Comment à Paris on se moque des Bretons et des autres

Les mythomanes, menteurs et affabulateurs Pascal Edouard Cyprien Luraghi de Puy-l’Evêque, Jean-Marc Donnadieu de Béziers, Josette Brenterch du NPA de Brest et autres « déconnologues », auteurs de vastes campagnes de calomnies publiques à mon encontre depuis les années 2008 à 2010, m’ont toujours traitée mensongèrement de mythomane, menteuse ou affabulatrice à chaque fois que je démentais leurs allégations mensongères à mon encontre et parlais un peu de moi-même ou de ma vraie vie, la vraie de vraie, pas celle qu’ils ont décidé de m’inventer pour le public.

La personnalité antipathique qu’ils m’attribuent mensongèrement, très éloignée de ce que je suis réellement, est en fait la leur.

De même, la vie de « ratée absolue » qu’ils m’attribuent de manière délirante ressemble bien plus aux leurs qu’à la mienne.

Quant à tous les méfaits imaginaires dont ils m’accusent régulièrement, dans des écrits publics ou plus ou moins confidentiels, parfois adressés à des autorités susceptibles d’y donner suite, et jusque devant des tribunaux et cours d’appel, ce sont systématiquement et très exactement des faits de même nature que d’autres dont ils se sont eux-mêmes réellement rendus coupables à mon encontre au préalable.

Cependant, ce ne sont pas les premiers pervers narcissiques à donner dans ce travers caractéristique de leur maladie mentale en ce qui me concerne.

Il y eut avant eux mes anciens employeurs harceleurs, des patrons voyous pour lesquels ils travaillent toujours actuellement et dont ils poursuivent depuis le début toutes les exactions à mon encontre.

Ceux-là sont donc les premiers à m’avoir fait passer pour mythomane auprès de tiers, notamment dans mon milieu professionnel, en même temps qu’ils me calomniaient dans le but de me discréditer et de me porter préjudice à tout propos.

J’en ai déjà parlé un peu dans cet article du 19 août dernier :

http://petitcoucou.unblog.fr/2018/08/19/bulletin-meteo-de-ce-dimanche-19-aout-2018/

Ayant un jour été interrogée par la commerciale représentant mon employeur sur mes éventuelles capacités de musicienne, j’avais dit ce qu’il en était et appris quatre ans plus tard que j’aurais été mythomane en raison de la réponse que je lui avais faite ce jour car « tout le monde sait bien que les Bretons sont des arriérés totalement incultes et incapables de jouer d’un instrument, ils ne connaissent rien à la musique ! »

Mais ce n’est pas tout !

Environ un an après avoir involontairement provoqué chez cette commerciale un éclat de rire hystérique qui sera resté pour moi totalement incompris durant quatre ans, c’est un autre commercial du même groupe qui tout à coup, alors qu’habituellement il ne parlait toujours que de cul ou de fric, s’était piqué d’évoquer la langue bretonne en ma présence. Il la comparaît au grec, affirmant que c’était pareil, car il l’avait entendu dire. Lui-même ne connaissait ni de près ni de loin aucune de ces deux langues. Tout comme son quasi jumeau Pascal Edouard Cyprien Luraghi, après avoir quitté l’école à l’adolescence en situation d’échec et sans aucun diplôme, il s’était fait dans la rue – à la force du poignet ou du couteau planté dans le dos – et aurait bien pu soutenir de même : « Ne connaissant ni le pays ni sa langue, je lui avais servi de guide ». C’est en effet ce qu’il faisait au quotidien auprès de chacun dans le cadre de ses fonctions, à la manière dictatoriale du « Konducator », et tous les professionnels du secteur informatique l’en haïssaient.

Cette fois, donc, il entendait nous instruire sur le grec ou le breton ou les deux à la fois. C’était gratuit, ou du moins, cela en avait l’air. Pour le coup, j’étais sortie de mon mutisme habituel en présence de ce pervers notoire lorsque nous n’avions aucun entretien « professionnel ». Je n’avais pas réfléchi. L’entendant débiter ses bêtises sur deux langues que je connaissais suffisamment l’une et l’autre pour pouvoir les comparer, sentant bien que ses propos m’étaient destinés, étant données mes origines, qu’il connaissait bien, encouragée par le fait que pour une fois il ne s’agissait ni de cul ni de fric, je m’étais enhardie à le corriger. Encore une fois, j’aurais mieux fait de me taire. Il était resté me regarder comme frappé par une hallucination quelconque et avait balbutié, l’air hébété : « Grec… Grec ancien ! » C’est bien de grec ancien que je parlais, je suis helléniste, mais il n’y entendait manifestement que du chinois. Vu le niveau de mon interlocuteur, je n’avais pas insisté. C’était inutile et la question discutée était de toute façon sans importance dans le contexte de nos relations.

Or, voilà que trois ans plus tard j’apprenais que le pervers me faisait passer pour mythomane dans tout mon milieu professionnel sous prétexte que ce jour-là j’avais dit connaître le grec ancien et qu’une autre fois, l’année précédente, j’avais dit à sa collègue pouvoir jouer d’un instrument de musique.

Moralité : ne jamais badiner avec ces débiles mentaux, on ne sait jamais ce qu’ils vont en faire.

En attendant, je me retrouvais dans l’obligation de prouver à un collègue de travail que je connaissais bien le grec et savais aussi jouer de l’instrument que j’avais cité.

Le message est bien passé.

L’année suivante, je n’étais plus mythomane, mais toujours bien bretonne et apprenais avec effarement avoir été élevée à Brest dans une maison au sol en terre battue au milieu des cochons…

Par ailleurs, étant désormais bien entendu que j’avais reçu une excellente éducation ayant nécessairement coûté une fortune, mon père était devenu un « truand » bien connu du « milieu » brestois, car il était absolument certain qu’il n’avait pu que « piquer dans la caisse » pour pouvoir payer tous mes frais de scolarité, sachant que j’avais aussi fait des études d’ingénieur alors que je n’étais qu’une fille…

Josette Brenterch et ses complices de la LCR de Brest renchérissaient : il avait donné la même éducation à tous ses enfants, était effectivement propriétaire, c’était donc bien un « truand ».

Aussi, il fallait assassiner tous ses enfants ingénieurs si bien éduqués car bien mal acquis ne doit pas profiter…

Précisons qu’entre autres choses, le pervers et ses complices me demandaient depuis plusieurs années de leur faire don de tous les biens ou de l’immense fortune de mes parents, dont ils déduisaient l’existence selon eux absolument certaine au seul vu de mon CV d’ingénieur, de telles études, réputées très difficiles, étant censées coûter une fortune en cours particuliers ou en écoles privées.

En réalité, comme ils le savaient pourtant très bien en ce qui me concerne, nous n’avons toujours fréquenté que des établissements publics, et nos études, notre éducation, n’ont pas coûté grand-chose à nos parents qui par ailleurs sont assez connus à Brest et véritablement haïs par certains truands – de vrais de vrais, ceux-là – précisément en raison de leur intégrité sans faille.

Mais personne n’a jamais pu faire entendre raison au pervers en chef qui à cette époque se présentait partout comme étant celui qui savait qui j’étais à l’exclusion de toute autre personne, exactement comme l’ont fait par la suite la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest et plusieurs de ses complices, notamment le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi.

D’après lui, donc, j’étais faite pour la prostitution et rien d’autre, comme toutes ces autres Bretonnes jadis montées à Paris pour finalement s’y prostituer.

Je ne le savais pas moi-même, je ne le savais pas encore, mais lui le savait et allait me l’apprendre, il allait me « révéler » à moi-même – c’est exactement ce qu’il disait, il savait mieux que moi ce qui était « bon » pour moi.

Les Brestois, les Bretons, ne savent pas qui ils sont. Ils ne savent rien.

Ils ont toujours besoin que des Parisiens, des rustres venus d’ailleurs le leur apprennent, les instruisent.

Le pouvoir central y veille et leur fournit à cette époque deux solides Ruthénois ayant tous deux fait leurs classes à Toulouse.

L’un a pour ainsi dire été expulsé de la ville de Brest au printemps 2002 après quelques mésaventures discrètement judiciarisées… et l’autre a su par la suite gagner la confiance de l’actuel chef de l’Etat… pour combien de temps encore ?

A trop se moquer, on fâche parfois beaucoup.

 

http://www.leparisien.fr/politique/richard-ferrand-toujours-plus-pres-de-macron-07-12-2018-7963383.php

Richard Ferrand, toujours plus près de Macron

 

>Politique|Jannick Alimi| 07 décembre 2018, 20h12 | MAJ : 07 décembre 2018, 21h09 |21
Comment à Paris on se moque des Bretons et des autres dans AC ! Brest 7963383_3371816e-fa4f-11e8-a7d4-723acd032977-1_1000x625
Depuis le départ de Gérard Collomb de l’Intérieur, Richard Ferrand est devenu l’un des interlocuteurs privilégiés d’Emmanuel Macron. Certains lui prêtent même un avenir… à Matignon. LP/Arnaud Journois

 

Englué dans la crise des Gilets jaunes, le chef de l’Etat compte plus que jamais sur le président de l’Assemblée, marcheur des premiers jours.

 

Étonnant. C’est Richard Ferrand, le président de l’Assemblée nationale, qui a précisé ce vendredi de façon quasi officielle l’agenda présidentiel. Mieux ! Il délivre, comme l’aurait fait un porte-parole, le sens même de l’intervention d’Emmanuel Macron. « Après différents échanges et un tour d’horizon, le président, lucide sur le contexte et la situation, ne souhaite pas mettre d’huile sur le feu et par conséquent n’a pas l’intention de s’exprimer avant samedi (NDLR : jour de manifestation des Gilets jaunes) », déclarait à 5 heures du matin (!) à l’AFP, le député LREM du Finistère. « À l’inverse, en début de semaine prochaine, il sera amené à s’exprimer », a ajouté Ferrand.

« On peut s’interroger sur la légitimité d’une telle déclaration, souligne un élu macronien. En effet, que Ferrand, l’incarnation du pouvoir législatif, intervienne dans la sphère élyséenne, et donc du pouvoir exécutif, peut paraître pour le moins saugrenu. Mais quand on connaît la proximité du président de l’Assemblée avec le chef de l’État, il n’y a finalement rien de surprenant. »

On sait, en effet, que Richard Ferrand, premier des députés socialistes à rejoindre Emmanuel Macron dans sa « grande marche » vers l’Élysée, est resté fidèle parmi les — quelques — fidèles au président. Mais cette proximité s’est encore renforcée depuis quelques semaines. Depuis le départ de Gérard Collomb, l’autre « grognard de Macron », du ministère de l’Intérieur. Et surtout depuis la crise des Gilets jaunes, qui place l’Élysée au cœur d’un tsunami à l’issue totalement incertaine.

Visiteur du soir de l’Élysée

« Il fait partie de la poignée de personnes qui chuchotent encore à l’oreille du président, à qui il fait confiance », confie un proche de Macron. Visiteur du soir de l’Élysée, Ferrand écoute et conseille le chef de l’État que l’on dit de plus en plus isolé au Château.

« Ferrand est le seul dans la Macronie à avoir une véritable expérience politique ainsi qu’une connaissance fine des territoires, explique Roland Lescure, député LREM et président de la Commission des affaires économiques à l’Assemblée nationale. Seul Jacques Mézard, ex-sénateur et ancien ministre de la Cohésion territoriale, pouvait arguer de telles compétences, mais il n’est plus au gouvernement. Jacqueline Gourault, qui lui a succédé, a également cette perception intime du terrain mais elle est membre du MoDem et pas du parti du président », poursuit Lescure.

Contesté lorsqu’il était président du groupe LREM à l’Assemblée nationale, Richard Ferrand fait, en revanche, la quasi-unanimité au Perchoir. « La conférence des présidents qui se tient tous les mardis matin en présence de l’ensemble des représentants des groupes, se déroule désormais en bonne intelligence, confie un député de La France insoumise. Il n’y a plus de tensions et elle est efficace. »

Une réussite politique qui lui vaut, elle aussi, toute l’attention du président de la République. À l’aise à Paris, et en contact permanent avec ses terres bretonnes d’élection, Ferrand pourrait même, dit-on remplacer, Édouard Philippe à Matignon… Mais l’heure ne semble pas encore au remaniement et l’épée de Damoclès de l’affaire des Mutuelles de Bretagne pend toujours au-dessus de Ferrand.

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-pourquoi-autant-d-interpellations-a-paris-et-ses-alentours-des-samedi-matin_3090823.html#xtor=AL-67-[article]

« Gilets jaunes » : on vous explique pourquoi autant de personnes ont été interpellées à Paris et ses alentours

 

En début de soirée, 920 personnes avaient déjà été arrêtées, dont certaines avant même d’atteindre la capitale.

 

Des policiers appréhendent un manifestant en marge de la mobilisation des \"gilets jaunes\" à Paris, le 8 décembre 2018.

Des policiers appréhendent un manifestant en marge de la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris, le 8 décembre 2018. (CHRISTIAN HARTMANN / REUTERS)

 

Le chiffre grossit d’heure en heure. En début de soirée, 920 personnes ont déjà été interpellées en marge de « l’acte 4″ de la mobilisation des « gilets jaunes » à Paris, samedi 8 décembre. C’est deux fois plus que samedi dernier, avec 412 personnes arrêtées au total.

Cette journée s’annonçant particulièrement violente, la préfecture de police de Paris a mis en place une stratégie visant à filtrer les individus avant même qu’ils ne gagnent la capitale. Objectif : tenter d’éviter les débordements redoutés.

>> Suivez en direct « l’acte 4″ de la mobilisation des « gilets jaunes » samedi à Paris et dans les grandes villes 

« Certaines personnes étaient identifiées et signalées en raison de leurs appels à la violence sur les réseaux sociaux. Elles étaient donc frappées par un interdit préfectoral, prohibant leur accès aux zones de manifestation », explique une source policière à franceinfo. Une information confimée par Laurent Nunez, secrétaire d’Etat auprès du ministre de l’Intérieur, sur le plateau du 13 heures de France 2 samedi : « Les services de police judiciaire ont travaillé pour confondre les auteurs d’exaction et de menaces, interpellés tout au long de la semaine et au petit matin », a-t-il explique. Au total, « 29 meneurs, membres de l’ultradroite ou de l’ultragauche ou de la frange radicalisée des gilets jaunes » ont été interpellés, a-t-il précisé.

Des boules de pétanque et des couteaux

Des contrôles ont également été menés, toujours via un arrêté pris par la préfecture ou sur réquisition du procureur de la République, aux péages situés autour de Paris et dans les gares de la capitale, pour procéder à une fouille des sacs et des véhicules et saisir des armes ou des objets. « Plus de 5 000 personnes ont été contrôlées sur les axes et péages », indique la gendarmerie nationale sur Twitter.

Parmi les saisies effectuées dans des coffres de voiture, on trouve des couteaux, des marteaux, des boules de pétanque, une batte de base-ball ou encore du matériel de protection.

« On ne vient pas faire de la pétanque sur les Champs-Elysées », ironise Philippe Capon, secrétaire général du syndicat Unsa-Police, interrogé par franceinfo. Selon lui, « on est sur un système de quadrillage faisant appel à la mobilité, la réactivité et la possibilité d’intervention des forces de l’ordre », qui tranche avec le dispositif de samedi dernier, beaucoup « plus statique ».

 

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018.

Des objets saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)
Des masques à gaz saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018.

Des masques à gaz saisis par la préfecture de police de Paris, le 8 décembre 2018. (PREFECTURE DE POLICE DE PARIS)

 

« Les personnes interpellées avec ce matériel ne sont pas forcément placées en garde à vue. Il leur est confisqué », reprend une source policière interrogée par franceinfo. Sur les 737 personnes interpellées samedi après-midi, 551 ont été placées en garde à vue, a annoncé la préfecture.

Les forces de l’ordre pratiquent aussi la fouille systématique aux abords des lieux de manifestation, et des personnes sont interpellées « sur site », à Paris, parfois par des policiers en civil. L’un d’entre eux, joint par franceinfo, estime que « pour l’instant, la situation n’à rien à voir avec la semaine dernière. Les barrages filtrant en préambule de cette manifestation ont pour le moment porté leurs fruits. Beaucoup d’individus ont été interpellés avant même d’avoir pu rejoindre les différents cortèges ».

Il fallait interpeller le plus tôt possible pour éviter de laisser le temps aux casseurs de s’organiser et de se rassembler.Un policier en civil à Parisà franceinfo

Pour traiter les gardes à vue, de nombreux officiers de police judiciaire ont aussi été réquisitionnés. Au niveau national, 1 385 avaient déjà été interpellées sur l’ensemble de la France. Parmi elles, 974 ont été placées en garde à vue. Le ministre de l’Intérieur Christophe Castaner s’est félicité d’avoir mis « un coup d’arrêt à la violence » même si elle demeure « à un niveau inacceptable ».

Quatre articles à lire sur le mouvement
des « gilets jaunes »

 

• Que risquent les « gilets jaunes » qui appellent à la violence sur les réseaux sociaux ? >> à lire ici

• « Gilets jaunes » : comment l’arrivée d’un mystérieux « monsieur X » au sein du mouvement a tourné à la mauvaise blague >> à lire ici

• « Chaos total », « remplacement des peuples » : trois questions sur le pacte de Marrakech, qui affole certains « gilets jaunes » >> à lire ici

• POINT DE VUE. Les « gilets jaunes », énième symptôme de la crise de notre système politique >> à lire ici

 

https://www.francetvinfo.fr/economie/transports/gilets-jaunes/gilets-jaunes-pres-de-1-000-interpellations-et-plus-de-720-gardes-a-vue-en-france-samedi_3091113.html

« Gilets jaunes » : 1 385 interpellations et 974 gardes à vue en France samedi

 

Plusieurs rassemblements ont dégénéré à Paris, Toulouse ou encore Saint-Étienne lors de « l’acte 4″ de la mobilisation des « gilets jaunes » samedi.

 

Des voitures incendiées, boulevard de Courcelles, à Paris, en marge de la manifestation des \"gilets jaunes\", samedi 8 décembre.

Des voitures incendiées, boulevard de Courcelles, à Paris, en marge de la manifestation des « gilets jaunes », samedi 8 décembre. (SANDRINE ETOA-ANDEGUE / RADIO FRANCE)

 

1 385 personnes ont été interpellées en France samedi 8 décembre en marge des manifestations de « gilets jaunes », a appris franceinfo de source policière. 974 personnes ont été placées en garde à vue, a ajouté cette source. Depuis le début de l’après-midi, certaines manifestations dégénèrent dans plusieurs villes de France. Quelque 125 000 manifestants se sont mobilisés, dont 10 000 à Paris, selon le ministère de l’Intérieur.

>> Suivez en direct « l’acte IV » de la mobilisation des « gilets jaunes » samedi à Paris et dans les grandes villes 

À Paris, des voitures ont été brûlées, plusieurs vitrines brisées et des barricades dressées avenue de Friedland, boulevard de Courcelles ou encore Gare Saint-Lazare notamment. 920 personnes ont été interpellées dans la capitale ou en région parisienne.

Des affrontements avec les forces de l’ordre

En région Occitanie, à Toulouse notamment, la situation dégénère. En fin de journée de violents affrontements ont éclaté entre un millier de manifestants et les forces de l’ordre. Des barricades ont été érigées sur la chaussée avec du matériel de chantier et enflammées.

La situation est tout aussi tendue à Saint-Étienne où une voiture de police a été incendiée ou encore à Rennes où la brigade anti-criminalité, a chargé un groupe de manifestants « avec les visages masqués ».

Plusieurs affrontements étaient toujours en cours dans la soirée.

 

 

Emmanuel Macron, Jean-Luc Mélenchon, Tariq Ramadan et le maire de Brest : tous « fragilisés »…

Quel effet cela vous fait-il, MM. Richard Ferrand et autres qui vous êtes toujours tant moqués des plus démunis ?

Leur colère ne va pas s’éteindre comme par enchantement.

On veut la tête du Luraghi, non pas au bout d’une pique, mais dans le journal avec la liste de tous les crimes et délits pour lesquels il doit être poursuivi et condamné.

 

https://www.rtl.fr/actu/politique/gilets-jaunes-le-gouvernement-a-perdu-la-bataille-de-l-opinion-selon-duhamel-7795741882

« Gilets jaunes » : « Le gouvernement a perdu la bataille de l’opinion », selon Duhamel

 

ÉDITO – Le discours d’Emmanuel Macron censé calmer la colère des Français n’a pas eu l’effet escompté. L’impopularité du président entraîne avec lui tout le gouvernement.

 

Alain Duhamel
Alain Duhamel Journaliste RTL

 

publié le 28/11/2018 à 20:15

 

Les résultats du sondage OpinionWay pour RTL-LCI-Le Figaro sont sans appels : malgré le discours d’Emmanuel Macron mardi 27 novembre, les Français ne décolèrent pas. « Le mécontentement non seulement il ne recule pas, mais il se consolide. Même, il progresse. On voit très bien que les deux tiers des Français soutiennent le mouvement (des ‘gilets jaunes’ NDLR) », appuie Alain Duhamel.

« 75% considèrent que le Président ne les a pas compris. Ça fait beaucoup. Pour dire les choses, ça signifie que le gouvernement a perdu la bataille de l’opinion. Ça veut dire que non seulement le Président et le Premier ministre sont devenus impopulaires, mais que c’est dans son ensemble que le gouvernement est considéré comme impopulaire », s’inquiète-t-il.

« Le gouvernement pourrait dire : ‘Mais on n’a pas encore annoncé les mesures‘. Mais rien ne prouve qu’elles satisferaient », prévient l’éditorialiste de RTL.

 

La rédaction vous recommande

 

 

http://www.europe1.fr/politique/le-depart-dun-proche-de-melenchon-provoque-une-crise-a-lfi-3809984

Le départ d’un proche de Mélenchon provoque une crise à LFI

 

18h22, le 28 novembre 2018, modifié à 18h54, le 28 novembre 2018
Le départ d'un proche de Mélenchon provoque une crise à LFI
Ras-le-bol des médias qui nous grillent la moitié de notre temps de parole à nous faire commenter les déclarations personnelles de tel ou tel des 500.000 insoumis », s’est borné à commenter Jean-Luc Mélenchon.@ AFP

 

Des dissensions s’accumulaient en interne depuis six mois, mais le départ de Djordje Kuzmanovic, un proche de Jean-Luc Mélenchon, fait éclater les tensions au sein de LFI.

 

Le départ d’un proche de Jean-Luc Mélenchon, Djordje Kuzmanovic, assorti d’un grand déballage sur le « manque profond de démocratie » dans une France insoumise « aux mains d’un petit groupe de nouveaux apparatchiks », fait éclater au grand jour les tensions qui agitent le mouvement.

Une seconde crise violente. Les dissensions s’accumulaient en interne depuis six mois, et une première vague de départs avait eu lieu à l’été. Mais une seconde crise, plus violente, a éclaté mercredi avec la tribune abrasive dans Marianne par laquelle Djordje Kuzmanovic, qui a co-rédigé le programme de LFI en matière internationale, annonce et justifie pourquoi il quitte le camp mélenchoniste.

« Ras-le-bol des médias ».  »Ras-le-bol des médias qui nous grillent la moitié de notre temps de parole à nous faire commenter les déclarations personnelles de tel ou tel des 500.000 insoumis », s’est borné à commenter Jean-Luc Mélenchon sur Twitter. Djordje Kuzmanovic connaît pourtant Jean-Luc Mélenchon depuis 2005. Il est le tenant d’une ligne associant « souverainisme », défens »e stricte de la laïcité et héritage social de Jean Jaurès. Sa volonté d’ »assécher les flux migratoires » avait provoqué la controverse à gauche en septembre. La goutte d’eau, pour lui, a été son éviction signifiée en début de semaine de la liste LFI pour les élections européennes de mai, a-t-il expliqué.

Un « manque profond de démocratie ». Plusieurs avant lui, tels l’économiste Liêm Hoang-Ngoc et le Collectif des insoumis démocrates (CID), avaient pointé la mainmise d’un cercle autour de Jean-Luc Mélenchon. Mais c’est en réalité « la vaste majorité des militants et des responsables régionaux », selon Djordje Kuzmanovic, qui regrette le « manque profond de démocratie » au sein de LFI.  »La forme horizontale et gazeuse du mouvement, censée reposer sur les initiatives du terrain, recouvre, comme souvent, l’extrême concentration du pouvoir aux mains d’un petit groupe de nouveaux apparatchiks », écrit Djordje Kuzmanovic.

« La critique interne (…) est vécue comme une attaque ». La critique interne, même bienveillante, est vécue comme une attaque, le pas de côté comme une trahison », a raconté dimanche sur Facebook Corinne Morel Darleux, conseillère régionale d’Auvergne Rhône-Alpes, en actant son départ de la direction du Parti de gauche, composante fondatrice de LFI. Elle dénonçait, elle, « les signifiants vides du populisme », montrant que la critique sur l’organisation provient de diverses tendances idéologiques. LFI justifie sur son site: « Le comité électoral a décidé de retirer Djordje Kuzmanovic de la liste, après qu’il a publiquement réitéré des propos considérant comme secondaires les luttes féministes et LGBT », et après « des remarques sexistes ».

« C’est la question de la mort de LFI qui est en question ». Alors que LFI vient d’être sèchement battue, dimanche dans une partielle de l’Essonne, et que la cote de popularité de Jean-Luc Mélenchon s’est affaissée dans divers sondages, un cadre du mouvement confie le climat délétère qui règne en son sein : « Il y a quelque chose dans l’air, entre les affaires, le pilotage sectaire et l’effondrement personnel de Mélenchon suite aux perquisitions. C’est la question de la mort de LFI qui est en question ».

 

 

https://www.liberation.fr/france/2018/11/28/affaire-ramadan-en-suisse-et-au-qatar-de-gros-revers-pour-le-theologien_1694801

Affaire Ramadan : en Suisse et au Qatar, de gros revers pour le théologien

 

Par Bernadette Sauvaget — 28 novembre 2018 à 20:06

 

Au Bourget, le 7 avril 2012, à une rencontre de l’UOIF. Le prédicateur musulman est mis en examen pour «viols». Photo Julien Mignot

A Genève, un rapport officiel confirme sa conduite inappropriée avec d’anciennes élèves tandis qu’à Doha, un ancien proche demande aux musulmans de ne plus le soutenir à cause de sa double vie avérée.

 

  • Affaire Ramadan : en Suisse et au Qatar, de gros revers pour le théologien

Sorti de détention provisoire il y a deux semaines, le théologien Tariq Ramadan, mis en examen pour trois viols en France et en Suisse, n’en a pas fini avec les soucis. A Genève, un rapport officiel remis aux autorités politiques du canton le 31 octobre, et qui devrait être prochainement rendu public, confirme les conduites inappropriées de Ramadan à l’égard d’élèves dans les années 80 et 90, révélées en novembre 2017 par le quotidien la Tribune de Genève.

A lire aussiTariq Ramadan remis en liberté, et après ?

«Tariq Ramadan a eu des attouchements, des propositions à connotation sexuelle avec au moins trois de ses élèves mineures dans les années 1986, 87, 89», lit-on dans ce rapport que Libération a pu consulter. Professeur très charismatique de français de 1984 à 2004 dans divers établissements scolaires de Genève, il avait l’habitude d’inviter au restaurant des élèves qu’il raccompagnait en voiture. Lors de leur audition en septembre par les auteurs du rapport, cinq d’entre elles ont rapporté des faits similaires.

Polémique

Après avoir dîné avec lui au restaurant, l’une d’elles raconte «qu’il s’était arrêté sur un parking isolé, l’avait embrassé et avait eu des attouchements sexuels à son égard». Selon le rapport, Ramadan aurait aussi entretenu une liaison avec une ancienne élève, âgée de 18 ans. Son petit ami a prévenu la responsable de l’établissement scolaire où il exerçait sans qu’il y ait de suites. En revanche, selon le rapport, le petit ami aurait été menacé de représailles par le théologien.

La révélation par la Tribune de Genève du comportement de Tariq Ramadan à l’égard de certaines de ses élèves a provoqué une polémique politique à Genève. Au printemps 2018, le Grand Conseil (le Parlement cantonal) a ainsi demandé un rapport sur les abus sexuels dans les établissements scolaires.

«Tromperie»

Mais pour Tariq Ramadan, les ennuis ne se limitent pas à la Suisse. Un autre coup est venu du Qatar, le principal bailleur de fonds du théologien qui finance sa chaire à l’université d’Oxford et qui lui verse aussi de très généreux émoluments pour diriger le CILE, centre de recherches sur l’éthique islamique rattaché à l’université de Doha. Mohamed el-Moctar el-Shinqiti, analyste politique et intervenant très écouté sur la chaîne Al Jazeera, a publié mercredi sur son blog un texte appelant les musulmans à ne plus soutenir Tariq Ramadan, «accro au sexe avec un mépris des personnes abusées et usant de tromperie envers les musulmans».

Réputé proche des autorités politiques du Qatar, El-Shinqiti avait pris, à l’automne 2017, la défense de Ramadan lorsque les premières plaintes pour viol avaient été déposées en France. Sans trancher dans le volet judiciaire, il condamne maintenant fermement le mode de vie du théologien, qualifié de «construction illusoire». Il «menait une vie parallèle éloignée de la morale islamique et de ses valeurs.» Ce n’était pas, ajoute El-Shingiti, «une tentation» ou une «faiblesse» mais un «choix conscient».

«Résilience»

Depuis le déclenchement de l’affaire Ramadan, c’est la première condamnation publique émanant de milieux musulmans au sujet de la double vie du théologien. Cependant, les révélations sur ses conquêtes et ses pratiques sexuelles violentes l’ont déjà privé, au fil des mois, de ses principaux soutiens.

Le texte d’El-Shinqiti a provoqué, selon un de ses proches, «un tremblement de terre à Doha» où le prédicateur dispose encore de soutiens. Sa version française commence à circuler dans les milieux musulmans francophones. La stratégie de reconquête lancée par Tariq Ramadan qui affirmait, dès la semaine dernière, avoir été détenu en France pour des «raisons politiques» risque fort d’être contrariée. Usant d’une tonalité très spirituelle, il a publié mardi soir, sur Twitter, un texte où il reconnaît «ses erreurs» et «ses fautes», ajoutant que Dieu lui «a offert la purification et la résilience, intérieurement et intimement.» A la manière de prédicateurs évangéliques faisant repentance après des scandales sexuels, il affirme être sorti «grandi» de l’épreuve et demande, très à demi-mot, pardon à ses anciens soutiens. Pour nombre d’entre eux, cela ne sera pas suffisant pour effacer l’ardoise.

Bernadette Sauvaget

 

https://actu.fr/bretagne/brest_29019/finistere-maire-brest-francois-cuillandre-se-sent-trahi_19776975.html

Finistère. Le maire de Brest, François Cuillandre, se sent trahi

 

François Cuillandre, maire de Brest et président de Brest métropole, s’est expliqué sur l’affaire des indemnités des élus de la majorité qui a contraint deux hommes à démissionner.

 

Publié le 27 Nov 18 à 21:04

 

Le maire de Brest et président de Brest métropole, François Cuillandre, s'est expliqué au sujet de la démission forcée de deux hommes forts de sa majorité, devant la presse lundi 26 novembre 2018
Le maire de Brest et président de Brest métropole, François Cuillandre, s’est expliqué au sujet de la démission forcée de deux hommes forts de sa majorité, devant la presse lundi 26 novembre 2018 (© Côté Brest). 

 

Si je me sens trahi par Alain Masson ? Oui !

La réponse de François Cuillandre est sans équivoque. Lundi 26 novembre 2018, dans une salle de réunion du quatrième étage de l’hôtel de ville, le maire de Brest et président de la métropole, avait convié les media pour s’expliquer sur la démission (contrainte) de deux de ses adjoints à la Ville, et par ailleurs vice-présidents métropolitains, la semaine dernière.

«Ce n’est pas acceptable»

Alain Masson, premier vice-président de Brest métropole et deuxième adjoint au maire, avait avoué, dans une enquête visant les indemnités des élus socialistes, percevoir 4400 euros mensuels net, qu’il ne reversait pas au pot commun géré par l’association Vivre à Brest, dont il recevait, pourtant, un chèque de 3470 euros, soit une indemnité supplémentaire, non déclarée.

LIRE AUSSI – Finistère. Alain Masson démissionne du conseil municipal de Brest

«Cette indemnité supplémentaire est illégale, et cela n’est pas acceptable, a poursuivi le maire de Brest. Je suis stupéfait et je comprends l’émoi que chacun ressent.»

François Cuillandre l’a affirmé sans détour :

On me dit : « Mais vous étiez au courant ! » Vous vous doutez bien que si j’avais su, je n’aurais pas été assez naïf pour être aux côtés d’Alain Masson pour répondre, il y a huit mois, à l’accusation de détournements de fonds publics qui mettait en cause la collectivité. L’enquête est en cours et la presse de ces derniers jours a confirmé qu’il n’y a pas d’infraction pénale sur ce point.

Un système mutualiste

Il certifie avoir appris, par la presse, mercredi 21 novembre, qu’Alain Masson s’octroyait ladite indemnité supplémentaire. «J’étais au congrès des maires, à Paris. Je l’ai appelé et lui ai demandé de démissionner. Ce qu’il a fait. Depuis, je ne l’ai pas revu.»

Le maire de Brest et président de Brest métropole a précisé que, pour sa part, il percevait son indemnité de premier magistrat de  la Ville directement, depuis son élection en 2001, sans lien avec l’association Vivre à Brest présidée par Alain Masson et dont le trésorier était Jean-Luc Polard.

Et est revenu sur le système de versement des indemnités des élus socialistes à l’association. «Système qui n’a plus cours depuis janvier dernier. Un système mutualiste (et j’insiste sur ce terme qui, pour moi, est fort) qui existait depuis longtemps à Brest et ailleurs. Il permettait une redistribution des indemnités à des conseillers municipaux pour compenser leur perte de rémunération due à leur investissement dans la vie publique.»

«Ce sont les élus socialistes qui ont été lésés»

François Cuillandre l’a martelé : «Les délibérations concernant la fixation des indemnités sont conformes aux lois et règlements. Elles ont été soumises au contrôle de légalité. La Chambre régionale des comptes, qui nous contrôle depuis quelques mois, a reconnu que nous n’avons pas été au maximum de l’enveloppe globale, compte tenu de certaines majorations possibles.
Les indemnités versées ont été soumises aux cotisations sociales et à l’impôt sur le revenu pour la quasi-totalité des élus qui étaient au prélèvement à la source spécifique élus.
Depuis près de 40 ans, aucun trésorier municipal (agent du ministère des Finances) chargé du paiement et responsable de celui-ci, n’a fait d’observations.»

Et il va plus loin. «Cette affaire, ce n’est pas l’affaire du parti socialiste mais l’affaire Masson. Ce sont les élus socialistes qui ont été lésés ! Nos deux collectivités n’ont pas été financièrement pénalisées, les sommes dont on parle correspondant aux indemnités versées aux élues. Les contribuables brestois non plus, et j’insiste sur ce point : aucun euro n’a été détourné au détriment des Brestoises et des Brestois. Les impôts et cotisations sociales ont été payés par les élus destinataires des cotisations.»

Manque de vigilance

Le maire de Brest et président de Brest métropole a également évoqué Jean-Luc Polard. «Pour moi, sa position était différente. Il a certainement manqué de vigilance, d’attention dans ses responsabilités. Sa démission était, dès lors, inévitable. Dans un communiqué (lire, ci-dessous, Jean-Luc Polard démissionne à son tour, NDLR), il a d’ailleurs déclaré qu’il percevait bien moins que le montant des indemnités prévues par la loi.»

LIRE AUSSI – Finistère. Jean-Luc Polard démissionne à son tour du conseil municipal de Brest

«La majorité reste unie»

François Cuillandre se dit habité par «un sentiment d’amertume. Tout ceci m’attriste profondément. Oui, une telle affaire nous fragilise, bien entendu. Si je disais le contraire, ce serait mentir effrontément.»

Rentré précipitamment du congrès des maires, il a réuni les élus de la majorité à plusieurs reprises.

Malgré la tempête, l’unité n’est pas remise en cause. Les élus sont tous au travail, même si le contexte est un peu plus compliqué.

Remise à plat des délégations

La suite ? «Concernant le conseil municipal, les deux suivants de la liste majoritaire pourraient être appelés à siéger (Marie-Josée Yao et Fragan Lemeni, NDLR). Les deux élus qui ont démissionné vont être remplacés par Hosny Trabelsi et Yann Guével au conseil de métropole. Un conseil municipal extraordinaire sera convoqué dans les délais les plus brefs et, tant à la Ville qu’à la Métropole, j’engagerai une mise à plat de l’ensemble des délégations. J’ai profité de dimanche dernier pour avancer sur tout cela.»

François Cuillandre n’en dira pas plus. «Hormis le fait que Bernadette Abiven occupera les fonctions de première vice-présidente de Brest métropole et que le poste de premier adjoint à la Ville sera occupé par quelqu’un d’autre. Et qu’à la demande de certains élus, nous engagerons une réflexion sur la manière d’assurer plus de transparence.»

Côté Brest

 

Attaqué par ses amis, Mélenchon prend la tangente Roma

Retour sur le cas Mélenchon.

Dans une vidéo par lui mise en ligne peu après les perquisitions, on l’a vu, fort pessimiste, dire qu’il allait perdre. Etant donnés le déploiement policier et tout le reste, n’est-ce pas, il ne pouvait pas en être autrement…

Je rappelle ici qu’en ce qui me concerne, si j’ai bien été condamnée une fois – pas plus d’une fois contrairement à ce que prétend l’avocat de Pascal Edouard Cyprien Luraghi – j’ai quand même pu obtenir l’annulation de ce jugement en appel et n’ai ensuite plus été condamnée, même en me défendant seule contre un avocat qui se présente comme spécialisé – et dont les « dernières actualités » publiques s’arrêtent actuellement au 12 avril 2018…

Or, je suis réellement bien seule. Je suis très isolée en conséquence des campagnes de calomnies publiques dont je suis victime depuis les années 2008-2010 de la part de ces mêmes personnes qui, violant de plus continuellement l’intimité de ma vie privée, me harcelant et m’ayant maintes fois menacée de mort, s’amusent encore à multiplier à mon encontre les dénonciations calomnieuses et tentatives d’escroqueries au jugement. Et mes moyens financiers ne sont pas les leurs – très nombreux, ayant l’appui de partis politiques et d’organisations criminelles de grande envergure, ils sont fort riches et s’activent aussi pour m’empêcher de travailler comme de bénéficier de toute indemnité.

Je suis donc particulièrement seule et démunie.

Ce n’est pas le cas de Jean-Luc Mélenchon qui quoiqu’en difficulté reste à la tête d’une vraie machine de guerre politico-médiatique disposant encore de toute une armada d’avocats.

Mais une chose est bien certaine : de mon côté, j’ai bien été poursuivie et condamnée – uniquement par les magistrats ultra CORROMPUS du Tribunal de Grande Instance de Brest, dont le jugement illégal du 11 juin 2013 a été annulé en appel à Rennes le 2 décembre 2015 et n’a jamais été confirmé à Paris quant au fond par la procédure abusive de Pascal Edouard Cyprien Luraghi, ni en première instance ni en appel – sur la base de seules dénonciations calomnieuses d’individus m’accusant mensongèrement de faits délictueux qu’en réalité je n’ai jamais commis, car ce sont eux qui multiplient les infractions pénales à mon encontre, pas l’inverse, et qu’ils ont pu trouver à plusieurs reprises des avocats sans aucun scrupule qui acceptent de les défendre en attaquant leurs victimes comme je l’ai été au vu et au su de tous à leur propre initiative, puisqu’ils n’ont cessé de publier à ce sujet, d’abord sur leurs différents blogs et sites de « combat », ensuite, également, dans les quelques médias qui se retrouvent fièrement listés sur son blog principal par Pascal Edouard Cyprien Luraghi dans l’unique article public qu’il consacre encore à ses harcèlements judiciaires à mon encontre.

Jean-Luc Mélenchon doit bien savoir qu’en ce qui le concerne, les faits dont il est soupçonné étant ce qu’ils sont, quoique très entouré et puissamment soutenu par tous ses fans, il a peu de chances d’obtenir les mêmes résultats que moi au final, du moins sur le plan judiciaire, pour ce que le public en connaît.

Ceci étant, le défaitisme qu’il exprimait au lendemain des perquisitions est exactement le même que celui dont fut également atteint Joël Roma à l’automne 2005 lorsqu’il décida d’abandonner la bataille judiciaire alors envisagée contre ses anciens camarades de la LCR à propos de l’association AC ! Brest dont, toujours le seul président légitime, il venait d’être de fait dépossédé – et tout son Conseil d’Administration avec lui – par une équipe d’usurpateurs illégalement mise en place par la criminelle Josette Brenterch.

Il était donc en droit. Nous étions tous en droit. Mais un dossier de déclaration de changement de situation déposé à la Sous-Préfecture de Brest venait de se perdre après lui avoir été retourné par courrier afin qu’il puisse le compléter d’une pièce manquante. Nous n’avons jamais su laquelle, ce courrier contenant tout notre dossier n’étant jamais parvenu à son destinataire. Joël Roma avait alors compris que cette perte malencontreuse qui arrangeait bien les affaires de Josette Brenterch et de son équipe d’usurpateurs ne pouvait être le fruit du hasard et résultait probablement d’une interception de courrier illégale par ses anciens camarades de la LCR.

Ayant fait partie des leurs durant plusieurs années (de 1999 à 2005), il connaissait bien toutes leurs méthodes et disait avoir dès lors compris que nous avions contre nous beaucoup de monde, notamment tous les syndicats, soit un ensemble de « forces » contre lesquelles il refusait de se battre, s’estimant d’avance perdant à tous les coups, quoique dans ses droits.

Etant le président de l’association, il était en effet, à ce titre, le seul à pouvoir prendre une décision quant aux suites à donner au putsch dont nous avions tous été victimes.

Ce fut donc dès cet instant l’abandon de tous les recours envisagés collectivement pour AC ! Brest au bénéfice de la réponse « politique » personnelle de son président, une réponse à ses anciens camarades de « lutte » qu’il entendait privilégier afin de se défendre personnellement contre toutes leurs accusations mensongères, mais qui n’a jamais produit l’effet escompté, à savoir sa réhabilitation personnelle, sa réintégration parmi eux.

Par la suite, il me fera de nouvelles révélations sur toutes les méthodes illégales de ses anciens amis, notamment celles dont j’étais personnellement déjà victime lors de mon arrivée dans l’association AC ! Brest en début d’année 2004, et dont il avait dès lors été amplement informé par les cadres de son parti lors de réunions internes spécialement y consacrées et qu’ils avaient organisées à l’attention de tous les militants de la LCR qui allaient être amenés à me rencontrer dans cette association et ses abords.

La LCR (aujourd’hui NPA) est une organisation criminelle dont il avait fait partie en toute connaissance de cause durant plusieurs années. En 2006 et 2007, il adhérait toujours à toutes ses positions, ses objectifs et ses moyens, regrettant seulement de ne plus y être considéré comme auparavant. Il n’était donc pas prêt à dénoncer quoi que ce soit, et à ma connaissance, il ne l’a jamais fait, ne se plaignant toujours que des maltraitances dont il était ou s’estimait personnellement victime.

Outre qu’il trouvait toujours parfaitement normal et pleinement justifié d’assassiner des ingénieurs, notamment mes proches et moi-même, il était de toute façon tout aussi conscient d’être lui-même passible de poursuites pour complicité de ces crimes et avait adopté à cet égard la même défense que ses anciens amis de la LCR, laquelle consiste toujours, comme chacun le sait, à multiplier toutes les attaques contre les victimes « récalcitrantes », c’est-à-dire celles chez qui il reste encore un souffle de vie.

Dans ce cadre-là, il était donc et a toujours été hors la loi, tout comme ses anciens camarades de « lutte » de la LCR, ce qui lui interdisait de facto tout recours à la « justice bourgeoise » pour régler ses comptes avec eux.

Aussi, lorsqu’à compter de juin 2010 il s’est trouvé brutalement exposé dans les écrits publics du cybercriminel et mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi me concernant, avec à nouveau tout un tas d’affabulations calomnieuses en provenance de la criminelle Josette Brenterch, laquelle ne lui a jamais pardonné d’avoir toujours refusé de lui obéir lorsqu’en 2004 et 2005 elle en exigeait mon exclusion de l’association AC ! Brest – mais alors seul militant de la LCR parmi les membres actifs de ladite association, il ne pouvait pas s’y comporter comme simple courroie de transmission des ordres déraisonnables de sa chef dans ce parti, à savoir la susdénommée Josette Brenterch – sa réaction de défense contre la publication quasi quotidienne de nouvelles accusations mensongères et affabulations délirantes de cette folle fut derechef exclusivement « politique ».

Après avoir été exclu de la LCR, il avait un temps milité au Parti des Travailleurs ayant fusionné en 2008 dans le Parti Ouvrier Indépendant.

Cette fois, il a choisi d’intégrer les rangs d’un autre parti détesté par ses anciens amis de la LCR et lui aussi beaucoup plus important que le leur, mais encore plus que le précédent, c’est-à-dire qu’il a rejoint le Front National dont il est vite devenu localement l’un des meilleurs éléments…

Or, que fait Jean-Luc Mélenchon ?

Après avoir pesté contre le « système » pour la forme bien plus que par conviction, il élargit lui aussi sa base dans cette même direction…

 

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2018/11/07/a-pau-melenchon-veut-montrer-qu-il-elargit-sa-base,2460693.php

A Pau, Mélenchon veut montrer qu’il élargit sa base

 

A Pau, Mélenchon veut montrer qu'il élargit sa base

Jean-Luc Mélenchon sera au parc des expos de Pau ce jeudi soir.

© Archives Nicolas Sabathier
Par Recueilli par Pierre-Olivier Julien, publié le 7 novembre 2018 à 21h03, modifié le8 novembre 2018.

 

Le leader de la France Insoumise Jean-Luc Mélenchon tient un meeting à Pau ce jeudi soir. Pour la République des Pyrénées, il évoque les élections européennes, la défense européenne, mais parle aussi municipales, et à nouveau perquisitions…

 

Dans le cadre de la campagne pour les élections européennes, Jean-Luc Mélenchon, leader de La France insoumise, tient un meeting ouvert à tous ce jeudi à 19h30 au parc des expos de Pau (hall Aragon). L’occasion pour le député des Bouches-du-Rhône, déjà venu en Béarn en 2012 (pour la présidentielle) et 2013 (pour soutenir Olivier Dartigolles aux municipales), de délivrer son message pour une autre Europe, mais aussi pour tacler la politique d’Emmanuel Macron…

 

http://www.lefigaro.fr/politique/le-scan/citations/2018/10/25/25002-20181025ARTFIG00081-budget-melenchon-prend-parti-pour-l-italie-de-salvini-le-ps-s-indigne.php

Budget : Mélenchon «prend parti» pour l’Italie de Salvini, le PS s’indigne

 

 

LE SCAN POLITIQUE/VIDÉOS – La Commission européenne a retoqué le budget italien proposé par le gouvernement populiste au pouvoir à Rome. «Les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire», a déclaré Jean-Luc Mélenchon.

Jean-Luc Mélenchon s’invite dans le bras de fer qui voit s’opposer le gouvernement italien et la Commission européenne. Interrogé mercredi à Strasbourg, le leader de La France insoumise a déclaré qu’il fallait «évidemment prendre parti pour le gouvernement italien», dont le projet de budget 2019 est retoqué par Bruxelles. Bien que le budget italien prévoit un déficit de 2.4%, (sous la barre des 3% exigé par les traités européens), il est jugé trop important au regard du poids de la dette italienne (131% du PIB en 2017).

«Dans cette affaire, les Français ont intérêt à défendre ceux qui défendent la souveraineté populaire. L’identité national française est une identité républicaine qui se confond avec l’idée de souveraineté populaire. C’est la raison pour laquelle il faut évidemment prendre parti pour le gouvernement italien contre la Commission européenne», a lâché Jean-Luc Mélenchon. Toute en précisant: «Même si on désapprouve le gouvernement italien, ce qui est notre cas, tout en désapprouvant la Commission européenne».

«Evidemment nos adversaires ouvrent un front dans le pire angle qui soit pour nous, parce qu’en allant affronter le gouvernement de Monsieur Salvini, d’une certaine manière il lui donne un label de respect de la souveraineté populaire qu’on aurait préféré qu’il n’ait pas», a expliqué le parlementaire Français.

 

La Commission européenne rejette le budget de l’Italie pour 2019
Le projet de budget italien pour 2019 a été refusé par la Commission européenne. C’est une première en Europe. L’institution a demandé au gouvernement de présenter un nouveau document dans les trois prochaines semaines.
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La Commission européenne rejette le budget de l?Italie pour 2019 – Regarder sur Figaro Live

A ses côtés, se tenait l’eurodéputé Emmanuel Maurel (ex-PS), qui vient de le rallier pour les élections européennes à venir: «Pour la première fois, la Commission s’affronte au budget voté par le Parlement d’un Etat alors même qu’il est dans les clous des traités budgétaires (…) Dès lors qu’il ne s’agit pas du respect des traités mais d’un profil budgétaire, on voit bien que c’est une dépossession de la souveraineté des peuples, quoiqu’on pense des choix qu’ils ont fait».

Olivier Faure dénonce «une rupture»

Des prises de position qui irritent les socialistes. «C’est la première fois que je vois la gauche de la gauche venir en soutien d’un budget qui est porté par l’extrême droite, c’est quand même une rupture», a réagi Olivier Faure, interrogé jeudi sur France inter. Toutefois, le député de Seine-et-Marne a refusé de dire qui de la Commission européenne ou du gouvernement italien avait raison: «Si vous dites à l’Italie de se plier, vous faites le jeu de Salvini», a-t-il jugé. Ajoutant: «Pourquoi voulez-vous me faire trancher? Vous me demandez d’être soit Salvini, soit d’être pour une règle impérative. Il ne faut pas rentrer dans ce schéma là».

Jean-Christophe Cambadélis, l’ancien premier secrétaire du PS interrogé mercredi sur LCI a vertement critiqué Jean-Luc Mélenchon: «Si ça continue comme ça, où sont les désaccords avec Marine Le Pen? On ne peut pas laisser passer ça (…) C’est la première fois qu’une organisation politique se réclamant peu ou prou de la gauche soutient un gouvernement d’extrême droite. Là franchement je ne sais pas où on va». «La dimension républicaine rappelée par Mélenchon devrait le conduire à (dire) que ce n’est pas la même chose. On peut combattre la position de Bruxelles sans adouber la position du gouvernement italien. C’est un tournant majeur», a martelé l’ancien député de Paris.

» VOIR AUSSI – Soutien de Mélenchon au gouvernement italien face à la Commission européenne: Faure parle de «rupture»

 

Soutien de Mélenchon aux Italiens face à la Commission européenne : Faure parle de « rupture »
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Le Scan Politique
 Journaliste – Sa biographie

 

Sophia Chikirou et sa société Mediascop au coeur de toutes les agitations médiatiques des Insoumis

Comptes de campagne extraordinaires et conflits de la web TV « Le Média » : les mêmes facturations astronomiques pour des prestations souvent bénévoles de « petites mains », ceux qui au final paient ou devraient payer les factures étant tantôt l’Etat, tantôt un public de gogos aux revenus très modestes.

Où va l’argent ? A quoi sert-il ? Financement du terrorisme ?

En attendant qu’il soit répondu à ces questions, on peut déjà traiter Mélenchon d’escroc, comme il a déjà dit qu’on allait le faire…

A ce stade, point n’est besoin d’attendre les condamnations…

Les « petites mains » de la « déconnologie » se sont-elles gênées pour me calomnier publiquement ?

Non, pas une seule fois en dix ans…

 

https://www.francetvinfo.fr/politique/la-france-insoumise/enquete-franceinfo-comptes-de-campagne-sophia-chikirou-la-chere-communicante-de-jean-luc-melenchon_2992687.html

ENQUÊTE FRANCEINFO. Comptes de campagne : Sophia Chikirou, la chère communicante de Jean-Luc Mélenchon

 

Prestataire incontournable de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon, Mediascop est au centre de l’enquête préliminaire qui vise l’entourage du candidat. La société de Sophia Chikirou aurait facturé certains services à des prix très élevés.

 

Sophia Chikirou, ci-contre le 25 Janvier 2017, lors d\'un point presse portant sur l\'un des \"meeting holographique\" de Jean-Luc Mélenchon.

Sophia Chikirou, ci-contre le 25 Janvier 2017, lors d’un point presse portant sur l’un des « meeting holographique » de Jean-Luc Mélenchon. (VINCENT ISORE / MAXPPP)

La justice soupçonne l’existence de surfacturations lors de la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon. La Cellule investigation de Franceinfo révèle vendredi 19 octobre que la société de la communicante Sophia Chikirou aurait facturé très cher certaines prestations. Ses factures, qui ont été remboursées par l’État, intéressent les enquêteurs. Nous avons examiné les factures qu’elle a émises, rencontré certains de ses anciens employés et tenté de retracer l’ensemble de ses activités.

Mediascop au cœur de la campagne Mélenchon

Stratégie de communication, gestion des réseaux sociaux, réalisation de vidéos, objets promotionnels… Mediascop était incontournable lors de la campagne de la France insoumise. L’agence de communication a facturé pour près de 1,2 million d’euros de prestations, soit 11% du budget total de la campagne. Situation inhabituelle, Mediascop employait une dizaine des membres du staff du candidat. Chez tous les autres candidats à la présidentielle ces fonctions étaient directement rattachées à l’association de financement de campagne qui payait leurs salaires. Jean-Luc Mélenchon a fait le choix de confier une bonne partie de son équipe à la société de Sophia Chikirou.

Les factures en question

Mediascop a envoyé deux factures à l’association de campagne de Jean-Luc Mélenchon. L’une et l’autre commencent par lister les missions remplies par Sophia Chikirou au titre de la direction de la communication. En tout, la présidente de Mediascop facture son travail 80 000 euros hors taxes pour huit mois de campagne, soit en moyenne 10 000 euros mensuels. Mais plus bas, sont facturées d’autres prestations, toujours réalisées par Sophia Chikirou. Mediascop fait payer par exemple 6 000 euros pour la « rédaction des scenarii » des clips de campagne diffusés sur France Télévisions. Or, ils ont été rédigés par Sophia Chikirou, comme elle l’a expliqué à la commission des comptes de campagne.

On trouve également la main de la présidente de Mediascop sur les sept épisodes de l’émission « Esprit de campagne » diffusées sur le web. Les lignes « programmation et élaboration du conducteur » (de 1 200 à 4 800 euros par émission) et « préparation des intervenants » (3 600 euros en tout) correspondent à des tâches remplies par Sophia Chikirou. Ce que nous confirment trois acteurs de la campagne et un intervenant sur l’une de ses émissions. Mediascop fait également payer en supplément le travail de sa présidente sur les meetings. Dans cette vidéo, elle explique que les prestations « production » et « préparation de l’animation » sont bien effectuées par elle-même.

À l’écouter, les prestations qui apparaissent sous les mentions « production » et « préparation de l’animation » sur la facture seraient effectuées par elle-même ce jour-là, ce que deux anciens membres de l’équipe de campagne nous ont confirmé par ailleurs. Ce jour-là, ses interventions auraient donc été facturées 3 900 euros.

Extrait d’une facture de Mediascop.

Extrait d’une facture de Mediascop. (RADIO FRANCE)

 

En additionnant tous les meetings, toutes les émissions et productions sur lesquels elle serait intervenue, Sophia Chikirou aurait valorisé son travail à près de 120 000 euros sur les factures de Mediascop, soit 15 000 euros mensuels en moyenne pour huit mois de campagne.

Des missions découpées en tranches sur les factures

Un autre point qui pose question est la façon dont ont été facturées certains aspects de la campagne. C’est le cas du « community management », en clair, la gestion de la campagne du candidat sur les réseaux sociaux. D’après l’organigramme de campagne que nous nous sommes procuré, ces fonctions étaient assurées par trois personnes dont deux étaient payées par Mediascop. Pour les quatre derniers mois de la campagne, le travail des « community managers » est découpé en une dizaine de tâches différentes. Il est ainsi facturé 58 800 euros. Mediascop ne semble pas avoir choisi la solution la plus économique pour le candidat qui aurait consisté à facturer au forfait jours la mise à disposition des deux salariés.

Extrait d’une facture de Mediascop.

Extrait d’une facture de Mediascop. (RADIO FRANCE)

 

Les vidéos réalisées par Mediascop pendant la campagne sont également facturées à l’unité. Il y en a pour plus de 100 000 euros au total. Là aussi, Mediascop semble faire un choix coûteux pour l’association de campagne, alors que d’après plusieurs témoins, ces clips étaient essentiellement réalisés par trois employés de Mediascop.

250 euros pour mettre en ligne un discours

Cette facturation « à la tâche » peut donner lieu à des tarifs qui paraissent difficilement compréhensibles. Il en va ainsi d’une rubrique appelée « extraction audio et publication sur le compte Soundcloud de JLM ». Derrière cette terminologie technique se cache une opération simple : elle consiste à extraire le fichier son d’un discours, à le télécharger sur le réseau social Soundcloud en y ajoutant quelques commentaires (on peut trouver le compte de Jean-Luc Mélenchon ici). D’après plusieurs spécialistes que nous avons consultés, cette opération prend 5 à 10 minutes. Or, elle est facturée à chaque fois 250 euros l’unité. Et comme 19 discours de Jean-Luc Mélenchon ont été publiés sur Soundcloud, Mediascop a facturé la prestation 4 750 euros en tout.

Extrait d’une facture de Mediascop.

Extrait d’une facture de Mediascop. (RADIO FRANCE)

 

Un peu plus loin, une autre rubrique a attiré notre attention : le « sous-titrage de vidéos publiées sur le compte Facebook du candidat ». Ces vidéos sont effectivement sous-titrées car la plupart des internautes regardent les vidéos sans activer le son. Pour chaque minute sous-titrée, Mediascop facture 200 euros à l’association de campagne. Un tarif très supérieur à celui pratiqué généralement par les sociétés spécialisées (15 euros la minute en général) et qui correspond à environ une demi-heure de travail.

Mediascop, une société sans locaux

Mediascop n’est pas un prestataire comme les autres dans l’univers politique. La société n’a pas de locaux, tous ses employés travaillent au QG du candidat, rue de Dunkerque, dans le Xe arrondissement de Paris. Pratique inhabituelle, elle refacture à l’association de campagne toutes ses charges : administration, frais téléphoniques, location de matériel… Jusqu’à la facture du cabinet d’expertise comptable qui suit ses comptes. « Je n’ai jamais vu ça », s’étonne l’ancien trésorier d’un candidat à la présidentielle. De fait, cette pratique, sans être illégale, a une conséquence : Mediascop n’a quasiment aucune charge, hormis ses impôts et les salaires et honoraires payés à ses employés. Si elle facture des services à un prix « classique » sur le marché, ses bénéfices sont nettement plus importants.

Combien a gagné Sophia Chikirou grâce aux campagnes présidentielle et législatives ?

Sophia Chikirou aurait valorisé son travail personnel à près de 15 000 euros hors taxes sur ses factures, mais combien a-t-elle gagné en tant que présidente de Mediascop grâce aux campagnes présidentielle et législatives de la France insoumise ? Le 31 mars 2017, elle a transformé son entreprise en société par actions simplifiées. Les dispositions légales propres à ce statut semblent lui avoir permis de ne pas publier ses comptes 2017. Les derniers comptes disponibles de Mediascop datent de 2016. Ils donnent une vision partielle de sa rentabilité. Pour cette année, le chiffre d’affaires de Mediascop est de 162 900 euros, ce qui correspond, grosso modo, aux premiers règlements de la France insoumise pour la campagne présidentielle. La société réalise alors un bénéfice net (après impôts) de 76 600 euros, soit 47% de marge nette. Un ratio exceptionnel quel que soit le secteur d’activité.

Sophia Chikirou, intervenant sur une émission pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon.

Sophia Chikirou, intervenant sur une émission pendant la campagne de Jean-Luc Mélenchon. (TWITTER)

 

Des employés peu payés… et amers

En mars 2018, la commission nationale des comptes de campagne a rendu publique l’intégralité du compte de campagne de Jean-Luc Mélenchon. Les factures de Mediascop ont alors commencé à circuler chez certains anciens membres de l’équipe de campagne. Un de ceux que nous avons rencontrés nous a raconté avoir été surpris en constatant à quel tarif son travail avait été facturé. D’autant que tous nous ont dit avoir eu conscience de travailler pour des salaires bien inférieurs à ceux auxquels ils auraient pu prétendre. Certains étaient payés 1 500 euros par mois en CDD, d’autres à peine plus en honoraires d’auto-entrepreneurs. L’un d’entre eux, à qui nous avons montré les factures nous a dit se sentir « blessé » « Ce que j’ai fait sur la campagne, explique-t-il, je ne l’ai pas fait pour l’argent, on fait ça par conviction aussi… Elle nous demandait régulièrement d’en faire un peu plus gracieusement, on était payé au lance-pierre… Mais on le faisait… Et en fait, elle a fait de l’argent sur mon dos. Je suis dégoûté. » Cet ancien membre de l’équipe de campagne nous a par ailleurs affirmé qu’il n’était pas payé pour certaines missions qu’il a remplies, et qui ont pourtant été facturées par Mediascop au candidat Jean-Luc Mélenchon.

La justice soupçonne des « manœuvres » pour obtenir des remboursements de l’État

La France insoumise n’était certes pas la formation politique la plus fortunée de la campagne présidentielle, mais si elle a pu engager presque 11 millions d’euros de dépenses, c’est qu’elle savait très tôt qu’elle pourrait bénéficier du remboursement de l’État, vu qu’il apparaissait quasi-certain que son candidat allait franchir la barre des 5% des suffrages, condition pour être remboursé.

Le 16 mars 2018, la commission nationale de comptes de campagne et des financements politiques (CNCCFP) a effectué un signalement auprès du procureur de la République de Paris. Mediascop, ainsi qu’une association qui est intervenue sur la campagne de la France insoumise, l’Ere du peuple, sont visés par ce signalement de l’autorité de contrôle qui, bien qu’ayant validé les comptes du candidat, a estimé que la situation particulière de ces deux prestataires, dirigés par des proches de Jean-Luc Mélenchon posait quelques questions. Nous avions déjà expliqué que l’Ere du Peuple, présidée par un conseiller d’État, Bernard Pignerol, avait salarié deux rouages essentiels de la campagne des Insoumis, les actuels députés Bastien Lachaud et Mathilde Panot et refacturé leurs services en réalisant au passage une confortable marge. Le 18 septembre dernier le parquet e Paris classait sans suite une plainte de l’association Anticor qui visait les comptes plusieurs candidats à la présidentielle. Néanmoins, dans sa décision, le procureur François Molins rappelaient que, concernant le compte de Jean-Luc Mélenchon, « les surfacturations dénoncées [par la commission des comptes de campagne] tendent à faire sérieusement suspecter l’existence de manœuvres délibérées destinées à tromper l’organe de contrôle aux fins d’obtenir des remboursements sans cause. J’ai donc fait diligenter une enquête préliminaire qui est toujours en cours. »

L’enquête préliminaire aurait été ouverte pour escroquerie, abus de confiance, infraction à la législation des campagnes électorales et travail dissimulé aggravé. C’est dans ce cadre qu’ont eu lieu les perquisitions de mardi 16 octobre 2018. D’après nos informations, dès le lendemain, plusieurs anciens employés de Mediascop auraient été entendus par les policiers l’Office central de lutte contre la corruption et les infractions financières et fiscales (OCLCIFF).

Nous publions intégralement les deux factures que Mediascop a émises pour la campagne présidentielle de Jean-Luc Mélenchon :

Facture Mediascop campagne … by on Scribd

Facture Mediascop campagne … by on Scribd

Sophia Chikirou a refusé toutes nos demandes d’interview. Son avocat, David Marais, nous a fait parvenir le communiqué suivant :  « Toutes les accusations portées contre Mediascop et Madame Chikirou sont fausses et sont fondées uniquement sur les élucubrations de Monsieur de Chalvron * contre qui nous avons porté plainte en dénonciation calomnieuse en septembre dernier et dont il faudra se demander pour qui il agit. Cette opération est politique, elle n’a pour but que de nuire et de récupérer un maximum d’informations sur Jean-Luc Melenchon et ses partisans. »  

* Note : Jean-Guy de Chalvron était le rapporteur chargé de l’examen du compte de Jean-Luc Melenchon. Il avait démissionné au cours de sa mission en raison de désaccords avec le président de la commission des comptes de campagne.

 

 

 

http://www.europe1.fr/medias-tele/aude-lancelin-au-media-nous-nous-battrons-pour-quaucun-centime-naille-a-sophia-chikirou-3762095

Aude Lancelin : « Nous nous battrons pour qu’aucun centime de nos Socios au RSA n’aille à Mediascop », la société de Sophia Chikirou

 

19h30, le 22 septembre 2018, modifié à 14h09, le 23 septembre 2018

 

Invitée de Philippe Vandel, la nouvelle directrice du « Média », la webtélé fondée par des proches de la France Insoumise, est déterminée à ne pas verser les 120.000 euros réclamés par Sophia Chikirou, son ex-dirigeante.

 

INTERVIEW »Nous sommes dans un état d’esprit très combatif. » Invitée du Grand journal du soir du week-end sur Europe 1, Aude Lancelin, nouvelle directrice du Média, est déterminée. Son cheval de bataille: la guerre qui se joue depuis le mois de juillet entre l’ancienne et la nouvelle direction de cette webtélé, fondée par des proches de la France Insoumise.« Une passe difficile ». « Le Média a été laissé par l’ancienne direction dans un état économique exsangue », assure Aude Lancelin. « Un million sept-cent-mille euros ont été dépensés en 6 mois. Nous sommes dans une passe difficile, nous devons très vite augmenter nos revenus mensuels. Il n’est pas certain que nous y arrivions d’ici Noël mais nous sommes entièrement mobilisés par cette tâche ».Mais Aude Lancelin et son équipe devront aussi se défendre devant la justice. En septembre, l’ex dirigeante du Média, Sophia Chikirou a assigné la webtélé en justice. Elle réclame 120.000 euros pour le paiement de prestations fournies par sa société, Mediascop et pour des dommages et intérêts.« Je n’étais pas au courant ». Le 11 juillet, Sophia Chikirou avait facturé au Média 130.000 euros via cette société, dont elle est l’unique actionnaire. 64.000 ont été versés en juillet depuis le compte de la webtélé. Un virement de 67.000 euros avait par la suite été bloqué par la banque.

« Je n’étais pas au courant de ces facturations, ni de l’existence éventuelle d’une convention entre sa société Mediascop et le Média », affirme Aude Lancelin. « À l’heure où nous parlons, Sophia Chikirou nous réclame 120.000 euros, en plus des 64.000 euros qu’elle a déjà touchés cet été ».

Une page Facebook « séquestrée ». Une somme que la nouvelle directrice ne veut verser sous aucune prétexte. « Je le dis solennellement : nous nous battrons pour qu’aucun centime de nos Socios au RSA n’aille à Mediascop ».  »Nous sommes un petit média indépendant que Sophia Chikirou a contribué à créer », poursuit la journaliste. Nous sommes financés uniquement par des petits donateurs dont certains sont des gens modestes ».

Autre sujet de tension entre Le Media et son ancienne directrice : la page Facebook de la webtélé. « Notre page Facebook est toujours séquestrée par l’ancienne direction », explique Aude Lancelin. « Sophia Chikirou la détient toujours de manière complètement illégale ». « Nous avons porté plainte et il y a eu plusieurs mises en demeure », affirme-t-elle. La guerre est décidément loin d’être terminée.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sophia_Chikirou

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Terrorisme : existe-t-il des relations entre les familles de Dennis Plant et Lotfi Souli ?

Il n’y a peut-être strictement aucun rapport entre les parcours de ces deux familles, les destins de leurs membres respectifs.

Cependant, étant donnés les profils quand même assez particuliers des différents lecteurs que m’amène l’activiste Pascal Edouard Cyprien Luraghi, je m’interroge.

Je rappelle qu’il y a toujours eu parmi eux des islamistes, et ce, dès l’année 2010 au moins, des complices de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest, et donc, forcément, de mes harceleurs des années 1990 et 2000, ainsi que toute une clique assez hétéroclite de psychopathes que Pascal Edouard Cyprien Luraghi attire dans ses filets en exprimant publiquement tous ses fantasmes hyper violents contre les femmes.

Or, parmi tous ces gens-là, j’en repère deux qui ont travaillé dans le même domaine, le père de Robert Plant, assassin d’une joggeuse à Nîmes le 24 janvier 2013, le Britannique Dennis Plant (cf. mon article précédent où j’en ai déjà parlé un peu), et Lotfi Souli, « ministre » présumé des télécoms de l’EI, dont le procès s’est récemment tenu à Paris.

D’où la question que je pose aujourd’hui ouvertement, en connaissant bien évidemment l’importance de ce domaine de compétences de mes harceleurs de tous temps.

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1M70E5-OFRTP

27 septembre 2018 / 07:30 / il y a 12 jours

 

Un père et son fils accusés de visées terroristes jugés à Paris

 

4 MINUTES DE LECTURE

PARIS (Reuters) – Le tribunal correctionnel de Paris se penche jeudi et vendredi sur le cas d’un père et de son fils aîné arrêtés à la frontière turco-syrienne en 2015 sur le chemin du retour en France, après 18 mois en Syrie et soupçonnés d’avoir envisagé des attentats.

Le tribunal correctionnel de Paris se penche jeudi et vendredi sur le cas d’un père et de son fils aîné arrêtés à la frontière turco-syrienne en 2015 sur le chemin du retour en France, après 18 mois en Syrie et soupçonnés d’avoir envisagé des attentats. /Photo d’archives/REUTERS/Stéphane Mahé

 

Lotfi Souli, ingénieur en télécommunications de 50 ans d’origine tunisienne, a rejoint en octobre 2013 avec ses fils Karim et Mohamed-Emine, alors âgés de 18 et 15 ans, un groupe djihadiste radical, Ahrar al-Cham, puis l’Etat islamique (EI).

Expulsés vers la France après leur arrestation, ils ont raconté aux enquêteurs français qu’ils étaient allés en Syrie pour ramener un camarade de lycée de Karim, Anass Belloum, parti faire le djihad et présumé mort dans des combats à Rakka.

Ils ont nié leur propre engagement djihadiste et dit avoir été séquestrés par l’Etat islamique (EI, Daech).

Mais pour l’accusation, le fait que Lotfi Souli ait vidé ses comptes et ceux de sa société de formation et de conseil, ainsi que son logement, avant de partir démontre qu’il était allé en Syrie “sans volonté de retour”.

De même, l’exploitation des supports informatiques saisis lors de leur arrestation montrent une radicalisation ancienne. L’adhésion de Lotfi Souli aux thèses djihadistes, notamment à celles d’Al Qaïda, remonterait ainsi au début des années 2000.

L’ex-femme de Lotfi Souli, dont elle avait divorcé à la suite de violences conjugales, l’a accusé d’être un “fou extrémiste” en matière religieuse. La famille d’Anass Belloum a pour sa part dénoncé l’influence de Karim Souli sur le lycéen.

Les enquêteurs ont également établi que le père et les deux fils avaient participé à des entraînements militaires et des missions de surveillance armée lors de leur séjour en Syrie.

PILOTAGE ET EXPLOSIFS

Lotfi Souli a soutenu devant les enquêteurs avoir feint son adhésion à Daech mais, pour l’accusation, il avait mis ses compétences d’ingénieur au service de l’Etat islamique, notamment pour mettre en place son réseau de télécommunications.

Karim Souli a raconté durant l’enquête que son père était monté rapidement dans la hiérarchie de Daech jusqu’à en devenir une sorte de “directeur général des télécommunications”.

Les experts ont par ailleurs retrouvé sur un ordinateur saisi, parmi d’autres documents, des manuels de confection d’engins explosifs, des cartes d’aviation, des trajectoires et des procédures d’atterrissage, des clichés de cockpit d’avion détaillant le fonctionnement des instruments.

Pour les enquêteurs, “la finalité terroriste de ces notes de méthodologie de pilotage d’un Boeing ne faisait aucun doute”.

Cette abondante documentation technique est, selon eux, à mettre en relation avec la découverte sur un ordinateur de Lotfi Souli de “recherches effectuées sur Google Maps sur la Tour Eiffel et le pont de Iéna” à Paris.

Or d’autres documents trouvés sur des supports numériques montreraient une fascination de Lotfi Souli pour les commandos des attentats du 11 septembre 2001 à New York.

La saisie d’importantes sommes d’argent sur les Souli, ajoutée à cette documentation, contribue en outre à nourrir de “vives inquiétudes” sur leurs “réelles intentions” et “leurs motivations quant à leur retour sur le sol national”, lit-on encore dans l’ordonnance de renvoi.

Faisaient-ils partie d’une vague de djihadistes envoyée par Daech en Europe pour y commettre des attentats comme ceux du 13 novembre 2015 à Paris ? C’est l’une des questions auxquelles ce procès s’efforcera de répondre.

Lotfi et Karim Souli sont jugés pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’actes de terrorisme. Mohamed-Emine Souli, mineur au moment des faits, est pour sa part renvoyé devant le tribunal pour enfants de Paris.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

 

http://www.rfi.fr/france/20180927-raqqa-pere-fils-juges-paris-lotfi-souli

Après 18 mois à Raqqa, un père et son fils jugés à Paris

 

Par RFI Publié le 27-09-2018 Modifié le 27-09-2018 à 23:41
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Le palais de justice de Paris. Wikimedia Commons / Nitot

 

A Paris, le tribunal correctionnel se penche depuis ce jeudi après-midi sur le cas d’un père et son fils aîné arrêtés à la frontière turco-syrienne en 2015 sur le chemin du retour en France, après 18 mois passés à Raqqa.

Lotfi Souli, 50 ans, est un scientifique visiblement brillant. Titulaire d’un doctorat, c’est un spécialiste en télécommunications. Mais c’est un bien piètre menteur. Depuis le box des prévenus, il envahit le tribunal avec sa logorrhée. Difficile de suivre le fil.

Il n’a pas voulu se rendre en Syrie, il passait avec ses deux fils des vacances en Turquie, explique-t-il. On l’a invité de l’autre côté de la frontière à bord d’un pick-up roulant à 180 km/h. C’est ainsi, poursui Lotfi Souli, qu’il s’est retrouvé en quelques minutes à Raqqa contre son gré. « J’étais complètement sidéré », affirme-t-il avec sérieux. « Quelle abnégation », lui répond avec ironie la présidente.

Mais l’homme poursuit : « Je ne pouvais plus sortir, j’ai accepté une invitation à la con ». « Prêtez-vous allégeance à l’Etat islamique ? », l’interroge le tribunal. « Non », répond-t-il avec aplomb. « Quand on a les compétences que vous avez dans un secteur aussi sensible que les télécommunications, on n’occupe pas un petit poste », tranche la présidente qui note qu’à Raqqa il était un émir. « Je n’ai donné d’ordres qu’à des petites mains, des Syriens », rétorque, alors glaçant, le prévenu.

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/09/28/deux-djihadistes-revenant-de-syrie-juges-a-paris_5361467_1653578.html

Terrorisme : à Paris, le procès d’un « ministre » présumé des télécoms de l’EI

 

Cet ingénieur de 50 ans, parti en Syrie avec ses deux fils entre 2013 et 2015, a tenté de rentrer en France avec des plans qui inquiètent la justice.

LE MONDE | 28.09.2018 à 11h39 • Mis à jour le 28.09.2018 à 21h26 | Par Elise Vincent

La salle des pas perdus du nouveau palais de justice de Paris, le 16 avril 2018.

 

C’est le procès d’un « revenant » du djihad au profil rare qui s’est ouvert, jeudi 27 septembre, devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Celui de Lotfi Souli, un ingénieur informatique de 50 ans, originaire d’Ermont (Val-d’Oise), spécialisé dans les systèmes réseaux et ayant occupé durant dix-huit mois, entre l’automne 2013 et mai 2015, un poste de « ministre » ou de haut responsable des télécommunications de l’organisation Etat islamique (EI), à Rakka (Syrie). Une aventure dans laquelle il a entraîné ses deux fils, dont l’aîné comparaît aujourd’hui à ses côtés. Le plus jeune sera jugé devant le tribunal pour enfants, le 16 octobre.

Dans la masse du contentieux terroriste jugé ces derniers mois, l’histoire de Lotfi Souli et de ses garçons, tous mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, a ceci de particulier qu’elle démarre bien avant la vague de départs massifs pour la zone irako-syrienne de 2014. On est seulement en octobre 2013, quand ce chef d’entreprise gagnant très bien sa vie, divorcé, disparaît du jour au lendemain avec ses deux enfants de 15 et 18 ans. Une histoire atypique qui détonne aussi du fait du niveau de qualification des protagonistes. Lotfi Souli a une thèse d’informatique et ses fils sont plutôt brillants à l’école. Lorsqu’ils partent, Karim, le plus grand, vient de décrocher son bac scientifique avec mention.

D’après l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Lotfi Souli, d’origine tunisienne, était radicalisé depuis longtemps. La découverte de documents dans les supports numériques conservés par le père de famille à son domicile montre qu’il avait, depuis de longues années, une « fascination » pour Al-Qaida et son fondateur, Oussama Ben Laden, tué en mai 2011 par les Américains. La guerre en Syrie, qui démarre la même année, sert d’accélérateur. Le fait que la famille rejoigne ensuite, en Syrie, le groupe rebelle salafiste Ahrar Al-Cham, en particulier…

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La salle des pas perdus du nouveau palais de justice de Paris, le 16 avril 2018.

Terrorisme : à Paris, le procès d’un « ministre » présumé des télécoms de l’EI

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https://www.la-croix.com/France/Souli-terrorisme-famille-2018-09-28-1200972264

Les Souli, le terrorisme en famille

 

Béatrice Bouniol , le 28/09/2018 à 14h30

 

Vendredi 28 septembre, le tribunal correctionnel de Paris rend son verdict dans le procès d’un père et de son fils, arrêtés en 2015 à leur retour de Syrie.

La veille, lors de la première journée du procès, le fils est sorti du silence.

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris.

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris. / Nicolas Kovarik/IP3 Press/MaxPPP

Derrière une paroi vitrée, surveillés par deux policiers, Lotfi et Karim Souli attendent l’acte I de leur procès, « moment crucial du reste de leur vie », comme le soulignera l’avocat de Karim Souli un peu plus tard. Les sourires qu’ils échangent sont ceux d’un père et d’un fils séparés depuis trois ans. À gauche, Lotfi Souli, ingénieur d’origine tunisienne, ancien gérant d’une société de formation et de conseil. À droite, Karim Souli, son fils aîné, étudiant en première année à l’université au moment des faits.Le 8 mai 2015, ils ont été arrêtés à la frontière syro-turque en compagnie du plus jeune fils de Lotfi Souli et frère de Karim, Mohamed-Amine Souli, puis expulsés vers la France et placés en détention. Pour avoir rejoint la zone syro-irakienne en octobre 2013 et intégré les rangs de la katibat d’Abou Jaber puis de l’État islamique, ils doivent répondre « d’association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ».Jeudi 27 septembre… Il reste 80% de l’article à lire.

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1M82M6-OFRTP

28 septembre 2018 / 21:47 / il y a 11 jours

 

Un père et son fils « revenants » de Syrie lourdement condamnés

 

4 MINUTES DE LECTURE

PARIS (Reuters) – Le tribunal correctionnel de Paris a lourdement condamné vendredi un père et son fils aîné, accusés de s’être mis au service de l’Etat islamique en Syrie avant d’être arrêtés à la frontière turque en 2015 sur le chemin du retour en France.

Le père, Lotfi Souli, ingénieur en télécommunications de 50 ans d’origine tunisienne, a été condamné à 10 ans de prison dont les deux tiers de peine de sûreté, le maximum en correctionnelle comme l’avait demandé le ministère public.

Son fils Karim, 23 ans, se voit infliger huit ans de prison dont la moitié de peine de sûreté, au lieu de dix ans dont les deux tiers de sûreté requis par le ministère public.

Lotfi Souli avait rejoint en octobre 2013, avec Karim et son cadet Mohamed-Amine, alors âgés de 18 et 15 ans, un groupe djihadiste, Ahrar al-Cham, puis l’Etat islamique (EI), en Syrie, où ils sont restés 18 mois.

Expulsés vers la France après leur arrestation, ils avaient raconté aux enquêteurs français qu’ils étaient allés en Syrie pour ramener un camarade de lycée de Karim, Anass Belloum, parti faire le djihad et présumé mort dans des combats à Rakka.

Ils avaient dit avoir été séquestrés par l’Etat islamique (EI, Daech). Une version de nouveau défendue à la barre par Lotfi Souli, qui a néanmoins admis avoir offert ses services “à ces gens-là” pour “sauver” ses fils et se protéger.

Karim Souli a pour sa part joué devant la cour la carte du repentir – “J’ai dévié (…) Tous les jours j’essaie (…) de me détacher des racines du mal”, a-t-il dit.

La cour en a tenu compte, ainsi que de sa jeunesse à l’époque des faits et de l’ascendant de son père.

TOUR EIFFEL ET PONT D’IÉNA

Mais pour l’accusation, le fait que Lotfi Souli ait vidé ses comptes et ceux de sa société de formation et de conseil, ainsi que son logement, lors de son départ, démontre qu’ils étaient allés en Syrie “sans volonté de retour”.

De même, l’exploitation des supports informatiques saisis lors de leur arrestation montrent une radicalisation ancienne. L’adhésion de Lotfi Souli aux thèses djihadistes, notamment à celles d’Al Qaïda, remonterait ainsi au début des années 2000.

Les enquêteurs ont également établi que le père et les deux fils avaient participé à des entraînements militaires et des missions de surveillance armée lors de leur séjour en Syrie.

Pour l’accusation, Lotfi Souli avait mis ses compétences d’ingénieur au service de l’Etat islamique, notamment pour mettre en place son réseau de télécommunications.

Les experts ont notamment retrouvé sur un ordinateur saisi des manuels de confection d’engins explosifs, des cartes d’aviation et des notes sur le pilotage d’un Boeing. Les enquêteurs ont aussi mis au jour des recherches effectuées sur Google Maps sur la Tour Eiffel et le pont d’Iéna à Paris.

De quoi, avec la saisie de sommes d’argent importantes sur les Souli, alimenter les soupçons sur leurs intentions réelles et la motivation de leur retour en France à une époque où Daech envoyait des djihadistes commettre des attentats en Europe.

Mohamed-Amine Souli, mineur lors des faits, comparaîtra pour sa part le 16 octobre devant le tribunal pour enfants de Paris.

Emmanuel Jarry, édité par Elizabeth Pineau

 

https://www.liberation.fr/france/2018/09/29/retour-de-syrie-dix-et-huit-ans-de-prison-pour-un-pere-et-son-fils_1682062

Retour de Syrie : dix et huit ans de prison pour un père et son fils

 

Par Chloé Pilorget-Rezzouk — 29 septembre 2018 à 09:32
Le palais de justice de Paris (photo d’illustration). Photo ZAKARIA ABDELKAFI. AFP

Lotfi Souli et son fils aîné Karim, 23 ans, qui avaient rejoint l’organisation Etat islamique en Syrie avant de revenir en France, ont été condamnés vendredi à huit et dix ans de prison. Ils sont soupçonnés d’avoir cherché à commettre des attentats à Paris.

  • Retour de Syrie : dix et huit ans de prison pour un père et son fils

Le père a le débit rapide, la digression facile. Le fils le ton posé, la diction nette. Le premier est ingénieur, docteur en informatique. Le second est diplômé d’un baccalauréat scientifique, mention «assez bien». Ils portent chacun une belle chemise repassée, n’ont pas de casier judiciaire, ni le profil habituel des «revenants», ces Français partis faire le jihad avant de prendre le chemin du retour. Côte à côte dans le box des prévenus, Lotfi et Karim Souli ont été arrêtés à la frontière turco-syrienne en mai 2015, après un séjour d’un an et demi en Syrie. Dans leurs bagages, beaucoup de cash et une foisonnante documentation – dont des recherches Google Map de la Tour Eiffel, des plans de cockpit et des notices chimiques – avaient attisé les inquiétudes des enquêteurs. Mais ce n’est pas pour «un quelconque projet d’attentat» qu’ils étaient jugés, a tenu à mettre en garde la présidente de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, jeudi, à l’ouverture de leur procès. Un procès à l’issue duquel ils ont été condamnés, vendredi, à dix et huit ans de prison pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme».

Pick-up à 180km/h

Le fils, 23 ans, est le premier à se lever dans le box. Karim quitte la France en octobre 2013 avec son père et son petit frère Mohamed-Emine (mineur au moment des faits, il sera jugé par un tribunal pour enfants). Bon élève, il vient tout juste de commencer la fac. Mais «le départ d’Anass a tout accéléré», déclare la forte carrure en chemise blanche. Quelques mois plus tôt, son «bon ami» et ex-camarade de classe a rejoint une faction du groupe Ahrar al Sham, dirigée par un ancien cadre d’Al-Qaeda. Comme beaucoup d’autres, Anass ne rentrera jamais, présumé mort sur zone. «Plus je scrutais les infos sur la Syrie et plus j’avais de nouvelles d’Anass, plus j’avais envie de le rejoindre», développe Karim qui, pour la première fois dans cette affaire, reconnaît avoir voulu s’y établir «définitivement» pour «aider». A son arrivée, l’aîné Souli avait d’ailleurs écrit à leur mère : «Nous sommes partis là-bas car c’est une obligation».

Le père, lui, assure que c’est pour «récupérer» l’ami de son fils qu’ils sont partis. A moins que ce ne soit pour mettre Karim «en face de la réalité» et lui «ôter cette idée de la tête». Devant un auditoire sidéré, l’ingénieur de 50 ans – qui versera souvent dans la logorrhée technicienne et connaît son dossier jusqu’à en citer les pièces cote par cote – explique avoir découvert l’intérêt de son aîné pour la Syrie en piratant son ordinateur : «J’avais une connexion wifi, je voyais en direct tout ce qu’il écrivait !» Regard noir et visage émacié, Lotfi Souli jure en tout cas qu’il n’a «jamais» voulu se rendre en Syrie. Tout juste a-t-il répondu «naïvement» à «une invitation» une fois arrivé en Turquie : «On était dans un pick-up qui roulait à 180 km/heure et, d’un coup, on était à Raqqa !» La présidente s’étrangle : «Vous êtes sérieux là ?» Et le domicile familial vidé avant le départ ? Et ce prêt de plus de 5 000 euros fraîchement contracté, ainsi que ces 23 000 euros de retraits bancaires ? «J’ai programmé des vacances avec mes enfants.» Pourquoi alors acheter trois sacs de couchages, trois couvertures de survie, des jumelles, une boussole ou encore des chaussures de randonnée – «équipement caractéristique dont se dotent tous les velléitaires au jihad», soulignera la procureure ? «Je comptais prendre des vacances en faisant de la randonnée !», s’énerve le père de famille, enchaînant les déclarations brouillonnes. Pédagogue, la présidente incite le prévenu agité «à réfléchir». Et avertit : «Un tribunal qui ne comprend pas, c’est un tribunal qui va devoir interpréter les choses ou avoir peur de la personne en face.»

«J’ai proposé mes services»

Le quotidien syrien du trio reste assez confus. Après un temps au sein du groupe rebelle Ahrar al Sham, les Souli se retrouvent aux mains de l’Etat islamique. «Forcés» à rester, le père aurait alors mis ses compétences au service de l’organisation terroriste, devenant haut responsable des télécoms. Tandis que les garçons auraient servi de «petites mains», installant ici ou là des batteries et des antennes à Raqqa, le fief de l’EI. S’il maintient n’avoir pas combattu, Karim glisse néanmoins : «Ce n’est pas la première idée qui m’est venue, mais forcément en zone de guerre…» Son petit frère Mohamed-Emine prend la pose, armé d’une kalachnikov ? Il préfère ne pas répondre. Là-bas, le prévenu à la barbe noire finement taillée confie avoir «vite déchanté» : «Entre ce qu’il se passe sur les vidéos et ce qu’il se passe sur le terrain, ça n’a rien à voir». Mais, «on est au sein de l’EI, on ne part pas comme ça». Aujourd’hui, ce «revenant» ne supporte plus d’entendre voler les avions au-dessus de sa tête. «Tout à l’heure, un Rafale est passé au-dessus de Bois d’Arcy, j’ai cru qu’ils allaient bombarder !» La présidente : «Est-ce que vous en voulez à votre père ?» Karim marque un temps d’arrêt. Puis, calmement : «Je m’en veux à moi-même d’avoir été naïf. Je ne peux pas lui en vouloir.»

Son père, justement, nie avoir été «un membre de l’Etat islamique». Lotfi Souli dit : «J’assume mes actes. J’ai proposé mes services à ces gens-là. J’ai construit un pont de confiance avec eux.» Avec une idée en tête : sortir de «ce guêpier». Une «image de Don Quichotte» ne résistant «absolument pas» à l’examen de l’ensemble du dossier, selon la procureure. A l’instar de ces échanges où l’ingénieur écrit «tu peux pas imaginer la douceur du jihad» ou parle de «mourir en martyr». Un langage «codé», avance le prévenu. «J’étais en train de sauver ma tête, pas de prêcher pour l’Etat islamique», se défend-il. Ce père de famille «ne sait pas comment vous dire sa réalité. Il a vu ses enfants foncer vers la mort, il a voulu tout faire pour les aider, plaide son avocat Me Martin Pradel. Il s’est trouvé dans un pays qui n’était pas le sien, dont il ne connaissait pas les codes.» Une erreur va particulièrement lui coûter cher : en plein combat, Lotfi Souli aurait rétablit le réseau de communications permettant aux hommes de Bachar Al-Assad de prendre l’avantage. Le chef de l’EI, Al Baghdadi, aurait même été blessé. La lourde bévue vaudra près de huit mois de geôle à l’ingénieur et accélèrera, selon ses dires, son désir de rentrer en France avec ses fils. Mais comment expliquer que Souli soit sorti vivant d’une telle bourde ? s’interroge le tribunal. «C’est un miracle qu’il ait encore sa tête sur ses épaules», reconnaît Karim. «Ils m’ont fait sortir pour me buter ! Les éliminations, ça se passe au front», déclare le père.

«La grande illusion»

«Qu’a donc promis Lotfi Souli à l’Etat islamique en contrepartie de cette vie sauve ?» questionne la procureure, sceptique face à ce «dossier de la grande illusion». Comment lui et ses enfants ont-ils pu rentrer avec leurs papiers d’identité ? Pour la magistrate du parquet, il reste des «zones d’ombre» sur lesquelles les Souli ont peu éclairé le tribunal. Comme la somme «inédite», selon les enquêteurs, avec laquelle l’ingénieur est revenu – 12 000 euros et quelques. Ou les documents retrouvés dans leurs ordinateurs : de quoi laisser penser à des ambitions terroristes, à une période où l’EI renvoyait des missionnés en Europe. Ce ne sont que des «jeux de simulation de vol», se justifie Karim, joueur depuis l’enfance. Quant aux fichiers de propagande, ils y seraient arrivés au gré de la circulation des clefs USB des uns et des autres sur son PC.

«Quand il y a de la brume, on a peur !», a tancé Me Pradel, appelant à ce que le doute profite aux prévenus, selon les principes du droit. Même s’ils font «peur» comme Lotfi Souli, qualifié de «dangereux» dans un rapport de détention, en raison d’un risque de prosélytisme «élevé». «Ce n’est pas normal que notre justice inverse les présomptions. Des suspicions vous en avez, des preuves vous n’en avez pas», a plaidé le conseil. Avocat de Karim Souli, Me Xavier Nogueras a lui appelé à distinguer le Karim du dossier du Karim repenti s’étant dessiné à l’audience : «Je l’ai écouté et je le trouve attendrissant, même si les faits sont violents.» Sensible à cette «évolution» engourageante mais aussi à l’ascendant paternel sur l’intéressé, le tribunal a condamné le jeune homme de 23 ans à huit ans de prison – la procureure en avait requis dix – assortis d’une période de sûreté de moitié. Son père, lui, a écopé de dix ans de prison – assortis d’une période de sûreté des deux tiers – comme l’avait demandé le parquet. La peine maximale.

Chloé Pilorget-Rezzouk

 

https://www.20minutes.fr/justice/2344959-20180928-proces-djihad-syrie-pere-fils-retour-france-ecopent-dix-huit-ans-prison

Procès du djihad en Syrie: Un père et son fils de retour en France écopent de dix et huit ans de prison

 

PROCES Si Lotfi Souli, 50 ans, a écopé de la peine maximum encourue, le tribunal s’est montré plus clément envers son fils…

Thibaut ChevillardPublié le 29/09/18 à 16h12 — Mis à jour le 29/09/18 à 16h12

Lotfi Souli et son fils Karim comparaissent jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris
Lotfi Souli et son fils Karim comparaissent jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris — JULIEN DE FONTENAY/JDD/SIPA
  • Lotfi Souli et son fils Karim comparaissaient depuis jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris.
  • Le père était parti en Syrie avec ses deux fils en 2013 afin, dit-il, de ramener en France un ami de son cadet, âgé de 15 ans.
  • Ils avaient été arrêtés à la frontière turque en 2015 en possession d’une importante somme d’argent et de documentation pouvant laisser penser qu’ils préparaient un attentat sur le territoire.

Debout, dans le box des prévenus, Lotfi Souli prend les mains de son fils. Les deux hommes s’embrassent quatre fois avant d’être séparés par les gendarmes qui s’apprêtent à les ramener en prison. Quelques minutes plus tôt, le tribunal a condamné ce père de famille de 50 ans à dix ans de réclusion assortis d’une période de sûreté des deux tiers pour avoir, en 2013, rejoint l’Etat islamique en Syrie. Karim Souli, 23 ans, a pour sa part écopé de huit ans de prison, assortis d’une période de sûreté de moitié pour l’avoir accompagné. Une décision plutôt clémente, motivée notamment par l’évolution positive du jeune homme en détention.

La justice a également tenu compte de « l’ascendant » qu’exerçait son père sur lui au moment des faits. Il faut dire que Lotfi Souli est un intrigant personnage. Expert en télécoms, ce grand brun filiforme parle beaucoup, trop sans doute. Il étale sa science en employant un savant et incompréhensible jargon technique, invoque les philosophes dans ses réponses, agace le tribunal. Il connaît toutes les cotes du dossier d’instruction, ce qui suscite « l’admiration » amusée de la présidente. Mais il n’est jamais parvenu, au cours de ces deux journées d’audience, à convaincre les magistrats qu’il s’était retrouvé, un peu par hasard, enrôlé de force dans les rangs de Daesh. Et encore moins qu’il ne jouait pas de rôle important au sein de l’organisation.

« Responsable des téléphones fixes et filaires »

Tout commence quand Anass B., un ami de lycée de Karim, s’envole vers la Syrie pour rejoindre le groupe Ahrar al Sham. Lotfi Souli, que plusieurs proches décrivent comme radicalisé de longue date, explique avoir décidé de partir sur un coup de tête en Turquie avec ses deux fils pour retrouver et ramener l’adolescent en France. Etrangement, sans en avoir fait part à sa famille. Il se serait ensuite retrouvé accidentellement en Syrie et aurait été « forcé » à rester. A Raqqa, il était « responsable des téléphones fixes et filaires » du groupe terroriste à qui il avait proposé ses services. Mais, assure-t-il, il n’a jamais prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi.

Lotfi Souli se serait ensuite retrouvé détenu et torturé plusieurs mois par les djihadistes. Ils le soupçonnaient d’espionnage après qu’il a commis une grave erreur, permettant aux troupes de Bachar al-Assad de porter des coups durs à Daesh. Mais pour une raison obscure, il aurait été libéré en récupérant « ses papiers, son argent ». Pourtant, remarque la présidente, l’Etat islamique applique la peine de mort pour moins que cela. Il avance que les responsables du groupe terroriste ont ensuite voulu l’éliminer en l’envoyant au front. Il s’en est sorti, dit-il, car il n’était pas en état d’aller combattre. « Je n’arrivais pas à marcher. » Alors, pendant quelques jours, il s’est retrouvé « en vacances ».

« Vous dérobez des choses à l’Etat islamique ? »

Grâce aux contacts qu’il aurait noués avec des civils, il serait parvenu à regagner, avec ses fils, la frontière turque en mai 2015. C’est là qu’ils ont été arrêtés en possession de document inquiétants qui ont laissé les enquêteurs de la DGSI penser qu’ils auraient pu préparer un attentat en France. D’ailleurs, Lotfi Souli éprouve bien des difficultés à justifier leur présence dans ses affaires. Le disque dur contenant un manuel expliquant comment transformer un téléphone en détonateur ? Il l’a volé à Daesh et le contenu ne lui appartient pas. « Vous dérobez des choses à l’organisation de l’Etat islamique ? Vous vivez dangereusement », s’inquiète la présidente. « J’ai fait beaucoup de choses dangereuses pour sauver ma tête », répond-t-il tout de go.

« Pourquoi avoir pris le risque de ramener en France un disque dur qui ne vous appartenait pas et qui contenait des documents de l’Etat islamique ? » poursuit la magistrate. « J’étais dans un autre espace, dans une autre dimension. Ça n’avait pas d’importance pour moi, je ne voyais pas le risque. Je ne m’attendais pas à aller en prison, pour moi je n’étais pas fautif », soutient le père de famille. Il y a également ces étranges conversations sur Skype, dans lesquelles il invite un interlocuteur à se rendre en Syrie. Des conversations qu’il ne faut pas prendre au premier degré, ose-t-il. Il faut avoir des « codes » pour les déchiffrer.

Relaxe pour l’ami du fils présumé mort

Le tribunal n’a pas été convaincu par ses arguments. Les magistrats ont la conviction que Lotfi Souli avait préparé son départ en Syrie depuis plusieurs semaines, notamment en vidant son appartement et ses comptes bancaires et en achetant tout le matériel nécessaire. Ils estiment également que le natif de Beja, en Tunisie, jouait un rôle si « important » au sein du groupe terroriste qu’il bénéficiait d’une « certaine impunité et de facilité pour sortir » de prison et quitter la Syrie. Ne semblant pas avoir « évolué » durant sa détention en France, il écope de la peine maximum. Ni le père ni son fils ne comptent faire appel de la décision, indiquent leurs avocats.

Le parquet, qui avait requis dix ans de prison contre Karim Souli, a dix jours pour se prononcer. Anass B., bien que présumé mort, a été jugé et relaxé par le tribunal. Les juges ont considéré qu’à l’époque, si Ahar al Sham était bien « un groupe djihadiste qui voulait instaurer la sharia », il n’était pas inscrit sur la liste des organisations considérées comme terroristes par l’ONU. « C’est un groupe de rebelles syriens qui combattent Bachar al-Assad », explique l’avocat d’Anass B. et de Karim Souli, maître Xavier Nogueras, qui salue une « très belle décision ». « Si vous n’êtes pas dans un groupe inscrit sur cette liste, vous ne pouvez pas être considéré comme terroriste. »

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https://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Un-meurtrier-sur-le-chemin-du-Sanglier-589763-3205256

Un meurtrier sur le chemin du Sanglier

 

12h58 , le 4 février 2013, modifié à 14h39 , le 19 juin 2017

Paru dans leJDD

Près de Nîmes, tout un quartier s’interroge. Comment le « gentil » Robert est-il devenu un tueur sanguinaire? Pourquoi le jeune Anglais a-t-il tué une mère de famille qui faisait son jogging?

 

Ce n’est plus tout à fait la ville et pas encore la campagne. À propos de Courbessac, on ne sait trop s’il faut dire village ou quartier. Pour une impasse Robespierre, combien de rues du Scarabée ou du Lièvre, de chemin du Sanglier… Étroit mais goudronné, ce chemin communal s’élève en serpentant entre garrigue et villas avant de redescendre vers le cimetière et la route de Poulx. On y croise des chasseurs, des promeneurs de chiens, les nouvelles recrues de l’école de police voisine en plein footing… Pas trop de voitures. Un itinéraire idéal pour un petit jogging. C’est désormais le lieu d’un crime déroutant.

Joudia Zammit, 33 ans, mère de trois enfants, s’était remise au sport ces derniers mois. Musculation et course à pied. À 18 h 30 jeudi 24 janvier, sa petite de 3 ans était toujours à l’école quand les derniers parents sont venus récupérer leurs bambins. « Ça ne lui ressemblait pas. Elle était très maman poule avec ses petits », témoigne une autre maman rencontrée près de l’école maternelle de Courbessac. Les trois mères qui l’accompagnent décrivent une jeune femme « menue » et « discrète », une « mère au foyer qui a beaucoup à faire avec ses trois enfants et la rénovation de la maison que le couple venait d’acheter ».

Pas de marche blanche

Un ancien propriétaire a baptisé la bâtisse Les Lutins. Le jardin laisse un peu à désirer. Une bétonneuse stationne près de l’entrée. On n’entend plus de rires d’enfants.

« Ils sont traumatisés. Ils ont été répartis dans la famille », explique un proche venu soutenir le mari « parti à l’hôpital régler les questions avec le corps qui doit être rapatrié en Tunisie ». Joudia était originaire de M’Saken, près de Sousse. L’enterrement pourrait avoir lieu dans les prochains jours. Voilà justement le mari. Il arrive de Montpellier où il a enfin pu voir le corps de son épouse à l’Institut médico-légal. Sa petite fille dort à l’arrière de la voiture. Cela fait une semaine que le sol s’est dérobé sous les pieds de ce solide postier de 41 ans. Pas de médiatisation. Pas de marche blanche. Avec gentillesse, il éconduit les journalistes avant de s’enfermer chez lui.

Un « bel homme », « calme », « peu expansif »

Une autre famille de Courbessac est dans l’incompréhension. Les Plant sont originaires du Kent dans le sud de l’Angleterre. Décédé l’an dernier, Dennis, le père, avait lâché un job important à British Telecom pour venir travailler et s’installer en France au début des années 1990 avec sa femme, Esther, sa fille Victoria et son fils Robert alors âgé de 8 ans. D’abord en région parisienne. Puis dix ans plus tard, la retraite en vue, ils avaient acheté cette grande maison à un maçon du coin, dans l’est de Nîmes, chemin du Sanglier. Anxieuse, Marie-Louise, une voisine, fait les cent pas devant le portail clos. Elle n’arrive pas à joindre son amie Esther, 61 ans. « C’est ma deuxième famille. J’ai fêté mon mariage ici », explique-t-elle en montrant la villa avec piscine. Elle évoque volontiers les bons moments passés avec les Plant, les barbecues, les matches de rugby France-Angleterre, les parties de billard au sous-sol. Si Victoria, mère d’une petite fille, vit toujours en région parisienne, son frère Robert, 32 ans, s’est définitivement installé à Nîmes.

« Je l’ai vu grandir », poursuit Marie-Louise à propos de ce « bel homme », « calme », « peu expansif » mais tellement « gentil », « toujours prêt à rendre service » et « courageux aussi quand il enfourchait son vélo – il n’avait pas son permis – pour aller travailler à l’usine ».

Loin d’être un fils à papa

Titulaire d’un CAP de tapisserie, le jeune Robert Plant a « quasiment toujours travaillé », insiste son avocat, Me Julius Radzio, pour couper court au cliché du fils à papa désoeuvré. Dans un magasin Decathlon près de Paris par le passé. Plus récemment dans une usine de fabrication de mobile homes à Beaucaire, à une vingtaine de kilomètres, où il assurait les finitions extérieures.

« C’est vrai qu’il avait des griffures sur le visage »

Sa dernière mission s’était achevée avant Noël. Ses anciens collègues décrivent tous un garçon « poli », « ponctuel », « prévenant »… Amateur de marche et de promenade avec son chien noir Falco, Robert avait ses habitudes à La Tosca, la brasserie-pizzeria de la galerie marchande de l’Intermarché de Courbessac. Sans doute avait-il droit en arrivant à une plaisanterie ou à la bise de Khadra, la serveuse. Il y venait plusieurs fois par semaine, la plupart du temps avec sa maman, Esther, elle aussi « si gentille » et « rigolote » avec son mauvais français. Parfois seul ou avec un ou deux amis pour écluser quelques pintes de bière. Comme beaucoup d’autres, Khadra évoque un garçon « gentil, généreux, toujours prêt, par exemple, à faire les courses pour elle ».

Selon elle, le portrait-robot publié dans la presse ne ressemble que vaguement au grand jeune brun portant de petites lunettes, habillé décontracté « mais toujours clean », qu’elle connaît. Il est venu déjeuner avec sa mère, vendredi 25 janvier, le lendemain du drame : « C’est vrai qu’il avait des griffures sur le visage. Il a dit qu’il s’était blessé avec des ronces en récupérant son chien tombé dans un trou. » L’amie de la famille, Marie-Louise, ne cesse de penser, elle, au coup de fil que lui a passé Robert ce même vendredi. « J’avais appelé sa mère pour lui dire de faire attention. Il m’a rappelée pour me conseiller de ne pas sortir et de ne pas venir vers chez eux… »

Amnésie réelle ou simulée?

Le sentiment de peur n’aura pas le temps de s’installer chemin du Sanglier. « L’Anglais », « le Robert », comme on l’appelle parfois, est arrêté dès lundi. Un emploi du temps flou, des explications peu convaincantes sur ses blessures, le recoupement des témoignages recueillis par les enquêteurs dépêchés sur zone l’ont désigné comme le suspect n° 1. Bien avant que les expertises ADN des traces retrouvées sur la victime ne viennent confirmer son implication dans l’agression puis le meurtre à l’arme blanche de la petite joggeuse de Courbessac retrouvée en partie dévêtue, sauvagement battue et égorgée, à moins de 300 m de la maison des Plant…

Depuis, Robert souffre d’amnésie. Réelle ou simulée ? « Il a reconnu qu’il était là. Il parle de flashes où il la voit, où il se voit, mais il n’évoque pas l’acte », résume le procureur adjoint de Nîmes, Stéphane Bertrand. « C’est un homme choqué, précise son avocat, Me Radzio, il n’a quasiment ni mangé ni dormi pendant ses 48 heures de garde à vue. » Robert Plant, sans antécédents judiciaires, sans passé psychiatrique, a été mis en examen et écroué mercredi pour meurtre aggravé, un crime passible de la réclusion à perpétuité.

Source: JDD papier

  • Par Stéphane Joahny, envoyé spécial à Nîmes (Gard)

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Meurtre-de-Nimes-La-derniere-course-de-Jouda-162391

Meurtre de Nîmes. La dernière course de Jouda

 

Paris Match | Publié le 08/02/2013 à 18h21 |Mis à jour le 10/02/2013 à 21h51

Par Elizabeth Philippe, Enquête Jean-Michel Verne à Nîmes, Ons Abid à M’saken, en Tunisie
Terrorisme : existe-t-il des relations entre les familles de Dennis Plant et Lotfi Souli ? dans AC ! Brest Meurtre-de-Nimes.-La-derniere-course-de-Jouda

La jeune mère de famille aimait faire du jogging dans la campagne nîmoise. La mort l’y attendait.

Jouda est morte depuis déjà deux jours. Mais à M’saken, en Tunisie, sa famille l’ignore encore. Jusqu’à ce coup de téléphone que reçoit Ridah, l’un de ses frères. C’est un ami qui l’appelle, inquiet. Il vient d’apprendre à la télé qu’une certaine Joudia Zammit a été assassinée. Il veut savoir si la victime fait partie de sa famille. A l’autre bout du fil, Ridah reste interdit. Incrédule, il balbutie : « Je ne sais pas. J’ai une soeur qui vit en France. Mais elle s’appelle Jouda, pas Joudia ! » Se raccrocher un instant à une simple lettre pour repousser l’horreur, conjurer en vain la tragédie. Mais ce dernier espoir, infime, est anéanti par un nouvel appel qui confirme le décès de Jouda. A des milliers de kilomètres, les parents de la victime, Mohamed et Mounira, pleurent avec ses frères et soeurs cette enfant chérie, toujours souriante et de bonne humeur. « Un ange », souffle Mohamed, les yeux embués de larmes. Son frère aîné, Anouar, dont elle était très proche, est le dernier à avoir entendu le son de sa voix. Jeudi 24 janvier, quelques heures seulement avant qu’elle soit tuée pendant son jogging, il lui a téléphoné Ils ont parlé de tout et de rien. Elle lui a raconté qu’elle venait de cuisiner des plats tunisiens pour le Mouloud, la fête qui célèbre la naissance de Mahomet.

Jouda a préparé un festin : de la mouloukhia – un ragoût relevé de poudre de corète – pour le déjeuner, un couscous pour le dîner et de l’assida, une crème blanche à base de semoule. La foi de la famille Zammit a souvent été mise à l’épreuve. Mohamed et Mounira ont déjà perdu un fils, Tarak, dans un accident de moto. Même si elle vivait loin d’eux depuis des années, Jouda restait très présente. Elle appelait souvent ses proches. Sans doute un peu nostalgique de M’saken, sa petite ville natale à une dizaine de kilomètres de Sousse ; nostalgique aussi de la grande maison traditionnelle de son grand-père, où cohabitent toutes les générations ; nostalgique du vaste patio où elle jouait, enfant, avec son cousin, Jamel, qui allait devenir son époux. Très jeune, Jamel a suivi son père en France. Mais il revient chaque été en Tunisie pour les vacances. Jouda, de son côté, grandit, devient une jolie jeune fille brune et enjouée. L’épouse idéale pour Jamel. Le couple se marie en 2000. Les noces ont lieu à M’saken. Jamel, agent de La Poste, repart en France. Au bout d’un an, le temps d’obtenir ses papiers, Jouda le rejoint. Elle travaille quelque temps comme caissière. En 2003, naît Hedi, suivi trois ans plus tard de Meriam. Jouda se consacre à sa famille. Mère au foyer, elle s’occupe avec amour de ses enfants, les accompagne à l’école et à leurs activités sportives. Hedi est un fou de foot. Loin des siens, Jouda construit son propre foyer sous le soleil de Nîmes. Les olives picholines n’ont pas le même goût que celles, réputées, de M’saken. Mais la douceur du climat gardois et l’influence méditerranéenne atténuent le mal du pays qui s’empare parfois de Jouda. Heureusement, l’été, elle retourne en Tunisie, retrouve ses proches, la plage, les saveurs et les odeurs épicées qu’elle aime tant.

Le médecin de Jouda lui avait conseillé de faire du sport après une petite opération

Quand elle croise une amie sur le marché de M’saken, elle la prend dans ses bras et lance avec un grand sourire : « Tu sens bon la Tunisie ! » Mais, bientôt, vient le temps des sacrifices. Jamel et Jouda ont décidé d’acheter une petite maison à la périphérie de Nîmes. Pour réaliser leur rêve, il faut économiser, renoncer provisoirement aux vacances en Tunisie. Jouda s’y rendra une dernière fois en 2009. Elle est alors enceinte de cinq mois de son troisième enfant, rayonnante au côté de Jamel. Aux petits soins pour elle, sa famille établit même une liste de prénoms pour le bébé. Ce sera Sirine. Après avoir réalisé d’importants travaux, Jamel, Jouda et leurs trois enfants s’installent enfin dans leur nouvelle maison, à l’automne 2012. La petite villa blanche, au 2264 route de Courbessac, dans une zone pavillonnaire paisible, est modeste. Mais elle est à eux. Une agréable maisonnette avec un jardin, des allées au cordeau et des massifs de fleurs jaunes. La famille de Jamel habite le même quartier. C’est comme un petit morceau de Tunisie. Le quotidien de Jouda est rythmé par de nombreux allers-retours : les sorties d’école, les courses au supermarché, tout près, où elle se rend à pied. Récemment, elle a pris une nouvelle habitude : le jogging. C’est son médecin qui lui a conseillé de faire du sport, après une petite opération des varices subie cet été. Saine et dynamique, Jouda se plie de bonne grâce à l’avis du docteur. D’autant plus qu’elle veille à sa ligne.

 

Robert Plant nimes meurtre-

 

Chaque jour, elle fait le même parcours. Le jeudi 24 janvier ne fait pas exception. Aux alentours de 17 heures, elle s’élance à petites foulées vers le centre de Courbessac. Elle traverse le bourg, prend la nationale avant d’emprunter le chemin du Sanglier, une route au pied de la garrigue appréciée des promeneurs et des joggeurs, en particulier des stagiaires de l’école de police qui se trouve à environ 800 mètres. A l’entrée, un panneau indique la direction du cimetière.

Cette photo a été prise en 2012, lors d’une fête entre amis à Courbessac. Brun, la trentaine, un bouc, Robert Plant correspond en tout point au portrait-robot établi par la police à partir des premiers témoignages, ceux de voisins qui avaient signalé la présence d’un étrange promeneur sur le lieu du crime, peu de temps avant la mort de Jouda. Décrit comme un employé exemplaire, Robert devait reprendre ce mois-ci son travail dans une entreprise de fabrication de mobil-homes. (Photos DR)

Le corps de Jouda sera retrouvé non loin des tombes, quelques heures après que son mari a signalé sa disparition. La jeune femme gît dans un enchevêtrement de ronces, une plaie béante à la carotide. Son visage est lacéré, méconnaissable. Son pantalon de jogging est baissé au niveau de ses genoux. Tout indique que Jouda a tenté de résister à son agresseur. Dès le lendemain, la police commence à récolter des témoignages. Des voisins affirment avoir aperçu un étrange promeneur à proximité du lieu du crime, un homme d’une trentaine d’années qui semblait rôder. Alors que les enquêteurs poursuivent leurs recherches, Robert Plant, 32 ans, déjeune à la pizzeria La Tosca avec sa mère, Esther, qui vient de rentrer de Paris. Tous deux résident dans une belle demeure de 270 mètres carrés avec piscine, le long du chemin du Sanglier. Cela fait une douzaine d’années que les Plant possèdent cette villa. Originaires du Kent, région du sud de l’Angleterre, ces Britanniques sont arrivés en France dans les années 80.

Le père, Dennis, a décroché un poste important dans les télécoms. Alors que ses parents finissent par s’installer dans la maison de Courbessac, Robert reste à Paris. Un CAP de tapissier pour seul bagage, il exerce différents métiers, est employé comme vendeur dans des magasins de sport. Il descend fréquemment dans le Sud rendre visite à ses parents avant de s’y établir pour de bon, il y a quatre ans, après avoir perdu son boulot. Il enchaîne les missions d’intérim. L’année dernière, son père est mort d’un cancer du poumon.

Robert Plant vit seul avec sa mère dans une grande villa. Une sorte de Tanguy…

Depuis, Robert vit seul avec sa mère dans la grande villa. Une sorte de Tanguy. Ou de Norman Bates, le héros de « Psychose ». Le quotidien des Plant, mère et fils, est soumis à d’immuables rituels. A la pizzeria, où ils vont fréquemment, ils s’assoient toujours à la même table, en terrasse. Robert arrose ses pizzas de pintes de bière. Ce vendredi 25 janvier ne déroge pas à la règle. La serveuse entend Robert parler à sa mère de la joggeuse assassinée. Il ne veut plus qu’Esther s’aventure sur ce chemin. C’est trop dangereux, lui dit-il. L’après-midi, le jeune homme erre près de chez lui, accompagné de son chien, interroge les policiers au sujet du crime, s’intéresse aux investigations.

Tout le week-end, les enquêteurs poursuivent leurs auditions. A partir des premiers témoignages, ils ont pu établir un portrait- robot de l’assassin. Beaucoup de voisins disent reconnaître celui qu’ils nomment « l’Anglais ». L’étau se resserre. Lundi 28 janvier, les enquêteurs se rendent chez les Plant. Ils saisissent des cutters identiques à celui, ensanglanté, retrouvé sur le lieu du meurtre. Robert livre un fragile alibi : le jour où Jouda a été tuée, il était chez lui à regarder la télévision. Quant aux griffures sur ses mains, il affirme s’être blessé en coupant des branchages au fond du jardin. Arguments peu convaincants. Robert est mis en garde à vue. Il nie d’abord en bloc, puis reconnaît sa présence à l’endroit de l’assassinat. Mais il prétend ne plus se souvenir de ce qui s’est passé. « Une amnésie traumatique », avance son avocat Julius Radzio. Durant son interrogatoire, Robert vomit, s’effondre. Stéphane Bertrand, le procureur adjoint, décrit un homme « assez transparent, introverti ». Confondu par son ADN, il est aujourd’hui écroué à la maison d’arrêt de Nîmes. Le corps de Jouda, lui, a été rapatrié mardi en Tunisie. Un ultime retour au pays natal.

 

https://www.lci.fr/faits-divers/joggeuse-egorgee-a-nimes-le-britannique-robert-plant-condamne-a-30-ans-de-reclusion-2050350.html

Joggeuse égorgée à Nîmes : le Britannique Robert Plant condamné à 30 ans de réclusion

 

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Cette vidéo n’est plus disponible.
PROCÈS – Robert Plant, un Britannique de 36 ans, a été condamné ce vendredi soir à 30 ans de prison, assortis d’une période de sûreté de 20 ans, par la cour d’assises du Gard pour l’agression sexuelle et le meurtre d’une joggeuse à Nîmes en 2013. Son avocat a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel.
28 avr. 2017 22:02 – La rédaction de LCI

 

Le verdict est tombé ce vendredi, peu après 22 heures. Après deux jours de procès, Robert Plant, un Britannique de 36 ans, a été condamné par la cour d’assises du Gard à 30 ans de prison, assortis d’une période de sûreté de 20 ans, pour l’agression sexuelle et le meurtre d’une joggeuse à Nîmes en 2013.

La cour, qui a également imposé à Robert Plant un suivi socio-judiciaire de 10 ans, l’a déclaré coupable, tout en reconnaissant une « altération du discernement » du trentenaire mise en avant par les experts psychiatres, qui ont diagnostiqué une « schizophrénie simple ».

Son avocat, Jérôme Boursican, qui avait réclamé « une peine juste » de 10 ans d’emprisonnement, a annoncé son intention de faire appel. « L’altération du discernement est au coeur de ce dossier », avait-il plaidé, alors que l’accusé a tenu des propos incohérents et semblait absent lors du procès.

« Défigurée », « massacrée », « lacérée » au cutter

L’avocat général, Stéphane Bertrand, avait requis la réclusion criminelle à perpétuité et assuré que l’accusé n’avait jamais « perdu le contact avec la réalité » le 24 janvier 2013. Robert Plant, décrit comme toujours « pacifique » par son entourage, était « un pervers » et « pas un fou », avait affirmé l’avocat général. « Ici, on est là pour rendre la justice, on n’est pas là pour faire plaisir aux médecins », avait-il ajouté. Le suspect avait dénoncé « un crime d’une sauvagerie extrême ». Lorsque son corps a été découvert le 24 janvier 2013, Jouda Zammit, 34 ans, était « une plaie béante, qui autrefois était une femme » après avoir été « défigurée », « massacrée », « lacérée » au cutter et à l’aide de pierres et de branches, avait-t-il rappelé.

Partie chercher sa fille à l’école en faisant du jogging depuis sa maison, Jouda Zammit avait disparu le 24 janvier 2013 en fin d’après-midi.  Vers 22 heures, son corps avait été découvert dans les fourrés et les ronces sur le Chemin du sanglier, à proximité de son domicile. Le médecin légiste avait relevé de nombreuses blessures à l’arme blanche, notamment une large « plaie d’égorgement » de 15 cm sur 7 ainsi que des traces d’agression sexuelle.

Un « trou noir » et « des flashes »

Robert Plant, qui a assuré pendant le procès qu’il avait un « trou noir » et seulement des « flashes », évoquant une agression à son encontre de la jeune femme et d’une troisième mystérieuse personne, avait été mis en examen notamment sur la base de témoignages et d’analyses ADN.

« Est-ce que vous avez conscience que c’est difficile à croire ? », l’a interrogé Me Boursican. « Je n’ai pas d’autre explication », a lâché l’accusé, assurant « ne pas avoir d’image » de l’égorgement de la jeune femme, mais en revanche de sa propre main « pleine de sang ».

L’avocate de la famille, Béatrice Lobier-Tupin, a décrit une jeune femme « courageuse », qui s’est « défendue comme une forcenée ». Elle a souligné le « deuil impossible » du mari de la victime, Jamel, et des trois enfants du couple, âgés aujourd’hui de 14, 11 et 7 ans, faute d’explications rationnelles de l’accusé.

 

La rédaction de LCI

Mis à jour : 28/04/2017Créé : 28/04/2017

 

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