Pourquoi Cyprien Luraghi ne va plus dans l’Himalaya

 

 

 

 


 

 

 

Il l’a dit lui-même dans un de ses billets de blog le 28 juillet 2019 comme dans ses commentaires récents sur Twitter : l’« insipide modernité » avance dans les montagnes comme ailleurs (voir : http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/17/quand-cyprien-luraghi-faisait-du-tourisme-sexuel-dans-lhimalaya/), et avec elle son flot d’humanitaires, d’enseignants et d’enquêteurs en tous genres, même de la police française…

Résultat : tandis que l’illettrisme et l’ignorance reculent chez leurs proies d’habitude, la traque aux prédateurs sexuels s’organise, mettant en danger ces derniers comme ils ne le sont pas encore dans le Lot, en France, où le trafiquant de drogue, pirate informatique et pédophile notoire Pascal Edouard Cyprien Luraghi a élu domicile voici une trentaine d’années et n’a jamais été inquiété pour aucune de ses nombreuses activités illicites.

 

 

https://www.francetvinfo.fr/monde/asie/seisme-au-nepal/video-envoye-special-nepal-la-traque-des-touristes-sexuels_1600167.html

VIDEO. Envoyé spécial. Népal : la traque des touristes sexuels

 

Frappé l’an dernier par un terrible séisme, le Népal fait face à un afflux de pédophiles. Enquête sur le travail des membres d’une ONG en première ligne dans la traque des prédateurs d’enfants.

 

Frappé l’an dernier par un séisme, le Népal fait face à un afflux de pédophiles venus du monde entier. Une centaine d’entre eux se rendraient régulièrement dans ce petit pays montagneux, grimés en travailleurs humanitaires, pour cibler les nombreux enfants des rues. Face à ces prédateurs, la police locale est peu ou pas formée. Les ONG sont en première ligne. Pendant huit mois, « Envoyé spécial » a suivi le travail d’une femme, Sulakshana Rana, et d’une cellule anti-pédophiles particulièrement efficace. Filatures, tournages en caméra cachée, recueil de témoignages… pour la première fois, le magazine a pu filmer, dans les rues de Katmandou, la traque et l’arrestation de plusieurs Français déjà condamnés par le passé.

Des ressortissants français arrêtés

Avec le commissaire Grossir, un policier français, « Envoyé spécial » a également enquêté sur la façon dont les pédophiles s’échangent des photos de jeunes Népalais sur internet. Le travail du commissaire Grossir a conduit à l’arrestation de 12 Français en trois ans dans la région. Enquête sur la nouvelle destination de prédilection des prédateurs d’enfants.

Un reportage de Camille Le Pomellec, Sébastien Sega.

 

 

https://www.lepoint.fr/monde/au-coeur-d-une-caste-d-intouchables-episode-1-17-08-2015-1957195_24.php#xtmc=lamoureux-nepal&xtnp=1&xtcr=3

Au coeur d’une caste d’intouchables, épisode 1

 

Pendant des siècles, les femmes badis du Népal ont dansé pour les rois, avant de basculer dans le commerce du sexe. Notre reporter les a rencontrées.

 

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Modifié le 14/09/2015 à 17:51 – Publié le 17/08/2015 à 12:19 | Le Point.fr
Communaute badie de Tulsipur, dans le district de Dang.
Communauté badie de Tulsipur, dans le district de Dang.   © Le Point/ Nathalie Lamoureux

 

Nuit sans charme, froide et humide, au pied du Toit du monde. Des chiens qui traînent leur misère, des bus qui fument. Le pschitt des cocottes à dal bhat (plat local).

 

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Mina Badi, ancienne prostituée, elle rêvait d’un mariage et d’une maison.    © Nathalie Lamoureux Le Point

 

Mina attend dans l’arrière-salle d’un hôtel blafard, où tous les sentiments sont gris, les mots d’amours, rares. Elle resserre doucement un châle autour de ses épaules. Ses yeux sourient. Puis, sans fioriture, elle raconte : « J’ai commencé avant les règles, à dix ans peut-être. Personne ne m’a forcée. Pour manger », mime-t-elle avec sa main. Puis elle reprend sèchement en levant les yeux vers l’ancienne trappe qui desservait les étages. «Les filles se plaçaient contre un mur de la pièce. Les hommes, de l’autre côté. La musique aidant, ils n’avaient plus qu’à choisir. » Comme dans les années 1960, dans les dancings au Groenland.

« Il y avait des beaux, des gentils, des moches, des vulgaires, surtout de hautes castes, des Brahmanes, des Chetris, mais aussi des Magars… Certains venaient à cheval, d’autres, en grosse voiture. » À 17 ans, Mina succombe au charme d’un de ses clients, et tombe enceinte. « Je l’aimais, il me donnait un peu d’argent. Je savais que je ne trouverais pas d’autres hommes et je me suis accrochée à lui. Mais sa femme l’a su et ne l’a plus lâché. J’ai recommencé avec le sexe pour nourrir mon enfant », poursuit-elle. Quelques années plus tard, Mina revoit son client et donne naissance à un second garçon. Elle rêve secrètement d’un mariage et d’une maison. Ses désirs se réalisent, mais sans cohabitation véritable.

L’arbre qui cache la forêt

L’histoire de Mina n’est pas un cas isolé, c’est l’arbre qui cache la forêt. La jeune femme appartient à la communauté badie et, pendant des décennies, les femmes de cette caste d’intouchables ont vendu leurs charmes pour survivre. La communauté badie, estimée à 38 603 habitants, forme l’une des vingt-cinq sous-castes du Népal, la plus basse sur l’échelle de l’intouchabilité, dont on n’accepte ni l’eau, ni la nourriture, ni le contact, ni la proximité. Difficile de saisir, du point de vue de la dualité pur-impur, qui structure la hiérarchie des castes, théorisée par Louis Dumont, comment un Brahmane, qui vit dans l’angoisse de la souillure, puisse copuler avec une intouchable. Sauf à penser que la purification par aspersion d’eau suffit à laver ses écarts et que sa moralité s’arrête au pied du lit. « Les Kamis sont là pour travailler le métal, les Damais pour coudre des habits, les Sarkis pour fabriquer des chaussures, les Badis pour fournir des plaisirs sexuels », explique le sociologue Thomas Cox.

 

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Les désirs de Mina se réalisent mais sans cohabitation véritable.   © Nathalie Lamoureux Le Point

 

« Traiter ces femmes comme autre chose que des objets sexuels est, pour les Brahmanes, les Chetris et les Thakuris (1), une violation des règles de la caste qui porte atteinte au statut social de l’individu supérieur », analyse encore le sociologue.

La réalité est plus complexe. Si les Badis sont intouchables, c’est parce qu’ils fabriquent des tambours, conçus à partir d’éléments organiques. Leur fonction dans l’ordre socio-brahmanique est de divertir, lors des festivals et des mariages, pas de fournir des services sexuels. Par ailleurs, des enfants illégitimes sont nés de ces relations et des mariages intercastes, encouragés notamment par les maoïstes, ont favorisé ce que l’hindouisme rejette par-dessus tout : le mélange des individus. Mais, encore une fois, valeurs, croyances et moralité s’arrêtent au pied du lit…

1) Thakuri, caste royale, descendant des Rajput, rois du Rajasthan, juste en dessous des Chetris (guerriers) dans l’ordre socio-brahmanique.

 

https://www.lepoint.fr/monde/nepal-au-coeur-d-une-caste-d-intouchables-episode-2-24-08-2015-1958868_24.php#xtmc=lamoureux-nepal&xtnp=1&xtcr=2

Népal : au cœur d’une caste d’intouchables, épisode 2

 

Intouchables, mais pourtant à vendre ou à louer… Au cœur du Népal, chez les Badis, la prostitution est une « tradition ». Reportage.

 

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Modifié le 14/09/2015 à 17:50 – Publié le 24/08/2015 à 17:42 | Le Point.fr
Communaute Badi a Lantee dans le district de Salyan. Rassemblement des habitants du village.
Communauté Badi à Lantee dans le district de Salyan. Rassemblement des habitants du village.   © Le Point/ Nathalie Lamoureux

 

Salyan est la terre ancestrale des Badis, dont l’histoire est aussi nébuleuse que celle du Népal ancien. Les scientifiques pensent que les Badis sont venus dans l’ouest du pays depuis l’Inde, vraisemblablement au XIVe siècle. Leur territoire est éclaté en une poussière de petits royaumes, dirigés par des dynasties belliqueuses. Le roi fait appel à des troupes d’artistes pour le divertir, les Badis, déformation de baadak qui signifie joueur de musique. Au fil du temps, les seigneurs usent de leur prestige aristocratique sur le beau sexe. Le roi peut pratiquer ce qu’il interdit, les règles de caste ne s’appliquent pas à sa personne. Cependant, les alliances et naissances qui en découlent, reprouvées par les codes brahmaniques, embarrassent la noblesse, et les Brahmanes ne sont pas toujours disposés à imaginer un artifice de généalogie pour introduire les rejetons dans une caste enviée.

Hors castes et exclus du palais

Les Badis sont donc exclus des palais et poursuivent leurs activités dans la rue. Comme tous les hors-caste, certains travaillaient pour un patron, le bista, et recevaient, en échange, du grain. Après la chute du régime Rana, les notables de l’ouest du Népal perdirent leur pouvoir économique et ne purent continuer à assumer le patronage des Badis, qui, pour survivre, entamèrent une vie de débauche. Le phénomène sera facilité au milieu des années 60 par l’ouverture de nouveaux accès routiers – grâce aux programmes d’éradication de la malaria – vers les villes de la plaine du Terai, ouvrant ainsi un large marché pour le commerce du sexe. Parallèlement, l’émergence de la radio et de la télévision réduisit, de façon drastique, la demande en divertissements traditionnels.

 

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Bahadur Guma Badi et son épouse. Bien que sa vie matérielle se soit améliorée, son statut de basse caste n’a pas changé. Lantee dans le district de Salyan.    © Nathalie Lamoureux Le Point

 

Des huttes de chaume et d’argile

Salyan, sur les premiers reliefs himalayens, est leur terre ancestrale. Dans la brume matinale, les bus Tata multicolores y tracent des courbes vertigineuses, la porte ouverte aux quatre vents. Arrêt en fanfare à Lantee, petit paradis pour aventurier solitaire, aux maisonnettes bleu et ocre, entouré de champs de blé vert, de moutarde et de forêts. « C’est la première fois que l’on voit des Occidentaux », lance Bahadur Guma Badi, dit le « brave ». De la bravoure, il en a fallu à ses ancêtres pour traverser les montagnes fragiles, peu habitées, chahutées par les rivières en crue, les glissements de terrain. « Ma famille cherchait une rivière pour pêcher, car nous n’avions pas le droit de posséder des terres. On vendait des tambours. On mendiait auprès des hautes-castes. »

Les Badis vivaient dans des huttes de chaume et d’argile. Des villages leur étaient affectés. « Mais les villageois nous persécutaient. De fait, nous sommes devenus des nomades. Personne ne voulait nous approcher. Puis mes fils sont partis travailler en Inde, mes filles se sont prostituées. J’ai acheté une terre à un privé. Nous avons vécu sans l’aide de personne. » Bahadur vend des fruits et des légumes sur le marché, élève des porcs. « C’est plus rentable que de cultiver des champs. Un porcelet rapporte 5 000 roupies pièce [50 euros] », dit-il fièrement.

 

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Salyan, le fief historique des Badis, caste de troubadours venue d’Inde au14ème.   © Nathalie Lamoureux Le Point

 

La famille, pilier de la prostitution

Le soleil peine à élever sa torche jaune. Des hommes, rassemblés autour d’un feu, sirotent par goulées bruyantes du dudh cya brûlant (thé au lait). Des enfants, impatients de se faire photographier, s’agitent dans le dédale de maisons de terre serrées les unes contre les autres. « Il est arrivé que des clients éméchés se trompent de maison et violent les filles d’à côté », raconte Geni Badi. Elle a 14 ans lorsque sa mère lui apprend les rudiments du métier. « Elle-même avait appris de sa mère. Mais la première fois fut très dure. J’avais mal, je pleurais, j’étais effrayée. »

Les familles sont de solides piliers dans la prostitution. Elles prospectent les clients, négocient les tarifs, et dissuadent leurs filles de se marier. Les parents autorisent le mariage seulement après avoir obtenu une compensation du futur époux correspondant à la perte de revenu occasionnée. Celles qui contreviennent aux règles de la caste sont obligées de s’enfuir, avec leur compagnon. Le premier rapport sexuel est très prisé. La fille offerte a le statut de déesse. « On peut toucher entre 5 000 et 10 000 roupies [50 à 100 euros] », précise Gina. Il s’accompagne, comme pour un mariage traditionnel hindou, d’un rituel, arrangé par la mère et appelé nathuni kholne. La fille est maquillée et habillée avec de jolis vêtements. Elle porte un gros bijou (bulaki) qui relie le nez à l’oreille. Le plus offrant a le droit d’ouvrir le bulaki, de la déflorer.

Aujourd’hui, là où la prostitution persiste, la vente du corps se banalise. La fille accepte simplement de perdre sa virginité. « L’hiver, je descendais à pied dans le Terai, reprend Gina. Là, il y avait beaucoup d’hommes, des militaires, des chauffeurs. Je les interpellais dans la rue. Mais ce n’était pas des oranges que je vendais. » Gina vit seule, sans enfants. Sa vie s’est améliorée, dit-elle. « On peut trouver de l’argent en vendant des fruits, du poisson, en faisant pousser des champignons, en cassant des cailloux. Pour un camion plein, on reçoit 1 500 roupies (15 euros). » L’équivalent d’une dizaine de passes. « Plus jamais je ne voudrais refaire ça. »

Une loi sur l’intouchabilité en 2001

Dans les foyers, qui tournent avec l’argent de la prostitution – où prédomine le modèle patriarcal –, les femmes ont souvent plus de pouvoir. Mais quand la prostitution cesse ou devient gênante, l’hégémonie masculine se reconfigure. La relative autonomie des femmes Badis les rend plus vulnérables aux viols. Les histoires qui circulent racontent comment une jeune fille Dalit a été violée, battue et promenée dans le village, comment telle autre a été enlevée et vendue à des particuliers. « Ma sœur se prostituait, raconte Sirzana Malla, 27 ans. Un jour, un homme est venu à la maison. Puis, quand il est parti, mon père m’a enfermée pendant un mois dans une pièce. Il me disait que les autres garçons ne devaient pas me voir. Je ne comprenais pas. Le jour du mariage, j’ai su. Mon père m’avait donnée à un Thakuri. J’avais douze ans, il en avait 30 ans. »

Aujourd’hui, cette alliance lui confère une certaine position dans la communauté, mais à quel prix. Le regard baissé, malgré l’émotion qui l’envahit, elle poursuit. « Il me battait, buvait, allait voir d’autres filles. Puis nous avons eu deux enfants et il s’est calmé. Mais ma belle-famille ne veut pas me recevoir car je suis de caste inférieure. » Elle s’interrompt brusquement. Deux hommes hautains traversent le village, marquent une pause, font mine de s’intéresser à la discussion, envoient de grands sourires mielleux, puis repartent en direction de la rivière. « Bahun [brahmane en nepali], lâche-telle, discrètement. Nos relations se sont améliorées. On n’a plus à laver nos verres dans les tea-shop, mais ils viennent toujours brûler leurs morts en face de nos maisons. » La loi sur l’intouchabilité ne date que de 2001.

 

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Sirzana Malla, 27, mariée de force à 12 ans, à un homme de haute-caste. Sa belle famille refuse toujours de la recevoir.    © Nathalie Lamoureux Le Point

 

 

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Népal : au cœur d’une caste d’intouchables, épisode 3

 

La prostitution, stigmate ou norme sociale  ? Au cœur du Népal, chez les Badis, où la prostitution est une « tradition ». Reportage.

 

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Modifié le 14/09/2015 à 17:49 – Publié le 04/09/2015 à 10:50 | Le Point.fr
Sunita Badi, 17 ans, mariee, un enfant. Traditionnellement, les filles sont mariees jeunes. C'est parfois un moyen pour eviter qu'elles ne se prostituent.
Sunita Badi, 17 ans, mariée, un enfant. Traditionnellement, les filles sont mariées jeunes. C’est parfois un moyen pour éviter qu’elles ne se prostituent.   © Le Point/ Nathalie Lamoureux

 

La prostitution est une pratique complexe, produit de significations particulières en fonction des cultures. « Les frontières qui séparent intérêts et sentiments, contraintes et plaisirs, égalité et domination sont ténues », analysent les chercheurs de l’École des hautes études en sciences sociales (EHSS) (1).

Le sexe pour s’émanciper

On peut penser que les femmes badis ont, à travers les transactions sexuelles, cherché à construire les conditions sociales de leur émancipation, sans pour autant acquérir toujours valorisation et dignité aux yeux des hommes. Les mariages intercastes, se pratiquant souvent hors du cercle familial, leur ont donné un moyen d’exister socialement, de fonder une famille, tout en échappant à la dépendance de la belle-famille, qui, si elle les avait acceptées, les aurait cantonnées dans des rôles de bonnes à tout faire : servir le mari, le nourrir, entretenir sa fertilité, assurer l’engendrement, nettoyer l’étable, couper les fourrages, aller chercher l’eau au puits…. Rien ne dit, néanmoins, qu’au sein du foyer distant, la femme ne retrouve pas le statut social de la femme dans la société népalaise en général, « qui n’est pas celui d’une très grande liberté, dans les premières années qui suivent le mariage, et ce quel que soit le rang social, même les plus élevés, explique Rémi Bordes, anthropologue au Centre d’études himalayennes. Ce n’est qu’ensuite, lorsque les femmes auront eu plusieurs enfants et pris un peu d’âge, qu’elles seront mieux considérées. Pour ce qui est de l’aisance économique, rien n’interdit à une femme de monter une petite affaire pour dégager du revenu, ou d’y aider son mari, et les femmes badis s’associent sans doute assez facilement à leurs époux dans ce genre de projet, voire elles le choisissent aussi selon ce critère, lorsqu’elles savent que cela sera possible. »

 

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Bina et Parbati Badi, anciennes prostituées, àTulsipur. « La prostitution est interdite, on n’a plus de job. Qu’est ce qu’on fait ? »   © Nathalie Lamoureux Le Point

 

Le trottoir, ma fille

Le soleil cogne les bas-reliefs qui entourent Tulsipur, ville du Sud-Ouest, à trois heures au sud de Salyan, déglinguée, comme après un tremblement de terre. La poussière s’infiltre dans la bouche, les narines. La sécheresse est à son apogée. Il y a dix ans, le site était un vaste bordel à ciel ouvert, où convergeaient les prostituées originaires des pahad, les montagnes. Quelques familles ont pu y acheter des terres et construire de belles maisons. Gopal Nepali, comptable pour DMEK, association de défense des femmes dalit, égrène  : « Ici vivait une fille avec deux enfants. Elle a rencontré un homme français. Elle vit là-bas. Là, la femme possède trois maisons, dont deux à Katmandou. » L’intéressée, Sabrita Nepali, intriguée par cette visite impromptue, accepte de nous rencontrer. Rayonnante, elle porte fièrement le sindur, cette poudre de vermillon tracée sur la raie des cheveux, marque des femmes mariées. Dans la culture hindoue, toute femme qui n’est pas une épouse (veuve incluse) est suspecte. Très tôt, sa mère lui trace son destin. Le trottoir, ma fille. « Les hommes étaient saouls, violents. Ils me battaient, parfois ne payaient pas. J’étais la risée des autres filles. » Sa mère écoute, sans rien dire. Le calvaire de Sabrita prend fin au bout de trois ans. Elle rencontre un homme avec lequel elle s’engage dans des relations suivies, « un ingénieur chetri, qui trouve du travail aux USA. Il m’envoyait 5 000, parfois 8 000 euros. » Elle semble heureuse. « On n’aurait pas eu tout ça. Qu’est-ce que je pouvais faire d’autre, je suis illettrée. » Son sourire se dissipe. « Quand j’y repense, tous ces hommes, on a envie de leur dire que ce sont des cochons. »

 

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© Nathalie Lamoureux Le Point

 

La prostitution, une norme

Les témoignages récoltés permettent de nuancer les conclusions de Thomas Cox, qui les a étudiées pendant dix ans et qui écrivait dans les années 2000  : « Il n’y a pas de stigmate de la prostitution dans la société badi. Au contraire, c’est une norme. C’est précisément parce que les prostituées badis reçoivent des soutiens psychologiques des autres membres de la communauté qu’elles ne sont pas traumatisées, comme les prostituées dans les autres sociétés. » Gopal Nepali, titulaire d’un master en sociologie, dénonce lui aussi cette vision réductrice et humiliante. « C’est un stigmate qui souille toute la communauté. Les Badis ne sont pas nés dans la prostitution. Et toutes les femmes ne vendent pas leur corps. » En 2013, il a publié une étude, recentrée sur leur exploitation par les puissants, et multiplie les conférences pour alerter l’opinion sur le sort des Dalit, ces « rebuts de l’ordre hindou », qui luttent pour leurs droits. L’affirmation de Cox a suscité un tollé, également parmi les chercheurs internationaux qui s’intéressent aux basses castes – et à juste titre. « En reprenant pour argent comptant le discours de façade produit par les Badis, Cox culturalise le stigmate, le fait passer pour une donnée naturelle de la société, avec sous-jacente l’idée terrifiante que toute norme instillée par la culture est bonne à partir du moment où elle est reconnue par le groupe, argumente Rémi Bordes. Imaginez ce que serait cette idée transposée à l’assassinat djihadiste  : à partir du moment où on naîtrait dans une société où il serait normal et valorisé de devenir kamikaze à l’âge de douze ans, eh bien cela n’aurait plus rien de répréhensible parce que le kamikaze et son entourage le vivraient bien. »

 

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© Nathalie Lamoureux Le Point

 

Des corps aliénés

Si les femmes badis, soutenues par leur famille, souffrent peut-être moins que des filles enrôlées brutalement et de force, leur corps est tout aussi aliéné. « Il n’y a certes pas de maquereau chez les Badis, pas d’agent personnel de l’exploitation des corps, mais ce qui se passe au niveau sociologique et subjectif est peut-être pire, quoique larvé. Ce qui tient lieu de maquereau, c’est l’adhésion fataliste et intériorisée à un système de valeurs et de positions sociales particulièrement impitoyables, devant lequel les Badis n’ont pas eu d’autre choix que de survivre en faisant bonne figure », poursuit Rémi Bordes.

(1) Le revenu moyen par personne est de 340 dollars par an.

 

https://www.lepoint.fr/monde/nepal-au-coeur-d-une-caste-d-intouchables-episode-3-13-09-2015-1964380_24.php#xtmc=lamoureux&xtnp=1&xtcr=1

Népal : au cœur d’une caste d’intouchables, épisode 4

 

Une reconfiguration, pas une disparition. Aujourd’hui, au Népal, la prostitution subsiste, mais ne se pratique plus au grand jour. Reportage.

 

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Publié le 13/09/2015 à 16:02 | Le Point.fr
Puspa Badi, 19 ans, nee d'une mere prostituee et de pere inconnu, a du batailler pour s'inscrire a l'universite. La Constitution provisoire ne prevoit pas la delivrance du certificat de citoyennete a partir du nom de la mere.
Puspa Badi, 19 ans, née d’une mère prostituée et de père inconnu, a dû batailler pour s’inscrire à l’université. La Constitution provisoire ne prévoit pas la délivrance du certificat de citoyenneté à partir du nom de la mère.    © Le Point/ Nathalie Lamoureux

 

Au Népal, peu à peu, la prostitution se reconfigure. Les programmes de prévention et de lutte contre le sida, engagés dans les années 90, ont eu pour effet de faire prendre conscience aux femmes des dangers de leur métier et des mutilations dont elles sont victimes. « Il fallait que ça s’arrête, avoue Bahadur. On ne pouvait plus continuer comme ça. Je voyais les hommes s’allonger sur mes filles. Pendant la guerre civile, les maoïstes battaient les femmes qui se vendaient pour le sexe. »

Un tournant en 2007

2007 marque un tournant. Des femmes Badis investissent, pendant 48 jours, les rues de la capitale népalaise pour réclamer la fin de la prostitution, un travail décent, des papiers pour les enfants illégitimes, et l’élimination du terme patar (prostituée) pour indiquer Badis. Le mouvement aboutit à l’établissement d’un Comité de développement. « Une révolution », exulte Rem Bahadur BK, président de Jagaran Media Center, une alliance de journalistes Dalit. Mais le projet s’empêtre dans les millefeuilles de la bureaucratie népalaise. En 2011, le gouvernement débloque finalement un million d’euros sur cinq ans, affectés à quatorze districts de l’Ouest. Les filles bénéficient de formations en esthétique et en couture, les garçons de stage de conduite. Des programmes de logement sont mis en place. Les emplois sont limités et les financements pas toujours bien répartis. « Mais on n’était plus considérés comme des sous-hommes », nuance Rem.

 

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Paysan Tharu sur sa charette. © Nathalie Lamoureux Le Point

 

Des intouchables à l’école

Près de quatre cents enfants illégitimes ont été scolarisés. « Pendant longtemps, les enfants Badis n’avaient pas le droit de toucher les livres, témoigne Sitara Badi, membre du parti du Congrès. Certains sont devenus instituteurs, infirmiers, patrons, d’autres se sont engagés en politique. » Malgré les soutiens, les blessures de l’enfance sont restées douloureuses et profondes. « Le jour où quelqu’un a dit que mon père était l’instituteur du village, mon enfance s’est brisée. En classe, l’homme ne m’a plus adressé la parole. Les autres élèves m’ont traité de tous les noms », racontePuspa Badi, 19 ans. Jolie comme un cœur dans sa polaire à pois, elle rêve alors d’un tourbillon qui l’aspire hors de l’infamie. Mais sa mère se marie avec un Kami (caste des travailleurs), donne naissance à deux autres enfants, puis l’abandonne, elle et sa sœur, chez l’oncle maternel. « J’étais perdue. J’ai dû me battre pour m’inscrire à l’université. » La Constitution provisoire de 2007 ne prévoit pas de disposition permettant de donner la citoyenneté à un enfant, à partir du nom de la femme. Sans papier d’identité, on ne peut pas postuler pour un travail, passer des concours, s’inscrire à l’école. La Cour suprême a ordonné au gouvernement de régulariser les cas d’enfants nés de père inconnu, « mais son application se fait au compte-gouttes », ajoute Rem, qui blâme l’inertie et la corruption.

Juste de quoi survivre

Les reliefs ne sont plus en vue, enveloppés dans une brume épaisse. Pas une plissure, pas un creux pour heurter le regard. Des forêts, des champs de céréales, parfois des cochons énormes qui se prélassent au soleil dans l’herbe. La plaine subtropicale du Terai, immense et fertile, s’étend de chaque côté de la route fourmillante de monde. Une moto avec trois personnes sur la selle, une quatrième sur le porte-bagages et une cinquième sur le réservoir, arrive en sens inverse. Esquive parfaite du pilote, qui, très zen, frôle le pare-choc avant du minibus, et évite, de justesse, la charrette d’un paysan Tharu. Direction Kailali, à deux pas de la frontière indienne, haut lieu de la prostitution. La piste en terre s’écarte de la route et vient buter sur un pâté de maisons peu engageantes et d’immeubles qui menacent de s’effondrer. Un peu à l’écart, le gouvernement a fait construire une trentaine de maisons pour les Badis. Quatre murs en briques avec une ou deux pièces, un toit de tôle et un carré de jardin. « Juste de quoi leur permettre de survivre », ironise un observateur. Certains, malgré tout, apprécient ce peu. « On peut cultiver un potager. Avant, les gens nous disaient que ça ne pousserait jamais, car nous sommes de basses castes, explique Malla Badi. Le seul problème, il n’y a pas de travail. Et quand on en trouve, le salaire est insuffisant pour vivre décemment. Je m’en sors, car je n’ai pas d’enfants. »

 

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District de Kailali, à la frontière indienne, foyer de prostitution.  © Nathalie Lamoureux Le Point

 

Des familles désintégrées

Elle passe en revue les habitations : « Dans celle-ci, les filles travaillent dans des maisons [comprendre de passe] à Bombay et dans le Penjab. Dans l’autre, là, aussi, elles ont emmené leurs enfants avec elles. Elles disent que c’est dur. » La maisonnée se limite aux parents et aux grands-parents. Accroupie par terre, une grand-mère sourire, aux yeux pleins de malice, couverte de bijoux, lâche : « Khane, bosne [manger, se reposer], il n’y a rien d’autre à faire ici. » Les flux migratoires et leurs drames délitent le tissu social. Les familles se désintègrent, mais aucune ne manque Dasain, fête religieuse qui célèbre la restauration de l’ordre du monde, la reconduction des vœux, des hiérarchies familiales et des contrats de toutes sortes. « Les filles reviennent avec 5 000 et 10 000 roupies en poche [50-100 euros]. Toute la famille accomplit les rites normalement », poursuit Malla. Intense moment de communication avec le sacré, avant le retour à l’enfer des bordels.

 

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Lotissement Badi dans le district de Kailali. Le gouvernement a financé la construction de maisons en dur, avec jardin. Les filles travaillent en Inde dans des bordels. © Nathalie Lamoureux Le Point

 

Des ombres au bord de l’asphalte

Le soir venu, sur les grandes artères où défilent les camions, les ombres qui bordent l’asphalte ne trompent pas. Elles cachent des visages aux histoires cabossées, nourries de miettes d’espérance. Bouche peinte en rouge, Bina témoigne sans gêne : « Je fais ça pour me payer une formation. Mes sœurs et mes frères sont en Inde. Mes parents sont âgés. » La porosité de la frontière, conséquence d’un traité datant de 1950, est dénoncée par les organisations humanitaires, ainsi que par l’État népalais, comme un facteur favorisant la traite des femmes. Les statistiques sur la prostitution, difficilement chiffrables, sont à prendre avec précaution. D’après la Fondation Scelles, qui lutte contre l’exploitation sexuelle, il y aurait des centaines de milliers de Népalaises dans les maisons de passe des métropoles indiennes, dont 100 000 rien qu’à Bombay. Quelque 50 000 exerceraient dans les restaurants dansants et salons de massage de Katmandou. Il aurait été intéressant de pousser notre enquête en Inde, mais le temps nous manquait. Le phénomène de la prostitution concerne toutes les castes et n’est plus l’apanage des Badis. Mais le regard de l’autre, lui, ne change pas.12 % de la communauté Badi s’est convertie au christianisme pour échapper au boycott économique et social, retrouver sa dignité, ainsi que des solidarités altruistes.

 



Nouvelles machines à clics de Cyprien Luraghi : c’est fini !

La première, de Chicago, entrée en service hyperactif le mercredi 4 mars 2020 à 12h23, a cessé toute activité depuis le dimanche 12 avril 2020 à 8h08 (voir ci-dessous).

Et la seconde, émettant du Turkménistan, qui avait fait sa première apparition le 8 mars 2020 pour disparaître quatre jours plus tard, a brièvement repris du service les 9 et 10 avril 2020 pour un total de 433 visites et n’est plus réapparue depuis, comme le montrent les statistiques de Satanistique pour la période concernée :

 

20 mars 2020 – 18 avr. 2020

 

Blogger _ Satanistique - Vue d'ensemble des statistiques 7 - www.blogger.com

 

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Turkménistan

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Russie

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Irlande

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Allemagne

229

Ukraine

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région indéterminée

96

Philippines

72

Portugal

60

 

 

11 avr. 2020 16:00 – 18 avr. 2020 15:00

 

Blogger _ Satanistique - Vue d'ensemble des statistiques 8 - www.blogger.com

 

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Irlande

51

Allemagne

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région indéterminée

18

Canada

17

Philippines

17

Russie

15

Portugal

7

Tunisie

7

 

 

A lire ou à relire :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/04/un-de-mes-lecteurs-de-satanistique-a-manifestement-pete-un-cable/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/05/corruption-de-magistrats-dans-le-finistere-mon-information-est-validee/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/06/geant-comment-le-roi-des-fous-me-traite-de-putaclic/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/06/cyprien-luraghi-sessouffle-deja-avec-sa-nouvelle-machine-a-clics/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/08/nouvelle-machine-a-clics-de-cyprien-luraghi-gros-mou-dans-le-genou-ce-dimanche-8-mars-2020/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/09/nouvelle-machine-a-clics-sur-satanistique-depuis-le-8-mars-2020/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/25/nouvelles-machines-a-clics-de-cyprien-luraghi-en-recul/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/29/nouvelle-machine-a-clics-de-cyprien-luraghi-toujours-en-recul/

 

 

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Quand Cyprien Luraghi faisait du tourisme sexuel dans l’Himalaya…

 


 

 

La première des trois photos ci-dessous, qu’il a prises en 1989 lors d’un de ses périples dans l’Himalaya et récemment postées sur Twitter, est vraiment infecte. La petite fille qu’il laisse entièrement nue vient d’être violée, sa posture est parlante, elle en a… plein le dos… et les deux adultes qui l’accompagnent, sans aucun doute contraints de subir cette abomination, exècrent le Français qui par-dessus le marché les viole tous les trois dans l’intimité de leur vie privée misérable avec sa photo souvenir volée qui risque de se retrouver dans un de ces catalogues que les pédophiles et trafiquants d’enfants constituent pour leur commerce…

Sur la seconde, on aperçoit deux hommes dont l’un porte dans ses bras un enfant si jeune que l’on peut s’étonner de ne pas le voir plutôt avec une femme. Ils sortent de la chambre où ils laissent celui qui les photographie, c’est-à-dire derechef le pédophile notoire Pascal Edouard Cyprien Luraghi, qui aujourd’hui ne se gêne pas pour les accuser publiquement, le premier, d’être un serial killer, et le second, un serial « enculeur », ce qu’en fait il est lui-même – le pervers narcissique voit toujours les autres à son image. Sont-ils venus récupérer l’enfant après usage ? Ce n’est pas impossible.

Quant à la troisième de ses trois photographies rapportées ci-dessous, la seule dont il n’ait pas surpris ou mécontenté le sujet avec son appareil, il l’a commentée sur Twitter en laissant lui-même entendre avoir effectivement – et encore – consommé de la chair fraîche durant la « nuit vraiment chouette » qu’il dit avoir passée dans la « petite famille » de l’adolescente népalaise dont il s’agit (voir la vidéo ci-dessus pour de plus amples explications).

 

 
Quand Cyprien Luraghi faisait du tourisme sexuel dans l'Himalaya... dans Corruption Cyprien%2BLuraghi%2Bon%2BTwitter_%2B_Quelque%2Bpart%2Bau%2BGarhwal%2B%25C2%25A9%2Bcyp%2B1989%2B%2528sca_%2B-%2Btwitter.com
 

Cyprien%2BLuraghi%2Bon%2BTwitter_%2B_Quelque%2Bpart%2Bau%2BGarhwal%2B%25C2%25A9%2Bcyp%2B1989%2B2%2B%2528sca_%2B-%2Btwitter.com dans Crime
 

Cyprien%2BLuraghi%2Bon%2BTwitter_%2B_Quelque%2Bpart%2Btout%2B%25C3%25A0%2Bl%2527ouest%2Bdu%2BN%25C3%25A9pal%2B%25C2%25A9%2B_%2B-%2Btwitter.com dans Folie

 



Terrorisme islamiste : de nouveaux projets déjoués en Allemagne

Entre autres, étaient programmées des attaques meurtrières visant des personnes dont au moins une faisait déjà l’objet de surveillances particulières de la part des terroristes.

Je rappelle ici fortement soupçonner que ce puisse être le cas de l’attaque de Romans-sur-Isère du 4 avril dernier, compte tenu des propos publics de l’un des commanditaires, Jean-Marc Donnadieu de Béziers, concernant des assassinats d’ingénieurs.

 

Lire ou relire à ce sujet :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/05/attaque-terroriste-a-romans-sur-isere-samedi-4-avril-2020/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/05/pourquoi-ce-nouvel-attentat-islamiste-du-4-avril-2020-a-romans-sur-isere/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/05/retour-du-deconnologue-et-ex-riverain-homere-sur-twitter/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/05/cyprien-luraghi-a-lance-un-appel-de-fonds-le-vendredi-3-avril-2020/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/06/messages-publics-de-jean-marc-donnadieu-en-ce-debut-avril-2020/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/06/michel-piccin-est-sorti-de-son-silence-le-3-avril-2020/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/07/attentat-de-romans-sur-isere-du-4-avril-2020-premier-bilan/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/08/attentat-de-romans-sur-isere-explications-de-lassaillant/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/08/attentat-de-romans-sur-isere-ouverture-dune-information-judiciaire/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/09/ufoscepticisme-sale-temps-pour-les-menteurs-et-cela-va-continuer/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/04/10/attentat-de-romans-sur-isere-pas-de-revendication-pour-cause-de-confinement/

 

 

https://5minutes.rtl.lu/actu/monde/a/1502309.html

L’Allemagne déjoue des projets d’attentats islamistes

 

Auteur: AFP|Actualisé: 16.04.2020 07:21
Terrorisme islamiste : de nouveaux projets déjoués en Allemagne dans AC ! Brest

la Cour suprême fédérale à Karlsruhe, dans le sud de l’Allemagne, le 15 avril 2020 / © AFP

Les autorités allemandes ont déjoué des projets d’attentats visant des installations militaires américaines et arrêté cinq Tadjiks soupçonnés d’avoir voulu commettre ces attaques au nom de l’EI, alors que la menace islamiste reste grande en Allemagne.

Les autorités allemandes ont déjoué des projets d’attentats visant des installations militaires américaines et arrêté cinq Tadjiks soupçonnés d’avoir voulu commettre ces attaques au nom de l’EI, alors que la menace islamiste reste grande en Allemagne.

Les suspects, dont quatre ont été interpellés mercredi matin dans l’État régional de Rhénanie du Nord-Westphalie (ouest), prévoyaient également « des attaques meurtrières » contre des personnes parmi lesquelles une voix critique de l’islam qu’ils avaient commencé à espionner, a indiqué le Parquet fédéral, compétent en matière d’affaires de terrorisme.

Des perquisitions ont été menées dans plusieurs villes de la région, dont la grande ville d’Essen.

Le cinquième, identifié seulement comme Ravsan B., avait été arrêté il y a plus d’un an et se trouve depuis le 15 mars 2019 en détention préventive.

Les autres, Azizjon B., Muhammadali G., Farhodshoh K. et Sunatullokh K., doivent être présentés dans la journée à un juge de la détention.

Pour préparer la mise à exécution de leurs projets, ils étaient « en contact avec deux hauts responsables de l’EI en Syrie et en Afghanistan » qui leur fournissaient des instructions, selon la même source.

Les cinq Tadjiks ont effectué des repérages des « installations de l’armée de l’air américaine en Allemagne », précise le parquet.

« Cellule »

Ils sont « fortement soupçonnés » d’avoir rejoint en janvier 2019 le groupe EI et fondé « une cellule en Allemagne ». Ils avaient pour dessein initial de se rendre au Tadjikistan pour prendre part à des combats contre le gouvernement « dans le cadre du Jihad armé », selon le parquet.

 dans Action Directe

Des policiers masqués devant la Cour suprême fédérale à Karlsruhe, dans le sud de l’Allemagne, le 15 avril 2020 / © AFP

Après avoir abandonné ce projet, ils se sont notamment concentrés sur des cibles militaires américaines en Allemagne.

La cellule avait déjà acquis des « armes lourdes » et des munitions, ainsi que certains composants pour fabriquer des explosifs, commandés sur internet.

Ils avaient également récolté de l’argent en Allemagne, transféré ensuite à l’organisation via la Turquie.

Le premier suspect arrêté, Ravsan B., avait en outre accepté de commettre un meurtre commandité en Albanie afin de récolter 40.000 dollars US.

Bien qu’il se soit rendu là-bas avec un autre suspect, le projet avait finalement échoué et les deux hommes étaient rentrés en Allemagne.

Sur le qui-vive

Les autorités allemandes sont sur le qui-vive concernant la menace islamiste pesant sur l’Allemagne, particulièrement depuis un attentat au camion-bélier revendiqué par le groupe État islamique qui avait fait 12 morts en décembre 2016 à Berlin.

Cette attaque jihadiste est la plus meurtrière jamais commise sur le sol allemand.

Les services de sécurité allemands estiment à environ 11.000 le nombre d’islamistes radicaux dans le pays, dont 680 sont considérés comme particulièrement dangereux et capables de recourir à la violence.

Depuis décembre 2016, les autorités ont déjoué neuf tentatives d’attentat de ce type, selon des chiffres de l’Office fédéral de police criminelle.

Outre l’attaque au camion-bélier sur le marché de Noël de la capitale, l’EI a revendiqué en 2016 un meurtre au couteau à Hambourg, un attentat à la bombe à Ansbach qui avait fait 15 blessés et tué l’assaillant, ainsi qu’une attaque à la hache dans un train en Bavière (5 blessés) dont l’auteur a été abattu par la police.

Plus récemment, en novembre dernier, la police avait arrêté trois hommes à Offenbach, près de la capitale financière Francfort, soupçonnés de préparer un attentat à la bombe au nom du groupe EI.

Certains des attentats ou tentatives ont été commis par des demandeurs d’asile –un Tunisien, un Syrien et un Afghan– arrivés en Allemagne à la faveur de la crise migratoire de 2015.

La chancelière Angela Merkel avait alors ouvert les portes du pays à quelque 900.000 demandeurs d’asile surtout venus des zones de conflit de Syrie et d’Irak.

L’Allemagne abrite une importante communauté musulmane estimée officiellement à entre 4,4 et 4,7 millions (5,4% à 5,7% de la population), dont une immense majorité rejette l’islamisme.

 



Intéressant : l’ancien dealer du Tout-Paris Gérard Fauré balance à tout va…

 

 

 

 

Il a déjà sorti trois bouquins, le troisième le 22 janvier de cette année 2020, et en promet au moins deux autres s’il n’est pas tué avant.

Il donne aussi avec plaisir des interviews, dont les deux ci-dessus.

A suivre…

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/gerard-faure-confessions-du-prince-de-la-coke-01-02-2020-2360790_23.php#

Gérard Fauré, confessions du prince de la coke

 

VIDÉO. Hier trafiquant de drogue et braqueur de banques, Gérard Fauré a fait une douzaine de séjours en prison. Il se raconte aujourd’hui dans un livre. Rencontre.

 

Par

Modifié le 30/03/2020 à 23:30 – Publié le 01/02/2020 à 14:55 | Le Point.fr

 

« On m’a qualifié de prince de la coke. On aurait mieux fait de m’appeler le roi de la cocaïne. » En cette fin janvier, de passage à la rédaction du Point, Gérard Fauré fanfaronne. L’ancien trafiquant de drogue, ex-braqueur, (presque) rangé des voitures, est en verve. En pleine promotion du deuxième volume de ses mémoires*, il sort de l’enregistrement d’une émission de radio où il a donné des sueurs froides à son éditeur en évoquant le nom de quelques-uns de ses anciens clients. Dans quelques jours, il sera l’invité de plusieurs émissions télévisées à grande audience. Pour l’heure, le septuagénaire s’échauffe gentiment en revendiquant la place qu’il estime devoir lui revenir dans le paysage de la pègre des années 80.

 

Intéressant : l'ancien dealer du Tout-Paris Gérard Fauré balance à tout va... dans Corruption 20000406lpw-20008410-embed-libre-jpg_7013690

Son père était médecin du roi Mohamed V. Le jeune Gérard optera pour une carrière dans le grand banditisme. © DR

 

Né à Fès, au Maroc, en 1946, d’un père militaire, par ailleurs médecin personnel du roi Mohamed V, et d’une mère berbère, Gérard Fauré a passé plus de dix-huit ans de sa vie en prison (« 14 en France, deux en Hollande, un an en Espagne et une année de plus en Belgique », dénombre-t-il). En octobre 2018, à peine sorti de Fleury-Mérogis, il publiait un premier livre autobiographique où il revendiquait avoir été le « dealer du Tout-Paris ». Citant pêle-mêle, parmi ses clients, les noms de Jacques Chirac, Johnny Hallyday mais aussi de Françoise Sagan et Jean-Edern Hallier, dont il laisse aujourd’hui entendre que la mort dans un accident de vélo, en 1997, serait, en réalité, une élimination pure et simple. L’ouvrage avait trusté les premières places des palmarès de ventes pendant près d’un mois.

Du Maroc à la Costa Brava

Gérard Fauré n’a pas été seulement le fournisseur en coke de la jet-set. « C’est vrai que j’ai aussi été braqueur de banques », confesse-t-il. « Mais c’était pour le compte du Service action civique [le SAC], la milice privée de Charles Pasqua : très peu civique mais toujours prête à l’action », se dédouane-t-il. Demande-t-on des éléments de preuve de ce qu’il avance ? Gérard réplique aussitôt : « Je ne suis pas une gamate. » Un terme d’argot qui désigne à la fois un mauvais chanteur d’opéra et un menteur. « Personne n’a saisi les tribunaux pour le premier tome. C’est sans doute que ce que raconte Gérard est vrai », surenchérit son éditeur Yannick Dehée. En sera-t-il de même cette fois-ci ? « Je peux prouver tout ce que j’avance », affirme l’auteur.

L’homme n’a pas seulement de la gouaille. Il affiche et revendique une forme de baraka. Rien ne semble lui faire peur. Surtout pas la perspective de se retrouver poursuivi en diffamation. Il s’amuse que sa maison d’édition ait été approchée par des producteurs de cinéma. « C’est vrai que ma vie pourrait faire un bon film. Car j’ai commencé très tôt », explique Gérard Fauré dans un sourire. « À 5 ans, je faisais chanter les amis de mon père, menaçant de dévoiler leurs infidélités s’ils n’achetaient pas mon silence. À 8 ans, je déterrais, avec deux amis, les cadavres du cimetière de Essaouira où mes parents avaient déménagé. Je dépouillais les corps de leurs bijoux », poursuit-il. Deux ans plus tard, il commençait la contrebande et faisait commerce de devises étrangères dans les bureaux de changes d’Algésiras. Accro au cannabis dès ses 12 ans, il dit s’être mis à dealer au collège.

 

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À chacun de ses passages en France, ce proche de Gaëtan Zampa vient saluer sa mère à côté de Versailles. © DR

 

En 1964, son bac en poche, il quitte le Maroc pour s’installer en Espagne où il ouvre un magasin à Torremolinos, près de Marbella. Dans cette station touristique ont trouvé refuge, quelques années auparavant, plusieurs membres du « gang des Tractions Avant » (une bande de malfaiteurs français qui tire son nom des puissantes automobiles à bord desquelles ils sévissaient, NDLR). Quand on lui demande s’il les a rencontrés, Gérard Fauré élude. À l’époque, le jeune homme tient un bar avec son frère aîné, aujourd’hui décédé, qui deviendra consul de France à Cadix. « Georges n’a jamais rien fait d’illégal », tient-il à préciser. On ne peut pas dire la même chose de Gérard. Il en rigole.

Détentions à gogo

Son premier séjour en prison date de 1970. « À cause d’un quiproquo », assure-t-il. Associé dans un commerce d’habillement à un trafiquant d’armes hollandais d’origine indonésienne dont il jure alors ne rien savoir des activités illicites, il est arrêté pour trafic de cuirs de contrebande. « Deux hommes ont déposé des ballots de cuir dans ma boutique. Je leur ai demandé de les reprendre, mais ils ont filé et, deux minutes après, débarquait la Guardia Civil », se défend-il. Gérard Fauré est incarcéré à la prison de Marbella : « Une taule horrible de 12 places dont les lits étaient creusés à même la roche comme des tombeaux », se rappelle-t-il. Il y est si méchamment frappé par les gardiens qu’il atterrit à l’hôpital. Là, une infirmière qui connaît son père alerte sa famille. « Mon père avait des accointances avec le régime franquiste. Il a débarqué avec un député et m’a fait libérer. »

Rebelote deux ans plus tard. Cette fois, son père ne peut rien pour lui. « C’est un commando du SAC qui m’a libéré en débarquant aux portes de la prison », indique Gérard Fauré, qui décide à ce moment-là de s’installer à Amsterdam. « La Hollande a été mon université du crime », plaisante-t-il. Le jeune homme se met à faire de l’import-export de cocaïne et d’héroïne, sans état d’âme. « Bien sûr, j’aurais pu éviter de fournir tous ces gens qui ne pensaient qu’à nuire à leurs prochains, et qui pour être capables de le faire se bourraient le pif de ma cocaïne ! Mais pour être franc, d’une part, à l’époque je me foutais royalement de ce qui se passait dans ce pays, d’autre part, les fournir en coke ou en cannabis m’apportait une adrénaline exceptionnelle », écrit-il.

Il s’acoquine avec un gang de cambrioleurs. « En 1973, nous avons fait plus de 400 maisons », déclare-t-il sur un ton qui pourrait laisser penser qu’il n’en est pas peu fier. Dans son précédent livre, il expliquait aussi avoir été tueur à gages « à l’occasion », toujours pour le compte du Service action civique.

Sous crack

 

20000406lpw-20008400-embed-libre-jpg_7013692 dans Folie

À Amsterdam, où il emménage en 1973, il tombe dans le crack. © DR

 

Gérard Fauré explique être, dans ces années 70, « accro » au crack, un dérivé de cocaïne ultra-concentré qui se fume. « J’ai eu du mal à me défaire de cette saloperie », émet-il. Est-ce en raison des effets stupéfiants de ce « caillou » sur son cerveau que ses souvenirs se brouillent un peu ? Il peine à se rappeler le nombre d’allers-retours qu’il effectue alors entre les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse et le Maroc. Chaque fois, il fait escale en France où sa mère a refait sa vie avec le fils d’un ancien diplomate français, en poste au Vatican. Il pense que cette étiquette place son beau-père au-dessus de tout soupçon. C’est dans leur maison de Versailles qu’il stocke une partie de sa dangereuse marchandise. Il n’en sera pas moins arrêté une nouvelle fois en 1979, en possession d’une tonne de coke, et passera deux ans à l’ombre. Dès sa sortie, il reprend sa place de « grossiste » sur le marché de la blanche. « Je fournissais alors un certain Gianni qui revendait tout ça dans les boîtes de nuit parisiennes. C’est lui qui passait pour le roi de la coke, mais le titre aurait dû me revenir à moi », émet-il, avec orgueil.Dealeur le jour, il flambe la nuit tombée son argent au casino. « Je menais la grande vie : je dormais dans des palaces, je conduisais de luxueuses voitures et je couchais avec des filles somptueuses. » Fauré se dit alors proche de Gaëtan Zampa, croise Francis le Belge, deux grandes figures du banditisme dans les années 80. « Tous mes amis de l’époque sont morts, de mort violente. Je n’en reviens toujours pas d’être en vie, car j’ai plusieurs fois été pris dans des fusillades », confie-t-il. Ce sont ces années-là qu’il raconte dans son livre. Il explique conduire des « go-fast », effectuant des passages de la frontière à très grande vitesse, à bord d’une Ford Mustang GT, le même modèle que conduit Steve McQueen dans Bullit, ou dans une Mercedes 350L, le coupé au volant duquel Richard Gere apparaît dans American Gigolo. Il écrit avoir réchappé plusieurs fois à des embuscades. Certains épisodes semblent abracadabrants (comme ce chapitre où il explique avoir perdu une barquette de coke dans un champ et avoir réalisé qu’une vache l’avait mangée, s’offrant un trip mémorable). Faut-il vraiment prendre au pied de la lettre toutes ces histoires ? « C’est vrai que certaines peuvent sembler invraisemblables », reconnaît-il, beau joueur. Impossible de recouper ses dires. La plupart des témoins ont disparu. Gérard Fauré parle d’autant plus librement qu’il sait ne pas pouvoir être contredit.

Séducteur invétéré

 

20000406lpw-20008406-embed-libre-jpg_7013693 dans Pédophilie

Gérard Fauré tombe, pour la première fois, pour trafic de drogue, en 1973. © DR

 

Un brin vantard, l’ancien trafiquant ne se fait pas prier pour étaler ses conquêtes féminines. Il laisse entendre qu’il aurait partagé la même maîtresse que Jacques Chirac (une journaliste politique en vue) et que c’est par jalousie que l’ancien président l’aurait conduit une nouvelle fois en prison. Son livre alterne d’ailleurs évocations érotiques et scènes d’action. Les deux se mêlant parfois. Comme lorsque l’auteur détaille un épisode étonnant où, pour passer la frontière entre la France et la Belgique, il aurait corrompu les douaniers grâce au service de prostituées. « Le sexe occupe, comme la drogue, une place importante dans ma vie », glisse l’ancien trafiquant. « Mais je ne suis visiblement pas le seul », ajoute-t-il, affirmant détenir les preuves qu’un hôtel, proche des Champs-Élysées, abritait un réseau pédophile qui aurait compté en son sein un ancien ministre de François Mitterrand.La pédophilie occupe, de fait, une place importante dans son ouvrage. L’ancien truand accuse ainsi, sans le citer, un membre de la famille royale britannique d’avoir sollicité des prostitués mineurs dans un hôtel de Tanger. « Le roi du Maroc avait fait installer des caméras cachées. Buckingham Palace a reçu quelques photos où on pouvait voir ce représentant de la Couronne en pleine action… Quarante-huit heures plus tard, la Grande-Bretagne livrait les officiers qui avaient trouvé refuge à Gibraltar après avoir tenté un coup d’État contre Hassan II, en 1972 », assène l’auteur. Une histoire qu’on jurerait sortie d’un épisode de SAS, d’un autre Gérard… de Villiers.

Naissance d’une vocation

 

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Gérard Fauré, devenu « dealeur du Tout-Paris », sera à nouveau arrêté à l’été 1986. © DR

 

En juillet 1986, Gérard Fauré est de nouveau arrêté. « Le Tout-Paris perd son fournisseur de cocaïne », titre France-Soir. « Le pourvoyeur du showbiz est tombé », affiche Le Parisien. Désireux de prouver que ce titre n’est pas usurpé, Gérard Fauré prend bien soin d’égrener, dans son livre, quelques noms de vedettes. On y croise ainsi un Alain Delon particulièrement cynique, un Mick Jagger défoncé, mais aussi le producteur de Grease ou de Saturday Night Fever : Robert Stigwood, porté sur la coke. On y entrevoit Claude Brasseur et Bernard Giraudeau. Gérard Fauré règle ses comptes avec Thierry Ardisson, mais aussi Thierry Le Luron. Mais ceux qu’il abhorre le plus, ce sont les avocats qu’il a fait travailler à chacune de ses (nombreuses) interpellations. « Grâce à ces nuls, j’ai failli prendre presque dix ans pour quelques grammes de drogue. Tous ces bavards étaient plus doués pour me prendre mon fric que pour me sortir du trou », peste-t-il.Durant sa détention à Liancourt, dans l’Oise, le voyou reprend ses études. Il passe un CAP puis un BEP de comptabilité ; s’inscrit en DEUG d’anglais et fait même un stage d’horticulture. Surtout, il se met à écrire et prend goût à coucher sa vie sur le papier. « J’ai au moins quatre livres dans mes tiroirs », confie-t-il. Sorti en 1991, il retombe, quelques mois plus tard. C’est là que son chemin croise celui d’Éric Dupont-Moretti, qu’il égratigne tout particulièrement. « Tout ce qu’il a fait, c’est d’énerver le juge. J’en ai repris pour trois ans, là où je n’aurais pas dû prendre plus de 18 mois », tacle-t-il.

Entre 1997 et 2015, Gérard Fauré sera encore impliqué dans trois affaires, dont un double assassinat et une tentative de meurtre. Deux affaires pour lesquelles il s’explique dans son livre. « J’aurai aussi participé à la mise hors d’état de nuire d’un réseau djihadiste », avance-t-il, sans vouloir en dire plus. « Ce sera le sujet de l’un de ses prochains ouvrages », justifie son éditeur. Aujourd’hui libre et remarié à l’ex-femme d’un ancien grand flic, il vit dans une petite commune des Yvelines où ses deux voisins sont d’anciens directeurs de services centraux de police. « Ils se détestent mais moi je les aime bien », plaisante Gérard Fauré. Le septuagénaire rêve de cosigner, avec l’un d’entre eux, un ouvrage en forme de dialogue. Il en a déjà le titre : Le Loup et l’Agneau. « Devinez qui est l’un et qui est l’autre ? » interroge l’ancien trafiquant. Décidément intarissable.

 

20000406lpw-20012655-embed-libre-jpg_7013695 dans Politique

Après « Dealer du Tout-Paris », Gérard Fauré poursuit le récit explosif de sa vie et nous plonge dans l’intimité des élites parisiennes qui ont fait de la cocaïne une drogue mondaine et populaire (résumé de l’éditeur). © DR

 

*Prince de la coke, de Gérard Fauré, Nouveau Monde éditions, 224 pages, 17,90 €.
 

 

https://www.liberation.fr/france/2018/10/25/gerard-faure-une-clientele-haut-de-came_1687887

Profil

Gérard Fauré, une clientèle haut de came

 

Par Renaud Lecadre — 25 octobre 2018 à 21:06
 
Gérard Fauré, auteur de «Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle», à Paris, le 16 octobre. Photo Rémy Artiges pour Libération

L’ancien dealer et braqueur de banque, qui a croisé la route de Charles Pasqua ou de Johnny Hallyday publie son autobiographie. Son parcours hors norme laisse entrevoir les liens entre politique et voyoucratie.

  • Dealer de stars : de Pasqua à Hallyday en passant par Chirac, une clientèle haut de came

Barnum garanti. Aujourd’hui sort en librairie l’autobiographie d’un beau voyou. Gérard Fauré (1), fils d’un médecin militaire, fut un authentique trafiquant de cocaïne, doublé d’un braqueur de banques, et tueur à gages à l’occasion. A ce titre, l’intitulé du bouquin, Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle (1), pourrait prêter à confusion. Il n’était pas que cela. Mais comme le souligne son éditeur, Yannick Dehée, «c’est la première fois qu’un voyou parle sur les politiques». Et pas n’importe lesquels : Charles Pasqua et Jacques Chirac.

Un quart du manuscrit initial a été expurgé, des noms ont été initialisés ou anonymisés. Demeure le name-dropping dans le milieu du show-biz, visant des personnalités déjà connues pour leur addiction à la coke. Certains lecteurs s’en délecteront, mais il y a mieux – ou pire : l’interférence entre la politique et la voyoucratie, fournisseuse de services en tous genres. «On entre dans le dur», souligne un spécialiste du secteur.

A lire aussiGérard Fauré : «Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier»

Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.»

L’auteur narre ainsi sa rencontre avec le politique, qu’il situe en 1978 : «Charles Pasqua donnait de sa voix tonitruante des ordres à tout le personnel, toutes les têtes brûlées de France et de l’Algérie française.» Et de lui lancer : «Alors, c’est toi le mec dont on me vante les mérites ? Bien. Tu vas reprendre du service dès aujourd’hui, avec tes amis, si tu veux bien. J’ai une mission de la plus haute importance, que tu ne peux pas te permettre de refuser, ni de rater. Compris ?»

Backgammon

A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». Il en garde un souvenir mi-épaté mi-amusé : «Zampa ou « le Belge », qui pourtant étaient des gangsters d’envergure internationale, se seraient fait descendre comme des mouches s’ils avaient eu la mauvaise idée de mettre les pieds en Colombie ou au Venezuela, car ils étaient prétentieux.» Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité.

Notre voyou prétend n’avoir jamais balancé, lui, du moins jusqu’à ce livre. «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.»

Hommage

Ce livre-confession est une authentique plongée dans le commerce de la drogue. Notre trafiquant, dix-huit ans de prison au compteur, connaît son produit : «Aucune coke ne ressemble à une autre. Certaines, comme la colombienne, vous donnent envie de danser, de faire l’amour, mais rendent très agressif, parano et méfiant. La bolivienne rend morose, triste, et pousse parfois au suicide. La meilleure est la péruvienne, qui augmente votre tonus, votre joie de vivre et pousse à la méditation, au questionnement. La vénézuélienne a des effets uniquement sur la performance sexuelle. Les autres, brésilienne, chilienne ou surinamienne, ne sont que des pâles copies.» Son mode de transport aussi : dans le ventre d’une chèvre, elle-même logée dans l’estomac d’un boa que les douaniers, à l’aéroport d’arrivée, prendront soin de ne pas réveiller. Puis, une fois le coup du boa connu des gabelous, le ventre d’un nourrisson – une technique brésilienne consistant à empailler un bébé mort pour le maintenir en bon état, et ainsi faire croire qu’il dort au moment de passer la frontière…

Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»

(1) Nouveau Monde, 224 pp., 17,90 €.

photo Rémy Artiges pour Libération

Renaud Lecadre

 

https://www.liberation.fr/france/2018/10/25/gerard-faure-pasqua-ne-pouvait-quand-meme-pas-se-mouiller-pour-un-meurtrier_1687888

Gérard Fauré : «Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier»

 

Par Renaud Lecadre — 25 octobre 2018 à 21:06

 

L’ex-trafiquant Gérard Fauré, qui a passé dix-huit ans derrière les barreaux, multiplie les anecdotes dignes d’un thriller.

 

  • Gérard Fauré : «Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier»

Figure du trafic de drogue, Gérard Fauré raconte ses activités à Paris dans les années 80, où il fournissait de la cocaïne à de nombreuses célébrités.

Vous êtes toujours en vie. C’est de la chance ?

Non, pas de la chance. Mon talent de diplomate, de beau parleur. La parole donnée, la correction avant tout. Un jour, un flic me mettait des coups de Bottin dans la gueule pour une histoire de meurtre. Puis m’a relâché faute de preuve en me disant : «Tu as été correct !» Une autre fois, j’avais deux équipes sur le dos, des Gitans et des Kabyles. Heureusement, les flics m’ont arrêté avant eux… Donc un peu de chance, quand même.

A lire aussiGérard Fauré, une clientèle haut de came

L’OAS vous a également bien protégé…

Ils m’ont sorti de prison en Espagne, mitraillettes à la main.

Charles Pasqua aussi ?

Il avait pas mal de comptes à régler. En échange, il nous donnait des plans d’un braquage, les clés de la banque… Mais ce n’était pas toujours garanti : un jour, on fait un coup, croyant comme des cons que tout était bordé, mais une tripotée de flics nous attendait à la sortie.

Apportait-il une garantie policière ?

Oui et non. Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier.

Johnny Hallyday était, selon vous, tenu par le milieu dans les années 80…

J’en suis sûr. «Francis le Belge» me l’a raconté : la bande à Tony Zampa rackettait Johnny. Belge comme lui, Francis va le voir : «Lâche-le !» L’autre : «Jamais !» C’est là que les deux clans sont entrés en guerre, à propos de Johnny Hallyday, même s’il y avait peut-être d’autres raisons.

Renaud Lecadre

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Faur%C3%A9

  1. Renaud Lecadre, « Gérard Fauré : Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier », Libération « L’ex-trafiquant Gérard Fauré, qui a passé dix-huit ans derrière les barreaux, multiplie les anecdotes dignes d’un thriller »,‎ 25 octobre 2018 (lire en ligne [archive])

Références radiophoniques

Références vidéographiques

Références bibliographiques

  1. Fauré et Perltereau 2018, p. 41, chap 5 « L’Espagne, ma deuxième patrie » : […] Un problème de taille que j’eus avec le général Oufkir. […] Ce dernier, après avoir eu vent d’une liaison que j’entretenais avec sa femme du côté de Marbella [lire en ligne [archive]]

Liens externes

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