Saint-Etienne-du-Rouvray : jeu de pistes

 

 

Etant ingénieur d’études en informatique, conceptrice de systèmes d’information parmi les plus complexes, je ne suis certainement pas plus stupide qu’un journaliste, d’autant que durant toute ma scolarité brestoise, j’ai toujours été unanimement reconnue comme excellente en tous domaines, y compris les sports à ma portée.

Jeu de pistes, donc.

Rouvray, 1981 : découverte d’un corps décomposé, le gendarme Christian Jambert est chargé de l’enquête; c’est le début de la tristement célèbre affaire Emile Louis, liée à celle des torturées d’Appoigny.

Saint-Etienne-du-Rouvray, 2016 : assassinat dans son église du père Jacques Hamel.

De Rouvray à Saint-Etienne-du-Rouvray, il n’y a qu’un nom ou un prénom, Etienne, celui d’un saint.

Lequel ? Lesquels ?

Etienne Morel a pris la suite du Toulousain Christian Barthes à la tête de l’hôpital psychiatrique de Bohars, du CHU de Brest.

Il vénère un proxénète auxerrois ayant exploité des prostituées à Paris et dirigé très tôt ses activités vers Rouen.

Josette Brenterch, Julie Le Goïc et Sylvie Depierre-Zabel sont à son service.

Leurs bons amis rémois financés par mon Chinois de Thaïlande ont fait Charlie Hebdo.

Chérif Kouachi aurait pu être poursuivi pour détention d’images pédopornographiques dès 2010.

Les frères Abdeslam fréquentaient des prostituées.

Trois semaines avant de passer à l’acte, Mohamed Merah avait effectué un dernier voyage en Belgique.

Le 3 mars 2011, le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait publié un texte de Laurent Morillon de Montluçon sur un western des frères Coen, « True Grit », dédié à leur amie commune Emmanuelle Thomas, devenue toulousaine depuis quelques mois, pour ses scènes d’une violence inouïe, semblables à celle ouïe par les riverains d’une petite impasse caillouteuse de Bouloc le 14 février 2011 avant la levée du jour.

Chacun complètera comme il l’entend.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160810.AFP4143/assassinat-du-pere-jacques-hamel-un-homme-en-garde-a-vue.html

Prêtre assassiné: un homme en contact avec les tueurs en garde à vue

 

Prêtre assassiné: un homme en contact avec les tueurs en garde à vue
La maison à Pechbonnieu, à proximité de Toulouse, où a été arrêté un jeune jihadiste de 21 ans, le 10 août 2016 ((c) Afp)

 

Publié le 10 août 2016 à 11h17

 

Pechbonnieu (France) (AFP) – L’enquête sur l’assassinat du prêtre égorgé fin juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray se poursuit dans le cercle relationnel des tueurs: un homme de 21 ans en contact avec les deux jihadistes a été interpellé lundi près de Toulouse et sa garde à vue a été prolongée mercredi.

Né le 17 août 1994, l’homme, interpellé à Pechbonnieu, une petite ville tranquille et résidentielle à une quinzaine de kilomètres au nord de Toulouse, est actuellement entendu dans les locaux de la SDAT (sous-direction antiterroriste) à Toulouse, selon des sources judiciaire et policière.

Sa garde à vue débutée lundi après-midi a été prolongée de 48 heures mercredi. Elle peut durer quatre jours, comme le prévoit la loi dans les affaires de terrorisme.

Selon une source policière, le jeune homme a eu des contacts téléphoniques avec les deux assaillants. Les enquêteurs, pour qui il n’était pas présent sur place le jour de l’attaque, cherchent à savoir s’il s’est rendu à Saint-Etienne-du Rouvray dans les jours précédents.

L’individu vit à Pechbonnieu avec sa mère et ses deux jeunes soeurs dans une grande maison blanche aux volets bleus, entourée d’un jardin en friches, selon les voisins de ce quartier encore en construction.

La famille y vivait plus ou moins cloîtrée: « Personne ne les connaissait », témoigne la voisine d’en face. « On ne les voyait pratiquement jamais », renchérit une autre femme, qui n’a « aperçu le garçon que deux ou trois fois ».

Les habitants du lotissement s’étonnaient que les volets fussent toujours fermés, confirme un jeune homme, qui a assisté à la descente lundi après-midi d’une dizaine de policiers cagoulés et de 7 à 8 autres le visage à découvert.

« J’ai regardé depuis une fenêtre, ils fouillaient toute la maison », a-t-il dit à l’AFP, « puis ils sont sortis avec un jeune cagoulé. Au début j’ai cru à une affaire de drogue puis j’ai vu que c’était du terrorisme« . « Les CRS m’ont intimé l’ordre de rentrer chez moi », a ajouté un autre voisin.

Depuis le début des investigations sur cet attentat inédit en France, les enquêteurs s’intéressent à l’environnement relationnel des deux tueurs du père Jacques Hamel, dont l’assassinat dans une église près de Rouen a été revendiqué par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Le 26 juillet, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous deux âgés de 19 ans, avaient pris en otage cinq personnes et tué le prêtre en pleine messe dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, avant d’être abattus par la police.

- Messagerie Telegram -

Les deux hommes, qui vivaient à 700 kilomètres de distance, avaient fait connaissance quelques jours avant leur passage à l’acte via la messagerie cryptée Telegram, l’un des moyens de communication préférés des jihadistes, en raison notamment de sa politique de confidentialité. Les enquêteurs étudient toujours le déchiffrement des messages envoyés par les tueurs.

Comme Petitjean, Kermiche était un habitué de Telegram. Il y avait décrit par avance le mode opératoire de l’attaque du 26 juillet, mentionnant « un couteau » ainsi qu’ »une église », et Petitjean y avait posté courant juillet une vidéo où il prêtait allégeance à l’EI et faisait état d’un projet d’action violente contre la France.

Dans cette affaire, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué le 31 juillet. Né à Nancy, cet homme de 30 ans « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », selon le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.

Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Magnanville (13 juin, deux morts), Nice (14 juillet, 85 morts) puis Saint-Etienne-du-Rouvray (26 juillet, un mort): en proie à une menace terroriste sans précédent, la France a subi en un mois et demi trois attaques jihadistes revendiquées par le groupe Etat islamique, plus de six mois après les attentats de Paris et Saint-Denis en novembre (130 morts).

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/08/10/2398891-attentat-saint-etienne-rouvray-homme-interpelle-toulouse.html

Publié le 10/08/2016 à 10:17

Le suspect interpellé près de Toulouse reconnaît s’être rendu à Saint-Etienne-du-Rouvray

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

La maison de Pechbonnieu où la famille de Yassine S. vit depuis un an./ DDM C.L
La maison de Pechbonnieu où la famille de Yassine S. vit depuis un an./ DDM C.L

Saint-Etienne-du-Rouvray : jeu de pistes dans AC ! Brest image-zoom

De source officielle et confirmée à la rédaction de La Dépêche du Midi, un jeune homme né le 17 août 1994 a été interpellé ce lundi 8 août à Pechbonnieu, dans la banlieue nord de Toulouse, et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. Il a été arrêté devant chez lui lundi en début d’après-midi par les policiers de la SDAT, appuyés par les policiers de la BRI du SRPJ de Toulouse. Ce mercredi après-midi, sa garde-à-vue a été prolongée de 24 heures, a-t-on appris de source policière. Selon nos informations, le suspect a reconnu s’être rendu en Normandie pour 24 heures où il a rencontré au moins un des deux terroristes avant l’attaque de l’église. A l’issue de sa garde-à-vue, il devrait être transféré dans les locaux de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) à Levallois-Perret.

Jusque-là inconnu des services de police et de renseignement, le jeune homme qui aurait brutalement basculé dans l’islamisme radical est interrogé depuis lundi après-midi par les policiers de la sous direction anti-terroriste de la police judiciaire à Toulouse.

Ce garçon, âgé de 21 ans, est soupçonné de s’être rendu à Saint-Étienne-du-Rouvray la veille de l’attentat commis le 26 juillet. Il aurait pu procéder aux repérages qui ont précédé la prise d’otage et l’assassinat du père Jacques Hamel.Les enquêteurs n’excluent pas toutefois qu’il aurait pu avoir l’intention de participer à l’attentat avant de finalement renoncer.

C’est l’analyse technique des téléphones utilisés par les deux preneurs d’otage, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à cet individu : le jeune homme aurait en effet été en contact avec les deux assaillants, via l’application de messages cryptés Telegram notamment.

Ce mercredi, le jeune homme est toujours entendu à Toulouse par la Sous-Direction anti-terroriste. Dans le cadre des enquêtes liées au terrorisme, la garde à vue peut être prolongée jusqu’à 96 heures. Si les soupçons se confirment, ce garçon pourrait être transféré dans les locaux de la SDAT à Levallois-Perret mercredi soir ou jeudi.

Selon nos informations, le suspect interpellé appartient à une famille qui s’est installée à Pechbonnieu voilà seulement quelques mois, dans une maison achetée par une femme seule et mère de trois enfants, dans le cadre d’un parcours sécurisé d’accession à la propriété. On ignore pour l’instant où résidait cette famille avant son arrivée dans la banlieue toulousaine.

Il ne s’agit pas de la première arrestation à laquelle ont procédé les services anti-terroristes dans le cadre de cette affaire. Le 31 juillet, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué. Né à Nancy, cet homme âgé de 30 ans « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », selon le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.   Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Le mardi 26 juillet dernier, une prise d’otages avait eu lieu en pleine messe dans une église de cette commune de Normandie, où un prêtre, le père Jacques Hamel, avait été égorgé par les preneurs d’otages. Cet attentat avait été revendiqué par Daesh.

JEAN COHADON AVEC CLAIRE RAYNAUD

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/08/10/2398929-suspect-interpelle-la-famille-vivait-cloitree-chez-elle.html

Publié le 10/08/2016 à 15:16, Mis à jour le 10/08/2016 à 15:23

Suspect interpellé : «la famille vivait cloîtrée chez elle»

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Légende photo : Le suspect interpellé vivait reclus avec sa famille dans cette maison, à Pechbonnieu. / DDM Claire Raynaud - DDM Claire Raynaud
Légende photo : Le suspect interpellé vivait reclus avec sa famille dans cette maison, à Pechbonnieu. / DDM Claire Raynaud DDM Claire Raynaud

image-zoom dans Action Directe

Que sait-on sur Yassine S., interpellé lundi 8 août en début d’après-midi à Pechbonnieu et suspecté d’avoir été en contact avec les deux assaillants de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray ?

Agé de 21 ans, ce jeune homme est décrit par ses voisins comme un personnage plutôt « sauvage », comme les autres membres de sa famille. « Il s’est installé à Pechbonnieu avec sa famille il y a un an pile, avec sa mère et ses deux soeurs », témoigne l’un d’entre-eux.

« Cette famille vivait complètement cloîtrée chez elle. Les volets étaient fermés en permanence, le jardin qui n’est pas entretenu, est vite devenu une forêt vierge. Lors de la fête de quartier, c’est la seule famille qui n’a pas répondu présente. Tous les habitants du quartier étaient là, sauf eux », ajoute un autre. « Cette famille limitait au maximum les contacts avec le voisinage et ne recevait quasiment jamais de visite », raconte une maman du quartier.

« Il ne disait jamais bonjour »

D’après les riverains, la mère est divorcée et le jeune suspect est le fils aîné de la fratrie. Ses petites sœurs (l’une est une jeune adulte, l’autre une lycéenne scolarisée à Toulouse) sont décrites comme « polies » par le voisinage. La mère, elle, est en revanche loin de faire l’unanimité. « Elle a engueulé plusieurs fois les enfants qui jouaient dans la rue », se souvient une voisine. « Elle a fait pleurer ma fille parce que notre chat aurait fait ses besoins dans leur jardin, alors qu’il ressemble à un terrain vague et qu’il n’a jamais été tondu en an », se plaint une autre.

Quant au suspect actuellement en garde à vue à Toulouse, « il ne disait jamais bonjour, ne saluait personne et avait en permanence des écouteurs sur les oreilles », souligne un autre voisin.

Les voisins, en tout cas, sont unanimes pour dire que le jeune Yassine, d’origine maghrébine, ne présentait aucun signe extérieur de radicalisation. « Comme tous les membres de sa famille, il était vêtu à l’européenne, conclut un riverain. Sa maman et ses soeurs ne portent pas de voile et elles étaient plutôt, elles, aussi habillées à la mode. »

Claire Raynaud et Anne Aguer

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/faits-divers/20130529.OBS1025/le-dernier-voyage-de-mohamed-merah-en-belgique.html

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

 

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

Des documents et des photos, comme celle-ci, dévoilées par France 3 Midi-Pyrénées, montrent que Mohamed Merah était dans le viseur des renseignements français depuis 2006. (France 3 Midi-Pyrénées)

 

Trois semaines avant de passer à l’acte, le tueur de Toulouse et Montauban aurait rendu visite à Abou Jaber, éminence grise d’une cellule djihadiste bruxelloise.

 

 

Mohamed Merah pourrait avoir été chercher du soutien en Belgique. Selon des informations révélées par « Le Parisien » (article payant), trois semaines avant de passer à l’acte, l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban aurait passé une journée avec Abdelkader el-Farssaoui, alias Abou Jaber, un Marocain vivant en Belgique et interrogé par la justice belge dans le cadre d’une enquête sur une cellule djihadiste de Bruxelles.

Décrit comme l’éminence grise du groupe, Abou Jaber est un proche de Mohamed Achamlane, dit Abou Hamza, le leader du groupe terroriste niçois Forsane Alizza, démantelé peu après les tueries de Mohamed Merah. C’est par l’intermédiaire de ce dernier que le tueur de Toulouse et Montauban lui a rendu visite, selon les déclarations d’el-Farssaoui à la justice belge.

Des liens étroits entre Merah et la Belgique

Mais pourquoi Merah a-t-il fait cet étrange déplacement ? Non pas pour parler de son projet meurtrier mais pour échanger sur sa vision curieuse de l’islam, selon Abou Jaber. « Il m’a notamment dit que la première femme qu’il aurait serait une femme du paradis », assure-t-il. Merah évoque néanmoins brièvement ses voyages en Afghanistan et au Pakistan. Ce nouvel élément est d’autant plus troublant que ce n’est pas la première fois que la Belgique apparaît dans le dossier, relève « Le Parisien ».

Pas moins de 22 numéros belges ont été relevés sur les factures téléphoniques de Merah, dont l’un correspond à une prostituée bruxelloise, ex-épouse d’un caïd local. En 2006, Merah se serait également rendu dans le plat pays avec Sabri Essid, un ami toulousain condamné en 2009 pour son appartenance à une filière jihadiste irakienne. Enfin, Moez Garsallaoui, un cadre d’Al-Qaïda soupçonné d’avoir formé Merah au Pakistan, a longtemps vécu à Bruxelles, dans les années 2000 avant d’être abattu à l’automne dernier près de la frontière afghano-pakistanaise.

L'Obs

L’Obs

Journaliste

 

http://www.radicalparty.org/fr/content/le-vrai-roman-noir-des-disparues-de-l%E2%80%99yonne

LE VRAI ROMAN NOIR DES DISPARUES DE L’YONNE

Elsa Vigoureux
Le Nouvel Observateur

Depuis l’arrestation d’Emile Louis, Auxerre ose se souvenir

Il y a les faits. Il y a aussi ce silence: cette chape de plomb qui s’abat sur une petite ville, cette omerta qui lie des notables et sur laquelle butent les bonnes volontés. On les a appelées “les disparues de l’Yonne”: violées, torturées, assassinées… “Disparues”, parce que ceux qui avaient pour devoir de les chercher n’ont pas voulu voir, entendre. Elsa Vigoureux a remonté la piste des victimes et des bourreaux. Au fil des témoignages et des procès-verbaux surgissent d’étranges coïncidences. Un voyage dans un coin de France qui a basculé dans l’horreur

Elle parle aussi vite qu’elle courrait pour s’enfuir. Huguette s’excuse, mais ce Dunand l’a tuée “de la tête aux pieds”. En plus de ça, elle a cette trouille qui lui serre le ventre: “Faire attention à la peau de mes deux gosses.” Elle a bien écrit au juge d’application des peines, le suppliant d’interdire à Claude Dunand de mettre les pieds dans le département où elle habite. Parce qu’il est “libre comme l’air maintenant, hein”. Condamné en 1991 pour tortures et actes de barbarie à la prison à perpétuité, Claude Dunand a été remis en liberté en juin 2001. Et le juge n’a pas répondu à Huguette. “Même pas une lettre. Pourquoi?” C’est la panique, elle hache son discours, le ponctue de “y a trop de protections dans cette affaire… Ils sont tous véreux à Auxerre”. Son histoire, c’est une pièce du puzzle dans l’affaire des disparues de l’Yonne. Huguette en est convaincue. Ces sept filles qui ont disparu à la fin des années 70 étaient comme elle des enfants de l’Assist -ance publique. Et Huguette a même connu l’une d’entre elles au foyer de Montmercy. L’un de ces établissements par où passait Emile Louis dans son car de ramassage scolaire des Rapides de Bourgogne. “Des hasards, il y en a trop…” Huguette patauge dans le souvenir qui n’en finit plus de déborder de sa mémoire ouverte. Elle raconte, elle raconte. “Parler, c’est se battre, non?”
Huguette avait quitté les foyers de la Ddass tout en restant sous sa tutelle, lorsqu’en 1983 elle a trouvé du “travail”. Une petite annonce. Un coup de fil. Une rencontre. Et c’est chez Claude et Monique Dunand, allée des Violettes à Appoigny, que la jeune femme atterrit en octobre 1983. Un homme lui enchaîne les pieds et les mains pendant qu’un autre lui jette une couverture sur la tête. Et les deux l’attachent à un tuyau. Avant de la fouetter. Le lendemain, Claude Dunand la viole. Et la laisse plusieurs jours, nue, sans eau ni nourriture. Son premier tortionnaire, un Allemand, qui se fait appeler Helmut. Il la flagelle, lui introduit des aiguilles dans les seins et dans les fesses, qu’on ne lui ôtera que le lendemain. Un autre prend plaisir à la regarder boire son urine. En tout, une trentaine d’hommes la torturent. “Des gens haut placés, venant de Paris, de Lyon…”, se souvient Huguette. C’est 500 francs la pose d’écarteur dans le vagin. Et l’argent est directement reversé à l’Organisation. Dunand lui perfore les lèvres vulvaires avec des épingles à nourrice qu’il attache à ses cuisses. Lui introduit des objets dans l’anus jusqu’à le lui déchirer. Lui brûle les seins avec un tournevis rougi, dessine sur l’un d’eux une croix gammée. Et lui envoie des décharges de courant électrique dans la poitrine. Les plaies s’infectent. Claude Dunand fait venir un ami médecin. Qui soigne des plaies, juste ça. Et repart avec sa malette, comme il est arrivé. “C’est normal, ça?” Huguette n’a pas vu le visage de cet homme-là, elle avait une cagoule sur la tête.
Mais Dunand n’en avait pas assez. Trois mois plus tard, il lui fallait une autre fille. Ce sera Mickaëlla, pupille de la nation. Ces filles-là, c’est mieux que les autres. Plus pratique, puisqu’elles n’ont pas de famille. Et la Ddass a bien trop à faire, elle ne les suit pas à la trace. Ancienne élève de l’Apajh (Association pour Adultes et Jeunes Handicapés), Mickaëlla a fréquenté l’Institut médico-éducatif Grattery, que dirige le réputé “intouchable” Pierre Charrier. Que quatre des sept jeunes filles disparues ont aussi fréquenté à la fin des années 70. Le 17 janvier 1984, la jeune femme est enchaînée aux quatre madriers formant une croix de Saint-André dans le sous-sol du pavillon d’Appoigny. Dans une cellule, au fond d’une pièce où les fenêtres sont obstruées par des journaux et de la laine de verre, juste meublée d’un sommier en fer et de deux tables. Sur l’une d’elles, un carton rempli de phallus artificiels en bois et en caoutchouc, de pinces à linge, d’aiguilles à tricoter, de bougies, de deux tubes de vaseline et d’une pince-crocodile. Mickaëlla, soumise comme Huguette à l’Organisation. Une mystérieuse formation, par le biais de laquelle plusieurs filles avaient été vendues aux enchères comme esclaves, alors que d’autres étaient mortes. C’est ce que racontait Dunand.
Quelques jours plus tard, Huguette parvient à s’enfuir. C’était un vendredi. Son médecin traitant a averti le procureur de la République, René Meyer. “J’ai tout raconté aux flics, le soir même. Je leur disais qu’il y avait Mickaëlla, qu’il fallait la libérer vite. Ils ne me croyaient pas.” Ce qui aurait donc laissé à Dunand le temps de passer quelques coups de fil à l’Organisation pour prévenir qu’Huguette avait fui. Et la police locale n’a débarqué que le lundi dans le pavillon d’Appoigny. Elle a interpellé Claude et Monique Dunand, libéré Mickaëlla, saisi tout le matériel. Et des carnets d’adresses, “dont l’exploitation ne permettait pas de retrouver d’autres tortionnaires”, selon les enquêteurs du SRPJ de Versailles, qui ont repris l’enquête. Ils n’identifieront donc que trois clients: Georges Ethievant, Paul Lefort et Joseph Quiock. Les deux premiers seront mis en examen. Paul Lefort, qui avait reconnu les faits, sera retrouvé mort en avril 1984. Ce qui lui a tout juste laissé le temps de parler aux enquêteurs d’une “fille”, dont le tortionnaire d’Appoigny assurait s’être débarrassé. Georges Ethievant, qui avait connu Dunand au Club des Genêts d’Or à Paris, mourra en 1990, peu avant sa comparution en cour d’assises. Lors de l’instruction, il a nié avoir conseillé à Dunand de faire disparaître l’essentiel des carnets d’adresses. Quant à Quiock, il s’était déclaré étranger à tous ces faits, et avait même fourni de solides alibis: attestations de ses proches signifiant qu’il n’avait pu se trouver dans l’Yonne les jours où il était à Paris avec eux. Forcément. Cet ingénieur au centre de formation de la Marine nationale est donc toujours vivant. Monique, la femme de Claude Dunand, elle, a fait une chute mortelle dans ses escaliers.
A l’époque, l’affaire d’Appoigny intéresse beaucoup un homme à Auxerre. C’est le gendarme Jambert, un enfant de la Ddass lui aussi. Qui s’acharne alors à comprendre comment sept jeunes filles ont pu se volatiliser entre 1977 et 1979. C’est en 1981, quand il retrouve à Rouvray le cadavre d’une jeune femme, pupille de la nation, que commence son enquête. La dernière personne qui avait vu la victime, c’était un certain Emile Louis. Et Jambert s’aperçoit bien vite que ce chauffeur de car connaît chacune des sept disparues. L’affaire d’Appoigny, “il aurait aimé bossé dessus, raconte aujourd’hui son fils. Pour lui, tout ça avait quelque chose à voir avec l’affaire de ces sept filles mystérieusement disparues. Mais personne ne l’écoutait à l’époque. Ni au tribunal ni à la gendarmerie”. Rendue en 1984, l’enquête préliminaire du gendarme restera d’ailleurs introuvable pendant les douze années suivantes.
Pour Jambert, cela ne faisait pas de doute: Claude Dunand et Emile Louis avaient des amis communs. Tous deux ont vécu dans le même village, à Migennes. Puis travaillé au même endroit, à la gare routière d’Auxerre. Et des enquêteurs de l’époque affirment aujourd’hui que “les clients de Dunand sont les mêmes que ceux qui manipulent la justice auxerroise”. Derrière Emile Louis et Claude Dunand, des notables, des gens bien installés au cœur des institutions, qui tiennent à leur place et qui participent, au moins par leur silence, à l’impunité. Emile Louis l’a lui-même répété à plusieurs reprises au cours de ses auditions: “On veut me faire porter le chapeau, mais à Auxerre, il se passe de drôles de choses…” De la Ddass à l’Apajh, en passant par le tribunal de grande instance ou la gendarmerie d’Auxerre, personne ne s’est inquiété du sort qu’ont pu subir les disparues d’Auxerre. On a simplement apposé la mention “fugue” au bas de leurs dossiers. Aux personnels des établissements qui s’interrogeaient, on répondait que les fuites étaient signalées aux autorités. Faux. “Il ne fallait pas qu’on s’en mêle, raconte une éducatrice. C’était quasiment devenu interdit de parler de ces filles.”
Et c’est justement un membre du comité de gestion au CAT (Centre d’Aide par le Travail) de Mézilles, Georges Fritsch, ami d’un des fondateurs de l’Apajh, Georges Decuyper, qui s’improvise visiteur de prison en 1989. Cet ancien curé crée la Fraternité Notre-Dame, une association de réinsertion pour détenus, qui s’occupe aussitôt de Claude Dunand. Georges Fritsch écrit au garde des Sceaux, Pierre Arpaillange, en décembre de la même année: “Je profite de mes vieilles et excellentes relations avec Jean-Pierre Soisson, pour vous atteindre directement, de façon certaine.” Et demander la libération de Dunand ainsi qu’une subvention de 200000 à 220000 francs pour les besoins de l’association. Alors ministre du Travail, Jean-Pierre Soisson intervient même auprès d’Arpaillange et informe Georges Fritsch en juin: “Je note avec plaisir que votre dossier est en cours de constitution et j’espère vivement que vous obtiendrez l’aide financière souhaitée.” Fritsch a l’argent, Dunand retrouve sa liberté jusqu’à son procès. Puis l’ancien curé disparaît de l’Yonne. On retrouve quelques documents dans son local paroissial, dont des invitations à des “soirées Q”. En 1991, le tortionnaire Dunand est jugé et condamné à la prison à perpétuité. Et depuis juin 2001, il est à nouveau libre.
1992, un an à peine après l’affaire d’Appoigny: Pierre Charrier est condamné à six ans de prison ferme pour viol à répétition pendant un an sur une jeune fille déficiente mentale, élève d’un centre de l’Apajh que dirige sa femme, Nicole. Pierre Monnoir est alors adhérent de l’Apajh. Il avait un frère handicapé à l’époque. Et toutes ces histoires lui chauffent les oreilles: Appoigny, la rumeur de ces disparitions, et maintenant ces viols. Il s’en pose, des questions. “Que fait tout ce petit monde intouchable? Ça se passe sous leurs yeux et ils ne disent rien? Les filles disparues, ce ne sont pas des mobylettes. Il s’agit d’êtres humains!” Il demande des comptes. A Alain Drouhin, président de l’Apajh et ancien chef de cabinet du maire Jean-Pierre Soisson. A Nicole Charrier, alors conseillère municipale sur la liste de Soisson. Amie d’Emile Louis, aussi. Toujours prête à lui rendre service: lorsque le chauffeur de car est jugé en 1983 pour attentats à la pudeur sur les gamins de la Ddass confiés à sa femme, Nicole Charrier se porte spontanément témoin de moralité pour lui.
On le prévient, Monnoir: ses insinuations pourraient bien se traduire en diffamations devant la justice. Alors, qu’il passe l’éponge sur tous ces doutes, et on n’en parle plus. Mais l’homme n’est pas du genre à se taire. Plutôt de ceux qui revendiquent le droit de comprendre. Un parent de handicapé, juste ça. Il crée alors l’ADHY (Association de Défense des Handicapés de l’Yonne). Et le voilà, ramant à contre-courant, qui se heurte à “un système puissamment verrouillé, un silence en béton armé”. A la Ddass, au tribunal, dans les cabinets d’avocats, on lui claque les portes au nez. Partout, on lui dit qu’il est “parano”. A la plainte déposée en 1996, la justice répond par une ordonnance de non-information. Il reçoit des coups de fil anonymes, des menaces de mort. Pierre Monnoir “découvre l’omerta auxerroise”. On le traite de “fou”. Il n’y a pas d’affaire dans la région: pas de corps, pas de crime. C’est tout. Et la presse locale enfonce le clou: “On peut simplement affirmer que des filles ont disparu et n’ont pas été retrouvées. Rien d’autre.”
Il faut attendre juillet 1997 pour que la cour d’appel de Paris ordonne l’ouverture d’une information judiciaire pour “enlèvements et séquestrations arbitraires”. Une reconnaissance, si posthume soit-elle, pour ces sept jeunes filles disparues dans le pire des mépris. Comme un hommage aussi pour le travail de Jambert. Il s’est tiré une balle dans la tête un dimanche d’août 1997. Mais finalement, il avait raison: toutes les pistes mènent au même homme. Emile Louis est arrêté en décembre 2000. Et le champ des recherches s’élargit enfin à celui des responsabilités. A la nomenklatura locale de ramer; cette fois, le courant s’inverse. Et le journal “l’Yonne républicaine” plonge: “La presse parisienne est insatiable. […] Il lui faut du scandale, du vrai, politico-judiciaire de préférence. […] Des politiques pourraient être mouillés. Bonjour l’imagination! L’appareil judiciaire et les institutions sont déjà condamnés avant d’avoir été entendus. Il ne reste qu’à épingler Soisson, Henri Nallet ou Guy Roux. L’affaire des disparues aura alors vraiment de l’allure.”
De rapports en enquêtes, les institutions révèlent pourtant leurs manquements. La disparition dans le tribunal de la quasi-totalité des dossiers clos par un non-lieu entre 1958 et 1982 n’est pas une invention. De quoi “semer le doute sur la manière dont le parquet a traité les affaires relatives à la disparition de mineurs ou de jeunes filles majeures dans des conditions suspectes”, comme en convient le procureur de la République d’Auxerre, Marie-Suzanne Le Quéau. Les avocats de la ville estiment qu’une “telle situation est inimaginable”. Comme s’ils refusaient d’y croire. D’ailleurs ils préfèrent ne pas en parler, “personne n’a le temps de s’arrêter là-dessus”. Partout dans la ville, la même attitude. “Parce qu’Auxerre, c’est une ville fermée, si étouffante qu’on se sent oppressé, raconte une ancienne habitante, ex-employée de l’Apajh. Je n’avais qu’une envie, c’était de me tirer de là.” Fuir le souvenir. Le silence est une habitude si confortable, qu’on s’en voudrait de le rompre. Alors “les gens se cachent pour acheter le livre sur l’affaire des disparues (1)”, raconte Pierre Monnoir. Et les questions démangent quelques habitants. Comme cette dame qui a attendu vingt ans avant d’oser demander par courrier au procureur de la République des nouvelles de l’affaire Lucette Evain. Il a fallu l’y pousser. “Je n’ai jamais su de quoi elle était morte, et j’y pensais tout le temps.”
Son corps avait été retrouvé sur un terrain vague en 1970, pas loin du siège des Rapides de Bourgogne, où travaillait déjà Emile Louis. Et alors? C’est une enfant de la Ddass, on boucle l’enquête: elle s’est suicidée. Aujourd’hui, impossible de remettre la main sur la procédure, impossible de retrouver le rapport d’autopsie. En 1979, c’était au tour d’Elisabeth Fontaine. Mystérieusement volatilisée. On retrouve sa voiture sur un parking, au bord de l’Yonne. A la fourrière, direct. Pas d’enquête, rien. Les parents de la jeune fille écrivent au procureur de l’époque. Deux fois, et pas une réponse. Le dossier est refermé, Elisabeth n’allait pas bien, elle a dû vouloir en finir. C’est plus simple comme ça. Même scénario pour Marie-Angèle Domece, encore une jeune fille de la Ddass, disparue le 8 juillet 1988. Affaire classée. Et oubliée. Sylvie Baton, Joanna Parish et Danièle Bernard ont été assassinées en 1989 et 1990. Les circonstances de leurs morts restent non élucidées. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Les souvenirs remontent à la surface d’une eau opaque et sale. Une matière visqueuse, qui vous colle à la mémoire. “On ne mange plus, on ne dort plus, on ne pense plus qu’à ça, raconte une ancienne employée de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre. Et on s’interroge, on culpabilise: ai-je été le témoin aveugle d’un ignoble manège?” Tous ces médecins qui se retrouvaient si souvent au restaurant le Saint-Fiacre, à Appoigny. A 100 mètres à peine de l’allée des Violettes, où résidaient Claude et Monique Durand. Oui, c’est sûrement le hasard s’il était tenu par un ancien proxénète. Celui-là même sous la protection duquel Monique Dunand s’était prostituée un temps à Auxerre. Un type qui fréquentait aussi le Nicky Bar, où Emile Louis avait ses habitudes. Et où Françoise Lemoine, l’une des sept jeunes filles portées disparues, avait été embauchée comme serveuse. Mais ce ne sont que des coïncidences.
A l’hôpital, c’est le docteur Dumeige qui a dirigé le service jusqu’en 1985. Il est le beau-frère de l’avocat de Nicole Charrier, adjoint au maire sous le dernier mandat de Jean-Pierre Soisson. “Il parlait de sexe toute la journée, confie l’ancienne employée de l’hôpital. Tout ce qui l’intéressait, c’était de savoir si les femmes baisaient bien… Et il y avait bien cette rumeur dans le service: on disait qu’il organisait des soirées coquines pour les notables de la ville, dans une pièce attenante à son domicile de l’hôpital.” Puis Dumeige est mort. Un jour de l’automne 1985, des amis ont frappé à sa porte. Il a mollement accepté d’aller faire un tour de planeur. Mais avant de s’envoler, Dumeige a bu le café avec eux. Et le docteur a eu un accident. Cause du décès: l’homme s’est endormi dans son cockpit. C’est vrai que ça peut arriver à tout le monde de mourir brutalement.
Le docteur Chauveau reprend le service à l’hôpital d’Auxerre. Il est aussi le psychiatre de l’institut médico-éducatif des Brions, à Tonnerre. Ce centre pour enfants handicapés dont on entendait un peu parler parce que des parents avaient déposé une plainte auprès du juge Bourguignon à Auxerre pour séquestration et coups et blessures. Elle n’a d’ailleurs jamais abouti. Mais c’est dans le service fermé du docteur Chauveau qu’un père a retrouvé son enfant autiste, élève des Brions, attaché. La peau du dos, des bras, arrachée. Et c’est des Brions encore que venait Martine B., cette jeune fille que Chauveau avait fait hospitaliser. “Elle n’avait rien à faire là, raconte une infirmière. Elle était autonome et ne souffrait d’aucun trouble psychique.” Ce à quoi Chauveau répondait qu’il la gardait “par humanité, et en attendant qu’elle trouve un placement”. Les semaines ont passé. Jusqu’à ce que Chauveau annonce enfin, en réunion de synthèse, que “la sortie de Martine B. est prête”. Elle s’en va dans une maison de retraite à Vézelay. Yvan l’infirmier l’accompagnerait là-bas, donc? En fait, pas exactement. Parce que Chauveau a organisé les choses à l’avance: “C’est M…, son tuteur, qui la prendra à mi-chemin.” Voilà. Disparue, Martine B.
L’infirmière encore: “C’est vrai qu’il se passait des choses bizarres dans ce service. On voyait des malades entrer au service libre, et finir au service fermé. Notre boulot, normalement, c’est d’instaurer le processus inverse. Et à Auxerre, un long séjour, ce n’était pas trois mois comme ailleurs. Mais trois ans. Il fallait la fermer. Les médecins étaient souverains.” Celui qui remettait en question leur décision, on l’étiquetait “fou”. C’est ainsi que le silence a fait son nid à l’hôpital. Que personne n’a pris la moindre initiative lorsque Chantal C., patiente au service fermé, est partie en permission chez ses parents un week-end et qu’elle n’est jamais revenue. Mais une assistante sociale et des infirmiers “prétendument bien informés” affirmaient que Chantal C. avait rejoint un “réseau de prostitution”.
Chauveau, un type humain, collectionneur d’armes. De femmes, aussi. Des patientes, le plus souvent. Qui se baladait dans les couloirs, le regard caché derrière des lunettes noires. Une fiole de whisky toujours enfouie dans les poches de sa blouse blanche. Il avait un tas d’amis. Comme ce type, condamné dans une affaire de trafic de diamants. Pendant qu’il purgeait sa peine, le psychiatre a pris sa femme en charge. La pauvre était un peu déprimée, atteinte d’un cancer en plus. Un lit à l’hôpital, ça lui permettrait de prendre de la distance, de se reposer un peu. Et puisqu’il est psychiatre, Chauveau peut bien lui prescrire quelques médicaments. Quand les policiers sont venus l’interroger, l’épouse du trafiquant ne pouvait aligner trois mots.
En fait, tous ces souvenirs, c’est à cause de l’histoire d’Anna, une femme d’origine polonaise. Ces détails laissés au hasard du passé qui resurgissent, et s’emboîtent aujourd’hui. Parce que les gendarmes ont convoqué Anna en janvier 2002. Ils ont retrouvé trace de sa plainte pour séquestration dans leurs ordinateurs. Ils voulaient des précisions, parce que son dossier fait partie de ceux qui ont mystérieusement disparu du tribunal. Elle leur a raconté, Anna. Qu’à l’époque elle vivait avec un médecin de Sens, avec qui elle a eu un enfant. Qu’ils avaient pris la décision de se séparer au milieu des années 80. Mais la rupture était difficile, et Anna a été envoyée trois semaines dans le service libre de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre. Le docteur Strutzik, un psychiatre d’origine polonaise comme elle, a voulu lui donner un coup de main. Il l’a présentée à l’un de ses collègues qui avait besoin d’une employée de maison pour garder ses enfants. Anna a travaillé chez lui. Jusqu’à ce que Strutzik débarque un soir, accompagné d’un infirmier. Ils l’ont embarquée sous la menace d’une seringue. Placée au service fermé. Matraquée de neuroleptiques, au point de frôler l’accident cardiaque dans la nuit. Un internement irrégulier qu’il a fallu maquiller le lendemain.
Heureusement que tout le monde se connaît bien et qu’on se serre les coudes, à Auxerre. Parce qu’il n’y a qu’un médecin extérieur à l’établissement hospitalier qui soit habilité à produire un certificat d’internement. C’est donc le docteur Dessens, le médecin qui “semait la terreur” dans les centres de l’Apajh où il travaillait, marié à une psychiatre de l’hôpital, qui a eu la gentillesse d’antidater un acte pour régulariser la situation d’Anna. Quelques semaines plus tard, Chauveau a intégré Anna au service libre. Elle allait bien, elle aurait pu sortir. Mais le chef du service préférait la garder. Comme Martine B.: “Par humanité”. Et il a même engagé une procédure de mise sous curatelle. Pour la protéger, bien entendu. Il l’aimait bien, il lui passait toujours la main dans les cheveux. Et en réunion de synthèse il présentait le projet thérapeutique mis en place pour cette patiente: “La meilleure solution, c’est d’envisager un retour en Pologne.” Anna a pris la fuite un jour pendant que Chauveau faisait sa sieste comme à son habitude jusqu’à 16 heures. C’est d’ailleurs sûrement une coïncidence encore si l’employée de l’hôpital qui a aidé Anna a justement retrouvé les vitres de son appartement brisées un soir de cette semaine-là. Avec un plomb au milieu de son salon.
Anna a déposé une plainte auprès du procureur de la République, René Meyer. Classée. Puis une autre, auprès du juge Bourguignon. L’enquête a été menée avec une célérité exemplaire: le docteur Dessens n’a pas été entendu, et Chauveau n’avait pas beaucoup de temps, alors son procès-verbal est un peu court. Le docteur Strutzik a quant à lui avoué les faits. Il a été mis en examen en 1989 pour séquestration arbitraire, coups et blessures par destination, faux et usages de faux en écriture. Une confrontation devait avoir lieu. Le juge Bourguignon l’a reportée. A jamais. C’est qu’il avait sûrement d’autres chats à fouetter: Danielle Bernard est retrouvée morte le 8 juillet de la même année dans son appartement. La tête rouée de coups de tisonnier, le corps lardée de coups de tournevis. Elle était infirmière à l’hôpital psychiatrique, dans un service délocalisé à Appoigny, qui recevait des enfants et adolescents dans l’attente d’un placement. La Ferme, ça s’appelait. Danielle Bernard était à ce repas champêtre auquel s’est joint le docteur Chauveau, la veille de son meurtre. Quand la police est arrivée au domicile de l’infirmière, il y avait déjà foule autour du cadavre. Des journalistes, un magistrat et l’ex-belle-mère de la victime, conseillère municipale sur la liste de Jean-Pierre Soisson. Impossible de prélever le moindre indice. Le procureur de la République de l’époque, Jacques Cazals, a classé le dossier sans suite.
Plus qu’un simple fait divers, le dossier des disparues de l’Yonne est bel et bien l’affaire d’un système. Sept disparues, et vingt ans de puissant silence auquel la justice a lâchement consenti. Une fois Emile Louis interpellé, on ne pouvait plus ignorer la scandaleuse inertie des institutions, vingt années d’indifférence, d’inaction. “L’inefficacité de la justice”, cet “échec patent”, cette “déficience institutionnelle”, Marylise Lebranchu, garde des Sceaux, devait tenter d’y mettre un terme. Agir. Alors, en mars 2001, elle a convoqué la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Le linge sale, on le lave d’abord en famille. Publiquement, quand même.
2002, mi-mars. Quatre magistrats en poste à Auxerre de 1979 à 2000 sont convoqués par leurs pairs: deux procureurs, René Meyer et Jacques Cazals; deux substituts, Daniel Stilinovic et Bertrand Daillie. La République ouvre les lourdes et épaisses portes de la première chambre civile de la Cour de Cassation. Quelques petites gens venues de la terre icaunaise en ont le vertige. “C’est beau ici.” Toutes ces dorures, ces sculptures sur les murs. Au plafond, des peintures. Le grand jeu: “Le CSM n’est pas un tribunal, mais une institution disciplinaire.”
Les failles de la justice, on va les voir. On va dire qu’il s’agit d’un scandale judiciaire. Et peut-être même qu’ils auront honte, ces magistrats qui n’ont rien vu ou rien voulu savoir. Voilà ce que les gens attendent sur leurs bancs. Ils vont être déçus. René Meyer n’a pas daigné se déplacer. “Désolé”, il avait un voyage prévu de longue date. Quant aux autres, leurs discours sont prêts. Ficelés. Bertrand Daillie et Jacques Cazals, anciens substitut et procureur d’Auxerre, enfermés dans leur costume, ligotés dans leurs règles de droit, posent leurs mots, comme des briques. Cazals: “En 1993, toute cette histoire n’était qu’une petite affaire de disparitions. Le parquet ne pouvait pas y voir un dossier pénal.” C’est un mur qui se dresse entre les magistrats et le public. Ils n’ont pas de comptes à rendre à l’assistance. Pas un mot pour les victimes. C’est à leurs pairs qu’ils s’adressent. Daillie: “Les personnalités que j’ai rencontrées quand je travaillais au tribunal d’Auxerre ne m’ont jamais fait part de ces disparitions.”
Et puis de toute façon, c’est Pierre Monnoir, président de l’ADHY, qui n’a pas fait son boulot. Parce qu’il ne leur a pas dit, en 1993, qu’il était représentant de cette association. Surtout, Pierre Monnoir a omis l’essentiel: leur livrer le nom d’Emile Louis. Voilà: c’est la faute à cet homme si le dossier n’a pas avancé. Cazals, procureur de la République d’Auxerre de 1992 à 2000, si on ne lui donnait pas “cette clé”, comment aurait-il pu ouvrir les portes? Aux gens de servir la justice, pas l’inverse.
Mettre ainsi en cause des magistrats, ça ne se fait pas. L’ancien plus haut magistrat de France, Pierre Truche, a d’ailleurs fait le déplacement pour le dire. Oui, il est outré par cette audience qui offense la profession. Il lâche même: “Qu’est-ce que c’est que ce pays où on voit un gouvernement poursuivre les magistrats?” A propos de l’affaire, il s’indigne et se permet d’affirmer: “On en fait toute une histoire, mais il n’y a pas d’affaire des disparues d’Auxerre.” Et tente de le démontrer, cite quelques noms de jeunes filles qu’on croyait disparues, et qui ne l’étaient pas. Quitte à écorcher les faits… “On a porté le nom de Katia Chandelier sur la liste des disparues, pour se rendre finalement compte que cette femme est morte en couches.” C’est presque ça, sauf que la jeune femme est toujours vivante. Sur les bancs, une femme dit: “Il se trompe ou c’est nous qui ne comprenons rien?” Pierre Truche tourne le dos à l’assemblée. Comme à Auxerre, ici, on est solidaire. Il désigne ses collègues magistrats: “Ces hommes jetés en pâture… La garde des Sceaux y a-t-elle pensé en convoquant cette audience disciplinaire?” Le monde à l’envers, les représentants de l’action publique victimes de l’affaire des disparues d’Auxerre. Elle en avait la tête qui tournait, l’amie d’une disparue, assise sur le banc, au fond à droite: “C’est de nous qu’il parle? Je ne comprends rien…”
Sanctions de la garde des Sceaux: René Meyer a perdu son titre de magistrat honoraire. Daniel Stilinovic a été mis à la retraite d’office. Jacques Cazals sera déplacé d’office. Et il y en a d’autres, des magistrats, qui devraient s’inquiéter. Marylise Lebranchu a sur son bureau un nouveau rapport de l’Inspection des Services judiciaires. Il pointe de nouvelles défaillances. Alors elle n’est pas malvenue, cette information judiciaire ouverte en mars dernier pour “corruption active et passive, trafic d’influence et recel, destruction, soustraction, recel ou altération d’un document public ou privé de nature à faciliter la découverte d’un crime ou d’un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des coupables”. Une instruction dépaysée à Paris, “dans un souci d’impartialité”, a expliqué Marie-Suzanne Le Quéau, procureur de la République d’Auxerre. Ce sont les parents d’Isabelle Laville qui ont déposé la plainte à l’origine de cette information judiciaire. Une jeune fille disparue en décembre 1987. Jamais retrouvée, mais dont le dossier avait été classé sans suite cinq semaines seulement après les faits. La machine judiciaire se met donc en route. Vraiment pas trop tôt.

(1) “Les Disparues d’Auxerre”, par Corinne Herrmann et Philippe Jeanne, Ramsay.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_Al%C3%A8gre

Patrice Alègre

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Patrice Alègre
Image_manquante dans Calomnie
Information
Nom de naissance Patrice Alègre
Naissance 20 juin 1968 (48 ans)
à Toulouse
Condamnation 21 février 2002
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans
Meurtres
Nombre de victimes 5 +
Période 21 février 19894 septembre 1997
Pays Drapeau de la France France
Régions Midi-Pyrénées, Île-de-France
Villes Toulouse, Verdun, Paris
Arrestation 5 septembre 1997

Patrice Alègre (né le 20 juin 1968 à Toulouse), est un tueur en série français arrêté à Châtenay-Malabry le 5 septembre 19971 et condamné le 21 février 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols. Il a par la suite obtenu des non-lieu dans quatre dossiers le 3 juillet 2008.

L’affaire Alègre, à proprement parler, débute en mai 2003, après la réouverture de plusieurs dossiers anciens par les gendarmes de la cellule Homicide 31 (cellule chargée, sous la direction de Michel Roussel de 2000 à 2003, d’enquêter sur les éventuelles victimes de Patrice Alègre).

Sommaire

Biographie

Patrice Alègre est né le 20 juin 1968 à Toulouse d’un père Roland Alègre policier (il devient CRS lorsque Patrice a 6 ans), dépeint comme souvent absent et très violent, et d’une mère Michelle, coiffeuse, qui multiplie les aventures dont Patrice est parfois le témoin. Patrice grandit à Saint-Geniès-Bellevue (31). Il n’est pas un enfant désiré, sa mère n’ayant que 17 ans à sa naissance, au contraire de son frère né 7 ans plus tard. Ses parents sont en conflit perpétuel, Patrice déteste son père mais adore et idéalise sa mère, parfois battue. Vivant une scolarité difficile, renvoyé de trois collèges d’enseignement secondaire, Patrice est inscrit dans une filière de mécanique générale et confié à 14 ans à sa grand-mère dans le quartier des Izards de Toulouse. Dans ce quartier il tombe dans la délinquance, le vol, le trafic de drogues, devient un petit caïd et commet sa première agression sexuelle à 16 ans2.

Barman à la cafétéria du commissariat de police puis au buffet de la gare de Toulouse3, il repère ses proies dans le quartier de la gare. Valérie Tariote sa première victime, assassinée le 21 février 1989, est serveuse dans le même café4. Ce « prédateur urbain », expression des psychiatres qui l’ont expertisé5, les séduit, mais si elles ne lui cèdent pas, il les viole, les étrangle et les déshabille, ne leur laissant que leurs chaussettes6.

En janvier 1988, il rencontre Cécile Chambert7, fonctionnaire d’origine bourgeoise. Ils ont une fille Anaïs née le 23 juillet 1989. Pendant 7 ans, ils vivent une relation houleuse qui reproduit les scènes de ménage des parents de Patrice8. Malgré la relative stabilité de sa vie amoureuse, il plonge toujours davantage dans le crime. Le 16 février 1995, après une nouvelle dispute conjugale, Patrice a « tout cassé dans la chambre » et « jeté la petite contre le mur ». Cécile obtient de la police qu’il quitte leur appartement. Il s’installe chez sa maîtresse Sylvie Prouilhac, gérante de la discothèque Planète Rock à Toulouse et s’y fait embaucher comme videur. Mais elle renvoie ce jeune homme à la houppette blonde à cause de nombreuses bagarres qui font fuir la clientèle9.

Le 14 juin 1997, lors d’un méchoui organisé à Foix, il rencontre Mireille Normand, jeune femme de 35 ans qui habite seule dans un chalet à Verdun. Se faisant appeler Franck, il lui propose ses services de bricoleur en échange du gîte et du couvert. Le 19 juin 1997, il la tue. Trois semaines plus tard, le frère de Mireille, Alain, inquiet de ne plus avoir de ses nouvelles, se rend au chalet, découvre dehors un foyer et de la terre meuble récemment retournée. La fouille entreprise par les gendarmes permet de retrouver le corps de Mireille enterré dans le jardin. L’autopsie montre qu’elle a été étranglée et violée. Patrice est identifié sur photo par différents témoins comme l’homme à tout faire du chalet. Dès lors, la traque du tueur en série commence : localisé en Espagne, en Allemagne, puis en Belgique, il revient à Paris où il se fait héberger par Isabelle Chicherie, employée SNCF avec qui il a sympathisé lors de ses vacances en Espagne. Il l’étrangle, la viole et la brûle le 4 septembre 1997. Les gendarmes ayant placé sur écoute ses proches, un de ses amis accepte de collaborer avec les enquêteurs, et indique à Alègre un point de chute à Châtenay-Malabry où il est arrêté le 5 septembre 1997, à 17 h 10. Son arrestation reste relativement inaperçue car la princesse Diana est morte quelques jours plus tôt10.

Chronologie de l’affaire Alègre

  • 5 septembre 1997 : arrestation de Patrice Alègre, soupçonné de meurtres entre le mois de février 1989 et le mois de septembre 199711. Patrice Alègre reconnaît cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols, mais est également mis en examen pour quatre autres meurtres.
  • 21 février 2002 : Patrice Alègre est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. Les psychiatres Michel Dubec et Daniel Zagury évoquent l’hypothèse de « matricides déplacés » pour expliquer les meurtres de Patrice Alègre qu’ils qualifient de « tueur en série organisé », « psychopathe », « pervers narcissique » ayant subi des « traumatismes désorganisateurs précoces » liés aux « débordements sexuels maternels »12.
  • Mais la cellule Homicide 31 de la gendarmerie créée en juin 2000 pour procéder aux enquêtes, recherche d’autres méfaits imputables à Alègre et ressort divers anciens dossiers sur réquisition du parquet. L’un d’eux, concernant le meurtre à Toulouse en 1992 de la prostituée Line Galbardi, les conduit à entendre deux anciennes prostituées toulousaines disparues le lendemain de ce meurtre, Christèle Bourre alias Patricia et Florence Khelifi alias Fanny.
  • Le 1er avril 2003, le quotidien La Dépêche du Midi lance une campagne de presse, révélant certaines déclarations de ces deux femmes et faisant pression sur la justice pour l’ouverture rapide d’une information judiciaire. Des journaux parisiens suivent et la rumeur enfle, alimentée par deux journalistes locaux.
  • Le 15 avril 2003, le procureur de Toulouse ouvre une information judiciaire contre Patrice Alègre et tous autres des chefs de proxénétisme en bande organisée, viols, viols aggravés, accompagnés d’actes de torture et de barbarie, commis par des personnes abusant de l’autorité que leur confère leur fonction, à la suite des déclarations des ex-prostituées Fanny et Patricia mettant en cause diverses personnalités politiques, judiciaires et policières.
  • Le 12 mai 2003, l’hebdomadaire Marianne présente les résultats de leurs investigations, en particulier de récentes « révélations » faites par une des prostituées. Elle met en cause des policiers toulousains et un gendarme qui « serait au courant de leurs agissements : le système de corruption, mais aussi des « parties fines » organisées en présence d’au moins deux avocats toulousains et autres notables […] dans l’emballement, le nom du maire de Toulouse est même cité ».
  • Le 18 mai 2003, au journal télévisé de 20 h de TF1, l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, président à cette date du Conseil supérieur de l’audiovisuel, donne à l’affaire un retentissement maximum en révélant que son nom est cité dans l’enquête et dénonce une « effarante machination », qui serait selon lui à rattacher « aux milieux liés à l’industrie pornographique ».
  • Le 19 mai 2003, Dominique Baudis charge son avocat des poursuites en diffamation.
  • Le 22 mai 2003, deux prostituées confirment leurs propos devant les juges et un prostitué, sous le pseudonyme de Djamel, affirme qu’il y a eu des « morts ».
  • Le 27 mai 2003, Jean Volff, procureur général de Toulouse, annonce que son nom est également cité dans l’affaire. Il est remplacé le 28 mai 2003.
  • Le même jour, une nouvelle information judiciaire est ouverte contre Djamel, Fanny et Patricia pour dénonciation de crimes et de délits imaginaires, témoignages mensongers et complicité. Djamel est placé en détention provisoire. Dominique Baudis, Jean Volff et Marc Bourragué se constitueront parties civiles dans ce dossier.
  • Le 13 juin 2003, Dominique Baudis met en cause Jean-Michel Baylet, patron de La Dépêche du Midi et dénonce à nouveau une machination.
  • Le 30 juin 2003, jour de son installation à la cour de cassation, Jean Volff proteste dans Le Figaro contre la façon dont il a été traité par Dominique Perben, Ministre de la Justice et par les médias.
  • Le 17 septembre 2003, l’ancienne prostituée Fanny revient sur l’accusation de viol qu’elle avait formulée contre l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis.
  • Le 20 septembre 2003, le travesti Djamel, impliqué dans un des aspects de l’affaire est retrouvé mort dans la chambre d’une clinique de Toulouse.
  • Le 11 juillet 2005, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse confirme le non-lieu général dans le volet « viols et proxénétisme en bande organisée » dans lequel Dominique Baudis et d’autres personnalités avaient été mis en cause.
  • Décembre 2005, Florence Khélifi, surnommée Fanny, 32 ans, est mise en examen pour dénonciation calomnieuse envers M. Baudis et Marc Bourragué13.
  • Septembre 2006, Christelle Bourre, alias Patricia, est mise en examen à la mi-septembre pour dénonciation calomnieuse envers Dominique Baudis.
  • En 2006, Émilie Espès, seule victime survivante d’une agression de Patrice Alègre, met fin à ses jours14.
  • Le 27 mars 2008, le parquet annonce que les ex-prostituées Patricia et Fanny seront jugées en correctionnelle pour « dénonciation calomnieuse » envers l’ancien maire de Toulouse Dominique Baudis et le magistrat Jean Volff. Elles sont reconnues coupables de dénonciation calomnieuse et respectivement condamnées à deux et trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse le 26 mars 200915.
  • Le 3 juillet 2008, les juges d’instruction du tribunal de grande instance de Toulouse, Serge Lemoine et Fabrice Rives, rendent une ordonnance de non-lieu concernant trois homicides volontaires et un viol avec arme instruits contre Patrice Alègre16.

Autres points de vue

L’affaire Alègre garde des zones d’ombre. Les meurtres ont été déclarés en suicides par la police jusqu’à l’arrestation d’Alègre. Plusieurs témoins affirment que le tueur a été longtemps protégé par des policiers et par le haut magistrat Pierre Roche. L’ex-gendarme Roussel dénombre 191 assassinats non élucidés dans la région. L’organisation Stop à l’oubli réunit des familles de victimes, qui continuent de réclamer la vérité sur l’affaire, évoquant « ces disparitions, ces assassinats camouflés en suicide et ces enquêtes tronquées, déformées, bâclées, etc. »17.

Patrice Alègre a pu être débusqué grâce à la plainte qu’Émilie Espès avait déposée à la suite de son viol le 22 février 1997, alors qu’elle avait 21 ans5. La jeune femme, qui était la seule victime de Patrice Alègre à avoir survécu, s’est depuis suicidée.

Notes et références

  1. « Homicide 31 : Au cœur de l’affaire Alègre, l’ex-directeur d’enquêtes parle » [archive], de Michel Roussel
  2. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Place Des Editeurs, 2012, p. 24-31
  3. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, 2007, p. 87
  4. Jean Cohadon, « Le calvaire des victimes » [archive], sur La Dépêche,‎ 6 février 2002
  5. a et b Marie Huret, « L’homme qui aimait tuer les femmes » [archive], sur L’Express,‎ 7 février 2002
  6. « Il repérait ses proies à la gare de Toulouse » [archive], sur Le Parisien,‎ 7 décembre 2001
  7. Patricia Tourancheau, «Sept ans de malheur» auprès de lui [archive], sur liberation.fr,‎ 12 février 2002
  8. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, 2007, p. 127
  9. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Place Des Éditeurs, 2012, p. 57
  10. Guillaume Erner, La société des victimes, La Découverte, 2006, p. 102
  11. G.-R. Souilles, « Patrice Alègre accusé d’un sixième meurtre » [archive], sur La Dépêche,‎ 27 janvier 2000
  12. Patricia Tourancheau, « Cinq meurtres et toute une vie de violence » [archive], sur liberation.fr,‎ 11 février 2002
  13. Gilles Souillès, l’affaire Alègre, la vérité assassinée, hugodoc éditeur
  14. Émission Faites entrer l’accusé – Patrice Alègre, le sang et la rumeur, France 2, 18/01/2015 à 22h40
  15. Affaire Alègre : Fanny et Patricia condamnées pour dénonciation calomnieuse [archive], TF1
  16. Georges Fenech, Criminels récidivistes : peut-on les laisser sortir ?, Archipel, 2009, p. 54
  17. « Les 37 « oubliés » de l’affaire Alègre » [archive] Article de Aziz Zemouri publié le 10 mars 2006 dans Le Figaro

Voir aussi

Bibliographie

  • Livres parlant de l’affaire (par ordre chronologique)
    • Michel Roussel, Homicide 31 – Au cœur de l’affaire Alègre, Éditions Denoël, 24 janvier 2004, 240 pages, (ISBN 2207255646)
    • Ugo Rankl, Patrice Alègre, l’homme qui tuait les femmes, Éditions Nicolas Philippe, 21 octobre 2004, 388 pages, (ISBN 2748800680)
    • Christian English et Frédéric Thibaud, Affaires non classées, tome II (chapitre : L’affaire Patrice Alègre), First édition, 15 juin 2004, 294 pages, (ISBN 2876919095)
    • Dominique Baudis, Face à la calomnie, XO Éditions, 20 janvier 2005, 318 pages, (ISBN 9782845631892)
    • Pierre Alfort et Stéphane Durand-Souffland, J’ai défendu Patrice Alègre, Éditions du Seuil, 28 janvier 2005, 188 pages, (ISBN 2020635135)
    • Marie-France Etchegoin et Mathieu Aron, Le bûcher de Toulouse, D’Alègre à Baudis : histoire d’une mystification, Éditions Grasset et Fasquelle, 18 mai 2005, 425 pages, (ISBN 2246677610)
    • Gilbert Collard et Édouard Martial, L’étrange Affaire Alègre, Éditions du Rocher, 9 juin 2005, 186 pages, (ISBN 978-2268054919)
    • Jean Volff, Un procureur général dans la tourmente. Les dérives de l’affaire Alègre, L’Harmattan, Paris, 2006, 192 pages, (ISBN 2-296-01067-9)
    • Antoine Perraud, La barbarie journalistique, Flammarion, 30 janvier 2007, 193 pages, (ISBN 978-2082105866)
    • Georges Fenech, Presse-Justice : liaisons dangereuses, L’Archipel, 7 mars 2007, 190 pages, (ISBN 978-2841879304)
    • Gilles Souillés, L’Affaire Alègre, la vérité assassinée, Hugo et compagnie, 22 mai 2007, 276 pages, (ISBN 978-2755601206)
    • Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, éd. Hors Collection, 20 septembre 2012, 298 pages, (ISBN 2258098424)
    • Jean Volff, Servir, éd. Jerôme Do-Bentzinger, 12 avril 2013, 496 pages, (ISBN 978-2849603635)
  • Roman inspiré de l’affaire
    • G.M. Bon, Contes cruels, Toulouse, Éditions l’Écailler du Sud, 1er septembre 2004 (Roman noir), 248 pages, (ISBN 978-2914264570)

Articles de presse

Documentaires télévisés

Articles connexes

Liens externes

Arrestation de Mourad Hamyd en Bulgarie : où l’on reparle des frères Kouachi et des attentats de Paris

Le jeune beau-frère de Chérif Kouachi qui fut brièvement soupçonné d’être le troisième homme de l’attentat commis contre Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015 se trouve actuellement dans un centre de rétention en Bulgarie après avoir été intercepté fin juillet à la frontière turque, alors que, semble-t-il, il tentait de rejoindre Daech.

Par ailleurs, le témoignage d’un djihadiste arrêté en Allemagne après son retour de Syrie le 20 juillet 2015 permet aux services de renseignement occidentaux de mieux appréhender l’organisation terroriste et sa solide implantation française.

Comme l’on pouvait s’en douter, les « loups solitaires » n’existent pas, ils communiquent avec leurs chefs par l’intermédiaire d’islamistes néophytes ou amateurs inconnus comme tels. Daech approuve leurs projets terroristes sans les avoir élaborés et y participe par la fourniture de moyens.

Dans ces conditions, l’on comprend aisément que ses cadres se mettent tous à rire jusqu’à en pleurer dès qu’est évoqué le cas de la France…

Le repenti a aussi donné des informations sur les djihadistes d’Asie du Sud et du Sud-Est, principalement des arrivants du Bangladesh, de Malaisie et d’Indonésie, où Al-Qaïda travaillait activement par le passé.

Enfin, avant de revenir sur ses connexions rémoises, je rappelle que le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi est manifestement en relation avec le fournisseur de fausses Nike de Saïd Kouachi dès le mois de juillet 2014.

 

http://www.lejdd.fr/Societe/INFO-JDD-Le-beau-frere-de-Cherif-Kouachi-est-soupconne-d-avoir-voulu-rejoindre-Daech-801109

INFO JDD. Le beau-frère de Chérif Kouachi est soupçonné d’avoir voulu rejoindre Daech

 

Il avait été brièvement soupçonné d’être le troisième homme du commando de Charlie Hebdo en janvier 2015. Mourad Hamyd, 20 ans, le beau-frère de Chérif Kouachi, a été intercepté fin juillet à la frontière turque. Il est suspecté d’avoir voulu rejoindre les rangs de l’Etat islamique.

 

Mourad Hamyd était au lycée Monge de Charleville durant l'attentat de Charlie Hebdo. A paraitre dans leJDDArrestation de Mourad Hamyd en Bulgarie : où l'on reparle des frères Kouachi et des attentats de Paris dans Action Directe blank Mourad Hamyd était au lycée Monge de Charleville durant l’attentat de Charlie Hebdo. (Sipa)

 

Son nom avait surgi sur les réseaux sociaux aux côtés des frères Kouachi après le dévoilement, le mercredi 7 janvier 2015 au soir, de l’avis de recherche national lancé après le massacre de Charlie Hebdo. Mourad Hamyd, frère de la femme de Chérif Kouachi, avait en effet été soupçonné d’être le troisième homme du commando ayant attaqué le journal satirique. Mais grâce à un alibi solide (il était en cours à ce moment là dans son lycée de Charleville-Mézières) et à la mobilisation de ses camarades de classe, il avait rapidement été innocenté par la police.  »On a jeté en pâture mon nom sans vérifications, en me mêlant à ces crimes barbares. J’espère seulement que cela n’entachera pas mon avenir… Je n’ai rien à voir avec cette histoire… Je suis un lycéen qui vit tranquillement avec ses parents… Je veux que mon nom soit lavé… », avait expliqué le samedi 10 janvier 2015 devant la presse le jeune homme de 18 ans.

Information judiciaire ouverte

Mourad Hamyd ne fait alors plus parler de lui jusqu’au 25 juillet 2016, jour où sa famille vient déclarer sa disparition. Ses proches redoutent un aller simple vers la Syrie ou l’Irak. Le parquet de Charleville-Mézières saisit la PJ de Reims qui constate que le jeune homme fait l’objet d’une fiche S et diffuse aussitôt le signalement de celui qui vient de terminer sa première année de fac en Sciences et Technologie. La réponse intervient le 28 : refoulé par les autorités turques, Mourad Hamyd a été placé en centre de rétention en Bulgarie. Dans la foulée, le parquet antiterroriste de Paris ouvre une information judiciaire en vue de délivrer un mandat d’arrêt européen à son encontre.

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Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

samedi 06 août 2016

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/01/05/01016-20160105ARTFIG00164-un-an-apres-la-veuve-de-said-kouachi-cherche-encore-a-comprendre.php

Un an après, la veuve de Saïd Kouachi cherche encore «à comprendre»

 

  • Par Caroline Piquet
  • Mis à jour le 03/05/2016 à 16:51
  • Publié le 05/01/2016 à 14:40

 

Boîte aux lettres dans le hall d'entrée de l'immeuble où vivait Saïd Kouachi avec son épouse Soumya et leur fils de 3 ans.

 

VIDÉOS – Par la voix de son avocat, Soumya Kouachi raconte comment elle a vécu les mois qui ont suivi les attentats de janvier. Elle en veut à son époux qui a commis «un crime atroce» et lui reproche de l’avoir laissée seule avec son fils.

Un an après le drame, difficile de rentrer en contact avec l’entourage des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Seule Soumya, la veuve de Saïd Kouachi, a accepté de s’exprimer par la voix de son avocat. La jeune femme de 30 ans refuse de parler directement aux journalistes, de peur que ses propos soient mal interprétés, nous explique son conseil Me Antoine Flasaquier. Installée depuis 2010 à Reims, la jeune femme de nationalité française vit toujours dans son appartement du quartier de la Croix-Rouge avec son fils de trois ans. «Elle a bien tenté de déménager mais le bailleur social a refusé d’accéder à sa demande», explique l’avocat au barreau de Reims.

Placée en garde à vue le 8 janvier, la jeune femme s’était murée dans le silence face aux enquêteurs, persuadée qu’il s’agissait d’une erreur. À cet instant, elle ne peut imaginer que son mari, avec qui elle était «très complice», a pu tuer douze personnes. Les semaines qui suivent sont tout aussi confuses. «Elle a eu un deuil compliqué», commente Me Flasaquier. «Elle n’a pas pu voir le cercueil, ni assister à l’enterrement et elle doit se faire à l’idée que son mari est un terroriste». Et quand les théories du complot commencent à remettre en question la mort des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, le doute la gagne. «Un jour, elle m’a appelé et m’a demandé: “vous êtes sûre que Saïd est mort”? J’ai dû lui répondre que j’en étais certain».

«Elle en veut énormément à Saïd Kouachi»

Puis elle s’imagine un autre scénario: son époux était peut-être un «agent dormant» qui attendait seulement d’être «réveillé» par une cellule djihadiste. «Cette hypothèse n’étant pas très réaliste, elle a essayé ensuite de comprendre», enchaîne son avocat. «Elle a cherché les signes avant-coureurs qui auraient pu la mettre sur la voie. Mais elle n’a trouvé aucun indice. Rien ne lui permettait d’anticiper ce qu’il s’est malheureusement produit». À son avocat, elle décrit un mari discret, n’ayant jamais versé dans le prosélytisme, ni fait de remarques sur Daech, la coalition en Syrie ou autres.

Aujourd’hui, Soumya Kouachi cherche encore une explication. «Elle se demande si Saïd a pu parler à quelqu’un et lui laisser un testament oral. Mais rien ne semble l’indiquer», suppose Me Flasaquier, qui n’a pas accès au dossier d’instruction. La jeune femme n’a pas souhaité se porter partie civile, par respect pour les victimes. Reste ce sentiment qui ne la quitte pas: Saïd ne s’est pas radicalisé, il s’est laissé embarquer dans cette histoire pour protéger son frère, pense-t-elle. «Du coup, ma cliente en veut énormément à Saïd car il l’a abandonnée, elle et leur enfant…Et que son crime est tout simplement atroce».

Départ pour l’Algérie

Atteinte d’une sclérose en plaque, Soumya Kouachi est déclarée inapte au travail. Entourée de sa mère et de ses sœurs, elle élève seule son enfant dont elle redoute la scolarisation. «Elle se demande aussi si son fils doit continuer à porter le nom de Kouachi mais c’est compliqué pour elle», reprend Me Flasaquier. «Son époux est peut-être un terroriste mais il reste le père de son enfant». En ce début du mois de janvier, la jeune femme n’est pas en France. «Elle m’a dit qu’elle voulait partir en Algérie. Elle sait que les médias vont en reparler et elle ne veut pas revivre tout ça et être pointée du doigt». Aucune charge ne pesant contre la jeune femme, elle est en effet libre de quitter le territoire.

 

http://www.bfmtv.com/societe/attentats-de-janvier-le-plan-secret-des-kouachi-et-de-coulibaly-942297.html

Attentats de janvier: le plan secret des Kouachi et de Coulibaly

 

09/01/2016 à 16h15 Mis à jour le 31/05/2016 à 07h00

 

Depuis un an, les enquêteurs tentent de reconstituer le parcours des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. BFMTV dévoile les derniers mois et leurs derniers échanges avant les attentats de janvier, qui ont fait dix-sept victimes.

 

En regardant les photos personnelles retrouvées dans les affaires des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, difficile d’imaginer qu’ils allaient commettre un massacre. On y voit Saïd et Chérif sourire en famille, leurs enfants posés sur leurs genoux, ou Amedy enlacer sa compagne à la plage. Des scènes de vie ordinaires pour les terroristes à l’origine des attentats de janvier, qui ont préparé leur plan pendant plusieurs mois. Dans le plus grand secret.

Kouachi Coulibaly

BFMTV – A gauche, les frères Kouachi en famille. A droite, Amedy Coulibaly et sa compagne Hayat Boumediene. Clichés non datés.

 

Octobre 2014. Chérif Kouachi rencontre à trois reprises Farid Benyettou. Premier mentor religieux des deux frères, cet ancien prédicateur a été condamné, comme Chérif, dans le démantèlement de la filière jihadiste des Buttes-Chaumont.

Devenu infirmier aujourd’hui, celui qui passe pour un « traître » dans la sphère islamiste s’est confié à BFMTV.  »Lorsqu’il est venu me voir, le sujet qui était omniprésent dans ses discussions, c’était le combat, la guerre sainte. Pour lui, l’Islam, ce n’était que ça. »

Jamais le cadet des frères Kouachi n’aborde lors de ces trois rencontres Charlie Hebdo, ou ses projets d’attentats. En revanche, il s’en prend ouvertement à la France. « Pour lui, les musulmans étaient opprimés partout dans le monde, leur honneur était bafoué, et tous devaient laver cette humiliation, pour reprendre ces propos », poursuit Farid Benyettou.

Amedy Coulibaly, ami proche de Chérif Kouachi

Chérif Kouachi évoque aussi Amedy Coulibaly, surnommé « Doli », son ancien co-détenu de Fleury-Mérogis, dont il s’est rapproché depuis plusieurs mois. Les deux hommes se voient d’ailleurs régulièrement avec leurs compagnes. Fin novembre 2014, les couples se retrouvent au domicile de Chérif Kouachi à Gennevilliers. Devant les enquêteurs, après les attentats, voici ce que raconte l’épouse de Chérif Kouachi.

« Ils venaient d’accomplir leur voyage à La Mecque. Hayat (compagne d’Amedy Coulibaly, ndlr) est montée à la maison pour me remettre des cadeaux. Doli est resté en bas de l’immeuble. Chérif est descendu pour le voir. Leur visite a duré entre une heure et une heure et demie. Pendant tout ce temps, Hayat et moi sommes restées dans mon appartement. Quant à Chérif et Doli, ils sont restés dehors. »

Des comportements hors de tout soupçon

Une conversation secrète, à peine plus d’un mois avant les attentats, pour n’éveiller aucun soupçon. Dans leur vie quotidienne, les trois tueurs prennent en effet grand soin de ne jamais attirer l’attention.

A Reims, Saïd Kouachi se rend deux fois par jour dans un local qui fait office de salle de prière. Il s’y montre très discret. « Il était quelqu’un d’isolé. Je ne l’ai jamais observé avec des amis. Il ne montrait aucun signe de radicalisme ou d’extrémisme », explique à BFMTV Abdul Hamid Al Khalifa, imam de cette mosquée.

A son domicile, Saïd Kouachi est tout aussi discret: sa femme ne constate aucun changement dans son comportement, comme l’explique son avocat, Antoine Flasaquier.

« Il n’était pas radicalisé, prosélyte ou virulent à l’encontre des musulmans modérés, de la France, ou même de Charlie Hebdo. Elle s’est même demandé pendant un moment si son époux n’avait pas été un agent dormant qu’on aurait réveillé un jour. »

Pourtant, à l’abri des regards, les frères se préparent. Sur certains clichés retrouvés dans leurs affaires personnelles, on découvre Chérif Kouachi dans l’obscurité d’une cave, faisant semblant tenir une arme longue, ou encore posant le doigt levé, comme pour mimer une scène de revendication.

Cherif Kouachi

BFMTV – Chérif Kouachi, posant dans une cave, dans un cliché non daté.

 

Des complices pour acheter les armes

En région parisienne, en décembre 2014, Amedy Coulibaly commence à mettre ses plans à exécution. Il s’est équipé de treize téléphones, pour contacter discrètement plusieurs copains de quartier. Le 27 décembre 2014, trois d’entre eux se rendent dans une armurerie de Montrouge. « Ils vont acheter des tasers, des gilets pare-balles, des couteaux. Ils y retournent une seconde fois sur ordre de Coulibaly pour acheter des couteaux plus gros encore », indique Axel Metzker, avocat d’une partie civile de l’Hyper Cacher. Les armes lourdes, notamment deux kalachnikov, sont récupérées en Belgique, à Charleroi, par d’autres proches.

Le 1er janvier 2015, Amedy Coulibaly organise l’exfiltration de sa compagne, Hayat Boumeddiene. Ils quittent en pleine nuit leur appartement, direction l’Espagne. A l’aéroport de Madrid, la jeune femme est prise en charge par un ami, Medhi Belhoucine. Le 2 janvier, à 13h32, une caméra filme leur embarquement pour la Turquie, porte d’entrée vers la Syrie.

Hayat Boumediene

BFMTV – Hayat Boumediene et un complice en janvier 2015, alors qu’elle prend la fuite vers la Syrie.

 

De retour en France, Amedy Coulibaly est libre pour agir. Il s’installe dans une planque à Gentilly, en région parisienne, le 4 janvier. Le même jour, Saïd Kouachi quitte Reims pour se rendre à Paris en covoiturage. Elisabeth, une jeune femme qui a partagé ce trajet de deux heures se souvient d’un jeune homme courtois, très naturel. Un détail attire toutefois son attention: « A certains moments, son portable sonnait, mais il ne répondait pas… » Ses relevés téléphoniques montrent que Saïd Kouachi se rend ensuite dans le 11e arrondissement. Les enquêteurs pensent qu’il a rejoint Charlie Hebdo, sans doute pour un dernier repérage avant les attentats trois jours après.

Ultime rencontre la veille

6 janvier 2015, veille des attentats. A l’heure du déjeuner, Chérif Kouachi se rend dans une grande zone commerciale de Gennevilliers. Il y achète des bouteilles de verre, une paire de jumelles, des talkies-walkies, des lunettes de protection et des masques de peinture. Puis il rentre chez lui, où il reçoit une visite éclair, vers 23 heures, dont se souvient sa femme.

« Nous étions couchés tous les deux quand l’interphone a sonné. Chérif a répondu. (…) Et c’est quelques minutes après qu’il est sorti, prétextant qu’il avait chaud. Il est resté dehors pendant 15 ou 20 minutes », expliquera son épouse aux enquêteurs.

Les policiers ont pu déterminer que ce soir-là, Chérif Kouachi a vu pour la dernière fois Amedy Coulibaly. Les deux hommes ont sans doute réglé les derniers détails de leur opération. Le 7 janvier, au petit matin, Saïd Kouachi quitte son domicile à Reims pour se rendre de nouveau à Paris, en train.

« Il embrasse sa femme et son fils. Il n’est pas ému ni stressé en partant, il n’y a pas d’effusion de sentiments particulières », raconte à BFMTV Me Antoine Flasaquier.

Un SMS encore mystérieux

A Paris, il rejoint son petit frère à Gennevilliers. « Il devait être 9 heures, il a commencé à regarder par la fenêtre. A ce moment-là, je l’ai trouvé distant, mais certainement pas nerveux. Et ce jusqu’au coup de sonnette de Saïd, vers 9h30″, se rappelle la femme de Chérif Kouachi lors de son audition.

A 10h19, Chérif Kouachi envoie un SMS à Amedy Coulibaly. La teneur du message est à ce jour encore inexploitable, mais les enquêteurs pensent qu’il a averti son complice de leur départ vers Charlie Hebdo, où ils vont abattre froidement douze personnes. Dès le lendemain, Amedy Coulibaly fait à son tour ses premières victimes.

>> Le récit de ces trois jours de terreur dans notre long-format interactif

Mon Chinois de Thaïlande m’enjoint de tout publier !

A la suite de mon précédent article, le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi, que j’appelle mon Chinois de Thaïlande lorsqu’il s’agit de son incroyable activité cliquante sur Petitcoucou depuis le 25 juillet 2014 au soir, s’est remis à cliquer sur des pages de commentaires d’articles de ce blog comme au bon vieux de temps de sa localisation en Chine.

Il réclame une opération vide corbeille.

Sans doute, comme à son habitude, refuse-t-il de me croire sur parole…

Je publie donc les statistiques de Petitcoucou, non par obéissance envers ce criminel, mais uniquement pour montrer comment il procède, et que je ne raconte pas d’histoires lorsque j’en parle.

 

Graphe des statistiques basiques :

 

graph_month 53

 

On remarque ici une légère baisse des clics à compter du 14 juillet après une hausse à compter du 6 juillet et un petit pic le 13 juillet, puis une remontée les 19 et 20 juillet, une nouvelle baisse les 21 et 22 juillet, une remontée jusqu’au 25 juillet, une baisse le 26 juillet, un pic le 27 juillet, et encore une baisse dès le lendemain.

Bref, comme le dit bien le malade mental, il va « cahin-caha ».

 

Suite des statistiques basiques :

 

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Seules les lectures de l’article sur Julie Le Goïc correspondent à de vraies lectures.

Les autres correspondent, pour aujourd’hui, à une reprise temporaire de l’activité du Chinois du temps de sa localisation en Chine, mais cette fois à partir d’adresses IP en Italie, et pour la semaine, à son activité quotidienne depuis le 13 avril dernier, avec sa localisation allemande.

 

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Voilà donc les statistiques de Petitcoucou à la mi-journée de ce lundi 1er août 2016. J’ai encore quelque lecteurs pour Julie Le Goïc, mais cela ne va sans doute pas durer.

Emoi de policiers dont les données personnelles sont sur la Toile deux semaines après le double assassinat de Magnanville

Ces données n’ont pas été publiées, elles se trouvaient dans une zone de stockage protégée par un mot de passe, exactement comme le sont la majeure partie de toutes les données que le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi et ses complices cyberdélinquants et fonctionnaires corrompus ou militants du NPA recueillent et collectionnent illégalement à mon sujet depuis plusieurs années.

Je rappelle que ces délinquants « travaillent » de même sur toutes mes relations, anciennes ou actuelles, mes proches, mes médecins, etc… qu’ils recherchent avec l’aide de Josette Brenterch du NPA de Brest en vue de « neutraliser » ou d’éliminer définitivement tous les témoins honnêtes de ma vraie vie, qui les dérangent au plus haut point, l’objectif qu’ils affichent à cet égard depuis 2009 étant de pouvoir ensuite tranquillement publier et imposer à tous leur version de ma biographie, presque entièrement fausse, calomnieuse et particulièrement infamante pour tous ceux qu’elle concerne.

Ils bénéficient pour ce travail de la complicité de magistrats ultra CORROMPUS du Tribunal de Grande Instance de Brest qui de ce fait n’ont jamais vu aucun inconvénient à ce que mes données personnelles soient illégalement révélées au public sur les blogs du susnommé Cyprien Luraghi à la recherche de tous les agents que j’ai pu jadis croiser ou côtoyer, sachant que j’ai notamment travaillé comme ingénieur d’études en informatique sur des projets classés Secret Défense et Confidentiel Défense, et quoique la protection de l’anonymat de tels agents fût renforcée par la loi LOPPSI II promulguée le 14 mars 2011, soit neuf mois après le début de toutes leurs révélations illégales me concernant et constituant à l’évidence un trouble à l’ordre public que les autorités compétentes auraient dû s’attacher à faire cesser au plus vite au lieu de le favoriser.

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/06/28/2374441-donnees-familles-policiers-promenaient-toile.html

Publié le 28/06/2016 à 08:17

Les données des familles de policiers se promenaient sur la Toile

 

Faits divers

Des renseignements personnels sur les policiers adhérents à la Mutuelle générale de la police, MGP, ont été accessibles pendant 15 jours sur internet./Photo illustration DDM
Des renseignements personnels sur les policiers adhérents à la Mutuelle générale de la police, MGP, ont été accessibles pendant 15 jours sur internet./Photo illustration DDM

Emoi de policiers dont les données personnelles sont sur la Toile deux semaines après le double assassinat de Magnanville dans Attentats image-zoom

La manipulation des fichiers de la Mutuelle générale de la police a envoyé sur internet plus de 112 000 fiches d’adhérents de cette assurance médicale. Deux semaines après l’assassinat d’un couple de policiers dans les Yvelines, l’incident tombe très mal.

Nom, adresse, numéro de téléphone, données bancaires… «C’est effrayant», résume un policier après les révélations hier matin sur le détournement d’un fichier de la Mutuelle générale de la police, la MGP. Une mutuelle, parmi quatre qui «assurent» les fonctionnaires de police et dont le fichier fort de 112 000 adhérents, comprenant policiers actifs ou retraités, enfants, épouses, familles, a été divulgué sur la Toile. En réalité, ces données sensibles, avec les adresses personnelles de milliers de policiers se trouvaient dans une zone de stockage de l’opérateur Google et n’auraient pas été accessibles directement. «Ces données étaient protégées par un mot de passe», a précisé hier soir Gilbert Emery, le procureur de Limoges, désormais en charge de l’enquête.

La mutuelle, dont le siège se trouve en Haute-Vienne s’est aperçue de la difficulté le 6 juin. Après diverses vérifications, son directeur et son président ont déposé plainte jeudi dernier à Toulouse. «Par commodité, sans aucun lien direct avec la ville de Toulouse et les policiers qui y travaillent», résume une source proche du dossier. L’affaire, considérée comme très sensible moins de deux semaines après le drame de Magnanville où un commandant de police et sa compagne, ont été assassinés à leur domicile au nom du jihad, aurait dû rester secrète mais RTL l’a révélée hier matin.

Accessibles pendant deux semaines

Dès vendredi, des réquisitions avaient été adressées par la police nationale à Google pour rendre impossible tout accès au fichier. Hier, le parquet de Toulouse s’est dessaisi puisque l’employé indélicat et soupçonné d’avoir commis ces faits travaille pour un sous-traitant de la mutuelle qui est basé à proximité de Limoges. La sûreté départementale de Limoges va donc poursuivre les investigations commencées à Toulouse, aidée selon nos informations par un service spécialisé en cybercriminalité de la direction centrale de la police judiciaire.

Dans un communiqué publié hier, la Mutuelle générale de la police estime que l’employé soupçonné, qui aurait agi ainsi en raison d’un conflit avec son employeur pour une prime non versée (!), a «agi au mépris de toutes les normes professionnelles et violé les règles de sécurité interne qui protègent nos données».

La mutuelle souligne également que l’employé était «vraisemblablement poussé par des motivations personnelles et dans l’intention manifeste de nuire à la mutuelle et à ses adhérents.» Depuis, la MGP souligne que «des dispositions ont été prises pour accroître la sécurité des données», notamment pour «limiter les extractions des données des coordonnées des adhérents de la mutuelle, désormais assujetties à un contrôle renforcé».

Pour l’instant, il est encore trop tôt pour savoir si ces données sensibles ont pu être exploitées par des tiers. Hier soir, le procureur de Limoges, tout en «comprenant l’émotion des policiers dans le contexte actuel», a estimé que les données avaient été accessibles pendant «environ deux semaines». «Pour l’instant, rien ne permet d’affirmer qu’un tiers aurait pu accéder aux données», a affirmé Gilbert Emery.


Renforcer l’anonymat

Deux semaines après la mort d’un couple de fonctionnaires dans les Yvelines, cette affaire qualifiée «d’incident inacceptable», par Jean-Marc Falcone, le directeur général de la police nationale, renforce l’inquiétude des policiers qui souhaitent bénéficier de l’anonymat, même dans les procédures qu’ils rédigent. «On peut très bien imaginer de noter notre matricule à la place de notre identité», souligne Didier Martinez, au nom d’unité SGP-FO. Ce problème devrait relancer les demandes des policiers à qui le président François Hollande avait promis «de garantir leur anonymat» hors service et «donc leur protection» après le drame de Magnanville.

Jean Cohadon

 

http://www.20minutes.fr/societe/1869647-20160620-policiers-tues-yvelines-suspects-arretes-connaissait-fabien-clain

Policiers tués dans les Yvelines: L’un des suspects arrêtés connaissait Fabien Clain

 

TERRORISME Lors des perquisitions, les enquêteurs auraient découvert un bout de papier où était mentionné le nom du djihadiste français…

Photo non datée de Fabien Clain.

Photo non datée de Fabien Clain. – OFF / AFP

H. B.

    • Publié le 20.06.2016 à 18:40
    • Mis à jour le 21.06.2016 à 09:52

 

Une semaine après l’assassinat du couple de policiers à Magnanville dans les Yvelines par Larossi Abballa, l’enquête avance à grands pas.  Deux proches, Saad Rajraji et Charaf-Din Aberouz, ont été mis en examen et écroués samedi soir « pour association de malfaiteur ». Et c’est justement au domicile de l’un d’eux que les enquêteurs auraient fait une importante découverte. D’après BFMTV, un bout de papier sur lequel était inscrite l’adresse mail de Fabien Clain a été découvert chez Saad Rajraji.

Fabien Clain est bien connu des services de renseignements. Considéré comme l’un des proches de Mohamed Merah, cet homme de 35 ans d’origine réunionnaise a été identifié comme celui qui a prêté sa voix à Daesh pour revendiquer les attentats de Paris. Il a été condamné en 2009 à cinq ans de prison pour sa participation à une filière d’acheminement de djihadistes vers l’Irak.

>> A lire aussi : Les renseignements face aux «terroristes isolés»

Saad Rajraji et Fabien Clain se seraient cotôyés en 2011 et 2012 à la prison de Fleury-Mérogis où ils étaient tous deux détenus, révèle BFMTV. Les enquêteurs s’interrogent donc sur le rôle qu’aurait pu jouer Fabien Clain dans cette attaque terroriste.

Des proches d’Abballa se sont renseignés sur deux autres policiers des Yvelines

Les enquêteurs auraient également découvert que deux autres proches de Larossi Abballa, déjà condamnés pour terrorisme mais libres aujourd’hui, s’étaient également renseignés sur deux autres policiers travaillant dans les Yvelines. Une note de renseignement, transmise à la sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, indique en effet que deux hommes se seraient renseignés sur deux collègues de Jean-Baptiste Salvaing, révèle RTL. L’un travaillerait à la Brigade anti-criminalité et l’autre à la Brigade de sûreté urbaine.

 

http://www.rtl.fr/actu/societe-faits-divers/deux-policiers-des-mureaux-cibles-par-des-proches-de-larossi-abballa-7783747928

Deux policiers des Mureaux ciblés par des proches de Larossi Abballa

 

INFO RTL – Une note de renseignement indique que deux proches de l’assassin des deux policiers de Magnanville savaient tout de deux autres fonctionnaires des Yvelines. Les deux hommes ont été condamnés pour terrorisme par le passé et sont aujourd’hui libres.

 

La page de l’émission : RTL Matin
Des policiers délimitant un périmètre de sécurité à Magnanville, le 14 juin 2016
Crédit : Thomas SAMSON / AFP

Des policiers délimitant un périmètre de sécurité à Magnanville, le 14 juin 2016

par Damien Delseny , Ludovic Galtier publié le 20/06/2016 à 08:10 mis à jour le 20/06/2016 à 11:17

 

Une semaine après l’attentat perpétré à Magnanville contre deux policiers, deux autres policiers des Mureaux étaient également ciblés. Une note de renseignement, transmise à la Sous-direction antiterroriste de la police judiciaire, indique, en effet, que deux proches de Larossi Abballa, condamnés pour terrorisme par le passé et libres aujourd’hui, se sont renseignés sur deux collègues de Jean-Baptiste Salvaing : l’un travaille à la Brigade anti-criminalité, l’autre à la Brigade de sûreté urbaine.

Une telle prise d’information sur deux policiers dans le contexte local inquiète forcément, surtout que les deux hommes connaissent parfaitement l’identité de leurs cibles. Dans sa vidéo de revendication diffusée en direct sur Facebook, Larossi Abballa a cité des noms de journalistes mais il a aussi appelé à tuer des policiers et des surveillants de prison. Une source judiciaire confirmait que ce type de menaces devait de toute façon être prise au sérieux.

L’étau se resserre sur l’entourage de Larossi Abballa. Deux autres proches du terroriste ont été interpellés mardi et mis en examen ce week-end pour « association de malfaiteurs » terroriste criminelle à la suite du double meurtre commis par l’assassin du couple de fonctionnaires de police. Saad Rajraji et Charaf-Din Aberouz, 27 et 29 ans, sont connus de l’antiterrorisme français. Ils avaient été condamnés avec Abballa en septembre 2013 lors du procès d’une filière d’envoi de jihadistes au Pakistan.

La rédaction vous recommande
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par Damien DelsenyJournaliste RTL

 

 

http://www.bfmtv.com/societe/policiers-tues-un-lien-entre-l-attaque-de-magnanville-et-les-attentats-du-13-novembre-990575.html

Magnanville: le nom de Fabien Clain retrouvé au domicile de l’un des suspects dans le double meurtre

 

20/06/2016 à 17h29
 

INFO BFMTV – Les enquêteurs ont découvert chez un proche de Larossi Abballa, le tueur présumé des deux policiers, un bout de papier sur lequel était inscrit l’adresse mail de Fabien Clain. Ce dernier n’est autre que l’homme qui a revendiqué au nom de Daesh les attaques de Paris.

 

C’est un nom devenu familier dans les dernières affaires de terrorisme en France. Fabien Clain, connu notamment pour avoir revendiqué, depuis la Syrie, les attentats du 13 novembre au nom de Deash apparaît désormais dans l’enquête sur le double assassinat de Magnanville. Son adresse mail et son numéro d’écrou figure sur un bout de papier retrouvé au domicile de Saâd Rajraji.

Cet homme de 27 ans est l’un des deux hommes mis en examen ce week-end pour « association de malfaiteurs terroriste ». Ce proche de Larossi Abballa, le tueur présumé des deux policiers, a déjà été condamné en 2013 dans une affaire de filière jihadiste entre la France et le Pakistan. Lors des perquisitions menées à son domicile la semaine dernière, une liste avec des noms de policiers, leur fonction et leur adresses professionnelles a été découverte.

Détenus à Fleury-Mérogis

Fabien Clain et Saâd Rajraji se connaissent. En 2011 et en 2012, les deux hommes se sont cotôyés à la prison de Fleury-Mérogis où ils étaient tous deux détenus. Ils faisaient notamment partie d’une association qui vient en aide aux prisonniers musulmans. Ont-ils gardé contact après leur libération et après le départ de Fabien Clain pour la Syrie au printemps 2014 pour rejoindre Daesh?

La découverte de l’adresse mail de Clain au domicile de Saâd Rajraji interroge les enquêteurs. Celui qui se fait appeler Omar a-t-il commandité l’attaque des deux policiers? D’autres attentats ou attaques étaient-ils prévus? Dans le collimateur de l’antiterrorisme depuis 10 ans, la voix française de Daesh est celui qui a revendiqué les attaques de Paris le 13 novembre dernier.

Clain, un proche de Mohammed Merah

Son nom figure également dans de nombreux autres dossiers terroristes. Converti en 2000, Fabien Clain part s’installer à Toulouse. C’est là qu’il rencontre les frères Merah, Mohammed et Abdelkader, qui vient d’être renvoyé aux assises pour y être jugé pour complicité dans les tueries de son cadet, le tueur au scooter. L’homme de 37 ans a également été condamné dans la filière d’Artigat, un petit village en Ariège, où se retrouvaient des jeunes radicalisés.

Le nom de Fabien Clain apparaît également dans une autre affaire de terrorisme. En avril 2015, il est soupçonné d’avoir fourni une aide logistique, notamment une voiture, à Sid Ahmed Ghlam. Cet étudiant algérien de 24 ans est soupçonné d’avoir préparé l’attentat raté contre une église de Villejuif, dans le Val-de-Marne. Un projet avorté qui a coûté la vie à une jeune autormobiliste, Aurélie Châtelain.

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Par J.C. avec Cécile Ollivier

 

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/magnanville-l-adresse-mail-de-fabien-clain-decouverte-au-domicile-d-un-proche-du-tueur-20-06-2016-5900597.php

Magnanville : l’adresse mail de Fabien Clain découverte au domicile d’un proche du tueur

 

>Faits divers|Stéphane Sellami|20 juin 2016, 21h00

 

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 Fabien Clain, la voix française de Daech. C’est lui qui avait revendiqué les attentats du 13 novembre à Paris.

DR

Stéphane Sellami

 

C’est une découverte intriguante. Au cours de la perquisition du domicile de Saâd Rajraji, proche de Larossi Abballa, auteur du double assassinat d’un policier et de son épouse, lundi, à Magnanville (Yvelines), les enquêteurs de la sous-direction antiterroriste (Sdat) ont découvert un morceau de papier sur lequel était inscrit l’adresse mail et le numéro d’écrou de Fabien Clain. Ce vieux routier du djihadisme n’est rien moins que l’auteur de la revendication des attentats du 13 novembre.

 

Clain avait revendiqué les attentats du 13 novembre

 

Clain a été détenu avec Saâd Rajraji à la prison de Fresnes (Val-de-Marne) au début des années 2010 après sa condamnation à 5 ans de prison pour avoir mis sur pied une filière d’envoi de jihadistes vers l’Irak. De son côté, Saâd Rajraji purgeait une peine pour avoir lui aussi pris part à une filière d’acheminement de jihadistes en pakistano-afghane, notamment aux côtés de Larossi Abballa et de Charaf-Din Aberouz. Restés proches d’Abballa, Saâd et Aberouz ont été écroués, dimanche, dans le cadre du double meurtre de Magnanville. «Cette adresse mail de Clain ne créée pas de lien opérationnel entre lui et Saâd Rajraji, tempère une source proche de l’affaire. Par ailleurs, Larossi Abballa était toujours en contact régulier avec Saâd Rajraji et Charaf-Din Aberouz. Ils ne se sont jamais perdus de vue ».

 

leparisien.fr

 

 

http://www.20minutes.fr/societe/1869923-20160621-magnanville-bataclan-villejuif-marque-fabien-clain-derriere-chaque-evenement-terroriste

Magnanville, Bataclan, Villejuif… La marque de Fabien Clain derrière chaque événement terroriste

 

TERRORISME Installé en Syrie, ce Français qui a revendiqué les attentats de Paris au nom de Daesh apparaît également dans l’enquête sur le double meurtre de Magnanville (Yvelines)…

Fabien Clain (à droite), son frère Jean-Michel et Sabri Essid à l'époque de la filière d'Artigat.
Fabien Clain (à droite), son frère Jean-Michel et Sabri Essid à l’époque de la filière d’Artigat. – Capture d’écran Pièces à conviction – France 3

V.V.

    • Publié le 21.06.2016 à 11:29
    • Mis à jour le 21.06.2016 à 13:10

 

Quand ce n’est pas sa voix qu’on entend pour revendiquer un attentat, c’est son nom que l’on découvre chez un des hommes soupçonnés de terrorisme. Le Réunionnais Fabien Clain, bien connu des services de renseignement, a fait son apparition dans l’enquête sur le double meurtre des policiers de Magnanville. 20 Minutes revient sur les différents événements terroristes dans lesquels il est impliqué.

>> Portrait : Qui est Fabien Clain, la «voix de Daesh» ?

  • Magnanville : Son email retrouvé au domicile d’un des suspects

Des policiers à Magnanville (Yvelines), sur les lieux de l'assassinat de deux policiers, le 14 juin 2016.
Des policiers à Magnanville (Yvelines), sur les lieux de l’assassinat de deux policiers, le 14 juin 2016. – Thibault Camus/AP/SIPA

 

Un simple bout de papier découvert lors d’une perquisition au domicile de Saâd Rajraji. Dessus, les enquêteurs ont, selon BFM TV, retrouvé l’adresse email de Fabien Clain ainsi que son ancien numéro d’écrou. Agé de 27 ans, Saâd Rajraji a été mis en examen, tout comme Charaf Din-Aberouz, pour leur implication présumée dans le meurtre des deux policiers de Magnanville (Yvelines) commis par Larossi Aballa, mardi 14 juin.

Ont-ils agi après avoir reçu des ordres donnés par Fabien Clain depuis la Syrie ? L’enquête tente désormais de le déterminer. Selon BFM TV, Rajraji et Clain étaient en contact depuis 2011 où ils purgeaient, tous deux, une peine de prison à Fleury-Mérogis. Les deux hommes faisaient alors partie d’une association venant en aide aux prisonniers musulmans.

  • Paris : La voix qui revendique les attentats du Bataclan et des terrasses

Le communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015
Le communiqué de revendication des attentats de Paris par Daesh, le 14 novembre 2015 – 20Minutes

 

La vidéo débute par un « nashid », l’un des habituels chants religieux qui font le « succès » de la propagande glaçante de Daesh. « Dans une attaque bénie dont Allah a facilité les causes, un groupe de croyants des soldats du califat (…) a pris pour cible la capitale des abominations et de la perversion (…), Paris… »

>> Enquête : Fabien Clain a fait annuler son interdiction de sortie pour partir en Syrie

Identifiée quatre jours après les sanglants attentats de Paris le 13 novembre, la voix qui s’exprime ainsi, revendiquant les attentats de Paris au nom de Daesh, est celle de Fabien Clain, enregistrée depuis la Syrie. L’homme qui chante avant la lecture du communiqué est, selon Le Monde, celle de son frère cadet, Jean-Michel.

  • Villejuif : Il aurait téléguidé Sid-Ahmed Ghlam depuis la Syrie

Des policiers patrouillent le 26 avril 2015 à proximité de l'église Saint-Cyr et Sainte-Juliette à Villejuif, cible d'un attenat déjoué
Des policiers patrouillent le 26 avril 2015 à proximité de l’église Saint-Cyr et Sainte-Juliette à Villejuif, cible d’un attenat déjoué – Kenzo Tribouillard AFP

 

Les enquêteurs ont découvert en août dernier que son nom apparaissait dans le projet d’attentat avorté contre une église de Villejuif (Val-de-Marne), en avril 2015.

>> Enquête : La filière d’Artigat derrière le projet d’attentat de Villejuif ?

Selon Le Monde, Fabien Clain est soupçonné d’avoir « téléguidé Sid Ahmed Ghlam dans son projet d’attentat » depuis la Syrie. Les enquêteurs se fondent pour cela sur un message où plusieurs noms, proches de Clain, sont apparus.

  • Toulouse : Présenté comme un proche de Mohamed Merah

Capture d'écran d'une video de France 2 en date du 21 mars 2012, de Mohamed Merah
Capture d’écran d’une video de France 2 en date du 21 mars 2012, de Mohamed Merah – - FRANCE 2

 

Le clan des «Belphégor ». Voilà comment était surnommé le petit groupe gravitant autour de Fabien Clain dans les années 2000 dans le quartier du Mirail à Toulouse. C’est là que le Réunionnais aurait fait la connaissance de Mohamed Merah, le tueur au scooter. Déjà condamné à l’époque pour avoir tenté d’acheminer des combattants français en Syrie, Fabien Clain se retrouve alors en prison.

Selon plusieurs sources, il aurait alors entretenu une correspondance épistolaire avec Merah avant que celui-ci ne passe à l’acte. Mais dans la seule interview qu’il a accordée à un journal français, à savoir 20 Minutes, Fabien Clain nie pour autant les faits. « Je n’ai jamais été proche de Merah ! Quand il a tué tous ces gens, j’étais en prison. J’ai découvert cela dans ma cellule ! »

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/06/21/2369848-ombre-fabien-clain-plane-affaire-magnanville.html

Publié le 21/06/2016 à 07:44, Mis à jour le 21/06/2016 à 10:30

L’ombre du jihadiste toulousain Fabien Clain plane sur l’affaire de Magnanville

 

Terrorisme

Le jihadiste Fabien Clain est originaire de Toulouse./AFP
Le jihadiste Fabien Clain est originaire de Toulouse./AFP

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Selon BFMTV, hier, les enquêteurs ont découvert chez un proche de Larossi Abballa, le tueur présumé des deux policiers de Magnanville, un bout de papier sur lequel était inscrite l’adresse mail de Fabien Clain. Ce dernier n’est autre que l’homme qui a revendiqué au nom de Daesh les attentats de novembre à Paris. «Ils ont déclenché leurs ceintures d’explosifs au milieu de ces mécréants après avoir épuisé leurs munitions, qu’Allah les accepte parmi les martyrs», avait-il dit alors, avant de menacer : «cette attaque n’est que le début de la tempête».

Ce proche de Mohammed Merah, âgé de 35 ans est un vétéran toulousain des filières islamistes radicales françaises, condamné en juillet 2009 à cinq ans de prison, au terme desquels il est parti en Syrie. Lui et son frère Jean-Michel, originaires du quartier du Mirail à Toulouse, sont des convertis d’origine réunionnaise, radicalisés au début des années 2000.

Le nom de Fabien Clain revient désormais dans l’enquête sur le double assassinat de Magnanville. Son adresse mail et son numéro d’écrou figurent sur un bout de papier retrouvé au domicile de Saâd Rajraji. Ce proche de Larossi Abballa a été mis en examen ce week-end pour «association de malfaiteurs terroriste». Lors des perquisitions menées à son domicile la semaine dernière, une liste avec des noms de policiers, leur fonction et leurs adresses professionnelles a été découverte.

De fait Clain et Rajraji se connaissent. En 2011 et 2012, ils se sont côtoyés à Fleury Mérogis où ils étaient détenus. Par ailleurs, Rajraji a déjà été condamné en 2013 dans une affaire de filière jihadiste entre la France et le Pakistan.

La découverte de l’adresse mail de Clain à son domicile interroge logiquement les enquêteurs.

Dans le collimateur de l’antiterrorisme depuis 10 ans, Fabien Clain avait rencontré les frères Merah, à Toulouse, Mohammed et Abdelkader, qui vient d’être renvoyé aux assises pour y être jugé pour complicité dans les tueries de son cadet, le tueur au scooter.

Clain a également été condamné dans la filière d’Artigat, un petit village en Ariège, où se retrouvaient des jeunes radicalisés et son nom apparaît également dans une autre affaire de terrorisme. En avril 2015, il est soupçonné d’avoir fourni une aide logistique, notamment une voiture, à Sid Ahmed Ghlam, cet étudiant algérien de 24 ans soupçonné d’avoir préparé l’attentat raté contre une église de Villejuif, dans le Val-de-Marne.

Lire également en page 7 « Le dernier hommage aux policiers assassinés ».

La Dépêche du Midi

 

http://www.normandie-actu.fr/policiers-tues-a-magnanville-trois-nouvelles-interpellations-le-nom-de-fabien-clain-retrouve_213692/

Alençon Magnanville. Nouvelles interpellations, le nom de Fabien Clain, djihadiste de Normandie, cité

 

Fabien Clain, terroriste ayant vécu à Alençon, aurait des liens avec l’un des deux suspects, dans l’enquête sur le meurtre de deux policiers, lundi 13 juin 2016, à Magnanville.

 

Mise à jour : 21/06/2016 à 12:35 par La Rédaction

Larossi Abballa le 14 juin 2016 sur Facebook. (© FACEBOOK/AFP/Archives/STR)

Larossi Abballa, le 14 juin 2016, sur Facebook. (© FACEBOOK/AFP/Archives/STR)

 

L’enquête sur le meurtre des deux policiers de Magnanville (Yvelines), lundi 13 juin 2016, se poursuit. Trois proches de Larossi Abballa, meurtrier abattu par le RAID au domicile des victimes, ont été interpellés, mardi 21 juin 2016. Âgés de 27 à 44 ans, ils seraient soupçonnés d’avoir effectué des repérages visant les deux victimes.
Les trois hommes ont été interpellés aux Mureaux et à Mantes-la-Jolie (Yvelines), selon M6, qui a révélé l’information. Tous trois auraient déjà été condamnés, par le passé, pour des faits à caractère terroriste. Selon une des sources policières, ils avaient effectué des surveillances de policiers, notamment à l’occasion d’un rassemblement festif dans les Yvelines.

Le nom de Fabien Clain, sur un bout de papier

 

Fabien Clain, qui a résidé à Alençon (Orne) avait revendiqué les attentats de Paris, le 13 novembre 2015, au nom de Daesh. (Photo : DR)

Fabien Clain, qui a résidé à Alençon (Orne) avait revendiqué les attentats de Paris, le 13 novembre 2015, au nom de Daesh. (Photo : DR)

 

Lundi 20 juin 2016, le nom du terroriste Fabien Clain a également été retrouvé, sur un bout de papier prélevé par des enquêteurs de la sous-direction antiterroriste, dans le cadre de l’enquête sur le double meurtre de Magnanville. Il est déjà connu comme celui qui avait revendiqué les attentats de Paris, le vendredi 13 novembre 2015.

Selon BFM/TV, le nom de Fabien Clain serait indiqué avec son adresse mail et son numéro d’écrou (numéro d’identification attribué à un détenu lors de son incarcération NDLR).

L’essentiel. Fabien Clain, la voix française de Daech, est-il impliqué dans le meurtre des deux policiers de Magnanville (Yvelines) ? Son nom ressurgit dans l’enquête sur l’attaque terroriste commise par Larossi Abballa et revendiquée par Daech. Le courriel de Fabien Clain aurait été retrouvé sur un bout de papier au domicile de l’un des proches de l’assassin, Saâd Rajraji. Âgé de 27 ans, ce dernier a été mis en examen dimanche 19 juin 2016 aux côtés de Charaf-Din Aberouz, 29 ans, dans le meurtre de Jean-Baptiste Salvaing et Jessica Schneider. À ce stade, les enquêteurs n’ont pas retenu de complicité directe, mais les fréquentations des deux hommes sont au cœur de l’enquête. Larossi Abballa, Saâd Rajraji et Charaf-Din Aberouz ont tous les trois été condamnés, le 30 septembre 2013, pour leur participation à un réseau de recrutement et d’acheminement de candidats au djihad vers le Pakistan. Charaf-Din Aberouz avait été détenu au Havre (Seine-Maritime). Saâd Rajraji aurait rencontré Fabien Clain à la prison de Fleury-Mérogis en 2011 et 2012. Ils faisaient notamment partie d’une association qui venait en aide aux prisonniers musulmans, selon BFM-TV. La découverte de l’adresse email de Fabien Clain au domicile de Saâd Rajraji signifie-t-elle que celui-ci est impliqué dans la tuerie de Magnanville ?

C’est au domicile de Saâd Rajraji que ce bout de papier aurait été retrouvé. Cet homme est un des deux suspects mis en examen et écroués, samedi 18 juin, avec Charaf-Din Aberouz, pour leurs relations avec Larossi Abballa, commanditaire de l’attentat de Magnanville.
Ce nouvel indice ne permettrait pas encore de déterminer si le porte-voix de Daesh est également impliqué dans le meurtre des deux policiers.

Cette adresse mail de Clain ne créée pas de lien opérationnel entre lui et Saâd Rajraji », déclare une source policière au Parisien.

Un des suspects était détenu en Normandie. Samedi 18 juin 2016, quelques jours après le double meurtre de Magnanville (Yvelines), les deux suspects Saâd Rajraji et Charaf-Din Aberouz ont été déférés devant le parquet en vue d’une mise en examen.
Charaf-Din Aberrouz, 29 ans, avait été détenu au centre pénitentiaire du Havre (Seine-Maritime), jusqu’en novembre 2015, comme l’a révélé le syndicat Ufap-Unsa justice. Le jeune homme était considéré comme l’un des « émirs » de la filière terroriste pakistanaise. Un profil similaire a celui de Larossi Abballa, abattu par le Raid après l’attaque contre les deux policiers de Magnanville.
Tous deux faisait partie d’une filière destinée à recruter des jeunes en France, pour les envoyer au Pakistan faire le jihad.

Reportage de BFM TV :

Des liens avec les attentats en France

Ces relations entre Fabien Clain et Saâd Rajraji dateraient de plusieurs années. Tous deux auraient été détenus en même temps à la prison de Fleury-Merogis, de 2011 à 2012. Les éléments connus des enquêteurs ne permettraient pas encore de déterminer si leurs relations se sont maintenues au fil des années, notamment après le départ de Fabien Clain pour la Syrie, en 2014.

Fabien Clain, un terroriste vivant en Normandie. Toulousain d’origine, Fabien Clain, surnommé Omar, a vécu en France, au mois jusqu’à début 2015. Ce proche de Mohamed Merah avait un appartement en Normandie, à Alençon (Orne).
Quelques heures après les attentats de Paris, le 13 novembre 2015, il a été reconnu comme le porte-parole revendiquant les attaques au nom de Daesh. L’enquête avait alors permis de retrouver sa trace en Normandie, où son appartement a été perquisitionné le 19 novembre 2015. Il y avait vécu après sa sortie de prison en 2012, pendant au moins deux ans.

Cependant, la découverte de ce nouvel élément tend à démontrer une fois encore, l’étendue des relations que Fabien Clain avait avec des personnes directement impliqués dans les attentats terroristes ayant eu lieu ces dernières années en France : Mohamed Merah, qui avait attaqué des militaires et une école juive à Toulouse, Sid Ahmed Ghlam, impliqué dans un attentat manqué contre une église de Villejuif, ou encore son implication dans les attentats de Paris, qu’il avait revendiqué au nom de Daesh, le samedi 14 novembre 2015.

Avec AFP

La Rédaction

 

 

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Qui est Fabien Clain, ce jihadiste français cité dans les attentats de Paris, Villejuif et Magnanville ?

 

PORTRAIT – L’adresse mail de Fabien Clain a été retrouvée chez un proche de Larossi Abballa, l’assaillant de Magnanville, où deux policiers sont morts.

 

Fabien Clain a revendiqué les attentats contre Charlie Hebdo
Crédit : AFP

Fabien Clain a revendiqué les attentats contre Charlie Hebdo

par Claire Gaveau publié le 21/06/2016 à 17:08

 

Son nom revient régulièrement avec insistance. À Toulouse lors des attaques de Mohammed Merah, lors des attentats du 13 novembre ou de celui avorté à Villejuif, Fabien Clain a toujours été cité dans les enquêtes. La dernière attaque terroriste, perpétrée par Larossi Abballa, n’échappe pas à la règle alors que l’adresse mail du jihadiste français a été retrouvée sur un bout de papier chez Saâd Rajraji, un proche de l’assaillant, mis en examen pour « association de malfaiteurs terroristes ».

Selon BFM TV, les deux hommes se connaissaient puisqu’ils s’étaient « côtoyés à la prison de Fleury-Mérogis où ils étaient tous deux détenus » entre 2011 et 2012. Mais alors, qui est ce Fabien Clain ? Originaire du quartier du Mirail, à Toulouse, ce Réunionnais d’origine s’est converti dans les années 1990 avant de se radicaliser au début des années 2000 avec son frère Jean-Michel.

Artigat, la filière toulousaine

Figure de l’organisation terroriste, son nom est associé à de nombreuses affaires en France. S’il s’est désolidarisé des attaques de Mohamed Merah à Montauban et Toulouse en 2012, les liens entre les deux sont évidents alors qu’ils ont côtoyés la même filière terroriste à Artigat, dans un village de l’Ariège situé à une soixantaine de kilomètres de Toulouse. Un filière notamment dirigée par Olivier Corel, communément appelé « L’Émir Blanc », un Français d’origine syrienne considéré par ses disciples comme un guide spirituel.

En prison lors des actions de Mohammed Merah, Fabien Clain entretient pourtant une correspondance, selon plusieurs sources. Une information niée par le principal intéressé, dans les colonnes de 20 minutes : « Je n’ai jamais été proche de Merah ! Quand il a tué tous ces gens, j’étais en prison. J’ai découvert cela dans ma cellule ! »

Un rôle majeur dans l’attentat déjoué à Villejuif ?

Trois ans plus tard, son nom refait surface lors de l’attentat avorté contre une église à Villejuif, dans le Val de Marne. En première ligne ? Un jeune algérien Sid Ahmed Ghlam. Ce dernier est soupçonné d’avoir assassiné Aurélie Châtelain, une professeure de fitness de 32 ans, avant d’être interpellé par les forces de l’ordre.

Mais si cette action pouvait s’apparenter à un acte solitaire, les enquêteurs mettent la main sur de nombreux messages cryptées envoyés avec un ou plusieurs hommes se trouvant en Syrie. L’idée d’une action téléguidée de l’étranger grandie alors que deux noms, qui font partie de la même procédure de filière jihadiste que Fabien Clain, sont mis en avant. « Présenté comme leur ‘comparse’, Fabien Clain aurait joué de la Syrie un rôle majeur dans leur endoctrinement », écrit alors le quotidien Le Monde.

La voix française de Daesh

Au lendemain des attentats sanglants qui ont frappé Paris le 13 novembre, l’organisation terroriste Daesh a revendiqué les attaques, qui ont fait pas moins de 129 morts, dans un communiqué enregistré diffusé sur internet. Quelques jours plus tard, le verdict tombe alors que certains services spécialisés ont identifié la voix de Fabien Clain. Mais selon nos informations, ce jihadiste vétéran aurait joué un rôle plus important dans ces actions que celui d’un simple speaker.

Les services de renseignement notent que Fabien Clain, ainsi que son frère Jean-Michel, avaient été cités en 2009 dans une ébauche d’attentat visant, déjà, le Bataclan. Une information prise très au sérieuse alors que les deux frères s’étaient installés en Belgique et avait fréquenté la mouvance islamiste radicale qui commençait à s’installer à Molenbeek.

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ClaireGaveau

par Journaliste RTL

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/06/22/2370663-attentats-de-daech-l-ombre-de-la-filiere-toulousaine.html

Publié le 22/06/2016 à 07:45, Mis à jour le 22/06/2016 à 08:01

Attentats de Daech : l’ombre de la filière toulousaine

 

Terrorisme

Des combattants de Daech./Photo AFP

Des combattants de Daech./Photo AFP

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L’adresse internet de Fabien Clain, le jihadiste toulousain d’origine réunionnaise, a été retrouvée chez un proche de Larossi Abballa, l’assassin du couple de policier des Yvelines. Un indice qui tend à prouver qu’Abballa lui non plus n’était pas un loup solitaire.

Difficile désormais de croire que Larossi Abballa, qui a exécuté un couple de policiers à Magnanville, dans les Yvelines, était un «loup solitaire». L’enquête qui se prolonge dans son entourage montre bien que cet homme a eu de très nombreux contacts avec les filières jihadistes. Et qu’un de ses proches, Saad Rajraji, était en contact avec le Toulousain d’origine réunionnaise, Fabien Clain.

Or, Fabien Clain n’est pas n’importe qui. Le membre de l’équipe des «Belphégor» toulousains passé par la cellule d’Artigat est devenu un des caïds de Daech. C’est lui qui a revendiqué les attentats de Paris pour le compte de l’EI dès le 14 novembre. C’est aussi Fabien Clain que l’on retrouve en manipulateur de Sid Ahmed Glam, assassin d’Aurélie Châtelain, et qui préparait un attentat contre l’église de Villejuif.

Son «correspondant» Saad Rajraji, avait été condamné en septembre 2013 dans le cadre du procès d’une filière d’acheminement au Pakistan, en compagnie de Charaf-Din Aberouz, et… Larossi Abballa. Rajraji et Aberouz ont été interpellés samedi, et mis en examen pour «association de malfaiteurs terroristes», mais on ne peut pas pour l’instant, établir une complicité entre eux et Abballa, pour le crime de Magnanville. L’enquête se poursuit, et hier, un autre homme appartenant à l’entourage d’Abballa a été placé en garde à vue.

«Ces opérations ont été réalisées pour vérifier les informations selon lesquelles un groupe de personnes, dont certains proches d’Abballa, voulaient s’en prendre à des policiers. Mais il n’y a, à ce stade, aucun lien avéré avec l’attentat de la semaine dernière», a indiqué le parquet de Versailles. L’homme interpellé a déjà été condamné en 2007 à huit ans d’emprisonnement. Il avait été condamné pour ses liens avec des membres d’un groupe jihadiste responsable des attentats de Casablanca (Maroc) du 16 mai 2003, perpétrés par douze kamikazes, qui avaient fait 33 morts et une centaine de blessés. Ce Franco-Marocain a fait l’objet d’une déchéance de la nationalité française.

Faute d’éléments probants, sa garde à vue de cet homme a été levée dans l’après-midi. «L’enquête se poursuit», a indiqué le parquet de Versailles.

Abballa évoluait donc dans une galaxie très jihadiste : ses proches sont-ils complices ? En tout cas, ils procédaient d’une «ambiance» pour le moins particulière… Et l’on voit que les ramifications avec d’autres filières et d’autres terroristes ne sont pas loin.

Pendant qu’on procédait à ces arrestations à paris, Bruxelles vivait de nouvelles heures d’angoisse, hier, mais cette fois, la faute à un garçon souffrant de troubles psychiatriques. Il avait lui-même appelé les policiers pour signaler qu’il était porteur d’une ceinture d’explosifs : en fait, du sel et des biscuits…

Dernier élément : le parquet général de Paris va se pourvoir en cassation contre l’arrêt renvoyant Abdelkader Merah devant les assises. Le parquet veut des chefs de poursuite plus sévères contre le frère du tueur, qui permettraient une condamnation plus lourde.

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daech-toulouse dans Politique

La Dépêche du Midi

 

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Publié le 22/06/2016 à 07:48, Mis à jour le 22/06/2016 à 10:17

Fabien Clain : de Toulouse à Raqqa, l’itinéraire d’un tueur

 

Terrorisme – Récit

Fabien Clain : de Toulouse à Raqqa l'itinéraire d'un tueur

Fabien Clain : de Toulouse à Raqqa l’itinéraire d’un tueur

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Attaques contre le Bataclan, projet d’attentat contre une église de Villefuif et policiers assassinés dans les Yvelines : la présence du Toulousain d’origine réunionnaise, Fabien Clain, plane au-dessus de chaque attentat ou tentative d’attentat sur le territoire national. Le nom de cet homme de 38 ans, radicalisé au début des années 2000 à Toulouse et condamné en 2009 à 5 ans de prison pour sa participation à une filière d’acheminement de jihadistes vers l’Irak, revient inlassablement dans les dernières enquêtes antiterroristes. Connu pour être la voix de Daech qui a revendiqué les attentats parisiens du 13 novembre 2015, Fabien Clain est-il aussi lié à l’horrible attaque contre le couple de policiers à Magnanville, commise par Larossi Abballa ? C’est en tout cas la question que se posent les enquêteurs après la découverte de nouveaux indices troublants. Au domicile de Saâd Rajraji, un proche de Abballa, les policiers ont retrouvé un bout de papier sur lequel figurent le mail et le numéro d’écrou de Fabien Clain.

Au sein de la galaxie jihadiste de Daech, Fabien Clain occupe un rôle de soutien logistique aux candidats au sacrifice final. Tout en jouant les chefs propagandistes en restant bien à l’écart du front syrien. «Au regard de son passé, de son histoire, de ses multiples voyages en Belgique et en Egypte, Fabien Clain s’est construit un réseau, un carnet d’adresses qui le met en relation avec d’autres jihadistes. Voir son nom apparaître dans l’affaire du double assassinat du couple de policiers est la preuve que cet homme représente un danger réel», commente Christophe Rouget du syndicat des cadres de la sécurité intérieure, à Toulouse.

Fiché S, Fabien Clain est interdit de séjour dans 23 départements français dont la Haute-Garonne après sa sortie de prison en 2012. Alors qu’il entame sa mise au vert en Normandie réfutant toute proximité avec Mohammed Merah, le Toulousain s’installe à Alençon où il continue de prêcher. Fin janvier 2015, quelques semaines après les attentats à «Charlie Hebdo», Clain aurait acheté du matériel audio dans l’enseigne du centre de Toulouse, «Music Action», alors qu’il est interdit de séjour dans la Ville rose. À trois reprises, il se serait rendu dans ce magasin spécialisé pour effectuer plus de 3 000 € d’achats. Ce n’est que 10 mois plus tard que les policiers ont connaissance de sa présence dans cette enseigne. Clain aurait été reconnu par un membre du personnel alors que sa photo était diffusée dans les médias. «Comment se fait-il qu’un homme aussi discret que Clain tout en se sachant surveillé ait pu prendre le risque de faire des achats comme n’importe quel individu dans un magasin de la ville ?», s’interroge un professionnel du renseignement toulousain dubitatif quant à la réelle présence du terroriste à Toulouse, en janvier 2015. Il aurait alors rejoint la Syrie trois mois plus tard.

Pour cet homme au charisme reconnu, tout commence à Toulouse au début des années 2000 après sa conversion à l’islam. Issu d’une famille catholique pratiquante, Fabien Clain, devenu Omar, converti son frère Jean-Michel avec lequel il s’essaye au rap, se faisant appeler les «rappeleurs». Le premier écrit des textes et le second les chante. Dans la Ville rose, Fabien Clain côtoie Sabri Essid et Abdelkader Merah, deux figures du salafisme toulousain et proches de l’Emir blanc, Olivier Corel, un idéologue d’origine syrienne, ex-mentor des frères Merah et résidant à Artigat, en Ariège. De l’ancienne mosquée du Mirail, où il tente d’imposer sa vision de l’islam radical jusque sur les marchés des cités toulousaines, Fabien Clain fait du prosélytisme à tout-va, cautionnant les attaques de Ben Laden à travers la vente de livres et de documents audiovisuels sur les étals, au Mirail. Sa femme, Mylène et ses amies sont gantées et vêtue d’un voile intégral. C’est l’époque du «clan des Belphégor».

Décrit comme ayant joué un rôle essentiel dans la radicalisation des membres de la communauté salafiste, à Toulouse, Fabien Clain multiplie les voyages en Belgique et en Egypte où il part en septembre 2006 avec sa famille en vue de s’installer au Caire. En Belgique, il tisse des liens avec la communauté salafiste dans les quartiers de Bruxelles où il ramène une foisonnante littérature coranique.

Aujourd’hui, Fabien Clain a étendu ses filets en Europe en multipliant ses relations jouant les «VRP» pour Daech. «À chaque fois qu’un attentat se produit, Daech apporte son logo comme un tampon validant l’action qui vient d’être commise. Mais quand l’attentat est raté, Daech se garde bien d’apparaître», poursuit Christophe Rouget. Dans ce contexte, difficile de définir avec exactitude le rôle précis de Fabien Clain au sein de l’entreprise criminelle de l’État islamique.

Communiquant aguerri, logisticien et propagandiste reconnu, il utilise les réseaux sociaux pour revendiquer et diffuser les messages d’endoctrinement. Une terreur par la communication vieille comme le monde. «Jusqu’où peut-on le laisser assurer cette propagande sur les réseaux sociaux ?», s’interroge un enquêteur bien conscient que la suppression totale de ces tribunes propagandistes restent étroitement liées à des enjeux financiers et internationaux. C’est encore une fois sur internet qu’un jeune converti de 22 ans s’est radicalisé subitement. Assigné à résidence à L’Isle-sur-Tarn et fiché S, cet apprenti jihadiste a été arrêté par les policiers de la DGSI, lundi 13 juin, à Carcassonne, alors qu’il voulait tuer au non d’Allah des touristes et des policiers.

Frédéric Abéla

Attentats « islamistes » : la religion a bon dos…

Depuis mars 2012, plusieurs attentats « islamistes » ont été commis sur le sol français, quelques-uns aussi dans d’autres territoires occidentaux, comme la tuerie survenue à Orlando en Floride il y a quelques jours.

Ils se succèdent les uns aux autres et se ressemblent plus ou moins.

Qu’ils soient peu ou très organisés, leurs cibles semblent presque toujours avoir été choisies parmi des individus ou des lieux connus de leurs auteurs, qui tuent bien davantage leurs plus proches prochains que des étrangers ou d’éventuels ennemis.

Mohamed Merah : a tenté de s’engager dans l’Armée française à deux reprises, en 2008 et 2010; a tué des militaires français comme lui d’origine maghrébine; il avait aussi prévu de tuer le policier dont il était le plus proche, d’origine semblable; par ailleurs, si l’épouse de son frère aîné est juive, ses enfants, neveux et nièces de Mohamed Merah, sont juifs eux aussi; il est resté dans sa région d’origine;

Charlie Hebdo : des gauchos de Paris tuent des gauchos de Paris; no comment;

Montrouge : un noir tue une noire; il avait peut-être d’autres projets, mais elle est apparue dans son champ de vision; c’est elle qu’il a tuée;

Hyper Cacher : seconde cible d’Amédy Coulibaly, d’origine malienne, emploie des sans-papiers d’origine malienne, notamment le manutentionnaire Lassana Bathily;

Yassin Salhi : tue son patron qui l’a réprimandé;

13 novembre 2015 : les frères Abdeslam, de nationalité française, qui venaient de perdre leur café dans un quartier populaire de Bruxelles-Capitale, ont ciblé plusieurs cafés et restaurants d’un quartier populaire de Paris, capitale française; fêtards et footeux, ils ont aussi pris pour cibles un concert de rock et un match de football;

22 mars 2016 : le huitième suspect inculpé travaillait à l’aéroport international de Zaventem ; on notera au passage qu’un attentat à cette date était prévu depuis le mois d’octobre 2015, comme je le craignais;

Omar Mateen : fréquentait régulièrement le Pulse à Orlando et pourrait avoir eu des tendances homosexuelles.

Dans tous les cas, les tueurs semblent ne jamais sortir de leurs préoccupations ou de leur environnement les plus familiers – des refuges autant que des soucis très personnels à « régler ».

 

http://www.liberation.fr/societe/2012/03/21/mohamed-merah-a-tente-deux-fois-de-s-engager-dans-l-armee_804710

Mohamed Merah a tenté deux fois de s’engager dans l’armée

 

— 21 mars 2012 à 13:51

 

L’armée de terre l’avait rejeté en raison de ses antécédents judiciaires, puis il avait renoncé à la Légion étrangère au dernier moment.

  • Mohamed Merah a tenté deux fois de s’engager dans l’armée

Mohamed Merah, l’homme de 23 ans soupçonné d’être le tueur de Montauban et de Toulouse, a tenté à deux reprises sans succès de s’engager dans l’armée, d’abord dans l’Armée de terre, en 2008, puis deux ans plus tard dans la Légion étrangère, a-t-on appris auprès de la Défense.

En janvier 2008, il s’est présenté au CIRFA de Lille, le centre régional d’information et de recrutement des forces armées, pour ouvrir un dossier, a indiqué à l’AFP le chef du Sirpa Terre, le colonel Bruno Lafitte.

Mohamed Merah était alors âgé de 19 ans. «Il a passé l’ensemble des évaluations, mais l’enquête sur ses antécédents judiciaires a conclu au rejet de sa candidature», a-t-il précisé.

En 2010, il s’est ensuite présenté au point d’information de la Légion étrangère de Toulouse où il a été «pris en compte» par les responsables locaux.

Les candidats à la Légion, qui viennent parfois de très loin, sont généralement pris en charge, nourris et hébergés, dans les centres de recrutement avant d’entamer leurs séries d’évaluations et d’entretiens.

Selon le colonel Lafitte, Mohamed Merah a dormi sur place, mais n’a pas participé aux tests de sélection. «Dès le lendemain, il est parti de son propre chef», a précisé le porte-parole de l’Armée de terre.

La Légion étrangère retient moins de 10% des candidats qui se présentent dans ses centres. «Nous sommes sensibilisés au profil des gens qui se présentent. Il y a une enquête sur leurs antécédents judiciaires qui permet déjà de savoir beaucoup de choses», a souligné le colonel, interrogé sur les motivations du suspect.

Mohamed Merah, qui a revendiqué son affiliation à Al-Qaeda, est soupçonné d’avoir tué sept personnes, dont trois enfants juifs, et trois parachutistes. Selon les enquêteurs, il avait à son actif plusieurs actes de délinquance et se serait radicalisé lors de deux voyages, en Afghanistan et au Pakistan.

(AFP)

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2015/10/22/01016-20151022ARTFIG00416-tu-veux-jouer-tu-vas-crever-deux-survivants-racontent-l-attaque-de-coulibaly-a-montrouge.php

«Tu veux jouer, tu vas crever» : deux survivants racontent l’attaque de Coulibaly

Cérémonie de remise de médailles de la sécurité interieure

 

Le lendemain des attentats de Charlie Hebdo, Amédy Coulibaly a ouvert le feu sur des policiers à Montrouge. Récit de deux survivants de cette fusillade qui a fait un mort, aujourd’hui décorés pour leur courage.

Dix mois après les attentats de Charlie Hebdo, des héros oubliés viennent d’être décorés. Deux agents de voirie et un policier municipal ont reçu du préfet des Hauts-de-Seine, la médaille d’or de la sécurité intérieure, pour leur acte de bravoure le 8 janvier dernier.

En ce jour sinistre en France au lendemain des attentats de Charlie Hebdo, Clarissa Jean-Philippe, policière municipale de 25 ans, est abattue par Amedy Coulibaly sur la voie publique à Montrouge dans les Hauts-de-Seine. Trois hommes présents sur les lieux assistent à la scène, et tentent d’intervenir.

«Coulibaly a retourné sa Kalachnikov sur nous. Le seul moyen de survivre, c’était de lui sauter dessus comme une sangsue», confie Laurent, agent de voirie, au Parisien. Ce jour-là, lui et l’un de ses collègues sont appelés pour un banal accident de la circulation, «comme c’est le cas à chaque fois», relate-t-il. Sur place, Clarissa Jean-Philippe, une policière municipale intervient également.

Puis, Laurent dit «sentir quelqu’un qui me tirait par le bras, donc je me suis retourné. Et j’ai vu ce type cagoulé. J’ai tapé sur le bout de la Kalachnikov en pensant que c’était un jouet». Ce dernier affirme qu’il ne comprendra ce qu’il se passe que lorsque des étincelles sont sorties du canon. «Je ne l’ai vu que quand il a commencé à tirer, ajoute son collègue Éric, 46 ans. Je n’ai pas compris ce qui s’est passé. Même le bruit de l’arme, j’ai eu du mal à l’entendre».

Puis, il «prend directement une balle». «J’étais paralysé pendant une ou deux secondes. Mais on comprend que, si on ne réagit pas, on va mourir. Je me suis dit: il ne faut pas que je tombe par terre», se souvient-il. Il est grièvement blessé: la balle a traversé son visage en entrant au-dessus de la lèvre supérieure, elle est ressortie sous l’oreille droite.

«Nos regards, avec (Laurent) se sont croisés. J’ai réussi à me décaler. La douleur arrive, le sang coule. Et ça a été tellement vite que je n’ai pas vu tomber Clarissa», poursuit Eric. Les deux précédents projectiles ont mortellement blessé la policière municipale de 25 ans.

De son côté, Laurent croit que l’arme est factice, «alors je tape dessus, en me disant ‘C’est une blague à la con’, mais j’ai vu la tête d’Eric déformée par la balle et Clarissa qui gémissait. Je me suis dit que mon seul moyen de survie, c’était de lui sauter dessus, se rappelle le quadragénaire. Alors, je lui ai sauté dessus. Et je me suis agrippé comme une sangsue». L’agent municipal s’emporte: «J’ai croisé un taré le 8 janvier. Coulibaly, c’est un taré. C’est clair qu’il était shooté. Ces mecs-là, ils prennent des trucs avant de passer à l’acte. C’est pas du courage», se révolte celui qui a vécu un traumatisme.

Laurent raconte qu’il s’est débattu autant qu’il pouvait contre Coulibaly. Il lui a arraché sa cagoule et a tenté de le frapper. «La seule phrase qu’il a prononcée, c’est: ‘Tu veux jouer, tu vas crever’», rapporte Laurent.

Alors qu’Eric, ensanglanté, a réussi à s’éloigner, Mathis se retrouve «à genoux», mais parvient à saisir d’une main le canon de l’arme du terroriste. «Je me suis dit: ‘Quoiqu’il arrive, ne lâche pas’». Amédy Coulibaly tente alors de mettre son autre main dans la poche, mais Mathis l’en empêche en lui attrapant le bout de la manche. Le tireur le frappe avec le canon du fusil, sort un pistolet Tokarev avec lequel il tente de tirer.

«Pour moi, j’étais mort. Il a fait Clic. Je n’ai pas compris pourquoi j’étais vivant. J’ai appris plus tard que son Tokarev s’était enrayé. Il a rangé son gun, sa Kalach, m’a tourné le dos et est repartie en footing», se rappelle Laurent. Laurent est persuadé que s’il n’avait pas réagi, «il s’en serait pris à l’école juive, juste à côté du lieu du drame». Le lendemain Coulibaly prenait en otages les clients d’un supermarché casher et tuait quatre personnes de confession juive avant d’être abattu par la police.

Aujourd’hui ces héros oubliés vont bien mais ils ont de la rancœur contre les autorités. Ils estiment avoir été «zappés». «Aucun soutien, rien, même pas une poignée de main. J’ai vécu le néant pendant 10 mois», déplore Laurent, alors qu’Eric Urban, qui doit encore subir des soins consécutifs à ses blessures, a «l’impression d’être tombé dans une oubliette». La médaille remise ce jour pourrait atténuer l’amertume mais ne fera jamais oublier les souvenirs traumatisants.

 

http://www.jeuneafrique.com/290912/societe/hyper-cacher-lassana-bathily-papiers-malien-devenu-heros/

France : Lassana Bathily le sans-papiers malien devenu le « héros » de l’Hyper Cacher

 

04 janvier 2016 à 09h28 — Mis à jour le 04 janvier 2016 à 11h14

Par AFP
Attentats

Jadis sans-papiers malien fuyant les contrôles de police, Lassana Bathily, 25 ans, est depuis un an le « héros » de l’Hyper Cacher, devant qui on déroule le tapis rouge. Une nouvelle vie qu’il raconte dans un livre publié mercredi.

« Ah, voilà mon Français préféré! » C’est en ces mots que François Hollande a accueilli à l’Elysée un Lassana Bathily plutôt gêné, le 25 janvier 2015.

« Je ne suis pas un héros », proteste depuis le jeune homme au regard doux, en écho au titre de son livre publié par les éditions Flammarion un an presque jour pour jour après l’attaque.

C’était un vendredi, à quelques minutes de la fin de son service. Lassana Bathily, manutentionnaire, rangeait des cartons de surgelés au sous-sol du supermarché casher, quand il entend des tirs et voit une quinzaine de personnes débouler.

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Charlie Bathily

En haut, un jihadiste, Amédy Coulibaly, a pris en otage des clients et ordonne à une caissière d’aller chercher ceux restés en bas. Une partie remonte, l’autre refuse. Lassana Bathily leur propose d’utiliser le monte-charges pour gagner l’issue de secours.

Personne n’ose le suivre. Alors Lassana Bathily éteint la lumière et le moteur du congélateur où se réfugie le groupe. Et prend seul le monte-charges. « Mon coeur battait si fort que j’avais peur qu’on l’entende ». Il parvient à s’enfuir et aidera la police, en dessinant les plans du magasin.

Le soir, il est interviewé par une équipe de télévision puis rejoint son foyer de jeunes travailleurs. « Le matin je me suis connecté sur Facebook, 800 personnes m’avaient rajouté comme ami. Mon téléphone n’arrêtait pas de sonner. Je me suis dit: « Mais qu’est-ce qu’il m’arrive? »

Son pote Yohan

Quelques jours plus tard, flottant dans un costume neuf, il obtient la nationalité française dont il rêvait « depuis (son) enfance ». Puis rentre auréolé de gloire au Mali, d’où il était parti à 16 ans pour tenter sa chance à Paris.

Le président Ibrahim Boubacar Keïta félicite son compatriote: tandis qu’Amédy Coulibaly, aussi d’origine malienne, avait « jeté le drapeau malien par terre, tu l’as redressé ».

Depuis, le « blédard » a multiplié voyages et distinctions.

Le monde entier encense ce jeune musulman au fin collier de barbe qui avait l’habitude de prier dans le sous-sol de l’Hyper Cacher et y a ce jour-là sauvé des juifs. Certains otages grincent des dents. « À aucun moment, au sous-sol, je n’ai vu Lassana Bathily accomplir un acte héroïque », écrit Yohann Dorai, expliquant avoir lui-même coupé les fils du moteur du congélateur où il était réfugié.

Yohann Dorai dédie son livre, « Hyper Caché » (Ed. du Moment), à Yohav Hattab, étudiant de 22 ans tué par Coulibaly en tentant de s’emparer d’une de ses armes.

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Lassana Bathily, le migrant malien devenu héros français

Pour le parrain républicain du jeune Malien, Denis Mercier, qui le suit depuis le lycée, « Lassi » n’est pas un héros mais « un gamin de 25 ans qui a fait un truc bien et tant mieux ».

Le 9 janvier, Lassana Bathily a perdu son « pote » et collègue Yohan Cohen, qu’il appelait « Boss-Boss », tué comme trois autres personnes par Coulibaly. Deux jours plus tard, il apprenait aussi le décès de son petit frère de 19 ans, Boubakar, malade depuis longtemps.

Le tourbillon médiatique s’est estompé, Lassana Bathily a quitté son foyer de jeunes travailleurs pour un logement social et abandonné son job à l’Hyper Cacher pour un emploi à la mairie de Paris.

Mais quelques mois plus tard, la mort s’est rappelée à son souvenir. Le soir du 13 novembre, « je n’étais pas loin du Bataclan ». Comprenant que les attentats recommençaient, « j’ai couru, comme tout le monde ».

Le vendredi suivant, une autre attaque frappait l’hôtel Radisson Blu de Bamako, où il avait séjourné.

Son parrain républicain redoute parfois « qu’il soit pris pour cible, que les terroristes se disent « le petit héros musulman, on va lui faire sa fête » ».

Lassana Bathily, lui, n’a « pas peur ». Il poursuit ses cours de français et a créé une association humanitaire à son nom. « Il faut qu’on soit solidaires, qu’on reste unis ».

 

http://www.vice.com/fr/read/breve-retrospective-des-derniers-attentats-islamistes-sur-le-sol-francais-371

Une brève rétrospective des attentats islamistes commis sur le sol français ces dernières années

 

Par VICE Staff

juin 26, 2015

 

Vue satellite de l’usine Air Products, à Saint-Quentin Fallavier, via Google Maps.

Ce matin, peu avant dix heures, une attaque terroriste a eu lieu sur un site de production d’Air Products, à Saint-Quentin Fallavier, dans l’Isère. L’usine produit du gaz et des produits chimiques – selon François Hollande, le but de l’attaque était de « provoquer une explosion ». Une tête décapitée ainsi qu’un drapeau islamique noir ont été retrouvés sur le site. Le suspect, identifié comme Yassin Salhi, avait fait l’objet d’une mise sous surveillance de 2006 à 2008 suite à sa radicalisation.

On pointe déjà du doigt le manque de sécurité sur les sites à risques comme l’usine de produits chimiques attaquée ce matin, mais aussi les failles des services de renseignement français, qui n’auraient pas surveillé d’assez près Yassin Salhi. Sans oublier, bien sûr, la question du sort des musulmans français, victimes collatérales d’une diabolisation médiatique qui ne s’est pas atténuée au cours de ces dernières décennies.

Cette nouvelle attaque terroriste, la 10ème en un peu plus de dix ans, fait monter à 31 le nombre de victimes à avoir été tuées par le terrorisme islamique sur le sol français depuis les attentats du World Trade Center aux États-Unis. Voici un récapitulatif des attentats commis en France lors de ces dix dernières années.

Attentats à la bombe contre l’ambassade d’Indonésie à Paris
Le 8 octobre 2004, au petit matin, une bombe explose devant l’ambassade d’Indonésie à Paris, faisant 10 blessés légers. Cette attaque est revendiquée par le Front islamique armé français. Le groupe réclame la libération de membres du Groupe islamique armé, à l’origine de la vague d’attentats de 1995 et 1996. L’attaque survient également dans le contexte tendu de la loi sur les signes religieux dans les écoles publiques, que les terroristes veulent voir retirée. Si l’attentat ne fait pas de dégâts sérieux, il est le premier signe d’une activité terroriste d’inspiration islamique sur le sol français depuis le 11 septembre 2001.

Attentats contre des civils juifs et des militaires à Toulouse et Montauban
En mars 2012, lors de trois expéditions différentes, Mohammed Merah assassine sept personnes – trois enfants et un professeur dans un collège-lycée juif de Toulouse et trois militaires. En outre, six personnes sont blessées. Il est finalement identifié par la police et traqué jusqu’à chez lui, où le RAID, après 30 heures de siège, donne l’assaut le 22 mars. Le terroriste est tué d’une balle dans la tête. Cette affaire fait resurgir en France les inquiétudes face au terrorisme, et soulève la question du « loup solitaire », bien que Merah ait été identifié comme proche d’Al-Qaïda. Les médias commencent à analyser les processus de radicalisation à l’œuvre. L’antisémitisme de ses actions est également soulevé, notamment par le président François Hollande lors de la cérémonie en hommage aux victimes de l’attentat.

Attentat de Charlie Hebdo
Le mercredi 7 janvier 2015, Saïd et Chérif Kouachi font irruption dans la rédaction de l’hebdomadaire satirique Charlie Hebdo armés de fusils-mitrailleurs et d’armes de poing. Ils abattent 12 personnes, parmi lesquelles deux agents de police, et font 11 blessés. La presse évoque la liberté d’expression, et les réseaux sociaux sont envahis de messages de soutien aux victimes de l’attentat et au journal – donnant ainsi naissance au slogan « Je suis Charlie » qui sera repris par des millions de personnes à travers le monde. Des journalistes et des politiques, tout comme certains citoyens, somment la communauté musulmane de se désolidariser des terroristes. Après deux jours de cavale, les frères Kouachi choisissent de livrer leur ultime combat contre les forces de l’ordre en se retranchant dans un entrepôt de la grande banlieue parisienne. Ils sont abattus à la suite de l’intervention du GIGN.

Attentat de l’Hyper Cacher
Le vendredi 9 janvier 2015, Amedy Coulibaly, complice des frères Kouachi, attaque un supermarché cacher en bordure de la capitale française, tuant quatre personnes et faisant plusieurs blessés. Pendant la prise d’otage, Amedy Coulibaly s’exprime à la chaîne d’info en continu BFM TV, expliquant les raisons de son acte : « C’est pour tous les endroits où les musulmans sont oppressés. » Il avoue avoir été envoyé par Al-Qaïda dans la péninsule Arabique et cibler particulièrement des juifs. Il sera abattu par les forces de l’ordre lors de l’assaut sur le supermarché. Le dimanche 11 janvier, une manifestation dans les rues de Paris rassemble plusieurs millions de personnes, dont le président de la république François Hollande et de nombreuses autres personnalités politiques venues du monde entier.

Attaques isolées depuis 2013
Depuis 2013, une série d’attaques isolées et non-revendiquées ont fait 1 mort et 28 blessés. Le 23 mai 2013, trois jours après le meurtre de Lee Rigby dans une rue de Londres, Alexandre Dhaussy, 22 ans et récemment converti à l’islam, attaque à l’arme blanche un militaire en patrouille dans la gare de La Défense. En décembre 2014, trois incidents font plus d’une vingtaine de blessés dans le Centre et l’Ouest de la France. Le 20 décembre, à Joué-les-Tours, un homme attaque et blesse des policiers au couteau avant d’être abattu. Le 21 décembre, à Dijon, un homme prend pour cible des piétons avec son véhicule, faisant 11 blessés. Le 22 décembre à Nantes, un homme tue un individu et en blesse dix autres en rentrant dans un marché de Noël avec son véhicule. Dans les trois cas, des témoins auraient entendu les hommes crier « Allahu Akbar », soit « Dieu est grand » en arabe. Le 3 février 2015, quelques semaines après les attentats de Charlie Hebdo et de l’Hyper Cacher, un homme attaque trois militaires gardant un centre communautaire juif avec un couteau avant d’être neutralisé.

Attentat déjoué à Villejuif
Le dimanche 19 avril 2015, Sid Ahmed Glam, étudiant algérien de 24 ans, est arrêté à Villejuif après avoir tué une femme dont il essayait vraisemblablement de voler le véhicule. Des policiers retrouvent des gilets pare-balles et des armes – dont plusieurs fusils d’assaut – dans sa voiture et à son domicile. Les enquêteurs découvrent aussi des messages provenant de Syrie sur son portable, l’exhortant à « passer à l’acte ». Le jeune homme avait ciblé deux églises et est suspecté d’avoir planifié des attaques qui auraient pu faire plusieurs centaines de victimes, à l’heure des offices religieux du dimanche matin.

Pierre-Eliott et Ilyass sont sur Twitter.

 

http://www.liberation.fr/france/2015/11/22/les-freres-abdeslam-tenanciers-bling-bling_1415358

Les frères Abdeslam, tenanciers «bling-bling»

 

Par Isabelle Hanne, envoyée spéciale à Molenbeek-Saint-Jean — 22 novembre 2015 à 19:26

 

Le café familial Les Béguines, dans le quartier du Karreveld, à Molenbeek, a été fermé par un arrêté en date du 5 novembre. Photo Pauline Beugnies.Out of focus

Cogérants d’un café à Molenbeek, au centre de tous les trafics, Brahim et Salah semblent s’être radicalisés très rapidement.

  • Les frères Abdeslam, tenanciers «bling-bling»

Sur la façade, un drapeau aux couleurs de la Belgique vante la bière Jupiler et claque sous les assauts d’un vent impossible. Dans une rue anonyme du quartier du Karreveld, dans le haut Molenbeek, le café Les Béguines intrigue. Fermé début novembre pour consommation et vente de stupéfiants, il appartenait jusqu’à très récemment, selon le registre du commerce, à Brahim Abdeslam, l’un des kamikazes des attentats de Paris. Le gérant n’était autre que son petit frère Salah, impliqué lui aussi, en cavale depuis, et sous le coup d’un mandat d’arrêt international. Les deux frères ont également été les logisticiens des attaques terroristes, louant voitures et chambres d’hôtel.

Les documents commerciaux du café déposés au greffe du tribunal de commerce de Bruxelles, consultés par Libération, indiquent que la société, Coin Stijn, a été constituée le 10 mars 2013. Au capital initial de cette affaire de famille, Brahim Abdeslam, gérant (96 parts sociales), son père, Abderrhamane (2 parts), et la petite sœur, Myriam, née en 1993 (2 parts). Le 30 décembre 2013, Salah devient gérant en reprenant les parts de sa sœur, qui quitte la société. Brahim et son père conservent les leurs.

«Fumer tranquille»

Le café Les Béguines est situé au cœur d’une zone tampon entre le vieux Molenbeek et les quartiers plus favorisés de la ville. Des rangées de petites maisons mitoyennes, des bâtiments pas bien hauts, trois barres d’immeubles en quinconce, un primeur ici, un garagiste là. C’est «le secteur le plus désertique en termes associatifs», dit-on à la commune. Contrairement au reste de la ville, pas de Maison de quartier, fermée il y a trois ans et officiellement «en rénovation». Les Béguines était «l’un des deux « cafés marocains » du quartier où les jeunes pouvaient se retrouver, décrit Simon Minlend, éducateur à Karreveld pour l’association Atouts jeunes. Sinon, ici, il n’y a aucun espace couvert pour eux». Un café où, précise-t-il, des jeunes «pas le genre à foutre le bordel se retrouvaient pour fumer tranquille, ce qui est impossible dans les « cafés belges ». Ce n’était pas un endroit de débauche». Mais il devient rapidement un lieu de consommation et de vente de stupéfiants, «toujours à moitié plein», raconte une habitante du quartier. Rapidement aussi, les voisins se plaignent des effluves de cannabis, des jeunes devant le café et du «ballet de belles voitures», précise unevoisine.

Lors d’un contrôle, le 17 août, les policiers notent «une forte odeur de stupéfiants» et la présence de «joints partiellement consumés» dans les cendriers, comme l’indique l’arrêté du 5 novembre placardé sur la porte. Considérant que Les Béguines est «un point d’achalandage et de consommation de produits résineux hallucinatoires et stupéfiants», la bourgmestre de Molenbeek, Françoise Schepmans, membre du Mouvement réformateur du Premier ministre, fait fermer le café. Selon une connaissance de Salah, lui et son frère Brahim «passaient leurs journées aux Béguines : ça fumait, ça rigolait…» Un voisin raconte qu’il allait «tous les jours y chercher son café» mais qu’il le prenait «à emporter, parce qu’à l’intérieur il y avait beaucoup de drogue». Le lieu existe depuis longtemps. «On le voit aux publicités pour Jupiler : il a fort évolué, remarque la bourgmestre. Avec le changement de sociologie du quartier, il a été transformé en salon de thé.» Elle pense «qu’ils n’y servaient pas d’alcool».

Deux mois et demi s’écoulent entre le contrôle de police et l’arrêté de fermeture. «C’est le travail administratif», justifie la bourgmestre, qui précise qu’elle ferme «une dizaine de cafés par an». Et qu’«aucun des frères Abdeslam ne s’est rendu à la convocation de la police après le contrôle». Pour l’éducateur Simon Minlend, «s’il n’y avait pas eu Paris, personne ne se serait intéressé aux Béguines. Les cafés, ici, ils ouvrent, ils ferment, on consomme, on vend, et puis les stups font « sauter » le café, c’est fréquent». Les Béguines n’a d’ailleurs pas été perquisitionné après les attentats. «Il y a une devise au village : tu ne chies pas là où tu manges, lance l’éducateur. Par exemple, tu ne planques pas ton matos là où tu vis. Là, dans le café, ils étaient trop exposés.»

Les documents déposés au greffe du tribunal de commerce de Bruxelles montrent un dernier mouvement le 30 septembre. Six semaines après le contrôle de police, six semaines avant les attentats. Lors d’une assemblée générale «sous la présidence de monsieur Abdeslam Salah», son père démissionne de son poste d’associé et Salah de celui de gérant. L’intégralité des parts est cédée à un certain Batis Rida, qui devient gérant. Le siège social est transféré à Quiévrain, une commune frontalière avec la France. Selon la RTBF, Rida, victime d’une usurpation d’identité, n’aurait jamais repris la société. Brahim et Salah se sont, en tout cas, aisément débarrassés du commerce encombrant un mois avant l’arrêté de fermeture.

Les cinq enfants Abdeslam, quatre garçons et une fille, sont tous de nationalité française et nés à Bruxelles. Leur père, Abderrhamane, est né à Oran, dans l’Algérie française de 1949, d’où il tient sa nationalité. Sa femme est une Marocaine du Rif naturalisée française. Le père a vécu à Aubervilliers (Seine-Saint-Denis) avant de venir s’installer à Molenbeek. Il est aujourd’hui retraité de la Stib, la compagnie de transports en commun de Bruxelles. Une «famille tranquille», dit l’entourage. Loin du kamikaze Brahim, 31 ans, ou de «l’ennemi public numéro 1» Salah, 26 ans. Seul un autre fils, Mohamed, a été interrogé par les policiers belges après les attentats. Il est ressorti sans inculpation d’une garde à vue de 36 heures, avec un alibi confirmé par plusieurs témoins. Le jeune homme de 29 ans est un employé communal sans histoires.

«Intelligent mais agressif»

Brahim et Salah sont décrits par des proches et voisins incrédules comme «des gars gentils», «prêts à aider», «même si on savait que ce n’était pas des enfants de chœur». Brahim, notamment, avait acquis une petite notoriété de héros de quartier en secourant une famille lors d’un incendie rue des Béguines. La commune n’en a pas souvenir, mais un restaurateur du coin confirme : «Le haut de l’immeuble commençait à prendre feu, et Brahim est monté pour faire sortir des gens. Après les attentats, j’ai revu le propriétaire de l’immeuble, qui m’a dit qu’il ne comprenait pas que le type ait fait ça alors qu’il semblait avoir bon fond.» Le pompier amateur est néanmoins pyromane : les services de la ville se souviennent qu’à 14 ans, il avait incendié l’ancien logement de ses parents. Brahim, «intelligent mais agressif», précise la bourgmestre, avait quelques années plus tard défoncé la porte d’un échevin «pour une histoire de logement». La commune s’était portée partie civile, la plainte avait été classée sans suite.

Les deux frères sont connus pour des affaires de drogue. Brahim, électricien de formation et brièvement marié, a aussi été condamné en 2005 pour vol, en 2010 pour faux en écriture et escroquerie puis, plus tard, pour infraction routière. En 2011, Salah apparaît dans le même dossier pour vol avec effraction qu’Abdelhamid Abaaoud, jihadiste belge notoire depuis son départ en Syrie en 2013 et organisateur présumé des attentats de Paris, mort lors de l’assaut de mercredi à Saint-Denis. Les deux jeunes, qui ont grandi dans le même quartier, sont condamnés à une peine légère et font un mois de préventive. Salah perd alors son emploi de technicien à la Stib.

En janvier 2015, Brahim Abdeslam avait tenté de se rendre en Syrie, mais «avait été intercepté par les Turcs et interrogé en Belgique à son retour», affirme le parquet fédéral belge. Salah avait, à cette occasion, également été entendu par la police. «Nous savions qu’ils étaient radicalisés et qu’ils pourraient se rendre en Syrie, [mais] ils ne montraient pas de signe d’une possible menace», ajoute le parquet. Les deux frères figuraient sur une liste établie par l’Organe de coordination pour l’analyse de la menace, parmi 800 noms ayant attiré l’attention des autorités pour leurs liens avec les combattants en Syrie. Un mois plus tard, Salah est brièvement arrêté par la police néerlandaise lors d’un contrôle routier pour possession de cannabis – il s’en tire avec une amende.

«Aucun élément, dans le quotidien, ne pouvait amener leur entourage ou les autorités à imaginer qu’ils pouvaient se radicaliser», insiste Françoise Schepmans. Ceux qui les ont côtoyés se souviennent de tenanciers flambeurs, «un peu bling-bling», «louant des belles voitures», aimant draguer et sortir en boîte. Beaucoup pensent qu’ils se sont engagés dans cette équipée sanguinaire «pour l’argent». «Ils n’ont pas changé de manière de s’habiller, la copine de Salah n’est pas voilée», dit une proche. «On ne les voyait jamais à la mosquée», affirme un commerçant. Sur BFM TV, Mohamed décrit pourtant Salah comme «un pratiquant […] qui ne manquait pas à ses obligations. Il priait, ne buvait pas, se rendait de temps en temps à la mosquée. Ça ne l’a pas pris la semaine passée. Ça fait longtemps que Salah et Brahim font le jeûne. Ça ne [nous] permet pas de déterminer si c’est un radicaliste [sic] ou pas.»

Leur dérive reste mystérieuse. Salah a pu basculer au contact d’Abaaoud. Selon un éducateur qui les a connus, c’est plutôt Salah, «vrai caractère de leader», qui aurait embrigadé son aîné. Cette radicalisation a pu être habilement dissimulée, à l’instar d’un Merah qui sortait encore en boîte quelques jours avant les attentats de Toulouse – c’est la «taqiya», une stratégie visant à tromper l’ennemi en camouflant sa foi. Elle peut aussi être récente : «La radicalisation est parfois très rapide, avance Guy Van Vlierden, spécialiste des filières belges au quotidien néerlandophone Het Laatste Nieuws. Il était notamment en contact avec Bilal Hadfi, le jeune kamikaze du Stade de France. Certains profils basculent très vite, surtout ceux qui ont déjà un passé délinquant. La famille peut ne pas s’en rendre compte : ils sont très peu à la maison, le tout dans des communes paupérisées, comme Molenbeek, où il y a très peu de contrôle social.»

Depuis lundi, sous le grésil et le ciel bas, les journalistes défilent rue des Béguines pour tenter d’imaginer ce qu’il se passait derrière les briques brunes et les grandes fenêtres bâchées de noir. Le café n’a sûrement pas servi de base arrière pour la préparation des attentats. Mais il a sans doute permis aux frères Abdeslam de bénéficier d’une formidable couverture.

Isabelle Hanne envoyée spéciale à Molenbeek-Saint-Jean

 

http://www.lefigaro.fr/flash-actu/2016/06/18/97001-20160618FILWWW00136-attentats-de-bruxelles-le-suspect-arrete-hier-travaillait-a-l-aeroport.php

Attentats de Bruxelles : le suspect arrêté hier travaillait à l’aéroport

    • Par lefigaro.fr avec AFP
    • Mis à jour le 18/06/2016 à 17:47
    • Publié le 18/06/2016 à 17:42

Un Belge de 30 ans, arrêté et inculpé hier de « terrorisme » dans le cadre de l’enquête sur les attentats de Bruxelles, travaillait à l’aéroport international de Zaventem, une des cibles des attaques du 22 mars, rapportent aujourd’hui des médias belges.

Youssef E.A., le huitième suspect placé en détention depuis les attentats à l’aéroport de Bruxelles-Zaventem et dans la station de métro Maelbeek, était employé par une société de restauration aérienne et avait un accès direct aux avions, selon ces médias.
Interrogé le parquet fédéral belge n’a pas été en mesure de confirmer ces informations révélées par le quotidien flamand Het Nieuwsblad et des publications du groupe francophone Sudpresse et confirmées par des sources judiciaires, selon l’agence de presse Belga. Ce n’est pas la première fois que des médias belges se font l’écho de jeunes radicalisés ayant été embauchés à l’aéroport de Zaventem.

Youssef E.A., né le 4 août 1985 et de nationalité belge, a été « privé de liberté et placé sous mandat d’arrêt (inculpé) par le magistrat instructeur du chef de participation aux activités d’un groupe terroriste, assassinats dans un contexte terroriste et tentatives d’assassinats dans un contexte terroriste, comme auteur, coauteur ou complice », avait annoncé hier le parquet fédéral. Il est lié à deux autres suspects impliqués dans les attaques du 22 mars, Khalid El Bakraoui, le kamikaze du métro, et Ali E.H.A (Ali El Haddad Asufi, selon la presse), qui auraient loué l’appartement bruxellois ayant servi à préparer l’attentat à la station Maelbeek, ont écrit le Het Nieuwsblad et Sudpresse.

Les enquêteurs ont saisi l’ordinateur de Youssef E.A et y ont découvert des messages provenant d’une clé USB de Khalid El Bakraoui mentionnant des vols vers les Etats-Unis, la Russie et Israël, ont-ils précisé. L’ordinateur aurait également contenu un message datant d’octobre 2015 annonçant qu’ »un de nos frères passera à l’action le 22 mars 2016″.

Un des principaux membres de la mouvance djihadiste belge, Mohamed Abrini, inculpé pour les attaques du 13 novembre à Paris et qui a reconnu être le « troisième homme » de l’attentat à l’aéroport de Bruxelles, avait quant à lui avoué aux enquêteurs belges que les commandos du 22 mars avaient pour objectif initial de frapper la France. Traqués par les enquêteurs, ils auraient décidé de commettre leurs attaques plutôt à Bruxelles. Les attentats de Paris (130 morts) et de Bruxelles (32 morts) ont été revendiqués par l’Etat islamique.

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