Féminicides en hausse en 2019, les plaintes des futures victimes toujours vaines

Même quand elles y mettent de la bonne volonté, ce qui reste un phénomène encore beaucoup trop rare, les forces de l’ordre et autorités judiciaires ne parviennent toujours pas à appréhender le degré de dangerosité de ces hommes haïsseurs de femmes.

C’est ainsi que s’est produit le quarante-deuxième féminicide de l’année 2019 en France.

Je rappelle à cette occasion que dans ce pays il existe aussi des femmes qui ne survivent qu’en restant constamment barricadées chez elles pour éviter les agressions violentes ou tentatives d’assassinat de leurs harceleurs.

C’est mon cas, et c’est un cauchemar de tous les instants, de nuit comme de jour.

Une fois n’est pas coutume, je vais vous raconter le cauchemar qui m’a réveillée ce matin – parce que quand je parviens à dormir la nuit, je suis toujours réveillée par un cauchemar, c’est automatique.

Est donc revenu me hanter cette nuit un de mes deux harceleurs des années 1990 qui voulaient m’épouser. Non pas parce qu’ils auraient pu m’apprécier ou être amoureux de moi, ni comme aboutissement d’une liaison que nous aurions eue, puisqu’il n’y en avait pas, mais parce qu’ils voulaient à tout prix mettre la main sur mon héritage supposé, une fortune d’au moins dix millions de francs dont le complice proxénète de la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest qui à l’époque organisait tous les harcèlements dont j’étais victime leur garantissait l’existence. Adhérant à 100% à tous les délires et inventions calomnieuses de cet individu à mon encontre, ils me haïssaient tous les deux au moins autant que lui et ont projeté l’un après l’autre, toujours à son instigation, de m’épouser pour s’approprier toute cette fortune qui en réalité n’a jamais existé et dont ils estimaient intolérable qu’elle puisse se trouver entre les mains d’une femme et non entre les leurs, car eux auraient su quoi en faire, n’est-ce pas, ils ne manquaient pas d’idées pour faire fructifier tout cet argent… Leur plan à l’un comme à l’autre était de se débarrasser de moi très rapidement après le mariage ou la signature des documents qui leur auraient assuré tout le bénéfice de mon héritage pour pouvoir alors vivre exactement comme ils l’avaient toujours voulu, bien évidemment sans moi, ma personne ne les ayant jamais intéressés, ni l’un ni l’autre, ce qui était d’ailleurs réciproque, ils me faisaient horreur.

Cette nuit, il avait réussi à m’enlever pour me contraindre à signer l’acte de mariage, m’avait ensuite relâchée et ne donnait plus signe de vie depuis. Etant sans aucune nouvelle depuis quelques jours, je n’en étais pas forcément mécontente, car moins j’ai de relations avec ce genre d’individus et mieux je me porte. Cependant, la détente ou l’apaisement qui en résultait tendait à s’estomper pour laisser de nouveau la place à l’angoisse, sachant qu’avec l’acte de mariage j’avais en fait signé mon arrêt de mort et devais désormais m’attendre à tout instant à l’attaque fatale. Sur ce, je rencontre des gens censés pouvoir m’aider de part leurs fonctions, mais qui ne comprennent vraiment rien à ce que je leur raconte, et restent me regarder l’air totalement incrédules, faisant encore augmenter mon angoisse… jusqu’à me réveiller…

Voilà, en fait, de ces assassins ou de ceux qui les laissent faire, je ne sais lesquels me font le plus cauchemarder et j’ai tendance à dire que ce sont les seconds, car ce sont bien eux qui m’ont toujours le plus angoissée.

 

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/04/10/dalila-51-ans-tuee-par-son-mari-malgre-l-intervention-des-gendarmes_5448211_3224.html

Dalila, 51 ans, tuée par son mari dans le Var malgré l’intervention des gendarmes

 

Ce drame est le quarante-deuxième féminicide depuis le début de l’année 2019. Le mari doit être présenté mercredi à un juge d’instruction.

Par Luc Leroux et Lorraine de Foucher Publié aujourd’hui à 09h48, mis à jour à 11h25

Temps de Lecture 3 min.

 

Dalila allait avoir 51 ans. D’une première union, elle avait eu trois enfants, deux grands âgés de 27 et 20 ans et une fille de 13 ans. Elle a été tuée, samedi soir 6 avril, alors que les gendarmes venaient de quitter le domicile conjugal, à Vidauban (Var), à une vingtaine de kilomètres de Draguignan. Soupçonné d’être l’auteur de ce meurtre, son mari, 51 ans, un infirmier libéral exerçant à Cogolin, a été placé en garde à vue lundi. Il devait être présenté mercredi à un juge d’instruction en vue de sa mise en examen pour assassinat.

Cette mort aurait-elle pu être évitée ? Appelés samedi en fin de journée, des gendarmes de la brigade territoriale des Arcs se sont rendus au domicile du couple où le mari menaçait son épouse avec un couteau. A leur arrivée, les militaires ont trouvé cette femme chez un voisin, où elle s’était réfugiée. Son mari avait quitté les lieux.

Restés sur place une heure, les gendarmes ont invité Dalila à se mettre en sécurité chez des proches. « Je regroupe mes affaires et je m’en vais », leur assure-t-elle alors, tandis que les gendarmes remontent dans leur véhicule. A 21 heures, ils la rappellent pour prendre des nouvelles, le mari est revenu : « Il est là, il a une arme », dit-elle. Dix minutes plus tard, les militaires constatent son décès, tuée par arme à feu au volant de son véhicule devant le domicile familial.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les féminicides conjugaux, ce fléau qui ne faiblit pas

Violences psychologiques

« Les premiers éléments de l’enquête permettent de dire qu’il est retourné chercher une arme de poing après être venu, une première fois, menacer son épouse », indique au Monde Patrice Camberou, procureur de la République de Draguignan. Le magistrat a ouvert une enquête pour assassinat car « cet élément signe la préméditation ».

Le couple vivait ensemble depuis février 2017 et s’était marié en septembre de la même année. Les gendarmes étaient déjà intervenus dans le passé pour « des différends de voisinage » et des violences conjugales. Fin mars, le mari s’étant montré une nouvelle fois brutal, il avait été placé en garde à vue et déféré devant le parquet de Draguignan. Il devait être jugé le 12 août par le tribunal correctionnel.

Même si, ce jour-là, Dalila n’avait subi que des blessures légères, les violences exercées étaient importantes sur le plan psychologique, selon le procureur. Dans l’attente du procès, l’homme ne pouvait plus entrer en contact avec son épouse. Mais son contrôle judiciaire lui permettait de se rendre au domicile familial pour des raisons professionnelles : accès au matériel, à son ordinateur…

Samedi soir, l’homme avait pris soin de se débarrasser de son téléphone pour éviter toute géolocalisation et en avait acquis un nouveau. Il a finalement été interpellé lundi soir. A Vidauban, un gendarme rentrant chez lui l’a aperçu au volant de son véhicule. Dans sa fuite, il a foncé sur un véhicule de gendarmerie, blessant légèrement un militaire. Cette course-poursuite devrait lui valoir, en outre, une mise en examen pour violences volontaires sur personnes dépositaires de l’autorité publique.

Lire aussi En France, le nombre des féminicides ne fléchit pas

Points de bascule

Le juge d’instruction aura à vérifier quand l’arme, un pistolet automatique de calibre 9 mm, a été acquise. Mais l’instruction portera pour une grande part sur la personnalité de cet homme déjà condamné en 2014 à huit mois de prison avec sursis pour des violences exercées sur une précédente compagne.

La mort de Dalila pose aussi la question de la prise en charge, par les forces de police ou de gendarmerie, des femmes menacées. En effet, ces moments de tension extrême, où elles sont appelées, sont des points de bascule où les victimes doivent être protégées jusqu’à leur mise à l’abri. Pourquoi Dalila n’a-t-elle pas été accompagnée par les gendarmes pour se rendre dans sa famille, alors que son mari était introuvable et armé ?

Selon le comptage officieux du groupe Facebook « Féminicides par compagnons ou ex » réalisé par des militantes féministes à l’aide de faits répertoriés dans la presse locale, le meurtre de Dalila serait déjà le quarante-deuxième de 2019.

A titre de comparaison, trente-deux homicides conjugaux avaient été commis à la même période de l’année 2018. On savait jusque-là qu’une femme mourait tous les trois jours sous les coups de son conjoint. C’est désormais tous les deux jours.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi L’Espagne, pionnière de la lutte contre les violences faites aux femmes
Luc Leroux (Marseille, correspondant) et Lorraine de Foucher

 

https://www.lemonde.fr/societe/article/2019/03/09/en-france-le-nombre-des-feminicides-ne-flechit-pas_5433647_3224.html

En France, le nombre des féminicides ne fléchit pas

 

Infographie. Alors que deux marches blanches sont organisées en Corse ce week-end en hommage à une jeune femme tuée par son ex-conjoint, nous publions les principaux chiffres sur les féminicides en France et en Europe.

Par Solène Cordier, Mathilde Costil et Romain Imbach Publié le 09 mars 2019 à 07h29

 

Deux marches blanches sont organisées en Corse, samedi 9 et dimanche 10 mars, en hommage à Julie Douib. Elle avait 35 ans et deux enfants. Elle a été abattue à son domicile de l’Ile-Rousse (Haute-Corse), le 3 mars, par son ex-conjoint, contre lequel elle avait porté plainte à diverses reprises pour violences conjugales. C’est la trentième femme depuis le début de l’année à être tuée dans de telleses circonstances, selon la page Facebook Féminicides par compagnons ou ex, qui relève scrupuleusement ces cas depuis 2016.A la même époque l’an dernier, 18 féminicides conjugaux étaient listés. Même s’il est difficile, sur une période aussi courte, de tirer des conclusions sur ce que signifie une telle hausse, les associations qui accompagnent les victimes de violences conjugales se disent vigilantes. Et toutes rappellent que pour éviter ces meurtres, il faut une meilleure coordination des services de santé, de police et de justice afin d’améliorer la prise en compte du danger. « Si on veut qu’il y ait moins de femmes tuées, il faut mieux les protéger », résume simplement Ernestine Ronai, présidente de l’Observatoire des violences envers les femmes en Seine-Saint-Denis, pionnier dans la lutte contre les violences conjugales.
Féminicides en hausse en 2019, les plaintes des futures victimes toujours vaines dans AC ! Brest 9550229_g-9oXevEqMUKSa8MvIs2-Zjl
LE MONDE
Article réservé à nos abonnés Lire aussi Les féminicides conjugaux, ce fléau qui ne faiblit pas
Solène Cordier , Mathilde Costil et Romain Imbach

 

https://www.liberation.fr/france/2019/03/08/feminicides-des-meurtres-dans-toute-la-france-et-majoritairement-a-domicile_1712410

Féminicides : des meurtres dans toute la France et majoritairement à domicile

 

Par Virginie Ballet — 8 mars 2019 à 10:42
Féminicides : des meurtres dans toute la France et majoritairement à domicile Julien Guillot

Depuis plus de deux ans, «Libération» recense les féminicides survenus en France. L’analyse de ces données révèle notamment que ces meurtres conjugaux sont très majoritairement commis au domicile de la victime, au moment d’une séparation.

  • Féminicides : des meurtres dans toute la France et majoritairement à domicile

Depuis le 1er janvier, elles sont au moins 21. Vingt-et-une femmes à avoir été tuées par leur conjoint, mari ou ex en l’espace de 67 jours à peine, selon le décompte effectué par Libération. Chaque mois, depuis janvier 2017, sont recensées les victimes de meurtres conjugaux, sur la base des articles parus dans la presse nationale et régionale. Cette litanie funèbre est incomplète : la banalisation des féminicides, trop souvent relégués à la rubrique faits divers ou transformés injustement en «drames de la séparation» et autres «crimes passionnels», entrave sans doute la pleine compréhension des mécanismes sociétaux à l’œuvre (1). Mais ce décompte permet au moins de rendre hommage aux 239 victimes répertoriées depuis le 1er janvier 2017. De redonner leurs prénoms, leur profession, leur lieu de vie. Et en creux, d’essayer d’appréhender ce qui, peut-être, les lie.

Quels liens entre Monica, employée dans un centre d’appels de 29 ans, tuée à coups de couteau par son conjoint le samedi 5 janvier après une soirée à jouer aux cartes dans leur appartement toulousain, alors que leur fille de 6 ans dormait dans sa chambre, et Pascale, 56 ans, abattue par Robert, dans leur petite maison des Yvelines ? L’analyse des données recueillies depuis janvier 2017 permet d’abord de constater que dans l’immense majorité des cas (76,6%), les victimes sont tuées chez elles ou au domicile du couple.

Infographie : les féminicides selon le domicile

Même s’il n’est pas possible de déterminer quel schéma malsain peut conduire à tuer sa conjointe, des similitudes apparaissent entre toutes ces histoires, la principale d’entre elles étant qu’elles peuvent survenir n’importe où, du petit village de campagne réputé tranquille à la métropole, en passant par l’outre-mer. Le féminicide est une affaire nationale, politique, et non un simple faits divers isolé.

Infographie : localisation des féminicides

A lire aussiTuées par leur conjoint, ignorées par la société

Dans près de la moitié des cas (44,5%) les auteurs tuent leur compagne au moment d’une séparation. Ces constatations rejoignent celles du ministère de l’Intérieur : dans sa dernière étude sur les morts violentes au sein du couple (travaux publiés chaque année depuis 2005), il relève ainsi que les auteurs «commettent ce crime à domicile, sans préméditation, à égalité quasi parfaite avec une arme à feu ou avec une arme blanche. Leur principale motivation demeure la dispute, suivie de près par le refus de la séparation». A titre d’exemple, c’est exactement ce qui s’est produit le 16 janvier à Mareuil-sur-Ourq (Oise), quand le conjoint de Séverine, 46 ans, a semble-t-il pris conscience qu’elle allait «lui échapper», qu’elle ne souhaitait plus qu’il la possède et voulait se défaire de son emprise en le quittant. Il ne l’a pas supporté et l’a étranglée avec le foulard qu’elle avait autour du cou – elle venait récupérer quelques effets personnels – avant de se donner la mort.

Infographie : les féminicides selon le statut du couple

Quant au mode opératoire, l’analyse des données en notre possession met elle aussi en évidence la prévalence d’une utilisation d’armes à feu (dans 22,5% des cas) et d’armes blanches (dans 38,6% des cas). Viennent ensuite l’étouffement et la strangulation (16,1% des cas), et les coups (11%). Dans 35,7% des cas, l’auteur des faits se donne la mort. Ou du moins il tente de le faire, dans 7,6% des cas.

Infographie : les féminicides par mode opératoire

Comment, dès lors, supporter d’entendre encore que l’on a affaire à «un couple qui connaissait manifestement des difficultés», comme l’a notamment déclaré le procureur de la République de Senlis (Oise) à propos de Séverine et de son conjoint meurtrier ? Selon la famille de la quadragénaire, mère de cinq enfants, la victime avait déposé plusieurs plaintes pour violences conjugales. En vain.

(1) Ainsi l’association Nous Toutes en a de son côté comptabilisé 30 depuis le début de l’année.

Virginie Ballet

http://www.francesoir.fr/societe-faits-divers/109-feminicides-en-2017-deja-30-en-2019-vers-une-annee-noire

109 féminicides en 2017, déjà 30 en 2019: vers une année noire?

 

Publié le :

Jeudi 14 Mars 2019 – 10:29

Mise à jour :

Jeudi 14 Mars 2019 – 11:14

4a200a246fe35689ee45b3c5d57801b949eff784_field_mise_en_avant_principale_1_0 dans Calomnie

Déjà 30 femmes ont été tuées suite à des violences entre le 1er janvier et le 3 mars, un constat très alarmant.

© Philippe LOPEZ / AFP/Archives

La rédaction de France-Soir

Julie Douib a été tuée par son ex-conjoint le 3 mars dernier sur L’île Rousse en Corse, devenant ainsi la 30e victime de féminicide en France depuis le 1er janvier. Alors que 109 femmes sont décédées suite à des violences en 2017, l’année 2019 pourrait être bien pire.

Les chiffres font froid dans le dos. Déjà 30 femmes sont mortes suite à des violences entre le 1er janvier et le 3 mars dernier. La dernière affaire, très médiatisée, était le meurtre de Julie Douib.

Cette mère de famille de 34 ans a été tuée par son ex-conjoint sur L’île Rousse en Corse. Le suspect lui a tiré dessus à deux reprises. Elle avait porté plainte plusieurs fois contre cet ex-mari violent au cours des six derniers mois.

Elle est donc devenue la 30e victime de féminicide en 2019. Un constat très alarmant. Car le nombre de tels crimes en 2017 s’élevait à 130, en 2019 si les meurtres continuent à ce rythme (une mort tous les deux jours), le nombre de victimes pourrait s’élever à 176.

A voir aussi: Marches blanches pour Julie, 30e victime de féminicide en 2019 en France

Cela représenterait une augmentation de 35% alors que les chiffres de 2018 n’ont pas encore été dévoilés par le gouvernement.

Il pourrait cependant y avoir une explication à cette large augmentation de meurtres, comme l’a expliqué une administratrice du groupe Facebook « Féminicides par compagnon ou ex« , qui recense bénévolement les meurtres de femmes.

« Plus les femmes revendiquent leurs droits et leur liberté et plus les hommes sont violents. Tous ces messages qui disent aux femmes de partir, de porter plainte mais rien pour les protéger ensuite. Les juges aux affaires familiales qui laissent des droits de visite aux hommes violents ce qui met les mères encore plus en danger. Avec de moins en moins de places en foyer d’hébergement, l’aide sociale à l’enfance qui ne fonctionne pas, les femmes sont livrées à elles-mêmes avec leurs enfants », a-t-elle expliqué au Figaro le 6 mars dernier.

Si la parole se libère donc, certaines femmes ne sont pas toujours bien protégées. « Scandalisée » par le meurtre de Julie Douib, Marlène Schiappa, secrétaire d’Etat à l’Egalité entre les femmes et les hommes, reconnaissait elle-même que tout n’était pas fait pour protéger ces femmes.

« On passe notre temps à dire aux femmes qu’elles doivent parler, qu’elles doivent déposer des plaintes. Et on déploie des moyens pour cela. (…) Collectivement il y a une responsabilité importante et c’est intolérable, injustifiable, et ne comptez pas sur moi pour justifier cela. Qu’une femme qui va déposer des plaintes, qui va déposer des mains courantes ne soit pas d’avantage protégée ».

 

A lire aussi:

« Féminicide » en Corse: l’inaction des autorités dénoncée après la mort de Julie

Féminicides: « Chaque année, l’équivalent de la tuerie du 13-Novembre » (mère d’une victime)

Val-d’Oise: une femme battue sauvée grâce à un SOS lancé par la fenêtre

Quand la Ligue du LOL faisait du Luraghi (Pascal Edouard Cyprien)

Qu’il s’agisse de témoignages de victimes ou des enseignements à en tirer, la Ligue du LOL continue tous les jours de faire l’objet de nombreux articles depuis le premier, vendredi 8 février 2019.

A titre d’exemples, j’ai choisi de coller ci-dessous les témoignages de deux blogueuses et un article du Temps.

Les deux blogueuses parce qu’elles ne sont pas journalistes, parce qu’elles disent bien qu’il y avait aussi des filles parmi les harceleurs – lesquels ne sont pas encore tous nommés par les médias français qui balancent depuis une dizaine de jours -, également parce qu’elles évoquent des plaintes non suivies d’effet, et l’article du Temps parce qu’il vise bien en filigrane tous ceux, non encore connus ou reconnus, dont les noms devraient aussi être cités avec l’intégralité des agissements.

Je pense bien évidement en priorité à la bande de « déconnologues » du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi, dont tous les habitués du site Rue89 savent comment ils en ont infecté tous les débats de 2008 à 2017 – une partie d’entre eux se retrouve depuis sur le site Internet de Marianne.

Pour ceux qui découvrent aujourd’hui le phénomène et s’interrogent, il est nécessaire de montrer quelques exemples concrets de ce que cette bande balançait quotidiennement en quantités industrielles sur les sites et blogs qu’elle avait décidé de pourrir, à commencer par Rue89 et Le Post pour y stopper net tous les débats publics auxquels étaient conviés des internautes qui n’étaient pas journalistes, également sur les blogs du « Konducator » Pascal Edouard Cyprien Luraghi jusqu’au mois de décembre 2012 – cela continue depuis pour un public restreint aux personnes que le psychopathe accepte d’inscrire sur son blog ICYP.

Montrer des exemples concrets, c’est donc ce que je fais avec les témoignages de ces deux blogueuses. C’est ce que j’avais fait aussi devant le juge des référés du Tribunal de Grande Instance de Paris le 8 novembre 2016 en produisant quelques exemples des innombrables textes publics de Pascal Edouard Cyprien Luraghi me concernant, dont un unique extrait de son infâme blog Tique Toc ouvert en juin 2010 et fermé au public trois mois plus tard. Présent à l’audience, le psychopathe avait bien voulu reconnaître en être l’auteur – j’avais fait faire des constats d’huissier pour une partie des textes produits, mais pas pour la totalité – et avait qualifié le tout de simples « moqueries », laissant au juge, une femme, le soin d’apprécier son sens de l’humour…

Manifestement, cela n’a pas fait rire la juge parisienne, et ses collègues de la Cour d’Appel de Paris non plus…

En revanche, les magistrats brestois qui eux ont bien vu la totalité des articles et commentaires publics du blog Tique Toc, c’est-à-dire ceux des trois premiers mois, produits au cours de l’été 2010, ainsi qu’un bon nombre des autres publications de Pascal Edouard Cyprien Luraghi me concernant, n’y ont jamais rien trouvé à redire, bien au contraire…

Je rappelle qu’il s’agit de flots quotidiens de textes et images obscènes et violents, comme ceux qui sont actuellement reprochés à la Ligue du LOL, avec de plus, la révélation de l’identité et toutes les coordonnées des internautes anonymes visés, ainsi que bien d’autres éléments de leurs vies privées, tous obtenus par piratages informatiques et écoutes illégales, des menaces de viols et de mort à répétition, des appels publics au viol et au meurtre, à la lapidation, et des montagnes de calomnies absolument incroyables, toujours présentées comme des vérités vraies par leurs auteurs, principalement le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi, également la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest pour toutes les prétendues « révélations » de la bande concernant ma personnalité et ma biographie.

Dès les débuts de leurs harcèlements de divers autres internautes sur le site Rue89, en 2008, les « déconnologues » s’attachent déjà à rechercher aussi des blogs de femmes à pourrir.

Pascal Edouard Cyprien Luraghi s’en expliquera sur son blog ICYP (alors ICI-BLOG) au mois de décembre 2010, notamment dans un billet de blog du 19 décembre 2010 où il écrivait :

 

 

Il y a neuf ans bien sonnés j’ouvrais le Sitacyp en braillant : « les éditeurs, c’est de la merde ! » dès la page d’accueil. Ma machine à écrire avait soudain une imprimerie accolée au bout de la page : l’internet. Comme l’infâme boîte à rythmes et les radios pirates des années 70 avaient un son dégueulasse mais l’immense mérite de coûter que dalle et de permettre la naissance de nouvelles manières ; la littérature y perdait tout autant qu’elle y gagnait.
Elle y perdait en langueurs et en longueur, puisque rien n’est plus chiant que se manger un pavé sur l’écran. Et y gagnait considérablement en fraîcheur. En écrivant sur l’internet en lieu et place de papier, l’écrivain devenait véritablement public. En 2001 nous étions douze, pas un de plus, à balancer la purée en français sur le réseau et s’il n’en reste qu’un je suis celui-là.
Maintenant tout le monde fait ça : deux millions six cent mille scripteurs rien que sur Overblog ; voyez-vous ça. Sans parler de Facebook. Rien que des gros machins où tout un chacun raconte ses petits machins du jour. Et se fait ses mélis-mélos, ses embrouillaminis. Complots et prises de bec, bécotages et mamours.  Ragots et bruits de chiottes.

…/…

Et j’écris aussi sur le Net parce que le Net, c’est l’écriture. Devise longtemps et fièrement proclamée sur mon site et mon blog. Juste devise ; du moins je le pensais jusqu’à peu : parce que oui, les ordinateurs sont avant tout des machines à écrire, et oui j’ai parfois croisé de merveilleux artistes du clavier sur de simples forums, mais non : parce que le grand raz de marée des médiocres a tout noyé dans l’entre temps.
Ce temps que j’ai passé à me dégourdir les papattes sur les forums. D’abord sur celui du défunt site de campagne de DSK en 2007, puis dans les catacombes de Rue89 (dm). Hé oui, parce que quand tu lis une phrase mortelle d’un comme lamorille, tu n’as qu’une seule envie : t’embaucher dans l’escadrille et chatouiller le Roger Velu dans la joie et l’ébullition.
Mais ce n’est pas possible : les forums-boulevards sont super fliqués. Bien que j’aie un ami (simple) flic, je me méfie de la police. Le flic de base est plutôt très con en moyenne, aussi bien sur le pavé que sur les grandes artères de l’internet.
Alors petit à petit, le Blogacyp est devenu l’exutoire, le troquet d’en face où on se lâche après une rude journée de taf bien chiant. Depuis un an et demi, ça ne débande plus au comptoir : je ponds un billet toutes les deux, trois nuits et c’est deux cent coms par jour sinon rien.

…/…

La Déconnologie Pilotique (lamorillienne) était lancée dans la Joie, pourfendant le tristos, surenculant le biomormon au Poteau 62.2 J’en étais le Kondukator Kosmoplanétaire et les disciplettes3 m’adulaient en se tordant les poignets.

 

 

Il ne supportait pas de voir son blog noyé dans « le grand raz de marée des médiocres »… qu’il s’est donc mis à attaquer ou harceler tous azimuts…

Pourquoi avoir ciblé particulièrement des blogueuses mode ou beauté ? Parce que celles-là lui étaient désignées par la soi-disant féministe Josette Brenterch du NPA de Brest comme représentant tout ce qu’elle déteste elle et qualifie de « sexisme » tout en participant avec plaisir à des harcèlement sexuels ultra violents contre des femmes. De même, alors qu’en 2011, suite à l’affaire DSK qui éclate au printemps, de nombreuses manifestations contre les violences faites aux femmes sont organisées dans toute la France, elle-même n’en organise qu’une seule en fin d’année à Brest, contre le concours Miss France qu’elle juge « sexiste », après avoir des mois durant harcelé et calomnié avec son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi des femmes qui dans le sillage de l’affaire DSK se manifestaient comme victimes d’agressions physiques, à l’instar de Tristane Banon qu’elle qualifiait de « people » à l’histoire sans aucun intérêt d’une manière extrêmement méprisante.

La jalousie les motivait l’un et l’autre. Le premier ne supportait pas de voir nombre de nouveaux blogueurs ou blogueuses rencontrer bien plus de succès que lui. Quant à la seconde, toute sa vie elle a très méchamment attaqué des femmes bien plus intelligentes ou séduisantes qu’elle.

Dans la mesure où, à compter de cette même année 2011, elle m’a fait poursuivre pour l’avoir soi-disant injuriée sur son physique en la traitant de « guenon », je précise ici ce que j’ai toujours expliqué à ce sujet à mes avocats comme aux magistrats : non, il ne s’agit absolument pas d’un telle « injure », mon vocabulaire en la matière étant très peu étendu, je ne savais même pas que ce mot pouvait être utilisé pour désigner une femme laide, ou si je l’ai su un jour, ne lisant plus rien que de sérieux depuis très longtemps, je l’avais complètement oublié. De fait, je n’ai jamais accolé ce mot à son nom, mais seulement au pseudonyme de « Chepita » qu’elle utilisait pour me harceler, lequel m’évoquait sans difficulté la guenon Cheetah, vu qu’elle utilisait ce masque pour bien des singeries et qu’en outre ses camarades militants de la LCR de Brest se traitaient volontiers entre eux de gorilles avec beaucoup de fierté :

Le Gorille
C’est à travers de larges grilles
Que les femelles du canton
Contemplaient un puissant gorille
Sans souci du qu’en-dira-t-on
Avec impudeur, ces commères
Lorgnaient même un endroit précis
Que, rigoureusement ma mère
M’a défendu de nommer ici
Gare au gorille
Tout à coup la prison bien close
Où vivait le bel animal
S’ouvre, on n’sait pourquoi je suppose
Qu’on avait du la fermer mal
Le singe, en sortant de sa cage
Dit c’est aujourd’hui que j’le perds
Il parlait de son pucelage
Vous aviez deviné, j’espère
Gare au gorille
L’patron de la ménagerie
Criait, éperdu nom de nom
C’est assommant car le gorille
N’a jamais connu de guenon
Dès que la féminine engeance
Sut que le singe était puceau
Au lieu de profiter de la chance
Elle fit feu des deux fuseaux
Gare au gorille
Celles là même qui, naguère
Le couvaient d’un il décidé
Fuirent, prouvant qu’elles n’avaient guère
De la suite dans les idées
D’autant plus vaine était leur crainte
Que le gorille est un luron
Supérieur à l’homme dans l’étreinte
Bien des femmes vous le diront
Gare au gorille
Tout le monde se précipite
Hors d’atteinte du singe en rut
Sauf une vielle décrépite
Et un jeune juge en bois brut
Voyant que toutes se dérobent
Le quadrumane accéléra
Son dandinement vers les robes
De la vieille et du magistrat
Gare au gorille
« Bah ! Soupirait la centenaire
Qu’on puisse encore me désirer
Ce serait extraordinaire
Et, pour tout dire, inespéré
Le juge pensait, impassible
Qu’on me prenne pour une guenon,
C’est complètement impossible
La suite lui prouva que non
Gare au gorille
Supposez que l’un de vous puisse être
Comme le singe, obligé de
Violer un juge ou une ancêtre
Lequel choisirait-il des deux
Qu’une alternative pareille
Un de ces quatres jours, m’échoie
C’est, j’en suis convaincu, la vieille
Qui sera l’objet de mon choix
Gare au gorille
Mais, par malheur, si le gorille
Aux jeux de l’amour vaut son prix
On sait qu’en revanche il ne brille
Ni par le goût, ni par l’esprit
Lors, au lieu d’opter pour la vieille
Comme l’aurait fait n’importe qui
Il saisit le juge à l’oreille
Et l’entraîna dans un maquis
Gare au gorille
La suite serait délectable
Malheureusement, je ne peux
Pas la dire, et c’est regrettable
Ça nous aurait fait rire un peu
Car le juge, au moment suprême
Criait : « maman ! », pleurait beaucoup
Comme l’homme auquel, le jour même
Il avait fait trancher le cou
Gare au gorille

 

Pour comprendre comment sont nées la « déconnologie pilotique ou lamorillienne » et la Ligue du LOL, il faut aussi lire ou relire les billets de blog du psychopathe en chef de l’année 2008, particulièrement ceux du dernier trimestre et celui-ci, du 6 décembre 2008 :

 

Roger Velu

Par cyp | Publié : 6 décembre 2008

NVDF (Note venue du futur) : le pseudonyme de Roger Velu m’a servi pour écrire sur le forum de Rue89 − Ubu89 pour les intimes − de janvier 1010 à août 2011, date à laquelle un petit caporal modérateur l’a supprimé pour ses raisons personnelles. Voilà.
 
Le Roger Velu est un être très gentil, a priori.
A posteriori par contre, au revers de sa médaille, c’est un fléau. J’ai pioché une photographie au pif : nombre d’entre les miennes représentent des Roger Velu : c’est une espèce très commune. Va pour celui-ci.
Le modèle campagnard est connu, mais vêtu d’un costard-cravate, on en trouve jusqu’au Palais de l’Élysée ; il y en a même de tout petits. La principale caractéristique du Roger Velu, est son asservissement au côté bourrin de la Force.
Ainsi, le Roger Velu lit peu de lignes dans peu de livres. Mais il en est qui lisent considérablement, aussi, qui sont beaucoup plus rares : on les reconnaît alors à la monotonie de leurs bibliothèques, ces Velu pontifiants.
***
Puisque nous sommes, petite poignée si belle et si rebelle, soit en train de tirer la gueule ou de l’ouvrir toute béante à la rédaque du magazine sur non-papier glacé qui nous sert d’ordinaire d’écritoire : Rue89, et que celle-ci ne manifeste rien du tout alors que ça fait deux bons jours que ça dure (lire le billet précédent), j’ouvre mon bal aux renégats de l’esca-drilles : c’est que des Roger Velu, nous en croisons tous les jours là aussi, sur ce forum de perdition.
Le but est donc de les décrire par le menu, de les décortiquer, de les extraire de leur grossières carapaces, en pratiquant la trollogie.
Tout ce qui ne peut s’écrire dans la Rue, écrivons-le ici. Attaques ad hominem de rigueur et ne nous gênons pas : nos lascars n’ont rien de propre et sont masqués par des pseudonymes qui nous protégeront suffisamment des foudres de la loi.
D’ailleurs il n’y a qu’une règle sur l’Ici-Blog : la mienne.
Et pas de charte, surtout pas.
Je censure à ma guise et à ma manière : à la gueule du client, sans supprimer le message mais en le modifiant de l’intérieur : ainsi le nazi deviendra philosémite et l’islamophobe racontera des histoires du Mollah Nasrudin. Et pire encore.
Les gros mots sont permis, sans restriction.
On peut dire autant de mal qu’on veut sur qui on veut.
Les incriminés sont bienvenus : ils s’en prendront plein la poire.
Le copié-collé des meilleures perles des trolls de Rue89 est licite.
Petit détail technique : n’incluez pas plus de deux liens externes, sinon le filtre anti-spam retiendra votre message, que je ne pourrais garantir mettre en ligne immédiatement, si j’ai le nez sous le capot d’un ordino ou toute autre besogne alimentaire ou pas.
Allez hop :  VNP, Ouko, Bardamu, Pierrrrre, Béatrice1, Gaétan/Tégéna, Pedro66 et compagnie : pilori pour tout le monde !
Ne vous gênez pas non plus pour épingler tel ou telle de la rédaque.
Sus aux Roger Velu !
C’est mon petit cadeau de la Saint Nicolas.

 

Enfin, je précise que Pascal Edouard Cyprien Luraghi a décidé de fermer les commentaires de son blog au public au mois de décembre 2012 en raison de l’évolution des procédures croisées ouvertes à Brest sur plaintes avec constitution de partie civile de sa complice Josette Brenterch du NPA de Brest et de moi-même, déposées en 2011 pour les premières et au mois de février 2012 pour la mienne.

Si les juges d’instruction de Brest étaient entièrement acquis aux cybercriminels qui violaient l’intimité de ma vie privée, me harcelaient, me calomniaient, me menaçaient de mort, en revanche le procureur de la République se montrait plus modéré ou plus respectueux du droit dans l’expression de leur haine commune à mon encontre. Ainsi avait-il requis, au mois d’octobre 2012, l’annulation des poursuites engagées à mon encontre sur la première plainte de Josette Brenterch du fait que la juge d’instruction, Mathilde Boissy, après en avoir constaté tous les défauts, était allée elle-même chercher un texte sur mon blog pour s’auto-saisir des poursuites… Puis il avait refusé d’étendre ces poursuites à de nouveaux textes dont s’était plainte Josette Brenterch en fin d’année 2012, tandis qu’il avait bien requis au mois de mai 2012 l’ouverture d’une information judiciaire sur ma plainte de février 2012. Or, la juge d’instruction saisie de cette plainte, Céline Verdier (actuelle doyenne des juges d’instruction de Brest), m’avait auditionnée une première fois au mois d’octobre 2012, et grâce à ses piratages informatiques à mon encontre, Pascal Edouard Cyprien Luraghi me voyait quasiment en temps réel rédiger des lettres à son intention en étayant mes dires à son encontre des commentaires de son blog où il n’était toujours question que de moi ou de ma vie privée…

Ayant déjà fait disparaître des preuves de ses harcèlements à l’aide de piratages informatiques, autant dans les messageries privées et corbeilles de blogs de ses victimes que sur des sites où il les avait publiquement harcelées, comme Le Post, cette fois il décidait donc de fermer au public les commentaires de son blog pour m’empêcher d’y puiser plus longtemps des éléments de preuves de ses piratages informatiques et autres violences du même acabit à mon encontre.

 

 

https://www.terrafemina.com/article/ligue-du-lol-il-y-avait-aussi-des-filles_a348173/1

Elles ont été harcelées par la Ligue du LOL : « Il y avait aussi des filles »

 

Ligue du LOL : le témoignage de deux harcelées
Ligue du LOL : le témoignage de deux harcelées
Marguerite Nebelsztein
Publié le Jeudi 14 Février 2019

 

Laurence Guenoun, photographe, et Kenza Sadoun el Galoui, blogueuse mode, ont toutes les deux étaient harcelées par la Ligue du LOL. Elles racontent.

A lire aussi

Elles ne sont pas journalistes, mais ont toutes les deux été victimes de la Ligue du LOL, cette bande de jeunes journalistes et communicants accusée de cyber-harcèlement au début des années 2010. La première, Laurence Guenoun, est photographe. Le harcèlement, qui a pu être à caractère antisémite, s’est produit dans son cas entre 2010 et 2011.

Pour la deuxième, Kenza Sadoun el Galoui, le harcèlement a duré plus longtemps, de 2013 à 2015 de manière frénétique, puis jusqu’à l’année dernière. Soit des années après la période d’intense activité supposée de la Ligue du LOL, entre 2009 et 2012.

Blogueuse mode depuis 2008, elle en a fait son activité professionnelle : « Ils sont servie de proies pour nourrir leur communauté. Moi, j’avais un blog mode. Ils se sont dit : ‘La fille ne parle que de cosmétiques et que de beauté, elle est sûrement très bête’, ce qui n’est pas le cas mais je sais l’image que peut renvoyer le cliché de la blogueuse mode. »

Elle raconte son harcèlement violent : « Je recevais beaucoup de détournements de photos, dont une à caractère pornographique qui a beaucoup circulé. Ils avaient récupéré une vidéo dans laquelle je mange une glace… Depuis, je ne fais plus de vidéo avec des glaces, vous imaginez bien. J’ai un pénis entre les mains, c’est très bien fait, mais ça a beaucoup tourné. On reprenait mes vidéos mais on changeait la voix et mon discours. Ils s’amusaient à enregistrer mes articles de blogs sur SoundCloud et ils ridiculisaient mes textes avec de la musique derrière. »

Un des tweets reçus par Kenza Sadoun El Glaoui
Un des tweets reçus par Kenza Sadoun El Glaoui

 

Le harcèlement se faisait aussi par le biais de messages sur Twitter, le terrain de chasse préféré de la Ligue : « Il y avait des tweets bidons mais aussi des tweets qui disaient : ‘Moi je rêve de tuer Kenza’, des trucs pas hyper sympa. Ou : ‘Vous êtes quand même pas aidées, avec Kenza d’un côté, les Femen de l’autre’, c’était des pics en permanence. »

Elle raconte avoir également été harcelée par des filles : « Elles se mettaient en scène en train de faire du street style par exemple, en photo et en vidéo en disant : ‘Je fais du street style comme Kenza’. Çà tournait des milliers de fois parce qu’il y avait toute une communauté derrière qui n’attendait que le prochain tacle qu’on allait mettre à Kenza ».

Un des tweets reçus par Kenza Sadoun El Glaoui
Un des tweets reçus par Kenza Sadoun El Glaoui
Un des tweets reçus par Kenza Sadoun El Glaoui
Un des tweets reçus par Kenza Sadoun El Glaoui

 

Mais cela ne s’arrête pas là : « Il y en a une autre qui s’est amusée à créer un blog qui s’appelait ‘Baroudeuse comme Kenza’, où elle recréait mes photos de vacances mais avec un ton méprisant. Les nanas prenaient des photos pour parler de mon physique qui ne leur plaisait pas. La moindre action était reprise, c’était des filles qui me connaissaient par coeur. »

Ces filles sont en lien avec la Ligue du LOL, les « copines de » : « C’était des filles qui étaient un peu plus jeunes, donc je mettais ça sur le compte de la jeunesse, je me disais que j’avais à faire à des gamines adultes, mais des gamines », raconte-t-elle.

Une rencontre avec l’un des membres de la Ligue

A l’époque, pour ne pas nuire à sa situation professionnelle en lien avec des marques, la blogueuse décide de faire le dos rond : « Mon parti, ça a été de ne jamais répondre à ces gens-là, je ne voulais absolument pas nourrir leurs occupations quotidiennes. Je voyais tous les trucs passer, ça me dérangeait beaucoup, mais je ne réagissais pas. »

Si elle dit que ça ne l’a pas empêché de « dormir la nuit », Kenza Sadou el Galoui a quand même été « touchée que l’ont dévalorise le média sur lequel [elle s]‘exprime, qui est celui qu’[elle a] créé ».

Une fois, elle rencontre un des protagonistes dans la vraie vie : « Je savais très bien qui il était et il savait qui j’étais. Mais je n’avais pas envie de créer de malaise à ce moment-là parce qu’il y avait d’autres personnes présentes. Je ne voulais pas leur donner de l’importance à ces gens On s’est regardé dans les yeux, et clairement, il n’a pas fait le malin. Il n’a pas cherché à discuter. »

Si elle a reconnu beaucoup de noms dans la liste des membres de la Ligue du LOL sortie dans les médias, Kenza Sadoun el Galoui explique que certains ne sont pas encore connus : « Je pense qu’ils savent et qu’aujourd’hui, ils ne sont pas sereins. »

Les attaques antisémites contre Laurence Guenoun

La photographe Laurence Guenoun a, elle, dû subir entre autres des attaques antisémites. A l’époque, elle écrit de temps en temps sur le site Mégaconnard. Elle raconte comment tout a commencé. Un des membres de la Ligue du LOL avait utilisé l’une de ses photos de « Mégaconnard », homme à l’origine du site du même nom, pour y ajouter une étoile juive : « Cela m’a mise en colère. Ils s’en prenaient à lui violemment ».

Elle écrit alors un billet sur le site en les attaquant sans les nommer : « Il y a eu un déchaînement de commentaires sous le billet, de @jesuisunblog [Renaud Loubert Aledo], il y avait Gautier Gevrey sous @woumpah, le mec du Tag Parfait @Desgonzo [Stephen des Aulnois], et ça a continué ensuite sur Twitter. Des photos montages, ce qu’ils faisaient avec tout le monde. »

« Ils ont dû se dire : ‘Laurence Guenoun, elle est juive, on va taper dessus’, alors que je ne suis même pas juive. C’était absurde. Par contre, ça avait cet impact de me mettre en colère. Mais je ne me sentais pas menacée. Ils n’ont pas porté atteinte à mon boulot. Mais je ne suis pas journaliste, je n’étais pas dans la même problématique que certaines autres victimes. »

Dans les photos-montages qu’elle met en cause, il y a notamment celui qu’elle tweete ci-dessous.

Des plaintes qui n’aboutiront jamais

A la suite de cette vague de harcèlement, la photographe a monté un dossier avec des captures d’écran et s’est rendue à la police pour porter plainte pour antisémitisme : « Je faisais des captures d’écran et j’ai tout gardé parce qu’un jour, je me suis dit : ‘Karma’. »

Là, les policiers lui ont répondue : « On ne peux rien faire, c’est internet ». « A l’époque, c’était obscur pour eux, ça l’est encore pour beaucoup de monde » déclare-t-elle.

« Ils m’ont dit de faire une lettre au procureur. J’ai fait une lettre, avec un dossier fourni. Je n’ai jamais eu de réponse. J’ai fait un dépôt de plainte sur sosantisemitisme.org, qui luttait contre l’antisémitisme en ligne, avec captures d’écran à l’appui. Pas de réponse. »

Elle raconte son acharnement à trouver des solutions : « Moi, c’était le principe de l’impunité qui me dérangeait chez ces gens-là. C’était ce procédé en toute impunité : ‘Je peux faire chier le monde et m’en tirer à bon compte parce que je suis ‘cool ». Non, en fait, je ne suis pas d’accord. »

Elle finit, après de multiples recherches, par trouver le numéro de téléphone de l’un des hommes à l’origine du photo-montage avec la vache : « J’ai passé un coup de fil, je n’ai pas été très sympa, j’avoue, vraiment pas. Suffisamment pas sympa pour que ça le refroidisse un grand coup, et qu’il disparaisse le lendemain pendant six mois des réseaux sociaux. Quand les autres attaquaient par petites salves, je leur proposais de leur passer un petit coup de fil. Bizarrement, après c’était calme plat et ça c’est réglé comme ça. »

Laurence Guenoun n’a pas de difficulté à repérer à l’époque tous les membres du groupe : « Ils étaient nombreux, mais c’était assez simple de savoir qui en faisait partie. Il suffisait de voir qui faisait les questions-réponses. L’organigramme était simple, il ne fallait pas être Sherlock Holmes. J’ai même les adresses IP. Ils étaient très couillons, ils croyaient tellement à leur impunité qu’ils ne se rendaient même pas compte qu’en laissant des messages en commentaires sur Megaconnards, nous avions accès à leurs adresses IP. »

Des excuses « bidons »

Les seules excuses qu’elle accepte parmi toutes celles qui se sont succédées suite aux révélations, ce sont celles de Baptiste Fluzin : « Je dois avouer, c’est une vraie remise en question, une vraie lettre d’excuses. Ça force le respect. Des années plus tard, il réalise qu’il s’est comporté comme une pauvre merde. Les autres, c’est du gros bidon, c’est presque injurieux de leur part. »

Pour ce qui arrive aujourd’hui aux membres de cette Ligue du LOL (la plupart d’entre eux ont été mis à pied), Laurence Guenoun dit pouvoir « difficilement les plaindre » mais « avoir beaucoup de pitié pour eux ». « Ça leur revient dans la gueule. »

Kenza Sadoun el Galoui regrette elle de ne pas avoir signalé ces harceleurs qu’on appelait à l’époque des « trolls » : « Avec le recul j’aurais dû le faire. Quand je vois tous les témoignages, je m’en suis beaucoup voulu. Je trouve ça nul de ne pas avoir réagi, j’ai eu de la chance parce que je m’en suis sortie plutôt bien. Pour moi, ça devenait la normalité d’en recevoir tous les jours. »

« Twitter ces derniers jours, c’est devenu règlement de compte à O.K. Coral », regrette cependant Laurence Guenoun. « Beaucoup confondent se clasher et harceler. On se clashait beaucoup sur Twitter à l’époque parce qu’on était pas d’accord avec les idées de l’autre ou parce qu’on avait dit une connerie ».

Elle a contacté un ami avocat, Rubin Sfadj, de l’association faisant la promotion de la mixité Jamais sans elles. Elle aussi, tout comme la Fondation des Femmes, a décidé de proposer l’aide de son groupe d’avocat·es pour aider les victimes de ces cyber-harcèlements.

 

https://www.letemps.ch/opinions/ligue-lol-infecte-debats

Quand la Ligue du LOL faisait du Luraghi (Pascal Edouard Cyprien) dans AC ! Brest
n/a
© susuma
3 minutes de lecture
Publié samedi 16 février 2019 à 12:03, modifié samedi 16 février 2019 à 12:04.

 

Opinions

 

Comment la Ligue du LOL a infecté les débats

 

Les agissements de quelques journalistes qui ont semé la terreur sur les réseaux sociaux montrent à quel point une société est fragile. Proférer des discours de haine et d’exclusion n’est pas anodin: cela abîme des personnes et tire toute une population vers le bas

 

Si les médias ont un rôle crucial parmi tant d’autres, c’est d’organiser le débat. Cela peut paraître paternaliste pour certains mais il s’agit pourtant d’une mission de salubrité publique. A l’ère des fake news, du complotisme et des discours de haine, des professionnels peuvent utilement organiser la «curation» des discussions afin que celles-ci ne viennent pas tirer tout le monde vers le bas. Tout cela était vrai jusqu’à la mise au jour des agissements de la désormais tristement célèbre Ligue du LOL qui regroupait de nombreux journalistes. Ces derniers avaient tous le même profil: des hommes blancs, jeunes, bien installés, racistes, misogynes et homophobes. Ce scandale donne raison à ceux qui détestent les médias. Et ce n’est pas une bonne nouvelle.

La Ligue du LOL a commencé ses activités il y a 10 ans. Il s’agissait alors d’un groupe de pionniers dans le domaine de l’utilisation des nouveaux outils du journalisme web, décidant qui était (ou pas) digne de rejoindre leur communauté. A quoi leur a servi cette expertise? Ces «caïds» lâchés sur les réseaux sociaux – principalement Twitter – ont harcelé des dizaines de personnes, surtout des femmes, qu’ils ont humiliées, mais aussi des hommes dont ils ont brisé la carrière.

Sexisme, antisémitisme, volonté de détruire sont autant d’éléments qui se retrouvent dans les milliers de tweets rédigés alors par les membres de la Ligue du LOL. Les commentateurs qui s’étonnent aujourd’hui de la violence qui surgit à chaque manifestation des «gilets jaunes», des agressions en hausse contre la communauté juive ou de la volonté de certains liguards de s’attaquer à l’Etat de droit auraient pu lire l’avenir dans les entrailles numériques de la Ligue du LOL. Ces cyberharceleurs constituaient bien une avant-garde finalement. Ils ont participé, comme tant d’autres sur les réseaux sociaux, à infecter le débat public français.

En assimilant leur prétendue lutte contre le «politiquement correct» à une destruction systématique des principes fondamentaux – à commencer par le respect de la personne –, cette meute a installé une rhétorique de la terreur sur les réseaux. Comme des sales gosses dans une cour de récré, ils ont utilisé le champ lexical des films pornos et des jeux vidéo ultra-violents afin de disqualifier tous ceux qui ne leur ressemblaient pas.

Ironie de l’histoire, les journalistes membres de cette ligue ne travaillaient pas pour la presse d’extrême droite mais pour des titres considérés comme étant à gauche et branchés. Cette crise qui éclate juste après un procès à Paris où se voyait dénoncé le comportement de harceleur d’un ancien élu écologiste jette une ombre cruelle sur le camp des progressistes. Dans les deux cas, la justice, largement démunie face à des faits prescrits, ne pourra pas laver l’outrage, ni rendre aux victimes leur dignité. Quant au débat public français, il paraît désormais durablement et gravement malade.

 

Décès brutal du juge Raymond André à Brest

L’annonce en a été faite par un unique article du Télégramme publié sur Internet lundi à 16h22 et sur papier hier (copie ci-dessous).

Son auteur n’est pas vraiment journaliste, c’est juste une plume au service de la mafia locale, comme il en avait bien fait la démonstration avec son torchon du 10 avril 2013 me concernant : il ne s’agissait en rien d’un compte rendu d’audience honnête, mais d’un papier rédigé sur commande de mes harceleurs et calomniateurs, à savoir, les magistrats du Tribunal de Grande Instance de Brest autant que la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest et ses complices « déconnologues » de la bande du cybercriminel Pascal Edouard Cyprien Luraghi, lesquels avaient entrepris de me faire condamner très lourdement pour avoir publié quelques droits de réponse à la suite de leurs campagnes de calomnies publiques à mon encontre, véritablement démentielles.

Cette fois-ci, le journaleux sans scrupules a beau passer la brosse à reluire sur le costard du disparu, il y reste suffisamment de pellicules pour refaire le film.

« Grand amateur de littérature, incollable sur les westerns hollywoodiens et les films des années 50, » nous dit-il, l’individu « possédait une incroyable collection de livres et de films où la figure tutélaire de Marilyn Monroe lui servait de guide. »

Un brin machiste, le juge André ? Sexiste, peut-être ? Nooon, ce n’est pas possible… vu le nombre de magistrates brestoises à s’être compromises sous ses ordres, je dois me faire des idées…

Grand gamin, alors. Hors du tribunal, il passe son temps à se faire plaisir avec les histoires d’un Far West sauvage peuplé d’Indiens et de cowboys tous assoiffés de sang et de vengeances en tous sens : sans foi ni lois, ils se font « justice » eux-mêmes. Voilà ses héros, ses idoles, ses modèles… Brillante idée de ses fonctions au tribunal ! Au diable, les lois de la République !

Cet « homme habile et économe en mots » est donc devenu magistrat pour assouvir une vengeance à Brest, dans le Finistère, Far West sauvage du vieux continent.

Laquelle ?

C’est toute la question.

Ceux qui le connaissent le disent, pour le moins, « terne », voire « incompétent », « trop intéressé par les filles »; nombre sont ceux, surtout parmi les avocats, qui se plaignent de tous les dégâts dont il a été l’auteur dans la juridiction brestoise durant toutes les années où il y a sévi, soit tout près de trente ans, puisqu’il y a exercé presque sans discontinuer de 1989 jusqu’à très récemment, après avoir été commissaire de police.

Aurait-il, à l’instar de sa complice la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest avec tous ses amis politiciens, recherché à travers ses fonctions ou son poste de magistrat au Tribunal de Grande Instance de Brest le pouvoir nécessaire pour être en mesure de se venger de toutes ses insuffisances et frustrations personnelles sur des individus bien plus brillants ou séduisants que lui ?

L’hypothèse prend corps quand on le voit s’acharner des années durant sur toute une famille d’ingénieurs – la mienne – jusqu’à l’avoir totalement détruite.

Juge d’instruction à compter de son arrivée à Brest en 1989, doyen des juges d’instruction de Brest, vice-président chargé de l’instruction du Tribunal de Grande Instance de Brest à compter du 8 juillet 2003, il avait été déchargé des fonctions de l’instruction et chargé des fonctions de juge des enfants le 20 juillet 2012.

Sa collègue la juge d’instruction Mathilde Boissy, décédée prématurément à l’âge de 31 ans au mois d’octobre 2015, avait rendu le 16 juillet 2012 un avis de fin de l’information judiciaire dont elle avait été saisie sur plaintes toutes nulles ou irrecevables de Josette Brenterch contre mon hébergeur de blog OverBlog et moi-même.

Steven Le Roy a curieusement choisi de taire cette évolution de carrière et de citer plutôt l’ouverture des informations judiciaires dans l’affaire Clarisse et Erwan et dans celle de Jean-Jacques Le Page… pourtant l’une et l’autre exemplaires de tous les naufrages dont le juge André est le premier responsable…

Ayant déjà plusieurs fois évoqué la seconde de ces affaires, je vous propose de découvrir la première à travers tous les articles de presse copiés ci-dessous.

Il s’agit d’un double assassinat survenu dans la nuit du 19 au 20 août 2003, le juge André venant tout juste d’être nommé vice-président chargé de l’instruction.

A bien des égards, cette affaire ressemble à celle de l’assassinat de l’ancien proxénète brestois Bernard Algret, survenu près de deux ans et demi plus tard, au mois de décembre 2005 : sous prétexte de cambriolages précédés de repérages, ces trois personnes ont été agressées chez elles, dans le Finistère, puis enlevées, séquestrées, torturées et tuées; leurs corps ont été retrouvés très loin de leurs domiciles, près de La Roche-sur-Yon pour les deux premières et près de Nantes pour la troisième.

Je rappelle ici avoir été victime d’un empoisonnement criminel au printemps 2002 alors même que le juge André avait été saisi de mes plaintes contre des proxénètes locaux. Le CHU de Brest ayant toujours catégoriquement refusé de me communiquer les résultats des analyses toxicologiques réalisées alors à mon admission à l’hôpital, j’avais naturellement cherché par divers autres moyens à identifier le ou les produits utilisés par mes empoisonneurs. A cet effet, je m’étais notamment rapprochée d’un laboratoire d’analyses de la faculté des sciences de Brest. Or, une des deux premières victimes, Erwan Duramé, y était laborantin. De plus, lorsqu’il a été assassiné, au mois d’août 2003, je venais tout juste de porter plainte pour l’empoisonnement. Et par la suite, plusieurs autres personnes plus ou moins liées à cette affaire d’empoisonnement criminel ont elles aussi disparu brutalement dans des conditions suspectes ou clairement criminelles mais jamais totalement élucidées. Existe-t-il un lien de cause à effet ? Peut-on encore le rechercher aujourd’hui ? Le juge Raymond André a-t-il emporté tous ses secrets dans l’au-delà ? Mystère.

En tous les cas, je n’ai jamais vu chez lui aucune humanité.

Il jouissait des souffrances qu’il infligeait à ses victimes et n’a jamais respecté aucune douleur.

Ceux qui le pleurent aujourd’hui et peuvent me lire doivent le savoir.

 

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/brest-tribunal-disparition-brutale-du-juge-raymond-andre-11-02-2019-12206760.php

Brest. Tribunal : disparition brutale du juge Raymond André

 

Publié le 11 février 2019 à 16h22

Figure du palais, le juge Raymond André était réputé pour sa grande humanité.

Figure du palais, le juge Raymond André était réputé pour sa grande humanité. (Le Télégramme/Steven Le Roy)

 

Le juge Raymond André, vice-président au tribunal de grande instance de Brest, est décédé, à l’âge de 59 ans, d’une maladie foudroyante. Figure du palais où il est entré en 1989, cet homme habile et économe en mots a conduit toute sa carrière à Brest, où un bref passage à la cour d’appel de Rennes entre 1999 et 2001 fait office d’unique escapade.

 

Évoluant à diverses fonctions du siège, c’est pourtant en qualité de magistrat instructeur, puis de doyen des juges d’instruction que Raymond André a mené la plus grande partie de son magistère. Il avait ouvert les informations dans l’affaire Clarisse et Erwan, comme dans celle de Jean-Jacques Le Page.

Grande qualité d’écoute

Jeune juge, après un bref passage dans la Police nationale au début de sa vie professionnelle, il est aussi le premier à avoir entendu Francis Heaulme après le meurtre d’Aline Pères, sur une plage du Relecq-Kerhuon. Raymond André a, dans le même ordre d’idée, présidé de longues années nombre et nombre d’audiences correctionnelles, où sa qualité d’écoute tant pour le ministère public que pour les défenses d’avocats l’amenait régulièrement à prononcer des peines toujours mâtinées d’humanisme et d’humanité.

Collectionneur de livres et de films

Le juge André n’était pas simplement un homme de robe. Arpentant inlassablement les rues de Brest, ville qu’il aimait par-dessus tout, il aimait chiner et fouiller tout ce que bouquinistes et libraires pouvaient mettre à disposition. Grand amateur de littérature, incollable sur les westerns hollywoodiens et les films des années 50, il possédait une incroyable collection de livres et de films où la figure tutélaire de Marilyn Monroe lui servait de guide.

Il nourrissait aussi une solide affection pour le Stade brestois dont il suivait les résultats qu’il commentait avec délice, le regard plissé et le sourire aux lèvres quand les zefs avaient gagné.

Le juge André était marié et père d’un fils, à qui Le Télégramme présente ses sincères condoléances. Ses obsèques seront célébrées le samedi 16 février, à 16 h 30, à la salle de cérémonies du Vern, 345 zone artisanale du Vern, à Brest.

 

 

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20010901&article=3209804&type=ar

Trois nouveaux magistrats installés sur fond de délinquance des mineurs

 

Publié le 01 septembre 2001
 
Photo Juges 2001

 

La rentrée judiciaire approche à grands pas. Alors que les audiences correctionnelles reprendront dès le début de semaine prochaine, le tribunal de grande instance (TGI) de Brest a procédé hier à l’installation de trois nouveaux magistrats, deux juges d’instruction et une substitut du procureur de la République.

 

S’il est vrai que Raymond André et Bernard Simier, juges d’instruction, ont déjà fourbi leurs armes dans la cité du Ponant, pour Isabelle Johanny, substitut du procureur, il s’agit en revanche d’une grande première (lire par ailleurs). Quoi qu’il en soit, le procureur François Nicot s’est félicité de ces arrivées, notamment auprès du parquet. «C’est la fin d’une longue vacance au ministère public, où heureusement nous avions des magistrats placés de grande qualité. Mais l’intérêt de nommer un titulaire attribue un gage de stabilité et d’efficacité dans le travail. J’estime que le temps est absolument essentiel à la bonne connaissance du terrain».

Une réponse systématique

François Nicot a par ailleurs confirmé que Melle Isabelle Johanny occuperait spécialement la place de procureur auprès du tribunal des mineurs «une mission délicate mais tout à fait essentielle car la politique pénale menée auprès des mineurs est une priorité où nous nous efforçons de traiter les dossiers en temps réel et en apportant une réponse judiciaire systématique. Dans ce domaine, il n’existe pas de dossiers classés sans suite». Et le procureur d’insister : «La diminution de cette délinquance sur les six premiers mois de l’année, à Brest, est tout à fait positive. Mais de nombreux efforts restent à faire, notamment grâce à la future police de proximité». Une philosophie que n’a pas contredite le président Bertrand Louvel dans son allocution de bienvenue. «L’exception brestoise en matière de délinquance des mineurs est en voie de résorption. Aujourd’hui, ce chiffre est comparable à celui des autres agglomérations de la même importance».

Deux vice-présidents attendus

Voici pourquoi, sans doute, le TGI de Brest a récemment obtenu la création d’une nouvelle vice-présidence auprès du tribunal des enfants. Pour l’instant, ce poste n’est pas pourvu, tout comme celui de vice-président juge des libertés, estimé pourtant dans le discours des magistrats comme «une fonction se révélant de plus en plus prenante». Le président Louvel garde toutefois bon espoir pour que ces lacunes soient comblées dans «les six mois à venir». En tout état de cause, avant la fin des travaux destinés à la rénovation du palais de justice, convenue à la prochaine rentrée.

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000574953&categorieLien=id

JORF n°18 du 22 janvier 1999 page 1194

Décret du 20 janvier 1999 portant nomination de magistrats

NOR: JUSB9810450D

ELI: Non disponible

Par décret du Président de la République en date du 20 janvier 1999, vu l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, sont nommés :

Tribunal de grande instance de Rennes

Vice-présidents :

Mme Marie-Isabelle Le Roux, épouse Le Potier, juge audit tribunal, chargée du service du tribunal d’instance de Rennes, en remplacement de Mme Morel-Tivan, nommée conseillère à la cour d’appel de Rennes ;

M. Pierre Calloch, juge audit tribunal, en remplacement de M. Angibaud, nommé conseiller à la cour d’appel de Caen.

Juges :

Sur sa demande, Mme Agnès Allex, épouse Baehr, juge au tribunal de grande instance de Dinan, en remplacement de M. Calloch ;

Mlle Marthe Moreau, juge placée auprès du premier président de la cour d’appel de Rennes, en remplacement de M. Le Donge L’Henoret ;

Juge chargée du service du tribunal d’instance de Rennes : Mlle Géraldine Berhault, juge placée auprès du premier président de la cour d’appel de Rennes, en remplacement de Mme Le Potier.

Juges d’instruction, sur leur demande :

M. Raymond André, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Brest, en remplacement de Mme Angibaud ;

M. Patrice Sotero, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Poitiers, en remplacement de M. Lemoine.

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000588675&categorieLien=id

JORF n°77 du 31 mars 2001 page 5082

Décret du 29 mars 2001 portant nomination de magistrats

NOR: JUSB0110119D

ELI: Non disponible

Par décret du Président de la République en date du 29 mars 2001, vu l’avis du Conseil supérieur de la magistrature :

Sont nommés :

Tribunal de grande instance de Brest

Substitute du procureur de la République, à compter du 20 juillet 2001 : Mlle Isabelle Johanny, substitute du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Blois.

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000406596

JORF n°179 du 4 août 2001 page 12662

Décret du 31 juillet 2001 portant nomination de magistrats

NOR: JUSB0110301D

ELI: Non disponible

Par décret du Président de la République en date du 31 juillet 2001, vu l’avis du Conseil supérieur de la magistrature :

Sont nommés :

Tribunal de grande instance de Brest

Juges d’instruction :

M. Raymond André, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Rennes ;

M. Bernard Simier, juge d’instruction au tribunal de grande instance de Bernay.

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000000229723

JORF n°157 du 9 juillet 2003 page 11634
texte n° 77
 
Décret du 8 juillet 2003 portant nomination (magistrature)
NOR: JUSB0310313D

ELI: Non disponible

Par décret du Président de la République en date du 8 juillet 2003, vu l’avis du Conseil supérieur de la magistrature, sont nommés :

Tribunal de grande instance de Brest

Vice-président chargé de l’instruction : M. Raymond Andre, juge d’instruction audit tribunal.
Vice-présidente chargée du service du tribunal d’instance de Brest : Mme Pierrette Codina, épouse Handel, juge au tribunal de grande instance de Quimper chargée du service du tribunal d’instance de Châteaulin.
Vice-procureur de la République : M. Jean-Yves Kerboeuf, substitut du procureur de la République près le tribunal de grande instance de Rennes.

 

https://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000026218624

JORF n°0170 du 24 juillet 2012
texte n° 24
 
Décret du 20 juillet 2012 portant nomination (magistrature)
NOR: JUSB1226068D

ELI: Non disponible

Par décret du Président de la République en date du 20 juillet 2012, vu l’avis du Conseil supérieur de la magistrature lors de ses séances du 29 mai 2012 et du 31 mai 2012, sont nommés :

Tribunal de grande instance de Brest
M. Raymond ANDRE, vice-président, est déchargé des fonctions de l’instruction et chargé des fonctions de juge des enfants.
Vice-président chargé de l’instruction :
M. Serge DURAND, vice-président chargé de l’instruction au tribunal de première instance de Nouméa.
Vice-président chargé du service du tribunal d’instance de Morlaix :
M. Eric DURAFFOUR, juge au tribunal de première instance de Nouméa chargé du service de la section détachée de Lifou.
Mme Anne-Cécile ANDRE, juge, est déchargée du service du tribunal d’instance de Morlaix et chargée du service du tribunal d’instance de Brest.
Substitute du procureur de la République :
Mme Gwenaëlle THOUROUDE, épouse SCHULZ, substitute placée auprès du procureur général près la cour d’appel de Rennes.

 

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/un-couple-assassine-lors-d-une-equipee-sauvage-26-08-2003-2004338836.php

Un couple assassiné lors d’une équipée sauvage

 

>Faits divers|Rodolphe Landais| 26 août 2003, 0h00 |0

 

Le Champ-Saint-Père (Vendée)

 

C’EST DANS un étang, situé près d’une ferme isolée du Champ-Saint-Père, à une vingtaine de kilomètres au sud de La Roche-sur-Yon (Vendée), que les policiers du SRPJ de Rennes ont découvert dimanche les restes de Clarisse Lignez et d’Erwan Duramé, 31 ans, découpés, partiellement calcinés et jetés dans des sacs poubelle lestés de parpaings.

Les enquêteurs ont établi que les victimes auraient été assassinées dans leur maison à Brest (Finistère), dans la nuit de mardi à mercredi dernier, par six hommes âgés de 17 à 31 ans, dont quatre frères : Stéphane, Eric, Ludovic et Tony Planchet. Ensuite, les meurtriers auraient transporté en voiture les cadavres jusqu’en Vendée. Leur mobile semble être le vol de deux puissantes voitures et de deux cartes de crédit.

Pour les policiers, l’affaire avait commencé vendredi par un banal signalement. «Les parents de Clarisse et d’Erwan étaient inquiets, raconte un enquêteur. Clarisse, qui était visiteuse médicale, avait manqué un séminaire sans raison. Leur maison était vide, elle semblait avoir été visitée. De plus, le chien était là, alors que le couple ne s’en séparait jamais.» Quelques heures seulement après le signalement de cette disparition, une patrouille retrouve la trace du 4 x 4 Toyota d’Erwan, laborantin à l’université de Brest, piloté par deux jeunes. Images vidéo de banque à l’appui, les enquêteurs comprennent très vite que ces deux suspects ont également utilisé la carte bleue de Clarisse pour retirer un total de 870 .

Trahis par le téléphone portable de l’une des victimes

« A ce stade, on récupère le nom des complices, on en arrête deux autres, mais personne ne parle encore de crime », précise un policier.

Les derniers suspects encore en fuite seront trahis par le téléphone portable d’Erwan qu’ils utilisent plusieurs fois, alors qu’ils se trouvent à La Roche-sur-Yon, puis à Champ-Saint-Père, un petit village de 1 400 habitants. Tard vendredi soir, les policiers parviennent à localiser avec une grande précision le dernier appel qui a été passé du lieudit la Poterie-Neuve, un hameau isolé en bordure du village de Champ-Saint-Père.

Samedi matin, le GIPN passe à l’action, interpelle les deux derniers suspects et retrouve immédiatement la deuxième voiture du couple, une Audi TT.

Finalement, le lendemain dimanche, ils finiront par faire la macabre découverte dans un étang, tout près de la ferme de la famille Planchet.

« Jeudi, l’un des gars a fait du feu, raconte le voisin le plus proche. Je lui ai dit que ce n’était pas prudent d’en faire si près d’une maison. Il a tout de suite arrêté. Il est venu me serrer la main. Evidemment j’étais trop loin pour voir ce qu’il brûlait. »

Pour l’instant sur les six prévenus, un seul a été mis hors de cause pour les meurtres, les cinq autres se renvoient les responsabilités, et les enquêteurs tardent à établir la chronologie exacte de cette équipée sauvage.

« Sans qu’on ait encore de certitude, il semble que le groupe ait d’abord voulu voler l’une des voitures. Il se sera sans doute fait surprendre. A partir de là, les choses ont probablement dégénéré. Les quatre frères n’avaient plus qu’une solution : fuir dans la ferme familiale pour tenter d’y dissimuler les corps », résumait hier un enquêteur.

Cinq membres de la bande ont été mis en examen et écroués, le sixième a été placé sous contrôle judiciaire.

 

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20051003&article=10786208&type=ar

Clarisse et Erwan. La terrible énigme

 

Publié le 03 octobre 2005
Dans la nuit du 19 au 20 août 2003, un jeune couple de Brestois disparaissait...

Dans la nuit du 19 au 20 août 2003, un jeune couple de Brestois disparaissait de son domicile. Leurs corps calcinés étaient retrouvés quatre jours plus tard, dans un plan d’eau, en Vendée. Le fait divers a horrifié Brest. Un mois après les faits, 1.500 personnes défilaient en silence dans les rues de la ville (Photo d’archives Hervé Chambonnière).

 

Un meurtrier présumé libéré, un juge d’instruction dessaisi et, deux ans après les faits, toujours aucune vérité sur «le double meurtre de Brest».

 

Un meurtrier présumé libéré, un juge d’instruction dessaisi et, deux ans après les faits, toujours aucune vérité sur « le double meurtre de Brest». Pourquoi l’instruction s’est-elle enlisée ? Quelles sont les parts d’ombre de ce dossier que tout le monde connaît désormais sous le nom de «Clarisse et Erwan» ?Dimanche 24 août 2003. La police retrouve les corps sans vie de Clarisse et Erwan, un couple brestois disparu quatre jours plus tôt. Ils ont été assassinés. Leurs corps ont été brûlés, puis immergés. Ils avaient 32 et 30 ans. Le fait divers horrifie Brest. Le jeune couple aurait été surpris dans sa maison par des cambrioleurs qui convoitaient leurs voitures : une Audi TT et un Toyota Rav 4X4 (1). Trois hommes sont très rapidement interpellés.«En moins de 48 heures, l’affaire était bouclée», se rappelle un proche de la famille de Clarisse.

«A cet instant, nous avons senti qu’il y avait un relâchement général. Les policiers avaient les meurtriers présumés. C’était fini».

C’est du moins ce que tout le monde croyait.

Le plus jeune avait 16 ans

Les trois suspects sont jeunes et tous connus, à des degrés divers, des services de police. Le premier, Gérôme B., un Lorientais placé en foyer à Brest quelques mois plus tôt, a 16 ans. C’est un «caïd» d’1,70 m, au crâne rasé et au visage sans expression. Son compagnon, 1,83 m, filiforme, a 23 ans et se nomme Saïd Abdellaoui. Il a le look «bohême», mais l’individu, volontiers affabulateur (il se fait passer pour un Colombien dénommé Assoul), est également décrit comme «froid et dur». Et il peut être violent. Sa compagne l’aurait d’ailleurs quitté pour ce motif. Le troisième suspect s’appelle Stéphane Planchet. Ce Vendéen au visage émacié, âgé de 30 ans, père d’une fillette de cinq ans, dont il a la garde, s’est installé dans le Finistère en 1995, à Morlaix, puis à Brest. Divorcé, il vit de petits boulots et réside dans un logement HLM… à moins de 200 m du pavillon de Clarisse et Erwan. Dès le 24 août, les trois hommes sont mis en examen pour meurtre ayant facilité un délit, vol en réunion et atteinte à l’intégrité des cadavres. Ils risquent la réclusion criminelle à perpétuité.

«Ils vont craquer»

L’affaire éclate pendant les vacances. Les policiers qui interrogent les suspects ne sont pas forcément les plus rompus à cet exercice, surtout face à des individus qui font preuve d’un aplomb déroutant. Pourtant, à cette époque, les enquêteurs ne doutent pas un instant que ces trois-là vont craquer, et tout raconter. Erreur. Le trio parle. Mais seulement pour se rejeter mutuellement la responsabilité des meurtres. Saïd désigne Stéphane, Gérôme incrimine Saïd. Et Stéphane assure qu’il n’a tué personne. Il affirme avoir agi sous la menace pour transporter, puis faire disparaître les corps, dans la propriété de ses parents, à Champ-Saint-Père, en Vendée. Que s’est-il passé dans la nuit du 19 au 20 août ? Les enquêteurs butent sur un vide de huit heures. Clarisse est rentrée vers 19 h et Erwan vers 21 h. Le trio était déjà là. On ne retrouve leur trace qu’à 5 h 25 du matin. L’heure à laquelle une caméra du CMB, situé à 300 m de là, saisit les visages de Saïd et Gérôme. On les voit retirer 870 € avec la carte d’Erwan. Après trois tentatives infructueuses, la carte de Clarisse a été avalée. La jeune femme avait-elle déjà été tuée ? Personne ne parle. Et rien ne fait craquer le trio. Pas même les suppliques des familles qui assistent aux reconstitutions. Ce mauvais scénario dure des mois. Les enquêteurs ne peuvent malheureusement s’appuyer sur aucun élément matériel déterminant. Les autopsies n’ont révélé qu’une chose : le couple a été abattu d’une balle de 22 Long Rifle dans la tête, tirée à bout portant. L’arme, subtilisée par Gérôme à son père, puis vendue à Saïd, n’a pas été retrouvée. L’examen du domicile du couple n’a rien donné. Pas de sang. Rien. Une tâche a bien été relevée dans le coffre de l’Audi. Du sang appartenant à Erwan. Et c’est tout. Quant au bornage des téléphones portables, pas assez précis, il ne démontre rien.

«D’indispensables vérifications» pas réalisées

En l’état du dossier, le risque, si aucune responsabilité n’est établie, c’est un acquittemment en Cour d’assises. Vingt mois ont déjà passé. Le parquet se décide enfin à requalifier les faits en «enlèvement, séquestration, actes de barbarie, suivis de mort». D’un point de vue juridique, il n’est plus besoin de savoir qui a donné la mort pour que les trois mis en cause risquent pour de bon la réclusion criminelle à perpétuité (2). Deux mois plus tard, coup de théâtre. Gérôme B. est remis en liberté. C’est la loi. La détention provisoire, pour un mineur, ne peut excéder deux années, tant que l’instruction n’est pas achevée. Deux ans, c’est aussi le délai légal au terme duquel le juge d’instruction doit justifier, à la chambre de l’instruction d’une Cour d’appel, la poursuite de l’enquête. Et là, face aux magistrats rennais, le bilan du juge André ne convainc pas. Fait rare, la Cour d’appel dessaisit le juge brestois. Et confie l’instruction au doyen des juges d’instruction du tribunal de grande instance de Nantes, Jacky Coulon. Le magistrat, réputé «redoutable», «méticuleux et intelligent», a officié comme substitut du procureur à Brest au début des années 90.

A Brest, la nouvelle fait l’effet d’une bombe. Me Labat, l’avocat de Gérôme, dit tout haut ce que beaucoup pensent tout bas.«C’est un scandale ! Le juge André a bien fait son travail. On lui fait payer le fait que certains des mis en examen ne parlent pas ! Je ne vois pas en quoi la désignation d’un nouveau juge pourrait faire avancer l’enquête».

Pourtant, selon nos informations, la cour aurait estimé que «des vérifications indispensables» n’avaient pas été réalisées. Des manquements dénoncés en des termes «très vifs». Premier d’entre eux : l’absence d’expertise pour estimer le temps de crémation des corps. Celle-ci pourrait pourtant s’avérer capitale pour apprécier les différents horaires avancés par les mis en examen. Utile aussi pour savoir si les parents Planchet, qui n’ont pas été mis en examen, pouvaient ignorer qu’on brûlait des corps à moins de 100 mètres de chez eux.«S’ils avaient été mis en examen dès le départ, Stéphane et ses deux frères auraient parlé», soutient une source proche de l’enquête. Techniquement, c’était impossible pour le magistrat instructeur. Pas sans l’appui du parquet. Mais celui-ci n’est jamais venu.

«Papa a mis des piles dans le fusil»

Autre «raté» : un sous-vêtement féminin apparaît sur au moins deux clichés de l’identité judiciaire, pris en Vendée. Aucun PV n’en fait état. Appartient-il à la victime ? Si tel est le cas, il pourrait apporter de précieuses informations. On ne le saura jamais. Il n’a jamais été saisi. D’autres questions restent sans réponse : le corps de Clarisse pouvait-il être contenu dans une valise, comme l’a prétendu le trio ? Pourquoi, enfin, les domiciles des suspects et l’endroit où ils s’entraînaient au tir, dans des locaux désaffectés du port de commerce de Brest, n’ont-ils pas été passés au crible ? Le couple aurait pu y être emmené et exécuté. Concernant les faits, il y a plus troublant. Il y a quelques mois, la fille de Stéphane Planchet, qui a fait l’horrible voyage Brest-Champ Saint-Père dans la nuit du 19 au 20 août, a fait des «révélations». Comme Saïd Abdellaoui, elle affirme qu’Erwan était encore vivant à son arrivée en Vendée. Mais elle ajoute que c’est son père qui l’a tué. Elle l’a dit avec les mots d’une petite fille de sept ans :«Papa a mis des piles dans le fusil (…) Il a tué le monsieur dans la malle».

Elle désigne Gérôme comme étant le meurtrier de Clarisse. Ses propos, non vérifiables, peut-être orientés, ont néanmoins été jugés «crédibles» par deux experts. L’enfant a aussi affirmé que le corps d’Erwan avait été enterré avant d’être immergé. Sans aucune concertation, Saïd a dit la même chose, désignant même un trou qui a été retrouvé. Une analyse est en cours. Ces résultats, comme ceux d’autres investigations ultérieures, permettront peut-être de mesurer la crédibilité des uns et des autres. Un élément décisif dans un dossier où tout le monde dissimule la vérité et où tout ne semble plus reposer que sur les déclarations des mis en cause.

La crainte d’un troisième coup de théâtre

En détention provisoire, Saïd Abdellaoui a pris 10 kilos et aurait perdu son caractère «dur». Stéphane Planchet, décrit comme «froussard et fuyant», ne parle quasiment plus. Gérôme, qui est libre mais «sous contrôle judiciaire strict», continue de nier.«C’est le plus intelligent des trois. Il est dur. C’est quelqu’un de froid et sûr de lui», confie une source proche de l’enquête, impressionnée, comme d’autres, par son regard.

« Un regard qui fait peur.»

Et tout le monde redoute un troisième coup de théâtre. Et si Gérôme, qui sait que vingt années de réclusion pèsent au-dessus de sa tête, décidait de prendre la fuite ?

«Quelque chose de pire»

Quand les trois meurtriers présumés répondent aux questions, ce n’est qu’avec prudence. Ils n’expriment aucune émotion. Aucun remord. Cette indifférence a surpris tout le monde.«Ils ne pensent pas et ne réagissent pas comme des êtres normaux», rapportent plusieurs sources qui illustrent leurs propos par une terrible anecdote : une réponse faite à des policiers.

«Qu’avez-vous fait après avoir brûlé les corps ?» «Nous avons mangé une pizza». «Pris isolément, ils pourraient être inoffensifs. Ensemble, ils constituaient un mélange explosif. Ils ont dû s’entraîner mutuellement», avance une autre source. Saïd, Stéphane et Gérôme vont-ils enfin dire ce qui s’est réellement passé dans la nuit du 19 au 20 août 2004 ? Vont-ils mettre un terme à l’insoutenable attente des familles ? Le doute est permis. Les enquêteurs craignent que les trois meurtriers présumés aient «quelque chose de pire à cacher». Pire que le meurtre et la crémation de deux êtres humains.

(1) L’un des trois meurtriers présumés avait loué, à Brest, la veille du drame, deux boxes fermés. Il avait confié au propriétaire qu’il souhaitait notamment y garer «un gros 4X4»… (2) Agé de 16 ans à l’époque des faits, Gérôme bénéficie de «l’excuse de minorité» et ne risque donc que 20 ans de réclusion. Par une décision spécialement motivée, la Cour d’assises pourrait cependant le condamner, s’il est renvoyé devant elle, comme un majeur.

 

https://www.letelegramme.fr/ig/dossiers/crim/clarisse-et-erwan-faits-et-procedure-01-11-2006-206517.php

Clarisse et Erwan. Faits et procédure

 

Publié le 01 novembre 2006 à 00h00 Modifié le 15 janvier 2009 à 16h50

Nuit du 19 au 20 août 2003

19 h. Clarisse Lignez, 32 ans, visiteuse médicale, rentre chez elle. Elle gare son 4X4 à côté de la maison qu’elle et son compagnon, Erwan Duramé, 29 ans, laborantin à la faculté de sciences, ont achetée quelques mois plus tôt . Il a fait très chaud dans la journée. La jeune femme prend une douche. C’est peut-être à cet instant, ou peu après, qu’une ou plusieurs personnes s’introduisent chez elle. Ces mêmes personnes avaient déjà inspecté la maison, plus tôt dans l’après-midi.
21 h. Erwan rentre à son tour, au volant de son Audi TT.
3 h 30. Une habitante qui réside à 250 m du domicile du jeune couple voit les deux voitures se garer devant le domicile de son voisin, Stéphane Planchet.
5 h 30. Deux individus retirent 870 EUR, en deux fois, avec la carte d’Erwan, à un distributeur situé à 300 m de la maison du couple. Une caméra vidéo filme la scène. La carte de Clarisse est avalée après trois tentatives infructueuses. Dans la foulée, les deux véhicules volés prennent la direction de la Vendée, au domicile des parents de Stéphane Planchet, à Champ-Saint-Père. (Photo archives Le Télégramme)

Vendredi 22 août
Très inquiète de la disparition du couple, la famille alerte la police. Plusieurs proches, qui passent la ville au peigne fin, repèrent le 4X4 de Clarisse, dans une rue du quartier Saint-Martin, à Brest. La police planque et interpelle, en fin de soirée, deux individus qui montent dans le véhicule. Il s’agit des deux individus filmés devant la banque.

Samedi 23 août
Stéphane Planchet est interpellé à Brest. La police pense alors que le couple est séquestré en Vendée. Une descente avec le GIPN est organisée. Le couple n’est pas retrouvé, mais les trois frères de Stéphane Planchet sont interpellés. Les auditions permettent de retrouver les corps mutilés et carbonisés, dans un plan d’eau, non loin du domicile des Planchet, en Vendée.

Vendredi 5 septembre
Obsèques du jeune couple à l’église Saint-Martin, à Brest. Une foule nombreuse adresse ses derniers adieux à Erwan et Clarisse. La ville est en état de choc.

Vendredi 19 septembre
Plus de 1.500 personnes manifestent silencieusement dans les rues de la ville, en hommage au jeune couple, et pour dire aussi leur « refus de la violence gratuite et aveugle ». « Cela aurait pu vous arriver à vous ou à vos proches », lance un membre de la famille de Clarisse à la foule. Un collectif est créé dans la foulée (700 adhérents) et une pétition lancée (12.872 signatures), remise en 2004 au ministre de la Justice.

Novembre et décembre
Les autopsies pratiquées fin août révèlent que Clarisse et Erwan ont été abattus d’une balle de 22LR dans la tête. Le juge d’instruction organise une première confrontation avec les trois principaux mis en examen, qui se rejettent la responsabilité du double crime. Ils restent en détention. Ludovic et Eric Planchet sont libérés et placés sous contrôle judiciaire. Ils n’ont pas participé aux faits brestois.

Février 2004
Première « reconstitution » (huit heures), à Brest, sous haute protection policière. Une seconde sera organisée, quatre mois plus tard, en Vendée (ci-dessous, la fermette de Champ-Saint-Père, où les corps de Clarisse et Erwan ont été transportés). (Photo archives Vendée Matin-Ronan Le Monnier).

Août 2005
Gérôme B., 16 ans et quatre mois au moment des faits, est libéré, sous contrôle juudiciaire. Une détention provisoire ne peut excéder deux ans pour un mineur. Abasourdies, les familles des victimes (ci-dessous) sont reçues par le procureur de Brest. (Photo archives Guillaume Meyer)

Septembre 2005
Le juge d’instruction brestois est dessaisi. Estimant que des actes d’instruction essentiels n’ont pas été réalisés, la chambre de l’accusation de la cour d’appel de Rennes confie l’enquête au doyen des juges d’instruction de Nantes.

Novembre 2005
Gérôme B. retourne en prison. Il est condamné à six mois de prison ferme pour avoir utilisé deux chèques volés au propriétaire de son appartement, pour acheter 1.300 EUR de boissons alcoolisées et de CD.

Avril 2006
Fin de l’instruction. Gérôme B. a purgé sa peine de six mois de prison ferme. Il est libre sous contrôle judiciaire.

Juin 2006
Pour une erreur administrative, le procès d’assises ne peut avoir lieu qu’à Nantes, dans le ressort du second juge d’instruction, et pas à Quimper (29), comme les familles des victimes en avaient fait la demande. La cour d’appel de Rennes décide de disjoindre les cas des frères et de la mère de Stéphane Planchet, obligeant à un second procès, plus tard, devant un simple tribunal correctionnel.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/proces-du-double-meurtre-entre-amis-08-11-2006-2007487730.php

Procès du double meurtre entre amis

 

>Faits divers|Rodolphe Landais| 08 novembre 2006, 0h00 |

Nantes (Loire-Atlantique)

 

DIFFICILE de concevoir un mobile plus dérisoire pour un double meurtre aussi atroce.

En août 2003, on découvrait les corps mutilés et calcinés de Clarisse Lignez, 32 ans, et Erwan Deramé, 30 ans, près d’une ferme de Champ-Saint-Père, en Vendée. L’enquête montrera que le jeune couple a été abattu d’une balle dans la tête après un banal cambriolage dans sa maison de Brest. Les quatre agresseurs visaient les voitures, les bijoux et les cartes bleues de leurs victimes. Ils se sont finalement déchaînés sur le couple.

Agés de 16 à 30 ans au moment des faits, les accusés comparaissent depuis hier et jusqu’au 17 novembre devant la cour d’assises de Loire-Atlantique, à Nantes, pour « séquestration suivie de mort ». Si la qualification de meurtre ne figure pas explicitement » dans l’arrêt de renvoi, c’est qu’aucun des accusés ne reconnaît le double crime. D’où l’immense détresse des familles d’Erwan et Clarisse, et singulièrement de leurs mères présentes hier à Nantes. « Ils ont tué nos enfants trois fois, affirme la maman de Clarisse, en larmes. Une première fois en les tuant d’un coup de fusil, une deuxième fois en brûlant leurs corps et une troisième en refusant de dire la vérité ! »

« Angoissées à l’idée que leurs enfants aient pu vivre un calvaire »

Les accusés se sont bornés à reconnaître l’évidence. Les uns ont été filmés alors qu’ils retiraient de l’argent dans un distributeur de billets à Brest avec la carte bleue de Clarisse. Les autres ont été arrêtés au volant de l’une des voitures du couple. Impossible dans ces conditions de tout nier en bloc. Mais sur l’enchaînement des événements, dans la nuit du 19 au 20 août 2003, deux juges d’instruction successifs ne sont pas parvenus à percer le mystère. « Ce soir-là, Clarisse est rentrée la première vers 19 heures, puis Erwan est arrivé vers 21 heures. Leurs agresseurs sont repartis vers 4 h 30 le lendemain matin. Toute la question est de savoir ce qui s’est passé entre-temps. Les familles des victimes sont légitimement angoissées à l’idée que leurs enfants aient pu vivre une nuit épouvantable, un calvaire », résume un proche du dossier.

Pour les mères d’Erwan et Clarisse, c’est précisément parce qu’ils partagent un lourd et terrifiant secret que les accusés se taisent. Un silence d’autant plus dérisoire que la peine encourue pour une séquestration suivie de mort est la même que pour un assassinat : la réclusion criminelle à perpétuité.

 

https://www.20minutes.fr/nantes/122578-20061123-perpetuite-deux-accuses-meurtre-couple-brestois

Perpétuité pour deux accusés du meurtre d’un couple brestois

 

©2006 20 minutes

Publié le 23/11/06 à 00h00 — Mis à jour le 22/11/06 à 23h49

Deux des quatre jeunes qui comparaissaient depuis deux semaines à huis clos devant la cour d’assises des mineurs de Loire-Atlantique pour avoir tué d’une balle dans la tête un jeune couple brestois, ont été condamnés mardi, en fin de soirée, à la réclusion criminelle à perpétuité. Cette peine maximale, prononcée à l’issue de 6 h 30 de délibéré contre les deux principaux instigateurs du meurtre, est assortie de périodes de sûreté fixes de 22 et 20 ans. Un mineur au moment des faits a aussi été condamné à 30 ans de prison. Le quatrième jeune, considéré comme complice, a écopé de 8 ans. Le 23 août 2003, les corps mutilés et calcinés d’Erwan Durame, 31 ans, et de Clarisse Lignez, 32 ans, un laborantin et une visiteuse médicale résidant à Brest, avaient été retrouvés au fond d’un lac à Champ-Saint-Père (Vendée), à moins de 50 mètres d’une résidence appartenant aux parents de deux des accusés. « Aucune peine ne les ramènera en vie, mais nous sommes quand même satisfaits », a déclaré Stéphane Pichon, le beau-frère de Clarisse.

F. B.

 

https://www.letelegramme.fr/ig/dossiers/crim/clarisse-et-erwan-le-verdict-de-la-cour-d-assises-22-11-2006-206520.php

Clarisse et Erwan. Le verdict de la cour d’assises

 

Publié le 22 novembre 2006 à 00h00

Le verdict est tombé, hier soir peu après minuit. Après six heures de délibéré, la cour d’assises de Loire-Atlantique a condamné Gérôme B. à 30 ans de réclusion cirminelle, Saïd Abdellaoui et Stéphane Planchet à la perpétuité. Eric Planchet écope d’une peine de huit ans de réclusion criminelle.

 

La réclusion criminelle à perpétuité. Le maximum prévu par la loi. Au terme d’un procès qui aura duré onze jours, c’est cette peine que les neuf jurés et les trois magistrats de la cour d’assises de Loire-Atlantique ont infligée à Saïd Abdellaoui, et Stéphane Planchet avec, respectivement 22 et 20 ans de sureté (*). C’est cette peine qu’avaient requise les deux avocats généraux, après trois heures d’un réquisitoire qui a démonté les versions des uns et des autres. Personne n’a donc dit la vérité. Les avocats généraux ont dès lors considéré que les trois principaux accusés étaient coupables, tous les trois au même niveau. Cependant, et bien que les jurés aient levé « l’excuse de minorité » de Gérôme B. – fait rare – ce dernier, mineur au moment des faits, n’est condamné qu’à trente ans de réclusion criminelle.

La défense « piégée »
C’était l’une des «bizarreries» de ce procès. Aucun de ces trois mis en cause n’était accusé des meurtres de Clarisse et Erwan. Pourquoi? Techniquement, il était impossible de prouver qui avait fait quoi. Et les trois accusés se rejettaient mutuellement la responsabilité des crimes. Pour l’accusation, c’était risquer, devant une cour d’assises, un acquittement: le doute doit toujours profiter aux accusés, dit la loi. En les poursuivant pour « séquestration suivie de mort, vol accompagné de violences ayant entraîné la mort, et atteinte à l’intégrité des cadavres », plus besoin de prouver qui a tué pour risquer, malgré tout, la réclusion criminelle à perpétuité. Plus besoin de faire « toute la lumière » sur les faits. Avec cette qualification, la défense se retrouvait en quelque sorte « piégée ». Y a-t-il eu vol? Oui. Y a-t-il eu violences? Forcément oui. Y a-t-il eu mort? Encore oui. Les jurés devaient répondre à 34 questions. A chacune, ils ont répondu « oui ».

 » Le pacte de l’horreur  »
Mais les familles attendaient plus. Que s’est-il passé pendant les huit heures où le jeune couple a été retenu à son domicile ? Pourquoi avoir tué Clarisse et Erwan ? Pourquoi s’être acharné sur leurs cadavres ? Cette vérité, le procès n’est, semble-t-il, pas parvenu à l’établir. Pourquoi, sachant qu’ils risquaient la peine la plus lourde, les trois principaux accusés n’ont-ils pas raconté ce qui s’était passé ce soir-là ? Pourquoi n’ont-ils pas dit la vérité ? Pour l’accusation, l’explication était simple. Ils avaient quelque chose de pire à cacher. Les accusés sont restés muets, parce qu’ils étaient « liés par un pacte de l’horreur », diront les deux avocats généraux, qualifiant les trois hommes de « bêtes assoiffées de sang ».

Pas d’excuse de minorité
L’accusation et les parties civiles sont bien parvenues à établir un scénario. Mais, huis clos oblige, ce dernier n’a pu être communiqué hors la salle d’assises. C’est la règle quand l’un des accusés ou l’une des victimes est mineur. C’était le cas de Gérôme B., l’un des trois principaux accusés, âgé de 16 ans et quatre mois au moment des faits, en août 2003. Dès que le huis clos est prononcé, le public et la presse ne peuvent plus assister aux débats. Rien ne doit filtrer de la salle de la cour d’assises, sous peine de voir tout le procès annulé pour vice de procédure. C’est ce qu’a solennellement rappelé, à plusieurs reprises, le président André Lourdelle. Mais ce n’est pas parce qu’il était mineur que cela pouvait excuser un tel acharnement et une telle barbarie, a répondu hier soir la cour d’assises.

(*)La sûreté, de 22 ans pour Saïd Abdellaoui et 20 ans pour Stéphane Planchet, est le délai pendant lequel ils ne pourront bénéficier d’aucune remise de peine. Malgré la levée de l’excuse de minorité, la loi interdit d’infliger une peine de sûreté à une personne qui était mineure au moment des faits. Beaucoup moins impliqué, Eric Planchet a été condamné à 8 ans de réclusion criminelle, pour le recel des deux voitures volées et la crémation des deux cadavres, assimilée à une dissimulation de preuves.

 

https://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/clarisse-et-erwan-le-proces-en-appel-debute-aujourdhui-20080325-2770538_1267595.php

Clarisse et Erwan. Le procès en appel débute aujourd’hui

 

Publié le 25 mars 2008
Les parents de Clarisse et Erwan - ici Mmes Lignez et Duramé, lors du premier...
Les parents de Clarisse et Erwan – ici Mmes Lignez et Duramé, lors du premier procès – vont à nouveau subir le récit de la mort de leur enfant. « Avancer dans la vérité nous fait peur. Il y a trop d’horreur », dit Josette Duramé.
Photo archives Françoise Destoc

 

Le procès en appel des trois meurtriers présumés du jeune couple brestois Clarisse Lignez et Erwan Duramé s’ouvre aujourd’hui à Rennes.

 

Le procès en appel des trois meurtriers présumés du jeune couple brestois Clarisse Lignez et Erwan Duramé s’ouvre aujourd’hui à Rennes. Pour les familles, trois semaines très éprouvantes se profilent. « Le verdict du premier procès nous convenait. La Justice avait fait son travail. Nous devons subir à nouveau… », constatent, éplorés, les parents d’Erwan, Josette et Jean-Pierre Duramé. Aux côtés de la famille de Clarisse Lignez, ils ne pourront échapper, malgré tous les faux-fuyants des accusés, au récit cru et terrifiant des dernières heures de leurs enfants respectifs. « Écouter le déroulement de leur mort, minute par minute, c’est à perdre la raison. S’ils étaient morts dans un accident de voiture ou de maladie, on n’y pourrait rien. Mais on nous les a assassinés. Il fallait qu’ils les tuent, et qu’ils les brûlent. Ils ne nous ont même pas laissé les serrer dans nos bras », souffle Josette Duramé.

« Ils ont détruit toute la famille »

Le premier verdict ne leur a apporté aucune paix. Ils ressassent inlassablement la vie sans histoires d’Erwan et Clarisse. « C’était un couple on ne peut plus normal. Ils rentraient à la même heure le soir, nous téléphonaient, prenaient des nouvelles des uns et des autres. Clarisse disait toujours : comme Erwan me fait rire ! Ils étaient si bien ensemble… ». Noël, les anniversaires, les repas entre amis… Tous ces petits événements ne sont plus pour eux que des mots sans substance, qui les ramènent au calvaire de leur enfant. « Notre Erwan, c’était toute notre vie comme l’est notre fille Nathalie. Entre Erwan, Nathalie et nous, il y avait tant d’amour. Nous étions une famille unie. Ce n’est pas de l’eau de rose. C’était vraiment comme ça. Nous avions tout pour être heureux. En nous l’enlevant dans ces conditions, ils ont détruit toute la famille. Jean-Pierre et moi, nous ne pouvons même plus nous regarder. Heureusement que nous avons 25 ans de mariage », murmure Josette Duramé.

« Avancer dans la vérité nous fait peur »

Depuis quelques semaines, les deux familles réunissent leurs forces. « Même si vous souffrez comme une bête, même si ça rentre à chaque fois comme un couteau dans le coeur, vous devez être au procès. Vous êtes obligés de rabâcher, de tout reprendre à zéro pour que les jurés comprennent bien ». L’éventualité d’entendre la vérité les fait vaciller un peu plus. « Toutes les nuits, je me demande ce qu’ils leur ont fait subir. Cachets, acupuncture, psychiatre… Rien n’y fait. Deux secondes après, c’est dans ma tête. Avancer dans la vérité nous fait peur. Nous voulons savoir et en même temps, ne pas savoir. Il y a trop d’horreur ».

 

https://brest.maville.com/actu/actudet_-clarisse-et-erwan-la-douleur-a-perpetuite-_6-605593_actu.Htm

logo Ouest-France Vendredi 28 mars 2008 00:00

Clarisse et Erwan : « La douleur à perpétuité »

C’est un torrent de douleur qui s’est déversé hier aux assises, à Rennes, au procès en appel des meurtriers du jeune couple finistérien, tué en 2003.

 

« Ils nous ont détruits ! » Cette expression est revenue souvent dans les témoignages des familles du jeune couple agressé et tué à son domicile de Brest, en août 2003. Après deux jours consacrés à la personnalité des trois accusés (Ouest-France d’hier), la cour d’assises d’appel a écouté, presque tétanisée, « la douleur à perpétuité » des parents.

Chaque jour, les mères vont sur les tombes de leur enfant. « Maintenant, pour les anniversaires, on n’amène plus de cadeaux, mais des fleurs », pleure Maryse, la maman de Clarisse.

« Des barbares »

À la douleur de cette disparition brutale, s’est ajoutée l’inconsolable « impossibilité de dire au revoir » aux deux victimes dont les corps ont été mutilés et brûlés. « J’avais préparé des vêtements pour Erwan, sa gourmette, une longue lettre et une photo de sa soeur. Quand j’ai su que je ne pourrais pas le serrer dans mes bras, ça a été la pire des choses », sanglote Josette.

La colère a aussi affleuré. « Vous êtes des barbares, des ordures », lance Valérie, la soeur aînée de Clarisse, aux trois accusés, impassibles.

Les familles attendent surtout de ce second procès, « nouvelle épreuve », que les accusés parlent enfin. Ainsi, surmontant sa douleur, Louis Lignez, père de Clarisse, s’est adressé à Saïd Abdellaoui, Stéphane Planchet et Gérôme B. : « Au lieu de regarder vos godasses, dites la vérité ! Après, vous pourrez vous regarder en face. »

Promesse de vérité

Clarisse Lignez avait 32 ans. Elle était visiteuse médicale, « brillante, sortie major de sa promo ». La beauté de Clarisse, grande jeune femme blonde, ne passait pas inaperçue. Très élégante, toujours tirée à quatre épingles, « Clarisse rayonnait ». « C’était quelqu’un aux côtés de laquelle on était heureux de se trouver ». Tous évoquent « son sourire », « son attention aux autres », « sa gentillesse ». Erwan Duramé avait 29 ans. Travailleur, sérieux, il était laborantin à l’université de Brest. Il allait devenir assistant-ingénieur. Pour ses copains et amis, c’était « le rigolo de la bande ». L’humour de ce jeune homme avait séduit Clarisse.

Le couple s’était formé quatre ans auparavant. Parents et proches ont insisté : « C’était du sérieux. » En octobre 2002, dix mois avant leur disparition, ils avaient acheté une maison, près de la fac des sciences où travaillait Erwan. Une amie de la jeune femme a témoigné que le couple avait un projet d’avoir un bébé. Ce vendredi, la cour va commencer à aborder les faits concernant l’agression et la mort du couple. « Je dirai tout. Je demande pardon », a dit Saïd Abdellaoui. Avant de prononcer cette phrase terrible : « Vos enfants ont été courageux. »

Yannick GUÉRIN.

Ouest-France  

 

https://brest.maville.com/actu/actudet_-Clarisse-et-Erwan-les-accuses-se-dechirent_-606408_actu.Htm

logo Ouest-France Samedi 29 mars 2008 00:00

Clarisse et Erwan : les accusés se déchirent

Tension extrême hier au procès en appel des trois meurtriers de Clarisse et Erwan. Dans le box, le mineur a tenté de frapper un coaccusé qui venait de le mettre en cause.

 

Après les insultes, les coups ! Saïd Abdellaoui fait sa déposition sur la mort de Clarisse Lignez et Erwan Duramé, le soir du 19 août 2003. Sa « vérité » : avec Gérôme B., il est entré dans la maison du couple. Il devait y avoir de l’argent liquide. Un coup indiqué par Stéphane Planchet dont l’appartement HLM surplombait la maison des victimes.

Ils ont attendu l’arrivée successive de Clarisse, puis d’Erwan. Ils les ont ligotés et bâillonnés. Il l’assure : il ne s’est « rien passé » avec la jeune femme. Sous-entendu : pas de viol. En attendant l’arrivée d’Erwan, puis de Planchet, venu avec des produits « pour tout nettoyer pour pas laisser de traces », il a « fumé deux cigarettes, assis dans l’escalier » ; Gérôme B. « a mangé du poulet » trouvé dans le frigo…

Et il n’a pas appuyé sur la détente. C’est Gérôme B. qui a tué la jeune femme : « Une cartouche dans la tête. » Puis Stéphane Planchet a fait « pareil » pour Erwan.

Cinquième version

Saïd Abdellaoui conclut : « Je prends mes responsabilités. Je réglerai mes comptes avec ces deux personnages plus tard ! » Livide, Gérôme B. bondit. « Enc… ! » Il donne un coup de pied circulaire. Les policiers, derrière, lui sautent dessus. Le coup manque Abdellaoui, mais frôle la tête du propre avocat du mineur !

Abdellaoui a-t-il dit cette vérité tant promise ? C’était sa cinquième version. L’exécution du jeune couple à Brest paraît établie. Au premier procès, il avait soutenu que Clarisse et Erwan, transportés vivants dans une malle et une valise, avaient été tués en Vendée, chez les parents Planchet. Là où les corps furent ensuite brûlés.

La version de Stéphane Planchet est toute différente. Abdellaoui lui a demandé de faire le guet tandis que Gérôme B. cambriolait la maison où il serait resté un quart d’heure. Ce n’est qu’à 5 h 30 du matin qu’Abdellaoui l’a réveillé pour qu’il conduise « un 4×4 de location » (en fait, celui de Clarisse). Abdellaoui pilotait une Audi TT (celle d’Erwan) « donnée par un type qui lui devait de l’argent ».

Pendant le trajet vers la Vendée, sa petite fille de 5 ans, embarquée dans cette macabre randonnée, s’est plainte d’une mauvaise odeur. En demandant des explications à Abdellaoui, Planchet aurait appris qu’il y avait « un corps dans le coffre ». Abdellaoui l’a menacé : « J’ai tué quelqu’un. Si tu continues pas, je t’en fais autant. » Il a « obéi ». Le menacé ira pourtant au restaurant à La Rochelle avec Abdelllaoui…

Gérôme B. a une autre version : le cambriolage, c’est Abdellaoui. Il n’a fait que le guet dehors et prévenu « en sifflant » de l’arrivée des victimes. Un guet « jusqu’à 2 heures du matin ». Après, il a aidé « à charger des trucs ». La malle et la valise très lourdes ? « Je ne me suis pas posé de questions et j’avais pas envie de m’en poser»

Reprise du procès lundi.

Yannick GUÉRIN.

Ouest-France  

 

https://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/bretagne/clarisse-et-erwan-sur-les-lieux-du-drame-20080410-2873432_1287409.php

Clarisse et Erwan. Sur les lieux du drame

 

Publié le 10 avril 2008
Depuis une fenêtre de son appartement, Stéphane Planchet pouvait apercevoir les...
Depuis une fenêtre de son appartement, Stéphane Planchet pouvait apercevoir les abords du pavillon de Clarisse et Erwan. La thèse de la préméditation est sortie renforcée du transport de la cour d’assises à Brest, hier.
Photo Eugène Le Droff

 

Stéphane Planchet pouvait, de son appartement, épier les abords de la maison de Clarisse et Erwan.

 

Stéphane Planchet pouvait, de son appartement, épier les abords de la maison de Clarisse et Erwan. C’est l’un des enseignements du transport de la cour d’assises sur les lieux du double meurtre, hier à Brest. Un mouchoir de poche. L’impression s’est vite imposée, hier, aux jurés arpentant les 300 mètres séparant l’ancien pavillon de Clarisse et Erwan, rue du Professeur-Langevin, à Brest, et les deux résidences HLM qui surplombent l’artère depuis la rue de Penthièvre. Au bout de ce petit trajet, la cour a découvert l’immeuble nº 7. Stéphane Planchet y occupait un appartement, au 4 e et dernier étage. Blafard, mine défaite, l’accusé, si combatif dans son box, n’était plus que l’ombre de lui-même. Après avoir soutenu, pendant deux semaines, ne pas connaître la maison du jeune couple, il semblait mesurer l’inanité soudaine de sa thèse. Comment, au vu d’une telle proximité, n’avoir, jamais croisé le Toyota Rav 4 et l’Audi TT du couple ? Quand, de surcroît, le buraliste du quartier a indiqué qu’il achetait parfois ses cigarettes dans son commerce, à deux pas du domicile de Clarisse et Erwan… Le président Buckel, ses assesseurs et les jurés ont également vérifié l’angle de vue privilégié dont jouissait Stéphane Planchet, depuis l’une des fenêtres de son ancien logement. Certes, la maison du jeune couple est masquée par l’habitation voisine mais le tronçon de la rue Langevin et le préau de l’école voisine, où Clarisse garait souvent sa voiture, sont visibles.

Quelques invectives

C’est justement là, à 13 h 45, que la cour, véhiculée en bus depuis Rennes (*), a fait halte à son arrivée à Brest. Une centaine de personnes s’étaient rassemblées sur le trottoir d’en face. La vue des accusés, vêtus de gilets pare-balles et entourés par des membres du GIPN, a déclenché quelques invectives – « Assassins, à mort ! », ont hurlé quelques personnes – avant que la soeur de Clarisse ne rétablisse le silence. Rappelons que Gérôme B. soutient n’avoir pénétré dans le pavillon que dans l’après-midi du 19 août 2003, pour un simple repérage. En soirée, pourtant muni de gants en latex, il se serait limité, selon ses dires, à faire le guet… notamment dans le préau qui offre une vue simultanée sur l’appartement de son complice et sur l’habitation du jeune couple ! Quoi qu’ils disent, les accusés semblaient, hier, apporter de l’eau au moulin de l’accusation. Stéphane Planchet a bien tenté une diversion, demandant si un pan de l’enceinte de l’école, qui aurait pu masquer la vue, n’avait pas été détruit. Un coup d’oeil aux photos de l’époque a suffi à le convaincre du contraire. * En Bretagne, le précédent transport d’une cour d’assises sur les lieux d’un crime remonte à octobre 1997, à Plérin (22). Un coiffeur avait été condamné par la cour d’assises des Côtes-d’Armor à 30 ans de réclusion pour l’assassinat de son épouse et de son fils.

 

https://brest.maville.com/actu/actudet_-clarisse-et-erwan-au-bout-de-l-horreur-_6-614091_actu.Htm

logo Ouest-France Vendredi 11 avril 2008 00:00

Clarisse et Erwan : « Au bout de l’horreur »

L’avocat général a requis la perpétuité avec 22 ans de sûreté contre Abdellaoui et Planchet ;

 

30 ans contre Gérôme B., accusés de la séquestration et de la mort de Clarisse et Erwan.

Journée à marche forcée, hier, à la cour d’assises d’appel pour l’avant-dernier jour du procès, avec les interventions des avocats des familles de Clarisse Lignez et Erwan Duramé, le réquisitoire de l’avocat général. Et les plaidoiries de la défense que nous évoquerons, demain samedi, avec le verdict attendu ce vendredi.

Sans surprise, l’avocat général Yves Boivin a requis la peine maximale pour Saïd Abdellaoui et Stéphane Planchet : la perpétuité avec 22 ans de sûreté. À Nantes, ils avaient été respectivement condamnés à perpétuité avec 22 et 20 ans incompressibles.

Il n’a pas requis la perpétuité contre Gérôme B., condamné à 30 ans, mais a demandé la confirmation de cette peine : « 30 ans, c’est un minimum ! »

M. Boivin a rappelé le cadre juridique : « La question n’est pas : ‘Qui a tiré ?’ La cour devra dire si oui ou non Clarisse et Erwan ont été séquestrés et si cette séquestration a été suivie de mort, si le vol de leurs biens a été accompagné ou précédé de violences ayant entraîné la mort. La responsabilité pénale s’étend à tous ceux qui ont participé à ces crimes. »

« Ignoble suspicion »

Auparavant, Mes André Élard, William Pineau et Brigitte Aveline ont fait partager à la cour et aux jurés « leurs convictions » concernant l’implication « égale » du « trio pathogène ». Un trio avec « Gérôme B. qui a besoin d’une bande, Abdellaoui qui a besoin d’une tête, Planchet qui a besoin d’une main ».

Stéphane Planchet, rongé par l’envie, qui épie de sa fenêtre « ce couple qui lui semble mener une vie aisée ». Gérôme B., pas encore 17 ans, « miroir à deux faces, à l’apparence trompeuse ». Et Saïd Abdellaoui, le mythomane violent « prêt à tout ».

Durant quatre heures, les avocats ont conduit l’auditoire « jusqu’au bout de l’horreur ». Celle du « calvaire » enduré par les victimes ; celle de deux familles « condamnées à perpétuité, qui ne verront jamais leur souffrance cesser ».

Ils ont évoqué « l’épouvante » de Clarisse rentrant chez elle vers 18 heures et se retrouvant face à Abdellaoui et Gérôme B, « les deux heures, seule avec sa peur », « huis clos sordide ». Avec « l’ignoble suspicion de l’atteinte à l’intimité de Clarisse qui hante ses parents ».

L’arrivée d’Erwan vers 21 heures Et puis, « les mains liées devant ou derrière, bâillonnés, Clarisse et Erwan ont vu la mort arriver. Et l’un d’eux a vu la mort de l’autre qu’il aime… »

Jusqu’au bout de l’horreur ont été rappelés « les détails sordides » de la macabre expédition en Vendée. On y a brûlé les corps et jeté « les restes, car il n’y a pas d’autres mots », dans un lac, avant d’aller « festoyer ».

Jusqu’au bout de l’horreur, « la négation de la dignité de la personne ».

Yannick GUÉRIN.

Ouest-France  

 

https://rennes.maville.com/actu/actudet_-Proces-des-meurtres-de-Clarisse-et-Erwan-deux-peines-revues-en-appel_-614254_actu.Htm

Vendredi 11 avril 2008 17:59

Procès des meurtres de Clarisse et Erwan: deux peines revues en appel

Leur verdict a consterné  les familles des victimes. Les jurés de la cour d’assises d’appel de Rennes ont partiellement revu les peines infligées pour les meurtres de Clarisse Lignez et Erwan Duramé.

Stéphane Planchet, condamné en première instance à la perpétuité avec une période de sûreté de 20 ans, est condamné cette fois à 30 ans de réclusion, dont les deux tiers de sûreté. Dans les faits, il devra purger le même nombre d’années en prison.

Mineur à l’époque des faits, Gérôme B. bénéficie d’une réduction de peine. Il est condamné à 20 ans de réclusion, contre 30 ans en première instance, les jurés lui ayant reconnu l’excuse de minorité.

Seul le troisième accusé, Saïd Abdellaoui, voit sa peine confirmée. Il est de nouveau condamné à la perpétuité avec 22 ans de sûreté.

Les meurtres de Clarisse Lignez et Erwan Duramé avaient eu lieu au mois d’août 2003 à Brest dans des circonstances qui n’ont été que partiellement élucidées. Le premier procès d’assises s’était déroulé à Nantes en 2006.

Ouest-France  

 

https://www.letelegramme.fr/ar/viewarticle1024.php?aaaammjj=20080412&article=2884920&type=ar

Clarisse et Erwan. Deux peines revues à la baisse

 

Publié le 12 avril 2008
Les familles de Clarisse Lignez et d'Erwan Duramé, ici lors de l'ouverture du...
Les familles de Clarisse Lignez et d’Erwan Duramé, ici lors de l’ouverture du procès en appel, ont écouté, avec beaucoup de dignité, les plaidoiries de la défense.
Photo archives T.C.

 

Perpétuité pour Saïd Abdellaoui, 30 ans de réclusion dont les deux tiers de sûreté pour Stéphane Planchet ; et 20 ans de réclusion pour Gérôme B.

 

Perpétuité pour Saïd Abdellaoui, 30 ans de réclusion dont les deux tiers de sûreté pour Stéphane Planchet ; et 20 ans de réclusion pour Gérôme B., tel est le verdict de la cour d’assises d’appel de Rennes. Les jurés d’Ille-et-Vilaine ont donc partiellement revu le verdict de Loire-Atlantique, hier, hormis pour Saïd Abdellaoui, de nouveau condamné à la perpétuité avec 22 ans de sûreté. Stéphane Planchet, condamné en première instance à la perpétuité avec une peine de sûreté de 20 ans, voit sa peine symboliquement modifiée : il écope, cette fois, de 30 ans de réclusion, dont les deux tiers de sûreté. Dans les faits, il devra purger le même nombre d’années en prison. Mais c’est Gérôme B. qui bénéficie d’une réduction de peine : la cour lui ayant reconnu l’excuse de minorité, elle le condamne à 20 ans de réclusion, contre 30 ans en première instance.

Un mot pour que personne ne crie

Cette sentence a abasourdi les familles, qui avaient fait passer un mot dans la salle demandant à ce que personne ne crie, quel que soit le verdict. Mmes Lignez et Duramé se sont étreintes de longues minutes, en pleurs. Quatre heures auparavant, vers 9 h, les accusés avaient eu une dernière fois la parole. Saïd Abdellaoui a simplement murmuré : « J’ai tout dit ».

Les familles des victimes abattues

Gérôme B. s’est levé : « Je regrette terriblement ce que j’ai fait. Je ne demande pas à être excusé par qui que ce soit, encore moins par les familles. Ce que je demande, c’est d’être condamné pour ce que j’ai fait, pas pour la folie meurtrière de Saïd Abdellaoui ». Stéphane Planchet a été le dernier à s’exprimer : « En août 2003, j’ai fait le choix de faire souffrir les familles des victimes et ma fille. J’ai commis des actes monstrueux et je veux être jugé pour ce que j’ai fait ». Obsédé par une idée fixe, il a ensuite désarçonné les jurés en pointant les parties civiles : « Je ne comprends pas qu’on puisse utiliser ma fille et que ces gens-là ne soient pas condamnés ! Elle est où, la Justice ? ». Ses mots ont fini d’abattre les familles de Clarisse et Erwan.

« C’est un môme »

M e Thibaut, avocat de Saïd Abdellaoui, a expliqué que son client « avait dit la vérité pour faire la paix avec tout le monde ». Etonnamment, il s’est ensuite appliqué à renvoyer les accusés dos à dos. Ce qui allait lui valoir une sévère remontrance de M e Petit, défenseur de Gérôme B. : « On peut défendre, sans taper sur l’autre ». L’avocat nantais a, d’ailleurs, déploré que « Saïd Abdellaoui donne le tempo de ce dossier depuis le premier jour ». Il s’est évertué à rendre un statut d’enfant à son client. « Il faut de l’espoir, car c’est un môme », a-t-il lancé. M e Cabioch, pour Stéphane Planchet, a aussi exhorté les jurés à beaucoup de prudence à l’égard de Saïd Abdellaoui. « S’il avait été prévu de donner la mort à l’avance, Saïd Abdellaoui et Gérôme B. auraient exigé que mon client soit là tout du long. Rien, dans le dossier, ne dit que Stéphane Planchet est venu dans la maison ».

Quand Fabien Clain vole au secours de Pascal Edouard Cyprien Luraghi

Cela ressemble un peu aux arrivées successives de Jean-Marc Donnadieu de Béziers et Josette Brenterch du NPA de Brest dans la bande de ses cybercriminels « déconnologues », à la mi-avril 2010 pour le premier et la mi-juin 2010 pour la seconde.

En fait, ils en étaient déjà complices depuis longtemps, certainement deux ans, mais restaient prudemment dans l’ombre, le fer de lance de tous leurs harcèlements à mon encontre n’ayant pas encore eu besoin qu’ils interviennent l’un et l’autre comme ils l’ont fait à compter de cette année 2010, à chaque fois en réponse à un appel à l’aide spécifique de sa part, alors que ses victimes se défendaient, moi particulièrement.

Le nouveau message audio du djihadiste Fabien Clain, diffusé vendredi 28 décembre 2018 (voir ci-dessous), intervient à peu près comme le tout premier commentaire de Josette Brenterch du NPA de Brest sur le blog Tique Toc de son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi le 30 juin 2010, en réponse à ma première publication d’un démenti concernant mon état de santé à la suite des nombreuses « révélations » quasiment toutes fausses que ce dernier faisait quotidiennement à mon sujet sur ses deux blogs publics depuis plus de dix jours sous la dictée de ladite Josette Brenterch, et dans lesquelles il me présentait notamment comme une malade mentale, un « cas lourd psychiatrique », ce que je n’ai jamais été.

Toutes ces publications calomnieuses dont elle était la source cachée s’avérant tout à coup insuffisantes, elle avait décidé de venir elle-même soutenir sur les mêmes blogs toutes ses allégations mensongères à mon encontre afin de leur donner plus de crédit, son complice le mythomane Pascal Edouard Cyprien Luraghi en manquant très sérieusement.

Ce sont aujourd’hui mes explications et révélations de ces derniers jours, particulièrement celles qui font suite à l’attentat de Strasbourg et la revendication publiée le même jour sur le blog Luraghi, qui doivent embarrasser son auteur et ses complices.

D’où, probablement, la demande ou annonce codée du 27 décembre 2018 sur le mur Facebook de Jean-Marc Donnadieu, et la diffusion du lendemain, un message audio d’une durée de 13 minutes qui selon les spécialistes qui l’ont écouté n’apporterait pas grand-chose, serait peu soigné, assez surprenant, inhabituel (voir ci-dessous), et pourrait donc avoir été réalisé en urgence afin de répondre à la demande de la veille d’une clarification expresse et tout à fait autorisée des « Cat’s rules » ou « Che hat’s rules », définissant l’attaque commise à Strasbourg par Cherif Chekkat (Che-cat) comme une vengeance de l’EI sans aucun rapport avec toutes les malversations de Cyprien Luraghi et sa bande de « déconnologues ».

Pourquoi avoir besoin de la réaffirmer en justifiant cette motivation par une longue liste de djihadistes tués alors que l’attentat a déjà été officiellement revendiqué par l’EI, dont tous les messages, qu’ils émanent de ses représentants ou des exécutants eux-mêmes lors des attaques, ont toujours été les mêmes depuis novembre 2015 ?

Manifestement, il était déjà nécessaire de remettre les pendules à l’heure… ou de me contredire…

L’on notera par ailleurs que cet appel public des Français au djihad trahit bien aussi la difficulté actuelle de l’EI à recruter en France de nouveaux kamikazes, comme je l’avais déjà dit avant l’attaque.

Enfin, l’appel à la rébellion de tous les Français contre leur gouvernement et le soutien aux « gilets jaunes » viennent aussi corroborer ce que j’ai toujours dit de la proximité existant entre djihadistes et extrême-gauchistes : les manifestations de ces derniers sont toujours respectées, l’attaque de Strasbourg n’était pas dirigée contre le mouvement des « gilets jaunes ».

 

https://www.valeursactuelles.com/faits-divers/le-djihadiste-fabien-clain-appelle-les-francais-se-rebeller-102167

Le djihadiste Fabien Clain appelle les Français à se rebeller

Par

/ Lundi 31 décembre 2018 à 13:15 2

Quand Fabien Clain vole au secours de Pascal Edouard Cyprien Luraghi dans AC ! Brest

Photo d’illustration. Photo © ANDRIEU ARNAUD/SIPA.

 

État islamique. Celui qui est considéré comme étant le porte-parole du groupe appelle à commettre de nouveaux attentats sur le sol français.

Dans un message intitulé « Est-ce que tu réalises » et diffusé sur la radio de l’État islamique le 28 décembre dernier, le djihadiste français, Fabien Clain a une nouvelle fois appelé les sympathisants de Daesh à commettre des attentats en France pour « venger ceux qui meurent » dans les frappes de la coalition. Il les appelle également à « faire trembler la terre des injustes et que la guerre frappe à leur porte ». Le djihadiste français exhorte l’auditeur à « se rebeller contre ton gouvernement qui dépense ton argent sans compter à tort et à travers », rapporte La Dépêche.

Un enregistrement récent

Considéré comme la « voix de Daesh », Fabien Clain lance directement un message aux Gilets jaunes. Ainsi, il est possible de dater cet enregistrement qui semble donc récent. Selon le chercheur Romain Caillet, il s’adresse directement aux Français et veut leur faire comprendre que « les attentats sont ‘des actes de vengeance’ ».

Sur le même sujet

 

Originaire de l’île de la Réunion, et ayant vécu plusieurs années à Toulouse, Fabien Clain est aujourd’hui largement recherché par Interpol. Converti à l’islam, il a fréquenté les frères Mohamed, auteurs des tueries de Toulouse en 2012, et Abdelkader Merah. Tout comme son frère, Jean-Michel Clain, les deux hommes sont suspectés d’avoir joué des rôles dans les attentats qui ont frappé la France ces dernières années et qui ont été revendiqués par Daesh.

 

https://www.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20181231.OBS7817/le-terroriste-fabien-clain-voix-de-daech-reapparait-dans-un-message-audio.html

Le terroriste Fabien Clain, « voix de Daech », réapparaît dans un message audio

 

Ce message a probablement été enregistré ces dernières semaines.

 

Par L’Obs

Publié le 31 décembre 2018 à 16h03

Visé avec son frère Jean-Michel par des mandats d’arrêts dans le cadre de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis, le terroriste Fabien Clain vient de réapparaître dans un message de propagande de l’organisation Etat islamique (EI).

Dans cet audio de 13 minutes mis en ligne le 28 décembre, le djihadiste « vise particulièrement la France » et appelle les partisans du groupe terroriste à commettre des attentats en France, note le spécialiste Romain Caillet sur Twitter.

« Chose assez rare, Fabien Clain s’adresse aux citoyens français qu’il invite à prendre conscience que les attentats sont des ‘actes de vengeance’. »A noter que ce message semble récent, le terroriste évoquant – sans nommer le mouvement des « gilets jaunes » – les manifestations intervenues en France ces dernières semaines.

Voix de Daech

Fabien Clain avait été rapidement identifié comme la voix du message sonore du groupe EI diffusé au lendemain des attaques perpétrées par trois commandos d’hommes revenus de Syrie. Son frère, Jean-Michel, a été identifié dans les Anasheeds – chants religieux – de l’enregistrement. Vétérans du djihad, ils sont dans le viseur des services antiterroristes depuis des années et se trouvent toujours probablement en Syrie, selon les enquêteurs.

Converti à l’islam, Fabien Clain, qui a fréquenté les frères Mohamed Merah – auteur des tueries de Toulouse en 2012 – et Abdelkader Merah dans la région toulousaine, a été condamné à 5 ans de prison ferme en 2009 au procès d’une filière d’acheminement de djihadistes vers l’Irak, la filière dite d’Artigat.

(Avec AFP)

L'Obs

L’Obs

 

https://www.nouvelobs.com/attentats-terroristes-a-paris/20151118.OBS9734/de-toulouse-a-la-syrie-fabien-clain-le-parrain-djihadiste-qui-a-revendique-les-attentats.html

De Toulouse à la Syrie : Fabien Clain, le parrain djihadiste, qui a revendiqué les attentats

 

L’homme qui a revendiqué au nom de Daech les attaques du 13 novembre a aussi coordonné à Toulouse une filière djihadiste pour al-Qaida, a été en lien avec Merah, est passé par la Belgique…

 

(Article publié le 19 novembre 2015)

A 37 ans, Fabien Clain, l’homme qui a revendiqué les attentats du vendredi 13 novembre au nom de Daech, est un vétéran du djihad. Dans les années 2000, il était déjà le cerveau d’une filière chargée d’acheminer des combattants en Irak. Son nom : « la filière d’Artigat« , du nom de ce petit village de l’Ariège où se sont retrouvés toute une galaxie de jeunes radicalisés. Et où Mohamed Merah, lui aussi, s’initia à la religion. Olivier Corel, l’éminence religieuse d’Artigat, n’a jamais été emprisonné, n’ayant jamais explicitement appelé au djihad. Ce n’est pas le cas de Fabien Clain. D’ailleurs, pour les enquêteurs, le groupe des djihadistes toulousains, la filière d’Artigat, a longtemps été désigné comme « Groupe Clain ».

Fabien Clain est à l’intersection de tout. L’affaire Merah, d’abord. Le tueur au scooter a été embrigadé religieusement par son grand-frère Abdelkader. Mais aussi et surtout par Sabri Essid (qui deviendra leur demi-frère, son père ayant épousé en secondes noces la mère des Merah). Mais qui a été le guide en religion de Sabri Essid ? Fabien Clain, un converti de sept ans son aîné, d’origine réunionnaise, qui se fait appeler Omar. En 2008, Sabri Essid expliquait ainsi aux policiers : J’ai rencontré Omar quand j’avais 16 ans. Il a eu une grande influence religieuse sur moi. »

Fabien Clain est aussi l’un des pivots entre les groupuscules radicaux belges et le groupe toulousain qu’il cornaque. Il y a habité, a rencontré les gens qui comptent, utilisé cette base arrière pour acheminer de jeunes Toulousains en Irak (l’un d’eux y trouvera d’ailleurs la mort dans une opération kamikaze).

Le « groupe Clain » a été démantelé par les enquêteurs en 2007 et son leader mis en garde à vue en 2008. Lors de son procès, en 2009, il écope d’une peine de prison de cinq ans, comme son ami Sabri Essid. En prison, il continue à correspondre avec Mohamed Merah. Sabri Essid et Fabien Clain sortent de prison en 2012 et se font discrets. Le premier retourne à Toulouse, le second choisit d’abord Alençon, la ville où il a passé son enfance, avant de venir lui aussi s’établir à Toulouse.

Au printemps 2014, alors que Daech incite ses combattants à venir rejoindre le pays de Cham en famille, tout un groupe part en Syrie avec femmes et enfants. Clain part avec sa femme et ses trois enfants. Sabri Essid avec ses quatre enfants : c’est lui qu’on verra dans une vidéo de propagande glaçante de l’EI, au printemps 2015, aux côtés de son fils Ryan, âgé de 9 ans, qui exécute à bout portant un otage.

Rappeur, poète puis converti

Sur le site « Copains d’avant », le terroriste a encore sa fiche : « Fabien Clain, Toulouse, Egypte, toujours là…. alhamdoullillah ». Il invite même à aller consulter sa page Myspace au nom de « rappeleur », où l’on peut entendre des chants religieux. « J’ai déjà écrit des poèmes en français et en créole », disait-il aux policiers.

Mon frère Jean-Michel et moi chantons ensemble, nous avons comme projet de former un groupe qui s’appellerait ‘rappeleur’, des chants de rappel à l’islam, des nasheed. J’ai été rappeur avant d’être poète. Puis après conversion à l’islam j’ai tout arrêté. »Fabien Clain vient d’une famille de quatre enfants. Son père ayant quitté le foyer quand il avait trois ans, sa mère élève ses enfants seule. Deux filles, deux garçons. Fabien Clain galère. Il ne termine pas son BEP métallurgie, s’inscrit à l’Afpa en plomberie. Il enchaîne les missions d’intérim. En 1998, il se met en couple avec Mylène F., une ancienne camarade d’école. Tous deux s’intéressent à la religion. « A cette époque, nous avons lu la bible, et nous nous sommes rendus compte que cela ne correspondait pas à la pratique des chrétiens », expliquait sa femme aux policiers.

Ils rencontrent Mohamed A., qui deviendra le mari de la sœur de Clain et les initie à l’islam. « Cela a été une évidence que cette religion était la bonne ». Chez les Clain, la religion se vit en famille. Jean-Michel Clain, le frère de Fabien, se convertit aussi. Sa femme Dorothée M. également. Tout ce petit monde décide de partir s’installer à Toulouse en 2001. « C’était plus facile de pratiquer notre religion dans une grande ville ».

Le « clan des Belphégor »

C’est là que les frères Clain, et surtout Fabien/Omar, commencent à endoctriner à tour de bras. Avec leurs femmes, voilées intégralement, le Clain ne passent pas inaperçus : au Mirail, on les surnomme « le clan des Belphégor ». La mosquée Bellefontaine est juste en bas de l’appartement de Fabien Clain et son épouse. Sur le trottoir, les deux frères font du prosélytisme, trouvant l’imam trop soft.

C’est Fabien Clain le plus beau parleur. Un habitué de la mosquée se rappelle :

Il disait aux fidèles que Dieu avait créé 73 groupes de musulmans et que 72 d’entre eux iraient en enfer, pensant qu’ils seraient dans le groupe des rescapés. »Alain C., qui l’a fréquenté, dira de lui :

Un homme très instruit, possédant un véritable talent pour convertir les gens, très persuasif car parlant très bien. Il est capable de radicaliser quelqu’un, car il est dangereux et très manipulateur. »

Recruteur pour le djihad

Clain s’intéresse déjà beaucoup à ce qui se passe en Belgique où les prédicateurs radicaux donnent des cours. Il démarre un petit business. Il achète là-bas des cassettes, livres, éditées par un centre islamiste belge, et les revend sur les marchés à Toulouse, aux côtés de Sabri Essid, devenu son grand ami. Sabri Essid habite même un moment chez les Clain, après le divorce de ses parents : « C’est à partir de là qu’il m’a demandé de me voiler, qu’il parlait de paradis, de djihad », dira sa mère aux policiers.

En 2003, Fabien Clain et sa femme décident d’aller vivre à Bruxelles, parce qu’il y a « des centres permettant d’apprendre la religion ». De fait, si Fabien Clain apprend la religion, il se prépare aussi déjà au djihad. Il participe à des camps d’entraînement dans les Ardennes, avec « barbecue, kayak », mais aussi course à pied et endurance. Mais c’est difficile de vivre et gagner sa vie à Bruxelles : son petit business sur les marchés périclite à cause « des autorisations ».

Fabien Clain et Mylène retournent en France. Un mois chez la mère de Fabien Clain, puis à nouveau dans le sud. En octobre 2004, ils décident carrément d’aller habiter à Artigat, chez Olivier Corel, alias « l’émir blanc », pour officiellement « garder le même rythme d’étude et apprendre l’arabe ». En fait, Fabien Clain continue à recruter pour le djihad en Irak. Il organise même des séances de self-défense et de jogging dans le parc de la Reynerie, à Toulouse. Il a trouvé un coach qui leur apprend des techniques de karaté. L’entraînement tourne court au bout de quelques sessions : ils se rendent compte qu’ils sont surveillés par la police.

De Fleury-Mérogis à la Syrie

Dès 2006, les premiers départs vers l’Irak s’égrènent. Fabien Clain part lui, mais en famille et en Egypte, confirmant les dire d’Alain C. aux policiers :

Il n’est pas assez courageux pour rejoindre les terres du djihad, mais plutôt du genre à organiser le départ de djihadistes. »En décembre 2006, Sabri Essid la tête brûlée, est arrêté par les autorités syriennes, au sein d’une cellule Al-Qaida, et extradé en France. Toute une partie du groupe Clain est arrêtée courant 2007. Fabien Clain, sa femme Mylène et son frère Jean-Michel sont, eux, arrêtés le 20 février 2008. En 2009, lors du procès, les Clain, comme Sabri Essid, écopent d’une peine de prison de cinq ans. Détenu à Fleury-Mérogis, écrou n°374580, Clain pense toujours au djihad. En prison, il écrit à Mohamed Merah. Il est libéré en 2012.

A Alençon, il assure « vouloir vivre en tranquillité ». Il donne des cours d’arabe. A domicilié son entreprise chez lui, dans une petite zone pavillonnaire, une société qui vend des livres et des « produits diététiques naturels ». Notée 4 étoiles sur 5, avec ce commentaire : « Y a-t-il d’autres produits diététiques, naturels sur Alençon d’aussi bonne qualité ? »

Au printemps 2014, comme la famille de Souad Merah, celle de Sabri Essid, et d’autres ex-membres du groupe « Clain » tous devenus pères de famille, Fabien Clain disparaît. Il est parti en Syrie. Rejoindre Daech. Fabien Clain, alias Omar, semble être devenu un des cadres de l’organisation terroriste. Le cerveau de nombre d’attentats projetés. Comme ce projet avorté, en août, que devait réaliser Reda H., qui assure qu’un « Omar » lui avait commandité cet attentat. L’attentat manqué de Villejuif, où revient avec insistance le nom de Fabien Clain. Selon le Monde, on retrouve également le nom de Clain, dans un projet d’attentat avorté au Bataclan, en 2009, fomenté par une cellule Al Quaida.

Doan Bui

 

https://www.nouvelobs.com/societe/terrorisme/20180524.OBS7165/qui-est-le-djihadiste-francais-adrien-guihal-capture-par-les-kurdes-en-syrie.html

Qui est le djihadiste français Adrien Guihal, capturé par les Kurdes en Syrie ?

 

Ce djihadiste de l’Etat islamique est accusé d’être la voix de la revendication de l’attentat de Nice en France en juillet 2016.

 

Par L’Obs

Publié le 24 mai 2018 à 16h28

Il était connu sous le nom de guerre Abou Oussama al-faransi, « le Français ». Les forces démocratiques syriennes (FDS), une coalition arabo-kurde soutenue par Washington et Paris, ont annoncé ce jeudi 24 mai avoir capturé un djihadiste français recherché, Adrien Guihal, à Raqqa, l’ex fief de l’Etat islamique (EI) dans le nord de la Syrie, reconquis par les FDS en 2017.

« Les services de renseignements des FDS ont mené une opération le samedi 19 mai qui a permis de capturer un groupe de djihadistes du groupe Etat islamique (EI) avec à leur tête Adrien Guihal, connu sous le nom d’Abou Oussama al-faransi », accusé d’être la voix de la revendication de l’attentat de Nice en juillet 2016, selon un communiqué publié sur le site des FDS.

Adrien Guihal s’était imposé au sein de l’EI comme le principal prédicateur français. « Avec lui, c’est la première fois que l’EI diffuse officiellement des cours religieux donnés par un Occidental. Et même pour un individu originaire du Sham [la région de la Syrie, NDLR], la chose est rarissime », écrivent Romain Caillet et Pierre Puchot dans leur ouvrage « Le combat vous a été prescrit » (Edition Stock).

Adrien Guihal a ainsi prêté sa voix à plusieurs vidéos idéologiques de l’organisation djihadiste, précisent-ils.

Il présentera notamment le bulletin de la radio Al-Bayan, l’un des canaux de propagande utilisés par l’EI. Il est soupçonné d’y avoir revendiqué les attentats de Magnanville en juin 2016 et de Nice en juillet 2016. Il est également soupçonné d’avoir joué un rôle dans une tentative d’attentat à Villejuif.

Proche de Fabien Clain

Originaire de Villiers-sur-Marne, l’homme, âgé de 35 ans, s’est converti à l’islam en 2002. Il devient salafiste quiétiste, soulignent Romain Caillet et Pierre Puchot. En 2006, Adrien Guihal se rendra en Egypte, au Caire, pour y apprendre l’arabe et étudier le Coran. C’est là qu’il fera la connaissance d’un autre djihadiste connu des services de renseignements français : Fabien Clain.

« Cette rencontre avec le milieu djihadiste français au Caire va bouleverser l’avenir du futur ‘Abou Oussama’ », soulignent les auteurs. De retour en France, après plusieurs allers-retours, convaincu par l’idéologie djihadiste, il devient l’un des principaux modérateurs du forum Ansar al-Haqq, un site pro-djihadiste en français. Il est repéré par la sous-direction antiterroriste (Sdat) en raison de sa proximité avec Fabien Clain. Adrien Guihal est arrêté en décembre 2008, dans le cadre d’une enquête sur un projet d’attentat contre le siège de la DCRI (Direction centrale du renseignement intérieur). Il écopera de quatre ans de prison dont un avec sursis.

A sa sortie de prison, encore plus radicalisé, il diffuse des vidéos sur YouTube et tente de convaincre ses auditeurs de venir grossir les rangs djihadistes. Et notamment ceux de l’EI. Ce qu’il fera lui-même en 2015 en se rendant en Syrie, avec Fabien Clain.

S.D.  

L'Obs

L’Obs

 

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/ce-revenant-francais-qui-balance-sur-daech_2020898.html

Terrorisme: le « revenant » français qui balance sur Daech

 

Par Claire Hache, publié le 27/06/2018 à 17:45 , mis à jour à 18:04
Photo de propagande montrant des combattants de l'Etat islamique en Syrie, en novembre 2015.

Photo de propagande montrant des combattants de l’Etat islamique en Syrie, en novembre 2015.ZUMA PRESS/MAXPPP/MAXPPP

 

Jonathan G. a révélé aux enquêteurs des détails précieux sur la vie quotidienne des soldats de Daech. Dont des Français.

 

« Du moment où j’ai quitté l’Etat islamique jusqu’à aujourd’hui, je me suis donné l’engagement de dire tout ce que je savais sur l’EI. » Le 15 janvier dernier, Jonathan G. est longuement entendu par un juge d’instruction à Paris. Après deux années passées dans la zone irako-syrienne, le Français a été capturé début 2017 par les soldats de l’Armée syrienne libre (ASL) en tentant de fuir la Syrie. Remis à la France en septembre de la même année, il a été mis en examen pour association de malfaiteurs terroriste criminelle.

La situation de cet homme de 35 ans, père de 4 enfants nés de deux unions différentes, est particulière à deux égards. D’abord parce que Jonathan G. parle – il parle même beaucoup. Il s’est confié à plusieurs reprises ces derniers mois, en détails, aux enquêteurs de la DGSI comme au juge. Surtout, ce converti originaire de Toulouse a été un observateur privilégié de Daech puisqu’il a côtoyé sur place des djihadistes français de premier plan, dont les frères Clain, responsables de la propagande de l’EI, qui ont revendiqué les attentats de Paris et Saint-Denis.

Une position qui rend précieux son témoignage, versé au dossier du 13 Novembre, même s’il ne constitue à ce stade que sa version des faits, et sa vérité. Ses déclarations lui vaudraient de faire l’objet d’une « fatwa avec le tampon officiel d’Abu Bakr al-Baghdadi » en personne, le chef redouté de l’EI. C’est du moins ce qu’il affirme.

Des kalachnikovs enterrées près de Toulouse

Jonathan G. raconte s’être avant tout rapproché d’un des sept enfants de Jean-Michel Clain, Othman, lors de ses derniers mois passés en Syrie. Ils ont travaillé ensemble sur des vidéos de l’EI au sein du « département de la communication et des mosquées ». Comme l’a révélé Le Monde le 26 juin, l’adolescent piloterait un projet visant à envoyer des enfants-soldats pour frapper l’Europe. Le garçon, en « confiance », se serait également confié sur de nombreux sujets.

Dans ses propos rapportés, que L’Express a pu consulter, il est question de kalachnikovs enterrées à Toulouse par deux hommes partis faire le djihad et emprisonnés depuis leur retour en France. « Je n’ai pas plus d’infos sur la localisation. Je me dis que s’ils ont enterré cette kalachnikov [dans ses déclarations, il alterne le singulier et le pluriel, NDLR], c’est qu’ils avaient peut être prévu de faire quelque chose, mais sans en savoir plus », déroule Jonathan G.

Sur les attentats de Bruxelles du 22 mars 2016, « pas prévus » mais « déclenchés » par l’arrestation de Salah Abdeslam : « Othman m’a dit que pour éviter que tout le monde se fasse interpeller, ils ont ciblé directement l’aéroport (de Zaventem). Ce qui était visé, c’était une centrale nucléaire française. Ils avaient prévu d’y aller en voiture et de faire exploser les voitures », poursuit-il.

Les frères Clain sortent voilés

« La famille Clain est au courant de tout, ils sont proches des savants, des médias et des responsables », résume le détenu de Fleury-Mérogis. Jonathan G. fait partie des rares « privilégiés » qui ont pu se rendre chez Jean-Michel Clain, à proximité du « rond-point de l’horloge » de Raqqa.

Quand « Fabien et Jean-Michel » sortent de chez eux, explique-t-il c’est « toujours (avec) une djellaba et un voile sur la tête par peur d’être dronés ». Les deux cadres de Daech ont la possibilité de se déplacer de leur appartement à leur studio radio « sans être vus ». « Dans Raqqa, il y a des lieux où des bâches sont tirées entre deux bâtiments, les Clain s’y dirigent à pied, ils attendent qu’un taxi passe, ils montent, ils se dirigent vers un endroit où il y a des bâches et ils changent de taxi, et ça jusqu’à ce qu’ils arrivent à destination », raconte le « revenant« .

Jean-Michel Clain, qui se fait appeler « Abou Othman », « a une position importante dans Daech ». « Il était dans le domaine de la transmission d’information de l’Etat islamique et il était en contact avec l’Ajna, les hautes autorités de l’Etat islamique », explique-t-il. « Jean-Michel est parti pendant un mois faire une formation sur les explosifs en Irak en 2015. Il a cherché une spécialité, car quand on n’a pas de spécialité, on va en première ligne. »

Séjour en Egypte avec les frères Merah

Fabien Clain, lui, travaille à al-Bayan, la radio de Daech où défilent tous les jours les « hautes personnes religieuses ». Il a des « fonctions bien supérieures » à celles de responsable de propagande, selon Jonathan G., qui le « soupçonne » d’être à la tête des « opérations extérieures » : « encadrements et choix de gens pour les envoyer en France par exemple pour commettre des attentats ».

« Pourquoi êtes-vous énervé contre les frères Clain? » l’interroge un enquêteur lors de sa garde à vue en septembre 2017. « Avant de partir, j’ai voulu savoir qui était encore dans l’idéologie de l’Etat islamique et donc je me suis dit que je n’aurais aucun scrupule à balancer sur ceux qui sont encore dans l’Etat islamique. Pour moi, eux, ils sont à fond dans l’idéologie [de Daech]. Jean-Michel et Fabien parlaient beaucoup des opérations extérieures. Ils se réjouissaient de ce qu’il se passait en France. »

Tous font partie de la même « cellule de Toulouse« , bien connue des services de renseignement. Lors d’un séjour en Egypte, Jonathan G. avait d’ailleurs été « réceptionné » par un Toulousain bien connu : Abdelkader Merah. Ce dernier lui aurait demandé d’héberger son petit frère, Mohamed Merah. Le futur « tueur au scooter », avec qui il a vécu quinze jours, avait « des sautes d’humeur très violentes », « des idées fixes », une « haine » à l’égard des militaires. Jonathan G. était au Caire en même temps qu’un autre nom de la sphère djihadiste : Farouk Ben Abbes, qu’il assure ne pas connaître.

Projet d’ouvrir une boutique de lingerie

En Syrie comme en Irak, Jonathan G., qui se faisait appeler « Abu Ibrahim » ou « Abu Sayfidine », a côtoyé aussi bien le responsable du magazine Dabiq, qu’un « agent des renseignements de l’EI », un Français apparu dans une vidéo où il brûle son passeport, ou encore le légionnaire de Lunel « Abou Souleyman al Faransi ». Il assure n’avoir pris part au combat que deux fois, « sans tirer jamais un seul coup de feu », à l’aéroport d’Alep et à Ramadi. Sur zone, il arrive à percevoir son RSA français par l’entremise de sa mère, qui lui envoie la somme via Western Union.

« Comment la France peut-elle vous faire confiance et ne pas craindre une action violente de votre part sur notre sol ? » l’interroge-t-on en garde à vue. « Je pense que quand j’ai tenu les propos anti-occidentaux, j’étais déjà dans un processus d’embrigadement de l’EI. Et qu’aujourd’hui, j’y suis opposé. La preuve est que j’ai dit tout ce que je savais sur l’EI et en impliquant mes anciens amis. Et que je suis prêt à aider la France par la suite si on a besoin de moi. Je veux reprendre une vie normale », répond-il.

Ses enfants, mineurs, ont été pris en charge par l’Aide sociale à l’enfance dès leur arrivée sur le sol français. L’aîné, 5 ans, est né en Egypte. La seconde, qui va avoir un an le 28 juin, est née en Turquie. Pour la « suite », il avait le « projet », avec sa femme, « d’ouvrir une boutique de lingerie au Maroc et en France ». En attendant, dans sa cellule de Fleury-Mérogis, il a fait une demande pour « reprendre » des études de médecine ou de kinésithérapie.

 

https://france3-regions.francetvinfo.fr/occitanie/haute-garonne/toulouse/attentats-du-13-novembre-freres-clain-vises-mandat-arret-1510021.html

Attentats du 13-Novembre : les frères Clain visés par un mandat d’arrêt

 

Fabien Clain / © France 3

Fabien Clain / © France 3

Les juges d’instruction antiterroristes chargés de l’enquête sur les attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis ont délivré fin juin des mandats d’arrêt à l’encontre de Fabien et Jean-Michel Clain, ces deux frères d’origine toulousaine qui ont fréquenté les frères Merah.

Par Marie Martin (avec AFP) Publié le 10/07/2018 à 08:46

Leurs voix avaient été rapidement identifiés dans la revendication par le groupe Etat islamique des attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis groupe Etat islamique : les juges d’instruction antiterroristes chargés de l’enquête ont donc délivré fin juin des mandats d’arrêt à l’encontre des frères Clain, a-t-on appris par un avocat de parties civiles.Cette annonce a été faite par les magistrats lundi lors d’une réunion d’information des rescapés et proches de victimes des attaques perpétrées contre des terrasses et la salle du Bataclan à Paris et au Stade de France à Saint-Denis, qui ont fait 130 morts au total.

La délivrance de ces mandats d’arrêts internationaux signifient que les juges réclament leur audition, en vue de leur mise en examen dans le dossier.

Au cours de cette réunion, qui s’est tenue à l’Ecole militaire à Paris, les juges ont également indiqué qu’ils espéraient boucler l’instruction en septembre 2019, a rapporté l’avocat de l’association française des victimes du terrorisme (AFVT), Antoine Casubolo Ferro.

Fabien Clain avait été rapidement identifié comme la voix du message sonore du groupe EI diffusé au lendemain des attaques perpétrées par trois commandos d’hommes revenus de Syrie. Son frère Jean-Michel a été identifié dans les Anasheeds – chants religieux – de l’enregistrement. Vétérans du jihad, ils sont dans le viseur des services antiterroristes depuis des années et se trouvent toujours probablement en Syrie, selon les enquêteurs.

Selon Maître Casubolo Ferro, les juges d’instruction ont décidé de délivrer ces mandats d’arrêt internationaux après avoir analysé la revendication, qui évoquait aussi un attentat dans le 18ème arrondissement de Paris. Or, ce dernier n’a pas eu lieu, ce qui mène les magistrats à penser que les frères Clain étaient au courant des préparatifs des attentats.

« Ils sont probablement quelque part en Syrie »

« Pour nous parties civiles, c’est une bonne nouvelle« , a déclaré l’avocat, qui a qualifié la réunion de lundi de « très intéressante« .  »A priori les frères Clain ne sont pas morts et n’ont pas été arrêtés, ils sont probablement quelque part en Syrie« , a-t-il ajouté, soulignant que lors de la réunion, des parties civiles s’étaient demandé comment ils avaient pu quitter le territoire français malgré leur surveillance par les services de renseignement.

Fin mai, une source proche du dossier avait affirmé à l’AFP que les frères Clain étaient toujours en vie et ne manifestaient pas leur envie de revenir ni en Turquie ni en France.

Converti à l’islam, Fabien Clain, né à la Réunion, a vécu plusieurs années à Toulouse où il a fréquenté les frères Mohamed – auteur des tueries de Toulouse en 2012 – et Abdelkader Merah. Il a été condamné à 5 ans de prison ferme en 2009 au procès d’une filière d’acheminement de jihadistes vers l’Irak, la filière dite d’Artigat.

En mars, le juge Christophe Teissier qui dirige cette enquête tentaculaire avait refusé une demande d’acte formulée par l’association de victimes Life For Paris qui réclamait l’audition des frères Clain et la délivrance de mandats d’arrêt, au regard de leur possible « rôle de premier plan » dans les préparatifs des attaques parisiennes.

Dans sa réponse, le juge avait notamment expliqué que « des investigations » étaient « en cours » pour « permettre avec précision de déterminer le rôle précis que chacun d’entre eux a pu avoir« , selon une source proche du dossier.

Au total, douze hommes sont poursuivis dans le dossier instruit à Paris et au moins cinq autres dont les frères Clain font l’objet d’un mandat d’arrêt.

En Egypte et au Maroc, les « plaisanteries » de mes harceleurs « déconnologues » n’amusent pas

En fait, il n’y a guère que des magistrats brestois que j’aie vus louer la « déconnologie » de Pascal Edouard Cyprien Luraghi et de sa bande de cybercriminels dits « déconnologues » dans des écrits officiels après que celui-ci ait lui-même expliqué à la gendarmerie de Puy-l’Evêque que leur science consistait en cyberharcèlements massifs et totalement démentiels à l’encontre de divers internautes, journalistes et autres personnages publics, notamment sur le site Rue89.

On rappelle que cette activité est dès son origine en 2008 pénalement répréhensible et que de nouvelles lois la condamnant encore plus précisément et fermement ont depuis lors été votées, notamment au cours de cette année 2018.

Par ailleurs, les mêmes magistrats savaient aussi parfaitement bien que la « déconnologie » de Pascal Edouard Cyprien Luraghi s’exerce depuis ses débuts avec la complicité de terroristes islamistes, dont les activités particulières sur le territoire français, notamment depuis mars 2012, ont également justifié l’apparition de nouvelles lois théoriquement destinées à les restreindre.

 

http://lavdn.lavoixdunord.fr/514097/article/2018-12-29/40-terroristes-tues-en-egypte-apres-l-attentat-meutrier-contre-un-bus-de

Le Caire «40 terroristes» tués en Egypte,

après l’attentat meurtrier contre un bus de

touristes vietnamiens

 

Les forces de sécurité ont tué samedi «40 terroristes» dans plusieurs raids en

Egypte, au lendemain d’un attentat meurtrier contre un bus de touristes

vietnamiens près du Caire, a indiqué le ministère de l’Intérieur

dans un communiqué.

 

LA VDN | 29/12/2018

Les forces de sécurité ont tué samedi «40 terroristes» dans plusieurs raids en Egypte. photo AFP

Les forces de sécurité ont tué samedi «40 terroristes» dans plusieurs raids en Egypte. photo AFP – AFP

 

Les raids ont été menés contre des combattants jihadistes présumés à Guizeh, lieu de l’attaque de vendredi, et dans le Sinaï (est), selon le ministère qui précise que 30 d’entre eux ont été tués à Guizeh. «Ils planifiaient une série d’agressions contre le secteur du tourisme, les lieux de culte chrétiens et les forces de sécurité».

Le ministère n’a pas lié directement ces raids policiers à l’attaque de vendredi qui n’a pas été revendiquée, mais une source sécuritaire a précisé qu’ils avaient eu lieu «tôt» samedi matin, donc après l’attentat.

Cet attentat est le premier contre des touristes en Egypte depuis juillet 2017. Le secteur crucial du tourisme a souffert de l’instabilité politique et des attentats de groupes extrémistes, dont le groupe jihadiste Etat islamique (EI), à la suite du soulèvement populaire de janvier 2011.

 

https://www.jeuneafrique.com/696020/politique/attentat-au-maroc-les-salafistes-marocains-condamnent-le-crime-terroriste/

Attentat au Maroc : les salafistes marocains condamnent le crime terroriste

 

28 décembre 2018 à 12h08 | Par
En Egypte et au Maroc, les

 

Le principal groupe politique salafiste du royaume a condamné le meurtre des deux randonneuses scandinaves au pied du Mont Toubkal et a rediffusé ses principales revendications.

C’est par voie de communiqué que la Coordination commune pour la défense des détenus islamistes (CCDDI) a condamné le 27 décembre le récent double assassinat à caractère terroriste commis à Imlil, dans la région de Marrakech.


>>> À LIRE – Maroc : le terrorisme frappe au pied du mont Toubkal


La CCDDI, née afin de porter la voix des prisonniers salafistes marocains – souvent arrêtés dans le cadre de la principale loi antiterroriste n°03-03, promulguée au lendemain des attentats de mai 2003 –, est au fil du temps devenue l’un des principaux groupes du salafisme militant marocain. La Coordination est notamment active à Rabat, Salé, Fès, Tanger et Tétouan.

Un communiqué militant

Dans son communiqué, la CCDDI a gardé un ton militant et condamné ceux qui profitent de la séquence pour accuser à tort l’islam. La CCDDI a réitéré sa demande de voir abroger la loi antiterroriste. Cette dernière avait été étendue en 2015, notamment sous la houlette du ministre de la Justice, l’islamiste Mustapha Ramid, avocat anciennement engagé dans la défense des droits des prisonniers salafistes.


>>> À LIRE – Antiterrorisme : le modèle marocain


Enfin, la Coordination n’a pas caché sa crainte d’abus après la confirmation de la piste terroriste du crime d’Imlil. En 2005, Mohammed VI lui-même avait reconnu l’existence d’« abus » dans la répression post-attentats de 2003 dans une interview au quotidien espagnol El País. À Jeune Afrique, Abdelhak Bassou, ancien directeur central des renseignements généraux marocains, avait assuré que l’organisation du Bureau central des investigations judiciaires (BCIJ), créé en 2015 et chargé de l’enquête sur le crime d’Imlil, permettait aussi d’éviter les atteintes aux droits.

Dans son communiqué, la CCDDI a regretté des « arrestations préventives » dans les milieux salafistes à l’orée de la fin d’année 2018, dont témoignent aussi des articles de la presse arabophone, notamment le quotidien à grand tirage Al Massae.

Les chouyoukh condamnent

Le texte de la Coordination n’est pas la première réaction à l’assassinat des deux jeunes touristes scandinaves par des individus visiblement radicalisés à grande vitesse émanant de la galaxie salafiste marocaine. Le cheikh Mohamed Fizazi avait rapidement condamné l’assassinat des deux jeunes touristes.

« Le meurtre des femmes est illicite en temps guerre, comment tuer en paix ? » Fizazi avait été libéré en 2011, après plusieurs années de prison. Cette voix influente du salafisme contemporain marocain avait été arrêtée dans la foulée des attentats de mai 2003, alors qu’il était connu pour ses prêches enflammés. Aujourd’hui, toujours très conservateur, il est devenu bien moins politique dans ses propos et s’érige souvent en ardent défenseur de l’ordre. Mais comme un certain nombre de chouyoukh enfermés dans une période courant du 11 septembre 2001 aux printemps arabes et libérés dans la foulée de ces derniers, il a perdu de son influence dans le milieu salafiste.

Le cheikh Hassan Kettani, enfermé lui aussi dans la foulée des attentats de 2003 pour ses prêches et gracié par le roi en 2012, a également condamné un « crime odieux ». Kettani est resté plus proche des bases militantes que Fizazi et apparaît parfois aux côtés des militants de la CCDDI dans des manifestations publiques. Avec les réactions des salafistes dits « quiétistes », comme le Marrakchi Hammad el Kabbaj, qui ont tâché de condamner les assassinats tout en insistant sur la dissociation de l’islam et du terrorisme, c’est le gros de la sphère salafiste marocaine qui a désavoué le crime d’Imlil.

 

12345...13

Le Club des Jeunes |
Collectif citoyen de Monfla... |
JCM Consultant |
Unblog.fr | Créer un blog | Annuaire | Signaler un abus | Hug Lo
| Reelnew
| coachingmeteo