Attentat du 12 mai 2020 dans une maternité à Kaboul : les mères étaient bien visées

Comme je le disais dès le 13 mai, les assaillants de la maternité ont bien visé les femmes et les enfants, lesquels ont pour eux la fâcheuse tendance à échapper à leur contrôle lorsqu’ils sont pris en charge par des ONG, mais c’est aussi celle-ci, MSF, française, qui devait ainsi recevoir un avertissement :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/05/13/deux-attentats-islamistes-meurtriers-en-afghanistan-mardi-12-mai-2020/

Comment pouvais-je le savoir sans être sur place – et n’y avoir jamais été – ni avoir mené la moindre enquête, ni de toute façon avoir jamais eu aucune relation avec aucun Afghan ?

C’est très simple : je suis sur Twitter le commanditaire de tous les attentats islamistes qui ont été commis contre des Français ou des intérêts français en France et à l’étranger depuis 2012, à savoir le malade mental extrêmement dangereux Pascal Edouard Cyprien Luraghi.

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/attaque-d-une-maternite-en-afghanistan-les-assaillants-sont-venus-pour-tuer-les-meres-20200515

Attaque d’une maternité en Afghanistan : les assaillants «sont venus pour tuer les mères»

 

11 personnes ont été tuées mardi après l’intrusion de trois hommes armés dans une unité de soins maternels dans un hôpital de Kaboul.

Par Le Figaro avec AFP
Publié il y a 13 heures
Un policier afghan surveille l'extérieur de l'hôpital qui a été attaqué à Kaboul, le 13 mai 2020.
Un policier afghan surveille l’extérieur de l’hôpital qui a été attaqué à Kaboul, le 13 mai 2020. Omar Sobhani / REUTERS

 

Les hommes armés qui ont attaqué une unité de soins maternels gérée par Médecins sans frontières mardi dans la capitale afghane «sont venus pour tuer les mères», a déclaré l’ONG dans un communiqué.

 

«Il est devenu clair que cette attaque était ciblée contre une maternité dans le but de tuer des mères de sang froid», écrit MSF dans son communiqué publié jeudi soir. MSF réagissait à l’attaque perpétrée mardi à Kaboul qui a fait 24 morts –dont des nouveau-nés, mères et infirmières–et au moins 20 autres. «Ils sont entrés dans les chambres de la maternité, en tirant sur les femmes qui étaient dans leurs lits. C’était méthodique. Les murs étaient criblés d’impacts de balles, il y avait du sang sur le sol des chambres», poursuit MSF, en citant Frédéric Bonnot, responsable des programmes de l’ONG en Afghanistan.

Trois femmes sur le point de donner naissance

Cette attaque n’a pas été revendiquée, mais les États-Unis ont déclaré que le groupe Etat islamique était responsable. Au moment de l’attaque, qui a duré 4 heures, 26 mères étaient hospitalisées dans la maternité de Dasht-e-Barchi située dans l’ouest de Kaboul, a précisé MSF. «11 ont été tuées, dont trois étaient dans la salle d’accouchement sur le point de donner naissance à leur bébé, et cinq autres ont été blessées», poursuit l’ONG. «Parmi les morts figurent deux jeunes garçons et une sage-femme afghane qui travaillait avec MSF. Deux nouveau-nés ont été blessés», a ajouté MSF. L’un des nourrissons a notamment reçu une balle à la jambe.


» À voir aussi – Afghanistan: une clinique de Médecins Sans Frontières attaquée par des hommes armés

Afghanistan: une clinique de Médecins Sans Frontières attaquée par des hommes armés
Une clinique de l’ONG Médecins Sans Frontières a été attaquée, mardi 12 mai, par des hommes en armes, à Kaboul, capitale de l’Afghanistan. Selon un pédiatre sur place, l’hôpital était «rempli de patients et de médecins».
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Les assaillants sont rentrés dans l’hôpital par la porte principale et se sont rendus directement vers la maternité, selon le personnel de MSF présent lors de l’attaque. «Les violences contre la population sont malheureusement trop fréquentes en Afghanistan. Mais il n’y a pas de mots pour exprimer l’horreur de ce qui s’est passé mardi», a ajouté M. Bonnot. Selon les autorités afghanes, les trois assaillants qui ont commis l’attaque ont ensuite été tués par les forces gouvernementales. Le bâtiment se trouve à Dasht-e-Barchi, un quartier de l’ouest de Kaboul habité par la minorité chiite Hazara, plusieurs fois prise pour cible par la branche afghane du groupe Etat islamique ces dernières années.

 

Le gouvernement afghan a accusé l’EI ainsi que les talibans. Ces derniers ont cependant démenti avoir participé à l’attaque. L’émissaire américain pour l’Afghanistan Zalmay Khalilzad a déclaré sur Twitter que l’EI était responsable.

L’EI, selon lui, «favorise ce type d’attaques odieuses contre des civils», «s’oppose à un accord de paix» entre le gouvernement afghan et les talibans, et «tente d’encourager une guerre sectaire comme en Irak et en Syrie».

 

https://actu.orange.fr/monde/afghanistan-une-femme-accouche-pendant-l-attaque-meurtriere-contre-une-maternite-CNT000001qbxAw/photos/une-femme-attend-pres-de-nouveaux-nes-qui-ont-perdu-leurs-meres-dans-une-attentat-suicide-contre-une-maternite-de-kaboul-le-13-mai-2020-a17eb36e996fdf5b224445bdc1437cc8.html

Afghanistan: une femme accouche pendant l’attaque meurtrière contre une maternité

 

Une femme attend près de nouveaux-nés qui ont perdu leurs mères dans une attentat suicide contre une maternité de Kaboul, le 13 mai 2020.
Une femme attend près de nouveaux-nés qui ont perdu leurs mères dans une attentat suicide contre une maternité de Kaboul, le 13 mai 2020.
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© AFP, STR

AFP, publié le vendredi 15 mai 2020 à 16h27

 

Pendant que des hommes armés tuaient mères et nouveaux-nés dans une maternité de la Kaboul mardi, un groupe de femmes enceintes a réussi à se cacher. L’une d’entre elles sur le point d’accoucher d’une petite fille.

« La mère souffrait, mais tentait de ne pas faire de bruit », a raconté à l’AFP sous couvert de l’anonymat une sage-femme qui a participé à l’accouchement.

« Elle a même mis son doigt dans la bouche du nouveau-né pour l’empêcher de pleurer », a-t-elle ajouté, lors d’une conversation téléphonique vendredi, la voix toujours tremblante, trois jours après l’incident.

Vingt-quatre personnes, dont des nouveaux-nés, des mères et des infirmières, sont mortes dans l’attaque contre l’unité de soins maternels de l’hôpital de Dasht-e-Barchi, situé un quartier de l’ouest de Kaboul où habitent de nombreux membres de la minorité chiite Hazara.

 

Attentat du 12 mai 2020 dans une maternité à Kaboul : les mères étaient bien visées dans Attentats

Des hommes armés, déguisés en membres des forces de sécurité, ont pris d’assaut l’hôpital « dans le but de tuer des mères de sang froid », selon l’ONG Médecins sans frontières, qui gère la maternité.

« Ils sont entrés dans les chambres de la maternité, en tirant sur les femmes qui étaient dans leurs lits. C’était méthodique. Les murs étaient criblés d’impacts de balles, il y avait du sang sur le sol des chambres », a poursuivi MSF, en citant Frédéric Bonnot, responsable des programmes de l’ONG en Afghanistan.

Au moment de l’attaque, qui a duré 4 heures, 26 mères y étaient hospitalisées. Onze d’entre elles ont été tuées, dont trois qui s’apprêtaient à donner naissance en salle d’accouchement. Cinq ont été blessées.

Après avoir entendu l’alarme, la sage-femme, qui a parlé à l’AFP sous couvert d’anonymat, s’est réfugiée avec dix des mamans dans une « pièce sécurisée » – un type de salle spécialement conçue pour protéger ses occupants en cas de tirs et explosions.

- Cordon ombilical coupé à la main -

Les femmes pouvaient entendre les tirs alors que les assaillants allaient de pièce en pièce à la recherche de nouvelles victimes.

C’est alors que l’une d’entre elles a commencé à accoucher.

« Nous l’avons aidé à mains nues, nous n’avions rien d’autre dans la pièce que du papier toilette et nos foulards », a raconté la sage-femme.

« Lorsque le bébé est né, nous avons coupé le cordon ombilical avec nos mains. Nous avons enroulé le bébé et la mère dans les foulards que nous avions sur nos têtes », a-t-elle continué.

Alors que les femmes, terrifiées, tentaient de rester calmes, les assaillants leur demandaient d’ouvrir la porte.

« Mais nous savions qu’ils n’étaient pas (des membres des forces de sécurité) », a-t-elle ajouté.

Les trois hommes ont plus tard étaient tué par les forces afghanes.

Après l’attaque, 18 nourrissons ont été amenés dans un autre hôpital pour être soigné, certains évacués des lieux dans les bras des soldats.

L’attaque n’a pas été revendiquée, mais les Etats-Unis en ont attribué la responsabilité aux jihadistes du groupe Etat islamique, qui a multiplié les attentats dans la capitale afghane, souvent contre les minorités religieuses.

Elle est survenue à un moment où l’Afghanistan fait face à de nombreux défis, dont l’intensification de l’offensive des talibans contre les forces gouvernementales et la propagation du coronavirus.

 

https://www.lefigaro.fr/international/le-directeur-general-de-l-oms-horrifie-par-l-attaque-contre-une-maternite-en-afghanistan-20200513

Le directeur général de l’OMS «horrifié» par l’attaque contre une maternité en Afghanistan

 

Par Le Figaro avec AFP
Publié le 13 mai 2020 à 17:51, mis à jour le 13 mai 2020 à 18:21

 

Le directeur général de l’OMS s’est dit horrifié mercredi par l’attaque meurtrière la veille en Afghanistan d’une maternité soutenue par l’ONG Médecins sans frontières (MSF).

À lire aussi : Afghanistan: un groupe affilié à l’EI revendique l’attaque de Nangarhar

 

«J’ai été choqué et horrifié d’apprendre qu’une attaque avait visé un hôpital de MSF en Afghanistan dans laquelle des infirmières, des mères et des bébés ont été tués», a déclaré Tedros Adhanom Ghebreyesus lors d’une conférence de presse virtuelle depuis le siège de l’OMS à Genève, avant d’observer une minute de silence à la mémoire des civils et des personnels soignants tués dans le monde dans les zones de conflit. «Les civils et les personnels médicaux ne devraient jamais constituer une cible (…). En période de pandémie mondiale, j’exhorte toutes les parties prenantes à mettre de côté la politique et à oeuvrer ensemble à un cessez-le-feu mondial et à vaincre la pandémie», a ajouté le directeur général de l’agence sanitaire de l’ONU.

Au moins 24 personnes, dont des nouveau-nés et des infirmières, ont été tuées mardi et 16 autres blessées par trois hommes armés dans un hôpital d’un quartier habité par la minorité chiite à Kaboul, a annoncé mercredi le vice-ministre afghan de la Santé. Un collaborateur afghan de MSF ferait partie des personnes tuées, a indiqué mercredi un porte-parole de l’organisation à l’AFP.

À lire aussi : Afghanistan : des dizaines de victimes, morts ou blessés, dans une attaque suicide lors de funérailles

 

«Une femme a accouché pendant que l’attaque avait lieu. La mère et son bébé se portent bien», a par ailleurs précisé MSF, basée à Genève, dans un communiqué. L’attaque, qui n’a pas été revendiquée, a coïncidé avec la célébration de la Journée mondiale des infirmiers et infimières, a souligné Tedros Adhanom Ghebreyesus.

 

https://www.lefigaro.fr/flash-actu/afghanistan-un-groupe-affilie-a-l-ei-revendique-l-attaque-de-nangarhar-20200513

Afghanistan: un groupe affilié à l’EI revendique l’attaque de Nangarhar

 

Par Le Figaro avec Reuters
Publié le 13 mai 2020 à 07:12

 

Un mouvement djihadiste afghan affilié au groupe Etat islamique (EI) a revendiqué l’attentat suicide dans la province de Nangarhar, dans l’est du pays, qui a fait mardi 24 morts et 68 blessés, a rapporté le SITE Intel Group, un organisme américain qui suit l’activité de l’extrémisme islamiste.

 

L’attaque a été commise lors des funérailles d’un chef de la police auxquelles assistaient des responsables nationaux et un député, a dit un porte-parole de l’exécutif provincial, craignant que le bilan s’alourdisse.

 

Par ailleurs des hommes armés ont attaqué un hôpital de la capitale Kaboul au sein duquel l’organisation humanitaire Médecins Sans Frontières (MSF) s’occupe d’une maternité, tuant au moins 16 personnes dont deux nouveaux-nés.

 

Deux attentats islamistes meurtriers en Afghanistan mardi 12 mai 2020

Je m’y attendais lorsque j’ai publié l’article suivant hier, les visites de Satanistique à partir du Turkménistan étaient en fait déjà finies :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/05/12/cyprien-luraghi-et-ses-geekeries-cest-bien-reparti/

Ces « geekeries » du malade mental extrêmement dangereux et pédophile notoire Pascal Edouard Cyprien Luraghi, également connu pour avoir eu dans les années 1980 une activité de guide trek en Himalaya qui lui servait de couverture pour un trafic de drogue entre la France et l’Afghanistan, ont en effet toujours tendance, d’une part, à annoncer de nouveaux attentats islamistes, et d’autre part, à cesser brutalement dès lors qu’ils ont été commis et revendiqués par ses amis et complices de Daech.

En l’occurrence, ces derniers doivent tout comme lui regretter le temps où la « modernité » n’atteignait toujours pas les femmes et enfants que tradition et pauvreté destinaient alors irrémédiablement à la prostitution…

A noter : ayant laissé tomber hier sa machine à clics du Turkménistan, il a repris aujourd’hui celle de Chicago :

 

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https://www.lemonde.fr/international/article/2020/05/13/afghanistan-attaque-meurtriere-contre-un-hopital-soutenu-par-msf-a-kaboul_6039515_3210.html

Afghanistan : attaque meurtrière contre un hôpital soutenu par MSF à Kaboul

 

L’assaut du mardi 12 mai a fait 14 morts, dont deux nouveau-nés. Le président Ashraf Ghani a ordonné la reprise des combats contre les mouvements insurgés.

Par Jacques Follorou Publié aujourd’hui à 10h39, mis à jour à 11h12

 

Des agents de sécurité évacuent un bébé de l’hôpital Dasht-e-Barchi lors d’une attaque terroriste, le 12 mai, à Kaboul.
Des agents de sécurité évacuent un bébé de l’hôpital Dasht-e-Barchi lors d’une attaque terroriste, le 12 mai, à Kaboul. REUTERS TV/REUTERS

 

Le processus de paix lancé, fin février, par un accord entre talibans afghans et Américains n’a pas arrêté la violence. Un commando armé de quatre à six hommes, selon les sources, a pénétré, mardi 12 mai, dans l’hôpital Dasht-e-Barchi, à l’entrée ouest de Kaboul. Comptant une centaine de lits, celui-ci est soutenu par Médecins sans frontières (MSF), qui gère en direct, depuis 2014, le service de maternité. Les combats avec les forces de sécurité ont duré quatre heures, jusqu’à la mort des assaillants. Le bilan officiel provisoire faisait état, mardi soir, de quatorze morts, dont deux nouveau-nés, et de dizaines de blessés. En réponse, le président afghan, Ashraf Ghani, a ordonné la reprise active des combats contre les mouvements insurgés, faute d’avancées sur le terrain de la réconciliation nationale.

Article réservé à nos abonnés Lire aussi En Afghanistan, les Américains veulent sauver leur accord avec les talibans

 

L’attaque a débuté vers 10 heures en deux temps, tout d’abord une forte explosion puis des hommes déguisés en policiers qui sont entrés dans la cour de l’établissement en faisant feu et en lançant des grenades. Une file de personnes était déjà formée à l’extérieur afin de satisfaire aux mesures de contrôle sanitaire prises pour lutter contre le Covid-19, qui sévit dans le pays. Plusieurs ont été tuées, dont le gardien de l’hôpital, ou blessées. D’autres membres du commando auraient pénétré dans l’enceinte par un autre endroit.

Selon le ministère de la santé, des mères, des enfants et du personnel soignant figurent parmi les victimes. Une femme a été retrouvée abattue sur son lit à la maternité. Des personnes ont réussi à fuir ou à se réfugier dans les abris sécurisés. Des personnels afghans de MSF ont également perdu la vie. Les médias audiovisuels montraient, mardi, en boucle, les images de nourrissons évacués par des soldats, certains enveloppés dans des draps tachés de sang.

Des doutes sur la vraie nature de la cible

L’hôpital de Dasht-e-Barchi est situé dans une zone habitée par la communauté chiite des Hazara, qui est, de manière répétée, la cible des groupes affiliés à l’organisation Etat islamique (EI). Ce quartier pauvre de près de un million de personnes bénéficie, avec cet hôpital et notamment cette maternité, qui assure des soins obstétricaux et néonataux complexes, de l’une des rares offres de soins gratuites dans la capitale. MSF gère aussi le laboratoire de l’établissement, une banque de sang et une unité de stérilisation.

L’ONG française s’est refusée, mardi, à tout commentaire, souhaitant mener, dans un premier temps, son enquête auprès de ses personnels, des témoins et des blessés. Une prudence qui s’expliquerait, notamment, par l’existence de doutes, exprimés par des sources sécuritaires afghanes, sur la vraie nature de la cible du commando, qui aurait pu utiliser l’hôpital comme passage pour atteindre une maison mitoyenne très sécurisée abritant des agents de renseignement occidentaux. Certains d’entre eux auraient été vus participant au combat contre les assaillants.

Néanmoins, cette attaque est un nouveau coup dur pour MSF après le bombardement, début octobre 2015, de son hôpital à Kunduz, dans le nord du pays, par un avion américain, qui avait fait 42 morts. Présente en Afghanistan depuis 1980, l’ONG avait dû cesser ses activités entre 2004 et 2009 après l’assassinat de cinq employés dans la province de Badghis.

Lire aussi L’hôpital de Kunduz a été ciblé « dans le but de tuer et de détruire », selon le rapport de MSF

 

Pour assombrir plus encore ce mardi noir, dans la province nord-est de Nangarhar, 24 personnes ont été tuées et 68 autres blessées dans un attentat-suicide commis lors des funérailles d’un chef de la police. Sans que l’on sache si cela a un lien, le chef régional de l’EI, Abou Omar Khorasani, avait été arrêté lundi à Kaboul. Les talibans ont démenti avoir participé à ces deux attaques.

Jacques Follorou

 

https://actu.orange.fr/monde/reprise-de-l-offensive-des-forces-afghanes-suite-a-deux-attaques-meurtrieres-CNT000001q6s1a/photos/des-membres-des-forces-de-securite-afghanes-devant-l-entree-d-un-hopital-attaque-par-des-hommes-armes-le-12-mai-2020-a-kaboul-a4296e49e58a65e811473c9c9e08773d.html

Reprise de l’offensive des forces afghanes suite à deux attaques meurtrières

 

Des membres des forces de sécurité afghanes devant l'entrée d'un hôpital attaqué par des hommes armés, le 12 mai 2020 à Kaboul
Des membres des forces de sécurité afghanes devant l’entrée d’un hôpital attaqué par des hommes armés, le 12 mai 2020 à Kaboul
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© AFP, STR

AFP, publié le mardi 12 mai 2020 à 22h33

 

Journée noire en Afghanistan, où le processus de paix entre Kaboul et les talibans semble fragilisé, après l’ordre donné aux forces gouvernementales de reprendre leur offensive contre les insurgés après deux attaques meurtrières.

Quatorze personnes ont été tuées par trois hommes armés dans un hôpital à Kaboul mardi matin. Quelques heures plus tard, au moins 24 personnes sont mortes lors d’une attaque suicide–revendiquée en soirée par le groupe Etat Islamique–pendant des funérailles dans l’est du pays.

Avant même toute revendication, le président afghan Ashraf Ghani a accusé les talibans et l’EI.

« J’ordonne aux forces de sécurité (…) de reprendre leurs opérations contre l’ennemi », a-t-il alors annoncé lors d’une allocution télévisée mardi soir, afin de « défendre le pays ».

Les forces afghanes s’étaient engagées, depuis plusieurs mois, à se contenter de se défendre face aux attaques talibanes, afin d’encourager l’ouverture de négociations de paix.

Les talibans ont eux intensifié leurs violences contre les forces afghanes depuis la signature d’un accord avec Washington fin février.

Quatorze personnes, dont des nouveau-nés et des infirmières, ont été tuées dans l’attaque de l’hôpital de Kaboul, selon le ministère de l’Intérieur.

« Ils m’ont tiré dessus et un de mes petits-enfants a été tué », a raconté Jamila, qui s’était rendu à l’hôpital pour un vaccin.

Le bâtiment se trouve à Dasht-e-Barchi, un quartier habité par la minorité chiite Hazara, déjà plusieurs fois prise pour cible par l’EI.

Quelques heures plus tard, au moins 24 personnes ont été tuées et 68 blessées par un kamikaze qui s’est fait exploser pendant des funérailles dans la province de Nangarhar, selon les autorités.

« J’ai vu de nombreux cadavres sur le sol (…) Après l’avoir cherché pendant quelques minutes, j’ai trouvé mon frère parmi les morts », a raconté Abdul Wakil Saeedi, ses vêtements tachés de sang.

- Un processus de paix en lambeaux -

 dans Perversité

Les talibans ont démenti avoir participé à ces attaques, et n’en ont revendiqué aucune dans les grandes villes depuis la signature de l’accord en vue d’un retrait des troupes étrangères d’Afghanistan.

De son côté, Washington a condamné « dans les termes les plus forts » ces attaques « épouvantables », tout en appelant le gouvernement et les talibans à « coopérer » pour ramener la paix.

« Les talibans et le gouvernement afghan doivent coopérer pour traduire les auteurs en justice. Tant qu’il n’y aura pas une réduction de la violence durable et des progrès suffisants vers un règlement politique négocié, l’Afghanistan restera vulnérable au terrorisme », a déclaré le chef de la diplomatie américaine Mike Pompeo dans un communiqué. Il a toutefois relevé que les talibans avaient « nié toute responsabilité et condamné les deux attaques ».

Selon Michael Rubin, chercheur à l’American Enterprise Institute, la décision de Kaboul de reprendre sa posture offensive n’est pas surprenante.  »L’accord de paix a été signé entre les États-Unis et les talibans, et a laissé le gouvernement afghan sur la touche », explique-t-il à l’AFP.

Il n’existe cependant « toujours aucune solution militaire », rappelle à l’AFP Laurel Miller, la directrice pour l’Asie de l’ONG International crisis group. Bien que tout espoir de paix ne soit pas perdu, le processus « pourrait être en train de mourir à petit feu », avertit-elle.

L’ancien négociateur américain Barnett Rubin tient néanmoins à souligner qu’aucun camp n’a rejeté la possibilité de négociations de paix.

« Mettre les troupes en position offensive est une réponse raisonnable qui ne sabote en aucun cas le processus (de paix). Au contraire, cela pourrait être nécessaire pour le sauver », a-t-il déclaré à l’AFP.

Malgré les violences, Washington a débuté le retrait de ses troupes, rendant encore plus incertain le futur de l’Afghanistan.

« L’armée américaine va continuer à mener des frappes défensives contre les talibans quand ils attaquent nos partenaires de l’ANDSF (les forces afghanes) », a cependant déclaré mardi à l’AFP le colonel Thomas Campbell, un porte-parole du Pentagone.

Pour Vanda Felbab-Brown, analyste à la Brookings Institution, le rôle de Washington reste en effet crucial.

« La grande question est dans quelle mesure les forces américaines vont ou ne vont pas venir défendre les forces afghanes. Et si les actions des Etats-Unis vont pousser les talibans à reprendre leurs attaques contre les forces américaines », explique-t-elle.

 

Un antipsychotique contre le Covid-19…

Que de présumés malades mentaux tous enfermés en hôpital psychiatrique soient moins atteints par le Covid-19 que les « soignants » qui s’en occupent (voir article ci-dessous) n’est pas a priori pas très surprenant, vu que les seconds mènent leurs vies en dehors de l’hôpital et multiplient ainsi les chances de rencontrer le Convid-19 et d’être contaminés par ce virus, ce dont les premiers sont totalement privés.

Cependant, les antipsychotiques dont sont gavés les présumés malades mentaux qui séjournent en hôpital psychiatrique ont aussi pour effet, tous, de limiter de façon drastique chez les personnes qui en prennent le stress et toutes ses conséquences, dont, de manière automatique, une baisse des défenses immunitaires de l’organisme qui favorise le développement de toutes les maladies infectieuses.

Or, à l’inverse, leurs soignants sont actuellement particulièrement stressés, ce qui les fragilise grandement face au virus auquel ils sont déjà, a priori, bien plus exposés que leurs malades.

Mais ce n’est pas tout.

On sait aussi depuis très longtemps que le système immunitaire des schizophrènes est déficient et ne réagit pas ou peu aux différentes agressions qui ordinairement provoquent les réponses / symptômes visibles, sinon spectaculaires, caractéristiques des maladies provoquées par divers agents pathogènes extérieurs à l’organisme. Ainsi, par exemple, ne souffrent-ils jamais d’allergies, dont les manifestations ne sont que des réponses exagérées du système immunitaire, qui chez eux, au contraire, ne réagit pas suffisamment.

Or, l’on commence aussi à savoir qu’une bonne partie des troubles provoqués par le Covid-19, notamment parmi les plus sévères, résulte des réponses immunitaires de l’organisme à son agression.

Les schizophrènes, dont le système immunitaire est déficient et réagit peu, sont donc assez logiquement épargnés par tous ses emballements destructeurs.

Aussi, il n’est absolument pas surprenant de constater aujourd’hui qu’ils sont bien moins atteints que leurs « soignants » par le Covid-19.

C’est d’ailleurs le même constat que pour un grand nombre d’autres maladies, notamment les simples rhumes, grippes ou angines : les malades mentaux n’en ont jamais, ou presque jamais, tous les soignants des hôpitaux psychiatriques le savent bien.

On peut se demander pourquoi le système immunitaire de ces malades ne réagit pas ou peu : est-ce lié à leur maladie psychiatrique ou est-ce un effet de son traitement usuel ? Répondre à cette question est assez difficile du fait que le schizophrène n’existe pas avant d’avoir été diagnostiqué comme tel, et donc, de recevoir un traitement neuroleptique : comment alors faire la part des choses ?

Il est probable que l’un et l’autre provoquent ou soient chacun plus ou moins associés à ce même effet (voir second article ci-dessous), les neuroleptiques ayant quand même tous un effet dépresseur majeur qui éventuellement pourrait encore une fois être démontré par l’essai clinique reCoVery (voir ci-dessous), auquel cas les psychiatres seraient amenés à reconnaître publiquement que les déficiences du système immunitaire des schizophrènes ou personnes diagnostiquées comme telles sont au moins en partie provoquées par les neuroleptiques qui leur sont prescrits.

Or, ayant aussi constaté un risque accru de survenue d’un trouble bipolaire ou d’une schizophrénie chez l’enfant après une infection périnatale, le plus souvent grippale (d’où, également, un plus fort taux de schizophrènes chez les enfants nés après ou durant la période où sévit la grippe, en corrélation avec l’enseignement séculaire des astrologues qui ont toujours désigné le signe hivernal du Verseau comme celui de la schizophrénie et de la paranoïa), les chercheurs soupçonnent ou accusent depuis longtemps une déficience immunitaire résultant de cette infection d’être responsable de la schizophrénie.

Les psychiatres seraient donc amenés à reconnaître, d’une part, qu’ils fabriquent eux-mêmes des schizophrènes en traitant des personnes parfaitement saines avec des neuroleptiques, lesquels produisent cette même déficience immunitaire responsable de la schizophrénie, et d’autre part, qu’ils aggravent systématiquement la maladie mentale des schizophrènes qu’ils traitent avec ces médicaments particulièrement délétères.

Intéressons-nous maintenant à la chlorpromazine, qui est le médicament retenu pour l’essai clinique qui va démarrer en France.

Il s’agit historiquement du premier antipsychotique de première génération, c’est-à-dire du tout premier neuroleptique utilisé en psychiatrie (voir article Wikipédia ci-dessous).

Or, comme tous les autres neuroleptiques de sa sous-classe, il a depuis longtemps été abandonné dans le traitement médicamenteux des troubles psychiatriques au profit des antipsychotiques dits de seconde génération, dont les effets indésirables sont bien moindres.

Aucun des malades dont il a été constaté qu’ils étaient moins atteints que leurs « soignants » n’était donc, a priori, traité avec ce neuroleptique.

Il est toutefois possible qu’un certain nombre d’entre eux aient bien été traités avec ce neuroleptique, lequel reste effectivement utilisé en psychiatrie, mais uniquement dans le but d’incapaciter des gêneurs à l’aide de tous les effets « indésirables » provoqués par cet antipsychotique de première génération. Dans ce cas, ces effets néfastes sont précisément les effets recherchés.

Que des malades aient ou non été traités avec ce neuroleptique dans les services où les observations ont été réalisées, dans les deux cas, donc, on nous ment :

1°/ Dans le premier cas, la proposition d’essai clinique ne résulte pas directement et uniquement de ces observations mais de la connaissance de longue date qu’ont tous les médecins et plus spécialement les psychiatres des propriétés communes à tous les neuroleptiques, les anciens comme les nouveaux. Il n’y a aucune découverte sensationnelle dans leurs observations actuelles, qui étaient tout à fait prévisibles. Il est quand même assez surprenant d’envisager d’emblée que le nombre réduit de cas de Covid-19 chez les présumés malades mentaux ne résulte que de leur traitement alors qu’à l’évidence il s’agit d’une conséquence de la déficience immunitaire qui est constamment associée à la schizophrénie et qui pourrait n’être liée qu’à cette maladie au lieu de résulter de son traitement médicamenteux. Les médecins nous cacheraient-ils qu’ils savent tous pertinemment que cette déficience immunitaire est effectivement exclusivement provoquée par le traitement neuroleptique chez les personnes qui ne présentent aucun trouble psychiatrique, et systématiquement aggravée par le traitement chez les malades mentaux ?

2°/ Dans le second cas, il y a quand même fort à parier que tous les malades n’ont pas été traités avec la chlorpromazine. Donc, comme dans le premier cas, la proposition d’essai clinique se base en réalité sur les propriétés communes à tous les neuroleptiques, bien connues de tout le corps médical, et depuis fort longtemps. Et par ailleurs, les malades qui ont été traités avec la chlorpromazine ne sont pas des malades mentaux, mais des gêneurs qu’il s’agit tout à la fois de discréditer avec un faux diagnostic de schizophrénie et d’incapaciter avec ce neuroleptique aux effets extrapyramidaux (syndrome parkinsonien) particulièrement marqués. Or, ils sont bien compris dans les observations de malades moins atteints par le Covid-19 que leurs « soignants », effet chez eux consécutif à une déficience immunitaire ne résultant effectivement que du traitement subi, ce que savent donc fort bien les médecins, contrairement à ce qu’ils prétendent habituellement lorsqu’ils évoquent le lien indéfectible qui existe entre schizophrénie et trouble déficitaire de l’immunité.

Quel que soit l’angle sous lequel on aborde les problèmes jusqu’à ce stade, il est donc tout à fait clair que les médecins nous mentent.

Examinons de plus près la chlorpromazine : elle « est issue de recherches sur la famille des phénothiazines menées par le laboratoire Rhône-Poulenc. À partir du noyau de phénothiazine, c’est toute une série d’antihistaminiques (antiallergiques) qui ont été mis au point, comme le Phénergan (prométhazine), l’Antergan, etc. Ces produits présentent un effet secondaire sédatif. » (Wikipédia)

Eh bien voilà : dès le départ, il s’agit d’un médicament dont on connaît très bien l’effet antihistaminique ou antiallergique… Il assomme aussi bien le système immunitaire que le système nerveux central, c’est un dépresseur majeur.

Toute la question est maintenant de savoir pourquoi proposer celui-là plutôt qu’un autre.

 

N.B. : J’ai depuis toujours une tendance aux allergies excluant chez moi tout diagnostic de schizophrénie…

 

 

https://www.nicematin.com/sante/un-vieux-medicament-efficace-contre-le-covid-19-un-essai-clinique-va-etre-lance-en-france-505967

Un vieux médicament efficace contre le Covid-19? Un essai clinique va être lancé en France

 

PAR L. S. Mis à jour le 05/05/2020 à 10:54 Publié le 05/05/2020 à 10:54
Illustration.
Illustration. Photo Jean-François Ottonello

 

La chlorpromazine, médicament antipsychotique, pourrait être efficace contre le nouveau coronavirus, d’après une étude révélée lundi 4 mai. Un essai clinique sur 40 patients va démarrer en France.

 

La chlorpromazine est un traitement utilisé principalement pour les troubles liés à la schizophrénie. Et il serait efficace contre le Covid-19.Un essai clinique va commencer pour mesurer l’effet de ce médicament sur les formes symptomatiques de la maladie, annonce le Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences dans un communiqué publié ce lundi 4 mai.

Baptisé reCoVery, il est le premier essai clinique dans le monde à utiliser la chlorpromazine à cet effet.

Moins de cas chez les patients que chez les soignants

Les chercheurs sont partis du constat suivant: « la prévalence du Covid-19 dans ses formes les plus symptomatiques et sévères est moindre chez les patients atteints de troubles psychiques qu’au sein du personnel médico-soignant » du pôle hospitalo-universitaire Paris 15e, indique le communiqué.

Seuls 3% des patients hospitalisés ont été testés positifs au nouveau coronavirus, contre 19% du personnel médico-soignant.

« Les résultats de l’étude à Pasteur montrent qu’effectivement la chlorpromazine a une efficacité contre le coronavirus responsable de l’épidémie actuelle. L’équipe de Pasteur a pu tester cela sur des cellules animales et aussi des cellules humaines, ce qui est une première mondiale », précise sur Franceinfo le Dr Marion Plaze, qui conduit l’essai clinique.

Il s’agit d’une « piste intéressante qui nécessite d’être confirmée chez l’homme », ajoute la psychiatre et chef de service à l’hôpital Sainte-Anne à Paris.

Étude pilote sur 40 patients

L’essai clinique reCoVery concerne 40 patients et va durer un mois environ. Le but: démontrer l’intérêt de la chlorpromazine dans le traitement contre le Covid-19.

« Si les résultats étaient probants, il faudrait d’abord les confirmer sur un plus grand groupe de patients. C’est ce qu’on appelle une étude pivot. Elle est nécessaire avant de pouvoir passer un traitement en utilisation routine clinique », détaille le Dr Marion Plaze sur Franceinfo.

« La chlorpromazine pourrait tout à fait être donnée le temps du Covid-19, pendant quelques semaines, lorsque les patients sont hospitalisés afin de réduire la durée de la maladie et de réduire sa sévérité. »

 

 

https://www.fondation-fondamental.org/quand-limmunite-deraille

Quand l’immunité déraille

Publié : 01 mars 2019

 

Système immunitaire et maladies psychiatriques, quels sont les liens ?
Trois chercheurs lauréats du Prix Marcel Dassault – Fondation FondaMental apportent leur éclairage.

Pr Joël Doré, Directeur de recherche, INRA, Jouy-en-Josas – Pr Nicolas Glaichenhaus, Immunologiste, Université Sophia Antipolis, Nice – Pr Marion Leboyer, Directrice Fondation FondaMental – Dr Laurent Groc, Directeur de recherche, CNRS, Université Bordeaux 2

Le système immunitaire est en charge de protéger le corps contre les infections et les maladies. A première vue, la relation avec la psychiatrie semble bien improbable… Et pourtant, la découverte de liens entre des dérèglements du système immunitaire et les troubles psychiatriques majeurs fait partie des grandes avancées de la dernière décennie.

Les liaisons dangereuses

Le Pr Nicolas Glaichenhaus, immunologiste, revient pour nous sur quelques-unes des liaisons dangereuses mises au jour entre immunité et maladies mentales.
« On compte de nombreuses corrélations troublantes dans la littérature. Par exemple, la contraction d’une infection par la grippe ou la toxoplasmose pendant la grossesse ou en période périnatale est associée à un risque accru de survenue ultérieure d’un trouble bipolaire ou d’une schizophrénie chez l’enfant. D’autres travaux ont mis en évidence la présence, à des taux élevés, de molécules inflammatoires dans le sang de personnes atteintes de schizophrénie, de troubles bipolaires ou encore d’autisme, indiquant un dysfonctionnement de la réponse immunitaire. La lutte contre le cancer est également riche d’enseignements : des patients traités par immunothérapie voient leur tumeur régresser mais développent des symptômes dépressifs ou des hallucinations. Dans l’autisme, la flore intestinale, qui est un des sièges de l’immunité, présente des anomalies chez les patients… La liste des indices qui révèlent des interactions fortes est longue entre système immunitaire et fonctionnement cérébral. »
Pour la Pre Marion Leboyer « Un schéma semble se dessiner selon lequel certaines personnes seraient porteuses d’un patrimoine génétique les rendant plus vulnérables à des événements extérieurs comme des infections précoces et répétées ou des stress sévères. L’exposition à ces facteurs environnementaux et la moins bonne réponse du système immunitaire déclencheraient une inflammation chronique impactant le cerveau, mais aussi le système digestif ou l’auto-immunité. »

Le rôle du microbiote

Le Pr Joël Doré (Directeur de recherche à l’INRA) a orienté ses travaux autour de l’axe cerveau-intestin.
« Les microbes présents dans notre flore intestinale jouent un rôle essentiel : ils stimulent le système immunitaire, font office de barrière naturelle contre les infections et influencent notre comportement. Dans le cas de l’autisme, de nombreux patients se plaignent de troubles gastro-intestinaux. »
L’ambition de son équipe de recherche est de documenter les relations entre perméabilité de la barrière intestinale, inflammation, flore microbienne et troubles du spectre de l’autisme. Dans un second temps, ils chercheront à démontrer le lien de causalité par un essai préclinique de transplantation de microbiote fécal chez l’animal pour étudier l’impact sur les symptômes gastro-intestinaux, la socialisation et la cognition.

Auto-immunité et cerveau

Dans la schizophrénie, l’impact délétère d’auto-anticorps ciblant certains récepteurs cérébraux a été très bien démontré dans le cadre d’une collaboration entre les équipes de la Pre Marion Leboyer (Université de Créteil), du Pr Jérôme Honnorat (Université de Lyon) et du Dr Laurent Groc (Université de Bordeaux). 20 % des patient·e·s seraient porteurs et porteuses d’auto-anticorps qui altèrent la transmission d’information entre les neurones. « Jusqu’à présent, précise le Dr Laurent Groc, les médicaments existants cherchent à stimuler ou inhiber la communication cérébrale. Or, nos découvertes penchent plutôt vers un défaut d’orientation. Ces malades n’ont pas tant besoin d’un moteur performant que d’un GPS efficace qui place les récepteurs au bon endroit, ce qui expliquerait pourquoi ils et elles répondent moins bien aux traitements classiques ».

Les espoirs

Qu’il s’agisse d’autisme, de dépression, de suicide, de troubles bipolaires ou de schizophrénie, les hypothèses immuno-inflammatoires sont riches d’espoirs tant au niveau diagnostique que thérapeutique.
Associant immunologie et technologies du big data, le Pr Nicolas Glaichenhaus a obtenu des premiers résultats encourageants permettant, sur la base d’une simple prise de sang, de prédire la réponse à un traitement antipsychotique chez des patients présentant un premier épisode psychotique. « Ces résultats préliminaires nous confortent mais, précise-t-il, nous avons encore beaucoup à faire avant que ce soit utilisable en soins courants. »
Pour la Pre Marion Leboyer, «Il nous faut mettre tout en œuvre, pour parvenir à identifier des formes cliniques homogènes, développer des outils diagnostiques plus fiables et innover dans les stratégies thérapeutiques. »

Demain, peut-être, nous pourrons envisager une immunothérapie pour traiter les psychoses auto-immunes. Pour cela, il faut que la recherche avance !

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Chlorpromazine

Chlorpromazine

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Chlorpromazine
Image illustrative de l’article Chlorpromazine
structure de la chlorpromazine
Identification
Nom UICPA 2-chloro-10-[3(-diméthylamino)
propyl] phénothiazine
No CAS 50-53-3
No ECHA 100.000.042
No CE 200-045-8
Code ATC N05AA01
Propriétés chimiques
Formule brute C17H19ClN2S  [Isomères]
Masse molaire1 318,864 ± 0,022 g/mol
C 64,03 %, H 6,01 %, Cl 11,12 %, N 8,79 %, S 10,06 %,
Données pharmacocinétiques
Biodisponibilité de 10 à 70 %
Métabolisme hépatique
Demi-vie d’élim. 16 à 30 heures
Excrétion bile et urine
Considérations thérapeutiques
Voie d’administration orale, rectale, IM, IV

Unités du SI et CNTP, sauf indication contraire.
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La chlorpromazine est historiquement le premier médicament antipsychotique. Vendue sous forme de chlorhydrate de chlorpromazine, elle fut initialement surnommée la « lobotomie chimique » par le Dr Heinz Lehmann2 en raison des effets similaires avec cette pratique neurochirurgicale controversée. Le surnom de « camisole chimique » fut par la suite généralisé en raison de son effet narcotique. Elle possède un effet anxiolytique, hypnotique, antihypertenseur, antiémétique et anticholinergique. Elle est aujourd’hui considérée comme un antipsychotique typique.

Classée comme antipsychotique de 1re génération, elle est utilisée dans le traitement des psychoses aiguës et chroniques, comme la schizophrénie et certaines phases maniaques du trouble bipolaire. On l’utilise aussi dans le traitement de la porphyrie, du tétanos, de certains problèmes liés à la croissance chez l’enfant, et comme préanesthésique[Quoi ?].

Elle fait partie des médicaments existants testés contre la Covid-19, dans le cadre du projet ReCovery, au Groupe hospitalier universitaire (GHU) Paris psychiatrie & neurosciences3.

Histoire

La chlorpromazine est issue de recherches sur la famille des phénothiazines menées par le laboratoire Rhône-Poulenc. À partir du noyau de phénothiazine, c’est toute une série d’antihistaminiques (antiallergiques) qui ont été mis au point, comme le Phénergan (prométhazine), l’Anterganetc. Ces produits présentent un effet secondaire sédatif.

Après la découverte par Henry Dale, en 1910, du rôle de l’histamine dans le choc anaphylactique, les chercheurs s’intéressèrent aux antihistaminiques de synthèse. Les premiers résultats essentiels furent atteints dans le laboratoire de chimie thérapeutique d’Ernest Fourneau, à l’Institut Pasteur4. Dans le prolongement de ces découvertes et des travaux de chimistes américains, Mosmier et Halpern obtinrent, en 1942, la phenbenzamine, médicament actif et peu toxique. Et c’est en 1951 que Paul Charpentier mit au point la chlorpromazine (Largactil), d’abord utilisée en chirurgie par Henri Laborit en association avec la prométhazine (Phénergan). L’année suivante, en 1952, J Delay et P Deniker virent dans le Largactil, médicament psychotrope, le prototype du médicament psychiatrique. La voie était ouverte à la chimiothérapie des maladies mentales5.

Henri Laborit (1914-1995), chirurgien de la Marine, alors en poste au Val-de-Grâce, menait des recherches, depuis la guerre, sur le choc, ou maladie post-opératoire. C’est en plaçant des cochons d’Inde, fragiles au niveau tissulaire, en état de choc traumatique pour lutter contre ce syndrome, qu’il débute l’utilisation d’antihistaminiques (antihistamine libérée dans les états de choc) dont les échantillons lui sont fournis par Rhône-Poulenc6.

Utilisés seuls, ces produits ne peuvent rien contre le choc. Laborit, avec l’aide de Pierre Huguenard, un des fondateurs de l’anesthésie moderne en France, mélange différents antihistaminiques dans ce qu’ils appellent désormais des « cocktails lytiques ». Laborit remarque que ses patients sont détendus avant l’opération, de laquelle ils récupèrent parfaitement, et qu’en outre, l’usage de ses cocktails lui permet d’opérer quasiment sans anesthésique, ce qui le met sur la voie de l’anesthésie sans anesthésique (neuroleptanalgésie) et de l’anesthésie potentialisée.

Très intrigué par ce qu’il décrit comme « un effet de désintéressement », il demande à Rhône-Poulenc une molécule qui présenterait cet effet non pas en effet secondaire, mais en qualité centrale. Il s’agit du 4560 RP, écarté par Rhône-Poulenc (car trop sédatif et pas assez antihistaminique). Laborit l’expérimente en 1951 avec une collègue psychiatre, Cornélia Quarti, mais cette expérience restera inédite.

Laborit, qui comprend l’intérêt de cette molécule pour la psychiatrie7, demande à Hamon, Paraire et Velluz, psychiatres au Val-de-Grâce, d’essayer la molécule. Les psychiatres ne disposent alors que des cures de sommeil par les barbituriques ou des thérapies de choc pour tenter de traiter des patients qui, le plus souvent, sont destinés à passer leur vie à l’asile. Les psychiatres du Val-de-Grâce essaient la molécule en association avec des cures de sommeil et ratent l’effet central de la molécule.

Le gendre de Pierre Deniker, assistant de Jean Delay à Sainte-Anne, assiste aux réunions hebdomadaires que Laborit tient au Val-de-Grâce et où il expose ses résultats. Il sensibilise Deniker aux promesses du 4560 RP. Delay et Deniker commencent alors à effectuer des tests systématiques avec la molécule et ils observent des effets spectaculaires : les catatoniques reprennent la parole et deviennent accessibles à la psychothérapie, les agités maniaques se calment, cessent de hurler et s’alimentent normalement : les asiles, lieux de bruits et de fureur, se transforment radicalement8.

C’est le début de ce qui deviendra le premier neuroleptique et qui va, dans un premier temps, se propager en Europe. Deniker sillonnera les asiles d’Europe avec des échantillons de chlorpromazine. Par la suite, sous l’impulsion de Heinz Lehmann, les États-Unis adopteront la molécule, commercialisée sous la dénomination de thorazine. Dès 1953, la Sté Bayer commercialise la molécule dans le monde germanophone sous licence Rhône-Poulenc9.

Son nom commercial « Largactil » signifie « large action ». Il est commercialisé dès 1952 alors que la molécule est encore en test en psychiatrie. Elle n’est à cette époque pas utilisée comme un médicament spécifique du traitement de la psychose. Ses premières indications sont vastes, elles s’étendent du prurit du nourrisson aux règles douloureuses. Néanmoins, l’usage de la chlorpromazine amène Deniker et Delay à repenser totalement la catégorisation des molécules à effet psychotrope et à inventer le terme de « neuroleptique ».

Cette découverte majeure des qualités centrales d’une molécule issue des phénothiazines ne fera pourtant pas l’objet d’un prix Nobel pour Henri Laborit. Il partagera le prix Albert-Lasker (petit Nobel américain) avec Lehman et Deniker en 1957, tandis que Daniel Bovet obtient le prix Nobel la même année pour la découverte des antihistaminiques10.

Effet antiviral ?, dont contre le SARS-CoV-2 ?

Durant la pandémie de COVID-19 en France, un service hospitalier spécialisé en psychiatrie a constaté que ses soignants étaient plus contaminés par la Covid-19 que ses malades (souvent traités par la chlorpromazine). En mai 2020, une étude-pilote sur 40 malades, coordonnée par le docteur Marion Plaze 11 teste les propriétés antivirales de la chlorpromazine contre le virus de la COVID-19. Cette molécule avait été repérée par deux articles scientifiques (en 2014 et 2018) comme ayant des effets (in vitro) contre l’infection de cultures cellulaires par les coronavirus responsables des deux précédentes épidémies par le SRAS (en 2002) et le MERS (en 2012).
Cette molécule s’est avérée, lors de travaux conduits par l’Institut Pasteur, freiner la duplication virale in Vitro du SARS-CoV-2 tant sur des cellules animales qu’humaines, et semble diminuer la sévérité des symptômes chez certains patients à risque « à risque » (obésité, troubles cardiovasculaires), aux stades précoces et tardifs de l’infection par le SARS-CoV-2.12,3.

Effets indésirables

Les effets indésirables concernent notamment le système moteur extrapyramidal : tremblements, dyskinésies précoces, tardives et invalidantes. Les symptômes extrapyramidaux apparaissent lorsque le taux d’occupation des récepteurs D2 striataux dépassent 80 % (Nyberg et al. 1998). Ces effets secondaires apparaissent moins fréquents lors de l’utilisation d’antipsychotique atypique tel la clozapine du fait d’une moindre occupation des récepteurs dopaminergiques et d’une activité antagoniste 5-HT2 sur les récepteurs sérotoninergiques ; fréquence d’apparition du SEP supérieure à 10 %.

Hyperprolactinémie par inhibition de la voie dopaminergique tubéro-infandibulaire entraînant une sécrétion inappropriée d’une hormone : la prolactine, potentiellement responsable d’une impuissance réversible chez l’homme et d’une aménorrhée et d’une galactorrhée chez la femme.

Dyslipidémie possible, avec prise de poids et risque de développement d’un diabète de type 2.

Effets anticholinergiques fréquents : dysurie en cas d’hypertrophie bénigne de la prostate, aggravation d’un glaucome pré-existant, sécheresse buccale et infection associée. Mydriase et trouble de l’accommodation.

Abaissement du seuil épileptogène potentiellement responsable de crises épileptiques. Recherche d’antécédents épileptiques éventuels et EEG de surveillance à prévoir si traitement indispensable.

Chimie

La chlorpromazine est un dérivé de la phénothiazine.

Fonctions physiologiques

La chlorpromazine est un antagoniste des récepteurs dopaminergiques D2 uniquement, mais pas des récepteurs sérotoninergiques 5HT2A caractéristiques des antipsychotiques atypiques plus récents.

100 mg de chlorpromazine équivaut 2 mg d’halopéridol, autre antipsychotique typique de la famille des butyrophénones.

Spécialités

Chlorpromazine
Noms commerciaux
  • Chlorazin (Suisse),
  • Thorazine (États-Unis),
  • Largactil (France),

N’est plus commercialisé en Belgique

Classe antipsychotique
Autres informations Sous-classe : phénothiazines
Identification
No CAS 50-53-3
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No ECHA 100.000.042
Code ATC N05AA01
DrugBank 00477
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Divers

La chlorpromazine fait partie de la liste des médicaments essentiels de l’Organisation mondiale de la santé (liste mise à jour en avril 2013)13.

Évocations artistiques

Le nom commercial de la chlorpromazine, « thorazine » en anglais, est déformé en « thorizene » dans la chanson Kill your sons de Lou Reed : (…) when they shoot you up with thorizene on crystal smoke / you choke like a son of a gun (…)

Le groupe de métal canadien The Agonist a écrit une chanson nommée Chlorpromazine sur l’album Lullabies for the Dormant Mind..

L’artiste lyonnais K-Cosmik, aussi appelé 2b, a écrit une chanson nommée Chlorpromazine parue en janvier 2019, sur la plateforme youtube.

Le groupe de punk-rock américain The Ramones a également réalisé plusieurs chansons qui évoquent la thorazine, l’auteur-compositeur et bassiste du groupe, Dee Dee Ramone, ayant été atteint de troubles bipolaires. Dans ce registre se trouve notamment We’re a Happy Family sur l’album Rocket to Russia, sorti en 1977.

Dans le film Shutter Island et dans le roman Shutter Island, le docteur Cawley fait part de l’utilisation de la chlorpromazine dans l’hôpital psychiatrique.

Dans l’épisode 22 de la saison 1 de la série X-Files, une petite fille au pouvoir surnaturel est soignée à l’aide de thorazine.

Dans l’épisode 2 de la saison 1 de la série LORE (Amazon prime video) la thorazine est évoqué comme remplacent avantageux de la lobotomie.

Sur son album « Arise » sorti en 1985 sur l’etiquette « alternative tentacles », le groupe punk britannique Amebix joue la pièce « largactyl ».

Dans leur mini album « New Orleans », le groupe punk français Ludwig von 88 chante une chanson intitulé « 4560RP ».

Dans l’épisode 10 de la saison 6 de Dexter, Debra trouve une boîte de Chlorpromazine prescrite à l’antagoniste principal de la saison.

Notes et références

Voir aussi

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

  • Jean-Noël Missa, Naissance de la psychiatrie biologique : Histoire des traitements des maladies mentales au XXe siècle, Presses universitaires de France, Paris, 2006.

Liens externes

 

Intéressant : l’ancien dealer du Tout-Paris Gérard Fauré balance à tout va…

 

 

 

 

Il a déjà sorti trois bouquins, le troisième le 22 janvier de cette année 2020, et en promet au moins deux autres s’il n’est pas tué avant.

Il donne aussi avec plaisir des interviews, dont les deux ci-dessus.

A suivre…

 

 

https://www.lepoint.fr/societe/gerard-faure-confessions-du-prince-de-la-coke-01-02-2020-2360790_23.php#

Gérard Fauré, confessions du prince de la coke

 

VIDÉO. Hier trafiquant de drogue et braqueur de banques, Gérard Fauré a fait une douzaine de séjours en prison. Il se raconte aujourd’hui dans un livre. Rencontre.

 

Par

Modifié le 30/03/2020 à 23:30 – Publié le 01/02/2020 à 14:55 | Le Point.fr

 

« On m’a qualifié de prince de la coke. On aurait mieux fait de m’appeler le roi de la cocaïne. » En cette fin janvier, de passage à la rédaction du Point, Gérard Fauré fanfaronne. L’ancien trafiquant de drogue, ex-braqueur, (presque) rangé des voitures, est en verve. En pleine promotion du deuxième volume de ses mémoires*, il sort de l’enregistrement d’une émission de radio où il a donné des sueurs froides à son éditeur en évoquant le nom de quelques-uns de ses anciens clients. Dans quelques jours, il sera l’invité de plusieurs émissions télévisées à grande audience. Pour l’heure, le septuagénaire s’échauffe gentiment en revendiquant la place qu’il estime devoir lui revenir dans le paysage de la pègre des années 80.

 

Intéressant : l'ancien dealer du Tout-Paris Gérard Fauré balance à tout va... dans Corruption 20000406lpw-20008410-embed-libre-jpg_7013690

Son père était médecin du roi Mohamed V. Le jeune Gérard optera pour une carrière dans le grand banditisme. © DR

 

Né à Fès, au Maroc, en 1946, d’un père militaire, par ailleurs médecin personnel du roi Mohamed V, et d’une mère berbère, Gérard Fauré a passé plus de dix-huit ans de sa vie en prison (« 14 en France, deux en Hollande, un an en Espagne et une année de plus en Belgique », dénombre-t-il). En octobre 2018, à peine sorti de Fleury-Mérogis, il publiait un premier livre autobiographique où il revendiquait avoir été le « dealer du Tout-Paris ». Citant pêle-mêle, parmi ses clients, les noms de Jacques Chirac, Johnny Hallyday mais aussi de Françoise Sagan et Jean-Edern Hallier, dont il laisse aujourd’hui entendre que la mort dans un accident de vélo, en 1997, serait, en réalité, une élimination pure et simple. L’ouvrage avait trusté les premières places des palmarès de ventes pendant près d’un mois.

Du Maroc à la Costa Brava

Gérard Fauré n’a pas été seulement le fournisseur en coke de la jet-set. « C’est vrai que j’ai aussi été braqueur de banques », confesse-t-il. « Mais c’était pour le compte du Service action civique [le SAC], la milice privée de Charles Pasqua : très peu civique mais toujours prête à l’action », se dédouane-t-il. Demande-t-on des éléments de preuve de ce qu’il avance ? Gérard réplique aussitôt : « Je ne suis pas une gamate. » Un terme d’argot qui désigne à la fois un mauvais chanteur d’opéra et un menteur. « Personne n’a saisi les tribunaux pour le premier tome. C’est sans doute que ce que raconte Gérard est vrai », surenchérit son éditeur Yannick Dehée. En sera-t-il de même cette fois-ci ? « Je peux prouver tout ce que j’avance », affirme l’auteur.

L’homme n’a pas seulement de la gouaille. Il affiche et revendique une forme de baraka. Rien ne semble lui faire peur. Surtout pas la perspective de se retrouver poursuivi en diffamation. Il s’amuse que sa maison d’édition ait été approchée par des producteurs de cinéma. « C’est vrai que ma vie pourrait faire un bon film. Car j’ai commencé très tôt », explique Gérard Fauré dans un sourire. « À 5 ans, je faisais chanter les amis de mon père, menaçant de dévoiler leurs infidélités s’ils n’achetaient pas mon silence. À 8 ans, je déterrais, avec deux amis, les cadavres du cimetière de Essaouira où mes parents avaient déménagé. Je dépouillais les corps de leurs bijoux », poursuit-il. Deux ans plus tard, il commençait la contrebande et faisait commerce de devises étrangères dans les bureaux de changes d’Algésiras. Accro au cannabis dès ses 12 ans, il dit s’être mis à dealer au collège.

 

20000406lpw-20008398-embed-libre-jpg_7013691 dans Crime

À chacun de ses passages en France, ce proche de Gaëtan Zampa vient saluer sa mère à côté de Versailles. © DR

 

En 1964, son bac en poche, il quitte le Maroc pour s’installer en Espagne où il ouvre un magasin à Torremolinos, près de Marbella. Dans cette station touristique ont trouvé refuge, quelques années auparavant, plusieurs membres du « gang des Tractions Avant » (une bande de malfaiteurs français qui tire son nom des puissantes automobiles à bord desquelles ils sévissaient, NDLR). Quand on lui demande s’il les a rencontrés, Gérard Fauré élude. À l’époque, le jeune homme tient un bar avec son frère aîné, aujourd’hui décédé, qui deviendra consul de France à Cadix. « Georges n’a jamais rien fait d’illégal », tient-il à préciser. On ne peut pas dire la même chose de Gérard. Il en rigole.

Détentions à gogo

Son premier séjour en prison date de 1970. « À cause d’un quiproquo », assure-t-il. Associé dans un commerce d’habillement à un trafiquant d’armes hollandais d’origine indonésienne dont il jure alors ne rien savoir des activités illicites, il est arrêté pour trafic de cuirs de contrebande. « Deux hommes ont déposé des ballots de cuir dans ma boutique. Je leur ai demandé de les reprendre, mais ils ont filé et, deux minutes après, débarquait la Guardia Civil », se défend-il. Gérard Fauré est incarcéré à la prison de Marbella : « Une taule horrible de 12 places dont les lits étaient creusés à même la roche comme des tombeaux », se rappelle-t-il. Il y est si méchamment frappé par les gardiens qu’il atterrit à l’hôpital. Là, une infirmière qui connaît son père alerte sa famille. « Mon père avait des accointances avec le régime franquiste. Il a débarqué avec un député et m’a fait libérer. »

Rebelote deux ans plus tard. Cette fois, son père ne peut rien pour lui. « C’est un commando du SAC qui m’a libéré en débarquant aux portes de la prison », indique Gérard Fauré, qui décide à ce moment-là de s’installer à Amsterdam. « La Hollande a été mon université du crime », plaisante-t-il. Le jeune homme se met à faire de l’import-export de cocaïne et d’héroïne, sans état d’âme. « Bien sûr, j’aurais pu éviter de fournir tous ces gens qui ne pensaient qu’à nuire à leurs prochains, et qui pour être capables de le faire se bourraient le pif de ma cocaïne ! Mais pour être franc, d’une part, à l’époque je me foutais royalement de ce qui se passait dans ce pays, d’autre part, les fournir en coke ou en cannabis m’apportait une adrénaline exceptionnelle », écrit-il.

Il s’acoquine avec un gang de cambrioleurs. « En 1973, nous avons fait plus de 400 maisons », déclare-t-il sur un ton qui pourrait laisser penser qu’il n’en est pas peu fier. Dans son précédent livre, il expliquait aussi avoir été tueur à gages « à l’occasion », toujours pour le compte du Service action civique.

Sous crack

 

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À Amsterdam, où il emménage en 1973, il tombe dans le crack. © DR

 

Gérard Fauré explique être, dans ces années 70, « accro » au crack, un dérivé de cocaïne ultra-concentré qui se fume. « J’ai eu du mal à me défaire de cette saloperie », émet-il. Est-ce en raison des effets stupéfiants de ce « caillou » sur son cerveau que ses souvenirs se brouillent un peu ? Il peine à se rappeler le nombre d’allers-retours qu’il effectue alors entre les Pays-Bas, l’Allemagne, la Suisse et le Maroc. Chaque fois, il fait escale en France où sa mère a refait sa vie avec le fils d’un ancien diplomate français, en poste au Vatican. Il pense que cette étiquette place son beau-père au-dessus de tout soupçon. C’est dans leur maison de Versailles qu’il stocke une partie de sa dangereuse marchandise. Il n’en sera pas moins arrêté une nouvelle fois en 1979, en possession d’une tonne de coke, et passera deux ans à l’ombre. Dès sa sortie, il reprend sa place de « grossiste » sur le marché de la blanche. « Je fournissais alors un certain Gianni qui revendait tout ça dans les boîtes de nuit parisiennes. C’est lui qui passait pour le roi de la coke, mais le titre aurait dû me revenir à moi », émet-il, avec orgueil.Dealeur le jour, il flambe la nuit tombée son argent au casino. « Je menais la grande vie : je dormais dans des palaces, je conduisais de luxueuses voitures et je couchais avec des filles somptueuses. » Fauré se dit alors proche de Gaëtan Zampa, croise Francis le Belge, deux grandes figures du banditisme dans les années 80. « Tous mes amis de l’époque sont morts, de mort violente. Je n’en reviens toujours pas d’être en vie, car j’ai plusieurs fois été pris dans des fusillades », confie-t-il. Ce sont ces années-là qu’il raconte dans son livre. Il explique conduire des « go-fast », effectuant des passages de la frontière à très grande vitesse, à bord d’une Ford Mustang GT, le même modèle que conduit Steve McQueen dans Bullit, ou dans une Mercedes 350L, le coupé au volant duquel Richard Gere apparaît dans American Gigolo. Il écrit avoir réchappé plusieurs fois à des embuscades. Certains épisodes semblent abracadabrants (comme ce chapitre où il explique avoir perdu une barquette de coke dans un champ et avoir réalisé qu’une vache l’avait mangée, s’offrant un trip mémorable). Faut-il vraiment prendre au pied de la lettre toutes ces histoires ? « C’est vrai que certaines peuvent sembler invraisemblables », reconnaît-il, beau joueur. Impossible de recouper ses dires. La plupart des témoins ont disparu. Gérard Fauré parle d’autant plus librement qu’il sait ne pas pouvoir être contredit.

Séducteur invétéré

 

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Gérard Fauré tombe, pour la première fois, pour trafic de drogue, en 1973. © DR

 

Un brin vantard, l’ancien trafiquant ne se fait pas prier pour étaler ses conquêtes féminines. Il laisse entendre qu’il aurait partagé la même maîtresse que Jacques Chirac (une journaliste politique en vue) et que c’est par jalousie que l’ancien président l’aurait conduit une nouvelle fois en prison. Son livre alterne d’ailleurs évocations érotiques et scènes d’action. Les deux se mêlant parfois. Comme lorsque l’auteur détaille un épisode étonnant où, pour passer la frontière entre la France et la Belgique, il aurait corrompu les douaniers grâce au service de prostituées. « Le sexe occupe, comme la drogue, une place importante dans ma vie », glisse l’ancien trafiquant. « Mais je ne suis visiblement pas le seul », ajoute-t-il, affirmant détenir les preuves qu’un hôtel, proche des Champs-Élysées, abritait un réseau pédophile qui aurait compté en son sein un ancien ministre de François Mitterrand.La pédophilie occupe, de fait, une place importante dans son ouvrage. L’ancien truand accuse ainsi, sans le citer, un membre de la famille royale britannique d’avoir sollicité des prostitués mineurs dans un hôtel de Tanger. « Le roi du Maroc avait fait installer des caméras cachées. Buckingham Palace a reçu quelques photos où on pouvait voir ce représentant de la Couronne en pleine action… Quarante-huit heures plus tard, la Grande-Bretagne livrait les officiers qui avaient trouvé refuge à Gibraltar après avoir tenté un coup d’État contre Hassan II, en 1972 », assène l’auteur. Une histoire qu’on jurerait sortie d’un épisode de SAS, d’un autre Gérard… de Villiers.

Naissance d’une vocation

 

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Gérard Fauré, devenu « dealeur du Tout-Paris », sera à nouveau arrêté à l’été 1986. © DR

 

En juillet 1986, Gérard Fauré est de nouveau arrêté. « Le Tout-Paris perd son fournisseur de cocaïne », titre France-Soir. « Le pourvoyeur du showbiz est tombé », affiche Le Parisien. Désireux de prouver que ce titre n’est pas usurpé, Gérard Fauré prend bien soin d’égrener, dans son livre, quelques noms de vedettes. On y croise ainsi un Alain Delon particulièrement cynique, un Mick Jagger défoncé, mais aussi le producteur de Grease ou de Saturday Night Fever : Robert Stigwood, porté sur la coke. On y entrevoit Claude Brasseur et Bernard Giraudeau. Gérard Fauré règle ses comptes avec Thierry Ardisson, mais aussi Thierry Le Luron. Mais ceux qu’il abhorre le plus, ce sont les avocats qu’il a fait travailler à chacune de ses (nombreuses) interpellations. « Grâce à ces nuls, j’ai failli prendre presque dix ans pour quelques grammes de drogue. Tous ces bavards étaient plus doués pour me prendre mon fric que pour me sortir du trou », peste-t-il.Durant sa détention à Liancourt, dans l’Oise, le voyou reprend ses études. Il passe un CAP puis un BEP de comptabilité ; s’inscrit en DEUG d’anglais et fait même un stage d’horticulture. Surtout, il se met à écrire et prend goût à coucher sa vie sur le papier. « J’ai au moins quatre livres dans mes tiroirs », confie-t-il. Sorti en 1991, il retombe, quelques mois plus tard. C’est là que son chemin croise celui d’Éric Dupont-Moretti, qu’il égratigne tout particulièrement. « Tout ce qu’il a fait, c’est d’énerver le juge. J’en ai repris pour trois ans, là où je n’aurais pas dû prendre plus de 18 mois », tacle-t-il.

Entre 1997 et 2015, Gérard Fauré sera encore impliqué dans trois affaires, dont un double assassinat et une tentative de meurtre. Deux affaires pour lesquelles il s’explique dans son livre. « J’aurai aussi participé à la mise hors d’état de nuire d’un réseau djihadiste », avance-t-il, sans vouloir en dire plus. « Ce sera le sujet de l’un de ses prochains ouvrages », justifie son éditeur. Aujourd’hui libre et remarié à l’ex-femme d’un ancien grand flic, il vit dans une petite commune des Yvelines où ses deux voisins sont d’anciens directeurs de services centraux de police. « Ils se détestent mais moi je les aime bien », plaisante Gérard Fauré. Le septuagénaire rêve de cosigner, avec l’un d’entre eux, un ouvrage en forme de dialogue. Il en a déjà le titre : Le Loup et l’Agneau. « Devinez qui est l’un et qui est l’autre ? » interroge l’ancien trafiquant. Décidément intarissable.

 

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Après « Dealer du Tout-Paris », Gérard Fauré poursuit le récit explosif de sa vie et nous plonge dans l’intimité des élites parisiennes qui ont fait de la cocaïne une drogue mondaine et populaire (résumé de l’éditeur). © DR

 

*Prince de la coke, de Gérard Fauré, Nouveau Monde éditions, 224 pages, 17,90 €.
 

 

https://www.liberation.fr/france/2018/10/25/gerard-faure-une-clientele-haut-de-came_1687887

Profil

Gérard Fauré, une clientèle haut de came

 

Par Renaud Lecadre — 25 octobre 2018 à 21:06
 
Gérard Fauré, auteur de «Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle», à Paris, le 16 octobre. Photo Rémy Artiges pour Libération

L’ancien dealer et braqueur de banque, qui a croisé la route de Charles Pasqua ou de Johnny Hallyday publie son autobiographie. Son parcours hors norme laisse entrevoir les liens entre politique et voyoucratie.

  • Dealer de stars : de Pasqua à Hallyday en passant par Chirac, une clientèle haut de came

Barnum garanti. Aujourd’hui sort en librairie l’autobiographie d’un beau voyou. Gérard Fauré (1), fils d’un médecin militaire, fut un authentique trafiquant de cocaïne, doublé d’un braqueur de banques, et tueur à gages à l’occasion. A ce titre, l’intitulé du bouquin, Dealer du tout-Paris, le fournisseur des stars parle (1), pourrait prêter à confusion. Il n’était pas que cela. Mais comme le souligne son éditeur, Yannick Dehée, «c’est la première fois qu’un voyou parle sur les politiques». Et pas n’importe lesquels : Charles Pasqua et Jacques Chirac.

Un quart du manuscrit initial a été expurgé, des noms ont été initialisés ou anonymisés. Demeure le name-dropping dans le milieu du show-biz, visant des personnalités déjà connues pour leur addiction à la coke. Certains lecteurs s’en délecteront, mais il y a mieux – ou pire : l’interférence entre la politique et la voyoucratie, fournisseuse de services en tous genres. «On entre dans le dur», souligne un spécialiste du secteur.

A lire aussiGérard Fauré : «Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier»

Pasqua n’était guère cocaïnomane – «j’en suis sûr», atteste notre lascar – mais l’argent parallèle du secteur a pu l’intéresser… Fauré, précoce dealer au Maroc puis un peu partout ailleurs, raconte avoir été très vite pris en charge, dans les années 70, par l’Organisation de l’armée secrète. Initialement dédiée au maintien de l’Algérie française, l’OAS changera très vite de fusil d’épaule : «opérations homo» (assassinats ciblés) contre des indépendantistes basques ou corses, mais aussi braquages de banques. Le Service d’action civique (SAC) prendra ensuite le relais. Fauré, fort de ses compétences en la matière, met la main à l’ouvrage : «La recette Pasqua consistait à constituer des « mouvements patriotiques », en vérité violents, avec des voyous peu recommandables. Comment les rémunérer ? Tout simplement avec l’argent provenant de gros braquages de banques et de bijouteries, commis en toute impunité. Avec Pasqua, tout était possible, du moins pour les membres du SAC. Patriote, certainement prêt à mourir pour son pays, il gardait en revanche un œil attentif sur les caisses du parti. Moyennant la moitié de nos gains, il nous garantissait l’impunité sur des affaires juteuses et triées sur le volet, sachant exactement là ou il fallait frapper.»

L’auteur narre ainsi sa rencontre avec le politique, qu’il situe en 1978 : «Charles Pasqua donnait de sa voix tonitruante des ordres à tout le personnel, toutes les têtes brûlées de France et de l’Algérie française.» Et de lui lancer : «Alors, c’est toi le mec dont on me vante les mérites ? Bien. Tu vas reprendre du service dès aujourd’hui, avec tes amis, si tu veux bien. J’ai une mission de la plus haute importance, que tu ne peux pas te permettre de refuser, ni de rater. Compris ?»

Backgammon

A l’issue de l’entretien, Gérard Fauré croisera illico le parrain marseillais «Tony» Zampa, qui traînait là par hasard, lequel l’entreprend dans la foulée sur différentes affaires à venir : des investissements dans les casinos et la prostitution aux Pays-Bas. Cas peut-être unique dans les annales de la voyoucratie, il fera parallèlement équipe avec l’illustre Francis Vanverberghe, dit «Francis le Belge», «doté d’un savoir-vivre qui valait bien son savoir-tuer». Il en garde un souvenir mi-épaté mi-amusé : «Zampa ou « le Belge », qui pourtant étaient des gangsters d’envergure internationale, se seraient fait descendre comme des mouches s’ils avaient eu la mauvaise idée de mettre les pieds en Colombie ou au Venezuela, car ils étaient prétentieux.» Pour la petite histoire, il reconstitue leur brouille à propos de… Johnny Hallyday : «Tous les deux voulaient le prendre sous tutelle, pour capter sa fortune ou l’utiliser comme prête-nom. Ils ont fini par s’entre-tuer pour ce motif et quelques autres.» Fauré considérait Johnny comme sa «plus belle prise de guerre» dans le microcosme de la coke. Mais lui gardera un chien de sa chienne après que le chanteur l’a balancé sans vergogne aux Stups, contre sa propre immunité.

Notre voyou prétend n’avoir jamais balancé, lui, du moins jusqu’à ce livre. «Si vous le voulez bien, j’attends votre version des faits s’agissant des deux chèques de M. Chirac rédigés à votre ordre. Je vous invite à bien réfléchir avant de répondre» : sollicitation d’une juge d’instruction parisienne en 1986, hors procès-verbal. Tempête sous un crâne à l’issue de laquelle Gérard Fauré évoquera une dette de jeu au backgammon… Dans son bouquin, l’explication est tout autre – «J’avais dû travestir la vérité.» S’il ne peut attester que l’ex-président prenait de la coke, il évoque son penchant pour les femmes… Pour l’anecdote, les deux chèques en question feront l’objet d’une rapide opposition de leur signataire. «Chirac, dont j’avais admiré la prestance et même les idées politiques, s’est avéré mauvais payeur.»

Hommage

Ce livre-confession est une authentique plongée dans le commerce de la drogue. Notre trafiquant, dix-huit ans de prison au compteur, connaît son produit : «Aucune coke ne ressemble à une autre. Certaines, comme la colombienne, vous donnent envie de danser, de faire l’amour, mais rendent très agressif, parano et méfiant. La bolivienne rend morose, triste, et pousse parfois au suicide. La meilleure est la péruvienne, qui augmente votre tonus, votre joie de vivre et pousse à la méditation, au questionnement. La vénézuélienne a des effets uniquement sur la performance sexuelle. Les autres, brésilienne, chilienne ou surinamienne, ne sont que des pâles copies.» Son mode de transport aussi : dans le ventre d’une chèvre, elle-même logée dans l’estomac d’un boa que les douaniers, à l’aéroport d’arrivée, prendront soin de ne pas réveiller. Puis, une fois le coup du boa connu des gabelous, le ventre d’un nourrisson – une technique brésilienne consistant à empailler un bébé mort pour le maintenir en bon état, et ainsi faire croire qu’il dort au moment de passer la frontière…

Le livre s’achève sur cet hommage indirect à la police française : lors d’une perquisition à son domicile, 10 des 15 kilos de cocaïne disparaissent, tout comme 90 % des 300 000 euros logés dans un tiroir. «Je n’ai pas pensé un seul instant me plaindre de la brigade du quai des Orfèvres, dans la mesure où les vols qu’elle commettait chez moi ne pouvaient qu’alléger ma future condamnation.»

(1) Nouveau Monde, 224 pp., 17,90 €.

photo Rémy Artiges pour Libération

Renaud Lecadre

 

https://www.liberation.fr/france/2018/10/25/gerard-faure-pasqua-ne-pouvait-quand-meme-pas-se-mouiller-pour-un-meurtrier_1687888

Gérard Fauré : «Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier»

 

Par Renaud Lecadre — 25 octobre 2018 à 21:06

 

L’ex-trafiquant Gérard Fauré, qui a passé dix-huit ans derrière les barreaux, multiplie les anecdotes dignes d’un thriller.

 

  • Gérard Fauré : «Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier»

Figure du trafic de drogue, Gérard Fauré raconte ses activités à Paris dans les années 80, où il fournissait de la cocaïne à de nombreuses célébrités.

Vous êtes toujours en vie. C’est de la chance ?

Non, pas de la chance. Mon talent de diplomate, de beau parleur. La parole donnée, la correction avant tout. Un jour, un flic me mettait des coups de Bottin dans la gueule pour une histoire de meurtre. Puis m’a relâché faute de preuve en me disant : «Tu as été correct !» Une autre fois, j’avais deux équipes sur le dos, des Gitans et des Kabyles. Heureusement, les flics m’ont arrêté avant eux… Donc un peu de chance, quand même.

A lire aussiGérard Fauré, une clientèle haut de came

L’OAS vous a également bien protégé…

Ils m’ont sorti de prison en Espagne, mitraillettes à la main.

Charles Pasqua aussi ?

Il avait pas mal de comptes à régler. En échange, il nous donnait des plans d’un braquage, les clés de la banque… Mais ce n’était pas toujours garanti : un jour, on fait un coup, croyant comme des cons que tout était bordé, mais une tripotée de flics nous attendait à la sortie.

Apportait-il une garantie policière ?

Oui et non. Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier.

Johnny Hallyday était, selon vous, tenu par le milieu dans les années 80…

J’en suis sûr. «Francis le Belge» me l’a raconté : la bande à Tony Zampa rackettait Johnny. Belge comme lui, Francis va le voir : «Lâche-le !» L’autre : «Jamais !» C’est là que les deux clans sont entrés en guerre, à propos de Johnny Hallyday, même s’il y avait peut-être d’autres raisons.

Renaud Lecadre

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/G%C3%A9rard_Faur%C3%A9

  1. Renaud Lecadre, « Gérard Fauré : Pasqua ne pouvait quand même pas se mouiller pour un meurtrier », Libération « L’ex-trafiquant Gérard Fauré, qui a passé dix-huit ans derrière les barreaux, multiplie les anecdotes dignes d’un thriller »,‎ 25 octobre 2018 (lire en ligne [archive])

Références radiophoniques

Références vidéographiques

Références bibliographiques

  1. Fauré et Perltereau 2018, p. 41, chap 5 « L’Espagne, ma deuxième patrie » : […] Un problème de taille que j’eus avec le général Oufkir. […] Ce dernier, après avoir eu vent d’une liaison que j’entretenais avec sa femme du côté de Marbella [lire en ligne [archive]]

Liens externes

:

 

Neuf médecins, psychiatres, psychanalystes ou psychologues ont signé la pétition pro-pédophile de Gabriel Matzneff du 26 janvier 1977

On a bien du mal à retrouver cette précision dans les différents textes publics existant actuellement à propos de cette pétition.

Je ne l’ai vue dans aucun des très nombreuses articles qui l’ont à nouveau évoquée ces derniers temps.

Je l’avais remarquée dans la fiche Wikipédia de Gabriel Matzneff il y a quelques jours mais elle en a déjà disparu.

Il n’y a que dans la fiche qui suit, dans sa version du 31/12/2011 et dans celle d’aujoud’hui, que cette indication peut encore être retrouvée.

Elle est pourtant d’une importance cruciale pour comprendre le sort réservé aux victimes…

 

http://www.codes-et-lois.fr/feeds/wikipedia/_1b01b2c9288ddd5033a449287956425a

Pétitions françaises contre la majorité sexuelle

 

- Wikipedia, 31/12/2011

Lire l’article…

Entre 1977 et 1979, alors qu’une réforme du Code pénal était en cours de discussion au Parlement, des intellectuels français, dont des figures célèbres, ont signé des pétitions et des lettres ouvertes demandant soit l’abrogation des lois sur la majorité sexuelle soit la relaxe des individus arrêtés pour des relations sexuelles avec des enfants ayant quatorze ans ou moins (mineurs de quinze ans). Ces prises de positions faisaient suite à la détention provisoire de Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt qui avaient eu des rapports avec des garçons et des filles de 13 et 14 ans « consentants ». À l’époque, la justice avait qualifié les faits « d’attentat à la pudeur sans violence sur des mineurs de quinze ans » alors qu’aujourd’hui, les faits seraient qualifiés d’atteintes sexuelles, d’agressions sexuelles ou de viols.

 

Sommaire

1977 Pétition adressée au Parlement

En 1977, une pétition fut adressée au Parlement, appelant à l’abrogation de plusieurs articles de la loi sur la majorité sexuelle et la dépénalisation de toutes relations consenties entre adultes et mineurs de moins de quinze ans (la majorité sexuelle en France). Le document fut signé par les philosophes Michel Foucault, Jacques Derrida, Louis Althusser, Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et André Glucksmann, par le philosophe et sémioticien Roland Barthes, par le romancier/activiste en faveur des homosexuels Guy Hocquenghem, l’avocat et professeur de droit Jean Danet, l’écrivain et cinéaste Alain Robbe-Grillet (élu membre de l’Académie française en 2004), l’écrivain Philippe Sollers, la pédiatre et psychanalyste pour enfants Françoise Dolto, et également par des gens appartenant à divers courants politiques[1].

1977 Pétition au Parlement – Liste des signatures

1978 Conversation à la radio entre Foucault, Hocquenghem et Danet

Article détaillé : La loi de la pudeur.

Le 4 avril 1978, une conversation approfondie détaillant les raisons de leur position pro-abolition a été diffusée par la radio France Culture dans l’émission « Dialogues ». Les participants, Michel Foucault, Jean Danet et Guy Hocquenghem, ont tous signé la pétition de 1977, avec d’autres intellectuels[3]. Ils pensaient que le système pénal était en train de remplacer la punition d’actes criminels par la création d’une figure d’individu dangereux pour la société et prédisaient qu’une société de dangers adviendrait. Ils ont également défini l’idée de consentement légal comme une notion contractuelle et un « piège » puisque « personne ne signe un contrat avant de faire l’amour »[4]. La conversation a été publiée en français sous le titre « La loi de la pudeur » puis en anglais sous le titre « Sexual Morality and the Law » (« La morale sexuelle et la loi »), et fut réimprimée plus tard dans cette dernière langue sous le titre « The Danger of Child Sexuality » (« Le danger de la sexualité de l’enfant »).

Lettres ouvertes publiées dans des journaux français

Le Monde – 26 janvier 1977

Une lettre ouverte fut publiée dans Le Monde, la veille du procès de trois Français (Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckardt), tous accusés d’avoir eu des relations sexuelles avec des filles et des garçons de 13 et 14 ans. Deux d’entre eux ont été en détention temporaire depuis 1973 et la lettre évoque ce fait comme scandaleux. La lettre fut signée par 69 personnes, dont Jack Lang (qui fut en France ministre de la Culture, ministre de l’Éducation, porte parole du gouvernement, député européen et qui est actuellement député du Pas-de-Calais), Bernard Kouchner (qui fut ministre de la Santé en France et cofondateur de Médecins sans frontières et de Médecins du Monde), Michel Bon (qui dirigea le Carrefour, l’ANPE et France Télécom), et des intellectuels publics comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Gilles Deleuze, Roland Barthes, André Glucksmann et Guy Hocquenghem, ainsi que 9 spécialistes – 5 psychiatres, 1 médecin, 1 psychologue, 1 psychanalyste et 1 spécialiste des sciences humaines[5],[6],[7],[8]. Le document déclare qu’il y a une disproportion entre la qualification de leurs actes en tant que crime et la nature des actes reprochés, et également une contradiction puisqu’en France les adolescents seraient pleinement responsables de leurs actes à partir de l’âge de 13 ans. (Dans les faits, la responsabilité pénale en France n’est pas systématiquement reconnue pleine et entière entre 13 et 16 ans [9]). Le texte argumente aussi que si des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France, elles doivent aussi pouvoir consentir[10],[6].

Le Monde – Liste complète des 69 signatures

Voici la liste complète des noms :

Libération – Mars 1979

Une lettre similaire, mais beaucoup plus sujette à polémique, fut publiée dans le journal Libération en 1979, en soutien à Gérard R., accusé de crime sexuel sur des enfants et attendant alors son procès depuis dix-huit mois. La lettre rapporte que Gérard R. vit avec des jeunes filles de 6 à 12 ans « dont l’air épanoui montre aux yeux de tous, y compris leurs parents, le bonheur qu’elles trouvent en lui ». L’affirmation qu’une fillette de 6 ans pouvait donner un consentement éclairé à des relations sexuelles avec un adulte et qu’elle en serait épanouie fut signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort. Cette lettre fut reproduite ensuite dans le journal L’Express du 7 mars 2001[6]. À part Christiane Rochefort, il n’a pas été rapporté qu’un des signataires de la lettre de 1977 ait également signé celle de 1979.

Notes et références

  1. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  2. L’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » est mentionnée à la page 273 du texte de Foucault, La loi de la pudeur, chapitre 16 de Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984 (en anglais). Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4 (voir aussi la version en ligne en anglais)
  3. Foucault, Hocquenghem et Danet sont mentionnés plusieurs fois comme des signataires de pétition dans le texte de Michel Foucault «La loi de la pudeur» (voir la version en ligne en anglais). Le nom de Françoise Dolto et l’expression « des gens appartenant à divers courants politiques » sont mentionnés à la page 273 (voir également la version en ligne en anglais). Les noms des philosophes Jacques Derrida, Louis Althusser et André Glucksmann, viennent du site Web Dignaction.org (en français). Enfin, les noms des philosophes Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir et Roland Barthes, ainsi que ceux des écrivains Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers, viennent du site Web Denistouret.net (également en français).
  4. FOUCAULT, Michel. Politics, Philosophy, Culture – Interviews and Other Writings 1977 – 1984. Edité par Lawrence D. Krizman. New York/London : 1988, Routledge, ISBN 0-415-90082-4.Chapitre 16, La loi de la pudeur (en anglais “en:Sexual Morality and the Law », pages 271 – 285. Voir page 285 ou la version en ligne).
  5. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)
  6. a, b et c 1977-1979 pétitions et signatures (en français)
  7. 1977 pétition dans Le Monde (en français) (liste quelques unes des signatures, voir N° 6)
  8. 1977 pétition dans Le Monde – liste des signatures (en italien)
  9. Les sanctions applicables aux mineurs
  10. 1977 pétition dans Le Monde – texte et signatures (en anglais)

Références

En français

  • Dignaction.org – Listes de la pétition de mai 1977 au Parlement ainsi que les deux lettres ouvertes publiées dans Le Monde et Libération.
  • Bibliothèque IPCE sur la lettre ouverte dans Le Monde (version française)
  • Denistouret.net (voir « Libé en écho d’un vertige commun », « pétitions ») – reproduit un article de Sorj Chalandon, publié dans Libération du 23 février 2001, pages 3 et 4. L’article mentionne les deux pétitions de 1977, et ajoute les noms de Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Roland Barthes, Alain Robbe-Grillet et Philippe Sollers en tant que signataires de la pétition de 1977, adressée au Parlement.
  • La censure des bien-pensants, page 96 (Paris : 2003, publié aux Éditions Albin Michel). Le livre fut écrit par le journaliste Robert Ménard, fondateur de Reporters sans frontières et Emmanuelle Duverger, une avocate internationaliste et membre de la Fédération internationale des droits de l’homme. Le livre mentionne les deux pétitions de 1977. Source : site Web «Denistouret.net » (page sur Ménard, N° 6).
  • « La loi de la pudeur« , publié dans le magazine Recherches N° 37, avril 1979, Fous d’enfance, p. 69-82.
  • FOUCAULT, Michel (1994). Dits et écrits 1976-1979. Tome III. Paris: Gallimard, p. 766-776 (Chapitre « La loi de la pudeur »)

En anglais

En italien

Voir aussi

  • Manifeste des 121 – une pétition française de 1960 contre la guerre d’Algérie
  • Manifeste des 343 – une pétition française de 1971 de soutien de la légalisation de l’avortement

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https://fr.wikipedia.org/wiki/P%C3%A9titions_en_France_concernant_la_majorit%C3%A9_sexuelle

Pétitions en France concernant la majorité sexuelle

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Les pétitions concernant la majorité sexuelle en France, liées à l’Affaire de Versailles, signées entre 1977 et 19791, alors qu’une réforme du Code pénal français était en cours de discussion au Parlement, par divers intellectuels, personnalités et médecins, ont été montrées du doigt au début des années 2000 lors de la polémique sur les écrits de jeunesse du député européen Daniel Cohn-Bendit. Les livres en français les évoquant ont tous été publiés au XXIe siècle.

L’une d’entre elles proposait d’accélérer les procédures pénales sanctionnant les relations sexuelles avec des mineurs, en recourant à des juges professionnels, et dénonçait la discrimination contre les homosexuels dont la majorité sexuelle n’avait été abaissée qu’ à 18 ans en 1974 contre 15 ans pour les hétérosexuels2. Les deux autres protestaient contre la durée de la détention préventive subie par des suspects dans deux affaires de pédocriminalité couvertes par le secret de l’instruction, dont la presse n’aura les détails que lors de l’audience publique au Tribunal. Cette cause est cependant « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Ces pétitions ont commencé lors de l’Affaire de Versailles, avec trois suspects d’attentat à la pudeur, notion remplacée en 1994 dans la loi française par l’atteinte sexuelle sur mineur de 15 ans et l’agression sexuelle sur mineur de 15 ans. Oubliées pendant un quart de siècle, elle réapparaissent dans la presse et l’édition quand Daniel Cohn-Bendit répond aux journaux qui ont publié en janvier 2001 des extraits jugés pédophiles de son livre de 1975, en évoquant « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4 dans Le Monde du 22 février 2001. Au Journal de 20 heures de TF1, il dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération publie le lendemain un mea culpa sur ces pétitions sous la plume de l’écrivain Sorj Chalandon6, en estimant que son concurrent Le Monde est aussi concerné, et L’Express des entretiens avec deux signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7. Plusieurs des amis de Cohn-Bendit signent alors une pétition pour le défendre8 estimant que les écrits de son livre n’étaient, eux, « pas scandaleux » mais relevaient d’une nécessaire « explosion de la parole »8.

Le 16 janvier 2019, Vanessa Springora, invitée dans l’émission « La Grande Librairie » y a souligné, tout comme le sociologue Pierre Verdrager et le magistrat Jean-Pierre Rozencsveig, en réponse à une question de l’animateur François Busnel, que les motivations étaient très différentes d’un signataires à l’autre, la plupart voulant dénoncer la discrimination contre les homosexuels, sans savoir que Gabriel Matzneff avait participé à la rédaction du texte.

Contexte général

Le contexte international

Eté 1976: la pression venue du Québec

Au Québec, les milieux homosexuels militent en 1976 pour l’abaissement de l’âge de la majorité sexuelle9 pour les homosexuels9 car à l’approche de l’organisation des Jeux Olympiques de Montréal, les descentes policières se multiplient, en particulier l’arrestation de 89 personnes au Sauna Neptune, en mai 19769, suivie de la création du Comité homosexuel anti-répression (CHAR), en mai 19769, ce qui a aussi créé l’émotion dans les milieux homosexuels en France9 où la loi de 1974 maintient une discrimination de majorité sexuelle, abaissée à seulement 18 ans contre 15 ans pour les hétérosexuels).

Printemps 1977: l’impact de la campagne d’Anita Bryant

La chanteuse américaine de musique folk Anita Bryant a mené en 1977 une campagne à Miami avec pour slogan : « Tuer un homosexuel pour l’amour du Christ », pour abroger une ordonnance locale interdisant toute discrimination basée sur des critères de préférences sexuelles, en tenant des propos à l’origine d’une importante manifestation homosexuelle à Paris, le 25 juin 197710.

L’organisation politique d’Anita Bryant s’appelle Save Our Children (Sauvons Nos Enfants)11. En 1977, le comté de Dade en Floride avait promulgué une ordonnance interdisant toute discrimination sur des critères d’orientation sexuelle et le 7 juin 1977, cette ordonnance anti-discrimination est abrogée: la chanteuse poursuit alors sa croisade d’abord en Floride où elle obtient l’interdiction de l’adoption par des parents homosexuels, puis dans tout le pays contre d’autres ordonnances locales12,13.

En France : évolutions sociales et judiciaires

En France, la défense des suspects de pédophilie, même face à de supposés abus judiciaires, est alors « très minoritaire dans l’opinion publique », selon la thèse présentée en 2018 par le psychiatre Romain Pages3.

Le secret de l’instruction largement préservé jusqu’en 1979

Les pétitions de 1977 et 1979 évoquent deux affaires de mœurs à laquelle la presse n’a encore consacré aucun article, en raison du respect encore très fréquent jusque là du secret de l’instruction. Les détails importants ne seront connus qu’à l’audience, rendue exceptionnellement publique pour précisément faire face à des pétitions signées en aveugle. Dans la première cependant, l’auteur de la pétition, Gabriel Matzneff, qui a longtemps été journaliste, a déclaré dans une tribune libre avoir rencontré un des suspects, afin d’étayer sa version, qui restera la seule connue jusqu’à l’audience.

L’autre pétition, celle de 1979, est publiée en plein milieu d’une violente polémique sur une autre affaire de pédophilie en cours d’instruction où le secret a été violé par le journal d’extrême-droite Minute puis par France-Soir et sans donner la version de l’avocat du suspect en détention préventive.

Du combat révolutionnaire à la contestation des mœurs

Pour l’historien Jean-François Sirinelli, de vifs débats ultérieurs à l’affaire Gabrielle Russier sont relancés en 1977 « avec des intentions et des arrières-pensées multiples »14. Les protagonistes avaient en effet en tête certaines affaires polarisantes, comme celle du suicide en septembre 1969, de Gabrielle Russier14, une professeure qui, à la suite d’une liaison amoureuse avec un de ses élèves alors âgé de seize ans, sera condamnée à un an de prison avec sursis pour enlèvement et détournement de mineur et surtout de la chanson de Charles Aznavour Mourir d’aimer et du film éponyme avec Annie Girardot, comme lui inspiré de l’affaire Gabrielle Russier, qui fait 6 millions d’entrées.

En 1971, Politique Hebdo, magazine emblématique de « l’esprit d’après-68 », écarte un entretien du pédophile René Schérer en raison — selon le témoignage du rédacteur en chef adjoint de l’époque Hervé Hamon — de ses « positions pro-pédophiles »15 tandis que rédacteurs et lecteurs de Télérama et Télé 7 jours déplorent, « au nom de la liberté d’expression », la suppression d’une émission de Michel Polac sur l’inceste, qui cependant pour eux « avait de quoi choquer »16.

Pour Sirinelli, une autre évolution se produit entre 1977 et 1979: le combat révolutionnaire anti-capitaliste cède la place à des contestations plus élargies qui concernent notamment la sphère de la famille, de l’intimité14. Cette évolution ne concerne qu’une « poignée d’intellectuels » selon Virginie Girod, docteure en histoire3 menés par Guy Hocquenghem, ex-amant et élève de l’écrivain pédophile René Schérer et pilier depuis 1975 du quotidien Libération, dont le tirage en 1978 à 37 000 exemplaires par jour, en croissance mais trop faible pour rester viable17. Rouge, quotidien d’extrême-gauche rival18, estime qu’il faut être du côté des accusés, coupables de seulement « quelques photos » mais s’interroge cependant sur la « volonté des révolutionnaires, dont la plupart se tairont sans doute »18 puis découvre que les faits et les expertises judiciaires lors de l’audience publique, au cours de laquelle Le Monde prend clairement ses distances avec cette cause19. Le plus célèbre des livres de l’écrivain le plus connu de cette mouvance, Gabriel Matzneff, ne s’est vendu qu’à 20 000 exemplaires20.

L’expertise judiciaire prend en compte la parole des victimes

L’historienne Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans une interview à Mediapart, note que si les textes judiciaires régis par la loi de 1832 ne posaient pas la question du consentement, les juges la posent souvent en pratique, quitte à juger que la victime a provoqué ce qui lui arrivait et, dans les années 1920, les psychiatres écrivent souvent que les jeunes filles sont consentantes, signe d’une « méfiance généralisée à l’égard de la parole des enfants » qui ne sera prise en compte que par l’évolution des « sciences du psychisme ». L’émergence sur la scène publique et politique des débats autour de la pédophilie, à la fin des années 1970, « a contraint les psychiatres et les psychanalystes à s’interroger de manière approfondie sur ce qui se passait en réalité. Cette période marque un tournant. Lorsque les experts sont amenés à s’exprimer dans les années 1960, ils peuvent parfaitement dire “cette petite fille est une débauchée, il faut prendre son témoignage avec méfiance”. Alors que les mêmes experts la croiront dix ans plus tard et assureront qu’elle n’a rien à se reprocher »21.

Anne-Claude Ambroise-Rendu, dans son Histoire de la pédophilie, remarque que la psychanalyse a mené dès Sigmund Freud à une nouvelle conception de l’enfance et incite, notamment grâce au succès des thèses de François Dolto au début des années 1970, les médecins et les experts judiciaires à prendre en compte la parole de l’enfant en tant que victime et à le préserver22.

Pétition dans le Monde du 26 janvier 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde publie le 26 janvier 1977, veille du procès de l’Affaire de Versailles, le « communiqué » d’une pétition estimant que « trois ans, ça suffit » pour Bernard Dejager, Jean-Claude Gallien et Jean Burckhardt, en détention préventive depuis trois ans et deux mois car accusés d’attentat à la pudeur contre trois enfants de 13 et 14 ans23. Le secret de l’instruction fait qu’aucun journal n’a parlé de l’enquête. Trois jours après, Le Monde prend ses distances avec la pétition19 et dénonce la gravité des faits19.

Deux mois avant, le 8 novembre 1976, une « Tribune libre » de Gabriel Matzneff dénonce ces trois ans de détention préventive24, la « discrimination »24 contre les homosexuels par le Code pénal, le « silence » des intellectuels24 et même la « gêne, teintée de réprobation »24, qui font de lui « un homme isolé »24 malgré les attaques et la plainte d’un téléspectateur24, après son premier passage à la nouvelle émission de télévision littéraire de Bernard Pivot, Apostrophes, le 12 septembre 197524. Matzneff dit avoir rencontré un des trois hommes24 arrêtés à l’automne 1973. Le 22 novembre 1976, Le Monde signale « de nombreuses réactions de nos lecteurs pour la plupart critiques, voire hostiles et quelquefois indignées »25 à la « Tribune libre » de Gabriel Matzneff et en publie trois25.

Dans cette « simple affaire de “mœurs” (…) les enfants n’ont pas été victimes de la moindre violence », dénonce la pétition, qui juge « disproportionnées »23 les peines encourues (5 à 10 ans de prison), alors que « la loi reconnaît une capacité de discernement aux adolescents, qui peuvent être jugés et condamnés à partir de l’âge de 13 ans »23.

La pétition estime que la Cour d’assises doit les libérer, car trois ans de détention « ça suffit ! »23, mais ne réclame pas de changement de la loi23, même si elle souligne que des filles de 13 ans ont le droit de se faire prescrire la pilule en France23 depuis la Loi Veil de 1974. La pétition semble ainsi ignorer que cette Loi Veil ne l’autorise que pour les centres de planning familial et sur prescription médicale26.

Le lendemain de la pétition, le procès débute. Le Monde félicite la Cour d’assises de supprimer le huis clos19 même si les victimes sont mineures, pour que les signataires de la pétition comprennent pourquoi l’enquête a duré plus de trois ans19 et son évolution : les victimes affirmaient certes avoir donné leur consentement, mais il s’avère très fragile vu leur âge et l’influence des adultes, comme le révèle l’audience publique. Les témoins y révèlent aussi des faits plus graves que les simples caresses et baisers évoqués par la pétition19, signée par 69 personnes au cours des semaines précédentes. Si la durée de la détention provisoire était « inadmissible », « là s’arrête l’indignation » écrit le journaliste envoyé par Le Monde19, pour qui « ce procès n’est pas » celui « d’une société ultra-répressive »19 mais de « trois hommes qui ont repris en compte à leur profit, et pour leur plaisir, des pulsions sexuelles »19. Il « est naturel de ne pas aimer cette forme d’amour et d’intérêt », conclut le journal19.

Parmi les signataires, des futurs ministres, Jack Lang, Bernard Kouchner, des intellectuels comme Jean-Paul Sartre, Simone de Beauvoir, Louis Aragon, André Glucksmann, Gilles Deleuze, Roland Barthes, Francis Ponge et Guy Hocquenghem, ainsi que quelques médecins23,1.

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Liste complète des signataires23.

Auteur

L’auteur de cette pétition est resté inconnu pendant 36 ans. Le 7 septembre 2013, agacé par des journalistes qui en parlent sans l’avoir lu, Gabriel Matzneff revendique la responsabilité et la rédaction du texte dans une chronique de son site personnel intitulée « Couvrez cette pétition que je ne saurais voir »27,28.

Il y explique les circonstances dans lesquelles est née la pétition, résumé d’une chronique parue dans Le Monde le 8 novembre 1976 sous le titre « L’amour est-il un crime ? »29. La quête des signatures fut menée par Matzneff, avec l’aide de Guy Hocquenghem. Selon lui, la plupart des personnes contactées se montrèrent favorables. Parmi les refus, Marguerite Duras, Hélène Cixous, Xavière Gauthier, et Michel Foucault.

Toujours en 2013, Matzneff ne renie en rien les valeurs exprimées par cette pétition : « J’en suis très fier et, si je l’écrivais aujourd’hui, je n’en modifierais pas le moindre mot, car elle est encore plus actuelle, nécessaire aujourd’hui qu’en 1977. »

Lettre ouverte dans Le Monde du 23 mai 1977

 Article détaillé : Affaire de Versailles.

Le Monde est le seul journal à publier le 23 mai 1977, au lendemain du verdict dans l’Affaire de Versailles, des extraits d’une lettre ouverte écrite à la suite de la pétition du 26 janvier 1977, qui fait aussi référence exclusivement à l’Affaire de Versailles, pour que la pédocriminalité soit jugée plus rapidement, et donc par les magistrats professionnels d’un tribunal correctionnel plutôt que par cour d’assises2.

Des extraits sont publiés par le seul journal Le Monde30, qui cite les rappels des lois de 1810, 1836, 1863 et 1945 faits par la pétition30 et n’élude que la dizaine de lignes sur vingt consacrées à l’Affaire de Versailles, dont le verdict vient d’être rendu, cinq ans de prison avec sursis. Le Monde préfère s’en tenir à la conclusion des signataires qui « demandent que le dispositif pénal soit allégé, que de telles affaires, aujourd’hui passibles de la cour d’assises, soit jugées par un tribunal correctionnel », car « la détention préventive, en matière correctionnelle, ne peut excéder six mois »30.

Le texte souhaite aussi limiter à 5 ans de prison ferme la peine maximum encourue en cas d’attentat à la pudeur, le viol restant passible de Cour d’assises30,2.

L’appel explique que l’Affaire de Versailles, « jugée en audience publique, a posé le problème de savoir à quel âge des enfants ou des adolescents peuvent être considérés comme capables de donner librement leur consentement à une relation sexuelle. C’est là un problème de société. Il appartient à la commission de révision du code pénal d’y appporter la réponse de notre temps »30, pour des textes de loi « rajeunis et actuels »30.

La partie citée dans le court article du Monde évoque le droit du « détournement de mineur — dont le délit peut être constitué par le seul hébergement d’un mineur pour une nuit », prétend la pétition.

Le texte ne propose cependant à aucun moment de dépénaliser la pédophilie2. Ainsi, selon l’historien Jean Bérard, l’une des signataires, Françoise Dolto, estime que les relations sexuelles entre mineurs et adultes sont toujours source de traumatisme31,16.

Cependant, le texte observe avec une certaine désinvolture que « la qualification criminelle aboutit aujourd’hui à des conséquences aberrantes. En effet, le législateur se fait complice de l’acte incriminé puisque, d’autre part, il autorise la vente de contraceptifs aux filles de moins de quinze ans »30, alors que la Loi Veil ne l’autorise que sur prescription médicale et dans un dispensaire du Planning familial.

Ainsi ces pétitions « touchant à la norme et à la transgression dans des domaines aussi délicats que les rapports avec les enfants leur conféra parfois, par le ton utilisé, un caractère désinvolte (…) qui les placera ensuite en porte-à-faux » expliquera en 2007 l’historien Jean-François Sirinelli, pour qui les motivations des signataires sont très différentes de l’un à l’autre32.
Le texte parait dans les pages « Opinions » sous le titre « Lettre ouverte à la Commission de révision du code pénal pour la révision de certains textes régissant les rapports entre adultes et mineurs »2.

Moins de deux ans après, Le Monde reviendra sur cette affaire, pour souligner qu’entre-temps, à « en juger par l’émotion suscitée par l’Affaire Jacques Dugué »33, la révision des articles du code pénal portant sur les relations mineurs-adultes, demandée par ces personnalités, « n’est pas prête d’être acceptée par l’opinion »33.

Un mois après l’appel de mai 1977 sort le premier livre d’un des signataires, Pascal Bruckner, Le Nouveau désordre amoureux, plaidoyer pour la diversité des sexualités, dont l’un des chapitres sera jugé « plus que complaisant » envers l’apologie de la pédocriminalité professée trois ans auparavant par l’écrivain Tony Duvert34,35,36.

C’est seulement en 1982 que la loi placera la majorité sexuelle à 18 ans pour les homosexuels16.

Les signataires de la lettre ouverte du 23 mai 1977

Les signataires sont 80 personnalités et intellectuels30,37.

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Liste complète des signataires23.

Le Monde reproduit les signatures d’intellectuels comme Louis Althusser, Jean-Paul Aron, Roland Barthes, André Baudry, Simone de Beauvoir, Jean-Claude Besret, Jean-Louis Bory, Bertrand Boulin, François Chatelet, Patrice Chéreau, Copi, Alain Cuny, Gilles Deleuze, Jacques Derrida, Françoise Dolto, Michel Foucault, Félix Guattari, Michel Leiris, Gabriel Matzneff, Bernard Muldworf, Christiane Rochefort, Alain Robbe-Grillet, Jean-Paul Sartre, le docteur Pierre Simon et Philippe Sollers30.

La lettre a également été signée par Dennis Altman (en), Claude Bardos, le pasteur G. Berner, Christian Bourgeois, Christine Buci-Glucksmann, Jean-Pierre Colin, Dominique Desanti, Jean-Toussaint Desanti, Bernard Dort, Françoise d’Eaubonne, Philippe Gavi, André Glucksmann, Renaud Goyon, Daniel Guérin, Pierre Hahn, Jean-Luc Hennig, Christian Hennion, Guy Hocquenghem, Roland Jaccard, Pierre Klossowski, Anne Laborit, Madeleine Laïk, Georges Lapassade, Dominique Lecourt, Jacques Lefort, Michel Lobrot, Jean-François Lyotard, Michel Mardore, Dionys Mascolo, Gérard Molina, Vincent Monteil, Nicole Nicolas, Marc Pierret, Jacques Rancière, Claude et Olivier Revault d’Allonnes, Jean Ristat, Gilles Sandier, René Schérer, Victoria Thérame, Hélène Védrine et les Drs Frits Bernard, Boegner, Cabrol, Challou, Maurice Eme, Pierrette Garreau, R. Gentis, Michel Meignant, Jean Nicolas, Séguier, Torrubia2.

Pétition dans Libération du 23 mars 1979

 Article détaillé : Affaire des films de la FNAC.

Le 23 mars 1979, dans un climat politique tendu, une pétition titrée « Flip Fnac » est publiée dans la page « Courrier des lecteurs » du journal Libération, alors en grande difficulté. La pétition dénonce la détention préventive de 18 mois, dont 9 à l’hôpital psychiatrique de Villejuif, imposée à Gérard Roussel. Presqu’aucun détail n’a filtré en raison du secret de l’instruction : il a été arrêté en septembre 1977 à la FNAC, où il venait retirer, sous un nom d’emprunt, un film super-8, qui mettait en scène une fillette de sept ans. Un employé du magasin, choqué par les images, a signalé le film à la police, qui lui a tendu une souricière38.

La prise de distance du Monde sur l’affaire Flip Fnac et l’audience

Les juges ont entre-temps « correctionnalisé » l’affaire39, pour arriver plus vite au procès et réduire le risque encouru de 10 ans à 5 ans de prison ferme, en transformant les accusations, d’« attentats à la pudeur commis sans violence contre des enfants de moins de quinze ans » à « violences et voies de fait commises contre des enfants de moins de quinze ans »39, bien que l’on « puisse contester que des violences contre des enfants soient plus répréhensibles qu’un attentat à la pudeur commis avec leur consentement », estime alors, début avril 1979, Le Monde39, qui cite par ailleurs une partie du texte de la pétition parue dans Libération40 :

« Donner de l’amour à un enfant et en recevoir de lui par une présence, de la tendresse, des caresses, est un délit, voire un crime. On sait aussi que deux mineurs, qui font l’amour ensemble, se détournent l’un l’autre aux termes de la loi. Le caractère anachronique de cette législation est renforcé par le fait qu’une jeune fille de moins de quinze ans peut se procurer une contraception, sans l’autorisation de quiconque »39.

Devant la 15e chambre correctionnelle du tribunal de Paris38, Gérard Roussel comparait le 30 mars 1979, finalement accusé d’avoir eu des rapports sexuels avec des fillettes de 6 à 12 ans. Le suspect ne conteste pas les faits et nie juste qu’il y ait eu « pénétration réelle ».

Le dessin pédophile des graphistes de Bazooka dans Libération

La pétition a été publiée seulement dans Libération. Le quotidien, pour la première fois17 en perte (11 % de son chiffre d’affaires 197817) est alors déclaré « non-viable » car il ne tire qu’à 37 000 exemplaires, loin des 50 000 nécessaires pour équilibrer son budget17. Face à trois rivaux, Le Matin de Paris, fondé le 1er mars 197741, The Paris Metro42 créé à l’été 1977 et Rouge, devenu quotidien du 15 mars 1976 au 3 février 1979, Libération commence à publier des annonces destinées à des mineurs de 12 à 18 ans38, car il a eu vent du projet de magazine, Le Gai Pied, lancé le 1er avril 197938 sur fond d’Affaire Jacques Dugué, autre pédocriminel, en détention préventive depuis juillet 1978, révélée par le journal d’extrême droite Minute en septembre 197838. Serge July, directeur de Libération, avait recruté à l’été 1977 Bazooka, groupe de graphistes inspirés par les Sex Pistols du Mouvement punk et la sortie de God Save the Queen (chanson). July lui offre « une totale liberté d’expression », pour « secouer » le journal43. Selon lui « l’agression » graphique pratiquée par Bazooka « est aujourd’hui une manière d’exister, d’entretenir un rapport avec un monde désespérant »44. Bazooka intervient au « marbre » (maquette) juste avant le départ au rotatives mais sa « dictature graphique »44 provoque les réticences de la rédaction et la collaboration cesse. Bazooka travaille alors pour une autre publication, créée par Libération, la revue Un Regard moderne45, arrêtée en novembre 1978, après seulement six numéros, la rédaction de Libération accusant Bazooka de « pirater le journal au montage »46 par la publication, dans dans la page d’annonce « Taules » de la revue encartée dans le numéro du 5-6 novembre 1978, consacrée aux détenus, d’un dessin pédopornographique38.

Le climat politique délétère autour de l’affaire Jacques Dugué

Bazooka l’accusant de censure, Libération multiplie les interviews de provocation (Jacques Mesrine, Hans-Joachim Klein) et s’empare de l’Affaire Jacques Dugué, qui rebondit en janvier 1979, malgré le secret de l’instruction : trois mois après Minute, France-Soir, qui a perdu 40 % de ses journalistes dans la clause de cession liée au rachat par Robert Hersant, titre à son tour sur « une écœurante affaire de mœurs » où un « soi-disant éducateur aurait livré à la prostitution internationale des régiments de gamins ». Minute surenchérit, affirmant que Dugué est adhérent communiste. Démenti de la mairie de Saint-Ouen et de L’Humanité, à qui Marc Croissant, employé d’une autre mairie communiste, à Ivry, écrit47 pour prendre la défense de Dugué. Libération propose alors à Jacques Dugué d’écrire de sa prison une « tribune libre ». Publiée le 21 janvier 1979, elle déclenche un scandale car Dugué fait l’apologie de la « sodomisation » d’enfants. En réaction, le directeur de L’Humanité, Roland Leroy, accuse Libération de défendre les pires causes, à commencer par des « proxénètes d’enfants ». Dans Libération du 1er mars, Jean-Luc Hennig, proche du militant homosexuel Guy Hocquenghem écrit : « on n’a pas eu Libération par la politique on l’aura par le cul »38. Quelques jours après, un éditorial de Serge July se vante d’avoir subi 9 inculpations en quelques mois38, mais pour la plupart sans lien avec la pédophilie.

Le Monde ne prend lui parti dans aucune des deux affaires. Il obtient le 27 février des informations des enquêteurs, évoquant les « 15 jours dans le coma » de Jacques Dugué33, qui vient de se pendre suite à « la quasi-certitude d’être lourdement condamné »33 mais aussi « les victimes (qui) seraient au nombre d’une trentaine »33 et ne « se livraient pas seulement à des jeux innocents », tandis que « l’un des parents » avait porté plainte33.

Exclu du PCF, licencié le 6 février48, Marc Croissant est la cible le 15 mars, d’un tract communiste jugé « intolérable » par Libération. Une semaine après, dans ce climat délétère, Libération publie la pétition « Flip Fnac », signée par 63 personnes, dont Pascal Bruckner, Georges Moustaki et Christiane Rochefort49. En 2001, L’Express y voit un exemple de dérive d’une partie de la génération 6849, même si la plupart des signataires sont plus âgés.

Pétition de soutien à Cohn-Bendit dans Libération du 1er mars 2001

En janvier 2001, la journaliste allemande Bettina Röhl50 qui n’avait que 14 ans50 lors du suicide de sa mère Ulrike Meinhof, cofondatrice de la Fraction armée rouge51, diffuse à plusieurs grands journaux anglais, italiens et allemands52 un article publié par Daniel Cohn-Bendit en 1976, peu après le suicide de sa mère, dans le magazine culturel de son père, qu’elle accuse de l’avoir abandonnée50. Cet article reprenait un chapitre du livre Le Grand Bazar, dans lequel Daniel Cohn-Bendit évoquait l’année précédente ses activités d’aide-éducateur à Francfort en théorisant l’éveil à la sexualité des enfants de 1 à 6 ans et témoignant de rapports physiques à connotation sexuelle que Daniel Cohn-Bendit a entretenus avec eux.

Daniel Cohn-Bendit évoque alors dans Le Monde du 22 février 2001 « le contexte des années 1970 » et des pages « dont nous devons avoir honte »4. L’écrivain Sorj Chalandon rédige le lendemain un mea culpa de Libération sur des pétitions oubliées datant des années 19706 et L’Express publie des entretiens avec deux de leurs anciens signataires, Philippe Sollers faisant part de ses regrets et Bernard Muldworf assurant être déjà anti-pédophile à l’époque7.

Au journal de 20 heures de TF1, Cohn-Bendit dénonce une « chasse à l’homme » pour des écrits n’ayant selon lui « suscité aucune réaction » en 19755. Libération pourfend le même jour une « haine de Mai 68 qui n’a jamais abdiqué »53 dans un numéro consacrant six articles à l’affaire dont ceux de trois « ex-soixante-huitards » (Romain Goupil, Serge July et Philippe Sollers) remontés contre un « procès stalinien » visant selon eux Cohn-Bendit, celui de Romain Goupil étant même titré « J’ai envie de dire : oui, je suis pédophile ! »54. Une semaine après plusieurs de ses amis signent une pétition titrée « Cohn-Bendit et mai 68 : quel procès ? »8. « Écrits ou propos scandaleux, ceux de Cohn-Bendit ? Non, ceux d’une nécessaire explosion de parole » dit le texte, en estimant que la révolution sexuelle a d’abord appris aux enfants, aux adolescentes, aux femmes à dire « non ».

Notes et références

  1. « Trois soixante-huitards dénoncent un “procès stalinien” », Libération,‎ 23 février 2001 (lire en ligne [archive]).

Annexes

Les livres en français évoquant les pétitions en France concernant la majorité sexuelle ont tous été publiées au XXIe siècle.

Bibliographie

Voir aussi

Lien externe

 

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