Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray : un complice identifié sur Telegram

Originaire de Roanne, cet ancien rappeur de 29 ans s’était radicalisé lors d’un séjour en Algérie en 2011 et s’était déjà fait remarquer pour son prosélytisme sur Facebook au début de l’année.

Mais surtout, il était le bourreau de Daech ayant derechef menacé la France après l’attentat de Nice sur une vidéo apparue le 20 juillet dernier.

Ayant quitté la France fin 2012, il se trouverait en Irak ou en Syrie.

Selon ses proches, comme bien d’autres djihadistes de ces dernières années, il avait commencé à changer en 2010.

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/saint-etienne-du-rouvray-rachid-kassim-le-djihadiste-qui-a-inspire-les-assassins-du-pere-hamel_1822206.html

Rachid Kassim, le djihadiste qui a inspiré les assassins du père Hamel

Par , et , publié le 18/08/2016 à 12:15 , mis à jour à 14:03

Rachid Kassim, djihadiste de 29 ans ayant rejoint la zone irako-syrienne, est suspecté d'avoir "inspiré" Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, les deux terroristes de l'église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Capture d'écran.
Rachid Kassim, djihadiste de 29 ans ayant rejoint la zone irako-syrienne, est suspecté d’avoir « inspiré » Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, les deux terroristes de l’église de Saint-Etienne-du-Rouvray. Capture d’écran.Vidéo de propagande

 

Selon nos informations, les deux terroristes de Saint-Etienne-du-Rouvray étaient en contact avec Rachid Kassim, un Roannais de 29 ans établi en zone irako-syrienne. Loin d’être livrés à eux-mêmes, ils semblent avoir été influencés, voire guidés, par ce djihadiste sanguinaire et prosélyte.

 

[EXCLUSIF] L’enquête sur les réseaux virtuels et labyrinthiques d’Adel Kermiche et d’Abdel Malik Petitjean révèle bien des surprises. Les deux auteurs de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray du 26 juillet, qui habitaient à 700 kilomètres l’un de l’autre, ne se sont pas seulement rencontrés sur la messagerie chiffrée Telegram. Ils semblent aussi y avoir été pilotés depuis la zone irako-syrienne par un membre du groupe Etat islamique (EI).

D’après nos informations, grâce à l’exploitation de matériel informatique, les enquêteurs ont découvert des conversations Telegram entre les deux terroristes de 19 ans et le djihadiste Rachid Kassim. Ils n’ont eu aucun mal à identifier ce Roannais de 29 ans. Bien connu de l’antiterrorisme, il est très actif sur les réseaux sociaux et est loin d’y être discret puisqu’il utilise son nom ou son prénom comme identifiants. L’homme vivrait aujourd’hui en Irak ou en Syrie, sur les terres occupées par Daech.

Un djihadiste surconnecté

Contacté, le parquet de Paris n’a souhaité faire aucun commentaire. Mais selon les éléments recueillis par L’Express, Rachid Kassim est suspecté, sinon d’être un commanditaire, d’avoir exercé au minimum une influence virtuelle dans le passage à l’acte des deux jeunes tueurs. Un rôle de propagandiste qu’il continue à tenir aujourd’hui, notamment sur Telegram.

Car le djihadiste est l’administrateur d’une chaîne de plus de 200 abonnés sur laquelle il publie quotidiennement des messages et des infographies prosélytes d’une extrême violence. Il presse « les musulmans » à attaquer en France avec une insistance morbide et se présente comme le réceptacle des serments d’allégeance à l’EI. De nombreux indices montrent que Kermiche et Petitjean partageaient son idéologie et utilisaient les mêmes supports de propagande. Ensemble, ils appartenaient à une même communauté.

La « voix » du Telegram de Kermiche

Outre leurs échanges privés, Kermiche et Kassim – mais aussi de nombreux autres cyber-djihadistes français – publiaient de nombreux contenus audio et écrits identiques sur leurs canaux respectifs.

Surtout, selon nos informations, le combattant de Roanne est l’auteur de l’étrange enregistrement audio diffusé une semaine après la tuerie de l’église sur le Telegram de Kermiche. Il y félicite chaleureusement ses « frères » pour l’opération. Kassim est donc le nouvel administrateur de la chaîne du terroriste normand, ce qui suggère que ce dernier lui a transmis ses accès avant de mourir sous les balles des policiers.

LIRE AUSSI >> Le terroriste Adel Kermiche est mort mais son Telegram s’est remis à parler

Depuis, Kassim s’en sert pour y copier une partie des messages de propagande et autres appels au meurtre qu’il diffuse sur sa propre chaîne. C’est le cas d’une infographie de personnalités françaises « à abattre », qui a connu un inquiétant succès parmi les réseaux djihadistes. Si elle est plus détaillée qu’avant, cette liste n’est pas totalement nouvelle. Elle avait déjà été partiellement mentionnée par Abdel Malik Petitjean dans une vidéo qu’il avait enregistrée seul sur son ordinateur, mais aussi sur la chaîne radicale Ansar at Tawhid et par Larossi Abballa, meurtrier d’un couple de policiers à Magnanville, dans sa déclaration d’allégeance à l’EI.

Si les connexions entre Petitjean, Kermiche et Kassim sur Telegram sont évidentes, il est encore impossible, à ce stade, de déterminer si c’est le Roannais qui a mis en lien les deux jeunes terroristes de l’église ou s’il s’agit d’un intermédiaire.

Vidéo de décapitation

Quoi qu’il en soit, Kassim ne cache en rien sa volonté de pousser un maximum de nouvelles recrues à commettre des attentats. Dans des manuels très détaillés à destination « des lions solitaires », le vétéran du djihad théorise des modus operandi qui rappellent les récents attentats en France. Il préconise « des attaques au camion » et l’utilisation « d’armes en plastique ou de fausses ceintures explosives » pour les candidats désargentés. L’objectif est, dit-il, d’instiller « la peur chez les mécréants ». Méthodes suivies à la lettre par les tueurs de Saint-Etienne-du-Rouvray, mais aussi par Mohamed Lahouaiej-Bouhlel à Nice. A l’arrière de son poids lourd ont été retrouvés un pistolet factice et une grenade percée.

C’est d’ailleurs après le carnage de la promenade des Anglais, fin juillet, que Kassim apparaît pour la première fois dans une vidéo de propagande de l’EI. Visage découvert, vêtu d’un treillis militaire, il glorifie l’action du tueur de Nice, profère des menaces à l’encontre de la France et décapite, en pleine rue, un otage de sang froid.

Un membre influent de la « djihadosphère »

Le bourreau de Daech apparaît désormais comme l’un des membres les plus influents de la communauté djihadiste française sur Telegram. Son nom ressort régulièrement dans les conversations sur ce réseau. Sa mission est, semble-t-il, de recruter des aspirants terroristes ayant échoué à rejoindre les terres du djihad, à l’image de Kermiche et Petitjean.

A ce stade, Kassim n’est pas relié à d’autres dossiers terroristes. Mais son prosélytisme intensif illustre le virage dans la stratégie de Daech: plutôt que monter des opérations comme celle du 13 novembre en missionnant ses combattants aguerris, l’organisation terroriste insuffle à distance des idées d’actions violentes puis se les approprie.

« Il a prétendu qu’il était repenti »

Avant Telegram, le Roannais avait, comme beaucoup de djihadistes, choisi Facebook pour verser sa propagande. Fin 2015, il y crée une page sous le nom féminin de « Nicole Ambrosia » pour attirer des candidats au djihad. Il veut, prétend-il, appeler « au réveil » des musulmans. Démasqué, il est dénoncé par une association locale à la police, qui exhorte le réseau social à suspendre son compte.

Selon Le Progrès, Rachid Kassim se radicalise en 2011 après un séjour en Algérie et disparaît des radars l’année suivante après un déménagement en Egypte avec sa famille. A Roanne, ils sont nombreux à se souvenir de lui. « A l’époque, des frères se sont mobilisés dès qu’ils ont senti une dérive dans ses paroles. Ils l’ont emmené à des séminaires. Il a prétendu qu’il était repenti et avait compris ses erreurs », se remémore un membre d’une association locale, interrogé par L’Express. Et de conclure, dans un soupir: « Visiblement, c’était faux. »

 

http://www.mlyon.fr/150096-rachid-kassim-cet-enfant-de-la-region-devenu-l-un-des-visages-de-l-etat-islamique-francophone.html

Rachid Kassim, cet enfant de la région devenu l’un des visages de l’Etat islamique francophone

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray : un complice identifié sur Telegram dans Attentats lm-rachid-kassim1

Mercredi soir, l’Etat islamique a publié une vidéo authentifiée par SITE dans laquelle deux hommes se félicitent de l’attentat de Nice, promettent l’intensification des attaques sur la France et notamment Marseille avant de décapiter deux otages accusés d’espionnage devant quelques spectateurs.

Selon le journaliste Jean-Paul Ney, il s’agit de Rachid Kassim, un Roannais de 29 ans. Après avoir grandi dans la Loire, il se serait radicalisé en quelques semaines lors d’un voyage estival en Algérie en 2011.

Le Progrès rapporte que ses proches l’ont rapidement évité à son retour tant son discours s’était durci. Sans jamais le dénoncer, les responsables des mosquées de Roanne qu’il fréquentait lui avaient également demandé de ne plus revenir car il tentait d’enrôler des fidèles.

En 2012, Rachid Kassim démissionne du centre social où il travaille et part pour l’Egypte avec femme et enfant. Sa trace est alors perdue jusqu’à ces derniers mois où il refait surface avec Daech.

Est-il voué à prendre du galon au sein de l’Etat islamique ? Le Ligérien n’est pas encore très actif dans la propagande mais il bénéficie du soutien d’un groupe d’amis d’enfance qui l’aurait rejoint en Syrie et en Irak.

Rédigé dans Faits Divers le 23/07/2016 à 06h34

 

http://www.lyoncapitale.fr/Journal/Lyon/Actualite/Actualites/Securite/Le-djihadiste-se-felicitant-l-attaque-de-Nice-est-originaire-de-Roanne

Le djihadiste se félicitant l’attaque de Nice est originaire de Roanne

 


Par Antoine Sillières

Publié le 23/07/2016  à 14:58

Dans une vidéo de propagande mettant en scène l’exécution de deux prisonniers, Rachid Kassim, originaire de Roanne, dans la Loire, se félicite du massacre perpétré par Mohamed Lahouaiej Bouhlel le 14 juillet à Nice. Il annonce une intensification des attaques contre la France.

 

A lire sur site, ici.

 

http://www.leprogres.fr/loire/2016/07/26/j%2Dai%2Dvu%2Devoluer%2Dla%2Dradicalisation%2Dde%2Drachid%2Dkassim

« J’ai vu évoluer la radicalisation de Rachid Kassim »

 

Rachid Kassim, le bourreau de Daesh originaire de Roanne, a connu un parcours classique de basculement radical. Pris dans les filets de la propagande virale de l’EI, son entourage n’a pas signalé aux autorités les velléités de ce garçon. Selon un ancien proche, il aurait pu être « rattrapé ».

 

  • Le 26/07/2016 à 05:00

 

Des fidèles de la mosquée En-Nour avaient demandé à Kassim de ne plus revenir prôner ses discours radicaux auprès des jeunes, sous peine d’être dénoncé.  Photos d’archives Kévin TRIET
Des fidèles de la mosquée En-Nour avaient demandé à Kassim de ne plus revenir prôner ses discours radicaux auprès des jeunes, sous peine d’être dénoncé. Photos d’archives Kévin TRIET

 

Musulman, Hamid (prénom d’emprunt) était proche de Rachid Kassim, le Roannais devenu bourreau de Daesh (nos éditions du 23 juillet), avant son intérêt pour la religion. « Au tout début que l’on se connaissait, il était sociable, joyeux. Un bon vivant. Sa famille n’était pas très pratiquante. Il a découvert la religion à l’âge adulte. À la base, dans une démarche sincère. »

Mais très tôt dans son éducation religieuse, Rachid Kassim va durcir son discours. « J’ai vu évoluer sa radicalisation. Il a commencé à changer en 2010 ou 2011. Il parlait de faire chuter les chefs d’état musulmans. C’est un discours qu’on a déjà entendu lors du Printemps Arabe. Mais ça s’arrêtait là. » Hamid discute avec Kassim et ouvre le débat.

« Comme on échangerait des points de vue sur la politique. Mais je trouvais ça dangereux. Ça allait à l’encontre de la religion. Je mesurais l’importance et la gravité du sujet. J’ai cru que ce n’était qu’une passade. Mais il a continué à s’enfoncer dans cet état d’esprit. » Rachid Kassim fréquente alors de moins en moins les mosquées roannaises. Il devient insociable. Ses discours se durcissent de plus en plus. « Un jour, il est venu me voir et m’a montré une vidéo de propagande. Des vidéos horribles, montées comme au cinéma, qui jouent sur l’émotion. Il confondait des notions de l’Islam. Ses certitudes, il les a trouvées sur internet. » Hamid tente de raisonner Kassim. Sans succès. Un imam est interpellé. Hamid demande à celui qu’il sent en train de basculer de le rencontrer. « Rachid trouvait toujours de bonnes excuses pour ne pas aller le voir. L’imam était prêt à le recevoir, même à aller lui parler chez lui. »

Des mosquées « plus fortes » sont demandées

À la mosquée En-Nour, Rachid Kassim se serait adressé à de jeunes adolescents, prônant son islamisme radical. Des fidèles tentent d’échanger avec lui et une fois encore de le raisonner. Fermé à la discussion, Kassim est menacé d’être dénoncé aux renseignements généraux s’il ne quitte pas les lieux. Il ne reviendra plus. Toute la communauté le lâche. Un comportement qu’Hamid regrette. « Ce gars-là, il était rattrapable. Il aurait pu rentrer dans le droit chemin avec les arguments d’une personne qu’il aurait respectée. J’avais le sentiment d’être le seul à vouloir le rattraper. S’il avait parlé avec l’imam… »

Hamid reproche aux mosquées leurs approches “vieillissantes” de la religion. « On devrait avoir des mosquées plus fortes. Donner des cours de religion traduits. Il y aurait moins de risques d’enrôlement. Les cours diffusés aujourd’hui sont soutenus et approfondis pour des fidèles qui ont déjà la connaissance de la religion. Les jeunes qui la découvrent, ou récemment convertis, ont besoin de cours désignés. Ce sont eux les plus fragiles. Car les religions, soit les parents l’inculquent à leurs enfants, soit ils la découvrent seuls. »

Il est sûr qu’un nombre conséquent de personnes sur Roanne était au courant de son basculement radical. Personne ne semble pourtant l’avoir signalé à une quelconque autorité. « À l’époque, il n’y avait pas encore les histoires de terrorisme d’islamistes radicaux en Europe comme on en connaît aujourd’hui, et qui ont débuté avec Mohammed Merah. Je ne voulais pas prévenir la police pour ça. »

Kassim, lui, se sentait peut-être surveillé. « On se voyait dans sa voiture, il éteignait son portable, me demandait d’éteindre le mien. Il semblait un peu paranoïaque. »

Son éloignement finira par le faire oublier. « Il ne m’a jamais dit clairement qu’il partirait. Juste que là-bas, ils avaient tout ce qu’il faut. »

Hamid, ancien proche de Rachid Kassim

Ses certitudes, il les a trouvées sur internet.

Jérôme Delaby

 

http://france3-regions.francetvinfo.fr/rhone-alpes/roanne-un-jihadiste-cherchait-ouvertement-des-amis-sur-facebook-909281.html

Roanne : un jihadiste cherchait ouvertement des amis sur Facebook

 

Un Roannais parti faire le jihad en Irak recherchait ouvertement des soutiens sur Facebook et.44 « amis » l’avaient déjà rejoint.Une association constituée pour prévenir la radicalisation est partie à la rencontre de ses « amis « . La page a depuis été supprimée.

  • Par Philippe Bette
  • Publié le 21 janvier 2016 à 09:56, mis à jour le 21 janvier 2016 à 10:00

© Prisme© Prisme

L’information émane du Progrès : une certaine « Nicole Ambrosia » prospérait il y a encore peu de temps sur Facebook où elle faisait l’apologie du jihad. Il s’agissait d’un nom d’emprunt puisque la démarche émanait en fait d’un homme qui s’appellerait Kassim Rachid. Ce Roannais avait crée sa page fin 2015. Il serait depuis parti combattre en Irak aux côtés de Daech en laissant son contenu se répandre sur un large public. Sur sa page ,il  professait  sa foi en « Allah » et militait pour le ralliement au jihad. Sa cause semblait partagée puisque quarante personnes figuraient déjà parmi « ses amis » .

La teneur pour le moins troublante de cette page Facebook a fait l’objet il y a peu d’un signalement au commissariat de Roanne.C’est une association roannaise qui a relevé le prosélytisme de « Kassim Rachid » , l’association « Comprendre l’islam et prévenir la radicalisation » de Jalal Fellah.

L’association est partie à la rencontre de ceux qui avaient déjà souscrit aux messages de cette page Facebook, plutôt des jeunes. Parmi eux, des lycéens à qui il fallait expliquer la vraie portée des messages ainsi colportés et les implications de cette adhésion.A la préfecture de la Loire , la cellule de suivi de la radicalisation a été alertée. Depuis, cette page Facebook a disparu du site. Mais elle prouve une fois de plus que les réseaux sociaux sont bien d’importants vecteurs de radicalisation auprès des jeunes.

 

http://www.le-pays.fr/region/edition/roanne/roanne-roanne/2016/07/28/rachid-kassim-djihadiste-roannais-apparait-dans-une-video-ou-il-menace-la-france-et-decapite-un-homme_12016653.html

28/07/16 – 03h00

 

Rachid Kassim, djihadiste roannais, apparaît dans une vidéo où il menace la France et décapite un homme

 

Rachid Kassim décapite un homme accusé d’espionnage après avoir défié la France.? - Capture vidéo Rachid Kassim décapite un homme accusé d’espionnage après avoir défié la France.? – Capture vidéo

Une macabre vidéo de Daech mettant en scène deux djihadistes félicitant l’auteur de l’attentat de Nice a été postée sur les réseaux sociaux mercredi 20 juillet. L’un des deux hommes apparaissant sur le film de propagande est Roannais.

 

Ils se tiennent droit derrière des « espions » que l’on devine paralysés par la peur, ou sous l’effet d’une drogue quelconque. Dur de savoir. L’un des prisonniers, habillé de ces désormais sinistres combinaisons oranges ou rouges que portent les condamnés à la décapitation par Daech, psalmodie silencieusement ce qui semble être une prière, tandis que l’autre jette à la caméra un regard à la fois perdu et apeuré. Ils savent qu’ils vont mourir.

« Que périssent le peuple de Charlie et le gouvernement hypocrite français »

La vidéo débute, il est facile de le deviner même sans parler arabe, par une « confession » des deux malheureux. Un relent détestable de vieux procès staliniens. La nausée n’est pas loin.

Le film, d’un peu moins de cinq minutes, est tourné en pleine ville, à Ninive, dans le nord de l’Irak, d’après la société américaine SITE, spécialisée dans la surveillance des sites djihadistes. La foule se presse contre les barrières, des voitures circulent, des lampes éclairent les commerces… C’est la scène surréaliste et effrayante d’une exécution publique. Puis l’un des djihadistes se met à parler, en français pour « se réjouir de l’attaque de Nice. Ô Mohammed – Lahouaiej Boulehl, auteur de l’attentat sur la Promenade des Anglais le 14 juillet, Ndlr – qu’Allah t’accepte parmi les hauts degrés du paradis. »

Des menaces contre Paris, Nice et Marseille

Puis, il scande, avec la gestuelle du rap et un couteau à la main, que « telle est la rétribution du peuple criminel qu’est le peuple français, qui n’hésite pas à sortir par centaines de milliers dans les rues pour son ventre, pour son contrat de travail, mais qui, sachant que ses impôts financent l’armée de Tsahal et le massacre de Palestiniens, les bombardements en Irak et au Cham (Syrie) […] n’élève pas une seule parole ». Et s’adressant directement au président de la République, François Hollande, qui menace d’intensifier ses attaques : « Nous aussi, on va intensifier nos attaques. » Le deuxième djihadiste prend alors la parole, en français lui aussi : « Regarde bien cette scène, François Hollande, elle va bientôt arriver sur tes propres citoyens dans les rues de Paris, dans les rues de Nice, dans les rues de Marseille, dans toute la France, Inch’Allah. »

La suite est d’une horreur et d’une violence sans nom. Armés d’un poignard cranté, les deux bourreaux tranchent – découpent serait plus approprié – la tête des condamnés. Le premier djihadiste hurle ensuite, comme en transe, la tête ensanglantée de sa victime dans les mains : « C’est un message à la France. Pour chaque missile tombé sur nos femmes et nos enfants, vous allez payer. En déclarant la guerre à l’Islam, vous avez déclaré la guerre à Allah. »

Dès la publication de cette macabre vidéo, des commentaires ont commencé à circuler sur les réseaux sociaux : beaucoup de Roannais en étaient sûrs, le bourreau de Daech, celui qui hurle sa haine à la France, c’est bien Rachid Kassim, ancien employé de la Ville de Roanne et animateur au centre social du Moulin à vent. Un gamin fou de musique, qui avait sorti un album de rap quelques années auparavant, avant de se radicaliser peu à peu et de totalement disparaître du paysage local.

« Il n’était même pas croyant avant sa radicalisation ! »

« J’ai le souvenir d’un parano pas très bien dans sa tête, raconte Mustapha (*), qui l’a un peu côtoyé à cette période. Il n’était pas très net, à une époque où il faisait du karaté il se baladait avec un kimono dans la rue. Puis il a eu sa période rap où il était persuadé d’être le plus grand rappeur de tous les temps. »

Est-ce la frustration de ne pas être reconnu comme un grand musicien qui a poussé le jeune homme à vouloir se faire connaître par d’autres moyens ? Personne ne le sait. Toujours est-il qu’à partir du milieu de l’année 2011, de retour d’un voyage en Algérie, le discours de Rachid Kassim va se faire progressivement de plus en plus dur. Il se laisse pousser la barbe, refuse de serrer la main aux femmes. À la fin de l’année 2012, il quitte le centre social du Moulin à vent et annonce vouloir partir en Égypte pour pouvoir pratiquer sa religion. Il disparaît avec femme et enfant.

La suite est très floue. On ne sait pas exactement s’il est parti en Syrie ou directement en Irak après son séjour égyptien. Il réapparaîtra fin 2015 via un Facebook® où il lance des appels très violents, dans la lignée de Daech, appelant à « combattre l’ennemi avec ses moyens ». Comprenez servez-vous de ce que vous pouvez pour tuer. Beaucoup de ses amis sur le réseau social sont des Roannais mais, suite à un signalement par une association au commissariat de Roanne, la page sera fermée. Rachid Kassim ne fera plus parler de lui jusqu’à la triste vidéo du 20 juillet qui prouve qu’il est bel et bien devenu un « Soldat du Califat »… Et un ennemi juré du peuple français.

(*) Le prénom a été modifié.

Christian Verdet

Aubervilliers : la communauté chinoise victime de vieux clichés ?

 

 

Aubervilliers : le ras-le-bol de la communauté… par Europe1fr

 

Après le décès vendredi 12 août 2016 d’un homme de 49 ans violemment agressé dimanche 7 août 2016 pour un maigre butin, la communauté chinoise d’Aubervilliers dénonce de ces agressions à répétition dont elle est victime depuis plusieurs mois.

De plus en plus violentes, elles seraient commises sur la base de vieux clichés, à peu près les mêmes dont j’ai moi-même toujours été victime en raison de mon profil d’ingénieur.

Dans le dernier de ses billets de blog qui par mesure de prudence restent toujours allusifs et totalement hermétiques au profane, qu’il a publié le 10 août 2016 alors qu’était révélée au public l’agression commise trois jours plus tôt, le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi confirme que lui et ses amis prétendument « révolutionnaires » du Nouveau Parti Anticapitaliste ou de l’ancienne Ligue Communiste Révolutionnaire sont bien toujours à la recherche du capital pour le faire changer de main et se désespèrent de ne plus le trouver aussi facilement aujourd’hui que par le passé :

 

Au pied du mûr

Par cyp | Publié : 10 août 2016
C’est pas nous qui marchons pas droit
c’est le monde qui va de travers
Et on a beau aller devant soi
On s’retrouve souvent sur le derrière
(la Rue Ketanou).
../…
L’été, les soirs ont beau être longs, le Grand Soir n’est pas à son horizon. La Révolution exige un temps de merde, sinon elle loupe son coup et tourne court. Ainsi, pendant les grands soirs d’antan, le révolutionnaire vespéral allait en escouade choper le Cupide pour l’accrocher à un réverbère. Tout était simple en ce temps-là : on connaissait le nom et l’adresse du Cupide. Alors que là, pour dénicher le Cupide, tintin. Il se planque bien. Personne ne sait rien de lui, de nos jours. Le Cupide fauche son blé en catimini. Alors, le révolutionnaire du XXIème siècle erre lamentablement dans le vide avec sa corde de pendu inutile et si peu décorative que c’en est pitié.

…/…

 

Cependant, il apparaît que les agressions de Chinois à Aubervilliers n’auraient commencé qu’à l’automne dernier, au mois de novembre, soit de façon concomitante aux attentats du 13 novembre 2015 à Paris et Saint-Denis.

Qu’attendent donc les pouvoirs publics pour enquêter sur toutes les connexions et motivations des frères Kouachi et autres auteurs d’attentats meurtriers commis sur le sol français depuis 2012 ?

Je rappelle ici les avoir toujours eus comme lecteurs, et ce, bien avant d’avoir commencé à en parler après les premiers assassinats de Mohamed Merah au mois de mars 2012.

C’est le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi qui me les amenait.

 

http://www.europe1.fr/societe/aubervilliers-le-ras-le-bol-de-la-communaute-chinoise-victime-dagressions-a-repetition-2820982

Aubervilliers : le ras-le-bol de la communauté chinoise, victime d’agressions à répétition

 

10h09, le 15 août 2016

 

La communauté chinoise de la ville se mobilise après le décès, vendredi, d’un homme de 49 ans agressé cinq jours plus tôt.

 

Non à la violence ! C’est le message sous forme de cri de la communauté chinoise à Aubervilliers. Plusieurs centaines d’habitants se sont rassemblés dimanche devant la mairie pour exprimer leur ras-le-bol. La semaine dernière, un cuisinier de 49 ans qui marchait dans la rue s’est fait passer à tabac pour une sacoche et en est mort. Cette communauté, très implantée dans la ville, et la mairie dénoncent l’escalade d’agressions racistes à son encontre.

« On s’imagine qu’ils doivent avoir de l’argent ». Les commerçants de la communauté chinoise sont installés à l’entrée de la ville. La marchandise, maroquinerie et textile notamment, est stockée dans d’immenses hangars. Les vitrines sont surplombées d’enseignes en chinois. « C’est un endroit dédié à l’import-export qui est très majoritairement tenu par des commerçants chinois, décrit Rui Wang, président des jeunes chinois de France. On s’imagine qu’ils doivent avoir de l’argent. Il y a des gens qui vont transformer ça en acte d’agression ».

« Un très vieux cliché ». Les agresseurs ne ciblent pas seulement les commerçants mais l’ensemble de la communauté, comme l’expliquent deux étudiantes : « Quelqu’un est passé en scooter à côté de nous, a plongé sa main dans l’ouverture de la fenêtre et a tenté de voler le sac de ma mère », raconte l’une. Son amie précise le mode opératoire : « A scooter, ils sont deux et il y en a un qui descend, casse la vitre et pend le sac. » A chaque fois, le butin des voleurs n’est que de quelques dizaines d’euros selon l’une des jeunes filles qui dénonce des agressions racistes : « Les personnes n’ont rien sur elles. C’est un très vieux cliché. Au début, c’est parti d’entrepreneurs qui transportaient peut-être du liquide mais c’est fini. »

Désemparés, les membres de la communauté chinoise demandent plus de caméras de vidéosurveillance. Mais la plupart ont déjà changé leurs habitudes et disent ne plus sortir seul le soir dans la ville.

Aubervilliers : la communauté chinoise victime de vieux clichés ? dans AC ! Brest Redaction-Europe1.fr
Par Martin feneau et A.D

 

 

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/un-chinois-entre-la-vie-et-la-mort-apres-une-agression-10-08-2016-6028477.php

Un Chinois entre la vie et la mort après une agression

 

Floriane Louison|10 août 2016, 7h00|0

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Paris, hier. Ce Chinois d’Aubervilliers est dans le coma depuis son agression dimanche dans le quartier des Quatre-Chemins. (DR)

Floriane Louison

AUBERVILLIERS. Dimanche, deux Chinois ont encore été attaqués dans le quartier des Quatre-Chemins. Une violence ciblée qui suscite une vive inquiétude au sein de la communauté.

« Toute la communauté chinoise d’Aubervilliers se relaie à son chevet, décrit Hua Qin Cao, président de l’association de l’amitié chinoise en France. Cette fois, c’est extrêmement grave. » Depuis novembre, les Chinois d’Aubervilliers sont la cible d’agressions en série. Deux jeunes étaient d’ailleurs jugés lundi pour 11 agressions entre avril et juin.

Dimanche, une de ces attaques ciblées a laissé un homme de 49 ans entre la vie et la mort. Il est hospitalisé à la Fondation Rothschild, dans le XIXe à Paris. Son pronostic vital est engagé. « Il n’y a plus beaucoup d’espoir… », lâchait, hier après-midi, un proche. Selon nos informations, il se trouvait en état de mort cérébrale.

Il a été agressé, dimanche vers 18 heures, dans le quartier des Quatre-Chemins à Aubervilliers. Selon les témoignages recueillis, il marchait, rue des Ecoles, avec un ami du même âge, pour rejoindre leurs domiciles situés à quelques pas, rue de la Cité. Les deux hommes ont été roués de coups sans avoir eu le temps de réagir. « Les trois agresseurs ont demandé les sacs à dos et ils les ont donnés immédiatement mais les coups ont continué, notamment dans la tête, explique Hua Qin Cao. L’objectif était non seulement de voler mais aussi de frapper gratuitement. » Les hommes ont été abandonnés, inconscients, sur le trottoir. Ce sont des passants qui ont appelé les secours près d’une heure après les faits.

Selon les premiers éléments de l’enquête, la victime a été violemment frappée au sternum ce qui a entraîné sa chute. C’est en tombant que sa tête aurait heurté le sol et provoqué le coma.

L’homme qui se trouvait avec lui a reçu plusieurs coups, dont certains à la tête. Il est sorti de l’hôpital avec de nombreuses contusions dont il va se remettre. Il a obtenu 5 jours d’ITT (interruption totale de travail).

L’enquête a été confiée à la sûreté territoriale.

Le Parisien

 

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/deux-jeunes-condamnes-pour-11-vols-avec-violence-10-08-2016-6028479.php

Deux jeunes condamnés pour 11 vols avec violence

 

Floriane Louison|10 août 2016, 7h00|0

 

Deux garçons, à peine sortie de l’adolescence, apparaissent à la barre du tribunal correctionnel de Bobigny lundi soir. Ils sont jugés pour 11 vols, avec violences commis entre fin avril et fin juin. Les cibles sont toujours les mêmes : des hommes et des femmes de la communauté chinoise d’Aubervilliers. Celle-ci s’est déplacée nombreuse pour assister à l’audience, traumatisée par la nouvelle agression qui vient de se produire et a conduit l’un de leurs compatriotes dans le coma.

A 18 ans, ils sont les plus âgés d’une petite bande qui a fait de ces attaques ciblées sa spécialité. Trois autres, mineurs, seront jugés devant le tribunal pour enfants.

« Pourquoi avez-vous visé exclusivement des personnes d’origine asiatique ? », questionne d’emblée le juge. Les prévenus éludent : « c’est un hasard », disent-ils. En garde à vue, ils ont pourtant donné plus de détails. « Ils ont de l’argent sur eux », « ce sont des cibles faciles », lit le juge dans l’un des procès-verbaux de la procédure. « Des préjugés sont à l’origine de ces agressions », dénonce Hua Qin Cao, le président de l’association de l’amitié chinoise en France.

Toutes les agressions se sont déroulées dans le quartier du Landy, à Aubervilliers, surnommé le « Sentier chinois ». Une importante communauté chinoise y travaille dans les commerces de gros en textile, et souvent, habite à côté. Dans certains nouveaux programmes immobiliers, ils représentent 80 % des résidents. Ce sont ces immeubles qui ont été ciblés par les voleurs dont le mode opératoire est bien rodé.

Ils attendent leurs victimes dans les parkings souterrains de leurs résidences et attaquent par surprise. La victime, seule ou en couple, est rouée de coups par un groupe et délestée de ses affaires : portefeuille, ordinateur, portable, sac à main, ceinture… « Plusieurs ont été aspergées de gaz lacrymogène », précise le juge.

Parmi les onze victimes, seules trois se sont portées civiles lors de ce procès. L’une d’entre elles explique : « ils m’ont frappé tout de suite… ils m’ont volé et redonné des coups alors que je n’ai opposé aucune résistance. » « L’adrénaline… », a justifié l’un des prévenus en garde à vue.

Les deux agresseurs ont été condamnés à deux ans de prison, dont 4 mois ferme. Ils devront aussi indemniser les victimes.

Le Parisien

 

http://www.leparisien.fr/espace-premium/seine-saint-denis-93/climat-de-psychose-dans-la-communaute-10-08-2016-6028481.php

Climat de psychose dans la communauté

 

F.L.|10 août 2016, 7h00|0

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Bobigny, lundi. Le président de l’association de l’amitié chinoise en France, Hua Qin Cao (au centre avec la chemise violette), entouré de membres de la structure et de soutiens devant le tribunal correctionnel de Bobigny. (DR.)

F.L.

« Nous sommes très inquiets », insiste Hua Qin Cao, le président de l’association de l’amitié chinoise en France. Celle-ci tente de recenser toutes les victimes de ces vols violents qui visent la communauté chinoise d’Aubervilliers. Selon elle, au moins 100 attaques ont eu lieu depuis novembre 2015. « Elles sont sans aucun doute beaucoup plus nombreuses. Tout le monde ne porte pas plainte. » La répétition de ces agressions a tout de même poussé la communauté à franchir la porte des commissariats et à briser le silence.

« Les agressions ont commencé vers l’automne, parfois il y en a jusqu’à quatre par jour, comme si c’était une nouvelle spécialité de délinquance », décrit un habitant d’Aubervilliers d’origine chinoise. Début janvier, notamment, une bande a été interpellée pour 23 vols avec violences visant exclusivement des Asiatiques. « C’est souvent très violent avec des victimes aspergées d’essence ou de gaz lacrymogène, continue le jeune homme. Les voleurs pensent que les Chinois ont de l’argent mais la plupart de leurs victimes sont des ouvriers avec rien dans les poches. »

Pour Hua Qin Cao, « il règne un climat de psychose dans la communauté chinoise. Certains n’osent même plus sortir de chez eux. »

Le Parisien

De l’humour selon Cyprien Luraghi…

A compter de l’été 2010, le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi a clairement appelé au viol et au meurtre à mon encontre à de multiples reprises, sur ses blogs personnels et de nombreux autres sites, par exemple une multitude de sites islamistes où il m’avait dénoncée comme « mécréante » et au moins un site fréquenté par des voyous où il m’avait dénoncée comme « poukave », en conséquence de quoi j’avais notamment été menacée du « virgule » (calibre 11,43) au mois de février 2012, tout juste un mois avant les premiers assassinats de Mohamed Merah.

Qu’en dit aujourd’hui « Itzig Finkelstein » sur le site Rue89 ?

 

L’humour n’a rien à voir là-dedans. Ou alors l’humour de type nazi : celui qui faisait rigoler les coupeurs de barbes juives.

 

Il n’est pas con : il est barjo. Le problème des cinglés de sa catégorie, c’est qu’ils séduisent les pires masses de connards.

 

C’est bien pour ça que j’ai utilisé « barjo » et non « fou ». Aucun fou véritable ne serait capable de se faire autant de fric que lui, pour commencer. Mais c’est évident aussi que certains de ses circuits sont cramés.

 

Voilà, ses circuits sont cramés. D’où la suite de ses débilités…

 

 

http://rue89.nouvelobs.com/2016/08/11/cest-juste-blaguer-vraiment-lecon-dun-avocat-twitter-264902

« C’est juste pour blaguer » Vraiment ? La leçon d’un avocat sur Twitter

 

Quand il a appelé à la violence contre Hillary Clinton, Donald Trump l’a fait sur le ton d’une blagounette. Mais cela existe-t-il, de dire des choses graves « juste pour blaguer » ?

Par Renée Greusard Journaliste. Publié le 11/08/2016 à 11h11
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Commentaires postés

 

Publié le 11/08/2016 à 11h41
De l'humour selon Cyprien Luraghi... dans Attentats hilsenrath1

Itzig Finkelstein

génocidé

Trump a clairement appelé au meurtre. L’humour n’a rien à voir là-dedans. Ou alors l’humour de type nazi : celui qui faisait rigoler les coupeurs de barbes juives.

2 réponses
Publié le 11/08/2016 à 11h47
default_avatar_0 dans Calomnie

Rue_1984

« Socialisme ou barbarie »
répond à Itzig Finkelstein

Bah il n’est pas pire que les autres, il est juste plus con. ; -)

Les autres évitent juste de se faire remarquer.

2 réponses
Publié le 11/08/2016 à 11h51
hilsenrath1 dans Crime

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à Rue_1984

Il n’est pas con : il est barjo. Le problème des cinglés de sa catégorie, c’est qu’ils séduisent les pires masses de connards.

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 16h43
default_avatar_0 dans Folie

Rue_1984

« Socialisme ou barbarie »
répond à Itzig Finkelstein

Je n’ai jamais été pour considérer que les politiques sont « stupides » ou « fous ». Pour moi ils savent tous clairement ce qu’ils font, et sont redoutablement intelligents. Mais effectivement pour Trump, quand on voit le type, on peut se demander si la cocaïne ne lui a pas sérieusement grillé quelques synapses…

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 16h49
hilsenrath1 dans LCR - NPA

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à Rue_1984

C’est bien pour ça que j’ai utilisé « barjo » et non « fou ». Aucun fou véritable ne serait capable de se faire autant de fric que Trump, pour commencer. Mais c’est évident aussi que certains de ses circuits sont cramés.

 

 

Publié le 11/08/2016 à 11h51
picture-157606 dans Luraghi

Fantomax

escroc

Si la moitié des électeurs US est prête à voter pour un connard pareil c’est surtout là que se trouve le problème.
Va falloir trouver une alternative à la démocratie, et vite.

3 réponses
Publié le 11/08/2016 à 12h56
hilsenrath1 dans Perversité

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à Fantomax

Leur logiciel est écrit avec les pieds, c’est ça le problème :

Gödel se prépare avec une extrême minutie, et alors qu’il étudie la Constitution américaine, il y découvre une faille logique qui permettrait de transformer en toute légalité le régime politique du pays en régime dictatorial.

CLIC

Publié le 11/08/2016 à 14h08
bobcatyawn dans Politique

We want… a shrubbery

Fonctionnaire à chat. http://www.psplusjamais.fr/
répond à Fantomax

.

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 14h45
dalek-victory dans Rue89

The Lone Dalek

Réfractaire de base
répond à We want… a shrubbery

Trump au tribunal des flagrants délires, c’eut été quelque chose.

Publié le 11/08/2016 à 15h11
tamarin-lion-dore dans Troll

yabon

Dieu est vraiment mort
répond à Fantomax

Pondérer le bulletin de vote en fonction du QI ?

2 réponses
Publié le 11/08/2016 à 15h25
picture-157606

Fantomax

escroc
répond à yabon

Ok mais c’est moi qui fais passer les tests.

Publié le 11/08/2016 à 16h22
dalek-victory

The Lone Dalek

Réfractaire de base
répond à yabon

Il y a des fachos avec de gros QI…

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 17h26
hilsenrath1

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à The Lone Dalek

Je te connais des psychotiques avec des QI de 250, alors c’est pas le bon critère…

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 17h38
dalek-victory

The Lone Dalek

Réfractaire de base
répond à Itzig Finkelstein

Oui c’est ce que je dit :)
J’ai récemment déserté un forum des « Zébres » (-> gros QI et/ou profils atypiques, comme Asperger) car je me suis rapidement aperçu que les débats y étaient aussi concons qu’ailleurs.

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 17h45
hilsenrath1

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à The Lone Dalek

Le moindre paranoïaque con comme un manche à balai avec ses fixettes débiles, se chope des résultats époustouflants à ce test de QI ridicule, vu que les paranos sont hypermnésiques − ce qui est un foutu handicap par ailleurs ; -)

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 19h44
dalek-victory

The Lone Dalek

Réfractaire de base
répond à Itzig Finkelstein

^^ ça m’évoque le « Ce n’est pas parce que je suis paranoïaque qu’ils ne sont pas tous après moi. » de tu sais qui.

1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 19h50
hilsenrath1

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à The Lone Dalek
1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 20h30
dalek-victory

The Lone Dalek

Réfractaire de base
répond à Itzig Finkelstein
1 réponse
Publié le 11/08/2016 à 20h33
hilsenrath1

Itzig Finkelstein

génocidé
répond à The Lone Dalek

Nan nan : Desproges dégainait pour lécher son chat ; -)

 

Saint-Etienne-du-Rouvray : jeu de pistes

 

 

Etant ingénieur d’études en informatique, conceptrice de systèmes d’information parmi les plus complexes, je ne suis certainement pas plus stupide qu’un journaliste, d’autant que durant toute ma scolarité brestoise, j’ai toujours été unanimement reconnue comme excellente en tous domaines, y compris les sports à ma portée.

Jeu de pistes, donc.

Rouvray, 1981 : découverte d’un corps décomposé, le gendarme Christian Jambert est chargé de l’enquête; c’est le début de la tristement célèbre affaire Emile Louis, liée à celle des torturées d’Appoigny.

Saint-Etienne-du-Rouvray, 2016 : assassinat dans son église du père Jacques Hamel.

De Rouvray à Saint-Etienne-du-Rouvray, il n’y a qu’un nom ou un prénom, Etienne, celui d’un saint.

Lequel ? Lesquels ?

Etienne Morel a pris la suite du Toulousain Christian Barthes à la tête de l’hôpital psychiatrique de Bohars, du CHU de Brest.

Il vénère un proxénète auxerrois ayant exploité des prostituées à Paris et dirigé très tôt ses activités vers Rouen.

Josette Brenterch, Julie Le Goïc et Sylvie Depierre-Zabel sont à son service.

Leurs bons amis rémois financés par mon Chinois de Thaïlande ont fait Charlie Hebdo.

Chérif Kouachi aurait pu être poursuivi pour détention d’images pédopornographiques dès 2010.

Les frères Abdeslam fréquentaient des prostituées.

Trois semaines avant de passer à l’acte, Mohamed Merah avait effectué un dernier voyage en Belgique.

Le 3 mars 2011, le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi avait publié un texte de Laurent Morillon de Montluçon sur un western des frères Coen, « True Grit », dédié à leur amie commune Emmanuelle Thomas, devenue toulousaine depuis quelques mois, pour ses scènes d’une violence inouïe, semblables à celle ouïe par les riverains d’une petite impasse caillouteuse de Bouloc le 14 février 2011 avant la levée du jour.

Chacun complètera comme il l’entend.

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/topnews/20160810.AFP4143/assassinat-du-pere-jacques-hamel-un-homme-en-garde-a-vue.html

Prêtre assassiné: un homme en contact avec les tueurs en garde à vue

 

Prêtre assassiné: un homme en contact avec les tueurs en garde à vue
La maison à Pechbonnieu, à proximité de Toulouse, où a été arrêté un jeune jihadiste de 21 ans, le 10 août 2016 ((c) Afp)

 

Publié le 10 août 2016 à 11h17

 

Pechbonnieu (France) (AFP) – L’enquête sur l’assassinat du prêtre égorgé fin juillet à Saint-Etienne-du-Rouvray se poursuit dans le cercle relationnel des tueurs: un homme de 21 ans en contact avec les deux jihadistes a été interpellé lundi près de Toulouse et sa garde à vue a été prolongée mercredi.

Né le 17 août 1994, l’homme, interpellé à Pechbonnieu, une petite ville tranquille et résidentielle à une quinzaine de kilomètres au nord de Toulouse, est actuellement entendu dans les locaux de la SDAT (sous-direction antiterroriste) à Toulouse, selon des sources judiciaire et policière.

Sa garde à vue débutée lundi après-midi a été prolongée de 48 heures mercredi. Elle peut durer quatre jours, comme le prévoit la loi dans les affaires de terrorisme.

Selon une source policière, le jeune homme a eu des contacts téléphoniques avec les deux assaillants. Les enquêteurs, pour qui il n’était pas présent sur place le jour de l’attaque, cherchent à savoir s’il s’est rendu à Saint-Etienne-du Rouvray dans les jours précédents.

L’individu vit à Pechbonnieu avec sa mère et ses deux jeunes soeurs dans une grande maison blanche aux volets bleus, entourée d’un jardin en friches, selon les voisins de ce quartier encore en construction.

La famille y vivait plus ou moins cloîtrée: « Personne ne les connaissait », témoigne la voisine d’en face. « On ne les voyait pratiquement jamais », renchérit une autre femme, qui n’a « aperçu le garçon que deux ou trois fois ».

Les habitants du lotissement s’étonnaient que les volets fussent toujours fermés, confirme un jeune homme, qui a assisté à la descente lundi après-midi d’une dizaine de policiers cagoulés et de 7 à 8 autres le visage à découvert.

« J’ai regardé depuis une fenêtre, ils fouillaient toute la maison », a-t-il dit à l’AFP, « puis ils sont sortis avec un jeune cagoulé. Au début j’ai cru à une affaire de drogue puis j’ai vu que c’était du terrorisme« . « Les CRS m’ont intimé l’ordre de rentrer chez moi », a ajouté un autre voisin.

Depuis le début des investigations sur cet attentat inédit en France, les enquêteurs s’intéressent à l’environnement relationnel des deux tueurs du père Jacques Hamel, dont l’assassinat dans une église près de Rouen a été revendiqué par l’organisation jihadiste Etat islamique (EI).

Le 26 juillet, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, tous deux âgés de 19 ans, avaient pris en otage cinq personnes et tué le prêtre en pleine messe dans son église de Saint-Etienne-du-Rouvray, avant d’être abattus par la police.

- Messagerie Telegram -

Les deux hommes, qui vivaient à 700 kilomètres de distance, avaient fait connaissance quelques jours avant leur passage à l’acte via la messagerie cryptée Telegram, l’un des moyens de communication préférés des jihadistes, en raison notamment de sa politique de confidentialité. Les enquêteurs étudient toujours le déchiffrement des messages envoyés par les tueurs.

Comme Petitjean, Kermiche était un habitué de Telegram. Il y avait décrit par avance le mode opératoire de l’attaque du 26 juillet, mentionnant « un couteau » ainsi qu’ »une église », et Petitjean y avait posté courant juillet une vidéo où il prêtait allégeance à l’EI et faisait état d’un projet d’action violente contre la France.

Dans cette affaire, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué le 31 juillet. Né à Nancy, cet homme de 30 ans « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », selon le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.

Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Magnanville (13 juin, deux morts), Nice (14 juillet, 85 morts) puis Saint-Etienne-du-Rouvray (26 juillet, un mort): en proie à une menace terroriste sans précédent, la France a subi en un mois et demi trois attaques jihadistes revendiquées par le groupe Etat islamique, plus de six mois après les attentats de Paris et Saint-Denis en novembre (130 morts).

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/08/10/2398891-attentat-saint-etienne-rouvray-homme-interpelle-toulouse.html

Publié le 10/08/2016 à 10:17

Le suspect interpellé près de Toulouse reconnaît s’être rendu à Saint-Etienne-du-Rouvray

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

La maison de Pechbonnieu où la famille de Yassine S. vit depuis un an./ DDM C.L
La maison de Pechbonnieu où la famille de Yassine S. vit depuis un an./ DDM C.L

Saint-Etienne-du-Rouvray : jeu de pistes dans AC ! Brest image-zoom

De source officielle et confirmée à la rédaction de La Dépêche du Midi, un jeune homme né le 17 août 1994 a été interpellé ce lundi 8 août à Pechbonnieu, dans la banlieue nord de Toulouse, et placé en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray. Il a été arrêté devant chez lui lundi en début d’après-midi par les policiers de la SDAT, appuyés par les policiers de la BRI du SRPJ de Toulouse. Ce mercredi après-midi, sa garde-à-vue a été prolongée de 24 heures, a-t-on appris de source policière. Selon nos informations, le suspect a reconnu s’être rendu en Normandie pour 24 heures où il a rencontré au moins un des deux terroristes avant l’attaque de l’église. A l’issue de sa garde-à-vue, il devrait être transféré dans les locaux de la sous-direction anti-terroriste (SDAT) à Levallois-Perret.

Jusque-là inconnu des services de police et de renseignement, le jeune homme qui aurait brutalement basculé dans l’islamisme radical est interrogé depuis lundi après-midi par les policiers de la sous direction anti-terroriste de la police judiciaire à Toulouse.

Ce garçon, âgé de 21 ans, est soupçonné de s’être rendu à Saint-Étienne-du-Rouvray la veille de l’attentat commis le 26 juillet. Il aurait pu procéder aux repérages qui ont précédé la prise d’otage et l’assassinat du père Jacques Hamel.Les enquêteurs n’excluent pas toutefois qu’il aurait pu avoir l’intention de participer à l’attentat avant de finalement renoncer.

C’est l’analyse technique des téléphones utilisés par les deux preneurs d’otage, Adel Kermiche et Abdel Malik Petitjean, qui a permis aux enquêteurs de remonter jusqu’à cet individu : le jeune homme aurait en effet été en contact avec les deux assaillants, via l’application de messages cryptés Telegram notamment.

Ce mercredi, le jeune homme est toujours entendu à Toulouse par la Sous-Direction anti-terroriste. Dans le cadre des enquêtes liées au terrorisme, la garde à vue peut être prolongée jusqu’à 96 heures. Si les soupçons se confirment, ce garçon pourrait être transféré dans les locaux de la SDAT à Levallois-Perret mercredi soir ou jeudi.

Selon nos informations, le suspect interpellé appartient à une famille qui s’est installée à Pechbonnieu voilà seulement quelques mois, dans une maison achetée par une femme seule et mère de trois enfants, dans le cadre d’un parcours sécurisé d’accession à la propriété. On ignore pour l’instant où résidait cette famille avant son arrivée dans la banlieue toulousaine.

Il ne s’agit pas de la première arrestation à laquelle ont procédé les services anti-terroristes dans le cadre de cette affaire. Le 31 juillet, un cousin d’Abdel Malik Petitjean, Farid K., a été mis en examen et écroué. Né à Nancy, cet homme âgé de 30 ans « avait parfaitement connaissance, si ce n’est du lieu et du jour précis, de l’imminence d’un projet d’action violente de son cousin », selon le parquet de Paris qui a ouvert une information judiciaire, confiée à des juges antiterroristes.   Plusieurs autres personnes, dont les noms sont apparus dans d’autres enquêtes, intéressent aussi à divers degrés les enquêteurs ou ont été mises en examen.

Le mardi 26 juillet dernier, une prise d’otages avait eu lieu en pleine messe dans une église de cette commune de Normandie, où un prêtre, le père Jacques Hamel, avait été égorgé par les preneurs d’otages. Cet attentat avait été revendiqué par Daesh.

JEAN COHADON AVEC CLAIRE RAYNAUD

 

http://www.ladepeche.fr/article/2016/08/10/2398929-suspect-interpelle-la-famille-vivait-cloitree-chez-elle.html

Publié le 10/08/2016 à 15:16, Mis à jour le 10/08/2016 à 15:23

Suspect interpellé : «la famille vivait cloîtrée chez elle»

 

Attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray

Légende photo : Le suspect interpellé vivait reclus avec sa famille dans cette maison, à Pechbonnieu. / DDM Claire Raynaud - DDM Claire Raynaud
Légende photo : Le suspect interpellé vivait reclus avec sa famille dans cette maison, à Pechbonnieu. / DDM Claire Raynaud DDM Claire Raynaud

image-zoom dans Action Directe

Que sait-on sur Yassine S., interpellé lundi 8 août en début d’après-midi à Pechbonnieu et suspecté d’avoir été en contact avec les deux assaillants de l’attentat de Saint-Etienne-du-Rouvray ?

Agé de 21 ans, ce jeune homme est décrit par ses voisins comme un personnage plutôt « sauvage », comme les autres membres de sa famille. « Il s’est installé à Pechbonnieu avec sa famille il y a un an pile, avec sa mère et ses deux soeurs », témoigne l’un d’entre-eux.

« Cette famille vivait complètement cloîtrée chez elle. Les volets étaient fermés en permanence, le jardin qui n’est pas entretenu, est vite devenu une forêt vierge. Lors de la fête de quartier, c’est la seule famille qui n’a pas répondu présente. Tous les habitants du quartier étaient là, sauf eux », ajoute un autre. « Cette famille limitait au maximum les contacts avec le voisinage et ne recevait quasiment jamais de visite », raconte une maman du quartier.

« Il ne disait jamais bonjour »

D’après les riverains, la mère est divorcée et le jeune suspect est le fils aîné de la fratrie. Ses petites sœurs (l’une est une jeune adulte, l’autre une lycéenne scolarisée à Toulouse) sont décrites comme « polies » par le voisinage. La mère, elle, est en revanche loin de faire l’unanimité. « Elle a engueulé plusieurs fois les enfants qui jouaient dans la rue », se souvient une voisine. « Elle a fait pleurer ma fille parce que notre chat aurait fait ses besoins dans leur jardin, alors qu’il ressemble à un terrain vague et qu’il n’a jamais été tondu en an », se plaint une autre.

Quant au suspect actuellement en garde à vue à Toulouse, « il ne disait jamais bonjour, ne saluait personne et avait en permanence des écouteurs sur les oreilles », souligne un autre voisin.

Les voisins, en tout cas, sont unanimes pour dire que le jeune Yassine, d’origine maghrébine, ne présentait aucun signe extérieur de radicalisation. « Comme tous les membres de sa famille, il était vêtu à l’européenne, conclut un riverain. Sa maman et ses soeurs ne portent pas de voile et elles étaient plutôt, elles, aussi habillées à la mode. »

Claire Raynaud et Anne Aguer

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/faits-divers/20130529.OBS1025/le-dernier-voyage-de-mohamed-merah-en-belgique.html

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

 

Le dernier voyage de Mohamed Merah en Belgique

Des documents et des photos, comme celle-ci, dévoilées par France 3 Midi-Pyrénées, montrent que Mohamed Merah était dans le viseur des renseignements français depuis 2006. (France 3 Midi-Pyrénées)

 

Trois semaines avant de passer à l’acte, le tueur de Toulouse et Montauban aurait rendu visite à Abou Jaber, éminence grise d’une cellule djihadiste bruxelloise.

 

 

Mohamed Merah pourrait avoir été chercher du soutien en Belgique. Selon des informations révélées par « Le Parisien » (article payant), trois semaines avant de passer à l’acte, l’auteur des tueries de Toulouse et Montauban aurait passé une journée avec Abdelkader el-Farssaoui, alias Abou Jaber, un Marocain vivant en Belgique et interrogé par la justice belge dans le cadre d’une enquête sur une cellule djihadiste de Bruxelles.

Décrit comme l’éminence grise du groupe, Abou Jaber est un proche de Mohamed Achamlane, dit Abou Hamza, le leader du groupe terroriste niçois Forsane Alizza, démantelé peu après les tueries de Mohamed Merah. C’est par l’intermédiaire de ce dernier que le tueur de Toulouse et Montauban lui a rendu visite, selon les déclarations d’el-Farssaoui à la justice belge.

Des liens étroits entre Merah et la Belgique

Mais pourquoi Merah a-t-il fait cet étrange déplacement ? Non pas pour parler de son projet meurtrier mais pour échanger sur sa vision curieuse de l’islam, selon Abou Jaber. « Il m’a notamment dit que la première femme qu’il aurait serait une femme du paradis », assure-t-il. Merah évoque néanmoins brièvement ses voyages en Afghanistan et au Pakistan. Ce nouvel élément est d’autant plus troublant que ce n’est pas la première fois que la Belgique apparaît dans le dossier, relève « Le Parisien ».

Pas moins de 22 numéros belges ont été relevés sur les factures téléphoniques de Merah, dont l’un correspond à une prostituée bruxelloise, ex-épouse d’un caïd local. En 2006, Merah se serait également rendu dans le plat pays avec Sabri Essid, un ami toulousain condamné en 2009 pour son appartenance à une filière jihadiste irakienne. Enfin, Moez Garsallaoui, un cadre d’Al-Qaïda soupçonné d’avoir formé Merah au Pakistan, a longtemps vécu à Bruxelles, dans les années 2000 avant d’être abattu à l’automne dernier près de la frontière afghano-pakistanaise.

L'Obs

L’Obs

Journaliste

 

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LE VRAI ROMAN NOIR DES DISPARUES DE L’YONNE

Elsa Vigoureux
Le Nouvel Observateur

Depuis l’arrestation d’Emile Louis, Auxerre ose se souvenir

Il y a les faits. Il y a aussi ce silence: cette chape de plomb qui s’abat sur une petite ville, cette omerta qui lie des notables et sur laquelle butent les bonnes volontés. On les a appelées “les disparues de l’Yonne”: violées, torturées, assassinées… “Disparues”, parce que ceux qui avaient pour devoir de les chercher n’ont pas voulu voir, entendre. Elsa Vigoureux a remonté la piste des victimes et des bourreaux. Au fil des témoignages et des procès-verbaux surgissent d’étranges coïncidences. Un voyage dans un coin de France qui a basculé dans l’horreur

Elle parle aussi vite qu’elle courrait pour s’enfuir. Huguette s’excuse, mais ce Dunand l’a tuée “de la tête aux pieds”. En plus de ça, elle a cette trouille qui lui serre le ventre: “Faire attention à la peau de mes deux gosses.” Elle a bien écrit au juge d’application des peines, le suppliant d’interdire à Claude Dunand de mettre les pieds dans le département où elle habite. Parce qu’il est “libre comme l’air maintenant, hein”. Condamné en 1991 pour tortures et actes de barbarie à la prison à perpétuité, Claude Dunand a été remis en liberté en juin 2001. Et le juge n’a pas répondu à Huguette. “Même pas une lettre. Pourquoi?” C’est la panique, elle hache son discours, le ponctue de “y a trop de protections dans cette affaire… Ils sont tous véreux à Auxerre”. Son histoire, c’est une pièce du puzzle dans l’affaire des disparues de l’Yonne. Huguette en est convaincue. Ces sept filles qui ont disparu à la fin des années 70 étaient comme elle des enfants de l’Assist -ance publique. Et Huguette a même connu l’une d’entre elles au foyer de Montmercy. L’un de ces établissements par où passait Emile Louis dans son car de ramassage scolaire des Rapides de Bourgogne. “Des hasards, il y en a trop…” Huguette patauge dans le souvenir qui n’en finit plus de déborder de sa mémoire ouverte. Elle raconte, elle raconte. “Parler, c’est se battre, non?”
Huguette avait quitté les foyers de la Ddass tout en restant sous sa tutelle, lorsqu’en 1983 elle a trouvé du “travail”. Une petite annonce. Un coup de fil. Une rencontre. Et c’est chez Claude et Monique Dunand, allée des Violettes à Appoigny, que la jeune femme atterrit en octobre 1983. Un homme lui enchaîne les pieds et les mains pendant qu’un autre lui jette une couverture sur la tête. Et les deux l’attachent à un tuyau. Avant de la fouetter. Le lendemain, Claude Dunand la viole. Et la laisse plusieurs jours, nue, sans eau ni nourriture. Son premier tortionnaire, un Allemand, qui se fait appeler Helmut. Il la flagelle, lui introduit des aiguilles dans les seins et dans les fesses, qu’on ne lui ôtera que le lendemain. Un autre prend plaisir à la regarder boire son urine. En tout, une trentaine d’hommes la torturent. “Des gens haut placés, venant de Paris, de Lyon…”, se souvient Huguette. C’est 500 francs la pose d’écarteur dans le vagin. Et l’argent est directement reversé à l’Organisation. Dunand lui perfore les lèvres vulvaires avec des épingles à nourrice qu’il attache à ses cuisses. Lui introduit des objets dans l’anus jusqu’à le lui déchirer. Lui brûle les seins avec un tournevis rougi, dessine sur l’un d’eux une croix gammée. Et lui envoie des décharges de courant électrique dans la poitrine. Les plaies s’infectent. Claude Dunand fait venir un ami médecin. Qui soigne des plaies, juste ça. Et repart avec sa malette, comme il est arrivé. “C’est normal, ça?” Huguette n’a pas vu le visage de cet homme-là, elle avait une cagoule sur la tête.
Mais Dunand n’en avait pas assez. Trois mois plus tard, il lui fallait une autre fille. Ce sera Mickaëlla, pupille de la nation. Ces filles-là, c’est mieux que les autres. Plus pratique, puisqu’elles n’ont pas de famille. Et la Ddass a bien trop à faire, elle ne les suit pas à la trace. Ancienne élève de l’Apajh (Association pour Adultes et Jeunes Handicapés), Mickaëlla a fréquenté l’Institut médico-éducatif Grattery, que dirige le réputé “intouchable” Pierre Charrier. Que quatre des sept jeunes filles disparues ont aussi fréquenté à la fin des années 70. Le 17 janvier 1984, la jeune femme est enchaînée aux quatre madriers formant une croix de Saint-André dans le sous-sol du pavillon d’Appoigny. Dans une cellule, au fond d’une pièce où les fenêtres sont obstruées par des journaux et de la laine de verre, juste meublée d’un sommier en fer et de deux tables. Sur l’une d’elles, un carton rempli de phallus artificiels en bois et en caoutchouc, de pinces à linge, d’aiguilles à tricoter, de bougies, de deux tubes de vaseline et d’une pince-crocodile. Mickaëlla, soumise comme Huguette à l’Organisation. Une mystérieuse formation, par le biais de laquelle plusieurs filles avaient été vendues aux enchères comme esclaves, alors que d’autres étaient mortes. C’est ce que racontait Dunand.
Quelques jours plus tard, Huguette parvient à s’enfuir. C’était un vendredi. Son médecin traitant a averti le procureur de la République, René Meyer. “J’ai tout raconté aux flics, le soir même. Je leur disais qu’il y avait Mickaëlla, qu’il fallait la libérer vite. Ils ne me croyaient pas.” Ce qui aurait donc laissé à Dunand le temps de passer quelques coups de fil à l’Organisation pour prévenir qu’Huguette avait fui. Et la police locale n’a débarqué que le lundi dans le pavillon d’Appoigny. Elle a interpellé Claude et Monique Dunand, libéré Mickaëlla, saisi tout le matériel. Et des carnets d’adresses, “dont l’exploitation ne permettait pas de retrouver d’autres tortionnaires”, selon les enquêteurs du SRPJ de Versailles, qui ont repris l’enquête. Ils n’identifieront donc que trois clients: Georges Ethievant, Paul Lefort et Joseph Quiock. Les deux premiers seront mis en examen. Paul Lefort, qui avait reconnu les faits, sera retrouvé mort en avril 1984. Ce qui lui a tout juste laissé le temps de parler aux enquêteurs d’une “fille”, dont le tortionnaire d’Appoigny assurait s’être débarrassé. Georges Ethievant, qui avait connu Dunand au Club des Genêts d’Or à Paris, mourra en 1990, peu avant sa comparution en cour d’assises. Lors de l’instruction, il a nié avoir conseillé à Dunand de faire disparaître l’essentiel des carnets d’adresses. Quant à Quiock, il s’était déclaré étranger à tous ces faits, et avait même fourni de solides alibis: attestations de ses proches signifiant qu’il n’avait pu se trouver dans l’Yonne les jours où il était à Paris avec eux. Forcément. Cet ingénieur au centre de formation de la Marine nationale est donc toujours vivant. Monique, la femme de Claude Dunand, elle, a fait une chute mortelle dans ses escaliers.
A l’époque, l’affaire d’Appoigny intéresse beaucoup un homme à Auxerre. C’est le gendarme Jambert, un enfant de la Ddass lui aussi. Qui s’acharne alors à comprendre comment sept jeunes filles ont pu se volatiliser entre 1977 et 1979. C’est en 1981, quand il retrouve à Rouvray le cadavre d’une jeune femme, pupille de la nation, que commence son enquête. La dernière personne qui avait vu la victime, c’était un certain Emile Louis. Et Jambert s’aperçoit bien vite que ce chauffeur de car connaît chacune des sept disparues. L’affaire d’Appoigny, “il aurait aimé bossé dessus, raconte aujourd’hui son fils. Pour lui, tout ça avait quelque chose à voir avec l’affaire de ces sept filles mystérieusement disparues. Mais personne ne l’écoutait à l’époque. Ni au tribunal ni à la gendarmerie”. Rendue en 1984, l’enquête préliminaire du gendarme restera d’ailleurs introuvable pendant les douze années suivantes.
Pour Jambert, cela ne faisait pas de doute: Claude Dunand et Emile Louis avaient des amis communs. Tous deux ont vécu dans le même village, à Migennes. Puis travaillé au même endroit, à la gare routière d’Auxerre. Et des enquêteurs de l’époque affirment aujourd’hui que “les clients de Dunand sont les mêmes que ceux qui manipulent la justice auxerroise”. Derrière Emile Louis et Claude Dunand, des notables, des gens bien installés au cœur des institutions, qui tiennent à leur place et qui participent, au moins par leur silence, à l’impunité. Emile Louis l’a lui-même répété à plusieurs reprises au cours de ses auditions: “On veut me faire porter le chapeau, mais à Auxerre, il se passe de drôles de choses…” De la Ddass à l’Apajh, en passant par le tribunal de grande instance ou la gendarmerie d’Auxerre, personne ne s’est inquiété du sort qu’ont pu subir les disparues d’Auxerre. On a simplement apposé la mention “fugue” au bas de leurs dossiers. Aux personnels des établissements qui s’interrogeaient, on répondait que les fuites étaient signalées aux autorités. Faux. “Il ne fallait pas qu’on s’en mêle, raconte une éducatrice. C’était quasiment devenu interdit de parler de ces filles.”
Et c’est justement un membre du comité de gestion au CAT (Centre d’Aide par le Travail) de Mézilles, Georges Fritsch, ami d’un des fondateurs de l’Apajh, Georges Decuyper, qui s’improvise visiteur de prison en 1989. Cet ancien curé crée la Fraternité Notre-Dame, une association de réinsertion pour détenus, qui s’occupe aussitôt de Claude Dunand. Georges Fritsch écrit au garde des Sceaux, Pierre Arpaillange, en décembre de la même année: “Je profite de mes vieilles et excellentes relations avec Jean-Pierre Soisson, pour vous atteindre directement, de façon certaine.” Et demander la libération de Dunand ainsi qu’une subvention de 200000 à 220000 francs pour les besoins de l’association. Alors ministre du Travail, Jean-Pierre Soisson intervient même auprès d’Arpaillange et informe Georges Fritsch en juin: “Je note avec plaisir que votre dossier est en cours de constitution et j’espère vivement que vous obtiendrez l’aide financière souhaitée.” Fritsch a l’argent, Dunand retrouve sa liberté jusqu’à son procès. Puis l’ancien curé disparaît de l’Yonne. On retrouve quelques documents dans son local paroissial, dont des invitations à des “soirées Q”. En 1991, le tortionnaire Dunand est jugé et condamné à la prison à perpétuité. Et depuis juin 2001, il est à nouveau libre.
1992, un an à peine après l’affaire d’Appoigny: Pierre Charrier est condamné à six ans de prison ferme pour viol à répétition pendant un an sur une jeune fille déficiente mentale, élève d’un centre de l’Apajh que dirige sa femme, Nicole. Pierre Monnoir est alors adhérent de l’Apajh. Il avait un frère handicapé à l’époque. Et toutes ces histoires lui chauffent les oreilles: Appoigny, la rumeur de ces disparitions, et maintenant ces viols. Il s’en pose, des questions. “Que fait tout ce petit monde intouchable? Ça se passe sous leurs yeux et ils ne disent rien? Les filles disparues, ce ne sont pas des mobylettes. Il s’agit d’êtres humains!” Il demande des comptes. A Alain Drouhin, président de l’Apajh et ancien chef de cabinet du maire Jean-Pierre Soisson. A Nicole Charrier, alors conseillère municipale sur la liste de Soisson. Amie d’Emile Louis, aussi. Toujours prête à lui rendre service: lorsque le chauffeur de car est jugé en 1983 pour attentats à la pudeur sur les gamins de la Ddass confiés à sa femme, Nicole Charrier se porte spontanément témoin de moralité pour lui.
On le prévient, Monnoir: ses insinuations pourraient bien se traduire en diffamations devant la justice. Alors, qu’il passe l’éponge sur tous ces doutes, et on n’en parle plus. Mais l’homme n’est pas du genre à se taire. Plutôt de ceux qui revendiquent le droit de comprendre. Un parent de handicapé, juste ça. Il crée alors l’ADHY (Association de Défense des Handicapés de l’Yonne). Et le voilà, ramant à contre-courant, qui se heurte à “un système puissamment verrouillé, un silence en béton armé”. A la Ddass, au tribunal, dans les cabinets d’avocats, on lui claque les portes au nez. Partout, on lui dit qu’il est “parano”. A la plainte déposée en 1996, la justice répond par une ordonnance de non-information. Il reçoit des coups de fil anonymes, des menaces de mort. Pierre Monnoir “découvre l’omerta auxerroise”. On le traite de “fou”. Il n’y a pas d’affaire dans la région: pas de corps, pas de crime. C’est tout. Et la presse locale enfonce le clou: “On peut simplement affirmer que des filles ont disparu et n’ont pas été retrouvées. Rien d’autre.”
Il faut attendre juillet 1997 pour que la cour d’appel de Paris ordonne l’ouverture d’une information judiciaire pour “enlèvements et séquestrations arbitraires”. Une reconnaissance, si posthume soit-elle, pour ces sept jeunes filles disparues dans le pire des mépris. Comme un hommage aussi pour le travail de Jambert. Il s’est tiré une balle dans la tête un dimanche d’août 1997. Mais finalement, il avait raison: toutes les pistes mènent au même homme. Emile Louis est arrêté en décembre 2000. Et le champ des recherches s’élargit enfin à celui des responsabilités. A la nomenklatura locale de ramer; cette fois, le courant s’inverse. Et le journal “l’Yonne républicaine” plonge: “La presse parisienne est insatiable. […] Il lui faut du scandale, du vrai, politico-judiciaire de préférence. […] Des politiques pourraient être mouillés. Bonjour l’imagination! L’appareil judiciaire et les institutions sont déjà condamnés avant d’avoir été entendus. Il ne reste qu’à épingler Soisson, Henri Nallet ou Guy Roux. L’affaire des disparues aura alors vraiment de l’allure.”
De rapports en enquêtes, les institutions révèlent pourtant leurs manquements. La disparition dans le tribunal de la quasi-totalité des dossiers clos par un non-lieu entre 1958 et 1982 n’est pas une invention. De quoi “semer le doute sur la manière dont le parquet a traité les affaires relatives à la disparition de mineurs ou de jeunes filles majeures dans des conditions suspectes”, comme en convient le procureur de la République d’Auxerre, Marie-Suzanne Le Quéau. Les avocats de la ville estiment qu’une “telle situation est inimaginable”. Comme s’ils refusaient d’y croire. D’ailleurs ils préfèrent ne pas en parler, “personne n’a le temps de s’arrêter là-dessus”. Partout dans la ville, la même attitude. “Parce qu’Auxerre, c’est une ville fermée, si étouffante qu’on se sent oppressé, raconte une ancienne habitante, ex-employée de l’Apajh. Je n’avais qu’une envie, c’était de me tirer de là.” Fuir le souvenir. Le silence est une habitude si confortable, qu’on s’en voudrait de le rompre. Alors “les gens se cachent pour acheter le livre sur l’affaire des disparues (1)”, raconte Pierre Monnoir. Et les questions démangent quelques habitants. Comme cette dame qui a attendu vingt ans avant d’oser demander par courrier au procureur de la République des nouvelles de l’affaire Lucette Evain. Il a fallu l’y pousser. “Je n’ai jamais su de quoi elle était morte, et j’y pensais tout le temps.”
Son corps avait été retrouvé sur un terrain vague en 1970, pas loin du siège des Rapides de Bourgogne, où travaillait déjà Emile Louis. Et alors? C’est une enfant de la Ddass, on boucle l’enquête: elle s’est suicidée. Aujourd’hui, impossible de remettre la main sur la procédure, impossible de retrouver le rapport d’autopsie. En 1979, c’était au tour d’Elisabeth Fontaine. Mystérieusement volatilisée. On retrouve sa voiture sur un parking, au bord de l’Yonne. A la fourrière, direct. Pas d’enquête, rien. Les parents de la jeune fille écrivent au procureur de l’époque. Deux fois, et pas une réponse. Le dossier est refermé, Elisabeth n’allait pas bien, elle a dû vouloir en finir. C’est plus simple comme ça. Même scénario pour Marie-Angèle Domece, encore une jeune fille de la Ddass, disparue le 8 juillet 1988. Affaire classée. Et oubliée. Sylvie Baton, Joanna Parish et Danièle Bernard ont été assassinées en 1989 et 1990. Les circonstances de leurs morts restent non élucidées. Et ce ne sont là que quelques exemples.
Les souvenirs remontent à la surface d’une eau opaque et sale. Une matière visqueuse, qui vous colle à la mémoire. “On ne mange plus, on ne dort plus, on ne pense plus qu’à ça, raconte une ancienne employée de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre. Et on s’interroge, on culpabilise: ai-je été le témoin aveugle d’un ignoble manège?” Tous ces médecins qui se retrouvaient si souvent au restaurant le Saint-Fiacre, à Appoigny. A 100 mètres à peine de l’allée des Violettes, où résidaient Claude et Monique Durand. Oui, c’est sûrement le hasard s’il était tenu par un ancien proxénète. Celui-là même sous la protection duquel Monique Dunand s’était prostituée un temps à Auxerre. Un type qui fréquentait aussi le Nicky Bar, où Emile Louis avait ses habitudes. Et où Françoise Lemoine, l’une des sept jeunes filles portées disparues, avait été embauchée comme serveuse. Mais ce ne sont que des coïncidences.
A l’hôpital, c’est le docteur Dumeige qui a dirigé le service jusqu’en 1985. Il est le beau-frère de l’avocat de Nicole Charrier, adjoint au maire sous le dernier mandat de Jean-Pierre Soisson. “Il parlait de sexe toute la journée, confie l’ancienne employée de l’hôpital. Tout ce qui l’intéressait, c’était de savoir si les femmes baisaient bien… Et il y avait bien cette rumeur dans le service: on disait qu’il organisait des soirées coquines pour les notables de la ville, dans une pièce attenante à son domicile de l’hôpital.” Puis Dumeige est mort. Un jour de l’automne 1985, des amis ont frappé à sa porte. Il a mollement accepté d’aller faire un tour de planeur. Mais avant de s’envoler, Dumeige a bu le café avec eux. Et le docteur a eu un accident. Cause du décès: l’homme s’est endormi dans son cockpit. C’est vrai que ça peut arriver à tout le monde de mourir brutalement.
Le docteur Chauveau reprend le service à l’hôpital d’Auxerre. Il est aussi le psychiatre de l’institut médico-éducatif des Brions, à Tonnerre. Ce centre pour enfants handicapés dont on entendait un peu parler parce que des parents avaient déposé une plainte auprès du juge Bourguignon à Auxerre pour séquestration et coups et blessures. Elle n’a d’ailleurs jamais abouti. Mais c’est dans le service fermé du docteur Chauveau qu’un père a retrouvé son enfant autiste, élève des Brions, attaché. La peau du dos, des bras, arrachée. Et c’est des Brions encore que venait Martine B., cette jeune fille que Chauveau avait fait hospitaliser. “Elle n’avait rien à faire là, raconte une infirmière. Elle était autonome et ne souffrait d’aucun trouble psychique.” Ce à quoi Chauveau répondait qu’il la gardait “par humanité, et en attendant qu’elle trouve un placement”. Les semaines ont passé. Jusqu’à ce que Chauveau annonce enfin, en réunion de synthèse, que “la sortie de Martine B. est prête”. Elle s’en va dans une maison de retraite à Vézelay. Yvan l’infirmier l’accompagnerait là-bas, donc? En fait, pas exactement. Parce que Chauveau a organisé les choses à l’avance: “C’est M…, son tuteur, qui la prendra à mi-chemin.” Voilà. Disparue, Martine B.
L’infirmière encore: “C’est vrai qu’il se passait des choses bizarres dans ce service. On voyait des malades entrer au service libre, et finir au service fermé. Notre boulot, normalement, c’est d’instaurer le processus inverse. Et à Auxerre, un long séjour, ce n’était pas trois mois comme ailleurs. Mais trois ans. Il fallait la fermer. Les médecins étaient souverains.” Celui qui remettait en question leur décision, on l’étiquetait “fou”. C’est ainsi que le silence a fait son nid à l’hôpital. Que personne n’a pris la moindre initiative lorsque Chantal C., patiente au service fermé, est partie en permission chez ses parents un week-end et qu’elle n’est jamais revenue. Mais une assistante sociale et des infirmiers “prétendument bien informés” affirmaient que Chantal C. avait rejoint un “réseau de prostitution”.
Chauveau, un type humain, collectionneur d’armes. De femmes, aussi. Des patientes, le plus souvent. Qui se baladait dans les couloirs, le regard caché derrière des lunettes noires. Une fiole de whisky toujours enfouie dans les poches de sa blouse blanche. Il avait un tas d’amis. Comme ce type, condamné dans une affaire de trafic de diamants. Pendant qu’il purgeait sa peine, le psychiatre a pris sa femme en charge. La pauvre était un peu déprimée, atteinte d’un cancer en plus. Un lit à l’hôpital, ça lui permettrait de prendre de la distance, de se reposer un peu. Et puisqu’il est psychiatre, Chauveau peut bien lui prescrire quelques médicaments. Quand les policiers sont venus l’interroger, l’épouse du trafiquant ne pouvait aligner trois mots.
En fait, tous ces souvenirs, c’est à cause de l’histoire d’Anna, une femme d’origine polonaise. Ces détails laissés au hasard du passé qui resurgissent, et s’emboîtent aujourd’hui. Parce que les gendarmes ont convoqué Anna en janvier 2002. Ils ont retrouvé trace de sa plainte pour séquestration dans leurs ordinateurs. Ils voulaient des précisions, parce que son dossier fait partie de ceux qui ont mystérieusement disparu du tribunal. Elle leur a raconté, Anna. Qu’à l’époque elle vivait avec un médecin de Sens, avec qui elle a eu un enfant. Qu’ils avaient pris la décision de se séparer au milieu des années 80. Mais la rupture était difficile, et Anna a été envoyée trois semaines dans le service libre de l’hôpital psychiatrique d’Auxerre. Le docteur Strutzik, un psychiatre d’origine polonaise comme elle, a voulu lui donner un coup de main. Il l’a présentée à l’un de ses collègues qui avait besoin d’une employée de maison pour garder ses enfants. Anna a travaillé chez lui. Jusqu’à ce que Strutzik débarque un soir, accompagné d’un infirmier. Ils l’ont embarquée sous la menace d’une seringue. Placée au service fermé. Matraquée de neuroleptiques, au point de frôler l’accident cardiaque dans la nuit. Un internement irrégulier qu’il a fallu maquiller le lendemain.
Heureusement que tout le monde se connaît bien et qu’on se serre les coudes, à Auxerre. Parce qu’il n’y a qu’un médecin extérieur à l’établissement hospitalier qui soit habilité à produire un certificat d’internement. C’est donc le docteur Dessens, le médecin qui “semait la terreur” dans les centres de l’Apajh où il travaillait, marié à une psychiatre de l’hôpital, qui a eu la gentillesse d’antidater un acte pour régulariser la situation d’Anna. Quelques semaines plus tard, Chauveau a intégré Anna au service libre. Elle allait bien, elle aurait pu sortir. Mais le chef du service préférait la garder. Comme Martine B.: “Par humanité”. Et il a même engagé une procédure de mise sous curatelle. Pour la protéger, bien entendu. Il l’aimait bien, il lui passait toujours la main dans les cheveux. Et en réunion de synthèse il présentait le projet thérapeutique mis en place pour cette patiente: “La meilleure solution, c’est d’envisager un retour en Pologne.” Anna a pris la fuite un jour pendant que Chauveau faisait sa sieste comme à son habitude jusqu’à 16 heures. C’est d’ailleurs sûrement une coïncidence encore si l’employée de l’hôpital qui a aidé Anna a justement retrouvé les vitres de son appartement brisées un soir de cette semaine-là. Avec un plomb au milieu de son salon.
Anna a déposé une plainte auprès du procureur de la République, René Meyer. Classée. Puis une autre, auprès du juge Bourguignon. L’enquête a été menée avec une célérité exemplaire: le docteur Dessens n’a pas été entendu, et Chauveau n’avait pas beaucoup de temps, alors son procès-verbal est un peu court. Le docteur Strutzik a quant à lui avoué les faits. Il a été mis en examen en 1989 pour séquestration arbitraire, coups et blessures par destination, faux et usages de faux en écriture. Une confrontation devait avoir lieu. Le juge Bourguignon l’a reportée. A jamais. C’est qu’il avait sûrement d’autres chats à fouetter: Danielle Bernard est retrouvée morte le 8 juillet de la même année dans son appartement. La tête rouée de coups de tisonnier, le corps lardée de coups de tournevis. Elle était infirmière à l’hôpital psychiatrique, dans un service délocalisé à Appoigny, qui recevait des enfants et adolescents dans l’attente d’un placement. La Ferme, ça s’appelait. Danielle Bernard était à ce repas champêtre auquel s’est joint le docteur Chauveau, la veille de son meurtre. Quand la police est arrivée au domicile de l’infirmière, il y avait déjà foule autour du cadavre. Des journalistes, un magistrat et l’ex-belle-mère de la victime, conseillère municipale sur la liste de Jean-Pierre Soisson. Impossible de prélever le moindre indice. Le procureur de la République de l’époque, Jacques Cazals, a classé le dossier sans suite.
Plus qu’un simple fait divers, le dossier des disparues de l’Yonne est bel et bien l’affaire d’un système. Sept disparues, et vingt ans de puissant silence auquel la justice a lâchement consenti. Une fois Emile Louis interpellé, on ne pouvait plus ignorer la scandaleuse inertie des institutions, vingt années d’indifférence, d’inaction. “L’inefficacité de la justice”, cet “échec patent”, cette “déficience institutionnelle”, Marylise Lebranchu, garde des Sceaux, devait tenter d’y mettre un terme. Agir. Alors, en mars 2001, elle a convoqué la formation disciplinaire du Conseil supérieur de la Magistrature (CSM). Le linge sale, on le lave d’abord en famille. Publiquement, quand même.
2002, mi-mars. Quatre magistrats en poste à Auxerre de 1979 à 2000 sont convoqués par leurs pairs: deux procureurs, René Meyer et Jacques Cazals; deux substituts, Daniel Stilinovic et Bertrand Daillie. La République ouvre les lourdes et épaisses portes de la première chambre civile de la Cour de Cassation. Quelques petites gens venues de la terre icaunaise en ont le vertige. “C’est beau ici.” Toutes ces dorures, ces sculptures sur les murs. Au plafond, des peintures. Le grand jeu: “Le CSM n’est pas un tribunal, mais une institution disciplinaire.”
Les failles de la justice, on va les voir. On va dire qu’il s’agit d’un scandale judiciaire. Et peut-être même qu’ils auront honte, ces magistrats qui n’ont rien vu ou rien voulu savoir. Voilà ce que les gens attendent sur leurs bancs. Ils vont être déçus. René Meyer n’a pas daigné se déplacer. “Désolé”, il avait un voyage prévu de longue date. Quant aux autres, leurs discours sont prêts. Ficelés. Bertrand Daillie et Jacques Cazals, anciens substitut et procureur d’Auxerre, enfermés dans leur costume, ligotés dans leurs règles de droit, posent leurs mots, comme des briques. Cazals: “En 1993, toute cette histoire n’était qu’une petite affaire de disparitions. Le parquet ne pouvait pas y voir un dossier pénal.” C’est un mur qui se dresse entre les magistrats et le public. Ils n’ont pas de comptes à rendre à l’assistance. Pas un mot pour les victimes. C’est à leurs pairs qu’ils s’adressent. Daillie: “Les personnalités que j’ai rencontrées quand je travaillais au tribunal d’Auxerre ne m’ont jamais fait part de ces disparitions.”
Et puis de toute façon, c’est Pierre Monnoir, président de l’ADHY, qui n’a pas fait son boulot. Parce qu’il ne leur a pas dit, en 1993, qu’il était représentant de cette association. Surtout, Pierre Monnoir a omis l’essentiel: leur livrer le nom d’Emile Louis. Voilà: c’est la faute à cet homme si le dossier n’a pas avancé. Cazals, procureur de la République d’Auxerre de 1992 à 2000, si on ne lui donnait pas “cette clé”, comment aurait-il pu ouvrir les portes? Aux gens de servir la justice, pas l’inverse.
Mettre ainsi en cause des magistrats, ça ne se fait pas. L’ancien plus haut magistrat de France, Pierre Truche, a d’ailleurs fait le déplacement pour le dire. Oui, il est outré par cette audience qui offense la profession. Il lâche même: “Qu’est-ce que c’est que ce pays où on voit un gouvernement poursuivre les magistrats?” A propos de l’affaire, il s’indigne et se permet d’affirmer: “On en fait toute une histoire, mais il n’y a pas d’affaire des disparues d’Auxerre.” Et tente de le démontrer, cite quelques noms de jeunes filles qu’on croyait disparues, et qui ne l’étaient pas. Quitte à écorcher les faits… “On a porté le nom de Katia Chandelier sur la liste des disparues, pour se rendre finalement compte que cette femme est morte en couches.” C’est presque ça, sauf que la jeune femme est toujours vivante. Sur les bancs, une femme dit: “Il se trompe ou c’est nous qui ne comprenons rien?” Pierre Truche tourne le dos à l’assemblée. Comme à Auxerre, ici, on est solidaire. Il désigne ses collègues magistrats: “Ces hommes jetés en pâture… La garde des Sceaux y a-t-elle pensé en convoquant cette audience disciplinaire?” Le monde à l’envers, les représentants de l’action publique victimes de l’affaire des disparues d’Auxerre. Elle en avait la tête qui tournait, l’amie d’une disparue, assise sur le banc, au fond à droite: “C’est de nous qu’il parle? Je ne comprends rien…”
Sanctions de la garde des Sceaux: René Meyer a perdu son titre de magistrat honoraire. Daniel Stilinovic a été mis à la retraite d’office. Jacques Cazals sera déplacé d’office. Et il y en a d’autres, des magistrats, qui devraient s’inquiéter. Marylise Lebranchu a sur son bureau un nouveau rapport de l’Inspection des Services judiciaires. Il pointe de nouvelles défaillances. Alors elle n’est pas malvenue, cette information judiciaire ouverte en mars dernier pour “corruption active et passive, trafic d’influence et recel, destruction, soustraction, recel ou altération d’un document public ou privé de nature à faciliter la découverte d’un crime ou d’un délit, la recherche des preuves ou la condamnation des coupables”. Une instruction dépaysée à Paris, “dans un souci d’impartialité”, a expliqué Marie-Suzanne Le Quéau, procureur de la République d’Auxerre. Ce sont les parents d’Isabelle Laville qui ont déposé la plainte à l’origine de cette information judiciaire. Une jeune fille disparue en décembre 1987. Jamais retrouvée, mais dont le dossier avait été classé sans suite cinq semaines seulement après les faits. La machine judiciaire se met donc en route. Vraiment pas trop tôt.

(1) “Les Disparues d’Auxerre”, par Corinne Herrmann et Philippe Jeanne, Ramsay.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrice_Al%C3%A8gre

Patrice Alègre

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Patrice Alègre
Image_manquante dans Calomnie
Information
Nom de naissance Patrice Alègre
Naissance 20 juin 1968 (48 ans)
à Toulouse
Condamnation 21 février 2002
Sentence Réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de 22 ans
Meurtres
Nombre de victimes 5 +
Période 21 février 19894 septembre 1997
Pays Drapeau de la France France
Régions Midi-Pyrénées, Île-de-France
Villes Toulouse, Verdun, Paris
Arrestation 5 septembre 1997

Patrice Alègre (né le 20 juin 1968 à Toulouse), est un tueur en série français arrêté à Châtenay-Malabry le 5 septembre 19971 et condamné le 21 février 2002 à la réclusion criminelle à perpétuité, assortie d’une période de sûreté de 22 ans, pour cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols. Il a par la suite obtenu des non-lieu dans quatre dossiers le 3 juillet 2008.

L’affaire Alègre, à proprement parler, débute en mai 2003, après la réouverture de plusieurs dossiers anciens par les gendarmes de la cellule Homicide 31 (cellule chargée, sous la direction de Michel Roussel de 2000 à 2003, d’enquêter sur les éventuelles victimes de Patrice Alègre).

Sommaire

Biographie

Patrice Alègre est né le 20 juin 1968 à Toulouse d’un père Roland Alègre policier (il devient CRS lorsque Patrice a 6 ans), dépeint comme souvent absent et très violent, et d’une mère Michelle, coiffeuse, qui multiplie les aventures dont Patrice est parfois le témoin. Patrice grandit à Saint-Geniès-Bellevue (31). Il n’est pas un enfant désiré, sa mère n’ayant que 17 ans à sa naissance, au contraire de son frère né 7 ans plus tard. Ses parents sont en conflit perpétuel, Patrice déteste son père mais adore et idéalise sa mère, parfois battue. Vivant une scolarité difficile, renvoyé de trois collèges d’enseignement secondaire, Patrice est inscrit dans une filière de mécanique générale et confié à 14 ans à sa grand-mère dans le quartier des Izards de Toulouse. Dans ce quartier il tombe dans la délinquance, le vol, le trafic de drogues, devient un petit caïd et commet sa première agression sexuelle à 16 ans2.

Barman à la cafétéria du commissariat de police puis au buffet de la gare de Toulouse3, il repère ses proies dans le quartier de la gare. Valérie Tariote sa première victime, assassinée le 21 février 1989, est serveuse dans le même café4. Ce « prédateur urbain », expression des psychiatres qui l’ont expertisé5, les séduit, mais si elles ne lui cèdent pas, il les viole, les étrangle et les déshabille, ne leur laissant que leurs chaussettes6.

En janvier 1988, il rencontre Cécile Chambert7, fonctionnaire d’origine bourgeoise. Ils ont une fille Anaïs née le 23 juillet 1989. Pendant 7 ans, ils vivent une relation houleuse qui reproduit les scènes de ménage des parents de Patrice8. Malgré la relative stabilité de sa vie amoureuse, il plonge toujours davantage dans le crime. Le 16 février 1995, après une nouvelle dispute conjugale, Patrice a « tout cassé dans la chambre » et « jeté la petite contre le mur ». Cécile obtient de la police qu’il quitte leur appartement. Il s’installe chez sa maîtresse Sylvie Prouilhac, gérante de la discothèque Planète Rock à Toulouse et s’y fait embaucher comme videur. Mais elle renvoie ce jeune homme à la houppette blonde à cause de nombreuses bagarres qui font fuir la clientèle9.

Le 14 juin 1997, lors d’un méchoui organisé à Foix, il rencontre Mireille Normand, jeune femme de 35 ans qui habite seule dans un chalet à Verdun. Se faisant appeler Franck, il lui propose ses services de bricoleur en échange du gîte et du couvert. Le 19 juin 1997, il la tue. Trois semaines plus tard, le frère de Mireille, Alain, inquiet de ne plus avoir de ses nouvelles, se rend au chalet, découvre dehors un foyer et de la terre meuble récemment retournée. La fouille entreprise par les gendarmes permet de retrouver le corps de Mireille enterré dans le jardin. L’autopsie montre qu’elle a été étranglée et violée. Patrice est identifié sur photo par différents témoins comme l’homme à tout faire du chalet. Dès lors, la traque du tueur en série commence : localisé en Espagne, en Allemagne, puis en Belgique, il revient à Paris où il se fait héberger par Isabelle Chicherie, employée SNCF avec qui il a sympathisé lors de ses vacances en Espagne. Il l’étrangle, la viole et la brûle le 4 septembre 1997. Les gendarmes ayant placé sur écoute ses proches, un de ses amis accepte de collaborer avec les enquêteurs, et indique à Alègre un point de chute à Châtenay-Malabry où il est arrêté le 5 septembre 1997, à 17 h 10. Son arrestation reste relativement inaperçue car la princesse Diana est morte quelques jours plus tôt10.

Chronologie de l’affaire Alègre

  • 5 septembre 1997 : arrestation de Patrice Alègre, soupçonné de meurtres entre le mois de février 1989 et le mois de septembre 199711. Patrice Alègre reconnaît cinq meurtres, une tentative de meurtre et six viols, mais est également mis en examen pour quatre autres meurtres.
  • 21 février 2002 : Patrice Alègre est condamné à la réclusion criminelle à perpétuité assortie d’une période de sûreté de vingt-deux ans. Les psychiatres Michel Dubec et Daniel Zagury évoquent l’hypothèse de « matricides déplacés » pour expliquer les meurtres de Patrice Alègre qu’ils qualifient de « tueur en série organisé », « psychopathe », « pervers narcissique » ayant subi des « traumatismes désorganisateurs précoces » liés aux « débordements sexuels maternels »12.
  • Mais la cellule Homicide 31 de la gendarmerie créée en juin 2000 pour procéder aux enquêtes, recherche d’autres méfaits imputables à Alègre et ressort divers anciens dossiers sur réquisition du parquet. L’un d’eux, concernant le meurtre à Toulouse en 1992 de la prostituée Line Galbardi, les conduit à entendre deux anciennes prostituées toulousaines disparues le lendemain de ce meurtre, Christèle Bourre alias Patricia et Florence Khelifi alias Fanny.
  • Le 1er avril 2003, le quotidien La Dépêche du Midi lance une campagne de presse, révélant certaines déclarations de ces deux femmes et faisant pression sur la justice pour l’ouverture rapide d’une information judiciaire. Des journaux parisiens suivent et la rumeur enfle, alimentée par deux journalistes locaux.
  • Le 15 avril 2003, le procureur de Toulouse ouvre une information judiciaire contre Patrice Alègre et tous autres des chefs de proxénétisme en bande organisée, viols, viols aggravés, accompagnés d’actes de torture et de barbarie, commis par des personnes abusant de l’autorité que leur confère leur fonction, à la suite des déclarations des ex-prostituées Fanny et Patricia mettant en cause diverses personnalités politiques, judiciaires et policières.
  • Le 12 mai 2003, l’hebdomadaire Marianne présente les résultats de leurs investigations, en particulier de récentes « révélations » faites par une des prostituées. Elle met en cause des policiers toulousains et un gendarme qui « serait au courant de leurs agissements : le système de corruption, mais aussi des « parties fines » organisées en présence d’au moins deux avocats toulousains et autres notables […] dans l’emballement, le nom du maire de Toulouse est même cité ».
  • Le 18 mai 2003, au journal télévisé de 20 h de TF1, l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis, président à cette date du Conseil supérieur de l’audiovisuel, donne à l’affaire un retentissement maximum en révélant que son nom est cité dans l’enquête et dénonce une « effarante machination », qui serait selon lui à rattacher « aux milieux liés à l’industrie pornographique ».
  • Le 19 mai 2003, Dominique Baudis charge son avocat des poursuites en diffamation.
  • Le 22 mai 2003, deux prostituées confirment leurs propos devant les juges et un prostitué, sous le pseudonyme de Djamel, affirme qu’il y a eu des « morts ».
  • Le 27 mai 2003, Jean Volff, procureur général de Toulouse, annonce que son nom est également cité dans l’affaire. Il est remplacé le 28 mai 2003.
  • Le même jour, une nouvelle information judiciaire est ouverte contre Djamel, Fanny et Patricia pour dénonciation de crimes et de délits imaginaires, témoignages mensongers et complicité. Djamel est placé en détention provisoire. Dominique Baudis, Jean Volff et Marc Bourragué se constitueront parties civiles dans ce dossier.
  • Le 13 juin 2003, Dominique Baudis met en cause Jean-Michel Baylet, patron de La Dépêche du Midi et dénonce à nouveau une machination.
  • Le 30 juin 2003, jour de son installation à la cour de cassation, Jean Volff proteste dans Le Figaro contre la façon dont il a été traité par Dominique Perben, Ministre de la Justice et par les médias.
  • Le 17 septembre 2003, l’ancienne prostituée Fanny revient sur l’accusation de viol qu’elle avait formulée contre l’ancien maire de Toulouse, Dominique Baudis.
  • Le 20 septembre 2003, le travesti Djamel, impliqué dans un des aspects de l’affaire est retrouvé mort dans la chambre d’une clinique de Toulouse.
  • Le 11 juillet 2005, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Toulouse confirme le non-lieu général dans le volet « viols et proxénétisme en bande organisée » dans lequel Dominique Baudis et d’autres personnalités avaient été mis en cause.
  • Décembre 2005, Florence Khélifi, surnommée Fanny, 32 ans, est mise en examen pour dénonciation calomnieuse envers M. Baudis et Marc Bourragué13.
  • Septembre 2006, Christelle Bourre, alias Patricia, est mise en examen à la mi-septembre pour dénonciation calomnieuse envers Dominique Baudis.
  • En 2006, Émilie Espès, seule victime survivante d’une agression de Patrice Alègre, met fin à ses jours14.
  • Le 27 mars 2008, le parquet annonce que les ex-prostituées Patricia et Fanny seront jugées en correctionnelle pour « dénonciation calomnieuse » envers l’ancien maire de Toulouse Dominique Baudis et le magistrat Jean Volff. Elles sont reconnues coupables de dénonciation calomnieuse et respectivement condamnées à deux et trois ans de prison avec sursis par le tribunal correctionnel de Toulouse le 26 mars 200915.
  • Le 3 juillet 2008, les juges d’instruction du tribunal de grande instance de Toulouse, Serge Lemoine et Fabrice Rives, rendent une ordonnance de non-lieu concernant trois homicides volontaires et un viol avec arme instruits contre Patrice Alègre16.

Autres points de vue

L’affaire Alègre garde des zones d’ombre. Les meurtres ont été déclarés en suicides par la police jusqu’à l’arrestation d’Alègre. Plusieurs témoins affirment que le tueur a été longtemps protégé par des policiers et par le haut magistrat Pierre Roche. L’ex-gendarme Roussel dénombre 191 assassinats non élucidés dans la région. L’organisation Stop à l’oubli réunit des familles de victimes, qui continuent de réclamer la vérité sur l’affaire, évoquant « ces disparitions, ces assassinats camouflés en suicide et ces enquêtes tronquées, déformées, bâclées, etc. »17.

Patrice Alègre a pu être débusqué grâce à la plainte qu’Émilie Espès avait déposée à la suite de son viol le 22 février 1997, alors qu’elle avait 21 ans5. La jeune femme, qui était la seule victime de Patrice Alègre à avoir survécu, s’est depuis suicidée.

Notes et références

  1. « Homicide 31 : Au cœur de l’affaire Alègre, l’ex-directeur d’enquêtes parle » [archive], de Michel Roussel
  2. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Place Des Editeurs, 2012, p. 24-31
  3. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, 2007, p. 87
  4. Jean Cohadon, « Le calvaire des victimes » [archive], sur La Dépêche,‎ 6 février 2002
  5. a et b Marie Huret, « L’homme qui aimait tuer les femmes » [archive], sur L’Express,‎ 7 février 2002
  6. « Il repérait ses proies à la gare de Toulouse » [archive], sur Le Parisien,‎ 7 décembre 2001
  7. Patricia Tourancheau, «Sept ans de malheur» auprès de lui [archive], sur liberation.fr,‎ 12 février 2002
  8. Jean-Pierre Vergès, Les tueurs en série, Hachette Pratique, 2007, p. 127
  9. Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, Place Des Éditeurs, 2012, p. 57
  10. Guillaume Erner, La société des victimes, La Découverte, 2006, p. 102
  11. G.-R. Souilles, « Patrice Alègre accusé d’un sixième meurtre » [archive], sur La Dépêche,‎ 27 janvier 2000
  12. Patricia Tourancheau, « Cinq meurtres et toute une vie de violence » [archive], sur liberation.fr,‎ 11 février 2002
  13. Gilles Souillès, l’affaire Alègre, la vérité assassinée, hugodoc éditeur
  14. Émission Faites entrer l’accusé – Patrice Alègre, le sang et la rumeur, France 2, 18/01/2015 à 22h40
  15. Affaire Alègre : Fanny et Patricia condamnées pour dénonciation calomnieuse [archive], TF1
  16. Georges Fenech, Criminels récidivistes : peut-on les laisser sortir ?, Archipel, 2009, p. 54
  17. « Les 37 « oubliés » de l’affaire Alègre » [archive] Article de Aziz Zemouri publié le 10 mars 2006 dans Le Figaro

Voir aussi

Bibliographie

  • Livres parlant de l’affaire (par ordre chronologique)
    • Michel Roussel, Homicide 31 – Au cœur de l’affaire Alègre, Éditions Denoël, 24 janvier 2004, 240 pages, (ISBN 2207255646)
    • Ugo Rankl, Patrice Alègre, l’homme qui tuait les femmes, Éditions Nicolas Philippe, 21 octobre 2004, 388 pages, (ISBN 2748800680)
    • Christian English et Frédéric Thibaud, Affaires non classées, tome II (chapitre : L’affaire Patrice Alègre), First édition, 15 juin 2004, 294 pages, (ISBN 2876919095)
    • Dominique Baudis, Face à la calomnie, XO Éditions, 20 janvier 2005, 318 pages, (ISBN 9782845631892)
    • Pierre Alfort et Stéphane Durand-Souffland, J’ai défendu Patrice Alègre, Éditions du Seuil, 28 janvier 2005, 188 pages, (ISBN 2020635135)
    • Marie-France Etchegoin et Mathieu Aron, Le bûcher de Toulouse, D’Alègre à Baudis : histoire d’une mystification, Éditions Grasset et Fasquelle, 18 mai 2005, 425 pages, (ISBN 2246677610)
    • Gilbert Collard et Édouard Martial, L’étrange Affaire Alègre, Éditions du Rocher, 9 juin 2005, 186 pages, (ISBN 978-2268054919)
    • Jean Volff, Un procureur général dans la tourmente. Les dérives de l’affaire Alègre, L’Harmattan, Paris, 2006, 192 pages, (ISBN 2-296-01067-9)
    • Antoine Perraud, La barbarie journalistique, Flammarion, 30 janvier 2007, 193 pages, (ISBN 978-2082105866)
    • Georges Fenech, Presse-Justice : liaisons dangereuses, L’Archipel, 7 mars 2007, 190 pages, (ISBN 978-2841879304)
    • Gilles Souillés, L’Affaire Alègre, la vérité assassinée, Hugo et compagnie, 22 mai 2007, 276 pages, (ISBN 978-2755601206)
    • Agnès Grossmann, L’enfance des criminels, éd. Hors Collection, 20 septembre 2012, 298 pages, (ISBN 2258098424)
    • Jean Volff, Servir, éd. Jerôme Do-Bentzinger, 12 avril 2013, 496 pages, (ISBN 978-2849603635)
  • Roman inspiré de l’affaire
    • G.M. Bon, Contes cruels, Toulouse, Éditions l’Écailler du Sud, 1er septembre 2004 (Roman noir), 248 pages, (ISBN 978-2914264570)

Articles de presse

Documentaires télévisés

Articles connexes

Liens externes

Arrestation de Mourad Hamyd en Bulgarie : où l’on reparle des frères Kouachi et des attentats de Paris

Le jeune beau-frère de Chérif Kouachi qui fut brièvement soupçonné d’être le troisième homme de l’attentat commis contre Charlie Hebdo à Paris le 7 janvier 2015 se trouve actuellement dans un centre de rétention en Bulgarie après avoir été intercepté fin juillet à la frontière turque, alors que, semble-t-il, il tentait de rejoindre Daech.

Par ailleurs, le témoignage d’un djihadiste arrêté en Allemagne après son retour de Syrie le 20 juillet 2015 permet aux services de renseignement occidentaux de mieux appréhender l’organisation terroriste et sa solide implantation française.

Comme l’on pouvait s’en douter, les « loups solitaires » n’existent pas, ils communiquent avec leurs chefs par l’intermédiaire d’islamistes néophytes ou amateurs inconnus comme tels. Daech approuve leurs projets terroristes sans les avoir élaborés et y participe par la fourniture de moyens.

Dans ces conditions, l’on comprend aisément que ses cadres se mettent tous à rire jusqu’à en pleurer dès qu’est évoqué le cas de la France…

Le repenti a aussi donné des informations sur les djihadistes d’Asie du Sud et du Sud-Est, principalement des arrivants du Bangladesh, de Malaisie et d’Indonésie, où Al-Qaïda travaillait activement par le passé.

Enfin, avant de revenir sur ses connexions rémoises, je rappelle que le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi est manifestement en relation avec le fournisseur de fausses Nike de Saïd Kouachi dès le mois de juillet 2014.

 

http://www.lejdd.fr/Societe/INFO-JDD-Le-beau-frere-de-Cherif-Kouachi-est-soupconne-d-avoir-voulu-rejoindre-Daech-801109

INFO JDD. Le beau-frère de Chérif Kouachi est soupçonné d’avoir voulu rejoindre Daech

 

Il avait été brièvement soupçonné d’être le troisième homme du commando de Charlie Hebdo en janvier 2015. Mourad Hamyd, 20 ans, le beau-frère de Chérif Kouachi, a été intercepté fin juillet à la frontière turque. Il est suspecté d’avoir voulu rejoindre les rangs de l’Etat islamique.

 

Mourad Hamyd était au lycée Monge de Charleville durant l'attentat de Charlie Hebdo. A paraitre dans leJDDArrestation de Mourad Hamyd en Bulgarie : où l'on reparle des frères Kouachi et des attentats de Paris dans Action Directe blank Mourad Hamyd était au lycée Monge de Charleville durant l’attentat de Charlie Hebdo. (Sipa)

 

Son nom avait surgi sur les réseaux sociaux aux côtés des frères Kouachi après le dévoilement, le mercredi 7 janvier 2015 au soir, de l’avis de recherche national lancé après le massacre de Charlie Hebdo. Mourad Hamyd, frère de la femme de Chérif Kouachi, avait en effet été soupçonné d’être le troisième homme du commando ayant attaqué le journal satirique. Mais grâce à un alibi solide (il était en cours à ce moment là dans son lycée de Charleville-Mézières) et à la mobilisation de ses camarades de classe, il avait rapidement été innocenté par la police.  »On a jeté en pâture mon nom sans vérifications, en me mêlant à ces crimes barbares. J’espère seulement que cela n’entachera pas mon avenir… Je n’ai rien à voir avec cette histoire… Je suis un lycéen qui vit tranquillement avec ses parents… Je veux que mon nom soit lavé… », avait expliqué le samedi 10 janvier 2015 devant la presse le jeune homme de 18 ans.

Information judiciaire ouverte

Mourad Hamyd ne fait alors plus parler de lui jusqu’au 25 juillet 2016, jour où sa famille vient déclarer sa disparition. Ses proches redoutent un aller simple vers la Syrie ou l’Irak. Le parquet de Charleville-Mézières saisit la PJ de Reims qui constate que le jeune homme fait l’objet d’une fiche S et diffuse aussitôt le signalement de celui qui vient de terminer sa première année de fac en Sciences et Technologie. La réponse intervient le 28 : refoulé par les autorités turques, Mourad Hamyd a été placé en centre de rétention en Bulgarie. Dans la foulée, le parquet antiterroriste de Paris ouvre une information judiciaire en vue de délivrer un mandat d’arrêt européen à son encontre.

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Stéphane Joahny – Le Journal du Dimanche

samedi 06 août 2016

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/01/05/01016-20160105ARTFIG00164-un-an-apres-la-veuve-de-said-kouachi-cherche-encore-a-comprendre.php

Un an après, la veuve de Saïd Kouachi cherche encore «à comprendre»

 

  • Par Caroline Piquet
  • Mis à jour le 03/05/2016 à 16:51
  • Publié le 05/01/2016 à 14:40

 

Boîte aux lettres dans le hall d'entrée de l'immeuble où vivait Saïd Kouachi avec son épouse Soumya et leur fils de 3 ans.

 

VIDÉOS – Par la voix de son avocat, Soumya Kouachi raconte comment elle a vécu les mois qui ont suivi les attentats de janvier. Elle en veut à son époux qui a commis «un crime atroce» et lui reproche de l’avoir laissée seule avec son fils.

Un an après le drame, difficile de rentrer en contact avec l’entourage des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. Seule Soumya, la veuve de Saïd Kouachi, a accepté de s’exprimer par la voix de son avocat. La jeune femme de 30 ans refuse de parler directement aux journalistes, de peur que ses propos soient mal interprétés, nous explique son conseil Me Antoine Flasaquier. Installée depuis 2010 à Reims, la jeune femme de nationalité française vit toujours dans son appartement du quartier de la Croix-Rouge avec son fils de trois ans. «Elle a bien tenté de déménager mais le bailleur social a refusé d’accéder à sa demande», explique l’avocat au barreau de Reims.

Placée en garde à vue le 8 janvier, la jeune femme s’était murée dans le silence face aux enquêteurs, persuadée qu’il s’agissait d’une erreur. À cet instant, elle ne peut imaginer que son mari, avec qui elle était «très complice», a pu tuer douze personnes. Les semaines qui suivent sont tout aussi confuses. «Elle a eu un deuil compliqué», commente Me Flasaquier. «Elle n’a pas pu voir le cercueil, ni assister à l’enterrement et elle doit se faire à l’idée que son mari est un terroriste». Et quand les théories du complot commencent à remettre en question la mort des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, le doute la gagne. «Un jour, elle m’a appelé et m’a demandé: “vous êtes sûre que Saïd est mort”? J’ai dû lui répondre que j’en étais certain».

«Elle en veut énormément à Saïd Kouachi»

Puis elle s’imagine un autre scénario: son époux était peut-être un «agent dormant» qui attendait seulement d’être «réveillé» par une cellule djihadiste. «Cette hypothèse n’étant pas très réaliste, elle a essayé ensuite de comprendre», enchaîne son avocat. «Elle a cherché les signes avant-coureurs qui auraient pu la mettre sur la voie. Mais elle n’a trouvé aucun indice. Rien ne lui permettait d’anticiper ce qu’il s’est malheureusement produit». À son avocat, elle décrit un mari discret, n’ayant jamais versé dans le prosélytisme, ni fait de remarques sur Daech, la coalition en Syrie ou autres.

Aujourd’hui, Soumya Kouachi cherche encore une explication. «Elle se demande si Saïd a pu parler à quelqu’un et lui laisser un testament oral. Mais rien ne semble l’indiquer», suppose Me Flasaquier, qui n’a pas accès au dossier d’instruction. La jeune femme n’a pas souhaité se porter partie civile, par respect pour les victimes. Reste ce sentiment qui ne la quitte pas: Saïd ne s’est pas radicalisé, il s’est laissé embarquer dans cette histoire pour protéger son frère, pense-t-elle. «Du coup, ma cliente en veut énormément à Saïd car il l’a abandonnée, elle et leur enfant…Et que son crime est tout simplement atroce».

Départ pour l’Algérie

Atteinte d’une sclérose en plaque, Soumya Kouachi est déclarée inapte au travail. Entourée de sa mère et de ses sœurs, elle élève seule son enfant dont elle redoute la scolarisation. «Elle se demande aussi si son fils doit continuer à porter le nom de Kouachi mais c’est compliqué pour elle», reprend Me Flasaquier. «Son époux est peut-être un terroriste mais il reste le père de son enfant». En ce début du mois de janvier, la jeune femme n’est pas en France. «Elle m’a dit qu’elle voulait partir en Algérie. Elle sait que les médias vont en reparler et elle ne veut pas revivre tout ça et être pointée du doigt». Aucune charge ne pesant contre la jeune femme, elle est en effet libre de quitter le territoire.

 

http://www.bfmtv.com/societe/attentats-de-janvier-le-plan-secret-des-kouachi-et-de-coulibaly-942297.html

Attentats de janvier: le plan secret des Kouachi et de Coulibaly

 

09/01/2016 à 16h15 Mis à jour le 31/05/2016 à 07h00

 

Depuis un an, les enquêteurs tentent de reconstituer le parcours des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly. BFMTV dévoile les derniers mois et leurs derniers échanges avant les attentats de janvier, qui ont fait dix-sept victimes.

 

En regardant les photos personnelles retrouvées dans les affaires des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, difficile d’imaginer qu’ils allaient commettre un massacre. On y voit Saïd et Chérif sourire en famille, leurs enfants posés sur leurs genoux, ou Amedy enlacer sa compagne à la plage. Des scènes de vie ordinaires pour les terroristes à l’origine des attentats de janvier, qui ont préparé leur plan pendant plusieurs mois. Dans le plus grand secret.

Kouachi Coulibaly

BFMTV – A gauche, les frères Kouachi en famille. A droite, Amedy Coulibaly et sa compagne Hayat Boumediene. Clichés non datés.

 

Octobre 2014. Chérif Kouachi rencontre à trois reprises Farid Benyettou. Premier mentor religieux des deux frères, cet ancien prédicateur a été condamné, comme Chérif, dans le démantèlement de la filière jihadiste des Buttes-Chaumont.

Devenu infirmier aujourd’hui, celui qui passe pour un « traître » dans la sphère islamiste s’est confié à BFMTV.  »Lorsqu’il est venu me voir, le sujet qui était omniprésent dans ses discussions, c’était le combat, la guerre sainte. Pour lui, l’Islam, ce n’était que ça. »

Jamais le cadet des frères Kouachi n’aborde lors de ces trois rencontres Charlie Hebdo, ou ses projets d’attentats. En revanche, il s’en prend ouvertement à la France. « Pour lui, les musulmans étaient opprimés partout dans le monde, leur honneur était bafoué, et tous devaient laver cette humiliation, pour reprendre ces propos », poursuit Farid Benyettou.

Amedy Coulibaly, ami proche de Chérif Kouachi

Chérif Kouachi évoque aussi Amedy Coulibaly, surnommé « Doli », son ancien co-détenu de Fleury-Mérogis, dont il s’est rapproché depuis plusieurs mois. Les deux hommes se voient d’ailleurs régulièrement avec leurs compagnes. Fin novembre 2014, les couples se retrouvent au domicile de Chérif Kouachi à Gennevilliers. Devant les enquêteurs, après les attentats, voici ce que raconte l’épouse de Chérif Kouachi.

« Ils venaient d’accomplir leur voyage à La Mecque. Hayat (compagne d’Amedy Coulibaly, ndlr) est montée à la maison pour me remettre des cadeaux. Doli est resté en bas de l’immeuble. Chérif est descendu pour le voir. Leur visite a duré entre une heure et une heure et demie. Pendant tout ce temps, Hayat et moi sommes restées dans mon appartement. Quant à Chérif et Doli, ils sont restés dehors. »

Des comportements hors de tout soupçon

Une conversation secrète, à peine plus d’un mois avant les attentats, pour n’éveiller aucun soupçon. Dans leur vie quotidienne, les trois tueurs prennent en effet grand soin de ne jamais attirer l’attention.

A Reims, Saïd Kouachi se rend deux fois par jour dans un local qui fait office de salle de prière. Il s’y montre très discret. « Il était quelqu’un d’isolé. Je ne l’ai jamais observé avec des amis. Il ne montrait aucun signe de radicalisme ou d’extrémisme », explique à BFMTV Abdul Hamid Al Khalifa, imam de cette mosquée.

A son domicile, Saïd Kouachi est tout aussi discret: sa femme ne constate aucun changement dans son comportement, comme l’explique son avocat, Antoine Flasaquier.

« Il n’était pas radicalisé, prosélyte ou virulent à l’encontre des musulmans modérés, de la France, ou même de Charlie Hebdo. Elle s’est même demandé pendant un moment si son époux n’avait pas été un agent dormant qu’on aurait réveillé un jour. »

Pourtant, à l’abri des regards, les frères se préparent. Sur certains clichés retrouvés dans leurs affaires personnelles, on découvre Chérif Kouachi dans l’obscurité d’une cave, faisant semblant tenir une arme longue, ou encore posant le doigt levé, comme pour mimer une scène de revendication.

Cherif Kouachi

BFMTV – Chérif Kouachi, posant dans une cave, dans un cliché non daté.

 

Des complices pour acheter les armes

En région parisienne, en décembre 2014, Amedy Coulibaly commence à mettre ses plans à exécution. Il s’est équipé de treize téléphones, pour contacter discrètement plusieurs copains de quartier. Le 27 décembre 2014, trois d’entre eux se rendent dans une armurerie de Montrouge. « Ils vont acheter des tasers, des gilets pare-balles, des couteaux. Ils y retournent une seconde fois sur ordre de Coulibaly pour acheter des couteaux plus gros encore », indique Axel Metzker, avocat d’une partie civile de l’Hyper Cacher. Les armes lourdes, notamment deux kalachnikov, sont récupérées en Belgique, à Charleroi, par d’autres proches.

Le 1er janvier 2015, Amedy Coulibaly organise l’exfiltration de sa compagne, Hayat Boumeddiene. Ils quittent en pleine nuit leur appartement, direction l’Espagne. A l’aéroport de Madrid, la jeune femme est prise en charge par un ami, Medhi Belhoucine. Le 2 janvier, à 13h32, une caméra filme leur embarquement pour la Turquie, porte d’entrée vers la Syrie.

Hayat Boumediene

BFMTV – Hayat Boumediene et un complice en janvier 2015, alors qu’elle prend la fuite vers la Syrie.

 

De retour en France, Amedy Coulibaly est libre pour agir. Il s’installe dans une planque à Gentilly, en région parisienne, le 4 janvier. Le même jour, Saïd Kouachi quitte Reims pour se rendre à Paris en covoiturage. Elisabeth, une jeune femme qui a partagé ce trajet de deux heures se souvient d’un jeune homme courtois, très naturel. Un détail attire toutefois son attention: « A certains moments, son portable sonnait, mais il ne répondait pas… » Ses relevés téléphoniques montrent que Saïd Kouachi se rend ensuite dans le 11e arrondissement. Les enquêteurs pensent qu’il a rejoint Charlie Hebdo, sans doute pour un dernier repérage avant les attentats trois jours après.

Ultime rencontre la veille

6 janvier 2015, veille des attentats. A l’heure du déjeuner, Chérif Kouachi se rend dans une grande zone commerciale de Gennevilliers. Il y achète des bouteilles de verre, une paire de jumelles, des talkies-walkies, des lunettes de protection et des masques de peinture. Puis il rentre chez lui, où il reçoit une visite éclair, vers 23 heures, dont se souvient sa femme.

« Nous étions couchés tous les deux quand l’interphone a sonné. Chérif a répondu. (…) Et c’est quelques minutes après qu’il est sorti, prétextant qu’il avait chaud. Il est resté dehors pendant 15 ou 20 minutes », expliquera son épouse aux enquêteurs.

Les policiers ont pu déterminer que ce soir-là, Chérif Kouachi a vu pour la dernière fois Amedy Coulibaly. Les deux hommes ont sans doute réglé les derniers détails de leur opération. Le 7 janvier, au petit matin, Saïd Kouachi quitte son domicile à Reims pour se rendre de nouveau à Paris, en train.

« Il embrasse sa femme et son fils. Il n’est pas ému ni stressé en partant, il n’y a pas d’effusion de sentiments particulières », raconte à BFMTV Me Antoine Flasaquier.

Un SMS encore mystérieux

A Paris, il rejoint son petit frère à Gennevilliers. « Il devait être 9 heures, il a commencé à regarder par la fenêtre. A ce moment-là, je l’ai trouvé distant, mais certainement pas nerveux. Et ce jusqu’au coup de sonnette de Saïd, vers 9h30″, se rappelle la femme de Chérif Kouachi lors de son audition.

A 10h19, Chérif Kouachi envoie un SMS à Amedy Coulibaly. La teneur du message est à ce jour encore inexploitable, mais les enquêteurs pensent qu’il a averti son complice de leur départ vers Charlie Hebdo, où ils vont abattre froidement douze personnes. Dès le lendemain, Amedy Coulibaly fait à son tour ses premières victimes.

>> Le récit de ces trois jours de terreur dans notre long-format interactif

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