Quand Fabien Clain vole au secours de Pascal Edouard Cyprien Luraghi

Cela ressemble un peu aux arrivées successives de Jean-Marc Donnadieu de Béziers et Josette Brenterch du NPA de Brest dans la bande de ses cybercriminels « déconnologues », à la mi-avril 2010 pour le premier et la mi-juin 2010 pour la seconde.

En fait, ils en étaient déjà complices depuis longtemps, certainement deux ans, mais restaient prudemment dans l’ombre, le fer de lance de tous leurs harcèlements à mon encontre n’ayant pas encore eu besoin qu’ils interviennent l’un et l’autre comme ils l’ont fait à compter de cette année 2010, à chaque fois en réponse à un appel à l’aide spécifique de sa part, alors que ses victimes se défendaient, moi particulièrement.

Le nouveau message audio du djihadiste Fabien Clain, diffusé vendredi 28 décembre 2018 (voir ci-dessous), intervient à peu près comme le tout premier commentaire de Josette Brenterch du NPA de Brest sur le blog Tique Toc de son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi le 30 juin 2010, en réponse à ma première publication d’un démenti concernant mon état de santé à la suite des nombreuses « révélations » quasiment toutes fausses que ce dernier faisait quotidiennement à mon sujet sur ses deux blogs publics depuis plus de dix jours sous la dictée de ladite Josette Brenterch, et dans lesquelles il me présentait notamment comme une malade mentale, un « cas lourd psychiatrique », ce que je n’ai jamais été.

Toutes ces publications calomnieuses dont elle était la source cachée s’avérant tout à coup insuffisantes, elle avait décidé de venir elle-même soutenir sur les mêmes blogs toutes ses allégations mensongères à mon encontre afin de leur donner plus de crédit, son complice le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi en manquant très sérieusement.

Ce sont aujourd’hui mes explications et révélations de ces derniers jours, particulièrement celles qui font suite à l’attentat de Strasbourg et la revendication publiée le même jour sur le blog Luraghi, qui doivent embarrasser son auteur et ses complices.

D’où, probablement, la demande ou annonce codée du 27 décembre 2018 sur le mur Facebook de Jean-Marc Donnadieu, et la diffusion du lendemain, un message audio d’une durée de 13 minutes qui selon les spécialistes qui l’ont écouté n’apporterait pas grand-chose, serait peu soigné, assez surprenant, inhabituel (voir ci-dessous), et pourrait donc avoir été réalisé en urgence afin de répondre à la demande de la veille d’une clarification expresse et tout à fait autorisée des « Cat’s rules » ou « Che hat’s rules », définissant l’attaque commise à Strasbourg par Cherif Chekkat (Che-cat) comme une vengeance de l’EI sans aucun rapport avec toutes les malversations de Cyprien Luraghi et sa bande de « déconnologues ».

Pourquoi avoir besoin de la réaffirmer en justifiant cette motivation par une longue liste de djihadistes tués alors que l’attentat a déjà été officiellement revendiqué par l’EI, dont tous les messages, qu’ils émanent de ses représentants ou des exécutants eux-mêmes lors des attaques, ont toujours été les mêmes depuis novembre 2015 ?

Manifestement, il était déjà nécessaire de remettre les pendules à l’heure… ou de me contredire…

L’on notera par ailleurs que cet appel public des Français au djihad trahit bien aussi la difficulté actuelle de l’EI à recruter en France de nouveaux kamikazes, comme je l’avais déjà dit avant l’attaque.

Enfin, l’appel à la rébellion de tous les Français contre leur gouvernement et le soutien aux « gilets jaunes » viennent aussi corroborer ce que j’ai toujours dit de la proximité existant entre djihadistes et extrême-gauchistes : les manifestations de ces derniers sont toujours respectées, l’attaque de Strasbourg n’était pas dirigée contre le mouvement des « gilets jaunes ».

 

https://www.valeursactuelles.com/faits-divers/le-djihadiste-fabien-clain-appelle-les-francais-se-rebeller-102167

Le djihadiste Fabien Clain appelle les Français à se rebeller

Par

/ Lundi 31 décembre 2018 à 13:15 2

Quand Fabien Clain vole au secours de Pascal Edouard Cyprien Luraghi dans AC ! Brest

Photo d’illustration. Photo © ANDRIEU ARNAUD/SIPA.

 

État islamique. Celui qui est considéré comme étant le porte-parole du groupe appelle à commettre de nouveaux attentats sur le sol français.

Dans un message intitulé « Est-ce que tu réalises » et diffusé sur la radio de l’État islamique le 28 décembre dernier, le djihadiste français, Fabien Clain a une nouvelle fois appelé les sympathisants de Daesh à commettre des attentats en France pour « venger ceux qui meurent » dans les frappes de la coalition. Il les appelle également à « faire trembler la terre des injustes et que la guerre frappe à leur porte ». Le djihadiste français exhorte l’auditeur à « se rebeller contre ton gouvernement qui dépense ton argent sans compter à tort et à travers », rapporte La Dépêche.

Un enregistrement récent

Considéré comme la « voix de Daesh », Fabien Clain lance directement un message aux Gilets jaunes. Ainsi, il est possible de dater cet enregistrement qui semble donc récent. Selon le chercheur Romain Caillet, il s’adresse directement aux Français et veut leur faire comprendre que « les attentats sont ‘des actes de vengeance’ ».

Sur le même sujet

 

Originaire de l’île de la Réunion, et ayant vécu plusieurs années à Toulouse, Fabien Clain est aujourd’hui largement recherché par Interpol. Converti à l’islam, il a fréquenté les frères Mohamed, auteurs des tueries de Toulouse en 2012, et Abdelkader Merah. Tout comme son frère, Jean-Michel Clain, les deux hommes sont suspectés d’avoir joué des rôles dans les attentats qui ont frappé la France ces dernières années et qui ont été revendiqués par Daesh.

 

https://www.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20181231.OBS7817/le-terroriste-fabien-clain-voix-de-daech-reapparait-dans-un-message-audio.html

Le terroriste Fabien Clain, « voix de Daech », réapparaît dans un message audio

 

Ce message a probablement été enregistré ces dernières semaines.

 

Par L’Obs

Publié le 31 décembre 2018 à 16h03

Visé avec son frère Jean-Michel par des mandats d’arrêts dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, le terroriste Fabien Clain vient de réapparaître dans un message de propagande de l’organisation Etat islamique (EI).

Dans cet audio de 13 minutes mis en ligne le 28 décembre, le djihadiste « vise particulièrement la France » et appelle les partisans du groupe terroriste à commettre des attentats en France, note le spécialiste Romain Caillet sur Twitter.

« Chose assez rare, Fabien Clain s’adresse aux citoyens français qu’il invite à prendre conscience que les attentats sont des ‘actes de vengeance’. »A noter que ce message semble récent, le terroriste évoquant – sans nommer le mouvement des « gilets jaunes » – les manifestations intervenues en France ces dernières semaines.

Voix de Daech

Fabien Clain avait été rapidement identifié comme la voix du message sonore du groupe EI diffusé au lendemain des attaques perpétrées par trois commandos d’hommes revenus de Syrie. Son frère, Jean-Michel, a été identifié dans les Anasheeds – chants religieux – de l’enregistrement. Vétérans du djihad, ils sont dans le viseur des services antiterroristes depuis des années et se trouvent toujours probablement en Syrie, selon les enquêteurs.

Converti à l’islam, Fabien Clain, qui a fréquenté les frères Mohamed Merah – auteur des tueries de Toulouse en 2012 – et Abdelkader Merah dans la région toulousaine, a été condamné à 5 ans de prison ferme en 2009 au procès d’une filière d’acheminement de djihadistes vers l’Irak, la filière dite d’Artigat.

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

 

https://www.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151118.OBS9734/de-toulouse-a-la-syrie-fabien-clain-le-parrain-djihadiste-qui-a-revendique-les-attentats.html

De Toulouse à la Syrie : Fabien Clain, le parrain djihadiste, qui a revendiqué les attentats

 

L’homme qui a revendiqué au nom de Daech les attaques du 13 novembre a aussi coordonné à Toulouse une filière djihadiste pour al-Qaida, a été en lien avec Merah, est passé par la Belgique…

 

(Article publié le 19 novembre 2015)

A 37 ans, Fabien Clain, l’homme qui a revendiqué les attentats du vendredi 13 novembre au nom de Daech, est un vétéran du djihad. Dans les années 2000, il était déjà le cerveau d’une filière chargée d’acheminer des combattants en Irak. Son nom : « la filière d’Artigat« , du nom de ce petit village de l’Ariège où se sont retrouvés toute une galaxie de jeunes radicalisés. Et où Mohamed Merah, lui aussi, s’initia à la religion. Olivier Corel, l’éminence religieuse d’Artigat, n’a jamais été emprisonné, n’ayant jamais explicitement appelé au djihad. Ce n’est pas le cas de Fabien Clain. D’ailleurs, pour les enquêteurs, le groupe des djihadistes toulousains, la filière d’Artigat, a longtemps été désigné comme « Groupe Clain ».

Fabien Clain est à l’intersection de tout. L’affaire Merah, d’abord. Le tueur au scooter a été embrigadé religieusement par son grand-frère Abdelkader. Mais aussi et surtout par Sabri Essid (qui deviendra leur demi-frère, son père ayant épousé en secondes noces la mère des Merah). Mais qui a été le guide en religion de Sabri Essid ? Fabien Clain, un converti de sept ans son aîné, d’origine réunionnaise, qui se fait appeler Omar. En 2008, Sabri Essid expliquait ainsi aux policiers : J’ai rencontré Omar quand j’avais 16 ans. Il a eu une grande influence religieuse sur moi. »

Fabien Clain est aussi l’un des pivots entre les groupuscules radicaux belges et le groupe toulousain qu’il cornaque. Il y a habité, a rencontré les gens qui comptent, utilisé cette base arrière pour acheminer de jeunes Toulousains en Irak (l’un d’eux y trouvera d’ailleurs la mort dans une opération kamikaze).

Le « groupe Clain » a été démantelé par les enquêteurs en 2007 et son leader mis en garde à vue en 2008. Lors de son procès, en 2009, il écope d’une peine de prison de cinq ans, comme son ami Sabri Essid. En prison, il continue à correspondre avec Mohamed Merah. Sabri Essid et Fabien Clain sortent de prison en 2012 et se font discrets. Le premier retourne à Toulouse, le second choisit d’abord Alençon, la ville où il a passé son enfance, avant de venir lui aussi s’établir à Toulouse.

Au printemps 2014, alors que Daech incite ses combattants à venir rejoindre le pays de Cham en famille, tout un groupe part en Syrie avec femmes et enfants. Clain part avec sa femme et ses trois enfants. Sabri Essid avec ses quatre enfants : c’est lui qu’on verra dans une vidéo de propagande glaçante de l’EI, au printemps 2015, aux côtés de son fils Ryan, âgé de 9 ans, qui exécute à bout portant un otage.

Rappeur, poète puis converti

Sur le site « Copains d’avant », le terroriste a encore sa fiche : « Fabien Clain, Toulouse, Egypte, toujours là…. alhamdoullillah ». Il invite même à aller consulter sa page Myspace au nom de « rappeleur », où l’on peut entendre des chants religieux. « J’ai déjà écrit des poèmes en français et en créole », disait-il aux policiers.

Mon frère Jean-Michel et moi chantons ensemble, nous avons comme projet de former un groupe qui s’appellerait ‘rappeleur’, des chants de rappel à l’islam, des nasheed. J’ai été rappeur avant d’être poète. Puis après conversion à l’islam j’ai tout arrêté. »Fabien Clain vient d’une famille de quatre enfants. Son père ayant quitté le foyer quand il avait trois ans, sa mère élève ses enfants seule. Deux filles, deux garçons. Fabien Clain galère. Il ne termine pas son BEP métallurgie, s’inscrit à l’Afpa en plomberie. Il enchaîne les missions d’intérim. En 1998, il se met en couple avec Mylène F., une ancienne camarade d’école. Tous deux s’intéressent à la religion. « A cette époque, nous avons lu la bible, et nous nous sommes rendus compte que cela ne correspondait pas à la pratique des chrétiens », expliquait sa femme aux policiers.

Ils rencontrent Mohamed A., qui deviendra le mari de la sœur de Clain et les initie à l’islam. « Cela a été une évidence que cette religion était la bonne ». Chez les Clain, la religion se vit en famille. Jean-Michel Clain, le frère de Fabien, se convertit aussi. Sa femme Dorothée M. également. Tout ce petit monde décide de partir s’installer à Toulouse en 2001. « C’était plus facile de pratiquer notre religion dans une grande ville ».

Le « clan des Belphégor »

C’est là que les frères Clain, et surtout Fabien/Omar, commencent à endoctriner à tour de bras. Avec leurs femmes, voilées intégralement, le Clain ne passent pas inaperçus : au Mirail, on les surnomme « le clan des Belphégor ». La mosquée Bellefontaine est juste en bas de l’appartement de Fabien Clain et son épouse. Sur le trottoir, les deux frères font du prosélytisme, trouvant l’imam trop soft.

C’est Fabien Clain le plus beau parleur. Un habitué de la mosquée se rappelle :

Il disait aux fidèles que Dieu avait créé 73 groupes de musulmans et que 72 d’entre eux iraient en enfer, pensant qu’ils seraient dans le groupe des rescapés. »Alain C., qui l’a fréquenté, dira de lui :

Un homme très instruit, possédant un véritable talent pour convertir les gens, très persuasif car parlant très bien. Il est capable de radicaliser quelqu’un, car il est dangereux et très manipulateur. »

Recruteur pour le djihad

Clain s’intéresse déjà beaucoup à ce qui se passe en Belgique où les prédicateurs radicaux donnent des cours. Il démarre un petit business. Il achète là-bas des cassettes, livres, éditées par un centre islamiste belge, et les revend sur les marchés à Toulouse, aux côtés de Sabri Essid, devenu son grand ami. Sabri Essid habite même un moment chez les Clain, après le divorce de ses parents : « C’est à partir de là qu’il m’a demandé de me voiler, qu’il parlait de paradis, de djihad », dira sa mère aux policiers.

En 2003, Fabien Clain et sa femme décident d’aller vivre à Bruxelles, parce qu’il y a « des centres permettant d’apprendre la religion ». De fait, si Fabien Clain apprend la religion, il se prépare aussi déjà au djihad. Il participe à des camps d’entraînement dans les Ardennes, avec « barbecue, kayak », mais aussi course à pied et endurance. Mais c’est difficile de vivre et gagner sa vie à Bruxelles : son petit business sur les marchés périclite à cause « des autorisations ».

Fabien Clain et Mylène retournent en France. Un mois chez la mère de Fabien Clain, puis à nouveau dans le sud. En octobre 2004, ils décident carrément d’aller habiter à Artigat, chez Olivier Corel, alias « l’émir blanc », pour officiellement « garder le même rythme d’étude et apprendre l’arabe ». En fait, Fabien Clain continue à recruter pour le djihad en Irak. Il organise même des séances de self-défense et de jogging dans le parc de la Reynerie, à Toulouse. Il a trouvé un coach qui leur apprend des techniques de karaté. L’entraînement tourne court au bout de quelques sessions : ils se rendent compte qu’ils sont surveillés par la police.

De Fleury-Mérogis à la Syrie

Dès 2006, les premiers départs vers l’Irak s’égrènent. Fabien Clain part lui, mais en famille et en Egypte, confirmant les dire d’Alain C. aux policiers :

Il n’est pas assez courageux pour rejoindre les terres du djihad, mais plutôt du genre à organiser le départ de djihadistes. »En décembre 2006, Sabri Essid la tête brûlée, est arrêté par les autorités syriennes, au sein d’une cellule Al-Qaida, et extradé en France. Toute une partie du groupe Clain est arrêtée courant 2007. Fabien Clain, sa femme Mylène et son frère Jean-Michel sont, eux, arrêtés le 20 février 2008. En 2009, lors du procès, les Clain, comme Sabri Essid, écopent d’une peine de prison de cinq ans. Détenu à Fleury-Mérogis, écrou n°374580, Clain pense toujours au djihad. En prison, il écrit à Mohamed Merah. Il est libéré en 2012.

A Alençon, il assure « vouloir vivre en tranquillité ». Il donne des cours d’arabe. A domicilié son entreprise chez lui, dans une petite zone pavillonnaire, une société qui vend des livres et des « produits diététiques naturels ». Notée 4 étoiles sur 5, avec ce commentaire : « Y a-t-il d’autres produits diététiques, naturels sur Alençon d’aussi bonne qualité ? »

Au printemps 2014, comme la famille de Souad Merah, celle de Sabri Essid, et d’autres ex-membres du groupe « Clain » tous devenus pères de famille, Fabien Clain disparaît. Il est parti en Syrie. Rejoindre Daech. Fabien Clain, alias Omar, semble être devenu un des cadres de l’organisation terroriste. Le cerveau de nombre d’attentats projetés. Comme ce projet avorté, en août, que devait réaliser Reda H., qui assure qu’un « Omar » lui avait commandité cet attentat. L’attentat manqué de Villejuif, où revient avec insistance le nom de Fabien Clain. Selon le Monde, on retrouve également le nom de Clain, dans un projet d’attentat avorté au Bataclan, en 2009, fomenté par une cellule Al Quaida.

Doan Bui

 

https://www.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20180524.OBS7165/qui-est-le-djihadiste-francais-adrien-guihal-capture-par-les-kurdes-en-syrie.html

Qui est le djihadiste français Adrien Guihal, capturé par les Kurdes en Syrie ?

 

Ce djihadiste de l’Etat islamique est accusé d’être la voix de la revendication de l’attentat de Nice en France en juillet 2016.

 

Par L’Obs

Publié le 24 mai 2018 à 16h28

Il était connu sous le nom de guerre Abou Oussama al-faransi, « le Français ». Les forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington et Paris, ont annoncé ce jeudi 24 mai avoir capturé un djihadiste français recherché, Adrien Guihal, à Raqqa, l’ex fief de l’Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, reconquis par les FDS en 2017.

« Les services de renseignements des FDS ont mené une opération le samedi 19 mai qui a permis de capturer un groupe de djihadistes du groupe Etat islamique (EI) avec à leur tête Adrien Guihal, connu sous le nom d’Abou Oussama al-faransi », accusé d’être la voix de la revendication de l’attentat de Nice en juillet 2016, selon un communiqué publié sur le site des FDS.

Adrien Guihal s’était imposé au sein de l’EI comme le principal prédicateur français. « Avec lui, c’est la première fois que l’EI diffuse officiellement des cours religieux donnés par un Occidental. Et même pour un individu originaire du Sham [la région de la Syrie, NDLR], la chose est rarissime », écrivent Romain Caillet et Pierre Puchot dans leur ouvrage « Le combat vous a été prescrit » (Edition Stock).

Adrien Guihal a ainsi prêté sa voix à plusieurs vidéos idéologiques de l’organisation djihadiste, précisent-ils.

Il présentera notamment le bulletin de la radio Al-Bayan, l’un des canaux de propagande utilisés par l’EI. Il est soupçonné d’y avoir revendiqué les attentats de Magnanville en juin 2016 et de Nice en juillet 2016. Il est également soupçonné d’avoir joué un rôle dans une tentative d’attentat à Villejuif.

Proche de Fabien Clain

Originaire de Villiers-sur-Marne, l’homme, âgé de 35 ans, s’est converti à l’islam en 2002. Il devient salafiste quiétiste, soulignent Romain Caillet et Pierre Puchot. En 2006, Adrien Guihal se rendra en Egypte, au Caire, pour y apprendre l’arabe et étudier le Coran. C’est là qu’il fera la connaissance d’un autre djihadiste connu des services de renseignements français : Fabien Clain.

« Cette rencontre avec le milieu djihadiste français au Caire va bouleverser l’avenir du futur ‘Abou Oussama’ », soulignent les auteurs. De retour en France, après plusieurs allers-retours, convaincu par l’idéologie djihadiste, il devient l’un des principaux modérateurs du forum Ansar al-Haqq, un site pro-djihadiste en français. Il est repéré par la sous-direction antiterroriste (Sdat) en raison de sa proximité avec Fabien Clain. Adrien Guihal est arrêté en décembre 2008, dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre le siège de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). Il écopera de quatre ans de prison dont un avec sursis.

A sa sortie de prison, encore plus radicalisé, il diffuse des vidéos sur YouTube et tente de convaincre ses auditeurs de venir grossir les rangs djihadistes. Et notamment ceux de l’EI. Ce qu’il fera lui-même en 2015 en se rendant en Syrie, avec Fabien Clain.

S.D.  

L'Obs

L’Obs

 

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/ce-revenant-francais-qui-balance-sur-daech_2020898.html

Terrorisme: le « revenant » français qui balance sur Daech

 

Par Claire Hache, publié le 27/06/2018 à 17:45 , mis à jour à 18:04
Photo de propagande montrant des combattants de l'Etat islamique en Syrie, en novembre 2015.

Photo de propagande montrant des combattants de l’Etat islamique en Syrie, en novembre 2015.ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

 

Jonathan G. a révélé aux enquêteurs des détails précieux sur la vie quotidienne des soldats de Daech. Dont des Français.

 

« Du moment où j’ai quitté l’Etat islamique jusqu’à aujourd’hui, je me suis donné l’engagement de dire tout ce que je savais sur l’EI. » Le 15 janvier dernier, Jonathan G. est longuement entendu par un juge d’instruction à Paris. Après deux années passées dans la zone irako-syrienne, le Français a été capturé début 2017 par les soldats de l’Armée syrienne libre (ASL) en tentant de fuir la Syrie. Remis à la France en septembre de la même année, il a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

La situation de cet homme de 35 ans, père de 4 enfants nés de deux unions différentes, est particulière à deux égards. D’abord parce que Jonathan G. parle – il parle même beaucoup. Il s’est confié à plusieurs reprises ces derniers mois, en détails, aux enquêteurs de la DGSI comme au juge. Surtout, ce converti originaire de Toulouse a été un observateur privilégié de Daech puisqu’il a côtoyé sur place des djihadistes français de premier plan, dont les frères Clain, responsables de la propagande de l’EI, qui ont revendiqué les attentats de Paris et Saint-Denis.

Une position qui rend précieux son témoignage, versé au dossier du 13 Novembre, même s’il ne constitue à ce stade que sa version des faits, et sa vérité. Ses déclarations lui vaudraient de faire l’objet d’une « fatwa avec le tampon officiel d’Abu Bakr al-Baghdadi » en personne, le chef redouté de l’EI. C’est du moins ce qu’il affirme.

Des kalachnikovs enterrées près de Toulouse

Jonathan G. raconte s’être avant tout rapproché d’un des sept enfants de Jean-Michel Clain, Othman, lors de ses derniers mois passés en Syrie. Ils ont travaillé ensemble sur des vidéos de l’EI au sein du « département de la communication et des mosquées ». Comme l’a révélé Le Monde le 26 juin, l’adolescent piloterait un projet visant à envoyer des enfants-soldats pour frapper l’Europe. Le garçon, en « confiance », se serait également confié sur de nombreux sujets.

Dans ses propos rapportés, que L’Express a pu consulter, il est question de kalachnikovs enterrées à Toulouse par deux hommes partis faire le djihad et emprisonnés depuis leur retour en France. « Je n’ai pas plus d’infos sur la localisation. Je me dis que s’ils ont enterré cette kalachnikov [dans ses déclarations, il alterne le singulier et le pluriel, NDLR], c’est qu’ils avaient peut être prévu de faire quelque chose, mais sans en savoir plus », déroule Jonathan G.

Sur les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, « pas prévus » mais « déclenchés » par l’arrestation de Salah Abdeslam : « Othman m’a dit que pour éviter que tout le monde se fasse interpeller, ils ont ciblé directement l’aéroport (de Zaventem). Ce qui était visé, c’était une centrale nucléaire française. Ils avaient prévu d’y aller en voiture et de faire exploser les voitures », poursuit-il.

Les frères Clain sortent voilés

« La famille Clain est au courant de tout, ils sont proches des savants, des médias et des responsables », résume le détenu de Fleury-Mérogis. Jonathan G. fait partie des rares « privilégiés » qui ont pu se rendre chez Jean-Michel Clain, à proximité du « rond-point de l’horloge » de Raqqa.

Quand « Fabien et Jean-Michel » sortent de chez eux, explique-t-il c’est « toujours (avec) une djellaba et un voile sur la tête par peur d’être dronés ». Les deux cadres de Daech ont la possibilité de se déplacer de leur appartement à leur studio radio « sans être vus ». « Dans Raqqa, il y a des lieux où des bâches sont tirées entre deux bâtiments, les Clain s’y dirigent à pied, ils attendent qu’un taxi passe, ils montent, ils se dirigent vers un endroit où il y a des bâches et ils changent de taxi, et ça jusqu’à ce qu’ils arrivent à destination », raconte le « revenant« .

Jean-Michel Clain, qui se fait appeler « Abou Othman », « a une position importante dans Daech ». « Il était dans le domaine de la transmission d’information de l’Etat islamique et il était en contact avec l’Ajna, les hautes autorités de l’Etat islamique », explique-t-il. « Jean-Michel est parti pendant un mois faire une formation sur les explosifs en Irak en 2015. Il a cherché une spécialité, car quand on n’a pas de spécialité, on va en première ligne. »

Séjour en Egypte avec les frères Merah

Fabien Clain, lui, travaille à al-Bayan, la radio de Daech où défilent tous les jours les « hautes personnes religieuses ». Il a des « fonctions bien supérieures » à celles de responsable de propagande, selon Jonathan G., qui le « soupçonne » d’être à la tête des « opérations extérieures » : « encadrements et choix de gens pour les envoyer en France par exemple pour commettre des attentats ».

« Pourquoi êtes-vous énervé contre les frères Clain? » l’interroge un enquêteur lors de sa garde à vue en septembre 2017. « Avant de partir, j’ai voulu savoir qui était encore dans l’idéologie de l’Etat islamique et donc je me suis dit que je n’aurais aucun scrupule à balancer sur ceux qui sont encore dans l’Etat islamique. Pour moi, eux, ils sont à fond dans l’idéologie [de Daech]. Jean-Michel et Fabien parlaient beaucoup des opérations extérieures. Ils se réjouissaient de ce qu’il se passait en France. »

Tous font partie de la même « cellule de Toulouse« , bien connue des services de renseignement. Lors d’un séjour en Egypte, Jonathan G. avait d’ailleurs été « réceptionné » par un Toulousain bien connu : Abdelkader Merah. Ce dernier lui aurait demandé d’héberger son petit frère, Mohamed Merah. Le futur « tueur au scooter », avec qui il a vécu quinze jours, avait « des sautes d’humeur très violentes », « des idées fixes », une « haine » à l’égard des militaires. Jonathan G. était au Caire en même temps qu’un autre nom de la sphère djihadiste : Farouk Ben Abbes, qu’il assure ne pas connaître.

Projet d’ouvrir une boutique de lingerie

En Syrie comme en Irak, Jonathan G., qui se faisait appeler « Abu Ibrahim » ou « Abu Sayfidine », a côtoyé aussi bien le responsable du magazine Dabiq, qu’un « agent des renseignements de l’EI », un Français apparu dans une vidéo où il brûle son passeport, ou encore le légionnaire de Lunel « Abou Souleyman al Faransi ». Il assure n’avoir pris part au combat que deux fois, « sans tirer jamais un seul coup de feu », à l’aéroport d’Alep et à Ramadi. Sur zone, il arrive à percevoir son RSA français par l’entremise de sa mère, qui lui envoie la somme via Western Union.

« Comment la France peut-elle vous faire confiance et ne pas craindre une action violente de votre part sur notre sol ? » l’interroge-t-on en garde à vue. « Je pense que quand j’ai tenu les propos anti-occidentaux, j’étais déjà dans un processus d’embrigadement de l’EI. Et qu’aujourd’hui, j’y suis opposé. La preuve est que j’ai dit tout ce que je savais sur l’EI et en impliquant mes anciens amis. Et que je suis prêt à aider la France par la suite si on a besoin de moi. Je veux reprendre une vie normale », répond-il.

Ses enfants, mineurs, ont été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance dès leur arrivée sur le sol français. L’aîné, 5 ans, est né en Egypte. La seconde, qui va avoir un an le 28 juin, est née en Turquie. Pour la « suite », il avait le « projet », avec sa femme, « d’ouvrir une boutique de lingerie au Maroc et en France ». En attendant, dans sa cellule de Fleury-Mérogis, il a fait une demande pour « reprendre » des études de médecine ou de kinésithérapie.

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/attentats-du-13-novembre-freres-clain-vises-mandat-arret-1510021.html

Attentats du 13-Novembre : les frères Clain visés par un mandat d’arrêt

 

Fabien Clain / © France 3

Fabien Clain / © France 3

Les juges d’instruction antiterroristes chargés de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis ont délivré fin juin des mandats d’arrêt à l’encontre de Fabien et Jean-Michel Clain, ces deux frères d’origine toulousaine qui ont fréquenté les frères Merah.

Par Marie Martin (avec AFP) Publié le 10/07/2018 à 08:46

Leurs voix avaient été rapidement identifiés dans la revendication par le groupe Etat islamique des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis groupe Etat islamique : les juges d’instruction antiterroristes chargés de l’enquête ont donc délivré fin juin des mandats d’arrêt à l’encontre des frères Clain, a-t-on appris par un avocat de parties civiles.Cette annonce a été faite par les magistrats lundi lors d’une réunion d’information des rescapés et proches de victimes des attaques perpétrées contre des terrasses et la salle du Bataclan à Paris et au Stade de France à Saint-Denis, qui ont fait 130 morts au total.

La délivrance de ces mandats d’arrêts internationaux signifient que les juges réclament leur audition, en vue de leur mise en examen dans le dossier.

Au cours de cette réunion, qui s’est tenue à l’Ecole militaire à Paris, les juges ont également indiqué qu’ils espéraient boucler l’instruction en septembre 2019, a rapporté l’avocat de l’association française des victimes du terrorisme (AFVT), Antoine Casubolo Ferro.

Fabien Clain avait été rapidement identifié comme la voix du message sonore du groupe EI diffusé au lendemain des attaques perpétrées par trois commandos d’hommes revenus de Syrie. Son frère Jean-Michel a été identifié dans les Anasheeds – chants religieux – de l’enregistrement. Vétérans du jihad, ils sont dans le viseur des services antiterroristes depuis des années et se trouvent toujours probablement en Syrie, selon les enquêteurs.

Selon Maître Casubolo Ferro, les juges d’instruction ont décidé de délivrer ces mandats d’arrêt internationaux après avoir analysé la revendication, qui évoquait aussi un attentat dans le 18ème arrondissement de Paris. Or, ce dernier n’a pas eu lieu, ce qui mène les magistrats à penser que les frères Clain étaient au courant des préparatifs des attentats.

« Ils sont probablement quelque part en Syrie »

« Pour nous parties civiles, c’est une bonne nouvelle« , a déclaré l’avocat, qui a qualifié la réunion de lundi de « très intéressante« .  »A priori les frères Clain ne sont pas morts et n’ont pas été arrêtés, ils sont probablement quelque part en Syrie« , a-t-il ajouté, soulignant que lors de la réunion, des parties civiles s’étaient demandé comment ils avaient pu quitter le territoire français malgré leur surveillance par les services de renseignement.

Fin mai, une source proche du dossier avait affirmé à l’AFP que les frères Clain étaient toujours en vie et ne manifestaient pas leur envie de revenir ni en Turquie ni en France.

Converti à l’islam, Fabien Clain, né à la Réunion, a vécu plusieurs années à Toulouse où il a fréquenté les frères Mohamed – auteur des tueries de Toulouse en 2012 – et Abdelkader Merah. Il a été condamné à 5 ans de prison ferme en 2009 au procès d’une filière d’acheminement de jihadistes vers l’Irak, la filière dite d’Artigat.

En mars, le juge Christophe Teissier qui dirige cette enquête tentaculaire avait refusé une demande d’acte formulée par l’association de victimes Life For Paris qui réclamait l’audition des frères Clain et la délivrance de mandats d’arrêt, au regard de leur possible « rôle de premier plan » dans les préparatifs des attaques parisiennes.

Dans sa réponse, le juge avait notamment expliqué que « des investigations » étaient « en cours » pour « permettre avec précision de déterminer le rôle précis que chacun d’entre eux a pu avoir« , selon une source proche du dossier.

Au total, douze hommes sont poursuivis dans le dossier instruit à Paris et au moins cinq autres dont les frères Clain font l’objet d’un mandat d’arrêt.

Ouagadougou : la revendication du GSIM peine à convaincre

L’attaque revendiquée par ce groupe de tout juste un an serait une réponse à un raid de l’armée française du 14 février 2018 au nord du Mali.

Deux semaines pour préparer l’attaque, c’est court, et de nombreux observateurs aguerris s’interrogent sur ses mobiles réels et les éventuelles complicités dont auraient bénéficié les assaillants déclarés, notamment au sein de l’armée burkinabé.

Pour ma part, je relève un certain nombre de similitudes avec l’attentat de Karachi du 8 mai 2002 et fais un petit coucou aux amis de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest qui ont des intérêts au Burkina Faso, notamment les anciens adeptes de feu Sathya Sai Baba.

Sous quelle étiquette sévissent-ils, aujourd’hui ?

 

http://www.dw.com/fr/burkina-faso-iyad-ag-ghaly-et-son-groupe-gsim-revendiquent-les-attaques/a-42814393

Burkina Faso: Iyad Ag Ghaly et son groupe GSIM revendiquent les attaques

 

Elles seraient une réponse à la mort de plusieurs de leurs dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali. L’armée burkinabè est critiquée pour ne pas avoir réagi suffisamment rapidement.

 

Iyad Ag Ghaly (AFP/Getty Images)

 

Le Groupe pour le soutien de l’islam et des musulmans (GSIM) a revendiqué les attaques de vendredi (02.03.2018) contre l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France à Ouagadougou qui ont fait 8 morts parmi les militaires. C’est ce que le groupe a affirmé samedi dans un message parvenu à l’agence privée mauritanienne « Al Akhbar ». Le groupe islamiste affirme avoir agi en représailles à une opération française au Mali. Le GSIM, dirigé par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, considère les attaques comme réponse à la mort de plusieurs de ses dirigeants dans un raid de l’armée française dans le nord du Mali il y a deux semaines.

« Des scènes apocalyptiques »

La journée du samedi était consacrée aux visites des sites touchés par les attaques. Le premier ministre s’est rendu à l’ambassade de France et à l’état-major général des armées. Le Premier ministre burkinabè, Paul Kaba Thiéba a décrit des « scènes apocalyptiques ».

Déjà avant le révendiation par le GSIM, Siaka Coulibaly, analyste politique burkinabè, avait estimé que cette nouvelle attaque avait visé « des intérêts officiels français ». « On sait par ailleurs que le groupe qui agit dans le Sahel et le Sahara a bien identifié la France comme l’un de ses ennemis soit idéologique soit stratégique. »

Pour lui les assaillants ont visé l’Ambassade de France pour exprimer leur opposition à la force G5 Sahel soutenue par Paris et l’Union européenne: « La France fait partie des pays qui sont visés par ces mouvements. Et même avant l’attaque de vendredi, on sait que beaucoup de Français ont été abattus dans l’attaque du 15 janvier 2016 à Ouagadougou au Cappuccino sur l’avenue Kwame Nkrumah », souligne l’expert burkinabè.

Un symbole fort de l’Etat burkinabè égalemet touché

Les attaques de Ouagadougou interviennent aussi après le report sine die du procès du putsch manqué de septembre 2015 au Burkina Faso qui s’est ouvert mardi à Ouagadougou, avec 84 accusés, dont les généraux Gilbert Diendéré et Djibrill Bassolé, cerveaux présumés du coup. « Au delà de la France, il y a aussi l’état-major et ses alentours y compris la justice militaire qui ont subi ces attaques. Et donc je crois que les intentions commencent à se préciser. Il s’agit de s’en prendre aux institutions de l’Etat burkinabé », ajoute Siaka Coulibaly qui indique cependant qu’ « en attendant que les enquêtes ne puissent permettre d’établir des liens entre disons les généraux et ces groupes armés, on ne peut pas écarter complètement un lien entre le procès des généraux et les attaques ».

Le tribunal militaire était-il visé ?

Selon le dernier bilan officiel, les attaques menées contre l’état-major des forces armées du Burkina Faso et l’ambassade de France ont fait 8 morts parmi les militaires et 12 blessés en état d’urgence absolue, selon un nouveau bilan d’une source sécuritaire française. Huit assaillants ont en outre été tués pendant ces attaques qui ont touché le coeur de la capitale burkinabè.

 

« Nous sommes surpris par la facilité avec laquelle ils ont pu s’attaquer à cette enceinte qui est vraiment au centre-ville. On n’a pas pris la mesure de la chose. On n’a pas pensé que la menace était aussi sérieuse et que le dispositif mis en place n’était pas efficace. L’attaque sur l’état-major, c’est une façon de montrer la faiblesse de notre armée ou de la narguer », a déclaré à la DW Idrissa Ouédraogo, directeur du Centre de documentation et de recherche économique à l’université de Ouaga 2. Pour lui, tout le monde est surpris de la faille dans le système sécuritaire de l’armée. « On est surpris que cette attaque ait lieu à 10h du matin sans aucun problème et qu’on n’ait pas pu riposter, qu’on n’ait pas pu l’empêcher. C’est une façon de montrer à l’Etat qu’ils peuvent venir attaquer et ressortir sans aucun problème », dit l’expert.

Le coeur du pouvoir militaire touché 

De son côté, le professeur Soma Abdoulaye estime que les réformes de l’armée doivent s’accélérer. « Nous sommes en phase de réformes sécuritaires parce qu’on a démantelé le système de sécurité qui était en place avec ses forces et ses limites. Et on est en train de constituer un nouveau système de renseignements qui n’est pas encore en place. Il est opérationnel mais il n’a pas atteint sa vitesse de croisière en matière de ressources, de stratégie et d’intelligence. Et c’est ce qui nous met dans une situation un peu délicate et de fragilité. »

Selon Soma Abdoulaye c’est effrayant, « mais pour moi ce n’est pas étonnant parce que c’est le même système de sécurité et de renseignements qui doit couvrir tout le pays qui est mis en cause. Vous voyez que les assaillants n’ont même pas eu peur d’attaquer au centre-ville en pleine journée. Mais c’est ecoeurant et c’est effrayant pour les Burkinabè ».

L’armée critiquée

Soma Abdoulaye pointe du doigt la lenteur de réaction des forces armées burkinabè. « Les assaillants auraient pu attaquer plus facilement la Primature – qui n’est pas loin de l’état-major. Or, l’ambassade de France qui a pu réagir rapidement et efficacement n’est qu’un détachement de la France au Burkina. Donc, par hypothèse, au Burkina Faso, l’armée burkinabè doit être plus forte que les forces françaises. L’armée burkinabè devrait donc avoir plus de réactivité. »  

Vendredi soir, le ministre de la Sécurité, Clément Sawadogo a déclaré que l’attentat visait « peut-être » une réunion militaire de la force multinationale antidjihadiste du G5-Sahel (Mali, Burkina, Niger, Tchad et Mauritanie), qui devait se tenir dans une salle qui a été dévastée par l’explosion d’une voiture piégée.

« Un terroriste, un djihadiste fait une action pour qu’on puisse savoir que c’est lui qui a fait cette action. Parce que son influence, sa crédibilité en tant que mouvement djihadiste est liée à la masse de ses actions. Si une attaque est revendiquée, ceci fait partie du mode de fonctionnement des groupes djihadistes pour avoir de l’impact psychologique », conclut Soma Abdoulaye.

Dans un discours ce samedi, le président burkinabè Roch Marc Chriatian Kaboré a fermement condamné les attaques.

 

 

http://www.dw.com/fr/les-mobiles-des-attentats-de-ouagadougou/a-42835686

Les mobiles des attentats de Ouagadougou

 

Les premiers éléments de l’enquête confirment que la majorité des assaillants habillés en uniformes militaires étaient des Burkinabè. Et dans l’opinion, on continue de s’interroger sur les mobiles de la double attaque.

 

Écouter l’audio 04:59

« A l’époque de Blaise Compaoré, ces djihadistes n’avaient pas intérêt à toucher le Burkina  » (Lemine Ould Salem, journaliste mauritanien)

 

Les enquêtes se poursuivent au Burkina Faso pour tenter de faire la lumière sur le double-attentat qui a frappé, vendredi, la capitale Ouagadougou. Ce lundi, la justice a entendu deux hommes, soupçonnés d’être impliqués dans ces attentats revendiqués par le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le GSIM. Ce groupe lié à Al-Qaïda est dirigé par le chef d’Ansar Dine, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Pour l’heure, les autorités burkinabè privilégient la piste djihadiste. Surtout depuis que l’attentat a été revendiqué par le Touareg malien Iyad Ag Ghaly, le chef d’Ansar Dine. Cependant, certains n’excluent pas un lien entre les djihadistes et des personnes liées au putsch raté de septembre 2015. Ce putsch a été mené par le général Gilbert Dienderé. L’ex-régime de Blaise Compaoré est-il donc lié à cette double-attaque terroriste ? « Non. Moi, je ne ferais pas ce lien là, parce que ce sont des gens qui se battaient pour leur propre cause, qui avaient été radiés par le régime Compaoré. Ils n’ont aucune raison d’en vouloir au nouveau régime, ni de s’allier à l’ancien régime qui les a fait partir de l’armée », répond Lona Charles Ouattara, un ancien Colonel de l’armée de l’air du Burkina Faso. Il a aussi été le chef des opérations aériennes des Nations Unies.

Collusion ?

Autre interrogation: pourquoi, le Burkina n’a-t-il jamais été pris pour cible sous le règne du président déchu, Blaise Compaoré ? « Ce n’était pas une cible importante pour ces groupes là. Et ces groupes djihadistes n’avaient pas intérêt à toucher le Burkina Faso pour préserver leur bon rapport avec un gouvernement qui pouvait éventuellement relayer leurs revendications et jouer les négociateurs auprès des occidentaux pour la libération des otages », estime Lemine Ould Salem, journaliste mauritanien, et auteur de l’ouvrage, « L’histoire secrète du djihad. »

Rappelons que le régime de Blaise Compaoré entretenait d’excellentes relations avec les principaux groupes djihadjistes, en l’occurrence, le patron du GSIM, le Groupe de soutien à l’islam et aux musulmans, le Touareg malien Iyad Ag Ghaly.

Solidarité

Deux chefs d’Etat de la sous-région se sont rendus ce lundi matin à Ouagadougou pour exprimer leur solidarité avec leur homologue burkinabé, Roch Marc Christian Kaboré. Ensemble, les trois dirigeants ont visité les lieux des deux attaques, à savoir, l’état major général des armées et l’ambassade de France. « Je voudrais avoir une pensée pour les alliés, qui payent un lourd tribu dans ce combat que nous menons côte-à-côte contre le terrorisme et en particulier, parmi les alliés, la France, dont l’ambassade a été attaquée »  a déclaré le président du Niger Mahamadou Issoufou, en sa qualité de président en exercice du G5 Sahel, la force mixte forte de 5000 hommes qui seront déployés dans 5 pays du Sahel, la Mauritanie, le Tchad, le Burkina Faso, le Mali et le Niger, avec l’appui de plusieurs pays occidentaux, dont  la France.

« Je reste convaincu qu’avec la détermination des uns et des autres, qu’avec la courageuse initiative du G5 Sahel, une solution définitive passe également par une rapide opérationalisation du G5 Sahel », a déclaré, face aux journalistes, Faure Gnassingbé, le numéro Un togolais.

Écouter l’audio 05:20

« La France a laissé faire Iyad Ag Ghaly » (Antoine Glaser)

 

Audios et vidéos sur le sujet

 

« A l’époque de Blaise Compaoré, ces djihadistes n’avaient pas intérêt à toucher le Burkina  » (Lemine Ould Salem, journaliste mauritanien)

« La France a laissé faire Iyad Ag Ghaly » (Antoine Glaser)

« J’ai vu Iyad Ag Ghaly dans un hôtel de Ouagadougou au temps de Blaise Compaoré » (Lona Charles Ouattara ancien Colonel de l’armée de l’air du Burkina Faso)

 

 

http://www.rfi.fr/afrique/20180306-attaque-ouagadougou-procureure-point-enquete

Double attaque de Ouagadougou: la procureure fait un premier point sur l’enquête

 

Ouagadougou : la revendication du GSIM peine à convaincre dans AC ! Brest 2018-03-02t124738z_433181310_rc14cc8c8000_rtrmadp_3_burkina-security_1_0
De la fumée s’échappe d’un des lieux des attaques menés à Ouagadougou, le 2 mars 2018.
© REUTERS/Anne Mimault

 

Par RFI Publié le 06-03-2018 Modifié le 07-03-2018 à 09:02

Quatre jours après le double attentat meurtrier de Ouagadougou, la procureure du Faso Maïza Sérémé a fait pour la première fois ce mardi 6 mars un point sur l’enquête.

 

C’est bien par un bâtiment annexe à la chancellerie que les assaillants ont réussi à franchir l’un des murs d’enceinte de l’ambassade de France après avoir tué le gendarmes burkinabé de faction. Ils ont aussitôt été stoppés dans leur assaut  par les gendarmes de l’ambassade soutenus par les forces burkinabè. Maïza Sérémé  ajoute que l’autre militaire burkinabè tué par les terroristes était un homme non armé qui quittait les services du consulat.

La procureure confirme par ailleurs que la voiture berline gris clair qui a servi au transport des assaillants a été incendiée par l’un d’entre eux.

A l’état-major, selon les premiers éléments de l’enquête, ce sont quatre assaillants – et non pas cinq comme on l’a cru un moment – qui ont pris d’assaut le bâtiment. Deux sont arrivés en mobylette rouge, deux autres en voiture Nissan Almeira verte.

Pendant que trois des terroristes faisaient usage de leur kalachnikovs, de grenades et d’engins incendiaires, le quatrième homme au volant du véhicule a attendu qu’on lui ouvre le portail arrière pour faire sauter la Nissan contre un bâtiment où devait se tenir une réunion du G5 Sahel, indique Maïza Sérémé. Ces hommes étaient en civil, soulignent les enquêteurs, et portaient tous des bandeaux blanc autour de la tête où étaient écrits en arabe des slogans à la gloire d’Allah.

Encore des zones d’ombre

Des zones d’ombres demeurent sur la façon dont la voiture piégée a franchi la porte. Comment cette porte qui est intacte a-t-elle pu s’ouvrir de l’intérieur à un véhicule apparemment civil s’il n’y avait pas une complicité dans l’enceinte militaire ? Ou alors les terroristes ont-ils réussi à forcer le passage par une porte de service avant d’ouvrir ce fameux portail. Les enquêteurs n’excluent aucune complicité intérieure ou extérieure à l’armée.

De même, on ne connait pas encore l’identité ou la nationalité des terroristes ni la nature de l’explosif utilisé dans la voiture piégée. On en revient par ailleurs au bilan initial de huit militaires et huit assaillant tués, alors que le dernier faisait état de neuf assaillants et sept militaires tués.

L’enquête se poursuit. Huit personnes ont été interpellées et placées en garde à vue, parmi lesquelles deux militaires, un ex-militaire radié et cinq civils. Les enquêteurs, qui devraient prochainement diffuser les portraits des terroristes, lancent un appel à témoin pour faciliter les investigations.

à lire aussi sur le même sujet: Ouagadougou, nouvelles révélations, nouvelles questions…

Plus d’une soixantaine de personnes ont été auditionnées, comme victime ou témoin
Maïza Sérémé
07-03-2018 – Par Frédéric Garat

 

Attaque du Thalys : le djihadiste aurait eu pour mission de tuer les Américains

Le Monde a pris connaissance de l’audition d’Ayoub El Khazzani mercredi dernier, 14 décembre 2016, et en a livré aujourd’hui de nombreux détails.

Interrogé par le juge, le djihadiste a notamment déclaré avoir reçu d’Abdelhamid Abaaoud, une semaine avant l’attaque, soit à la mi-août 2015, l’information de l’imminence de l’opération, et quelques jours plus tard des instructions précises pour tuer des Américains dans un Thalys.

RTL : « Les organisateurs de l’attaque avaient des informations très précises concernant la présence de soldats américains – ceux-là même qui vont couper court à la tentative d’attentat – dans ce train précisément, ce wagon et même ces places. »

Et chacun de s’interroger, à l’instar des journalistes du Monde : « si El Khazzani a réellement eu pour mission de tuer des militaires américains, comment Abaaoud a-t-il su qu’ils seraient présents ce jour-là à bord de la voiture 12 du Thalys 9364 ? »

Je rappelle mes commentaires du 14 décembre à ce sujet :

http://petitcoucou.unblog.fr/2016/12/14/attaque-du-thalys-du-21-aout-2015-ayoub-el-khazzani-sest-explique-devant-le-juge/

 

Entendu ce jour pendant cinq heures, il « s’est expliqué de manière circonstanciée sur tous les faits » et « a retracé dans les grandes lignes son parcours de la Syrie, la Turquie jusqu’en Europe. Avec [Abdelhamid] Abaaoud », l’un des coordinateurs des attentats du 13 novembre, a fait savoir son avocate Sarah Mauger-Poliak.

Or, il révèle être monté dans le Thalys pour tuer « une cible précise, déterminée ».

Contente. C’est exactement ce que j’ai toujours pensé depuis le début.

Enregistrer le nom du voyageur avec son numéro de place dans le train, ce n’est pas précisément ce qui se fait de mieux en matière de sécurité : cela facilite le travail de tueurs à gages qui se maquillent en djihadistes ou autres excités.

 

De deux choses l’une : ou bien les djihadistes ont bénéficié d’informations en provenance directe des Américains ou de leur entourage, ou bien ils les pistaient et ont pu trouver leurs numéros de places dans le Thalys en interrogeant la base de données ad hoc.

 

http://www.lemonde.fr/police-justice/article/2016/12/19/attentat-du-thalys-le-projet-raconte-par-le-terroriste_5050943_1653578.html

Attaque du Thalys : le terroriste était sous les ordres d’Abdelhamid Abaaoud

 

Devant le juge, Ayoub El Khazzani raconte la genèse de son projet, piloté par Abaaoud, et explique leur décision d’entrer en Europe par la route des migrants.

LE MONDE | 19.12.2016 à 06h31 • Mis à jour le 19.12.2016 à 14h39 | Par Soren Seelow

 

Le Thalys à la gare de Bruxelles, le 22 août 2015.

 

Durant ses quatre premières auditions devant la justice française, il avait nié toute motivation terroriste avant de se murer dans le silence. Ayoub El Khazzani, l’auteur de la tentative d’attentat du 21 août 2015 dans un train Thalys reliant Bruxelles à Paris, a finalement décidé de passer aux aveux.

Entendu pour la cinquième fois, mercredi 14 décembre, dans le bureau d’un juge d’instruction, ce ressortissant marocain de 27 ans, qui a longtemps vécu en Espagne, a raconté son parcours en détail : son séjour en Syrie, la genèse de son projet terroriste et les semaines passées, entre Istanbul et Bruxelles, avec son donneur d’ordres Abdelhamid Abaaoud, futur coordinateur des attentats du 13 novembre 2015.

Ayoub El Khazzani avait demandé par courrier à être entendu le 8 septembre 2016. On savait encore peu de chose, à cette date, des détails de sa mission, miraculeusement contrecarrée par des militaires américains en permission. Depuis, une note des services de renseignement hongrois, obtenue par le Centre d’analyse du terrorisme (CAT) et révélée le 12 novembre par Le Monde, a démontré qu’Ayoub El Khazzani était entré en Europe en compagnie d’Abdelhamid Abaaoud.

« Un noble combattant »

Etonnamment, c’est le directeur du CAT, Jean-Charles Brisard, qui a lui-même transmis cette note hongroise à la justice française quelques jours après sa divulgation dans la presse. Symptôme des lenteurs de la coopération judiciaire internationale, les magistrats français n’avaient toujours pas récupéré le précieux document malgré une demande adressée à leurs partenaires européens. Ces nouveaux éléments d’enquête, et leur médiatisation, ont sans doute achevé de convaincre le terroriste de la nécessité de tout avouer.

Ayoub El Khazzani, qui n’a été entendu que le 14 décembre, affirme, lui, s’être décidé à parler pour « donner une image de [lui] qui [lui] correspond ». « Je suis un vrai djihadiste, mais on ne massacre pas les femmes et les enfants, a-t-il expliqué devant le juge. Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant. Je suis un soldat. » Il assure avoir voulu tuer des « Américains » à bord du Thalys, et non des passagers au hasard, afin de venger les bombardements en Syrie. Une affirmation invérifiable, en partie mise à mal par l’arsenal (une kalachnikov, huit chargeurs et un pistolet) retrouvé sur lui.

Lire aussi :   Attaque du Thalys : le point sur l’enquête

Par-delà l’opportunisme de certaines de ses déclarations, l’audition d’Ayoub El Khazzani, dont Le Monde a pris connaissance, est un document rare : il est l’un des seuls terroristes liés à la cellule des attentats de Paris à s’être montré aussi prolixe sur l’élaboration de son projet. Il confirme, avec ses mots, nombre des informations recueillies ces derniers mois par les services hongrois et allemands.

A travers son récit, on apprend notamment que la décision de l’Etat islamique (EI) d’emprunter la route des migrants pour entrer en Europe a été inaugurée par El Khazzani et Abaaoud en raison des échecs répétés du premier à pénétrer l’espace Schengen par avion. Cette technique d’infiltration sera ensuite employée par la quasi-totalité des kamikazes de Paris.

La naissance du projet

Ayoub El Khazzani dit avoir rejoint la Syrie en mai 2015 : « J’étais parti pour lutter contre les massacres faits par les chiites, mais en arrivant en Syrie il s’est passé autre chose que je n’avais pas prévu. » Il affirme n’avoir passé que six jours sur place, un laps de temps qui suffira à le convaincre de rentrer en Europe pour tuer.

Peu de temps après son arrivée, il dit avoir aperçu un bâtiment « détruit » en sortant d’un camp d’entraînement : « Le frère syrien qui nous encadrait m’a dit que c’étaient les Américains qui avaient bombardé. Il m’a dit que ce bâtiment était une mosquée. Ça m’a fait un choc, ça m’a révolté, ça m’a détruit de l’intérieur. » Le jour même, un homme encagoulé vient le voir. L’émotion du candidat au djihad devant les ruines de la mosquée va décider de son sort.

« Il m’a dit que le frère qui nous avait accompagnés à l’extérieur du camp avait remarqué que j’avais été profondément touché par la destruction de la mosquée. Je lui ai dit que j’étais prêt à mourir, qu’il devait me considérer comme un objet et qu’il pouvait faire de moi ce qu’il voulait. Il m’a dit que pour ce qui était des chiites, ils pouvaient s’en occuper. Mais pour ce qui était des Américains, ils utilisaient des drones et des avions et qu’il était difficile de les combattre, que le mieux était d’aller les combattre sur leur propre territoire. »

Lire aussi :   Un des « héros » américains de l’attaque du Thalys poignardé en Californie

Ayoub El Khazzani passe les quatre jours suivants à s’entraîner au maniement de la kalachnikov. A l’issue de cette formation accélérée, il est reconduit à la frontière turque muni de deux numéros de téléphone à contacter, un belge et un syrien. Une fois à Istanbul, il achète un billet d’avion pour Tirana, en Albanie, et fait un peu de tourisme sur les rives du Bosphore, conformément aux instructions.

La route des migrants

Le jour de son vol, il est refoulé au guichet de l’aéroport d’Istanbul car la page centrale de son passeport marocain est « arrachée ». Son donneur d’ordres en Syrie lui demande alors de faire une nouvelle tentative depuis l’aéroport d’Antalya, dans le sud de la Turquie, toujours à destination de Tirana, en utilisant sa carte de séjour espagnole. Il est encore une fois refoulé, les autorités refusant de le laisser embarquer sans passeport.

Le terroriste est bloqué en Turquie. Il passe une semaine dans un hôtel d’Istanbul à attendre de nouvelles instructions. Son contact en Syrie finit par le rappeler : « Il m’a dit qu’un frère allait venir vers moi en Turquie, nommé Hamza. (…) Il m’a dit qu’il fallait que j’attende l’ouverture des routes des réfugiés. (…) Hamza m’a dit qu’il pouvait m’ouvrir la voie pour rentrer en Europe. » L’éclaireur « Hamza », identifié comme étant Bilal Chatra, un Algérien de 20 ans, sera interpellé en Allemagne un an plus tard, en juillet 2016.

Quelques jours après ce coup de fil, le contact syrien rappelle El Khazzani pour l’informer qu’un autre « frère » va le rejoindre « pour faire la route » avec lui. Cet homme s’appelle Abou Omar : il s’agit d’Abdelhamid Abaaoud, l’homme qui mettra en place depuis Bruxelles, au cours des mois suivants, la cellule des attentats de Paris. Informés en temps réel par Hamza, qui ouvre la voie, El Khazzani et Abaaoud rejoignent ensemble la Hongrie, où ils sont localisés le 1er août, en suivant le flux de migrants.

Après quelques jours dans un hôtel de Budapest, Abaaoud se rend en voiture en Autriche le 4 août. Il demande à son compagnon de voyage de rejoindre Hamza en Autriche, puis de gagner l’Allemagne. El Khazzani prend un train le lendemain jusqu’à Vienne, et se rend avec l’éclaireur à Cologne.

Un complice, qu’El Khazzani n’a pas voulu identifier durant l’audition, vient ensuite les chercher en voiture pour les emmener en Belgique. Ils y retrouvent Abdelhamid Abaaoud, un des terroristes les plus recherchés d’Europe, qui a élu domicile dans un petit appartement bruxellois, alors que les services de renseignement le croient toujours en Syrie.

Lire aussi :   Attaque du Thalys : le djihadiste Ayoub El Khazzani nie avoir voulu commettre « un meurtre de masse »

La planque de Bruxelles

« On est resté un certain temps dans l’appartement avec Hamza et Abou Omar. Nous n’avions pas le droit de sortir, nous étions ravitaillés par des frères. C’est moi qui faisais la cuisine, se souvient El Khazzani. Un jour, Abou Omar, qui avait des contacts avec la Syrie, nous a dit qu’il avait reçu un ordre du pays du Sham [la Syrie], à savoir qu’Hamza et moi devions nous préparer psychologiquement à faire une opération. »

L’éclaireur aurait, à en croire El Khazzani, refusé de participer à un attentat. « Le lendemain matin, Hamza s’est enfui de la maison. A ce moment-là, il s’est produit beaucoup de choses. Abou Omar a quitté l’appartement de peur d’être dénoncé par Hamza. (…) Les jours suivants, Abou Omar passait à l’appartement, parfois y dormait. Il me disait de rester là, j’ai l’impression qu’il n’avait pas confiance en moi, il ne me racontait rien. Je m’en fichais de son comportement. J’avais mon objectif et j’attendais mes consignes. »

« Je devais attaquer des Américains »

Une semaine avant l’attaque du Thalys, Abdelhamid Abaaoud lui annonce que l’opération est imminente. « Je lui ai dit que ce qui m’intéressait, c’était de m’attaquer à ceux qui tuaient nos frères, assure-t-il au juge. Il m’a dit qu’il avait compris, qu’il allait tout préparer et que je ne devais pas m’en soucier, que je n’aurais qu’à agir. »

Quelques jours plus tard, Abaaoud lui expose les détails de sa mission : « Il m’a dit que la cible était dans le Thalys, où je devais attaquer des Américains. (…) Abou Omar m’a expliqué qu’il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17 heures (…) Abou Omar m’a dit qu’il y aurait entre trois et cinq militaires. »

Les armes, explique-t-il, avaient été livrées à l’appartement par le mystérieux complice qui était venu les chercher à Cologne quelques semaines plus tôt. Outre la présence de huit chargeurs de kalachnikov, qui peut sembler disproportionnée au regard des cibles évoquées, un autre élément intrigue les enquêteurs : si El Khazzani a réellement eu pour mission de tuer des militaires américains, comment Abaaoud a-t-il su qu’ils seraient présents ce jour-là à bord de la voiture 12 du Thalys 9364 ?

 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/abdelhamid-abaaoud-etait-il-derriere-l-attentat-dejoue-du-thalys-7786346140

Abdelhamid Abaaoud était-il derrière l’attentat déjoué du Thalys ?

 

« Le Monde » dévoile les aveux du terroriste présumé, Ayoub El Khazzani, qui avait tenté d’ouvrir le feu dans un Thalys en août 2015.

 

La police dans la gare de Arras au lendemain des tirs dans le Thalys, le 22 août
Crédit : PHILIPPE HUGUEN / AFP

La police dans la gare de Arras au lendemain des tirs dans le Thalys, le 22 août

par Cécile De Sèze publié le 19/12/2016 à 12:58

 

Ce n’était pas un « déséquilibré », un « loup solitaire »… Avec les aveux d’Ayoub El Khazzani, après des mois de silence devant la justice française, les contours de l’attaque manquée dans un Thalys à l’été 2015 se dessinent. Le Monde s’est procuré les procès verbaux de sa cinquième audition. Le journal raconte dans son édition du lundi 19 décembre, que l’assaillant du train reliant Bruxelles à Paris le 21 août 2015 s’est décidé à parler et à raconter les étapes de son parcours, jusqu’au jour J de l’attaque manquée grâce à l’intervention de soldats américains.

Pourquoi ? Pour donner une « image de lui qui correspond », peut-on lire dans les colonnes du quotidien. « Je suis un vrai djihadiste, mais on ne massacre pas les femmes et les enfants. Je ne suis pas un massacreur. Je suis un noble combattant. Je suis un soldat« , aurait-il expliqué devant les juges avant de raconter son parcours, de Syrie jusqu’à Bruxelles. Ce témoignage est d’autant plus précieux qu’il est le seul aussi expressif d’un terroriste lié à la cellule des attentats du 13 novembre à Paris.

Le ressortissant marocain de 27 ans a d’abord séjourné en Syrie. Période qui n’aurait duré que 6 jours – dont 4 à manier les kalachnikov – selon le quotidien. Une période suffisante pour marquer son esprit. C’est la destruction d’une mosquée par des Américains qui lui restera en tête. Il raconte que sur place, un de ses accompagnateurs a remarqué son émotion face au bâtiment en ruines. C’est alors qu’il lui explique : « Je lui ai dit que j’étais prêt à mourir, qu’il devait me considérer comme un objet et qu’il pouvait faire de moi ce qu’il voulait. » Le projet de frapper directement sur le territoire des Occidentaux est alors en élaboration.

Un donneur d’ordre : Abdelhamid Abaaoud

Bloqué en Turquie sur le chemin du retour, alors qu’on lui ordonne pour la discrétion de faire du « tourisme sur les rives du Bosphore », un contact va le rejoindre depuis la Syrie pour « faire la route ». Il s’agit d’Abou Omar, plus connu en France sous l’identité d’Abdelhamid Abaaoud, longtemps présenté comme le « cerveau » des attaques de Paris et Saint-Denis en novembre 2015. Les deux complices aux ordres de l’État islamique vont alors faire une partie de la route ensemble pour se retrouver en Belgique, à Bruxelles.

C’est Abdelhamid Abaaoud qui reçoit directement les ordres depuis la Syrie pour Ayoub El Khazzani et un troisième terroriste venu les aider à traverser l’Europe et répondant au nom de Hamza. Mais ce dernier prend la fuite quand ils ont reçu l’ordre de se « préparer psychologiquement à faire une opération ». C’est une semaine avant le 21 août que l’annonce de l’attaque lui est faite. Une dernière occasion de rappeler que ce qu’il veut, comme il le raconte aux juges : « S’attaquer à ceux qui tuaient nos frères ». « [Abou Omar] m’a dit qu’il avait compris, qu‘il allait tout préparer et que je devais pas m’en soucier, que je n’aurais qu’à agir« , aurait-il encore raconté.

Une route : celle des migrants

Pour arriver jusqu’à la planque bruxelloise, les trois combattants sous le drapeau de Daesh ont bien emprunté la route des migrants. Quand Ayoub El Khazzani est resté bloqué en Turquie, « un frère » lui transmet les instructions. Hamza lui ordonne d’attendre l’ouverture des routes des réfugiés. « Hamza m’a dit qu’il pouvait m’ouvrir la voie pour rentrer en Europe ».

Hamza m’a dit qu’il pouvait m’ouvrir la voie pour rentrer en Europe

Ayoub El Khazzani

C’est donc par cette route qu’Abaaoud et El Khazzani rejoignent leur destination. Ils passent d’abord par la Turquie, puis la Hongrie, suivant toujours les flux des migrants. Leur route se sépare quand Abaaoud rejoint l’Autriche quelques jours avant son compagnon de route. Puis c’est l’Allemagne et enfin, la Belgique - où il retrouve donc son donneur d’ordres – qu’Ayoub El Khazzani rejoint en voiture grâce à un autre complice.

Une cible : des Américains

Ce n’est que quelques jours avant le jour de l’attaque qu’Abdelhamid Abaaoud lui transmet les détails de l’opération qui aurait pu être meurtrière. Des détails troublants qui soulèvent plusieurs questions. Les organisateurs de l’attaque avaient des informations très précises concernant la présence de soldats américains – ceux-là même qui vont couper court à la tentative d’attentat – dans ce train précisément, ce wagon et même ces places.

« Il m’a dit que la cible était dans le Thalys, où je devais attaquer des Américains. (…) Abou Omar m’a expliqué qu’il fallait que je prenne un billet pour la première classe dans le wagon 11 ou 12, je ne me souviens plus, dans le Thalys de 17 heures (…) Abou Omar m’a dit qu’il y aurait entre trois et cinq militaires », rapporte Le Monde. Les militaires étaient bien trois, dans la bonne voiture, à la bonne heure. Le quotidien pose d’ailleurs la question qui reste en suspend après ces déclarations : comment le cadre de Daesh avait-il toutes ces informations ?

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Attaque du Thalys du 21 août 2015 : Ayoub El Khazzani s’est expliqué devant le juge

Entendu ce jour pendant cinq heures, il « s’est expliqué de manière circonstanciée sur tous les faits » et « a retracé dans les grandes lignes son parcours de la Syrie, la Turquie jusqu’en Europe. Avec [Abdelhamid] Abaaoud », l’un des coordinateurs des attentats du 13 novembre, a fait savoir son avocate Sarah Mauger-Poliak.

Or, il révèle être monté dans le Thalys pour tuer « une cible précise, déterminée ».

Contente. C’est exactement ce que j’ai toujours pensé depuis le début.

Enregistrer le nom du voyageur avec son numéro de place dans le train, ce n’est pas précisément ce qui se fait de mieux en matière de sécurité : cela facilite le travail de tueurs à gages qui se maquillent en djihadistes ou autres excités.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/12/14/attaque-du-thalys-le-djihadiste-ayoub-el-khazzani-nie-avoir-voulu-commettre-un-meurtre-de-masse_5049063_3224.html

Attaque du Thalys : le djihadiste Ayoub El Khazzani nie avoir voulu commettre « un meurtre de masse »

 

Le 21 août 2015, ce Marocain, muni d’une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris, peu après son entrée sur le territoire français.

Le Monde.fr avec AFP | 14.12.2016 à 22h08

Ayoub El Khazzani, entendu mercredi 14 décembre devant le juge d’instruction, « assume ses responsabilités » dans l’attaque djihadiste contre un Thalys entre Amsterdam et Paris en août 2015, mais a cependant réfuté toute volonté de commettre un « massacre de masse », a déclaré son avocate à l’issue de l’audition.

 

Le 21 août, ce Marocain de 27 ans, muni d’une kalachnikov et de neuf chargeurs pleins, avait ouvert le feu dans un Thalys Amsterdam-Paris, peu après son entrée sur le territoire français, près de la commune de Oignies (Pas-de-Calais). Il avait grièvement blessé un passager avant l’intervention de plusieurs voyageurs, dont des militaires américains, qui l’avaient maîtrisé et avaient permis d’éviter un massacre.

Lire aussi :   Courage, hasard et « survie » : les quatre « héros » du Thalys salués en France et dans le monde

« C’est en tant que djihadiste qu’il est monté dans ce Thalys »

Entendu pendant plus de cinq heures devant un juge d’instruction antiterroriste, le suspect « s’est expliqué de manière circonstanciée sur tous les faits » et « a retracé dans les grandes lignes son parcours de la Syrie, la Turquie jusqu’en Europe. Avec [Abdelhamid] Abaaoud », l’un des coordinateurs des attentats du 13 novembre, a fait savoir son avocate Sarah Mauger-Poliak.

« Il explique que c’est en tant que djihadiste qu’il est monté dans ce Thalys (…) mais ce qu’il comptait faire savoir, c’est qu’il n’était pas là pour (…) tuer n’importe qui dans ce Thalys. Pas du tout », a-t-elle indiqué. L’avocate a évoqué « une cible précise, déterminée », avant d’ajouter sans plus de détails : « Il était là pour des raisons spécifiques. Ce n’est pas un hasard s’il est monté en première classe. »

Mis en examen pour « tentatives d’assassinats à caractère terroriste », Ayoub El Khazzani avait à l’époque livré une version rocambolesque, expliquant avoir voulu rançonner les voyageurs du Thalys et avoir trouvé par hasard les armes dans un parc de Bruxelles où il dormait avec des SDF. Convoqué depuis devant le juge, « il avait gardé le silence », toujours selon son avocate.

Terrorisme : mise en échec d’une « attaque de grande envergure » prévue le 1er décembre 2016

Connaissant les projets, méthodes et habitudes du malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi, nous ne sommes nullement surpris d’apprendre qu’une ou plusieurs cellules dormantes aient pu récemment recevoir l’ordre de mener une ou plusieurs attaques sur le sol français avant la mi-décembre, apparemment pour le 1er décembre 2016.

Déjà l’année dernière avait été perpétrée le 13 novembre une attaque de grande ampleur environ quinze jours avant le 2 décembre 2015, date où était attendue la décision de la Cour d’Appel de Rennes dans l’affaire intéressant tellement ce psychopathe.

Passons.

Cette fois-ci, l’arrestation de terroristes avant leur passage à l’acte permet de bien mettre en évidence des processus à l’oeuvre à chacune de leurs attaques depuis 2012 : d’abord une date est choisie en fonction d’objectifs précis, et seulement ensuite sont recherchées des cibles. Celles-ci ne sont toujours que symboliques, leur choix s’opère en fonction de messages à faire passer.

Ainsi l’attaque de Charlie Hebdo du 7 janvier 2015 avait-elle d’abord ciblé la liberté d’expression en fonction d’objectifs précis à cette époque, et seulement de manière secondaire les personnes qui furent effectivement touchées comme représentant une liberté d’expression coupable ou condamnable.

Enfin, comme deux des terroristes arrêtés se sont rendus en Turquie en 2015 en y entrant de manière inhabituelle par le port de Mersin après avoir séjourné à Chypre, je rappelle avoir signalé dès le mois de mars de cette année une adresse en ce lieu en relation avec de nouveaux projets terroristes de mes harceleurs :

http://petitcoucou.unblog.fr/2016/03/09/nouvelles-adresses-ip-de-terroristes/

Comme je l’annonçais hier soir, je reçois de nouveau des messages électroniques chargés de virus du même malade mental que d’habitude depuis le 1er mars 2016.

Et comme trop souvent, la police a mieux à faire que de traquer des cyberdélinquants ou terroristes… et m’envoie promener en me disant de m’adresser au ministre de l’Intérieur si cela me pose problème…

Tant qu’à faire, je m’adresse donc ici-même à tous les ministres et tous les services de la planète oeuvrant à mettre ces criminels hors d’état de nuire.

Voilà ce qui se passe actuellement :

Comme il l’a déjà fait à plusieurs reprises au cours des années passées, le grand maître terro Pascal Edouard Cyprien Luraghi m’envoie ces messages à partir d’adresses électroniques de personnes existant réellement et qu’il a piratées à cet effet au préalable, après les avoir soigneusement choisies pour véhiculer ses messages de merde, annonciateurs de nouvelles saloperies à type d’assassinats en série et d’attentats particulièrement meurtriers.

Les adresses IP d’envoi des messages que j’ai reçus sont celles-ci :

 

- le 1er mars 2016 à 9h39 :

IP-Adresse: 193.255.129.176
Provider: National Academic Network and Information Center
Organisation: Mersin University
Region: Mersin (TR)

 

 

 

 

Pays : Turquie

 

- le 7 mars 2016 à 11h12 :

IP-Adresse: 182.74.177.57
Provider: Bharti Broadband
Organisation: BHARTI Airtel

 

 

 

Pays : Inde

 

Elles peuvent correspondre à des terroristes en chair et en os relais du précédent, mais pas forcément.

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20161121.OBS1511/l-incroyable-enquete-qui-a-permis-de-dejouer-un-nouvel-attentat.html

Strasbourg et Marseille : l’incroyable enquête qui a permis de déjouer un nouvel attentat

 

Strasbourg et Marseille : l’incroyable enquête qui a permis de déjouer un nouvel attentat

Vue de Marseille le 26 octobre 2014. (BORIS HORVAT / AFP)

 

EXCLUSIF. Sept personnes ont été interpellées à Strasbourg et Marseille ce week-end, parmi lesquelles un employé d’école. L’enquête a permis de « déjouer un nouvel attentat », selon Bernard Cazeneuve.

 

Violette LazardPublié le 21 novembre 2016 à 15h07

 

Les interpellations menées ce week-end à Strasbourg et Marseille ont sans doute permis de déjouer plusieurs attentats d’ampleur à Paris et dans la cité phocéenne. D’après nos informations, les sept personnes arrêtées, qui se trouvent aujourd’hui en garde à vue dans les locaux de la DGSI (les renseignements intérieurs), étaient sur le point de passer à l’acte, même si aucune cible précise, à ce stade, n’a pu être mise au jour. D’après les premières investigations, un attentat à Strasbourg ne semble pas avoir été envisagé.

A Strasbourg, plusieurs armes ont été retrouvées lors des perquisitions, dont un pistolet-mitrailleur de type Uzi et quatre pistolets automatiques ainsi que des munitions. Des documents d’allégeance à l’organisation Etat islamique ont également été saisis. Comme l’a annoncé Bernard Cazeneuve ce lundi matin, ces sept interpellations sont en lien avec cinq arrestations remontant au mois de juin dernier, intervenues juste avant le début de l’Euro de football.

La véritable enquête sur ce commando à multiples facettes débute, elle, en février 2016. Elle a été menée par les enquêteurs de la DGSI, avec le soutien technique du Siat (Service interministériel d’assistance technique), spécialisé notamment dans l’infiltration.

Projet d’attentat contre l’Euro

A cette date, les services de renseignement sont alertés d’un début de projet d’attentat contre l’Euro 2016. Les ordres semblent venir d’un homme basé en Syrie, dont l’identité reste mystérieuse. Un groupe de cinq personnes – des hommes résidant en région parisienne – est en contact avec ce cadre de l’Etat islamique. Ils sont identifiés par les services comme les « financiers » d’un projet de grande ampleur, qui pourrait viser les fan zones ou les matchs de foot.

En effet, grâce à des prêts à la consommation, ils amassent de l’argent mais ne semblent pas faire partie du projet opérationnel. Tous sont connus pour des faits de droit commun – escroquerie, vols, stups… – mais aucun n’est fiché pour radicalisation ou terrorisme. L’idée des services de renseignement est alors d’attendre qu’ils entrent en contact avec le commando actif pour démanteler la totalité du réseau.

A la veille de l’Euro, en juin 2016, aucun lien n’a été établi avec de possibles terroristes sur le territoire français. Seul le fil avec la Syrie reste avéré. Les services décident donc d’arrêter ce premier groupe pour ne faire courir aucun risque autour des matchs de football. Sur les cinq personnes interpellées, deux sont mises en examen, déférées, et se trouvent toujours en prison. Les autres n’auraient pas été avertis de la finalité de cette « récolte de fonds »….

Une cache d’armes fictive

C’est alors que commence la phase B de cette enquête, sans doute l’opération de plus grande ampleur menée depuis le début de la vague d’attentats revendiqués par Daech il y a deux ans. Les agents de la DGSI, aidés par ceux du Siat, tendent un piège à celui que l’on appellera « le Syrien ». Il est alerté que des armes sont disponibles dans une cache située en région parisienne.

C’est un piège, un leurre pour essayer d’arrêter le commando, qui se trouve toujours dans la nature. La cache est ultra-surveillée. Pendant des mois, personne ne vient. Puis les choses bougent, enfin, au mois de novembre. Un brin elliptique, une source proche du dossier raconte :

« Acculés par les défaites sur place, des membres de l’EI surveillés ont contacté des gens en France. Ils voulaient taper à tout prix. »

Un réseau est identifié à Strasbourg. Un relais à Marseille. Les services n’attendent pas qu’ils se rendent à la planque fictive pour les arrêter. Une enquête préliminaire est ouverte le 14 novembre dernier par la section antiterroriste du parquet de Paris, et sept personnes âgées de 29 à 37 ans et de nationalités française, marocaine et afghane sont donc interpellées.

Un employé d’école primaire

Terrorisme : mise en échec d'une

La Meinau, à Strasbourg. (JOHANNA LEGUERRE / AFP)

A Marseille, les enquêteurs pensent avoir arrêté les « banquiers ». De l’argent a été saisi mais aucune arme n’a été retrouvée. Le groupe de Strasbourg était, lui, potentiellement opérationnel.  »On découvre leur profil en ce moment même », explique une source policière :

« Mais vu l’arsenal retrouvé chez eux et la violence de la documentation, ils auraient pu passer à l’action très rapidement. »

On en sait malgré tout un peu plus sur l’un de ces hommes. D’après nos informations, il s’agit d’un employé périscolaire, en poste dans une école primaire de la Meinau (un des quartier de Strasbourg). Deux des quatre pistolets automatiques ont été retrouvés chez lui. Son ordinateur professionnel a été saisi à l’école primaire. Françoise Buffet, l’adjointe au maire de Strasbourg en charge de l’éducation, confirme :

« Cet homme est en poste depuis plusieurs années dans cette école, il est devenu fonctionnaire il y a trois ans. Nous n’avons jamais eu aucun indice, aucun élément qui aurait pu nous faire croire à une possible radicalisation. Il a toujours fait un très bon travail. Nous en sommes au début de l’enquête, il faut attendre… »

Une réunion d’information est prévu demain avec les parents de l’école à la sortie des classes. Les enseignants ont eux été alertés dès aujourd’hui de cette interpellation. Les trois autres personnes arrêtées à Strasbourg ne résideraient pas dans cette ville.

Un voyage en Syrie ?

Deux des personnes interpelées à Strasbourg ce week-end sont soupçonnées de s’être rendus en Syrie, via Chypre. Parmi eux figure le fonctionnaire employé dans une école strasbourgeoise. D’après nos informations, deux des 4 individus arrêtés se sont en effet rendus en vacances sur cette île située non loin de la Turquie. Ils auraient pu ensuite rejoindre la Syrie. Ils n’étaient pas identifiés par les services de renseignements comme radicalisés.

Aucune des personnes interpellées ce week-end ne figure dans les fichiers des services de renseignement français. Six étaient inconnus dans l’Hexagone, et l’homme de nationalité marocaine, résidant au Portugal et de passage à Marseille, était connu des services portugais.

Violette Lazard

Violette Lazard

Violette Lazard

Journaliste

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/23/01016-20161123ARTFIG00320-terrorisme-deux-sites-policiers-cibles-potentielles-des-attentats-dejoues.php

Attentat déjoué : la garde à vue des suspects exceptionnellement prolongée

 

 

Le siège de la police judiciaire parisienne, au 36, quai des Orfèvres.

 

VIDÉO – Selon des informations d’i-Télé et de BFMTV, l’un des cinq suspects arrêtés le week-end dernier à Strasbourg aurait reconnu qu’un projet d’attaque était bien en préparation pour le 1er décembre.

Les investigations sur un attentat déjoué par les arrestations de sept personnes à Strasbourg et Marseille, en fin de semaine dernière, se poursuivent. Selon des informations d’i-Télé, l’un des quatre suspects strasbourgeois interpellés dans la nuit de samedi à dimanche a reconnu qu’un projet d’attaque était en préparation. Il aurait déclaré en garde à vue qu’ils comptaient agir le 1er décembre. Cette précision du Parisien a été confirmée par une source qui a parlé à l’AFP: «Il ressort des investigations qui sont toujours en cours que le passage à l’acte était prévu le 1er décembre». Parmi les cibles potentielles, l’homme a cité deux sièges de services de la police, dont l’un apparaissait déjà dans les éléments exploités par les enquêteurs, ainsi qu’un parc d’attractions de la région parisienne et des lieux de culte catholique.

● Une vingtaine de cibles potentielles

Selon BFMTV, les terroristes présumés avaient effectué des recherches sur une vingtaine de cibles potentielles. Dans le contenu des ordinateurs retrouvés, les enquêteurs auraient notamment découvert des recherches internet sur le site de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), à Levallois, et le 36, quai des Orfèvres, le siège de la police judiciaire de la Préfecture de police de Paris. Toujours selon la chaîne d’informations en continu, des consignes ont été données pour renforcer la sécurité de ces lieux. France Info cite également le Palais de justice de Paris comme cible potentielle. «Des déclarations qui doivent également être vérifiées et qui n’ont pas pour l’heure été corroborées par les autres suspects», à ce stade, a souligné une source policière proche de l’enquête à l’AFP.

Pour autant, les enquêteurs «n’ont pas établi à ce stade qu’il y ait eu des repérages et des surveillances de ces cibles», a insisté cette source. Aux yeux des enquêteurs, les suspects «n’avaient pas encore de projet précis et affiné».

● Une lettre d’allégeance à l’État islamique

Deux des hommes arrêtés à Strasbourg sont soupçonnés d’avoir gagné la Syrie en 2015 en passant par Chypre, avant de revenir en Europe. Les investigations se sont accélérées le 14 novembre quand la DGSI a reçu un renseignement laissant supposer un passage à l’acte imminent. Outre les deux armes de poing, un pistolet automatique, un pistolet-mitrailleur ainsi que des écrits d’allégeance à l’État islamique ont été trouvés lors des perquisitions.

● Prolongation exceptionnelle de cinq gardes à vue

Les investigations étaient toujours en cours mercredi sur le matériel informatique et téléphonique saisi chez les suspects arrêtés à Strasbourg, des hommes âgés de 35 à 37 ans, de nationalité française et inconnus des services de renseignement. Leur garde à vue à la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a été prolongée ce jeudi matin au-delà des 96 heures, de manière exceptionnelle. Une telle prolongation, qui peut porter les gardes à vue à une durée totale de 144 heures, soit six jours, n’est possible que lorsque les investigations font craindre une menace d’attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale. La garde à vue de deux autres suspects a été levée mardi soir. Il s’agit d’un Marocain venu du Portugal arrêté à Marseille et d’une personne qui l’hébergeait dans cette ville.

● Une douzaine d’attentats déjoués depuis juillet

Le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve a évoqué, lundi, un «nouvel attentat déjoué», assurant que ces interpellations avaient «permis de mettre en échec une action terroriste envisagée de longue date» en France, frappée depuis près de deux ans par une vague sans précédent d’attaques djihadistes. Selon lui, 17 attentats ont été «déjoués» depuis le début de l’année, dont, a précisé mercredi Manuel Valls, une douzaine depuis juillet.

 

http://www.dhnet.be/actu/monde/attentat-dejoue-en-france-ou-et-comment-la-cellule-voulait-frapper-58370790cd70a4454c04d41f

Attentat déjoué en France : où et comment la cellule voulait frapper

 

AFP Publié le jeudi 24 novembre 2016 à 16h31 – Mis à jour le vendredi 25 novembre 2016 à 14h58

Une dizaine de cibles potentielles, un passage à l’acte prévu « le 1er décembre » et cinq suspects toujours en garde à vue: quatre jours après le coup de filet des services antiterroristes à Strasbourg et Marseille, les enquêteurs cherchent à déterminer où et comment la cellule voulait frapper.

Cinq suspects toujours en garde à vue

Interpellés le week-end dernier, leur garde à vue a été prolongée jeudi matin au-delà de 96 heures et peut être portée à six jours maximum, une durée possible uniquement en matière terroriste en cas de menace d’attentat imminent ou pour des nécessités de coopération internationale.

Âgés de 35 à 37 ans, les quatre hommes arrêtés à Strasbourg, de nationalité française, sont inconnus des services de renseignement. Deux d’entre eux, Yassine B., employé dans une école strasbourgeoise, et Hicham M. sont soupçonnés d’avoir gagné la Syrie, via Chypre, en 2015, avant de revenir en Europe.

Des écrits menaçants évoquant la nécessité de « couper les têtes au koufar (mécréant) et au traître » ont été retrouvés dans le téléphone d’Hicham M., selon une source proche de l’enquête.

Le cinquième suspect, Hicham E., Marocain de 46 ans interpellé à Marseille, avait été signalé aux services français par leurs homologues au Portugal, pays où il résidait, après plusieurs voyages suspects en Europe. De l’argent a été saisi lors de son interpellation et les enquêteurs le soupçonnent d’avoir eu un rôle de collecteur de fonds.

Où et comment la cellule comptait-elle attaquer ?

« Le passage à l’acte était prévu le 1er décembre », d’après la source proche de l’enquête.

L’exploitation du matériel téléphonique et informatique saisi lors des perquisitions révèle qu’une dizaine de sites en région parisienne ont fait l’objet de recherches sur internet. Autant de cibles potentielles, parmi lesquelles le 36 quai des Orfèvres, siège de la PJ, le marché de Noël des Champs-Élysées, Disneyland Paris, des terrasses de cafés dans le XXe arrondissement, une station de métro et plusieurs lieux de cultes.

En garde à vue, l’un des quatre suspects arrêtés à Strasbourg a reconnu qu’un projet d’attaque était prévu, évoquant le siège de la PJ parisienne, mais aussi celui de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

Mais pour l’instant, l’enquête n’établit pas que des repérages aient eu lieu et le modus operandi ne semble pas avoir eu le temps d’être affiné, ce qui laisse planer des zones d’ombre : un attentat unique ou des attaques simultanées étaient-ils envisagés ? Comment la cellule comptait-elle opérer alors qu’à ce stade, seules quatre armes ont été retrouvées au cours des perquisitions ? Cherchait-elle à se procurer davantage de matériel ?

Un donneur d’ordre en Syrie ?

Outre les soupçons de séjour en Syrie de Yassine B. et Hicham M., plusieurs messages cryptés ont été exhumés entre des membres de la cellule et « un donneur d’ordre » établi en Syrie et surveillé par les services français.

Le 14 novembre, un message entre ce membre du groupe État islamique (EI) et certains des Français interpellés à Strasbourg avait été intercepté par les services, laissant craindre un passage à l’acte imminent. La DGSI avait alors organisé, dans l’urgence, l’opération qui a conduit au vaste coup de filet du week-end dernier.

Le donneur d’ordre était aussi en contact avec deux autres suspects liés à la cellule et interpellés le 14 juin, en plein Euro de football. Ces derniers avaient contracté des crédits à la consommation et les enquêteurs les soupçonnent d’avoir pu jouer un rôle de financiers.

Certains membres du réseau n’ont jamais été en contact entre eux, uniquement reliés par l’homme établi en Syrie, d’après les premiers éléments de l’enquête.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2016/11/25/attentat-dejoue-les-cinq-suspects-interpelles-mis-en-examen_5038041_3224.html

Ce que révèle l’enquête sur le démantèlement de la cellule de Strasbourg

 

Les hommes arrêtés le week-end dernier sont soupçonnés d’avoir voulu commettre un attentat le 1er décembre. Cinq suspects ont été mis en exemen et écroués vendredi soir.

LE MONDE | 25.11.2016 à 12h31 • Mis à jour le 25.11.2016 à 23h16 | Par Elise Vincent

On en sait désormais plus sur la vaste opération de démantèlement d’une cellule terroriste dormante, en France, qui avait été annoncée, lundi 21 novembre, par le ministre de l’intérieur Bernard Cazeneuve. Lors d’une conférence de presse, organisée vendredi 25 novembre, le procureur de la République de Paris François Molins, est revenu sur ce dossier, alors que l’ensemble des gardes à vue des sept hommes interpellés en début de semaine entre Strasbourg et Marseille, ont été levées ou sont arrivées au terme du maximum légal autorisé.

 

Lire aussi :   Un attentat envisagé « de longue date » déjoué en France

A la suite de ces auditions, cinq hommes ont été mis en exemen et écroués vendredi soir. Deux autres ont été relâchés mardi, a confirmé le procureur. Une information judiciaire a été ouverte dans ce cadre pour « participation à une association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation de crimes d’atteinte aux personnes, d’acquisition, détention, transport, offre et cession illégale d’armes et de munitions de catégories A et B, le tout en réunion et en relation avec une entreprise terroriste ».

Un commanditaire commun

Alors qu’avait un temps été envisagée la piste d’une attaque à cibles « multiples », M. Molins a concédé que les investigations ne permettaient pas, en l’état, de confirmer cette hypothèse de manière certaine, même si les hommes interpellés à Marseille et à Strasbourg avaient des « instructions communes ». De même, alors que les premiers éléments de l’enquête tendaient à prouver que tous ces hommes ne se connaissaient pas, les saisies informatiques et cellulaires ont permis de montrer qu’ils étaient en contact très étroits depuis longtemps, en réseau fermé, sur une messagerie cryptée et une ligne téléphonique « dédiée ». Les hommes interpellés à Strasbourg étaient par ailleurs tous amis d’enfance. En revanche, ils n’avaient pas de « contacts direct » avec l’un des individus interpellé à Marseille, Hicham E., 26 ans. Un Marocain signalé au Portugal, son pays de résidence, pour radicalisation et qui a tenté au moins une fois de se rendre à la frontière turco-syrienne.

Le point commun entre ce dernier et les hommes de Strasbourg, était un commanditaire installé dans la zone irako-syrienne. Un homme dont l’une des kunyas ou « nom de code » est « Abu Ali », selon nos informations, un francophone qui aurait pu être présent aussi en Turquie.

Une planque dans le bois de Montmorency

Parmi les cinq hommes interpellés, deux semblent avoir joué un rôle particulièrement important. Hicham M. et Yassin B., deux returnees (personnes qui sont allées en Syrie et en sont revenues) présumés. Ils auraient commencé à avoir l’intention de partir pour la Syrie dès 2012. Mais ils n’auraient sauté le pas qu’en 2015. Depuis lors, « Abu Ali » serait resté en contact avec eux et les aurait guidés pas à pas jusqu’au projet d’attentat relativement précis dont la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a empêché la mise en œuvre.

Peu de temps avant leur arrestation, les deux returnees, Hicham M. et Yassin B., s’étaient vu transmettre les coordonnées GPS, par une application cryptée, d’une planque située dans le bois de Montmorency, dans le Val-d’Oise. Une planque où ils auraient pu récupérer plusieurs kalachnikovs et des munitions.

Alors qu’un temps cette planque avait été évoquée comme un « piège » tendu par la DGSI, dans le cadre d’un travail d’infiltration mené en collaboration avec le service interministériel d’assistance technique (SIAT) – le service qui gère les agents infiltrés –, François Molins ne s’est pas exprimé sur cette méthode de travail. « Je ne m’exprimerai pas, pour des motifs impérieux, vous le comprendrez, sur les techniques et outils qui ont été spécifiquement mis en place (…). Je m’y refuse, pour ne pas mettre en péril notre action dans la lutte antiterroriste », a-t-il argué.

Particularité du dossier, Hicham M. et Yassin B. n’avaient pas été repérés par les services de renseignements lors de leur aller-retour en Turquie. Ils sont partis ensemble mais par un itinéraire inhabituel. Ils auraient ainsi d’abord pris l’avion pour l’île de Chypre puis seraient entrés en Turquie par voie maritime, via le port de Mersin, alors que beaucoup d’aspirants au djihad ont longtemps utilisé l’avion directement pour Istanbul ou choisi la route. Sont-ils passés côté syrien ? L’enquête devra le déterminer. Leur aller-retour n’aurait en tout cas duré que quelques jours.

Une cible précise qui reste à déterminer

Les quatre Strasbourgeois ont presque tous largement dépassé la trentaine et sont originaires des quartiers populaires de la ville, notamment du Neuhof. Hicham M., 37 ans, est manutentionnaire et vivait chez ses parents, Yassin B. est agent périscolaire, Sami. B, 26 ans, franco-tunisien, travaille dans une épicerie et est père de trois enfants. Le quatrième, Zacharia M., 35 ans, est franco-marocain. Seuls deux d’entre eux ont un casier judiciaire, Sami B. et Hicham M., avec respectivement sept et six condamnations à leur actif.

La cible précise du projet d’attentat reste encore à déterminer. Il n’est pas certain qu’elle ait été très précise au moment des interpellations. Seule la date du passage à l’acte du commando de Strasbourg était relativement établie : le 1er décembre. Pour le reste, il s’agit plutôt de déductions à partir du bornage téléphonique, et de la consultation des sites Internet et des recherches Google repérées dans les ordinateurs et les téléphone saisis : y figuraient notamment des lieux de culte, le siège de la DGSI ou le 36, quai des Orfèvres. Des adresses dans le 20arrondissement de Paris et des cibles militaires ont aussi été un moment envisagées, ainsi que des ordres donnés pour une action sur les Champs-Elysées.

Allégeances à l’EI

En perquisitionnant les domiciles de tous ces individus, les enquêteurs ont en tout cas découvert chez les deux returnees présumés, Hicham M. et Yassin B., des allégeances claires à l’organisation Etat islamique (EI). Chez le second ont aussi été retrouvés une arme de poing, un pistolet automatique, des chargeurs et des munitions. Il y avait également chez Zacharia M. un pistolet automatique et un pistolet-mitrailleur, ainsi que des munitions. Les enquêteurs ont enfin retrouvé téléchargée sur les téléphones d’Hicham M. et de Yassine B. l’application Periscope, qui permet de se filmer tout en diffusant sa vidéo en direct. Autant d’indices qui laissaient entendre, selon le procureur de la République de Paris, « l’imminence d’un passage à l’acte ».

Le démantèlement dans la nuit du 19 au 20 novembre de la cellule terroriste présumée fait suite à des investigations qui ont débuté en février et avaient conduit à une première série de cinq arrestations en juin, quelques jours après le début de l’Euro de football et au lendemain de l’assassinat d’un policier et de sa compagne à Magnanville (Yvelines). A l’époque, on avait seulement pu établir que les individus visés réalisaient de nombreux prêts à la consommation suspects et qu’ils étaient en lien avec un commanditaire installé en Syrie. Ces cinq hommes étaient originaires de Seine-Saint-Denis, du Val-de-Marne et de Paris. Trois ont été relâchés sans poursuites, mais deux d’entre eux ont été mis en examen et placés en détention provisoire : un homme de 38 ans originaire de Moselle, et un autre de 40 ans, un Franco-Malien né à Paris. Des investigations sont encore en cours, les dossiers sont encore séparés sur le plan judiciaire, mais cette première vague correspondrait au volet « financier » du projet d’attentat finalement « déjoué » ce week-end.

Lire aussi :   Un attentat « déjoué » rappelle la persistance de cellules organisées en France

 Elise Vincent

  • Journaliste au Monde

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/11/25/01016-20161125ARTFIG00178-les-terroristes-voulaient-frapper-la-france-le-1er-decembre-au-nom-de-daech.php

Des terroristes voulaient frapper la France le 1er décembre

 

 

Le procureur de la République de Paris, François Molin, vendredi 25 novembre 2016.

Téléguidés par un donneur d’ordre retranché en zone syro-irakienne, les suspects déjà armés voulaient cibler des sites symboliques et se filmer en direct au moment de leur passage à l’acte. Ils ont été mis en examen et écroués ce vendredi soir. François Hollande a affirmé qu’une «attaque de grande envergure» avait été évitée.

«Un passage à l’acte imminent a été déjoué»: le procureur de la République de Paris, François Molins a confirmé que les terroristes interpellés dans la nuit de samedi à dimanche dernier à Strasbourg et Marseille voulaient frapper la France dès ce jeudi 1er décembre, au nom de l’État islamique. Ils ont été mis en examen et écroués ce vendredi soir pour «association de malfaiteurs en vue de la préparation de crime d’atteinte aux personnes».

Selon les derniers éléments de l’information judiciaire ouverte vendredi pour association de malfaiteurs et détention d’armes en relation avec une entreprise terroriste, cinq suspects sont au cœur d’un projet qualifié par François Molins de «mortifère». François Hollande, en déplacement à Nîmes pour assister à la sortie de deux promotions de gardiens de la paix, a salué le travail des services de renseignement, des policiers et des magistrats qui ont déjoué «une attaque de grande envergure».

Les quatre premiers suspects, interceptés dans le quartier de la Meinau à Strasbourg, sont des amis se connaissant de longue date. En apparence, ils n’ont rien des jeunes de cités fragiles, désœuvrés et en perte de repères qu’enrégimentent habituellement les réseaux terroristes. Yassine B, Français de 37 ans, animateur dans une école et inconnu des services, Icham M, Français de 37 ans, manutentionnaire ayant déjà six condamnations pour des faits de droit commun, Samir B., épicier franco-tunisien de 35 ans condamné à sept reprises et Zakaria M, franco-marocain de 35 ans sans emploi et au casier vierge étaient très prudents. Téléguidés par un donneur d’ordre retranché en zone syro-irakienne, ils communiquaient entre eux en réseau fermé grâce à une ligne spécialement dédiée.

Arsenal et allégeances à Daech découverts

Au même moment, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) avait appréhendé à Marseille Icham E., SDF âgé de 38 ans avant que ce dernier ne passe lui aussi à l’acte. Venant de débarquer dans la cité phocéenne, lui seul était connu des services spécialisés. Il avait été signalé pour radicalisation par les autorités du Portugal, où il résidait sous une fausse identité depuis l’automne 2013, après plusieurs voyages suspects dont l’un effectué vers la Turquie d’où il a été refoulé. Selon le procureur Molins, au moins trois des «opérationnels de Daech» ont manifestement eu la velléité de rejoindre la Syrie, notamment via Chypre, pour combattre sous la bannière de l’État Islamique.

Lors des perquisitions, les policiers ont retrouvé un arsenal, dont deux armes de poing de type Sig Sauer et Glock, deux pistolets automatiques, des lots de dizaines de cartouches de calibre 6.35 et 9 mm ainsi que certaines munitions de 38 spécial.

Des éléments saisis à Strasbourg ont en outre, d’après le procureur, «permis de découvrir des écrits très clairs d’allégeance à Daech et glorifiant la mort en martyr».

Une clef USB retrouvée chez Yassin B. recelait deux fichiers mettant en évidence, selon François Molins, la «possibilité d’une somme d’argent» ainsi que les coordonnées GPS d’une cache d’arme. À Marseille, Icham E. disposait de plus de 4281 euros et était sur le point d’acquérir un armement.

Ils envisageaient de se filmer en direct

S’il recevait des «instructions communes» et «précises» délivrées à partir des zones de combat via des applications cryptées, le quatuor de Strasbourg n’avait, au dernier stade des investigations, pas de lien direct avec le suspect de Marseille.

«Les exploitations techniques réalisées sur des éléments saisis lors de perquisitions à Strasbourg ont permis d’établir qu’une action était envisagée par le groupe strasbourgeois le 1er décembre sans qu’on puisse toutefois déterminer à ce stade la cible précise choisie parmi toutes celles que le groupe envisageait», a précisé le procureur, évoquant leur «volonté manifeste de trouver et repérer des cibles pour agir à très court terme».

L’examen du téléphone mobile de Yassine B. a notamment permis de mettre en évidence des recherches sur Google Map de lieux pouvant servir de sites à court terme.

Au total, une dizaine de sites symboliques – et régulièrement évoqués en cas de menace – ont fait l’objet de recherches numériques. Dans ce sordide inventaire à la Prévert, figure selon plusieurs sources le siège de la police judiciaire parisienne au 36 quai des orfèvres, le marché de Noël des Champs-Élysées, le parc d’attractions Disneyland Paris, des terrasses de cafés dans le nord-est de la capitale, une station de métro parisien et plusieurs lieux de cultes. A priori, si aucun repérage opérationnel n’a toutefois été mené, les membres de la cellule démantelée semblaient déterminés. La veille du coup de filet, Yassine B. et Icham M. avaient téléchargé l’application Périscope pour se filmer en direct devant les internautes.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/attentats-dejoues-qui-sont-les-suspects-interpelles-a-marseille-et-strasbourg-25-11-2016-6375126.php

Attentats déjoués : les cinq suspects écroués

 

>Faits divers|25 novembre 2016, 19h54 | MAJ : 25 novembre 2016, 22h42|14
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ILLUSTRATION. Les terroristes arrêtés à Strasbourg et Marseille le week-end dernier pourraient avoir voulu attaquer un haut lieu de la police ou un parc d’attraction. Ils ont été écroués. 

REUTERS.

Le profil des cinq hommes soupçonnés d’avoir voulu commettre un attentat le 1er décembre en France et interpellés dans la soirée du 20 novembre, se précise. Ce vendredi, le procureur François Molins a fourni, lors d’une conférence de presse, de plus amples détails sur le parcours des cinq suspects arrêtés le weekend dernier à Strasbourg (Bas-Rhin) et à Marseille (Bouches-du-Rhône) et écroués en fin de journée.

Ces hommes, quatre Français et un Marocain, sont des «opérationnels de Daech, téléguidés à partir de la zone irako-syrienne», a indiqué le procureur. Les quatre Français, âgés de 35 à 37 ans et jusqu’ici inconnus des service anti-terroriste étaient des «amis de longue date» qui «se voyaient régulièrement et communiquaient en réseau fermé», sur une ligne téléphonique dédiée, a expliqué le procureur.

Ils ont été arrêtés à Strasbourg et ne connaissaient pas, d’après les premiers éléments de l’enquête, le suspect marocain arrêté à Marseille. Mais ils disposaient d’instructions communes «communiquées par un donneur d’ordre depuis la zone irako-syrienne», a détaillé le procureur.

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  • Yassin B. du commando de Strasbourg

Selon la ministre de l’Education nationale Najat Vallaud-Belkacem, Yassin B, ne présentait «aucun signe de radicalisation» jusqu’ici. Ce célibataire de 37 ans, de nationalité française, était employé depuis plus de dix ans en qualité d’animateur périscolaire dans une école maternelle de Strasbourg. Très apprécié des enfants selon les témoignages de plusieurs parents d’élèves, son casier judiciaire était vierge et il venait d’être titularisé.

C’est à son domicile que les enquêteurs ont mis la main sur un cahier comprenant douze pages d’inscriptions manuscrites faisant référence au djihad armé et à Abou Bakr al-Baghdadi, le chef de Daech et glorifiant la mort en martyr, Un pistolet «Sig-Sauer», un «glock», et des chargeurs, et des dizaines de cartouches ont également été retrouvés. Une clef USB retrouvée chez lui a révélé aux enquêteurs la possibilité d’une livraison de somme d’argent, des coordonnées GPS pour se fournir en armes et en argent.

Le procureur a par ailleurs confirmé qu’il s’était rendu, en mars 2015 et en compagnie de son ami Hicham M. à la frontière turco-syrienne en passant par Chypre, sans toutefois pouvoir dire si les deux hommes avaient réussi à passer la frontière. Une preuve en tout cas de leurs «velléités de rejoindre des groupes terroristes» selon François Molins.

Vidéo. Attentat déjoué : « C’est quelqu’un d’ouvert », témoigne un voisin de Yassin B.

  • Hicham M., du commando de Strasbourg

Hicham M, manutentionnaire de 37 ans arrêté à Strasbourg, avait déjà 6 condamnations à son actif. Chez lui, des écrits portant des menaces claires contre la France ont été retrouvés ainsi qu’un pistolet automatique, un mitrailleur et 60 cartouches. Hicham M., 37 ans également, de nationalité française, manutentionnaire, a six condamnations à son casier. Il s’était rendu, avec Yassin B. à la frontière turco-syrienne en mars 2015.

  • Samy B, du commando de Strasbourg

Arrêté à Strasbourg, Samy B, Franco-Tunisien de 36 ans, était employé dans une épicerie. Il vivait en concubinage et est père de trois enfants. Son casier judicaire portait trace de 7 condamnations.

  • Zaccharia M., du commando de Strasbourg

Zaccharia M., Franco-Marocain de 36 ans, n’avait aucune condamnation à son casier judiciaire. Un pistolet automatique, un pistolet mitrailleur, deux chargeurs et des cartouches ont été retrouvé chez lui à l’occasion des perquisitions du 20 novembre.

  • Hicham E. interpellé à Marseille

Alors que les quatre suspects français étaient interpellés à Strasbourg, Hicham E. était arrêté à Marseille. Ce Marocain de 26 ans résidait au Portugal où, malgré un casier judiciaire vierge, il avait été signalé pour radicalisation par les services de renseignement locaux, après avoir effectué plusieurs voyages suspects en Europe, muni de faux papiers.

Le Marocain avait notamment été renvoyé par les autorités turques en 2015 alors qu’il tentait d’entrer en Syrie. Il était sans domicile fixe en France, a ajouté le procureur. Hicham E. ne connaissaient pas les quatre autres suspects, mais avait reçu les mêmes instructions – notamment de se procurer des armes – de la part du donneur d’ordre basé dans la zone turco-syrienne. Au moment de son interpellation, il était en possession de 4281 euros, somme destinée, selon les enquêteurs, à acheter l’arsenal nécessaire au passage à l’acte. Il est soupçonné d’être le collecteur de fonds de la cellule.

Deux autres suspects relâchés

Au total, sept hommes ont été interpellés le weekend dernier. Deux d’entre eux, Nasser B. et Lamary N. ont été relâchés mardi soir. Ces deux hommes avaient été arrêtés à Marseille avec Hicham E. le suspect marocain installé au Portugal. Ils étaient notamment soupçonnés d’avoir hébergé ce dernier. Nasser B. et Lamary N. s’étaient déjà trouvés dans le viseur des enquêteurs il y a huit mois, au moment de l’Euro de football. Le 14 juin, Nasser B., 38 ans, et Lamary N., 40 ans, étaient interpellés, soupçonnés d’avoir contracté des crédits à la consommation pour financer des activités terroristes. D’après une source proche de l’enquête, ces deux suspects communiquaient «avec un donneur d’ordre établi en Syrie surveillé par les services de renseignement français». Le 14 novembre, l’enquête s’est accélérée quand la DGSI a reçu un renseignement laissant supposer un passage à l’acte imminent.

 

http://www.leparisien.fr/informations/une-cellule-d-amis-teleguidee-de-syrie-26-11-2016-6376782.php

Une cellule d’amis téléguidée de Syrie

 

>|Timothée Boutry|26 novembre 2016, 7h00|0
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Paris, hier. Lors d’une conférence de presse, François Molins a donné des détails sur le profil des terroristes présumés interpellés la semaine dernière.

 

Timothée Boutry

 

Le dangereux commando de Strasbourg, composé de quatre amis de longue date, a été mis en examen et écroué hier soir, ainsi que le cinquième homme interpellé à Marseille.

 

Avaient-ils prévu de diffuser leurs attaques en direct sur les réseaux sociaux ? Hier midi, François Molins, le procureur de la République de Paris, a révélé que deux des cinq terroristes présumés interpellés la semaine dernière à Strasbourg (Bas-Rhin) et Marseille (Bouches-du-Rhône) avaient récemment téléchargé l’application Periscope, qui permet de retransmettre en direct des images sur Internet. Il y a eu un précédent : Larossi Abballa, l’homme qui a tué un couple de policiers à Magnanville (Yvelines) en juin avant d’être abattu par la police, s’était mis en scène sur l’application Facebook Live au domicile du couple.

Pour le procureur en tout cas, il ne fait pas de doute que le passage à l’acte de cette cellule « téléguidée » depuis la zone irako-syrienne était « imminent ». Les cinq hommes devaient être mis en examen hier pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle et écroués.

Les quatre suspects interpellés à Strasbourg sont des amis de longue date. Ils ont quasiment le même âge, entre 35 et 37 ans, et travaillent pour la plupart : animateur dans une école, manutentionnaire ou épicier. Ils sont déjà connus de la justice pour des infractions de droit commun. Mais, cette fois, ils étaient, semble-t-il, sur le point de se lancer dans une attaque « de grande envergure », selon les mots de François Hollande.

Des messages cryptés venus de Syrie

Même si plusieurs armes de poing ont été retrouvées au domicile de deux d’entre eux, les membres du commando de Strasbourg étaient en passe d’en acquérir de nouvelles. Sur une clé USB découverte au domicile de Yassine B., l’animateur périscolaire de l’école de la Meinau, les enquêteurs ont découvert un message avec coordonnées GPS et explications détaillées pour se procurer armes et munitions. Des consignes directement venues par messages cryptés de Syrie, où ce célibataire sans enfant et son camarade Hicham M. sont soupçonnés d’avoir voulu se rendre en mars 2015. Dans un cahier également saisi, Yassine B. a couché sur le papier son allégeance à Daech et sa fascination pour le djihad armé et la mort en martyr. Prudents, les quatre comparses alsaciens ne communiquaient entre eux que via un circuit téléphonique fermé.

A ce stade, les enquêteurs de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), qui ont déjoué ce projet d’attentat, n’ont pas découvert de lien direct entre le commando de Strasbourg et Hicham E., l’homme de 26 ans interpellé à Marseille. Mais ils savent que ce SDF de nationalité marocaine qui a effectué plusieurs déplacements en Europe ces dernières années avec de faux papiers avait reçu des consignes du même donneur d’ordres pour s’approvisionner en armes. Lors de son arrestation, ce suspect, refoulé par les autorités turques à l’été 2015, avait en sa possession plus de 4 000 EUR, vraisemblablement destinés à cette funeste acquisition.

Les interrogatoires des cinq suspects permettront peut-être d’en savoir plus sur leurs cibles précises. L’ordinateur de Yassine B. indique que ce dernier a effectué plusieurs recherches sur différents lieux symboliques, notamment à Paris. Le commando de Strasbourg est suspecté d’avoir voulu passer à l’acte le 1 er décembre.

Le Parisien

 

http://www.nicematin.com/justice/attentat-dejoue-cinq-suspects-teleguides-depuis-la-syrie-mis-en-examen-et-ecroues-96652

Attentat déjoué: cinq suspects, téléguidés depuis la Syrie, mis en examen et écroués

 


PAR avec AFP Mis à jour le 26/11/2016 à 08:56 Publié le 26/11/2016 à 08:56
François Molins, procureur de la République de Paris

François Molins, procureur de la République de Paris
Photo DR

Ils étaient téléguidés par le groupe Etat islamique depuis la zone irako-syrienne: cinq hommes, arrêtés le week-end dernier et soupçonnés d’avoir voulu commettre un attentat le 1er décembre en région parisienne, ont été mis en examen vendredi soir et écroués.

 

Après cinq jours de garde à vue, ils ont notamment été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste en vue de la préparation de crimes d’atteinte aux personnes », a-t-on appris du parquet de Paris.« Une attaque de grande envergure » a été évitée, avait indiqué un peu plus tôt François Hollande, en déplacement à Nîmes, alors que la France est frappée depuis près de deux ans par une vague d’attentats sans précédent ayant fait 238 morts.

Quatre Français âgés de 35 à 37 ans, « amis de longue date », avaient été interpellés le week-end dernier à Strasbourg. Inconnus des services antiterroristes, deux sont soupçonnés d’avoir séjourné en Syrie en 2015.

Quatre armes et « des écrits très clairs d’allégeance à Daech » (Etat islamique) ont été retrouvés lors des perquisitions, d’après le procureur de la République de Paris François Molins.

Le cinquième suspect, Hicham E., Marocain de 26 ans (BIEN 26) arrêté à Marseille, avait été signalé pour radicalisation par les autorités portugaises, pays où il résidait, et s’était fait refouler de Turquie en 2015. Plus de 4.000 euros, destinés, selon les enquêteurs, à l’acquisition d’armes, ont été saisis lors de son interpellation.

Le commando de Strasbourg et le suspect marocain ne se connaissaient pas, d’après les premiers éléments de l’enquête. Mais ils disposaient d’instructions communes « communiquées par un donneur d’ordre depuis la zone irako-syrienne », a détaillé le procureur.

Recherche de cibles

Les hommes de ce réseau étaient « en possession ou en quête d’armes et de financement », « s’apprêtaient à passer à l’acte » et « recherchaient des cibles », a relevé le procureur.

Il a précisé que le passage à l’acte du groupe strasbourgeois était prévu le 1er décembre, « sans que l’on puisse déterminer à ce stade la cible précise choisie ».

L’exploitation des téléphones et ordinateurs retrouvés lors des perquisitions a révélé qu’une dizaine de sites en région parisienne avaient fait l’objet de recherches sur internet.

Autant de cibles potentielles, parmi lesquelles le 36 quai des Orfèvres, siège de la PJ, le marché de Noël des Champs-Élysées, Disneyland Paris, des terrasses de cafés dans le XXe arrondissement, la station de métro Charonne ainsi que plusieurs lieux de cultes.

En garde à vue, un des suspects interpellés à Strasbourg a également évoqué le siège de la PJ parisienne, mais aussi celui de la DGSI à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine).

« On ignore encore s’ils prévoyaient une action unique ou des attaques coordonnées », d’après une source proche de l’enquête.

Les investigations ont débuté il y a huit mois.

Le 14 juin, en plein Euro de football, Nasser B., 38 ans, et Lamary N., 40 ans, sont interpellés, soupçonnés d’avoir contracté des crédits à la consommation pour financer des activités terroristes. Les deux hommes sont en contact avec un donneur d’ordre établi en Syrie, lui-même surveillé par les services de renseignement français.

La DGSI décide alors de tendre un appât: elle met en place une cache d’armes dans le Val-d’Oise pendant plusieurs mois, pour tenter d’attirer d’autres membres du réseau susceptibles de passer à l’attaque. En vain.

Le 14 novembre, un message entre le commanditaire et des membres du groupe strasbourgeois est intercepté, laissant craindre un passage à l’acte imminent. La DGSI organise alors, dans l’urgence, l’opération du week-end dernier.

Ce vaste coup de filet est intervenu dans un contexte de menace terroriste maximale en France. « Pour le seul mois de novembre, les services antiterroristes ont procédé à l’arrestation de 43 individus, dont 28 ont été déférés devant la justice », a souligné le chef de l’Etat vendredi.

Selon le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, 17 attentats ont été déjoués depuis le début de l’année, sept en 2015.

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