Attentats du 22 mars : aveux du troisième homme de l’aéroport

Un « journaliste indépendant » du nom de Fayçal Cheffou avait rapidement été identifié comme étant ce troisième homme, puis relâché.

Il s’agirait en définitive de Mohamed Abrini qui est passé aux aveux et donne des explications sur les attentats.

Le premier a fait connaître sa colère contre la police depuis son retour à la liberté.

 

http://www.lepoint.fr/justice/mohamed-abrini-arrete-le-lien-entre-les-attentats-de-paris-et-bruxelles-avere-09-04-2016-2031062_2386.php

Mohamed Abrini avoue « être l’homme au chapeau »

 

Suspecté d’être le logisticien des attaques parisiennes, ce Belgo-Marocain de 31 ans est bien le troisième homme présent à l’aéroport Zaventem.

 

Source AFP

Publié le 09/04/2016 à 13:26 – Modifié le 09/04/2016 à 19:57 | Le Point.fr
This combination Picture obtained form the Belgian Federal Police shows Mohamed Abrini (30), a man sought in connection with the Paris terror attacks obtained from CCTV footage of him on November 11 at a gas station in Ressons on the highway heading to Paris. Belgium issued an international arrest warrant for Abrini who was seen driving a car with key Paris attacks suspect Salah Abdeslam two days before the atrocities. RESTRICTED TO EDITORIAL USE - MANDATORY CREDIT  " AFP PHOTO/BELGIAN FEDERAL POLICE "  -  NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS   -   DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS / AFP / Belgian Federal Police / HO
This combination Picture obtained form the Belgian Federal Police shows Mohamed Abrini (30), a man sought in connection with the Paris terror attacks obtained from CCTV footage of him on November 11 at a gas station in Ressons on the highway heading to Paris. Belgium issued an international arrest warrant for Abrini who was seen driving a car with key Paris attacks suspect Salah Abdeslam two days before the atrocities. RESTRICTED TO EDITORIAL USE – MANDATORY CREDIT  » AFP PHOTO/BELGIAN FEDERAL POLICE  » – NO MARKETING NO ADVERTISING CAMPAIGNS – DISTRIBUTED AS A SERVICE TO CLIENTS / AFP / Belgian Federal Police / HO © HO

 

Mohamed Abrini, inculpé dans le dossier des attentats de Paris, est bien le troisième homme « présent lors des attentats » à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem le 22 mars, surnommé « l’homme au chapeau », a annoncé samedi soir le parquet fédéral belge. « Il a été confronté aux résultats de diverses expertises et a reconnu sa présence lors des faits. Il a expliqué avoir jeté sa veste dans une poubelle et revendu son chapeau ensuite », a précisé le parquet dans un bref communiqué.

Dans un premier temps, le même parquet avait affirmé qu’il n’était « pas encore possible » de se prononcer sur la présence ou non de Mohamed Abrini, un Belgo-Marocain de 31 ans, à l’aérogare le 22 mars. Jeudi, les autorités belges avait émis un nouvel avis de recherche pour tenter de retrouver ce troisième assaillant, diffusant de nouvelles images de vidéo-surveillance et un clip vidéo retraçant son parcours, de sa sortie de l’aérogare jusqu’à ce que sa trace se perde à Bruxelles environ deux heures plus tard. Selon le quotidien belge L’Echo, Mohamed Abrini aurait expliqué aux enquêteurs et au juge d’instruction qui l’ont interrogé que les commandos du 22 mars voulaient en fait retourner frapper Paris mais qu’ils ont été pris de court par l’enquête et ont décidé précipitamment de commettre les attentats de Bruxelles. Le parquet fédéral ne confirmait toutefois pas cette information, selon l’agence Belga.

Ami d’enfance des frères Abdeslam

L’homme est également un des principaux suspects du 13 novembre, et de trois autres individus pour « activités terroristes », qui met en évidence les liens étroits entre les deux tueries. Deux dossiers, Paris et Bruxelles, et une annonce commune: samedi, le parquet fédéral belge a fait part conjointement de l’inculpation de deux hommes arrêtés vendredi à Bruxelles, en deux temps, pour « assassinats terroristes » et « participation aux activités d’un groupe terroriste ». Le premier, Mohamed Abrini, était avec Salah Abdeslam l’un des principaux suspects activement recherché par toutes les polices d’Europe depuis les tueries du 13 novembre (130 morts). Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt européen émis par un juge français le 24 novembre.

En près de cinq mois, l’enquête a révélé les liens de Mohamed Abrini avec les attaques parisiennes: possible soutien logistique, cet ami d’enfance des frères Salah et Brahim Abdeslam à Molenbeek a été filmé en compagnie de Salah dans une station-service de l’Oise (nord de Paris) dans la voiture qui servira à convoyer les kamikazes au Stade de France deux jours plus tard. Le deuxième principal inculpé, Osama Krayem (dont l’identité complète n’est pas confirmée par le parquet), lève partiellement le mystère du dénommé Naïm Al Hayed, le nom qu’il avait emprunté lors de son enregistrement sur l’île grecque de Leros en même temps qu’un flot de réfugiés. Ses empreintes avaient été retrouvées dans le logement de la rue Max Roos.

Les enquêteurs belges ont désormais la certitude qu’il est le « deuxième homme » du métro, que l’on voit sur des caméras de surveillance s’adresser brièvement au kamikaze qui s’est fait exploser dans une station du métro de Bruxelles, Khalid El Bakroui, le 22 mars. Grâce à la vidéosurveillance, l’enquête le place également au centre commercial lors de l’achat des sacs dans lesquels ont été transportés les explosifs à l’aéroport de Bruxelles. Osama Krayem, Suédois, fils d’exilés syriens, intéresse beaucoup Paris car les enquêteurs soupçonnent Salah Abdeslam d’être allé le chercher, ainsi que le dénommé Amine Choukri, à Ulm (Allemagne), le 3 octobre quand ils sont, très probablement, rentrés de Syrie.

Hommage à Maelbeck

Décrit dans les médias suédois comme un délinquant oscillant entre religion et consommation de stupéfiants, avant de prendre le chemin du jihad en Syrie, Osama Krayem a grandi dans un quartier populaire de Malmö (sud). En janvier 2015, il pose sur Facebook en tenue de combat, une kalachnikov à la main, drapeau de l’organisation État islamique en arrière-plan, puis disparaît jusqu’à ce que sa trace soit retrouvée à l’automne. Signe des liens qui unissent les différents protagonistes, la justice belge a inculpé deux hommes pour « complicité d’assassinats terroristes », soupçonnés « d’avoir aidé Mohamed Abrini et Osama Krayem ». Hervé B. M., un Rwandais de 25 ans, a été arrêté en même temps qu’Osama K., et Bilal E. M., 27 ans, a été interpellé dans la commune de Laeken vendredi soir.

Selon la télévision flamande VRT, ce dernier est un Bruxellois condamné en 2014 lors du procès du groupuscule islamiste Sharia4Belgium à Anvers (nord). Les arrestations ont été suivies de plusieurs opérations de police: à Anderlecht, au lieu de résidence possible de Mohamed Abrini, et dans les logements de Hervé B. M. et Bilal E. M. Ni arme ni explosif n’ont été découverts, indique le parquet, sans plus de précisions. Presque trois semaines après les attaques bruxelloises, la Belgique poursuivait les hommages. Une centaine de personnes se sont rassemblées samedi devant la station de métro Maelbeek à l’appel d’associations musulmanes. « La radicalisation et l’extrémisme sont aux antipodes de notre croyance », a expliqué un porte-parole, ajoutant que les autorités religieuses se tenaient au service du politique pour la mise en place d’une « vraie politique de lutte contre le radicalisme ».

 

http://www.lepoint.fr/justice/attentats-de-bruxelles-faycal-cheffou-j-etais-le-coupable-ideal-05-04-2016-2030218_2386.php

Attentats de Bruxelles – Fayçal Cheffou : « J’étais le coupable idéal »

 

Les enquêteurs le soupçonnaient d’être « l’homme au chapeau » sur la photo de vidéosurveillance de l’aéroport. Libéré, il en veut aujourd’hui à la police belge.

 

Par

Publié le 05/04/2016 à 17:46 | Le Point.fr
Fayçal Cheffou dans un de ses reportages devant un centre de rétention d'immigrants illégaux. Arrêté le jeudi 24 mars, il ne sera relâché que le lundi soir.
Fayçal Cheffou dans un de ses reportages devant un centre de rétention d’immigrants illégaux. Arrêté le jeudi 24 mars, il ne sera relâché que le lundi soir. © AFP PHOTO/YOUTUBE

 

Juste après les attentats qui ont frappé l’aéroport de Zaventem à Bruxelles, les enquêteurs le soupçonnaient d’être l’homme au chapeau figurant sur la photo à quelques mètres de deux kamikazes. Arrêté puis emprisonné pendant quatre jours, l’homme estime qu’il était « le coupable idéal » et se dit « en colère ».

LIRE aussi Attentats de Bruxelles : à la poursuite de l’« homme au chapeau »

« Je ne peux plus sortir. Toute cette affaire a ruiné ma vie », raconte Fayçal Cheffou au journal belge  La Dernière Heure. Trois jours après les attentats, il est arrêté par la police. « Ils croyaient que j’étais présent lors de l’attaque à Zaventem. J’ai immédiatement dit à la police que je ne pouvais pas être là à ce moment-là pour la simple raison que j’étais chez moi » tout en estimant que la police pouvait « très bien vérifier cela » et qu’il avait « des preuves ».

« J’ai aussi reçu des coups »

« Personne ne m’écoutait », raconte Fayçal Cheffou pour qui les autorités belges ont fait « comme » s’ils avaient « le bon » afin « d’apaiser la population » qui était « inquiète après ces horribles attentats ». C’était « la priorité de l’État (belge, NDLR) », ajoute-t-il.

Dans son témoignage au journal, Fayçal Cheffou en veut à la police : « La police belge travaille sur ce dossier en collaboration avec des collègues français et marocains. Ces derniers n’ont pas vraiment une manière amicale d’interroger. Au poste de police, ils m’ont complètement déshabillé. J’ai aussi reçu des coups. »

Participation aux activités d’un groupe terroriste

L’homme n’était pourtant pas méconnu de la justice. « Je savais que la sûreté de l’État me suivait parce que j’avais prétendument recruté des personnes du parc Maximilien pour intégrer des organisations extrémistes », reconnaît-il. Aujourd’hui libéré, Fayçal Cheffou reste malgré tout inculpé pour sa participation aux activités d’un groupe terroriste. Seule la Chambre du conseil sera à même de décider de sa culpabilité dans ce dossier.

De son côté, il assure vouloir repartir du bon pied. Autoproclamé journaliste, il dit avoir « des contacts avec CNN et ABC » et se donne un seul objectif : « Je veux que les gens connaissent la vérité. »

Il y a vingt ans, le gang de Roubaix…

A l’initiative de l’AFP, plusieurs journaux rappellent aujourd’hui l’épopée du gang de Roubaix en 1996 et la coolitude particulière à son égard du ministre de l’Intérieur de l’époque, Jean-Louis Debré, dont je n’oublie pas les « voeux chaleureux » à Ségolène Royal pour mon anniversaire en 2006, et l’humour tout aussi désopilant le 27 mars 2012 lorsqu’il décorait de la Légion d’honneur un professeur de droit de Rennes qui n’est autre que la soeur de mon ancien médecin de famille curieusement retrouvé suicidé dans son cabinet médical en 1996 alors que Josette Brenterch et ses amis du crime organisé harcelaient déjà tous mes médecins à mon sujet, y compris ceux de mon enfance.

Rappelons également que les négociations en 1994 du contrat Agosta par le désormais fameux réseau K provoquaient déjà bien des remous dont le public ne saura jamais rien avant le printemps 2009.

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160328.AFP1327/il-y-a-20-ans-le-raid-lancait-son-assaut-contre-les-islamo-braqueurs-du-gang-de-roubaix.html

Il y a 20 ans, le Raid lançait son assaut contre les « islamo-braqueurs » du « Gang de Roubaix »

 

Publié le 28 mars 2016 à 09h23

 

Roubaix (AFP) – Il est 6 heures, le 29 mars 1996, dans le quartier de l’Alma à Roubaix, lorsque le Raid donne l’assaut contre le « Gang de Roubaix », un bande d’ »islamo-braqueurs » dont le parcours trouve résonance aujourd’hui après les attentats jihadistes en France et en Belgique.

Vingt ans plus tard, au 59, rue Henri Carette, dans ce quartier populaire, à forte population issue de l’immigration, on ne trouve que quelques places de parking. Difficile d’imaginer que ce fut-là le théâtre d’une action sanglante du Raid, se soldant par la mort de quatre des dix membres du gang.

« J’allais au travail et je voyais des policiers partout, je me demandais ce qui se passait », se remémore Pierre, un riverain, expliquant que les maisons défoncées sont restées plusieurs années à l’abandon avant la construction du parking en 2011.

Du 27 janvier au 8 février, plusieurs hold-up et braquages ultra-violents avec armes de guerre ont lieu dans la métropole lilloise, une fusillade faisant un mort à Roubaix. Mais « après le 8 février, ça s’arrête net. On le saura après: deux à trois sont repartis en Bosnie, avec leur maigre butin pour acheter de l’armement lourd et faire quelque chose d’encore plus sérieux », se souvient Romuald Muller, ancien chef de la brigade criminelle de Lille.

Le 25 mars, un fourgon de la Brinks est ainsi attaqué à Leers au lance-roquettes, à la Kalachnikov et à la grenade. Le 27, les enquêteurs réalisent que des membres du gang ont fait un aller-retour à Molenbeek, aujourd’hui fief présumé du djihadisme en Europe. Le 28 mars, la violence monte encore d’un cran: un attentat à la voiture piégée, garée devant l’ancien commissariat, est évité de justesse, à quelques jours d’une réunion du G7 dans la capitale des Flandres.

Cette tentative manquée précipite l’assaut du Raid. Quatre des malfaiteurs, tous issus de la jeunesse roubaisienne immigrée du Maghreb et de Turquie, meurent dans l’effondrement et l’incendie de la maison provoqué par des grenades qu’ils avaient lancées.

Le jour de la fusillade, Jean-Louis Debré, alors ministre de l’Intérieur, explique pourtant que cette affaire relève du « grand banditisme » et nullement « du terrorisme » ou de « l’islamisme ». Les spécialistes de la lutte antiterroriste, eux, sont dépités d’être tenus à l’écart de l’enquête, persuadés qu’il ne s’agissait pas de simples délinquants de droit commun, mais bien des partisans d’un islam radical.

- Des convertis dans le gang -

Parmi les dix membres de la bande, figurent en effet deux convertis, surnommés parfois « les ch’tis d’Allah », nés dans des familles catholiques ouvrières: Lionel Dumont et Christophe Caze, tué le lendemain en Belgique lors de sa fuite et considéré comme le « cerveau » du groupe.

« C’est une des premières fois que la question des convertis se pose, alors qu’aujourd’hui elle est importante vu le nombre de départs de Français vers des terrains de combat », argue Antoine Mégie, maître de conférence en sciences politique à l’université de Rouen et spécialiste de la lutte contre le terrorisme.

La route du « gang de Roubaix » épouse en effet celle de la Bosnie, où plusieurs membres ont combattu dans les rangs des moudjahidine de Zenica en 1994 et 1995, des soldats de l’islam venus combattre les Serbes aux côtés de l’armée bosniaque.

Le politologue Gilles Kepel, dans son ouvrage « Passion française » (Gallimard), rappelle, lui, « qu’après les accords de Dayton de décembre 1995 (mettant fin à la guerre en Bosnie, ndlr), Caze et Dumont s’étaient recyclés dans le djihad sur le territoire français ».

« Au confluent entre grand banditisme et terrorisme islamiste, ils prolongeaient à leur manière frustre l’épopée meurtrière de Khaled Kelkal, abattu quelques mois auparavant le 29 septembre 1995 dans la banlieue lyonnaise ». Selon le chercheur, ils « anticipaient l’affaire Merah » en 2012, « après seize années qui avaient marqué une longue pause du terrorisme jihadiste dans l’Hexagone ».

Sur les dix membres du « gang », quatre sont tués lors de l’assaut, un est tué le lendemain, deux sont incarcérés, deux ont été libérés au début des années 2010 et un n’a jamais été retrouvé.

 

 

http://www.lefigaro.fr/politique/2006/10/16/01002-20061016ARTFIG90267-debre_adresse_ses_voeux_chaleureux_a_royal.php

Debré adresse ses  »voeux chaleureux » à Royal

    • Par PH. G.
    • Mis à jour le 15/10/2007 à 13:15
    • Publié le 16/10/2006 à 06:00

Jean-Louis Debré ne désarme pas. Dans une interview au JDD hier, le très chiraquien président de l’Assemblée accuse Nicolas Sarkozy de manquer à la solidarité gouvernementale. « Attention à ceux qui sèment le vent, ils pourraient récolter la tempête », prévient-il. « Dénigrer, contester, ­critiquer la politique d’un gouvernement dont on est membre est non seulement une erreur, mais une faute politique. » Au risque d’irriter l’UMP, Debré adresse ses « voeux chaleureux à Ségolène Royal. Elle aussi a dû apprendre à se méfier de ses propres amis. A juste titre. » Réponse du sarkozyste Christian Estrosi : Debré « aspire à devenir mécanicien en chef de la machine à perdre ».PH. G.

 

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/legion-d-honneur-j-louis-debre-decore-anne-marie-le-pourhiet-31-03-2012-1651982.php

Légion d’honneur. J.-Louis Debré décore Anne-Marie Le Pourhiet

 

31 mars 2012
Nommée chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur, Anne-Marie Le...
Nommée chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, Anne-Marie Le Pourhiet a reçu sa distinction mardi à Paris. Photo DR

 
Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel a remis, mardi dernier, la Croix de chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur à Anne-Marie Le Pourhiet, professeur agrégé de Droit public à l’Université de Rennes-1, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel. Jean-Louis Debré rappelait, à cette occasion, que cette Bretonne originaire de Ploudalmézeau «se méfie de la pensée unique», n’est pas «une fanatique de l’Europe et du fédéralisme européen», pas plus que de la décentralisation dont elle dénonce régulièrement «le grand bazar». Lors de cette cérémonie, à laquelle assistaient plusieurs membres du Conseil constitutionnel, parmi lesquels Michel Charasse et Renaud Denoix-de-Saint-Marc mais aussi Jean-Pierre Chevènement, Anne-Marie Le Pourhiet a rappelé que sa mère était si profondément attachée au Général de Gaulle qu’elle s’était demandé si elle n’avait pas été une gaulliste «in utero». Décidément très en verve, elle a rappelé avoir obtenu le prix de l’humour politique pour cette phrase: «Je préfère la Constitution de mon père à celle de ma mère». Auparavant, le président Debré, rappelant son attachement à la Bretagne et au respect de l’environnement, s’était demandé si l’association «Des amis de Carantec», qu’elle a longtemps animée, ne vaudrait pas un jour à l’institution qu’il préside une QPC «question prioritaire de constitutionnalité» (1). En ouverture de son discours, la récipiendaire avait évoqué le «syndrome de la madeleine de Proust» (2).

1. Laquelle permet à n’importe quel justiciable de saisir le Conseil. 2. Dans «À la recherche du temps perdu», le narrateur mange une madeleine et revit une scène de son enfance où il en faisait de même. L’expression désigne un acte apparemment négligeable qui porte une charge émotionnelle du passé.

 

 

Cliquer sur les images suivantes pour les agrandir et lire ces textes publiés sur mon ancien blog « Un petit coucou à la recherche d’une liberté perdue » chez OverBlog entre les 18 et 31 mars 2012, à propos de l’affaire Merah :

 

2012-03-18 Assassinat de militaires dans le Sud-Ouest- le tueur serait traqué sur Internet - Un petit coucou

 

2012-03-19 L'Armée française trouée par la Mafia - Un petit coucou

 

Nouveau projet d’attentat déjoué en France, arrestation de Reda Kriket

Tout comme l’un des individus ayant participé à la réunion de comploteurs des 12 et 13 mars derniers chez le cyberdélinquant et grand maître terro Pascal Edouard Cyprien Luraghi, l’homme interpellé, un braqueur, vivait très bien du produit de ses activités et se déplaçait dans une grosse berline allemande, une Mercedes.

Rappelons au passage que le malade mental de Puy-l’Evêque affectionne tout particulièrement les braqueurs depuis que l’un d’eux a été l’amant de sa soeur au milieu des années 1990.

Il s’est pris d’amour pour ce braqueur de banques multirécidiviste après sa dernière arrestation, suivie d’une nouvelle peine de réclusion criminelle puis de son suicide peu de temps après sa libération.

Un membre de la famille de sa nouvelle compagne l’avait « balancé », probablement Pascal Edouard Cyprien Luraghi lui-même.

Ce dernier n’aime pas sa soeur, il l’a toujours haïe depuis qu’elle l’a remplacé dans le coeur maternel, lui qui, habillé et coiffé en fille durant son enfance, était la petite chérie de sa mère avant la naissance de cette vraie fille.

Sa jalousie maladive à l’égard des filles s’est encore manifestée dans ses attaques insensées contre plusieurs riveraines du site Rue89 dont moi-même à compter de l’année 2008.

En effet, dès le début, il s’est pris de passion pour nos « amants » présumés, jusqu’à les rechercher pour tenter d’en faire ses propres amants à travers nous après nous avoir totalement détruites, éliminées, effacées, ensevelies sous des camions bennes d’ordures.

Les relations de couples ou autres peuvent être assez compliquées. Nous n’avions pas besoin qu’une sangsue comme ce malade mental vienne y ajouter son grain phénoménal.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/03/25/01016-20160325ARTFIG00001-un-projet-d-attentat-avance-dejoue-en-france.php

Un homme arrêté pour un projet «avancé» d’attentat en France

L'opération antiterroriste à Argenteuil, jeudi.
 

VIDÉO – Reda K., impliqué à «haut niveau» dans un réseau terroriste a été interpellé jeudi matin, à Boulogne-Billancourt. De l’explosif de type TATP, des armes de poing et au moins une kalachnikov ont été saisis en perquisition. Jugé «extrêmement dangereux», condamné par contumace en Belgique avec Abdelhamid Abaaoud, il faisait l’objet d’une fiche de recherche.

La France, encore endeuillée par les attaques kamikazes du 13 novembre qui ont fait 130 morts à Paris et Saint-Denis, vient, semble-t-il, d’échapper à un nouveau projet d’attentat sur son sol. Cette fois, la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), déjà mobilisée à retrouver les derniers membres de la cellule qui a frappé la capitale puis Bruxelles, a neutralisé une nouvelle équipée terroriste fomentée à Argenteuil, dans le Val-d’Oise.

Dans la soirée, Bernard Cazeneuve a révélé que les policiers ont effectué, le matin même, une «interpellation importante», à Boulogne-Billancourt, qui a permis de «mettre en échec un projet d’attentat en France conduit à un stade avancé». «Aucun élément tangible ne lie ce projet aux attentats de Paris et de Bruxelles», a précisé le ministre de l’Intérieur. De l’explosif de type TATP, des armes de poing mais aussi au moins une kalachnikov ont été saisies.

Le suspect interpellé, Reda K., âgé de 34 ans et natif de Courbevoie (Hauts-de-Seine), a été condamné par contumace à 10 ans de prison en Belgique, lors du même procès que Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques du 13 novembre, pour appartenance à une filière d’acheminement de djihadistes en Syrie. Reda K. faisait l’objet, depuis janvier 2016, d’une fiche de recherche diffusée à tous les services de police. Dans celle-ci, l’homme âgé de 34 ans est décrit comme extrêmement dangereux et susceptible de se déplacer armé.

Peu avant minuit, une perquisition était menée par la DGSI avec l’appui des policiers d’élite du RAID dans un immeuble d’habitation sur commission rogatoire d’un juge d’instruction du pôle antiterroriste de Paris. Le bâtiment a été évacué de ses occupants et des opérations de déminage étaient menées afin que, selon la place Beauvau, «les policiers puissent procéder à la perquisition de l’appartement, du parking et des parties communes dans des conditions optimales». Un périmètre de sécurité a été déployé alors que les journalistes ont été invités à se tenir à distance.

«L’individu interpellé, de nationalité française, est suspecté d’être impliqué à haut niveau au sein d’un réseau terroriste qui projetait de frapper la France, a déclaré le ministre. Cette arrestation est le fruit d’une enquête minutieuse conduite depuis plusieurs semaines, qui a mobilisé d’importants moyens de surveillance physique et technique, ainsi qu’une coopération étroite et constante entre services européens».

Une nouvelle attaque déjouée

Si le projet se confirme, il s’agirait de la douzième tentative déjouée en quinze mois puisque, comme l’avait révélé fin janvier Bernard Cazeneuve, les services ont déjà tué dans l’œuf pas moins de «onze attentats dans le courant de l’année 2015, dont six depuis le printemps».

À la mi-décembre 2015, une équipée sanglante visant le commissariat d’Orléans avait notamment été stoppée par la DGSI. Deux Français de 24 et 25 ans avaient été interpellés dans le Loiret. Ils avaient déjà récupéré près de 4000 euros envoyés par mandat depuis la Syrie pour acheter des fusils d’assaut et passer à l’acte. Le principal instigateur faisait l’apologie de l’EI et s’était félicité des tueries de novembre.

Le 29 octobre, les hommes de la Sécurité intérieure basée à Levallois, encore eux, avaient appréhendé Hakim, Français de 25 ans, alors qu’il venait lui aussi de tenter de se procurer des armes pour attaquer la base navale de la ville afin d’assassiner des militaires de la marine nationale. À la veille du 14 juillet, la DGSI avait neutralisé un commando de trois hommes visant le Centre national d’entraînement du fort Béar, près de Collioure (Pyrénées-Orientales). Le groupe, dans lequel figurait un matelot révoqué, voulait décapiter un officier. Et il était lui aussi relié avec un combattant de Daech en Syrie.

Depuis le début de l’année 2016, quelque 75 individus en lien avec des activités terroristes ont déjà été interpellés à travers le pays. Ces interpellations ont donné lieu à 37 mises en examen et 28 incarcérations. Jamais le spectre du terrorisme n’a été aussi menaçant.

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20160325.OBS7131/voyage-en-syrie-braquages-ce-que-l-on-sait-sur-reda-kriket-le-djihadiste-arrete-a-argenteuil.html

Voyage en Syrie, braquages… ce que l’on sait de Reda Kriket, le djihadiste arrêté à Argenteuil

 

Voyage en Syrie, braquages... ce que l'on sait de Reda Kriket, le djihadiste arrêté à Argenteuil
Reda Kriket ((D.R. – N.O.))

Les perquisitions menées dans la nuit ont permis de confirmer qu’il était impliqué dans un projet d’attentat en France.

 

Vincent MonnierPublié le 25 mars 2016 à 10h06

 

Après l’arrestation jeudi de Reda Kriket, la police a mené des perquisitions à Argenteuil, en région parisienne. Des explosifs ont été découverts dans un appartement. L’homme interpellé est suspecté d’être impliqué dans un projet d’attentat en France, comme l’a confirmé le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve.

Reda Kriket est une nouvelle illustration des liens étroits qui unissent djihadistes belges et français. Selon nos informations, il est né à Courbevoie en 1982, et était surnommé « le Français » au sein de la filière Zerkani, du nom de celui que la justice belge considère comme le plus gros recruteur de combattants pour le djihad ayant opéré sur le sol belge. Le réseau au sein duquel évoluaient également Abdehamid Abaaoud, Chakib Akrouh, tous deux morts à Saint-Denis, et Gelel Attar, arrêté au Maroc dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris, sera démantelé en février 2014.

« Ghanima »

Résidant à Ixelles, une commune de Bruxelles, Reda Kriket aurait participé à plusieurs réunions du groupe dans un appartement de Molenbeek. Son rôle au sein de cette filière semble avoir été celui de « financier ». Un financement pratiqué par le vol avec violence.

« C’est un braqueur qui pratique la Ghanima », dira de lui un des membres de la filière lors de son audition devant les policiers belges.

Reda Kriket aurait ainsi versé 12.000 euros à un aspirant au départ en Syrie pour financer son voyage ainsi que celui de sa femme. Des bijoux volés avaient également été retrouvés lors des perquisitions à son appartement.

Condamné en 2015

Khalid Zerkani avait été vu en Belgique circulant à bord d’une Mercedes immatriculée au nom de Soufiane B, connu pour des vols qualifiés en compagnie de Kriket. Ce dernier aurait gagné la Syrie durant l’année 2014. Il faisait l’objet d’un mandat d’arrêt international depuis le 4 mars 2014. Ce qui ne l’a pas empêché de revenir en France.

En mai 2015, il avait été condamné par défaut à 10 ans de prison pour sa participation aux activités d’un groupe terroriste.

V.M., V.L.

Vincent Monnier

Vincent Monnier

Journaliste

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/projet-d-attentat-liens-avec-abaaoud-syrie-qui-est-reda-kriket-suspect-interpelle_1776814.html

Projet d’attentat, liens avec Abaaoud, Syrie… Qui est Reda Kriket, suspect interpellé?

 

Par , publié le 25/03/2016 à 14:13 , mis à jour à 14:57

 

Des policiers sécurisent un immeuble à Argenteuil. L'immeuble est le lieu de résidence d'un suspect qui prévoyait de commettre un attentat à Paris.
Des policiers sécurisent un immeuble à Argenteuil. L’immeuble est le lieu de résidence d’un suspect qui prévoyait de commettre un attentat à Paris.

AFP

L’homme fomentait un « projet d’attentat en France », selon Bernard Cazeneuve. Ce Français a été arrêté jeudi à Boulogne-Billancourt entraînant une opération politicière à Argenteuil. Il avait de lourds antécédents, en France et en Belgique.

 

C’est un Français qui avait fait parler de lui jusqu’en Belgique bien avant les attentats de Bruxelles. Reda Kriket, 34 ans, interpellé jeudi à Boulogne-Billancourt dans les Hauts-de-Seine, illustre une nouvelle fois l’importance de la nébuleuse djihadiste franco-belge. L’homme fomentait un « projet d’attentat en France, conduit à un stade avancé », selon les mots du ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve jeudi soir. Des armes lourdes et des explosifs ont été retrouvés au logement qu’il occupait à Argenteuil, dans le Val-d’Oise.

Originaire de Courbevoie, dans les Hauts-de-Seine, l’homme résidait dans la commune bruxelloise d’Ixelles avant de rejoindre la Syrie, vraisemblablement à la fin de l’année 2014, selon Le Parisien. Sous le coup d’un mandat d’arrêt international, il est activement recherché depuis le 15 janvier par la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI). Sur cette fiche titrée « diffusion urgente » que Le Point publie, il est décrit comme « extrêmement dangereux » et « susceptible de se déplacer avec une arme ».

Le « financier » d’une filière djihadiste

Reda Kriket était recherché pour « association de malfaiteurs en vue de préparer des actes de terrorisme ». Comment est-il rentré en France? A-t-il emprunté comme d’autres terroristes du 13 novembre la « route des migrants« ? Comment enfin les enquêteurs sont-ils remontés jusqu’à lui? De nombreuses questions sont encore en suspens à ce stade de l’enquête.

Selon nos informations, une information judiciaire a été ouverte fin novembre 2015, sans lien avec les attentats de Paris. Elle ne ciblait pas non plus directement Reda Kriket à l’origine mais a fini par déboucher sur lui. Quatre mois plus tard, les hommes de la DGSI mettent la main sur l’homme dans les Hauts-de-Seine.

Condamné à dix ans de prison par contumace

Le suspect est loin d’être un inconnu. Son nom apparaît dans un vaste procès d’acheminement de djihadistes vers la Syrie pour lequel il a été condamné en juillet 2015 en Belgique, en son absence, à dix ans de prison. Cette filière était dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, qualifié par les autorités judiciaires belges de « plus grand recruteur de candidats au djihad qu’on ait jamais connu en Belgique ».

Surnommé « le Français » au sein de la filière Zerkani, selon L’Obs, Reda Kriket jouait un rôle de « financier ». Cet ancien braqueur reversait une partie de ses gains et activités de recel, au nom du principe musulman de la « Ghanima », qui signifie « le partage du butin de guerre ». Il mettait également sa Mercedes à disposition de Zerkani pour aider les recrues.

Des complices dans la nature?

Élément troublant: deux autres condamnés par défaut lors de ce procès sont des personnages-clé des attentats du 13 novembre: Abdelhamid Abaaoud, coordinateur des attaques et Chakib Akrouh, membre du commando des terrasses qui s’est fait exploser à Saint-Denis quelques jours plus tard. Pour autant, « à ce stade, aucun lien n’a été établi [entre ce suspect et] les attentats de Paris et de Bruxelles. Rien ne permet de dire pour le moment qu’il est lié à la cellule du 13 novembre », précise à L’Express une source proche de l’enquête.

La question des complicités dont il a pu bénéficier se pose. Bernard Cazeneuve évoquait dès jeudi soir un « réseau terroriste » dans lequel il « évoluait », lui conférant une implication à « haut niveau » dans le projet d’attentat. « Compte tenu de ce qui a été découvert à son domicile et du profil de l’individu, le but est de trouver toute personne liée à cet homme qui aurait pu lui apporter un soutien », commente notre source. « La vraie difficulté est de savoir s’il n’était pas en contact avec d’autres personnes qui eux disposent de moyens logistiques », précise-t-elle.

 

http://www.7sur7.be/7s7/fr/1505/Monde/article/detail/2657544/2016/03/25/L-homme-qui-projetait-un-attentat-en-France-etait-un-proche-d-Abaaoud.dhtml

L’homme qui projetait un attentat en France était un proche d’Abaaoud


Par: rédaction
25/03/16 – 08h50  Source: Belga

media_xll_8520067 dans Corruption © DR.

vidéo L’homme interpellé jeudi pour un projet d’attentat en France avait été condamné en son absence avec Abdelhamid Abaaoud, organisateur présumé des attaques du 13 novembre, l’an passé à Bruxelles dans un procès de filière jihadiste vers la Syrie.

L’interpellation de cet homme, Reda Kriket, 34 ans, un ancien braqueur, a conduit jeudi soir les policiers à un appartement d’Argenteuil, dans le Val d’Oise, près de Paris, où une petite quantité d’explosifs a été découverte.

Pas lié aux attentats de Paris et Bruxelles
« A ce stade, aucun élément tangible ne relie ce projet aux attentats de Paris et de Bruxelles », a toutefois affirmé jeudi soir le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve. La capitale belge a été frappée mardi par un double attentat dans un aéroport et dans le métro qui a fait 31 morts et 300 blessés.

Résident d’Ixelles
Né le 17 janvier 1982 à Courbevoie (Hauts-de-Seine), Reda Kriket, de nationalité française, résidait à Ixelles, commune de Bruxelles, lorsqu’un mandat d’arrêt international a été émis contre lui en mars 2014. Lors d’un vaste procès d’acheminement de jihadistes vers la Syrie, une filière dirigée par un Bruxellois de 41 ans, Khalid Zerkani, qualifié par les autorités judiciaires belges de « plus grand recruteur de candidats au jihad qu’on ait jamais connu en Belgique », Reda Kriket avait écopé en juillet 2015 de dix ans de prison par défaut, le jugement soulignant qu’il avait déjà été condamné à cinq ans de prison à Nanterre en 2005.

Financier
D’après les éléments de l’enquête, il a joué un rôle important dans le financement de la filière, en reversant une partie de ses braquages et activités de recel, au nom du principe musulman de la Ghanima (le partage du butin de guerre). Abdelhamid Abaaoud, tué le 18 novembre 2015 dans l’assaut du Raid contre l’appartement de Saint-Denis dans lequel il avait trouvé refuge, était lui condamné en son absence à 20 ans de réclusion. Au total, 28 personnes avaient été condamnés le 29 juillet 2015 dans cette vaste filière qui avait recruté et envoyé en Syrie de nombreux jeunes, parmi lesquels figuraient Abdelhamid Abaaoud et Chakib Akrouh, deux des auteurs des attentats du 13 novembre.

Interpellation importante
L’interpellation de Reda Kriket par les policiers de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) a été qualifiée d’ »importante » par Bernard Cazeneuve, car elle a selon lui permis « de mettre en échec un projet d’attentat en France, conduit à un stade avancé ». Dans la nuit de jeudi à vendredi, des policiers ont mené des perquisitions dans un immeuble évacué de ses occupants à Argenteuil (Val-d’Oise). Des opérations de déminage ont été nécessaires pour que les enquêteurs puissent travailler en sécurité.

Quartier bouclé
Des policiers barraient toujours l’accès à la rue menant à cet immeuble vendredi matin. « J’ai essayé de rentrer chez moi mais les policiers ne m’ont pas laissé », pestait dans la nuit Karim, 19 ans, habitant dans l’immeuble voisin. Pour sa soeur Kolod, 23 ans, « normalement c’est très tranquille comme quartier ». « C’est bizarre mais en même temps c’est rassurant de voir ces policiers », a-t-elle ajouté.

Projet d’attentat
Kriket est « suspecté d’être impliqué à haut niveau dans ce projet (d’attentat). Il évoluait au sein d’un réseau terroriste qui projetait de frapper la France », a expliqué le ministre de l’Intérieur. L’enquête, conduite depuis « plusieurs semaines » sous l’autorité d’un juge d’instruction antiterroriste, « a mobilisé d’importants moyens de surveillance physique et technique, ainsi qu’une coopération étroite et constante entre services européens », selon Bernard Cazeneuve.

Multiplication des attaques
Outre les attaques de Paris, les plus meurtrières qu’aient connues la France, les attentats, pour certains avortés, se sont multipliés depuis les attaques contre Charlie Hebdo et le supermarché Hyper Cacher en janvier 2015. De même que les projets non aboutis: au moins six projets d’attentats ont été déjoués depuis janvier 2015, outre les deux tentatives qui ont échoué à Villejuif en avril et à bord du Thalys reliant Amsterdam à Paris en août, avait indiqué Bernard Cazeneuve début mars.

Interpellations
Depuis le début de l’année, 75 personnes « en lien avec des activités terroristes » ont été interpellées, 37 d’entre elles ont été mises en examen, dont 28 incarcérées, a rappelé Bernard Cazeneuve.

Lire aussi

Claude Hermant, trafics d’armes et attentats : l’enquête se poursuit à Lille

 

 

http://www.huffingtonpost.fr/2015/12/15/claude-hermant-attentats-de-janvier-amedy-coulibaly-arsenal-trafic-armes-terrorisme-extreme-droite-identitaires_n_8810698.html

Qui est Claude Hermant, détenu pour trafic d’armes et soupçonné de liens avec l’arsenal d’Amédy Coulibaly

 

Le HuffPost  |  Par
Publication: 15/12/2015 17h34 CET Mis à jour: 15/12/2015 17h34 CET

 

TERRORISME – Il s’agit d’une figure connue de l’extrême droite nordiste. Déjà en détention dans une affaire de trafic d’armes, Claude Hermant a été placé en garde à vue avec sa femme ce mardi 15 décembre dans l’enquête sur les attentats de janvier à Paris.

Les enquêteurs les ont interrogés car des armes découvertes dans l’arsenal d’Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, ont transité par une société gérée par la compagne d’Hermant, a expliqué une source proche de l’enquête. Il s’agit d’un fusil d’assaut et quatre pistolets Tokarev retrouvés dans l’épicerie casher, théâtre d’une prise d’otages meurtrière le 9 janvier, et dans l’appartement occupé par Coulibaly à Gentilly, près de Paris, a ajouté cette source.

Comme le précisait Le Monde, « les bases documentaires d’Europol et d’Interpol ont permis d’établir que l’arsenal du terroriste a été « acheté par une société slovaque et vendu sur Internet, avant d’arriver entre juillet et novembre 2014 jusqu’à la société gérée par la compagne » de Claude Hermant. Ce dernier a été mis en examen début 2015 à Lille dans un dossier distinct de trafic d’armes en bande organisée.

« Carrure de catcheur » et « look de videur »

En mai dernier, La Voix du Nord avait révélé les soupçons des enquêteurs sur de possibles liens entre ce trafic d’armes et les attentats de janvier, mais aussi que Claude Hermant avait lui-même servi d’ »indic’ » pour la gendarmerie et les douanes. Le quotidien, qui publiait des échanges de mail avec un gendarme, se demandait si les forces de l’ordre n’ont pas « laissé filer un gros poisson au risque d’alimenter une filière d’armes parisienne ».

Décrit par Libération comme un homme « encombrant » à la « carrure de catcheur » et au « look de videur » – il exerce officiellement la profession de veilleur de nuit -, Claude Hermant est un ancien militaire et ancien champion de boxe. Il a aussi été l’animateur de la Vlaams Huis (Maison Flamande), un groupuscule identitaire.

Par ailleurs, Claude Hermant a aussi été membre du DPS (Département protection sécurité), service d’ordre du Front national, dans les années 90. Selon Marianne, il y a servi six ans puis aurait agi en tant que barbouze, notamment au Congo. En 2001, Claude Hermant avait parlé à Libération de ses activités clandestines au sein des « fantômes », « groupe de choc » du DPS regroupant 200 anciens militaires et autres « baroudeurs sur la touche ».

« Expéditions punitives »

Le rôle de ce groupe? « Infiltrer des associations ou mener des ‘expéditions punitives’ dans des banlieues », des faits qui avaient été relatés en 1999 dans le rapport d’une commission d’enquête parlementaire de l’Assemblée nationale, pointant du doigt « un mouvement aux accents paramilitaires ». Cette structure, dont le coût s’élevait à « plusieurs millions de francs annuels », aurait couvert ses frais grâce à « des opérations internationales de mercenariat ou de vente d’armes » via la Croatie.

Marianne, qui qualifie Claude Hermant de « chef de file nordiste du Bloc identitaire », raconte que l’homme est un passionné d’armes qui s’est spécialisé dans la remilitarisation de pièces neutralisées, bien qu’il ait démenti ces informations dans un droit de réponse transmis à l’hebdomadaire par son avocat. Le Dauphiné Libéré note qu’il travaillait avec « un trafiquant de Charleroi (Belgique) chez qui Amédy Coulibaly s’est fourni.

Claude Hermant aurait importé « plus d’une centaine » d’armes neutralisées, qu’il aurait « remilitarisées et revendues ensuite dans les milieux délinquants » même si le lien entre l’ancien militaire et l’arsenal de Coulibaly reste à préciser. « Dans ce genre de trafic, il y a toujours un ou des intermédiaires. Claude Hermant ne connaissait pas forcément la destination finale des armes, souligne un enquêteur qui relève « la porosité entre certains milieux islamistes et du banditisme ».

 

http://www.lavoixdunord.fr/france-monde/attentats-de-janvier-claude-hermant-et-sa-compagne-en-ia0b0n3220797

Attentats de janvier : Claude Hermant et sa compagne en garde à vue

 

Publié le 16/12/2015

PAR BENJAMIN DUTHOIT

Figure de l’ultra-droite lilloise, il est déjà détenu pour trafic d’armes. Depuis hier, il est entendu dans un autre dossier par les services antiterroristes. En cause, la provenance de l’arsenal d’Amédy Coulibaly.

 

d-20151215-G4T2ZJ 2015-12-15 23:41:44

L’étau se resserre sur Claude Hermant, figure de l’ultra-droite lilloise de 52 ans, et sa compagne. Depuis hier, ils sont en garde à vue dans les locaux de la SDAT (sous-direction antiterroriste), à Levallois-Perret (Hauts-de-Seine). Leur garde-à-vue a été prolongée une première fois ce mercredi matin et peut durer 96 h au maximum. Ils sont entendus dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Paris, en janvier. La SDAT veut établir la provenance de l’arsenal d’Amédy Coulibaly, tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher.

Des armes auraient été achetées par une société gérée par la femme de Claude Hermant entre juillet et novembre 2014. Il s’agit d’un fusil d’assaut et de quatre pistolets semi-automatiques Tokarev. Ils ont été retrouvés sur les lieux de la prise d’otages meurtrière du supermarché casher, et dans l’appartement occupé par Amédy Coulibaly à Gentilly (Val-de-Marne).

Ce rebondissement survient alors que Claude Hermant est déjà détenu pour trafic d’armes dans un dossier distinct, mais aux similitudes troublantes. Il est mis en examen depuis fin janvier par un juge lillois, ainsi que sa compagne, sous contrôle judiciaire. Dès les premiers jours de sa garde à vue, nous avions évoqué l’hypothèse d’un lien avec les armes d’Amédy Coulibaly.

Cette piste s’est confirmée au fil des mois. L’éventuel circuit d’écoulement n’était toutefois pas clair. « Dans ce genre de trafic, il y a toujours un ou des intermédiaires, nous confiaient en mai des proches de l’enquête. Claude Hermant ne connaissait pas forcément la destination finale des armes. Ça montrerait en tout cas la porosité entre certains milieux islamistes et du banditisme. »

Au départ, les investigations portaient sur un trafic alimentant les milieux de la délinquance lilloise et d’ailleurs. Claude Hermant est soupçonné d’un rôle de grossiste. Il aurait acquis beaucoup d’armes de guerre neutralisées sur le site Internet de la société slovaque AFG. Selon des enquêteurs, il y en aurait eu près de 200. Certaines seraient passées par un contact à Charleroi (B). Claude Hermant aurait remilitarisé la marchandise avant de la revendre.

Pour colorer un peu plus l’affaire, il était indic des douanes et de la gendarmerie : un douanier a été mis en examen. Claude Hermant aurait contesté le nombre d’armes achetées et affirmé avoir agi comme informateur pour remonter des filières. Des proches du dossier estiment qu’il a joué double-jeu et trafiqué pour son propre compte.

 

http://www.nordeclair.fr/info-locale/trafic-d-armes-garde-a-vue-levee-pour-claude-hermant-jna49b0n969854

Trafic d’armes : garde à vue levée pour Claude Hermant

 

Publié le 17/12/2015 – Mis à jour le 17/12/2015 à 22:04

Nord Eclair

http://lvdn.rosselcdn.net/sites/default/files/articles/ophotos/20151217/205376721_B977367822Z.1_20151217213942_000_GSA5R7BIT.2-0.jpg

 

La garde à vue de Claude Hermant, figure de l’ultra-droite lilloise, et de sa compagne a été levée dans la nuit de mercredi à jeudi. Ils étaient auditionnés depuis mardi par la sous-direction antiterroriste dans l’enquête sur les attentats de Paris en janvier.

Des armes utilisées par Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, auraient été achetées par une société de la femme de Claude Hermant. Le circuit serait indirect. «  On n’a pas la chaîne entre cette société et Coulibaly, souligne Maxime Moulin, avocat de Claude Hermant. On peut penser qu’il y a eu suffisamment d’intermédiaires pour que nos clients ne soient pas mis en cause à l’issue de la garde à vue. » Pour l’instant, aucune poursuite n’est engagée.

En revanche, le couple est mis en examen depuis janvier, à Lille, dans un dossier distinct – malgré des liens – de trafic d’armes. Détenu dans cette affaire, Claude Hermant est reparti en prison. «  Il est innocent  », clame Maxime Moulin. Indic des gendarmes, Hermant affirme avoir acheté des armes neutralisées, sous leur couvert, pour infiltrer des filières. Le secret défense a été opposé aux juges lillois.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/attentats-de-paris-trafic-d-armes-le-point-sur-ia0b0n3228561

Attentats de Paris, trafic d’armes: le point sur l’affaire Claude Hermant

 

Publié le 19/12/2015

PAR BENJAMIN DUTHOIT

Deux dossiers distincts, mais avec des liens. Dans le premier, les juges lillois ont placé en détention Claude Hermant, figure de l’ultra-droite locale, pour trafic d’armes. Dans le second, l’antiterrorisme l’a entendu cette semaine à propos de l’arsenal de Coulibaly, tueur de l’Hyper Cacher en janvier à Paris.

 

d-20151215-G4T2ZJ 2015-12-15 23:41:44

 

1 Claude Hermant a-t-il vendu des armes à Coulibaly ?

Mardi, l’ex-mercenaire d’extrême droite Claude Hermant et sa compagne ont été placés en garde à vue par la SDAT (sous-direction antiterroriste). Ils ont été entendus dans l’enquête sur les attentats de Paris, en janvier. Cinq armes découvertes dans l’arsenal d’Amédy Coulibaly, le tueur de l’Hyper Cacher, auraient été achetées sur un site slovaque par une société de la femme de Claude Hermant. Selon Mediapart, les autorités slovaques avaient transmis cette information à la justice française dès janvier. De Hermant à Coulibaly, le lien serait indirect. « On peut penser qu’il y a eu beaucoup d’intermédiaires », souligne Maxime Moulin, avocat de Claude Hermant. « Il ne connaissait sans doute pas la destination finale des armes », confirme un proche du dossier. La garde à vue du couple a été levée, sans poursuites. Mais il peut à nouveau être auditionné.

2 Indic et trafiquant d’armes ?

Après sa garde à vue à la SDAT, Claude Hermant est reparti en prison. Car il est écroué depuis janvier dans une affaire de trafic d’armes instruite à Lille, en partie liée avec le dossier parisien. Il aurait acheté sur un site slovaque de nombreuses armes de guerre neutralisées, certaines seraient arrivées dans les mains de Coulibaly. « Mais il ne les a jamais remilitarisées », martèle Maxime Moulin. Les enquêteurs pensent le contraire et auraient découvert un atelier de remilitarisation. L’avocat évoque de simples « outils ». Indic des douanes, puis des gendarmes, Claude Hermant affirme avoir agi sous leur couvert, afin d’infiltrer la délinquance. Les magistrats lillois estiment qu’il a joué double jeu et trafiqué pour son compte. Ils ont aussi mis en examen sa femme, un douanier et une figure roubaisienne du banditisme.

3 Les gendarmes ont-ils failli ?

Claude Hermant était informateur de la section de recherches de Lille. Ces gendarmes ont-ils laissé des armes infiltrer des réseaux, notamment celles parvenues à Amédy Coulibaly ? Selon Mediapart, ils ont nié. Mais les juges lillois se sont heurtés au secret défense pour la déclassification de rapports. « Ils n’ont pas accès à des éléments qui permettraient d’éclairer la vérité », constate Maxime Moulin.

 

http://www.lavoixdunord.fr/region/attentats-de-paris-dans-l-affaire-hermant-un-journal-ia19b0n3267152

Attentats de Paris : dans l’affaire Hermant, un journal croate s’intéresse au «vétéran»

 

Publié le 12/01/2016

PATRICK SEGHI

Le Slobodna Dalmacija tente d’établir un lien non seulement entre Claude Hermant et Amedy Coulibaly mais encore avec les récents attentats qui ont endeuillé Paris. L’hypothèse repose sur le fait que la kalachnikov utilisée lors de la tuerie de l’Hyper Casher faisait partie d’un arsenal laissé à l’abandon après la guerre de l’ex-Yougoslavie ; que, d’autre part, les terroristes, qui ont frappé Paris le 13 novembre dernier, « ont utilisé des armes fabriquées avant la guerre au sein de l’usine Crvena Zastava de Kragujevac (ville serbe) », révèle le grand quotidien croate.

 

Si la relation entre les deux tueries n’est pas établie, le Slobodna Dalmacija évoque une double coïncidence. Claude Hermant, « vétéran de guerre croate » et poursuivi dans le cadre d’un vaste trafic d’armes en bande organisée, connaissait le pays et les réseaux pour y avoir combattu comme engagé volontaire.

Le prévenu (présumé innocent) a toujours précisé, pour sa part, que les armes qu’il achetait sur un site slovaque « étaient démilitarisées ». Le journal croate contredit cette version. « U ne analyse microscopique a prouvé que des traces présentes sur le fusil d’Amedy Coulibaly correspondent aux traces laissées par les outils retrouvés dans l’atelier de Claude Hermant ». Maxime Moulin, l’avocat de Claude Hermant, tombe des nues : « C’est un tissu d’inepties au moment où l’on va se pencher sur la question de la détention provisoire de mon client. L es armes de Coulibaly ont été expertisées ». Aucune nouvelle pièce n’aurait été, « à sa connaissance », portée à ce dossier que Maxime Moulin espère voir « s’accélérer ».

Piste kurde ?

Entendu avec son épouse en décembre dernier par la cellule antiterroriste de Levallois-Perret, Claude Hermant a, de nouveau, clamé, qu’il n’existait « aucun lien direct » entre lui et les terroristes. Il n’a pas été mis en examen du chef d’association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste à la suite d’une garde à vue de 48 h contre les 96 h autorisées. Il reste un peu de mou aux enquêteurs. D’autant qu’une piste belge pourrait refaire surface. Les Croates affirment que le barbouze aurait « vendu une partie de ses armes grâce à un intermédiaire kurde lié aux extrémistes islamistes basés à Bruxelles ». Plausible ou non ? La question est posée dans le cadre d’un dossier si sensible qu’il est couvert par le secret défense.

 

http://www.lequotidien.lu/politique-et-societe/exclusif-le-luxembourg-plaque-tournante-du-trafic-darmes-de-guerre/

[Exclusif] Le Luxembourg, plaque tournante du trafic d’armes de guerre

 

Dans Dossiers, Kalachgate, Politique et société, 09/03/2016

Une photo diffusée en juin 2015 par la gendarmerie française des 546 armes saisies, dans le cadre d'une vaste opération touchant le territoire national français mais aussi le Luxembourg et les Pays-Bas. Trente armes ainsi que des machines-outils avaient été saisies au Grand-Duché. (photo gendarmerie nationale française)
Une photo diffusée en juin 2015 par la gendarmerie française des 546 armes saisies, dans le cadre d’une vaste opération touchant le territoire national français mais aussi le Luxembourg et les Pays-Bas. Trente armes ainsi que des machines-outils avaient été saisies au Grand-Duché. (photo gendarmerie nationale française)

Les ministres de la Sécurité intérieure et de la Justice affirment que le Luxembourg ne joue pas de rôle dans le trafic international d’armes de guerre. C’est faux. Un réseau en partie implanté au Grand-Duché et démantelé en février 2015 alimentait le grand banditisme français mais aurait peut-être aussi fourni les terroristes de janvier 2015 à Paris.

  • Ces armes ne sont pas destinées au «marché» national mais transitent par le Luxembourg pour alimenter les filières internationales du grand banditisme auprès desquelles se fournissent aussi les terroristes.
  • Le trafic d’armes de guerre touche le Grand-Duché en raison de sa position géographique, mais peut-être aussi à cause de sa législation.
  • L’exemple du démantèlement d’un atelier de remilitarisation d’armes de guerre au Luxembourg, en 2015, permet de mieux cerner les contours de ce trafic.
  • Notre entretien avec la journaliste Vanessa Kanban, dont le documentaire La Route de la kalachnikov provoque des remous au Luxembourg.

Enquête : Fabien Grasser

Le 7 janvier dernier, le député socialiste Yves Cruchten s’inquiète du rôle du Luxembourg dans le trafic international d’armes auprès des ministres de la Sécurité intérieure, Étienne Schneider, et de la Justice, Félix Braz. Une question parlementaire réitérée le 12 février par la députée chrétienne-sociale Octavie Modert.

Les deux élus réagissent à la diffusion par les chaînes française Canal+ et allemande ZDF de La Route de la kalachnikov, un documentaire où l’on voit un trafiquant masqué acheter à deux vendeurs, également masqués, des kalachnikovs dans un coin perdu près de Sarajevo (Bosnie-Herzégovine). L’arsenal, dit-il, sera livré au Luxembourg.

«Le gouvernement ne dispose pas d’informations ou éléments permettant de conclure […] que le Luxembourg servirait de pays de transit pour les activités de trafic d’armes illicites», répondent les deux ministres le 12 février à Yves Cruchten. Faut-il en douter? À la lumière de ce qui s’est passé le 10 février 2015, peut-être bien.

Sur le même sujet : Dans les rues de nos villes [éditorial]

 

Ce jour-là, à Rumelange, la police démantèle un atelier clandestin de remilitarisation d’armes de guerre préalablement neutralisées. Ce n’est pas banal. Dans la cave d’une maison, les policiers tombent sur des machines-outils de bonne facture, des tours, des fraiseuses et un imposant stock de pièces détachées, destinés à rendre à nouveau utilisables des armes mises hors d’usage selon des techniques variant au gré des législations en vigueur dans chaque pays.

Des fusils d’assaut acquis en Slovaquie

Agissant sur commission rogatoire internationale française, les policiers luxembourgeois perquisitionnent cette « maison mitoyenne, avec un jardinet, dont la cave abritait l’atelier », raconte le colonel Franck Auneau, commandant la section de recherches de la gendarmerie de Rouen, qui pilote alors l’enquête sous l’égide de la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Lille.

Pour mener à bien son opération de Rumelange, la police grand-ducale limite les risques et déploie en appui les hommes de l’unité spéciale. Un couple et plusieurs individus, quatre ou cinq, sont interpellés. En fouillant la maison, les policiers mettent la main sur des pistolets et des fusils d’assaut acquis en Slovaquie, pays dont la législation sur la neutralisation des armes est précisément réputée souple.

Fusils d'assaut et kalachnikovs saisis par la police grand-ducale. (photo JC Ernst)

Fusils d’assaut et kalachnikovs saisis par la police grand-ducale. (photo JC Ernst)

La situation n’est pas plus reluisante au Luxembourg, car il n’y existe aucune loi sur le sujet. Le Grand-Duché se montre tout de même plus regardant sur les ventes et les exportations d’armes que ne l’est la Slovaquie.

Quoi qu’il en soit, l’affaire de Rumelange trouve un premier épilogue le 2  juin 2015. Après plusieurs mois d’investigations, la gendarmerie française déclenche une vaste opération simultanée dans 18  départements hexagonaux.

Des types «au beau pedigree»

Au total, dans cette affaire, les gendarmes saisissent 546 armes (dont 251 fusils d’assaut), 30 000 munitions et une poignée de grenades. Outre la dizaine de trafiquants arrêtés en février dans le volet luxembourgeois de l’enquête, ils interpellent 70 clients du réseau.

Des collectionneurs, mais surtout des gros poissons du banditisme, des types au « beau pedigree, membres des milieux corse, marseillais ou parisien », égrène le colonel Franck Auneau.

Au début de leur business illégal, les trafiquants écoulent une grosse part de leur marchandise sur la toile. « D’abord sur des sites connus comme naturabuy.fr », avant d’emprunter des voies plus discrètes, relate encore l’officier de gendarmerie. Le principal protagoniste du réseau est arrêté dans les Pays de la Loire, en France, le jour même où la police luxembourgeoise perquisitionne la maison de Rumelange. «Le responsable présumé de ce trafic est mis en examen puis écroué par le magistrat instructeur», rapportent les gendarmes de Rouen dans un communiqué daté du 3  juin 2015.

Pour les gendarmes, le dossier est clos. Ce n’est pas le cas au tribunal de grande instance de Lille où l’instruction se poursuit, fait savoir le procureur de la République.

Pas question, en tout cas pour l’instant, de livrer les noms des personnes impliquées. Dans cette affaire de trafic d’armes, comme dans d’autres, la discrétion est absolue depuis que les enquêteurs français traquent aussi les filières ayant approvisionné les terroristes de janvier et novembre 2015.

Les mêmes armes que les Kouachi et Coulibaly

Les réseaux qui alimentent le banditisme sont aussi ceux auprès desquels s’étaient équipés les auteurs des deux vagues d’attentats à Paris, presque tous d’anciens délinquants connaissant des vendeurs d’armes.

Une relation entre l’atelier clandestin de remilitarisation de Rumelange et les attaques de janvier 2015 est-elle dès lors possible? Un proche des milieux judiciaires, rencontré par Le Quotidien, ne l’exclut pas et la juge même « probable ». L’homme, qui s’exprime sous le couvert de l’anonymat, attire l’attention sur les armes saisies à Rumelange et celles utilisées par les frères Kouachi et Amedy Coulibaly, en grande partie des armes remilitarisées.

Les armes dont étaient équipés Coulibaly et les frères Kouachi, correspondent au type d'armes remilitarisées clandestinement à Rumelange. (capture vidéo / AP)

Les armes dont étaient équipés Coulibaly et les frères Kouachi, correspondent au type d’armes remilitarisées clandestinement à Rumelange. (capture vidéo / AP)

Lors de leur perquisition dans l’ancienne cité minière, en février 2015, les enquêteurs luxembourgeois trouvent des pistolets Glock et des AR-15, l’ancêtre du M16 américain. Surtout, ils mettent la main sur des fusils automatiques et pistolets mitrailleurs VZ-58, VZ-59 et VZ-61 de fabrication tchèque, mais aussi des kalachnikovs, ou du moins des pièces permettant leur remise en état. Or l’on retrouve là presque tout l’arsenal utilisé par les tueurs de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, à l’exception des pistolets Tokarev de Coulibaly.

Un garagiste fournisseur d’armes

On sait aussi que ce dernier s’est équipé en Belgique auprès d’un ou plusieurs intermédiaires, dont un garagiste qui s’était lui-même fourni auprès de Claude Hermant. Ce Français de 52  ans, ancien du Front national au passé de barbouze, est l’un des principaux suspects mis en cause dans le réseau ayant alimenté Coulibaly. Incarcéré depuis plus d’un an dans le cadre d’une autre affaire de trafic d’armes, il ne nie pas que cet arsenal soit passé entre ses mains, mais récuse formellement être l’homme qui a remilitarisé les armes.

Des éléments troublants qui ne prouvent cependant rien. La seule certitude à ce jour est que l’atelier de Rumelange nourrissait des bandes de truands français de haut vol.

Cette affaire ajoutée à d’autres plus récentes, comme la saisie cette année de 50  fusils semi-automatiques ou d’un stock de kalachnikovs, attestent que la position du Luxembourg dans le trafic international d’armes de guerre n’est pas si anodine que le prétendent les ministres de la Sécurité intérieure et de la Justice.

Fabien Grasser

Armes saisies et stockées par la police. (photo JC Ernst)

Armes saisies et stockées par la police. (photo JC Ernst)

Deux affaires majeures depuis le début de l’année

Depuis janvier, au moins deux grosses affaires de trafic d’armes ont eu le Luxembourg pour toile de fond. La première était la saisie en janvier, près de Trèves, de 50  fusils semi-automatiques par la douane allemande. Les armes étaient dissimulées dans le coffre d’un véhicule venant du Luxembourg. Les douaniers avaient interpellé deux ressortissants polonais, le conducteur et son passager, qui ont déclaré avoir acheté les armes au Grand-Duché pour les revendre à un client polonais.

Plus impressionnant, il y a de cela deux ou trois semaines, les forces de l’ordre luxembourgeoises ont saisi un impressionnant stock de kalachnikovs, accompagnées de très nombreux chargeurs et plusieurs caisses de munitions. Mais selon nos informations, le propriétaire de ces armes posséderait les autorisations nécessaires à leur détention.

Les armes saisies au Luxembourg

Les armes saisies au Luxembourg finissent toutes à l’armurerie de la police, à Luxembourg-Hamm. Cela va de la banale bombe lacrymogène au fusil d’assaut, en passant par les couteaux, tasers, matraques, etc. Les armes y sont répertoriées, certaines, conservées, la plupart, détruites.

Chaque entrée est consignée par le service commandé par le commissaire principal Nico Biver, chef de l’armurerie, qui suit et entretient aussi les armes de service des 1 800 policiers luxembourgeois.

Depuis le début de l’année 2016, 94 infractions aux armes prohibées ont été relevées, correspondant à quelque 200 armes saisies, sachant qu’une affaire peut mener à la saisie de plusieurs armes. En 2015, 1 546 armes avaient été saisies (501  affaires).

En 2014, ces chiffres étaient de 986  armes saisies (491 affaires) et en 2013 de 1 808 armes (470 affaires). « Il y a peu d’armes à feu, mais beaucoup de couteaux », précise le commissaire Nico Biver.

Armurerie police grand-ducale armes prohibées saisies

Douilles stockées par la police grand-ducale. (photo JC Ernst)

86 427 armes légalement enregistrées

Par ailleurs, un total de 86 427 armes détenues par 15 670 propriétaires était légalement enregistré au Luxembourg au 31 décembre 2012, selon le service des armes prohibées et de gardiennage du ministère de la Justice. Ces chiffres sont en constante augmentation, enregistrant une hausse de 16 % sur dix ans.

Ils recouvrent aussi bien les armes à feu que certains couteaux requérant une déclaration. Lors de leur publication, François Biltgen, alors ministre de la Justice, avait trouvé ces chiffres «alarmants» et appelé à renforcer la législation.

Du Front national aux armes du jihad

Claude Hermant, un ancien du FN, est suspecté d’avoir vendu les armes avec lesquelles Coulibaly a commis les attaques de Montrouge et de l’Hyper Cacher.

Claude Hermant lors d'un meeting de l'extrême droite, à Lille, en 2011. (photo DR)

Claude Hermant lors d’un meeting de l’extrême droite, à Lille, en 2011. (photo DR)

Claude Hermant est ce que les enquêteurs appellent un «sacré client». L’homme de 52  ans, natif du pays minier du nord de la France, a été tour à tour para dans l’infanterie de marine, membre du DPS, le service d’ordre du Front national avec qui il s’est brouillé, combattant volontaire en Croatie et barbouze au Congo-Brazzaville, avant de devenir un pilier du mouvement identitaire de la région lilloise et adepte du survivalisme d’extrême droite.

Employé officiellement dans la friterie de sa compagne, Claude Hermant est écroué à la prison de Lille depuis janvier 2015 dans une affaire de trafic d’armes. Des armes qu’il vendait notamment sur internet via Seth Outdoor, une autre société gérée par sa compagne et spécialisée dans les articles de paintball, de survie et les équipements militaires, en principe hors armement.

En décembre dernier, les juges l’entendent en raison de son implication présumée dans la filière qui a fourni les armes à Amedy Coulibaly, le terroriste islamiste. Claude Hermant aurait fourni le garagiste belge qui aurait lui-même vendu les armes au tueur de Montrouge et de l’Hyper Cacher.

Les enquêteurs ont remonté la piste sur la foi de renseignements fournis dès le 14 janvier 2015 par les services secrets slovaques, numéros de série de cinq armes à l’appui. A priori, Claude Hermant ne nie pas que ces armes sont passées entre ses mains, mais il refuse de porter le chapeau en ce qui concerne leur remilitarisation.

Ce qu’a encore confirmé hier au Quotidien son avocat, Me Maxime Simon, du barreau de Lille. Un avocat qui n’hésite pas à parler d’« affaire d’État » quand il évoque le dossier de son client. Car avec Claude Hermant, rien ne semble vraiment simple. Comme l’ont démontré nos confrères de La Voix du Nord, parallèlement à ses activités de trafiquant d’armes, l’homme était aussi un indic des gendarmes et des douanes qui l’employaient pour démanteler des réseaux de… trafic d’armes.

Il se dit victime d’une machination

Et c’est pour cette raison qu’en septembre dernier, le ministre français de l’Intérieur, Bernard Cazeneuve, suivant l’avis de la Commission consultative du secret de la défense nationale, a opposé le «secret défense» aux demandes de déclassification de documents des juges lillois qui mènent l’instruction.

Claude Hermant se dit victime d’une machination, lâché par les services de l’État en raison du caractère hautement sensible qu’a pris son dossier. Pour son avocat, la messe est déjà dite  : « L’instruction est asymétrique, laissant présager une affaire d’État où la garantie à un procès équitable passe au second plan. Nous envisageons donc la saisine de la Cour de cassation puis de la Cour européenne des droits de l’homme. »

Pas sûr qu’il se trouve beaucoup d’âmes charitables pour verser une larme sur le sort de Claude Hermant.

Fabien Grasser

Un règlement européen sur les armes de guerre

Des normes plus restrictives pour rendre les armes de guerre inutilisables entreront en vigueur le 8 avril.

Tous types de fusils à recycler, à l'armurerie de la police grand-ducale. (photo JC Ernst)

Tous types de fusils à recycler, à l’armurerie de la police grand-ducale. (photo JC Ernst)

Le Luxembourg ne possède actuellement pas de loi imposant la neutralisation des armes de guerre. Un collectionneur ou un tireur sportif peut ainsi posséder par exemple une kalachnikov en parfait état de marche, à condition qu’elle soit déclarée et qu’il soit détenteur d’un permis de détention, s’il la conserve à son domicile, et d’un permis de port s’il se déplace avec, pour se rendre à un stand de tir, par exemple.

Après les attentats de Paris, la Commission européenne a fait face aux critiques récurrentes sur l’absence d’une harmonisation européenne de la législation sur la neutralisation des armes de guerre. Elle a donc établi un règlement d’exécution qui s’imposera à l’ensemble des pays de l’UE. Ce texte technique définit avec précision les points à neutraliser sur ces armes afin de les rendre inutilisables.

Les collectionneurs rencontrés au Luxembourg sont vent debout contre cette mesure, estimant qu’elle va transformer leurs armes en « simples presse-papiers ». « C’est un peu comme un collectionneur de voitures anciennes, il aime avoir dans son garage des véhicules en état de marche », résume un gendarme français. Si l’on n’est jamais à l’abri « d’un type qui pète les plombs, les collectionneurs présentent généralement peu de danger. Le vrai risque, ce sont les cambriolages, d’autant qu’il n’y a pas de plainte quand les armes sont détenues illégalement », poursuit-il.

Quoi qu’il en soit, le règlement européen doit entrer en vigueur le 8  avril, au Luxembourg comme ailleurs dans l’UE. Il en va tout autrement d’une directive européenne en discussion depuis de longs mois et prévoyant des contraintes qui toucheraient aussi bien les collectionneurs que les organismes à vocation culturelle et historique.

Des États membres qui freinent

Ce texte a fait l’objet de deux réunions d’experts, les 26  novembre et 18  décembre, sous présidence luxembourgeoise du Conseil de l’Union européenne. Mais il ne fait pas l’unanimité. « Un certain nombre d’États ont fait savoir qu’ils ne pouvaient accepter cette réglementation, car les modifications techniques à apporter à ces armes en vue de leur désactivation causeraient une perte de valeur définitive, tant d’un point de vue historique que purement économique », raconte un collaborateur du ministre luxembourgeois de la Justice.

« Selon ces États, la Commission n’a pas démontré de façon convaincante que les armes détenues par les musées posent un problème, notamment dans le contexte du trafic en relation avec le terrorisme », ajoute-t-il. Les discussions se poursuivent sous présidence néerlandaise du Conseil de l’UE et le texte risque fort d’être amendé dans un sens moins restrictif.

Victime de « techniques de lutte » !

Tiens donc. Les crimes commis par Josette Brenterch du NPA de Brest et ses nombreux complices ne sont pas des crimes, mais des « techniques de lutte » !

Merci M. Rouillan d’apporter de l’eau à mon moulin, c’est bien ce que je dénonce en vain depuis de trop nombreuses années, vous jouez sur les mots et aggravez tous vos crimes de négationnisme.

 

 

http://www.liberation.fr/france/2016/03/08/jean-marc-rouillan-se-defend-d-avoir-salue-le-courage-des-terroristes-du-13-novembre_1438235

Jean-Marc Rouillan se défend d’avoir «salué le courage» des terroristes du 13 Novembre

 

Par LIBERATION, avec AFP — 8 mars 2016 à 13:09
Jean-Marc Rouillan, cofondateur d’Action directe, le 4 février 2016 à Paris. Photo Lionel Bonaventure. AFP

Alors qu’une enquête préliminaire pour «apologie du terrorisme» a été ouverte à l’encontre du cofondateur d’Action directe, l’intéressé a réagi ce mardi sur RTL. Le porte-parole du gouvernement le taxe de «sinistre imbécile».

  • Jean-Marc Rouillan se défend d’avoir «salué le courage» des terroristes du 13 Novembre

«Je n’ai pas salué le courage» des auteurs des attentats du 13 Novembre, a assuré Jean-Marc Rouillan sur RTL mardi matin. Le cofondateur d’Action directe était interviewé au lendemain de l’ouverture d’une enquête préliminaire pour «apologie du terrorisme» après ses propos du 23 février sur Radio Grenouille. Ce jour-là, il affirmait à l’antenne que les terroristes «se sont battus courageusement dans les rues de Paris en sachant qu’il y avait près de 3 000 flics autour d’eux».

«J’ai seulement dit que dans leur démarche de se faire tuer pour leurs idées, il fallait du courage, mais c’est tout, a précisé Jean-Marc Rouillan sur RTL. C’est une approche technique de la lutte, pas du tout une approbation de ce qu’ils ont fait. Dans la même interview je dis que ce sont des ennemis. Toute cette affaire prend des proportions incommensurables. Je ne vois pas comment ce serait poursuivi pour « apologie » de crimes des ennemis.»

Condamné pour assassinats, le cofondateur d’Action directe, organisation armée d’extrême gauche qui commettait dans les années 1980 assassinats et attentats, est actuellement en liberté conditionnelle.

Ses propos initiaux ont vivement fait réagir. Stéphane Le Foll, le porte-parole du gouvernement, s’est ainsi insurgé sur iTélé : «Ce qui s’est passé, c’est que des jeunes sont venus en France pour tuer gratuitement […] Et quelqu’un qui, après l’histoire qui a été la sienne, continue à penser que ce serait courageux de faire ça ? […] C’est courageux de faire quoi ? D’arriver avec une kalachnikov au Bataclan et de tirer sur des gens qui n’ont pas d’armes ? C’est ça le courage ? Mais c’est la négation du courage. C’est pourquoi je dis « sinistre imbécile » de dire des choses pareilles».

Une «bouillie intellectuelle»

De son côté, l’Association française des victimes du terrorisme (AFVT) a annoncé mardi le dépôt d’une plainte contre Jean-Marc Rouillan pour «apologie du terrorisme», qualifiant ses déclarations sur Radio Grenouille de «bouillie intellectuelle». Ces propos sont «dans une indécence absolue à l’égard des victimes de ce massacre», ajoute-t-elle, estimant que leur auteur «se vautre […] une fois de plus dans la violence».

Contacté lundi par l’AFP, il avait dit assumer ces propos, tout en affirmant qu’il ne s’agissait «pas d’une valorisation du tout» des jihadistes, dont il disait ne pas partager l’idéologie. «Ces propos sont une offense à la mémoire des victimes et une blessure supplémentaire pour des familles qui ont déjà beaucoup enduré», avait réagi le ministre de l’Intérieur Bernard Cazeneuve, lors de son audition, lundi, par la commission d’enquête parlementaire mise en place après les attentats.

LIBERATION avec AFP

 

On remarquera que l’assassin n’a pas passé plus de 25 ans en prison (pour une femme ingénieur qui refuse de participer à des activités criminelles, la condamnation est à perpétuité et sans appel) et profite pleinement de la vie et d’une famille que personne ne l’a jamais empêché de fonder.

C’est même une vedette, maintenant, un statut qui ne lui déplaît pas, bien au contraire, il s’en énorgueillit – serait-ce le but ultime de toutes ses « techniques de lutte » ?

 

http://www.liberation.fr/france/2016/02/07/jean-marc-rouillan-dans-son-role_1431713

Portrait

Jean-Marc Rouillan, dans son rôle

Par Jean-Manuel Escarnot — 7 février 2016 à 17:31
Photo Rémy Artiges

Sorti de prison, l’ex d’Action directe profite de la vie, tourne dans un road-movie et n’abjure rien de ses convictions.

  • Jean-Marc Rouillan, dans son rôle

Il a passé la journée en famille avec ses petits-enfants. Repas dominical et bowling. Il a tout d’un pépé marrant avec ses yeux malicieux, son air de lutin et le gros bonnet en laine vissé sur son crâne rasé. Les deux mômes, qu’il regarde jouer, sont encore trop jeunes pour savoir que leur grand-père a passé vingt-cinq ans en prison. «Je m’appelle Rouillan Jean-Marc, j’ai 63 piges, et je viens d’un monde qui n’existe plus», lâche d’emblée notre interlocuteur, rencontré un dimanche chez l’un de ses «camarades». Il n’est pas là pour raconter la «dérive» d’Action directe, comme le titrait Libération, au lendemain de son arrestation, en 1987 avec les trois autres membres du groupe terroriste au nom duquel ils ont revendiqué les assassinats du général Audran et du PDG de Renault, Georges Besse. Des actes pour lesquels ils ont été condamnés à perpétuité en 1989. Joëlle Aubron, graciée en 2004 pour raisons médicales, décédera en mars 2006. Dernier à avoir été libéré, Rouillan n’a toujours pas le droit de parler de cette histoire, pas plus qu’il ne peut évoquer les récents attentats. Il est également interdit de séjour dans trente-huit départements.

Soumis à un strict contrôle judiciaire depuis sa libération conditionnelle en 2011, Jean-Marc Rouillan joue son propre rôle dans le dernier film de Jean-Henri Meunier. Noël Godin, connu pour ses entartrages, et l’ex-ennemi public campent un duo de vieux pépères en quête d’une Cadillac et d’utopies révolutionnaires dans un «road-movie burlesque et subversif», explique le réalisateur. Vu en avant-première dans une usine désaffectée de Montreuil, le film, où apparaissent Sergi López, Miss Ming et le guitariste flamenco Bernardo Sandoval, commence par la sortie réelle de Jean-Marc Rouillan de l’hôpital parisien de La Pitié. Examens et prises de sang pour une maladie rare, diagnostiquée en prison. «Jean-Henri Meunier travaille sans scénario. Il laisse tourner sa caméra pour que les personnages de fiction apparaissent à travers les hommes réels», explique-t-il, narquois.

A première vue, les vingt-cinq ans passés en zonzon, dont sept à l’isolement, ne l’ont pas beaucoup marqué physiquement. «J’avais décidé de ne pas sortir aigri. J’étais en prison car j’avais choisi un combat. Je ne voulais pas trahir ce que j’avais fait. En même temps, je ne voulais pas rester à ressasser mon passé. Il fallait que je m’invente une autre vie. C’était, et c’est toujours, une quête quotidienne. Je l’ai commencée en prison avec la littérature», dit-il le regard soudain plus perçant.

En taule, le détenu, particulièrement signalé, en a «profité» pour se faire tatouer sur le biceps, son «tiki» (symbole polynésien), un dragon dressé sur ses griffes, par des codétenus mélanésiens. Il a aussi écrit une dizaine de livres, fictions et récits autobiographiques revenant sur ses premières années de lutte armée contre le régime de Franco dans les années 70. «J’ai eu la chance d’avoir cette corde à mon arc, de pouvoir lier la poésie et la littérature au témoignage de ce que j’ai vécu. Je ne crois pas que j’ai perdu de temps en prison.» Le ton est ferme, le regard ne cille pas. Bien dans ses pompes, malgré quelques séquelles, comme cette façon de marcher de long en large quand il se lève de sa chaise. «J’étais en prison quand mon père est mort. On ne sort pas indemne d’un tel parcours carcéral, mais il faut vivre avec. Je ne me force pas à être normal.» Nul regret ni repentir. «J’assume la responsabilité de tout ce qui s’est passé et qui a amené ma condamnation.»

«Il a la gueule et la présence d’un type sorti d’un western de Sergio Leone», le décrit Jean-Henri Meunier. Dans le film, le personnage Rouillan avance, imperturbable. Rencontrant, sans présumer de rien, des activistes féministes belges, des zadistes à Sivens, un ancien «collègue» de la centrale de Lannemezan, une dingo nymphomane dans un bus parisien. Il y a aussi quelques pétards, des gueules de bois et une partie de pêche à la traîne avec un copain marseillais. «La vie quotidienne est tellement désastreuse. Je veux profiter de tout, en restant férocement fidèle à ce que j’ai été. Cela me permet d’être dans une dérive, de pouvoir faire du cinéma par exemple, d’être dans des aventures, reprend l’intéressé. C’est l’héritage de la Beat Generation et des situs et, avant eux, des radicaux hollandais, qui pensaient la dérive urbaine.» Le ton se fait plus affirmé, comme s’il fallait vider sa besace. «La dérive va avec la rupture. Les gens ne veulent plus rompre. Ils restent collés dans le troupeau de ceux qui acceptent. Dès l’instant où tu choisis de rompre, où tu choisis la dérive, tu acquiers un moment de liberté, une intention de liberté, plus que celui qui dit « samedi, je vais à la manif, lundi, je distribue des tracts et, toute la semaine, je cultive mon jardin bio ». Nous, on est sortis de la révolte plan-plan, de toutes ces conneries où on te fait croire que t’es un révolutionnaire et un radical et où, en fait, tu es un pépère de la protestation.»

Avoir 16 ans en 1968 l’a marqué. Lycéen à Toulouse, il est «plus branché par les manifs, l’ambiance, les premières bastons avec les différences tendances du mouvement». Né à Auch (Gers), d’une mère femme au foyer aux racines paysannes et d’un père inspecteur régional de la jeunesse et des sports. «Pendant la guerre, il était opérateur radio dans la Résistance. Cela a marqué ma jeunesse.» A 20 ans, Rouillan, alias «Sébas», récupère les mitraillettes Sten gardées au frais par les anciens guérilleros républicains espagnols. Il s’active dans la lutte antifranquiste en France et en Espagne. Premiers braquages et premiers attentats. Emprisonné en 1980, Rouillan est gracié par Mitterrand en 1981. Après une brève trêve, il reprend les armes avec Action directe en 1982, jusqu’à son arrestation, en 1987.

Assigné à résidence à Marseille, où il est employé dans une société vénézuélienne d’import de bois de teck, Rouillan vient rarement à Toulouse, où il est interdit de séjour. «On m’y regarde comme une vieille vedette locale. A Marseille, les gens me prennent comme je suis. La moitié de la ville est touchée, de près ou de loin, par le phénomène carcéral.» Dans deux ans et demi, sa conditionnelle sera levée.«Ça ne dépend pas seulement du juge que je sois totalement libre. Ça dépendra du mouvement révolutionnaire. A la fin du film, on a mis « à suivre ». Je compte sur vous pour une fin joyeuse. Une bonne insurrection, quelque chose qui ait de la gueule. Peut-être alors que notre génération de vieux rebelles disparaîtra dans le feu des barricades, et ça sera superbe !» Sourire goguenard.

Photo Rémy Artiges

30 août 1952 : naissance à Auch (Gers).
Mai 1968 : premières manifs à Toulouse.
21 février 1987 : arrestation dans le Loiret.
2011 : libération conditionnelle.
10 février 2016 : sortie du film : Faut savoir se contenter de beaucoup (Jean-Henri Meunier).

Jean-Manuel Escarnot

123456

Le Club des Jeunes |
Collectif citoyen de Monfla... |
JCM Consultant |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hug Lo
| Reelnew
| coachingmeteo