Coronavirus : l’extrême-gauche française a bien voulu la pandémie

Le 23 mars dernier, j’ai un peu douché mes adversaires, surtout le malade mental Jean-Marc Donnadieu qui depuis maintenant une dizaine d’années me présente partout mensongèrement comme un cas psychiatrique extrêmement grave qui n’aurait jamais été ni ingénieur ni informaticien et ne saurait même pas écrire, en publiant une série de documents attestant au contraire, comme je l’ai toujours dit, que j’avais bien des notes exceptionnelles en français à l’école – en fait, toujours les meilleures, et dans l’enseignement supérieur comme jusqu’au Bac, obtenu en section C avec mention – ici :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/23/je-ne-sais-pas-ecrire-parait-il/

Par la même occasion, j’ai publié un de mes devoirs de français de la classe de 3ème montrant que j’avais alors imaginé une situation de confinement provoquée par une catastrophe environnementale, un peu comme ce que nous vivons aujourd’hui, l’apparition de nouveaux virus comme Covid-19 pouvant résulter d’une destruction d’écosystèmes naturels (voir ci-dessous).

En même temps, ceux qui ne le savaient pas encore ont pu découvrir qu’à 14 ans dans les années 1970, j’étais donc, entre autres choses, un genre de Greta Thunberg, mais sans les troubles, et sans les parents célèbres favorisant l’accès aux médias.

A cette époque, ce n’était évidemment pas très commun.

Cependant, cela ne m’avait pas pris d’un coup du jour au lendemain, mes parents faisant déjà localement depuis le début des années 1970 un gros travail de sensibilisation à l’écologie – et à bien d’autres sujets de leurs préoccupations qui par la suite seront tous repris à leur compte par divers collectifs de l’extrême-gauche, non pas pour les porter, mais au contraire pour tout étouffer.

Afin d’éviter de me faire encore traiter de folle délirante par la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest et tous ses complices harceleurs haineux, je vous ai collé ci-dessous un texte retraçant toute l’histoire de l’extrême-gauche française et de l’écologie dans les années 1970, attestant que ma mémoire ne me fait toujours pas défaut : dès cette époque nous étions bien perçus comme de dangereux activistes et concurrents à abattre par tous les moyens et ils furent bien tous employés pour nous détruire.

 

https://www.courrierinternational.com/article/coronavirus-la-destruction-des-ecosystemes-par-lhumain-favorise-lemergence-depidemies

Coronavirus.

La destruction des écosystèmes par l’humain favorise l’émergence d’épidémies

 

Publié le 28/03/2020 – 05:58

 

Les scientifiques “chasseurs de virus” alertent depuis plus de dix ans sur l’apparition de nouvelles maladies liées à la déforestation. Paludisme, Ebola, Covid-19…. l’agression humaine aux écosystèmes finit par mettre en péril des vies humaines.

L’apparition de ces étonnants agents pathogènes nouveaux, comme le coronavirus responsable du Covid-19, n’est rien d’autre que le résultat de l’anéantissement des écosystèmes, dont souffrent en particulier les zones tropicales, où ils sont détruits pour faire place à des monocultures intensives industrielles. L’émergence de ces maladies découle aussi de la manipulation et du trafic de la faune et de la flore sylvestres, souvent menacées d’extinction.

 

Il y a une dizaine d’années déjà que les scientifiques étudient les liens entre l’explosion des maladies virales et la déforestation.

Ce n’est pas quand un bulldozer écrase tout sur son passage sur une montagne grouillante de vie que le phénomène est visible : c’est quand apparaissent chez les individus des symptômes étranges et des maux jusque-là inconnus.

De nouveaux foyers d’épidémies

Le constat est établi dans de nombreux pays, de l’Asie du Sud-Est jusqu’à l’Amérique latine, avec des spécificités, des difficultés et des dynamiques propres à chacun. Cependant, il s’agit au fond partout de la même chose : d’une conception extractiviste du monde vivant, qui conduit l’humanité à mettre en péril sa propre existence. Et contre cela, aucune solution hydroalcoolique ne peut rien.

Carlos Zambrana-Torrelio est un chercheur bolivien et le vice-président d’EcoHealth Alliance, une organisation spécialisée dans l’étude des relations entre environnement et pathologies émergentes, dont le siège est à New York. Il sillonne les zones sensibles de la planète et travaille sur leurs relations entre elles, et avec leur écosystème.

Les zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, ont toujours existé partout dans le monde, sans toutefois prendre systématiquement une ampleur internationale – elles sont généralement contenues, ou ne trouvent pas les conditions nécessaires pour se propager.

Ainsi en juin dernier, un nouveau foyer épidémique a été identifié en Bolivie, causé par le virus Chapare [du nom d’une province de la région de Cochabamba, au cœur du pays].

L’amputation des forêts tropicales en cause

Ce dernier avait été identifié pour la première fois en 2003 dans la région de Cochabamba, une zone déboisée au profit de rizières où la récolte se fait, en règle générale, manuellement – les paysans qui en vivent habitent donc à proximité des plantations.

Or voilà que, seize ans plus tard, est arrivé dans des services d’urgence de la région de La Paz [à plus de 300 kilomètres] un homme présentant des symptômes que les médecins n’ont pas identifiés immédiatement. Nul ne sait comment le virus qu’il avait contracté a voyagé depuis les rizières tropicales jusqu’aux altitudes andines.

Carlos Zambrana-Torrelio travaille en Afrique, en particulier au Liberia et en Sierra Leone, où l’épidémie d’Ebola a surpris tout le monde par sa virulence.

Là-bas aussi, c’est la fragmentation de la forêt tropicale qui fut la première cause de la maladie : le déboisement a en effet poussé plusieurs espèces de chauves-souris à se rassembler, en groupes serrés, sur les rares arbres encore sur pied. Cette réunion d’espèces différentes, qui dans l’environnement habituel n’interagissent pas, a fait office de bouillon de culture [les chauves-souris sont soupçonnées d’être l’un des réservoirs du virus Ebola].

 

Carlos Zambrana-Torrelio insiste :

Tout commence par la déforestation. À Bornéo, la fragmentation du couvert forestier est en train de provoquer une recrudescence du paludisme. L’explication ? Dans des espaces ouverts, il y a de plus grands trous dans lesquels s’accumule l’eau où se reproduisent les moustiques. Ceux-ci vont transmettre le parasite [donnant la malaria] aux hommes qui, à proximité, exploitent les palmiers à huile.”

Si les maladies zoonotiques ne sont donc pas nouvelles, elles sont manifestement en augmentation. David Quammen en étudie les raisons dans son ouvrage Spillover : Animal Infections and the Next Human Pandemic [“Tache d’huile : les infections chez l’animal et la pandémie humaine à venir”, non traduit].

Le scénario de la vengeance

Une humanité innombrable, cohabitant avec des bétails extrêmement nombreux, ajoutée à la destruction des habitats naturels et à des écosystèmes bouleversés : selon lui, tous les ingrédients sont réunis pour un scénario façon vengeance de dame Nature.

Dans un reportage de la National Public Radio, aux États-Unis, Quammen précise que nous, les êtres humains, sommes le point commun à toutes les zoonoses :

Nous avons tellement proliféré et nous perturbons tant la planète… Nous rasons les forêts tropicales. Nous dévorons la vie forestière. Quand on entre dans une forêt, il suffit de secouer un arbre pour que tombent les virus – au sens propre comme au sens figuré.”

Les écosystèmes sont des entrelacs complexes, dont nous comprenons partiellement les relations évolutives grâce à de patientes observations scientifiques. Leur destruction au nom du progrès ou simplement de la cupidité a des côtés obscurs que nous finissons par subir dans notre chair.

Des virus en évolution

Quand, par exemple, Jair Bolsonaro s’enorgueillit de la souveraineté brésilienne sur les cendres de l’Amazonie, il n’y a plus qu’à attendre que la maladie s’abatte sur cette forêt transformée en zone d’agriculture et d’élevage. En témoigne une étude publiée en 2010 dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases : la destruction de 4 % de la forêt a entraîné une hausse de 50 % des cas de paludisme.

 

Les espèces sauvages ne sont pas malades des virus dont elles sont porteuses, car elles ont évolué avec eux pendant des milliers d’années.

“Tout animal peut être porteur d’une cinquantaine de virus différents. Ça fait partie de la dynamique du système. S’il n’y avait pas d’êtres humains, il n’y aurait pas de transmission”, affirme Carlos Zambrana-Torrelio.

Fidel Baschetto, vétérinaire et professeur à l’université de Córdoba, en Argentine, renchérit : “Les virus qui sont nouveaux pour nous ne le sont pas pour la nature. Il s’agit donc de déterminer si on parle d’une maladie émergente, ou d’une maladie émergente pour l’homme. De nombreux virus ont coévolué avec certaines espèces et ces dernières ne souffrent pas de la maladie. L’agent pathogène sait que quand il pénètre dans un nouvel organisme, il ne doit pas le rendre malade ou du moins il ne doit pas le faire succomber. Car la mort de l’hôte – celui que nous appelons patient – entraîne aussi la mort de l’agent pathogène. Aucun micro-organisme n’a pour objectif la mort de son hôte. Mais avant que ce micro-organisme n’évolue, ce qui peut prendre des milliers d’années, la cohabitation produit la maladie”, ajoute le scientifique argentin.

La désastreuse mutilation de la nature par l’homme

Il ne faut pas en vouloir aux chauves-souris, moustiques, souris ou pangolins. Non, le problème vient de ce que nous faisons à leurs écosystèmes, il est lié au fait que nous les regroupons et les manipulons dans des milieux artificiels.

Telle est la véritable recette du coronavirus, qui sera probablement à l’origine d’une récession mondiale. Autrement dit, mutiler les écosystèmes coûte très cher.

 

La transmission à l’humain du coronavirus s’est produite sur un marché à Wuhan, une ville chinoise, où sont vendues des espèces sauvages braconnées.

Le commerce illégal de ces animaux emprunte les mêmes routes que le trafic de drogues et d’armes, et il pèse des milliards de dollars. Les consommateurs de cette viande vivaient autrefois dans les campagnes et ont migré en ville : aujourd’hui, au lieu de chasser, ils se fournissent sur les marchés pour tenter de retrouver le goût de leur enfance.

Protégeons les écosystèmes : il y va de notre survie

Dans le cas du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui a aussi franchi la barrière des espèces dans l’un de ces marchés de produits frais, les excréments des chauves-souris ont notamment permis au virus de faire son chemin au point de devenir une épidémie, qui a touché 8 000 personnes en 2003.

 

Ne croyons pas que ce type de phénomène n’a lieu qu’en Chine, où le gouvernement a interdit la vente de ces produits, déplaçant probablement leur commercialisation vers le marché clandestin.

En Argentine, “nombreux sont ceux qui consomment des espèces sauvages (poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères) sans savoir si cette habitude risque d’entraîner la transmission de parasites ou d’autres maladies, les conditions d’hygiène dans la consommation d’espèces sauvages restant très aléatoires”, affirme Claudio Bertonatti, conseiller scientifique de la Fondation Félix de Azara. De nouveaux foyers d’infection peuvent donc aussi apparaître de cette façon.

La protection des écosystèmes ne relève pas seulement du prêchi-prêcha écologique, elle concerne notre survie. Si la Terre est malade, alors nous le sommes aussi. “Nous devons arrêter de penser que nous, les êtres humains, sommes un élément indépendant du système, résume Carlos Zambrana-Torrelio. Car nous en déduisons, à tort, que nous pouvons transformer, détruire et modifier l’environnement à notre convenance. Tout changement que nous imposons à la planète aura une répercussion sur notre santé.” Nous sommes tous dans le même bateau. Notre destinée est commune, avec ou sans masque.

Marina Aizen
Source

Anfibia

Buenos Aires

 

 

https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-1-page-191.htm

Coronavirus : l'extrême-gauche française a bien voulu la pandémie dans AC ! Brest VIN_113_L204

2012/1

1C’est à travers la nébuleuse des organisations d’extrême gauche postérieure à Mai 68 que nous entraîne Philippe Buton. À la recherche des relations nouées aussi bien avec les questions d’environnement qu’avec l’écologie politique proprement dite, il décrit un moment charnière dans l’histoire de l’extrême gauche, que les questions environnementales expriment aussi à leur manière.

2Aujourd’hui, les réactions des organisations françaises d’extrême gauche à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima témoignent de leur posture clairement écologiste. Pour tous ces groupes anticapitalistes, les impératifs de la sécurité ont été sacrifiés sur l’autel du profit et la société qu’ils appellent de leurs vœux devra impérativement concilier la libération du travail et la protection de la nature : « En se débarrassant d’une organisation économique dont le profit est le seul moteur, l’humanité pourrait faire enfin des choix conscients y compris en matière d’énergie », écrit Arlette Laguiller dans un récent éditorial [1][1]Lutte ouvrière, 14 mars 2011. Voir également le titre de une du….

3Mais cette posture écologiste de l’extrême gauche française ne fut pas innée, bien au contraire. Dans les années 1960, l’extrême gauche française s’était révélée totalement hermétique aux préoccupations écologistes et les événements de Mai 68 n’avaient signifié, sur ce point, aucune rupture [2][2]L’histoire de cette décennie est traitée dans Philippe Buton,…. Dans les années postérieures aux événements de Mai, la préoccupation écologiste s’insinue difficilement dans ces groupes révolutionnaires. Pourtant, amorcée à l’occasion de la première marée noire qui a touché les côtes françaises (le naufrage du Torrey Canyon en mars 1967), favorisée par la création d’un ministère de l’Environnement en janvier 1971, impulsée surtout par la naissance d’un mouvement écologiste indépendant (de la première manifestation antipollution, à vélo, en avril 1972 jusqu’à la candidature René Dumont en mai 1974), la préoccupation écologiste s’affirme progressivement dans la société française. Or, du moins à première vue, l’extrême gauche n’apparaît pas comme l’élément moteur, ni même essentiel, de cette prise de conscience.

4Nous nous proposons d’étudier cette laborieuse prise en compte de la question environnementale par cette mouvance dans la décennie qui a suivi Mai 68. Pour ce faire, nous privilégierons comme sources les multiples organes de presse édités pendant ces années. Car tous ces groupes partagent, consciemment ou non, l’analyse de Lénine selon laquelle un journal est « un organisateur collectif » et, pour toutes ces organisations, la publication de leur journal demeure l’activité essentielle.

5Dans cette nébuleuse de groupes et de journaux, nous rencontrons en premier lieu ceux dont les héritiers dominent aujourd’hui la scène révolutionnaire. En effet, les trois principales organisations révolutionnaires actuelles, toutes trois de sensibilité trotskyste, ont leurs ancêtres directs dans des groupes actifs pendant ces années post-68 : le Nouveau Parti anticapitaliste plonge ses racines dans la Ligue communiste, le parti ouvrier indépendant (POI) a les siennes dans l’Organisation communiste internationaliste et l’Union communiste demeure identifiée, comme à l’époque, par le nom de son hebdomadaire, Lutte ouvrière. Aux trois journaux édités par ces organisations (respectivement Rouge, Informations ouvrières et Lutte ouvrière), nous avons ajouté L’Internationale, l’organe de l’Alliance marxiste révolutionnaire (AMR, le courant trotskyste dit pabliste [3][3]Du nom de son principal dirigeant, le militant grec Michel…), ainsi que Révolution !, la publication d’une organisation issue de la Ligue communiste (LC) en 1971 et mâtinant son trotskysme originel d’épisodiques références maoïstes. La deuxième famille que nous rencontrons est celle des anarchistes. Le principal groupe est à l’époque, comme aujourd’hui, la Fédération anarchiste, dont le journal s’intitulait déjà Le Monde libertaire. En revanche, les autres groupes importants des années 1970 (l’Organisation révolutionnaire anarchiste et son organe Front libertaire des luttes de classes, l’Organisation communiste libertaire et son journal Guerre de classes, l’Union des travailleurs communistes libertaires et sa publication Tout le pouvoir aux travailleurs) ont disparu. Outre ces cinq organes trotskystes et ces quatre organes anarchistes, ont été retenues les publications éditées par la famille militante maoïste, aujourd’hui disparue [4][4]Pour être exact, il convient de préciser que quelques groupes…. Nous avons conservé les huit principales publications de ce courant : J’accuse, La Cause du peuple, Drapeau rouge, Front rouge, L’Humanité rouge, Le Marxiste-Léniniste, Prolétaire Ligne rouge et Tout. Enfin, nous avons choisi d’incorporer dans notre corpus l’hebdomadaire Tribune socialiste, édité par le parti socialiste unifié (PSU). En effet, bien qu’issue de la social-démocratie en 1960, cette organisation a enregistré au lendemain de Mai un processus de radicalisation qui autorise son classement dans la nébuleuse d’extrême gauche soixante-huitarde.

6En définitive, l’étude des rapports entre l’écologie et l’extrême gauche française nous permettra d’éclairer plus précisément la nature de cette force politique. Aussi, après avoir présenté la typologie des postures des groupes d’extrême gauche à l’égard de l’écologie, nous proposerons quelques clés d’interprétation de cette différenciation. Car l’extrême gauche française est loin d’être homogène. Et, vis-à-vis de l’écologie, trois positionnements apparaissent : les pionniers, les suivistes et les réfractaires.

Les pionniers de la conversion écologiste

7Les pionniers se sont précocement ouverts à la préoccupation écologiste. Ils ne renvoient pas la question à la solution magique de l’eschatologie révolutionnaire, mais souhaitent obtenir des résultats immédiats. Le parti socialiste unifié symbolise cette première posture. Initiateur de la revendication écologiste en France, l’ayant soutenue dès avant 1968, il maintient sa tradition d’ouverture novatrice. Tribune socialiste est ainsi un des rares journaux à réagir à la création d’un ministère de l’Environnement en 1971 et à soutenir sans réserves la manifestation parisienne antipollution à vélo de 1972 [5][5]Respectivement Tribune socialiste, 480, 14 janvier 1971, et….

8Parmi les pionniers, on compte aussi une partie des maoïstes. Tous les maoïstes ont comme point commun de soutenir la Chine de Mao, d’où leur nom. Mais les années post-68 voient l’émergence de deux sensibilités en leur sein. D’une part, les groupes qui s’autodésignent « marxistes-léninistes » et que de nombreux observateurs préfèrent appeler « mao-staliniens », parce qu’ils insistent sur leur fidélité envers l’ancien dirigeant soviétique. Cette sensibilité se veut l’héritière du parti communiste français (PCF) de la période stalinienne et elle privilégie le rôle du parti dans le processus révolutionnaire. Mais un second courant est apparu, souvent appelé « mao-spontanéiste ». Lui insiste sur la différence que représenterait Mao comparé à Lénine et Staline. À la place du parti, ces maoïstes valorisent le peuple et sa spontanéité révolutionnaire. Ce second courant est représenté dans notre corpus par les journaux Tout, publié par Vive la Révolution, J’accuse et La Cause du peuple édités par la Gauche prolétarienne. Or, quêtant la nouveauté issue du peuple, ces deux organisations s’éloignent progressivement de leur néoléninisme initial, multiplient les expériences hétérodoxes et, dans les deux cas peu de temps avant leur autodissolution (1971 pour Vive la Révolution, 1973 pour la Gauche prolétarienne), elles découvrent la thématique écologiste. Ainsi, comme Tribune socialiste, Tout commente la création en France d’un ministère de l’Environnement, grâce à un article au titre provocateur, « Un ministère de la merde », illustré par une photographie à l’avenant (deux amoureux portant des masques à gaz devant la tour Eiffel), toutes choses qui témoignent de la préoccupation précoce de cette organisation maoïste envers l’environnement [6][6]Tout, 8, 1er février 1971. Voir également « Le capital….

9Avec un temps de retard et un ton au-dessous, la Gauche prolétarienne franchit également le pas. Le premier article écologiste est publié dès février 1971, dans J’accuse[7][7]« Lyon : l’industrialisation sauvage », J’accuse, 2, 15…, mais sans postérité. Un an plus tard, La Cause du peuple intervient sur des thèmes écologistes, tels le logement ou l’urbanisme, et elle soutient la première manifestation à vélo contre la pollution [8][8]Respectivement « Résolvons la crise du logement ! », La Cause…. Encore un an et, à l’occasion du rassemblement du Larzac de 1973, elle inclut les défenseurs de la nature dans le front du combat populaire ainsi constitué, contrairement à l’année précédente [9][9]La Cause du peuple – J’accuse, 48, 13 septembre 1973.. Pour autant, ni article de fond, ni réflexion globale ne furent élaborés par la Gauche prolétarienne sur la question écologiste.

10Tel n’est pas le cas du dernier groupe pionnier, celui d’un faible courant trotskyste, les pablistes, alors regroupés dans l’Alliance marxiste révolutionnaire, dont le journal publie, dès mars 1971, un article de fond sur la pollution, en précisant, en avril 1972, que « la lutte contre la pollution n’est pas une diversion capitaliste [10][10]Respectivement « L’environnement, un vrai problème mais pas de… ».

11Toutefois, cette position pionnière est très minoritaire au sein de la mouvance d’extrême gauche. Plus fournie apparaît la deuxième catégorie, celle des suivistes.

Pour les trotskystes : deux pas en avant, un pas en arrière

12Les organisations que nous qualifions de suivistes relèvent épisodiquement l’importance de la pollution, s’inquiètent de la concurrence virtuelle du mouvement écologiste et tentent d’ajouter l’arme environnementale à leur panoplie anticapitaliste. Mais les résultats demeurent bien faibles si on compare leur engagement dans le combat écologiste avec celui observé dans leurs autres secteurs d’intervention (syndicats, étudiants, femmes). L’archétype de cette catégorie est incarné par la principale organisation d’extrême gauche sur l’ensemble de la période, la Ligue communiste. Étant donné son importance, il convient d’approfondir l’analyse.

13Nous avons étudié tous les titres des articles de son journal Rouge du 18 septembre 1968, premier numéro, au 5 mars 1976, dernier numéro de l’hebdomadaire, la Ligue tentant ensuite l’aventure de lancer un quotidien [11][11]Rouge est édité par les anciens dirigeants de la Jeunesse…. L’analyse de ces 359 numéros [12][12]Aux trois cent trente-sept livraisons de l’hebdomadaire, nous… révèle la faible préoccupation écologiste autant que la progressive modification de cette attitude [13][13]La Ligue communiste, puis Ligue communiste révolutionnaire….

14Pendant ces sept années et demi, Rouge n’a publié que treize articles consacrés à l’écologie, soit en moyenne un article tous les vingt-six numéros, donc tous les six mois. Pour autant, il existe une évolution : à l’étape du silence succède celle de l’hésitation.

15La période du silence dure trois ans et demi, de septembre 1968 à mars 1972, et le silence de cette période ne fait que prolonger celui de la presse d’extrême gauche avant 1968. Dans les cent cinquante-quatre premiers numéros, un seul petit article témoigne d’une préoccupation écologiste [14][14]« Fos l’enfer de la pollution », Rouge, 131, 6 novembre 1971.…. La principale raison de ce silence réside dans la certitude de l’imminence révolutionnaire. L’urgence est de préparer l’affrontement décisif et la question écologiste n’apparaît alors ni urgente, ni centrale, ni même importante. Les témoignages d’anciens militants sont dépourvus d’ambiguïté : l’écologie reste soit un dérivatif, soit un leurre réformiste.

16Mais une nouvelle période commence en avril 1972. Désormais, le journal traite, épisodiquement mais régulièrement, des problèmes écologistes : toutes les quinze semaines en moyenne. Ce n’est pas l’engouement, mais ce n’est plus le mépris, et ce relatif revirement s’explique par la naissance d’un mouvement écologiste en dehors de l’extrême gauche organisée. Beaucoup plus à l’affût du nouveau que ses concurrents, Rouge témoigne de l’apparition de ce mouvement social. En avril 1972, le journal couvre la manifestation parisienne à vélo, contre la pollution. Sous un titre particulièrement peu subtil, « Pas de chambres à gaz, des chambres à air », l’article adoube cette manifestation en parlant d’« heureuse initiative » [15][15]« Pas de chambres à gaz, des chambres à air », Rouge, 155, 29…. Début juin 1972, Rouge publie le communiqué des organisateurs de la manifestation, Les Amis de la Terre. Or, celui-ci est très « gauchiste » dans son style : « Un mouvement écologiste révolutionnaire se développe en France [16][16]« Un mouvement écologiste révolutionnaire se développe en… ». Cette double réalité (l’apparition d’un nouveau mouvement social, l’éclosion d’une possible concurrence politique) semble donc à l’origine de l’intérêt de la Ligue pour l’environnement.

17Le 24 juin 1972, l’hebdomadaire trotskyste publie son premier article de fond sur la question écologiste, en évoquant le rapport de Sicco Mansholt dénonçant les risques de la croissance aveugle pour l’humanité. Mais le propos de Rouge dépasse la simple actualité : il remplit deux pages entières du journal, il souligne l’importance politique du fait écologiste pour les révolutionnaires et il est rédigé par le plus important théoricien trotskyste de l’époque, le dirigeant belge de la Quatrième Internationale, Ernest Mandel [17][17]« Écologie et lutte de classes. La bombe Mansholt : la grande…. Le pari de la Ligue est clair. Pour étouffer la concurrence de mouvements sociaux indépendants, elle s’empare de la revendication écologiste. Son objectif est fluctuant : au mieux, prendre la tête du mouvement contestataire, au minimum, impulser un courant écologiste révolutionnaire. D’où l’insistance des dirigeants trotskystes pour introduire un clivage entre réformisme et révolution au sein du mouvement écologiste. En effet, s’il serait dommageable de se priver d’une argumentation anticapitaliste supplémentaire, il ne s’agit pas pour autant de transformer le parti révolutionnaire en un mouvement réformiste. Et les articles de Rouge des années suivantes sont conformes à ce double cahier des charges : la lutte écologiste [18][18]Voir « Pollution. Elbeuf : unité contre le chlore », Rouge,… et la prophylaxie révolutionnaire, en dénonçant aussi bien les solutions prônées par Sicco Mansholt [19][19]« Écologie et lutte de classes… », op. cit. que l’organe de l’écologie réformiste que pourrait être Le Sauvage lancé par l’équipe du Nouvel Observateur en 1973 [20][20]Voir Rouge, 203, 4 mai 1973..

18En janvier 1974, Rouge semble placer l’écologie aux premiers rangs de ses préoccupations, car sa une est entièrement consacrée au débat écologiste [21][21]« Pénurie, chômage, gaspillage… Croissance zéro ? », Rouge,…, et la livraison comprend un dossier de quatre pages dans lequel Daniel Bensaïd réitère les commentaires d’Ernest Mandel sur le rapport Mansholt. En fait, c’est un deuxième faux départ et le rythme d’intervention ne s’infléchira pas par la suite, de même que la tonalité écologiste de la Ligue ne se radicalisera pas. Et les mêmes préventions à l’égard des écologistes organisés ne se démentiront pas non plus, ainsi que l’illustre l’absence de toute réaction aux résultats électoraux de René Dumont en mai 1974, alors même que Rouge est devenu quotidien.

19Un an plus tard, l’hebdomadaire publie, sous le beau titre de « Réinventer l’avenir », une longue interview de Brice Lalonde, des Amis de la Terre, par Jean-Paul Deléage [22][22]« Réinventer l’avenir », Rouge, 297, 25 avril 1975.. De toute évidence, l’article est à usage interne et Jean-Paul Deléage vise avant tout à convaincre ses camarades de la nécessité de se saisir de cette question, comme le suggère la mise en sous-titre d’une phrase de Brice Lalonde : « L’écologie, c’est une donnée de base que doit intégrer le mouvement ouvrier ». Il s’agit d’une période où Jean-Paul Deléage mène une opération de conversion écologiste à l’intérieur de la Ligue. Mais sans beaucoup de succès et, à nouveau, le silence se fait dans les colonnes du journal pendant huit mois.

20Pour aller plus loin dans l’analyse et observer les choses moins visibles, étudions le bulletin intérieur de la Ligue. Sa lecture de 1970 à 1977 [23][23]Les collections consultées, au Centre d’histoire du travail… induit une conclusion sans appel : la question écologiste demeure effectivement marginale dans la vie de l’organisation trotskyste. Pour que cette question soit réellement abordée dans le bulletin intérieur, il faut attendre l’été 1977 [24][24]« Socialisme ou barbarie », Discussions et débats : édité par…. La raison de ce regain d’intérêt pour l’écologie est d’ailleurs simple : comme dans le cas de l’apparition du thème dans la presse, c’est l’essor d’un mouvement écologiste autonome : « Le développement du mouvement écologiste, l’ampleur des manifestations antinucléaires et leur importance politique exigent que la LCR précise ses positions de fond [25][25]Ibid.. »

21Désormais, l’intervention écologiste de la Ligue communiste révolutionnaire se résume par un double postulat, selon que l’on analyse son discours public ou ses pratiques internes. Publiquement, c’est la fin des hésitations, et la Ligue comme ses publications interviennent régulièrement sur les questions environnementales. Ainsi, son programme de 1977 leur réserve une place importante, un des dix chapitres de cet épais livre de 397 pages [26][26]Ligue communiste révolutionnaire, Oui, le socialisme !, Paris,…. Mais, dans le même temps, l’organisation ne suit pas. Tout se passe comme si la Ligue donnait des gages à l’air du temps en publiant épisodiquement des articles à tonalité écologiste, mais qu’en réalité elle méprisait ce type de revendications, trop éloignées de sa culture politique d’origine. Jean-Paul Deléage fut le principal responsable de l’organisation à être sensible à l’écologie politique. Converti à cette dimension par la lutte contre l’amiante à Jussieu où il est alors maître-assistant, il se bat pour que la LCR prenne réellement à cœur le combat écologiste. Publiant des articles sous le pseudonyme de Lesage, il a la sensation de se heurter à un mur de bonnes paroles mais d’incompréhension réelle. La Ligue en est demeurée à son sentiment premier : la revendication écologiste est une revendication juste, que la révolution (qui ne saurait tarder) permettra de satisfaire. En attendant, elle risque de détourner beaucoup d’énergie du combat principal : la conquête de la classe ouvrière. Pendant quelques années, Jean-Paul Deléage multiplie ses efforts pour convaincre ses camarades, y compris par le biais d’une activité fractionnelle interdite par les statuts, en réunissant épisodiquement une quinzaine de militants convaincus de l’urgence écologiste, avant d’être exclu de sa cellule au début de l’année 1980 [27][27]Entretien Jean-Paul Deléage, 2 décembre 2010. La « dissidence…. En définitive, la Ligue n’a pas véritablement changé de politique et son suivisme prudent demeure sa marque de fabrique pendant toute la décennie.

22Un ton au-dessous de sa rivale, Lutte ouvrière développe une attitude proche. Dès l’été 1971, Lutte ouvrière publie des articles sur la pollution, l’urbanisme anarchique, les problèmes de logement [28][28]« Vierzon : les habitants des “Forges” luttent contre la…. Puis ce type d’articles devient régulier et relativement fréquent. Lutte ouvrière est ainsi le premier journal trotskyste à consacrer ses unes à des questions environnementales : en juillet 1971 à l’urbanisme [29][29]« Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs »,…, puis à la pollution provoquée par le nucléaire militaire français [30][30]« Mururoa : pollution pour toute la terre, profits pour…, aux catastrophes écologiques internationales [31][31]« Inondation au Bangladesh, incendies de forêts en France,…, à la gestion du quotidien [32][32]« Au-delà des vacances, se donner le temps et les moyens de… et, enfin, en juillet 1977, à la question du nucléaire civil avec un numéro intitulé « Énergie nucléaire : les capitalistes décident, voilà le vrai danger [33][33]« Énergie nucléaire : les capitalistes décident, voilà le vrai… ».

23Pour autant, si l’organisation trotskyste intègre désormais l’écologie à sa panoplie anticapitaliste, il ne s’agit nullement d’un ralliement à l’écologie politique, comme le montre le premier article de fond, au titre parfaitement explicite : « L’écologie politique : un apolitisme réactionnaire [34][34]« L’écologie politique : un apolitisme réactionnaire », Lutte… ». Mais l’article provoque la réaction de nombreux lecteurs et le journal doit s’en faire l’écho dans ses livraisons ultérieures, de même qu’il augmente le nombre des articles consacrés à la pollution.

24La chronologie de la conversion écologiste de l’organisation trotsko-maoïste Révolution est peu différente puisque, comme pour Lutte ouvrière, le premier article de fond est publié relativement tardivement, à l’été 1974 [35][35]« Écologie : socialisme ou barbarie », Révolution !, 62, 5…. Et cet article témoigne des classiques préventions gauchistes envers l’écologie politique : dénonciation des écologistes réactionnaires, perception de la révolution comme l’unique solution et méfiance envers les luttes concrètes, puisque « dans le cadre de la société bourgeoise, la lutte contre les nuisances, contre la pollution ne peut qu’avoir pour conséquence la stagnation, le chômage, l’accroissement de l’écart entre riches et pauvres [36][36]Ibid. ». Toutefois, l’intervention écologiste de cette organisation sera désormais relativement nette, et nous relevons ainsi dix articles pour la seule année 1975 [37][37]« Polluer sans temps mort… », Révolution !, 82, 14 février….

« Tout État pollue »

25Il peut paraître surprenant de constater que, dans cette catégorie des suivistes, se trouvent également les organisations anarchistes françaises. Certes, en novembre 1969, l’organe mensuel de la Fédération anarchiste, Le Monde libertaire, publie une flamboyante une écologiste, « Tas de cons… ça existe encore les oiseaux [38][38]« Tas de cons… ça existe encore les oiseaux ! », Le Monde… ! » D’autres unes dénoncent l’urbanisme moderne [39][39]« Du lapinisme à la cage à poules », Le Monde libertaire, 159,…, tandis que le premier article de fond sort en mai 1972, sous le titre bien anarchiste : « Tout État pollue [40][40]« Tout État pollue », Le Monde libertaire, 181, mai 1972. ». Mais tout cela reste bien modeste jusqu’en 1974. Ainsi, le congrès de la Fédération anarchiste (FA), en 1973, ne parle pas d’écologie [41][41]Le Monde libertaire, 192, juillet-août 1973., le pas étant franchi au congrès suivant, en 1974 où, pour la première fois, la question de l’environnement apparaît majeure [42][42]Le Monde libertaire, 203, juillet-août 1974.. La FA constitue une « commission écologiste » qui édite en novembre 1974 un numéro du Monde libertaire largement consacré, pour la première fois, à la question écologiste : « L’écologie, une nouvelle bonne conscience. Il est grand temps d’y penser ! » proclame la une [43][43]« L’écologie, une nouvelle bonne conscience : il est grand…. Quant à appeler aux manifestations écologistes, il faut atten-dre 1977 : Le Monde libertaire appelle alors à se rendre à la manifestation contre la construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Creys-Malville dans l’Isère, publie plusieurs articles sur ce rassemblement de 1977, alors qu’il avait été silencieux sur celui de 1976 [44][44]Le Monde libertaire, 235, juillet-août 1977 ; Le Monde….

26Cette frilosité des anarchistes à s’emparer de la question écologiste est encore plus évidente du côté des organisations moins traditionnelles que la Fédération anarchiste. Les nouveaux groupes apparus dans les années 1970, voulant dépoussiérer le vieil anarchisme de la Fédération anarchiste, souvent sensibles à une argumentation crypto-marxiste, sont encore plus hermétiques que la maison-mère. Pour lire, dans Front libertaire des luttes de classes, le journal de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), une dénonciation de la pollution, il faut attendre mars 1973 [45][45]« Le capitalisme continue à nous empoisonner », Front…, et l’été 1974 pour que l’écologie devienne un axe de réflexion du journal. Désormais, des articles sont publiés, relativement régulièrement, sur la question écologiste [46][46]« L’énergétique », Le Monde libertaire, 34, juin-août 1974 ;…, y compris des articles polémiques, tel celui de décembre 1974 dont le titre est explicite (« L’idéologie réactionnaire dans le mouvement écologiste [47][47]« L’idéologie réactionnaire dans le mouvement écologiste », Le… ») et provoque un débat dans les colonnes du journal [48][48]« Courrier écologique », Le Monde libertaire, 38, 24 janvier…. En fait, comme pour les trotskystes, la prise de conscience écologique s’accompagne de la volonté d’introduire un clivage au sein du mouvement écologiste entre révolutionnaires et réformistes.

27Cependant, malgré les indéniables limites de leur conversion écologiste, les organisations de cette deuxième catégorie apparaissent nettement plus ouvertes que celles de l’ultime catégorie que nous avons distinguée, celle des réfractaires.

Les réfractaires ou l’allergie écologiste

28Cette attitude très hostile à l’écologie n’est pas l’apanage d’une quelconque sensibilité et se retrouve aussi bien chez certains anarchistes, que chez des trotskystes ou des maoïstes.

29Regardons ainsi l’Organisation communiste libertaire (OCL) et son périodique Guerre de classes[49][49]Il ne faut pas confondre l’Organisation communiste libertaire…. Pendant toute la durée de son existence, de 1971 jusqu’en 1975, Guerre de classes n’a publié qu’un seul article dénonçant la pollution, un article relié en outre à un topos anarchiste, l’antimilitarisme [50][50]« Les essais nucléaires du Pacifique », Guerre de classes, 6,…. La même attitude réfractaire s’observe au sein d’une autre organisation anarchiste, issue d’une scission de l’ORA en 1976, l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Les premiers numéros de son organe de presse sont muets sur la question écologiste, et il faut attendre l’été 1977 pour que l’organisation s’inscrive vraiment dans une démarche écologiste révolutionnaire [51][51]« Les mobilisations de l’été », Tout le pouvoir aux… sans que cela constitue, pour autant, un axe important de l’organisation [52][52]Encore en 1981, aucun des neuf axes de la plateforme d’action….

30Parmi ces réfractaires, il est également nécessaire de ranger au moins une organisation trotskyste, l’Organisation communiste internationaliste (OCI). Son hebdomadaire, Informations ouvrières, n’intervient pas sur les questions écologistes avant 1977. Et c’est pour dénoncer « la réaction verte », titre d’un article d’Alexandre Hebert, le dirigeant syndicaliste très lié aux trotskystes de l’OCI, qui stigmatise le caractère réactionnaire des écologistes et soutient le développement de l’énergie nucléaire [53][53]Alexandre Hebert, « La réaction verte », Informations…. Quelques semaines plus tard, rendant compte de la manifestation de Creys-Malville, où un manifestant a trouvé la mort, l’hebdomadaire maintient son hostilité envers l’écologie politique [54][54]Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.. Toutefois, même une organisation comme l’OCI doit s’ouvrir quelque peu aux préoccupations écologistes. Le journal signale que l’article d’Alexandre Hébert a donné lieu à un abondant courrier qui l’amène à lancer un débat dans ses colonnes, débat alimenté principalement par un article anti-écologiste d’un dirigeant, mais aussi par un article écologiste d’un lecteur [55][55]Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.. C’est le début d’une légère ouverture de l’OCI à la question écologiste.

31Malgré la présence de ces organisations anarchistes et trotskystes, l’essentiel de cette catégorie des réfractaires est constitué par les organisations maoïstes de la seconde sensibilité, dite « mao-stalinienne ». Les journaux maoïstes que nous avons étudiés (Drapeau rouge, Front rouge, L’Humanité rouge, Le Marxiste-Léniniste, Le Prolétaire Ligne rouge) demeurent hermétiques à la préoccupation écologiste bien après les autres publications d’extrême gauche [56][56]Signalons toutefois que les publications les moins importantes…. Le journal de l’Union communiste française (marxiste-léniniste), Le Marxiste-Léniniste, comme Le Prolétaire Ligne rouge sont muets sur la question écologiste pendant de nombreuses années. L’exemple de Drapeau rouge est intéressant à approfondir. À l’origine, il s’agit d’une organisation maoïste implantée en Bretagne (son premier nom est Rennes Révolutionnaire) et, à ce titre, particulièrement au fait des catastrophes écologistes. Du reste, le premier numéro de Drapeau rouge comprend une nette dénonciation du capitalisme pollueur [57][57]« La pourriture de la société capitaliste en France », Drapeau…. Pourtant, rien de significatif n’est publié pendant longtemps : une allusion lors d’une intervention centrale prononcée dans un meeting au printemps 1973 [58][58]Drapeau rouge, 34, 8 juin 1973., un entrefilet sur une marée noire en janvier 1977 [59][59]« Bohlen : du pétrole et des idées », Drapeau rouge, 3… et un article d’une pleine page en mai 1977 [60][60]« Ekofisk : un accident ? », Drapeau rouge, 11, 9 mai 1977.. Il faut attendre l’été 1977, cinq ans après Rouge, pour qu’un long article de synthèse paraisse, à l’occasion de la marche sur Creys-Malville, et cet article demeure très balancé, développant une thématique qui pourrait être ainsi résumée : non au nucléaire capitaliste, oui au futur nucléaire socialiste ; « ce n’est pas l’énergie nucléaire qui est dangereuse, c’est le bourgeois qui la manipule de façon insensée [61][61]« Malville », Drapeau rouge, 16, août 1977. ». Autre exemple significatif, la lutte des paysans du Larzac contre l’extension du camp militaire est soutenue par les deux principales organisations maoïstes (L’Humanité rouge et Front rouge), mais elles omettent de signaler sa dimension écologiste, se limitant à la question de l’alliance entre ouvriers et paysans ainsi qu’à l’antimilitarisme [62][62]Voir L’Humanité rouge, 194, 25 juillet – 5 septembre 1973 ;…. En outre, leurs bulletins intérieurs sont, d’octobre 1970 à septembre 1976, totalement muets sur la question environnementale.

32Cette surdité à l’égard de l’écologie, nous en trouvons également la preuve en comparant les programmes des organisations édités à la même période que celui de la Ligue, déjà analysé. Il n’y a pas une ligne sur l’écologie dans le programme du parti communiste marxiste-leniniste de France (PCMLF)-Humanité rouge ou dans celui du groupe éditant Drapeau rouge, l’Organisation communiste de France (marxisteléniniste) [63][63]Cahier rouge, 14, janvier 1978 ; Organisation communiste de…. Quant à celui du parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste), il ne contient, sur quatre-vingt-seize pages, que deux phrases consacrées à la pollution [64][64]Parti communiste révolutionnaire marxiste-léniniste, Manifeste….

33Pour autant, ces maoïstes interviennent, très épisodiquement, sur cette question. La direction du parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste) a, dans une certaine mesure, sous-traité cette question par son organisation de jeunesse, l’Union communiste de la jeunesse révolutionnaire (UCJR). Ainsi, le premier numéro du journal de cette organisation, Rebelles, en février 1976, contient deux pages sur le nucléaire et l’écologie. Autre exemple, en avril 1978, un commando de cette même UCJR a souillé de peinture noire la façade de la Shell à Paris, afin de protester contre la marée noire de l’Amoco Cadiz. L’action est implicitement revendiquée par l’organisation dans la livraison de son journal en avril 1978, journal qui, pour l’occasion, fait sa une sur la question de l’environnement avec la photographie d’une manifestation et d’une banderole conforme au double credo écologiste et révolutionnaire : « Le pouvoir aux travailleurs, pas aux pollueurs [65][65]Rebelles, 9, avril 1978. Signe d’une évolution générale, le…. » Cette opération de commando, décidée centralement, ne signe nullement la montée de la préoccupation écologiste parmi ces militants maoïstes, mais marque la volonté de la direction de l’UCJR (donc de celle du parti communiste révolutionnaire) d’utiliser une arme de plus dans la propagande anticapitaliste. À partir de ce moment, on peut affirmer que les maoïstes se sont ouverts à la préoccupation écologiste, comme le révèle l’exemple des élections législatives de 1978. À cette occasion, les deux principales organisations maoïstes concluent une alliance électorale. Or, pour la première fois, l’argument écologiste occupe une place non négligeable dans leur propagande. À titre d’exemple, en Loire-Atlantique, les maoïstes présentent deux candidats, mais ils annoncent que, dans la huitième circonscription, « ils soutiendront les candidats d’ÉCOLOGIE 44 et leur combat contre la centrale nucléaire du Pellerin ; ils appellent à voter pour eux [66][66]CHT, Parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste),… ».

34Cette prise en compte de l’argumentaire écologiste reste cependant à la fois tardive et limitée. D’une part parce que, à notre connaissance, seules trois organisations maoïstes ont publié, avant 1979, l’équivalent du texte d’Ernest Mandel de juin 1972, autrement dit la théorisation de l’instrumentalisation écologiste : l’organisation, très marginale, de la nouvelle Cause du peuple en 1977 [67][67]Il ne faut pas confondre la nouvelle Cause du peuple, très… et, l’année suivante, deux organisations maoïstes importantes : le parti communiste marxiste-léniniste (PCML) et l’Union des communistes français (marxiste-léniniste) (UCF) [68][68]Le parti communiste marxiste-léniniste (PCML) est le nouveau…. D’autre part, parce que cette prise en compte demeure à sens unique : il n’existe aucune interrogation de fond sur la question écologiste, ni sur ses implications multiples ; il n’existe alors qu’une instrumentalisation de la thématique écologiste. Le capitalisme est le seul responsable des maux écologiques et, en conséquence, il faut dénoncer ceux qui omettent de marteler cette idée, les écologistes réformistes, donc réactionnaires.

35Pour expliquer cette différenciation entre pionniers, suivistes et réfractaires, il convient d’utiliser trois clés d’explication.

Modernité, marxisme et optimisme

36La première clé est celle de la modernité, entendue comme volonté d’établir un projet politique radicalement et volontairement novateur. Certains partis se veulent modernes, à l’écoute des bruits et des sentiments nouveaux issus de la jeunesse, tandis que d’autres se méfient ontologiquement de la nouveauté, toujours suspectée de déviation et de mirage anti-ouvrier. Entre préparer la gauche du 21e siècle d’un côté, et retourner à Lénine de l’autre, entre séduire la jeunesse et les couches moyennes d’une part, ou se recroqueviller sur une classe ouvrière mythifiée d’autre part, il y a un grand écart, souvent masqué, mais que la question écologiste tend à dévoiler.

37Le PSU s’est toujours voulu à l’écoute du nouveau et son caractère pionnier n’est donc guère étonnant. À l’inverse, tous les autres groupes regardent à la fois dans le rétroviseur et sur la ligne jaune. Le rétroviseur pour rester fidèle aux anciens, la ligne jaune qui menace toujours d’acclimatation petite-bourgeoise ces minces phalanges de purs. Leur obsession reste la trahison. Une telle préoccupation n’a pas de sens aux yeux du PSU, pour lequel avancer vers la révolution serait plutôt se détacher du passé de cette matrice social-démocrate, et non le réactiver, voire le fixer.

38C’est ce même rapport à la modernité qui provoque la rapide mutation des maoïstes spontanéistes de Tout et de La Cause du peuple. Mais leur dissolution quasi immédiate (dès qu’ils découvrent l’urgence de l’écologie et des autres exigences culturelles non conformes à leur univers théorique initial) témoigne de l’oxymore que signifiait un marxisme-léninisme moderne dans la France des années 1970.

39Ce rapport à la modernité éclaire également la fracture entre l’OCI d’une part, la Ligue communiste et l’Alliance marxiste révolutionnaire d’autre part. Ainsi, la Ligue veut réellement échapper au danger du repli sectaire et s’ouvrir aux aspirations nouvelles de la jeunesse, même si sa culture politique la fait perpétuellement se réfugier dans la procrastination ou le dédain, sentiment porté au paroxysme chez ceux qui se veulent les gardiens du temple de la vérité trotskyste, les lambertistes de l’OCI.

40La deuxième clé d’interprétation est le rapport au marxisme. Plus un groupe se réclame du marxisme, et plus il accorde une place centrale à la classe ouvrière, plus il peine à s’emparer de la question écologiste. Certes, dans le cas du PSU ou des maoïstes spontanéistes, ce rapport au marxisme renvoie partiellement à la question de la modernité, mais pas dans le cas anarchiste, au contraire. Là, la volonté de moderniser la vieille Fédération anarchiste amène la plupart de ces jeunes pousses de l’après-1968 à succomber aux sirènes du marxisme et de l’ouvriérisme, quitte à négliger les revendications écologistes, perçues comme petites-bourgeoises.

41La troisième clé d’explication est plus difficile à appréhender, mais elle est essentielle pour comprendre les différences d’approche au sein des organisations néoléninistes. C’est la notion d’optimisme révolutionnaire. Si les trotskystes sont généralement optimistes, les maoïstes le sont incorrigiblement. Et ce trait est d’autant plus prégnant qu’il résulte de données à la fois historiques et idéologiques.

42Historiquement, les trotskystes ont plus souvent appartenu au camp des vaincus qu’à celui des vainqueurs. En URSS, en Espagne ou pendant la Seconde Guerre mondiale, leurs échecs furent sanglants et la mort en martyre de leur inspirateur est à l’image de la destinée de leurs minces cohortes. Les maoïstes, eux, croient avoir toujours gagné : en URSS avec Staline, en Chine avec Mao et aucune défaite décisive (Cambodge, Pérou, Inde…) ne s’est encore produite.

43Cette donnée factuelle est solidifiée par les données idéologiques. Prenons les deux textes les plus sacrés de ces traditions politiques : le programme de transition de 1938 pour les premiers, la lettre en vingt-cinq points de 1963 pour les seconds. Le premier document, rédigé par Trotsky, servira de base à la formation des militants marxistes révolutionnaires au cours des décennies ultérieures. Or ce texte est consubstantiellement ambivalent, marqué à la fois par un optimisme parfois forcé sur l’urgence de la révolution socialiste et par un pessimisme sous-jacent qui fait craindre pour l’humanité elle-même [69][69]Léon Trotsky, L’Agonie du capitalisme et les tâches de la IVe…. D’où le résumé classique de ce texte par l’alternative « socialisme ou barbarie ». Pour les trotskystes des années 1930 jusqu’aux années 1950, la forme concrète de la barbarie était la guerre, mondiale puis nucléaire. Pour leurs successeurs des années 1970, la catastrophe écologiste pourrait être la forme nouvelle de la barbarie redoutée [70][70]Cette perspective sera largement prolongée dans les décennies…. À l’inverse, les textes maoïstes excluent systématiquement toute alternative pessimiste à la victoire du socialisme. Y compris avec l’apparition des armes nucléaires, qui ne constitue pas une différence de nature, comme le martèlent les textes programmatiques à l’origine de la scission sino-soviétique, dont la lettre en vingt-cinq points. Si les maoïstes envisagent avec tranquillité la perspective d’une guerre nucléaire, rien d’étonnant qu’ils ne soient pas paniqués devant quelques déchets radioactifs à stocker.

44Pour conclure, il est difficile de ne pas insister sur le paradoxe de cette extrême gauche française des années 1970, du moins si l’on écarte cet hybride que fut le PSU et qui n’y appartient que partiellement. Mais pour ce qui est des forces indiscutablement gauchistes, qui se veulent l’avant-garde consciente du peuple comme les anarchistes, voire qui s’autodésignent avant-garde du peuple comme les néoléninistes, ces forces (dans de nombreux domaines de la novation sociopolitique) se situent résolument à l’arrière-garde. Cela est vrai pour de nombreuses questions et cela reste particulièrement accentué dans le cas de l’écologie qui comporte, pour tous ces néoléninistes et pour beaucoup de militants anarchistes, quatre péchés capitaux rédhibitoires : économiquement, le fait de ne pas s’arrêter au concept de plus-value défini dans Le Capital, mais d’introduire des notions économiques étrangères à la théorie marxiste ; socialement, d’être une revendication portée par la petite bourgeoisie et non par les ouvriers qui, eux, veulent accéder à la consommation et non la rejeter ; politiquement, d’être une revendication dont l’urgence exige des victoires immédiates au lieu de se contenter du présent en attendant la révolution salvatrice et, idéologiquement, d’être hantés par la désespérance au lieu de lutter avec confiance.

45« Et pourtant, ils tournent », pourrait-on dire, car mon propos doit être nuancé par deux remarques essentielles.

46La première est que l’extrême gauche change progressivement et s’ouvre à ces revendications écologistes hétérodoxes, plus ou moins aisément, rapidement et profondément selon les sensibilités. Cette observation majeure renvoie au fait que l’extrême gauche française des années 1968 n’est ni une secte ni un courant politique marginal, mais reflète le positionnement politico culturel d’une bonne partie de la jeunesse. Celle-ci, dans son ensemble, s’approprie alors ces revendications multiformes. Naissant chez tel ou tel militant, ces préoccupations vont, par une sorte de capillarité sociale, imprégner les organisations gauchistes.

47La seconde remarque est que ce constat serait encore plus massif si nous abandonnions le terrain du gauchisme politique pour aborder les rives du gauchisme politico culturel qui nourrit la révolte existentielle de la jeunesse française de cette période. Loin des arguties théoriques chères aux militants, une bonne partie de la jeunesse française bricole ses propres références, son propre argumentaire au service de quelques idées à la fois vagues mais fortes (changer la vie, favoriser la liberté, assurer l’égalité), le tout dans un langage mâtiné d’anarcho-marxisme de toutes les variétés imaginables. Or ce gauchisme politicoculturel spontané (qu’il provienne des vagues de lycéens grévistes de ces années, des lecteurs de Charlie Hebdo ou du premier Actuel, ou des successives strates d’anciens militants du PSU, anarchistes ou néoléninistes revenus des querelles intestines et lassés de tout attendre de la révolution future) est, lui, à l’origine de la prise en charge par la société française de ces revendications alternatives, parmi lesquelles la dimension écologiste occupe une place croissante.

Notes

  • [1]
    Lutte ouvrière, 14 mars 2011. Voir également le titre de une du journal du Nouveau Parti anticapitaliste, Tout est à nous, 96, 31 mars 2011 : « Planifions dès maintenant la sortie du nucléaire » ; ou l’article publié le 23 mars 2011 sur le site du parti ouvrier indépendant : « Drame au Japon. L’urgence absolue : la renationalisation » (http://www.parti-ouvrier-independant.com). La condamnation du nucléaire est encore plus affirmée dans la presse anarchiste. Nous ne prendrons que l’exemple du titre du communiqué de la Fédération anarchiste du 11 avril 2011 : « Arrêt immédiat du nucléaire ! Sortie immédiate du capitalisme ! » (http://www.federation-anarchiste.org).
  • [2]
    L’histoire de cette décennie est traitée dans Philippe Buton, « L’extrême gauche française ou l’impensé écologiste (1964-1968) », Écologie politique, « Penser l’écologie en France » dirigé par Charles-François Mathis et Jean-François Mouhot, à paraître.
  • [3]
    Du nom de son principal dirigeant, le militant grec Michel Raptis, dit Pablo.
  • [4]
    Pour être exact, il convient de préciser que quelques groupes français se réclament toujours de Mao Zedong mais, à la différence des années 1970, leur influence est devenue extrêmement marginale.
  • [5]
    Respectivement Tribune socialiste, 480, 14 janvier 1971, et 540, 31 mai 1972.
  • [6]
    Tout, 8, 1er février 1971. Voir également « Le capital pollue ? », Tout, 9, 18 février 1971. L’article « Fournier t’es un con », Tout, 16, 29 juillet 1971, démontre, par-delà le désaccord envers le fondateur de La Gueule ouverte, la présence de militants au rassemblement antinucléaire de Bugey.
  • [7]
    « Lyon : l’industrialisation sauvage », J’accuse, 2, 15 février-15 mars 1971.
  • [8]
    Respectivement « Résolvons la crise du logement ! », La Cause du peuple – J’accuse, 21, 25 mars 1972 ; « Changeons la ville », La Cause du peuple – J’accuse, 23, 1er mai 1972 ; « Un million de vélos gratuits », La Cause du peuple – J’accuse, 23, 1er mai 1972.
  • [9]
    La Cause du peuple – J’accuse, 48, 13 septembre 1973.
  • [10]
    Respectivement « L’environnement, un vrai problème mais pas de réelle solution capitaliste », L’Internationale, 9, mars 1971 ; « Rapport Mansholt : la lutte contre la pollution n’est pas une diversion capitaliste », L’Internationale, 20, 19 avril 1972.
  • [11]
    Rouge est édité par les anciens dirigeants de la Jeunesse communiste révolutionnaire, organisation dissoute par le gouvernement le 12 juin 1968. Ces dirigeants créent ensuite la Ligue communiste (avril 1969), jusqu’à l’interdiction de celleci par le gouvernement le 27 juin 1973, et sa résurrection sous le nom de Front communiste révolutionnaire, puis de Ligue communiste révolutionnaire, avant sa récente autodissolution en vue de fonder le Nouveau Parti anticapitaliste.
  • [12]
    Aux trois cent trente-sept livraisons de l’hebdomadaire, nous avons ajouté les vingt-deux livraisons d’une première tentative de parution quotidienne, lors de la campagne présidentielle de 1974.
  • [13]
    La Ligue communiste, puis Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a fait l’objet d’une thèse de doctorat de bonne qualité. Mais son auteur n’étudie la prise en compte de la question écologiste par l’organisation trotskyste qu’à partir de 1976. Voir Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981) : instrument du Grand Soir ou lieu d’apprentissage ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Histoire », 2005, p. 223 sq.
  • [14]
    « Fos l’enfer de la pollution », Rouge, 131, 6 novembre 1971. Seuls les titres des articles ont été systématiquement analysés. Aussi n’est-il pas impossible, mais peu vraisemblable, qu’une telle préoccupation se fasse jour dans des articles programmatiques ou dans des panoramas généraux d’actualité. En tout état de cause, la non-publication d’articles spécifiques serait déjà significative.
  • [15]
    « Pas de chambres à gaz, des chambres à air », Rouge, 155, 29 avril 1972.
  • [16]
    « Un mouvement écologiste révolutionnaire se développe en France », Rouge, 161, 10 juin 1972.
  • [17]
    « Écologie et lutte de classes. La bombe Mansholt : la grande peur de l’an 2000 », Rouge, 163, 24 juin 1972.
  • [18]
    Voir « Pollution. Elbeuf : unité contre le chlore », Rouge, 176, 21 septembre 1972 ; Rouge, 194, 2 mars 1973.
  • [19]
    « Écologie et lutte de classes… », op. cit.
  • [20]
    Voir Rouge, 203, 4 mai 1973.
  • [21]
    « Pénurie, chômage, gaspillage… Croissance zéro ? », Rouge, 236, 4 janvier 1974.
  • [22]
    « Réinventer l’avenir », Rouge, 297, 25 avril 1975.
  • [23]
    Les collections consultées, au Centre d’histoire du travail (CHT) de Nantes, sont incomplètes. Nous ne pouvons donc définitivement exclure que la lecture des quelques numéros manquants modifierait à la marge les analyses ici présentées.
  • [24]
    « Socialisme ou barbarie », Discussions et débats : édité par le Cercle de recherches socialistes, 69, [août] 1977.
  • [25]
    Ibid.
  • [26]
    Ligue communiste révolutionnaire, Oui, le socialisme !, Paris, Maspero, 1978.
  • [27]
    Entretien Jean-Paul Deléage, 2 décembre 2010. La « dissidence mentale » de Jean-Paul Deléage avec la Ligue résulte de la question écologiste, mais c’est le soutien de la Ligue à l’intervention soviétique en Afghanistan qui sera l’événement déclencheur de son départ.
  • [28]
    « Vierzon : les habitants des “Forges” luttent contre la pollution » et « La Saône empoisonnée : quand le profit passe avant tout », Lutte ouvrière, 149, 6 juillet 1971 ; « Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs », Lutte ouvrière, 150, 13 juillet 1971 ; « Bugey-cobayes », Lutte ouvrière, 151, 20 juillet 1971.
  • [29]
    « Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs », op. cit.
  • [30]
    « Mururoa : pollution pour toute la terre, profits pour quelques-uns », Lutte ouvrière, 256, 24 juillet 1973.
  • [31]
    « Inondation au Bangladesh, incendies de forêts en France, sécheresse en Afrique. La société capitaliste aggrave les catastrophes naturelles quand la science pourrait les réduire », Lutte ouvrière, 313, 27 août 1974.
  • [32]
    « Au-delà des vacances, se donner le temps et les moyens de vivre », Lutte ouvrière, 464, 23 juillet 1977.
  • [33]
    « Énergie nucléaire : les capitalistes décident, voilà le vrai danger », Lutte ouvrière, 465, 30 juillet 1977.
  • [34]
    « L’écologie politique : un apolitisme réactionnaire », Lutte ouvrière, 303, 18 juin 1974.
  • [35]
    « Écologie : socialisme ou barbarie », Révolution !, 62, 5 juillet 1974.
  • [36]
    Ibid.
  • [37]
    « Polluer sans temps mort… », Révolution !, 82, 14 février 1975 ; « Le capitalisme dans l’ère nucléaire », Révolution !, 86, 14 mars 1975 ; « Halte au programme nucléaire », Révolution !, 91, 25 avril 1975 ; « Les antinucléaires dans la rue », Révolution !, 92, 30 avril 1975 ; « Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs », Révolution !, 94, 16 mai 1975 ; « Attention nucléaire », Révolution !, 96, 30 mai 1975 ; « La sûreté des centrales », Révolution !, 97, 6 juin 1975 ; « Douce, douce, l’énergie » et « Mobilisations anti-nucléaires », Révolution !, 101, 11 juillet 1975 ; « Coup de force à Braud-Saint-Louis », Révolution !, 114, 28 novembre 1975.
  • [38]
    « Tas de cons… ça existe encore les oiseaux ! », Le Monde libertaire, 155, novembre 1969.
  • [39]
    « Du lapinisme à la cage à poules », Le Monde libertaire, 159, 1970 ; « Parking humain », Le Monde libertaire, 171, 1971.
  • [40]
    « Tout État pollue », Le Monde libertaire, 181, mai 1972.
  • [41]
    Le Monde libertaire, 192, juillet-août 1973.
  • [42]
    Le Monde libertaire, 203, juillet-août 1974.
  • [43]
    « L’écologie, une nouvelle bonne conscience : il est grand temps d’y penser ! », Le Monde libertaire, 206, novembre 1974.
  • [44]
    Le Monde libertaire, 235, juillet-août 1977 ; Le Monde libertaire, 236, septembre 1977.
  • [45]
    « Le capitalisme continue à nous empoisonner », Front libertaire des luttes de classes, 25, 8 mars 1973. Voir également « Plus notre dose de radioactivité augmente, plus elle nous diminue », Le Monde libertaire, 28, 26 mai 1973 ; « Industrie nucléaire », Le Monde libertaire, 31, février 1974.
  • [46]
    « L’énergétique », Le Monde libertaire, 34, juin-août 1974 ; « L’industrie nucléaire, solution au chômage ? », Le Monde libertaire, 40, avril 1975 ; « L’uranium enrichi… enrichit le capital », Le Monde libertaire, 42, juin 1975 ; « Manif antinucléaire à Pierrelatte », Le Monde libertaire, 38, 24 janvier 1975.
  • [47]
    « L’idéologie réactionnaire dans le mouvement écologiste », Le Monde libertaire, 35, décembre 1974.
  • [48]
    « Courrier écologique », Le Monde libertaire, 38, 24 janvier 1975.
  • [49]
    Il ne faut pas confondre l’Organisation communiste libertaire (OCL), éditrice du périodique Guerre de classes entre 1971 et 1975, et l’OCL qui résulte de la transformation de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) en 1976 – après la scission provoquée par la tendance de l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) – et qui édite le périodique Front libertaire des luttes de classes.
  • [50]
    « Les essais nucléaires du Pacifique », Guerre de classes, 6, octobre 1973.
  • [51]
    « Les mobilisations de l’été », Tout le pouvoir aux travailleurs, 7, 15 septembre 1977.
  • [52]
    Encore en 1981, aucun des neuf axes de la plateforme d’action de l’UTCL n’est consacré à la lutte écologique, voir Tout le pouvoir aux travailleurs, 43, 15 novembre-15 décembre 1981.
  • [53]
    Alexandre Hebert, « La réaction verte », Informations ouvrières, 811, 20 juillet 1977.
  • [54]
    Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.
  • [55]
    Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.
  • [56]
    Signalons toutefois que les publications les moins importantes ne sont pas conservées pour toute la période étudiée et demeurent lacunaires (Drapeau rouge est très lacunaire pour les années 1974-1976, Prolétaire Ligne rouge n’est conservé que pour la période 1971-1974, Le Marxiste-Léniniste pour la période 1974-1975). Mais, selon nous, ces lacunes documentaires ne remettent pas en cause nos conclusions.
  • [57]
    « La pourriture de la société capitaliste en France », Drapeau rouge, 1, novembre 1971.
  • [58]
    Drapeau rouge, 34, 8 juin 1973.
  • [59]
    « Bohlen : du pétrole et des idées », Drapeau rouge, 3 (nouvelle série), 14 janvier 1977.
  • [60]
    « Ekofisk : un accident ? », Drapeau rouge, 11, 9 mai 1977.
  • [61]
    « Malville », Drapeau rouge, 16, août 1977.
  • [62]
    Voir L’Humanité rouge, 194, 25 juillet – 5 septembre 1973 ; Front rouge, 82, 13 septembre 1973 pour le rassemblement de 1973 ; L’Humanité rouge, « spécial paysans », juillet – août 1974 ; L’Humanité rouge, 123, 6 septembre 1974 pour celui de 1974. L’antimilitarisme est du reste la raison pour laquelle L’Humanité rouge ne soutient pas le rassemblement de 1974, puisqu’elle s’est alors ralliée à une option originale : « Il faut renforcer la Défense nationale » est le titre du n° 240 du 12 septembre 1974.
  • [63]
    Cahier rouge, 14, janvier 1978 ; Organisation communiste de France (marxiste-léniniste), Accumuler des forces pour la révolution socialiste, supplément à Drapeau Rouge, 1er trim. 1977.
  • [64]
    Parti communiste révolutionnaire marxiste-léniniste, Manifeste pour le socialisme, numéro spécial de Front rouge, avril 1977, p. 34.
  • [65]
    Rebelles, 9, avril 1978. Signe d’une évolution générale, le même mois, Drapeau rouge consacre également sa une à la marée noire, avec le titre « Noire la mer, rouge notre colère » (34, 8 avril 1978).
  • [66]
    CHT, Parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste), parti communiste marxiste-léniniste de France, Ni bourgeoisie de droite, ni bourgeoisie de gauche, développons les luttes de classes, préparons la révolution socialiste !, Nantes, 2 mars 1978, 2 p., ronéotypée.
  • [67]
    Il ne faut pas confondre la nouvelle Cause du peuple, très marginale, qui imite soigneusement le logo et la présentation de l’ancienne Cause du Peuple, née en 1968, très influente et éditée par la Gauche prolétarienne. La nouvelle Cause du Peuple édite, en 1977, une revue, également très confidentielle Les Cahiers du marxisme-léninisme, qui contient un article intitulé « les marxistes-léninistes et l’écologie ».
  • [68]
    Le parti communiste marxiste-léniniste (PCML) est le nouveau nom légal du parti communiste marxiste-léniniste français-Humanité rouge (PCMLF-Humanité rouge), l’Union des communistes français (marxiste-léniniste), dirigée par Alain Badiou, trouve son origine dans une scission du parti socialiste unifié. Voir respectivement Parti communiste marxiste-léniniste, La Question de l’énergie nucléaire, s. l., 1978 ; Union des communistes français (marxiste-léniniste), Nucléaire, écologie et politique révolutionnaire, Marseille, Éd. Potemkine, 1978.
  • [69]
    Léon Trotsky, L’Agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale (1938), Paris, Maspero, 1973.
  • [70]
    Cette perspective sera largement prolongée dans les décennies ultérieures. Voir, par exemple, Samuel Holder, « Socialisme ou barbarie : comment se pose la question en ce début de 21e siècle ? », Carré rouge, 27, octobre 2003.
Mis en ligne sur Cairn.info le 17/01/2012
https://doi.org/10.3917/vin.113.0191

 

Le procès de la « démembreuse » de Toulouse se poursuit

Ce n’est pas de chance pour David Sénat, c’est le second de ses procès qui m’intéresse. Vraiment.

Je ne reviens pas sur le premier et ne commente ici que cette affaire atterrante de meurtre suivi de dépeçage de cadavre entre collègues de travail qui est actuellement examinée par la Cour d’Assises de Toulouse.

Elle m’intéresse au plus haut point en raison des profils de la victime et de sa meurtrière, typiques de la harcelée et de la harceleuse, car étant moi-même victime de faits de harcèlement accompagnés de nombreux faits criminels dont les auteurs, pour ceux qui sont toujours en vie, ne seront probablement jamais jugés, étant donné qu’il s’agit pour l’essentiel de magistrats CORROMPUS ayant recours à des crapules comme les deux psychopathes Pascal Edouard Cyprien Luraghi de Puy-l’Evêque et Jean-Marc Donnadieu de Béziers pour leurs basses oeuvres, elle me permet d’avoir un ersatz de procès par procuration.

Les journaux locaux en rendent compte en direct et livrent sur cette affaire de nombreux détails appelant mes commentaires :

https://www.midilibre.fr/2019/10/14/la-demembreuse-du-canal-du-midi-jugee-aux-assises-suivez-le-proces-en-direct,8479478.php

https://www.ladepeche.fr/2019/10/23/direct-suivez-le-troisieme-jour-du-proces-du-meurtre-du-canal-du-midi,8499272.php

Observons pour commencer que ces directs semblent réalisés par de vrais journalistes. Il ne s’agit ni de Jean-Pierre Amarger, de Midi Libre, ni d’Hélène Sergent, de 20minutes.fr, qui acceptent l’un et l’autre de publier comme des vérités vraies toutes les inventions délirantes des deux psychopathes précités, aux personnalités très proches de celle de la « démembreuse » de Toulouse, que ces deux soi-disant « journalistes » auraient certainement présentée comme une victime de la « déséquilibrée » Maryline Planche qui la harcelait sexuellement, cachait bien son jeu et l’a obligée à la tuer pour se défendre, c’est l’évidence même, puisque c’est Sophie Masala qui le dit, une femme que tout le monde s’accorde à dire parfaitement normale, et qui d’ailleurs a conjoint et enfants tandis que l’autre est restée célibataire et sans enfant. Pour preuve du « déséquilibre » absolu de Maryline Planche : elle n’a même pas de relations sexuelles. Au contraire, sa victime Sophie Marsala s’est prostituée, c’est donc une vraie femme parfaitement normale autant pour les deux psychopathes précités que pour tous leurs complices, certains psychiatres y compris, de ceux qui estiment nécessaire d’enfermer dans leurs hôpitaux psychiatriques pour les y traiter comme des malades mentaux extrêmement dangereux des femmes qui refusent de se prostituer – cela se voit à Brest, peut-être aussi dans l’Hérault où vivent ou d’où sont originaires plusieurs de mes harceleurs, par exemple le précité Jean-Marc Donnadieu, lequel a exercé comme brancardier à l’hôpital psychiatrique de Béziers durant sept ans.

Ce dernier est tout aussi « normal » que Sophie Masala dont la soeur rapporte qu’elles ont toutes deux été abusées sexuellement par leur grand-père dans leur enfance : lui regardait des films pornographiques avec sa tata, dit-il, et est devenu à l’âge adulte adepte de pratiques échangistes et BDSM semble-t-il assez violentes tandis que son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi a été élevé dans une famille ouvrière de Strasbourg où régnaient également selon ses dires violences en tous genres et abus sexuels, sa tata Rollande exerçant comme prostituée. Evidemment lui aussi fasciné par la pornographie, ce prétendu « écrivain en ligne et à l’oeil depuis 2001″ est connu sur la toile, outre comme mythomane, harceleur et calomniateur, pour avoir traduit de l’anglais le journal d’une adepte américaine de pratiques BDSM et se plaît à mettre lui-même en scène dans des romans pornographiques de ses victimes de cyberharcèlements, moi en particulier. Mais c’est bien moi qui l’y ai obligée, vous dit-on, puisqu’il le dit… Même sa soeur le décrit comme mythomane… Tout comme Sophie Masala, Pascal Edouard Cyprien Luraghi, Jean-Marc Donnadieu et tous leurs complices harceleurs ne cessent de mentir et d’inventer n’importe quoi… et comme par hasard, eux aussi en veulent beaucoup à l’argent de leurs victimes…

Leur personnalité commune est celle du pervers narcissique.

C’est celle de tous les harceleurs.

Et ces gens-là tuent lorsqu’ils se sentent démasqués.

L’acharnement haineux dont a été victime Maryline Planche est d’ailleurs exactement le même que celui dont a été victime Patricia Bouchon le 14 février 2011. Les assassins de cette dernière, à savoir Pascal Edouard Cyprien Luraghi et ses complices cybercriminels, qui manifestement craignaient qu’elle ne les dénonce ou les fasse poursuivre pour toutes leurs exactions à mon encontre, comprenant notamment des piratages informatiques et tentatives d’escroquerie au jugement, ont continué à exprimer publiquement tous ensemble leur haine viscérale à son égard en multipliant jeux de mots et plaisanteries sordides à propos de toutes les violences qu’ils lui avaient fait subir quasiment tous les jours durant trois bonnes semaines après les faits.

Non, Sophie Masala n’a pas reconnu sa mère en Maryline Planche, elle ne lui reproche pas la même fausseté, elle présente tout simplement le syndrome du pervers narcissique qui projette systématiquement sur sa victime ses propres défauts et fautes : c’est de sa fausseté personnelle qu’il s’agit… après que Maryline Planche l’ait bien démasquée…

Cette dernière était certes au courant du vol de tickets restaurants, mais ce n’est pas le plus grave : elle reprochait aussi à Sophie Masala d’être une fouteuse de merde, d’être malsaine, de se mêler de la vie privée de ses collègues de travail bien au-delà de ce qui est admissible, un comportement franchement anormal et inquiétant, pas sympathique du tout.

Tous mes harceleurs ont eu eux aussi ce travers, et jamais de manière gratuite : tous avaient un plan… tout comme Sophie Masala devait en avoir un…

C’est donc elle qui est fausse, et personne d’autre.

Probablement était-elle à la recherche de moyens de pression sur ses collègues, car elle devait viser la caisse comme elle l’avait déjà fait ailleurs…

Maryline Planche a une attitude maternelle avec ses collègues de travail, elle est bienveillante, ce qui en fait pour tous les pervers narcissiques une personne forcément très stupide et naïve qu’ils pensent pouvoir manipuler très facilement. De plus, elle est handicapée, entend mal et ne voit pas grand-chose. Pour Sophie Masala, c’est l’aubaine, elle est persuadée qu’avec elle elle parviendra à ses fins sans aucune difficulté. D’où son immense déconvenue quand elle s’est rendu compte de sa bévue, la proie a priori si facile n’en étant pas une. Elle dit s’être sentie rejetée. C’est le début de la haine et de toutes les inventions calomnieuses à l’encontre de celle qu’en réalité elle n’a pas bernée.

A la décharge de l’accusée : encore une fois, je ne suis pas d’accord avec tout ce qui se dit à son procès, il n’appartenait pas à son mari de compenser ou de rattraper tous les défauts ou manquements de son enfance et de son éducation, ni de juger si oui ou non des soins psychiatriques étaient nécessaires et susceptibles de prévenir ou d’empêcher de survenir ce qui s’est produit, ce n’est pas de son ressort, il a lui-même ses faiblesses et se trouve manifestement de tout temps dépassé par la situation; en revanche, c’était bien le rôle des premiers magistrats auxquels elle a été confrontée, à Montpellier. Or, ceux-ci l’ont condamnée sans même se soucier de la manière dont elle allait rembourser ses dettes et elle n’a rien trouvé de mieux que de se prostituer… Toutes les femmes qui ont participé ou participent toujours aux harcèlements dont j’étais ou suis toujours victime présentaient et présentent toujours cette même plaie béante : elles ont couché, se sont prostituées… et ne supportent absolument pas celles qui peuvent s’en dispenser… Ces magistrats inconséquents ont fait de Sophie Masala la bombe qui explose chez sa collègue Maryline Planche le 12 mai 2016. Au moins aussi choquant dans cette affaire : sa victime lors de cette première grosse alerte restée sans réponse appropriée n’est autre que la faculté de médecine de Montpellier, dont ni le doyen ni aucun des autres pontes ne s’est jamais inquiété de rien…

La Cour de Cassation vient tout juste de confirmer la condamnation du psychiatre en charge du schizophrène qui avait tué un étudiant à Grenoble après s’être échappé de l’hôpital psychiatrique le 12 novembre 2008 (voir ci-dessous).

Il était temps que la responsabilité de ces « médecins » si particuliers soit reconnue.

Il reste encore à responsabiliser leurs collègues magistrats.

 

 

https://actu.fr/faits-divers/demembreuse-toulouse-sophie-masala-une-femme-fragile-bascule-dans-lhorreur_28802113.html

« Démembreuse » de Toulouse : Sophie Masala, une femme fragile qui bascule dans l’horreur

 

La première journée du procès a été consacrée à l’étude de la personnalité de l’accusée, aînée d’une fratrie de 7 enfants, qui a grandi au sein d’un famille ouvrière.

 

Publié le 21 Oct 19 à 21:13
Le procès de la
Le tribunal de Toulouse, le 21 octobre 2019. (©AFP/ERIC CABANIS)

 

Jugée aux assises pour avoir tué, puis démembré sa collègue de travail à Toulouse en 2016, Sophie Masala a été décrite lundi 21 octobre 2019 par les experts comme une femme minée par les traumatismes durant l’enfance et dépourvue de limites.

Cette mère de famille de 55 ans est accusée de s’être introduite en mai 2016 dans l’appartement de Maryline Planche, 52 ans, de lui avoir fracassé le crâne à coups de bouteille.

Elle a ensuite coupé le corps en morceaux et les a jetés dans le Canal du Midi qui traverse Toulouse, sauf la tête qu’elle a enterrée dans un jardin public proche de son propre appartement, « car elle méritait une sépulture », dira-t-elle pendant l’instruction.

Lundi, la première journée du procès a été consacrée à l’étude de la personnalité de l’accusée, aînée d’une fratrie de 7 enfants, qui a grandi au sein d’un famille ouvrière à Valenciennes, dans le nord de la France.

Enfant, Sophie Masala est abusée par son grand-père, son père se suicide alors qu’elle a 10 ans, elle voit les amants de sa mère défiler dans l’appartement, doit s’occuper de ses six frères et sœurs et grandit dans un climat de violence conjugale. Elle est élevée dans la culture du mensonge.

De l’examen de personnalité, il ressort que Mme Masala dépense au point de s’endetter, escroque, aime les jeux d’argent. Condamnée pour détournement de fonds aux dépens de l’université de Montpellier, elle exerce la prostitution pendant plusieurs mois pour payer les dettes accumulées. Et son mari la soutient.

Lire aussi : « Démembreuse du canal » : Sophie Masala jugée pour avoir tué sa collègue de travail

« Conflit avec l’image maternelle »

Après avoir obtenu des diplômes sur le tard, elle intègre le bureau toulousain de l’Agefiph, organisme spécialisé dans l’insertion des handicapés, fin 2015, et entre rapidement en conflit avec Maryline Planche, décrite comme un employée-modèle.

Mme Masala a souffert pendant son enfance d’un manque d’affection de la part de sa mère, très absorbée par sa double vie.

Vêtue d’un tailleur noir, cheveux roux mi-longs, souvent tête baissée, Sophie Masala s’exprime peu. Elle se contente de répondre à certaines questions du président de la cour d’assises.

Vidéo. Le procès de la démembreuse du Canal du Midi débute ce lundi à Toulouse :

Pour l’experte-psychiatre, elle est « marquée par la pendaison de son père et les mauvaises relations avec sa maman ».

« Un désaccord sur l’archivage des documents, sur la position dans la structure, sur la discrétion sur sa vie privée, il y a toujours des jalousies dans un contexte professionnel, comment on en passe à cette haine si forte ? », interroge le président de la cour d’assises, David Senat.

« Elle trace des parallèles entre Maryline et sa propre mère (…) », selon l’experte.

On n’a pas d’élément pour dire qu’elle a un trouble psychique, on repère des éléments traumatiques majeurs dans l’enfance, un conflit avec l’image maternelle importante, donc une personnalité aux bases fragiles, elle n’a pas de limites. Elle présente un défaut de contrôle pulsionnel.

Lire aussi : Accusée d’avoir tué sa collègue, la « démembreuse du canal » jugée aux assises

« Fragilité psychique »

« Maryline, c’est une image d’autorité maternelle, tout l’énerve chez Maryline, souligne la psychiatre, elle ne la supporte pas comme elle ne supporte pas sa mère, car il y a des conflits qu’elle n’a pas réglés. Elle reproche à Maryline ce qu’elle reprochait à sa mère: une fausse image, une image falsifiée aux yeux des autres ».

L’expert-psychologue abonde. « Voir à 10 ans son père pendu, un suicide liée à l’inconduite de la mère, ça laisse des traces », met-il en avant. Il décrit pour sa part « une fragilité psychique », « une personnalité obsessionnelle » et relève « une absence de troubles mentaux ».

« On arrive petit à petit à l’idée fixe, à l’immense colère (…) l’image de la mère qu’on veut détruire », sentence Me Georges Catala, avocat de la famille de la victime.

Maryline Planche, célibataire sans enfants, était décrite à l’Agefiph comme consciencieuse, discrète, appréciée par sa hiérarchie, à l’attitude maternelle avec les autres employés.

« Elle reconnait les faits, mais pas l’intention d’homicide, elle est dans la culpabilité », plaide Me Pierre Dunac, avocat de Mme Masala, qui veut convaincre les jurés que le meurtre n’a pas été prémédité et mettre sa cliente à l’abri de la réclusion criminelle à perpétuité.

Si elle a pu découper le corps et le disperser aux quatre coins de Toulouse, c’est qu’elle a mis en oeuvre « des mécanismes de déni » de ce qu’elle était en train de faire, selon le psychologue.

Le verdict est attendu pour vendredi.

Lire aussi : Retour sur les lieux du crime pour la « démembreuse du canal du Midi »

Source : © 2019 AFP

 

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/etudiant-tue-par-un-schizophrene-a-grenoble-le-pourvoi-du-psychiatre-rejete-20191022

Étudiant tué par un schizophrène à Grenoble: le pourvoi du psychiatre rejeté

 

La Cour de cassation a confirmé mardi la condamnation du médecin en charge de ce patient dangereux, qui avait tué en 2008 un jeune homme après s’être échappé de son hôpital psychiatrique.

Publié hier à 19:51, mis à jour il y a 5 heures
L’hôpital de Saint-Egrève, d’où s’est échappé Jean-Pierre Guillaud.
L’hôpital de Saint-Egrève, d’où s’est échappé Jean-Pierre Guillaud. PHILIPPE MERLE/AFP

 

Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, un patient schizophrène, s’échappait sans difficulté du centre hospitalier de Saint-Égrève (Isère), dans lequel il était enfermé. Après avoir gagné en bus le centre de Grenoble, à une dizaine de kilomètres, il avait acheté un couteau et poignardé le premier venu: Luc Meunier, un étudiant de 26 ans. Dans cette affaire, le psychiatre Lekhraj Gujadhur a été condamné en 2016 à dix-huit mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Jamais un praticien hospitalier n’avait jusqu’ici été condamné pour homicide involontaire par la justice.

Dans cette affaire, le médecin, aujourd’hui âgé de 73 ans, a fait appel. Mais les juges grenoblois ont confirmé en 2018 qu’il ne s’était pas assez préoccupé du suivi de son patient, auteur de multiples agressions par le passé et souffrant d’une «psychose délirante chronique». Considérant qu’il n’y avait pas de lien de causalité entre la faute retenue et le décès du jeune étudiant, le praticien avait formé un pourvoi en cassation. Celui-ci a été rejeté mardi par les juges de la chambre criminelle, peut-on lire sur cette décision, consultée par Le Figaro.

On pose ici les bases de la responsabilité pénale d’un médecin psychiatre. Ceux-ci doivent prendre en considération la dangerosité des patients et la sécurité du public

Hervé Gerbi, avocat de la famille meunier

Dans son arrêt, la Cour de cassation confirme la décision de la cour d’appel grenobloise. Cette dernière avait conclu en mai 2018 que Lekhraj Gujadhur n’avait «pas accompli les diligences normales compte tenu de la nature de ses missions ou de ses fonctions, ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait». Une faute «caractérisée», avaient estimé les juges, pointant du doigt la mise en place d’une autorisation de sortie «sans surveillance» pour un patient considéré comme dangereux.

«Un vrai poids qui tombe»

Cet arrêt signe la fin d’un marathon judiciaire de onze ans. «La famille Meunier était en pleurs quand je leur ai annoncé la nouvelle. C’est un vrai poids qui tombe pour eux. Ils vont pouvoir faire totalement leur deuil», salue leur avocat, Hervé Gerbi, joint par téléphone. Pour le conseil de la famille, cette décision va «incontestablement» faire jurisprudence. «On pose ici les bases de la responsabilité pénale d’un médecin psychiatre. Ceux-ci doivent prendre en considération la dangerosité des patients et la sécurité du public, y compris en différant parfois des autorisations de sortie et en maintenant des personnes en hospitalisation plus longtemps lorsque cela est nécessaire», indique-t-il.

Le meurtre de Luc Meunier avait provoqué en 2008 une véritable onde de choc politique. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait réclamé une réforme de la psychiatrie comportant des dispositions sur les malades dangereux, s’attirant une bronca des praticiens. L’hôpital de Saint-Égrève, relaxé en première instance, avait par la suite bénéficié de crédits pour clôturer tous ses pavillons.

 

Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest : les îles Kerguelen après Wallis-et-Futuna ?

Considérant le parcours professionnel d’Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest muté à Quimperlé en 2007, puis à Mayotte en 2013, et à Wallis-et Futuna en début d’année 2017, ses contrats de plus en plus lointains étant de plus en plus courts et le nombre de ses administrés toujours plus réduit, nous pensons qu’il a de bonnes chances de devenir en fin de carrière le premier directeur hospitalier des îles Kerguelen.

Quelle belle promotion que d’être muté en cet endroit où tout reste à faire, notamment l’hôpital psychiatrique nécessaire pour y accueillir sa population de scientifiques…

A n’en point douter, ce serait là une consécration inespérée pour cet homme qui toute sa vie se sera battu comme un beau diable pour faire entrer dans le DMS le cas clinique absolument effrayant de tous ces intellectuels qui osent discuter, contester, ou réclamer leurs droits.

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Wallis-et-Futuna

Wallis-et-Futuna

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Wallis et Futuna (homonymie).
Wallis-et-Futuna
Blason
Blason
Administration
Pays Drapeau de la France France
Statut Collectivité d’outre-mer
Chef-lieu Mata Utu
Assemblée délibérante Assemblée territoriale de Wallis-et-Futuna
Président David Vergé
2017-
Rois coutumiers Patalione Kanimoa (Uvea)
Filipo Katoa (Alo)
Eufenio Takala (Sigave)
Administrateur supérieur Jean-Francis Treffel
Démographie
Population 12 197 hab. (20131)
Densité 98 hab./km2
Langues
locales
français, wallisien, futunien
Géographie
Coordonnées 13° 18′ sud, 176° 12′ ouest
Superficie 124,2 km2
Divers
Monnaie Franc Pacifique
Fuseau horaire UTC+12
Domaine internet .wf
Indicatif téléphonique 681
Code ISO 3166-1 WLF, WF
Localisation
Localisation de Wallis-et-Futuna
modifier Consultez la documentation du modèle

Wallis-et-Futuna2, ou en forme longue le territoire des îles Wallis et Futuna3, est une collectivité d’outre-mer4 française, formé de trois royaumes coutumiers polynésiens et situé dans l’hémisphère sud. Son chef-lieu est Mata Utu et son code postal et INSEE commence par 986.

Les îles Wallis et Futuna sont le territoire français le plus éloigné de la métropole, à 16 000 km. Elles se situent à 8 000 km de Los Angeles et à 4 000 km de Sydney. Situé à 480 km des îles Fidji, à 1 871 km de la Nouvelle-Calédonie et à 2 891 km de Tahiti, ces trois îles, Wallis (75,64 km2), Futuna (46,28 km2) et Alofi (17,78 km2)5, se trouvent dans l’océan Pacifique occidental, en Océanie lointaine (c’est-à-dire où l’on ne peut parvenir par mer qu’en perdant les terres de vue).

Constitué de trois îles principales qui ne forment pas un archipel, Wallis, Futuna et Alofi, le territoire a une superficie modeste (124,2 km2 soit à peine plus que Paris intra-muros) pour 12 197 habitants.

L’île de Wallis (en wallisien, ʻUvea), d’une superficie de 75,64 km², porte le nom du capitaine Samuel Wallis, le premier navigateur occidental qui l’aborde en 1767. Les îles Horn, Futuna (46,28 km²) et l’îlot voisin, non-habité, d’Alofi (17,78 km²), séparées seulement par un chenal de 2 km et distantes de 230 km de Wallis, sont abordées dès 1616 par des navigateurs hollandais, Willem Schouten et Jacob Le Maire. Ils leur donnèrent le nom d’« îles de Hoorn », du nom de leur port d’attache. Ces îles, au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récifs coralliens, sont difficiles d’accès par la mer. Toutefois, l’anse de Sigave permet aux bateaux d’y mouiller en relative tranquillité.

Peuplées par des Austronésiens de civilisation lapita, qui devinrent des Polynésiens, Wallis et Futuna se retrouvent dans l’aire d’influence tongienne au XVe siècle. Ce n’est qu’en 1837 que des missionnaires maristes convertissent les deux îles au catholicisme. Devenu protectorat français en 1888, Wallis-et-Futuna devient un territoire d’outre-mer en 1961 suite à référendum. Il bénéficie d’un statut protecteur reconnaissant les chefferies traditionnelles et la religion catholique, ce qui en fait l’un des territoires ultramarins les plus originaux au sein de la République française.

Sommaire

Géographie

Article principal : Géographie de Wallis-et-Futuna.
Etienne Morel, ancien directeur hospitalier de Brest : les îles Kerguelen après Wallis-et-Futuna ? dans AC ! Brest 290px-Carte_de_Wallis-et-Futuna

Carte de Wallis-et-Futuna

Ces îles au relief volcanique et aux côtes très découpées, protégées par une ceinture de récifs coralliens, sont difficiles d’accès sauf pour l’anse de Sigave. Wallis-et-Futuna possèdent 106 km de côtes au total6.

L’appellation « archipel » appliquée à Wallis-et-Futuna est impropre car les deux îles sont distantes d’environ 230 kilomètres, sans unité géographique ou historique. Malgré cela on peut répartir les îles en deux grands groupes : d’une part, les îles Wallis composées d’une île principale, Uvea, et de plusieurs îlots coralliens et d’autre part, les îles Horn ou îles de Horne (ou Hoorn) composées de deux îles principales, l’île de Futuna et sa voisine immédiate, l’île d’Alofi (en pratique, Futuna désigne à la fois Futuna et Alofi ; le nom îles de Hoorn est très peu usité et plutôt appelé îles Futuna). Les îles sont d’origine volcanique.

L’île de Wallis est apparue au Cénozoïque, suite à l’émergence d’un volcan sous-marin. Une deuxième période d’activité volcanique, il y a 300 000 ans, a entraîné la création des îlots présents dans le lagon. Une bonne partie du sol est constitué de basalte7. Le point culminant de Wallis est le mont Lulu Fakahega, haut de 151 mètres7.

À Futuna, le relief est beaucoup plus escarpé et montagneux. Depuis le sommet du mont Puke (524 mètres) part un plateau qui descend progressivement et s’arrête juste avant le bord de mer, laissant une petite frange littorale. L’espace entre la mer et la montagne est très réduit7.

Climat

Le climat de l’archipel est du type tropical humide assez constant sur l’année. L’amplitude thermique entre les moyennes du mois le plus chaud (février) et du mois le plus frais (juillet) est de 1,1 °C8. Les précipitations mensuelles varient de 400 mm en janvier à 150 mm en août. On distingue ainsi deux principales saisons. La première, de mai à septembre, est plutôt fraîche, moins arrosée et balayée par un alizé modéré. La seconde, d’octobre à avril, est celle des chaleurs et des fortes pluies avec parfois des cyclones.

Biodiversité

Article connexe : Liste des oiseaux de Wallis-et-Futuna.

La faune et la flore n’ont pas fait l’objet d’inventaires exhaustifs, cependant certains groupes sont assez bien connus.

À Wallis, 639 espèces de poissons littoraux ont été identifiés. En eaux douces ce sont 3 espèces de crustacés et 4 de poissons qui ont été inventoriées (dont le Stiphodon rubromaculatus). Les chauve-souris sont les seuls mammifères autochtones et le seul batracien présent a été introduit. Nous pouvons également citer l’araignée Schizocosa vulpecula.

Histoire

Article détaillé : Peuplement de l’Océanie.
Article principal : Histoire de Wallis-et-Futuna.
220px-Wallis%2C_p%C3%AAche_aux_palmes%2C_1863 dans Attentats

« Pêche aux palmes » dans les Ilots de Wallis (Uvea) (Wallis-et-Futuna) par le Français Charles Méryon, lors de son voyage dans le Pacifique (1842-1846).

La civilisation Lapita, entre 900 et 800 av. J.-C., correspond aux premiers habitants des deux îles habitées, pour lesquels on dispose de preuves archéologiques, sur les sites d’Utuleve, à Uvea et d’Asipani, à Futuna. Puis viennent les invasions tongiennes pour Wallis et les invasions samoanes pour Futuna.

Le premier contact de Futuna avec des Européens a lieu le 21 mai 1616 ; les Hollandais Willem Schouten et Jacob Le Maire jettent l’ancre dans l’embouchure de la rivière Futuna et abordent en chaloupe le lendemain. Ils baptisent les deux îles de Futuna et Alofi, les îles de Hoorn en référence à leur port d’embarquement siège de la Compagnie des Indes. Ils restent environ huit jours sur l’archipel avant de repartir vers la Nouvelle-Guinée et les Moluques.

Louis-Antoine de Bougainville atteint Futuna le 11 mai 1768 et la surnomme « l’enfant perdu du Pacifique ».

L’île de Wallis n’est visitée par les Européens qu’en 1766, 150 ans après Futuna, par le capitaine britannique Samuel Wallis, à qui l’île doit son nom actuel. Frédéric Angleviel écrit dans son article intitulé « Wallis 1825-1858 : contacts, mutations, permanences » que : « Wallis découvre cet archipel en 1767, mais il ne descend point à terre. Il faut attendre les années 1820 pour que des Européens ou assimilés (Américains, Australiens) foulent le sol d’Uvéa. »9

Les autochtones la nomment Uvea (en wallisien ʻUvea), nom encore très utilisé.

À l’arrivée des Européens, les îles sont peuplées de Polynésiens originaires des îles Tonga pour Wallis et des îles Samoa pour Futuna. Quelques marchands et naufragés s’installent sur l’île, mais la présence européenne n’est significative qu’au XIXe siècle avec l’arrivée de missionnaires catholiques en 1837. L’île est convertie au catholicisme en 184010. Aujourd’hui, la population reste majoritairement de confession catholique.

La reine Amélia de Wallis signe un traité de protectorat ratifié par la France le 5 avril 1887. Un an plus tard, les rois d’Anise Tamole pour Sigave et ceux de Futuna, Setefano Tuikalepa pour Alo demandent eux aussi leur rattachement à la France. Les souverains de Futuna et Wallis gardent toute leur autorité coutumière sur leur sujets11.

Photo en noir et blanc (de mauvaise qualité) montrant un groupe de personnes assises et prenant la pose (4 assises, 3 debout), hommes et femmes

Un groupe de Wallisiens, au début du XXe siècle.

Il n’y a pas à proprement parler de colonisation à Wallis-et-Futuna, le pouvoir du résident français se limitant aux affaires extérieures. Cette situation se poursuit à Futuna jusqu’en 1961, l’administration ne s’installant sur l’île qu’en 195911. Les habitants continuent à vivre comme autrefois. En 1913, un projet d’annexion par la France est présenté par le résident Brochard, mais elle n’aboutit pas. En 1922, l’annexion est jugé trop coûteuse par la France et est abandonnée12.

La Seconde Guerre mondiale entraîne de nombreux bouleversements à Wallis. Pour contrer l’Empire japonais, lors de la guerre du Pacifique, les Américains débarquent à Wallis en 1942 et y construisent de nombreuses infrastructures. En revanche, Futuna n’est pas investie par les Américains11.

Les îles deviennent en 1961 un territoire d’outre-mer (TOM) après référendum. Le roi d’Uvea, Tomasi Kulimoetoke II (1916-2007), est signataire de cet accord. Après la révision constitutionnelle du 28 mars 2003, le territoire des îles Wallis et Futuna devient une collectivité d’outre-mer à statut particulier sans que le régime de 1961 ne change. En effet depuis cette révision constitutionnelle, aucune loi organique n’est adoptée faute de consensus à l’Assemblée territoriale.

Population et société

Démographie

Lors du recensement du 22 juillet 2013, il y avait 12 197 habitants, alors qu’en 2008, il s’en comptait 13 445 habitants et en 2003, 14 994 h. pour l’ensemble des îles Wallis et Futuna, soit 2 750 h. perdus en dix ans (- 18 %) — dont en 2008 4 238 à Futuna (31,52 %) et 9 207 à Wallis (68,47 %). L’île d’Alofi, voisine de Futuna, n’est pas habitée. La plupart des habitants sont d’origine polynésienne (97,3 %) mais on compte aussi quelques habitants d’origine européenne. La quasi-totalité est de confession catholique. La forte diminution constatée entre 2003 et 2013 est le résultat de la diminution de la natalité et de l’importance de l’émigration dans un territoire sans débouchés (études supérieures et emploi réduit), ce qui conduit au vieillissement de la population et à la réduction de la taille des ménages.

Pour la première fois depuis plus d’un demi-siècle, la population de cette collectivité décroit par rapport au recensement précédent (2003) qui comptait 14 944 habitants selon une analyse de l’INSEE13. La population officielle 2008 est toutefois à présent estimée à 13 484 pour la population municipale et à 14 231 pour la population totale14. La population a reculé de 10 % (-8,6 % à Wallis et -13 % à Futuna). En 2013, la baisse a été encore plus marquée : Wallis-et-Futuna ne comptent plus que 12 197 habitants. En dix ans, le territoire a ainsi perdu 18 % de sa population. La raison de cette baisse est le départ massif des jeunes, qui sont de plus en plus nombreux à s’expatrier en Nouvelle-Calédonie ou en France métropolitaine pour effectuer des études supérieures ou trouver un travail, les possibilités d’emploi étant limitées sur place15. Tous les districts ont été touchés par la décroissance démographique.

Évolution démographique
1928 1935 1953 1960 1969 1976 1983 1990 1996
6 202 6 542 9 507 8 313 8 546 9 192 12 408 13 705 14 166
Évolution démographique, suite (1)
2003 2008 2013 - - - - - -
14 944 13 445 12 197 - - - - - -
(Source : Likuvalu 1979 jusqu’en 196916, Insee17 et STSEE18,19)

En 1842, le capitaine du vaisseau l’Allier estime la population de Wallis à 2 500 habitants et de Futuna à 90020.

Émigration

Article détaillé : Wallisiens et Futuniens de Nouvelle-Calédonie.

L’accroissement naturel de Wallis-et-Futuna ne compense plus son émigration21.

De nombreux habitants quittent les îles, si bien qu’il y a plus de Wallisiens et de Futuniens à Nouméa (Nouvelle-Calédonie) (17 763 personnes) que sur les îles. Certains résident aussi en France métropolitaine et en Polynésie française22.

Langues

Articles détaillés : Langues à Wallis-et-Futuna, Futunien et Wallisien.
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Extrait en langue wallisienne.

La langue officielle est le français. Deux langues polynésiennes vernaculaires, le wallisien et le futunien, sont parlées respectivement à Wallis et Futuna. En juillet 2015, l’Assemblée territoriale vote la création d’une Académie des langues wallisienne et futunienne, chargée de la promotion et de la sauvegarde des langues et de la culture locales23.

Éducation

Article détaillé : Système éducatif français.

L’enseignement primaire à Wallis-et-Futuna est placé sous l’égide de la Direction de l’Enseignement Catholique qui est une structure privée. L’enseignement secondaire est géré par le vice-rectorat. La seule formation supérieure disponible sur le territoire se fait auprès de l’antenne de l’IUFM du Pacifique à Wallis.

Le territoire compte 18 écoles élémentaires, 6 collèges, 1 lycée d’enseignement général (le Lycée des îles Wallis et Futuna) et un lycée agricole.

Le taux moyen d’encadrement est de 10,4 élèves par enseignant avec, en 2011, 570 personnels de l’éducation (dont 397 enseignants) pour 4 111 élèves24.

Santé

Le système de santé repose intégralement sur l’Agence de santé de Wallis-et-Futuna [archive]. L’agence emploie plus de 180 personnels travaillant sur deux hôpitaux et trois dispensaires. Tous les soins sont pris en charge par l’État. La dotation de l’État s’élève en 2011 à 2,9 milliards de francs CFP (environ 24,3 millions d’euros)25.

Les équipements de santé étant limités sur le territoire, certaines opérations nécessitent l’évacuation des patients vers la Nouvelle-Calédonie, voire la France métropolitaine ou l’Australie. 637 personnes ont bénéficié d’une évacuation sanitaire hors du territoire en 201124.

Médias

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Ancien logo de la chaîne RFO Wallis et Futuna

Le territoire dispose de sa propre chaîne de télévision (Wallis et Futuna 1re), et de sa station de radio (Wallis et Futuna 1re). La radio émet à la fois en français, en wallisien et en futunien.

Le seul quotidien disponible est Les Nouvelles calédoniennes, qui publient deux ou trois articles par semaine relatant la vie du territoire26.

L’hebdomadaire Te Fenua Fo’ou a arrêté sa publication en mars 200227. Son remplaçant, le Fenua Magazine a lui aussi cessé de paraître26.

L’accès au réseau internet progresse avec 1 144 abonnés au haut débit à fin 201124.

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Nouveau logo pour la chaîne Wallis et Futuna 1re

Depuis le 22 décembre 2015, Wallis-et-Futuna possèdent un réseau de téléphonie mobile, appelé Manuia. Avant cette date, Wallis-et-Futuna étaient le dernier territoire d’Outre-Mer français à ne pas avoir de réseau mobile28. Comme le résume le journaliste René Lataste, « En quelques dizaines d’années, Wallis-et-Futuna auront fait un pas de géant dans la communication. Du Tauasu sous le Fale depuis des siècles, au téléphone fixe dans les années 1960 puis à internet 30 ans plus tard. Aujourd’hui, le mobile et demain une multiplication par 1000 des connexions28. »

Sport

Le territoire de Wallis-et-Futuna participe aux Jeux du Pacifique (qui s’appelaient auparavant Jeux du Pacifique Sud).

En 2013, le territoire a organisé et a accueilli, pour la toute première fois, les Mini-Jeux du Pacifique.

De nombreux sports sont pratiqués sur le territoire dont athlétisme, notamment dans la spécialité du lancer de javelot avec des champions comme : Jean Paul Lakafia qui à amélioré à deux reprises le record de France du lancer du javelot, le portant à 83,56 m en 1980 et à 84,74 m en 1983, Lolésio Tuita, Vitoli Tipotio, Monika Fiafialoto, Péta Tauhavili, Pételo Wakalina ou Penisio Lutui ou encore en handisport Tony Falelavaki.

Il existe une équipe locale de rugby à XV (rattachée à la Federation of Oceania Rugby Unions). De nombreux joueurs de rugby à XV qui sont nés à Wallis-et-Futuna ou originaire de ses îles ont joué pour le XV de France en métropole. C’est le cas de Vincent Pelo, Yann David,Christopher Tolofua, Sébastien Vahaamahina, Jocelino Suta, Romain Taofifenua, Raphaël et Pierre-Gilles Lakafia jouant en équipe de france à 7 et son frère Raphaël à XV ou encore Mickaël Simutoga,Emerick Setiano,Peato Mauvaka et Selevasio Tolofua qui ont pu intégrer l’équipe de France des -20 en 2015 et 2017.

Il existe également une équipe de football locale. Plusieurs joueurs originaires de Wallis et Futuna jouent en métropole et dans d’autres pays : c’est le cas de Wesley Lautoa (FCO Dijon) ou encore David Faupala à Manchester United.

En 2006, Jennifer Vegi est médaillée de bronze aux Championnats de France de Karaté Contact29, puis elle remporte en 2007 la médaille d’or en taekwondo aux Jeux du Pacifique.

Une base nautique est située dans le village de Liku. Une association sportive, Vakala, propose des activités nautiques (voile notamment).

L’athlétisme ainsi que d’autres sports tels que le volley-ball, le hand-ball ou le badminton se pratiquent dans le nouveau centre sportif de Kafika. On compte parmi les sportifs médaillés Aukusitino Hoatau, qui a notamment remporté la médaille d’argent au lancer du disque lors des Jeux du Pacifique de 2011. En volley-ball, les sportifs les plus connus sont Samuele Tuia et Toafa Takaniko.

Administration et politique

Le territoire de Wallis-et-Futuna constitue le dernier territoire d’outre-mer français puisqu’il n’a pas adopté depuis 2003 celui d’une collectivité d’outre-mer régie par l’article 74 de la Constitution. Ses institutions sont fixées par la loi du 29 juillet 196130, lui conférant une situation juridique et administrative très particulière au sein de l’Outre-mer français31.

À Wallis-et-Futuna, la situation politique est un équilibre entre le pouvoir coutumier, l’église et l’État français. Pour l’historien Frédéric Angleviel, cinq pouvoirs sont en présence à Wallis-et-Futuna32 :

  • la chefferie coutumière traditionnelle
  • l’église catholique (installée depuis 1837)
  • l’administration française, présente depuis 1888 (résidents de France, puis administrateurs supérieurs à partir de 1961)
  • le négoce (les marchands)
  • et la politique, entendue ici comme le jeu des partis politiques « à l’occidentale », apparue en 1961 avec le statut de territoire d’outre-mer.

Sophie Chave-Doarten évoque ce qu’elle nomme le « paradoxe wallisien » : « Depuis quarante ans, donc, la société wallisienne résiste à son assimilation par l’État républicain, forte d’une conscience très nette de son identité et des valeurs qui la distinguent, à ses yeux, de toute autre société »31.

Institutions territoriales

Articles détaillés : Liste des administrateurs supérieurs de Wallis-et-Futuna et Assemblée territoriale des îles Wallis et Futuna.

L’État français est représenté à Wallis-et-Futuna par un administrateur supérieur nommé par décret en conseil des ministres.

L’administrateur supérieur est également « chef du territoire » : à la différence des autres collectivités territoriales, le pouvoir exécutif est assuré par le représentant de l’État et non par un président élu. L’administrateur supérieur est assisté dans ses fonctions par un conseil territorial qu’il préside, composé des trois rois traditionnels et de trois membres nommés par l’administrateur supérieur avec l’approbation de l’assemblée territoriale.

L’assemblée territoriale est l’assemblée délibérante du territoire. Ses vingt membres sont élus au suffrage universel direct pour cinq ans : chacun des districts constituent une circonscription électorale.

Les délibérations de l’assemblée territoriale n’entrent en vigueur que si elles sont approuvées par l’administrateur supérieur.

Le territoire est représenté à l’Assemblée nationale par un député (élu au suffrage universel), actuellement Napole Polutélé (apparenté LC: républicains UDI,indépendants) et au Sénat par un sénateur (élu indirectement par les représentants locaux siégeant à l’Assemblée territoriale, au Conseil territorial ou au sein de la hiérarchie coutumière des chefs de districts et de villages), actuellement Robert Laufoaulu (rattaché au groupe Les Républicains).

Royaumes coutumiers

L’article 3 du statut de 1961 dispose que « la République garantit aux populations du territoire des îles Wallis et Futuna, le libre exercice de leur religion ainsi que le respect de leurs croyances et de leurs coutumes en tant qu’elles ne sont pas contraires aux principes généraux du droit et aux dispositions de la présente loi »30. La chefferie traditionnelle est reconnue officiellement par la République française.

Wallis-et-Futuna est la seule collectivité française à ne pas être découpée en communes. À la place, le territoire est divisé en trois royaumes traditionnels, dénommés « circonscriptions territoriales » dans la loi :

  • Uvea (sur l’île de Wallis), subdivisée en trois districts (Hihifo, Hahake et Mu’a),
  • Alo (au sud-est de l’île de Futuna et sur l’île d’Alofi), anciennement subdivisé en deux districts (Tua au nord, et Alo au sud avec Alofi au sud-est),
  • Sigave (au nord-ouest de l’île de Futuna)33.

Chaque royaume dispose de la personnalité morale et éventuellement d’un budget. Il existe dans chaque royaume un conseil désigné selon la coutume et présidé par le roi. L’administrateur supérieur, à Uvea, et son délégué, à Alo et Sigave, est le chef de la circonscription chargé du pouvoir réglementaire et de l’exécution du budget.

Les trois royaumes ne sont pas héréditaires : ce sont les familles nobles, les aliki, qui élisent ou destituent les rois. Le pouvoir est assez décentralisé : les rois locaux doivent négocier avec les chefs de village, et répondre aux demandes des aliki qui les élisent et dont l’autorité morale s’appuie aussi sur la population, tout en négociant avec le représentant de l’État pour obtenir les budgets de développement du territoire.

Les royaumes exercent l’équivalent des compétences des communes et une partie de celles des conseils départementaux. Le royaume d’Uvea est en outre divisé en trois districts coutumiers (Hahake, Hihifo et Mu’a) qui regroupent plusieurs villages et exercent certaines compétences.

L’organisation de chaque royaume diffère :

  • à Uvea, le roi (qui porte le titre de Lavelua) est le chef de la hiérarchie coutumière. Il est assisté d’un premier ministre (Kalae kivalu) et de cinq ministres et nomme, sur proposition de la population, trois chefs de district (faipule) qui ont autorité sur les 21 chefs de village reconnus par la population. Les chefs de village, qui peuvent lever les corvées d’intérêt général, sont plébiscités ou destitués au cours d’assemblées générales de village (fono) qui ont lieu le dimanche dans une case commune (fale fono)31. À noter qu’en raison de différends politiques, le royaume d’Uvea n’a plus de roi depuis 2014. Depuis avril 2016, deux Lavelua se disputent le pouvoir à Wallis, sans que l’État français n’ait tranché.
  • à Futuna, chacun des deux rois (le Tuigaifo à Alo et le Tuisigave à Sigave) dispose aussi de ministres, jouant le rôle de porte-paroles dans les conseils, mais ils ont une autorité limitée directement sur les chefs de village désignés par les familles princières qui peuvent démettre leur roi facilement. Depuis le 5 mars 2016, le royaume de Sigave a de nouveau un souverain en la personne de Eufenio Takala34. Le 15 mai, le souverain d’Alo, Petelo Sea, a été destitué35 ; trois semaines après, le royaume a un nouveau souverain en la personne de Filipo Katoa36.

Administration

Sur le plan éducatif, le territoire a le statut de vice-rectorat37. Toutefois, l’enseignement primaire est totalement concédé par l’État, dans le cadre d’une mission de service public, au diocèse catholique de Wallis-et-Futuna au travers d’une convention où l’État finance l’ensemble des charges liées à cet enseignement (enseignants et fonctionnement), les écoles étant construites sur le domaine public communautaire des villages selon le droit coutumier et le contrôle des rois qui définit l’usage foncier.

Symboles

Article détaillé : Drapeau de Wallis-et-Futuna.

Politique

Articles connexes : Liste des députés de Wallis-et-Futuna, Liste des sénateurs de Wallis-et-Futuna et Circonscription de Wallis-et-Futuna.
Photographie en noir et blanc d'un homme âgé, portant une moustache, assis.

Le roi de Wallis (Lavelua) Luciano Aisake en 1904.

La vie politique de Wallis-et-Futuna (entendue ici comme le jeu des partis politiques) a longtemps été dominée par le RPR gaulliste, incarné sur place par les défunts parlementaires Benjamin Brial et Sosefo Makape Papilio. Il faudra attendre 1989 pour voir la gauche, avec le Parti radical de gauche, être à nouveau portée au pouvoir sur place, avec l’élection du député Kamilo Gata (décédé en 2004). Celui-ci est à son tour battu en 1997 par Victor Brial (neveu de Benjamin), nouveau chef du RPR local et également président de l’Assemblée territoriale de Wallis et Futuna de 1997 à 1999. Ce dernier est battu en juin 2007, contre toute attente, par le socialiste Albert Likuvalu. Celui-ci avait auparavant été brièvement président de l’Assemblée territoriale du 22 février au 24 novembre 2005, bénéficiant alors d’une alliance éphémère entre l’opposition de gauche (7 élus sur 20) et quelques élus divers droites.

Lors des élections territoriales de 2002, la droite locale (encore RPR alors, futur UMP, remporte le scrutin avec 9 élus sur 20 et complète sa majorité avec les 5 représentants divers droite de l’Alliance pour Wallis et Futuna. Toutefois, le leader de celle-ci, Albert Likuvalu, se rapproche de l’opposition locale, formée de 4 élus de l’Union pour Wallis et Futuna (gauche socialiste) et 2 non inscrits. Ces trois formations (Alliance, Union et non-inscrits) forment donc une majorité éphémère de 11 membres sur 20 du 22 février au 24 novembre 2005, l’UMP étant relégué dans l’opposition et Likuvalu prenant la présidence de l’Assemblée. Le 24 novembre 2005, sur fonds de conflits coutumiers à Wallis entre les partisans du roi local et les « rénovateurs », les 4 autres élus de l’Alliance s’éloignent d’Albert Likuvalu et reforment une majorité avec l’UMP. Likuvalu reste quant à lui dans l’opposition, et participe en 2006 à la création de la fédération locale du Parti socialiste. Du 24 novembre 2005 à avril 2007, la nouvelle majorité de droite porte à la présidence de l’Assemblée Erménégilde Simete, membre de l’UMP.

Pour les élections locales du 1er avril 2007, 26 listes s’étaient portées candidates pour 20 sièges. Parmi les élus, 12 se sont finalement rangés dans la majorité UMP-UDF-divers droite qui a porté Pesamino Taputai, représentant local de l’UDF-MoDem, à la présidence de l’Assemblée territoriale. L’opposition, composée de 8 élus, est quant-à-elle organisée autour du PS local d’Albert Likuvalu qui, deux mois plus tard, est élu député contre le sortant Victor Brial. Il est à préciser que parmi les 5 candidats présents au 1er tour, 3 étaient des élus de la majorité à l’Assemblée territoriale : outre Victor Brial pour l’UMP, Pesamino Taputai représentait le MoDem et l’ancien président de l’Assemblée et désormais président de sa commission permanente, Erménégilde Simete, candidat divers droite.

Donc, en théorie la vie politique à Wallis et Futuna est dominée par les représentants locaux des grands partis métropolitains, le FN y étant également présent depuis l’élection présidentielle de 2002 et est représenté par Gaston Lutui qui fut candidat aux législatives de 200238 mais pas en 2007.

La configuration des sociétés wallisienne et futunienne est telle qu’il s’agit avant tout de voter pour le candidat proposé par le chef coutumier[réf. nécessaire].

La coutume est omniprésente et se reflète dans la vie politique locale.

Crise politique de 2005

King_Tomasi_Kulimoetoke dans Rue89

Le Lavelua Tomasi Kulimoetoke, décédé en 2007.

En 2005, le territoire fait parler de lui à la suite d’une crise politique ayant eu lieu à Wallis. La crise débute quand un petit-fils du roi d’Uvea (Tomasi Kulimoetoke II, régnant depuis 46 ans) est condamné pour homicide involontaire après avoir tué un motocycliste en conduisant en état d’ivresse. Le petit-fils se réfugie au palais royal. Le roi résiste d’abord aux demandes d’arrestation de son petit-fils car les délais entre l’accident mortel et la sanction judiciaire ont été longs compte tenu que ce territoire est rattaché sur le plan judiciaire à la Nouvelle-Calédonie. Ce choix divise les familles aristocratiques, partagées entre le devoir traditionnel de solidarité familiale (envers le petit-fils et le roi) et celui de loyauté envers la puissance tutélaire française (l’économie du territoire dépend des aides de l’État et l’administration emploie de nombreuses personnes).

Deux camps s’opposent : d’un côté, les royalistes, partisans du roi Kulimoetoke et de l’autre les « rénovateurs », souhaitant une évolution de la coutume. Une partie des chefs de village, soutenus par le nouveau préfet Xavier de Fürst (qui émet plusieurs arrêtés reconnaissant leurs griefs), décident alors d’introniser un nouveau roi, Sosefo Mautamakia39. Mais, à l’approche de la cérémonie d’intronisation, prévue le 25 septembre, le conflit institutionnel manque de tourner à l’affrontement avec les partisans du roi, qui occupent l’aéroport et édifient des barrages. La situation s’arrange finalement grâce à l’intervention d’un médiateur français qui reconnaît l’autorité du roi Tomasi Kulimoetoke II. La cérémonie d’intronisation des dissidents est alors annulée, mais l’autorité du préfet de Fürst est entamée.

L’affaire laisse des traces et des incidents se produisent en juin 2006 dans le district du nord Hihifo (le préfet de Fürst encourageant les dissidents). Des palabres de réconciliation s’ensuivent, mais les incidents continuent sporadiquement jusqu’en 2014 et reprennent en 2016.

Le 12 mars 2007, le Tribunal administratif [archive] de Mata Utu a examiné une cinquantaine de recours qui avaient été présentés par le royaume d’Uvea pour annuler les arrêtés préfectoraux de Xavier de Fürst. Le Tribunal administratif a finalement annulé les décisions prises par M. de Fürst et condamné l’État français à verser des indemnités à la circonscription territoriale d’Uvea (ce qui correspond à l’entité coutumière du royaume d’Uvea) et aux membres de la chefferie du Lavelua.

Règne de Kapeliele Faupala (2008-2014)

Le 7 mai 2007, Tomasi Kulimoetoke II décède40 à l’âge de 88 ans : son règne aura été l’un des plus longs de l’histoire de Wallis, de 1959 à 2007 (48 ans)41. Après la période de deuil coutumier s’ouvrent les négociations et palabres au sein des familles royales pour la désignation d’un nouveau roi. En juillet 2008, Kapeliele Faupala est intronisé Lavelua42.

Les incidents sur l’île, mêlant droit coutumier et instances républicaines, continuent lorsqu’en 2010, le roi Kapeliele Faupala et ses partisans s’emparent d’EEWF (Électricité et Eau de Wallis-et-Futuna), une filiale de GDF-Suez. Cette action43 a pour origine le licenciement d’un employé d’EEWF pour faute grave, contesté par la chefferie, et a eu pour principale conséquence des coupures d’approvisionnement en eau et électricité pendant plusieurs jours en juillet 201044.

Kapeliele Faupala est destitué le 2 septembre 2014 suite à des désaccords avec son premier ministre45.

Onze ans après la crise de 2005, la réconciliation entre les deux camps semble « peu [probable] tant les blessures réciproques après le conflit de 2005 restent à vif »46 et l’île reste profondément divisée.

Crise coutumière d’avril 2016

En avril 2016, de nouvelles tensions éclatent autour du projet d’intronisation d’un nouveau roi. Vendredi premier avril, la chefferie annonce l’intronisation prochaine de Tominiko Halagahu, chef du district de Hihifo47. Cette nouvelle est inattendue, après plus de deux ans sans Lavelua à Wallis. De nombreux Wallisiens de Nouvelle-Calédonie arrivent à Wallis en vue de cette intronisation. Cependant, une partie des familles royales sont opposées à ce choix et nomment une nouvelle chefferie. Leurs partisans occupent le palais royal à Sagato Soane (à Mata-Utu) depuis le mardi 12 avril48. Alors qu’un accord semblait être trouvé entre les deux chefferies jeudi 14 après des négociations49, la situation prend un nouveau tournant le lendemain : la chefferie en place ne se rend pas aux négociations. Les partisans de la nouvelle chefferie annoncent alors leur refus de l’intronisation et continuent à occuper le palais royal. Pendant ce temps, Tominiko Halagahu est intronisé chez lui, à Vailala, dans le district de Hihifo (nord), vendredi 15 avril. Wallis-et-Futuna 1re commente la situation : « Un point de non-retour est atteint. L’intronisation s’est faite dans des conditions et dans un lieu qu’ils [la nouvelle chefferie] ne peuvent accepter. »50.

Dimanche 17 avril, la nouvelle chefferie (représentant une grande partie des familles royales) intronise elle aussi un Lavelua, Patalione Takumasiva, suivant la cérémonie traditionnelle51. Wallis se retrouve donc dans une situation coutumière inédite, avec deux rois et deux chefferies52. « Le pouvoir coutumier d’Uvea est donc représenté par 2 rois et 12 ministres. La population est totalement divisée »53.

Dans cette situation, le préfet doit arbitrer entre les deux camps ; néanmoins, « l’État ne s’immisce pas dans les affaires coutumières »54. Lundi 18 avril, la situation n’a toujours pas été tranchée par le préfet55. Un mois après le début de cette crise, il y a toujours deux rois à Wallis. Pour l’anthropologue Françoise Douaire-Marsaudon, interviewée sur LTOM, l’État français doit rester absolument neutre et laisser les Wallisiens régler la crise56. Elle estime que cette division entre deux Lavelua concurrents s’explique en partie par les séquelles de la crise coutumière de 200556.

Le samedi 28 mai 2016, deux chefs de village et un faipule (chef de district) sont installés par la nouvelle chefferie : « désormais, Wallis a deux Lavelua et deux grandes chefferies au complet »57.

Économie

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Ancien billet de 1000 francs Pacifique (XFP).

La population, plus pauvre qu’en métropole mais la plus riche du Pacifique-Sud58, n’a majoritairement pas accès à l’économie monétaire (70 % des actifs), et près de 70 % des actifs travaillent pour l’administration publique. Moins de 1 000 actifs travaillent dans des sociétés semi-publiques ou privées (notamment l’artisanat de la nacre destiné à l’exportation et issu de la pêche de coquillages).

Depuis 1976, l’emploi public a été considérablement accru, passant de moins de 400 emplois non-marchands pour 4 000 actifs à plus de 1 070 sur 1 800 emplois dans le secteur marchand. Si plus de 300 nouveaux jeunes sortent du système éducatif chaque année, il n’y a guère plus de 15 nouveaux emplois créés. Aussi, ce chômage important est compensé par un exode massif de la population, surtout des jeunes qui tentent leurs chances en Nouvelle-Calédonie, en Australie, ou directement en France métropolitaine.

Les îles sont de fait assez pauvres : elles souffrent de ressources naturelles limitées, notamment en eau douce pour Futuna, ce qui explique aussi que l’île voisine d’Alofi n’est pas habitée. Cette carence ne permet qu’une économie essentiellement rurale axée sur la pêche artisanale dans le lagon et l’agriculture océanienne vivrière pour les besoins locaux. Les îles souffrent aussi de leur éloignement et leur isolement des marchés potentiels, l’environnement régional étant encore plus démuni qu’elles. Cet isolement engendre des difficultés techniques mais permet aussi d’adopter d’autres modes de vie. Par exemple, Futuna n’est dotée de la télévision que depuis le 24 décembre 1994.

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Nouveau billet de 1000 francs Pacifique (XFP)

La dangerosité et les difficultés d’accès maritime aux îles, liées à leur environnement naturel dangereux, l’absence de port en eaux profondes combinée à l’éloignement des grandes routes commerciales avec les pays plus riches comme l’Australie et la Nouvelle-Zélande, la quasi-absence de produits exportables (qui oblige les cargos de fret à repartir à vide et contribue à accroître le coût des importations de produits manufacturés) ou même l’insuffisance de liaisons aériennes qui faciliterait le développement touristique contraignent ces îles à un développement difficile et nécessitant un apport constant de capitaux publics.

Une partie des recettes publiques est constituée par la taxe annuelle forfaitaire sur des sociétés extraterritoriales, qui n’ont aucune activité sur le Territoire de Wallis-et-Futuna, appelées aussi sociétés « offshore ». Il n’est pas certain que ces recettes perdurent. En effet les niches fiscales étant remises en cause, ces sociétés ont de manière certaine un caractère délictueux, du fait qu’il s’agit de sociétés fictives ou société écran (coquille vide) dont le seul but est de frauder l’impôt et les taxes en France ou dans d’autres pays. Il faut rappeler que le code pénal et le code de commerce sont applicables à Wallis-et-Futuna, la résultante de cette applicabilité constituant les délits de blanchiment, d’abus de biens sociaux et de recel d’abus de biens sociaux.

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Ancien billet de 5000 francs CFP.

Toujours dans le même registre de sociétés fictives, Wallis-et-Futuna est spécialisé dans les pavillons de complaisance. L’immatriculation de navires marchands dans des paradis fiscaux « spécialisés » aux travers de sociétés fictives, permet d’échapper (de manière illégale) aux obligations sociales et fiscales des États, d’où les mises en garde de l’ONU et OCD et autres organismes de régulation internationale.

Le tourisme sur l’île de Wallis est faiblement développé avec seulement quatre établissements hôteliers offrant 44 chambres et 3 bungalows. Il existe quelques restaurants à Mata-Utu ainsi qu’un supermarché. Les produits frais tels que la viande arrivent essentiellement par transport aérien de Nouméa59. Certaines activités ne sont disponibles que par le biais d’associations locales (tennis, plongée sous-marine, ULM…)60. L’île de Futuna ne dispose que de deux hôtels offrant 11 chambres61.

Il n’y a sur le territoire qu’une seule banque, la Banque de Wallis-et-Futuna ; la BWF est une filiale de BNP Paribas. Le Trésor public n’ouvre plus de comptes et La Poste n’y a pas de services financiers. La banque sur Futuna n’est ouverte que deux jours par mois61.

Le service des postes et télécommunications de Wallis-et-Futuna a une activité d’émission de timbres-poste qui peut intéresser les philatélistes62.

Culture

Une danse wallisienne (faka niutao), exécutée par des jeunes filles en 1943 (archives de la marine américaine).

La culture de Wallis-et-Futuna est encore méconnue et très peu documentée. Cependant, il existe un service des Affaires culturelles63 sur le territoire situé à Aka’aka dans le district de Hahake à Wallis.

À propos de la culture wallisienne et futunienne, l’anthropologue Dominique Pechberty écrit : « Wallis et Futuna sont parmi les rares îles polynésiennes à avoir conservé vivantes des coutumes qui ailleurs ont progressivement disparu lors des contacts répétés avec les Occidentaux (…) Il ne s’agit pas d’un folklore à l’usage des touristes, ni de la reconquête d’un patrimoine culturel pour retrouver une identité perdue. »64

Archéologie

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Ruines du fort Talietumu.

L’un des sites archéologiques majeurs de Wallis est le fort tongien de Kolo Nui à Talietumu, dans le district de Mu’a.

Les églises à Wallis-et-Futuna

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L’église Saint-Joseph, dans le village de Mala’efo’ou (Wallis).

La construction des églises sur le territoire peut être considéré comme un art. Toutes différentes les unes des autres , ces dernières sont en pierres volcaniques pour la plupart et très colorées. Elles sont présentes dans chaque district et dans chaque village. Les pierres toutes sculptées à la main. Sur Wallis,on compte un peu près 26 monuments religieux et sur Futuna, elles sont au nombre de 22. Seuls monuments imposants du territoire, elles font partie intégrante du patrimoine culturel.

Danses traditionnelles

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Danse de soamako.
Article détaillé : Danses de Wallis-et-Futuna.

Chaque année, le territoire organise des concours de danses traditionnelles, la plus connue étant le Soa mako65. On peut aussi voir lors de ces concours la danse du Niutao, du Kailao, du Eke, etc. La plupart du temps, ce sont des danses guerrières. Les textes des chants qui accompagnent les danses sont composés pour chaque fête ou grande occasion : le répertoire musical est donc régulièrement renouvelé66. Une partie des danses sont réalisées debout, tandis que le reste des danses se font assis. Pour Raymond Mayer, « elles constituent un phénomène social qui dépasse la simple analyse musicale et esthétique »66.

Artisanat

Dans cet onglet culturel, il est important de noter la forte présence de l’artisanat sur les deux îles. Quatre matériaux essentiels à cette activité peuvent être listés :

  • Le bois (tel que le feta’u) est utilisé pour la réalisation de sculptures représentant la plupart du temps les animaux et la nature.
  • La noix de coco est très prisée pour son huile. Cette dernière est mélangée à d’autres fleurs comme la tiaré ou l’ylang-ylang pour la confection de l’huile parfumée locale. C’est l’équivalent du Mono’i.
  • Les coquillages sont utilisés pour la confection de divers colliers et parures.

Tapa fidjien.
  • Le tutu est une fibre végétale.Elle est utilisée pour la confection des lafi (sur Futuna) et gatu (sur Wallis), plus connu sous le nom de tapa. Ce dernier est présent sur de nombreuses îles du Pacifique. Cette fibre peut être décorative ou utilisée comme vêtement, notamment pour les mariages, ou en guise de linceul.

Peinture

Artistiquement parlant, le territoire compte quelques artistes peintres, tels que :

  • Aloisio Pilioko 67
  • Soane Takaniua 68
  • Rebecca Kulimoetoke

Plusieurs artistes wallisiens et futuniens vivent également en Nouvelle-Calédonie et en France métropolitaine.

Poésie

Virginie Tafilagi est la seule poète wallisienne du territoire. Elle a participé à la rédaction de deux ouvrages collectifs : Sillage d’Océanie 2009 avec l’association des écrivains de Nouvelle-Calédonie et Outre-Mer : trois océans en poésie69 en 2011, avec Maituku Kolonalio[réf. nécessaire].

Musique

Article connexe : Musique polynésienne.

Le territoire de Wallis-et-Futuna se caractérise par une production musicale importante, allant de la musique traditionnelle a cappella nommée Hua lau et accompagnée de percussions en bois, à de la variété, de la pop ou du reggae. La plupart des chansons sont composées en wallisien ou en futunien. Les artistes sont produits sur le territoire.

Le Hua lau désigne le chant traditionnel qui est chanté par le Lau qui est un groupe polyphonique. Ce dernier peut être mixte. Les chants abordent différents thèmes : les histoires d’amour, la guerre, les grands événements historiques, la mort, etc. L’une des caractéristiques musicales du territoire réside dans son traitement du décès dans ses chants. Les familles peuvent demander aux auteurs de composer des chants funèbres en mémoire de leurs morts.

« Le répertoire des chants wallisiens en effet n’est pas de type cumulatif, mais de type transitoire : les chants naissent, se connaissent, puis meurent – progressivement et définitivement – par oubli. Ce phénomène de déperdition, ou plus exactement d’effacement par remplacement, se lira concrètement dans les textes de chants funèbres »70

Les fêtes coutumières – le katoaga

Photo en couleur montrant des cochons cuits, disposés régulièrement sur le sol les pattes en l'air. Des nattes colorées sont posées sur certains d'entre eux. Des voitures sont visibles à l'arrière plan, quelques personnes marchent sur le côté. Un groupe de personnes est assis sur une natte sur le côté gauche de la photo.

Cochons et nattes alignées devant le palais royal Sagato Soane à Matā’Utu lors d’un katoaga à Wallis.

Concernant les traditions, il est intéressant de noter que sur les deux îles, l’animal coutumier est le cochon. Lors des cérémonies, plusieurs cochons sont sacrifiés et offerts en offrande au Roi et à toute la chefferie. À Wallis, ces cérémonies portent le nom de katoaga64 et sont profondément ancrées dans la culture wallisienne, rythmant la vie quotidienne : elles ont lieu lors d’une fête religieuse, d’un événement familial ou des fêtes profanes comme le 14 juillet.

Cinéma

En 2015 est tourné le premier épisode de la série Foha Tau (les fils de la guerre)71. Initié par la société Cinemata (l’œil du ciné). Cette série est la première tournée entièrement en wallisien. Foha Tau raconte les contes et légendes du Pacifique sud avec une première saison de 3 épisodes, de 60 minutes chacun, diffusée en 2016 et 2017 sur les chaines de télévision publique française Wallis et Futuna 1ère et Nouvelle Calédonie 1ère.

Saison 1 :

  • épisode I : La promesse d’une île ;
  • épisode II : La mélodie du témonio ;
  • épisode III : La bataille d’Uvea.

Sorti en 2016, le film de Sacha Wolff, Mercenaire, premier long-métrage parlé également en wallisien, raconte le départ d’un jeune joueur de rugby wallisien pour la métropole72.

Notes et références

  1. Insee – Résultats du recencement de la population de 2013 à Wallis-et-Futuna [archive], dans Insee Première, n° 1511, août 2014
  2. De bonnes sources, dont l’INSEE et son Code officiel géographique [archive], écrivent la forme courte « Wallis et Futuna » mais aussi, probablement par erreur, « Wallis-et-Futuna ». Pour d’autres raisons, la Commission nationale de toponymie [archive] et plusieurs textes officiels n’emploient la graphie sans traits d’union qu’après « les îles ». « Wallis-et-Futuna » a un court avantage : être au masculin singulier incontestablement.
    Les organismes non gouvernementaux, y compris les chaines de télévision et radio publiques, peuvent dériver leur propre marque commerciale ou de service avec ou sans traits d’union, aussi bien en forme courte que longue.
  3. « Loi n° 61-814 modifiée par LOI organique n° 2010-704 du 28 juin 2010 – art. 21 (V) » [archive], sur Legifrance (consulté le 16 novembre 2016).
  4. Bien que la réforme constitutionnelle française de 2003 crée des collectivités d’outre-mer, depuis, aucune loi organique n’a modifié le statut du territoire qui demeure organisé comme à l’époque du TOM.
  5. Ministère des Outre-mer – Présentation de Wallis et Futuna [archive], consulté le 8 octobre 2016
  6. IGN magazine, no 54, juillet-août 2009, p. 8. Lire en ligne [archive] [PDF]
  7. a, b et c Angleviel 1994, p. 1
  8. Schéma d’Aménagement et de Gestion des Eaux de Wallis – Etat des lieux et diagnostic| https://www.researchgate.net/publication/300285849_Schema_d’Amenagement_et_de_Gestion_des_Eaux_de_Wallis/ [archive]
  9. Frédéric Angleviel, « Wallis 1825-1858. Contacts, mutations, permanences », Revue française d’histoire d’outre-mer, vol. 76,‎ 1989, p. 95–110 (DOI 10.3406/outre.1989.2744, lire en ligne [archive])
  10. Pechberty et Toa 2004, p. 25
  11. a, b et c Marc Soulé, « Les bouleversements de la société coutumière lors de la présence américaine à Wallis (1942 – 1946) », dans Sylvette Boubin-Boyer (dir.), Révoltes, conflits et Guerres mondiales en Nouvelle-Calédonie et dans sa région, L’Harmattan, 2008 (ISBN 9782296051225)
  12. Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna: espaces et temps recomposés : chroniques d’une micro-insularité, Presses Universitaires de Bordeaux, 1995, 404 p. (lire en ligne [archive]), p. 134-138
  13. Dossier statistique de l’INSEE sur le recensement de Wallis-et-Futuna en 2008 [archive]
  14. Les populations des circonscriptions des îles Wallis-et-Futuna [archive] (INSEE) et décret no 2009-9 du 5 janvier 2009 [archive] authentifiant les résultats du recensement de la population effectué dans les îles Wallis-et-Futuna en 2008.
  15. « Insee – Territoire – Wallis et Futuna a perdu près du cinquième de sa population en dix ans » [archive], sur www.insee.fr (consulté le 6 février 2016)
  16. « Histoires et migrations à Wallis et Futuna », Bulletin de la Société d’études historiques de Nouvelle-Calédonie,‎ 1979
  17. Populations légales au recensement de la population 2013 de Wallis-et-Futuna [archive].
  18. Recensements généraux de population [archive].
  19. Historique des recensements et enquêtes réalisés à Wallis-et-Futuna [archive].
  20. E. Dubouzet, Capitaine de corvette l’Allier, « N°1 – Rapport adressé à M. le capitaine de vaisseau LAVAUD, commandant la station de Nouvelle-Zélande, par M. le capitaine de corvette E. Dubouzet, commandant la corvette de charge l’Allier, sur les résultats de sa mission aux îles Vavao, Wallis, Futuna », dans M. Bajot et M. Poirré, Annales maritimes et coloniales : Recueil de lois et ordonnances royales, règlements et décisions ministérielles, mémoires, observations et notices particulières, concernant tout ce qui peut intéresser la marine et les colonies sous les rapports militaires, administratifs, judiciaires, nautiques, consulaires et commerciaux., t. 1 : 28ème année, Paris, Imprimerie Royale, 1843, 1140 p. (lire en ligne [archive]), p. 5-61
  21. http://kodamian.over-blog.com/article-une-population-qui-diminue-sur-notre-fenua-102341723.html [archive]
  22. http://www.outre-mer.gouv.fr/?presentation-wallis-et-futuna.html#outil_sommaire [archive]
  23. « Création de l’Académie des langues de Wallis et Futuna » [archive], sur Wallis et Futuna 1ère, 8 septembre 2015 (consulté le 30 décembre 2015)
  24. a, b et c « Wallis-et-Futuna, Rapport Annuel 2011 » [archive], sur http://www.ieom.fr [archive], Institut d’émission d’outre-mer, juin 2012
  25. « Santé » [archive], sur www.ac-wf.wf, 20 avril 2010
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  30. a et b « Loi n° 61-814 du 29 juillet 1961 conférant aux îles Wallis et Futuna le statut de territoire d’outre-mer » [archive], sur Légifrance
  31. a, b et c Sophie Chave-Dartoen, « Le paradoxe wallisien : une royauté dans la République », Ethnologie française, vol. Vol. 32,‎ 1er décembre 2002, p. 637–645 (ISSN 0046-2616, DOI 10.3917/ethn.024.0637, lire en ligne [archive])
  32. Frédéric Angleviel, « Wallis-et-Futuna (1942-1961) ou comment le fait migratoire transforma le protectorat en TOM », Journal de la Société des Océanistes, no 122-123,‎ 2006, p. 61-76 (lire en ligne [archive])
  33. Samuel Laurent, « Wallis et Futuna, petit bout de France où règnent trois rois », Le Monde,‎ 5 septembre 2014 (lire en ligne [archive]).
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Annexes

Sur les autres projets Wikimedia :

Bibliographie

Article détaillé : Bibliographie sur Wallis-et-Futuna.

Sur Wallis-et-Futuna

Ouvrages scientifiques
  • Frédéric Angleviel, Les Missions à Wallis et Futuna au XIXe siècle, Centre de recherche des espaces tropicaux de l’université Michel de Montaigne (Bordeaux III), 1994 (lire en ligne [archive])
  • Jean-Claude Roux, Wallis et Futuna : espaces et temps recomposés. Chroniques d’une micro-insularité, Presses universitaires de Bordeaux, 1995, 404 p. (ISBN 2-905081-29-5, lire en ligne [archive])
  • Daniel Frimigacci, Bernard Vienne, J.-P. Siorat (collab.), Wallis, Futuna : 3 000 ans d’histoire, Nouméa, Association de la jeunesse wallisienne et futunienne de Nouvelle-Calédonie, 2001, 64 p.
  • Odon Abbal, Wallis et Futuna aux temps premiers de la Mission (1841-1862) : Extraits des Annales pour la propagation de la foi, Lyon-Paris, L’Harmattan, 2003, 426 p. (ISBN 978-2-7475-5714-6, présentation en ligne [archive])
  • Allison Lotti, Le Statut de 1961 à Wallis et Futuna : genèse de trois monarchies républicaines, Paris, L’Harmattan, 2011, 532 p. (ISBN 978-2-296-13871-1, lire en ligne [archive])
Récits de voyage, reportages, livres illustrés et autres
  • Philippe Godard, Wallis et Futuna, Nouméa, Éditions Melanesia/Éditions d’Art Calédoniennes, 1991 (1re éd. 1975), 204 p.
  • Jean-François Marin, Ko Uvea mo Futuna : Îles de Wallis et Futuna, C’est dans l’air, 2012, 135 p. (présentation en ligne [archive])
  • Jules Seitz et Collège Vaimoana (ill. Marcel Bosserelle), Un herbier : Wallis et Futuna : textes des élèves du BEPA de Lavegahau, Lavegahau, Café Fale, 2003.

Sur Futuna spécifiquement

Sur Wallis spécifiquement

  • Dominique Pechberty et Epifania Toa, Vivre la coutume à ʻUvea (Wallis), L’Harmattan, 2004 (lire en ligne [archive])
Romans, recueils

Documentaires vidéos

  • Thalassa : Wallis et Futuna, 25 min 32 s, 1980
  • Capitale du Pacifique : Wallis et Futuna, Mata’utu, Visite et découverte, 51 min, 2004
  • Thalassa : Wallis et Futuna, 19 min, 2007
  • Des îles et des hommes : Wallis et Futuna, les îles sœurs, 50 min, 2010
  • Passion Outre-Mer, Grand format : Wallis et Futuna, seuls au monde, 1 h 50, 2015

Articles connexes

Liens externes

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/%C3%8Eles_Kerguelen

Îles Kerguelen

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Kerguelen et Île de la Désolation.
Îles Kerguelen
Archipel Kerguelen
Image satellite des îles Kerguelen.
Image satellite des îles Kerguelen.
Géographie
Pays Drapeau de la France France
Localisation Océan Indien, Plaque antarctique
Coordonnées 49° 20′ 00″ S, 69° 20′ 00″ E
Superficie 7 215 km2
Côtes 2 800 km
Nombre d’îles 300
Île(s) principale(s) Grande Terre
Point culminant Mont Ross (1 850 m sur Grande Terre)
Géologie Îles volcaniques
Administration
Statut District des Terres australes et antarctiques françaises

Territoire d’outre-mer Terres australes et antarctiques françaises
Démographie
Population 120 hab. (2012)
Densité 0,02 hab./km2
Plus grande ville Port-aux-Français
Autres informations
Découverte 12 février 1772 par Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec
Fuseau horaire UTC+05:00
Site officiel http://www.taaf.fr [archive]

Géolocalisation sur la carte : océan Indien

(Voir situation sur carte : océan Indien)

Îles Kerguelen
Îles Kerguelen
Archipels en France
modifier Consultez la documentation du modèle

Les îles Kerguelen12 ou archipel Kerguelen3, jadis surnommées « îles de la Désolation », forment un archipel français au sud de l’océan Indien et constituent l’un des cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF).

Elles sont éloignées de plus de 3 400 km de La Réunion, terre habitée la plus proche. L’île principale, la Grande Terre, qui couvre plus de 90 % de la surface, est la troisième plus grande île française (après la Nouvelle-Calédonie et la Corse) ; c’est également la plus grande de toutes les îles sub-antarctiques (devant la Malouine orientale).

Ces îles, d’origine volcanique, au relief montagneux, culminent à 1 850 m, au mont Ross. Les côtes, très découpées, sont entaillées de fjords profonds. L’intérieur des terres est parsemé de nombreux lacs et étangs. La région occidentale est surmontée par la calotte glaciaire Cook qui s’étend sur 400 km2.

Il y règne un climat froid mais non glacial (les températures moyennes d’été sont inférieures à 10 °C mais celles d’hiver sont supérieures à 0 °C), extrêmement venteux.

Ces terres furent découvertes le 12 février 1772, par le navigateur breton Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec. Elles sont restées, malgré quelques tentatives de colonisation, dépourvues d’habitants permanents.

Jusqu’au début du XXe siècle, les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l’archipel et en ont massacré la faune. Les populations animales se sont aujourd’hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d’oiseaux et de mammifères marins mais les écosystèmes doivent néanmoins subir le développement d’espèces introduites volontairement ou involontairement par l’homme. Les îles et les eaux territoriales sont pour l’essentiel classées en réserve naturelle. La zone économique exclusive est l’une des zones de pêche de la légine.

Depuis 1950, la France assure le fonctionnement continu de la station de Port-aux-Français, base logistique, technique et scientifique où se relayent régulièrement 45 à 100 personnes. La 68e mission est actuellement en cours.

Sommaire

Géographie

Principaux sites des îles Kerguelen

Situation

L’archipel se situe sur le plateau sous-marin de Kerguelen, dont il constitue un des sommets émergés, avec les îles Heard-et-MacDonald. Il se trouve à une distance d’environ :

Les terres les plus proches sont :

Malgré ce que pourrait laisser penser son climat froid, l’archipel est relativement éloigné des régions polaires. En fait, les îles Kerguelen se situent dans une bande de latitude (australe) comparable à la Haute-Normandie dans l’Hémisphère nord : ainsi Port-aux-Français est aussi éloigné du pôle Sud que Rouen du pôle Nord.

Topographie

L’archipel, d’une superficie d’environ 7 215 km2, est constitué d’une île principale, la Grande Terre entourée de plus de 300 îles et îlots satellites. La plupart sont très proches de l’île principale (souvent quelques centaines de mètres, parfois moins), si l’on excepte les groupes plus éloignés des îles Nuageuses et des îles Leygues au nord et quelques îlots au sud. Les côtes sont dans leur ensemble extrêmement découpées avec quelques grands golfes (Morbihan, des Baleiniers, Choiseul, baie d’Audierne) et de nombreuses baies secondaires ainsi que de longs fjords (Bossière, Karl Luyken, etc.). Elles se développent sur une longueur d’environ 2 800 km4. Le point culminant de l’archipel est le volcan du mont Ross qui atteint 1 850 m d’altitude. La zone économique exclusive (ZEE normalement fixée à 200 milles des côtes) a été étendue à 350 milles en 2015 après l’avis favorable de l’Organisation des Nations unies5.

La Grande Terre avec ses 6 675 km2 (les 34 de la superficie de la Corse) représente 92 % de la superficie totale de l’archipel et s’étend sur environ 150 km d’ouest en est et sur 120 km nord au sud.

Elle est couverte, au centre-ouest, par la calotte glaciaire Cook d’une superficie d’environ 400 km2 qui culmine au Dôme à près de 1 050 m d’altitude. Plus d’une vingtaine de glaciers, plus ou moins bien individualisés s’en écoulent dont les principaux sont, dans le sens des aiguilles d’une montre : les glaciers Agassiz, de Chamonix, Dumont d’Urville, Vallot, Naumann, de l’Explorateur, Ampère, Lavoisier, Descartes, Curie, Pasteur-Mariette.

La Grande Terre présente de nombreux diverticules dont les principaux sont :

Parmi les autres îles, la plus grande est l’île Foch (centre-nord) qui couvre plus de 200 km2 et qui est séparée de la Grande Terre par le détroit de Tucker.

D’autres îles peuvent être signalées :

Géologie

220px-Kerguelen-Plateau-Topography

Le plateau de Kerguelen : un petit « continent » immergé.
220px-Kerguelen_geologic_map-fr.svg

Carte géologique simplifiée de l’archipel Kerguelen.
Article détaillé : Géologie des îles Kerguelen.

L’archipel constitue une des parties émergées du plateau sous-marin de Kerguelen-Heard, un plateau océanique situé sur la plaque antarctique6,7, qui couvre près de 2,2 millions de km28 et qui possède un homologue, Broken Ridge, situé symétriquement par rapport à l’axe de la dorsale est-indienne9.

La majeure partie des formes géologiques visibles sur l’archipel sont caractéristiques d’un volcanisme effusif de type trappéen dont la mise en place au-dessus du niveau de l’océan a débuté il y a 35 millions d’années. L’accumulation est considérable : les coulées basaltiques épaisses chacune de 3 à 10 mètres se superposent parfois sur plus de 1 200 mètres. Ce type de volcanisme donne un relief monumental en forme d’escaliers ou de pyramides.

Localement d’autres formes volcaniques sont présentes, notamment le volcan strombolien que constitue le mont Ross ou le complexe volcano-plutonique de la péninsule Rallier du Baty. Les injections et extrusions de laves différenciées (trachytes, trachy-phonolites, phonolites) sont également fréquentes un peu partout. Aucune activité éruptive n’a été observée historiquement mais des fumerolles sont toujours actives dans le sud ouest de la Grande Terre.

Quelques niveaux à lignites se trouvent interstratifiés dans les coulées de basaltes et recèlent des fossiles d’araucariacées datés d’environ 14 millions d’années.

Enfin les glaciations ont provoqué des phénomènes d’enfoncement et de basculement à l’origine des golfes marins du nord et de l’est de l’archipel. L’érosion fluvio-glaciaire très active a modelé les vallées et les fjords et permis également la formation de complexes détritiques à conglomérats et la constitution de la plaine de la péninsule Courbet.

Climat

L’archipel connaît un climat océanique froid mais non glacial. Il est fortement soumis au réchauffement climatique, la calotte glaciaire Cook a ainsi perdu 22% de sa surface entre 1963 et 200310 tandis que la température moyenne augmentait de 1,3 °C11. Ce réchauffement se poursuit depuis12. Il est balayé en permanence par des vents forts13.

La dénomination du climat de l’archipel varie selon les classifications:

Des conditions sensiblement comparables peuvent se rencontrer en Patagonie chilienne ou en Islande, et bien sûr dans d’autres îles sub-antarctiques (Archipel des Crozet, îles Malouines, etc.).

Toutes les données météorologiques concernent la station de Port-aux-Français dont la position d’un point de vue climatique est l’une des plus favorables de l’île, car située sur la côte sous le vent au bord d’un golfe abrité.

La température moyenne annuelle y est de 4,9 °C avec une amplitude faible d’environ 6 °C15, les mois les plus chauds étant ceux de janvier et février avec une moyenne de 7,8 à 8,2 °C et le mois le plus froid celui d’août avec 2,1 °C. Les maxima absolus relevés dépassent rarement les 20 °C, tandis qu’à l’autre extrême aucune température inférieure à −10 °C au niveau de la mer n’a été constatée.

Le record de chaleur est de 23,1 °C en avril et le record de froid est de −9,5 °C atteint le 11/08/201416.

Les précipitations sont fréquentes, et peuvent se produire sous forme de pluie comme de neige, tout au long de l’année. La hauteur annuelle moyenne à Port-aux-Français est cependant modeste et n’atteint que 708 mm, mais sur la côte ouest à l’opposé, on estime qu’il tomberait trois fois plus d’eau.

Mois jan. fév. mars avril mai juin jui. août sep. oct. nov. déc. année
Température minimale moyenne (°C) 4,4 4,7 4,1 3,2 1,5 0,4 −0,3 −0,4 −0,2 0,7 2 3,4 1,9
Température moyenne (°C) 7,8 8,2 7,3 6,1 4,2 2,8 2,2 2,1 2,5 3,9 5,3 6,8 4,9
Température maximale moyenne (°C) 11,1 11,5 10,5 9 6,7 5,2 4,7 4,6 5,3 7 8,6 10,1 7,8
Record de froid (°C) −1,5 −1 −0,9 −2,7 −5,9 −8,3 −8 −9,5 −7,7 −5 −3,7 −1,2 −9,5
Record de chaleur (°C) 22,3 22,3 20,6 23 16,8 14,5 13,4 14,4 15,8 19,1 21,3 21,6 23
Précipitations (mm) 72,2 49,5 57,5 59,6 59,9 75,9 62,9 63,4 62,3 59,3 51,9 55,1 727
Source : MeteoStats17

Les montagnes sont donc fréquemment couvertes de neige mais peuvent s’en dégarnir rapidement et fortement avec la pluie. Il existe plusieurs glaciers permanents marqués depuis plusieurs décennies par un net recul et pour les plus petits d’entre eux par une disparition complète18.

Le vent d’ouest, qu’aucune végétation ne coupe, souffle quasi continuellement à une moyenne de 35 km/h, l’archipel se trouvant dans les « quarantièmes rugissants ». Les vents de 150 km/h sont courants et atteignent parfois 200 km/h.

Des hauteurs de houle de douze à quinze mètres sont courantes, mais l’archipel offre aux bateaux de nombreux abris protégés (dont l’historique Port-Christmas à la pointe nord-ouest).

Hydrologie

Cours d’eau

Les principaux cours d’eau de l’archipel sont :

Lacs

Article détaillé : Liste des lacs des îles Kerguelen.

Les principaux lacs de l’archipel sont :

Administration

220px-TAAF_%281958%29

Ici le drapeau, créé en 2007, des Terres australes et antarctiques françaises.

Depuis 1955, l’archipel des Kerguelen constitue l’un des quatre puis cinq districts des Terres australes et antarctiques françaises (TAAF). Il est administré depuis la ville de Saint-Pierre, à La Réunion, mais il ne fait pas pour autant partie de ce département d’outre-mer19. Les TAAF sont en effet placées sous l’autorité de l’administrateur supérieur qui exerce les fonctions de chef du territoire et qui jouit du rang de préfet20.

Un chef de district est le représentant dans l’archipel de l’administrateur des TAAF21,22. Un des rôles des chefs de district dans les TAAF est de diriger les bases qui s’y trouvent. Sur les Kerguelen cette fonction concerne essentiellement la base de Port-aux-Français22.

De plus, les Kerguelen, comme les autres territoires d’outre-mer, sont associées à l’Union européenne, en tant que PTOM (pays et territoires d’outre-mer)23.

Enfin le budget du district est lié au budget général des TAAF qui représente actuellement 26 millions d’euros23.

Histoire

Une découverte tardive

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Yves de Kerguelen vers 1780 (g.) et James Cook (d.) en 1776.

L’archipel est découvert le 12 février 1772 par le navigateur français Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec qui l’aborde par le nord-ouest et ne peut accoster, en raison du mauvais temps, que quarante lieues plus au sud dans l’anse du Lion-Marin. Il le baptise « France australe »24 et en prend possession au nom du roi de France. Rentré en France, il fait miroiter à Louis XV la possibilité qu’il s’agisse d’un nouveau continent austral, afin d’organiser une seconde expédition. De retour dans l’archipel en décembre 1773, il entre dans la baie de l’Oiseau et envoie le 6 janvier 1774 son lieutenant Henri Pascal de Rochegude à terre y laisser un message dans une bouteille placée en évidence sur un rocher au fond de l’anse. La bouteille contient un document attestant la prise de possession au nom de la couronne française et les deux passages de navires français25 :

« Ludovico XV. galliarum rege, et d.* [omino] de Boynes regi a Secretis ad res maritimas annis 1772 et 1773. »

Quatre ans plus tard, James Cook aborde l’archipel le 25 décembre 1776 au nord-ouest également, jetant l’ancre dans la baie de l’Oiseau, et nomme le havre naturel Christmas Harbour avant de découvrir le message dans la bouteille, auquel il ajoute la mention de son propre accostage25. De fait, James Cook valide l’antériorité de la découverte et de la possession françaises en proposant d’appeler cette île du nom de Kerguelen, alors qu’il avait aussi pensé au terme, approprié à ses yeux, d’« île de la Désolation »25.

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Hope Cottage de John Nunn à Pointe Charlotte

Le marin britannique John Nunn fit naufrage sur l’archipel en août 1825. Nunn et ses trois équipiers restèrent bloqués sur l’île jusqu’à leur sauvetage en février 1827. L’archipel des Kerguelen est tout au long du XIXe siècle une halte pour de nombreux navires baleiniers et phoquiers, principalement américains et britanniques, lors de leurs campagnes dans les mers du Sud.

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Port-Christmas le 2 janvier 1893 (haut) et Port-Gazelle le 8 janvier 1893 (bas) lors du renouvellement de la prise de possession de l'archipel par l'équipage de l'Eure.
Port-Christmas le 2 janvier 1893 (haut) et Port-Gazelle le 8 janvier 1893 (bas) lors du renouvellement de la prise de possession de l’archipel par l’équipage de l’Eure.

L’archipel n’est cependant pas habité à cette époque de manière permanente par des Français, ce qui laissait courir le risque d’une éventuelle prise de possession par un autre pays. Le président Sadi Carnot prend alors la décision de renouveler la souveraineté de la France sur ses terres australes et envoie l’aviso Eure sous le commandement du capitaine de frégate Louis Lieutard26 réaliser une série de prises de possessions solennelles dans les terres australes françaises. Il mouille en premier à Port-Christmas le 1er janvier 1893, réitère la prise de possession française par vingt et un coups de canon, une levée des couleurs au mât et l’apposition d’une plaque indicative en cuivre portant l’inscription « EURE – 1893 » sur le site, avant de renouveler durant quinze jours ces opérations en différents lieux de l’archipel dont Port-Gazelle27,28. La même année, le gouvernement concède aux frères Henry et René-Émile Bossière l’exploitation de l’archipel des Kerguelen pour cinquante ans. Ils tentent d’établir un élevage de moutons, sur le principe suivi aux îles Malouines, et l’exploitation des ressources en huile animale ; ces deux entreprises périclitent à l’orée du premier conflit mondial.

En 1908–1909 (à bord du J.-B.-Charcot) puis en 1913–1914 (avec la Curieuse), le navigateur-écrivain Raymond Rallier du Baty et son frère Henri explorent les rivages, les baies et les terres de l’archipel pour établir la première toponymie officielle de ces terres. Le géologue Edgar Aubert de la Rüe, assisté par son épouse Andrée, entreprend l’étude géologique et géographique de l’archipel lors de quatre campagnes (1928–1929, 1931, 1949–1950, 1952) et poursuit les travaux de dénomination.

En 1924, les îles Crozet, Saint-Paul, Amsterdam et Kerguelen sont rattachées à l’administration du gouvernement général de Madagascar, comme district des « îles Éparses » dépendant de la province de Tamatave. La station permanente de Port-aux-Français créée en 1950 a permis une étude détaillée de l’environnement géophysique et géologique, de la faune marine et terrestre, et de la flore.

Au début des années 1960, les Kerguelen furent envisagées comme site d’essais nucléaires29.

Fin 2008, lors du Vendée Globe, Bernard Stamm y échoue son bateau, Cheminées Poujoulat.

Toponymie

Article détaillé : Toponymie des îles Kerguelen.

Le découvreur des îles, Yves de Kerguelen, croyant découvrir un continent, baptise en 1772 cette terre « France australe »30. Quatre ans plus tard, le capitaine Cook montre qu’il s’agit d’un ensemble d’îles et leur attribue le nom de leur découvreur. Les îles Kerguelen sont parfois également désignées officiellement par l’appellation « archipel Kerguelen »31. Plus couramment, on parle simplement de « Kerguelen » voire, en langage taafien, de « Ker ».

L’archipel, inhabité lors de sa découverte en 1772, resta sans population permanente depuis, exception faite d’une tentative d’installation d’une ferme, quelques occupations ponctuelles pour des activités baleinières, et depuis les années 1950, une présence scientifique française et la création d’une base permanente. La toponymie de l’archipel lui a donc été donnée ex nihilo, par les différents explorateurs, des baleiniers ou phoquiers ayant fréquenté ses eaux et ses mouillages puis au XXe siècle, puis une fois la possession française de l’archipel réaffirmée, par quelques institutions françaises.

Selon l’historienne Gracie Delépine, les toponymes de l’archipel des Kerguelen sont « les témoins, à la fois de la découverte faite progressivement par les Européens, en même temps que de la civilisation intellectuelle de ces mêmes Européens. Les toponymes ont été laissés sur l’archipel, depuis la découverte en 1772 jusqu’à aujourd’hui, par les explorateurs, chasseurs, pêcheurs, savants, marines nationales de tous pays : il y en a plus de mille. De plus, ils donnent un portrait géographique des îles, de même qu’une description zoologique et botanique : ils en font l’histoire naturelle32. »

Les noms que l’on trouve sur l’archipel ont principalement été donnés lors32:

  • des deux expéditions d’Yves Joseph de Kerguelen de Trémarec (1772 et 1773)
  • du passage de James Cook (1776)
  • des séjours de baleiniers et de phoquiers à la fin du XVIIIe siècle et au cours du XIXe siècle principalement au travers de la carte de Rhodes (1799) et la carte de Nunn (1850)
  • des deux séjours de Raymond Rallier du Baty (1908–1909 puis 1913–1914), première toponymie officielle
  • des opérations de la Commission de Toponymie (de 1966 à 1971)

Activités

Ferme abandonnée de Port-Couvreux.

L’activité principale de l’archipel est la recherche scientifique :

  • géologie, volcanologie, sismologie, géomagnétisme et pétrologie ;
  • météorologie ;
  • océanographie;
  • biologie, zoologie, botanique et écologie ;
  • hydrographie
  • médecine et biologie humaine ;
  • ichtyologie.

Pour ce faire, la France a créé en 1950 la station permanente de Port-aux-Français.

Les Kerguelen n’ont pas d’habitants permanents et n’abritent que le personnel de la base établie à Port-aux-Français (de 45 en saison d’hiver à 120 personnes en campagne d’été). En hiver, la population est composée de :

  • Un chef de district ;
  • Une douzaine de volontaires civils à l’aide technique chargés de missions scientifiques dont un coordinateur (Géner), deux ornithologues, quatre écologues, trois instrumentistes et trois agents de la Réserve naturelle ;
  • Une quinzaine de militaires détachés des trois armées ;
  • L’équipe cuisine, composée d’un cuisinier, un second de cuisine, un boucher, un boulanger-pâtissier et un serveur ;
  • Du personnel contractuel assurant la rénovation et l’entretien technique des bâtiments et des routes ;
  • Du personnel assurant le fonctionnement de la station CNES (deux personnes) ;
  • Du personnel de Météo-France (trois personnes).

Un navire, la Curieuse N.O., affrété par l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor est attaché à l’archipel et sert de support logistique aux programmes scientifiques.

Par ailleurs, en 1992, le Centre national d’études spatiales (CNES) a installé une station de poursuite de satellites, sur un plateau situé à 4 km à l’est de la base de Port-aux-Français.

L’agriculture était limitée à l’élevage extensif de quelque 3 500 moutons sur l’île Longue pour l’alimentation des résidents33 et à la production de quelques légumes frais sous serre à Port-aux-Français. En 1911, Valérien Culet, berger et « guide à touristes » de Bonneval-sur-Arc, accompagne le baron Pierre Decouz à l’archipel des Kerguelen, pour y mettre en place, à la demande des frères Bossière, personnalités havraises concessionnaires des îles australes françaises, l’élevage de moutons en liberté. Actuellement, il n’y a plus que des béliers sur l’île Longue, la population devrait donc disparaître dans les 3-4 ans à venir (note de 2012).

Dans la zone économique exclusive (ZEE) des 200 milles, une pêche à la légine est opérée par quelques navires d’armateurs français ou étrangers ayant acquitté un droit de pêche. Un patrouilleur, l’Albatros, ainsi que les frégates Nivose et Floréal de la Marine nationale française et un bateau de surveillance des TAAF, l’Osiris, assurent la surveillance de la zone économique pour l’ensemble des TAAF et faire respecter les quotas de pêche et éviter les bateaux de pêche pirates34.

Pavillon des îles Kerguelen

Article détaillé : Pavillon des îles Kerguelen.

Pavillon créé par la France en 1986, moins contraignant que le pavillon français, pour éviter l’immatriculation des navires des compagnies françaises sous pavillon de complaisance.

Faune et flore

170px-Kerguelen_-_Manchots

Articles détaillés : Faune des îles Kerguelen et Flore des îles Kerguelen.

Situées à la convergence antarctique où le mélange des eaux froides de l’Antarctique et des eaux plus chaudes de l’océan Indien stimule la production des chaînes alimentaires, les îles Kerguelen constituent un lieu privilégié de rassemblement de nombreux animaux océaniques, en particulier de ceux qui ont besoin de la terre ferme pour se reproduire35.

Jusqu’au début du XXe siècle les chasseurs de phoques et de baleines ont fréquenté l’archipel principalement pour collecter l’huile d’éléphant de mer, de baleine et les fourrures d’otaries. Les populations animales se sont aujourd’hui reconstituées et les côtes accueillent à nouveau de nombreuses colonies de reproduction d’oiseaux (albatros, manchots, pétrels, etc.) et de mammifères marins (éléphants de mer et otaries). Les eaux côtières sont fréquentées par des baleines à bosse et abritent une population résidente de dauphins de Commerson. Les écosystèmes de l’archipel doivent toutefois s’adapter à la présence d’espèces introduites par l’homme, notamment des rennes, des mouflons, des lapins, des chats, des rats et des souris, des truites et des saumons, divers invertébrés et quelques plantes comme les pissenlits. Si certaines de ces introductions ont été néfastes pour la faune et la flore locale, elles permettent paradoxalement d’améliorer la biodiversité de l’archipel36. Les îles, y compris une portion importante des eaux territoriales, sont classées en réserve naturelle. La zone économique exclusive est quant à elle l’une des zones de pêche de la légine37.

 

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Le littoral accueille d’importantes colonies de reproduction d’éléphants de mer, de manchots royaux, de diverses espèces d’albatros ou de gorfous35.

Les eaux environnantes sont caractérisées par la dominance de poissons de la famille des Nototheniidae, comprenant notamment la très convoitée légine dont « la pêche illicite a longtemps été un fléau pour la durabilité de l’espèce »37. Dans le secteur des Kerguelen, cette pêche illégale a pu être éradiquée grâce aux efforts des autorités et des armateurs réunionnais opérant sur zone37.

Les écosystèmes originaux ont cependant été profondément modifiés d’une part par la surexploitation des ressources (chasse baleinière et phoquière tout au long du XIXe siècle, pêche industrielle à la fin du XXe siècle) et d’autre part par l’introduction volontaire ou involontaire d’animaux exogènes qui se sont acclimatés : lapins, chats, rats, rennes, truites, etc.35.

La végétation terrestre, également très altérée par l’impact des lapins, est assez maigre, formant près du littoral des paysages de toundra, mais se réduisant le plus souvent, dès que la pauvreté du sol s’accentue ou que la rudesse du climat augmente avec l’altitude, à des touffes éparses au milieu d’étendues minérales ou à de discrètes colonies de lichens35. On trouve une espèce caractéristique : le chou de Kerguelen (Pringlea antiscorbutica)35. Début 2008, l’UICN alertait sur le fait que 32 plantes « natives » devaient déjà faire face à 70 plantes récemment introduites par l’Homme dans l’archipel38.

La végétation marine est en revanche très luxuriante, marquée par la présence de vastes forêts sous-marines de Macrocystis ou par une frange côtière de durvilléas35.

Les Kerguelen dans les arts

Les Kerguelen en littérature

Les Kerguelen dans les chansons

  • Lettre à Hélène, chantée par Dave, 1978
  • Les Moutons, du groupe Matmatah, 1997

Les Kerguelen au cinéma

Dans Le Gendarme et les Gendarmettes (1982), l’adjudant Gerbert (Michel Galabru) peste contre son maréchal des logis chef Cruchot (Louis de Funès), le menaçant d’une mutation « à Maubeuge ou dans les îles Kerguelen ! Vous savez où c’est, vous, les îles Kerguelen ? ».

Notes et références

  1. Consei National de l’Information Géographique Site Internet: http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/05/CNT_20150501_Entit%C3%A9s-souveraines_Entit%C3%A9s-d%C3%A9pendantes.pdf [archive]
  2. National Geospatial-Intelligence Agency Site internet: http://geonames.nga.mil/namesgaz/ [archive]
  3. Conseil national de l’information géographique Commission nationale de toponymie Site Internet:http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/03/CNT-site-collectivit%C3%A9s-fran%C3%A7aises.pdf [archive]
  4. - Rapport Technique no 2 de l’ONERC, février 2009 p. 12 – Présentation de Kerguelen – Géographie, géologie et climat [archive]
  5. « La France étend son plateau continental de 500.000 km2 » [archive], sur Mer et Marine (consulté le 22 janvier 2016)
  6. Université de Saint-Étienne – Géochimie – Archipel des Kerguelen [archive] : L’archipel des Kerguelen (49° 30′ S, 69° 30′ E 7 250 km2) se situe en contexte intraplaque (plaque antarctique). Il représente une des émergences du plateau de Kerguelen dont la mise en place débute au crétacé inférieur (-120/-110 Ma) lors de la dislocation du Gondwana (Inde/Australie/antarctique).
  7. Odyssespace – La Terre [archive] : La plaque Antarctique : la totalité de l’Antarctique, la quasi totalité de l’océan Austral dont les îles Kerguelen, Saint-Paul, Crozet, Amsterdam, Bouvet hormis les îles Shetland du Sud, la Géorgie du Sud et les îles Sandwich du Sud, le sud-est de l’océan Pacifique et le sud de l’océan Indien.
  8. Roland Schlich [archive]
  9. [PDF] M. Recq, P. Charvis, La ride asismique de Kerguelen-Heard—Anomalie du geoide et compensation isostatique [archive], Marine geology, 1987, no 76, p. 301-311. (résumé [archive])
  10. Futura Sciences – Les glaces des Kerguelen fondent de plus en plus rapidement – 25 juillet 2009 – Jean-Luc Goudet [archive] : « Les glaciologues estiment que le glacier a perdu 22% de son volume de glace durant ces quarante ans. »
  11. Kerguelen Voyages – Rochers et glaciers [archive] : Depuis les années 1960, les températures moyennes annuelles ont augmenté de 1,3 °C et le nombre de jours de gel a diminué de 20 à 30 jours par an au cours des 20 dernières années.
  12. Réunionnais du Monde – Luc Baudot, Coordonnateur de la réserve naturelle à Kerguelen – août 2016 [archive] : « Les données de Météo France (présent depuis des décennies dans les Terres australes) sont claires : la température augmente. Et le réchauffement se voit dans le paysage ; les glaciers reculent d’environ 100 mètres par an. »
  13. - Le plan de relance dans les Taaf, 2009 – Focus sur… Les éoliennes – Kerguelen, le vent et les éoliennes… [archive]
  14. Météo-France : Un mois d’août record aux Kerguelen [archive]
  15. Météo France : Kerguelen [archive]
  16. « Un mois d’août record aux Kerguelen » [archive], sur le site Météo-France, 26 août 2014 (consulté le 22 avril 2016)
  17. Climat : station Port-aux-Français (depuis 1971). [archive]
  18. Edgar Aubert de la Rüe, Remarques sur la disparition des glaciers de la Péninsule Courbet (Archipel de Kerguelen), TAAF Revue trimestrielle, 1967, no 40.
  19. http://www.taaf.fr/-District-de-Kerguelen- [archive]
  20. http://www.taaf.fr/Le-prefet-administrateur-superieur-des-TAAF [archive]
  21. http://ileskerguelen.blogspot.ca/ [archive]
  22. a et b http://www.taaf.fr/Le-chef-de-district-647 [archive]
  23. a et b http://www.taaf.fr/Presentation-generale-des-TAAF [archive]
  24. [1] [archive] – Institut Polaire Français – Archipel de Kerguelen – Le 12 février 1772, dans le sud de l’océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent austral, et lui donne le nom de « France australe ». Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi. Il s’agit en fait de l’archipel des Kerguelen qui sera nommé ainsi par James Cook en 1776.
  25. a, b et c (en) James Cook, The Three Voyages of Captain James Cook Round the World, vol. 5, éd. Longman, Hurst, Rees, Orme, et Brown, Londres, 1821, [lire en ligne [archive]], p. 146-151.
  26. Louis Édouard Paul Lieutard (1842-1902) mène une tournée de prise de possessions officielles de l’archipel des Kerguelen du 1er au 15 janvier 1893, puis de l’île Saint-Paul et de l’île Amsterdam pour la France à bord de l’aviso Eure. Son nom est donné au XXe siècle à un sommet situé au sud de l’archipel.
  27. Avant l’heure, c’est plus l’Eure [archive] par Yann Libessart, représentant de l’État dans l’archipel des Kerguelen, sur son blog Les manchots de la République pour Libération le 7 juillet 2008
  28. Archipel de Kerguelen [archive] sur le site de l’Institut polaire français Paul-Émile-Victor.
  29. Jean-Marc Régnault, « La France à la recherche de sites nucléaires (1957-1963) », Cahier du Centre d’études d’histoire de la défense, no 12 « Science, technologie et Défense. Stratégies autour de l’atome et de l’espace (1945-1998) »,‎ 1999, p. 24-47 (ISBN 2951-5024-0-0, lire en ligne [archive])
  30. [2] [archive] – Institut Polaire Français – Archipel de Kerguelen – Le 12 février 1772, dans le sud de l’océan Indien, Yves-Joseph de Kerguelen de Tremarec aperçoit une terre où il croit voir le continent Austral, et lui donne le nom de « France australe ». Il fait débarquer un marin pour prendre possession du territoire au nom du roi.
  31. Conseil National de l’Information Géographique Commission Nationale de Toponymie Site Internet:http://cnig.gouv.fr/wp-content/uploads/2015/03/CNT-site-collectivit%C3%A9s-fran%C3%A7aises.pdf [archive]
  32. a et b Toponymie des Terres australes, Commission territoriale de toponymie avec le concours de Gracie Delépine, août 1973.
  33. « David Grangette, le berger des Kerguelen », Le Monde du 4 janvier 2007, [lire en ligne [archive]]
  34. Jacques Nougier, Pirate de légines, 201 p. L’Harmattan, 2003. (ISBN 2-7475-4459-1)
  35. a, b, c, d, e et f présentation des Kerguelens sur le site des TAAF http://www.taaf.fr/L-archipel-de-Kerguelen [archive]
  36. Le Monde – Chronique des Terres australes [archive] : « Plus précisément, l’établissement de nouvelles espèces introduites, généralement par le biais de l’homme, augmente paradoxalement la diversité spécifique de l’archipel, contribuant ainsi à accroître la biodiversité globale, et modifie les niveaux et les interactions trophiques (directement ou indirectement). À l’échelle de la macrofaune, les conséquences vont de la création d’interactions prédateur-proie entre espèces introduites et natives, à des changements dramatiques dans le fonctionnement des écosystèmes. »
  37. a, b et c La légine pêchée durablement à Kerguelen [archive]
  38. Source : Télégramme de Bretagne, 17 02 2008

Annexes

Bibliographie

  • Raymond Rallier du Baty, 15 000 miles in a Ketch, Nelson, 1910 (traduit : Aventures aux Kerguelen, éditions Maritimes et d’Outre-Mer, 1991)
  • Edgar Aubert de la Rüe, Deux ans aux îles de la Désolation, Julliard (collection Sciences et Voyages), 316 p., 1954
  • Edgar Aubert de la Rüe, Les Terres australes, Que sais-je ? no 603, Presses universitaires de France, 1953
  • Jean-Paul Kauffmann, L’Arche des Kerguelen, éditions Flammarion, 1993, (ISBN 2-08-066621-5)
  • Max Schmid et André Giret, Kerguelen, Birken-Halde Verlag, Winterthur, Suisse, 1998
  • Jacques Mouriès et Pierre Gradoz, Rencontres australes, JMO, Le Port (Réunion), 2001
  • Alexandra Marois, Les Îles Kerguelen, un monde exotique sans indigènes, L’Harmattan – Graveurs de mémoires, Paris, 2003
  • Isabelle Autissier, Kerguelen, le voyageur du pays de l’ombre, Grasset, 2006
  • Jacques Nougier Bibliographie cartographique des îles Kerguelen de 1772 à 1962. CNFRA no 22, 55 p., 1967, IGN/CNFRA.
  • Gracie Delépine, L’Amiral de Kerguelen et les mythes de son temps, L’Harmattan, 1998. (ISBN 2-7384-6680-X)
  • Gildas Flahault, Les Carnets tempête : Voyage aux îles Kerguelen, Glénat
  • J.C. Duchêne, Kerguelen, recherches au bout du monde, TAAF mission de recherche
  • Natacha Hochman, Kerguelen, l’Archipel de l’Albatros, Marines
  • Christophe Houdaille, Au vent des Kerguelen, Transboréal
  • Yves de Kerguelen de Trémarec, Relation de deux voyages dans les mers australes et des Indes, faits en 1771, 1772, 1773 et 1774, rééd. Le Serpent de mer, 2000.
  • Amiral de Brossard, Kerguelen : le découvreur et ses îles, T.1 et T.2. Paris : France Empire, 1970 et 1971. 595 et 539 p.
  • Michel Janssens, Contes du Studer : vieilles nouvelles et histoires de Kerguelen. Paris : Édition impossible, 2008. (ISBN 978-2-9532871-0-3).
  • Emmanuel Lepage, Voyage aux îles de la Désolation, Paris, Futuropolis, mars 2011, 160 p. (ISBN 9782754804240, notice BnF no FRBNF42395854)
  • Pierre Couesnon, Histoire postale des Kerguelen », Éditions Bertrand Sinais, 1989

Films

  • Jacques Nougier, Ker 12 : le syndrome austral, DVD-Vidéo de 67 minutes avec bonus de 22 minutes tourné par Philippe Leclercq et Pierre Simon au cours de l’hivernage 1962. Édité et diffusé par l’Harmattan-Vidéo, décembre 2006. Coul. et N&B. (ISBN 2-296-02240-5) ; [réf. BNF : DLV-20051018-7259].
  • Gilbert Dassonville, Terra incognita – Terre des scientifiques [archive] Film en ligne de 27 minutes de présentation des missions scientifiques effectuées dans l’archipel des Kerguelen, 1964, produit par le SFRS-CERIMES (service du film de recherche scientifique)
  • Bruno Calle, Gérard Jumel, La caverne des phoquiers, VHS documentaire de 26′, 1995, produit par Jour J. Productions
  • Rob Rombout, 2000, Le piège de Kerguelen, documentaire de 40 minutes

Articles connexes

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Il y a vingt ans, le gang de Roubaix…

A l’initiative de l’AFP, plusieurs journaux rappellent aujourd’hui l’épopée du gang de Roubaix en 1996 et la coolitude particulière à son égard du ministre de l’Intérieur de l’époque, Jean-Louis Debré, dont je n’oublie pas les « voeux chaleureux » à Ségolène Royal pour mon anniversaire en 2006, et l’humour tout aussi désopilant le 27 mars 2012 lorsqu’il décorait de la Légion d’honneur un professeur de droit de Rennes qui n’est autre que la soeur de mon ancien médecin de famille curieusement retrouvé suicidé dans son cabinet médical en 1996 alors que Josette Brenterch et ses amis du crime organisé harcelaient déjà tous mes médecins à mon sujet, y compris ceux de mon enfance.

Rappelons également que les négociations en 1994 du contrat Agosta par le désormais fameux réseau K provoquaient déjà bien des remous dont le public ne saura jamais rien avant le printemps 2009.

 

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/societe/20160328.AFP1327/il-y-a-20-ans-le-raid-lancait-son-assaut-contre-les-islamo-braqueurs-du-gang-de-roubaix.html

Il y a 20 ans, le Raid lançait son assaut contre les « islamo-braqueurs » du « Gang de Roubaix »

 

Publié le 28 mars 2016 à 09h23

 

Roubaix (AFP) – Il est 6 heures, le 29 mars 1996, dans le quartier de l’Alma à Roubaix, lorsque le Raid donne l’assaut contre le « Gang de Roubaix », un bande d’ »islamo-braqueurs » dont le parcours trouve résonance aujourd’hui après les attentats jihadistes en France et en Belgique.

Vingt ans plus tard, au 59, rue Henri Carette, dans ce quartier populaire, à forte population issue de l’immigration, on ne trouve que quelques places de parking. Difficile d’imaginer que ce fut-là le théâtre d’une action sanglante du Raid, se soldant par la mort de quatre des dix membres du gang.

« J’allais au travail et je voyais des policiers partout, je me demandais ce qui se passait », se remémore Pierre, un riverain, expliquant que les maisons défoncées sont restées plusieurs années à l’abandon avant la construction du parking en 2011.

Du 27 janvier au 8 février, plusieurs hold-up et braquages ultra-violents avec armes de guerre ont lieu dans la métropole lilloise, une fusillade faisant un mort à Roubaix. Mais « après le 8 février, ça s’arrête net. On le saura après: deux à trois sont repartis en Bosnie, avec leur maigre butin pour acheter de l’armement lourd et faire quelque chose d’encore plus sérieux », se souvient Romuald Muller, ancien chef de la brigade criminelle de Lille.

Le 25 mars, un fourgon de la Brinks est ainsi attaqué à Leers au lance-roquettes, à la Kalachnikov et à la grenade. Le 27, les enquêteurs réalisent que des membres du gang ont fait un aller-retour à Molenbeek, aujourd’hui fief présumé du djihadisme en Europe. Le 28 mars, la violence monte encore d’un cran: un attentat à la voiture piégée, garée devant l’ancien commissariat, est évité de justesse, à quelques jours d’une réunion du G7 dans la capitale des Flandres.

Cette tentative manquée précipite l’assaut du Raid. Quatre des malfaiteurs, tous issus de la jeunesse roubaisienne immigrée du Maghreb et de Turquie, meurent dans l’effondrement et l’incendie de la maison provoqué par des grenades qu’ils avaient lancées.

Le jour de la fusillade, Jean-Louis Debré, alors ministre de l’Intérieur, explique pourtant que cette affaire relève du « grand banditisme » et nullement « du terrorisme » ou de « l’islamisme ». Les spécialistes de la lutte antiterroriste, eux, sont dépités d’être tenus à l’écart de l’enquête, persuadés qu’il ne s’agissait pas de simples délinquants de droit commun, mais bien des partisans d’un islam radical.

- Des convertis dans le gang -

Parmi les dix membres de la bande, figurent en effet deux convertis, surnommés parfois « les ch’tis d’Allah », nés dans des familles catholiques ouvrières: Lionel Dumont et Christophe Caze, tué le lendemain en Belgique lors de sa fuite et considéré comme le « cerveau » du groupe.

« C’est une des premières fois que la question des convertis se pose, alors qu’aujourd’hui elle est importante vu le nombre de départs de Français vers des terrains de combat », argue Antoine Mégie, maître de conférence en sciences politique à l’université de Rouen et spécialiste de la lutte contre le terrorisme.

La route du « gang de Roubaix » épouse en effet celle de la Bosnie, où plusieurs membres ont combattu dans les rangs des moudjahidine de Zenica en 1994 et 1995, des soldats de l’islam venus combattre les Serbes aux côtés de l’armée bosniaque.

Le politologue Gilles Kepel, dans son ouvrage « Passion française » (Gallimard), rappelle, lui, « qu’après les accords de Dayton de décembre 1995 (mettant fin à la guerre en Bosnie, ndlr), Caze et Dumont s’étaient recyclés dans le djihad sur le territoire français ».

« Au confluent entre grand banditisme et terrorisme islamiste, ils prolongeaient à leur manière frustre l’épopée meurtrière de Khaled Kelkal, abattu quelques mois auparavant le 29 septembre 1995 dans la banlieue lyonnaise ». Selon le chercheur, ils « anticipaient l’affaire Merah » en 2012, « après seize années qui avaient marqué une longue pause du terrorisme jihadiste dans l’Hexagone ».

Sur les dix membres du « gang », quatre sont tués lors de l’assaut, un est tué le lendemain, deux sont incarcérés, deux ont été libérés au début des années 2010 et un n’a jamais été retrouvé.

 

 

http://www.lefigaro.fr/politique/2006/10/16/01002-20061016ARTFIG90267-debre_adresse_ses_voeux_chaleureux_a_royal.php

Debré adresse ses  »voeux chaleureux » à Royal

    • Par PH. G.
    • Mis à jour le 15/10/2007 à 13:15
    • Publié le 16/10/2006 à 06:00

Jean-Louis Debré ne désarme pas. Dans une interview au JDD hier, le très chiraquien président de l’Assemblée accuse Nicolas Sarkozy de manquer à la solidarité gouvernementale. « Attention à ceux qui sèment le vent, ils pourraient récolter la tempête », prévient-il. « Dénigrer, contester, ­critiquer la politique d’un gouvernement dont on est membre est non seulement une erreur, mais une faute politique. » Au risque d’irriter l’UMP, Debré adresse ses « voeux chaleureux à Ségolène Royal. Elle aussi a dû apprendre à se méfier de ses propres amis. A juste titre. » Réponse du sarkozyste Christian Estrosi : Debré « aspire à devenir mécanicien en chef de la machine à perdre ».PH. G.

 

 

http://www.letelegramme.fr/ig/generales/regions/finistere/legion-d-honneur-j-louis-debre-decore-anne-marie-le-pourhiet-31-03-2012-1651982.php

Légion d’honneur. J.-Louis Debré décore Anne-Marie Le Pourhiet

 

31 mars 2012
Nommée chevalier de l'Ordre national de la Légion d'honneur, Anne-Marie Le...
Nommée chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur, Anne-Marie Le Pourhiet a reçu sa distinction mardi à Paris. Photo DR

 
Jean-Louis Debré, président du Conseil constitutionnel a remis, mardi dernier, la Croix de chevalier de l’Ordre national de la Légion d’honneur à Anne-Marie Le Pourhiet, professeur agrégé de Droit public à l’Université de Rennes-1, vice-présidente de l’Association française de droit constitutionnel. Jean-Louis Debré rappelait, à cette occasion, que cette Bretonne originaire de Ploudalmézeau «se méfie de la pensée unique», n’est pas «une fanatique de l’Europe et du fédéralisme européen», pas plus que de la décentralisation dont elle dénonce régulièrement «le grand bazar». Lors de cette cérémonie, à laquelle assistaient plusieurs membres du Conseil constitutionnel, parmi lesquels Michel Charasse et Renaud Denoix-de-Saint-Marc mais aussi Jean-Pierre Chevènement, Anne-Marie Le Pourhiet a rappelé que sa mère était si profondément attachée au Général de Gaulle qu’elle s’était demandé si elle n’avait pas été une gaulliste «in utero». Décidément très en verve, elle a rappelé avoir obtenu le prix de l’humour politique pour cette phrase: «Je préfère la Constitution de mon père à celle de ma mère». Auparavant, le président Debré, rappelant son attachement à la Bretagne et au respect de l’environnement, s’était demandé si l’association «Des amis de Carantec», qu’elle a longtemps animée, ne vaudrait pas un jour à l’institution qu’il préside une QPC «question prioritaire de constitutionnalité» (1). En ouverture de son discours, la récipiendaire avait évoqué le «syndrome de la madeleine de Proust» (2).

1. Laquelle permet à n’importe quel justiciable de saisir le Conseil. 2. Dans «À la recherche du temps perdu», le narrateur mange une madeleine et revit une scène de son enfance où il en faisait de même. L’expression désigne un acte apparemment négligeable qui porte une charge émotionnelle du passé.

 

 

Cliquer sur les images suivantes pour les agrandir et lire ces textes publiés sur mon ancien blog « Un petit coucou à la recherche d’une liberté perdue » chez OverBlog entre les 18 et 31 mars 2012, à propos de l’affaire Merah :

 

2012-03-18 Assassinat de militaires dans le Sud-Ouest- le tueur serait traqué sur Internet - Un petit coucou

 

2012-03-19 L'Armée française trouée par la Mafia - Un petit coucou

 

Le journaliste Eric Laurent aurait cherché un « accord financier » avec le Maroc

Je ris toujours autant…

Je livrerais bien mon témoignage, mais bon… moi aussi j’ai quelques frais, voyez-vous… les frais d’avocat que Momo me laisse supporter seule contre ses terroristes Josette Brenterch, Pascal Edouard Cyprien Luraghi, Jean-Marc Donnadieu et autres, par exemple… alors, je me tâte…

 

http://www.lepoint.fr/justice/maroc-le-journaliste-eric-laurent-concede-un-accord-financier-29-08-2015-1960301_2386.php

Maroc : le journaliste Éric Laurent concède un « accord financier »

 

Le journaliste réfute tout chantage ou extorsion de fonds, dénonçant au contraire un « traquenard » et une « manipulation » de la part de Rabat.

 

Source AFP

Publié le 29/08/2015 à 18:34 – Modifié le 29/08/2015 à 18:44 | Le Point.fr

 

Le journaliste Éric Laurent a concédé avoir cherché un « accord financier » avec le Maroc autour de son livre, mais a réfuté tout chantage ou extorsion de fonds, dénonçant au contraire un « traquenard » et une « manipulation » de Rabat.
Le journaliste Éric Laurent a concédé avoir cherché un « accord financier » avec le Maroc autour de son livre, mais a réfuté tout chantage ou extorsion de fonds, dénonçant au contraire un « traquenard » et une « manipulation » de Rabat.AFP©FADEL SENNA
 
Le journaliste Éric Laurent a concédé avoir cherché un « accord financier » avec le Maroc autour de son livre, mais a réfuté tout chantage ou extorsion de fonds, dénonçant au contraire un « traquenard » et une « manipulation » de Rabat, selon une déclaration samedi à l’AFP. « Éric Laurent reconnaît et assume, pour des raisons qui tiennent à un contexte personnel difficile, avoir consenti à rechercher un accord financier dans des conditions totalement étrangères à un chantage ou une extorsion de fonds », a déclaré son avocat, Me William Bourdon. « Rien dans le dossier n’établit [...] que l’un ou l’autre des journalistes aurait initié une discussion de nature financière et pas plus n’aurait exigé un paiement en contrepartie de la renonciation à publier le livre », a ajouté le défenseur d’Éric Laurent.

« Une opération de désinformation ahurissante »

Ce dernier a été mis en examen, dans la nuit de vendredi à samedi, comme sa consoeur Catherine Graciet, pour chantage et extorsion de fonds. Tous deux sont soupçonnés d’avoir exigé trois, puis deux millions d’euros du Maroc en échange de l’abandon de leur projet de livre et d’informations compromettantes sur la royauté. William Bourdon dénonce « l’opération de désinformation ahurissante menée depuis 48 heures par l’avocat de Rabat », une « tentative de manipulation de l’opinion publique [qui] n’est que le prolongement d’une première manipulation, soit le traquenard ourdi par Me Naciri, émissaire du roi, pour piéger les journalistes ».

« Ce dossier apparaît aujourd’hui comme une opération politique de Rabat pour mettre en scène de façon opportuniste sa victimisation dans des conditions de complaisance qui ne laissent pas à poser question », a ajouté l’avocat, pour qui « le zèle des agents français apparaît hors hors norme, illustré par la désignation de trois juges d’instruction, d’évidence hors de proportion avec les faits ». « On a voulu aussi diaboliser, discréditer les seuls journalistes qui aujourd’hui dénoncent les dérives de la monarchie chérifienne et dont l’enquête est de nature à révéler de lourds secrets », poursuit-il. « Un non-lieu sera demandé en temps et en heure et rapidement des actes de nature à établir les conditions dans lesquelles a été conçu, élaboré, et avec quels appuis ce coup monté », a conclu l’avocat.

 

http://www.lexpress.fr/actualite/societe/qui-sont-les-deux-francais-accuses-de-faire-chanter-le-roi-du-maroc_1710441.html

Qui sont les deux Français accusés de faire chanter le roi du Maroc?

 

Par LEXPRESS.fr , publié le 28/08/2015 à 16:09 , mis à jour le 29/08/2015 à 07:12

Les deux journalistes français Eric Laurent (à gauche) et Catherine Graciet (à droite) sont tous les deux accusés d'avoir fait chanter le roi du Maroc (captures d'écran Youtube).

Les deux journalistes français Eric Laurent (à gauche) et Catherine Graciet (à droite) sont tous les deux accusés d’avoir fait chanter le roi du Maroc (captures d’écran Youtube).

Youtube / TV5Monde & Journalisme UCP

Les journalistes Eric Laurent et Catherine Graciet sont accusés d’avoir fait chanter Mohammed VI en proposant de ne pas publier leur livre contre de l’argent. Ils ont été présentés à un juge d’instruction vendredi soir pour une éventuelle mise en examen.

 

La nature des suspects comme celle de la victime présumée surprend: d’un côté, deux journalistes français, de l’autre, le souverain d’un pays en personne. Cet étrange attelage est pourtant celui du scandale présumé de chantage révélé jeudi par RTL. Eric Laurent et Catherine Graciet sont soupçonnés d’avoir demandé à Mohammed VI trois millions d’euros en échange de la non-publication d’un livre à charge. Ils sont arrivés vendredi soir au palais de justice de Paris pour être présentés au juge d’instruction, en vue de leur éventuelle mise en examen. L’avocat de Catherine Graciet affirme que les journalistes ont été « piégés » par des « enregistrements sauvages ».

>> Lire aussi: Les derniers éléments de l’enquête sur l’affaire du chantage

Eric Laurent

A 68 ans, Eric Laurent a longtemps été grand reporter à France Culture où il s’occupait des questions de géopolitique. Selon la biographie publiée sur son blog, il a couvert un certain nombre de conflits à l’étranger parmi lesquels la guerre israélo-arabe de 1973 ou l’occupation soviétique de l’Afghanistan en 1979. Tout au long de sa carrière, il a publié plusieurs ouvrages d’enquête, sur le 11 septembre ou le pétrole par exemple.

L’écrivain a surtout beaucoup écrit sur le Maroc: un entretien avec le roi Hassan II, père de l’actuel souverain, en 1993 et un livre déjà à charge contre Mohammed VI, Le Roi prédateur, en 2012. Ecrit avec la même Catherine Graciet mise en cause aujourd’hui, le brûlot dénonce l’enrichissement du roi au détriment de son peuple. « Mohammed VI, lui, n’a aucun intérêt pour la chose publique et pas la moindre fibre politique. Seules comptent les affaires », critiquait Eric Laurent dans les colonnes de L’Express.

Ce livre lui a valu l’inimitié des autorités marocaines, qui ont interdit la diffusion du journal espagnol El Pais qui en a publié les bonnes feuilles. Dans une critique, Le Monde résumait l’oeuvre ainsi: « Certes, le réquisitoire de ce livre est brut, les témoignages souvent anonymes, et les faits parfois approximatifs faute d’accès direct aux sources. Mais l’ampleur de la prédation économique ainsi décrite [...] ne peut que choquer ».

Eric Laurent est également le père de Samuel Laurent, « consultant international » autoproclamé. Ce dernier, qui a écrit plusieurs ouvrages sur le djihad et le terrorisme, a été vertement critiqué par Libération, qui lui reproche ses approximations et ses analyses erronées.

Catherine Graciet

La journaliste est décrite comme une spécialiste du Maghreb. Selon le Huffington Post, elle travaille en tant qu’indépendante mais a notamment collaboré au Journal Hebdomadaire du Maroc. Outre le livre écrit avec Eric Laurent sur le Royaume, elle s’est intéressée à la Libye et à la Tunisie. Elle a notamment écrit sur le clan des Ben Ali, qu’elle accusait de « dérive mafieuse » auprès de 20 Minutes.

Son co-auteur, Nicolas Beau, s’est d’ailleurs étonné auprès de l’AFP des accusations portées à son encontre. « Je suis sous le choc [...] Je savais que Catherine avait ce projet. Si les faits sont avérés c’est très surprenant de la part de Catherine. Elle n’a pas le profil pour ce type de délit. »

 

http://tempsreel.nouvelobs.com/medias/20150828.OBS4896/eric-laurent-idole-des-complotistes-et-maitre-chanteur-presume-du-roi-du-maroc.html

Éric Laurent, idole des complotistes et maître-chanteur présumé du roi du Maroc

L' Obs

Publié le 28-08-2015 à 19h57

Selon l’avocat de la monarchie marocaine, le journaliste et écrivain menaçait Mohammed VI de publier un livre compromettant s’il ne recevait pas 3 millions d’euros.

 

Eric Laurent à Paris, en octobre 2007. (POUZET/SIPA)Eric Laurent à Paris, en octobre 2007. (POUZET/SIPA)
 
« Racket digne de voyous », « d’une audace folle » : l’avocat français du Maroc, Eric Dupont-Moretti, n’avait pas de mots assez durs dans les médias quelques heures après l’arrestation d’Eric Laurent et Catherine Graciet. Accusés d’avoir réclamé 3 millions d’euros à la monarchie marocaine en échange de la non-publication d’une enquête à charge, le duo de journalistes est tombé dans les bras de la police à la sortie d’un hôtel parisien jeudi 27 août, après avoir chacun accepté une enveloppe de 40.000 euros. Ils sont toujours en garde à vue ce vendredi.

« Tout cela sent le coup monté », a réagi de son côté l’avocat de Catherine Graciet, Me Eric Moutet, joint par « Le Monde ». On attend encore la version des suspects.

Un long passif avec le Maroc

Eric Laurent, 68 ans, est loin d’être un inconnu au Maroc. Sous l’étiquette du « Figaro », il était venu dès 1993 interviewer le roi Hassan II, publiant un livre d’entretiens intitulé « Mémoire d’un roi », « le seul ouvrage du genre sur l’ancien souverain », rappelle « Jeune Afrique », « réalisé en bonne entente avec le palais ». Il reste aujourd’hui l’un des rares grands reporters à avoir pu approcher d’aussi près la cour royale marocaine.

Le journaliste Eric Laurent aurait cherché un

En 2012, les deux journalistes sortent un livre sur son successeur Mohammed VI, au ton bien différent : « Le Roi prédateur » (Le Seuil) est une attaque en règle du système « M6″, son obsession pour le « business », sa vision clientéliste de l’économie, sa cupidité. En plein « printemps arabe », l’ouvrage, partagé « sous le manteau » des réseaux sociaux, fait l’effet d’une bombe, et est censuré – de même qu’est interdit le quotidien « El Pais » qui en publiait les « bonnes feuilles ».

Ce vendredi, la presse marocaine se réjouissait presque unanimement de l’arrestation des deux journalistes. Pour Samir Chaouki, directeur de publication des « Eco », cité par « Aujourd’hui Le Maroc », l’affaire « met à nu certains plumitifs occidentaux qui essaient de s’enrichir indûment sur le dos de certains pays comme le Maroc qu’ils croient être une république bananière ».

Idole des complotistes…

Tout au long de ses différentes vies, Eric Laurent a toujours été fasciné par les « trous noirs » de la géopolitique. Ce diplômé de Berkeley en Californie (droit et sciences de la communication), selon sa biographie personnelle, a constamment malmené la « version officielle » des événements : il couvrira pour Radio France la guerre du Kippour en 1973, la guerre d’Afghanistan en 1979 et celle du Liban en 1982, et connaît ses premiers grands succès avec des ouvrages sur la Guerre du Golfe et le Kosovo.

J’ai découvert à l’occasion du premier choc pétrolier de 1973 que le monde n’aime pas affronter la réalité », écrit-il dans « La face cachée du pétrole », en 2006.

Il confesse sa fascination pour les faces sombres de l’humanité, qu’il révèle dans ses enquêtes : « L’univers du pétrole est exactement de la même couleur que le liquide tant convoité : noir, exacerbant les penchants les plus sombres de la nature humaine. Il suscite les convoitises, attise les passions, provoque trahisons et affrontements meurtriers, conduit aux manipulations les plus éhontées. » (ibid.)

Deux ans auparavant, avec « La face cachée du 11 septembre« , Eric Laurent avait accédé à une célébrité nationale en devenant le porte-étendard des théoriciens du complot : les opérations suicides contre le World Trade Center et le Pentagone auraient-elles été planifiées aux Etats-Unis et en Arabie Saoudite, avec la complicité de la famille royale ? Qu’est-il arrivé aux homonymes saoudiens des kamikazes qui s’entraînaient sur des bases américaines ? Pourquoi trois princes saoudiens sont-ils morts accidentellement à quelques jours d’intervalle en 2002 ?

Bien aidé par Thierry Ardisson, qui l’invitera à quatre reprises dans son émission « Tout le monde en parle », Eric Laurent signe un des best-sellers de l’année 2004 en France… Et un livre de chevet de la « conspirosphère » qui est alors en pleine éclosion sur Internet.

… et auteur de thrillers

Quand les complots réels ne lui suffisent plus, il lui arrive aussi d’en imaginer. En 2013, il publie un livre étrange entre fiction et réalité, « La Conspiration Wao Yen », thriller décrivant un pacte entre la Chine et le Moyen-Orient censé provoquer l’effondrement de l’Occident sur fond d’impérialisme énergétique.

Sous le pseudonyme de Philip Kramer, Eric Laurent s’est adonné pendant de nombreuses années à son autre violon d’Ingres, l’écriture de romans d’espionnage apocalyptiques dans lesquels son héros fétiche, Seth Colton, déjoue les plus terrifiantes machinations, avec explosions de sous-marins nucléaires, sectes insondables et Armaggedons en pagaille.

Voici la façon dont « Le Fleuve des abysses », paru en 2003, était relaté dans « Le Nouvel Observateur » :

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« La canicule meurtrière du mois d’août, à qui la faute ? A des écologistes fous qui traficotent le fond des océans pour détériorer le climat et débarrasser la terre de son surplus de population. Heureusement que veille Seth Colton, le preux chevalier en lutte contre les terrorismes. Est-ce raisonnable pour Eric Laurent, journaliste et enquêteur politique fort respecté, de faire ainsi joujou, sans trop y croire, avec de telles james-bonderies ? Du moins il nous instruit et nous amuse. C’est déjà très bien. » (Le Nouvel Observateur, 23 octobre 2013)

Ce goût pour le catastrophisme s’était aussi révélé dans une vaste enquête journalistique sur le syndrome de Kreutzfeld-Jacob (« Le Grand mensonge : le dossier noir de la vache folle »), où il reprend notamment les sombres projections de  »250.000 morts au cours des prochaines années ».

Le flou entre les différents genres – récit, enquête, essai, document – se retrouve de façon encore plus controversée chez son fils, le « consultant international » Samuel Laurent, spécialiste des réseaux djihadistes, dont le travail avait été brocardé dans les grandes largeurs par un article de « Libération » en décembre dernier. Détail accablant : l’éditeur admettait que le fait d’avoir publié son père deux ans plus tôt  »avait joué » dans la publication du brûlot  »Al-Qaida en France ».

Que contient le livre à paraître ?

Catherine Graciet, également placée en garde à vue dans les locaux de la Brigade de répression de la délinquance contre la personne, est moins connue sur la scène de l’investigation. Désormais « freelance », cette pure spécialiste du Maghreb a travaillé au Maroc de 2004 à 2007 pour un titre indépendant, « Le Journal hebdomadaire », et a publié quatre ouvrages depuis 2006.

14307532 dans CrimeCritique du régime marocain comme de la présidence Ben Ali (« La Régente de Carthage – Main basse sur la Tunisie », 2009), elle est également l’auteur du livre « Sarkozy-Kadhafi, histoire secrète d’une liaison » (2013), dans lequel un ancien responsable politique libyen donne du crédit aux accusations de financement de la campagne de Nicolas Sarkozy par le régime Kadhafi. Les Editions du Seuil ont par ailleurs confirmé qu’elle préparait avec Eric Laurent un nouveau livre sur Mohammed VI, « pour une sortie en janvier-février ».

« Je suis sous le choc. [...] Je savais que Catherine avait ce projet (de livre). Si les faits sont avérés, c’est très surprenant de la part de Catherine. Elle n’a pas le profil pour ce type de délit », a réagi auprès de l’AFP le journaliste Nicolas Beau, ancien du « Canard enchaîné » qui a cosigné deux livres avec elle. « A l’époque » du livre « La régente de Carthage », confie-t-il à « Arrêt sur images », « on avait reçu une proposition pour ne pas le publier. On en avait rigolé. »

Restent deux questions. Primo, comment expliquer une telle naïveté de deux journalistes si au fait des rouages de la monarchie marocaine ? Secundo, le livre à paraître sera-t-il publié un jour, et que contient-il ? D’après Eric Dupont-Moretti, « il n’y a rien à dire » sur l’ouvrage. Il ne comporterait aucune révélation fracassante. Connaissant ses deux auteurs, ce serait bien la première fois.

T.V.

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