Une plainte de Corinne Lepage contre François Bayrou en décembre 2019

Je n’avais pas vu celle-là.

Ils sont hallucinants…

 

https://www.lemonde.fr/politique/article/2019/12/15/corinne-lepage-veut-porter-plainte-contre-francois-bayrou-pour-denonciation-calomnieuse_6022924_823448.html

Corinne Lepage veut porter plainte contre François Bayrou pour « dénonciation calomnieuse »

 

L’ex-députée européenne reproche au président du MoDem d’avoir mis en cause sa probité en déclarant à des policiers qu’elle avait essayé d’« escroquer » des élus.

Le Monde

Publié le 15 décembre 2019 à 06h02 – Mis à jour le 15 décembre 2019 à 10h55

 

Corinne Lepage et François Bayrou, le 15 juin 2008 à Nanterre.

Corinne Lepage et François Bayrou, le 15 juin 2008 à Nanterre. STEPHANE DE SAKUTIN / AFP

 

Les sujets de discorde sont récurrents entre le président du MoDem, François Bayrou, et Corinne Lepage, qui fut élue sous les couleurs du parti centriste au Parlement européen entre 2009 et 2014.

Cette fois-ci, Mme Lepage a décidé de porter plainte pour « dénonciation calomnieuse » contre M. Bayrou, comme le révèle le Journal du dimanche du 15 décembre. L’ancienne ministre de l’environnement (1995-1997) considère avoir été injustement mise en cause devant la police.

Interrogé le 11 septembre dans le cadre de l’enquête sur les assistants parlementaires du MoDem, dans laquelle il est mis en examen, François Bayrou a accusé Corinne Lepage d’avoir essayé d’« escroquer » des élus dont elle assurait la défense lors du procès de l’Amoco-Cadiz.

« Je n’admets pas que ma probité soit mise en cause »

L’avocate avait réclamé et obtenu des honoraires supplémentaires au moment de son désengagement auprès d’eux. Une décision de la Cour de cassation l’avait effectivement obligée à rembourser ce supplément, chiffré à un peu plus de 600 000 euros. Mais Mme Lepage avait obtenu gain de cause devant la Cour européenne des droits de l’homme en 2005 (sans récupérer néanmoins les fonds).

« Je n’admets pas que ma probité soit mise en cause dans cette affaire où les décisions de justice m’ont été favorables », a-t-elle déclaré, preuves à l’appui. Son avocat devrait déposer la plainte en début de semaine.

Lire aussi Après la mise en examen de François Bayrou, le point sur l’affaire des assistants parlementaires du MoDem

Le Monde

 



François Asselineau en garde à vue, François Bayrou tombe du lit… c’est la fête aux François !

Une enquête préliminaire est ouverte depuis le 15 mai dernier, et c’est maintenant qu’on le met en garde à vue… tandis que quantité d’autres n’ont jamais été inquiétés de leur vie par des plaintes similaires ou pour des faits bien plus graves…

François Léotard a dû agacer un peu avec ses histoires de moutons.

Il faut bien dire qu’il n’y est pas allé avec le dos de la cuiller : cela commence dès l’ouverture du procès avec tout un troupeau ayant bien failli l’empêcher d’y arriver, mais qui lui aura finalement permis de s’y présenter hilare pour y être jugé pour une bagatelle avec laquelle, de toute façon, tout comme son collègue Balladur, il n’a rien à voir (à propos, combien étaient-ils, ces moutons, tout juste six ou huit, comme ceux du 9 août dernier, ou bien 84, comme ceux de Nice le 14 juillet 2016 ? ces signes du destin ont toujours tendance à rendre nerveux, et paf ! on s’esclaffe au moment le plus inopportun… parce que bien entendu, le berger était introuvable, comme celui de Kasserine…), et cela se termine au dernier jour alors qu’ayant brutalement sorti de sa manche Me Brigitte Longuet épouse de Gérard pour le représenter, il fait savoir que tout son patrimoine se limite à la possession de cat mouton…

Et voilà l’autre qui se réveille… et que dit-il ? Ah oui, c’est vrai, il a contribué à l’élection de Macron, lequel a bien tort de l’oublier, parce qu’il sait des choses, lui aussi…

Personne n’a rien à lui coller pour une garde à vue surprise, à celui-là ?

Enfin bon, pour autant que je sache, c’est tout le gouvernement Balladur qui était bien au courant, et tous mes harceleurs aussi, bien évidemment.

Et Cuicui, que dit-il ?

Ah ben non, lui ne dit rien pour l’instant, il se tient tranquille… il a déjà son épine dans le pied avec une information judiciaire dont on n’entend plus parler depuis le décès d’Alain Masson le 4 novembre dernier.

 

https://www.lefigaro.fr/politique/le-president-de-l-upr-francois-asselineau-en-garde-a-vue-pour-harcelement-et-agressions-sexuelles-20210203

Le président de l’UPR François Asselineau en garde à vue pour harcèlement et «agressions sexuelles»

 

Le parquet de Paris avait ouvert le 15 mai une enquête préliminaire à l’encontre de l’homme politique.

Par Le Figaro avec AFP

Publié hier à 21:48, Mis à jour hier à 21:58

 

Le président du parti pro Frexit UPR, François Asselineau, a été placé en garde à vue ce mercredi des chefs de harcèlement moral, harcèlement sexuel et agressions sexuelles, a appris l’AFP auprès du Parquet de Paris, confirmant une information du Point.

«La mesure est toujours en cours», a précisé cette source à l’AFP. M. Asselineau est gardé à vue à la Brigade de répression de la délinquance à la personne (BRDP) de la police judiciaire parisienne, selon une autre source proche du dossier. Le parquet de Paris avait ouvert le 15 mai une enquête préliminaire des chefs de «harcèlement sexuel» et «agression sexuelle», confiée à la BRDP.

Deux plaintes pour ces mêmes chefs avaient été déposées par deux victimes présumées et anciens salariés de l’UPR, l’une dans l’Allier, l’autre à Paris, et un ancien cadre avait fait un signalement au procureur de la République. Ces accusations révélées par Libération avaient alors été qualifiées de «calomnies» par M. Asselineau. Selon l’entourage du chef de l’UPR (Union populaire républicaine) mercredi soir, François Asselineau est «actuellement entendu dans le cadre de la procédure judiciaire initiée par deux anciens employés du mouvement, concomitamment à une tentative de prise de contrôle de l’UPR par une poignée d’adhérents».

François Asselineau «a toujours fermement démenti ces accusations, qui, pour l’essentiel, allèguent des faits qui auraient prétendument eu lieu avant même leur embauche», ajoute l’entourage. Plusieurs dizaines de cadres du mouvement avaient réclamé au printemps sa démission, évoquant «l’existence de relations particulières et plus qu’insistantes de (la) part» de M. Asselineau à l’égard de salariés de l’UPR, «source de graves souffrances psychologiques». Ayant échoué à le faire partir, ils avaient ensuite demandé que le président de l’UPR se mette «en retrait» de ses fonctions pendant les procédures judiciaires.

François Asselineau avait néanmoins convoqué un congrès virtuel en juillet lors duquel il avait été réélu haut la main à la tête du parti souverainiste. Partisan d’une sortie de la France de l’Union européenne, de l’euro et de l’Otan, il avait réuni 0,92% des voix à la présidentielle de 2017.

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Francois-Leotard-le-temps-de-la-defense-172191

François Léotard, le temps de la défense

 

Paris Match | Publié le 24/01/2021 à 06h55 |Mis à jour le 24/01/2021 à 08h46

Passer inaperçu, c’est le vœu de François Léotard depuis qu’il a délaissé le pouvoir. Mais le procès de l’affaire Karachi remet l’ex-golden boy de la droite dans la lumière.
Passer inaperçu, c’est le vœu de François Léotard depuis qu’il a délaissé le pouvoir. Mais le procès de l’affaire Karachi remet l’ex-golden boy de la droite dans la lumière. Aurore Marechal/ABACAPRESS.COM

 
Vingt-cinq ans après les faits, alors que la Cour de justice de la République ouvre le procès de l’affaire Karachi, l’ancien ministre plaidera sa cause lui-même. Sans avocat. Paris Match lui a parlé.

Comme si le destin voulait l’empêcher d’assister à son procès, son train Nice-Paris a failli ne jamais arriver. Après s’être arrêté pour exfiltrer un passager en coma éthylique, le conducteur est tombé sur un troupeau de moutons. Il a failli s’esclaffer en expliquant au micro que le berger était introuvable. L’image a dû plaire à François Léotard, pâtre corse à sa façon. Engoncé dans un blouson de cuir, plongé dans la lecture du journal, il gardait près de lui son pique-nique dans un sac en plastique. A Paris, le taxi qui l’attendait avait écrit son nom sur un écriteau. Depuis son retrait de la vie publique, l’ancien ministre n’a pas cherché à faire parler de lui. Au contraire, il a donné l’image d’un ermite vivant au milieu de ses livres, dans sa propriété encaissée sur les hauteurs de Fréjus.

Lire aussi:Affaire Karachi : le difficile interrogatoire de François Léotard

Dans la ville dont il a été maire pendant vingt ans, «on voit sa silhouette», dit un élu. On raconte qu’il s’est «enfermé». Certains assurent qu’il n’a pas supporté la mort de son frère, l’acteur et poète Philippe Léotard, en 2001. D’autres évoquent les fausses accusations autour de l’assassinat de la députée Yann Piat dans les années 1990, les affaires de la mairie de Fréjus ou celle du financement du Parti républicain (pour laquelle il a été condamné). Il avait alors démissionné de tous ses mandats pour se présenter à la justice. «C’était pour apparaître en “homme nu”. Il voulait être jugé comme un simple citoyen, pas comme un homme politique», se souvient Philippe Michel-Kleisbauer, son ancien assistant parlementaire, aujourd’hui député (MoDem) du Var.

Lire aussi:François Léotard – « J’ai retrouvé un peu de paix personnelle »

Simple citoyen, François Léotard le restera. Ministre de la Culture de 1986 à 1988 puis de la Défense de 1993 à 1995, il se retire de la vie publique et se consacre à sa passion, l’écriture. En 2008, il publie un brûlot contre la présidence «bling-bling» de Nicolas Sarkozy, puis disparaît des écrans radars. Lorsqu’une escouade de policiers vient perquisitionner sa maison, quatre ans plus tard, il apparaît comme un animal blessé. Il déverse un torrent d’insultes qui lui vaudra une condamnation pour «outrage à agents publics ». Il s’insurge contre « la police judiciaire qui n’existe pas mais seulement la police politique».
 

Avec les forces de l’Onu à Sarajevo, en 1994, l’année où sont signés les deux contrats d’armement. Il est ministre de la Défense depuis un an.
Avec les forces de l’Onu à Sarajevo, en 1994, l’année où sont signés les deux contrats d’armement. Il est ministre de la Défense depuis un an. © Duffour/ANDBZ/ABACAPRESS.COM

 

Huit ans après cette descente de flics, c’est encore un «homme nu» qui se présente devant la Cour de justice de la République (CJR), la juridiction qui juge les faits commis par des ministres pendant l’exercice de leurs fonctions. Mais il parle sur un ton policé, calme. C’est un homme qui a lu, écrit et réfléchi. Installé depuis samedi 16 janvier dans un appart-hôtel près du tribunal judiciaire de Paris, il travaille sa plaidoirie car il a décidé d’être son propre avocat. «Le problème, nous dit-il dimanche soir au téléphone, c’est que je ne sais pas quand elle est prévue. Ce n’est pas normal, ça!»

« Le pouvoir politique doit être soumis au contrôle du Parlement, pas celui des juges ! » s’indigne-t-il

A deux jours de l’ouverture du procès, il ne semble pas perturbé par l’interrogatoire qu’il va subir. Ce qui l’intéresse, c’est la plaidoirie, sa dernière envolée, son ultime discours pour la France qu’il compare à l’Italie des années 1990. A l’époque, les juges de «Mani pulite» mettaient en examen à tour de bras et prononçaient les verdicts à la chaîne (1 200 condamnations); un président du Conseil partait en exil, un député se suicidait. C’est toute une génération de politiques qu’on envoyait à la casse.

Mais ce grand ramdam politico-judiciaire a accouché de l’élection de Silvio Berlusconi. «C’est constitutionnel, s’insurge Léotard. Le pouvoir politique doit être soumis au contrôle du Parlement, pas à celui des juges!» Et de citer la perquisition des domiciles de l’ancien Premier ministre Edouard Philippe et de l’ex-ministre de la Santé Agnès Buzyn, dans l’enquête sur la gestion de l’épidémie de Covid-19. A 78 ans, l’ancien dirigeant de l’UDF n’a pas perdu de sa verve. «Ses qualités oratoires sont hors normes, c’est pour ça que je me suis engagé à ses côtés», se rappelle David Martinon, aujourd’hui ambassadeur de France à Kaboul. Reste à savoir si les trois magistrats et les douze parlementaires qui composent la CJR seront sensibles à son discours.

 

Edouard Balladur au tribunal le 20 janvier.
Edouard Balladur au tribunal le 20 janvier. © AP Photo/Thibault Camus

 

Pas encore jugée, l’«affaire Karachi» est déjà entrée dans l’Histoire. Elle a fait l’objet de plus de 6000 articles de presse et a servi de trame à une série télé. Le scénario : en 1994, Edouard Balladur caracole au sommet des sondages et va se présenter à l’élection présidentielle. Pressés de trouver un financement pour la campagne, ses conseillers sont soupçonnés d’avoir monté un circuit de rétrocommissions autour de la vente de deux frégates à l’Arabie saoudite et de trois sous-marins au Pakistan. Après avoir imposé le «réseau K» (piloté par l’intermédiaire Ziad Takieddine), les balladuriens se seraient constitué un trésor de guerre.

Mais en 1995, Jacques Chirac est élu. Il fait interrompre le versement des commissions. Tout finira par nourrir d’autres réseaux, non moins crapuleux. Les officiers pakistanais, victimes collatérales de ce micmac franco-français, voient une partie de l’argent attendu leur passer sous le nez. Le 8 mai 2002, une bombe explose sous le bus des techniciens français de la DCNI chargés de construire les sous-marins. Bilan : 11 morts. L’attentat est-il la conséquence des pots-de-vin impayés? C’est la thèse des familles des victimes, représentées par l’avocat Olivier Morice qui va déclencher l’affaire Karachi. Voilà pour l’histoire, telle qu’elle est souvent relatée. Mais, dix-huit ans après l’attentat, la justice n’a pas établi le lien entre ce drame et l’interruption du versement des commissions. «Le nouveau juge d’instruction chargé du dossier concernant les causes de l’attentat n’a toujours pas clôturé son instruction», rappelle Félix de Belloy, un des avocats d’Edouard Balladur, qui évoque une note de synthèse de la sécurité intérieure (DGSI) de 2019 selon laquelle «la piste islamiste reste privilégiée».

Les magistrats veulent savoir pourquoi il a introduit Ziad Takieddine et son « réseau k » dans les négociations avec le Pakistan

Quant à savoir si les commissions ont servi à financer la campagne de Balladur, c’est l’objet du procès qui s’ouvre cette semaine. Des mouvements de cash entre Ziad Takieddine, principal bénéficiaire des sommes, et les balladuriens ont déjà donné lieu en juin 2020 à des condamnations de deux à cinq ans de prison. Tous ont fait appel. Toutefois, sur près de 1 milliard de francs versés au fameux «réseau K», seuls 10 millions ont été identifiés dans le financement de la campagne d’Edouard Balladur. Et encore, selon la défense de l’ancien Premier ministre, les billets retirés en Suisse ne sont pas ceux qui ont été déposés sur les comptes de campagne.

Concernant le rôle de François Léotard, ministre de la Défense à l’époque des faits, les magistrats attendent qu’il explique pourquoi il a imposé Takieddine et ses associés dans le circuit des négociations de ces contrats. Les deux hommes s’étaient rencontrés à Isola 2000, la station de ski que dirigeait alors l’homme d’affaires franco-libanais. Léotard était jeune, brillant, promis à un grand avenir. A Isola 2000, il avait rencontré sa femme, Ysabel, avec qui il a eu un fils, Marc-Antoine, en 1993. «Tout ce dont on m’accuse est faux », jure l’ancien ministre. Reste que le berger corse devra dire pourquoi il a fait entrer le loup Takieddine dans la bergerie.

 

https://www.lepoint.fr/politique/le-commissaire-bayrou-a-t-il-un-plan-04-02-2021-2412603_20.php

Le commissaire Bayrou a-t-il un plan ?

 

Dette, nucléaire, médicaments essentiels… Le patron du MoDem François Bayrou planche sur la France des prochaines décennies. Non sans arrière-pensées.

François Asselineau en garde à vue, François Bayrou tombe du lit... c'est la fête aux François ! dans AC ! Brest btnClose

Par Géraldine Woessner

Publié le 04/02/2021 à 07h00

 

La macronie n’avait pas vu venir le coup. Ce 26 janvier, alors que la rumeur d’un reconfinement enfle, l’allié François Bayrou, qui observait la crise en surplomb depuis l’orbite du haut-commissariat au Plan, décide subitement d’une plongée sur Terre en piqué, habillé de sa cape de patron du MoDem. Son urgence ? La proportionnelle, qu’Emmanuel Macron lui avait promise en échange de son ralliement en 2017 et que l’exécutif se prépare à enterrer. « Pourquoi ne pas demander aux Français ce qu’ils en pensent par référendum ? » assène Bayrou. En deux interviews, l’opiniâtre propulse le débat sur…

 



Balladur, Léotard ou affaires d’Etat les plus sales : adopte ton mouton…

… pour le faire tondre à ta place le moment venu…

Non, mais moi, ça va, hein, j’ai déjà donné 36000 fois pour des tas de malfrats et tous leurs complices magistrats et autres fonctionnaires corrompus uniquement pour avoir toujours fait mon boulot correctement, en refusant d’obéir à des ordres illégitimes ou de tremper dans de sales histoires…

A ce stade, étant donnée la migraine qui me frappe encore aujourd’hui, je n’en dirai pas plus, sauf que contrairement à d’autres, je ne m’amuse pas du tout : je ne suis pas la seule à avoir perdu la vie pour une bande de salopards, certains de mes proches aussi, c’est en réalité toute une famille de « moutons » ou d’ingénieurs tous réputés pour leur intelligence hors norme qu’ils ont détruite – entre autres.

- Dessine-moi un mouton…

- Pffff… va me chercher le dossier Karachi.

 

 

https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/au-proces-balladur-les-surprenantes-requisitions-contre-edouard-balladur-et-francois-leotard

Au procès Balladur, les surprenantes réquisitions du procureur Molins

 

Justice

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Publié le 02/02/2021 à 22:13

 

Après une démonstration accablante sur « la gravité des faits », le procureur François Molins réclame des peines d’un an et deux ans avec sursis contre Édouard Balladur et François Léotard. Un grand écart complet avec les peines requises contre leurs collaborateurs devant le tribunal correctionnel.

 

Les deux fauteuils du premier rang sont vides. Ultime surprise dans ce procès où rien ne se passe comme prévu. À droite de l’allée centrale, Edouard Balladur, 91 ans, est absent. À gauche, François Léotard, 78 ans, n’a pas non plus pas fait le déplacement. Ni l’un ni l’autre n’ont eu envie de venir assister aux réquisitions du parquet, ce moment de tout procès où l’accusation résume ses charges, réclame des peines et où, sur le banc des prévenus, les dents grincent. Aujourd’hui, les oreilles de l’ancien Premier ministre et de son ministre de la Défense vont donc siffler à distance.

Autre bizarrerie, François Léotard, qui depuis cinq ans est resté farouchement sans avocat, a finalement désigné pour le représenter Me Brigitte Longuet. Certes, épouse à la ville de Gérard Longuet, lui-même ancien ministre de l’Industrie du gouvernement Balladur, Brigitte Longuet ne découvre pas l’affaire depuis la veille… Mais quand même. Là encore du jamais vu.

À LIRE AUSSI :Procès Balladur : le vieillard sublime, le retraité grincheux et le témoin gênant

Dans un courrier à la Cour de Justice, Léotard évoque pour justifier son absence « des raisons de santé », celles qui à la veille du procès avaient failli l’empêcher d’assister à l’audience. « Nous avons un même certificat médical de janvier », note le président Dominique Pauthe, faisant aussi lecture du patrimoine que l’ancien ministre a bien voulu détailler à la Cour. Sa maison de Fréjus est propriété de son épouse. Son appartement de Paris de son fils. Il ne possède, décrit-il sans rire, que « les quatre moutons » de son jardin. La Cour de justice est ainsi prévenue en cas de condamnation de François Léotard, faute de patrimoine, ce sont ces bêtes qu’il faudra tondre… Décidément drôle d’audience, devant cette Cour de justice solennelle, dans cette salle du vieux palais de justice de Paris du procès Pétain, où un ancien ministre manie l’ironie avec autant de désinvolture.

« Il y a dans ce dossier des menteurs »

Passé cet intermède, François Molins se lève. Le procureur général près la Cour de Cassation, le plus haut poste du parquet en France, entame le réquisitoire. Il campe le décor de ce « procès hors norme ». Il pose le « double écueil », de s’en prendre « aux lampistes » ou de « déduire des décisions d’un cabinet que le ministre était forcément au courant ». Il souligne « le sentiment de malaise et d’inachevé » de cette audience où « seulement une partie immergée du dossier Karachi » a pu être traitée. Le procureur général n’hésite pas à railler l’attitude des deux illustres prévenus qui, à cette barre, ont louvoyé, préférant les « digressions politico diplomatiques générales » plutôt que d’aborder les questions du dossier. Il regrette des absences. « Il y a dans ce dossier des menteurs » qui ont préféré user « de stratégies de déni et d’évitement ». François Molins a un débit de mitraillette. Il lit son texte sans temps mort et les formules fusent, roulent comme un feu nourri d’artillerie qui pilonne le banc de la défense.

« Il y a dans ce dossier des rétro commissions ce qui n’est guère contestable, mais qui est pourtant contesté. » Le procureur tance « la gravité des faits », évoque « l’ampleur des sommes » et rappelle l’attentat de Karachi de 2002 qui plane comme une ombre noire. « L’enquête antiterroriste sur cet attentat est toujours en cours », prévient François Molins, un oeil vers Me Olivier Morice, l’avocat d’une des familles de victimes présent dans la salle.

Autre précision d’entrée, le magistrat estime que les juges de la Cour de justice, trois juges professionnels et douze parlementaires, devront tenir compte de « l’impressionnant jugement correctionnel de 446 pages » qui s’est conclu par la condamnation des collaborateurs de François Léotard et Edouard Balladur à 5 ans ans de prison dont trois ferme. Sur le banc de la défense, les avocats de l’ancien Premier ministre s’échangent des regards inquiets après cette introduction incisive.

Le cas du réseau K.

Le procureur annonce 4 parties. Il commence par la « prescription », un épineux sujet juridique, puisque les abus de biens sociaux dont il est question, commis en 1994, se prescrivent en théorie au bout de trois ans. Mais selon François Molins, comme avant lui plusieurs juridictions déjà saisies, la prescription ne commence qu’au moment de la découverte des faits jusque-là dissimulés, donc en septembre 2006.

Pied à pied, le magistrat balaye les autres arguments juridiques développés par Édouard Balladur au premier jour de son procès dans une longue déclaration initiale, « une complainte », estime François Molins. Puis il en vient aux infractions commises en marge de cinq contrats d’armement entre 1993 et1995, pour un montant total de sept milliards d’euros. En marge de ces ventes d’armes, l’accusation reproche au tandem Léotard-Balladur d’avoir introduit le « réseau K », de Ziad Takieddine, « sans aucune efficacité démontrée ». Non seulement ce « réseau K » aurait volé au secours de la victoire de contrats déjà signés mais il aurait exigé, et obtenu, que des énormes commissions lui soient versées, en dehors de tous les usages, dès la signature des contrats, sans attendre les versements des pays acheteurs. Selon le procureur, en acceptant le versement de ces commissions exorbitantes autant qu’injustifiées, le ministre de la Défense et le Premier ministre ont « fait courir des risques à l’État », et « in fine sur le contribuable ». Dans le détail, le réseau K, introduit par François Léotard, a dégagé, via des montages complexes, et des comptes suisses, plus de 72 millions de francs en espèces ! « François Léotard a dit ici qu’il ne s’occupait pas d’épicerie, mais pourtant il ne parlera que de ça avec son successeur au ministère de la Défense, signe que ce réseau K n’était pas inutile au financement de son activité politique », glisse François Molins.

« Elles existent ces preuves »

Le second procureur, Philipe Lagauche, en vient à l’ancien Premier ministre « sans les interventions duquel rien ne se serait produit ». « Tous les arbitrages pris à Matignon ont confirmé les choix du ministère de la Défense dans un sens favorable à l’inutile réseau K », insiste le magistrat. Au dossier, une note avec en marge « me faire des propositions » de la main du Premier ministre, témoigne de sa connaissance « des sommes astronomiques » des commissions Takieddine. L’accusation détaille les liens entre cet intermédiaire et Nicolas Bazire, le directeur de cabinet d’Edouard Balladur à Matignon, puis Thierry Gaubert, qui travaillera à la campagne présidentielle. Devant les enquêteurs, les épouses Gaubert et Takieddine ont fait état de nombreux voyages en Suisse pour des remises d’espèces. « Nicolas Bazire et Édouard Balladur ne voulaient pas connaître les modalités, mais simplement récupérer l’argent », a déclaré l’ex Mme Gaubert…

« On nous oppose une absence de preuve, mais elles existent ces preuves ! poursuit Philipe Lagauche. Les faits sont têtus. Des commissions pharaoniques ont été versées en urgence à des intermédiaires douteux  et dans le but de faire revenir des sommes immédiatement en France ». Lui aussi raille la posture de François Léotard à la barre, « qui a adopté l’attitude de l’homme détaché des contingences… mais l’intérêt supérieur de la France, c’était aussi la défense de l’intérêt public ! »

« Il ne reste que la piste des rétro commissions »

Le procureur cite à plusieurs reprises le jugement du tribunal correctionnel et reprend à son compte ses conclusions. Philippe Lagauche décortique le cheminement des espèces retrouvées sur le compte de campagne d’Edouard Balladur. Une dizaine de millions de francs alors que dans les semaines précédentes, une somme équivalente a été retirée par Takieddine en Suisse. Pourtant, selon les avocats de l’ancien Premier ministre, Takieddine retire des billets de 500 francs neufs alors que les sommes déposées sur le compte de campagne sont surtout des billets usagés. « Entre le 7 et le 26 avril, des billets usagers ont pu être subtilisés à des billets neufs, des receleurs font cela très bien », assène le procureur, qui note aussi que des liasses de billets de 500 francs neufs ont bien été déposées sur le compte de campagne. Dès 1995, les enquêteurs du conseil constitutionnel avaient tiqué sur ces dépôts d’espèces inexpliqués et inexplicables. « Un voile pudique a été ensuite jeté là-dessus par le Conseil constitutionnel, et on est loin d’une quelconque validation de l’origine des fonds », analyse Philipe Lagauche. En aucune façon, selon lui, et contrairement à ce que prétend Edouard Balladur, ces 10 millions en liquide disposés au lendemain du premier tour perdu ne peuvent provenir de la vente de gadgets pendant la campagne. « Ces espèces ont bien une origine frauduleuse », conclut le procureur.

Dans un courrier adressé à la cour de Justice juste avant l’ouverture du procès, Nicolas Bazire suggère aujourd’hui qu’il puisse s’agir de fonds secrets de Matignon. Ce que Pierre Mongin, le chef de cabinet d’Eduard Balladur, en charge de ces fonds, a longuement démenti à la barre sous serment… « On se demande bien pourquoi M. Bazire est venu soutenir cette thèse, qu’il avait nié jusque-là. Comprenne qui pourra », siffle le procureur pour lequel « il ne reste que la piste des retro commissions » pour expliquer la remise de ces fonds de dernière minute venus miraculeusement renflouer une campagne ratée et déficitaire. D’ailleurs, durant l’instruction, Ziad Takieddine, aujourd’hui en cavale après sa condamnation à 5 ans ferme, a reconnu avoir versé 7 millions de francs en espèces à Thierry Gaubert… « Edouard Balladur ne peut ignorer l’origine frauduleuse des fonds utilisés pour consolider son compte de campagne », termine Philipe Lagauche.

Trésor de guerre

François Molins reprend la parole. « Le propre de la délinquance astucieuse est justement de ne laisser aucune trace matérielle », explique-t-il, justifiant ainsi « une construction juridique et intellectuelle », faite à partir d’éléments matériels dans le but d’asseoir une démonstration. « On ne peut contester que ce réseau inutile, le réseau K, a bénéficié de commissions exorbitantes et a fait revenir en France des rétro commissions en espèces, à un moment où se jouait une campagne présidentielle. »

Le procureur s’approche de sa conclusion. La salle l’a senti. Le silence se creuse. Molins rappelle la décision de Jacques Chirac, en 1996, de faire cesser les versements de commissions au réseau K après des vérifications de la DGSE. « La seule explication crédible de cette décision est bien la volonté de tarir le trésor de guerre des balladuriens qui avaient trahi leur parole en se présentant finalement à la présidentielle de 1995 »…

Impression étrange

François Molins ne marque pas de pause. Il enchaîne : « Je vous demande de déclarer François Léotard et Edouard Balladur coupables.» Le procureur général demande à la Cour de justice de tenir compte de « la gravité des faits », qui ont « porté préjudice aux intérêts de l’État et au contribuable ». Il souligne « que ces financements électoraux étaient contraires à la loi de 1995, qu’Edouard Balladur avait fait voter ». François Molins demande aussi aux juges de tenir compte de « l’ancienneté des faits », « de la personnalité des deux prévenus », et considère que « dans la répartition des rôles, celui de François Léotard est plus engagé ». Il ne dit rien des peines de prison ferme prononcées en première instance à l’encontre de leurs collaborateurs. Mais réclame sans s’étendre « contre Edouard Balladur, un an avec sursis et 50 000 euros d’amende et contre François Léotard deux ans avec sursis et 100 000 euros d’amende ». François Molins se rassoit devant les deux fauteuils vides en face de lui. Sur leur banc, même les avocats du camp Balladur semblent surpris.

Ces réquisitions se terminent en queue de poisson sur une impression étrange. Pourquoi les deux procureurs se sont-ils échinés à démontrer la « gravité des faits » pour requérir in fine des peines aussi légères ?

Autre sentiment curieux, le grand écart entre ces deux peines réclamées et les réquisitions du parquet de Paris au procès correctionnel contre les collaborateurs, réquisitions suivies ensuite à la lettre par le tribunal correctionnel qui a condamné Nicolas Bazire et Renaud Donnedieu de Vabre à cinq ans de prison dont trois ans ferme ? Est-ce parce qu’aux yeux du procureur général les sous-fifres devraient porter une responsabilité plus grande dans la mise en place du réseau K et la récupération des rétro commissions ? François Molins, après s’être pourtant appuyé à plusieurs reprises sur le jugement correctionnel, n’a pas livré d’explication sur ce point.

Plaidoirie improvisée

Nul doute que lors de leur futur procès en appel, les collaborateurs des deux élus vont pouvoir s’appuyer sur ce grand écart entre les réquisitions devant la cour de justice et les réquisitions devant le tribunal correctionnel. En attendant, ce sont les juges de la Cour de justice qui vont devoir trancher, sachant que François Léotard et Edouard Balladur n’auront pas la possibilité de faire appel…

Dans la foulée de ces réquisitions, Me Brigitte Longuet, dans une plaidoirie improvisée, leur a demandé de relaxer son client d’un jour. Les avocats d’Edouard Balladur devraient plaider la relaxe aujourd’hui. Puis le jugement sera mis en délibéré.

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Pierre-Jean Chalençon et Christophe Girard, deux amis bruyants…

Et en plus, ils ont choisi de se faire entendre en même temps, juste au moment où le pédophile Gabriel Matzneff s’apprête lui aussi à « balancer » ou frapper encore sa ou ses victimes…

 

https://www.voici.fr/news-people/actu-people/pierre-jean-chalencon-evince-de-france-2-a-cause-de-line-renaud-il-balance-696112

Retour de flamme ?

 

Pierre-Jean Chalençon évincé de France 2 à cause de Line Renaud ? Il balance !

 

01/02/2021 à 20h21  | par La Rédaction | Crédits photos : Domine Jerome/ABACA

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Pierre-Jean Chalençon est rancunier. Dans un entretien accordé au youtubeur Sam Zirah, et diffusé ce lundi 1er février, l’ancien acheteur d’Affaire Conclue règle ses comptes. Notamment avec Line Renaud, envers qui il n’a pas été tendre par le passé, et qu’il accuse même d’être responsable de son éviction de France 2…En juin dernier, Pierre-Jean Chalençon jetait un pavé dans la mare sur Twitter, sans que personne ne comprenne vraiment pourquoi. Alors que Line Renaud avait rendu hommage à Johnny Hallyday sur son compte officiel, la comédienne avait subi les foudres de Pierre-Jean Chalençon. « Tu le rejoins quand ? » avait-il asséné en réaction à cet hommage au rockeur. Et de poursuivre, plus cinglant encore, en qualifiant Line Renaud de « pingre », « méchante », et « sorcière »… rien que ça. Après la vive polémique engendrée sur le réseau social, Pierre-Jean Chalençon avait présenté ses excuses, rappelé à l’ordre par France 2. Mais finalement, seulement quelques jours plus tard, le fantasque collectionneur s’est fait virer d’Affaire Conclue, après avoir enchainé les polémiques et autres déclarations chocs. Désormais, c’est loin du petit écran que Pierre-Jean Chalençon nourrit quelques rancœurs.

« C’est avéré ! »

S’il s’est brouillé avec son amie Caroline Margeridon entre-temps, l’ancien acheteur d’Affaire Conclue n’est pas près d’agiter le drapeau blanc lorsqu’il s’agit de Line Renaud. Pire encore, Pierre-Jean Chalençon la tient responsable de son éviction de France 2 ! « J’ai eu beaucoup de gens qui m’ont répété qu’elle se gargarisait de m’avoir fait virer de France 2. Tant mieux pour elle », a-t-il lâché dans un entretien accordé au youtubeur Sam Zirah.

Selon Pierre-Jean Chalençon, Line Renaud aurait « appelé des gens » afin de demander son éviction d’Affaire Conclue. Le collectionneur en a profité pour s’en prendre à nouveau à la comédienne, revenant sur l’origine de son tacle : l’hommage de Line Renaud à Michou, proche ami de Pierre-Jean Chalençon. « Elle avait raconté des choses par rapport à Michou qui étaient totalement fausses », assure-t-il encore aujourd’hui. Toujours est-il que l’ancien acheteur d’Affaire Conclue en est certain : Line Renaud est responsable de son éviction de France 2. « Je pense que c’est avéré. Faut pas croire qu’on est en totale démocratie », a-t-il conclu à ce sujet.

 

 

https://www.voici.fr/news-people/actu-people/pierre-jean-chalencon-trouble-par-la-demission-surprise-de-christophe-girard-684898

« Une atmosphère détestable »

 

Pierre-Jean Chalençon troublé par la démission surprise de Christophe Girard

 

24/07/2020 à 12h17  | par Laura Buys | Crédits photos : Sipa

VOICI – Elections municipales de 2020 : Anne Hidalgo réélue à la tête de la mairie de Paris

 

Voir les photos de Pierre-Jean Chalençon

Ce jeudi 23 juillet, Christophe Girard démissionnait de son poste d’adjoint à la culture à la mairie de Paris. Un départ surprise qui a choqué Anne Hidalgo mais aussi Pierre-Jean Chalençon – qui n’a pu s’empêcher de faire le parallèle avec sa situation personnelle.

Les murs de la mairie de Paris n’auront pas eu le temps de s’habituer à sa présence. Moins d’un mois après la réélection d’Anne Hidalgo, son adjoint à la culture a remis sa démission ce jeudi 23 juillet. Christophe Girard était attaqué par des élus écologistes et des manifestantes féministes après son audition dans l’enquête pour viols pour mineurs visant l’écrivain Gabriel Matzneff. Ces derniers demandaient sa démission et l’ouverture d’une enquête interne pour connaître la nature de ses liens avec l’auteur. Las, l’homme politique a préféré jeter l’éponge. « J’ai 64 ans, une vie de famille épanouie et de nombreux engagements culturels, politiques et associatifs, et n’ai nullement envie de pourrir ma vie plus longtemps et de m’emmerder à me justifier en permanence pour quelque chose qui n’existe pas », a-t-il écrit dans un communiqué, ce jeudi 23 juillet.

Pierre-Jean Chalençon apporte son soutien à Christophe Girard

Déçue par la démission de son adjoint, Anne Hidalgo s’est exprimée à son tour sur les réseaux sociaux. « Je suis écœurée. Dans quelle démocratie vivons-nous où le droit est piétiné par la rumeur, les amalgames et les soupçons ? Tout mon soutien à mon ami Christophe Girard. », a-t-elle déclaré sur son compte Twitter. La maire de Paris n’est pas la seule à regretter les circonstances du départ de son adjoint à la culture. Troublé par cette affaire, Pierre-Jean Chalençon a également réagi, en partageant le message d’Anne Hidalgo. « Tiens tiens… cela me rappelle une expérience récente… Tout mon soutien à Christophe Girard… Nous vivons dans une atmosphère détestable… Pauvre France !!!! », a-t-il ajouté.

Cette « expérience récente », c’est tout simplement la sienne. Le mois dernier, les téléspectateurs de France 2 apprenaient qu’ils ne retrouveraient pas le propriétaire du palais Vivienne dans la nouvelle saison d’Affaire conclue. Une décision prise après l’apparition sur les réseaux sociaux d’une photo de Pierre-Jean Chalençon au côté de Dieudonné. « Je fais des photos tous les jours avec des fans et des personnalités. Il m’a demandé de faire une photo et j’ai accepté sans réfléchir car nous étions dans une ambiance festive, avait-il expliqué. Je reconnais que c’était une faute mais tous ceux qui me connaissent savent que je ne peux pas être soupçonné de partager les idées de Dieudonné. » S’il a par la suite affirmé que d’autre raisons l’avaient poussé à quitter l’émission, il encourage toujours les internautes à faire part de leur mécontentement à son ancien employeur. L’affaire n’est pas encore réglée.

 

 

https://www.valeursactuelles.com/politique/hidalgo-agi-en-fonction-de-son-interet-lex-adjoint-christophe-girard-attaque-la-maire-de-paris-128052

“Hidalgo a agi en fonction de son intérêt” : l’ex-adjoint Christophe Girard attaque la maire de Paris

 

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valeursactuelles.com
/ Dimanche 31 janvier 2021 à 20:41 7

Pierre-Jean Chalençon et Christophe Girard, deux amis bruyants... dans Crime

Christophe Girard. Photo © PATRICK GELY/SIPA

 

Après avoir été accusé de viol, Christophe Girard a été exclu de la majorité municipale parisienne. Aujourd’hui, il ne se montre pas tendre avec l’édile parisienne.

Mis au ban par Paris en commun, le groupe majoritaire au Conseil de Paris, et forcé à la démission de ses fonctions d’adjoint municipal en raison de ses liens avec Gabriel Matzneff, accusé de pédophilie, Christophe Girard rend les coups. Dans les colonnes du Parisien, ce dimanche 31 janvier, il charge Anne Hidalgo, dont il était l’adjoint jusqu’à ses ennuis judiciaires. « Anne Hidalgo a agi politiquement en fonction de son intérêt du moment », a asséné l’élu, mettant en cause l’influence des écologistes au sein de la mairie parisienne.

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Paris : la majorité municipale exclut Christophe Girard, Rachida Dati compte désormais plus d’élus qu’Anne Hidalgo

« Les écologistes vont continuer »

« Je me suis dit qu’elle prenait peur », a indiqué l’élu parisien à propos d’Anne Hidalgo, jugeant que « Les Verts la tiennent ». « Elle leur a cédé une première fois en acceptant ma démission d’adjoint et maintenant une deuxième » avec l’exclusion du conseiller du groupe majoritaire, a-t-il déploré. Et de poursuivre : « Je sais qu’elle est acculée, car, pendant des mois, elle m’a beaucoup défendu, mais son entourage lui a dit que la situation était intenable. J’ai été un paratonnerre » . Christophe Girard n’hésite pas à charger Les Verts dans les colonnes du quotidien : « Les écologistes vont continuer puisqu’ils obtiennent gain de cause. Il ne faut pas être naïf, il y aura d’autres cibles. »

Pour rappel, Christophe Girard a fait l’objet d’une enquête ouverte par le parquet de Paris sur des accusations de viol le visant. L’enquête a toutefois été classée sans suite, au mois de novembre, en raison de la prescription des faits. Désormais, s’il ne fait plus partie de la majorité au Conseil, il a tout de même décidé de continuer d’y siéger. « Oui, j’assisterai » au conseil municipal de mardi « sur les bancs des non-inscrits, car c’est mon devoir d’élu », a-t-il assuré au Parisien.

 

 

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/livres/l-etrange-livre-reponse-de-gabriel-matzneff-l-ecrivain-accuse-de-pedophilie-02-02-2021-8422645.php

L’étrange livre-réponse de Gabriel Matzneff, l’écrivain accusé de pédophilie

 

Gabriel Matzneff publie un livre édité par souscription dans lequel il répond aux accusations de Vanessa Springora, révèle le site ActuaLitté. Fin 2019, l’éditrice accusait l’écrivain d’actes pédophiles dans «le Consentement».

 

 Aucune maison d’édition n’a accepté de publier «Vanessavirus», l’ouvrage de Gabriel Matzneff qui serait une réponse au livre de Vanessa Springora.

Aucune maison d’édition n’a accepté de publier «Vanessavirus», l’ouvrage de Gabriel Matzneff qui serait une réponse au livre de Vanessa Springora.  AFP/Valery Hache

 

Par Sandrine Bajos

Le 2 février 2021 à 11h22

En pleine affaire Olivier Duhamel, qui a remis la question des abus sexuels sur des adolescents sur le devant de la scène, c’est un livre qui risque de faire couler beaucoup d’encre. Accusé dans « le Consentement » d’acte de pédophilie par l’éditrice Vanessa Springora, alors qu’elle avait 14 ans, l’écrivain Gabriel Matzneff, 84 ans aujourd’hui, avait annoncé cet été qu’il lui répondrait dans un livre confession. Le voici. Selon le site littéraire ActuaLitté, l’auteur s’apprête à publier « Vanessavirus » le 15 février.

Cet ouvrage serait « une réponse au Consentement », écrit le site. L’écrivain s’était promis de ne jamais l’ouvrir, afin de ne pas corrompre ce qu’il qualifiait de « durable et magnifique histoire d’amour ». Dans son livre, Vanessa Springora décryptait, elle, un système de « manipulation » et de prédation sexuelle mis en place par l’écrivain.

Aucune maison d’édition n’a accepté de publier

Selon un email signé de Gabriel Matzneff, « le texte est prêt ». Mais « Vanessavirus » ne sera pas en librairie. Sans surprise, aucune maison d’édition n’a accepté de le publier. Antoine Gallimard, son éditeur historique, ne serait pas au courant de ce texte, selon ActuaLitté.

Gabriel Matzneff serait alors passé par un système de souscription ou de financement participatif. Mais pas sur Internet. Les souscripteurs auraient reçu un courrier avec une sorte de coupon, qui leur proposait d’adresser un chèque d’un montant de 100 euros pour un livre. Et pour 650 euros, ils peuvent avoir le texte dédicacé. « Il y a un petit texte, signé par Gabriel Matzneff au dos, très crédible dans le style », confie un témoin anonyme au site.

LIRE AUSSI > Gabriel Matzneff sera jugé pour apologie de viol aggravé en 2021

La publication de l’ouvrage serait prévue le 15 février, ainsi que l’ont annoncé les auteurs de la souscription, en toute discrétion, aux souscripteurs. Le parquet de Paris a ouvert une enquête pour « agressions sexuelles par personne ayant autorité sur un mineur de 15 ans et viols » à l’encontre de l’écrivain. Contacté, l’auteur n’a pas donné suite à nos demandes d’entretien.

 



Procès de Balladur et Léotard : que des menteurs !

Ouh la, les vieux… à 90 ans passés ou presque, ils mentent encore comme des arracheurs de dents après avoir dit « Je le jure » à la plus haute cour de justice de la République, lui donnant pour le coup des allures de cour de récré…

Galy-Dejean, au piquet !

Tu reviendras quand tu auras cessé ton cirque !

A noter : un de mes harceleurs des années 1993 et 1994 est un de ses proches du groupe RPR du XVème arrondissement de Paris.

 

https://www.marianne.net/societe/police-et-justice/un-menteur-au-proces-balladur

Un menteur au procès Balladur
Edouard Balladur
AFP

 

Un menteur au procès Balladur

 

Récit

 

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Publié le 28/01/2021 à 9:11

 

Même si l’ancien Premier ministre se dit étranger à tout financement occulte de sa campagne, son ancien trésorier et son ancien chef de cabinet s’écharpent à distance. Une ombre de dix millions de francs en cash d’argent sale pèse sur les débats.

 

Il y a un menteur dans la salle. Des deux témoins du jour au procès Balladur, un des deux ment. Il ment avec aplomb. Il ment comme un arracheur de dent. Et il ment sous serment. Là, droit dans les yeux de la Cour de Justice de la République, ses trois juges  professionnels et ses douze juges parlementaires, après avoir levé la main droite et dit « Je le jure ». Il ment pour cacher quelque chose. C’est une certitude. Et l’écho de ce mensonge, dans cette salle d’audience solennelle du vieux palais de justice de Paris, claque comme un aveu de culpabilité.

Oui, même 25 ans après, même si le conseil constitutionnel a validé ses comptes, même si Edouard Balladur en personne, avec un aplomb intact de chef d’État, vient dire qu’il ignorait tout, de ce mensonge naît une conviction : les comptes de sa campagne présidentielle de 1995 étaient inexacts. Ils ont été grossièrement renfloués en dernière seconde puisque l’origine des dix millions et deux cent cinquante mille francs en espèces qui ont été déposés au lendemain de la défaite du premier tour, reste inconnue.

Mais lequel des deux témoins est le menteur ? René Galy-Dejean, l’ancien chef de cabinet de Georges Pompidou, ex-maire RPR du XVe arrondissement de Paris, et trésorier de l’association de financement de la campagne Balladur en 1995 ? Ou Pierre Mongin, énarque, ancien préfet, ancien patron de la RATP, et ancien chef de cabinet à Matignon entre 1993 et 1995 ? Qui de l’ancien élu ou de l’ancien haut fonctionnaire ment sous serment ?

À LIRE AUSSI :« C’était lui, Léotard ? » : au début du procès Balladur, premier inventaire d’une époque révolue

Ce mercredi, Edouard Balladur s’avance le premier à la barre. À 91 ans, en huit petits pas, l’ancien Premier ministre vient s’agripper des deux mains au pupitre en plexiglas qui fait face au président de la Cour de Justice. « Matignon a été pour moi une période heureuse », confie-t-il d’entrée dans une conversation préliminaire où il évoque à haute voix les coulisses de sa vie politique. De l’histoire ancienne pour les moins de cinquante ans, mais la moindre de ses anecdotes aurait fait les délices de la presse des années 90. Voire la une des journaux.

« En 1993, François Mitterrand m’a nommé sans qu’il n’y ait eu la moindre négociation préalable avec qui que ce soit », jure Edouard Balladur, tordant le cou à l’idée d’un accord préalable avec celui qui deviendra son rival de 1995, Jacques Chirac. « Au début avec François Mitterrand, les choses étaient faciles, il était coopérant et aimable… » Mais quand le Premier ministre empiète sur les prérogatives présidentielles, au sujet de la vente de frégates à Taïwan, il se fait taper sur les doigts : « Monsieur Mitterrand m’a dit que j’étais allé trop vite, que j’aurais dû lui en parler, et que les virages diplomatiques ne se prenaient pas en épingle à cheveux ». L’ombre de l’ancien président flotte sur la salle. Edouard Balladur se souvient aussi du « conseil » du vieux président malade quand sa courbe des sondages a commencé à baisser : « Il m’a dit de faire trois déplacements par jour ! »

Autre digression préliminaire, Edouard Balladur se confie sur sa conception du travail en équipe : « Mon seul désir était de ne pas entendre parler de disputes. Je ne suis pas de ceux qui ont besoin d’organiser des rivalités dans leur entourage pour pouvoir montrer ensuite qu’ils ont de l’autorité.  C’est à mes yeux une sorte de faiblesse. »

« De l’épicerie »

Entre les digressions, le juge Pauthe tente de revenir au dossier. « La malveillance y est constante », siffle l’ancien chef du gouvernement estimant que cette affaire est « un ramassis de complications infinies, de dates, de sigles, de contrats » dans lequel il est « bien incapable de se retrouver ». « Le Premier ministre n’avait pas vocation à s’occuper de tout, mais doit se limiter à l’essentiel. » En clair, Edouard Balladur ignorait tout des intermédiaires désignés en marge des contrats de vente d’armes au Pakistan et Arabie saoudite, Ziad Takieddine en tête. « Il faudrait d’ailleurs écrire un opuscule sur la façon d’interpréter les déclarations de Monsieur Takieddine », ironise-t-il, raillant les multiples versions tenues par l’intermédiaire libanais aujourd’hui en cavale.

À l’entendre, Edouard Balladur ne s’est jamais occupé le moins du monde ni de ces contrats, ni de leur cuisine. « De l’épicerie », a résumé son ancien ministre de la Défense, François Léotard avec la pointe de mépris que la formule charrie dans la bouche d’un ministre concernant les tâches déléguées à son entourage.

Ventes de tee-shirt et briquets

Seul hic pour Balladur ces 10,250 millions de francs déposés au lendemain du premier tour de 1995 sur son compte de campagne. Selon l’accusation, ces fonds en espèces sont liés à Takieddine, qui a retiré des sommes équivalentes sur un compte suisse quelques jours auparavant. Mais Edouard Balladur s’accroche à sa version, celle qu’il a d’ailleurs présentée au conseil constitutionnel en 1995 : ces fonds en liquide provenaient des ventes de tee-shirt et briquets réalisées lors de ses meetings. « J’aurais pris le risque de participer à des opérations frauduleuses de 610 millions de francs, pour que me fussent alloués ces dix millions ? », ironise-t-il. « Et puis ces 10 millions, si on y réfléchit, cela représente 15.000 euros par département. »

Autre axe de défense, « le conseil constitutionnel a avalisé cette thèse », insiste l’ancien candidat, suggérant qu’il n’y aurait pas lieu aujourd’hui d’en reparler. Le président Pauthe n’insiste guère et ne revient pas sur les intenses discussions de l’époque au sein du conseil présidé par Roland Dumas, optant pour n’invalider ni le compte Balladur ni le compte de Jacques Chirac…

« Campagne désordonnée »

À la barre, Edouard Balladur admet néanmoins que sa campagne s’est conduite de façon « un peu désordonnée ». Il se souvient avoir été alerté sur une explosion des dépenses et des recettes insuffisantes. « J’avais davantage le souci des dépenses, pour les recettes, j’étais confiant. Mais vous croyez que c’était à moi de m’occuper de tout cela ? » Sur tous ces détails, il est « incapable de répondre ». Et si aucune pièce justificative n’est jamais venue justifier le moindre dépôt d’espèce ou la vente du moindre tee-shirt, cela résulte selon lui « davantage d’un certain désordre que d’une intention maligne ».

Au micro aujourd’hui, sa voix est la même celle des documentaires d’époque. Cette voix calme et posée de son célèbre « Je vous demande vous arrêter », réclamant le silence, ce 23 avril 1995 à ses supporters sifflant Chirac… Mais interrogé par le procureur général François Molins sur l’hypothèse selon laquelle ces 10 millions suspects en espèces proviendraient des fonds spéciaux de Matignon, Edouard Balladur, cette fois-ci, hausse le ton. Il se souvient d’avoir utilisé les fonds spéciaux lors de la prise d’otage à Neuilly, quand « Human Bomb » réclamait une rançon de 43 millions de francs et le jour où « les autorités du pays où se cachait le terroriste Carlos sollicitaient des espèces pour son arrestation ». « Voilà à quoi servaient les fonds spéciaux », insiste-t-il. Pas à financer sa campagne !

Conscience tranquille et mains blanches

Pourtant, c’est ce que suggère désormais son ancien directeur de cabinet, Nicolas Bazire (condamné dans ce même dossier à cinq ans de prison dont trois ferme par le tribunal correctionnel) dans un courrier adressé à la Cour de Justice. « Un jeu de coïncidences et de rapprochements », se défend Edouard Balladur. « Je me sens pour ma part la conscience totalement tranquille. »

Son audition a duré un peu moins de deux heures. Il s’est rassis, a posé délicatement ses mains sur la table devant lui. Des mains blanches sans tache, très longues et très fines de quelqu’un qui plaide justement les mains propres. Puis il demande à rentrer chez lui. L’âge lui permet d’échapper à ce qui va suivre : un violent désaccord sur des questions d’épicerie qui pourtant le concernent tant.

Le ton se tend

Dans le match qui se joue à la barre, le premier à monter sur le ring s’appelle René Galy-Dejean. « Je vais avoir 89 ans dans quelques semaines », commence celui qui fut maire RPR de l’arrondissement le plus peuplé de Paris de 1983 à 2008. Il connaît Edouard Balladur depuis 1967 et leur passage au cabinet du Premier ministre d’alors Georges Pompidou. Puis en 1995, René Galy-Dejean est désigné trésorier de l’association de financement du grand favori de tous les sondages. « J’ai été plaqué sur un système qui existait déjà, prévient-il d’entrée, la voix lente et hésitante. Nicolas Bazire m’avait prévenu que ma mission ne consistait pas à s’occuper des recettes ».

Puis assez vite, en mars 1995, René Galy-Dejean demande à voir le candidat : « C’est d’ailleurs la seule fois où je l’ai vu durant la campagne, pour attirer son attention sur la dérive exponentielle des dépenses. » Galy-Dejean décrit un fonctionnement « désordonné » avec des dépenses de campagnes plafonnées à 90 millions de francs, qui dérivent, d’autant plus incontrôlées que le favori commence sa dégringolade. Même coté recettes, selon lui, les choses se grippent. « Pendant la campagne, il n’y avait pas de don anonyme », jure-t-il. « On avait les recettes que j’appelle celles du 2e étage, parce qu’au 2e étage du QG de campagne il y avait l’étage dirigé par Brice Hortefeux qui s’occupait des meetings, et il leur arrivait de nous apporter des sommes de l’ordre de 100 000 ou 200 000 francs. » Mais René Gally-Dejean admettra aussi n’avoir « jamais cru » que ces fonds provenaient réellement des meetings. Petit à petit, le ton de cette audience se tend. Comme toujours dans ces procès politiques, c’est le passage en cuisine qui change la donne. Quand les billets se comptent…

« Des liasses toutes neuves sorties des caisses de la banque de France »

À la barre, Galy-Dejean se tortille. La voix du président Pauthe s’est raffermie. Le magistrat détaille les « thèses » avancées jusque-là par l’ancien trésorier sur ces fameux 10 millions deux cent cinquante mille francs en espèces déposés le 26 avril 1995 sur le compte de campagne du candidat battu. « Le lendemain du premier tour, l’immeuble de campagne s’est vidé. Seule la cellule du 4e étage, où j’étais, est restée en place, commence René Galy-Dejean. Pierre Mongin m’appelle et me demande de venir le voir. » Ce lundi 25 avril, vers 11 heures, le trésorier se retrouve à Matignon, dans le bureau du chef de cabinet du Premier ministre.

La suite a des allures de thriller : « Pierre Mongin me dit qu’il y a lieu de faire un important dépôt d’espèces sans quoi Edouard Balladur va se retrouver dans une situation grave et terrible pour lui à titre personnel ». Le candidat a en effet contracté un emprunt de 31 millions de francs, garanti sur ses propres deniers. En clair, explique Galy-Dejean, si le compte de campagne n’est pas renfloué en urgence, alors qu’il est déficitaire d’environ dix millions de francs, Edouard Balladur risque de tout perdre. « J’ai dit à Pierre Mongin que j’étais d’accord pour déposer une forte somme mais j’y mets une condition. J’espère qu’on ne va pas me faire déposer des liasses toutes neuves sorties des caisses de la banque de France en me demandant de dire ensuite que ce sont des fonds des militants ! »  L’ancien trésorier l’assure, dans ce bureau du chef de cabinet du Premier ministre, celui en charge des fonds spéciaux, il a immédiatement flairé un piège. « Pierre Mongin était embarrassé, il m’a dit qu’il me rappellerait à 15 heures. C’est ce qu’il a fait. Il m’a alors demandé de venir chercher une somme de trois millions de francs en coupures usagées ».

Une valise pleine de cash sort de Matignon

Nous y voilà dans le vif du sujet. Cette fois-ci, alors qu’aucun des parlementaires n’a posé la moindre question à l’ancien Premier ministre, la plupart se mettent à prendre des notes. Tous interrogeront tout à l’heure les deux témoins. Ont-ils estimé que le procès était en train de se jouer là, sur ces espèces, cet argent sale de la campagne ?

Galy-Dejean raconte la suite, détaille cette valise en faux cuir marron d’un mètre de long et cinquante centimètres de large, pleine de cash en sortant de Matignon. L’ancien trésorier transporte l’auditoire de la salle d’audience dans une épicerie de Palerme : « J’ai ramené les billets au 4e étage de l’immeuble de campagne, je les ai étalés sur des tables, et il a fallu recompter, cela a pris des heures. » Il est formel, il n’y avait pas 10 millions, mais « seulement » trois millions de francs. Ce soir du 25 avril, « ces trois millions enliassés proprement » sont ensuite déposés dans une armoire forte du QG. Puis le lendemain, le trésorier et son assistant parlementaire transportent la valise au siège du Crédit du Nord, où dans un sous-sol, les machines à compter les billets effectuent « en un quart d’heure » un nouveau calcul. « Il y avait trois millions », insiste Galy-Dejean.

L’embarras de la banque

Sauf que le directeur du Crédit du Nord assure que le dépôt du 26 avril est de 10 250 000 francs. « Qui aurait déposé les sept millions restants ? »interroge le président Pauthe. « Ils ont été déposés à mon insu, on ne m’en a pas parlé », maintient Galy-Dejan qui raconte d’ailleurs avoir ensuite été mis à l’écart. Il n’a pas signé les comptes définitifs. Et Edouard Balladur a finalement désigné quelqu’un d’autre pour aller détailler les factures de la campagne devant le conseil constitutionnel. « Cette personne ne m’a jamais appelé, elle a tout traité avec Nicolas Bazire », poursuit l’ancien trésorier, comme amer. Pressé de questions sur l’identité du dépositaire des sept millions, il hésite à formuler ses suppositions. « C’est une personne qui avait accès au Premier ministre et au banquier », raisonne-t-il. Du bout des lèvres, René Galy-Dejean cite les noms de Nicolas Bazire et de Pierre Mongin. Il évoque aussi « l’embarras de la banque ». « Pour le Crédit du Nord, il valait mieux un gros versement que deux versements en espèces, sinon elle aurait dû faire une déclaration à Tracfin », avance-t-il, évoquant l’organisme en charge de la lutte contre le blanchiment.

Accroché à son pupitre, Galy-dejean se tortille de plus en plus et revient en arrière. « À partir du 15 mars 1995, je n’ai plus été convoqué aux réunions, j’ai eu un passage difficile », raconte-t-il la voix basse. « Effectivement, j’aurais pu prendre une décision, et la gravité d’une telle décision ne pouvait pas m’échapper, elle anéantissait la campagne », poursuit-il. Entre les lignes, l’ancien trésorier est en train d’avouer qu’il était conscient d’un malaise concernant le financement de cette présidentielle qui, s’il le révélait, aurait provoqué « la défaite du candidat » dont il « souhaitait la victoire ». « A partit du moment où j’ai fait savoir que je ne maîtrisais plus rien, la campagne s’est continuée sans moi. Et à partir du moment où un dépôt a été effectué ensuite sans moi à la banque, c’est qu’on a considéré qu’on pouvait se passer de mes services », estime-t-il.

« Je ne peux pas dire qui »

L’ambiance s’est alourdie dans la salle. « Qui vous a manipulé ? » insiste une des juges. Le trésorier observe un long silence. Cherche ses mots. Hésite. La juge revient à la charge à plusieurs reprises. « Je pense le responsable de la campagne », avance-t-il, désignant Nicolas Bazire, puis reculant aussitôt, modulant d’un « je ne peux pas dire qui ». Une tempête semble s’agiter sous le crâne du témoin. Il se ravise : « J’ai tout lieu de penser qu’Edouard Balladur n’était pas au courant de tout cela. »

A tour de rôle, les juges se disputent le micro. Les questions fusent de chaque côté, autour d’un ancien trésorier qui semble comme épouvanté des perspectives qu’il a ouvertes. « Oui, les fonds en espèce, je me doutais bien que cela ne venait pas des collectes dans les meetings », admet-il. « À mon avis, le vrai patron de la campagne était Nicolas Bazire, et Pierre Mongin détenait les fonds », reconnait-il. « J’ai considéré que je ne pouvais pas démissionner en pleine campagne, je sabordais la campagne je n’en avais pas le droit. » Il maintient sa ligne : jamais il n’a été informé du dépôt de sept millions, et pour lui, les trois millions reçus à Matignon dans le bureau de Pierre Mongin provenaient des fonds spéciaux, ces fameuses espèces mises à disposition du Premier ministre. « Ce n’était pas illicite », tente de nuancer Galy-Dejean, puisque le Premier ministre était selon lui libre d’en faire ce qu’il voulait. « Mais alors pourquoi avoir refusé des billets neufs de la banque de France si ce n’était pas illicite ? » s’étonne le président Pauthe. « Devant le conseil constitutionnel, cela aurait été invraisemblable de dire que de l’argent des meetings était en billets de 500 francs neufs », se défend René Galy-Dejean.

Le président sort une lettre, celle adressée à la Cour par Nicolas Bazire. Dans ce courrier, il estime que René Galy-Dejean a bien exercé « la plénitude de ses fonctions de trésorier » et qu’il a validé le dépôt total de treize millions en espèces, dont les dix millions du 26 avril. « Il est bien bon Nicolas Bazire, ironise Galy-Dejean, après avoir dit que j’étais totalement incompétent, il vient dire maintenant que j’étais un trésorier extraordinaire ! » Mais il persiste et signe : Pierre Mongin lui a bien remis trois millions en espèces, des coupures usagées à sa demande, qu’il pensait provenir des fonds spéciaux.

« Cette histoire est une fable »

Il est 18 h 30. Arrive à la barre, depuis la salle des témoins où il est enfermé depuis 14 heures, Pierre Mongin. « J’ai 66 ans, je suis préfet honoraire », dit-il avant de prêter serment à son tour. Oui, il était en charge à Matignon, comme les 41 chefs de cabinet entre 1946 et 2002 date de leur suppression, de l’utilisation des fonds spéciaux, ces billets neufs qui servaient à faire tourner la machine administrative. « Je n’avais aucune marge de manœuvre, prévient-il, juste la procuration sur le compte. Je sortais les fonds et je les remettais à qui on me disait de les remettre. » Autant à ce micro, René Galy Dejean parlait à voix basse et lentement, autant Pierre Mongin, a la voix qui porte et débite des phrases à la mitraillette.

Après avoir écouté ses explications générales, façon exposé de l’ENA, le président avance une première question concrète : « Est-ce que la campagne d’Edouard Balladur a bénéficié de fonds spéciaux ? » « Pas à ma connaissance », réplique l’ancien préfet. Le président détaille le récit que vient de faire à la Cour, lui aussi sous serment, René Galy-Dejean… Cette fois-ci, Pierre engin s’emporte : « Je n’ai jamais donné d’argent à M. Galy-Dejan ! Cette histoire est une fable. C’est absurde. Cela n’a aucune base rationnelle. Je suis exaspéré et indigné de cette histoire. Elle est sortie du chapeau de M. Galy-Dejean. Cela ne tient pas la route. »

« Les bras m’en tombent »

À lui aussi, le juge Pauthe lit la lettre de Nicolas Bazire envoyée à la Cour. Dans ce courrier, l’ancien directeur de campagne énumère tout ce qu’a pu faire Pierre Mongin lors de la présidentielle, choisissant le trésorier, rémunérant certains permanents, à son initiative, à l’aide de fonds spéciaux et se chargeant même de faire « nettoyer » ensuite les ordinateurs … « Comment ça ? réagit l’intéressé, comme médusé. Les bras m’en tombent ! » Pressé de questions sur des retraits en espèces de fonds spéciaux début 1995, l’ancien préfet semble avoir du mal à reprendre ses esprits. Pierre Mongin ne se souvient ni des montants, ni des détails, mais il jure sur tous les tons qu’il n’a jamais remis de fonds à René Galy-Dejean. « Je trouve cela déraisonnable… indamissible. » Il certifie aussi que les billets en provenance de la banque de France étaient exclusivement « des billets neufs ». « Les fonds spéciaux ont bon dos, raille l’ancien chef de cabinet. Ce n’est pas la première fois dans l’histoire de la République qu’on les évoque. Mais je le redis devant votre Cour sous serment, je n’ai pas financé M. Galy-Dejean, ni cette campagne. »

Une autre juge vient à la charge : « Nous sommes dans une affaire rocambolesque. Y a-t-il eu un cambriolage à Matignon et une disparition de fonds ? »  « Non » , réplique du tac au tac le témoin. « D’autres que vous avaient accès au coffre des fonds spéciaux ? » Cette fois-ci, alors qu’avec Pierre Mongin les réponses fusent, un long silence se fait. Il semble hésiter et réfléchir à ce qu’il va dire. « Je ne crois pas », répond-il finalement. « Enfin j’espère », nuance-t-il aussitôt. Pierre Mongin semble désarçonné. Et l’ombre de ces 10 millions en cash, même si le principal intéressé a quitté l’audience depuis plusieurs heures, a maintenant tout envahi. Comme une odeur d’arrière-cuisine sale…

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https://www.lejdd.fr/Societe/Justice/au-proces-balladur-la-note-qui-peut-tout-changer-4022080

Au procès Balladur, la note qui peut tout changer

 

09h04 , le 31 janvier 2021

ABONNÉS

 

Le trésorier de la campagne de 1995 jurait avoir tout ignoré des versements en espèces. C’était faux.

 

L'ancien député (RPR) René Galy-Dejean.
L’ancien député (RPR) René Galy-Dejean. (Christophe Morin / IP3/MAXPPP)

 

Un seul être vous ment et tout est dérangé. Le procès d’Edouard Balladur devant la Cour de justice de la République (CJR) pour le financement de sa campagne présidentielle de 1995 a soudain dévié de sa route, mercredi, quand un document oublié a placé l’un des principaux témoins à charge devant ses contradictions. Le témoin confondu est l’ancien député (RPR) René Galy-Dejean, 88 ans, qui fut le trésorier de ladite campagne. Quant à la pièce décisive, c’est une note signée par lui le 13 juin 1995, peu avant la clôture des comptes du candidat, dont il avait la charge.

« Avez-vous adressé une note à Edouard Balladur? », a demandé le président de la CJR à l’ancien parlementaire. « Non », a-t-il répondu… avant qu’on lui mette la note sous les yeux. « C’est ce que je considérais devoir faire, je n’ai plus en mémoire les éléments », a-t-il alors concédé, embarrassé.

Un « nettoyage » des disques durs

D’où vient ce document? C’est Nicolas Bazire, jadis directeur du cabinet de Balladur à Matignon (et à présent haut dirigeant du groupe LVMH) qui l’a fait remettre à la justice, comme l’a révélé cette semaine Le Canard enchaîné. Que contient-il? Le bilan des opérations financières effectuées pour le candidat avant la présentation des comptes officiels au Conseil constitutionnel. « A détruire après lecture, est-il précisé par Galy-Dejean. Il n’en existe qu’un autre exemplaire, sous coffre, et qui sera prochainement détruit par mes soins. » Le courrier – dont le JDD détient une copie – indique aussi que « les disques durs des ordinateurs utilisés ont fait l’objet d’un ‘nettoyage’ par les soins d’un spécialiste du ministère de l’Intérieur », signe que la plus grande discrétion s’imposait.

Surtout, dans le récapitulatif des « ressources » annexé à la note figure la somme de 13,2 millions de francs, présentée comme le produit de « collectes et ventes » durant les meetings du candidat. Or René Galy-Dejean a toujours affirmé, durant l’enquête, n’avoir pas eu connaissance d’un tel versement. Interrogé à plusieurs reprises, l’ex-trésorier n’a revendiqué qu’un seul dépôt d’argent liquide de 3 millions de francs, extraits selon lui des « fonds spéciaux » du gouvernement et remis par le chef du cabinet de Balladur, Pierre Mongin, qui animait aussi la « cellule trésorerie » du Premier ministre-candidat.

A l’en croire, les 10,2 millions restants auraient été apportés sans qu’il le sache peu après la défaite, pour mettre le compte à l’équilibre. Galy-Dejean a même soutenu avoir été tenu dans l’ignorance des recettes de la campagne, a fortiori de tout versement d’espèces, et carrément « écarté de l’achèvement des comptes de campagne ». Et c’est seulement en 2010, par deux journalistes du site Mediapart, qu’il aurait appris les mouvements qu’on lui avait cachés. La note exhumée de 1995 prouve qu’il n’en était rien.

Une relecture de l’affaire?

Outre qu’il compromet l’ancien trésorier, pris en flagrant délit de mensonge sous serment, le document pourrait donc imposer une relecture de l’affaire. En effet, les protestations de René Galy-Dejean ont nettement contribué à faire naître le soupçon originel : si l’apport des fonds était dissimulé au trésorier lui-même, n’était-ce pas en raison de leur origine inavouable? D’où la thèse selon laquelle les millions de la campagne devaient provenir de commissions sur la vente de sous-marins au Pakistan. A la même époque, l’intermédiaire franco-libanais Ziad Takieddine retirait de son compte à Genève une somme avoisinante ; le rapprochement était tentant.

Maintenant que les déclarations du trésorier ont pris l’eau, l’hypothèse d’un financement puisé dans la réserve des « fonds spéciaux » peut refaire surface. Dans sa lettre à la CJR, Nicolas Bazire souligne qu’entre mars et avril 1995, à la veille du premier tour de la présidentielle, 29,74 millions de francs avaient été retirés « du compte de ces fonds spéciaux ». Condamné dans le volet non ministériel de cette affaire (il a interjeté appel), il désigne Pierre Mongin, son ancien subordonné, comme l’opérateur de ces retraits et la cheville ouvrière du financement de la campagne.

« Je n’ai eu strictement aucun rôle », a répondu l’intéressé devant la CJR, se disant « exaspéré et indigné ». Pour la justice, l’utilisation de fonds secrets dans une campagne pourrait être aussi illégale que celle de commissions occultes. Mais si la CJR en venait à valider ce scénario, les poursuites lancées contre Edouard Balladur auraient emprunté la mauvaise voie. Elles pourraient alors s’achever sur une impasse.

 



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