Le baccalauréat et les Brestois de Steven Le Roy, du Télégramme

C’est un article d’il y a trois jours.

Steven Le Roy s’est fait un petit plaisir en interrogeant huit Brestois de son monde sur les souvenirs qu’ils ont gardés du baccalauréat.

Constatons pour commencer qu’au moins quatre d’entre eux n’étaient pas brestois à l’âge de passer le baccalauréat.

Deux ne l’ont pas eu ou ne l’ont pas passé, dont un Brestois, Paul Bloas, qui s’est fait connaître du public dans les années 1980 pour ses massives silhouettes peintes sur les murs de Brest. L’autre est commerçante.

Plus souvent, à Brest comme ailleurs, quand on n’a pas le baccalauréat, on est ouvrier ou employé.

Trois ont passé un bac C ou ES : encore un artiste, Stan, le chanteur de Matmatah, à Quimper, et deux sportives, à Brest.

Plus souvent, à Brest comme ailleurs, avec ce type de baccalauréat… je vous laisse compléter…

Restent trois personnages qui font partie des cadres de la ville et n’en sont pas des moindres.

Au moins deux d’entre eux ne sont pas brestois d’origine et au moins deux d’entre eux ont a priori des profils de littéraires.

La première est une animatrice socioculturelle devenue adjointe au maire de Brest il y a deux ans. Originaire d’Alsace, elle est arrivée à Brest sitôt après avoir obtenu son baccalauréat et s’est tout de suite lancée dans le travail de proximité en devenant animatrice de rue. On ne saura pas quel bac elle a passé, elle en indique seulement :

« Moi ? Mon bac ? Je l’ai raté la première année. J’étais alors en Alsace et je pense que j’avais trop d’activités. Comme je ne bossais pas en plus… Ma deuxième term’ était super chouette. J’en ai encore moins fait, mais je l’ai eu et je suis partie à Brest. Je me suis formée sur le terrain, je fais partie de ces élues sans trop de diplômes ».

Le second est le président de l’Université de Bretagne Occidentale. A priori littéraire de formation, il indique à propos de son baccalauréat :

« Mon meilleur souvenir de bac ? La fête des résultats ! Avec mes amis et mes amies, on l’a tous eu, certains d’extrême justesse, et nous avons fêté ça jusqu’à l’aube. Après, on est parti chercher nos collantes au lycée. Pour l’anecdote, j’ai eu une meilleure note en sport qu’en philo (NDLR : Matthieu Gallou est prof de philo). Qui pourrait le parier aujourd’hui ? ».

Et le troisième est vice-procureur au Tribunal de Grande Instance de Brest. Celui-là rapporte sans honte :

« Je m’en souviens très bien. Dans un bac littéraire pur, je n’ai pas eu la moyenne en français et pas eu la moyenne en philo. Je me rappelle avoir disserté sur Hegel et la fin des empires pour un coefficient 5. Brillantissime. Il fallait 254 points, j’en ai eu 254 pile. Quand elle a vu les résultats, il y avait de la foudre dans les yeux de ma mère ».

Il fait partie des magistrats qui ont harcelé afin de la dissuader de me défendre la dernière avocate qui m’a assistée contre eux à Brest.

Je comprends pourquoi ce genre d’individu hait autant les ingénieurs et autres matheux ou scientifiques. Nous avons tous de vraies compétences très pointues dans nos métiers respectifs, et cela ne nous empêche pas d’être aussi artistes, sportifs, et même littéraires, bien plus que ne le sera jamais le quasi nul en tout et néanmoins très ambitieux, manifestement attiré par le pouvoir, qui a dû se diriger vers un bac littéraire à défaut de pouvoir faire autre chose.

 

 

https://www.letelegramme.fr/soir/bac-que-reste-t-il-de-nos-amours-19-06-2019-12316066.php

Personnalités. Le bac, et les souvenirs aussi

 

Que reste-t-il d’un bac, au fond ? Une photo, vieille photo d’une jeunesse aux contours plus ou moins flous, aux réminiscences plus ou moins importantes. Du tribunal à l’Olympia, de l’université à la mairie en passant par une piste, une salle ou un magasin de thé, voire un atelier d’artiste, huit Brestois se souviennent.

 


Stan, chanteur de Matmatah

 

Le baccalauréat et les Brestois de Steven Le Roy, du Télégramme dans AC ! Brest bac-que-reste-t-il-de-nos-amours_4640982_540x270p

 

« J’ai passé un bac C, comme on disait dans le temps. Je l’ai eu au lycée de Cornouaille à Quimper, en 91. J’ai même eu mention assez bien et, à l’époque, ben c’était assez bien, même si j’avais foiré la physique et que je me suis effondré au bac de philo, ce qui m’a bien fait ch… J’ai fait une prépa puis la fac de maths qui s’est insidieusement transformée en fac de musique. Faut dire que pour mon bac, j’ai pas fait spécialement la fête. Mon but était déjà de louer un quatre-pistes… ».


Paul Bloas, plasticien

 

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« J’ai tellement raté ma seconde technologique à la Croix-Rouge à Brest que j’ai fait un BEP électromécanique. Je n’ai jamais eu de bac… En même temps, je prenais des cours de dessin avec Jean Quéméneur, c’est lui qui m’a donné le goût et les techniques. Je voulais entrer aux Beaux-arts mais il fallait le bac. Il est allé voir le directeur pour que j’aie une dérogation mais il me fallait à tout prix ce BEP pour l’obtenir. Le même mois, j’ai eu le concours d’entrée, mon BEP et mon permis de conduire… ».


Laëtitia Bleunven, athlète

 

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« J’ai eu un bac ES en 2010 à la Croix-Rouge à Brest. C’était dans mes souvenirs un moment très stressant où on se dit qu’il ne sert pas à grand-chose mais qu’il faut l’avoir. Je courais déjà cinq fois par semaine et je me souviens que c’est au moment du bac que se tiennent les championnats de Bretagne. Mais pour courir, il faut avoir l’esprit libre et, clairement, je n’ai pas fait ma meilleure course ce jour-là ».


Émilie Kuchel, adjointe au maire

 

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« Moi ? Mon bac ? Je l’ai raté la première année. J’étais alors en Alsace et je pense que j’avais trop d’activités. Comme je ne bossais pas en plus… Ma deuxième term’ était super chouette. J’en ai encore moins fait, mais je l’ai eu et je suis partie à Brest. Je me suis formée sur le terrain, je fais partie de ces élues sans trop de diplômes ».


Matthieu Gallou, président de l’UBO

 

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« Mon meilleur souvenir de bac ? La fête des résultats ! Avec mes amis et mes amies, on l’a tous eu, certains d’extrême justesse, et nous avons fêté ça jusqu’à l’aube. Après, on est parti chercher nos collantes au lycée. Pour l’anecdote, j’ai eu une meilleure note en sport qu’en philo (NDLR : Matthieu Gallou est prof de philo). Qui pourrait le parier aujourd’hui ? ».


Maud-Eva Copy, hanballeuse au BBH

 

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« J’étais au pôle espoir hand à Lesven à Brest où j’ai eu un bac ES en 2010. C’est un bon souvenir parce qu’en dépit de la pression, je l’ai eu assez facilement et pourtant, en français, je n’avais pas eu de bonnes notes. Après le bac, j’ai continué mes études et j’ai réussi le concours pour devenir prof d’EPS. C’est important de pouvoir faire autre chose que sa carrière pro… ».


Bastien Diacono, vice-procureur au tribunal

 

bac-que-reste-t-il-de-nos-amours_4640976_540x298p dans LCR - NPA

 

« Je m’en souviens très bien. Dans un bac littéraire pur, je n’ai pas eu la moyenne en français et pas eu la moyenne en philo. Je me rappelle avoir disserté sur Hegel et la fin des empires pour un coefficient 5. Brillantissime. Il fallait 254 points, j’en ai eu 254 pile. Quand elle a vu les résultats, il y avait de la foudre dans les yeux de ma mère ».


Armelle Lebret, commerçante à Tôt ou Tard

 

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« Moi, à 16 ans, je vivais ma vie ailleurs que chez mes parents. Je suis allée jusqu’au bac à Rouen mais je ne l’ai pas eu. Faut dire que c’était juste après les grèves Devaquet et qu’à l’époque, j’avais soulevé trois lycées. Alors bon. Après avoir été collée, j’ai décidé de ne pas retourner au lycée et d’essayer par correspondance. Vite fait… Je me suis démerdée comme je pouvais, et j’ai fini par faire le métier que je rêvais de faire ».

Steven Le Roy

 

 

https://www.letelegramme.fr/local/finistere-nord/brest/ville/bastien-diacono-un-parquetier-en-charge-des-stupefiants-28-01-2010-757983.php

Bastien Diacono, un parquetier en charge des stupéfiants

 

Publié le 28 janvier 2010
Bastien Diacono arrive d'Aix, où il exerçait ses talents à l'instruction. Mais...

Bastien Diacono arrive d’Aix, où il exerçait ses talents à l’instruction. Mais ce magistrat connaît bien la Bretagne pour avoir exercé à Saint-Brieuc.

 

Stéphane Le Tallec parti à Paris pour la chancellerie, un nouveau parquetier a pris ses fonctions à Brest, à l’an neuf, mais a simplement été installé, hier, dans ses fonctions de vice-procureur. Bastien Diacono est natif d’Angoulême, mais est connu en Bretagne, puisqu’il va obtenir ses galons de magistrat du ministère public à Saint-Brieuc. Nommé comme substitut, en mars 2001, dans les Côtes-d’Armor, il en devient vice-procureur, en 2004, puis part pour Aix-en-Provence, en 2008, en qualité de juge d’instruction. Un an et demi après, il reprend le chemin de la Bretagne, où il avait laissé sa famille, et est donc affecté au tribunal de Brest. «La Bretagne vous ravit, a glissé le procureur Leclerc, le verbe a deux sens et c’est exprès: elle vous enchante et elle vous capture».

Spécialisé depuis longtemps

Procureur touche-à-tout, expérimenté, passionné d’audience et d’assises, Bastien Diacono a cependant développé une compétence spéciale à Saint-Brieuc, où il a pris en charge la problématique des stupéfiants; «un service où l’on peut bâtir une politique pénale, où la spécialisation engrange les résultats», selon le procureur Leclerc. Il occupera la même fonction ici, «car notre parquet a des besoins» en la matière, a estimé le procureur. Bastien Diacono devra donc restructurer et diriger le service stupéfiants à Brest, «donner consistance au stage alternatif de sensibilisation aux dangers et tenter de réactiver l’injonction thérapeutique».

 

 

https://www.letudiant.fr/educpros/personnalites/gallou-matthieu.html

Biographie

Matthieu Gallou, président de l'université de Bretagne occidentale. // © Université de Bretagne occidentale

Matthieu GALLOU

Président de l’université de Bretagne occidentale

 

Matthieu Gallou a été élu président de l’UBO (université de Bretagne occidentale) le 30 mars 2016 par le conseil d’administration de l’université. Il en était le premier vice-président depuis novembre 2013.

Matthieu Gallou est professeur agrégé de philosophie (1996). Il est spécialiste de l’histoire de la philosophie antique et médiévale. Il est membre associé de deux unités de recherche : HCTI (Héritages et constructions dans le texte et l’image) et l’équipe d’accueil Éthique, professionnalisme et santé.

Ancien étudiant de l’UBO, il y débute sa carrière en 1998 comme Prag (professeur agrégé) au département philosophie de l’UFR lettres et sciences humaines. Il est responsable du département philosophie de 2003 à 2006, puis de 2008 à 2011. En parallèle, il assure pour l’UFR la charge de responsable des salons étudiants, avant de devenir, en 2006, assesseur du doyen jusqu’en 2007. En janvier 2008, il prend en charge la mission Orientation active pour l’UBO et assure la mise en place de l’application APB (Admission postbac) à l’UBO. Il est doyen de la faculté des lettres et sciences humaines de 2011 à 2014.

De 2006 à 2008, Matthieu Gallou est membre du conseil scientifique de l’UBO puis du Cevu (conseil des études et de la vie universitaire) à partir de 2008. En 2012, il siège comme représentant de l’enseignement supérieur et de la recherche au sein du conseil syndical régional du Sgen-CFDT Bretagne. En 2014, il est secrétaire fédéral à l’enseignement supérieur et à la recherche au sein de la fédération nationale des syndicats Sgen-CFDT. Il siège au comité national ministériel de suivi de la licence-licence pro (CSL-Lpro) et au comité national ministériel de suivi du master (CSM). Élu en juin 2015 au Cneser (Conseil national de l’enseignement supérieur et de la recherche), il siégeait depuis juillet à la commission permanente. Élu à la présidence de l’UBO, il s’engage à abandonner l’ensemble de ces mandats pour se consacrer entièrement à l’université.

Compte Twitter : @matthieuGallou

Biographie créée en mars 2016

 

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/emilie-kuchel-une-nouvelle-adjointe-dans-les-rangs-12-05-2017-11509889.php

Émilie Kuchel. Une nouvelle adjointe dans les rangs

 

Publié le 12 mai 2017
Émilie Kuchel remplace Marc Sawicki . Sa délégation d'adjointe sera dévoilée...
Émilie Kuchel remplace Marc Sawicki . Sa délégation d’adjointe sera dévoilée mardi.

 
La récente démission de Marc Sawicki du conseil municipal a conduit le maire, François Cuillandre, à le remplacer. Celle qui était la dernière non-élue sur sa liste aux municipales de 2014 a ainsi été élue hier, avec 40 voix sur 43 exprimées, Julie Le Goïc et le groupe RPB n’ayant pas voulu prendre part au vote. La nouvelle élue s’appelle donc Émilie Kuchel, 37 ans. Elle occupe actuellement le poste de directrice du centre social de Kérourien. « Mais je vais bientôt quitter cette fonction, car je ne peux pas cumuler mon poste d’adjointe et celui-là, sous peine de conflit d’intérêts », plaide-t-elle. Direction la Caf, donc, après presque vingt ans passés au service de l’éducation populaire, de l’éducation de rue.

Naissance d’un combat

Émilie Kuchel est arrivée à Brest en 1999, « par hasard et par amour », raconte cette Alsacienne de naissance. Elle a aussitôt embrassé le travail de proximité en devenant animatrice de rue, avant de multiplier les fonctions les plus diverses. Animatrice dans diverses structures comme la Maison pour tous du Valy-Hir, déléguée syndicale de la FSU, militante dans diverses associations comme « Les P’tits débrouillards » ou « Vivre la rue » de Mireille Cann, directrice du centre social de Kérourien depuis 2013, elle n’a jamais quitté ce militantisme qui l’habite depuis de nombreuses années. « Je pense que ça m’est venu de ma région d’origine, qui est de droite, voire d’extrême droite. Elle m’a donné envie de m’intéresser aux autres, parce que j’ai été témoin d’injustices flagrantes. Cela a créé une révolte intime, pour que les choses changent, pour que les gens acceptent enfin de vivre ensemble ». C’est à Brest qu’Émilie Kuchel avoue avoir appris à « penser différemment. Ma famille n’est pas impliquée dans l’associatif, mais, ici, j’ai découvert des dizaines de petits quartiers avec autant de projets ».

À la gauche du PS

Dans cette logique, la jeune femme a choisi d’adhérer au Parti socialiste « il y a quelques années », parce que, « dans l’éducation populaire, c’est important de comprendre les choses en agissant de l’intérieur ». Dès le début de la campagne qui vient de s’achever, elle a choisi Benoît Hamon, devenant même responsable de sa candidature aux primaires dans la circonscription de Brest rural. « Je suis frondeuse depuis longtemps, à la gauche du PS », glisse-t-elle, avant d’ajouter « que cette élection doit permettre de reconstituer une gauche qui prendra en considération une politique de vie sociale ». « Ça prendra du temps », prédit celle qui estime toutefois « que les résultats ont été compliqués à vivre. Mais nous remonterons la pente. Quand on est engagé, on est obligé d’y croire ». Quant à la délégation qu’elle occupera, le maire devrait la dévoiler mardi.

 

 

https://www.brest-life.fr/mediatheque-et-ressources/temoignages-258/armelle-le-bret-934.html?cHash=96cf882df60f32b7444c3c2ac6276f1f

 

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Armelle Le Bret

Armelle Le Bret

- Créatrice de Tôt ou Tard

C’est un très beau territoire, qui est en mutation permanente

Publié le 30/04/2018

« Brest est la ville de tous les possibles »

Originaire de Rouen, Armelle Le Bret a posé ses valises à Brest il y a 17 ans. Elle y a créé “Tôt ou tard”, deux comptoirs de thé et d’épicerie fine situés en plein centre de la Cité du Ponant. Pour elle, Brest est « la ville de tous les possibles ».

Qu’est-ce qui vous a poussée à vous installer ici ?
J’avais des attaches familiales en presqu’île de Crozon, et j’étais attirée par ce côté “bout du monde”. Brest est vraiment une ville à part. C’est un peu difficile à décrire, c’est probablement de l’ordre de la magie celtique (rires). Mise à part son histoire, il y a ici un vrai mélange des gens, et ce que l’on ressent le plus, ce sont les possibilités. Et pas seulement en termes de commerce. On sent une véritable fierté d’être brestois : les habitants se sont approprié leur ville. Certes, les Brestois peuvent parfois paraître un peu abrupts au départ, mais ça ne dure pas et ils sont fidèles.

Quelles forces et valeurs aimez-vous sur ce territoire ?
Cet esprit d’indépendance qu’ont les gens d’ici, et en même temps cet esprit de groupe et l’importance de la notion de réseau. Et puis c’est un très beau territoire, qui est en mutation permanente : j’ai vu la ville évoluer d’une façon incroyable depuis mon arrivée ! Et puis pour être passée par Paris, j’apprécie vraiment l’air pur, la facilité pour se déplacer, etc…


Qu’avez-vous trouvé ici que vous n’auriez peut-être pas trouvé ailleurs ?

Sur le plan commercial, il y a une grande diversité de boutiques. Des franchises, bien sûr, mais aussi beaucoup d’indépendants, ce qui crée de l’émulation. Et puis il y a un véritable attrait touristique pour la ville, comme on le voit avec l’arrivée du téléphérique qui a fait son petit effet. J’aime aussi le fait qu’ici, les gens vont à la rencontre les uns des autres… Il y a aussi de vrais amoureux du centre-ville, des gens de tous horizons plein d’énergie qui arrivent à faire monter la mayonnaise !

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Paul_Bloas

Paul Bloas

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Paul Bloas
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Œuvre de Paul Bloas
Naissance
      (58 ans)

Quimper

Nationalité
Activité
Formation

Paul Bloas, né le 27 mars 1961 à Brest1, est un peintre français.

Biographie

Paul Bloas est connu à Brest à partir des années 1980 pour ses « silhouettes » peintes, faites de simples contours blancs, puis pour ses fresques murales dispersées dans les lieux délaissés de la grande cité portuaire : port de commerce, quartier de Recouvrance, et notamment en 1991 à la prison de Pontaniou, définitivement fermée en 1990, et qu’il a investie en y installant de nombreuses peintures inspirées des lieux.

Paul Bloas travaille d’abord en atelier à la réalisation de grandes peintures, au trait brut et coloré, sur papier qu’il colle ensuite in situ pour les insérer au mieux dans le décor qui reste le sujet essentiel. Reconnu rapidement, il installe dès les années 1990 ses personnages jusqu’à Berlin, Budapest, Bilbao, puis Madagascar.

« À la pérennité de l’œuvre, à la toile pour traverser le temps, Paul Bloas, artiste peintre, préfère l’éphémère absolu et ses géants de papier, collés à même les murs et voués à disparaître. S’il reste une trace, infime, c’est celle que le soleil, le vent ou la pluie… auront bien voulu laisser.
Ces personnages massifs, « sur-humains », ont inscrit leur silhouette dans des lieux à leur mesure – prison de Brest, bains turcs de Budapest, base sous-marine de Bordeaux…2 »

Œuvres

Expositions

Interventions picturales in situ
Anonyme - Photo de 2008
Œuvre de Paul Bloas.
      • 1980-1986 : Brest, premières interventions en ville et sur le port (îlot fortifié en rade, Bertheaume sweet home)
      • 1987 : Berlin, Anhalter Banhof, Un pied dans le sable (expo internationale Mythos Berlin)
      • 1988 : Brest, port et cale de radoub, Le manteau de papier
      • 1989 : Tulle, chapelle Saint-Pierre, Ainsi soit Tulle
      • 1990/93 La réussite de Boris (Belgrade, centre ville ; Budapest, Bains turcs abandonnés ; Berlin, No man’s land ; Brest, Prison de Pontaniou et port militaire)
      • 1992 : Bilbao, usine sidérurgique et centre ville, Les nuques de plomb
      • 1994 : Beyrouth, centre ville, Charmouta (Barcelone, Barceloneta, Demi-sommeil)
      • 1995 : Paris, Butte-aux-Cailles, Paris au mois d’août
      • 1996 : Brest, port de commerce
      • 1997 : Bordeaux, quartier Bastide, Terminus (Calvi, la citadelle, Sentinelles
      • 1999-2002 : Bordeaux, base sous-marine, Poussières (Madagascar, Diego Suarez, ancien camp de la Légion, Mada)
      • 2001 : Toulouse, Théâtre de la cité, Recto / Verso
      • 2002 : Calvi, festival du vent
      • 2003-2008 : Bruxelles, Paris, Brest, Madagascar, Bordeaux
      • 2007 : Valenciennes, Ma vie s’appelle peut-être
      • 2009 : Paris, canal Saint-Martin, les habits noirs
      • 2018 : Betton (Ille-et-Vilaine), La Confluence, rétrospective
Expositions personnelles et collectives

Depuis 1988, Paul Bloas présente régulièrement ses travaux in situ à travers des expositions d’études et de photographies de ses interventions : Bologne en 1988, le port de commerce de Brest entre 1988 et 1990, le Quartz de Brest depuis 1989, la galerie Loft à Paris, les centres culturels français de Beyrouth, Bilbao, Barcelone, Berlin, les musées de Tulle et de Brest, le théâtre de la cité à Toulouse, la base sous-marine de Bordeaux, les fêtes maritimes de Brest 96 et 2000 au Fourneau, Telgruc-sur-Mer, le no 15 square de Vergennes à Paris, phare de Penmarc’h en 2008. En 2017, suite à un imbroglio qui a vu la disparition de sa grande fresque « Le Lamaneur » qui se trouvait sur la façade du bâtiment Grand Large depuis plus de 20 ans sur le port de commerce, un financement participatif et privé devrait permettre l’installation d’une nouvelle version de cette œuvre iconique qui symbolise si bien la fierté brestoise3.

Films et vidéos

      • 1986 : Bertheaume sweet home – Objectif Bertheaume, J.A. Kerdraon et P. Bloas (Paul Émile Victor sont dans un bateau (7 min), J.A. Kerdraon)
      • 1988 : Le manteau de papier (26 min), O. Bourbeillon, Lazennec Production/FR3
      • 2001 : In situ (26 min), J.A. Kerdraon, Alligal Production
      • 2003 : Mada ; Debout, de terre et d’eau (52 min), P. Bloas, Lamoot, Morgane Production (Prix de la création au festival international du film d’art de Montréal 2005)
      • 2008 : Zones d’ombres de Sylvain Bouttet (26 min)

Publications

      • Berlin 88/ Brest 89/ Tulle 90/ Bilbao 92 (catalogues)
      • 1993 : La réussite de Boris – Éditions Dialogues
      • 1997/2000 : Visuels pour Noir Désir et Serge Teyssot-Gay d’après G. Hyvernaud
      • 2002 : Brest de Mac Orlan – Éditions Dialogues
      • 2003 : Mada, Éditions Alternatives
      • 2008 : Ma vie s’appelle peut-être Paul Bloas, Laurence Mauriaucourt, Jean-Bernard Pouy, Ed La Voix du Nord, 2008
      • 2008 : Catalogue exposition de Penmarc’h

Notes et références

Voir aussi

Bibliographie

Liens externes

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Matmatah

Matmatah

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Page d’aide sur l’homonymie Pour l’article ayant un titre homophone, voir Matmata.
Matmatah
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Matmatah en concert à Plougastel le 16 février 2017.
Informations générales
Pays d’origine Drapeau de la France Brest, France
Genre musical Rock, folk, reggae, roots
Années actives 1995-2008, depuis 2016
Labels La Ouache Production
Site officiel www.matmatah.com
Composition du groupe
Membres Tristan Nihouarn
Éric Digaire
Benoît Fournier
Emmanuel Baroux
Anciens membres Jean-François Paillard
Cédric Floc’h
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Logo de Matmatah.

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Matmatah est un groupe breton de rock et de folk, fondé à Brest en 1995. Le duo formé par Tristan Nihouarn (Stan) et Cédric Floc’h (Sammy) est rejoint par le bassiste Éric Digaire et le batteur Fañch pour jouer sous le nom de Matmatah, en référence au village troglodytique tunisien du même nom (Matmata).

En juillet 1997, Matmatah sort un premier single avec deux chansons liées à la Bretagne qui rencontrent le succès : Lambé An Dro et Les Moutons. L’album La Ouache, sorti en 1998, s’écoule à plus de 800 000 exemplaires. Emma et L’Apologie deviennent également des tubes.

Après avoir sorti quatre albums studio, le groupe se sépare en 2008.

Pour les 20 ans du groupe en 2015, Matmatah sort un double best of, comportant des titres réenregistrés et deux singles inédits, Tricératops et Les demoiselles de Loctudy.

Le 23 septembre 2016, le groupe annonce sa reformation pour une nouvelle tournée et sort un nouvel album, Plates Coutures, le 3 mars 2017.

Le groupe a vendu 1 300 000 albums et récolté 3 disques d’or et un double disque de platine1.

Histoire du groupe

Les débuts

Tout commence dans la ville de BrestTristan Nihouarn (Stan) et Cédric Floc’h (Sammy) tournent dans les bars sous le nom de Tricards Twins. À la suite de leur rencontre avec Jean-François Paillard (Fañch) et Éric Digaire (Éric), ils fondent un nouveau groupe, dont le nom, Matmatah, est tiré de celui de la ville Matmata, en Tunisie, où Stan a passé des vacances durant son enfance. Cette petite ville a la particularité d’être entièrement construite dans la roche : la chanson Troglodyte (sur l’album La Ouache) y fait justement référence.

Leurs influences musicales sont sans conteste le hard rock old school de la fin des années 1960, début des années 1970, sévèrement mâtiné, dans un premier temps, de musique traditionnelle bretonne. Les quatre rockeurs écument les rades brestois avec leur répertoire de reprises et déjà quelques compositions originales. Le véritable déclic survient en 1996, quand le groupe est programmé en première partie de FFF à Penfeld lors d’une soirée étudiante, triomphant devant un large public avec quarante minutes de compositions dont Lambé An Dro et L’Apologie. De plus, « le chanteur de FFF était malade et leur prestation a été raccourcie : le lendemain, la presse n’a parlé que de nous ! »2. Julien Banes, ami de Tristan, devient leur manager. Ils comptabilisent fin 1996 plus de 180 dates uniquement dans le Finistère3.

En 1997, Matmatah sort un premier single, véritable ovni dans le paysage musical, sur lequel figurent les titres Lambé An Dro et Les Moutons. Succès fulgurant à Brest, puis en Bretagne où ils enchaînent les concerts et gèrent un réseau de distribution grandissant (30 000 unités écoulées par le bouche-à-oreille)4. Les jeunes Bretons découvrent un groupe de rock à brandir comme porte-drapeau, les étudiants brestois surtout qui voient un motif de fierté dans l’évocation des rues et des lieux de leur ville dans Lambé2. L’époque propice au rock celtique (retour d’Alan Stivell, Héritage des Celtes, Ar Re Yaouank) accueille à bras ouverts ces airs dansants issus du kan ha diskan ou de l’an-dro. Relayé par Radio Bretagne Ouest, le succès du 2 titres conduit RTL à diffuser Lambé an Dro début 1998, qui se hisse alors à la première place du classement des auditeurs.

La même année, le groupe s’inscrit aux Découvertes du Printemps de Bourges. Il termine premier dans son département, le Finistère, mais ne passe pas le cap de la sélection régionale. Le groupe décide tout de même de venir à Bourges et donne de nombreux concerts dans les bars. « Je crois que nous sommes le groupe qui a le plus joué cette année-là à Bourges, même si officiellement, nous n’avons eu aucune date », déclare alors Éric Digaire, bassiste du groupe.

La Ouache : succès du premier album

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Logo du groupe dès ses débuts.

Fin 1998, c’est la sortie nationale de leur premier album : La Ouache, produit par Claude Chamboissier (ex-Framboisier du Club Dorothée) et enregistré en mars dans le sud de l’Angleterre, au Studio Parkgate. Nouveau succès, mais cette fois-ci aussi en France, et ailleurs (La Ouache sera même édité en Russie). Plus de 800 000 exemplaires sont vendus5, notamment grâce aux tubes Lambé An Dro, Emma et L’Apologie. L’album est probablement arrivé au bon moment, alors que le rock retrouve une place de choix dans le cœur du jeune public, et qu’une « vague celtique » s’abat sur l’Hexagone, voire sur une bonne partie de l’Europe de l’Ouest. On retrouve en effet des airs traditionnels bien connus des habitués de fest-noz avec des titres comme Lambé An Dro ou La Fille du Chat Noir. Autre exemple, La Complainte de Fanch, clin d’œil implicite aux gwerzioù (« complaintes » en breton, catégorie de chant lent, triste, a cappella).

Matmatah contribue à renforcer la popularité de la musique celtique en France à la fin des années 1990 (tout comme le groupe de rap celtique Manau). Bien que cette musique, longtemps cantonnée au rang de folklore, se marie avec les musiques actuelles6, cette étiquette leur devient rapidement pesante : ils se sentent enfermés dans une vision ethnique de leur musique alors que c’est avant tout un groupe urbain brestois qui puise ses influences aux sources du rock’n roll, avec l’état d’esprit et le son seventies des guitares vintage qui vont avec. Ils considèrent ne pas rentrer dans une catégorie mais avoir une place à part dans le rock français7.

En janvier 2000, Matmatah est nommé dans la catégorie « groupe de l’année » à la première édition des NRJ Music Awards, qui a lieu pendant le Midem, à Cannes, et, le 11 mars 2000, nommé aux Victoires de la musique dans la catégorie « Groupe de l’année », le groupe chante sur le plateau L’Apologie, quelques mois avant le début du procès.

En juin 2000, les quatre membres du groupes comparaissent devant le tribunal correctionnel de Nantes, pour « provocation à l’usage de stupéfiants » et « présentation sous un jour favorable de l’usage du cannabis ». Ce procès fait suite à un concert à Nantes en 1998, où un policier de la brigade des stupéfiants, présent parmi le public est intervenu pour constater que le public ne se privait pas de fumer du cannabis, mais aussi et surtout à cause des paroles de deux de leurs chansons : L’Apologie (« Un pétard ou un Ricard, si t’as vraiment le cafard, à choisir y’a pas photo, moi je choisis le marocco. Les alcools ont leurs soûlards, le canna c’est le panard. Y’en a qui le mystifient, moi je fais son apologie. ») et Lambé An Dro (« Si t’as d’la beuh à partager, viens donc faire un tour à Lambé »)8. L’affaire est jugée malgré les protestations et une pétition de 10 000 signatures3. Les membres du groupe, qui risquent jusqu’à 5 ans de prison et 500 000 francs d’amende8, s’en sortent finalement avec 15 000 francs d’amende chacun9. Cet épisode leur inspire la chanson Quelques sourires présente sur leur deuxième album.

Rebelote

En mars 2001, Matmatah sort un deuxième album, Rebelote ; résolument rock où s’alternent titres anglais et français et rappelle le rock et le hard-rock des années 1970. Les textes et la musique sont dénués de toute référence à la Bretagne ; bien que cette orientation surprenne et déçoive leurs fans, il se vend quand même 200 000 albums et les concerts de la tournée affichent complets10. Daniel Presley (producteur de Faith No More, Dionysos, Axel Bauer) est à la production, aidant les quatre musiciens à présenter le meilleur de leurs influences (Out, dernier titre de l’opus, est ouvertement inspiré des pièces les plus épiques de Led Zeppelin). Le groupe reçoit son disque d’or, pour 100 000 exemplaires vendus11, le soir du deuxième concert à l’Olympia le 9 juin12. L’été, Matmatah repart sur les routes en passant par Solidays, les Eurockéennes, la Foire aux Vins de Colmar, ou bien encore les Vieilles Charrues devant 70 000 personnes.

L’année suivante, Matmatah, qui continue d’enchaîner les scènes (dont un concert au Midem le 21 janvier), sort l’album live Lust for a Live (où apparaît la reprise saluée par son auteur Sam Bernett de Toujours un coin qui me rappelle, chanson popularisée par Eddy Mitchell en France) et le DVD Piste Off. Après une tournée en Russie (4 dates, à Moscou, Nijni Novgorod, Saint-Pétersbourg), Fañch, en désaccords avec le groupe depuis Rebelote, met un terme à l’aventure. Sans batteur, Matmatah fait une pause en fin d’année avant de penser au futur album. Après la séparation de son groupe Alpha Jet (qui a fait les premières parties de la tournée Rebelotour), Benoit Fournier, alias Scholl, rejoint Matmatah et participe à la création du troisième album studio3.

Archie Kramer

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Matmatah au festival Saarang 2005

En octobre 2004, avec l’album Archie Kramer, Matmatah essaye un retour en force. Bien que toujours auto-produit, le groupe n’a pas oublié cette fois de créer des chansons calibrées FM, se prêtant à la diffusion radio (même si le groupe critique cette tendance dans les paroles du titre Radio Edit), en particulier Casi el Silencio et Au Conditionnel. La musique continue dans la même veine rock anglo-américain et hard des années 1970. Au fur et à mesure des hommages à peine déguisés, on y croise toutes leurs références, de Serge Gainsbourg aux Beatles, en passant par les Sex Pistols, Ennio Morricone et Led Zeppelin.

Mais, peut-être contrairement à l’album précédent, Archie Kramer n’est pas qu’un album à références, et le groupe essaye d’y imprimer davantage sa patte. Ses prises de positions s’y font plus fines. La chanson Au Conditionnel remporte cependant un franc succès et son clip est nommé aux Victoires de la musique13.

Les quatre membres (Benoît Fournier a remplacé Fañch à la batterie) sont invités en Inde (après le Canada, la Chine, la Russie) pour une tournée exotique dont ils ont tâché de ramener de nouvelles inspirations. La pochette de leur maxi CD suivant y fera d’ailleurs clairement référence.

And Times Goes Friendly

En 2006, les quatre membres de Matmatah sortent un maxi CD de 6 titres comportant le titre Comme si de rien n’était, dont le clip de Christophe Acker est diffusé sur les chaînes musicales.

La Cerise

L’album La Cerise sort le 5 mars 2007. Les guitares s’y font plus présentes et beaucoup plus agressives ; certains titres sont du hard rock pur, quelquefois mâtinés de touches très punky. Des ballades contrebalancent l’agressivité par la douceur des voix (chœurs aériens) et des arrangements (cordes, claviers)3. Le succès est fulgurant, porté par les deux premiers titres La Cerise et Crépuscule dandy, sortis en singles. Il existe une édition double album intitulée 28, Capucines comprenant des extraits d’un concert enregistré à L’Olympia lors de leur précédente tournée14.

Bande à part

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Matmatah aux Francofolies en 2008.

Le 6 novembre 2007, après 13 ans d’existence, le groupe annonce dans un communiqué sa séparation par consentement mutuel pour se consacrer à des projets plus personnels. « Cette décision collective a été prise pour des raisons aussi bien artistiques que professionnelles, chacun d’entre nous ayant pour désir de continuer différemment son aventure musicale », ajoute le groupe, qui poursuivra toutefois sa tournée d’hiver, comme prévu jusqu’au 15 décembre 2007. Les derniers concerts présentent une tristesse non dissimulée comme le 30 novembre pour le dernier à Paris, dans un Olympia complet ou pour le dernier concert de la tournée à l’Atabal de Biarritz.

En outre, le groupe remonte sur scène à l’été 2008 pour quelques concerts d’« adieux », notamment au festival de Poupet (Vendée), le 14 juillet 2008, sur la grande scène des Vieilles Charrues de Carhaix le 19 juillet 2008 et le 16 août 2008 à la Foire aux Vins de Colmar, avant de jouer, le 24 août 2008, au Brussels Summer Festival15. Le dernier concert a lieu le 30 août à Plougastel-Daoulas, dans la salle L’Avel-Vor, dirigée par Éric (le bassiste) à partir de mars 2010.

Matmatah tire sa révérence avec un dernier single intitulé Bande à part ; les paroles, et plus particulièrement la pochette (Stan pointant un revolver sur la tempe d’Eric), permettent de mieux comprendre les ressentis et désirs réels de chacun des membres. Le départ annoncé de Sammy marquait pour Stan la fin du groupe alors qu’Eric aurait envisagé de continuer l’aventure avec un nouveau membre3. Le 24 octobre 2011, un best of intitulé Greatest Hits : 1998-2008 est édité par Barclay.

Antaology : retour virtuel

En décembre 2014, le groupe annonce la sortie d’un double CD et un DVD comportant des inédits et des raretés à l’occasion des 20 ans du premier concert du groupe. Antaology sort le 25 septembre 2015 et comprend 2 CD16 :

  • Le premier comporte les morceaux choisis par les membres du groupe. Les chansons sont extraites des 4 albums studio ainsi que des Ep, plus un inédit, Triceratops, enregistré en studio avec Emmanuel Baroux à la guitare17 ;
  • Le second contient des inédits et des raretés du groupe (versions alternatives, remix, versions live), dont une nouvelle chanson, Les demoiselles de Loctudy, chantée avec Les Goristes.

Cet album sort en deux versions : un double digipack avec deux CD et un petit livret ainsi qu’un coffret avec les 2 CD, 2 DVD et un livret de 60 pages (avec plus de 200 photos) réalisé par Stan18.

Plates Coutures : l’album de la reformation

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Concert du groupe en février 2017.

En septembre 2016, le groupe se reforme avec l’arrivée du guitariste Emmanuel Baroux (ayant joué avec Astonvilla, Axel Bauer, Tristan Nihouarn) en remplacement de Sammy19. Une tournée démarre en février 2017 avec notamment un passage à l’Olympia le 2 mars 201720. Le single Marée haute est dévoilé le 17 janvier21, accompagné d’un clip le 17 février22. Les paroles dénoncent l’addiction au pouvoir et le détournement d’argent.

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Matmatah au Festival du Roi Arthur en 2017.

Onze nouvelles chansons sortent le 3 mars dans un 5e album studio intitulé Plates coutures23. L’enregistrement est réalisé en Angleterre sous la direction artistique de Bruno Green (Détroit) et le mastering à Londres aux studios Abbey Road24. Résolument rock, l’album présente des textes concernés par les problèmes de société25. Leur premier festival en plein air aux Landes Génusson sera le début d’une longue série de concert et de festivals, notamment les Vieilles Charrues et les Eurockéennes de Belfort.

Membres

Membres actuels

  • Tristan Nihouarn (Stan) : chant, guitares, harmonica, oud, claviers et flûtes
  • Éric Digaire : basse, chant, guitare, piano
  • Benoît Fournier (Scholl) (à partir de 2002) : batterie, percussions
  • Emmanuel Baroux (à partir de 2016) : guitare électrique, chant
  • Julien Carton (à partir de 2017 pour les concerts) : claviers, chant
  • 120px-Matmatah_Plougastel_02-2017_-_26

    Stan

  • 80px-Matmatah_Brest_02-2017_-_04

    Éric

  • 80px-Matmatah_Plougastel_02-2017_-_16

    Manu

  • 120px-Matmatah_Brest_02-2017_-_10

    Scholl

  • 120px-Matmatah_Brest_02-2017_-_09

    Julien

Anciens membres

  • Cédric Floc’h (Sammy) : guitare électrique, chant (1995-2008)
  • Jean-François Paillard (Fañch) : batterie, percussions (1996-2002)

Historique du groupe par années

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Discographie

Albums studio

Live

Eps

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2005 : Mille Soleils

Singles

  • 1997 : Les Moutons
  • 1998 : Lambé an Dro
  • 1998 : Emma
  • 2001 : Quelques Sourires
  • 2001 : Archimède
  • 2002 : Crève les Yeux (Live)
  • 2004 : Casi el Silencio
  • 2004 : Au Conditionnel
  • 2006 : Comme si de rien n’était
  • 2007 : La Cerise
  • 2007 : Crépuscule Dandy
  • 2015 : Triceratops
  • 2017 : Marée Haute
  • 2017 : Lésine pas
  • 2018 : Retour à la normale

Compilation

  • 2011 : Greatest Hits : 1998-2008 (Barclay)
  • 2015 : Antaology

DVD

  • 2003 : Piste Off !

Participation

Ventes d’albums

Liste des albums
Année Album Meilleur classement Ventes Certifications26
Drapeau de la France Drapeau de la Belgique Drapeau de la Suisse
1998 La Ouache27 11 25 - 800.000 FR:Disque de platine 2 × Platine1
2001 Rebelote28 8 46 83 200.000 FR:Disque d'or Or1
2004 Archie Kramer29 30 - - SNEP:Disque d'or Or
2007 La Cerise30 24 - - FR:Disque d'or Or1
2017 Plates coutures31 22 - -

Notes et références

  1. a b c et d « « Tricératops » : Matmatah renaît de ses cendres avec un inédit et un best-of anniversaire » [archive], sur chartsinfrance.net (consulté le 18 mars 2018)
  2. a et b Siohan 2005, p. 46
  3. a b c d et e Rok 2013, p. 102
  4. « Y a de la Ouache » [archive], L’Express (consulté le 15 décembre 2011)
  5. Sylvain Siclier, « Matmatah. Rebelote », Le Monde,‎ 21 avril 2001, p. 21.
  6. Solenn de Royer, « Matmatah, l’énergie de la scène bretonne », La Croix,‎ 16 décembre 1998 (lire en ligne [archive]).
  7. Siohan 2005, p. 49 : « On était trop jeunes pour copier Téléphone et trop vieux pour copier Noir Désir, du coup on a une place à part. »
  8. a et b Nicolas de la Casinière, « Le refrain de la fumette au tribunal. Le groupe Matmatah jugé pour «provocation à l’usage des stupéfiants». », Libération,‎ 16 mai 2000 (lire en ligne [archive])
    Le policier à l’origine de la procédure avait déjà alerté la justice quatre ans plus tôt, en entendant Mangez-moi ! Mangez-moi !, un tube du groupe rennais Billy Ze Kick et les Gamins en Folie, vantant les mérites de champignons hallucinogènes
  9. « Dépeche AFP de Juin 2000 » [archive], 11 juin 2000 (consulté le 29 juin 2012)
  10. « Matmatah. « La fin d’une belle histoire » », Le Telegramme,‎ 26 juin 2008 (lire en ligne [archive], consulté le 1er mars 2017)
  11. Victor Hache, « Matmatah, retour au rock », L’Humanité,‎ 13 avril 2001 (lire en ligne [archive]).
  12. Stéphane Koechlin, « Rock. Matmatah, la grosse artillerie bretonne », Le Figaro (Le Figaroscope),‎ 6 juin 2001, p. 4.
  13. « Victoires de la musique: meilleur clip pour Arthur H et M », AFP,‎ 4 mars 2006.
  14. Le CD étant par nature limité à 80 minutes, le second disque ne comporte pas l’intégralité du concert de l’Olympia. Manquent, par exemple, les chansons Lambe An Dro et Le Souvenir.
  15. Gorgiard 2008, p. 208
  16. Pour ses vingt ans, Matmatah sort une Antaologie ! [archive]Ouest-France, 23 juillet 2015.
  17. Pour ses 20 ans, Matmatah fait « le reuz » [archive], France 3, 18 juin 2015
  18. « Rock. Matmatah sort un coffret ce vendredi » [archive] (consulté le 27 septembre 2015)
  19. « Matmatah annonce son retour » [archive], sur people.bfmtv.com, 23 septembre 2016
  20. Sarah Morio, « Matmatah. « Rendez-vous le 2 mars à l’Olympia » » [archive], sur letelegramme.fr, 24 septembre 2016 (consulté le 23 septembre 2016)
  21. Jonathan Hamard, « Matmatah revient à « Marée haute » pour taper du poing sur la table. Écoutez ! », aficia,‎ 17 janvier 2017 (lire en ligne [archive], consulté le 25 février 2017)
  22. Matmatah, « Marée haute (clip officiel) » [archive], sur youtube.com, 17 février 2017
  23. Sarah Morio, « Matmatah. Un 5e album en gestation », Le Télégramme,‎ 3 décembre 2016 (lire en ligne [archive]).
  24. « « Marée haute » : Matmatah prend l’eau dans un clip pinçant et engagé » [archive], sur chartsinfrance.net, 18 février 2017
  25. « Matmatah de retour après huit ans d’absence », TV5MONDE,‎ 16 février 2017 (lire en ligne [archive], consulté le 25 février 2017)
  26. « Les Certifications – SNEP », SNEP,‎ 1er novembre 2013 (lire en ligne [archive], consulté le 18 mars 2018)
  27. « Matmatah – La Ouache » [archive], sur lescharts.com (consulté le 22 août 2011)
  28. « Matmatah – Rebelote » [archive], sur lescharts.com (consulté le 22 août 2011)
  29. « Matmatah – Archie Kramer » [archive], sur lescharts.com (consulté le 22 août 2011)
  30. « Matmatah – La Cerise » [archive], sur lescharts.com (consulté le 22 août 2011)
  31. « Matmatah – Plates coutures » [archive], sur lescharts.com (consulté le 3 août 2017)

Annexes

Bibliographie

  • Stéphan Siohan (photogr. Emmanuel Pain), « Matmatah : Rock’n roll attitude », Bretons, no 4,‎ novembre 2005, p. 44-49
  • Ronan Gorgiard, L’étonnante scène musicale bretonne, Palantines, coll. « Culture et patrimoine », 2008, 255 p. (ISBN 2911434986), « Rock et dépendances », p. 206-209
  • Olivier Polard, 40 ans de Rock à Brest, La Blanche Production, 2005, 192 p. (ISBN 2952472009) (CD, Sushi Bar live avec Miossec, 2002)
  • Ronan Gorgiard, L’étonnante scène musicale bretonne, Palantines, coll. « Culture et patrimoine », 2008, 255 p. (ISBN 2911434986), « Rock et dépendances », p. 206-209
  • Collectif (dir. Frank Darcel), ROK : De 1960 à nos jours, 50 Ans de musique électrifiée en Bretagne, t. 2 : 1990/2013, LATDK, 2013, 480 p. (ISBN 2954364408), « Matmatah », p. 100-10
  • Olivier Polard et Yan Le Gat, Le Vauban. Un siècle d’histoire brestoise, Coop Breizh, 2012
  • Pascal Pacaly, La France est vraiment Rock !!, 2019, Les Editions du Joyeux Pendu, 292 pages (ISBN 978-2-490462-07-0)

Liens externes

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Ressources relatives à la musique

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v · m
Tristan Nihouarn · Éric Digaire · Benoît Fournier · Emmanuel Baroux
Cédric Floc’h · Jean-François Paillard
Albums studio La Ouache (1998) · Rebelote (2001) · Archie Kramer (2004) · La Cerise (2007) · Plates coutures (2017)
Albums en concert Lust for a Live (2002)
Compilations Greatest Hits : 1998-2008 (2011) · Antaology (2015)
EP Concert Matmatah (1999) · Mille Soleils (2005) · …and Times Goes Friendly (2006) · Bande à part (2008)
Vidéographie Piste Off ! (2003)

Alexandre Hervaud fait des blagues sur Twitter

Il a recommencé aujourd’hui.

Comme d’autres, il est décidément incorrigible…

 

https://www.ozap.com/actu/-liguedulol-ce-groupe-n-a-jamais-harcele-personne-selon-alexandre-hervaud/578366

#LigueDuLol : « Ce groupe n’a jamais harcelé personne » selon Alexandre Hervaud

 

Facebook

Facebook © Abaca

Alexandre Hervaud fait des blagues sur Twitter dans AC ! Brest 33-58ff6e4a8dc51-article_author_media-1

publié par
Jeudi 09 Mai 2019

 

Le journaliste a été licencié de « Libération » après la révélation de l’affaire dite de la « Ligue du Lol » en février dernier.

Il s’explique sur Twitter. En février dernier, une dizaine de personnes, principalement de femmes, ont relaté le cyberharcèlement qu’auraient exercé il y a une dizaine d’années des membres de la « Ligue du Lol« , du nom d’un groupe Facebok créé par le journaliste Vincent Glad. A la suite de la révélation de cette affaire, plusieurs personnes liées à cette polémique ont été licenciées ou non reconduits au sein de leur entreprise. Parmi eux, Alexandre Hervaud, chef de service à « Libération.fr », a été mis à pied à titre conservatoire, avant d’être licencié après une enquête interne de la direction du quotidien.

« Une couverture médiatique aussi affligeante qu’à charge »

Sur Twitter, ce jeudi, Alexandre Hervaud a tenu à sortir du silence et à revenir longuement sur cette affaire : « Après trois mois d’insultes, de menaces, de sanctions démesurées et, surtout, beaucoup de très mauvais journalisme, le temps du mutisme est terminé« . Selon lui, l’enquête interne sur cette affaire « n’a rien révélé justifiant (son) licenciement« , « décidé pour raison de com, d’image » : « Une image de coupable par association façonnée par une couverture médiatique aussi affligeante qu’à charge. »

Dans ses tweets – une vingtaine-, Alexandre Hervaud a souhaité faire un distinguo entre le groupe Facebook, baptisé « Ligue du Lol », et les harcèlements sur Twitter dont certaines personnes ont été victimes. Pour cela, il a expliqué que certains faits évoqués par les victimes remontaient à 2009, soit avant que Facebook ne lance la fonctionnalité permettant de créer des groupes, en octobre 2010. « 2009 est l’année de création de comptes Twitter anonymes collectifs, trollesques – que je n’ai jamais alimentés (…) Tout ça date d’avant la ‘Ligue du Lol’« , a ainsi assuré Alexandre Hervaud, ajoutant : « L’erreur de datation du groupe a permis à des médias avides de sensationnalisme de publier des témoignages n’ayant strictement rien à voir avec ce groupe Facebook privé. »

« Le reste n’est que fantasmes »

Concernant le nom de la « Ligue du lol », il a précisé qu’il s’agissait d’une « simple vanne footeuse« , qui a « hélas été prise au premier degré » : « ‘Ligue’ étant très connotée, certains ont fantasmé une société secrète, des Illuminatis 2.0., une loge maçonnique…« . Alexandre Hervaud a souligné que l’affaire « n’a pas pu être fact-checkée car aucun matériel à exploiter n’existe » et que « rien n’a filtré de ce fameux groupe privé disparu« , « pas un échange« . « Les médias se sont contentés d’actions individuelles hors groupe (tweets, blogs…) exhumées hors contexte. Le reste n’est que fantasmes, suppositions, calomnies« , a-t-il poursuivi. Et de conclure : « Ce groupe n’a jamais harcelé personne. Une minorité de ses membres, sans doute, et ce déjà bien avant sa création. »

 

 

https://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/pretre-egorge-polemique-apres-les-183311

Prêtre égorgé : polémique après les dérapages d’une élue ex-EELV et d’un journaliste de Libé

 

par Play Mobil
vendredi 29 juillet 2016

 

Quelques heures seulement après l’exécution par des soldats de Daech du père Jacques Hamel, le 26 juillet 2016 dans une église de Saint-Etienne-du-Rouvray, un journaliste de Libération et une élue locale bretonne ont fait scandale en blaguant sur Twitter au sujet de la mort atroce de l’octogénaire.

hervaud_le_goic_2-80a8e dans Calomnie

Julie Le Goïc est élue municipale à Brest, non encartée ; ex-EELV, elle a également quitté la majorité socialiste de sa ville. Le 26 juillet à 12h04, soit deux heures à peine après l’égorgement du père Hamel à Saint-Etienne du Rouvray, l’élue d’extrême gauche écrivait sur Twitter : « Du coup, le prêtre mort en martyr, il a le droit à 70 enfants de choeur au paradis ? »

Du coup, le prêtre mort en martyr, il a le droit à 70 enfants de choeur au Paradis ?

— Julie Le Goïc (@JulieLeGoic) 26 juillet 2016

L’onde de choc provoquée par ce tweet est remontée jusqu’à France 3 Bretagne, Atlantico et même Closer.

julielegoic_joly-2-e87da dans Folie Si l’élue admet que le tweet était de mauvais goût, elle l’assume. « Je regrette juste de l’avoir fait sur un réseau public. Je pense que le droit à l’humour est plus que nécessaire« , a-t-elle expliqué au Lab d’Europe 1.  »J’ai fait une blague de mauvais goût, et j’ai eu la bêtise de la faire sur Twitter« , ajoute-t-elle.

On peut surtout lui reprocher de s’être moquée, non pas des terroristes musulmans, mais de leur victime catholique, sans doute portée par un anticléricalisme primaire.

Elle a expliqué que son tweet était « en réaction aux crétins qui instrumentalisaient le prêtre en en faisant un martyr« , ou encore : « je répondais à des tweets qui en faisaient un martyr au lieu juste de pleurer l’homme qu’il était« .

L’élue n’a pas présenté d’excuses, et n’a pas effacé son tweet. Au contraire, elle a continué avec des blagues « potaches », comparant les prêtres non-pédophiles à des « pokémons rares« , relève le site Breizh Info.

pokemon-2-126d3 dans LCR - NPA

Le maire de Brest, François Cuillandre, a tenu à prendre ses distances avec l’élue : « Julie Le Goic n’est pas élue de la majorité. A l’inverse de tels propos, nos pensées vont aux victimes et aux proches« . Le FN local, quant à lui, a demandé sa démission.

Selon Le Lab d’Europe 1, Julie Le Goïc, inondée d’insultes sur Twitter, a reçu depuis mardi environ 1000 menaces de mort ou de viol.

Dans les dizaines d’échanges qui ont suivi sur Twitter, l’élue s’est dit « choquée par ce qu’une blague peut provoquer comme haine« . Et a annoncé dans la foulée vouloir porter plainte en réaction à des « menaces de viols« .

2016, tu fais une blague potache sur un prêtre mort et on te menace de viol. Bande de crétins, vous ne valez pas mieux que les terroristes.

— Julie Le Goïc (@JulieLeGoic) 27 juillet 2016

La plupart des hommes, deux heures après une attaque terroriste et l’égorgement d’un vieux prêtre, n’ont pas envie de rire. Julie Le Goïc, elle, n’a pas pu s’empêcher de blaguer et de bouffer du curé, se réclamant de l’esprit Charlie.

Ils ont commencé par assassiner ceux qui auraient, demain, publié des dessins irrévérencieux. Alors, vive Charlie. pic.twitter.com/PuifPK0oMC

— Julie Le Goïc (@JulieLeGoic) 26 juillet 2016

Depuis qu’elle a déclenché un incendie dans le coeur de plusieurs milliers de personnes, qui le lui ont fait savoir de manière fort virulente, l’élue ne trouve rien de mieux que de retweeter les centaines de messages d’insultes et de menaces qu’elle reçoit, et d’y répondre, plutôt que d’effacer son tweet, de s’excuser et de se taire enfin.

Julie Le Goïc, comme elle l’a dit en réponse à un message d’apaisement, refuse de s’excuser, s’inscrivant en cela dans les pas d’autres Bretons célèbres, réputés pour leur opiniâtreté, si ce n’est leur caractère borné, à l’image d’un certain Dieudonné qui, après les attentats de janvier 2015, avait lui aussi blagué en déclarant se sentir « Charlie Coulibaly«  :

@marccoatanea :)) tu dois confondre avec les menaces et insultes que j’ai reçues. C’est vrai qu’elles demandent des excuses.

— Julie Le Goïc (@JulieLeGoic) 28 juillet 2016

Certains médias ont fait remarquer que Julie Le Goïc n’en était pas à son « coup d’essai ». En mars 2016 déjà, elle pilotait un groupe d’immigrés clandestins venus perturber le conseil municipal de Brest. Le 18 mars, Ouest France titrait ainsi : « Julie Le Goïc fait l’unanimité… contre elle« . Extrait :

« La majorité municipale ne la regarde plus comme une élue. Le conseil municipal de jeudi était la goutte d’eau de trop. (…)

Dans un communiqué de presse commun, initiative extrêmement rare pour ne pas dire inédite, les présidents des six groupes de la majorité municipale tombent à bras raccourcis sur leur ancienne camarade, Julie Le Goïc.

En cause, son comportement lors du dernier conseil municipal, quand la salle a été investie par une quarantaine de militants exigeant un logement pour des réfugiés d’Europe de l’Est.

Les signataires du texte évoquent son « attitude loin d’être neutre » ; sa «  complicité avec les comportements et l’agressivité verbale de certains manifestants » ; « le défaut d’honnêteté et de cohérence intellectuelle » (…). Ils la rangent donc parmi les manifestants davantage que parmi les élus, qu’ils soient de la majorité ou de l’opposition.

(…) À compter d’aujourd’hui et jusqu’à la fin du mandat, elle parlera dans le vent… »

Julie_Dany_2-039e1 dans Le Post Selon Breizh.info, Julie Le Goïc fut adhérente de l’organisation marxiste “Ras l’Front” en 1995 puis à la CNT en 2000, avant d’être par la suite élue au Conseil administratif de l’université de Bretagne Ouest sous l’étiquette CNT FAU. En 2006 elle adhère chez les Verts puis intègre la majorité de François Cuillandre, jusqu’en juin 2015. Militante chevronnée (LGBT, migrants…), Le Goïc est « une des pièces maîtresses de l’activisme d’extrême-gauche brestois« .

Ses propos visant le père Hamel font écho à ceux du journaliste de Libération Alexandre Hervaud. Celui-ci a posté sur Twitter ce message peu après l’annonce de l’égorgement du prêtre : « dans le but d’apaiser les tensions entre communautés, j’espère que les deux assaillants étaient deux anciens scouts abusés par le prêtre ».

hervaud_tweet-2-51bf8 dans Luraghi

Les réactions sur Twitter furent là aussi très vives et très nombreuses… La Ligue de Défense Juive, dont on connaît la radicalité, a elle-même réagi sans tarder en dénonçant un tweet « abject« . Et une pétition a été lancée pour demander la suppression de sa carte de presse au journaliste ; elle a déjà recueilli plus de 10.000 signatures.

Alexandre Hervaut a pris l’initiative d’aller porter plainte à la police, comme il nous l’apprend dans un tweet :

Il a également publié un billet intitulé « C’est dur de faire marrer les cons » (clin d’oeil à la fameuse « une » de Charlie Hebdo avec Mahomet), où il a tenté de se justifier et d’expliquer sa blague.

Dans une mise à jour à ce billet, il a présenté ses excuses aux personnes qui ne l’ont pas insulté mais qui ont pu être blessées par son « tweet sarcastique ».

Julie Le Gohic, décidément peu inspirée, a affiché sa solidarité avec le journaliste de Libération, qui, suite à une protestation citoyenne massive, a été conduit à supprimer son tweet nauséabond :

Rho, il était drôle pourtant son tweet à @AlexHervaud … Je me sentais moins seule avec mes blagues… https://t.co/baVzD7zQ4x

— Julie Le Goïc (@JulieLeGoic) 26 juillet 2016

Dans sa défense de la blague de Hervaud, elle se renvendique encore de l’esprit Charlie :

C’est ce qui arrive quand on est encore #Charlie en 2016. Le Has-Been tue. ;) https://t.co/8jobee2j2Z

— Julie Le Goïc (@JulieLeGoic) 26 juillet 2016

Ce triste épisode témoigne, si besoin en était, d’un usage pour le moins contestable des réseaux sociaux par nombre d’élus et de journalistes, prompts à envenimer la situation, à jeter de l’huile sur le feu, dans des moments où nous aurions besoin du contaire, d’unité et de gravité. Comme le déclarait en 2011 le philosophe Raphaël Enthoven : « Sans loi, Internet n’est qu’un revolver entre les mains de milliards d’enfants. » Pas sûr qu’il visait à l’époque journalistes et politiques…

 

Qu’est-ce que la Direction Interministérielle du Numérique et du Système d’Information et de Communication de l’Etat ?

Pour répondre à cette question, je ne me casse pas la tête, je colle ci-dessous les fiches Wikipédia qui vont bien en précisant à l’ensemble de mes lecteurs, surtout les plus réguliers, que cette Direction fait partie des leurs, c’est-à-dire qu’elle me lit régulièrement depuis plusieurs années, probablement sur dénonciations. Je voyais déjà assez souvent la Direction Interministérielle des Systèmes d’Information et de Communication parmi mes lecteurs de blog avant qu’elle ne se transforme et change d’appellation, ce n’est donc pas nouveau.

Puisqu’en ce moment même elle s’intéresse derechef à plusieurs de mes écrits, je me permets de lui signaler, d’une part, que ceux-ci ne sont pas forcément le fidèle reflet de ce que je sais faire ni de tout ce que je pourrais dire ou écrire si je n’étais pas constamment plus ou moins contrainte ou forcée par les cybercriminels qui me violent au quotidien depuis maintenant une bonne dizaine d’années, et d’autre part, qu’étant moi-même spécialisée en conception de systèmes d’information, je parle couramment numérique et suis bien évidemment toujours ouverte à toute discussion sérieuse. Je n’évite que les pervers. Ma langue maternelle est le français et j’ai aussi quelques notions de brestois, bien utiles par les temps qui courent.

A bon entendeur…

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Direction_interminist%C3%A9rielle_du_num%C3%A9rique_et_du_syst%C3%A8me_d%27information_et_de_communication_de_l%27%C3%89tat

Direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État

 

La direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC) est une direction placée sous l’autorité du Premier ministre, au sein de l’administration publique française, chargée de coordonner les actions des administrations en matière de systèmes d’information.

Elle est considérée comme la direction des systèmes d’information de l’État français.

Histoire

Le 21 septembre 2015, le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique prend suite à la direction interministérielle des systèmes d’information et de communication. Il comprend deux directions : la direction interministérielle pour l’accompagnement des transformations publiques et la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat1.

Le 20 novembre 2017, le secrétariat général pour la modernisation de l’action publique est supprimé, et la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat est désormais placée, par délégation du Premier ministre, sous l’autorité du ministre chargé du numérique et rattachée au secrétaire général du Gouvernement. Le ministre chargé de la réforme de l’Etat en dispose2.

Rôle

  • Oriente, anime et coordonne les actions des administrations de l’État visant à améliorer la qualité, l’efficacité, l’efficience et la fiabilité du service rendu par le système d’information et de communication de l’État et ceux des autres autorités administratives.
  • Promeut l’innovation en matière de technologies de l’information et de la communication.
  • Contribue, avec les administrations de l’État, à l’ouverture des données publiques. Elle veille à ce que ces systèmes concourent de manière cohérente à simplifier les relations entre les usagers et les administrations de l’État et entre celles-ci et les autres autorités administratives.
  • Organise et pilote la conception et la mise en œuvre des opérations de mutualisation entre administrations de l’État, ou entre celles-ci et d’autres autorités administratives, de systèmes d’information ou de communication d’usage partagé.
  • Organise et anime la concertation nécessaire à l’évolution des référentiels généraux d’interopérabilité et d’accessibilité, des modèles de données de référence et des modèles d’échange et, en liaison avec l’Agence nationale de la sécurité des systèmes d’information, du référentiel général de sécurité.
  • Contribue, par les réponses apportées aux besoins propres de l’État en matière de technologies de l’information et de la communication, à promouvoir l’innovation et la compétitivité dans ce secteur de l’économie nationale.
  • Contribue à la définition des positions françaises dans les instances internationales et communautaires compétentes en matière de normalisation, d’industrialisation, de commercialisation et d’usage des technologies de l’information et de la communication, et d’affectation des fréquences.
  • Contribue, avec le service des achats de l’État, à définir les règles et procédures applicables pour l’externalisation, la sous-traitance et l’achat de matériels, logiciels et prestations de services concourant à l’établissement ou à l’exploitation des systèmes d’information et des réseaux et services de communications électroniques des administrations de l’État.
  • Contribue, avec la direction générale de l’administration et de la fonction publique, à définir les processus et les règles spécifiques de gestion des personnels des administrations de l’État dans les métiers des technologies de l’information et de la communication.

Réalisations opérationnelles de la DISIC puis de la DINSIC

Plusieurs interviews ou interventions publiques3,4 de son directeur, ainsi que le dossier sur le site du gouvernement5 permettent de cerner les premiers chantiers :

  • la création d’un réseau interministériel de l’État, pour remplacer les réseaux des ministères et améliorer la sécurité. C’est le résultat d’une décision du Conseil des ministres du 25 mai 20116 ;
  • la modernisation des centres informatiques, pour mettre en commun les moyens des ministères et développer l’usage de l’informatique en nuage au sein de l’administration ;
  • l’accompagnement, sur le plan des systèmes d’information, des réformes organisationnelles de l’État sur le territoire (« réforme de l’administration territoriale de l’État »7). Cela consiste à harmoniser et mettre en commun les systèmes d’informations locaux issus des différents ministères concernés et adapter les organisations locales.

Plusieurs documents cadres sont également publiés par la DISIC :

  • le cadre stratégique commun du système d’information de l’État, diffusé par circulaire du Premier Ministre, définit la stratégie d’évolution du système d’information de l’État, et demande aux ministères de s’y conformer ;
  • le cadre commun d’urbanisation, définit des bonnes pratiques en matière d’architecture d’entreprise pour les ministères8 ;
  • la circulaire sur l’usage du logiciel libre dans l’administration encourage les ministères à l’adoption des logiciels libres9 ;
  • la synthèse des contrats de progrès ministériels 2013-201510.

La DINSIC propose de systématiser l’usage de la méthode d’analyse de la valeur MAREVA sur tous les nouveaux projets dans tous les ministères.

Elle opère aussi FranceConnect. C’est un dispositif qui permet à chacun de s’identifier et s’authentifier sur un site web via un bouton FranceConnect.

On mentionnera également des travaux de modernisation de la gestion des ressources humaines dans le domaine informatique, de travaux budgétaires, et d’opérations de sécurisation de grands projets informatiques en cours.

Liste des directeurs

Notes et références

  1. Décret no 2015-1165 du 21 septembre 2015 relatif au secrétariat général pour la modernisation de l’action publique [archive]
  2. Décret no 2017-1584 du 20 novembre 2017 relatif à la direction interministérielle de la transformation publique et à la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’Etat [archive]
  3. http://www.acteurspublics.com/article/13-04-11/les-3-chantiers-du-directeur-informatique-de-l-etat [archive]
  4. http://www.entreprises-et-cultures-numeriques.org/role-du-si-dans-la-transformation-de-l-etat-pourquoi-une-disic/ [archive]
  5. http://www.gouvernement.fr/gouvernement/le-systeme-d-information-de-l-etat-se-transforme [archive]
  6. http://www.elysee.fr/president/les-actualites/conseil-des-ministres/comptes-rendus/2011/compte-reandu-du-conseil-des-ministres-du-25-mai.11448.html [archive]
  7. http://www.interieur.gouv.fr/reate/Recueil_textes_reate_v_3.pdf [archive]
  8. « Urbanisation du système d’information de l’État | Les documents de référence du S.I. de l’État » [archive], sur references.modernisation.gouv.fr (consulté le 27 janvier 2016)
  9. http://circulaire.legifrance.gouv.fr/pdf/2012/09/cir_35837.pdf [archive]
  10. Synthèse des contrats de progrès ministériels 2013-2015 [archive]
  11. « Henri Verdier à la tête de la nouvelle Direction interministérielle du numérique (DINSIC) » [archive], sur www.nextinpact.com (consulté le 27 janvier 2016)

Voir aussi

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Direction_interminist%C3%A9rielle_des_syst%C3%A8mes_d%27information_et_de_communication

Direction interministérielle des systèmes d’information et de communication

 

La direction interministérielle des systèmes d’information et de communication (DISIC) était la direction des systèmes d’information (DSI) de l’État français. Créée le 21 février 20111, elle fusionne en septembre 2015 avec Etalab pour devenir la direction interministérielle du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC).

Rôle

Ses objectifs étaient :

  • définir un cadre stratégique cohérent pour l’évolution des systèmes d’information dans l’administration ;
  • élaborer un cadre de performance, le mettre en œuvre et le suivre ;
  • piloter des opérations de mutualisation d’infrastructures ;
  • maîtriser les projets à fort enjeu dans un rôle d’audit et d’alerte.

Elle concrétise une décision du comité de modernisation des politiques publiques n°5, dans le cadre de la révision générale des politiques publiques.

Le décret, dans son article 4, précise que la DISIC reprend le rôle de pilotage (dévolu jusqu’alors à la DGME et hérité de l’Agence pour le développement de l’administration électronique) :

Un arrêté, en date du 4 juin 2011, rend obligatoire la consultation de la DISIC pour tous les projets informatiques importants dans les administrations2.

Notes et références

  1. décret du 21 février 2011 [archive]
  2. Arrêté du 1er juin 2011 pris pour l’application de l’article 7 du décret n° 2011-193 du 21 février 2011 portant création d’une direction interministérielle des systèmes d’information et de communication de l’Etat (lire en ligne [archive])

Voir aussi

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Henri_Verdier

Henri Verdier

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Verdier.
Henri Verdier
20130319HenriVerdier 001.jpg
Henri Verdier en 2013.
Fonctions
Directeur
Etalab
2013-2015
Séverin Naudet (d)
Laure Lucchesi (d)
Président
Cap Digital
2008-2013
Manager général (en)
Odile Jacob Multimédia (d)
1995-2007
Biographie
Naissance
      (49 ans)

Toulouse

Nationalité
Formation
École normale supérieure (à partir de 1988)
Activité
Autres informations
Membre de
Conseil scientifique de Wikimédia France (d) (2015)
Site web
Distinctions

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Henri Verdier, né le 24 novembre 1968 à Toulouse1, est un entrepreneur et spécialiste du numérique français.

Directeur interministériel du numérique et du système d’information de l’Etat français, il est également administrateur général des données (AGD).

Biographie

Formation

Henri Verdier est ancien élève de l’École normale supérieure2 (promotion S1988)3, titulaire d’une licence en philosophie, d’un magistère en biologie et d’un diplôme d’études approfondies en sociologie4.

Carrière

Il fut en 1995 le cofondateur et le directeur général de la société Cred-M, devenue Odile Jacob Multimédia4, où il développe notamment avec Georges Charpak un ensemble de supports pédagogiques pour La Main à la pâte.

En 2007, il rejoint Lagardère Active comme directeur chargé de l’innovation. En 2009, il rejoint l’Institut Télécom comme directeur de la prospective, chargé de la création du think tank « Futur numérique »5 (Fondation-telecom). En 2010, il fonde, avec Jean-Michel Lasry, Pierre-Louis Lions et Olivier Guéant, la société MFG-Labs6, qu’il quitte en 2012, et qui est acquise par Havas Media en mai 20137.

Membre fondateur du pôle de compétitivité Cap Digital, il en exerça la vice-présidence de 2006 à 2008, avant de le présider de 2008 à janvier 2013.

De janvier 2013 à septembre 2015, il dirige Etalab, le service du premier ministre chargé de l’ouverture des données publiques8. Sous sa direction, Etalab a développé une nouvelle version9,10, inaugurée le 18 décembre 2013, du portail d’open data français « data.gouv.fr », qui héberge de nombreuses données publiques. Cette version, qui autorise les citoyens à enrichir les données publiques ou à partager leurs propres données11, a été qualifiée par le blog TechPresident de « première mondiale »12.

Par arrêté du Premier ministre en date du 16 septembre 2014, il est nommé Administrateur Général des Données13,14.

En conseil des ministres du 23 septembre 2015, il est nommé directeur interministériel du numérique et du système d’information et de communication de l’État (DINSIC). Cette nouvelle direction, qui allie les fonctions d’une DSI et une mission de transformation numérique. Poursuivant l’engagement de la mission Etalab au service de l’ouverture du code [archive], des données et des algorithmes, la DINSIC jette les fondamentaux de « l’Etat Plateforme » (France Connect [archive], api.gouv.fr [archive], Base nationale adresse [archive]) et promeut au sein de l’Etat une stratégie de réinternalisation de ressources et de recours aux méthodes agiles qui s’exprime par exemple par le développement rapide de l’incubateur de « Start-up d’Etat » : Beta.gouv.fr [archive].

Ancien membre du conseil scientifique de l’Institut Mines-Télécom15, Henri Verdier est membre du comité de prospective de l’ARCEP16, du Comité de prospective de la CNIL17 et de la Commission innovation 2030.

Il est membre du conseil scientifique de Wikimédia France18.

Ouvrages

      • Avec Nicolas Colin, L’Âge de la multitude : entreprendre et gouverner après la révolution numérique (Armand Colin, Paris, 2012, réédité 2015)19
      • Avec Pierre Pezziardi, Des Startup d’Etat à l’Etat plateforme (Fondation pour l’innovation politique, Paris, 2017)20

Contributions à des ouvrages collectifs

La pertinence de cette section est remise en cause. Considérez son contenu avec précaution. Améliorez-le ou discutez-en. (juin 2016)
      • L’Etat en mode Start-Up, Le nouvel âge de l’action publique, (Eyrolles, Paris, mai 2015).
      • Numérique et Libertés : un nouvel âge démocratique, Rapport n° 3119, Assemblée nationale, octobre 2015.
      • Big, fast & open data. Décrire, décrypter et prédire le monde, FYP Editions, Paris, 2014.
      • La Métamorphose numérique vers une société de la connaissance et de la coopération, Éditions alternatives, 2013.
      • L’innovation, un enjeu majeur pour la France, rapport pour le Ministère du redressement productif et le Ministère de l’enseignement supérieur et de la recherche, avril 201321
      • Le Dictionnaire politique d’Internet du numérique (Éditions La Tribune, Paris, 2010)
      • TIC 2025 : Les Grandes Mutations (FYP Éditions, Paris, 2010)
      • New Age to New Edge (Orange Institute, San Francisco, 2010)

Distinctions

      • Henri Verdier a été lauréat du prix Roberval en 1999, avec Georges Charpak et l’ensemble de son équipe.
      • Il est chevalier dans l’ordre national du mérite (promotion mai 2010)22 et Chevalier de l’ordre des Arts et des Lettres (promotion juillet 2014)23.

Notes et références

  1. « Henri Verdier » [archive], sur whoswho.fr, 2011.
  2. Club des Normaliens dans l’Entreprise : Henri Verdier [archive]
  3. http://www.archicubes.ens.fr/lannuaire#annuaire_chercher?identite=Henri+Verdier [archive].
  4. a et b http://www.lesbiographies.com/#/Biographie/VERDIER-Henri,202309 [archive].
  5. Fiche de présentation du Think Tank « Futur numérique » [archive] (PDF 2p) par la fondation Telecom
  6. http://www.mfglabs.com [archive]
  7. « Havas Media acquiert MFG-Labs », Frenchweb.fr,‎ 5 juin 2013 (lire en ligne [archive])
  8. Discours du Premier ministre devant les acteurs du web [archive], gouvernement.fr
  9. http://data.blog.lemonde.fr/2013/12/18/data-gouv-fr-nouvelle-formule-nouvelles-ambitions/ [archive]
  10. https://www.lopinion.fr/19-decembre-2013/open-data-debuts-l-anti-colbertisme-a-francaise-7354 [archive]
  11. http://www.liberation.fr/economie/2014/01/19/la-france-premier-pays-a-aller-au-bout-de-la-logique-de-l-open-data_973967 [archive]
  12. A “World First”: France’s Data.Gouv.Fr Opens Platform To Citizen Submissions [archive]
  13. « Décret n° 2014-1050 du 16 septembre 2014 instituant un administrateur général des données » [archive], sur legifrance.gouv.fr, 17 septembre 2014 (consulté le 20 septembre 2014)
  14. Le Blog de l’Administrateur général des données [archive]
  15. Le conseil scientifique [archive], mines-telecom.fr
  16. Comité de prospective de l’ARCEP [archive]
  17. Comité de prospective de la CNIL [archive]
  18. https://www.wikimedia.fr/conseil-scientifique/ [archive].
  19. Le Blog de l’Age de la multitude [archive]
  20. Note de la Fondapol [archive]
  21. Rapport Beylat-Tambourin [archive]
  22. JO Présidence de la République Ordre national du Mérite [archive]
  23. [1] [archive]

Annexes

Bibliographie

Liens externes

Sur les autres projets Wikimedia :

En Allemagne, une ancienne terroriste de la RAF rompt le silence

Ses copines brestoises sont encore très loin de présenter des excuses à leurs victimes ou à leurs proches, elles préfèrent au contraire éliminer tous les survivants et y travaillent d’arrache-pied avec leur complice le malade mental au clavier – son « arme », comme il le revendique haut et fort.

Comme déjà dit, leurs assassinats des années 1970 et 1980 s’étant soldés par de très lourdes peines de réclusion criminelle pour ceux qui s’étaient fait prendre, elles ont depuis réorienté leurs attaques ciblées vers des ingénieurs anonymes qu’elles assassinent ou font assassiner pour le compte de patrons voyous : c’est bien plus facile, sans aucun risque, et ça rapporte gros… Voyez le malade mental au clavier : il n’a même plus besoin de travailler pour vivre…

 

http://www.liberation.fr/planete/2017/11/29/quarante-ans-plus-tard-une-ancienne-membre-de-la-fraction-armee-rouge-demande-pardon_1613320

Quarante ans plus tard, une ancienne membre de la Fraction armée rouge demande pardon

 

Par Johanna Luyssen, correspondante à Berlin — 29 novembre 2017 à 18:05
Silke Maier-Witt, le 2 avril 2006. Photo Ermal Meta. AFP

Silke Maier-Witt faisait partie des terroristes de la Fraction armée rouge (RAF) ; Jörg Schleyer est le fils du patron des patrons allemands, assassiné par la RAF en 1977. Quarante ans après le funeste «automne allemand», ils se sont rencontrés, elle lui a demandé pardon.

  • Quarante ans plus tard, une ancienne membre de la Fraction armée rouge demande pardon

Alors que le pays panse encore les plaies de ce funeste automne 77, qui vit culminer la violence entre la Fraction armée rouge (RAF) et le gouvernement de la RFA et où l’on assista en un mois et demi à une succession de faits sanglants – de l’enlèvement du patron des patrons à Cologne à une prise d’otages aussi rocambolesque que tragique entre Palma de Majorque et Mogadiscio –, voici que l’heure du pardon arrive. Un épisode important dans l’histoire de la Fraction armée rouge, qui s’est déroulé à l’hôtel Marriott de Skopje, en Macédoine.

A lire aussi  Fraction armée rouge : quarante ans après, une cicatrice toujours ouverte

Le tabloïd Bild a publié mardi la rencontre entre une ancienne terroriste de la RAF, Silke Maier-Witt, et le fils du patron des patrons allemands, Jörg Schleyer, dont le père fut envoyé ad patres le 18 octobre 1977. Fait rare pour des ex de la RAF : elle parle. Fait inédit : elle s’excuse auprès d’un proche d’une victime. «Cela semble si plat à dire, mais d’abord je demande pardon», dit l’ex-terroriste, condamnée à dix ans de prison pour avoir participé à l’enlèvement et à la séquestration, suivie du meurtre, de Hanns-Martin Schleyer. Ce n’est pas elle qui l’a tuée, elle n’était même pas là. Elle ne l’a même jamais rencontrée, c’était une exécutante. Elle prenait des notes. Au terme des heures d’entretien, le fils Schleyer ne saura d’ailleurs pas qui a tué son père. Stefan Wisniewski ? Willy Peter Stoll ? Rolf Heissler ? Rolf Clemens Wagner ?

Sept heures de rencontre

Mais c’est bien elle qui a transmis ce message, adressé à Libération et à l’agence de presse allemande Deutsche Presse-Agentur le 19 octobre 1977, qui scelle officiellement la mort de Schleyer : «Après quarante-trois jours, nous avons mis fin à l’existence misérable et corrompue de Hanns Martin Schleyer. Schmidt [le chancelier allemand, ndlr], qui dans son calcul a depuis le début spéculé avec la mort de Schleyer, peut en prendre livraison rue Charles-Péguy à Mulhouse. Sa mort est sans commune mesure avec notre douleur après le massacre de Mogadiscio. Nous ne sommes pas étonnés par la dramaturgie fasciste des impérialistes pour détruire les mouvements de libération. Le combat ne fait que commencer.» Le correspondant de Libé de l’époque se rendit à l’adresse dite, et y trouva, comme indiqué, le corps sans vie du patron des patrons.

Aujourd’hui, Silke Maier-Witt a 67 ans, est retraitée et vit à Skopje. Elle a passé sept heures avec Jörg Schleyer, 63 ans. Cette rencontre orchestrée par Bild, et commentée par la plupart des journaux allemands, semble répondre à ce récent discours du président allemand, Frank-Walter Steinmeier, le 18 octobre dernier. C’était le jour des quarante ans de la mort de Schleyer, et, devant les proches des victimes de la RAF, Steinmeier exhortait les terroristes à prendre enfin la parole. «Aux coupables, qui sont restés silencieux pendant de nombreuses années, je voudrais dire très clairement qu’ils sont coupables une deuxième fois – coupables envers les proches des victimes, non pas légalement, mais moralement.» Avant d’ajouter : «Parlez et répondez aux questions qui sont encore ouvertes. Au moins, vous le devez aux proches.»

De son côté, Jörg Schleyer a demandé au bureau de la présidence de communiquer les dossiers confidentiels concernant le meurtre de son père, qui ne furent jamais divulgués. «C’est précisément ce savoir qui ne peut être refusé aux survivants endeuillés après quarante ans.»

Johanna Luyssen correspondante à Berlin

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Action_directe

Action directe

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Action directe
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Image illustrative de l'article Action directe

Idéologie Anarchisme et mouvement autonome en France1
Objectifs Révolution prolétarienne
Statut Inactif
Fondation
Date de formation 1979
Pays d’origine France
Actions
Mode opératoire attentats à la bombe, assassinats, etc.
Victimes (morts, blessés) Au moins 12 morts et 26 blessés[réf. nécessaire]
Zone d’opération France
Période d’activité 1979-1987
Organisation
Membres ~1802
Financement Braquage
Groupe relié FRAP, Fraction armée rouge, Brigades rouges, Cellules communistes combattantes, NAPAP, GARI, Affiche rouge, Fraction armée révolutionnaire libanaise, CLODO, ETA, Prima Linea, GRAPO, COLP3
Répression
Nombre de prisonniers 3
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Action directe est le nom d’un groupe terroriste anarcho-communiste4, issu du mouvement autonome en France et anti-franquiste4,5.

Historiquement, il doit être replacé dans le cadre de ce que l’on a appelé les « années de plomb » qui ont vu l’apparition de mouvements comme la Fraction armée rouge en Allemagne ou les Brigades rouges en Italie. Il emprunte son nom à la théorie anarchiste de l’« action directe ».

Ses membres ont revendiqué plus de 80 attentats ou assassinats sur le territoire français entre 1979 et 1987. Action directe a été interdite pour apologie de la lutte armée par un décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement par la loi du 10 janvier 1936 sur les groupes de combat et milices privées6. L’organisation est, depuis, officiellement considérée comme terroriste par les autorités françaises7,8. Les derniers militants de l’organisation ont été arrêtés en 1987, puis jugés et condamnés par une formation spéciale de la cour d’assises de Paris sous les chefs d’inculpation d’assassinat de Georges Besse, de celui du général René Audran, de tentatives d’assassinat sur le contrôleur général des armées Henri Blandin et du vice-président du Conseil national du patronat français (CNPF) Guy Brana, et les attentats contre les locaux d’Interpol et ceux de l’Union de l’Europe occidentale9.

Selon le criminologue Jean-François Gayraud, l’organisation compta 200 sympathisants et militants sur huit ans d’existence10. Au plan international, Action Directe mena notamment des actions avec les Cellules communistes combattantes de Pierre Carette (Belgique), la Rote Armee Fraktion (Allemagne), divers groupes armés italiens (Brigades rouges, Communistes organisés pour la libération prolétarienne, Prima linea), les Fractions armées révolutionnaires libanaises et des groupes extrémistes turcs11.

 

Sommaire

Historique

Genèse et influences

Action directe est le résultat de la fusion des membres des GARI (Groupes d’action révolutionnaire internationalistes), des NAPAP (Noyaux armés pour l’autonomie populaire)12 et des Brigades internationales. Ces trois groupes appartiennent à la même famille de pensée que la Gauche prolétarienne, mouvement maoïste dissous en 1974, qui prônait le recours à la violence comme arme politique. Les GARI ont été fondés en 1973 par des anarchistes espagnols anti-franquistes exilés en France, qui ont basculé dans la lutte armée l’année suivante, après la condamnation à mort et l’exécution de l’anarchiste catalan Salvador Puig i Antich. Les NAPAP forment un autre mouvement anarchiste, animé par Frédéric Oriach qui s’est fait connaître en 1977 à l’occasion de l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni, ancien vigile des usines Renault qui avait abattu cinq ans plus tôt le militant maoïste Pierre Overney. Les Brigades internationales ont organisé en 1976-1977 plusieurs attentats contre des diplomates étrangers en poste à Paris. Ces trois organisations ont suivi un cheminement idéologique similaire. Elles ont en commun le recours aux attentats à l’explosif, aux mitraillages d’édifices publics et de sièges de sociétés, aux assassinats dits politiques et aux attaques de banque comme moyen de financement. Elles coopèrent avec d’autres groupes armés européens et s’apportent un appui logistique mutuel11. Leur rapprochement aboutit en 1977 à la création d’une « coordination politico-militaire interne au mouvement autonome en France ».

Cette coordination se transforme en 1979 en une « organisation de guérilla » qui commence alors à revendiquer ses attaques sous le nom d’Action directe13, expression empruntée à l’anarcho-syndicalisme du début du XXe siècle, mais avec laquelle la pratique d’Action Directe n’a rien à voir14, au nom de la lutte contre l’impérialisme capitaliste, des symboles de la puissance de l’État, le grand patronat et la défense du prolétariat. Pour s’alimenter en armes et explosifs, ils réalisent des vols et braquages.

Action directe s’est progressivement divisée en plusieurs factions. D’une part Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Georges Cipriani, Joëlle Aubron et « leurs amis, des libertaires » qui se sont rapprochés de la Fraction armée rouge allemande. D’autre part, une branche lyonnaise démantelée en 1986, avec André Olivier, Joëlle Crépet, Bernard Blanc, Max Frérot ou Émile Ballandras (connue sous le nom d’Affiche rouge).

Des divergences idéologiques apparaitront en effet au sein du groupe. En mars 1982 Jean-Marc Rouillan et ses amis rendent public un manifeste intitulé Pour un projet communiste. Selon Christophe Bourseiller, ce texte se réclame clairement d’une « idéologie communiste libertaire » « antiautoritaire, antiléniniste, et antistalinienne ». Le juge Bruguière qualifie la doctrine élaborée par Rouillan de « compromis entre le marxisme-léninisme et les thèses libertaires ». Elle serait largement inspirée des thèses des Brigades Rouges15. Il considère qu’Action directe « n’a guère de base idéologique » : dans un premier temps, le groupe revendique ses débuts anarchistes, puis tente de trouver des justifications théoriques à ses actions. Jean-François Gayraud est encore plus sévère : pour lui « la faiblesse quantitative (des textes publiés par Action directe) le dispute à l’indigence intellectuelle. Au mieux il s’agit d’une pâle adaptation des thèses léninistes, et au pire, dans d’autres occasions, Action Directe se contentera, comme le fera remarquer charitablement Frédéric Oriach, de traduire dictionnaire en main les productions des Brigades Rouges et de la Fraction Armée Rouge10 ». Les journalistes d’extrême-gauche Bertrand Le Gendre et Edwy Plenel font état de nombreux témoignages allant dans le même sens : « il n’y avait, le plus souvent, aucun lien entre la théorie politique et leur pratique. La première servait seulement de couverture, de justification idéologique. D’emblée, l’aventure individuelle, sur fond le plus souvent d’origine sociale petite-bourgeoise, l’emporte sur la cohérence intellectuelle16. »

Tel n’est pas le cas de la « Branche lyonnaise ». André Olivier et ses proches se définissent comme « marxistes-léninistes et défendent l’héritage de Mao ». André Olivier, ancien militant de la Cause du Peuple, a intégré en 1975, la « mouvance autonome où se côtoient ex-maos et anars ». Action directe étant un mouvement non autoritaire, la branche lyonnaise a toute latitude pour se positionner sur des idéologies différentes de celle de Rouillan et Ménigon. Selon Christophe Bourseiller, le seul combat réel oppose les foquistes libertaires de Paris aux maoïstes de Lyon17. Ces derniers affichent un antisionisme qui se transforme rapidement en antisémitisme18. Les divergences qui apparaissent entre les deux groupes donnent lieu à une rupture définitive pendant l’hiver 1981-198219. Au mois d’août 1982, une nouvelle rupture a lieu avec deux courants « mouvementistes » qui se sont progressivement opposés à la lutte armée, dont le groupe des Toulousains, anarcho-écologiste, autour de Michel Camillieri.

Selon certaines sources, le groupe Action directe aurait pu être commandité, voire manipulé par un État étranger afin de commettre certains assassinats. C’est la thèse que soutiennent les journalistes Romain Icard20 et Dominique Lorentz21. Le nom de l’Iran, que le contentieux Eurodif opposait à la France, est souvent cité. Cette thèse, considérée comme vraisemblable par Gilles Ménage11 (ancien directeur de cabinet de François Mitterrand chargé des questions de renseignement, de police et de sécurité), se fonde notamment sur le fait que Georges Besse, assassiné par Action directe, avait été président d’Eurodif. Le juge Alain Marsaud a indiqué d’autre part qu’au moment de leur arrestation, les responsables du groupe (Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron et Georges Cipriani) projetaient d’enlever et de séquestrer le président d’Eurodif22. Yves Bonnet, ancien directeur de la DST, se dit convaincu qu’Action directe a été commanditée pour certains assassinats ; il se fonde notamment sur la proximité de Mohand Hamami, militant du groupe, avec la Fraction armée révolutionnaire libanaise (FARL)23.

Création et première période

La première manifestation « idéologique » violente du groupe date du 1er mai 1979 : il s’agit du mitraillage de la façade du siège du Conseil National du Patronat Français (CNPF), rue Pierre 1er de Serbie à Paris. Le commando est composé d’André Olivier, Maxime Frérot, Ménigon et Rouillan24. Le 25 mai, un attentat à l’explosif est commis contre une agence immobilière à Sceaux; il est revendiqué pour la première fois par le groupe Action directe. Six autres actions sont réalisées jusqu’au 26 mars 1980. Il s’agit d’attentats à l’explosif ou de mitraillages contre des bâtiments ministériels ou des organismes censés représenter le pouvoir ou le patronat. Le 16 mars 1980, un attentat vise les locaux réputés secrets de la DST rue Rembrandt à Paris. Le 18 mars 1980, la façade du ministère de la Coopération, boulevard des Invalides est mitraillée. Le ministre Robert Galley vient de quitter son bureau, qui est atteint par plusieurs balles. Des tracts signés Action directe dénonçant « l’État négrier » sont abandonnés sur place25.

À la suite de cet attentat, les différents services de police se mobilisent contre Action directe. Dirigée par le commissaire Jean-Pierre Pochon, la discrète Brigade Opérationnelle Centrale (BOC) des Renseignements Généraux suit alors attentivement le groupe dont la dérive de plus en plus violente inquiète les autorités26. Jean-Marc Rouillan est déjà connu des services de police : il a fait l’objet de plusieurs interpellations pour détention d’armes depuis 1974. Un coup de filet est opéré le 27 mars et vingt-huit suspects identifiés et repérés par la BOC sont interpellés, parmi lesquels à Paris Mireille Munoz, Carlos Jaurégui, Pedro Linarès Montanes, Serge Fassi, Pascal Trillat, Mohand Hamami et Olga Girotto, une militante italienne du groupe terroriste Prima Linéa. Des armes, un stock de cartes d’identité françaises et italiennes vierges et 600 kg de dynamite sont saisis. Au total dix-neuf suspects (en incluant quatre ressortissants italiens suspectés d’avoir participé au hold-up de Condé-sur-l’Escaut et arrêtés dans le Var) seront déférés à la Cour de sûreté de l’état27. Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et André Olivier, considérés comme les chefs d’Action directe, échappent cependant à l’interpellation28. Ils ne désarment pas. Le 5 août, un commando de quatre hommes et deux femmes braque la mairie du 14e arrondissement. Ils s’emparent de fiches d’état-civil, de cachets officiels, de mille cartes grises et de plusieurs centaines de passeports et de cartes d’identité. Dans les mois et les années qui suivront, les policiers retrouveront des documents issus de ce vol en possession des membres d’Action directe qui seront arrêtés.

Le commissaire Pochon monte alors un stratagème pour capturer les dirigeants d’Action directe que la méfiance instinctive rend difficile à localiser : sur une idée de leur informateur, Gabriel Chahine29,28, le commissaire et ses hommes se font passer pour des émissaires de Carlos dans le cadre d’une action groupée visant à faire sauter le barrage d’Assouan et voulant rencontrer les membres d’Action Directe pour s’associer à eux. Le 13 septembre 1980, Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, pensant rencontrer le terroriste Carlos, sont pris dans une souricière et arrêtés rue Pergolese à Paris. Au cours de l’interpellation Nathalie Ménigon tire à plusieurs reprises des coups de feu sur les policiers. Ils avoueront onze attentats et mitraillages commis à Paris depuis le 1er mai 197929. Ils sont déférés le 19 septembre devant la Cour de sûreté de l’état. Le même jour, le poste de garde de l’École militaire est mitraillé. Cette action est revendiquée par Action directe.

Suspension des attentats

En décembre, Action directe publie un communiqué indiquant qu’il suspend ses opérations violentes pendant la campagne présidentielle30,31.

Après l’élection de Mitterrand en 1981, le nouveau gouvernement joue l’apaisement et fait voter une loi d’amnistie qui remet en liberté Rouillan et dix-sept autres militants (sur 248 détenus libérés)32. Nathalie Ménigon, accusée de tentatives d’homicide contre agents de la force publique, doit normalement rester incarcérée. Elle entreprend une grève de la faim pour faire pression sur le juge d’instruction Guy Joly. L’action est soutenue par diverses manifestations dont certaines sont violentes et relayée par des soutiens politiques et une partie de la presse de gauche et d’extrême gauche. Le juge la fait libérer pour « raisons médicales » le 17 septembre 198129. Ces libérations, ainsi que celles de membres d’autres groupes terroristes (Groupes anarchistes autonomes, Noyaux armés pour l’autonomie prolétarienne, indépendantistes basques, corses et bretons) suscitent la fureur des policiers ayant procédé à leur interpellation33.

À partir de novembre 1981, Action directe participe à l’occupation d’ateliers clandestins dans le Sentier et de plusieurs immeubles à Barbès. Plus d’une centaine de familles immigrées, majoritairement turques, sont relogées dans des squatts. Selon le commissaire Marcel Leclerc, l’objectif est de recruter de nouveaux militants parmi les immigrés. À cette occasion, Jean-Marc Rouillan et ses amis établissent des liens avec des mouvements extrémistes turcs qualifiés d’« extrêmement durs »15. De nombreux incidents et manifestations ponctuent cette campagne.

En décembre 1981, le journaliste Jean-Louis Baudet, qui est en relation avec les responsables d’Action directe, prend contact avec l’Organisation de libération de la Palestine lors d’une réunion organisée par Giovanni Senzani, l’un des leaders des Brigades rouges. Divers objectifs et moyens d’action sont étudiés en commun.

Pendant l’hiver 1981-1982, après de nombreux débats internes, l’organisation se scinde en quatre groupes : deux décident d’arrêter la lutte armée (dont le courant « mouvementiste-nationaliste » de Michel Camillieri (Camilleri) qui prône la création d’« ateliers autogérés ») ; autour d’André Olivier se forme l’Affiche rouge (surnommée par la police et les médias Action directe-branche lyonnaise ou encore Action directe-branche nationale) qui commettra plusieurs attentats antisémites33, tout en continuant une lutte anti-impérialiste, et enfin Action directe (appelé aussi Action directe-branche internationale) avec Jean-Marc Rouillan et Nathalie Menigon qui s’allie à la Fraction armée rouge dans le cadre de la stratégie d’« unité des révolutionnaires en Europe de l’Ouest » à partir de 198530. Les Textes de prison 1992-1997 d’Action directe évoquent une « rupture définitive » avec la « branche lyonnaise ». La rupture avec les courants « mouvementistes » sera parachevée début août 1982 : ceux-ci opposent un refus définitif à la poursuite des attentats.

Reprise des « actions politico-militaires »

Action directe poursuit la lutte contre « l’impérialisme américain » et le sionisme. Les 24 et 25 décembre, sept attentats sont commis contre des magasins de luxe, le 19 février le local des organisations turques à Paris est visé. Le 13 mars 1982, l’informateur Gabriel Chahine, dont le travail d’intoxication a permis l’arrestation de Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon, est assassiné à son domicile. Cet assassinat n’est pas revendiqué. Cependant les Textes de prison 1992-1997 des responsables d’Action directe mentionnent que c’est un commando de l’organisation qui a effectué « l’exécution »34. Selon l’ancien policier Patrice Lastère, c’est Régis Schleicher, déguisé en postier, qui a abattu Chahine35.

Le 30 mars 1982, l’antenne du ministère de la défense israélien à Paris est mitraillée. Cette action est revendiquée depuis Beyrouth par la Fraction armée révolutionnaire libanaise (Farl). Le 8 avril, Joëlle Aubron et Mohand Hamami sont arrêtés. Joëlle Aubron était la locataire d’un box situé rue Borrego dans lequel ont été découverts un stock d’armes, des documents d’identité et des chéquiers volés. L’une des armes trouvées dans la cache a été utilisée pour le mitraillage. Joëlle Aubron est identifiée comme ayant participé à deux hold-up le 15 avril 1981 rue La Boëtie et place des Ternes, au cours desquels un gardien de la paix a été abattu36. Elle est condamnée à quatre ans de prison dont dix-huit mois avec sursis pour détention d’armes. Hamami est relaxé37. Elle épousera l’année suivante, en détention, Régis Schleicher.

En mars et en avril Action directe publie ses deux premiers textes théoriques : Pour un projet communiste et Sur l’impérialisme. En juin, Action directe tente d’organiser une mobilisation contre le sommet du G7 à Versailles, ponctuée par un spectaculaire attentat contre le siège européen du FMI et de la Banque Mondiale.

Le 1er août, une rupture définitive a lieu entre les « durs » minoritaires et les « mouvementistes ». Les « durs » (autour de Jean-Marc Rouillan) sont partisans d’une internationalisation de la lutte armée et de l’intégration d’Action directe dans un front commun de lutte terroriste avec les Brigades rouges italiennes, la RAF allemande et des groupes belges et palestiniens. Les « mouvementistes » (autour d’Éric Moreau, Meyer (Meïer) Azeroual, Michel Camillieri, Pascal Magron et Charles Grosmangin) sont favorables à la lutte au sein des masses et des entreprises. Regroupés dans un « Collectif révolutionnaire du 1er août », ils font paraître un communiqué et dénoncent « les pratiques autoritaires et bureaucratiques d’un des collectifs d’Action Directe, visant à entraîner l’ensemble des unités sur une stratégie et une ligne politique volontariste et élitiste (cela malgré de nombreuses discussions internes). » Ils décident « l’éclatement d’Action Directe » en expliquant : « Ce qui avant n’était qu’un mot d’ordre tendant à un regroupement révolutionnaire ne nous appartient pas ; nous abandonnons donc le sigle d’Action Directe à ceux qui voudraient l’utiliser. Contre le capital, le combat se mène à la base sur tous les fronts de la guerre sociale. »38

Le 17 septembre, Michel Camillieri, Charles Grosmangin, Pascal Magron et Olivier Chabaud sont arrêtés en possession d’armes et d’explosifs. Ils expliquent aux policiers qu’ils ont abandonné la lutte armée et qu’il s’agissait pour eux de mettre ce matériel à l’abri39. Un incident comparable a lieu le 20 novembre : la police découvre une cantine et une glacière remplies d’armes, de munitions et d’explosifs non loin d’une ferme de Saint-Sardos (Lot-et-Garonne) occupée par des proches de Serge Fassi, lequel est arrêté40. Le 15 juin 1983 la 10e chambre du Tribunal correctionnel de Paris condamne Camillieri et Grosmangin à 5 ans de prison dont 18 mois avec sursis41. Pascal Magron est condamné à quatre ans de réclusion, Olivier Chabaud à 8 mois avec sursis. Eric Moreau est condamné par défaut à 4 ans de prison.

Entrée dans la clandestinité

Début août, à la suite de l’entrée au Liban des troupes israéliennes et aux interventions françaises et américaines, Action directe commet plusieurs attentats contre des sociétés américaines et israéliennes42. Le 9 août 1982, une fusillade meurtrière a lieu au restaurant Goldenberg, rue des Rosiers à Paris. On dénombre six morts et vingt-deux blessés. Le 11 août, une bombe explose rue de La Baume à Paris, visant une société israélienne et blessant grièvement une passante43. Le 17 août, Jean-Marc Rouillan dément toute participation à la tuerie de la rue des Rosiers mais revendique les autres attentats44. Devant le scandale, François Mitterrand annonce le soir même, parmi plusieurs mesures antiterroristes, la dissolution du groupe Action directe25. Le 21 août 1982, avenue La Bourdonnais, une bombe se détache du véhicule du conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis. Elle explose peu après, tuant deux démineurs de la Préfecture de police. L’après-midi même, l’attentat est dans un premier temps revendiqué par Action Directe, puis par la Fraction Armée Révolutionnaire Libanaise (FARL)45.

Parallèlement, Action directe s’associe avec des Italiens du COLP et commet une série importante de hold-up, dont certains meurtriers. Le groupe se replie régulièrement en Belgique et joue un rôle non négligeable au sein des Cellules communistes combattantes (CCC)46. Le 31 mai 1983, au cours d’une fusillade dans l’avenue Trudaine à Paris deux policiers sont tués et un troisième blessé47. Le 30 juillet 1983 Action directe dévalise la bijouterie Aldebert, place de la Madeleine. Le 13 octobre, le groupe commet un hold-up à la Société générale place des Ternes. Le 14 octobre, une fusillade a lieu lors d’un autre hold-up à la Société générale avenue de Villiers. Deux policiers sont blessés et l’un des malfaiteurs est abattu : il s’agit de Ciro Rizzato, membre du groupe italien Prima Linea. Régis Schleicher est identifié parmi les braqueurs.

Radicalisation

L’année 1984 marque un tournant pour le groupe48. Le 2 août, il commet pour la première fois un attentat « aveugle ». Cinq kilos d’explosif déposés dans le hall de l’Agence Spatiale Européenne font six blessés. Le 23 août, une Renault 20 dans laquelle se trouvent 23 kilos d’explosifs est placée devant le bâtiment de l’Union de l’Europe Occidentale, avenue du président Wilson. Des appels téléphoniques passés par une voix féminine (qui sera identifiée comme Nathalie Ménigon) alertent cependant les forces de l’ordre à propos du véhicule, qui est mis en fourrière. L’engin explosif sera désamorcé quelques jours plus tard. En octobre, Action directe publie un communiqué pour revendiquer la fusillade de l’Avenue Trudaine, tout en laissant entendre qu’il s’agit d’une « bavure ».

En janvier 1985, un communiqué rédigé en français et en allemand fait part de la fusion d’Action directe avec les derniers éléments de la Fraction Armée Rouge. Le 25 janvier, l’ingénieur général René Audran est assassiné devant son domicile à la Celle St Cloud. Une semaine plus tard, Ernest Zimmermann, président des industries aérospatiales de la République fédérale allemande est assassiné à Munich.

Le 26 juin, le véhicule dans lequel se trouve l’ingénieur général Henri Blandin et son fils de douze ans essuie plusieurs coups de feu, porte des Ternes. Le sang-froid de son chauffeur permet d’éviter qu’il y ait des victimes. Action directe revendique l’attentat la semaine suivante.

Les cibles sont choisies comme des symboles de l’ordre et de l’oppression qu’Action directe entend combattre : policiers, grands patrons, responsables de l’armement… D’autres tentatives d’assassinat visent notamment Guy Brana, vice-président du Conseil National du Patronat Français, Alain Peyrefitte (mais le chauffeur de sa voiture sera tué49) et le juge Jean-Louis Bruguière.

La branche lyonnaise d’Action directe (l’Affiche rouge dirigée par André Olivier, Emile Ballandras, Bernard Blanc et Max Frérot) commet 21 braquages et 12 attentats. Trois membres des forces de l’ordre (dont le général de gendarmerie Guy Delfosse tué au cours d’un braquage) et un convoyeur de fonds sont tués au cours de ces actions.

Arrestations

Emile Ballandras est arrêté le 10 octobre 1984. Le 28 mars 1986, André Olivier, Joëlle Crépet et Bernard Blanc sont arrêtés. Maxime Frérot est arrêté le 27 novembre 1987. En tout, 18 membres de l’Affiche rouge seront arrêtés.

Régis Schleicher, animateur d’une branche d’Action directe spécialisée dans les hold-up est arrêté en mars 1984 au Pontet (Vaucluse) avec Claude et Nicolas Halfen, par la Brigade de recherches et d’intervention et la PJ de Montpellier. En compagnie de Mohand Hamami, de Franco Fiorina et Gloria Argano (deux italiens membres des Communistes organisés pour la libération du prolétariat), ils ont été identifiés par le juge Bruguière comme les auteurs de la fusillade de l’avenue Trudaine. Cette arrestation intervient à l’issue d’une longue filature d’Helyette Bess, gérante de la librairie anarchiste « Le Jargon libre » (XIIIe arrdt). Surnommée la « vecchietta » (la vieille), cette militante est très engagée dans les mouvements anarchistes extrémistes. Jusqu’à son arrestation, elle a géré avec efficacité l’intendance du groupe et veillé à sa ligne idéologique. Une partie des fonds qu’elle gère provient du hold-up de Condé-sur-l’Escaut11.

Charles Pasqua est nommé ministre de l’intérieur le 20 mars 1986 dans le gouvernement de cohabitation dirigé par Jacques Chirac. Dès son arrivée Place Beauvau, il fait d’Action directe une cible prioritaire. Il souhaite incidemment symboliser la rupture avec l’ancienne majorité socialiste, volontiers qualifiée de laxiste par ses adversaires en matière de sécurité. Dans le même temps une vague d’attentats islamistes fait de nombreuses victimes à Paris et le 17 novembre Georges Besse, PDG de Renault, est assassiné devant son domicile boulevard Edgar Quinet par Nathalie Ménigon et Joelle Aubron. Philippe Massoni, directeur central des renseignements généraux est chargé de la « traque » d’Action directe. Des dizaines d’inspecteurs placés sous les ordres du sous-directeur chargé de l’antiterrorisme, Claude Bardon, sont affectés à cet objectif. Des centaines de milliers de francs sont mis à la disposition des enquêteurs, pour leurs déplacements ou pour acheter d’éventuels renseignements. Des dizaines de sympathisants potentiels ou imaginaires d’Action directe, connaissances, anciens militants, anciens amis ou même anciens voisins sont interrogés50. Les photos de Rouillan, Ménigon, Aubron et Cipriani sont affichées dans tous les commissariats et une prime d’un million de francs est offerte pour tout renseignement permettant de les localiser.

Le 21 février 1987, les principaux membres d’Action directe, Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joëlle Aubron, et Georges Cipriani sont arrêtés à 20 h 55 par le RAID dans une ferme au gué Girault, lieu-dit de la commune de Vitry-aux-Loges, dans le Loiret. C’est un renseignement parvenu à un inspecteur de la DST (lequel le transmettra aux Renseignements généraux) qui révèlera qu’ils se cachent dans cette ferme. Jean-Marc Rouillan et Nathalie Ménigon donnaient à leurs voisins fermiers l’image d’un couple paisible, se faisant passer pour des chercheurs « écolos » belges51. La police saisit dans la longère huit armes, trente kilos d’explosifs, de nombreux documents et une cache destinée à garder une prochaine cible enlevée dans le but de l’échanger contre la libération de Régis Schleicher52.

Planques

En dehors de la ferme de Vitry-aux-Loges, le groupe avait aussi d’autres points de chute. Chambray-lès-Tours, Villeloin-Coulangé en Indre-et-Loire ont abrité des planques du groupe.

En effet, tout est parti d’un billet de train Orléans – Saint-Pierre-des-Corps trouvé dans les poches de Georges Cipriani lors de son arrestation en 1987 dans le Loiret. Les gendarmes ont alors opéré des contrôles dans les agences immobilières, puis auprès de nombreux propriétaires auxquels les loyers n’avaient pas été payés depuis février. Ils sont ainsi entrés en contact avec les époux Robin (un menuisier de la région), qui percevaient leur loyer en argent liquide à Villeloin-Coulangé, et avec M. Denis Rancher, de Sepmes (Indre-et-Loire), qui louait un studio au huitième étage d’un immeuble avec vue plongeante sur l’autoroute à Chambray-lès-Tours. Georges Cipriani et Joëlle Aubron passaient un bon nombre de week-ends dans la maison de Villeloin-Coulangé depuis octobre 1985.

Les enquêteurs de la 6e division de la direction centrale de la PJ et les gendarmes d’Indre-et-Loire ont d’abord trouvé l’attaché-case de Joëlle Aubron, contenant ses vrais papiers, carte d’identité et permis de conduire. Dans deux cantines métalliques, étaient stockés 12 kilos d’explosifs du même type que ceux trouvés dans la ferme de Vitry-aux-Loges, un fusil semi-automatique, des munitions, des faux papiers et des carnets d’adresses. Une Super-Cinq volée au cours de l’été 1985 à la société de location Hertz d’Amiens et portant une fausse immatriculation se trouvait dans le garage.

Le long du pavillon surmonté d’un toit de tuile rouge, Joëlle Aubron avait planté des tomates et elle en faisait des conserves soigneusement rangées dans le cellier. La jeune femme et Cipriani se montraient discrets malgré un va-et-vient de camionnettes perceptible par les voisins certaines nuits. Dans la ferme isolée, la police trouve de l’argent, des armes, des documents relatifs à l’assassinat de Georges Besse, des listes de personnalités à enlever (au premier étage, un local a été aménagé pour recueillir un otage en échange de la libération de Régis Schleicher). Un hasard sans doute : la résidence secondaire de Georges Besse est située à une trentaine de kilomètres de là, à Betz-le-Château. Cette fois, ce n’est pas une dénonciation, comme à Vitry-aux-Loges, mais bel et bien un travail en profondeur des gendarmes d’Indre-et-Loire qui a permis la découverte de la planque53.

« Joëlle Aubron, échappée de la bonne bourgeoisie et appliquée, dans les moments tranquilles, à surveiller ses chaudrons de confitures. Elle aussi, en compagnie de Georges Cipriani, avait choisi un coin retiré pour abriter ses rêves de feu et de sang : une ferme louée à Villeloin-Coulange, dans l’Indre-et-Loire54. »

Suites judiciaires

Les attentats et assassinats commis par Action directe ont donné lieu à plusieurs procédures judiciaires et autant de procès.

Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Joelle Aubron et Georges Cipriani ont été condamnés en 1989 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une peine incompressible de dix-huit ans, pour l’assassinat de Georges Besse. En 1994 ils ont été condamnés à la même peine pour l’assassinat de René Audran, les tentatives d’assassinat contre Guy Brana, vice-président du CNPF et Henri Blandin, contrôleur général des armées, ainsi que les attentats contre les locaux d’Interpol et contre ceux de l’Union de l’Europe Occidentale.

Nathalie Ménigon avait préalablement (en février 1988) été condamnée à douze ans de réclusion criminelle pour les tentatives d’homicide contre les policiers dans le cadre de la fusillade de la rue Pergolèse.

Le procès de Régis Schleicher et des frères Halfen pour la tuerie de l’avenue Trudaine s’ouvre le 3 décembre 1986. Dès le début de l’audience Schleicher menace les juges et les jurés en leur promettant les « rigueurs de la justice prolétarienne »55 et refuse par la suite de comparaître. La défection de cinq jurés entraîne le renvoi du procès. En juin 1987, sept juges professionnels condamnent Schleicher à la réclusion criminelle à perpétuité. Nicolas Halfen écope de 10 ans de prison pour « association de malfaiteurs » et Claude Halfen est acquitté fautes de charges suffisantes56. Frédérique Germain, Blondblond, proche de Claude Halfen arrêtée le 31 mai 1983 lors d’un braquage et inculpée d’association de malfaiteurs est le témoin central de ce procès56.

Le premier procès de la mouvance Action directe eut lieu en janvier 1988. Vingt-quatre prévenus (dont deux détenus en Italie et un en fuite) furent jugés en correctionnelle pour association de malfaiteurs. Les peines prononcées furent les suivantes : dix ans de prison (la peine maximum) pour le « noyau dur » (Régis Schleicher, Jean-Marc Rouillan, Georges Cipriani, Vicenzo Spano, Joelle Aubron, Nathalie Ménigon, Mohand Hamami (en fuite) et Claude Halfen); huit ans d’emprisonnement pour Hélyette Bess (qui louait des planques, recherchait des appuis, transportait armes, faux papiers et numéraire); sept ans pour Salvatore Nicosia, Bruno Baudrillart (considérés comme des trésoriers de l’organisation) et Jean Asselmeyer (« soutien logistique »); cinq ans pour Dominique Poirre et Annelyse Benoit, compagnes respectives de Asselmeyer et Baudrillart (« aides médiatiques » du mouvement); six ans pour Nicolas Halfen; dix-huit mois avec sursis pour la journaliste Paula Jacques et l’écrivain Dan Franck (pour l’aide qu’ils apportèrent à Claude Halfen notamment57); Frédérique Germain fut dispensée de peine. Deux autres prévenues furent relaxés58. Lors du procès en appel, ces peines furent confirmées pour Schleicher, Rouillan, Cipriani, Spano, Aubron, Claude et Nicolas Halfen; les peines d’Helyette Bess et Jean Asselmeyer furent réduites à six ans d’emprisonnement; Nicosia fut relaxé du délit d’association de malfaiteurs et condamné à quatre ans de prison pour recel de documents administratifs et d’explosifs; Annelyse Benoît et Bruno Baudrillart furent également relaxés du même délit (mais condamnés , dans une procédure distincte, à la peine de trente mois d’emprisonnement dont quinze avec sursis pour recel, recel de documents administratifs et usage, falsifications de documents et usage)59.

En tout 22 membres d’Action directe ou de la mouvance sur 25 connus des services de police auront été arrêtés56. Manquent notamment à l’appel Mohand Hamami et Eric Moreau dont on a perdu la trace.

Pour la branche lyonnaise, André Olivier, Max Frérot et Emile Ballandras ont été condamnés à la réclusion criminelle à perpétuité en 1989 à Lyon (Frérot a été condamné une nouvelle fois à la même peine en 1992 pour l’attentat commis en 1986 contre la brigade de répression du banditisme). Bernard Blanc a été condamné à vingt ans de réclusion. Jugés une nouvelle fois en juin 1995 pour trente-trois attentats commis entre 1982 et 1986, Max Frérot, André Olivier, Bernard Blanc et Emile Ballandras ont été condamnés par la cour d’assises spéciale de Paris, composée uniquement de magistrats à 30 ans de réclusion criminelle. Joëlle Crépet, l’amie d’André Olivier, a été condamnée à six ans d’emprisonnement. Renaud Laigle a été puni de trois ans de prison. Quant à François Polak, la cour lui a infligé deux ans de prison60.

Mohand Hamami a été condamné par contumace à la réclusion criminelle à perpétuité le 7 juin 1990 par la cour d’assises de Paris. Il a été déclaré coupable de l’assassinat des gardiens de la paix Claude Caiola et Emile Gondry et de tentative d’assassinat de plusieurs passants, commis le 31 mai 1983 lors de la fusillade de l’avenue Trudaine61. Selon les informations parvenues au juge Bruguière, il aurait été arrêté en Algérie puis se serait enfui en Libye. Les services secrets du colonel Kadhafi l’auraient ensuite infiltré dans des mouvements palestiniens au Liban15

Les ambiguïtés du pouvoir à l’égard d’Action directe

La doctrine Joinet

Peu après l’élection de François Mitterrand, une « cellule de dissuasion » informelle est mise en place à l’Élysée autour de François de Grossouvre. Elle est chargée de prendre contact avec les terroristes étrangers répertoriés en France (ETA, RAF, Brigades rouges) pour les convaincre de cesser toute activité sur le territoire. En contrepartie le gouvernement promet de refuser toute demande d’extradition. Cette démarche est étendue aux membres de groupes terroristes français récemment amnistiés, dont les militants d’Action directe, que l’on tente de persuader de renoncer définitivement à l’action violente62. La politique de répression policière doit désormais céder le pas à « l’antiterrorisme préventif » : le Parti Socialiste est au pouvoir depuis le 10 mai 1981 et le gouvernement se doit de donner des signaux différents, même à ceux qui ont choisi la violence pour accélérer le changement.

Gilles Kaehlin, inspecteur des Renseignements généraux qui a fait partie de la brigade du commissaire Pochon, est chargé de négocier individuellement avec chaque membre du groupe63,64 pour qu’ils renoncent à la violence ou qu’ils quittent la France. Yves Bertrand, qui fut Directeur central des Renseignements généraux, explique que Kaehlin leur versait des sommes prélevées sur les « fonds secrets » pour les aider à refaire leur vie à l’étranger65. Dans leurs ouvrages consacrés à la traque d’Action directe, les anciens policiers Jean-Pierre Pochon et Serge Savoie laissent entendre que c’est au cours de leurs entretiens avec la « cellule » que le nom de l’informateur Gabriel Chahine, à l’origine de l’arrestation de Rouillan et Ménigon, a été communiqué, directement aux membres d’Action directe ou ultérieurement via un collaborateur de l’Élysée26,66.

L’inspirateur de « l’antiterrorisme préventif » est Louis Joinet, magistrat membre du cabinet de Premier ministre Pierre Mauroy. Sa volonté de dialogue avec les terroristes ne relève pas exclusivement de considérations idéologiques. Il cherche également à dissocier les « durs » irréductibles des « mous » qui peuvent être réinsérés dans la société67. Joinet cherche à diviser ces deux camps afin de restreindre les moyens des « durs ».

Parallèlement à l’amnistie, la Cour de sûreté de l’État a été dissoute et les services de police sont incités à réorienter leur action vers les groupes d’extrême droite.

Les provocations de Rouillan

Une fois libres, les membres d’Action directe font de nombreuses déclarations publiques, se plaignant des filatures policières et mettant en cause nommément les Renseignements généraux et le commissaire Pochon. Ayant le sentiment de ne pas être soutenu par la hiérarchie, celui-ci accepte en août 1982 une affectation aux Antilles31. Jean-Marc Rouillan justifie les hold-up, qualifiés d’« opérations de financement » ou de « réappropriation ». Il fait clairement état de l’objectif d’Action directe de « destruction de la société capitaliste » et de son intention de « maintenir une politique révolutionnaire »68. Diverses actions sont menées pour obtenir la libération des détenus qui n’ont pas été libérés par l’amnistie et qui ont entamé une grève de la faim (Nathalie Ménigon, cinq personnes inculpées pour le hold-up de Condé-sur-l’Escaut en 1979 et trois militants des NAPAP : Frédéric Oriach, Michel Lapeyre et Jean-Paul Gérard). Une manifestation est organisée devant l’Élysée, des épiceries fines et des restaurants sont saccagés à Paris et en province, les locaux du Quotidien de Paris et de l’AFP sont occupés, le journal de FR3 est perturbé. En août, la police retrouve une voiture équipée d’un radio-téléphone qui a été utilisée lors d’une de ces opérations. Elle s’avère être un véhicule de fonction du député socialiste du XVIIIe arrondissement Lionel Jospin69. La voiture a été déclarée volée en juillet. Cependant selon certaines sources policières, elle aurait été prêtée aux membres d’Action directe par le député70. Les neuf détenus sont progressivement libérés en septembre et en octobre.

Avec le soutien de personnalités de gauche et d’extrême gauche, Action directe lance une maison d’édition (la Docom) et les magazines Rebelles et Sans frontière. Des traductions de publications de l’IRA, de l’ETA, des Brigades rouges et de l’OLP sont publiées, ainsi que les premiers textes théoriques : Pour un projet communiste et Sur l’impérialisme. Les membres d’Action directe mènent des actions de recrutement auprès des immigrés turcs dans les squatts du XVIIIe arrondissement. Le 7 décembre 1981 Rouillan est interpellé dans un squatt, 3, villa Poissonnière en compagnie d’Éric Waucquier, Jean Van Niewhuyze et Lahouari Benchellal. Au commissariat de la rue Doudeauville Rouillan demande à téléphoner à l’assistant parlementaire de Lionel Jospin, qui se déplace pour s’entretenir avec lui. Rouillan et ses camarades sont libérés l’après-midi même. Le 19 janvier 1982 la police procède à des interpellations dans les squatts des 10, 12 et 14, rue de la Charbonnière où Action directe avait déployé son sigle sur l’une des façades. Rouillan est interpellé en compagnie de Ménigon et Waucquier. Ils sont rapidement libérés44.

En août 1982, le gouvernement décide la dissolution d’Action directe après la fusillade de la rue des Rosiers et la revendication par Jean-Marc Rouillan d’un certain nombre d’attentats anti-américains et anti-israéliens. Des avis de recherche sont lancés par le juge Bruguière. Les « durs » d’Action directe plongent dans la clandestinité.

Les initiatives de Paul Barril

Cependant dès le 22 janvier 1983, le capitaine de gendarmerie Paul Barril, membre de la « cellule élyséenne » créée l’année précédente auprès du président Mitterrand pour contribuer à la lutte contre le terrorisme, adresse une lettre à Rouillan. Rédigé sur papier à en-tête du palais de l’Élysée et transmise par l’intermédiaire de l’avocat de Rouillan, ce courrier lui propose une rencontre afin de « mettre au point un dialogue permettant la régularisation de votre situation ». Barril précise : « Je suis habilité par la présidence pour traiter directement avec vous. »71 Cette lettre est en fait la dernière tentative de Barril, après quatre mois de pseudo-négociations avec l’avocat de Rouillan, pour obtenir la reddition de ce dernier. Paul Barril écrira plus tard que cette initiative avait eu l’aval formel de Christian Prouteau, responsable de la « cellule »72. Selon les journalistes Alain Hamon et Jean-Charles Marchand48, il est vraisemblable que le gendarme a été « mené en bateau » par Rouillan. En octobre 1983, la publication de ce courrier par la presse (notamment Le Canard Enchaîné) provoquera l’embarras de l’Élysée.

Accusations des autorités italiennes

De nombreux membres de groupes armés italiens avaient trouvé refuge en France à la fin des années 70. Ils étaient déjà une centaine lors de l’arrivée au pouvoir de François Mitterrand. Ils continuent à affluer au cours des années suivantes, jusqu’à atteindre 300 « réfugiés » en 1984. Les pouvoirs politiques et judiciaires français les considèrent avec une relative bienveillance. Cependant à partir de 1982, les autorités italiennes multiplient les mandats d’arrêt internationaux. La justice française les classe généralement sans suite. Dans les rares cas où la chambre d’accusation émet un avis favorable à l’extradition, le gouvernement ne la fait pas exécuter11. En août 1984, dans un entretien avec le Corriere della Sera, le ministre de l’Intérieur italien Oscar Luigi Scalfaro exprime son indignation face à cette situation, expliquant notamment : « Quand je pense qu’il y a 300 terroristes en France, traités comme s’ils étaient les frères Rosselli persécutés par le fascisme, je deviens violacé de rage ! »

Gilles Ménage admet que le pouvoir socialiste a « tardé à bien mesurer combien la colonie de réfugiés italiens constituait un milieu propice au développement des activités clandestines »11. De fait, Olga Girotto (Prima Linea), Franco Pinna, Enrico Bianco, Oriana Marchioni, Elisabetta Grasso, Vincenzo Spano (Brigades Rouges), Franco Fiorina, Gloria Argano (COLP) ont participé à des braquages de banque en France aux côtés de membres d’Action directe à partir de 1980. Ils ont été arrêtés, puis remis en liberté. Cirro Rizzato (Prima Linea) a été abattu lors d’un hold-up auquel il participait avec Régis Schleicher.

En janvier 1985, le juge italien Rosario Priore accuse la France « d’abriter une multinationale du terrorisme »73. Le juge antiterroriste Armando Spataro déclare : « Je soutiens que la France ne respecte pas les conventions internationales en matière d’extradition. Je citerai un exemple : celui d’Oreste Scalzone. La chambre d’accusation a exprimé un avis favorable à l’extradition, et c’est le pouvoir politique qui a dit non »74. Il cite également en exemple le cas du journaliste Jean-Louis Baudet, proche d’Action directe, que les juges italiens considèrent comme l’élément de liaison entre les terrorismes allemands, italiens et français. Celui-ci et sa compagne Catherine Legagneur, qui se déclare sympathisante des Brigades rouges et de l’OLP, ont été arrêtés le 17 novembre 1983 pour possession d’armes, d’explosifs et de documents administratifs vierges ou falsifiés.

Pour sa défense, Baudet explique qu’il a été chargé, peu après l’arrivée des socialistes au pouvoir, de récupérer les armes des terroristes et de les convaincre d’abandonner la lutte armée. Il déclare travailler en liaison avec des personnes proches de l’Elysée, dont l’inspecteur Gilles Kaehlin48. Jean-Louis Baudet a été condamné le 4 juillet 1984 à quatre ans de prison pour infraction à la législation sur les armes et les munitions. Catherine Legagneur a été condamnée pour ces mêmes faits à deux ans de prison avec sursis. Le juge Spataro questionne : « Nous voudrions connaître des autorités françaises la conclusion de leur enquête sur les mandataires de Baudet et les objectifs qu’ils poursuivaient. Pourquoi la France maintient-elle une telle attitude, alors que les terroristes italiens sont impliqués dans des affaires très graves, par exemple l’assassinat de deux gendarmes avenue de Trudaine à Paris en mai 1983 ? »74

Début 1985, sur 53 « cas sérieux » de demandes d’extradition transmises par la justice italienne et examinés par la Chancellerie, 39 avaient été classés sans suite, 1 avait fait l’objet d’un avis défavorable de la chambre d’accusation et 5 d’un avis favorable, sans que le gouvernement ait accepté leur extradition. Huit étaient toujours pendants11.

Le 22 février 1985, lors d’une conférence de presse commune avec le Président du conseil italien Bettino Craxi, François Mitterrand définit la « doctrine Mitterrand » concernant les « réfugiés » italiens : « Le cas particulier qui nous est posé et qui alimente les conversations, est celui d’un certain nombre d’Italiens venus, pour la plupart, depuis longtemps en France. Ils sont de l’ordre de 300 environ – plus d’une centaine était déjà là avant 1981 – qui ont d’une façon évidente rompu avec le terrorisme. Même s’ils se sont rendus coupables auparavant, ce qui dans de nombreux cas est probable, ils ont été reçus en France, ils n’ont pas été extradés, ils se sont imbriqués dans la société française (…). Ils posent un problème particulier sur lequel j’ai déjà dit qu’en dehors de l’évidence – qui n’a pas été apportée – d’une participation directe à des crimes de sang, ils ne seront pas extradés75. » En application de ces principes, il fallut attendre 2002 pour que la France extrade un ancien membre des Brigades rouges.

Les justifications de François Mitterrand

En octobre 1985, une rencontre a lieu en Belgique entre Jean-Marc Rouillan et le conseiller politique d’un ministre du gouvernement Fabius. Selon Jean-Pierre Pierre-Bloch et André Santini, cette rencontre a pour objet de « proposer une trêve » et un « billet de retour en France » aux membres d’Action directe en fuite70. Les deux élus UDF accusent les socialistes de « favoriser le terrorisme tout en déclarant vouloir le combattre ».

Le 23 février 1987, peu après l’arrestation des quatre dirigeants d’Action directe, le président Mitterrand est questionné sur l’amnistie dont ils ont bénéficié en 1981. Il rappelle que, sur les quatre, seul Jean-Marc Rouillan a bénéficié de l’amnistie. Il s’emploie également à en minimiser les effets, assurant : « si Rouillan n’avait pas été amnistié, il tombait sous le coup de la loi : il était coupable de délit, il n’était pas coupable de crime. Il eut été frappé d’une peine que je ne peux imaginer puisqu’il n’avait pas été jugé, qui n’aurait pas dépassé quelques mois, en raison de la relation qu’il y a entre la faute que l’on commet et la peine qu’on a subie. Cela, c’est notre code pénal. Il serait donc de toute façon libéré depuis 1981 ou début 1982, dans l’hypothèse où il serait passé en jugement et où il aurait été condamné »76. Cette affirmation est douteuse dans la mesure où, en 1981, Rouillan était suspecté de détention d’armes et d’explosifs, d’usage de faux papiers, de vols à main armée et de onze attentats.

Gilles Ménage, ayant exercé plusieurs postes clés au sein du cabinet de la Présidence de la République sous François Mitterrand, admet pour sa part que les premiers mois du septennat de François Mitterrand ont été marqués par des hésitations à l’égard d’Action Directe. Il met cependant en cause la politique menée avant 1981 « marquée par une faiblesse tout aussi flagrante » dans l’action contre le terrorisme. Cette faiblesse est notamment illustrée par les diverses arrestations de Jean-Marc Rouillan tout au long des années 70 et la légèreté des condamnations qu’il eut à subir. Il considère, que, passé les premiers mois, l’action des gouvernement socialistes fut caractérisée par une « détermination sans faille ». À l’appui de cette affirmation, il explique que dix-huit des vingt-deux personnes citées à comparaître lors du procès de la mouvance Action Directe en janvier 1988, avaient été arrêtées avant mars 198611.

Incarcération et processus de libération

La peine de Joëlle Aubron a été suspendue en juin 2004 pour raisons de santé. Elle meurt à Paris le 1er mars 2006 d’un cancer du poumon.

Les demandes de libération anticipée de Régis Schleicher ont été plusieurs fois repoussées par le tribunal de l’application des peines. Le 23 juillet 2009, il lui est accordé un régime de semi-liberté77. Il a publié Clairvaux, instants damnés, un livre où il évoque le quotidien des détenus condamnés à de longues peines.

Les demandes de semi-liberté de Georges Cipriani ont été plusieurs fois rejetées (en 2005, 2007 et 2009). Ce régime lui est finalement accordé en 201078. Le 3 mai 2011, la Cour d’Appel de Paris lui octroie une libération conditionnelle79.

Le 10 mai 2007, le tribunal d’application des peines de Paris a accordé un régime de semi-liberté à Nathalie Ménigon, emprisonnée depuis 1987. Elle travaillera la journée et retournera dormir en prison, mais le parquet a immédiatement fait appel de cette décision. Le jeudi 19 juillet 2007, la Chambre d’application des peines de la Cour d’Appel de Paris lui a finalement accordé le régime de semi-liberté80.

Nathalie Ménigon, à qui un régime de semi-liberté a été accordé à partir du 2 août, a été transférée mardi 24 juillet 2007 du centre de détention de Bapaume (Pas-de-Calais) à la maison d’arrêt de Toulouse-Seysses. Ce régime de semi-liberté est un préalable à une mesure de libération conditionnelle81, finalement accordée le 17 juillet 2008. Elle est libérée en régime de libération conditionnelle le 2 août 2008 sur décision du tribunal de l’application des peines de Paris, après plus de vingt ans de prison82.
De ses années de prisons, il lui reste de graves séquelles physiques d’une hémiplégie due à deux accidents vasculaires cérébraux83.

Jean-Marc Rouillan a tenu une chronique sur l’univers carcéral dans le journal CQFD. Il a obtenu un régime de semi-liberté à partir du 17 décembre 200784. Cette semi-liberté a été révoquée en octobre 2008 à la suite de propos tenus lors d’une interview donnée au magazine L’Express85. Il obtient à nouveau en mai 2011 une mise en semi-liberté effective le 19 mai 201286.

En 2003, Helyette Bess est placée sous contrôle judiciaire dans une enquête pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste, falsification de documents administratifs et contrefaçon87 dans l’affaire du (nuovo) Partito Comunista Italiano88.

Soutiens

Depuis l’arrestation de plusieurs des membres d’Action directe et jusqu’à aujourd’hui, des groupes d’extrême-gauche, tel le Comité Unitaire pour la Libération des Prisonniers politiques, le Comité Unitaire de Défense des Prisonniers politiques, le Collectif pour la libération des Militant-e-s d’Action directe89 ou encore Secours rouge (Secours rouge/Association des Parents et Amis des Prisonniers communistes), mais aussi la Ligue des droits de l’homme90 militent pour leurs libérations. Parmi les organisations politiques, l’Organisation communiste marxiste-léniniste Voie prolétarienne fera du soutien aux prisonniers d’Action Directe une « question de principe »91.

Le 20 février 2006, une bombe explose à Berlin. Le 25 février 2006, un attentat vise Renault à Athènes, ne faisant que des dégâts matériels, en « Solidarité avec les prisonniers » d’Action directe92.

Connexions

Le hold-up de Condé-sur-l’Escaut

Le 28 août 1979, une attaque à main armée a lieu à la perception de Condé-sur-l’Escaut (Nord). Six malfaiteurs masqués (dont une femme) s’emparent de 16,3 millions de francs, destinés au paiement en liquide des pensions trimestrielles des retraités des mines. Le hold-up a été exécuté de façon quasi-militaire à la manière d’une action de commando. L’enquête s’oriente vers des anciens membres des GARI en liaison avec les Brigades rouges et des groupes terroristes français93. Un suspect est arrêté trois mois plus tard. Il s’agit d’un ressortissant espagnol nommé José de Miguel Martin, membre du Groupe autonome de Madrid. Lui et son amie Annie Cuadrado sont connus des Renseignements généraux pour leur sympathie envers la Gauche prolétarienne et les GARI. À son domicile, les policiers retrouveront des faux papiers, des chéquiers, les radios qui ont servi au commando ainsi qu’une somme de 1.700.000 francs provenant du hold-up.

Le 28 mars 1980, en même temps que le coup de filet opéré contre Action directe, quatre Italiens – trois hommes et une femme – sont interpellés au Brusc, près de Toulon, par les polices judiciaires de Nice et de Lille. Une partie du butin est retrouvée (150.000 francs), ainsi que des armes de guerre et des faux papiers semblables à ceux retrouvés chez les membres d’Action directe. Franco (ou François) Pinna (ou Pina), Enrico Bianco, Luigi Amadori et Oriana Marchionni, épouse d’Enrico Bianco, font partie des Brigades rouges25 et avaient des liens avec Action directe.

Le dossier est confié à la Cour de sûreté de l’État. En juin 1981, huit autres personnes sont inculpés par le juge Michel Legrand de « crimes commis en relation avec une entreprise tendant à entraver l’exercice de l’autorité de l’État ». Il s’agit de six Français (Jean-Pierre Cazenave-Laroche, Floreal Cuadrado, Raymond Delgado, Annie Dessaux, Angela Herbon, Martine Fournier et Sylvie Porte) et un Allemand (Werner Witteman). Cuadrado et Delgado sont des anarchistes espagnols qui ont côtoyé Rouillan au sein des GARI52.

Le 17 juillet 1981, l’Assemblée nationale vote la suppression de la Cour de sûreté de l’État. Le 23 juillet, celle-ci se dessaisit du dossier de Condé-sur-l’Escaut en considérant que « rien ne permet de penser qu’il s’agit d’un acte subversif dirigé contre l’État français ». L’affaire retourne au tribunal de Valenciennes94.

Les inculpés échappent donc à l’amnistie votée le 4 août 1981. Après des manifestations diverses (cf supra), l’intervention de personnalités et groupements de gauche ou d’extrême-gauche95 et une grève de la faim, les cinq derniers détenus dans le cadre de cette affaire seront libérés en octobre 1981 pour « raison médicale » en même temps que Nathalie Ménigon.

Un procès aura finalement lieu devant la cour d’assises de Douai à partir du 17 avril 1989, soit dix ans après les faits. Le parquet rejette les motivations politiques mises en avant par les accusés et soutient qu’il s’agit d’une affaire de droit commun. Sept accusés sont présents. Les débats portent essentiellement sur l’application de la loi d’amnistie d’août 1981. Quatre accusés de complicité et de recel de vol avec armes sont acquittés (Martine Fournier, Sylvie Porte, Annie Dessaux et Jean-Pierre Cazenave-Laroche). Raymond Delgado est reconnu coupable de complicité et Floréal Cuadrado coupable de recel. La Cour d’assises les fait cependant bénéficier de l’amnistie. Seul Luigi Amadori est condamné à quatorze mois de prison pour recel simple, probablement en raison du fait qu’il s’est acheté un voilier avec l’argent recelé et qu’il était détenu pour une affaire de drogue au moment du procès96.

Gilles Ménage tient pour acquis qu’une bonne part du butin de ce hold-up fut remis au groupe Action Directe11.

Les explosifs de Rochebesse

Le 18 septembre 1980, quelques jours après l’interpellation de Nathalie Ménigon et Jean-Marc Rouillan, deux autres suspects sont arrêtés. Il s’agit de Laurent Louessard, étudiant en sciences économiques et surveillant d’externat au lycée Carnot à Paris97, et de son amie espagnole : Maria Pilar Arago-Eltur, employée dans un institut de sondage. Ils ont été tous deux signalés dans la mouvance d’Action directe. Ils sont suspectés d’avoir établi des liens avec des groupes terroristes italiens (Prima Linea) et espagnols (ETA militaire).

Maria Pilar Arago-Eltur reconnaît avoir participé à la création d’Action directe en 1979 avec Laurent Louessard, Carlos Jaurégui, Mireille Munoz, Ménigon et Rouillan. Elle indique que le groupe a financé ses premières actions avec l’argent provenant d’un hold-up commis fin juillet 1979 à la BNP, avenue de Villiers à Paris25. Louessard, Jaurégui, Rouillan, Ménigon ont participé à ce hold-up avec trois de leurs proches : Serge Fassi, Pascal Trillat et Pedro Linares Montanes.

Au cours de leur interrogatoire, les deux jeunes gens révèlent l’existence d’un important dépôt d’explosifs au sein d’une communauté « hippie » au lieu-dit de Rochebesse, sur la commune de Chanéac en Ardèche. Les 600 kg d’explosifs découverts lors des perquisitions du 27 mars proviennent de ce dépôt.

La communauté de Rochebesse est connue des forces de l’ordre. Elle s’est implantée en 1969 dans un hameau isolé, sous la houlette de Pierre Conty, soixante-huitard grenoblois98. Avec ses amis adeptes du retour à la terre, il a pris possession de plusieurs masures délabrées et élève quelques dizaines de brebis et des vaches. Au fil des années, les rapports se sont tendus avec le voisinage. Les membres de la communauté se livrent à des larcins et se bagarrent avec les paysans. Le 24 août 1977, Conty et deux membres de la communauté (Stéphane Viaux-Peccate et Jean-Philippe Mouillot) commettent un hold-up au Crédit Agricole de Villefort en Lozère. Au cours de leur fuite, Conty blesse grièvement un gendarme (qui mourra quelques semaines plus tard) et abat de sang-froid deux villageois. Jean-Philippe Mouillot se livre à la justice peu après. Stéphane Viaux-Peccate est arrêté en Hollande lors d’une enquête sur la bande à Baader99. Ils seront condamnés en mai 1980 respectivement à 5 et 18 ans de réclusion criminelle. Surnommé « le tueur fou de l’Ardèche », Pierre Conty, qui n’a pas été arrêté, est condamné à mort par contumace100.

À la suite des révélations de Laurent Louessard et Maria Pilar Arago-Eltur, la brigade criminelle, la police judiciaire de Montpellier et les gendarmes investissent Rochebesse le 23 septembre 1980. Marie-Thérèse (Maïté) Merlhiot, l’ancienne compagne de Conty est interpellée en compagnie de deux amis vivant avec elle au hameau de Treynas : Bruno Darribère et Jean-Pierre Bolognini. Dans une cache dissimulée sous des éboulis, les policiers découvrent 1.250 kilos d’explosifs, des fusils, des carabines et plusieurs centaines de cartouches. Une partie des explosifs provient d’un vol commis dans une carrière de l’Isère en 1975. C’est Bruno Darribère qui a indiqué à Laurent Louessard l’existence de ce dépôt. Pendant l’hiver 1979, Laurent Louessard et Philippe Franc ont transporté une partie de ces explosifs à Paris101.

Frédéric Oriach

Frédéric Oriach a longtemps été soupçonné de faire partie des dirigeants d’Action Directe. L’intéressé s’en est défendu, tout en déclarant publiquement approuver certains attentats commis par le groupe. Par ailleurs, Oriach a été proche de Pierre Carette, fondateur des Cellules communistes combattantes102. Ce groupe belge a commis diverses actions en commun avec Action directe, notamment des vols d’explosifs et le partage d’armes et de planques103

Dans la nuit de 12 au 13 mai 1977, Frédéric Oriach, Michel (Mickel) Lapeyre et Jean-Pierre Gérard sont interpellés par des gardiens de la paix rue Bobillot (Paris XIIIe arrdt). Les trois hommes sont tous armés. Oriach est porteur d’un revolver de type Magnum et Gérard d’un autre pistolet de calibre 7,65, qui a « servi » pour l’assassinat de Joaquin Zenteno Anaya, ambassadeur de Bolivie en France le 11 mai 1976 et pour l’attentat contre Bartholome Garcia Platta-Valle, attaché militaire à l’ambassade d’Espagne à Paris le 8 octobre 1975. Lapeyre est en possession d’un pistolet 11,43 qui a été utilisé pour l’assassinat de Jean-Antoine Tramoni le 23 mars 1977 à Limeil-Brévannes. J.-A. Tramoni est le vigile de la régie Renault qui a abattu le militant maoïste Pierre Overney lors d’une manifestation aux portes des usines Renault le 25 février 1972. Dans leur voiture et à leurs domiciles respectifs, les enquêteurs saisissent diverses armes de guerre, des postes émetteurs-récepteurs et divers documents : tracts et fiches mentionnant des immatriculations et des relevés de trajet de véhicules des ambassades d’Israël et d’Iran.

Les enquêteurs soupçonnent Oriach et ses amis de deux autres attentats au cours desquels un diplomate uruguayen a été tué et un conseiller d’ambassade iranien a été grièvement blessé. Oriach, Lapeyre et Gérard déclarent faire partie des NAPAP et se refusent à toute autre déclaration. Ils rejoignent en prison trois membres présumés des NAPAP arrêtés le 31 mars : Henri Savouillan, Maurice Marais et Egbert Slaghuis, suspectés d’avoir fourni l’arme et les projectiles qui ont tué Jean-Antoine Tramoni. Un septième suspect, soupçonné d’avoir assassiné J.-A. Tramoni, est arrêté le 3 décembre : Christian Harbulot104. Il sera libéré après plusieurs mois de détention préventive et obtiendra un non-lieu dans cette affaire.

Le 23 mars 1978, Oriach, Lapeyre et Gérard sont condamnés pour détention d’armes prohibées à 7 ans de prison dont 5 ans ferme. En appel, leur peine est ramenée à cinq ans de prison, dont un avec sursis. Libérés en mai 1980, ils sont arrêtés en juillet de la même année par une patrouille de police peu après un attentat commis contre les locaux des chemins de fer allemands (Bundesbahn) rue Condorcet à Paris IXe. Lapeyre et Gérard reconnaissent leur participation à l’attentat. Le 14 septembre 1981, les trois hommes bénéficient de l’amnistie présidentielle, en vertu d’une décision de la chambre d’accusation de la cour d’appel de Paris. Cette décision intervient après diverses manifestations violentes de groupes d’extrême-gauche réclamant leur libération, ainsi que celle de Nathalie Ménigon et des sept inculpés pour l’attaque à main armée de Condé sur l’Escaut.

Le 12 octobre 1982, Frédéric Oriach est arrêté à Paris par la Brigade de recherches et d’intervention et inculpé « d’association de malfaiteurs ». Il venait de se rendre à la gare du Nord pour consulter des documents déposés dans une consigne. Il s’agit de fiches concernant des objectifs d’attentats réalisés ou potentiels; parmi les documents saisis se trouve également une sorte de mémoire rédigé par Oriach concernant les actions menées par Action directe au cours de l’été 1982. Ce texte, dans lequel Oriach parle de « notre groupe » et de « notre action », tend à démontrer que les membres d’Action directe ont participé à plusieurs attentats, notamment celui de l’avenue de la Bourdonnais le 21 août (deux artificiers de la Préfecture de police tués en tentant de désamorcer une bombe placée sous la voiture du conseiller commercial de l’ambassade des États-Unis) et celui de la rue Cardinet commis le 17 septembre (trois diplomates israéliens grièvement blessés, ainsi qu’une quarantaine d’élèves du lycée Carnot). Ces deux attentats avaient également été revendiqués par les Factions armées révolutionnaires libanaises (FARL).

En avril 1983, un commando d’une dizaine de personnes saccage le musée de la Légion d’honneur et y laisse des tracts réclamant la libération de Frédéric Oriach. Une dizaine de personnes est interpellée à la suite de ce saccage, parmi lesquels Martine da Silva et Christian Gauzens, amis d’Oriach105.

En avril 1985, dans un courrier adressé au journal Le Monde, Oriach nie avoir jamais été proche d’Action directe106

Crimes et attentats

Article détaillé : Chronologie des attentats commis par Action directe.

Le groupe Action directe a revendiqué plusieurs actions (mitraillage, braquage, plasticage, assassinat). À partir de juin 1984, Action directe signe ses attentats et ses tracts en utilisant des noms de commandos pour donner une symbolique forte à ses actions et pour créer l’illusion du nombre.

De nombreux vols à main armée n’ayant pas entraîné mort d’homme ont été revendiqués par le groupe comme des « expropriations prolétariennes ». Durant sa première période, plusieurs attentats dans des zones d’opération d’Action directe seront commis. Si le mode opératoire, les revendications et les cibles peuvent les rattacher au groupe, ils seront revendiqués sous différents noms. La police française considérera ces attentats comme commis par la mouvance Action directe : Action directe du 27-28 mars, CLODO, Groupe Bakounine-Gdansk-Paris-Guatemala-Salvador, Jeune Taupe, Casse-Noix, Moutons enragés, Nous, B.A.D.I.N.T.E.R. (du nom du ministre de la justice d’alors, Robert Badinter, Bombeurs anonymes pour la défense des incarcérés très excités par Robery), Germain, Comité Riposte à la répression en Algérie56. La « menace » d’une résurgence d’Action directe ou d’un nouveau groupe terroriste à la manière d’Action directe est fréquemment agitée même si ce n’est pas toujours pertinent. Par exemple Florence Rey et Audry Maupin seront décrit par une partie de la presse et des enquêteurs comme un couple « à la Rouillan et Ménigon »107. Ces deux anarchistes autonomes avaient pris d’assaut une préfourrière de la police. Ce braquage qui n’avait pas pour but de faire des morts a dérapé en une course-poursuite à travers Paris et des échanges de coups de feu avec la police résultant en la mort de cinq personnes, dont Audry Maupin.

Évocation de réactivations possibles du groupe Action directe

En 2009, Julien Coupat et le groupe de Tarnac sont présentés par Michèle Alliot-Marie comme des « héritiers en puissance d’Action directe ». La ministre de l’intérieur évoque le retour du terrorisme de « l’ultra gauche »108. Julien Coupat et ses proches sont accusés d’avoir placé des crochets pour bloquer la circulation de TGV et d’avoir écrit un livre « l’insurrection qui vient ». Non seulement les faits ne sont pas prouvés, mais au point de vue de l’idéologie les spécialistes jugent que « Julien Coupat n’a rien à voir avec Jean-Marc Rouillan »109.

En février 2011, six commissariats des Hauts de Seine reçoivent une lettre présentant « la réactivation d’Action directe ». Le tract annonce des actions contre la police dans la lignée du combat de Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon et Joëlle Aubron. Même si l’on ne sait pas si la menace était réelle, elle a été prise au sérieux par la justice qui a saisi la section antiterroriste de la brigade criminelle de Paris dans les heures qui ont suivi110. Ces références régulières à Action directe montrent que le souvenir du mouvement et de ses attentats reste toujours présent dans la mémoire collective.

Bibliographie

Études sur Action directe

Témoignages relatifs au parcours d’Action directe

  • Floréal Cuadrado, Comme un chat. Souvenirs turbulents d’un anarchiste, faussaire à ses heures, vers la fin du vingtième siècle, Éditions du Sandre, 2015,  (ISBN 978-2-35821-105-5).

Ouvrages des membres d’Action directe

Ouvrages connexes

  • Jean-Claude Lutanie, Protestation devant les libertaires du présent et du futur sur les capitulations de 1980, sans mention d’éditeur, 1981, puis réédité en 2011 aux Éditions Lutanie [archive]

Filmographie

Documentaires télévisés

Notes et références

  1. (fr)Serge Cosseron, Dictionnaire de l’extrême gauche, Larousse, collection À présent, 2007 (ISBN 978-2-03-582620-6) p. 61
  2. Selon la police en 1989 in (en) Michael Dartnell, Action directe: ultra-left terrorism in France, 1979-1987, Paris, 1995, 224 p. (ISBN 0714645664, lire en ligne [archive]), p. 173
  3. http://www.globalterrorwatch.ch/?p=292 [archive]
  4. a et b Jean-Guillaume Lanuque, « Action Directe. Anatomie d’un météore politique » [archive], sur www.dissidences.net, Dissidences, février 2006 (consulté le 29 juin 2011)
  5. Michaël Prazan, Une histoire du terrorisme, Flammarion, 2012, p. 330
  6. Décret du 24 août 1982 portant dissolution du groupement de fait dénommé Action Directe [archive]Journal officiel de la République française, 25 août 1982 [PDF]
  7. La France face au terrorisme : Livre blanc du Gouvernement sur la sécurité intérieure face au terrorisme – Ministère des Affaires étrangères [archive]
  8. http://www.lefigaro.fr/actualites/2008/01/31/01001-20080131ARTFIG00622-mam-je-veux-mettre-fin-a-la-propagande-terroriste.php [archive]
  9. Edgar Roskis, « Les prisons françaises, d’Action directe aux droits communs », Le Monde diplomatique,‎ juillet 2001 (lire en ligne [archive])
  10. a et b Jean-François Gayraud, Histoire politique d’une organisation communiste combattante, Révolution et lutte armée en France 1969-1987 – Action directe ». Notes & Études de l’Institut de Criminologie  7 et 8, numéro double – octobre – décembre 1988 [archive] http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Anonyme_-_Revolution_et_lutte_armee_en_france.html [archive]
  11. a, b, c, d, e, f, g, h et i Gilles Ménage, L’œil du pouvoir, t 2, Face aux terrorismes, Paris, Librairie Arthème Fayard, 2000, 545 p. (ISBN 2-213-60491-6)
  12. Julien Fragnon (docteur en science politique, Université de Lyon), Attentats politique en Europe [archive] Encyclopédie de la culture politique contemporaine, sous la direction d’Alain Renaut, 2008, pages 323 et suivantes.
  13. Selon Maria Pilar Arago-Eltur, militante d’Action directe arrêtée le 18 septembre 1980 (cf infra), la décision de créer le groupe a été prise au printemps 1979, au cours de réunions auxquelles participaient Jean-Marc Rouillan, Nathalie Ménigon, Carlos Jaurégui, Mireille Munoz, Laurent Louessard et elle-même ; l’appellation Action directe a été choisie sur proposition de Carlos Jaurégui (cité dans Marcel Leclerc : De l’antigang à la criminelle – Plon 2000 et Jean-Pierre Pochon : Les stores rouges – Édition des équateurs 2008)
  14. L’action directe est l’action sociale directe des masses, sans intermédiaire politique qui parle en leur nom, qu’il soit parlementaire ou avant-garde. Elle n’a donc rien à voir avec la propagande par le fait pratiquée par le groupe AD. Cf. la brochure L’Action Directe rédigée par Émile Pouget, l’« inventeur » du concept.
  15. a, b et c Jean-Louis Bruguière, Ce que je n’ai pas pu dire, entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont 2009.
  16. Le Monde, 14 février 1985.
  17. Remarquons cependant qu’en novembre 1992, peu après le procès de Max Frérot, le « Comité de lutte des prisonniers d’Action directe » publia un texte sévère à l’encontre de la « branche lyonnaise ». Intitulé « Du militarisme aux divagations réactionnaires », les auteurs y définissent les membres originels de cette branche comme « une coordination de militants communistes assurant historiquement la continuité du mouvement mao (ex-gauche Prolétarienne) ». Le texte met en cause des « errances comme le localisme réducteur, le clanisme et son chapelet de personnalisme et d’autoritarisme ». Il explique : « Pour être tout à fait clair : dès l’hiver 79-80, la structure lyonnaise, toujours plus réduite à son unité armée et à sa praxis ; ne pouvait plus se présenter comme interne à l’organisation Action directe. » Il critique ensuite « la manie militariste face à la stratégie de guerre révolutionnaire » et « la fausse solidarité avec le prolétariat immigré ». (Textes de prison 1992-1997http://www.action-directe.net/userimages/tdp.pdf [archive]).
  18. Christophe Bourseiller, Les maoïstes. La folle histoires des gardes rouges français, Éditions Plon, pages 430 et 431.
  19. [PDF] Action directe, Textes de prison 1992-1997, Éléments chronologiques [archive].
  20. L’histoire secrète d’Action directe, enquête filmée diffusée sur Canal + le 16 octobre 2009 – http://www.agoravox.fr/actualites/societe/article/action-directe-manipule-de-l-63322 [archive]
  21. Dominique Lorentz, Une guerre, Les Arènes 1997
  22. Par ailleurs, l’ingénieur général René-Pierre Audran était responsable des contrats d’armement avec l’Irak, en guerre avec l’Iran depuis 1980. Il a supervisé en juillet 1984 une négociation avec l’Iran portant sur des ventes d’armes ; or celle-ci a été brutalement interrompue par le gouvernement français en septembre (Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987).
  23. Yves Bonnet, Contre-espionnage, Calmann-Lévy 2000.
  24. Information mentionnée dans une note manuscrite d’André Olivier retrouvée dans une « planque » stéphanoise de la Branche lyonnaise (Roland Jacquard, La longue traque d’Action directe, Albin Michel 1987
  25. a, b, c et d Commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  26. a et b Serge Savoie, RG, La traque d’action directe, Nouveau Monde Éditions, 2011, 270 p.
  27. Le Monde 4.04.1980 Déférés à la Cour de sûreté de l’État dix-neuf terroristes présumés ont été écroués
  28. a et b Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des équateurs (2008)
  29. a, b et c Artiste d’origine égyptienne, alias « Youssef », qui a infiltré l’Extrême gauche et qui sera abattu par Action Directe en 1982, son nom ayant été donné par un membre des RG affecté à l’Élysée en 1981
  30. a et b Communiqué commun [archive]
  31. a et b Cette suspension ne concerne pas les hold-up, considérés comme des « opérations de financement » par Action directe
  32. Gilbert Thiel, Magistrales insomnies, Fayard, 2005
  33. a et b Jacques Leclercq, Dictionnaire de la mouvance droitiste et nationale de 1945 à nos jours , L’Harmattan, Paris, 2008 (ISBN 978-2-296-06476-8)
  34. http://www.action-directe.net/userimages/tdp.pdf [archive]
  35. Patrice Lastère, Un flic passe aux aveux, Paris, JC Lattès, 2013, 284 p.
  36. Paris-Match, avril 1982 – cité dans Les stores rouges
  37. Selon Charles Villeneuve et Jean-Pierre Peret, Mohand Hamami était lié aux milieux du terrorisme proche-oriental et notamment aux Farl de Georges Ibrahim Abdallah (Histoire secrète du terrorisme – Plon 1987).
  38. Jean-François Gayraud, Histoire politique d’une organisation communiste combattante (http://www.theyliewedie.org/ressources/biblio/fr/Anonyme_-_Revolution_et_lutte_armee_en_france.html [archive]) et Charles Villeneuve et Jean-Pierre Péret Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987
  39. Laurent Greilsamer, Les plumes et le goudron, Le Monde du 10.06.1983
  40. Philippe Boggio, « Les policiers toulousains s’interrogent sur les liens entre les milieux anarchistes des antinucléaires et Action directe », Le Monde,‎ 16 décembre 1982 (lire en ligne [archive])
  41. Révolution et lutte armée en France 1969-1987 – Action directe ». Notes & Études de l’Institut de Criminologie no 7 et 8, numéro double – octobre – décembre 1988 [archive]
  42. Mitraillage de la voiture d’un fonctionnaire de l’ambassade d’Israël (1er août) et attentats contre une agence de la Discount Bank (7 août) et la société Nemor (8 août) – Le Monde du 14.08.1982
  43. Il semblerait que ces attentats contre des objectifs israéliens et juifs, commis peu avant et peu après la fusillade de la rue des Rosiers et critiqués par certains militants, aient accéléré la scission au sein d’Action directe. Un communiqué transmis au nom d’Action directe à l’AFP et à Libération évoque en effet son « éclatement » (…) « à la suite des pratiques autoritaires et bureaucratiques d’un des collectifs d’Action directe. » (Le Monde, 14.08.1982)
  44. a et b Entretien à Libération, 17.08.82
  45. http://policehommage.blogspot.fr/1982/08/mauron-le-dreau-attentat-farl-paris-1982.html [archive]
  46. Le Monde 24.02.1987 Les années de cendre et de sang
  47. Page dédiée à l’évènement sur le site non officiel des policiers français morts en service: http://policehommage.blogspot.fr/1983/05/emile-gondry-claude-caiola-trudaine-1983-action-directe.html [archive]
  48. a, b et c Alain Hamon et Jean-Charles Marchand, Action directe, du terrorisme français à l’euroterrorisme, Le Seuil 1986
  49. Gilbert Thiel, Solitudes et servitudes judiciaires: Le juge antiterroriste : juge ou partie ?l [archive]
  50. Georges Marion, Objectif Action directe, Le Monde 2.03.97
  51. Action directe, un terrorisme à la française, film documentaire de Clémence Badault (2006) https://www.dailymotion.com/video/x164nck_50-ans-de-faits-divers-action-directe-un-terrorisme-a-la-francaise_news [archive]
  52. a et b Charles Le Quintrec, Roland Jacquard, La longue traque d’Action directe, Albin Michel, 1987
  53. Alexis BODDAERT, « La découverte des planques d’Action directe Un travail de fourmi de la gendarmerie », Le Monde,‎ 16 mai 1987
  54. Laurent GREILSAMER, « Au palais de justice de Paris Les quatre dirigeants d’Action directe comparaissent devant une cour d’assises spéciale », Le Monde,‎ 17 novembre 1993
  55. Face à ces menaces, la passivité dont firent preuve l’avocat général Saludo et le président Versini fut vivement dénoncée par le président de la cour d’assises de Paris André Giresse (André Giresse-Philippe Bernert, Seule la vérité blesse, Plon 1987)
  56. a, b, c et d (en) Michael Dartnell, Action directe: ultra-left terrorism in France, 1979-1987, Paris, 1995, 224 p. (ISBN 0714645664, lire en ligne [archive]), p. 172 et 173
  57. Le juge Bruguière estime que Paula Jacques hébergeait Claude Halfen en étant parfaitement au courant de ses activités; elle écoutait les communications radio de la police lorsque Halfen et ses complices commettaient des attaques de banque (Jean-Louis Bruguière, Ce que je n’ai pas pu dire, entretiens avec Jean-Marie Pontaut, Robert Laffont 2009)
  58. Le Monde 14.02.1988
  59. « Action directe en appel La cour confirme les peines contre les dirigeants mais en réduit d’autres et prononce deux relaxes », Le Monde,‎ 6 juillet 1988 (lire en ligne [archive])
  60. Libération 04.07.1995
  61. Le Monde, 09.06.1990, Trois terroristes condamnés par contumace à la réclusion à perpétuité
  62. Le Nouvel Observateur du 22.05.1982, cité par Jean-Pierre Pochon, Les stores rouges, Édition des Équateurs, 2008
  63. Eric Pelletier, Jean-Marie Pontaut, Les trois vies de M. Kaehlin, L’Express 16.05.2005, http://www.lexpress.fr/actualite/societe/justice/les-trois-vies-de-m-kaehlin_485932.html [archive]
  64. Le Monde 23.05.2005, L’inspecteur Kaehlin, une vie en crypté http://www.lemonde.fr/a-la-une/article/2005/05/23/l-inspecteur-kaehlin-une-vie-en-crypte_652888_3208.html [archive]
  65. Yves Bertrand, Je ne sais rien mais je dirai (presque) tout – Conversations avec Eric Branca, Paris, Plon, 2007, 226 p. (ISBN 978-2-259-20295-4)
  66. Gabriel Chahine sera assassiné le 13 mars 1982. L’assassin ne sera jamais identifié mais l’assassinat sera revendiqué plus tard par Action directe.
  67. Charles Villeneuve, Jean-Pierre Péret, Histoire secrète du terrorisme, Plon 1987
  68. Notamment dans un entretien accordé à Jérôme Bonaldi sur France Inter, cité par Claude Cancès, Histoire du 36 quai des Orfèvres, Édition Jacob-Duvernet, 2010.
  69. Sébastien Schifres, La mouvance autonome en France de 1976 à 1984, http://sebastien.schifres.free.fr/chronologie.htm [archive].
  70. a et b Jean-Pierre Pierre-Bloch et André Santini, Sécurité enjeu public no 1, Carrère-Michel Lafon, 1986.
  71. Courrier cité notamment par Edwy Plenel, La part d’ombre, Stock 1992 et le commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  72. Capitaine Paul Barril, Guerres secrètes à l’Élysée, Albin Michel 1996
  73. « L’Italie accuse la France d’abriter une  » multinationale du terrorisme «  », Le Monde,‎ 30 janvier 1985 (lire en ligne [archive])
  74. a et b Philippe Pons, « L’attitude de Paris retarde certaines enquêtes contre le terrorisme nous déclare le juge Spataro », Le Monde,‎ 8 janvier 1985 (lire en ligne [archive])
  75. La France, l’Italie face à la question des extraditions, Institut François Mitterrand 17 juin 2004, http://www.mitterrand.org/La-France-l-Italie-face-a-la.html [archive]
  76. http://discours.vie-publique.fr/notices/877003700.html [archive]
  77. http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2009/07/23/01011-20090723FILWWW00388-action-directe-semi-liberte-pour-schleicher.php [archive]
  78. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2009/04/30/01016-20090430ARTFIG00397-semi-liberte-pour-georges-cipriani-.php [archive]; http://www.lemonde.fr/societe/article/2010/04/01/action-directe-un-regime-de-semi-liberte-accorde-a-georges-cipriani_1327664_3224.html [archive]
  79. http://www.lemonde.fr/societe/article/2011/05/03/liberte-conditionnelle-pour-cipriani-ex-membre-d-action-directe_1516440_3224.html [archive]
  80. Semi-liberté pour l’ancienne membre d’Action directe Nathalie Ménigon [archive]Le Monde, 19 juillet 2007
  81. Nathalie Ménigon obtient une semi-liberté [archive]Libération, 19 juillet 2007
  82. L’ex-militante d’Action directe Nathalie Ménigon est sortie de prison [archive]Le Monde, 2 août 2008
  83. http://www.leparisien.fr/abo-faits-divers/nathalie-menigon-en-liberte-conditionnelle-03-08-2008-116635.php [archive]
  84. Semi-liberté accordée à Jean-Marc Rouillan cofondateur d’Action directe [archive]Agence France-Presse, 6 décembre 2007
  85. Interview de Jean-Marc Rouillan donnée à L’Express [archive]
  86. Article sur france-info.com [archive]
  87. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20030905.OBS5961/ [archive]
  88. (it)[RTF] www.misteriditalia.it/newsletter/75/numero75.rtf
  89. http://nlpf.samizdat.net/spip.php?rubrique43 [archive]
  90. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20040428.OBS8398/?xtmc=actiondirecte&xtcr=6 [archive]
  91. http://vp-partisan.org/article163.html [archive]
  92. http://tempsreel.nouvelobs.com/actualites/20060226.OBS8443/?xtmc=actiondirecte&xtcr=2 [archive]
  93. Le Monde, 31.03.1980, La police estime avoir démantelé le groupe Action directe
  94. Le Monde 18.04.1980, L’attaque à main armée de Condé-sur-l’Escaut devant les assises du Nord
  95. Notamment la ligue des Droits de l’homme, le PSU, le Syndicat de la magistrature.
  96. Le Monde du 28.04.1989, A la cour d’assises du Nord, amnistie ou acquittement pour six des sept accusés dans l’affaire de Condé-sur-l’Escaut
  97. Laurent Louessard prendra en charge quelques mois plus tard la publication du journal L’Internationale avec Joëlle Aubron.
  98. Yannick Blanc, Les esperados, une histoire des années 1970, Éditions de l’Échappée, 2011
  99. Le Dauphine 07.08.2013 Le fantôme de Pierre Conty http://www.ledauphine.com/france-monde/2013/08/07/le-fantome-de-pierre-conty [archive]
  100. Il n’a jamais réapparu depuis 1977. Le 22 mai 2000, la peine capitale prononcée à son encontre a été prescrite. Christian Bonnet, ministre de l’intérieur en 1977 aurait énigmatiquement déclaré à son sujet : « Il ne nuira plus ». (Yannick Blanc Les Esperados, une histoire des années 1970, Éditions l’Échappée, 2011)
  101. Le Monde 25.09.1980 Un important stock d’explosifs est découvert près de la ferme ou habitait Pierre Conty et Commissaire Marcel Leclerc, De l’antigang à la criminelle, Plon 2000
  102. http://users.skynet.be/dosscrim/lescellulescommu/index.html [archive]
  103. Voir notamment : http://geostratos.wordpress.com/2008/06/ [archive]
  104. Le Monde 06.12.77 Le meurtrier présumé de M. Tramoni est arrêté
  105. Le Monde du 27 avril 1983 Dix interpellations après le saccage du musée de la Légion d’honneur
  106. Le Monde, 2 avril 1985 Une lettre de Frédéric Oriach
  107. Florence Rey est décrite comme une sorte de petite Nathalie Ménigon par les enquêteurs : « En vingt-cinq ans de police judiciaire, je n’ai jamais été confronté à un tel mutisme » dans Le Monde 9 juin 2006, « Florence Rey, Audry Maupin : Tueurs nés ? » Un document de Marie-Sophie Tellier – Faites entrer l’accusé – Série proposée par Christian Gerin, présentée par Christophe Hondelatte, produite par 17 juin Média, réalisée par Bernard Faroux, rédacteur en chef : Christian Huleu. Décembre 2003.
  108. https://www.marianne.net/Coupat-in-situ_a180195.html [archive]; http://www.rue89.com/2008/12/23/affaire-coupat-la-france-et-ses-epouvantails-gauchistes?page=8#comment-614278 [archive]
  109. Christophe Bourseiller interrogé notamment sur le cite les influences.fr : http://www.lesinfluences.fr/Christophe-Bourseiller.html [archive].
  110. http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2011/02/25/01016-20110225ARTFIG00647-nouvelle-menace-d-action-directe.php [archive]
  111. http://eubn.org.free.fr/eubn/article.php3?id_article=890 [archive]

Annexes

En Allemagne, une ancienne terroriste de la RAF rompt le silence dans AC ! Brest 50px-Circle-icons-shop.svg
Il existe une catégorie consacrée à ce sujet : Action directe.

Articles connexes

Liens externes

 

La CFDT n’est pas convaincue par la « démarche » extrême-gauchiste annoncée par le nouveau chef de l’Etat

« Par expérience, je sais qu’une sécurité financière permet de se concentrer sur sa recherche d’emploi », répond Laurent Berger, secrétaire général de la CFDT, interrogé sur le « système universel » d’indemnisation du chômage que les extrême-gauchistes brestois de l’équipe d’Emmanuel Macron nous préparent pour la rentrée.

Tous les chômeurs, tous les salariés ayant connu le chômage le savent eux aussi, naturellement.

Mais à l’instar des professeurs d’économie qui les encadrent, tels Josette Brenterch et son vieux complice Arnaud Hell, les fonctionnaires qui militent à l’extrême-gauche ne veulent pas entendre parler de ces contingences matérielles qui ne les intéressent pas, vu qu’ils ne risquent pas de se retrouver un jour au chômage, même en multipliant quotidiennement les fautes professionnelles les plus lourdes – le cas de l’ancien directeur de l’hôpital psychiatrique de Bohars et compatriote ruthénois de Richard Ferrand qui aura finalement été révoqué de la fonction publique et condamné pour de multiples infractions pénales, dont des faux, des usurpations de titres, des dénonciations calomnieuses, diverses violences avec armes, du proxénétisme aggravé, constitue à cet égard l’exception qui confirme la règle.

« Notre enquête auprès des salariés l’a montré, il y a une profonde aspiration à rendre plus visible ce qui fait la vie quotidienne des salariés, les questions de conditions de travail, la construction de vrais espaces de dialogue pour les salariés… » dit aussi Laurent Berger.

Mais encore une fois, les conditions de travail des salariés n’intéressent pas les fonctionnaires de l’extrême-gauche, ils refusent d’en entendre parler.

En fait, comme l’ont appris à leurs dépens quasiment tous les chômeurs, précaires et exclus qui à compter de la création du réseau de collectifs AC ! au cours de l’année 1993-1994 ont rejoint ce mouvement et tenté d’y proposer ou développer d’autres activités que de la distribution de tracts pour les campagnes électorales de la LCR après ses fameuses « marches » initiales, ces fonctionnaires réagissent même de façon extrêmement violente à toute tentative d’expression de salariés sur leurs conditions de vie.

Leur vrai problème, c’est de les faire taire, comme l’ont bien vu à compter de l’année 2008 tous les témoins des harcèlements et autres exactions dont je suis victime depuis le début de mon expression publique anonyme sur le sujet du harcèlement moral en entreprise, d’abord sur le site Rue89 en 2008 et 2009, puis sur Le Post et les différents autres sites où j’ai pu m’exprimer, toujours anonymement.

Car ils s’opposent radicalement à toute forme d’indemnisation ou de rémunération du chômage, qu’ils jugent toujours scandaleuse alors qu’eux-mêmes se battent, non pas pour être payés à ne rien faire, mais pour être mieux payés à travailler – et à travailler dur -, leurs traitements de fonctionnaires étant toujours insuffisants et selon eux de montants très inférieurs aux salaires du privé.

Ils considèrent aussi que contrairement à ce qu’ils en pensent eux-mêmes, les chômeurs n’auraient pas à chercher du travail mais à accepter celui que peuvent leur offrir les organismes compétents, l’ANPE autrefois, aujourd’hui Pôle emploi, et peut-être demain l’Etat, conformément à leurs voeux les plus chers.

Ainsi sont-ils cohérents dans leur perception du chômage et de la condition salariale : toujours trop payés, qu’ils soient en poste ou au chômage, même en fin de droit ou au RSA, les salariés nécessitent d’être cassés, mis au pas ou plus bas que terre, surtout lorsqu’ils sont ingénieurs ou cadres.

 

https://www.lesechos.fr/economie-france/social/0212088588003-laurent-berger-passer-a-la-hussarde-sur-le-code-du-travail-ca-ne-marchera-pas-2087072.php

Laurent Berger : «Passer à la hussarde sur le Code du travail, ça ne marchera pas»

 

 

INTERVIEW – Le secrétaire général de la CFDT met en garde le chef de l’Etat contre une forme de pouvoir trop verticale. Il l’appelle à développer la cogestion dans les entreprises.

 

Quelle lecture la CFDT fait-elle des résultats de l’élection présidentielle ?

Ce qui frappe, c’est le peu d’enthousiasme après la victoire d’Emmanuel Macron sur le Front national, l’absence d’émotion, contrairement au 21 avril 2002. Cette élection présidentielle révèle plusieurs choses : une formidable attente de renouvellement, mais aussi beaucoup de défiance à l’égard des responsables politiques ainsi qu’un sentiment d’abandon de la part de certains Français. Il y a une sorte de « nihilisme » politique qui s’est exprimé. Trop de Français sont tout simplement « paumés ». La société française est en attente de sens et de décisions « à hauteur d’homme », au service d’un projet collectif et non pas imposé d’en haut. Le nouveau président doit faire attention à sa façon de fonctionner : une forme de pouvoir jupitérien, trop vertical, ne pourrait pas marcher.

Edouard Philippe vient d’être nommé Premier ministre. Y voyez-vous un signal positif ou négatif ? Et quel devrait être, selon vous, le profil du futur ministre du Travail ?

La CFDT prend acte de la nomination d’Edouard Philippe. Nous ne choisissons pas nos interlocuteurs. Personnellement, je ne le connais pas. Je ne sais pas quelle est sa conception du dialogue social. Il faudra qu’on le rencontre très vite pour entrer dans le fond des dossiers.

Pour ce qui est du prochain ministre du Travail, pour nous, dans l’idéal, ce doit être quelqu’un qui connaît le monde du travail, ses nécessités économiques mais aussi son besoin de justice sociale, quelqu’un qui croit au dialogue social et qui a envie de s’occuper d’emploi, mais aussi de travail. Notre enquête auprès des salariés l’a montré, il y a une profonde aspiration à rendre plus visible ce qui fait la vie quotidienne des salariés, les questions de conditions de travail, la construction de vrais espaces de dialogue pour les salariés…

Où sont les lignes de fracture dans la société française, selon vous ?

Ce ne sont pas 7 millions de partisans d’extrême droite qui ont voté Marine Le Pen au premier tour, ce sont souvent des Français qui ont l’impression d’être oubliés, à cause d’industries qui sont parties, de services publics qui ont fermé… Quand le premier médecin est à 45 kilomètres de chez vous, vous avez le sentiment d’être abandonné. Il faut sortir de la seule macroéconomie et faire des propositions qui changent réellement la vie de ces citoyens.

L’explosion des partis politiques préfigure-t-elle celle de certains syndicats ?

Nous devons tous nous demander si nous produisons des idées nouvelles depuis quinze ans. LR, PS… Les grands partis ont manifestement déserté ce champ. Pas nous. A la CFDT, nous sommes à l’écoute des demandes concrètes des travailleurs et dans un monde en forte mutation, nous portons un projet et des propositions.

Certains mettent la légitimité du président en doute parce qu’une partie de ses électeurs a voulu faire barrage au FN et n’a pas soutenu son programme. Qu’en pensez-vous ?

Emmanuel Macron est arrivé en tête au premier tour et il a obtenu 66 % des suffrages au second. Il est légitime. Il n’y a aucun doute là-dessus. Et personne n’a intérêt à ce qu’il échoue. On ne sait pas ce qui se passerait alors, je pense même au risque d’affrontements violents. Face à une société angoissée, le nouveau chef de l’Etat doit être vigilant sur la méthode. Il n’a aucun intérêt à y aller « à la hache » en déroulant un programme technocratique sans concertation. Ce serait perdant pour le pays et perdant pour lui. Le dialogue n’est jamais une perte de temps. Emmanuel Macron doit se nourrir des réflexions des acteurs et de la diversité de la société.

N’est-ce pas encore et toujours des grand-messes, donner du temps au temps alors qu’il y a une demande de résultats ?

La CFDT n’est ni une opposante ni une alliée par principe. Mais il faut faire attention à l’empilement. Prenons l’exemple de l’emploi. Ces dernières années, de nombreuses réformes ont été lancées pour lutter contre le chômage : rupture conventionnelle, nouvelles procédures pour les plans sociaux, restauration des marges des entreprises… Je demande qu’une éva­luation en soit faite.

Même chose sur les indemnités prud’homales que le président veut plafonner. On a mis en place un barème indicatif, ne faudrait-il pas d’abord mesurer ses résultats ? Nous pensons que le préjudice subi doit être réparé intégralement. J’attends d’ailleurs la démonstration de l’efficacité d’un plafonnement.

Il marche en Allemagne…

En Allemagne, ce qui est efficace, c’est le dialogue social. Quand on parle de souplesse du marché du travail, on cite aussi toujours ce pays en exemple. Mais j’aimerais que le patronat s’inspire de celui d’outre-Rhin également sur la cogestion. Le patronat allemand est moins conservateur que le nôtre. En France, la CFDT a pris le risque de soutenir la politique de restauration des marges des entreprises, mais le patronat ne joue pas le jeu en ne prenant aucun engagement sur l’emploi. Il faut qu’il sorte de la plainte permanente et s’engage réellement dans le dialogue social.

Donc vous ne voulez pas de la réforme du Code du travail qu’Emmanuel Macron a promise pour la rentrée par ordonnance ?

Ordonnance ou pas, ça, c’est une question qui concerne l’exécutif et le Parlement. Nous, c’est le fond qui nous intéresse. Une réforme du Code du travail à elle seule ne va pas créer de l’emploi. Nous croyons au renforcement du dialogue social dans l’entreprise, mais pas dans n’importe quelles conditions. Il faut y renforcer le pouvoir des salariés. Il faut dans le même temps que le socle garanti par la loi en l’absence d’accord reste à un niveau élevé, voire plus élevé qu’aujourd’hui.

En outre, une réforme hâtive du Code du travail serait contre-productive. Il faut regarder sujet par sujet ce qui relève de la négociation d’entreprise. Le temps de la concertation est indispensable. Si Emmanuel Macron veut passer à la hussarde, ça ne marchera pas. Il se trompe s’il croit que légiférer par ordonnance dès la rentrée lui permettra d’éviter un conflit social.

La CFDT défend donc le statu quo ?

Non, cela ne veut pas dire que la CFDT défend le statu quo. Mais le gouvernement devra commencer par évaluer, écouter, parler. Il devra jouer la transparence et la concertation, et donner du sens à son projet. Et ne pas se focaliser sur le seul Code du travail. Il ne faut pas oublier que les leviers essentiels pour développer l’emploi sont nombreux : investissements massifs dans la transition écologique, montée en gamme de nos industries, formation professionnelle et accompagnement soutenu pour les salariés comme pour les demandeurs d’emploi, action publique plus efficace, mais également développement de la cogestion dans les entreprises. Emmanuel Macron a évoqué ce sujet pendant la campagne électorale. Il est pour nous essentiel.

Le président de la République veut renforcer le rôle de l’Etat dans l’assurance-chômage. Craignez-vous d’être laissés de côté, comme c’est le cas pour l’assurance-maladie ?

Au départ, Emmanuel Macron parlait d’étatisation. Maintenant, il parle de tripartisme, ce qui n’est pas la même chose. Aujourd’hui, nous sommes dans une forme de tripartisme non avouée : l’Etat est concerné, ne serait-ce que parce qu’il agrée les conventions et qu’il garantit la dette du régime. Et, en réalité, il y a déjà un dialogue constant ­ – mais informel – entre l’Etat et les partenaires sociaux.

Une discussion va s’ouvrir à l’automne. Nous y sommes prêts. Mais il n’est pas question que nous soyons exclus de la définition des règles et de la gestion de l’assurance-chômage. Par ailleurs, le projet d’Emmanuel Macron pour aller vers un système universel amène plusieurs questions : quel niveau d’indemnisation serait garanti, quelle ampleur serait proposée pour l’aide au retour à l’emploi… Par expérience, je sais qu’une sécurité financière permet de se concentrer sur sa recherche d’emploi.

Que pensez-vous de la suppression de l’indemnisation pour les chômeurs qui refuseraient deux offres d’emploi, annoncée par le chef de l’Etat ?

C’est un pur affichage politique et une mesure cosmétique. Il y a déjà un dispositif de sanction ! Il faut arrêter avec cette idée reçue du chômeur à qui on doit mettre un coup de pied aux fesses pour qu’il retrouve du travail. Croyez-moi, j’ai côtoyé beaucoup de chômeurs qui n’attendaient que de l’accompagnement et des offres d’emploi.

Nicolas Barré, Les Echos
Leïla de Comarmond, Les Echos
Alain Ruello, Les Echos
Dominique Seux, Les Echos
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