Saint-Etienne-du-Rouvray : jeu de pistes

 

 

Etant ingénieur d’études en informatique, conceptrice de systèmes d’information parmi les plus complexes, je ne suis certainement pas plus stupide qu’un journaliste, d’autant que durant toute ma scolarité brestoise, j’ai toujours été unanimement reconnue comme excellente en tous domaines, y compris les sports à ma portée.

Jeu de pistes, donc.

Rouvray, 1981 : découverte d’un corps décomposé, le gendarme Christian Jambert est chargé de l’enquête; c’est le début de la tristement célèbre affaire Emile Louis, liée à celle des torturées d’Appoigny.

Saint-Etienne-du-Rouvray, 2016 : assassinat dans son église du père Jacques Hamel.

De Rouvray à Saint-Etienne-du-Rouvray, il n’y a qu’un nom ou un prénom, Etienne, celui d’un saint.

Lequel ? Lesquels ?

Etienne Morel a pris la suite du Toulousain Christian Barthes à la tête de l’hôpital psychiatrique de Bohars, du CHU de Brest.

Il vénère un proxénète auxerrois ayant exploité des prostituées à Paris et dirigé très tôt ses activités vers Rouen.

Josette Brenterch, Julie Le Goïc et Sylvie Depierre-Zabel sont à son service.

Leurs bons amis rémois financés par mon Chinois de Thaïlande ont fait Charlie Hebdo.

Chérif Kouachi aurait pu être poursuivi pour détention d’images pédopornographiques dès 2010.

Les frères Abdeslam fréquentaient des prostituées.

Trois semaines avant de passer à l’acte, Mohamed Merah avait effectué un dernier voyage en Belgique.

Le 3 mars 2011, le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait publié un texte de Laurent Morillon de Montluçon sur un western des frères Coen, « True Grit », dédié à leur amie commune Emmanuelle Thomas, devenue toulousaine depuis quelques mois, pour ses scènes d’une violence inouïe, semblables à celle ouïe par les riverains d’une petite impasse caillouteuse de Bouloc le 14 février 2011 avant la levée du jour.

Chacun complètera comme il l’entend.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160810.AFP4143/assassinat-du-pere-jacques-hamel-un-homme-en-garde-a-vue.html

Prêtre assassiné: un homme en contact avec les tueurs en garde à vue

 

Prêtre assassiné: un homme en contact avec les tueurs en garde à vue
La maison à Pechbonnieu, à proximité de Toulouse, où a été arrêté un jeune jihadiste de 21 ans, le 10 août 2016 ((c) Afp)

 

Publié le 10 août 2016 à 11h17

 

Pechbonnieu (France) (AFP) – L’enquête sur l’assassinat du prêtre égorgé fin juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray se poursuit dans le cercle relationnel des tueurs: un homme de 21 ans en contact avec les deux jihadistes a été interpellé lundi près de Toulouse et sa garde à vue a été prolongée mercredi.

Né le 17 août 1994, l’homme, interpellé à Pechbonnieu, une petite ville tranquille et résidentielle à une quinzaine de kilomètres au nord de Toulouse, est actuellement entendu dans les locaux de la SDAT (sous-direction antiterroriste) à Toulouse, selon des sources judiciaire et policière.

Sa garde à vue débutée lundi après-midi a été prolongée de 48 heures mercredi. Elle peut durer quatre jours, comme le prévoit la loi dans les affaires de terrorisme.

Selon une source policière, le jeune homme a eu des contacts téléphoniques avec les deux assaillants. Les enquêteurs, pour qui il n’était pas présent sur place le jour de l’attaque, cherchent à savoir s’il s’est rendu à Saint-Etienne-du Rouvray dans les jours précédents.

L’individu vit à Pechbonnieu avec sa mère et ses deux jeunes soeurs dans une grande maison blanche aux volets bleus, entourée d’un jardin en friches, selon les voisins de ce quartier encore en construction.

La famille y vivait plus ou moins cloîtrée: « Personne ne les connaissait », témoigne la voisine d’en face. « On ne les voyait pratiquement jamais », renchérit une autre femme, qui n’a « aperçu le garçon que deux ou trois fois ».

Les habitants du lotissement s’étonnaient que les volets fussent toujours fermés, confirme un jeune homme, qui a assisté à la descente lundi après-midi d’une dizaine de policiers cagoulés et de 7 à 8 autres le visage à découvert.

« J’ai regardé depuis une fenêtre, ils fouillaient toute la maison », a-t-il dit à l’AFP, « puis ils sont sortis avec un jeune cagoulé. Au début j’ai cru à une affaire de drogue puis j’ai vu que c’était du terrorisme« . « Les CRS m’ont intimé l’ordre de rentrer chez moi », a ajouté un autre voisin.

Depuis le début des investigations sur cet attentat inédit en France, les enquêteurs s’intéressent à l’environnement relationnel des deux tueurs du père Jacques Hamel, dont l’assassinat dans une église près de Rouen a été revendiqué par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Le 26 juillet, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous deux âgés de 19 ans, avaient pris en otage cinq personnes et tué le prêtre en pleine messe dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, avant d’être abattus par la police.

- Messagerie Telegram -

Les deux hommes, qui vivaient à 700 kilomètres de distance, avaient fait connaissance quelques jours avant leur passage à l’acte via la messagerie cryptée Telegram, l’un des moyens de communication préférés des jihadistes, en raison notamment de sa politique de confidentialité. Les enquêteurs étudient toujours le déchiffrement des messages envoyés par les tueurs.

Comme Petitjean, Kermiche était un habitué de Telegram. Il y avait décrit par avance le mode opératoire de l’attaque du 26 juillet, mentionnant « un couteau » ainsi qu’ »une église », et Petitjean y avait posté courant juillet une vidéo où il prêtait allégeance à l’EI et faisait état d’un projet d’action violente contre la France.

Dans cette affaire, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué le 31 juillet. Né à Nancy, cet homme de 30 ans « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », selon le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.

Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Magnanville (13 juin, deux morts), Nice (14 juillet, 85 morts) puis Saint-Etienne-du-Rouvray (26 juillet, un mort): en proie à une menace terroriste sans précédent, la France a subi en un mois et demi trois attaques jihadistes revendiquées par le groupe Etat islamique, plus de six mois après les attentats de Paris et Saint-Denis en novembre (130 morts).

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/08/10/2398891-attentat-saint-etienne-rouvray-homme-interpelle-toulouse.html

Publié le 10/08/2016 à 10:17

Le suspect interpellé près de Toulouse reconnaît s’être rendu à Saint-Etienne-du-Rouvray

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

La maison de Pechbonnieu où la famille de Yassine S. vit depuis un an./ DDM C.L
La maison de Pechbonnieu où la famille de Yassine S. vit depuis un an./ DDM C.L

Saint-Etienne-du-Rouvray : jeu de pistes dans AC ! Brest image-zoom

De source officielle et confirmée à la rédaction de La Dépêche du Midi, un jeune homme né le 17 août 1994 a été interpellé ce lundi 8 août à Pechbonnieu, dans la banlieue nord de Toulouse, et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. Il a été arrêté devant chez lui lundi en début d’après-midi par les policiers de la SDAT, appuyés par les policiers de la BRI du SRPJ de Toulouse. Ce mercredi après-midi, sa garde-à-vue a été prolongée de 24 heures, a-t-on appris de source policière. Selon nos informations, le suspect a reconnu s’être rendu en Normandie pour 24 heures où il a rencontré au moins un des deux terroristes avant l’attaque de l’église. A l’issue de sa garde-à-vue, il devrait être transféré dans les locaux de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) à Levallois-Perret.

Jusque-là inconnu des services de police et de renseignement, le jeune homme qui aurait brutalement basculé dans l’islamisme radical est interrogé depuis lundi après-midi par les policiers de la sous direction anti-terroriste de la police judiciaire à Toulouse.

Ce garçon, âgé de 21 ans, est soupçonné de s’être rendu à Saint-Étienne-du-Rouvray la veille de l’attentat commis le 26 juillet. Il aurait pu procéder aux repérages qui ont précédé la prise d’otage et l’assassinat du père Jacques Hamel.Les enquêteurs n’excluent pas toutefois qu’il aurait pu avoir l’intention de participer à l’attentat avant de finalement renoncer.

C’est l’analyse technique des téléphones utilisés par les deux preneurs d’otage, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à cet individu : le jeune homme aurait en effet été en contact avec les deux assaillants, via l’application de messages cryptés Telegram notamment.

Ce mercredi, le jeune homme est toujours entendu à Toulouse par la Sous-Direction anti-terroriste. Dans le cadre des enquêtes liées au terrorisme, la garde à vue peut être prolongée jusqu’à 96 heures. Si les soupçons se confirment, ce garçon pourrait être transféré dans les locaux de la SDAT à Levallois-Perret mercredi soir ou jeudi.

Selon nos informations, le suspect interpellé appartient à une famille qui s’est installée à Pechbonnieu voilà seulement quelques mois, dans une maison achetée par une femme seule et mère de trois enfants, dans le cadre d’un parcours sécurisé d’accession à la propriété. On ignore pour l’instant où résidait cette famille avant son arrivée dans la banlieue toulousaine.

Il ne s’agit pas de la première arrestation à laquelle ont procédé les services anti-terroristes dans le cadre de cette affaire. Le 31 juillet, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué. Né à Nancy, cet homme âgé de 30 ans « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », selon le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.   Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Le mardi 26 juillet dernier, une prise d’otages avait eu lieu en pleine messe dans une église de cette commune de Normandie, où un prêtre, le père Jacques Hamel, avait été égorgé par les preneurs d’otages. Cet attentat avait été revendiqué par Daesh.

JEAN COHADON AVEC CLAIRE RAYNAUD

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/08/10/2398929-suspect-interpelle-la-famille-vivait-cloitree-chez-elle.html

Publié le 10/08/2016 à 15:16, Mis à jour le 10/08/2016 à 15:23

Suspect interpellé : «la famille vivait cloîtrée chez elle»

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Légende photo : Le suspect interpellé vivait reclus avec sa famille dans cette maison, à Pechbonnieu. / DDM Claire Raynaud - DDM Claire Raynaud
Légende photo : Le suspect interpellé vivait reclus avec sa famille dans cette maison, à Pechbonnieu. / DDM Claire Raynaud DDM Claire Raynaud

image-zoom dans Action Directe

Que sait-on sur Yassine S., interpellé lundi 8 août en début d’après-midi à Pechbonnieu et suspecté d’avoir été en contact avec les deux assaillants de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray ?

Agé de 21 ans, ce jeune homme est décrit par ses voisins comme un personnage plutôt « sauvage », comme les autres membres de sa famille. « Il s’est installé à Pechbonnieu avec sa famille il y a un an pile, avec sa mère et ses deux soeurs », témoigne l’un d’entre-eux.

« Cette famille vivait complètement cloîtrée chez elle. Les volets étaient fermés en permanence, le jardin qui n’est pas entretenu, est vite devenu une forêt vierge. Lors de la fête de quartier, c’est la seule famille qui n’a pas répondu présente. Tous les habitants du quartier étaient là, sauf eux », ajoute un autre. « Cette famille limitait au maximum les contacts avec le voisinage et ne recevait quasiment jamais de visite », raconte une maman du quartier.

« Il ne disait jamais bonjour »

D’après les riverains, la mère est divorcée et le jeune suspect est le fils aîné de la fratrie. Ses petites sœurs (l’une est une jeune adulte, l’autre une lycéenne scolarisée à Toulouse) sont décrites comme « polies » par le voisinage. La mère, elle, est en revanche loin de faire l’unanimité. « Elle a engueulé plusieurs fois les enfants qui jouaient dans la rue », se souvient une voisine. « Elle a fait pleurer ma fille parce que notre chat aurait fait ses besoins dans leur jardin, alors qu’il ressemble à un terrain vague et qu’il n’a jamais été tondu en an », se plaint une autre.

Quant au suspect actuellement en garde à vue à Toulouse, « il ne disait jamais bonjour, ne saluait personne et avait en permanence des écouteurs sur les oreilles », souligne un autre voisin.

Les voisins, en tout cas, sont unanimes pour dire que le jeune Yassine, d’origine maghrébine, ne présentait aucun signe extérieur de radicalisation. « Comme tous les membres de sa famille, il était vêtu à l’européenne, conclut un riverain. Sa maman et ses soeurs ne portent pas de voile et elles étaient plutôt, elles, aussi habillées à la mode. »

Claire Raynaud et Anne Aguer

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/faits-divers/20130529.OBS1025/le-dernier-voyage-de-mohamed-merah-en-belgique.html

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

 

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

Des documents et des photos, comme celle-ci, dévoilées par France 3 Midi-Pyrénées, montrent que Mohamed Merah était dans le viseur des renseignements français depuis 2006. (France 3 Midi-Pyrénées)

 

Trois semaines avant de passer à l’acte, le tueur de Toulouse et Montauban aurait rendu visite à Abou Jaber, éminence grise d’une cellule djihadiste bruxelloise.

 

 

Mohamed Merah pourrait avoir été chercher du soutien en Belgique. Selon des informations révélées par « Le Parisien » (article payant), trois semaines avant de passer à l’acte, l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban aurait passé une journée avec Abdelkader el-Farssaoui, alias Abou Jaber, un Marocain vivant en Belgique et interrogé par la justice belge dans le cadre d’une enquête sur une cellule djihadiste de Bruxelles.

Décrit comme l’éminence grise du groupe, Abou Jaber est un proche de Mohamed Achamlane, dit Abou Hamza, le leader du groupe terroriste niçois Forsane Alizza, démantelé peu après les tueries de Mohamed Merah. C’est par l’intermédiaire de ce dernier que le tueur de Toulouse et Montauban lui a rendu visite, selon les déclarations d’el-Farssaoui à la justice belge.

Des liens étroits entre Merah et la Belgique

Mais pourquoi Merah a-t-il fait cet étrange déplacement ? Non pas pour parler de son projet meurtrier mais pour échanger sur sa vision curieuse de l’islam, selon Abou Jaber. « Il m’a notamment dit que la première femme qu’il aurait serait une femme du paradis », assure-t-il. Merah évoque néanmoins brièvement ses voyages en Afghanistan et au Pakistan. Ce nouvel élément est d’autant plus troublant que ce n’est pas la première fois que la Belgique apparaît dans le dossier, relève « Le Parisien ».

Pas moins de 22 numéros belges ont été relevés sur les factures téléphoniques de Merah, dont l’un correspond à une prostituée bruxelloise, ex-épouse d’un caïd local. En 2006, Merah se serait également rendu dans le plat pays avec Sabri Essid, un ami toulousain condamné en 2009 pour son appartenance à une filière jihadiste irakienne. Enfin, Moez Garsallaoui, un cadre d’Al-Qaïda soupçonné d’avoir formé Merah au Pakistan, a longtemps vécu à Bruxelles, dans les années 2000 avant d’être abattu à l’automne dernier près de la frontière afghano-pakistanaise.

L'Obs

L’Obs

Journaliste

 

http://www.radicalparty.org/fr/content/le-vrai-roman-noir-des-disparues-de-l%E2%80%99yonne

LE VRAI ROMAN NOIR DES DISPARUES DE L’YONNE

Elsa Vigoureux
Le Nouvel Observateur

Depuis l’arrestation d’Emile Louis, Auxerre ose se souvenir

Il y a les faits. Il y a aussi ce silence: cette chape de plomb qui s’abat sur une petite ville, cette omerta qui lie des notables et sur laquelle butent les bonnes volontés. On les a appelées “les disparues de l’Yonne”: violées, torturées, assassinées… “Disparues”, parce que ceux qui avaient pour devoir de les chercher n’ont pas voulu voir, entendre. Elsa Vigoureux a remonté la piste des victimes et des bourreaux. Au fil des témoignages et des procès-verbaux surgissent d’étranges coïncidences. Un voyage dans un coin de France qui a basculé dans l’horreur

Elle parle aussi vite qu’elle courrait pour s’enfuir. Huguette s’excuse, mais ce Dunand l’a tuée “de la tête aux pieds”. En plus de ça, elle a cette trouille qui lui serre le ventre: “Faire attention à la peau de mes deux gosses.” Elle a bien écrit au juge d’application des peines, le suppliant d’interdire à Claude Dunand de mettre les pieds dans le département où elle habite. Parce qu’il est “libre comme l’air maintenant, hein”. Condamné en 1991 pour tortures et actes de barbarie à la prison à perpétuité, Claude Dunand a été remis en liberté en juin 2001. Et le juge n’a pas répondu à Huguette. “Même pas une lettre. Pourquoi?” C’est la panique, elle hache son discours, le ponctue de “y a trop de protections dans cette affaire… Ils sont tous véreux à Auxerre”. Son histoire, c’est une pièce du puzzle dans l’affaire des disparues de l’Yonne. Huguette en est convaincue. Ces sept filles qui ont disparu à la fin des années 70 étaient comme elle des enfants de l’Assist -ance publique. Et Huguette a même connu l’une d’entre elles au foyer de Montmercy. L’un de ces établissements par où passait Emile Louis dans son car de ramassage scolaire des Rapides de Bourgogne. “Des hasards, il y en a trop…” Huguette patauge dans le souvenir qui n’en finit plus de déborder de sa mémoire ouverte. Elle raconte, elle raconte. “Parler, c’est se battre, non?”
Huguette avait quitté les foyers de la Ddass tout en restant sous sa tutelle, lorsqu’en 1983 elle a trouvé du “travail”. Une petite annonce. Un coup de fil. Une rencontre. Et c’est chez Claude et Monique Dunand, allée des Violettes à Appoigny, que la jeune femme atterrit en octobre 1983. Un homme lui enchaîne les pieds et les mains pendant qu’un autre lui jette une couverture sur la tête. Et les deux l’attachent à un tuyau. Avant de la fouetter. Le lendemain, Claude Dunand la viole. Et la laisse plusieurs jours, nue, sans eau ni nourriture. Son premier tortionnaire, un Allemand, qui se fait appeler Helmut. Il la flagelle, lui introduit des aiguilles dans les seins et dans les fesses, qu’on ne lui ôtera que le lendemain. Un autre prend plaisir à la regarder boire son urine. En tout, une trentaine d’hommes la torturent. “Des gens haut placés, venant de Paris, de Lyon…”, se souvient Huguette. C’est 500 francs la pose d’écarteur dans le vagin. Et l’argent est directement reversé à l’Organisation. Dunand lui perfore les lèvres vulvaires avec des épingles à nourrice qu’il attache à ses cuisses. Lui introduit des objets dans l’anus jusqu’à le lui déchirer. Lui brûle les seins avec un tournevis rougi, dessine sur l’un d’eux une croix gammée. Et lui envoie des décharges de courant électrique dans la poitrine. Les plaies s’infectent. Claude Dunand fait venir un ami médecin. Qui soigne des plaies, juste ça. Et repart avec sa malette, comme il est arrivé. “C’est normal, ça?” Huguette n’a pas vu le visage de cet homme-là, elle avait une cagoule sur la tête.
Mais Dunand n’en avait pas assez. Trois mois plus tard, il lui fallait une autre fille. Ce sera Mickaëlla, pupille de la nation. Ces filles-là, c’est mieux que les autres. Plus pratique, puisqu’elles n’ont pas de famille. Et la Ddass a bien trop à faire, elle ne les suit pas à la trace. Ancienne élève de l’Apajh (Association pour Adultes et Jeunes Handicapés), Mickaëlla a fréquenté l’Institut médico-éducatif Grattery, que dirige le réputé “intouchable” Pierre Charrier. Que quatre des sept jeunes filles disparues ont aussi fréquenté à la fin des années 70. Le 17 janvier 1984, la jeune femme est enchaînée aux quatre madriers formant une croix de Saint-André dans le sous-sol du pavillon d’Appoigny. Dans une cellule, au fond d’une pièce où les fenêtres sont obstruées par des journaux et de la laine de verre, juste meublée d’un sommier en fer et de deux tables. Sur l’une d’elles, un carton rempli de phallus artificiels en bois et en caoutchouc, de pinces à linge, d’aiguilles à tricoter, de bougies, de deux tubes de vaseline et d’une pince-crocodile. Mickaëlla, soumise comme Huguette à l’Organisation. Une mystérieuse formation, par le biais de laquelle plusieurs filles avaient été vendues aux enchères comme esclaves, alors que d’autres étaient mortes. C’est ce que racontait Dunand.
Quelques jours plus tard, Huguette parvient à s’enfuir. C’était un vendredi. Son médecin traitant a averti le procureur de la République, René Meyer. “J’ai tout raconté aux flics, le soir même. Je leur disais qu’il y avait Mickaëlla, qu’il fallait la libérer vite. Ils ne me croyaient pas.” Ce qui aurait donc laissé à Dunand le temps de passer quelques coups de fil à l’Organisation pour prévenir qu’Huguette avait fui. Et la police locale n’a débarqué que le lundi dans le pavillon d’Appoigny. Elle a interpellé Claude et Monique Dunand, libéré Mickaëlla, saisi tout le matériel. Et des carnets d’adresses, “dont l’exploitation ne permettait pas de retrouver d’autres tortionnaires”, selon les enquêteurs du SRPJ de Versailles, qui ont repris l’enquête. Ils n’identifieront donc que trois clients: Georges Ethievant, Paul Lefort et Joseph Quiock. Les deux premiers seront mis en examen. Paul Lefort, qui avait reconnu les faits, sera retrouvé mort en avril 1984. Ce qui lui a tout juste laissé le temps de parler aux enquêteurs d’une “fille”, dont le tortionnaire d’Appoigny assurait s’être débarrassé. Georges Ethievant, qui avait connu Dunand au Club des Genêts d’Or à Paris, mourra en 1990, peu avant sa comparution en cour d’assises. Lors de l’instruction, il a nié avoir conseillé à Dunand de faire disparaître l’essentiel des carnets d’adresses. Quant à Quiock, il s’était déclaré étranger à tous ces faits, et avait même fourni de solides alibis: attestations de ses proches signifiant qu’il n’avait pu se trouver dans l’Yonne les jours où il était à Paris avec eux. Forcément. Cet ingénieur au centre de formation de la Marine nationale est donc toujours vivant. Monique, la femme de Claude Dunand, elle, a fait une chute mortelle dans ses escaliers.
A l’époque, l’affaire d’Appoigny intéresse beaucoup un homme à Auxerre. C’est le gendarme Jambert, un enfant de la Ddass lui aussi. Qui s’acharne alors à comprendre comment sept jeunes filles ont pu se volatiliser entre 1977 et 1979. C’est en 1981, quand il retrouve à Rouvray le cadavre d’une jeune femme, pupille de la nation, que commence son enquête. La dernière personne qui avait vu la victime, c’était un certain Emile Louis. Et Jambert s’aperçoit bien vite que ce chauffeur de car connaît chacune des sept disparues. L’affaire d’Appoigny, “il aurait aimé bossé dessus, raconte aujourd’hui son fils. Pour lui, tout ça avait quelque chose à voir avec l’affaire de ces sept filles mystérieusement disparues. Mais personne ne l’écoutait à l’époque. Ni au tribunal ni à la gendarmerie”. Rendue en 1984, l’enquête préliminaire du gendarme restera d’ailleurs introuvable pendant les douze années suivantes.
Pour Jambert, cela ne faisait pas de doute: Claude Dunand et Emile Louis avaient des amis communs. Tous deux ont vécu dans le même village, à Migennes. Puis travaillé au même endroit, à la gare routière d’Auxerre. Et des enquêteurs de l’époque affirment aujourd’hui que “les clients de Dunand sont les mêmes que ceux qui manipulent la justice auxerroise”. Derrière Emile Louis et Claude Dunand, des notables, des gens bien installés au cœur des institutions, qui tiennent à leur place et qui participent, au moins par leur silence, à l’impunité. Emile Louis l’a lui-même répété à plusieurs reprises au cours de ses auditions: “On veut me faire porter le chapeau, mais à Auxerre, il se passe de drôles de choses…” De la Ddass à l’Apajh, en passant par le tribunal de grande instance ou la gendarmerie d’Auxerre, personne ne s’est inquiété du sort qu’ont pu subir les disparues d’Auxerre. On a simplement apposé la mention “fugue” au bas de leurs dossiers. Aux personnels des établissements qui s’interrogeaient, on répondait que les fuites étaient signalées aux autorités. Faux. “Il ne fallait pas qu’on s’en mêle, raconte une éducatrice. C’était quasiment devenu interdit de parler de ces filles.”
Et c’est justement un membre du comité de gestion au CAT (Centre d’Aide par le Travail) de Mézilles, Georges Fritsch, ami d’un des fondateurs de l’Apajh, Georges Decuyper, qui s’improvise visiteur de prison en 1989. Cet ancien curé crée la Fraternité Notre-Dame, une association de réinsertion pour détenus, qui s’occupe aussitôt de Claude Dunand. Georges Fritsch écrit au garde des Sceaux, Pierre Arpaillange, en décembre de la même année: “Je profite de mes vieilles et excellentes relations avec Jean-Pierre Soisson, pour vous atteindre directement, de façon certaine.” Et demander la libération de Dunand ainsi qu’une subvention de 200000 à 220000 francs pour les besoins de l’association. Alors ministre du Travail, Jean-Pierre Soisson intervient même auprès d’Arpaillange et informe Georges Fritsch en juin: “Je note avec plaisir que votre dossier est en cours de constitution et j’espère vivement que vous obtiendrez l’aide financière souhaitée.” Fritsch a l’argent, Dunand retrouve sa liberté jusqu’à son procès. Puis l’ancien curé disparaît de l’Yonne. On retrouve quelques documents dans son local paroissial, dont des invitations à des “soirées Q”. En 1991, le tortionnaire Dunand est jugé et condamné à la prison à perpétuité. Et depuis juin 2001, il est à nouveau libre.
1992, un an à peine après l’affaire d’Appoigny: Pierre Charrier est condamné à six ans de prison ferme pour viol à répétition pendant un an sur une jeune fille déficiente mentale, élève d’un centre de l’Apajh que dirige sa femme, Nicole. Pierre Monnoir est alors adhérent de l’Apajh. Il avait un frère handicapé à l’époque. Et toutes ces histoires lui chauffent les oreilles: Appoigny, la rumeur de ces disparitions, et maintenant ces viols. Il s’en pose, des questions. “Que fait tout ce petit monde intouchable? Ça se passe sous leurs yeux et ils ne disent rien? Les filles disparues, ce ne sont pas des mobylettes. Il s’agit d’êtres humains!” Il demande des comptes. A Alain Drouhin, président de l’Apajh et ancien chef de cabinet du maire Jean-Pierre Soisson. A Nicole Charrier, alors conseillère municipale sur la liste de Soisson. Amie d’Emile Louis, aussi. Toujours prête à lui rendre service: lorsque le chauffeur de car est jugé en 1983 pour attentats à la pudeur sur les gamins de la Ddass confiés à sa femme, Nicole Charrier se porte spontanément témoin de moralité pour lui.
On le prévient, Monnoir: ses insinuations pourraient bien se traduire en diffamations devant la justice. Alors, qu’il passe l’éponge sur tous ces doutes, et on n’en parle plus. Mais l’homme n’est pas du genre à se taire. Plutôt de ceux qui revendiquent le droit de comprendre. Un parent de handicapé, juste ça. Il crée alors l’ADHY (Association de Défense des Handicapés de l’Yonne). Et le voilà, ramant à contre-courant, qui se heurte à “un système puissamment verrouillé, un silence en béton armé”. A la Ddass, au tribunal, dans les cabinets d’avocats, on lui claque les portes au nez. Partout, on lui dit qu’il est “parano”. A la plainte déposée en 1996, la justice répond par une ordonnance de non-information. Il reçoit des coups de fil anonymes, des menaces de mort. Pierre Monnoir “découvre l’omerta auxerroise”. On le traite de “fou”. Il n’y a pas d’affaire dans la région: pas de corps, pas de crime. C’est tout. Et la presse locale enfonce le clou: “On peut simplement affirmer que des filles ont disparu et n’ont pas été retrouvées. Rien d’autre.”
Il faut attendre juillet 1997 pour que la cour d’appel de Paris ordonne l’ouverture d’une information judiciaire pour “enlèvements et séquestrations arbitraires”. Une reconnaissance, si posthume soit-elle, pour ces sept jeunes filles disparues dans le pire des mépris. Comme un hommage aussi pour le travail de Jambert. Il s’est tiré une balle dans la tête un dimanche d’août 1997. Mais finalement, il avait raison: toutes les pistes mènent au même homme. Emile Louis est arrêté en décembre 2000. Et le champ des recherches s’élargit enfin à celui des responsabilités. A la nomenklatura locale de ramer; cette fois, le courant s’inverse. Et le journal “l’Yonne républicaine” plonge: “La presse parisienne est insatiable. […] Il lui faut du scandale, du vrai, politico-judiciaire de préférence. […] Des politiques pourraient être mouillés. Bonjour l’imagination! L’appareil judiciaire et les institutions sont déjà condamnés avant d’avoir été entendus. Il ne reste qu’à épingler Soisson, Henri Nallet ou Guy Roux. L’affaire des disparues aura alors vraiment de l’allure.”
De rapports en enquêtes, les institutions révèlent pourtant leurs manquements. La disparition dans le tribunal de la quasi-totalité des dossiers clos par un non-lieu entre 1958 et 1982 n’est pas une invention. De quoi “semer le doute sur la manière dont le parquet a traité les affaires relatives à la disparition de mineurs ou de jeunes filles majeures dans des conditions suspectes”, comme en convient le procureur de la République d’Auxerre, Marie-Suzanne Le Quéau. Les avocats de la ville estiment qu’une “telle situation est inimaginable”. Comme s’ils refusaient d’y croire. D’ailleurs ils préfèrent ne pas en parler, “personne n’a le temps de s’arrêter là-dessus”. Partout dans la ville, la même attitude. “Parce qu’Auxerre, c’est une ville fermée, si étouffante qu’on se sent oppressé, raconte une ancienne habitante, ex-employée de l’Apajh. Je n’avais qu’une envie, c’était de me tirer de là.” Fuir le souvenir. Le silence est une habitude si confortable, qu’on s’en voudrait de le rompre. Alors “les gens se cachent pour acheter le livre sur l’affaire des disparues (1)”, raconte Pierre Monnoir. Et les questions démangent quelques habitants. Comme cette dame qui a attendu vingt ans avant d’oser demander par courrier au procureur de la République des nouvelles de l’affaire Lucette Evain. Il a fallu l’y pousser. “Je n’ai jamais su de quoi elle était morte, et j’y pensais tout le temps.”
Son corps avait été retrouvé sur un terrain vague en 1970, pas loin du siège des Rapides de Bourgogne, où travaillait déjà Emile Louis. Et alors? C’est une enfant de la Ddass, on boucle l’enquête: elle s’est suicidée. Aujourd’hui, impossible de remettre la main sur la procédure, impossible de retrouver le rapport d’autopsie. En 1979, c’était au tour d’Elisabeth Fontaine. Mystérieusement volatilisée. On retrouve sa voiture sur un parking, au bord de l’Yonne. A la fourrière, direct. Pas d’enquête, rien. Les parents de la jeune fille écrivent au procureur de l’époque. Deux fois, et pas une réponse. Le dossier est refermé, Elisabeth n’allait pas bien, elle a dû vouloir en finir. C’est plus simple comme ça. Même scénario pour Marie-Angèle Domece, encore une jeune fille de la Ddass, disparue le 8 juillet 1988. Affaire classée. Et oubliée. Sylvie Baton, Joanna Parish et Danièle Bernard ont été assassinées en 1989 et 1990. Les circonstances de leurs morts restent non élucidées. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Les souvenirs remontent à la surface d’une eau opaque et sale. Une matière visqueuse, qui vous colle à la mémoire. “On ne mange plus, on ne dort plus, on ne pense plus qu’à ça, raconte une ancienne employée de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre. Et on s’interroge, on culpabilise: ai-je été le témoin aveugle d’un ignoble manège?” Tous ces médecins qui se retrouvaient si souvent au restaurant le Saint-Fiacre, à Appoigny. A 100 mètres à peine de l’allée des Violettes, où résidaient Claude et Monique Durand. Oui, c’est sûrement le hasard s’il était tenu par un ancien proxénète. Celui-là même sous la protection duquel Monique Dunand s’était prostituée un temps à Auxerre. Un type qui fréquentait aussi le Nicky Bar, où Emile Louis avait ses habitudes. Et où Françoise Lemoine, l’une des sept jeunes filles portées disparues, avait été embauchée comme serveuse. Mais ce ne sont que des coïncidences.
A l’hôpital, c’est le docteur Dumeige qui a dirigé le service jusqu’en 1985. Il est le beau-frère de l’avocat de Nicole Charrier, adjoint au maire sous le dernier mandat de Jean-Pierre Soisson. “Il parlait de sexe toute la journée, confie l’ancienne employée de l’hôpital. Tout ce qui l’intéressait, c’était de savoir si les femmes baisaient bien… Et il y avait bien cette rumeur dans le service: on disait qu’il organisait des soirées coquines pour les notables de la ville, dans une pièce attenante à son domicile de l’hôpital.” Puis Dumeige est mort. Un jour de l’automne 1985, des amis ont frappé à sa porte. Il a mollement accepté d’aller faire un tour de planeur. Mais avant de s’envoler, Dumeige a bu le café avec eux. Et le docteur a eu un accident. Cause du décès: l’homme s’est endormi dans son cockpit. C’est vrai que ça peut arriver à tout le monde de mourir brutalement.
Le docteur Chauveau reprend le service à l’hôpital d’Auxerre. Il est aussi le psychiatre de l’institut médico-éducatif des Brions, à Tonnerre. Ce centre pour enfants handicapés dont on entendait un peu parler parce que des parents avaient déposé une plainte auprès du juge Bourguignon à Auxerre pour séquestration et coups et blessures. Elle n’a d’ailleurs jamais abouti. Mais c’est dans le service fermé du docteur Chauveau qu’un père a retrouvé son enfant autiste, élève des Brions, attaché. La peau du dos, des bras, arrachée. Et c’est des Brions encore que venait Martine B., cette jeune fille que Chauveau avait fait hospitaliser. “Elle n’avait rien à faire là, raconte une infirmière. Elle était autonome et ne souffrait d’aucun trouble psychique.” Ce à quoi Chauveau répondait qu’il la gardait “par humanité, et en attendant qu’elle trouve un placement”. Les semaines ont passé. Jusqu’à ce que Chauveau annonce enfin, en réunion de synthèse, que “la sortie de Martine B. est prête”. Elle s’en va dans une maison de retraite à Vézelay. Yvan l’infirmier l’accompagnerait là-bas, donc? En fait, pas exactement. Parce que Chauveau a organisé les choses à l’avance: “C’est M…, son tuteur, qui la prendra à mi-chemin.” Voilà. Disparue, Martine B.
L’infirmière encore: “C’est vrai qu’il se passait des choses bizarres dans ce service. On voyait des malades entrer au service libre, et finir au service fermé. Notre boulot, normalement, c’est d’instaurer le processus inverse. Et à Auxerre, un long séjour, ce n’était pas trois mois comme ailleurs. Mais trois ans. Il fallait la fermer. Les médecins étaient souverains.” Celui qui remettait en question leur décision, on l’étiquetait “fou”. C’est ainsi que le silence a fait son nid à l’hôpital. Que personne n’a pris la moindre initiative lorsque Chantal C., patiente au service fermé, est partie en permission chez ses parents un week-end et qu’elle n’est jamais revenue. Mais une assistante sociale et des infirmiers “prétendument bien informés” affirmaient que Chantal C. avait rejoint un “réseau de prostitution”.
Chauveau, un type humain, collectionneur d’armes. De femmes, aussi. Des patientes, le plus souvent. Qui se baladait dans les couloirs, le regard caché derrière des lunettes noires. Une fiole de whisky toujours enfouie dans les poches de sa blouse blanche. Il avait un tas d’amis. Comme ce type, condamné dans une affaire de trafic de diamants. Pendant qu’il purgeait sa peine, le psychiatre a pris sa femme en charge. La pauvre était un peu déprimée, atteinte d’un cancer en plus. Un lit à l’hôpital, ça lui permettrait de prendre de la distance, de se reposer un peu. Et puisqu’il est psychiatre, Chauveau peut bien lui prescrire quelques médicaments. Quand les policiers sont venus l’interroger, l’épouse du trafiquant ne pouvait aligner trois mots.
En fait, tous ces souvenirs, c’est à cause de l’histoire d’Anna, une femme d’origine polonaise. Ces détails laissés au hasard du passé qui resurgissent, et s’emboîtent aujourd’hui. Parce que les gendarmes ont convoqué Anna en janvier 2002. Ils ont retrouvé trace de sa plainte pour séquestration dans leurs ordinateurs. Ils voulaient des précisions, parce que son dossier fait partie de ceux qui ont mystérieusement disparu du tribunal. Elle leur a raconté, Anna. Qu’à l’époque elle vivait avec un médecin de Sens, avec qui elle a eu un enfant. Qu’ils avaient pris la décision de se séparer au milieu des années 80. Mais la rupture était difficile, et Anna a été envoyée trois semaines dans le service libre de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre. Le docteur Strutzik, un psychiatre d’origine polonaise comme elle, a voulu lui donner un coup de main. Il l’a présentée à l’un de ses collègues qui avait besoin d’une employée de maison pour garder ses enfants. Anna a travaillé chez lui. Jusqu’à ce que Strutzik débarque un soir, accompagné d’un infirmier. Ils l’ont embarquée sous la menace d’une seringue. Placée au service fermé. Matraquée de neuroleptiques, au point de frôler l’accident cardiaque dans la nuit. Un internement irrégulier qu’il a fallu maquiller le lendemain.
Heureusement que tout le monde se connaît bien et qu’on se serre les coudes, à Auxerre. Parce qu’il n’y a qu’un médecin extérieur à l’établissement hospitalier qui soit habilité à produire un certificat d’internement. C’est donc le docteur Dessens, le médecin qui “semait la terreur” dans les centres de l’Apajh où il travaillait, marié à une psychiatre de l’hôpital, qui a eu la gentillesse d’antidater un acte pour régulariser la situation d’Anna. Quelques semaines plus tard, Chauveau a intégré Anna au service libre. Elle allait bien, elle aurait pu sortir. Mais le chef du service préférait la garder. Comme Martine B.: “Par humanité”. Et il a même engagé une procédure de mise sous curatelle. Pour la protéger, bien entendu. Il l’aimait bien, il lui passait toujours la main dans les cheveux. Et en réunion de synthèse il présentait le projet thérapeutique mis en place pour cette patiente: “La meilleure solution, c’est d’envisager un retour en Pologne.” Anna a pris la fuite un jour pendant que Chauveau faisait sa sieste comme à son habitude jusqu’à 16 heures. C’est d’ailleurs sûrement une coïncidence encore si l’employée de l’hôpital qui a aidé Anna a justement retrouvé les vitres de son appartement brisées un soir de cette semaine-là. Avec un plomb au milieu de son salon.
Anna a déposé une plainte auprès du procureur de la République, René Meyer. Classée. Puis une autre, auprès du juge Bourguignon. L’enquête a été menée avec une célérité exemplaire: le docteur Dessens n’a pas été entendu, et Chauveau n’avait pas beaucoup de temps, alors son procès-verbal est un peu court. Le docteur Strutzik a quant à lui avoué les faits. Il a été mis en examen en 1989 pour séquestration arbitraire, coups et blessures par destination, faux et usages de faux en écriture. Une confrontation devait avoir lieu. Le juge Bourguignon l’a reportée. A jamais. C’est qu’il avait sûrement d’autres chats à fouetter: Danielle Bernard est retrouvée morte le 8 juillet de la même année dans son appartement. La tête rouée de coups de tisonnier, le corps lardée de coups de tournevis. Elle était infirmière à l’hôpital psychiatrique, dans un service délocalisé à Appoigny, qui recevait des enfants et adolescents dans l’attente d’un placement. La Ferme, ça s’appelait. Danielle Bernard était à ce repas champêtre auquel s’est joint le docteur Chauveau, la veille de son meurtre. Quand la police est arrivée au domicile de l’infirmière, il y avait déjà foule autour du cadavre. Des journalistes, un magistrat et l’ex-belle-mère de la victime, conseillère municipale sur la liste de Jean-Pierre Soisson. Impossible de prélever le moindre indice. Le procureur de la République de l’époque, Jacques Cazals, a classé le dossier sans suite.
Plus qu’un simple fait divers, le dossier des disparues de l’Yonne est bel et bien l’affaire d’un système. Sept disparues, et vingt ans de puissant silence auquel la justice a lâchement consenti. Une fois Emile Louis interpellé, on ne pouvait plus ignorer la scandaleuse inertie des institutions, vingt années d’indifférence, d’inaction. “L’inefficacité de la justice”, cet “échec patent”, cette “déficience institutionnelle”, Marylise Lebranchu, garde des Sceaux, devait tenter d’y mettre un terme. Agir. Alors, en mars 2001, elle a convoqué la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Le linge sale, on le lave d’abord en famille. Publiquement, quand même.
2002, mi-mars. Quatre magistrats en poste à Auxerre de 1979 à 2000 sont convoqués par leurs pairs: deux procureurs, René Meyer et Jacques Cazals; deux substituts, Daniel Stilinovic et Bertrand Daillie. La République ouvre les lourdes et épaisses portes de la première chambre civile de la Cour de Cassation. Quelques petites gens venues de la terre icaunaise en ont le vertige. “C’est beau ici.” Toutes ces dorures, ces sculptures sur les murs. Au plafond, des peintures. Le grand jeu: “Le CSM n’est pas un tribunal, mais une institution disciplinaire.”
Les failles de la justice, on va les voir. On va dire qu’il s’agit d’un scandale judiciaire. Et peut-être même qu’ils auront honte, ces magistrats qui n’ont rien vu ou rien voulu savoir. Voilà ce que les gens attendent sur leurs bancs. Ils vont être déçus. René Meyer n’a pas daigné se déplacer. “Désolé”, il avait un voyage prévu de longue date. Quant aux autres, leurs discours sont prêts. Ficelés. Bertrand Daillie et Jacques Cazals, anciens substitut et procureur d’Auxerre, enfermés dans leur costume, ligotés dans leurs règles de droit, posent leurs mots, comme des briques. Cazals: “En 1993, toute cette histoire n’était qu’une petite affaire de disparitions. Le parquet ne pouvait pas y voir un dossier pénal.” C’est un mur qui se dresse entre les magistrats et le public. Ils n’ont pas de comptes à rendre à l’assistance. Pas un mot pour les victimes. C’est à leurs pairs qu’ils s’adressent. Daillie: “Les personnalités que j’ai rencontrées quand je travaillais au tribunal d’Auxerre ne m’ont jamais fait part de ces disparitions.”
Et puis de toute façon, c’est Pierre Monnoir, président de l’ADHY, qui n’a pas fait son boulot. Parce qu’il ne leur a pas dit, en 1993, qu’il était représentant de cette association. Surtout, Pierre Monnoir a omis l’essentiel: leur livrer le nom d’Emile Louis. Voilà: c’est la faute à cet homme si le dossier n’a pas avancé. Cazals, procureur de la République d’Auxerre de 1992 à 2000, si on ne lui donnait pas “cette clé”, comment aurait-il pu ouvrir les portes? Aux gens de servir la justice, pas l’inverse.
Mettre ainsi en cause des magistrats, ça ne se fait pas. L’ancien plus haut magistrat de France, Pierre Truche, a d’ailleurs fait le déplacement pour le dire. Oui, il est outré par cette audience qui offense la profession. Il lâche même: “Qu’est-ce que c’est que ce pays où on voit un gouvernement poursuivre les magistrats?” A propos de l’affaire, il s’indigne et se permet d’affirmer: “On en fait toute une histoire, mais il n’y a pas d’affaire des disparues d’Auxerre.” Et tente de le démontrer, cite quelques noms de jeunes filles qu’on croyait disparues, et qui ne l’étaient pas. Quitte à écorcher les faits… “On a porté le nom de Katia Chandelier sur la liste des disparues, pour se rendre finalement compte que cette femme est morte en couches.” C’est presque ça, sauf que la jeune femme est toujours vivante. Sur les bancs, une femme dit: “Il se trompe ou c’est nous qui ne comprenons rien?” Pierre Truche tourne le dos à l’assemblée. Comme à Auxerre, ici, on est solidaire. Il désigne ses collègues magistrats: “Ces hommes jetés en pâture… La garde des Sceaux y a-t-elle pensé en convoquant cette audience disciplinaire?” Le monde à l’envers, les représentants de l’action publique victimes de l’affaire des disparues d’Auxerre. Elle en avait la tête qui tournait, l’amie d’une disparue, assise sur le banc, au fond à droite: “C’est de nous qu’il parle? Je ne comprends rien…”
Sanctions de la garde des Sceaux: René Meyer a perdu son titre de magistrat honoraire. Daniel Stilinovic a été mis à la retraite d’office. Jacques Cazals sera déplacé d’office. Et il y en a d’autres, des magistrats, qui devraient s’inquiéter. Marylise Lebranchu a sur son bureau un nouveau rapport de l’Inspection des Services judiciaires. Il pointe de nouvelles défaillances. Alors elle n’est pas malvenue, cette information judiciaire ouverte en mars dernier pour “corruption active et passive, trafic d’influence et recel, destruction, soustraction, recel ou altération d’un document public ou privé de nature à faciliter la découverte d’un crime ou d’un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des coupables”. Une instruction dépaysée à Paris, “dans un souci d’impartialité”, a expliqué Marie-Suzanne Le Quéau, procureur de la République d’Auxerre. Ce sont les parents d’Isabelle Laville qui ont déposé la plainte à l’origine de cette information judiciaire. Une jeune fille disparue en décembre 1987. Jamais retrouvée, mais dont le dossier avait été classé sans suite cinq semaines seulement après les faits. La machine judiciaire se met donc en route. Vraiment pas trop tôt.

(1) “Les Disparues d’Auxerre”, par Corinne Herrmann et Philippe Jeanne, Ramsay.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_Al%C3%A8gre

Patrice Alègre

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Patrice Alègre
Image_manquante dans Calomnie
Information
Nom de naissance Patrice Alègre
Naissance 20 juin 1968 (48 ans)
à Toulouse
Condamnation 21 février 2002
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans
Meurtres
Nombre de victimes 5 +
Période 21 février 19894 septembre 1997
Pays Drapeau de la France France
Régions Midi-Pyrénées, Île-de-France
Villes Toulouse, Verdun, Paris
Arrestation 5 septembre 1997

Patrice Alègre (né le 20 juin 1968 à Toulouse), est un tueur en série français arrêté à Châtenay-Malabry le 5 septembre 19971 et condamné le 21 février 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols. Il a par la suite obtenu des non-lieu dans quatre dossiers le 3 juillet 2008.

L’affaire Alègre, à proprement parler, débute en mai 2003, après la réouverture de plusieurs dossiers anciens par les gendarmes de la cellule Homicide 31 (cellule chargée, sous la direction de Michel Roussel de 2000 à 2003, d’enquêter sur les éventuelles victimes de Patrice Alègre).

Sommaire

Biographie

Patrice Alègre est né le 20 juin 1968 à Toulouse d’un père Roland Alègre policier (il devient CRS lorsque Patrice a 6 ans), dépeint comme souvent absent et très violent, et d’une mère Michelle, coiffeuse, qui multiplie les aventures dont Patrice est parfois le témoin. Patrice grandit à Saint-Geniès-Bellevue (31). Il n’est pas un enfant désiré, sa mère n’ayant que 17 ans à sa naissance, au contraire de son frère né 7 ans plus tard. Ses parents sont en conflit perpétuel, Patrice déteste son père mais adore et idéalise sa mère, parfois battue. Vivant une scolarité difficile, renvoyé de trois collèges d’enseignement secondaire, Patrice est inscrit dans une filière de mécanique générale et confié à 14 ans à sa grand-mère dans le quartier des Izards de Toulouse. Dans ce quartier il tombe dans la délinquance, le vol, le trafic de drogues, devient un petit caïd et commet sa première agression sexuelle à 16 ans2.

Barman à la cafétéria du commissariat de police puis au buffet de la gare de Toulouse3, il repère ses proies dans le quartier de la gare. Valérie Tariote sa première victime, assassinée le 21 février 1989, est serveuse dans le même café4. Ce « prédateur urbain », expression des psychiatres qui l’ont expertisé5, les séduit, mais si elles ne lui cèdent pas, il les viole, les étrangle et les déshabille, ne leur laissant que leurs chaussettes6.

En janvier 1988, il rencontre Cécile Chambert7, fonctionnaire d’origine bourgeoise. Ils ont une fille Anaïs née le 23 juillet 1989. Pendant 7 ans, ils vivent une relation houleuse qui reproduit les scènes de ménage des parents de Patrice8. Malgré la relative stabilité de sa vie amoureuse, il plonge toujours davantage dans le crime. Le 16 février 1995, après une nouvelle dispute conjugale, Patrice a « tout cassé dans la chambre » et « jeté la petite contre le mur ». Cécile obtient de la police qu’il quitte leur appartement. Il s’installe chez sa maîtresse Sylvie Prouilhac, gérante de la discothèque Planète Rock à Toulouse et s’y fait embaucher comme videur. Mais elle renvoie ce jeune homme à la houppette blonde à cause de nombreuses bagarres qui font fuir la clientèle9.

Le 14 juin 1997, lors d’un méchoui organisé à Foix, il rencontre Mireille Normand, jeune femme de 35 ans qui habite seule dans un chalet à Verdun. Se faisant appeler Franck, il lui propose ses services de bricoleur en échange du gîte et du couvert. Le 19 juin 1997, il la tue. Trois semaines plus tard, le frère de Mireille, Alain, inquiet de ne plus avoir de ses nouvelles, se rend au chalet, découvre dehors un foyer et de la terre meuble récemment retournée. La fouille entreprise par les gendarmes permet de retrouver le corps de Mireille enterré dans le jardin. L’autopsie montre qu’elle a été étranglée et violée. Patrice est identifié sur photo par différents témoins comme l’homme à tout faire du chalet. Dès lors, la traque du tueur en série commence : localisé en Espagne, en Allemagne, puis en Belgique, il revient à Paris où il se fait héberger par Isabelle Chicherie, employée SNCF avec qui il a sympathisé lors de ses vacances en Espagne. Il l’étrangle, la viole et la brûle le 4 septembre 1997. Les gendarmes ayant placé sur écoute ses proches, un de ses amis accepte de collaborer avec les enquêteurs, et indique à Alègre un point de chute à Châtenay-Malabry où il est arrêté le 5 septembre 1997, à 17 h 10. Son arrestation reste relativement inaperçue car la princesse Diana est morte quelques jours plus tôt10.

Chronologie de l’affaire Alègre

  • 5 septembre 1997 : arrestation de Patrice Alègre, soupçonné de meurtres entre le mois de février 1989 et le mois de septembre 199711. Patrice Alègre reconnaît cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols, mais est également mis en examen pour quatre autres meurtres.
  • 21 février 2002 : Patrice Alègre est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. Les psychiatres Michel Dubec et Daniel Zagury évoquent l’hypothèse de « matricides déplacés » pour expliquer les meurtres de Patrice Alègre qu’ils qualifient de « tueur en série organisé », « psychopathe », « pervers narcissique » ayant subi des « traumatismes désorganisateurs précoces » liés aux « débordements sexuels maternels »12.
  • Mais la cellule Homicide 31 de la gendarmerie créée en juin 2000 pour procéder aux enquêtes, recherche d’autres méfaits imputables à Alègre et ressort divers anciens dossiers sur réquisition du parquet. L’un d’eux, concernant le meurtre à Toulouse en 1992 de la prostituée Line Galbardi, les conduit à entendre deux anciennes prostituées toulousaines disparues le lendemain de ce meurtre, Christèle Bourre alias Patricia et Florence Khelifi alias Fanny.
  • Le 1er avril 2003, le quotidien La Dépêche du Midi lance une campagne de presse, révélant certaines déclarations de ces deux femmes et faisant pression sur la justice pour l’ouverture rapide d’une information judiciaire. Des journaux parisiens suivent et la rumeur enfle, alimentée par deux journalistes locaux.
  • Le 15 avril 2003, le procureur de Toulouse ouvre une information judiciaire contre Patrice Alègre et tous autres des chefs de proxénétisme en bande organisée, viols, viols aggravés, accompagnés d’actes de torture et de barbarie, commis par des personnes abusant de l’autorité que leur confère leur fonction, à la suite des déclarations des ex-prostituées Fanny et Patricia mettant en cause diverses personnalités politiques, judiciaires et policières.
  • Le 12 mai 2003, l’hebdomadaire Marianne présente les résultats de leurs investigations, en particulier de récentes « révélations » faites par une des prostituées. Elle met en cause des policiers toulousains et un gendarme qui « serait au courant de leurs agissements : le système de corruption, mais aussi des « parties fines » organisées en présence d’au moins deux avocats toulousains et autres notables […] dans l’emballement, le nom du maire de Toulouse est même cité ».
  • Le 18 mai 2003, au journal télévisé de 20 h de TF1, l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, président à cette date du Conseil supérieur de l’audiovisuel, donne à l’affaire un retentissement maximum en révélant que son nom est cité dans l’enquête et dénonce une « effarante machination », qui serait selon lui à rattacher « aux milieux liés à l’industrie pornographique ».
  • Le 19 mai 2003, Dominique Baudis charge son avocat des poursuites en diffamation.
  • Le 22 mai 2003, deux prostituées confirment leurs propos devant les juges et un prostitué, sous le pseudonyme de Djamel, affirme qu’il y a eu des « morts ».
  • Le 27 mai 2003, Jean Volff, procureur général de Toulouse, annonce que son nom est également cité dans l’affaire. Il est remplacé le 28 mai 2003.
  • Le même jour, une nouvelle information judiciaire est ouverte contre Djamel, Fanny et Patricia pour dénonciation de crimes et de délits imaginaires, témoignages mensongers et complicité. Djamel est placé en détention provisoire. Dominique Baudis, Jean Volff et Marc Bourragué se constitueront parties civiles dans ce dossier.
  • Le 13 juin 2003, Dominique Baudis met en cause Jean-Michel Baylet, patron de La Dépêche du Midi et dénonce à nouveau une machination.
  • Le 30 juin 2003, jour de son installation à la cour de cassation, Jean Volff proteste dans Le Figaro contre la façon dont il a été traité par Dominique Perben, Ministre de la Justice et par les médias.
  • Le 17 septembre 2003, l’ancienne prostituée Fanny revient sur l’accusation de viol qu’elle avait formulée contre l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis.
  • Le 20 septembre 2003, le travesti Djamel, impliqué dans un des aspects de l’affaire est retrouvé mort dans la chambre d’une clinique de Toulouse.
  • Le 11 juillet 2005, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse confirme le non-lieu général dans le volet « viols et proxénétisme en bande organisée » dans lequel Dominique Baudis et d’autres personnalités avaient été mis en cause.
  • Décembre 2005, Florence Khélifi, surnommée Fanny, 32 ans, est mise en examen pour dénonciation calomnieuse envers M. Baudis et Marc Bourragué13.
  • Septembre 2006, Christelle Bourre, alias Patricia, est mise en examen à la mi-septembre pour dénonciation calomnieuse envers Dominique Baudis.
  • En 2006, Émilie Espès, seule victime survivante d’une agression de Patrice Alègre, met fin à ses jours14.
  • Le 27 mars 2008, le parquet annonce que les ex-prostituées Patricia et Fanny seront jugées en correctionnelle pour « dénonciation calomnieuse » envers l’ancien maire de Toulouse Dominique Baudis et le magistrat Jean Volff. Elles sont reconnues coupables de dénonciation calomnieuse et respectivement condamnées à deux et trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse le 26 mars 200915.
  • Le 3 juillet 2008, les juges d’instruction du tribunal de grande instance de Toulouse, Serge Lemoine et Fabrice Rives, rendent une ordonnance de non-lieu concernant trois homicides volontaires et un viol avec arme instruits contre Patrice Alègre16.

Autres points de vue

L’affaire Alègre garde des zones d’ombre. Les meurtres ont été déclarés en suicides par la police jusqu’à l’arrestation d’Alègre. Plusieurs témoins affirment que le tueur a été longtemps protégé par des policiers et par le haut magistrat Pierre Roche. L’ex-gendarme Roussel dénombre 191 assassinats non élucidés dans la région. L’organisation Stop à l’oubli réunit des familles de victimes, qui continuent de réclamer la vérité sur l’affaire, évoquant « ces disparitions, ces assassinats camouflés en suicide et ces enquêtes tronquées, déformées, bâclées, etc. »17.

Patrice Alègre a pu être débusqué grâce à la plainte qu’Émilie Espès avait déposée à la suite de son viol le 22 février 1997, alors qu’elle avait 21 ans5. La jeune femme, qui était la seule victime de Patrice Alègre à avoir survécu, s’est depuis suicidée.

Notes et références

  1. « Homicide 31 : Au cœur de l’affaire Alègre, l’ex-directeur d’enquêtes parle » [archive], de Michel Roussel
  2. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Place Des Editeurs, 2012, p. 24-31
  3. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, 2007, p. 87
  4. Jean Cohadon, « Le calvaire des victimes » [archive], sur La Dépêche,‎ 6 février 2002
  5. a et b Marie Huret, « L’homme qui aimait tuer les femmes » [archive], sur L’Express,‎ 7 février 2002
  6. « Il repérait ses proies à la gare de Toulouse » [archive], sur Le Parisien,‎ 7 décembre 2001
  7. Patricia Tourancheau, «Sept ans de malheur» auprès de lui [archive], sur liberation.fr,‎ 12 février 2002
  8. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, 2007, p. 127
  9. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Place Des Éditeurs, 2012, p. 57
  10. Guillaume Erner, La société des victimes, La Découverte, 2006, p. 102
  11. G.-R. Souilles, « Patrice Alègre accusé d’un sixième meurtre » [archive], sur La Dépêche,‎ 27 janvier 2000
  12. Patricia Tourancheau, « Cinq meurtres et toute une vie de violence » [archive], sur liberation.fr,‎ 11 février 2002
  13. Gilles Souillès, l’affaire Alègre, la vérité assassinée, hugodoc éditeur
  14. Émission Faites entrer l’accusé – Patrice Alègre, le sang et la rumeur, France 2, 18/01/2015 à 22h40
  15. Affaire Alègre : Fanny et Patricia condamnées pour dénonciation calomnieuse [archive], TF1
  16. Georges Fenech, Criminels récidivistes : peut-on les laisser sortir ?, Archipel, 2009, p. 54
  17. « Les 37 « oubliés » de l’affaire Alègre » [archive] Article de Aziz Zemouri publié le 10 mars 2006 dans Le Figaro

Voir aussi

Bibliographie

  • Livres parlant de l’affaire (par ordre chronologique)
    • Michel Roussel, Homicide 31 – Au cœur de l’affaire Alègre, Éditions Denoël, 24 janvier 2004, 240 pages, (ISBN 2207255646)
    • Ugo Rankl, Patrice Alègre, l’homme qui tuait les femmes, Éditions Nicolas Philippe, 21 octobre 2004, 388 pages, (ISBN 2748800680)
    • Christian English et Frédéric Thibaud, Affaires non classées, tome II (chapitre : L’affaire Patrice Alègre), First édition, 15 juin 2004, 294 pages, (ISBN 2876919095)
    • Dominique Baudis, Face à la calomnie, XO Éditions, 20 janvier 2005, 318 pages, (ISBN 9782845631892)
    • Pierre Alfort et Stéphane Durand-Souffland, J’ai défendu Patrice Alègre, Éditions du Seuil, 28 janvier 2005, 188 pages, (ISBN 2020635135)
    • Marie-France Etchegoin et Mathieu Aron, Le bûcher de Toulouse, D’Alègre à Baudis : histoire d’une mystification, Éditions Grasset et Fasquelle, 18 mai 2005, 425 pages, (ISBN 2246677610)
    • Gilbert Collard et Édouard Martial, L’étrange Affaire Alègre, Éditions du Rocher, 9 juin 2005, 186 pages, (ISBN 978-2268054919)
    • Jean Volff, Un procureur général dans la tourmente. Les dérives de l’affaire Alègre, L’Harmattan, Paris, 2006, 192 pages, (ISBN 2-296-01067-9)
    • Antoine Perraud, La barbarie journalistique, Flammarion, 30 janvier 2007, 193 pages, (ISBN 978-2082105866)
    • Georges Fenech, Presse-Justice : liaisons dangereuses, L’Archipel, 7 mars 2007, 190 pages, (ISBN 978-2841879304)
    • Gilles Souillés, L’Affaire Alègre, la vérité assassinée, Hugo et compagnie, 22 mai 2007, 276 pages, (ISBN 978-2755601206)
    • Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, éd. Hors Collection, 20 septembre 2012, 298 pages, (ISBN 2258098424)
    • Jean Volff, Servir, éd. Jerôme Do-Bentzinger, 12 avril 2013, 496 pages, (ISBN 978-2849603635)
  • Roman inspiré de l’affaire
    • G.M. Bon, Contes cruels, Toulouse, Éditions l’Écailler du Sud, 1er septembre 2004 (Roman noir), 248 pages, (ISBN 978-2914264570)

Articles de presse

Documentaires télévisés

Articles connexes

Liens externes

Claude Hermant, indic de la gendarmerie, grossiste en armes prohibées ?

La journée du 15 août 2015 n’aura été marquée par aucun nouveau projet d’attentat manqué ou réussi sur le territoire français.

Mercredi dernier, 12 août 2015, La Voix du Nord avait publié la suite de ses reportages sur l’affaire du trafic d’armes qui est reproché à Claude Hermant, une figure de l’extrême-droite lilloise.

Les enquêteurs s’interrogent toujours sur ses relations avec les attentats du début de l’année à Paris, des questions qui méritent d’être réexaminées à la lumière des derniers résultats de l’enquête sur le projet d’attentat de Sid Ahmed Ghlam contre une église de Villejuif le 19 avril dernier.

En effet, ceux-ci font apparaître des connexions entre l’apprenti terroriste de Villejuif et les auteurs des précédentes tueries djihadistes commises en France depuis 2012.

Rappelons encore que les uns et les autres ont ou ont tous eu des contacts en Belgique.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/affaire-hermant-quand-l-indic-veut-sortir-de-l-ombre-ia0b0n2987240

Affaire Hermant : quand l’indic veut sortir de l’ombre

 

Publié le 12/08/2015

PAR PATRICK SEGHI, BENJAMIN DUTHOIT ET CLAIRE LEFEBVRE

Six mois après où en est-on de l’affaire Hermant, ancien « indic » lillois poursuivi dans le cadre d’un trafic d’armes présumé ? Le point sur l’enquête qui porterait selon les enquêteurs sur « près de 200 armes ». Ils s’interrogent toujours sur les liens entre ce prévenu qui est une figure locale de l’extrême droite, un sulfureux intermédiaire belge et les attentats islamistes commis en janvier à Paris. Filière inédite ou dossier ordinaire que la personnalité trouble de Claude Hermant hystérise ?

 

 Claude Hermant a le vocabulaire d’un ex-para, formé au service d’ordre du FN et organisateur de stages survivalistes en armes. Photo Archives Stéphane Mortagne

 

1. Des armes de guerre

Des fusils d’assaut, des pistolets-mitrailleurs, des pistolets semi-automatique auraient été saisis par les enquêteurs. C’est d’armes de guerre qu’on parle dans ce dossier. Même si les proches de Claude Hermant font état de « 90 armes démilitarisées et traçables » dans le dossier. Car selon eux, la filière d’approvisionnement serait tout au plus du marché noir : toutes auraient été achetées chez AFG Security Corporation, société slovaque de vente à distance d’armes. Un de ces sites internet qui a pignon sur rue et permet de se fournir en armes de guerre interdites à la vente en France. Si on n’y trouve pas une kalachnikov payable par carte bleue et livrable par la Poste, on y entre en contact avec un réseau de vendeurs. Les armes passent les frontières neutralisées – mais celles qui proviennent des Balkans (l’harmonisation des législations sur les armes n’est pas à l’ordre du jour…) sont très faciles à remettre en état pour un passionné d’armes un peu bricoleur.

Pour l’entourage du principal prévenu, il s’agirait donc de « commandes visibles sur le compte société et livrées à l’adresse de la société de la compagne de Claude Hermant… ». Sauf que les enquêteurs pensent qu’avant de commercer seul, il a acquis 90 autres armes auprès d’un contact belge à Charleroi.

2. Un mystérieux détective belge

Un échange de mails entre Claude Hermant et la gendarmerie prouve que ce dernier est entré en contact avec une « cible » qui aurait posté une annonce en 2013 sur le site de vente d’armes « de collection » Delcampe. La « cible » n’est autre qu’un détective belge, domicilié près de Charleroi, entendu dans le cadre de cette affaire. Ce dernier affirmerait que « Claude Hermant était son principal client ». Qu’il lui « achetait 95 % de ses armes démilitarisées provenant du site slovaque AFG », soit « plusieurs dizaines, sans savoir ce que le prévenu en faisait ensuite ». Les proches de Claude Hermant réfutent cette version. « Les transactions ne tournent, au maximum, qu’entre 4 et 6 armes en deux livraisons couvertes par la gendarmerie. » L’indic Claude Hermant a-t-il joué double jeu ?

3. Simple intermédiaire ou orfèvre de la kalach ?

Même si les sommes d’argent retrouvées jusqu’ici seraient insuffisantes pour le prouver, les enquêteurs soupçonnent qu’en plus des armes qu’il se serait fournies sous couvert de la gendarmerie, l’indic se serait approvisionné pour son propre compte. Les investigations porteraient sur un volume de « près de 200 armes ». Loin de l’amateur se livrant à ce qu’on appelle le « trafic de fourmi », le profil de Claude Hermant correspondrait plutôt à celui d’un grossiste remettant en état les armes lourdes neutralisées pour les revendre aux réseaux du grand banditisme. Ce qu’il nie, assurant « n’avoir jamais rien remilitarisé ».

Il conteste la réalité d’un atelier de remilitarisation situé dans la métropole lilloise, à Lomme, s’appuyant sur le fait qu’« aucun rapport ne ferait état de livraisons à cette adresse avant l’arrestation ». Un proche du dossier dément : « On a retrouvé l’arsenal du parfait orfèvre, avec des machines et des armes. » Au carrefour du trafic en provenance des Balkans et de celui entretenu par des « collectionneurs », la remilitarisation est une étape clé dans l’approvisionnement du marché illégal des armes en France. Les experts estiment qu’au total, de 3 à 7 millions d’armes illégales circuleraient ainsi sur le territoire.

4. Un lien avec les attentats de Paris ?

Les armes d’Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher de Paris, ont-elles transité par le trafic présumé de Claude Hermant ? Cette hypothèse a été assénée à plusieurs reprises par des proches de l’enquête. L’entourage de Claude Hermant la conteste. « Si ce lien existe, il ne peut être qu’indirect, non connu et réprouvé. Les armes ont toutes eu des acheteurs signalés et ciblés ». Les enquêteurs excluent toute vente directe au terroriste, estimant qu’Hermant ignorait la destination finale de certaines armes. Ils creusent toujours la piste. Mais se montrent prudents pour la prouver. « Quand des armes passent par plusieurs mains, avec des paiements en liquide, c’est compliqué de reconstituer la chaîne. »

Trouble idéologique

Cette affaire, qui révèle, comme souvent dans ce type de trafic, la collusion des différents milieux gravitant autour des armes, se joue aussi sur fond de guerre entre police et gendarmerie. Un imbroglio où Claude Hermant pourrait bien chercher à jeter un trouble idéologique. Cet ancien para, formé au service d’ordre des « fantômes » du FN et aguerri au gré des conflits (Balkans, Afrique…), est aussi un organisateur de stages survivalistes (survie en cas de cataclysme) en armes.

 

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Son vocabulaire n’est pas neutre. Il se dit non pas simple « tonton », mais « free-lance de l’infiltration ». Et même « missionné par la gendarmerie ». De quoi affoler les adeptes de théories occultes sur une armée secrète qui prospérerait depuis la Seconde Guerre mondiale à la faveur des déstabilisations politiques – elles ont refleuri sur le Web au lendemain des attentats de janvier. Hermant s’était déjà épanché dans ces termes dans les médias, quand il avait été lâché il y a quinze ans par le service d’ordre du FN. L’ultime coup de bluff du mouchard qui gagne du temps ? Notre spécialiste des informateurs le rappelle : « C’est précieux, le temps, quand on a une défense à peaufiner et qu’on veut laisser se diluer d’éventuelles preuves et surtout des avoirs compromettants. »

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/attentat-manque-de-villejuif-relation-avec-merah-qui-est-fabien-clain_1704305.html

Attentat manqué de Villejuif, relation avec Merah: qui est Fabien Clain?

 

Par LEXPRESS.fr , publié le 03/08/2015 à 12:32 , mis à jour à 12:49

Une voiture de police le 22 avril 2015 à Paris devant la résidence universitaire où vit Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d'avoir voulu préparer un attentat visant une église à Villejuif (photo d'illustration).
Une voiture de police le 22 avril 2015 à Paris devant la résidence universitaire où vit Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d’avoir voulu préparer un attentat visant une église à Villejuif (photo d’illustration).afp.com/KENZO TRIBOUILLARD

 

Selon Le Monde, Sid Ahmed Ghlam était en contact avec des djihadistes français en Syrie. Parmi eux, Fabien Clain, un Réunionnais qui gravitait dans l’entourage de Mohamed Merah, est suspecté d’être l’un des commanditaires de l’attentat déjoué.

 

Sid Ahmed Ghlam a bel et bien été téléguidé depuis la Syrie. Dans une enquête publiée ce lundi, Le Monde rapporte que l’étudiant algérien de 24 ans, suspecté d’avoir fomenté un projet d’attentat contre une église de Villejuif, était en relation avec des Français partis faire le djihad.

Sid Ahmed Ghlam communiquait avec ses commanditaires via des conversations chiffrées sur Internet. Dans un des messages, dans lequel ils lui indiquent comment récupérer une voiture, les djihadistes font l’erreur d’utiliser des pseudonymes. C’est comme cela que les enquêteurs remontent jusqu’à au moins trois hommes, tous connus des services de renseignement et localisés en Syrie. L’un d’eux s’appelle Fabien Clain, un homme qui a contribué à radicaliser les deux autres, relate le quotidien.

Surtout, celui-ci est réputé proche de Mohamed Merah, l’auteur des attentats de 2012. Réunionnais d’origine, surnommé « Omar » par ses proches, il a lui aussi longuement vécu à Toulouse. Le site Réunion Première raconte qu’il s’est converti à l’islam à la fin des années 90 et s’est radicalisé en 2004. Quatre ans plus tard, le trentenaire est condamné à 5 ans de prison pour avoir aidé des candidats au djihad à se rendre en Irak. C’est dans le cadre de cette filière, dite d’Artigat, qu’il côtoie les frères Merah. Fabien Clain est alors qualifié de « tête pensante » du groupe.

Mohamed Merah lui écrit depuis sa prison

Dans son livre Merah. L’itinéraire secret (2015, Nouveau Monde éditions), le journaliste Alex Jordanov raconte que « le tueur au scooter » s’inquiète à la fin des années 2000 du procès à venir de Fabien Clain. Si bien qu’il prend des nouvelles de lui grâce à son frère et va jusqu’à lui écrire une lettre depuis sa cellule, où il purge une peine pour des faits de délinquance.

Fabien Clain est à son tour en détention lorsque Mohamed Merah commet ses meurtres sanglants. Fait étrange, à sa sortie en août 2012, il s’installe en Normandie et s’insurge contre un reportage sur France 2 dans lequel il est décrit comme un proche du terroriste. Selon 20 Minutes, il assure à l’époque que sa vie est un enfer depuis la diffusion et qu’il porte plainte contre France télévisions. Et ce, malgré les preuves accablantes qui le contredisent.

Depuis, l’homme a rejoint les rangs de l’organisation Etat islamique (EI) et a disparu des radars des services de renseignement. Jusqu’à maintenant.

 

http://www.liberation.fr/societe/2015/08/04/fabien-clain-de-la-pme-islamiste-au-jihad_1358853

Fabien Clain, de la PME islamiste au jihad

 
Jean-Manuel ESCARNOT (à Toulouse) 4 août 2015 à 20:16

Les jihadistes français de l’Etat islamique ont pris du galon. Selon le Monde, Fabien Clain, 35 ans, un islamiste toulousain d’origine réunionnaise, proche des frères Merah, serait l’un des initiateurs du projet d’attentat contre une église de Villejuif, avorté in extremis le 19 avril. D’après les documents saisis par les policiers, il aurait activé depuis la Syrie l’auteur présumé, Sid Ahmed Ghlam, un étudiant algérien de 24 ans, arrêté fortuitement alors qu’il venait de se tirer une balle dans la jambe.

L’un de ses commanditaires présumés, Fabien Clain, alias Omar apparaît dès 2001 avec son frère Jean-Michel, 33 ans, dans les rapports de surveillance des renseignements généraux (RG) toulousains, dont Libération a eu connaissance. Convertis à l’islam, les deux frères Clain ne passent pas inaperçus dans leur quartier du Mirail. Ils dirigent alors un petit groupe salafiste, composé de jeunes des cités et de convertis. Eux-mêmes ont épousé deux converties qui portent la burqa, d’où le surnom de «clan des Belphégor». A la même époque, ils se rapprochent de la communauté islamiste d’Artigat dirigée par Olivier Corel, un Français d’origine syrienne, qui fait figure de «cheikh». Au cours des «stages de religion vraie» organisés dans la maison de Corel, les Clain côtoient Abdelkader Merah et Sabri Essid, frère et beau-frère de Mohamed Merah.

A Toulouse, ils échouent dans leur tentative de s’emparer de la mosquée de Bellefontaine dirigée, selon eux, par «de mauvais musulmans». L’anathème et l’activisme forcené leur tiennent lieu d’idéologie. Ils se rabattent dans des appartements du Mirail et la salle de prière d’un foyer Sonacotra pour y prêcher le jihad et leur haine des juifs et des Américains. Le tout sous l’œil des RG qui les observent «se monter le bourrichon». En 2004, les frères Clain partent en Egypte avec leur épouse pour étudier dans une école coranique près du Caire. L’intervention américaine en Irak en 2003 et l’apparition de la branche irakienne d’Al-Qaeda donne enfin à Clain et à ses comparses l’opportunité de s’engager dans la lutte armée. Mais, surveillés de près, des membres du groupe de Toulouse, dont Sabri Essid, sont arrêtés par la police syrienne avant de passer en Irak. Fabien Clain est, lui, encore en Egypte.

De retour en France, c’est libre qu’il se présente au procès de leur filière, en 2009, à l’issue duquel il écope de cinq ans de prison. S’il correspond durant sa détention avec Merah, Clain est toujours détenu lors des attentats de mars 2012. Et se défendra d’avoir inspiré le tueur des militaires et des enfants juifs. Avec son frère Jean-Michel, il disparaît en Syrie, vraisemblablement en 2014, tout comme Sabri Eissid et une dizaine de membres du groupe de Toulouse.

Jean-Manuel ESCARNOT (à Toulouse)

 

http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Les-deux-visages-de-Sid-Ahmed-Ghlam-754406

Les deux visages de Sid Ahmed Ghlam

 

Les deux visages de Sid Ahmed Ghlam

Dimanche 19 avril, près de la résidence du Crous où il vit quand il est à Paris, la Renault Mégane de Sid Ahmed Ghlam dans laquelle les policiers viennent de retrouver une partie de son arsenal. © DR/Visual

 

Le 01 mai 2015 | Mise à jour le 29 avril 2015

De notre envoyée spéciale en Haute-Marne Pauline Delassus
@PaulineDelassus

 

A Saint-Dizier, il est Djillali en djellaba. A Paris, c’est un étudiant sans histoire… qui prépare le pire.

 

Lavés et repassés, ses vêtements l’attendent dans l’armoire d’un pavillon de la cité du Vert-Bois, le grand ensemble de Saint-Dizier. Ses sœurs en font l’inventaire : un jogging et un costume en flanelle, une djellaba grise et une jebba algérienne. Deux types d’allure pour deux types de vie, deux villes, deux langues et deux prénoms. A Paris, Sid Ahmed Ghlam porte un jean et des chaussures en cuir. Un étudiant ­inscrit en licence d’informatique à l’université, s’adressant dans un français parfait à ses voisins du XIIIe arrondissement. A Saint-Dizier, Djillali, du surnom donné par sa mère, arpente les rues en longue robe traditionnelle. Il est arrivé dans le quartier en 2001, à 10 ans. Né à Tiaret, dans la région d’Oran, Sid Ahmed a eu l’enfance d’un immigré ballotté d’une rive à l’autre de la Méditerranée, chassé de France vers 12 ans faute de papiers en règle, puis de retour en 2009, dans le cadre du regroupement familial. Ses parents ont rejoint au Vert-Bois une importante communauté d’ouvriers algériens, installés sur cette zone de forêt où poussent les barres bétonnées depuis les années 1950. Le couple Ghlam et ses six enfants emménagent d’abord dans une HLM des hauteurs, puis dans une maisonnette d’un lotissement moderne, construit à l’emplacement des tours que la municipalité a fait détruire en espérant améliorer la qualité de vie.

 

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La maison de la famille Ghlam, à Saint-Dizier. © DR

 

Entre ces murs en contre-plaqué avec vue sur les fenêtres des voisins, Aouali Ghlam, 48 ans, est désormais prostrée, tombée dans une torpeur inquiétante depuis l’arrestation de son fils. Les yeux ouverts mais le regard vide, elle reste allongée sur le petit lit de la chambre de Sid Ahmed et pleure son enfant mis en examen pour assassinat et terrorisme, persuadée de son innocence. Cette mère au foyer a délaissé la cuisine, ne se ­nourrit que de calmants et ne regarde même plus ses trois cadets jouer dans la rue, devant la façade décrépie. Sur le canapé du salon, face à la télévision allumée sur une chaîne d’information, Menouer, le père d’une cinquantaine d’années, regard sombre et physique musclé, est lui aussi couché. Il vient ­d’arriver d’Algérie où, commerçant aisé, il passe la plupart de son temps. A ­Tiaret, il habiterait une maison entretenue par du personnel et mènerait une vie bien différente. Le fils aîné, Mokhtar, avait même été choisi comme gestionnaire de ses diverses propriétés. Mais il est mort à l’été 2011, sur une plage algérienne, aux commandes d’un Jet-Ski. Ce drame a traumatisé le clan et divisé les parents. Il a aussi fait de Sid Ahmed « notre ­soutien moral », explique sa sœur, Fatima*, 20 ans. Avant, il voulait devenir pilote de ligne. Mais les études étaient longues ; les diplômes, chers. Il a abandonné. Il a choisi informatique, d’abord à Reims puis à Paris, d’où il revenait presque chaque week-end. Dans le quartier, on dit qu’il « marche avec » très peu de gens, uniquement ceux qui, comme lui, se rendent à la mosquée ­plusieurs fois par jour, dans la tenue des intégristes, longue tunique sur pantalon de coton.

 

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La salle de prière que fréquentaient la sœur et le beau-frère de Sid Ahmed Ghlam à Pargny-sur-Saulx (Marne), ravagée par un incendie le jeudi 23 avril. © DR

 

Au Vert-Bois, l’oisiveté a augmenté aussi vite que le taux de chômage. Depuis une dizaine d’années, la plupart des usines ont fermé. Aux alentours, la région vallonnée offre des paysages champêtres préservés. Pourtant, on ne décolle guère du bitume. Dans cette cité-village, où les parkings des centres commerciaux font office de place du marché, les hommes se retrouvent dans les cafétérias pour lire le journal, jouer au tiercé. « Djillali [Sid Ahmed] ne venait jamais au café, raconte un voisin. J’ai l’impression qu’il sortait peu, sauf pour aller prier. » La mosquée El Fath (L’ouverture) sert de lieu de culte autant que de cohésion sociale. Dans cette communauté appauvrie écono­miquement, que l’on soit originaire du Maroc, de Tunisie, de Syrie ou d’Algérie, la solidarité est le premier des commandements. « L’entraide, il n’y a que ça de bon ici », témoigne un habitant. Chacun cotise 45 euros par an pour le rapatriement des morts au pays. Les responsables de la mosquée, affiliée à la Fédération de la Grande Mosquée de Paris, veillent aussi au soutien des plus démunis­, récoltant quelques sous pour améliorer l’ordinaire. Ainsi, l’étudiant boursier Sid Ahmed a quelquefois reçu une centaine d’euros de la part des fidèles. En retour, il a bénévolement fait office de professeur d’arabe littéraire pour les enfants, entre 2013 et 2014. « Il est bilingue et maîtrise la grammaire, ce qui est rare, raconte le président de la mosquée. C’est pour cela que je l’ai recruté, mais ça n’a pas duré. » Cet ouvrier, investi dans la construction d’une extension de la mosquée, d’une salle polyvalente et de salles de classe, assure n’avoir jamais observé de phénomène de radicalisation entre ses murs. « La politique n’a rien à faire ici, assure-t-il. La foi est une affaire personnelle. D’ailleurs, les croyants n’ont pas le droit de discuter ensemble dans notre enceinte. Nous dispersons les rassemblements pour éviter les débats. »

 

Sid Ahmed voulait être pilote de ligne. Mais les études étaient longues…

 

De toute façon, après la dernière prière, vers 22 heures, il faut se dépêcher de rentrer chez soi. « C’est l’heure où sortent les rats [les dealers] », explique Djibril*, un riverain. Jusque tard dans la nuit, la cité change de vie, elle aussi. Assis dans des voitures devant les magasins fermés, des hommes vendent des barrettes de shit là où, d’habitude, on achète sa baguette. En bas des tours s’attardent les « têtes de mort », comme certains les surnomment, des ­silhouettes masculines aux longues robes et aux barbes fournies. Côté femmes, quatre seulement porteraient la burqa ou le niqab, long voile noir qui recouvre le corps, la tête et le visage, et qui est interdit­ en France. « Ce sont les Zorro du quartier, plaisante un habitant de Saint-Dizier. Il y en a même une en burqa verte, c’est le géant vert ! » L’une d’elles a déjà été verbalisée. Blonde aux yeux bleus, originaire de Brest, elle porte des baskets sous sa burqa noire. C’est ­Emilie L.B., une des proches de Sid Ahmed Ghlam, placée en garde à vue puis remise en liberté. « Je l’ai rencontrée à la mosquée. Elle faisait des allers-retours en Bretagne et, un jour, elle est revenue en burqa. Elle m’a convaincue de la porter. J’ai essayé quinze jours puis je l’ai enlevée », dit Fatima, la sœur de Sid Ahmed, avant de poursuivre : « Je l’ai présentée à mon frère. Elle est tombée amoureuse de lui mais ce n’était pas réciproque. » Tout le monde n’est pas d’accord… Divorcée et mère de deux enfants, Emilie, 25 ans, n’était pas bien vue dans la famille Ghlam. « Aouali, la mère de Sid Ahmed, avait refusé qu’ils se marient, raconte un ami. Parce qu’elle est plus âgée que lui et qu’elle avait déjà été mariée. » Cela n’a pas empêché Emilie de déménager pour s’installer près de leur domicile. Claude, un voisin, voyait de temps en temps Sid Ahmed lui rendre visite à la nuit tombée. « Les cris de leurs ébats nous réveillaient ! »

 

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Manuel Valls et le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, sortent de l’église Saint-Cyr-Sainte-Julitte à Villejuif, mercredi 22 avril. © PHOTOPQR/LE PARISIEN/Lejeune

 

Sid Ahmed peut aussi compter sur son beau-frère, K., marié à sa sœur Fatima depuis moins d’un an. « Il porte une longue barbe et une djellaba, dit celle-ci. Il s’entend très bien avec mon frère. » Sid Ahmed était d’ailleurs présent à leur mariage. « Une fête au Fanta, bien sûr ! se souvient un invité. Où l’on n’a même pas dansé. Djillali était très élégant, en costard noir. » Au domicile des jeunes mariés, pas de table ni de chaises, mais des coussins à même le sol « comme au temps du Prophète ». Fatima, coquette, porte un voile de couleur par-dessus de longues robes fleuries, des bijoux, du vernis sur les ongles. Son allure juvénile et soignée cache un tempérament ferme, voire agressif. « J’ai parlé à mon frère au téléphone la veille de son arrestation. Il m’a dit qu’il hébergeait quelqu’un.

Je ne sais pas qui. Une semaine avant, j’ai été chez lui, à Paris. J’ai nettoyé sa chambre, lavé son linge et fait ses courses. » Ce week-end-là, autour du 12 avril, un de leurs oncles était en visite à Paris. Fatima, son mari et Sid Ahmed auraient alors passé du temps ensemble. Sid Ahmed a accompagné l’oncle sur les Champs-Elysées et à la tour Eiffel. A ces mêmes dates, selon la police, il effectuait un repérage des églises de Villejuif. C’est le mari de Fatima qui a fait découvrir à Sid Ahmed la toute nouvelle salle de prière de ­Pargny-sur-Saulx, le bourg dont il est originaire. Pour y aller depuis Saint-Dizier, il faut parcourir 21 kilomètres sur une route de campagne bordée de vieux clochers et de troupeaux de vaches. Non loin de la chapelle Sainte-Thérèse, dans une ruelle, un homme barbu, vêtu d’une djellaba et coiffé d’un turban, nous dévisage. Dans le village champenois, sa tenue traditionnelle afghane étonne. « Il y a beaucoup de convertis qui prient ici », indique un voisin, habitué à les voir ­passer plusieurs fois par jour devant ses fenêtres. Cinq jours après l’arrestation de Sid Ahmed, la salle de prière a été détruite par un incendie.

Enquête Margaux Rolland

* Les prénoms ont été changés.

 

http://www.letelegramme.fr/france/attentat-dejoue-ghlam-mis-en-examen-25-04-2015-10606726.php

Attentat déjoué. Ghlam mis en examen

 

25 avril 2015 / Didier Déniel et AFP /

 

 

Après cinq jours de garde à vue, Sid Ahmed Ghlam a été mis en examen, ce vendredi, pour un projet d’attentat au nom de l’islam contre au moins une église et pour l’assassinat d’une femme à Villejuif (Val-de-Marne),

Sid Ahmed Ghlam avait lui-même provoqué, dimanche, son interpellation après avoir été blessé dans des circonstances encore inexpliquées. Cet Algérien de 24 ans est soupçonné d’avoir voulu attaquer au moins une église de Villejuif (Val-de-Marne) et d’avoir tué Aurélie Châtelain, une femme de 32 ans dont le corps avait été retrouvé, dimanche matin, dans sa voiture. Présenté, hier, à des juges antiterroristes parisiens, le jeune homme a été mis en examen, hier, vers 18 h, pour « assassinat et tentatives d’assassinats », pour « association de malfaiteurs en vue de commettre des crimes d’atteinte aux personnes », et pour diverses autres infractions, le tout en relation avec une entreprise terroriste.

Deux heures auparavant, deux de ses avocats, M e Gilles-Jean Portejoie et Matthieu de Vallois, étaient arrivés à l’hôpital de l’Hôtel-Dieu, dans le centre de Paris, où le suspect était en garde à vue depuis dimanche en raison de ses blessures. Sid Ahmed Ghlam « a contesté vigoureusement tous les faits qui lui sont reprochés », a déclaré M e Matthieu de Vallois. « On attend surtout que la procédure évolue, que l’information bouge et elle pourrait nous réserver des surprises », a indiqué, de son côté, M e Gilles-Jean Portejoie sans autre précision.

La jeune femme laissée en liberté

Quelques heures plus tôt, la garde à vue d’une femme de l’entourage de Sid Ahmed Ghlam, âgée de 25 ans, interpellée mercredi à Saint-Dizier (Haute-Marne), avait été levée. Elle a été laissée en liberté.

Selon nos informations, la jeune femme, de nationalité française, serait bien originaire de Brest (Finistère). Elle aurait habité le quartier de Pontanézen pendant deux ans avant de s’établir à Saint-Dizier. Cette mère de deux enfants aurait vécu avec un jeune Français bien connu des services de police pour des faits de grande délinquance. Son compagnon se serait converti à l’islam dans les murs de la prison de l’Hermitage, à Brest, où il purgeait une peine de prison. C’est à ses côtés, et sous son influence, que la jeune femme aurait choisi de devenir musulmane. Au fil du temps, elle aurait opté pour le port de la burqa comme une quinzaine de femmes de ce quartier populaire de Brest.

Les enquêteurs chercheraient aussi à clarifier les liens qui auraient existé entre elle et la mosquée Sunna du quartier de Pontanézen qu’elle aurait fréquentée régulièrement. Contacté hier, Rachid Abou Houdeyfa, l’imam de cette mosquée, niait connaître la jeune femme. « Les gens qui sombrent dans l’islam radical ne nous fréquentent pas. Ils ne supportent pas certains prêches ».

Marche blanche à Villejuif

Hier, le ministre de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, a appelé les préfets à renforcer la « vigilance » près des églises, dès aujourd’hui. Une marche blanche est prévue le même jour à Villejuif en hommage à Aurélie Châtelain, une autre, dimanche, à Caudry (Nord) où la victime habitait.

 

http://www.ouest-france.fr/attentats-dejoues-la-derive-dune-brestoise-ex-compagne-de-ghlam-3356044

Attentats déjoués. La radicalisation d’une Brestoise ex amie de Ghlam

 
Brest – 25 Avril

  • Le domicile de Saint-Dizier où a été arrêtée l'ex-compagne de Sid Ahmed Ghlam.

    Le domicile de Saint-Dizier où a été arrêtée l’ex-compagne de Sid Ahmed Ghlam. | Photo: AFP

 

Mickaël LOUÉDEC

Son ancien compagnon est soupçonné d’avoir préparé des attentats contre des églises en région parisienne. La garde à vue de la jeune femme a pris fin vendredi.

 

Enquête

Sa famille est particulièrement touchée par les événements. « Était-elle manipulée ? En tout cas, en notre présence, c’était quelqu’un de tout à fait normal. Elle disait même qu’elle était prête à enlever son voile pour trouver du travail ».

Morgane (*) a 25 ans. Cette Brestoise d’origine, mère de deux enfants, est installée près de Saint-Dizier, en Haute-Marne. Mercredi, elle est interpellée et passe près de deux jours en garde à vue avant d’être relâchée. Elle a été la compagne, il y a quelques semaines, de Sid Ahmed Ghlam, qui avait planifié l’attaque d’églises catholiques dans la région parisienne.

Convertie à 22 ans

Un membre de sa famille avoue être tombé des nues quand il a appris la nouvelle, mercredi soir. « Au début de sa relation, elle m’avait dit être avec quelqu’un de très bien, de très posé ». Le glissement de la jeune femme vers l’islam radical ne date pourtant pas d’hier.

C’est à Brest que tout commence. Élevée dans une famille catholique, elle a effectué sa scolarité dans les collèges et lycées de la ville. Elle est aussi titulaire d’un BEP dans la restauration, obtenu à Vannes, et a une expérience de vendeuse à Quimper. À Brest, elle se convertit brusquement à l’Islam, sur les conseils d’une amie. Sa famille pointe de mauvaises fréquentations dans une période de faiblesse. Elle est âgée de 22 ans. Elle est « perdue ». Rapidement, elle se radicalise et vient à porter le niqab. Elle est alors mariée à un Brestois dans le quartier de Pontanézen. L’homme a déjà été condamné à plusieurs reprises.

Sous influence ?

L’année dernière, elle s’en sépare, change de vie et part vivre à Saint-Dizier pour « raisons personnelles ». Elle noue alors une relation sentimentale avec un autre homme, dont le frère se fait arrêter en 2014 en Belgique, alors qu’il est en possession d’un véritable arsenal militaire.

Sid Ahmed Ghlam devient son compagnon un peu plus tard. Selon nos informations, il s’agit alors d’une liaison de nature sentimentale, autocentrée sur lui. Est-elle alors soumise à l’influence totale de son compagnon ? Toujours est-il qu’elle se radicalise encore davantage, vit recluse dans une zone pavillonnaire et devient indésirable à la mosquée. Elle est aussi verbalisée à de multiples reprises pour port du niqab.

Elle continue néanmoins d’effectuer des aller-retour entre la Haute-Marne et la Bretagne. Une partie de sa famille est dans le Finistère, une autre dans le Morbihan. En février dernier, dans une grande surface de Gouesnou, près de Brest, elle se présente entièrement voilée. Ce qui ne manque pas de créer un nouvel incident et une intervention de la gendarmerie.

Une nouvelle étape dans un parcours chaotique. « Elle devait venir nous voir dans un petit mois », déplore sa famille.

(*) Prénom d’emprunt.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/faits-divers/20130529.OBS1025/le-dernier-voyage-de-mohamed-merah-en-belgique.html

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

L' Obs

Publié le 29-05-2013 à 12h15

Trois semaines avant de passer à l’acte, le tueur de Toulouse et Montauban aurait rendu visite à Abou Jaber, éminence grise d’une cellule djihadiste bruxelloise.

 

Des documents et des photos, comme celle-ci, dévoilées par France 3 Midi-Pyrénées, montrent que Mohamed Merah était dans le viseur des renseignements français depuis 2006. (France 3 Midi-Pyrénées)Des documents et des photos, comme celle-ci, dévoilées par France 3 Midi-Pyrénées, montrent que Mohamed Merah était dans le viseur des renseignements français depuis 2006. (France 3 Midi-Pyrénées)

 

Mohamed Merah pourrait avoir été chercher du soutien en Belgique. Selon des informations révélées par « Le Parisien » (article payant), trois semaines avant de passer à l’acte, l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban aurait passé une journée avec Abdelkader el-Farssaoui, alias Abou Jaber, un Marocain vivant en Belgique et interrogé par la justice belge dans le cadre d’une enquête sur une cellule djihadiste de Bruxelles.

Décrit comme l’éminence grise du groupe, Abou Jaber est un proche de Mohamed Achamlane, dit Abou Hamza, le leader du groupe terroriste niçois Forsane Alizza, démantelé peu après les tueries de Mohamed Merah. C’est par l’intermédiaire de ce dernier que le tueur de Toulouse et Montauban lui a rendu visite, selon les déclarations d’el-Farssaoui à la justice belge.

Des liens étroits entre Merah et la Belgique

Mais pourquoi Merah a-t-il fait cet étrange déplacement ? Non pas pour parler de son projet meurtrier mais pour échanger sur sa vision curieuse de l’islam, selon Abou Jaber. « Il m’a notamment dit que la première femme qu’il aurait serait une femme du paradis », assure-t-il. Merah évoque néanmoins brièvement ses voyages en Afghanistan et au Pakistan. Ce nouvel élément est d’autant plus troublant que ce n’est pas la première fois que la Belgique apparaît dans le dossier, relève « Le Parisien ».

Pas moins de 22 numéros belges ont été relevés sur les factures téléphoniques de Merah, dont l’un correspond à une prostituée bruxelloise, ex-épouse d’un caïd local. En 2006, Merah se serait également rendu dans le plat pays avec Sabri Essid, un ami toulousain condamné en 2009 pour son appartenance à une filière jihadiste irakienne. Enfin, Moez Garsallaoui, un cadre d’Al-Qaïda soupçonné d’avoir formé Merah au Pakistan, a longtemps vécu à Bruxelles, dans les années 2000 avant d’être abattu à l’automne dernier près de la frontière afghano-pakistanaise.

 

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/l-etrange-dernier-voyage-de-mohamed-merah-29-05-2013-2845239.php

L’étrange dernier voyage de Mohamed Merah

 

Trois semaines avant de commettre ses crimes, le tueur au scooter s’est rendu en Belgique pour y rencontrer un cheikh et lui poser des questions religieuses.

 

Le Parisien | 29 Mai 2013, 07h00

 
Et si Mohamed Merah était allé chercher de l’aide… en Belgique ? C’est d’outre-Quiévrain que vient l’un des éléments les plus troublants de l’enquête ces derniers mois. Entendu dans une affaire de terrorisme à l’automne, un Marocain vivant en Belgique a assuré avoir passé une journée avec le Français seulement trois semaines avant les tueries de Toulouse (Haute-Garonne) et Montauban (Tarn-et-Garonne).

Un témoignage étonnant qui vient d’être porté à la connaissance des juges français chargés du dossier.

C’est la justice belge, saisie par les magistrats français, qui a transmis ces renseignements. En novembre, Abdelkader el-Farssaoui, alias Abou Jaber, est entendu comme témoin dans le cadre d’une enquête sur une cellule jihadiste autour de Bruxelles. Ce Marocain de 40 ans, décrit comme le « cheikh », l’éminence grise du groupe, a longtemps vécu en Espagne où il aurait été entendu après les attentats de Madrid. Il est surtout un proche de Mohamed Achamlane, dit Abou Hamza, le leader du groupe terroriste niçois Forsane Alizza, démantelé peu après les tueries de Mohamed Merah.

Selon l’audition d’El Farssaoui, c’est justement par l’intermédiaire d’Achamlane que Merah est venu lui rendre visite. « C’est Abou Hamza qui a demandé à avoir de mes nouvelles […] et me faire part que quelqu’un souhaitait me voir. Ce quelqu’un s’avérera être Mohamed Merah. […] Il voulait avoir des réponses en matière religieuse. » Merah se serait rendu à Bruxelles depuis Lille avant de rejoindre un ami d’El Farssaoui dans la banlieue de Bruxelles, puis de gagner la capitale belge. Là, « je les ai reçus chez moi, nous y avons fait la prière et bu du thé avant de nous rendre dans un restaurant ».

Une curieuse vision de l’islam

Le futur tueur au scooter, toujours selon le témoin, ne parle pas de son projet meurtrier, mais échange sur sa curieuse vision de l’islam. « Il m’a notamment dit que la première femme qu’il aurait serait une femme du paradis », assure-t-il. Merah évoque également brièvement ses voyages en Afghanistan et au Pakistan. « Il ne m’a pas communiqué de détails. Il m’a dit qu’il y est allé avec les frères. » Le Toulousain serait ensuite reparti dans la voiture de l’ami d’El Farssaoui direction la France. « Cela se situe trois semaines avant le massacre de Toulouse », affirme le Marocain aux enquêteurs. Dans son ordinateur ont été retrouvés « des photographies et du courrier relatif à Merah », selon la justice belge.

Ce nouvel élément est d’autant plus troublant que ce n’est pas la première fois que la Belgique apparaît dans le dossier. Ainsi, 22 numéros belges ont été relevés sur les factures de téléphone de Merah, dont l’un correspondait à une prostituée bruxelloise, ex-épouse d’un caïd local. Merah se serait également rendu en Belgique en 2006 avec Sabri Essid, un ami toulousain condamné en 2009 pour son appartenance à une filière jihadiste irakienne. Enfin, Moez Garsallaoui, un cadre d’Al-Qaida soupçonné d’avoir formé Merah au Pakistan, a longtemps vécu à Bruxelles, dans les années 2000 avant d’être abattu à l’automne dernier près de la frontière afghano-pakistanaise.

Par ailleurs, hier, six proches du tueur au scooter et de son frère, deux à Paris et quatre à Toulouse, ont été placés en garde à vue, soupçonnés de l’avoir assisté financièrement dans son projet terroriste.

Jonathan Plent de retour en France

Cherchant depuis le week-end des 26 et 27 juillet derniers ce qui a pu provoquer une nouvelle crise ahurissante chez l’un de mes harceleurs de la bande de Cyprien Luraghi, qui se manifeste cette fois-ci, depuis le vendredi 25 juillet 2014 en fin de journée, par une lecture quotidienne frénétique d’un même article de mon blog publié en date du 11 juillet 2014 et notamment consacré à l’affaire Méric, j’ai vite remarqué que ce vendredi 25 juillet, toute la presse française s’était emballée à propos de la découverte récente dans un égout du traqueur du scooter qu’utilisait Mohamed Merah lors de la commission de ses crimes, au mois de mars 2012.

Cet événement pourrait bien être le fait déclencheur de la crise, puisqu’en date du 12 août 2014, alors que la presse annonce qu’après analyses, ce traqueur s’avère n’avoir en fait jamais fonctionné et n’être en conséquence d’aucune utilité pour l’enquête sur les assassinats de mars 2012 et la recherche d’éventuels complices du principal auteur des faits, pour la première fois depuis le 25 juillet , mon lecteur du Fujian retrouve de sa zénitude antérieure au début de sa crise.

Mais ce n’est qu’une hypothèse.

J’ai aussi bien relevé dès son annonce par voie de presse, comme spécifié dans les articles que je lui ai consacrés en dates des 1er et 2 août 2014, l’arrestation en Thaïlande du Niçois Jonathan Plent, en cavale depuis son évasion de la gendarmerie de Pau en février 2012.

Il est rentré en France la semaine dernière :

 

http://www.metronews.fr/blog/mafia/2014/07/31/jo-le-nicois-tombe-a-ko-samui/

Jo le niçois tombe à Ko-Samui

Par Jérôme Pierrat le 31/07/2014

 

Fin de cavale pour le niçois Jonathan Plent, 39 ans, un garçon très demandé. Il était recherché depuis deux ans, pour un go fast à 700 kilos, par la SR de Pau et depuis quatre ans, pour des cambriolages et un braquage de DAB, par la PJ de Nice.

Ce sont les gendarmes de Pau qui l’ont retrouvé en filochant sa famille venue lui rendre visite – via Milan-Dubai-Bangkok… – à Ko-Samui en Thaïlande où il logeait dans un resort.

En février 2012, à la sortie du tunnel du Somport en vallée d’Aspe, les douaniers interceptaient un go fast : 700 kg de « pollen » saisis et trois creillois arrêtés. La porteuse, une BMW X5, forçait le barrage avant d’être abandonnée. Ses deux occupants s’arrachaient en emportant chacun une valise de 30 kg de pollen…

Les gendarmes suivirent leurs traces dans la neige, à plus de mille mètres d’altitude, avant de les rattraper.

Vers 20 h 30 le lendemain, l’un d’eux, Jonathan Pent s’évadait des locaux de la gendarmerie de Pau : il faisait glisser sa menotte, avant de sauter par la fenêtre et de franchir la clôture.

 

http://www.francebleu.fr/faits-divers/faits-divers/l-evade-de-la-gendarmerie-de-pau-arrete-en-thailande-apres-un-et-demi-de-cavale-1684801

 

Évadé il y a un an et demi de la gendarmerie de Pau, il est arrêté en Thaïlande

 

Mercredi 30 juillet 2014 à 16h08

Jonathan Plent a été interpellé ce samedi 26 juillet sur une île paradisiaque de Thaïlande. En février 2012, il s’était échappé par la fenêtre lors de sa garde à vue. Il avait été arrêté en vallée d’Aspe avec plusieurs centaines de kilos de drogue dans sa voiture.

 

Jonathan Plent de retour en France dans Crime joplant
Jonathan Plent, escorté par la police thaïlandaise à Bangkok, ce 30 juillet 2014.  Narong Sangnak © Maxppp

 

Un an et demi aprés, l’évadé de la gendarmerie de Pau a été arrêté. Jonathan Plent a été interpellé très loin du Béarn : en Thaïlande où il était parti, venant d’Espagne sous un faux nom. Cet homme de 40 ans avait été arrêté une première fois interpellé en vallée d’Aspe, en février 2012. Dans sa voiture et celles qui l’accompagnaient, les gendarmes avaient découvert 700 kilos de cannabis. Mais ensuite il avait réussi à fausser compagnie aux gendarmes de Pau.

Et le parquet de Pau précise qu’il devrait être expulsé de Thaïlande dans le courant de la semaine prochaine.

Une évasion au culot

Il y a un an et demi donc, il était parvenu à fausser compagnie aux gendarmes pendant sa garde à vue. Comme il est d’usage, on lui avait un peu desséré la menotte, l’autre étant fixée sur un bloc de béton de 50 kilos.

Son avocat, dont c’était la première intervention en garde à vue, l’a vu libérer sa main, se lever et quitter la gendarmerie par la fenêtre, tout simplement.

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Une évasion faite de chance et de culot

localité

 dans Vol
Pau – 64000

 

http://www.francebleu.fr/justice/pau/le-retour-pau-de-jonathan-plent-1692137

par Jean-Philippe Girard, France Bleu Béarn

Le retour à Pau de Jonathan Plent, évadé il y a un an et demi de la gendarmerie

Mardi 05 août 2014 à 18h25

Jonathan Plent s’était évadé en sautant par la fenêtre de la gendarmerie de Pau en février 2013. Il y était en garde à vue après s’être fait arrêter en flagrant délit de go-fast dans la vallée d’Aspe. Arrêté la semaine dernière en Thaïlande, il vient d’être expulsé vers la France et immédiatement amené au Palais de Justice de Pau.

 

Le déploiement de force était tel que l’arrivée de Jonathan Plent ne pouvait pas passer inaperçue. Il était encadré par une bonne douzaine de super-gendarmes encagoulés et armés jusqu’aux dents du PI2G (le Peloton d’intervention interrégional de la gendarmerie) accompagnés par des membres de la Section de Recherche de Pau.

Expulsé en une semaine vers la France

Dès la semaine dernière après son arrestation sur l’île paradisiaque de Kho Samui en Thaïlande, on avait dit que les autorités Françaises et Thaïlandaises préféraient la procédure d’expulsion à celle de l’extradition parce que beaucoup plus rapide. De fait les choses n’ont pas traîné puisque, pile une semaine après son arrestation, Jonathan Plent est arrivé par avion ce mardi matin à Roissy vers 7 heures.

Il a aussitôt été mis dans une voiture et amené sous escorte au Palais de Justice de Pau où il est arrivé un peu avant 16 heures. Il est entré dans le bureau de la juge d’instruction à 17 h 15 pour y être entendu sur son évasion de la gendarmerie de Pau. Mais pas pour l’affaire de go-fast pour laquelle il avait été arrêté. Pour cela il va être conduit dès ce soir à Bordeaux.

Caïd de la drogue présumé

Jo, comme on le surnomme dans le milieu, est aussi attendu par les policiers de Nice qui le soupçonnent de braquage. Si le déploiement de force est aussi impressionnant c’est parce que les gendarmes ne veulent pas laisser filer une deuxième fois ce gros poisson, mais aussi et surtout parce qu’ils soupçonnent Jonathan Plent d’être un caïd de son réseau de drogue.

 

http://www.larepubliquedespyrenees.fr/2014/08/06/,1204804.php

Drogue : Jonathan Plent, l’évadé de retour à Pau

 

Par L.V.

Publié le 06/08/2014 à 06h00
Mise à jour : 06/08/2014 à 12h53

Gros déploiement de gendarmes hier au tribunal de Pau. Les hommes du PI2G (Peloton d’intervention 2e génération de la gendarmerie) assistés de collègues palois, ont conduit Jonathan Plent, 40 ans, devant la juge d’instruction.

L’homme avait été arrêté le 7 février 2012 à la suite d’un go fast intercepté en vallée d’Aspe à Urdos. 700 kg de haschich avaient été saisis par les gendarmes palois et les douaniers.

Le 9 février, l’homme est en garde à vue dans les locaux de la section recherches de Pau. Lors de l’entretien avec son avocat, il réussit à se débarrasser de ses menottes et s’enfuit par la fenêtre. Plus de nouvelles avant son interpellation le 27 juillet en Thaïlande alors qu’il était recherché par Interpol.

Plutôt qu’une extradition, longue, le choix a été fait de l’expulser à la demande de la France. Il est arrivé hier matin à 7 h 30 à Roissy. Là un officier de police judiciaire lui a signifié le mandat d’arrêt lancé contre lui. Ensuite, fortement encadré, il a été conduit à Pau par la route.

Arrivé en début d’après-midi à Pau, il a été reçu par la juge d’instruction à 17 h 15. Il s’est vu notifier des poursuites pour évasion, tentative de vol de voiture avec violence, vol de voiture et grivèlerie d’essence, tous faits commis le 9 février 2012. Il devait ensuite rejoindre une prison bordelaise hier soir. A Bordeaux il devra répondre du go fast à l’origine de son interpellation.

 

http://www.sudouest.fr/2014/08/06/l-evade-de-thailande-etait-a-pau-1634596-2897.php

L’évadé de Thaïlande était à Pau

 

Jonathan Plant a été présenté, hier, à une juge d’instruction paloise.

 

L’évadé de Thaïlande était à Pau
19 heures, hier. Jonathan Plent repart en prison. © Photo

Photo Luke Laissac

 

Un homme trapu d’1,70 m environ a été conduit hier, à 17 h 15, dans le bureau de la juge d’instruction. Jonathan Plent, un Niçois de 40 ans, s’y est vu confirmer sa mise en examen pour évasion.Ce quadragénaire avait été interpellé le 27 juillet en Thaïlande alors qu’il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international émis depuis Pau. En février 2012, il y avait faussé compagnie aux gendarmes qui devaient l’interroger après l’interception d’un convoi de puissants véhicules transportant 700 kg de cannabis en vallée d’Aspe. Jonathan Plent était l’un des conducteurs.

Après son arrestation en Thaïlande le 17 juillet, l’évadé a donc été remis aux autorités françaises via une procédure d’expulsion. Une méthode plus rapide que l’extradition. L’avion qui le ramenait du Sud-Est asiatique est arrivé à Roissy, hier matin, vers 7 h 30.

Sous bonne escorte

C’est au moment de poser les pieds sur le sol français que le mandat d’arrêt international lui a été signifié. Un convoi de trois voitures l’attendait à l’aéroport pour le conduire directement à Pau. L’escorte comprenait une douzaine d’hommes du peloton d’intervention interrégional de gendarmerie (PI2G) de Toulouse.

L’impressionnant déploiement est arrivé en début d’après-midi au palais de justice de Pau. Jonathan Plent a dû attendre 17 h 15 pour être présenté à la magistrate. Outre le chef d’évasion, la juge d’instruction lui a signifié ses mises en examen pour tentative de vol avec violence, vol et filouterie d’essence. Après avoir sauté le mur d’enceinte de la gendarmerie de Pau, le 9 février 2012, il avait d’abord tenté de voler une première voiture avant de parvenir à en dérober une seconde.

Il a été conduit à 19 heures vers la prison de Gradignan (33). Plusieurs juges d’instruction l’attendent à Bordeaux et Nice pour des enquêtes autour de trafic de stupéfiants et braquages.

Romain Bely

 

http://www.sudouest.fr/2014/08/05/le-francais-evade-et-retrouve-en-thailande-est-entendu-a-pau-1634164-4344.php

Le Français évadé et retrouvé en Thaïlande a été ramené à Pau

 

 

Jonathan Plent, qui s’était évadé de la gendarmerie de Pau en février 2012, a été entendu par la juge d’instruction

 

Jonathan Plent a été présenté mardi après-midi à 17h15 à Pau devant la juge d’instruction. Il a été mis en examen pour évasion, tentative de vol avec violence pour un véhicule et vol d’un autre véhicule.

Expulsé de Thaïlande mardi matin, le fugitif est arrivé par avion à Paris à 7h30 où la Section de recherche de la gendarmerie de Pau l’attendait. Son mandat d’arrêt international lui a été signifié.

Douze hommes du peloton d’intervention interrégional de gendarmerie (PI2G) de Toulouse l’ont ensuite ramené à Pau. A 19 heures, il a été conduit vers la prison de Gradignan (33). Plusieurs juges d’instruction l’attendent à Bordeaux et Nice pour des enquêtes autour de trafic de stupéfiants et braquages.

Le Niçois a été interpellé en février 2012 avec plusieurs autres personnes lors de l’interception dans les Pyrénées-Atlantiques, à la frontière franco-espagnole, d’un convoi de puissants véhicules transportant quelque 700 kg de cannabis. Il est parvenu à s’évader de la gendarmerie de Pau alors qu’il était en entretien avec son avocat.

Plus de deux ans après son évasion, le 27 juillet dernier, Jonathan Plent a été retrouvé et arrêté en Thaïlande.

 

http://www.nicematin.com/nice/jonathan-plent-le-nicois-arrete-en-thailande-est-rentre-en-france.1853316.htm

Jonathan Plent, le Niçois arrêté en Thaïlande est rentré en France

 

Publié le mercredi 06 août 2014 à 11h45

Fin de cavale en Thaïlande pour un Niçois   - 26245175.jpg
Un appel à témoins avait été diffusé pour retrouver Jonathan Plent, mais en vain.DR
 

Retrouvé la semaine dernière en Thaïlande, le Niçois Jonathan Plent est arrivé en France mardi matin à l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. Il y était attendu par un officier de police judiciaire qui lui a signifié le mandat d’arrêt délivré contre lui. Il a été ensuite conduit sous haute sécurité à Pau par les gendarmes.

Il a été mis en examen par un juge d’instruction pour son évasion le 9 février 2012 et a été écroué à Bordeaux.

Plent a accepté de rentrer à ses frais afin de se rendre a indiqué son avocat Me Franck de Vita. Sinon, il aurait fini par être expulsé mais après de longs mois dans une prison thaïlandaise .

 

Egalement à lire, pour les abonnés du Parisien, cette enquête publiée le 7 août 2014 :

http://www.leparisien.fr/espace-premium/actu/retour-en-prison-pour-le-fugitif-arrete-en-thailande-07-08-2014-4050489.php