Nicolas Hulot, Patrick Poivre d’Arvor… un syndrome TF1 ?

 

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Nicolas Hulot : une enquête pour viol ouverte, avant de nouveaux témoignages ?

 

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Nicolas Hulot : une enquête pour viol ouverte, avant de nouveaux témoignages ? HULOT. Vendredi 26 novembre 2021, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour viol et agression sexuelle contre Nicolas Hulot, à la suite de l’émission « Envoyé spécial ». De nouveaux témoignages pourraient par ailleurs être révélés.

L’essentiel
  •  Le parquet de Paris a ouvert, ce vendredi 26 novembre 2021, une enquête pour viol et agression sexuelle visant Nicolas Hulot « pour des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure », a précisé la juridiction dans un communiqué de presse, à la suite de l’émission « Envoyé spécial« .
  • La nouvelle « affaire Hulot » va-t-elle prendre une autre ampleur ? Déjà ébranlé par les témoignages diffusés sur France 2 jeudi soir, Nicolas Hulot pourrait être l’objet de nouvelles accusations d’agressions sexuelles comme l’a révélé Elise Lucet, vendredi, sur BFM TV.
  • Jeudi, « Envoyé spécial » a diffusé les témoignages de quatre femmes mettant en cause l’ancien animateur de l’émission « Ushuaïa » pour viol et agressions sexuelles. Des actes qui se seraient produits à diverses époques, et dont les récits sont détaillés.
En direct

16:45 – Qui serait la victime présumée pour laquelle une enquête a été ouverte ?

Le parquet de Paris a donc ouvert une enquête, vendredi, « pour des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure ». De quoi corroborer avec l’un des quatre témoignages diffusés jeudi soir dans « Envoyé spécial ». Parmi les accusatrices, une trentenaire prénommée Sylvia. Elle raconte avoir écrit à l’ancien animateur de télévision en 1989. Alors âgée de 16 ans, elle lui fait part de son admiration et reçoit, en retour, une invitation le 27 mai 1989 pour participer à l’émission « Antipodes » sur France Inter. Elle s’y est rendue. A la fin de l’émission ce jour là, selon Sylvia, le présentateur l’aurait invité à prendre un café, en tête à tête, avant de la raccompagner jusqu’à une bouche de métro.

C’est à ce moment-là que la situation aurait dérapé. Avant de quitter la voiture, l’homme d’alors 34 ans lui aurait demandé  »de l’embrasser dans le cou ». « Vous en avez rêvé », lui aurait-il lancé. La suite des événements se serait déroulée dans un parking « à ciel ouvert », où Nicolas Hulot aurait décidé de « défaire son pantalon » et de « montrer son sexe » à la jeune femme.  »Je me rappelle d’être dans un état d’incompréhension », avant d’être « forcée à faire une fellation », témoigne Sylvia. Et de poursuivre : « Je suis tétanisée. Je ne l’ai jamais fait. Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse. Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qu’il se passe ne peut pas arriver. [...] Je suis coincée. » La scène d’agression sexuelle se serait conclue par une seule phrase de Nicolas Hulot, avant de raccompagner l’adolescente à une bouche de métro : « Remaquillez-vous, on dirait que vous avez fait des trucs ».

16:17 – Quel est le délais de prescription pour viol et agression sexuelle sur mineur ?

Pour les chefs d’accusation qui visent Nicolas Hulot (viol et agression sexuelle sur mineur), le délais de prescription est de 30 ans pour le premier chef et de 10 ou 20 ans pour le second (le délais étant allongé pour les mineurs de moins de 15 ans). Ce délais ne débute pas à la date des faits présumés mais à la majorité de la victime présumée. Ainsi, elle dispose jusqu’à ses 28, 38 ou 48 ans du droit de déposer plainte.

16:12 – Qu’est-ce que « la prescription de l’action publique » ?

L’enquête préliminaire ouverte à l’encontre de Nicolas Hulot par le parquet de Paris s’attachera, dans un premier temps, à « déterminer si la prescription de l’action publique est acquise ». Concrètement, que cela signifie-t-il ? Le site officiel de l’administration française indique que « le délai de prescription est la période au-delà de laquelle l’auteur d’une infraction ne peut plus être poursuivi, c’est-à-dire jugé par un tribunal ». Des délais divers existent selon nature de l’infraction.

15:55 – Le parquet de Paris ouvre une enquête

Après la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial dans lequel Nicolas Hulot est accusé de violences sexuelles, le parquet de Paris a annoncé, vendredi 26 novembre 2021, ouvrir une enquête concernant « des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure » pour des chefs de viol et agression sexuelle.  Les investigations ont été confiées à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ). « Elles s’attacheront à déterminer si les faits dénoncés peuvent caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l’action publique est acquise », précise Laure Beccuau, procueure de la République.

15:36 – Claire Nouvian a « honte que Nicolas Hulot prenne le rôle de victime »

Après le face caméra, Claire Nouvian prend la plume. L’une des femmes accusant Nicolas Hulot d’agression sexuelle dans « Envoyé spécial » jeudi soir signe une tribune dans Le Monde, ce vendredi, dans laquelle elle dit s’être « endormie avec un sentiment de honte ». Et précise sa pensée : « honte de la réaction de Nicolas Hulot face aux accusations d’agressions sexuelles, [...] honte que Nicolas Hulot ait préempté l’espace médiatique pour renverser les perspectives et prendre le rôle de victime ».

Fustigeant « son indignité, sa lâcheté, sa posture », elle s’indigne des propos tenus par le mis en cause au téléphone avec Elise Lucet : « en répétant à Elise Lucet que la parole des femmes serait devenue « sacrée », il a insinué qu’elle était désormais intouchable et qu’elle pouvait porter en elle l’injure, l’accusation aveugle, le procès d’intention, en un mot toute l’injustice qui est précisément ce que cette parole libérée cherche à combattre. Cette inversion rhétorique est d’une grande perversité ».

15:20 – Une ancienne militante d’EELV écartée car elle « excitait trop » Nicolas Hulot ?

Le tweet remonte au 15 octobre 2017. Les faits présumés, eux, en 2011. Au moment du tweet, Pauline Lavaud, militante chez EELV, publie ce message sur les réseaux sociaux : « Lui : ‘désolé, mais tu vas pas pouvoir faire partie de l’équipe de campagne du candidat, tu l’excites trop’. Moi : ‘…’ #BalanceTonPorc ». Le candidat en question ? Nicolas Hulot selon ses dires. C’est en tout cas ce qu’elle a assuré au micro de BFM TV, vendredi 26 novembre. La jeune femme l’assure, elle n’a jamais subi une quelconque agression de la part de l’ancien ministre, qui briguait alors l’investiture pour la primaire EELV en vue de la présidentielle de 2012.

Elle raconte avoir, un soir, reçu un appel tardif de Nicolas Hulot « vers 23 heures. Je n’avais pas vraiment compris l’objet de son appel. Suite à ça, il m’avait envoyé un SMS pour me souhaiter ‘bonne nuit’ donc là j’avais compris que ce n’était pas un appel professionnel ». Et de poursuivre : « Quelques jours après cet échange, à l’issue du débat entre les candidats, une personne de son équipe est venue me voir spontanément pour me dire que je n’allais pas pouvoir faire partie de l’équipe de campagne parce que j’excitais trop le candidat ». « Meurtrie », « humiliée », Pauline Lavaud juge, avec le recul, que « les profils sont les mêmes, ce sont des jeunes femmes qui débutent leur carrière professionnelle, qui sont peut-être impressionnées par le personnage. J’ai eu de la chance ».

14:58 – De nouveaux témoignages contre Nicolas Hulot à venir ?

Le dossier des accusations à l’encontre de Nicolas Hulot va-t-il s’étoffer ? C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Elise Lucet, présentatrice de l’émission « Envoyé spécial ». Invitée sur BFM TV vendredi 26 novembre 2021, la journaliste a indiqué : « il y aussi d’autres conversations avec d’autres femmes qui n’ont pas encore témoigné parce que c’est pas encore le moment pour elles. Ces femmes sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner ». Précisant « respecter leur décision » et que « c’est à elles de décider quand elles veulent témoigner et la manière dont elles veulent le faire », la journaliste « pense qu’à un moment ou à un autre, elles témoigneront ».

Accusation contre Nicolas Hulot: Elise Lucet déclare que « d’autres femmes sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner » pic.twitter.com/BKkruvAs37

— BFMTV (@BFMTV) November 26, 2021

14:19 – L’avocat de Nicolas Hulot fustige « une émission qui a voulu faire son procès et le condamner à vie »

Au lendemain de la diffusion de l’enquête réalisée par « Envoyé spécial », l’avocat de Nicolas Hulot, Me Alain Jakubowicz, s’est à nouveau exprimé sur l’affaire, après avoir accordé une première interview au Point. Sur RTL, il a fustigé vendredi à la mi-journée « une émission du service public a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie » dénonçant une « pratique absolument surréaliste » au moment d’évoquer l’échange téléphonique entre Elise Lucet et Nicolas Hulot, enregistré à l’insu de ce dernier et diffusé dans le reportage. Le conseil de l’ancien ministre a par ailleurs indiqué que la présentatrice avait initialement accepté de montrer le reportage au mis en cause en vue de sa venue en plateau, avant de finalement se rétracter.

⚖️ Nicolas #Hulot accusé de viols et agressions sexuelles
???? Son avocat Maître @JakubowiczA a réagi dans #RTLMidi
????️ « Une émission du service public a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie » pic.twitter.com/vjGVabryxD

— RTL France (@RTLFrance) November 26, 2021

12:52 – Près de 3,4 millions de personnes devant l’enquête

Gardée secrète jusqu’au dernier moment, l’enquête a réuni 3 346 000 téléspectateurs, faisant de France 2 la première chaîne de la soirée avec 16,6% de part d’audience. Il s’agit d’un record pour le magazine.

11:58 – Que risque Nicolas Hulot ?

La plupart des faits présumés étant prescrits et aucune plainte n’ayant été déposée, Nicolas Hulot ne devrait pas être inquiété par la justice. Pour autant, Eric Dupont-Moretti a indiqué sur LCI jeudi matin que « peut-être que le parquet s’emparera de cette affaire. Si les faits dénoncés sont prescrits, ça n’interdit pas au parquet de mener une enquête », le Garde des Sceaux rappelant avoir « expressément demandé dans une circulaire, aux parquets, dans une hypothèse de cet ordre, qu’une enquête soit conduite pour rechercher si d’autres plaignants peuvent être concernés ».

11:44 – Pour Nicolas Hulot, « ce n’est même plus la peine de se défendre »

S’il a refusé de s’exprimer dans l’enquête réalisée par « Envoyé spécial », Nicolas Hulot a tout de même répondu à l’appel d’Elise Lucet, qui l’a sollicité. Un échange d’un peu plus de six minutes dans lequel l’ancien ministre se dit « anéanti » par les faits évoqués par la journaliste : « on ne me foutra jamais la paix, c’est pas possible. Je ne sais pas de quoi il s’agit, je ne sais pas ». Il assure n’avoir « jamais eu de relations ambigües. Je veux dire, j’ai eu des histoires sans lendemain comme tout le monde ».

Celui qui est mis en cause par quatre femmes face caméras et deux autres par écrit s’est refusé à se défendre : « De toutes façons, la parole des gens mis en cause aujourd’hui, elle est de fait dénaturée et suspecte. Ce qui est normal aujourd’hui, la parole des femmes est sacrée, la parole des hommes est mise en cause, donc ce n’est même plus la peine de se défendre. Le procès médiatique, il est fait à l’avance ».

En dépit des relances d’Elise Lucet, Nicolas Hulot n’a pas accepté de répondre à une interview : « Je ne vais pas moi contre-attaquer en disant que ce sont toutes des menteuses, des trucs comme ça. Je n’en sais rien. Quand on est innocent comme je le suis, on est de toute façon piégé. Quoi que l’on dise, la parole est suspecte. On ne peut pas se défendre, parce que dans ce combat nécessaire et légitime des femmes, la parole des femmes est sacrée, et voilà ».

Nous avons proposé à Nicolas #Hulot de recueillir sa réaction sur les témoignages, mais il a refusé.

Nous avons choisi de diffuser le seul échange téléphonique que nous avons eu avec lui quand il a appelé @EliseLucet directement.#MetooPolitique @VirginieVilar pic.twitter.com/AJzGm7HTCG

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

11:16 – Dans une autre lettre, une ex-employée de TF1 dénonce également une agression sexuelle

Au-delà des quatre femmes qui ont témoigné dans « Envoyé spécial » et de la lettre de Maureen Dor, Franceinfo a diffusé une nouvelle lettre d’accusations contre Nicolas Hulot. Signée de la main anonyme, une ancienne employée de TF1 raconte qu’elle travaillait pour la chaîne « au début des années 1990″. Elle avait alors 23 ans. Après une première rencontre lors d’une « réunion de travail » pour « Ushuaïa », le présentateur l’invite à déjeuner, un moment « sympathique ». Mais c’est en quittant le restaurant que les choses auraient dérapé : « Une fois installés, il se tourne vers moi me dit qu’il a passé un moment agréable et saisit ma main pour la plaquer sur son pantalon, au niveau de son sexe en début d’érection ».

Elle raconte sa réaction : « Cela va très vite et mon réflexe est d’éclater de rire. J’ai déjà à l’époque un caractère assez affirmé et ai l’habitude de sortir des situations embarrassantes par l’humour. C’est sûrement ce que je pense faire à ce moment-là. S’en suit un retour interminable jusqu’à Boulogne (le siège de TF1), pendant lequel il ne me dit pas un mot ». A son retour au bureau, la jeune femme parle de ce qui ce serait produit à son chef, lequel la « rassure » écrit-elle.

Malgré une lettre de Nicolas Hulot à Patrick Le Lay, PDG de TF1, pour « dénigr[er] le travail que je fais sur son émission et demandant de prendre des mesures afin d’y remédier », elle n’est pas inquiétée et est protégée : « dans mon désarroi, j’ai la chance d’avoir un patron qui m’apprécie, respecte mon travail et décide de prendre ma défense. Il est outré, et me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il va gérer la situation. Je ne sais pas ce qu’il a fait, mais je n’en ai plus jamais entendu parler et j’ai envers lui une reconnaissance infinie. Je n’ai plus jamais eu affaire à Nicolas Hulot, les interactions passant par son producteur. J’ai encore vécu quelques années heureuses et passionnantes à TF1″.

10:54 – Une animatrice dénonce une agression sexuelle de Nicolas Hulot dans une lettre

En plus des témoignages dans « Envoyé spécial », Franceinfo a diffusé, jeudi soir, une lettre transmise par l’animatrice et comédienne belge Maureen Dor, dans laquelle elle accuse Nicolas Hulot de l’avoir agressée sexuellement en 1989, alors qu’elle avait 18 ans. Après avoir écrit à Nicolas Hulot pour lui faire part de son admiration, elle reçoit un coup de fil de l’animateur qui lui propose une rencontre dans un hôtel de Bruxelles, à l’occasion du salon du livre. « J’y suis allée, toute heureuse d’avoir intéressé le grand homme, que j’ai vu apparaître dans le hall. De là, nous sommes allés boire un verre au bar de l’hôtel. Au bout d’un quart d’heure, il me dit que des journalistes doivent venir l’interviewer et il me propose de l’accompagner dans sa chambre pour les attendre », écrit-elle.

Et poursuit : «  J’ai 18 ans en 1989, élevée dans un milieu bourgeois catholique. Je suis vierge et surtout, je ne me trouve pas particulièrement sexy. C’est important à dire parce qu’à l’époque je pense sincèrement qu’un homme peut me proposer de l’accompagner dans sa chambre sans avoir aucune arrière-pensée ». Le présentateur de l’émission « Ushuaïa » aurait alors dérapé : « Je l’accompagne donc et, aussitôt dans la chambre, le voilà qui me saute dessus et tente de m’embrasser. Je le repousse, étonnée et effrayée, en lui faisant cette remarque si naïve : ‘Mais vous avez une femme !’ et lui de me répondre que cela n’a rien à voir et que je serai une ‘parenthèse’ ». Le téléphone sonne alors pour annoncer l’arrivée des journalistes. Elle ajoute que, plus tard, elle avait accepté d’aller dîner avec lui le soir, « fascinée par le bonhomme ». C’est à cause de cela qu’elle estime que « mon témoignage ne vaut rien ».

10:35 – Nicolas Hulot accusé de viols et agressions sexuelles par plusieurs femmes

La très attendue enquête d’Envoyé spécial a donc été diffusée jeudi 25 novembre 2021 sur France 2. Se succèdent ainsi quatre témoignages de femmes assurant avoir été victimes de viols et agressions sexuelles par Nicolas Hulot. Des propos chocs agrémentés de nombreux détails racontés par les victimes présumées. Les détails sont à retrouver plus bas dans l’article. S’il n’intervient pas dans l’émission, l’ancien ministre s’était exprimé mercredi sur BFM TV, indiquant se retirer de la vie publique et ne réfutant toutes les accusations.

En savoir plus

C’est un travail d’enquête aussi minutieux que colossal qui a été réalisé par Virginie Vilar, journaliste à l’origine du  »Envoyé spécial » diffusé le jeudi 25 novembre 2021, dans lequel Nicolas Hulot est mis en cause pour des faits de viols et agressions sexuelles par quatre femmes. Les équipes d’Elise Lucet, la présentatrice, ont travaillé pendant quatre ans sur cet épais dossier, rencontrant à plusieurs reprises les accusatrices. La journaliste aurait même, selon ses dires, rencontré d’autres femmes rapportant des faits semblables. « Au fur et à mesure des témoignages, tout se vérifiait, les lieux, les dates, il y avait des choses qui nous faisaient croire que ces témoignages étaient extrêmement crédibles », a expliqué Elise Lucet sur le plateau de C à vous, le 25 novembre, ajoutant que les témoins « nous ont fait une grande confiance et elles nous ont demandé clairement de protéger leurs identités et de ne pas les révéler avant l’émission ».

Une enquête d’1h20 à laquelle Nicolas Hulot n’a pas souhaité répondre, en dépit des sollicitations des journalistes. « Depuis le 9 novembre très précisément s’est engagée la demande de contradictoire, ça fait 17 jours qu’on est en contact avec Nicolas Hulot et avec ses avocats, Me Jakubowicz et Me Laffont, il y a eu des échanges entre nous, des coups de téléphone, de mails, de lettres », précisé Elise Lucet.

Sylvia :  »Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse »

La première à passer à l’antenne ce jeudi soir sur France 2 se prénomme Sylvia. Elle affirme avoir été agressée sexuellement par l’ancien ministre en 1989. Au moment des faits, elle était âgée de 16 ans et Nicolas Hulot de 34 ans. Ce dernier est alors présentateur de la célèbre émission « Ushuaïa » et sa présumée victime l’admire.  »Je me reconnais dans ses actions et dans les choix faits par Nicolas Hulot », explique l’accusatrice, dans l’émission de France 2. A travers un jeu concours lancé par la Maison de la Radio, Sylvia dit avoir écrit une lettre à l’animateur pour lui adresser toute son admiration. En réaction, Nicolas Hulot lui aurait envoyé une invitation, le 27 mai 1989, pour participer à son émission « Antipodes » sur France inter.

A la fin de l’émission ce jour là, selon Sylvia, le présentateur l’aurait invité à prendre un café, en tête à tête.  »Je suis ultra intimidée, c’est quand même la première personne publique que je vois d’aussi près », se remémore-t-elle sur France 2. Puis, après s’être intéressé à son invitée, Nicolas Hulot aurait décidé de la raccompagner jusqu’à une bouche de métro. Au moment où la jeune fille mineure sort de sa voiture, le trentenaire lui aurait demandé  »de l’embrasser dans le cou ». « Vous en avez rêvé », lui aurait alors lancé Nicolas Hulot. La suite des événements se serait déroulée dans un parking « à ciel ouvert », où Nicolas Hulot aurait décidé de « défaire son pantalon » et de « montrer son sexe » à la jeune femme.

« Je me rappelle d’être dans un état d’incompréhension », avant d’être « forcée à faire une fellation », témoigne Sylvia. Et de poursuivre : « Je suis tétanisée. Je ne l’ai jamais fait. Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse. Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qu’il se passe ne peut pas arriver. [...] Je suis coincée. » La scène d’agression sexuelle se serait conclue par une seule phrase de Nicolas Hulot, avant de raccompagner l’adolescente à une bouche de métro : « Remaquillez-vous, on dirait que vous avez fait des trucs ».

Sylvia a 16 ans quand Nicolas #Hulot laurait agressée sexuellement.

À l’époque, elle nose pas en parler.

Les faits quelle décrit se seraient déroulés il y a plus de 30 ans. Ils sont prescrits par la loi.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/qwhSSrY6Gl

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Aujourd’hui, dans l’émission d’Envoyé Spécial, Sylvia a dit vouloir « se libérer ».  »Il faut que je sorte de cette voiture », explique l’accusatrice. Sans preuves, elle ne peut pas grand chose devant la justice. Par ailleurs, remontant à plus de 30 ans, les faits seraient désormais prescrits, regrette-t-elle. « Qui allait me croire », répètera plusieurs fois Sylvia dans le reportage.

Cécile : « Je l’ai poussé et frappé au visage »

Cette affaire très médiatique, révélée dans le sillage d’une plainte d’une collaboratrice de Nicolas Hulot en 2018 (lire ci-dessous), ouvrira la voie à de nouveaux témoignages, enfouis pendant plusieurs années. « En février 2018, quand l’article d’Ebdo est sorti, ça m’a donné une gifle », relate le troisième témoin d’Envoyé Spécial, Cécile. En septembre 1998, à 23 ans, celle-ci est contractuelle à l’ambassade de France à Moscou. Un jour, on lui explique qu’elle doit se rendre à l’aéroport de Moscou pour aider Nicolas Hulot, qui est coincé à la douane. La demande serait même venue du président de la République de l’époque, Jacques Chirac. Pour la remercier d’avoir débloqué la situation, Nicolas Hulot l’aurait invitée avec toute son équipe à dîner à son hôtel. A la suite du dîner, toute l’équipe se serait rendue dans un bar dansant de Moscou, où l’animateur télé aurait décidé de lui offrir un premier verre. « Qu’est ce qu’on peut dire à quelqu’un de si célèbre ? », questionne Cécile, des années plus tard sur France 2.

Cécile raconte avoir été agressée sexuellement par Nicolas #Hulot en 1998. À l’époque, elle avait 23 ans.

Les faits quelle dénonce sont aujourd’hui prescrits.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/WHia6c3EWY

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Après quelques remarques désobligeantes, Cécile aurait décidé de rentrer chez elle et aurait été suivie dans le taxi par Nicolas Hulot. « Dans le taxi, il me tarde qu’une chose, c’est que ça se finisse », raconte aujourd’hui celle qui avait 23 ans au moment des faits. En lui posant la main sur la cuisse, Nicolas Hulot lui aurait proposé « un boulot chez TF1″. Puis les choses auraient dégénéré :  »Il se jette sur moi, il essaye de m’embrasser, il me touche les seins, l’entre-jambes », a énuméré la témoin dans Envoyé Spécial. Avant d’ajouter : « Je l’ai poussé et l’ai frappé au visage. Je crois que le non était très clair ».

Claire Nouvian : « Un dysfonctionnement dans ses rapports avec les femmes »

« Il y a clairement un dysfonctionnement dans ses rapport avec les femmes ». Ces mots, ce sont ceux de la militante écologiste Claire Nouvian, qui a rencontré Nicolas Hulot lors d’un tournage de son émission Ushuaïa, au Costa Rica, en 2008.  »Avant de partir en tournage, son entourage me prévient. Il faut éviter les situations où tu es seule avec lui. Si vous travaillez, c’est dans le restaurant de l’hôtel et pas dans ta chambre. Si il vient dans ta chambre le soir, n’ouvre pas », raconte celle qui a ensuite fait un bout de chemin en politique elle aussi. Claire Nouvian souligne même que trois à quatre alertes portant sur Nicolas Hulot lui seraient revenues par la suite. Il ne se passera rien au Costa Rica selon elle, mais plusieurs années plus tard, Nicolas Hulot aurait tenté de l’embrasser. D’après l’ancienne réalisatrice, « il y a beaucoup de jeunes filles qui passent à la casserole », toutes n’étant pas consentantes selon elle.

Claire Nouvian participe en 2008 à un épisode dUshuaïa.

Elle dit avoir reçu des mises en garde de la part de lentourage politique de Nicolas #Hulot.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/smS9ea4BYg

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Un baiser forcé à TF1

Un quatrième et dernier témoignage a été diffusé dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2. Un témoignage anonyme cette fois, pour des faits présumés ayant eu lieu en pleine réunion de travail à TF1 et concernant un baiser « à pleine bouche » forcé. Mère célibataire avec des enfants en bas âge au moment des faits, la témoin explique qu’elle se serait battue s’il elle n’avait pas peur de tout perdre. « C’est inadmissible. Je lui ai dit sur le coup », explique cette femme dont l’identité sera tue. Nicolas Hulot lui aurait par la suite envoyé un message, non pas pour s’excuser mais simplement pour « regretter ne pas en avoir eu plus ».

Pascale Mitterrand et l’affaire de la villa en Corse

Pascale Mitterrand ne s’est pas exprimée dans Envoyé Spécial, mais l’affaire qui l’a opposée à Nicolas Hulot dès 2008 a été retracée dans l’émission d’Elise Lucet. La petite-fille de François Mitterrand a rencontré le présentateur d’Ushuaïa lors d’un stage de photographie chez Sipa Press, dans les années 1990. Selon les journalistes d’Envoyé Spécial, c’est le même Nicolas Hulot qui aurait ensuite demandé, par l’entremise du patron de Sipa Press, de faire venir dans sa villa en Corse cette jeune stagiaire de 19 ans, pour un reportage, en s’assurant  »qu’elle vienne seule ». Nous sommes alors en 1998 et selon le récit que Pascale Mitterrand en fera plus tard, le reportage devait durer 4 jours. Or au troisième soir, alors qu’ils visionnaient un film ensemble avec Nicolas Hulot, la jeune femme se serait endormie. Elle dira s’être réveillée en partie sous le corps nu de l’animateur qui la couvrait de baisers. Au moment de porter plainte une dizaine d’année plus tard, en juillet 2008, Pascale Mitterrand expliquera qu’elle se trouvait elle aussi dévêtue, mais sans aucun souvenir de s’être elle-même déshabillée. Paralysée, elle n’aurait alors pas osé dire « non ».

Bérengère Bonte raconte dans quelles circonstances, Pascale Mitterrand sest retrouvée seule dans la maison de Nicolas #Hulot

Elle a porté plainte pour viol contre lui en 2008.

Cette plainte est classée sans suite en raison de la prescription.
#EnvoyéSpécial #MetooPolitique pic.twitter.com/VtG2DzZbmo

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

En 2018, quand la plainte de Pascale Mitterrand sera révélée au grand jour, celui qui était encore ministre de l’Ecologie s’évertuera à écarter tout soupçon. A commencer par les soupçons sur l’âge de la plaignante : au moment des faits présumés, elle n’était pas mineure selon lui, alors qu’elle était d’abord présentée comme une jeune femme de 17 ans. Puis Nicolas Hulot indiquera avoir été entendu, à sa demande, par les gendarmes en charge de l’affaire en 2008 et que celle-ci avait été classée sans suite. « Elle a été classée sans suite parce que non seulement l’affaire avait été prescrite », a-t-il indiqué, mais parce que « les enquêteurs ont considéré que rien ne permettait de poursuivre ». « C’est vrai qu’il y a eu cette plainte mais la justice est passée, il faut en tenir compte », concluait-il.

Nicolas Hulot a refusé de répondre à Envoyé Spécial

Dans une interview accordée au Point jeudi 25 novembre, avant même la diffusion d’Envoyé Spécial, l’avocat de Nicolas Hulot Me Alain Jakubowicz a dénoncé avec véhémence la proposition d’Elise Lucet, présentatrice de l’émission, de faire réagir son client à l’enquête. Ce que Nicolas Hulot a refusé. « Nous avons demandé à Élise Lucet et aux auteurs du reportage – que personne n’a vu – de nous en fournir une copie afin que nous puissions le visionner et préparer nos réponses. Mme Lucet s’y est refusée, se contentant de nous donner à voir quelques bribes de l’émission, sélectionnées par elle. Élise Lucet nous dit « venez, regardez et défendez-vous », comme si nous étions convoqués par la PJ ou devant un procureur », a-t-il déploré.

Pour Me Jakubowicz, « dans le procès judiciaire, qui est le seul qui vaille, le mis en cause est informé des faits qui lui sont reprochés avant de devoir s’en expliquer ; il connaît l’identité des plaignantes qui le mettent en cause avant d’être confronté à elles ; il bénéficie d’un avocat et dispose du dossier. On aimerait au moins savoir qui sont les personnes qui accusent Nicolas Hulot, et de quoi, c’est le minimum. Eh bien, non, Mme Lucet s’y refuse ! Elle invoque le ‘secret des sources’, mais ça n’a rien à voir ! On ne parle pas ici de ‘sources’, mais d’accusations, et elles sont extrêmement graves », se désole-t-il. Fustigeant une « Star Ac en beaucoup plus glauque », l’avocat a rappelé dans l’hebdomadaire qu’il n’y avait « aucune enquête en cours sur ces faits ».

La vidéo de Nicolas Hulot sur BFMTV

Lors de son passage du BFMTV, mercredi 24 novembre, Nicolas Hulot s’est pour sa part défendu de toute agression sexuelle.  »Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé l’ancien animateur et homme politique. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il martelé, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».  »Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, pour les protéger des salissures (…) Je quitte définitivement la vie publique parce que je suis écœuré », a par ailleurs déclaré l’ancien ministre, ajoutant : « Pourquoi pérenniser une notoriété qui me fait subir ce qu’un homme peut subir de pire ? ».

Nicolas Hulot a aussi décidé d’employer des arguments choc pour sa défense : « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte ». Des propos qui ont provoqué une réaction de la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno.  »Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ? », s’est-elle indignée sur Twitter.

Nicolas Hulot (@N_Hulot): « Je quitte définitivement la vie publique » pic.twitter.com/oQSzEeUjo3

— BFMTV (@BFMTV) November 24, 2021

Des rumeurs dès 2018

Les premières rumeurs sur le comportement de Nicolas Hulot avec les femmes ont émergé alors que ce dernier était toujours ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Macron. En février 2018, l’ancien animateur TV, connu pour son engagement en faveur de l’écologie, avait fait l’objet d’un article dans le magazine l’Ebdo, disparu depuis, qui faisait état d’une plainte pour viol déposée en 2018 à son encontre. C’est à cette occasion que le nom de Pascale Mitterrand avait une première fois été mentionné.

L’affaire de 2018 concernait des accusations de harcèlement présumé subi par une ancienne collaboratrice de la Fondation Hulot. Au micro de BFMTV déjà, le 8 février 2018, Nicolas Hulot avait nié purement et simplement avoir fait l’objet d’une quelconque plainte. « La réponse est non, et je le dis avec d’autant plus de force que la personne en question, qui est parfaitement identifiée, avec laquelle je suis en contact, vous dira la même chose », avait-il martelé face à Jean-Jacques Bourdin.

Et quand son intervieweur avait évoqué un « accord de confidentialité », voire une « transaction financière », pour acheter le silence de la plaignante, Nicolas Hulot s’était insurgé, demandant à ce qu’on lui amène le « chèque » comme preuve. L’ancienne collaboratrice de Nicolas Hulot aurait par la suite été salariée à l’Assemblée nationale, ce qui alimentera les théories d’un échange de bons procédés pour étouffer l’affaire.

Biographie de Nicolas Hulot

Fervent défenseur de l’écologie, Nicolas Hulot est né le 30 avril 1955 à Lille. Dès son enfance, il aime déjà beaucoup les voyages et la photographie. Après quelques petits boulots, Nicolas Hulot réalise ses premiers photoreportages à l’agence SIPA, un premier travail qui lui permet de faire le tour du monde. De par son métier, le photographe s’intéresse tout naturellement à l’univers des médias. L’écologiste démarre ainsi une carrière de journaliste sur les ondes de France Inter. Il fait ensuite ses premiers pas sur le petit écran, en 1980, dans une émission pour enfants, intitulée « Les visiteurs du mercredi ».

En 1987, Nicolas Hulot lance sur TF1  »Ushuaïa, le magazine de l’extrême », une émission qui va devenir un véritable succès et le propulser au sommet. De ce programme découleront une nouvelle chaîne, ainsi qu’un mensuel en kiosque. En parallèle à son émission sur la nature devenue culte, Nicolas Hulot présente en 1996  »Opération Ovakango » sur la même chaîne. A côté de sa carrière d’animateur, le journaliste publie plusieurs livres axés sur la nature, l’écologie, à l’instar de « Graines de possibles » ou « Le syndrome du Titanic ».

La Fondation Nicolas Hulot et le « Pacte écologique »

Ancien membre d’Europe Écologie-Les Verts, Nicolas Hulot va devenir un fervent défenseur de la protection de l’environnement et contribuera par sa notoriété à sensibiliser le grand public sur les questions écologiques. En 1990, Nicolas Hulot crée la « Fondation Ushuaïa » qui devient, en janvier 1995, la « Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme » puis en 2011, la « Fondation pour la nature et l’homme ».

Nicolas Hulot songera à se présenter à l’élection présidentielle de 2007 afin que les questions relatives à la protection de l’environnement soient véritablement prises en compte. Il se retirera finalement après la signature du Pacte écologique par un grand nombre de candidats des différents partis, dont Nicolas Sarkozy qui organisera le Grenelle de l’Environnement peu après son élection. En avril 2011, Nicolas Hulot se déclare néanmoins candidat à la présidentielle de 2012 et dans cette démarche s’inscrit à la primaire écologiste en 2011. Il sera battu par Eva Joly qui atteindra 49,75 % des voix.

Un ministre du gouvernement Macron

En 2015, Nicolas Hulot devient « envoyé spécial pour la protection de la planète » ce qui inclus la préparation de la 21ème conférence sur le climat (COP21). Dans ce cadre, il lance le « Sommet des Consciences ». La conférence rassemble une quarantaine de personnalités du monde entier afin de répondre à la question « The climate, why do I care ? » soit « Le climat, pourquoi je m’en soucie ? » En janvier 2016, il quitte son poste d’envoyé spécial.

A plusieurs reprises, Nicolas Hulot a refusé d’être ministre de l’Ecologie, pourtant proposé par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Pour Emmanuel Macron, en revanche, il prendra le portefeuille de la Transition écologique et solidaire en 2017. Un poste qu’il quittera en août 2018, quelques mois après la révélation d’une première affaire d’agression sexuelle présumée, classée sans suite.

Qui est Florence Lasserre, la femme de Nicolas Hulot ?

Côté vie privée, Nicolas Hulot est marié depuis 2002 à Florence Lasserre, la mère de deux de ses trois enfants, Nelson et Titouan. C’est en janvier 1996 que l’animateur d’Ushuaïa rencontre, à Chamonix, cette férue de ski ayant vécu trente ans au pied du Mont Blanc. Il vient alors tout juste de se séparer d’Isabelle Patissier, double championne du monde d’escalade, avec laquelle son mariage capotera entre 1993 et 1996. Auparavant, il avait vécu avec Dominique Cantien, directrice des variétés à TF1 de 1986 à 1992. Une histoire qui se terminera « de manière explosive » raconte aussi sa biographie. Après avoir vécu en Corse, le couple qu’il forme toujours avec Florence Lasserre s’est installé à Saint-Lunaire, en Bretagne, où cette dernière sera adjointe au maire.

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/info-franceinfo-affaire-ppda-florence-porcel-a-depose-une-nouvelle-plainte-pour-viol-avec-constitution-de-partie-civile_4858861.html

Affaire PPDA : Florence Porcel a déposé une nouvelle plainte pour « viol » avec constitution de partie civile

 

Cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction.

Article rédigé par

Nicolas Hulot, Patrick Poivre d'Arvor... un syndrome TF1 ? dans Calomnie catherine-fournier-661a413e
France Télévisions
Publié le 25/11/2021 18:01 Mis à jour le 25/11/2021 18:43
Temps de lecture : 1 min.
Florence Porcel à Paris, le 25 février 2021. (MAXPPP)
Florence Porcel à Paris, le 25 février 2021. (MAXPPP)

 

La journaliste Florence Porcel, qui accuse l’ancien présentateur du « 20 heures » de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, d’un viol en 2009, vient de se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction, a appris franceinfo auprès du parquet de Nanterre jeudi 25 novembre.

Sa première plainte avait été classée sans suite, en raison d’une « insuffisance de preuves », selon le parquet de Nanterre. Cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, sous réserve du versement de la consignation (somme destinée à couvrir l’amende encourue en cas de fausse dénonciation).

Le juge d’instruction dernier ne pourra être saisi que sur ces faits de viol – les seuls à être non prescrits parmi les accusations portées contre l’ex-présentateur – mais pourra consulter l’intégralité du dossier et entendre les autres femmes, malgré la prescription. Huit femmes avaient déposé des plaintes pour « viols », « agressions sexuelles », « tentatives d’agression sexuelle » ou « harcèlement sexuel » contre Patrick Poivre d’Arvor. Sept ont accepté de témoigner publiquement auprès de Libération début novembre. Sollicités, les avocats de Florence Porcel n’ont pas donné suite.

 

https://www.franceinter.fr/societe/les-huit-accusatrices-de-ppda-qui-temoignent-dans-libe-lancent-une-association-pour-liberer-la-parole

Les huit femmes qui accusent PPDA dans Libé lancent une association pour libérer la parole

 

par la rédaction numérique de France Inter, Thibault Lefèvre mis à jour le 10 novembre 2021 à 12h35 | publié le 9 novembre 2021 à 13h00
 

INFO FRANCE INTER – Ces femmes lancent l’association #MeTooMedias dans l’espoir de déclencher un mouvement #MeToo dans le monde médiatique au-delà du cas de l’ancienne vedette de TF1 Patrick Poivre d’Arvor.

 

La Une de Libération sur les témoignages à visage découvert des accusatrices de PPDA
La Une de Libération sur les témoignages à visage découvert des accusatrices de PPDA © Radio France / France Inter

 

Les huit femmes, dont sept à visage découvert, qui accusent l’ex-présentateur star de TF1 Patrick Poivre d’Arvor de viols, d’agressions ou de harcèlement sexuel dans Libération mardi ont constitué une association pour libérer la parole dans le monde des médias. L’association, qui s’appelle #MeTooMedias, vise à relayer le combat « des femmes et des hommes qui souffrent silencieusement dans ce milieu médiatique », explique à France Inter Emmanuelle Dancourt, l’une des accusatrices. Les statuts de l’association ont été déposé mercredi matin. Cette dernière en est la présidente, Hélène Devynck en est la vice-présidente. Elles seront en tête de cortège du défilé #NousToutes, le samedi 20 novembre.

Sept femmes ont témoigné à visage découvert dans Libération. Une huitième garde elle l’anonymat. Elles répondent ainsi à la ligne de défense choisie par PPDA dans l’émission « Quotidien » en mars 2021, quand l’ancienne figure de TF1 mettait en doute la sincérité et le courage de ses accusatrices :  »Uniquement de l’anonymat, toujours de l’anonymat. Jamais une personne qui ose venir, les yeux dans les yeux, me dire :Non, ce n’était pas bien.

On a décidé de créer #MeTooMedias, pas uniquement à propos de PPDA, mais pour toutes les femmes et les hommes qui souffrent silencieusement dans ce milieu médiatique.

« Offrir une ombrelle à toutes celles qui ont besoin de cette sororité »

« Ça a été une prise de conscience supplémentaire », estime avec le recul Emmanuelle Dancourt, journaliste de télévision et chroniqueuse sur RMC. Avec les autres femmes concernées par cette affaire, elle a décidé de monter une association pour libérer la parole dans les médias : « On ne se connaissait absolument pas. Mais quand vous portez plainte, vous avez le droit d’avoir accès au dossier. Donc on a bien vu nos noms aux unes et aux autres, puis on s’est retrouvé sur les réseaux sociaux. »

Cela ne s’arrêtera pas à un mouvement de témoignages sur les réseaux sociaux explique Emmanuelle Dancourt : « On veut monter une association et offrir une ombrelle à toutes celles qui ne veulent pas sortir de l’anonymat, mais qui ont besoin de cette sororité. » L’organigramme de leur association n’est pas encore définitif, tout n’est pas encore validé, mais les fondatrices du #MeTooMedias veulent lancer très prochainement leur mouvement sur les réseaux sociaux.

« Devant le courage hallucinant de Florence Porcel, on ne pouvait pas la laisser seule », confie Emmanuelle Dancourt à propos de l’écrivaine qui a porté plainte la première contre Patrick Poivre d’Arvor. Une première plainte classée sans suite par le parquet de Nanterre en juin dernier pour « prescription » ou  »insuffisance de preuves ». L’autrice Florence Porcel a toutefois déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile après ce classement sans suite, ouvrant ainsi une information judiciaire confiée à un magistrat indépendant.

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Le Brestois Herwann Asseh accusé de viols : enquêtes sur l’enquête…

Il faut bien dire qu’une mise en examen pour viol à Brest, ce n’est vraiment pas un fait banal…

Du coup, tout le monde s’interroge : quel vent mauvais souffle donc sur Brest en ce moment ?

Ou bien encore : la juge Céline Verdier aurait-elle pris un gros coup de soleil cet été ?

 

https://www.letelegramme.fr/bretagne/viols-et-agressions-sexuelles-enquete-sur-la-chute-d-herwann-asseh-choregraphe-star-de-brest-08-10-2021-12843330.php

Publié le 08 octobre 2021 à 20h30

Viols et agressions sexuelles : enquête sur la chute d’Herwann Asseh, chorégraphe star de Brest

 

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Lecture : 5 minutes.

 

Enquête sur la mise en examen, en août, pour viols et agressions sexuelles, du chorégraphe brestois Herwann Asseh.

 

Herwann Asseh a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineur le 6 août 2021.
Herwann Asseh a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineur le 6 août 2021. (Photo Alain Monot)

 

C’était le 10 avril 2021. Ce jour-là, Herwann Asseh modifie sa photo de profil Facebook. Il la remplace par un court texte, énigmatique. On y lit notamment : « Parfois, même en essayant de faire au mieux, nous sommes le méchant de l’histoire d’une personne ». Ses fans, davantage habitués aux photos de visages radieux et de corps en apesanteur, sont circonspects.

Ambassadeur de Brest

Herwann Asseh, 46 ans, c’était jusque-là l’itinéraire d’un enfant gâté par la danse. En 20 ans, l’ex-champion du monde de Street Dance a fondé sa compagnie, baptisée « Moral Soul », et est devenu l’ambassadeur de sa ville d’adoption, Brest. Il est de ceux que l’émission Métropolis, sur Arte, choisit, en novembre 2019, pour être l’une des figures de proue de son reportage sur la cité du Ponant. On l’y voit danser sur la terrasse du bureau du maire, dominant la rue de Siam, et vanter « Brest, bourrée d’histoires, bourrée de rencontres ».

« On était toutes fans de lui »

L’étape-clé de son ascension remonte à 1999, lorsque Jacques Blanc, directeur du Quartz, le propulse artiste associé de la Scène nationale brestoise. Depuis, nul besoin d’hologrammes : Herwann Asseh est omniprésent, de tous les stages, de tous les happenings dans les MPT, les écoles, les Ehpads… « On était toutes fans de lui », résume une admiratrice. Ses spectacles, conçus avec son alter ego féminin, sont très courus. Lui qui a commencé en dansant dans la rue obtient, en octobre 2015, une nouvelle reconnaissance des pouvoirs publics en installant sa compagnie dans le bel écrin de l’ancienne gare du Relecq-Kerhuon (29), rebaptisée « Fabrique des arts en mouvement ».

L’annonce de la paternité

Rien ne résiste à son charme, à son allant. Herwann Asseh a-t-il fini par s’en persuader ? La « success story » prend un tour plus sombre en décembre 2020. Un soir, à l’issue d’un cours, il réunit ses élèves danseurs dans les vestiaires et leur annonce qu’il est papa. Une adolescente sort précipitamment en sanglots. Une autre la rejoint, veut la consoler. En pleurs, la jeune fille lui explique qu’elle pensait être sa petite amie. Voilà qu’elle découvre qu’il a une compagne, et des enfants ! La confidente est interloquée : elle aussi vit une liaison avec le chorégraphe !

 

Courrier au procureur le 2 mai

Cet épisode sonne le glas d’un cloisonnement savamment entretenu par Herwann Asseh. Les jeunes femmes vont se confier les unes aux autres. Huit d’entre elles vont découvrir qu’elles ont été ses amantes et, selon elles, de manière forcée. Elles se tournent vers Sandrine Perirhin, élue en charge de la politique jeunesse. Cette dernière les oriente vers le planning familial de Brest, qui leur offrira un accompagnement sans failles.

C’est le maire du Relecq-Kerhuon qui, indirectement, leur fait franchir le pas du dépôt de plainte : en avril, Laurent Péron a connaissance d’informations jugées troublantes. « Fin avril, j’avais des éléments qui me laissaient penser qu’on n’était pas sur des rumeurs », dit-il. Il a en tête l’article 40 du code de procédure pénale : « Tout officier public qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ». Son courrier part le 2 mai.

Pilote de drone

Pendant tout ce printemps 2021, la suspension des subventions à Moral Soul, puis la démission de son conseil d’administration, ont alimenté les discussions. Et puis, après 20 ans à la tête de Moral Soul, Herwann Asseh a pris la tangente et annoncé la naissance d’une nouvelle compagnie, nommée « Fenikkusu » (« phénix » en japonais). Ce virage est mis sur le compte du chambardement lié à la crise sanitaire. En fait, Herwann Asseh ne va pas tarder à entamer une formation pour devenir pilote de drone.

« Il avait un regard un peu particulier sur les grandes adolescentes »

Le 6 août 2021, il est mis en examen pour viols et agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, et corruption de mineur. Les faits couvrent une période allant de 2009 à 2021. L’instruction est confiée à la magistrate Céline Verdier. Herwann Asseh est laissé libre, sous contrôle judiciaire. À Brest, c’est le coup de tonnerre. Beaucoup tombent des nues. Pas tous. « La danse, dans le Finistère, c’est un petit milieu. Tout le monde se connaît de près ou de loin. Et quand même, il avait un regard un peu particulier sur les grandes adolescentes et on ne s’est pas toujours senti à l’aise », témoigne un danseur. « Quand on l’interrogeait sur cette proximité avec des jeunes filles, il nous parlait de fusion artistique », dit une autre.

 

« Tu es magnifique quand tu danses »

Les adolescentes, elles, racontent toutes, peu ou prou, la même histoire. Herwann Asseh les a repérées lors d’un cours ou un stage découverte de la danse. Ils ont échangé leurs numéros de téléphone. « Unique », « exceptionnelle », « Tu es magnifique quand tu danses »… Il ne tarit pas d’éloges sur chacune. Les SMS, longs et flatteurs, pleuvent. « Il parle de coup de foudre artistique et personnel. Ce sont des mots qui résonnent très fort chez des adolescentes ! », témoigne Me Emilie Bruézière, avocate des plaignantes, spécialisée dans les dossiers de victimes d’agressions sexuelles.

Danse et sexualité

Herwann Asseh leur aurait promis une carrière internationale dans la danse. Le Graal ! Mais, condition sine qua non, elles ne devaient pas en parler aux autres, qui ne comprendraient pas. Ce sera leur secret à eux. Ensuite, les textos prennent un autre tour. Herwann Asseh, adepte de la danse contact, aurait un credo : sans avoir connu la sexualité, on ne peut pas être vraiment à l’aise dans son corps. Particulièrement dans la danse, où l’un n’irait pas sans l’autre. Un couple de danseurs ne doit faire qu’un et se connaître intimement. D’après nos sources, sept des adolescentes sont mineures au moment des faits. La plupart ont connu des petits copains mais pas encore eu de relations sexuelles.

« Pressées d’être entendues par la justice »

Alors, étaient-elles consentantes comme l’aurait prétendu le chorégraphe à un élu ? Contacté, Me Fabrice Quantin, avocat d’Herwann Asseh, réitère qu’il « réserve sa position ainsi que ses éléments de défense au magistrat instructeur ». Les plaignantes, elles, racontent des faits d’agression sexuelle et de viol, commis par leur professeur de danse, dans sa voiture, dans des résidences lors de déplacements, sur des plages, au sein de la Fabrique des Arts en mouvement, au Relecq-Kerhuon…

Deux d’entre elles tomberont enceintes. L’une vivra une fausse couche, seule, désorientée. La seconde prendra une pilule abortive mais connaîtra des complications qui lui vaudront d’être hospitalisée. « Aujourd’hui, elles ont peur qu’on leur reproche de faire tomber quelqu’un de son piédestal, peur d’être traitées de menteuses. Elles sont pressées d’être entendues par la justice. Pour elles, ce sera important », explique Me Bruézière.

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/l-avocat-d-herwann-asseh-rappelle-la-presomption-d-innocence-aux-elus-brestois-07-09-2021-12820683.php

Publié le 07 septembre 2021 à 07h54

L‘avocat d’Herwann Asseh rappelle la présomption d’innocence aux élus brestois

 

Lecture : 2 minutes.

 

L’avocat d’Herwann Asseh regrette « la déclaration hâtive » des élus de Brest et Brest Métropole. Dans un communiqué adressé vendredi dernier à la presse, ces derniers avaient « condamné avec la plus grande fermeté les faits reprochés à Herwann Asseh ».

 

Le 6 août dernier, Herwann Asseh a été mis en examen suite à la plainte de neuf femmes mineures au moment des faits.
Le 6 août dernier, Herwann Asseh a été mis en examen suite à la plainte de neuf femmes mineures au moment des faits. (BST – F111A)

 

En fin de semaine dernière, le maire de Brest, François Cuillandre, et l’ensemble des élus de Brest et Brest métropole ont indiqué dans un communiqué qu’ils « condamnaient avec la plus grande fermeté les faits reprochés à Herwann Asseh ». Cette déclaration a fait réagir l’avocat du chorégraphe mis en examen le 6 août dernier pour viols et agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, mais aussi corruption de mineur.

 

« Déclaration hâtive »

« Une telle déclaration, qui tient pour acquis que ce dernier serait coupable des faits pour lesquels il est mis en examen, apparaît faire fi de la présomption d’innocence qui bénéficie à Herwann Asseh », tient donc à rappeler Fabrice Quantin, avocat au barreau de Brest. Lequel « regrette cette déclaration hâtive, alors même qu’une instruction est en cours, et réserve sa position ainsi que ses éléments de défense au magistrat instructeur ». « Monsieur Herwann Asseh souhaite que la Justice pénale puisse investiguer sereinement pour permettre la manifestation de la vérité », conclut maître Quantin.

 

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/face-aux-violences-sexuelles-le-quartz-de-brest-appelle-a-la-mobilisation-de-l-ensemble-du-secteur-culturel-04-09-2021-12818989.php

Publié le 04 septembre 2021 à 09h08

Face aux violences sexuelles, le Quartz de Brest appelle à la mobilisation de l’ensemble du secteur culturel

 

Lecture : 1 minute.

 

Après les élus brestois, c’est au tour du Quartz, la scène nationale brestoise, de réagir à la mise en examen du chorégraphe Herwann Asseh pour viols sur mineures.

 

Le Quartz salue l’action du Planning familial auprès des victimes de violences sexuelles.
Le Quartz salue l’action du Planning familial auprès des victimes de violences sexuelles. (Photo d’archives Le Télégramme)

 

En cette rentrée, l’équipe du Quartz réagit à son tour à la mise en examen du chorégraphe et danseur brestois Herwann Asseh le 6 août, des chefs de viols et d’agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, mais aussi corruption de mineur.

 

Dans un communiqué, l’équipe de la scène nationale de Brest, qui a contribué à l’ascension du chorégraphe, « affirme son soutien aux victimes de violences sexuelles et salue l’action du Planning familial. Elle est une oreille attentive pour toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient faire part d’une situation de violence, quelle qu’elle soit. Plus que jamais, la mobilisation du secteur culturel est absolument nécessaire ».

Ce vendredi, les élus de la ville de Brest et de Brest métropole avaient également affirmé leur détermination « à lutter contre de tels actes et leurs auteurs, aux côtés des partenaires, associatifs et services de l’État concernés ». La collectivité envisage de se porter partie civile dans cette affaire.

 
https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/la-ville-de-brest-envisage-de-se-porter-partie-civile-dans-l-affaire-herwann-asseh-03-09-2021-12818660.php

Publié le 03 septembre 2021 à 15h28

La Ville de Brest envisage de se porter partie civile dans l’affaire Herwann Asseh

 

Lecture : 2 minutes.

 

Après la mise en examen du chorégraphe Herwann Asseh pour viols sur mineur, les élus de Brest et de Brest métropole annoncent que la collectivité envisage de se porter partie civile.

 

Depuis sa mise en examen, Herwann Asseh a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs.
Depuis sa mise en examen, Herwann Asseh a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs. (Tangi Thierry)

 

La sombre nouvelle est tombée au cœur de l’été, le 6 août dernier : Herwann Asseh, le chorégraphe et professeur de danse brestois à la réputation nationale, a été mis en examen des chefs de viols et agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, mais aussi corruption de mineur. À l’origine de cette affaire, les plaintes de neuf jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits, qui ont confirmé devant les enquêteurs des faits d’agressions sexuelles ou de viols. Ces faits s’étaleraient de 2008 à fin 2020.

 

Soutien aux victimes

« Les faits reprochés à Herwann Asseh, qui ont conduit après enquête à sa mise en examen, ont profondément surpris et choqué de nombreux Brestois et Brestoises, parmi lesquels de très nombreux acteurs et actrices culturels de Brest et du Finistère », indiquent dans un communiqué François Cuillandre et les élus de la Ville et de Brest métropole.

Tous disent « partager cette émotion et condamner avec la plus grande fermeté les faits qui sont reprochés à Herwann Asseh ». Ils souhaitent donc « manifester tout leur soutien aux jeunes filles victimes qui ont eu le courage de dénoncer les faits » et ils affirment leur détermination, « aux côtés des partenaires, associatifs et services de l’État concernés, à lutter contre de tels actes et leurs auteurs ».

Herwann Asseh sous contrôle judiciaire

Le communiqué précise que les avocats conseils de la collectivité examinent la possibilité de se porter partie civile aux côtés des victimes dans cette affaire. À la suite de la mise en examen du chorégraphe, un juge d’instruction a été saisi et dirige la poursuite de l’enquête. Herwann Asseh a été placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention, avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs.

 

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/enquete-mis-en-examen-a-brest-le-choregraphe-herwann-asseh-paradoxe-ambulant-b552f0f0-1171-11ec-aae0-4d1212b14fe9

ENQUÊTE. Mis en examen à Brest, le chorégraphe Herwann Asseh, paradoxe ambulant

 

Le danseur et chorégraphe Herwann Asseh, 46 ans, directeur artistique de la Cie Moral Soul. | ARCHIVES ALAIN MONOT
Ouest-France Frédérique GUIZIOU. Publié le 11/09/2021 à 07h33

 

« Ce n’est pas possible. Je ne connais pas cette personne que vous décrivez. Ce ne peut pas être Herwann Asseh… » Cette sidération devant la mise en examen du chorégraphe, le vendredi 6 août 2021, à Brest (Finistère), pour corruption de mineurs, agressions sexuelles et viols, revient sans cesse.

Une sidération partagée par ceux et celles auditionnés pendant l’instruction. Choqués par les contradictions que révèle l’enquête sur une personnalité contrastée, un paradoxe ambulant.

Charisme hors cadres

« On ne peut nier son charisme, son aura, son pouvoir d’attraction hors normes », confirme un artiste connu. « Après les spectacles, Herwann Asseh était entouré d’une cour d’admirateurs. Les fans se bousculaient… » Un agent de sécurité se souvient : « Au final d’une représentation, on a dû faire évacuer la salle, le public ne voulait pas le lâcher. »

Aurait-il abusé de cette aura ? « Herwann Asseh a toujours évolué hors cadres, analyse une chargée de production. Mais ça ne l’a jamais empêché de réussir ses projets. Il était capable d’accomplir, seul, des travaux d’envergure dans un équipement prêté par la collectivité, sans demander d’autorisation. Et ça passait… »

Sidération, encore, parmi ceux qui ont croisé ce chorégraphe très actif en milieu carcéral : « Je n’aurais pas eu le même chemin de vie si je n’avais pas croisé Herwann Asseh ; je me suis reconstruit grâce à lui, à la capoeira et au hip-hop, raconte cet ex-détenu. Il m’a, littéralement, fait sortir de l’ombre. »

Idem pour ces jeunes athlètes révélés via le parkour, ce sport qui chorégraphie la mobilité et la course en milieu urbain : « J’étais un jeune de quartier mal barré, déclare ce « traceur ». Il m’a aidé à trouver ma voie, à me tenir droit. »

2 000 messages passés au crible

Très physique, Herwann Asseh montait des spectacles performants, en évoquant le dépassement de soi : « Je n’ai jamais vu un geste déplacé de sa part, jamais senti de dérapage, jure une interprète qui a, aussi, joué le rôle du « regard extérieur » pendant les répétitions. J’ai, parfois, senti des tensions dans la compagnie. Mais c’est normal qu’il y ait des frictions entre le chorégraphe et les interprètes. »

Comme l’immense majorité des mis en examen au XXIe siècle, son téléphone — 2 000 messages passés au crible ! — est devenu son pire ennemi. Difficile d’oublier avoir envoyé un message comme : « J’ai adoré cet après-midi passé ensemble. Il faudra le refaire. Mais surtout, n’en parle pas aux autres, elles seraient jalouses. »

Je me souviens voir débarquer, de nulle part, cette jeune fille persuadée d’intégrer la compagnie alors que son inexpérience était évidente.

— L’administratrice d’un théâtre

Elles se sont parlé, elles en ont parlé. « Polyamoureux, non exclusif, surtout pas polygame », ironise, amère, une ex-amie. Qui remarque que les jeunes femmes qui ont porté plainte contre le chorégraphe « sont présentes sur les images prises en octobre 2020, pour les 20 ans de Moral Soul ».

Des plaignantes qui, selon le communiqué du Planning familial, « souhaitent, en outre, pointer du doigt la glamourisation des relations abusives, notamment commises par des personnes influentes ».

« Je me souviens voir débarquer, de nulle part, cette jeune fille persuadée d’intégrer la compagnie alors que son inexpérience était évidente, confie l’administratrice d’un théâtre. Étrange ? Ou typique ? Si le chorégraphe, ce tout-puissant, l’imposait, qui pour le contredire ? »

« Fusion artistique »

Certaines relations, forcément, posent questions. « Vous êtes ensemble à la ville comme à la scène ? » Aux interrogations, fréquentes, sur la nature de la complicité qui pouvait lier sa danseuse vedette et le chorégraphe, le duo répondait, invariablement : « Nous vivons une fusion artistique. » Une contradiction, encore, que vient réveiller un autre SMS d’Herwann Asseh : « Pour bien danser, écrit-il à une danseuse, il faut être libéré sexuellement. »

De là à analyser sa trilogie, consacrée aux rapports femmes-hommes, à la sombre lumière des accusations portées ? Du-All met en scène un coup de foudre ; Manibus est centré sur les différences et les stéréotypes. Et F(h)ommes, axé sur le couple sous toutes ses formes…

Je n’ai jamais éprouvé de sensation de détournement, de posture subversive

— Une danseuse.

« Des amalgames absolument ridicules ! réagit une danseuse. Si ses spectacles se cristallisaient sur le corps des femmes, c’était une danse inscrite dans notre époque, avec un discours féministe, un ton militant. Je n’ai jamais éprouvé de sensation de détournement, de posture subversive. »

Par la voix de son avocat, le chorégraphe a récemment rappelé aux élus de Brest Métropole « qui tiennent pour acquis qu’il serait coupable », la présomption d’innocence : « Herwann Asseh réserve sa position ainsi que ses éléments de défense au magistrat instructeur, souligne maître Quantin. Il souhaite que la justice pénale puisse investiguer sereinement pour permettre la manifestation de la vérité. »

Troublant. « Ce n’est pas seulement une affaire de justice, observe un avocat. En plein #metoo, c’est, aussi, une affaire en vibration avec nos enjeux de société. »

Moral Soul : de la « standing ovation » à la débâcle

« De la “standing ovation” à la débâcle, des embrassades en public avec les élus à l’opprobre officielle, observe un élu désormais à la retraite, le crash de Moral Soul est vertigineux. »

Environ 1 500 personnes, de tous horizons, participaient, par an, aux actions culturelles de Moral Soul, qui conçoit « la danse comme vecteur de lien social ». En 20 ans, Moral Soul a fait travailler 200 personnes, des danseurs aux professionnels des costumes en passant par les administratifs. En parallèle à sa carrière artistique, Herwann Asseh est intervenu pendant plus de quinze ans dans tous types de structures, maisons d’arrêt, Maisons pour tous, centres spécialisés, maisons de retraite, écoles, collèges, lycées, instituts.

« Je suis à la fois extrêmement en colère et triste »

« C’est terrible, je suis à la fois extrêmement en colère et triste, confie une ancienne de Moral Soul. On dirait que cette affaire entache toutes les belles choses accomplies, toutes les super collaborations. Famille, proches, associés… C’est tellement dur. Les dommages collatéraux sont énormes. Avoir Moral Soul sur son CV, c’est désormais la garantie d’être examiné avec suspicion. »

La compagnie Moral Soul existe encore. Elle n’est pas dissoute. En février 2021, son conseil d’administration, avant de démissionner, s’est acquitté de ses devoirs : gérer les ruptures de contrat de la vingtaine de salariés, annuler tous les spectacles programmés, payer les taxes et factures…

Focalisé sur le parkour

Avant sa mise en examen, Herwann Asseh a cru pouvoir rebondir, « renaître de ses cendres ». Accompagné de quelques proches collaborateurs, il a lancé des plans pour une nouvelle compagnie, baptisée « Fenikkusu », « Phoenix » en japonais. Il se serait ainsi focalisé exclusivement sur le parkour, cet art du déplacement en milieu urbain qu’il a contribué à populariser à Brest. Un nom en référence, aussi, aux « Yamakasi », héros d’un film consacré aux fondateurs de la discipline acrobatique.

Cette entreprise a immédiatement ravivé l’affaire. Le Planning familial, qui accompagne les plaignantes, a communiqué sur la démarche des jeunes femmes. Pour préciser que « leur décision d’entreprendre une démarche juridique était notamment motivée par le souhait d’empêcher le chorégraphe de continuer à encadrer des jeunes femmes mineures ».

Un nouveau conseil d’administration a donc pris, en urgence, la relève à Moral Soul. Pas pour de nouveaux projets, mais pour assumer les impératifs, comme payer l’Urssaf, gérer les subventions déjà versées par le conseil départemental du Finistère et le conseil régional de Bretagne, régler la location de boxes pour entreposer le matériel de la compagnie…

Il reste environ 40 000 € sur le compte. Dans ses statuts, une clause stipule que, si Moral Soul est dissoute, cette somme devra aller à une ou d’autres compagnies de danse, choisies après discussion avec les instances publiques.

Le parcours chronologique d’Herwann Asseh

1975. Naissance à Libreville, capitale du Gabon, d’une mère bretonne et d’un père gabonais, qui, opposant au régime d’Omar Bongo, passera dix ans en prison au Gabon.

1982. Arrive, à 7 ans, en France, avec sa mère, son frère et ses deux sœurs. La famille s’installe à Ploudalmézeau. Commence l’athlétisme à l’Institut national du sport puis en équipe de France.

1994. S’initie à la capoeira et au hip-hop à Paris.

1999. Sacré champion du monde de « street dance » à Mexico. Crée sa compagnie Moral Soul qui assure cours et créations de danse contemporaine et hip-hop.

1999-2011. Artiste associé puis en résidence au Quartz, la Scène nationale de Brest.

2000. Premières pièces Maman regarde puis Les Émigrants.

2012. Pour les fêtes maritimes Tonnerres de Brest 2012, monte Avoir 20 ans dans un port européen, avec 30 jeunes danseurs de cinq villes jumelles, Brest, Kiel, Plymouth, Cadix et Constanta. Et fait danser la population brestoise sur la Danse du tram, place de la Liberté, samedi 23 juin 2012, pour l’inauguration de la première ligne du transport en commun de Brest Métropole.

2015. Installation au Relecq-Kerhuon de la compagnie Moral Soul à La Gare, « Fabrique des arts en mouvement ».

2020. En octobre, événements anniversaires des 20 ans de Moral Soul.

2021. Neuf femmes portent plainte contre le chorégraphe de 46 ans. En août, mis en examen pour corruption de mineures, agressions sexuelles et viols, entre 2008 et décembre 2020. Placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention, avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs.

 

Au tour de Patrick Poivre d’Arvor d’être accusé de viols, par une très crédible Florence Porcel

Avec l’affaire d’atteinte aux droits d’auteur et à la vie privée d’Agathe Borne, le public connaissait déjà le sens très particulier du respect de l’autre de PPDA, qu’à l’instar d’un Gabriel Matzneff ou Cyprien Luraghi, il ne s’était pas gêné pour afficher de lui-même – ou en tous les cas, même si la presse s’était faite assez discrète sur cette affaire, pour ma part je l’avais bien remarquée.

Et voilà maintenant que dans la foulée d’une plainte pour viols récemment déposée contre lui par la journaliste, chroniqueuse, animatrice audiovisuelle, actrice et écrivaine Florence Porcel, tout son entourage journalistique déballe à son sujet… et bien entendu, c’est édifiant…

Quant à son accusatrice, ce n’est pas non plus une inconnue pour les innombrables victimes de cyberharcèlements qui comme moi auront suivi avec intérêt l’affaire de la Ligue du LOL, puisqu’elle a fait partie des cibles d’un certain nombre de cyberharceleurs de ce groupe constitué en 2010 alors que le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi et toute sa bande de « déconnologues », après m’avoir déjà harcelée non-stop sur la toile durant deux ans, notamment sur les sites d’information participative Rue89 et Le Post, s’étaient lancés à mon encontre dans de vastes campagnes de calomnies publiques associant viols manifestes de l’intimité de la vie privée, inventions délirantes concernant tous les aspects de cette vie privée et menaces en tous genres.

Ayant donc pu repérer l’existence de liens étroits entre les cyberharceleurs de la Ligue du LOL et les « déconnologues » du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi, dont une soeur de l’ex-vedette de TF1 Roger Zabel, Sylvie Depierre née Zabel, laquelle semble m’avoir toujours piratée en relation avec la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest depuis l’année 2008 au moins, et sachant aujourd’hui que Florence Porcel avait parlé dès 2009 à plusieurs de ses amies de ce qui lui était arrivé avec PPDA, j’émets l’hypothèse que tout comme moi elle ne soit pas devenue par hasard la cible d’un de ces groupes de cyberharceleurs très proches les uns des autres, mais bien en raison de ces « antécédents » qu’elle ne révèle au public qu’aujourd’hui.

 

 
https://www.leparisien.fr/faits-divers/patrick-poivre-d-arvor-vise-par-une-enquete-pour-viols-18-02-2021-8425454.php

Patrick Poivre d’Arvor visé par une enquête pour viols

 

Selon nos informations, une enquête judiciaire pour «viols» a été ouverte cette semaine contre l’ex-star du 20 Heures de TF1. Une écrivaine l’accuse d’avoir abusé d’elle à plusieurs reprises entre 2004 et 2009 dans un contexte d’emprise psychologique et d’abus de pouvoir.

 

 Patrick Poivre d’Arvor est accusé par Florence Porcel de l’avoir violée à deux reprises, en 2004 et 2009.
Patrick Poivre d’Arvor est accusé par Florence Porcel de l’avoir violée à deux reprises, en 2004 et 2009. LP/Olivier Corsan

 

Par Jean-Michel Décugis et Jérémie Pham-Lê

Le 18 février 2021 à 18h22, modifié le 19 février 2021 à 09h52

 

Cette après-midi d’avril 2009, arrivée dans le bureau de l’ex-présentateur du 20 Heures de TF1, Florence Porcel garde son manteau pour, dit-elle, n’adresser à celui-ci aucun signe équivoque. L’étudiante, qui prépare un mémoire sur les livres écrits par des personnalités médiatiques de la télévision dans le cadre de ses études, se méfie de l’homme et connaît sa réputation avec les femmes. Mais l’épaisseur du vêtement n’aurait pas refroidi les ardeurs du journaliste et écrivain Patrick Poivre d’Arvor qui lui aurait imposé une fellation sans protection par la force.

La jeune femme assure aussi que, quatre ans auparavant, le présentateur vedette, de 36 ans son aîné, aurait abusé d’elle dans son bureau après l’avoir invitée à assister aux coulisses du journal du soir. Elle est alors âgée de 21 ans, en convalescence d’une tumeur au cerveau et encore vierge.

Ce récit cru, Florence Porcel vient de le livrer à la justice après avoir gardé le silence pendant seize ans. Cette chroniqueuse et écrivaine âgée de 37 ans aujourd’hui, qui a connu un petit succès sur YouTube avec ses vidéos de vulgarisation scientifique, a déposé plainte contre PPDA auprès du parquet de Nanterre. Ce qui a débouché, selon des sources concordantes, sur l’ouverture cette semaine d’une enquête préliminaire très sensible pour « viols », confiée à la brigade de répression de la délinquance contre la personne (BRDP) de la PJ parisienne.

Une nouvelle affaire de violences sexuelles présumées dans laquelle se mêleraient fascination, emprise, relation toxique et abus de pouvoir. Elle vise une icône cathodique, entrée dans les foyers des Français durant trois décennies, à la réputation de séducteur. Mais depuis plusieurs années, certains n’hésitent plus dans la profession, sous couvert d’anonymat, à décrire une face plus sombre, un homme qui pouvait avoir un comportement lourd, voire très insistant avec les femmes.

Plusieurs appels et une invitation sur le plateau du 20 Heures en 2004

Florence Porcel a rencontré Patrick Poivre d’Arvor à l’automne 2004./DR
Florence Porcel a rencontré Patrick Poivre d’Arvor à l’automne 2004./DR  

 

Florence Porcel, qui n’a pas souhaité s’exprimer pour le moment, a rencontré l’ex-star de l’information au sommet de sa gloire, à l’automne 2004. Apprentie écrivaine inscrite à la Sorbonne à Paris et en école de comédie, elle est admirative du PPDA romancier plus que du journaliste. Dans sa plainte, elle raconte qu’elle lui adresse à l’époque une lettre pour lui témoigner son émotion à la lecture de son dernier ouvrage et y joint quelques écrits amateurs signés de sa plume pour avoir un avis professionnel.

Quelques jours plus tard, l’étudiante reçoit sur le répondeur de son téléphone portable un message d’un numéro masqué. Il s’agit de PPDA qui l’invite à le rappeler à son bureau. Les jours suivants, un numéro inconnu tente de la contacter chaque soir aux alentours de 23 heures. Dans la soirée du 7 novembre 2004, un dimanche, elle finit par décrocher. Au bout du fil, surprise : le présentateur du 20 Heures de TF1 en personne. Après un échange que la jeune femme décrit comme courtois au sujet de sa lettre, PPDA lui demande son âge, une description de son apparence physique avant de lui poser des questions franches et embarrassantes sur sa vie intime : son absence de petit ami, sa virginité, la fréquence à laquelle elle se masturbe, les habits qu’elle porte…

La jeune femme est invitée dès le lendemain à assister au journal télévisé. Gênée par cette conversation à tournure sexuelle mais flattée qu’une telle célébrité s’intéresse à elle, elle se présente à 19h45 dans les locaux de TF1 à Boulogne-Billancourt (Hauts-de-Seine), comme l’atteste le badge visiteur qu’elle a précieusement gardé. Elle entend lui demander des conseils pour que ses textes soient publiés par un éditeur.

Elle n’aurait pas pris conscience d’avoir subi un viol

Après le journal, une assistante conduit Florence Porcel jusqu’au bureau de PPDA. Selon le récit de la jeune femme, la star de l’info lui demande ses impressions sur sa prestation mais se montre peu bavard, occupé à dédicacer des photos. Quand, tout à coup, il ferme la porte, lui propose un verre d’alcool avant de l’agresser sexuellement en l’embrassant puis en introduisant sa main dans sa culotte. Les faits se seraient déroulés rapidement, sans signe annonciateur.

La jeune étudiante, tétanisée par la tournure de la situation, se met alors à exécuter mécaniquement ses demandes qu’elle décrit comme pressantes, comme se déshabiller. Puis vient le rapport sexuel, avec pénétration vaginale, dont elle assure qu’elle n’était pas consentante. Florence Porcel affirme n’être pas parvenue à s’enfuir sous l’effet de la surprise et de la sidération, mais soutient que sa panique était clairement perceptible et qu’elle a émis des cris de douleur. « Est-ce que vous réalisez que vous êtes devenue une femme ? » lui aurait dit son agresseur présumé à l’issue de l’acte. Avant de prendre aussitôt congé de la jeune femme en lui demandant de taire cette relation.

 

Florence Porcel (ici prise en photo en 2014) admet avoir continué à lui écrire après l’agression qu’elle dénonce./AFP/Martin Bureau
Florence Porcel (ici prise en photo en 2014) admet avoir continué à lui écrire après l’agression qu’elle dénonce./AFP/Martin Bureau  

 

A l’époque, l’étudiante n’aurait pas pris conscience qu’elle venait de subir un viol. Il s’agit de sa première expérience sexuelle, elle qui a longtemps été isolée socialement en raison de soucis de santé et de multiples hospitalisations pour opérer sa tumeur. Elle n’a même jamais eu d’histoire amoureuse. Elle décrit un mécanisme d’emprise psychologique dans lequel elle se serait alors enferrée, un système de déni né de l’admiration qu’elle avait pour cet homme célèbre, puissant et bien plus âgé et son désir de percer dans le monde littéraire.

L’aura de cet homme et son inexpérience sentimentale aurait même déclenché chez elle des sentiments amoureux qu’elle juge aujourd’hui créés artificiellement par cette emprise. Partagée entre la colère et la passion, elle admet ainsi avoir continué à lui écrire après l’agression présumée, y compris pour des échanges à caractères érotiques. Plus déstabilisant, elle accepte même une nouvelle relation sexuelle, à laquelle elle consent cette fois, toujours prise dans ce tourbillon sentimental paradoxal. Il s’agissait, dit-elle, de ne plus subir cette relation et d’expérimenter un rapport sexuel sans contrainte.

En 2009, elle envisage de porter plainte

Mais des années plus tard, alors que les liens avec la star se distendent, Florence Porcel aurait à nouveau subi un viol encore plus violent. Elle revoit PPDA en 2009 après l’avoir sollicité pour une interview dans le cadre de son mémoire de master. Le journaliste a quitté son fauteuil de taulier du 20 Heures de TF1 mais a rejoint la société de production A Prime Group, qui produit de émissions littéraires. Il l’accueille à son bureau de Boulogne-Billancourt, où siège l’entreprise.

Une fois sur place, selon la jeune femme, PPDA refuse de se prêter au jeu des questions-réponses. Il entame une conversation intime, cherche à embrasser l’étudiante puis l’entraîne de force, loin des baies vitrées de la pièce, dans un coin à l’écart où il ouvre son pantalon et sort son sexe. Florence Porcel assure que cette fois-ci elle lui fait part oralement de son refus. Elle le repousse et cherche à se dégager mais est maintenue par son hôte par la force sur un canapé. Le journaliste l’aurait ensuite contrainte à une fellation non protégée.

Florence Porcel envisage alors de déposer plainte pour viol mais renonce par crainte de ne pas être crue au regard du statut de PPDA. Elle a conservé des messages de 2009 dans lesquelles elle raconte à des amies du milieu avoir été « forcée » par le journaliste et les met en garde contre son comportement de prédateur.

Un roman cathartique

Après une longue psychothérapie et une discussion au sujet de cette expérience douloureuse avec ses parents en 2018, l’écrivaine trentenaire dit avoir pris conscience tardivement de la gravité des faits. Elle s’est finalement résolue à se tourner vers la justice dans un contexte de libération de la parole sur les violences sexuelles. Avec cette particularité que celle-ci s’est doublée… d’une libération par l’écrit. Car la jeune femme vient de raconter, de manière codée, une partie de son histoire au travers d’un livre publié en janvier intitulé « Pandorini » et publié aux éditions JC Lattès.

Présenté comme une fiction, ce roman à clés narre comment un monstre du cinéma français, présenté comme le Weinstein français, détruit l’innocence d’une jeune femme rêvant de devenir actrice. Et comment leur relation de séduction va basculer dans un système pervers d’abus sexuels, l’héroïne ne comprenant que son consentement a été vicié qu’à la mort de la célébrité. Au moment où Florence Porcel a publié ce livre cathartique, sa propre maison d’édition ignorait qu’elle accusait PPDA de viols entre les lignes. Elle ne l’a appris qu’au moment où la jeune femme a annoncé son désir de déposer plainte.

«PPDA ira répondre aux questions que la justice lui posera»

L’enquête judiciaire, désormais ouverte, va s’attacher à vérifier la réalité des faits dénoncés par l’écrivaine. Contacté, Me Emmanuel Moyne, l’avocat de Florence Porcel, nous confirme que « la justice est saisie et qu’il n’a donc aucun commentaire à faire ». Comme souvent dans ce type d’affaires où il est question d’emprise, une notion complexe à qualifier sur le plan pénal, les investigations vont devoir établir, en plus de l’éventuelle contrainte physique, s’il y a eu une contrainte morale du fait du rapport de domination entre la plaignante et la personne mise en cause.

La trentenaire a d’ailleurs déposé plainte pour viols aggravés par la circonstance que PPDA aurait abusé de l’autorité que lui conférait son statut de star du 20 Heures. Si la première agression présumée de 2004 pourrait être frappée de prescription, ce n’est pas le cas de la seconde.

Contacté à plusieurs reprises, PPDA, qui reste présumé innocent à ce stade, n’a pas donné suite. Dans un SMS, il évoque des « accusations qui ne peuvent être que fantaisistes » et annonce avoir saisi son avocat « pour engager les poursuites judiciaires qui s’imposeraient ». Joint, son avocat, Me François Binet, explique que « comme tout justiciable, Patrick Poivre d’Arvor ira répondre aux questions que la justice lui posera mais qu’il ne transférera pas ce dossier dans la presse. » Et de préciser que le journaliste profiterait également de son déplacement à Nanterre « pour procéder au dépôt d’une plainte poursuivant la dénonciation calomnieuse » de la plaignante.

 

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/tv/affaire-ppda-je-lui-ai-dit-arretez-patrick-ca-ne-va-pas-19-02-2021-8425488.php

Affaire PPDA : «Je lui ai dit, arrêtez Patrick, ça ne va pas !»

 

A la rédaction de TF1 et plus largement dans le monde de la télévision, l’accusation de viol dont fait l’objet Patrick Poivre d’Arvor ne surprend pas. Certains évoquent l’obsession du journaliste pour les femmes, d’autres relatant même des expériences traumatisantes.

 

 Patrick Poivre d’Arvor, patron du 20 Heures de TF1 entre 1987 et 2008, est décrit comme quelqu’un pouvant se montrer très oppressant avec les femmes.

Patrick Poivre d’Arvor, patron du 20 Heures de TF1 entre 1987 et 2008, est décrit comme quelqu’un pouvant se montrer très oppressant avec les femmes. AFP 

 

Par Benoît Daragon, avec Michael Zoltobroda et Jean-Michel Décugis

Le 19 février 2021 à 06h18, modifié le 19 février 2021 à 08h00

 

Dans le petit monde de la télévision, cette affaire PPDA ne surprend personne. Bien au contraire. « A chaque fois qu’un scandale MeToo éclate, je ne peux m’empêcher de me demander Pourquoi rien ne sort sur Patrick Poivre d’Arvor? » lâche une reporter qui a travaillé à ses côtés pendant une décennie. « Poivre », comme le surnomment ses proches, a une solide réputation de collectionneur de femmes. Du tapis rouge du Festival de Cannes aux loges VIP de Roland-Garros, une femme est immanquablement accrochée à son bras. Jeune et jolie, de préférence.

Mais l’entourage de celui qui a présenté sans discontinuer entre 1987 et 2008 le « JT le plus regardé d’Europe » sait que les femmes sont devenues une obsession. PPDA est toujours à l’affût, pour ne pas rater une occasion de conclure. Quitte à se montrer très oppressant avec ses cibles. « C’est un gros dragueur, bien lourd », résume une vieille connaissance qui soupire : « Et je ne suis pas certaine qu’il se soit calmé avec le temps… »

Ses terrains de chasse privilégiés : les salons du livre, les interviews, les voyages de presse au ski entre personnalités influentes, les Chandelles, boîte de nuit de Trébeurden (Côtes-d’Armor) où il sort dès qu’il est en vacances dans sa maison à Trégastel ou les dîners parisiens. « Un soir, chez des amis communs, il m’a proposé 15 fois de me ramener chez moi sur son scooter malgré mes refus répétés… » se rappelle la dirigeante d’un média concurrent.

«Personne ne fait le poids face à l’ancien journaliste préféré des Français»

D’autres ont vécu des expériences bien plus traumatisantes. Il y a plus de dix ans, une ex-journaliste d’une radio nationale a été victime de la vedette de TF1. Après une interview pour sa station, elle propose à la star de TF1 qui l’a raccompagnée jusqu’à son domicile de monter boire un verre, comme il le suggère. Une fois à son domicile, elle doit repousser les assauts du présentateur qui va finalement, faute de mieux, se livrer à un plaisir solitaire sur son canapé. Elle n’a pas voulu directement nous raconter son histoire que nous tenons de l’un de ses proches.

Tous les témoins interrogés par le Parisien ont insisté pour rester anonyme. « Personne ne fait le poids face à l’ancien journaliste préféré des Français… Il connaît tout Paris et bénéficie toujours de puissants soutiens dans les médias, dans le milieu de l’édition et parmi les politiques grâce à ses amitiés créées à l’Elysée sous Mitterrand puis sous Chirac… » soupire une autre reporter de TF1.

Il n’intervient plus que sur l’antenne de CNews, qui vient de mettre un terme à son émission littéraire, mais Patrick Poivre d’Arvor reste influent. Jusqu’à aujourd’hui, le présentateur de 73 ans n’avait été l’objet d’aucune plainte pour viol ou harcèlement sexuel. Un haut dirigeant de la Une de l’époque est catégorique : aucune affaire de harcèlement contre PPDA n’a jamais été signalée aux ressources humaines.

A TF1, les anciennes alertent chaque nouvelle recrue

C’est pourtant à TF1 que les témoignages sont les plus nombreux. Les collègues féminines de « Poivre » n’ont pas échappé à ses avances. Lors de déjeuners en tête-à-tête qu’il sollicite régulièrement, il n’oublie jamais de faire un point sur leurs histoires de cœur, bien avant le café. A la rédaction, les anciennes alertent chaque nouvelle recrue. « Dès qu’une stagiaire arrivait, la première chose qu’on lui disait c’est Fais gaffe, ne monte jamais seule dans l’ascenseur avec PPDA. »

Une journaliste recrutée dès la fin de ses études au milieu des années 2000 raconte : « Un soir, moins d’une heure avant le début du 20 Heures, PPDA passe une tête dans la rédaction. Quelques minutes plus tard, le nom de son assistante s’affiche sur mon téléphone. Il demande à me voir. Un peu surprise, je rentre dans son grand bureau. La lumière était tamisée. Il me demande si mon CDD se passe bien puis enchaîne les questions très personnelles. Il m’a dit que mon conjoint avait de la chance et m’a demandé s’il pouvait me prendre dans les bras. C’était mon supérieur hiérarchique, je le voyais depuis que j’étais gamine à la télévision, je n’ai pas osé dire non. L’étreinte n’a dû durer qu’une poignée de secondes mais elle m’a semblé interminable », explique-t-elle. « Très honnêtement, je ne considère pas avoir été victime d’une agression. Mais ça a été un moment surprenant et perturbant. On n’imagine personne faire ça aujourd’hui… » ajoute ce visage de l’antenne, qui apparaît toujours dans les JT de la chaîne.

« Le McDo de Patrick »

Au deuxième étage du siège de la Une, le bureau de PPDA, avec stores et canapé, a vu défiler un nombre incalculable de femmes. Les étudiantes qui le sollicitent pour une thèse ou un mémoire de fin d’étude reçoivent une invitation manuscrite pour assister au tournage de « Vol de nuit » ou « Ex-Libris ». Idem pour celles qui rêvent de travailler dans la plus puissante chaîne de France. Après le tournage, la visite finit systématiquement dans son bureau.

« J’avais 28 ans quand j’ai rencontré Patrick Poivre d’Arvor lors d’une manifestation. C’était en 2005, je travaillais dans un grand quotidien et j’étais à la recherche d’un nouveau poste », confie Juliette, 44 ans, ancienne journaliste reconvertie dans la communication. « Entre nous, le courant était bien passé. Il avait été flatteur. En partant, il m’a demandé mon 06. Il m’a appelé deux trois fois, toujours de longues discussions. Quand il m’a donné rendez-vous dans son bureau à TF1, j’y ai vu une opportunité professionnelle. C’était le présentateur du 20 Heures ! On m’avait mise en garde sur sa réputation mais je voulais quand même tenter ma chance. J’ai tout de suite senti le malaise quand j’ai croisé le regard de sa secrétaire. Je lui ai donné mon CV. Il l’a jeté à la poubelle sans même le regarder. Je me suis sentie humiliée. Je me suis levée pour partir et lui s’est levé pour essayer de m’embrasser. Je lui ai dit : Arrêtez Patrick, ça ne va pas ! Et ça s’est arrêté là. C’était tellement gênant, j’en étais toute tourneboulée. Quand j’ai raconté la scène à mon copain, il a voulu lui casser la gueule », ajoute-t-elle.

Le témoignage de Juliette confirme le « modus operandi » relaté par Florence Porcel. Qu’elles ne sont pas les seules à avoir connu. Les deux assistantes de Patrick voient défiler ces visiteuses qu’elles surnomment entre elles pour rire « le McDo de Patrick ». « Chaque soir après le JT, on le voyait passer dans les locaux avec des créatures éthérées perchées sur des hauts talons », confie une de ses anciennes collègues.

Avec ses compagnes, la séparation prend parfois un tour conflictuel, houleux. « Il ne supporte pas qu’on le quitte », regrette une de ses ex. Les plus anciens salariés de la Une se souviennent de sa fureur lors de sa rupture avec Claire Chazal, avec qui il a eu un fils en 1995. A la machine à café, on se raconte cette anecdote confirmée par un témoin direct de la scène : quand il a appris que son ancienne compagne débutait une liaison avec Xavier Couture, l’un des grands patrons du groupe TF1, PPDA est monté dans le bureau de Claire Chazal et a uriné sur le canapé où elle avait l’habitude de faire la sieste.

En 2008, son histoire avec Agathe Borne se termine devant les tribunaux. « Poivre » est condamné à lui verser 33 000 euros pour avoir porté atteinte à ses droits d’auteur et à sa vie privée dans un roman intitulé « Fragments perdus de la vie d’une femme ». En 2011, lors du procès, Agathe Borne était revenue cette relation, qui s’est terminée par une dispute dans la rue, paparazzée par le magazine « Entrevue ».

« J’avais déjà porté plainte pour harcèlement, car il me persécutait au téléphone, m’espionnait, me disait qu’il pouvait avoir les fiches RG de tel ou tel ami que je voyais. Il m’avait volé pas mal de carnets, de journaux intimes. Cela m’a fait un choc, quand j’en ai revu des passages entiers dans son livre », déclare-t-elle à l’époque dans l’Obs, évoquant une « vengeance » après leur rupture. A l’époque, rare étaient les médias qui avaient couvert ce procès.

 

https://www.leparisien.fr/culture-loisirs/livres/pandorini-le-livre-qui-accuse-ppda-de-viol-sans-le-nommer-18-02-2021-8425461.php

«Pandorini», le livre qui accuse PPDA… sans le nommer

 

Dans son premier roman, Florence Porcel raconte l’histoire d’une jeune femme de 19 ans tombée sous l’emprise d’une star de cinéma. Pour décrire l’abus de pouvoir, les violences sexuelles, le traumatisme, l’autrice s’est inspirée, selon elle, de sa relation avec Patrick Poivre d’Arvor.

 

 Dans son livre, Florence Porcel (prise ici en photo en 2014) raconte l’histoire d’une jeune comédienne qui tombe sous la coupe toxique d’un célèbre acteur.

Dans son livre, Florence Porcel (prise ici en photo en 2014) raconte l’histoire d’une jeune comédienne qui tombe sous la coupe toxique d’un célèbre acteur.  Archive/AFP/Martin Bureau

 

Par Sandrine Bajos

Le 18 février 2021 à 19h12, modifié le 19 février 2021 à 06h33

 

C’est l’histoire d’un homme, monstre sacré du cinéma et prédateur sexuel. C’est aussi celle d’une jeune fille de 19 ans qui voulait être comédienne et va tomber sous l’emprise de Pandorini, acteur de 40 ans son aîné. Quand l’artiste meurt, la parole se libère. De nombreuses victimes témoignent. Ce roman, prévient Florent Porcel, elle l’a puisé au plus profond d’elle-même. Sauf que celui qui l’a brisée n’est pas comédien. C’est, selon elle, l’ancienne star du 20 Heures de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, contre qui elle vient de porter plainte pour viol.

« J’ai écrit ce livre dès le moment où je suis sortie du déni. Il m’aura fallu 14 ans pour comprendre que ce n’était pas normal et pour mettre les mots justes dessus », prévient l’écrivaine sur les réseaux sociaux. Sur 250 pages, d’une écriture fluide et sincère, une femme raconte son traumatisme. Comment l’étudiante en théâtre de 19 ans, naïve et vierge, est tombée sous la coupe de la plus grande star du cinéma français. Alors qu’elle commençait sa vie d’adulte en douceur, elle va provoquer la rencontre avec cet homme qui va lui voler ses rêves et sa virginité.

Leur relation ne durera qu’un court moment mais le mal est fait. Elle tombera folle amoureuse. Elle en parle à ses amies, s’invente une grande histoire. Malgré la différence d’âge, la célébrité, elle est grisée, assoiffée, étourdie. Insouciante. Elle se meut avec « la légèreté niaise d’une princesse Disney » même si « l’entrée des enfers ressemblait au paradis sur Terre ». Quand le téléphone ne sonne plus, elle harcèle l’acteur, lui envoie des poèmes. Il n’en a cure et elle bascule du côté obscur. Elle veut même mourir. Il faudra la disparition de celui qu’elle a aimé pour accepter l’indicible.

Florence Porcel, 37 ans, entrecoupe son récit d’extraits d’articles de presse dans lesquels les victimes lèvent le voile sur le personnage de son livre. L’affaire Pandorini devient notre affaire Weinstein. Si tout le monde savait, personne ne parlait, dénoncent ses détracteurs. C’était un amoureux des femmes, en 50 ans de carrière, jamais il n’a été accusé et aucune plainte n’a été déposée, répondent ses proches…

Une descente aux enfers décortiquée

Avec beaucoup de justesse, l’autrice décortique la descente aux enfers de la jeune étudiante, l’emprise de son amant, sa sidération au moment de ce premier rapport sexuel qu’elle n’a pas souhaité et aussi son déni. Son incapacité à oublier un homme médiatique omniprésent et adulé.

Le roman « Pandorini » est paru en janvier./DR

Le roman « Pandorini » est paru en janvier./DR  

 

Si on ne savait pas que Florence Porcel avait porté plainte contre Patrick Poivre d’Arvor, on n’aurait jamais fait le lien avec l’ex-journaliste vedette de la Une. Une fois les clés du livre connues, on réalise que Pandorini a pratiquement le même âge que PPDA et que leurs deux pères travaillaient dans la même branche, l’un était représentant de chaussures, l’autre cordonnier. Ils ont aussi donné un prénom breton à leurs enfants. Tous deux sont engagés dans des associations. Pour le présentateur, c’est « la Maison de Solenn », projet porté avant tout par Véronique Courcoux, son ex-femme, en souvenir de leur fille anorexique qui s’est suicidée à 19 ans. Dans le roman, Pandorini défend… la cause des femmes battues.

 

Affaire Matzneff : l’ancienne ministre Michèle Barzach complice du pédophile

Hier a été publiée dans le New York Times une interview de Francesca Gee, seconde victime du pédophile Gabriel Matzneff à sortir du silence pour livrer son témoignage sur sa relation « cataclysmique » avec l’écrivain, à lire ici :

https://www.nytimes.com/fr/2020/03/31/world/europe/matzneff-francesca-gee.html

Je l’ai déjà évoquée hier dans cet article en soulignant les relations multiples avec des psychiatres de mes harceleurs pédophiles manifestement très proches de Gabriel Matzneff :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/31/affaire-matzneff-une-nouvelle-victime-sort-du-silence/

Ce nouveau témoignage permet d’approfondir la question de toutes les complicités dont a bénéficié l’écrivain pédophile et pédopornographe.

Incidemment, nous apprenons aussi que les enquêteurs s’y sont déjà intéressés.

Avec les deux nouveaux articles copiés ci-dessous, plus détaillés que celui d’hier, plus édifiants à propos de ces complicités, je vous propose ici de retrouver tous ceux de mes articles de blog où j’ai cité ou commenté cette affaire depuis son émergence dans les médias fin décembre 2019.

 

A lire ou relire :

http://petitcoucou.unblog.fr/2019/12/30/obscurs-pedophiles-inconnus-ou-oublies-de-tous-cyprien-luraghi-les-connait-tous/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/03/comment-le-pro-pedophile-cyprien-luraghi-continue-a-la-ramener-sur-twitter/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/04/ecoutes-telephoniques-illegales/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/15/le-pedophile-etalon-gabriel-matzneff-soutient-autant-jean-marie-le-pen-quolivier-besancenot-et-vote-jean-luc-melenchon/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/17/cyprien-luraghi-collectionne-les-ecrits-pedopornographiques-de-gabriel-matzneff/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/19/gabriel-matzneff-ou-cyprien-luraghi-dun-pervers-lautre/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/22/qui-a-ecrit-ca-gabriel-matzneff-non-cyprien-luraghi/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/25/neuf-medecins-psychiatres-psychanalystes-ou-psychologues-ont-signe-la-petition-pro-pedophile-de-gabriel-matzneff-du-26-janvier-1977/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/26/la-theorie-des-faux-souvenirs-ou-comment-jean-marc-donnadieu-defend-les-pedophiles/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/26/pedophilie-les-psychiatres-concernes-ont-bien-fait-le-menage/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/01/29/des-rapports-entre-la-ligue-du-lol-et-gabriel-matzneff/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/02/02/tintin-passion-commune-de-dominique-de-villepin-et-gabriel-matzneff/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/02/07/ligue-du-lol-nouvel-article-sur-le-site-deconnologue-20minutes-fr/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/02/08/ligue-du-lol-et-gabriel-matzneff-deux-enquetes-qui-finiront-par-se-rejoindre/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/12/jean-marc-manach-journaliste-harceleur-parrain-de-la-ligue-du-lol/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/02/16/9-fevrier-2020-une-pleine-lune-sensationnelle-anti-menteurs/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/02/25/affaire-griveaux-quel-est-vraiment-le-projet-de-piotr-pavlenski/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/06/affaire-gabriel-matzneff-lenquete-continue-de-progresser/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/10/les-relations-entre-culture-francaise-et-pays-asiatiques-confirmees-par-le-coronavirus/

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/31/affaire-matzneff-une-nouvelle-victime-sort-du-silence/

 

 

https://www.nouvelobs.com/bibliobs/20200331.OBS26869/affaire-matzneff-le-temoignage-de-sa-victime-francesca-gee-apres-44-ans-de-silence.html

Affaire Matzneff : le témoignage de sa victime Francesca Gee, après 44 ans de silence

 

Elle avait 15 ans quand elle a rencontré l’écrivain, au début des années 1970. Le livre de Vanessa Springora l’a encouragée à prendre la parole. Glaçant.

 

Par Elisabeth Philippe

Publié le 31 mars 2020 à 15h52 Mis à jour le 31 mars 2020 à 16h29

Temps de lecture 5 min
Le portrait de Francesca Gee, reproduit sans son accord, sur la couverture d’« Ivre du vin perdu », roman de Gabriel Matzneff inspiré de sa relation avec la jeune fille.
Le portrait de Francesca Gee, reproduit sans son accord, sur la couverture d’« Ivre du vin perdu », roman de Gabriel Matzneff inspiré de sa relation avec la jeune fille.

 

Avant Vanessa Springora, il y eut Francesca. Francesca Gee. En prenant à son tour la parole dans le « New York Times », mardi 31 mars, cette victime de Gabriel Matzneff, retrouve aussi un nom de famille et son identité propre, après avoir été transformée en personnage de fiction, enfermée dans les journaux et les romans de l’écrivain pédophile, aujourd’hui sous le coup d’une enquête préliminaire « pour viol commis sur la personne d’un mineur de moins de quinze ans ». Son témoignage, qui vient briser un silence de quarante-quatre ans, est crucial.

 

Cela fait longtemps, très longtemps, que Francesca Gee, 62 ans, souhaitait s’exprimer, donner enfin sa version des faits. Bien avant que Vanessa Springora publie « le Consentement », le récit qui a brisé à jamais l’image de Casanova sulfureux que Matzneff s’était façonnée avec l’aide d’une intelligentsia émoustillée, Francesca Gee avait écrit un livre où elle racontait, elle aussi, l’emprise exercée par l’écrivain, prédateur et non séducteur.

C’était en 2004. Francesca Gee avait soumis son manuscrit à plusieurs éditeurs, dont Albin Michel et Grasset – l’éditeur de Vanessa Springora. Mais à l’époque, personne n’avait accepté de le publier. Matzneff était encore un nom qui comptait, un homme avec son réseau de fidèles et de complices. Interviewé par le quotidien américain, Thierry Pfister, alors éditeur chez Albin Michel, qui avait été sensible au récit de Francesca Gee, se souvient :« A l’époque, Matzneff n’était pas le vieux monsieur un peu isolé qu’il est aujourd’hui. Il était encore à Paris avec ses réseaux, ses amitiés. »« On a pris la décision en disant, on ne va pas croiser le fer avec cette bande. Il y [avait] plus de coups à prendre que de gains à en tirer. J’ai plaidé sa cause. Je n’ai pas été suivi. »

 

En face de cette « bande », comptant notamment des personnalités influentes comme Philippe Sollers, Francesca ne pesait pas lourd. Son livre, pourtant, constituait, à n’en pas douter, un témoignage fort. On y retrouvait, rapporte le « New York Times », des thèmes et un vocabulaire similaires à ceux utilisés par Vanessa Springora.

Quand « l’affaire Matzneff » a éclaté, début janvier, avec la parution du « Consentement », les langues ont commencé à se délier. La rumeur du manuscrit de Francesca Gee a circulé. Nous avions alors contacté Martine Boutang, éditrice chez Grasset, qui avait eu le texte entre les mains. Elle nous avait confié que ne pas l’avoir publié restait l’un de ses plus grands regrets.

« Cataclysme »

Francesca Gee a rencontré Gabriel Matzneff en 1973. Elle avait 15 ans, l’auteur de « l’Archimandrite », 37. Elle est avec sa mère quand elle fait sa connaissance. L’écrivain est régulièrement invité à la table des parents de l’adolescente, trop heureux de compter parmi leurs hôtes un homme jouissant de l’aura du fin lettré. Le père de Francesca, journaliste britannique basé à Paris et mort en 2014, encourage la relation de sa fille avec Matzneff.

 

Celle-ci durera trois ans. Trois ans durant lesquels Gabriel Matzneff isole Francesca, la coupe de toute vie sociale, et l’attend tous les jours à la sortie du lycée. Un enquêteur, qui travaille sur l’affaire Matzneff et qui a entendu Francesca Gee, a qualifié cette relation de « prise d’otage ». Elle, elle parle d’un « cataclysme » qui a changé le cours de son existence. Mais pendant longtemps, aveuglée et manipulée, elle a cru qu’il s’agissait d’une histoire d’amour.

Matzneff, comme il le fera plus tard avec Vanessa Springora, et avec de nombreuses proies, a poussé Francesca à entretenir avec lui une correspondance amoureuse. C’était un piège. Il se servira plus tard de ces lettres, notamment dans « les Passions schismatiques » (1977), pour prouver que les sentiments étaient réciproques et que la jeune fille était consentante. Pour, en somme, justifier la pédophilie.

Michèle Barzach, une gynécologue très conciliante

Très vite, après avoir mis Francesca dans son lit, l’écrivain la couche dans ses livres. Son pamphlet pédophile publié en 1974, « les Moins de seize ans », est dédié à la jeune fille. Dans la préface à la réédition de 1994, il parle de leur « amour fou ». Et dans celle de 2005, il s’abrite encore derrière son nom pour se défendre d’être un « violeur d’enfants ». Il reproduit ses lettres en précisant, avec perversité : « Les lettres de la petite fille m’ont été écrites par l’adolescente de quinze ans à qui ce livre est dédié. Il n’y a pas un mot qui ne soit d’elle. »

 

Ces lettres, Francesca Gee les a bien écrites, mais estime qu’elles lui ont été « extorquées ». Ce que nous disait aussi Vanessa Springora, précisant que cela participait de la dépossession d’identité. Tout comme le processus consistant à enfermer les adolescentes dans une fiction, celle du grand amour, que Matzneff fantasme dans ses livres. Il consacre ainsi à Francesca « la Passion Francesca », des poèmes, et un roman, « Ivre du vin perdu », qui paraît en 1981, à La Table ronde.

Francesca y devient Angiolina. Sur la couverture de l’édition de poche, qui sort deux ans plus tard, figure le visage de Francesca. Et dans le livre, certaines de ses lettres encore. Le portrait, comme les lettres, a été reproduit sans le consentement de Francesca. Cela fait dix ans qu’elle a rompu avec lui, mais elle est toujours sa prisonnière. En 1991, Matzneff publie le tome de son journal qui couvre les années de son histoire avec la jeune fille : « Elie et Phaéton ». Il raconte notamment les visites chez une gynécologue très conciliante qui prescrit la pilule à Francesca :

« Michèle Barzach est une jeune femme douce, jolie, attentive, qui à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de trente-sept ans et à sa maîtresse de quinze. Elle a, je pense, tout de suite compris que nous formons un vrai couple, que nous nous aimons. »Il s’agit bien de Michèle Barzach, future ministre de la Santé et présidente de la branche française de l’Unicef, l’agence des Nations unies pour la protection de l’enfance. Après Francesca, Gabriel Matzneff continuera de lui envoyer les jeunes mineures qu’il fréquente. Il continuera également à poursuivre longtemps Francesca, en lui écrivant et en l’évoquant dans ses livres, y compris dans le dernier, paru en novembre.

 

Longtemps journaliste, Francesca Gee vit désormais dans le sud de la France. Elle travaille à un nouveau livre sur Gabriel Matzneff. Quand nous avions rencontré Vanessa Springora, voici ce qu’elle nous avait dit :

« Il paraît que Francesca, autre jeune fille séduite par Matzneff quand elle avait quinze ans, aurait aussi envisagé d’écrire un livre. J’ai appris ça et j’en ai été bouleversée. Matzneff avait publié des photos d’elle sur son site qu’elle a réussi à faire retirer. A priori, elle ne garde pas un meilleur souvenir de lui que moi. Ça me toucherait beaucoup de parler avec elle. »Francesca comme Vanessa ont aujourd’hui la parole. Mais les faits qu’elles relatent sont prescrits. La police a lancé, en février, un appel à témoignages, espérant que d’autres voix se fassent entendre.

 

 

https://institutdeslibertes.org/exclusif-affaire-matzneff-lancienne-ministre-michele-barzach-entendue-comme-temoin/

21 January, 2020

EXCLUSIF Affaire Matzneff : l’ancienne ministre Michèle Barzach entendue comme témoin ?

 

 

Ministre de la Santé et de la Famille sous Jacques Chirac de 1986 à 1988, Michèle Barzach pourrait bien être entendue dans le cadre de l’enquête ouverte à l’encontre de l’écrivain pédophile : médecin gynécologue, elle n’était pas regardante pour prescrire la pilule aux conquêtes mineures de Gabriel Matzneff.

 

Du début des années 1970 jusqu’à son entrée au gouvernement, Michèle Barzach exerce comme gynécologue dans le XVe arrondissement de Paris. A son entrée au gouvernement, celle qui a fait ses premières armes en politique comme conseiller d’arrondissement puis adjointe au maire du XVe grâce à la protection que lui prodigue déjà Jacques Chirac – il l’a même propulsée déléguée nationale du RPR aux affaires sociales – est présentée par le journal Le Monde comme « modérément libérale ».

Dans le contexte de l’époque, cela veut dire qu’elle « modérément de droite ». Elle le prouvera d’ailleurs assez vite puisque, quelques semaines après sa nomination, elle s’opposera à l’arrêt du remboursement de l’avortement par la Sécurité sociale, souhaité par la nouvelle majorité RPR-UDF. Le docteur Bernard Savy, député RPR de la Nièvre, a même déposé un amendement en ce sens. Elle explique alors à l’Assemblée qu’il est important de « conserver un dispositif permettant de ne priver aucune femme de la possibilité de choisir l’IVG pour insuffisance de ressources », même s’il faut aider les femmes à ne pas recourir à l’avortement, en développant l’information sur la contraception.

Depuis la loi Neuwirth (1973), la vente de produits contraceptifs est autorisée mais leur délivrance aux mineures restera soumise à autorisation parentale jusqu’en 1974, date à laquelle la ministre de la Santé Simone Veil lèvera cette obligation et accordera aux mineures le droit à l’anonymat. Or les policiers de l’Office central de répression des violences aux personnes (OCRVP), agissant dans le cadre de l’enquête ouverte par le parquet de Paris à la suite des accusations portées contre Gabriel Matzneff par l’éditrice Vanessa Springora dans le livre Le Consentement (Grasset), sont tombés à plusieurs reprises sur le nom de Michèle Barzach à une époque où, si on en croit ce qu’il a écrit, elle était le témoin privilégié, pour ne pas la complice, de ses agissements.

Ainsi que l’a confié au Journal du dimanche l’éditeur Antoine Gallimard, qui a retiré de la vente tous les ouvrages de Matzneff (ainsi que l’ont fait la plupart de ses autres éditeurs), « on nous a demandé par écrit que l’on adresse à l’OCRVP un exemplaire de chaque volume du Journal de Gabriel Matzneff ». La même requête a été effectuée auprès de ses autres maisons d’édition, dont La Table ronde. Et la lecture de ses journaux intimes et néanmoins publics a commencé : une quinzaine de tomes publiés entre 1976 et 2019 et ne cachant pas grand-chose de sa vie privée, détaillée au jour le jour (et parfois heure par heure !), de 1953 à 2018, soit sur une durée de soixante-cinq ans !

Elie et Phaéton (La Table ronde) couvre la période 1970-1973. Le 11 août 1973, veille de son 37e anniversaire, il tombe, au quartier Latin, sur une vieille connaissance – enfin, vieille, façon de parler –, « accompagnée d’une jolie adolescente de quinze ans, sa fille, Francesca » : « Cette rencontre m’émeut et me trouble. » Quatre jours plus tard, il dîne chez elles. « Je suis sous le charme de cette céleste de quinze ans », écrit-il, ajoutant ceci, qui en dit beaucoup sur la véritable nature de ses attirances : « Je lui trouve une ressemblance avec Erik Pyrieff, le gamin qui joue le rôle d’Ivan enfant dans la deuxième partie d’Ivan le Terrible d’Eisenstein : visage ovale, grands yeux de velours, nez fin, lèvres gonflées, sensuelles. » Quand le film a été tourné, Pyrieff (ou Pyriev) avait treize ans…

Quoi qu’il en soit, et qui relève de la psychanalyse, Francesca passe bientôt de la table maternelle au lit de Matzneff. Mais si elle tombe enceinte ? Si elle était déjà tombée enceinte ? Nous sommes le 9 novembre et Matzneff s’en inquiète : « J’achète un truc à la pharmacie pour savoir si on attend un bébé ou non. Francesca sèche l’école, vient chez moi faire le test. Ouf ! c’est négatif. Toutefois, il faut que nous trouvions un gynécologue qui accepte de lui prescrire la pilule sans prévenir sa mère. Si nous tombons sur un médecin réac, hyper-catho, c’est fichu. »

Oui mais où et comment dénicher ce toubib pas bégueule ? Pour Matzneff, qui fréquente le Tout-Paris, quatre jours vont suffire pour trouver la perle rare et obtenir un rendez-vous. Il a fallu une entremetteuse, il en donne le nom : Juliette Boisriveaud. Aujourd’hui, il faut avoir été féministe dans les années 1970 pour savoir de qui il s’agit. En novembre 1973, lorsque Gabriel Matzneff fait appel à son carnet d’adresses, Juliette Boisriveaud a 41 ans « et un CV déjà long comme le combat des femmes vers l’émancipation », dixit Libération, et, journaliste à Paris Match, elle travaille au lancement, le mois suivant, du journal dont elle va être la rédactrice en chef, Cosmopolitan.

A la date du 13 novembre 1973, Matzneff peut ainsi écrire : « Je crois qu’aujourd’hui, chez la gynéco, Francesca a pris la pleine mesure de mon amour, qu’elle a éprouvé que je me sens responsable d’elle, que je l’aime vraiment, et pas qu’au lit. C’est grâce à Juliette Boisriveaud que nous avons eu ce rendez-vous chez le docteur Michèle Barzach. Nous y sommes allés avec la crainte d’être critiqués, sermonnés, aussi avons-nous été très agréablement surpris. Michèle Barzach est une jeune femme douce, jolie, attentive, qui à aucun moment n’a cru devoir faire la morale à ce monsieur de trente-sept ans et à sa maîtresse de quinze. Elle a, je pense, tout de suite compris que nous formons un vrai couple, que nous nous aimons. »

Nous avons vérifié : la Michèle Barzach qui est désignée à la page 378 d’Elie et Phaéton par Matzneff n’est pas un homonyme. Juliette Boisriveaud et Michèle Barzach étaient amies. Et du même camp. La première a publié des textes de la deuxième dans Cosmo. Elle lui a même présenté son mari, Jean-Pierre Renard. Quelques années et deux enfants plus tard, l’époux de Juliette ne l’était plus : il était devenu celui de Michèle.

Nous avons – et les enquêteurs de l’OCRVP ont – épluché les journaux de l’écrivain. Après cette première consultation qui l’a pleinement satisfait, Michèle Barzach va devenir en quelque sorte la gynéco attitrée de Matzneff. On en trouve un autre exemple, mais ce n’est pas le seul, dans Les Soleils révolus (1979-1982) (Gallimard). « Hier, mardi 3 juillet 1979, raconte-t-il, Marie-Elisabeth, seize ans, est devenue ma maîtresse. […] Tout l’après-midi, donc, nous nous sommes aimés, délicieusement […] Elle m’a permis […] et, lorsque je m’apprêtais à la pénétrer, elle m’a seulement rappelé dans un murmure (elle tremblait de tous ses membres) qu’elle ne prenait pas la pilule. Je lui ai donc fait l’amour. J’ai été très progressif, très doux. Pour moi, cela a été enchanteur ; pour elle aussi, je crois. »

Il croit ? Deux jours plus tard, elle a surtout « très peur d’avoir un bébé Matzneff ! » Il lui répond qu’il a « fait attention »… Il n’empêche que l’inquiétude grandit. Le 6 septembre, il accompagnera Marie-Elisabeth chez le docteur Barzach. Cette fois, il restera dans la salle d’attente. Marie-Elisabeth ressortira du cabinet « radieuse » : « Le bébé Matzneff était une fausse alerte. »

Dans Un galop d’enfer (La Table ronde), son journal des années 1977-1978, Gabriel Matzneff fait cet aveu : « Mon Dieu ! quand je compare le désir raisonnable que m’inspire une belle jeune femme telle que Véronique au bouleversement absolu qu’une jolie jeune fille de quinze ans comme Marie-Elisabeth opère en moi, il me fait bien l’avouer que, quoi que j’en aie parfois, je suis foncièrement, et irrémédiablement, pédophile. »

Michèle Barzach, qui était aussi psychanalyste, ne s’en était-elle pas aperçue ? En juin 2012, on pouvait lire dans Le Quotidien du médecin : « Médecin gynécologue, psychanalyste et ministre de la santé et de la famille du deuxième gouvernement Chirac, Michèle Barzach a été élue à la présidence de l’Unicef France. » La nouvelle présidente avait déclaré : « Dans la continuité de ma vie consacrée aux femmes et aux enfants, je servirai avec conviction et enthousiasme la stratégie de l’Unicef fondée sur la notion d’équité, pour permettre l’accès des plus vulnérables aux droits fondamentaux que sont la santé, la nutrition, l’éducation et la protection. » Son mandat s’est achevé en juin 2015.

 

Bruno Larebière

Affaire Matzneff : l'ancienne ministre Michèle Barzach complice du pédophile dans AC ! Brest

Auteur: Bruno Larebière

Journaliste indépendant, Bruno Larebière collabore à divers titres de la presse parisienne, dont le mensuel L’Incorrect dont il dirige les pages politiques. Auteur d’une vingtaine d’ouvrages, la plupart en tant que « prête-plume », il exerce aussi l’activité de conseiller en communication.

 

Neuf médecins, psychiatres, psychanalystes ou psychologues ont signé la pétition pro-pédophile de Gabriel Matzneff du 26 janvier 1977

On a bien du mal à retrouver cette précision dans les différents textes publics existant actuellement à propos de cette pétition.

Je ne l’ai vue dans aucun des très nombreuses articles qui l’ont à nouveau évoquée ces derniers temps.

Je l’avais remarquée dans la fiche Wikipédia de Gabriel Matzneff il y a quelques jours mais elle en a déjà disparu.

Il n’y a que dans la fiche qui suit, dans sa version du 31/12/2011 et dans celle d’aujoud’hui, que cette indication peut encore être retrouvée.

Elle est pourtant d’une importance cruciale pour comprendre le sort réservé aux victimes…

 

http://www.codes-et-lois.fr/feeds/wikipedia/_1b01b2c9288ddd5033a449287956425a

Pétitions françaises contre la majorité sexuelle

 

- Wikipedia, 31/12/2011

Lire l’article…

Entre 1977 et 1979, alors qu’une réforme du Code pénal était en cours de discussion au Parlement, des intellectuels français, dont des figures célèbres, ont signé des pétitions et des lettres ouvertes demandant soit l’abrogation des lois sur la majorité sexuelle soit la relaxe des individus arrêtés pour des relations sexuelles avec des enfants ayant quatorze ans ou moins (mineurs de quinze ans). Ces prises de positions faisaient suite à la détention provisoire de Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt qui avaient eu des rapports avec des garçons et des filles de 13 et 14 ans « consentants ». À l’époque, la justice avait qualifié les faits « d’attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans » alors qu’aujourd’hui, les faits seraient qualifiés d’atteintes sexuelles, d’agressions sexuelles ou de viols.

 

Sommaire

1977 Pétition adressée au Parlement

En 1977, une pétition fut adressée au Parlement, appelant à l’abrogation de plusieurs articles de la loi sur la majorité sexuelle et la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France). Le document fut signé par les philosophes Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et André Glucksmann, par le philosophe et sémioticien Roland Barthes, par le romancier/activiste en faveur des homosexuels Guy Hocquenghem, l’avocat et professeur de droit Jean Danet, l’écrivain et cinéaste Alain Robbe-Grillet (élu membre de l’Académie française en 2004), l’écrivain Philippe Sollers, la pédiatre et psychanalyste pour enfants Françoise Dolto, et également par des gens appartenant à divers courants politiques[1].

1977 Pétition au Parlement – Liste des signatures

1978 Conversation à la radio entre Foucault, Hocquenghem et Danet

Article détaillé : La loi de la pudeur.

Le 4 avril 1978, une conversation approfondie détaillant les raisons de leur position pro-abolition a été diffusée par la radio France Culture dans l’émission « Dialogues ». Les participants, Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem, ont tous signé la pétition de 1977, avec d’autres intellectuels[3]. Ils pensaient que le système pénal était en train de remplacer la punition d’actes criminels par la création d’une figure d’individu dangereux pour la société et prédisaient qu’une société de dangers adviendrait. Ils ont également défini l’idée de consentement légal comme une notion contractuelle et un « piège » puisque « personne ne signe un contrat avant de faire l’amour »[4]. La conversation a été publiée en français sous le titre « La loi de la pudeur » puis en anglais sous le titre « Sexual Morality and the Law » (« La morale sexuelle et la loi »), et fut réimprimée plus tard dans cette dernière langue sous le titre « The Danger of Child Sexuality » (« Le danger de la sexualité de l’enfant »).

Lettres ouvertes publiées dans des journaux français

Le Monde – 26 janvier 1977

Une lettre ouverte fut publiée dans Le Monde, la veille du procès de trois Français (Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt), tous accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des filles et des garçons de 13 et 14 ans. Deux d’entre eux ont été en détention temporaire depuis 1973 et la lettre évoque ce fait comme scandaleux. La lettre fut signée par 69 personnes, dont Jack Lang (qui fut en France ministre de la Culture, ministre de l’Éducation, porte parole du gouvernement, député européen et qui est actuellement député du Pas-de-Calais), Bernard Kouchner (qui fut ministre de la Santé en France et cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du Monde), Michel Bon (qui dirigea le Carrefour, l’ANPE et France Télécom), et des intellectuels publics comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem, ainsi que 9 spécialistes – 5 psychiatres, 1 médecin, 1 psychologue, 1 psychanalyste et 1 spécialiste des sciences humaines[5],[6],[7],[8]. Le document déclare qu’il y a une disproportion entre la qualification de leurs actes en tant que crime et la nature des actes reprochés, et également une contradiction puisqu’en France les adolescents seraient pleinement responsables de leurs actes à partir de l’âge de 13 ans. (Dans les faits, la responsabilité pénale en France n’est pas systématiquement reconnue pleine et entière entre 13 et 16 ans [9]). Le texte argumente aussi que si des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France, elles doivent aussi pouvoir consentir[10],[6].

Le Monde – Liste complète des 69 signatures

Voici la liste complète des noms :

Libération – Mars 1979

Une lettre similaire, mais beaucoup plus sujette à polémique, fut publiée dans le journal Libération en 1979, en soutien à Gérard R., accusé de crime sexuel sur des enfants et attendant alors son procès depuis dix-huit mois. La lettre rapporte que Gérard R. vit avec des jeunes filles de 6 à 12 ans « dont l’air épanoui montre aux yeux de tous, y compris leurs parents, le bonheur qu’elles trouvent en lui ». L’affirmation qu’une fillette de 6 ans pouvait donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte et qu’elle en serait épanouie fut signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort. Cette lettre fut reproduite ensuite dans le journal L’Express du 7 mars 2001[6]. À part Christiane Rochefort, il n’a pas été rapporté qu’un des signataires de la lettre de 1977 ait également signé celle de 1979.

Notes et références

  1. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  2. L’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » est mentionnée à la page 273 du texte de Foucault, La loi de la pudeur, chapitre 16 de Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984 (en anglais). Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4 (voir aussi la version en ligne en anglais)
  3. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  4. FOUCAULT, Michel. Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984. Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4.Chapitre 16, La loi de la pudeur (en anglais “en:Sexual Morality and the Law », pages 271 – 285. Voir page 285 ou la version en ligne).
  5. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)
  6. a, b et c 1977-1979 pétitions et signatures (en français)
  7. 1977 pétition dans Le Monde (en français) (liste quelques unes des signatures, voir N° 6)
  8. 1977 pétition dans Le Monde – liste des signatures (en italien)
  9. Les sanctions applicables aux mineurs
  10. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)

Références

En français

  • Dignaction.org – Listes de la pétition de mai 1977 au Parlement ainsi que les deux lettres ouvertes publiées dans Le Monde et Libération.
  • Bibliothèque IPCE sur la lettre ouverte dans Le Monde (version française)
  • Denistouret.net (voir « Libé en écho d’un vertige commun », « pétitions ») – reproduit un article de Sorj Chalandon, publié dans Libération du 23 février 2001, pages 3 et 4. L’article mentionne les deux pétitions de 1977, et ajoute les noms de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers en tant que signataires de la pétition de 1977, adressée au Parlement.
  • La censure des bien-pensants, page 96 (Paris : 2003, publié aux Éditions Albin Michel). Le livre fut écrit par le journaliste Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières et Emmanuelle Duverger, une avocate internationaliste et membre de la Fédération internationale des droits de l’homme. Le livre mentionne les deux pétitions de 1977. Source : site Web «Denistouret.net » (page sur Ménard, N° 6).
  • « La loi de la pudeur« , publié dans le magazine Recherches N° 37, avril 1979, Fous d’enfance, p. 69-82.
  • FOUCAULT, Michel (1994). Dits et écrits 1976-1979. Tome III. Paris: Gallimard, p. 766-776 (Chapitre « La loi de la pudeur »)

En anglais

En italien

Voir aussi

  • Manifeste des 121 – une pétition française de 1960 contre la guerre d’Algérie
  • Manifeste des 343 – une pétition française de 1971 de soutien de la légalisation de l’avortement

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https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9titions_en_France_concernant_la_majorit%C3%A9_sexuelle

Pétitions en France concernant la majorité sexuelle

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Les pétitions concernant la majorité sexuelle en France, liées à l’Affaire de Versailles, signées entre 1977 et 19791, alors qu’une réforme du Code pénal français était en cours de discussion au Parlement, par divers intellectuels, personnalités et médecins, ont été montrées du doigt au début des années 2000 lors de la polémique sur les écrits de jeunesse du député européen Daniel Cohn-Bendit. Les livres en français les évoquant ont tous été publiés au XXIe siècle.

L’une d’entre elles proposait d’accélérer les procédures pénales sanctionnant les relations sexuelles avec des mineurs, en recourant à des juges professionnels, et dénonçait la discrimination contre les homosexuels dont la majorité sexuelle n’avait été abaissée qu’ à 18 ans en 1974 contre 15 ans pour les hétérosexuels2. Les deux autres protestaient contre la durée de la détention préventive subie par des suspects dans deux affaires de pédocriminalité couvertes par le secret de l’instruction, dont la presse n’aura les détails que lors de l’audience publique au Tribunal. Cette cause est cependant « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Ces pétitions ont commencé lors de l’Affaire de Versailles, avec trois suspects d’attentat à la pudeur, notion remplacée en 1994 dans la loi française par l’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans et l’agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Oubliées pendant un quart de siècle, elle réapparaissent dans la presse et l’édition quand Daniel Cohn-Bendit répond aux journaux qui ont publié en janvier 2001 des extraits jugés pédophiles de son livre de 1975, en évoquant « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4 dans Le Monde du 22 février 2001. Au Journal de 20 heures de TF1, il dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération publie le lendemain un mea culpa sur ces pétitions sous la plume de l’écrivain Sorj Chalandon6, en estimant que son concurrent Le Monde est aussi concerné, et L’Express des entretiens avec deux signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7. Plusieurs des amis de Cohn-Bendit signent alors une pétition pour le défendre8 estimant que les écrits de son livre n’étaient, eux, « pas scandaleux » mais relevaient d’une nécessaire « explosion de la parole »8.

Le 16 janvier 2019, Vanessa Springora, invitée dans l’émission « La Grande Librairie » y a souligné, tout comme le sociologue Pierre Verdrager et le magistrat Jean-Pierre Rozencsveig, en réponse à une question de l’animateur François Busnel, que les motivations étaient très différentes d’un signataires à l’autre, la plupart voulant dénoncer la discrimination contre les homosexuels, sans savoir que Gabriel Matzneff avait participé à la rédaction du texte.

Contexte général

Le contexte international

Eté 1976: la pression venue du Québec

Au Québec, les milieux homosexuels militent en 1976 pour l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle9 pour les homosexuels9 car à l’approche de l’organisation des Jeux Olympiques de Montréal, les descentes policières se multiplient, en particulier l’arrestation de 89 personnes au Sauna Neptune, en mai 19769, suivie de la création du Comité homosexuel anti-répression (CHAR), en mai 19769, ce qui a aussi créé l’émotion dans les milieux homosexuels en France9 où la loi de 1974 maintient une discrimination de majorité sexuelle, abaissée à seulement 18 ans contre 15 ans pour les hétérosexuels).

Printemps 1977: l’impact de la campagne d’Anita Bryant

La chanteuse américaine de musique folk Anita Bryant a mené en 1977 une campagne à Miami avec pour slogan : « Tuer un homosexuel pour l’amour du Christ », pour abroger une ordonnance locale interdisant toute discrimination basée sur des critères de préférences sexuelles, en tenant des propos à l’origine d’une importante manifestation homosexuelle à Paris, le 25 juin 197710.

L’organisation politique d’Anita Bryant s’appelle Save Our Children (Sauvons Nos Enfants)11. En 1977, le comté de Dade en Floride avait promulgué une ordonnance interdisant toute discrimination sur des critères d’orientation sexuelle et le 7 juin 1977, cette ordonnance anti-discrimination est abrogée: la chanteuse poursuit alors sa croisade d’abord en Floride où elle obtient l’interdiction de l’adoption par des parents homosexuels, puis dans tout le pays contre d’autres ordonnances locales12,13.

En France : évolutions sociales et judiciaires

En France, la défense des suspects de pédophilie, même face à de supposés abus judiciaires, est alors « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Le secret de l’instruction largement préservé jusqu’en 1979

Les pétitions de 1977 et 1979 évoquent deux affaires de mœurs à laquelle la presse n’a encore consacré aucun article, en raison du respect encore très fréquent jusque là du secret de l’instruction. Les détails importants ne seront connus qu’à l’audience, rendue exceptionnellement publique pour précisément faire face à des pétitions signées en aveugle. Dans la première cependant, l’auteur de la pétition, Gabriel Matzneff, qui a longtemps été journaliste, a déclaré dans une tribune libre avoir rencontré un des suspects, afin d’étayer sa version, qui restera la seule connue jusqu’à l’audience.

L’autre pétition, celle de 1979, est publiée en plein milieu d’une violente polémique sur une autre affaire de pédophilie en cours d’instruction où le secret a été violé par le journal d’extrême-droite Minute puis par France-Soir et sans donner la version de l’avocat du suspect en détention préventive.

Du combat révolutionnaire à la contestation des mœurs

Pour l’historien Jean-François Sirinelli, de vifs débats ultérieurs à l’affaire Gabrielle Russier sont relancés en 1977 « avec des intentions et des arrières-pensées multiples »14. Les protagonistes avaient en effet en tête certaines affaires polarisantes, comme celle du suicide en septembre 1969, de Gabrielle Russier14, une professeure qui, à la suite d’une liaison amoureuse avec un de ses élèves alors âgé de seize ans, sera condamnée à un an de prison avec sursis pour enlèvement et détournement de mineur et surtout de la chanson de Charles Aznavour Mourir d’aimer et du film éponyme avec Annie Girardot, comme lui inspiré de l’affaire Gabrielle Russier, qui fait 6 millions d’entrées.

En 1971, Politique Hebdo, magazine emblématique de « l’esprit d’après-68 », écarte un entretien du pédophile René Schérer en raison — selon le témoignage du rédacteur en chef adjoint de l’époque Hervé Hamon — de ses « positions pro-pédophiles »15 tandis que rédacteurs et lecteurs de Télérama et Télé 7 jours déplorent, « au nom de la liberté d’expression », la suppression d’une émission de Michel Polac sur l’inceste, qui cependant pour eux « avait de quoi choquer »16.

Pour Sirinelli, une autre évolution se produit entre 1977 et 1979: le combat révolutionnaire anti-capitaliste cède la place à des contestations plus élargies qui concernent notamment la sphère de la famille, de l’intimité14. Cette évolution ne concerne qu’une « poignée d’intellectuels » selon Virginie Girod, docteure en histoire3 menés par Guy Hocquenghem, ex-amant et élève de l’écrivain pédophile René Schérer et pilier depuis 1975 du quotidien Libération, dont le tirage en 1978 à 37 000 exemplaires par jour, en croissance mais trop faible pour rester viable17. Rouge, quotidien d’extrême-gauche rival18, estime qu’il faut être du côté des accusés, coupables de seulement « quelques photos » mais s’interroge cependant sur la « volonté des révolutionnaires, dont la plupart se tairont sans doute »18 puis découvre que les faits et les expertises judiciaires lors de l’audience publique, au cours de laquelle Le Monde prend clairement ses distances avec cette cause19. Le plus célèbre des livres de l’écrivain le plus connu de cette mouvance, Gabriel Matzneff, ne s’est vendu qu’à 20 000 exemplaires20.

L’expertise judiciaire prend en compte la parole des victimes

L’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans une interview à Mediapart, note que si les textes judiciaires régis par la loi de 1832 ne posaient pas la question du consentement, les juges la posent souvent en pratique, quitte à juger que la victime a provoqué ce qui lui arrivait et, dans les années 1920, les psychiatres écrivent souvent que les jeunes filles sont consentantes, signe d’une « méfiance généralisée à l’égard de la parole des enfants » qui ne sera prise en compte que par l’évolution des « sciences du psychisme ». L’émergence sur la scène publique et politique des débats autour de la pédophilie, à la fin des années 1970, « a contraint les psychiatres et les psychanalystes à s’interroger de manière approfondie sur ce qui se passait en réalité. Cette période marque un tournant. Lorsque les experts sont amenés à s’exprimer dans les années 1960, ils peuvent parfaitement dire “cette petite fille est une débauchée, il faut prendre son témoignage avec méfiance”. Alors que les mêmes experts la croiront dix ans plus tard et assureront qu’elle n’a rien à se reprocher »21.

Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans son Histoire de la pédophilie, remarque que la psychanalyse a mené dès Sigmund Freud à une nouvelle conception de l’enfance et incite, notamment grâce au succès des thèses de François Dolto au début des années 1970, les médecins et les experts judiciaires à prendre en compte la parole de l’enfant en tant que victime et à le préserver22.

Pétition dans le Monde du 26 janvier 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde publie le 26 janvier 1977, veille du procès de l’Affaire de Versailles, le « communiqué » d’une pétition estimant que « trois ans, ça suffit » pour Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, en détention préventive depuis trois ans et deux mois car accusés d’attentat à la pudeur contre trois enfants de 13 et 14 ans23. Le secret de l’instruction fait qu’aucun journal n’a parlé de l’enquête. Trois jours après, Le Monde prend ses distances avec la pétition19 et dénonce la gravité des faits19.

Deux mois avant, le 8 novembre 1976, une « Tribune libre » de Gabriel Matzneff dénonce ces trois ans de détention préventive24, la « discrimination »24 contre les homosexuels par le Code pénal, le « silence » des intellectuels24 et même la « gêne, teintée de réprobation »24, qui font de lui « un homme isolé »24 malgré les attaques et la plainte d’un téléspectateur24, après son premier passage à la nouvelle émission de télévision littéraire de Bernard Pivot, Apostrophes, le 12 septembre 197524. Matzneff dit avoir rencontré un des trois hommes24 arrêtés à l’automne 1973. Le 22 novembre 1976, Le Monde signale « de nombreuses réactions de nos lecteurs pour la plupart critiques, voire hostiles et quelquefois indignées »25 à la « Tribune libre » de Gabriel Matzneff et en publie trois25.

Dans cette « simple affaire de “mœurs” (…) les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence », dénonce la pétition, qui juge « disproportionnées »23 les peines encourues (5 à 10 ans de prison), alors que « la loi reconnaît une capacité de discernement aux adolescents, qui peuvent être jugés et condamnés à partir de l’âge de 13 ans »23.

La pétition estime que la Cour d’assises doit les libérer, car trois ans de détention « ça suffit ! »23, mais ne réclame pas de changement de la loi23, même si elle souligne que des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France23 depuis la Loi Veil de 1974. La pétition semble ainsi ignorer que cette Loi Veil ne l’autorise que pour les centres de planning familial et sur prescription médicale26.

Le lendemain de la pétition, le procès débute. Le Monde félicite la Cour d’assises de supprimer le huis clos19 même si les victimes sont mineures, pour que les signataires de la pétition comprennent pourquoi l’enquête a duré plus de trois ans19 et son évolution : les victimes affirmaient certes avoir donné leur consentement, mais il s’avère très fragile vu leur âge et l’influence des adultes, comme le révèle l’audience publique. Les témoins y révèlent aussi des faits plus graves que les simples caresses et baisers évoqués par la pétition19, signée par 69 personnes au cours des semaines précédentes. Si la durée de la détention provisoire était « inadmissible », « là s’arrête l’indignation » écrit le journaliste envoyé par Le Monde19, pour qui « ce procès n’est pas » celui « d’une société ultra-répressive »19 mais de « trois hommes qui ont repris en compte à leur profit, et pour leur plaisir, des pulsions sexuelles »19. Il « est naturel de ne pas aimer cette forme d’amour et d’intérêt », conclut le journal19.

Parmi les signataires, des futurs ministres, Jack Lang, Bernard Kouchner, des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, André Glucksmann, Gilles Deleuze, Roland Barthes, Francis Ponge et Guy Hocquenghem, ainsi que quelques médecins23,1.

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Liste complète des signataires23.

Auteur

L’auteur de cette pétition est resté inconnu pendant 36 ans. Le 7 septembre 2013, agacé par des journalistes qui en parlent sans l’avoir lu, Gabriel Matzneff revendique la responsabilité et la rédaction du texte dans une chronique de son site personnel intitulée « Couvrez cette pétition que je ne saurais voir »27,28.

Il y explique les circonstances dans lesquelles est née la pétition, résumé d’une chronique parue dans Le Monde le 8 novembre 1976 sous le titre « L’amour est-il un crime ? »29. La quête des signatures fut menée par Matzneff, avec l’aide de Guy Hocquenghem. Selon lui, la plupart des personnes contactées se montrèrent favorables. Parmi les refus, Marguerite Duras, Hélène Cixous, Xavière Gauthier, et Michel Foucault.

Toujours en 2013, Matzneff ne renie en rien les valeurs exprimées par cette pétition : « J’en suis très fier et, si je l’écrivais aujourd’hui, je n’en modifierais pas le moindre mot, car elle est encore plus actuelle, nécessaire aujourd’hui qu’en 1977. »

Lettre ouverte dans Le Monde du 23 mai 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde est le seul journal à publier le 23 mai 1977, au lendemain du verdict dans l’Affaire de Versailles, des extraits d’une lettre ouverte écrite à la suite de la pétition du 26 janvier 1977, qui fait aussi référence exclusivement à l’Affaire de Versailles, pour que la pédocriminalité soit jugée plus rapidement, et donc par les magistrats professionnels d’un tribunal correctionnel plutôt que par cour d’assises2.

Des extraits sont publiés par le seul journal Le Monde30, qui cite les rappels des lois de 1810, 1836, 1863 et 1945 faits par la pétition30 et n’élude que la dizaine de lignes sur vingt consacrées à l’Affaire de Versailles, dont le verdict vient d’être rendu, cinq ans de prison avec sursis. Le Monde préfère s’en tenir à la conclusion des signataires qui « demandent que le dispositif pénal soit allégé, que de telles affaires, aujourd’hui passibles de la cour d’assises, soit jugées par un tribunal correctionnel », car « la détention préventive, en matière correctionnelle, ne peut excéder six mois »30.

Le texte souhaite aussi limiter à 5 ans de prison ferme la peine maximum encourue en cas d’attentat à la pudeur, le viol restant passible de Cour d’assises30,2.

L’appel explique que l’Affaire de Versailles, « jugée en audience publique, a posé le problème de savoir à quel âge des enfants ou des adolescents peuvent être considérés comme capables de donner librement leur consentement à une relation sexuelle. C’est là un problème de société. Il appartient à la commission de révision du code pénal d’y appporter la réponse de notre temps »30, pour des textes de loi « rajeunis et actuels »30.

La partie citée dans le court article du Monde évoque le droit du « détournement de mineur — dont le délit peut être constitué par le seul hébergement d’un mineur pour une nuit », prétend la pétition.

Le texte ne propose cependant à aucun moment de dépénaliser la pédophilie2. Ainsi, selon l’historien Jean Bérard, l’une des signataires, Françoise Dolto, estime que les relations sexuelles entre mineurs et adultes sont toujours source de traumatisme31,16.

Cependant, le texte observe avec une certaine désinvolture que « la qualification criminelle aboutit aujourd’hui à des conséquences aberrantes. En effet, le législateur se fait complice de l’acte incriminé puisque, d’autre part, il autorise la vente de contraceptifs aux filles de moins de quinze ans »30, alors que la Loi Veil ne l’autorise que sur prescription médicale et dans un dispensaire du Planning familial.

Ainsi ces pétitions « touchant à la norme et à la transgression dans des domaines aussi délicats que les rapports avec les enfants leur conféra parfois, par le ton utilisé, un caractère désinvolte (…) qui les placera ensuite en porte-à-faux » expliquera en 2007 l’historien Jean-François Sirinelli, pour qui les motivations des signataires sont très différentes de l’un à l’autre32.
Le texte parait dans les pages « Opinions » sous le titre « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs »2.

Moins de deux ans après, Le Monde reviendra sur cette affaire, pour souligner qu’entre-temps, à « en juger par l’émotion suscitée par l’Affaire Jacques Dugué »33, la révision des articles du code pénal portant sur les relations mineurs-adultes, demandée par ces personnalités, « n’est pas prête d’être acceptée par l’opinion »33.

Un mois après l’appel de mai 1977 sort le premier livre d’un des signataires, Pascal Bruckner, Le Nouveau désordre amoureux, plaidoyer pour la diversité des sexualités, dont l’un des chapitres sera jugé « plus que complaisant » envers l’apologie de la pédocriminalité professée trois ans auparavant par l’écrivain Tony Duvert34,35,36.

C’est seulement en 1982 que la loi placera la majorité sexuelle à 18 ans pour les homosexuels16.

Les signataires de la lettre ouverte du 23 mai 1977

Les signataires sont 80 personnalités et intellectuels30,37.

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Liste complète des signataires23.

Le Monde reproduit les signatures d’intellectuels comme Louis Althusser, Jean-Paul Aron, Roland Barthes, André Baudry, Simone de Beauvoir, Jean-Claude Besret, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, François Chatelet, Patrice Chéreau, Copi, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, Félix Guattari, Michel Leiris, Gabriel Matzneff, Bernard Muldworf, Christiane Rochefort, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, le docteur Pierre Simon et Philippe Sollers30.

La lettre a également été signée par Dennis Altman (en), Claude Bardos, le pasteur G. Berner, Christian Bourgeois, Christine Buci-Glucksmann, Jean-Pierre Colin, Dominique Desanti, Jean-Toussaint Desanti, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, Philippe Gavi, André Glucksmann, Renaud Goyon, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Jean-Luc Hennig, Christian Hennion, Guy Hocquenghem, Roland Jaccard, Pierre Klossowski, Anne Laborit, Madeleine Laïk, Georges Lapassade, Dominique Lecourt, Jacques Lefort, Michel Lobrot, Jean-François Lyotard, Michel Mardore, Dionys Mascolo, Gérard Molina, Vincent Monteil, Nicole Nicolas, Marc Pierret, Jacques Rancière, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Jean Ristat, Gilles Sandier, René Schérer, Victoria Thérame, Hélène Védrine et les Drs Frits Bernard, Boegner, Cabrol, Challou, Maurice Eme, Pierrette Garreau, R. Gentis, Michel Meignant, Jean Nicolas, Séguier, Torrubia2.

Pétition dans Libération du 23 mars 1979

 Article détaillé : Affaire des films de la FNAC.

Le 23 mars 1979, dans un climat politique tendu, une pétition titrée « Flip Fnac » est publiée dans la page « Courrier des lecteurs » du journal Libération, alors en grande difficulté. La pétition dénonce la détention préventive de 18 mois, dont 9 à l’hôpital psychiatrique de Villejuif, imposée à Gérard Roussel. Presqu’aucun détail n’a filtré en raison du secret de l’instruction : il a été arrêté en septembre 1977 à la FNAC, où il venait retirer, sous un nom d’emprunt, un film super-8, qui mettait en scène une fillette de sept ans. Un employé du magasin, choqué par les images, a signalé le film à la police, qui lui a tendu une souricière38.

La prise de distance du Monde sur l’affaire Flip Fnac et l’audience

Les juges ont entre-temps « correctionnalisé » l’affaire39, pour arriver plus vite au procès et réduire le risque encouru de 10 ans à 5 ans de prison ferme, en transformant les accusations, d’« attentats à la pudeur commis sans violence contre des enfants de moins de quinze ans » à « violences et voies de fait commises contre des enfants de moins de quinze ans »39, bien que l’on « puisse contester que des violences contre des enfants soient plus répréhensibles qu’un attentat à la pudeur commis avec leur consentement », estime alors, début avril 1979, Le Monde39, qui cite par ailleurs une partie du texte de la pétition parue dans Libération40 :

« Donner de l’amour à un enfant et en recevoir de lui par une présence, de la tendresse, des caresses, est un délit, voire un crime. On sait aussi que deux mineurs, qui font l’amour ensemble, se détournent l’un l’autre aux termes de la loi. Le caractère anachronique de cette législation est renforcé par le fait qu’une jeune fille de moins de quinze ans peut se procurer une contraception, sans l’autorisation de quiconque »39.

Devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Paris38, Gérard Roussel comparait le 30 mars 1979, finalement accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec des fillettes de 6 à 12 ans. Le suspect ne conteste pas les faits et nie juste qu’il y ait eu « pénétration réelle ».

Le dessin pédophile des graphistes de Bazooka dans Libération

La pétition a été publiée seulement dans Libération. Le quotidien, pour la première fois17 en perte (11 % de son chiffre d’affaires 197817) est alors déclaré « non-viable » car il ne tire qu’à 37 000 exemplaires, loin des 50 000 nécessaires pour équilibrer son budget17. Face à trois rivaux, Le Matin de Paris, fondé le 1er mars 197741, The Paris Metro42 créé à l’été 1977 et Rouge, devenu quotidien du 15 mars 1976 au 3 février 1979, Libération commence à publier des annonces destinées à des mineurs de 12 à 18 ans38, car il a eu vent du projet de magazine, Le Gai Pied, lancé le 1er avril 197938 sur fond d’Affaire Jacques Dugué, autre pédocriminel, en détention préventive depuis juillet 1978, révélée par le journal d’extrême droite Minute en septembre 197838. Serge July, directeur de Libération, avait recruté à l’été 1977 Bazooka, groupe de graphistes inspirés par les Sex Pistols du Mouvement punk et la sortie de God Save the Queen (chanson). July lui offre « une totale liberté d’expression », pour « secouer » le journal43. Selon lui « l’agression » graphique pratiquée par Bazooka « est aujourd’hui une manière d’exister, d’entretenir un rapport avec un monde désespérant »44. Bazooka intervient au « marbre » (maquette) juste avant le départ au rotatives mais sa « dictature graphique »44 provoque les réticences de la rédaction et la collaboration cesse. Bazooka travaille alors pour une autre publication, créée par Libération, la revue Un Regard moderne45, arrêtée en novembre 1978, après seulement six numéros, la rédaction de Libération accusant Bazooka de « pirater le journal au montage »46 par la publication, dans dans la page d’annonce « Taules » de la revue encartée dans le numéro du 5-6 novembre 1978, consacrée aux détenus, d’un dessin pédopornographique38.

Le climat politique délétère autour de l’affaire Jacques Dugué

Bazooka l’accusant de censure, Libération multiplie les interviews de provocation (Jacques Mesrine, Hans-Joachim Klein) et s’empare de l’Affaire Jacques Dugué, qui rebondit en janvier 1979, malgré le secret de l’instruction : trois mois après Minute, France-Soir, qui a perdu 40 % de ses journalistes dans la clause de cession liée au rachat par Robert Hersant, titre à son tour sur « une écœurante affaire de mœurs » où un « soi-disant éducateur aurait livré à la prostitution internationale des régiments de gamins ». Minute surenchérit, affirmant que Dugué est adhérent communiste. Démenti de la mairie de Saint-Ouen et de L’Humanité, à qui Marc Croissant, employé d’une autre mairie communiste, à Ivry, écrit47 pour prendre la défense de Dugué. Libération propose alors à Jacques Dugué d’écrire de sa prison une « tribune libre ». Publiée le 21 janvier 1979, elle déclenche un scandale car Dugué fait l’apologie de la « sodomisation » d’enfants. En réaction, le directeur de L’Humanité, Roland Leroy, accuse Libération de défendre les pires causes, à commencer par des « proxénètes d’enfants ». Dans Libération du 1er mars, Jean-Luc Hennig, proche du militant homosexuel Guy Hocquenghem écrit : « on n’a pas eu Libération par la politique on l’aura par le cul »38. Quelques jours après, un éditorial de Serge July se vante d’avoir subi 9 inculpations en quelques mois38, mais pour la plupart sans lien avec la pédophilie.

Le Monde ne prend lui parti dans aucune des deux affaires. Il obtient le 27 février des informations des enquêteurs, évoquant les « 15 jours dans le coma » de Jacques Dugué33, qui vient de se pendre suite à « la quasi-certitude d’être lourdement condamné »33 mais aussi « les victimes (qui) seraient au nombre d’une trentaine »33 et ne « se livraient pas seulement à des jeux innocents », tandis que « l’un des parents » avait porté plainte33.

Exclu du PCF, licencié le 6 février48, Marc Croissant est la cible le 15 mars, d’un tract communiste jugé « intolérable » par Libération. Une semaine après, dans ce climat délétère, Libération publie la pétition « Flip Fnac », signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort49. En 2001, L’Express y voit un exemple de dérive d’une partie de la génération 6849, même si la plupart des signataires sont plus âgés.

Pétition de soutien à Cohn-Bendit dans Libération du 1er mars 2001

En janvier 2001, la journaliste allemande Bettina Röhl50 qui n’avait que 14 ans50 lors du suicide de sa mère Ulrike Meinhof, cofondatrice de la Fraction armée rouge51, diffuse à plusieurs grands journaux anglais, italiens et allemands52 un article publié par Daniel Cohn-Bendit en 1976, peu après le suicide de sa mère, dans le magazine culturel de son père, qu’elle accuse de l’avoir abandonnée50. Cet article reprenait un chapitre du livre Le Grand Bazar, dans lequel Daniel Cohn-Bendit évoquait l’année précédente ses activités d’aide-éducateur à Francfort en théorisant l’éveil à la sexualité des enfants de 1 à 6 ans et témoignant de rapports physiques à connotation sexuelle que Daniel Cohn-Bendit a entretenus avec eux.

Daniel Cohn-Bendit évoque alors dans Le Monde du 22 février 2001 « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4. L’écrivain Sorj Chalandon rédige le lendemain un mea culpa de Libération sur des pétitions oubliées datant des années 19706 et L’Express publie des entretiens avec deux de leurs anciens signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7.

Au journal de 20 heures de TF1, Cohn-Bendit dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération pourfend le même jour une « haine de Mai 68 qui n’a jamais abdiqué »53 dans un numéro consacrant six articles à l’affaire dont ceux de trois « ex-soixante-huitards » (Romain Goupil, Serge July et Philippe Sollers) remontés contre un « procès stalinien » visant selon eux Cohn-Bendit, celui de Romain Goupil étant même titré « J’ai envie de dire : oui, je suis pédophile ! »54. Une semaine après plusieurs de ses amis signent une pétition titrée « Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ? »8. « Écrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit ? Non, ceux d’une nécessaire explosion de parole » dit le texte, en estimant que la révolution sexuelle a d’abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire « non ».

Notes et références

  1. « Trois soixante-huitards dénoncent un “procès stalinien” », Libération,‎ 23 février 2001 (lire en ligne [archive]).

Annexes

Les livres en français évoquant les pétitions en France concernant la majorité sexuelle ont tous été publiées au XXIe siècle.

Bibliographie

Voir aussi

Lien externe

 

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