Affaire Hervé Gourdel : comment l’armée algérienne traque les terroristes

http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/13/comment-l-armee-algerienne-a-identifie-l-assassin-de-gourdel?page=all

REPORTAGE Comment l’armée algérienne a identifié l’assassin de Gourdel

 
Les autorités algériennes ont révélé le 11 octobre l’identité du terroriste qui a décapité Hervé Gourdel. Il s’agit de Kherza Bachir, originaire d’Alger, et qui a à son actif de nombreux assassinats. L’armée algérienne poursuit sa traque en Kabylie.

  • 13 octobre 2014
L'armée algérienne poursuit la traque des terroristes en Kabilye, le 10 octobre à côté du village de Aït Ouabane -AFP/Farouk Batiche
L’armée algérienne poursuit la traque des terroristes en Kabilye, le 10 octobre à côté du village de Aït Ouabane -AFP/Farouk Batiche
Le vent souffle fort sur le mont de Lalla Khedidja, en Kabylie, l’un des plus hauts pics d’Algérie. Une file interminable de véhicules militaires longe la route sinueuse qui relie Tizi Ouzou à cette montagne très prisée par les amoureux de la nature. A 560 mètres d’altitude, nous faisons notre première halte.Nous sommes à Tizi n’Kouilal. Une grande tente verte sert de QG au commandement de l’opération militaire lancée il y a trois semaines dans la forêt de Aït Ouabane, à la recherche du groupe terroriste Djound Al-Khilafa (Les soldats du califat), auteur de l’enlèvement et de l’assassinat [le 24 septembre] du ressortissant français Hervé Gourdel. Le dispositif mis en place est impressionnant. De la peinture noire sur le visage, le dos et la tête couverts d’herbes, les paras sont positionnés dans les coins les plus reculés.Formant une chaîne humaine, ils nous assurent le passage jusqu’au campement des terroristes. Avec nous, le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou, un colonel parachutiste, un homme de terrain qui cumule au moins deux décennies de lutte antiterroriste. Il connaît les coins et recoins de cette région comme sa poche. Durant tout notre voyage, il nous parle de la coopération de la population, de son patriotisme et de sa patience. « Cette région a déjà été nettoyée. Regardez bien le relief accidenté, à proximité des villages, à cheval entre trois wilayas, il y a de l’eau et une dense forêt pour les protéger. C’est une zone stratégique qui leur permet de voir de loin tout mouvement de l’armée. Avant même que nous arrivions, ils sont déjà très loin », explique le colonel.

Gourdel a emprunté ce chemin

Nous laissons nos véhicules pour entamer l’ascension, à pied, d’une ancienne route datant de l’époque coloniale, devenue piste, qu’empruntent les amoureux de cette montagne pour faire du camping. Les jeunes paras sont aux aguets. A gauche puis à droite, leurs kalachnikovs sont tout le temps en mouvement. Nous sommes déjà à plus de deux kilomètres. Des troncs d’arbre jonchent la route. « Ici, seuls les bergers s’aventurent et, dès qu’ils voient ces troncs d’arbre par terre, ils savent qu’il y a une chance sur deux pour tomber sur des terroristes. Gourdel et ses accompagnateurs ont emprunté ce chemin », explique le colonel.

Nous continuons à marcher sous les rafales de vent. Le paysage est féerique. Des sources d’eau douce, de la verdure à perte de vue, un panorama à couper le souffle. Nous arrivons devant un grand bassin en béton, qui récolte l’eau des entrailles du mont Lalla Khedidja, avant d’être déviée vers l’usine d’embouteillage située au pied de la montagne. Les parachutistes se mettent à genoux, en position de tir, les armes pointées pour certains vers le haut et pour d’autres vers les falaises. « C’est ici, devant ce bassin, que les terroristes ont enlevé Gourdel. Vers quelle destination l’ont-ils emmené ? Aucun des accompagnateurs n’a pu nous le dire. Cependant, ce qui est certain, c’est que l’endroit est à deux kilomètres seulement du campement du groupe », souligne l’officier.

Un véritable campement

Des appels radio brisent le silence. A quelques kilomètres, les paras viennent de trouver un obus Hawn, des jumelles et des engins suspects. « Ne faites rien, nous ne sommes pas loin de la zone », ordonne l’officier. Nous entamons la rude escalade d’un monticule. Bien camouflés, les paras sont partout. Sur les arbres, les rochers, dans les moindres coins exposés. Ils nous ouvrent le passage. Cela fait deux heures que nous marchons. Nous arrivons enfin à un vaste terrain, au milieu duquel se trouve un immense cèdre entouré de grosses pierres. « C’est ici que les terroristes ont tenu leur réunion d’allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) », révèle l’officier. L’endroit semble avoir été déserté à la hâte.

De vieilles baskets noires, des chaussettes, des sous-vêtements sont accrochés aux branches des arbres. Non loin, une cuisinière improvisée avec une cuve métallique à l’intérieur de laquelle une lame de fer est tapissée de charbon. Des marmites noircies par la fumée, des cuillères et des plats, mais aussi de grandes quantités de semoule, de pâtes, d’épices, de farine, de lait en poudre jonchent le sol. Des espaces où sont étalés des cartons sont aménagés en dortoir, alors que des sachets noirs couvrent les branches pour se protéger de l’humidité et du vent.

Le lieu est un véritable campement avec des postes de garde bien positionnés pour surveiller tout mouvement de véhicules et de personnes à des kilomètres, permettant ainsi une retraite en cas de pépin. Une odeur nauséabonde se confond à celle que dégagent les branches calcinées. L’officier se retire pour répondre à un appel radio. Un de ses éléments a trouvé un téléphone portable dans lequel se trouvent de nombreuses photos prises sur les lieux.

Le groupe s’est dispersé dans la précipitation

Des notices de médicaments, surtout des anti-inflammatoires, des antidouleur (notamment pour l’estomac) et des antidépresseurs sont éparpillées un peu partout. « Ils ont tous été identifiés à l’exception de ceux qui filmaient et de ceux qui assuraient la garde et n’apparaissent pas sur la vidéo. La majorité d’entre eux sont des rescapés des années 1990 [la décennie noire, années de guerre civile], seuls quelques-uns, les plus jeunes, sont de nouvelles recrues et donc inconnus des services de sécurité. Ils sont venus de Boumerdès, Bouira et Bordj Bou Arréridj pour la réunion. D’où la quantité de produits alimentaires. Nous avons détruit 25 kg de sucre, 80 kg de semoule, autant de farine et des dizaines de litres d’huile sans compter les autres ingrédients. Ils ont dû préparer cela pour recevoir les invités à la réunion. Ils ont filmé la séance d’allégeance, qui n’a été diffusée qu’après la décapitation d’Hervé Gourdel. Sur cette vidéo, trois des auteurs de cet assassinat étaient présents et leur chef, Gouri [Abdelmalek Al-Gouri, alias Khaled Abou Souleiman, un homme recherché par les services de sécurité algériens et condamné par contumace en 2012 à la peine capitale], n’apparaît pas, mais c’était lui qui parlait. Sa voix a été identifiée par nos spécialistes », explique le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou.

Pour lui, le groupe s’est dispersé dans la précipitation. Et d’ajouter : « Ils sont pris entre deux feux. Les forces de sécurité d’un côté, le groupe de Droukdel [Abdelmalek Droudkel, alias Abou Moussab Abdelouadoud, chef local d'Aqmi , Al-Qaida au Maghreb islamique] auquel ils ont déclaré la guerre de l’autre. Des batailles rangées entre les deux belligérants ne sont pas à exclure, d’autant que parmi ceux qu’on voit sur la vidéo, il y en a qui n’ont pas vraiment coupé les liens avec leurs anciens compagnons. »

Les visiteurs étaient très nombreux

L’officier donne l’ordre de tout brûler, de ne rien laisser sur les lieux. L’ordre de quitter l’endroit est donné. L’artillerie doit détruire des engins suspects trouvés cachés sous les buissons. Les jeunes paras scrutent les alentours. Ils nous ouvrent le passage et nous suivent pas à pas. Nous reprenons le même chemin, mais avec une autre équipe, toujours camouflée avec des branchages sur la tête et le dos. La prudence est de mise.

« C’est grâce à la population que nous sommes arrivés à ce lieu. Elle a été très coopérative. Notre présence sur les lieux la réconforte et cela nous encourage beaucoup. Tous ces jeunes parachutistes qui prennent part à l’opération sont déterminés à ne quitter la région qu’une fois nettoyée. Ils ne reculent devant rien. Ils sont très courageux. Ils avancent sans peur sur un terrain qu’ils savent miné. Il faut leur reconnaître une abnégation et un engagement sans faille », lâche l’officier, en tapant sur l’épaule d’un de ses éléments, dont l’âge ne dépasse pas les 25 ans.

Poursuivant notre marche, il nous montre du doigt, deux villages, en contrebas de cette montagne : Aït Ouabane et Aït Allaoua. « C’est vrai que les terroristes ne s’attaquent pas à la population de ces villages. Cependant, leur activité a privé la région des revenus du tourisme. Avant, les visiteurs étaient très nombreux et faisaient travailler de nombreuses familles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les gens ont peur de s’y aventurer », note le colonel.

Nous arrivons au QG. Pour le commandement, « il n’est pas question de laisser les bandes de criminels derrière nous. Avant que la première neige ne tombe, le groupe doit être totalement anéanti. C’est l’objectif assigné ». Les jeunes parachutistes font le va-et-vient. Certains viennent d’ajouter des couvertures dans leurs sacs à dos. Ils doivent assurer la relève et passer la nuit dans ces montages humides et froides. Cela fait trois semaines qu’ils n’ont pas quitté les lieux.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/assassinat-d-herve-gourdel-ou-va-l-157936

Assassinat d’Hervé Gourdel : où va l’Algérie ? Sous l’oeil des services secrets algériens…

 

dimanche 12 octobre 2014

L’assassinat d’Hervé Gourdel le 21 septembre dernier a de nouveau braqué les regards vers l’Algérie. Ce n’est pas la première fois que des événements tragiques concernant des Français s’y produisent : et si tout un chacun se souvient de l’assassinat des 7 moines de Thibhirine en 1996 dans des conditions similaires (épisode toujours pas officiellement éclairci 18 ans plus tard), on se rappelle moins la mort tragique de Pierre Claverie évêque d’Oran le 1er août 1996 et bien d’autres homicides moins médiatisés

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L’histoire du meurtre perpétré dans les monts du Djudjura est curieuse, nous a-t-on dit. Hervé Gourdel a été enlevé non loin du col de Tizi N’Kouilal qui culmine à 1560 mètres le 21 septembre, 24 heures après son arrivée en Kabylie où il a été amené par Karim Oukara, alpiniste de 43 ans résidant dans le Nord de la France, près de Lille, qu’il a connu grâce aux réseaux sociaux. Leur guide Oussama Dehendi, 22 ans, est connu pour faciliter les courses dans ces montagnes, c’est un professionnel reconnu. Ces 2 hommes capturés en même temps que le Français ont été libérés le 25 septembre quelques heures après l’assassinat du Français en même temps que les autres montagnards, Amine Ayache, Kamel Saâdi et Hamza Boukamoun. La rapidité de l’organisation de l’enlèvement interroge : les ravisseurs qui se réclament de l’Etat Islamique en Irak (Daech) étaient à l’évidence informés pour mettre au point en moins de 24 heures l’enlèvement, l’annonce de cette capture et la mise en scène de la décapitation. L’armée a été alertée très tôt : dès les premières heures du lundi 1500 hommes ont été amenés sur le terrain sous le commandement du général-major Boustila, bien avant que la première vidéo ne soit diffusée. Ce rapide déploiement interroge les observateurs.

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Par ailleurs l’enquête des services algériens a été bien trop simple. Les cinq accompagnateurs ont été relâchés cinq jours seulement après leur interpellation. D’autre part, chacun dans la région connaît les risques d’une expédition dans ces montagnes situées 40 km au sud-est de Tizi Ouzou, on les sait parcourues par des bandes armées issues des groupes islamiques des années 1990. Une centaine de personnes y ont été kidnappées depuis 10 ans. C’est pourquoi à Tizi Ouzou, mes interlocuteurs ne comprennent pas pourquoi cette expédition a été montée et affirment que c’est celui qui l’a décidé qui est le principal suspect.

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On sait moins que des régions entières de l’Algérie restent sous la menace de bandes terroristes où la sécurité n’est pas toujours assurée. La population probablement paralysée par la terreur et les massacres des années de guerre civile qui ont sévi pendant les années quatre-vingt-dix ne réagit pas. Et ils sont nombreux les Algériens à quitter le pays : en 2011 une étude réalisée par l’Université d’Alicante révélait que le nombre d’Algériens installés en Espagne augmentait de 5% chaque année, la même année les services officiels algériens annonçaient qu’il y avait plus de 60 000 algériens installés au Québec. En France ils sont près de 2 millions. En 2013 il n’y avait pas loin de 7 millions d’Algériens officiellement installés hors de leur pays (par comparaison il y a 1 700 000 Français qui vivent à l’étranger). L’émigration est un sport national algérien. Et un pays où la jeunesse n’aspire qu’à aller vivre sous d’autres cieux n’a pas d’avenir, d’autant que ce sont surtout les plus instruits, les plus cultivés qui s’enfuient.Ses dirigeants en sont-ils conscients ?

Ceux qui comme moi reviennent d’Algérie, un pays qu’ils fréquentent régulièrement, sont déconcertés à chaque visite : les mœurs changent, les mentalités régressent notamment loin des grandes agglomérations. Même dans les rues d’Alger, les femmes non voilées sont de moins en moins nombreuses. La vie est chère et l’inflation une réalité difficile à contourner. L’Etat débourse sans compter la manne pétrolière et gazière, sans penser, semble-t-il, que cette richesse commence à s‘épuiser. Tout ceci pour acheter une paix sociale qui n’est qu’artificielle et qui disparaîtra lorsque l’exaspération populaire le décidera. Et ce ne sont pas les projets pharaoniques inutiles, juste bons à jeter de la poudre aux yeux tel celui de la nouvelle grande mosquée d’Alger, près de l’Harrach, qui coûtera près de 3 milliards de dollars alors que l’agglomération en compte plusieurs centaines. Et comble d’ironie, ce seront 10 000 Chinois qui construiront cet ensemble qui pourra accueilli 40 000 fidèles, comme si les entreprises et la main d’œuvre algérienne manquaient alors que le chômage touche officiellement au moins 12% de la population active. L’autoroute Est-Ouest a également été construite par des Chinois.

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La Kabylie a été mise à l’index et subit de plus en plus le harcèlement des autorités. C’est une région qui se singularise par sa culture, sa langue, son histoire et ses coutumes. La Kabylie est un lieu où ses habitants tentent de maintenir ou de réhabiliter des valeurs démocratiques, de laïcité (les chrétiens n’y sont pas rares, le ramadan n’est pas obligatoire, on y trouve encore des boissons alcooliques à la vente). Tout est bon pour la discréditer. Ainsi l’assassinat d’Hervé Gourdel vient à point nommé pour la dénigrer. Les Kabyles sont pris en otages et finalement les terroristes islamistes – vraisemblablement manipulés par des services qui depuis plus d’un demi-siècle ont perfectionné leurs techniques qui n’ont pour but que de maintenir au pouvoir une oligarchie corrompue – y sont plus ou moins tolérés pour permettre l’élimination des militants amazighs les plus actifs sans que le gouvernement ne puisse être directement accusé. Ce dernier permet que dans des lieux géographiquement limités le terrorisme survive pour maintenir un climat d’insécurité.

Cette immersion dans la réalité algérienne ne peut qu’engendrer l’inquiétude : inquiétude pour un peuple qui semble abandonné par ses dirigeants, inquiétude de constater que le désordre et l’insécurité s’y installent, que le chômage et la précarité se développent, que l’islamisme radical poursuit ses avancées et que cette situation ne peut que s’étendre aux autres pays du Maghreb. Ils ne sont pas rares les chibanis qui évoquent avec une nostalgie à peine cachée le temps où le pays avait d’autres maîtres.

http://www.metamag.fr/metamag-2322-… 

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2804p048.xml0/

Algérie : jours tranquilles en Kabylie… malgré le terrorisme

 

13/10/2014 à 10:47 Par Farid Alilat, envoyé spécial

 

Tizi Ouzou en Kabylie.
Tizi Ouzou en Kabylie. © MOURAD ALLILI / AFP

Quelques jours après l’exécution atroce d’un otage français par des jihadistes, on est loin de l’atmosphère de psychose décrite par les médias. Retour sur les lieux du crime.

Montagnes du Djurdjura, en Kabylie, à 100 km à l’est d’Alger. Pour accéder au chalet où Hervé Gourdel a passé la nuit du 20 au 21 septembre, il faut emprunter un chemin étroit surplombant un ravin vertigineux, serpenter au milieu de cèdres centenaires qui forment à certains endroits des voûtes naturelles, ou encore slalomer entre les vaches faméliques qui y paissent librement. Devant la bâtisse en pierre taillée et aux tuiles rouges qui domine une clairière, des militaires bivouaquent au-dessus d’une dizaine de camions moteurs éteints.

Au milieu d’un troupeau de vaches, allongés sur l’herbe, des soldats se reposent, devisent ou tapotent sur leurs portables. Devant le barrage permanent installé à l’entrée du complexe touristique de Tikjda, partiellement incendié par des groupes armés dans les années 1990, trois militaires en faction jettent à peine un regard aux automobilistes qui se frayent un passage. À dix minutes de voiture plus au nord, sur le piton de Tizi Nkouial, à 1 560 m d’altitude, une vingtaine d’autres montent la garde.

Difficile de croire que dans ce décor fait d’alpages et de paysages lunaires s’est déroulé un drame qui a bouleversé et révulsé la planète, et replongé les Algériens dans les pires heures de la décennie noire : la décapitation, le 24 septembre, du touriste français Hervé Gourdel, 55 ans, par des éléments de Jund al-Khilafa (« soldats du califat »), nouvel affidé de l’État islamique (EI).

On est loin de cette atmosphère de traque, de guérilla et de psychose décrite par les médias.

Encore plus difficile de croire qu’une vaste opération ayant mobilisé 3 000 hommes - dont des parachutistes -, des hélicoptères, une armada de camions et de blindés s’y est déroulée pendant une semaine pour tenter de retrouver les ravisseurs et la dépouille de l’otage exécuté. Ici, en ce dimanche 28 septembre, le calme règne. Le dispositif a-t-il été levé ou surestimé ? Toujours est-il que dans ce massif à cheval sur les départements de Bouira, Tizi-Ouzou et Béjaïa, dans les hameaux à flancs de montagne, on est loin de cette atmosphère de traque, de guérilla et de psychose décrite par les médias.

« Ce coin est un havre de paix »

Issu d’une famille de bergers, Amar, 36 ans, vit dans ces pâturages, avec ses vaches, son cheval et ses chiens, de la fonte des neiges du printemps jusqu’aux premiers flocons d’hiver. En ce dimanche caniculaire, son seul motif d’inquiétude est une jeune vache qui tarde à mettre bas. Les terroristes ? Amar dit qu’ils ont toujours rôdé dans le coin sans s’en prendre aux populations locales. La grande opération de l’armée ? « J’ai vu passer des camions remplis de soldats, mais ce n’est guère nouveau, confie-t-il. Les militaires passent souvent par ici. » Alors, le soir, à la belle étoile, devant sa télé alimentée par un groupe électrogène, ce berger a du mal à reconnaître ses montagnes, que l’on décrit comme infestées de terroristes.

« Ce coin est un havre de paix, corrige Amar. Des familles et des touristes, y compris des étrangers, y campent même la nuit sans la moindre inquiétude. Depuis la mort du Français, le climat est devenu un peu pesant. Mais vous verrez que dans peu de temps la situation redeviendra normale. Des drames comme celui-là, nous, les montagnards, en avons tellement vécu qu’un livre ne suffirait pas à les raconter. » Ce fut le cas notamment en décembre 1994, quand quatre pères blancs français ont été mitraillés par des islamistes dans leur maison à Tizi-Ouzou, chef-lieu de wilaya (département) et principale ville de Kabylie.

Ath Ouabane, là où Hervé Gourdel aurait été enlevé le 21 septembre. Dans ce village rasé en 1958 par l’aviation française au plus fort de la guerre d’indépendance, les habitants sont partagés entre affliction et colère. Ici, on tient à rappeler que, par le passé, les villageois ont maintes fois repoussé les assauts de groupes armés venus subtiliser leurs armes, se ravitailler ou les racketter. « Déjà abandonné, Ath Ouabane est maintenant tristement entré dans l’histoire, maugrée Dahmane, vieux retraité. Notre village n’a rien à voir avec le rapt et l’exécution de ce touriste. »

Repaire du GIA

Makhlouf, enseignant dans le primaire, accable, lui, les autorités algériennes. « Plus de quatre-vingts citoyens ont été enlevés en Kabylie depuis 2005 sans 006102014145849000000JA2804p050_infoque l’État ne bouge le petit doigt, peste-t-il. Mais quand c’est un Français qui est kidnappé, l’armée dépêche des milliers de soldats. À croire que la vie d’un Français vaut celle de quatre-vingts Algériens. »

La Kabylie, fief des groupes armés ? Il y a dans cette sinistre réputation une part de vérité. Cette contrée montagneuse a en effet servi de repaire aux Groupes islamiques armés (GIA) dès le début des années 1990, mais aussi aux maquisards nationalistes durant la guerre d’Algérie ou aux bandits d’honneur au XIXe siècle. Pendant plus de quinze ans, ses maquis touffus, ses grottes et ses ravins étaient infestés de terroristes, qui y pratiquaient assassinats, embuscades, faux barrages et autres rackets.

Hassan Hattab, fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), repenti depuis 2007, en a longtemps fait son QG. Droukdel, l’insaisissable chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), s’y cacherait encore avec sa garde prétorienne. Si ces montagnes constituent encore des zones de repli, si des attaques contre les forces de sécurité sont encore périodiquement signalées, les terroristes n’y sont plus légion.

Certains ont été éliminés, d’autres ont déposé les armes, et il s’en recrute de moins en moins. « À preuve, commente un officier rangé de la lutte antiterroriste, personne n’est en mesure de fournir un chiffre crédible pour attester de la présence de ces irréductibles du jihad. » Aujourd’hui, des barrages militaires parsèment tous les accès aux grandes agglomérations, comme Ath Yenni, Les Ouacifs, Larbaa Nat Irathen, Aïn el-Hammam ou Azzefoune, et aux centaines de villages environnants. L’armée a installé des campements et des casernes autour des grands massifs forestiers dont la surface globale s’amenuise au fil des ans en raison des incendies récurrents.

Plus que l’activisme terroriste, c’est le banditisme et les enlèvements qui inquiètent la population. « La mort du Français est révélatrice de l’insécurité qui règne dans notre région, déplore Améziane Medjkouh, 63 ans, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Djurdjura. Des opérateurs privés locaux ont subi le même sort sans susciter autant d’émoi. » Pour cet entrepreneur, la Kabylie a besoin de routes, de gaz de ville, de logements, d’emplois, de loisirs. « Elle a été marginalisée, alors que ses écoliers et lycéens sont parmi les meilleurs du pays, souligne encore Medjkouh. Ces zones montagneuses ont besoin d’un programme spécifique pour les sortir de l’isolement. Une fois qu’elles seront désenclavées, les terroristes ne pourront plus y mettre les pieds. »

Chasse… au sanglier

Yakouren, à 50 km à l’est de Tizi-Ouzou. Pendant des années, les forêts de chênes-lièges de cette grande bourgade ont servi de sanctuaire aux groupes d’Aqmi. On dit que les terroristes s’y sont terrés si longtemps que les animaux ne prenaient plus la fuite à leur passage. Depuis quatre ans, les chasseurs de gros et de petit gibier se sont réapproprié les lieux. « Hier, on y traquait les terroristes, aujourd’hui on y chasse les sangliers », plaisante Da El Hachemi, membre de l’Association des chasseurs d’Akfadou, agréée par l’État. Régulièrement, lui et ses compagnons, dont des officiers, organisent des battues dans les lieux mêmes où campent des jihadistes.

« Nous les avons croisés à maintes reprises à Yakouren, mais ils ne s’en prennent jamais à nous, raconte Mohamed, un autre chasseur. Ils nous dissuadent d’emprunter certaines pistes ou de s’aventurer devant leurs campements, qu’ils piègent. » L’année dernière, ces chasseurs ont mené une grande battue à Mizrana, autrefois fief de Hassan Hattab, avant de revenir avec une vingtaine de sangliers. Ce 29 septembre, Da El Hachemi et ses amis en préparent une autre, prévue pour début octobre. Comme si de rien n’était…

Col de Tirourda, à dix minutes à vol d’oiseau du chalet de Tikjda. Dans un bar-restaurant dont les larges baies vitrées plongent dans la vallée de la Soummam, des clients sifflent des bières jusqu’à une heure avancée de la nuit. Une file incessante de voitures et de camions montent ou descendent vers Tizi-Ouzou. Des automobilistes s’arrêtent de temps à autre pour acheter des canettes avant de reprendre la route. « Le malheureux touriste français ? Il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment », déplore un client.

Assassinat d’Hervé Gourdel : enquête sur ses accompagnateurs

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/algerie-l-otage-francais-decapite-par-ses-ravisseurs_1578891.html

Algérie: l’otage français décapité par ses ravisseurs

 

Par LEXPRESS.fr, publié le 24/09/2014 à 17:11, mis à jour à 17:54

Le groupe djihadiste Jund al-Khilafa annonce dans une vidéo avoir exécuté Hervé Gourdel, le Français pris en otage dimanche.

 

Algérie: l'otage français décapité par ses ravisseurs

Hervé Gourdel avait été kidnapé dimanche.

Youtube

Le pire est arrivé. Le groupe djihadiste Jund al-Khilafa a diffusé ce mercredi une vidéo montrant la décapitation de l’otage français Hervé Gourdel. Cette vidéo, pas encore authentifiée, s’intitule « Message de sang pour le gouvernement français ».

Le groupe avait menacé lundi dans une précédente vidéo de tuer ce guide de haute montagne de 55 ans enlevé en Kabylie, à l’est d’Alger, si la France ne renonçait pas « sous 24 heures » à ses frappes aériennes en Irak. L’ultimatum avait été rejeté mardi par le président François Hollande.

« Croisés criminels français »

Ce montage vidéo de près de 4m45 secondes débute par les images de François Hollande annonçant le début des bombardements français en Irak. Avant d’être exécuté, Hervé Gourdel mentionne, sous la contrainte, Hollande et Obama, puis envoie un message d’amour aux membres de sa famille. S’en suit plus de deux minutes de discours des djihadistes avant leur passage à l’acte. Un des hommes lit notamment un message dans lequel il dénonce l’intervention des « croisés criminels français » contre les musulmans en Algérie, au Mali et en Irak notamment.

L’enlèvement d’Hervé Gourdel, venu en Kabylie pour pratiquer la randonnée, avait eu lieu dimanche. Les randonneurs algériens qui l’accompagnaient avaient été relâchés par les ravisseurs, mais de telle façon que l’alerte auprès des autorités laisse suffisamment de temps aux terroristes pour déjouer au mieux la traque qui s’annonçait. 1500 militaires algériens avaient été déployés depuis lundi dans cette région montagneuse difficile d’accès.

Jund al-Khilafa (« les soldats du califat ») a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) en juillet dernier. Après les bombardements français contre ses positions en Irak, EI a appelé en vidéo et dans diverses langues le week-end dernier au meurtre de citoyens de pays engagés dans la coalition internationale, et particulier de Français. Quelques heures plus tard, Hervé Gourdel était enlevé.

Avec Assassinat d'Hervé Gourdel : enquête sur ses accompagnateurs dans Attentats fpa

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mort-d-herve-gourdel-ces-djihadistes-nihilistes-sont-dans-une-surenchere-de-l-horreur_1579069.html

VIDEO. Mort d’Hervé Gourdel: « Des djihadistes nihilistes dans une surenchère de l’horreur »

 

Propos recueillis par , publié le 24/09/2014 à 21:56, mis à jour le 25/09/2014 à 10:28

Spécialiste de l’islamisme radical, le journaliste algérien H’mida Ayachi analyse pour L’Express la stratégie du groupe Jund al-Khilafa, qui a décapité l’otage français Hervé Gourdel.

VIDEO. Mort d'Hervé Gourdel: "Des djihadistes nihilistes dans une surenchère de l'horreur"

Capture d’écran d’un portrait d’Hervé Gourdel, placé sous les arcades de la mairie de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), le 23 septembre 2014.

afp.com

Comment interprétez-vous l’exécution de l’otage français Hervé Gourdel par le groupe djihadiste Jund al-Khilafa (les soldats du califat) aussitôt après l’expiration de l’ultimatum lancé à la France?

Cette issue terrible était malheureusement prévisible. Dès que leur ultimatum a expiré, ces djihadistes ont mis leur sinistre menace à exécution. Tout simplement parce qu’ils n’avaient aucune intention de négocier. A partir du moment où leur demande – impossible à satisfaire – d’arrêter les frappes de la coalition internationale en Syrie et en Irak contre Daech, l’organisation Etat islamique, a été refusée, ils ont assassiné leur otage, en le décapitant. Les gens de Jund-al-Khilafa sont des salafistes djihadistes « nihilistes » : contrairement à ce qu’ils prétendent, ils n’ont aucun projet politique. Ils s’opposent à tous les autres courants de l’islamisme politique. S’ils ont prêté allégeance à Daech, l’organisation de l’Etat islamique, c’est surtout parce que ce dernier est le mouvement le plus puissant et le plus visible aujourd’hui. Ces djihadistes ont une formation très pauvre sur le plan idéologique. Mais ils sont dans la surenchère en matière de violence et d’horreur.

Qui sont les membres de ce groupe?

Ils sont plutôt jeunes. Leur chef, Abdelmalek Gouri, a 37 ans. Ils sont pour beaucoup le produit de l’échec du processus de concorde civile en Algérie durant les années 2000. Ce processus octroyait une grâce aux djihadistes qui déclaraient vouloir rentrer dans le rang. Abdelmalek Gouri avait été condamné en 1997 à cinq ans de prison pour avoir appartenu à une cellule de soutien du Groupe islamique armé (GIA) qui a semé la terreur en Algérie entre 1992 et 1999. Gouri a été libéré en 1999, mais il a repris le maquis dès l’année suivante. Il a fait partie du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en 2007. Puis, le 13 septembre dernier, Abdelmalek Gouri et ses hommes ont fait allégeance à l’Etat islamique.

Hervé Gourdel est le premier français assassiné par des djihadistes algériens depuis 2008. Il est aussi le premier otage français décapité. Que cherche Jund al-Khalifa en perpétrant cet acte horrible et en diffusant la vidéo?

Il a voulu faire un coup d’éclat, avec une énorme répercussion médiatique. Tout d’abord, Jund al-Khalifa adresse un message effrayant à l’Occident et, en particulier, à la France. Ensuite, il émet un signal fort en direction de la galaxie djihadiste. En décapitant son otage, il signe son acte sanglant à la manière de Daech : c’est une manière de rappeler son allégeance à cette organisation et de gagner en crédibilité auprès d’elle. C’est aussi un moyen d’attirer à elle d’autres groupes djihadistes locaux. En dépassant Aqmi en terme d’horreur mise en scène, Jund al-Khalifa compte s’affirmer comme l’organisation la plus radicale en Algérie et dans la région. Il peut attirer de nouveaux militants et combattants en incarnant le label de Daech en Algérie. Cette surenchère pourrait malheureusement fonctionner.

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mort-d-herve-gourdel-choc-colere-et-sideration-en-algerie_1579266.html

Mort d’Hervé Gourdel: choc, colère et sidération en Algérie

 

De notre correspondant à Alger, Anis Allik, publié le 25/09/2014 à 17:03, mis à jour à 19:19

Les recherches de l’armée algérienne pour retrouver l’otage français se sont avérées infructueuses. Ce crime perpétré au nom de l’EI ne devrait pourtant pas avoir d’impact sur les autorités algériennes.

 

Mort d'Hervé Gourdel: choc, colère et sidération en Algérie

L’entrée du village d’Ait Ouaban, à 80 km de Tizi Ouzou, dans les environs duquel l’armée algérienne a effectué des recherches pour retrouver Herve Gourdel

AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

L’exécution en Algérie du randonneur français Hervé Gourdel par les djihadistes de « Jund al-khilafa », groupuscule dissident d’Aqmi et se réclamant de l’organisation Etat islamique, Daech, provoque un choc terrible dans le pays. Son intensité et son amplitude ne sont pas loin de celles ressenties en janvier 2013 après l’attaque de la plateforme gazière de Tinguentourine par un commando affilié à Al-Qaïda et l’assassinat sur ce site d’otages étrangers et occidentaux.

Mais, à la différence de ce qui s’est passé dans le désert de l’extrême sud du pays, les djihadistes qui ont tué le ressortissant français mercredi en haute Kabylie courent toujours. Dans leur sillage, et dans l’esprit des militaires algériens qui ont continué à mener ce jeudi matin des opérations de recherche, il s’est enkysté un terrible sentiment d’impuissance face au « manque de temps et de chance » de les intercepter ; et face au destin cruel qui a projeté dans le massif du Djurdjura le guide de montagne du pays niçois sur le chemin de ses assassins, la nuit du 21 septembre dernier.

Enquête en cours sur les accompagnateurs

« Les bourreaux auraient pu être n’importe où dans le massif du Djurjura où sont signalés de fréquents mouvements d’hommes armés, mais pas à Ait Ouabane, fief de résistance contre les islamistes retranchés dans la région durant les années 1990, pas où se trouvait Hervé Gourdel », rage un militaire algérien présent dans le massif avant de regagner Alger. Tant qu’ils n’ont pas été retrouvés et « écrasés comme à Tiguentourine », dira-t-il, il subsistera chez les « opérationnels » la frustration de n’avoir pas agi à temps. « L’enquête auprès des accompagnateurs algériens du randonneur français et sur les circonstances de son enlèvement n’est pas tout à fait terminée », laisse-t-il entendre. Elle peut conduire à de nouveaux éléments, mais il est très difficile selon lui de sortir de la « consternation » suscitée par des groupes qui ne sont plus ce qu’ils étaient, « ni en hommes ni en moyens », mais qui continuent de « donner de sales coups au pays ».

« Le crime odieux commis contre Hervé Gourdel, explique pour sa part le politologue Ahmed Khodja, n’a pas d’impact durable sur les autorités algériennes qui, bénéficiant du soutien précieux des Etats-Unis et de la France, passeront sous la crise » et continueront d’être écoutées sur le dossier de l’antiterrorisme. Il relance cependant le « vieux débat » du terrorisme résiduel -une « fiction fabriquée par le système Bouteflika » selon Athmane Mazouz du RCD, un parti de l’opposition-, et sur les moyens de combattre des djihadistes mondialisés et nihilistes, presque sanctuarisés en Kabylie, en impliquant une population dont la mobilisation s’est affaiblie.

Dilution du terrorisme dans le quotidien

En avril dernier, 11 militaires ont été tués dans les Ouacifs à quelques kilomètres du lieu où Hervé Gourdel a été enlevé. Dimanche dernier, près d’Iboudrarène, un bus transportant de jeunes soldats a été ciblé avant que le chef des assaillants ne soit éliminé. Tout cela s’est passé dans une passivité générale qu’on explique par le fait que des villageois, priés de se mettre de côté par les services de sécurité et par le gouvernement qui ne leur a pas restitué leurs fusils, ne défendent plus qu’eux-mêmes.

Pour le psychiatre Mahmoud Boudarene de Tizi-Ouzou, l’ancienne solidarité contre le terrorisme des groupes armés subsiste toujours là où existe le danger. Elle s’est cependant affaiblie sous le coup de l’ »inquiétante sidération » qu’ont les Algériens, en Kabylie en particulier, face à la violence dans sa globalité. C’est, d’après lui, le résultat de bouleversements sociaux dont le marqueur sombre est dans la « dilution » du terrorisme dans l’ »ordinaire » de rapts dont les motivations restent souvent inexpliquées. Selon un recensement non exhaustif, plus de 80 personnes ont été enlevées depuis 2005. Certaines ont perdu la vie. Mercredi, une quarantaine de citoyens se sont rassemblés devant l’université de Tizi-Ouzou pour dénoncer l’assassinat de Hervé Gourdel.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/25/01003-20140925ARTFIG00188-assassinat-d-herve-gourdel-l-imprudence-des-accompagnateurs-algeriens.php

Assassinat d’Hervé Gourdel : l’imprudence des accompagnateurs algériens

    • Par Mélanie Matarese
    • Mis à jour le 25/09/2014 à 17:46
    • Publié le 25/09/2014 à 13:31
«Tous ceux qui font de la montagne savent que la zone de Tizi N'koulal est très dangereuse», affirme le président du Club sportif des montagnes d'Alger.

 

Selon le site arabophone al-Ahdat, le guide français serait entré en contact avec ses compagnons de randonnée algériens via Facebook.

«Tous ceux qui font de la montagne savent que la zone de Tizi N’koulal est très dangereuse. Moi-même, je n’y emmène plus personne depuis 1992. Quatre jours après l’enlèvement de Hervé Gourdel en Kabylie, exécuté mercredi par ses ravisseurs, Redouane Benzerroug, président du Club sportif des montagnes d’Alger, moniteur et guide de haut-montagne, se demande pourquoi ses accompagnateurs ont pris, selon lui, «un tel risque». «Il est très périlleux de s’aventurer au-delà du belvédère d’Assouil, (à trois km de Tizi N’Koulal, là où le groupe aurait été intercepté par les Soldats du Califat). Le terrain est encore dégagé et une caserne militaire se trouve à côté, précise-t-il. Mais au-delà du chemin forestier qui longe la forêt jusqu’à la grotte du Macchabée, la zone n’est plus sécurisée. En 2004, je me souviens que des skieurs algériens avaient été attaqués par des terroristes. Ici, tout le monde sait ça et un des accompagnateurs de l’otage le savait aussi».

Des Algériens qui se trouvaient avec Hervé Gourdel, on sait encore peu de choses. D’après des habitants de Tikdjda, ils seraient cinq. Il y aurait parmi eux un Franco-algérien, alpiniste amateur lillois originaire de Boufarik – un certain Karim Oukara, «électron libre qui vient souvent dans la région pour faire de l’alpinisme», et un certain Oussama Dehendi, qui serait âgé de 21 ans selon son frère, joint par téléphone en Allemagne. Sur sa page Facebook, celui-ci se présente comme «guide touristique à Tikdjda et précise qu’il habite à Boufarik. Son dernier post remonte au vendredi 19 septembre. Il indique dans son statut «ikdjda» (surexcité). D’après le quotidien Liberté, ces deux membres du club des alpinistes de Boufarik auraient été interpellés par les services de sécurité dans le cadre de l’enquête. La mère d’Oussama, que nous avons jointe par téléphone, précise avoir vu son fils «arriver mardi avec des gendarmes qui ont perquisitionné le domicile, avant de repartir avec les gendarmes pour Bouira».

Dans le groupe se trouvait aussi un certain Boukamoun, dont le père possède des chalets privés à Tikdjda. Toujours selon des habitants de la petite station, située à proximité d’une caserne militaire, d’une auberge et du Centre national des sports et loisirs, c’est dans sa maison qu’Hervé Gourdel aurait passé la nuit du samedi au dimanche après son arrivée à Alger. Il aurait même «appelé sa famille pour la prévenir qu’il se trouvait chez des amis». Beaucoup de mystère entoure encore l’identité du quatrième Algérien, que certaines sources décrivent comme «un mineur de Lakhdaria».

Ils seraient toujours retenus par les services de sécurité, qui leur reprocheraient de ne pas avoir signalé la présence d’un étranger parmi eux comme l’exige la procédure de sécurité. Selon le site arabophone al-Ahdat, qui cite des responsables sécuritaires, l’enquête a été confiée à la gendarmerie de Blida, aidée par des officiers du DRS (services de renseignement). Le site rapporte aussi qu’Hervé Gourdel est entré en contact avec ses accompagnateurs via Facebook. C’est Karim Oukara, le Franco-algérien de Lille qui l’aurait invité à venir en Algérie et qui aurait fourni l’attestation de résidence nécessaire pour l’obtention du visa. À l’aéroport, où l’attendaient Kamel et un des jeunes du groupe, le Niçois a ensuite pris directement la route pour Tikdjda dans une Kia Picanto. Le dimanche à 16h, ils auraient décidé de partir en promenade. Toujours selon al-Ahdat, les terroristes les auraient interceptés à proximité d’Ait Ouabane, relâchant quinze minutes plus tard les Algériens en leur disant: «prévenez les autorités si vous voulez».

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/25/01003-20140925ARTFIG00398-l-algerie-pourchasse-les-terroristes.php

L’Algérie pourchasse les terroristes

Convoi militaire de l'armée algérienne dans la région de Tizi Ouzou, au nord-est de l'Algérie, le 23 septembre.

 

Les accompagnateurs algériens d’Hervé Gourdel ont pris des risques en s’aventurant dans le massif du Djurdjura.

«Le ratissage se poursuivra nuit et jour jusqu’à ce que le corps d’Hervé Gourdel soit retrouvé» et que ses ravisseurs soient «neutralisés». Alors que les opérations de ratissage menées par près de 3000 militaires ne donnaient hier, toujours rien, les autorités algériennes ont répété que l’assassinat d’Hervé Gourdel ne resterait pas «impuni». Malgré le peu d’informations officielles données sur l’enquête, menée par la gendarmerie et les services de renseignements, des sources sécuritaires anonymes ont laissé entendre que les cinq Algériens qui accompagnaient le touriste français étaient toujours auditionnés.

Il y aurait parmi eux un Franco-Algérien, un Lillois originaire de Boufarik, un certain Karim Oukara, «un électron libre qui vient souvent dans la région pour faire de l’alpinisme», et un certain Oussama Dehendi, qui selon son frère en Allemagne joint par téléphone, aurait 21 ans. Sur sa page Facebook, il se présente comme «guide touristique à Tikjda» et précise qu’il habite à Boufarik. Son dernier post remonte au vendredi 19 septembre: il indique dans son statut «Tikjda! – surexcité!». D’après le quotidien Liberté, ces deux membres du club des alpinistes de Boufarik auraient été interpellés par les services de sécurité dans le cadre de l’enquête. La mère d’Oussama, que nous avons jointe par téléphone, précise avoir vu «son fils arriver mardi avec des gendarmes qui ont perquisitionné le domicile, avant de repartir avec les gendarmes pour Bouira.»

Les services de sécurité, qui ont perquisitionné les ordinateurs portables, les téléphones et les documents, n’auraient pas établi de lien entre les jeunes et les terroristes, mais ils leur reprochent de ne pas avoir signalé la présence d’un étranger parmi eux comme l’exige la procédure de sécurité. Une négligence dont les accusent aussi les connaisseurs de la région adeptes des sports de montagne. «Tous ceux qui font de la montagne savent que la zone de Tizi N’kouilal est très dangereuse. Moi-même, je n’y emmène plus personne depuis l’insurrection islamiste de 1992.»

Des villageois toujours en alerte

Quatre jours après l’enlèvement d’Hervé Gourdel en Kabylie, assassiné mercredi par ses ravisseurs, Redouane Benzerroug, président du Club sportif des montagnes d’Alger, moniteur et guide de haute montagne, se demande pourquoi ses accompagnateurs ont pris, selon lui, «un tel risque». «Il est très périlleux de s’aventurer au-delà du belvédère d’Assouil, (à 3 km de Tizi N’kouilal, là où le groupe aurait été intercepté par les Soldats du califat). Le terrain est encore dégagé et une caserne militaire se trouve à côté, précise-t-il. Mais au-delà – du chemin forestier qui longe la forêt jusqu’à la grotte du Macchabée – la zone n’est plus sécurisée. En 2004, je me souviens que des skieurs algériens avaient été attaqués par des terroristes. Ici, tout le monde sait ça et un des accompagnateurs de l’otage le savait aussi.»

Méziane, un habitant de Bouira adepte de randonnées, confirme, un peu gêné: «Oui, on sait que les terroristes sont là, comme dans d’autres coins non sécurisés au pied du Djurdjura. Dans les années 1990, en plein terrorisme, les gens de la région se sont armés pour se défendre et j’en connais dans des petits villages isolés, qui ont encore des armes.» Le sujet pourrait revenir d’actualité puisque le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, a affirmé hier que tous les fusils de chasse confisqués durant la décennie noire devaient être restitués à leurs propriétaires. «Mais à Tikjda, poursuit Méziane, on ne risque rien. La semaine dernière, des membres du conseil d’administration de Danone, des Autrichiens, des Anglais, des Français et des Suisses, ont été hébergés au Centre national des sports et loisirs de Tikjda et sont partis en randonnée dans la montagne.»

Tikjda, c’est la petite station de montagne à 1475 m d’altitude où Hervé Gourdel a passé la nuit de samedi à dimanche, chez un autre Algérien du groupe, un certain Boukamoun, dont le père possède des chalets privés à Tikjda. Selon le site arabophone al-Ahdath, qui cite des responsables sécuritaires, le touriste français y est venu directement après son arrivée à l’aéroport où l’attendaient Karim Oukara et un autre de ses compagnons, avec qui il était entré en contact via Facebook. Le Franco-Algérien de Lille l’aurait invité à venir en Algérie, fournissant au consulat l’attestation de résidence nécessaire pour l’obtention du visa. Le dimanche à 16 heures, ils auraient décidé de partir en promenade. Toujours selon al-Ahdath, les terroristes les auraient interceptés à proximité d’Aït Ouabane, relâchant quinze minutes plus tard les Algériens en leur disant: «Prévenez les autorités si vous voulez.»

 

http://www.europe1.fr/international/otage-assassine-ses-compagnons-de-trek-entendus-2242557

Assassinat d’Hervé Gourdel : ses compagnons de trek entendus

 

Publié à 20h54, le 25 septembre 2014, Modifié à 06h57, le 26 septembre 2014

Assassinat d'Hervé Gourdel : ses compagnons de trek entendus

© SIPA
europe 1

Par Barthélémy Gaillard avec AFP 

COMPLICITÉ – La sûreté algérienne soupçonne l’un des compagnons d’Hervé Gourdel de complicité avec les terroristes responsables de sa mort.

 

Les compagnons de randonnées entendus par la police. Alors que l’opinion publique est en émoi après la décapitation d’Hervé Gourdel dans les montagnes de Kabylie, les enquêteurs de la police algérienne, eux, poursuivent leurs investigations. Elles les mènent pour l’instant aux cinq compagnons de randonnée d’Hervé Gourdel.

>> LIRE AUSSI – Hervé Gourdel a été décapité en Kabylie

En contact avec les ravisseurs ? De lourds soupçons pèsent sur les cinq personnes avec qui il se trouvait dans le massif du Djurdjura, selon un officier de la sûreté algérienne qui s’est confié au micro du correspondant d’Europe 1 en Algérie. En effet, l’armée est convaincue que l’un de ses accompagnateurs est en fait un complice de Jund Al-Khilafa, le groupe islamique qui revendique l’assassinat de l’otage français. Et pour cause, peu d’Algériens osent se rendre dans ce massif montagneux de Kabylie ou règnent les organisations terroristes. Pour l’armée, si un guide français a pu s’y rendre, c’est donc qu’un des accompagnateurs était en contact avec les ravisseurs.

>> LIRE AUSSI – Les musulmans de France entre colère et inquiétude

Jusqu’à douze jours de garde à vue. Aucune charge n’a été encore retenue contre ces amateurs de sports de montagne qui se sont rendus aux autorités après avoir été relâchés par les ravisseurs d’Hervé Gourdel selon ces sources. Selon la loi, ils auraient dû prévenir les autorités qu’ils accueillaient un étranger. En Algérie, la garde à vue peut aller jusqu’à 12 jours en matière de faits liés au terrorisme. Les enquêteurs cherchent à comprendre comment les quatre hommes ont rencontré l’otage décapité et dans quelles circonstances ils l’ont conduit à effectuer une randonnée dans une zone réputée pour abriter des groupes armés islamistes.

>> LIRE AUSSI – Comment expliquer la mort d’Hervé Gourdel aux enfants ?

« Ce sont des amateurs de trekking et de ski qui connaissent très bien la zone et qui servent de guides aux randonneurs », a expliqué un employé du parc national du Djurdjura, en excluant une possible relation entre eux et le groupe Jund al-Khilafa qui a revendiqué l’enlèvement et la décapitation de l’otage.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/enquete-sur-les-accompagnateurs-d-herve-gourdel-en-algerie-27-09-2014-4168485.php

Enquête sur les accompagnateurs d’Hervé Gourdel en Algérie

 

Alger (Algérie) de notre correspondant Fayçal Métaoui | Publié le 27.09.2014, 07h10

Hervé Gourdel. 

Hervé Gourdel.  | (Document Facebook.)

 

Les cinq accompagnateurs d’Hervé Gourdel, le touriste français assassiné par l’organisation terroriste les Soldats du califat, mercredi, sont toujours en détention provisoire. Les services de sécurité poussent leurs investigations à propos de Karim Oukara, Hamza Boukamoum, Oussama Dehendi, Amine Ayache et Kamel Saâdi.

Il s’agit d’abord de déterminer les circonstances exactes de l’enlèvement du guide de montagne français dimanche dernier dans la région de Tikjda, en Kabylie.

Karim Oukara, membre d’un club amateur d’alpinistes, a été arrêté mardi à Boufarik, à 30 km au sud-ouest d’Alger. Chez lui, les policiers ont saisi du matériel informatique et un appareil photo. Karim Oukara, qui est de mère française et qui vit entre Lille et Boufarik, était en contact avec Hervé Gourdel avant son arrivée en Algérie. Oussama Dehendi, ami de Karim Oukara et membre du même club, a été interpellé le même jour. Selon des témoignages, les deux hommes ne sont pas connus pour être des radicaux islamistes. Hamza Boukamoum a loué un chalet à Hervé Gourdel à côté de la station d’hiver de Tikjda. Amine Ayache est un sportif, Kamel Sâadi est guide au centre des sports et de loisirs de Tikjda, qui dépend de l’Etat algérien. Un silence total englobe l’enquête sur ces cinq hommes. Leurs familles évitent tout contact avec la presse.

Passivité des autorités

Depuis la mort d’Hervé Gourdel, de nombreuses questions surgissent sur l’imprudence d’une telle expédition. La forêt de Tikjda est régulièrement visitée par des touristes algériens et étrangers, surtout le week-end. Les sportifs s’y rendent pour des entraînements. La région est partiellement sécurisée. De temps à autre, des groupes terroristes au nombre réduit signalent leur présence, surtout autour de la colline de Tizi N’Koulal et du village d’Iboudrarène, dans le département (wilaya) de Tizi-Ouzou.

Dans cette zone montagneuse, la population a exprimé sa colère à l’égard de la passivité des autorités qui n’auraient pas mis tous les moyens nécessaires pour traquer les terroristes qui passent par la région. En Kabylie, le crime organisé s’est également développé ces deux dernières années, avec notamment des cas de kidnapping qui ciblent des familles fortunées, des commerçants et des hommes d’affaires. Les bandes armées exigent souvent de fortes rançons pour libérer les otages. L’opposition accuse la justice de n’avoir pas fait grand-chose pour élucider ces cas d’enlèvement et poursuivre les ravisseurs qui semblent jouir d’une certaine impunité. En attendant les suites de l’enquête, les autorités algériennes traquent toujours le groupe terroriste et tente de récupérer le corps d’Hervé Gourdel.

 

Le Parisien

 

http://www.letempsdz.com/content/view/131667/182/

23-09-2014

Ali Zaoui, expert en questions sécuritaires et lutte antiterroriste, au Temps d’Algérie :

«L’enlèvement est monté de toutes pièces par les services secrets français»

Ali Zaoui, ancien militaire, expert en questions sécuritaires et lutte antiterroriste, ne croit pas à la version donnée par les autorités françaises  sur l’enlèvement du touriste français en Algérie. Il a indiqué que le rapt  du ressortissant français Pierre Hervé Gourdel à Bouira est monté de toute pièce par les services secrets français afin d’entraîner l’Algérie dans la lutte contre Daech.

Le Temps d’Algérie : Quelle analyse faites-vous du rapt du ressortissant français Pierre Hervé Gourdel à Bouira ?  
Ali Zaoui : Pour moi, cet enlèvement est monté de toute pièce par les services secrets français. La France veut forcer l’Algérie à s’ingérer militairement dans la région et notamment en Libye. C’est le même scénario de Pierre Camatt. On se souvient encore de son affaire.

Les Français veulent resserrer l’étau sur l’Algérie et lui forcer la main pour entrer dans ces conflits, surtout après la création de la coalition pour lutter contre l’Etat islamique (EI), et la participation de 10 pays arabes, comme déclaré par le président américain Barack Obama. L’Algérie est une puissance régionale à ne pas négliger.

La France ainsi que d’autres pays ont besoin de cette force pour les aider à combattre le terrorisme qu’ils ont même soutenu et financé. Alors que l’un des principes indéfectibles du pays est celui de ne jamais s’ingérer dans les affaires internes des pays et encore loin de sortir son armée hors de ses frontières.

Pourquoi vous pensez que ce rapt est un scénario monté par les parties citées ? Disposez-vous de preuves ?
Tous les indices indiquent que ce rapt combien même revendiqué par le groupuscule «Djound al khilafa» a été déjà planifié. Comment se fait-il que Pierre Hervé Gourdel soit enlevé le lendemain de son arrivée en Algérie ?

Pourquoi ne s’est-il pas conformé aux consignes de sécurité ? Le ressortissant français faisait de la randonnée dans cette région connue pour son insécurité. Pourquoi a-t-il donc choisi cet endroit ? Le kidnappé avait loué un chalet au nom de son ami algérien afin d’éviter d’être identifié par les services de sécurité algériens.

Et puis, dans son dernier tweet, on pouvait lire «Quand je rentre d’Algérie après le premier octobre, si je rentre». Cela indique qu’il était certainement destiné à mener une mission précise en Algérie. Les deux premiers ressortissants français enlevés en Algérie ont déjà été identifiés comme étant des agents d’espionnage français. Pour moi, il n’y a pas de doute. Gourdel serait un agent français bien rusé.

Mais le groupe dit «Djound el khilafa» a revendiqué ce rapt…
Le groupe terroriste activant dans cette région, baptisé «Djound el khilafa» qui a porté allégeance il y a quelques jours à l’organisation terroriste Daech, est composé de douze membres. Il serait vrai qu’ils ont pu enlever ce ressortissant français.

Le chef de ce groupe, de son vrai nom Djamel Aissaoui (Abou Djahada), a cherché par cet acte un nouveau coup médiatique. Mais je pense que cet enlèvement est de la pure propagande médiatique dans la région et au niveau international. Les médias servent de trait d’union entre «Djound el khilafa» et Daech. En réalité, ce groupe terroriste n’a pas de contact direct avec cette organisation et utilise les médias pour atteindre ce but.

Ces dissidences ne sont, dans le fond, qu’une guerre de leadership entre eux. Le but d’une telle annonce est d’attirer le plus grand nombre de jeunes et de les enrôler dans leurs rangs. Mais ce n’est pas sans compter sur la volonté de l’ANP qui est de combattre sans relâche le terrorisme et son financement. Qu’il s’agisse d’Aqmi ou de «Djound el khilafa», c’est juste les noms qui changent mais la détermination de l’armée reste la même.

Croyez-vous que les services de sécurité seraient en mesure de le sauver ?
L’ANP est capable de défendre et de protéger l’intégrité du territoire, du peuple et des ressortissants étrangers en Algérie. L’opération de ratissage menée hier aboutira. Les services de sécurité ont acquis une expérience en la matière. L’ultimatum de 24 heures fixé par ce groupe terroriste par la voix du kidnappé via la vidéo diffusée hier ne doit pas être une entrave dans les recherches menées par l’ANP.

Entretien réalisé par Fella Hamici

 

Hum…

Il y aurait parmi eux un Franco-Algérien, un Lillois originaire de Boufarik, un certain Karim Oukara, «un électron libre qui vient souvent dans la région pour faire de l’alpinisme», et un certain Oussama Dehendi, qui selon son frère en Allemagne joint par téléphone, aurait 21 ans. Sur sa page Facebook, il se présente comme «guide touristique à Tikjda» et précise qu’il habite à Boufarik. Son dernier post remonte au vendredi 19 septembre: il indique dans son statut «Tikjda! – surexcité!».

Tous les indices indiquent que ce rapt combien même revendiqué par le groupuscule «Djound al khilafa» a été déjà planifié. Comment se fait-il que Pierre Hervé Gourdel soit enlevé le lendemain de son arrivée en Algérie ?

Pourquoi ne s’est-il pas conformé aux consignes de sécurité ? Le ressortissant français faisait de la randonnée dans cette région connue pour son insécurité. Pourquoi a-t-il donc choisi cet endroit ? Le kidnappé avait loué un chalet au nom de son ami algérien afin d’éviter d’être identifié par les services de sécurité algériens.

Et puis, dans son dernier tweet, on pouvait lire «Quand je rentre d’Algérie après le premier octobre, si je rentre».

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