Terrorisme : existe-t-il des relations entre les familles de Dennis Plant et Lotfi Souli ?

Il n’y a peut-être strictement aucun rapport entre les parcours de ces deux familles, les destins de leurs membres respectifs.

Cependant, étant donnés les profils quand même assez particuliers des différents lecteurs que m’amène l’activiste Pascal Edouard Cyprien Luraghi, je m’interroge.

Je rappelle qu’il y a toujours eu parmi eux des islamistes, et ce, dès l’année 2010 au moins, des complices de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest, et donc, forcément, de mes harceleurs des années 1990 et 2000, ainsi que toute une clique assez hétéroclite de psychopathes que Pascal Edouard Cyprien Luraghi attire dans ses filets en exprimant publiquement tous ses fantasmes hyper violents contre les femmes.

Or, parmi tous ces gens-là, j’en repère deux qui ont travaillé dans le même domaine, le père de Robert Plant, assassin d’une joggeuse à Nîmes le 24 janvier 2013, le Britannique Dennis Plant (cf. mon article précédent où j’en ai déjà parlé un peu), et Lotfi Souli, « ministre » présumé des télécoms de l’EI, dont le procès s’est récemment tenu à Paris.

D’où la question que je pose aujourd’hui ouvertement, en connaissant bien évidemment l’importance de ce domaine de compétences de mes harceleurs de tous temps.

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1M70E5-OFRTP

27 septembre 2018 / 07:30 / il y a 12 jours

 

Un père et son fils accusés de visées terroristes jugés à Paris

 

4 MINUTES DE LECTURE

PARIS (Reuters) – Le tribunal correctionnel de Paris se penche jeudi et vendredi sur le cas d’un père et de son fils aîné arrêtés à la frontière turco-syrienne en 2015 sur le chemin du retour en France, après 18 mois en Syrie et soupçonnés d’avoir envisagé des attentats.

Le tribunal correctionnel de Paris se penche jeudi et vendredi sur le cas d’un père et de son fils aîné arrêtés à la frontière turco-syrienne en 2015 sur le chemin du retour en France, après 18 mois en Syrie et soupçonnés d’avoir envisagé des attentats. /Photo d’archives/REUTERS/Stéphane Mahé

 

Lotfi Souli, ingénieur en télécommunications de 50 ans d’origine tunisienne, a rejoint en octobre 2013 avec ses fils Karim et Mohamed-Emine, alors âgés de 18 et 15 ans, un groupe djihadiste radical, Ahrar al-Cham, puis l’Etat islamique (EI).

Expulsés vers la France après leur arrestation, ils ont raconté aux enquêteurs français qu’ils étaient allés en Syrie pour ramener un camarade de lycée de Karim, Anass Belloum, parti faire le djihad et présumé mort dans des combats à Rakka.

Ils ont nié leur propre engagement djihadiste et dit avoir été séquestrés par l’Etat islamique (EI, Daech).

Mais pour l’accusation, le fait que Lotfi Souli ait vidé ses comptes et ceux de sa société de formation et de conseil, ainsi que son logement, avant de partir démontre qu’il était allé en Syrie “sans volonté de retour”.

De même, l’exploitation des supports informatiques saisis lors de leur arrestation montrent une radicalisation ancienne. L’adhésion de Lotfi Souli aux thèses djihadistes, notamment à celles d’Al Qaïda, remonterait ainsi au début des années 2000.

L’ex-femme de Lotfi Souli, dont elle avait divorcé à la suite de violences conjugales, l’a accusé d’être un “fou extrémiste” en matière religieuse. La famille d’Anass Belloum a pour sa part dénoncé l’influence de Karim Souli sur le lycéen.

Les enquêteurs ont également établi que le père et les deux fils avaient participé à des entraînements militaires et des missions de surveillance armée lors de leur séjour en Syrie.

PILOTAGE ET EXPLOSIFS

Lotfi Souli a soutenu devant les enquêteurs avoir feint son adhésion à Daech mais, pour l’accusation, il avait mis ses compétences d’ingénieur au service de l’Etat islamique, notamment pour mettre en place son réseau de télécommunications.

Karim Souli a raconté durant l’enquête que son père était monté rapidement dans la hiérarchie de Daech jusqu’à en devenir une sorte de “directeur général des télécommunications”.

Les experts ont par ailleurs retrouvé sur un ordinateur saisi, parmi d’autres documents, des manuels de confection d’engins explosifs, des cartes d’aviation, des trajectoires et des procédures d’atterrissage, des clichés de cockpit d’avion détaillant le fonctionnement des instruments.

Pour les enquêteurs, “la finalité terroriste de ces notes de méthodologie de pilotage d’un Boeing ne faisait aucun doute”.

Cette abondante documentation technique est, selon eux, à mettre en relation avec la découverte sur un ordinateur de Lotfi Souli de “recherches effectuées sur Google Maps sur la Tour Eiffel et le pont de Iéna” à Paris.

Or d’autres documents trouvés sur des supports numériques montreraient une fascination de Lotfi Souli pour les commandos des attentats du 11 septembre 2001 à New York.

La saisie d’importantes sommes d’argent sur les Souli, ajoutée à cette documentation, contribue en outre à nourrir de “vives inquiétudes” sur leurs “réelles intentions” et “leurs motivations quant à leur retour sur le sol national”, lit-on encore dans l’ordonnance de renvoi.

Faisaient-ils partie d’une vague de djihadistes envoyée par Daech en Europe pour y commettre des attentats comme ceux du 13 novembre 2015 à Paris ? C’est l’une des questions auxquelles ce procès s’efforcera de répondre.

Lotfi et Karim Souli sont jugés pour association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation d’actes de terrorisme. Mohamed-Emine Souli, mineur au moment des faits, est pour sa part renvoyé devant le tribunal pour enfants de Paris.

Emmanuel Jarry, édité par Yves Clarisse

 

http://www.rfi.fr/france/20180927-raqqa-pere-fils-juges-paris-lotfi-souli

Après 18 mois à Raqqa, un père et son fils jugés à Paris

 

Par RFI Publié le 27-09-2018 Modifié le 27-09-2018 à 23:41
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Le palais de justice de Paris. Wikimedia Commons / Nitot

 

A Paris, le tribunal correctionnel se penche depuis ce jeudi après-midi sur le cas d’un père et son fils aîné arrêtés à la frontière turco-syrienne en 2015 sur le chemin du retour en France, après 18 mois passés à Raqqa.

Lotfi Souli, 50 ans, est un scientifique visiblement brillant. Titulaire d’un doctorat, c’est un spécialiste en télécommunications. Mais c’est un bien piètre menteur. Depuis le box des prévenus, il envahit le tribunal avec sa logorrhée. Difficile de suivre le fil.

Il n’a pas voulu se rendre en Syrie, il passait avec ses deux fils des vacances en Turquie, explique-t-il. On l’a invité de l’autre côté de la frontière à bord d’un pick-up roulant à 180 km/h. C’est ainsi, poursui Lotfi Souli, qu’il s’est retrouvé en quelques minutes à Raqqa contre son gré. « J’étais complètement sidéré », affirme-t-il avec sérieux. « Quelle abnégation », lui répond avec ironie la présidente.

Mais l’homme poursuit : « Je ne pouvais plus sortir, j’ai accepté une invitation à la con ». « Prêtez-vous allégeance à l’Etat islamique ? », l’interroge le tribunal. « Non », répond-t-il avec aplomb. « Quand on a les compétences que vous avez dans un secteur aussi sensible que les télécommunications, on n’occupe pas un petit poste », tranche la présidente qui note qu’à Raqqa il était un émir. « Je n’ai donné d’ordres qu’à des petites mains, des Syriens », rétorque, alors glaçant, le prévenu.

 

https://www.lemonde.fr/police-justice/article/2018/09/28/deux-djihadistes-revenant-de-syrie-juges-a-paris_5361467_1653578.html

Terrorisme : à Paris, le procès d’un « ministre » présumé des télécoms de l’EI

 

Cet ingénieur de 50 ans, parti en Syrie avec ses deux fils entre 2013 et 2015, a tenté de rentrer en France avec des plans qui inquiètent la justice.

LE MONDE | 28.09.2018 à 11h39 • Mis à jour le 28.09.2018 à 21h26 | Par Elise Vincent

La salle des pas perdus du nouveau palais de justice de Paris, le 16 avril 2018.

 

C’est le procès d’un « revenant » du djihad au profil rare qui s’est ouvert, jeudi 27 septembre, devant la 16e chambre correctionnelle du tribunal de grande instance de Paris. Celui de Lotfi Souli, un ingénieur informatique de 50 ans, originaire d’Ermont (Val-d’Oise), spécialisé dans les systèmes réseaux et ayant occupé durant dix-huit mois, entre l’automne 2013 et mai 2015, un poste de « ministre » ou de haut responsable des télécommunications de l’organisation Etat islamique (EI), à Rakka (Syrie). Une aventure dans laquelle il a entraîné ses deux fils, dont l’aîné comparaît aujourd’hui à ses côtés. Le plus jeune sera jugé devant le tribunal pour enfants, le 16 octobre.

Dans la masse du contentieux terroriste jugé ces derniers mois, l’histoire de Lotfi Souli et de ses garçons, tous mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste, a ceci de particulier qu’elle démarre bien avant la vague de départs massifs pour la zone irako-syrienne de 2014. On est seulement en octobre 2013, quand ce chef d’entreprise gagnant très bien sa vie, divorcé, disparaît du jour au lendemain avec ses deux enfants de 15 et 18 ans. Une histoire atypique qui détonne aussi du fait du niveau de qualification des protagonistes. Lotfi Souli a une thèse d’informatique et ses fils sont plutôt brillants à l’école. Lorsqu’ils partent, Karim, le plus grand, vient de décrocher son bac scientifique avec mention.

D’après l’ordonnance de renvoi devant le tribunal correctionnel, Lotfi Souli, d’origine tunisienne, était radicalisé depuis longtemps. La découverte de documents dans les supports numériques conservés par le père de famille à son domicile montre qu’il avait, depuis de longues années, une « fascination » pour Al-Qaida et son fondateur, Oussama Ben Laden, tué en mai 2011 par les Américains. La guerre en Syrie, qui démarre la même année, sert d’accélérateur. Le fait que la famille rejoigne ensuite, en Syrie, le groupe rebelle salafiste Ahrar Al-Cham, en particulier…

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La salle des pas perdus du nouveau palais de justice de Paris, le 16 avril 2018.

Terrorisme : à Paris, le procès d’un « ministre » présumé des télécoms de l’EI

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https://www.la-croix.com/France/Souli-terrorisme-famille-2018-09-28-1200972264

Les Souli, le terrorisme en famille

 

Béatrice Bouniol , le 28/09/2018 à 14h30

 

Vendredi 28 septembre, le tribunal correctionnel de Paris rend son verdict dans le procès d’un père et de son fils, arrêtés en 2015 à leur retour de Syrie.

La veille, lors de la première journée du procès, le fils est sorti du silence.

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris.

Le nouveau Tribunal de Grande Instance de Paris. / Nicolas Kovarik/IP3 Press/MaxPPP

Derrière une paroi vitrée, surveillés par deux policiers, Lotfi et Karim Souli attendent l’acte I de leur procès, « moment crucial du reste de leur vie », comme le soulignera l’avocat de Karim Souli un peu plus tard. Les sourires qu’ils échangent sont ceux d’un père et d’un fils séparés depuis trois ans. À gauche, Lotfi Souli, ingénieur d’origine tunisienne, ancien gérant d’une société de formation et de conseil. À droite, Karim Souli, son fils aîné, étudiant en première année à l’université au moment des faits.Le 8 mai 2015, ils ont été arrêtés à la frontière syro-turque en compagnie du plus jeune fils de Lotfi Souli et frère de Karim, Mohamed-Amine Souli, puis expulsés vers la France et placés en détention. Pour avoir rejoint la zone syro-irakienne en octobre 2013 et intégré les rangs de la katibat d’Abou Jaber puis de l’État islamique, ils doivent répondre « d’association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ».Jeudi 27 septembre… Il reste 80% de l’article à lire.

 

https://fr.reuters.com/article/topNews/idFRKCN1M82M6-OFRTP

28 septembre 2018 / 21:47 / il y a 11 jours

 

Un père et son fils « revenants » de Syrie lourdement condamnés

 

4 MINUTES DE LECTURE

PARIS (Reuters) – Le tribunal correctionnel de Paris a lourdement condamné vendredi un père et son fils aîné, accusés de s’être mis au service de l’Etat islamique en Syrie avant d’être arrêtés à la frontière turque en 2015 sur le chemin du retour en France.

Le père, Lotfi Souli, ingénieur en télécommunications de 50 ans d’origine tunisienne, a été condamné à 10 ans de prison dont les deux tiers de peine de sûreté, le maximum en correctionnelle comme l’avait demandé le ministère public.

Son fils Karim, 23 ans, se voit infliger huit ans de prison dont la moitié de peine de sûreté, au lieu de dix ans dont les deux tiers de sûreté requis par le ministère public.

Lotfi Souli avait rejoint en octobre 2013, avec Karim et son cadet Mohamed-Amine, alors âgés de 18 et 15 ans, un groupe djihadiste, Ahrar al-Cham, puis l’Etat islamique (EI), en Syrie, où ils sont restés 18 mois.

Expulsés vers la France après leur arrestation, ils avaient raconté aux enquêteurs français qu’ils étaient allés en Syrie pour ramener un camarade de lycée de Karim, Anass Belloum, parti faire le djihad et présumé mort dans des combats à Rakka.

Ils avaient dit avoir été séquestrés par l’Etat islamique (EI, Daech). Une version de nouveau défendue à la barre par Lotfi Souli, qui a néanmoins admis avoir offert ses services “à ces gens-là” pour “sauver” ses fils et se protéger.

Karim Souli a pour sa part joué devant la cour la carte du repentir – “J’ai dévié (…) Tous les jours j’essaie (…) de me détacher des racines du mal”, a-t-il dit.

La cour en a tenu compte, ainsi que de sa jeunesse à l’époque des faits et de l’ascendant de son père.

TOUR EIFFEL ET PONT D’IÉNA

Mais pour l’accusation, le fait que Lotfi Souli ait vidé ses comptes et ceux de sa société de formation et de conseil, ainsi que son logement, lors de son départ, démontre qu’ils étaient allés en Syrie “sans volonté de retour”.

De même, l’exploitation des supports informatiques saisis lors de leur arrestation montrent une radicalisation ancienne. L’adhésion de Lotfi Souli aux thèses djihadistes, notamment à celles d’Al Qaïda, remonterait ainsi au début des années 2000.

Les enquêteurs ont également établi que le père et les deux fils avaient participé à des entraînements militaires et des missions de surveillance armée lors de leur séjour en Syrie.

Pour l’accusation, Lotfi Souli avait mis ses compétences d’ingénieur au service de l’Etat islamique, notamment pour mettre en place son réseau de télécommunications.

Les experts ont notamment retrouvé sur un ordinateur saisi des manuels de confection d’engins explosifs, des cartes d’aviation et des notes sur le pilotage d’un Boeing. Les enquêteurs ont aussi mis au jour des recherches effectuées sur Google Maps sur la Tour Eiffel et le pont d’Iéna à Paris.

De quoi, avec la saisie de sommes d’argent importantes sur les Souli, alimenter les soupçons sur leurs intentions réelles et la motivation de leur retour en France à une époque où Daech envoyait des djihadistes commettre des attentats en Europe.

Mohamed-Amine Souli, mineur lors des faits, comparaîtra pour sa part le 16 octobre devant le tribunal pour enfants de Paris.

Emmanuel Jarry, édité par Elizabeth Pineau

 

https://www.liberation.fr/france/2018/09/29/retour-de-syrie-dix-et-huit-ans-de-prison-pour-un-pere-et-son-fils_1682062

Retour de Syrie : dix et huit ans de prison pour un père et son fils

 

Par Chloé Pilorget-Rezzouk — 29 septembre 2018 à 09:32
Le palais de justice de Paris (photo d’illustration). Photo ZAKARIA ABDELKAFI. AFP

Lotfi Souli et son fils aîné Karim, 23 ans, qui avaient rejoint l’organisation Etat islamique en Syrie avant de revenir en France, ont été condamnés vendredi à huit et dix ans de prison. Ils sont soupçonnés d’avoir cherché à commettre des attentats à Paris.

  • Retour de Syrie : dix et huit ans de prison pour un père et son fils

Le père a le débit rapide, la digression facile. Le fils le ton posé, la diction nette. Le premier est ingénieur, docteur en informatique. Le second est diplômé d’un baccalauréat scientifique, mention «assez bien». Ils portent chacun une belle chemise repassée, n’ont pas de casier judiciaire, ni le profil habituel des «revenants», ces Français partis faire le jihad avant de prendre le chemin du retour. Côte à côte dans le box des prévenus, Lotfi et Karim Souli ont été arrêtés à la frontière turco-syrienne en mai 2015, après un séjour d’un an et demi en Syrie. Dans leurs bagages, beaucoup de cash et une foisonnante documentation – dont des recherches Google Map de la Tour Eiffel, des plans de cockpit et des notices chimiques – avaient attisé les inquiétudes des enquêteurs. Mais ce n’est pas pour «un quelconque projet d’attentat» qu’ils étaient jugés, a tenu à mettre en garde la présidente de la 16e chambre du tribunal correctionnel de Paris, jeudi, à l’ouverture de leur procès. Un procès à l’issue duquel ils ont été condamnés, vendredi, à dix et huit ans de prison pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation d’actes de terrorisme».

Pick-up à 180km/h

Le fils, 23 ans, est le premier à se lever dans le box. Karim quitte la France en octobre 2013 avec son père et son petit frère Mohamed-Emine (mineur au moment des faits, il sera jugé par un tribunal pour enfants). Bon élève, il vient tout juste de commencer la fac. Mais «le départ d’Anass a tout accéléré», déclare la forte carrure en chemise blanche. Quelques mois plus tôt, son «bon ami» et ex-camarade de classe a rejoint une faction du groupe Ahrar al Sham, dirigée par un ancien cadre d’Al-Qaeda. Comme beaucoup d’autres, Anass ne rentrera jamais, présumé mort sur zone. «Plus je scrutais les infos sur la Syrie et plus j’avais de nouvelles d’Anass, plus j’avais envie de le rejoindre», développe Karim qui, pour la première fois dans cette affaire, reconnaît avoir voulu s’y établir «définitivement» pour «aider». A son arrivée, l’aîné Souli avait d’ailleurs écrit à leur mère : «Nous sommes partis là-bas car c’est une obligation».

Le père, lui, assure que c’est pour «récupérer» l’ami de son fils qu’ils sont partis. A moins que ce ne soit pour mettre Karim «en face de la réalité» et lui «ôter cette idée de la tête». Devant un auditoire sidéré, l’ingénieur de 50 ans – qui versera souvent dans la logorrhée technicienne et connaît son dossier jusqu’à en citer les pièces cote par cote – explique avoir découvert l’intérêt de son aîné pour la Syrie en piratant son ordinateur : «J’avais une connexion wifi, je voyais en direct tout ce qu’il écrivait !» Regard noir et visage émacié, Lotfi Souli jure en tout cas qu’il n’a «jamais» voulu se rendre en Syrie. Tout juste a-t-il répondu «naïvement» à «une invitation» une fois arrivé en Turquie : «On était dans un pick-up qui roulait à 180 km/heure et, d’un coup, on était à Raqqa !» La présidente s’étrangle : «Vous êtes sérieux là ?» Et le domicile familial vidé avant le départ ? Et ce prêt de plus de 5 000 euros fraîchement contracté, ainsi que ces 23 000 euros de retraits bancaires ? «J’ai programmé des vacances avec mes enfants.» Pourquoi alors acheter trois sacs de couchages, trois couvertures de survie, des jumelles, une boussole ou encore des chaussures de randonnée – «équipement caractéristique dont se dotent tous les velléitaires au jihad», soulignera la procureure ? «Je comptais prendre des vacances en faisant de la randonnée !», s’énerve le père de famille, enchaînant les déclarations brouillonnes. Pédagogue, la présidente incite le prévenu agité «à réfléchir». Et avertit : «Un tribunal qui ne comprend pas, c’est un tribunal qui va devoir interpréter les choses ou avoir peur de la personne en face.»

«J’ai proposé mes services»

Le quotidien syrien du trio reste assez confus. Après un temps au sein du groupe rebelle Ahrar al Sham, les Souli se retrouvent aux mains de l’Etat islamique. «Forcés» à rester, le père aurait alors mis ses compétences au service de l’organisation terroriste, devenant haut responsable des télécoms. Tandis que les garçons auraient servi de «petites mains», installant ici ou là des batteries et des antennes à Raqqa, le fief de l’EI. S’il maintient n’avoir pas combattu, Karim glisse néanmoins : «Ce n’est pas la première idée qui m’est venue, mais forcément en zone de guerre…» Son petit frère Mohamed-Emine prend la pose, armé d’une kalachnikov ? Il préfère ne pas répondre. Là-bas, le prévenu à la barbe noire finement taillée confie avoir «vite déchanté» : «Entre ce qu’il se passe sur les vidéos et ce qu’il se passe sur le terrain, ça n’a rien à voir». Mais, «on est au sein de l’EI, on ne part pas comme ça». Aujourd’hui, ce «revenant» ne supporte plus d’entendre voler les avions au-dessus de sa tête. «Tout à l’heure, un Rafale est passé au-dessus de Bois d’Arcy, j’ai cru qu’ils allaient bombarder !» La présidente : «Est-ce que vous en voulez à votre père ?» Karim marque un temps d’arrêt. Puis, calmement : «Je m’en veux à moi-même d’avoir été naïf. Je ne peux pas lui en vouloir.»

Son père, justement, nie avoir été «un membre de l’Etat islamique». Lotfi Souli dit : «J’assume mes actes. J’ai proposé mes services à ces gens-là. J’ai construit un pont de confiance avec eux.» Avec une idée en tête : sortir de «ce guêpier». Une «image de Don Quichotte» ne résistant «absolument pas» à l’examen de l’ensemble du dossier, selon la procureure. A l’instar de ces échanges où l’ingénieur écrit «tu peux pas imaginer la douceur du jihad» ou parle de «mourir en martyr». Un langage «codé», avance le prévenu. «J’étais en train de sauver ma tête, pas de prêcher pour l’Etat islamique», se défend-il. Ce père de famille «ne sait pas comment vous dire sa réalité. Il a vu ses enfants foncer vers la mort, il a voulu tout faire pour les aider, plaide son avocat Me Martin Pradel. Il s’est trouvé dans un pays qui n’était pas le sien, dont il ne connaissait pas les codes.» Une erreur va particulièrement lui coûter cher : en plein combat, Lotfi Souli aurait rétablit le réseau de communications permettant aux hommes de Bachar Al-Assad de prendre l’avantage. Le chef de l’EI, Al Baghdadi, aurait même été blessé. La lourde bévue vaudra près de huit mois de geôle à l’ingénieur et accélèrera, selon ses dires, son désir de rentrer en France avec ses fils. Mais comment expliquer que Souli soit sorti vivant d’une telle bourde ? s’interroge le tribunal. «C’est un miracle qu’il ait encore sa tête sur ses épaules», reconnaît Karim. «Ils m’ont fait sortir pour me buter ! Les éliminations, ça se passe au front», déclare le père.

«La grande illusion»

«Qu’a donc promis Lotfi Souli à l’Etat islamique en contrepartie de cette vie sauve ?» questionne la procureure, sceptique face à ce «dossier de la grande illusion». Comment lui et ses enfants ont-ils pu rentrer avec leurs papiers d’identité ? Pour la magistrate du parquet, il reste des «zones d’ombre» sur lesquelles les Souli ont peu éclairé le tribunal. Comme la somme «inédite», selon les enquêteurs, avec laquelle l’ingénieur est revenu – 12 000 euros et quelques. Ou les documents retrouvés dans leurs ordinateurs : de quoi laisser penser à des ambitions terroristes, à une période où l’EI renvoyait des missionnés en Europe. Ce ne sont que des «jeux de simulation de vol», se justifie Karim, joueur depuis l’enfance. Quant aux fichiers de propagande, ils y seraient arrivés au gré de la circulation des clefs USB des uns et des autres sur son PC.

«Quand il y a de la brume, on a peur !», a tancé Me Pradel, appelant à ce que le doute profite aux prévenus, selon les principes du droit. Même s’ils font «peur» comme Lotfi Souli, qualifié de «dangereux» dans un rapport de détention, en raison d’un risque de prosélytisme «élevé». «Ce n’est pas normal que notre justice inverse les présomptions. Des suspicions vous en avez, des preuves vous n’en avez pas», a plaidé le conseil. Avocat de Karim Souli, Me Xavier Nogueras a lui appelé à distinguer le Karim du dossier du Karim repenti s’étant dessiné à l’audience : «Je l’ai écouté et je le trouve attendrissant, même si les faits sont violents.» Sensible à cette «évolution» engourageante mais aussi à l’ascendant paternel sur l’intéressé, le tribunal a condamné le jeune homme de 23 ans à huit ans de prison – la procureure en avait requis dix – assortis d’une période de sûreté de moitié. Son père, lui, a écopé de dix ans de prison – assortis d’une période de sûreté des deux tiers – comme l’avait demandé le parquet. La peine maximale.

Chloé Pilorget-Rezzouk

 

https://www.20minutes.fr/justice/2344959-20180928-proces-djihad-syrie-pere-fils-retour-france-ecopent-dix-huit-ans-prison

Procès du djihad en Syrie: Un père et son fils de retour en France écopent de dix et huit ans de prison

 

PROCES Si Lotfi Souli, 50 ans, a écopé de la peine maximum encourue, le tribunal s’est montré plus clément envers son fils…

Thibaut ChevillardPublié le 29/09/18 à 16h12 — Mis à jour le 29/09/18 à 16h12

Lotfi Souli et son fils Karim comparaissent jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris
Lotfi Souli et son fils Karim comparaissent jeudi et vendredi devant le tribunal correctionnel de Paris — JULIEN DE FONTENAY/JDD/SIPA
  • Lotfi Souli et son fils Karim comparaissaient depuis jeudi devant le tribunal correctionnel de Paris.
  • Le père était parti en Syrie avec ses deux fils en 2013 afin, dit-il, de ramener en France un ami de son cadet, âgé de 15 ans.
  • Ils avaient été arrêtés à la frontière turque en 2015 en possession d’une importante somme d’argent et de documentation pouvant laisser penser qu’ils préparaient un attentat sur le territoire.

Debout, dans le box des prévenus, Lotfi Souli prend les mains de son fils. Les deux hommes s’embrassent quatre fois avant d’être séparés par les gendarmes qui s’apprêtent à les ramener en prison. Quelques minutes plus tôt, le tribunal a condamné ce père de famille de 50 ans à dix ans de réclusion assortis d’une période de sûreté des deux tiers pour avoir, en 2013, rejoint l’Etat islamique en Syrie. Karim Souli, 23 ans, a pour sa part écopé de huit ans de prison, assortis d’une période de sûreté de moitié pour l’avoir accompagné. Une décision plutôt clémente, motivée notamment par l’évolution positive du jeune homme en détention.

La justice a également tenu compte de « l’ascendant » qu’exerçait son père sur lui au moment des faits. Il faut dire que Lotfi Souli est un intrigant personnage. Expert en télécoms, ce grand brun filiforme parle beaucoup, trop sans doute. Il étale sa science en employant un savant et incompréhensible jargon technique, invoque les philosophes dans ses réponses, agace le tribunal. Il connaît toutes les cotes du dossier d’instruction, ce qui suscite « l’admiration » amusée de la présidente. Mais il n’est jamais parvenu, au cours de ces deux journées d’audience, à convaincre les magistrats qu’il s’était retrouvé, un peu par hasard, enrôlé de force dans les rangs de Daesh. Et encore moins qu’il ne jouait pas de rôle important au sein de l’organisation.

« Responsable des téléphones fixes et filaires »

Tout commence quand Anass B., un ami de lycée de Karim, s’envole vers la Syrie pour rejoindre le groupe Ahrar al Sham. Lotfi Souli, que plusieurs proches décrivent comme radicalisé de longue date, explique avoir décidé de partir sur un coup de tête en Turquie avec ses deux fils pour retrouver et ramener l’adolescent en France. Etrangement, sans en avoir fait part à sa famille. Il se serait ensuite retrouvé accidentellement en Syrie et aurait été « forcé » à rester. A Raqqa, il était « responsable des téléphones fixes et filaires » du groupe terroriste à qui il avait proposé ses services. Mais, assure-t-il, il n’a jamais prêté allégeance à Abou Bakr al-Baghdadi.

Lotfi Souli se serait ensuite retrouvé détenu et torturé plusieurs mois par les djihadistes. Ils le soupçonnaient d’espionnage après qu’il a commis une grave erreur, permettant aux troupes de Bachar al-Assad de porter des coups durs à Daesh. Mais pour une raison obscure, il aurait été libéré en récupérant « ses papiers, son argent ». Pourtant, remarque la présidente, l’Etat islamique applique la peine de mort pour moins que cela. Il avance que les responsables du groupe terroriste ont ensuite voulu l’éliminer en l’envoyant au front. Il s’en est sorti, dit-il, car il n’était pas en état d’aller combattre. « Je n’arrivais pas à marcher. » Alors, pendant quelques jours, il s’est retrouvé « en vacances ».

« Vous dérobez des choses à l’Etat islamique ? »

Grâce aux contacts qu’il aurait noués avec des civils, il serait parvenu à regagner, avec ses fils, la frontière turque en mai 2015. C’est là qu’ils ont été arrêtés en possession de document inquiétants qui ont laissé les enquêteurs de la DGSI penser qu’ils auraient pu préparer un attentat en France. D’ailleurs, Lotfi Souli éprouve bien des difficultés à justifier leur présence dans ses affaires. Le disque dur contenant un manuel expliquant comment transformer un téléphone en détonateur ? Il l’a volé à Daesh et le contenu ne lui appartient pas. « Vous dérobez des choses à l’organisation de l’Etat islamique ? Vous vivez dangereusement », s’inquiète la présidente. « J’ai fait beaucoup de choses dangereuses pour sauver ma tête », répond-t-il tout de go.

« Pourquoi avoir pris le risque de ramener en France un disque dur qui ne vous appartenait pas et qui contenait des documents de l’Etat islamique ? » poursuit la magistrate. « J’étais dans un autre espace, dans une autre dimension. Ça n’avait pas d’importance pour moi, je ne voyais pas le risque. Je ne m’attendais pas à aller en prison, pour moi je n’étais pas fautif », soutient le père de famille. Il y a également ces étranges conversations sur Skype, dans lesquelles il invite un interlocuteur à se rendre en Syrie. Des conversations qu’il ne faut pas prendre au premier degré, ose-t-il. Il faut avoir des « codes » pour les déchiffrer.

Relaxe pour l’ami du fils présumé mort

Le tribunal n’a pas été convaincu par ses arguments. Les magistrats ont la conviction que Lotfi Souli avait préparé son départ en Syrie depuis plusieurs semaines, notamment en vidant son appartement et ses comptes bancaires et en achetant tout le matériel nécessaire. Ils estiment également que le natif de Beja, en Tunisie, jouait un rôle si « important » au sein du groupe terroriste qu’il bénéficiait d’une « certaine impunité et de facilité pour sortir » de prison et quitter la Syrie. Ne semblant pas avoir « évolué » durant sa détention en France, il écope de la peine maximum. Ni le père ni son fils ne comptent faire appel de la décision, indiquent leurs avocats.

Le parquet, qui avait requis dix ans de prison contre Karim Souli, a dix jours pour se prononcer. Anass B., bien que présumé mort, a été jugé et relaxé par le tribunal. Les juges ont considéré qu’à l’époque, si Ahar al Sham était bien « un groupe djihadiste qui voulait instaurer la sharia », il n’était pas inscrit sur la liste des organisations considérées comme terroristes par l’ONU. « C’est un groupe de rebelles syriens qui combattent Bachar al-Assad », explique l’avocat d’Anass B. et de Karim Souli, maître Xavier Nogueras, qui salue une « très belle décision ». « Si vous n’êtes pas dans un groupe inscrit sur cette liste, vous ne pouvez pas être considéré comme terroriste. »

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https://www.lejdd.fr/Societe/Faits-divers/Un-meurtrier-sur-le-chemin-du-Sanglier-589763-3205256

Un meurtrier sur le chemin du Sanglier

 

12h58 , le 4 février 2013, modifié à 14h39 , le 19 juin 2017

Paru dans leJDD

Près de Nîmes, tout un quartier s’interroge. Comment le « gentil » Robert est-il devenu un tueur sanguinaire? Pourquoi le jeune Anglais a-t-il tué une mère de famille qui faisait son jogging?

 

Ce n’est plus tout à fait la ville et pas encore la campagne. À propos de Courbessac, on ne sait trop s’il faut dire village ou quartier. Pour une impasse Robespierre, combien de rues du Scarabée ou du Lièvre, de chemin du Sanglier… Étroit mais goudronné, ce chemin communal s’élève en serpentant entre garrigue et villas avant de redescendre vers le cimetière et la route de Poulx. On y croise des chasseurs, des promeneurs de chiens, les nouvelles recrues de l’école de police voisine en plein footing… Pas trop de voitures. Un itinéraire idéal pour un petit jogging. C’est désormais le lieu d’un crime déroutant.

Joudia Zammit, 33 ans, mère de trois enfants, s’était remise au sport ces derniers mois. Musculation et course à pied. À 18 h 30 jeudi 24 janvier, sa petite de 3 ans était toujours à l’école quand les derniers parents sont venus récupérer leurs bambins. « Ça ne lui ressemblait pas. Elle était très maman poule avec ses petits », témoigne une autre maman rencontrée près de l’école maternelle de Courbessac. Les trois mères qui l’accompagnent décrivent une jeune femme « menue » et « discrète », une « mère au foyer qui a beaucoup à faire avec ses trois enfants et la rénovation de la maison que le couple venait d’acheter ».

Pas de marche blanche

Un ancien propriétaire a baptisé la bâtisse Les Lutins. Le jardin laisse un peu à désirer. Une bétonneuse stationne près de l’entrée. On n’entend plus de rires d’enfants.

« Ils sont traumatisés. Ils ont été répartis dans la famille », explique un proche venu soutenir le mari « parti à l’hôpital régler les questions avec le corps qui doit être rapatrié en Tunisie ». Joudia était originaire de M’Saken, près de Sousse. L’enterrement pourrait avoir lieu dans les prochains jours. Voilà justement le mari. Il arrive de Montpellier où il a enfin pu voir le corps de son épouse à l’Institut médico-légal. Sa petite fille dort à l’arrière de la voiture. Cela fait une semaine que le sol s’est dérobé sous les pieds de ce solide postier de 41 ans. Pas de médiatisation. Pas de marche blanche. Avec gentillesse, il éconduit les journalistes avant de s’enfermer chez lui.

Un « bel homme », « calme », « peu expansif »

Une autre famille de Courbessac est dans l’incompréhension. Les Plant sont originaires du Kent dans le sud de l’Angleterre. Décédé l’an dernier, Dennis, le père, avait lâché un job important à British Telecom pour venir travailler et s’installer en France au début des années 1990 avec sa femme, Esther, sa fille Victoria et son fils Robert alors âgé de 8 ans. D’abord en région parisienne. Puis dix ans plus tard, la retraite en vue, ils avaient acheté cette grande maison à un maçon du coin, dans l’est de Nîmes, chemin du Sanglier. Anxieuse, Marie-Louise, une voisine, fait les cent pas devant le portail clos. Elle n’arrive pas à joindre son amie Esther, 61 ans. « C’est ma deuxième famille. J’ai fêté mon mariage ici », explique-t-elle en montrant la villa avec piscine. Elle évoque volontiers les bons moments passés avec les Plant, les barbecues, les matches de rugby France-Angleterre, les parties de billard au sous-sol. Si Victoria, mère d’une petite fille, vit toujours en région parisienne, son frère Robert, 32 ans, s’est définitivement installé à Nîmes.

« Je l’ai vu grandir », poursuit Marie-Louise à propos de ce « bel homme », « calme », « peu expansif » mais tellement « gentil », « toujours prêt à rendre service » et « courageux aussi quand il enfourchait son vélo – il n’avait pas son permis – pour aller travailler à l’usine ».

Loin d’être un fils à papa

Titulaire d’un CAP de tapisserie, le jeune Robert Plant a « quasiment toujours travaillé », insiste son avocat, Me Julius Radzio, pour couper court au cliché du fils à papa désoeuvré. Dans un magasin Decathlon près de Paris par le passé. Plus récemment dans une usine de fabrication de mobile homes à Beaucaire, à une vingtaine de kilomètres, où il assurait les finitions extérieures.

« C’est vrai qu’il avait des griffures sur le visage »

Sa dernière mission s’était achevée avant Noël. Ses anciens collègues décrivent tous un garçon « poli », « ponctuel », « prévenant »… Amateur de marche et de promenade avec son chien noir Falco, Robert avait ses habitudes à La Tosca, la brasserie-pizzeria de la galerie marchande de l’Intermarché de Courbessac. Sans doute avait-il droit en arrivant à une plaisanterie ou à la bise de Khadra, la serveuse. Il y venait plusieurs fois par semaine, la plupart du temps avec sa maman, Esther, elle aussi « si gentille » et « rigolote » avec son mauvais français. Parfois seul ou avec un ou deux amis pour écluser quelques pintes de bière. Comme beaucoup d’autres, Khadra évoque un garçon « gentil, généreux, toujours prêt, par exemple, à faire les courses pour elle ».

Selon elle, le portrait-robot publié dans la presse ne ressemble que vaguement au grand jeune brun portant de petites lunettes, habillé décontracté « mais toujours clean », qu’elle connaît. Il est venu déjeuner avec sa mère, vendredi 25 janvier, le lendemain du drame : « C’est vrai qu’il avait des griffures sur le visage. Il a dit qu’il s’était blessé avec des ronces en récupérant son chien tombé dans un trou. » L’amie de la famille, Marie-Louise, ne cesse de penser, elle, au coup de fil que lui a passé Robert ce même vendredi. « J’avais appelé sa mère pour lui dire de faire attention. Il m’a rappelée pour me conseiller de ne pas sortir et de ne pas venir vers chez eux… »

Amnésie réelle ou simulée?

Le sentiment de peur n’aura pas le temps de s’installer chemin du Sanglier. « L’Anglais », « le Robert », comme on l’appelle parfois, est arrêté dès lundi. Un emploi du temps flou, des explications peu convaincantes sur ses blessures, le recoupement des témoignages recueillis par les enquêteurs dépêchés sur zone l’ont désigné comme le suspect n° 1. Bien avant que les expertises ADN des traces retrouvées sur la victime ne viennent confirmer son implication dans l’agression puis le meurtre à l’arme blanche de la petite joggeuse de Courbessac retrouvée en partie dévêtue, sauvagement battue et égorgée, à moins de 300 m de la maison des Plant…

Depuis, Robert souffre d’amnésie. Réelle ou simulée ? « Il a reconnu qu’il était là. Il parle de flashes où il la voit, où il se voit, mais il n’évoque pas l’acte », résume le procureur adjoint de Nîmes, Stéphane Bertrand. « C’est un homme choqué, précise son avocat, Me Radzio, il n’a quasiment ni mangé ni dormi pendant ses 48 heures de garde à vue. » Robert Plant, sans antécédents judiciaires, sans passé psychiatrique, a été mis en examen et écroué mercredi pour meurtre aggravé, un crime passible de la réclusion à perpétuité.

Source: JDD papier

  • Par Stéphane Joahny, envoyé spécial à Nîmes (Gard)

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Meurtre-de-Nimes-La-derniere-course-de-Jouda-162391

Meurtre de Nîmes. La dernière course de Jouda

 

Paris Match | Publié le 08/02/2013 à 18h21 |Mis à jour le 10/02/2013 à 21h51

Par Elizabeth Philippe, Enquête Jean-Michel Verne à Nîmes, Ons Abid à M’saken, en Tunisie
Terrorisme : existe-t-il des relations entre les familles de Dennis Plant et Lotfi Souli ? dans AC ! Brest Meurtre-de-Nimes.-La-derniere-course-de-Jouda

La jeune mère de famille aimait faire du jogging dans la campagne nîmoise. La mort l’y attendait.

Jouda est morte depuis déjà deux jours. Mais à M’saken, en Tunisie, sa famille l’ignore encore. Jusqu’à ce coup de téléphone que reçoit Ridah, l’un de ses frères. C’est un ami qui l’appelle, inquiet. Il vient d’apprendre à la télé qu’une certaine Joudia Zammit a été assassinée. Il veut savoir si la victime fait partie de sa famille. A l’autre bout du fil, Ridah reste interdit. Incrédule, il balbutie : « Je ne sais pas. J’ai une soeur qui vit en France. Mais elle s’appelle Jouda, pas Joudia ! » Se raccrocher un instant à une simple lettre pour repousser l’horreur, conjurer en vain la tragédie. Mais ce dernier espoir, infime, est anéanti par un nouvel appel qui confirme le décès de Jouda. A des milliers de kilomètres, les parents de la victime, Mohamed et Mounira, pleurent avec ses frères et soeurs cette enfant chérie, toujours souriante et de bonne humeur. « Un ange », souffle Mohamed, les yeux embués de larmes. Son frère aîné, Anouar, dont elle était très proche, est le dernier à avoir entendu le son de sa voix. Jeudi 24 janvier, quelques heures seulement avant qu’elle soit tuée pendant son jogging, il lui a téléphoné Ils ont parlé de tout et de rien. Elle lui a raconté qu’elle venait de cuisiner des plats tunisiens pour le Mouloud, la fête qui célèbre la naissance de Mahomet.

Jouda a préparé un festin : de la mouloukhia – un ragoût relevé de poudre de corète – pour le déjeuner, un couscous pour le dîner et de l’assida, une crème blanche à base de semoule. La foi de la famille Zammit a souvent été mise à l’épreuve. Mohamed et Mounira ont déjà perdu un fils, Tarak, dans un accident de moto. Même si elle vivait loin d’eux depuis des années, Jouda restait très présente. Elle appelait souvent ses proches. Sans doute un peu nostalgique de M’saken, sa petite ville natale à une dizaine de kilomètres de Sousse ; nostalgique aussi de la grande maison traditionnelle de son grand-père, où cohabitent toutes les générations ; nostalgique du vaste patio où elle jouait, enfant, avec son cousin, Jamel, qui allait devenir son époux. Très jeune, Jamel a suivi son père en France. Mais il revient chaque été en Tunisie pour les vacances. Jouda, de son côté, grandit, devient une jolie jeune fille brune et enjouée. L’épouse idéale pour Jamel. Le couple se marie en 2000. Les noces ont lieu à M’saken. Jamel, agent de La Poste, repart en France. Au bout d’un an, le temps d’obtenir ses papiers, Jouda le rejoint. Elle travaille quelque temps comme caissière. En 2003, naît Hedi, suivi trois ans plus tard de Meriam. Jouda se consacre à sa famille. Mère au foyer, elle s’occupe avec amour de ses enfants, les accompagne à l’école et à leurs activités sportives. Hedi est un fou de foot. Loin des siens, Jouda construit son propre foyer sous le soleil de Nîmes. Les olives picholines n’ont pas le même goût que celles, réputées, de M’saken. Mais la douceur du climat gardois et l’influence méditerranéenne atténuent le mal du pays qui s’empare parfois de Jouda. Heureusement, l’été, elle retourne en Tunisie, retrouve ses proches, la plage, les saveurs et les odeurs épicées qu’elle aime tant.

Le médecin de Jouda lui avait conseillé de faire du sport après une petite opération

Quand elle croise une amie sur le marché de M’saken, elle la prend dans ses bras et lance avec un grand sourire : « Tu sens bon la Tunisie ! » Mais, bientôt, vient le temps des sacrifices. Jamel et Jouda ont décidé d’acheter une petite maison à la périphérie de Nîmes. Pour réaliser leur rêve, il faut économiser, renoncer provisoirement aux vacances en Tunisie. Jouda s’y rendra une dernière fois en 2009. Elle est alors enceinte de cinq mois de son troisième enfant, rayonnante au côté de Jamel. Aux petits soins pour elle, sa famille établit même une liste de prénoms pour le bébé. Ce sera Sirine. Après avoir réalisé d’importants travaux, Jamel, Jouda et leurs trois enfants s’installent enfin dans leur nouvelle maison, à l’automne 2012. La petite villa blanche, au 2264 route de Courbessac, dans une zone pavillonnaire paisible, est modeste. Mais elle est à eux. Une agréable maisonnette avec un jardin, des allées au cordeau et des massifs de fleurs jaunes. La famille de Jamel habite le même quartier. C’est comme un petit morceau de Tunisie. Le quotidien de Jouda est rythmé par de nombreux allers-retours : les sorties d’école, les courses au supermarché, tout près, où elle se rend à pied. Récemment, elle a pris une nouvelle habitude : le jogging. C’est son médecin qui lui a conseillé de faire du sport, après une petite opération des varices subie cet été. Saine et dynamique, Jouda se plie de bonne grâce à l’avis du docteur. D’autant plus qu’elle veille à sa ligne.

 

Robert Plant nimes meurtre-

 

Chaque jour, elle fait le même parcours. Le jeudi 24 janvier ne fait pas exception. Aux alentours de 17 heures, elle s’élance à petites foulées vers le centre de Courbessac. Elle traverse le bourg, prend la nationale avant d’emprunter le chemin du Sanglier, une route au pied de la garrigue appréciée des promeneurs et des joggeurs, en particulier des stagiaires de l’école de police qui se trouve à environ 800 mètres. A l’entrée, un panneau indique la direction du cimetière.

Cette photo a été prise en 2012, lors d’une fête entre amis à Courbessac. Brun, la trentaine, un bouc, Robert Plant correspond en tout point au portrait-robot établi par la police à partir des premiers témoignages, ceux de voisins qui avaient signalé la présence d’un étrange promeneur sur le lieu du crime, peu de temps avant la mort de Jouda. Décrit comme un employé exemplaire, Robert devait reprendre ce mois-ci son travail dans une entreprise de fabrication de mobil-homes. (Photos DR)

Le corps de Jouda sera retrouvé non loin des tombes, quelques heures après que son mari a signalé sa disparition. La jeune femme gît dans un enchevêtrement de ronces, une plaie béante à la carotide. Son visage est lacéré, méconnaissable. Son pantalon de jogging est baissé au niveau de ses genoux. Tout indique que Jouda a tenté de résister à son agresseur. Dès le lendemain, la police commence à récolter des témoignages. Des voisins affirment avoir aperçu un étrange promeneur à proximité du lieu du crime, un homme d’une trentaine d’années qui semblait rôder. Alors que les enquêteurs poursuivent leurs recherches, Robert Plant, 32 ans, déjeune à la pizzeria La Tosca avec sa mère, Esther, qui vient de rentrer de Paris. Tous deux résident dans une belle demeure de 270 mètres carrés avec piscine, le long du chemin du Sanglier. Cela fait une douzaine d’années que les Plant possèdent cette villa. Originaires du Kent, région du sud de l’Angleterre, ces Britanniques sont arrivés en France dans les années 80.

Le père, Dennis, a décroché un poste important dans les télécoms. Alors que ses parents finissent par s’installer dans la maison de Courbessac, Robert reste à Paris. Un CAP de tapissier pour seul bagage, il exerce différents métiers, est employé comme vendeur dans des magasins de sport. Il descend fréquemment dans le Sud rendre visite à ses parents avant de s’y établir pour de bon, il y a quatre ans, après avoir perdu son boulot. Il enchaîne les missions d’intérim. L’année dernière, son père est mort d’un cancer du poumon.

Robert Plant vit seul avec sa mère dans une grande villa. Une sorte de Tanguy…

Depuis, Robert vit seul avec sa mère dans la grande villa. Une sorte de Tanguy. Ou de Norman Bates, le héros de « Psychose ». Le quotidien des Plant, mère et fils, est soumis à d’immuables rituels. A la pizzeria, où ils vont fréquemment, ils s’assoient toujours à la même table, en terrasse. Robert arrose ses pizzas de pintes de bière. Ce vendredi 25 janvier ne déroge pas à la règle. La serveuse entend Robert parler à sa mère de la joggeuse assassinée. Il ne veut plus qu’Esther s’aventure sur ce chemin. C’est trop dangereux, lui dit-il. L’après-midi, le jeune homme erre près de chez lui, accompagné de son chien, interroge les policiers au sujet du crime, s’intéresse aux investigations.

Tout le week-end, les enquêteurs poursuivent leurs auditions. A partir des premiers témoignages, ils ont pu établir un portrait- robot de l’assassin. Beaucoup de voisins disent reconnaître celui qu’ils nomment « l’Anglais ». L’étau se resserre. Lundi 28 janvier, les enquêteurs se rendent chez les Plant. Ils saisissent des cutters identiques à celui, ensanglanté, retrouvé sur le lieu du meurtre. Robert livre un fragile alibi : le jour où Jouda a été tuée, il était chez lui à regarder la télévision. Quant aux griffures sur ses mains, il affirme s’être blessé en coupant des branchages au fond du jardin. Arguments peu convaincants. Robert est mis en garde à vue. Il nie d’abord en bloc, puis reconnaît sa présence à l’endroit de l’assassinat. Mais il prétend ne plus se souvenir de ce qui s’est passé. « Une amnésie traumatique », avance son avocat Julius Radzio. Durant son interrogatoire, Robert vomit, s’effondre. Stéphane Bertrand, le procureur adjoint, décrit un homme « assez transparent, introverti ». Confondu par son ADN, il est aujourd’hui écroué à la maison d’arrêt de Nîmes. Le corps de Jouda, lui, a été rapatrié mardi en Tunisie. Un ultime retour au pays natal.

 

https://www.lci.fr/faits-divers/joggeuse-egorgee-a-nimes-le-britannique-robert-plant-condamne-a-30-ans-de-reclusion-2050350.html

Joggeuse égorgée à Nîmes : le Britannique Robert Plant condamné à 30 ans de réclusion

 

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Cette vidéo n’est plus disponible.
PROCÈS – Robert Plant, un Britannique de 36 ans, a été condamné ce vendredi soir à 30 ans de prison, assortis d’une période de sûreté de 20 ans, par la cour d’assises du Gard pour l’agression sexuelle et le meurtre d’une joggeuse à Nîmes en 2013. Son avocat a d’ores et déjà annoncé son intention de faire appel.
28 avr. 2017 22:02 – La rédaction de LCI

 

Le verdict est tombé ce vendredi, peu après 22 heures. Après deux jours de procès, Robert Plant, un Britannique de 36 ans, a été condamné par la cour d’assises du Gard à 30 ans de prison, assortis d’une période de sûreté de 20 ans, pour l’agression sexuelle et le meurtre d’une joggeuse à Nîmes en 2013.

La cour, qui a également imposé à Robert Plant un suivi socio-judiciaire de 10 ans, l’a déclaré coupable, tout en reconnaissant une « altération du discernement » du trentenaire mise en avant par les experts psychiatres, qui ont diagnostiqué une « schizophrénie simple ».

Son avocat, Jérôme Boursican, qui avait réclamé « une peine juste » de 10 ans d’emprisonnement, a annoncé son intention de faire appel. « L’altération du discernement est au coeur de ce dossier », avait-il plaidé, alors que l’accusé a tenu des propos incohérents et semblait absent lors du procès.

« Défigurée », « massacrée », « lacérée » au cutter

L’avocat général, Stéphane Bertrand, avait requis la réclusion criminelle à perpétuité et assuré que l’accusé n’avait jamais « perdu le contact avec la réalité » le 24 janvier 2013. Robert Plant, décrit comme toujours « pacifique » par son entourage, était « un pervers » et « pas un fou », avait affirmé l’avocat général. « Ici, on est là pour rendre la justice, on n’est pas là pour faire plaisir aux médecins », avait-il ajouté. Le suspect avait dénoncé « un crime d’une sauvagerie extrême ». Lorsque son corps a été découvert le 24 janvier 2013, Jouda Zammit, 34 ans, était « une plaie béante, qui autrefois était une femme » après avoir été « défigurée », « massacrée », « lacérée » au cutter et à l’aide de pierres et de branches, avait-t-il rappelé.

Partie chercher sa fille à l’école en faisant du jogging depuis sa maison, Jouda Zammit avait disparu le 24 janvier 2013 en fin d’après-midi.  Vers 22 heures, son corps avait été découvert dans les fourrés et les ronces sur le Chemin du sanglier, à proximité de son domicile. Le médecin légiste avait relevé de nombreuses blessures à l’arme blanche, notamment une large « plaie d’égorgement » de 15 cm sur 7 ainsi que des traces d’agression sexuelle.

Un « trou noir » et « des flashes »

Robert Plant, qui a assuré pendant le procès qu’il avait un « trou noir » et seulement des « flashes », évoquant une agression à son encontre de la jeune femme et d’une troisième mystérieuse personne, avait été mis en examen notamment sur la base de témoignages et d’analyses ADN.

« Est-ce que vous avez conscience que c’est difficile à croire ? », l’a interrogé Me Boursican. « Je n’ai pas d’autre explication », a lâché l’accusé, assurant « ne pas avoir d’image » de l’égorgement de la jeune femme, mais en revanche de sa propre main « pleine de sang ».

L’avocate de la famille, Béatrice Lobier-Tupin, a décrit une jeune femme « courageuse », qui s’est « défendue comme une forcenée ». Elle a souligné le « deuil impossible » du mari de la victime, Jamel, et des trois enfants du couple, âgés aujourd’hui de 14, 11 et 7 ans, faute d’explications rationnelles de l’accusé.

 

La rédaction de LCI

Mis à jour : 28/04/2017Créé : 28/04/2017

 

Affaire Patricia Bouchon : des assassins surprotégés

 

 

Oui, Laurent Dejean, s’il est bien impliqué dans ce crime ou en sait quelque chose, n’est de toute façon pas le seul, ils sont toute une bande, et ils sont connus depuis longtemps, mais restent surprotégés, à la fois par quelques gendarmes et policiers exerçant notamment dans le Lot, et par un certain nombre de magistrats CORROMPUS.

Une enquête minimale à leur sujet, que de nombreuses victimes réclament en vain depuis longtemps, permettrait de résoudre bien des affaires criminelles, dont celle-ci, mais elle n’est toujours pas à l’ordre du jour.

Les victimes doivent donc se débrouiller seules, autrement, et si possible en synergie pour de meilleurs résultats.

Je fais régulièrement ma quote-part du travail.

En voilà encore un peu.

Pour commencer, j’invite mes lecteurs à visionner la vidéo ci-dessus s’ils ne la connaissent pas déjà, et à découvrir ou se remémorer un détail significatif des violences subies par la victime : elle a eu la nuque brisée par une prise spéciale que l’on apprend notamment dans l’Armée.

Or, il y a bien parmi les relations des commanditaires de cet assassinat au moins un légionnaire, ou plutôt un ancien légionnaire, puisqu’il a quitté la Légion étrangère quelques mois plus tôt, le 28 septembre 2010. C’est le djihadiste franco-marocain Abdelilah Himich, surnommé Abdel le légionnaire. Il vient de Lunel, dans l’Hérault, un département dont sont originaires plusieurs des membres de la bande des commanditaires de l’assassinat de Patricia Bouchon le 14 février 2011 à Bouloc.

Comme il a désormais sa fiche dans Wikipédia, je la colle ci-dessous.

J’invite ensuite mon lecteur à vérifier que le malade mental au clavier – son « arme » – qui probablement ne se salit pas les mains avec ce genre de prise – encore qu’il ait eu un très bon copain de chambrée légionnaire dont il a plusieurs fois parlé à ses lecteurs – mais pirate à mort et fait assassiner tous ceux qui le dérangent, est bien en relation avec ce légionnaire depuis 2010 au moins, ce qui se déduit des dates de début et fin de ses fantaisies sous le pseudonyme de « SaMo-Dz », que l’on retrouve intégralement ici :

http://www.zone-h.org/archive/notifier=SaMo_Dz?zh=1

Il avait donc commencé ces défaçages de sites le 21 septembre 2010, en a notifié les premiers le 29 septembre 2010, et a terminé par des attaques de sites de la Légion étrangère, réalisées le 11 novembre 2013 et notifiées pour la première le 19 mars 2014 et pour la seconde le 25 février 2015, après le décès de sa grosse référence Abdel Hafed Benotman, dont Amédy Coulibaly n’est qu’une pâle imitation (voir ci-dessous). Et l’on rappelle à propos des attentats de janvier 2015 à Paris que les frères Kouachi ont fréquenté régulièrement La Grande-Motte, au sud de Lunel, durant toute leur jeunesse.

Au passage, on renvoie aussi le lecteur à cet excellent travail sur les mobiles de l’attentat du 7 janvier 2015 contre Charlie Hebdo :

http://www.greffiernoir.com/attentats-contre-charlie-hebdo-une-creature-de-reve-de-phighsmith-dans-la-video-de-revendication-avec-pennac-et-nothomb

Oui, il y a bien un malade mental qui revendique le droit d’écrire et publier des tas de choses interdites à propos de personnes existant réellement et qui sont toujours en vie, dans le seul but de leur nuire. Ce psychopathe et mythomane excessivement malfaisant, ravagé par le besoin de calomnier et détruire tous ceux qu’il envie ou jalouse, se présente mensongèrement comme un bouc-émissaire. Ce n’est en réalité qu’un vulgaire escroc, un criminel du genre crapuleux.

C’est notre malade mental au clavier – son « arme » – un cybercriminel bien connu de nombreux internautes.

Et l’on rappelle que sa rage contre la joggeuse Patricia Bouchon, première victime de toute une série d’assassinats débutée au mois de février 2011, s’est encore manifestée au soir du 7 janvier 2015 par des tirs apparemment gratuits contre un joggeur à Fontenay-aux-Roses, à proximité de l’un des sites du Commissariat à l’Energie Atomique, historiquement le premier de ses centres de recherche, ce lieu n’ayant pas été choisi par hasard, comme je suis désormais en mesure de l’affirmer sans plus aucun doute.

En effet, tout comme la vidéo de revendication des attentats d’Amédy Coulibaly, et bien d’autres manifestations des terroristes, cette attaque véhicule des « messages » pour qui peut et veut bien les entendre – une vieille marotte du maître, qui adore s’exprimer par allusions. J’y reviendrai plus tard.

Le 21 septembre 2010, donc, alors qu’il débutait ses amusements cybernétiques sous le pseudonyme de « SaMo_Dz », le malade mental au clavier – son « arme » – avait aussi commencé à réitérer de ses précédentes menaces de mort à mon encontre en piratant un ancien braqueur fiché au grand banditisme pour m’envoyer des « spams » très personnalisés avec l’une de ses adresses e-mail, comme je l’ai déjà exposé à plusieurs reprises (cf. notamment mon article du 8 mai 2016).

Tout comme Abdel Hafed Benotman, cet ancien braqueur était un ami de Thierry Chatbi, également bien connu dans le monde carcéral (cf. mes publications du 25 janvier 2015 sur Justinpetitcoucou et Satanistique).

Oui, le malade mental pirate, il m’a toujours piratée, et bien d’autres personnes également, mais il ne veut pas aller en prison pour ces faits, ni pour les innombrables autres crimes ou délits qu’il commet régulièrement avec son clavier – son « arme ».

Il préfère mettre toute la planète à feu et à sang et, bien entendu, n’hésite pas à faire assassiner qui menace sa chère liberté.

Aussi, ce grand manipulateur et comploteur a très tôt rameuté et fédéré autour de sa cause totalement indéfendable tous ses amis, pour la plupart extrême-gauchistes, islamistes et du grand banditisme.

Au mois de mars 2012 débutaient à Toulouse leurs attentats islamistes.

La thèse initiale du loup solitaire concernant les assassinats alors commis par Mohamed Merah s’est depuis totalement effondrée.

Celle du crime de rôdeur pour Patricia Bouchon un an plus tôt à Bouloc devrait connaître le même sort.

Dans les deux cas, l’assassin n’est pas seul, il est puissamment soutenu, guidé par toute une organisation criminelle, et dispose de toute sa logistique. Qui plus est, c’est exactement la même.

Nous allons donc terminer la petite démonstration de ce jour par les rapprochements suivants :

1. La revendication des tueries de Toulouse et Montauban par Mohamed Merah au mois de mars 2012 aurait été postée à Castelnau-d’Estrétefonds, une information divulguée par la presse le 27 mars 2012. Le tueur au scooter avait travaillé dans cette commune voisine de Bouloc comme carrossier dans un garage automobile.

2. Le 28 mars 2012 au matin était retrouvée abandonnée à Saint-Papoul une Clio grise appartenant officiellement au colocataire du tueur, créateur d’une société de location de véhicules dont plusieurs Renault Clio.

Voir ici :

https://www.agoravox.fr/tribune-libre/article/qui-a-detourne-l-enquete-sur-merah-131543

Ah mais… Ah mais… en voilà bien une, de Clio grise !

C’est justement ce qu’on cherche dans l’affaire de l’assassinat de Patricia Bouchon l’année précédente à Bouloc.

Or, ce véhicule surgit brusquement à Saint-Papoul, à moins de 10 km de Castelnaudary, où est stationné le 4e régiment étranger, ou 4e RE, régiment de formation de la Légion étrangère .

Et l’on rappelle encore que Mohamed Merah lui-même avait tenté deux fois de s’engager dans l’Armée, en 2008, à Lille, dans l’Armée de Terre, et en 2010, à Toulouse, dans la Légion étrangère.

 

Castelnaudary

 

https://www.ladepeche.fr/article/2018/02/15/2743096-meurtre-joggeuse-bouloc-suspect-va-etre-remis-liberte.html

Publié le 15/02/2018 à 09:52, Mis à jour le 15/02/2018 à 10:28

Meurtre de la joggeuse de Bouloc : le suspect reste en prison

 

Meurtre de Patricia Bouchon

Patricia bouchon avait disparu pendant son jogging en 2011./ Photo AFP

Patricia bouchon avait disparu pendant son jogging en 2011./ Photo AFP

Affaire Patricia Bouchon : des assassins surprotégés dans AC ! Brest image-zoom

Sept ans après la mort de Patricia Bouchon, pendant son jogging à Bouloc en Haute-Garonne, la chambre de l’instruction de la Cour d’appel de Toulouse s’est prononcée ce jeudi matin sur la remise en liberté du principal suspect Laurent Dejean. Il reste en détention.

Au cours de l’audience il y a un mois, l’avocat général Pierre Bernard avait créé la surprise en requérant un non-lieu. « Un coup de massue » avait réagi la fille de la victime Carlyne. Le juge d’instruction avait pourtant demandé le renvoi du suspect devant une cour d’assises. Ce renvoi est confirmé par la chambre de l’instruction. Laurent Dejean, 38 ans, mis en examen pour « homicide volontaire » depuis février 2014 sera jugé par une cour d’assises.

Incarcéré depuis quatre ans, il a toujours nié les faits. Son avocat Me Guy Debuisson rappelle que « si on retrouve sur les vêtements de Patricia Bouchon des traces d’un ADN masculin, on ne retrouve absolument pas l’ADN de Laurent Dejean ». La justice avait refusé une première demande de remise en liberté en décembre 2016.

Retrouvée 44 ans jours après sa disparition

Patricia Bouchon avait disparu le 14 février 2011 au cours de son jogging. Elle était partie courir aux aurores dans la campagne comme elle en avait l’habitude. Les gendarmes avaient d’abord retrouvé une importante quantité de sang, un chouchou et une boucle d’oreille sur un petit chemin. Le corps de la secrétaire de 49 ans avait été découvert 44 jours plus tard , caché dans une canalisation, sous un pont de la commune de Villematier. Lors de l’autopsie, un gant en latex avait été découvert dans la bouche de la victime.

CYRIL BRIOULET

 

https://www.lci.fr/justice/meurtre-de-patricia-bouchon-laurent-dejean-a-bouloc-le-seul-suspect-libere-ce-jeudi-2078775.html

AFP

Meurtre de Patricia Bouchon à Bouloc : l’unique suspect sera-t-il libéré ce jeudi ?

 

JUSTICE – Sept ans après le meurtre de Patricia Bouchon, mère de famille de 49 ans partie le 14 février 2011 faire un jogging à Bouloc (Haute-Garonne)et retrouvée morte un mois et demi après, le seul et unique suspect dans cette affaire pourrait être remis en liberté ce jeudi après que le parquet général a requis un non-lieu le 18 janvier dernier. Mis en examen pour « homicide volontaire », Laurent Dejean est incarcéré depuis février 2014.
15 févr. 07:00Aurélie Sarrot

 

La décision de l’avocat général de la chambre d’instruction de la cour d’appel de Toulouse, Pierre Bernard, avait été considérée comme « un coup de massue » pour la famille de la victime et comme un   »véritable soulagement » pour le seul suspect dans cette affaire et sa défense. Sept ans après le meurtre de Patricia Bouchon à Bouloc en Haute-Garonne, le meurtrier présumé mis en examen pour « homicide volontaire » et incarcéré depuis février 2014 alors qu’il avait 34 ans, pourrait être remis en liberté ce jeudi 15 février 2018.

Le 18 janvier dernier, le parquet général a en effet requis un non-lieu en faveur de Laurent Dejean.  Le parquet général, qui s’était pourtant toujours opposé à la remise en liberté de ce plaquiste présenté comme « psychotique » pendant l’enquête malgré les demandes répétées de ses avocats, est ainsi allé à l’encontre du juge d’instruction qui avait renvoyé le principal suspect aux Assises.

« L’arrêt de la chambre d’instruction a été mis en délibéré au 15 février et mon client pourrait sortir dès cette date s’il va dans le sens de l’avocat général qui s’est rallié à notre thèse. A savoir : qu’il n’y a pas suffisamment d’éléments pour accuser Monsieur Dejean », indique Guy Debuisson, avocat de Laurent Dejean contacté mardi par LCI.

« Un dossier de 47 000 feuillets, pas de preuve »

Secrétaire dans un cabinet d’avocats toulousains, Patricia Bouchon, 49 ans, était partie le 14 février 2011 vers 4H30 du matin faire son jogging autour de Bouloc, à 25 km au nord de Toulouse (Haute-Garonne). Son corps avait été retrouvé un mois et demi après, vertèbres et crâne enfoncés, un gant en latex enfoncé dans la gorge. Son meurtrier avait aussi essayé de l’étrangler mais aucun abus sexuel n’avait pu être mis en évidence.

Dans le cadre des investigations menées, Laurent Dejean avait été gardé à vue à deux reprises avant d’être finalement interpellé le 9 février 2014 puis mis en examen pour « homicide volontaire » et écroué.  Lors de sa mise en examen, le suspect avait été présenté comme « psychotique », ayant déjà subi des hospitalisations d’office et des « traitements très lourds ». Il était aussi adepte des « paradis artificiels, alcool et toxiques divers », selon le parquet. Il avait demandé un arrêt de travail, dix jours après le meurtre, pour suivre des soins psychiatriques, et n’avait pas repris son emploi.

« Aujourd’hui, mon client est très optimiste, car il est rare qu’un avocat général prenne cette décision. L’instruction a été très longue. Le dossier fait 47 000 feuillets. Mais les preuves ne sont pas là, poursuit Me Debuisson. D’abord, l’ADN retrouvé sur la victime est celui d’un homme mais pas celui de Monsieur Dejean. Or on sait qu’il y a eu des contacts très violents entre l’agresseur et la victime, des touffes de cheveux ont été retrouvées sur le chemin…. Ensuite, la voiture aperçue sur les lieux était une Clio grise alors que celle de mon client était blanche. Mon client n’a pas ailleurs jamais été reconnu par celui qui avait permis aux enquêteurs de faire le portrait-robot » en 2013. Enfin, des voisins du lieu de l’agression ont entendu des cris le 14 février, en l’occurrence, un homme dire « Excuse-moi, je n’ai pas voulu ça », ça les a réveillés. Aucun des témoins n’a reconnu dans ces hurlements la voix de Monsieur Dejean. Par ailleurs, ces phrases ont été dites avec l’emploi du tutoiement, tutoiement qui n’aurait pas été utilisé entre mon client et Madame Bouchon ».

Selon Me Debuisson, son client pense bien sortir de prison ce jeudi 15 février 2018. Et il est déjà prêt à reprendre ses activités et à profiter à nouveau de la vie. « Il rêve d’une bonne entrecôte et de partir à la pêche et à la chasse comme il le faisait avant », ajoute son avocat.

« Garder confiance en la justice »

Pour la famille de la victime la remise en liberté de Laurent Dejean serait très dure à supporter. En janvier dernier, la fille de la victime, Carlyne Bouchon, s’était dite « surprise » par cette réquisition mais avait précisé vouloir garder « confiance dans le travail de la justice ».   » Il est difficile d’imaginer que tout va s’arrêter », avait-t-elle dit à l’AFP, évoquant le travail des enquêteurs. Pour elle, « ce serait surprenant que les juges décident ce non-lieu. C’est même inimaginable ».

Dans une interview au Parisien, quelques jours après que le non-lieu a été requis, Christian Bouchon, le mari de Patricia avait déclaré : « un avocat général qui n’est pas au côté des victimes, j’avoue ne pas comprendre ».  Au sujet de Laurent Dejean, il avait ajouté : « Si ce n’est pas ce suspect, il n’était pas bien loin de là où Patricia a été tuée. Il a au moins vu quelque chose. J’ai besoin d’un procès pour qu’il réponde à toutes ces questions. Car il doit s’expliquer ».

Enfin, il avait précisé : « Si le non-lieu devait être confirmé, nous irions en cassation. Il me faut des réponses que je n’ai toujours pas. Si le suspect devait être aussi remis en liberté à l’issue, ce serait une décision de la conscience des juges ».

Aurélie Sarrot

Mis à jour : Aujourd’hui à 07:00Créé : Aujourd’hui à 07:00

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdelilah_Himich

Abdelilah Himich

Abdelilah Himich
Surnom Abou Souleyman al-Faransi
Abdel le légionnaire
Naissance 16 novembre 1989 (28 ans)
Rabat (Maroc)
Origine Marocain
Allégeance Drapeau de la France France (2008-2010)
Drapeau de l'État islamique État islamique (depuis 2014)
Grade Émir
Commandement Brigade Tariq ibn Ziyad
Conflits Guerre d’Afghanistan
Guerre civile syrienne
Faits d’armes Bataille de Raqqa (2017)
Distinctions Médaille commémorative française
Médaille de l’OTAN
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Abdelilah Himich, surnommé Abdel le légionnaire ou Abou Souleyman al-Faransi, né le 16 novembre 1989 à Rabat au Maroc, est un djihadiste marocain ayant vécu en France1,2.

Biographie

Ayant vécu à Lunel (Hérault)1, commune marquée à partir de 2013 par le départ vers la Syrie d’une vingtaine de jeunes3. Le 13 novembre 2008, il s’engage dans de la Légion étrangère, au sein du 2e régiment étranger d’infanterie1,4. Il combat en Afghanistan durant six mois, du 3 juillet 2009 au 6 janvier 2010, et reçoit deux décorations : la médaille commémorative française le 30 août 2009 et la médaille de l’OTAN le 1er janvier 20101,3. Selon sa fiche de service, hormis une ivresse l’empêchant de prendre son service le 4 juillet 2010, Abdelilah Himich est considéré comme un soldat exemplaire ; mais selon la mère de sa compagne, il revient « très marqué » par l’Afghanistan1.

Abdelilah Himich fait défection le 28 septembre 2010 en profitant d’une permission pour assister à l’enterrement de son père, il est déclaré déserteur et radié des contrôles de la Légion le 21 octobre 20101,3. Il retourne à Lunel, puis emménage à Salon-de-Provence avec sa compagne. Il est condamné à 48 000 euros d’amende et 3 ans de prison, dont un avec sursis le 19 avril 20133 après avoir été arrêté à la gare du Nord à Paris2 pour avoir transporté 1,2 kilogramme de cocaïne en 2011 entre Amsterdam et Paris3. Il purge 5 mois de prison2. Après avoir manqué le concours d’aide-soignant, il fréquente des personnes radicalisées et devient l’émir d’un petit groupe de candidats au départ en Syrie3.

Il quitte Lunel dans la nuit du 6 au 7 février 2014 et rejoint la Syrie1. Il aurait d’abord intégré un petit groupe appelé Jaych Mohammed, avant de rallier l’État islamique1. Nommé « émir » et placé à la tête d’un groupe de 50 hommes, il participe à ses premiers combats en mars dans la région de Raqqa où il est blessé à l’épaule par un éclat d’obus1. Quelques mois plus tard, il est nommé émir de la brigade Tariq ibn Ziyad, forte de 300 combattants1. Sa compagne le rejoint également en Syrie et lui a donné un fils, Souleyman3.

En 2015, il aurait pris part à la formation du commando responsable des attentats du 13 novembre et de Bruxelles5.

Le 22 novembre 2016, les services secrets américains rendent publique leur enquête sur les attentats. Le département d’Etat inscrit Abdelilah Himich, sur sa liste noire des terroristes étrangers comme un « responsable des opérations extérieures » de l’État islamique et qu’il « aurait été impliqué [was reportedly involved] dans l’organisation des attentats de Paris en novembre 2015 et de Bruxelles de mars 2016, mais l’information n’est pas validée par la justice française1 ». Une source de confusion possible serait le témoignage d’un survivant du Bataclan qui raconte avoir entendu un des deux terroristes, encore vivants après que l’un d’eux a été abattu par un policier, s’adresser à son complice pour lui demander s’il « comptait appeler Souleymane », mais les enquêteurs français attribuent cette évocation du prénom Souleymane à Ibrahim El Bakraoui dont la kunya est Abou Souleyman al-Baljiki, qui meurt en se faisant exploser à Bruxelles le 22 mars 20163.

Il serait toutefois l’un des Français les plus importants au sein de l’EI, surtout depuis la mort d’Abou Mohammed al-Adnani, ancien porte-parole du groupe et principal coordinateur des attentats de Paris, tué en août par une frappe de drone américain2. Il est rapporté aussi qu’il serait tombé en disgrâce et aurait été emprisonné6.

En 2017, il aurait pris part à la bataille de Raqqa contre les Forces démocratiques syriennes ; son sort n’est pas connu, il pourrait avoir été fait prisonnier ou aurait fait partie du convoi de djihadistes évacués de la ville après la conclusion d’un accord négocié par le Conseil civil de Raqqa7,8.

Article connexe

Notes et références

  1. a, b, c, d, e, f, g, h, i, j et k Soren Seelow, « Abdelilah Himich, le légionnaire devenu cadre de l’organisation Etat islamique » [archive], lemonde.fr, 23 novembre 2016 (consulté le 6 décembre 2016)
  2. a, b, c et d Thomas Liabot, « Abou Souleymane, un légionnaire devenu commandant de Daech? » [archive], lejdd.fr, 20 octobre 2016 (consulté le 6 décembre 2016)
  3. a, b, c, d, e, f, g et h « Abdelilah Himich, de soldat de la Légion étrangère à lieutenant de l’EI » [archive], nouvelobs.com, 23 novembre 2016 (consulté le 6 décembre 2016)
  4. Samuel Forey, Le sanglant parcours dans l’EI du légionnaire de Lunel [archive], Le Figaro, 28 février 2017.
  5. Nicolas Hénin, « Profession : formateur de djihadistes » [archive], lepoint.fr, 6 décembre 2016 (consulté le 6 décembre 2016)
  6. Guillaume Atchouel, « Un jihadiste de Lunel suspecté par les USA d’avoir planifié les attentats » [archive], ladepeche.fr, 24 novembre 2016 (consulté le 6 décembre 2016)
  7. Madjid Zerrouky et Allan Kaval, « Avant la chute de Rakka, la question stratégique du sort des étrangers de l’EI » [archive], lemonde.fr, 16 octobre 2017.
  8. Paul Khalifeh, Raqqa: le sort d’un cerveau présumé du 13-Novembre en question [archive], RFI, 15 octobre 2017.

 

http://www.liberation.fr/debats/2015/03/02/a-propos-de-la-mort-d-hafed-benotman_1212557

A propos de la mort d’Hafed Benotman

 

Par Arthur Harari, Réalisateur — 2 mars 2015 à 15:41
A propos de la mort d’Hafed Benotman Photo : Andrea Gandini

L’écrivain-braqueur est mort le 20 février à l’âge de 54 ans. Ce texte est un hommage au défunt et une interpellation à des hommes vivants, qui sont au service de l’Etat français.

  • A propos de la mort d’Hafed Benotman

J’ai connu Hafed Benotman le temps d’une courte année, entre le jour où j’ai décidé que je voulais qu’il joue l’un des rôles principaux de mon premier long métrage, Diamant noir, et sa mort il y a quelques jours. Entretemps, nous avons tourné ce film ensemble, et j’ai trouvé en lui un homme et un acteur exceptionnels, un ami et un frère. Une de ses amies m’a dit de lui : «Il avait ce quelque chose d’indéfinissable qui faisait qu’on ne pouvait pas ne pas l’aimer.» C’est mon sentiment exact.

Hafed Benotman a été délinquant, braqueur multi-récidiviste, écrivain, dramaturge, poète, acteur, militant anti-carcéral, grand cardiaque, sans papiers. Il était pourtant né en France de parents algériens en 1960, c’est-à-dire deux ans avant l’indépendance de l’Algérie. Comme tous les algériens vivants en France, ses parents, ses frères et sœurs et lui sont automatiquement devenus algériens en 1962. Pour obtenir la nationalité française, ils devaient en faire la demande, et c’est ce qu’ont fait tous les membres de sa famille. A sa majorité, Hafed ne l’a pas fait, car il était à l’époque en détention pour un de ses premiers vols. Et aussi, surtout, parce qu’il s’en foutait alors, comme il le disait lui-même. Il était en colère contre beaucoup de choses (il faut lire ses livres pour savoir lesquelles), et demander à ce pays l’autorisation d’être l’un de ses enfants ne l’intéressait pas. Peut-être a-t-il eu tort de ne pas demander bien gentiment quelque chose qui lui revenait de droit, un droit qui porte un nom : le droit du sol.

Pendant près de 20 ans, Hafed a vécu légalement en France grâce à des cartes de séjours renouvelables. Il devient écrivain en prison, se marie deux fois en prison, en sort, y retourne, se radicalise à l’extrême gauche, continue de publier. En tout, et jusqu’à 2007, il aura passé 17 ans emprisonné. C’est en prison qu’en 1996 il fait un premier double infarctus, se découvrant insuffisant cardiaque. L’administration pénitentiaire a mis 12 jours avant de prendre Hafed au sérieux et de le prendre en charge… d’où est née sa nécrose du cœur.

En 1996 précisément, la Loi Pasqua de la double peine change la donne pour les multirécidivistes «étrangers» comme Hafed : il est sous le coup d’un arrêté de reconduite à la frontière, expulsable vers l’Algérie, pays qu’il ne connaît pas. Peu après, l’arrêté est cassé après un recours en justice, et Hafed est officiellement non-expulsable. Mais dès lors, toutes ses demandes de titre de séjour et de nationalisation seront refusées, jusqu’à sa mort.

J’interpelle donc des hommes dont je ne connais pas les noms. Le cas d’Hafed était défendu depuis plusieurs années par la Ligue des Droits de l’Homme, via son président Pierre Tartakowsky, qui avait multiplié les démarches pour obtenir ce qui ne pouvait légalement plus lui être refusé, si cela avait jamais été le cas, à savoir sa nationalité française. Mais les autorités de France, le Ministère de l’Intérieur, la Préfecture de Police, sont systématiquement restés sourds à ces demandes, signifiant en silence, mais on ne peut plus clairement, qu’Hafed devait encore payer pour ses actes. Après 17 ans de prison, ce qui ressemble pourtant de très près à un paiement suffisant.

Quand j’ai appris la situation administrative d’Hafed, j’ai fait des démarches actives pour tenter d’accélérer sa régularisation, que la LDH pensait imminente, afin qu’il puisse travailler sur mon film. Le jour du tournage se rapprochant, j’ai décidé avec lui de miser sur une autorisation temporaire de travail. Mais pour l’obtenir, nous devions présenter un permis de séjour de trois mois. A cette demande, la Préfecture est aussi restée sourde, et muette. Mais je n’ai pas pu me résoudre à remplacer Hafed pour des raisons aussi révoltantes.

Mais il y a bien pire. Le cœur d’Hafed ne fonctionnait qu’à 25% de ses capacités, et la LDH avait légitimement fait de cette donnée un des arguments de sa démarche auprès des autorités. Hafed n’était autorisé à gagner sa vie que comme auteur, ce qui ne lui permettait ni de gagner correctement sa vie, ni d’avoir une couverture maladie décente. Il était entouré, soutenu, mais constamment fauché. Ses frais médicaux étaient régulièrement au-dessus de ses moyens, et sa pudeur l’empêchait souvent de demander de l’argent à ses amis, pourtant nombreux. Quelques jours avant sa dernière attaque cardiaque, Hafed a eu un signe avant-coureur : il a eu un œdème au poumon. Il l’a identifié comme tel, en ayant déjà fait l’expérience par le passé. Mais il a choisi de n’en parler à personne et de s’auto-médicamenter, pour ne pas avoir à demander à un ami de payer le médecin, comme c’était trop souvent le cas à ses yeux. Là, oui, il a eu tort de ne pas demander bien gentiment. C’est quelques jours plus tard, en essayant d’attraper un train, qu’il est tombé par terre.

Des hommes au service de l’Etat connaissaient ce risque, pour avoir maintes fois été informés par la Ligue des Droits de l’Homme qu’Hafed Benotman, né en France et ayant largement payé pour ses vols, publiant des livres et jouant dans des films en France et en langue française, était insuffisant cardiaque, et que sa situation administrative intenable menaçait sa santé, sa vie. Je doute que que ces hommes au service de l’Etat soient venus aux obsèques d’Hafed Benotman, samedi 28 février 2015 à 12h40, au cimetière d’Ivry-sur-Seine, 44 avenue de Verdun, Carré 16. Mais, vu que personne ne connaît leurs noms ni leurs visages, ils pourront toujours dire qu’ils y étaient s’ils ont quelque remords.

Arthur Harari Réalisateur

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Abdel_Hafed_Benotman

Abdel Hafed Benotman

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Abdel Hafed Benotman
Description de cette image, également commentée ci-après
Abdel Hafed Benotman au Lycée Rive Gauche à Toulouse.
Données clés
Naissance 3 septembre 1960
Paris, Drapeau de la France France
Décès 20 février 2015 (à 54 ans)
Auteur
Langue d’écriture Français
Genres
Littérature, polar

Œuvres principales

  • 1992 : Les Forcenés

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Abdel Hafed Benotman est un écrivain de langue française et de nationalité algérienne1, né le 3 septembre 1960 à Paris et mort le 20 février 2015 (à 54 ans)2. Vivant en France, il est l’auteur de romans policiers, de nouvelles, de poésies, de chansons, de pièces de théâtre et de scénarios de films. Il a également été condamné plusieurs fois pour vols et braquages de banques et a fait plusieurs séjours en prison.

Sommaire

Biographie

Enfance et jeunesse

Abdel Hafed Benotman est né à Paris le 3 septembre 1960. Il est le dernier né d’une famille de quatre enfants, de parents algériens arrivés en France dans les années 1950. Il passe son enfance dans le 6e arrondissement de Paris (Quartier latin). Il quitte l’école à 15 ans et connaît son premier séjour en prison à l’âge de 16 ans au Centre de Jeunes Détenus de la maison d’arrêt de Fleury-Mérogis. À sa sortie, il occupe différents petits emplois : livreur-manutentionnaire, chez un fleuriste et dans le prêt-à-porter.

Séjours en prison et écriture

En 1979, à la suite d’un braquage, il passe devant la Cour d’assises. Il est condamné à deux fois sept ans de prison qu’il effectue dans différents centres pénitentiaires, dont la Maison centrale de Clairvaux. Il refuse le travail obligatoire en prison, mais il participe à des ateliers de théâtre. En 1984, il est libéré. Ayant participé à l’atelier théâtre que menait Maryvonne Vénard (écrivaine et metteuse en scène) à la Centrale de Clairvaux depuis 1982, à sa sortie de prison, il est pris en charge par la compagnie du théâtre de la Pierre Noire qui l’installe à Troyes. Il y travaille pour la compagnie de théâtre de la Pierre Noire durant deux ans et demi. Il joue des pièces d’Anton Tchekhov, Victor Hugo (mises en scène de Maryvonne Vénard)…

Il anime des ateliers de théâtre avec différents publics : enfants psychotiques, personnes âgées, jeunes délinquants, handicapés.

En 1987, il revient à Paris et se lance dans l’écriture pour le théâtre. Il écrit deux pièces : M. Toz et La pension qui seront mises en scène par son frère et jouées à Aix-en-Provence et à Paris.

En 1990, il récidive et est à nouveau condamné à huit ans de prison pour vol. Il se rapproche de l’extrême gauche. Il se considère comme prisonnier politique et participe aux Luttes anticarcérales.

En 1993, son premier recueil de nouvelles, Les Forcenés, est édité alors qu’il est encore en prison.

En 1994, du fait de l’application de la loi Pasqua sur la double peine, il est menacé d’expulsion vers l’Algérie, ne parvenant pas à faire renouveler son permis de séjour3. Il s’évade de prison et se cache (il totalisera 18 mois de cavale sur l’ensemble de ses peines de prison). Il vit sans papiers depuis 1996. En 1995, il est repris et condamné à 2 ans et 6 mois supplémentaires pour évasion, puis encore 3 ans de plus. En 1996, il est victime d’un double infarctus en prison et doit être opéré. Il est depuis en insuffisance cardiaque.

À partir des années 2000, François Guérif, éditeur chez Rivages/Noir soutient le travail d’écrivain d’Abdel Hafed Benotman et publie la plupart de ses livres4. C’est au cours de son séjour à la Maison d’arrêt de Fresnes, en 2004, que Jean-Hugues Oppel, auteur de romans policiers aux Éditions Rivage et ami depuis 2000 lui rend visite régulièrement et l’encourage à poursuivre son travail d’écriture. Il préface son livre Les Forcenés5. En 2005, alors qu’il est toujours incarcéré, Abdel Hafed Benotman épouse Francine. En 2007, il sort de prison et la retrouve. Elle ouvre le restaurant associatif « Diet Éthique » dans le 15e arrondissement de Paris. Depuis cette date, il continue d’écrire. Il participe régulièrement à des salons et festivals littéraires. En 2008, il rencontre le juge Éric Halphen, auteur de romans policiers lui aussi, dans le cadre d’un échange littéraire6. Abdel Hafed Benotman est aussi membre du jury pour le Théâtre du Rond Point des Champs-Élysées, en lien avec les conservatoires parisiens7. En 2012, il écrit et met en scène une nouvelle pièce de théâtre, Les Aimants au Vingtième Théâtre de Paris.

Engagements et luttes anti-carcérales

À partir de 1998, il entretient une correspondance avec des prisonnières dont Joëlle Aubron, militante d’Action directe, Idoia López Riaño, militante de l’ETA et Francine qu’il épousera en 2005, quand elle sera dehors et lui de nouveau arrêté. En décembre 1999, il est libéré de la Centrale de Melun.

Jacques Doillon, cinéaste, lui propose un petit rôle dans un de ses films. Il est invité pour des conférences sur l’univers carcéral, dont une en 2000 à l’École nationale de la magistrature. Son recueil de nouvelles, les Forcenés, est réédité.

En 2000, il est intervenant dans l’association « Dire et faire contre le racisme » parrainée par Danielle Mitterrand, ainsi que dans l’association « Ban public ». Il est invité dans des émissions littéraires et anime une émission de radio hebdomadaire, Ras les murs, sur Radio libertaire à Paris. Il est ouvreur au cinéma Le Méliès à Montreuil en Seine-Saint-Denis. Il joue un second rôle dans un épisode de la série télévisée Central Nuit.

En 2001, sur Fréquence Paris Plurielle, il participe à la création de l’émission de radio : L’envolée 8 en référence à Georges Coustel, le premier en France à avoir fait évader ses amis par hélicoptère. Puis un journal du même nom est lancé pour toucher les prisonniers au-delà de la région parisienne. En 2002, il écrit la Politesse des foules pour la compagnie Arcadin. Cette pièce de théâtre est jouée par les habitants des quartiers de Dreux. Une autre de ses pièces, le Numéro sortant, est jouée au Théâtre du Nord-Ouest à Paris pour l’association Ban Public. De 2004 à 2007, il effectue une dernière peine de prison à la suite de sept braquages pour un butin de 22 000 euros.

Il est enterré au cimetière parisien d’Ivry (16e division)9.

Prix et distinctions

Œuvre

Romans

  • 1992 : Les Forcenés, recueil de nouvelles préfacé par Robin Cook, Éd. Clô.
  • 2000 : Les Forcenés, réédition, Rivages/Noir
  • 2003 : Éboueur sur échafaud, roman autobiographique, Rivages/Noir
  • 2006 : Le Philotoon’s: Correspondance entre l’auteur en prison et des amis de l’intérieur et de l’extérieur, Éd. L’insomniaque
  • 2006 : Les Poteaux de torture, second recueil de nouvelles, Éd. Rivages
  • 2008 : Marche de nuit sans lune:roman, Éd. Rivages (en cours d’adaptation par Abdellatif Kéchiche)
  • 2011 : Garde à vie : roman jeunesse, Éd. Syros, Coll. Rat noir
  • 2012 : Gonzo à gogo : de Ange Rebelli et Jack Maisonneuve, roman, 2012. Éd. Tabou
  • 2012 : Coco, Éd. Écorce. Illustré par Laurence Biberfeld
  • 2012 : Un nageur en plein ciel, roman d’Idir Lorent, dont il écrit la préface. 2012, Rivages/Noir
  • 2016 : Un jardin à la cour, Éd. Rivages/Thriller

Poésie

  • 2010 : L’Œil à clé: recueil de poésies, Éd.Domens.

Théâtre

  • 2001 : La Joue du roi, suivi de Vomitif, pièces de théâtre, Éd. L’Insomniaque.
  • 2002 : La Politesse des foules, pièce de théâtre qu’il met en scène en 2002.

Filmographie

En préparation

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  • Les Dos argentés, recueil de nouvelles.
  • Le Bottin des hommes, long métrage.
  • Un jardin à la cour, roman.

Notes et références

  1. Bien que né en France, il dit n’avoir jamais eu la nationalité française à sa majorité, ne l’ayant pas demandée, bien que celle-ci eût dû lui être automatiquement reconnue en vertu du droit du sol. Il indique avoir vécu toute sa vie en France grâce à des permis de séjour, puis avec le statut de sans-papiers lorsque le renouvellement de ces permis lui a été refusé en raison de ses condamnations – Voir Portrait : Haut les cœurs [archive], Libération, 21 avril 2008]
  2. Hubert Artus, « Hommage à Abdel-Hafed Benotman, l’éternel souriant, écrivain gardé à vie » [archive], sur blogs.lexpress.fr, 21 février 2015
  3. Portrait : Haut les cœurs [archive], Libération, 21 avril 2008]
  4. http://www.a-parte.fr/action-culturelle/nos-intervenants/hafed-benotman/ [archive]
  5. « Les Forcenés – Abdel Hafed Benotman » [archive], sur payot-rivages.net (consulté le 31 janvier 2013)
  6. http://bibliobs.nouvelobs.com/romans/20080415.BIB1147/en-video-halphen-benotman-le-juge-le-taulard-leurs-polars.html [archive]
  7. http://www.mpaa.fr/Programme?year=2012&month=9&day=22&event=Concours-d%27ecriture-2012-:-dans-quel-etat-sommes-nous-?&e_id=2916 [archive]
  8. http://lejournalenvolee.free.fr/ [archive]
  9. http://equipement.paris.fr/cimetiere-parisien-d-ivry-4504 [archive]
  10. http://www.cettefrancela.net/volume-1/recits-1/article/abdel-hafed-benotman [archive]
  11. https://www.dailymotion.com/video/xfqt30_nourdine-halli-et-baptiste-filleul-dehors-dedans_shortfilms#.UVmB2jc75Fk [archive]
  12. http://www.allocine.fr/film/fichefilm_gen_cfilm=193030.html [archive]
  13. http://blog813.over-blog.com/article-moisson-du-mitan-109102308.html [archive]
  14. http://www.google.fr/search?q=Nourdine+Halli&ie=utf-8&oe=utf-8&aq=t&rls=com.frontmotion:fr:unofficial&client=firefox-a [archive]

Voir aussi

Articles connexes

Liens externes

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http://www.huffingtonpost.fr/2012/03/27/mohamed-merah-vido-tuerie-toulouse-montauban-aljazeera_n_1381847.html

27/03/2012 12:31 CEST | Actualisé 03/10/2016 19:56 CEST

 

Vidéo des tueries: ce n’est pas Mohamed Merah qui a posté la lettre à Al Jazeera

 dans Corruption

Googlemap

 

Le tueur au scooter Mohamed Merah n’est pas l’expéditeur du montage vidéo de ses crimes reçu par la poste au bureau parisien de la chaîne Al Jazeera, que la police a entre les mains depuis lundi 26 mars, a-t-on appris mardi 27 mars de source policière.

Les enquêteurs recherchent toujours mardi qui a pu poster mercredi dernier ce courrier, contenant notamment une clé USB, mais, selon les premiers éléments de l’enquête, ce « ne peut être Mohamed Merah », a-t-on précisé de même source.

Les policiers ont localisé le lieu où a été posté ce courrier, qui contient une lettre de revendication manuscrite de la main de Mohamed Merah et a été envoyé « en dehors de Toulouse », a précisé la source.

Selon une information Europe 1, la lettre aurait été postée de Castelnau-d’Estrétefonds, à 25 km au nord de Toulouse, dans un bureau de poste.

Or, selon Le Figaro, le tueur de Toulouse et de Montauban a justement travaillé une dizaine de jours en janvier dans une carrosserie de la commune.

Toutefois, le tampon de l’envoi ne permet pas de dire avec certitude d’où il a été posté car il s’agit de celui de Castelnau-d’Estrétefonds, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse qui abrite une plateforme industrielle de tri pour toute la région Midi-Pyrénées, où sont oblitérés chaque jour 2,7 millions de courriers de sept départements.

Avec l’industrialisation du tri, il est « impossible de revenir au lieu précis » où le courrier a été déposé, explique un responsable régional de La Poste. Sur le parcours du courrier, on estime probable à La Poste que l’oblitération du mercredi signifie qu’il a été déposé dans une boîte après la mi-journée mardi ou plus tard dans un bureau de poste.

 

 dans Crime

La vidéo dont s’est saisie l’enquête lundi est un « montage des images des différentes tueries avec de la musique et des versets du Coran », a dit une source proche de l’enquête. Un enregistrement qui ne sera finalement pas diffusé par la chaîne. Les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat) de la PJ parisienne ont récupéré les images lundi auprès de la télévision et doivent les exploiter, a-t-on encore précisé.

Le tueur au scooter Mohamed Merah avait filmé chacune de ses tueries des 11, 15 et 19 mars à l’aide d’une mini caméra, une GoPro, habituellement utilisée par les plongeurs et sportifs de l’extrême pour filmer leurs exploits, avait révélé jeudi dernier le procureur de la République de Paris François Molins.

Cette caméra, « dont il s’était sanglé », lui avait permis d’enregistrer des scènes « extrêmement explicites », avait-il ajouté. Les enquêteurs ont depuis vérifié que Mohamed Merah les destinait à une diffusion sur internet, accompagnée d’une revendication.

Dimanche déjà, les enquêteurs n’excluaient pas qu’il ait cherché à diffuser les vidéos par d’autres voies qu’Internet.

LIRE AUSSI:

» Mohamed Merah: les suites de l’enquête

» Les événements de Toulouse seront-ils un tournant politique ?

» Le frère de Merah, écroué, n’est « pas fier » des actes de son frère

» Ils rendent hommage à Merah, épisode 3

» Des milliers de personnes en hommage aux victimes

» Une professeure demande une minute de silence pour Merah

» Mohamed Merah: après sa mort, la polémique

» Merah a filmé toutes ses tueries

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http://www.lindependant.fr/2013/03/15/affaire-merah-le-mystere-de-la-clio-de-st-papoul-reste-entier,1736161.php

  • par Rémi Lebrère
  • Le 15 mars à 6h00 | Mis à jour le 15 mars

Affaire Merah : le mystère de la Clio de St-Papoul reste entier

 

Officiellement, « l’affaire est classée ». Mais la découverte, le 28 mars 2012, à Saint-Papoul, d’une Clio 2 grise, immatriculée dans la Haute-Garonne, et pouvant être liée à l’affaire Merah, garde tout son mystère. Même un an après les tueries de Toulouse et Montauban. A bord de cette voiture, les gendarmes retrouvaient un casque de moto et des éléments de carénage de scooter Yamaha T-Max, le même engin que celui utilisé par le tueur en série pour commettre ses assassinats. Des témoins visuels des faits rapportaient, à l’époque, que le scooter du tireur fou était tantôt blanc, tantôt noir, d’où un possible changement du carénage.

Le véhicule saisi par les enquêteurs

Le rapport entre la Clio de Saint-Papoul et le dossier Merah était d’autant plus troublant qu’après contrôle au fichier, la plaque minéralogique dudit véhicule démontrait qu’il appartenait à une personne habitant dans la même rue que le tueur, rue du Sergent-Vigné, à Toulouse. Le propriétaire était-il le fameux troisième homme, celui qui aurait prêté main forte à Merah, en plus de son frère Abdelkader, toujours écroué ? La Clio était donc saisie par les enquêteurs du SRPJ de Toulouse. Peu après, une source policière indiquait formellement, que la voiture n’avait « aucun lien » avec le dossier et que le propriétaire en question avait vendu la Clio à un Audois, plusieurs semaines avant le drame. Quant aux pièces de scooter, il s’agissait, toujours de source policière, de simples morceaux de ferraille… Une thèse encore soutenue, aujourd’hui, par la justice. « Affaire classée sans suite », indiquait sobrement, lundi, le procureur de la République de Carcassonne, Antoine Leroy.

Le maire n’a jamais eu le fin mot de l’histoire

Il n’en reste pas moins qu’à Saint-Papoul, personne n’a su (et ne sait à ce jour) à qui appartenait cette voiture, littéralement « tombée du ciel », un matin, sur la place du poids-public. Le voisinage, composé pour l’essentiel de personnes âgées, plutôt aux aguets de ce qui se passe à leur porte, n’a jamais vu quelqu’un monter ou descendre de la Clio, ni même prendre ou déposer quelque chose à l’intérieur. Un an après, le maire de Saint-Papoul, Serge Ourliac est toujours aussi formel. « Je n’ai jamais eu de nouvelles concernant cette Clio. Pour moi, il est clair que la voiture n’a jamais appartenu à un habitant du village. Tout le monde se connaît, ici. J’ai bien tenté de m’en informer auprès de la gendarmerie, avec laquelle j’entretiens de très bons rapport, mais je n’ai jamais obtenu de réponse.»

De troublantes concoïncidernces

Un après après les faits, il faut tout de même reconnaître que les coïncidences entre la Clio de Saint-Papoul, son contenu, et l’affaire Merah, restent particulièrement troublantes… Comment ce véhicule, totalement inconnu dans le village, a pu arriver à Saint-Papoul ? Comment se fait-il que plus aucune info n’ait été donnée ensuite ? Et pourquoi le ‘vrai’ propriétaire du véhicule ne s’est jamais manifesté à Saint-Papoul ? Autant de questions qui restent aujourd’hui sans réponse, secret de l’instruction oblige. Une instruction qui n’a jamais à ce jour élucidé la thèse du « troisième homme », pourtant défendue par les avocats des victimes de Merah. Un « troisième homme » qui a peut-être semé un indice important du côté de Saint-Papoul, un jour de mars 2012 . La Clio retrouvée devant l’ancien poids-publics de Saint-Papoul le 28 mars 2012.

Quel lien avec le village ?

Soixante-dix kilomètres séparent Toulouse de Saint-Papoul, soit 40 minutes de trajet. On peut aisément imaginer que le tueur en série, où l’un de ses complices ait choisi ce petit village de 800 âmes pour y installer une sorte de base arrière. Le choix de Saint-Papoul serait-il le fruit du hasard ? Peut-être. Mais en matière judiciaire, il n’y a qu’une faible place pour les concours de circonstances. Alors pourquoi Saint-Papoul ? La Clio était parfaitement roulante et approvisionnée en carburant, au moment de sa saisie. La thèse de la panne, au cœur du Lauragais, est donc à proscrire. Mohamed Merah possédait-il des relations à Saint-Papoul ? Difficile à dire. Une chose est sûre, Merah s’était déjà rendu dans le Lauragais. En 2007, selon nos confrère de « La Dépêche du Midi», il était contrôlé par les gendarmes, à Villefranche-de-Lauragais, suite à un incident lors d’un mariage. De Saint-Papoul à Villefranche, il y a 30 km seulement. Une autre piste peut aussi être envisagée : la présence, à Saint-Papoul, d’un centre pour jeunes en difficultés sociales. Si cette structure œuvre aujourd’hui dans le domaine de la réinsertion, elle fut, voici une décennie, un centre fermé accueillant des délinquants mineurs. Merah y est-il passé, bien que seulement âgé de 23 ans au moment où il a été abattu par le Raid, dans son appartement toulousain ? L’une de ses connaissances avait-elle fréquenté cet établissement ? Possible. Mais il y a un an, quand nous avions posé la question à un cadre du centre, Merah y était « inconnu au bataillon ».

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/4e_r%C3%A9giment_%C3%A9tranger

4e régiment étranger

4e régiment étranger
Image illustrative de l'article 4e régiment étranger
Insigne régimentaire du 4e régiment étranger

Création 15 novembre 1920
Pays Drapeau de la France France
Branche Armée de terre
Légion étrangère
Type Régiment d’infanterie
Rôle Instruction et formation
Effectif 500
Fait partie de COMLE
Garnison Castelnaudary (Aude)
Surnom « Creuset de la Légion »
et
« Régiment des fortes têtes »
Couleurs Vert et rouge
Marche C’est le 4 en chantant
Inscriptions
sur l’emblème
CAMERONE 1863
MAROC 1914-1918-1921-1934
DJEBEL ZAGHOUAN 1943
AFN 1952-1962
Anniversaire 30 avril (Camerone)
15 novembre (création du régiment)
Guerres Guerre d’Indochine
Guerre d’Algérie
Décorations Croix de guerre 1939-1945 avec palme
Commandant lieutenant-colonel Alexis de Roffignac
modifier Consultez la documentation du modèle

Le 4e régiment étranger, ou 4e RE, est le régiment de formation de la Légion étrangère. Il est stationné à Castelnaudary depuis 1976, date de son arrivée de Corse. Il n’est pas projetable en opération.

C’est dans cette unité que sont formés les engagés volontaires, au cours d’un cycle de dix-sept semaines au sein de l’une des CEV (compagnies d’engagés volontaires). Il s’agit notamment pour ces étrangers d’apprendre le français par le biais de la méthode « Képi blanc » autrefois et « Mauger » aujourd’hui. En binômes ou trinômes (en fonction du nombre de francophones), dont un francophone, les futurs légionnaires acquièrent les bases du français sans jamais recourir à leur langue maternelle.

Après avoir rejoint leurs corps d’affectation, ils reviendront encore au « creuset de la Légion » pour y suivre éventuellement une formation de spécialiste (cuisinier, infirmier, transmetteur, informaticien, mécanicien, moniteur de sport, secrétaire, moniteur de conduite) à la CIS (compagnie d’instruction des spécialistes).

Ensuite, au cours de leur premier contrat, ils reviendront effectuer la FGE (formation générale élémentaire) afin de gagner leurs galons de caporal et, pour les meilleurs, la FG1 (formation générale de 1er degré) qui leur ouvrira la carrière de sous-officier. Ces formations de cadres, de même que la formation de spécialiste 1er degré de combattant et la préparation à la formation générale de 2e degré, sont effectuées à la CIC (compagnie d’instruction des cadres).

Sommaire

Création et dénominations

Le régiment est créé le 15 novembre 1920 à Marrakech, au Maroc.

Dissous en 1940, le régiment est recréé en 1941 sous l’appellation de 4e demi-brigade de la Légion étrangère.

En 1948, il reprend le nom de 4e régiment étranger d’infanterie.

Le 25 avril 1964, le régiment est dissous, à l’issue de la fermeture du site d’essais nucléaires français de Reggane.

En 1976, le GILE (groupement d’instruction de la Légion étrangère) est déplacé à Castelnaudary et prend le nom de RILE (régiment d’instruction de la Légion étrangère) le 1er septembre 1977. Il reçoit alors la garde du drapeau du 4e RE.

Le 4e régiment étranger est recréé le 1er juin 1980.

  • 36px-LTN-4REI-1934 dans LCR - NPA

    Lieutenant du 4e REI en 1934

Histoire

Seconde Guerre mondiale

Stationné au Maroc jusqu’en 1940, il y mène une mission de pacification, gagnant ainsi la dénomination de « régiment du Maroc ».

En 1943, il est engagé, sous le nom de 1er régiment étranger d’infanterie motorisée, dans les combats d’Afrique du Nord.

Au cours de la campagne de Tunisie, le régiment est décoré de la Croix de guerre 1939-1945.

Après-guerre

Alors que l’un de ses bataillons, intégré au sein du 5e REI, prend part à la guerre d’Indochine, le régiment retrouve le Maroc.

Le 2e bataillon participe à la répression de l’insurrection malgache de 19471.

Dans les années 1950, il assure pour la première fois une mission de formation pour les unités destinées à combattre en Extrême-Orient. Parallèlement, il concourt au maintien de l’ordre le long des frontières algéro-tunisiennes lors de la guerre d’Algérie.

En 1963, après le cessez-le-feu, il se voit confier la mission d’assurer la sécurité du site de Reggane au cœur du Sahara, où se forge l’armement nucléaire français. L’évacuation du site par la France entraîne sa dissolution en 1964.

Quelques années plus tard, c’est le groupement d’instruction de la Légion étrangère (GILE) qui hérite de la mission de former l’ensemble des corps de Légion. Le GILE est tout d’abord stationné en Corse, à Corte, avant d’être transféré en 1976 à Castelnaudary.

Traditions

Insigne

Le 4e RE garde dans son insigne la Koutoubia de Marrakech et les monts de l’Atlas.

Insigne_r%C3%A9gimentaire_du_4e_r%C3%A9giment_%C3%A9tranger_%281937%29 dans Perversité

Insigne régimentaire de poitrine du 4e RE

Devise

Chant

C’est le 4 en chantant
I

À travers pierres et dunes,
S’en vont les képis blancs.
Sous le soleil, clair de lune,
Nous marchons en chantant.
Vers Bechar ou vers Casa,
Dans toutes les directions,
Nous repartons au combat,
Pour la gloire de la Légion.

Refrain

C’est le 4 en chantant qui s’avance,
Qui s’avance, laissez-le passer.

II

Sur les pistes des Corbières,
Nous partons en mission.
Une colonne de bérêts verts,
S’en va à l’instruction.
Vers la Jasse ou vers Bel-Air,
Dans toutes les directions,
Devenir légionnaire,
C’est notre seule ambition.

Faits d’armes et inscriptions sur le drapeau2

Décorations

  • 65px-Croix_de_Guerre_39_45 dans Politique
    Croix de guerre 39-45

Personnalités ayant servi au régiment

Liste des chefs de corps

  • 1948-1950 : lieutenant-colonel Gabriel Bablon
  • 1980 : lieutenant-colonel Jean
  • 1981 : colonel Latournerie
  • 1983 : lieutenant-colonel Colcomba
  • 1985 : lieutenant-colonel Kreherb
  • 1987 : lieutenant-colonel Seignezb
  • 1989 : colonel Graila
  • 1991 : colonel Dureau
  • 1993 : colonel Pinard-Legryb
  • 1995 : colonel Buffeteau
  • 1997 : colonel Pichot de Champfleurya
  • 1999 : colonel Barbauda
  • 2001 : colonel Thiebaultb
  • 2003 : colonel Kotchine
  • 2005 : colonel Roqueplo
  • 2007 : colonel Pau
  • 2009 : colonel Mistralb
  • 2011 : colonel Talbourdel
  • 2013 : colonel Lobel
  • 2015 : colonel Dufour
  • 2017 : lieutenant-colonel de Roffignac

Le régiment aujourd’hui

Missions

Le régiment a la mission d’assurer :

  • la formation initiale de tous les engagés volontaires de la Légion étrangère ;
  • la formation des spécialistes de niveau élémentaire, 1er degré et 2e degrés dans les branches combat, sport, transmissions, santé, administration, instruction conduite, maintenance auto et télécommunications, informatique, etc.;
  • assurer la formation des cadres de la Légion étrangère (formation générale élémentaire, de 1er et 2e degrés).

Organisation

Le 4e régiment étranger est articulé en 6 compagnies d’effectifs très variables et aux spécialités bien établies. Le régiment compte un peu plus de 500 permanents.

  • La CCS ou compagnie de commandement et des services, regroupe tous les services nécessaires au bon fonctionnement de la vie quotidienne de l’unité (cuisines, infirmerie, ateliers mécaniques, casernement, etc.).
  • 3 CEV ou compagnie d’engagés volontaires. Elles assurent la formation initiale de tous les jeunes engagés. Le cycle d’instruction de 17 semaines débute systématiquement par un passage d’un mois en ferme où le jeune légionnaire fait l’apprentissage du français, du métier de soldat et de la vie de groupe.
  • La CIC ou compagnie d’instruction des cadres. C’est la compagnie qui forme les futurs caporaux et les futurs sergents de la Légion étrangère. Elle forme aussi les futurs chefs de groupe d’infanterie blindée et encadre les sous-officiers plus anciens au cours de la formation générale de 2e degré.
  • La CIS ou compagnie d’instruction des spécialistes. Elle forme les futurs spécialistes des tous les régiments de Légion dans les domaines autres que le « métier » du régiment, infanterie, cavalerie ou génie. Elle intègre aussi le centre de formation des conducteurs de la Légion étrangère.

Matériels

Régiment de formation, le 4e RE ne dispose pas de matériels majeurs. En revanche, il a en son sein des installations adaptées à l’instruction menée : stand de tir fermé, piscine couverte, piste de conduite, nombreuses salles informatiques, gymnase et stade, parcours du combattant, etc.

Le régiment dispose par ailleurs de 4 fermes, soit une par compagnie d’engagés volontaires et une pour la compagnie d’instruction des cadres ainsi qu’un chalet à Formiguères (près de Font-Romeu). Ces fermes permettent un entraînement de qualité, loin des contraintes de la vie de quartier, permettant l’apprentissage de la vie en collectivité.

Notes et références

Notes

  1. a, b, c et d Officier devenu par la suite général de division.
  2. a, b, c, d et e Officier devenu par la suite général de brigade.

Références

  1. Charles Janier, Dictionnaire Opex : Opérations extérieures de l’armée française depuis 1945, Editions SPE Barthélémy, mai 2015, 105 p. (ISBN 979-1094311059), p. 5
  2. Décision n°12350/SGA/DPMA/SHD/DAT du 14 septembre 2007 relative aux inscriptions de noms de batailles sur les drapeaux et étendards des corps de troupe de l’armée de terre, du service de santé des armées et du service des essences des armées, Bulletin officiel des armées, n°27, 9 novembre 2007 [archive]
  3. Arrêté relatif à l’attribution de l’inscription AFN 1952-1962 sur les drapeaux et étendards des formations des armées et services, du 19 novembre 2004 (A) NORDEF0452926A Michèle Alliot-Marie

Voir aussi

Articles connexes

Bibliographie

  • Le 4e Étranger par Tibor Szecsko (texte) et Ph. Cart Tanneur (éditeur), préface du lieutenant-colonel Kreher, chef de corps – Ed. BIP 1987

Sources :

Liens externes

 

http://www.europe1.fr/france/portrait-qui-est-mohamed-merah-999679

PORTRAIT – Qui est Mohamed Merah ?

 

11h13, le 21 mars 2012, modifié à 09h12, le 22 mars 2012
PORTRAIT - Qui est Mohamed Merah ?

L’immeuble du présumé « tueur au scooter », à Toulouse.@ FRANCE 2

 

Ce Toulousain de 23 ans est soupçonné d’être l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban.

 

Les faits. Le Raid a lancé mercredi à 3h20 du matin une opération, encore en cours, dans une habitation du quartier résidentiel de la Côte Pavée, à l’est de Toulouse. Un homme se revendiquant d’Al-Qaïda, considéré comme le principal suspect des tueries qui ont fait sept morts, est retranché chez lui, cerné par la police et le Raid.

Le profil de l’auteur présumé.  Le présumé coupable de la tuerie de l’école juive, et du meurtre des trois jeunes militaires serait Mohamed Merah, un Toulousain de 23 ans. Le jeune homme est un Français, d’origine algérienne, a révélé le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant. Né en octobre 1988, il a grandi dans une cité toulousaine, et est connu depuis 2006 par la police locale pour des actes de petite délinquance (délits, outrages), selon les informations d’Europe 1.

Sa mère, amenée sur les lieux pour le raisonner, « n’a pas souhaité entrer en contact avec son fils, indiquant qu’elle n’avait guère d’influence sur lui » a déclaré le ministre de l’Intérieur. Elle a été placée en garde à vue, mercredi matin, ainsi que le frère et la compagne de celui-ci. Le procureur de Paris, François Molins, a d’ailleurs insisté sur l’implication des « frères Merah » dans cette affaire.

Des antécédents judiciaires.  »Il a été condamné à un mois de prison ferme et avait rendez-vous début avril avec le juge d’application des peines », a confirmé mercredi sur Europe 1 l’avocat du tireur présumé, Me Christian Etelin.  »C’était auparavant un mineur à tendance violente, beaucoup plus intolérant. Mais, il y avait une maturation. Il me donnait une très bonne impression quant à son évolution », a-t-il ajouté. Selon lui, Mohamed Merah faisait preuve, de « respect d’autrui, avec une certaine douceur ». « Il s’adressait aux autres en étant extrêmement poli », précise Me Christian Etelin.

Mais le procureur de Paris, François Molins, a parlé d’un homme avec un « profil violent et avec un profil psychologique allié à des troubles du comportement quand il était mineur ».

Quel est son comportement ? La police est surprise par la durée des négociations. Le tueur s’avère en effet très loquace, ce qui est peu courant. « Dans l’engagement d’un fanatique tel qu’il se décrit, il est surprenant d’avoir quelqu’un qui parle autant », précise Laurent Combalbert, membre du Raid. « Généralement ils ne sont pas dans le dialogue, ils sont plutôt dans le rapport de force. Il essaye de trouver des justifications. Maintenant il vaut mieux qu’il ait envie de parler beaucoup. Cela permet à la négociation de durer », ajoute-t-il.

Mercredi en fin d’après-midi, les tractations se poursuivaient et le procureur de Paris évoque désormais la fin de journée pour un dénouement.

Il se revendique d’Al-Qaïda. D’après le ministre de l’Intérieur, Claude Guéant, dépêché sur place, le jeune homme se revendique d’Al-Qaïda. Mohamed Merah s’inscrit dans cette mouvance djihadiste, décrypte le chef du service international  d’Europe 1, Didier François. « Ce qui ne veut pas forcément dire qu’il appartient aux structures d’Al-Qaïda », précise-t-il. « Les opérations d’Al-Qaïda sont, en général, spectaculaires, multiples et à gros effets, on n’est pas du tout dans ce cadre là », précise-t-il.  Le jeune homme dit « être un moudjahidine »,  » et avoir voulu venger les enfants palestiniens ainsi que s’en prendre à l’armée française », a précisé Claude Guéant.

Déjà arrêté en Afghanistan. Mohamed Merah a effectué un premier séjour en Afghanistan où il s’était rendu « par ses propres moyens ». Il a ensuite été en 2011 dans le Waziristan, une partie des zones tribales du nord-ouest du Pakistan, à la frontière afghane, où « il explique qu’il a été formé par Al-Qaïda ».

Pour son premier séjour, le procureur de Paris, François Molins, indique que Mohamed Merah s’est rendu en Afghanistan « par ses propres moyens, sans passer par les pays habituellement surveillés ».

D’après Louis Capriolli, ancien sous directeur chargé de la lutte antiterroriste à la DST, le jeune homme avait « un lien qui lui a permis d’aller en Afghanistan, une connexion avec une organisation ou des membres d’une organisation ».

A tenté de s’engager dans l’armée. Entre deux séjours en Afghanistan, Mohamed Merah, l’auteur présumé de la tuerie de l’école juive de Toulouse et des meurtres des militaires de Toulouse et Montauban, a postulé deux fois pour entrer dans l’armée française. Une première fois en 2008, à Lille, où il s’était présenté au CIRFA de l’Armée de Terre et une seconde fois dans la Légion étrangère en 2010. Il s’était alors rendu au PILE de Toulouse. Il n’avait alors pas été retenu en raison de ses antécédents judiciaires et de son instabilité psychologique.

Le jeune homme, né en octobre 1988, avait été arrêté en 2007 en Afghanistan après avoir posé des bombes dans la région de Kandahar mais s’est évadé quelques mois plus tard, en 2008, a déclaré mercredi à Reuters le directeur des prisons de cette ville du Sud afghan.

Après l’attaque contre les trois paras, le 15 mars dernier, la DPSD, la Direction de la protection du secret-défense, qui le surveillait, a fourni l’ensemble de ses informations aux spécialistes de la DCRI, la Direction centrale du renseignement intérieur, les services de contre-terrorisme de la police.

>> EN DIRECT - Retrouvez toutes les dernières infos sur le siège en cours à Toulouse en cliquant ici.

 

Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest : les îles Kerguelen après Wallis-et-Futuna ?

Considérant le parcours professionnel d’Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest muté à Quimperlé en 2007, puis à Mayotte en 2013, et à Wallis-et Futuna en début d’année 2017, ses contrats de plus en plus lointains étant de plus en plus courts et le nombre de ses administrés toujours plus réduit, nous pensons qu’il a de bonnes chances de devenir en fin de carrière le premier directeur hospitalier des îles Kerguelen.

Quelle belle promotion que d’être muté en cet endroit où tout reste à faire, notamment l’hôpital psychiatrique nécessaire pour y accueillir sa population de scientifiques…

A n’en point douter, ce serait là une consécration inespérée pour cet homme qui toute sa vie se sera battu comme un beau diable pour faire entrer dans le DMS le cas clinique absolument effrayant de tous ces intellectuels qui osent discuter, contester, ou réclamer leurs droits.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wallis-et-Futuna

Wallis-et-Futuna

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Wallis et Futuna (homonymie).
Wallis-et-Futuna
Blason
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité d’outre-mer
Chef-lieu Mata Utu
Assemblée délibérante Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna
Président David Vergé
2017-
Rois coutumiers Patalione Kanimoa (Uvea)
Filipo Katoa (Alo)
Eufenio Takala (Sigave)
Administrateur supérieur Jean-Francis Treffel
Démographie
Population 12 197 hab. (20131)
Densité 98 hab./km2
Langues
locales
français, wallisien, futunien
Géographie
Coordonnées 13° 18′ sud, 176° 12′ ouest
Superficie 124,2 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique
Fuseau horaire UTC+12
Domaine internet .wf
Indicatif téléphonique 681
Code ISO 3166-1 WLF, WF
Localisation
Localisation de Wallis-et-Futuna
modifier Consultez la documentation du modèle

Wallis-et-Futuna2, ou en forme longue le territoire des îles Wallis et Futuna3, est une collectivité d’outre-mer4 française, formé de trois royaumes coutumiers polynésiens et situé dans l’hémisphère sud. Son chef-lieu est Mata Utu et son code postal et INSEE commence par 986.

Les îles Wallis et Futuna sont le territoire français le plus éloigné de la métropole, à 16 000 km. Elles se situent à 8 000 km de Los Angeles et à 4 000 km de Sydney. Situé à 480 km des îles Fidji, à 1 871 km de la Nouvelle-Calédonie et à 2 891 km de Tahiti, ces trois îles, Wallis (75,64 km2), Futuna (46,28 km2) et Alofi (17,78 km2)5, se trouvent dans l’océan Pacifique occidental, en Océanie lointaine (c’est-à-dire où l’on ne peut parvenir par mer qu’en perdant les terres de vue).

Constitué de trois îles principales qui ne forment pas un archipel, Wallis, Futuna et Alofi, le territoire a une superficie modeste (124,2 km2 soit à peine plus que Paris intra-muros) pour 12 197 habitants.

L’île de Wallis (en wallisien, ʻUvea), d’une superficie de 75,64 km², porte le nom du capitaine Samuel Wallis, le premier navigateur occidental qui l’aborde en 1767. Les îles Horn, Futuna (46,28 km²) et l’îlot voisin, non-habité, d’Alofi (17,78 km²), séparées seulement par un chenal de 2 km et distantes de 230 km de Wallis, sont abordées dès 1616 par des navigateurs hollandais, Willem Schouten et Jacob Le Maire. Ils leur donnèrent le nom d’« îles de Hoorn », du nom de leur port d’attache. Ces îles, au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récifs coralliens, sont difficiles d’accès par la mer. Toutefois, l’anse de Sigave permet aux bateaux d’y mouiller en relative tranquillité.

Peuplées par des Austronésiens de civilisation lapita, qui devinrent des Polynésiens, Wallis et Futuna se retrouvent dans l’aire d’influence tongienne au XVe siècle. Ce n’est qu’en 1837 que des missionnaires maristes convertissent les deux îles au catholicisme. Devenu protectorat français en 1888, Wallis-et-Futuna devient un territoire d’outre-mer en 1961 suite à référendum. Il bénéficie d’un statut protecteur reconnaissant les chefferies traditionnelles et la religion catholique, ce qui en fait l’un des territoires ultramarins les plus originaux au sein de la République française.

Sommaire

Géographie

Article principal : Géographie de Wallis-et-Futuna.
Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest : les îles Kerguelen après Wallis-et-Futuna ? dans AC ! Brest 290px-Carte_de_Wallis-et-Futuna

Carte de Wallis-et-Futuna

Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récifs coralliens, sont difficiles d’accès sauf pour l’anse de Sigave. Wallis-et-Futuna possèdent 106 km de côtes au total6.

L’appellation « archipel » appliquée à Wallis-et-Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d’environ 230 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Malgré cela on peut répartir les îles en deux grands groupes : d’une part, les îles Wallis composées d’une île principale, Uvea, et de plusieurs îlots coralliens et d’autre part, les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn) composées de deux îles principales, l’île de Futuna et sa voisine immédiate, l’île d’Alofi (en pratique, Futuna désigne à la fois Futuna et Alofi ; le nom îles de Hoorn est très peu usité et plutôt appelé îles Futuna). Les îles sont d’origine volcanique.

L’île de Wallis est apparue au Cénozoïque, suite à l’émergence d’un volcan sous-marin. Une deuxième période d’activité volcanique, il y a 300 000 ans, a entraîné la création des îlots présents dans le lagon. Une bonne partie du sol est constitué de basalte7. Le point culminant de Wallis est le mont Lulu Fakahega, haut de 151 mètres7.

À Futuna, le relief est beaucoup plus escarpé et montagneux. Depuis le sommet du mont Puke (524 mètres) part un plateau qui descend progressivement et s’arrête juste avant le bord de mer, laissant une petite frange littorale. L’espace entre la mer et la montagne est très réduit7.

Climat

Le climat de l’archipel est du type tropical humide assez constant sur l’année. L’amplitude thermique entre les moyennes du mois le plus chaud (février) et du mois le plus frais (juillet) est de 1,1 °C8. Les précipitations mensuelles varient de 400 mm en janvier à 150 mm en août. On distingue ainsi deux principales saisons. La première, de mai à septembre, est plutôt fraîche, moins arrosée et balayée par un alizé modéré. La seconde, d’octobre à avril, est celle des chaleurs et des fortes pluies avec parfois des cyclones.

Biodiversité

Article connexe : Liste des oiseaux de Wallis-et-Futuna.

La faune et la flore n’ont pas fait l’objet d’inventaires exhaustifs, cependant certains groupes sont assez bien connus.

À Wallis, 639 espèces de poissons littoraux ont été identifiés. En eaux douces ce sont 3 espèces de crustacés et 4 de poissons qui ont été inventoriées (dont le Stiphodon rubromaculatus). Les chauve-souris sont les seuls mammifères autochtones et le seul batracien présent a été introduit. Nous pouvons également citer l’araignée Schizocosa vulpecula.

Histoire

Article détaillé : Peuplement de l’Océanie.
Article principal : Histoire de Wallis-et-Futuna.
220px-Wallis%2C_p%C3%AAche_aux_palmes%2C_1863 dans Attentats

« Pêche aux palmes » dans les Ilots de Wallis (Uvea) (Wallis-et-Futuna) par le Français Charles Méryon, lors de son voyage dans le Pacifique (1842-1846).

La civilisation Lapita, entre 900 et 800 av. J.-C., correspond aux premiers habitants des deux îles habitées, pour lesquels on dispose de preuves archéologiques, sur les sites d’Utuleve, à Uvea et d’Asipani, à Futuna. Puis viennent les invasions tongiennes pour Wallis et les invasions samoanes pour Futuna.

Le premier contact de Futuna avec des Européens a lieu le 21 mai 1616 ; les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire jettent l’ancre dans l’embouchure de la rivière Futuna et abordent en chaloupe le lendemain. Ils baptisent les deux îles de Futuna et Alofi, les îles de Hoorn en référence à leur port d’embarquement siège de la Compagnie des Indes. Ils restent environ huit jours sur l’archipel avant de repartir vers la Nouvelle-Guinée et les Moluques.

Louis-Antoine de Bougainville atteint Futuna le 11 mai 1768 et la surnomme « l’enfant perdu du Pacifique ».

L’île de Wallis n’est visitée par les Européens qu’en 1766, 150 ans après Futuna, par le capitaine britannique Samuel Wallis, à qui l’île doit son nom actuel. Frédéric Angleviel écrit dans son article intitulé « Wallis 1825-1858 : contacts, mutations, permanences » que : « Wallis découvre cet archipel en 1767, mais il ne descend point à terre. Il faut attendre les années 1820 pour que des Européens ou assimilés (Américains, Australiens) foulent le sol d’Uvéa. »9

Les autochtones la nomment Uvea (en wallisien ʻUvea), nom encore très utilisé.

À l’arrivée des Européens, les îles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. Quelques marchands et naufragés s’installent sur l’île, mais la présence européenne n’est significative qu’au XIXe siècle avec l’arrivée de missionnaires catholiques en 1837. L’île est convertie au catholicisme en 184010. Aujourd’hui, la population reste majoritairement de confession catholique.

La reine Amélia de Wallis signe un traité de protectorat ratifié par la France le 5 avril 1887. Un an plus tard, les rois d’Anise Tamole pour Sigave et ceux de Futuna, Setefano Tuikalepa pour Alo demandent eux aussi leur rattachement à la France. Les souverains de Futuna et Wallis gardent toute leur autorité coutumière sur leur sujets11.

Photo en noir et blanc (de mauvaise qualité) montrant un groupe de personnes assises et prenant la pose (4 assises, 3 debout), hommes et femmes

Un groupe de Wallisiens, au début du XXe siècle.

Il n’y a pas à proprement parler de colonisation à Wallis-et-Futuna, le pouvoir du résident français se limitant aux affaires extérieures. Cette situation se poursuit à Futuna jusqu’en 1961, l’administration ne s’installant sur l’île qu’en 195911. Les habitants continuent à vivre comme autrefois. En 1913, un projet d’annexion par la France est présenté par le résident Brochard, mais elle n’aboutit pas. En 1922, l’annexion est jugé trop coûteuse par la France et est abandonnée12.

La Seconde Guerre mondiale entraîne de nombreux bouleversements à Wallis. Pour contrer l’Empire japonais, lors de la guerre du Pacifique, les Américains débarquent à Wallis en 1942 et y construisent de nombreuses infrastructures. En revanche, Futuna n’est pas investie par les Américains11.

Les îles deviennent en 1961 un territoire d’outre-mer (TOM) après référendum. Le roi d’Uvea, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), est signataire de cet accord. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le territoire des îles Wallis et Futuna devient une collectivité d’outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne change. En effet depuis cette révision constitutionnelle, aucune loi organique n’est adoptée faute de consensus à l’Assemblée territoriale.

Population et société

Démographie

Lors du recensement du 22 juillet 2013, il y avait 12 197 habitants, alors qu’en 2008, il s’en comptait 13 445 habitants et en 2003, 14 994 h. pour l’ensemble des îles Wallis et Futuna, soit 2 750 h. perdus en dix ans (- 18 %) — dont en 2008 4 238 à Futuna (31,52 %) et 9 207 à Wallis (68,47 %). L’île d’Alofi, voisine de Futuna, n’est pas habitée. La plupart des habitants sont d’origine polynésienne (97,3 %) mais on compte aussi quelques habitants d’origine européenne. La quasi-totalité est de confession catholique. La forte diminution constatée entre 2003 et 2013 est le résultat de la diminution de la natalité et de l’importance de l’émigration dans un territoire sans débouchés (études supérieures et emploi réduit), ce qui conduit au vieillissement de la population et à la réduction de la taille des ménages.

Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, la population de cette collectivité décroit par rapport au recensement précédent (2003) qui comptait 14 944 habitants selon une analyse de l’INSEE13. La population officielle 2008 est toutefois à présent estimée à 13 484 pour la population municipale et à 14 231 pour la population totale14. La population a reculé de 10 % (-8,6 % à Wallis et -13 % à Futuna). En 2013, la baisse a été encore plus marquée : Wallis-et-Futuna ne comptent plus que 12 197 habitants. En dix ans, le territoire a ainsi perdu 18 % de sa population. La raison de cette baisse est le départ massif des jeunes, qui sont de plus en plus nombreux à s’expatrier en Nouvelle-Calédonie ou en France métropolitaine pour effectuer des études supérieures ou trouver un travail, les possibilités d’emploi étant limitées sur place15. Tous les districts ont été touchés par la décroissance démographique.

Évolution démographique
1928 1935 1953 1960 1969 1976 1983 1990 1996
6 202 6 542 9 507 8 313 8 546 9 192 12 408 13 705 14 166
Évolution démographique, suite (1)
2003 2008 2013 - - - - - -
14 944 13 445 12 197 - - - - - -
(Source : Likuvalu 1979 jusqu’en 196916, Insee17 et STSEE18,19)

En 1842, le capitaine du vaisseau l’Allier estime la population de Wallis à 2 500 habitants et de Futuna à 90020.

Émigration

Article détaillé : Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie.

L’accroissement naturel de Wallis-et-Futuna ne compense plus son émigration21.

De nombreux habitants quittent les îles, si bien qu’il y a plus de Wallisiens et de Futuniens à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (17 763 personnes) que sur les îles. Certains résident aussi en France métropolitaine et en Polynésie française22.

Langues

Articles détaillés : Langues à Wallis-et-Futuna, Futunien et Wallisien.
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Extrait en langue wallisienne.

La langue officielle est le français. Deux langues polynésiennes vernaculaires, le wallisien et le futunien, sont parlées respectivement à Wallis et Futuna. En juillet 2015, l’Assemblée territoriale vote la création d’une Académie des langues wallisienne et futunienne, chargée de la promotion et de la sauvegarde des langues et de la culture locales23.

Éducation

Article détaillé : Système éducatif français.

L’enseignement primaire à Wallis-et-Futuna est placé sous l’égide de la Direction de l’Enseignement Catholique qui est une structure privée. L’enseignement secondaire est géré par le vice-rectorat. La seule formation supérieure disponible sur le territoire se fait auprès de l’antenne de l’IUFM du Pacifique à Wallis.

Le territoire compte 18 écoles élémentaires, 6 collèges, 1 lycée d’enseignement général (le Lycée des îles Wallis et Futuna) et un lycée agricole.

Le taux moyen d’encadrement est de 10,4 élèves par enseignant avec, en 2011, 570 personnels de l’éducation (dont 397 enseignants) pour 4 111 élèves24.

Santé

Le système de santé repose intégralement sur l’Agence de santé de Wallis-et-Futuna [archive]. L’agence emploie plus de 180 personnels travaillant sur deux hôpitaux et trois dispensaires. Tous les soins sont pris en charge par l’État. La dotation de l’État s’élève en 2011 à 2,9 milliards de francs CFP (environ 24,3 millions d’euros)25.

Les équipements de santé étant limités sur le territoire, certaines opérations nécessitent l’évacuation des patients vers la Nouvelle-Calédonie, voire la France métropolitaine ou l’Australie. 637 personnes ont bénéficié d’une évacuation sanitaire hors du territoire en 201124.

Médias

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Ancien logo de la chaîne RFO Wallis et Futuna

Le territoire dispose de sa propre chaîne de télévision (Wallis et Futuna 1re), et de sa station de radio (Wallis et Futuna 1re). La radio émet à la fois en français, en wallisien et en futunien.

Le seul quotidien disponible est Les Nouvelles calédoniennes, qui publient deux ou trois articles par semaine relatant la vie du territoire26.

L’hebdomadaire Te Fenua Fo’ou a arrêté sa publication en mars 200227. Son remplaçant, le Fenua Magazine a lui aussi cessé de paraître26.

L’accès au réseau internet progresse avec 1 144 abonnés au haut débit à fin 201124.

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Nouveau logo pour la chaîne Wallis et Futuna 1re

Depuis le 22 décembre 2015, Wallis-et-Futuna possèdent un réseau de téléphonie mobile, appelé Manuia. Avant cette date, Wallis-et-Futuna étaient le dernier territoire d’Outre-Mer français à ne pas avoir de réseau mobile28. Comme le résume le journaliste René Lataste, « En quelques dizaines d’années, Wallis-et-Futuna auront fait un pas de géant dans la communication. Du Tauasu sous le Fale depuis des siècles, au téléphone fixe dans les années 1960 puis à internet 30 ans plus tard. Aujourd’hui, le mobile et demain une multiplication par 1000 des connexions28. »

Sport

Le territoire de Wallis-et-Futuna participe aux Jeux du Pacifique (qui s’appelaient auparavant Jeux du Pacifique Sud).

En 2013, le territoire a organisé et a accueilli, pour la toute première fois, les Mini-Jeux du Pacifique.

De nombreux sports sont pratiqués sur le territoire dont athlétisme, notamment dans la spécialité du lancer de javelot avec des champions comme : Jean Paul Lakafia qui à amélioré à deux reprises le record de France du lancer du javelot, le portant à 83,56 m en 1980 et à 84,74 m en 1983, Lolésio Tuita, Vitoli Tipotio, Monika Fiafialoto, Péta Tauhavili, Pételo Wakalina ou Penisio Lutui ou encore en handisport Tony Falelavaki.

Il existe une équipe locale de rugby à XV (rattachée à la Federation of Oceania Rugby Unions). De nombreux joueurs de rugby à XV qui sont nés à Wallis-et-Futuna ou originaire de ses îles ont joué pour le XV de France en métropole. C’est le cas de Vincent Pelo, Yann David,Christopher Tolofua, Sébastien Vahaamahina, Jocelino Suta, Romain Taofifenua, Raphaël et Pierre-Gilles Lakafia jouant en équipe de france à 7 et son frère Raphaël à XV ou encore Mickaël Simutoga,Emerick Setiano,Peato Mauvaka et Selevasio Tolofua qui ont pu intégrer l’équipe de France des -20 en 2015 et 2017.

Il existe également une équipe de football locale. Plusieurs joueurs originaires de Wallis et Futuna jouent en métropole et dans d’autres pays : c’est le cas de Wesley Lautoa (FCO Dijon) ou encore David Faupala à Manchester United.

En 2006, Jennifer Vegi est médaillée de bronze aux Championnats de France de Karaté Contact29, puis elle remporte en 2007 la médaille d’or en taekwondo aux Jeux du Pacifique.

Une base nautique est située dans le village de Liku. Une association sportive, Vakala, propose des activités nautiques (voile notamment).

L’athlétisme ainsi que d’autres sports tels que le volley-ball, le hand-ball ou le badminton se pratiquent dans le nouveau centre sportif de Kafika. On compte parmi les sportifs médaillés Aukusitino Hoatau, qui a notamment remporté la médaille d’argent au lancer du disque lors des Jeux du Pacifique de 2011. En volley-ball, les sportifs les plus connus sont Samuele Tuia et Toafa Takaniko.

Administration et politique

Le territoire de Wallis-et-Futuna constitue le dernier territoire d’outre-mer français puisqu’il n’a pas adopté depuis 2003 celui d’une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution. Ses institutions sont fixées par la loi du 29 juillet 196130, lui conférant une situation juridique et administrative très particulière au sein de l’Outre-mer français31.

À Wallis-et-Futuna, la situation politique est un équilibre entre le pouvoir coutumier, l’église et l’État français. Pour l’historien Frédéric Angleviel, cinq pouvoirs sont en présence à Wallis-et-Futuna32 :

  • la chefferie coutumière traditionnelle
  • l’église catholique (installée depuis 1837)
  • l’administration française, présente depuis 1888 (résidents de France, puis administrateurs supérieurs à partir de 1961)
  • le négoce (les marchands)
  • et la politique, entendue ici comme le jeu des partis politiques « à l’occidentale », apparue en 1961 avec le statut de territoire d’outre-mer.

Sophie Chave-Doarten évoque ce qu’elle nomme le « paradoxe wallisien » : « Depuis quarante ans, donc, la société wallisienne résiste à son assimilation par l’État républicain, forte d’une conscience très nette de son identité et des valeurs qui la distinguent, à ses yeux, de toute autre société »31.

Institutions territoriales

Articles détaillés : Liste des administrateurs supérieurs de Wallis-et-Futuna et Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna.

L’État français est représenté à Wallis-et-Futuna par un administrateur supérieur nommé par décret en conseil des ministres.

L’administrateur supérieur est également « chef du territoire » : à la différence des autres collectivités territoriales, le pouvoir exécutif est assuré par le représentant de l’État et non par un président élu. L’administrateur supérieur est assisté dans ses fonctions par un conseil territorial qu’il préside, composé des trois rois traditionnels et de trois membres nommés par l’administrateur supérieur avec l’approbation de l’assemblée territoriale.

L’assemblée territoriale est l’assemblée délibérante du territoire. Ses vingt membres sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans : chacun des districts constituent une circonscription électorale.

Les délibérations de l’assemblée territoriale n’entrent en vigueur que si elles sont approuvées par l’administrateur supérieur.

Le territoire est représenté à l’Assemblée nationale par un député (élu au suffrage universel), actuellement Napole Polutélé (apparenté LC: républicains UDI,indépendants) et au Sénat par un sénateur (élu indirectement par les représentants locaux siégeant à l’Assemblée territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie coutumière des chefs de districts et de villages), actuellement Robert Laufoaulu (rattaché au groupe Les Républicains).

Royaumes coutumiers

L’article 3 du statut de 1961 dispose que « la République garantit aux populations du territoire des îles Wallis et Futuna, le libre exercice de leur religion ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes en tant qu’elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit et aux dispositions de la présente loi »30. La chefferie traditionnelle est reconnue officiellement par la République française.

Wallis-et-Futuna est la seule collectivité française à ne pas être découpée en communes. À la place, le territoire est divisé en trois royaumes traditionnels, dénommés « circonscriptions territoriales » dans la loi :

  • Uvea (sur l’île de Wallis), subdivisée en trois districts (Hihifo, Hahake et Mu’a),
  • Alo (au sud-est de l’île de Futuna et sur l’île d’Alofi), anciennement subdivisé en deux districts (Tua au nord, et Alo au sud avec Alofi au sud-est),
  • Sigave (au nord-ouest de l’île de Futuna)33.

Chaque royaume dispose de la personnalité morale et éventuellement d’un budget. Il existe dans chaque royaume un conseil désigné selon la coutume et présidé par le roi. L’administrateur supérieur, à Uvea, et son délégué, à Alo et Sigave, est le chef de la circonscription chargé du pouvoir réglementaire et de l’exécution du budget.

Les trois royaumes ne sont pas héréditaires : ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent les rois. Le pouvoir est assez décentralisé : les rois locaux doivent négocier avec les chefs de village, et répondre aux demandes des aliki qui les élisent et dont l’autorité morale s’appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l’État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

Les royaumes exercent l’équivalent des compétences des communes et une partie de celles des conseils départementaux. Le royaume d’Uvea est en outre divisé en trois districts coutumiers (Hahake, Hihifo et Mu’a) qui regroupent plusieurs villages et exercent certaines compétences.

L’organisation de chaque royaume diffère :

  • à Uvea, le roi (qui porte le titre de Lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d’un premier ministre (Kalae kivalu) et de cinq ministres et nomme, sur proposition de la population, trois chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d’intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d’assemblées générales de village (fono) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono)31. À noter qu’en raison de différends politiques, le royaume d’Uvea n’a plus de roi depuis 2014. Depuis avril 2016, deux Lavelua se disputent le pouvoir à Wallis, sans que l’État français n’ait tranché.
  • à Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave) dispose aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur roi facilement. Depuis le 5 mars 2016, le royaume de Sigave a de nouveau un souverain en la personne de Eufenio Takala34. Le 15 mai, le souverain d’Alo, Petelo Sea, a été destitué35 ; trois semaines après, le royaume a un nouveau souverain en la personne de Filipo Katoa36.

Administration

Sur le plan éducatif, le territoire a le statut de vice-rectorat37. Toutefois, l’enseignement primaire est totalement concédé par l’État, dans le cadre d’une mission de service public, au diocèse catholique de Wallis-et-Futuna au travers d’une convention où l’État finance l’ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des rois qui définit l’usage foncier.

Symboles

Article détaillé : Drapeau de Wallis-et-Futuna.

Politique

Articles connexes : Liste des députés de Wallis-et-Futuna, Liste des sénateurs de Wallis-et-Futuna et Circonscription de Wallis-et-Futuna.
Photographie en noir et blanc d'un homme âgé, portant une moustache, assis.

Le roi de Wallis (Lavelua) Luciano Aisake en 1904.

La vie politique de Wallis-et-Futuna (entendue ici comme le jeu des partis politiques) a longtemps été dominée par le RPR gaulliste, incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et Sosefo Makape Papilio. Il faudra attendre 1989 pour voir la gauche, avec le Parti radical de gauche, être à nouveau portée au pouvoir sur place, avec l’élection du député Kamilo Gata (décédé en 2004). Celui-ci est à son tour battu en 1997 par Victor Brial (neveu de Benjamin), nouveau chef du RPR local et également président de l’Assemblée territoriale de Wallis et Futuna de 1997 à 1999. Ce dernier est battu en juin 2007, contre toute attente, par le socialiste Albert Likuvalu. Celui-ci avait auparavant été brièvement président de l’Assemblée territoriale du 22 février au 24 novembre 2005, bénéficiant alors d’une alliance éphémère entre l’opposition de gauche (7 élus sur 20) et quelques élus divers droites.

Lors des élections territoriales de 2002, la droite locale (encore RPR alors, futur UMP, remporte le scrutin avec 9 élus sur 20 et complète sa majorité avec les 5 représentants divers droite de l’Alliance pour Wallis et Futuna. Toutefois, le leader de celle-ci, Albert Likuvalu, se rapproche de l’opposition locale, formée de 4 élus de l’Union pour Wallis et Futuna (gauche socialiste) et 2 non inscrits. Ces trois formations (Alliance, Union et non-inscrits) forment donc une majorité éphémère de 11 membres sur 20 du 22 février au 24 novembre 2005, l’UMP étant relégué dans l’opposition et Likuvalu prenant la présidence de l’Assemblée. Le 24 novembre 2005, sur fonds de conflits coutumiers à Wallis entre les partisans du roi local et les « rénovateurs », les 4 autres élus de l’Alliance s’éloignent d’Albert Likuvalu et reforment une majorité avec l’UMP. Likuvalu reste quant à lui dans l’opposition, et participe en 2006 à la création de la fédération locale du Parti socialiste. Du 24 novembre 2005 à avril 2007, la nouvelle majorité de droite porte à la présidence de l’Assemblée Erménégilde Simete, membre de l’UMP.

Pour les élections locales du 1er avril 2007, 26 listes s’étaient portées candidates pour 20 sièges. Parmi les élus, 12 se sont finalement rangés dans la majorité UMP-UDF-divers droite qui a porté Pesamino Taputai, représentant local de l’UDF-MoDem, à la présidence de l’Assemblée territoriale. L’opposition, composée de 8 élus, est quant-à-elle organisée autour du PS local d’Albert Likuvalu qui, deux mois plus tard, est élu député contre le sortant Victor Brial. Il est à préciser que parmi les 5 candidats présents au 1er tour, 3 étaient des élus de la majorité à l’Assemblée territoriale : outre Victor Brial pour l’UMP, Pesamino Taputai représentait le MoDem et l’ancien président de l’Assemblée et désormais président de sa commission permanente, Erménégilde Simete, candidat divers droite.

Donc, en théorie la vie politique à Wallis et Futuna est dominée par les représentants locaux des grands partis métropolitains, le FN y étant également présent depuis l’élection présidentielle de 2002 et est représenté par Gaston Lutui qui fut candidat aux législatives de 200238 mais pas en 2007.

La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle qu’il s’agit avant tout de voter pour le candidat proposé par le chef coutumier[réf. nécessaire].

La coutume est omniprésente et se reflète dans la vie politique locale.

Crise politique de 2005

King_Tomasi_Kulimoetoke dans Rue89

Le Lavelua Tomasi Kulimoetoke, décédé en 2007.

En 2005, le territoire fait parler de lui à la suite d’une crise politique ayant eu lieu à Wallis. La crise débute quand un petit-fils du roi d’Uvea (Tomasi Kulimoetoke II, régnant depuis 46 ans) est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d’ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d’abord aux demandes d’arrestation de son petit-fils car les délais entre l’accident mortel et la sanction judiciaire ont été longs compte tenu que ce territoire est rattaché sur le plan judiciaire à la Nouvelle-Calédonie. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l’économie du territoire dépend des aides de l’État et l’administration emploie de nombreuses personnes).

Deux camps s’opposent : d’un côté, les royalistes, partisans du roi Kulimoetoke et de l’autre les « rénovateurs », souhaitant une évolution de la coutume. Une partie des chefs de village, soutenus par le nouveau préfet Xavier de Fürst (qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant leurs griefs), décident alors d’introniser un nouveau roi, Sosefo Mautamakia39. Mais, à l’approche de la cérémonie d’intronisation, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à l’affrontement avec les partisans du roi, qui occupent l’aéroport et édifient des barrages. La situation s’arrange finalement grâce à l’intervention d’un médiateur français qui reconnaît l’autorité du roi Tomasi Kulimoetoke II. La cérémonie d’intronisation des dissidents est alors annulée, mais l’autorité du préfet de Fürst est entamée.

L’affaire laisse des traces et des incidents se produisent en juin 2006 dans le district du nord Hihifo (le préfet de Fürst encourageant les dissidents). Des palabres de réconciliation s’ensuivent, mais les incidents continuent sporadiquement jusqu’en 2014 et reprennent en 2016.

Le 12 mars 2007, le Tribunal administratif [archive] de Mata Utu a examiné une cinquantaine de recours qui avaient été présentés par le royaume d’Uvea pour annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst. Le Tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises par M. de Fürst et condamné l’État français à verser des indemnités à la circonscription territoriale d’Uvea (ce qui correspond à l’entité coutumière du royaume d’Uvea) et aux membres de la chefferie du Lavelua.

Règne de Kapeliele Faupala (2008-2014)

Le 7 mai 2007, Tomasi Kulimoetoke II décède40 à l’âge de 88 ans : son règne aura été l’un des plus longs de l’histoire de Wallis, de 1959 à 2007 (48 ans)41. Après la période de deuil coutumier s’ouvrent les négociations et palabres au sein des familles royales pour la désignation d’un nouveau roi. En juillet 2008, Kapeliele Faupala est intronisé Lavelua42.

Les incidents sur l’île, mêlant droit coutumier et instances républicaines, continuent lorsqu’en 2010, le roi Kapeliele Faupala et ses partisans s’emparent d’EEWF (Électricité et Eau de Wallis-et-Futuna), une filiale de GDF-Suez. Cette action43 a pour origine le licenciement d’un employé d’EEWF pour faute grave, contesté par la chefferie, et a eu pour principale conséquence des coupures d’approvisionnement en eau et électricité pendant plusieurs jours en juillet 201044.

Kapeliele Faupala est destitué le 2 septembre 2014 suite à des désaccords avec son premier ministre45.

Onze ans après la crise de 2005, la réconciliation entre les deux camps semble « peu [probable] tant les blessures réciproques après le conflit de 2005 restent à vif »46 et l’île reste profondément divisée.

Crise coutumière d’avril 2016

En avril 2016, de nouvelles tensions éclatent autour du projet d’intronisation d’un nouveau roi. Vendredi premier avril, la chefferie annonce l’intronisation prochaine de Tominiko Halagahu, chef du district de Hihifo47. Cette nouvelle est inattendue, après plus de deux ans sans Lavelua à Wallis. De nombreux Wallisiens de Nouvelle-Calédonie arrivent à Wallis en vue de cette intronisation. Cependant, une partie des familles royales sont opposées à ce choix et nomment une nouvelle chefferie. Leurs partisans occupent le palais royal à Sagato Soane (à Mata-Utu) depuis le mardi 12 avril48. Alors qu’un accord semblait être trouvé entre les deux chefferies jeudi 14 après des négociations49, la situation prend un nouveau tournant le lendemain : la chefferie en place ne se rend pas aux négociations. Les partisans de la nouvelle chefferie annoncent alors leur refus de l’intronisation et continuent à occuper le palais royal. Pendant ce temps, Tominiko Halagahu est intronisé chez lui, à Vailala, dans le district de Hihifo (nord), vendredi 15 avril. Wallis-et-Futuna 1re commente la situation : « Un point de non-retour est atteint. L’intronisation s’est faite dans des conditions et dans un lieu qu’ils [la nouvelle chefferie] ne peuvent accepter. »50.

Dimanche 17 avril, la nouvelle chefferie (représentant une grande partie des familles royales) intronise elle aussi un Lavelua, Patalione Takumasiva, suivant la cérémonie traditionnelle51. Wallis se retrouve donc dans une situation coutumière inédite, avec deux rois et deux chefferies52. « Le pouvoir coutumier d’Uvea est donc représenté par 2 rois et 12 ministres. La population est totalement divisée »53.

Dans cette situation, le préfet doit arbitrer entre les deux camps ; néanmoins, « l’État ne s’immisce pas dans les affaires coutumières »54. Lundi 18 avril, la situation n’a toujours pas été tranchée par le préfet55. Un mois après le début de cette crise, il y a toujours deux rois à Wallis. Pour l’anthropologue Françoise Douaire-Marsaudon, interviewée sur LTOM, l’État français doit rester absolument neutre et laisser les Wallisiens régler la crise56. Elle estime que cette division entre deux Lavelua concurrents s’explique en partie par les séquelles de la crise coutumière de 200556.

Le samedi 28 mai 2016, deux chefs de village et un faipule (chef de district) sont installés par la nouvelle chefferie : « désormais, Wallis a deux Lavelua et deux grandes chefferies au complet »57.

Économie

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Ancien billet de 1000 francs Pacifique (XFP).

La population, plus pauvre qu’en métropole mais la plus riche du Pacifique-Sud58, n’a majoritairement pas accès à l’économie monétaire (70 % des actifs), et près de 70 % des actifs travaillent pour l’administration publique. Moins de 1 000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou privées (notamment l’artisanat de la nacre destiné à l’exportation et issu de la pêche de coquillages).

Depuis 1976, l’emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400 emplois non-marchands pour 4 000 actifs à plus de 1 070 sur 1 800 emplois dans le secteur marchand. Si plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il n’y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi, ce chômage important est compensé par un exode massif de la population, surtout des jeunes qui tentent leurs chances en Nouvelle-Calédonie, en Australie, ou directement en France métropolitaine.

Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique aussi que l’île voisine d’Alofi n’est pas habitée. Cette carence ne permet qu’une économie essentiellement rurale axée sur la pêche artisanale dans le lagon et l’agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels, l’environnement régional étant encore plus démuni qu’elles. Cet isolement engendre des difficultés techniques mais permet aussi d’adopter d’autres modes de vie. Par exemple, Futuna n’est dotée de la télévision que depuis le 24 décembre 1994.

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Nouveau billet de 1000 francs Pacifique (XFP)

La dangerosité et les difficultés d’accès maritime aux îles, liées à leur environnement naturel dangereux, l’absence de port en eaux profondes combinée à l’éloignement des grandes routes commerciales avec les pays plus riches comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître le coût des importations de produits manufacturés) ou même l’insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement touristique contraignent ces îles à un développement difficile et nécessitant un apport constant de capitaux publics.

Une partie des recettes publiques est constituée par la taxe annuelle forfaitaire sur des sociétés extraterritoriales, qui n’ont aucune activité sur le Territoire de Wallis-et-Futuna, appelées aussi sociétés « offshore ». Il n’est pas certain que ces recettes perdurent. En effet les niches fiscales étant remises en cause, ces sociétés ont de manière certaine un caractère délictueux, du fait qu’il s’agit de sociétés fictives ou société écran (coquille vide) dont le seul but est de frauder l’impôt et les taxes en France ou dans d’autres pays. Il faut rappeler que le code pénal et le code de commerce sont applicables à Wallis-et-Futuna, la résultante de cette applicabilité constituant les délits de blanchiment, d’abus de biens sociaux et de recel d’abus de biens sociaux.

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Ancien billet de 5000 francs CFP.

Toujours dans le même registre de sociétés fictives, Wallis-et-Futuna est spécialisé dans les pavillons de complaisance. L’immatriculation de navires marchands dans des paradis fiscaux « spécialisés » aux travers de sociétés fictives, permet d’échapper (de manière illégale) aux obligations sociales et fiscales des États, d’où les mises en garde de l’ONU et OCD et autres organismes de régulation internationale.

Le tourisme sur l’île de Wallis est faiblement développé avec seulement quatre établissements hôteliers offrant 44 chambres et 3 bungalows. Il existe quelques restaurants à Mata-Utu ainsi qu’un supermarché. Les produits frais tels que la viande arrivent essentiellement par transport aérien de Nouméa59. Certaines activités ne sont disponibles que par le biais d’associations locales (tennis, plongée sous-marine, ULM…)60. L’île de Futuna ne dispose que de deux hôtels offrant 11 chambres61.

Il n’y a sur le territoire qu’une seule banque, la Banque de Wallis-et-Futuna ; la BWF est une filiale de BNP Paribas. Le Trésor public n’ouvre plus de comptes et La Poste n’y a pas de services financiers. La banque sur Futuna n’est ouverte que deux jours par mois61.

Le service des postes et télécommunications de Wallis-et-Futuna a une activité d’émission de timbres-poste qui peut intéresser les philatélistes62.

Culture

Une danse wallisienne (faka niutao), exécutée par des jeunes filles en 1943 (archives de la marine américaine).

La culture de Wallis-et-Futuna est encore méconnue et très peu documentée. Cependant, il existe un service des Affaires culturelles63 sur le territoire situé à Aka’aka dans le district de Hahake à Wallis.

À propos de la culture wallisienne et futunienne, l’anthropologue Dominique Pechberty écrit : « Wallis et Futuna sont parmi les rares îles polynésiennes à avoir conservé vivantes des coutumes qui ailleurs ont progressivement disparu lors des contacts répétés avec les Occidentaux (…) Il ne s’agit pas d’un folklore à l’usage des touristes, ni de la reconquête d’un patrimoine culturel pour retrouver une identité perdue. »64

Archéologie

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Ruines du fort Talietumu.

L’un des sites archéologiques majeurs de Wallis est le fort tongien de Kolo Nui à Talietumu, dans le district de Mu’a.

Les églises à Wallis-et-Futuna

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L’église Saint-Joseph, dans le village de Mala’efo’ou (Wallis).

La construction des églises sur le territoire peut être considéré comme un art. Toutes différentes les unes des autres , ces dernières sont en pierres volcaniques pour la plupart et très colorées. Elles sont présentes dans chaque district et dans chaque village. Les pierres toutes sculptées à la main. Sur Wallis,on compte un peu près 26 monuments religieux et sur Futuna, elles sont au nombre de 22. Seuls monuments imposants du territoire, elles font partie intégrante du patrimoine culturel.

Danses traditionnelles

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Danse de soamako.
Article détaillé : Danses de Wallis-et-Futuna.

Chaque année, le territoire organise des concours de danses traditionnelles, la plus connue étant le Soa mako65. On peut aussi voir lors de ces concours la danse du Niutao, du Kailao, du Eke, etc. La plupart du temps, ce sont des danses guerrières. Les textes des chants qui accompagnent les danses sont composés pour chaque fête ou grande occasion : le répertoire musical est donc régulièrement renouvelé66. Une partie des danses sont réalisées debout, tandis que le reste des danses se font assis. Pour Raymond Mayer, « elles constituent un phénomène social qui dépasse la simple analyse musicale et esthétique »66.

Artisanat

Dans cet onglet culturel, il est important de noter la forte présence de l’artisanat sur les deux îles. Quatre matériaux essentiels à cette activité peuvent être listés :

  • Le bois (tel que le feta’u) est utilisé pour la réalisation de sculptures représentant la plupart du temps les animaux et la nature.
  • La noix de coco est très prisée pour son huile. Cette dernière est mélangée à d’autres fleurs comme la tiaré ou l’ylang-ylang pour la confection de l’huile parfumée locale. C’est l’équivalent du Mono’i.
  • Les coquillages sont utilisés pour la confection de divers colliers et parures.

Tapa fidjien.
  • Le tutu est une fibre végétale.Elle est utilisée pour la confection des lafi (sur Futuna) et gatu (sur Wallis), plus connu sous le nom de tapa. Ce dernier est présent sur de nombreuses îles du Pacifique. Cette fibre peut être décorative ou utilisée comme vêtement, notamment pour les mariages, ou en guise de linceul.

Peinture

Artistiquement parlant, le territoire compte quelques artistes peintres, tels que :

  • Aloisio Pilioko 67
  • Soane Takaniua 68
  • Rebecca Kulimoetoke

Plusieurs artistes wallisiens et futuniens vivent également en Nouvelle-Calédonie et en France métropolitaine.

Poésie

Virginie Tafilagi est la seule poète wallisienne du territoire. Elle a participé à la rédaction de deux ouvrages collectifs : Sillage d’Océanie 2009 avec l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie et Outre-Mer : trois océans en poésie69 en 2011, avec Maituku Kolonalio[réf. nécessaire].

Musique

Article connexe : Musique polynésienne.

Le territoire de Wallis-et-Futuna se caractérise par une production musicale importante, allant de la musique traditionnelle a cappella nommée Hua lau et accompagnée de percussions en bois, à de la variété, de la pop ou du reggae. La plupart des chansons sont composées en wallisien ou en futunien. Les artistes sont produits sur le territoire.

Le Hua lau désigne le chant traditionnel qui est chanté par le Lau qui est un groupe polyphonique. Ce dernier peut être mixte. Les chants abordent différents thèmes : les histoires d’amour, la guerre, les grands événements historiques, la mort, etc. L’une des caractéristiques musicales du territoire réside dans son traitement du décès dans ses chants. Les familles peuvent demander aux auteurs de composer des chants funèbres en mémoire de leurs morts.

« Le répertoire des chants wallisiens en effet n’est pas de type cumulatif, mais de type transitoire : les chants naissent, se connaissent, puis meurent – progressivement et définitivement – par oubli. Ce phénomène de déperdition, ou plus exactement d’effacement par remplacement, se lira concrètement dans les textes de chants funèbres »70

Les fêtes coutumières – le katoaga

Photo en couleur montrant des cochons cuits, disposés régulièrement sur le sol les pattes en l'air. Des nattes colorées sont posées sur certains d'entre eux. Des voitures sont visibles à l'arrière plan, quelques personnes marchent sur le côté. Un groupe de personnes est assis sur une natte sur le côté gauche de la photo.

Cochons et nattes alignées devant le palais royal Sagato Soane à Matā’Utu lors d’un katoaga à Wallis.

Concernant les traditions, il est intéressant de noter que sur les deux îles, l’animal coutumier est le cochon. Lors des cérémonies, plusieurs cochons sont sacrifiés et offerts en offrande au Roi et à toute la chefferie. À Wallis, ces cérémonies portent le nom de katoaga64 et sont profondément ancrées dans la culture wallisienne, rythmant la vie quotidienne : elles ont lieu lors d’une fête religieuse, d’un événement familial ou des fêtes profanes comme le 14 juillet.

Cinéma

En 2015 est tourné le premier épisode de la série Foha Tau (les fils de la guerre)71. Initié par la société Cinemata (l’œil du ciné). Cette série est la première tournée entièrement en wallisien. Foha Tau raconte les contes et légendes du Pacifique sud avec une première saison de 3 épisodes, de 60 minutes chacun, diffusée en 2016 et 2017 sur les chaines de télévision publique française Wallis et Futuna 1ère et Nouvelle Calédonie 1ère.

Saison 1 :

  • épisode I : La promesse d’une île ;
  • épisode II : La mélodie du témonio ;
  • épisode III : La bataille d’Uvea.

Sorti en 2016, le film de Sacha Wolff, Mercenaire, premier long-métrage parlé également en wallisien, raconte le départ d’un jeune joueur de rugby wallisien pour la métropole72.

Notes et références

  1. Insee – Résultats du recencement de la population de 2013 à Wallis-et-Futuna [archive], dans Insee Première, n° 1511, août 2014
  2. De bonnes sources, dont l’INSEE et son Code officiel géographique [archive], écrivent la forme courte « Wallis et Futuna » mais aussi, probablement par erreur, « Wallis-et-Futuna ». Pour d’autres raisons, la Commission nationale de toponymie [archive] et plusieurs textes officiels n’emploient la graphie sans traits d’union qu’après « les îles ». « Wallis-et-Futuna » a un court avantage : être au masculin singulier incontestablement.
    Les organismes non gouvernementaux, y compris les chaines de télévision et radio publiques, peuvent dériver leur propre marque commerciale ou de service avec ou sans traits d’union, aussi bien en forme courte que longue.
  3. « Loi n° 61-814 modifiée par LOI organique n° 2010-704 du 28 juin 2010 – art. 21 (V) » [archive], sur Legifrance (consulté le 16 novembre 2016).
  4. Bien que la réforme constitutionnelle française de 2003 crée des collectivités d’outre-mer, depuis, aucune loi organique n’a modifié le statut du territoire qui demeure organisé comme à l’époque du TOM.
  5. Ministère des Outre-mer – Présentation de Wallis et Futuna [archive], consulté le 8 octobre 2016
  6. IGN magazine, no 54, juillet-août 2009, p. 8. Lire en ligne [archive] [PDF]
  7. a, b et c Angleviel 1994, p. 1
  8. Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de Wallis – Etat des lieux et diagnostic| https://www.researchgate.net/publication/300285849_Schema_d’Amenagement_et_de_Gestion_des_Eaux_de_Wallis/ [archive]
  9. Frédéric Angleviel, « Wallis 1825-1858. Contacts, mutations, permanences », Revue française d’histoire d’outre-mer, vol. 76,‎ 1989, p. 95–110 (DOI 10.3406/outre.1989.2744, lire en ligne [archive])
  10. Pechberty et Toa 2004, p. 25
  11. a, b et c Marc Soulé, « Les bouleversements de la société coutumière lors de la présence américaine à Wallis (1942 – 1946) », dans Sylvette Boubin-Boyer (dir.), Révoltes, conflits et Guerres mondiales en Nouvelle-Calédonie et dans sa région, L’Harmattan, 2008 (ISBN 9782296051225)
  12. Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna: espaces et temps recomposés : chroniques d’une micro-insularité, Presses Universitaires de Bordeaux, 1995, 404 p. (lire en ligne [archive]), p. 134-138
  13. Dossier statistique de l’INSEE sur le recensement de Wallis-et-Futuna en 2008 [archive]
  14. Les populations des circonscriptions des îles Wallis-et-Futuna [archive] (INSEE) et décret no 2009-9 du 5 janvier 2009 [archive] authentifiant les résultats du recensement de la population effectué dans les îles Wallis-et-Futuna en 2008.
  15. « Insee – Territoire – Wallis et Futuna a perdu près du cinquième de sa population en dix ans » [archive], sur www.insee.fr (consulté le 6 février 2016)
  16. « Histoires et migrations à Wallis et Futuna », Bulletin de la Société d’études historiques de Nouvelle-Calédonie,‎ 1979
  17. Populations légales au recensement de la population 2013 de Wallis-et-Futuna [archive].
  18. Recensements généraux de population [archive].
  19. Historique des recensements et enquêtes réalisés à Wallis-et-Futuna [archive].
  20. E. Dubouzet, Capitaine de corvette l’Allier, « N°1 – Rapport adressé à M. le capitaine de vaisseau LAVAUD, commandant la station de Nouvelle-Zélande, par M. le capitaine de corvette E. Dubouzet, commandant la corvette de charge l’Allier, sur les résultats de sa mission aux îles Vavao, Wallis, Futuna », dans M. Bajot et M. Poirré, Annales maritimes et coloniales : Recueil de lois et ordonnances royales, règlements et décisions ministérielles, mémoires, observations et notices particulières, concernant tout ce qui peut intéresser la marine et les colonies sous les rapports militaires, administratifs, judiciaires, nautiques, consulaires et commerciaux., t. 1 : 28ème année, Paris, Imprimerie Royale, 1843, 1140 p. (lire en ligne [archive]), p. 5-61
  21. http://kodamian.over-blog.com/article-une-population-qui-diminue-sur-notre-fenua-102341723.html [archive]
  22. http://www.outre-mer.gouv.fr/?presentation-wallis-et-futuna.html#outil_sommaire [archive]
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Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Article détaillé : Bibliographie sur Wallis-et-Futuna.

Sur Wallis-et-Futuna

Ouvrages scientifiques
  • Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III), 1994 (lire en ligne [archive])
  • Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna : espaces et temps recomposés. Chroniques d’une micro-insularité, Presses universitaires de Bordeaux, 1995, 404 p. (ISBN 2-905081-29-5, lire en ligne [archive])
  • Daniel Frimigacci, Bernard Vienne, J.-P. Siorat (collab.), Wallis, Futuna : 3 000 ans d’histoire, Nouméa, Association de la jeunesse wallisienne et futunienne de Nouvelle-Calédonie, 2001, 64 p.
  • Odon Abbal, Wallis et Futuna aux temps premiers de la Mission (1841-1862) : Extraits des Annales pour la propagation de la foi, Lyon-Paris, L’Harmattan, 2003, 426 p. (ISBN 978-2-7475-5714-6, présentation en ligne [archive])
  • Allison Lotti, Le Statut de 1961 à Wallis et Futuna : genèse de trois monarchies républicaines, Paris, L’Harmattan, 2011, 532 p. (ISBN 978-2-296-13871-1, lire en ligne [archive])
Récits de voyage, reportages, livres illustrés et autres
  • Philippe Godard, Wallis et Futuna, Nouméa, Éditions Melanesia/Éditions d’Art Calédoniennes, 1991 (1re éd. 1975), 204 p.
  • Jean-François Marin, Ko Uvea mo Futuna : Îles de Wallis et Futuna, C’est dans l’air, 2012, 135 p. (présentation en ligne [archive])
  • Jules Seitz et Collège Vaimoana (ill. Marcel Bosserelle), Un herbier : Wallis et Futuna : textes des élèves du BEPA de Lavegahau, Lavegahau, Café Fale, 2003.

Sur Futuna spécifiquement

Sur Wallis spécifiquement

  • Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à ʻUvea (Wallis), L’Harmattan, 2004 (lire en ligne [archive])
Romans, recueils

Documentaires vidéos

  • Thalassa : Wallis et Futuna, 25 min 32 s, 1980
  • Capitale du Pacifique : Wallis et Futuna, Mata’utu, Visite et découverte, 51 min, 2004
  • Thalassa : Wallis et Futuna, 19 min, 2007
  • Des îles et des hommes : Wallis et Futuna, les îles sœurs, 50 min, 2010
  • Passion Outre-Mer, Grand format : Wallis et Futuna, seuls au monde, 1 h 50, 2015

Articles connexes

Liens externes

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Kerguelen

Îles Kerguelen

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kerguelen et Île de la Désolation.
Îles Kerguelen
Archipel Kerguelen
Image satellite des îles Kerguelen.
Image satellite des îles Kerguelen.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Océan Indien, Plaque antarctique
Coordonnées 49° 20′ 00″ S, 69° 20′ 00″ E
Superficie 7 215 km2
Côtes 2 800 km
Nombre d’îles 300
Île(s) principale(s) Grande Terre
Point culminant Mont Ross (1 850 m sur Grande Terre)
Géologie Îles volcaniques
Administration
Statut District des Terres australes et antarctiques françaises

Territoire d’outre-mer Terres australes et antarctiques françaises
Démographie
Population 120 hab. (2012)
Densité 0,02 hab./km2
Plus grande ville Port-aux-Français
Autres informations
Découverte 12 février 1772 par Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec
Fuseau horaire UTC+05:00
Site officiel http://www.taaf.fr [archive]

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)

Îles Kerguelen
Îles Kerguelen
Archipels en France
modifier Consultez la documentation du modèle

Les îles Kerguelen12 ou archipel Kerguelen3, jadis surnommées « îles de la Désolation », forment un archipel français au sud de l’océan Indien et constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Elles sont éloignées de plus de 3 400 km de La Réunion, terre habitée la plus proche. L’île principale, la Grande Terre, qui couvre plus de 90 % de la surface, est la troisième plus grande île française (après la Nouvelle-Calédonie et la Corse) ; c’est également la plus grande de toutes les îles sub-antarctiques (devant la Malouine orientale).

Ces îles, d’origine volcanique, au relief montagneux, culminent à 1 850 m, au mont Ross. Les côtes, très découpées, sont entaillées de fjords profonds. L’intérieur des terres est parsemé de nombreux lacs et étangs. La région occidentale est surmontée par la calotte glaciaire Cook qui s’étend sur 400 km2.

Il y règne un climat froid mais non glacial (les températures moyennes d’été sont inférieures à 10 °C mais celles d’hiver sont supérieures à 0 °C), extrêmement venteux.

Ces terres furent découvertes le 12 février 1772, par le navigateur breton Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec. Elles sont restées, malgré quelques tentatives de colonisation, dépourvues d’habitants permanents.

Jusqu’au début du XXe siècle, les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l’archipel et en ont massacré la faune. Les populations animales se sont aujourd’hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d’oiseaux et de mammifères marins mais les écosystèmes doivent néanmoins subir le développement d’espèces introduites volontairement ou involontairement par l’homme. Les îles et les eaux territoriales sont pour l’essentiel classées en réserve naturelle. La zone économique exclusive est l’une des zones de pêche de la légine.

Depuis 1950, la France assure le fonctionnement continu de la station de Port-aux-Français, base logistique, technique et scientifique où se relayent régulièrement 45 à 100 personnes. La 68e mission est actuellement en cours.

Sommaire

Géographie

Principaux sites des îles Kerguelen

Situation

L’archipel se situe sur le plateau sous-marin de Kerguelen, dont il constitue un des sommets émergés, avec les îles Heard-et-MacDonald. Il se trouve à une distance d’environ :

Les terres les plus proches sont :

Malgré ce que pourrait laisser penser son climat froid, l’archipel est relativement éloigné des régions polaires. En fait, les îles Kerguelen se situent dans une bande de latitude (australe) comparable à la Haute-Normandie dans l’Hémisphère nord : ainsi Port-aux-Français est aussi éloigné du pôle Sud que Rouen du pôle Nord.

Topographie

L’archipel, d’une superficie d’environ 7 215 km2, est constitué d’une île principale, la Grande Terre entourée de plus de 300 îles et îlots satellites. La plupart sont très proches de l’île principale (souvent quelques centaines de mètres, parfois moins), si l’on excepte les groupes plus éloignés des îles Nuageuses et des îles Leygues au nord et quelques îlots au sud. Les côtes sont dans leur ensemble extrêmement découpées avec quelques grands golfes (Morbihan, des Baleiniers, Choiseul, baie d’Audierne) et de nombreuses baies secondaires ainsi que de longs fjords (Bossière, Karl Luyken, etc.). Elles se développent sur une longueur d’environ 2 800 km4. Le point culminant de l’archipel est le volcan du mont Ross qui atteint 1 850 m d’altitude. La zone économique exclusive (ZEE normalement fixée à 200 milles des côtes) a été étendue à 350 milles en 2015 après l’avis favorable de l’Organisation des Nations unies5.

La Grande Terre avec ses 6 675 km2 (les 34 de la superficie de la Corse) représente 92 % de la superficie totale de l’archipel et s’étend sur environ 150 km d’ouest en est et sur 120 km nord au sud.

Elle est couverte, au centre-ouest, par la calotte glaciaire Cook d’une superficie d’environ 400 km2 qui culmine au Dôme à près de 1 050 m d’altitude. Plus d’une vingtaine de glaciers, plus ou moins bien individualisés s’en écoulent dont les principaux sont, dans le sens des aiguilles d’une montre : les glaciers Agassiz, de Chamonix, Dumont d’Urville, Vallot, Naumann, de l’Explorateur, Ampère, Lavoisier, Descartes, Curie, Pasteur-Mariette.

La Grande Terre présente de nombreux diverticules dont les principaux sont :

Parmi les autres îles, la plus grande est l’île Foch (centre-nord) qui couvre plus de 200 km2 et qui est séparée de la Grande Terre par le détroit de Tucker.

D’autres îles peuvent être signalées :

Géologie

220px-Kerguelen-Plateau-Topography

Le plateau de Kerguelen : un petit « continent » immergé.
220px-Kerguelen_geologic_map-fr.svg

Carte géologique simplifiée de l’archipel Kerguelen.
Article détaillé : Géologie des îles Kerguelen.

L’archipel constitue une des parties émergées du plateau sous-marin de Kerguelen-Heard, un plateau océanique situé sur la plaque antarctique6,7, qui couvre près de 2,2 millions de km28 et qui possède un homologue, Broken Ridge, situé symétriquement par rapport à l’axe de la dorsale est-indienne9.

La majeure partie des formes géologiques visibles sur l’archipel sont caractéristiques d’un volcanisme effusif de type trappéen dont la mise en place au-dessus du niveau de l’océan a débuté il y a 35 millions d’années. L’accumulation est considérable : les coulées basaltiques épaisses chacune de 3 à 10 mètres se superposent parfois sur plus de 1 200 mètres. Ce type de volcanisme donne un relief monumental en forme d’escaliers ou de pyramides.

Localement d’autres formes volcaniques sont présentes, notamment le volcan strombolien que constitue le mont Ross ou le complexe volcano-plutonique de la péninsule Rallier du Baty. Les injections et extrusions de laves différenciées (trachytes, trachy-phonolites, phonolites) sont également fréquentes un peu partout. Aucune activité éruptive n’a été observée historiquement mais des fumerolles sont toujours actives dans le sud ouest de la Grande Terre.

Quelques niveaux à lignites se trouvent interstratifiés dans les coulées de basaltes et recèlent des fossiles d’araucariacées datés d’environ 14 millions d’années.

Enfin les glaciations ont provoqué des phénomènes d’enfoncement et de basculement à l’origine des golfes marins du nord et de l’est de l’archipel. L’érosion fluvio-glaciaire très active a modelé les vallées et les fjords et permis également la formation de complexes détritiques à conglomérats et la constitution de la plaine de la péninsule Courbet.

Climat

L’archipel connaît un climat océanique froid mais non glacial. Il est fortement soumis au réchauffement climatique, la calotte glaciaire Cook a ainsi perdu 22% de sa surface entre 1963 et 200310 tandis que la température moyenne augmentait de 1,3 °C11. Ce réchauffement se poursuit depuis12. Il est balayé en permanence par des vents forts13.

La dénomination du climat de l’archipel varie selon les classifications:

Des conditions sensiblement comparables peuvent se rencontrer en Patagonie chilienne ou en Islande, et bien sûr dans d’autres îles sub-antarctiques (Archipel des Crozet, îles Malouines, etc.).

Toutes les données météorologiques concernent la station de Port-aux-Français dont la position d’un point de vue climatique est l’une des plus favorables de l’île, car située sur la côte sous le vent au bord d’un golfe abrité.

La température moyenne annuelle y est de 4,9 °C avec une amplitude faible d’environ 6 °C15, les mois les plus chauds étant ceux de janvier et février avec une moyenne de 7,8 à 8,2 °C et le mois le plus froid celui d’août avec 2,1 °C. Les maxima absolus relevés dépassent rarement les 20 °C, tandis qu’à l’autre extrême aucune température inférieure à −10 °C au niveau de la mer n’a été constatée.

Le record de chaleur est de 23,1 °C en avril et le record de froid est de −9,5 °C atteint le 11/08/201416.

Les précipitations sont fréquentes, et peuvent se produire sous forme de pluie comme de neige, tout au long de l’année. La hauteur annuelle moyenne à Port-aux-Français est cependant modeste et n’atteint que 708 mm, mais sur la côte ouest à l’opposé, on estime qu’il tomberait trois fois plus d’eau.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,4 4,7 4,1 3,2 1,5 0,4 −0,3 −0,4 −0,2 0,7 2 3,4 1,9
Température moyenne (°C) 7,8 8,2 7,3 6,1 4,2 2,8 2,2 2,1 2,5 3,9 5,3 6,8 4,9
Température maximale moyenne (°C) 11,1 11,5 10,5 9 6,7 5,2 4,7 4,6 5,3 7 8,6 10,1 7,8
Record de froid (°C) −1,5 −1 −0,9 −2,7 −5,9 −8,3 −8 −9,5 −7,7 −5 −3,7 −1,2 −9,5
Record de chaleur (°C) 22,3 22,3 20,6 23 16,8 14,5 13,4 14,4 15,8 19,1 21,3 21,6 23
Précipitations (mm) 72,2 49,5 57,5 59,6 59,9 75,9 62,9 63,4 62,3 59,3 51,9 55,1 727
Source : MeteoStats17

Les montagnes sont donc fréquemment couvertes de neige mais peuvent s’en dégarnir rapidement et fortement avec la pluie. Il existe plusieurs glaciers permanents marqués depuis plusieurs décennies par un net recul et pour les plus petits d’entre eux par une disparition complète18.

Le vent d’ouest, qu’aucune végétation ne coupe, souffle quasi continuellement à une moyenne de 35 km/h, l’archipel se trouvant dans les « quarantièmes rugissants ». Les vents de 150 km/h sont courants et atteignent parfois 200 km/h.

Des hauteurs de houle de douze à quinze mètres sont courantes, mais l’archipel offre aux bateaux de nombreux abris protégés (dont l’historique Port-Christmas à la pointe nord-ouest).

Hydrologie

Cours d’eau

Les principaux cours d’eau de l’archipel sont :

Lacs

Article détaillé : Liste des lacs des îles Kerguelen.

Les principaux lacs de l’archipel sont :

Administration

220px-TAAF_%281958%29

Ici le drapeau, créé en 2007, des Terres australes et antarctiques françaises.

Depuis 1955, l’archipel des Kerguelen constitue l’un des quatre puis cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il est administré depuis la ville de Saint-Pierre, à La Réunion, mais il ne fait pas pour autant partie de ce département d’outre-mer19. Les TAAF sont en effet placées sous l’autorité de l’administrateur supérieur qui exerce les fonctions de chef du territoire et qui jouit du rang de préfet20.

Un chef de district est le représentant dans l’archipel de l’administrateur des TAAF21,22. Un des rôles des chefs de district dans les TAAF est de diriger les bases qui s’y trouvent. Sur les Kerguelen cette fonction concerne essentiellement la base de Port-aux-Français22.

De plus, les Kerguelen, comme les autres territoires d’outre-mer, sont associées à l’Union européenne, en tant que PTOM (pays et territoires d’outre-mer)23.

Enfin le budget du district est lié au budget général des TAAF qui représente actuellement 26 millions d’euros23.

Histoire

Une découverte tardive

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Yves de Kerguelen vers 1780 (g.) et James Cook (d.) en 1776.

L’archipel est découvert le 12 février 1772 par le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec qui l’aborde par le nord-ouest et ne peut accoster, en raison du mauvais temps, que quarante lieues plus au sud dans l’anse du Lion-Marin. Il le baptise « France australe »24 et en prend possession au nom du roi de France. Rentré en France, il fait miroiter à Louis XV la possibilité qu’il s’agisse d’un nouveau continent austral, afin d’organiser une seconde expédition. De retour dans l’archipel en décembre 1773, il entre dans la baie de l’Oiseau et envoie le 6 janvier 1774 son lieutenant Henri Pascal de Rochegude à terre y laisser un message dans une bouteille placée en évidence sur un rocher au fond de l’anse. La bouteille contient un document attestant la prise de possession au nom de la couronne française et les deux passages de navires français25 :

« Ludovico XV. galliarum rege, et d.* [omino] de Boynes regi a Secretis ad res maritimas annis 1772 et 1773. »

Quatre ans plus tard, James Cook aborde l’archipel le 25 décembre 1776 au nord-ouest également, jetant l’ancre dans la baie de l’Oiseau, et nomme le havre naturel Christmas Harbour avant de découvrir le message dans la bouteille, auquel il ajoute la mention de son propre accostage25. De fait, James Cook valide l’antériorité de la découverte et de la possession françaises en proposant d’appeler cette île du nom de Kerguelen, alors qu’il avait aussi pensé au terme, approprié à ses yeux, d’« île de la Désolation »25.

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Hope Cottage de John Nunn à Pointe Charlotte

Le marin britannique John Nunn fit naufrage sur l’archipel en août 1825. Nunn et ses trois équipiers restèrent bloqués sur l’île jusqu’à leur sauvetage en février 1827. L’archipel des Kerguelen est tout au long du XIXe siècle une halte pour de nombreux navires baleiniers et phoquiers, principalement américains et britanniques, lors de leurs campagnes dans les mers du Sud.

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Port-Christmas le 2 janvier 1893 (haut) et Port-Gazelle le 8 janvier 1893 (bas) lors du renouvellement de la prise de possession de l'archipel par l'équipage de l'Eure.
Port-Christmas le 2 janvier 1893 (haut) et Port-Gazelle le 8 janvier 1893 (bas) lors du renouvellement de la prise de possession de l’archipel par l’équipage de l’Eure.

L’archipel n’est cependant pas habité à cette époque de manière permanente par des Français, ce qui laissait courir le risque d’une éventuelle prise de possession par un autre pays. Le président Sadi Carnot prend alors la décision de renouveler la souveraineté de la France sur ses terres australes et envoie l’aviso Eure sous le commandement du capitaine de frégate Louis Lieutard26 réaliser une série de prises de possessions solennelles dans les terres australes françaises. Il mouille en premier à Port-Christmas le 1er janvier 1893, réitère la prise de possession française par vingt et un coups de canon, une levée des couleurs au mât et l’apposition d’une plaque indicative en cuivre portant l’inscription « EURE – 1893 » sur le site, avant de renouveler durant quinze jours ces opérations en différents lieux de l’archipel dont Port-Gazelle27,28. La même année, le gouvernement concède aux frères Henry et René-Émile Bossière l’exploitation de l’archipel des Kerguelen pour cinquante ans. Ils tentent d’établir un élevage de moutons, sur le principe suivi aux îles Malouines, et l’exploitation des ressources en huile animale ; ces deux entreprises périclitent à l’orée du premier conflit mondial.

En 1908–1909 (à bord du J.-B.-Charcot) puis en 1913–1914 (avec la Curieuse), le navigateur-écrivain Raymond Rallier du Baty et son frère Henri explorent les rivages, les baies et les terres de l’archipel pour établir la première toponymie officielle de ces terres. Le géologue Edgar Aubert de la Rüe, assisté par son épouse Andrée, entreprend l’étude géologique et géographique de l’archipel lors de quatre campagnes (1928–1929, 1931, 1949–1950, 1952) et poursuit les travaux de dénomination.

En 1924, les îles Crozet, Saint-Paul, Amsterdam et Kerguelen sont rattachées à l’administration du gouvernement général de Madagascar, comme district des « îles Éparses » dépendant de la province de Tamatave. La station permanente de Port-aux-Français créée en 1950 a permis une étude détaillée de l’environnement géophysique et géologique, de la faune marine et terrestre, et de la flore.

Au début des années 1960, les Kerguelen furent envisagées comme site d’essais nucléaires29.

Fin 2008, lors du Vendée Globe, Bernard Stamm y échoue son bateau, Cheminées Poujoulat.

Toponymie

Article détaillé : Toponymie des îles Kerguelen.

Le découvreur des îles, Yves de Kerguelen, croyant découvrir un continent, baptise en 1772 cette terre « France australe »30. Quatre ans plus tard, le capitaine Cook montre qu’il s’agit d’un ensemble d’îles et leur attribue le nom de leur découvreur. Les îles Kerguelen sont parfois également désignées officiellement par l’appellation « archipel Kerguelen »31. Plus couramment, on parle simplement de « Kerguelen » voire, en langage taafien, de « Ker ».

L’archipel, inhabité lors de sa découverte en 1772, resta sans population permanente depuis, exception faite d’une tentative d’installation d’une ferme, quelques occupations ponctuelles pour des activités baleinières, et depuis les années 1950, une présence scientifique française et la création d’une base permanente. La toponymie de l’archipel lui a donc été donnée ex nihilo, par les différents explorateurs, des baleiniers ou phoquiers ayant fréquenté ses eaux et ses mouillages puis au XXe siècle, puis une fois la possession française de l’archipel réaffirmée, par quelques institutions françaises.

Selon l’historienne Gracie Delépine, les toponymes de l’archipel des Kerguelen sont « les témoins, à la fois de la découverte faite progressivement par les Européens, en même temps que de la civilisation intellectuelle de ces mêmes Européens. Les toponymes ont été laissés sur l’archipel, depuis la découverte en 1772 jusqu’à aujourd’hui, par les explorateurs, chasseurs, pêcheurs, savants, marines nationales de tous pays : il y en a plus de mille. De plus, ils donnent un portrait géographique des îles, de même qu’une description zoologique et botanique : ils en font l’histoire naturelle32. »

Les noms que l’on trouve sur l’archipel ont principalement été donnés lors32:

  • des deux expéditions d’Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec (1772 et 1773)
  • du passage de James Cook (1776)
  • des séjours de baleiniers et de phoquiers à la fin du XVIIIe siècle et au cours du XIXe siècle principalement au travers de la carte de Rhodes (1799) et la carte de Nunn (1850)
  • des deux séjours de Raymond Rallier du Baty (1908–1909 puis 1913–1914), première toponymie officielle
  • des opérations de la Commission de Toponymie (de 1966 à 1971)

Activités

Ferme abandonnée de Port-Couvreux.

L’activité principale de l’archipel est la recherche scientifique :

  • géologie, volcanologie, sismologie, géomagnétisme et pétrologie ;
  • météorologie ;
  • océanographie;
  • biologie, zoologie, botanique et écologie ;
  • hydrographie
  • médecine et biologie humaine ;
  • ichtyologie.

Pour ce faire, la France a créé en 1950 la station permanente de Port-aux-Français.

Les Kerguelen n’ont pas d’habitants permanents et n’abritent que le personnel de la base établie à Port-aux-Français (de 45 en saison d’hiver à 120 personnes en campagne d’été). En hiver, la population est composée de :

  • Un chef de district ;
  • Une douzaine de volontaires civils à l’aide technique chargés de missions scientifiques dont un coordinateur (Géner), deux ornithologues, quatre écologues, trois instrumentistes et trois agents de la Réserve naturelle ;
  • Une quinzaine de militaires détachés des trois armées ;
  • L’équipe cuisine, composée d’un cuisinier, un second de cuisine, un boucher, un boulanger-pâtissier et un serveur ;
  • Du personnel contractuel assurant la rénovation et l’entretien technique des bâtiments et des routes ;
  • Du personnel assurant le fonctionnement de la station CNES (deux personnes) ;
  • Du personnel de Météo-France (trois personnes).

Un navire, la Curieuse N.O., affrété par l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor est attaché à l’archipel et sert de support logistique aux programmes scientifiques.

Par ailleurs, en 1992, le Centre national d’études spatiales (CNES) a installé une station de poursuite de satellites, sur un plateau situé à 4 km à l’est de la base de Port-aux-Français.

L’agriculture était limitée à l’élevage extensif de quelque 3 500 moutons sur l’île Longue pour l’alimentation des résidents33 et à la production de quelques légumes frais sous serre à Port-aux-Français. En 1911, Valérien Culet, berger et « guide à touristes » de Bonneval-sur-Arc, accompagne le baron Pierre Decouz à l’archipel des Kerguelen, pour y mettre en place, à la demande des frères Bossière, personnalités havraises concessionnaires des îles australes françaises, l’élevage de moutons en liberté. Actuellement, il n’y a plus que des béliers sur l’île Longue, la population devrait donc disparaître dans les 3-4 ans à venir (note de 2012).

Dans la zone économique exclusive (ZEE) des 200 milles, une pêche à la légine est opérée par quelques navires d’armateurs français ou étrangers ayant acquitté un droit de pêche. Un patrouilleur, l’Albatros, ainsi que les frégates Nivose et Floréal de la Marine nationale française et un bateau de surveillance des TAAF, l’Osiris, assurent la surveillance de la zone économique pour l’ensemble des TAAF et faire respecter les quotas de pêche et éviter les bateaux de pêche pirates34.

Pavillon des îles Kerguelen

Article détaillé : Pavillon des îles Kerguelen.

Pavillon créé par la France en 1986, moins contraignant que le pavillon français, pour éviter l’immatriculation des navires des compagnies françaises sous pavillon de complaisance.

Faune et flore

170px-Kerguelen_-_Manchots

Articles détaillés : Faune des îles Kerguelen et Flore des îles Kerguelen.

Situées à la convergence antarctique où le mélange des eaux froides de l’Antarctique et des eaux plus chaudes de l’océan Indien stimule la production des chaînes alimentaires, les îles Kerguelen constituent un lieu privilégié de rassemblement de nombreux animaux océaniques, en particulier de ceux qui ont besoin de la terre ferme pour se reproduire35.

Jusqu’au début du XXe siècle les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l’archipel principalement pour collecter l’huile d’éléphant de mer, de baleine et les fourrures d’otaries. Les populations animales se sont aujourd’hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d’oiseaux (albatros, manchots, pétrels, etc.) et de mammifères marins (éléphants de mer et otaries). Les eaux côtières sont fréquentées par des baleines à bosse et abritent une population résidente de dauphins de Commerson. Les écosystèmes de l’archipel doivent toutefois s’adapter à la présence d’espèces introduites par l’homme, notamment des rennes, des mouflons, des lapins, des chats, des rats et des souris, des truites et des saumons, divers invertébrés et quelques plantes comme les pissenlits. Si certaines de ces introductions ont été néfastes pour la faune et la flore locale, elles permettent paradoxalement d’améliorer la biodiversité de l’archipel36. Les îles, y compris une portion importante des eaux territoriales, sont classées en réserve naturelle. La zone économique exclusive est quant à elle l’une des zones de pêche de la légine37.

 

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Le littoral accueille d’importantes colonies de reproduction d’éléphants de mer, de manchots royaux, de diverses espèces d’albatros ou de gorfous35.

Les eaux environnantes sont caractérisées par la dominance de poissons de la famille des Nototheniidae, comprenant notamment la très convoitée légine dont « la pêche illicite a longtemps été un fléau pour la durabilité de l’espèce »37. Dans le secteur des Kerguelen, cette pêche illégale a pu être éradiquée grâce aux efforts des autorités et des armateurs réunionnais opérant sur zone37.

Les écosystèmes originaux ont cependant été profondément modifiés d’une part par la surexploitation des ressources (chasse baleinière et phoquière tout au long du XIXe siècle, pêche industrielle à la fin du XXe siècle) et d’autre part par l’introduction volontaire ou involontaire d’animaux exogènes qui se sont acclimatés : lapins, chats, rats, rennes, truites, etc.35.

La végétation terrestre, également très altérée par l’impact des lapins, est assez maigre, formant près du littoral des paysages de toundra, mais se réduisant le plus souvent, dès que la pauvreté du sol s’accentue ou que la rudesse du climat augmente avec l’altitude, à des touffes éparses au milieu d’étendues minérales ou à de discrètes colonies de lichens35. On trouve une espèce caractéristique : le chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica)35. Début 2008, l’UICN alertait sur le fait que 32 plantes « natives » devaient déjà faire face à 70 plantes récemment introduites par l’Homme dans l’archipel38.

La végétation marine est en revanche très luxuriante, marquée par la présence de vastes forêts sous-marines de Macrocystis ou par une frange côtière de durvilléas35.

Les Kerguelen dans les arts

Les Kerguelen en littérature

Les Kerguelen dans les chansons

  • Lettre à Hélène, chantée par Dave, 1978
  • Les Moutons, du groupe Matmatah, 1997

Les Kerguelen au cinéma

Dans Le Gendarme et les Gendarmettes (1982), l’adjudant Gerbert (Michel Galabru) peste contre son maréchal des logis chef Cruchot (Louis de Funès), le menaçant d’une mutation « à Maubeuge ou dans les îles Kerguelen ! Vous savez où c’est, vous, les îles Kerguelen ? ».

Notes et références

  1. Consei National de l’Information Géographique Site Internet: http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/05/CNT_20150501_Entit%C3%A9s-souveraines_Entit%C3%A9s-d%C3%A9pendantes.pdf [archive]
  2. National Geospatial-Intelligence Agency Site internet: http://geonames.nga.mil/namesgaz/ [archive]
  3. Conseil national de l’information géographique Commission nationale de toponymie Site Internet:http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/03/CNT-site-collectivit%C3%A9s-fran%C3%A7aises.pdf [archive]
  4. - Rapport Technique no 2 de l’ONERC, février 2009 p. 12 – Présentation de Kerguelen – Géographie, géologie et climat [archive]
  5. « La France étend son plateau continental de 500.000 km2 » [archive], sur Mer et Marine (consulté le 22 janvier 2016)
  6. Université de Saint-Étienne – Géochimie – Archipel des Kerguelen [archive] : L’archipel des Kerguelen (49° 30′ S, 69° 30′ E 7 250 km2) se situe en contexte intraplaque (plaque antarctique). Il représente une des émergences du plateau de Kerguelen dont la mise en place débute au crétacé inférieur (-120/-110 Ma) lors de la dislocation du Gondwana (Inde/Australie/antarctique).
  7. Odyssespace – La Terre [archive] : La plaque Antarctique : la totalité de l’Antarctique, la quasi totalité de l’océan Austral dont les îles Kerguelen, Saint-Paul, Crozet, Amsterdam, Bouvet hormis les îles Shetland du Sud, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud, le sud-est de l’océan Pacifique et le sud de l’océan Indien.
  8. Roland Schlich [archive]
  9. [PDF] M. Recq, P. Charvis, La ride asismique de Kerguelen-Heard—Anomalie du geoide et compensation isostatique [archive], Marine geology, 1987, no 76, p. 301-311. (résumé [archive])
  10. Futura Sciences – Les glaces des Kerguelen fondent de plus en plus rapidement – 25 juillet 2009 – Jean-Luc Goudet [archive] : « Les glaciologues estiment que le glacier a perdu 22% de son volume de glace durant ces quarante ans. »
  11. Kerguelen Voyages – Rochers et glaciers [archive] : Depuis les années 1960, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 1,3 °C et le nombre de jours de gel a diminué de 20 à 30 jours par an au cours des 20 dernières années.
  12. Réunionnais du Monde – Luc Baudot, Coordonnateur de la réserve naturelle à Kerguelen – août 2016 [archive] : « Les données de Météo France (présent depuis des décennies dans les Terres australes) sont claires : la température augmente. Et le réchauffement se voit dans le paysage ; les glaciers reculent d’environ 100 mètres par an. »
  13. - Le plan de relance dans les Taaf, 2009 – Focus sur… Les éoliennes – Kerguelen, le vent et les éoliennes… [archive]
  14. Météo-France : Un mois d’août record aux Kerguelen [archive]
  15. Météo France : Kerguelen [archive]
  16. « Un mois d’août record aux Kerguelen » [archive], sur le site Météo-France, 26 août 2014 (consulté le 22 avril 2016)
  17. Climat : station Port-aux-Français (depuis 1971). [archive]
  18. Edgar Aubert de la Rüe, Remarques sur la disparition des glaciers de la Péninsule Courbet (Archipel de Kerguelen), TAAF Revue trimestrielle, 1967, no 40.
  19. http://www.taaf.fr/-District-de-Kerguelen- [archive]
  20. http://www.taaf.fr/Le-prefet-administrateur-superieur-des-TAAF [archive]
  21. http://ileskerguelen.blogspot.ca/ [archive]
  22. a et b http://www.taaf.fr/Le-chef-de-district-647 [archive]
  23. a et b http://www.taaf.fr/Presentation-generale-des-TAAF [archive]
  24. [1] [archive] – Institut Polaire Français – Archipel de Kerguelen – Le 12 février 1772, dans le sud de l’océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent austral, et lui donne le nom de « France australe ». Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi. Il s’agit en fait de l’archipel des Kerguelen qui sera nommé ainsi par James Cook en 1776.
  25. a, b et c (en) James Cook, The Three Voyages of Captain James Cook Round the World, vol. 5, éd. Longman, Hurst, Rees, Orme, et Brown, Londres, 1821, [lire en ligne [archive]], p. 146-151.
  26. Louis Édouard Paul Lieutard (1842-1902) mène une tournée de prise de possessions officielles de l’archipel des Kerguelen du 1er au 15 janvier 1893, puis de l’île Saint-Paul et de l’île Amsterdam pour la France à bord de l’aviso Eure. Son nom est donné au XXe siècle à un sommet situé au sud de l’archipel.
  27. Avant l’heure, c’est plus l’Eure [archive] par Yann Libessart, représentant de l’État dans l’archipel des Kerguelen, sur son blog Les manchots de la République pour Libération le 7 juillet 2008
  28. Archipel de Kerguelen [archive] sur le site de l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor.
  29. Jean-Marc Régnault, « La France à la recherche de sites nucléaires (1957-1963) », Cahier du Centre d’études d’histoire de la défense, no 12 « Science, technologie et Défense. Stratégies autour de l’atome et de l’espace (1945-1998) »,‎ 1999, p. 24-47 (ISBN 2951-5024-0-0, lire en ligne [archive])
  30. [2] [archive] – Institut Polaire Français – Archipel de Kerguelen – Le 12 février 1772, dans le sud de l’océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent Austral, et lui donne le nom de « France australe ». Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi.
  31. Conseil National de l’Information Géographique Commission Nationale de Toponymie Site Internet:http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/03/CNT-site-collectivit%C3%A9s-fran%C3%A7aises.pdf [archive]
  32. a et b Toponymie des Terres australes, Commission territoriale de toponymie avec le concours de Gracie Delépine, août 1973.
  33. « David Grangette, le berger des Kerguelen », Le Monde du 4 janvier 2007, [lire en ligne [archive]]
  34. Jacques Nougier, Pirate de légines, 201 p. L’Harmattan, 2003. (ISBN 2-7475-4459-1)
  35. a, b, c, d, e et f présentation des Kerguelens sur le site des TAAF http://www.taaf.fr/L-archipel-de-Kerguelen [archive]
  36. Le Monde – Chronique des Terres australes [archive] : « Plus précisément, l’établissement de nouvelles espèces introduites, généralement par le biais de l’homme, augmente paradoxalement la diversité spécifique de l’archipel, contribuant ainsi à accroître la biodiversité globale, et modifie les niveaux et les interactions trophiques (directement ou indirectement). À l’échelle de la macrofaune, les conséquences vont de la création d’interactions prédateur-proie entre espèces introduites et natives, à des changements dramatiques dans le fonctionnement des écosystèmes. »
  37. a, b et c La légine pêchée durablement à Kerguelen [archive]
  38. Source : Télégramme de Bretagne, 17 02 2008

Annexes

Bibliographie

  • Raymond Rallier du Baty, 15 000 miles in a Ketch, Nelson, 1910 (traduit : Aventures aux Kerguelen, éditions Maritimes et d’Outre-Mer, 1991)
  • Edgar Aubert de la Rüe, Deux ans aux îles de la Désolation, Julliard (collection Sciences et Voyages), 316 p., 1954
  • Edgar Aubert de la Rüe, Les Terres australes, Que sais-je ? no 603, Presses universitaires de France, 1953
  • Jean-Paul Kauffmann, L’Arche des Kerguelen, éditions Flammarion, 1993, (ISBN 2-08-066621-5)
  • Max Schmid et André Giret, Kerguelen, Birken-Halde Verlag, Winterthur, Suisse, 1998
  • Jacques Mouriès et Pierre Gradoz, Rencontres australes, JMO, Le Port (Réunion), 2001
  • Alexandra Marois, Les Îles Kerguelen, un monde exotique sans indigènes, L’Harmattan – Graveurs de mémoires, Paris, 2003
  • Isabelle Autissier, Kerguelen, le voyageur du pays de l’ombre, Grasset, 2006
  • Jacques Nougier Bibliographie cartographique des îles Kerguelen de 1772 à 1962. CNFRA no 22, 55 p., 1967, IGN/CNFRA.
  • Gracie Delépine, L’Amiral de Kerguelen et les mythes de son temps, L’Harmattan, 1998. (ISBN 2-7384-6680-X)
  • Gildas Flahault, Les Carnets tempête : Voyage aux îles Kerguelen, Glénat
  • J.C. Duchêne, Kerguelen, recherches au bout du monde, TAAF mission de recherche
  • Natacha Hochman, Kerguelen, l’Archipel de l’Albatros, Marines
  • Christophe Houdaille, Au vent des Kerguelen, Transboréal
  • Yves de Kerguelen de Trémarec, Relation de deux voyages dans les mers australes et des Indes, faits en 1771, 1772, 1773 et 1774, rééd. Le Serpent de mer, 2000.
  • Amiral de Brossard, Kerguelen : le découvreur et ses îles, T.1 et T.2. Paris : France Empire, 1970 et 1971. 595 et 539 p.
  • Michel Janssens, Contes du Studer : vieilles nouvelles et histoires de Kerguelen. Paris : Édition impossible, 2008. (ISBN 978-2-9532871-0-3).
  • Emmanuel Lepage, Voyage aux îles de la Désolation, Paris, Futuropolis, mars 2011, 160 p. (ISBN 9782754804240, notice BnF no FRBNF42395854)
  • Pierre Couesnon, Histoire postale des Kerguelen », Éditions Bertrand Sinais, 1989

Films

  • Jacques Nougier, Ker 12 : le syndrome austral, DVD-Vidéo de 67 minutes avec bonus de 22 minutes tourné par Philippe Leclercq et Pierre Simon au cours de l’hivernage 1962. Édité et diffusé par l’Harmattan-Vidéo, décembre 2006. Coul. et N&B. (ISBN 2-296-02240-5) ; [réf. BNF : DLV-20051018-7259].
  • Gilbert Dassonville, Terra incognita – Terre des scientifiques [archive] Film en ligne de 27 minutes de présentation des missions scientifiques effectuées dans l’archipel des Kerguelen, 1964, produit par le SFRS-CERIMES (service du film de recherche scientifique)
  • Bruno Calle, Gérard Jumel, La caverne des phoquiers, VHS documentaire de 26′, 1995, produit par Jour J. Productions
  • Rob Rombout, 2000, Le piège de Kerguelen, documentaire de 40 minutes

Articles connexes

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En Allemagne, une ancienne terroriste de la RAF rompt le silence

Ses copines brestoises sont encore très loin de présenter des excuses à leurs victimes ou à leurs proches, elles préfèrent au contraire éliminer tous les survivants et y travaillent d’arrache-pied avec leur complice le malade mental au clavier – son « arme », comme il le revendique haut et fort.

Comme déjà dit, leurs assassinats des années 1970 et 1980 s’étant soldés par de très lourdes peines de réclusion criminelle pour ceux qui s’étaient fait prendre, elles ont depuis réorienté leurs attaques ciblées vers des ingénieurs anonymes qu’elles assassinent ou font assassiner pour le compte de patrons voyous : c’est bien plus facile, sans aucun risque, et ça rapporte gros… Voyez le malade mental au clavier : il n’a même plus besoin de travailler pour vivre…

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/11/29/quarante-ans-plus-tard-une-ancienne-membre-de-la-fraction-armee-rouge-demande-pardon_1613320

Quarante ans plus tard, une ancienne membre de la Fraction armée rouge demande pardon

 

Par Johanna Luyssen, correspondante à Berlin — 29 novembre 2017 à 18:05
Silke Maier-Witt, le 2 avril 2006. Photo Ermal Meta. AFP

Silke Maier-Witt faisait partie des terroristes de la Fraction armée rouge (RAF) ; Jörg Schleyer est le fils du patron des patrons allemands, assassiné par la RAF en 1977. Quarante ans après le funeste «automne allemand», ils se sont rencontrés, elle lui a demandé pardon.

  • Quarante ans plus tard, une ancienne membre de la Fraction armée rouge demande pardon

Alors que le pays panse encore les plaies de ce funeste automne 77, qui vit culminer la violence entre la Fraction armée rouge (RAF) et le gouvernement de la RFA et où l’on assista en un mois et demi à une succession de faits sanglants – de l’enlèvement du patron des patrons à Cologne à une prise d’otages aussi rocambolesque que tragique entre Palma de Majorque et Mogadiscio –, voici que l’heure du pardon arrive. Un épisode important dans l’histoire de la Fraction armée rouge, qui s’est déroulé à l’hôtel Marriott de Skopje, en Macédoine.

A lire aussi  Fraction armée rouge : quarante ans après, une cicatrice toujours ouverte

Le tabloïd Bild a publié mardi la rencontre entre une ancienne terroriste de la RAF, Silke Maier-Witt, et le fils du patron des patrons allemands, Jörg Schleyer, dont le père fut envoyé ad patres le 18 octobre 1977. Fait rare pour des ex de la RAF : elle parle. Fait inédit : elle s’excuse auprès d’un proche d’une victime. «Cela semble si plat à dire, mais d’abord je demande pardon», dit l’ex-terroriste, condamnée à dix ans de prison pour avoir participé à l’enlèvement et à la séquestration, suivie du meurtre, de Hanns-Martin Schleyer. Ce n’est pas elle qui l’a tuée, elle n’était même pas là. Elle ne l’a même jamais rencontrée, c’était une exécutante. Elle prenait des notes. Au terme des heures d’entretien, le fils Schleyer ne saura d’ailleurs pas qui a tué son père. Stefan Wisniewski ? Willy Peter Stoll ? Rolf Heissler ? Rolf Clemens Wagner ?

Sept heures de rencontre

Mais c’est bien elle qui a transmis ce message, adressé à Libération et à l’agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur le 19 octobre 1977, qui scelle officiellement la mort de Schleyer : «Après quarante-trois jours, nous avons mis fin à l’existence misérable et corrompue de Hanns Martin Schleyer. Schmidt [le chancelier allemand, ndlr], qui dans son calcul a depuis le début spéculé avec la mort de Schleyer, peut en prendre livraison rue Charles-Péguy à Mulhouse. Sa mort est sans commune mesure avec notre douleur après le massacre de Mogadiscio. Nous ne sommes pas étonnés par la dramaturgie fasciste des impérialistes pour détruire les mouvements de libération. Le combat ne fait que commencer.» Le correspondant de Libé de l’époque se rendit à l’adresse dite, et y trouva, comme indiqué, le corps sans vie du patron des patrons.

Aujourd’hui, Silke Maier-Witt a 67 ans, est retraitée et vit à Skopje. Elle a passé sept heures avec Jörg Schleyer, 63 ans. Cette rencontre orchestrée par Bild, et commentée par la plupart des journaux allemands, semble répondre à ce récent discours du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, le 18 octobre dernier. C’était le jour des quarante ans de la mort de Schleyer, et, devant les proches des victimes de la RAF, Steinmeier exhortait les terroristes à prendre enfin la parole. «Aux coupables, qui sont restés silencieux pendant de nombreuses années, je voudrais dire très clairement qu’ils sont coupables une deuxième fois – coupables envers les proches des victimes, non pas légalement, mais moralement.» Avant d’ajouter : «Parlez et répondez aux questions qui sont encore ouvertes. Au moins, vous le devez aux proches.»

De son côté, Jörg Schleyer a demandé au bureau de la présidence de communiquer les dossiers confidentiels concernant le meurtre de son père, qui ne furent jamais divulgués. «C’est précisément ce savoir qui ne peut être refusé aux survivants endeuillés après quarante ans.»

Johanna Luyssen correspondante à Berlin

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_directe

Action directe

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Action directe (homonymie).
Action directe
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Image illustrative de l'article Action directe

Idéologie Anarchisme et mouvement autonome en France1
Objectifs Révolution prolétarienne
Statut Inactif
Fondation
Date de formation 1979
Pays d’origine France
Actions
Mode opératoire attentats à la bombe, assassinats, etc.
Victimes (morts, blessés) Au moins 12 morts et 26 blessés[réf. nécessaire]
Zone d’opération France
Période d’activité 1979-1987
Organisation
Membres ~1802
Financement Braquage
Groupe relié FRAP, Fraction armée rouge, Brigades rouges, Cellules communistes combattantes, NAPAP, GARI, Affiche rouge, Fraction armée révolutionnaire libanaise, CLODO, ETA, Prima Linea, GRAPO, COLP3
Répression
Nombre de prisonniers 3
modifier Consultez la documentation du modèle

 

Action directe est le nom d’un groupe terroriste anarcho-communiste4, issu du mouvement autonome en France et anti-franquiste4,5.

Historiquement, il doit être replacé dans le cadre de ce que l’on a appelé les « années de plomb » qui ont vu l’apparition de mouvements comme la Fraction armée rouge en Allemagne ou les Brigades rouges en Italie. Il emprunte son nom à la théorie anarchiste de l’« action directe ».

Ses membres ont revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre 1979 et 1987. Action directe a été interdite pour apologie de la lutte armée par un décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement par la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées6. L’organisation est, depuis, officiellement considérée comme terroriste par les autorités françaises7,8. Les derniers militants de l’organisation ont été arrêtés en 1987, puis jugés et condamnés par une formation spéciale de la cour d’assises de Paris sous les chefs d’inculpation d’assassinat de Georges Besse, de celui du général René Audran, de tentatives d’assassinat sur le contrôleur général des armées Henri Blandin et du vice-président du Conseil national du patronat français (CNPF) Guy Brana, et les attentats contre les locaux d’Interpol et ceux de l’Union de l’Europe occidentale9.

Selon le criminologue Jean-François Gayraud, l’organisation compta 200 sympathisants et militants sur huit ans d’existence10. Au plan international, Action Directe mena notamment des actions avec les Cellules communistes combattantes de Pierre Carette (Belgique), la Rote Armee Fraktion (Allemagne), divers groupes armés italiens (Brigades rouges, Communistes organisés pour la libération prolétarienne, Prima linea), les Fractions armées révolutionnaires libanaises et des groupes extrémistes turcs11.

 

Sommaire

Historique

Genèse et influences

Action directe est le résultat de la fusion des membres des GARI (Groupes d’action révolutionnaire internationalistes), des NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie populaire)12 et des Brigades internationales. Ces trois groupes appartiennent à la même famille de pensée que la Gauche prolétarienne, mouvement maoïste dissous en 1974, qui prônait le recours à la violence comme arme politique. Les GARI ont été fondés en 1973 par des anarchistes espagnols anti-franquistes exilés en France, qui ont basculé dans la lutte armée l’année suivante, après la condamnation à mort et l’exécution de l’anarchiste catalan Salvador Puig i Antich. Les NAPAP forment un autre mouvement anarchiste, animé par Frédéric Oriach qui s’est fait connaître en 1977 à l’occasion de l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni, ancien vigile des usines Renault qui avait abattu cinq ans plus tôt le militant maoïste Pierre Overney. Les Brigades internationales ont organisé en 1976-1977 plusieurs attentats contre des diplomates étrangers en poste à Paris. Ces trois organisations ont suivi un cheminement idéologique similaire. Elles ont en commun le recours aux attentats à l’explosif, aux mitraillages d’édifices publics et de sièges de sociétés, aux assassinats dits politiques et aux attaques de banque comme moyen de financement. Elles coopèrent avec d’autres groupes armés européens et s’apportent un appui logistique mutuel11. Leur rapprochement aboutit en 1977 à la création d’une « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome en France ».

Cette coordination se transforme en 1979 en une « organisation de guérilla » qui commence alors à revendiquer ses attaques sous le nom d’Action directe13, expression empruntée à l’anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle, mais avec laquelle la pratique d’Action Directe n’a rien à voir14, au nom de la lutte contre l’impérialisme capitaliste, des symboles de la puissance de l’État, le grand patronat et la défense du prolétariat. Pour s’alimenter en armes et explosifs, ils réalisent des vols et braquages.

Action directe s’est progressivement divisée en plusieurs factions. D’une part Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et « leurs amis, des libertaires » qui se sont rapprochés de la Fraction armée rouge allemande. D’autre part, une branche lyonnaise démantelée en 1986, avec André Olivier, Joëlle Crépet, Bernard Blanc, Max Frérot ou Émile Ballandras (connue sous le nom d’Affiche rouge).

Des divergences idéologiques apparaitront en effet au sein du groupe. En mars 1982 Jean-Marc Rouillan et ses amis rendent public un manifeste intitulé Pour un projet communiste. Selon Christophe Bourseiller, ce texte se réclame clairement d’une « idéologie communiste libertaire » « antiautoritaire, antiléniniste, et antistalinienne ». Le juge Bruguière qualifie la doctrine élaborée par Rouillan de « compromis entre le marxisme-léninisme et les thèses libertaires ». Elle serait largement inspirée des thèses des Brigades Rouges15. Il considère qu’Action directe « n’a guère de base idéologique » : dans un premier temps, le groupe revendique ses débuts anarchistes, puis tente de trouver des justifications théoriques à ses actions. Jean-François Gayraud est encore plus sévère : pour lui « la faiblesse quantitative (des textes publiés par Action directe) le dispute à l’indigence intellectuelle. Au mieux il s’agit d’une pâle adaptation des thèses léninistes, et au pire, dans d’autres occasions, Action Directe se contentera, comme le fera remarquer charitablement Frédéric Oriach, de traduire dictionnaire en main les productions des Brigades Rouges et de la Fraction Armée Rouge10 ». Les journalistes d’extrême-gauche Bertrand Le Gendre et Edwy Plenel font état de nombreux témoignages allant dans le même sens : « il n’y avait, le plus souvent, aucun lien entre la théorie politique et leur pratique. La première servait seulement de couverture, de justification idéologique. D’emblée, l’aventure individuelle, sur fond le plus souvent d’origine sociale petite-bourgeoise, l’emporte sur la cohérence intellectuelle16. »

Tel n’est pas le cas de la « Branche lyonnaise ». André Olivier et ses proches se définissent comme « marxistes-léninistes et défendent l’héritage de Mao ». André Olivier, ancien militant de la Cause du Peuple, a intégré en 1975, la « mouvance autonome où se côtoient ex-maos et anars ». Action directe étant un mouvement non autoritaire, la branche lyonnaise a toute latitude pour se positionner sur des idéologies différentes de celle de Rouillan et Ménigon. Selon Christophe Bourseiller, le seul combat réel oppose les foquistes libertaires de Paris aux maoïstes de Lyon17. Ces derniers affichent un antisionisme qui se transforme rapidement en antisémitisme18. Les divergences qui apparaissent entre les deux groupes donnent lieu à une rupture définitive pendant l’hiver 1981-198219. Au mois d’août 1982, une nouvelle rupture a lieu avec deux courants « mouvementistes » qui se sont progressivement opposés à la lutte armée, dont le groupe des Toulousains, anarcho-écologiste, autour de Michel Camillieri.

Selon certaines sources, le groupe Action directe aurait pu être commandité, voire manipulé par un État étranger afin de commettre certains assassinats. C’est la thèse que soutiennent les journalistes Romain Icard20 et Dominique Lorentz21. Le nom de l’Iran, que le contentieux Eurodif opposait à la France, est souvent cité. Cette thèse, considérée comme vraisemblable par Gilles Ménage11 (ancien directeur de cabinet de François Mitterrand chargé des questions de renseignement, de police et de sécurité), se fonde notamment sur le fait que Georges Besse, assassiné par Action directe, avait été président d’Eurodif. Le juge Alain Marsaud a indiqué d’autre part qu’au moment de leur arrestation, les responsables du groupe (Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani) projetaient d’enlever et de séquestrer le président d’Eurodif22. Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, se dit convaincu qu’Action directe a été commanditée pour certains assassinats ; il se fonde notamment sur la proximité de Mohand Hamami, militant du groupe, avec la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL)23.

Création et première période

La première manifestation « idéologique » violente du groupe date du 1er mai 1979 : il s’agit du mitraillage de la façade du siège du Conseil National du Patronat Français (CNPF), rue Pierre 1er de Serbie à Paris. Le commando est composé d’André Olivier, Maxime Frérot, Ménigon et Rouillan24. Le 25 mai, un attentat à l’explosif est commis contre une agence immobilière à Sceaux; il est revendiqué pour la première fois par le groupe Action directe. Six autres actions sont réalisées jusqu’au 26 mars 1980. Il s’agit d’attentats à l’explosif ou de mitraillages contre des bâtiments ministériels ou des organismes censés représenter le pouvoir ou le patronat. Le 16 mars 1980, un attentat vise les locaux réputés secrets de la DST rue Rembrandt à Paris. Le 18 mars 1980, la façade du ministère de la Coopération, boulevard des Invalides est mitraillée. Le ministre Robert Galley vient de quitter son bureau, qui est atteint par plusieurs balles. Des tracts signés Action directe dénonçant « l’État négrier » sont abandonnés sur place25.

À la suite de cet attentat, les différents services de police se mobilisent contre Action directe. Dirigée par le commissaire Jean-Pierre Pochon, la discrète Brigade Opérationnelle Centrale (BOC) des Renseignements Généraux suit alors attentivement le groupe dont la dérive de plus en plus violente inquiète les autorités26. Jean-Marc Rouillan est déjà connu des services de police : il a fait l’objet de plusieurs interpellations pour détention d’armes depuis 1974. Un coup de filet est opéré le 27 mars et vingt-huit suspects identifiés et repérés par la BOC sont interpellés, parmi lesquels à Paris Mireille Munoz, Carlos Jaurégui, Pedro Linarès Montanes, Serge Fassi, Pascal Trillat, Mohand Hamami et Olga Girotto, une militante italienne du groupe terroriste Prima Linéa. Des armes, un stock de cartes d’identité françaises et italiennes vierges et 600 kg de dynamite sont saisis. Au total dix-neuf suspects (en incluant quatre ressortissants italiens suspectés d’avoir participé au hold-up de Condé-sur-l’Escaut et arrêtés dans le Var) seront déférés à la Cour de sûreté de l’état27. Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et André Olivier, considérés comme les chefs d’Action directe, échappent cependant à l’interpellation28. Ils ne désarment pas. Le 5 août, un commando de quatre hommes et deux femmes braque la mairie du 14e arrondissement. Ils s’emparent de fiches d’état-civil, de cachets officiels, de mille cartes grises et de plusieurs centaines de passeports et de cartes d’identité. Dans les mois et les années qui suivront, les policiers retrouveront des documents issus de ce vol en possession des membres d’Action directe qui seront arrêtés.

Le commissaire Pochon monte alors un stratagème pour capturer les dirigeants d’Action directe que la méfiance instinctive rend difficile à localiser : sur une idée de leur informateur, Gabriel Chahine29,28, le commissaire et ses hommes se font passer pour des émissaires de Carlos dans le cadre d’une action groupée visant à faire sauter le barrage d’Assouan et voulant rencontrer les membres d’Action Directe pour s’associer à eux. Le 13 septembre 1980, Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, pensant rencontrer le terroriste Carlos, sont pris dans une souricière et arrêtés rue Pergolese à Paris. Au cours de l’interpellation Nathalie Ménigon tire à plusieurs reprises des coups de feu sur les policiers. Ils avoueront onze attentats et mitraillages commis à Paris depuis le 1er mai 197929. Ils sont déférés le 19 septembre devant la Cour de sûreté de l’état. Le même jour, le poste de garde de l’École militaire est mitraillé. Cette action est revendiquée par Action directe.

Suspension des attentats

En décembre, Action directe publie un communiqué indiquant qu’il suspend ses opérations violentes pendant la campagne présidentielle30,31.

Après l’élection de Mitterrand en 1981, le nouveau gouvernement joue l’apaisement et fait voter une loi d’amnistie qui remet en liberté Rouillan et dix-sept autres militants (sur 248 détenus libérés)32. Nathalie Ménigon, accusée de tentatives d’homicide contre agents de la force publique, doit normalement rester incarcérée. Elle entreprend une grève de la faim pour faire pression sur le juge d’instruction Guy Joly. L’action est soutenue par diverses manifestations dont certaines sont violentes et relayée par des soutiens politiques et une partie de la presse de gauche et d’extrême gauche. Le juge la fait libérer pour « raisons médicales » le 17 septembre 198129. Ces libérations, ainsi que celles de membres d’autres groupes terroristes (Groupes anarchistes autonomes, Noyaux armés pour l’autonomie prolétarienne, indépendantistes basques, corses et bretons) suscitent la fureur des policiers ayant procédé à leur interpellation33.

À partir de novembre 1981, Action directe participe à l’occupation d’ateliers clandestins dans le Sentier et de plusieurs immeubles à Barbès. Plus d’une centaine de familles immigrées, majoritairement turques, sont relogées dans des squatts. Selon le commissaire Marcel Leclerc, l’objectif est de recruter de nouveaux militants parmi les immigrés. À cette occasion, Jean-Marc Rouillan et ses amis établissent des liens avec des mouvements extrémistes turcs qualifiés d’« extrêmement durs »15. De nombreux incidents et manifestations ponctuent cette campagne.

En décembre 1981, le journaliste Jean-Louis Baudet, qui est en relation avec les responsables d’Action directe, prend contact avec l’Organisation de libération de la Palestine lors d’une réunion organisée par Giovanni Senzani, l’un des leaders des Brigades rouges. Divers objectifs et moyens d’action sont étudiés en commun.

Pendant l’hiver 1981-1982, après de nombreux débats internes, l’organisation se scinde en quatre groupes : deux décident d’arrêter la lutte armée (dont le courant « mouvementiste-nationaliste » de Michel Camillieri (Camilleri) qui prône la création d’« ateliers autogérés ») ; autour d’André Olivier se forme l’Affiche rouge (surnommée par la police et les médias Action directe-branche lyonnaise ou encore Action directe-branche nationale) qui commettra plusieurs attentats antisémites33, tout en continuant une lutte anti-impérialiste, et enfin Action directe (appelé aussi Action directe-branche internationale) avec Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon qui s’allie à la Fraction armée rouge dans le cadre de la stratégie d’« unité des révolutionnaires en Europe de l’Ouest » à partir de 198530. Les Textes de prison 1992-1997 d’Action directe évoquent une « rupture définitive » avec la « branche lyonnaise ». La rupture avec les courants « mouvementistes » sera parachevée début août 1982 : ceux-ci opposent un refus définitif à la poursuite des attentats.

Reprise des « actions politico-militaires »

Action directe poursuit la lutte contre « l’impérialisme américain » et le sionisme. Les 24 et 25 décembre, sept attentats sont commis contre des magasins de luxe, le 19 février le local des organisations turques à Paris est visé. Le 13 mars 1982, l’informateur Gabriel Chahine, dont le travail d’intoxication a permis l’arrestation de Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, est assassiné à son domicile. Cet assassinat n’est pas revendiqué. Cependant les Textes de prison 1992-1997 des responsables d’Action directe mentionnent que c’est un commando de l’organisation qui a effectué « l’exécution »34. Selon l’ancien policier Patrice Lastère, c’est Régis Schleicher, déguisé en postier, qui a abattu Chahine35.

Le 30 mars 1982, l’antenne du ministère de la défense israélien à Paris est mitraillée. Cette action est revendiquée depuis Beyrouth par la Fraction armée révolutionnaire libanaise (Farl). Le 8 avril, Joëlle Aubron et Mohand Hamami sont arrêtés. Joëlle Aubron était la locataire d’un box situé rue Borrego dans lequel ont été découverts un stock d’armes, des documents d’identité et des chéquiers volés. L’une des armes trouvées dans la cache a été utilisée pour le mitraillage. Joëlle Aubron est identifiée comme ayant participé à deux hold-up le 15 avril 1981 rue La Boëtie et place des Ternes, au cours desquels un gardien de la paix a été abattu36. Elle est condamnée à quatre ans de prison dont dix-huit mois avec sursis pour détention d’armes. Hamami est relaxé37. Elle épousera l’année suivante, en détention, Régis Schleicher.

En mars et en avril Action directe publie ses deux premiers textes théoriques : Pour un projet communiste et Sur l’impérialisme. En juin, Action directe tente d’organiser une mobilisation contre le sommet du G7 à Versailles, ponctuée par un spectaculaire attentat contre le siège européen du FMI et de la Banque Mondiale.

Le 1er août, une rupture définitive a lieu entre les « durs » minoritaires et les « mouvementistes ». Les « durs » (autour de Jean-Marc Rouillan) sont partisans d’une internationalisation de la lutte armée et de l’intégration d’Action directe dans un front commun de lutte terroriste avec les Brigades rouges italiennes, la RAF allemande et des groupes belges et palestiniens. Les « mouvementistes » (autour d’Éric Moreau, Meyer (Meïer) Azeroual, Michel Camillieri, Pascal Magron et Charles Grosmangin) sont favorables à la lutte au sein des masses et des entreprises. Regroupés dans un « Collectif révolutionnaire du 1er août », ils font paraître un communiqué et dénoncent « les pratiques autoritaires et bureaucratiques d’un des collectifs d’Action Directe, visant à entraîner l’ensemble des unités sur une stratégie et une ligne politique volontariste et élitiste (cela malgré de nombreuses discussions internes). » Ils décident « l’éclatement d’Action Directe » en expliquant : « Ce qui avant n’était qu’un mot d’ordre tendant à un regroupement révolutionnaire ne nous appartient pas ; nous abandonnons donc le sigle d’Action Directe à ceux qui voudraient l’utiliser. Contre le capital, le combat se mène à la base sur tous les fronts de la guerre sociale. »38

Le 17 septembre, Michel Camillieri, Charles Grosmangin, Pascal Magron et Olivier Chabaud sont arrêtés en possession d’armes et d’explosifs. Ils expliquent aux policiers qu’ils ont abandonné la lutte armée et qu’il s’agissait pour eux de mettre ce matériel à l’abri39. Un incident comparable a lieu le 20 novembre : la police découvre une cantine et une glacière remplies d’armes, de munitions et d’explosifs non loin d’une ferme de Saint-Sardos (Lot-et-Garonne) occupée par des proches de Serge Fassi, lequel est arrêté40. Le 15 juin 1983 la 10e chambre du Tribunal correctionnel de Paris condamne Camillieri et Grosmangin à 5 ans de prison dont 18 mois avec sursis41. Pascal Magron est condamné à quatre ans de réclusion, Olivier Chabaud à 8 mois avec sursis. Eric Moreau est condamné par défaut à 4 ans de prison.

Entrée dans la clandestinité

Début août, à la suite de l’entrée au Liban des troupes israéliennes et aux interventions françaises et américaines, Action directe commet plusieurs attentats contre des sociétés américaines et israéliennes42. Le 9 août 1982, une fusillade meurtrière a lieu au restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris. On dénombre six morts et vingt-deux blessés. Le 11 août, une bombe explose rue de La Baume à Paris, visant une société israélienne et blessant grièvement une passante43. Le 17 août, Jean-Marc Rouillan dément toute participation à la tuerie de la rue des Rosiers mais revendique les autres attentats44. Devant le scandale, François Mitterrand annonce le soir même, parmi plusieurs mesures antiterroristes, la dissolution du groupe Action directe25. Le 21 août 1982, avenue La Bourdonnais, une bombe se détache du véhicule du conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis. Elle explose peu après, tuant deux démineurs de la Préfecture de police. L’après-midi même, l’attentat est dans un premier temps revendiqué par Action Directe, puis par la Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise (FARL)45.

Parallèlement, Action directe s’associe avec des Italiens du COLP et commet une série importante de hold-up, dont certains meurtriers. Le groupe se replie régulièrement en Belgique et joue un rôle non négligeable au sein des Cellules communistes combattantes (CCC)46. Le 31 mai 1983, au cours d’une fusillade dans l’avenue Trudaine à Paris deux policiers sont tués et un troisième blessé47. Le 30 juillet 1983 Action directe dévalise la bijouterie Aldebert, place de la Madeleine. Le 13 octobre, le groupe commet un hold-up à la Société générale place des Ternes. Le 14 octobre, une fusillade a lieu lors d’un autre hold-up à la Société générale avenue de Villiers. Deux policiers sont blessés et l’un des malfaiteurs est abattu : il s’agit de Ciro Rizzato, membre du groupe italien Prima Linea. Régis Schleicher est identifié parmi les braqueurs.

Radicalisation

L’année 1984 marque un tournant pour le groupe48. Le 2 août, il commet pour la première fois un attentat « aveugle ». Cinq kilos d’explosif déposés dans le hall de l’Agence Spatiale Européenne font six blessés. Le 23 août, une Renault 20 dans laquelle se trouvent 23 kilos d’explosifs est placée devant le bâtiment de l’Union de l’Europe Occidentale, avenue du président Wilson. Des appels téléphoniques passés par une voix féminine (qui sera identifiée comme Nathalie Ménigon) alertent cependant les forces de l’ordre à propos du véhicule, qui est mis en fourrière. L’engin explosif sera désamorcé quelques jours plus tard. En octobre, Action directe publie un communiqué pour revendiquer la fusillade de l’Avenue Trudaine, tout en laissant entendre qu’il s’agit d’une « bavure ».

En janvier 1985, un communiqué rédigé en français et en allemand fait part de la fusion d’Action directe avec les derniers éléments de la Fraction Armée Rouge. Le 25 janvier, l’ingénieur général René Audran est assassiné devant son domicile à la Celle St Cloud. Une semaine plus tard, Ernest Zimmermann, président des industries aérospatiales de la République fédérale allemande est assassiné à Munich.

Le 26 juin, le véhicule dans lequel se trouve l’ingénieur général Henri Blandin et son fils de douze ans essuie plusieurs coups de feu, porte des Ternes. Le sang-froid de son chauffeur permet d’éviter qu’il y ait des victimes. Action directe revendique l’attentat la semaine suivante.

Les cibles sont choisies comme des symboles de l’ordre et de l’oppression qu’Action directe entend combattre : policiers, grands patrons, responsables de l’armement… D’autres tentatives d’assassinat visent notamment Guy Brana, vice-président du Conseil National du Patronat Français, Alain Peyrefitte (mais le chauffeur de sa voiture sera tué49) et le juge Jean-Louis Bruguière.

La branche lyonnaise d’Action directe (l’Affiche rouge dirigée par André Olivier, Emile Ballandras, Bernard Blanc et Max Frérot) commet 21 braquages et 12 attentats. Trois membres des forces de l’ordre (dont le général de gendarmerie Guy Delfosse tué au cours d’un braquage) et un convoyeur de fonds sont tués au cours de ces actions.

Arrestations

Emile Ballandras est arrêté le 10 octobre 1984. Le 28 mars 1986, André Olivier, Joëlle Crépet et Bernard Blanc sont arrêtés. Maxime Frérot est arrêté le 27 novembre 1987. En tout, 18 membres de l’Affiche rouge seront arrêtés.

Régis Schleicher, animateur d’une branche d’Action directe spécialisée dans les hold-up est arrêté en mars 1984 au Pontet (Vaucluse) avec Claude et Nicolas Halfen, par la Brigade de recherches et d’intervention et la PJ de Montpellier. En compagnie de Mohand Hamami, de Franco Fiorina et Gloria Argano (deux italiens membres des Communistes organisés pour la libération du prolétariat), ils ont été identifiés par le juge Bruguière comme les auteurs de la fusillade de l’avenue Trudaine. Cette arrestation intervient à l’issue d’une longue filature d’Helyette Bess, gérante de la librairie anarchiste « Le Jargon libre » (XIIIe arrdt). Surnommée la « vecchietta » (la vieille), cette militante est très engagée dans les mouvements anarchistes extrémistes. Jusqu’à son arrestation, elle a géré avec efficacité l’intendance du groupe et veillé à sa ligne idéologique. Une partie des fonds qu’elle gère provient du hold-up de Condé-sur-l’Escaut11.

Charles Pasqua est nommé ministre de l’intérieur le 20 mars 1986 dans le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. Dès son arrivée Place Beauvau, il fait d’Action directe une cible prioritaire. Il souhaite incidemment symboliser la rupture avec l’ancienne majorité socialiste, volontiers qualifiée de laxiste par ses adversaires en matière de sécurité. Dans le même temps une vague d’attentats islamistes fait de nombreuses victimes à Paris et le 17 novembre Georges Besse, PDG de Renault, est assassiné devant son domicile boulevard Edgar Quinet par Nathalie Ménigon et Joelle Aubron. Philippe Massoni, directeur central des renseignements généraux est chargé de la « traque » d’Action directe. Des dizaines d’inspecteurs placés sous les ordres du sous-directeur chargé de l’antiterrorisme, Claude Bardon, sont affectés à cet objectif. Des centaines de milliers de francs sont mis à la disposition des enquêteurs, pour leurs déplacements ou pour acheter d’éventuels renseignements. Des dizaines de sympathisants potentiels ou imaginaires d’Action directe, connaissances, anciens militants, anciens amis ou même anciens voisins sont interrogés50. Les photos de Rouillan, Ménigon, Aubron et Cipriani sont affichées dans tous les commissariats et une prime d’un million de francs est offerte pour tout renseignement permettant de les localiser.

Le 21 février 1987, les principaux membres d’Action directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani sont arrêtés à 20 h 55 par le RAID dans une ferme au gué Girault, lieu-dit de la commune de Vitry-aux-Loges, dans le Loiret. C’est un renseignement parvenu à un inspecteur de la DST (lequel le transmettra aux Renseignements généraux) qui révèlera qu’ils se cachent dans cette ferme. Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon donnaient à leurs voisins fermiers l’image d’un couple paisible, se faisant passer pour des chercheurs « écolos » belges51. La police saisit dans la longère huit armes, trente kilos d’explosifs, de nombreux documents et une cache destinée à garder une prochaine cible enlevée dans le but de l’échanger contre la libération de Régis Schleicher52.

Planques

En dehors de la ferme de Vitry-aux-Loges, le groupe avait aussi d’autres points de chute. Chambray-lès-Tours, Villeloin-Coulangé en Indre-et-Loire ont abrité des planques du groupe.

En effet, tout est parti d’un billet de train Orléans – Saint-Pierre-des-Corps trouvé dans les poches de Georges Cipriani lors de son arrestation en 1987 dans le Loiret. Les gendarmes ont alors opéré des contrôles dans les agences immobilières, puis auprès de nombreux propriétaires auxquels les loyers n’avaient pas été payés depuis février. Ils sont ainsi entrés en contact avec les époux Robin (un menuisier de la région), qui percevaient leur loyer en argent liquide à Villeloin-Coulangé, et avec M. Denis Rancher, de Sepmes (Indre-et-Loire), qui louait un studio au huitième étage d’un immeuble avec vue plongeante sur l’autoroute à Chambray-lès-Tours. Georges Cipriani et Joëlle Aubron passaient un bon nombre de week-ends dans la maison de Villeloin-Coulangé depuis octobre 1985.

Les enquêteurs de la 6e division de la direction centrale de la PJ et les gendarmes d’Indre-et-Loire ont d’abord trouvé l’attaché-case de Joëlle Aubron, contenant ses vrais papiers, carte d’identité et permis de conduire. Dans deux cantines métalliques, étaient stockés 12 kilos d’explosifs du même type que ceux trouvés dans la ferme de Vitry-aux-Loges, un fusil semi-automatique, des munitions, des faux papiers et des carnets d’adresses. Une Super-Cinq volée au cours de l’été 1985 à la société de location Hertz d’Amiens et portant une fausse immatriculation se trouvait dans le garage.

Le long du pavillon surmonté d’un toit de tuile rouge, Joëlle Aubron avait planté des tomates et elle en faisait des conserves soigneusement rangées dans le cellier. La jeune femme et Cipriani se montraient discrets malgré un va-et-vient de camionnettes perceptible par les voisins certaines nuits. Dans la ferme isolée, la police trouve de l’argent, des armes, des documents relatifs à l’assassinat de Georges Besse, des listes de personnalités à enlever (au premier étage, un local a été aménagé pour recueillir un otage en échange de la libération de Régis Schleicher). Un hasard sans doute : la résidence secondaire de Georges Besse est située à une trentaine de kilomètres de là, à Betz-le-Château. Cette fois, ce n’est pas une dénonciation, comme à Vitry-aux-Loges, mais bel et bien un travail en profondeur des gendarmes d’Indre-et-Loire qui a permis la découverte de la planque53.

« Joëlle Aubron, échappée de la bonne bourgeoisie et appliquée, dans les moments tranquilles, à surveiller ses chaudrons de confitures. Elle aussi, en compagnie de Georges Cipriani, avait choisi un coin retiré pour abriter ses rêves de feu et de sang : une ferme louée à Villeloin-Coulange, dans l’Indre-et-Loire54. »

Suites judiciaires

Les attentats et assassinats commis par Action directe ont donné lieu à plusieurs procédures judiciaires et autant de procès.

Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joelle Aubron et Georges Cipriani ont été condamnés en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine incompressible de dix-huit ans, pour l’assassinat de Georges Besse. En 1994 ils ont été condamnés à la même peine pour l’assassinat de René Audran, les tentatives d’assassinat contre Guy Brana, vice-président du CNPF et Henri Blandin, contrôleur général des armées, ainsi que les attentats contre les locaux d’Interpol et contre ceux de l’Union de l’Europe Occidentale.

Nathalie Ménigon avait préalablement (en février 1988) été condamnée à douze ans de réclusion criminelle pour les tentatives d’homicide contre les policiers dans le cadre de la fusillade de la rue Pergolèse.

Le procès de Régis Schleicher et des frères Halfen pour la tuerie de l’avenue Trudaine s’ouvre le 3 décembre 1986. Dès le début de l’audience Schleicher menace les juges et les jurés en leur promettant les « rigueurs de la justice prolétarienne »55 et refuse par la suite de comparaître. La défection de cinq jurés entraîne le renvoi du procès. En juin 1987, sept juges professionnels condamnent Schleicher à la réclusion criminelle à perpétuité. Nicolas Halfen écope de 10 ans de prison pour « association de malfaiteurs » et Claude Halfen est acquitté fautes de charges suffisantes56. Frédérique Germain, Blondblond, proche de Claude Halfen arrêtée le 31 mai 1983 lors d’un braquage et inculpée d’association de malfaiteurs est le témoin central de ce procès56.

Le premier procès de la mouvance Action directe eut lieu en janvier 1988. Vingt-quatre prévenus (dont deux détenus en Italie et un en fuite) furent jugés en correctionnelle pour association de malfaiteurs. Les peines prononcées furent les suivantes : dix ans de prison (la peine maximum) pour le « noyau dur » (Régis Schleicher, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani, Vicenzo Spano, Joelle Aubron, Nathalie Ménigon, Mohand Hamami (en fuite) et Claude Halfen); huit ans d’emprisonnement pour Hélyette Bess (qui louait des planques, recherchait des appuis, transportait armes, faux papiers et numéraire); sept ans pour Salvatore Nicosia, Bruno Baudrillart (considérés comme des trésoriers de l’organisation) et Jean Asselmeyer (« soutien logistique »); cinq ans pour Dominique Poirre et Annelyse Benoit, compagnes respectives de Asselmeyer et Baudrillart (« aides médiatiques » du mouvement); six ans pour Nicolas Halfen; dix-huit mois avec sursis pour la journaliste Paula Jacques et l’écrivain Dan Franck (pour l’aide qu’ils apportèrent à Claude Halfen notamment57); Frédérique Germain fut dispensée de peine. Deux autres prévenues furent relaxés58. Lors du procès en appel, ces peines furent confirmées pour Schleicher, Rouillan, Cipriani, Spano, Aubron, Claude et Nicolas Halfen; les peines d’Helyette Bess et Jean Asselmeyer furent réduites à six ans d’emprisonnement; Nicosia fut relaxé du délit d’association de malfaiteurs et condamné à quatre ans de prison pour recel de documents administratifs et d’explosifs; Annelyse Benoît et Bruno Baudrillart furent également relaxés du même délit (mais condamnés , dans une procédure distincte, à la peine de trente mois d’emprisonnement dont quinze avec sursis pour recel, recel de documents administratifs et usage, falsifications de documents et usage)59.

En tout 22 membres d’Action directe ou de la mouvance sur 25 connus des services de police auront été arrêtés56. Manquent notamment à l’appel Mohand Hamami et Eric Moreau dont on a perdu la trace.

Pour la branche lyonnaise, André Olivier, Max Frérot et Emile Ballandras ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989 à Lyon (Frérot a été condamné une nouvelle fois à la même peine en 1992 pour l’attentat commis en 1986 contre la brigade de répression du banditisme). Bernard Blanc a été condamné à vingt ans de réclusion. Jugés une nouvelle fois en juin 1995 pour trente-trois attentats commis entre 1982 et 1986, Max Frérot, André Olivier, Bernard Blanc et Emile Ballandras ont été condamnés par la cour d’assises spéciale de Paris, composée uniquement de magistrats à 30 ans de réclusion criminelle. Joëlle Crépet, l’amie d’André Olivier, a été condamnée à six ans d’emprisonnement. Renaud Laigle a été puni de trois ans de prison. Quant à François Polak, la cour lui a infligé deux ans de prison60.

Mohand Hamami a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité le 7 juin 1990 par la cour d’assises de Paris. Il a été déclaré coupable de l’assassinat des gardiens de la paix Claude Caiola et Emile Gondry et de tentative d’assassinat de plusieurs passants, commis le 31 mai 1983 lors de la fusillade de l’avenue Trudaine61. Selon les informations parvenues au juge Bruguière, il aurait été arrêté en Algérie puis se serait enfui en Libye. Les services secrets du colonel Kadhafi l’auraient ensuite infiltré dans des mouvements palestiniens au Liban15

Les ambiguïtés du pouvoir à l’égard d’Action directe

La doctrine Joinet

Peu après l’élection de François Mitterrand, une « cellule de dissuasion » informelle est mise en place à l’Élysée autour de François de Grossouvre. Elle est chargée de prendre contact avec les terroristes étrangers répertoriés en France (ETA, RAF, Brigades rouges) pour les convaincre de cesser toute activité sur le territoire. En contrepartie le gouvernement promet de refuser toute demande d’extradition. Cette démarche est étendue aux membres de groupes terroristes français récemment amnistiés, dont les militants d’Action directe, que l’on tente de persuader de renoncer définitivement à l’action violente62. La politique de répression policière doit désormais céder le pas à « l’antiterrorisme préventif » : le Parti Socialiste est au pouvoir depuis le 10 mai 1981 et le gouvernement se doit de donner des signaux différents, même à ceux qui ont choisi la violence pour accélérer le changement.

Gilles Kaehlin, inspecteur des Renseignements généraux qui a fait partie de la brigade du commissaire Pochon, est chargé de négocier individuellement avec chaque membre du groupe63,64 pour qu’ils renoncent à la violence ou qu’ils quittent la France. Yves Bertrand, qui fut Directeur central des Renseignements généraux, explique que Kaehlin leur versait des sommes prélevées sur les « fonds secrets » pour les aider à refaire leur vie à l’étranger65. Dans leurs ouvrages consacrés à la traque d’Action directe, les anciens policiers Jean-Pierre Pochon et Serge Savoie laissent entendre que c’est au cours de leurs entretiens avec la « cellule » que le nom de l’informateur Gabriel Chahine, à l’origine de l’arrestation de Rouillan et Ménigon, a été communiqué, directement aux membres d’Action directe ou ultérieurement via un collaborateur de l’Élysée26,66.

L’inspirateur de « l’antiterrorisme préventif » est Louis Joinet, magistrat membre du cabinet de Premier ministre Pierre Mauroy. Sa volonté de dialogue avec les terroristes ne relève pas exclusivement de considérations idéologiques. Il cherche également à dissocier les « durs » irréductibles des « mous » qui peuvent être réinsérés dans la société67. Joinet cherche à diviser ces deux camps afin de restreindre les moyens des « durs ».

Parallèlement à l’amnistie, la Cour de sûreté de l’État a été dissoute et les services de police sont incités à réorienter leur action vers les groupes d’extrême droite.

Les provocations de Rouillan

Une fois libres, les membres d’Action directe font de nombreuses déclarations publiques, se plaignant des filatures policières et mettant en cause nommément les Renseignements généraux et le commissaire Pochon. Ayant le sentiment de ne pas être soutenu par la hiérarchie, celui-ci accepte en août 1982 une affectation aux Antilles31. Jean-Marc Rouillan justifie les hold-up, qualifiés d’« opérations de financement » ou de « réappropriation ». Il fait clairement état de l’objectif d’Action directe de « destruction de la société capitaliste » et de son intention de « maintenir une politique révolutionnaire »68. Diverses actions sont menées pour obtenir la libération des détenus qui n’ont pas été libérés par l’amnistie et qui ont entamé une grève de la faim (Nathalie Ménigon, cinq personnes inculpées pour le hold-up de Condé-sur-l’Escaut en 1979 et trois militants des NAPAP : Frédéric Oriach, Michel Lapeyre et Jean-Paul Gérard). Une manifestation est organisée devant l’Élysée, des épiceries fines et des restaurants sont saccagés à Paris et en province, les locaux du Quotidien de Paris et de l’AFP sont occupés, le journal de FR3 est perturbé. En août, la police retrouve une voiture équipée d’un radio-téléphone qui a été utilisée lors d’une de ces opérations. Elle s’avère être un véhicule de fonction du député socialiste du XVIIIe arrondissement Lionel Jospin69. La voiture a été déclarée volée en juillet. Cependant selon certaines sources policières, elle aurait été prêtée aux membres d’Action directe par le député70. Les neuf détenus sont progressivement libérés en septembre et en octobre.

Avec le soutien de personnalités de gauche et d’extrême gauche, Action directe lance une maison d’édition (la Docom) et les magazines Rebelles et Sans frontière. Des traductions de publications de l’IRA, de l’ETA, des Brigades rouges et de l’OLP sont publiées, ainsi que les premiers textes théoriques : Pour un projet communiste et Sur l’impérialisme. Les membres d’Action directe mènent des actions de recrutement auprès des immigrés turcs dans les squatts du XVIIIe arrondissement. Le 7 décembre 1981 Rouillan est interpellé dans un squatt, 3, villa Poissonnière en compagnie d’Éric Waucquier, Jean Van Niewhuyze et Lahouari Benchellal. Au commissariat de la rue Doudeauville Rouillan demande à téléphoner à l’assistant parlementaire de Lionel Jospin, qui se déplace pour s’entretenir avec lui. Rouillan et ses camarades sont libérés l’après-midi même. Le 19 janvier 1982 la police procède à des interpellations dans les squatts des 10, 12 et 14, rue de la Charbonnière où Action directe avait déployé son sigle sur l’une des façades. Rouillan est interpellé en compagnie de Ménigon et Waucquier. Ils sont rapidement libérés44.

En août 1982, le gouvernement décide la dissolution d’Action directe après la fusillade de la rue des Rosiers et la revendication par Jean-Marc Rouillan d’un certain nombre d’attentats anti-américains et anti-israéliens. Des avis de recherche sont lancés par le juge Bruguière. Les « durs » d’Action directe plongent dans la clandestinité.

Les initiatives de Paul Barril

Cependant dès le 22 janvier 1983, le capitaine de gendarmerie Paul Barril, membre de la « cellule élyséenne » créée l’année précédente auprès du président Mitterrand pour contribuer à la lutte contre le terrorisme, adresse une lettre à Rouillan. Rédigé sur papier à en-tête du palais de l’Élysée et transmise par l’intermédiaire de l’avocat de Rouillan, ce courrier lui propose une rencontre afin de « mettre au point un dialogue permettant la régularisation de votre situation ». Barril précise : « Je suis habilité par la présidence pour traiter directement avec vous. »71 Cette lettre est en fait la dernière tentative de Barril, après quatre mois de pseudo-négociations avec l’avocat de Rouillan, pour obtenir la reddition de ce dernier. Paul Barril écrira plus tard que cette initiative avait eu l’aval formel de Christian Prouteau, responsable de la « cellule »72. Selon les journalistes Alain Hamon et Jean-Charles Marchand48, il est vraisemblable que le gendarme a été « mené en bateau » par Rouillan. En octobre 1983, la publication de ce courrier par la presse (notamment Le Canard Enchaîné) provoquera l’embarras de l’Élysée.

Accusations des autorités italiennes

De nombreux membres de groupes armés italiens avaient trouvé refuge en France à la fin des années 70. Ils étaient déjà une centaine lors de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Ils continuent à affluer au cours des années suivantes, jusqu’à atteindre 300 « réfugiés » en 1984. Les pouvoirs politiques et judiciaires français les considèrent avec une relative bienveillance. Cependant à partir de 1982, les autorités italiennes multiplient les mandats d’arrêt internationaux. La justice française les classe généralement sans suite. Dans les rares cas où la chambre d’accusation émet un avis favorable à l’extradition, le gouvernement ne la fait pas exécuter11. En août 1984, dans un entretien avec le Corriere della Sera, le ministre de l’Intérieur italien Oscar Luigi Scalfaro exprime son indignation face à cette situation, expliquant notamment : « Quand je pense qu’il y a 300 terroristes en France, traités comme s’ils étaient les frères Rosselli persécutés par le fascisme, je deviens violacé de rage ! »

Gilles Ménage admet que le pouvoir socialiste a « tardé à bien mesurer combien la colonie de réfugiés italiens constituait un milieu propice au développement des activités clandestines »11. De fait, Olga Girotto (Prima Linea), Franco Pinna, Enrico Bianco, Oriana Marchioni, Elisabetta Grasso, Vincenzo Spano (Brigades Rouges), Franco Fiorina, Gloria Argano (COLP) ont participé à des braquages de banque en France aux côtés de membres d’Action directe à partir de 1980. Ils ont été arrêtés, puis remis en liberté. Cirro Rizzato (Prima Linea) a été abattu lors d’un hold-up auquel il participait avec Régis Schleicher.

En janvier 1985, le juge italien Rosario Priore accuse la France « d’abriter une multinationale du terrorisme »73. Le juge antiterroriste Armando Spataro déclare : « Je soutiens que la France ne respecte pas les conventions internationales en matière d’extradition. Je citerai un exemple : celui d’Oreste Scalzone. La chambre d’accusation a exprimé un avis favorable à l’extradition, et c’est le pouvoir politique qui a dit non »74. Il cite également en exemple le cas du journaliste Jean-Louis Baudet, proche d’Action directe, que les juges italiens considèrent comme l’élément de liaison entre les terrorismes allemands, italiens et français. Celui-ci et sa compagne Catherine Legagneur, qui se déclare sympathisante des Brigades rouges et de l’OLP, ont été arrêtés le 17 novembre 1983 pour possession d’armes, d’explosifs et de documents administratifs vierges ou falsifiés.

Pour sa défense, Baudet explique qu’il a été chargé, peu après l’arrivée des socialistes au pouvoir, de récupérer les armes des terroristes et de les convaincre d’abandonner la lutte armée. Il déclare travailler en liaison avec des personnes proches de l’Elysée, dont l’inspecteur Gilles Kaehlin48. Jean-Louis Baudet a été condamné le 4 juillet 1984 à quatre ans de prison pour infraction à la législation sur les armes et les munitions. Catherine Legagneur a été condamnée pour ces mêmes faits à deux ans de prison avec sursis. Le juge Spataro questionne : « Nous voudrions connaître des autorités françaises la conclusion de leur enquête sur les mandataires de Baudet et les objectifs qu’ils poursuivaient. Pourquoi la France maintient-elle une telle attitude, alors que les terroristes italiens sont impliqués dans des affaires très graves, par exemple l’assassinat de deux gendarmes avenue de Trudaine à Paris en mai 1983 ? »74

Début 1985, sur 53 « cas sérieux » de demandes d’extradition transmises par la justice italienne et examinés par la Chancellerie, 39 avaient été classés sans suite, 1 avait fait l’objet d’un avis défavorable de la chambre d’accusation et 5 d’un avis favorable, sans que le gouvernement ait accepté leur extradition. Huit étaient toujours pendants11.

Le 22 février 1985, lors d’une conférence de presse commune avec le Président du conseil italien Bettino Craxi, François Mitterrand définit la « doctrine Mitterrand » concernant les « réfugiés » italiens : « Le cas particulier qui nous est posé et qui alimente les conversations, est celui d’un certain nombre d’Italiens venus, pour la plupart, depuis longtemps en France. Ils sont de l’ordre de 300 environ – plus d’une centaine était déjà là avant 1981 – qui ont d’une façon évidente rompu avec le terrorisme. Même s’ils se sont rendus coupables auparavant, ce qui dans de nombreux cas est probable, ils ont été reçus en France, ils n’ont pas été extradés, ils se sont imbriqués dans la société française (…). Ils posent un problème particulier sur lequel j’ai déjà dit qu’en dehors de l’évidence – qui n’a pas été apportée – d’une participation directe à des crimes de sang, ils ne seront pas extradés75. » En application de ces principes, il fallut attendre 2002 pour que la France extrade un ancien membre des Brigades rouges.

Les justifications de François Mitterrand

En octobre 1985, une rencontre a lieu en Belgique entre Jean-Marc Rouillan et le conseiller politique d’un ministre du gouvernement Fabius. Selon Jean-Pierre Pierre-Bloch et André Santini, cette rencontre a pour objet de « proposer une trêve » et un « billet de retour en France » aux membres d’Action directe en fuite70. Les deux élus UDF accusent les socialistes de « favoriser le terrorisme tout en déclarant vouloir le combattre ».

Le 23 février 1987, peu après l’arrestation des quatre dirigeants d’Action directe, le président Mitterrand est questionné sur l’amnistie dont ils ont bénéficié en 1981. Il rappelle que, sur les quatre, seul Jean-Marc Rouillan a bénéficié de l’amnistie. Il s’emploie également à en minimiser les effets, assurant : « si Rouillan n’avait pas été amnistié, il tombait sous le coup de la loi : il était coupable de délit, il n’était pas coupable de crime. Il eut été frappé d’une peine que je ne peux imaginer puisqu’il n’avait pas été jugé, qui n’aurait pas dépassé quelques mois, en raison de la relation qu’il y a entre la faute que l’on commet et la peine qu’on a subie. Cela, c’est notre code pénal. Il serait donc de toute façon libéré depuis 1981 ou début 1982, dans l’hypothèse où il serait passé en jugement et où il aurait été condamné »76. Cette affirmation est douteuse dans la mesure où, en 1981, Rouillan était suspecté de détention d’armes et d’explosifs, d’usage de faux papiers, de vols à main armée et de onze attentats.

Gilles Ménage, ayant exercé plusieurs postes clés au sein du cabinet de la Présidence de la République sous François Mitterrand, admet pour sa part que les premiers mois du septennat de François Mitterrand ont été marqués par des hésitations à l’égard d’Action Directe. Il met cependant en cause la politique menée avant 1981 « marquée par une faiblesse tout aussi flagrante » dans l’action contre le terrorisme. Cette faiblesse est notamment illustrée par les diverses arrestations de Jean-Marc Rouillan tout au long des années 70 et la légèreté des condamnations qu’il eut à subir. Il considère, que, passé les premiers mois, l’action des gouvernement socialistes fut caractérisée par une « détermination sans faille ». À l’appui de cette affirmation, il explique que dix-huit des vingt-deux personnes citées à comparaître lors du procès de la mouvance Action Directe en janvier 1988, avaient été arrêtées avant mars 198611.

Incarcération et processus de libération

La peine de Joëlle Aubron a été suspendue en juin 2004 pour raisons de santé. Elle meurt à Paris le 1er mars 2006 d’un cancer du poumon.

Les demandes de libération anticipée de Régis Schleicher ont été plusieurs fois repoussées par le tribunal de l’application des peines. Le 23 juillet 2009, il lui est accordé un régime de semi-liberté77. Il a publié Clairvaux, instants damnés, un livre où il évoque le quotidien des détenus condamnés à de longues peines.

Les demandes de semi-liberté de Georges Cipriani ont été plusieurs fois rejetées (en 2005, 2007 et 2009). Ce régime lui est finalement accordé en 201078. Le 3 mai 2011, la Cour d’Appel de Paris lui octroie une libération conditionnelle79.

Le 10 mai 2007, le tribunal d’application des peines de Paris a accordé un régime de semi-liberté à Nathalie Ménigon, emprisonnée depuis 1987. Elle travaillera la journée et retournera dormir en prison, mais le parquet a immédiatement fait appel de cette décision. Le jeudi 19 juillet 2007, la Chambre d’application des peines de la Cour d’Appel de Paris lui a finalement accordé le régime de semi-liberté80.

Nathalie Ménigon, à qui un régime de semi-liberté a été accordé à partir du 2 août, a été transférée mardi 24 juillet 2007 du centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais) à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses. Ce régime de semi-liberté est un préalable à une mesure de libération conditionnelle81, finalement accordée le 17 juillet 2008. Elle est libérée en régime de libération conditionnelle le 2 août 2008 sur décision du tribunal de l’application des peines de Paris, après plus de vingt ans de prison82.
De ses années de prisons, il lui reste de graves séquelles physiques d’une hémiplégie due à deux accidents vasculaires cérébraux83.

Jean-Marc Rouillan a tenu une chronique sur l’univers carcéral dans le journal CQFD. Il a obtenu un régime de semi-liberté à partir du 17 décembre 200784. Cette semi-liberté a été révoquée en octobre 2008 à la suite de propos tenus lors d’une interview donnée au magazine L’Express85. Il obtient à nouveau en mai 2011 une mise en semi-liberté effective le 19 mai 201286.

En 2003, Helyette Bess est placée sous contrôle judiciaire dans une enquête pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, falsification de documents administratifs et contrefaçon87 dans l’affaire du (nuovo) Partito Comunista Italiano88.

Soutiens

Depuis l’arrestation de plusieurs des membres d’Action directe et jusqu’à aujourd’hui, des groupes d’extrême-gauche, tel le Comité Unitaire pour la Libération des Prisonniers politiques, le Comité Unitaire de Défense des Prisonniers politiques, le Collectif pour la libération des Militant-e-s d’Action directe89 ou encore Secours rouge (Secours rouge/Association des Parents et Amis des Prisonniers communistes), mais aussi la Ligue des droits de l’homme90 militent pour leurs libérations. Parmi les organisations politiques, l’Organisation communiste marxiste-léniniste Voie prolétarienne fera du soutien aux prisonniers d’Action Directe une « question de principe »91.

Le 20 février 2006, une bombe explose à Berlin. Le 25 février 2006, un attentat vise Renault à Athènes, ne faisant que des dégâts matériels, en « Solidarité avec les prisonniers » d’Action directe92.

Connexions

Le hold-up de Condé-sur-l’Escaut

Le 28 août 1979, une attaque à main armée a lieu à la perception de Condé-sur-l’Escaut (Nord). Six malfaiteurs masqués (dont une femme) s’emparent de 16,3 millions de francs, destinés au paiement en liquide des pensions trimestrielles des retraités des mines. Le hold-up a été exécuté de façon quasi-militaire à la manière d’une action de commando. L’enquête s’oriente vers des anciens membres des GARI en liaison avec les Brigades rouges et des groupes terroristes français93. Un suspect est arrêté trois mois plus tard. Il s’agit d’un ressortissant espagnol nommé José de Miguel Martin, membre du Groupe autonome de Madrid. Lui et son amie Annie Cuadrado sont connus des Renseignements généraux pour leur sympathie envers la Gauche prolétarienne et les GARI. À son domicile, les policiers retrouveront des faux papiers, des chéquiers, les radios qui ont servi au commando ainsi qu’une somme de 1.700.000 francs provenant du hold-up.

Le 28 mars 1980, en même temps que le coup de filet opéré contre Action directe, quatre Italiens – trois hommes et une femme – sont interpellés au Brusc, près de Toulon, par les polices judiciaires de Nice et de Lille. Une partie du butin est retrouvée (150.000 francs), ainsi que des armes de guerre et des faux papiers semblables à ceux retrouvés chez les membres d’Action directe. Franco (ou François) Pinna (ou Pina), Enrico Bianco, Luigi Amadori et Oriana Marchionni, épouse d’Enrico Bianco, font partie des Brigades rouges25 et avaient des liens avec Action directe.

Le dossier est confié à la Cour de sûreté de l’État. En juin 1981, huit autres personnes sont inculpés par le juge Michel Legrand de « crimes commis en relation avec une entreprise tendant à entraver l’exercice de l’autorité de l’État ». Il s’agit de six Français (Jean-Pierre Cazenave-Laroche, Floreal Cuadrado, Raymond Delgado, Annie Dessaux, Angela Herbon, Martine Fournier et Sylvie Porte) et un Allemand (Werner Witteman). Cuadrado et Delgado sont des anarchistes espagnols qui ont côtoyé Rouillan au sein des GARI52.

Le 17 juillet 1981, l’Assemblée nationale vote la suppression de la Cour de sûreté de l’État. Le 23 juillet, celle-ci se dessaisit du dossier de Condé-sur-l’Escaut en considérant que « rien ne permet de penser qu’il s’agit d’un acte subversif dirigé contre l’État français ». L’affaire retourne au tribunal de Valenciennes94.

Les inculpés échappent donc à l’amnistie votée le 4 août 1981. Après des manifestations diverses (cf supra), l’intervention de personnalités et groupements de gauche ou d’extrême-gauche95 et une grève de la faim, les cinq derniers détenus dans le cadre de cette affaire seront libérés en octobre 1981 pour « raison médicale » en même temps que Nathalie Ménigon.

Un procès aura finalement lieu devant la cour d’assises de Douai à partir du 17 avril 1989, soit dix ans après les faits. Le parquet rejette les motivations politiques mises en avant par les accusés et soutient qu’il s’agit d’une affaire de droit commun. Sept accusés sont présents. Les débats portent essentiellement sur l’application de la loi d’amnistie d’août 1981. Quatre accusés de complicité et de recel de vol avec armes sont acquittés (Martine Fournier, Sylvie Porte, Annie Dessaux et Jean-Pierre Cazenave-Laroche). Raymond Delgado est reconnu coupable de complicité et Floréal Cuadrado coupable de recel. La Cour d’assises les fait cependant bénéficier de l’amnistie. Seul Luigi Amadori est condamné à quatorze mois de prison pour recel simple, probablement en raison du fait qu’il s’est acheté un voilier avec l’argent recelé et qu’il était détenu pour une affaire de drogue au moment du procès96.

Gilles Ménage tient pour acquis qu’une bonne part du butin de ce hold-up fut remis au groupe Action Directe11.

Les explosifs de Rochebesse

Le 18 septembre 1980, quelques jours après l’interpellation de Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan, deux autres suspects sont arrêtés. Il s’agit de Laurent Louessard, étudiant en sciences économiques et surveillant d’externat au lycée Carnot à Paris97, et de son amie espagnole : Maria Pilar Arago-Eltur, employée dans un institut de sondage. Ils ont été tous deux signalés dans la mouvance d’Action directe. Ils sont suspectés d’avoir établi des liens avec des groupes terroristes italiens (Prima Linea) et espagnols (ETA militaire).

Maria Pilar Arago-Eltur reconnaît avoir participé à la création d’Action directe en 1979 avec Laurent Louessard, Carlos Jaurégui, Mireille Munoz, Ménigon et Rouillan. Elle indique que le groupe a financé ses premières actions avec l’argent provenant d’un hold-up commis fin juillet 1979 à la BNP, avenue de Villiers à Paris25. Louessard, Jaurégui, Rouillan, Ménigon ont participé à ce hold-up avec trois de leurs proches : Serge Fassi, Pascal Trillat et Pedro Linares Montanes.

Au cours de leur interrogatoire, les deux jeunes gens révèlent l’existence d’un important dépôt d’explosifs au sein d’une communauté « hippie » au lieu-dit de Rochebesse, sur la commune de Chanéac en Ardèche. Les 600 kg d’explosifs découverts lors des perquisitions du 27 mars proviennent de ce dépôt.

La communauté de Rochebesse est connue des forces de l’ordre. Elle s’est implantée en 1969 dans un hameau isolé, sous la houlette de Pierre Conty, soixante-huitard grenoblois98. Avec ses amis adeptes du retour à la terre, il a pris possession de plusieurs masures délabrées et élève quelques dizaines de brebis et des vaches. Au fil des années, les rapports se sont tendus avec le voisinage. Les membres de la communauté se livrent à des larcins et se bagarrent avec les paysans. Le 24 août 1977, Conty et deux membres de la communauté (Stéphane Viaux-Peccate et Jean-Philippe Mouillot) commettent un hold-up au Crédit Agricole de Villefort en Lozère. Au cours de leur fuite, Conty blesse grièvement un gendarme (qui mourra quelques semaines plus tard) et abat de sang-froid deux villageois. Jean-Philippe Mouillot se livre à la justice peu après. Stéphane Viaux-Peccate est arrêté en Hollande lors d’une enquête sur la bande à Baader99. Ils seront condamnés en mai 1980 respectivement à 5 et 18 ans de réclusion criminelle. Surnommé « le tueur fou de l’Ardèche », Pierre Conty, qui n’a pas été arrêté, est condamné à mort par contumace100.

À la suite des révélations de Laurent Louessard et Maria Pilar Arago-Eltur, la brigade criminelle, la police judiciaire de Montpellier et les gendarmes investissent Rochebesse le 23 septembre 1980. Marie-Thérèse (Maïté) Merlhiot, l’ancienne compagne de Conty est interpellée en compagnie de deux amis vivant avec elle au hameau de Treynas : Bruno Darribère et Jean-Pierre Bolognini. Dans une cache dissimulée sous des éboulis, les policiers découvrent 1.250 kilos d’explosifs, des fusils, des carabines et plusieurs centaines de cartouches. Une partie des explosifs provient d’un vol commis dans une carrière de l’Isère en 1975. C’est Bruno Darribère qui a indiqué à Laurent Louessard l’existence de ce dépôt. Pendant l’hiver 1979, Laurent Louessard et Philippe Franc ont transporté une partie de ces explosifs à Paris101.

Frédéric Oriach

Frédéric Oriach a longtemps été soupçonné de faire partie des dirigeants d’Action Directe. L’intéressé s’en est défendu, tout en déclarant publiquement approuver certains attentats commis par le groupe. Par ailleurs, Oriach a été proche de Pierre Carette, fondateur des Cellules communistes combattantes102. Ce groupe belge a commis diverses actions en commun avec Action directe, notamment des vols d’explosifs et le partage d’armes et de planques103

Dans la nuit de 12 au 13 mai 1977, Frédéric Oriach, Michel (Mickel) Lapeyre et Jean-Pierre Gérard sont interpellés par des gardiens de la paix rue Bobillot (Paris XIIIe arrdt). Les trois hommes sont tous armés. Oriach est porteur d’un revolver de type Magnum et Gérard d’un autre pistolet de calibre 7,65, qui a « servi » pour l’assassinat de Joaquin Zenteno Anaya, ambassadeur de Bolivie en France le 11 mai 1976 et pour l’attentat contre Bartholome Garcia Platta-Valle, attaché militaire à l’ambassade d’Espagne à Paris le 8 octobre 1975. Lapeyre est en possession d’un pistolet 11,43 qui a été utilisé pour l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni le 23 mars 1977 à Limeil-Brévannes. J.-A. Tramoni est le vigile de la régie Renault qui a abattu le militant maoïste Pierre Overney lors d’une manifestation aux portes des usines Renault le 25 février 1972. Dans leur voiture et à leurs domiciles respectifs, les enquêteurs saisissent diverses armes de guerre, des postes émetteurs-récepteurs et divers documents : tracts et fiches mentionnant des immatriculations et des relevés de trajet de véhicules des ambassades d’Israël et d’Iran.

Les enquêteurs soupçonnent Oriach et ses amis de deux autres attentats au cours desquels un diplomate uruguayen a été tué et un conseiller d’ambassade iranien a été grièvement blessé. Oriach, Lapeyre et Gérard déclarent faire partie des NAPAP et se refusent à toute autre déclaration. Ils rejoignent en prison trois membres présumés des NAPAP arrêtés le 31 mars : Henri Savouillan, Maurice Marais et Egbert Slaghuis, suspectés d’avoir fourni l’arme et les projectiles qui ont tué Jean-Antoine Tramoni. Un septième suspect, soupçonné d’avoir assassiné J.-A. Tramoni, est arrêté le 3 décembre : Christian Harbulot104. Il sera libéré après plusieurs mois de détention préventive et obtiendra un non-lieu dans cette affaire.

Le 23 mars 1978, Oriach, Lapeyre et Gérard sont condamnés pour détention d’armes prohibées à 7 ans de prison dont 5 ans ferme. En appel, leur peine est ramenée à cinq ans de prison, dont un avec sursis. Libérés en mai 1980, ils sont arrêtés en juillet de la même année par une patrouille de police peu après un attentat commis contre les locaux des chemins de fer allemands (Bundesbahn) rue Condorcet à Paris IXe. Lapeyre et Gérard reconnaissent leur participation à l’attentat. Le 14 septembre 1981, les trois hommes bénéficient de l’amnistie présidentielle, en vertu d’une décision de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris. Cette décision intervient après diverses manifestations violentes de groupes d’extrême-gauche réclamant leur libération, ainsi que celle de Nathalie Ménigon et des sept inculpés pour l’attaque à main armée de Condé sur l’Escaut.

Le 12 octobre 1982, Frédéric Oriach est arrêté à Paris par la Brigade de recherches et d’intervention et inculpé « d’association de malfaiteurs ». Il venait de se rendre à la gare du Nord pour consulter des documents déposés dans une consigne. Il s’agit de fiches concernant des objectifs d’attentats réalisés ou potentiels; parmi les documents saisis se trouve également une sorte de mémoire rédigé par Oriach concernant les actions menées par Action directe au cours de l’été 1982. Ce texte, dans lequel Oriach parle de « notre groupe » et de « notre action », tend à démontrer que les membres d’Action directe ont participé à plusieurs attentats, notamment celui de l’avenue de la Bourdonnais le 21 août (deux artificiers de la Préfecture de police tués en tentant de désamorcer une bombe placée sous la voiture du conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis) et celui de la rue Cardinet commis le 17 septembre (trois diplomates israéliens grièvement blessés, ainsi qu’une quarantaine d’élèves du lycée Carnot). Ces deux attentats avaient également été revendiqués par les Factions armées révolutionnaires libanaises (FARL).

En avril 1983, un commando d’une dizaine de personnes saccage le musée de la Légion d’honneur et y laisse des tracts réclamant la libération de Frédéric Oriach. Une dizaine de personnes est interpellée à la suite de ce saccage, parmi lesquels Martine da Silva et Christian Gauzens, amis d’Oriach105.

En avril 1985, dans un courrier adressé au journal Le Monde, Oriach nie avoir jamais été proche d’Action directe106

Crimes et attentats

Article détaillé : Chronologie des attentats commis par Action directe.

Le groupe Action directe a revendiqué plusieurs actions (mitraillage, braquage, plasticage, assassinat). À partir de juin 1984, Action directe signe ses attentats et ses tracts en utilisant des noms de commandos pour donner une symbolique forte à ses actions et pour créer l’illusion du nombre.

De nombreux vols à main armée n’ayant pas entraîné mort d’homme ont été revendiqués par le groupe comme des « expropriations prolétariennes ». Durant sa première période, plusieurs attentats dans des zones d’opération d’Action directe seront commis. Si le mode opératoire, les revendications et les cibles peuvent les rattacher au groupe, ils seront revendiqués sous différents noms. La police française considérera ces attentats comme commis par la mouvance Action directe : Action directe du 27-28 mars, CLODO, Groupe Bakounine-Gdansk-Paris-Guatemala-Salvador, Jeune Taupe, Casse-Noix, Moutons enragés, Nous, B.A.D.I.N.T.E.R. (du nom du ministre de la justice d’alors, Robert Badinter, Bombeurs anonymes pour la défense des incarcérés très excités par Robery), Germain, Comité Riposte à la répression en Algérie56. La « menace » d’une résurgence d’Action directe ou d’un nouveau groupe terroriste à la manière d’Action directe est fréquemment agitée même si ce n’est pas toujours pertinent. Par exemple Florence Rey et Audry Maupin seront décrit par une partie de la presse et des enquêteurs comme un couple « à la Rouillan et Ménigon »107. Ces deux anarchistes autonomes avaient pris d’assaut une préfourrière de la police. Ce braquage qui n’avait pas pour but de faire des morts a dérapé en une course-poursuite à travers Paris et des échanges de coups de feu avec la police résultant en la mort de cinq personnes, dont Audry Maupin.

Évocation de réactivations possibles du groupe Action directe

En 2009, Julien Coupat et le groupe de Tarnac sont présentés par Michèle Alliot-Marie comme des « héritiers en puissance d’Action directe ». La ministre de l’intérieur évoque le retour du terrorisme de « l’ultra gauche »108. Julien Coupat et ses proches sont accusés d’avoir placé des crochets pour bloquer la circulation de TGV et d’avoir écrit un livre « l’insurrection qui vient ». Non seulement les faits ne sont pas prouvés, mais au point de vue de l’idéologie les spécialistes jugent que « Julien Coupat n’a rien à voir avec Jean-Marc Rouillan »109.

En février 2011, six commissariats des Hauts de Seine reçoivent une lettre présentant « la réactivation d’Action directe ». Le tract annonce des actions contre la police dans la lignée du combat de Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Même si l’on ne sait pas si la menace était réelle, elle a été prise au sérieux par la justice qui a saisi la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris dans les heures qui ont suivi110. Ces références régulières à Action directe montrent que le souvenir du mouvement et de ses attentats reste toujours présent dans la mémoire collective.

Bibliographie

Études sur Action directe

Témoignages relatifs au parcours d’Action directe

  • Floréal Cuadrado, Comme un chat. Souvenirs turbulents d’un anarchiste, faussaire à ses heures, vers la fin du vingtième siècle, Éditions du Sandre, 2015,  (ISBN 978-2-35821-105-5).

Ouvrages des membres d’Action directe

Ouvrages connexes

  • Jean-Claude Lutanie, Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1980, sans mention d’éditeur, 1981, puis réédité en 2011 aux Éditions Lutanie [archive]

Filmographie

Documentaires télévisés

Notes et références

  1. (fr)Serge Cosseron, Dictionnaire de l’extrême gauche, Larousse, collection À présent, 2007 (ISBN 978-2-03-582620-6) p. 61
  2. Selon la police en 1989 in (en) Michael Dartnell, Action directe: ultra-left terrorism in France, 1979-1987, Paris, 1995, 224 p. (ISBN 0714645664, lire en ligne [archive]), p. 173
  3. http://www.globalterrorwatch.ch/?p=292 [archive]
  4. a et b Jean-Guillaume Lanuque, « Action Directe. Anatomie d’un météore politique » [archive], sur www.dissidences.net, Dissidences, février 2006 (consulté le 29 juin 2011)
  5. Michaël Prazan, Une histoire du terrorisme, Flammarion, 2012, p. 330
  6. Décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement de fait dénommé Action Directe [archive]Journal officiel de la République française, 25 août 1982 [PDF]
  7. La France face au terrorisme : Livre blanc du Gouvernement sur la sécurité intérieure face au terrorisme – Ministère des Affaires étrangères [archive]
  8. http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/01/31/01001-20080131ARTFIG00622-mam-je-veux-mettre-fin-a-la-propagande-terroriste.php [archive]
  9. Edgar Roskis, « Les prisons françaises, d’Action directe aux droits communs », Le Monde diplomatique,‎ juillet 2001 (lire en ligne [archive])
  10. a et b Jean-François Gayraud, Histoire politique d’une organisation communiste combattante, Révolution et lutte armée en France 1969-1987 – Action directe ». Notes & Études de l’Institut de Criminologie  7 et 8, numéro double – octobre – décembre 1988 [archive] http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Anonyme_-_Revolution_et_lutte_armee_en_france.html [archive]
  11. a, b, c, d, e, f, g, h et i Gilles Ménage, L’œil du pouvoir, t 2, Face aux terrorismes, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2000, 545 p. (ISBN 2-213-60491-6)
  12. Julien Fragnon (docteur en science politique, Université de Lyon), Attentats politique en Europe [archive] Encyclopédie de la culture politique contemporaine, sous la direction d’Alain Renaut, 2008, pages 323 et suivantes.
  13. Selon Maria Pilar Arago-Eltur, militante d’Action directe arrêtée le 18 septembre 1980 (cf infra), la décision de créer le groupe a été prise au printemps 1979, au cours de réunions auxquelles participaient Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Carlos Jaurégui, Mireille Munoz, Laurent Louessard et elle-même ; l’appellation Action directe a été choisie sur proposition de Carlos Jaurégui (cité dans Marcel Leclerc : De l’antigang à la criminelle – Plon 2000 et Jean-Pierre Pochon : Les stores rouges – Édition des équateurs 2008)
  14. L’action directe est l’action sociale directe des masses, sans intermédiaire politique qui parle en leur nom, qu’il soit parlementaire ou avant-garde. Elle n’a donc rien à voir avec la propagande par le fait pratiquée par le groupe AD. Cf. la brochure L’Action Directe rédigée par Émile Pouget, l’« inventeur » du concept.
  15. a, b et c Jean-Louis Bruguière, Ce que je n’ai pas pu dire, entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont 2009.
  16. Le Monde, 14 février 1985.
  17. Remarquons cependant qu’en novembre 1992, peu après le procès de Max Frérot, le « Comité de lutte des prisonniers d’Action directe » publia un texte sévère à l’encontre de la « branche lyonnaise ». Intitulé « Du militarisme aux divagations réactionnaires », les auteurs y définissent les membres originels de cette branche comme « une coordination de militants communistes assurant historiquement la continuité du mouvement mao (ex-gauche Prolétarienne) ». Le texte met en cause des « errances comme le localisme réducteur, le clanisme et son chapelet de personnalisme et d’autoritarisme ». Il explique : « Pour être tout à fait clair : dès l’hiver 79-80, la structure lyonnaise, toujours plus réduite à son unité armée et à sa praxis ; ne pouvait plus se présenter comme interne à l’organisation Action directe. » Il critique ensuite « la manie militariste face à la stratégie de guerre révolutionnaire » et « la fausse solidarité avec le prolétariat immigré ». (Textes de prison 1992-1997http://www.action-directe.net/userimages/tdp.pdf [archive]).
  18. Christophe Bourseiller, Les maoïstes. La folle histoires des gardes rouges français, Éditions Plon, pages 430 et 431.
  19. [PDF] Action directe, Textes de prison 1992-1997, Éléments chronologiques [archive].
  20. L’histoire secrète d’Action directe, enquête filmée diffusée sur Canal + le 16 octobre 2009 – http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/action-directe-manipule-de-l-63322 [archive]
  21. Dominique Lorentz, Une guerre, Les Arènes 1997
  22. Par ailleurs, l’ingénieur général René-Pierre Audran était responsable des contrats d’armement avec l’Irak, en guerre avec l’Iran depuis 1980. Il a supervisé en juillet 1984 une négociation avec l’Iran portant sur des ventes d’armes ; or celle-ci a été brutalement interrompue par le gouvernement français en septembre (Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987).
  23. Yves Bonnet, Contre-espionnage, Calmann-Lévy 2000.
  24. Information mentionnée dans une note manuscrite d’André Olivier retrouvée dans une « planque » stéphanoise de la Branche lyonnaise (Roland Jacquard, La longue traque d’Action directe, Albin Michel 1987
  25. a, b, c et d Commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  26. a et b Serge Savoie, RG, La traque d’action directe, Nouveau Monde Éditions, 2011, 270 p.
  27. Le Monde 4.04.1980 Déférés à la Cour de sûreté de l’État dix-neuf terroristes présumés ont été écroués
  28. a et b Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des équateurs (2008)
  29. a, b et c Artiste d’origine égyptienne, alias « Youssef », qui a infiltré l’Extrême gauche et qui sera abattu par Action Directe en 1982, son nom ayant été donné par un membre des RG affecté à l’Élysée en 1981
  30. a et b Communiqué commun [archive]
  31. a et b Cette suspension ne concerne pas les hold-up, considérés comme des « opérations de financement » par Action directe
  32. Gilbert Thiel, Magistrales insomnies, Fayard, 2005
  33. a et b Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours , L’Harmattan, Paris, 2008 (ISBN 978-2-296-06476-8)
  34. http://www.action-directe.net/userimages/tdp.pdf [archive]
  35. Patrice Lastère, Un flic passe aux aveux, Paris, JC Lattès, 2013, 284 p.
  36. Paris-Match, avril 1982 – cité dans Les stores rouges
  37. Selon Charles Villeneuve et Jean-Pierre Peret, Mohand Hamami était lié aux milieux du terrorisme proche-oriental et notamment aux Farl de Georges Ibrahim Abdallah (Histoire secrète du terrorisme – Plon 1987).
  38. Jean-François Gayraud, Histoire politique d’une organisation communiste combattante (http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Anonyme_-_Revolution_et_lutte_armee_en_france.html [archive]) et Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987
  39. Laurent Greilsamer, Les plumes et le goudron, Le Monde du 10.06.1983
  40. Philippe Boggio, « Les policiers toulousains s’interrogent sur les liens entre les milieux anarchistes des antinucléaires et Action directe », Le Monde,‎ 16 décembre 1982 (lire en ligne [archive])
  41. Révolution et lutte armée en France 1969-1987 – Action directe ». Notes & Études de l’Institut de Criminologie no 7 et 8, numéro double – octobre – décembre 1988 [archive]
  42. Mitraillage de la voiture d’un fonctionnaire de l’ambassade d’Israël (1er août) et attentats contre une agence de la Discount Bank (7 août) et la société Nemor (8 août) – Le Monde du 14.08.1982
  43. Il semblerait que ces attentats contre des objectifs israéliens et juifs, commis peu avant et peu après la fusillade de la rue des Rosiers et critiqués par certains militants, aient accéléré la scission au sein d’Action directe. Un communiqué transmis au nom d’Action directe à l’AFP et à Libération évoque en effet son « éclatement » (…) « à la suite des pratiques autoritaires et bureaucratiques d’un des collectifs d’Action directe. » (Le Monde, 14.08.1982)
  44. a et b Entretien à Libération, 17.08.82
  45. http://policehommage.blogspot.fr/1982/08/mauron-le-dreau-attentat-farl-paris-1982.html [archive]
  46. Le Monde 24.02.1987 Les années de cendre et de sang
  47. Page dédiée à l’évènement sur le site non officiel des policiers français morts en service: http://policehommage.blogspot.fr/1983/05/emile-gondry-claude-caiola-trudaine-1983-action-directe.html [archive]
  48. a, b et c Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, Action directe, du terrorisme français à l’euroterrorisme, Le Seuil 1986
  49. Gilbert Thiel, Solitudes et servitudes judiciaires: Le juge antiterroriste : juge ou partie ?l [archive]
  50. Georges Marion, Objectif Action directe, Le Monde 2.03.97
  51. Action directe, un terrorisme à la française, film documentaire de Clémence Badault (2006) https://www.dailymotion.com/video/x164nck_50-ans-de-faits-divers-action-directe-un-terrorisme-a-la-francaise_news [archive]
  52. a et b Charles Le Quintrec, Roland Jacquard, La longue traque d’Action directe, Albin Michel, 1987
  53. Alexis BODDAERT, « La découverte des planques d’Action directe Un travail de fourmi de la gendarmerie », Le Monde,‎ 16 mai 1987
  54. Laurent GREILSAMER, « Au palais de justice de Paris Les quatre dirigeants d’Action directe comparaissent devant une cour d’assises spéciale », Le Monde,‎ 17 novembre 1993
  55. Face à ces menaces, la passivité dont firent preuve l’avocat général Saludo et le président Versini fut vivement dénoncée par le président de la cour d’assises de Paris André Giresse (André Giresse-Philippe Bernert, Seule la vérité blesse, Plon 1987)
  56. a, b, c et d (en) Michael Dartnell, Action directe: ultra-left terrorism in France, 1979-1987, Paris, 1995, 224 p. (ISBN 0714645664, lire en ligne [archive]), p. 172 et 173
  57. Le juge Bruguière estime que Paula Jacques hébergeait Claude Halfen en étant parfaitement au courant de ses activités; elle écoutait les communications radio de la police lorsque Halfen et ses complices commettaient des attaques de banque (Jean-Louis Bruguière, Ce que je n’ai pas pu dire, entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont 2009)
  58. Le Monde 14.02.1988
  59. « Action directe en appel La cour confirme les peines contre les dirigeants mais en réduit d’autres et prononce deux relaxes », Le Monde,‎ 6 juillet 1988 (lire en ligne [archive])
  60. Libération 04.07.1995
  61. Le Monde, 09.06.1990, Trois terroristes condamnés par contumace à la réclusion à perpétuité
  62. Le Nouvel Observateur du 22.05.1982, cité par Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des Équateurs, 2008
  63. Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut, Les trois vies de M. Kaehlin, L’Express 16.05.2005, http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/les-trois-vies-de-m-kaehlin_485932.html [archive]
  64. Le Monde 23.05.2005, L’inspecteur Kaehlin, une vie en crypté http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/05/23/l-inspecteur-kaehlin-une-vie-en-crypte_652888_3208.html [archive]
  65. Yves Bertrand, Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout – Conversations avec Eric Branca, Paris, Plon, 2007, 226 p. (ISBN 978-2-259-20295-4)
  66. Gabriel Chahine sera assassiné le 13 mars 1982. L’assassin ne sera jamais identifié mais l’assassinat sera revendiqué plus tard par Action directe.
  67. Charles Villeneuve, Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987
  68. Notamment dans un entretien accordé à Jérôme Bonaldi sur France Inter, cité par Claude Cancès, Histoire du 36 quai des Orfèvres, Édition Jacob-Duvernet, 2010.
  69. Sébastien Schifres, La mouvance autonome en France de 1976 à 1984, http://sebastien.schifres.free.fr/chronologie.htm [archive].
  70. a et b Jean-Pierre Pierre-Bloch et André Santini, Sécurité enjeu public no 1, Carrère-Michel Lafon, 1986.
  71. Courrier cité notamment par Edwy Plenel, La part d’ombre, Stock 1992 et le commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  72. Capitaine Paul Barril, Guerres secrètes à l’Élysée, Albin Michel 1996
  73. « L’Italie accuse la France d’abriter une  » multinationale du terrorisme «  », Le Monde,‎ 30 janvier 1985 (lire en ligne [archive])
  74. a et b Philippe Pons, « L’attitude de Paris retarde certaines enquêtes contre le terrorisme nous déclare le juge Spataro », Le Monde,‎ 8 janvier 1985 (lire en ligne [archive])
  75. La France, l’Italie face à la question des extraditions, Institut François Mitterrand 17 juin 2004, http://www.mitterrand.org/La-France-l-Italie-face-a-la.html [archive]
  76. http://discours.vie-publique.fr/notices/877003700.html [archive]
  77. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/07/23/01011-20090723FILWWW00388-action-directe-semi-liberte-pour-schleicher.php [archive]
  78. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/30/01016-20090430ARTFIG00397-semi-liberte-pour-georges-cipriani-.php [archive]; http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/01/action-directe-un-regime-de-semi-liberte-accorde-a-georges-cipriani_1327664_3224.html [archive]
  79. http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/03/liberte-conditionnelle-pour-cipriani-ex-membre-d-action-directe_1516440_3224.html [archive]
  80. Semi-liberté pour l’ancienne membre d’Action directe Nathalie Ménigon [archive]Le Monde, 19 juillet 2007
  81. Nathalie Ménigon obtient une semi-liberté [archive]Libération, 19 juillet 2007
  82. L’ex-militante d’Action directe Nathalie Ménigon est sortie de prison [archive]Le Monde, 2 août 2008
  83. http://www.leparisien.fr/abo-faits-divers/nathalie-menigon-en-liberte-conditionnelle-03-08-2008-116635.php [archive]
  84. Semi-liberté accordée à Jean-Marc Rouillan cofondateur d’Action directe [archive]Agence France-Presse, 6 décembre 2007
  85. Interview de Jean-Marc Rouillan donnée à L’Express [archive]
  86. Article sur france-info.com [archive]
  87. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20030905.OBS5961/ [archive]
  88. (it)[RTF] www.misteriditalia.it/newsletter/75/numero75.rtf
  89. http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique43 [archive]
  90. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20040428.OBS8398/?xtmc=actiondirecte&xtcr=6 [archive]
  91. http://vp-partisan.org/article163.html [archive]
  92. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20060226.OBS8443/?xtmc=actiondirecte&xtcr=2 [archive]
  93. Le Monde, 31.03.1980, La police estime avoir démantelé le groupe Action directe
  94. Le Monde 18.04.1980, L’attaque à main armée de Condé-sur-l’Escaut devant les assises du Nord
  95. Notamment la ligue des Droits de l’homme, le PSU, le Syndicat de la magistrature.
  96. Le Monde du 28.04.1989, A la cour d’assises du Nord, amnistie ou acquittement pour six des sept accusés dans l’affaire de Condé-sur-l’Escaut
  97. Laurent Louessard prendra en charge quelques mois plus tard la publication du journal L’Internationale avec Joëlle Aubron.
  98. Yannick Blanc, Les esperados, une histoire des années 1970, Éditions de l’Échappée, 2011
  99. Le Dauphine 07.08.2013 Le fantôme de Pierre Conty http://www.ledauphine.com/france-monde/2013/08/07/le-fantome-de-pierre-conty [archive]
  100. Il n’a jamais réapparu depuis 1977. Le 22 mai 2000, la peine capitale prononcée à son encontre a été prescrite. Christian Bonnet, ministre de l’intérieur en 1977 aurait énigmatiquement déclaré à son sujet : « Il ne nuira plus ». (Yannick Blanc Les Esperados, une histoire des années 1970, Éditions l’Échappée, 2011)
  101. Le Monde 25.09.1980 Un important stock d’explosifs est découvert près de la ferme ou habitait Pierre Conty et Commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  102. http://users.skynet.be/dosscrim/lescellulescommu/index.html [archive]
  103. Voir notamment : http://geostratos.wordpress.com/2008/06/ [archive]
  104. Le Monde 06.12.77 Le meurtrier présumé de M. Tramoni est arrêté
  105. Le Monde du 27 avril 1983 Dix interpellations après le saccage du musée de la Légion d’honneur
  106. Le Monde, 2 avril 1985 Une lettre de Frédéric Oriach
  107. Florence Rey est décrite comme une sorte de petite Nathalie Ménigon par les enquêteurs : « En vingt-cinq ans de police judiciaire, je n’ai jamais été confronté à un tel mutisme » dans Le Monde 9 juin 2006, « Florence Rey, Audry Maupin : Tueurs nés ? » Un document de Marie-Sophie Tellier – Faites entrer l’accusé – Série proposée par Christian Gerin, présentée par Christophe Hondelatte, produite par 17 juin Média, réalisée par Bernard Faroux, rédacteur en chef : Christian Huleu. Décembre 2003.
  108. https://www.marianne.net/Coupat-in-situ_a180195.html [archive]; http://www.rue89.com/2008/12/23/affaire-coupat-la-france-et-ses-epouvantails-gauchistes?page=8#comment-614278 [archive]
  109. Christophe Bourseiller interrogé notamment sur le cite les influences.fr : http://www.lesinfluences.fr/Christophe-Bourseiller.html [archive].
  110. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/25/01016-20110225ARTFIG00647-nouvelle-menace-d-action-directe.php [archive]
  111. http://eubn.org.free.fr/eubn/article.php3?id_article=890 [archive]

Annexes

En Allemagne, une ancienne terroriste de la RAF rompt le silence dans AC ! Brest 50px-Circle-icons-shop.svg
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Action directe.

Articles connexes

Liens externes

 

Petits juges Lambert et autres : de la misère de la « justice » française…

Je lis et j’écoute attentivement ce qui se dit depuis un mois sur cette affaire Grégory, si semblable à la mienne sur certains points (des corbeaux qui menacent puis revendiquent le crime, la jalousie à l’égard du père de l’enfant assassiné comme mobile, toute une équipe de dingues ayant agi de manière concertée comme auteurs, le principal suspect militant à la CGT et clamant haut et fort sa haine du chef ou de celui qui « réussit », des journalistes qui à l’époque des faits vont déployer une énergie incroyable pour en détourner l’enquête en désignant la mère de la victime, elle-même victime, comme coupable, etc…), et maintenant la mort du juge Lambert, et suis vraiment consternée d’entendre désormais des journalistes exprimer précisément et avec beaucoup de circonspection leur consternation à l’égard de propos de ce magistrat.

Il disait ne pas comprendre pourquoi cette affaire « repartait ».

Par le passé, il avait déjà évoqué pour cette affaire une « justice » tout autre que celle qui se rend en application des lois de la République.

Il refusait en fait très clairement tout droit à la justice aux différentes victimes de cette affaire criminelle qu’il avait décidé de s’approprier à leurs dépens.

Ne tournons pas autour du pot, appelons un chat un chat : ce type est DINGUE, totalement DINGUE, aussi DINGUE que le juge Raymond André et tous ses collègues du Tribunal de Grande Instance de Brest qui s’acharnent sur ma famille depuis le début des années 2000 au moins.

Comment ces DINGUES sont-ils devenus magistrats ?

Pourquoi continuent-ils à exercer ou à sévir hors de tout contrôle dès lors que leur état de délabrement moral n’échappe plus à personne ?

Il serait peut-être temps d’exiger des magistrats qu’ils nous rendent des comptes à hauteur de leurs responsabilités et de veiller scrupuleusement à empêcher ceux d’entre eux qui apparaissent coupables de crimes ou délits de se soustraire à la justice des hommes comme vient de le faire le juge Lambert, c’est-à-dire exactement comme David Hamilton au mois de novembre dernier, et tout comme lui avec l’aide éventuelle d’un complice quelconque.

Il faut aussi refuser vigoureusement de céder au chantage au suicide qui se profile derrière ce nouveau drame.

 

http://www.bfmtv.com/police-justice/affaire-gregory-des-extraits-des-carnets-secrets-du-juge-simon-devoiles-1214360.html

Affaire Grégory: des extraits des carnets secrets du juge Simon dévoilés

 

11/07/2017 à 10h55
  • Newsletter BFMTV Midi

C’est un document exclusif que s’est procuré BFMTV. Les carnets personnels du juge Maurice Simon. Le magistrat avait repris de zéro l’affaire sur la mort du garçonnet en 1987, après l’éloignement du juge Lambert.

 

« Grégory est de plus en plus dans mon cœur et je veux savoir qui a eu la sauvagerie de le tuer ». Cette phrase a été écrite par le juge Simon, dans ses carnets secrets. L’homme démontre, dès 1987, son attachement viscéral à la résolution de l’enquête sur le meurtre de cet enfant de quatre ans retrouvé dans la Vologne le 16 octobre 1984.

« Ces carnets, on a été les chercher et je peux vous assurer que c’est un bombe atomique », a déclaré ce mardi Dominique Rizet, consultant police-justice à BFMTV.

« Le juge Simon est le premier à évoquer la piste d’une équipe. C’est-à-dire un ravisseur, un kidnappeur. Pour lui, ce ravisseur, c’est Bernard Laroche qui va remettre Grégory le 16 octobre 1984 à une ou plusieurs autres personnes qui pourraient être Marcel Jacob, le grand-oncle mis en examen et son épouse Jacqueline Jacob, qui serait elle l’auteure de lettres anonymes », a-t-il expliqué.

Des carnets évoqués dans la lettre adressée lundi par Marie-Ange Laroche à Emmanuel Macron. Pour le juge Simon, deux questions ont rapidement émergé à l’époque. Celle du rôle de Christine Villemin, la mère de Grégory et celle du témoignage de Murielle Bolle qui accuse son beau-frère Bernard Laroche, avant de se rétracter. Questionnement que le juge traduit dans ses carnets.

« Nous allons tourner autour de deux problèmes : Christine Villemin a-t-elle oui ou non posté (…) la fameuse lettre de revendication du crime ? La petite Murielle Bolle a-t-elle oui ou non négligé le car de ramassage (…) pour partir avec Laroche ? »

Le magistrat reprend l’affaire après l’instruction menée par celui qui était alors surnommé « le petit juge » Lambert, très critiqué par la presse pour sa mauvaise maîtrise de la procédure, provoquant l’annulation de nombreuses pièces du dossier.

Maurice Simon, carnet

 

Des notes rajoutées au dossier il y a un an

Maurice Simon, bien plus expérimenté, n’en sera pas moins « surpris par cette affaire hors norme », s’inscrivant dans un contexte « rarement vu de pression médiatique extrême. »

« Le poids de l’opinion est écrasant. Moi, je poursuis ma route, c’est tout », écrira-t-il le 19 avril 1988. Il ne manquera toutefois pas de s’indigner du travail de son prédécesseur, Jean-Michel Lambert, quelques mois plus tard. « On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes (…) ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur », écrira-t-il même après les accusations et les pressions contre Christine Villemin.

Mais en janvier 1990, l’instruction va brutalement s’interrompre quand le juge Simon est victime d’un infarctus. Ses notes, qui n’ont été rajoutées au dossier qu’il y un an, sont désormais un éclairage essentiel sur l’enquête sur la mort du petit Grégory.

B.C.
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http://www.bfmtv.com/police-justice/affaire-gregory-le-juge-lambert-un-jeune-magistrat-confronte-a-une-enquete-hors-normes-1214876.html

Affaire Grégory: le juge Lambert, un jeune magistrat confronté à une enquête hors normes

 

12/07/2017 à 00h18
  • Newsletter BFMTV Midi

Jean-Michel Lambert, premier juge d’instruction de l’affaire Grégory, a été retrouvé mort à son domicile sarthois ce mardi soir. Retraité depuis trois ans, il était entré dans la carrière judiciaire par une enquête qui n’a toujours pas livré ses secrets 33 ans après.

 

Le magistrat Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort ce mardi soir dans son appartement près du Mans (Sarthe). A présent âgé de 65 ans, il était connu de l’opinion depuis ses premiers pas dans le monde judiciaire, il y a de cela 33 ans. Il était en effet le premier juge d’instruction nommé pour se saisir du dossier mis sur pied à la mort du petit Grégory Villemin, dont le corps avait été retrouvé dans la Vologne le 16 octobre 1984.

L’Etat condamné en 2004

« Il est tout jeune à ce moment-là et on connaît l’emballement médiatique autour de cette affaire. Cet homme se retrouve avec l’obligation non seulement de gérer une affaire très délicate mais aussi des médias très pressants qui demandent énormément d’informations. A l’époque, les magistrats ne sont pas aussi rodés qu’aujourd’hui à tenir des conférences de presse », a retracé ce mardi soir la journaliste de BFMTV, Cécile Danré.

Sa conduite de l’instruction avait été vivement critiquée. Le 5 juillet 1985, il avait décidé d’inculper pour assassinat Christine Villemin, mère de Grégory, après que des études graphologiques avaient affirmé qu’elle pouvait être l’un des corbeaux. En 1993, elle est totalement innocentés pour « absence totale de charges ». Presque un aveu d’erreur judiciaire quand, en plus, en 2004, l’État est condamné pour « dysfonctionnement du service public de la justice ».

La gestion de Murielle Bolle

Mais c’est surtout sa gestion du témoignage initial de Murielle Bolle, où elle dénonçait son beau-frère Bernard Laroche comme le kidnappeur de l’enfant, qui plane sur son enquête.

« Il se retrouve dans une situation où après la première inculpation qu’il décide de faire, celle de Bernard Laroche, il est presque contraint par la pression médiatique de donner une conférence de presse. Et il en dit un peu trop ce jour-là parce qu’il va révéler la raison pour laquelle il a choisi d’inculper Bernard Laroche, explique Cécile Danré. Cette raison, c’est le témoignage de Murielle Bolle dont il va révéler la teneur alors qu’il est tenu au secret de l’instruction. S’ensuit la rétractation de Murielle Bolle. »

Bernard Laroche avait ensuite été abattu par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, en mars 1985.

« Une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma vie »

Il avait été dessaisi de cette instruction en 1987, au profit d’un magistrat chevronné, le juge Simon, dont des extraits du carnet, parfois très durs au sujet de son prédécesseur, ont été dévoilés sur BFMTV ce mardi. En 1987, toujours il participe à l’émission Apostrophes de Bernard Pivot et subit les attaques de certains des invités qui remettent en cause ses compétences.

Jean-Michel Lambert avait bien entendu poursuivi ensuite une carrière qui avait laissé place à la retraite il y a trois ans. Jean-Michel Lambert  a été juge d’instance à Bourg-en-Bresse (Ain) de 1988 à 2003 avant de devenir vice-président du Tribunal de grande instance du Mans (Sarthe) jusqu’en 2014.

Mais jamais le souvenir de cette première et si terrible affaire ne l’avait quitté, comme il l’avait confié à BFMTV, dans un entretien accordé le 13 septembre 2014: « C’est une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma carrière et de ma vie. » Pour preuve, il lui a consacré deux livres intitulés Le petit juge (1987), son surnom au milieu des années 80, et De combien d’injustices suis-je coupable ? (2014).

« Des atteintes personnelles dont je me souviens trente ans après »

Il avait également expliqué ses difficultés dans l’instruction de l’affaire par les conditions particulières avec lesquelles il avait composé: « J’étais seul juge d’instruction à Epinal, du 1er septembre au 31 décembre 1984. Comme par hasard, je n’ai jamais eu autant de dossiers à traiter que cette année-là. J’avais deux cabinets à gérer pendant quatre mois et une autre dimension a été très importante: la pression médiatique. » Il avait aussi glissé: « Je vivais au quotidien des atteintes personnelles dont je me souviens trente ans après ».

Un surnom peu amène, échafaudé à la fois sur la base de sa jeunesse au moment de sa prise en charge du dossier et de sa manière parfois controversée de le traiter, lui a longtemps collé à la peau: le « petit juge ». Très marqué par celui-ci, il en avait fait le titre du livre qu’il avait publié, au moment où l’enquête lui avait été retirée, en 1987.

Robin Verner

 

http://www.bfmtv.com/police-justice/le-juge-lambert-et-le-juge-simon-deux-magistrats-que-tout-opposait-1215013.html

Le juge Lambert et le juge Simon, deux magistrats que tout opposait

 

12/07/2017 à 10h36
  • Newsletter BFMTV Midi

Décédé mardi soir, Jean-Michel Lambert avait été le premier juge d’instruction chargé de l’enquête sur le meurtre de Grégory Villemin. Dessaisi de l’affaire en 1987, il avait passé le relais à Maurice Simon, un juge bien plus expérimenté qui avait vivement critiqué le travail de son prédécesseur.

 

Quand ils sont saisis de l’enquête sur l’assassinat de Grégory Villemin en 1984 puis en 1987, l’un – le juge Lambert – est inexpérimenté et vient de connaître sa première affectation, l’autre – le juge Simon - a déjà connu une carrière fournie. Jean-Michel Lambert, retrouvé mort mardi soir avait 32 ans en 1984. À l’époque, il est juge d’instruction à Épinal, son premier poste. Dessaisi de l’affaire en 1986, le dossier est alors confié à un juge expérimenté, Maurice Simon. Président de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Dijon et ancien juge d’instruction spécialiste des gros dossiers, il est discret et apparaît comme l’antithèse du juge Lambert, surnommé « le petit juge » par la presse et critiqué pour sa gestion de l’enquête.

Pression médiatique

Poussé par la pression médiatique, l’inexpérimenté Jean-Michel Lambert révèle lors d’une conférence de presse, le rôle de Murielle Bolle dans l’inculpation de son beau-frère Bernard Laroche, alors qu’il est tenu au secret de l’instruction. Trois mois plus tard, allant à l’encontre du ministère public d’Épinal, Jean-Michel Lambert libère Bernard Laroche, après que Murielle Bolle se soit rétractée. En mars 1985, Bernard Laroche est assassiné par Jean-Marie Villemin.

« C’est une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma carrière (…) Que s’est-il passé pour que la décision de sa remise en liberté (celle de Bernard Laroche ndlr) ne soit pas acceptée », s’interrogeait en 2014 « le petit juge ».

En juillet 1985 revirement de situation, Jean-Michel Lambert inculpe Christine Villemin, la mère de Grégory, pour « assassinat ». Elle est finalement innocentée en 1993 pour « absence totale de charges ».

Vives critiques

Même s’il avouera lui-même avoir été surpris par un contexte « rarement vu de pression médiatique extrême », Maurice Simon saisi de l’instruction après l’éviction de Jean-Michel Lambert en 1986, critiquera vivement son prédécesseur.

« On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes (…) ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur », écrit le juge Simon dans ses carnets, révélés par BFMTV mardi.

Lorsqu’il reprend l’affaire de zéro en 1987, Maurice Simon est le premier à évoquer l’hypothèse d’une « équipe » qui aurait organisé le rapt et le meurtre de Grégory, ainsi que l’écriture des lettres du « corbeau ». Il devient l’un des défenseurs de Christine Villemin.

« Grégory est de plus en plus dans mon cœur et je veux savoir qui a eu la sauvagerie de le tuer »

« On a cherché à faire de moi le bouc émissaire »

L’instruction s’interrompt brutalement en janvier 1990 quand le juge Simon est victime d’un infarctus, auquel il succombera quelques mois plus tard.

Jean-Michel Lambert, vivement critiqué même après avoir dessaisi de l’affaire,  est ensuite juge d’instance à Bourg-en-Bresse de 1988 à 2003 avant de devenir vice-président du tribunal de grande instance du Mans, jusqu’à son départ à la retraite en 2014. Dans un livre publié en 1987, Jean-Michel Lambert était revenu sur l’affaire Grégory, puis avait par la suite publié des romans policiers.

« On a cherché à faire de moi le bouc émissaire. J’assume effectivement certaines erreurs de procédure, mais j’aurais aimé que tous en fassent autant, et ce n’est pas le cas », avait-il affirmé au micro de France 2, le 17 juin dernier.

G.D.
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  • Affaire Grégory: le juge Lambert, un jeune magistrat confronté à une enquête hors normes

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/affaire-gregory-les-quatre-controverses-qui-collaient-au-juge-lambert_1926602.html

Affaire Grégory: les quatre controverses qui collaient au juge Lambert

 

Par et , publié le 12/07/2017 à 14:08 , mis à jour le 13/07/2017 à 15:11

 

L'ex-juge Jean-Michel Lambert se serait donné la mort, 32 ans après le meurtre du petit Grégory.

L’ex-juge Jean-Michel Lambert se serait donné la mort, 32 ans après le meurtre du petit Grégory.afp.com/Jean-François MONIER, Jean-François MONIER, Jean-François MONIER

 

Premier juge d’instruction de l’affaire Grégory, Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort mardi. Il était resté marqué par l’énigme criminelle et les critiques qui le visaient.

 

L’affaire Grégory s’enfonce dans le drame. Plus de 30 ans après le meurtre non élucidé du garçonnet de quatre ans dans les Vosges et celui du suspect Bernard Laroche, elle semble avoir fait un nouveau mort. Le corps sans vie de Jean-Michel Lambert, le premier magistrat qui a instruit l’enquête entre 1984 et 1986, a été retrouvé mardi à son domicile près du Mans. Les premières investigations font état d’un suicide par asphyxie.

LIRE AUSSI >> Affaire Grégory: le corps du juge Lambert ne présentait « aucune trace de violence »

Aucune lettre expliquant ce passage à l’acte désespéré n’a été découverte. Mais l’ancien juge d’instruction, à la retraite depuis trois ans, est resté tourmenté par ce dossier. Il suivait avec attention les derniers développements -et les mises en examen surprise du couple Jacob et de Murielle Bolle- refusant systématiquement toute sollicitation des médias. C’est que les nouvelles investigations, menées tambour battant, étaient de nature à fragiliser un peu plus son travail de l’époque, déjà très critiqué.

« J’assume effectivement certaines erreurs de procédure, mais j’aurais aimé que tous en fassent autant et ce n’est pas le cas », admettait-il en 2014 à France 2, Tout en se qualifiant de « bouc-émissaire ».

Une inexpérience et une attitude « légère »

« L’affaire Grégory, c’est surtout l’affaire du juge Lambert. » Voilà comment l’ancien colonel de gendarmerie Etienne Sesmat, l’un des premiers enquêteurs qui a travaillé sous les ordres du magistrat, résume l’énigme criminelle. Interrogé en juin dernier par L’Express, le gendarme livrait un diagnostic sévère du juge Lambert, évoquant un personnage « à côté de ses pompes », « léger » dans sa conduite des investigations et « manipulé par les médias ».

LIRE AUSSI >> Lambert, Sesmat, Lacour… Ils ont été marqués à vie par l’affaire Grégory

Il faut dire qu’à l’époque des faits, Jean-Michel Lambert n’a que 32 ans. Lorsqu’il est nommé juge d’instruction à Épinal, le seul poste de ce type existant dans cette juridiction, il ne travaille que depuis cinq ans. Sur les 220 dossiers qui s’empilent sur son bureau, l’affaire Grégory porte le numéro 180. Il admettra plus tard qu’il n’a pas accordé au dossier, dans un premier temps, toute l’attention qu’il méritait. Par ailleurs, Jean-Michel Lambert n’hésitait pas à se confier aux journalistes avec qui il déjeunait parfois, au mépris du secret de l’instruction. Pour beaucoup d’observateurs de l’époque, il n’a pas su résister à la pression médiatique et a pêché par inexpérience et tentation carriériste.

Une absence lors des aveux de Murielle Bolle

Lorsqu’en novembre 1984, les enquêteurs recueillent les aveux explosifs de Murielle Bolle, qui accuse son beau-frère Bernard Laroche du rapt de Grégory, ils tentent de joindre le juge Lambert. Le délai de garde à vue de l’adolescente va expirer. Les gendarmes demandent au magistrat, par téléphone, de venir recueillir à son tour sa déposition et de prendre les suites judiciaires appropriées.

« [Jean-Michel Lambert] confirme qu’il ne se déplacera pas et qu’il faut libérer Murielle. Les membres de l’équipe échangent une fois encore des regards incrédules. Il nous semble faire preuve d’une légèreté qui pourrait avoir des répercussions catastrophiques », déplore le colonel Sesmat dans son livre Les Deux affaires Grégory.

Murielle Bolle n’est entendue par le magistrat que le lundi suivant. Est-il parti en voyage, à un moment crucial des investigations? Dans son ouvrage De combien d’injustices suis-je le coupable?, l’intéressé dément: « Pur mensonge! [...] Je devais rester joignable à tout moment. » Autre attitude critiquée: le juge annonce en personne aux médias la mise en examen de Bernard Laroche, sur la foi du témoignage de Murielle Bolle. Cette dernière se rétracte le lendemain et blanchit son beau-frère. Une ligne qu’elle tient encore aujourd’hui et à laquelle la justice ne croit pas, estimant qu’elle a subi des violences.

Des annulations de procédure

Son attitude dilettante aurait aussi conduit à la désintégration de plusieurs pièces maîtresses du dossier. Le 1er décembre 1984, cela fait six semaines que les gendarmes travaillent à la découverte de la vérité, lorsque le couperet tombe: une partie des expertises ajoutées au dossier est annulée. « Tout le travail effectué pendant des semaines, par les meilleurs spécialistes, sur des points fondamentaux de l’enquête devient nul et non avenu », déplore dans son livre Etienne Sesmat.

Cette erreur est directement imputable à Jean-Michel Lambert. En dépit des demandes des enquêteurs, il n’a -probablement par méconnaissance- pas respecté la procédure de saisine des experts. Une faille qui n’échappe pas aux avocats de Bernard Laroche, à l’origine de cette demande d’annulation.

Parmi les pièces concernées figuraient les conclusions d’un expert en écriture à propos des courriers du corbeau. Elles auraient pu, à en croire les enquêteurs de l’époque, permettre de confondre Bernard Laroche comme étant l’expéditeur des lettres. Le colonel Sesmat reproche aussi au magistrat instructeur de n’avoir ordonné aucune expertise psychiatrique de ce dernier.

Obsédé par la culpabilité de Christine Villemin

Le 6 novembre 1984, Murielle Bolle revient sur ses aveux. Le magistrat instructeur estime que la piste de la culpabilité de Bernard Laroche s’effondre. Son enquête fait du sur-place alors il développe une idée fixe, celle de la mère infanticide. Les gendarmes n’allant pas dans son sens, Jean-Michel Lambert les écarte progressivement.

Entre le jour du meurtre et les aveux de Murielle Bolle, ils procèdent à 173 auditions. Mais seulement à sept, entre décembre et février, relate la presse de l’époque. « Lorsqu’il s’est mis sur la piste de Christine Villemin, le juge Lambert nous a mis au chômage technique. Il refusait qu’on auditionne de nouvelles personnes, ne nous délivrait plus aucune commission rogatoire », se souvient le gendarme Etienne Sesmat.

Il est amer: « Le magistrat a saboté son travail et celui des enquêteurs ». Les gendarmes sont totalement écartés des investigations le 20 février 1985, au profit de la police judiciaire de Nancy. Puis, en juillet, à la demande du juge, Christine Villemin est inculpée et placée 11 jours en détention.

Mais Jean-Michel Lambert s’est fourvoyé: en 1993, la mère de Grégory est blanchie par un arrêt de la Cour d’appel de Dijon. Lui n’en démord pas, elle est coupable. « J’ai été frappé de plein fouet par la mauvaise foi, voire les mensonges, entrecoupés de vérités, des uns et des autres », écrit-il à propos de cette audience dans son livre. En 1986, Jean-Michel Lambert est dessaisi du dossier et quitte définitivement l’instruction.

 

http://www.20minutes.fr/societe/2104175-20170713-affaire-gregory-mort-juge-lambert-journaliste-vincent-vantighem-repondu-questions

Affaire Grégory, mort du juge Lambert… Notre journaliste Vincent Vantighem a répondu à vos questions

 

CHAT Trente-deux ans après, l’enquête sur la mort du petit Grégory a connu de nombreux rebondissements…

20 Minutes

Publié le 13/07/17 à 12h29 — Mis à jour le 13/07/17 à 12h29

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984. — AFP
  • Vous avez été nombreux à poser des questions sur la mort brutale du Juge Lambert
  • Notre journaliste a suivi ce dossier et vous répond

Trois personnes mises en examen. L’une d’entre elles placée en détention provisoire. L’ancien juge d’instruction découvert mort chez lui. Trente-deux ans après, l’enquête sur la mort du petit Grégory Villemin, 4 ans, n’en finit plus de connaître des rebondissements.

>> Dossier : Retrouvez tous nos articles consacrés à l’affaire…

Des rebondissements que nous avons suivis depuis plus d’un mois. Les articles, comptes rendus d’audience et live-tweet régulier de l’affaire ont suscité beaucoup de questions, notamment sur la page Facebook de 20 Minutes. Face à vos nombreuses interrogations, notre journaliste Vincent Vantighem vous répond.

  • Depuis quand se suicide-t-on avec un sac en plastique ? A-t-il ajouté un cocktail médicamenteux ?

Depuis l’invention du plastique, serais-je tenté de répondre… J’ai vu que cette question revenait beaucoup dans les commentaires mais la thèse du suicide fait peu de doute et ce mode opératoire existe bien. Alors qu’elle était en voyage pour suivre une cure, l’épouse du juge Lambert s’est inquiétée de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle a donc appelé leur voisine au Mans (Sarthe) qui s’est donc rendue chez eux et a découvert le corps, peu après 19h, mardi, dans son bureau.

>> Les faits: «C’est de la folie», confiait le juge Lambert avant sa mort

« Il ne présentait aucune trace de violence, la tête étant recouverte d’un sac en plastique, a confirmé mercredi Fabrice Bélargent, le procureur de la République du Mans. Aucune trace d’effraction ni de désordre n’a été constatée sur place. Aucun écrit de nature à expliquer ce décès n’a été découvert. » Une autopsie doit être pratiquée, ce jeudi, afin de déterminer précisément la cause du décès. Des analyses seront également effectuées afin de savoir s’il avait pris des médicaments ou bu de l’alcool avant sa mort.

Extrait du communiqué du procureur du Mans sur la mort du juge Lambert.
Extrait du communiqué du procureur du Mans sur la mort du juge Lambert. – PARQUET DU MANS

 

La méthode peut surprendre. Mais, auteur de nombreux ouvrages depuis 1987 -il a même été invité à l’émission « Apostrophes »- Jean-Michel Lambert devait publier à la rentrée, une fiction intitulée Témoins à charge aux éditions De Borée. Et selon le quotidien La Montagne, le manuscrit retraçait justement le parcours d’un professeur « qui ressemble trait pour trait à l’ex-juge Lambert » et qui se donne la mort « pour sauver son honneur » avec un sac plastique…

  • Le juge Lambert savait-il la vérité ? Allait-il parler ?

J’ai consacré, mercredi, un article à son état d’esprit depuis un mois que vous pouvez retrouver par ici. Le juge Lambert avait « sa » vérité. Dessaisi du dossier en 1986, il est resté « hanté » par la mort du petit Grégory jusqu’à la fin de sa carrière en 2014. Il avait ce que l’on pourrait appeler son intime conviction, ce qui est différent d’une preuve ou d’un dénouement de l’enquête.

Après l’avoir interrogé à de multiples reprises depuis le 14 juin, je peux vous assurer qu’il estimait toujours aujourd’hui que Bernard Laroche était innocent et que Christine Villemin a des choses à se reprocher, en dépit de l’arrêt de non-lieu en la faveur de la mère de Grégory, rendu en 1993 par la cour d’appel de Dijon (Côte d’Or).

>> Enquêtes: Toutes les polémiques qui ont « hanté » le juge Lambert

« Tout cela m’affecte évidemment et me trouble encore maintenant, me confiait-il. Mais c’est trop sensible. Je ne compte pas m’exprimer officiellement avant la rentrée de septembre. » Il m’a aussi expliqué qu’il n’avait conservé aucune copie du dossier judiciaire sur lequel il aurait pu continuer à travailler.

  • Pourquoi cette affaire ressort en 2017 ?

« Jean-Marie et Christine Villemin vivent toujours dans l’espoir de savoir qui a tué leur enfant », m’a indiqué Marie-Christine Chastant-Morand, l’une de leurs avocates. En 2012, ils ont obtenu de la justice que de nouvelles analyses ADN soient pratiquées sur les pièces à conviction, notamment sur les cordelettes ayant servi à ficeler le garçonnet. A ce moment-là, la cour d’appel de Dijon a donc été saisie de ce que l’on appelle un supplément d’information. Les analyses ont été effectuées. Et en 2014, on a appris que cela n’avait donné aucun résultat.

>> Anacrim: Le logiciel qui a permis de relancer l’enquête sur Grégory

Pour autant, le dossier est resté ouvert. Et un service de gendarmerie spécialisé dans la gestion des Cold Case a décidé de tout reprendre à zéro pour voir si la vérité ne pouvait pas se manifester. Plusieurs enquêteurs se sont notamment appuyés sur un logiciel d’analyse criminelle (Anacrim, lire notre article par ici) pour cela. C’est sur la base de ce travail que les nouvelles arrestations ont eu lieu en juin. Aujourd’hui, douze enquêteurs travaillent à temps plein sur cette affaire.

  • Comment a-t-on pu confier une telle affaire à un juge débutant en 1984 ?

Le juge Jean-Michel Lambert avait 32 ans quand il a été nommé juge d’instruction à Epinal (Vosges). C’était sa première affectation. Et il était alors le seul juge chargé de l’instruction dans ce palais de justice. En 1984, son bureau était encombré de 229 dossiers. Celui portant sur la mort du petit Grégory portait le numéro 180. Le problème, à l’époque, n’était pas tant l’âge du juge Lambert que son isolement. C’est seul qu’il a renvoyé Murielle Bolle chez elle. Seul qu’il a pris la décision de libérer Bernard Laroche. Seul qu’il a inculpé Christine Villemin…

Lépanges-sur-Vologne, le 30 octobre 1985. Le juge Jean-Michel Lambert lors d'une reconstitution dans l'enquête sur la mort du petit Grégory.
Lépanges-sur-Vologne, le 30 octobre 1985. Le juge Jean-Michel Lambert lors d’une reconstitution dans l’enquête sur la mort du petit Grégory. – PATRICK HERTZOG / AFP

 

Ce ne serait plus le cas aujourd’hui. Depuis le fiasco judiciaire d’Outreau, en 2005, la législation a évolué. Ce genre de dossier dit « sensible » serait aujourd’hui traité par trois magistrats -un juge principal et deux assesseurs- en cosaisine. De quoi éviter de s’enferrer dans un jugement erroné.

  • Pourquoi le juge Lambert a-t-il relâché Murielle Bolle ?

A l’époque Murielle Bolle est âgée de 15 ans. Les gendarmes considèrent qu’elle est un témoin clé. Ils l’interrogent donc dans le cadre d’une garde à vue avant de la transférer, quelques jours plus tard, dans le bureau du juge Lambert. Comme les enquêteurs, ce dernier estime qu’elle ne peut pas être considérée comme une complice de l’enlèvement. Elle n’est donc ni inculpée, ni placée en détention provisoire. Et en toute logique, elle est remise à ses parents, le 5 novembre 1984.

Trente-deux ans après, les enquêteurs qui ont repris le dossier n’ont pas la même analyse. Ils estiment aujourd’hui que Murielle Bolle pourrait avoir une plus grande responsabilité dans la mort de Grégory. C’est pour cette raison qu’elle a été mise en examen pour « enlèvement suivi de la mort » et placée en détention provisoire.

  • Pourquoi le juge Lambert n’a-t-il pas cherché où était Murielle en interrogeant le chauffeur de bus ?

Il l’a fait. A l’époque, Murielle Bolle avait commencé par raconter qu’elle avait pris le bus pour rentrer du collège. Les gendarmes ont donc interrogé le chauffeur de bus ainsi que quatre de ses camarades de classe qui avaient l’habitude de rentrer avec elle. C’est après avoir noté des divergences dans leurs dépositions que les enquêteurs ont réinterrogé Murielle Bolle. C’est à ce moment-là qu’elle a « craqué » et avoué qu’elle était en fait rentrée en voiture avec Bernard Laroche. Avant de finalement se rétracter le 6 novembre 1984.

Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989.
Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989. – BENGUIGUI/SIPA

 

Aujourd’hui, Murielle Bolle continue de maintenir qu’elle a pris l’autocar scolaire en dépit de témoignages contraires. Ses avocats assurent qu’elle a, en 1984, incriminé son beau-frère à cause de la pression exercée par les gendarmes qui l’auraient notamment menacé d’un séjour en « maison de correction ».

  • Avec qui était Grégory avant de disparaître ?

La 16 octobre 1984, Christine Villemin quitte son travail à Lépanges-sur-Vologne (Vosges), vers 17h. Elle récupère son fils Grégory, chez sa nourrice, Christine Jacquot, dont la maison est située dans le même village. A son retour au domicile, Christine Villemin décide de faire un peu de repassage et laisse l’enfant jouer sur un tas de sable situé devant la maison, après lui avoir enfilé un bonnet en raison du froid. Elle allume la radio pour écouter l’émission « Les grosses têtes » sur RTL.

Ce n’est que vers 17h30 qu’elle sort récupérer Grégory et qu’elle s’aperçoit qu’il a disparu. Le corps de l’enfant sera retrouvé, vers 21h15, à six kilomètres de là, coincé sur un petit barrage de la Vologne dans la commune de Docelles.

 

http://www.20minutes.fr/societe/2104175-20170713-affaire-gregory-mort-juge-lambert-journaliste-vincent-vantighem-repondu-questions

Mort du juge Lambert: «Quand tirerons-nous véritablement les leçons?», s’interroge un magistrat

 

JUSTICE Avec la mort du juge Jean-Michel Lambert, la question de la « solitude » des magistrats est mise en lumière ainsi que cette profession difficile, très exposée et à risques…

Gilles Varela

Publié le 13/07/17 à 14h32 — Mis à jour le 13/07/17 à 14h54

Illustration palais de justice, Tribunal de Lyon, le 15 novembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES

Illustration palais de justice, Tribunal de Lyon, le 15 novembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES
  • La mort du juge Jean-Michel Lambert rappelle à chacun combien la fonction de juge d’instruction est difficile, complexe ou exposée
  • Comment protéger les juges ? Des magistrats s’interrogent
  • Le manque d’effectifs est pointé du doigt

C’est un coup de tonnerre qui a secoué la justice mardi avec la mort du juge Jean-Michel Lambert, chargé de l’enquête de 1984 à 1986 dans l’affaire du « petit Gregory ». Ce décès met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les magistrats, et particulièrement les juges d’instruction. Cette mort (probablement un suicide) souligne également le manque d’effectifs et de prise en charge psychologiques des magistrats. Mercredi, au lendemain de la disparition du juge Lambert, 20 Minutes a interrogé des magistrats pour prendre le pouls de la profession.

>> A lire aussi : « C’est de la folie… », confiait le juge Jean-Michel Lambert à propos de l’affaire Grégory avant sa mort

La solitude du juge.  Serge Portelli, président de chambre à la cour d’appel de Versailles et juge d’instruction pendant 25 ans, rappelle que « le juge Lambert n’était plus juge d’instruction depuis fort longtemps », mais qu’en même temps, « cette affaire-là pose la question de ce qu’est le juge aujourd’hui et de ce qu’était ce même juge il y a une trentaine d’années.

Quelle peut être sa solitude, ses problèmes, les risques ? « Le juge Lambert faisait partie d’une catégorie de juges qui était et qui reste particulièrement exposée à beaucoup de risques. Dans les années 1980, il n’y avait pas de collégialité de l’instruction, il y avait beaucoup de juges solitaires. » Le magistrat précise qu’un homme n’est pas forcément formé pour se retrouver seul face à une affaire qui est parfois extrêmement difficile, douloureuse à supporter psychologiquement.

Les juges d’instructions sont les seuls magistrats qui se retrouvent seuls face à des viols, des affaires de mœurs, d’incestes, d’infanticides très dures à instruire. « On est confronté, quand on est juge d’instruction, pas uniquement à la lecture d’un dossier, on a vraiment les gens en face de nous. On a les parents en face, les victimes, la personne qui est accusée d’avoir commis parfois des actes sordides. C’est un contact direct. Un risque auquel nous sommes exposés tout comme les policiers, les gendarmes qui sont également en première ligne. »

>> A lire aussi : Affaire Grégory: Le juge Lambert décrivait son suicide dans son dernier manuscrit

La collégialité pour lutter contre cette solitude. « Les choses ont avancé suite à l’affaire Outreau », rappelle Serge Portelli. « Un projet de loi avait été adopté, mais une des solutions qui était proposée pour remédier à la solitude du juge d’instruction, la collégialité [trois juges] parce que c’était trop cher, ce n’était pas possible de la mettre en place. On est donc revenu au principe du juge unique. Même si l’on peut toujours, dans les affaires complexes, désigner plusieurs juges. La collégialité est une des meilleures choses qui soit et on s’aperçoit qu’aujourd’hui avec un peu de retard, que ce n’est pas vraiment du luxe. Pas seulement de la garantie d’une meilleure justice mais aussi une garantie pour les secteurs du monde judiciaire, de pouvoir vivre leur métier de façon normale. »

Le magistrat avance : « Si les juges Lambert ou Burgaud avaient été entourés, ne serait-ce que pour eux-mêmes, pour des décisions qui sont très délicates, très difficiles, si elles avaient été prises au moins à trois, cela aurait atténué, voire, peut-être, empêcher, en grande partie les erreurs. »

Un avis partagé par Juliane Pinsard, secrétaire national de la magistrature : « Si les juges d’instruction pouvaient prendre leurs décisions à trois au lieu de les prendre seuls, dans bien des dossiers, cela serait un moyen non pas de se décharger de la décision mais de la faciliter, de percevoir en plus les enjeux, les suites de la procédure, les réactions de tel ou tel justiciable. Mais cela a été abandonné avec les années », regrette la magistrate.

Le manque d’effectifs, encore. Juliane Pinsard soulève surtout la question des effectifs, insuffisants. Une question centrale pour la magistrate. « Pour faire son travail dans des conditions acceptables et donc avoir aussi un peu plus de temps pour prendre du recul sur certains dossiers plus complexes, plus difficiles émotionnellement, des effectifs supplémentaires sont nécessaires. C’est ce qui manque principalement, à tous les postes. »

>> A lire aussi : Les polémiques de l’affaire Grégory qui ont «hanté» le juge Lambert jusqu’à sa mort

Un numéro « vert » mais une aide ponctuelle. « La justice est un métier confronté aux crimes, à toutes les déviances de l’homme, c’est une profession difficile, exposée et qui réclame un maximum de garantie, comme une aide psychologique mais aussi des règles institutionnelles qui font que des décisions lourdes doivent être prises par plusieurs », explique Serge Portelli.

Même constat pour Juliane Pinsard : « Les questions de souffrance au travail et les questions de risques sont des choses qui commencent tout juste à émerger dans les réflexions. Le numéro “vert” mis en place par la chancellerie depuis un an et demi environ, avec au bout de la ligne des psychologues, n’est qu’une aide ponctuelle. Si c’est trop grave, ou trop long dans la durée, le magistrat est invité à prendre rendez-vous avec les psychologues indépendants. Cela peut être demandé suite à un choc psychologique, par exemple comme une agression. Il existe aussi la protection fonctionnelle, mis en place par le ministère mais c’est plus pour des conditions de sécurité [protection], de menaces précises ou des questions de soutien juridique, mais sous de nombreuses conditions. »

Une bonne mesure selon Serge Portelli, mais pas suffisante. « Le numéro “vert” pour les magistrats, est un des aspects du problème. Mais quand vous devez prendre une décision très importante, et que les enjeux sont énormes, que l’implication personnelle est très forte, c’est à ce moment-là qu’il faut mettre des garanties. Ce n’est pas une fois que le mal est éventuellement fait, qu’il y a des impacts personnels psychiques forts qu’il faut agir. »

Une situation qui pourrait se reproduire. La situation qui s’est produite en 1984 pour l’affaire du petit Grégory pourrait-elle se reproduire ? « Bien évidemment, assure Serge Portelli. Les derniers développements de l’affaire de Gregory, montre d’une façon désespérante qu’on n’a presque rien appris depuis 30 ans. Les mêmes erreurs que l’on commettait dans les années 1980, on les commet aujourd’hui. Je vois ça avec une tristesse infinie [très ému], je me demande quand finiront toutes ces catastrophes et quand tirerons-nous véritablement les leçons ? […] J’avais quand même l’impression qu’après toutes ces catastrophes qui se sont accumulées, autour du juge d’instruction et plus généralement des enquêtes criminelles, on avait un peu plus de prudence, de réserves. Et ce n’est pas ce que je constate. J’en suis profondément triste, je ne sais pas ce que l’on pourrait faire, on a fait beaucoup de commissions parlementaires, de colloques, mais il faudrait faire infiniment plus pour que dans les enquêtes, on respecte un certain nombre de règles, élémentaires, de bon sens, et de droit. »

 

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