Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest : les îles Kerguelen après Wallis-et-Futuna ?

Considérant le parcours professionnel d’Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest muté à Quimperlé en 2007, puis à Mayotte en 2013, et à Wallis-et Futuna en début d’année 2017, ses contrats de plus en plus lointains étant de plus en plus courts et le nombre de ses administrés toujours plus réduit, nous pensons qu’il a de bonnes chances de devenir en fin de carrière le premier directeur hospitalier des îles Kerguelen.

Quelle belle promotion que d’être muté en cet endroit où tout reste à faire, notamment l’hôpital psychiatrique nécessaire pour y accueillir sa population de scientifiques…

A n’en point douter, ce serait là une consécration inespérée pour cet homme qui toute sa vie se sera battu comme un beau diable pour faire entrer dans le DMS le cas clinique absolument effrayant de tous ces intellectuels qui osent discuter, contester, ou réclamer leurs droits.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wallis-et-Futuna

Wallis-et-Futuna

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Wallis-et-Futuna
Blason
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité d’outre-mer
Chef-lieu Mata Utu
Assemblée délibérante Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna
Président David Vergé
2017-
Rois coutumiers Patalione Kanimoa (Uvea)
Filipo Katoa (Alo)
Eufenio Takala (Sigave)
Administrateur supérieur Jean-Francis Treffel
Démographie
Population 12 197 hab. (20131)
Densité 98 hab./km2
Langues
locales
français, wallisien, futunien
Géographie
Coordonnées 13° 18′ sud, 176° 12′ ouest
Superficie 124,2 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique
Fuseau horaire UTC+12
Domaine internet .wf
Indicatif téléphonique 681
Code ISO 3166-1 WLF, WF
Localisation
Localisation de Wallis-et-Futuna
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Wallis-et-Futuna2, ou en forme longue le territoire des îles Wallis et Futuna3, est une collectivité d’outre-mer4 française, formé de trois royaumes coutumiers polynésiens et situé dans l’hémisphère sud. Son chef-lieu est Mata Utu et son code postal et INSEE commence par 986.

Les îles Wallis et Futuna sont le territoire français le plus éloigné de la métropole, à 16 000 km. Elles se situent à 8 000 km de Los Angeles et à 4 000 km de Sydney. Situé à 480 km des îles Fidji, à 1 871 km de la Nouvelle-Calédonie et à 2 891 km de Tahiti, ces trois îles, Wallis (75,64 km2), Futuna (46,28 km2) et Alofi (17,78 km2)5, se trouvent dans l’océan Pacifique occidental, en Océanie lointaine (c’est-à-dire où l’on ne peut parvenir par mer qu’en perdant les terres de vue).

Constitué de trois îles principales qui ne forment pas un archipel, Wallis, Futuna et Alofi, le territoire a une superficie modeste (124,2 km2 soit à peine plus que Paris intra-muros) pour 12 197 habitants.

L’île de Wallis (en wallisien, ʻUvea), d’une superficie de 75,64 km², porte le nom du capitaine Samuel Wallis, le premier navigateur occidental qui l’aborde en 1767. Les îles Horn, Futuna (46,28 km²) et l’îlot voisin, non-habité, d’Alofi (17,78 km²), séparées seulement par un chenal de 2 km et distantes de 230 km de Wallis, sont abordées dès 1616 par des navigateurs hollandais, Willem Schouten et Jacob Le Maire. Ils leur donnèrent le nom d’« îles de Hoorn », du nom de leur port d’attache. Ces îles, au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récifs coralliens, sont difficiles d’accès par la mer. Toutefois, l’anse de Sigave permet aux bateaux d’y mouiller en relative tranquillité.

Peuplées par des Austronésiens de civilisation lapita, qui devinrent des Polynésiens, Wallis et Futuna se retrouvent dans l’aire d’influence tongienne au XVe siècle. Ce n’est qu’en 1837 que des missionnaires maristes convertissent les deux îles au catholicisme. Devenu protectorat français en 1888, Wallis-et-Futuna devient un territoire d’outre-mer en 1961 suite à référendum. Il bénéficie d’un statut protecteur reconnaissant les chefferies traditionnelles et la religion catholique, ce qui en fait l’un des territoires ultramarins les plus originaux au sein de la République française.

Sommaire

Géographie

Article principal : Géographie de Wallis-et-Futuna.
Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest : les îles Kerguelen après Wallis-et-Futuna ? dans AC ! Brest 290px-Carte_de_Wallis-et-Futuna

Carte de Wallis-et-Futuna

Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récifs coralliens, sont difficiles d’accès sauf pour l’anse de Sigave. Wallis-et-Futuna possèdent 106 km de côtes au total6.

L’appellation « archipel » appliquée à Wallis-et-Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d’environ 230 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Malgré cela on peut répartir les îles en deux grands groupes : d’une part, les îles Wallis composées d’une île principale, Uvea, et de plusieurs îlots coralliens et d’autre part, les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn) composées de deux îles principales, l’île de Futuna et sa voisine immédiate, l’île d’Alofi (en pratique, Futuna désigne à la fois Futuna et Alofi ; le nom îles de Hoorn est très peu usité et plutôt appelé îles Futuna). Les îles sont d’origine volcanique.

L’île de Wallis est apparue au Cénozoïque, suite à l’émergence d’un volcan sous-marin. Une deuxième période d’activité volcanique, il y a 300 000 ans, a entraîné la création des îlots présents dans le lagon. Une bonne partie du sol est constitué de basalte7. Le point culminant de Wallis est le mont Lulu Fakahega, haut de 151 mètres7.

À Futuna, le relief est beaucoup plus escarpé et montagneux. Depuis le sommet du mont Puke (524 mètres) part un plateau qui descend progressivement et s’arrête juste avant le bord de mer, laissant une petite frange littorale. L’espace entre la mer et la montagne est très réduit7.

Climat

Le climat de l’archipel est du type tropical humide assez constant sur l’année. L’amplitude thermique entre les moyennes du mois le plus chaud (février) et du mois le plus frais (juillet) est de 1,1 °C8. Les précipitations mensuelles varient de 400 mm en janvier à 150 mm en août. On distingue ainsi deux principales saisons. La première, de mai à septembre, est plutôt fraîche, moins arrosée et balayée par un alizé modéré. La seconde, d’octobre à avril, est celle des chaleurs et des fortes pluies avec parfois des cyclones.

Biodiversité

Article connexe : Liste des oiseaux de Wallis-et-Futuna.

La faune et la flore n’ont pas fait l’objet d’inventaires exhaustifs, cependant certains groupes sont assez bien connus.

À Wallis, 639 espèces de poissons littoraux ont été identifiés. En eaux douces ce sont 3 espèces de crustacés et 4 de poissons qui ont été inventoriées (dont le Stiphodon rubromaculatus). Les chauve-souris sont les seuls mammifères autochtones et le seul batracien présent a été introduit. Nous pouvons également citer l’araignée Schizocosa vulpecula.

Histoire

Article détaillé : Peuplement de l’Océanie.
Article principal : Histoire de Wallis-et-Futuna.
220px-Wallis%2C_p%C3%AAche_aux_palmes%2C_1863 dans Attentats

« Pêche aux palmes » dans les Ilots de Wallis (Uvea) (Wallis-et-Futuna) par le Français Charles Méryon, lors de son voyage dans le Pacifique (1842-1846).

La civilisation Lapita, entre 900 et 800 av. J.-C., correspond aux premiers habitants des deux îles habitées, pour lesquels on dispose de preuves archéologiques, sur les sites d’Utuleve, à Uvea et d’Asipani, à Futuna. Puis viennent les invasions tongiennes pour Wallis et les invasions samoanes pour Futuna.

Le premier contact de Futuna avec des Européens a lieu le 21 mai 1616 ; les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire jettent l’ancre dans l’embouchure de la rivière Futuna et abordent en chaloupe le lendemain. Ils baptisent les deux îles de Futuna et Alofi, les îles de Hoorn en référence à leur port d’embarquement siège de la Compagnie des Indes. Ils restent environ huit jours sur l’archipel avant de repartir vers la Nouvelle-Guinée et les Moluques.

Louis-Antoine de Bougainville atteint Futuna le 11 mai 1768 et la surnomme « l’enfant perdu du Pacifique ».

L’île de Wallis n’est visitée par les Européens qu’en 1766, 150 ans après Futuna, par le capitaine britannique Samuel Wallis, à qui l’île doit son nom actuel. Frédéric Angleviel écrit dans son article intitulé « Wallis 1825-1858 : contacts, mutations, permanences » que : « Wallis découvre cet archipel en 1767, mais il ne descend point à terre. Il faut attendre les années 1820 pour que des Européens ou assimilés (Américains, Australiens) foulent le sol d’Uvéa. »9

Les autochtones la nomment Uvea (en wallisien ʻUvea), nom encore très utilisé.

À l’arrivée des Européens, les îles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. Quelques marchands et naufragés s’installent sur l’île, mais la présence européenne n’est significative qu’au XIXe siècle avec l’arrivée de missionnaires catholiques en 1837. L’île est convertie au catholicisme en 184010. Aujourd’hui, la population reste majoritairement de confession catholique.

La reine Amélia de Wallis signe un traité de protectorat ratifié par la France le 5 avril 1887. Un an plus tard, les rois d’Anise Tamole pour Sigave et ceux de Futuna, Setefano Tuikalepa pour Alo demandent eux aussi leur rattachement à la France. Les souverains de Futuna et Wallis gardent toute leur autorité coutumière sur leur sujets11.

Photo en noir et blanc (de mauvaise qualité) montrant un groupe de personnes assises et prenant la pose (4 assises, 3 debout), hommes et femmes

Un groupe de Wallisiens, au début du XXe siècle.

Il n’y a pas à proprement parler de colonisation à Wallis-et-Futuna, le pouvoir du résident français se limitant aux affaires extérieures. Cette situation se poursuit à Futuna jusqu’en 1961, l’administration ne s’installant sur l’île qu’en 195911. Les habitants continuent à vivre comme autrefois. En 1913, un projet d’annexion par la France est présenté par le résident Brochard, mais elle n’aboutit pas. En 1922, l’annexion est jugé trop coûteuse par la France et est abandonnée12.

La Seconde Guerre mondiale entraîne de nombreux bouleversements à Wallis. Pour contrer l’Empire japonais, lors de la guerre du Pacifique, les Américains débarquent à Wallis en 1942 et y construisent de nombreuses infrastructures. En revanche, Futuna n’est pas investie par les Américains11.

Les îles deviennent en 1961 un territoire d’outre-mer (TOM) après référendum. Le roi d’Uvea, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), est signataire de cet accord. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le territoire des îles Wallis et Futuna devient une collectivité d’outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne change. En effet depuis cette révision constitutionnelle, aucune loi organique n’est adoptée faute de consensus à l’Assemblée territoriale.

Population et société

Démographie

Lors du recensement du 22 juillet 2013, il y avait 12 197 habitants, alors qu’en 2008, il s’en comptait 13 445 habitants et en 2003, 14 994 h. pour l’ensemble des îles Wallis et Futuna, soit 2 750 h. perdus en dix ans (- 18 %) — dont en 2008 4 238 à Futuna (31,52 %) et 9 207 à Wallis (68,47 %). L’île d’Alofi, voisine de Futuna, n’est pas habitée. La plupart des habitants sont d’origine polynésienne (97,3 %) mais on compte aussi quelques habitants d’origine européenne. La quasi-totalité est de confession catholique. La forte diminution constatée entre 2003 et 2013 est le résultat de la diminution de la natalité et de l’importance de l’émigration dans un territoire sans débouchés (études supérieures et emploi réduit), ce qui conduit au vieillissement de la population et à la réduction de la taille des ménages.

Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, la population de cette collectivité décroit par rapport au recensement précédent (2003) qui comptait 14 944 habitants selon une analyse de l’INSEE13. La population officielle 2008 est toutefois à présent estimée à 13 484 pour la population municipale et à 14 231 pour la population totale14. La population a reculé de 10 % (-8,6 % à Wallis et -13 % à Futuna). En 2013, la baisse a été encore plus marquée : Wallis-et-Futuna ne comptent plus que 12 197 habitants. En dix ans, le territoire a ainsi perdu 18 % de sa population. La raison de cette baisse est le départ massif des jeunes, qui sont de plus en plus nombreux à s’expatrier en Nouvelle-Calédonie ou en France métropolitaine pour effectuer des études supérieures ou trouver un travail, les possibilités d’emploi étant limitées sur place15. Tous les districts ont été touchés par la décroissance démographique.

Évolution démographique
1928 1935 1953 1960 1969 1976 1983 1990 1996
6 202 6 542 9 507 8 313 8 546 9 192 12 408 13 705 14 166
Évolution démographique, suite (1)
2003 2008 2013 - - - - - -
14 944 13 445 12 197 - - - - - -
(Source : Likuvalu 1979 jusqu’en 196916, Insee17 et STSEE18,19)

En 1842, le capitaine du vaisseau l’Allier estime la population de Wallis à 2 500 habitants et de Futuna à 90020.

Émigration

Article détaillé : Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie.

L’accroissement naturel de Wallis-et-Futuna ne compense plus son émigration21.

De nombreux habitants quittent les îles, si bien qu’il y a plus de Wallisiens et de Futuniens à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (17 763 personnes) que sur les îles. Certains résident aussi en France métropolitaine et en Polynésie française22.

Langues

Articles détaillés : Langues à Wallis-et-Futuna, Futunien et Wallisien.
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Extrait en langue wallisienne.

La langue officielle est le français. Deux langues polynésiennes vernaculaires, le wallisien et le futunien, sont parlées respectivement à Wallis et Futuna. En juillet 2015, l’Assemblée territoriale vote la création d’une Académie des langues wallisienne et futunienne, chargée de la promotion et de la sauvegarde des langues et de la culture locales23.

Éducation

Article détaillé : Système éducatif français.

L’enseignement primaire à Wallis-et-Futuna est placé sous l’égide de la Direction de l’Enseignement Catholique qui est une structure privée. L’enseignement secondaire est géré par le vice-rectorat. La seule formation supérieure disponible sur le territoire se fait auprès de l’antenne de l’IUFM du Pacifique à Wallis.

Le territoire compte 18 écoles élémentaires, 6 collèges, 1 lycée d’enseignement général (le Lycée des îles Wallis et Futuna) et un lycée agricole.

Le taux moyen d’encadrement est de 10,4 élèves par enseignant avec, en 2011, 570 personnels de l’éducation (dont 397 enseignants) pour 4 111 élèves24.

Santé

Le système de santé repose intégralement sur l’Agence de santé de Wallis-et-Futuna [archive]. L’agence emploie plus de 180 personnels travaillant sur deux hôpitaux et trois dispensaires. Tous les soins sont pris en charge par l’État. La dotation de l’État s’élève en 2011 à 2,9 milliards de francs CFP (environ 24,3 millions d’euros)25.

Les équipements de santé étant limités sur le territoire, certaines opérations nécessitent l’évacuation des patients vers la Nouvelle-Calédonie, voire la France métropolitaine ou l’Australie. 637 personnes ont bénéficié d’une évacuation sanitaire hors du territoire en 201124.

Médias

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Ancien logo de la chaîne RFO Wallis et Futuna

Le territoire dispose de sa propre chaîne de télévision (Wallis et Futuna 1re), et de sa station de radio (Wallis et Futuna 1re). La radio émet à la fois en français, en wallisien et en futunien.

Le seul quotidien disponible est Les Nouvelles calédoniennes, qui publient deux ou trois articles par semaine relatant la vie du territoire26.

L’hebdomadaire Te Fenua Fo’ou a arrêté sa publication en mars 200227. Son remplaçant, le Fenua Magazine a lui aussi cessé de paraître26.

L’accès au réseau internet progresse avec 1 144 abonnés au haut débit à fin 201124.

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Nouveau logo pour la chaîne Wallis et Futuna 1re

Depuis le 22 décembre 2015, Wallis-et-Futuna possèdent un réseau de téléphonie mobile, appelé Manuia. Avant cette date, Wallis-et-Futuna étaient le dernier territoire d’Outre-Mer français à ne pas avoir de réseau mobile28. Comme le résume le journaliste René Lataste, « En quelques dizaines d’années, Wallis-et-Futuna auront fait un pas de géant dans la communication. Du Tauasu sous le Fale depuis des siècles, au téléphone fixe dans les années 1960 puis à internet 30 ans plus tard. Aujourd’hui, le mobile et demain une multiplication par 1000 des connexions28. »

Sport

Le territoire de Wallis-et-Futuna participe aux Jeux du Pacifique (qui s’appelaient auparavant Jeux du Pacifique Sud).

En 2013, le territoire a organisé et a accueilli, pour la toute première fois, les Mini-Jeux du Pacifique.

De nombreux sports sont pratiqués sur le territoire dont athlétisme, notamment dans la spécialité du lancer de javelot avec des champions comme : Jean Paul Lakafia qui à amélioré à deux reprises le record de France du lancer du javelot, le portant à 83,56 m en 1980 et à 84,74 m en 1983, Lolésio Tuita, Vitoli Tipotio, Monika Fiafialoto, Péta Tauhavili, Pételo Wakalina ou Penisio Lutui ou encore en handisport Tony Falelavaki.

Il existe une équipe locale de rugby à XV (rattachée à la Federation of Oceania Rugby Unions). De nombreux joueurs de rugby à XV qui sont nés à Wallis-et-Futuna ou originaire de ses îles ont joué pour le XV de France en métropole. C’est le cas de Vincent Pelo, Yann David,Christopher Tolofua, Sébastien Vahaamahina, Jocelino Suta, Romain Taofifenua, Raphaël et Pierre-Gilles Lakafia jouant en équipe de france à 7 et son frère Raphaël à XV ou encore Mickaël Simutoga,Emerick Setiano,Peato Mauvaka et Selevasio Tolofua qui ont pu intégrer l’équipe de France des -20 en 2015 et 2017.

Il existe également une équipe de football locale. Plusieurs joueurs originaires de Wallis et Futuna jouent en métropole et dans d’autres pays : c’est le cas de Wesley Lautoa (FCO Dijon) ou encore David Faupala à Manchester United.

En 2006, Jennifer Vegi est médaillée de bronze aux Championnats de France de Karaté Contact29, puis elle remporte en 2007 la médaille d’or en taekwondo aux Jeux du Pacifique.

Une base nautique est située dans le village de Liku. Une association sportive, Vakala, propose des activités nautiques (voile notamment).

L’athlétisme ainsi que d’autres sports tels que le volley-ball, le hand-ball ou le badminton se pratiquent dans le nouveau centre sportif de Kafika. On compte parmi les sportifs médaillés Aukusitino Hoatau, qui a notamment remporté la médaille d’argent au lancer du disque lors des Jeux du Pacifique de 2011. En volley-ball, les sportifs les plus connus sont Samuele Tuia et Toafa Takaniko.

Administration et politique

Le territoire de Wallis-et-Futuna constitue le dernier territoire d’outre-mer français puisqu’il n’a pas adopté depuis 2003 celui d’une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution. Ses institutions sont fixées par la loi du 29 juillet 196130, lui conférant une situation juridique et administrative très particulière au sein de l’Outre-mer français31.

À Wallis-et-Futuna, la situation politique est un équilibre entre le pouvoir coutumier, l’église et l’État français. Pour l’historien Frédéric Angleviel, cinq pouvoirs sont en présence à Wallis-et-Futuna32 :

  • la chefferie coutumière traditionnelle
  • l’église catholique (installée depuis 1837)
  • l’administration française, présente depuis 1888 (résidents de France, puis administrateurs supérieurs à partir de 1961)
  • le négoce (les marchands)
  • et la politique, entendue ici comme le jeu des partis politiques « à l’occidentale », apparue en 1961 avec le statut de territoire d’outre-mer.

Sophie Chave-Doarten évoque ce qu’elle nomme le « paradoxe wallisien » : « Depuis quarante ans, donc, la société wallisienne résiste à son assimilation par l’État républicain, forte d’une conscience très nette de son identité et des valeurs qui la distinguent, à ses yeux, de toute autre société »31.

Institutions territoriales

Articles détaillés : Liste des administrateurs supérieurs de Wallis-et-Futuna et Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna.

L’État français est représenté à Wallis-et-Futuna par un administrateur supérieur nommé par décret en conseil des ministres.

L’administrateur supérieur est également « chef du territoire » : à la différence des autres collectivités territoriales, le pouvoir exécutif est assuré par le représentant de l’État et non par un président élu. L’administrateur supérieur est assisté dans ses fonctions par un conseil territorial qu’il préside, composé des trois rois traditionnels et de trois membres nommés par l’administrateur supérieur avec l’approbation de l’assemblée territoriale.

L’assemblée territoriale est l’assemblée délibérante du territoire. Ses vingt membres sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans : chacun des districts constituent une circonscription électorale.

Les délibérations de l’assemblée territoriale n’entrent en vigueur que si elles sont approuvées par l’administrateur supérieur.

Le territoire est représenté à l’Assemblée nationale par un député (élu au suffrage universel), actuellement Napole Polutélé (apparenté LC: républicains UDI,indépendants) et au Sénat par un sénateur (élu indirectement par les représentants locaux siégeant à l’Assemblée territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie coutumière des chefs de districts et de villages), actuellement Robert Laufoaulu (rattaché au groupe Les Républicains).

Royaumes coutumiers

L’article 3 du statut de 1961 dispose que « la République garantit aux populations du territoire des îles Wallis et Futuna, le libre exercice de leur religion ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes en tant qu’elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit et aux dispositions de la présente loi »30. La chefferie traditionnelle est reconnue officiellement par la République française.

Wallis-et-Futuna est la seule collectivité française à ne pas être découpée en communes. À la place, le territoire est divisé en trois royaumes traditionnels, dénommés « circonscriptions territoriales » dans la loi :

  • Uvea (sur l’île de Wallis), subdivisée en trois districts (Hihifo, Hahake et Mu’a),
  • Alo (au sud-est de l’île de Futuna et sur l’île d’Alofi), anciennement subdivisé en deux districts (Tua au nord, et Alo au sud avec Alofi au sud-est),
  • Sigave (au nord-ouest de l’île de Futuna)33.

Chaque royaume dispose de la personnalité morale et éventuellement d’un budget. Il existe dans chaque royaume un conseil désigné selon la coutume et présidé par le roi. L’administrateur supérieur, à Uvea, et son délégué, à Alo et Sigave, est le chef de la circonscription chargé du pouvoir réglementaire et de l’exécution du budget.

Les trois royaumes ne sont pas héréditaires : ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent les rois. Le pouvoir est assez décentralisé : les rois locaux doivent négocier avec les chefs de village, et répondre aux demandes des aliki qui les élisent et dont l’autorité morale s’appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l’État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

Les royaumes exercent l’équivalent des compétences des communes et une partie de celles des conseils départementaux. Le royaume d’Uvea est en outre divisé en trois districts coutumiers (Hahake, Hihifo et Mu’a) qui regroupent plusieurs villages et exercent certaines compétences.

L’organisation de chaque royaume diffère :

  • à Uvea, le roi (qui porte le titre de Lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d’un premier ministre (Kalae kivalu) et de cinq ministres et nomme, sur proposition de la population, trois chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d’intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d’assemblées générales de village (fono) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono)31. À noter qu’en raison de différends politiques, le royaume d’Uvea n’a plus de roi depuis 2014. Depuis avril 2016, deux Lavelua se disputent le pouvoir à Wallis, sans que l’État français n’ait tranché.
  • à Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave) dispose aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur roi facilement. Depuis le 5 mars 2016, le royaume de Sigave a de nouveau un souverain en la personne de Eufenio Takala34. Le 15 mai, le souverain d’Alo, Petelo Sea, a été destitué35 ; trois semaines après, le royaume a un nouveau souverain en la personne de Filipo Katoa36.

Administration

Sur le plan éducatif, le territoire a le statut de vice-rectorat37. Toutefois, l’enseignement primaire est totalement concédé par l’État, dans le cadre d’une mission de service public, au diocèse catholique de Wallis-et-Futuna au travers d’une convention où l’État finance l’ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des rois qui définit l’usage foncier.

Symboles

Article détaillé : Drapeau de Wallis-et-Futuna.

Politique

Articles connexes : Liste des députés de Wallis-et-Futuna, Liste des sénateurs de Wallis-et-Futuna et Circonscription de Wallis-et-Futuna.
Photographie en noir et blanc d'un homme âgé, portant une moustache, assis.

Le roi de Wallis (Lavelua) Luciano Aisake en 1904.

La vie politique de Wallis-et-Futuna (entendue ici comme le jeu des partis politiques) a longtemps été dominée par le RPR gaulliste, incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et Sosefo Makape Papilio. Il faudra attendre 1989 pour voir la gauche, avec le Parti radical de gauche, être à nouveau portée au pouvoir sur place, avec l’élection du député Kamilo Gata (décédé en 2004). Celui-ci est à son tour battu en 1997 par Victor Brial (neveu de Benjamin), nouveau chef du RPR local et également président de l’Assemblée territoriale de Wallis et Futuna de 1997 à 1999. Ce dernier est battu en juin 2007, contre toute attente, par le socialiste Albert Likuvalu. Celui-ci avait auparavant été brièvement président de l’Assemblée territoriale du 22 février au 24 novembre 2005, bénéficiant alors d’une alliance éphémère entre l’opposition de gauche (7 élus sur 20) et quelques élus divers droites.

Lors des élections territoriales de 2002, la droite locale (encore RPR alors, futur UMP, remporte le scrutin avec 9 élus sur 20 et complète sa majorité avec les 5 représentants divers droite de l’Alliance pour Wallis et Futuna. Toutefois, le leader de celle-ci, Albert Likuvalu, se rapproche de l’opposition locale, formée de 4 élus de l’Union pour Wallis et Futuna (gauche socialiste) et 2 non inscrits. Ces trois formations (Alliance, Union et non-inscrits) forment donc une majorité éphémère de 11 membres sur 20 du 22 février au 24 novembre 2005, l’UMP étant relégué dans l’opposition et Likuvalu prenant la présidence de l’Assemblée. Le 24 novembre 2005, sur fonds de conflits coutumiers à Wallis entre les partisans du roi local et les « rénovateurs », les 4 autres élus de l’Alliance s’éloignent d’Albert Likuvalu et reforment une majorité avec l’UMP. Likuvalu reste quant à lui dans l’opposition, et participe en 2006 à la création de la fédération locale du Parti socialiste. Du 24 novembre 2005 à avril 2007, la nouvelle majorité de droite porte à la présidence de l’Assemblée Erménégilde Simete, membre de l’UMP.

Pour les élections locales du 1er avril 2007, 26 listes s’étaient portées candidates pour 20 sièges. Parmi les élus, 12 se sont finalement rangés dans la majorité UMP-UDF-divers droite qui a porté Pesamino Taputai, représentant local de l’UDF-MoDem, à la présidence de l’Assemblée territoriale. L’opposition, composée de 8 élus, est quant-à-elle organisée autour du PS local d’Albert Likuvalu qui, deux mois plus tard, est élu député contre le sortant Victor Brial. Il est à préciser que parmi les 5 candidats présents au 1er tour, 3 étaient des élus de la majorité à l’Assemblée territoriale : outre Victor Brial pour l’UMP, Pesamino Taputai représentait le MoDem et l’ancien président de l’Assemblée et désormais président de sa commission permanente, Erménégilde Simete, candidat divers droite.

Donc, en théorie la vie politique à Wallis et Futuna est dominée par les représentants locaux des grands partis métropolitains, le FN y étant également présent depuis l’élection présidentielle de 2002 et est représenté par Gaston Lutui qui fut candidat aux législatives de 200238 mais pas en 2007.

La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle qu’il s’agit avant tout de voter pour le candidat proposé par le chef coutumier[réf. nécessaire].

La coutume est omniprésente et se reflète dans la vie politique locale.

Crise politique de 2005

King_Tomasi_Kulimoetoke dans Rue89

Le Lavelua Tomasi Kulimoetoke, décédé en 2007.

En 2005, le territoire fait parler de lui à la suite d’une crise politique ayant eu lieu à Wallis. La crise débute quand un petit-fils du roi d’Uvea (Tomasi Kulimoetoke II, régnant depuis 46 ans) est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d’ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d’abord aux demandes d’arrestation de son petit-fils car les délais entre l’accident mortel et la sanction judiciaire ont été longs compte tenu que ce territoire est rattaché sur le plan judiciaire à la Nouvelle-Calédonie. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l’économie du territoire dépend des aides de l’État et l’administration emploie de nombreuses personnes).

Deux camps s’opposent : d’un côté, les royalistes, partisans du roi Kulimoetoke et de l’autre les « rénovateurs », souhaitant une évolution de la coutume. Une partie des chefs de village, soutenus par le nouveau préfet Xavier de Fürst (qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant leurs griefs), décident alors d’introniser un nouveau roi, Sosefo Mautamakia39. Mais, à l’approche de la cérémonie d’intronisation, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à l’affrontement avec les partisans du roi, qui occupent l’aéroport et édifient des barrages. La situation s’arrange finalement grâce à l’intervention d’un médiateur français qui reconnaît l’autorité du roi Tomasi Kulimoetoke II. La cérémonie d’intronisation des dissidents est alors annulée, mais l’autorité du préfet de Fürst est entamée.

L’affaire laisse des traces et des incidents se produisent en juin 2006 dans le district du nord Hihifo (le préfet de Fürst encourageant les dissidents). Des palabres de réconciliation s’ensuivent, mais les incidents continuent sporadiquement jusqu’en 2014 et reprennent en 2016.

Le 12 mars 2007, le Tribunal administratif [archive] de Mata Utu a examiné une cinquantaine de recours qui avaient été présentés par le royaume d’Uvea pour annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst. Le Tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises par M. de Fürst et condamné l’État français à verser des indemnités à la circonscription territoriale d’Uvea (ce qui correspond à l’entité coutumière du royaume d’Uvea) et aux membres de la chefferie du Lavelua.

Règne de Kapeliele Faupala (2008-2014)

Le 7 mai 2007, Tomasi Kulimoetoke II décède40 à l’âge de 88 ans : son règne aura été l’un des plus longs de l’histoire de Wallis, de 1959 à 2007 (48 ans)41. Après la période de deuil coutumier s’ouvrent les négociations et palabres au sein des familles royales pour la désignation d’un nouveau roi. En juillet 2008, Kapeliele Faupala est intronisé Lavelua42.

Les incidents sur l’île, mêlant droit coutumier et instances républicaines, continuent lorsqu’en 2010, le roi Kapeliele Faupala et ses partisans s’emparent d’EEWF (Électricité et Eau de Wallis-et-Futuna), une filiale de GDF-Suez. Cette action43 a pour origine le licenciement d’un employé d’EEWF pour faute grave, contesté par la chefferie, et a eu pour principale conséquence des coupures d’approvisionnement en eau et électricité pendant plusieurs jours en juillet 201044.

Kapeliele Faupala est destitué le 2 septembre 2014 suite à des désaccords avec son premier ministre45.

Onze ans après la crise de 2005, la réconciliation entre les deux camps semble « peu [probable] tant les blessures réciproques après le conflit de 2005 restent à vif »46 et l’île reste profondément divisée.

Crise coutumière d’avril 2016

En avril 2016, de nouvelles tensions éclatent autour du projet d’intronisation d’un nouveau roi. Vendredi premier avril, la chefferie annonce l’intronisation prochaine de Tominiko Halagahu, chef du district de Hihifo47. Cette nouvelle est inattendue, après plus de deux ans sans Lavelua à Wallis. De nombreux Wallisiens de Nouvelle-Calédonie arrivent à Wallis en vue de cette intronisation. Cependant, une partie des familles royales sont opposées à ce choix et nomment une nouvelle chefferie. Leurs partisans occupent le palais royal à Sagato Soane (à Mata-Utu) depuis le mardi 12 avril48. Alors qu’un accord semblait être trouvé entre les deux chefferies jeudi 14 après des négociations49, la situation prend un nouveau tournant le lendemain : la chefferie en place ne se rend pas aux négociations. Les partisans de la nouvelle chefferie annoncent alors leur refus de l’intronisation et continuent à occuper le palais royal. Pendant ce temps, Tominiko Halagahu est intronisé chez lui, à Vailala, dans le district de Hihifo (nord), vendredi 15 avril. Wallis-et-Futuna 1re commente la situation : « Un point de non-retour est atteint. L’intronisation s’est faite dans des conditions et dans un lieu qu’ils [la nouvelle chefferie] ne peuvent accepter. »50.

Dimanche 17 avril, la nouvelle chefferie (représentant une grande partie des familles royales) intronise elle aussi un Lavelua, Patalione Takumasiva, suivant la cérémonie traditionnelle51. Wallis se retrouve donc dans une situation coutumière inédite, avec deux rois et deux chefferies52. « Le pouvoir coutumier d’Uvea est donc représenté par 2 rois et 12 ministres. La population est totalement divisée »53.

Dans cette situation, le préfet doit arbitrer entre les deux camps ; néanmoins, « l’État ne s’immisce pas dans les affaires coutumières »54. Lundi 18 avril, la situation n’a toujours pas été tranchée par le préfet55. Un mois après le début de cette crise, il y a toujours deux rois à Wallis. Pour l’anthropologue Françoise Douaire-Marsaudon, interviewée sur LTOM, l’État français doit rester absolument neutre et laisser les Wallisiens régler la crise56. Elle estime que cette division entre deux Lavelua concurrents s’explique en partie par les séquelles de la crise coutumière de 200556.

Le samedi 28 mai 2016, deux chefs de village et un faipule (chef de district) sont installés par la nouvelle chefferie : « désormais, Wallis a deux Lavelua et deux grandes chefferies au complet »57.

Économie

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Ancien billet de 1000 francs Pacifique (XFP).

La population, plus pauvre qu’en métropole mais la plus riche du Pacifique-Sud58, n’a majoritairement pas accès à l’économie monétaire (70 % des actifs), et près de 70 % des actifs travaillent pour l’administration publique. Moins de 1 000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou privées (notamment l’artisanat de la nacre destiné à l’exportation et issu de la pêche de coquillages).

Depuis 1976, l’emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400 emplois non-marchands pour 4 000 actifs à plus de 1 070 sur 1 800 emplois dans le secteur marchand. Si plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il n’y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi, ce chômage important est compensé par un exode massif de la population, surtout des jeunes qui tentent leurs chances en Nouvelle-Calédonie, en Australie, ou directement en France métropolitaine.

Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique aussi que l’île voisine d’Alofi n’est pas habitée. Cette carence ne permet qu’une économie essentiellement rurale axée sur la pêche artisanale dans le lagon et l’agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels, l’environnement régional étant encore plus démuni qu’elles. Cet isolement engendre des difficultés techniques mais permet aussi d’adopter d’autres modes de vie. Par exemple, Futuna n’est dotée de la télévision que depuis le 24 décembre 1994.

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Nouveau billet de 1000 francs Pacifique (XFP)

La dangerosité et les difficultés d’accès maritime aux îles, liées à leur environnement naturel dangereux, l’absence de port en eaux profondes combinée à l’éloignement des grandes routes commerciales avec les pays plus riches comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître le coût des importations de produits manufacturés) ou même l’insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement touristique contraignent ces îles à un développement difficile et nécessitant un apport constant de capitaux publics.

Une partie des recettes publiques est constituée par la taxe annuelle forfaitaire sur des sociétés extraterritoriales, qui n’ont aucune activité sur le Territoire de Wallis-et-Futuna, appelées aussi sociétés « offshore ». Il n’est pas certain que ces recettes perdurent. En effet les niches fiscales étant remises en cause, ces sociétés ont de manière certaine un caractère délictueux, du fait qu’il s’agit de sociétés fictives ou société écran (coquille vide) dont le seul but est de frauder l’impôt et les taxes en France ou dans d’autres pays. Il faut rappeler que le code pénal et le code de commerce sont applicables à Wallis-et-Futuna, la résultante de cette applicabilité constituant les délits de blanchiment, d’abus de biens sociaux et de recel d’abus de biens sociaux.

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Ancien billet de 5000 francs CFP.

Toujours dans le même registre de sociétés fictives, Wallis-et-Futuna est spécialisé dans les pavillons de complaisance. L’immatriculation de navires marchands dans des paradis fiscaux « spécialisés » aux travers de sociétés fictives, permet d’échapper (de manière illégale) aux obligations sociales et fiscales des États, d’où les mises en garde de l’ONU et OCD et autres organismes de régulation internationale.

Le tourisme sur l’île de Wallis est faiblement développé avec seulement quatre établissements hôteliers offrant 44 chambres et 3 bungalows. Il existe quelques restaurants à Mata-Utu ainsi qu’un supermarché. Les produits frais tels que la viande arrivent essentiellement par transport aérien de Nouméa59. Certaines activités ne sont disponibles que par le biais d’associations locales (tennis, plongée sous-marine, ULM…)60. L’île de Futuna ne dispose que de deux hôtels offrant 11 chambres61.

Il n’y a sur le territoire qu’une seule banque, la Banque de Wallis-et-Futuna ; la BWF est une filiale de BNP Paribas. Le Trésor public n’ouvre plus de comptes et La Poste n’y a pas de services financiers. La banque sur Futuna n’est ouverte que deux jours par mois61.

Le service des postes et télécommunications de Wallis-et-Futuna a une activité d’émission de timbres-poste qui peut intéresser les philatélistes62.

Culture

Une danse wallisienne (faka niutao), exécutée par des jeunes filles en 1943 (archives de la marine américaine).

La culture de Wallis-et-Futuna est encore méconnue et très peu documentée. Cependant, il existe un service des Affaires culturelles63 sur le territoire situé à Aka’aka dans le district de Hahake à Wallis.

À propos de la culture wallisienne et futunienne, l’anthropologue Dominique Pechberty écrit : « Wallis et Futuna sont parmi les rares îles polynésiennes à avoir conservé vivantes des coutumes qui ailleurs ont progressivement disparu lors des contacts répétés avec les Occidentaux (…) Il ne s’agit pas d’un folklore à l’usage des touristes, ni de la reconquête d’un patrimoine culturel pour retrouver une identité perdue. »64

Archéologie

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Ruines du fort Talietumu.

L’un des sites archéologiques majeurs de Wallis est le fort tongien de Kolo Nui à Talietumu, dans le district de Mu’a.

Les églises à Wallis-et-Futuna

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L’église Saint-Joseph, dans le village de Mala’efo’ou (Wallis).

La construction des églises sur le territoire peut être considéré comme un art. Toutes différentes les unes des autres , ces dernières sont en pierres volcaniques pour la plupart et très colorées. Elles sont présentes dans chaque district et dans chaque village. Les pierres toutes sculptées à la main. Sur Wallis,on compte un peu près 26 monuments religieux et sur Futuna, elles sont au nombre de 22. Seuls monuments imposants du territoire, elles font partie intégrante du patrimoine culturel.

Danses traditionnelles

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Danse de soamako.
Article détaillé : Danses de Wallis-et-Futuna.

Chaque année, le territoire organise des concours de danses traditionnelles, la plus connue étant le Soa mako65. On peut aussi voir lors de ces concours la danse du Niutao, du Kailao, du Eke, etc. La plupart du temps, ce sont des danses guerrières. Les textes des chants qui accompagnent les danses sont composés pour chaque fête ou grande occasion : le répertoire musical est donc régulièrement renouvelé66. Une partie des danses sont réalisées debout, tandis que le reste des danses se font assis. Pour Raymond Mayer, « elles constituent un phénomène social qui dépasse la simple analyse musicale et esthétique »66.

Artisanat

Dans cet onglet culturel, il est important de noter la forte présence de l’artisanat sur les deux îles. Quatre matériaux essentiels à cette activité peuvent être listés :

  • Le bois (tel que le feta’u) est utilisé pour la réalisation de sculptures représentant la plupart du temps les animaux et la nature.
  • La noix de coco est très prisée pour son huile. Cette dernière est mélangée à d’autres fleurs comme la tiaré ou l’ylang-ylang pour la confection de l’huile parfumée locale. C’est l’équivalent du Mono’i.
  • Les coquillages sont utilisés pour la confection de divers colliers et parures.

Tapa fidjien.
  • Le tutu est une fibre végétale.Elle est utilisée pour la confection des lafi (sur Futuna) et gatu (sur Wallis), plus connu sous le nom de tapa. Ce dernier est présent sur de nombreuses îles du Pacifique. Cette fibre peut être décorative ou utilisée comme vêtement, notamment pour les mariages, ou en guise de linceul.

Peinture

Artistiquement parlant, le territoire compte quelques artistes peintres, tels que :

  • Aloisio Pilioko 67
  • Soane Takaniua 68
  • Rebecca Kulimoetoke

Plusieurs artistes wallisiens et futuniens vivent également en Nouvelle-Calédonie et en France métropolitaine.

Poésie

Virginie Tafilagi est la seule poète wallisienne du territoire. Elle a participé à la rédaction de deux ouvrages collectifs : Sillage d’Océanie 2009 avec l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie et Outre-Mer : trois océans en poésie69 en 2011, avec Maituku Kolonalio[réf. nécessaire].

Musique

Article connexe : Musique polynésienne.

Le territoire de Wallis-et-Futuna se caractérise par une production musicale importante, allant de la musique traditionnelle a cappella nommée Hua lau et accompagnée de percussions en bois, à de la variété, de la pop ou du reggae. La plupart des chansons sont composées en wallisien ou en futunien. Les artistes sont produits sur le territoire.

Le Hua lau désigne le chant traditionnel qui est chanté par le Lau qui est un groupe polyphonique. Ce dernier peut être mixte. Les chants abordent différents thèmes : les histoires d’amour, la guerre, les grands événements historiques, la mort, etc. L’une des caractéristiques musicales du territoire réside dans son traitement du décès dans ses chants. Les familles peuvent demander aux auteurs de composer des chants funèbres en mémoire de leurs morts.

« Le répertoire des chants wallisiens en effet n’est pas de type cumulatif, mais de type transitoire : les chants naissent, se connaissent, puis meurent – progressivement et définitivement – par oubli. Ce phénomène de déperdition, ou plus exactement d’effacement par remplacement, se lira concrètement dans les textes de chants funèbres »70

Les fêtes coutumières – le katoaga

Photo en couleur montrant des cochons cuits, disposés régulièrement sur le sol les pattes en l'air. Des nattes colorées sont posées sur certains d'entre eux. Des voitures sont visibles à l'arrière plan, quelques personnes marchent sur le côté. Un groupe de personnes est assis sur une natte sur le côté gauche de la photo.

Cochons et nattes alignées devant le palais royal Sagato Soane à Matā’Utu lors d’un katoaga à Wallis.

Concernant les traditions, il est intéressant de noter que sur les deux îles, l’animal coutumier est le cochon. Lors des cérémonies, plusieurs cochons sont sacrifiés et offerts en offrande au Roi et à toute la chefferie. À Wallis, ces cérémonies portent le nom de katoaga64 et sont profondément ancrées dans la culture wallisienne, rythmant la vie quotidienne : elles ont lieu lors d’une fête religieuse, d’un événement familial ou des fêtes profanes comme le 14 juillet.

Cinéma

En 2015 est tourné le premier épisode de la série Foha Tau (les fils de la guerre)71. Initié par la société Cinemata (l’œil du ciné). Cette série est la première tournée entièrement en wallisien. Foha Tau raconte les contes et légendes du Pacifique sud avec une première saison de 3 épisodes, de 60 minutes chacun, diffusée en 2016 et 2017 sur les chaines de télévision publique française Wallis et Futuna 1ère et Nouvelle Calédonie 1ère.

Saison 1 :

  • épisode I : La promesse d’une île ;
  • épisode II : La mélodie du témonio ;
  • épisode III : La bataille d’Uvea.

Sorti en 2016, le film de Sacha Wolff, Mercenaire, premier long-métrage parlé également en wallisien, raconte le départ d’un jeune joueur de rugby wallisien pour la métropole72.

Notes et références

  1. Insee – Résultats du recencement de la population de 2013 à Wallis-et-Futuna [archive], dans Insee Première, n° 1511, août 2014
  2. De bonnes sources, dont l’INSEE et son Code officiel géographique [archive], écrivent la forme courte « Wallis et Futuna » mais aussi, probablement par erreur, « Wallis-et-Futuna ». Pour d’autres raisons, la Commission nationale de toponymie [archive] et plusieurs textes officiels n’emploient la graphie sans traits d’union qu’après « les îles ». « Wallis-et-Futuna » a un court avantage : être au masculin singulier incontestablement.
    Les organismes non gouvernementaux, y compris les chaines de télévision et radio publiques, peuvent dériver leur propre marque commerciale ou de service avec ou sans traits d’union, aussi bien en forme courte que longue.
  3. « Loi n° 61-814 modifiée par LOI organique n° 2010-704 du 28 juin 2010 – art. 21 (V) » [archive], sur Legifrance (consulté le 16 novembre 2016).
  4. Bien que la réforme constitutionnelle française de 2003 crée des collectivités d’outre-mer, depuis, aucune loi organique n’a modifié le statut du territoire qui demeure organisé comme à l’époque du TOM.
  5. Ministère des Outre-mer – Présentation de Wallis et Futuna [archive], consulté le 8 octobre 2016
  6. IGN magazine, no 54, juillet-août 2009, p. 8. Lire en ligne [archive] [PDF]
  7. a, b et c Angleviel 1994, p. 1
  8. Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de Wallis – Etat des lieux et diagnostic| https://www.researchgate.net/publication/300285849_Schema_d’Amenagement_et_de_Gestion_des_Eaux_de_Wallis/ [archive]
  9. Frédéric Angleviel, « Wallis 1825-1858. Contacts, mutations, permanences », Revue française d’histoire d’outre-mer, vol. 76,‎ 1989, p. 95–110 (DOI 10.3406/outre.1989.2744, lire en ligne [archive])
  10. Pechberty et Toa 2004, p. 25
  11. a, b et c Marc Soulé, « Les bouleversements de la société coutumière lors de la présence américaine à Wallis (1942 – 1946) », dans Sylvette Boubin-Boyer (dir.), Révoltes, conflits et Guerres mondiales en Nouvelle-Calédonie et dans sa région, L’Harmattan, 2008 (ISBN 9782296051225)
  12. Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna: espaces et temps recomposés : chroniques d’une micro-insularité, Presses Universitaires de Bordeaux, 1995, 404 p. (lire en ligne [archive]), p. 134-138
  13. Dossier statistique de l’INSEE sur le recensement de Wallis-et-Futuna en 2008 [archive]
  14. Les populations des circonscriptions des îles Wallis-et-Futuna [archive] (INSEE) et décret no 2009-9 du 5 janvier 2009 [archive] authentifiant les résultats du recensement de la population effectué dans les îles Wallis-et-Futuna en 2008.
  15. « Insee – Territoire – Wallis et Futuna a perdu près du cinquième de sa population en dix ans » [archive], sur www.insee.fr (consulté le 6 février 2016)
  16. « Histoires et migrations à Wallis et Futuna », Bulletin de la Société d’études historiques de Nouvelle-Calédonie,‎ 1979
  17. Populations légales au recensement de la population 2013 de Wallis-et-Futuna [archive].
  18. Recensements généraux de population [archive].
  19. Historique des recensements et enquêtes réalisés à Wallis-et-Futuna [archive].
  20. E. Dubouzet, Capitaine de corvette l’Allier, « N°1 – Rapport adressé à M. le capitaine de vaisseau LAVAUD, commandant la station de Nouvelle-Zélande, par M. le capitaine de corvette E. Dubouzet, commandant la corvette de charge l’Allier, sur les résultats de sa mission aux îles Vavao, Wallis, Futuna », dans M. Bajot et M. Poirré, Annales maritimes et coloniales : Recueil de lois et ordonnances royales, règlements et décisions ministérielles, mémoires, observations et notices particulières, concernant tout ce qui peut intéresser la marine et les colonies sous les rapports militaires, administratifs, judiciaires, nautiques, consulaires et commerciaux., t. 1 : 28ème année, Paris, Imprimerie Royale, 1843, 1140 p. (lire en ligne [archive]), p. 5-61
  21. http://kodamian.over-blog.com/article-une-population-qui-diminue-sur-notre-fenua-102341723.html [archive]
  22. http://www.outre-mer.gouv.fr/?presentation-wallis-et-futuna.html#outil_sommaire [archive]
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Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Article détaillé : Bibliographie sur Wallis-et-Futuna.

Sur Wallis-et-Futuna

Ouvrages scientifiques
  • Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III), 1994 (lire en ligne [archive])
  • Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna : espaces et temps recomposés. Chroniques d’une micro-insularité, Presses universitaires de Bordeaux, 1995, 404 p. (ISBN 2-905081-29-5, lire en ligne [archive])
  • Daniel Frimigacci, Bernard Vienne, J.-P. Siorat (collab.), Wallis, Futuna : 3 000 ans d’histoire, Nouméa, Association de la jeunesse wallisienne et futunienne de Nouvelle-Calédonie, 2001, 64 p.
  • Odon Abbal, Wallis et Futuna aux temps premiers de la Mission (1841-1862) : Extraits des Annales pour la propagation de la foi, Lyon-Paris, L’Harmattan, 2003, 426 p. (ISBN 978-2-7475-5714-6, présentation en ligne [archive])
  • Allison Lotti, Le Statut de 1961 à Wallis et Futuna : genèse de trois monarchies républicaines, Paris, L’Harmattan, 2011, 532 p. (ISBN 978-2-296-13871-1, lire en ligne [archive])
Récits de voyage, reportages, livres illustrés et autres
  • Philippe Godard, Wallis et Futuna, Nouméa, Éditions Melanesia/Éditions d’Art Calédoniennes, 1991 (1re éd. 1975), 204 p.
  • Jean-François Marin, Ko Uvea mo Futuna : Îles de Wallis et Futuna, C’est dans l’air, 2012, 135 p. (présentation en ligne [archive])
  • Jules Seitz et Collège Vaimoana (ill. Marcel Bosserelle), Un herbier : Wallis et Futuna : textes des élèves du BEPA de Lavegahau, Lavegahau, Café Fale, 2003.

Sur Futuna spécifiquement

Sur Wallis spécifiquement

  • Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à ʻUvea (Wallis), L’Harmattan, 2004 (lire en ligne [archive])
Romans, recueils

Documentaires vidéos

  • Thalassa : Wallis et Futuna, 25 min 32 s, 1980
  • Capitale du Pacifique : Wallis et Futuna, Mata’utu, Visite et découverte, 51 min, 2004
  • Thalassa : Wallis et Futuna, 19 min, 2007
  • Des îles et des hommes : Wallis et Futuna, les îles sœurs, 50 min, 2010
  • Passion Outre-Mer, Grand format : Wallis et Futuna, seuls au monde, 1 h 50, 2015

Articles connexes

Liens externes

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Kerguelen

Îles Kerguelen

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kerguelen et Île de la Désolation.
Îles Kerguelen
Archipel Kerguelen
Image satellite des îles Kerguelen.
Image satellite des îles Kerguelen.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Océan Indien, Plaque antarctique
Coordonnées 49° 20′ 00″ S, 69° 20′ 00″ E
Superficie 7 215 km2
Côtes 2 800 km
Nombre d’îles 300
Île(s) principale(s) Grande Terre
Point culminant Mont Ross (1 850 m sur Grande Terre)
Géologie Îles volcaniques
Administration
Statut District des Terres australes et antarctiques françaises

Territoire d’outre-mer Terres australes et antarctiques françaises
Démographie
Population 120 hab. (2012)
Densité 0,02 hab./km2
Plus grande ville Port-aux-Français
Autres informations
Découverte 12 février 1772 par Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec
Fuseau horaire UTC+05:00
Site officiel http://www.taaf.fr [archive]

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)

Îles Kerguelen
Îles Kerguelen
Archipels en France
modifier Consultez la documentation du modèle

Les îles Kerguelen12 ou archipel Kerguelen3, jadis surnommées « îles de la Désolation », forment un archipel français au sud de l’océan Indien et constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Elles sont éloignées de plus de 3 400 km de La Réunion, terre habitée la plus proche. L’île principale, la Grande Terre, qui couvre plus de 90 % de la surface, est la troisième plus grande île française (après la Nouvelle-Calédonie et la Corse) ; c’est également la plus grande de toutes les îles sub-antarctiques (devant la Malouine orientale).

Ces îles, d’origine volcanique, au relief montagneux, culminent à 1 850 m, au mont Ross. Les côtes, très découpées, sont entaillées de fjords profonds. L’intérieur des terres est parsemé de nombreux lacs et étangs. La région occidentale est surmontée par la calotte glaciaire Cook qui s’étend sur 400 km2.

Il y règne un climat froid mais non glacial (les températures moyennes d’été sont inférieures à 10 °C mais celles d’hiver sont supérieures à 0 °C), extrêmement venteux.

Ces terres furent découvertes le 12 février 1772, par le navigateur breton Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec. Elles sont restées, malgré quelques tentatives de colonisation, dépourvues d’habitants permanents.

Jusqu’au début du XXe siècle, les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l’archipel et en ont massacré la faune. Les populations animales se sont aujourd’hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d’oiseaux et de mammifères marins mais les écosystèmes doivent néanmoins subir le développement d’espèces introduites volontairement ou involontairement par l’homme. Les îles et les eaux territoriales sont pour l’essentiel classées en réserve naturelle. La zone économique exclusive est l’une des zones de pêche de la légine.

Depuis 1950, la France assure le fonctionnement continu de la station de Port-aux-Français, base logistique, technique et scientifique où se relayent régulièrement 45 à 100 personnes. La 68e mission est actuellement en cours.

Sommaire

Géographie

Principaux sites des îles Kerguelen

Situation

L’archipel se situe sur le plateau sous-marin de Kerguelen, dont il constitue un des sommets émergés, avec les îles Heard-et-MacDonald. Il se trouve à une distance d’environ :

Les terres les plus proches sont :

Malgré ce que pourrait laisser penser son climat froid, l’archipel est relativement éloigné des régions polaires. En fait, les îles Kerguelen se situent dans une bande de latitude (australe) comparable à la Haute-Normandie dans l’Hémisphère nord : ainsi Port-aux-Français est aussi éloigné du pôle Sud que Rouen du pôle Nord.

Topographie

L’archipel, d’une superficie d’environ 7 215 km2, est constitué d’une île principale, la Grande Terre entourée de plus de 300 îles et îlots satellites. La plupart sont très proches de l’île principale (souvent quelques centaines de mètres, parfois moins), si l’on excepte les groupes plus éloignés des îles Nuageuses et des îles Leygues au nord et quelques îlots au sud. Les côtes sont dans leur ensemble extrêmement découpées avec quelques grands golfes (Morbihan, des Baleiniers, Choiseul, baie d’Audierne) et de nombreuses baies secondaires ainsi que de longs fjords (Bossière, Karl Luyken, etc.). Elles se développent sur une longueur d’environ 2 800 km4. Le point culminant de l’archipel est le volcan du mont Ross qui atteint 1 850 m d’altitude. La zone économique exclusive (ZEE normalement fixée à 200 milles des côtes) a été étendue à 350 milles en 2015 après l’avis favorable de l’Organisation des Nations unies5.

La Grande Terre avec ses 6 675 km2 (les 34 de la superficie de la Corse) représente 92 % de la superficie totale de l’archipel et s’étend sur environ 150 km d’ouest en est et sur 120 km nord au sud.

Elle est couverte, au centre-ouest, par la calotte glaciaire Cook d’une superficie d’environ 400 km2 qui culmine au Dôme à près de 1 050 m d’altitude. Plus d’une vingtaine de glaciers, plus ou moins bien individualisés s’en écoulent dont les principaux sont, dans le sens des aiguilles d’une montre : les glaciers Agassiz, de Chamonix, Dumont d’Urville, Vallot, Naumann, de l’Explorateur, Ampère, Lavoisier, Descartes, Curie, Pasteur-Mariette.

La Grande Terre présente de nombreux diverticules dont les principaux sont :

Parmi les autres îles, la plus grande est l’île Foch (centre-nord) qui couvre plus de 200 km2 et qui est séparée de la Grande Terre par le détroit de Tucker.

D’autres îles peuvent être signalées :

Géologie

220px-Kerguelen-Plateau-Topography

Le plateau de Kerguelen : un petit « continent » immergé.
220px-Kerguelen_geologic_map-fr.svg

Carte géologique simplifiée de l’archipel Kerguelen.
Article détaillé : Géologie des îles Kerguelen.

L’archipel constitue une des parties émergées du plateau sous-marin de Kerguelen-Heard, un plateau océanique situé sur la plaque antarctique6,7, qui couvre près de 2,2 millions de km28 et qui possède un homologue, Broken Ridge, situé symétriquement par rapport à l’axe de la dorsale est-indienne9.

La majeure partie des formes géologiques visibles sur l’archipel sont caractéristiques d’un volcanisme effusif de type trappéen dont la mise en place au-dessus du niveau de l’océan a débuté il y a 35 millions d’années. L’accumulation est considérable : les coulées basaltiques épaisses chacune de 3 à 10 mètres se superposent parfois sur plus de 1 200 mètres. Ce type de volcanisme donne un relief monumental en forme d’escaliers ou de pyramides.

Localement d’autres formes volcaniques sont présentes, notamment le volcan strombolien que constitue le mont Ross ou le complexe volcano-plutonique de la péninsule Rallier du Baty. Les injections et extrusions de laves différenciées (trachytes, trachy-phonolites, phonolites) sont également fréquentes un peu partout. Aucune activité éruptive n’a été observée historiquement mais des fumerolles sont toujours actives dans le sud ouest de la Grande Terre.

Quelques niveaux à lignites se trouvent interstratifiés dans les coulées de basaltes et recèlent des fossiles d’araucariacées datés d’environ 14 millions d’années.

Enfin les glaciations ont provoqué des phénomènes d’enfoncement et de basculement à l’origine des golfes marins du nord et de l’est de l’archipel. L’érosion fluvio-glaciaire très active a modelé les vallées et les fjords et permis également la formation de complexes détritiques à conglomérats et la constitution de la plaine de la péninsule Courbet.

Climat

L’archipel connaît un climat océanique froid mais non glacial. Il est fortement soumis au réchauffement climatique, la calotte glaciaire Cook a ainsi perdu 22% de sa surface entre 1963 et 200310 tandis que la température moyenne augmentait de 1,3 °C11. Ce réchauffement se poursuit depuis12. Il est balayé en permanence par des vents forts13.

La dénomination du climat de l’archipel varie selon les classifications:

Des conditions sensiblement comparables peuvent se rencontrer en Patagonie chilienne ou en Islande, et bien sûr dans d’autres îles sub-antarctiques (Archipel des Crozet, îles Malouines, etc.).

Toutes les données météorologiques concernent la station de Port-aux-Français dont la position d’un point de vue climatique est l’une des plus favorables de l’île, car située sur la côte sous le vent au bord d’un golfe abrité.

La température moyenne annuelle y est de 4,9 °C avec une amplitude faible d’environ 6 °C15, les mois les plus chauds étant ceux de janvier et février avec une moyenne de 7,8 à 8,2 °C et le mois le plus froid celui d’août avec 2,1 °C. Les maxima absolus relevés dépassent rarement les 20 °C, tandis qu’à l’autre extrême aucune température inférieure à −10 °C au niveau de la mer n’a été constatée.

Le record de chaleur est de 23,1 °C en avril et le record de froid est de −9,5 °C atteint le 11/08/201416.

Les précipitations sont fréquentes, et peuvent se produire sous forme de pluie comme de neige, tout au long de l’année. La hauteur annuelle moyenne à Port-aux-Français est cependant modeste et n’atteint que 708 mm, mais sur la côte ouest à l’opposé, on estime qu’il tomberait trois fois plus d’eau.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,4 4,7 4,1 3,2 1,5 0,4 −0,3 −0,4 −0,2 0,7 2 3,4 1,9
Température moyenne (°C) 7,8 8,2 7,3 6,1 4,2 2,8 2,2 2,1 2,5 3,9 5,3 6,8 4,9
Température maximale moyenne (°C) 11,1 11,5 10,5 9 6,7 5,2 4,7 4,6 5,3 7 8,6 10,1 7,8
Record de froid (°C) −1,5 −1 −0,9 −2,7 −5,9 −8,3 −8 −9,5 −7,7 −5 −3,7 −1,2 −9,5
Record de chaleur (°C) 22,3 22,3 20,6 23 16,8 14,5 13,4 14,4 15,8 19,1 21,3 21,6 23
Précipitations (mm) 72,2 49,5 57,5 59,6 59,9 75,9 62,9 63,4 62,3 59,3 51,9 55,1 727
Source : MeteoStats17

Les montagnes sont donc fréquemment couvertes de neige mais peuvent s’en dégarnir rapidement et fortement avec la pluie. Il existe plusieurs glaciers permanents marqués depuis plusieurs décennies par un net recul et pour les plus petits d’entre eux par une disparition complète18.

Le vent d’ouest, qu’aucune végétation ne coupe, souffle quasi continuellement à une moyenne de 35 km/h, l’archipel se trouvant dans les « quarantièmes rugissants ». Les vents de 150 km/h sont courants et atteignent parfois 200 km/h.

Des hauteurs de houle de douze à quinze mètres sont courantes, mais l’archipel offre aux bateaux de nombreux abris protégés (dont l’historique Port-Christmas à la pointe nord-ouest).

Hydrologie

Cours d’eau

Les principaux cours d’eau de l’archipel sont :

Lacs

Article détaillé : Liste des lacs des îles Kerguelen.

Les principaux lacs de l’archipel sont :

Administration

220px-TAAF_%281958%29

Ici le drapeau, créé en 2007, des Terres australes et antarctiques françaises.

Depuis 1955, l’archipel des Kerguelen constitue l’un des quatre puis cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il est administré depuis la ville de Saint-Pierre, à La Réunion, mais il ne fait pas pour autant partie de ce département d’outre-mer19. Les TAAF sont en effet placées sous l’autorité de l’administrateur supérieur qui exerce les fonctions de chef du territoire et qui jouit du rang de préfet20.

Un chef de district est le représentant dans l’archipel de l’administrateur des TAAF21,22. Un des rôles des chefs de district dans les TAAF est de diriger les bases qui s’y trouvent. Sur les Kerguelen cette fonction concerne essentiellement la base de Port-aux-Français22.

De plus, les Kerguelen, comme les autres territoires d’outre-mer, sont associées à l’Union européenne, en tant que PTOM (pays et territoires d’outre-mer)23.

Enfin le budget du district est lié au budget général des TAAF qui représente actuellement 26 millions d’euros23.

Histoire

Une découverte tardive

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Yves de Kerguelen vers 1780 (g.) et James Cook (d.) en 1776.

L’archipel est découvert le 12 février 1772 par le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec qui l’aborde par le nord-ouest et ne peut accoster, en raison du mauvais temps, que quarante lieues plus au sud dans l’anse du Lion-Marin. Il le baptise « France australe »24 et en prend possession au nom du roi de France. Rentré en France, il fait miroiter à Louis XV la possibilité qu’il s’agisse d’un nouveau continent austral, afin d’organiser une seconde expédition. De retour dans l’archipel en décembre 1773, il entre dans la baie de l’Oiseau et envoie le 6 janvier 1774 son lieutenant Henri Pascal de Rochegude à terre y laisser un message dans une bouteille placée en évidence sur un rocher au fond de l’anse. La bouteille contient un document attestant la prise de possession au nom de la couronne française et les deux passages de navires français25 :

« Ludovico XV. galliarum rege, et d.* [omino] de Boynes regi a Secretis ad res maritimas annis 1772 et 1773. »

Quatre ans plus tard, James Cook aborde l’archipel le 25 décembre 1776 au nord-ouest également, jetant l’ancre dans la baie de l’Oiseau, et nomme le havre naturel Christmas Harbour avant de découvrir le message dans la bouteille, auquel il ajoute la mention de son propre accostage25. De fait, James Cook valide l’antériorité de la découverte et de la possession françaises en proposant d’appeler cette île du nom de Kerguelen, alors qu’il avait aussi pensé au terme, approprié à ses yeux, d’« île de la Désolation »25.

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Hope Cottage de John Nunn à Pointe Charlotte

Le marin britannique John Nunn fit naufrage sur l’archipel en août 1825. Nunn et ses trois équipiers restèrent bloqués sur l’île jusqu’à leur sauvetage en février 1827. L’archipel des Kerguelen est tout au long du XIXe siècle une halte pour de nombreux navires baleiniers et phoquiers, principalement américains et britanniques, lors de leurs campagnes dans les mers du Sud.

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Port-Christmas le 2 janvier 1893 (haut) et Port-Gazelle le 8 janvier 1893 (bas) lors du renouvellement de la prise de possession de l'archipel par l'équipage de l'Eure.
Port-Christmas le 2 janvier 1893 (haut) et Port-Gazelle le 8 janvier 1893 (bas) lors du renouvellement de la prise de possession de l’archipel par l’équipage de l’Eure.

L’archipel n’est cependant pas habité à cette époque de manière permanente par des Français, ce qui laissait courir le risque d’une éventuelle prise de possession par un autre pays. Le président Sadi Carnot prend alors la décision de renouveler la souveraineté de la France sur ses terres australes et envoie l’aviso Eure sous le commandement du capitaine de frégate Louis Lieutard26 réaliser une série de prises de possessions solennelles dans les terres australes françaises. Il mouille en premier à Port-Christmas le 1er janvier 1893, réitère la prise de possession française par vingt et un coups de canon, une levée des couleurs au mât et l’apposition d’une plaque indicative en cuivre portant l’inscription « EURE – 1893 » sur le site, avant de renouveler durant quinze jours ces opérations en différents lieux de l’archipel dont Port-Gazelle27,28. La même année, le gouvernement concède aux frères Henry et René-Émile Bossière l’exploitation de l’archipel des Kerguelen pour cinquante ans. Ils tentent d’établir un élevage de moutons, sur le principe suivi aux îles Malouines, et l’exploitation des ressources en huile animale ; ces deux entreprises périclitent à l’orée du premier conflit mondial.

En 1908–1909 (à bord du J.-B.-Charcot) puis en 1913–1914 (avec la Curieuse), le navigateur-écrivain Raymond Rallier du Baty et son frère Henri explorent les rivages, les baies et les terres de l’archipel pour établir la première toponymie officielle de ces terres. Le géologue Edgar Aubert de la Rüe, assisté par son épouse Andrée, entreprend l’étude géologique et géographique de l’archipel lors de quatre campagnes (1928–1929, 1931, 1949–1950, 1952) et poursuit les travaux de dénomination.

En 1924, les îles Crozet, Saint-Paul, Amsterdam et Kerguelen sont rattachées à l’administration du gouvernement général de Madagascar, comme district des « îles Éparses » dépendant de la province de Tamatave. La station permanente de Port-aux-Français créée en 1950 a permis une étude détaillée de l’environnement géophysique et géologique, de la faune marine et terrestre, et de la flore.

Au début des années 1960, les Kerguelen furent envisagées comme site d’essais nucléaires29.

Fin 2008, lors du Vendée Globe, Bernard Stamm y échoue son bateau, Cheminées Poujoulat.

Toponymie

Article détaillé : Toponymie des îles Kerguelen.

Le découvreur des îles, Yves de Kerguelen, croyant découvrir un continent, baptise en 1772 cette terre « France australe »30. Quatre ans plus tard, le capitaine Cook montre qu’il s’agit d’un ensemble d’îles et leur attribue le nom de leur découvreur. Les îles Kerguelen sont parfois également désignées officiellement par l’appellation « archipel Kerguelen »31. Plus couramment, on parle simplement de « Kerguelen » voire, en langage taafien, de « Ker ».

L’archipel, inhabité lors de sa découverte en 1772, resta sans population permanente depuis, exception faite d’une tentative d’installation d’une ferme, quelques occupations ponctuelles pour des activités baleinières, et depuis les années 1950, une présence scientifique française et la création d’une base permanente. La toponymie de l’archipel lui a donc été donnée ex nihilo, par les différents explorateurs, des baleiniers ou phoquiers ayant fréquenté ses eaux et ses mouillages puis au XXe siècle, puis une fois la possession française de l’archipel réaffirmée, par quelques institutions françaises.

Selon l’historienne Gracie Delépine, les toponymes de l’archipel des Kerguelen sont « les témoins, à la fois de la découverte faite progressivement par les Européens, en même temps que de la civilisation intellectuelle de ces mêmes Européens. Les toponymes ont été laissés sur l’archipel, depuis la découverte en 1772 jusqu’à aujourd’hui, par les explorateurs, chasseurs, pêcheurs, savants, marines nationales de tous pays : il y en a plus de mille. De plus, ils donnent un portrait géographique des îles, de même qu’une description zoologique et botanique : ils en font l’histoire naturelle32. »

Les noms que l’on trouve sur l’archipel ont principalement été donnés lors32:

  • des deux expéditions d’Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec (1772 et 1773)
  • du passage de James Cook (1776)
  • des séjours de baleiniers et de phoquiers à la fin du XVIIIe siècle et au cours du XIXe siècle principalement au travers de la carte de Rhodes (1799) et la carte de Nunn (1850)
  • des deux séjours de Raymond Rallier du Baty (1908–1909 puis 1913–1914), première toponymie officielle
  • des opérations de la Commission de Toponymie (de 1966 à 1971)

Activités

Ferme abandonnée de Port-Couvreux.

L’activité principale de l’archipel est la recherche scientifique :

  • géologie, volcanologie, sismologie, géomagnétisme et pétrologie ;
  • météorologie ;
  • océanographie;
  • biologie, zoologie, botanique et écologie ;
  • hydrographie
  • médecine et biologie humaine ;
  • ichtyologie.

Pour ce faire, la France a créé en 1950 la station permanente de Port-aux-Français.

Les Kerguelen n’ont pas d’habitants permanents et n’abritent que le personnel de la base établie à Port-aux-Français (de 45 en saison d’hiver à 120 personnes en campagne d’été). En hiver, la population est composée de :

  • Un chef de district ;
  • Une douzaine de volontaires civils à l’aide technique chargés de missions scientifiques dont un coordinateur (Géner), deux ornithologues, quatre écologues, trois instrumentistes et trois agents de la Réserve naturelle ;
  • Une quinzaine de militaires détachés des trois armées ;
  • L’équipe cuisine, composée d’un cuisinier, un second de cuisine, un boucher, un boulanger-pâtissier et un serveur ;
  • Du personnel contractuel assurant la rénovation et l’entretien technique des bâtiments et des routes ;
  • Du personnel assurant le fonctionnement de la station CNES (deux personnes) ;
  • Du personnel de Météo-France (trois personnes).

Un navire, la Curieuse N.O., affrété par l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor est attaché à l’archipel et sert de support logistique aux programmes scientifiques.

Par ailleurs, en 1992, le Centre national d’études spatiales (CNES) a installé une station de poursuite de satellites, sur un plateau situé à 4 km à l’est de la base de Port-aux-Français.

L’agriculture était limitée à l’élevage extensif de quelque 3 500 moutons sur l’île Longue pour l’alimentation des résidents33 et à la production de quelques légumes frais sous serre à Port-aux-Français. En 1911, Valérien Culet, berger et « guide à touristes » de Bonneval-sur-Arc, accompagne le baron Pierre Decouz à l’archipel des Kerguelen, pour y mettre en place, à la demande des frères Bossière, personnalités havraises concessionnaires des îles australes françaises, l’élevage de moutons en liberté. Actuellement, il n’y a plus que des béliers sur l’île Longue, la population devrait donc disparaître dans les 3-4 ans à venir (note de 2012).

Dans la zone économique exclusive (ZEE) des 200 milles, une pêche à la légine est opérée par quelques navires d’armateurs français ou étrangers ayant acquitté un droit de pêche. Un patrouilleur, l’Albatros, ainsi que les frégates Nivose et Floréal de la Marine nationale française et un bateau de surveillance des TAAF, l’Osiris, assurent la surveillance de la zone économique pour l’ensemble des TAAF et faire respecter les quotas de pêche et éviter les bateaux de pêche pirates34.

Pavillon des îles Kerguelen

Article détaillé : Pavillon des îles Kerguelen.

Pavillon créé par la France en 1986, moins contraignant que le pavillon français, pour éviter l’immatriculation des navires des compagnies françaises sous pavillon de complaisance.

Faune et flore

170px-Kerguelen_-_Manchots

Articles détaillés : Faune des îles Kerguelen et Flore des îles Kerguelen.

Situées à la convergence antarctique où le mélange des eaux froides de l’Antarctique et des eaux plus chaudes de l’océan Indien stimule la production des chaînes alimentaires, les îles Kerguelen constituent un lieu privilégié de rassemblement de nombreux animaux océaniques, en particulier de ceux qui ont besoin de la terre ferme pour se reproduire35.

Jusqu’au début du XXe siècle les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l’archipel principalement pour collecter l’huile d’éléphant de mer, de baleine et les fourrures d’otaries. Les populations animales se sont aujourd’hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d’oiseaux (albatros, manchots, pétrels, etc.) et de mammifères marins (éléphants de mer et otaries). Les eaux côtières sont fréquentées par des baleines à bosse et abritent une population résidente de dauphins de Commerson. Les écosystèmes de l’archipel doivent toutefois s’adapter à la présence d’espèces introduites par l’homme, notamment des rennes, des mouflons, des lapins, des chats, des rats et des souris, des truites et des saumons, divers invertébrés et quelques plantes comme les pissenlits. Si certaines de ces introductions ont été néfastes pour la faune et la flore locale, elles permettent paradoxalement d’améliorer la biodiversité de l’archipel36. Les îles, y compris une portion importante des eaux territoriales, sont classées en réserve naturelle. La zone économique exclusive est quant à elle l’une des zones de pêche de la légine37.

 

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Le littoral accueille d’importantes colonies de reproduction d’éléphants de mer, de manchots royaux, de diverses espèces d’albatros ou de gorfous35.

Les eaux environnantes sont caractérisées par la dominance de poissons de la famille des Nototheniidae, comprenant notamment la très convoitée légine dont « la pêche illicite a longtemps été un fléau pour la durabilité de l’espèce »37. Dans le secteur des Kerguelen, cette pêche illégale a pu être éradiquée grâce aux efforts des autorités et des armateurs réunionnais opérant sur zone37.

Les écosystèmes originaux ont cependant été profondément modifiés d’une part par la surexploitation des ressources (chasse baleinière et phoquière tout au long du XIXe siècle, pêche industrielle à la fin du XXe siècle) et d’autre part par l’introduction volontaire ou involontaire d’animaux exogènes qui se sont acclimatés : lapins, chats, rats, rennes, truites, etc.35.

La végétation terrestre, également très altérée par l’impact des lapins, est assez maigre, formant près du littoral des paysages de toundra, mais se réduisant le plus souvent, dès que la pauvreté du sol s’accentue ou que la rudesse du climat augmente avec l’altitude, à des touffes éparses au milieu d’étendues minérales ou à de discrètes colonies de lichens35. On trouve une espèce caractéristique : le chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica)35. Début 2008, l’UICN alertait sur le fait que 32 plantes « natives » devaient déjà faire face à 70 plantes récemment introduites par l’Homme dans l’archipel38.

La végétation marine est en revanche très luxuriante, marquée par la présence de vastes forêts sous-marines de Macrocystis ou par une frange côtière de durvilléas35.

Les Kerguelen dans les arts

Les Kerguelen en littérature

Les Kerguelen dans les chansons

  • Lettre à Hélène, chantée par Dave, 1978
  • Les Moutons, du groupe Matmatah, 1997

Les Kerguelen au cinéma

Dans Le Gendarme et les Gendarmettes (1982), l’adjudant Gerbert (Michel Galabru) peste contre son maréchal des logis chef Cruchot (Louis de Funès), le menaçant d’une mutation « à Maubeuge ou dans les îles Kerguelen ! Vous savez où c’est, vous, les îles Kerguelen ? ».

Notes et références

  1. Consei National de l’Information Géographique Site Internet: http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/05/CNT_20150501_Entit%C3%A9s-souveraines_Entit%C3%A9s-d%C3%A9pendantes.pdf [archive]
  2. National Geospatial-Intelligence Agency Site internet: http://geonames.nga.mil/namesgaz/ [archive]
  3. Conseil national de l’information géographique Commission nationale de toponymie Site Internet:http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/03/CNT-site-collectivit%C3%A9s-fran%C3%A7aises.pdf [archive]
  4. - Rapport Technique no 2 de l’ONERC, février 2009 p. 12 – Présentation de Kerguelen – Géographie, géologie et climat [archive]
  5. « La France étend son plateau continental de 500.000 km2 » [archive], sur Mer et Marine (consulté le 22 janvier 2016)
  6. Université de Saint-Étienne – Géochimie – Archipel des Kerguelen [archive] : L’archipel des Kerguelen (49° 30′ S, 69° 30′ E 7 250 km2) se situe en contexte intraplaque (plaque antarctique). Il représente une des émergences du plateau de Kerguelen dont la mise en place débute au crétacé inférieur (-120/-110 Ma) lors de la dislocation du Gondwana (Inde/Australie/antarctique).
  7. Odyssespace – La Terre [archive] : La plaque Antarctique : la totalité de l’Antarctique, la quasi totalité de l’océan Austral dont les îles Kerguelen, Saint-Paul, Crozet, Amsterdam, Bouvet hormis les îles Shetland du Sud, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud, le sud-est de l’océan Pacifique et le sud de l’océan Indien.
  8. Roland Schlich [archive]
  9. [PDF] M. Recq, P. Charvis, La ride asismique de Kerguelen-Heard—Anomalie du geoide et compensation isostatique [archive], Marine geology, 1987, no 76, p. 301-311. (résumé [archive])
  10. Futura Sciences – Les glaces des Kerguelen fondent de plus en plus rapidement – 25 juillet 2009 – Jean-Luc Goudet [archive] : « Les glaciologues estiment que le glacier a perdu 22% de son volume de glace durant ces quarante ans. »
  11. Kerguelen Voyages – Rochers et glaciers [archive] : Depuis les années 1960, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 1,3 °C et le nombre de jours de gel a diminué de 20 à 30 jours par an au cours des 20 dernières années.
  12. Réunionnais du Monde – Luc Baudot, Coordonnateur de la réserve naturelle à Kerguelen – août 2016 [archive] : « Les données de Météo France (présent depuis des décennies dans les Terres australes) sont claires : la température augmente. Et le réchauffement se voit dans le paysage ; les glaciers reculent d’environ 100 mètres par an. »
  13. - Le plan de relance dans les Taaf, 2009 – Focus sur… Les éoliennes – Kerguelen, le vent et les éoliennes… [archive]
  14. Météo-France : Un mois d’août record aux Kerguelen [archive]
  15. Météo France : Kerguelen [archive]
  16. « Un mois d’août record aux Kerguelen » [archive], sur le site Météo-France, 26 août 2014 (consulté le 22 avril 2016)
  17. Climat : station Port-aux-Français (depuis 1971). [archive]
  18. Edgar Aubert de la Rüe, Remarques sur la disparition des glaciers de la Péninsule Courbet (Archipel de Kerguelen), TAAF Revue trimestrielle, 1967, no 40.
  19. http://www.taaf.fr/-District-de-Kerguelen- [archive]
  20. http://www.taaf.fr/Le-prefet-administrateur-superieur-des-TAAF [archive]
  21. http://ileskerguelen.blogspot.ca/ [archive]
  22. a et b http://www.taaf.fr/Le-chef-de-district-647 [archive]
  23. a et b http://www.taaf.fr/Presentation-generale-des-TAAF [archive]
  24. [1] [archive] – Institut Polaire Français – Archipel de Kerguelen – Le 12 février 1772, dans le sud de l’océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent austral, et lui donne le nom de « France australe ». Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi. Il s’agit en fait de l’archipel des Kerguelen qui sera nommé ainsi par James Cook en 1776.
  25. a, b et c (en) James Cook, The Three Voyages of Captain James Cook Round the World, vol. 5, éd. Longman, Hurst, Rees, Orme, et Brown, Londres, 1821, [lire en ligne [archive]], p. 146-151.
  26. Louis Édouard Paul Lieutard (1842-1902) mène une tournée de prise de possessions officielles de l’archipel des Kerguelen du 1er au 15 janvier 1893, puis de l’île Saint-Paul et de l’île Amsterdam pour la France à bord de l’aviso Eure. Son nom est donné au XXe siècle à un sommet situé au sud de l’archipel.
  27. Avant l’heure, c’est plus l’Eure [archive] par Yann Libessart, représentant de l’État dans l’archipel des Kerguelen, sur son blog Les manchots de la République pour Libération le 7 juillet 2008
  28. Archipel de Kerguelen [archive] sur le site de l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor.
  29. Jean-Marc Régnault, « La France à la recherche de sites nucléaires (1957-1963) », Cahier du Centre d’études d’histoire de la défense, no 12 « Science, technologie et Défense. Stratégies autour de l’atome et de l’espace (1945-1998) »,‎ 1999, p. 24-47 (ISBN 2951-5024-0-0, lire en ligne [archive])
  30. [2] [archive] – Institut Polaire Français – Archipel de Kerguelen – Le 12 février 1772, dans le sud de l’océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent Austral, et lui donne le nom de « France australe ». Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi.
  31. Conseil National de l’Information Géographique Commission Nationale de Toponymie Site Internet:http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/03/CNT-site-collectivit%C3%A9s-fran%C3%A7aises.pdf [archive]
  32. a et b Toponymie des Terres australes, Commission territoriale de toponymie avec le concours de Gracie Delépine, août 1973.
  33. « David Grangette, le berger des Kerguelen », Le Monde du 4 janvier 2007, [lire en ligne [archive]]
  34. Jacques Nougier, Pirate de légines, 201 p. L’Harmattan, 2003. (ISBN 2-7475-4459-1)
  35. a, b, c, d, e et f présentation des Kerguelens sur le site des TAAF http://www.taaf.fr/L-archipel-de-Kerguelen [archive]
  36. Le Monde – Chronique des Terres australes [archive] : « Plus précisément, l’établissement de nouvelles espèces introduites, généralement par le biais de l’homme, augmente paradoxalement la diversité spécifique de l’archipel, contribuant ainsi à accroître la biodiversité globale, et modifie les niveaux et les interactions trophiques (directement ou indirectement). À l’échelle de la macrofaune, les conséquences vont de la création d’interactions prédateur-proie entre espèces introduites et natives, à des changements dramatiques dans le fonctionnement des écosystèmes. »
  37. a, b et c La légine pêchée durablement à Kerguelen [archive]
  38. Source : Télégramme de Bretagne, 17 02 2008

Annexes

Bibliographie

  • Raymond Rallier du Baty, 15 000 miles in a Ketch, Nelson, 1910 (traduit : Aventures aux Kerguelen, éditions Maritimes et d’Outre-Mer, 1991)
  • Edgar Aubert de la Rüe, Deux ans aux îles de la Désolation, Julliard (collection Sciences et Voyages), 316 p., 1954
  • Edgar Aubert de la Rüe, Les Terres australes, Que sais-je ? no 603, Presses universitaires de France, 1953
  • Jean-Paul Kauffmann, L’Arche des Kerguelen, éditions Flammarion, 1993, (ISBN 2-08-066621-5)
  • Max Schmid et André Giret, Kerguelen, Birken-Halde Verlag, Winterthur, Suisse, 1998
  • Jacques Mouriès et Pierre Gradoz, Rencontres australes, JMO, Le Port (Réunion), 2001
  • Alexandra Marois, Les Îles Kerguelen, un monde exotique sans indigènes, L’Harmattan – Graveurs de mémoires, Paris, 2003
  • Isabelle Autissier, Kerguelen, le voyageur du pays de l’ombre, Grasset, 2006
  • Jacques Nougier Bibliographie cartographique des îles Kerguelen de 1772 à 1962. CNFRA no 22, 55 p., 1967, IGN/CNFRA.
  • Gracie Delépine, L’Amiral de Kerguelen et les mythes de son temps, L’Harmattan, 1998. (ISBN 2-7384-6680-X)
  • Gildas Flahault, Les Carnets tempête : Voyage aux îles Kerguelen, Glénat
  • J.C. Duchêne, Kerguelen, recherches au bout du monde, TAAF mission de recherche
  • Natacha Hochman, Kerguelen, l’Archipel de l’Albatros, Marines
  • Christophe Houdaille, Au vent des Kerguelen, Transboréal
  • Yves de Kerguelen de Trémarec, Relation de deux voyages dans les mers australes et des Indes, faits en 1771, 1772, 1773 et 1774, rééd. Le Serpent de mer, 2000.
  • Amiral de Brossard, Kerguelen : le découvreur et ses îles, T.1 et T.2. Paris : France Empire, 1970 et 1971. 595 et 539 p.
  • Michel Janssens, Contes du Studer : vieilles nouvelles et histoires de Kerguelen. Paris : Édition impossible, 2008. (ISBN 978-2-9532871-0-3).
  • Emmanuel Lepage, Voyage aux îles de la Désolation, Paris, Futuropolis, mars 2011, 160 p. (ISBN 9782754804240, notice BnF no FRBNF42395854)
  • Pierre Couesnon, Histoire postale des Kerguelen », Éditions Bertrand Sinais, 1989

Films

  • Jacques Nougier, Ker 12 : le syndrome austral, DVD-Vidéo de 67 minutes avec bonus de 22 minutes tourné par Philippe Leclercq et Pierre Simon au cours de l’hivernage 1962. Édité et diffusé par l’Harmattan-Vidéo, décembre 2006. Coul. et N&B. (ISBN 2-296-02240-5) ; [réf. BNF : DLV-20051018-7259].
  • Gilbert Dassonville, Terra incognita – Terre des scientifiques [archive] Film en ligne de 27 minutes de présentation des missions scientifiques effectuées dans l’archipel des Kerguelen, 1964, produit par le SFRS-CERIMES (service du film de recherche scientifique)
  • Bruno Calle, Gérard Jumel, La caverne des phoquiers, VHS documentaire de 26′, 1995, produit par Jour J. Productions
  • Rob Rombout, 2000, Le piège de Kerguelen, documentaire de 40 minutes

Articles connexes

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En Allemagne, une ancienne terroriste de la RAF rompt le silence

Ses copines brestoises sont encore très loin de présenter des excuses à leurs victimes ou à leurs proches, elles préfèrent au contraire éliminer tous les survivants et y travaillent d’arrache-pied avec leur complice le malade mental au clavier – son « arme », comme il le revendique haut et fort.

Comme déjà dit, leurs assassinats des années 1970 et 1980 s’étant soldés par de très lourdes peines de réclusion criminelle pour ceux qui s’étaient fait prendre, elles ont depuis réorienté leurs attaques ciblées vers des ingénieurs anonymes qu’elles assassinent ou font assassiner pour le compte de patrons voyous : c’est bien plus facile, sans aucun risque, et ça rapporte gros… Voyez le malade mental au clavier : il n’a même plus besoin de travailler pour vivre…

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/11/29/quarante-ans-plus-tard-une-ancienne-membre-de-la-fraction-armee-rouge-demande-pardon_1613320

Quarante ans plus tard, une ancienne membre de la Fraction armée rouge demande pardon

 

Par Johanna Luyssen, correspondante à Berlin — 29 novembre 2017 à 18:05
Silke Maier-Witt, le 2 avril 2006. Photo Ermal Meta. AFP

Silke Maier-Witt faisait partie des terroristes de la Fraction armée rouge (RAF) ; Jörg Schleyer est le fils du patron des patrons allemands, assassiné par la RAF en 1977. Quarante ans après le funeste «automne allemand», ils se sont rencontrés, elle lui a demandé pardon.

  • Quarante ans plus tard, une ancienne membre de la Fraction armée rouge demande pardon

Alors que le pays panse encore les plaies de ce funeste automne 77, qui vit culminer la violence entre la Fraction armée rouge (RAF) et le gouvernement de la RFA et où l’on assista en un mois et demi à une succession de faits sanglants – de l’enlèvement du patron des patrons à Cologne à une prise d’otages aussi rocambolesque que tragique entre Palma de Majorque et Mogadiscio –, voici que l’heure du pardon arrive. Un épisode important dans l’histoire de la Fraction armée rouge, qui s’est déroulé à l’hôtel Marriott de Skopje, en Macédoine.

A lire aussi  Fraction armée rouge : quarante ans après, une cicatrice toujours ouverte

Le tabloïd Bild a publié mardi la rencontre entre une ancienne terroriste de la RAF, Silke Maier-Witt, et le fils du patron des patrons allemands, Jörg Schleyer, dont le père fut envoyé ad patres le 18 octobre 1977. Fait rare pour des ex de la RAF : elle parle. Fait inédit : elle s’excuse auprès d’un proche d’une victime. «Cela semble si plat à dire, mais d’abord je demande pardon», dit l’ex-terroriste, condamnée à dix ans de prison pour avoir participé à l’enlèvement et à la séquestration, suivie du meurtre, de Hanns-Martin Schleyer. Ce n’est pas elle qui l’a tuée, elle n’était même pas là. Elle ne l’a même jamais rencontrée, c’était une exécutante. Elle prenait des notes. Au terme des heures d’entretien, le fils Schleyer ne saura d’ailleurs pas qui a tué son père. Stefan Wisniewski ? Willy Peter Stoll ? Rolf Heissler ? Rolf Clemens Wagner ?

Sept heures de rencontre

Mais c’est bien elle qui a transmis ce message, adressé à Libération et à l’agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur le 19 octobre 1977, qui scelle officiellement la mort de Schleyer : «Après quarante-trois jours, nous avons mis fin à l’existence misérable et corrompue de Hanns Martin Schleyer. Schmidt [le chancelier allemand, ndlr], qui dans son calcul a depuis le début spéculé avec la mort de Schleyer, peut en prendre livraison rue Charles-Péguy à Mulhouse. Sa mort est sans commune mesure avec notre douleur après le massacre de Mogadiscio. Nous ne sommes pas étonnés par la dramaturgie fasciste des impérialistes pour détruire les mouvements de libération. Le combat ne fait que commencer.» Le correspondant de Libé de l’époque se rendit à l’adresse dite, et y trouva, comme indiqué, le corps sans vie du patron des patrons.

Aujourd’hui, Silke Maier-Witt a 67 ans, est retraitée et vit à Skopje. Elle a passé sept heures avec Jörg Schleyer, 63 ans. Cette rencontre orchestrée par Bild, et commentée par la plupart des journaux allemands, semble répondre à ce récent discours du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, le 18 octobre dernier. C’était le jour des quarante ans de la mort de Schleyer, et, devant les proches des victimes de la RAF, Steinmeier exhortait les terroristes à prendre enfin la parole. «Aux coupables, qui sont restés silencieux pendant de nombreuses années, je voudrais dire très clairement qu’ils sont coupables une deuxième fois – coupables envers les proches des victimes, non pas légalement, mais moralement.» Avant d’ajouter : «Parlez et répondez aux questions qui sont encore ouvertes. Au moins, vous le devez aux proches.»

De son côté, Jörg Schleyer a demandé au bureau de la présidence de communiquer les dossiers confidentiels concernant le meurtre de son père, qui ne furent jamais divulgués. «C’est précisément ce savoir qui ne peut être refusé aux survivants endeuillés après quarante ans.»

Johanna Luyssen correspondante à Berlin

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_directe

Action directe

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Action directe (homonymie).
Action directe
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Image illustrative de l'article Action directe

Idéologie Anarchisme et mouvement autonome en France1
Objectifs Révolution prolétarienne
Statut Inactif
Fondation
Date de formation 1979
Pays d’origine France
Actions
Mode opératoire attentats à la bombe, assassinats, etc.
Victimes (morts, blessés) Au moins 12 morts et 26 blessés[réf. nécessaire]
Zone d’opération France
Période d’activité 1979-1987
Organisation
Membres ~1802
Financement Braquage
Groupe relié FRAP, Fraction armée rouge, Brigades rouges, Cellules communistes combattantes, NAPAP, GARI, Affiche rouge, Fraction armée révolutionnaire libanaise, CLODO, ETA, Prima Linea, GRAPO, COLP3
Répression
Nombre de prisonniers 3
modifier Consultez la documentation du modèle

 

Action directe est le nom d’un groupe terroriste anarcho-communiste4, issu du mouvement autonome en France et anti-franquiste4,5.

Historiquement, il doit être replacé dans le cadre de ce que l’on a appelé les « années de plomb » qui ont vu l’apparition de mouvements comme la Fraction armée rouge en Allemagne ou les Brigades rouges en Italie. Il emprunte son nom à la théorie anarchiste de l’« action directe ».

Ses membres ont revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre 1979 et 1987. Action directe a été interdite pour apologie de la lutte armée par un décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement par la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées6. L’organisation est, depuis, officiellement considérée comme terroriste par les autorités françaises7,8. Les derniers militants de l’organisation ont été arrêtés en 1987, puis jugés et condamnés par une formation spéciale de la cour d’assises de Paris sous les chefs d’inculpation d’assassinat de Georges Besse, de celui du général René Audran, de tentatives d’assassinat sur le contrôleur général des armées Henri Blandin et du vice-président du Conseil national du patronat français (CNPF) Guy Brana, et les attentats contre les locaux d’Interpol et ceux de l’Union de l’Europe occidentale9.

Selon le criminologue Jean-François Gayraud, l’organisation compta 200 sympathisants et militants sur huit ans d’existence10. Au plan international, Action Directe mena notamment des actions avec les Cellules communistes combattantes de Pierre Carette (Belgique), la Rote Armee Fraktion (Allemagne), divers groupes armés italiens (Brigades rouges, Communistes organisés pour la libération prolétarienne, Prima linea), les Fractions armées révolutionnaires libanaises et des groupes extrémistes turcs11.

 

Sommaire

Historique

Genèse et influences

Action directe est le résultat de la fusion des membres des GARI (Groupes d’action révolutionnaire internationalistes), des NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie populaire)12 et des Brigades internationales. Ces trois groupes appartiennent à la même famille de pensée que la Gauche prolétarienne, mouvement maoïste dissous en 1974, qui prônait le recours à la violence comme arme politique. Les GARI ont été fondés en 1973 par des anarchistes espagnols anti-franquistes exilés en France, qui ont basculé dans la lutte armée l’année suivante, après la condamnation à mort et l’exécution de l’anarchiste catalan Salvador Puig i Antich. Les NAPAP forment un autre mouvement anarchiste, animé par Frédéric Oriach qui s’est fait connaître en 1977 à l’occasion de l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni, ancien vigile des usines Renault qui avait abattu cinq ans plus tôt le militant maoïste Pierre Overney. Les Brigades internationales ont organisé en 1976-1977 plusieurs attentats contre des diplomates étrangers en poste à Paris. Ces trois organisations ont suivi un cheminement idéologique similaire. Elles ont en commun le recours aux attentats à l’explosif, aux mitraillages d’édifices publics et de sièges de sociétés, aux assassinats dits politiques et aux attaques de banque comme moyen de financement. Elles coopèrent avec d’autres groupes armés européens et s’apportent un appui logistique mutuel11. Leur rapprochement aboutit en 1977 à la création d’une « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome en France ».

Cette coordination se transforme en 1979 en une « organisation de guérilla » qui commence alors à revendiquer ses attaques sous le nom d’Action directe13, expression empruntée à l’anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle, mais avec laquelle la pratique d’Action Directe n’a rien à voir14, au nom de la lutte contre l’impérialisme capitaliste, des symboles de la puissance de l’État, le grand patronat et la défense du prolétariat. Pour s’alimenter en armes et explosifs, ils réalisent des vols et braquages.

Action directe s’est progressivement divisée en plusieurs factions. D’une part Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et « leurs amis, des libertaires » qui se sont rapprochés de la Fraction armée rouge allemande. D’autre part, une branche lyonnaise démantelée en 1986, avec André Olivier, Joëlle Crépet, Bernard Blanc, Max Frérot ou Émile Ballandras (connue sous le nom d’Affiche rouge).

Des divergences idéologiques apparaitront en effet au sein du groupe. En mars 1982 Jean-Marc Rouillan et ses amis rendent public un manifeste intitulé Pour un projet communiste. Selon Christophe Bourseiller, ce texte se réclame clairement d’une « idéologie communiste libertaire » « antiautoritaire, antiléniniste, et antistalinienne ». Le juge Bruguière qualifie la doctrine élaborée par Rouillan de « compromis entre le marxisme-léninisme et les thèses libertaires ». Elle serait largement inspirée des thèses des Brigades Rouges15. Il considère qu’Action directe « n’a guère de base idéologique » : dans un premier temps, le groupe revendique ses débuts anarchistes, puis tente de trouver des justifications théoriques à ses actions. Jean-François Gayraud est encore plus sévère : pour lui « la faiblesse quantitative (des textes publiés par Action directe) le dispute à l’indigence intellectuelle. Au mieux il s’agit d’une pâle adaptation des thèses léninistes, et au pire, dans d’autres occasions, Action Directe se contentera, comme le fera remarquer charitablement Frédéric Oriach, de traduire dictionnaire en main les productions des Brigades Rouges et de la Fraction Armée Rouge10 ». Les journalistes d’extrême-gauche Bertrand Le Gendre et Edwy Plenel font état de nombreux témoignages allant dans le même sens : « il n’y avait, le plus souvent, aucun lien entre la théorie politique et leur pratique. La première servait seulement de couverture, de justification idéologique. D’emblée, l’aventure individuelle, sur fond le plus souvent d’origine sociale petite-bourgeoise, l’emporte sur la cohérence intellectuelle16. »

Tel n’est pas le cas de la « Branche lyonnaise ». André Olivier et ses proches se définissent comme « marxistes-léninistes et défendent l’héritage de Mao ». André Olivier, ancien militant de la Cause du Peuple, a intégré en 1975, la « mouvance autonome où se côtoient ex-maos et anars ». Action directe étant un mouvement non autoritaire, la branche lyonnaise a toute latitude pour se positionner sur des idéologies différentes de celle de Rouillan et Ménigon. Selon Christophe Bourseiller, le seul combat réel oppose les foquistes libertaires de Paris aux maoïstes de Lyon17. Ces derniers affichent un antisionisme qui se transforme rapidement en antisémitisme18. Les divergences qui apparaissent entre les deux groupes donnent lieu à une rupture définitive pendant l’hiver 1981-198219. Au mois d’août 1982, une nouvelle rupture a lieu avec deux courants « mouvementistes » qui se sont progressivement opposés à la lutte armée, dont le groupe des Toulousains, anarcho-écologiste, autour de Michel Camillieri.

Selon certaines sources, le groupe Action directe aurait pu être commandité, voire manipulé par un État étranger afin de commettre certains assassinats. C’est la thèse que soutiennent les journalistes Romain Icard20 et Dominique Lorentz21. Le nom de l’Iran, que le contentieux Eurodif opposait à la France, est souvent cité. Cette thèse, considérée comme vraisemblable par Gilles Ménage11 (ancien directeur de cabinet de François Mitterrand chargé des questions de renseignement, de police et de sécurité), se fonde notamment sur le fait que Georges Besse, assassiné par Action directe, avait été président d’Eurodif. Le juge Alain Marsaud a indiqué d’autre part qu’au moment de leur arrestation, les responsables du groupe (Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani) projetaient d’enlever et de séquestrer le président d’Eurodif22. Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, se dit convaincu qu’Action directe a été commanditée pour certains assassinats ; il se fonde notamment sur la proximité de Mohand Hamami, militant du groupe, avec la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL)23.

Création et première période

La première manifestation « idéologique » violente du groupe date du 1er mai 1979 : il s’agit du mitraillage de la façade du siège du Conseil National du Patronat Français (CNPF), rue Pierre 1er de Serbie à Paris. Le commando est composé d’André Olivier, Maxime Frérot, Ménigon et Rouillan24. Le 25 mai, un attentat à l’explosif est commis contre une agence immobilière à Sceaux; il est revendiqué pour la première fois par le groupe Action directe. Six autres actions sont réalisées jusqu’au 26 mars 1980. Il s’agit d’attentats à l’explosif ou de mitraillages contre des bâtiments ministériels ou des organismes censés représenter le pouvoir ou le patronat. Le 16 mars 1980, un attentat vise les locaux réputés secrets de la DST rue Rembrandt à Paris. Le 18 mars 1980, la façade du ministère de la Coopération, boulevard des Invalides est mitraillée. Le ministre Robert Galley vient de quitter son bureau, qui est atteint par plusieurs balles. Des tracts signés Action directe dénonçant « l’État négrier » sont abandonnés sur place25.

À la suite de cet attentat, les différents services de police se mobilisent contre Action directe. Dirigée par le commissaire Jean-Pierre Pochon, la discrète Brigade Opérationnelle Centrale (BOC) des Renseignements Généraux suit alors attentivement le groupe dont la dérive de plus en plus violente inquiète les autorités26. Jean-Marc Rouillan est déjà connu des services de police : il a fait l’objet de plusieurs interpellations pour détention d’armes depuis 1974. Un coup de filet est opéré le 27 mars et vingt-huit suspects identifiés et repérés par la BOC sont interpellés, parmi lesquels à Paris Mireille Munoz, Carlos Jaurégui, Pedro Linarès Montanes, Serge Fassi, Pascal Trillat, Mohand Hamami et Olga Girotto, une militante italienne du groupe terroriste Prima Linéa. Des armes, un stock de cartes d’identité françaises et italiennes vierges et 600 kg de dynamite sont saisis. Au total dix-neuf suspects (en incluant quatre ressortissants italiens suspectés d’avoir participé au hold-up de Condé-sur-l’Escaut et arrêtés dans le Var) seront déférés à la Cour de sûreté de l’état27. Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et André Olivier, considérés comme les chefs d’Action directe, échappent cependant à l’interpellation28. Ils ne désarment pas. Le 5 août, un commando de quatre hommes et deux femmes braque la mairie du 14e arrondissement. Ils s’emparent de fiches d’état-civil, de cachets officiels, de mille cartes grises et de plusieurs centaines de passeports et de cartes d’identité. Dans les mois et les années qui suivront, les policiers retrouveront des documents issus de ce vol en possession des membres d’Action directe qui seront arrêtés.

Le commissaire Pochon monte alors un stratagème pour capturer les dirigeants d’Action directe que la méfiance instinctive rend difficile à localiser : sur une idée de leur informateur, Gabriel Chahine29,28, le commissaire et ses hommes se font passer pour des émissaires de Carlos dans le cadre d’une action groupée visant à faire sauter le barrage d’Assouan et voulant rencontrer les membres d’Action Directe pour s’associer à eux. Le 13 septembre 1980, Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, pensant rencontrer le terroriste Carlos, sont pris dans une souricière et arrêtés rue Pergolese à Paris. Au cours de l’interpellation Nathalie Ménigon tire à plusieurs reprises des coups de feu sur les policiers. Ils avoueront onze attentats et mitraillages commis à Paris depuis le 1er mai 197929. Ils sont déférés le 19 septembre devant la Cour de sûreté de l’état. Le même jour, le poste de garde de l’École militaire est mitraillé. Cette action est revendiquée par Action directe.

Suspension des attentats

En décembre, Action directe publie un communiqué indiquant qu’il suspend ses opérations violentes pendant la campagne présidentielle30,31.

Après l’élection de Mitterrand en 1981, le nouveau gouvernement joue l’apaisement et fait voter une loi d’amnistie qui remet en liberté Rouillan et dix-sept autres militants (sur 248 détenus libérés)32. Nathalie Ménigon, accusée de tentatives d’homicide contre agents de la force publique, doit normalement rester incarcérée. Elle entreprend une grève de la faim pour faire pression sur le juge d’instruction Guy Joly. L’action est soutenue par diverses manifestations dont certaines sont violentes et relayée par des soutiens politiques et une partie de la presse de gauche et d’extrême gauche. Le juge la fait libérer pour « raisons médicales » le 17 septembre 198129. Ces libérations, ainsi que celles de membres d’autres groupes terroristes (Groupes anarchistes autonomes, Noyaux armés pour l’autonomie prolétarienne, indépendantistes basques, corses et bretons) suscitent la fureur des policiers ayant procédé à leur interpellation33.

À partir de novembre 1981, Action directe participe à l’occupation d’ateliers clandestins dans le Sentier et de plusieurs immeubles à Barbès. Plus d’une centaine de familles immigrées, majoritairement turques, sont relogées dans des squatts. Selon le commissaire Marcel Leclerc, l’objectif est de recruter de nouveaux militants parmi les immigrés. À cette occasion, Jean-Marc Rouillan et ses amis établissent des liens avec des mouvements extrémistes turcs qualifiés d’« extrêmement durs »15. De nombreux incidents et manifestations ponctuent cette campagne.

En décembre 1981, le journaliste Jean-Louis Baudet, qui est en relation avec les responsables d’Action directe, prend contact avec l’Organisation de libération de la Palestine lors d’une réunion organisée par Giovanni Senzani, l’un des leaders des Brigades rouges. Divers objectifs et moyens d’action sont étudiés en commun.

Pendant l’hiver 1981-1982, après de nombreux débats internes, l’organisation se scinde en quatre groupes : deux décident d’arrêter la lutte armée (dont le courant « mouvementiste-nationaliste » de Michel Camillieri (Camilleri) qui prône la création d’« ateliers autogérés ») ; autour d’André Olivier se forme l’Affiche rouge (surnommée par la police et les médias Action directe-branche lyonnaise ou encore Action directe-branche nationale) qui commettra plusieurs attentats antisémites33, tout en continuant une lutte anti-impérialiste, et enfin Action directe (appelé aussi Action directe-branche internationale) avec Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon qui s’allie à la Fraction armée rouge dans le cadre de la stratégie d’« unité des révolutionnaires en Europe de l’Ouest » à partir de 198530. Les Textes de prison 1992-1997 d’Action directe évoquent une « rupture définitive » avec la « branche lyonnaise ». La rupture avec les courants « mouvementistes » sera parachevée début août 1982 : ceux-ci opposent un refus définitif à la poursuite des attentats.

Reprise des « actions politico-militaires »

Action directe poursuit la lutte contre « l’impérialisme américain » et le sionisme. Les 24 et 25 décembre, sept attentats sont commis contre des magasins de luxe, le 19 février le local des organisations turques à Paris est visé. Le 13 mars 1982, l’informateur Gabriel Chahine, dont le travail d’intoxication a permis l’arrestation de Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, est assassiné à son domicile. Cet assassinat n’est pas revendiqué. Cependant les Textes de prison 1992-1997 des responsables d’Action directe mentionnent que c’est un commando de l’organisation qui a effectué « l’exécution »34. Selon l’ancien policier Patrice Lastère, c’est Régis Schleicher, déguisé en postier, qui a abattu Chahine35.

Le 30 mars 1982, l’antenne du ministère de la défense israélien à Paris est mitraillée. Cette action est revendiquée depuis Beyrouth par la Fraction armée révolutionnaire libanaise (Farl). Le 8 avril, Joëlle Aubron et Mohand Hamami sont arrêtés. Joëlle Aubron était la locataire d’un box situé rue Borrego dans lequel ont été découverts un stock d’armes, des documents d’identité et des chéquiers volés. L’une des armes trouvées dans la cache a été utilisée pour le mitraillage. Joëlle Aubron est identifiée comme ayant participé à deux hold-up le 15 avril 1981 rue La Boëtie et place des Ternes, au cours desquels un gardien de la paix a été abattu36. Elle est condamnée à quatre ans de prison dont dix-huit mois avec sursis pour détention d’armes. Hamami est relaxé37. Elle épousera l’année suivante, en détention, Régis Schleicher.

En mars et en avril Action directe publie ses deux premiers textes théoriques : Pour un projet communiste et Sur l’impérialisme. En juin, Action directe tente d’organiser une mobilisation contre le sommet du G7 à Versailles, ponctuée par un spectaculaire attentat contre le siège européen du FMI et de la Banque Mondiale.

Le 1er août, une rupture définitive a lieu entre les « durs » minoritaires et les « mouvementistes ». Les « durs » (autour de Jean-Marc Rouillan) sont partisans d’une internationalisation de la lutte armée et de l’intégration d’Action directe dans un front commun de lutte terroriste avec les Brigades rouges italiennes, la RAF allemande et des groupes belges et palestiniens. Les « mouvementistes » (autour d’Éric Moreau, Meyer (Meïer) Azeroual, Michel Camillieri, Pascal Magron et Charles Grosmangin) sont favorables à la lutte au sein des masses et des entreprises. Regroupés dans un « Collectif révolutionnaire du 1er août », ils font paraître un communiqué et dénoncent « les pratiques autoritaires et bureaucratiques d’un des collectifs d’Action Directe, visant à entraîner l’ensemble des unités sur une stratégie et une ligne politique volontariste et élitiste (cela malgré de nombreuses discussions internes). » Ils décident « l’éclatement d’Action Directe » en expliquant : « Ce qui avant n’était qu’un mot d’ordre tendant à un regroupement révolutionnaire ne nous appartient pas ; nous abandonnons donc le sigle d’Action Directe à ceux qui voudraient l’utiliser. Contre le capital, le combat se mène à la base sur tous les fronts de la guerre sociale. »38

Le 17 septembre, Michel Camillieri, Charles Grosmangin, Pascal Magron et Olivier Chabaud sont arrêtés en possession d’armes et d’explosifs. Ils expliquent aux policiers qu’ils ont abandonné la lutte armée et qu’il s’agissait pour eux de mettre ce matériel à l’abri39. Un incident comparable a lieu le 20 novembre : la police découvre une cantine et une glacière remplies d’armes, de munitions et d’explosifs non loin d’une ferme de Saint-Sardos (Lot-et-Garonne) occupée par des proches de Serge Fassi, lequel est arrêté40. Le 15 juin 1983 la 10e chambre du Tribunal correctionnel de Paris condamne Camillieri et Grosmangin à 5 ans de prison dont 18 mois avec sursis41. Pascal Magron est condamné à quatre ans de réclusion, Olivier Chabaud à 8 mois avec sursis. Eric Moreau est condamné par défaut à 4 ans de prison.

Entrée dans la clandestinité

Début août, à la suite de l’entrée au Liban des troupes israéliennes et aux interventions françaises et américaines, Action directe commet plusieurs attentats contre des sociétés américaines et israéliennes42. Le 9 août 1982, une fusillade meurtrière a lieu au restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris. On dénombre six morts et vingt-deux blessés. Le 11 août, une bombe explose rue de La Baume à Paris, visant une société israélienne et blessant grièvement une passante43. Le 17 août, Jean-Marc Rouillan dément toute participation à la tuerie de la rue des Rosiers mais revendique les autres attentats44. Devant le scandale, François Mitterrand annonce le soir même, parmi plusieurs mesures antiterroristes, la dissolution du groupe Action directe25. Le 21 août 1982, avenue La Bourdonnais, une bombe se détache du véhicule du conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis. Elle explose peu après, tuant deux démineurs de la Préfecture de police. L’après-midi même, l’attentat est dans un premier temps revendiqué par Action Directe, puis par la Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise (FARL)45.

Parallèlement, Action directe s’associe avec des Italiens du COLP et commet une série importante de hold-up, dont certains meurtriers. Le groupe se replie régulièrement en Belgique et joue un rôle non négligeable au sein des Cellules communistes combattantes (CCC)46. Le 31 mai 1983, au cours d’une fusillade dans l’avenue Trudaine à Paris deux policiers sont tués et un troisième blessé47. Le 30 juillet 1983 Action directe dévalise la bijouterie Aldebert, place de la Madeleine. Le 13 octobre, le groupe commet un hold-up à la Société générale place des Ternes. Le 14 octobre, une fusillade a lieu lors d’un autre hold-up à la Société générale avenue de Villiers. Deux policiers sont blessés et l’un des malfaiteurs est abattu : il s’agit de Ciro Rizzato, membre du groupe italien Prima Linea. Régis Schleicher est identifié parmi les braqueurs.

Radicalisation

L’année 1984 marque un tournant pour le groupe48. Le 2 août, il commet pour la première fois un attentat « aveugle ». Cinq kilos d’explosif déposés dans le hall de l’Agence Spatiale Européenne font six blessés. Le 23 août, une Renault 20 dans laquelle se trouvent 23 kilos d’explosifs est placée devant le bâtiment de l’Union de l’Europe Occidentale, avenue du président Wilson. Des appels téléphoniques passés par une voix féminine (qui sera identifiée comme Nathalie Ménigon) alertent cependant les forces de l’ordre à propos du véhicule, qui est mis en fourrière. L’engin explosif sera désamorcé quelques jours plus tard. En octobre, Action directe publie un communiqué pour revendiquer la fusillade de l’Avenue Trudaine, tout en laissant entendre qu’il s’agit d’une « bavure ».

En janvier 1985, un communiqué rédigé en français et en allemand fait part de la fusion d’Action directe avec les derniers éléments de la Fraction Armée Rouge. Le 25 janvier, l’ingénieur général René Audran est assassiné devant son domicile à la Celle St Cloud. Une semaine plus tard, Ernest Zimmermann, président des industries aérospatiales de la République fédérale allemande est assassiné à Munich.

Le 26 juin, le véhicule dans lequel se trouve l’ingénieur général Henri Blandin et son fils de douze ans essuie plusieurs coups de feu, porte des Ternes. Le sang-froid de son chauffeur permet d’éviter qu’il y ait des victimes. Action directe revendique l’attentat la semaine suivante.

Les cibles sont choisies comme des symboles de l’ordre et de l’oppression qu’Action directe entend combattre : policiers, grands patrons, responsables de l’armement… D’autres tentatives d’assassinat visent notamment Guy Brana, vice-président du Conseil National du Patronat Français, Alain Peyrefitte (mais le chauffeur de sa voiture sera tué49) et le juge Jean-Louis Bruguière.

La branche lyonnaise d’Action directe (l’Affiche rouge dirigée par André Olivier, Emile Ballandras, Bernard Blanc et Max Frérot) commet 21 braquages et 12 attentats. Trois membres des forces de l’ordre (dont le général de gendarmerie Guy Delfosse tué au cours d’un braquage) et un convoyeur de fonds sont tués au cours de ces actions.

Arrestations

Emile Ballandras est arrêté le 10 octobre 1984. Le 28 mars 1986, André Olivier, Joëlle Crépet et Bernard Blanc sont arrêtés. Maxime Frérot est arrêté le 27 novembre 1987. En tout, 18 membres de l’Affiche rouge seront arrêtés.

Régis Schleicher, animateur d’une branche d’Action directe spécialisée dans les hold-up est arrêté en mars 1984 au Pontet (Vaucluse) avec Claude et Nicolas Halfen, par la Brigade de recherches et d’intervention et la PJ de Montpellier. En compagnie de Mohand Hamami, de Franco Fiorina et Gloria Argano (deux italiens membres des Communistes organisés pour la libération du prolétariat), ils ont été identifiés par le juge Bruguière comme les auteurs de la fusillade de l’avenue Trudaine. Cette arrestation intervient à l’issue d’une longue filature d’Helyette Bess, gérante de la librairie anarchiste « Le Jargon libre » (XIIIe arrdt). Surnommée la « vecchietta » (la vieille), cette militante est très engagée dans les mouvements anarchistes extrémistes. Jusqu’à son arrestation, elle a géré avec efficacité l’intendance du groupe et veillé à sa ligne idéologique. Une partie des fonds qu’elle gère provient du hold-up de Condé-sur-l’Escaut11.

Charles Pasqua est nommé ministre de l’intérieur le 20 mars 1986 dans le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. Dès son arrivée Place Beauvau, il fait d’Action directe une cible prioritaire. Il souhaite incidemment symboliser la rupture avec l’ancienne majorité socialiste, volontiers qualifiée de laxiste par ses adversaires en matière de sécurité. Dans le même temps une vague d’attentats islamistes fait de nombreuses victimes à Paris et le 17 novembre Georges Besse, PDG de Renault, est assassiné devant son domicile boulevard Edgar Quinet par Nathalie Ménigon et Joelle Aubron. Philippe Massoni, directeur central des renseignements généraux est chargé de la « traque » d’Action directe. Des dizaines d’inspecteurs placés sous les ordres du sous-directeur chargé de l’antiterrorisme, Claude Bardon, sont affectés à cet objectif. Des centaines de milliers de francs sont mis à la disposition des enquêteurs, pour leurs déplacements ou pour acheter d’éventuels renseignements. Des dizaines de sympathisants potentiels ou imaginaires d’Action directe, connaissances, anciens militants, anciens amis ou même anciens voisins sont interrogés50. Les photos de Rouillan, Ménigon, Aubron et Cipriani sont affichées dans tous les commissariats et une prime d’un million de francs est offerte pour tout renseignement permettant de les localiser.

Le 21 février 1987, les principaux membres d’Action directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani sont arrêtés à 20 h 55 par le RAID dans une ferme au gué Girault, lieu-dit de la commune de Vitry-aux-Loges, dans le Loiret. C’est un renseignement parvenu à un inspecteur de la DST (lequel le transmettra aux Renseignements généraux) qui révèlera qu’ils se cachent dans cette ferme. Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon donnaient à leurs voisins fermiers l’image d’un couple paisible, se faisant passer pour des chercheurs « écolos » belges51. La police saisit dans la longère huit armes, trente kilos d’explosifs, de nombreux documents et une cache destinée à garder une prochaine cible enlevée dans le but de l’échanger contre la libération de Régis Schleicher52.

Planques

En dehors de la ferme de Vitry-aux-Loges, le groupe avait aussi d’autres points de chute. Chambray-lès-Tours, Villeloin-Coulangé en Indre-et-Loire ont abrité des planques du groupe.

En effet, tout est parti d’un billet de train Orléans – Saint-Pierre-des-Corps trouvé dans les poches de Georges Cipriani lors de son arrestation en 1987 dans le Loiret. Les gendarmes ont alors opéré des contrôles dans les agences immobilières, puis auprès de nombreux propriétaires auxquels les loyers n’avaient pas été payés depuis février. Ils sont ainsi entrés en contact avec les époux Robin (un menuisier de la région), qui percevaient leur loyer en argent liquide à Villeloin-Coulangé, et avec M. Denis Rancher, de Sepmes (Indre-et-Loire), qui louait un studio au huitième étage d’un immeuble avec vue plongeante sur l’autoroute à Chambray-lès-Tours. Georges Cipriani et Joëlle Aubron passaient un bon nombre de week-ends dans la maison de Villeloin-Coulangé depuis octobre 1985.

Les enquêteurs de la 6e division de la direction centrale de la PJ et les gendarmes d’Indre-et-Loire ont d’abord trouvé l’attaché-case de Joëlle Aubron, contenant ses vrais papiers, carte d’identité et permis de conduire. Dans deux cantines métalliques, étaient stockés 12 kilos d’explosifs du même type que ceux trouvés dans la ferme de Vitry-aux-Loges, un fusil semi-automatique, des munitions, des faux papiers et des carnets d’adresses. Une Super-Cinq volée au cours de l’été 1985 à la société de location Hertz d’Amiens et portant une fausse immatriculation se trouvait dans le garage.

Le long du pavillon surmonté d’un toit de tuile rouge, Joëlle Aubron avait planté des tomates et elle en faisait des conserves soigneusement rangées dans le cellier. La jeune femme et Cipriani se montraient discrets malgré un va-et-vient de camionnettes perceptible par les voisins certaines nuits. Dans la ferme isolée, la police trouve de l’argent, des armes, des documents relatifs à l’assassinat de Georges Besse, des listes de personnalités à enlever (au premier étage, un local a été aménagé pour recueillir un otage en échange de la libération de Régis Schleicher). Un hasard sans doute : la résidence secondaire de Georges Besse est située à une trentaine de kilomètres de là, à Betz-le-Château. Cette fois, ce n’est pas une dénonciation, comme à Vitry-aux-Loges, mais bel et bien un travail en profondeur des gendarmes d’Indre-et-Loire qui a permis la découverte de la planque53.

« Joëlle Aubron, échappée de la bonne bourgeoisie et appliquée, dans les moments tranquilles, à surveiller ses chaudrons de confitures. Elle aussi, en compagnie de Georges Cipriani, avait choisi un coin retiré pour abriter ses rêves de feu et de sang : une ferme louée à Villeloin-Coulange, dans l’Indre-et-Loire54. »

Suites judiciaires

Les attentats et assassinats commis par Action directe ont donné lieu à plusieurs procédures judiciaires et autant de procès.

Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joelle Aubron et Georges Cipriani ont été condamnés en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine incompressible de dix-huit ans, pour l’assassinat de Georges Besse. En 1994 ils ont été condamnés à la même peine pour l’assassinat de René Audran, les tentatives d’assassinat contre Guy Brana, vice-président du CNPF et Henri Blandin, contrôleur général des armées, ainsi que les attentats contre les locaux d’Interpol et contre ceux de l’Union de l’Europe Occidentale.

Nathalie Ménigon avait préalablement (en février 1988) été condamnée à douze ans de réclusion criminelle pour les tentatives d’homicide contre les policiers dans le cadre de la fusillade de la rue Pergolèse.

Le procès de Régis Schleicher et des frères Halfen pour la tuerie de l’avenue Trudaine s’ouvre le 3 décembre 1986. Dès le début de l’audience Schleicher menace les juges et les jurés en leur promettant les « rigueurs de la justice prolétarienne »55 et refuse par la suite de comparaître. La défection de cinq jurés entraîne le renvoi du procès. En juin 1987, sept juges professionnels condamnent Schleicher à la réclusion criminelle à perpétuité. Nicolas Halfen écope de 10 ans de prison pour « association de malfaiteurs » et Claude Halfen est acquitté fautes de charges suffisantes56. Frédérique Germain, Blondblond, proche de Claude Halfen arrêtée le 31 mai 1983 lors d’un braquage et inculpée d’association de malfaiteurs est le témoin central de ce procès56.

Le premier procès de la mouvance Action directe eut lieu en janvier 1988. Vingt-quatre prévenus (dont deux détenus en Italie et un en fuite) furent jugés en correctionnelle pour association de malfaiteurs. Les peines prononcées furent les suivantes : dix ans de prison (la peine maximum) pour le « noyau dur » (Régis Schleicher, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani, Vicenzo Spano, Joelle Aubron, Nathalie Ménigon, Mohand Hamami (en fuite) et Claude Halfen); huit ans d’emprisonnement pour Hélyette Bess (qui louait des planques, recherchait des appuis, transportait armes, faux papiers et numéraire); sept ans pour Salvatore Nicosia, Bruno Baudrillart (considérés comme des trésoriers de l’organisation) et Jean Asselmeyer (« soutien logistique »); cinq ans pour Dominique Poirre et Annelyse Benoit, compagnes respectives de Asselmeyer et Baudrillart (« aides médiatiques » du mouvement); six ans pour Nicolas Halfen; dix-huit mois avec sursis pour la journaliste Paula Jacques et l’écrivain Dan Franck (pour l’aide qu’ils apportèrent à Claude Halfen notamment57); Frédérique Germain fut dispensée de peine. Deux autres prévenues furent relaxés58. Lors du procès en appel, ces peines furent confirmées pour Schleicher, Rouillan, Cipriani, Spano, Aubron, Claude et Nicolas Halfen; les peines d’Helyette Bess et Jean Asselmeyer furent réduites à six ans d’emprisonnement; Nicosia fut relaxé du délit d’association de malfaiteurs et condamné à quatre ans de prison pour recel de documents administratifs et d’explosifs; Annelyse Benoît et Bruno Baudrillart furent également relaxés du même délit (mais condamnés , dans une procédure distincte, à la peine de trente mois d’emprisonnement dont quinze avec sursis pour recel, recel de documents administratifs et usage, falsifications de documents et usage)59.

En tout 22 membres d’Action directe ou de la mouvance sur 25 connus des services de police auront été arrêtés56. Manquent notamment à l’appel Mohand Hamami et Eric Moreau dont on a perdu la trace.

Pour la branche lyonnaise, André Olivier, Max Frérot et Emile Ballandras ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989 à Lyon (Frérot a été condamné une nouvelle fois à la même peine en 1992 pour l’attentat commis en 1986 contre la brigade de répression du banditisme). Bernard Blanc a été condamné à vingt ans de réclusion. Jugés une nouvelle fois en juin 1995 pour trente-trois attentats commis entre 1982 et 1986, Max Frérot, André Olivier, Bernard Blanc et Emile Ballandras ont été condamnés par la cour d’assises spéciale de Paris, composée uniquement de magistrats à 30 ans de réclusion criminelle. Joëlle Crépet, l’amie d’André Olivier, a été condamnée à six ans d’emprisonnement. Renaud Laigle a été puni de trois ans de prison. Quant à François Polak, la cour lui a infligé deux ans de prison60.

Mohand Hamami a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité le 7 juin 1990 par la cour d’assises de Paris. Il a été déclaré coupable de l’assassinat des gardiens de la paix Claude Caiola et Emile Gondry et de tentative d’assassinat de plusieurs passants, commis le 31 mai 1983 lors de la fusillade de l’avenue Trudaine61. Selon les informations parvenues au juge Bruguière, il aurait été arrêté en Algérie puis se serait enfui en Libye. Les services secrets du colonel Kadhafi l’auraient ensuite infiltré dans des mouvements palestiniens au Liban15

Les ambiguïtés du pouvoir à l’égard d’Action directe

La doctrine Joinet

Peu après l’élection de François Mitterrand, une « cellule de dissuasion » informelle est mise en place à l’Élysée autour de François de Grossouvre. Elle est chargée de prendre contact avec les terroristes étrangers répertoriés en France (ETA, RAF, Brigades rouges) pour les convaincre de cesser toute activité sur le territoire. En contrepartie le gouvernement promet de refuser toute demande d’extradition. Cette démarche est étendue aux membres de groupes terroristes français récemment amnistiés, dont les militants d’Action directe, que l’on tente de persuader de renoncer définitivement à l’action violente62. La politique de répression policière doit désormais céder le pas à « l’antiterrorisme préventif » : le Parti Socialiste est au pouvoir depuis le 10 mai 1981 et le gouvernement se doit de donner des signaux différents, même à ceux qui ont choisi la violence pour accélérer le changement.

Gilles Kaehlin, inspecteur des Renseignements généraux qui a fait partie de la brigade du commissaire Pochon, est chargé de négocier individuellement avec chaque membre du groupe63,64 pour qu’ils renoncent à la violence ou qu’ils quittent la France. Yves Bertrand, qui fut Directeur central des Renseignements généraux, explique que Kaehlin leur versait des sommes prélevées sur les « fonds secrets » pour les aider à refaire leur vie à l’étranger65. Dans leurs ouvrages consacrés à la traque d’Action directe, les anciens policiers Jean-Pierre Pochon et Serge Savoie laissent entendre que c’est au cours de leurs entretiens avec la « cellule » que le nom de l’informateur Gabriel Chahine, à l’origine de l’arrestation de Rouillan et Ménigon, a été communiqué, directement aux membres d’Action directe ou ultérieurement via un collaborateur de l’Élysée26,66.

L’inspirateur de « l’antiterrorisme préventif » est Louis Joinet, magistrat membre du cabinet de Premier ministre Pierre Mauroy. Sa volonté de dialogue avec les terroristes ne relève pas exclusivement de considérations idéologiques. Il cherche également à dissocier les « durs » irréductibles des « mous » qui peuvent être réinsérés dans la société67. Joinet cherche à diviser ces deux camps afin de restreindre les moyens des « durs ».

Parallèlement à l’amnistie, la Cour de sûreté de l’État a été dissoute et les services de police sont incités à réorienter leur action vers les groupes d’extrême droite.

Les provocations de Rouillan

Une fois libres, les membres d’Action directe font de nombreuses déclarations publiques, se plaignant des filatures policières et mettant en cause nommément les Renseignements généraux et le commissaire Pochon. Ayant le sentiment de ne pas être soutenu par la hiérarchie, celui-ci accepte en août 1982 une affectation aux Antilles31. Jean-Marc Rouillan justifie les hold-up, qualifiés d’« opérations de financement » ou de « réappropriation ». Il fait clairement état de l’objectif d’Action directe de « destruction de la société capitaliste » et de son intention de « maintenir une politique révolutionnaire »68. Diverses actions sont menées pour obtenir la libération des détenus qui n’ont pas été libérés par l’amnistie et qui ont entamé une grève de la faim (Nathalie Ménigon, cinq personnes inculpées pour le hold-up de Condé-sur-l’Escaut en 1979 et trois militants des NAPAP : Frédéric Oriach, Michel Lapeyre et Jean-Paul Gérard). Une manifestation est organisée devant l’Élysée, des épiceries fines et des restaurants sont saccagés à Paris et en province, les locaux du Quotidien de Paris et de l’AFP sont occupés, le journal de FR3 est perturbé. En août, la police retrouve une voiture équipée d’un radio-téléphone qui a été utilisée lors d’une de ces opérations. Elle s’avère être un véhicule de fonction du député socialiste du XVIIIe arrondissement Lionel Jospin69. La voiture a été déclarée volée en juillet. Cependant selon certaines sources policières, elle aurait été prêtée aux membres d’Action directe par le député70. Les neuf détenus sont progressivement libérés en septembre et en octobre.

Avec le soutien de personnalités de gauche et d’extrême gauche, Action directe lance une maison d’édition (la Docom) et les magazines Rebelles et Sans frontière. Des traductions de publications de l’IRA, de l’ETA, des Brigades rouges et de l’OLP sont publiées, ainsi que les premiers textes théoriques : Pour un projet communiste et Sur l’impérialisme. Les membres d’Action directe mènent des actions de recrutement auprès des immigrés turcs dans les squatts du XVIIIe arrondissement. Le 7 décembre 1981 Rouillan est interpellé dans un squatt, 3, villa Poissonnière en compagnie d’Éric Waucquier, Jean Van Niewhuyze et Lahouari Benchellal. Au commissariat de la rue Doudeauville Rouillan demande à téléphoner à l’assistant parlementaire de Lionel Jospin, qui se déplace pour s’entretenir avec lui. Rouillan et ses camarades sont libérés l’après-midi même. Le 19 janvier 1982 la police procède à des interpellations dans les squatts des 10, 12 et 14, rue de la Charbonnière où Action directe avait déployé son sigle sur l’une des façades. Rouillan est interpellé en compagnie de Ménigon et Waucquier. Ils sont rapidement libérés44.

En août 1982, le gouvernement décide la dissolution d’Action directe après la fusillade de la rue des Rosiers et la revendication par Jean-Marc Rouillan d’un certain nombre d’attentats anti-américains et anti-israéliens. Des avis de recherche sont lancés par le juge Bruguière. Les « durs » d’Action directe plongent dans la clandestinité.

Les initiatives de Paul Barril

Cependant dès le 22 janvier 1983, le capitaine de gendarmerie Paul Barril, membre de la « cellule élyséenne » créée l’année précédente auprès du président Mitterrand pour contribuer à la lutte contre le terrorisme, adresse une lettre à Rouillan. Rédigé sur papier à en-tête du palais de l’Élysée et transmise par l’intermédiaire de l’avocat de Rouillan, ce courrier lui propose une rencontre afin de « mettre au point un dialogue permettant la régularisation de votre situation ». Barril précise : « Je suis habilité par la présidence pour traiter directement avec vous. »71 Cette lettre est en fait la dernière tentative de Barril, après quatre mois de pseudo-négociations avec l’avocat de Rouillan, pour obtenir la reddition de ce dernier. Paul Barril écrira plus tard que cette initiative avait eu l’aval formel de Christian Prouteau, responsable de la « cellule »72. Selon les journalistes Alain Hamon et Jean-Charles Marchand48, il est vraisemblable que le gendarme a été « mené en bateau » par Rouillan. En octobre 1983, la publication de ce courrier par la presse (notamment Le Canard Enchaîné) provoquera l’embarras de l’Élysée.

Accusations des autorités italiennes

De nombreux membres de groupes armés italiens avaient trouvé refuge en France à la fin des années 70. Ils étaient déjà une centaine lors de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Ils continuent à affluer au cours des années suivantes, jusqu’à atteindre 300 « réfugiés » en 1984. Les pouvoirs politiques et judiciaires français les considèrent avec une relative bienveillance. Cependant à partir de 1982, les autorités italiennes multiplient les mandats d’arrêt internationaux. La justice française les classe généralement sans suite. Dans les rares cas où la chambre d’accusation émet un avis favorable à l’extradition, le gouvernement ne la fait pas exécuter11. En août 1984, dans un entretien avec le Corriere della Sera, le ministre de l’Intérieur italien Oscar Luigi Scalfaro exprime son indignation face à cette situation, expliquant notamment : « Quand je pense qu’il y a 300 terroristes en France, traités comme s’ils étaient les frères Rosselli persécutés par le fascisme, je deviens violacé de rage ! »

Gilles Ménage admet que le pouvoir socialiste a « tardé à bien mesurer combien la colonie de réfugiés italiens constituait un milieu propice au développement des activités clandestines »11. De fait, Olga Girotto (Prima Linea), Franco Pinna, Enrico Bianco, Oriana Marchioni, Elisabetta Grasso, Vincenzo Spano (Brigades Rouges), Franco Fiorina, Gloria Argano (COLP) ont participé à des braquages de banque en France aux côtés de membres d’Action directe à partir de 1980. Ils ont été arrêtés, puis remis en liberté. Cirro Rizzato (Prima Linea) a été abattu lors d’un hold-up auquel il participait avec Régis Schleicher.

En janvier 1985, le juge italien Rosario Priore accuse la France « d’abriter une multinationale du terrorisme »73. Le juge antiterroriste Armando Spataro déclare : « Je soutiens que la France ne respecte pas les conventions internationales en matière d’extradition. Je citerai un exemple : celui d’Oreste Scalzone. La chambre d’accusation a exprimé un avis favorable à l’extradition, et c’est le pouvoir politique qui a dit non »74. Il cite également en exemple le cas du journaliste Jean-Louis Baudet, proche d’Action directe, que les juges italiens considèrent comme l’élément de liaison entre les terrorismes allemands, italiens et français. Celui-ci et sa compagne Catherine Legagneur, qui se déclare sympathisante des Brigades rouges et de l’OLP, ont été arrêtés le 17 novembre 1983 pour possession d’armes, d’explosifs et de documents administratifs vierges ou falsifiés.

Pour sa défense, Baudet explique qu’il a été chargé, peu après l’arrivée des socialistes au pouvoir, de récupérer les armes des terroristes et de les convaincre d’abandonner la lutte armée. Il déclare travailler en liaison avec des personnes proches de l’Elysée, dont l’inspecteur Gilles Kaehlin48. Jean-Louis Baudet a été condamné le 4 juillet 1984 à quatre ans de prison pour infraction à la législation sur les armes et les munitions. Catherine Legagneur a été condamnée pour ces mêmes faits à deux ans de prison avec sursis. Le juge Spataro questionne : « Nous voudrions connaître des autorités françaises la conclusion de leur enquête sur les mandataires de Baudet et les objectifs qu’ils poursuivaient. Pourquoi la France maintient-elle une telle attitude, alors que les terroristes italiens sont impliqués dans des affaires très graves, par exemple l’assassinat de deux gendarmes avenue de Trudaine à Paris en mai 1983 ? »74

Début 1985, sur 53 « cas sérieux » de demandes d’extradition transmises par la justice italienne et examinés par la Chancellerie, 39 avaient été classés sans suite, 1 avait fait l’objet d’un avis défavorable de la chambre d’accusation et 5 d’un avis favorable, sans que le gouvernement ait accepté leur extradition. Huit étaient toujours pendants11.

Le 22 février 1985, lors d’une conférence de presse commune avec le Président du conseil italien Bettino Craxi, François Mitterrand définit la « doctrine Mitterrand » concernant les « réfugiés » italiens : « Le cas particulier qui nous est posé et qui alimente les conversations, est celui d’un certain nombre d’Italiens venus, pour la plupart, depuis longtemps en France. Ils sont de l’ordre de 300 environ – plus d’une centaine était déjà là avant 1981 – qui ont d’une façon évidente rompu avec le terrorisme. Même s’ils se sont rendus coupables auparavant, ce qui dans de nombreux cas est probable, ils ont été reçus en France, ils n’ont pas été extradés, ils se sont imbriqués dans la société française (…). Ils posent un problème particulier sur lequel j’ai déjà dit qu’en dehors de l’évidence – qui n’a pas été apportée – d’une participation directe à des crimes de sang, ils ne seront pas extradés75. » En application de ces principes, il fallut attendre 2002 pour que la France extrade un ancien membre des Brigades rouges.

Les justifications de François Mitterrand

En octobre 1985, une rencontre a lieu en Belgique entre Jean-Marc Rouillan et le conseiller politique d’un ministre du gouvernement Fabius. Selon Jean-Pierre Pierre-Bloch et André Santini, cette rencontre a pour objet de « proposer une trêve » et un « billet de retour en France » aux membres d’Action directe en fuite70. Les deux élus UDF accusent les socialistes de « favoriser le terrorisme tout en déclarant vouloir le combattre ».

Le 23 février 1987, peu après l’arrestation des quatre dirigeants d’Action directe, le président Mitterrand est questionné sur l’amnistie dont ils ont bénéficié en 1981. Il rappelle que, sur les quatre, seul Jean-Marc Rouillan a bénéficié de l’amnistie. Il s’emploie également à en minimiser les effets, assurant : « si Rouillan n’avait pas été amnistié, il tombait sous le coup de la loi : il était coupable de délit, il n’était pas coupable de crime. Il eut été frappé d’une peine que je ne peux imaginer puisqu’il n’avait pas été jugé, qui n’aurait pas dépassé quelques mois, en raison de la relation qu’il y a entre la faute que l’on commet et la peine qu’on a subie. Cela, c’est notre code pénal. Il serait donc de toute façon libéré depuis 1981 ou début 1982, dans l’hypothèse où il serait passé en jugement et où il aurait été condamné »76. Cette affirmation est douteuse dans la mesure où, en 1981, Rouillan était suspecté de détention d’armes et d’explosifs, d’usage de faux papiers, de vols à main armée et de onze attentats.

Gilles Ménage, ayant exercé plusieurs postes clés au sein du cabinet de la Présidence de la République sous François Mitterrand, admet pour sa part que les premiers mois du septennat de François Mitterrand ont été marqués par des hésitations à l’égard d’Action Directe. Il met cependant en cause la politique menée avant 1981 « marquée par une faiblesse tout aussi flagrante » dans l’action contre le terrorisme. Cette faiblesse est notamment illustrée par les diverses arrestations de Jean-Marc Rouillan tout au long des années 70 et la légèreté des condamnations qu’il eut à subir. Il considère, que, passé les premiers mois, l’action des gouvernement socialistes fut caractérisée par une « détermination sans faille ». À l’appui de cette affirmation, il explique que dix-huit des vingt-deux personnes citées à comparaître lors du procès de la mouvance Action Directe en janvier 1988, avaient été arrêtées avant mars 198611.

Incarcération et processus de libération

La peine de Joëlle Aubron a été suspendue en juin 2004 pour raisons de santé. Elle meurt à Paris le 1er mars 2006 d’un cancer du poumon.

Les demandes de libération anticipée de Régis Schleicher ont été plusieurs fois repoussées par le tribunal de l’application des peines. Le 23 juillet 2009, il lui est accordé un régime de semi-liberté77. Il a publié Clairvaux, instants damnés, un livre où il évoque le quotidien des détenus condamnés à de longues peines.

Les demandes de semi-liberté de Georges Cipriani ont été plusieurs fois rejetées (en 2005, 2007 et 2009). Ce régime lui est finalement accordé en 201078. Le 3 mai 2011, la Cour d’Appel de Paris lui octroie une libération conditionnelle79.

Le 10 mai 2007, le tribunal d’application des peines de Paris a accordé un régime de semi-liberté à Nathalie Ménigon, emprisonnée depuis 1987. Elle travaillera la journée et retournera dormir en prison, mais le parquet a immédiatement fait appel de cette décision. Le jeudi 19 juillet 2007, la Chambre d’application des peines de la Cour d’Appel de Paris lui a finalement accordé le régime de semi-liberté80.

Nathalie Ménigon, à qui un régime de semi-liberté a été accordé à partir du 2 août, a été transférée mardi 24 juillet 2007 du centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais) à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses. Ce régime de semi-liberté est un préalable à une mesure de libération conditionnelle81, finalement accordée le 17 juillet 2008. Elle est libérée en régime de libération conditionnelle le 2 août 2008 sur décision du tribunal de l’application des peines de Paris, après plus de vingt ans de prison82.
De ses années de prisons, il lui reste de graves séquelles physiques d’une hémiplégie due à deux accidents vasculaires cérébraux83.

Jean-Marc Rouillan a tenu une chronique sur l’univers carcéral dans le journal CQFD. Il a obtenu un régime de semi-liberté à partir du 17 décembre 200784. Cette semi-liberté a été révoquée en octobre 2008 à la suite de propos tenus lors d’une interview donnée au magazine L’Express85. Il obtient à nouveau en mai 2011 une mise en semi-liberté effective le 19 mai 201286.

En 2003, Helyette Bess est placée sous contrôle judiciaire dans une enquête pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, falsification de documents administratifs et contrefaçon87 dans l’affaire du (nuovo) Partito Comunista Italiano88.

Soutiens

Depuis l’arrestation de plusieurs des membres d’Action directe et jusqu’à aujourd’hui, des groupes d’extrême-gauche, tel le Comité Unitaire pour la Libération des Prisonniers politiques, le Comité Unitaire de Défense des Prisonniers politiques, le Collectif pour la libération des Militant-e-s d’Action directe89 ou encore Secours rouge (Secours rouge/Association des Parents et Amis des Prisonniers communistes), mais aussi la Ligue des droits de l’homme90 militent pour leurs libérations. Parmi les organisations politiques, l’Organisation communiste marxiste-léniniste Voie prolétarienne fera du soutien aux prisonniers d’Action Directe une « question de principe »91.

Le 20 février 2006, une bombe explose à Berlin. Le 25 février 2006, un attentat vise Renault à Athènes, ne faisant que des dégâts matériels, en « Solidarité avec les prisonniers » d’Action directe92.

Connexions

Le hold-up de Condé-sur-l’Escaut

Le 28 août 1979, une attaque à main armée a lieu à la perception de Condé-sur-l’Escaut (Nord). Six malfaiteurs masqués (dont une femme) s’emparent de 16,3 millions de francs, destinés au paiement en liquide des pensions trimestrielles des retraités des mines. Le hold-up a été exécuté de façon quasi-militaire à la manière d’une action de commando. L’enquête s’oriente vers des anciens membres des GARI en liaison avec les Brigades rouges et des groupes terroristes français93. Un suspect est arrêté trois mois plus tard. Il s’agit d’un ressortissant espagnol nommé José de Miguel Martin, membre du Groupe autonome de Madrid. Lui et son amie Annie Cuadrado sont connus des Renseignements généraux pour leur sympathie envers la Gauche prolétarienne et les GARI. À son domicile, les policiers retrouveront des faux papiers, des chéquiers, les radios qui ont servi au commando ainsi qu’une somme de 1.700.000 francs provenant du hold-up.

Le 28 mars 1980, en même temps que le coup de filet opéré contre Action directe, quatre Italiens – trois hommes et une femme – sont interpellés au Brusc, près de Toulon, par les polices judiciaires de Nice et de Lille. Une partie du butin est retrouvée (150.000 francs), ainsi que des armes de guerre et des faux papiers semblables à ceux retrouvés chez les membres d’Action directe. Franco (ou François) Pinna (ou Pina), Enrico Bianco, Luigi Amadori et Oriana Marchionni, épouse d’Enrico Bianco, font partie des Brigades rouges25 et avaient des liens avec Action directe.

Le dossier est confié à la Cour de sûreté de l’État. En juin 1981, huit autres personnes sont inculpés par le juge Michel Legrand de « crimes commis en relation avec une entreprise tendant à entraver l’exercice de l’autorité de l’État ». Il s’agit de six Français (Jean-Pierre Cazenave-Laroche, Floreal Cuadrado, Raymond Delgado, Annie Dessaux, Angela Herbon, Martine Fournier et Sylvie Porte) et un Allemand (Werner Witteman). Cuadrado et Delgado sont des anarchistes espagnols qui ont côtoyé Rouillan au sein des GARI52.

Le 17 juillet 1981, l’Assemblée nationale vote la suppression de la Cour de sûreté de l’État. Le 23 juillet, celle-ci se dessaisit du dossier de Condé-sur-l’Escaut en considérant que « rien ne permet de penser qu’il s’agit d’un acte subversif dirigé contre l’État français ». L’affaire retourne au tribunal de Valenciennes94.

Les inculpés échappent donc à l’amnistie votée le 4 août 1981. Après des manifestations diverses (cf supra), l’intervention de personnalités et groupements de gauche ou d’extrême-gauche95 et une grève de la faim, les cinq derniers détenus dans le cadre de cette affaire seront libérés en octobre 1981 pour « raison médicale » en même temps que Nathalie Ménigon.

Un procès aura finalement lieu devant la cour d’assises de Douai à partir du 17 avril 1989, soit dix ans après les faits. Le parquet rejette les motivations politiques mises en avant par les accusés et soutient qu’il s’agit d’une affaire de droit commun. Sept accusés sont présents. Les débats portent essentiellement sur l’application de la loi d’amnistie d’août 1981. Quatre accusés de complicité et de recel de vol avec armes sont acquittés (Martine Fournier, Sylvie Porte, Annie Dessaux et Jean-Pierre Cazenave-Laroche). Raymond Delgado est reconnu coupable de complicité et Floréal Cuadrado coupable de recel. La Cour d’assises les fait cependant bénéficier de l’amnistie. Seul Luigi Amadori est condamné à quatorze mois de prison pour recel simple, probablement en raison du fait qu’il s’est acheté un voilier avec l’argent recelé et qu’il était détenu pour une affaire de drogue au moment du procès96.

Gilles Ménage tient pour acquis qu’une bonne part du butin de ce hold-up fut remis au groupe Action Directe11.

Les explosifs de Rochebesse

Le 18 septembre 1980, quelques jours après l’interpellation de Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan, deux autres suspects sont arrêtés. Il s’agit de Laurent Louessard, étudiant en sciences économiques et surveillant d’externat au lycée Carnot à Paris97, et de son amie espagnole : Maria Pilar Arago-Eltur, employée dans un institut de sondage. Ils ont été tous deux signalés dans la mouvance d’Action directe. Ils sont suspectés d’avoir établi des liens avec des groupes terroristes italiens (Prima Linea) et espagnols (ETA militaire).

Maria Pilar Arago-Eltur reconnaît avoir participé à la création d’Action directe en 1979 avec Laurent Louessard, Carlos Jaurégui, Mireille Munoz, Ménigon et Rouillan. Elle indique que le groupe a financé ses premières actions avec l’argent provenant d’un hold-up commis fin juillet 1979 à la BNP, avenue de Villiers à Paris25. Louessard, Jaurégui, Rouillan, Ménigon ont participé à ce hold-up avec trois de leurs proches : Serge Fassi, Pascal Trillat et Pedro Linares Montanes.

Au cours de leur interrogatoire, les deux jeunes gens révèlent l’existence d’un important dépôt d’explosifs au sein d’une communauté « hippie » au lieu-dit de Rochebesse, sur la commune de Chanéac en Ardèche. Les 600 kg d’explosifs découverts lors des perquisitions du 27 mars proviennent de ce dépôt.

La communauté de Rochebesse est connue des forces de l’ordre. Elle s’est implantée en 1969 dans un hameau isolé, sous la houlette de Pierre Conty, soixante-huitard grenoblois98. Avec ses amis adeptes du retour à la terre, il a pris possession de plusieurs masures délabrées et élève quelques dizaines de brebis et des vaches. Au fil des années, les rapports se sont tendus avec le voisinage. Les membres de la communauté se livrent à des larcins et se bagarrent avec les paysans. Le 24 août 1977, Conty et deux membres de la communauté (Stéphane Viaux-Peccate et Jean-Philippe Mouillot) commettent un hold-up au Crédit Agricole de Villefort en Lozère. Au cours de leur fuite, Conty blesse grièvement un gendarme (qui mourra quelques semaines plus tard) et abat de sang-froid deux villageois. Jean-Philippe Mouillot se livre à la justice peu après. Stéphane Viaux-Peccate est arrêté en Hollande lors d’une enquête sur la bande à Baader99. Ils seront condamnés en mai 1980 respectivement à 5 et 18 ans de réclusion criminelle. Surnommé « le tueur fou de l’Ardèche », Pierre Conty, qui n’a pas été arrêté, est condamné à mort par contumace100.

À la suite des révélations de Laurent Louessard et Maria Pilar Arago-Eltur, la brigade criminelle, la police judiciaire de Montpellier et les gendarmes investissent Rochebesse le 23 septembre 1980. Marie-Thérèse (Maïté) Merlhiot, l’ancienne compagne de Conty est interpellée en compagnie de deux amis vivant avec elle au hameau de Treynas : Bruno Darribère et Jean-Pierre Bolognini. Dans une cache dissimulée sous des éboulis, les policiers découvrent 1.250 kilos d’explosifs, des fusils, des carabines et plusieurs centaines de cartouches. Une partie des explosifs provient d’un vol commis dans une carrière de l’Isère en 1975. C’est Bruno Darribère qui a indiqué à Laurent Louessard l’existence de ce dépôt. Pendant l’hiver 1979, Laurent Louessard et Philippe Franc ont transporté une partie de ces explosifs à Paris101.

Frédéric Oriach

Frédéric Oriach a longtemps été soupçonné de faire partie des dirigeants d’Action Directe. L’intéressé s’en est défendu, tout en déclarant publiquement approuver certains attentats commis par le groupe. Par ailleurs, Oriach a été proche de Pierre Carette, fondateur des Cellules communistes combattantes102. Ce groupe belge a commis diverses actions en commun avec Action directe, notamment des vols d’explosifs et le partage d’armes et de planques103

Dans la nuit de 12 au 13 mai 1977, Frédéric Oriach, Michel (Mickel) Lapeyre et Jean-Pierre Gérard sont interpellés par des gardiens de la paix rue Bobillot (Paris XIIIe arrdt). Les trois hommes sont tous armés. Oriach est porteur d’un revolver de type Magnum et Gérard d’un autre pistolet de calibre 7,65, qui a « servi » pour l’assassinat de Joaquin Zenteno Anaya, ambassadeur de Bolivie en France le 11 mai 1976 et pour l’attentat contre Bartholome Garcia Platta-Valle, attaché militaire à l’ambassade d’Espagne à Paris le 8 octobre 1975. Lapeyre est en possession d’un pistolet 11,43 qui a été utilisé pour l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni le 23 mars 1977 à Limeil-Brévannes. J.-A. Tramoni est le vigile de la régie Renault qui a abattu le militant maoïste Pierre Overney lors d’une manifestation aux portes des usines Renault le 25 février 1972. Dans leur voiture et à leurs domiciles respectifs, les enquêteurs saisissent diverses armes de guerre, des postes émetteurs-récepteurs et divers documents : tracts et fiches mentionnant des immatriculations et des relevés de trajet de véhicules des ambassades d’Israël et d’Iran.

Les enquêteurs soupçonnent Oriach et ses amis de deux autres attentats au cours desquels un diplomate uruguayen a été tué et un conseiller d’ambassade iranien a été grièvement blessé. Oriach, Lapeyre et Gérard déclarent faire partie des NAPAP et se refusent à toute autre déclaration. Ils rejoignent en prison trois membres présumés des NAPAP arrêtés le 31 mars : Henri Savouillan, Maurice Marais et Egbert Slaghuis, suspectés d’avoir fourni l’arme et les projectiles qui ont tué Jean-Antoine Tramoni. Un septième suspect, soupçonné d’avoir assassiné J.-A. Tramoni, est arrêté le 3 décembre : Christian Harbulot104. Il sera libéré après plusieurs mois de détention préventive et obtiendra un non-lieu dans cette affaire.

Le 23 mars 1978, Oriach, Lapeyre et Gérard sont condamnés pour détention d’armes prohibées à 7 ans de prison dont 5 ans ferme. En appel, leur peine est ramenée à cinq ans de prison, dont un avec sursis. Libérés en mai 1980, ils sont arrêtés en juillet de la même année par une patrouille de police peu après un attentat commis contre les locaux des chemins de fer allemands (Bundesbahn) rue Condorcet à Paris IXe. Lapeyre et Gérard reconnaissent leur participation à l’attentat. Le 14 septembre 1981, les trois hommes bénéficient de l’amnistie présidentielle, en vertu d’une décision de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris. Cette décision intervient après diverses manifestations violentes de groupes d’extrême-gauche réclamant leur libération, ainsi que celle de Nathalie Ménigon et des sept inculpés pour l’attaque à main armée de Condé sur l’Escaut.

Le 12 octobre 1982, Frédéric Oriach est arrêté à Paris par la Brigade de recherches et d’intervention et inculpé « d’association de malfaiteurs ». Il venait de se rendre à la gare du Nord pour consulter des documents déposés dans une consigne. Il s’agit de fiches concernant des objectifs d’attentats réalisés ou potentiels; parmi les documents saisis se trouve également une sorte de mémoire rédigé par Oriach concernant les actions menées par Action directe au cours de l’été 1982. Ce texte, dans lequel Oriach parle de « notre groupe » et de « notre action », tend à démontrer que les membres d’Action directe ont participé à plusieurs attentats, notamment celui de l’avenue de la Bourdonnais le 21 août (deux artificiers de la Préfecture de police tués en tentant de désamorcer une bombe placée sous la voiture du conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis) et celui de la rue Cardinet commis le 17 septembre (trois diplomates israéliens grièvement blessés, ainsi qu’une quarantaine d’élèves du lycée Carnot). Ces deux attentats avaient également été revendiqués par les Factions armées révolutionnaires libanaises (FARL).

En avril 1983, un commando d’une dizaine de personnes saccage le musée de la Légion d’honneur et y laisse des tracts réclamant la libération de Frédéric Oriach. Une dizaine de personnes est interpellée à la suite de ce saccage, parmi lesquels Martine da Silva et Christian Gauzens, amis d’Oriach105.

En avril 1985, dans un courrier adressé au journal Le Monde, Oriach nie avoir jamais été proche d’Action directe106

Crimes et attentats

Article détaillé : Chronologie des attentats commis par Action directe.

Le groupe Action directe a revendiqué plusieurs actions (mitraillage, braquage, plasticage, assassinat). À partir de juin 1984, Action directe signe ses attentats et ses tracts en utilisant des noms de commandos pour donner une symbolique forte à ses actions et pour créer l’illusion du nombre.

De nombreux vols à main armée n’ayant pas entraîné mort d’homme ont été revendiqués par le groupe comme des « expropriations prolétariennes ». Durant sa première période, plusieurs attentats dans des zones d’opération d’Action directe seront commis. Si le mode opératoire, les revendications et les cibles peuvent les rattacher au groupe, ils seront revendiqués sous différents noms. La police française considérera ces attentats comme commis par la mouvance Action directe : Action directe du 27-28 mars, CLODO, Groupe Bakounine-Gdansk-Paris-Guatemala-Salvador, Jeune Taupe, Casse-Noix, Moutons enragés, Nous, B.A.D.I.N.T.E.R. (du nom du ministre de la justice d’alors, Robert Badinter, Bombeurs anonymes pour la défense des incarcérés très excités par Robery), Germain, Comité Riposte à la répression en Algérie56. La « menace » d’une résurgence d’Action directe ou d’un nouveau groupe terroriste à la manière d’Action directe est fréquemment agitée même si ce n’est pas toujours pertinent. Par exemple Florence Rey et Audry Maupin seront décrit par une partie de la presse et des enquêteurs comme un couple « à la Rouillan et Ménigon »107. Ces deux anarchistes autonomes avaient pris d’assaut une préfourrière de la police. Ce braquage qui n’avait pas pour but de faire des morts a dérapé en une course-poursuite à travers Paris et des échanges de coups de feu avec la police résultant en la mort de cinq personnes, dont Audry Maupin.

Évocation de réactivations possibles du groupe Action directe

En 2009, Julien Coupat et le groupe de Tarnac sont présentés par Michèle Alliot-Marie comme des « héritiers en puissance d’Action directe ». La ministre de l’intérieur évoque le retour du terrorisme de « l’ultra gauche »108. Julien Coupat et ses proches sont accusés d’avoir placé des crochets pour bloquer la circulation de TGV et d’avoir écrit un livre « l’insurrection qui vient ». Non seulement les faits ne sont pas prouvés, mais au point de vue de l’idéologie les spécialistes jugent que « Julien Coupat n’a rien à voir avec Jean-Marc Rouillan »109.

En février 2011, six commissariats des Hauts de Seine reçoivent une lettre présentant « la réactivation d’Action directe ». Le tract annonce des actions contre la police dans la lignée du combat de Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Même si l’on ne sait pas si la menace était réelle, elle a été prise au sérieux par la justice qui a saisi la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris dans les heures qui ont suivi110. Ces références régulières à Action directe montrent que le souvenir du mouvement et de ses attentats reste toujours présent dans la mémoire collective.

Bibliographie

Études sur Action directe

Témoignages relatifs au parcours d’Action directe

  • Floréal Cuadrado, Comme un chat. Souvenirs turbulents d’un anarchiste, faussaire à ses heures, vers la fin du vingtième siècle, Éditions du Sandre, 2015,  (ISBN 978-2-35821-105-5).

Ouvrages des membres d’Action directe

Ouvrages connexes

  • Jean-Claude Lutanie, Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1980, sans mention d’éditeur, 1981, puis réédité en 2011 aux Éditions Lutanie [archive]

Filmographie

Documentaires télévisés

Notes et références

  1. (fr)Serge Cosseron, Dictionnaire de l’extrême gauche, Larousse, collection À présent, 2007 (ISBN 978-2-03-582620-6) p. 61
  2. Selon la police en 1989 in (en) Michael Dartnell, Action directe: ultra-left terrorism in France, 1979-1987, Paris, 1995, 224 p. (ISBN 0714645664, lire en ligne [archive]), p. 173
  3. http://www.globalterrorwatch.ch/?p=292 [archive]
  4. a et b Jean-Guillaume Lanuque, « Action Directe. Anatomie d’un météore politique » [archive], sur www.dissidences.net, Dissidences, février 2006 (consulté le 29 juin 2011)
  5. Michaël Prazan, Une histoire du terrorisme, Flammarion, 2012, p. 330
  6. Décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement de fait dénommé Action Directe [archive]Journal officiel de la République française, 25 août 1982 [PDF]
  7. La France face au terrorisme : Livre blanc du Gouvernement sur la sécurité intérieure face au terrorisme – Ministère des Affaires étrangères [archive]
  8. http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/01/31/01001-20080131ARTFIG00622-mam-je-veux-mettre-fin-a-la-propagande-terroriste.php [archive]
  9. Edgar Roskis, « Les prisons françaises, d’Action directe aux droits communs », Le Monde diplomatique,‎ juillet 2001 (lire en ligne [archive])
  10. a et b Jean-François Gayraud, Histoire politique d’une organisation communiste combattante, Révolution et lutte armée en France 1969-1987 – Action directe ». Notes & Études de l’Institut de Criminologie  7 et 8, numéro double – octobre – décembre 1988 [archive] http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Anonyme_-_Revolution_et_lutte_armee_en_france.html [archive]
  11. a, b, c, d, e, f, g, h et i Gilles Ménage, L’œil du pouvoir, t 2, Face aux terrorismes, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2000, 545 p. (ISBN 2-213-60491-6)
  12. Julien Fragnon (docteur en science politique, Université de Lyon), Attentats politique en Europe [archive] Encyclopédie de la culture politique contemporaine, sous la direction d’Alain Renaut, 2008, pages 323 et suivantes.
  13. Selon Maria Pilar Arago-Eltur, militante d’Action directe arrêtée le 18 septembre 1980 (cf infra), la décision de créer le groupe a été prise au printemps 1979, au cours de réunions auxquelles participaient Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Carlos Jaurégui, Mireille Munoz, Laurent Louessard et elle-même ; l’appellation Action directe a été choisie sur proposition de Carlos Jaurégui (cité dans Marcel Leclerc : De l’antigang à la criminelle – Plon 2000 et Jean-Pierre Pochon : Les stores rouges – Édition des équateurs 2008)
  14. L’action directe est l’action sociale directe des masses, sans intermédiaire politique qui parle en leur nom, qu’il soit parlementaire ou avant-garde. Elle n’a donc rien à voir avec la propagande par le fait pratiquée par le groupe AD. Cf. la brochure L’Action Directe rédigée par Émile Pouget, l’« inventeur » du concept.
  15. a, b et c Jean-Louis Bruguière, Ce que je n’ai pas pu dire, entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont 2009.
  16. Le Monde, 14 février 1985.
  17. Remarquons cependant qu’en novembre 1992, peu après le procès de Max Frérot, le « Comité de lutte des prisonniers d’Action directe » publia un texte sévère à l’encontre de la « branche lyonnaise ». Intitulé « Du militarisme aux divagations réactionnaires », les auteurs y définissent les membres originels de cette branche comme « une coordination de militants communistes assurant historiquement la continuité du mouvement mao (ex-gauche Prolétarienne) ». Le texte met en cause des « errances comme le localisme réducteur, le clanisme et son chapelet de personnalisme et d’autoritarisme ». Il explique : « Pour être tout à fait clair : dès l’hiver 79-80, la structure lyonnaise, toujours plus réduite à son unité armée et à sa praxis ; ne pouvait plus se présenter comme interne à l’organisation Action directe. » Il critique ensuite « la manie militariste face à la stratégie de guerre révolutionnaire » et « la fausse solidarité avec le prolétariat immigré ». (Textes de prison 1992-1997http://www.action-directe.net/userimages/tdp.pdf [archive]).
  18. Christophe Bourseiller, Les maoïstes. La folle histoires des gardes rouges français, Éditions Plon, pages 430 et 431.
  19. [PDF] Action directe, Textes de prison 1992-1997, Éléments chronologiques [archive].
  20. L’histoire secrète d’Action directe, enquête filmée diffusée sur Canal + le 16 octobre 2009 – http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/action-directe-manipule-de-l-63322 [archive]
  21. Dominique Lorentz, Une guerre, Les Arènes 1997
  22. Par ailleurs, l’ingénieur général René-Pierre Audran était responsable des contrats d’armement avec l’Irak, en guerre avec l’Iran depuis 1980. Il a supervisé en juillet 1984 une négociation avec l’Iran portant sur des ventes d’armes ; or celle-ci a été brutalement interrompue par le gouvernement français en septembre (Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987).
  23. Yves Bonnet, Contre-espionnage, Calmann-Lévy 2000.
  24. Information mentionnée dans une note manuscrite d’André Olivier retrouvée dans une « planque » stéphanoise de la Branche lyonnaise (Roland Jacquard, La longue traque d’Action directe, Albin Michel 1987
  25. a, b, c et d Commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  26. a et b Serge Savoie, RG, La traque d’action directe, Nouveau Monde Éditions, 2011, 270 p.
  27. Le Monde 4.04.1980 Déférés à la Cour de sûreté de l’État dix-neuf terroristes présumés ont été écroués
  28. a et b Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des équateurs (2008)
  29. a, b et c Artiste d’origine égyptienne, alias « Youssef », qui a infiltré l’Extrême gauche et qui sera abattu par Action Directe en 1982, son nom ayant été donné par un membre des RG affecté à l’Élysée en 1981
  30. a et b Communiqué commun [archive]
  31. a et b Cette suspension ne concerne pas les hold-up, considérés comme des « opérations de financement » par Action directe
  32. Gilbert Thiel, Magistrales insomnies, Fayard, 2005
  33. a et b Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours , L’Harmattan, Paris, 2008 (ISBN 978-2-296-06476-8)
  34. http://www.action-directe.net/userimages/tdp.pdf [archive]
  35. Patrice Lastère, Un flic passe aux aveux, Paris, JC Lattès, 2013, 284 p.
  36. Paris-Match, avril 1982 – cité dans Les stores rouges
  37. Selon Charles Villeneuve et Jean-Pierre Peret, Mohand Hamami était lié aux milieux du terrorisme proche-oriental et notamment aux Farl de Georges Ibrahim Abdallah (Histoire secrète du terrorisme – Plon 1987).
  38. Jean-François Gayraud, Histoire politique d’une organisation communiste combattante (http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Anonyme_-_Revolution_et_lutte_armee_en_france.html [archive]) et Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987
  39. Laurent Greilsamer, Les plumes et le goudron, Le Monde du 10.06.1983
  40. Philippe Boggio, « Les policiers toulousains s’interrogent sur les liens entre les milieux anarchistes des antinucléaires et Action directe », Le Monde,‎ 16 décembre 1982 (lire en ligne [archive])
  41. Révolution et lutte armée en France 1969-1987 – Action directe ». Notes & Études de l’Institut de Criminologie no 7 et 8, numéro double – octobre – décembre 1988 [archive]
  42. Mitraillage de la voiture d’un fonctionnaire de l’ambassade d’Israël (1er août) et attentats contre une agence de la Discount Bank (7 août) et la société Nemor (8 août) – Le Monde du 14.08.1982
  43. Il semblerait que ces attentats contre des objectifs israéliens et juifs, commis peu avant et peu après la fusillade de la rue des Rosiers et critiqués par certains militants, aient accéléré la scission au sein d’Action directe. Un communiqué transmis au nom d’Action directe à l’AFP et à Libération évoque en effet son « éclatement » (…) « à la suite des pratiques autoritaires et bureaucratiques d’un des collectifs d’Action directe. » (Le Monde, 14.08.1982)
  44. a et b Entretien à Libération, 17.08.82
  45. http://policehommage.blogspot.fr/1982/08/mauron-le-dreau-attentat-farl-paris-1982.html [archive]
  46. Le Monde 24.02.1987 Les années de cendre et de sang
  47. Page dédiée à l’évènement sur le site non officiel des policiers français morts en service: http://policehommage.blogspot.fr/1983/05/emile-gondry-claude-caiola-trudaine-1983-action-directe.html [archive]
  48. a, b et c Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, Action directe, du terrorisme français à l’euroterrorisme, Le Seuil 1986
  49. Gilbert Thiel, Solitudes et servitudes judiciaires: Le juge antiterroriste : juge ou partie ?l [archive]
  50. Georges Marion, Objectif Action directe, Le Monde 2.03.97
  51. Action directe, un terrorisme à la française, film documentaire de Clémence Badault (2006) https://www.dailymotion.com/video/x164nck_50-ans-de-faits-divers-action-directe-un-terrorisme-a-la-francaise_news [archive]
  52. a et b Charles Le Quintrec, Roland Jacquard, La longue traque d’Action directe, Albin Michel, 1987
  53. Alexis BODDAERT, « La découverte des planques d’Action directe Un travail de fourmi de la gendarmerie », Le Monde,‎ 16 mai 1987
  54. Laurent GREILSAMER, « Au palais de justice de Paris Les quatre dirigeants d’Action directe comparaissent devant une cour d’assises spéciale », Le Monde,‎ 17 novembre 1993
  55. Face à ces menaces, la passivité dont firent preuve l’avocat général Saludo et le président Versini fut vivement dénoncée par le président de la cour d’assises de Paris André Giresse (André Giresse-Philippe Bernert, Seule la vérité blesse, Plon 1987)
  56. a, b, c et d (en) Michael Dartnell, Action directe: ultra-left terrorism in France, 1979-1987, Paris, 1995, 224 p. (ISBN 0714645664, lire en ligne [archive]), p. 172 et 173
  57. Le juge Bruguière estime que Paula Jacques hébergeait Claude Halfen en étant parfaitement au courant de ses activités; elle écoutait les communications radio de la police lorsque Halfen et ses complices commettaient des attaques de banque (Jean-Louis Bruguière, Ce que je n’ai pas pu dire, entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont 2009)
  58. Le Monde 14.02.1988
  59. « Action directe en appel La cour confirme les peines contre les dirigeants mais en réduit d’autres et prononce deux relaxes », Le Monde,‎ 6 juillet 1988 (lire en ligne [archive])
  60. Libération 04.07.1995
  61. Le Monde, 09.06.1990, Trois terroristes condamnés par contumace à la réclusion à perpétuité
  62. Le Nouvel Observateur du 22.05.1982, cité par Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des Équateurs, 2008
  63. Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut, Les trois vies de M. Kaehlin, L’Express 16.05.2005, http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/les-trois-vies-de-m-kaehlin_485932.html [archive]
  64. Le Monde 23.05.2005, L’inspecteur Kaehlin, une vie en crypté http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/05/23/l-inspecteur-kaehlin-une-vie-en-crypte_652888_3208.html [archive]
  65. Yves Bertrand, Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout – Conversations avec Eric Branca, Paris, Plon, 2007, 226 p. (ISBN 978-2-259-20295-4)
  66. Gabriel Chahine sera assassiné le 13 mars 1982. L’assassin ne sera jamais identifié mais l’assassinat sera revendiqué plus tard par Action directe.
  67. Charles Villeneuve, Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987
  68. Notamment dans un entretien accordé à Jérôme Bonaldi sur France Inter, cité par Claude Cancès, Histoire du 36 quai des Orfèvres, Édition Jacob-Duvernet, 2010.
  69. Sébastien Schifres, La mouvance autonome en France de 1976 à 1984, http://sebastien.schifres.free.fr/chronologie.htm [archive].
  70. a et b Jean-Pierre Pierre-Bloch et André Santini, Sécurité enjeu public no 1, Carrère-Michel Lafon, 1986.
  71. Courrier cité notamment par Edwy Plenel, La part d’ombre, Stock 1992 et le commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  72. Capitaine Paul Barril, Guerres secrètes à l’Élysée, Albin Michel 1996
  73. « L’Italie accuse la France d’abriter une  » multinationale du terrorisme «  », Le Monde,‎ 30 janvier 1985 (lire en ligne [archive])
  74. a et b Philippe Pons, « L’attitude de Paris retarde certaines enquêtes contre le terrorisme nous déclare le juge Spataro », Le Monde,‎ 8 janvier 1985 (lire en ligne [archive])
  75. La France, l’Italie face à la question des extraditions, Institut François Mitterrand 17 juin 2004, http://www.mitterrand.org/La-France-l-Italie-face-a-la.html [archive]
  76. http://discours.vie-publique.fr/notices/877003700.html [archive]
  77. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/07/23/01011-20090723FILWWW00388-action-directe-semi-liberte-pour-schleicher.php [archive]
  78. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/30/01016-20090430ARTFIG00397-semi-liberte-pour-georges-cipriani-.php [archive]; http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/01/action-directe-un-regime-de-semi-liberte-accorde-a-georges-cipriani_1327664_3224.html [archive]
  79. http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/03/liberte-conditionnelle-pour-cipriani-ex-membre-d-action-directe_1516440_3224.html [archive]
  80. Semi-liberté pour l’ancienne membre d’Action directe Nathalie Ménigon [archive]Le Monde, 19 juillet 2007
  81. Nathalie Ménigon obtient une semi-liberté [archive]Libération, 19 juillet 2007
  82. L’ex-militante d’Action directe Nathalie Ménigon est sortie de prison [archive]Le Monde, 2 août 2008
  83. http://www.leparisien.fr/abo-faits-divers/nathalie-menigon-en-liberte-conditionnelle-03-08-2008-116635.php [archive]
  84. Semi-liberté accordée à Jean-Marc Rouillan cofondateur d’Action directe [archive]Agence France-Presse, 6 décembre 2007
  85. Interview de Jean-Marc Rouillan donnée à L’Express [archive]
  86. Article sur france-info.com [archive]
  87. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20030905.OBS5961/ [archive]
  88. (it)[RTF] www.misteriditalia.it/newsletter/75/numero75.rtf
  89. http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique43 [archive]
  90. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20040428.OBS8398/?xtmc=actiondirecte&xtcr=6 [archive]
  91. http://vp-partisan.org/article163.html [archive]
  92. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20060226.OBS8443/?xtmc=actiondirecte&xtcr=2 [archive]
  93. Le Monde, 31.03.1980, La police estime avoir démantelé le groupe Action directe
  94. Le Monde 18.04.1980, L’attaque à main armée de Condé-sur-l’Escaut devant les assises du Nord
  95. Notamment la ligue des Droits de l’homme, le PSU, le Syndicat de la magistrature.
  96. Le Monde du 28.04.1989, A la cour d’assises du Nord, amnistie ou acquittement pour six des sept accusés dans l’affaire de Condé-sur-l’Escaut
  97. Laurent Louessard prendra en charge quelques mois plus tard la publication du journal L’Internationale avec Joëlle Aubron.
  98. Yannick Blanc, Les esperados, une histoire des années 1970, Éditions de l’Échappée, 2011
  99. Le Dauphine 07.08.2013 Le fantôme de Pierre Conty http://www.ledauphine.com/france-monde/2013/08/07/le-fantome-de-pierre-conty [archive]
  100. Il n’a jamais réapparu depuis 1977. Le 22 mai 2000, la peine capitale prononcée à son encontre a été prescrite. Christian Bonnet, ministre de l’intérieur en 1977 aurait énigmatiquement déclaré à son sujet : « Il ne nuira plus ». (Yannick Blanc Les Esperados, une histoire des années 1970, Éditions l’Échappée, 2011)
  101. Le Monde 25.09.1980 Un important stock d’explosifs est découvert près de la ferme ou habitait Pierre Conty et Commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  102. http://users.skynet.be/dosscrim/lescellulescommu/index.html [archive]
  103. Voir notamment : http://geostratos.wordpress.com/2008/06/ [archive]
  104. Le Monde 06.12.77 Le meurtrier présumé de M. Tramoni est arrêté
  105. Le Monde du 27 avril 1983 Dix interpellations après le saccage du musée de la Légion d’honneur
  106. Le Monde, 2 avril 1985 Une lettre de Frédéric Oriach
  107. Florence Rey est décrite comme une sorte de petite Nathalie Ménigon par les enquêteurs : « En vingt-cinq ans de police judiciaire, je n’ai jamais été confronté à un tel mutisme » dans Le Monde 9 juin 2006, « Florence Rey, Audry Maupin : Tueurs nés ? » Un document de Marie-Sophie Tellier – Faites entrer l’accusé – Série proposée par Christian Gerin, présentée par Christophe Hondelatte, produite par 17 juin Média, réalisée par Bernard Faroux, rédacteur en chef : Christian Huleu. Décembre 2003.
  108. https://www.marianne.net/Coupat-in-situ_a180195.html [archive]; http://www.rue89.com/2008/12/23/affaire-coupat-la-france-et-ses-epouvantails-gauchistes?page=8#comment-614278 [archive]
  109. Christophe Bourseiller interrogé notamment sur le cite les influences.fr : http://www.lesinfluences.fr/Christophe-Bourseiller.html [archive].
  110. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/25/01016-20110225ARTFIG00647-nouvelle-menace-d-action-directe.php [archive]
  111. http://eubn.org.free.fr/eubn/article.php3?id_article=890 [archive]

Annexes

En Allemagne, une ancienne terroriste de la RAF rompt le silence dans AC ! Brest 50px-Circle-icons-shop.svg
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Action directe.

Articles connexes

Liens externes

 

Petits juges Lambert et autres : de la misère de la « justice » française…

Je lis et j’écoute attentivement ce qui se dit depuis un mois sur cette affaire Grégory, si semblable à la mienne sur certains points (des corbeaux qui menacent puis revendiquent le crime, la jalousie à l’égard du père de l’enfant assassiné comme mobile, toute une équipe de dingues ayant agi de manière concertée comme auteurs, le principal suspect militant à la CGT et clamant haut et fort sa haine du chef ou de celui qui « réussit », des journalistes qui à l’époque des faits vont déployer une énergie incroyable pour en détourner l’enquête en désignant la mère de la victime, elle-même victime, comme coupable, etc…), et maintenant la mort du juge Lambert, et suis vraiment consternée d’entendre désormais des journalistes exprimer précisément et avec beaucoup de circonspection leur consternation à l’égard de propos de ce magistrat.

Il disait ne pas comprendre pourquoi cette affaire « repartait ».

Par le passé, il avait déjà évoqué pour cette affaire une « justice » tout autre que celle qui se rend en application des lois de la République.

Il refusait en fait très clairement tout droit à la justice aux différentes victimes de cette affaire criminelle qu’il avait décidé de s’approprier à leurs dépens.

Ne tournons pas autour du pot, appelons un chat un chat : ce type est DINGUE, totalement DINGUE, aussi DINGUE que le juge Raymond André et tous ses collègues du Tribunal de Grande Instance de Brest qui s’acharnent sur ma famille depuis le début des années 2000 au moins.

Comment ces DINGUES sont-ils devenus magistrats ?

Pourquoi continuent-ils à exercer ou à sévir hors de tout contrôle dès lors que leur état de délabrement moral n’échappe plus à personne ?

Il serait peut-être temps d’exiger des magistrats qu’ils nous rendent des comptes à hauteur de leurs responsabilités et de veiller scrupuleusement à empêcher ceux d’entre eux qui apparaissent coupables de crimes ou délits de se soustraire à la justice des hommes comme vient de le faire le juge Lambert, c’est-à-dire exactement comme David Hamilton au mois de novembre dernier, et tout comme lui avec l’aide éventuelle d’un complice quelconque.

Il faut aussi refuser vigoureusement de céder au chantage au suicide qui se profile derrière ce nouveau drame.

 

http://www.bfmtv.com/police-justice/affaire-gregory-des-extraits-des-carnets-secrets-du-juge-simon-devoiles-1214360.html

Affaire Grégory: des extraits des carnets secrets du juge Simon dévoilés

 

11/07/2017 à 10h55
  • Newsletter BFMTV Midi

C’est un document exclusif que s’est procuré BFMTV. Les carnets personnels du juge Maurice Simon. Le magistrat avait repris de zéro l’affaire sur la mort du garçonnet en 1987, après l’éloignement du juge Lambert.

 

« Grégory est de plus en plus dans mon cœur et je veux savoir qui a eu la sauvagerie de le tuer ». Cette phrase a été écrite par le juge Simon, dans ses carnets secrets. L’homme démontre, dès 1987, son attachement viscéral à la résolution de l’enquête sur le meurtre de cet enfant de quatre ans retrouvé dans la Vologne le 16 octobre 1984.

« Ces carnets, on a été les chercher et je peux vous assurer que c’est un bombe atomique », a déclaré ce mardi Dominique Rizet, consultant police-justice à BFMTV.

« Le juge Simon est le premier à évoquer la piste d’une équipe. C’est-à-dire un ravisseur, un kidnappeur. Pour lui, ce ravisseur, c’est Bernard Laroche qui va remettre Grégory le 16 octobre 1984 à une ou plusieurs autres personnes qui pourraient être Marcel Jacob, le grand-oncle mis en examen et son épouse Jacqueline Jacob, qui serait elle l’auteure de lettres anonymes », a-t-il expliqué.

Des carnets évoqués dans la lettre adressée lundi par Marie-Ange Laroche à Emmanuel Macron. Pour le juge Simon, deux questions ont rapidement émergé à l’époque. Celle du rôle de Christine Villemin, la mère de Grégory et celle du témoignage de Murielle Bolle qui accuse son beau-frère Bernard Laroche, avant de se rétracter. Questionnement que le juge traduit dans ses carnets.

« Nous allons tourner autour de deux problèmes : Christine Villemin a-t-elle oui ou non posté (…) la fameuse lettre de revendication du crime ? La petite Murielle Bolle a-t-elle oui ou non négligé le car de ramassage (…) pour partir avec Laroche ? »

Le magistrat reprend l’affaire après l’instruction menée par celui qui était alors surnommé « le petit juge » Lambert, très critiqué par la presse pour sa mauvaise maîtrise de la procédure, provoquant l’annulation de nombreuses pièces du dossier.

Maurice Simon, carnet

 

Des notes rajoutées au dossier il y a un an

Maurice Simon, bien plus expérimenté, n’en sera pas moins « surpris par cette affaire hors norme », s’inscrivant dans un contexte « rarement vu de pression médiatique extrême. »

« Le poids de l’opinion est écrasant. Moi, je poursuis ma route, c’est tout », écrira-t-il le 19 avril 1988. Il ne manquera toutefois pas de s’indigner du travail de son prédécesseur, Jean-Michel Lambert, quelques mois plus tard. « On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes (…) ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur », écrira-t-il même après les accusations et les pressions contre Christine Villemin.

Mais en janvier 1990, l’instruction va brutalement s’interrompre quand le juge Simon est victime d’un infarctus. Ses notes, qui n’ont été rajoutées au dossier qu’il y un an, sont désormais un éclairage essentiel sur l’enquête sur la mort du petit Grégory.

B.C.
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http://www.bfmtv.com/police-justice/affaire-gregory-le-juge-lambert-un-jeune-magistrat-confronte-a-une-enquete-hors-normes-1214876.html

Affaire Grégory: le juge Lambert, un jeune magistrat confronté à une enquête hors normes

 

12/07/2017 à 00h18
  • Newsletter BFMTV Midi

Jean-Michel Lambert, premier juge d’instruction de l’affaire Grégory, a été retrouvé mort à son domicile sarthois ce mardi soir. Retraité depuis trois ans, il était entré dans la carrière judiciaire par une enquête qui n’a toujours pas livré ses secrets 33 ans après.

 

Le magistrat Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort ce mardi soir dans son appartement près du Mans (Sarthe). A présent âgé de 65 ans, il était connu de l’opinion depuis ses premiers pas dans le monde judiciaire, il y a de cela 33 ans. Il était en effet le premier juge d’instruction nommé pour se saisir du dossier mis sur pied à la mort du petit Grégory Villemin, dont le corps avait été retrouvé dans la Vologne le 16 octobre 1984.

L’Etat condamné en 2004

« Il est tout jeune à ce moment-là et on connaît l’emballement médiatique autour de cette affaire. Cet homme se retrouve avec l’obligation non seulement de gérer une affaire très délicate mais aussi des médias très pressants qui demandent énormément d’informations. A l’époque, les magistrats ne sont pas aussi rodés qu’aujourd’hui à tenir des conférences de presse », a retracé ce mardi soir la journaliste de BFMTV, Cécile Danré.

Sa conduite de l’instruction avait été vivement critiquée. Le 5 juillet 1985, il avait décidé d’inculper pour assassinat Christine Villemin, mère de Grégory, après que des études graphologiques avaient affirmé qu’elle pouvait être l’un des corbeaux. En 1993, elle est totalement innocentés pour « absence totale de charges ». Presque un aveu d’erreur judiciaire quand, en plus, en 2004, l’État est condamné pour « dysfonctionnement du service public de la justice ».

La gestion de Murielle Bolle

Mais c’est surtout sa gestion du témoignage initial de Murielle Bolle, où elle dénonçait son beau-frère Bernard Laroche comme le kidnappeur de l’enfant, qui plane sur son enquête.

« Il se retrouve dans une situation où après la première inculpation qu’il décide de faire, celle de Bernard Laroche, il est presque contraint par la pression médiatique de donner une conférence de presse. Et il en dit un peu trop ce jour-là parce qu’il va révéler la raison pour laquelle il a choisi d’inculper Bernard Laroche, explique Cécile Danré. Cette raison, c’est le témoignage de Murielle Bolle dont il va révéler la teneur alors qu’il est tenu au secret de l’instruction. S’ensuit la rétractation de Murielle Bolle. »

Bernard Laroche avait ensuite été abattu par le père de Grégory, Jean-Marie Villemin, en mars 1985.

« Une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma vie »

Il avait été dessaisi de cette instruction en 1987, au profit d’un magistrat chevronné, le juge Simon, dont des extraits du carnet, parfois très durs au sujet de son prédécesseur, ont été dévoilés sur BFMTV ce mardi. En 1987, toujours il participe à l’émission Apostrophes de Bernard Pivot et subit les attaques de certains des invités qui remettent en cause ses compétences.

Jean-Michel Lambert avait bien entendu poursuivi ensuite une carrière qui avait laissé place à la retraite il y a trois ans. Jean-Michel Lambert  a été juge d’instance à Bourg-en-Bresse (Ain) de 1988 à 2003 avant de devenir vice-président du Tribunal de grande instance du Mans (Sarthe) jusqu’en 2014.

Mais jamais le souvenir de cette première et si terrible affaire ne l’avait quitté, comme il l’avait confié à BFMTV, dans un entretien accordé le 13 septembre 2014: « C’est une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma carrière et de ma vie. » Pour preuve, il lui a consacré deux livres intitulés Le petit juge (1987), son surnom au milieu des années 80, et De combien d’injustices suis-je coupable ? (2014).

« Des atteintes personnelles dont je me souviens trente ans après »

Il avait également expliqué ses difficultés dans l’instruction de l’affaire par les conditions particulières avec lesquelles il avait composé: « J’étais seul juge d’instruction à Epinal, du 1er septembre au 31 décembre 1984. Comme par hasard, je n’ai jamais eu autant de dossiers à traiter que cette année-là. J’avais deux cabinets à gérer pendant quatre mois et une autre dimension a été très importante: la pression médiatique. » Il avait aussi glissé: « Je vivais au quotidien des atteintes personnelles dont je me souviens trente ans après ».

Un surnom peu amène, échafaudé à la fois sur la base de sa jeunesse au moment de sa prise en charge du dossier et de sa manière parfois controversée de le traiter, lui a longtemps collé à la peau: le « petit juge ». Très marqué par celui-ci, il en avait fait le titre du livre qu’il avait publié, au moment où l’enquête lui avait été retirée, en 1987.

Robin Verner

 

http://www.bfmtv.com/police-justice/le-juge-lambert-et-le-juge-simon-deux-magistrats-que-tout-opposait-1215013.html

Le juge Lambert et le juge Simon, deux magistrats que tout opposait

 

12/07/2017 à 10h36
  • Newsletter BFMTV Midi

Décédé mardi soir, Jean-Michel Lambert avait été le premier juge d’instruction chargé de l’enquête sur le meurtre de Grégory Villemin. Dessaisi de l’affaire en 1987, il avait passé le relais à Maurice Simon, un juge bien plus expérimenté qui avait vivement critiqué le travail de son prédécesseur.

 

Quand ils sont saisis de l’enquête sur l’assassinat de Grégory Villemin en 1984 puis en 1987, l’un – le juge Lambert – est inexpérimenté et vient de connaître sa première affectation, l’autre – le juge Simon - a déjà connu une carrière fournie. Jean-Michel Lambert, retrouvé mort mardi soir avait 32 ans en 1984. À l’époque, il est juge d’instruction à Épinal, son premier poste. Dessaisi de l’affaire en 1986, le dossier est alors confié à un juge expérimenté, Maurice Simon. Président de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Dijon et ancien juge d’instruction spécialiste des gros dossiers, il est discret et apparaît comme l’antithèse du juge Lambert, surnommé « le petit juge » par la presse et critiqué pour sa gestion de l’enquête.

Pression médiatique

Poussé par la pression médiatique, l’inexpérimenté Jean-Michel Lambert révèle lors d’une conférence de presse, le rôle de Murielle Bolle dans l’inculpation de son beau-frère Bernard Laroche, alors qu’il est tenu au secret de l’instruction. Trois mois plus tard, allant à l’encontre du ministère public d’Épinal, Jean-Michel Lambert libère Bernard Laroche, après que Murielle Bolle se soit rétractée. En mars 1985, Bernard Laroche est assassiné par Jean-Marie Villemin.

« C’est une affaire qui m’a accompagné tout au long de ma carrière (…) Que s’est-il passé pour que la décision de sa remise en liberté (celle de Bernard Laroche ndlr) ne soit pas acceptée », s’interrogeait en 2014 « le petit juge ».

En juillet 1985 revirement de situation, Jean-Michel Lambert inculpe Christine Villemin, la mère de Grégory, pour « assassinat ». Elle est finalement innocentée en 1993 pour « absence totale de charges ».

Vives critiques

Même s’il avouera lui-même avoir été surpris par un contexte « rarement vu de pression médiatique extrême », Maurice Simon saisi de l’instruction après l’éviction de Jean-Michel Lambert en 1986, critiquera vivement son prédécesseur.

« On reste confondu devant les carences, les irrégularités, les fautes (…) ou le désordre intellectuel du juge Lambert. Je suis en présence de l’erreur judiciaire dans toute son horreur », écrit le juge Simon dans ses carnets, révélés par BFMTV mardi.

Lorsqu’il reprend l’affaire de zéro en 1987, Maurice Simon est le premier à évoquer l’hypothèse d’une « équipe » qui aurait organisé le rapt et le meurtre de Grégory, ainsi que l’écriture des lettres du « corbeau ». Il devient l’un des défenseurs de Christine Villemin.

« Grégory est de plus en plus dans mon cœur et je veux savoir qui a eu la sauvagerie de le tuer »

« On a cherché à faire de moi le bouc émissaire »

L’instruction s’interrompt brutalement en janvier 1990 quand le juge Simon est victime d’un infarctus, auquel il succombera quelques mois plus tard.

Jean-Michel Lambert, vivement critiqué même après avoir dessaisi de l’affaire,  est ensuite juge d’instance à Bourg-en-Bresse de 1988 à 2003 avant de devenir vice-président du tribunal de grande instance du Mans, jusqu’à son départ à la retraite en 2014. Dans un livre publié en 1987, Jean-Michel Lambert était revenu sur l’affaire Grégory, puis avait par la suite publié des romans policiers.

« On a cherché à faire de moi le bouc émissaire. J’assume effectivement certaines erreurs de procédure, mais j’aurais aimé que tous en fassent autant, et ce n’est pas le cas », avait-il affirmé au micro de France 2, le 17 juin dernier.

G.D.
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  • Affaire Grégory: le juge Lambert, un jeune magistrat confronté à une enquête hors normes

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/affaire-gregory-les-quatre-controverses-qui-collaient-au-juge-lambert_1926602.html

Affaire Grégory: les quatre controverses qui collaient au juge Lambert

 

Par et , publié le 12/07/2017 à 14:08 , mis à jour le 13/07/2017 à 15:11

 

L'ex-juge Jean-Michel Lambert se serait donné la mort, 32 ans après le meurtre du petit Grégory.

L’ex-juge Jean-Michel Lambert se serait donné la mort, 32 ans après le meurtre du petit Grégory.afp.com/Jean-François MONIER, Jean-François MONIER, Jean-François MONIER

 

Premier juge d’instruction de l’affaire Grégory, Jean-Michel Lambert a été retrouvé mort mardi. Il était resté marqué par l’énigme criminelle et les critiques qui le visaient.

 

L’affaire Grégory s’enfonce dans le drame. Plus de 30 ans après le meurtre non élucidé du garçonnet de quatre ans dans les Vosges et celui du suspect Bernard Laroche, elle semble avoir fait un nouveau mort. Le corps sans vie de Jean-Michel Lambert, le premier magistrat qui a instruit l’enquête entre 1984 et 1986, a été retrouvé mardi à son domicile près du Mans. Les premières investigations font état d’un suicide par asphyxie.

LIRE AUSSI >> Affaire Grégory: le corps du juge Lambert ne présentait « aucune trace de violence »

Aucune lettre expliquant ce passage à l’acte désespéré n’a été découverte. Mais l’ancien juge d’instruction, à la retraite depuis trois ans, est resté tourmenté par ce dossier. Il suivait avec attention les derniers développements -et les mises en examen surprise du couple Jacob et de Murielle Bolle- refusant systématiquement toute sollicitation des médias. C’est que les nouvelles investigations, menées tambour battant, étaient de nature à fragiliser un peu plus son travail de l’époque, déjà très critiqué.

« J’assume effectivement certaines erreurs de procédure, mais j’aurais aimé que tous en fassent autant et ce n’est pas le cas », admettait-il en 2014 à France 2, Tout en se qualifiant de « bouc-émissaire ».

Une inexpérience et une attitude « légère »

« L’affaire Grégory, c’est surtout l’affaire du juge Lambert. » Voilà comment l’ancien colonel de gendarmerie Etienne Sesmat, l’un des premiers enquêteurs qui a travaillé sous les ordres du magistrat, résume l’énigme criminelle. Interrogé en juin dernier par L’Express, le gendarme livrait un diagnostic sévère du juge Lambert, évoquant un personnage « à côté de ses pompes », « léger » dans sa conduite des investigations et « manipulé par les médias ».

LIRE AUSSI >> Lambert, Sesmat, Lacour… Ils ont été marqués à vie par l’affaire Grégory

Il faut dire qu’à l’époque des faits, Jean-Michel Lambert n’a que 32 ans. Lorsqu’il est nommé juge d’instruction à Épinal, le seul poste de ce type existant dans cette juridiction, il ne travaille que depuis cinq ans. Sur les 220 dossiers qui s’empilent sur son bureau, l’affaire Grégory porte le numéro 180. Il admettra plus tard qu’il n’a pas accordé au dossier, dans un premier temps, toute l’attention qu’il méritait. Par ailleurs, Jean-Michel Lambert n’hésitait pas à se confier aux journalistes avec qui il déjeunait parfois, au mépris du secret de l’instruction. Pour beaucoup d’observateurs de l’époque, il n’a pas su résister à la pression médiatique et a pêché par inexpérience et tentation carriériste.

Une absence lors des aveux de Murielle Bolle

Lorsqu’en novembre 1984, les enquêteurs recueillent les aveux explosifs de Murielle Bolle, qui accuse son beau-frère Bernard Laroche du rapt de Grégory, ils tentent de joindre le juge Lambert. Le délai de garde à vue de l’adolescente va expirer. Les gendarmes demandent au magistrat, par téléphone, de venir recueillir à son tour sa déposition et de prendre les suites judiciaires appropriées.

« [Jean-Michel Lambert] confirme qu’il ne se déplacera pas et qu’il faut libérer Murielle. Les membres de l’équipe échangent une fois encore des regards incrédules. Il nous semble faire preuve d’une légèreté qui pourrait avoir des répercussions catastrophiques », déplore le colonel Sesmat dans son livre Les Deux affaires Grégory.

Murielle Bolle n’est entendue par le magistrat que le lundi suivant. Est-il parti en voyage, à un moment crucial des investigations? Dans son ouvrage De combien d’injustices suis-je le coupable?, l’intéressé dément: « Pur mensonge! [...] Je devais rester joignable à tout moment. » Autre attitude critiquée: le juge annonce en personne aux médias la mise en examen de Bernard Laroche, sur la foi du témoignage de Murielle Bolle. Cette dernière se rétracte le lendemain et blanchit son beau-frère. Une ligne qu’elle tient encore aujourd’hui et à laquelle la justice ne croit pas, estimant qu’elle a subi des violences.

Des annulations de procédure

Son attitude dilettante aurait aussi conduit à la désintégration de plusieurs pièces maîtresses du dossier. Le 1er décembre 1984, cela fait six semaines que les gendarmes travaillent à la découverte de la vérité, lorsque le couperet tombe: une partie des expertises ajoutées au dossier est annulée. « Tout le travail effectué pendant des semaines, par les meilleurs spécialistes, sur des points fondamentaux de l’enquête devient nul et non avenu », déplore dans son livre Etienne Sesmat.

Cette erreur est directement imputable à Jean-Michel Lambert. En dépit des demandes des enquêteurs, il n’a -probablement par méconnaissance- pas respecté la procédure de saisine des experts. Une faille qui n’échappe pas aux avocats de Bernard Laroche, à l’origine de cette demande d’annulation.

Parmi les pièces concernées figuraient les conclusions d’un expert en écriture à propos des courriers du corbeau. Elles auraient pu, à en croire les enquêteurs de l’époque, permettre de confondre Bernard Laroche comme étant l’expéditeur des lettres. Le colonel Sesmat reproche aussi au magistrat instructeur de n’avoir ordonné aucune expertise psychiatrique de ce dernier.

Obsédé par la culpabilité de Christine Villemin

Le 6 novembre 1984, Murielle Bolle revient sur ses aveux. Le magistrat instructeur estime que la piste de la culpabilité de Bernard Laroche s’effondre. Son enquête fait du sur-place alors il développe une idée fixe, celle de la mère infanticide. Les gendarmes n’allant pas dans son sens, Jean-Michel Lambert les écarte progressivement.

Entre le jour du meurtre et les aveux de Murielle Bolle, ils procèdent à 173 auditions. Mais seulement à sept, entre décembre et février, relate la presse de l’époque. « Lorsqu’il s’est mis sur la piste de Christine Villemin, le juge Lambert nous a mis au chômage technique. Il refusait qu’on auditionne de nouvelles personnes, ne nous délivrait plus aucune commission rogatoire », se souvient le gendarme Etienne Sesmat.

Il est amer: « Le magistrat a saboté son travail et celui des enquêteurs ». Les gendarmes sont totalement écartés des investigations le 20 février 1985, au profit de la police judiciaire de Nancy. Puis, en juillet, à la demande du juge, Christine Villemin est inculpée et placée 11 jours en détention.

Mais Jean-Michel Lambert s’est fourvoyé: en 1993, la mère de Grégory est blanchie par un arrêt de la Cour d’appel de Dijon. Lui n’en démord pas, elle est coupable. « J’ai été frappé de plein fouet par la mauvaise foi, voire les mensonges, entrecoupés de vérités, des uns et des autres », écrit-il à propos de cette audience dans son livre. En 1986, Jean-Michel Lambert est dessaisi du dossier et quitte définitivement l’instruction.

 

http://www.20minutes.fr/societe/2104175-20170713-affaire-gregory-mort-juge-lambert-journaliste-vincent-vantighem-repondu-questions

Affaire Grégory, mort du juge Lambert… Notre journaliste Vincent Vantighem a répondu à vos questions

 

CHAT Trente-deux ans après, l’enquête sur la mort du petit Grégory a connu de nombreux rebondissements…

20 Minutes

Publié le 13/07/17 à 12h29 — Mis à jour le 13/07/17 à 12h29

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984.

Portrait du petit Grégory Villemin, 4 ans, dont le corps est découvert dans la Vologne le 16 octobre 1984. — AFP
  • Vous avez été nombreux à poser des questions sur la mort brutale du Juge Lambert
  • Notre journaliste a suivi ce dossier et vous répond

Trois personnes mises en examen. L’une d’entre elles placée en détention provisoire. L’ancien juge d’instruction découvert mort chez lui. Trente-deux ans après, l’enquête sur la mort du petit Grégory Villemin, 4 ans, n’en finit plus de connaître des rebondissements.

>> Dossier : Retrouvez tous nos articles consacrés à l’affaire…

Des rebondissements que nous avons suivis depuis plus d’un mois. Les articles, comptes rendus d’audience et live-tweet régulier de l’affaire ont suscité beaucoup de questions, notamment sur la page Facebook de 20 Minutes. Face à vos nombreuses interrogations, notre journaliste Vincent Vantighem vous répond.

  • Depuis quand se suicide-t-on avec un sac en plastique ? A-t-il ajouté un cocktail médicamenteux ?

Depuis l’invention du plastique, serais-je tenté de répondre… J’ai vu que cette question revenait beaucoup dans les commentaires mais la thèse du suicide fait peu de doute et ce mode opératoire existe bien. Alors qu’elle était en voyage pour suivre une cure, l’épouse du juge Lambert s’est inquiétée de ne pas avoir de ses nouvelles. Elle a donc appelé leur voisine au Mans (Sarthe) qui s’est donc rendue chez eux et a découvert le corps, peu après 19h, mardi, dans son bureau.

>> Les faits: «C’est de la folie», confiait le juge Lambert avant sa mort

« Il ne présentait aucune trace de violence, la tête étant recouverte d’un sac en plastique, a confirmé mercredi Fabrice Bélargent, le procureur de la République du Mans. Aucune trace d’effraction ni de désordre n’a été constatée sur place. Aucun écrit de nature à expliquer ce décès n’a été découvert. » Une autopsie doit être pratiquée, ce jeudi, afin de déterminer précisément la cause du décès. Des analyses seront également effectuées afin de savoir s’il avait pris des médicaments ou bu de l’alcool avant sa mort.

Extrait du communiqué du procureur du Mans sur la mort du juge Lambert.
Extrait du communiqué du procureur du Mans sur la mort du juge Lambert. – PARQUET DU MANS

 

La méthode peut surprendre. Mais, auteur de nombreux ouvrages depuis 1987 -il a même été invité à l’émission « Apostrophes »- Jean-Michel Lambert devait publier à la rentrée, une fiction intitulée Témoins à charge aux éditions De Borée. Et selon le quotidien La Montagne, le manuscrit retraçait justement le parcours d’un professeur « qui ressemble trait pour trait à l’ex-juge Lambert » et qui se donne la mort « pour sauver son honneur » avec un sac plastique…

  • Le juge Lambert savait-il la vérité ? Allait-il parler ?

J’ai consacré, mercredi, un article à son état d’esprit depuis un mois que vous pouvez retrouver par ici. Le juge Lambert avait « sa » vérité. Dessaisi du dossier en 1986, il est resté « hanté » par la mort du petit Grégory jusqu’à la fin de sa carrière en 2014. Il avait ce que l’on pourrait appeler son intime conviction, ce qui est différent d’une preuve ou d’un dénouement de l’enquête.

Après l’avoir interrogé à de multiples reprises depuis le 14 juin, je peux vous assurer qu’il estimait toujours aujourd’hui que Bernard Laroche était innocent et que Christine Villemin a des choses à se reprocher, en dépit de l’arrêt de non-lieu en la faveur de la mère de Grégory, rendu en 1993 par la cour d’appel de Dijon (Côte d’Or).

>> Enquêtes: Toutes les polémiques qui ont « hanté » le juge Lambert

« Tout cela m’affecte évidemment et me trouble encore maintenant, me confiait-il. Mais c’est trop sensible. Je ne compte pas m’exprimer officiellement avant la rentrée de septembre. » Il m’a aussi expliqué qu’il n’avait conservé aucune copie du dossier judiciaire sur lequel il aurait pu continuer à travailler.

  • Pourquoi cette affaire ressort en 2017 ?

« Jean-Marie et Christine Villemin vivent toujours dans l’espoir de savoir qui a tué leur enfant », m’a indiqué Marie-Christine Chastant-Morand, l’une de leurs avocates. En 2012, ils ont obtenu de la justice que de nouvelles analyses ADN soient pratiquées sur les pièces à conviction, notamment sur les cordelettes ayant servi à ficeler le garçonnet. A ce moment-là, la cour d’appel de Dijon a donc été saisie de ce que l’on appelle un supplément d’information. Les analyses ont été effectuées. Et en 2014, on a appris que cela n’avait donné aucun résultat.

>> Anacrim: Le logiciel qui a permis de relancer l’enquête sur Grégory

Pour autant, le dossier est resté ouvert. Et un service de gendarmerie spécialisé dans la gestion des Cold Case a décidé de tout reprendre à zéro pour voir si la vérité ne pouvait pas se manifester. Plusieurs enquêteurs se sont notamment appuyés sur un logiciel d’analyse criminelle (Anacrim, lire notre article par ici) pour cela. C’est sur la base de ce travail que les nouvelles arrestations ont eu lieu en juin. Aujourd’hui, douze enquêteurs travaillent à temps plein sur cette affaire.

  • Comment a-t-on pu confier une telle affaire à un juge débutant en 1984 ?

Le juge Jean-Michel Lambert avait 32 ans quand il a été nommé juge d’instruction à Epinal (Vosges). C’était sa première affectation. Et il était alors le seul juge chargé de l’instruction dans ce palais de justice. En 1984, son bureau était encombré de 229 dossiers. Celui portant sur la mort du petit Grégory portait le numéro 180. Le problème, à l’époque, n’était pas tant l’âge du juge Lambert que son isolement. C’est seul qu’il a renvoyé Murielle Bolle chez elle. Seul qu’il a pris la décision de libérer Bernard Laroche. Seul qu’il a inculpé Christine Villemin…

Lépanges-sur-Vologne, le 30 octobre 1985. Le juge Jean-Michel Lambert lors d'une reconstitution dans l'enquête sur la mort du petit Grégory.
Lépanges-sur-Vologne, le 30 octobre 1985. Le juge Jean-Michel Lambert lors d’une reconstitution dans l’enquête sur la mort du petit Grégory. – PATRICK HERTZOG / AFP

 

Ce ne serait plus le cas aujourd’hui. Depuis le fiasco judiciaire d’Outreau, en 2005, la législation a évolué. Ce genre de dossier dit « sensible » serait aujourd’hui traité par trois magistrats -un juge principal et deux assesseurs- en cosaisine. De quoi éviter de s’enferrer dans un jugement erroné.

  • Pourquoi le juge Lambert a-t-il relâché Murielle Bolle ?

A l’époque Murielle Bolle est âgée de 15 ans. Les gendarmes considèrent qu’elle est un témoin clé. Ils l’interrogent donc dans le cadre d’une garde à vue avant de la transférer, quelques jours plus tard, dans le bureau du juge Lambert. Comme les enquêteurs, ce dernier estime qu’elle ne peut pas être considérée comme une complice de l’enlèvement. Elle n’est donc ni inculpée, ni placée en détention provisoire. Et en toute logique, elle est remise à ses parents, le 5 novembre 1984.

Trente-deux ans après, les enquêteurs qui ont repris le dossier n’ont pas la même analyse. Ils estiment aujourd’hui que Murielle Bolle pourrait avoir une plus grande responsabilité dans la mort de Grégory. C’est pour cette raison qu’elle a été mise en examen pour « enlèvement suivi de la mort » et placée en détention provisoire.

  • Pourquoi le juge Lambert n’a-t-il pas cherché où était Murielle en interrogeant le chauffeur de bus ?

Il l’a fait. A l’époque, Murielle Bolle avait commencé par raconter qu’elle avait pris le bus pour rentrer du collège. Les gendarmes ont donc interrogé le chauffeur de bus ainsi que quatre de ses camarades de classe qui avaient l’habitude de rentrer avec elle. C’est après avoir noté des divergences dans leurs dépositions que les enquêteurs ont réinterrogé Murielle Bolle. C’est à ce moment-là qu’elle a « craqué » et avoué qu’elle était en fait rentrée en voiture avec Bernard Laroche. Avant de finalement se rétracter le 6 novembre 1984.

Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989.
Murielle Bolle (à gauche) sortant du tribunal en octobre 1989. – BENGUIGUI/SIPA

 

Aujourd’hui, Murielle Bolle continue de maintenir qu’elle a pris l’autocar scolaire en dépit de témoignages contraires. Ses avocats assurent qu’elle a, en 1984, incriminé son beau-frère à cause de la pression exercée par les gendarmes qui l’auraient notamment menacé d’un séjour en « maison de correction ».

  • Avec qui était Grégory avant de disparaître ?

La 16 octobre 1984, Christine Villemin quitte son travail à Lépanges-sur-Vologne (Vosges), vers 17h. Elle récupère son fils Grégory, chez sa nourrice, Christine Jacquot, dont la maison est située dans le même village. A son retour au domicile, Christine Villemin décide de faire un peu de repassage et laisse l’enfant jouer sur un tas de sable situé devant la maison, après lui avoir enfilé un bonnet en raison du froid. Elle allume la radio pour écouter l’émission « Les grosses têtes » sur RTL.

Ce n’est que vers 17h30 qu’elle sort récupérer Grégory et qu’elle s’aperçoit qu’il a disparu. Le corps de l’enfant sera retrouvé, vers 21h15, à six kilomètres de là, coincé sur un petit barrage de la Vologne dans la commune de Docelles.

 

http://www.20minutes.fr/societe/2104175-20170713-affaire-gregory-mort-juge-lambert-journaliste-vincent-vantighem-repondu-questions

Mort du juge Lambert: «Quand tirerons-nous véritablement les leçons?», s’interroge un magistrat

 

JUSTICE Avec la mort du juge Jean-Michel Lambert, la question de la « solitude » des magistrats est mise en lumière ainsi que cette profession difficile, très exposée et à risques…

Gilles Varela

Publié le 13/07/17 à 14h32 — Mis à jour le 13/07/17 à 14h54

Illustration palais de justice, Tribunal de Lyon, le 15 novembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES

Illustration palais de justice, Tribunal de Lyon, le 15 novembre 2012. CYRIL VILLEMAIN/20 MINUTES — C. VILLEMAIN/20 MINUTES
  • La mort du juge Jean-Michel Lambert rappelle à chacun combien la fonction de juge d’instruction est difficile, complexe ou exposée
  • Comment protéger les juges ? Des magistrats s’interrogent
  • Le manque d’effectifs est pointé du doigt

C’est un coup de tonnerre qui a secoué la justice mardi avec la mort du juge Jean-Michel Lambert, chargé de l’enquête de 1984 à 1986 dans l’affaire du « petit Gregory ». Ce décès met en lumière les difficultés auxquelles sont confrontés les magistrats, et particulièrement les juges d’instruction. Cette mort (probablement un suicide) souligne également le manque d’effectifs et de prise en charge psychologiques des magistrats. Mercredi, au lendemain de la disparition du juge Lambert, 20 Minutes a interrogé des magistrats pour prendre le pouls de la profession.

>> A lire aussi : « C’est de la folie… », confiait le juge Jean-Michel Lambert à propos de l’affaire Grégory avant sa mort

La solitude du juge.  Serge Portelli, président de chambre à la cour d’appel de Versailles et juge d’instruction pendant 25 ans, rappelle que « le juge Lambert n’était plus juge d’instruction depuis fort longtemps », mais qu’en même temps, « cette affaire-là pose la question de ce qu’est le juge aujourd’hui et de ce qu’était ce même juge il y a une trentaine d’années.

Quelle peut être sa solitude, ses problèmes, les risques ? « Le juge Lambert faisait partie d’une catégorie de juges qui était et qui reste particulièrement exposée à beaucoup de risques. Dans les années 1980, il n’y avait pas de collégialité de l’instruction, il y avait beaucoup de juges solitaires. » Le magistrat précise qu’un homme n’est pas forcément formé pour se retrouver seul face à une affaire qui est parfois extrêmement difficile, douloureuse à supporter psychologiquement.

Les juges d’instructions sont les seuls magistrats qui se retrouvent seuls face à des viols, des affaires de mœurs, d’incestes, d’infanticides très dures à instruire. « On est confronté, quand on est juge d’instruction, pas uniquement à la lecture d’un dossier, on a vraiment les gens en face de nous. On a les parents en face, les victimes, la personne qui est accusée d’avoir commis parfois des actes sordides. C’est un contact direct. Un risque auquel nous sommes exposés tout comme les policiers, les gendarmes qui sont également en première ligne. »

>> A lire aussi : Affaire Grégory: Le juge Lambert décrivait son suicide dans son dernier manuscrit

La collégialité pour lutter contre cette solitude. « Les choses ont avancé suite à l’affaire Outreau », rappelle Serge Portelli. « Un projet de loi avait été adopté, mais une des solutions qui était proposée pour remédier à la solitude du juge d’instruction, la collégialité [trois juges] parce que c’était trop cher, ce n’était pas possible de la mettre en place. On est donc revenu au principe du juge unique. Même si l’on peut toujours, dans les affaires complexes, désigner plusieurs juges. La collégialité est une des meilleures choses qui soit et on s’aperçoit qu’aujourd’hui avec un peu de retard, que ce n’est pas vraiment du luxe. Pas seulement de la garantie d’une meilleure justice mais aussi une garantie pour les secteurs du monde judiciaire, de pouvoir vivre leur métier de façon normale. »

Le magistrat avance : « Si les juges Lambert ou Burgaud avaient été entourés, ne serait-ce que pour eux-mêmes, pour des décisions qui sont très délicates, très difficiles, si elles avaient été prises au moins à trois, cela aurait atténué, voire, peut-être, empêcher, en grande partie les erreurs. »

Un avis partagé par Juliane Pinsard, secrétaire national de la magistrature : « Si les juges d’instruction pouvaient prendre leurs décisions à trois au lieu de les prendre seuls, dans bien des dossiers, cela serait un moyen non pas de se décharger de la décision mais de la faciliter, de percevoir en plus les enjeux, les suites de la procédure, les réactions de tel ou tel justiciable. Mais cela a été abandonné avec les années », regrette la magistrate.

Le manque d’effectifs, encore. Juliane Pinsard soulève surtout la question des effectifs, insuffisants. Une question centrale pour la magistrate. « Pour faire son travail dans des conditions acceptables et donc avoir aussi un peu plus de temps pour prendre du recul sur certains dossiers plus complexes, plus difficiles émotionnellement, des effectifs supplémentaires sont nécessaires. C’est ce qui manque principalement, à tous les postes. »

>> A lire aussi : Les polémiques de l’affaire Grégory qui ont «hanté» le juge Lambert jusqu’à sa mort

Un numéro « vert » mais une aide ponctuelle. « La justice est un métier confronté aux crimes, à toutes les déviances de l’homme, c’est une profession difficile, exposée et qui réclame un maximum de garantie, comme une aide psychologique mais aussi des règles institutionnelles qui font que des décisions lourdes doivent être prises par plusieurs », explique Serge Portelli.

Même constat pour Juliane Pinsard : « Les questions de souffrance au travail et les questions de risques sont des choses qui commencent tout juste à émerger dans les réflexions. Le numéro “vert” mis en place par la chancellerie depuis un an et demi environ, avec au bout de la ligne des psychologues, n’est qu’une aide ponctuelle. Si c’est trop grave, ou trop long dans la durée, le magistrat est invité à prendre rendez-vous avec les psychologues indépendants. Cela peut être demandé suite à un choc psychologique, par exemple comme une agression. Il existe aussi la protection fonctionnelle, mis en place par le ministère mais c’est plus pour des conditions de sécurité [protection], de menaces précises ou des questions de soutien juridique, mais sous de nombreuses conditions. »

Une bonne mesure selon Serge Portelli, mais pas suffisante. « Le numéro “vert” pour les magistrats, est un des aspects du problème. Mais quand vous devez prendre une décision très importante, et que les enjeux sont énormes, que l’implication personnelle est très forte, c’est à ce moment-là qu’il faut mettre des garanties. Ce n’est pas une fois que le mal est éventuellement fait, qu’il y a des impacts personnels psychiques forts qu’il faut agir. »

Une situation qui pourrait se reproduire. La situation qui s’est produite en 1984 pour l’affaire du petit Grégory pourrait-elle se reproduire ? « Bien évidemment, assure Serge Portelli. Les derniers développements de l’affaire de Gregory, montre d’une façon désespérante qu’on n’a presque rien appris depuis 30 ans. Les mêmes erreurs que l’on commettait dans les années 1980, on les commet aujourd’hui. Je vois ça avec une tristesse infinie [très ému], je me demande quand finiront toutes ces catastrophes et quand tirerons-nous véritablement les leçons ? […] J’avais quand même l’impression qu’après toutes ces catastrophes qui se sont accumulées, autour du juge d’instruction et plus généralement des enquêtes criminelles, on avait un peu plus de prudence, de réserves. Et ce n’est pas ce que je constate. J’en suis profondément triste, je ne sais pas ce que l’on pourrait faire, on a fait beaucoup de commissions parlementaires, de colloques, mais il faudrait faire infiniment plus pour que dans les enquêtes, on respecte un certain nombre de règles, élémentaires, de bon sens, et de droit. »

 

Système Richard Ferrand à l’Assemblée : l’opposition s’en étrangle…

 

 

Bah… c’est le système Brenterch ou Luraghi…

Les innombrables victimes de ces deux-là y ont toutes goûté.

Pourquoi donc n’ont-elles jamais été entendues ?

 

http://www.huffingtonpost.fr/2017/06/29/la-colere-froide-dandre-chassaigne-apres-un-tour-de-force-de-ri_a_23007535/

La colère froide d’André Chassaigne après un tour de force de Richard Ferrand

 

Le patron des députés communistes n’a pas gouté la décision de La République en marche de s’arroger toutes les vice-présidences de l’Assemblée.

 

29/06/2017 10:16 CEST | Actualisé il y a 2 heures

POLITIQUE – L’ambiance était électrique dans l’hémicycle. Ce n’était que la deuxième journée de la législature et pourtant les députés étaient déjà à cran en raison d’un tour de passe passe des « contructifs » appuyés par La République en marche au détriment des Républicains.

Après une suspension de séance de trois heures, la tension n’est pas retombée puisque Richard Ferrand a décidé de s’arroger tous les postes de vice-présidents de l’Assemblée pendant le temps durant lequel les Républicains boycotteront le bureau de l’institution.

Cette décision a été unanimement dénoncée par les groupes d’opposition de gauche. Notamment par André Chassaigne, patron des députés communistes, pris d’une colère froide.

Une intervention de 2’30 visible ci-dessous.

Lire aussi :

Pourquoi cette tradition instituée par Sarkozy à l’Assemblée vire au casse-tête

Récit d’un deuxième jour surréaliste à l’Assemblée nationale

Comment Solère a réussi « un hold-up institutionnel » face à Ciotti

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http://www.boursorama.com/actualites/razzia-de-la-republique-en-marche-sur-l-assemblee-nationale-b8bfad6175bce6061f1c56f0858bf1e8

Razzia de La République en marche sur l’Assemblée nationale

 

Reuters le 29/06/2017 à 13:44

 

Système Richard Ferrand à l'Assemblée : l'opposition s'en étrangle... dans AC ! Brest a800aa9115aadf6ce316e4d677195357-627x417

 

RAZZIA DE LA RÉPUBLIQUE EN MARCHE SUR L’ASSEMBLÉE NATIONALE

 

PARIS (Reuters) – Le groupe La République en marche (LREM), qui dispose de la majorité absolue à l’Assemblée, s’est taillé la part du lion dans les postes de responsabilité au Palais-Bourbon en s’attribuant jeudi six présidences de commissions sur huit.

Son allié du MoDem récupère de surcroît celle des Affaires étrangères avec l’élection de Marielle de Sarnez, ne laissant à l’opposition que celle de la commission des Finances.

Le groupe LREM, qui a placé l’un des siens, François de Rugy, à la présidence de l’Assemblée, a également favorisé l’élection mercredi du « constructif » Les Républicains Thierry Solère au poste de troisième questeur.

Une tradition datant de 1973 veut que les deux premiers questeurs appartiennent à la majorité et le troisième à un membre de l’opposition.

Alors qu’Eric Ciotti, un LR partisan d’une opposition frontale à la majorité, devait occuper ce poste, Thierry Solère s’est fait élire avec les voix du groupe LREM, expliquant que son groupe se situait dans une opposition « constructive ».

Cela a provoqué une vive réaction du groupe LR qui a provoqué une série de suspensions de séance et son refus de siéger au sein du bureau de l’Assemblée. Le groupe LR estime que Thierry Solère « n’appartient pas à l’opposition » et ne peut donc être ce troisième questeur.

LES « CONSTRUCTIFS » DIVISES

Les UDI du groupe « constructif » n’ont pas non plus apprécié cette candidature annoncée au dernier moment.

« Nous n’étions pas au courant. C’est scandaleux. Nous allons en discuter lundi. Nous sommes sur des plaques tectoniques qui bougent », a dit Philippe Vigier, ancien président du groupe UDI.

LR, le principal groupe d’opposition qui compte cent élus, pourrait rentrer dans le rang, un accord scellé dans la nuit de mercredi à jeudi ayant été respecté mercredi pour l’élection d’Eric Woerth (LR) à la tête de la commission des Finances.

Afin de faciliter l’élection d’Eric Woerth, acquise à la majorité relative au troisième tour de scrutin, les groupes LREM et MoDem n’ont pas participé au scrutin.

Le candidat LR a dû affronter trois autres candidats, le constructif UDI Charles de Courson, le LFI Eric Coquerel et la Nouvelle gauche Valérie Rabault, une socialiste.

Le groupe LR a exprimé son mécontentement à propos de la composition des bureaux des différentes commissions, ses candidats n’ayant pas été élus à des postes de secrétaires.

Son président, Christian Jacob, a toutefois annoncé que son groupe ne boycotterait pas le Congrès du Parlement convoqué lundi à Versailles par le chef de l’Etat, Emmanuel Macron, au contraire de ce qu’a annoncé l’UDI Jean-Christophe Lagarde.

« On n’est pas dans une attitude de blocage de quoi que ce soit », a dit Christian Jacob dans les couloirs de l’Assemblée.

« Nous participerons à tous les débats, on fera nos propositions, on fera notre travail de parlementaire mais l’exécutif de cette assemblée ne peut pas être entre les mains d’un seul parti. Ce n’est pas possible », a-t-il déclaré.

« Je fais confiance au président de la République, au président de notre assemblée pour trouver les solutions de façon à ce que l’opposition soit respectée », a-t-il ajouté.

(Emile Picy, édité par Yves Clarisse)

 

 

http://www.francetvinfo.fr/elections/bataille-des-postes-coups-de-poker-president-fantome-la-folle-nuit-de-l-assemblee-nationale-en-quatre-actes_2260493.html

Bataille des postes, coups de poker, président fantôme… La folle nuit de l’Assemblée nationale en quatre actes

 

Le groupe des Constructifs a « piqué » le poste de questeur au groupe Les Républicains, contrairement à la tradition de l’Assemblée, déclenchant une énorme pagaille dès le deuxième jour de la législature.

 

Le président du groupe La France insoumise à l\'Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon, le 28 juin 2017.

Le président du groupe La France insoumise à l’Assemblée nationale, Jean-Luc Mélenchon, le 28 juin 2017. (GEOFFROY VAN DER HASSELT / AFP)

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franceinfoFrance Télévisions

Mis à jour le 29/06/2017 | 12:56
publié le 29/06/2017 | 12:56

Coups bas, polémiques et prises de parole insurgées : les nombreux députés nouvellement élus ont bénéficié d’un apprentissage très particulier dès leur deuxième séance au Palais-Bourbon, qui s’est terminée tard dans la nuit, mercredi 28 juin. L‘Assemblée nationale devait élire son bureau : les six vice-présidents, les douze secrétaires et les trois questeurs, chargés de gérer son budget. Une séance qui relève normalement de la pure formalité. En 2012, elle avait duré cinq minutes. A 15 heures, mercredi, les députés ne se doutaient donc pas qu’ils quitteraient l’Hémicycle… à 0h35.

Tout est parti d’un coup de poker du groupe Les Constructifs (des élus de droite prêts à travailler avec Emmanuel Macron), qui ont récupéré un poste de questeur que la tradition de l’Assemblée nationale réserve en général au plus grand groupe d’opposition, donc aux Républicains. Ce qui a déclenché un boycott, une suspension de séance interminable et de nombreux coups de gueule. Récit en actes de cette folle soirée.

Acte 1 : Les Constructifs piquent un poste aux Républicains

C’est une candidature surprise qui a mis le feu aux poudres. La séance a débuté par l’élection des trois questeurs. Depuis 1973, la tradition veut que deux soient issus de la majorité et un de l’opposition, et les présidents de groupe se mettent d’accord, en amont, pour que seuls trois candidats soient présentés. Mais mercredi, outre les deux candidats de La République en marche et le Républicain Eric Ciotti, Thierry Solère, élu LR mais membre du groupe des Constructifs, se présente.

Les Républicains comptent 100 membres, ce qui en fait le principal groupe d’opposition, mais Les Constructifs, trois fois moins nombreux, raflent les voix des macronistes : Thierry Solère est largement élu, avec 306 voix contre 146 pour Eric Ciotti.

Christian Jacob, le président du groupe LR, s’insurge. Pour lui, non seulement l’Assemblée vient de rompre avec la tradition, mais elle a choisi « trois questeurs totalement acquis au gouvernement ». La position des Constructifs est au cœur du débat : ils sont officiellement inscrits comme un groupe d’opposition, mais, pour Christian Jacob, ils soutiennent la majorité, étant notamment prêts à voter la confiance au Premier ministre, Edouard Philippe. « Il n’y a plus de contrôle budgétaire dans cette maison », s’emporte le chef de file des Républicains.

Son homologue chez Les Constructifs, Franck Riester, se défend à la tribune : « La candidature du groupe Les Constructifs a vocation, au contraire, à faire en sorte que les droits de l’opposition soient respectés. Cette questure sera celle de tous les groupes de l’opposition. »

Acte 2 : Les Républicains boycottent le bureau de l’Assemblée

Après l’élection des questeurs, Christian Jacob demande une suspension de la séance et une réunion des présidents de groupe, mais aucun accord n’est trouvé. A son retour, il annonce donc que les députés Les Républicains refusent de siéger au bureau de l’Assemblée, en signe de protestation contre ce qu’il qualifie de « déni de démocratie ».

Acte 3 : un président de l’Assemblée porté disparu

Le coup d’éclat des Républicains entraîne une autre suspension de séance, à 19h45, pour définir comment élire un bureau sans le groupe LR, qui aurait dû y occuper deux places si l’on suit la tradition de l’Assemblée. Mais la suspension, qui devait durer environ une demi-heure, se prolonge sans explication, laissant les députés perplexes.

Acte 4 : la majorité s’arroge tous les postes de vice-président

Les débats reprennent trois heures plus tard, vers 22h30. En l’absence d’accord sur un retour des Républicains, La République en marche décide de présenter cinq candidats à la vice-présidence, et son allié du MoDem un, contrairement à ce qu’a annoncé le président du groupe LREM, Richard Ferrand, quelques heures plus tôt. La manœuvre assure à la majorité de remporter tous les postes.

Tollé dans l’Hémicycle. L’opposition s’insurge, et le député Les Constructifs Yves Jégo menace de déposer un recours. Pour détendre l’atmosphère, l’indépendant Jean Lassalle affirme avoir trouvé « une solution » et présente sa candidature, sous les rires des députés.

Richard Ferrand intervient alors pour défendre la démarche de la majorité et critiquer la « bouderie » des Républicains, qu’il accuse de blocage. Il promet que l’hégémonie de LREM et du MoDem n’est qu’une solution temporaire pour que l’Assemblée dispose d’un bureau en état de marche :  »Dès que Les Républicains voudront reprendre leurs responsabilités, les candidats élus céderont la place. »

Pendant ce temps, Les Républicains et Les Constructifs continuent de s’écharper. Christian Jacob demande que « les droits de l’opposition soient respectés », qualifiant le nouveau questeur des Constructifs, Thierry Solère, de « faux opposant ». Ce à quoi Franck Riester, président du groupe en question, réplique : « De quel droit, M. Jacob, êtes-vous le seul à pouvoir décider de l’appartenance à l’opposition ou à la majorité d’un groupe politique ?«  La séance se termine par un coup de gueule du vétéran de l’Assemblée André Chassaigne, président du groupe communiste, « époustouflé » par la teneur des débats.

Il ne reste que le vote, au terme duquel, sans surprise, les cinq candidats La République en marche et le candidat MoDem sont élus vice-présidents de l’Assemblée. Il est 0h30.

 

 

http://www.lcp.fr/la-politique-en-video/election-la-questure-les-udi-denoncent-les-combines-et-menacent-de-quitter-le

Election à la questure : les UDI dénoncent les « combines » et menacent de quitter le groupe Les Constructifs

 

29/06/2017

par

 

Les députés UDI ne savaient pas que leurs nouveaux collègues des Républicains Constructifs présenteraient la candidature de Thierry Solère à la questure de l’Assemblée nationale. Le divorce n’est pas encore consommé, mais la tension monte.
La nomination du bureau de l’Assemblée nationale n’en finit pas de créer des remous. Mercredi, les députés ont nommé Thierry Solère, député Les Constructifs (proche de la majorité), à la questure de l’Assemblée. Une décision qui a provoqué la colère de l’opposition puisque que ce poste devait lui revenir, conformément à la tradition. Les Républicains, qui soutenaient la candidature d’Eric Ciotti, pensaient l’obtenir.

Mais cette nomination a également provoqué une crise au sein même du groupe Les Constructifs à l’Assemblée nationale. Il est composé d’anciens députés Les Républicains favorables au gouvernement et de membres de l’UDI.

« Cette questure revient au groupe LR »

Or, comme le souligne jeudi matin le député Bertrand Pancher, les UDI Constructifs ont appris que leurs nouveaux collègues (issus des Républicains) présentaient la candidature de Thierry Solère au même moment que les députés des autres groupes, alors qu’ils étaient sur les bancs l’Assemblée nationale. Philippe Vigier, le président du groupe UDI sous la précédente législature, ne décolère pas :

Il y a eu un choix d’un candidat sans même qu’il y ait une décision de l’ensemble des parlementaires du groupe.Philippe Vigier

Philippe Vigier estime que « cette questure devait revenir au groupe Les Républicains qui sont les plus nombreux » : « C’est la tradition de cette maison. » L’élu menace, s’il n’est pas entendu prochainement, de provoquer une scission du groupe :

Nous n’en resterons pas là. Je ne resterai pas dans un groupe longtemps dans lequel il y ce genre de fonctionnement.Philippe Vigier

 

Propos recueillis par Rym Ben Ameur et Stéphanie Depierre

 

 

http://www.europe1.fr/politique/lexclusion-des-constructifs-de-lr-sera-examinee-le-11-juillet-promet-bernard-accoyer-3375143

L’exclusion des « Constructifs » de LR sera examinée le 11 juillet promet Bernard Accoyer

 

11h33, le 29 juin 2017
L'exclusion des "Constructifs" de LR sera examinée le 11 juillet promet Bernard Accoyer
Bernard Accoyer a annoncé que le sort des « Constructifs » issus de LR sera étudié le 11 juillet prochain.@ AFP

Bernard Accoyer a déclaré à « L’Opinion » que le sort des « Constructifs » LR sera débattu lors du prochain bureau politique.

 

Le secrétaire général des Républicains, Bernard Accoyer, a déclaré jeudi qu’une éventuelle exclusion des députés Les Républicains membres du groupe « Les Constructifs » à l’Assemblée nationale serait examinée en bureau politique le 11 juillet.

Futur débat en bureau politique. « Nous en débattrons au prochain bureau politique parce qu’ils s’étaient déjà éloignés d’eux-mêmes par leur choix, il conviendra probablement d’aller plus loin », a estimé Bernard Accoyer, invité de L’Opinion.

Il a rappelé que « 12 des parlementaires élus sous étiquette LR n’avaient pas de candidat En Marche ! en face d’eux, ils ont donc été élus ». « Ils ont rendu des remerciements au président de la République », en formant, avec l’UDI et des indépendants, le groupe des « Constructifs ».

Postes de questeurs : Accoyer dénonce un » scandale politique ». « On voit aujourd’hui qu’ils se disent d’opposition pour pouvoir disposer des postes, s’octroyer les postes de l’Assemblée qui constituent l’équilibre démocratique de l’Assemblée nationale », a poursuivi Bernard Accoyer en référence à l’élection de Thierry Solère comme questeur mercredi, aux dépens du député LR Eric Ciotti.

« C’est un vrai scandale politique », a-t-il commenté, évoquant une « décision téléguidée par l’Élysée au mépris de nos institutions ». Il a par ailleurs déclaré que le discours d’Emmanuel Macron devant le Congrès était un acte « méprisant » à l’endroit du Premier ministre.

 

 

Vincent Debraize, maire de Champignolles : encore un « déconnologue » ?

La presse nous apprend aujourd’hui que l’individu qui a agressé Nathalie Kosciusko-Morizet jeudi serait chef d’entreprise à Paris. Quelques clics nous permettent très rapidement de découvrir qu’il a en fait dirigé deux sociétés qui sont actuellement radiées et n’ont pas employé plus d’un ou deux salariés. Il faisait du marketing dans le domaine médical.

Par ailleurs, il est maire d’une commune qui ne compte que 41 habitants.

Elle s’appelle Champignolles et pourrait bien, comme la bande de « déconnologues » du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi, vouer un culte à la morille.

Ainsi ses habitants se sont-ils plaints durant au moins cinquante ans d’un « pillage » qui aurait consisté en un transfert d’une statue de leur église vers celle de la commune voisine à une époque où les deux municipalités avaient été réunies.

Comme de bien entendu, leur maire nie les faits qui lui sont reprochés avec un bel aplomb, alors qu’en attestent bien des témoins et des images.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2017/06/17/01016-20170617ARTFIG00069-un-homme-interpelle-apres-l-agression-de-nathalie-kosciusko-morizet.php

Le maire d’une commune de l’Eure entendu après l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet

 

  • Par lefigaro.fr
  • Mis à jour le 18/06/2017 à 12:59
  • Publié le 17/06/2017 à 13:21

VIDÉO – Vincent Debraize s’est présenté de lui-même samedi matin à la police judiciaire de Paris, répondant à la convocation des enquêteurs. Confronté à la candidate LR aux législatives à Paris, il a nié les faits selon l’avocat de la victime.

Maire sans étiquette de la petite commune de Champignolles dans l’Eure, Vincent Debraize est soupçonné d’avoir agressé jeudi Nathalie Kosciusko-Morizet sur un marché parisien, selon franceinfo. Le suspect a été placé en garde à vue à 8h30, précise à l’AFP une source proche du dossier «pour des faits de violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public». Né en 1962, le quinquagénaire s’est présenté de lui-même samedi matin à la police judiciaire de Paris, répondant à la convocation des enquêteurs.

» Lire aussi – Après son agression sur un marché, NKM est sortie de l’hôpital

La candidate LR aux législatives à Paris a été confrontée dans l’après-midi de ce samedi à l’homme soupçonné de l’avoir agressée, qui «a nié les faits» devant la police, selon Xavier Autain, l’avocat de NKM. «C’est une agression grave sur une élue de la République et j’espère une réponse de l’institution judiciaire à la hauteur», a-t-il poursuivi.

Selon l’adjoint du maire de Champignolles, Jean-Louis Hermier, contacté par France Bleu Normandie, Vincent Debraize «n’est pas un homme violent». «Ça aurait été quelqu’un de banal, ça n’aurait pas pris autant d’ampleur», explique l’élu, qui regrette néanmoins que le suspect «ait fait ça». «Ça m’a surpris parce qu’au village on a jamais eu de problème», a-t-il précisé avant d’ajouter: «Depuis ce matin tout le monde nous appelle. Il faut arrêter, il y a plus grave que ça».

Chef d’une entreprise de communication établie à Paris dans le IXe arrondissement, selon différentes sources, Vincent Debraize ne vient dans la petite commune de l’Eure que le week-end, où il tient alors sa permanence, a déclaré son adjoint. Il a été élu en 2008 et réélu en 2014 dans ce village de 41 habitants situé à une trentaine de kilomètres d’Evreux.

Vincent Debraize avait parrainé la candidature de Henri Guaino à l’élection présidentielle, qui était aussi candidat aux législatives dans la même circonscription parisienne que l’ancienne ministre de l’Écologie de Nicolas Sarkozy. Après sa défaite au soir du premier tour, Henri Guaino avait lancé une violente charge contre les «bobos parisiens» sur BFMTV.

«Ce monsieur n’est ni un ami, ni un proche, ni un membre de mon équipe de campagne», a déclaré l’ancien conseiller spécial de Nicolas Sarkozy, à L’Obs. Henri Guaino réfute toute responsabilité «directe ou indirecte» dans cette agression. «Je l’ai simplement croisé [le suspect, NDLR] pendant la campagne des législatives», précise-t-il, avant de lâcher: «Tous ceux qui diront le contraire devront en répondre devant les tribunaux. Je ne laisserai pas salir ma réputation».

Dès jeudi, Henri Guaino avait adressé ses voeux de rétablissement à Nathalie Kosciusko-Morizet sur Twitter.

De nombreuses réactions politiques de soutien

Jeudi, la candidate LR-UDI dans la 2e circonscription de Paris avait perdu connaissance, après avoir été insultée par un homme, qui lui a jeté ses tracts au visage sur un marché du Ve arrondissement. L’agresseur, pantalon beige et chemise à carreaux, avait pris la fuite en marchant et lâché au passage: «C’est votre faute si on a Hidalgo aujourd’hui comme maire». Ajoutant: «Retournez dans l’Essonne!», département dont NKM est députée sortante. Il s’était engouffré dans une bouche de métro poursuivi par un membre de l’équipe de campagne de la candidate. Bousculée par un passant, Nathalie Kosciusko-Morizet avait chuté et perdu connaissance pendant plusieurs minutes avant d’être transportée à l’hôpital.

Nathalie Kosciusko Morizet est sortie vendredi en début d’après-midi de l’hôpital Cochin après avoir subi des examens et être restée en observation toute la nuit. Elle souffrait d’un traumatisme crânien bénin et son équipe de campagne la disait «très choquée». «Je vais mieux. J’ai besoin encore de quelque temps pour récupérer», a-t-elle déclaré à sa sortie, remerciant le personnel de l’hôpital et les personnes qui lui ont apporté leur soutien. «En particulier le premier ministre qui s’est déplacé, et le président de la République, qui m’a envoyé un message.»

Les réactions politiques avaient afflué de tous bords. Son adversaire, en ballottage favorable face à elle, avait suspendu sa campagne. «Je suis navré d’apprendre l’altercation et le malaise dont NKM a été victime, avait déclaré Gilles Le Gendre. Je lui souhaite de se rétablir très vite.»

En fin d’après-midi vendredi, plus d’une centaine de personnes s’étaient rassemblées sur les lieux de l’agression pour «dénoncer un acte odieux et inacceptable» et manifester «contre la violence en politique». La candidate, via sa suppléante Dominique Stoppa-Lyonnet, a là encore tenu à remercier «du fond du cœur» les participants.

(Avec AFP)

» Législatives: En marche! va-t-il tout écraser dimanche?

 

 

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Vincent DEBRAIZE

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Vincent DEBRAIZE est né le 4 septembre 1962. Vincent DEBRAIZE est gérant de l’entreprise Alkade Distribution qui a été créée en 2007. Le chiffre d’affaires de la société n’est pas communiqué.

Vincent DEBRAIZE est également mandataire de 1 autre société :

Alkade

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Mandats de Vincent DEBRAIZE

Vincent DEBRAIZE est Gérant

Adresse 50 RUE CONDORCET 75009 PARIS 9

Capital 4 000 €

APE 7311Z / Activités des agences de publicité

CA N.C.

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Dirigeants 1


Vincent DEBRAIZE est Gérant

Adresse 233 RUE DU FAUBOURG SAINT HONORE 75008 PARIS 8

Capital 1 000 €

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CA N.C.

Effectif 1

Résultat N.C.

Dirigeants 1

 

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ALKADE

Fiche entreprise : chiffres d’affaires, bilan et résultat

75009 PARIS 9

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Informations générales sur ALKADE

ALKADE, SARL au capital de 4 000€, a débuté son activité en juillet 2002.

Vincent DEBRAIZE est gérant de la société ALKADE. Le siège social de cette entreprise est actuellement situé 50 rue Condorcet – 75009 Paris 9

ALKADE évolue sur le secteur d’activité : Publicité et études de marché

Raison sociale ALKADE
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ALKADE DISTRIBUTION

Société : 501474431

Fiche entreprise : chiffres d’affaires, bilan et résultat

Entreprise radiée le 01-07-2016233 RUE DU FAUBOURG SAINT HONORE75008 PARIS

FRANCE

Présentation de la société ALKADE DISTRIBUTION

ALKADE DISTRIBUTION, société à responsabilité limitée a été en activité pendant 8 ans.
Localisée à PARIS 8 (75008), elle était spécialisée dans le secteur d’activité de la location et location-bail d’autres machines, équipements et biens matériels n.c.a.. Son effectif est compris entre 1 et 2 salariés.

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Christine ZENOU, était liquidateur de la société ALKADE DISTRIBUTION.

La société ALKADE DISTRIBUTION a été radiée le 1 juillet 2016.

Renseignements juridiques

Statut Entreprise radiée du RCS le 01-07-2016
Dénomination ALKADE DISTRIBUTION
Adresse ALKADE DISTRIBUTION, 233 RUE DU FAUBOURG SAINT HONORE 75008 PARIS
SIREN 501 474 431
SIRET (siege) 50147443100027
Activité (Code NAF ou APE) Location et location-bail d’autres machines, équipements et biens matériels n.c.a. (7739Z)
Forme juridique Société à responsabilité limitée
Date immatriculation RCS 13-12-2007 Voir les statuts constitutifs
Date de dernière mise à jour 08-07-2016 Voir les derniers statuts publiés
Tranche d’effectif 1 à 2 salariés
Capital social 1 000,00 €

Vincent Debraize, maire de Champignolles : encore un

Les 2 dirigeants de la société ALKADE DISTRIBUTION

Dirigeants mandataires de ALKADE DISTRIBUTION :

Mandataires de type : Liquidateur

Anciens dirigeants mandataires de ALKADE DISTRIBUTION :

Du 30-01-2013
Au 12-02-2016
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Champignolles (Eure)

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Champignolles
L'église Saint-Gilles-Saint-Loup.
L’église Saint-Gilles-Saint-Loup.
Blason de Champignolles
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Région Normandie
Département Eure
Arrondissement Évreux
Canton Breteuil
Intercommunalité Communauté de communes Normandie Sud Eure
Maire
Mandat
Vincent Debraize
2014-2020
Code postal 27330
Code commune 27143
Démographie
Gentilé Champignollais
Population
municipale
38 hab. (2014)
Densité 15 hab./km2
Géographie
Coordonnées 48° 57′ 18″ nord, 0° 45′ 37″ est
Altitude Min. 127 m – Max. 183 m
Superficie 2,62 km2
Localisation

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Champignolles
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Champignolles est une commune française située dans le département de l’Eure et la région Normandie.

Sommaire

Géographie

Ce village du Pays d’Ouche1 est situé en bordure de la rive droite de la Risle, au pied d’un coteau très pentu (30 m de dénivellation sur 66 m de distance à proximité du bourg)2. Il est bordé par la forêt de Conches à l’est, et la superficie de son territoire est inférieure à celles des villages voisins excepté La Ferrière-sur-Risle (0,2 km2).

« La commune de Champignolles, et plus précisément le bourg central, siège administratif des lieux, se présente comme l’espace rural rêvé. Tous les paramètres de la ruralité sont réunis, la topographie du site qui protège une vaste vallée ouverte où se déroule la Risle, les coteaux encadrés de bois, de futaies et de taillis, les maisons bien rangées aux proportions vernaculaires construites en pans de bois, silex et pierre.

Ce qui frappe avant tout, c’est la préservation tranquille du site, aucune perturbation liée à la dispense ou à l’intrusion de constructions en décalage avec l’esprit du lieu. La route qui descend à flanc de coteau depuis la départementale, se déroule au travers de la forêt. Le virage brutal découvre la première maison et la perspective sur le fond du vallon.

L’organisation du front bâti se répartit de part et d’autre de cette voie sans accotement. La mairie et l’église, puis quelques maisons amorcent le tissu. De l’autre côté de la voie une succession de maisons construites à l’alignement en long pan ou en pignon. Au départ du vallon, la route bifurque en deux branches et conduit d’une part vers le fond du tableau et d’autre part remonte à flanc de coteau vers le second hameau. Entre ces deux points, l’espace a été protégé de toute construction.

Ce point précis est le lieu où le peintre posera son chevalet. Depuis le fond de vallée la vision échelonnée du village montre une composition très fine de l’espace3. »

Champignolles est entouré de champs et de prés enclos, conquis sur la forêt et posés sur des levées de pierres, portant des haies ou des rangées d’arbres qui témoignent d’une culture bocagère visant à contrer la dégradation de l’humus et l’érosion des sols lœssiques. Malgré les opérations d’aménagement foncier rural, les 262 hectares de la commune sont encore partagés en 221 parcelles dont beaucoup sont retournées à la nature, constituant un véritable « corridor biologique » favorisant la biodiversité. Champignolles est située dans une zone de biodiversité forte et appartient au pays Risle Charentonne dont l’un des quatre objectifs est de valoriser les ressources patrimoniales pour sauvegarder le cadre de vie et mettre en valeur l’image du Pays. Champignolles figure à l’inventaire de deux zones naturelles d’intérêt écologique (ZNIEFF) de type I et II et fait partie du dispositif Natura 2000 Risle, Guiel, Charentonne dont l’objectif est la restauration et la préservation de sites écologiques, dits remarquables du fait des habitats et espèces qu’ils abritent.

Communes limitrophes

Communes limitrophes de Champignolles4
Mesnil-en-Ouche (comm. dél. d’Ajou) La Ferrière-sur-Risle
Mesnil-en-Ouche (comm. dél. de Bosc-Renoult-en-Ouche) Champignolles[4] Le Fidelaire
La Vieille-Lyre

Lieux-dits et écarts :

La Croix Saint-Gilles, la Fatinière, la Hungerie, le Manet.

Toponymie

Le nom du village est attesté sous la forme latinisée Campenolis vers 11555,6,7, Champignolum en 12208. Il s’agit d’un dérivé de CAMPANEOLA, du bas latin campania, plaine, au sens probable de « petite plaine »9,10. Ce genre de formation toponymique est médiéval.

Il y a homonymie avec Campagnolles (Calvados, Campeingnolles en 1198) et Campigneulles (Pas-de-Calais, Campanioles en 1100) qui représentent des formes du nord de la ligne Joret, alors que les Champagnolles (17), Champignelles (89), Champigneulles (54), représentent les formes du nom au sud de cette ligne.

Démographie

En 1790, Champignolles faisait partie du canton de la Ferrière (district de Verneuil), et comptait alors 210 habitants. Par la suite, le village connait un constant dépeuplement jusqu’en 1970 où il reste moins de 20 habitants dans le village, avec quelques remontées en 1820, 1835, 1850, 1857 et 1946.

Champignolles a toujours eu une population restreinte, et a longtemps été la commune la moins peuplée de Normandie11. En 1801, Champignolles, qui appartient désormais au canton de Rugles, ne compte plus que 175 habitants. Sous le Concordat, en 1801, elle aurait été réunie avec la Vieille-Lyre. Un procès-verbal de 1808 décrit le transfert d’une statue de Saint-Gilles de l’église de Champignolles à celle de la Vieille-Lyre en raison de cette réunion : « Ceci ne plut guère aux habitants, qui reprochaient encore à la Vieille-Lyre ce « pillage » 50 ans plus tard…12 »

En 1830, elle compte 180 habitants. Entre 1790 et 1850, le village a perdu plus de 50 % de sa population, contrairement à ses voisins qui ont vu leur population augmenter, à l’exception d’Ambenay, de Bois-Normand-près-Lyre, de la Neuve-Lyre, de Saint-Antonin-de-Sommaire et de la Vieille-Lyre qui eux aussi ont perdu en population, mais dans une moindre proportion (7 à 16 %). aux mêmes dates, l’actuel canton de Rugles a gagné 440 habitants. De son côté, le département de l’Eure a augmenté sa population, jusqu’en 184013.

Les chiffres du recensement de 1836 montrent que la part la plus importante des activités des habitants de Champignolles est tournée vers le textile (54 fileuses et 2 tisserands). Les révolutions techniques et industrielles et de la conversion d’une grande partie de la Normandie à l’élevage au cours du XIXe siècle et du déclin des systèmes hydrauliques et de l’éclatement des systèmes valléens pourraient donc être la raison de cet exode.

En 1853, une nouvelle tentative de réunion est tentée par le Préfet. Les habitants de Champignolles la rejettent : « Considérant enfin cette inimitié formelle qui existe entre nous et les habitants de la Vieille-Lyre depuis notre réunion […] qui a été faite malgré nous, que notre église a été entièrement pillée par ces derniers12 ».

Le 18 décembre 1867, le Conseil départemental prononce la réunion avec la Ferrière-sur-Risle. Apparemment, cette réunion fut de courte durée. La commune apparaît autonome dans tous les documents ultérieurs.

L’évolution du nombre d’habitants est connue à travers les recensements de la population effectués dans la commune depuis 1793. À partir du 1er janvier 2009, les populations légales des communes sont publiées annuellement dans le cadre d’un recensement qui repose désormais sur une collecte d’information annuelle, concernant successivement tous les territoires communaux au cours d’une période de cinq ans. Pour les communes de moins de 10 000 habitants, une enquête de recensement portant sur toute la population est réalisée tous les cinq ans, les populations légales des années intermédiaires étant quant à elles estimées par interpolation ou extrapolation14. Pour la commune, le premier recensement exhaustif entrant dans le cadre du nouveau dispositif a été réalisé en 200415,Note 1.

En 2014, la commune comptait 38 habitants, en diminution de -2,56 % par rapport à 2009 (Eure : 2,59 % , France hors Mayotte : 2,49 %)

           Évolution de la population  [modifier]
1793 1800 1806 1821 1831 1836 1841 1846 1851
203 170 170 175 180 157 127 130 104
           Évolution de la population  [modifier], suite (1)
1856 1861 1866 1872 1876 1881 1886 1891 1896
110 113 109 82 70 63 71 66 53
           Évolution de la population  [modifier], suite (2)
1901 1906 1911 1921 1926 1931 1936 1946 1954
50 34 42 30 34 32 31 45 33
           Évolution de la population  [modifier], suite (3)
1962 1968 1975 1982 1990 1999 2004 2009 2014
26 17 19 20 27 28 30 39 38
De 1962 à 1999 : population sans doubles comptes ; pour les dates suivantes : population municipale.
(Sources : Ldh/EHESS/Cassini jusqu’en 199916 puis Insee à partir de 200617.)
Histogramme de l’évolution démographique

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Histoire

Les nombreux monuments mégalithes, encore visibles, parsèment d’une façon assez régulière la campagne normande, notamment, à quelques kilomètres de Champignolles : le dolmen de Rugles à Ambenay et le menhir de Neaufles-Auvergny. La découverte d’une hache de pierre « très grossièrement polie », l’outil emblématique des premiers défrichements, signalée par la Société Normande d’Études Préhistoriques (SNEP)18, témoignent d’une implantation humaine à Champignolles dès le Néolithique, l’âge de la pierre nouvelle, qui est considéré comme la période des débuts de l’agriculture. Ils montrent, à l’évidence, un peuplement à cette époque reculée.

La romanisation de la région qui va devenir la Normandie, passe par la construction de routes romaines et par une politique d’urbanisation. Une voie romaine, qui permettait de relier Lisieux à Dreux et dont le tracé correspondrait19 à l’actuelle route de la Barre-en-Ouche (D833) et à la route de Guernanville (D45) passe à la Vieille-Lyre, à proximité de Champignolles. Dans le Pays d’Ouche, à la frontière du Pays d’Auge, à vingt kilomètres de Champignolles, le village de Broglie, d’origine celtique, est situé au carrefour des voies romaines, des routes du sel et du fer.

Située sur la rive droite de la Risle, la paroisse de Champignolles a probablement été fondée durant le haut Moyen Âge, mais le lieu est occupée par l’Homme depuis des temps beaucoup plus reculés.

Champignolles est devenue possession des seigneurs de Tosny vers la moitié du XIIe siècle, puis, à partir de 1202, de Robert Ier de Courtenay, cousin germain de Philippe Auguste.

Héraldique

Blason Champignolles.svg
Les armes de la ville se blasonnent ainsi :coupé : au 1) de sinople à la biche couchée regardant au naturel, onglée d’argent, au 2) d’or à la roue de moulin de sable ; à la fasce de cinq fusées de gueules brochant sur la partition. 

 

Politique et administration

200px-Mairie_de_Champignolles_%28Eure%29 dans Insolent - Insolite

Mairie de Champignolles
Liste des maires successifs
Période Identité Étiquette Qualité
1792 Jacques Bucaille Premier maire Meunier
François Bucaille Fermier
1936 Wenger  ?  ?
1983 2001 Claude Poulain Sans étiquette Éleveur
2001 2003 Guy Bernard Sans étiquette  ?
2003 2008 Jean-Michel Raynaud Sans étiquette Enseignant
2008 en cours Vincent Debraize Sans étiquette Cadre du secteur privé
Les données manquantes sont à compléter.

Lieux et monuments

Église Saint-Gilles–Saint-Loup (XIIe et XVIe siècles)

L’église paroissiale Saint-Gilles – Saint-Loup est représentative de l’architecture médiévale normande. Le site de l’église, le cimetière et le lierre sont d’ailleurs inscrits à l’inventaire supplémentaire des sites depuis le 22 avril 1932.

L’église se présente en terrasse, au bas de la route en pente qui plonge sur le dévers de la colline et rejoint la Risle. Des arbres entourent son cimetière clos d’un muret d’époque.

Sa construction, vraisemblablement initiée dans la première moitié du XIIe siècle, commença, pour progresser d’abord à l’est, puis au nord et au sud, par le chevet en blocage de silex et grison surmonté d’un beffroi carré et recouvert d’essentes, à flèche polygonale.

Sa charpente médiévale utilise les techniques de construction navale en carène. Cette charpente de chêne est en excellent état de conservation. Sur son piedouche, la console supporte tous les éléments décoratifs : girouette, boule représentant la sphère céleste et coq, symbole du reniement de saint Pierre.

L’équarrissage de ses bois vraisemblablement employés verts, la nature de certains assemblages, sa voûte en merrain monochrome, ses piliers cannelés sur chacune de leur face jusqu’à la base des doubleaux qui scandent le berceau brisé de la voûte et sa lancette ébrasée, suivent un style que l’on retrouve dans un assez grand nombre d’églises d’Angleterre.

La seconde campagne de construction a lieu probablement au début du XIIIe siècle. Elle conduit à la construction de l’abside, du transept, du chœur et de la croisée en reprenant le même parti que celui de la nef avec des distinctions qui s’observent notamment à l’extérieur (contreforts primitifs sans ressauts).

L’autre ou les autres campagnes de construction ont lieu au début et milieu du XVIe siècle. Un porche en charpente à sablières moulurées du XVIe est érigé. Il donne accès à l’église par une porte en plis de serviette (refaite au XVIIIe siècle). La sacristie avec sa lancette est également bâtie. Une chapelle carrée en silex est ajoutée au début du XVIe siècle, à l’extrémité orientale de la nef, au sud. Elle est habilement appareillée avec un pignon en damier noir et blanc, de silex gris et de craie avec angles et baies en pierre, et contrefort en grès. La fenêtre du pignon, « flamboyante et lancéolée, de grand style et sans doute œuvre d’un savant architecte bien loin des tâcherons »20 est en tiers-point et à meneau. Il possède un remplage et des moulures gothiques. Le gable du pignon, couronné par un fleuron circulaire et une croix antéfixe décorée de festons gothiques, offre un échiquier de silex taillés et de pierres disposées en damier. Les rampants sont en pierre, flanqués de deux acrotères : des lions ou mâtins chevelés et rampants, tourné à dextre, vers la lumière.

L’église est consacrée à saint Gilles, représenté en ermite avec la biche pour attribut, et à saint Loup représenté en archevêque mitré tenant la crosse ou la croix à deux traverses.

À l’intérieur, un tronc de six pieds est percé de huit bouches à liards : présomption de pèlerinage à Saint-Gilles, à Saint-Loup (saint Gilles et saint Loup sont réputés guérir de la peur) ou étape vers le chemin de Saint-Jacques-de-Compostelle par la Via Podiensis[Quoi ?] (Conches -> Le Puy 577 km, Saint-Jacques 1 333 km).

Un haut-relief représente la Transfiguration (classé MH, au titre objet le 10 juin 1907) avec ses statues de style maniériste, en pierres polychromes du XVIe siècle. Il figure le Christ, Moïse, Élie, saint Jacques, saint Pierre et saint Jean. Certains éléments particuliers du corps de chacun des personnages sont déformés : tête, yeux, mains… pour intensifier la stupéfaction des Apôtres à la vue de la blancheur éblouissante de Jésus : […] « Jésus, prenant avec lui Pierre, Jacques et Jean, alla sur la montagne pour prier. Or, tandis qu’il priait, l’aspect de son visage changea, ses vêtements devinrent d’une blancheur éblouissante, et voici que deux hommes parlaient avec lui. C’étaient Moïse et Elle, qui, apparus dans la gloire, parlaient de son départ, qui allait s’accomplir à Jérusalem. Pierre et ses compagnons étaient lourds de sommeil. Mais, restés éveillés, ils virent sa gloire et les deux hommes qui se tenaient là avec lui »21[…].

La poutre de gloire qui sépare la nef du chœur (le Christ en croix, la Vierge et saint Jean sont en bois polychrome du XVIe siècle), qui montrent la Victoire du christianisme sur le judaïsme et l’antijudaïsme de la chrétienté du Moyen Âge[réf. nécessaire].

Près de l’entrée, à droite, se situe un bénitier en grès datant du XVe siècle. Sur le mur de gauche, une inscription est datée de 1621 : « Ici gist la personne de Pierre de la Croix lequel deceda le jour Saint Vincent Mil sis cens vint et une vous qui ceci lize pries Dieu pour les trepasses ». Au nord, les fonts baptismaux octogonaux sont rehaussés d’une margelle (pierre du XVe siècle). Le coq du clocher y est posé : il a été descendu en 1985. Plus loin, à droite, une Vierge à l’Enfant en bois polychrome date du XVIIe siècle.

Une seconde statue de Vierge à l’Enfant, en pierre polychrome, est datée du XIVe siècle (classée MH au titre objet le 10 juin 1907). La Vierge est couronnée, légèrement hanchée, vêtue d’un manteau qui finit en plis et dont le bord se replie comme un tablier. Elle tient le bâton fleuri dans la main droite et porte à gauche l’Enfant vêtu d’une chemise et tenant un oiseau dans ses mains. Cette statue répond au canon du gothique rayonnant (début du XIVe siècle jusqu’en 1380).

Elle est décorée à l’origine de nombreux éclats d’émail de plique-à-jour. Les émaux de plique employés dans l’orfèvrerie de prestige s’échangeaient au prix de l’or ce qui explique sans doute la disparition22 de toutes les plaquettes qui parsèment la surface de cette Vierge à l’Enfant.

Dans le chœur, un autel en bois du XIXe siècle peint en faux marbre est décoré sur le devant de deux vases de fleurs encadrant un écusson avec la colombe du Saint Esprit. Le tabernacle est en bois polychrome, avec une statuette du Christ glorieux de style, avec une inscription Ecce Panis Angelorum du XVIIe siècle. Le tableau du XIXe siècle (restauré), au-dessus de l’autel, représente le Sacré Cœur.

Dans la littérature

Champignolles est l’un des très rares villages de l’Eure qui a conservé son authenticité à travers ses bâtiments anciens et ses paysages.

Lorsque Champignolles est évoqué, ce sont généralement sa douceur de vivre et à ses paysages qui sont signalés[pas clair]. Elle est chantée par Jean de La Varende qui fait du Pays d’Ouche le lieu privilégié de ses œuvres : « Voici les grâces secrètes de cette contrée. Le petit fleuve s’accoude à gauche sur une forte colline chargée d’arbres, mais cerne, à droite, une haute et lente moquette qui s’exhausse vers le Sud. L’eau l’entoure d’un trait pur et chantant23. »

Dans Promenades poétiques, Philippe Delerm la décrit ainsi : « Eh bien Champignolles existe, je l’ai rencontré, et me demande comment j’avais pu l’ignorer aussi longtemps. […] il me semble qu’il y a là comme un bout du monde, assez d’espace et de secret pour enclore la vie24. »

Personnalités liées à la commune

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Faits divers

Le 17 juin 2017, Vincent Debraize, le maire de la commune, est placé en garde à vue pour des faits de violences volontaires sur personne chargée d’une mission de service public. Identifié après des témoignages et grâce à l’exploitation de la vidéo-surveillance, il est soupçonné d’avoir insulté puis agressé deux jours auparavant Nathalie Kosciusko-Morizet, candidate dans la deuxième circonscription de Paris alors que celle-ci, en campagne pour son élection tractait sur le marché de la place Maubert. Il avait ensuite pris la fuite25,26.

Notes et références

Notes

  1. Par convention dans Wikipédia, le principe a été retenu de n’afficher dans le tableau des recensements et le graphique, pour les populations légales postérieures à 1999, que les populations correspondant à une enquête exhaustive de recensement pour les communes de moins de 10 000 habitants, et que les populations des années 2006, 2011, 2016, etc. pour les communes de plus de 10 000 habitants, ainsi que la dernière population légale publiée par l’Insee pour l’ensemble des communes.

Références

  1. « Le pays d’Ouche » [archive], sur Atlas des paysages de la Haute-Normandie (consulté le 28 février 2017).
  2. Géoportail [archive]IGN.
  3. Service départemental de l’Architecture et du Patrimoine de l’Eure, Champignolles, avis de l’ABF sur l’ouverture à l’urbanisation de terrains, certificat d’urbanisme n° 14305L0013, mars 2006.
  4. « Géoportail (IGN), couche « Communes 2016 » activée » [archive].
  5. François de Beaurepaire (préf. Marcel Baudot), Les Noms des communes et anciennes paroisses de l’Eure, Paris, A. et J. Picard, 1981, 221 p. (ISBN 2-7084-0067-3, OCLC 9675154), p. 88 (ANS 1968).
  6. Ernest Nègre, Toponymie générale de la France Librairie Droz, Genève 1990. p. 314.
  7. Dans une charte datée de 1155, Raoul de Tosny confirme les donations faites par son père, Roger de Tosny, aux moines de Notre-Dame de l’Estrée à Muzy, et qu’il maintient et autorise les coutumes de tous ceux qui habitent ses terres. Cartulaire de l’abbaye Notre-Dame de l’Estrée, Archives départementales de l’Eure (Evreux Cedex), H 0319, original, in Répertoire des cartulaires médiévaux et modernes. Paul Bertrand, Institut de Recherche et d’Histoire des Textes, 2006. Ædilis, Publications scientifiques, 3.
  8. Albert Dauzat et Charles Rostaing, Dictionnaire étymologique des noms de lieux en France, Librairie Guénégaud, Paris, 1979. p. 137.
  9. François de Beaurepaire, op. cit.
  10. Ernest Nègre, op. cit.
  11. Aujourd’hui il semblerait que ce soit Le Mesnil-Durdent qui compte 24 habitants
  12. a et b Archives départementales de l’Eure.
  13. Source : École des hautes études en sciences sociales (EHESS), en partenariat avec la Bibliothèque nationale de France (BNF), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le Laboratoire de Démographie historique (LDH) et l’Institut national d’études démographiques (INED).
  14. L’organisation du recensement [archive], sur le site de l’Insee.
  15. Calendrier départemental des recensements [archive], sur le site de l’Insee [archive]
  16. Des villages de Cassini aux communes d’aujourd’hui [archive] sur le site de l’École des hautes études en sciences sociales.
  17. Fiches Insee – Populations légales de la commune pour les années 2006 [archive]2007 [archive] 2008 [archive] 2009 [archive] 2010 [archive] 2011 [archive]2012 [archive]2013 [archive]2014 [archive] .
  18. À la page 13 de son bulletin de 1903, imprimé par Ancelle fils à Évreux.
  19. Selon l’historien local Laurent Ridel.
  20. Jean de La Varende, Les Promenades, Champignolles, La Nation française, le 2 mai 1957.
  21. (Évangile selon saint Luc, 9, 28-33).
  22. Un recueil des travaux de la Société libre d’agriculture, sciences, arts et belles-lettres de l’Eure de 1844 signale […] : « que trop souvent on est obligé de négliger les offres ou de refuser les donations faute d’un local… […] Bernay néglige les débris du passé… […]. Monsieur Chassant signale aussi la vente d’émaux intéressants consentie par l’Église de la Vieille Lyre. »
  23. La Nation française no 82 / 2 mai 1957 / Les Promenades / Champignolles.
  24. Promenades poétiques, Champignolles / De France, ou d’Angleterre, novembre 1993
  25. lefigaro.fr, « Un homme interpellé après l’agression de Nathalie Kosciusko-Morizet », Le Figaro,‎ 17 juin 2017 (ISSN 0182-5852, lire en ligne [archive])
  26. « Qui est Vincent Debraize, maire dans l’Eure, en garde à vue après l’agression de NKM sur un marché | Derniéres Nouvelles » [archive], sur world-302.fr.planethoster.net (consulté le 17 juin 2017)

Voir aussi

Articles connexes

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