Stups à Paris : deux magistrates en garde à vue pour une fausse garde à vue

Deux magistrates auraient participé « à l’insu de leur plein gré » à un trafic de drogue de grande ampleur au mois d’avril 2012.

Six ans et demi plus tard, elles commencent à rendre des comptes…

Comme quoi les magistrats du Tribunal de Grande Instance de Brest qui ont multiplié les faux en écritures publiques dans les affaires qui me concernent ont bien tort de s’imaginer au-dessus des lois.

Quant aux journalistes qui se fient encore à ces criminels, ils feraient bien de revoir leurs méthodes d’ »investigation »…

 

https://www.nouvelobs.com/justice/20181010.OBS3764/stups-les-deux-magistrates-l-indic-et-la-fausse-garde-a-vue.html

Stups : les deux magistrates, l’indic et la fausse garde à vue

 

Stups : les deux magistrates, l'indic et la fausse garde à vue
Véronique Degermann, procureure adjointe au parquet de Paris, ici en 2007 (Thomas COEX / AFP)

 

Deux procureures ont été entendues pour s’expliquer sur la garde à vue fantôme d’un indic en 2012. Elles sont sorties sans qu’aucune charge ne soit retenue contre elles à ce stade.

 

Le 3 avril 2012, Sophiane Hambli, un des pontes du trafic de résine de cannabis en France, est extrait au petit matin de sa cellule du centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville. Trois hommes de l’Office Central pour la Répression du Trafic Illicite de Stupéfiants (OCRTIS) dont le patron, le commissaire François Thierry ont fait le déplacement jusqu’en Lorraine. Officiellement, il s’agit de le ramener au siège de la PJ à Nanterre où il doit être entendu sous le régime de la garde à vue.

En réalité, celle-ci est totalement fictive. Les policiers conduisent bien le détenu jusqu’à Nanterre, non pas dans leurs locaux mais dans une chambre de l’hôtel Mercure situé à proximité. Sophiane Hambli y passera trois jours. « Ils seront utilisés par l’intéressé pour passer des très nombreuses communications téléphoniques à destination du Maroc pour nous renseigner au plus près pour une opération d’envergure », confiera François Thierry dans une audition le 21 mars 2017. Seul problème : cette garde à vue fantôme est totalement irrégulière. A l’époque, le montage aurait pourtant été validé par deux magistrates : Véronique Degermann, procureure adjointe au parquet de Paris et Karine Roussy-Sabourin, ancienne procureure à la juridiction interrégionale spécialisée (Jirs) de Paris.

Le commissaire et son indic

Cette extraction sous couvert de procédure virtuelle se retrouve aujourd’hui au centre des investigations de l’inspection générale de la police nationale (IGPN) dans le cadre d’une information judiciaire ouverte pour « infraction à la législation sur les stupéfiants », « faux et usage de faux en écriture publique » et « association de malfaiteurs ». Mardi, les deux magistrates ont été placées en garde à vue, une vraie cette fois-ci. Dans la soirée, Karine Roussy-Sabourin a vu sa garde à vue levée. Celle de la procureure adjointe a fait l’objet d’une prolongation avant d’être levée dans la soirée de mercredi.

L’enquête en cours porte sur un second volet de « l’affaire des stups ». Avec une même interrogation : les méthodes controversées du commissaire Thierry. Le premier dossier concerne la saisie record, le 17 octobre 2015, de 7 tonnes de cannabis dans trois camionnettes stationnées boulevard Exelmans dans le XVIe arrondissement de Paris. L’affaire avait alors mis à jour les liaisons dangereuses que François Thierry, mis en examen en septembre 2017 dans ce dossier, entretenait avec son principal informateur, Sophiane Hambli, recruté par le commissaire en 2009 dans une prison espagnole. C’est par son entremise que la drogue avait importée en France dans le cadre d’une opération de l’OCRTIS aux contours des plus flous.

La fausse garde à vue avait été… prolongée

Le second dossier a été ouvert à la suite des révélations d’Hubert Avoine, un ancien infiltré ayant travaillé pour le compte de l’OCRTIS et de François Thierry jusqu’en 2015. Ouverte à Paris, l’instruction a été dépaysée en août 2017 à Lyon. Et l’affaire de cette garde à vue fantôme jointe à l’information judiciaire. Si le premier volet avait bousculé la direction centrale de la police judiciaire, avec le second, c’est l’élite du parquet de Paris qui se retrouve à son tour pris dans la tourmente.

Les deux procureures ont-elles couvert les méthodes de François Thierry ?

« C’était en parfaite connaissance du parquet, il n’y avait pas d’acte à faire, pas d’audition, expliquait Christophe C., un policier des stups présent lors des faits, lors d’une audition du 21 mars 2017. Pour être tout à fait exact, je ne sais pas si le fait qu’Hambli était de fait dans cet hôtel, était connu du parquet. Seul « l’habillage » avec une garde à vue l’était ».
Dans ses auditions, François Thierry a reconnu le caractère « hors norme » du procédé, même si des policiers étaient présents avec Sophiane Hambli tout au long de l’opération. Il a également assuré avoir reçu « le soutien actif du parquet de Paris en les personnes de Mmes Degermann et Sabourin ». Après avoir prolongé elles-mêmes une première fois la garde à vue, ce sont les deux magistrates qui auraient présentées la requête aux fins de prolongation exceptionnelle au juge des libertés et de la détention.

« Hors la loi »

Lors de cette demande, un premier juge aurait émis des réserves sur le dossier. Et demandé aux policiers de revoir leur copie. Qu’à cela ne tienne : selon le témoignage de Christophe C, le patron des stups aurait alors pris contact avec la procureure-adjointe. Finalement, les policiers auraient été conduits chez un autre juge des libertés et de la détention, lequel validera la prolongation sans poser de questions. Depuis le début de l’affaire, François Thierry se targue d’avoir toujours reçu l’aval du parquet comme de la chancellerie pour mettre en place sa stratégie d’infiltration baptisée « Myrmidon ».  « La destruction des pièces de prolongation de garde à vue et de la procédure fictive par François Thierry témoigne de sa volonté d’empêcher tout contrôle administratif, judiciaire ou disciplinaire ultérieur, et donc de se placer hors la loi », notait toutefois dans un arrêté de septembre 2017 la procureure générale de Paris, Catherine Champrenault.

Les dates de cette fausse garde à vue coïncident avec une opération à laquelle Hubert Avoine a participé au printemps 2012 en Espagne pour le compte de l’OCRTIS. « A cette période, François Thierry m’a envoyé pour surveiller une villa à Estapona, près de Marbella », confie à « l’Obs » celui qui a été entendu en septembre dernier comme témoin dans cette enquête. La villa donne sur la plage. Plusieurs policiers français auraient été également présents sur place.

« Avec eux,  j’étais chargé de superviser des arrivages de résine de cannabis. Nous déchargions sur les plages la marchandise qui arrivait par bateau du Maroc à la nuit tombée, nous entreposions le tout dans la villa avant ensuite de charger des voitures qui remontaient en go-fast vers la France », raconte-t-il à « L’Obs », faisant le lien entre la fausse garde-à-vue et les livraisons sur la côte espagnole.

19 tonnes de shit

A l’époque, l’opération lui était déjà apparu des plus étranges. « Un des policiers me répétait sans cesse : « N’oublie pas de mettre des gants sinon on va avoir des ennuis avec les baveux »", se souvient-il. Sur place règne un drôle de mélange entre voyous et policiers français. Ces derniers seraient même intervenus auprès de leurs homologues espagnols pour faire sortir de prison un de leurs « contacts », arrêté à Puerto Banus. En tout, selon Hubert Avoine, ce sont 19 tonnes de shit qui seraient arrivés en trois arrivages. Combien de saisies ensuite ? « Personne ne le sait, assure-t-il. Aujourd’hui je me demande pour qui j’ai travaillé : la police ou les voyous. » Selon une note de la DCPJ, six personnes auraient été interpellées à la suite de ces livraisons. Ce qui peut sembler peu au regard des moyens déployés pour cette opération « d’ampleur ».

Dans le cadre de l’enquête lyonnaise, François Thierry a été placé en garde à vue lundi, à Paris. Celle-ci a été levée mercredi soir. Selon les informations de « Libération », un autre policier, Laurent F., présent en Espagne au printemps 2012, aurait lui aussi été placé en garde à vue.

 

Lutte antidrogue : nouvelles informations contre François Thierry

Depuis le 24 mai dernier, jour où j’avais rapporté sur ce blog la fiche Wikipédia de Sofiane Hambli, celle de François Thierry a été créée et de nouvelles informations quant aux livraisons de drogue qu’il surveillait ont été révélées par la presse hexagonale, notamment les 8 et 9 juin 2016.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Fran%C3%A7ois_Thierry_(policier)

François Thierry (policier)

image illustrant la police ou la gendarmerie

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François Thierry est un policier français, ancien commissaire de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS).

Sorti de l’École nationale supérieure de la Police en 1994, il débute sa carrière à Nantes avant d’être muté à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, pour lutter contre le trafic de stupéfiants, et en particulier les navires transportant de la cocaïne en provenance d’Amérique du Sud. Le policier dirige ensuite le Service interministériel d’assistance technique (Siat)1.

En 2009, il recrute comme informateur le baron de la drogue Sofiane Hambli qui vient d’être arrêté en Espagne2.

Il rejoint l’OCRTIS en 20103. Il est soupçonné d’avoir couvert l’importation par son informateur Sofiane Hambli de dizaines de tonnes de cannabis4, puis est muté à la sous-direction anti-terroriste (SDAT) en mars 20165.

Références

  1. http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20160523.OBS1079/scandale-des-stups-5-choses-a-savoir-sur-francois-thierry.html [archive]
  2. http://www.republicain-lorrain.fr/actualite/2016/05/22/drogue-l-ex-chef-des-stups-implique-dans-un-vaste-trafic [archive]
  3. http://www.liberation.fr/france/2016/05/22/francois-thierry-tuyaux-tontons-et-tonnes-de-shit_1454430 [archive]
  4. http://www.lemonde.fr/m-actu/article/2016/06/03/flic-et-indic-les-liaisons-dangereuses_4933372_4497186.html [archive]
  5. http://www.lepoint.fr/justice/office-anti-drogue-le-patron-mute-sous-la-pression-judiciaire-19-03-2016-2026583_2386.php [archive]

 

http://www.lejdd.fr/Societe/Justice/Un-commissaire-plonge-au-coeur-d-une-affaire-de-drogue-787935

Un commissaire plongé au coeur d’une affaire de drogue

 

ENQUETE – Un grand flic charismatique mis en cause. Un indic qui passe aux aveux. Un ex-infiltré qui règle ses comptes… Contre-enquête sur un dossier qui empoisonne la lutte antidrogue.

Le commissaire Thierry (à droite), avec Bernard Petit, sous-directeur de la DCPJ, et Manuel Valls, en 2013

Paru dans leJDDLutte antidrogue : nouvelles informations contre François Thierry dans Corruption blank En septembre 2013, à Nanterre, le commissaire Thierry (à droite), avec Bernard Petit, sous-directeur de la DCPJ, et Manuel Valls, alors ministre de l’Intérieur, après la plus grosse saisie de cocaïne réalisée en France métropolitaine. (Bernard Bisson/JDD)

« Ex jefe de la lucha antidroga de Francia, acusado de organizar un colosal tráfico de cannabis »… Pas besoin de traducteur pour comprendre, en lisant la presse espagnole, que les ennuis du commissaire François Thierry, patron pendant six ans de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (OCRTIS), ont franchi les frontières. Déjà fragilisé après la saisie controversée, mi-octobre, de 7 tonnes de résine par la Douane en plein Paris « au préjudice » d’un de ses indics présumés, Sofiane H…, celui que ses collègues surnomment volontiers « FT » ou « Yeux bleus » doit faire face à une nouvelle charge.

Comme l’a révélé Libération lundi, elle sort de la bouche d’un « corsaire » de la lutte antidrogue qui l’accuse, « au motif de démanteler des réseaux », de couvrir un vaste trafic au profit de son indic Sofiane. « Les accusations selon lesquelles le chef de l’OCRTIS aurait, à l’insu de sa hiérarchie et de la justice, importé des dizaines de tonnes de drogue sont tout simplement absurdes. Le commissaire Thierry a toujours travaillé dans le respect de la loi. » Me Francis Szpiner n’en dira pas plus, sinon qu’il compte attaquer le quotidien en diffamation.

« Ce type est un mytho! »

Qui croire? Stéphane V…, l’identité d’ »infiltré » de l’accusateur, explique à Libé avoir été missionné par François Thierry pour « garder » une villa au sud de Marbella entre mars et avril 2012 et y avoir assisté au ballet de cinq hommes, des policiers français selon lui, qui se seraient relayés pour « charger et décharger des paquets de drogue sur la plage ». Au total, 19 tonnes arrivées du Maroc par la mer et expédiées par la route vers la France. « La surveillance de la villa, c’est exact », indique un ponte de la PJ. « Pour le reste… Vous imaginez des gars de l’Office manipuler des tonnes de shit sur une plage espagnole au risque de se faire pincer par la garde civile! Ce type est un mytho. Tout s’est déroulé dans le strict cadre de la coopération franco-espagnole et cette opération a permis au moins six affaires réussies en France. »

«L’État a une dette envers moi. Une mission dangereuse en Amérique du Sud ne m’a pas été payée»

Selon nos informations, Stéphane V…, 52 ans, aurait joué ponctuellement les « auxiliaires » pour la PJ depuis 2005 dans des dossiers de fausse monnaie, pour la PJ de Nice et enfin pour l’OCRTIS. La séparation ne s’est apparemment pas bien passée. « L’État a une dette envers moi. Une mission dangereuse en Amérique du Sud ne m’a pas été payée », dit-il dans Libé. « C’est vrai que « FT » l’a jeté et a refusé de le payer », précise une source proche du commissaire Thierry qui renouvelle les accusations de mythomanie envers le quinquagénaire.

Ce dernier a alors écrit début octobre au procureur de la République de Paris pour « dénoncer les méthodes de l’Office des stups ». Ce qui a donné lieu en décembre à l’ouverture d’une enquête préliminaire confiée à l’Inspection générale de police nationale (IGPN), par ailleurs saisie d’un autre dossier visant l’Office des stups. La « police des polices » a déjà procédé par deux fois à l’audition du « volubile » Stéphane V… « Des investigations sont en cours pour savoir si la doctrine d’emploi et la déontologie policière ont été respectées », se contente-t-on de répondre à l’IGPN, avant d’inviter à la « prudence » dans ce dossier.

« TIC TAC, TIC TAC!!! »

Les enquêteurs de l’IGPN ont, comme le JDD, épluché le compte Facebook de Stéphane V… Car si l’homme avance masqué dans Libé, il attaque à visage découvert sur les réseaux sociaux. Ses 630  »amis » ne peuvent ignorer sa vindicte envers le commissaire Thierry. Comme en témoigne la « revue de presse » des articles traitant des différentes affaires le concernant agrémentée parfois d’un « TIC TAC, TIC TAC!!! », synonyme sans doute de compte à rebours, ou encore d’un commentaire assassin accompagnant un article sur les réquisitions dans le procès Neyret : « Vu ce qui est demandé pour Neyret [dix ans] pour l’autre c’est perpet, vive l’État de droit… » (sic). Et si ce n’est pas assez clair, il y a aussi, postée le 6 mars, cette « petite dédicace a (sic) FRANcOIS THIERRY » juste au-dessus de la chanson de Gainsbourg… « Requiem pour un con ». Comme un parfum de vendetta personnelle? Sollicité par le JDD, l’intéressé n’a pas donné suite.

Mais l’homme dispose aussi d’informations pertinentes : c’est par lui que le parquet de Paris a appris que l’épouse du commissaire Thierry, Anne Claire V…, avait été l’avocate de Sofiane H… au moment de son procès en 2011 à Nancy, puis lors de sa remise en liberté en 2014.

Une information qui nous ramène à l’affaire des 7 tonnes saisies à Paris par la Douane et saluée alors par le président de la République en personne. Une saisie record – d’autant que 1,9 tonne et 6,2 tonnes ont été interceptées concomitamment près de Nantes et en Belgique – mais surtout un sacré pataquès juridique. Finalement arrêté en Belgique, Sofiane H…, l’indic du patron des Stups, longuement entendu le 9 mai par les juges Thouvenot et Sommerer, a confirmé son recrutement au profit de l’Office des stups. Mieux, selon plusieurs sources concordantes, il a également révélé avoir servi de « levier » à une opération d’infiltration policière conduite par le Service interministériel d’assistance technique (Siat) sous l’égide de la juridiction interrégionale spécialisée de Lyon… Opération avortée depuis la saisie des douanes.

Soutenu par sa hiérarchie

«Oui, on laisse passer des centaines de kilos parce qu’il nous faut parfois plusieurs livraisons avant de pouvoir identifier l’ensemble du réseau et pas seulement les petites mains…»

Un « sabotage » pour ce cadre de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ), furieux contre les douanes. À l’écouter, tout a été fait dans les règles : « Le parquet entrant, celui de Perpignan, avait été prévenu du passage de cette livraison surveillée. Le parquet de Paris, en avril 2015, et la préfecture de police, en juillet dernier, avaient été sensibilisés sur le rôle actif de Sofiane H… jusqu’en décembre 2015. » Toujours selon cette source haut placée, Sofiane H… avait été ciblé, justement pour son appartenance au gotha des logisticiens du shit. « Ce n’est ni un fournisseur ni un commanditaire. Pour nous, c’est une formidable source de renseignements parce que le logisticien est plus facile à ‘sortir’ de la procédure et parce qu’il nous permet de suivre la marchandise jusqu’aux équipes de cité qui sont nos objectifs. Et je peux vous dire qu’on en a fait grâce à lui. Alors oui, on laisse passer des centaines de kilos parce qu’il nous faut parfois plusieurs livraisons avant de pouvoir identifier l’ensemble du réseau et pas seulement les petites mains… »

Soutenu par sa hiérarchie mais non autorisé à s’exprimer, François Thierry, 48 ans, a été exfiltré au printemps vers la Sous-direction antiterroriste (SDAT) après six ans à la tête de l’Office des stups. À de rares inimitiés près, personne parmi ses pairs ne remet en cause sa probité ou son professionnalisme. Une critique revient pourtant : « Est-ce vraiment le rôle d’un patron d’office central de traiter directement avec un indic : qui supervise qui dans ces cas-là? » Douze ans après sa promulgation, la loi Perben II, qui encadre les dispositions notamment d’infiltration et de rémunération des indics, a-t-elle atteint ses limites? Faut-il créer un parquet national antidrogue? « Il y a une réelle insécurité juridique pour les enquêteurs. Si on veut lutter vraiment contre le trafic, on ne va pas pouvoir continuer comme ça longtemps… », prévient un policier spécialisé.

Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

dimanche 29 mai 2016

 

http://www.liberation.fr/france/2016/06/08/la-defense-des-stups-part-en-fumee_1458260

La défense des Stups part en fumée

 

Par Emmanuel Fansten — 8 juin 2016 à 20:21

 

La villa d’Estepona, sur la côte sud de l’Espagne, où auraient transité des tonnes de drogue avec la bénédiction de l’ex-patron de l’Office central de lutte contre le trafic illicite de stupéfiants, François Thierry. Photo Laurent Troude pour «Libération»

Après nos révélations sur les méthodes de l’ex-patron de la lutte antidrogue, la hiérarchie policière a tenté de minimiser. Les nouveaux éléments que nous dévoilons attestent pourtant de l’existence d’un trafic contrôlé en haut lieu.

  • La défense des Stups part en fumée

Trois semaines après les premières révélations de Libération sur les méthodes de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis), de nouveaux éléments viennent accréditer l’existence d’un véritable trafic d’Etat. Pendant plusieurs années, des dizaines de tonnes de cannabis auraient bien été importées en France avec la complicité des Stups et de leur ancien patron, François Thierry, muté en mars à la Sous-Direction antiterroriste (Sdat). Plusieurs rapports d’enquête et des notes de la Direction centrale de la police judiciaire (DCPJ) semblent démontrer l’ampleur de ce trafic contrôlé.

Ce dispositif a volé en éclats le 17 octobre, lors de la saisie par les douanes de 7,1 tonnes de résine de cannabis dans quatre camionnettes garées boulevard Exelmans, dans le XVIe arrondissement de Paris. La plus grosse prise jamais réalisée dans la capitale. A un détail près : le destinataire de la marchandise, Sofiane H., est à la fois le plus gros trafiquant français et le principal indic de l’Office des stups. Une information que François Thierry, pris de court par l’opération des douanes, mettra trois jours à livrer au parquet de Paris, avant de voir son service aussitôt dessaisi de l’enquête au profit de la brigade des stupéfiants de Paris (BSP) et de la section de recherche de gendarmerie.

«Libre passage»

Interpellé depuis en Belgique, puis rapatrié par le GIGN, Sofiane H. a commencé à parler : «Je n’ai pas commis d’infraction, a-t-il expliqué le 9 mai aux deux juges d’instruction parisiens. J’ai fait ce qu’on m’a demandé de faire, j’ai agi sur instruction de l’Ocrtis, je n’ai pris aucune initiative, j’ai tout le temps rendu compte de ce que je faisais.» Interrogé sur le cadre juridique de ces procédures, le trafiquant s’est défaussé sur son agent traitant : «François Thierry me disait que la Jirs [juridiction interrégionale spécialisée, ndlr] de Paris était parfaitement au courant de mes interventions.» Selon nos informations, pourtant, il n’y a aucune trace de cette procédure à la Jirs de Paris.

Quels renseignements ont été transmis par le patron des Stups au parquet de Paris ? Depuis que le scandale a éclaté, François Thierry n’a pas été autorisé à s’exprimer publiquement, mais la haute hiérarchie policière explique à qui veut l’entendre que la procédure était parfaitement régulière. Il s’agirait d’une banale «livraison surveillée», bordée par l’article 706-80 du code pénal. En clair, les policiers de l’Ocrtis auraient volontairement laissé passer des tonnes de drogue afin de mieux démanteler des réseaux à l’arrivée. Un grand classique. Sauf que cette thèse apparaît aujourd’hui fragilisée par plusieurs pièces versées à la procédure judiciaire et consultées par Libération. Un de ces documents en particulier soulève de nombreuses questions. Daté du 7 octobre, quelques jours avant la saisie du boulevard Exelmans, il a pour objet la «mise en place d’une opération de livraison surveillée entre Barcelone et la France» et porte la signature de François Thierry lui-même.

Le patron de l’Ocrtis y explique avoir été destinataire d’une information sur une opération imminente. Ce 7 octobre, écrit-il, une équipe de trafiquants français pourrait tenter d’importer en France depuis le Maroc, via le port de Barcelone (ligne de ferry Tanger-Barcelone) «une quantité indéterminée de stupéfiants dissimulés dans un camion transportant du fret légal». La note, adressée à la Direction générale de la gendarmerie nationale (DGGN), à la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (DNRED) et à la Direction centrale de la police aux frontières (DCPAF), sollicite l’ouverture des frontières pour faire passer la marchandise. La livraison doit être effectuée sur un «camion tracteur de marque Renault immatriculé 2500 GBZ», conduit par un certain José R.«Nous sollicitons donc vos services afin de permettre le LIBRE PASSAGE sans contrôle du véhicule précité et de son chauffeur, mesure qui devrait permettre d’identifier le ou les complices et commanditaires, les destinataires de cette importation de produits stupéfiants et in fine de procéder à leur interpellation et à des saisies de stupéfiants», stipule le document, qui précise les «points de contacts et responsables du dispositif» : le commissaire divisionnaire Stéphane L., le capitaine de police Christophe R. et le brigadier-chef Olivier G.

Toujours selon ce document, la procédure aurait reçu l’accord d’Eric Bret, procureur de la République du tribunal de grande instance (TGI) de Perpignan. Selon nos informations, un accord oral a bien été donné par le parquet de Perpignan, mais sur la foi de renseignements possiblement tronqués. Contrairement à l’usage, aucune quantité n’a été mentionnée, même approximative. Aucune indication sur les protagonistes ou les destinataires de la drogue. Rien non plus sur le lieu de livraison. Sollicité, le parquet de Perpignan se refuse à tout commentaire. Quant au chauffeur du camion, le seul dont le nom apparaît dans la procédure, il n’a pas vraiment le profil du trafiquant international. Contacté par Libération, il admet avoir conduit un camion rempli de «plats de tagine» mais jure ne rien comprendre à cette histoire de drogue. L’homme habite avec femme et enfants dans la région de Séville et n’a jamais été convoqué par la justice espagnole, qui aurait pourtant dû être informée par l’Ocrtis en cas de procédure internationale. Drôle de lampiste.

Contrairement aux informations parcellaires transmises par l’Office des stups, le trafic de Sofiane H. semblait bien rodé. Il est l’un des trois plus gros importateurs de cannabis en Europe, et non un simple «logisticien», comme tente de le faire croire la PJ. Selon les vérifications des enquêteurs, tous les véhicules utilisés par Sofiane H. et ses complices ont été loués dans la même société, installée dans le Val-d’Oise, au nom de SMG Production. Ces derniers mois, l’équipe aurait loué une trentaine de voitures par ce biais. Quelques jours avant la livraison du boulevard Exelmans, Sofiane H. cherche cette fois à louer une «dizaine de fourgons» pour un déménagement. Les juges envisagent désormais que d’autres camionnettes aient pu disparaître avant la saisie des douanes, en dehors des quatre du XVIe arrondissement. «Il est probable qu’il y ait eu six véhicules présents concomitamment à proximité du domicile de Sofiane H», notent les policiers de la BSP. Un de ces véhicules aurait d’ailleurs été retrouvé brûlé près de de Montélimar, dans la Drôme, ce qui laisse penser que bien plus de 20 tonnes ont été importées d’Espagne pour le seul mois d’octobre.

Et avant ? Pour la BSP, l’envergure de l’équipe de Sofiane H. ne fait aucun doute. «Composée de délinquants chevronnés, cette organisation s’appuyant sur une flotte de véhicules ne semble pas avoir été à son coup d’essai», notent les enquêteurs dans leur rapport de synthèse.

«Tonton en or»

Combien de tonnes ont été importées par ces équipes protégées par l’Ocrtis ? La question est d’autant plus sensible que Sofiane H. semble avoir été particulièrement choyé. Une autre note de la Direction centrale de la police judiciaire, datée de mars 2015, intime explicitement aux services enquêteurs de ne pas toucher à ce trafiquant-indic de haut vol. A l’époque, cette consigne fait tousser la brigade des stups du «36» et les douaniers, où certains commencent à trouver suspecte la liberté dont jouit ce «tonton en or» (lire page 5). Interpellé depuis, Sofiane H. a expliqué qu’il devait servir de pivot à une opération d’infiltration menée par des juges lyonnais, que les douanes auraient dangereusement fait capoter. Une version qui souffre de nombreuses contradictions.

Jusqu’où l’Ocrtis est-il allé pour faire de belles affaires ? Un témoin, Stéphane V., a affirmé dans nos colonnes (lire Libération du 23 mai) avoir été mandaté par le patron de l’Office lui-même pour garder une villa à Estepona, dans le sud de l’Espagne (lire pages 4-5). «Cinq personnes présentées par François Thierry comme des policiers français étaient présentes pour charger et décharger des ballots de shit sur la plage», a-t-il expliqué à l’Inspection générale de la police nationale (IGPN) et à Libération. Mais depuis qu’il est sorti du bois, tout a été fait, y compris en très haut lieu, pour discréditer ce témoin clé. Plusieurs «pontes» de la DCPJ, cités en «off» par le Journal du dimanche et l’Obs, n’ont pas hésité à sortir l’artillerie lourde. Stéphane V. y est qualifié de «malade ayant fait des séjours en psychiatrie» et de «mytho qui se réclame de la DGSE et de la CIA». Il n’a pourtant jamais été question, dans ses auditions à l’IGPN, d’aucun de ces services. Mais l’homme a bien travaillé pour le département de la Justice des Etats-Unis et pour la DEA (Drug Enforcement Administration), l’agence antidrogue américaine, comme en attestent des documents authentifiés par Libération.

Et contrairement aux affirmations de certains médias, plusieurs faits précis ont déjà été vérifiés par les «bœufs-carottes». Ainsi, au moins un policier, un certain Laurent, a été identifié dans la procédure grâce à l’exploitation de la téléphonie. Un autre homme décrit comme son chef de groupe, dénommé Christophe, est également dans le viseur de l’IGPN. Etrangement, son numéro de téléphone, communiqué par Stéphane V. à la police des polices, correspond à celui de Christophe R., le policier de l’Ocrtis cité comme référent dans la procédure de livraison surveillée d’Exelmans. S’agit-il du même homme ? Des vérifications sont actuellement en cours, notamment en Espagne.

Emmanuel Fansten

 

http://www.francetvinfo.fr/sante/affaires/video-complement-d-enquete-quel-role-des-policiers-francais-ont-ils-joue-dans-un-trafic-de-19-tonnes-de-cannabis_1491405.html

VIDEO. Complément d’enquête. Quel rôle des policiers français ont-ils joué dans un trafic de 19 tonnes de cannabis ?

 

François Thierry, l’ancien patron de la lutte antidrogue, aurait aidé à importer des tonnes de cannabis. L’ancien « indic » qui l’accuse a accepté de parler à « Complément d’enquête ». Extrait de « Drogue : la guerre perdue », à voir le 9 juin 2016.

 

Cette vidéo n’est plus disponible.

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FRANCE 2

francetv.info dans PerversitéFrancetv info

Mis à jour le 09/06/2016 | 15:16, publié le 09/06/2016 | 15:15

Le 9 juin 2016, « Complément d’enquête » raconte une « guerre perdue », celle de la lutte contre le trafic de drogue. Qui bénéficie parfois de complicités au plus haut niveau… L’ancien patron de l’OCRTIS François Thierry aurait aidé à importer des tonnes de cannabis − c’est la nouvelle affaire Neyret. L’ancien « indic » qui accuse François Thierry a accepté de parler à « Complément d’enquête ».

Dans cet extrait, rendez-vous au sud de l’Espagne, à Marbella. Le Saint-Tropez espagnol, face aux côtes marocaines, est la base arrière des trafiquants de drogue français. Stéphane, 52 ans, informateur régulier de l’OCRTIS depuis quatre ans, accompagne Matthieu Fauroux jusqu’à une villa. C’est là qu’il aurait vu des policiers français transporter, main dans la main avec des dealers, 19 tonnes de cannabis.

Mission : surveiller la villa où sera stocké le cannabis

Au printemps 2012, Stéphane aurait reçu un mystérieux coup de téléphone. Il affirme être venu à Marbella à la demande de l’ex-patron de la lutte antidrogue, sans savoir exactement pourquoi, sinon qu’il ne devait « pas oublier d’acheter des gants ». François Thierry l’installe dans les lieux, puis repart. Mission : surveiller la villa, sachant qu’elle verra passer un certain nombre de chargements de cannabis.

L’informateur aurait passé trois semaines sur place. Il raconte les Zodiac arrivant du Maroc bourrés de marchandise. Des policiers français déchargeant le cannabis pour le transférer dans des camionnettes. Ces mêmes policiers français stockant le cannabis dans la villa, puis le chargeant dans d’autres véhicules qui vont le dispatcher sur le territoire français. En tout, 19 tonnes.

Stéphane est-il sûr qu’il s’agissait de policiers ? Outre son « intime conviction », le témoin explique avoir déjà croisé certains d’entre eux dans les locaux parisiens de l’OCRTIS.

Extrait de « Complément d’enquête. Drogue : la guerre perdue », à voir le 9 juin 2016.

Fiches d’identité de François Thierry et Sofiane Hambli

François Thierry n’a pas encore sa fiche sur Wikipédia, mais cela ne saurait tarder.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/justice/20160523.OBS1079/scandale-des-stups-5-choses-a-savoir-sur-francois-thierry.html

Scandale des stups : 5 choses à savoir sur François Thierry

 

Scandale des stups : 5 choses à savoir sur François Thierry
François Thierry, ex-patron de la lutte antidrogue, lors d’une saisie de 2,5 tonnes de cannabis, à Nanterre, le 14 décembre 2012. (PATRICK KOVARIK/AFP)

 

D’après « Libération », l’ancien numéro 1 de la lutte antidrogue aurait facilité l’importation de plusieurs tonnes de cannabis en France.

 

L'ObsPublié le 24 mai 2016 à 06h58
 

 

L’ancien patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis), François Thierry, aurait couvert l’importation de dizaines de tonnes de cannabis en France d’après le journal « Libération ». Parmi les informateurs du commissaire figure notamment l’un des plus gros trafiquants de drogue européen.

Retour en cinq points sur une carrière de flic modèle entachée par de lourds soupçons.

1 Un grand flic

L’ex-numéro 1 des stups, 48 ans, est sorti de l’école de police en 1994. François Thierry fait d’abord carrière à Nantes où il perfectionne son analyse des enquêtes criminelles. Il est ensuite muté à Pointe-à-Pitre, en Guadeloupe, où il plonge dans l’univers des stupéfiants, traquant les navires transportant de la coke en provenance d’Amérique du Sud. C’est là qu’il commence à se faire un nom dans le milieu et à recruter ses premiers informateurs.

Le policier se voit ensuite confier les rênes du Service interministériel d’assistance technique (Siat), chargé des écoutes sensibles et des agents infiltrés. Il est propulsé à la tête de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Octris) en 2010.

Il a été muté il y a quelques mois sous-directeur chargé de l’international à l’antiterrorisme de la police judiciaire. Une décision officiellement sans lien avec les faits qui lui sont aujourd’hui reprochés. D’après sa hiérarchie, il était arrivé au terme des six ans réglementaires à la tête d’un service de police.

2 Sur la sellette

Le témoignage publié lundi 23 mai par « Libération » accuse l’ex-patron de l’Octris d’avoir facilité l’importation de dizaines de tonnes de cannabis en France. Ces révélations font suite au témoignage de Stéphane V., qui se présente comme un ancien « infiltré » ayant effectué plusieurs « missions pour l’Etat » sous les ordres de François Thierry.

L’indic explique qu’il avait été missionné pour surveiller une villa dans le Sud de l’Espagne, à Estepona, pour le compte de François Thierry. Pendant 20 jours, il a fait le guet pour couvrir les aller et venues de cinq policiers déchargeant des sacs de cannabis sur la plage. Apportée à bord de Zodiac, la marchandise provenait d’Afrique du Nord. Pas moins de 19 tonnes de drogue auraient transité par ce canal.

 3 Proche de ses indics

Le patron de l’Octris traite directement avec ses informateurs, contrairement aux méthodes qui prévalent depuis la promulgation de la loi Perben II en 2004, qui réclame un fichage systématique des indics et un contrôle très poussé par la hiérarchie de la gestion de ces « tontons ».

Or, le commissaire Thierry couvre l’un des plus gros trafiquants d’Europe : Sofiane Hambli. Il lui permet d’importer chaque mois plusieurs tonnes de cannabis « en livraison surveillée », lui garantissant un degré d’impunité rarissime. En 2011, le tribunal correctionnel de Mulhouse condamne le prévenu de 35 ans à treize ans de prison et deux millions d’euros d’amende pour complicité de trafic de stupéfiants en récidive légale.

Chose surprenante : Sofiane Hambli est défendu en 2011 par la compagne de François Thierry, Anne-Claire Viethel. L’avocate qualifie la peine de « sévère » et réussit à faire sortir son client de prison au bout de trois ans. Certains s’étonnent alors de cette remise de peine et se demandent qui s’est acquitté de l’amende.

4 En concurrence

Censés travailler de concert pour lutter contre le trafic de drogue, les services de douanes et de la police judiciaire se mettent parfois des bâtons dans les roues. François Thierry en a fait les frais. En octobre 2015, la Direction nationale du renseignement et des enquêtes douanières (Dnred), rattachée au ministère des Finances, procède à une saisie record de cannabis : 7 tonnes. Le coup de filet a été porté dans le XVIe arrondissement, près du boulevard Exelmans.

Le coordinateur de ce trafic n’est autre que Sofiane Hambli, qui travaille pour le compte de l’Octris. La police judiciaire considère alors l’intervention des douanes comme un coup bas qui perturbe le bon déroulement de son enquête. Après quatre mois de cavale, Sofiane Hambli a été interpellé en Belgique le 22 février dernier. Les enquêteurs souhaitent l’interroger sur la nature de sa relation avec François Thierry.

5 Spécialiste médiatique

Le chef de l’Octris se glorifiait régulièrement de ses belles prises en se prenant en photo devant la marchandise saisie aux côtés des ministres de l’Intérieur successifs : Claude Guéant, Manuel Valls, puis Bernard Cazeneuve. Il apparaît alors à la pointe de la lutte contre le trafic de drogue.

La presse fait régulièrement appel à celui que l’on surnomme le « roi de la brigade des stups » pour s’exprimer sur des sujets d’actualité ayant trait aux stupéfiants : le retour de l’héroïne en France dans les colonnes du « Parisien » ou l’essor de la culture de cannabis en intérieur dans les pages du « Figaro ». Très au fait de ses dossiers, il connaît le nombre de consommateurs de telle ou telle substance illicite, le nombre et la nature des saisies de marchandise dans les moindres détails.

Maïté Hellio

L'Obs

L’Obs

Journaliste

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Sofiane_Hambli

Sofiane Hambli

Sofiane Hambli
Données clés
Alias
La Chimère
Naissance juin 1975
Mulhouse, France
Nationalité Drapeau de la France France
Profession

modifier Consultez la documentation du modèle

Sofiane Hambli, né en juin 1975 à Mulhouse1, est l’un des plus grands trafiquants français de haschisch du XXIe siècle. Considéré comme l’un des barons du trafic international de canabis marocain en provenance du Rif vers l’Europe, il est arrêté, emprisonné, jugé puis condamné pour trafic de stupéfiants à plusieurs reprises en Espagne et en France. En cavale pendant plusieurs années, il aurait aussi travaillé comme indicateur pour le policier François Thierry, chef de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis)2.

Biographie

Fiches d'identité de François Thierry et Sofiane Hambli dans Attentats 220px-Hashish_mugshot

50 grammes de haschisch marocain (revendu environ 200 euros)

220px-Cannabis_l%C3%A9gislation_en_Europe_%282012%29.svg dans Corruption

Législation du cannabis en Europe (en 2012)

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Consommation du cannabis en Europe (en 2008)

En juin 1997, alors âgé de 22 ans, Sofiane Hambli est l’un des principaux revendeurs d’un réseau fournissant en haschisch marocain la région alsacienne, il échappe aux gendarmes lors de l’opération « Paco68″ et se réfugie en Espagne. Il s’installe alors dans la ville andalouse de Marbella, circule en voitures de luxe et investit dans l’immobilier3.

En juillet 1999, il est jugé et condamné à 8 ans de prison pour trafic de hachisch4.

En 2002, il est arrêté en Espagne sur la Costa del sol5, puis extradé en France en février3.

En février 2002, sa peine est ramené à cinq ans de prison6. Durant son incarcération, il organise un important trafic de stupéfiant avec la complicité de sa famille et de son avocat. En octobre 2002 il est à nouveau mis en examen pour trafic de haschisch depuis sa cellule du centre de détention de Saint-Mihiel (Meuse)3.

En août 2003, il s’évade de prison lors de son transfert de la prison de Metz-Queuleu et l’Hôpital Bon-Secours de Metz. Après avoir subi une radiographie du poignet, Sofiane s’échappe à moto avec un complice armé d’un pistolet factice en braquant trois surveillants pénitentiaires7.

En juin 2004, les policiers espagnols arrêtent Sofiane Hambli alors qu’il quittait un concessionnaire automobile à San Pedro de Alcántara. Mais il s’échappe après une fusillade au cours de laquelle plusieurs agents ont été blessés5.

En 2006, il est condamné pour s’être évadé de la prison de Metz.

En février 2007, Hambli est remis en liberté, après qu’il ait fini de purger à la prison de fleury-mérogis une peine de cinq ans de prison pour trafic de stupéfiants8. Il s’enfuit alors en Espagne. En mars 2007, il est condamné à 18 ans de prison6. Son frère est également condamné, sa mère, ses sœurs et des membres de sa famille ont pour leur part été reconnus coupables de « défaut de justification de ressources »9.

En mars 2009, il est interpellé en Espagne à Puerto Banus, une marina de luxe en périphérie de Marbella10. Il est alors recruté comme indicateur par François Thierry, patron de l’Office central pour la répression du trafic illicite des stupéfiants (Ocrtis)11.

En janvier 2011, Sofiane Hambli est extradé d’Espagne en France en application d’un mandat d’arrêt européen7.

En mars 2011, il est condamné à trois ans de prison en Espagne, pour son implication dans l’affaire de la « Baleine blanche »6.

En avril 2011, Hambli est condamné à treize ans de prison par le tribunal correctionnel de Mulhouse. Son avocate, Anne-Claire Viethel, par ailleurs compagne du chef de l’OCRTIS François Thierry, qualifie la peine de « sévère » et annonce son intention de faire appel12. En juin 2011, sa demande de remise en liberté est rejetée par la cour d’appel de Colmar13.

Sofiane Hambli est incarcéré de 2011 à 2014 au centre pénitentiaire de Nancy-Maxéville, puis il bénéficie dès fin 2014 d’un placement dans un centre de semi-liberté de la région parisienne14.

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Baie de Estepona

Entre mars et avril 2012, François Thierry charge Stéphane V. de garder une villa à Estepona en Espagne, où pendant 20 jours, cinq policiers français déchargent 19 tonnes de cannabis en provenance du Maroc via des bateaux pneumatiques. La drogue serait remontée vers la France par go fast pour le compte de Sofiane Hambli, dont une partie des voitures auraient été interceptées par la douane15.

A la mi-mai 2014, un autre baron mulhousien du trafic de haschisch, Djamel Talhi, a été rattrapé par la police à Londres après plusieurs années de cavale16.

Boulevard Exelmans, Paris 16.jpg

En 2015, Sofiane Hambli est remis en liberté par la juge d’application des peines de Nancy après avoir purgé cinq ans de peine et réglé une amende douanière de 2 millions d’euros, car – grâce au travail de son avocate – il bénéficie d’une remise de peine exceptionnelle suivie d’une libération conditionnelle. Il habite boulevard Exelmans dans un appartement-terrasse de 300 m2 avec piscine intérieure17.

Le 17 octobre 2015, plus de sept tonnes de cannabis ont été saisies au niveau du boulevard Exelmans, dissimulé dans trois camionnettes garées dans la rue depuis quelques temps18.

Le 22 février 2016, Sofiane Hambli est interpellé à Gand par la police fédérale belge, alors qu’il revenait de l’aéroport de Bruxelles, sur la base d’un mandat d’arrêt européen émis par un juge d’instruction parisien19. Il est d’abord écroué à la prison de Leuze, puis à Bruges. Le 5 avril, il est transféré en hélicoptère vers la France par les hommes armés du Groupe d’intervention de la Gendarmerie nationale (GIGN)20..

Références

  1. « Bulletin hebdomadaire d’informations criminelles n°347 » [archive] [PDF], sur https://thierrypolitiquementcorrect.files.wordpress.com/ [archive],‎ 24 septembre 2015 (consulté le 23 mai 2016).
  2. « Drogue : L’Ex-chef des « stups » impliqué dans un vaste trafic? » [archive], sur http://www.republicain-lorrain.fr/ [archive],‎ 22 mai 2016 (consulté le 23 mai 2016).
  3. a, b et c « Le détenu gérait son trafic avec l’aide d’un avocat » [archive], sur http://www.leparisien.fr/ [archive],‎ 6 octobre 2002 (consulté le 23 mai 2016).
  4. « Le point sur le cas baleine blanche: La Police associe Del Valle à l’un des grands réseaux du hachisch en France » [archive], sur http://www.tempspartage.org/ [archive],‎ 13 octobre 2005 (consulté le 23 mai 2016).
  5. a et b (es) « Piden 4 años de prisión al primer investigado en Ballena Blanca » [archive], sur http://www.malagahoy.es [archive],‎ 23 mai 2009 (consulté le 23 mai 2016).
  6. a, b et c « Drogue/caïd: 16 à 17 ans de prison requis » [archive], sur http://www.lefigaro.fr/ [archive],‎ 15 avril 2011 (consulté le 23 mai 2016).
  7. a et b « L’évadé à moto de l’hôpital Bon-Secours réincarcéré en France » [archive], sur http://www.republicain-lorrain.fr/ [archive],‎ 9 janvier 2011 (consulté le 23 mai 2016).
  8. « Un parcours stupéfiant » [archive], sur http://sitemap.dna.fr [archive],‎ 20 mars 2007 (consulté le 23 mai 2016).
  9. « Un trafiquant de drogue de haut vol condamné à treize ans de prison » [archive], sur http://www.lepoint.fr/ [archive],‎ 15 avril 2011 (consulté le 23 mai 2016).
  10. « Un caïd en cavale arrêté en Espagne » [archive], sur http://www.leparisien.fr [archive],‎ 15 mars 2009 (consulté le 23 mai 2016).
  11. « Drogue: l’ex-chef des « stups » impliqué dans un vaste trafic? » [archive], sur http://www.republicain-lorrain.fr/ [archive],‎ 22 mai 2016 (consulté le 23 mai 2016).
  12. « Treize ans de prison pour un trafiquant de drogue » [archive], sur http://www.estrepublicain.fr/ [archive],‎ 16 avril 2011 (consulté le 23 mai 2016).
  13. « Demande de remise en liberté de Sofiane Hambli rejetée » [archive], sur http://www.lalsace.fr/ [archive],‎ 21 juin 2011 (consulté le 23 mai 2016).
  14. « Nancy : le caïd du cannabis est-il trop vite sorti de prison ? » [archive], sur http://www.estrepublicain.fr/ [archive],‎ 23 mai 2016 (consulté le 23 mai 2016).
  15. « L’ancien patron des stups soupçonné d’être au cœur d’un trafic de drogue » [archive], sur http://www.francetvinfo.fr/ [archive],‎ 23 mai 2016 (consulté le 23 mai 2016).
  16. « La chute d’un millionnaire du cannabis » [archive], sur http://www.leparisien.fr/ [archive],‎ 8 juin 2014 (consulté le 23 mai 2016).
  17. « Enquête de Libé sur les Stups : qui est Sofiane Hambli ? » [archive], sur http://www.metronews.fr/ [archive],‎ 23 mai 2016 (consulté le 23 mai 2016).
  18. « Cannabis : une saisie record en plein Paris » [archive], sur http://www.francetvinfo.fr/ [archive],‎ 18 octobre 2015 (consulté le 23 mai 2016).
  19. « Un trafiquant de drogue français arrêté en Belgique » [archive], sur http://www.franceinfo.fr/ [archive],‎ 2 mars 2016 (consulté le 23 mai 2016).
  20. « Sofiane Hambli, un baron de la drogue, premier détenu extradé par hélicoptère de la Belgique vers la France » [archive], sur https://www.wort.lu/ [archive],‎ 6 avril 2016 (consulté le 23 mai 2016).

Voir aussi

Affaire Neyret : quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis sont requis

Par ailleurs, l’avocat de François Thierry annonce qu’il va porter plainte en diffamation contre Libération.

Bien entendu, son ancien informateur est qualifié de mythomane…

 

http://www.20minutes.fr/societe/1850791-20160523-affaire-neyret-quatre-ans-prison-dont-18-mois-sursis-requis-contre-ex-numero-2-pj-lyon

Affaire Neyret: Quatre ans de prison dont 18 mois avec sursis requis contre l’ex-numéro 2 de la PJ de Lyon

 

JUSTICE Il est soupçonné, entre autres, d’avoir prélevé sa dîme sur des saisies de stupéfiants pour rétribuer des informateurs…

Michel Neyret arrive à l'audience du 10 mai 2016, à Paris.
Michel Neyret arrive à l’audience du 10 mai 2016, à Paris. – THOMAS SAMSON / AFP

20 Minutes avec AFP

    • Publié le 23.05.2016 à 18:40
    • Mis à jour le 23.05.2016 à 18:44

 

Les réquisitions sont tombées. Quatre ans de prison, dont 18 mois avec sursis, ont été requis ce lundi contre l’ancien « super-flic » Michel Neyret qui comparaît depuis début mai pour « corruption » devant le tribunal correctionnel de Paris.

L’ancien numéro deux de la PJ de Lyon est soupçonné d’avoir détourné du cannabis saisi par la police, avant son placement sous scellés ou sa destruction, afin de rémunérer des « indics ».

>> A lire aussi : Les dates clés de «l’affaire Neyret»

Poursuivi pour « transport, détention, offre et cession de stupéfiants, association de malfaiteurs en vue de la commission de ces faits et détournement d’objets placés sous scellés », il encourt dix ans de prison.

Trois de ses ex-subordonnés, Jean-Paul Marty, enquêteur aux « stups » de Lyon, Christophe Gavat, ex-chef de l’antenne grenobloise de la PJ et son adjoint, Gilles Guillotin, comparaissent également à ses côtés, soupçonnés de l’avoir aidé en prélevant de la drogue dans des scellés.

 

http://www.lepoint.fr/societe/trafic-de-cannabis-un-temoin-met-en-cause-l-ex-patron-des-stups-23-05-2016-2041321_23.php

Un indicateur met en cause les méthodes de l’ex-patron des « stups »

 

AFP

Modifié le 23/05/2016 à 17:28 – Publié le 23/05/2016 à 10:05 | AFP
François Thierry, ex-patron emblématique de l'Ocrtis (Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants), le 14 décembre 2012 à Nanterre, près de Paris
François Thierry, ex-patron emblématique de l’Ocrtis (Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants), le 14 décembre 2012 à Nanterre, près de Paris

 

Un témoignage publié lundi met en cause l’ex-patron des « stups » pour avoir facilité l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis, relançant la question de la gestion des « indics » par les enquêteurs.

Stéphane V. se présente dans le quotidien Libération comme un « infiltré » ayant effectué « plusieurs missions pour l’Etat » avec pour « agent traitant » François Thierry, ex-patron emblématique de l’Ocrtis (Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants).

Ce témoin, qui dit être inscrit depuis 2007 au Bureau central des sources (BCS) qui gère les indicateurs, a été entendu à plusieurs reprises par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN – « police des polices ») dans le cadre d’une enquête préliminaire ouverte fin 2015 par le parquet de Paris, a-t-on appris de sources policière et judiciaire.

L’homme, 52 ans, qualifié par certaines sources policières de « mythomane », affirme avoir travaillé également pour l’agence antidrogue américaine (DEA) et dénonce les « méthodes » de l’Office des stups « depuis des années » en France.

Entre mars et avril 2012, accuse-t-il, M. Thierry lui « a demandé d’aller garder une villa à Estepona » en Espagne. Là, « pendant vingt jours, cinq hommes se sont relayés pour charger et décharger des paquets de drogue sur la plage » que le policier lui a « présentés comme (étant) des policiers français » de l’office des stups, affirme Stéphane V.

« Le cannabis arrivait du Maroc dans des Zodiac » et « en tout, 19 tonnes ont transité par la villa », selon lui.

François Thierry, qui va poursuivre Libération en diffamation selon un tweet de son avocat Francis Szpiner, est accusé par le quotidien d’avoir joué un « rôle central » dans l’importation de « plusieurs dizaines de tonnes de cannabis » au bénéfice d’un présumé trafiquant de drogue.

Cet homme de 40 ans, Sofiane Hamli, a été interpellé le 22 février en Belgique. Il était recherché dans l’enquête sur la prise record de sept tonnes de cannabis à Paris en octobre 2015, saluée par le président Hollande, derrière laquelle de nombreuses zones d’ombre planent encore.

Sofiane Hamli a été interrogé depuis et « a lui aussi parlé », selon une source policière qui en ignore le fond.

- « Montage » policier -

Les relations entre indicateurs et policiers des « stups » sont au coeur de ces affaires. Elles ont pour cadre les « coups d’achat » (un enquêteur achète quelque chose d’illicite pour son enquête) et les « surveillances de livraisons de drogue » souvent organisées par les enquêteurs dans les affaires de stupéfiants pour faire tomber les réseaux.

Ces opérations ont lieu « sous le contrôle » de magistrats, « ce qui a toujours été le cas » avec l’Ocrtis, indiquent des sources policières.

L’enquête de l’IGPN va, selon les sources policières, permettre de « livrer un véritable audit de leur gestion » par ce service dont tout le monde, en haut lieu, attend les conclusions.

Pour l’heure, selon ces sources, les « très graves » accusations du témoin de Libération n’ont « été ni infirmées ni confirmées ».

« Il faut être prudent », ajoutent-elles car il « n’est pas a priori anormal qu’un +indic+ garde une villa (NDLR, celle citée par Stéphane V.) », à condition « de ne pas dévier ».

La justice s’intéresse en tout cas aux méthodes de l’office des « stups ». Notamment dans une affaire de saisie de 132 kilos de cocaïne datant de 2015, cassée par deux juges parisiens qui ont dénoncé un « montage » policier et incarcérés deux « tontons ».

L’affaire sera examinée sur le fond prochainement par la cour d’appel de Versailles (Yvelines), selon les sources.

La gestion des indicateurs – « tontons », « amigos », « balances » dans le jargon des enquêteurs – souvent sur le fil du rasoir, est au coeur de plusieurs autres affaires visant aussi des douaniers et des gendarmes.

M. Thierry a été nommé récemment sous-directeur chargé de l’international à l’antiterrorisme de la police judiciaire (SDAT). Une mutation officiellement sans rapport avec ses « tontons »: il était arrivé au bout des six ans réglementaires à la tête d’un service de police, selon sa hiérarchie.

23/05/2016 17:28:10 -  Paris (AFP) -  © 2016 AFP

Attentats du 13 novembre : des familles de victimes vont porter plainte contre l’Etat belge

Bien, très bien. Viendront ensuite, tout naturellement, la France et le Maroc.

Et les magistrats du TGI de Brest.

 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/attentats-a-paris-des-proches-des-victimes-du-13-novembre-portent-plainte-contre-la-belgique-7783344872

Attentats à Paris : des proches des victimes du 13 novembre portent plainte contre la Belgique

 

INFO RTL – Sur la base d’un rapport de la police des polices belge, des familles des victimes des fusillades accusent l’État belge de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour éviter les attaques.

 

La page de l’émission : RTL Matin
Le Bataclan à Paris après les attentats du 13 novembre 2015
Crédit : JACQUES DEMARTHON / AFP

Le Bataclan à Paris après les attentats du 13 novembre 2015

par Nicolas Burnens publié le 23/05/2016 à 07:50

 

Dix-sept familles de victimes des attentats du 13 novembre à Paris vont déposer plainte devant les tribunaux belges. Elles accusent l’État belge de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour éviter les fusillades qui ont frappé l’est de Paris et Saint-Denis le soir du 13 novembre 2015, provoquant 130 morts et plus de 400 blessés. Les familles des victimes reprochent à la Belgique des défaillances dans la surveillance des frères Brahim – l’un des kamikazes à Paris – et Salah Abdeslam – seul survivant des commandos - alors que les services de renseignement belges disposaient d’informations qui auraient dû les mettre en alerte. Ces accusations reposent sur les conclusions d’un rapport confidentiel réalisé par le comité P, la police des polices belge, que RTL a pu consulter.

Un rapport accablant pour les autorités belges

Le rapport met en lumière une série de manquements qui ont permis à Salah Abdeslam et son frère d’échapper à la surveillance dont ils auraient dû faire l’objet. Début février 2015 par exemple, un informateur livre des éléments cruciaux sur Salah Abdeslam à la police locale, affirmant qu’il serait en contact avec Abdelhamid Abbaoud, le futur commanditaire des attentats de Paris, et prêt à se rendre en Syrie. Un avis de recherche urgent est lancé contre le Belge, sans résultat. C’est finalement Salah Abdeslam lui-même qui se rend au commissariat de Molenbeek pour être entendu. Il affirme alors qu’Abbaoud est une vieille connaissance et est relâché.

Son téléphone est saisi, mais sa téléphonie ne sera analysée qu’après le 13 novembre. Le parquet fédéral a bien été saisi, mais faute de moyens, le dossier est gelé puis mis en attente. En juin 2015, il est classé sans suite. Seule une surveillance discrète est maintenue. Dès lors, plus aucune information ne sera transmise à la justice. Il y a pourtant des alertes. Le voyage de Salah Abdeslam en Grèce, son aller-retour en Autriche pour récupérer des jihadistes et ce drapeau de l’État islamique arboré fièrement sur sa page Facebook, trois semaines seulement avant les attaques de Paris. Il est déjà trop tard, le terroriste a disparu des radars.

Nous allons demander la condamnation de l’État belge pour que plus jamais de tels dysfonctionnements ne puissent se répéter

Samia Maktouf, avocate de la famille des victimes

« Malgré des alertes lancées par les différentes surveillances de personnes susceptibles de passer à des actions armées, il n’y a jamais eu de judiciarisation de ces personnes dont on avait la certitude qu’ils étaient radicalisés », regrette l’avocate des familles des victimes, Samia Maktouf. « Le résultat, on le connaît : c’est le décès de plusieurs personnes innocentes. Nous allons demander la condamnation de l’État belge pour que plus jamais de tels dysfonctionnements ne puissent se répéter ».

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Attentats du 13 novembre : des familles de victimes vont porter plainte contre l'Etat belge dans Attentats avatar

par Nicolas BurnensJournaliste RTL

 

http://www.rtl.be/info/belgique/faits-divers/attentats-a-paris-la-nature-des-plaintes-francaises-contre-la-belgique-reste-actuellement-indeterminee-820599.aspx

Attentats à Paris – La nature des plaintes françaises contre la Belgique reste actuellement indéterminée

 

Agence Belga , publié le 23 mai 2016 à 10h46   |  31  |
Attentats à Paris - La nature des plaintes françaises contre la Belgique reste actuellement indéterminée

 

(Belga) Me Samia Maktouf, l’avocate de 17 familles de victimes des attentats à Paris, a confirmé lundi à l’agence Belga son intention de déposer plainte contre l’Etat belge devant une juridiction belge pour le compte de ses clients qui accusent la Belgique de ne pas avoir pris les mesures nécessaires pour éviter les attaques du 13 novembre 2015. La nature exacte et la date de la future plainte ainsi que le type de juridiction qui sera saisi restent toutefois à ce stade indéterminés. L’avocate française consulte actuellement des confrères belges pour finaliser l’action judiciaire des familles des victimes.

La future plainte reposera sur des éléments révélés par le deuxième rapport intermédiaire du Comité P, chargé du contrôle du fonctionnement global des services de police en Belgique. Me Samia Maktouf affirme avoir consulté personnellement ce rapport confidentiel et considère qu’il révèle des « dysfonctionnements graves » dans le chef de l’Etat belge. « Les familles des victimes savaient qu’il y avait eu des dysfonctionnement mais pas d’une telle gravité », a déclaré Me Samia Maktouf, à l’agence Belga. Selon des médias, le deuxième rapport intermédiaire du Comité P révèle notamment qu’un PV de la police de la zone de Bruxelles-Ouest datant du 30 janvier 2015 (soit après l’assaut policier du 15 janvier 2015 à Verviers) fait état de la volonté de Salah Abdeslam de partir en Syrie et précise que ses valises sont déjà prêtes. Selon ce procès-verbal, Salah Abdeslam a parlé à cette époque à plusieurs reprises à Abdelhamid Abaaoud (alors activement recherché et considéré comme le chef présumé de la cellule terroriste de Verviers, ndlr). Un autre PV, datant du 9 février, évoque, lui, un récent aller-retour de Brahim Abdeslam vers la Syrie. Les familles des victimes reprochent à la Belgique des défaillances dans la surveillance des frères Brahim et Salah Abdeslam, alors que les services de renseignement disposaient d’informations qui auraient dû les mettre en alerte. Ce deuxième rapport du Comité P indique par ailleurs qu’Abdelhamid Abaaoud a échappé à quatre services secrets (israéliens, américains, britanniques et chypriotes) appelés en renfort, alors qu’il se trouvait en Grèce. Selon des médias, la traque d’Abdelhamid Abaaoud a mobilisé les services secrets d’une dizaine de pays européens, dont la France. Me Samia Maktouf dit n’exclure aucune plainte contre l’Etat français, ajoutant qu’elle attendait le rapport de la Commission parlementaire française. « Je n’exonère aucun Etat (…). J’espère que les éléments du rapport (français) seront aussi clairs et précis (que celui du Comité P). Les familles des victimes vont aller jusqu’au bout », conclut-elle. Me Samia Maktouf avait déposé en mars dernier une requête devant la Cour européenne des droits de l’Homme (CEDH) visant la Belgique, dénonçant de « graves dysfonctionnements », pour le compte de parents d’un jeune avocat de 26 ans tué lors de l’attaque de la salle de concerts du Bataclan le 13 novembre dernier. (Belga)

 

http://www.liberation.fr/france/2016/05/23/stups-un-trafic-d-etat-le-point-sur-les-revelations-de-liberation_1454510

Stups, un trafic d’Etat : le point sur les révélations de «Libération»

 

Par LIBERATION — 23 mai 2016 à 11:17

Le patron de l’Office central de répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) François Thierry, le 14 décembre 2012 à Nanterre près de Paris Photo Patrick Kovarik. AFP

Selon une enquête de «Libération», François Thierry, l’ancien patron de la lutte antidrogue, a facilité l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis.

  • Stups, un trafic d’Etat : le point sur les révélations de «Libération»

Libération révèle dans son édition de lundi le rôle central de François Thierry, ancien numéro 1 de la lutte antidrogue, dans l’importation en France de plusieurs dizaines de tonnes de cannabis en lien avec un des plus gros trafiquants européens. Un système d’une ampleur inédite qui s’apparente à un trafic d’Etat.

Qui est François Thierry, l’homme soupçonné d’être au cœur d’un trafic de drogue ? 

Passé par le Service interministériel d’assistance technique (SIAT), chargé notamment de la gestion des «zombies», ces agents infiltrés dont seule une poignée de pontes connaissent l’existence, François Thierry devient le visage de la lutte antidrogue en 2010. Il prend alors la tête de l’Office central pour la répression du trafic illicite de stupéfiants (Ocrtis) et prend l’habitude de poser devant de belles saisies, aux côtés de plusieurs ministres de l’Intérieur successifs : Claude Guéant, puis Manuel Valls et Bernard Cazeneuve.

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De quoi est-il soupçonné ? 

D’avoir laissé entrer en France plusieurs dizaines de tonnes de cannabis au cours des dernières années, avec la complicité d’un des plus gros trafiquants européens, recruté par ses soins. Un système bien rodé qui a déraillé le 17 octobre à Paris, lors d’une saisie de cannabis par les douanes. Celle-ci permet en effet de remonter jusqu’à un certain Sofiane H., l’un des plus gros importateurs de cannabis en France mais aussi indic de l’Octris. Arrêté en 2009 en Espagne et condamné à treize ans de prison en 2011, il est recruté par François Thierry lui-même et est finalement libéré après trois ans seulement de détention. Dès lors, il va commencer à importer chaque mois des tonnes de cannabis en «livraison surveillée», une technique d’enquête qui permet de laisser passer de la drogue pour démanteler des réseaux de revendeurs à l’arrivée. Ainsi, sous la protection de François Thierry, il a pu poursuivre ses activités sans jamais être inquiété.

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Qui est le témoin interrogé par Libération ?

Stéphane V., avec lequel Libération a pu s’entretenir, se présente comme un «infiltré», même s’il n’est pas lui même policier. Informateur au Bureau central des sources en 2007, il rencontre François Thierry qui dirige alors le Service d’information et d’assistance technique et devient son agent traitant. De nombreux documents officiels prouvent qu’il a travaillé en sous-main pour l’Etat français, mais aussi pour le Département américain de la justice et la Drug Enforcement Administration (DEA). Dans le cadre de l’affaire François Thierry, il a été longuement entendu par l’Inspection générale de la police nationale (IGPN), la police des polices.

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Qu’a-t-il raconté ?

Lors de ses entretiens avec Libération, il a raconté avoir, à la demande de François Thierry, gardé une villa à Estepona, au sud de Marbella, sur la costa del Sol, entre mars et avril 2012. «Pendant vingt jours, cinq hommes se sont relayés pour charger et décharger des paquets de drogue sur la plage. François Thierry me les a présentés comme des policiers français. J’en avais déjà vu certains à l’OCRTIS», raconte le témoin. Au cours de ce séjour, il dit avoir vu transiter 19 tonnes de cannabis, en provenance du Maroc. La drogue remontait ensuite vers la France par «go-fast». Seule une partie des voitures était interceptée, permettant aux autres d’inonder le marché.

Selon lui, il s’agit d’un trafic organisé «au plus haut niveau, au motif de démanteler des réseaux». S’il affirme ignorer qui était au courant de ces méthodes, il estime qu’il y a eu «soit des complicités, soit une absence totale de contrôle».

LIBERATION

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