s’interroger à chaque échéance à venir sur nos alliances avec nos partenaires naturels (…). Il faudra choisir : soit la victoire ensemble soit le risque de défaite. »

 

Ah ça… la « gauche radicale » brestoise ferait bien de se rendre à l’évidence, elle n’a jamais fait les meilleurs choix… encore que… allez savoir ce qu’elle veut vraiment…



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