Schumacher, Méric : d’un traumatisé crânien, l’autre…

 

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Michael Schumacher : « La phase de réadaptation est un long trajet parfois frustrant »

Belga Publié le mardi 17 juin 2014 à 13h05 – Mis à jour le mardi 17 juin 2014 à 21h05

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Après un grave traumatisme crânien, comme celui dont Michael Schumacher a été victime, la phase de réadaptation est « un long trajet parfois frustrant ». Le coma, qui dure de quelques jours à quelques semaines, est suivi de la phase de réveil durant laquelle le patient passe par différents états, avant d’éventuellement recouvrer ses facultés, explique le Dr Steven Laureys, directeur du Coma Science Group du centre de recherches du cyclotron à l’Université de Liège (ULg). A la sortie d’un coma, le patient peut successivement passer de l’état végétatif aux états de conscience « - » et « + », poursuit-il. L’état de conscience « + » indique que le patient réagit à la commande, et est donc conscient du monde qui l’entoure. Si l’évolution d’un stade à l’autre est espérée, chaque victime d’un traumatisme crânien peut rester bloquée à n’importe quelle étape, que ce soit de manière temporaire ou définitive.

A la suite d’un tel traumatisme, l’attention se porte sur « les troubles moteurs, mais encore plus important, sur les troubles cognitifs et du comportement », souligne le Dr Laureys. En effet, les lésions frontales peuvent notamment provoquer de l’agressivité chez le patient. L’encadrement par une équipe pluridisciplinaire, de même que la famille, sera dès lors très important.

Pour les troubles moteurs, pas besoin d’attendre le réveil, « on y travaille dès que possible; c’est essentiel d’agir sur la plasticité du tissu musculaire, de privilégier la prévention en cas de déformation des membres », précise le directeur du Coma Science Group. Le corps médical privilégiera en effet toujours un traitement préventif et médicamenteux à des opérations plus lourdes, ces patients étant plus vulnérables et susceptibles de développer des infections.

Chaque année en Belgique, 900 personnes perdent la vie à la suite d’un traumatisme crânien et quelque 150 nouveaux patients sont hospitalisés. Ces derniers, si leur évolution le permet, suivront le trajet classique: des soins intensifs vers un centre de rééducation, suivi d’un retour au domicile ou à une maison de soins en vue de continuer la convalescence.

« On peut parler d’une épidémie silencieuse en Belgique », indique le Dr Laureys. « Bien que l’on puisse remplacer de plus en plus d’organes, la plasticité cérébrale reste une grande inconnue. »

Plongé dans un coma artificiel après son accident de ski le 29 décembre 2013, Michael Schumacher avait été placé en phase de réveil le 30 janvier. L’ex-champion allemand de Formule 1 est sorti du coma et a quitté l’hôpital de Grenoble (France) lundi pour le Centre hospitalier universitaire de Vaud, à Lausanne (Suisse).

 

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Michael Schumacher, entre les mains de grands spécialistes

 
Afp Publié le mercredi 18 juin 2014 à 10h20 – Mis à jour le mercredi 18 juin 2014 à 11h24

 
Si le transfert de Michael Schumacher à Lausanne permet à sa famille de l’avoir à quelques kilomètres de leur villa des bords du Léman, le septuple champion du monde de F1 peut aussi bénéficier de traitements novateurs dans un hôpital suisse réputé en pointe dans les recherches sur le cerveau.

Le Centre hospitalier universitaire vaudois (CHUV), où l’ancien pilote poursuit désormais « sa longue longue phase de réadaptation », a fait des neurosciences cliniques un de ses axes prioritaires, allant chercher en 2008 le professeur Richard Frackowiak, l’ancien doyen de l’Institut de neurologie de Queen Square à Londres, pour développer un département interdisciplinaire.

Ce département dispose d’un centre de recherche, très impliqué dans l’ambitieux projet européen de modélisation du cerveau humain, « Human brain project ». Ce projet, qui rassemble les plus grands instituts européens sous la coordination de l’école polytechnique de Lausanne, a pour but de reproduire le cerveau dans toute sa complexité dans un super ordinateur, afin de mieux comprendre son fonctionnement et d’explorer des pistes pour la recherche sur les maladies neurologiques.

« Ce projet est quelque chose qui ajoute à nos compétences et qui nous permet de bien choisir les personnes qui doivent s’occuper des problématiques cliniques chez nos malades », souligne dans un entretien téléphonique avec l’AFP le Professeur Frackowiak, réputé pour être un des pontes de l’imagerie cérébrale.

« C’est extrêmement important dans un centre thérapeutique en neurosciences cliniques d’avoir un support version recherche pour pouvoir innover et être vraiment à la pointe internationale », estime le scientifique anglais, tout mettant en avant les liens étroits avec ses pairs dans d’autres pays européens, dont la France, l’Angleterre et l’Allemagne.

Secret médical oblige, le CHUV se refuse à tout commentaire qui pourrait donner le moindre indice sur l’état de santé de l’ancienne star des paddocks, pour laquelle a été aménagé un espace spécial dans l’unité de rééducation.

Si le CHUV a un protocole bien rôdé pour préserver la sécurité et l’intimité de ses patients VIP, pour le reste, « c’est business as usual ». « Il n’est pas question de traiter un homme qui soit tombé par terre dans son atelier différemment de quelqu’un qui est connu dans le monde entier », tient à souligner Richard Frackowiak. « Chaque malade reçoit le meilleur de nos compétences et le meilleur de nos réflexions. »

Le département de neurosciences cliniques dispose non seulement d’équipements de pointe, mais ses spécialistes ont lancé quelques idées novatrices dans le travail essentiel pour les comateux sur la stimulation des cinq sens, la motricité et l’activité cérébrale.

Des robots permettent de mettre le patient en position verticale et l’aident à mouvoir ses membres, une rééducation qui aide la circulation sanguine et lutte contre les conséquences d’un alitement prolongé. Un jardin thérapeutique, en plein centre de l’hôpital, offre la possibilité de confronter certains malades en éveil de coma aux éléments extérieurs.

Le professeur Frackowiak a instauré dans le département un concept centré sur le malade. Il regroupe au même endroit toutes les compétences liées au cerveau, la neurochirurgie, la neurologie, la neuropsychologie et la neuroréhabilitation, afin de tenter d’offrir le meilleur suivi.

Selon le journal suisse Blick, qui cite la société ambulancière qui a effectué le transport, Michael Schumacher, qui a été transféré lundi de Grenoble (France) à Lausanne, était conscient pendant le trajet organisé dans le plus grand secret, et avait la plupart du temps les yeux ouverts.

Le voyage a été organisé par la famille comme une opération de services secrets, utilisant notamment un faux nom, indique le journal.

Les ambulanciers ont dû remettre leurs téléphones portables lorsqu’ils ont vu le visage de Schumacher, qui aurait beaucoup maigri durant les 170 jours d’hospitalisation à Grenoble, après son grave accident de ski, en décembre 2013 à Méribel (France), selon Blick.

Schumacher n’a pas parlé, mais il a communiqué avec les ambulanciers par des hochements de tête.

 

http://www.metronews.fr/sport/michael-schumacher-dossier-medical-vole-sabine-kehm-secrete-etat-de-sante-ce-que-l-on-sait/mnfy!b82GqwRA4aY1I/

Michael Schumacher : ce que l’on sait depuis son départ vers la Suisse

 

Mis à jour : 25-06-2014 17:52

- Créé : 25-06-2014 10:40

BILAN – Après cinq mois et dix-huit jours passés au CHU de Grenoble à la suite d’un accident de ski, Michael Schumacher quitté la France direction la Suisse. Depuis son arrivée à Lausanne, il a dix jours, de nouvelles informations ont été révélées concernant le champion allemand. Metronews fait le point…

 
Michael Schumacher a quitté la France depuis dix jours. Les révélations, elles, ont repris leur cours.

Michael Schumacher a quitté la France depuis dix jours. Les révélations, elles, ont repris leur cours. Photo : FRED DUFOUR / AFP
 
Déplacement : le grand secret
Lundi 16 juin au matin, Michael Schumacher arrivait à Lausanne. Après cinq mois et dix-huit jours passés au CHU de Grenoble, l’ex-pilote de Formule 1 a été amené vers la Suisse dans un contexte digne d’une opération des renseignements secrets. La société helvète qui a effectué son transport a d’abord reçu un contrat concernant un passager enregistré sous un faux nom. En arrivant dans le chef-lieu de l’Isère, chaque membre de la société prestataire a dû remettre son téléphone portable pour éviter les fuites. En Suisse, l’Allemand devrait se rapprocher de son domicile. Une condition sine qua non pour une bonne convalescence dans ce type de cas nous expliquait le neurologue Philippe Azouvi.

Santé : vers l’invalidité ?
Au mois d’avril, sa manager Sabine Kehm avait évoqué des moments de conscience et d’éveil. Aucun média n’a rebondi sur le sujet pour expliquer que ces mots correspondaient à la définition même de la sortie du coma. Si Schumacher a quitté l’hôpital de Lausanne c’est bien parce que cette période d’inconscience était terminée. La procédure veut même qu’avant de sortir de l’établissement il eût été placé en dans une salle régulière. Depuis plusieurs jours les informations sur son état de santé réel divergent. Son ami Olivier Panis avançait il y a huit jours qu’il ne sera pas handicapé.  »On m’a dit qu’il n’était pas touché au niveau de la motricité et qu’il ne sera pas dans un fauteuil roulant », expliquait-il. Quatre jours plus tard un éminent neurologue suisse se voulait catégorique sur le sujet  :  »Schumacher restera invalide pour le reste de sa vie. Il est resté près de six mois dans le coma, ses muscles sont atrophiés et il semblerait qu’il soit squelettique. Il serait mieux que les gens gardent en mémoire le Schumi des vieilles photos… »

Communication : « no comment ! »
« Nous demandons à tous de bien vouloir, à l’avenir, respecter le fait que cette longue phase de réadaptation ne se déroulera que dans le cadre privé », écrivait Sabine Kehm dans un communiqué. En quittant la France, la famille Schumacher pensait pouvoir établir une bulle autour de Michael. Contrairement à son arrivée à l’hôpital de Grenoble, ni les médecins, ni l’entourage n’ont communiqué sur l’état de santé du champion. L’établissement hospitalier avait pourtant mis en place une cellule pour répondre, ou la plupart du temps recaler les journalistes et autres fans trop insistants. Au milieu de la première semaine, celle-ci a ainsi mis fin à toute communication sur le sujet. Les médias qui étaient restés en alerte devant le CHUV durant les deux premiers jours du séjour suisse de  »Schumi » n’ont eux rien pu apprendre.

Sécurité : sous bonne garde
Pour entamer sa phase de réadaptation, le clan allemand a voulu se donner les moyens d’évoluer dans des conditions sereines. Il a ainsi privatisé tout une aile du centre hospitalier qui bénéficie d’un service de neuro-rééducation de pointe dont les accès sont en permanence filtrés par des membres de la sécurité.

Espionnage, la famille prête à attaquer
Selon nos informations, parmi les journalistes qui faisaient le pied de grue devant le CHUV de Lausanne, deux ont tenté de franchir les portes gardées par le service de sécurité. Au CHU de Grenoble, déjà, un paparazzi avait tenté de le faire. Lundi, Le Dauphiné Libéré révélait que le CHU avait porté plainte pour vol et violation du secret médical. En cause, le vol du dossier médical de Schumacher, qui selon Bild aurait été proposé à la presse allemande moyennant une somme proche de 50 000 euros.  »Nous ne pouvons présumer de leur authenticité, mais le contenu d’un fichier médical quel qu’il soit est totalement privé et ne peut pas être rendu public, a expliqué Sabine Kehm, qui prévient que tous ceux qui achèteraient ou publieraient des documents confidentiels seront poursuivis. Les chances de ne pas le voir sortir semblent pourtant infimes.

Son dossier médical : détenu par un certain Kagemusha
Depuis une semaine, les autorités françaises enquête sur la disparition du dossier médical de Michael Schumacher. Elles ont été alertées par le quotidien allemand Bild qui a reçu, par mail, une partie des éléments contenus dans ce rapport. En effet, l’expéditeur, qui se fait appeler Kagemusha, en référence à un film primé en 1980 au Festival de Cannes, a fait le tour de rédaction le tour des rédactions suisses, françaises et allemandes pour vendre les informations. La police tente de retracer le parcours du dossier médical pour savoir entre quelles mains il a transité. De son côté, l’hôpital a mené un audit interne pour en savoir plus et fait expertiser son système informatique par des experts, qui ont pu déterminer qu’aucune intrusion n’avait eu lieu. Seul un nombre restreint de personne a pu avoir accès à ces documents confidentiels, enregistrés sous un faux nom. Le dernier en date est Jérémy Martin.

Marc Mechenoua

 
 
http://www.metronews.fr/sport/michael-schumacher-sur-la-piste-du-dossier-medical-disparu/mnfy!Ghko8nbig5KXo/

Michael Schumacher : sur la piste du dossier médical disparu

 

Mis à jour : 25-06-2014 20:04

- Créé : 25-06-2014 13:08

AFFAIRE – Une semaine après le dépôt de plainte de l’hôpital et de la famille Schumacher, les autorités françaises cherchent à retrouver la trace du dossier médical de l’ex-pilote F1. Mais surtout de son détenteur qui se fait appeler « Kagemusha ».

 
Une chasse à l’homme. Pendant que l’individu en possession du dossier médical de Michael Schumacher fait le tour des rédactions françaises, suisses et allemandes, la police française mène l’enquête pour retrouver sa trace. Depuis la semaine dernière, et les dépôts de plaintes de l’hôpital de Grenoble et la famille de l’ancien champion de F1, elle est sur le pont.

« Le ou les auteurs du vol ont contacté un certain nombre de journalistes français, suisses et allemands. Cet individu, qui communique par mail, demande 60 000 francs suisses (49 300 euros, ndlr) pour fournir le document », déclarait mercredi Jean-Yves Coquillat, procureur à Grenoble.

Le vendeur se fait appeler Kagemusha

« Pour appuyer ses propos, l’individu en possession du rapport a fourni une partie du contenu, ce qui permet de penser qu’il est en possession du dossier », poursuit le magistrat. Et même si rien n’est encore établi, tout laisse penser que les informations confidentielles ont bien été volées au CHU de Grenoble.

Les autorités françaises privilégient désormais une éventuelle coopération avec les médias qui ont reçu le fameux mail pour faire progresser l’enquête. « Si dans un souci de coopération, pour lutter contre ce genre de voyous, des journalistes voulaient aider la justice, la justice ne refuserait pas leur aide », a déclaré M. Coquillat. Dans cette affaire, le quotidien allemand Bild a déjà grandement contribué, en informant la porte-parole de Michael Schumacher, Sabine Kehm, que lesdits documents étaient en possession d’un individu prêt à les marchander.

Selon les dernières précisions, il ne s’agirait pas du dossier médical intégral du patient mais de son brouillon, qui a passé plusieurs heures dans une poubelle de l’hôpital. Pour ne pas se faire repérer, ce dernier a choisi un drôle de pseudonyme : « Kagemusha », en référence à un film du Japonais Akira Kurosawa, Palme d’or à Cannes en 1980.

Jérémy Martin alias Michael Schumacher

Sur le terrain, l’enquête se dirige donc du côté de l’établissement hospitalier. Pour l’heure, les policiers grenoblois tentent de retracer le parcours du rapport médical, en interrogeant les personnes qui auraient pu l’avoir entre les mains. Dans le même temps le CHU mène un audit informatique interne.

La direction de l’établissement a également procédé à une vérification de son système informatique par des experts pour détecter toute intrusion. Mercredi en fin de matinée, elle a conclu que son système n’avait pas été violé.

Pourtant, seul un nombre restreint de personnes a pu avoir accès à ce dossier qui était enregistré sous un faux nom, changé de façon régulière. Selon une source proche de l’enquête, le dernier pseudonyme en date était Jérémy Martin.

Marc Mechenoua

 

http://www.parismatch.com/Actu/Sport/neuro-re-e-ducation-lausanne-Michael-Schumacher-bientot-a-la-maison-571552

Son nouveau combat

Michael Schumacher, bientôt à la maison

 

Michael Schumacher, bientôt à la maison

C’est sous cette tente que le marathon de sa rééducation se déroulera, jardin éducatif aménagé pour Michael Schumacher, au CHUV de Lausanne. © DR

 

Le 25 juin 2014 | Mise à jour le 25 juin 2014
 
De notre envoyé spécial en Suisse Arnaud Bizot

  
Depuis l’accident, Corinna, sa femme, n’a pas quitté son chevet. Aujourd’hui, elle a ramené le champion à Lausanne.

Dans sa chambre, on l’a vu sourire. Corinna, femme, a disposé devant lui des objets familiers, des photos de proches, mais aussi d’événements qui ont marqué sa vie d’époux et de pilote. Au CHUV de Lausanne (Suisse), Corinna Schumacher passe tous les jours quelques heures au- près de son mari. « C’est une personne simple, remarquable, combative, et ce couple témoigne d’un lien hors du commun », dit-on à l’hôpital. Admis depuis le lundi 16 juin dans l’unité de neuro-rééducation aiguë, Michael Schumacher, 45 ans, se trouve, en langage médical, en « état de conscience minimale ». Il entame une « phase de neuro-réhabilitation » qui peut durer de trois mois à deux ans. Dans l’ambulance qui l’a transporté de Grenoble, où il était soigné depuis sa chute de ski, le 29 décembre dernier, Michael Schumacher communiquait, selon les infirmiers, par des hochements de tête. Ses accompagnateurs ont appris au dernier moment le nom du patient qu’ils devaient conduire, et on leur a demandé de se séparer de leur téléphone portable le temps du trajet.

Le « Baron rouge » est donc sorti du coma, cinq mois environ après son accident. Il a ainsi fait mentir rumeurs et diagnostics alarmants, voire définitifs. « Une épreuve supplémentaire, média- tique celle-là, observe-t-on au CHU de Grenoble, qu’ont dû affronter sa femme, ses intimes et l’équipe médicale.» A Lausanne, on salue «le travail remarquable » des Prs Jay et Payen, du service de neurologie et réanimation neurologique de Grenoble, avec qui les médecins suisses sont en contact depuis plusieurs semaines. On salue aussi la «performance » des nutritionnistes : physiquement, Michael Schumacher semble juste avoir perdu du poids. « On a affaire à un très grand champion, capable d’un très haut niveau de concentration et de mémorisation, souligne un membre du personnel du CHUV de Lausanne. Cela se traduit aujourd’hui en termes de volonté. C’est impressionnant à observer. »

 

La phase de neuro-réhabilitation est un marathon

 

Corinna Schumacher se rendait chaque jour à Grenoble depuis la Suisse. Une distance plus raisonnable, 40 kilo- mètres, sépare désormais l’hôpital de leur propriété située à Gland, au bord du lac Léman. Le couple et ses deux enfants, Gina Maria, 17 ans, et Mick, 15 ans, habitent depuis 2004. L’ancienne maison a été rasée. Après plus de deux ans de travaux, 2 200 mètres carrés ont surgi sur quatre étages, huit chambres, un cinéma de trente places et, tout autour, étang, piscine, terrains de sport, écuries. « J’ai besoin de paysages, de nature, de montagnes, a confié un jour Michael Schumacher à une chaîne de télévision allemande. Ici, le fermier voisin nous apporte du lait, du fromage, puis il reste pour bavarder. Avec mon père, je vais pêcher.Trois cannes,un cigare, éventuellement une petite bière. »

Karin Diserens prévient toujours les familles : la phase de neuro-réhabilitation, c’est un marathon. Neuro-rééducatrice de l’unité de Lausanne, c’est entre ses mains que repose la convalescence de Michael Schumacher. Là aussi, le staff dépose ses téléphones portables au moment de prendre son service, précaution jugée « normale », comme   est « supportable » la sécurité qui a été mise en place. Allemande, mère de trois jeunes filles, Karin Diserens pratique la méditation « parce que ça vide le cortex ». Récemment elle jouait encore du violon au sein de l’Orchestre philharmonique de Lausanne. Sa démarche médicale : reconnecter le patient avec l’environnement, stimuler les cinq sens, la motricité et l’activité cérébrale.

 

http://www.scriptoblog.com/index.php/blog/actualites/1087-clement-meric-victime-d-un-coup-monte

Clément Méric, victime d’un coup monté ?

Écrit par Lucien Cerise

 

573510 dans Crime

Par Lucien Cerise, auteur de Oliganarchy.

« Le fascisme reviendra sous le nom de l’antifascisme. »
Attribué à Huey P. Long, sénateur américain (1893-1935).


Un certain nombre d’indices convergents semble attester que l’affaire « Clément Méric » serait bien un coup monté, planifié à l’avance avec la complicité de la police et de ses services de Renseignement intérieur. La thèse, qui n’est pour l’instant qu’une hypothèse, semble énorme. Pour l’étayer, il nous faut répondre à plusieurs questions : pourquoi ?, comment ?, quels sont les faits ?, à qui profite le crime ?

Pourquoi organiser médiatiquement la mort de Clément Méric

Une constante sociologique bien connue, notamment en Histoire des religions mais aussi des courants politiques, stipule que la fabrication d’une martyrologie est un passage obligé pour lancer un mouvement idéologique à partir de rien. Il est entendu que les mouvements d’idées ne naissent pas tous de rien, ex nihilo : certains expriment une vraie nécessité populaire ancrée dans le réel et leur émergence est spontanée. Ils se diffusent ainsi de façon quasi naturelle, mémétique, par le bouche à oreille, et leur succès est indépendant du Pouvoir en place. À l’opposé, « l’antifascisme » spectaculaire qui essaye d’exister dans les médias dominants depuis quelques mois est un phénomène hors sol, sans ancrage dans la population et sans référent objectif dans le réel ; cet « antifascisme » ne relève que d’une bulle spéculative virtuelle, celle des « remue méninges » et des brainstormings des salles de rédaction et des think tanks de consultants où s’élaborent les scénarios et les virus mentaux que l’on tente ensuite d’inoculer au peuple (le storytelling). Lionel Jospin interviewé par Alain Finkielkraut avouait un jour que la « menace fasciste » dont on nous cause en France depuis les années 1980 était entièrement fictive et que l’antifascisme n’était que du théâtre. Notre ex-premier ministre sait de quoi il parle, ayant été lui-même un acteur de premier rang de cette mise en scène étalée sur des décennies. Dans ces conditions, il n’est guère étonnant que le couple « menace fasciste + antifascisme » ne rencontre aucun écho dans la population française. Mais le Pouvoir dispose de gros moyens et ne ménage pas ses efforts pour répondre à la question : « Comment faire exister en représentations quelque chose qui n’existe pas dans le monde réel ? »

Par exemple, le samedi 7 avril 2012 était organisé le « 1er forum social antifasciste » à la Bourse du travail de Saint-Denis, en banlieue nord de Paris (93). La mention « 1er » dans le titre sous-entendait qu’il était prévu d’en organiser d’autres, mais l’affluence ne fut pas au rendez-vous et l’événement fut un échec. Bien que le journal Le Monde soit le parrain de l’événement (présence de Dominique Vidal) et qu’une vingtaine d’organisations en soient signataires dont le NPA, le Parti de gauche (Front de gauche), les syndicats SUD et CNT, et diverses associations libérales-libertaires, seulement 200 à 250 personnes assistèrent à la rencontre entre 13h30 et 21h, d’après les organisateurs ; moins de 100 d’après nos sources, ce qui, dans les deux cas, rapporté au nombre des organisateurs et au bassin démographique de 10 millions d’habitants de l’agglomération parisienne, reste insignifiant. La Fédération anarchiste de Montreuil commentait ainsi : « Espérons que la (relative) réussite de ce forum relancera la création d’autres événements afin de mener la (re)construction d’un mouvement antifasciste aujourd’hui mal au point. » (sic)

Le bilan du fiasco et l’analyse de ses raisons mit en évidence qu’il manquait à « l’antifascisme » en France un mythe fondateur pour le lancer. Tout mouvement ambitieux a besoin d’un mythe fondateur et d’icônes à vénérer pour amorcer et mettre en branle les dynamiques émotionnelles et comportementales de ses adeptes. Si ce mythe ne vient pas tout seul, alors il faut le construire. Les concepteurs d’opérations psychologiques dans le Renseignement savent en outre que le mythe fondateur doit être de préférence traumatique et violent. On se rappellera le Rav Ron Chaya soulignant dans une vidéo le « bienfait immense » que la Shoah fut pour l’entité sioniste, ou les attentats sous « faux drapeau » du 11 Septembre qui ont semblé attester un temps de la réalité du « choc des civilisations », jusqu’à ce qu’il soit démontré que ce n’étaient pas des musulmans qui les avaient organisés. Dans le jargon, une « psyop » sert généralement à « visibiliser » quelque chose, par exemple un counter-gang de diversion. Ce genre d’opération permet dans un premier temps, non pas d’accroître, mais déjà de créer la visibilité d’un mouvement qui n’en a pas. La réponse à la question : « Pourquoi assassiner Clément Méric ? » est donc : « Pour fabriquer un martyre et faire exister médiatiquement le mouvement dit antifasciste, car il n’y arrive pas tout seul si l’on en reste aux faits ».

En l’occurrence, la manœuvre politico-médiatique étant un peu grossière, elle n’a pas trompé grand monde : même les « antifas » crièrent à la récupération politique et huèrent Alexis Corbière, du Front de gauche, à la manifestation du 06/06/13 en mémoire de leur ami décédé. Le stratagème apparut en toute transparence quand le quotidien de la banque Rothschild, Libération, titra dans son édition du 25/06/13 : « Clément Méric, antifa devenu icône ». Le marketing de l’affaire ne décollant pas, les effets de suggestion médiatique étant insuffisants, le journal en était réduit à mâcher le travail à ses lecteurs et à leur inculquer explicitement ce qu’il fallait penser et répéter. Il semble donc que la Matrice virtualisante ait atteint ses limites. Pour mémoire, rappelons les chiffres désastreux en termes de fréquentation des dernières manifestations de l’extrême gauche du Capital : 40.000 personnes dans toute la France sur deux jours les 15 et 16 décembre 2012 pour le « mariage homo » ; 50.000 personnes à Paris le 5 mai 2013 pour le Front de gauche ; 15.000 personnes dans toute la France le 6 juin 2013 pour Méric ; 6000 personnes à Paris le 23 juin 2013 contre le « fascisme » ; 35.000 personnes à Paris le 29 juin 2013 pour la Gay Pride ; 150 personnes à Paris sur deux jours les 22 et 23 juin 2013 pour le premier Salon du « mariage gay ». (Chiffres que nous laissons le lecteur vérifier par lui-même sur un moteur de recherches pour ne pas rallonger la liste des notes.)

« Lionel Jospin : « L’antifascisme n’était que du théâtre »»
http://www.dailymotion.com/video/x9lcsn_lionel-jospin-l-anti-fascisme-n-eta_news#.UTHExjd3vcs
« 1er forum social antifasciste »
http://forumsocialantifa.wordpress.com/
« Forum social antifasciste – Compte rendu »
http://groupefamontreuil.blogspot.fr/2012/04/forum-social-antifasciste-compte-rendu.html
« Clément Méric : les « antifas » dénoncent la récupération politique »
http://videos.leparisien.fr/video/3d824785562s.html

Comment fabriquer un kamikaze ?

Le deuxième problème à résoudre pour étayer l’hypothèse d’un coup monté est méthodologique et doit répondre à la question : « Comment s’y prendre pour provoquer un comportement violent à distance ? » ou « Comment planifier des faits divers violents pour les récupérer ensuite ? » La réponse est : en façonnant un environnement et un climat favorables, donc en appliquant une stratégie indirecte, puis, si possible, en essayant de téléguider directement des individus. On se souvient de la méthode employée par Zbigniew Brzezinski pour engager l’URSS à intervenir en Afghanistan, qu’il dévoilait dans sa fameuse interview du 15/01/98 avec Vincent Jauvert pour Le Nouvel Observateur n°1732. Selon ses propres termes : « Nous n’avons pas poussé les Russes à intervenir, mais nous avons sciemment augmenté la probabilité qu’ils le fassent. » Non pas provoquer directement la violence, mais augmenter intentionnellement la possibilité qu’elle advienne : les traces de culpabilité sont ainsi pratiquement inexistantes. Mettre en place toutes les conditions pour un passage à l’acte, configurer le contexte pour favoriser la réalisation d’un potentiel de violence, ce sont là des techniques bien connues des services de Renseignements pour fabriquer des terroristes ou des faits divers à récupérer politiquement. Sun-Tzu les décrivait déjà dans son Art de la guerre quand il parlait de détecter le potentiel d’une situation, puis de le façonner et de l’orienter dans un sens ou dans un autre.

Sur cette base contextuelle, travaillée pour devenir une pente glissante, il est ensuite possible de préciser le mode opératoire en ciblant un individu chargé de catalyser la violence et de focaliser l’attention des médias. Il faut construire un « candidat Mandchou », un patsy, une sorte de « Mohamed Merah », entièrement façonné, tutoré et piloté à distance par les psychologues des services de Renseignements et dressé pour être sacrifié à un moment ou à un autre. Il faut choisir quelqu’un de jeune, très jeune, donc très influençable, vingt ans ou vingt-cinq au maximum, donc presque un enfant, malléable et crédule. Pour maximiser les chances de réussite de l’opération, le profilage de la personnalité doit s’orienter sur quelqu’un de fragile, tant au plan psychologique que physique.

Du point de vue psychologique, les étudiants de « Sciences Po », dont Clément Méric faisait partie, sont les recrues idéales car ils se préparent à devenir les futurs cadres du capitalisme mondialisé. Ils offrent donc un profil psychologique de type « conformiste » et « soumis à l’autorité », à l’opposé du « révolté » ou du « curieux ». Comme toutes les grandes écoles oligarchiques, Sciences Po exige de ses élèves une soumission totale aux dogmes néolibéraux, soit l’idéologie du Pouvoir, sans quoi la sanction tombera au moment des examens. Pour occuper efficacement leur place dans la hiérarchie des dominants, les étudiants de Sciences Po sont donc élevés dans la haine des peuples et des nations qu’ils auront à écraser sous leur botte. Ce profil de personnalité suggestible présente les caractéristiques recherchées chez tout kamikaze : immaturité, plasticité, docilité, ainsi que des tendances sadomasochistes et suicidaires prononcées. Le caractère autodestructeur de la psychologie de Méric apparaît encore mieux dans ses idéologies de référence, le véganisme et l’anti-spécisme, deux branches voisines de la deep ecology, ou écologie radicale, dont les fondements malthusiens ont été définis dès les années 1960 avec le soutien de banques et de fondations (Iron Mountain, rapport Meadows du club de Rome, cybernétique sociale), et que l’on peut résumer en une phrase : « La Vie est au-dessus de tout, sauf celle des humains. » Négation des différences entre les espèces vivantes, droits des animaux supérieurs à ceux des humains, culte de Gaïa dont l’humain serait le parasite, réduction de population, décroissance générale, contrôle des naissances, légitimation de l’euthanasie, bref l’anti-spécisme exprime un vrai fond de haine de soi maladive et une tendance génocidaire appliquée à sa propre espèce. La cohérence mentale et la logique n’étant pas au rendez-vous, les anti-spécistes et les véganistes militent donc pour le respect de la Vie et de la Nature, mais n’objectent rien contre l’avortement, ni contre l’eugénisme (PMA, GPA) ou la dénaturation et la destruction de l’humain (« mariage homo », confusion des Genres, transhumanisme), ce qui les associe donc davantage à une secte morbide en pleine bouffée délirante qu’à un mouvement rationnel et empiriste.

Si l’on ajoute à ce masochisme intellectuel l’extrême fragilité physique du personnage et son état de santé précaire, on peut pratiquement dire qu’il s’est suicidé. Pesant 60 kilos, non entraîné pour le combat rapproché, se relevant d’un cancer leucémique, donc engagé dans un suivi thérapeutique de cinq années pendant lesquelles une rechute mortelle est possible, Clément Méric risquait gros en provoquant une bagarre de rue. Une personne lucide et en possession de ses moyens ne cherche pas les coups au sortir d’une chimiothérapie. Une telle irresponsabilité vis-à-vis de soi-même révèle donc chez le sujet un esprit sous influence, absent du principe de réalité, ainsi qu’une tendance autodestructrice profonde, évidemment stimulée et renforcée par les individus qui l’ont poussé à s’exposer et à prendre des risques pour sa vie.

Le Nouvel Observateur, 15/01/1998, Zbigniew Brzezinski et Vincent Jauvert : « Oui, la CIA est entrée en Afghanistan avant les Russes… »
http://hebdo.nouvelobs.com/hebdo/parution/p19980115/articles/a19460-.html

L’agression sur Esteban Morillo préméditée.

Après avoir analysé les méthodes employées, la question à laquelle répondre est : « Quels sont les faits qui attestent d’une opération préméditée ? » Pour avancer dans la démonstration du coup monté, il faut mettre en évidence que la succession des faits n’est pas spontanée et ne doit rien au hasard, ou du moins pas seulement. Vu de l’extérieur et si l’on s’en tient à la version officielle médiatique, le fait divers, qui eut lieu à l’occasion d’une vente privée de vêtements de mode, fait penser à une rencontre fortuite entre fashion victims qui aurait mal tourné, une sorte de crêpage de chignons entre donzelles autour d’un maillot de bains en solde. Or, on sait aujourd’hui que l’agression sur Esteban Morillo par Clément Méric obéissait à une préméditation, comme le prouve la liste de photos de Morillo et de ses amis sur le site « Vigilance Végane Antifasciste » avec la mention « Besoin d’identification please » en date du 1er décembre 2012. Esteban Morillo était donc l’objet d’une surveillance et d’une traque, activement recherché depuis plusieurs mois par le groupe « végan antifa » auquel était relié Méric. Le vigile témoin de l’altercation fut d’ailleurs formel : « Clément Méric voulait vraiment en découdre. » Un article du Huffington Post nous apprend : « Par ailleurs, Clément Méric était, selon une source policière citée par l’AFP, connu des services spécialisés comme appartenant à un groupe de militants d’extrême-gauche « qui recherchent la confrontation » avec ceux d’extrême-droite, notamment la vingtaine de skins constituant le noyau dur des Jeunesses nationalistes révolutionnaires (JNR). »

L’intention et la préméditation des coups et blessures de la part de Méric sont donc des acquis de l’enquête, encore renforcés par des précédents à l’agression sur Morillo. En effet, de nombreux documents accessibles en ligne attestent de la participation plus ou moins agressive de Clément Méric à diverses manifestations, notamment pour le « mariage homo » et la location du ventre des femmes, ainsi qu’à des opérations « coup de poing », dont l’une avait dévasté le bar La Cantada à Paris le 26/01/13, et l’autre l’avait déjà envoyé à l’hôpital le 01/05/13.

« Les fascistes de la protection animale. Une petite liste »
http://veganantifa.wordpress.com/author/veganantifa/
« Clément Méric est mort à la suite de coups reçus »
http://www.huffingtonpost.fr/2013/06/07/enquete-clement-meric-mort-coups-recus_n_3403255.html
« Le « non-violent » Clément Méric était déjà impliqué dans une bagarre le 1er mai »
http://www.youtube.com/watch?v=6NUfYJ_Gkds

Une chronologie des faits problématique

D’autres éléments prêchent en faveur d’une implication de certains membres du personnel politique ainsi que de médias du Pouvoir. Alexis Corbière, secrétaire national du Parti de gauche (composante du Front de gauche) et principal adjoint à la mairie du 12ème arrondissement de Paris, était le premier à rapporter le soir même du mercredi 05/06/13 sur son blog la rixe ayant conduit à l’hospitalisation de Clément Méric en état de « mort cérébrale ». Bizarrement, Alexis Corbière ne donne pas ses sources. On imagine mal qu’elles émanent des militants proches de Méric, compte tenu de l’accueil écœuré aux cris de « Récupération ! » que les amis de la victime ont réservé au politicien à la manifestation du lendemain sur la place Saint-Michel. Donc, comment a-t-il pu être informé aussi vite d’un fait divers commun du point de vue juridique et se déroulant dans d’autres quartiers que ceux dont il a la charge administrative ? Par quel réseau l’information lui est-elle parvenue ?

En outre, si nous essayons d’établir une chronologie, nous voyons que des étrangetés apparaissent. L’heure du billet d’Alexis Corbière n’est pas mentionnée, mais le premier commentaire est à 23h16. Le texte de Corbière : « Aujourd’hui à 18h, C., militant de 19 ans connu pour son engagement contre l’extrême droite, a été lâchement agressé à Paris dans le quartier de la gare Saint Lazare. Violemment frappé au sol par un groupe de plusieurs militants d’extrême droite, manifestement selon des premiers témoignages du Groupe JNR (Jeune Nationaliste Révolutionnaire), laissé inanimé, il a été déclaré ce soir en état de mort cérébrale à l’hôpital Salpetrière. Le Parti de Gauche s’incline avec beaucoup de tristesse et de colère devant la mémoire de notre camarade C., que nous connaissions. Il adresse ses condoléances à sa famille et ses proches qui militaient à ses cotés. Le Parti de Gauche interpelle le Ministre de l’intérieur et exige que les forces de police agissent dans les plus brefs délais pour retrouver les responsables de ce crime odieux. Le PG exige également la dissolution des Groupes d’extrême droite qui multiplient les actes de violence à Paris et à travers le pays depuis plusieurs semaines. » Puis le premier commentaire : « Le mercredi, 5 juin 2013, 23:16 par oorlynck. nous demandons la dissolution de ces extrémistes, sinon nous brulerons leurs bâtiments et nous les passerons à tabac, nous devons réagir au plus vite. » (sic)

À 23h15 au plus tard, Alexis Corbière était donc en mesure d’affirmer avec certitude la mort cérébrale de Méric, ce qui l’autorisait à présenter immédiatement ses condoléances à la famille et aux amis. Une telle assurance exposée publiquement sur l’état clinique du jeune homme suppose des informations sûres, donc un diagnostic médical achevé et confirmé. Or, quels sont les critères médico-légaux pour porter un diagnostic de mort cérébrale, ou mort encéphalique ? Voyons le texte de loi sur Légifrance : « Article R671-7-2. Créé par Décret n°96-1041 du 2 décembre 1996 – art. 1 JORF 4 décembre 1996. Abrogé par Décret 2003-462 2003-05-21 art. 4 2° JORF 27 mai 2003. Si la personne, dont le décès est constaté cliniquement, est assistée par ventilation mécanique et conserve une fonction hémodynamique, l’absence de ventilation spontanée est vérifiée par une épreuve d’hypercapnie. De plus, en complément des trois critères cliniques mentionnés à l’article R. 671-7-1, il doit être recouru pour attester du caractère irréversible de la destruction encéphalique : 1° Soit à deux électroencéphalogrammes nuls et aréactifs effectués à un intervalle minimal de quatre heures, réalisés avec amplification maximale sur une durée d’enregistrement de trente minutes et dont le résultat doit être immédiatement consigné par le médecin qui en fait l’interprétation ; 2° Soit à une angiographie objectivant l’arrêt de la circulation encéphalique et dont le résultat doit être immédiatement consigné par le radiologue qui en fait l’interprétation. »

Clément Méric a-t-il subi un double électroencéphalogramme (EEG) ou une angiographie pour confirmer sa mort cérébrale ? Le protocole EEG dure 5 heures et l’angiographie, selon des sources médicales, entre 1 et 2 heures. Deux types différents de questions se posent selon que Méric est entré dans l’un ou l’autre protocole.

Première option : l’EEG. Si la rixe a bien eu lieu à 18h dans le quartier de la gare Saint-Lazare, le temps d’appeler un véhicule, qu’il arrive sur place, que l’on charge le corps, puis qu’on arrive aux urgences de la Pitié-Salpêtrière avec le blessé et compte tenu de la circulation dans le centre de Paris à ce moment de la journée, il était 18h30 au plus tôt. Dans le cas d’un protocole EEG d’une durée de 5 heures au total, le diagnostic de mort cérébrale ne pouvait pas être porté avant 23h30. Sachant que le premier commentaire au billet d’Alexis Corbière date de 23h16, le double EEG était encore en cours. Corbière a donc rédigé son billet et adressé ses condoléances avant même toute conclusion médicale officielle par un spécialiste sur l’état de Méric !

Ou alors, deuxième option, Méric a subi une angiographie, achevée à 19h30 au plus tôt. Si tel est le cas, le problème de la chronologie est résolu, Corbière a disposé d’un temps raisonnable pour rédiger son billet, mais la question des sources se pose toujours : de quel radiologue a-t-il obtenu l’information du diagnostic par angiographie de mort cérébrale de Clément Méric, compte tenu du secret médical, renforcé par le secret de l’instruction quand le décès relève de coups et blessures ? Des fuites ? Oui, mais de qui ? Nos regards ne peuvent s’empêcher de se porter vers ces réseaux transversaux « fraternels » profondément infiltrés dans l’administration française, travaillant en synergie dans les diverses fonctions publiques, notamment la police et l’hôpital, capables de planifier des événements en leur donnant l’apparence de la spontanéité ou de l’imprévu, et auxquels Alexis Corbière est notoirement affilié, de même que son comparse Jean-Luc Mélenchon.

Ajoutons que Clément Méric n’était pas encore décédé le mercredi 05/06/13 au soir, ce qu’Alexis Corbière précise lui-même en parlant de « mort cérébrale ». Qu’est-ce que la mort cérébrale ? Il s’agit d’un type de coma très profond, également appelé coma de type IV, ou « coma dépassé », souvent considéré comme irréversible, mais dont certaines personnes sont revenues malgré tout, notamment les témoins d’expériences de mort imminente (EMI). Du point de vue organique, le corps n’est plus autonome et a besoin d’être branché en permanence aux appareils de réanimation, d’hydratation et d’alimentation par perfusion. Il faut débrancher le comateux pour que le cœur cesse de battre et les poumons de respirer. Qui prend la décision de « débrancher », autrement dit d’achever ? En principe, selon la loi, la famille. Mais quelle famille accepterait de donner le coup de grâce à son enfant après seulement 24 heures de coma et sans lui accorder plus de temps et de chance de survie, l’autopsie de Clément Méric ayant bien eu lieu le vendredi 07/06/13 au matin ?

De fait, la première annonce officielle dans les médias du décès définitif de Clément Méric est une brève de l’AFP avec le Figaro.fr, du jeudi 06/06/13 à 17h21. (Puis l’AFP sur Twitter à 17h30). Sur cette base, on notera encore une fois la chronologie des événements pour le moins intrigante que nous rapporte Le Nouvel Observateur. Dans un article créé le jeudi 06/06/13 à 11h29, mis à jour à 22h31, et titré « Mort de Clément Méric : tous les événements », on apprend que l’annonce officielle du décès de la victime est prononcée en fin d’après-midi, donc après la mise en ligne de l’article (!), mais aussi que les manifestations en hommage au mort, avec les banderoles et les t-shirts imprimés, étaient organisées à partir de midi, donc en fait dès le matin, voire la veille : « •Mercredi soir, en plein cœur de Paris, un jeune homme de 18 ans, Clément Méric, a été laissé en état de mort cérébrale après avoir été agressé par un groupe de skinheads. Clément Méric était étudiant à Sciences-Po et était connu pour ses engagements antifascistes. Le jeune homme est officiellement décédé jeudi en fin d’après-midi. •Plusieurs hommages ont eu lieu dans la journée : à 12 heures devant Sciences Po Paris, à 17 heures au Passage du Havre à Paris (9e arrondissement) et à 18h30 place Saint-Michel (6e arrondissement) où des milliers de personnes se sont rassemblées pour rendre hommage à Clément Méric. »

Un tel empressement à enterrer quelqu’un, une telle rapidité à médiatiser sa mort sur une échelle maximale, alors que des faits divers bien pires se produisent chaque jour, et un tel degré de préparation du matériel et de l’agenda des manifestations laissent fortement à penser que l’événement n’était peut-être pas inattendu pour tout le monde…

« L’horreur fasciste vient de tuer en plein Paris »
http://www.alexis-corbiere.com/index.php/post/2013/06/05/L’horreur-fasciste-vient-de-tuer-en-plein-Paris
« Code de la santé publique. Sous-section 1 : Constat de la mort préalable au prélèvement d’organes à des fins thérapeutiques ou scientifiques »
http://www.legifrance.gouv.fr/affichCodeArticle.do;jsessionid=CF1F52E4C2D6933C278D10034356F02B.tpdjo17v_1?idArticle=LEGIARTI000006801969&cidTexte=LEGITEXT000006072665&categorieLien=id&dateTexte=20030526
« Le militant Clément Méric est décédé »
http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2013/06/06/97001-20130606FILWWW00605-le-militant-clement-meric-est-decede.php
« Décès du militant d’extrême gauche Clément Méric »
http://www.afp.com/fr/search/site/cl%C3%A9ment%20m%C3%A9ric/
« Mort de Clément Méric : tous les événements »
http://tempsreel.nouvelobs.com/mort-de-clement-meric/20130606.OBS2241/en-direct-mort-de-clement-meric-des-hommages-et-une-enquete.html

Cui bono ?

On attend toujours que l’extrême gauche du Capital dénonce le vrai fascisme ou le vrai néonazisme, évidemment pas celui du prolétariat souverainiste inoffensif d’Esteban Morillo, mais celui du capitalisme tout-puissant, formé par la collusion des banques, des lobbies industriels et des minorités actives qui les pilotent depuis l’Union européenne et les diverses instances supranationales au bénéfice d’un agenda eugéniste fondé sur l’artificialisation du vivant par le « mariage homo », la théorie de la confusion des Genres, la PMA, la GPA, l’euthanasie et la surveillance cybernétique pour tous. Las ! Cette extrême gauche sans-frontièriste, antiprotectionniste et libérale-libertaire ne mordra jamais la main qui la nourrit, ou alors pas trop fort, juste pour donner l’illusion qu’on est tout de même encore un peu du côté du peuple et pas seulement des « minorités ». En vérité, c’est bien le Parti socialiste qui définit l’idéologie profonde de toute la Gauche française (centriste comme ultra-), parce que c’est ce parti, adoubé par le Capital, qui en a les moyens financiers. Or, la trahison intentionnelle des classes populaires pour se mettre à l’heure des « minorités » est bien la stratégie préconisée explicitement par la fondation Terra Nova, le laboratoire d’idées du PS, qui organise ainsi sans complexe le « grand remplacement » de la démocratie, quand la loi est l’expression de la majorité, par l’oligarchie, quand la loi est l’expression des minorités…

La dernière question que l’on peut se poser est : « À qui profite le crime ? » On le sait, les groupes militants soi-disant antifascistes ne s’attaquent jamais sérieusement au vrai fascisme, celui de Bruxelles, de Washington ou de Tel-Aviv. Leurs efforts pour « taper à côté » du vrai fascisme révèlent la stratégie de leurs vrais maîtres, de même qu’Al Qaïda et les groupes djihadistes ne s’attaquent bizarrement jamais à Israël. La question de savoir qui est derrière les « antifascistes » trouve une réponse claire dans les slogans des manifestations « antifascistes » en Allemagne : Antifa means solidarity with Israel ! (Antifa signifie solidarité avec Israël !) ; Deutschland abschaffen (Supprimer l’Allemagne) ; Für Israel, gegen old Europe (Pour Israël, contre la vieille Europe) ; Antiamerikanismus angreifen (Attaquer l’antiaméricanisme) ; Imagine there is no Deutschland (Imagine qu’il n’y a pas d’Allemagne) ; Deutschland verraten ! (Trahir l’Allemagne !) ; Nieder mit dem Regime im Iran (À bas le régime en Iran).

Soyons clairs : l’extrême gauche allemande, ou « antiallemande », comme le revendiquent les anti-Deutschen, est aujourd’hui passée à 90% sous le contrôle de Tel-Aviv et de Washington, et l’extrême gauche française est en train de subir le même sort, à tel point que l’expression « antifrançais » devrait bientôt apparaître dans ses éléments de langage. On en voudra pour preuves supplémentaires le soutien indéfectible de notre extrême gauche hexagonale aux opérations coloniales de l’OTAN, des États-Unis et de l’entité sioniste en Libye et en Syrie, par djihadistes interposés. Sans oublier le slogan « Ni oubli, ni pardon » sur les affiches et dans les manifestations autour de Clément Méric, qui répètent avec un mimétisme appliqué le slogan des associations pour la commémoration de la Shoah.

Récapitulons. La méthode est connue des services de Renseignements. Les faits prouvent la préméditation et leur chronologie est étrange. Le crime profite à des réseaux d’influence extrêmement puissants. Alors, au final, quel scénario ? Clément Méric, un militant ultralibéral, est repéré puis manipulé pendant plusieurs mois comme de la chair à canon par les réseaux d’influence du Capital qui lui mettent en tête de provoquer une bagarre alors qu’il sort d’une leucémie. Il attaque par derrière mais perd quand même et se retrouve à l’hôpital dans un état critique, comme prévu. L’adolescent a été victime d’une opération psychologique montée par les réseaux atlanto-sionistes infiltrés au plus haut niveau de l’État français, Manuel Valls en tête, brillamment secondé par Alexis Corbière et ses « frères », consistant à augmenter sciemment la possibilité d’une mort parmi leurs marionnettes « antifas » pour leur donner une visibilité médiatique et lancer un mouvement populaire sur une base émotionnelle. À notre plus grande horreur, il faut pouvoir également envisager l’hypothèse que l’ordre ait été donné dans certains réseaux dormants de l’institution hospitalière de « débrancher » la victime plongée dans le coma pour finir le boulot. Le but général de l’opération consisterait à aligner par identification compassionnelle l’opinion publique française sur la mouvance antinationale et mondialiste des « antifascistes », et à participer au pinkwashing initié par l’entité sioniste pour créer des clivages géopolitiques fondés sur la confusion des Genres (gay-friendly or not). Ce n’est qu’un scénario, donc une hypothèse à confirmer, mais qui permet de mettre en cohérence des faits qui, sinon, en sont dépourvus. Pour finir, essayons d’être charitables et inversons la sentence « Ni oubli, ni pardon ». Donc pardonnons à Clément Méric d’avoir été manipulé pour se suicider, puis oublions-le et laissons sa famille faire son deuil.

« Le vrai « fascisme » de notre temps. Bas les pattes devant Snowden, Manning, Assange et les résistants au techno-totalitarisme », par Pièces et main d’œuvre.
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?article421
« Postures et impostures : au Grand Guignol de la Gauche. Leur « antifascisme » et le nôtre », par Pièces et main d’œuvre.
http://www.piecesetmaindoeuvre.com/spip.php?page=resume&id_article=413
« Antifascist actions – Solidarity with Israel »
http://www.youtube.com/watch?v=UKEfJAcNG3Y
« Les divers usages du « mariage pour tous » : eugénisme, marchandisation des corps et sionisme rose (pinkwashing) »
http://www.scriptoblog.com/index.php/blog/actualites/934-les-divers-usages-du-mariage-pour-tous-eugenisme-marchandisation-des-corps-et-sionisme-rose-pinkwashing

Mort de Clément Méric : « C’est Satan, c’est la violence de Satan ! »

Après la libération mardi 17 juin 2014 d’un des deux suspects écroués dans l’affaire Clément Méric, Le Monde a publié le 19 juin 2014 un article de Soren Seelow faisant le point sur l’enquête judiciaire.

Rappelons que les « antifascistes » de Nîmes affirment que les identitaires seraient la cause des faits.

Se trouverait-elle en région ?

Il faudrait alors chercher à Brest et à Montpellier.

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/18/l-un-des-deux-suspects-ecroues-dans-l-affaire-clement-meric-libere_4440566_3224.html

 

L’un des deux suspects écroués dans l’affaire Clément Méric libéré

 

Le Monde.fr avec AFP | 18.06.2014 à 13h48 • Mis à jour le 18.06.2014 à 13h53

Manifestation en hommage à Clément Méric, le 8 juin 2013 à Paris.

 

La cour d’appel de Paris a ordonné, mardi 17 juin, la remise en liberté de Samuel Dufour, 20 ans, selon une information de RTL confirmée par la justice. Il est l’un des deux suspects qui avait été placé en détention provisoire dans l’affaire de la rixe entre skinheads et antifascistes qui avait causé la mort de Clément Méric en juin 2013 à Paris a été remis en liberté mardi. Il reste mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ».

 

Lire aussi : Affaire Méric : les circonstances du drame ne sont toujours pas éclaircies

Son camarade Esteban Morillo, l’autre suspect arrêté, demeure en détention provisoire. Ce sympathisant du groupuscule d’extrême droite Troisième voie, avait reconnu dès le départ avoir porté deux coups de poing, à mains nues, au visage de l’étudiant de 18 ans.

De son côté, Samuel Dufour, lui aussi sympathisant de Troisième voie, a toujours nié avoir frappé Clément Méric. L’un des camarades de la victime, présent lors de la bagarre, a même confirmé sa version aux juges d’instruction.

SANS CASIER JUDICIAIRE

« Nos arguments ont enfin été entendus. Il est logique qu’il soit libéré après tout ce temps de détention », a réagi son avocat, Me Julien Fresnault. Samuel Dufour, son client, sans casier judiciaire, suivait une formation pour devenir boulanger au moment des faits. En février, les résultats d’une expertise du téléphone du jeune homme avaient révélé ses SMS au soir des faits : « J’ai frappé avec ton poing américain », disait l’un d’eux ; « on les a défoncés », disait un autre.

Outre Morillo et Dufour, deux autres skinheads sont mis en examen pour « violences » mais n’ont pas été placés en détention. Les antifascistes sont parties civiles.

Samedi, plus d’un millier de personnes se sont rassemblées à Paris en mémoire de Clément Méric. Le cortège, principalement composé de militants « antifa » aux visages souvent dissimulés par des foulards, cagoules, casquettes ou lunettes noires, s’était placé derrière une banderole « Plus que jamais combattons l’extrême droite ».

 

http://www.lemonde.fr/societe/article/2014/06/19/clement-meric-la-mort-en-sept-secondes_4441098_3224.html

 

Clément Méric : la mort en sept secondes

 

LE MONDE | 19.06.2014 à 11h12 • Mis à jour le 20.06.2014 à 15h35 | Par Soren Seelow

Manifestation antifasciste à Paris, le 7 juin.

 

La scène dure le temps d’une longue respiration, la dernière de Clément Méric. En partie obstruée par un poteau, la caméra de vidéosurveillance de la station Haussmann – Saint-Lazare à Paris en a confusément capté certains détails. A 18 h 43 et 25 secondes, deux groupes entrent en contact. A 18 h 43 et 31 secondes, un corps tombe à la renverse. La bataille rangée qui a coûté la vie à ce jeune militant antifasciste de 19 ans, le 5 juin 2013, a duré sept secondes.

L’exploitation de cette vidéo – qui vient d’être versée au dossier et que Le Monde a pu consulter – ne permet pas de jeter une lumière nouvelle sur les responsabilités des acteurs de cette rixe. Une confrontation autour des images est prévue courant juillet avant une éventuelle reconstitution, dernières tentatives de la juge Carole Vujasinovic pour tenter d’y voir clair avant de clore l’instruction. Un an après la mort de Clément Méric, de nombreuses zones d’ombre continuent de planer sur ce fait divers que ni la vidéo, ni les rapports d’expertise, ni les témoignages n’ont permis d’élucider.

 

Lire notre portrait de Clément Méric : Un étudiant « brillant » et engagé

Ce que dit le dossier, et sa synthèse la plus récente contenue dans le dernier arrêt de la chambre de l’instruction en date du 29 avril, c’est que Clément Méric n’a pas été victime d’un « assassinat », comme l’avait annoncé au lendemain des faits Manuel Valls, alors ministre de l’intérieur. Il n’est pas davantage l’élément déclencheur de la rixe, comme on a pu le lire un peu plus tard dans une volonté de rééquilibrer un récit tordu par sa charge symbolique depuis le premier jour.

Le déroulement dépassionné des faits retrace la rencontre fortuite entre deux idéologies irréconciliables, n’ayant pour seul langage commun que l’affrontement physique. Un dialogue à coups de poing qui a abouti à la mort d’un jeune idéaliste de 66 kg.

DES IMAGES DE CROIX GAMMÉES, D’AIGLES NAZIS

En cette fin d’après-midi, Matthias Bouchenot, 24 ans, Aurélien Boudon, 23 ans, et Steve Domas, 24 ans, trois militants antifascistes, se rendent à une vente privée rue Caumartin pour acheter des vêtements Fred Perry, marque historique des skinheads de tous bords. Ils y croisent trois skins, Samuel Dufour, apprenti boulanger de 19 ans, Alexandre Eyraud et Lydia Da Fonseca.

L’idéologie qui soude ces trois amis est explicite. Samuel Dufour – crâne rasé, bombers frappé d’un écusson tricolore et tee-shirt « skinhead » – est un sympathisant du mouvement d’extrême droite Troisième Voie, alors dirigé par Serge Ayoub. Sur son corps sont tatoués une croix celtique, un cochon ailé, une toile d’araignée au coude et la devise nazie « Sang et honneur ».

Dans sa clé USB, les enquêteurs ont trouvé des images de croix gammées, d’aigles nazis, une carte de France recouverte du logo du Front national, des inscriptions « White Power » et quatre photos d’Adolf Hitler, dont l’une accompagnée du drapeau français et d’un slogan : « Nous voulons un Hitler français ».

« N’ACHETEZ PAS TROP D’AFFAIRES, IL VA FALLOIR COURIR »

Les skins font du shopping. Irrités par cette rencontre inattendue avec leurs adversaires, les « antifas » se sentent obligés de réagir. De son propre aveu, c’est Steve Domas qui ouvre les hostilités : « Alors les nazis, on fait ses courses ? » Les skins affirment que ses provocations verbales sont allées jusqu’à la promesse d’en découdre physiquement : « On vous attend à dix en bas. N’achetez pas trop d’affaires, il va falloir courir. » Les skins semblent alors peu pressés d’en venir aux mains. « Laisse-nous, on fait nos courses », s’entend-il répondre.

Les trois antifas quittent l’espace de vente vers 18 heures et se postent un peu plus loin rue Caumartin, au pied des marches de l’église Saint-Louis d’Antin. Selon la chambre de l’instruction, ils attendent alors « ostensiblement » l’autre groupe « en faisant téléphoniquement appel à du renfort ». Clément Méric, qui avait prévu de se rendre à la vente, les rejoint un quart d’heure plus tard.

Dans la boutique, les skins poursuivent leurs emplettes. Ils en profitent pour passer eux aussi quelques coups de fil. Samuel Dufour, que plusieurs témoins disent avoir vu regarder par la fenêtre en direction des antifas, appelle notamment un certain Esteban Morillo, un vigile de 20 ans, qui sera l’auteur du coup de poing fatal porté à Clément Méric. Une cliente décrit le groupe comme « inquiet », « nerveux ». Mais la promesse de renforts les ragaillardit. Un vendeur entend cette phrase : « De toute façon, on va appeler les autres et on va les niquer. »

« IL VOULAIT VRAIMENT EN DÉCOUDRE AVEC EUX »

Alerté par une cliente qu’il allait « y avoir du grabuge », un vigile tente de désamorcer la tension auprès des skins, puis descend dans la rue à la rencontre des antifas. Matthias Bouchenot lui fait savoir qu’il a vu les skinheads ranger un poing américain dans un sac à dos avant de pénétrer dans la salle de vente. Le plus jeune de la bande, Clément Méric, se montre le plus exalté : « Ce sont des gens qui ne devraient même pas être vivants », lance-t-il.

Lire aussi : Manifestation à Paris en hommage à Clément Méric

Le vigile revient sur ses pas, suivi de près par Clément Méric qui se dirige vers la salle de vente. « Mon collègue et moi-même, on l’a attrapé et on lui a dit qu’il était jeune, qu’il fallait éviter de se battre, que cela ne servait à rien (…). Il voulait vraiment en découdre avec eux, je pense, il semblait les haïr », témoigne le vigile. Son collègue confirmera avoir demandé au jeune homme « avec qui il allait se battre au vu de son physique alors que les skins étaient plus costauds ».

Clément Méric est plutôt chétif. En rémission d’une leucémie, il a subi une ponction lombaire dix jours plus tôt. Il reste en tout moins de dix minutes dans la boutique. Les quatre skins – désormais rejoints par Esteban Morillo – affirment qu’il a profité de ce bref passage pour les provoquer en leur lançant : « On vous attend. » A 18 h 27, le jeune élève de Sciences Po envoie ce qui restera comme son dernier SMS : « Ils descendent. » Puis il s’en va retrouver ses amis, qui patientent depuis une quarantaine de minutes sur le parvis de l’église.

QUI A DÉCLENCHÉ LA RIXE ?

Les skins auraient pu quitter les locaux de la vente en remontant la rue Caumartin sur la droite afin d’éviter l’affrontement, comme le leur avait conseillé le vigile. Ils décident au contraire de foncer sur le groupe de Clément Méric. Ils sont armés.

Lydia Da Fonseca, qui fait partie du groupe, a reconnu devant les enquêteurs qu’Esteban Morillo avait rangé un poing américain dans le sac à dos de Dufour avant de faire du shopping. Un témoin affirme avoir vu ce dernier enfiler l’arme en quittant la boutique.

Qui a déclenché la rixe ? A l’approche des skins, les antifas reconnaissent avoir « rigolé ». Esteban Morillo, lui, prétend que Clément Méric les a de nouveau provoqués : « Bande de fiottes, vous vous cachez derrière les vigiles. » Selon les antifas, c’est Esteban Morillo qui a ouvert les hostilités en portant le premier coup à Clément Méric. Samuel Dufour affirme, lui, que Matthias Bouchenot l’a attaqué le premier. Ce dernier jure que c’est le skin qui s’est « jeté » sur lui.

 « C’EST SATAN, C’EST LA VIOLENCE DE SATAN ! »

Coupé à la lèvre, à l’avant-bras et au poignet – des plaies compatibles avec l’impact d’un objet métallique –, Matthias Bouchenot est formel : Samuel Dufour utilisait un poing américain. Ce dernier admet seulement le port de grosses bagues en métal, l’une à tête de cochon, l’autre à tête de mort. Dans la confusion, une dame passe devant l’attroupement et lance : « C’est Satan, c’est la violence de Satan ! »

Au même instant, Esteban Morillo, 1 m 83 pour 75 kg, s’estimant « menacé » par Clément Méric, le frappe au visage. Il est aussitôt assailli par deux amis de l’étudiant. Alors, « Clément Méric, qui avait fait le tour de moi, a essayé de m’attaquer en me prenant par l’arrière gauche ; j’ai vu qu’il commençait à armer son poing et j’ai frappé », explique Esteban Morillo.

De son aveu même, et selon les constatations du légiste, aucun coup de Clément Méric n’a atteint sa cible. Le deuxième coup de poing d’Esteban Morillo sera fatal. « One shot ! », s’écrie le skin, tandis que son adversaire chute sur le pavé.

TÉMOIGNAGES CONTRADICTOIRES

Il reconnaît avoir porté deux coups de poing à mains nues, dont le coup mortel. Mais une expertise médicale de janvier évoque « au moins cinq coups », laissant ouverte la piste d’un second agresseur. Si des témoins disent avoir vu Samuel Dufour frapper la victime, les antifas le disculpent catégoriquement : « Je dois être honnête, il a été en face de moi durant tout l’affrontement », a répété Matthias Bouchenot lors de ses auditions.

Lire l’éditorial du Monde du 7 juin 2013 : Clément Méric, émotions et amalgames

C’est Samuel Dufour qui jettera le trouble sur sa responsabilité réelle dans un échange de SMS peu après la rixe. A 20 h 13, il envoie à un contact dénommé « Yean cfa » : « Salut j’ai frappé avec ton poing américain. » Réponse à 20 h 38 : « srx , ques ce que ta fait encore. » Samuel Dufour : « Bah, il est parti à l’hôpital… Mdr. » Yean Cfa : « Mdr te grave. »

Samuel Dufour a-t-il frappé Clément Méric avec une arme ? Samuel Dufour et Esteban Morillo étaient-ils tous deux équipés d’un poing américain ? Les témoignages sont contradictoires, les experts prudents. « Ce type d’armes laisserait cependant et probablement des traces superficielles beaucoup plus importantes ??? », s’interrogent les auteurs du rapport d’expertise. Le procès n’est pas attendu avant le printemps 2015.

 Soren Seelow
Journaliste

Samuel Dufour autorisé à sortir de prison

Après un an de détention provisoire, Samuel Dufour, l’un des skinheads ayant participé à la rixe, est sorti de prison mardi 17 juin. La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Paris a donné suite au troisième appel formé en ce sens, le premier par le parquet, les deux suivants par ses avocats, Mes Julien Fresnault et Antoine Vey. Il demeure, tout comme Esteban Morillo – qui est lui toujours écroué –, mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner ». Deux autres skins ayant pris part à l’affrontement – mais que personne n’a vu frapper Clément Méric – sont mis en examen pour « violences volontaires en réunion et avec arme avec incapacité totale de travail de moins de huit jours ».

 

http://fr.wikipedia.org/wiki/Bloc_identitaire

Bloc identitaire

Bloc identitaire
Image illustrative de l'article Bloc identitaire
Logo officiel
Présentation
Président Fabrice Robert
Fondation 6 avril 2003
Siège BP 13
06301 Nice Cedex 04
France
Idéologie Identitarisme,
Régionalisme,
Ecologisme,
Anti-Islamisme
Couleurs Bleu
Site web www.bloc-identitaire.com

Le Bloc identitaire – Mouvement social européen est un mouvement politique1,2 français créé le 6 avril 2003. Il s’agit d’une composante d’un courant dit « identitaire », apparu au cours des années 2000 à la suite de la dissolution par le ministère de l’intérieur Français d’Unité radicale3. Le logo du mouvement représente un sanglier stylisé.

Généralement classé à l’extrême droite de l’échiquier politique4,5,6,7, le BI promeut l’ « alter-europe » et une certaine forme de régionalisme8. Il tient, dans sa « quête de respectabilité »9, à « se démarquer de l’antisémitisme et de l’antisionisme » et est « principalement préoccupé par la croissance de l’islam en Europe et le caractère désagrégateur du multiculturalisme »10. Dominique Venner est un des penseurs qui influence le plus le mouvement6.

Le Bloc revendique 2 000 adhérents4 et a rassemblé près de 600 militants lors de sa convention qui s’est tenue à Orange en octobre 200911.

Histoire

Création

À la suite de la tentative d’assassinat perpétrée par Maxime Brunerie — membre du Mouvement national républicain (MNR) et sympathisant d’Unité radicale — contre le président de la République française Jacques Chirac lors du défilé du 14 juillet 2002, le groupe Unité radicale a été dissous le 6 août 200212. Les conclusions de l’instruction menée par le juge Marie-Odile Bertella-Geffroy rendues en juillet 2004 avaient établi que l’acte, isolé, n’avait pas de but politique13. Deux des dirigeants d’Unité radicale (Fabrice Robert et Guillaume Luyt) ont participé peu après au lancement du site www.les-identitaires.com et de l’association Les identitaires, avant de contribuer, en avril 2003, à la fondation du Bloc identitaire. Fabrice Robert devint président du BI et Guillaume Luyt vice-président14. Depuis, le Bloc est en voie de normalisation et la grande majorité de ses militants n’était pas membre d’Unité radicale15. Il s’est transformé en parti politique à l’occasion de sa convention organisée à Orange en octobre 2009.

Résultats électoraux

Le Bloc identitaire s’est présenté pour la première fois à des élections le 12 juin 2005 à Nice, par l’intermédiaire de son mouvement associé Nissa Rebela. Il présente alors un candidat à l’élection cantonale dans le 7e canton16, récoltant 85 voix, soit 1,9 % des suffrages exprimés17.

En 2008, toujours à Nice, son candidat à la mairie de Nice, Philippe Vardon, obtient 3 % des voix18 et Benoît Lœuillet recueille 5 % des suffrages dans le 6e canton16.

En septembre 2009, dans ce même 6e canton, Benoît Lœuillet obtient le résultat de 7,68 %, le plaçant 5 voix derrière celui du FN (7,82 %)19.

À l’occasion des régionales de 2010, une liste est présentée en Languedoc-Roussillon intitulée « Ligue du Midi »20 qui recueille 0,7 % des voix, et en Provence-Alpes-Côte d’Azur est présentée une liste baptisée Ligue du Sud autour de Jacques Bompard1, celle-ci recueille 2,7 % des voix. Le score le plus élevé est réalisé dans le Vaucluse (8,4 %).

En Alsace, la liste d’Alsace d’abord conduite par Jacques Cordonnier a obtenu 4,98 % des suffrages, en forte baisse par rapport au résultat obtenu au premier tour des élections régionales de 2004 (9,4 %).

Bureau directeur et dirigeants du Bloc identitaire

  • Président : Fabrice Robert (ancien élu du Front national et ancien membre du Mouvement national républicain).
  • Le bureau directeur a fait l’objet d’un important renouvellement au printemps 201221 et a intégré plusieurs représentants des mouvements de jeunes identitaires. Il est composé des membres suivants22:
    • Fabrice Robert (président du Bloc identitaire)
    • Simon Charles (Bloc identitaire)
    • Alban Ferrari (Une Autre Jeunesse)
    • Georges Gourdin (Bloc identitaire)
    • Guillaume Lotti (Bloc identitaire)
    • Dominique Lescure (Bloc identitaire)
    • Benoît Lœuillet (Nissa Rebela)
    • Christophe Pacotte (Bloc identitaire)
    • Damien Rieu (Une Autre Jeunesse)
    • Pierre Robesson (Maisons de l’identité)
    • Tristan Ronarc’h (Bloc identitaire)
    • Sébastien Roux (Bloc identitaire)
    • Émilie Cassel (Bloc identitaire)

Fondements idéologiques

Ligne politique

Le Bloc identitaire se donne pour objectif de « fédérer les jeunes Français et Européens fiers de leurs racines et de leur héritage ». Il se présente comme étant « né de la rencontre de militants issus de parcours politiques divers mais partageant tous le même rejet du système dominant » :

Le mouvement se positionne de diverses manières dans le corpus idéologique d’extrême droite. Il prend une posture ruraliste en « défendant la ruralité comme alternative à la schizophrénie urbaine » et en s’opposant à l’« horreur mondialiste ». Même s’il défend les « racines et l’héritage » européen – dont fait partie la religion chrétienne -, le BI utilise peu les thèmes du traditionalisme catholique. Il introduit aussi le thème de « la conjugaison de la résistance identitaire au féminin »25.

Le Bloc qui entend renvoyer les immigrés dans leur pays, fustige de manière radicale les conséquences et le phénomène avec des slogans comme « racaille immigrée » et demande « pas de kärchers, mais des charters ! »24. Ses membres affirment défendre les personnes de « souche européenne » et les « petits blancs de banlieue »26. De plus, le Bloc entend donner à ses actions une dimension européenne puisque, par exemple, il soutient « nos frères serbes du Kosovo » contre les Albanais musulmans au Kosovo.

Le Bloc identitaire ne considère ni l’islam ni les États-Unis comme des « dangers » mais c’est « l’islamisation de l’Europe et l’américanisation de notre culture qui en sont »27.

Enfin, le Bloc identitaire compte sur l’insatisfaction d’une partie de la droite radicalisée, en particulier des partisans de Philippe de Villiers et son Mouvement pour la France depuis son rapprochement de l’UMP et sur la restructuration du Front national. Lors de la convention, Richard Roudier, tête de liste de la Ligue du Midi en Languedoc-Roussillon pour les régionales de 2010, condamne implicitement Jean-Marie Le Pen : « le Front national a déshonoré la notion d’identité » par les déclarations de son chef sur la Seconde Guerre mondiale, que le Bloc « condamne formellement et absolument »15. Le BI espère, selon les spécialistes, se placer entre Philippe de Villiers et Jean-Marie Le Pen15.

Le Bloc identitaire est plus particulièrement bien implanté en Île-de-France, PACA, Alsace et Aquitaine.

Il soutient la candidature de Arnaud Gouillon pour l’élection présidentielle française de 201228. Il renonce à ce projet en septembre 2011, en raison de l’impossibilité de réunir les 500 parrainages, mais aussi pour ménager un possible accord avec le FN lors des législatives 2012 et des municipales de 2014, notamment à Nice29. Lors d’une consultation nationale, ses adhérents décident pourtant à plus de 62 % de ne soutenir aucune candidature à l’élection présidentielle30.

Références idéologiques revendiquées par le mouvement

Considérant que le combat culturel prépare les victoires politiques31, « ce que Mitterrand avait bien compris en prenant la tête du PS au début des années 1970 »31, le Bloc identitaire développe des projets qui ne relèvent pas proprement dit du politique, au sens traditionnel du terme, mais qui ont une incidence directe sur la vie politique, des projets de type métapolitique31. L’objectif est de s’inscrire dans l’évolution en perpétuel renouvellement qu’ont les « individus du monde et de la société dans laquelle ils vivent »31 afin qu’ils permettent d’attirer des personnes qui ne viendront jamais à l’action politique par le militantisme classique »31. Cette action culturelle peut se traduire à travers « la littérature, la bande dessinée, la peinture, la musique, le web, l’organisation de conférences, de spectacles enracinés.

Pour mener à bien cette conquête par l’esprit31, l’objectif est de mettre en place des outils politiques, associatifs, culturels pour 2020, 20302.

Concernant les références, « il s’agit là plus d’inspirations et d’objets de réflexions que de véritables « filiations », car le mouvement identitaire est un phénomène nouveau, tant dans sa composition que dans ses modes de fonctionnement, qui ne peut légitimement être rattaché à aucun autre dans le passé, si ce n’est partiellement et donc imparfaitement. »32. Dominique Venner, le penseur d’extrême-droite, est une des principales références du mouvement. Le BI organise en mai 2014 un colloque en sa mémoire, et réédite un de ses principaux ouvrages. Pierre Vial et Jean Haudry sont aussi des références du mouvement6. Les références proviennent parfois de penseurs de gauche ou issus de la gauche[réf. nécessaire].

Économie, finance, fiscalité

Les ouvrages généraux en économie sont, outre ceux de Maurice Allais et de Jacques Sapir, ceux de Jean-Claude Michéa ou de Serge Latouche32.

Philosophie, psychologie, psychanalyse et religion

Le Bloc identitaire, dans sa critique de l’islam et de l’histoire de l’islam, recycle les ouvrages de Guillaume Faye pour le lien entre le califat et l’immigration musulmane et arabe en Europe, d’Anne-Marie Delcambre sur l’islamisme, mais aussi de Jacques Heers pour les interactions entre l’Occident, l’Europe et l’islam, et plus récemment de Sylvain Gouguenheim.

Sociologie, anthropologie, démographie, sciences de l’éducation

La doctrine sociale des Identitaires s’inspire aussi bien de la doctrine sociale de l’Église que du socialisme français de Pierre-Joseph Proudhon ou de Georges Sorel32. Politiquement, cela se traduit par une sorte de « socialisme identitaire »24.

Structures connexes

Le Bloc identitaire contrôle plusieurs associations qui se veulent à vocation humanitaire et sociale : Comité d’entraide aux prisonniers européens, Solidarité des Français, Soulidarietà. Plusieurs structures politico-culturelles régionalistes, comme Alsace d’abord, Nissa Rebela, Jeune Bretagne ou Kerkant, sont également proches du BI.

Le Bloc a créé, avec l’association Terre et Peuple, le Conseil représentatif des associations blanches24. Il entretient des liens étroits avec les mouvements identitaires suisses, belges (comme le Mouvement Nation ou le Vlaams Belang10), italiens, espagnols et portugais.

Le BI est à l’origine de la Convention identitaire, dont les invités sont issus de la mouvance identitaire européenne, qui se rassemble annuellement33. La Convention identitaire a organisé sa première réunion à Beaune en Bourgogne en 200734. La réunion du 17-18 octobre, au Palais des princes d’Orange35, invite le Suisse Dominique Baettig, les Espagnols Josep Anglada (président de Plataforma per Catalunya) et Eduardo Núñez (président d’Asamblea Identitaria), les Portugais de Causa Identitària, Andreas Mölzer (député européen) représente le FPÖ autrichien. La Ligue du Nord italienne envoie Mario Borghezio36. La convention annonce la présence de représentants de deux « partis de gouvernement », l’UDC suisse et la Ligue du Nord italienne. Yves-Marie Laulan est aussi invité37. Cette convention réunit « 600 participants, un nombre en très importante augmentation par rapport aux conventions précédentes de ce mouvement et avec une proportion très importante de jeunes gens » selon Novopress. Au cours de cette réunion le Bloc identitaire annonce qu’il devient statutairement un parti politique35.

Novopress.info

Article détaillé : Novopress.

Le mouvement est à l’origine de Novopress.info, un site internet qui se présente comme une « agence de presse internationale »38. Il compte parmi ses responsables Fabrice Robert39, mégretiste, ex-dirigeant d’Unité radicale ainsi que Guillaume Luyt ancien dirigeant du Front national de la jeunesse40. Patrick Gofman compte parmi les rédacteurs de Novopress.info (section française)41.

Labels musicaux

Le mouvement est aussi à l’origine du label musical « Alternative-s ».

Jeunesses identitaires

Ce mouvement est également proche des Jeunesses identitaires. Les deux dirigeants du Bloc identitaire ont reconnu leur « influence » sur celles-ci42. Enfin, le nom de domaine du site officiel des Jeunesses identitaires a été déposé par Nos racines qui utilise la même boîte postale que le Bloc identitaire43,44 (ainsi que les sites : Les Identitaires, Soulidarietà, La maioun, Nissa Rebela, Novopress, Expulsion Sans Frontières).

Enfin lors de sa création, le Bloc décrivait les Jeunesses identitaires comme son « mouvement de jeunesse ». Néanmoins dans son dossier de présentation de janvier 200545, les liens semblent avoir évolué car le mouvement adopte la position suivante : « En aucune manière, les Jeunesses identitaires ne sont le mouvement de jeunesse du Bloc ».

Le fondateur des Jeunesses identitaires est Philippe Vardon.

Le comité directeur du mouvement est composé de : Gaëtan Jarry, Jean-David Cattin et Adrien Heber.

Condamnations

Le 17 décembre 2007, le tribunal de grande instance de Nice estime que les Jeunesses identitaires sont une émanation d’Unité radicale, dissoute par le gouvernement en 200246. Les JI sont ainsi condamnées à une amende de 20 000 euros, et son ancien président, Philippe Vardon, écope de quatre mois de prison avec sursis et de 10 000 euros d’amende46. Par ailleurs, dans une autre affaire jugée le même jour, Philippe Vardon, le président du Bloc identitaire Guillaume Luyt, et deux autres militants des JI sont poursuivis par la justice pour avoir distribué un tract intitulé « Ni voilée ! Ni violée ! » aux abords du lycée niçois Thierry Maulnier46. Philippe Vardon est condamné pour discrimination raciale à trois mois de prison avec sursis et 3 000 euros d’amende ; Guillaume Luyt, à quatre mois de prison avec sursis et 5 000 euros d’amende ; et les deux autres militants à 3 000 euros d’amende chacun46.

En septembre 2008, la cour d’appel d’Aix-en-Provence aggrave les condamnations : pour la « reconstitution de ligue dissoute », elle fixe une amende de 30 000 euros envers les Jeunesses identitaires, ainsi que 1 100 euros à verser aux associations SOS Racisme et MRAP. Elle prive également Philippe Vardon de ses droits civiques pendant deux ans et le condamne à nouveau à quatre mois de prison avec sursis. Pour la distribution du tract, la justice impose une amende de 16 000 euros au total. Philippe Vardon et Nissa Rebela se sont pourvus en cassation mais ils furent déboutés en janvier 2010.

Génération Identitaire

« Génération identitaire » (ou « Génération ID ») est un mouvement politique francophone créé en 2012. Se définissant lui-même comme une « communauté de combat » il a prétention à « rassembler les jeunes européens, garçons et filles »47. Génération Identitaire s’est fait connaître en occupant le chantier d’une mosquée48,49 à Poitiers, le 20 octobre 2012. Ils s’y revendiquent, dans leurs banderoles et slogans, de Charles Martel ou encore de la Reconquista et réclament « un referendum sur la construction de mosquées, et sur l’immigration »50.

Mort de Clément Méric :

magnify-clip dans Crime

Logo du mouvement.

Actions et lobbying

Le Bloc identitaire se serait notamment fait remarquer par l’organisation d’actions de « lobbying ».

En 2003, le groupe de rap Sniper est accusé d’être « anti-Français » et raciste « anti-blanc ». Le ministre de l’Intérieur d’alors, Nicolas Sarkozy, a d’ailleurs été interpellé à ce sujet à l’Assemblée par le député UMP Nadine Morano. En novembre 2005, 200 députés ont demandé — sous l’impulsion du député François Grosdidier — l’interdiction de groupes de rap présentés comme faisant l’apologie de la violence et du racisme, cependant sans succès.

En 2004, c’est Cesare Battisti, ancien membre des Prolétaires armés pour le communisme (PAC), condamné dans son pays pour plusieurs braquages et assassinats, qui est pris pour cible par les militants identitaires. Cesare Battisti est alors menacé d’expulsion, puis s’ensuit une publication d’un entretien avec le fils de Lino Sabbadin, assassiné par les PAC51. En avril 2006, Cesare Battisti, toujours en fuite, publie aux éditions Rivages et Grasset un livre intitulé Ma Cavale. Il y accuse notamment le Bloc identitaire d’avoir été financé par l’ambassade d’Italie pour l’« agresser »52.

Soupes identitaires

Depuis 2003, le Bloc identitaire organise ou appuie, d’abord directement puis par l’intermédiaire d’associations satellites ou amies, la distribution de « soupes identitaires » aux sans domicile fixe. Ces distributions ont lieu dans plusieurs villes en France et en Belgique : à Strasbourg par le collectif Solidarité alsacienne proche d’Alsace d’abord, à Nice par l’association Soulidarietà, à Paris par l’association Solidarité des Français ainsi qu’en Belgique : à Bruxelles par l’association Renaissance sociale et à Anvers par l’association Antwerpse Solidariteit proche du Vlaams Belang. Le principe de ces soupes identitaires est de contenir du porc, ce qui a pour conséquence d’exclure les juifs et les musulmans pratiquants qui la refusent.

Ces distributions sont l’objet de vives critiques (comme celles de la députée européenne Catherine Trautmann) car jugées par certains « discriminatoires et xénophobes »53. Le préfet du Bas-Rhin a interdit la distribution de la soupe identitaire à Strasbourg le 21 janvier 2006. La distribution a également été interdite à Paris. Pour sa part, le Bloc défend les soupes identitaires en arguant que « le porc est partie intégrante du patrimoine culinaire de la France »54. L’association niçoise Soulidarietà revendique « de servir “lu nouostre davant lu autre” (« les nôtres avant les autres ») »55.

Polémique en France

Devant la polémique soulevée en France56, la préfecture de police de Paris a décidé d’interdire les soupes identitaires à partir du 28 décembre 2006, à cause du risque de trouble à l’ordre public.

Saisi en référé, le Tribunal administratif suspend la décision au motif que même s’il reconnaît que cette distribution a un caractère clairement discriminatoire, cela ne justifie pas l’atteinte à la liberté de réunion constituée par cette interdiction57. Le Ministre de l’Intérieur de l’époque, Nicolas Sarkozy, soutenu par le maire de Paris de l’époque, Bertrand Delanoë, saisit alors le Conseil d’État qui, par une ordonnance du juge des référés du 5 janvier 200758,59,60 lui donne raison en annulant l’ordonnance rendue en première instance. Le Conseil estime qu’il y a eu contradiction de la part du tribunal administratif quand il a affirmé que l’interdiction était disproportionnée alors que le caractère discriminatoire était clairement établi58,61. Par une décision du 16 juin 2009, la Cour européenne des droits de l’homme a déclaré irrecevable, pour défaut manifeste de fondement, le recours de Solidarité des Français fondé sur les articles 6, 9 et 11 de la Convention européenne des droits de l’homme62.

Dans un entretien au Financial Times, la présidente de Solidarité des Français, Odile Bonnivard, anciennement membre du MNR, revendique son affiliation au Bloc identitaire ; elle affirme que la tendance française est de privilégier les besoins des étrangers au détriment des personnes partageant sa culture et sa civilisation et ajoute que les SDF musulmans ou juifs ne sont pas obligés de manger sa soupe, affirmant qu’il y a d’autres organisations susceptibles de les nourrir63. Dans le journal Minute, elle décrit son action en ces termes : « Nous avons décidé d’aider “les nôtres” avant “les autres” »64.

Juridiquement, de tels propos permettent d’affirmer que le caractère discriminatoire de la distribution est revendiqué, même si ce n’est pas le terme employé par les distributeurs65.

Maisons et locaux associatifs

Prônant un militantisme enraciné localement, les identitaires ont ouvert quatre lieux sous forme associative, dénommés Maisons de l’Identité. Il s’agit de la Maioun à Nice, de Ti Breizh en Bretagne de la Barricade à Paris et de la « Traboule » a Lyon66. Ces lieux destinés à servir de point de ralliement aux activités militantes, abriteraient en général un bar, une salle de boxe, une bibliothèque et des structures d’hébergement. L’hebdomadaire Minute dans son numéro du 15 juillet 2009, à la page 6, indique qu’à cette date que seule une Maison de l’Identité est actuellement active: Lou Bastioun, ouvert depuis peu à Nice et remplaçant la Maioun, sa prédécesseuse67.

Publication

ID Magazine
Pays Drapeau de la Belgique Belgique
Drapeau de la France France
Langue Français
Périodicité Bimestriel
Genre Politique, culture, histoire, géopolitique, mouvance identitaire, nationalisme européen.
Date de fondation 2005
Ville d’édition Nice

Directeur de publication Fabrice Robert, Jean-Charles Van Zee
Site web Site d’ID Magazine
modifier Consultez la documentation du modèle

Le BI publiait le bimestriel ID Magazine. La revue a été fondée en 2005 en remplacement de Jeune Résistance68 et de la revue Devenir, revue apparentée au mouvement Nation. Elle a cessé de paraître au début du second semestre 2009 pour céder la place au périodique Identitaires.

Notes et références

  1. a et b Le Bloc identitaire aux régionales [archive]
  2. a et b « Mieux connaître les Identitaires [archive], « Êtes-vous un parti politique ? », sur bloc-identitaire.com. « Le mouvement identitaire n’est pas qu’un parti politique. Les Identitaires, c’est bien plus qu’un parti. C’est un réseau, c’est une communauté. »
  3. dossier extrême droite radicale – UNITÉ RADICALE [archive]création : juin 1998, dissolution : décret du 6 août 2002, origine : Unité Radicale est issu de la fusion de deux mouvances : Nouvelle Résistance/Jeune Résistance/Union des Cercles Résistance, Groupe Union Défense (GUD). Unité Radicale a en outre attiré des dissidents d’autres groupuscules d’extrême droite radicale (Œuvre Française, PNFE : Parti Nationaliste Français et Européen) « critiquant l’inaction, le folklorisme et le passéisme de leurs ex-organisations ». successeurs : Bloc Identitaire/Jeunesses Identitaires (Fabrice Robert, Guillaume Luyt/Philippe Vardon), Réseau Radical (Christian Bouchet)
  4. a et b « Le mouvement d’extrême droite Bloc identitaire se lance dans les régionales [archive] », Le Point, 17 octobre 2009
  5. Abel Mestre et Caroline Monnot, « Du Bloc identitaire au FN, l’extrême droite française se concentre sur la peur de l’islam [archive] », Le Monde, 1er décembre 2009
  6. a, b et c Rémi Noyon (interviewer), Stéphane François (interviewé), « Oubliez « Game of Thrones » : les identitaires ont des théories plus folles [archive] », Rue89, 11 mai 2014.
  7. Cependant, Jean-Yves Camus classe le BI non à l’extrême droite, mais « à droite de la droite » : « Oskar Freysinger et ses inquiétantes fréquentations européennes » [archive] (interview par Patricia Briel), Le Temps, 18 novembre 2010
  8. Guillaume Luyt, « Oui nous ne sommes pas (plus) nationalistes… [archive] », Blog identitaire, 4 mars 2006
  9. Selon Jean-Yves Camus, « le Bloc identitaire essaie de concilier un populisme débarrassé des oripeaux de la vieille extrême droite radicale dont il est issu, avec cette question identitaire, un peu comme la Ligue du Nord italienne. » ; voir le Le FN ressuscité par l’UMP [archive]
  10. a et b « Les Identitaires en quête de respectabilité [archive] », sur RésistanceS.be, le 8 octobre 2009.
  11. « La formation politique rassemble plus de 620 partisans en convention encore aujourd’hui [archive] », Le Dauphiné libéré, 18 octobre 2009
  12. Chronologie de la dissolution d’Unité radicale [archive]
  13. Vivien Vergnaud, « Maxime Brunerie libéré [archive] », Le JDD, 22 août 2009
  14. Annuaire de l’extrême droite en France : Bloc identitaire et Jeunesses identitaires [archive]
  15. a, b et c Jean-Yves Camus, « Le Bloc identitaire, nouveau venu dans la famille de l’extrême droite [archive] », Rue89, 19 octobre 2009
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  18. http://www.humanite.fr/municipales-Nice [archive]
  19. http://www.nicematin.com/article/politique/nice-la-course-en-tete-de-lauriano-azinheirinha-0 [archive]
  20. http://www.cafebabel.fr/politique/article/le-bloc-identitaire-la-nouvelle-droite-populiste-francaise.html [archive]
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  32. a, b et c « Mieux connaître les Identitaires : Foire aux Questions [archive] », « Quelles filiations « idéologiques » revendiquez-vous ? », sur bloc-identitaire.com/.
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  49. « Des manifestants occupent une mosquée dans la Vienne » [archive], Reuters,‎ 20 octobre 2012
  50. « Les identitaires veulent un référendum » [archive], Dépêche AFP reprise par Le Figaro,‎ 23 octobre 2012
  51. « La rencontre du mois : Le fils de Lino Sabbadin, assassiné par Cesare Battisti, répond aux Identitaires [archive] », 1er avril 2004
  52. « Sur le front de l’intimidation, la cellule de l’ambassade italienne finança et lança à l’assaut le Bloc identitaire. Ce groupe de fanatiques aryens, émanation d’un parti d’extrême-droite français, était resté inconnu jusqu’à ce 14 juillet 2002 où l’un des leurs, pour s’assurer une gloire éternelle, ouvrit le feu sur Jacques Chirac. », p. 160.
  53. Lettre de la députée Catherine Trautmann à la Haute Autorité de lutte contre les discriminations et pour l’égalité le 19 janvier 2006.
  54. « Au cochon ou aux saucisses, notre soupe identitaire continue ! [archive] », communiqué du 23 janvier 2006
  55. « 1, 2, 3 – Paris, Nice, Charleroi – Que mijotent cent soupes identitaires ! [archive] », communiqué du 23 décembre 2005
  56. Paul Barelli, « Une soupe au porc pour les sans-abri crée la polémique à Nice [archive] », Le Monde, 31 décembre 2005
  57. (en) French court bans right wing soup, publié le 6 janvier 2007 par Al Jazeera English [lire en ligne [archive]]
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  59. « Le Conseil d’État interdit la distribution de la soupe au cochon », Dépêches JurisClasseur, 9 janvier 2007, 31
  60. Bertrand Pauvert, « À propos de l’interdiction de distribution d’une soupe populaire contenant du porc », AJDA 2007, p. 601. L’auteur s’interroge quant à la présence des éléments juridiques permettant d’identifier une discrimination effective et note que l’ordonnance est en rupture avec la jurisprudence Benjamin (CE 19 mai 1933, N° 17413 17520 [archive] : « l’éventualité de troubles, alléguée par le maire de Nevers, ne présentait pas un degré de gravité tel qu’il n’ait pu, sans interdire la conférence, maintenir l’ordre en édictant les mesures de police qu’il lui appartenait de prendre ; que, dès lors, sans qu’il y ait lieu de statuer sur le moyen tiré du détournement de pouvoir, les requérants sont fondés à soutenir que les arrêtés attaqués sont entachés d’excès de pouvoir »). Un autre commentaire affirme au contraire que l’interdiction pouvant seule prévenir le trouble à l’ordre public, l’ordonnance est conforme à la jurisprudence Benjamin (Serge Deygas, « La notion d’atteinte grave et manifestement illégale à une liberté fondamentale », Procédures no 3, mars 2007, comm. 69).
  61. Catherine Coroller, Le Conseil d’État ne goûte pas la «soupe au cochon», dans Libération du 6 janvier 2007 [lire en ligne [archive]]
  62. CEDH, 16 juin 2009, Association Solidarité des Français c. France, no 26787/07 [archive]
  63. (en) Adam Jones, Pig soup off menu for Paris homeless, dans le Financial Times du 6 janvier 2007 [lire en ligne [archive]]
  64. « L’extrême-droite remet le couvert [archive] », L’Humanité, 19 janvier 2006
  65. Analyse de la décision du Conseil d’État [archive] par Maître Eolas
  66. http://www.lyonlemelhor.org/la-traboule/ [archive]
  67. Derrière les lignes du Front. Immersions et reportages en terre d’extrême droite, Jean-Baptiste Malet, Golias, 2012 (ISBN 978-2354721374)
  68. http://www.les-identitaires.com/presse.htm [archive]

Voir aussi

Vidéographie

Articles connexes

Liens externes

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Affaire Clément Méric : qu’en est-il vraiment ?

Du 5 au 7 juin, diverses manifestations commémoratives se sont succédé les unes aux autres à l’appel de différentes parties et organisations.

La meilleure des façons d’honorer la mémoire de la victime étant encore de tenter de faire la lumière sur sa vie, son destin, ses derniers instants, les conditions et circonstances de sa disparition, j’y reviens avec ce nouvel article réunissant diverses publications sur cette affaire, en rappelant que j’ai bien du mal à m’exprimer d’une autre manière, les miliciens du NPA de Brest continuant à guetter chacune de mes publications pour tenter de la faire supprimer et me faire taire.

 

http://www.bfmtv.com/societe/clement-meric-manifestation-a-paris-memoire-lantifasciste-789051.html

En mémoire de Clément Méric: « Plus que jamais combattons l’extrême droite »

 

Plus de 3.500 personnes se sont rassemblées dans les rues de Paris pour rendre hommage au jeune militant d’extrême-gauche, mort il y a un an après une bagarre avec des skinheads. L’occasion de marquer leur opposition à la montée du Front national après les élections européennes.

 

Affaire Clément Méric : qu'en est-il vraiment ? dans Crime avatar_45x45

Jé. M. avec AFP
Le 07/06/2014 à 16:03
Mis à jour le 07/06/2014 à 22:34

Défilé samedi en hommage à Clément Méric, jeune militant d'extrême gauche mort il y a un an à l'issue d'une bagarre avec des skinheads. Ici une bannière de la Confédération du travail, de mouvance anarcho-syndicaliste. (Jacques Demarthon - AFP)

Défilé samedi en hommage à Clément Méric, jeune militant d’extrême gauche mort il y a un an à l’issue d’une bagarre avec des skinheads. Ici une bannière de la Confédération du travail, de mouvance anarcho-syndicaliste. (Jacques Demarthon – AFP)

Plus de 3.500 personnes selon la police se sont rassemblées samedi à Paris en mémoire de Clément Méric, militant d’extrême gauche mort il y a un an à l’issue d’une bagarre avec des skinheads. Le cortège, mené par des « militants antifascistes », a quitté la place de la Bastille, fermée à la circulation, peu avant 15 heures, en direction de Gambetta dans l’est de la capitale.

Parmi des détonations de pétards, la tête du cortège, principalement composée de militants « antifa »(scistes) aux visages souvent dissimulés par des foulards, cagoules, casquettes ou lunettes noires, s’était placée derrière une banderole « Plus que jamais combattons l’extrême droite ».


 

« Oui, Clément était un camarade »

 

« Clément, Clément, an-ti-fa » ou « Oui, Clément était un camarade », ont scandé des membres de l’Action antifasciste, tapant dans leurs mains et levant les bras, en rythme. D’autres, derrière une banderole « Ni oubli, ni pardon », hurlaient « On pardonne pas, on n’oublie pas ».

Plusieurs autres mouvements avaient appelé à manifester, notamment le Front de gauche et plusieurs syndicats. Au delà du souvenir de Clément Meric, mort à l’âge de 18 ans, beaucoup étaient présents pour marquer leur opposition au Front national.

« Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers », « Le fascisme c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève », criaient les manifestants.
 

« Un moment d’honneur et de lutte »

 

« Clément était un ami, un camarade. Il a été assassiné il y a un an par des militants néo-nazis. Aujourd’hui, c’est un moment en son honneur mais aussi un moment de lutte », a expliqué Ihn, un jeune militant qui ne veut pas donner son nom de famille.

Interrogé sur les résultats du Front national aux élections européennes, il affirme: « Nous n’avons pas attendu cette montée pour avoir un sursaut, le FN est aussi haut parce que les thèses d’extrême droite sont consolidées par les politiques ».

Pour rappel, Clément Méric est mort le 5 juin 2013 au lendemain d’une rixe entre un groupe de skinheads et des militants d’extrême gauche, dont Clément Méric, près de la gare Saint-Lazare. Quatre personnes sont mises en examen dans cette affaire, dont deux sont en détention provisoire, poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.
 

Besancenot appelle à la « résistance contre l’extrême droite »

 

Olivier Besancenot qui défilait lui aussi en hommage à Clément Méric a dit à BFMTV qu’il etait « important de montrer une résistance de ceux et celles qui veulent lutter contre l’extrême droite ».

 

http://www.atlantico.fr/pepites/mort-clement-meric-milliers-personnes-lui-rendent-hommage-plus-tard-1603810.html

Pour ne pas oublier

Publié le 7 Juin 2014
 

Mort de Clément Méric : des milliers de personnes lui rendent hommage un an plus tard

 

Ce militant d’extrême gauche est décédé à la suite d’une bagarre avec des skinheads.

Il y a un an, le 5 juin 2013, Clément Méric décédait des suites d’une bagarre. Une mort qui avait suscité beaucoup d’émotion et entraîné un vif débat public. En effet,  Clément Méric, militant d’extrême gauche et antifa revendiqué, succombait à ses blessures suite à une bargarre avec un militant d’extrême droite. Plusieurs manifestations aux quatre coins de la France avaient eu lieu et les politiques avaient été pris à partie pour que plus jamais une telle situation ne se reproduise. Qu’en est-il un an après ?

Si l’enquête n’a pas tellement avancé (quatre personnes sont mises en examen dans cette affaire, dont deux sont en détention provisoire, poursuivies pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner), les soutiens à Clément Méric demeurent.

Ainsi, ce samedi, plusieurs milliers de personnes (3 500 selon la police) ont défilé dans les rues. A Paris, le cortège, mené par des « militants antifascistes »  a quitté la place de la Bastille en direction de Gambetta dans l’est de la capitale. Ils se sont déplacés derrière une banderole « Plus que jamais, combattons l’extrême droite ! ».

Plusieurs autres mouvements avaient appelé à manifester, notamment le Front de gauche et plusieurs syndicats. Au-delà du souvenir de Clément Meric, mort à l’âge de 18 ans, beaucoup étaient présents pour marquer leur opposition au Front national. « Pas de quartier pour les fachos, pas de fachos dans nos quartiers », « Le fascisme, c’est la gangrène, on l’élimine ou on en crève », ont crié les manifestants selon l’AFP.

D’autres manifestations ont eu lieu en France. C’était le cas à Angers où selon Ouest France, des centaines de jeunes ont défilé afin  de rendre hommage à Clément Méric. Le quotidien régional indique aussi qu’à La Roche où là aussi des centaines de personnes se sont massées dans les rues du centre-ville.   »C’est une date symbolique, en l’hommage de Clément Méric. Nous souhaitons réoccuper un espace public de plus en plus fermé, la rue est un moyen d’expression, a expliqué à Ouest France Camille, un des manifestants. Nous montrons que nous sommes contre les valeurs d’exclusion, de division et de ségrégation véhiculées par certains. « 

 

http://www.politis.fr/Cette-jeunesse-qui-manifeste,27308.html

Par Louise Pluyaud8 juin 2014

 

Cette jeunesse qui manifeste contre le fascisme

 

Un an après la mort de Clément Méric, jeune militant anti-fasciste tombé sous les coups de l’extrême droite, ils étaient plusieurs milliers à lui rendre hommage à Paris, le 7 juin.

arton27308-500ca dans Folie

Plusieurs milliers de personnes se sont rassemblés [1], samedi 7 juin, à Paris, pour commémorer le premier anniversaire de la mort de Clément Méric, un jeune militant d’extrême-gauche tué à l’issue d’une bagarre avec des skinheads. Militants antifascistes, organisations syndicales et de jeunesse, partis de gauche, associations contre l’exclusion et collectifs féministes, tous s’étaient donnés rendez-vous place de la Bastille à 14h sous un soleil de plomb et dans la clameur des apophtegmes pour exprimer leur rejet et leur dégoût commun de l’extrême-droite. Pour l’occasion, certains militants ont fait le déplacement de loin comme Gildas Auzou, un militant Solidaires débarqué de Rouen « pour montrer que la résistance antifasciste est en France ». A quelques mètres, l’antenne parisienne du parti politique espagnol Podemos est également de la partie pour « exprimer son soutien et confondre sa voix avec les manifestants français », explique un de ses membres, Daniel Garcia.

« La manifestation ne se veut pas un temps de commémoration. Elle se veut une initiative politique, un moment de lutte. Car le combat contre l’extrême-droite est loin d’être gagné », peut-on lire sur un tract de l’organisation Alternative Libertaire. Sur les dizaines d’autres collectés de manière éparse, le mot d’ordre est également le même : « Face à la montée du Front national, il faut unir nos forces. » Cet après-midi là en effet, les slogans se font écho sans qu’une musique assourdissante ne vienne les contredire. « Pas de fachos dans nos quartiers, pas de quartiers pour les fachos ! » est repris en chœur successivement par les manifestants à commencer par les antifas. Ils ouvrent la marche, groupés en rangs serrés derrière une banderole qui proclame : « Un an après, plus que jamais combattons l’extrême droite. » Le Parti Pirate ferme le cortège. Au milieu, un jeune militant du NPA en hurle un autre dans un microphone, « Contre le fascisme et la misère, c’est la lutte sociale qui est nécessaire ! », tandis qu’un peu plus loin le bruit étouffé de « Les droits de l’homme sont remplacés par la terreur » parvient à ses oreilles.

jeunes-_2_-172ad dans LCR - NPA
 

La jeunesse a raison !

 

Les jeunes constituent la majorité de cette manifestation d’hommage à leur ancien compagnon de lutte mais également la preuve que « la rue n’appartient pas aux extrémismes de droite  » affirme François-Xavier, lycéen et membre d’Alternative Libertaire. Sur son T-shirt noir est imprimé le visage de Clément Méric sous lequel est inscrit en caractères blancs l’injonction « Plus jamais ça ».

« Si je suis ici, c’est pour réaffirmer ma solidarité avec un jeune homme de mon âge qui est mort il y a un an, explique-t-il. C’est inacceptable qu’aujourd’hui encore quelqu’un puisse être tué pour ses idées. C’est exactement la même chose qui s’est passée en Grèce avec le meurtre de Pavlos Fyssas par un militant d’Aube Dorée. La France, l’Europe ne doivent pas devenir les terrains de jeu des fascistes. Nous sommes là pour le rappeler. »

 

A ce jour, quatre personnes sont mises en examen dans l’affaire Clément Méric, dont deux sont en détention provisoire, poursuivis pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner.

Souvent critiquée pour son inaction ou sa démobilisation, la jeunesse était bel et bien présente dans la rue samedi, et pas seulement à Paris [2]. Vive et marchant d’un pas décidé jusqu’à Gambetta, elle a montré qu’elle poursuivait le même combat que Clément Méric contre le fascisme, le racisme, le sexisme et le capitalisme. « La semaine dernière, j’étais déjà avec les lycéens. C’est vivifiant de voir plein de jeunes dans la rue qui chantent et qui crient. Cette manifestation est pour moi l’une des plus belles démonstrations parmi toutes celles que j’ai pu faire en trente ans », s’émerveille Katel Benoît, une professeur à la retraite et présente également le jeudi 29 mai aux côté de l’UNL pour protester contre le FN suite aux résultats des élections européennes.

Spook : « C'est important d'être là aujourd'hui. L'antifascisme est une lutte de tous les jours. »

Spook : « C’est important d’être là aujourd’hui. L’antifascisme est une lutte de tous les jours. »

 
Darkos : « Je connaissais Clément Méric, on s'était vu plusieurs fois en manif. Cet hommage est important. Ça fait plaisir de voir qu'il y a du monde. »

Darkos : « Je connaissais Clément Méric, on s’était vu plusieurs fois en manif. Cet hommage est important. Ça fait plaisir de voir qu’il y a du monde. »

 
Maelyss, une jeune citoyenne de 19 ans venue rendre hommage à la mort de celui qui aurait eu son âge cette année, s’indigne approuvée par ses deux amis :

« Aujourd’hui, il y a une montée de l’extrême-droite. Les gens n’ont plus honte de dire qu’ils votent pour Marine Le Pen. Je pense que cette décomplexion est due à la crise. Ils ne savent plus quoi faire et le gouvernement ne les aidant pas ils se lancent dans la bêtise. Et ce qui me désole le plus, c’est que parmi ceux qui ont voté FN aux dernières élections européennes, 35% d’entre eux étaient des jeunes. »

La jeunesse de France n’est en effet pas homogène. Selon Yohan du Collectif Antifasciste Paris-Banlieue : « Le FN absorbe seulement une certaine jeunesse, en majorité non diplômée et qui a déserté les milieux associatifs, culturels ou syndicaux. » Cependant, à l’inverse de ces jeunes qui donnent leur voix à l’extrême-droite ou qui s’abstiennent, le jeune militant de 26 ans observe depuis un an le sursaut d’une partie de sa génération qui, selon lui pourrait bien remplacer l’ancienne dans la rue et dans la lutte contre le fascisme. « Aujourd’hui, il y a toute une jeunesse qui arrive, beaucoup plus diverse et multiculturelle et qui vient remplacée cette ancienne génération de militants de manière très dynamique, très ouverte prenant en compte toutes les formes d’oppression, épilogue-t-il tandis qu’une jeune femme passe prés de lui en brandissant une pancarte sur laquelle est inscrite « Vive la révolution ! ». Nous arrivons à un mouvement pluriel, peut-être moins structuré par les organisations traditionnelles mais qui est bien vivant. Il peut être l’avenir.  »

Bastos, porte-parole de l'Action Antifasciste Banlieue : « Je n'ai pas les chiffres de la manif mais c 'est une belle réussite, il y a du monde pour honorer la mémoire de Clément. Ça a demandé du boulot et l'union des différents groupes s'est bien passée. Je rappelle au passage qu'on a pas attendu les scores du FN pour attirer l'attention là dessus. »

Bastos, porte-parole de l’Action Antifasciste Banlieue : « Je n’ai pas les chiffres de la manif mais c ’est une belle réussite, il y a du monde pour honorer la mémoire de Clément. Ça a demandé du boulot et l’union des différents groupes s’est bien passée. Je rappelle au passage qu’on a pas attendu les scores du FN pour attirer l’attention là dessus. »

 

Unis dans la diversité

 

Derrière des militants antifascistes en ébullition, des syndicats de jeunesse et des partis politiques, dont le Parti de gauche et Ensemble !, sont venus se joindre à la manifestation. « C’est honteux ce qui est arrivé l’année dernière, s’indigne Camille Laine, membre à la coordination du Mouvement des Jeunes Communistes de France. Le MJC combat l’extrême-droite au quotidien. Il était donc logique que nous participions à ce rassemblement. » Derrière ces jeunes militants politiques, l’Union nationale des Lycéens (UNL) est également venue participer à « la construction d’une réplique suite au choc de la victoire du FN aux élections européennes », assène son président, Corentin Durand.

Parmi cette foule remontée contre la multiplication des actes racistes, sexistes et homophobes, se mêlent aussi des associations pour la lutte des droits de l’homme ainsi que des collectifs féministes. Unissant leur voix à celle des autres organisations, des femmes ainsi que des sans-papiers venus du Sénégal, du Gabon ou encore de la Mauritanie ont exprimé leur colère face à l’extrême-droite mais aussi leur déception envers la politique anti-sociale du gouvernement.

« Il est pour nous tout à fait normal qu’en tant que féministes nous soutenions cette manifestation antifasciste, relate le collectif 8 mars pour ToutES. D’une part, parce que l’extrême droite est une menace pour les droits des femmes en tant que telles, puisqu’elle a une vision essentialiste qui ne vise qu’à nous réduire à des outils de reproduction (…). D’autre part, beaucoup de femmes sont la cible directe de l’extrême droite et de ses discours, en tant que qu’étrangères ou non-blanches. C’est pour toutes ces raisons que nous devons nous inscrire de manière plus large dans la lutte antifasciste. »

Fatima-Ezzahra Benomar, secrétaire générale de l’organisation Les Effronté-e-es articule elle aussi cette lutte contre l’extrême-droite avec féminisme car depuis quelques temps elle s’alarme d’une recrudescence de violences sexistes perpétuées par des groupuscules réactionnaires et fascistes. « Suite à la Manif pour Tous et notamment grâce aux reculades du gouvernement notamment sur la PMA et la loi famille, ces derniers ont repris du poil de la bête », déplore-t-elle.

Outre le fascisme, le chef de l’Etat et son nouveau premier ministre se sont eux aussi attirés les foudres des manifestants. Car, si le cortège était rouge vif, il n’a laissé aucune place au rose. Les socialistes ni les MJS n’étaient présents et sans doute pas les bienvenus. « Pour nous, c’est très important que le gouvernement actuel applique les mesures pour lesquelles il a été élu. Mais, pour prendre un exemple parmi tant d’autres, le droit de vote des étrangers on l’attend encore, confie François-Xavier, le regard dans le vague. Les jeunes sont de moins en moins mobilisés parce qu’ils voient qu’au niveau politique rien ne change. Les partis qui sont élus ne tiennent jamais leurs promesses et aujourd’hui ne nous font plus rêver. »

Avant de partir rejoindre ses camarades de lutte, le jeune homme de 18 ans l’oeil pétillant et avec l’éloquence d’un tribun finit par conclure : « Je pense que c’est à toute la société civile de s’opposer à Marine Le Pen. C’est important que cette manifestation soit unitaire. Il est temps que toute la France se réveille et se rende compte qu’il y a une solidarité anti-fasciste qui existe et qui doit continuer. »
 

Nota Bene :

Reportage photos : Maxime François.

[1] 3 500, selon la police.

[2] Des manifestations se sont tenus, depuis jeudi 5 juin, à Lyon, Marseille, Strasbourg, Angers, Tours, Châteauroux, La Roche-sur-Yon, Lisieux… Elles ont rassemblé entre 10.000 et 30.000 personnes à travers toute la France.

 

http://www.ouest-france.fr/clement-meric-lenquete-un-apres-2605939

Clément Méric : l’enquête un an après

 

 

Voilà un an, le jeune antifasciste originaire de Brest mourait lors d’une rixe avec des skinheads à Paris.

 

Des rassemblements associant la famille et les amis de Clément Méric ont eu lieu hier rue Caumartin, dans le quartier de Saint-Lazare à Paris, là où le 5 juin 2013, le jeune militant âgé de 18 ans est décédé lors d’une rixe entre antifas et skinheads.

Deux skinheads, Esteban Morillo et Samuel Dufour, sont toujours incarcérés alors que l’enquête pour violences volontaires en réunion et avec arme ayant entraîné la mort sans intention de la donner se poursuit. Le premier a toujours reconnu avoir porté deux coups de poing au visage de Clément ; le second nie l’avoir frappé.

Un poing américain ?

Une question centrale est l’usage ou non d’un poing américain. Arme aperçue par les antifascistes mais aussi des passants. Esteban Morillo maintient qu’il a frappé à mains nues. Samuel Dufour est sur la même ligne. Mais une étude des SMS de son téléphone envoyés ou reçus le soir des faits a mis à mal sa version. « Jai frappé avec ton poing américain », mentionne un message. Mais il n’existe pas à l’heure actuelle d’éléments prouvant sans conteste que Dufour a atteint ainsi Clément Méric.

L’expertise de la vidéo d’une caméra de surveillance n’a rien apporté : un obstacle cache la scène de la rixe. Les expertises des blessures, des marques géométriques et symétriques, n’écartent pas l’usage d’une telle arme sans être concluantes.

La prochaine étape importante de l’instruction sera une reconstitution, peut-être à l’automne prochain. L’entourage de Clément Méric se montre « vigilant » pour que les responsabilités ne soient pas inversées. C’est bien lui qui est tombé sous des coups assénés après des invectives échangés de part et d’autre.

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/clement-meric-la-video-de-l-agression-a-parle-7762597802

Clément Méric : la vidéo de l’agression a parlé

Clément Méric en avril 2013, lors d'une manifestation.

Clément Méric en avril 2013, lors d’une manifestation.

Crédit : AFP

INFO RTL – Trois semaines après l’agression mortelle de Clément Méric le 5 juin, la police judiciaire parisienne vient de mettre la main sur les toutes premières images de la bagarre.

On avait d’abord cru qu’aucune image ne pourrait aider les enquêteurs… Finalement, trois semaines après l’agression mortelle de Clément Méric, le 5 juin dernier à Paris, la police judiciaire parisienne a mis la main sur les premières images de la bagarre.

La scène a été filmée par une caméra de surveillance de la RATP, située côté rue, au niveau de la station Havre-Caumartin. Les experts de la police technique et scientifique ont travaillé pendant plusieurs jours sur ces images pour les faire parler. Elles permettent de se faire une idée précise de la scène, jusqu’alors uniquement racontée par des témoins.

Clément Méric : la vidéo de l’agression a parlé

Crédit : Georges Brenier

On voit notamment, pendant une bagarre générale, le jeune militant d’extrême gauche se précipiter dans le dos d’Esteban Morillo, le meurtrier présumé, alors de dos, semble-t-il pour lui asséner un coup. Le skinhead se retourne alors et le frappe avec son poing en plein visage.

L’image ne permet pas de dire de façon formelle si Esteban Morillo donne un deuxième coup, ni s’il a ou non un poing américain. Le militant d’extrême-gauche, en tout cas, tombe immédiatement au sol, inconscient. Il n’est pas lynché une fois par terre.

L’autopsie avait établi que la victime n’était pas morte en tombant sur le bitume, mais avait été tuée par un ou plusieurs coups au visage  Ces images permettent de confirmer l’identité du meurtrier. Elles excluent l’hypothèse d’un lynchage, montrent un Clément Méric provocateur et confortent la thèse du juge sur une mort accidentelle à la suite de coups donnés.

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/clement-meric-la-video-n-est-pas-tournee-au-ras-du-bitume-la-camera-a-filme-des-visages-7762621374

Clément Méric : la vidéo n’est pas tournée au ras du bitume, la caméra a filmé des visages

 

Une caméra de vidéosurveillance de la RATP a enregistré la rixe, fatale pour Clément Méric. Sur les images exploitées par la police scientifique, des visages sont bien visibles.

Trois semaines après l’agression, les circonstances exactes de la mort de Clément Méric s’éclaircissent, vidéo à l’appui. Comme le révélait RTL ce mardi matin, une caméra de surveillance de la RATP a enregistré la rixe à l’issue de laquelle le jeune militant d’extrême gauche a été mortellement blessé par un militant d’extrême droite. Pour la première fois, le déroulé des faits se précise. Des éléments contestés par les proches du jeune homme de 19 ans.

Les images parlent d’elles-mêmes. Elles ont été exploitées par des experts de la police scientifique et elles permettent de retracer seconde par seconde le déroulé de l’altercation.

Sur la vidéo, des visages

C’est une bagarre générale qui a été captée par cette caméra, qui n’a pas seulement filmé des pieds et des chaussures, mais des corps en mouvement et des visages. Son objectif n’enregistre pas au ras du bitume, mais va jusqu’à environ 1 mètre 50 de hauteur. Les images reflètent bien ce qu’avaient déjà décrit des témoins, c’est-à-dire une bagarre violente, confuse, où les acteurs, des deux côtés, se rendent coup pour coup.

Une bagarre générale

Clément Méric fait partie de ses acteurs. Il frappe et se fait frapper, notamment par un premier skinhead, prénommé Samuel, qui est aujourd’hui en prison. Esteban Morillo, son complice du groupuscule Troisième Voie, se bat lui aussi. On le voit, à la toute fin de la scène, échanger coups de poings et coups de pieds avec deux amis de Clément Méric.

C’est là que le jeune militant d’extrême gauche arrive dans le dos d’Esteban. Il semble lui asséner un coup, peut-être à la tête. La réaction du skinhead est en tout cas immédiate : il se retourne et frappe Clément Méric en plein visage. Un coup de poing, puis peut-être un deuxième, mais la vidéo ne permet pas de le dire. Sa victime en tout cas s’écroule sur le bitume. L’un des coups qui vient de lui être donné a été fatal. Ses agresseurs, eux, ont déjà pris la fuite.

Clément Méric : les images de l’agression

Crédit : Georges Brenier – RTL

 

http://www.rtl.fr/actualites/info/article/mort-de-clement-meric-la-justice-saisit-de-nouveaux-experts-pour-analyser-la-video-7766518439

Mort de Clément Méric : la justice saisit de nouveaux experts pour analyser la vidéo

 

Une banderole déployée lors d'une manifestation en hommage à Clément Méric, le 8 juin à Toulouse

Une banderole déployée lors d’une manifestation en hommage à Clément Méric, le 8 juin à Toulouse

Crédit : AFP / REMY GABALDA

Le militant antifasciste Clément Méric est décédé dans des conditions troubles, lors d’une rixe avec des jeunes d’extrême droite, le 5 juin dernier. Une vidéo devrait permettre de faire la lumière sur ce décès.

La justice a décidé de mener une nouvelle expertise sur la vidéo de la mort de Clément Méric, selon une information BFMTV. De nouveaux experts ont été mandatés pour analyser l’enregistrement de vidéosurveillance qui montre la bagarre, survenue le 5 juin dernier et qui s’est soldée par la mort du militant d’extrême gauche.

Les juges veulent notamment que l’auteur des premiers coups soit identifié. Les conclusions de ces nouveaux experts sont attendues avant le 15 janvier 2014, selon BFMTV.

On avait d’abord cru qu’aucune image ne pourrait aider les enquêteurs, mais trois semaines après les faits, la police avait mis la main sur une vidéo très importante. Une caméra de vidéosurveillance de la RATP a enregistré la rixe . Sur les images exploitées par la police scientifique, des visages sont visibles.

 

http://ripostelaique.com/serge-ayoub-auteur-de-laffaire-clement-meric-les-antifas-sont-couverts-par-valls.html

Serge Ayoub, auteur de l’affaire Clément Méric : les antifas sont couverts par Valls

 

 

Riposte Laïque : Le 5 juin 2013, Clément Méric perdait la vie, lors d’un affrontement que lui et ses amis avaient provoqué. 6 mois plus tard, tu as senti la nécessité de publier un livre, « L’affaire Clément Méric, du fait divers au scandale politique ». Qu’amène de nouveau ce livre, par rapport à toutes tes interviews de l’époque ?

Serge Ayoub : Comme je l’ai raconté dans le livre, j’ai été contacté par l’ami intime de Manuel Valls, Monsieur Claude Askolovitch parce qu’il voulait écrire un livre sur l’affaire Méric, je me suis dit qu’il ne fallait surtout pas laisser un homme du camp ennemi imposer sa version. Ce qu’il y a de proprement nouveau, c’est le recul et l’analyse. Après avoir géré la crise au mieux de nos modestes moyens, j’ai pris le temps d’analyser d’où était venue une telle haine envers les patriotes que nous sommes de la part des antifas, du pouvoir, et des médias.

Riposte Laïque : Peux-tu nous parler de la situation d’Esteban et de Samuel, en prison depuis 6 mois, et de celle des autres inculpés ?

Serge Ayoub : Leur situation est claire dans une affaire trouble. « Dans le doute, j’embastille ». C’est un euphémisme de dire qu’on ne sait pas qui a attaqué, mais on sait qui est incarcéré. La seule chose dont on soit sûr, c’est que dans cette affaire le gouvernement est complice des antifas, dont le comportement bafoue pourtant toutes les lois et les règles de la démocratie. Quant à Esteban et Samuel, ils attendent la reconstitution des faits, qui devrait avoir lieu en janvier et qui sera évidemment décisive.

Riposte Laïque : Tu évoques dans ce livre le rôle joué, dans cette manipulation médiatique, par Alexis Corbière, bras droit de Mélenchon. Tu parles, d’autre part, d’un repas avec le journaliste Claude Askolovitch. Peux-tu, sur ces deux sujets, nous en dire davantage ?

Serge Ayoub : Corbière, son rôle est le même que celui que joue Mélenchon avec les Bonnets Rouges, c’est d’aboyer avec le système mais depuis une autre niche. « Assassinat fasciste », l’expression de son billet du 5 juin, quelques heures à peine après la bagarre, c’est le « la » donné par Corbière et que va reprendre l’ensemble de la gauche, y compris celle qui gouverne. Quant à Askolovitch, il est l’avocat, la plume et le verbe d’un gouvernement qui n’en a pas tant à son service.

Riposte Laïque : Tu regrettes également, dans l’ouvrage, ce que tu as ressenti comme une frilosité de Marine Le Pen et du Front national, dans cette affaire. Qu’attendais-tu d’autre de leur part ?

Serge Ayoub : Personnellement, je n’attendais rien du FN. Ses électeurs, ses sympathisants en revanche, attendaient peut-être davantage de noblesse de la part d’un parti dans lequel ils placent leurs espoirs. « La France ne peut être la France sans grandeur » disait De Gaulle. Il serait temps que Le FN médite cette phrase et apprenne à reconnaître dans l’adversité l’opportunité de se montrer digne de cette grandeur. Sans leurs moyens, sans leurs accès aux médias, sans le rouleau compresseur qu’est le Front, nous avons pu inverser la tendance et changer le scénario pré-écrit par les médias et le gouvernement. Si Marine s’était engagée franchement dans la bataille, c’était l’occasion de venger Carpentras et de retourner contre leur ennemi ce mensonge permanent qu’est la diabolisation. La sécurité du parti a prévalu sur le parti de la vérité.

Riposte Laïque : Ton organisation est dissoute, le bar que tu avais monté, le Local est fermé. Que deviennent tes amis militants, et quels sont, après ces six mois qui ont tout changé pour toi, tes projets ?

Serge Ayoub : Nous continuons, différemment et plus en profondeur notre travail politique. Tous ceux qui défendent la Nation ont besoin d’une ligne et d’un programme clairs. Notre travail est celui-ci, dans le prolongement de la réflexion théorique de Troisième Voie. Nous venons également de lancer un journal gratuit, Année Zéro, qui sera disponible en papier et en ligne, gratuitement également, à l’adresse suivante : http://fr.calameo.com/read/002941615b03cc5ea01ce .

Riposte Laïque : Comment vois-tu l’union des patriotes, que notre journal et d’autres réclament, pour lutter contre l’islamisation de la France et la défense de notre civilisation ?

Serge Ayoub : Nous avons déjà eu des discussions franches à ce sujet, ce sera donc facile de te répondre. Je crois sincèrement que l’union de patriotes est non seulement souhaitable mais possible, à condition d’élargir le programme à une lutte contre le système de domination de notre pays. Si certains quartiers s’islamisent, c’est à cause d’une politique d’immigration décidée par le grand capital et validée par la gauche et la droite depuis 40 ans. On ne défend pas une civilisation en jouant les Cassandre, mais en désignant l’ennemi, et pour moi l’ennemi n’est pas le musulman ou l’immigré en soi, mais le système qui engendre sa présence massive sur notre territoire. C’est cet ennemi qu’il faut désigner, et cet ennemi c’est le pouvoir. C’est lui qui créé les lois de regroupement familial, c’est lui qui fait mine de céder aux diverses pressions de lobbies montés de toute pièces par lui. C’est cet ennemi qu’il faut attaquer pour défendre notre civilisation, pas le musulman qui ne fait que se soumettre logiquement à ses propres traditions religieuses.

Riposte Laïque : Pour illustrer ce rapprochement, Riposte Laïque est d’accord pour servir de boutique à ton livre qui montre l’ampleur d’une manipulation politico-médiatique, et jusqu’où ce pouvoir est capable d’aller. Parle-nous de ton avocat, homme de gauche, Nicolas Gardères, qui a écrit la postface de ton ouvrage.

Serge Ayoub : Aussi étrange que cela puisse paraître pour toute personne sensée, un homme de gauche peut encore être honnête. C’est le cas de Maître Gardères, qui a depuis le début regardé cette affaire avec les yeux du juriste, du défenseur des libertés publiques et de l’homme de bon sens.

Riposte Laïque : Partages-tu l’avis, fréquemment développé, selon lequel Hollande n’ira pas au bout de son mandat ? Penses-tu que la période soit pré-révolutionnaire ?

Serge Ayoub : Je crains que la seule et unique compétence du gouvernement soit de garder le pouvoir. Ils dépensent des sommes considérables pour maintenir l’illusion que leurs décisions sont irréversibles et inéluctables. Les Français ont l’impression que leur gouvernement ne sert à rien, qu’il est incapable de sortir leur pays de la crise dans laquelle il s’enfonce, mais en même temps qu’il n’y a pas vraiment d’alternative. C’est le sens d’un sondage récent de l’Ifop : 70 à 80% des Français estiment que l’UMP et le FN ne feraient pas mieux que la majorité en place. Notre peuple est en train de désespérer. D’un point de vue révolutionnaire, c’est à double tranchant, parce que même si les élites ont perdu leur légitimité, le désespoir et l’absence d’alternative paralysent. C’est contre cela que nous voulons travailler, car sans une foi puissante dans la possibilité d’un avenir meilleur, aucune révolution, pire aucune politique n’est possible.

Propos recueillis par Pierre Cassen

 

http://www.liberation.fr/societe/2014/01/23/mort-de-clement-meric-des-responsabilites-difficiles-a-etablir_974960

 

De quoi est mort Clément Méric ? Sept mois après le décès du jeune militant antifasciste lors d’une bagarre le 5 juin dernier en plein Paris avec des jeunes skinheads, l’enquête judiciaire se poursuit. D’après nos informations, début janvier, l’une des premières expertises commandées par les juges d’instruction en charge du dossier a été rendue. Il s’agit du rapport de trois médecins chargés de déterminer les causes exactes du décès du jeune homme le lendemain de la rixe, à l’hôpital. Ce rapport est effectué à partir de l’autopsie réalisée juste après les faits, mais permet d’être plus précis dans les causes de la mort du jeune homme et d’établir les responsabilités.

Les coups donnés par les skins, notamment par Esteban Morillo et Samuel Dufour actuellement mis en examen pour violences volontaires ayant entraîné la mort sans intention de la donner, ont-ils tué le jeune homme ? Sa chute sur le trottoir a-t-elle été fatale ? Les deux, répondent en substance le collège des trois médecins experts, qui peinent à faire la part des choses. «Les lésions traumatiques, que ce soit le coup porté au visage ou la chute à terre sont directement responsable de l’hémorragie méningée», qui a conduit à la mort du jeune homme, écrivent-ils dans ce rapport de 19 pages.

Une chose est sûre : «On peut qualifier l’impact des coups comme très violent.» D’après eux, Clément Méric a reçu cinq coups au niveau du visage, laissant des ecchymoses sur les joues et au niveau du nez. «Il semble que M. Méric ait perdu connaissance très rapidement et qu’il ait ensuite chuté. Du fait de cette perte de connaissance, il n’a eu aucune retenue dans sa chute», poursuit le rapport.

Par ailleurs, précisent les médecins, la leucémie dont avait souffert Clément Méric n’ont pas eu d’influence sur son décés.
 

Poings américains ?

 

Les skinheads, qui se trouvaient comme les antifascistes à une vente privée de vêtements Fred Perry dans le quartier des grands magasins parisiens, ne nient pas les échanges de coups. Il y a eu des provocations, des deux côtés. Des injures. Le ton est monté. Puis la bagarre, très violente et très brève sur le trottoir, en bas de l’appartement qui accueillait la vente privée. Au fil de leurs auditions, les deux skins ont d’ailleurs fini rapidement par reconnaître avoir porté des coups à Clément Méric. Et même d’avoir donné le premier, car le jeune antifa les «provoquait».

En revanche, les deux jeunes skins (qui au cours de leur garde la vue, ont tous les deux nié leur sympathie pour l’extrême droite…) réfutent s’être armés de poings américains, ou de bagues de combat. Les médecins experts étaient donc chargés de déterminer si les lésions de Clément Méric «résultent d’un traumatisme provoqué par des coups portés à main nue ou par des coups portés au moyen d’un objet de type poing américain». Réponse : «L’aspect des sutures en points séparés des ecchymoses sur les joues, la plaie de la face latérale droite du nez pourraient faire évoquer l’utilisation d’objet métallique. Cependant et au vu des conclusions de l’expert légiste, ces aspects morphologiques des lésions traumatiques ne permettent pas de l’affirmer.» Ils précisent : «Les lésions faciales et du nez ne permettent pas de préciser si la victime a été frappée à poing nu ou s’il a été utilisé des objets métalliques contondants de type bague ou de type poing américain.»Esteban Morillo a toujours nié détenir un poing américain.

Pourtant, de nombreux témoins présents lors de la bagarre affirment avoir vu un objet brillant sur sa main. Une amie du jeune skin, présente avec lui dans le magasin, a même déclaré aux policiers avoir aperçu dans son sac «un poing américain assez gros, vraiment gros, couleur métal argenté». Elle avait ajouté : «Je crois qu’il avait des pics mais je n’en suis pas sûre.» Un détail relevé par un passant témoin de la scène. Esteban Morillo s’est défendu, en expliquant que sa «main avait doublé de taille, quand on est allé au bar [le soir même, ndlr] je n’arrivais même pas à tenir une bière. Je n’avais pas de poing américain». L’examen médical de sa main au lendemain de la rixe montre pourtant une petite blessure, sans rapport selon les juges avec le coup sur le visage de Clément Méric. Par ailleurs, chez Esteban Morillo, les policiers ont trouvé deux poings américains dont l’un «en acier supportant des pointes sur chaque anneau correspondant à l’emplacement des quatre doigts».

Lors de ses auditions, Morillo a également indiqué que Samuel Dufour avait fait usage d’un poing américain «ou peut-être de bagues de combat». Ce que, évidemment, Samuel Dufour nie. «Je n’avais pas de bagues de combat. J’avais juste mes bagues qui étaient chromées», s’est défendu Samuel Dufour. Des expertises sur les bagues et poing américain retrouvés au domicile des jeunes skins sont toujours en cours.

Violette LAZARD

 

http://www.liberation.fr/societe/2013/09/18/mort-de-clement-meric-ce-qui-s-est-passe-ce-5-juin-a-18h43_932932

 

Qui a donné les premiers coups, dont certains ont été mortels pour Clément Méric, jeune antifa de 18 ans ? Les skinheads, dont deux sont aujourd’hui mis en examen et écroués, étaient-ils armés lors de cette bagarre de rue qui a éclaté ce 5 juin à la sortie d’une vente privée de vêtements ? Plus de trois mois après les faits, l’enquête menée par les policiers et les juges sur le décès du jeune militant – et que Libération a pu consulter – a permis de reconstituer en détail le contexte de la rixe puis le déroulement de la bagarre qui a coûté la vie au jeune homme. L’enquête a également montré qu’aucun des sympathisants des mouvements d’extrême droite radicaux mis en cause dans ce dossier ne revendique aujourd’hui son appartenance à ces réseaux.

 

Le déclenchement de la rixe

 

D’après de nombreux témoignages, il semble que ce sont bien les militants d’extrême gauche qui ont d’abord provoqué les skinheads, venus à une vente privée de vêtements Fred Perry, marque qu’affectionnent les deux camps. Samuel Dufour – l’un des deux skins, écroué et mis en examen car soupçonné d’avoir porté l’un des coups mortels à Clément Méric – explique que les «rouges» sont venus les provoquer, leur conseillant de faire peu d’achat pour pouvoir courir très vite à la sortie de la vente… Entendu par les policiers au lendemain de la bagarre, un militant d’extrême gauche présent à la vente confirme que l’un de leur groupe a lâché un «bravo les nazis», rien de plus. Un autre explique que le même membre de leur groupe a déclaré à haute voix «qu’il était inadmissible de voir des nazis se trimbaler dans des lieux publics». Puis ils expliquent être descendus de l’appartement où la vente avait lieu, s’être positionnés en face de l’immeuble pour attendre Clément Méric pour que celui-ci, qui n’était pas encore sur les lieux, ne vienne pas faire ses courses tout seul. «N’avez-vous pas plutôt attendu pour en découdre avec eux?», demandent les policiers à l’un des militants de gauche. «Non, nous sommes plutôt minces. Clément est vraiment gringalet.» Les skins, eux, affirment ne pas être sortis tout de suite car ils avaient «peur».

Au-delà des versions contradictoires de chacun des deux groupes, quelques faits sont établis. Les «rouges» n’ont pas bougé de la rue. Clément Méric est venu parler aux skins lorsque ces derniers attendaient regroupés dans la cour de l’immeuble. Et au moment de sortir des lieux, les skins, au lieu d’éviter la bande adverse, se sont dirigés vers eux.
 

La bagarre a-t-elle été filmée ?

 

Oui. Une caméra de vidéo-surveillance, disposée à l’entrée de la gare Haussmann-Saint Lazare à quelques mètres des lieux de la rixe a permis de voir «partiellement» la bagarre d’après le compte-rendu effectué par la police sur un PV. Cependant, à 18 h 43 et 25 secondes, impossible de distinguer sur les images qui donne le premier coup car «leurs mains et les visages ne sont pas visibles. Le pilier situé à l’entrée de la gare obstrue le reste de l’action.» Sur certaines images, on ne voit que les pieds et les jambes des protagonistes. A 18h43 et 33 secondes, les images montrent «une masse sombre» à terre.
 

Qui a donné les coups de poing ?

 

Esteban Morillo reconnaît avoir porté deux coups de poing à Clément Méric, en situation de légitime défense. Le premier, car Clément Méric s’approchait de lui. Le second, face à un nouvel assaut du jeune homme et de deux de ses amis. «Ils m’ont entouré et se sont ensuite jetés sur moi. J’ai été agrippé, tiré et c’est seulement après que j’ai frappé.» Samuel Dufour, lui, reconnaît avoir donné des coups de poing mais pas à Clément Méric. Pourtant, d’après les juges, l’autopsie a montré des plaies sur le visage de Clément Méric qui ne paraissent pas avoir été causées par les poings de Morillo. Et ils soupçonnent très fortement Samuel Dufour de ne pas avoir frappé à mains nues.
 

Les skins avaient-ils des poings américains ou des bagues de combat ?

 

Esteban Morillo l’a toujours nié. Chez lui, les policiers ont pourtant trouvé deux coups de poing américains dont l’un «en acier supportant des pointes sur chaque anneau correspondant à l’emplacement des quatre doigts». Mais les analyses effectuées sur ces armes n’ont pas permis de déterminer qu’elles avaient été utilisées lors de la rixe, selon une source judiciaire. Esteban Morillo s’est défendu, en expliquant que sa «main avait doublé de taille, quand on est allé au bar [le soir même, ndlr] je n’arrivais même pas à tenir une bière. Je n’avais pas de poing américain». L’examen médical de sa main au lendemain de la rixe montre pourtant une petite blessure, sans rapport selon les juges avec le coup sur le visage de Clément Méric. Et de nombreux témoins, dont la petite amie de Samuel Dufour, ont déclaré avoir vu Esteban Morillo en possession de cet objet dans la salle de vente. En revanche, des analyses sont toujours en cours sur les «bagues» de Samuel Dufour. Plusieurs témoins ont expliqué avoir vu des choses «briller» aux doigts du skinheads. «Je n’avais pas de bagues de combat. J’avais juste mes bagues qui étaient chromées», s’est défendu Samuel Dufour.

Violette LAZARD

 
Retenons donc que l’information judiciaire s’éternise alors que les enquêteurs semblent avoir à peu près tout en main dès le 6 juin 2013.