Henri Guaino effaré par le pouvoir des juges : un peu d’hypocrisie, quand même, non ?

Ce n’est pas d’aujourd’hui que certains juges « dérapent » en toute impunité.

Pour ne prendre que l’exemple des agissements toujours hors la loi, véritablement criminels et parfaitement scandaleux de certains d’entre eux contre mes proches et moi-même, depuis le temps qu’ils perdurent et produisent bien tous les effets recherchés par leurs auteurs, notamment l’assassinat d’ingénieurs auxquels il n’a toujours été reproché que leur intégrité sans faille, ou tout simplement d’être ingénieurs et non débiles mentaux, pas davantage malades mentaux, il n’y a vraiment plus grand monde pour les ignorer, mais personne ne s’en est jamais ému, surtout pas dans les sphères du pouvoir.

Donc, tant que les juges se contentaient de faire assassiner des ingénieurs ou d’autres personnes dérangeant tout autant des élus que des fonctionnaires CORROMPUS, il n’y avait pas de problème, ou du moins pas plus pour M. Guaino que pour n’importe quel autre politique français.

Mais depuis qu’ils s’attaquent aussi aux politiques ou vont demander des comptes à quelques-uns d’entre eux, rien ne va plus pour M. Guaino qui pour autant ne propose toujours pas de réforme du système judiciaire français de nature à remettre celui-ci dans le droit chemin.

 

https://atlantico.fr/article/decryptage/henri-guaino—le-silence-generalise-autour-de-l-assaut-de-la-magistrature-contre-le-garde-des-sceaux-est-effarant

Grand entretien

 

Henri Guaino : « Le silence généralisé autour de l’assaut de la magistrature contre le Garde des sceaux est effarant »

 

Dans un entretien à Atlantico, l’ancien député Henri Guaino revient sur l’enquête qui vise Eric Dupont-Moretti, révélatrice d’une justice qui tente de se placer en contre pouvoir vis-à-vis du pouvoir politique. Une tendance dangereuse pour l’ensemble des institutions.

Henri Guaino

Affaire Olivier Duhamel : retour sur le suicide de Marie-France Pisier en 2011

Les révélations de Camille Kouchner sur les viols subis par son frère jumeau durant son adolescence sont l’occasion de revenir sur l’étrange suicide de sa tante Marie-France Pisier, le 24 avril 2011.

Ayant pris connaissance des faits avec sa soeur Evelyne Pisier en 2008, elle était la seule à vouloir briser le silence sur cette affaire d’inceste qui l’aura manifestement minée jusqu’à sa mort, survenue dans le contexte des violences graves que je subissais moi-même depuis 2008 de la part d’une bande de cybercriminels comptant quelques pédophiles notoires, et avec moi tous mes proches et mes anciennes relations, ainsi que divers autres témoins gênants pour nos harceleurs et agresseurs.

Tout étant devenu public à compter de juin 2010, plusieurs assassinats s’étaient déjà produits et cette affaire de suicide ou d’accident bien étrange suivant de très près celle tout aussi mystérieuse des Dupont de Ligonnès m’avait naturellement interpellée.

Je venais alors de publier trois articles dans lesquels je revenais en détail sur le début des harcèlements que j’avais subis sur le site Rue89 à compter de 2008, articles dont j’ai republié des copies sur ce blog une première fois le 26 avril 2015 et plus récemment le 11 novembre 2018, toujours avec plus de détails :

http://petitcoucou.unblog.fr/2015/04/26/du-commencement-de-mes-problemes-sur-le-site-rue89-en-2008/

http://petitcoucou.unblog.fr/2018/11/11/de-la-violence-du-pervers-narcissique-david-servenay/

 

https://www.femmeactuelle.fr/actu/news-actu/pourquoi-marie-france-pisier-na-pas-supporte-les-revelations-sur-olivier-duhamel-2106660

Pourquoi Marie-France Pisier n’a « pas supporté » les révélations sur Olivier Duhamel

 

le 8 janvier 2021 à 15h08
Pourquoi Marie-France Pisier n'a "pas supporté" les révélations sur Olivier Duhamel

 

Camille Kouchner a publié jeudi 7 janvier 2021 son ouvrage La familia grande (éd. Seuil), dans laquelle accuse son beau-père Olivier Duhamel d’inceste. Marie-France Pisier, sa tante, n’a pas supporté d’apprendre que le politologue aurait abusé de son neveu.

Camille Kouchner change le destin de sa famille. La juriste de 45 ans a publié jeudi 7 janvier 2021 un ouvrage intitulé La Familia Grande (éd. Seuil) dans lequel elle dénonce, 30 ans après, les abus sexuels dont aurait été victime son frère jumeau de la part d’Olivier Duhamel, le second mari de leur mère Evelyne Pisier. Un récit glaçant dans lequel Camille Kouchner relate avec beaucoup de justesse les mécanismes du silence et de l’emprise très courants dans les affaires d’inceste. « Victor », comme il est surnommé dans le livre pour garantir son intimité, a en effet raconté une première fois son histoire à sa mère avant qu’elle ne meure en 2017, mais celle-ci aurait protégé son mari. Selon Camille Kouchner, ils étaient d’ailleurs plusieurs dizaines à avoir eu vent des rumeurs qui pesaient sur le politologue de 70 ans… et à avoir fermé les yeux.

La réaction de Marie-France Pisier

Camille Kouchner a tout de même tenu à saluer la mémoire de sa tante l’actrice Marie-France Pisier, qui a eu le courage de parler. Dans une interview accordée à L’Obs, la juriste a en effet assuré qu’elle était à l’époque « la seule qui n’était pas clivée » : « Elle était absolument entière. Elle n’a pas supporté cette histoire. Elle a dit : ‘C’est insupportable.’ Et elle a parlé. Elle m’engueulait presque : ‘Je ne veux pas me taire !’ », s’est-elle souvenue.

Avant que Victor et Camille Kouchner ne parlent à leur entourage de ce qu’il s’était passé pendant leur adolescence, Marie-France Pisier et sa sœur Evelyne Pisier étaient très proches. Mais cette affaire a changé leurs relations à jamais. Iris Funck-Brentano, la fille de Marie-France Pisier, se souvient dans les colonnes du Monde. « Ma mère était très choquée que sa sœur ne protège pas d’abord ses enfants et que personne ne réagisse. Elles se sont brouillées. Je me souviens de tas de tentatives de réconciliation, toutes se soldaient par des échecs ». Les deux sœurs ne se sont jamais réconciliées. Au printemps 2011, Marie-France Pisier a été retrouvée morte au fond de la piscine de sa maison de vacances de Saint-Cyr-sur-Mer.

À lire aussi : Olivier Duhamel accusé d’inceste : au courant, le directeur de Sciences Po dévoile pourquoi il n’a pas agi

Sophia CHAFAI

 

https://www.purepeople.com/article/marie-france-pisier-son-neveu-victime-d-inceste-la-cause-de-sa-mort-remise-en-question_a418433/1

Marie-France Pisier, son neveu victime d’inceste : la cause de sa mort remise en question

 

Marie-France Pisier au Festival du Film Américain de Deauville, un an avant sa mort.
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Marie-France Pisier au Festival du Film Américain de Deauville, un an avant sa mort.

Publié le 05 Janvier 2021 – 14h28

Elle était la comédienne fétiche de François Truffaut et a brillé sur le tapis rouge jusqu’à sa mort tragique en 2011. Suicide ou accident ? Le flou autour du décès de Marie-France Pisier refait surface depuis que sa nièce Camille Kouchner a révélé un terrible secret de famille.

Près de 10 ans après la mort de Marie-France Pisier, la mystérieuse cause de son décès se retrouve à nouveau au coeur de toutes les interrogations, avec la sortie du livre La Familia grande (Editions du Seuil). Dans cet ouvrage à paraître le 7 janvier 2021, sa nièce Camille Kouchner, la fille de l’écrivaine Evelyne Pisier et de l’ancien ministre Bernard Kouchner, affirme que son frère jumeau a été victime d’inceste durant son adolescence. Elle accuse alors leur beau-père, le politologue Olivier Duhamel.

Dans les bonnes feuilles du livre, publiées par Le Monde lundi, Camille Kouchner raconte que les faits se seraient produits à la fin des années 1980. A de multiples reprises et durant au moins deux ans, Olivier Duhamel se serait rendu le soir dans la chambre de son beau-fils de 14 ans. L’adolescent, nommé « Victor » dans le livre, en aurait rapidement parlé à sa soeur jumelle, en lui faisant promettre de garder le secret. Un secret préservé durant vingt ans, jusqu’à ce que « Victor » décide de le confier à leur mère, Evelyne Pisier, en 2008. Sous le choc, cette dernière s’est réfugiée chez sa soeur Marie-France, qui habitait non loin de là, à Paris. Finalement, l’écrivaine a préféré prendre le parti de son mari.

Les soeurs qui étaient jusqu’alors « des confidentes inséparables » ne se comprennent plus. « Dès qu’elle a su pour Olivier, Marie-France a parlé à tout le monde. Elle voulait lui faire la peau« , se souvient Camille Kouchner. La comédienne a proposé d’héberger sa soeur, en vain. « Ma mère était très choquée que sa soeur ne protège pas d’abord ses enfants et que personne ne réagisse, ajoute de son côté Iris Funck-Brentano, la fille de Marie-France Pisier. Elles se sont brouillées. Je me souviens de tas de tentatives de reconciliation, toutes se soldaient par des échecs. » L’actrice était encore en froid avec sa soeur lorsqu’elle a été retrouvée morte, peu de temps après la révélation de ce terrible secret…

 

Christine Ockrent (la compagne de Bernard Kouchner) et Evelyne Pisier - Hommage à Marie-France Pisier à l'Eglise Saint-Roch à Paris en 2011.
Christine Ockrent (la compagne de Bernard Kouchner) et Evelyne Pisier – Hommage à Marie-France Pisier à l’Eglise Saint-Roch à Paris en 2011.

 

Le 24 avril 2011, en pleine nuit, la comédienne alors âgée de 66 ans a été retrouvée noyée au fond de la piscine de sa villa de Saint-Cyr-sur-Mer par son mari, Thierry Funck-Brentano. La tête et les épaules de Marie-France Pisier étaient coincées sous une lourde chaise en fer forgé. La piste de l’accident a été écartée pour privilégier celle du suicide, suite à des analyses médico-légales révélant un taux d’alcool important et la présence d’antidépresseurs et d’antalgiques. Une hypothèse renforcée par le fait que l’actrice souffrait d’une récidive du cancer du sein. Mais l’enquête est fermée sans conclusion précise et la cause de la mort de Marie-France Pisier reste floue.

Vous vous en prendrez à Olivier quand je ne serai plus là

Dix ans plus tard, les révélations de sa nièce questionnent à nouveau les circonstances de cette disparition. A en croire le témoignage de Camille Kouchner, sa mère Evelyne « pensait que Marie-France s’était plutôt suicidée« . Un geste en partie motivé par ce secret de famille, trop lourd à porter ? A l’époque, une amie de Marie-France Pisier avait affirmé aux enquêteurs qu’il fallait chercher du côté de la brouille entre les deux soeurs, en mentionnant le nom d’Olivier Duhamel… « Victor » a même été entendu par la brigade des mineurs, mais il a refusé de porter plainte par peur de « foutre en l’air » sa vie.

La disparition de Marie-France Pisier a poussé « Victor » a révéler son terrible secret à son père, Bernard Kouchner. « On avait peur qu’il l’apprenne autrement, sa jumelle a-t-elle expliqué à L’Obs. Il trouvait ça insupportable, voulait casser la gueule de mon beau-père. Mon frère aîné et moi lui avons alors dit qu’il fallait, malgré la colère, respecter le tempo et la volonté de mon frère jumeau. » Pour ce qui est de leur relation avec leur mère Evelyne Pisier, frères et soeur se sont éloignés. Camille Kouchner a tout de même revu sa mère quelques jours avant son décès, survenu en février 2017. « Je sais très bien que vous vous en prendrez à Olivier quand je ne serai plus là« , lui a-t-elle lancé.

C’est finalement en parlant de ce douloureux secret de famille à ses propres enfants, il y a près d’un an, que Camille Kouchner a décidé de tout raconter dans un livre. « J’avais besoin de leur montrer qu’on n’allait pas tous rester emprisonnés dans le silence« , a-t-elle expliqué à L’Obs. Avec ce livre, la juriste espère « affranchir » et « libérer » tous les membres de sa famille. De son côté, « Victor » « ne souhaite que la paix » : « Trente-deux ans plus tard, c’est un survivant. Nous sommes des fugitifs de l’inceste, des affranchis. »

Olivier Duhamel reste présumé innocent des faits qui lui sont reprochés dans cette affaire.

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/inceste-suicides-de-ses-parents-evelyne-pisier-allait-tres-mal-on-avait-peur-quelle-se-tue_461301

Inceste, suicides de ses parents… Evelyne Pisier « allait très mal » : « On avait peur qu’elle se tue »

 

Un climat de terreur

Marion Rouyer | jeudi 7 janvier 2021 à 19h00 – Mis à jour le vendredi 8 janvier 2021 à 07h34

Dans les colonnes de l’Obs ce jeudi 7 janvier, Camille Kouchner évoque son livre La Familia grande (Seuil), où elle raconte comment son beau-père, Olivier Duhamel, a violé à plusieurs reprises son frère jumeau. Elle raconte aussi dans quel état d’esprit se trouvait sa mère, Evelyne Pisier, lorsqu’elle lui a révélé avec son frère ce terrible inceste en 2008.

 

C’est un affaire sordide qui vient d’être révélée au grand jour. Dans le livre La Familia grande (Seuil), Camille Kouchner a décidé d’en finir avec le silence, et de raconter le calvaire de son frère jumeau, abusé par leur beau-père, le célèbre politologue Olivier Duhamel. Un inceste connu par « des dizaines et des dizaines » de personnes, sans qu’aucune ne décide de briser l’omerta. Seule la tante des jumeaux, Marie-France Pisier, a tenté d’alerter leur entourage. En vain.

Mise au courant en 2008, la mère de Camille Kouchner, Evelyne Pisier, va avoir une réaction stupéfiante. « Nous venions de vivre les suicides successifs de ses parents. Mon frère et moi étions terrorisés. On avait peur qu’elle se tue«  se souvient Camille Kouchner dans les colonnes de l’Obs ce jeudi 7 janvier. Lorsqu’elle apprend cet inceste, Evelyne Pisier, sur le fil, s’emporte. « Salauds ! vous avez tout balancé » leur hurle-t-elle, « Je hais votre perversité. Tout le monde maintenant va être au courant ».

« Les victimes deviennent les coupables, et les coupables des victimes »

Une réaction qui va profondément choquer ses enfants. « J’ai longtemps cru pouvoir m’en remettre aux adultes et à leur bon sens. J’ai été surprise par la violence de ma mère, de son déni. Cette violence m’a enfermée dans le silence, encore plus » témoigne dans l’Obs celle qui a voulu en finir avec ce terrible secret. « C’est toujours la même histoire : on inverse les positions, les victimes deviennent les coupables, et les coupables des victimes. C’est l’effet du silence. Ma mère a joué de ça » regrette-t-elle amèrement.

Quelques années plus tard, Evelyne Pisier devra affronter un nouveau décès, celui de sa soeur, Marie-France Pisier, retrouvée morte au fond de sa piscine. Les jumeaux comprennent qu’ils ne pourront définitivement pas compter sur le soutien de leur propre mère. Evelyne Pisier a préféré prendre la défense de son mari et garder le silence, jusqu’à sa mort en 2017.

 

Bernard Kouchner n'a été informé que des années plus tard

Bernard Kouchner n’a été informé que des années plus tard ALAIN GUIZARD / BESTIMAGE

 

Bernard Kouchner a menacé de lui « péter le gueule »

Ce n’est qu’au tournant des années 2000 que Bernard Kouchner, sera informé du drame. L’ancien ministre des Affaires Etrangères entrera dans une colère folle. Il aurait alors menacé de « péter la gueule » d’Olivier Duhamel. Camille Kouchner lui interdira d’intervenir, son frère jumeau ne souhaitant plus évoquer le drame. Un père distant selon l’aveu de sa fille, qui vient néanmoins de la soutenir publiquement et de saluer son courage.

De son côté, Olivier Duhamel, a annoncé le 4 janvier dernier démissionner de toutes ses fonctions, dont celle de président de la Fondation nationale des sciences politiques. Interrogé sur ces accusations, il a simplement déclaré : « Je n’ai rien à dire là-dessus« …

 

Olivier Duhamel n'a pas souhaité commenter l'affaire

Olivier Duhamel n’a pas souhaité commenter l’affaire Bestimage

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https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/marie-france-pisier-et-bernard-kouchner-auraient-flirte-ensemble_461280

Marie-France Pisier et Bernard Kouchner auraient flirté ensemble…

 

Des révélations étonnantes

Nina Siahpoush-Royoux | mercredi 6 janvier 2021 à 22h25 – Mis à jour le jeudi 7 janvier 2021 à 09h37

Dans son dernier ouvrage, Camille Kouchner accuse son beau-père Olivier Duhamel d’inceste et revient sur l’éventualité d’une relation entre son père Bernard et sa tante Marie-France Pisier.

 

Camille Kouchner frappe fort en révélant l’inceste de son beau-père Olivier Duhamel, sur son frère jumeau lorsqu’il était adolescent, dans son nouveau livre intitulé La Familia Grande. La fille de Bernard Kouchner et d’Evelyne Pisier raconte dans son ouvrage, qui sortira le 7 janvier 2021, que son frère, dont le prénom a été changé en Victor pour conserver son anonymat (et qui est désormais père de trois enfants), a été victime d’abus sexuels de la part du politologue de 70 ans, dès 1988.

Olivier Duhamel a aussitôt démissionné de toutes ses fonctions officielles, notamment son mandat de président de la Fondation Nationale des Sciences Politiques, lorsque les accusations à son encontre ont été médiatisées. Le Parisien revient sur l’affaire et précise qu’Evelyne Pisier avait très mal réagi en 2008, lorsque les abus sexuels de son compagnon sur son fils avaient été révélés à leur entourage proche. « Salauds ! Vous avez tout balancé. Je hais votre perversité. Tout le monde maintenant va être au courant », aurait-elle reproché alors à ses enfants. Nos confrères évoquent également sa sœur, Marie-France Pisier, qui a elle-aussi appris les actes commis par Olivier Duhamel et a vivement conseillé à Evelyne de le quitter. Les deux femmes sont restées « brouillées à vie ».

Des sœurs « partageuses »

De plus, on découvre que Camille Kouchner « suggère que pendant la liaison » de sa mère avec Fidel Castro (qui avait duré quatre ans), « Bernard Kouchner aurait pu vivre un bref amour avec la comédienne ». « Les deux sœurs de l’après-68, dit l’écrivaine, étaient ‘partageuses’ », ajoutent nos confrères, avant de souligner que « Marie-France Pisier a épousé le cousin germain d’Olivier Duhamel ».

Article écrit avec la collaboration de 6Medias

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https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/le-saviez-vous-evelyne-pisier-a-eu-une-histoire-damour-avec-fidel-castro_461204

Le saviez-vous ? Evelyne Pisier a eu une histoire d’amour avec Fidel Castro

 

Années 60

Marion Rouyer | mardi 5 janvier 2021 à 14h48 – Mis à jour le mercredi 6 janvier 2021 à 15h55

Dans le livre La Familia Grande à paraître aux éditions Seuil, Camille Kouchner raconte comment son beau-père, Olivier Duhamel, a abusé de son beau-fils. Leur mère, Evelyne Pisier, aurait eu connaissance des faits. Une femme disparue en 2017, qui avait eu une liaison avec Fidel Castro, avant d’épouser Bernard Kouchner.

 

Un inceste longtemps caché révélé en pleine lumière. Dans un ouvrage à paraître le 7 janvier aux éditions Seuil intitulé La Familia Grande, Camille Kouchner, la fille de Bernard Kouchner a décidé de briser le silence. L’avocate accuse son beau-père, le politologue Olivier Duhamel d’avoir abusé de son frère jumeau à partir de 1988. « Je vais t’expliquer, à toi qui dis que nous sommes tes enfants. Quand un adolescent dit oui à celui qui l’élève, c’est de l’inceste. Il dit oui au moment de son désir naissant. Il dit oui parce qu’il a confiance en toi et en ton apprentissage à la con. Et la violence, ça consiste à décider d’en profiter, tu comprends ? » écrit Camille Kouchner comme le rapporte Le Monde. Un inceste dont Evelyne Pisier était au courant. Mais contre toute attente, elle choisira de protéger son mari.

Evelyne Pisier avait épousé Bernard Kouchner en premières noces en 1970. Ensemble, ils ont eu trois enfants, Julien, Camille et Antoine. Avant ce mariage avec celui qui deviendra ministre des Affaires Etrangères sous Nicolas Sarkozy en 2007, la soeur de Marie-France Pisier a vécu une histoire d’amour avec Fidel Castro au début des années 60. En 1964, elle décide de partir pour Cuba où elle fait la connaissance de celui qui a pris l’île quelques années auparavant.

 

Fidel Castro en 1965

Fidel Castro en 1965 Zuma Press / Bestimage

 

« Je me persuade que Comandante ou pas, c’est bien l’homme que j’aime. »

« J’ai bientôt 23 ans et commence une histoire d’amour, qui durera quatre ans. Fidel est d’une tendresse incroyable » a-t-elle ouvertement témoigné en novembre 2016, « et, même si je n’ai pas le choix parce qu’il est un héros, notre relation se transforme peu à peu : il suffit qu’il enlève son ceinturon et ses armes, j’oublie le Lider Maximo, désormais, je me persuade que Comandante ou pas, c’est bien l’homme que j’aime. »

Mais très vite, celle qui deviendra la directrice du Livre, reconnaît entre eux de profonds désaccords. « Je ne supporte pas qu’à Cuba, les femmes et surtout les homosexuels, soient aussi mal traités » regrette Evelyne Pisier. Fidel Castro souhaite lui faire un enfant, elle refuse. Informée de cette idylle, sa mère tente de lui faire entendre raison. « Il a cent maîtresses ! Et la première s’appelle Cuba. Contre elle tu ne pourras rien ! » rapportent nos confrères de Libération. Evelyne Pisier finit par rompre et quitter la Havane pour rentrer en France. Quelques années plus tard, elle tombera sous le charme de Bernard Kouchner.

Crédits photos : FACELLY/SIPA

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/de-quoi-vous-vous-plaignez-evelyne-pisier-son-reproche-a-camille-kouchner-avant-sa-mort_461333

« De quoi vous vous plaignez ? » : Evelyne Pisier, son reproche à Camille Kouchner avant sa mort

 

Une réaction violente

Lea Cardinal | vendredi 8 janvier 2021 à 07h33 – Mis à jour le vendredi 8 janvier 2021 à 16h13

Dans son livre La Familia Grande paru ce jeudi 7 janvier, Camille Kouchner a accusé son beau-père, Olivier Duhamel, d’avoir abusé de son frère jumeau quand il était adolescent. Avant sa mort, sa mère Évelyne Pisier, qui a pris connaissance des faits plus tard, lui a fait un reproche qu’elle n’a pas oublié.

 

Après des années de souffrance et de silence, elle a choisi de briser l’omerta. Dans un nouveau livre intitulé La Familia Grande, paru ce jeudi 7 janvier aux éditions du Seuil, Camille Kouchner a raconté que son beau-père, le politologue renommé Olivier Duhamel, avait abusé à plusieurs reprises de son frère jumeau, lorsque celui-ci était adolescent. Après s’être confié à sa soeur et lui avoir demandé de « respecter ce secret », celui qui a été rebaptisé « Victor » pour une question d’anonymat a décidé de raconter le calvaire qu’il vivait à sa mère, Évelyne Pisier, qui avait refait sa vie avec Olivier Duhamel après avoir vécu une histoire d’amour avec Bernard Kouchner. Fin 2008, il a donc pris son courage à deux mains et s’est livré à l’écrivaine. Quelque temps avant de mourir (en 2017, ndlr), et alors qu’elle avait pris connaissance des faits sur le tard, la soeur de Marie-France Pisier a d’ailleurs fait un reproche à ses enfants, que sa fille n’a pas oublié.

Dans une interview accordée à L’Obs à l’occasion de la sortie de cet ouvrage, Camille Kouchner est en effet revenue sur une phrase forte prononcée par sa mère, peu de temps avant son départ : « Mais enfin, de quoi vous vous plaignez, vous avez tous les deux un boulot, des enfants« , aurait lancé l’ex-femme de Bernard Kouchner à Camille et « Victor » après qu’ils aient décidé de briser le silence et dénoncer les actes d’inceste de leur beau-père. Et à en croire la juriste, Évelyne Pisier n’a pas été la seule à réagir de la sorte : « Beaucoup ont essayé de nous le faire croire aussi, à partir du moment où nous avons élargi le cercle de la révélation : ce qui était digne, c’était de se taire. » Et de souligner : « Pour moi, le courage, ce n’est pas de se taire, c’est de parler. »

 

Evelyne Pisier salue Bernard Kouchner, le père de ses trois enfants, à l'occasion d'un hommage à Marie-France Pisier, à l'église Saint-Roch à Paris, en 2011.

Evelyne Pisier salue Bernard Kouchner, le père de ses trois enfants, à l’occasion d’un hommage à Marie-France Pisier, à l’église Saint-Roch à Paris, en 2011. JACOVIDES-BORDENAVE / BESTIMAGE

 

Évelyne Pisier en colère et dans le déni

Lorsque ses jumeaux ont commencé à ébruiter l’horreur qui se passait sous leur toit, leur père Bernard Kouchner n’a pas tergiversé. Il était prêt à en découdre et voulait « péter la gueule » d’Olivier Duhamel. À la demande de ses enfants, et surtout de « Victor » qui ne souhaitait pas évoquer ce drame, il ne s’en est finalement pas mêlé. Quant à Évelyne Pisier, sa réaction a été à la fois violente… et déroutante. Selon les dires de sa fille, cette révélation aurait provoqué une profonde colère chez celle qui a eu une histoire avec Fidel Castro.

« Salauds ! vous avez tout balancé« , aurait-elle lâché, ivre de rage, selon des propos rapportés par Le Parisien. « Je hais votre perversité. Tout le monde va être au courant. » Une attitude qui a ébahi les jumeaux, comme l’a confié Camille Kouchner, dans les colonnes de L’Obs. « J’ai été surprise par la violence de ma mère, de son déni. Cette violence m’a enfermée dans le silence, encore plus. » La seule à avoir osé briser l’omerta est leur tante, Marie-France Pisier, quitte à se brouiller avec sa soeur.

Crédits photos : GETTY

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/je-ne-veux-pas-me-taire-marie-france-pisier-na-pas-supporte-les-revelations-de-camille-kouchner_461322

« Je ne veux pas me taire ! » : Marie-France Pisier « n’a pas supporté » les révélations de Camille Kouchner

 

Une tante « entière »

Nina Siahpoush-Royoux | jeudi 7 janvier 2021 à 20h51 – Mis à jour le vendredi 8 janvier 2021 à 16h14

Interviewée par L’Obs ce 7 janvier, Camille Kouchner revient sur ses accusations d’inceste concernant son beau-père Olivier Duhamel et sur la manière dont Marie-France Pisier a réagi en apprenant les viols que ce dernier aurait fait subir à son neveu.

 

Dans le numéro de ce 7 janvier 2021 du magazine L’Obs, Camille Kouchner revient sur l’affaire Olivier Duhamel, qu’elle met en lumière dans son livre La Familia Grande. L’occasion d’expliquer avoir « compris après, par ses lectures sur les violences sexuelles, que, témoin direct ou indirect, on subit un trauma ». La fille d’Evelyne Pisier et de Bernard Kouchner estime que « le silence a pris racine là-dedans » concernant les viols que son frère jumeau aurait subis de la part de leur beau-père, lorsqu’il était adolescent. Des viols que sa tante Marie-France Pisier n’aurait pas supportés lorsqu’elle en a eu connaissance, avant sa mort.

« On l’a vécu de la même manière avec mon frère, à se demander ce qu’il se passait. Puis j’ai eu l’impression que seul mon silence pouvait l’aider », précise Camille Kouchner, qui a finalement osé dire des années plus tard et par écrit que « la culpabilité et le mensonge l’empêchaient de respirer ». L’écrivaine de 45 ans n’a pas été la seule à avoir du mal à briser le silence au sujet des abus sexuels que son frère aurait endurés dans sa jeunesse. De nombreuses personnes étaient dans la confidence, à commencer par Marie-France Pisier, la sœur cadette de sa maman. « Dans la ‘familia grande’, chacun a son hydre. Tous ceux qui ont su l’histoire ont été confrontés à ça aussi. Que faire ? Où est le courage ? », lance Camille Kouchner à nos confrères, avant de souligner que « sa tante était la seule qui n’était pas clivée. »

Une comédienne qui avait ses propres « démons »

« Elle était absolument entière. Elle n’a pas supporté cette histoire. Elle a dit : ‘C’est insupportable.’ Et elle a parlé. Elle m’engueulait presque : ‘Je ne veux pas me taire !’ », assure-t-elle, en évoquant par la suite, le décès de cette dernière. Pour rappel, l’actrice Marie-France Pisier a été retrouvée morte le 24 avril 2011, au fond de sa piscine, à l’âge de 66 ans. « Elle avait plein de fantômes, d’autres démons, mais là-dessus ma tante était très claire. Après, je ne sais pas exactement ce qui lui est arrivé… », affirme Camille Kouchner, qui n’a toujours pas de réponses à ses questions.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias

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https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/mort_tragique_de_marie-france_pisier_dans_sa_piscine_226993

Mort tragique de Marie-France Pisier, dans sa piscine

 

Le corps de l’actrice a été retrouvé par son mari…

Valérie Domain | dimanche 24 avril 2011 à 16h10 – Mis à jour le mardi 21 août 2018 à 20h40

 

Mort tragique de Marie-France Pisier, dans sa piscine

 

Marie-France Pisier s’est éteinte, accidentellement, chez elle, à 66 ans. «Elle a fait une très belle carrière. Elle était une des figures les plus marquantes du cinéma français, extrêmement attachante», s’est ému Serge Toubiana, le directeur de la cinémathèque française. «Elle était la suprême élégance qui naît de la plus parfaite simplicité», a réagi…

 

Des yeux vert lagon, une voix suave et un rire en cascade… Marie-France Pisier s’est noyée. C’est son mari, inquiet de ne pas la voir à ses côtés lorsqu’il s’est réveillé au milieu de la nui, qui a fait l’effroyable découverte. Son épouse flottait, inanimée, dans la piscine de leur résidence de Saint-Cyr-sur-Mer, dans le Var.?

Son décès a été constaté ce matin, à sept heures, à l’hôpital de Toulon. ??«Le corps ne portait pas de trace de violence externe», a indiqué le parquet, précisant qu’une autopsie et une enquête (non criminelle) étaient en cours.

Fille d’un gouverneur colonial en Outre-Mer, Marie-France Pisier est née le 10 mai 1944 à Dalat, en Indochine. Elle est repérée à 17 ans par

et devient la Colette de L’Amour à Vingt Ans, Baisers Volés et L’Amour en Fuite, grâce à une photo de famille, prise dans les rues de Nice. Le réalisateur cherche alors une adolescente pour donner la réplique à Jean-Pierre Léaud (alias Antoine Doisnel). Elle «doit être une vraie petite jeune fille, pas une lolita, pas une « blousonne », pas une petite jeune femme. Elle doit être simple et rieuse, et avoir une bonne culture moyenne. Si trop « sexy », s’abstenir», dit l’annonce.

Diplômée en droit et science politique, Marie-France Pisier est une intellectuelle engagée dans les combats de son époque. Elle milite pour légaliser la contraception puis l’avortement. Jeune étudiante à Nanterre et membre du mouvement du «22 Mars», elle aime raconter comment elle a aidé son compagnon Daniel Cohn-Bendit, interdit de séjour en France en 1968, à passer clandestinement la frontière en voiture en lui teignant les cheveux pour cacher ses (trop) célèbres boucles rousses.

Après des films de genre de

, cette beauté mystérieuse devient égérie des univers oniriques de Luis Buñuel, Alain Robbe-Grillet, Jacques Demy, Andrezj Zulawski, Yves Boisset et surtout André Téchiné. Grâce à ce dernier, elle obtient deux fois le César du Meilleur second rôle, pour Souvenirs d’en France en 1976 et Barocco en 1977.

1976: année de la consécration, les Césars récompensent aussi Marie-France Pisier pour sa performance dans Cousin, Cousine de Jean-Charles Tacchella, chronique sentimentale dont le succès aux Etats-Unis permet à cette polyglotte de tenter sa chance à Hollywood (The Other Side of Midnight).

Icône des auteurs, en couple avec l’avocat Georges Kiejman, notre femme de tête prend alors plaisir à jouer dans des séries télévisées et dans des succès populaires. Elle incarne, notamment, la sublime héroïne du feuilleton Les Gens de Mogador, et se révèle, partenaire de charme de Jean-Paul Belmondo dans L’As des As, en 1982.

Plus rare dans les années 90, cette «grande sensible», comme elle se décrivait, trouve cependant un de ses plus beaux rôles, celui d’une bourgeoise en mal d’enfant, dans Marion de Manuel Poirier en 1996. George Sand dans La Note Bleue, elle campe aussi Mme Verdurin dans Le Temps retrouvé de Ruiz.

Egalement femme de plume, elle signe plusieurs romans dont Le Bal du Gouverneur en 1984, récit de son enfance en Nouvelle-Calédonie, qu’elle adapte en 1990, avec Kristin Scott-Thomas. Elle passe également derrière la caméra, en 2001, pour Comme un Avion, un long-métrage inspiré du suicide de ses parents…

Cette année encore, Marie France Pisier était à l’affiche de la comédie Il Reste du Jambon? d’Anne de Petrini. Elle continuait d’inspirer de jeunes cinéastes comme Maïwenn, Laurence Ferreira Barbosa et Christophe Honoré. Et regorgeait de projets professionnels.

Selon ses proches, la défunte venait de confirmer sa présence à l’hommage qui sera rendu à Jean-Paul Belmondo, en mai au Festival de Cannes.

C’est une étoile, une grande dame, une immense interprète qui nous a quittés, prématurément…

J.B

Dimanche 24 avril 2011

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/marie-france_pisier_le_destin_tragique_d_une_insoumise_314832

Marie-France Pisier: le destin tragique d’une insoumise

 

Les bonnes feuilles d’un livre sur la comédienne, demain dans Gala

La rédaction | mardi 22 avril 2014 à 21h56 – Mis à jour le mercredi 23 avril 2014 à 02h03

 

Marie-France Pisier: le destin tragique d'une insoumise

 

Une biographie retrace avec beaucoup de sensibilité la personnalité de Marie-France Pisier, dont la mort énigmatique a bouleversé le cinéma français… Morceaux choisis, dans Gala, demain en kiosques.

 

Elle a illuminé le cinéma de François Truffaut, de Jacques Rivette et d’André Téchiné. Sensuelle, mutine, généreuse …L’actrice faisait fondre le cœur des hommes! Frappée par le double suicide de ses parents, elle aura à cœur de fonder une famille. Mère de deux enfants, Mathieu et Iris, aujourd’hui âgés de vingt-neuf et vingt-sept ans, elle a eu bien du mal à surmonter la terrible épreuve d’une récidive du cancer du sein. Suicide ou accident? On ne saura jamais ce qui s’est vraiment passé le 24 avril 2011 dans sa maison de vacances de Saint-Cyr-sur-mer. La véritable Marie-France Pisier (éditions Pygmalion) dessine un formidable portrait intime de cette actrice à la beauté ravageuse. Extraits

«Garez vos copains, les filles. Les sœurs Pisier arrivent…» À Nice, dans les années 1960, c’est en ces termes explicites qu’on annonçait la présence d’Évelyne et Marie-France dans les fêtes. Séductrices en diable, elles font chavirer les cœurs.

(…)

Après la rupture avec Robert Hossein, Marie-France partage quelque temps sa vie avec Jacques Bontemps, tout en se liant avec Daniel Cohn-Bendit, puis tombe dans les bras de l’avocat Georges Kiejman. Les ex se croisent, cela ne fait jamais de vagues. «Puisque Marie-France nous aimait, elle, nous devions nous aimer aussi, explique l’acteur Jacques Bontemps. C’était évidemment un peu utopique mais, avec elle, l’utopie fonctionnait.»

(…)

« Marie-France était heureuse avec Georges Kiejman, se souvient Marie Jaoul de Poncheville. Ils s’aimaient beaucoup. Je garde d’elle l’image d’une jolie danseuse, d’une femme gracieuse. Avec lui, elle était très gaie. Elle l’était moins après leur séparation. Quand ils ont divorcé, elle venait se réfugier dans mon appartement de la rue du Bac, s’allongeait contre moi et faisait “chut” en mettant son doigt sur les lèvres. Elle restait sans parler des minutes entières. Elle avait beaucoup de chagrin. » Bernard-Henri Lévy sera le troisième grand amour de la comédienne. Ils se rencontrent en 1978, le soir des élections législatives, dans les locaux du Nouvel Observateur, où Claude Perdriel, ami de longue date de l’actrice, les a conviés séparément. «Nouveau philosophe», BHL n’est pas encore le personnage médiatique qu’il est devenu.

(…)

La rupture avec le philosophe est douloureuse. «Il venait de rencontrer Arielle Dombasle, résume un ami. Il a quitté Marie-France à regret, elle était presque trop incontrôlable pour lui à cause de sa liberté d’allure et de son indépendance. Arielle avait un côté plus “courtisane”.» Affectée par cette séparation, la comédienne prend le large. Elle voyage beaucoup, vit une brève aventure avec un acteur grec. C’est alors que Thierry Funck-Brentano entre dans son existence.

Sa mort reste une énigme

Dans le secret de son cœur, chacun se raconte désormais sa version. Mort de Georges Pisier en 1986, de Paula Caucanas deux ans plus tard… Le passé familial de la comédienne hante les mémoires. L’histoire s’est-elle répétée? Marie-France Pisier s’est-elle sentie rattrapée par le suicide de ses parents? A-t-elle consciemment répété leur geste? A-t-elle voulu jouer avec le feu?

Thierry Funck-Brentano, son mari, est depuis le début convaincu qu’il s’agit d’un suicide. «Marie-France, dit-il, est probablement morte d’une crise cardiaque. On n’a pas retrouvé d’eau dans ses poumons et on sait que le mélange alcool et Ixprim, l’antalgique qu’elle prenait, met dans un état très particulier au contact de l’eau. Iris, Mathieu et moi avons eu accès au dossier de l’enquête par l’intermédiaire d’un avocat que nous avons mandaté pour le consulter à Toulon. Il ne contenait pas d’informations nouvelles; juste un rapport extrêmement complet. Mes enfants n’acceptent pas l’idée du suicide et penchent pour la thèse de l’accident. Alors, moi, qui suis absolument certain du contraire, je finis aussi par me résoudre à employer le terme d’accident… Ce n’en est pas un. Marie-France n’était pas somnambule, elle n’est pas tombée dans la piscine en butant sur un obstacle sans qu’aucun de nos trois chiens n’aboie. Les policiers ont fait le test.

Je n’ai rien vu venir, rien senti dans le timbre de sa voix qui ait pu m’avertir. Elle venait de traverser une période difficile à cause de son cancer. Il l’avait beaucoup fatiguée. Comme sa mère avant elle, je pense qu’elle a décidé d’interrompre son existence. Pas de lettre, pas de message, pas de signe avant-coureur, ni écrit ni testament. Rien. Marie-France s’est noyée avec son téléphone. La police a remonté ses derniers appels. Il n’y en avait pas eu cette nuit-là.»

(…)

Le témoignage le plus bouleversant est sans doute celui de Mathieu, le fils de la comédienne. « […] Comment aurait-elle pu reproduire consciemment le geste de ses parents? Mam’ n’était pas une matheuse, elle ne se serait pas embarquée dans une histoire de chaises avec des calculs savants sur les masses. Ma sœur est convaincue qu’il s’agit d’un accident. Je penche, moi aussi, pour cette thèse, à une nuance près. Sa mort est un accident en ce sens qu’elle n’était pas voulue. Ce soir-là, elle a bu quelques verres. […]S’est-elle sentie happée par le drame de ses parents qu’elle rejetait mais dont je sens qu’il la fascinait aussi? Je ne le saurai jamais.»

Dès demain dans Gala, retrouvez l’intégralité du sujet, dans lequel Sophie Grassin et Marie-Elisabeth Rouchy retracent la vie de la comédienne, de ses premiers amours à sa fin tragique.

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/marie-france-pisier-qui-est-son-dernier-compagnon-thierry-funck-brentano_461351

Marie-France Pisier : qui est son dernier compagnon Thierry Funck-Brentano?

 

Un homme d’affaires discret

Mathilde Joris | vendredi 8 janvier 2021 à 16h01 – Mis à jour le vendredi 8 janvier 2021 à 18h28

L’homme d’affaires Thierry Funck-Brentano, cogérant du groupe Lagardère, est celui qui a retrouvé Marie-France Pisier, son épouse et mère de ses deux enfants, au fond d’une piscine en 2011.

 

Le livre a fait l’effet d’une véritable déflagration. Dans La Familia grande, Camille Kouchner raconte le lourd secret qui pèse sur sa famille : les viols qu’aurait commis le politologue Olivier Duhamel sur son frère jumeau, âgé de 14 ans au moment des faits, relate Le Monde dans une enquête accompagnant la sortie du brûlot. Sa tante, Marie-France Pisier, est la seule personne du clan à avoir voulu briser l’omerta autour de cet inceste. En disparaissant dans des conditions mystérieuses, la scénariste a laissé derrière elle ses deux enfants, Iris et Mathieu, fruits de son union avec Thierry Funck-Brentano.

Né en 1947, Thierry Funck-Brentano est un homme d’affaires français de 73 ans. Cogérant du groupe Lagardère, ce natif de Boulogne-Billancourt est également directeur des relations humaines, de la communication et du développement durable du groupe. Il est par ailleurs le filleul de Jean-Luc Lagardère et cousin d’Olivier Duhamel. Titulaire d’un doctorat en économie, il est passé par le lycée Janson-de-Sailly, à Paris, l’école Saint-Martin-de-France, à Pontoise, et l’université Paris-Dauphine. Il a partagé la vie de Marie-France Pisier, auparavant mariée à l’avocat Georges Kiejman, de 1984 jusqu’à sa mort. Ils se sont mariés en juin 2009. De leur union sont nés deux enfants, Iris (34 ans) et Mathieu Funck-Brentano (36 ans), très discrets sur leur vie privée ou sur le deuil de leur mère.

Une tragédie brutale

La relation du couple a brutalement pris fin à la mort de l’actrice à l’âge de 66 ans. Son époux l’a retrouvée au fond d’une piscine, la tête et les épaules coincées dans une lourde chaise en fer forgé. Il s’inquiétait de ne pas trouver sa compagne auprès de lui, dans leur lit, à 4 heures du matin, avant de faire la terrible découverte. Selon lui, pas de doutes : sa femme s’est suicidée. « Marie-France est probablement morte d’une crise cardiaque, affirmait-il dans l’ouvrage La véritable Marie-France Pisier, paru en 2014 aux éditions Pygmalion. Elle venait de traverser une période difficile à cause de son cancer. Il l’avait beaucoup fatiguée. Comme sa mère avant elle, je pense qu’elle a décidé d’interrompre son existence. » Les circonstances de la mort de la comédienne n’ont jamais été révélées à l’époque de sa disparition.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias.

Crédits photos : JEAN-CLAUDE WOESTELANDT / BESTIMAGE

 

Michel Fourniret aurait enlevé et tué bien plus d’une trentaine d’enfants…

C’est une déclaration de son ex-épouse et complice Monique Olivier à une codétenue de la prison de Rennes qui selon les journalistes du Parisien fait « froid dans le dos », mais pas moins que le travail des juges d’instruction dans cette affaire et bien d’autres… à l’exception des récentes investigations entreprises dans le cadre de l’affaire Estelle Mouzin.

 

https://www.leparisien.fr/faits-divers/michel-fourniret-apres-l-affaire-estelle-mouzin-une-trentaine-de-cold-cases-reexamines-22-09-2020-8389515.php

Michel Fourniret : une dizaine d’ADN relevés sur le matelas au cœur de l’affaire Estelle Mouzin

 

Selon nos informations, les expertises réalisées sur un matelas de Michel Fourniret ont permis de découvrir une dizaine d’ADN inconnus. Une trentaine de cold cases devraient ainsi être réexaminés.

 

 Les enquêteurs s’interrogent toujours sur une période de neuf ans, pendant laquelle Fourniret n’aurait commis aucun crime.

Les enquêteurs s’interrogent toujours sur une période de neuf ans, pendant laquelle Fourniret n’aurait commis aucun crime. 
 

Par Vincent Gautronneau et Jérémie Pham-Lê

Le 22 septembre 2020 à 17h50, modifié le 23 septembre 2020 à 09h53

La question a obsédé des générations d’enquêteurs qui ont eu à croiser l’Ogre des Ardennes. À combien de reprises Michel Fourniret a-t-il réellement semé la mort au cours de sa longue itinérance criminelle? La décennie entre 1990 et 2000, cette fameuse « période blanche » durant laquelle aucun meurtre ne lui est imputé, a toujours nourri bien des soupçons.

« Comment avez-vous fait pour ne commettre aucun crime durant une période aussi longue ? » lui avait ainsi demandé un policier en 2017. « Parce que je travaillais. Je faisais partie de l’association des Castors », avait alors balayé Fourniret avec malice. Moqueur, voire provocateur, le septuagénaire se plaît à tourmenter les enquêteurs. « À votre place, je me poserais aussi la question », avait-il aussi glissé lors d’une autre audition.

Alors que Michel Fourniret vient d’être formellement relié à la disparition d’Estelle Mouzin en 2003, sa onzième victime potentielle, de nouvelles expertises génétiques accréditent la thèse d’un « chiffre noir ». Selon nos informations, pas moins d’une dizaine d’ADN inconnus ont été relevés sur un matelas du tueur en série retrouvé dans la maison de sa défunte sœur à Ville-sur-Lumes (Ardennes).

PODCAST. Disparition d’Estelle Mouzin : comment l’enquête a abouti, 17 ans après, à Michel Fourniret (Partie 1)

Il avait été saisi dès 2003, mais a fait récemment l’objet d’un nouvel examen avec les dernières technologies scientifiques par deux laboratoires dont un réputé de Bordeaux, ce qui a permis la découverte inattendue de traces partielles de l’ADN d’Estelle Mouzin. Ainsi que celui de Céline Saison, une autre victime de Fourniret. C’est semble-t-il dans cette demeure qu’il emmenait certaines de ses proies… La technique du « quadrillage » a été utilisée par les experts afin d’analyser chaque centimètre carré du matelas.

La santé de Fourniret décline, le temps presse

Ces nouvelles traces génétiques inconnues sont centralisées par les policiers de l’Office central pour la répression des violences aux personnes (OCRVP) aux fins de comparaison avec les ADN de victimes ou disparues de dossiers non élucidés. Une trentaine de « cold cases » susceptibles d’impliquer Fourniret ont ainsi été sélectionnés, d’après nos informations. Le temps presse : la santé et la mémoire du septuagénaire, incarcéré à Fleury-Mérogis (Essonne) déclinent et la perspective de le voir jugé pour l’ensemble de son œuvre criminelle s’amenuise.

Parmi les comparaisons ADN prévues, au moins deux relèvent de dossiers très médiatiques : les affaires Marion Wagon, 10 ans, disparue en 1996 à Agen et Cécile Vallin, disparue en 1997 en Savoie alors qu’elle avait 17 ans. Spécialistes des cold cases et conseils du père d’Estelle Mouzin, Mes Corinne Herrmann et Didier Seban ont, de leur côté, proposé d’initiative « sept requêtes auprès de juges d’instruction ». « Nous voulons que soient comparés les ADN de victimes ou de disparues que nous représentons et ceux découverts sur le matelas, et tous les autres scellés, saisis chez Michel Fourniret », insiste la première. Car pour elle comme pour de nombreux enquêteurs, « il est inconcevable que Fourniret n’ait pas fait plus de victimes ».

Marion Wagon (à gauche), 10 ans, disparue depuis le 14 novembre 1996 à Agen, et Cécile Vallin  (17 ans) disparue en juin 1997./AFP ; PhotoPQR/Le Dauphiné Libéré

Marion Wagon (à gauche), 10 ans, disparue depuis le 14 novembre 1996 à Agen, et Cécile Vallin (17 ans) disparue en juin 1997./AFP ; PhotoPQR/Le Dauphiné Libéré

 

70 «victimes potentielles» de Michel Fourniret

Depuis son arrestation en 2003, l’ombre de Michel Fourniret a plané derrière de nombreuses affaires sans qu’aucun élément matériel ou corps ne permettent de le confondre. Dans un document édité en 2005 que nous avons pu consulter, la Direction centrale de la police judiciaire listait déjà 70 « victimes potentielles » de Michel Fourniret ! Des affaires qui s’étendent depuis 1987 sur des dizaines de départements et pour la majorité encore irrésolues 15 ans après. Selon plusieurs sources, les ADN de certaines des victimes ou disparues n’ont jamais été comparées avec les empreintes génétiques du dossier Fourniret…

C’est que, pendant longtemps, certains magistrats ou enquêteurs se sont forgé une image type de la cible du tueur : une jeune fille, vierge de préférence. « Il y a encore quelques semaines, un juge a rechigné à une comparaison ADN car la victime avait 30 ans, déplore Me Corinne Herrmann. Pour ce magistrat, Michel Fourniret ne pouvait s’attaquer qu’à des adolescentes. » Or, les deux dossiers les plus avancés sur la piste Fourniret viennent battre en brèche cette théorie. Il y a l’affaire Lydie Logé, disparue dans l’Orne en 1993. Des traces ADN partiels de cette jeune femme de 29 ans ont récemment été décelées dans la camionnette du tueur. Sa mise en examen est sérieusement envisagée. Et il y a bien sûr l’affaire Mouzin, qui semble prouver que l’Ogre des Ardennes peut aussi s’attaquer à des enfants de moins de 10 ans.

Michel Fourniret : une dizaine d’ADN relevés sur le matelas au cœur de l’affaire Estelle Mouzin

« Ces dernières affaires démontrent qu’il peut frapper partout, même loin de chez lui et cibler des victimes très différentes », estime un enquêteur. « Bien sûr, son intérêt pour la virginité a guidé la majorité de ses actes, note Jean-Luc Ployé, psychologue qui a expertisé Michel Fourniret et son ex-épouse Monique Olivier. Il a évidemment tendance à cibler un type précis de victimes, mais son parcours criminel prouve que s’il ne trouve pas ce qu’il veut, il peut élargir son spectre. »

Une pause de 10 ans difficile à imaginer

La « période blanche » est bien évidemment creusée en priorité par les enquêteurs de la police judiciaire comme de la gendarmerie. À l’époque, le tueur en série vit à Sart-Custinne, dans les Ardennes belges avec son épouse et son fils. C’est pourquoi les autorités belges ont été sensibilisées à la possibilité qu’il ait pu faire des victimes sur leur territoire, ou dans des pays limitrophes comme l’Allemagne.

Mais l’Ogre des Ardennes, qui travaillait dans une cantine scolaire ou enchaînait les boulots manuels, pouvait parcourir de vastes distances avec « Jojo », son Citroën C25. « Le pacte criminel passé par Monique Olivier et Michel Fourniret était le ciment de leur relation, souligne Jean-Luc Ployé. Il est donc difficile de les imaginer appuyer sur un bouton pause pendant 10 ans. »

Monique Olivier avait confié à une codétenue que le nombres d’enfants enlevés par son mari « dépassait largement la trentaine »./LP/Olivier Lejeune

Monique Olivier avait confié à une codétenue que le nombres d’enfants enlevés par son mari « dépassait largement la trentaine »./LP/Olivier Lejeune  

À ce titre, les confidences de Françoise B., une codétenue de Monique Olivier à la prison de Rennes, font froid dans le dos. Interrogée en décembre 2018 par la PJ, elle avait déclaré que l’ex-épouse de l’Ogre des Ardennes lui a un jour dit que le nombre d’enfants enlevés par son mari « dépassait largement la trentaine ».

En janvier, Monique Olivier elle-même a laissé entendre que le tueur en série n’avait pas encore livré tous ses secrets. Interrogée sur la fameuse « période blanche », elle a expliqué que son ancien mari était, à cette époque, rentré au domicile en affirmant à plusieurs reprises : « Au moins celle-là, on ne la retrouvera jamais »… À ce jour, le septuagénaire a été condamné pour huit meurtres et est mis en examen pour trois autres.

PODCAST. Michel Fourniret : sur les traces d’un monstre qui n’a pas livré tous ses secrets

 

Qui se moque de Denis Robert ?

C’est encore la Gauche de Boue, il n’y a pas le moindre doute à ce sujet.

Je reviendrai plus tard sur les motivations de la folledingue Josette Brenterch du NPA de Brest, qui n’ont jamais varié depuis que je la connais.

Je me contente ici, après mes deux précédents articles sur la question, de préciser que l’on retrouve l’auteur des sites « Mes Propres Recherches » dans l’équipe de « communication numérique » du collectif Nuit Debout.

Il n’est pas difficile à trouver, sa signature est toujours la même – à moins qu’il n’y ait quelque part usurpation d’identité, mais je ne pense pas.

Avant que ne commence son grand délire anti-Denis Robert, il avait signé cet article qui fut publié dans la Gazette Debout le 8 juin 2016 :

https://gazettedebout.fr/2016/06/08/ne-pas-publier-dans-la-poubelle-de-la-boite-mail-de-nuitdebout-fr/

Il y a trois ans, donc début 2017, il indiquait ici être toujours actif à Nuit Debout et faire partie d’un « groupe international de mouvements grassroots » :

https://social.apreslanu.it/@LukeRony

Yo tout le monde. Je viens sur ce mamot avec un but sous jacent : Je fais partie d’un groupe international de mouvements grassroots, et les outils pour communiquer et de convergences semblent limités. A se demander si mamot pourra répondre à un certain nombre de problemes. Je suis actif sur la com numérique de Nuit Debout. Y a t il des raisons de s’unir plus fortement entre personnes du numérique indé et libre ? (Question ouverte)

 

On rappelle qui sont les Nuit Debout (qui nuisent dans toutes les positions, assis devant un ordi aussi bien que debout dans la rue ou couchés devant les mafias, les patrons voyous et tous leurs associés fonctionnaires corrompus) :

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nuit_debout

Nuit debout

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Nuit debout
Description de cette image, également commentée ci-après
Assemblée générale de la Nuit debout à Paris, place de la République, le 10 avril 2016.
Informations
Date Printemps 2016
Localisation Drapeau de la France France (principalement)
Caractéristiques
Organisateurs Collectif pour la Convergence des Luttes (initialement)
Puis rapidement en autogestion
Revendications Réformes concernant la démocratie, le travail et l’économie (retrait de la « loi Travail », altermondialisme, anti-capitalisme, etc.)
Types de manifestations Occupations de places publiques
Actions Débats publics, manifestations, blocages, sit-inetc.

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Nuit debout est un ensemble de manifestations sur des places publiques, principalement en France, ayant commencé le 31 mars 2016 à la suite d’une manifestation contre la loi Travail.

Ce mouvement social est pluriel et cherche à construire une « convergence des luttes ». Sa revendication initiale, le refus de la loi Travail, s’élargit à une contestation plus globale des institutions politiques et du système économique.

Sans leader ni porte-parole, Nuit debout est organisé en commissions et les prises de décisions se font par consensus lors d’assemblées générales, suivant les principes de la démocratie directe.

Le mouvement s’étend sur une centaine de villes, certaines organisant des assemblées quotidiennes. L’affluence aux assemblées baisse à partir de fin mai 20161.

Déroulement

Contexte

Le 17 mars 2016, entre 69 000 et 150 000 personnes manifestent en France pour protester contre la loi Travail, à l’appel d’organisations de jeunesse2. La contestation prend de l’ampleur le 31 mars 2016 lorsque, soutenues par des syndicats de salariés, les manifestations rassemblent entre 390 000 et 1,2 million de personnes3. Cette contestation ne se limite pas au projet de loi, les manifestants se disant surtout « déçus par la gauche »4.

Les conséquences sécuritaires des attentats du 13 novembre 2015 font alors pleinement partie du contexte politique en France5,6.

Origine

220px-Fran%C3%A7ois_Ruffin_r%C3%A9pondant_%C3%A0_un_journaliste_%C3%A0_Longueau dans Calomnie
François Ruffin en juin 2017.

Le mouvement tire son origine d’une rencontre publique organisée à la bourse du travail de Paris le 23 février 2016, notamment par François Ruffin7, rédacteur en chef du journal de critique sociale Fakir et réalisateur du film alors en salles Merci Patron !, motivée par la « lutte contre l’oligarchie »7. Cette rencontre, baptisée « Leur faire peur » et motivée par les réactions du public au film Merci Patron !, a pour but de faire « converger des luttes dispersées, qu’il s’agisse de celle contre l’aéroport de Notre-Dame-des-Landes, de celle des ouvriers de Goodyear, de celle des profs contre la réforme des collèges, etc. »8.

Après la manifestation du 31 mars, le mouvement occupe la place de la République7.

Le « collectif de pilotage », une quinzaine de personnes, réunit Johanna Silva du journal Fakir, Loïc Canitrot, intermittent de la compagnie Jolie Môme, Leïla Chaibi du Collectif Jeudi noir et adhérente du Parti de gauche (PG), une syndicaliste d’Air France également au PG, un membre de l’association Les Engraineurs, ou encore un étudiant à Sciences Po, l’économiste atterré Thomas Coutrot et Nicolas Galepides de Sud-PTT7,9,10.

Le collectif refuse d’établir une plateforme revendicative mais dénonce « des réformes de plus en plus rétrogrades », un « déni démocratique » et lance un appel pour construire un « projet politique ambitieux, progressiste et émancipateur »7. Une cagnotte lancée sur Internet récolte 3 000 euros7. L’association Droit au logement offre son aide, notamment juridique et pratique, l’organisation altermondialiste Attac et l’union syndicale Solidaires se joignent également au collectif7.

C’est l’économiste Frédéric Lordon qui est sollicité par le collectif d’initiative pour ouvrir cette première nuit parisienne du 31 mars. Il y prononce un discours, notamment sur la convergence des luttes11,12, qui se conclut ainsi : « Apportons-leur la catastrophe13. » Lors de ses différentes prises de parole, Frédéric Lordon expose ses idées, telle celle d’un mouvement « destituant », idée développée notamment dans un article publié dans Le Monde diplomatique de mars 2016, intitulé « Pour la république sociale »14,15.

Ainsi naît le mouvement, présenté comme citoyen et pacifique. Mais le collectif se reconnaît rapidement « dépassé » par le succès et l’ampleur de la mobilisation et passe la main à un mouvement horizontal et qui n’a pas de représentant7.

Occupations

220px-Nuit_Debout_-_Paris_-_41_mars_02 dans Corruption
Paris, place de la République, 10 avril 2016.
220px-Nuit_Debout_-_Paris_-_42_Mars_01 dans Crime
Paris, place de la République, 11 avril 2016.

Des structures s’organisent progressivement à Paris pour tenir la place de la République le plus longtemps possible : accueil, infirmerie, cantine, nettoyage12, campement16.

Des rencontres s’opèrent entre les participants de profils divers (étudiants, ouvriers, précaires, chômeurs, universitaires, migrants)12,17.

Différentes formations politiques se joignent au mouvement, mais la récupération politique semble discrète18,19. Olivier Besancenot, ancien porte-parole du Nouveau Parti anticapitaliste , et Julien Bayou, porte-parole de Europe Écologie Les Verts, viennent régulièrement participer à Paris, mais en leur nom propre, pas au nom de leurs partis politiques20.

Le mouvement se répand dès le 5 avril dans plusieurs villes de France21, puis continue à croître. Toutefois, il peine dans un premier temps à s’étendre en banlieue22. Les premiers jours, quelques habitants de Seine-Saint-Denis participent au rassemblement de Paris23 avant que des Nuits debout ne soient organisées à Montreuil24, Saint-Denis, Saint-Ouen et Marne-la-Vallée25.

Le 8 avril, le mouvement s’exporte en France d’outre-mer à Saint-Denis (La Réunion)26. À cette date, en comptant les mouvements réguliers, mais aussi les initiatives irrégulières liées au mouvement, le journal Ouest-France relève plus de cinquante villes concernées16.

Lors de la seconde semaine d’occupation à Paris se posent les questions de la structuration du mouvement ainsi que de la précision de ses objectifs. Le 12 avril, lors d’un débat public, l’anthropologue David Graeber et l’économiste Frédéric Lordon s’interrogent sur les relations entre démocratie horizontale et nécessité d’organiser des « débats stratégiques » pour éviter que le mouvement ne tombe dans une « dynamique nombriliste et régressive ». Frédéric Lordon précise que « les porte-parole ne [lui] posent aucun problème s’ils sont élus, mandatés, contrôlés et révocables »27,28,29.

Mobilisation contre la « loi Travail »

Initialement formé dans un contexte de mobilisation contre la loi Travail, le mouvement aborde des sujets nombreux. François Ruffin et Frédéric Lordon demandent, le soir du 9 avril, que le retrait du projet de loi redevienne un objectif clair du mouvement30. Frédéric Lordon explique que Nuit debout « a besoin d’objectifs et de victoires intermédiaires30. »

Le 20 avril, une assemblée est convoquée par le journal Fakir et le collectif Convergence des luttes, à l’origine de Nuit debout, pour tenter de définir « l’étape d’après ». Un rapprochement avec les syndicats opposés à la Loi Travail est proposée pour les manifestations du 1er mai « un moment d’unité, de combativité et de fraternité. Il s’agit là d’un geste symbolique, voire historique. Seule cette jonction est en mesure, aujourd’hui, de faire peur à l’oligarchie, et de faire reculer le pouvoir ». Aucun consensus ne se dégage sur cette proposition31,32,33. Finalement, une motion est approuvée par les assemblées des 22 et 23 avril appelant ces syndicats à participer à des débats communs les 28 avril et 1er mai pour « faire le point sur [leurs] accords et désaccords »34.

Le 28 avril à Paris, une première jonction est réalisée avec les syndicats. Philippe Martinez, secrétaire général de la CGT, ainsi que des membres de l’Union syndicale Solidaires et de la CNT, prennent la parole lors de l’assemblée populaire. Des appels à la grève reconductible sont lancés, sans plus de précisions35,36,37.

Le même jour à Dijon, peu avant 9h du matin, une vingtaine de manifestants de Nuit debout Dijon investissent le Conseil régional de Bourgogne-Franche-Comté38 afin de protester contre le projet de loi El Khomri. Ils demandent à prendre la parole38. La présidente de région, Marie-Guite Dufay, refuse et suspend la séance une vingtaine de minutes39, le temps que la police fasse évacuer calmement38 les manifestants, malgré des tensions entre les conseillers régionaux FN et les militants de Nuit debout39.

Le matin du 3 mai 2016, jour de l’ouverture des débats sur le projet de loi El Khomri à l’Assemblée Nationale, une centaine de participants de Nuit debout bloquent le pont de la Concorde par un sit-in40 – le pont étant situé en face de l’Assemblée. Un peu plus tard dans la matinée, les manifestants libèrent le pont afin de laisser passer la circulation, et se rapprochent des grilles de l’Assemblée nationale40. Ils sont rapidement délogés de là par des CRS40.

La majorité parlementaire nécessaire pour faire voter la Loi Travail n’étant pas assurée41, le Premier Ministre Manuel Valls décide, le 10 mai 2016, de la faire passer en utilisant l’article 49-3 de la Constitution. Dans l’après-midi, plusieurs centaines de manifestants, dont ceux de Nuit debout, viennent occuper le pont de la Concorde, face à l’Assemblée nationale42. Dans plusieurs villes — notamment Lyon, Toulouse, Montpellier, Grenoble43 et Nantes — des manifestations spontanées se mettent en place42. Dans d’autres villes, comme à Chalon-sur-Saône44, où les rassemblements de Nuit debout ne sont pas forcément quotidiens, des « Nuits debout exceptionnelles »44 se prévoient pour le soir même. À Paris et Toulouse se produisent des heurts entre les manifestants et la police42.

Le mouvement parisien envoie un communiqué qui déclare : « Ce déni de démocratie après un mouvement social qui a regroupé des centaines de milliers de personnes dans la rue, dans les entreprises, les universités, les lycées et sur les places de France est une insulte au peuple de ce pays » [...] Cette loi « serait un recul sans précédent des droits des travailleuses et des travailleurs en France, un retour au XIXe siècle » [...] les militants répondront « par tous les moyens légitimes en proportion au mépris affiché », et appellent à la mobilisation « contre cette dernière attaque contre nos droits sociaux et notre démocratie »43,45.

Fin mai 2016, des opposants à la Loi Travail bloquent les huit raffineries de pétrole de France métropolitaine et plusieurs dépôts de carburant. Les membres de Nuit debout Lorient y participent activement, en tenant la barricade du port de pêche de Lorient46 – troisième barricade du dispositif de blocage du dépôt de carburant de Lorient. De plus, ils assurent un petit service médical contre les blessures qui peuvent survenir au cours des manifestations, notamment celles liées au gaz lacrymogène46.

Manifestations ponctuelles

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Manifestations spontanées

Dans la nuit du samedi 9 avril, plusieurs centaines de participants ont décidé de « prendre l’apéro chez Valls » et sont partis en manifestation spontanée vers le domicile parisien du chef du gouvernement47,48.

Le 14 avril, à la suite d’une émission de télévision à laquelle participait François Hollande retransmise place de la République, 300 manifestants tentent de converger vers l’Élysée et sont détournés par les forces de l’ordre49.

Occupation d’enseignes commerciales

Le 20 avril 2016, des manifestants occupent une agence de la BNP Paribas à Toulouse, puis continuent leur manifestation théâtre de la Cité TNT après avoir été évacués par la police50.

Le 23 avril 2016, une quarantaine de manifestants du mouvement grenoblois investissent un hypermarché Carrefour, afin d’y faire un pique-nique en se servant dans les rayons. Avec diplomatie, le directeur donne la possibilité aux manifestants d’intervenir au micro du magasin afin de clore la manifestation dans le calme51.

Le 3 mai 2016 en soirée, 400 manifestants de Nuit debout de Toulouse occupent le McDonald’s pour protester contre l’évasion fiscale et la précarité des employés de la chaîne52,53.

Le 11 mai, une cinquantaine de participants à Nuit debout Montélimar organisent une distribution de jus de fruit devant une usine de l’entreprise d’emballage Autajon afin de protester contre le PDG, Gérard Autajon, impliqué dans le scandale des Panama Papers et soupçonné d’avoir dissimulé plus de 20 millions d’euros au fisc54.

Soutien à d’autres mouvements

Le 25 avril, l’assemblée générale de Paris est délocalisée devant le Théâtre de l’Odéon occupé, depuis la veille, par des intermittents du spectacle55,56.

Fin-avril, les participants à Nuit debout Montpellier aident les habitants du quartier populaire des Cévennes en établissant une zone à défendre dans le parc de la Colline de Las Rébès, empêchant la mairie de le raser et de construire de nouveaux logements sociaux57.

Début septembre, le mouvement relaie l’action de Blockupy et tente de manifester devant le ministère du travail, puis l’assemblée nationale. Sans autorisation de manifester, il est dispersé par la police58.

Irruptions en conseil municipal

Le vendredi 29 avril, le Conseil municipal de Clermont-Ferrand est envahi par une vingtaine de militants, qui protestent contre l’interdiction d’ériger des constructions en dur sur la place de Jaude. Après trois heures d’occupation et d’interruptions au mégaphone, le maire Olivier Bianchi doit annuler le conseil municipal59,60.

Le 9 mai, une quinzaine de manifestants de Nuit debout Poitiers investissent l’Hôtel de ville de Poitiers pendant une séance du conseil municipal6162. Une fois la délibération prévue à l’ordre du jour adoptée, le député-maire Alain Claeys accepte de donner la parole aux manifestants6162. Le groupe a débattu dans le calme62 sur différents sujetsnote 1,61.

École des Beaux-Arts à Paris

Plusieurs manifestants parisiens ont occupé l’École des beaux arts le jeudi 12 mai 2016, en rappel symbolique d’une même occupation en mai 6863. Ils espèrent une installation pérenne, mais sont évacués le samedi matin63. Des portes ont alors été fracturées dans le but de retirer le drapeau français du toit64. Des cannettes abandonnées participeront au blocage du système d’évacuation d’eau pluviale en juillet 201765.

Saint-Nicaise à Rouen

À partir du 5 mai, à Rouen, les manifestants de Nuit debout occupent l’église désacralisée Saint-Nicaise66. Jusqu’en 2014 le Secours catholique y distribuait des repas dans ce lieu historiquement destiné à la charité envers les pauvres67. L’église a été fermée pour des raisons de sécurité à cause du délabrement, et la mairie de Rouen veut la vendre67. Les participants de Nuit debout s’y installent pour nettoyer le sol67 et consolider les parties fragiles67 ainsi que les œuvres d’art66. Leur revendication est que les habitants du quartier soient consultés sur l’avenir de l’édifice6768 (vente ou rénovation). Ils demandent également l’expertise d’un conservateur de patrimoine pour savoir s’il serait encore possible de continuer à l’utiliser pour distribuer des œuvres de charité67. Ils en sont expulsés le 6 juin69.

Incidents

Violences et dégâts

Dans les nuits des 14 et 15 avril, des débordements poussent les CRS à disperser des « casseurs », qui occasionnent alors des dégâts, notamment sur des établissements bancaires. Le préfet de police de Paris déplore la présence de « petits groupes violents » et de manifestations non autorisées70.

Ces débordements sont évoqués, le 16 avril, lors de l’assemblée populaire qui approuve largement un projet de communiqué de presse qui précise que « Céder à la violence est contre-productif et fragilise le mouvement. S’attaquer à des biens privés qui n’ont aucune portée symbolique jette un discrédit » tout en dénonçant la responsabilité de ces dérapages sur les « provocations policières incessantes [...] C’est une stratégie délibérée pour décrédibiliser Nuit debout »71.

Le 18 avril, après deux jours sans constater de violence ni de dégradation, la préfecture de police indique dans un communiqué que les organisateurs de Nuit debout « ont pris acte de [ses] demandes et mis en œuvre les dispositions nécessaires » pour éviter de futurs débordements72,73.

Lors de la nuit du vendredi 22 au samedi 23 avril, divers incidents[précision nécessaire] provoquent des dégâts, notamment une voiture en feu74.

Le dimanche 24 avril, une « journée thématique » est organisée place de la République sur le thème de la violence75.

Dans la nuit du 28 au 29 avril, des manifestants, qui voulaient occuper le lieu en construisant « en dur », sont évacués de façon « très musclée » de la place de la République par les forces de police qui utilisent des grenades et des flashballs76,77,78. Plusieurs manifestants sont frappés à coups de poing alors qu’ils n’opposent aucune résistance et sont déjà menottés79,80.

Le 1er mai, à la suite d’incidents lors du défilé, la police demande la dispersion de Nuit debout puis évacue 600 personnes de la place. À la suite de cela, un arrêté de la préfecture de police durcit les conditions de rassemblement81.

Visite d’Alain Finkielkraut

Le 16 avril 2016, l’essayiste Alain Finkielkraut assiste à plusieurs prises de paroles lors de l’assemblée générale de Nuit debout, avant de faire un tour de plusieurs stands de la manifestation82. Puis, s’éloignant de l’assemblée populaire, il est pris à partie par une quinzaine de manifestants83 du Mouvement jeunes communistes de France (MJCF)84,85 qui le huent et l’insultent, ce à quoi il répond par des insultes86,87. Des membres de la commission Accueil et Sérénité de Nuit debout s’interposent entre les protagonistes86,87 et escortent Alain Finkielkraut alors qu’il quitte les lieux, malgré le fait que d’autres manifestants tentent de le convaincre de rester88.

Alain Finkielkraut dénonce avoir « été expulsé d’une place où doivent régner la démocratie et le pluralisme »89, expulsion d’ailleurs revendiquée par le MJCF84, tandis que deux des manifestants qui l’ont escorté affirment ne pas l’avoir contraint à partir87.

Cet événement est largement commenté dans la classe politique française, notamment de la part de la droite qui dénonce ce qu’elle identifie comme « l’intolérance » du mouvement Nuit debout90, ainsi que par de nombreux éditorialistes91 et journalistes qui le qualifient d’« expulsion ». L’association de critique des médias Acrimed qualifie le traitement médiatique de cet incident d’emballement disproportionné et biaisé, basé sur des informations non vérifiées et souvent sur la seule version des faits de l’essayiste92.

Violences contre Nuit debout

Le soir du 22 avril 2016 à Lyon, des membres du groupe d’extrême-droite GUD ont attaqué deux participants à la Nuit debout de Lyon, qui s’étaient isolés à l’écart de la Place Guichard. Les assaillants auraient fui face à l’intervention d’une trentaine d’autres participants à la Nuit debout93.

Le même soir, également Place Guichard, des membres du groupe monarchiste Action française, en état d’ébriété, commencent à endommager les installations de Nuit debout, avant que des policiers ne les arrêtent93.

Le soir du 28 avril à Paris, à 1h10 du matin, des CRS évacuent de force la Place de la République, après avoir essuyé des jets de projectiles9495. Après 1h30 du matin, les CRS décident de disperser les derniers individus présents sur la place. Au vu des oppositions violentes, les CRS décident de charger les derniers manifestants. Les policiers frappent alors plusieurs d’entre-eux au visage, alors qu’ils sont menottés et qu’ils n’opposent plus de résistance9495. Le réalisateur Matthieu Bareyre et son preneur de son, qui ont filmé – puis diffusé – une vidéo des faits, sont également pris à partie physiquement et verbalement par les policiers9495.

Expulsion des veilleurs

Le 8 juin 2016, les Veilleurs tentent d’organiser une veillée place de la République sur le thème du travail avec Joseph Thouvenel (Vice-Président de la CFTC). Ils sont mal accueillis et finissent par être expulsés par les partisans de Nuit debout sous les insultes et les jets de projectiles96. Ils entament alors leur veillée au quai de Valmy, mais sont violemment pris à partie et chassés par des activistes antifa se réclamant de Nuit debout (certains armés de battes de baseball et de barres de fer97,98). Ces mêmes activistes agressent des journalistes qui couvraient l’évènement99. Après s’être regroupés rue de la Fontaine au Roy, ils sont une nouvelle fois agressés par ces activistes qui les chassent de nouveau. Ils terminent leur veillée place du Palais-Bourbon. Plusieurs personnes sont blessées parmi les Veilleurs et il y a quelques dégâts matériels100,101.

Baisse d’affluence

Fin mai, une baisse significative d’affluence aux assemblées est remarquée dans toute la France, certains participants préférant se concentrer sur les manifestations contre la loi travail, ou simplement démotivés en période de partiels et de météo pluvieuse1.

Certaines Nuits debout recherchent des parades à cela. Ainsi, à Lyon, le mouvement ne se contente plus de l’occupation systématique de la Place Guichard la nuit, mais organise aussi des actions et des débats en pleine journée sur d’autres places de la ville102. Ou, en Ariège, la concentration des différentes Nuits debout à Foix relance localement le mouvement103.

Fin juin, l’assemblée générale parisienne ne réunit plus qu’une « poignée de personnes »104. Les participants s’interrogent sur une possible suite de Nuit debout sous une autre forme104,105. La mobilisation contre la loi travail prenant fin, celle contre le projet d’aéroport Notre-Dame-des-Landes est citée comme un nouvel objectif possible105.

Pendant deux mois estivaux le mouvement semble retombé, même si certains participants militent dans différentes ZAD106.

Retour occasionnel

Depuis, il arrive qu’à l’occasion de certains événements, un rassemblement Nuit debout se mette parfois en place.

Fin août et début septembre 2016, différentes villes organisent une « rentrée »107,108. Nuit debout Paris met en place un programme sur cinq jours106,109.

Le 19 février 2017, en réaction à des affaires de corruption (affaire Fillon, manifestations en Roumanie), plusieurs dizaines de villes organisent des rassemblements110,111.

A l’occasion du premier anniversaire du mouvement, des Nuit debout sont organisées sur la Place de la République à Paris, chaque nuit du 31 mars au 3 avril. Elles réunissent une cinquantaine de personnes112. Une Nuit Debout est également organisée à Lyon, Place Guichard, pour le 8 avril113.

Le soir du 26 janvier 2019, à l’occasion de la manifestation nationale « acte 11 » des Gilets jaunes, les Gilets jaunes présents à Paris avaient prévu de réoccuper la Place de la République au cours d’une « Nuit Jaune », basée sur le modèle de Nuit Debout. La Nuit Jaune ne se produit cependant pas, car si des manifestants s’assemblent bien Place de la République vers 17h, la place est évacuée par la police avant 22h, avec du gaz lacrymogène, des grenades de désencerclement et un canon à eau114. Une deuxième Nuit Jaune a lieu le soir du 2 février, pour l’« acte 12 »115. A Paris, elle réunit un faible nombre de personnes, malgré la manifestation qui avait eu lieu à Paris durant l’après-midi115. D’autres Nuits Jaunes sont organisées dans d’autres villes de France, et sont interdites à Rouen et au Havre116.

Analyses et réactions

Comparaisons

Ces occupations de places publiques peuvent évoquer l’Agora grecque117,118. Elles évoquent aussi celles de la Puerta del Sol à Madrid par le Mouvement des Indignés (2011)119, de la place Syntagma à Athènes par la « Génération des 700 euros », les actions du mouvement Occupy aux États-Unis ou encore selon Yves Sintomer des mobilisations telles que celles des parapluies de Hongkong ou des tournesols à Taiwan120.

L’appel à la grève générale et l’implication des jeunes et des étudiants dans le mouvement rappellent Mai 68 à certains121. Cette comparaison est cependant critiquée122, les deux mouvements se déroulant dans des contextes économiques et politiques différents123.

Analyses

L’intérêt du public envers Nuit debout est interprété comme un désaveu envers la classe politique traditionnelle124,125, mais aussi comme un signe de repolitisation91.

L’organisation horizontale du mouvement est parfois perçue comme une force126,127, mais aussi comme un manque de réalisme face à l’ambition des revendications128.

Selon le politologue Thomas Guénolé, l’occupation de la Place de la République par Nuit debout applique d’une part le concept de « zone autonome temporaire » du poète américain Hakim Bey et d’autre part les méthodes de démocratie délibérative129 théorisées par Jürgen Habermas130.

Le politologue Gaël Brustier déclare : « On peut sans doute dire que Nuit debout est le premier mouvement social post-marxiste. »123 Il explique le rejet de Nuit debout par la plupart de la droite et de l’extrême-droite ainsi : « La figure du “bobo” est devenue une figure répulsive au fil des années à droite et à l’extrême droite. La droite et l’extrême droite surfent dessus pour en faire un épouvantail afin d’effrayer et de mobiliser leur électorat. L’anti-intellectualisme diffus en France, est paroxystique dès qu’il s’agit de disqualifier des gens “qui ont le temps de parler et ne doivent pas travailler beaucoup”, rengaine désormais habituelle… »123.

Selon le sociologue Albert Ogien : « Cette forme d’action politique du rassemblement [l'occupation de places publiques] est devenue une forme reconnue, désormais utilisée comme la grève, la manifestation, le sit-in, l’émeute […] C’est une forme moderne d’action politique, hors partis, hors syndicats, sans chef, sans programme, qui dit « on discute entre citoyens de ce qu’il faut faire » […] et cela est tout à fait nouveau en France131,132. »

Le mouvement est décrit par le politologue Philippe Marlière comme « antiautoritaire »133, « d’inspiration libertaire » selon le politologue Yves Sintomer134.

Le réalisateur de cinéma, Romain Goupil, ancien militant trotskiste et ancien responsable du service d’ordre de la Ligue communiste, désormais néo-conservateur, analyse l’horizontalité prêtée au mouvement Nuit debout : « Je veux bien continuer à faire semblant de croire qu’il n’y a pas de “direction du mouvement” mais je sais pertinemment par vieille expérience que c’est faux et manipulatoire. La direction est contre “toute direction” pour mieux conserver la “bonne direction” »135.

Fin avril 2016, le quotidien conservateur Le Figaro désigne le Monde diplomatique comme étant la matrice idéologique du mouvement136.

Dans L’Opinion, journal libéral, Nicolas Beytout, ex-PDG du Groupe Les Échos, dénonce certaines propositions de Nuit debout qu’il qualifie de dangereuses et anti-démocratiques137.

Pour l’historien Jean-Louis Margolin, « c’est l’uniformité idéologique de Nuit Debout qui l’a empêché d’apporter une innovation durable »138.

Pour Brice Couturier, ce rassemblement de quelques milliers de personnes a été essentiellement un battage médiatique. Il compare la « surexposition médiatique » de ce mouvement « avec l’affligeante pauvreté des propositions qui en émanaient »139.

Eugénie Bastié dans le Figaro estime qu’il est « difficile de mesurer la fécondité d’un mouvement qui revendiquait pour principes une absence de centralisation et de leadership »105.

Frédéric Lordon estime début septembre que le « feu n’a pas (ou pas encore) pris », mais que l’attention du public sur le mouvement pourrait indiquer que certaines idées ont infusé140.

Réactions politiques

Anne Hidalgo, maire de Paris ne veut pas laisser « privatiser » la place de la République mais tolère cette occupation en se réjouissant de la « vitalité » de la jeunesse parisienne141. Elle regrette néanmoins les débordements qui pourraient désavouer l’aspect non-violent de la manifestation142.

Diverses personnalités politiques, notamment chez Les Républicains et les élus municipaux socialistes, soulignent les risques encourus, alors que l’état d’urgence est en vigueur, et dénoncent les violences et dégradations liées au mouvement143,6.

L’extrême gauche soutient très activement le mouvement144, tandis que le Front national demande la « dissolution » de Nuit debout145.

Le 16 avril 2016, Nuit debout reçoit le soutien et la visite de Yánis Varoufákis, ancien ministre des Finances de Grèce146,147.

Le 22 avril, Serge Bambara, figure de la deuxième révolution burkinabé, vient à Paris donner son soutien à Nuit debout en France et en Belgique148. Il tient un discours devant l’Assemblée générale, dans lequel il ne cesse de dresser des parallèles entre ce mouvement et la révolution à laquelle il a participé148.

Le 26 avril, lors d’un discours à Nice, Nicolas Sarkozy déclare que « les gens de Nuit debout n’ont rien dans le cerveau »149,150. Un mois plus tard, il déclare sur TF1, « La place de la République est occupée on se demande pourquoi. »151 Le 28 avril, l’ancien premier ministre François Fillon déclare : « Ça suffit, ce qui s’installe dans notre pays ça s’appelle la chienlit »152.

Le 28 avril ont lieu des manifestations violentes en France contre la Loi El Khomri153,154,155. À la suite de cela, le député Éric Ciotti demande « l’interdiction des manifestations, l’interdiction de Nuit debout »153. Le 29 avril, il lance une pétition pour interdire le mouvement156. Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve réagit : « Ceux qui essaient d’instrumentaliser ce contexte à des fins politiques en proposant qu’on interdise tout sont à la fois ignorants du droit et ignorants de ce qu’est l’état d’urgence et ignorants de ce qu’est la République et des principes de liberté qui la guident. »20

Selon Jean-Marie Le Guen, secrétaire d’état aux relations avec le Parlement, l’extrême gauche manipule le mouvement157.

Le député centriste Jean Lassalle et l’ancienne ministre de droite Nathalie Kosciusko-Morizet, candidats à la présidentielle de 2017, soutiennent le mouvement158,159.

Le vice-président de la CFTC Joseph Thouvenel, suite aux violences contre le mouvement des Veilleurs, dénonce le fait que les militants de Nuit debout « fassent régner la terreur en toute impunité dans la capitale » et condamne des pratiques qui, selon lui, « relèvent d’un véritable fascisme rouge »99.

Couverture médiatique

Selon Ugo Morel, « Le refus d’une représentation incarnée du mouvement Nuit debout est le reflet d’une compréhension du fonctionnement médiatique. »160.

À la suite de l’« incident Finkielkraut », Laurent Joffrin signe un éditorial dans le journal Libération où il écrit notamment : « Mais, outre qu’il [Alain Finkielkraut] n’a pas demandé à parler ce soir-là, le mouvement Nuit debout n’a-t-il pas bénéficié d’une bienveillance médiatique qui va bien au-delà de son importance numérique ? Dans une majorité de médias — à commencer par Libération qui s’est efforcé encore ce week-end de rendre compte au long des débats tenus dans ces assemblées —, le mouvement a été présenté à juste titre, comme un signe positif de repolitisation civique91

Le 20 avril, à la Bourse du travail, Frédéric Lordon répond aux réactions suscitées dans la presse par cet incident161, notamment nommément à Laurent Joffrin et à Najat Vallaud-Belkacem162, et « prévient les médias choqués par l’altercation avec Alain Finkielkraut  : « Nous n’apportons pas la paix. » »163 ».

Pour Frédéric Lordon, l’attention des média a été, d’abord, bonne de la part de journalistes « représentants typiques de cette jeunesse qu’ils venaient interroger », puis il estime que le ton s’est renversé car le système cherche à éluder la question du capitalisme du débat public140.

Organisation et activités

Organisation interne

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Vote à main levée de l’assemblée générale.

Même si quelques figures se distinguent164, les participants ne veulent pas de leader12. Ils tiennent des assemblées générales où toutes les décisions sont votées selon le principe de la démocratie directe165,166. Une gestuelle se met en place pour permettre à l’assemblée de réagir aux prises de paroles (agiter les mains en l’air pour approuver, bras croisés en l’air pour s’opposer et proposer autre chose…). Certaines assemblées générales du mouvement sont traduites simultanément en langue des signes167.

Les participants s’organisent en groupes appelés « commissions » pour aborder des sujets précis (commissions thématiques : économie, féminismeetc.), et pour permettre le bon fonctionnement de la manifestation (commissions structurelles : accueil, infirmerie, etc.)168,169.

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Plateau de tournage de TV Debout.

Nuit debout se méfie des médias traditionnels, et communique grâce à ses propres moyens170. Dès la quatrième nuit de mobilisation, les manifestants de la place de la République à Paris ont trouvé un relais important sur Periscope, l’application de partage en direct de vidéos. Au plus fort de l’audience, 80 000 personnes ont suivi les événements171. Une « Radio debout » et une « TVDebout » sont ensuite mises en place170,172.

Décentralisé, le mouvement organise et recense ses initiatives locales sur les réseaux sociaux et sur un wiki dédié169. Des commissions numériques permettent la présence du mouvement sur internet172.

Activités

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Atelier d’écriture de constitution.
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Un potager est créé après avoir ôté des dalles.

Différentes motions sont soumises aux participants lors des assemblées générales sur la place de la République à Paris.

  • 1er avril 2016 : se fournir autrement qu’au supermarché. Faire contribuer les AMAP et les producteurs locaux (adopté) ; faire de la place de la République une base d’accueil des réfugiés et mal-logés (adopté) ; faire un système de vote au son (refusé).
  • 2 avril : les propositions sont adoptées à 80 % de pour (adopté), organiser une assemblée générale tous les jours sur la place de la République à 18 heures (adopté).
  • 5 avril : occupation de la place également la nuit (adopté), déclaration en faveur de la régularisation de tous les sans papiers et condamnation des violences policières (adopté)173, ajout de la langue des signes dans la constitution (adopté), déménager l’assemblée générale en banlieue une fois par semaine (pas de consensus), diffusion d’un communiqué de presse écrit par la commission « communication international » (adopté).
  • 6 avril : après la tentative d’infiltration de militants d’extrême droite le 3 avril, l’assemblée générale examine la question : « Devons-nous interdire la place [de la République] à certaines personnes ? » Après un vote négatif, le débat est repris et se termine sur une absence de consensus.
  • 15 avril : discussion autour de l’avenir du mouvement en tant que parti politique (pas de consensus) ; opposition radicale à la déchéance de nationalité pour les « tueurs » et les délinquants fiscaux.
  • 25 avril : la commission écologie/climat de Nuit debout (Paris) diffuse un « manifeste pour une démocratie écologique » qui propose des « orientations pour la construction d’un destin commun »174.

En parallèle des débats et des assemblées générales, diverses activités de sensibilisation ou de loisir sont organisés (concerts, projections, ateliers, bals). Différentes initiatives sont récurrentes : « la cantine » préparant des repas, ou « Biblio debout » encourageant la circulation gratuite et libre de livres106,175.

Folklore

La première Nuit debout a eu lieu le 31 mars et les jours suivants sont comptés en restant en mars : « 32 mars », « 33 mars », etc.176,141

Certains étudiants à l’université Paris VIII, affichent leur soutien à Nuit debout en portant un rectangle rouge, symbolisant à la fois le Code du travail français et le carré rouge qui fut le symbole du mouvement québécois contre la précarisation des conditions d’étude en 2012177.

Une partie des participants de Nuit debout se réclame régulièrement de l’héritage de la Commune de Paris178.

Revendications

Motivations communes

De manière générale, le mouvement a des revendications anticapitalistes, au sens large du terme179.

Pour Cyril Castelliti dans Libération, « en s’inscrivant comme une alternative au système libéral, le mouvement veut expérimenter une démocratie directe et participative »180.

Pour Annick Cojean dans Le Monde, l’engagement se situe à très long terme et se donne pour objectif de réinventer la démocratie12.

Mouvement hétérogène

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Place de la République à Paris le 31 mars 2016.

On assiste à une convergence des luttes de groupes ayant différents objectifs. En effet, après des incidents et quelques affrontements entre des manifestants et des CRS sur des barricades dressées dans le Quartier latin, la nuit du 5 avril 2016, François Ruffin, comme d’autres intervenants, insiste sur la nécessité d’ouvrir le mouvement à toutes les classes sociales et aux personnes non engagées politiquement, à décentraliser la Nuit debout en banlieue, afin d’éviter une radicalisation par l’entre-soi173.

Divers sujets sont débattus, sans être nécessairement une revendication représentative de tous les participants. Par exemple :

La vocation affichée par Nuit debout est de donner à chaque personne l’occasion de s’exprimer, indépendamment de son opinion186, durant son tour de parole. Seuls les propos racistes, sexistes, homophobes ou violents envers les personnes, ne sont pas acceptés lors des rassemblements186. Un traitement différent est appliqué pour les propos violents envers des institutions ou des phénomènes économiques. Ainsi des propos violents « contre la mondialisation ou contre les banques » sont tolérés186. Dans les faits, cette vocation de parole libre est parfois confrontée à des réactions hostiles, de la part de certains individus refusant d’attendre le tour de parole186, ou d’autres marqués à gauche qui insultent des personnalités dont elles estiment que les opinions sont malvenues88,186.

Motivations locales

En raison de sa répartition sur le territoire français et de sa volonté d’être plus proche des citoyens et du terrain, plusieurs implantations du mouvement comportent des revendications locales.

Certaines obtiennent un certain soutien national, en étant défendues à l’assemblée générale de Paris. Notamment la lutte pour la zone à défendre contre le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes187188, ou la lutte contre la fermeture de l’usine Goodyear d’Amiens et la condamnation de syndicalistes de cette usine pour avoir retenu quelques heures leur patron188.

Lors de l’assemblée parisienne du 11 avril, des habitantes et habitants de la zone à défendre contre le projet de construction d’un aéroport à Notre-Dame-des-Landes prennent la parole pour partager quelques questions189.

D’autres revendications restent à l’échelle purement locale. On trouvera par exemple, à Dijon, des opposants au bétonnage des terres maraîchères du quartier des Lentillères190, à Poitiers en soutien à une famille roumaine191 ou, à Montpellier, des opposants à la déforestation de l’espace vert de la colline de Las Rébes dans le quartier des Cévennes192.

Refus d’alliance avec certains groupes

Nuit debout se revendique comme en dehors du système politique en place, ainsi aucune alliance claire n’est nouée avec les partis politiques, ni avec les syndicats[réf. souhaitée].

Bien que le mouvement se dise ouvert à tous, « la lutte contre toutes formes de discrimination telles que le sexisme, le racisme et l’homophobie » est une motivation omniprésente193, cela amène Nuit debout à refuser le rapprochement avec certains autres groupes, même ceux opposés à la Loi El Khomri.

Début avril, une tentative de noyautage de l’assemblée générale de Nuit debout Paris par le groupuscule Égalité et Réconciliation échoue19.

Début juin, Nuit debout Paris rejette la proposition de rapprochement des Veilleurs (mouvement proche de la Manif pour tous), jugeant la position de ces-derniers sur le mariage homosexuel discriminatoire193. Plusieurs parallèles sont pourtant faits entre Nuit Debout et le mouvement des Veilleurs, en particulier par le politologue Gaël Brustier194. Axel Rokvam, fondateur des Veilleurs, affirme qu’il existe des différences fondamentales de forme et de fond entre les deux mouvements195 mais reconnaît une « intuition commune que des ordres injustes sont en place » et une volonté d’y répondre par une forme de résistance196.

Ampleur du mouvement

Le 14 avril 2016, plus de 80 villes françaises , 8 villes espagnoles, 9 villes belges, 1 ville allemande (Berlin), 1 ville néerlandaise (Amsterdam), 1 ville portugaise (Lisbonne), et 1 ville taïwanaise (Taichung) sont concernées197.

En France

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Assemblée générale à Nice le 15 avril 2016.

Le mouvement est représenté dans toute la France, notamment à partir du 5 avril21. Soixante villes sont concernées le samedi 9 avril198.

Les assemblées sont quotidiennes à Paris, et rassemblent des milliers de participants chaque soir début avril199. Elles regroupent quotidiennement des centaines de personnes à Lyon200.

En tout, 140 villes en France ont organisé des rassemblements Nuit Debout201.

[afficher]

Liste des mouvements « Nuit debout » en métropole
  • 240px-Nuit_debout_Grenoble_20160410_7080 dans Politique

    À Grenoble.

  • 269px-Nuit_Debout_-_La_Rochelle_-_46_mars_-_06 dans Rue89

    À La Rochelle.

  • 240px-AG_Nuit_Debout_Lille dans Sceptiques du Québec

    À Lille.

  • 240px-Assembl%C3%A9e_G%C3%A9n%C3%A9rale_3_-_Nuit_Debout_Lyon dans Troll

    À Lyon.

  • 270px-Atelier_lors_de_la_Nuit_Debout_%C3%A0_Montpellier_%28_40_mars_%29 dans Ufoscepticisme

    À Montpellier.

France d’outre-mer

Le mouvement est également représenté en France d’outre-mer :

En Belgique

Hors de France, c’est en Belgique que le mouvement a pris le plus d’ampleur380 ; notamment à Bruxelles à partir du 7 avril (place des Barricades puis mont des Arts)381,382.

Les premières Nuit debout se tiennent le 9 avril 2016 à Liège23,383, le 12 avril à Namur384, le 16 avril à Charleroi385 et Mons386,387, le 17 avril à Tournai388, le 21 avril à Louvain-la-Neuve389.

En Région flamande, la première Nuit debout se tient le 14 avril 2016, à Gand390,391.

Autres pays

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Nuit debout à Madrid.

Le mouvement apparaît en Allemagne à Berlin où une soixantaine de personnes se sont réunies392,393 et à partir du 17 avril à Leipzig, manifestation qui a réuni une cinquantaine de personnes394,395.

Le 9 avril, le mouvement s’exporte au Portugal, dans sa capitale Lisbonne396. Et en Espagne, symboliquement, il atteint Madrid396, point de départ du Mouvement des Indignés en 2011, puis Valence, Saragosse, Tarragone, Murcie, Barcelone315.

Le 14 avril 2016, Nuit debout se tient pour la première fois aux Pays-Bas, à Amsterdam où quelques personnes se sont réunies397,398 et le 15 avril 2016 à Luxembourg399.

Le 22 avril 2016, Nuit debout s’exporte vers l’autre côté de l’Atlantique, au Québec, à Montréal où environ 200 personnes se sont rassemblées400.

Le 11 juin, des jeunes Congolais essayent d’importer Nuit debout à Kinshasa, mais l’événement ne réunit que quelques dizaines de personnes et est dispersé par la police. 5 manifestants sont arrêtés, et tous relâchés dans la soirée ou le lendemain401.

Global Debout

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Global Debout à Paris
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Assemblée générale à Salamanque en Espagne, dans le cadre de Global Debout.

Les 7 et 8 mai 2016, Nuit debout en France appelle, par un texte traduit en huit languesnote 2 à internationaliser le mouvement le 15 mai (« 76 mars ») en occupant des places partout dans le monde402. Cette date a l’avantage d’être fériée dans plusieurs pays (Dimanche de Pentecôte), et correspond symboliquement au cinquième anniversaire du Mouvement des Indignés403.

Cet appel est suivi en Espagne, avec des rassemblements de plusieurs milliers de personnes à Madrid404,405,406 et environ 1 200 à Barcelone407.

Au total, des manifestations sont organisées dans 300 villes en France403, et 130 autres villes réparties dans 28 pays403,404, mais en dehors de Madrid, Paris et Barcelone, les rassemblements restent de taille modeste, voire très modeste406.

Quelques chiffres :

Littérature

Dans Chants d’utopie, premier cycle de Brice Bonfanti, le chant XVIII du livre 1 est consacré à Laylâ (la nuit, en arabe), une Nuit Debout rêvée, mêlant l’hégéliano-marxisme à l’alchimie, d’inspiration aussi zapatiste, sous le titre : Nous sommes ce que nous ne sommes pas encore409.

Notes et références

Notes

  • La loi Travail, les migrants, la démocratie, le renseignement et les caméras de vidéo-protection.

Références

  1. Brice Bonfanti, Chants d’utopie, premier cycle, Paris, Sens & Tonka, 19 avril 2017, 188 p. (ISBN 978-2357291034)

Annexes

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Articles connexes

Bibliographie

Filmographie

Lien externe

 

Neuf médecins, psychiatres, psychanalystes ou psychologues ont signé la pétition pro-pédophile de Gabriel Matzneff du 26 janvier 1977

On a bien du mal à retrouver cette précision dans les différents textes publics existant actuellement à propos de cette pétition.

Je ne l’ai vue dans aucun des très nombreuses articles qui l’ont à nouveau évoquée ces derniers temps.

Je l’avais remarquée dans la fiche Wikipédia de Gabriel Matzneff il y a quelques jours mais elle en a déjà disparu.

Il n’y a que dans la fiche qui suit, dans sa version du 31/12/2011 et dans celle d’aujoud’hui, que cette indication peut encore être retrouvée.

Elle est pourtant d’une importance cruciale pour comprendre le sort réservé aux victimes…

 

http://www.codes-et-lois.fr/feeds/wikipedia/_1b01b2c9288ddd5033a449287956425a

Pétitions françaises contre la majorité sexuelle

 

- Wikipedia, 31/12/2011

Lire l’article…

Entre 1977 et 1979, alors qu’une réforme du Code pénal était en cours de discussion au Parlement, des intellectuels français, dont des figures célèbres, ont signé des pétitions et des lettres ouvertes demandant soit l’abrogation des lois sur la majorité sexuelle soit la relaxe des individus arrêtés pour des relations sexuelles avec des enfants ayant quatorze ans ou moins (mineurs de quinze ans). Ces prises de positions faisaient suite à la détention provisoire de Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt qui avaient eu des rapports avec des garçons et des filles de 13 et 14 ans « consentants ». À l’époque, la justice avait qualifié les faits « d’attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans » alors qu’aujourd’hui, les faits seraient qualifiés d’atteintes sexuelles, d’agressions sexuelles ou de viols.

 

Sommaire

1977 Pétition adressée au Parlement

En 1977, une pétition fut adressée au Parlement, appelant à l’abrogation de plusieurs articles de la loi sur la majorité sexuelle et la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France). Le document fut signé par les philosophes Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et André Glucksmann, par le philosophe et sémioticien Roland Barthes, par le romancier/activiste en faveur des homosexuels Guy Hocquenghem, l’avocat et professeur de droit Jean Danet, l’écrivain et cinéaste Alain Robbe-Grillet (élu membre de l’Académie française en 2004), l’écrivain Philippe Sollers, la pédiatre et psychanalyste pour enfants Françoise Dolto, et également par des gens appartenant à divers courants politiques[1].

1977 Pétition au Parlement – Liste des signatures

1978 Conversation à la radio entre Foucault, Hocquenghem et Danet

Article détaillé : La loi de la pudeur.

Le 4 avril 1978, une conversation approfondie détaillant les raisons de leur position pro-abolition a été diffusée par la radio France Culture dans l’émission « Dialogues ». Les participants, Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem, ont tous signé la pétition de 1977, avec d’autres intellectuels[3]. Ils pensaient que le système pénal était en train de remplacer la punition d’actes criminels par la création d’une figure d’individu dangereux pour la société et prédisaient qu’une société de dangers adviendrait. Ils ont également défini l’idée de consentement légal comme une notion contractuelle et un « piège » puisque « personne ne signe un contrat avant de faire l’amour »[4]. La conversation a été publiée en français sous le titre « La loi de la pudeur » puis en anglais sous le titre « Sexual Morality and the Law » (« La morale sexuelle et la loi »), et fut réimprimée plus tard dans cette dernière langue sous le titre « The Danger of Child Sexuality » (« Le danger de la sexualité de l’enfant »).

Lettres ouvertes publiées dans des journaux français

Le Monde – 26 janvier 1977

Une lettre ouverte fut publiée dans Le Monde, la veille du procès de trois Français (Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt), tous accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des filles et des garçons de 13 et 14 ans. Deux d’entre eux ont été en détention temporaire depuis 1973 et la lettre évoque ce fait comme scandaleux. La lettre fut signée par 69 personnes, dont Jack Lang (qui fut en France ministre de la Culture, ministre de l’Éducation, porte parole du gouvernement, député européen et qui est actuellement député du Pas-de-Calais), Bernard Kouchner (qui fut ministre de la Santé en France et cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du Monde), Michel Bon (qui dirigea le Carrefour, l’ANPE et France Télécom), et des intellectuels publics comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem, ainsi que 9 spécialistes – 5 psychiatres, 1 médecin, 1 psychologue, 1 psychanalyste et 1 spécialiste des sciences humaines[5],[6],[7],[8]. Le document déclare qu’il y a une disproportion entre la qualification de leurs actes en tant que crime et la nature des actes reprochés, et également une contradiction puisqu’en France les adolescents seraient pleinement responsables de leurs actes à partir de l’âge de 13 ans. (Dans les faits, la responsabilité pénale en France n’est pas systématiquement reconnue pleine et entière entre 13 et 16 ans [9]). Le texte argumente aussi que si des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France, elles doivent aussi pouvoir consentir[10],[6].

Le Monde – Liste complète des 69 signatures

Voici la liste complète des noms :

Libération – Mars 1979

Une lettre similaire, mais beaucoup plus sujette à polémique, fut publiée dans le journal Libération en 1979, en soutien à Gérard R., accusé de crime sexuel sur des enfants et attendant alors son procès depuis dix-huit mois. La lettre rapporte que Gérard R. vit avec des jeunes filles de 6 à 12 ans « dont l’air épanoui montre aux yeux de tous, y compris leurs parents, le bonheur qu’elles trouvent en lui ». L’affirmation qu’une fillette de 6 ans pouvait donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte et qu’elle en serait épanouie fut signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort. Cette lettre fut reproduite ensuite dans le journal L’Express du 7 mars 2001[6]. À part Christiane Rochefort, il n’a pas été rapporté qu’un des signataires de la lettre de 1977 ait également signé celle de 1979.

Notes et références

  1. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  2. L’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » est mentionnée à la page 273 du texte de Foucault, La loi de la pudeur, chapitre 16 de Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984 (en anglais). Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4 (voir aussi la version en ligne en anglais)
  3. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  4. FOUCAULT, Michel. Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984. Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4.Chapitre 16, La loi de la pudeur (en anglais “en:Sexual Morality and the Law », pages 271 – 285. Voir page 285 ou la version en ligne).
  5. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)
  6. a, b et c 1977-1979 pétitions et signatures (en français)
  7. 1977 pétition dans Le Monde (en français) (liste quelques unes des signatures, voir N° 6)
  8. 1977 pétition dans Le Monde – liste des signatures (en italien)
  9. Les sanctions applicables aux mineurs
  10. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)

Références

En français

  • Dignaction.org – Listes de la pétition de mai 1977 au Parlement ainsi que les deux lettres ouvertes publiées dans Le Monde et Libération.
  • Bibliothèque IPCE sur la lettre ouverte dans Le Monde (version française)
  • Denistouret.net (voir « Libé en écho d’un vertige commun », « pétitions ») – reproduit un article de Sorj Chalandon, publié dans Libération du 23 février 2001, pages 3 et 4. L’article mentionne les deux pétitions de 1977, et ajoute les noms de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers en tant que signataires de la pétition de 1977, adressée au Parlement.
  • La censure des bien-pensants, page 96 (Paris : 2003, publié aux Éditions Albin Michel). Le livre fut écrit par le journaliste Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières et Emmanuelle Duverger, une avocate internationaliste et membre de la Fédération internationale des droits de l’homme. Le livre mentionne les deux pétitions de 1977. Source : site Web «Denistouret.net » (page sur Ménard, N° 6).
  • « La loi de la pudeur« , publié dans le magazine Recherches N° 37, avril 1979, Fous d’enfance, p. 69-82.
  • FOUCAULT, Michel (1994). Dits et écrits 1976-1979. Tome III. Paris: Gallimard, p. 766-776 (Chapitre « La loi de la pudeur »)

En anglais

En italien

Voir aussi

  • Manifeste des 121 – une pétition française de 1960 contre la guerre d’Algérie
  • Manifeste des 343 – une pétition française de 1971 de soutien de la légalisation de l’avortement

Retrouvez l’article original ici…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9titions_en_France_concernant_la_majorit%C3%A9_sexuelle

Pétitions en France concernant la majorité sexuelle

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Les pétitions concernant la majorité sexuelle en France, liées à l’Affaire de Versailles, signées entre 1977 et 19791, alors qu’une réforme du Code pénal français était en cours de discussion au Parlement, par divers intellectuels, personnalités et médecins, ont été montrées du doigt au début des années 2000 lors de la polémique sur les écrits de jeunesse du député européen Daniel Cohn-Bendit. Les livres en français les évoquant ont tous été publiés au XXIe siècle.

L’une d’entre elles proposait d’accélérer les procédures pénales sanctionnant les relations sexuelles avec des mineurs, en recourant à des juges professionnels, et dénonçait la discrimination contre les homosexuels dont la majorité sexuelle n’avait été abaissée qu’ à 18 ans en 1974 contre 15 ans pour les hétérosexuels2. Les deux autres protestaient contre la durée de la détention préventive subie par des suspects dans deux affaires de pédocriminalité couvertes par le secret de l’instruction, dont la presse n’aura les détails que lors de l’audience publique au Tribunal. Cette cause est cependant « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Ces pétitions ont commencé lors de l’Affaire de Versailles, avec trois suspects d’attentat à la pudeur, notion remplacée en 1994 dans la loi française par l’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans et l’agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Oubliées pendant un quart de siècle, elle réapparaissent dans la presse et l’édition quand Daniel Cohn-Bendit répond aux journaux qui ont publié en janvier 2001 des extraits jugés pédophiles de son livre de 1975, en évoquant « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4 dans Le Monde du 22 février 2001. Au Journal de 20 heures de TF1, il dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération publie le lendemain un mea culpa sur ces pétitions sous la plume de l’écrivain Sorj Chalandon6, en estimant que son concurrent Le Monde est aussi concerné, et L’Express des entretiens avec deux signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7. Plusieurs des amis de Cohn-Bendit signent alors une pétition pour le défendre8 estimant que les écrits de son livre n’étaient, eux, « pas scandaleux » mais relevaient d’une nécessaire « explosion de la parole »8.

Le 16 janvier 2019, Vanessa Springora, invitée dans l’émission « La Grande Librairie » y a souligné, tout comme le sociologue Pierre Verdrager et le magistrat Jean-Pierre Rozencsveig, en réponse à une question de l’animateur François Busnel, que les motivations étaient très différentes d’un signataires à l’autre, la plupart voulant dénoncer la discrimination contre les homosexuels, sans savoir que Gabriel Matzneff avait participé à la rédaction du texte.

Contexte général

Le contexte international

Eté 1976: la pression venue du Québec

Au Québec, les milieux homosexuels militent en 1976 pour l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle9 pour les homosexuels9 car à l’approche de l’organisation des Jeux Olympiques de Montréal, les descentes policières se multiplient, en particulier l’arrestation de 89 personnes au Sauna Neptune, en mai 19769, suivie de la création du Comité homosexuel anti-répression (CHAR), en mai 19769, ce qui a aussi créé l’émotion dans les milieux homosexuels en France9 où la loi de 1974 maintient une discrimination de majorité sexuelle, abaissée à seulement 18 ans contre 15 ans pour les hétérosexuels).

Printemps 1977: l’impact de la campagne d’Anita Bryant

La chanteuse américaine de musique folk Anita Bryant a mené en 1977 une campagne à Miami avec pour slogan : « Tuer un homosexuel pour l’amour du Christ », pour abroger une ordonnance locale interdisant toute discrimination basée sur des critères de préférences sexuelles, en tenant des propos à l’origine d’une importante manifestation homosexuelle à Paris, le 25 juin 197710.

L’organisation politique d’Anita Bryant s’appelle Save Our Children (Sauvons Nos Enfants)11. En 1977, le comté de Dade en Floride avait promulgué une ordonnance interdisant toute discrimination sur des critères d’orientation sexuelle et le 7 juin 1977, cette ordonnance anti-discrimination est abrogée: la chanteuse poursuit alors sa croisade d’abord en Floride où elle obtient l’interdiction de l’adoption par des parents homosexuels, puis dans tout le pays contre d’autres ordonnances locales12,13.

En France : évolutions sociales et judiciaires

En France, la défense des suspects de pédophilie, même face à de supposés abus judiciaires, est alors « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Le secret de l’instruction largement préservé jusqu’en 1979

Les pétitions de 1977 et 1979 évoquent deux affaires de mœurs à laquelle la presse n’a encore consacré aucun article, en raison du respect encore très fréquent jusque là du secret de l’instruction. Les détails importants ne seront connus qu’à l’audience, rendue exceptionnellement publique pour précisément faire face à des pétitions signées en aveugle. Dans la première cependant, l’auteur de la pétition, Gabriel Matzneff, qui a longtemps été journaliste, a déclaré dans une tribune libre avoir rencontré un des suspects, afin d’étayer sa version, qui restera la seule connue jusqu’à l’audience.

L’autre pétition, celle de 1979, est publiée en plein milieu d’une violente polémique sur une autre affaire de pédophilie en cours d’instruction où le secret a été violé par le journal d’extrême-droite Minute puis par France-Soir et sans donner la version de l’avocat du suspect en détention préventive.

Du combat révolutionnaire à la contestation des mœurs

Pour l’historien Jean-François Sirinelli, de vifs débats ultérieurs à l’affaire Gabrielle Russier sont relancés en 1977 « avec des intentions et des arrières-pensées multiples »14. Les protagonistes avaient en effet en tête certaines affaires polarisantes, comme celle du suicide en septembre 1969, de Gabrielle Russier14, une professeure qui, à la suite d’une liaison amoureuse avec un de ses élèves alors âgé de seize ans, sera condamnée à un an de prison avec sursis pour enlèvement et détournement de mineur et surtout de la chanson de Charles Aznavour Mourir d’aimer et du film éponyme avec Annie Girardot, comme lui inspiré de l’affaire Gabrielle Russier, qui fait 6 millions d’entrées.

En 1971, Politique Hebdo, magazine emblématique de « l’esprit d’après-68 », écarte un entretien du pédophile René Schérer en raison — selon le témoignage du rédacteur en chef adjoint de l’époque Hervé Hamon — de ses « positions pro-pédophiles »15 tandis que rédacteurs et lecteurs de Télérama et Télé 7 jours déplorent, « au nom de la liberté d’expression », la suppression d’une émission de Michel Polac sur l’inceste, qui cependant pour eux « avait de quoi choquer »16.

Pour Sirinelli, une autre évolution se produit entre 1977 et 1979: le combat révolutionnaire anti-capitaliste cède la place à des contestations plus élargies qui concernent notamment la sphère de la famille, de l’intimité14. Cette évolution ne concerne qu’une « poignée d’intellectuels » selon Virginie Girod, docteure en histoire3 menés par Guy Hocquenghem, ex-amant et élève de l’écrivain pédophile René Schérer et pilier depuis 1975 du quotidien Libération, dont le tirage en 1978 à 37 000 exemplaires par jour, en croissance mais trop faible pour rester viable17. Rouge, quotidien d’extrême-gauche rival18, estime qu’il faut être du côté des accusés, coupables de seulement « quelques photos » mais s’interroge cependant sur la « volonté des révolutionnaires, dont la plupart se tairont sans doute »18 puis découvre que les faits et les expertises judiciaires lors de l’audience publique, au cours de laquelle Le Monde prend clairement ses distances avec cette cause19. Le plus célèbre des livres de l’écrivain le plus connu de cette mouvance, Gabriel Matzneff, ne s’est vendu qu’à 20 000 exemplaires20.

L’expertise judiciaire prend en compte la parole des victimes

L’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans une interview à Mediapart, note que si les textes judiciaires régis par la loi de 1832 ne posaient pas la question du consentement, les juges la posent souvent en pratique, quitte à juger que la victime a provoqué ce qui lui arrivait et, dans les années 1920, les psychiatres écrivent souvent que les jeunes filles sont consentantes, signe d’une « méfiance généralisée à l’égard de la parole des enfants » qui ne sera prise en compte que par l’évolution des « sciences du psychisme ». L’émergence sur la scène publique et politique des débats autour de la pédophilie, à la fin des années 1970, « a contraint les psychiatres et les psychanalystes à s’interroger de manière approfondie sur ce qui se passait en réalité. Cette période marque un tournant. Lorsque les experts sont amenés à s’exprimer dans les années 1960, ils peuvent parfaitement dire “cette petite fille est une débauchée, il faut prendre son témoignage avec méfiance”. Alors que les mêmes experts la croiront dix ans plus tard et assureront qu’elle n’a rien à se reprocher »21.

Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans son Histoire de la pédophilie, remarque que la psychanalyse a mené dès Sigmund Freud à une nouvelle conception de l’enfance et incite, notamment grâce au succès des thèses de François Dolto au début des années 1970, les médecins et les experts judiciaires à prendre en compte la parole de l’enfant en tant que victime et à le préserver22.

Pétition dans le Monde du 26 janvier 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde publie le 26 janvier 1977, veille du procès de l’Affaire de Versailles, le « communiqué » d’une pétition estimant que « trois ans, ça suffit » pour Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, en détention préventive depuis trois ans et deux mois car accusés d’attentat à la pudeur contre trois enfants de 13 et 14 ans23. Le secret de l’instruction fait qu’aucun journal n’a parlé de l’enquête. Trois jours après, Le Monde prend ses distances avec la pétition19 et dénonce la gravité des faits19.

Deux mois avant, le 8 novembre 1976, une « Tribune libre » de Gabriel Matzneff dénonce ces trois ans de détention préventive24, la « discrimination »24 contre les homosexuels par le Code pénal, le « silence » des intellectuels24 et même la « gêne, teintée de réprobation »24, qui font de lui « un homme isolé »24 malgré les attaques et la plainte d’un téléspectateur24, après son premier passage à la nouvelle émission de télévision littéraire de Bernard Pivot, Apostrophes, le 12 septembre 197524. Matzneff dit avoir rencontré un des trois hommes24 arrêtés à l’automne 1973. Le 22 novembre 1976, Le Monde signale « de nombreuses réactions de nos lecteurs pour la plupart critiques, voire hostiles et quelquefois indignées »25 à la « Tribune libre » de Gabriel Matzneff et en publie trois25.

Dans cette « simple affaire de “mœurs” (…) les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence », dénonce la pétition, qui juge « disproportionnées »23 les peines encourues (5 à 10 ans de prison), alors que « la loi reconnaît une capacité de discernement aux adolescents, qui peuvent être jugés et condamnés à partir de l’âge de 13 ans »23.

La pétition estime que la Cour d’assises doit les libérer, car trois ans de détention « ça suffit ! »23, mais ne réclame pas de changement de la loi23, même si elle souligne que des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France23 depuis la Loi Veil de 1974. La pétition semble ainsi ignorer que cette Loi Veil ne l’autorise que pour les centres de planning familial et sur prescription médicale26.

Le lendemain de la pétition, le procès débute. Le Monde félicite la Cour d’assises de supprimer le huis clos19 même si les victimes sont mineures, pour que les signataires de la pétition comprennent pourquoi l’enquête a duré plus de trois ans19 et son évolution : les victimes affirmaient certes avoir donné leur consentement, mais il s’avère très fragile vu leur âge et l’influence des adultes, comme le révèle l’audience publique. Les témoins y révèlent aussi des faits plus graves que les simples caresses et baisers évoqués par la pétition19, signée par 69 personnes au cours des semaines précédentes. Si la durée de la détention provisoire était « inadmissible », « là s’arrête l’indignation » écrit le journaliste envoyé par Le Monde19, pour qui « ce procès n’est pas » celui « d’une société ultra-répressive »19 mais de « trois hommes qui ont repris en compte à leur profit, et pour leur plaisir, des pulsions sexuelles »19. Il « est naturel de ne pas aimer cette forme d’amour et d’intérêt », conclut le journal19.

Parmi les signataires, des futurs ministres, Jack Lang, Bernard Kouchner, des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, André Glucksmann, Gilles Deleuze, Roland Barthes, Francis Ponge et Guy Hocquenghem, ainsi que quelques médecins23,1.

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Liste complète des signataires23.

Auteur

L’auteur de cette pétition est resté inconnu pendant 36 ans. Le 7 septembre 2013, agacé par des journalistes qui en parlent sans l’avoir lu, Gabriel Matzneff revendique la responsabilité et la rédaction du texte dans une chronique de son site personnel intitulée « Couvrez cette pétition que je ne saurais voir »27,28.

Il y explique les circonstances dans lesquelles est née la pétition, résumé d’une chronique parue dans Le Monde le 8 novembre 1976 sous le titre « L’amour est-il un crime ? »29. La quête des signatures fut menée par Matzneff, avec l’aide de Guy Hocquenghem. Selon lui, la plupart des personnes contactées se montrèrent favorables. Parmi les refus, Marguerite Duras, Hélène Cixous, Xavière Gauthier, et Michel Foucault.

Toujours en 2013, Matzneff ne renie en rien les valeurs exprimées par cette pétition : « J’en suis très fier et, si je l’écrivais aujourd’hui, je n’en modifierais pas le moindre mot, car elle est encore plus actuelle, nécessaire aujourd’hui qu’en 1977. »

Lettre ouverte dans Le Monde du 23 mai 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde est le seul journal à publier le 23 mai 1977, au lendemain du verdict dans l’Affaire de Versailles, des extraits d’une lettre ouverte écrite à la suite de la pétition du 26 janvier 1977, qui fait aussi référence exclusivement à l’Affaire de Versailles, pour que la pédocriminalité soit jugée plus rapidement, et donc par les magistrats professionnels d’un tribunal correctionnel plutôt que par cour d’assises2.

Des extraits sont publiés par le seul journal Le Monde30, qui cite les rappels des lois de 1810, 1836, 1863 et 1945 faits par la pétition30 et n’élude que la dizaine de lignes sur vingt consacrées à l’Affaire de Versailles, dont le verdict vient d’être rendu, cinq ans de prison avec sursis. Le Monde préfère s’en tenir à la conclusion des signataires qui « demandent que le dispositif pénal soit allégé, que de telles affaires, aujourd’hui passibles de la cour d’assises, soit jugées par un tribunal correctionnel », car « la détention préventive, en matière correctionnelle, ne peut excéder six mois »30.

Le texte souhaite aussi limiter à 5 ans de prison ferme la peine maximum encourue en cas d’attentat à la pudeur, le viol restant passible de Cour d’assises30,2.

L’appel explique que l’Affaire de Versailles, « jugée en audience publique, a posé le problème de savoir à quel âge des enfants ou des adolescents peuvent être considérés comme capables de donner librement leur consentement à une relation sexuelle. C’est là un problème de société. Il appartient à la commission de révision du code pénal d’y appporter la réponse de notre temps »30, pour des textes de loi « rajeunis et actuels »30.

La partie citée dans le court article du Monde évoque le droit du « détournement de mineur — dont le délit peut être constitué par le seul hébergement d’un mineur pour une nuit », prétend la pétition.

Le texte ne propose cependant à aucun moment de dépénaliser la pédophilie2. Ainsi, selon l’historien Jean Bérard, l’une des signataires, Françoise Dolto, estime que les relations sexuelles entre mineurs et adultes sont toujours source de traumatisme31,16.

Cependant, le texte observe avec une certaine désinvolture que « la qualification criminelle aboutit aujourd’hui à des conséquences aberrantes. En effet, le législateur se fait complice de l’acte incriminé puisque, d’autre part, il autorise la vente de contraceptifs aux filles de moins de quinze ans »30, alors que la Loi Veil ne l’autorise que sur prescription médicale et dans un dispensaire du Planning familial.

Ainsi ces pétitions « touchant à la norme et à la transgression dans des domaines aussi délicats que les rapports avec les enfants leur conféra parfois, par le ton utilisé, un caractère désinvolte (…) qui les placera ensuite en porte-à-faux » expliquera en 2007 l’historien Jean-François Sirinelli, pour qui les motivations des signataires sont très différentes de l’un à l’autre32.
Le texte parait dans les pages « Opinions » sous le titre « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs »2.

Moins de deux ans après, Le Monde reviendra sur cette affaire, pour souligner qu’entre-temps, à « en juger par l’émotion suscitée par l’Affaire Jacques Dugué »33, la révision des articles du code pénal portant sur les relations mineurs-adultes, demandée par ces personnalités, « n’est pas prête d’être acceptée par l’opinion »33.

Un mois après l’appel de mai 1977 sort le premier livre d’un des signataires, Pascal Bruckner, Le Nouveau désordre amoureux, plaidoyer pour la diversité des sexualités, dont l’un des chapitres sera jugé « plus que complaisant » envers l’apologie de la pédocriminalité professée trois ans auparavant par l’écrivain Tony Duvert34,35,36.

C’est seulement en 1982 que la loi placera la majorité sexuelle à 18 ans pour les homosexuels16.

Les signataires de la lettre ouverte du 23 mai 1977

Les signataires sont 80 personnalités et intellectuels30,37.

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Liste complète des signataires23.

Le Monde reproduit les signatures d’intellectuels comme Louis Althusser, Jean-Paul Aron, Roland Barthes, André Baudry, Simone de Beauvoir, Jean-Claude Besret, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, François Chatelet, Patrice Chéreau, Copi, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, Félix Guattari, Michel Leiris, Gabriel Matzneff, Bernard Muldworf, Christiane Rochefort, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, le docteur Pierre Simon et Philippe Sollers30.

La lettre a également été signée par Dennis Altman (en), Claude Bardos, le pasteur G. Berner, Christian Bourgeois, Christine Buci-Glucksmann, Jean-Pierre Colin, Dominique Desanti, Jean-Toussaint Desanti, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, Philippe Gavi, André Glucksmann, Renaud Goyon, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Jean-Luc Hennig, Christian Hennion, Guy Hocquenghem, Roland Jaccard, Pierre Klossowski, Anne Laborit, Madeleine Laïk, Georges Lapassade, Dominique Lecourt, Jacques Lefort, Michel Lobrot, Jean-François Lyotard, Michel Mardore, Dionys Mascolo, Gérard Molina, Vincent Monteil, Nicole Nicolas, Marc Pierret, Jacques Rancière, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Jean Ristat, Gilles Sandier, René Schérer, Victoria Thérame, Hélène Védrine et les Drs Frits Bernard, Boegner, Cabrol, Challou, Maurice Eme, Pierrette Garreau, R. Gentis, Michel Meignant, Jean Nicolas, Séguier, Torrubia2.

Pétition dans Libération du 23 mars 1979

 Article détaillé : Affaire des films de la FNAC.

Le 23 mars 1979, dans un climat politique tendu, une pétition titrée « Flip Fnac » est publiée dans la page « Courrier des lecteurs » du journal Libération, alors en grande difficulté. La pétition dénonce la détention préventive de 18 mois, dont 9 à l’hôpital psychiatrique de Villejuif, imposée à Gérard Roussel. Presqu’aucun détail n’a filtré en raison du secret de l’instruction : il a été arrêté en septembre 1977 à la FNAC, où il venait retirer, sous un nom d’emprunt, un film super-8, qui mettait en scène une fillette de sept ans. Un employé du magasin, choqué par les images, a signalé le film à la police, qui lui a tendu une souricière38.

La prise de distance du Monde sur l’affaire Flip Fnac et l’audience

Les juges ont entre-temps « correctionnalisé » l’affaire39, pour arriver plus vite au procès et réduire le risque encouru de 10 ans à 5 ans de prison ferme, en transformant les accusations, d’« attentats à la pudeur commis sans violence contre des enfants de moins de quinze ans » à « violences et voies de fait commises contre des enfants de moins de quinze ans »39, bien que l’on « puisse contester que des violences contre des enfants soient plus répréhensibles qu’un attentat à la pudeur commis avec leur consentement », estime alors, début avril 1979, Le Monde39, qui cite par ailleurs une partie du texte de la pétition parue dans Libération40 :

« Donner de l’amour à un enfant et en recevoir de lui par une présence, de la tendresse, des caresses, est un délit, voire un crime. On sait aussi que deux mineurs, qui font l’amour ensemble, se détournent l’un l’autre aux termes de la loi. Le caractère anachronique de cette législation est renforcé par le fait qu’une jeune fille de moins de quinze ans peut se procurer une contraception, sans l’autorisation de quiconque »39.

Devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Paris38, Gérard Roussel comparait le 30 mars 1979, finalement accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec des fillettes de 6 à 12 ans. Le suspect ne conteste pas les faits et nie juste qu’il y ait eu « pénétration réelle ».

Le dessin pédophile des graphistes de Bazooka dans Libération

La pétition a été publiée seulement dans Libération. Le quotidien, pour la première fois17 en perte (11 % de son chiffre d’affaires 197817) est alors déclaré « non-viable » car il ne tire qu’à 37 000 exemplaires, loin des 50 000 nécessaires pour équilibrer son budget17. Face à trois rivaux, Le Matin de Paris, fondé le 1er mars 197741, The Paris Metro42 créé à l’été 1977 et Rouge, devenu quotidien du 15 mars 1976 au 3 février 1979, Libération commence à publier des annonces destinées à des mineurs de 12 à 18 ans38, car il a eu vent du projet de magazine, Le Gai Pied, lancé le 1er avril 197938 sur fond d’Affaire Jacques Dugué, autre pédocriminel, en détention préventive depuis juillet 1978, révélée par le journal d’extrême droite Minute en septembre 197838. Serge July, directeur de Libération, avait recruté à l’été 1977 Bazooka, groupe de graphistes inspirés par les Sex Pistols du Mouvement punk et la sortie de God Save the Queen (chanson). July lui offre « une totale liberté d’expression », pour « secouer » le journal43. Selon lui « l’agression » graphique pratiquée par Bazooka « est aujourd’hui une manière d’exister, d’entretenir un rapport avec un monde désespérant »44. Bazooka intervient au « marbre » (maquette) juste avant le départ au rotatives mais sa « dictature graphique »44 provoque les réticences de la rédaction et la collaboration cesse. Bazooka travaille alors pour une autre publication, créée par Libération, la revue Un Regard moderne45, arrêtée en novembre 1978, après seulement six numéros, la rédaction de Libération accusant Bazooka de « pirater le journal au montage »46 par la publication, dans dans la page d’annonce « Taules » de la revue encartée dans le numéro du 5-6 novembre 1978, consacrée aux détenus, d’un dessin pédopornographique38.

Le climat politique délétère autour de l’affaire Jacques Dugué

Bazooka l’accusant de censure, Libération multiplie les interviews de provocation (Jacques Mesrine, Hans-Joachim Klein) et s’empare de l’Affaire Jacques Dugué, qui rebondit en janvier 1979, malgré le secret de l’instruction : trois mois après Minute, France-Soir, qui a perdu 40 % de ses journalistes dans la clause de cession liée au rachat par Robert Hersant, titre à son tour sur « une écœurante affaire de mœurs » où un « soi-disant éducateur aurait livré à la prostitution internationale des régiments de gamins ». Minute surenchérit, affirmant que Dugué est adhérent communiste. Démenti de la mairie de Saint-Ouen et de L’Humanité, à qui Marc Croissant, employé d’une autre mairie communiste, à Ivry, écrit47 pour prendre la défense de Dugué. Libération propose alors à Jacques Dugué d’écrire de sa prison une « tribune libre ». Publiée le 21 janvier 1979, elle déclenche un scandale car Dugué fait l’apologie de la « sodomisation » d’enfants. En réaction, le directeur de L’Humanité, Roland Leroy, accuse Libération de défendre les pires causes, à commencer par des « proxénètes d’enfants ». Dans Libération du 1er mars, Jean-Luc Hennig, proche du militant homosexuel Guy Hocquenghem écrit : « on n’a pas eu Libération par la politique on l’aura par le cul »38. Quelques jours après, un éditorial de Serge July se vante d’avoir subi 9 inculpations en quelques mois38, mais pour la plupart sans lien avec la pédophilie.

Le Monde ne prend lui parti dans aucune des deux affaires. Il obtient le 27 février des informations des enquêteurs, évoquant les « 15 jours dans le coma » de Jacques Dugué33, qui vient de se pendre suite à « la quasi-certitude d’être lourdement condamné »33 mais aussi « les victimes (qui) seraient au nombre d’une trentaine »33 et ne « se livraient pas seulement à des jeux innocents », tandis que « l’un des parents » avait porté plainte33.

Exclu du PCF, licencié le 6 février48, Marc Croissant est la cible le 15 mars, d’un tract communiste jugé « intolérable » par Libération. Une semaine après, dans ce climat délétère, Libération publie la pétition « Flip Fnac », signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort49. En 2001, L’Express y voit un exemple de dérive d’une partie de la génération 6849, même si la plupart des signataires sont plus âgés.

Pétition de soutien à Cohn-Bendit dans Libération du 1er mars 2001

En janvier 2001, la journaliste allemande Bettina Röhl50 qui n’avait que 14 ans50 lors du suicide de sa mère Ulrike Meinhof, cofondatrice de la Fraction armée rouge51, diffuse à plusieurs grands journaux anglais, italiens et allemands52 un article publié par Daniel Cohn-Bendit en 1976, peu après le suicide de sa mère, dans le magazine culturel de son père, qu’elle accuse de l’avoir abandonnée50. Cet article reprenait un chapitre du livre Le Grand Bazar, dans lequel Daniel Cohn-Bendit évoquait l’année précédente ses activités d’aide-éducateur à Francfort en théorisant l’éveil à la sexualité des enfants de 1 à 6 ans et témoignant de rapports physiques à connotation sexuelle que Daniel Cohn-Bendit a entretenus avec eux.

Daniel Cohn-Bendit évoque alors dans Le Monde du 22 février 2001 « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4. L’écrivain Sorj Chalandon rédige le lendemain un mea culpa de Libération sur des pétitions oubliées datant des années 19706 et L’Express publie des entretiens avec deux de leurs anciens signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7.

Au journal de 20 heures de TF1, Cohn-Bendit dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération pourfend le même jour une « haine de Mai 68 qui n’a jamais abdiqué »53 dans un numéro consacrant six articles à l’affaire dont ceux de trois « ex-soixante-huitards » (Romain Goupil, Serge July et Philippe Sollers) remontés contre un « procès stalinien » visant selon eux Cohn-Bendit, celui de Romain Goupil étant même titré « J’ai envie de dire : oui, je suis pédophile ! »54. Une semaine après plusieurs de ses amis signent une pétition titrée « Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ? »8. « Écrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit ? Non, ceux d’une nécessaire explosion de parole » dit le texte, en estimant que la révolution sexuelle a d’abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire « non ».

Notes et références

  1. « Trois soixante-huitards dénoncent un “procès stalinien” », Libération,‎ 23 février 2001 (lire en ligne [archive]).

Annexes

Les livres en français évoquant les pétitions en France concernant la majorité sexuelle ont tous été publiées au XXIe siècle.

Bibliographie

Voir aussi

Lien externe

 

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