Des Rafale français « délivrent » des bombes en Syrie

L’Armée de l’Air française avait débuté ses interventions en Syrie il y a un mois, les 8 et 9 septembre 2015, par des missions de reconnaissance annoncées seulement la veille par le chef de l’Etat.

Elle a frappé des positions de Daech en Syrie une première fois le 27 septembre 2015, et une seconde fois cette nuit.

« Des Rafale français ont délivré des bombes sur ce camp d’entraînement et les objectifs ont été atteints. Je remercie et félicite les pilotes français pour cette opération », a déclaré ce matin sur Europe 1 le ministre de la Défense Jean-Yves Le Drian.

On ne largue plus des bombes, on les délivre comme des messages.

Rappelons cet autre message récemment délivré par la Cour d’Appel de Paris :

 

http://actualitesdudroit.lamy.fr/Accueil/Articles/tabid/88/articleType/ArticleView/articleId/126882/Premiere-application-de-la-loi-Loppsi-2-.aspx

 

Un éditeur et trois journalistes étaient les premiers à être poursuivis en justice en vertu de la loi « Loppsi 2 »  sur la sécurité intérieure promulguée en mars 2011.Ils ont été condamnés chacun à 2.000 euros d’amende avec sursis par la Cour d’appel de Paris, le 17 septembre.

On rappellera que ce texte punit de cinq ans d’emprisonnement et de 75.000 euros d’amende « la révélation de toute information qui pourrait conduire, directement ou indirectement, à la découverte de l’identité (…) d’un agent des services spécialisés de renseignement ».
Dans son arrêt, la Cour d’appel a relaxé les journalistes et l’éditeur pour quatre des cinq agents cités considérant que « seule l’appartenance au service » de l’un d’entre eux n’avait en réalité jamais « été précédemment divulguée« .

Pour la Cour, « le souci des auteurs de dénoncer les conditions, selon eux, contraires aux règles acceptables de recrutement de ce fonctionnaire en raison de ses liens familiaux avec une personne condamnée à plusieurs reprises, ne peut justifier, par ce seul motif (…) de divulguer la fonction qu’il exerce au sein d’un service de renseignement« .

Lionel Costes
CA Paris, 17 sept. 2015
21/09/2015

 

 

http://www.europe1.fr/politique/le-drian-la-france-a-frappe-daech-en-syrie-cette-nuit-2526911

Le Drian : « la France a frappé Daech en Syrie cette nuit »

Publié à 08h20, le 09 octobre 2015, Modifié à 09h41, le 09 octobre 2015

Par L.H. 

Le ministre de la Défense a annoncé une deuxième frappe française, vendredi sur Europe 1.

 

INTERVIEW – Pour la deuxième fois, l’aviation française a mené une frappe sur le territoire syrien. « La France a frappé Daech en Syrie cette nuit, à Raqqa. Ce n’est pas la première fois, ce n’est pas la dernière fois », a annoncé Jean-Yves Le Drian, vendredi sur Europe 1. « Nous avons frappé parce que nous savons qu’il y a en Syrie, en particulier dans les environs de Raqqa, des centres de combattants étrangers dont la mission n’est pas d’aller combattre pour Daech sur le Levant, mais de venir en France, en Europe, pour commettre des attentats », a expliqué le ministre de la Défense au micro de Jean-Pierre Elkabbach.

« Des Rafale français ont délivré des bombes sur ce camp d’entraînement et les objectifs ont été atteints. Je remercie et félicite les pilotes français pour cette opération », a poursuivi Jean-Yves Le Drian. « Il y avait deux Rafale frappeurs plus des Rafale d’accompagnement », a-t-il précisé.

« 80 à 90% » des actions militaires russes « ne visent pas Daech ». Interrogé sur l’intervention de l’armée russe en Syrie, Jean-Yves Le Drian a estimé que  »80 à 90% » des actions militaires russes « ne visent pas Daech. Elles visent en priorité la sécurité de Bachar al-Assad ». Une déclaration qui va dans le sens des affirmations de Washington cette semaine.

« C’est Daech notre adversaire principal ». Le groupe Etat islamique ou Bachar al-Assad, qui est le plus grand ennemi de la France ? « La menace pour la France, c’est Daech », a tranché Jean-Yves Le Drian. « C’est en Syrie que s’organisent potentiellement des attentats, que s’organise la formation de combattants étrangers dont la mission est de venir nous frapper ici ». « Bachar, c’est l’ennemi de son peuple depuis longtemps », a ajouté le ministre. « Bachar est le point de départ du chaos. Bachar a éliminé 250.000 Syriens. Bachar assassine son peuple », a-t-il énuméré. Toutefois, « nous estimons que c’est Daech notre adversaire principal », a-t-il martelé.

« Ne pas faire de victimes collatérales ». Les frappes en Syrie risquent-elles de provoquer des victimes civiles ? « Daech s’est organisé de telle sorte que des enfants, des femmes, des civils soient en première ligne. Les responsables se cachent dans des écoles, des mosquées, des hôpitaux, ce qui rend l’action de la coalition en Irak et l’action de la France et d’autres partenaires en Syrie difficile, parce que nous ne souhaitons pas faire de victimes collatérales », a admis Jean-Yves Le Drian. « Nous sommes donc très exigeants sur les cibles que nous avons l’intention de viser, en étant en même temps très exigeants sur la nécessité de combattre Daech ».

L’interview intégrale de Jean-Yves Le Drian :

Sur le même sujet

http://www.avionslegendaires.net/2015/09/actu/france-intervient-enfin-syrie/

La France intervient (enfin) en Syrie

7 septembre 2015

Des Rafale français

 

C’est désormais officiel, le Président de la République François Hollande l’a annoncé lors de sa traditionnelle conférence de presse : l’Armée de l’Air va procéder à des vols de reconnaissance au-dessus du territoire syrien, afin de repérer des positions armées du groupe terroriste Daech. Ces vols devront préfigurer de futures frappes aériennes menées par nos aviateurs.

François Hollande a par ailleurs annoncé que les premiers de ces vols de reconnaissance auront lieu dès ce mardi 8 septembre 2015. On ignore cependant s’ils seront le fait de drones de reconnaissance ou d’avions de combat. Il est à signaler que les Dassault Mirage 2000D et Rafale B/ C déployés dans la région sont totalement adaptés à ce type de missions. Le fameux Dassault Atlantique 2 de la Marine Nationale pourrait lui aussi être mis à contribution.

Cependant on peut « parier » que ces reconnaissances aériennes seront réalisées par des chasseurs, les équipages de l’Armée de l’Air ayant démontré leur très grand professionnalisme dans ce type de vols beaucoup plus risqués qu’il n’y parait de prime abord. Au-dessus de l’Irak les premiers vols réalisés par nos aviateurs voici un an étaient déjà des missions de renseignement. La reconnaissance armée est même devenue une spécialité des hommes et des femmes évoluant sur Rafale, eux qui ont la possibilité ainsi de frapper d’éventuelles cibles dites d’opportunités au moyen de leurs bombes à guidage laser et/ou GPS.

Dans le même temps le Président de la République a exclu l’envoi de troupes françaises sur les sols irakiens et syriens, refusant je cite de « transformer une opération en force d’occupation ». Il ne devrait donc pas à priori y avoir de sitôt d’hélicoptères de transport et de manœuvres aux couleurs de l’Armée de l’Air et de l’ALAT dans la région. Bien entendu les déclarations du Chef de l’État n’impliquent pas une éventuelle participation des équipages du GAM-56 Vaucluse. Il n’est en effet pas à exclure la possibilité que des barbouzes soient déjà présentes dans la région. Vous me l’accorderez c’est là un tout autre débat.

Avec ce nouveau front qui s’ouvre pour nos pilotes et équipages la BAP, la très discrète Base Aérienne Projetée en Jordanie prend tout son sens. Elle pourrait dans les prochaines semaines monter en puissance, et ne plus uniquement servir au profit des Mirage 2000D de l’Armée de l’Air.

Cette décision présidentielle française d’élargir l’opération Chammal au théâtre syrien démontre bien que la France a dans son ensemble pris conscience du drame humain (et humanitaire) né de l’implantation progressive de cet autoproclamé État Islamique. Celui-ci met en effet en péril non seulement la stabilité régionale du Proche Orient mais aussi celle de l’Europe au travers de la fameuse crise des migrants qui se joue actuellement en Méditerranée. Hors les services de renseignement des différents pays européens, mais aussi de nos alliés nord-américains, ont clairement établis depuis plusieurs mois que la Syrie est aussi (et surtout) l’une des principales bases arrières pour le terrorisme djihadiste.

Photo © Armée de l’Air

 

http://www.avionslegendaires.net/2015/09/actu/survols-francais-de-syrie-senchainent/

Les survols français de la Syrie s’enchaînent

10 septembre 2015

ATL2_MinDef-700x357 dans Calomnie

 

Depuis la décision présidentielle d’engager la force Chammal dans des opérations au-dessus du territoire syrien les opérations se multiplient. Entre ce mardi 8 et ce mercredi 9 septembre 2015 pas moins de deux missions de reconnaissance aérienne ont été réalisé par les équipages français afin de localiser les positions des troupes ennemies. Si la première a été particulièrement médiatisée la seconde le fut beaucoup moins.

Ce mardi 8 septembre 2015 donc deux avions de combat Dassault Rafale appartenant à l’Armée de l’Air ont réalisé le premier survol opérationnel de la Syrie par des aéronefs de la force Chammal. Partis de la base émiratie les chasseurs omnirôles français ont pu réaliser leur mission grâce au soutien d’un de nos ravitailleurs en vol Boeing C-135FR.

Les images et informations collectées par les équipages des biréacteurs permettront d’élaborer des schémas d’engagement et de définir les futures cibles des frappes aériennes de la coalition internationale contre l’autoproclamé État Islamique.

Le lendemain, mercredi 9 septembre, c’est l’avion de patrouille maritime Dassault ATL-2 de la Marine Nationale qui a lui aussi pour la première fois atteint l’espace aérien syrien. Grâce à ses puissants capteurs le biturbopropulseur français a pu repérer les positions de Daech, et là aussi préparer au mieux les frappes à venir des avions de combat français, mais aussi étrangers.

Si ces vols sont encore des opérations de reconnaissance il ne faut se faire d’illusions les missions de frappes aériennes contre les positions syriennes de Daech viendront très vite. En effet on imagine mal que les tergiversations françaises sur la nécessité ou non d’intervenir en Syrie ne concernent que du renseignement. D’autant que l’Armée de l’Air ne semble pas avoir détachée dans la région de drone, ce sont donc uniquement les chasseurs et l’Atlantique 2 qui remplissent cette mission. Les bombes à guidage laser ne devraient donc pas tarder à être larguées.

Photo © ministère de la défense.

 

http://www.lepoint.fr/monde/premieres-frappes-francaises-en-syrie-les-reactions-politiques-27-09-2015-1968471_24.php

Premières frappes françaises en Syrie : les réactions politiques

 

Alors que Marine Le Pen critique le « temps perdu » par le gouvernement français, François Fillon juge que les frappes « n’auront pas d’effets significatifs ».

 

Source AFP

Publié le 27/09/2015 à 14:17 – Modifié le 27/09/2015 à 18:24 | Le Point.fr
Deux avions Rafale, Photo d'illustration.
Deux avions Rafale, Photo d’illustration.©-

 

L’annonce des premières frappes aériennes françaises en Syrie contre le groupe État islamique a été faite dimanche matin par l’Élysée alors que le président François Hollande est à New York pour l’Assemblée générale de l’ONU.

Manuel Valls a déclaré dimanche, lors d’un déplacement dans la Drôme, que les récentes frappes aériennes de la France en Syrie visaient les « sanctuaires de Daesh où sont formés ceux qui s’en prennent à la France », ajoutant que cette action serait poursuivie « autant que nécessaire ». Dans une brève intervention devant la presse, à son arrivée à une Fête de la rose à Bourg-de-Péage, le Premier ministre a affirmé : « Nous frappons Daesh en Syrie, car cette organisation terroriste prépare les attentats vers la France depuis la Syrie, depuis ces sanctuaires. »

« Nous agissons donc en légitime défense », conformément à l’article 51 de la charte des Nations unies, a-t-il fait valoir, mais aussi « de manière autonome, en fonction de nos objectifs, en lien avec nos alliés », notamment américains. Sans préciser quand exactement ces frappes avaient eu lieu, le Premier ministre a ajouté qu’il fallait aussi « faire en sorte de trouver une solution diplomatique, politique (en Syrie, NDLR) sur la base d’une transition avec des éléments modérés de l’opposition et avec des éléments du régime de Bachar el-Assad pour permettre à la Syrie de retrouver la paix ».

« Des décisions encore plus importantes »

Le président du MoDem, François Bayrou, a exprimé dimanche sa « solidarité » après les frappes françaises en Syrie en estimant qu’il y aura « des décisions encore plus importantes à prendre ». « Ce terrorisme-là, cette volonté d’écraser tout ce qu’il y a de divers, d’humain, de libre, mérite en effet que nous unissions nos forces contre ces exactions », a lancé le président du MoDem en commençant son discours de clôture des universités de rentrée du parti centriste à Guidel (Morbihan).

« Cela exige une double solidarité, entre nations et forces qui veulent réduire le pire du pire, et solidarité à l’intérieur de notre pays entre les sensibilités différentes qui animent le débat démocratique français », a-t-il fait valoir devant plusieurs centaines de militants du MoDem. « Cette solidarité, je crois qu’elle ne devra pas s’arrêter à de seules frappes aériennes, il y aura un jour des décisions encore plus importantes à prendre », a souligné M. Bayrou.

Quant à l’ancien Premier ministre François Fillon, il a assuré dimanche sur BFM TV que « c’est mieux d’aller frapper Daesh que de ne rien faire », jugeant toutefois qu’il s’agit de frappes « qui n’auront pas d’effets significatifs » sur le groupe État islamique et qu’il s’agit d’ »un acte symbolique de la France ».

« Que de temps perdu »

La présidente du Front national, Marine Le Pen, a critiqué dimanche le « temps perdu » par le gouvernement français dans la gestion de la crise syrienne et a appelé la communauté internationale à « se mettre autour de la table » avec la Russie et le gouvernement de Bachar el-Assad. « Je ne vais sûrement pas lui accorder un satisfecit, pour une raison simple, c’est que de temps perdu« , a répondu Marine Le Pen, interrogée lors de l’émission Le Grand Jury RTL/Le Figaro/ LCI sur les premiers bombardements français en Syrie. « Dès le début, le Front national a réclamé qu’en accord avec le gouvernement syrien on puisse intervenir en Syrie, car c’est en Syrie que Daesh développait son organisation logistique ». « On a perdu des années très précieuses », a-t-elle poursuivi.

Selon la présidente du FN, « il faut maintenant se mettre autour de la table et avoir une action qu’on aurait dû avoir il y a plusieurs années. Mettre autour de la table la Russie, le gouvernement de Bachar « l-Assad, car on ne peut pas intervenir sur le territoire syrien sans, bien entendu, coordonner ses efforts avec (ce) gouvernement ». « La responsabilité d’un politique, c’est de déterminer quel est le moindre mal. Le moindre mal, c’est Bachar el-Assad. Le grand danger gigantesque pour la France, pour le monde, c’est le développement de Daesh », a-t-elle insisté.

Marine Le Pen a réaffirmé ne pas être « pour une intervention au sol », faute pour la France d’en avoir les « capacités ». « Il faut demander au gouvernement syrien ce dont il a besoin. Il faut se mettre autour d’une table avec les états-majors militaires pour savoir quel pays doit apporter quoi, dans quelles circonstances. La réalité, c’est qu’aujourd’hui les États-Unis, la Russie sont en discussion sur ces opérations militaires et que la France apparaît complètement isolée dans son refus de discuter avec Bachar, avec la Russie », a-t-elle estimé.

 

http://www.lemonde.fr/proche-orient/article/2015/09/28/frappes-en-syrie-la-france-veut-peser-dans-la-bataille-diplomatique_4774562_3218.html

Paris revendique sa place sur le front de Syrie

 

LE MONDE | 28.09.2015 à 06h49 • Mis à jour le 28.09.2015 à 14h27 | Par Yves-Michel Riols et Bastien Bonnefous (New York, envoyés spéciaux)

François Hollande après ses déclarations sur l’intervention française en Syrie, en marge de l’Assemblée générale de l’ONU à New York, dimanche 27 septembre.

 

C’est une opération qui tombe à point nommé. L’annonce des premières frappes aériennes françaises en Syrie, dimanche 27 septembre, ne doit rien au hasard. Elles sont intervenues à la veille de l’ouverture, lundi, à New York, de l’Assemblée générale de l’ONU, qui sera dominée par le retour en force de la Russie sur le devant de la scène diplomatique à la faveur de l’aggravation de la crise syrienne.

 

Lire notre décryptage : L’intervention militaire française en Syrie décryptée en 5 points

Alors que le président russe, Vladimir Poutine, monopolise l’attention depuis le renforcement de la présence militaire de Moscou, la France a voulu signifier qu’elle compte aussi peser et jouer sa partition dans les tractations en cours sur l’avenir de la Syrie. Le calendrier des frappes n’est pas « fortuit », souligne un proche du président Hollande. « C’est le moment d’envoyer un message et de montrer la volonté française d’agir en Syrie », poursuit cet interlocuteur.

Quelques heures après l’annonce de cette opération, François Hollande a précisé, dimanche, au siège de l’ONU, que l’aviation française avait frappé un camp d’entraînement de l’Etat islamique (EI) proche de Deir ez-Zor, dans l’est de la Syrie, qui menaçait « la sécurité de notre pays ». Cette intervention, conduite par sept avions dont cinq Rafale, visait à « protéger notre territoire », a indiqué M. Hollande. Ce raid a « atteint son objectif » en détruisant la « totalité du camp » d’entraînement, a-t-il affirmé, en ajoutant que « d’autres frappes pourraient avoir lieu dans les prochaines semaines si nécessaire ». Selon des informations du Monde, l’opération a été lancée en fin de semaine, et la campagne, comme l’a indiqué le ministre de la défense, Jean-Yves Le Drian, vise également des cibles à Rakka, le fief de l’EI en Syrie.

Lire aussi : Frappes en Syrie : une opération militaire menée « en coordination », selon l’Elysée

François Hollande avait posé les jalons de cette opération, le 7 septembre, en dévoilant que la France comptait mener des frappes en Syrie, alors qu’elle ne participait jusque-là qu’aux raids contre l’EI en Irak, dans le cadre de la coalition internationale mise en place en septembre 2014 sous l’égide des Etats-Unis. Lorsque le président américain, Barack Obama, avait annoncé en 2014, lors de la dernière Assemblée générale de l’ONU, que Washington avait décidé d’étendre les frappes de la coalition à la Syrie, la France avait alors refusé d’y participer, estimant que de telles actions ne conduisent, in fine, qu’à renforcer le pouvoir du dirigeant syrien, Bachar Al-Assad.

Des avions Rafale de l'armée française en vol lors d'une opération en Syrie le 27 septembre 2015.

 

« Légitime défense »

Si la France s’y associe désormais, a expliqué dimanche M. Hollande, c’est pour mener « des actions militaires ciblées qui doivent à chaque fois nous permettre de prévenir un certain nombre d’actes qui pourraient être commis dans notre pays ». C’est donc au nom de la « légitime défense » que la France a consenti à infléchir sa position. « On ne fait pas une révolution copernicienne, on prend acte d’une situation », décrypte un diplomate, en soulignant que l’objectif prôné par Paris demeure toujours le même : le départ de Bachar Al-Assad.

Dans la foulée de l’annonce des frappes françaises en Syrie, François Hollande s’est entretenu pendant une demi-heure avec son homologue iranien, Hassan Rohani, dont le pays est, avec la Russie, le principal parrain du régime syrien. L’atmosphère était cordiale, mais chacun a campé sur ses positions. Le président Hollande a souligné à son hôte que l’Iran pourrait jouer un rôle de « facilitateur » dans la crise syrienne, tout en rappelant que la France jugeait « impossible » de mettre autour de la même table « Assad et les opposants qui se battent contre lui ».

Frappes françaises en Syrie.

 

En fin de journée, le président Rohani a clairement fait comprendre que la priorité de l’Iran était ailleurs. « Je pense qu’aujourd’hui tout le monde a accepté que le président Assad devait rester [au pouvoir] afin de combattre les terroristes », a-t-il déclaré sur CNN. « En Syrie, notre premier objectif est de combattre les terroristes et de les défaire, et nous n’avons pas d’autre solution que de renforcer l’autorité centrale et le gouvernement comme les principaux centres de pouvoir », a-t-il insisté.

Camouflet pour le président Obama

C’est aussi le message que compte adresser, lundi, le président russe à la tribune de l’ONU. A la veille de son intervention, la chaîne américaine CBS a diffusé, dimanche soir, un entretien réalisé quelques jours plus tôt avec M. Poutine dans lequel il affirme vouloir mettre en place une « plate-forme commune pour une action collective contre les terroristes » de l’EI.

Lire aussi : Poutine appelle à une alliance avec Assad contre l’Etat islamique

Les prémices d’un tel projet ont été dévoilées, dimanche, avec l’annonce par les autorités irakiennes de la création d’une cellule de coordination du renseignement sur l’EI entre la Russie, l’Iran, la Syrie et l’Irak. C’est un camouflet pour le président Obama, car Bagdad n’a visiblement pas prévenu Washington, qui a aussitôt déploré cette initiative. « Si la Russie veut s’appuyer sur Bachar pour lutter contre l’EI, ce n’est pas notre analyse », a, pour sa part, constaté un diplomate français.

Dans cet entretien à CBS, M. Poutine n’a d’ailleurs pas dit un mot sur un processus politique en Syrie et a qualifié le pouvoir de M. Assad de « légitime ». S’il s’en tient à cette position lors de sa rencontre avec Barack Obama, lundi à New York, il n’y a pas grand-chose à attendre d’un échange dont serait exclu le principal obstacle mis en avant par les Occidentaux à un règlement du conflit : le sort du président syrien.

Yves-Michel Riols
Journaliste au Monde



« N’allez pas fouiller dans le monde opaque du secret-défense… »

C’est le message qu’a récemment délivré aux journalistes la Cour d’Appel de Paris.

Si les journalistes n’ont désormais plus le droit de révéler l’identité d’agents, encore moins, comme ce fut toujours le cas à juste titre, de commettre des malveillances à leur égard, en revanche tous ces droits restent à titre exceptionnel accordés par les magistrats ultra CORROMPUS du Tribunal de Grande Instance de Brest aux sbires de la criminelle Josette BRENTERCH du NPA de Brest, dont les deux psychopathes Pascal Edouard Cyprien LURAGHI de Puy-l’Evêque, et Jean-Marc DONNADIEU, de Béziers.

 

http://www.lepoint.fr/justice/la-liberte-d-informer-sacrifiee-sur-l-autel-du-secret-defense-08-10-2015-1971689_2386.php

La liberté d’informer sacrifiée sur l’autel du secret-défense

 

Pour la première fois, des journalistes ont été condamnés pour atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation. Un arrêt dangereux.

 

Par

Publié le 08/10/2015 à 09:34 | Le Point.fr
Trois journalistes ont été condamnés pour avoir révélé l'identité d'un agent de la DCRI dirigée par Bernard Squarcini (photo). 
Trois journalistes ont été condamnés pour avoir révélé l’identité d’un agent de la DCRI dirigée par Bernard Squarcini (photo). AFP©FRANCOIS GUILLOT

 

La peine est légère, mais la condamnation insupportable. Pour avoir regardé sous les jupes du renseignement, Christophe Labbé et Olivia Recasens, journalistes au Point, et Didier Hassoux, plumier du Canard enchaîné, ont été condamnés en septembre dernier par la cour d’appel de Paris à une amende de 3 000 euros avec sursis. Leur tort ? Avoir porté atteinte aux intérêts fondamentaux de la nation en révélant l’identité réelle d’un agent secret. Une infraction introduite dans notre Code pénal en 2011 et qui n’avait, jusque-là, jamais été utilisée contre des journalistes. À l’origine du litige, un livre, L’Espion du président, paru aux éditions Robert Laffont en 2012. L’ouvrage, en grande partie consacré à Bernard Squarcini, le patron de la toute puissante Direction centrale du renseignement intérieur (DCRI, aujourd’hui devenue DGSI), lève le voile sur les très nombreux dysfonctionnements des services de renseignements français. Il avait fortement déplu en haut lieu.

Les trois journalistes y décrivent avec précision une « police politique » au service de Nicolas Sarkozy et de ses proches qui se serait parfois détournée de ses missions officielles pour se consacrer à des tâches beaucoup moins avouables… « Nous avons diffusé des noms car c’était légitime. Ces agents incarnaient des dérives que nous voulions dénoncer », s’était ainsi défendue en première instance Olivia Recasens, devant la 17e chambre du tribunal correctionnel de Paris. Des cinq agents « outés » par les auteurs et qui ont porté plainte, seul un a obtenu gain de cause devant la cour d’appel, les juges estimant que les noms des quatre autres avaient déjà été publiés au journal officiel. Un certain P-A T., commissaire à la DCRI, avait ainsi eu la surprise de voir son entier patronyme publié dans l’ouvrage. En cause : les liens qui l’unissaient à son très cher frère, soupçonné par la police d’être l’un des parrains les plus influents de la mouvance corse en Afrique… Rien que cela ! Selon des enquêteurs travaillant sur le crime organisé, P-A T. aurait même reçu plusieurs dizaines de milliers d’euros en liquide de la part de son frère. Un mélange des genres des plus fâcheux.

Une protection absolue ?

Pour leur défense, les journalistes ont affirmé que les agents outés n’étaient pas des « opérationnels », et que leur vie n’était donc pas mise en péril par les révélations du livre. La cour d’appel en a décidé autrement, jugeant que le législateur avait « estimé nécessaire de protéger les agents des services de renseignements de toute révélation concernant leurs liens avec leur service, même lorsqu’ils n’agissent pas sous couverture ». Les juges poursuivent : « Le souci des auteurs de dénoncer les conditions, selon eux contraires aux règles acceptables de recrutement de ce fonctionnaire, en raison de ses liens familiaux avec une personne condamnée à plusieurs reprises, ne peut justifier (…) de divulguer la fonction qu’il exerce au sein d’un service de renseignements. » Fermez le ban.

Le message adressé aux journalistes est ainsi extrêmement clair : « N’allez pas fouiller dans le monde opaque du secret-défense sous peine de condamnation ! » Le procureur, qui représente à l’audience les intérêts de l’État et de la société civile, n’avait-il pas lui-même réclamé dans ses réquisitions de la prison avec sursis ? Pour Recasens et Labbé, l’utilisation de cet article contre des journalistes est un pur scandale. « C’est l’arme rêvée du parfait étouffeur », écrivent les deux journalistes dans le livre Informer n’est pas un délit, paru aux éditions Calmann-Lévy en octobre 2015, et qui rassemble les contributions d’une quinzaine de journalistes d’investigation.

Dès les débats parlementaires en 2011, plusieurs élus, dont la députée socialiste Sandrine Mazetier, avaient pourtant pointé les dérives possibles d’une telle loi : « Seuls les agissements malveillants doivent être réprimés, avait réclamé l’élue. À défaut, la révélation volontaire, notamment par un journaliste, d’une information susceptible d’avoir des conséquences imprévues sur l’identification d’un agent qui utilise un nom d’emprunt pourrait tomber sous le coup de la loi. » Une remarque qui avait été à l’époque balayée par MM. Ciotti et Hortefeux, respectivement député UMP et ministre de l’Intérieur de Nicolas Sarkozy, attachés à la protection la plus absolue des contre-espions français.



Attentats de Paris : bientôt neuf mois d’enquête

Le point sur l’enquête aujourd’hui, avec Le Journal du Dimanche, Le Monde et Le Soir.

http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Attentats-de-Paris-Ou-en-est-on-dans-l-enquete-sur-Amedy-Coulibaly-753617

Où en est-on dans l’enquête sur Amédy Coulibaly?

L’enquête sur l’attaque de l’Hypercacher de la porte de Vincennes suit son cours. Un homme soupçonné de complicité avec le terroriste Amédy Coulibaly a été libéré en juin, tandis que la compagne gendarme d’un autre complice, actuellement écroué, vient d’être révoquée. Le point sur l’affaire. 

Le 8 janvier, au lendemain de l’attentat contre Charlie Hebdo qui a fait douze morts, Amédy  Coulibaly abat froidement une policière de 26 ans, Clarissa Jean-Philippe, et blesse un agent municipal à Montrouge au sud de Paris. Le 9 janvier, l’homme de 32 ans, originaire de Grigny prend en otages les clients et employés de l’Hyper Cacher de la Porte de Vincennes à Paris. Il en tue quatre, tous juifs, avant d’être abattu par le Raid.

Lire aussi : Le patron de la BRI raconte l’assaut contre Coulibaly dans l’Hyper Cacher

Le parquet de Paris a ouvert le 20 janvier une information judiciaire pour assassinats et tentatives d’assassinats en relation avec une entreprise terroriste, transport d’armes et financement du terrorisme. De nombreuses zones d’ombre subsistent et sa compagne, soupçonnée d’être en Syrie, reste introuvable. Le JDD.fr fait le point sur cette enquête tentaculaire.

Un homme suspecté de complicité libéré

A ce jour, sept personnes ont été mises en examen et placés en détention provisoire dans le cadre de l’enquête sur Amédy Coulibaly. Ils sont tous  soupçonnés d’avoir apporté une aide « logistique » au terroriste et sont poursuivis pour  »association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ».

Selon Le Parisien, l’un d’entre eux, Tonino G. a été discrètement libéré en juin dernier et placé sous contrôle judiciaire. Il reste poursuivi pour association de malfaiteurs en lien avec une entreprise terroriste. « Son absence de casier judiciaire, sa constance dans ses déclarations et, plus généralement, sa faible implication présumée dans la préparation de l’attaque de l’Hyper Cacher ont fait pencher la balance en faveur d’un placement sous contrôle judiciaire », a fait savoir une source proche du dossier. Le jeune homme était notamment présent lors de l’achat de la voiture dont s’est servi Amédy Coulibaly pour se rendre porte de Vincennes. Il a aussi fourni sa carte d’identité à un ami proche de Coulibaly lors de l’achat de bombes lacrymogènes, retrouvées en perquisition au domicile du terroriste.

Les autres restent écroués

Les autres personnes mises en examen ont pour certains un profil de petits délinquants. Quelques uns sont originaires de Grigny (Essonne), comme Coulibaly, ou l’ont côtoyé en détention. Armes ou véhicules, tous sont soupçonnés d’avoir apporté un « soutien logistique » au tueur. Tous nient avoir été au courant des projets d’attaques. Parmi eux ressortent deux noms : Amar R. et Ali P. Ce dernier, âgé de 30 ans, a fréquenté Coulibaly jusqu’aux heures précédant les attentats. Les enquêteurs pensent qu’ils se sont retrouvés dans la nuit du 6 au 7 janvier à Montrouge, peu après que Coulibaly a rencontré Chérif Kouachi à Gennevilliers. Ali Polat apparaît aussi comme le relais de Coulibaly en Belgique, où ce dernier a pu acheter une partie de son arsenal. Le 9 janvier, il se rend outre quiévrain réclamer de l’argent à un homme qu’il a mis en contact avec Coulibaly. Puis il s’envole à Beyrouth. Son passeport montre que le 17 janvier, il a été stoppé par les autorités libanaises au poste-frontière syrien de Masnaa. Il revient en France, puis repart pour un bref aller-retour en Thaïlande, à Phuket. En garde à vue, il a condamné les attentats et attribue ses déplacements à la « panique ».

Amar R. a vu Coulibaly le 5, puis le 6 janvier au soir, à Gentilly (Val-de-Marne). Entre septembre et le 6 janvier, ils avaient échangé plus de 600 SMS. Plusieurs fois mis en cause pour des faits de droit commun, ce trentenaire ne revendique qu’une relation « amicale » avec Coulibaly, rencontré en détention en 2010. Il réfute toute relation d’affaires et dit n’avoir rien su de ses projets. Il est connu des services de renseignement pour être proche des milieux islamistes

La compagne gendarme d’un proche de Coulibaly révoquée

La compagne d’Amar R. est une femme gendarme en poste au fort de Rosny-sous-Bois (Seine-Saint-Denis). Cette dernière, suspendue en février dernier, a été révoquée comme a indiqué la gendarmerie nationale cette semaine. La décision lui a été notifiée le 21 septembre dernier. Elle est soupçonnée d’avoir apporté, notamment, des lettres à son ami écroué depuis la fin janvier. Le Canard enchaîné, qui avait révélé la liaison, a précisé qu’Amar R. avait pu entrer dans la caserne de Rosny et que sa compagne gendarme s’était convertie à l’islam il y a quelques années.

Lire aussi : Quand le complice d’Amédy Coulibaly avait une liaison avec… une gendarme

Hayat Boumedienne toujours introuvable

Mariée religieusement à Amédy Coulibaly, Hayat Boumedienne, 27 ans, est introuvable depuis début janvier et fait l’objet d’un mandat d’arrêt. Elle est soupçonnée d’avoir rejoint la Syrie, via la Turquie, quelques jours avant les attaques, accompagnée des frères Mohamed et Mehdi Belhoucine, dont le premier a été condamné pour sa participation à une filière djihadiste. Selon Le Point, son frère Mehdi serait mort en Syrie. Il aurait succombé à ses blessures consécutives à une explosion, contractant une septicémie.

L’hebdomadaire précise aussi que la compagne d’Amédy Coulibaly, enceinte du terroriste, a vraisemblablement accouché.  En février dernier, le magazine francophone de l’Etat islamique dit l’avoir interviewée. Hayat Boumeddiene, nommée « la soeur » ou « l’épouse » dans le papier, y  affirme ressentir « un soulagement » d’avoir rejoint les territoires contrôlés par l’Etat islamique. En avril, elle a à nouveau refait surface appelant sa famille. Selon RTL, elle a parlé à ses frères et soeurs pendant « plusieurs minutes », assurant par ailleurs ne pas être impliquée dans les attentats de Paris. Elle déclare aussi qu’elle ignorait les agissements de son compagnon. Selon elle, ce dernier lui avait demandé de rejoindre la Syrie, une semaine avant les attentats, lui affirmant qu’il la retrouverait bientôt.

Les liens entre Coulibaly et les frères  Kouachi

Amédy Coulibaly et Chérif Kouachi se connaissaient depuis une dizaine d’années. Tous deux ont été détenus à Fleury-Mérogis pendant environ cinq mois en 2006. Coulibaly reconnaîtra avoir connu Kouachi à ce moment-là. Quatre ans plus tard, des enquêteurs chargés de surveillances dans le cadre du projet d’évasion de Smaïn Ait Ali Belkacem, l’auteur de l’attentat du RER C en octobre 1995, condamné en 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, les repèrent. Ils rendent visite ensemble à Djamel Beghal, islamiste radical condamné pour un projet d’attentat contre l’ambassade des Etats-Unis. L’épouse de Chérif Kouachi a dit avoir connu Coulibaly et Hayat Boumeddiene, en février 2010, quelques mois avant l’interpellation de Coulibaly dans l’affaire Aït Ali Belkacem pour laquelle il a été condamné à cinq ans de prison en 2013.

Lire aussi : Amédy Coulibaly, un petit caïd aux méthodes ultraviolentes

Fin novembre-début décembre 2014, Coulibaly et Boumeddiene passent à l’appartement des Kouachi à Gennevilliers (Hauts-de-Seine). Le soir du 6 janvier, Kouachi et Coulibaly échangent des SMS. Chérif Kouachi quitte brièvement son appartement, probablement pour retrouver Coulibaly, présent sur les lieux selon son téléphone portable. Le lendemain matin, Cherif Kouachi envoie un SMS à Coulibaly, vraisemblablement pour lui signifier qu’il se dirige vers Charlie Hebdo avec son frère Saïd.

Lire aussi : Les frères Kouachi, Boumeddiene, Coulibaly… Comment ils ont basculé

Les commanditaires de l’attaque

Dans une vidéo posthume postée au surlendemain de l’attentat contre l’Hypercacher, Amédy Coulibaly se revendique de l’Etat islamique et dit avoir synchronisé son action avec celle des frères Kouachi.  »Selon toute hypothèse en cours de vérification, Amédy Coulibaly a (…) reçu des instructions depuis l’étranger« , déclarait en mai le procureur de Paris, François Molins. Des liens peuvent-ils être établis avec la zone irako-syrienne sous contrôle de l’organisation djihadiste Etat islamique?

Le mystère du joggeur de Fontenay-aux-Roses

Le 7 janvier au soir un joggeur a été grièvement blessé par balles  alors qu’il courait sur la coulée verte de Fontenay-aux-Roses (Hauts-de-Seine). Les enquêteurs ont un temps estimé que le trentenaire avait été atteint par des coups de feu tirés par Amédy Coulibaly qui s’entraînait à la veille de sa première attaque.

Le joggeur a plusieurs fois modifié la description de son agresseur. Dans la foulée de son hospitalisation, il a décrit un homme de 1,80 m, puis a parlé de 1,70 m lors de sa première audition. Pour lui, le tireur était trapu, âgé de plus de 30 ans et plutôt de type nord-africain et non africain ou antillais. Plus tard, il dit avoir reconnu Amar Ramdani, suspectés d’être un complice du terroriste et actuellement écroué, qui n’est pas trapu et mesure 1,80 m. Les enquêteurs restent prudents.

E.C. – leJDD.fr

jeudi 01 octobre 2015

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2015/09/10/les-juges-demandent-la-levee-du-secret-defense-sur-la-surveillance-des-auteurs-des-attentats-de-janvier_4751840_1653578.html

Kouachi, Coulibaly : les juges demandent la levée du secret-défense sur leur surveillance

 

LE MONDE | 10.09.2015 à 16h26 • Mis à jour le 11.09.2015 à 10h58 | Par Matthieu Suc

La police à Reims, le 8 janvier, au lendemain de l'attentat contre "Charlie Hebdo".

Les trois juges d’instruction en charge du dossier des attentats de janvier ont demandé la levée du secret-défense de tous les actes d’enquête effectués par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) sur les frères Chérif et Saïd Kouachi et Amedy Coulibaly avant que ceux-ci ne commettent les tueries de Charlie Hebdo, de Montrouge et de l’Hyper Cacher.

 

Dans une requête adressée le vendredi 3 juillet au ministre de l’intérieur, les magistrats réclament, comme le prévoit l’article L. 2312-4 du code de la défense, « la déclassification et la communication de l’ensemble des documents, rapports et notes établis par la DGSI et autres services de renseignement placés sous votre autorité, sur les surveillances (dates, nature, contenu) dont ont fait l’objet Saïd Kouachi, Chérif Kouachi et Amedy Coulibaly ».

Lire aussi : De « Charlie » à « Charlie » : les sept jours qui ont changé la France

La promesse en avait été faite, le 19 mai, aux trente-trois personnes et associations qui se sont constituées partie civile dans ce dossier. Lors de cette réunion organisée au palais de justice de Paris, les juges d’instruction avaient annoncé leurs investigations à venir. Au premier rang desquelles la demande de déclassification des actes d’enquête de la DGSI.

Cela faisait suite aux révélations du Monde qui, dans son édition du samedi 4 avril, pointait des dysfonctionnements dans les surveillances supposées effectuées en 2013 et 2014 par la DGSI sur les frères Kouachi, répertoriés depuis une dizaine d’années comme membres de la mouvance islamiste radicale. Des dysfonctionnements de nature à s’interroger sur la réalité même de ces surveillances.

Lire aussi : « Charlie Hebdo » : quand la DGSI réécrit l’histoire

Trois adresses « erronées »

Ainsi, le 7 janvier, dans les heures qui suivent la tuerie de Charlie Hebdo, la DGSI fournit une note de renseignement sur Saïd Kouachi dont les dernières informations datent d’avant 2012. Il faudra attendre le 9 janvier et une note « mise à jour » pour que la DGSI communique un état civil complet. Quant aux trois adresses données pour son mandat de recherche, elles se révèlent « erronées ». L’une d’elles, à Pantin, concerne un homonyme de 81 ans… En réalité, le terroriste vit à Reims depuis des années. Son adresse n’a jamais changé, à un détail près : le nom de la rue a été rebaptisé le 26 février 2014, date à laquelle la DGSI est censée le surveiller.

Lire aussi : Les frères Kouachi : une jeunesse française

Par ailleurs, dans les jours qui suivent les attentats, plusieurs médias, citant « Beauvau » ou « certains cadres du renseignement », affirment que les écoutes administratives concernant les frères Kouachi avaient dû être interrompues à la demande de la Commission nationale de contrôle des interceptions de sécurité (CNCIS), l’autorité administrative indépendante chargée du contrôle de ces enquêtes. Ce qui provoque, le 12 janvier, un démenti de la CNCIS : « A aucun moment, [la Commission] n’a manifesté d’opposition (…). Les affirmations contraires sont, par conséquent, au mieux une inexactitude, au pire une manipulation. »

« Plusieurs articles de presse ont fait état des surveillances des frères Kouachi »

La requête en déclassification s’appuie sur ces éléments. « Plusieurs articles de presse ont fait état des surveillances des frères Kouachi », écrivent les magistrats. Dans leur requête adressée à Bernard Cazeneuve, les juges soulignent, non sans ironie, que ces « surveillances (…) ont été confirmées, selon ces mêmes articles, par vos services ou vous-même ». Dans son article du 4 avril, Le Monde relatait l’organisation par Beauvau d’un débrief avec une dizaine de médias, le samedi 10 janvier, afin d’expliquer que rien dans les surveillances effectuées ne laissait penser que les frères Kouachi et Amedy Coulibaly préparaient un attentat.

« Nécessaire à la manifestation de la vérité »

Considérant que cela est « nécessaire à la manifestation de la vérité », les juges réclament aujourd’hui que leur soient communiqués « les périodes pendant lesquelles les frères Kouachi et Amedy Coulibaly ont été surveillés, la nature de ces surveillances (physiques, téléphoniques, numériques) et le contenu de ces surveillances ». Une demande suffisamment précise pour éviter une réponse partielle du ministère de l’intérieur. Il sera de toute manière difficile au gouvernement de ne pas faire droit à cette requête.

En mars 2012, alors dans l’opposition et en pleine campagne présidentielle, le Parti socialiste avait évoqué les failles dans la surveillance de Mohamed Merah, après avoir découvert que la DCRI – l’ancienne appellation de la DGSI – avait stoppé ses surveillances sur le tueur de Toulouse et Montauban, six mois avant son passage à l’acte. Le candidat François Hollande avait estimé que « des questions [seraient] nécessairement posées ». Une fois nommé ministre de l’intérieur, Manuel Valls avait lui assuré que c’était « l’intérêt de l’Etat que la vérité soit faite ». Vingt-quatre documents de la DCRI avaient été déclassifiés.

Vendredi 11 septembre matin, le ministère de l’intérieur n’avait pas donné suite aux sollicitations du Monde.

  • Matthieu Suc
    Journaliste au Monde

 

http://www.lesoir.be/996309/article/actualite/belgique/2015-09-22/une-arme-coulibaly-provenait-marcinelle

Une arme de Coulibaly provenait de Marcinelle

Marc Metdepenningen
Mis en ligne mardi 22 septembre 2015, 17h36

Charlie Hebdo

Un fusil-mitrailleur utilisé par le terroriste a transité par un collectionneur belge.

  • 246055872_B976605469Z.1_20150922173639_000_GVN585MBT.1-0 dans Crime

Une des armes utilisées à Paris le 9 janvier 2015 (deux jours après l’attentat contre Charlie Hebdo) lors de l’attaque du magasin Hyper Cacher (4 morts) par Amedy Coulibaly a transité par un marchand d’armes de collection belge, Patrick H., indique Mediapart. Un des deux fusils d’assaut du terroriste, un (CZ)VZ 58 avait été acheté le 13 janvier 2014 par H., un ancien ingénieur de Proximus, auprès de la firme slovaque AFG.

Au total, le collectionneur de Marcinelle aurait acquis, selon un décompte de la compagnie slovaque, 174 armes démilitarisées entre le 18 juin 2013 et le 28 mai 2014, soit près d’un an avant l’attaque contre l’hypermarché juif de Paris. Ces armes avaient été acquises légalement et étaient écoulées auprès d’une clientèle, tant en contact direct que sur l’internet. Patrick H. vendait notamment sa marchandise sous son compte « Patrick » (aujourd’hui fermé) du site Delcampe.net. Il renseignait comme contact une adresse email : fa214292@skynet.be . Ces armes (parmi lesquelles des fusils-mitrailleurs et des pistolets) y étaient également vendues légalement. Les offres (475 euros pour un CZ 58) précisaient qu’elles étaient démilitarisées, avec les poinçons légaux.

Aucun lien entre Claude Hermant et Coulibaly

H., écrit Médiapart, a été entendu par le juge d’instruction lillois Stanislas Sandraps le 21 avril 2015, en commission rogatoire en Belgique. Il n’a fait l’objet d’aucune mesure de contrainte. Son nom avait été livré aux enquêteurs de la gendarmerie française par Claude Hermant, un français proche de l’extrême droite, dont le domicile de Comines avait été perquisitionné. Ce barbouze de 52 ans, ancien sergent parachutiste, était un indicateur rémunéré de la gendarmerie française. Il a été arrêté en France fin janvier. Le parquet de Paris a précisé à Mediapart qu’aucun lien n’existait «  entre le protagoniste du dossier lillois, Claude Hermant, et Coulibaly ».

Il pourrait toutefois être en lien avec des milieux du grand banditisme et du trafic d’armes au sein duquel des armes démilitarisées sont reconditionnées afin de pouvoir à nouveau fonctionner.

Une arme utilisée contre l’Hyper Cacher

L’arme livrée par le slovaque AFG à Patrick H. et porteuse du numéro de série 2138M est l’un des deux fusils-mitrailleurs utilisés contre l’Hyper Cacher. Les enquêteurs parisiens chargés de l’enquête sur l’attentat doivent déterminer le cheminement suivi par cette arme qui a abouti dans les mains du terroriste après avoir été mise en vente par Patrick H. qui n’a pas eu de contact direct avec Coulibaly et qui ignorait, a fortiori, l’usage qui serait fait de l’arme démilitarisée qu’il mettait en vente.

En 1999, des voleurs et incendiaires s’étaient introduits à Marcinelle au domicile de Patrick H., y volant un lot d’armes. Nous avons tenté, sans succès de joindre Patrick H. mardi.

Les ministres européens de la Justice et de l’Intérieur ont décidé d’adopter de nouveaux protocoles pour lutter contre la remilitarisation d’armes déclassées vendues principalement dans les pays de l’Est.



Claude Hermant et Amedy Coulibaly : une connexion qui embarrasse

Les nouvelles informations qui succèdent les unes aux autres à ce sujet depuis le 10 septembre dernier font apparaître le nom d’un ancien ingénieur belge, Patrick Halluent, à propos duquel un article récent a déjà totalement disparu du net. Il était possible d’y lire que ce désormais détective privé serait un ancien ingénieur de Proximus, opérateur de télécommunications mobile belge entre 1994 et 2006, devenu en 2014 marque commerciale de Belgacom, première entreprise de télécommunications en Belgique et fournisseur breveté à la Cour du roi des Belges.

« On nous cache des pans entiers du dossier », disent aujourd’hui les avocats de Claude Hermant.

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/100915/attentats-de-paris-lenigme-des-armes-de-coulibaly

Attentats de Paris: l’énigme des armes de Coulibaly

 

10 septembre 2015 |  Par Karl Laske

Le ministre de l’intérieur, Bernard Cazeneuve, a opposé le secret défense aux juges lillois chargés de l’enquête sur un réseau de vente d’armes neutralisées, animé par un ancien militaire d’extrême droite. Selon les documents obtenus par Mediapart, les autorités slovaques ont formellement identifié, dès le 14 janvier, les armes achetées par ce réseau comme celles utilisées par Amedy Coulibaly lors de l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes.

C’est un trou noir dans l’enquête sur les attentats de Paris. Une information centrale qui s’est perdue. Selon des documents obtenus par Mediapart, les policiers chargés de l’enquête sur les attentats de Paris ont obtenu, dès le 14 janvier, l’identification de l’arsenal d’Amedy Coulibaly par les autorités slovaques. Mais ils n’en ont rien fait. Le renseignement slovaque qui incrimine un ancien militaire d’extrême droite lillois, Claude Hermant, soupçonné de trafics d’armes démilitarisées dans le cadre d’une enquête ouverte à Lille, ne provoque aucune vérification des juges antiterroristes parisiens Laurence Le Vert, Nathalie Poux et Christophe Tessier.

Cinq armes sont listées, avec leurs numéros de séries, appartenant à l’arsenal de Coulibaly. …

http://seenthis.net/messages/407275

Attentats de Paris : l’énigme des #armes de #Coulibaly – Page 1 | Mediapart
http://www.mediapart.fr/journal/france/100915/attentats-de-paris-lenigme-des-armes-de-coulibaly

C’est un trou noir dans l’enquête sur les attentats de Paris. Une information centrale qui s’est perdue. Selon des documents obtenus par Mediapart, les policiers chargés de l’enquête sur les attentats de Paris ont obtenu, dès le 14 janvier, l’identification de l’arsenal d’Amedy Coulibaly par les autorités slovaques. Mais ils n’en ont rien fait. Le renseignement slovaque qui incrimine un ancien militaire d’#extrême_droite lillois, Claude #Hermant, soupçonné de trafics d’armes démilitarisées dans le cadre d’une enquête ouverte à Lille, ne provoque aucune vérification des juges antiterroristes parisiens Laurence Le Vert, Nathalie Poux et Christophe Tessier.

Cinq armes sont listées, avec leurs numéros de séries, appartenant à l’arsenal de Coulibaly. Figurent aussi le nom et l’adresse de l’acheteur, la société Seth Outdoor, sise à Haubourdin dans la métropole lilloise, et leurs dates d’achat, les 19 septembre et 15 novembre 2014. Aujourd’hui encore, questionné par Mediapart, le parquet de Paris a indiqué « qu’en l’état, il n’y a pas de lien entre le protagoniste du dossier lillois, Claude Hermant, et Coulibaly ». Malgré les éléments matériels qu’elle détient, la justice maintient la fiction d’une étanchéité entre le dossier de l’ancien militaire, par ailleurs animateur de l’extrême droite identitaire lilloise, et les attentats de Coulibaly.
Amedy Coulibaly revendiquant ses attaques sur une vidéo posthume.Amedy Coulibaly revendiquant ses attaques sur une vidéo posthume. © DR

L’enquête ouverte à Lille s’est pourtant brusquement accélérée, le 20 janvier, sans prendre en considération – au moins officiellement – les attentats de Paris. Claude Hermant a été placé en garde à vue, perquisitionné puis mis en examen le 23 janvier pour « trafic d’armes en bande organisée ». L’ancien militaire a mis en cause trois fonctionnaires – un des douanes et deux gendarmes – dont il a été l’informateur au moment des achats d’armes litigieux. L’un des gendarmes ayant soulevé le caractère secret de ses missions, les juges lillois Stanislas Sandraps et Richard Foltzer, ont saisi, le 10 avril 2015, le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve d’une demande de déclassification. Contre toute attente, dans un dossier aussi sensible, le ministre a choisi d’opposer le #secret_défense aux investigations.
Lire aussi

Comment les services ont raté les terroristes

Par Fabrice Arfi
Kouachi-Coulibaly, le réseau terroriste oublié par les services de renseignement

Par Fabrice Arfi et Karl Laske
Les frères Kouachi, de l’amateurisme au professionnalisme

Par Rachida El Azzouzi

Bernard Cazeneuve a demandé l’avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale (CCSDN), le 1er juin, qui a émis le 18 juin un avis défavorable à la déclassification. C’est désormais un grand secret. Questionné par Mediapart, Bernard Cazeneuve a indiqué s’être conformé à l’avis de la CCSDN. « Rien dans cette demande des juges lillois ne faisait état de M. Coulibaly, a fait savoir le ministre. Nous n’avons donc par définition aucun élément qui nous permette de déterminer qu’il y a ou pas lien [entre les deux affaires – ndlr]. »

Les mis en cause, Hermant, sa compagne et un proche, n’ont jamais été interrogés sur d’éventuels contacts, directs ou indirects, avec Amedy Coulibaly ou ses complices. Seule la presse locale s’est fait l’écho, début mai, d’une « hypothèse » puis d’une « piste sérieuse » reliant les deux affaires. L’ancien militaire a confirmé son négoce d’armes neutralisées, mais il a indiqué n’avoir jamais opéré de remise en état de ce matériel. L’entreprise Seth Outdoor, immatriculée au tribunal de commerce de Lille en février 2013, a pour objet « la vente à distance sur catalogue spécialisé » et « la location de matériel de paint ball ».

Quel secret d’État peut donc justifier la décision de Bernard Cazeneuve, et l’avis de la CCSDN, de ne pas déclassifier les éléments recueillis par les juges parisiens ? La réponse est à trouver dans la mise en cause des gendarmes et d’un douanier, dont Claude Hermant a révélé être l’informateur, dûment répertoriés par leurs services. Le quotidien La Voix du Nord a dévoilé, courant mai, plusieurs courriels prouvant les échanges de l’ancien militaire avec deux gendarmes de la section de recherche (SR) de Villeneuve-d’Ascq. Des lieux de rendez-vous, des numéros d’immatriculation de voiture auraient été communiqués par Hermant aux fonctionnaires afin qu’ils remontent ces filières.
Claude HermantClaude Hermant © DR

Contacté par la PJ dès janvier, l’un des gendarmes mis en cause, l’adjudant-chef Laurent B., n’avait pas déféré à sa convocation. Il a finalement été entendu comme témoin en mai. Un douanier en contact avec Hermant, rattaché à l’antenne lilloise de la DNRED (Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières), a en revanche été mis en examen pour « acquisition et détention » d’une ou plusieurs armes de catégorie A – armes à feu de défense ou armes de guerre dont la détention est interdite sauf autorisation.

 

Egalement à lire :

http://www.greffiernoir.com/charlie-hebdo-amedy-coulibaly-claude-hermant-kouachi-suvivalisme-seth-outdoor-bad-terrorisme

 

http://www.planetenonviolence.org/notes/Attentat-contre-Charlie-Hebdo-la-connexion-Claude-Hermant-Amedy-Coulibaly-couverte-par-le-secret-de-la-Defense-nationale_b8280929.html

Attentat contre Charlie Hebdo: la connexion Claude Hermant – Amedy Coulibaly couverte par le secret de la Défense nationale.  18/09/2015

 

« Une certaine extrême droite survivaliste est-elle le cœur logistique des attentats de janvier ? Mediapart vient de révéler que Claude Hermant était le principal importateur des armes d’Amedy Coulibaly, par le biais de la société commerciale Seth Outdoor, spécialisée dans la vente par correspondance d’équipements de survie et la location de matériel de Paintball

Des documents couverts par le secret de la Défense, consultés par Mediapart, prouvent que la totalité des armes des crimes du terroriste a été importée par l’entreprise basée à Haubourdin près de Lille, premier maillon, selon les renseignements slovaques cités par le journal, d’une filière d’importation–remilitarisation d’armes neutralisées.

Claude Hermant, ancien mercenaire devenu barbouze appointée de la gendarmerie, par ailleurs formateur aux techniques de survie et animateur du survivalisme français, est mis en examen à Lille depuis le 23 janvier pour trafic d’armes en bande organisée.

Contre toute attente, les juges lillois en charge du dossier viennent de se voir opposer le secret de la Défense nationale par le ministre de l’Intérieur, en réponse à une demande d’information sur la filière Hermant.

Mediapart affirme qu’en dépit des éléments en leur possession, tant la justice antiterroriste que le ministère de l’Intérieur maintiennent la « fiction d’une étanchéité » complète entre le dossier Claude Hermant instruit à Lille et les attentats de Paris.

Lire l’article
Sur les attentats de Janvier 2015 Interview de Thierry Meyssan: «Je n’ai jamais écarté la piste djihadiste, j’ai expliqué que les commanditaires de cette action n’étaient pas des islamistes.»

 

 

http://www.mediapart.fr/journal/france/210915/derriere-les-armes-de-coulibaly-le-fiasco-tres-secret-des-gendarmes

Derrière les armes de Coulibaly, le fiasco très secret des gendarmes

 

21 septembre 2015 |  Par Karl Laske

Selon les informations obtenues par Mediapart, des gendarmes lillois ont laissé filer les acheteurs des armes utilisées par Amedy Coulibaly lors des attentats de Paris. L’un d’eux, un Belge de 52 ans, a été entendu le 21 avril, sans être inquiété. Ce fiasco sur les armes vient s’ajouter à celui des défaillances des services de renseignement autour des attentats de Paris.

Des gendarmes lillois et un de leurs informateurs ont été au centre d’un trafic d’armes ayant permis d’alimenter Amedy Coulibaly, auteur de l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. S’ils n’ont rien su de la destination des armes, ils semblent bien avoir laissé filer les acheteurs ou perdu leur trace. Leur position est suffisamment délicate pour qu’ils se retranchent, courant avril, derrière le secret défense.

« Je tiens à préciser que je gère 30 sources, plus les enquêtes, c’est compliqué », a reconnu l’adjudant-chef Laurent B. devant des juges d’instruction lillois chargés de cette enquête sur un réseau de revente d’armes provenant de Slovaquie, le 2 avril 2015. Parmi ses 30 sources, le …

 

Derrière les armes de Coulibaly, le fiasco très secret des gendarmes

21 SEPTEMBRE 2015 |  PAR KARL LASKE

Selon les informations obtenues par Mediapart, des gendarmes lillois 
ont laissé filer les acheteurs des armes utilisées par Amedy Coulibaly 
lors des attentats de Paris. L’un d’eux, un Belge de 52 ans, acheteur 
d’un des fusils d’assaut utilisés contre les clients de l’Hyper Cacher, 
a été entendu le 21 avril dernier, sans être inquiété. Ce fiasco sur 
les armes vient s'ajouter à celui des défaillances des services de 
renseignement dans l'affaire des attentats de Paris. 

Des gendarmes lillois et un de leurs informateurs ont été au centre 
d’un trafic d’armes ayant permis d’alimenter Amedy Coulibaly, auteur 
de l’attaque de l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes. S’ils n’ont 
rien su de la destination des armes, ils semblent bien avoir laissé 
filer les acheteurs ou perdu leur trace. Leur position est suffisamment 
délicate pour qu’ils se retranchent, courant avril, derrière le secret 
défense.

« Je tiens à préciser que je gère 30 sources, plus les enquêtes, c’est 
compliqué », a reconnu l’adjudant-chef Laurent B. devant des juges 
d’instruction lillois chargés de cette enquête sur un réseau de 
revente d'armes provenant de Slovaquie, le 2 avril 2015. Parmi ses 30 
sources, le gendarme rattaché à la Section de recherche (SR) de la 
gendarmerie de Villeneuve-d’Ascq “gérait” un ancien militaire 
d’extrême droite, Claude Hermant, mis en examen pour trafic d’armes 
et incarcéré le 20 janvier.

« Claude Hermant est informateur immatriculé depuis 2013 », a admis 
l’adjudant. L’ancien militaire, animateur de l’extrême droite 
identitaire lilloise, soutient de son côté s’être procuré des armes 
démilitarisées dans l’objectif d’infiltrer des réseaux mafieux, et ce, 
sous le contrôle strict de son officier traitant. Il a détaillé avoir 
ainsi « injecté » une quarantaine d’armes à une “cible“ prioritaire, 
liée au grand banditisme, courant 2014, sur instruction du SR de la 
gendarmerie.

Or, comme Mediapart l’a révélé (lire ici notre article du 10 
septembre), les autorités slovaques ont formellement identifié, dès le 
14 janvier, les acheteurs des armes utilisées par Amedy Coulibaly. Un 
premier fusil d’assaut et deux pistolets semi-automatiques retrouvés 
dans le supermarché cacher ont été achetés par une société 
immatriculée au nom de la compagne de Claude Hermant. Un deuxième fusil 
d’assaut a été acheté par un ingénieur belge, Patrick Halluent. Ce 
dernier, qui faisait partie des “cibles“ livrées par Claude Hermant 
aux gendarmes, a été entendu en Belgique le 21 avril dernier, par le 
juge lillois Stanislas Sandraps, sans être inquiété.

Lors de leurs auditions, les gendarmes ont confirmé avoir signalé à 
leur informateur leur « intérêt » pour ces ventes d'armes et la 
“cible”, mais ils ont refusé de communiquer aux juges lillois leurs 
“rapports de contact” avec Claude Hermant. Les magistrats ont donc 
demandé la déclassification de ces rapports au ministre de l’intérieur 
Bernard Cazeneuve, qui leur a répondu par la négative, le 30 juin, à 
la suite de l’avis défavorable de la Commission consultative du secret 
de la défense nationale (CCSDN).

Ce fiasco sur les armes vient s'ajouter à celui des défaillances des 
services de renseignement dans l'affaire des attentats de Paris. Sorti 
de détention, en mars 2014, après avoir purgé trois ans de prison dans 
l'affaire de la tentative d’évasion de l’artificier des attentats de 
1995, Amedy Coulibaly n'avait fait l'objet d'aucune surveillance par 
la suite. Quant aux écoutes téléphoniques visant les frères Saïd et 
Chérif Kouachi, elles avaient été interrompues à l’été 2014.

Entre l’enquête lilloise ouverte pour trafic d’armes et l’affaire des 
attentats de Paris, les magistrats sont confrontés à un jeu de 
bonneteau procédural assez unique – qui les dépasse peut-être. 
Questionné par Mediapart, le parquet de Paris a soutenu qu’il n’y 
avait « pas de lien » « entre le protagoniste du dossier lillois, 
Claude Hermant, et Coulibaly ». De fait, ni Claude Hermant, ni le 
Belge Patrick Halluent, n’ont été questionnés sur le fait qu’Amedy 
Coulibaly ait obtenu les armes qu’ils s’étaient procurées auprès de 
la firme slovaque. Ces armes de guerre issues des stocks des armées 
de l'ex-Pacte de Varsovie sont vendues neutralisées, mais leur remise 
en état est assez simple techniquement.

Le 21 avril, Patrick Halluent, un ancien ingénieur de 52 ans qui se 
fait passer pour détective privé, reconnaît lors de son audition avoir 
acheté des armes démilitarisées chez le slovaque AFG. L’enquête a fait 
apparaître qu’il en a acheté 174 entre le 18 juin 2013 et le 28 mai 
2014. Les autorités slovaques, dans une note adressée à la direction 
centrale de la PJ, signalent l’achat par Halluent de 14 armes, dont 
l’un des fusils mitrailleurs CZ 58 retrouvés dans le supermarché cacher 
de la porte de Vincennes, le scellé « VINC/A005 », qu’il avait acheté 
à AFG le 13 janvier 2014.

Face au juge Stanislas Sandraps, Halluent prétend que Claude Hermant 
était « son plus gros client ». « Je n’ai pas de liste des achats par 
client, assure-t-il. Je n’ai que la liste des clients. Je calculais 
une marge bénéficiaire de l’ordre de 100 à 200 euros par arme. Mes 
prix étaient très attractifs. » En juillet 1999 déjà, Halluent, décrit 
comme un « collectionneur d'armes », avait été victime d’un 
cambriolage suivi d’un incendie criminel. « Les cambrioleurs, après 
avoir forcé le coffre, y ont dérobé un arsenal important composé 
d'armes de guerre, Uzis, riot-guns, pistolets et revolvers, avant de 
bouter le feu, sans doute pour maquiller leur vol », signalait le 
quotidien belge Le Soir.

http://static.mediapart.fr/files/media_179242/ReponseBratisalva1.jpg

Mais c’est le 7 mai 2014, dans le cadre d’une enquête ouverte à Liège, 
qu’une perquisition « amenait la découverte d’un canon de fusil prêt à 
être expédié ainsi que tout le matériel nécessaire à la 
remilitarisation des armes ». Alors qu’un autre suspect, Metin 
Karasular, qui s’est manifesté à Charleroi dès le 12 janvier pour 
révéler ses contacts avec Coulibaly au sujet de la vente d’une 
voiture, a été incarcéré durant quatre mois, Patrick Halluent parvient 
miraculeusement à passer entre les gouttes de l’antiterrorisme.

http://static.mediapart.fr/files/media_179242/ReponseCharleroi1.jpg

La détention provisoire de Claude Hermant a été maintenue par le juge 
des libertés et de la détention à Lille, jeudi dernier. Gérant d’une 
friterie lilloise et d’un terrain de paintball, Claude Hermant, âgé lui 
aussi de 52 ans, avait révélé en juin 2001 les dérives du service 
d’ordre du Front national – le département protection et sécurité –, 
des trafics d’armes, déjà, et des provocations dans les quartiers. 
Entre 2008 et 2012, il a été l’animateur de la Vlaams Huis (Maison du 
peuple flamand), à Lambersart, puis de la Maison des identitaires de 
l’Artois. En mars 2013, c’est sur son terrain de paintball que les 
gendarmes prennent le premier contact avec lui, introduits par un 
douanier, Sébastien L., dont il est déjà l’informateur. 

« Salut Claude, nous sommes partants pour les dossiers que tu nous as 
présentés (armes-Charleroi) »

Immatriculé par le service, l’ancien militaire apporte diverses 
“affaires” à la Section de recherche de la gendarmerie, et l’une 
d’elles, un trafic d’armes, lui vaut d’être rémunéré – 2 000 euros, 
selon les gendarmes – et aussi félicité par un commandant de l’unité 
de Villeneuve-d’Ascq, Damien B., le 21 mars 2014.

« Le 18 février 2014, il nous parle d’une société qui s’appelle AFG en 
Slovaquie et qui serait susceptible de vendre des armes par le biais 
d’Internet », explique l’adjudant-chef B. Quelques noms sortent, dont 
« quelqu’un à Charleroi ». « Il nous dit qu’il va chercher, et nous 
sommes intéressés », admet le gendarme. 

Hermant prend contact avec le “détective” belge, et s’enquiert de ce 
qu’il peut lui fournir. « Une cible très intéressante et connue du 
grand banditisme est arrivée, a rapporté Hermant devant les juges. 
Samir L. était à la recherche d’armes. » La cible lui avait été « 
présentée par un jeune qui traîne sur le Bd de Metz ». « Il voulait de 
l’arme lourde, des kalachnikovs, des explosifs. C’était ce que je 
pouvais avoir. Je lui ai dit d’attendre une semaine et j’en ai rendu 
compte à M. B. [son officier traitant – ndlr ]. Il y a eu un mail et 
un rendez-vous physique à Decathlon. Je lui explique [que] la cible est 
venue me voir. Lui dit également que c’était une attaque de coffre-fort 
qui était prévue ; car Samir me l’avait dit. M. B. me donne le feu 
vert, me demande de bosser et d’obtenir les plaques 
d’immatriculation. »

De nombreux mails – dont quelques extraits ont été dévoilés dans La 
Voix du Nord ici – témoignent de ces échanges. Le 7 mai 2014, Claude 
Hermant envoie un mail à Laurent B. Il résume ses recherches sur 
Patrick Halluent, qu’il présente comme “détective privé”.

« Donc petit récap de ce matin. Rien d’illégal, ne vend que de la 
"neutra" [de l’arme neutralisée – ndlr] et refuse catégoriquement 
toute transformation et dit ne pas avoir les connaissances pour cela… 
on prend "neutra" ou rien. 
Fournisseur AFG. Slovénie [précise la mention du site internet – ndlr].
Il touche au monde des collectionneurs et tireurs pas des voyous, 
après plusieurs mois à creuser, il n’a pas varié d’un pouce.
Il donne volontiers un plan venant de N [un site internet – ndlr] où si 
on montre patte blanche le vendeur n’est pas hostile à donner de la 
pièce "op" [arme opérationnelle, il précise le nom du vendeur, et le 
lien – ndlr].
Ce contact est connu des collectionneurs. 80 % de la clientèle de 
Patrick est française.
En bossant dessus, je suis retombé sur un fusible à nous. Il serait 
bien de ne pas transmettre au belge cette info ou à gérer au mieux des 
intérêts des infiltrations. [...]
Tiens-moi au courant de ce que vous faites avec les infos. Je serais 
ralenti si le fusible saute. »

En réalité, le jour où ce mail est rédigé, Halluent subit une 
perquisition, qui montre qu’il a lui-même du matériel de 
remilitarisation. « Claude Hermant envoyait des personnes pour 
recueillir des informations, il n’y allait pas directement, c’est pour 
cela qu’il nous parlait de fusibles », a commenté l’adjudant-chef. 
Dans ce même mail au gendarme, Claude Hermant rend compte de ses 
premières recherches sur Samir L.

« Pour notre coffre-fort, voilà les 2 immat :
BW 5XXXX
BX 9XXXX
Si pas concluant, j’organise une autre surveillance, plus serrée pour 
récupérer plaque et modèle de voiture exact.
J’ai Rdv ce w-e.
Si on fait match montre-moi la fiche "pol" antropo de l’individu je te 
confirme la tronche.
Te ferai un rapport détaillé ap le prochain RDV.
Confirme réception et intention pour Patrick, Merci. »

Le gendarme répond :
« Merci Claude, les immat ne correspondent pas à des Maghrébins. 
Laurent »

 L’ancien militaire poursuit son infiltration, et livre effectivement 
des armes à “la cible” des armes qu’il a commandées lui-même à AFG.

« Il y avait deux techniques, a détaillé Hermant aux juges. Soit 
j’avais recours à un réseau existant, et je le dirigeais vers ce 
dernier, soit j’injectais et cette solution a été prise vu la qualité 
de la cible. C’est M. B. qui m’a dit de faire comme ça. Samir L. est 
devenu une priorité de la SR et de moi. C’était dans l’année 2014. […] 
Je devais maintenir le contact pour qu’ils puissent remonter quelque 
chose de correct. Je lui injecte une quarantaine d’achats. Le listing 
était dans la clé USB et dans les rapports. Il y a eu des armes de 
poings et des armes longues. »

« Nous n’avons jamais été au courant de tout ça, s’est défendu 
l’adjudant-chef B.. Si on nous avait parlé d’armes dans ces 
proportions, on aurait sauté dessus. C’était du pain bénit. Nous 
n’aurions jamais utilisé l’achat d’armes même neutralisées pour qu’il 
les revende dans le but d’infiltrer un trafic. »

Hermant livre aussi des éléments sur un autre client d’AFG, qui 
commande des armes sous le nom de « Nicolas Sarkozette ». Ces armes 
« suivent un circuit de remilitarisation et finissent dans les 
quartiers », commente-t-il. « Je te vois rire mais ce n’est pas une 
blague. Amitiés. » L’informateur transmet la copie d’une carte 
d’identité et un bon de commande destiné à AFG, au nom de 
“Sarkozette”… Le gendarme affirme aux juges n’avoir « pas travaillé 
sur ces infos ». Les mails se poursuivent ainsi toute l’année 2014. 
« J’espère que vous avez eu le temps de travailler sur les infos 
données… note Hermant en octobre. C’est une petite usine de remise en 
état qui est en place. Un dénommé R… propose du matériel sur Lille sud 
[…] Cela va du Scorpion à la Kalach et autres 9 mm para... »

Le 20 novembre 2014, l’adjudant-chef, Laurent B., et un autre gendarme, 
David D., rencontrent leur source. Peu après, l’officier traitant 
envoie un mail à Hermant : « Salut Claude, nous avons vu avec notre 
hiérarchie, nous sommes partants pour les deux dossiers que tu nous as 
présentés (armes-Charleroi). » « Je pense qu’il s’agit d’AFG, a 
commenté Laurent B. Il y avait un client AFG à Charleroi. » Les 
gendarmes ont fait un point avec le lieutenant T., puis ils ont rédigé 
à cette occasion un nouveau « rapport de contact ». Mais il est 
classifié secret défense.

 

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/affaire-claude-hermant-le-secret-defense-qui-ajoute-au-trouble-ia19b0n3066814

Affaire Claude Hermant: le secret défense qui ajoute au trouble

 

Publié le 25/09/2015

PATRICK SEGHI

« Nous venons d’apprendre que le ministre de l’Intérieur a opposé le secret défense aux juges lillois qui instruisent l’enquête… » Ce qui ne perturbe en rien les proches de Claude Hermant, ex-mercenaire d’extrême droite, au cœur d’un vaste trafic d’armes.

 

Le secret défense touche désormais l’affaire Claude Hermant, au centre d’un trafic d’armes présumé...  PHOTO archives ÉDOUARD BRIDEVDNPQR

 

Au contraire, l’intervention de Bernard Cazeneuve ne ferait qu’ajouter de l’eau au moulin de l’inculpé, présumé innocent. Elle repose la question de la nature des liens supposés avec les attentats de Paris. « Le fait que le nom de Coulibaly n’apparaisse jamais dans le dossier de Claude Hermant ; que celui-ci n’ait jamais été interrogé à ce propos, nous rassure… », poursuit une source familiale. La justice fera-t-elle un jour la jonction entre les deux affaires ? L’interrogation se fait de plus en plus lancinante.

Cinq armes… et 200 autres

Selon nos confrères de Médiapart, complétant nos propres informations, cinq armes, numéros de série à l’appui, auraient transité par la société de la compagne de Claude Hermant avant de se retrouver dans l’arsenal de Coulibaly. « Oui, Claude Hermant a bien vendu des armes neutralisées mais à S.L. (arrêté depuis par la police judiciaire lilloise). »Cette figure du grand banditisme roubaisien« était une cible prioritaire signalée à la gendarmerie par Claude Hermant »dont nous avons établi qu’il était un agent de renseignement de la section de recherche de Lille« Ce que S.L. a fait de ces armes, nous n’en savons rien », poursuit l’entourage de l’ex-barbouze. Sous-entendu : comment a réagi la gendarmerie aux informations de son indic ? Si cette dernière se refuse à tout commentaire (notre édition du 12 août), Claude Hermant a, lui, mis en cause deux gendarmes et un agent des douanes.

Face au juge d’instruction lillois, l’un de ces gendarmes aurait, selon Mediapart, soulevé le caractère secret de ses missions. Bernard Cazeneuve, après avis de la commission consultative du secret défense, a brandi cette carte, cadrant les investigations lilloises. Reste une question. Si cinq armes achetées par Claude Hermant se sont retrouvées entre les mains de Coulibaly, qu’en est-il des « 200 autres » répertoriées par les les enquêteurs ?

Claude Hermant vient de voir une nouvelle demande de mise en liberté rejetée. « Il en formulera une autre dans quatre mois. »

Rappel des faits

Le 8 janvier 2015, Amedy Coulibaly tue une policière municipale à Montrouge (92). Le lendemain, il prend en otage les clients d’une supérette casher à Paris. Il en tue quatre… Il sera abattu lors d’un assaut du RAID.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/affaire-hermant-les-avocats-de-la-defense-estiment-que-ia19b0n3081400

Affaire Hermant : les avocats de la défense estiment que l’instruction est « biaisée »

 

Publié le 03/10/2015

PAR PATRICK SEGHI

Maxime Moulin et Guillaume Ghestem, les avocats qui défendent les intérêts de Claude Hermant et de sa compagne (poursuivis dans le cadre d’un trafic d’armes) sont aujourd’hui convaincus que la défense « ne dispose pas de toutes les informations » lui permettant d’assurer ses missions. Ils demandent la libération du prévenu. Et s’interrogent sur les effets du secret défense…

 

Maxime Moulin (premier plan) et Guillaume Ghestem sont convaincus qu’on «leur cache des pans entiers du dossier.»
Maxime Moulin (premier plan) et Guillaume Ghestem sont convaincus qu’on « leur cache des pans entiers du dossier. »

 

« Nous ne jouons pas à armes égales. » L’affirmation pourrait prêter à sourire si dans le cadre de ce dossier de plus en plus opaque, elle ne commençait à fleurer l’affaire d’État. « Nous ne sommes plus dans le conditionnel. Il y a un lien direct et établi entre l’affaire Claude Hermant et Coulibaly. Si le lien n’est pas direct alors on peut déterminer clairement quels sont tous les intermédiaires… » Voilà la ligne suivie par Maxime Moulin et Guillaume Ghestem qui défendent les intérêts du prévenu et de sa compagne, poursuivis dans le cadre d’un vaste trafic d’armes en bande organisée. Convaincu que « des éléments de preuve sont refusés aux magistrats lillois », que l’instruction est « biaisée », Maxime Moulin poursuit : « Il n’est pas question que les victimes de Coulibaly et que nos clients respectifs soient victimes du secret défense et de cafouillages divers et variés. »

« On nous cache des pans entiers du dossier »

Devant les « déséquilibres constatés », l’avocat roubaisien a beau jeu d’exiger aujourd’hui « la libération » de Claude Hermant qui doit, selon lui, devenir « témoin assisté ». « Le travail d’un juge est la recherche de la vérité. Là, on nous cache des pans entiers du dossier », restent convaincus les défenseurs qui, depuis peu, jouent sur du velours.

Depuis la divulgation que cinq armes traçables passées par la petite entreprise de la compagne de Claude Hermant ont bien atterri entre les mains de Coulibaly, l’affaire a pris une tournure nouvelle. « Mon client était un indic (de la gendarmerie). Ses renseignements devaient être plutôt bons puisqu’on leur oppose le secret défense. Mais il n’était pas un chef d’équipe, seulement une cheville ouvrière… » La chaîne des responsabilités s’ouvre désormais de façon béante. « Nous n’avons jamais été entendus dans le cadre du dossier parisien. » Le parquet se refusant toujours à faire le lien entre les deux affaires. Pour ajouter au trouble, les deux avocats ont fait savoir que leurs cabinets respectifs avaient fait l’objet d’une visite nocturne.



Terrorisme : une gendarme et une fille de gendarme sur la sellette

Naturellement, j’aurai l’occasion de revenir sur le cas de la criminelle et terroriste Josette BRENTERCH du NPA de Brest, elle aussi fille de gendarme.

Ici, je me contenterai seulement de rappeler qu’à la barre du Tribunal de Grande Instance de Brest le 9 avril 2013, elle m’avait mensongèrement accusée, entre autres, de m’être publiquement attaquée à son père gendarme alors que c’est bien elle qui en avait parlé dans ses commentaires sur les blogs de son complice Pascal Edouard Cyprien LURAGHI au cours de l’été 2010 en précisant qu’elle avait hérité de son mauvais caractère.

Pour ma part, je n’ai jamais connu son père et n’en savais strictement rien avant de l’entendre en parler en 2004 ou de lire bien plus tard de ses écrits s’y rapportant.

En revanche, elle savait depuis son arrivée à la LCR dans les années 1970 qui était le mien et qui j’étais. Elle nous a toujours haïs depuis cette époque et s’est dès lors appliquée, décennie après décennie, à détruire toute ma famille.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/09/29/01016-20150929ARTFIG00141-une-gendarme-soupconnee-d-avoir-aide-un-proche-d-amedy-coulibaly-revoquee.php

Une gendarme soupçonnée d’avoir aidé un proche d’Amédy Coulibaly révoquée

    • Par lefigaro.fr
    • Mis à jour le 29/09/2015 à 14:44
    • Publié le 29/09/2015 à 13:29
ILLUSTRATION - Des impacts de balles sur la vitrine de l'Hyper Cacher, près de la Porte de Vincennes à Paris, où quatre otages d'Amédy Coulibaly ont été tués en janvier dernier.
 

L’adjudante était suspendue depuis février. Elle entretenait une relation amoureuse avec un homme suspecté d’avoir aidé le terroriste de l’Hyper Cacher et à qui elle pourrait avoir transmis des informations stratégiques.

Terrorisme : une gendarme et une fille de gendarme sur la sellette dans Attentats dans Corruption

Sur fond d’histoire d’amour, elle aurait livré des informations stratégiques au complice d’un terroriste. Plus de huit mois après les attentats de janvier, la gendarme soupçonnée d’avoir transmis des informations à un proche d’Amédy Coulibaly a été révoquée.

«Un conseil d’enquête a conduit à la radiation des cadres de l’adjudante», ce qui constitue, dans le cadre militaire, à une révocation pour les fonctionnaires, a annoncé, mardi, la gendarmerie nationale. Cette décision a été notifiée le 21 septembre dernier à la jeune femme, qui était suspendue depuis février. Elle dispose désormais d’un délai de deux mois pour effectuer un recours contre cette révocation.

Après la prise d’otages d’Amédy Coulibaly dans l’Hyper Cacher de la porte de Vincennes, à Paris, les filatures des complices du terroriste ont permis de découvrir la relation de l’adjudante avec Amar R.. Déjà soupçonné avant les attaques de trafic de stupéfiants et d’armes, il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen, comme l’avait révélé Le Canard Enchaîné. Les liens de cet homme avec Amédy Coulibaly ont rapidement conduit à son interpellation. Il aurait échangé des centaines de SMS avec le terroriste et l’aurait rencontré à plusieurs reprises, notamment le jour précédant l’attentat. Son téléphone se trouvait par ailleurs à proximité du supermarché cacher le jour de l’attaque.

Accès sans contrôle au fort de Rosny-sous-Bois

Or, d’après les éléments révélés par l’enquête, ce complice présumé pourrait avoir bénéficié de l’aide de sa compagne gendarme. Les enquêteurs ont constaté que la jeune femme lui permettait de pénétrer sans aucun contrôle dans le fort de gendarmerie de Rosny-sous-Bois, haut lieu du renseignement français, où elle-même travaillait. Une lettre qu’elle a tenté de faire passer à son compagnon, incarcéré depuis fin janvier pour les affaires de trafic dans lesquelles il pourrait être impliqué, a par ailleurs été interceptée. Elle y évoque la ville de Charleroi, en Belgique. Soit le lieu précis où Amédy Coulibaly serait allé revendre une voiture quelques jours avant les attaques, rappelle LCI.

La gendarme s’était convertie à l’islam deux ans auparavant. Elle avait été aperçue échanger son képi contre un voile au sortir du fort, mais aucun autre élément n’a permis de mettre en lumière une éventuelle radicalisation religieuse. Sa complicité directe n’est pas non plus établie: rien n’indique que les accès à l’enceinte protégée de la gendarmerie aient joué un rôle dans la préparation de l’attentat. Ils sont toutefois parfaitement irréguliers.

Son compagnon lui a confié connaître Amédy Coulibaly

En mars, la garde à vue de la jeune femme avait levée au bout de deux jours. Son avocate avait alors affirmé qu’elle «n’a rien à voir avec tout ça», évoquant un «gros malentendu». «Elle compte s’expliquer devant les policiers», avait poursuivie Me Daphné Pugliesi.

Au cours d’une interview sur TF1, la jeune femme avait confirmé que son compagnon et le terroriste se connaissaient. Amar R. lui aurait en effet avoué avoir connu Amédy Coulibaly «à Villepinte». «On se voyait amicalement, on parlait de tout et de rien», lui aurait affirmé son ami, niant avoir aidé l’auteur de l’attaque de l’Hyper Cacher. La gendarme avait toutefois choisi de ne pas rapporter à sa hiérarchie cette information.

Le 8 janvier, Amédy Coulibaly a tué une policière et blessé un agent municipal à Montrouge, au sud de Paris, avant de prendre en otages, le lendemain, les clients et employés d’un supermarché cacher de Paris. Il a tué quatre d’entre eux et a été abattu dans l’assaut donné par la police.

La rédaction vous conseille :

 

http://www.lefigaro.fr/international/2015/10/01/01003-20151001ARTFIG00064-emilie-konig-une-djihadiste-francaise-inscrite-sur-la-liste-noire-des-terroristes-par-les-etats-unis.php

Émilie König, une djihadiste française inscrite sur la liste noire des terroristes par les États-Unis

    • Par lefigaro.fr
    • Mis à jour le 01/10/2015 à 14:36
    • Publié le 01/10/2015 à 09:39
En 2013, Émilie König aurait posté une vidéo sur YouTube, apparaissant un fusil à la main (Capture d'écran YouTube).

VIDÉO - Cette trentenaire originaire de Lorient a été ajoutée à la liste noire en même temps que Maxime Hauchard et Peter Cherif. C’est la première fois qu’une femme djihadiste est ainsi désignée par les autorités américaines.

 dans Crime  dans Folie

Trois djihadistes français ont été ajoutés, mardi, à la liste noire de «combattants terroristes étrangers» des États-Unis. Parmi eux figure Maxime Hauchard, identifié dans une vidéo de 2014 comme l’un des bourreaux de l’État islamique, mais aussi Émilie König, dont le nom est moins connu. Bien qu’elle ne participe pas directement aux combats, elle est pourtant une figure de la mouvance djihadiste française en Syrie, où elle joue un rôle important de propagandiste et de recruteuse.

«C’est une personnalité dans la communauté djihadiste, elle est très active sur les réseaux sociaux, sert à la propagande et au recrutement de volontaires», confiait mardi soir à l’AFP un responsable de la lutte antiterroriste. «Nous la connaissons très bien». Selon lui, c’est la première fois qu’une femme djihadiste est ainsi désignée par les autorités américaines.

Dans un communiqué, le Département d’État et du Trésor américain indique que cette désignation est liée au fait qu’Émilie König aurait «ordonné à des individus d’attaquer des institutions gouvernementales françaises». Il y a un an, le 23 septembre 2014, le nom de cette djihadiste avait déjà été ajouté par les Nations unies à sa liste des personnes associées à al Qaida en Irak, et faisant ainsi l’objet de sanctions internationales et d’interdictions de voyager.

Parti rejoindre son mari en 2012

Née il y a 31 ans à Lorient, Émilie König est fille d’un gendarme et dernière d’une famille de quatre enfants. Après avoir suivi une scolarité normale, sans être brillante, elle s’est convertie à l’islam au contact de son premier mari, algérien d’origine, emprisonné pour trafic de drogue. Émilie König apprend alors l’arabe, se fait appeler Samra, se voile entièrement et, au contact du groupe islamiste nantais Forsane Alizza, elle commence sa radicalisation. En 2010, portant le niqab, elle est repérée près de la mosquée de Lorient, où elle tentait de distribuer des tracts appelant au djihad. Elle se rend souvent à Paris et se fait remarquer en manifestant aux premiers rangs, intégralement voilée.

Au printemps 2012, convoquée au tribunal de Lorient, la jeune femme s’y présente en niqab, refuse de se dévoiler et provoque une altercation avec un vigile. Elle filme la scène et la poste rapidement sur YouTube, criant à la discrimination. Après la dissolution de Forsane Alizza, dont les principaux membres ont été traduits en justice, elle ouvre plusieurs pages Facebook appelant à la guerre sainte. C’est à cette période qu’elle décide de rejoindre en Syrie son mari, parti pour s’affilier au groupe qui allait devenir l’État islamique. Il sera tué peu après. Laissant ses deux enfants en France, elle fait partie des premiers Français à avoir franchi la frontière turque pour prendre part au djihad en Syrie.

Vidéos de propagande

Émilie König ne prend pas part aux combats. Au sein de Daech, les femmes sont plus souvent confinées à des rôles de soutien et ne sont pas considérées comme des combattantes potentielles. Elle apparaît en revanche dans de nombreuses vidéos de propagande. Dans l’une d’elles, mise en ligne le 31 mai 2013, elle pose avec un fusil à canon scié, comme si elle s’entraînait au tir. Dans une autre, postée un mois plus tard, elle adresse un message de propagande à ses enfants restés en France. «N’oubliez pas que vous êtes musulmans», dit-elle à ses fils, confiés à leur grand-mère. «Le djihad ne cessera pas aussi longtemps qu’il y aura des ennemis à combattre».

Surveillée par les services de renseignements, elle est surprise en train d’appeler ses contacts en France pour les inciter à monter des attaques contre les institutions françaises, ou à s’en prendre aux femmes de soldats français déployés notamment au Mali. Elle est visée notamment par une enquête sur le départ en Syrie d’une dizaine de jeunes gens de la région nîmoise. Une source proche du dossier, qui demande à ne pas être identifiée, la décrit comme «une excitée», qui aurait proclamé sa volonté de commettre un attentat suicide, même si «ces gens-là sont souvent dans le déclamatoire».



1...264265266267268...306

Le Club des Jeunes |
Collectif citoyen de Monfla... |
JCM Consultant |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hug Lo
| Reelnew
| coachingmeteo