Des rapports entre la Ligue du LOL et Gabriel Matzneff

L’affaire de la Ligue du LOL revient actuellement sur le devant de la scène médiatique avec, d’une part, le témoignage complet d’une de ses victimes, et d’autre part, les procédures prud’homales engagées contre leur employeur par deux des principaux « loleurs » licenciés à la suite des révélations du mois de février 2019. Ces derniers nient toujours tout harcèlement et contestent les motifs de leurs licenciements respectifs.

Je rappelle ici que le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi et sa bande de cybercriminels dits « déconnologues », formée à compter de l’année 2008 pour mener des raids sur les tout nouveaux sites d’information participative Rue89 et Le Post, sont toujours actifs et ont toujours fait preuve jusqu’à ce jour de violences que leurs pâles imitateurs de la Ligue du LOL me semblent très loin d’avoir jamais égalées.

Or, en dépit de multiples plaintes de leurs victimes pour des faits d’une gravité considérable qui n’étaient et ne sont toujours pas prescrits, ils n’ont jamais été inquiétés par la justice qui, au moins pour celle de Brest, a toujours préféré sévir de manière totalement insensée contre leurs victimes parce qu’elles tentaient de se défendre ou de se protéger.

A la suite de ma condamnation de juin 2013 à Brest, qui fut heureusement annulée de manière définitive en appel à Rennes le 2 décembre 2015, mon avocat pour ce procès m’avait ainsi dit avoir eu pour échos du tribunal que les magistrats brestois avaient décidé de me condamner, non pas pour les faits – inexistants ou non délictueux – qui m’étaient reprochés de manière mensongère et calomnieuse par ma harceleuse Josette Brenterch du NPA de Brest, laquelle aurait voulu m’interdire de publier tout droit de réponse à la suite de ses violentes campagnes de calomnies publiques à mon encontre, mais pour avoir déposé plusieurs plaintes à raison de tous les harcèlements qu’elle organisait sur la toile à mon encontre.

Dès l’année 2010, mes harceleurs avaient commencé à prolonger leurs cyberharcèlements à mon encontre par du harcèlement procédural destiné à me faire taire sur ma propre biographie dont ils publiaient une version presque entièrement fausse, calomnieuse et particulièrement infamante. Ils ont toujours continué, bénéficiant en cela de l’appui et de la complicité de magistrats manifestement CORROMPUS.

Ma condamnation de 2013 n’est pas la seule de leurs décisions que j’ai fait annuler par la cour d’appel de Rennes, il y en a eu une multitude. Toujours illégales, elles sont toutes plus délirantes les unes que les autres et tendent toujours à mettre à ma charge de très grosses sommes d’argent, soit sous la forme d’amendes, soit sous la forme de dommages et intérêts, soit sous la forme d’honoraires totalement injustifiés, quand ce n’est pas le tout à la fois, soit encore sous la forme d’honoraires correspondant à des travaux parfaitement inutiles exigés de mes avocats dans le cadre de mes procédures par des magistrats qui de toute façon m’ont déjà signifié qu’ils se refusaient catégoriquement à poursuivre mes harceleurs. Mais tous les procès qui me sont intentés ont aussi toujours ce but parmi quelques autres, puisqu’ils sont tous totalement injustifiés et se sont d’ailleurs jusqu’à ce jour toujours terminés par des annulations de procédures.

Tout comme les poursuites ou condamnations dont je fais l’objet d’un côté, et les refus d’informer auxquels je me heurte systématiquement de l’autre, toutes ces décisions qui me sont très défavorables étant toujours annulées en appel, les sommes en question sont totalement hallucinantes : 10 000 euros d’amende par-ci, 10 000 euros d’amende par-là, 10 000 euros de dommages et intérêts à chacun des harceleurs qui en réclament, et encore n fois 10 000 euros d’honoraires ici et là…

Je suis la plupart du temps obligée de me défendre seule, car mes avocats, qui tous se disent plus ou moins eux-mêmes harcelés par mes harceleurs ou leurs complices magistrats CORROMPUS, ont en conséquence tendance à me lâcher quand ils n’acceptent pas carrément de travailler contre mes intérêts.

Et bien entendu, durant tout ce temps, les viols continuels de l’intimité de la vie privée dont je me plains, tout comme les campagnes de calomnies associées, les harcèlements sexuels et autres dont je suis aussi victime hors Internet, les menaces de mort et tentatives d’assassinat contre mes proches et moi-même se poursuivent allègrement… et perdurent à ce jour depuis douze ans, m’interdisant toute forme d’emploi et perturbant continuellement les rares relations qui me restent encore.

Quelles que soient leur violence ou leur intensité, les harcèlements des « loleurs » qui sont tombés l’année dernière n’ont de toute façon pas duré aussi longtemps et apparaissent à peu près tous prescrits, les victimes éprouvant de plus bien des difficultés à exhiber des preuves des harcèlements allégués.

Il semblerait que dans ces conditions, et ces seules conditions, le déballage public qui a eu lieu l’année dernière soit possible.

Cette année, c’est au tour de Gabriel Matzneff de subir le même genre d’hallali pour ses activités pédophiles passées et peut-être toutes prescrites, tandis que des pédocriminels autrement plus redoutables, qui n’hésitent pas à tuer pour garder secrètes toutes leurs activités répréhensibles, continuent très certainement d’échapper à la justice pour des faits beaucoup plus récents.

S’il est nécessaire de condamner tout acte de harcèlement ou de pédophilie, il est toutefois regrettable que ces affaires très médiatisées qui contrairement à d’autres ne semblent pas pouvoir déboucher sur des condamnations judiciaires ne paraissent pas non plus être les pires qui soient et puissent être utilisées pour masquer toutes les autres : elles relèveraient d’époques révolues, de tels faits ne seraient plus possibles aujourd’hui et les victimes qui soutiennent le contraire ne seraient donc toutes que des menteuses, des affabulatrices ou des malades mentales délirantes et/ou paranoïaques.

Constatons enfin que le Point, où Gabriel Matzneff avait encore sa tribune jusqu’à très récemment, est l’un des rarissimes médias à avoir publié une « contre-enquête » favorable aux « loleurs », au mois de septembre dernier (voir ci-dessous).

Or, il fut aussi le premier à publier, le 4 janvier 2012, à la demande de mes harceleurs et à leur gloire, un article me calomniant qu’il me fut totalement interdit de commenter, seuls mes calomniateurs étant autorisés à se livrer à cet exercice, et bien entendu, incités à me calomnier dans leurs commentaires encore plus que je ne l’étais déjà dans l’article de la journaliste.

Il s’agit de celui-là :

https://www.lepoint.fr/high-tech-internet/vie-privee-sur-la-toile-un-hebergeur-de-blogs-condamne-a-supprimer-des-donnees-personnelles-04-01-2012-1415128_47.php

Pas très différent, dans le fond, de celui d’Hélène Sergent du 28 janvier de l’année dernière sur le site 20minutes.fr, auquel j’ai commencé à répondre ici, n’ayant pas davantage été autorisée à le commenter par son autrice qui m’a refusé tout droit de réponse tandis qu’elle accepte très largement les commentaires de mes harceleurs venant encore me calomnier ou même me menacer de mort sous son article :

http://petitcoucou.unblog.fr/2019/08/23/le-site-20minutes-fr-en-symbiose-totale-avec-les-pedocriminels/

Je rappelle avoir toujours été harcelée à compter de l’année 2008 par le pédophile et mythomane notoire Pascal Edouard Cyprien Luraghi et toute sa bande de cybercriminels dits « déconnologues » en raison de quelques commentaires parfaitement anonymes que j’avais postés sur le site Rue89 et portant, les uns sur le problème du harcèlement moral en entreprise, totalement nié par ces harceleurs professionnels, et les autres sur l’affaire de l’ancien psychiatre brestois pédophile Serge Rodallec, dont ils apparaîtront en définitive avoir été très proches.

Je suis aussi très dérangeante pour tous mes harceleurs du fait que je suis ingénieur alors que je n’ai toujours été qu’une femme et ai toujours refusé de me prostituer après avoir également refusé de commettre des crimes et délits contre la Nation au profit d’une organisation mafieuse à une époque où je travaillais sur des projets classés Secret et Confidentiel Défense.

D’où l’extraordinaire matraquage d’ordre financier associé à l’interdiction absolue de travailler et la privation de toute forme de droit à un revenu de substitution, qui n’est pas en soi un fait nouveau, puisque j’en étais déjà victime depuis très longtemps (les années 1990) avec plus ou moins d’intensité selon les périodes et toujours le même objectif : me contraindre à la prostitution par tous les moyens, la criminelle et mère maquerelle Josette Brenterch du NPA de Brest étant associée à l’intégralité de ces faits.

 

https://www.letemps.ch/societe/iris-gaudin-faut-chercher-verite-ligue-lol

Iris Gaudin: «Il faut chercher la vérité sur la Ligue du LOL»

 

Cette semaine, l’ancienne journaliste Iris Gaudin publie «Face à la Ligue du LOL», le premier livre qui revient sur «l’affaire» de cyberharcèlement à l’origine d’un séisme. Un témoignage personnel, preuves à l’appui, mais «sans désir de revanche» ni manichéisme

Il aura fallu près d’un an pour que soit publié le premier livre sur l’«affaire». Le vendredi 8 février 2019, l’ancienne journaliste Iris Gaudin apprend qu’un article de CheckNews, une plateforme de Libération, confirme l’existence de la Ligue du LOL: un groupe Facebook privé composé d’une trentaine de journalistes et communicants, dont certains sont accusés d’avoir harcelé des internautes au début des années 2010. Internautes dont elle-même faisait partie.

Lire aussi: La Ligue du LOL donne la nausée

Le scandale, amplifié par les réseaux sociaux, est relayé par la presse internationale. L’avalanche de témoignages, d’accusations, d’articles, de réactions politiques la pousse à se replonger dans son passé. Comment la journaliste qui tentait de se faire connaître sur Twitter a-t-elle été prise dans l’engrenage de la haine et des insultes? Plus largement, comment la société en est-elle arrivée là?

Iris Gaudin publie cette semaine Face à la Ligue du LOL, un témoignage basé sur «des preuves, des e-mails» qui ne vise «ni à déclarer la guerre ni à prendre une revanche» (les faits sont par ailleurs prescrits au pénal) mais invite à la prise de conscience.

Le Temps: Après tout ce qui a été écrit sur la Ligue du LOL, pourquoi vous être lancée dans cet essai?

Iris Gaudin: Cette vague d’articles était nécessaire. Mais elle a pris la forme d’un tsunami: tout le monde, au sens propre du terme, voulait savoir au plus vite qui était dans cette Ligue, qui en avait été victime, pourquoi les responsables n’avaient rien vu, etc. Pourtant, l’affaire date d’il y a dix ans. Il est temps aujourd’hui de s’y pencher à tête reposée.

Pourquoi, selon vous, le retentissement de l’affaire a été tel, des Etats-Unis à la Grande-Bretagne en passant par la Suisse?

Cette affaire de cyberharcèlement prend racine, entre autres, dans le milieu du journalisme, censé être exemplaire et exercer son rôle de «quatrième pouvoir». Il est logique que cela ait attisé l’attention des médias de démocraties internationales. Comment peut-on accepter que des journalistes balayent d’un revers de main leur charte d’éthique professionnelle?

Lire également: En Suisse aussi, le LOL menace

Votre récit est très personnel, pourquoi avoir choisi cette voix?

Pour comprendre les dégâts qu’ont occasionnés les membres de ce groupe, il ne fallait pas en rester à un récit abstrait ou à un témoignage trop superficiel. J’ai souhaité aller au bout de cette démarche, en expliquant le plus précisément possible, sur la base des preuves dont je disposais, ce qu’il s’était passé, pour que l’on comprenne à quel moment tout a basculé. J’ai parlé de ces instants où j’ai cru devenir folle en les contextualisant de la façon la plus précise possible. Mon témoignage ne représente pas celui de toutes les victimes, mais il est une illustration des blessures profondes qu’ont pu causer ces agresseurs.

Vous notez que, lorsque le scandale a éclaté en 2019, les textes de loi «auraient pu mettre un terme juridique à cette affaire. Mais c’était sans compter sur le délai de prescription.» Comment expliquer que la loi qui existait n’ait pas été saisie à l’époque où elle aurait pu l’être? Ne craignez-vous pas que la presse se substitue à la justice dans ce type d’affaire prescrite?

C’est un problème épineux. En 2010, il existait bien en France une loi sur le harcèlement moral, mais qui n’était pas spécifique à internet. Avant la loi de 2016, il fallait faire soi-même son enquête, présenter des éléments sans être sûr que cela aboutisse. Et il ne faut pas oublier que le harcèlement spécifique sur internet n’existe que depuis 2014… Imaginez que nous étions dans un tourbillon d’émotions à lire cinq messages insultants avant de se coucher et en se réveillant avec dix autres pour commencer la journée… Et nous pensions être seuls. Dans ce cas, comment avoir l’énergie de constituer un dossier? J’ai de mon côté demandé au printemps 2019 qu’une procédure au civil soit engagée contre le fondateur du groupe Facebook, Vincent Glad, pour pouvoir «clore» ce chapitre.  [NDLR: procédure dont l'intéressé réfute l'existence. Une «tentative de conciliation préalable à toute procédure au civil» a été ouverte, celle-ci étant obligatoire avant toute procédure au civil]. Un très mince recours.

Vous écrivez: «Avec internet, si votre harceleur fait partie d’une «bande» […], vous risquez d’être jeté en pâture sur la place publique.» Paradoxalement, n’est-ce pas précisément ce qui est arrivé aux membres de la Ligue du LOL?

Cela pose la question du tribunal médiatique et elle est fondamentale. Il n’y aura pas de procès au pénal, puisqu’il y a prescription. Au moment où l’affaire est sortie, Marlène Schiappa, la secrétaire d’Etat à l’égalité femmes-hommes, avait parlé dans un tweet «d’étudier l’allongement du délai de prescription». Aucune nouvelle depuis. J’ai contacté son cabinet. Sans suite. Nous n’aurons donc jamais accès à la vérité de la justice et les présumés agresseurs pourraient bien n’être que des innocents victimes d’un procès populaire. C’est le cas de Guillaume Ledit, journaliste à Usbek & Rica et présumé membre de la Ligue du LOL, qui «n’aurait pas dû être licencié», selon son rédacteur en chef Blaise Mao.

On peut conclure sur le paradoxe de cette affaire. Commençant par un harcèlement massif de victimes (qui n’avaient rien demandé) et se terminant par un acharnement d’anonymes sur les harceleurs d’il y a dix ans. C’est un fait, mais il ne faut pas en rester là, il faut continuer de chercher la vérité. C’est le but de mon livre: ouvrir le débat, poursuivre le dialogue avec ceux qui le souhaitent, après un an de colère et probablement d’injustices.

De quel mal ce «LOL», cet humour qui a longtemps servi de paravent au harcèlement, est-il selon vous le symptôme?

La violence à l’encontre des femmes est un continuum et l’humour n’est pas anodin quand il s’agit de stigmatiser une catégorie de population. Chaque mot que nous employons, même dans un cercle familial, transforme la société. Il ne s’agit pas de se censurer, mais de parler plus justement, de s’interroger peut-être sur la raison pour laquelle on dit telle ou telle chose.

On a présenté la Ligue du LOL comme un groupe «boys’ club» misogyne. Pourtant, le groupe était mixte et, parmi les victimes que vous nommez, on trouve aussi bien des hommes que des femmes…

En recoupant les nombreux témoignages des victimes, on constate que la Ligue du LOL était bien un groupe composé principalement d’hommes harcelant en majorité des femmes. Quelques femmes se sont introduites dans ce club toxique, c’est ce que Martine Delvaux, professeure de littérature, appelle le «syndrome de la Schtroumpfette».

Des hommes ont aussi été harcelés, souvent des hommes appartenant à une catégorie particulière qui faisaient d’eux des cibles: juifs, homosexuels, etc. Le point commun de chacune des expériences relatées, c’est ce «besoin» des agresseurs de s’attaquer aux faiblesses de leurs proies.

Vous citez en conclusion Ivan Jablonka et son livre «Des Hommes justes». Quel regard portez-vous sur les débats de société qui ont explosé depuis deux ans?

C’est un progrès majeur. En libérant leur parole, les femmes sont enfin entendues et le plafond de verre du patriarcat semble vibrer. Ivan Jablonka porte un message essentiel: les hommes doivent s’interroger sur leur masculinité. Qui suis-je en tant qu’homme? Comment puis-je penser l’égalité femmes-hommes?

J’ajouterais que nous devons aussi, en tant que femme, nous interroger. Quel avenir pour les femmes et les filles à l’heure où tout peut changer? Comment puis-je contribuer au changement?

*Modification du 18 janvier 2020: ajout d’une réaction de Vincent Glad à propos de la procédure civile évoquée dans cette interview.

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Personne-ne-me-croyait-le-temoignage-d-Iris-Gaudin-dans-Face-a-la-Ligue-du-LOL-1670548

« Personne ne me croyait » : le témoignage d’Iris Gaudin dans « Face à la Ligue du LOL »

 

Paris Match | Publié le 27/01/2020 à 07h00 |Mis à jour le 28/01/2020 à 12h21

Iris Gaudin.
Iris Gaudin. Iris Gaudin
L’ancienne journaliste Iris Gaudin a publié «Face à la Ligue du LOL», le premier livre sur l’affaire révélée en février 2019.

Il aura fallu un an pour que le premier livre sur la Ligue du LOL soit publié. L’ancienne journaliste Iris Gaudin est l’auteure de «Face à la Ligue du LOL», où elle raconte avec beaucoup d’humanité le harcèlement qu’elle a subi sur Twitter pendant de longs mois. Paris Match l’a rencontrée.

Paris Match. Pourquoi avoir décidé d’écrire ce livre ?
Iris Gaudin. Au moment où l’affaire est sortie, des journalistes m’ont assailli de demandes de témoignages sur à peine 3 jours. J’ai répondu à certaines d’entre elles, parce que je voulais ajouter mon témoignage à celui des autres, comme on apporte sa pierre à l’édifice. Il fallait montrer l’ampleur des dégâts. Mais j’ai réalisé que tout était allé très vite, trop vite. C’était il y a 10 ans et, malgré les preuves restantes, se souvenir de ces quelques mois relève de l’exploit, lorsqu’on ne vous donne que quelques jours pour le faire.

J’ai donc décidé d’écrire ce livre pour prendre du recul après ces témoignages un peu précipités. J’ai pu retracer la chronologie des événements. Mieux comprendre ce qu’il s’était joué au-delà de mon propre récit. J’ai pris de la hauteur et j’ai saisi la dimension universelle de ce que j’avais vécu et qu’ont vécu, vivent ou vivront peut-être d’autres : la fascination, l’emprise, le harcèlement, le cyberharcèlement, le sexisme ? Et puis… écrire, prendre son temps, c’était comme une pirouette à l’instantanéité des réseaux sociaux qui m’avaient fait tant souffrir.

Réalisiez-vous que vous étiez harcelée ?
Non, sur le moment, j’étais happée par ce fil Twitter. J’avais eu une relation extra-conjugale avec le journaliste créateur de la page Facebook de la Ligue du LOL [Iris Gaudin le nomme «VG» dans son essai], dont personne ne connaissait l’existence. Je me sentais coupable. Je savais qu’un compte anonyme, parmi les plus virulents à mon encontre, était tenu par ce journaliste, car il mentionnait notamment des bribes de conversations que nous avions eues. Mais quand j’en parlais à des amies, elles me disaient que j’étais parano… Je pensais que c’était peut-être de ma faute. A ce moment-là, je me sentais seule. Il y avait une autre fille qui se faisait harceler par cette même bande toxique, mais je pensais qu’à côté d’elle, moi, ce n’était rien.

« Celui qui me harcelait continuait de me fasciner »

Surtout, il y avait une dimension professionnelle à Twitter : c’est sur ce réseau que des recruteurs potentiels venaient chercher de jeunes journalistes. Comme ils ne réagissaient pas au harcèlement dont j’étais l’objet, j’ai fini par me persuader que c’était un jeu. Mais à la fin, j’ai complètement perdu la tête. Personne ne me croyait, personne ne réagissait, je réagissais maladroitement… Je faisais mal mon travail de journaliste pour une chaîne d’info que j’ai finie par quitter.

Vous citez de nombreux essais sur le harcèlement, soit dans votre récit, soit à la fin de votre ouvrage. Ces lectures ont-elles été un moyen de guérir après ce que vous avez subi ?
Oui, c’est certain. Je conseille à toutes celles et ceux qui sont confrontés à de telles situations de savoir les identifier au plus vite. C’est ce que je n’ai pas su faire, parce que j’étais sous emprise : d’un côté, on ne me croyait pas et de l’autre, celui qui me harcelait, continuait de me fasciner. Lorsqu’on a réalisé qu’on est bien victime de harcèlement, se plonger dans la lecture de ces livres thérapeutiques permet de voir qu’il y a une dynamique à l’oeuvre, presque toujours identique. Grâce à ces lectures, j’ai pu rationaliser mon expérience. Je n’étais plus passive, victime, mais actrice de ma guérison.

À lire : « C’était de l’humiliation permanente » : Florence Desruol, victime de la Ligue du LOL, se confie

Pensez-vous qu’il est nécessaire de changer la façon d’enseigner le journalisme ?
Il n’est pas question de remodeler fondamentalement l’enseignement du journalisme… Mais il est bon de rappeler qu’un élève qui a réussi un des concours des écoles reconnues par la profession n’est pas intrinsèquement un bon journaliste, un journaliste qui a des valeurs. Il faut donc accorder une importance toute particulière aux grandes chartes de déontologie de la profession. Cela peut paraître rébarbatif certes, mais c’est essentiel pour éviter des cas comme celui de la Ligue du LOL. Dans le Manifeste du journaliste libre, Albert Camus écrivait : «Un journaliste libre [...] ne publie rien qui puisse exciter la haine ou provoquer le désespoir. Tout cela est en son pouvoir».

Des « coups de poignard dans le dos des victimes »

Avant la parution de l’article de «CheckNews» en février 2019, aviez-vous conscience de l’ampleur de ce phénomène ? Saviez-vous, à l’époque, qu’il y avait autant de victimes ?
Je n’avais vraiment pas conscience de l’ampleur du phénomène ! Je ne savais pas qu’il y avait eu autant de victimes. Il faut dire que nous n’avons pas tous et toutes été ciblés à la même époque. Je suis rentrée en contact avec plusieurs d’entre elles et je me suis rendue compte qu’il y avait beaucoup de similitudes dans la façon dont chacune des victimes avaient été harcelées. J’ai retranscrit d’ailleurs leurs témoignages dans mon livre.

Que pensez-vous de la réaction de vos harceleurs, après la révélation de l’affaire?
Depuis que l’affaire a été révélée, d’anciens membres de la Ligue du LOL se livrent à un combat acharné sur les réseaux sociaux. Ils dénoncent la façon dont la Ligue du LOL a été traitée dans les médias. Ils se livrent à d’intenses séances de «fact-checking» qui ne changent rien à la gravité de leurs actes. Ils emploient le mot «storytelling médiatique» pour remplacer celui de réalité. Autant de coups de poignard dans le dos des victimes dont les témoignages sont, en plus, remis en question…

«Face à la Ligue du LOL : harcèlement et sexisme dans les médias», d’Iris Gaudin, éd. Massot, 18,90 euros.

Vincent Glad a tenu à réagir à cette article : «Contrairement à ce qu’elle raconte dans son livre, et ce qu’elle répète aujourd’hui dans les médias, je suis complètement étranger aux faits qu’elle dit avoir subis».

 

https://www.psychologies.com/Actualites/Societe/Face-a-la-ligue-du-LOL-Je-n-avais-pas-conscience-d-etre-harcelee

Face à la ligue du LOL : « Je n’avais pas conscience d’être harcelée »

 

Société

Mis à jour le 28 janvier 2020 à 14:46

Par Léa Collet

Iris Gaudin : « Je n’avais pas conscience d’être harcelée »

© iStock

 

Iris Gaudin figure parmi les victimes de la ligue du LOL. Pendant près de 10 ans, elle n’a jamais imaginé que ce qu’elle avait vécu pouvait être la cause de son mal-être. De son humiliation publique sur les réseaux sociaux, Iris Gaudin en a tiré un livre Face à la ligue du LOL (Massot Éditions), où elle s’exprime, touchante et sans masque, sur le harcèlement qu’elle a connu sur Twitter.

« J’étais chez mes parents au Havre, le 8 février 2019, quand l’affaire de la Ligue du LOL a éclaté. Mes parents m’ont dit que mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. Au bout du fil, mon mari, qui a prononcé le nom de mon harceleur. J’étais dans un tourbillon, j’avais conscience que ça me concernait mais je ne voulais pas y penser, et moins j’y pensais, plus j’avais mal. Durant toutes ces années, j’étais seule à savoir qui était à l’origine du harcèlement que j’avais subi. Quand, en 2019, il a assumé être derrière le compte @foutlamerde, je l’ai vécu comme une libération, je n’étais pas folle. Les souvenirs sont remontés peu à peu.

J’ai respiré à nouveau et je me suis rappelée de tout ce printemps-été en 2010. Je travaillais chez BFMTV et lui était journaliste chez Slate. On était deux anciens de l’école de l’ESJ Lille et on s’est revus deux ou trois ans après être entrés dans la vie active. J’étais assez fascinée par lui car je savais qu’il était vraiment en pointe sur Twitter, qui était, déjà, à l’époque, un réseau social qui concentrait l’attention des journalistes. La profession était elle aussi fascinée par ce garçon.

Parce que j’ai eu une relation intime avec lui, je lui raconté beaucoup de choses sur ma vie. Je le trouvais sympa, je me suis laissée avoir, l’une des pires erreurs de ma vie.

Les premières insultes à caractère sexiste, misogyne, obscène, sont apparues très vite après mes premiers tweets. Evidemment, ces insultes provenaient de comptes anonymes mais je n’y prêtais pas davantage attention, jusqu’au moment où plusieurs comptes ont dévoilé des détails sur moi, sur mon anatomie et des éléments de conversation que j’avais eus avec mon harceleur. C’est alors que je me suis adressée à lui directement sur son compte personnel pour lui demander si c’était lui qui était derrière le compte @foutlamerde. Ça ne lui a pas plu du tout et j’ai reçu durant deux mois une pluie d’insultes, plusieurs fois par jour, comme « la petite coquine d’Iris Gaudin a un regard qui sent le foutre à plein nez », « Iris Gaudin la putasserie t’as l’air de t’y connaître », « une branlette sur ta photo me suffit ». C’était atroce. Le top départ a bien été donné par lui puis d’autres personnes se sont greffées autour de lui.

La descente aux enfers

Toutes ces insultes étaient pour moi un vrai miroir de la honte. Quand il y a harcèlement d’un adulte par un autre, généralement,  personne n’est là pour regarder ce qu’il se passe, mais là, j’étais dans une situation où tout le monde me regardait être harcelée. Tout le monde et en particulier ma sphère professionnelle, le journalisme.

C’est d’ailleurs pour cette raison que je suis restée sur Twitter : j’avais envie d’intégrer des médias avec une plus grande liberté de mouvement que chez BFMTV où je me sentais prisonnière de l’info en continu.

Cette masculinité toxique a commencé à altérer la personne que j’étais. J’ai voulu me défendre, j’avais donc les yeux rivés sur mon fil Twitter. Ça a été la descente aux enfers professionnels, j’étais happée par ce fil qui n’arrêtait pas de faire monter des insultes. Parce qu’un tweet peut être retweeté et retweeté des dizaines et des centaines de fois, cela peut durer pendant des heures et des heures, voire des jours et des jours.

Chez BFMTV, je n’arrivais plus à suivre le fil de l’AFP (Agence France-Presse) dans le cadre de mon travail. Petit à petit, j’ai perdu confiance en mes compétences professionnelles notamment en tant que jeune journaliste. J’avais tellement honte de me débattre comme ça sur Twitter que j’en suis arrivée à me dire que c’est moi qui était folle. Dans le processus de harcèlement, le harceleur fait croire que c’est l’autre qui harcèle. J’ai ressenti ça, alors que je ne faisais que me défendre. Je doutais de mes capacités. Pourtant, à aucun moment je n’ai fait le lien entre mon travail et ce dont j’étais victime sur Twitter. Je n’avais pas véritablement conscience d’être harcelée. C’est à ce moment précis que je me suis dirigée vers la communication, délaissant le journalisme, ma vocation initiale.

Ce harcèlement m’a également impactée au niveau de la vision que j’avais de moi en tant que femme. J’étais une femme forte, avec du caractère, et tout d’un coup, tout s’est écroulé. Je me sentais horriblement coupable. Pendant des années, j’ai vécu avec cette image de moi-même qui est devenue presque une seconde nature. Avant que l’affaire n’éclate, en février 2019, je ne me posais même pas la question d’où venait cette image, je l’avais intégrée. J’avais totalement occulté ce traumatisme de mon esprit.

Un livre thérapeutique

Pour aller plus loin

Des rapports entre la Ligue du LOL et Gabriel Matzneff dans AC ! Brest Face-a-la-Ligue-du-LOL-Harcelement-et-sexisme-dans-les-medias_medium Pour aller plus loin, découvrez le livre d’Iris Gaudin Face à la ligue du LOL (Massot Éditions)

J’ai vu un psychologue lors de mon départ de BFMTV. J’ai consulté en disant que Twitter m’avait fait perdre la tête et que tout était de ma faute. Je parlais de tout sauf du harcèlement que j’avais vécu. Cette année 2019 m’a permis de comprendre ce qui m’est arrivé. Après la sortie du scandale, j’ai intenté une action en justice. Aujourd’hui, pour qu’une procédure au civil soit engagée, il faut passer par une tentative de conciliation.

Il était prévu que la personne concernée reconnaisse publiquement les dommages psychologiques et professionnels que j’avais subis. Cette personne dont je ne peux vous citer le nom, puisque l’accord n’a pas été conclu, a reconnu le préjudice, mais elle a souhaité le faire de manière confidentielle.

J’ai choisi de refuser ce semblant de reconnaissance et de ne pas poursuivre l’affaire au tribunal mais plutôt d’écrire ce livre pour que la honte s’inverse. Si cette personne avait reconnu publiquement le mal qu’il m’avait fait, comme les insultes l’étaient, j’aurais pu passer à autre chose.

Je ne me suis pas épargnée dans le livre, j’ai dit toute la vérité et ça a eu un effet thérapeutique. Mais j’avais envie également que d’autres personnes se reconnaissent dans ce témoignage et comprennent la mécanique du harcèlement et du cyber harcèlement dont beaucoup sont victimes, aujourd’hui, à l’ère des réseaux sociaux. »

Pour aller plus loin 

Ou-en-sont-les-hommes-apres-MeToo_imagePanoramique647_286_reference dans Calomnie ==>  Où en sont les hommes après #MeToo ?

Sidération, inhibition, malaise : le rapport des hommes à leur sexualité est bouleversé depuis l’affaire Harvey Weinstein et le mouvement #MeToo. Du mâle sortira-t-il un bien ? Sommes-nous à l’aube d’un nouvel ordre amoureux ?

 

https://www.lepoint.fr/societe/ligue-du-lol-notre-contre-enquete-17-09-2019-2336096_23.php

Ligue du LOL : notre contre-enquête

 

Sept mois après la divulgation de l’affaire de harcèlement et le licenciement de journalistes, nous avons retrouvé les protagonistes. Ils veulent faire entendre leur vérité.

 

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Modifié le 20/09/2019 à 17:33 – Publié le 17/09/2019 à 08:53 | Le Point.fr
La Ligue du LOL est accusee de harcelement sur les reseaux sociaux, notamment sur Twitter.
La Ligue du LOL est accusée de harcèlement sur les réseaux sociaux, notamment sur Twitter.© LOIC VENANCE / AFP

 

Alexandre Hervaud a du temps devant lui et le front amoché par une mauvaise chute. « Je pourrais dire que j’ai été agressé par un gang de féministes en furie, mais bon… » Mais bon, en effet, la plaisanterie serait de mauvais goût. Il n’est pas dit, d’ailleurs, que lui-même la trouve drôle. Il se donne des airs, plutôt, il fait dans la bravade, il s’entête dans la ligne qu’il a choisie il y a plus de dix ans sur les réseaux sociaux. « Le sarcasme », décrit-il, « la provoc et le trash », « à la Charlie ». Et puis il n’a plus grand-chose à perdre.

Le quotidien Libération, dont il était devenu…

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement/ligue-du-lol/ligue-du-lol-deux-anciens-journalistes-de-liberation-contestent-leur-licenciement-aux-prud-hommes_3803571.html

« Ligue du LOL » : deux anciens journalistes de « Libération » contestent leur licenciement aux prud’hommes

 

Deux journalistes licenciés par « Libération » après l’affaire de la « Ligue du LOL », Alexandre Hervaud et Vincent Glad, contestent leur licenciement devant le conseil des prud’hommes de Paris.

La rédaction de \"Libération\", à Paris, le 3 septembre 2013.
La rédaction de « Libération », à Paris, le 3 septembre 2013. (FRED DUFOUR / AFP)

Deux journalistes licenciés par Libération après l’affaire de la « Ligue du LOL » contre-attaquent devant le conseil des prud’hommes de Paris. L’avocate de Vincent Glad a contesté, mardi 28 janvier, le licenciement du pigiste du quotidien pour « atteinte à la marque ». Le journaliste, ancien du site Slate et Canal+, avait été licencié en février 2019 après la parution de nombreux articles sur un groupe Facebook qu’il avait fondé en 2010, la « Ligue du LOL ».

De nombreux internautes avaient accusé plusieurs membres du groupe, et des personnes extérieures, de les avoir harcelés sur internet, ou d’avoir par leurs critiques publiques lancé des « meutes » numériques sur eux. La séance de conciliation n’ayant pas été concluante mardi devant les prud’hommes, le dossier sera examiné le 29 avril. Contactée par l’AFP, la direction de Libération n’a pas réagi.

Alexandre Hervaud, ex-chef du service web du quotidien, va également contester son licenciement jeudi 30 janvier devant les prud’hommes. Il souhaite « montrer que la raison invoquée par Libération« , soit un « trouble caractérisé au sein de l’entreprise », ne « tient pas ».

 



Pédophilie : les psychiatres concernés ont bien fait le ménage !

Parmi les signataires des pétitions pro-pédophiles de 1977 figure Alain Robbe-Grillet, dont la sortie du « Roman sentimental » en 2007 n’était pas passée inaperçue.

En effet, sachant ses bouquins habituellement autobiographiques, il y avait vraiment lieu de s’inquiéter des contenus de celui-là…

Il avait alors déclaré que LE grand psychiatre de la ville de Brest assurait qu’il n’était pas pervers.

Il s’agit de Jean-Jacques Kress, qui est le pape de la psychiatrie brestoise depuis son arrivée dans cette ville en provenance de Strasbourg en 1973 et l’ouverture de l’hôpital psychiatrique de Bohars en 1975 (voir ci-dessous).

Il me semble que ces propos avaient été tenus dans l’émission de Frédéric Taddeï du 24 octobre 2007.

Cependant, j’ai beau chercher, je n’en retrouve actuellement aucune trace nulle part…

 

 

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20051007&article=10817113&type=ar

Publié le 07 octobre 2005 à 00h00

« Une liberté toute neuve »

 

Le Pr Jean-Jacques Kress a ouvert l'hôpital de Bohars en 1975.
Le Pr Jean-Jacques Kress a ouvert l’hôpital de Bohars en 1975.

 

«Je me souviens de cette première réunion de tout le personnel, faute de salle de réunion, dans le hall de la tour médicale en mai 1975», déclare le Pr Jean-Jacques Kress, venu de Strasbourg en 1973.

 

��Je me souviens de cette première réunion de tout le personnel, faute de salle de réunion, dans le hall de la tour médicale en mai 1975», déclare le Pr Jean-Jacques Kress, venu de Strasbourg en 1973. A son arrivée il est accueilli par le Dr Coulonjou, à l’hôpital Ponchelet. Le service compte 24 lits et six cellules vétustes et repoussantes. «Dès qu’un nouveau malade arrivait, il fallait chercher lequel pouvait sortir». La création de Bohars répondait à la volonté de soigner les patients près de chez eux et à la nécessité de doter la jeune faculté de médecine d’un enseignement et d’une recherche en psychiatrie. Côté architecture, un plan créé pour l’Afrique du Nord est choisi, plutôt mal conçu : les pavillons sont éloignés de la tour médicale.

Le tout premier patient

Le service de Ponchelet a subsisté et Bohars n’a pas eu à recevoir les malades chroniques de Morlaix et Quimper. «Nous avons perdu cet avantage en 90, lorsque des lits ont été supprimés ailleurs, sans réduction de personnel. Il nous a été plus difficile de créer des structures extérieures à effectif constant». Le tout premier patient de Bohars, un SDF du port, a été accueilli par tout le personnel venu le saluer. «L’hôpital qui comptait alors 150 lits s’est rempli peu à peu. Une liberté toute neuve s’est déployée pour les personnels qui venaient, pour la plupart, de grands hôpitaux psychiatriques marqués par les séquelles de l’époque asilaire». A Bohars, pas de barreaux, tout était ouvert, ce qui n’a pas manqué non plus de poser quelques problèmes. «On a cherché nos marques, on s’est heurté à une réalité violente, cela nous a permis de nous donner nos propres règles».

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Alain_Robbe-Grillet

Voir aussi

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Sources et bibliographie

Liens externes

:

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Un_roman_sentimental

Un roman sentimental

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Un roman sentimental
Auteur Alain Robbe-Grillet
Pays Drapeau de la France France
Genre Récit, BDSM
Éditeur Fayard
Date de parution 2007
modifier Consultez la documentation du modèle

Un roman sentimental est un récit d’Alain Robbe-Grillet, publié en 2007 chez Fayard.

Il a fait l’objet d’une controverse quant à la notion de « licence artistique », car il décrit des actes de pédophilie, inceste, meurtres et autres actes de barbarie sur de très jeunes filles.

Présentation par l’auteur

C’est par ces lignes que l’auteur présente son œuvre1 : « Le présent récit est une sorte de conte de fées pour adultes, ce qui lui permet d’outrepasser en maintes occasions les lois de la vraisemblance. Il est écrit cependant avec un grand souci de précision, qui peut ressembler au réalisme le plus méticuleux, outrepassant cette fois les lois de la bienséance. C’est d’autre chose qu’il s’agit, délibérément. Une autre bienséance et une autre vraisemblance… Malgré les tendres couleurs des chairs nues adolescentes, les contes de fées pour adultes n’ont pas leur place dans la Bibliothèque rose. »

Bibliographie

Références

Liens externes

 



La théorie des faux souvenirs, ou comment Jean-Marc Donnadieu défend les pédophiles…

Le cybercriminel spécialisé dans les escroqueries au jugement Jean-Marc Donnadieu de Béziers me lit toujours régulièrement, tous les jours, et très souvent plusieurs fois par jour.

Or, donc, voici sa réponse à mes publications récentes concernant la pédophilie ou des pédophiles, un sujet plus que jamais d’actualité avec toute une série d’affaires et polémiques récentes, de celle du chirurgien pédophile Joël Le Scouarnec au cas de l’écrivain non moins pédophile Gabriel Matzneff :

 

 

 

C’est une réponse qu’il apportait déjà du temps où il venait quotidiennement inonder mon ancien blog « Un petit coucou » chez OverBlog de ses commentaires délirants, emplis d’injures, calomnies et menaces des plus variées à mon encontre, alors qu’une de mes commentatrices du Canada venait y exposer avoir été victime de viols incestueux dans son enfance.

Voyons donc la synthèse qu’on en trouve sur Wikipédia, c’est encore très édifiant, cette théorie des faux souvenirs, qui n’a jamais été validée par les professionnels américains, s’étant surtout développée à l’initiative de pédophiles pour anéantir toutes les plaintes de leurs victimes :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Faux_souvenirs

Faux souvenirs

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330px-Sculpture_at_schoenthal_0004 dans Crime
Mémoire retrouvée (Recovered Memory), une sculpture de Nicola Hicks sur le thème de la mémoire retrouvée1.

Le faux souvenir est le phénomène psychologique qui se produit lorsqu’une personne se remémore un événement qui, en fait, n’a jamais eu lieu. Les observations ou les hypothèses sur l’existence de faux souvenirs remontent aux débuts de la psychanalyse et de la psychologie clinique ; on les retrouve dans les écrits de Sigmund Freud et Pierre Janet.

Dans les années 1970, les études expérimentales de la psychologue Elizabeth Loftus ont remis en cause la qualité que l’on peut attribuer aux témoignages dans le cadre d’affaires judiciaires, suscitant de nombreux débats et permettant de proposer des améliorations sur les techniques de recueil de témoignages, en particulier les témoignages d’enfants qui sont particulièrement influençables.

Ce débat a ouvert la question de la création artificielle de souvenirs, dits faux souvenirs induits, lors de psychothérapie, débats animés par des associations, thérapeutes et psychologues scientifiques : certains suggèrent l’existence d’un syndrome de faux souvenir (qui altère la vie courante de la personne) mais ce syndrome reste débattu et n’est pas répertorié dans les classifications psychiatriques internationales.

Les études de Loftus ont également mis en évidence un effet de désinformation : certaines désinformations (événements qui ne se sont jamais produits), dans des conditions spécifiques et dans certains groupes de personnes, peuvent assez facilement être implantées en mémoire par un processus d’interférence rétroactive.

La question des faux souvenirs est une question scientifique qui reste très étudiée. Depuis les travaux précurseurs de Loftus, de nombreuses études ont validé le fait que les souvenirs peuvent être influencés et que de faux souvenirs peuvent être implantés en mémoire de plusieurs manières.

Les implications de ces questions scientifiques sont graves car en mettant en cause les témoignages, elles jettent le discrédit sur les témoignages des victimes et comportent deux risques majeurs : si un témoignage est erroné, un innocent peut être accusé et condamné sur base de ce témoignage ; mais si on ne tient pas compte des témoignages des victimes, un coupable potentiellement dangereux peut demeurer en liberté. Cette question a été au cœur de plusieurs affaires d’abus sexuels sur mineurs qui ont fait l’objet de larges couvertures médiatiques. Les applications des recherches psychologiques dans le domaine visent à améliorer les techniques de recueil de témoignage et la qualité des témoignages des victimes.

Histoire de l’étude des faux souvenirs par les pionniers de la psychologie et de la psychanalyse

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Psychologie cognitive et neurosciences

Malléabilité de la mémoire

La mémoire humaine est un processus dynamique dépendant de nombreux processus complexes de perception et d’encodage, de stockage puis d’accessibilité et de rappel de l’information. À chaque niveau des divers processus peuvent se produire des erreurs2. Certaines de ces erreurs donnent lieu à la formation de faux souvenirs, qui sont relativement répandus et souvent mineurs chez les bien-portants et qui résultent même de phénomènes adaptatifs2. Ces faux souvenirs peuvent devenir problématiques dans certaines conditions pathologiques3.

La psychologue Elizabeth Loftus a été pionnière dans l’étude systématique des faux souvenirs dans le domaine de la psychologie cognitive, bien qu’avant elle de nombreux autres psychologues aient observé les limites de la mémoire et les oublis et déformations de souvenirs. Depuis 1974, elle conduit de nombreuses recherches expérimentales dans ce domaine et est reconnue comme autorité scientifique sur la question4. Elle a démontré la malléabilité de la mémoire et le fait que multiples sont les éléments qui peuvent influencer les souvenirs, les changer ou en créer de nouveaux, c’est-à-dire de « faux souvenirs ». Dans ses expériences, elle demande à des sujets de visionner des vidéos ou des photos d’événements variés, telle que la photo d’un accident de la circulation. Elle pose ensuite des questions aux sujets pour explorer leurs souvenirs des faits observés. Ainsi, elle a mis en évidence de nombreuses erreurs dans les témoignages, provoquées par la manière dont les questions sont posées. Un exemple typique est de demander aux sujets de quelle couleur était la camionnette stationnée derrière la scène (or la camionnette n’a jamais existé). De nombreux sujets sont influencés par cette question et pensent alors avoir vu une camionnette. Ses découvertes ont eu des conséquences appliquées sur les techniques d’interrogation de témoins dans les affaires judiciaires5.

 Article détaillé : Elizabeth Loftus.

Provoquer de faux souvenirs en situation expérimentale contrôlée

 Article détaillé : Effet de désinformation.
 dans Folie
Photo de personnages de la Warner (dont Bugs Bunny au centre) lors d’une parade au parc Six Flags Magic Mountain (Californie, 2007).

L’effet de désinformation (misinformation effect, en anglais) est le fait de souvenirs du passé qui sont altérés par une information (source d’erreurs) qui se produit après l’exposition4. Le phénomène a été étudié en détail par la psychologie expérimentale depuis les années 19704. Ce phénomène pose des questions pratiques (quand et qui est victime de cet effet et comment l’éviter ou le minimiser) et des questions théoriques (comprendre l’encodage en mémoire et en particulier s’il y a permanence de nos souvenirs)4,5,6.

Plusieurs paradigmes ont été utilisés pour tester l’hypothèse qu’il est possible de provoquer de faux souvenirs par des techniques de suggestion. Par exemple, des chercheurs (dirigés par Loftus) ont voulu faire naître des souvenirs impossibles comme la présence du personnage de dessin animé Bugs Bunny au parc Disneyland (Bugs Bunny étant un personnage de la Warner et non de Disney, il est donc impossible d’avoir rencontré le personnage sur ce lieu). En présentant une publicité du parc Disneyland sur laquelle les expérimentateurs avaient placé le personnage de Bugs Bunny, ils observent qu’entre 25 % et 35 % des personnes testées pensent se souvenir d’avoir effectivement rencontré Bugs Bunny lors de leur visite à Disneyland : ces sujets déclarent lui avoir serré la main (62 %) et l’avoir serré dans leurs bras (46 %). L’effet de faux souvenir provoqué par ce paradigme est répliqué dans plusieurs études5. Les faux souvenirs impossibles provoqués en situation expérimentale concernent aussi des procédures médicales (Royaume-Uni)5.

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La nacelle d’une montgolfière.

Les effets les plus forts sont observés dans la technique des fausses photos souvenirs. Dans un paradigme par exemple, une photo du visage du sujet (dans sa jeunesse) est placée dans la nacelle d’une montgolfière (évidemment, les expérimentateurs s’étaient assurés que le sujet n’avait jamais voyagé en montgolfière). On demande au participant de se remémorer ce baptême de l’air en montgolfière (qui n’a jamais eu lieu) et de le décrire de la manière la plus détaillée possible. Après deux sessions, 50 % des sujets pensent se souvenir de ce souvenir d’enfance5. Cet effet est étonnant, mais il est démontré dans de nombreuses études : les souvenirs rapportés par les sujets peuvent être fortement influencés par des suggestions durant des entretiens5.

Loftus et ses collaborateurs ont également tenté d’observer si de faux souvenirs pouvaient être implantés hors des conditions de laboratoire, c’est-à-dire dans des conditions plus naturelles, et touchant des événements chargés sur le plan émotionnel, voire traumatiques. Elle a démontré, par exemple, la possibilité d’altérer certains souvenirs traumatiques en introduisant une désinformation (animal blessé qui en fait n’a jamais été vu) dans la mémoire des images d’attaques terroristes4,7.

Les faux souvenirs ne sont pas forcément provoqués par une fausse information ou par une suggestion intentionnelle. Le faux souvenir peut apparaître aussi lors d’une interprétation survenue au moment de l’apprentissage de l’information et nécessaire pour sa compréhension. Par exemple, lors de l’apprentissage de la phrase « la rock-star s’est plainte de la quantité d’alcool servie pendant la fête », les participants interprètent que la rock-star s’est plainte parce que la quantité n’était pas suffisante, or la quantité n’a jamais été précisée6.

Comment distinguer un faux souvenir d’un vrai

Dans les expériences où un souvenir d’enfance était suggéré par le biais d’une photo truquée, quelques différences émergent entre les vrais souvenirs et le souvenir induit par l’expérimentation. En moyenne (sur l’ensemble d’un groupe de participants), le degré de certitude est plus élevé quand les personnes racontent leurs vrais souvenirs5. Les participants hésitent plus souvent, ont des syntaxes verbales différentes (« je crois que… », « il me semble que…) indiquant une plus grande hésitation. Cependant, il n’est pas possible d’utiliser ce type de variations statistiques pour déterminer si un souvenir spécifique chez une personne est un faux souvenir ou s’il s’agit d’un événement qui s’est réellement produit4.

Effets du temps

Un des premiers principes explicatifs des faux souvenirs et de l’effet de désinformation est basé sur l’effet des intervalles de temps entre les événements. Plus un souvenir est ancien, plus la mémoire de l’événement s’affaiblit, moins la différence entre le souvenir et la nouvelle information est détectée. C’est le principe de détection de la divergence (Discrepancy Detection)8. Le principe de détection de l’information divergente prédit que le souvenir est plus susceptible de changer si la personne ne se rend pas compte de la différence entre son propre souvenir et la nouvelle information. Cela ne veut pas dire que la nouvelle information n’est pas acceptée si la personne remarque la différence : il arrive que la personne dise à l’expérimentateur qu’elle pensait se souvenir, par exemple, d’un panneau de signalisation indiquant un Stop mais qu’on lui parle maintenant d’un panneau « Céder le passage » et qu’elle avait dû mal mémoriser, acceptant ainsi de changer ses représentations et de croire à la nouvelle information4. Le temps entre la désinformation et le test expérimental influe également sur les résultats4.

Effets de l’état mental passager

Un état mental passager peut affecter les performances de la mémoire. Des sujets à qui on a fait croire qu’ils ont bu de l’alcool ou des sujets sous hypnose sont plus susceptibles de former de faux souvenirs dans des conditions expérimentales. Selon Loftus, ce phénomène s’explique certainement par le fait que les sujets détectent alors moins bien les divergences entre leurs souvenirs et la nouvelle information interférente ou désinformation4.

Différences individuelles et développementales

Les désinformations affectent certaines personnes plutôt que d’autres4. L’âge des sujets est un des facteurs observés. En effet, les jeunes enfants étant plus vulnérables que les enfants plus âgés et que les adultes9; les personnes âgées étant plus vulnérables que les adultes plus jeunes10.

Effets des mises en garde

Les chercheurs se sont demandé si le fait de mettre en garde contre la fabrication de faux souvenirs avait un impact et pouvait diminuer l’occurrence de faux souvenirs. Plusieurs recherches montrent des résultats allant dans le même sens : prévenir des personnes avant la présentation de la désinformation leur permet de mieux résister aux influences et diminue la proportion de personnes construisant de faux souvenirs11; cependant, informer après coup les participants du fait qu’ils ont construit des faux souvenirs, a peu d’influence12.

Richesses des faux souvenirs

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Permanence des souvenirs

L’observation de faux souvenirs en condition expérimentale a généré un débat scientifique quant à la nature des souvenirs en mémoire à long terme : sont-ils permanents ou peuvent-ils disparaître (et être remplacés) avec le temps et sous certaines conditions ? Ce débat a commencé à se développer dans les années 19804.

Études chez les espèces non humaines

Les faux souvenirs ont été induits expérimentalement et observés sur des espèces animales comme les gorilles13, pigeons et rats14.

Des neurologues travaillant sur la souris ont réussi à induire de faux souvenirs chez des souris, par différentes techniques, dont une expérience qui a utilisé des techniques de stimulation neuronale pendant que les souris rêvaient d’un lieu pour modifier leur impression sur ce lieu15,16.

Études en imagerie cérébrale

Le phénomène de faux souvenirs provoqués par un effet de désinformation a été observé pour la première fois par des techniques d’imagerie cérébrale en 2005, par les chercheurs Yoko Okado et Craig Stark17,4.

Psychothérapie et hypothèses des souvenirs refoulés

L’expression faux souvenirs induits désigne le fait d’induire par le biais de techniques d’entretiens psychothérapeutiques, ou d’hypnose, de faux souvenirs d’abus ou de maltraitances chez un patient18.

Le syndrome des faux souvenirs désigne l’apparition du souvenir d’un évènement qui ne s’est jamais produit ou bien le souvenir altéré d’un évènement réel.

La résurgence tardive de souvenirs autant que la notion de souvenirs implantés par un thérapeute dans la mémoire de son patient sont controverséesa.

L’hypnose de spectacle ou l’hypnothérapie peut créer de faux souvenirs19.

Procès judiciaires impliquant le syndrome de faux souvenirs

L’affaire Freyd

Jennifer Freyd est une psychologue américaine née en 1957. Elle travaille principalement sur les abus sexuels20. Dans les années 1990, elle accusa de façon non officielle son père, Peter Freyd, de l’avoir abusée pendant son enfance, ce qui incita ce dernier à fonder la fondation pour le syndrome des fausses mémoires. Selon Jennifer, il ne s’agit pas de faux souvenirs induits implantés par un thérapeute mais de souvenirs clairs d’abus21. Jennifer Freyd était soutenue dans ses accusations par la mère et le frère de Peter Freyd22,23.

L’expression « faux souvenirs induits », d’origine américaine, False Memory Syndrome, a été développé par Peter Freyd après qu’il eut été accusé en privé d’abus sexuel par sa fille. Il créera avec sa femme la False Memory Syndrome Foundation (FMSF) en 1992 avec le soutien actif du psychologue américain Ralph Underwager. Celui-ci s’était jusqu’alors spécialisé dans la défense de personnes accusées de pédophilie (témoignant plus de 200 fois dans la presse ou lors de procès)  critiquant ouvertement les programmes de protection de l’enfance. En 1991 Ralph Underwager affirme ouvertement ses positions pro-pédophile lors d’un interview auprès du média hollandais Paidika: The Journal of Paedophilia24. La révélation au public de cet interview contraindra Underwager à démissionner de la False Memory Syndrome Foundation25.

Procès aux États-Unis

Le doute généré par la question du syndrome des faux souvenirs a provoqué une série de procès aux États-Unis dans les années 199026, dont plusieurs cas sur les abus sexuels27,28. Toutes les plaintes concernant la construction de faux souvenirs n’ont pas été jugées crédibles mais plusieurs étaient suffisamment étayées pour aboutir29. Les personnes ayant avoué avoir volontairement partagé publiquement de « faux souvenirs » ont été appelées des rétractants (retractors)30. Un débat s’est ouvert tournant autour de l’aubaine potentielle que représenterait le syndrome des faux souvenirs pour les accusés voulant nier leur comportement criminel en accusant de faux souvenirs les personnes (victimes) en remettant en cause la véracité de leur témoignage31.

La FMSF a été accusée d’ignorer, discréditer ou déformer les témoignages scientifiques et celles de victimes ayant obtenues des aveux de leurs agresseurs. La FMSF est accusée de harcèler, diffamer et attaquer en justice ceux qui la critiquent, ainsi que les thérapeutes d’enfants abusés, sans faire avancer le débat scientifique (cf Anne SALTER attaquée par Wakefield et Underwager, qui obtiendra un jugement en sa faveur de la District Court du Western District of Wisconsin confirmé en avril 1994 par le jugement de la U.S. Court of Appeals for the Seventh Circuit). Des thérapeutes jusqu’alors reconnus et respectés se sont vu retirés le droit d’exercer leur métier sous le coup des procès intentés et d’articles de presse diffamatoires (cf Jim Singer Pennsylvania clinician pourtant soutenu par le gouverneur Tom Ridge) ou dans l’impossibilité de continuer leurs travaux (Dr Kathleen Failer chercheur reconnue; Dr Charles Whitfield, David Calof qui avait 25 ans de pratique sans jamais avoir fait l’objet d’une plainte a subi des pressions, menaces et attaques pendant plus de trois ans…)22.

En France

Selon la MIVILUDES, à la fin des années 1970, le groupe Saint-Erme (également « La famille de Nazareth »), institut séculier fondé et dirigé par Marcel Cornélis, prêtre catholique belge, avait environ 450 membres et comptait 72 médecins, des professeurs d’université, des psychiatres, psychologues. Des pratiques diverses (transes, croyances en rapport avec Satan) ont provoqué une rupture avec l’Église catholique. Une des thèses développées était celle de la relation dominant/dominé comme cause de toutes les maladies. Ce qui aurait eu pour conséquence de développer chez certains membres un rejet de la femme, de la mère etc. Des patients auraient ainsi envoyé à leurs parents de violents courriers alléguant des relations incestueuses dans leur petite enfance (au total 200 familles furent impliquées). Un procès conduira finalement à la dissolution du groupe32.

Controverses scientifiques sur le « syndrome de faux souvenirs »

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Le syndrome des faux souvenirs n’a pas été intégré à la liste des diagnostics de l’Association américaine de psychiatrie. 17 chercheurs ont publié une déclaration stipulant que malgré les apparences, l’expression n’appartenait pas à la psychologie mais qu’elle avait été créée par une fondation privée pour soutenir les parents accusés (Carstensen et al. 1993, p. 23) Handbook for Teaching Introductory Psychology: With an Emphasis on Assessment par Richard A. Griggs p. 85 et Misinformation Concerning Child Sexual Abuse and Adult Survivors par Charles L. Whitfield, Joyanna L. Silberg, Paul Jay Fink p. 16 « Crisis or Creation? A Systematic Examination of “False Memory Syndrome” » [archive]

Le syndrome des faux souvenirs a été et reste contesté par une grande partie de la communauté scientifique et des spécialistes de l’inceste : « il n’y a aucune preuve scientifique présentement pour prouver qu’on peut créer une fausse mémoire d’abus sexuel chez quelqu’un qui n’a pas de traumatisme dans son passé » écrit Daniel L. Schachter psychologue et chercheur diplômé d’Harvard dans son livre Searching for Memories (1996). Les scientifiques anglais ont également fortement contesté cette théorie  (cf. http://dailynews.yahoo.com/h/nm/20000313/sc/health_memory_2.html)

À l’inverse, une étude scientifique publiée dans le Journal of Consulting and Clinical Psychology aux États-Unis a démontré que 38 % des femmes victimes d’inceste durant l’enfance ne se souvenaient pas de l’abus rapporté 17 ans auparavant (cf Williams LM. Recall of Childhood Trauma: A prospective Study of Women’s Memories of Child Sexual Abuse, J Consult Clin Pharmacol 1994; 62 (6) : 1167-1176).

Trois organisations professionnelles américaines (l’American Psychiatric Association, l’American Medical Association et l’American Psychological Association) reconnaissent également la réalité d’abus sexuels occultés (cf. Côté J. La Controverse sur les fausses mémoires (extrait du livre de Jean Côté, psychologue, intitulé La Thérapie par le Tunnel, p. 52-64), Provirtuel et Jean Côté, 2001). La plupart des thérapeutes scientifiques et chercheurs déclarent que les survivants de ces abus tendent à nier plutôt qu’à exagérer leurs souvenirs horribles et que les mécanismes de répression et d’oubli sont très bien documentés dans les articles de psychiatrie (cf. Landsberg, M. L’Étiquette de mémoire fictive est inventée par un groupe de pression (paru dans le Toronto Star du 13 novembre 1993).

Psychogénéalogie et recherche de souvenirs

En France, la psychogénéalogie est à l’origine d’affaires impliquant des psychothérapeutes ayant une « formation » minimaliste sanctionnée par des diplômes non reconnus par le Conseil de l’Ordre, n’ayant donc pas le droit d’exercer aux termes de la loi du 1er juillet 2010 ; ces affaires portent sur les faux souvenirs induits et les dégâts qu’ils occasionnent dans les familles : rejet de la famille, des parents, procès pour viol, divorces… Ces pratiques participent dans la plupart des cas de la dérive sectaireb.

Témoignages en justice et faux souvenirs

La psychologie cognitive et sociale permet de mieux comprendre les processus expliquant les oublis et les faux souvenirs et de permettre ainsi d’améliorer les techniques de recueil de témoignages33.

Notes et références

Notes

  • Le syndrome n’a pas été intégré à la liste des diagnostics de l’Association américaine de psychiatrie. 17 chercheurs ont publié une déclaration stipulant que malgré les apparences, l’expression n’appartenait pas à la psychologie mais qu’elle avait été créée par une fondation privée pour soutenir les parents accusés (Carstensen et al. 1993, p. 23) Handbook for Teaching Introductory Psychology: With an Emphasis on Assessment par Richard A. Griggs p. 85 et Misinformation concerning child sexual abuse and adult survivors par Charles L. Whitfield, Joyanna L. Silberg, Paul Jay Fink p. 16 Crisis or Creation? A Systematic Examination of « False Memory Syndrome » [archive]
  1. Le rapport 2007 de la Mission interministérielle de vigilance et de lutte contre les dérives sectaires [PDF] [archive] (MIVILUDES) met en garde contre la pratique des faux souvenirs induits, un dévoilement des méthodes psychothérapeutiques qui serait en progression en France.

Références

  1. Nathalie Przygodzki-Lionet, « Le témoignage en justice : les apports de la psychologie sociale et cognitive », Histoire de la justice, no 24,‎ 14 octobre 2014, p. 115–126 (ISSN 1639-4399, lire en ligne [archive], consulté le 19 avril 2017).

Bibliographie

  • Brigitte Axelrad, « Les origines du « Syndrome des faux souvenirs » » [archive], Dossiers de l’Observatoire Zététique, 31 août 2008 (consulté le 12 novembre 2017).
  • Brigitte Axelrad, « Faux souvenirs et manipulation mentale » [archive], Dossiers de l’Observatoire Zététique, 7 décembre 2008 (consulté le 12 novembre 2017).
  • Brigitte Axelrad, « Faux souvenirs et thérapies de la mémoire retrouvée », Science et pseudo-sciences, no 285,‎ avril-juin 2009 (lire en ligne [archive]).
  • Brigitte Axelrad, « Faux souvenirs et personnalité multiple » [archive], Dossiers de l’Observatoire Zététique, 25 novembre 2009 (consulté le 12 novembre 2017).
  • Brigitte Axelrad, Les ravages des faux souvenirs : ou la mémoire manipulée, Book-e-book, coll. « Une chandelle dans les ténèbres » (no 12), 2010, 84 p. (ISBN 978-2915312225).
  • (en) Charles Brainerd et Valerie Reyna, The science of false memory, NewYork, Oxford University Press, coll. « Oxford psychology series » (no 38), 2005, 559 p. (ISBN 0-19-515405-3).
  • Serge Brédart (dir.), Martial Van der Linden (dir.) et al., Souvenirs récupérés, souvenirs oubliés et faux souvenirs, Marseille, Solal, coll. « Neuropsychologie », 2004, 207 p. (ISBN 2-914513-55-0).
  • (en) David Bjorklund, False-memory creation in children and adults, Mahway et Erlbaum, 200, 254 p. (ISBN 0-8058-3169-X).
  • Nicolas Gauvrit, « La guerre des souvenirs », Science et pseudo-sciences, no 281,‎ avril 2008 (lire en ligne [archive]).
  • Kelly Lambert et Scotto Lilienfeld, « La mémoire violée », Cerveau&Psycho, no 27,‎ mai-juin 2008 (lire en ligne [archive], consulté le 12 novembre 2017).
  • (en) Elizabeth Loftus, « Creating False Memories », Scientific American, vol. 277, no 3,‎ septembre 2007, p. 70-75 (lire en ligne [archive], consulté le 12 novembre 2017).
  • Elizabeth Loftus et Katherine Ketcham, Le syndrome des faux souvenirs : Ces psys qui manipulent la mémoire, Exergue, 2012, 350 p. (ISBN 978-2-36188-063-7).
  • Jean-Claude Maleval et Marie-Jean Sauret, « De la nouvelle “psychopathologie clinique” d’État », SIUEERPP (Séminaire Inter-Universitaire Européen d’Enseignement et de Recherche de la Psychanalyse et de la Psychopathologie),‎ février 2006 (lire en ligne [archive], consulté le 12 novembre 2017).
  • (en) Paul McHugh, Try to Remember : Psychiatry’s Clash over Meaning, Memory, and Mind, Waschington, DC, Dana Press, 2008, 276 p. (ISBN 978-1-932594-39-3).
  • (en) Richard McNally, « The Science and Folklore of Traumatic Amnesia », Clinical Psychology Science and Practice, vol. 11, no 1,‎ mars 2004, p. 29-33 (DOI 10.1093/clipsy/bph056).
  • (en) Richard McNally, « Is traumatic amnesia nothing but psychiatric folklore? », Cognitive Behaviour Therapy, vol. 33, no 2,‎ mai 2004, p. 97-101 (DOI 10.1080/16506070410021683).
  • (en) Richard McNally, « Debunking myths about trauma and memory », The Canadian Journal of Psychiatry, vol. 50, no 13,‎ novembre 2005, p. 817-822 (DOI 10.1177/070674370505001302).
  • (en) Richard McNally, « Dispelling Confusion About Traumatic Dissociative Amnesia », Mayo Clinic Proceedings, vol. 82, no 9,‎ septembre 2007, p. 1083-1087 (DOI 10.4065/82.9.1083).

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

 



Neuf médecins, psychiatres, psychanalystes ou psychologues ont signé la pétition pro-pédophile de Gabriel Matzneff du 26 janvier 1977

On a bien du mal à retrouver cette précision dans les différents textes publics existant actuellement à propos de cette pétition.

Je ne l’ai vue dans aucun des très nombreuses articles qui l’ont à nouveau évoquée ces derniers temps.

Je l’avais remarquée dans la fiche Wikipédia de Gabriel Matzneff il y a quelques jours mais elle en a déjà disparu.

Il n’y a que dans la fiche qui suit, dans sa version du 31/12/2011 et dans celle d’aujoud’hui, que cette indication peut encore être retrouvée.

Elle est pourtant d’une importance cruciale pour comprendre le sort réservé aux victimes…

 

http://www.codes-et-lois.fr/feeds/wikipedia/_1b01b2c9288ddd5033a449287956425a

Pétitions françaises contre la majorité sexuelle

 

- Wikipedia, 31/12/2011

Lire l’article…

Entre 1977 et 1979, alors qu’une réforme du Code pénal était en cours de discussion au Parlement, des intellectuels français, dont des figures célèbres, ont signé des pétitions et des lettres ouvertes demandant soit l’abrogation des lois sur la majorité sexuelle soit la relaxe des individus arrêtés pour des relations sexuelles avec des enfants ayant quatorze ans ou moins (mineurs de quinze ans). Ces prises de positions faisaient suite à la détention provisoire de Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt qui avaient eu des rapports avec des garçons et des filles de 13 et 14 ans « consentants ». À l’époque, la justice avait qualifié les faits « d’attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans » alors qu’aujourd’hui, les faits seraient qualifiés d’atteintes sexuelles, d’agressions sexuelles ou de viols.

 

Sommaire

1977 Pétition adressée au Parlement

En 1977, une pétition fut adressée au Parlement, appelant à l’abrogation de plusieurs articles de la loi sur la majorité sexuelle et la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France). Le document fut signé par les philosophes Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et André Glucksmann, par le philosophe et sémioticien Roland Barthes, par le romancier/activiste en faveur des homosexuels Guy Hocquenghem, l’avocat et professeur de droit Jean Danet, l’écrivain et cinéaste Alain Robbe-Grillet (élu membre de l’Académie française en 2004), l’écrivain Philippe Sollers, la pédiatre et psychanalyste pour enfants Françoise Dolto, et également par des gens appartenant à divers courants politiques[1].

1977 Pétition au Parlement – Liste des signatures

1978 Conversation à la radio entre Foucault, Hocquenghem et Danet

Article détaillé : La loi de la pudeur.

Le 4 avril 1978, une conversation approfondie détaillant les raisons de leur position pro-abolition a été diffusée par la radio France Culture dans l’émission « Dialogues ». Les participants, Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem, ont tous signé la pétition de 1977, avec d’autres intellectuels[3]. Ils pensaient que le système pénal était en train de remplacer la punition d’actes criminels par la création d’une figure d’individu dangereux pour la société et prédisaient qu’une société de dangers adviendrait. Ils ont également défini l’idée de consentement légal comme une notion contractuelle et un « piège » puisque « personne ne signe un contrat avant de faire l’amour »[4]. La conversation a été publiée en français sous le titre « La loi de la pudeur » puis en anglais sous le titre « Sexual Morality and the Law » (« La morale sexuelle et la loi »), et fut réimprimée plus tard dans cette dernière langue sous le titre « The Danger of Child Sexuality » (« Le danger de la sexualité de l’enfant »).

Lettres ouvertes publiées dans des journaux français

Le Monde – 26 janvier 1977

Une lettre ouverte fut publiée dans Le Monde, la veille du procès de trois Français (Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt), tous accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des filles et des garçons de 13 et 14 ans. Deux d’entre eux ont été en détention temporaire depuis 1973 et la lettre évoque ce fait comme scandaleux. La lettre fut signée par 69 personnes, dont Jack Lang (qui fut en France ministre de la Culture, ministre de l’Éducation, porte parole du gouvernement, député européen et qui est actuellement député du Pas-de-Calais), Bernard Kouchner (qui fut ministre de la Santé en France et cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du Monde), Michel Bon (qui dirigea le Carrefour, l’ANPE et France Télécom), et des intellectuels publics comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem, ainsi que 9 spécialistes – 5 psychiatres, 1 médecin, 1 psychologue, 1 psychanalyste et 1 spécialiste des sciences humaines[5],[6],[7],[8]. Le document déclare qu’il y a une disproportion entre la qualification de leurs actes en tant que crime et la nature des actes reprochés, et également une contradiction puisqu’en France les adolescents seraient pleinement responsables de leurs actes à partir de l’âge de 13 ans. (Dans les faits, la responsabilité pénale en France n’est pas systématiquement reconnue pleine et entière entre 13 et 16 ans [9]). Le texte argumente aussi que si des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France, elles doivent aussi pouvoir consentir[10],[6].

Le Monde – Liste complète des 69 signatures

Voici la liste complète des noms :

Libération – Mars 1979

Une lettre similaire, mais beaucoup plus sujette à polémique, fut publiée dans le journal Libération en 1979, en soutien à Gérard R., accusé de crime sexuel sur des enfants et attendant alors son procès depuis dix-huit mois. La lettre rapporte que Gérard R. vit avec des jeunes filles de 6 à 12 ans « dont l’air épanoui montre aux yeux de tous, y compris leurs parents, le bonheur qu’elles trouvent en lui ». L’affirmation qu’une fillette de 6 ans pouvait donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte et qu’elle en serait épanouie fut signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort. Cette lettre fut reproduite ensuite dans le journal L’Express du 7 mars 2001[6]. À part Christiane Rochefort, il n’a pas été rapporté qu’un des signataires de la lettre de 1977 ait également signé celle de 1979.

Notes et références

  1. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  2. L’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » est mentionnée à la page 273 du texte de Foucault, La loi de la pudeur, chapitre 16 de Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984 (en anglais). Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4 (voir aussi la version en ligne en anglais)
  3. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  4. FOUCAULT, Michel. Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984. Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4.Chapitre 16, La loi de la pudeur (en anglais “en:Sexual Morality and the Law », pages 271 – 285. Voir page 285 ou la version en ligne).
  5. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)
  6. a, b et c 1977-1979 pétitions et signatures (en français)
  7. 1977 pétition dans Le Monde (en français) (liste quelques unes des signatures, voir N° 6)
  8. 1977 pétition dans Le Monde – liste des signatures (en italien)
  9. Les sanctions applicables aux mineurs
  10. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)

Références

En français

  • Dignaction.org – Listes de la pétition de mai 1977 au Parlement ainsi que les deux lettres ouvertes publiées dans Le Monde et Libération.
  • Bibliothèque IPCE sur la lettre ouverte dans Le Monde (version française)
  • Denistouret.net (voir « Libé en écho d’un vertige commun », « pétitions ») – reproduit un article de Sorj Chalandon, publié dans Libération du 23 février 2001, pages 3 et 4. L’article mentionne les deux pétitions de 1977, et ajoute les noms de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers en tant que signataires de la pétition de 1977, adressée au Parlement.
  • La censure des bien-pensants, page 96 (Paris : 2003, publié aux Éditions Albin Michel). Le livre fut écrit par le journaliste Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières et Emmanuelle Duverger, une avocate internationaliste et membre de la Fédération internationale des droits de l’homme. Le livre mentionne les deux pétitions de 1977. Source : site Web «Denistouret.net » (page sur Ménard, N° 6).
  • « La loi de la pudeur« , publié dans le magazine Recherches N° 37, avril 1979, Fous d’enfance, p. 69-82.
  • FOUCAULT, Michel (1994). Dits et écrits 1976-1979. Tome III. Paris: Gallimard, p. 766-776 (Chapitre « La loi de la pudeur »)

En anglais

En italien

Voir aussi

  • Manifeste des 121 – une pétition française de 1960 contre la guerre d’Algérie
  • Manifeste des 343 – une pétition française de 1971 de soutien de la légalisation de l’avortement

Retrouvez l’article original ici…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9titions_en_France_concernant_la_majorit%C3%A9_sexuelle

Pétitions en France concernant la majorité sexuelle

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Les pétitions concernant la majorité sexuelle en France, liées à l’Affaire de Versailles, signées entre 1977 et 19791, alors qu’une réforme du Code pénal français était en cours de discussion au Parlement, par divers intellectuels, personnalités et médecins, ont été montrées du doigt au début des années 2000 lors de la polémique sur les écrits de jeunesse du député européen Daniel Cohn-Bendit. Les livres en français les évoquant ont tous été publiés au XXIe siècle.

L’une d’entre elles proposait d’accélérer les procédures pénales sanctionnant les relations sexuelles avec des mineurs, en recourant à des juges professionnels, et dénonçait la discrimination contre les homosexuels dont la majorité sexuelle n’avait été abaissée qu’ à 18 ans en 1974 contre 15 ans pour les hétérosexuels2. Les deux autres protestaient contre la durée de la détention préventive subie par des suspects dans deux affaires de pédocriminalité couvertes par le secret de l’instruction, dont la presse n’aura les détails que lors de l’audience publique au Tribunal. Cette cause est cependant « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Ces pétitions ont commencé lors de l’Affaire de Versailles, avec trois suspects d’attentat à la pudeur, notion remplacée en 1994 dans la loi française par l’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans et l’agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Oubliées pendant un quart de siècle, elle réapparaissent dans la presse et l’édition quand Daniel Cohn-Bendit répond aux journaux qui ont publié en janvier 2001 des extraits jugés pédophiles de son livre de 1975, en évoquant « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4 dans Le Monde du 22 février 2001. Au Journal de 20 heures de TF1, il dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération publie le lendemain un mea culpa sur ces pétitions sous la plume de l’écrivain Sorj Chalandon6, en estimant que son concurrent Le Monde est aussi concerné, et L’Express des entretiens avec deux signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7. Plusieurs des amis de Cohn-Bendit signent alors une pétition pour le défendre8 estimant que les écrits de son livre n’étaient, eux, « pas scandaleux » mais relevaient d’une nécessaire « explosion de la parole »8.

Le 16 janvier 2019, Vanessa Springora, invitée dans l’émission « La Grande Librairie » y a souligné, tout comme le sociologue Pierre Verdrager et le magistrat Jean-Pierre Rozencsveig, en réponse à une question de l’animateur François Busnel, que les motivations étaient très différentes d’un signataires à l’autre, la plupart voulant dénoncer la discrimination contre les homosexuels, sans savoir que Gabriel Matzneff avait participé à la rédaction du texte.

Contexte général

Le contexte international

Eté 1976: la pression venue du Québec

Au Québec, les milieux homosexuels militent en 1976 pour l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle9 pour les homosexuels9 car à l’approche de l’organisation des Jeux Olympiques de Montréal, les descentes policières se multiplient, en particulier l’arrestation de 89 personnes au Sauna Neptune, en mai 19769, suivie de la création du Comité homosexuel anti-répression (CHAR), en mai 19769, ce qui a aussi créé l’émotion dans les milieux homosexuels en France9 où la loi de 1974 maintient une discrimination de majorité sexuelle, abaissée à seulement 18 ans contre 15 ans pour les hétérosexuels).

Printemps 1977: l’impact de la campagne d’Anita Bryant

La chanteuse américaine de musique folk Anita Bryant a mené en 1977 une campagne à Miami avec pour slogan : « Tuer un homosexuel pour l’amour du Christ », pour abroger une ordonnance locale interdisant toute discrimination basée sur des critères de préférences sexuelles, en tenant des propos à l’origine d’une importante manifestation homosexuelle à Paris, le 25 juin 197710.

L’organisation politique d’Anita Bryant s’appelle Save Our Children (Sauvons Nos Enfants)11. En 1977, le comté de Dade en Floride avait promulgué une ordonnance interdisant toute discrimination sur des critères d’orientation sexuelle et le 7 juin 1977, cette ordonnance anti-discrimination est abrogée: la chanteuse poursuit alors sa croisade d’abord en Floride où elle obtient l’interdiction de l’adoption par des parents homosexuels, puis dans tout le pays contre d’autres ordonnances locales12,13.

En France : évolutions sociales et judiciaires

En France, la défense des suspects de pédophilie, même face à de supposés abus judiciaires, est alors « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Le secret de l’instruction largement préservé jusqu’en 1979

Les pétitions de 1977 et 1979 évoquent deux affaires de mœurs à laquelle la presse n’a encore consacré aucun article, en raison du respect encore très fréquent jusque là du secret de l’instruction. Les détails importants ne seront connus qu’à l’audience, rendue exceptionnellement publique pour précisément faire face à des pétitions signées en aveugle. Dans la première cependant, l’auteur de la pétition, Gabriel Matzneff, qui a longtemps été journaliste, a déclaré dans une tribune libre avoir rencontré un des suspects, afin d’étayer sa version, qui restera la seule connue jusqu’à l’audience.

L’autre pétition, celle de 1979, est publiée en plein milieu d’une violente polémique sur une autre affaire de pédophilie en cours d’instruction où le secret a été violé par le journal d’extrême-droite Minute puis par France-Soir et sans donner la version de l’avocat du suspect en détention préventive.

Du combat révolutionnaire à la contestation des mœurs

Pour l’historien Jean-François Sirinelli, de vifs débats ultérieurs à l’affaire Gabrielle Russier sont relancés en 1977 « avec des intentions et des arrières-pensées multiples »14. Les protagonistes avaient en effet en tête certaines affaires polarisantes, comme celle du suicide en septembre 1969, de Gabrielle Russier14, une professeure qui, à la suite d’une liaison amoureuse avec un de ses élèves alors âgé de seize ans, sera condamnée à un an de prison avec sursis pour enlèvement et détournement de mineur et surtout de la chanson de Charles Aznavour Mourir d’aimer et du film éponyme avec Annie Girardot, comme lui inspiré de l’affaire Gabrielle Russier, qui fait 6 millions d’entrées.

En 1971, Politique Hebdo, magazine emblématique de « l’esprit d’après-68 », écarte un entretien du pédophile René Schérer en raison — selon le témoignage du rédacteur en chef adjoint de l’époque Hervé Hamon — de ses « positions pro-pédophiles »15 tandis que rédacteurs et lecteurs de Télérama et Télé 7 jours déplorent, « au nom de la liberté d’expression », la suppression d’une émission de Michel Polac sur l’inceste, qui cependant pour eux « avait de quoi choquer »16.

Pour Sirinelli, une autre évolution se produit entre 1977 et 1979: le combat révolutionnaire anti-capitaliste cède la place à des contestations plus élargies qui concernent notamment la sphère de la famille, de l’intimité14. Cette évolution ne concerne qu’une « poignée d’intellectuels » selon Virginie Girod, docteure en histoire3 menés par Guy Hocquenghem, ex-amant et élève de l’écrivain pédophile René Schérer et pilier depuis 1975 du quotidien Libération, dont le tirage en 1978 à 37 000 exemplaires par jour, en croissance mais trop faible pour rester viable17. Rouge, quotidien d’extrême-gauche rival18, estime qu’il faut être du côté des accusés, coupables de seulement « quelques photos » mais s’interroge cependant sur la « volonté des révolutionnaires, dont la plupart se tairont sans doute »18 puis découvre que les faits et les expertises judiciaires lors de l’audience publique, au cours de laquelle Le Monde prend clairement ses distances avec cette cause19. Le plus célèbre des livres de l’écrivain le plus connu de cette mouvance, Gabriel Matzneff, ne s’est vendu qu’à 20 000 exemplaires20.

L’expertise judiciaire prend en compte la parole des victimes

L’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans une interview à Mediapart, note que si les textes judiciaires régis par la loi de 1832 ne posaient pas la question du consentement, les juges la posent souvent en pratique, quitte à juger que la victime a provoqué ce qui lui arrivait et, dans les années 1920, les psychiatres écrivent souvent que les jeunes filles sont consentantes, signe d’une « méfiance généralisée à l’égard de la parole des enfants » qui ne sera prise en compte que par l’évolution des « sciences du psychisme ». L’émergence sur la scène publique et politique des débats autour de la pédophilie, à la fin des années 1970, « a contraint les psychiatres et les psychanalystes à s’interroger de manière approfondie sur ce qui se passait en réalité. Cette période marque un tournant. Lorsque les experts sont amenés à s’exprimer dans les années 1960, ils peuvent parfaitement dire “cette petite fille est une débauchée, il faut prendre son témoignage avec méfiance”. Alors que les mêmes experts la croiront dix ans plus tard et assureront qu’elle n’a rien à se reprocher »21.

Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans son Histoire de la pédophilie, remarque que la psychanalyse a mené dès Sigmund Freud à une nouvelle conception de l’enfance et incite, notamment grâce au succès des thèses de François Dolto au début des années 1970, les médecins et les experts judiciaires à prendre en compte la parole de l’enfant en tant que victime et à le préserver22.

Pétition dans le Monde du 26 janvier 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde publie le 26 janvier 1977, veille du procès de l’Affaire de Versailles, le « communiqué » d’une pétition estimant que « trois ans, ça suffit » pour Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, en détention préventive depuis trois ans et deux mois car accusés d’attentat à la pudeur contre trois enfants de 13 et 14 ans23. Le secret de l’instruction fait qu’aucun journal n’a parlé de l’enquête. Trois jours après, Le Monde prend ses distances avec la pétition19 et dénonce la gravité des faits19.

Deux mois avant, le 8 novembre 1976, une « Tribune libre » de Gabriel Matzneff dénonce ces trois ans de détention préventive24, la « discrimination »24 contre les homosexuels par le Code pénal, le « silence » des intellectuels24 et même la « gêne, teintée de réprobation »24, qui font de lui « un homme isolé »24 malgré les attaques et la plainte d’un téléspectateur24, après son premier passage à la nouvelle émission de télévision littéraire de Bernard Pivot, Apostrophes, le 12 septembre 197524. Matzneff dit avoir rencontré un des trois hommes24 arrêtés à l’automne 1973. Le 22 novembre 1976, Le Monde signale « de nombreuses réactions de nos lecteurs pour la plupart critiques, voire hostiles et quelquefois indignées »25 à la « Tribune libre » de Gabriel Matzneff et en publie trois25.

Dans cette « simple affaire de “mœurs” (…) les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence », dénonce la pétition, qui juge « disproportionnées »23 les peines encourues (5 à 10 ans de prison), alors que « la loi reconnaît une capacité de discernement aux adolescents, qui peuvent être jugés et condamnés à partir de l’âge de 13 ans »23.

La pétition estime que la Cour d’assises doit les libérer, car trois ans de détention « ça suffit ! »23, mais ne réclame pas de changement de la loi23, même si elle souligne que des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France23 depuis la Loi Veil de 1974. La pétition semble ainsi ignorer que cette Loi Veil ne l’autorise que pour les centres de planning familial et sur prescription médicale26.

Le lendemain de la pétition, le procès débute. Le Monde félicite la Cour d’assises de supprimer le huis clos19 même si les victimes sont mineures, pour que les signataires de la pétition comprennent pourquoi l’enquête a duré plus de trois ans19 et son évolution : les victimes affirmaient certes avoir donné leur consentement, mais il s’avère très fragile vu leur âge et l’influence des adultes, comme le révèle l’audience publique. Les témoins y révèlent aussi des faits plus graves que les simples caresses et baisers évoqués par la pétition19, signée par 69 personnes au cours des semaines précédentes. Si la durée de la détention provisoire était « inadmissible », « là s’arrête l’indignation » écrit le journaliste envoyé par Le Monde19, pour qui « ce procès n’est pas » celui « d’une société ultra-répressive »19 mais de « trois hommes qui ont repris en compte à leur profit, et pour leur plaisir, des pulsions sexuelles »19. Il « est naturel de ne pas aimer cette forme d’amour et d’intérêt », conclut le journal19.

Parmi les signataires, des futurs ministres, Jack Lang, Bernard Kouchner, des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, André Glucksmann, Gilles Deleuze, Roland Barthes, Francis Ponge et Guy Hocquenghem, ainsi que quelques médecins23,1.

[masquer]

Liste complète des signataires23.

Auteur

L’auteur de cette pétition est resté inconnu pendant 36 ans. Le 7 septembre 2013, agacé par des journalistes qui en parlent sans l’avoir lu, Gabriel Matzneff revendique la responsabilité et la rédaction du texte dans une chronique de son site personnel intitulée « Couvrez cette pétition que je ne saurais voir »27,28.

Il y explique les circonstances dans lesquelles est née la pétition, résumé d’une chronique parue dans Le Monde le 8 novembre 1976 sous le titre « L’amour est-il un crime ? »29. La quête des signatures fut menée par Matzneff, avec l’aide de Guy Hocquenghem. Selon lui, la plupart des personnes contactées se montrèrent favorables. Parmi les refus, Marguerite Duras, Hélène Cixous, Xavière Gauthier, et Michel Foucault.

Toujours en 2013, Matzneff ne renie en rien les valeurs exprimées par cette pétition : « J’en suis très fier et, si je l’écrivais aujourd’hui, je n’en modifierais pas le moindre mot, car elle est encore plus actuelle, nécessaire aujourd’hui qu’en 1977. »

Lettre ouverte dans Le Monde du 23 mai 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde est le seul journal à publier le 23 mai 1977, au lendemain du verdict dans l’Affaire de Versailles, des extraits d’une lettre ouverte écrite à la suite de la pétition du 26 janvier 1977, qui fait aussi référence exclusivement à l’Affaire de Versailles, pour que la pédocriminalité soit jugée plus rapidement, et donc par les magistrats professionnels d’un tribunal correctionnel plutôt que par cour d’assises2.

Des extraits sont publiés par le seul journal Le Monde30, qui cite les rappels des lois de 1810, 1836, 1863 et 1945 faits par la pétition30 et n’élude que la dizaine de lignes sur vingt consacrées à l’Affaire de Versailles, dont le verdict vient d’être rendu, cinq ans de prison avec sursis. Le Monde préfère s’en tenir à la conclusion des signataires qui « demandent que le dispositif pénal soit allégé, que de telles affaires, aujourd’hui passibles de la cour d’assises, soit jugées par un tribunal correctionnel », car « la détention préventive, en matière correctionnelle, ne peut excéder six mois »30.

Le texte souhaite aussi limiter à 5 ans de prison ferme la peine maximum encourue en cas d’attentat à la pudeur, le viol restant passible de Cour d’assises30,2.

L’appel explique que l’Affaire de Versailles, « jugée en audience publique, a posé le problème de savoir à quel âge des enfants ou des adolescents peuvent être considérés comme capables de donner librement leur consentement à une relation sexuelle. C’est là un problème de société. Il appartient à la commission de révision du code pénal d’y appporter la réponse de notre temps »30, pour des textes de loi « rajeunis et actuels »30.

La partie citée dans le court article du Monde évoque le droit du « détournement de mineur — dont le délit peut être constitué par le seul hébergement d’un mineur pour une nuit », prétend la pétition.

Le texte ne propose cependant à aucun moment de dépénaliser la pédophilie2. Ainsi, selon l’historien Jean Bérard, l’une des signataires, Françoise Dolto, estime que les relations sexuelles entre mineurs et adultes sont toujours source de traumatisme31,16.

Cependant, le texte observe avec une certaine désinvolture que « la qualification criminelle aboutit aujourd’hui à des conséquences aberrantes. En effet, le législateur se fait complice de l’acte incriminé puisque, d’autre part, il autorise la vente de contraceptifs aux filles de moins de quinze ans »30, alors que la Loi Veil ne l’autorise que sur prescription médicale et dans un dispensaire du Planning familial.

Ainsi ces pétitions « touchant à la norme et à la transgression dans des domaines aussi délicats que les rapports avec les enfants leur conféra parfois, par le ton utilisé, un caractère désinvolte (…) qui les placera ensuite en porte-à-faux » expliquera en 2007 l’historien Jean-François Sirinelli, pour qui les motivations des signataires sont très différentes de l’un à l’autre32.
Le texte parait dans les pages « Opinions » sous le titre « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs »2.

Moins de deux ans après, Le Monde reviendra sur cette affaire, pour souligner qu’entre-temps, à « en juger par l’émotion suscitée par l’Affaire Jacques Dugué »33, la révision des articles du code pénal portant sur les relations mineurs-adultes, demandée par ces personnalités, « n’est pas prête d’être acceptée par l’opinion »33.

Un mois après l’appel de mai 1977 sort le premier livre d’un des signataires, Pascal Bruckner, Le Nouveau désordre amoureux, plaidoyer pour la diversité des sexualités, dont l’un des chapitres sera jugé « plus que complaisant » envers l’apologie de la pédocriminalité professée trois ans auparavant par l’écrivain Tony Duvert34,35,36.

C’est seulement en 1982 que la loi placera la majorité sexuelle à 18 ans pour les homosexuels16.

Les signataires de la lettre ouverte du 23 mai 1977

Les signataires sont 80 personnalités et intellectuels30,37.

[masquer]

Liste complète des signataires23.

Le Monde reproduit les signatures d’intellectuels comme Louis Althusser, Jean-Paul Aron, Roland Barthes, André Baudry, Simone de Beauvoir, Jean-Claude Besret, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, François Chatelet, Patrice Chéreau, Copi, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, Félix Guattari, Michel Leiris, Gabriel Matzneff, Bernard Muldworf, Christiane Rochefort, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, le docteur Pierre Simon et Philippe Sollers30.

La lettre a également été signée par Dennis Altman (en), Claude Bardos, le pasteur G. Berner, Christian Bourgeois, Christine Buci-Glucksmann, Jean-Pierre Colin, Dominique Desanti, Jean-Toussaint Desanti, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, Philippe Gavi, André Glucksmann, Renaud Goyon, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Jean-Luc Hennig, Christian Hennion, Guy Hocquenghem, Roland Jaccard, Pierre Klossowski, Anne Laborit, Madeleine Laïk, Georges Lapassade, Dominique Lecourt, Jacques Lefort, Michel Lobrot, Jean-François Lyotard, Michel Mardore, Dionys Mascolo, Gérard Molina, Vincent Monteil, Nicole Nicolas, Marc Pierret, Jacques Rancière, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Jean Ristat, Gilles Sandier, René Schérer, Victoria Thérame, Hélène Védrine et les Drs Frits Bernard, Boegner, Cabrol, Challou, Maurice Eme, Pierrette Garreau, R. Gentis, Michel Meignant, Jean Nicolas, Séguier, Torrubia2.

Pétition dans Libération du 23 mars 1979

 Article détaillé : Affaire des films de la FNAC.

Le 23 mars 1979, dans un climat politique tendu, une pétition titrée « Flip Fnac » est publiée dans la page « Courrier des lecteurs » du journal Libération, alors en grande difficulté. La pétition dénonce la détention préventive de 18 mois, dont 9 à l’hôpital psychiatrique de Villejuif, imposée à Gérard Roussel. Presqu’aucun détail n’a filtré en raison du secret de l’instruction : il a été arrêté en septembre 1977 à la FNAC, où il venait retirer, sous un nom d’emprunt, un film super-8, qui mettait en scène une fillette de sept ans. Un employé du magasin, choqué par les images, a signalé le film à la police, qui lui a tendu une souricière38.

La prise de distance du Monde sur l’affaire Flip Fnac et l’audience

Les juges ont entre-temps « correctionnalisé » l’affaire39, pour arriver plus vite au procès et réduire le risque encouru de 10 ans à 5 ans de prison ferme, en transformant les accusations, d’« attentats à la pudeur commis sans violence contre des enfants de moins de quinze ans » à « violences et voies de fait commises contre des enfants de moins de quinze ans »39, bien que l’on « puisse contester que des violences contre des enfants soient plus répréhensibles qu’un attentat à la pudeur commis avec leur consentement », estime alors, début avril 1979, Le Monde39, qui cite par ailleurs une partie du texte de la pétition parue dans Libération40 :

« Donner de l’amour à un enfant et en recevoir de lui par une présence, de la tendresse, des caresses, est un délit, voire un crime. On sait aussi que deux mineurs, qui font l’amour ensemble, se détournent l’un l’autre aux termes de la loi. Le caractère anachronique de cette législation est renforcé par le fait qu’une jeune fille de moins de quinze ans peut se procurer une contraception, sans l’autorisation de quiconque »39.

Devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Paris38, Gérard Roussel comparait le 30 mars 1979, finalement accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec des fillettes de 6 à 12 ans. Le suspect ne conteste pas les faits et nie juste qu’il y ait eu « pénétration réelle ».

Le dessin pédophile des graphistes de Bazooka dans Libération

La pétition a été publiée seulement dans Libération. Le quotidien, pour la première fois17 en perte (11 % de son chiffre d’affaires 197817) est alors déclaré « non-viable » car il ne tire qu’à 37 000 exemplaires, loin des 50 000 nécessaires pour équilibrer son budget17. Face à trois rivaux, Le Matin de Paris, fondé le 1er mars 197741, The Paris Metro42 créé à l’été 1977 et Rouge, devenu quotidien du 15 mars 1976 au 3 février 1979, Libération commence à publier des annonces destinées à des mineurs de 12 à 18 ans38, car il a eu vent du projet de magazine, Le Gai Pied, lancé le 1er avril 197938 sur fond d’Affaire Jacques Dugué, autre pédocriminel, en détention préventive depuis juillet 1978, révélée par le journal d’extrême droite Minute en septembre 197838. Serge July, directeur de Libération, avait recruté à l’été 1977 Bazooka, groupe de graphistes inspirés par les Sex Pistols du Mouvement punk et la sortie de God Save the Queen (chanson). July lui offre « une totale liberté d’expression », pour « secouer » le journal43. Selon lui « l’agression » graphique pratiquée par Bazooka « est aujourd’hui une manière d’exister, d’entretenir un rapport avec un monde désespérant »44. Bazooka intervient au « marbre » (maquette) juste avant le départ au rotatives mais sa « dictature graphique »44 provoque les réticences de la rédaction et la collaboration cesse. Bazooka travaille alors pour une autre publication, créée par Libération, la revue Un Regard moderne45, arrêtée en novembre 1978, après seulement six numéros, la rédaction de Libération accusant Bazooka de « pirater le journal au montage »46 par la publication, dans dans la page d’annonce « Taules » de la revue encartée dans le numéro du 5-6 novembre 1978, consacrée aux détenus, d’un dessin pédopornographique38.

Le climat politique délétère autour de l’affaire Jacques Dugué

Bazooka l’accusant de censure, Libération multiplie les interviews de provocation (Jacques Mesrine, Hans-Joachim Klein) et s’empare de l’Affaire Jacques Dugué, qui rebondit en janvier 1979, malgré le secret de l’instruction : trois mois après Minute, France-Soir, qui a perdu 40 % de ses journalistes dans la clause de cession liée au rachat par Robert Hersant, titre à son tour sur « une écœurante affaire de mœurs » où un « soi-disant éducateur aurait livré à la prostitution internationale des régiments de gamins ». Minute surenchérit, affirmant que Dugué est adhérent communiste. Démenti de la mairie de Saint-Ouen et de L’Humanité, à qui Marc Croissant, employé d’une autre mairie communiste, à Ivry, écrit47 pour prendre la défense de Dugué. Libération propose alors à Jacques Dugué d’écrire de sa prison une « tribune libre ». Publiée le 21 janvier 1979, elle déclenche un scandale car Dugué fait l’apologie de la « sodomisation » d’enfants. En réaction, le directeur de L’Humanité, Roland Leroy, accuse Libération de défendre les pires causes, à commencer par des « proxénètes d’enfants ». Dans Libération du 1er mars, Jean-Luc Hennig, proche du militant homosexuel Guy Hocquenghem écrit : « on n’a pas eu Libération par la politique on l’aura par le cul »38. Quelques jours après, un éditorial de Serge July se vante d’avoir subi 9 inculpations en quelques mois38, mais pour la plupart sans lien avec la pédophilie.

Le Monde ne prend lui parti dans aucune des deux affaires. Il obtient le 27 février des informations des enquêteurs, évoquant les « 15 jours dans le coma » de Jacques Dugué33, qui vient de se pendre suite à « la quasi-certitude d’être lourdement condamné »33 mais aussi « les victimes (qui) seraient au nombre d’une trentaine »33 et ne « se livraient pas seulement à des jeux innocents », tandis que « l’un des parents » avait porté plainte33.

Exclu du PCF, licencié le 6 février48, Marc Croissant est la cible le 15 mars, d’un tract communiste jugé « intolérable » par Libération. Une semaine après, dans ce climat délétère, Libération publie la pétition « Flip Fnac », signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort49. En 2001, L’Express y voit un exemple de dérive d’une partie de la génération 6849, même si la plupart des signataires sont plus âgés.

Pétition de soutien à Cohn-Bendit dans Libération du 1er mars 2001

En janvier 2001, la journaliste allemande Bettina Röhl50 qui n’avait que 14 ans50 lors du suicide de sa mère Ulrike Meinhof, cofondatrice de la Fraction armée rouge51, diffuse à plusieurs grands journaux anglais, italiens et allemands52 un article publié par Daniel Cohn-Bendit en 1976, peu après le suicide de sa mère, dans le magazine culturel de son père, qu’elle accuse de l’avoir abandonnée50. Cet article reprenait un chapitre du livre Le Grand Bazar, dans lequel Daniel Cohn-Bendit évoquait l’année précédente ses activités d’aide-éducateur à Francfort en théorisant l’éveil à la sexualité des enfants de 1 à 6 ans et témoignant de rapports physiques à connotation sexuelle que Daniel Cohn-Bendit a entretenus avec eux.

Daniel Cohn-Bendit évoque alors dans Le Monde du 22 février 2001 « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4. L’écrivain Sorj Chalandon rédige le lendemain un mea culpa de Libération sur des pétitions oubliées datant des années 19706 et L’Express publie des entretiens avec deux de leurs anciens signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7.

Au journal de 20 heures de TF1, Cohn-Bendit dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération pourfend le même jour une « haine de Mai 68 qui n’a jamais abdiqué »53 dans un numéro consacrant six articles à l’affaire dont ceux de trois « ex-soixante-huitards » (Romain Goupil, Serge July et Philippe Sollers) remontés contre un « procès stalinien » visant selon eux Cohn-Bendit, celui de Romain Goupil étant même titré « J’ai envie de dire : oui, je suis pédophile ! »54. Une semaine après plusieurs de ses amis signent une pétition titrée « Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ? »8. « Écrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit ? Non, ceux d’une nécessaire explosion de parole » dit le texte, en estimant que la révolution sexuelle a d’abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire « non ».

Notes et références

  1. « Trois soixante-huitards dénoncent un “procès stalinien” », Libération,‎ 23 février 2001 (lire en ligne [archive]).

Annexes

Les livres en français évoquant les pétitions en France concernant la majorité sexuelle ont tous été publiées au XXIe siècle.

Bibliographie

Voir aussi

Lien externe

 



Procès d’Harvey Weinstein : une psychiatre non brestoise déconstruit les mythes autour du viol

Je souligne que celle-là n’est pas brestoise, car la fonction principale des psychiatres de l’hôpital psychiatrique de Bohars, du CHU de Brest, est toujours de protéger violeurs et pédophiles contre les plaintes potentielles ou effectives de leurs victimes.

Barbara Ziv est tout au contraire une psychiatre médico-légale à l’américaine, c’est-à-dire sans l’ombre d’une quelconque déformation trotskyste.

Elle ne fait pas profession de manipuler tous azimuts (individus, masses, jurés), elle dit simplement ce qui est.

Pour ma part, j’ajoute à toutes ses explications une évidence qui est trop souvent oubliée : d’innombrables victimes de viols ou d’autres agressions sexuelles ne sont plus là pour dénoncer ce qu’elles ont subi ou en parler, car elles y ont laissé leur vie. Quant aux autres, dès le tout premier instant de leur agression – si elles étaient conscientes, bien entendu -, elles ont aussi pensé que pour elles, tout était fini, et n’ont dès lors été guidées dans toutes leurs réactions, aussi diverses soient-elles, souvent fonction des circonstances, que par l’instinct de survie.

 

 

https://www.francetvinfo.fr/culture/cinema/affaire-harvey-weinstein/proces-d-harvey-weinstein-pour-contrer-la-defense-une-psychiatre-vient-deconstruire-les-mythes-autour-du-viol_3799249.html

Procès d’Harvey Weinstein : pour contrer la défense, une psychiatre vient déconstruire les mythes autour du viol

 

Barbara Ziv, psychiatre médico-légale, avait témoigné en 2018 au procès de Bill Cosby pour agressions sexuelles. Elle est venue contredire, recherches à l’appui, plusieurs des arguments de la défense d’Harvey Weinstein.

 

La psychiatre médico-légale Barbara Ziv, accompagnée des procureures Joan Illuzzi-Orbon et Meghan Hast, quitte la Cour suprême de New York (Etats-Unis), le 24 janvier 2020. 
La psychiatre médico-légale Barbara Ziv, accompagnée des procureures Joan Illuzzi-Orbon et Meghan Hast, quitte la Cour suprême de New York (Etats-Unis), le 24 janvier 2020.  (JEENAH MOON / GETTY IMAGES NORTH AMERICA / AFP)

 

Son expertise était très attendue au 15e étage de la Cour suprême de New York. « Nous appelons à la barre la docteure Barbara Ziv. » Les cheveux au carré, une veste noire cintrée, Barbara Ziv prend place dans la salle d’audience et jure de dire « toute la vérité, rien que la vérité ». Sur le grand écran derrière elle apparaît une présentation intitulée « Les mythes sur le viol ». 

Au lendemain du terrible témoignage d’Annabella Sciorra, l’une des femmes accusant Harvey Weinstein de l’avoir violée, l’accusation a fait intervenir pendant plus de deux heures cette psychiatre médico-légale au procès du producteur déchu. Barbara Ziv, spécialiste des violences sexuelles et des traumatismes qu’elles engendrent, a démonté un par un les clichés les plus communs sur le viol et les agressions sexuelles, apportant un solide contrepoids aux arguments avancés par la défense.

Les viols sont rarement commis par des inconnus

L’enseignante de l’université de Temple, en Pennsylvanie, compte « plus de 1 000″ évaluations de victimes et auteurs de violences sexuelles à son actif. Barbara Ziv connaît bien l’exercice auquel elle se prête, face à Harvey Weinstein. En 2018, la psychiatre avait apporté son savoir au procès de l’ancienne star de la télévision américaine Bill Cosby, jugé pour agression sexuelle. Ce dernier avait ensuite été reconnu coupable et incarcéré.

« Les gens pensent savoir des choses au sujet des violences sexuelles. Ils évaluent ces agressions avec des idées préconçues, qui sont souvent fausses. C’est cela, les mythes sur le viol », commence Barbara Ziv. Parmi les clichés les plus communs, l’idée selon laquelle un viol est forcément commis par un parfait inconnu. « Faux », tranche avec certitude la psychiatre, pourcentages à l’appui. Dans plus de 85% des cas, le violeur est au contraire une connaissance, et bien souvent un proche de la victime. L’exposé de Barbara Ziv résonne avec une autre parole à la barre, 24 heures plus tôt : celle d’Annabella Sciorra, en réponse à une question de l’accusation :

« Pensiez-vous avoir été violée à ce moment-là ? 

- Non, car c’était quelqu’un que je connaissais. Je pensais que les viols étaient commis dans des ruelles, par de sombres inconnus. » 

Sur l’écran ce vendredi matin, un nouveau mythe apparaît en lettres majuscules. Celui selon lequel les victimes de violences sexuelles résistent forcément à leurs agresseurs. La défense d’Harvey Weinstein en a largement fait usage, jeudi, pour discréditer le témoignage d’Annabella Sciorra. « Avez-vous crié ? Oui ? Avez-vous continué de crier ? L’avez-vous griffé, avez-vous tenté de le blesser aux yeux ? » avait questionné sans vergogne Donna Rotunno.

Il est très commun de croire cela et pourtant, c’est faux. Seulement 20% à 40% des personnes agressées crient, très peu s’enfuient en courant. Il est rare de voir des victimes de violences sexuelles résister.Barbara Ziv, experte psychiatre au procès d’Harvey Weinstein

Il est encore plus rare de les voir porter plainte, poursuit la psychiatre. Nombre de victimes, développe-t-elle, parlent à un ami. Très peu se confieront à un médecin, encore moins à un policier. Le viol, souligne Barbara Ziv, « est le crime le moins signalé aujourd’hui ». Un éclairage pour mieux comprendre pourquoi Annabella Sciorra — et tant d’autres femmes — n’ont jamais porté plainte.

« Elles peuvent rester en lien avec leur agresseur »

A la barre, la psychiatre continue de détricoter les idées reçues. Depuis les plaidoiries d’ouverture de la défense, mercredi, une question se pose dans ce procès pour viols et agressions sexuelles : pourquoi les deux plaignantes, Miriam Haleyi et Jessica Mann, ont-elles gardé contact avec leur agresseur présumé, Harvey Weinstein ? Pour quelles raisons Jessica Mann a-t-elle même eu une relation intime avec l’ancien magnat d’Hollywood, après le viol qu’elle affirme avoir subi ? Les avocats de l’accusé entendent bien l’emporter sur ce point : pour eux, ces communications et contacts parfois intimes impliqueraient une relation consentie dès le départ.

« Il y a un autre cliché très répandu sur les viols : le fait que les victimes n’ont plus aucun contact avec leur agresseur après », réplique Barbara Ziv. En réalité, bien souvent, ces contacts persistent. « Cela peut être une relation qui continue, ou même une relation qui se développe avec le violeur », détaille l’enseignante.

Souvenez-vous que dans 85% des cas, il s’agit de quelqu’un qu’elles connaissent. Parfois, elles ne veulent pas croire que cela leur est arrivé ; elles restent donc en lien avec l’agresseur. Barbara Ziv, experte psychiatre au procès d’Harvey Weinstein

Une réaction aussi causée, au-delà du déni, par la peur « que les choses empirent » si elles cessent tout contact. Face aux jurés, la spécialiste des violences sexuelles rappelle que les victimes font souvent face à des menaces de la part de leur violeur. « Elles ne veulent pas qu’il mette en péril leur carrière, leurs relations amicales… Il y a toujours, chez les victimes, la crainte que l’agresseur ne ruine leur vie. »

Barbara Ziv aborde ensuite la question des souvenirs de ces violences sexuelles. Une victime de viol peut ainsi se rappeler certains détails tout en oubliant des éléments plus évidents. « Elles peuvent se tromper sur leur tenue ce jour-là, ou sur le jour de la semaine où cela a eu lieu. Cela ne veut pas dire que leurs accusations sont fausses », souligne-t-elle.

La défense d’Harvey Weinstein a répliqué lors de son contre-interrogatoire. Damon Cheronis, l’un des avocats de l’ancien magnat d’Hollywood, a évoqué la possibilité, pour des femmes, de requalifier un rapport sexuel consenti en viol, parfois des années plus tard. « Tout est possible, [mais] ce n’est pas habituel », a assuré la psychiatre. Et l’experte d’ajouter sans filtre, une fois interrogée sur l’idée d’« un rapport sexuel non voulu mais consenti » : « C’est un concept ridicule. » 

 



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