Nicolas Hulot et PPDA, ou les Bretons de chez TF1…

Lillois, Rémois d’origine, ils viennent tous se réfugier en Bretagne au fur et à mesure que s’allongent leurs fiches Wikipédia… ou au contraire qu’elles s’amenuisent comme peau de chagrin…

 

https://www.parismatch.com/Actu/Societe/Hulot-et-PPDA-une-amitie-particuliere-1773752

Hulot et PPDA, une amitié particulière…

 

Paris Match | Publié le 02/12/2021 à 16h57

Nicolas Hulot et Patrick Poivre d'Arvor au Fort National de Saint-Malo.
Nicolas Hulot et Patrick Poivre d’Arvor au Fort National de Saint-Malo. THIERRY ORBAN/Sygma via Getty Images

 

Nicolas Hulot et Patrick Poivre d’Arvor ciblaient dans le public des femmes à conquérir et les notaient, révèle Paris Match dans son enquête consacré à l’ancien ministre.

Lorsque vingt-trois femmes ont témoigné contre les agissements du grand ami de Nicolas Hulot, Patrick Poivre d’Arvor, certaines l’accusant de viol, plusieurs personnes se sont souvenues du jeu que le journaliste star du 20 heures avait instauré avec un «ex-présentateur vedette de TF1, lui-même très insistant avec les femmes», révèle Paris Match dans son enquête consacré à l’ancien ministre.

Lire aussi : Accusé de viols et agressions sexuelles, Nicolas Hulot s’est réfugié à Saint-Lunaire

Un «système de points» pour chaque femme conquise dans le public, tant pour une serveuse, tant pour une hôtesse de l’air… avait même été instauré entre les deux hommes. «L’ami de PPDA dont il est question, c’est Hulot », ont confirmé plusieurs sources à Mariana Grépinet et Anne Jouan, co-autrice de l’enquête.

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Hulot

  1. « Ecologie : quel bilan pour Nicolas Hulot ? », leparisien.fr,‎ 2018-05-16cest16:33:44+02:00 (lire en ligne [archive], consulté le 14 juillet 2018).

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Patrick_Poivre_d%27Arvor

  1. « capatationopera-un amour en guerre » [archive], sur chapeau rouge studio (consulté le 11 avril 2020)

Annexes

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Articles connexes

Bibliographie

Liens externes

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Roger_Zabel

    1. Roger Zabel

      Page d’aide sur l’homonymie

      Pour les articles homonymes, voir Zabel.

      Roger Zabel
      une illustration sous licence libre serait bienvenue
      Biographie
      Naissance

      (69 ans)
      Épernay

      Nationalité
      Formation
      Activité
      Autres informations
      A travaillé pour
      Distinction

      Roger Zabel est un journaliste français né le 22 décembre 1951 à Épernay (Marne).

      Parcours

      Après une année d’études à l’École supérieure de journalisme de Paris, il passe huit années au service des sports de RTL, dirigé par Guy Kédia, au cours desquelles il couvre, entre autres, huit Tours de France cycliste de 1975 à 1981, des Jeux olympiques d’été (1976 et 1980) et d’hiver (1976 et 1980).

      Journaliste télé

      Robert Chapatte l’engage sur Antenne 2 en 1981. Il reste pendant trois ans à Stade 2 et présente le journal de 23 heures durant l’été 1983. En 1984, il rejoint Pierre Lescure sur Canal+ où il crée le service des sports avec Charles Biétry et anime le jeu Maxi-Tête, le temps d’une saison (Sophie Favier animera ensuite l’émission). En 1986, il rejoint La Cinq où il couvre de grands évènements sportifs (Flushing Meadow, 24 heures du Mans…) et anime un autre jeu Pentathlon. En mars 1987, il retourne sur Antenne 2 pour présenter la matinale Télématin jusqu’en 1989.

      Journaliste sportif sur TF1

      Date à laquelle, il devient directeur adjoint du service des sports de TF1, aux côtés de Jean-Claude Dassier. Il couvre pendant plus de dix ans les coupes du monde de football 1990, 1994 et 1998 ainsi que les coupes du monde de rugby 1991, 1995 et 1999. Il présente également les émissions : Téléfoot, Automoto, Formule Sport, Formule Foot et Va y avoir du sport avec Dominique Grimault et Jérôme Bureau, et présente aussi les soirées de Ligue des champions et les Grands Prix de Formule 1.

      En 1989, il obtient le 7 d’Or du meilleur journaliste sportif.

      L’après TF1

      Il devient directeur de la rédaction de 2001 à 2003 puis directeur général adjoint d’Eurosport France de 2003 à 2007. Il anime aussi Auto Critiques de 2003 à 2007. Parallèlement, il participe aux émissions de Laurent Ruquier : On va s’gêner sur Europe 1 et On a tout essayé sur France 2.

      À partir de la saison 2008, Roger Zabel, directeur général adjoint, n’anime plus le magazine Auto Critiques, après avoir été débarqué par sa direction. La chaine sportive de TF1 justifie sa décision par la volonté de rajeunir la présentation de ses émissions1,2,3.

      Créateur d’une formation de journalisme de sports en 2009 à l’École supérieure de journalisme de Paris, puis directeur pédagogique de cette même école. Il quitte l’ESJ et prend la direction de l’école de journalisme de l’Institut international de la communication de Paris dont il sera le responsable pédagogique jusqu’en 2013.

      Le 5 novembre 2014, il fait son retour à RTL en devenant sociétaire des Grosses Têtes. Il reste titulaire sur TF1.

      Décorations

      Notes et références

    2. Roger Zabel viré d’Eurosport [archive], TV mag, 13-03-2008.
    3. Le blogtv.news cite un entretien paru dans La lettre de l’audiovisuel [archive].
    4. Interview de Roger Zabel [archive], Télé 2 semaines, 12-03-2008.

Décret du 24 juin 1993 portant promotion et nomination [archive]

      .

 

Nicolas Hulot, Patrick Poivre d’Arvor… un syndrome TF1 ?

 

https://www.linternaute.com/actualite/biographie/1776872-nicolas-hulot-de-nouveaux-temoignages-apres-les-accusations-dans-envoye-special/

Nicolas Hulot : une enquête pour viol ouverte, avant de nouveaux témoignages ?

 

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Nicolas Hulot : une enquête pour viol ouverte, avant de nouveaux témoignages ? HULOT. Vendredi 26 novembre 2021, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour viol et agression sexuelle contre Nicolas Hulot, à la suite de l’émission « Envoyé spécial ». De nouveaux témoignages pourraient par ailleurs être révélés.

L’essentiel
  •  Le parquet de Paris a ouvert, ce vendredi 26 novembre 2021, une enquête pour viol et agression sexuelle visant Nicolas Hulot « pour des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure », a précisé la juridiction dans un communiqué de presse, à la suite de l’émission « Envoyé spécial« .
  • La nouvelle « affaire Hulot » va-t-elle prendre une autre ampleur ? Déjà ébranlé par les témoignages diffusés sur France 2 jeudi soir, Nicolas Hulot pourrait être l’objet de nouvelles accusations d’agressions sexuelles comme l’a révélé Elise Lucet, vendredi, sur BFM TV.
  • Jeudi, « Envoyé spécial » a diffusé les témoignages de quatre femmes mettant en cause l’ancien animateur de l’émission « Ushuaïa » pour viol et agressions sexuelles. Des actes qui se seraient produits à diverses époques, et dont les récits sont détaillés.
En direct

16:45 – Qui serait la victime présumée pour laquelle une enquête a été ouverte ?

Le parquet de Paris a donc ouvert une enquête, vendredi, « pour des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure ». De quoi corroborer avec l’un des quatre témoignages diffusés jeudi soir dans « Envoyé spécial ». Parmi les accusatrices, une trentenaire prénommée Sylvia. Elle raconte avoir écrit à l’ancien animateur de télévision en 1989. Alors âgée de 16 ans, elle lui fait part de son admiration et reçoit, en retour, une invitation le 27 mai 1989 pour participer à l’émission « Antipodes » sur France Inter. Elle s’y est rendue. A la fin de l’émission ce jour là, selon Sylvia, le présentateur l’aurait invité à prendre un café, en tête à tête, avant de la raccompagner jusqu’à une bouche de métro.

C’est à ce moment-là que la situation aurait dérapé. Avant de quitter la voiture, l’homme d’alors 34 ans lui aurait demandé  »de l’embrasser dans le cou ». « Vous en avez rêvé », lui aurait-il lancé. La suite des événements se serait déroulée dans un parking « à ciel ouvert », où Nicolas Hulot aurait décidé de « défaire son pantalon » et de « montrer son sexe » à la jeune femme.  »Je me rappelle d’être dans un état d’incompréhension », avant d’être « forcée à faire une fellation », témoigne Sylvia. Et de poursuivre : « Je suis tétanisée. Je ne l’ai jamais fait. Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse. Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qu’il se passe ne peut pas arriver. [...] Je suis coincée. » La scène d’agression sexuelle se serait conclue par une seule phrase de Nicolas Hulot, avant de raccompagner l’adolescente à une bouche de métro : « Remaquillez-vous, on dirait que vous avez fait des trucs ».

16:17 – Quel est le délais de prescription pour viol et agression sexuelle sur mineur ?

Pour les chefs d’accusation qui visent Nicolas Hulot (viol et agression sexuelle sur mineur), le délais de prescription est de 30 ans pour le premier chef et de 10 ou 20 ans pour le second (le délais étant allongé pour les mineurs de moins de 15 ans). Ce délais ne débute pas à la date des faits présumés mais à la majorité de la victime présumée. Ainsi, elle dispose jusqu’à ses 28, 38 ou 48 ans du droit de déposer plainte.

16:12 – Qu’est-ce que « la prescription de l’action publique » ?

L’enquête préliminaire ouverte à l’encontre de Nicolas Hulot par le parquet de Paris s’attachera, dans un premier temps, à « déterminer si la prescription de l’action publique est acquise ». Concrètement, que cela signifie-t-il ? Le site officiel de l’administration française indique que « le délai de prescription est la période au-delà de laquelle l’auteur d’une infraction ne peut plus être poursuivi, c’est-à-dire jugé par un tribunal ». Des délais divers existent selon nature de l’infraction.

15:55 – Le parquet de Paris ouvre une enquête

Après la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial dans lequel Nicolas Hulot est accusé de violences sexuelles, le parquet de Paris a annoncé, vendredi 26 novembre 2021, ouvrir une enquête concernant « des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure » pour des chefs de viol et agression sexuelle.  Les investigations ont été confiées à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ). « Elles s’attacheront à déterminer si les faits dénoncés peuvent caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l’action publique est acquise », précise Laure Beccuau, procueure de la République.

15:36 – Claire Nouvian a « honte que Nicolas Hulot prenne le rôle de victime »

Après le face caméra, Claire Nouvian prend la plume. L’une des femmes accusant Nicolas Hulot d’agression sexuelle dans « Envoyé spécial » jeudi soir signe une tribune dans Le Monde, ce vendredi, dans laquelle elle dit s’être « endormie avec un sentiment de honte ». Et précise sa pensée : « honte de la réaction de Nicolas Hulot face aux accusations d’agressions sexuelles, [...] honte que Nicolas Hulot ait préempté l’espace médiatique pour renverser les perspectives et prendre le rôle de victime ».

Fustigeant « son indignité, sa lâcheté, sa posture », elle s’indigne des propos tenus par le mis en cause au téléphone avec Elise Lucet : « en répétant à Elise Lucet que la parole des femmes serait devenue « sacrée », il a insinué qu’elle était désormais intouchable et qu’elle pouvait porter en elle l’injure, l’accusation aveugle, le procès d’intention, en un mot toute l’injustice qui est précisément ce que cette parole libérée cherche à combattre. Cette inversion rhétorique est d’une grande perversité ».

15:20 – Une ancienne militante d’EELV écartée car elle « excitait trop » Nicolas Hulot ?

Le tweet remonte au 15 octobre 2017. Les faits présumés, eux, en 2011. Au moment du tweet, Pauline Lavaud, militante chez EELV, publie ce message sur les réseaux sociaux : « Lui : ‘désolé, mais tu vas pas pouvoir faire partie de l’équipe de campagne du candidat, tu l’excites trop’. Moi : ‘…’ #BalanceTonPorc ». Le candidat en question ? Nicolas Hulot selon ses dires. C’est en tout cas ce qu’elle a assuré au micro de BFM TV, vendredi 26 novembre. La jeune femme l’assure, elle n’a jamais subi une quelconque agression de la part de l’ancien ministre, qui briguait alors l’investiture pour la primaire EELV en vue de la présidentielle de 2012.

Elle raconte avoir, un soir, reçu un appel tardif de Nicolas Hulot « vers 23 heures. Je n’avais pas vraiment compris l’objet de son appel. Suite à ça, il m’avait envoyé un SMS pour me souhaiter ‘bonne nuit’ donc là j’avais compris que ce n’était pas un appel professionnel ». Et de poursuivre : « Quelques jours après cet échange, à l’issue du débat entre les candidats, une personne de son équipe est venue me voir spontanément pour me dire que je n’allais pas pouvoir faire partie de l’équipe de campagne parce que j’excitais trop le candidat ». « Meurtrie », « humiliée », Pauline Lavaud juge, avec le recul, que « les profils sont les mêmes, ce sont des jeunes femmes qui débutent leur carrière professionnelle, qui sont peut-être impressionnées par le personnage. J’ai eu de la chance ».

14:58 – De nouveaux témoignages contre Nicolas Hulot à venir ?

Le dossier des accusations à l’encontre de Nicolas Hulot va-t-il s’étoffer ? C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Elise Lucet, présentatrice de l’émission « Envoyé spécial ». Invitée sur BFM TV vendredi 26 novembre 2021, la journaliste a indiqué : « il y aussi d’autres conversations avec d’autres femmes qui n’ont pas encore témoigné parce que c’est pas encore le moment pour elles. Ces femmes sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner ». Précisant « respecter leur décision » et que « c’est à elles de décider quand elles veulent témoigner et la manière dont elles veulent le faire », la journaliste « pense qu’à un moment ou à un autre, elles témoigneront ».

Accusation contre Nicolas Hulot: Elise Lucet déclare que « d’autres femmes sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner » pic.twitter.com/BKkruvAs37

— BFMTV (@BFMTV) November 26, 2021

14:19 – L’avocat de Nicolas Hulot fustige « une émission qui a voulu faire son procès et le condamner à vie »

Au lendemain de la diffusion de l’enquête réalisée par « Envoyé spécial », l’avocat de Nicolas Hulot, Me Alain Jakubowicz, s’est à nouveau exprimé sur l’affaire, après avoir accordé une première interview au Point. Sur RTL, il a fustigé vendredi à la mi-journée « une émission du service public a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie » dénonçant une « pratique absolument surréaliste » au moment d’évoquer l’échange téléphonique entre Elise Lucet et Nicolas Hulot, enregistré à l’insu de ce dernier et diffusé dans le reportage. Le conseil de l’ancien ministre a par ailleurs indiqué que la présentatrice avait initialement accepté de montrer le reportage au mis en cause en vue de sa venue en plateau, avant de finalement se rétracter.

⚖️ Nicolas #Hulot accusé de viols et agressions sexuelles
???? Son avocat Maître @JakubowiczA a réagi dans #RTLMidi
????️ « Une émission du service public a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie » pic.twitter.com/vjGVabryxD

— RTL France (@RTLFrance) November 26, 2021

12:52 – Près de 3,4 millions de personnes devant l’enquête

Gardée secrète jusqu’au dernier moment, l’enquête a réuni 3 346 000 téléspectateurs, faisant de France 2 la première chaîne de la soirée avec 16,6% de part d’audience. Il s’agit d’un record pour le magazine.

11:58 – Que risque Nicolas Hulot ?

La plupart des faits présumés étant prescrits et aucune plainte n’ayant été déposée, Nicolas Hulot ne devrait pas être inquiété par la justice. Pour autant, Eric Dupont-Moretti a indiqué sur LCI jeudi matin que « peut-être que le parquet s’emparera de cette affaire. Si les faits dénoncés sont prescrits, ça n’interdit pas au parquet de mener une enquête », le Garde des Sceaux rappelant avoir « expressément demandé dans une circulaire, aux parquets, dans une hypothèse de cet ordre, qu’une enquête soit conduite pour rechercher si d’autres plaignants peuvent être concernés ».

11:44 – Pour Nicolas Hulot, « ce n’est même plus la peine de se défendre »

S’il a refusé de s’exprimer dans l’enquête réalisée par « Envoyé spécial », Nicolas Hulot a tout de même répondu à l’appel d’Elise Lucet, qui l’a sollicité. Un échange d’un peu plus de six minutes dans lequel l’ancien ministre se dit « anéanti » par les faits évoqués par la journaliste : « on ne me foutra jamais la paix, c’est pas possible. Je ne sais pas de quoi il s’agit, je ne sais pas ». Il assure n’avoir « jamais eu de relations ambigües. Je veux dire, j’ai eu des histoires sans lendemain comme tout le monde ».

Celui qui est mis en cause par quatre femmes face caméras et deux autres par écrit s’est refusé à se défendre : « De toutes façons, la parole des gens mis en cause aujourd’hui, elle est de fait dénaturée et suspecte. Ce qui est normal aujourd’hui, la parole des femmes est sacrée, la parole des hommes est mise en cause, donc ce n’est même plus la peine de se défendre. Le procès médiatique, il est fait à l’avance ».

En dépit des relances d’Elise Lucet, Nicolas Hulot n’a pas accepté de répondre à une interview : « Je ne vais pas moi contre-attaquer en disant que ce sont toutes des menteuses, des trucs comme ça. Je n’en sais rien. Quand on est innocent comme je le suis, on est de toute façon piégé. Quoi que l’on dise, la parole est suspecte. On ne peut pas se défendre, parce que dans ce combat nécessaire et légitime des femmes, la parole des femmes est sacrée, et voilà ».

Nous avons proposé à Nicolas #Hulot de recueillir sa réaction sur les témoignages, mais il a refusé.

Nous avons choisi de diffuser le seul échange téléphonique que nous avons eu avec lui quand il a appelé @EliseLucet directement.#MetooPolitique @VirginieVilar pic.twitter.com/AJzGm7HTCG

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

11:16 – Dans une autre lettre, une ex-employée de TF1 dénonce également une agression sexuelle

Au-delà des quatre femmes qui ont témoigné dans « Envoyé spécial » et de la lettre de Maureen Dor, Franceinfo a diffusé une nouvelle lettre d’accusations contre Nicolas Hulot. Signée de la main anonyme, une ancienne employée de TF1 raconte qu’elle travaillait pour la chaîne « au début des années 1990″. Elle avait alors 23 ans. Après une première rencontre lors d’une « réunion de travail » pour « Ushuaïa », le présentateur l’invite à déjeuner, un moment « sympathique ». Mais c’est en quittant le restaurant que les choses auraient dérapé : « Une fois installés, il se tourne vers moi me dit qu’il a passé un moment agréable et saisit ma main pour la plaquer sur son pantalon, au niveau de son sexe en début d’érection ».

Elle raconte sa réaction : « Cela va très vite et mon réflexe est d’éclater de rire. J’ai déjà à l’époque un caractère assez affirmé et ai l’habitude de sortir des situations embarrassantes par l’humour. C’est sûrement ce que je pense faire à ce moment-là. S’en suit un retour interminable jusqu’à Boulogne (le siège de TF1), pendant lequel il ne me dit pas un mot ». A son retour au bureau, la jeune femme parle de ce qui ce serait produit à son chef, lequel la « rassure » écrit-elle.

Malgré une lettre de Nicolas Hulot à Patrick Le Lay, PDG de TF1, pour « dénigr[er] le travail que je fais sur son émission et demandant de prendre des mesures afin d’y remédier », elle n’est pas inquiétée et est protégée : « dans mon désarroi, j’ai la chance d’avoir un patron qui m’apprécie, respecte mon travail et décide de prendre ma défense. Il est outré, et me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il va gérer la situation. Je ne sais pas ce qu’il a fait, mais je n’en ai plus jamais entendu parler et j’ai envers lui une reconnaissance infinie. Je n’ai plus jamais eu affaire à Nicolas Hulot, les interactions passant par son producteur. J’ai encore vécu quelques années heureuses et passionnantes à TF1″.

10:54 – Une animatrice dénonce une agression sexuelle de Nicolas Hulot dans une lettre

En plus des témoignages dans « Envoyé spécial », Franceinfo a diffusé, jeudi soir, une lettre transmise par l’animatrice et comédienne belge Maureen Dor, dans laquelle elle accuse Nicolas Hulot de l’avoir agressée sexuellement en 1989, alors qu’elle avait 18 ans. Après avoir écrit à Nicolas Hulot pour lui faire part de son admiration, elle reçoit un coup de fil de l’animateur qui lui propose une rencontre dans un hôtel de Bruxelles, à l’occasion du salon du livre. « J’y suis allée, toute heureuse d’avoir intéressé le grand homme, que j’ai vu apparaître dans le hall. De là, nous sommes allés boire un verre au bar de l’hôtel. Au bout d’un quart d’heure, il me dit que des journalistes doivent venir l’interviewer et il me propose de l’accompagner dans sa chambre pour les attendre », écrit-elle.

Et poursuit : «  J’ai 18 ans en 1989, élevée dans un milieu bourgeois catholique. Je suis vierge et surtout, je ne me trouve pas particulièrement sexy. C’est important à dire parce qu’à l’époque je pense sincèrement qu’un homme peut me proposer de l’accompagner dans sa chambre sans avoir aucune arrière-pensée ». Le présentateur de l’émission « Ushuaïa » aurait alors dérapé : « Je l’accompagne donc et, aussitôt dans la chambre, le voilà qui me saute dessus et tente de m’embrasser. Je le repousse, étonnée et effrayée, en lui faisant cette remarque si naïve : ‘Mais vous avez une femme !’ et lui de me répondre que cela n’a rien à voir et que je serai une ‘parenthèse’ ». Le téléphone sonne alors pour annoncer l’arrivée des journalistes. Elle ajoute que, plus tard, elle avait accepté d’aller dîner avec lui le soir, « fascinée par le bonhomme ». C’est à cause de cela qu’elle estime que « mon témoignage ne vaut rien ».

10:35 – Nicolas Hulot accusé de viols et agressions sexuelles par plusieurs femmes

La très attendue enquête d’Envoyé spécial a donc été diffusée jeudi 25 novembre 2021 sur France 2. Se succèdent ainsi quatre témoignages de femmes assurant avoir été victimes de viols et agressions sexuelles par Nicolas Hulot. Des propos chocs agrémentés de nombreux détails racontés par les victimes présumées. Les détails sont à retrouver plus bas dans l’article. S’il n’intervient pas dans l’émission, l’ancien ministre s’était exprimé mercredi sur BFM TV, indiquant se retirer de la vie publique et ne réfutant toutes les accusations.

En savoir plus

C’est un travail d’enquête aussi minutieux que colossal qui a été réalisé par Virginie Vilar, journaliste à l’origine du  »Envoyé spécial » diffusé le jeudi 25 novembre 2021, dans lequel Nicolas Hulot est mis en cause pour des faits de viols et agressions sexuelles par quatre femmes. Les équipes d’Elise Lucet, la présentatrice, ont travaillé pendant quatre ans sur cet épais dossier, rencontrant à plusieurs reprises les accusatrices. La journaliste aurait même, selon ses dires, rencontré d’autres femmes rapportant des faits semblables. « Au fur et à mesure des témoignages, tout se vérifiait, les lieux, les dates, il y avait des choses qui nous faisaient croire que ces témoignages étaient extrêmement crédibles », a expliqué Elise Lucet sur le plateau de C à vous, le 25 novembre, ajoutant que les témoins « nous ont fait une grande confiance et elles nous ont demandé clairement de protéger leurs identités et de ne pas les révéler avant l’émission ».

Une enquête d’1h20 à laquelle Nicolas Hulot n’a pas souhaité répondre, en dépit des sollicitations des journalistes. « Depuis le 9 novembre très précisément s’est engagée la demande de contradictoire, ça fait 17 jours qu’on est en contact avec Nicolas Hulot et avec ses avocats, Me Jakubowicz et Me Laffont, il y a eu des échanges entre nous, des coups de téléphone, de mails, de lettres », précisé Elise Lucet.

Sylvia :  »Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse »

La première à passer à l’antenne ce jeudi soir sur France 2 se prénomme Sylvia. Elle affirme avoir été agressée sexuellement par l’ancien ministre en 1989. Au moment des faits, elle était âgée de 16 ans et Nicolas Hulot de 34 ans. Ce dernier est alors présentateur de la célèbre émission « Ushuaïa » et sa présumée victime l’admire.  »Je me reconnais dans ses actions et dans les choix faits par Nicolas Hulot », explique l’accusatrice, dans l’émission de France 2. A travers un jeu concours lancé par la Maison de la Radio, Sylvia dit avoir écrit une lettre à l’animateur pour lui adresser toute son admiration. En réaction, Nicolas Hulot lui aurait envoyé une invitation, le 27 mai 1989, pour participer à son émission « Antipodes » sur France inter.

A la fin de l’émission ce jour là, selon Sylvia, le présentateur l’aurait invité à prendre un café, en tête à tête.  »Je suis ultra intimidée, c’est quand même la première personne publique que je vois d’aussi près », se remémore-t-elle sur France 2. Puis, après s’être intéressé à son invitée, Nicolas Hulot aurait décidé de la raccompagner jusqu’à une bouche de métro. Au moment où la jeune fille mineure sort de sa voiture, le trentenaire lui aurait demandé  »de l’embrasser dans le cou ». « Vous en avez rêvé », lui aurait alors lancé Nicolas Hulot. La suite des événements se serait déroulée dans un parking « à ciel ouvert », où Nicolas Hulot aurait décidé de « défaire son pantalon » et de « montrer son sexe » à la jeune femme.

« Je me rappelle d’être dans un état d’incompréhension », avant d’être « forcée à faire une fellation », témoigne Sylvia. Et de poursuivre : « Je suis tétanisée. Je ne l’ai jamais fait. Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse. Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qu’il se passe ne peut pas arriver. [...] Je suis coincée. » La scène d’agression sexuelle se serait conclue par une seule phrase de Nicolas Hulot, avant de raccompagner l’adolescente à une bouche de métro : « Remaquillez-vous, on dirait que vous avez fait des trucs ».

Sylvia a 16 ans quand Nicolas #Hulot laurait agressée sexuellement.

À l’époque, elle nose pas en parler.

Les faits quelle décrit se seraient déroulés il y a plus de 30 ans. Ils sont prescrits par la loi.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/qwhSSrY6Gl

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Aujourd’hui, dans l’émission d’Envoyé Spécial, Sylvia a dit vouloir « se libérer ».  »Il faut que je sorte de cette voiture », explique l’accusatrice. Sans preuves, elle ne peut pas grand chose devant la justice. Par ailleurs, remontant à plus de 30 ans, les faits seraient désormais prescrits, regrette-t-elle. « Qui allait me croire », répètera plusieurs fois Sylvia dans le reportage.

Cécile : « Je l’ai poussé et frappé au visage »

Cette affaire très médiatique, révélée dans le sillage d’une plainte d’une collaboratrice de Nicolas Hulot en 2018 (lire ci-dessous), ouvrira la voie à de nouveaux témoignages, enfouis pendant plusieurs années. « En février 2018, quand l’article d’Ebdo est sorti, ça m’a donné une gifle », relate le troisième témoin d’Envoyé Spécial, Cécile. En septembre 1998, à 23 ans, celle-ci est contractuelle à l’ambassade de France à Moscou. Un jour, on lui explique qu’elle doit se rendre à l’aéroport de Moscou pour aider Nicolas Hulot, qui est coincé à la douane. La demande serait même venue du président de la République de l’époque, Jacques Chirac. Pour la remercier d’avoir débloqué la situation, Nicolas Hulot l’aurait invitée avec toute son équipe à dîner à son hôtel. A la suite du dîner, toute l’équipe se serait rendue dans un bar dansant de Moscou, où l’animateur télé aurait décidé de lui offrir un premier verre. « Qu’est ce qu’on peut dire à quelqu’un de si célèbre ? », questionne Cécile, des années plus tard sur France 2.

Cécile raconte avoir été agressée sexuellement par Nicolas #Hulot en 1998. À l’époque, elle avait 23 ans.

Les faits quelle dénonce sont aujourd’hui prescrits.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/WHia6c3EWY

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Après quelques remarques désobligeantes, Cécile aurait décidé de rentrer chez elle et aurait été suivie dans le taxi par Nicolas Hulot. « Dans le taxi, il me tarde qu’une chose, c’est que ça se finisse », raconte aujourd’hui celle qui avait 23 ans au moment des faits. En lui posant la main sur la cuisse, Nicolas Hulot lui aurait proposé « un boulot chez TF1″. Puis les choses auraient dégénéré :  »Il se jette sur moi, il essaye de m’embrasser, il me touche les seins, l’entre-jambes », a énuméré la témoin dans Envoyé Spécial. Avant d’ajouter : « Je l’ai poussé et l’ai frappé au visage. Je crois que le non était très clair ».

Claire Nouvian : « Un dysfonctionnement dans ses rapports avec les femmes »

« Il y a clairement un dysfonctionnement dans ses rapport avec les femmes ». Ces mots, ce sont ceux de la militante écologiste Claire Nouvian, qui a rencontré Nicolas Hulot lors d’un tournage de son émission Ushuaïa, au Costa Rica, en 2008.  »Avant de partir en tournage, son entourage me prévient. Il faut éviter les situations où tu es seule avec lui. Si vous travaillez, c’est dans le restaurant de l’hôtel et pas dans ta chambre. Si il vient dans ta chambre le soir, n’ouvre pas », raconte celle qui a ensuite fait un bout de chemin en politique elle aussi. Claire Nouvian souligne même que trois à quatre alertes portant sur Nicolas Hulot lui seraient revenues par la suite. Il ne se passera rien au Costa Rica selon elle, mais plusieurs années plus tard, Nicolas Hulot aurait tenté de l’embrasser. D’après l’ancienne réalisatrice, « il y a beaucoup de jeunes filles qui passent à la casserole », toutes n’étant pas consentantes selon elle.

Claire Nouvian participe en 2008 à un épisode dUshuaïa.

Elle dit avoir reçu des mises en garde de la part de lentourage politique de Nicolas #Hulot.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/smS9ea4BYg

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Un baiser forcé à TF1

Un quatrième et dernier témoignage a été diffusé dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2. Un témoignage anonyme cette fois, pour des faits présumés ayant eu lieu en pleine réunion de travail à TF1 et concernant un baiser « à pleine bouche » forcé. Mère célibataire avec des enfants en bas âge au moment des faits, la témoin explique qu’elle se serait battue s’il elle n’avait pas peur de tout perdre. « C’est inadmissible. Je lui ai dit sur le coup », explique cette femme dont l’identité sera tue. Nicolas Hulot lui aurait par la suite envoyé un message, non pas pour s’excuser mais simplement pour « regretter ne pas en avoir eu plus ».

Pascale Mitterrand et l’affaire de la villa en Corse

Pascale Mitterrand ne s’est pas exprimée dans Envoyé Spécial, mais l’affaire qui l’a opposée à Nicolas Hulot dès 2008 a été retracée dans l’émission d’Elise Lucet. La petite-fille de François Mitterrand a rencontré le présentateur d’Ushuaïa lors d’un stage de photographie chez Sipa Press, dans les années 1990. Selon les journalistes d’Envoyé Spécial, c’est le même Nicolas Hulot qui aurait ensuite demandé, par l’entremise du patron de Sipa Press, de faire venir dans sa villa en Corse cette jeune stagiaire de 19 ans, pour un reportage, en s’assurant  »qu’elle vienne seule ». Nous sommes alors en 1998 et selon le récit que Pascale Mitterrand en fera plus tard, le reportage devait durer 4 jours. Or au troisième soir, alors qu’ils visionnaient un film ensemble avec Nicolas Hulot, la jeune femme se serait endormie. Elle dira s’être réveillée en partie sous le corps nu de l’animateur qui la couvrait de baisers. Au moment de porter plainte une dizaine d’année plus tard, en juillet 2008, Pascale Mitterrand expliquera qu’elle se trouvait elle aussi dévêtue, mais sans aucun souvenir de s’être elle-même déshabillée. Paralysée, elle n’aurait alors pas osé dire « non ».

Bérengère Bonte raconte dans quelles circonstances, Pascale Mitterrand sest retrouvée seule dans la maison de Nicolas #Hulot

Elle a porté plainte pour viol contre lui en 2008.

Cette plainte est classée sans suite en raison de la prescription.
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En 2018, quand la plainte de Pascale Mitterrand sera révélée au grand jour, celui qui était encore ministre de l’Ecologie s’évertuera à écarter tout soupçon. A commencer par les soupçons sur l’âge de la plaignante : au moment des faits présumés, elle n’était pas mineure selon lui, alors qu’elle était d’abord présentée comme une jeune femme de 17 ans. Puis Nicolas Hulot indiquera avoir été entendu, à sa demande, par les gendarmes en charge de l’affaire en 2008 et que celle-ci avait été classée sans suite. « Elle a été classée sans suite parce que non seulement l’affaire avait été prescrite », a-t-il indiqué, mais parce que « les enquêteurs ont considéré que rien ne permettait de poursuivre ». « C’est vrai qu’il y a eu cette plainte mais la justice est passée, il faut en tenir compte », concluait-il.

Nicolas Hulot a refusé de répondre à Envoyé Spécial

Dans une interview accordée au Point jeudi 25 novembre, avant même la diffusion d’Envoyé Spécial, l’avocat de Nicolas Hulot Me Alain Jakubowicz a dénoncé avec véhémence la proposition d’Elise Lucet, présentatrice de l’émission, de faire réagir son client à l’enquête. Ce que Nicolas Hulot a refusé. « Nous avons demandé à Élise Lucet et aux auteurs du reportage – que personne n’a vu – de nous en fournir une copie afin que nous puissions le visionner et préparer nos réponses. Mme Lucet s’y est refusée, se contentant de nous donner à voir quelques bribes de l’émission, sélectionnées par elle. Élise Lucet nous dit « venez, regardez et défendez-vous », comme si nous étions convoqués par la PJ ou devant un procureur », a-t-il déploré.

Pour Me Jakubowicz, « dans le procès judiciaire, qui est le seul qui vaille, le mis en cause est informé des faits qui lui sont reprochés avant de devoir s’en expliquer ; il connaît l’identité des plaignantes qui le mettent en cause avant d’être confronté à elles ; il bénéficie d’un avocat et dispose du dossier. On aimerait au moins savoir qui sont les personnes qui accusent Nicolas Hulot, et de quoi, c’est le minimum. Eh bien, non, Mme Lucet s’y refuse ! Elle invoque le ‘secret des sources’, mais ça n’a rien à voir ! On ne parle pas ici de ‘sources’, mais d’accusations, et elles sont extrêmement graves », se désole-t-il. Fustigeant une « Star Ac en beaucoup plus glauque », l’avocat a rappelé dans l’hebdomadaire qu’il n’y avait « aucune enquête en cours sur ces faits ».

La vidéo de Nicolas Hulot sur BFMTV

Lors de son passage du BFMTV, mercredi 24 novembre, Nicolas Hulot s’est pour sa part défendu de toute agression sexuelle.  »Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé l’ancien animateur et homme politique. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il martelé, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».  »Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, pour les protéger des salissures (…) Je quitte définitivement la vie publique parce que je suis écœuré », a par ailleurs déclaré l’ancien ministre, ajoutant : « Pourquoi pérenniser une notoriété qui me fait subir ce qu’un homme peut subir de pire ? ».

Nicolas Hulot a aussi décidé d’employer des arguments choc pour sa défense : « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte ». Des propos qui ont provoqué une réaction de la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno.  »Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ? », s’est-elle indignée sur Twitter.

Nicolas Hulot (@N_Hulot): « Je quitte définitivement la vie publique » pic.twitter.com/oQSzEeUjo3

— BFMTV (@BFMTV) November 24, 2021

Des rumeurs dès 2018

Les premières rumeurs sur le comportement de Nicolas Hulot avec les femmes ont émergé alors que ce dernier était toujours ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Macron. En février 2018, l’ancien animateur TV, connu pour son engagement en faveur de l’écologie, avait fait l’objet d’un article dans le magazine l’Ebdo, disparu depuis, qui faisait état d’une plainte pour viol déposée en 2018 à son encontre. C’est à cette occasion que le nom de Pascale Mitterrand avait une première fois été mentionné.

L’affaire de 2018 concernait des accusations de harcèlement présumé subi par une ancienne collaboratrice de la Fondation Hulot. Au micro de BFMTV déjà, le 8 février 2018, Nicolas Hulot avait nié purement et simplement avoir fait l’objet d’une quelconque plainte. « La réponse est non, et je le dis avec d’autant plus de force que la personne en question, qui est parfaitement identifiée, avec laquelle je suis en contact, vous dira la même chose », avait-il martelé face à Jean-Jacques Bourdin.

Et quand son intervieweur avait évoqué un « accord de confidentialité », voire une « transaction financière », pour acheter le silence de la plaignante, Nicolas Hulot s’était insurgé, demandant à ce qu’on lui amène le « chèque » comme preuve. L’ancienne collaboratrice de Nicolas Hulot aurait par la suite été salariée à l’Assemblée nationale, ce qui alimentera les théories d’un échange de bons procédés pour étouffer l’affaire.

Biographie de Nicolas Hulot

Fervent défenseur de l’écologie, Nicolas Hulot est né le 30 avril 1955 à Lille. Dès son enfance, il aime déjà beaucoup les voyages et la photographie. Après quelques petits boulots, Nicolas Hulot réalise ses premiers photoreportages à l’agence SIPA, un premier travail qui lui permet de faire le tour du monde. De par son métier, le photographe s’intéresse tout naturellement à l’univers des médias. L’écologiste démarre ainsi une carrière de journaliste sur les ondes de France Inter. Il fait ensuite ses premiers pas sur le petit écran, en 1980, dans une émission pour enfants, intitulée « Les visiteurs du mercredi ».

En 1987, Nicolas Hulot lance sur TF1  »Ushuaïa, le magazine de l’extrême », une émission qui va devenir un véritable succès et le propulser au sommet. De ce programme découleront une nouvelle chaîne, ainsi qu’un mensuel en kiosque. En parallèle à son émission sur la nature devenue culte, Nicolas Hulot présente en 1996  »Opération Ovakango » sur la même chaîne. A côté de sa carrière d’animateur, le journaliste publie plusieurs livres axés sur la nature, l’écologie, à l’instar de « Graines de possibles » ou « Le syndrome du Titanic ».

La Fondation Nicolas Hulot et le « Pacte écologique »

Ancien membre d’Europe Écologie-Les Verts, Nicolas Hulot va devenir un fervent défenseur de la protection de l’environnement et contribuera par sa notoriété à sensibiliser le grand public sur les questions écologiques. En 1990, Nicolas Hulot crée la « Fondation Ushuaïa » qui devient, en janvier 1995, la « Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme » puis en 2011, la « Fondation pour la nature et l’homme ».

Nicolas Hulot songera à se présenter à l’élection présidentielle de 2007 afin que les questions relatives à la protection de l’environnement soient véritablement prises en compte. Il se retirera finalement après la signature du Pacte écologique par un grand nombre de candidats des différents partis, dont Nicolas Sarkozy qui organisera le Grenelle de l’Environnement peu après son élection. En avril 2011, Nicolas Hulot se déclare néanmoins candidat à la présidentielle de 2012 et dans cette démarche s’inscrit à la primaire écologiste en 2011. Il sera battu par Eva Joly qui atteindra 49,75 % des voix.

Un ministre du gouvernement Macron

En 2015, Nicolas Hulot devient « envoyé spécial pour la protection de la planète » ce qui inclus la préparation de la 21ème conférence sur le climat (COP21). Dans ce cadre, il lance le « Sommet des Consciences ». La conférence rassemble une quarantaine de personnalités du monde entier afin de répondre à la question « The climate, why do I care ? » soit « Le climat, pourquoi je m’en soucie ? » En janvier 2016, il quitte son poste d’envoyé spécial.

A plusieurs reprises, Nicolas Hulot a refusé d’être ministre de l’Ecologie, pourtant proposé par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Pour Emmanuel Macron, en revanche, il prendra le portefeuille de la Transition écologique et solidaire en 2017. Un poste qu’il quittera en août 2018, quelques mois après la révélation d’une première affaire d’agression sexuelle présumée, classée sans suite.

Qui est Florence Lasserre, la femme de Nicolas Hulot ?

Côté vie privée, Nicolas Hulot est marié depuis 2002 à Florence Lasserre, la mère de deux de ses trois enfants, Nelson et Titouan. C’est en janvier 1996 que l’animateur d’Ushuaïa rencontre, à Chamonix, cette férue de ski ayant vécu trente ans au pied du Mont Blanc. Il vient alors tout juste de se séparer d’Isabelle Patissier, double championne du monde d’escalade, avec laquelle son mariage capotera entre 1993 et 1996. Auparavant, il avait vécu avec Dominique Cantien, directrice des variétés à TF1 de 1986 à 1992. Une histoire qui se terminera « de manière explosive » raconte aussi sa biographie. Après avoir vécu en Corse, le couple qu’il forme toujours avec Florence Lasserre s’est installé à Saint-Lunaire, en Bretagne, où cette dernière sera adjointe au maire.

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/info-franceinfo-affaire-ppda-florence-porcel-a-depose-une-nouvelle-plainte-pour-viol-avec-constitution-de-partie-civile_4858861.html

Affaire PPDA : Florence Porcel a déposé une nouvelle plainte pour « viol » avec constitution de partie civile

 

Cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction.

Article rédigé par

Nicolas Hulot, Patrick Poivre d'Arvor... un syndrome TF1 ? dans Calomnie catherine-fournier-661a413e
France Télévisions
Publié le 25/11/2021 18:01 Mis à jour le 25/11/2021 18:43
Temps de lecture : 1 min.
Florence Porcel à Paris, le 25 février 2021. (MAXPPP)
Florence Porcel à Paris, le 25 février 2021. (MAXPPP)

 

La journaliste Florence Porcel, qui accuse l’ancien présentateur du « 20 heures » de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, d’un viol en 2009, vient de se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction, a appris franceinfo auprès du parquet de Nanterre jeudi 25 novembre.

Sa première plainte avait été classée sans suite, en raison d’une « insuffisance de preuves », selon le parquet de Nanterre. Cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, sous réserve du versement de la consignation (somme destinée à couvrir l’amende encourue en cas de fausse dénonciation).

Le juge d’instruction dernier ne pourra être saisi que sur ces faits de viol – les seuls à être non prescrits parmi les accusations portées contre l’ex-présentateur – mais pourra consulter l’intégralité du dossier et entendre les autres femmes, malgré la prescription. Huit femmes avaient déposé des plaintes pour « viols », « agressions sexuelles », « tentatives d’agression sexuelle » ou « harcèlement sexuel » contre Patrick Poivre d’Arvor. Sept ont accepté de témoigner publiquement auprès de Libération début novembre. Sollicités, les avocats de Florence Porcel n’ont pas donné suite.

 

https://www.franceinter.fr/societe/les-huit-accusatrices-de-ppda-qui-temoignent-dans-libe-lancent-une-association-pour-liberer-la-parole

Les huit femmes qui accusent PPDA dans Libé lancent une association pour libérer la parole

 

par la rédaction numérique de France Inter, Thibault Lefèvre mis à jour le 10 novembre 2021 à 12h35 | publié le 9 novembre 2021 à 13h00
 

INFO FRANCE INTER – Ces femmes lancent l’association #MeTooMedias dans l’espoir de déclencher un mouvement #MeToo dans le monde médiatique au-delà du cas de l’ancienne vedette de TF1 Patrick Poivre d’Arvor.

 

La Une de Libération sur les témoignages à visage découvert des accusatrices de PPDA
La Une de Libération sur les témoignages à visage découvert des accusatrices de PPDA © Radio France / France Inter

 

Les huit femmes, dont sept à visage découvert, qui accusent l’ex-présentateur star de TF1 Patrick Poivre d’Arvor de viols, d’agressions ou de harcèlement sexuel dans Libération mardi ont constitué une association pour libérer la parole dans le monde des médias. L’association, qui s’appelle #MeTooMedias, vise à relayer le combat « des femmes et des hommes qui souffrent silencieusement dans ce milieu médiatique », explique à France Inter Emmanuelle Dancourt, l’une des accusatrices. Les statuts de l’association ont été déposé mercredi matin. Cette dernière en est la présidente, Hélène Devynck en est la vice-présidente. Elles seront en tête de cortège du défilé #NousToutes, le samedi 20 novembre.

Sept femmes ont témoigné à visage découvert dans Libération. Une huitième garde elle l’anonymat. Elles répondent ainsi à la ligne de défense choisie par PPDA dans l’émission « Quotidien » en mars 2021, quand l’ancienne figure de TF1 mettait en doute la sincérité et le courage de ses accusatrices :  »Uniquement de l’anonymat, toujours de l’anonymat. Jamais une personne qui ose venir, les yeux dans les yeux, me dire :Non, ce n’était pas bien.

On a décidé de créer #MeTooMedias, pas uniquement à propos de PPDA, mais pour toutes les femmes et les hommes qui souffrent silencieusement dans ce milieu médiatique.

« Offrir une ombrelle à toutes celles qui ont besoin de cette sororité »

« Ça a été une prise de conscience supplémentaire », estime avec le recul Emmanuelle Dancourt, journaliste de télévision et chroniqueuse sur RMC. Avec les autres femmes concernées par cette affaire, elle a décidé de monter une association pour libérer la parole dans les médias : « On ne se connaissait absolument pas. Mais quand vous portez plainte, vous avez le droit d’avoir accès au dossier. Donc on a bien vu nos noms aux unes et aux autres, puis on s’est retrouvé sur les réseaux sociaux. »

Cela ne s’arrêtera pas à un mouvement de témoignages sur les réseaux sociaux explique Emmanuelle Dancourt : « On veut monter une association et offrir une ombrelle à toutes celles qui ne veulent pas sortir de l’anonymat, mais qui ont besoin de cette sororité. » L’organigramme de leur association n’est pas encore définitif, tout n’est pas encore validé, mais les fondatrices du #MeTooMedias veulent lancer très prochainement leur mouvement sur les réseaux sociaux.

« Devant le courage hallucinant de Florence Porcel, on ne pouvait pas la laisser seule », confie Emmanuelle Dancourt à propos de l’écrivaine qui a porté plainte la première contre Patrick Poivre d’Arvor. Une première plainte classée sans suite par le parquet de Nanterre en juin dernier pour « prescription » ou  »insuffisance de preuves ». L’autrice Florence Porcel a toutefois déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile après ce classement sans suite, ouvrant ainsi une information judiciaire confiée à un magistrat indépendant.

Florence Porcel, écrivaine, accuse Patrick Poivre d'Arvor de viols

L’écrivaine Florence Porcel accuse PPDA de viols : « Il a volé ma vie sentimentale, je ne veux pas d’impunité »

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Nicolas Hulot, ex-star de TF1, a déjà eu son affaire publique de viol…

Il était aussi question d’une affaire de harcèlement…

Curieusement, la plainte déposée contre lui par Pascale Miterrand remonte à l’année 2008, au mois de juillet, le 16.

PPDA  a présenté son dernier JT de 20 heures sur TF1 le 10 juillet 2008, son éviction de la chaîne avait été annoncée le 8 juin et confirmée dès le lendemain.

Combien de points pour la petite-fille d’un ancien président de la République ?

 

https://www.lexpress.fr/actualite/societe/fait-divers/que-sait-on-des-accusations-qui-ont-plonge-nicolas-hulot-dans-la-tourmente_1983375.html

« Rumeurs » de harcèlement, plainte pour viol classée: Hulot dans la tourmente

 

Avant la parution de « rumeurs » le concernant, à paraître vendredi dans Ebdo, le ministre de la Transition écologique a formulé des démentis. L’Express fait le point.

 

"Ça fait mal, quand c'est injuste, quand c'est infondé, car moi, hier, on a fait pleurer mes enfants", s'est défendu, ému, Nicolas Hulot.

« Ça fait mal, quand c’est injuste, quand c’est infondé, car moi, hier, on a fait pleurer mes enfants », s’est défendu, ému, Nicolas Hulot.

REUTERS/Stephane Mahe

Par LEXPRESS.fr
publié le 08/02/2018 à 20:48 , mis à jour à 21:30 

 

L’enquête du magazine Ebdo visant Nicolas Hulot, n’est pas encore publiée, mais elle pousse le ministre de la Transition écologique a s’expliquer, dès ce jeudi, pour limiter les potentiels dégâts qu’elle pourrait lui causer.

LIRE AUSSI >> Devancer pour mieux contrer… La stratégie de Hulot face aux accusations

Dans leur article, nos confrères évoquent des hypothèses de harcèlement sexuel et des accusations de viol à l’encontre du ministre, qui s’est rendu sur le plateau de BFMTV ce jeudi pour démentir les faits qui lui sont imputés. L’Express fait le point sur cette affaire.

Une ancienne collaboratrice harcelée?

Dans son article intitulé « Nicolas Hulot, La parole d’une famille, la conscience d’un homme », Ebdo évoque d’abord des faits supposés de harcèlement sexuel. Cette première affaire concerne une jeune femme de 31 ans, ancienne collaboratrice de Nicolas Hulot, ayant travaillé pour sa fondation. Selon Ebdo, « plusieurs sources » affirment qu’elle aurait été harcelée par son ancien dirigeant. Le magazine évoque également un « accord » en échange du silence. Sauf que, en poste à l’Assemblée nationale en tant que chargée de mission, la jeune femme a démenti de tels faits auprès de LCI et du Point. Par ailleurs, aucune plainte n’a été déposée.

Ce jeudi, dans un communiqué, la Fondation pour la Nature et l’Homme (FNH) créée par Nicolas Hulot affirme qu’elle n’a eu connaissance « d’aucun agissement répréhensible ou conduite inappropriée » de la part de son ancien président, et ce, en 25 ans de collaboration. Mais c’est une autre affaire, pour des faits présumés de viol, qui a précipité l’intervention de Nicolas Hulot sur BFMTV.

Une plainte pour « viol » en 2008, classée sans suite

La deuxième affaire évoquée par Ebdo revient sur l’histoire d’une jeune femme issue d’une « famille au nom prestigieux », qui « aurait été abusée » par le ministre. Les faits remonteraient à l’été 1997, et se seraient déroulés en l’absence de témoins. A l’époque, elle avait 20 ans, lui 42.

Auprès du magazine, cette femme, très laconique sur le sujet, assure avoir été conviée par l’actuel ministre dans sa maison, alors qu’il était présentateur de l’émission Ushuaïa, pour des raisons professionnelles. Si elle n’entre pas dans les détails, son père, également contacté par Ebdo, les résume: « Ma fille n’a jamais utilisé le mot « viol » devant moi. Elle a toujours préféré parler d’acte sous contrainte ».

Elle portera plainte 11 ans plus tard, alors que les faits supposés de viol sont prescrits par la loi au bout de 10 ans. Si Ebdo ne révèle pas les motifs de cette procédure, le parquet de Saint-Malo a confirmé, en fin de journée, une plainte pour « viol » en 2008, classée sans suite. La procureure évoque des faits qui se sont déroulés « entre le 9 et le 11 juin 1997″.

Nicolas Hulot avait été interrogé par les gendarmes bretons en août 2008, puis le parquet de Saint-Malo avait classé la plainte trois mois plus tard, en raison de la prescription des faits. Ce n’est pas la première fois que l’histoire est évoquée. Dans sa biographie autorisée du ministre, Saint Nicolas, la journaliste d’Europe 1 Bérengère Bonte relate le cas « d’une fille de ministre courtisée à la limite du harcèlement », sans plus de détails.

« Ça fait mal »: Hulot, ému, se défend

« Ça fait mal, quand c’est injuste, quand c’est infondé, car moi, hier, on a fait pleurer mes enfants ». Nicolas Hulot était ému, ce jeudi sur le plateau de Jean-Jacques Bourdin, et a tenu à apporter des précisions bien avant que le magazine ne soit publié.

Concernant les rumeurs de harcèlement à l’encontre de la salariée de sa fondation, Nicolas Hulot dément et évoque « une affaire qui n’a pas de fondement ». « La personne en question dira la même chose », assure-t-il. Il nie par ailleurs avoir acheté le silence de cette femme et regrette des « rumeurs ignominieuses ».

Le ministre a aussi nié les accusations de viol qui lui sont imputées, même s’il reconnaît le dépôt d’une plainte le visant, en 2008. « Ces propos sont mensongers et gravement diffamatoires », a-t-il argué, dans les pages de Ebdo, ajoutant que « l’enquête avait permis de constater, après les auditions de la plaignante et de moi-même, l’absence de tout agissement répréhensible ». Il ajoute, concernant le classement de l’affaire judiciaire que « non seulement parce qu’il y avait prescription, mais aussi parce que l’enquête avait permis de constater l’absence de tout agissement répréhensible ».

Une version nuancée par la procureure de Saint-Malo, dans son communiqué: « il est apparu que les deux protagonistes avaient une version contradictoire quant au consentement de la relation sexuelle », écrit la magistrate.

Jeudi matin, Nicolas Hulot a assuré qu’il n’avait pas songé à démissionner. Une hypothèse qu’il n’a toutefois pas écartée au regard de sa famille, qu’il dit durement touchée, et qui guidera à l’avenir ses choix.

Le soutien de Matignon et de l’Élysée

L’Elysée et Matignon font bloc derrière Nicolas Hulot. L’Elysée a annoncé ce jeudi midi qu’il écartait toute démission de son ministre en l’absence d’une mise en examen.

LIRE AUSSI >> Sans mise en examen de Nicolas Hulot, l’Elysée écarte toute démission

« Confiance dans sa sincérité » a de son côté tweeté le secrétaire d’État de Nicolas Hulot, Sébastien Lecornu. Son homologue auprès du ministre des Affaires étrangères, Jean-Baptiste Lemoyne, a, lui, commenté la situation sur LCP: « Il faut savoir garder son calme, regarder les faits avec objectivité. Il ne faut pas que la rumeur remplace la vérité ». Les autres membres du gouvernements ont, quant à eux, préféré la discrétion.

 

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/nicolas-hulot-accuse-de-viol-pourquoi-il-a-retire-sa-plainte-pour-diffamation_454652

Nicolas Hulot accusé de viol : pourquoi il a retiré sa plainte pour diffamation

 

Mathieu Lecerf | sam. 12 septembre 2020 à 00h13 – Mis à jour le sam. 12 septembre 2020 à 12h13

 

Il y a quelques années, Nicolas Hulot avait été accusé de viol par la petite-fille de François Mitterrand. Après avoir porté plainte pour diffamation, l’ancien ministre de l’Ecologie l’avait retirée. Dans les pages de Paris Match, il explique aujourd’hui pourquoi.

 

Après avoir été nommé ministre de l’Ecologie d’Emmanuel Macron, Nicolas Hulot a vécu une période difficile : une affaire datant de 2008 a refait surface et ne l’a pas épargné. Accusé de viol par Pascale Mitterrand (la petite-fille de François Mitterrand, pour une agression qui se serait produite vingt ans plus tôt) en 2008, l’ancien animateur d’Ushuaïa avait vu le journal L’Ebdo ressortir l’affaire, ce qui l’avait poussé à porter plainte pour diffamation, avant de la retirer. Dans les pages de Paris Match, actuellement en kiosque, il explique aujourd’hui pourquoi il ne l’a pas maintenue.

Quand l’hebdomadaire l’interroge sur le sujet, Nicolas Hulot lâche d’abord avec sincérité : « C’est un moment trop douloureux pour ma famille et moi. Je ne veux plus en parler. » Et c’est justement pour ne pas à avoir affronter plus de douleur, que l’ancien ministre de l’Ecologie confie ensuite : « J’ai retiré ma plainte pour éviter une procédure longue et vite tourner la page. »

« Je ne crains plus rien »

Puis, il dresse un bilan de cette période noire, car s’il a toujours démenti coûte que coûte ces accusations, elles ont laissé des traces à Nicolas Hulot et ses proches : « Après ce que j’ai traversé, je ne crains plus rien », lâche l’ancien animateur. « Ce n’est pas qu’on a fouillé dans ma vie, c’est qu’on a creusé jusqu’à traverser l’hémisphère. Voilà au moins une libération : s’il y avait eu des choses à trouver, on les aurait trouvées. »

 

 

https://www.ladepeche.fr/article/2018/02/09/2739344-est-pascale-mitterrand-auteure-plainte-contre-nicolas-hulot.html

Qui est Pascale Mitterrand, l’auteure de la plainte contre Nicolas Hulot ?

 

  • Pascale Mitterrand

    Pascale Mitterrand Photo archives MaxPPP
Publié le 09/02/2018 à 20:10 , mis à jour le 10/02/2018 à 09:22

 

On ne la connaissait pas, ou peu, et pour cause. Pascale Mitterrand, l’auteure de la plainte pour viol déposée contre Nicolas Hulot en juillet 2008, n’a jamais recherché la lumière ou la célébrité qu’aurait pu lui procurer son nom. Agée de 40 ans aujourd’hui, Pascale Mitterrand est la fille aînée de Gilbert Mitterrand, le plus jeune fils de l’ex-président de la République. Elle est la sœur de Justine et Guillaume Mitterrand, qui sont à peu près aussi discrets qu’elle. Pascale Mitterrand vit aujourd’hui à l’étranger avec sa famille et ses enfants.

Photographe professionnelle

Elle s’est intéressée très jeune à la photographie dont elle a fait son métier, et obtenu son Bac professionnel de photographie au lycée d’Orthez, dans les Pyrénées-Atlantiques.

Jeune diplômée, elle commencera sa carrière à l’agence Sipa à Paris où, du fait de son nom et du milieu dont elle est issue, elle est affectée au secteur politique et faits divers. C’est à cette époque à la fin des années « 90 », qu’elle aurait fait la rencontre de Nicolas Hulot.

En 2000, elle quittera l’agence pour réaliser un reportage photographique au long cours en Inde sur les Intouchables pour la fondation France Libertés créée par sa grand-mère, Danielle Mitterrand.

Aujourd’hui, elle partage sa vie professionnelle entre reportages, portraits et expositions, seules occasions de voir Pascale Mitterrand en public.

LIONEL LAPARADE

 

 

 

https://fr.wikipedia.org/wiki/Nicolas_Hulot

  1. « Ecologie : quel bilan pour Nicolas Hulot ? », leparisien.fr,‎ 2018-05-16cest16:33:44+02:00 (lire en ligne [archive], consulté le 14 juillet 2018).

Voir aussi

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Bibliographie

Articles connexes

Liens externes

:

Encyclopædia Universalis [archive]

       •

Munzinger Archiv [archive]

 

Coronavirus : l’extrême-gauche française a bien voulu la pandémie

Le 23 mars dernier, j’ai un peu douché mes adversaires, surtout le malade mental Jean-Marc Donnadieu qui depuis maintenant une dizaine d’années me présente partout mensongèrement comme un cas psychiatrique extrêmement grave qui n’aurait jamais été ni ingénieur ni informaticien et ne saurait même pas écrire, en publiant une série de documents attestant au contraire, comme je l’ai toujours dit, que j’avais bien des notes exceptionnelles en français à l’école – en fait, toujours les meilleures, et dans l’enseignement supérieur comme jusqu’au Bac, obtenu en section C avec mention – ici :

http://petitcoucou.unblog.fr/2020/03/23/je-ne-sais-pas-ecrire-parait-il/

Par la même occasion, j’ai publié un de mes devoirs de français de la classe de 3ème montrant que j’avais alors imaginé une situation de confinement provoquée par une catastrophe environnementale, un peu comme ce que nous vivons aujourd’hui, l’apparition de nouveaux virus comme Covid-19 pouvant résulter d’une destruction d’écosystèmes naturels (voir ci-dessous).

En même temps, ceux qui ne le savaient pas encore ont pu découvrir qu’à 14 ans dans les années 1970, j’étais donc, entre autres choses, un genre de Greta Thunberg, mais sans les troubles, et sans les parents célèbres favorisant l’accès aux médias.

A cette époque, ce n’était évidemment pas très commun.

Cependant, cela ne m’avait pas pris d’un coup du jour au lendemain, mes parents faisant déjà localement depuis le début des années 1970 un gros travail de sensibilisation à l’écologie – et à bien d’autres sujets de leurs préoccupations qui par la suite seront tous repris à leur compte par divers collectifs de l’extrême-gauche, non pas pour les porter, mais au contraire pour tout étouffer.

Afin d’éviter de me faire encore traiter de folle délirante par la criminelle Josette Brenterch du NPA de Brest et tous ses complices harceleurs haineux, je vous ai collé ci-dessous un texte retraçant toute l’histoire de l’extrême-gauche française et de l’écologie dans les années 1970, attestant que ma mémoire ne me fait toujours pas défaut : dès cette époque nous étions bien perçus comme de dangereux activistes et concurrents à abattre par tous les moyens et ils furent bien tous employés pour nous détruire.

 

https://www.courrierinternational.com/article/coronavirus-la-destruction-des-ecosystemes-par-lhumain-favorise-lemergence-depidemies

Coronavirus.

La destruction des écosystèmes par l’humain favorise l’émergence d’épidémies

 

Publié le 28/03/2020 – 05:58

 

Les scientifiques “chasseurs de virus” alertent depuis plus de dix ans sur l’apparition de nouvelles maladies liées à la déforestation. Paludisme, Ebola, Covid-19…. l’agression humaine aux écosystèmes finit par mettre en péril des vies humaines.

L’apparition de ces étonnants agents pathogènes nouveaux, comme le coronavirus responsable du Covid-19, n’est rien d’autre que le résultat de l’anéantissement des écosystèmes, dont souffrent en particulier les zones tropicales, où ils sont détruits pour faire place à des monocultures intensives industrielles. L’émergence de ces maladies découle aussi de la manipulation et du trafic de la faune et de la flore sylvestres, souvent menacées d’extinction.

 

Il y a une dizaine d’années déjà que les scientifiques étudient les liens entre l’explosion des maladies virales et la déforestation.

Ce n’est pas quand un bulldozer écrase tout sur son passage sur une montagne grouillante de vie que le phénomène est visible : c’est quand apparaissent chez les individus des symptômes étranges et des maux jusque-là inconnus.

De nouveaux foyers d’épidémies

Le constat est établi dans de nombreux pays, de l’Asie du Sud-Est jusqu’à l’Amérique latine, avec des spécificités, des difficultés et des dynamiques propres à chacun. Cependant, il s’agit au fond partout de la même chose : d’une conception extractiviste du monde vivant, qui conduit l’humanité à mettre en péril sa propre existence. Et contre cela, aucune solution hydroalcoolique ne peut rien.

Carlos Zambrana-Torrelio est un chercheur bolivien et le vice-président d’EcoHealth Alliance, une organisation spécialisée dans l’étude des relations entre environnement et pathologies émergentes, dont le siège est à New York. Il sillonne les zones sensibles de la planète et travaille sur leurs relations entre elles, et avec leur écosystème.

Les zoonoses, ces maladies transmissibles de l’animal à l’homme, ont toujours existé partout dans le monde, sans toutefois prendre systématiquement une ampleur internationale – elles sont généralement contenues, ou ne trouvent pas les conditions nécessaires pour se propager.

Ainsi en juin dernier, un nouveau foyer épidémique a été identifié en Bolivie, causé par le virus Chapare [du nom d’une province de la région de Cochabamba, au cœur du pays].

L’amputation des forêts tropicales en cause

Ce dernier avait été identifié pour la première fois en 2003 dans la région de Cochabamba, une zone déboisée au profit de rizières où la récolte se fait, en règle générale, manuellement – les paysans qui en vivent habitent donc à proximité des plantations.

Or voilà que, seize ans plus tard, est arrivé dans des services d’urgence de la région de La Paz [à plus de 300 kilomètres] un homme présentant des symptômes que les médecins n’ont pas identifiés immédiatement. Nul ne sait comment le virus qu’il avait contracté a voyagé depuis les rizières tropicales jusqu’aux altitudes andines.

Carlos Zambrana-Torrelio travaille en Afrique, en particulier au Liberia et en Sierra Leone, où l’épidémie d’Ebola a surpris tout le monde par sa virulence.

Là-bas aussi, c’est la fragmentation de la forêt tropicale qui fut la première cause de la maladie : le déboisement a en effet poussé plusieurs espèces de chauves-souris à se rassembler, en groupes serrés, sur les rares arbres encore sur pied. Cette réunion d’espèces différentes, qui dans l’environnement habituel n’interagissent pas, a fait office de bouillon de culture [les chauves-souris sont soupçonnées d’être l’un des réservoirs du virus Ebola].

 

Carlos Zambrana-Torrelio insiste :

Tout commence par la déforestation. À Bornéo, la fragmentation du couvert forestier est en train de provoquer une recrudescence du paludisme. L’explication ? Dans des espaces ouverts, il y a de plus grands trous dans lesquels s’accumule l’eau où se reproduisent les moustiques. Ceux-ci vont transmettre le parasite [donnant la malaria] aux hommes qui, à proximité, exploitent les palmiers à huile.”

Si les maladies zoonotiques ne sont donc pas nouvelles, elles sont manifestement en augmentation. David Quammen en étudie les raisons dans son ouvrage Spillover : Animal Infections and the Next Human Pandemic [“Tache d’huile : les infections chez l’animal et la pandémie humaine à venir”, non traduit].

Le scénario de la vengeance

Une humanité innombrable, cohabitant avec des bétails extrêmement nombreux, ajoutée à la destruction des habitats naturels et à des écosystèmes bouleversés : selon lui, tous les ingrédients sont réunis pour un scénario façon vengeance de dame Nature.

Dans un reportage de la National Public Radio, aux États-Unis, Quammen précise que nous, les êtres humains, sommes le point commun à toutes les zoonoses :

Nous avons tellement proliféré et nous perturbons tant la planète… Nous rasons les forêts tropicales. Nous dévorons la vie forestière. Quand on entre dans une forêt, il suffit de secouer un arbre pour que tombent les virus – au sens propre comme au sens figuré.”

Les écosystèmes sont des entrelacs complexes, dont nous comprenons partiellement les relations évolutives grâce à de patientes observations scientifiques. Leur destruction au nom du progrès ou simplement de la cupidité a des côtés obscurs que nous finissons par subir dans notre chair.

Des virus en évolution

Quand, par exemple, Jair Bolsonaro s’enorgueillit de la souveraineté brésilienne sur les cendres de l’Amazonie, il n’y a plus qu’à attendre que la maladie s’abatte sur cette forêt transformée en zone d’agriculture et d’élevage. En témoigne une étude publiée en 2010 dans la revue scientifique Emerging Infectious Diseases : la destruction de 4 % de la forêt a entraîné une hausse de 50 % des cas de paludisme.

 

Les espèces sauvages ne sont pas malades des virus dont elles sont porteuses, car elles ont évolué avec eux pendant des milliers d’années.

“Tout animal peut être porteur d’une cinquantaine de virus différents. Ça fait partie de la dynamique du système. S’il n’y avait pas d’êtres humains, il n’y aurait pas de transmission”, affirme Carlos Zambrana-Torrelio.

Fidel Baschetto, vétérinaire et professeur à l’université de Córdoba, en Argentine, renchérit : “Les virus qui sont nouveaux pour nous ne le sont pas pour la nature. Il s’agit donc de déterminer si on parle d’une maladie émergente, ou d’une maladie émergente pour l’homme. De nombreux virus ont coévolué avec certaines espèces et ces dernières ne souffrent pas de la maladie. L’agent pathogène sait que quand il pénètre dans un nouvel organisme, il ne doit pas le rendre malade ou du moins il ne doit pas le faire succomber. Car la mort de l’hôte – celui que nous appelons patient – entraîne aussi la mort de l’agent pathogène. Aucun micro-organisme n’a pour objectif la mort de son hôte. Mais avant que ce micro-organisme n’évolue, ce qui peut prendre des milliers d’années, la cohabitation produit la maladie”, ajoute le scientifique argentin.

La désastreuse mutilation de la nature par l’homme

Il ne faut pas en vouloir aux chauves-souris, moustiques, souris ou pangolins. Non, le problème vient de ce que nous faisons à leurs écosystèmes, il est lié au fait que nous les regroupons et les manipulons dans des milieux artificiels.

Telle est la véritable recette du coronavirus, qui sera probablement à l’origine d’une récession mondiale. Autrement dit, mutiler les écosystèmes coûte très cher.

 

La transmission à l’humain du coronavirus s’est produite sur un marché à Wuhan, une ville chinoise, où sont vendues des espèces sauvages braconnées.

Le commerce illégal de ces animaux emprunte les mêmes routes que le trafic de drogues et d’armes, et il pèse des milliards de dollars. Les consommateurs de cette viande vivaient autrefois dans les campagnes et ont migré en ville : aujourd’hui, au lieu de chasser, ils se fournissent sur les marchés pour tenter de retrouver le goût de leur enfance.

Protégeons les écosystèmes : il y va de notre survie

Dans le cas du Sras (syndrome respiratoire aigu sévère), qui a aussi franchi la barrière des espèces dans l’un de ces marchés de produits frais, les excréments des chauves-souris ont notamment permis au virus de faire son chemin au point de devenir une épidémie, qui a touché 8 000 personnes en 2003.

 

Ne croyons pas que ce type de phénomène n’a lieu qu’en Chine, où le gouvernement a interdit la vente de ces produits, déplaçant probablement leur commercialisation vers le marché clandestin.

En Argentine, “nombreux sont ceux qui consomment des espèces sauvages (poissons, amphibiens, reptiles, oiseaux et mammifères) sans savoir si cette habitude risque d’entraîner la transmission de parasites ou d’autres maladies, les conditions d’hygiène dans la consommation d’espèces sauvages restant très aléatoires”, affirme Claudio Bertonatti, conseiller scientifique de la Fondation Félix de Azara. De nouveaux foyers d’infection peuvent donc aussi apparaître de cette façon.

La protection des écosystèmes ne relève pas seulement du prêchi-prêcha écologique, elle concerne notre survie. Si la Terre est malade, alors nous le sommes aussi. “Nous devons arrêter de penser que nous, les êtres humains, sommes un élément indépendant du système, résume Carlos Zambrana-Torrelio. Car nous en déduisons, à tort, que nous pouvons transformer, détruire et modifier l’environnement à notre convenance. Tout changement que nous imposons à la planète aura une répercussion sur notre santé.” Nous sommes tous dans le même bateau. Notre destinée est commune, avec ou sans masque.

Marina Aizen
Source

Anfibia

Buenos Aires

 

 

https://www.cairn.info/revue-vingtieme-siecle-revue-d-histoire-2012-1-page-191.htm

Coronavirus : l'extrême-gauche française a bien voulu la pandémie dans AC ! Brest VIN_113_L204

2012/1

1C’est à travers la nébuleuse des organisations d’extrême gauche postérieure à Mai 68 que nous entraîne Philippe Buton. À la recherche des relations nouées aussi bien avec les questions d’environnement qu’avec l’écologie politique proprement dite, il décrit un moment charnière dans l’histoire de l’extrême gauche, que les questions environnementales expriment aussi à leur manière.

2Aujourd’hui, les réactions des organisations françaises d’extrême gauche à l’accident de la centrale nucléaire de Fukushima témoignent de leur posture clairement écologiste. Pour tous ces groupes anticapitalistes, les impératifs de la sécurité ont été sacrifiés sur l’autel du profit et la société qu’ils appellent de leurs vœux devra impérativement concilier la libération du travail et la protection de la nature : « En se débarrassant d’une organisation économique dont le profit est le seul moteur, l’humanité pourrait faire enfin des choix conscients y compris en matière d’énergie », écrit Arlette Laguiller dans un récent éditorial [1][1]Lutte ouvrière, 14 mars 2011. Voir également le titre de une du….

3Mais cette posture écologiste de l’extrême gauche française ne fut pas innée, bien au contraire. Dans les années 1960, l’extrême gauche française s’était révélée totalement hermétique aux préoccupations écologistes et les événements de Mai 68 n’avaient signifié, sur ce point, aucune rupture [2][2]L’histoire de cette décennie est traitée dans Philippe Buton,…. Dans les années postérieures aux événements de Mai, la préoccupation écologiste s’insinue difficilement dans ces groupes révolutionnaires. Pourtant, amorcée à l’occasion de la première marée noire qui a touché les côtes françaises (le naufrage du Torrey Canyon en mars 1967), favorisée par la création d’un ministère de l’Environnement en janvier 1971, impulsée surtout par la naissance d’un mouvement écologiste indépendant (de la première manifestation antipollution, à vélo, en avril 1972 jusqu’à la candidature René Dumont en mai 1974), la préoccupation écologiste s’affirme progressivement dans la société française. Or, du moins à première vue, l’extrême gauche n’apparaît pas comme l’élément moteur, ni même essentiel, de cette prise de conscience.

4Nous nous proposons d’étudier cette laborieuse prise en compte de la question environnementale par cette mouvance dans la décennie qui a suivi Mai 68. Pour ce faire, nous privilégierons comme sources les multiples organes de presse édités pendant ces années. Car tous ces groupes partagent, consciemment ou non, l’analyse de Lénine selon laquelle un journal est « un organisateur collectif » et, pour toutes ces organisations, la publication de leur journal demeure l’activité essentielle.

5Dans cette nébuleuse de groupes et de journaux, nous rencontrons en premier lieu ceux dont les héritiers dominent aujourd’hui la scène révolutionnaire. En effet, les trois principales organisations révolutionnaires actuelles, toutes trois de sensibilité trotskyste, ont leurs ancêtres directs dans des groupes actifs pendant ces années post-68 : le Nouveau Parti anticapitaliste plonge ses racines dans la Ligue communiste, le parti ouvrier indépendant (POI) a les siennes dans l’Organisation communiste internationaliste et l’Union communiste demeure identifiée, comme à l’époque, par le nom de son hebdomadaire, Lutte ouvrière. Aux trois journaux édités par ces organisations (respectivement Rouge, Informations ouvrières et Lutte ouvrière), nous avons ajouté L’Internationale, l’organe de l’Alliance marxiste révolutionnaire (AMR, le courant trotskyste dit pabliste [3][3]Du nom de son principal dirigeant, le militant grec Michel…), ainsi que Révolution !, la publication d’une organisation issue de la Ligue communiste (LC) en 1971 et mâtinant son trotskysme originel d’épisodiques références maoïstes. La deuxième famille que nous rencontrons est celle des anarchistes. Le principal groupe est à l’époque, comme aujourd’hui, la Fédération anarchiste, dont le journal s’intitulait déjà Le Monde libertaire. En revanche, les autres groupes importants des années 1970 (l’Organisation révolutionnaire anarchiste et son organe Front libertaire des luttes de classes, l’Organisation communiste libertaire et son journal Guerre de classes, l’Union des travailleurs communistes libertaires et sa publication Tout le pouvoir aux travailleurs) ont disparu. Outre ces cinq organes trotskystes et ces quatre organes anarchistes, ont été retenues les publications éditées par la famille militante maoïste, aujourd’hui disparue [4][4]Pour être exact, il convient de préciser que quelques groupes…. Nous avons conservé les huit principales publications de ce courant : J’accuse, La Cause du peuple, Drapeau rouge, Front rouge, L’Humanité rouge, Le Marxiste-Léniniste, Prolétaire Ligne rouge et Tout. Enfin, nous avons choisi d’incorporer dans notre corpus l’hebdomadaire Tribune socialiste, édité par le parti socialiste unifié (PSU). En effet, bien qu’issue de la social-démocratie en 1960, cette organisation a enregistré au lendemain de Mai un processus de radicalisation qui autorise son classement dans la nébuleuse d’extrême gauche soixante-huitarde.

6En définitive, l’étude des rapports entre l’écologie et l’extrême gauche française nous permettra d’éclairer plus précisément la nature de cette force politique. Aussi, après avoir présenté la typologie des postures des groupes d’extrême gauche à l’égard de l’écologie, nous proposerons quelques clés d’interprétation de cette différenciation. Car l’extrême gauche française est loin d’être homogène. Et, vis-à-vis de l’écologie, trois positionnements apparaissent : les pionniers, les suivistes et les réfractaires.

Les pionniers de la conversion écologiste

7Les pionniers se sont précocement ouverts à la préoccupation écologiste. Ils ne renvoient pas la question à la solution magique de l’eschatologie révolutionnaire, mais souhaitent obtenir des résultats immédiats. Le parti socialiste unifié symbolise cette première posture. Initiateur de la revendication écologiste en France, l’ayant soutenue dès avant 1968, il maintient sa tradition d’ouverture novatrice. Tribune socialiste est ainsi un des rares journaux à réagir à la création d’un ministère de l’Environnement en 1971 et à soutenir sans réserves la manifestation parisienne antipollution à vélo de 1972 [5][5]Respectivement Tribune socialiste, 480, 14 janvier 1971, et….

8Parmi les pionniers, on compte aussi une partie des maoïstes. Tous les maoïstes ont comme point commun de soutenir la Chine de Mao, d’où leur nom. Mais les années post-68 voient l’émergence de deux sensibilités en leur sein. D’une part, les groupes qui s’autodésignent « marxistes-léninistes » et que de nombreux observateurs préfèrent appeler « mao-staliniens », parce qu’ils insistent sur leur fidélité envers l’ancien dirigeant soviétique. Cette sensibilité se veut l’héritière du parti communiste français (PCF) de la période stalinienne et elle privilégie le rôle du parti dans le processus révolutionnaire. Mais un second courant est apparu, souvent appelé « mao-spontanéiste ». Lui insiste sur la différence que représenterait Mao comparé à Lénine et Staline. À la place du parti, ces maoïstes valorisent le peuple et sa spontanéité révolutionnaire. Ce second courant est représenté dans notre corpus par les journaux Tout, publié par Vive la Révolution, J’accuse et La Cause du peuple édités par la Gauche prolétarienne. Or, quêtant la nouveauté issue du peuple, ces deux organisations s’éloignent progressivement de leur néoléninisme initial, multiplient les expériences hétérodoxes et, dans les deux cas peu de temps avant leur autodissolution (1971 pour Vive la Révolution, 1973 pour la Gauche prolétarienne), elles découvrent la thématique écologiste. Ainsi, comme Tribune socialiste, Tout commente la création en France d’un ministère de l’Environnement, grâce à un article au titre provocateur, « Un ministère de la merde », illustré par une photographie à l’avenant (deux amoureux portant des masques à gaz devant la tour Eiffel), toutes choses qui témoignent de la préoccupation précoce de cette organisation maoïste envers l’environnement [6][6]Tout, 8, 1er février 1971. Voir également « Le capital….

9Avec un temps de retard et un ton au-dessous, la Gauche prolétarienne franchit également le pas. Le premier article écologiste est publié dès février 1971, dans J’accuse[7][7]« Lyon : l’industrialisation sauvage », J’accuse, 2, 15…, mais sans postérité. Un an plus tard, La Cause du peuple intervient sur des thèmes écologistes, tels le logement ou l’urbanisme, et elle soutient la première manifestation à vélo contre la pollution [8][8]Respectivement « Résolvons la crise du logement ! », La Cause…. Encore un an et, à l’occasion du rassemblement du Larzac de 1973, elle inclut les défenseurs de la nature dans le front du combat populaire ainsi constitué, contrairement à l’année précédente [9][9]La Cause du peuple – J’accuse, 48, 13 septembre 1973.. Pour autant, ni article de fond, ni réflexion globale ne furent élaborés par la Gauche prolétarienne sur la question écologiste.

10Tel n’est pas le cas du dernier groupe pionnier, celui d’un faible courant trotskyste, les pablistes, alors regroupés dans l’Alliance marxiste révolutionnaire, dont le journal publie, dès mars 1971, un article de fond sur la pollution, en précisant, en avril 1972, que « la lutte contre la pollution n’est pas une diversion capitaliste [10][10]Respectivement « L’environnement, un vrai problème mais pas de… ».

11Toutefois, cette position pionnière est très minoritaire au sein de la mouvance d’extrême gauche. Plus fournie apparaît la deuxième catégorie, celle des suivistes.

Pour les trotskystes : deux pas en avant, un pas en arrière

12Les organisations que nous qualifions de suivistes relèvent épisodiquement l’importance de la pollution, s’inquiètent de la concurrence virtuelle du mouvement écologiste et tentent d’ajouter l’arme environnementale à leur panoplie anticapitaliste. Mais les résultats demeurent bien faibles si on compare leur engagement dans le combat écologiste avec celui observé dans leurs autres secteurs d’intervention (syndicats, étudiants, femmes). L’archétype de cette catégorie est incarné par la principale organisation d’extrême gauche sur l’ensemble de la période, la Ligue communiste. Étant donné son importance, il convient d’approfondir l’analyse.

13Nous avons étudié tous les titres des articles de son journal Rouge du 18 septembre 1968, premier numéro, au 5 mars 1976, dernier numéro de l’hebdomadaire, la Ligue tentant ensuite l’aventure de lancer un quotidien [11][11]Rouge est édité par les anciens dirigeants de la Jeunesse…. L’analyse de ces 359 numéros [12][12]Aux trois cent trente-sept livraisons de l’hebdomadaire, nous… révèle la faible préoccupation écologiste autant que la progressive modification de cette attitude [13][13]La Ligue communiste, puis Ligue communiste révolutionnaire….

14Pendant ces sept années et demi, Rouge n’a publié que treize articles consacrés à l’écologie, soit en moyenne un article tous les vingt-six numéros, donc tous les six mois. Pour autant, il existe une évolution : à l’étape du silence succède celle de l’hésitation.

15La période du silence dure trois ans et demi, de septembre 1968 à mars 1972, et le silence de cette période ne fait que prolonger celui de la presse d’extrême gauche avant 1968. Dans les cent cinquante-quatre premiers numéros, un seul petit article témoigne d’une préoccupation écologiste [14][14]« Fos l’enfer de la pollution », Rouge, 131, 6 novembre 1971.…. La principale raison de ce silence réside dans la certitude de l’imminence révolutionnaire. L’urgence est de préparer l’affrontement décisif et la question écologiste n’apparaît alors ni urgente, ni centrale, ni même importante. Les témoignages d’anciens militants sont dépourvus d’ambiguïté : l’écologie reste soit un dérivatif, soit un leurre réformiste.

16Mais une nouvelle période commence en avril 1972. Désormais, le journal traite, épisodiquement mais régulièrement, des problèmes écologistes : toutes les quinze semaines en moyenne. Ce n’est pas l’engouement, mais ce n’est plus le mépris, et ce relatif revirement s’explique par la naissance d’un mouvement écologiste en dehors de l’extrême gauche organisée. Beaucoup plus à l’affût du nouveau que ses concurrents, Rouge témoigne de l’apparition de ce mouvement social. En avril 1972, le journal couvre la manifestation parisienne à vélo, contre la pollution. Sous un titre particulièrement peu subtil, « Pas de chambres à gaz, des chambres à air », l’article adoube cette manifestation en parlant d’« heureuse initiative » [15][15]« Pas de chambres à gaz, des chambres à air », Rouge, 155, 29…. Début juin 1972, Rouge publie le communiqué des organisateurs de la manifestation, Les Amis de la Terre. Or, celui-ci est très « gauchiste » dans son style : « Un mouvement écologiste révolutionnaire se développe en France [16][16]« Un mouvement écologiste révolutionnaire se développe en… ». Cette double réalité (l’apparition d’un nouveau mouvement social, l’éclosion d’une possible concurrence politique) semble donc à l’origine de l’intérêt de la Ligue pour l’environnement.

17Le 24 juin 1972, l’hebdomadaire trotskyste publie son premier article de fond sur la question écologiste, en évoquant le rapport de Sicco Mansholt dénonçant les risques de la croissance aveugle pour l’humanité. Mais le propos de Rouge dépasse la simple actualité : il remplit deux pages entières du journal, il souligne l’importance politique du fait écologiste pour les révolutionnaires et il est rédigé par le plus important théoricien trotskyste de l’époque, le dirigeant belge de la Quatrième Internationale, Ernest Mandel [17][17]« Écologie et lutte de classes. La bombe Mansholt : la grande…. Le pari de la Ligue est clair. Pour étouffer la concurrence de mouvements sociaux indépendants, elle s’empare de la revendication écologiste. Son objectif est fluctuant : au mieux, prendre la tête du mouvement contestataire, au minimum, impulser un courant écologiste révolutionnaire. D’où l’insistance des dirigeants trotskystes pour introduire un clivage entre réformisme et révolution au sein du mouvement écologiste. En effet, s’il serait dommageable de se priver d’une argumentation anticapitaliste supplémentaire, il ne s’agit pas pour autant de transformer le parti révolutionnaire en un mouvement réformiste. Et les articles de Rouge des années suivantes sont conformes à ce double cahier des charges : la lutte écologiste [18][18]Voir « Pollution. Elbeuf : unité contre le chlore », Rouge,… et la prophylaxie révolutionnaire, en dénonçant aussi bien les solutions prônées par Sicco Mansholt [19][19]« Écologie et lutte de classes… », op. cit. que l’organe de l’écologie réformiste que pourrait être Le Sauvage lancé par l’équipe du Nouvel Observateur en 1973 [20][20]Voir Rouge, 203, 4 mai 1973..

18En janvier 1974, Rouge semble placer l’écologie aux premiers rangs de ses préoccupations, car sa une est entièrement consacrée au débat écologiste [21][21]« Pénurie, chômage, gaspillage… Croissance zéro ? », Rouge,…, et la livraison comprend un dossier de quatre pages dans lequel Daniel Bensaïd réitère les commentaires d’Ernest Mandel sur le rapport Mansholt. En fait, c’est un deuxième faux départ et le rythme d’intervention ne s’infléchira pas par la suite, de même que la tonalité écologiste de la Ligue ne se radicalisera pas. Et les mêmes préventions à l’égard des écologistes organisés ne se démentiront pas non plus, ainsi que l’illustre l’absence de toute réaction aux résultats électoraux de René Dumont en mai 1974, alors même que Rouge est devenu quotidien.

19Un an plus tard, l’hebdomadaire publie, sous le beau titre de « Réinventer l’avenir », une longue interview de Brice Lalonde, des Amis de la Terre, par Jean-Paul Deléage [22][22]« Réinventer l’avenir », Rouge, 297, 25 avril 1975.. De toute évidence, l’article est à usage interne et Jean-Paul Deléage vise avant tout à convaincre ses camarades de la nécessité de se saisir de cette question, comme le suggère la mise en sous-titre d’une phrase de Brice Lalonde : « L’écologie, c’est une donnée de base que doit intégrer le mouvement ouvrier ». Il s’agit d’une période où Jean-Paul Deléage mène une opération de conversion écologiste à l’intérieur de la Ligue. Mais sans beaucoup de succès et, à nouveau, le silence se fait dans les colonnes du journal pendant huit mois.

20Pour aller plus loin dans l’analyse et observer les choses moins visibles, étudions le bulletin intérieur de la Ligue. Sa lecture de 1970 à 1977 [23][23]Les collections consultées, au Centre d’histoire du travail… induit une conclusion sans appel : la question écologiste demeure effectivement marginale dans la vie de l’organisation trotskyste. Pour que cette question soit réellement abordée dans le bulletin intérieur, il faut attendre l’été 1977 [24][24]« Socialisme ou barbarie », Discussions et débats : édité par…. La raison de ce regain d’intérêt pour l’écologie est d’ailleurs simple : comme dans le cas de l’apparition du thème dans la presse, c’est l’essor d’un mouvement écologiste autonome : « Le développement du mouvement écologiste, l’ampleur des manifestations antinucléaires et leur importance politique exigent que la LCR précise ses positions de fond [25][25]Ibid.. »

21Désormais, l’intervention écologiste de la Ligue communiste révolutionnaire se résume par un double postulat, selon que l’on analyse son discours public ou ses pratiques internes. Publiquement, c’est la fin des hésitations, et la Ligue comme ses publications interviennent régulièrement sur les questions environnementales. Ainsi, son programme de 1977 leur réserve une place importante, un des dix chapitres de cet épais livre de 397 pages [26][26]Ligue communiste révolutionnaire, Oui, le socialisme !, Paris,…. Mais, dans le même temps, l’organisation ne suit pas. Tout se passe comme si la Ligue donnait des gages à l’air du temps en publiant épisodiquement des articles à tonalité écologiste, mais qu’en réalité elle méprisait ce type de revendications, trop éloignées de sa culture politique d’origine. Jean-Paul Deléage fut le principal responsable de l’organisation à être sensible à l’écologie politique. Converti à cette dimension par la lutte contre l’amiante à Jussieu où il est alors maître-assistant, il se bat pour que la LCR prenne réellement à cœur le combat écologiste. Publiant des articles sous le pseudonyme de Lesage, il a la sensation de se heurter à un mur de bonnes paroles mais d’incompréhension réelle. La Ligue en est demeurée à son sentiment premier : la revendication écologiste est une revendication juste, que la révolution (qui ne saurait tarder) permettra de satisfaire. En attendant, elle risque de détourner beaucoup d’énergie du combat principal : la conquête de la classe ouvrière. Pendant quelques années, Jean-Paul Deléage multiplie ses efforts pour convaincre ses camarades, y compris par le biais d’une activité fractionnelle interdite par les statuts, en réunissant épisodiquement une quinzaine de militants convaincus de l’urgence écologiste, avant d’être exclu de sa cellule au début de l’année 1980 [27][27]Entretien Jean-Paul Deléage, 2 décembre 2010. La « dissidence…. En définitive, la Ligue n’a pas véritablement changé de politique et son suivisme prudent demeure sa marque de fabrique pendant toute la décennie.

22Un ton au-dessous de sa rivale, Lutte ouvrière développe une attitude proche. Dès l’été 1971, Lutte ouvrière publie des articles sur la pollution, l’urbanisme anarchique, les problèmes de logement [28][28]« Vierzon : les habitants des “Forges” luttent contre la…. Puis ce type d’articles devient régulier et relativement fréquent. Lutte ouvrière est ainsi le premier journal trotskyste à consacrer ses unes à des questions environnementales : en juillet 1971 à l’urbanisme [29][29]« Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs »,…, puis à la pollution provoquée par le nucléaire militaire français [30][30]« Mururoa : pollution pour toute la terre, profits pour…, aux catastrophes écologiques internationales [31][31]« Inondation au Bangladesh, incendies de forêts en France,…, à la gestion du quotidien [32][32]« Au-delà des vacances, se donner le temps et les moyens de… et, enfin, en juillet 1977, à la question du nucléaire civil avec un numéro intitulé « Énergie nucléaire : les capitalistes décident, voilà le vrai danger [33][33]« Énergie nucléaire : les capitalistes décident, voilà le vrai… ».

23Pour autant, si l’organisation trotskyste intègre désormais l’écologie à sa panoplie anticapitaliste, il ne s’agit nullement d’un ralliement à l’écologie politique, comme le montre le premier article de fond, au titre parfaitement explicite : « L’écologie politique : un apolitisme réactionnaire [34][34]« L’écologie politique : un apolitisme réactionnaire », Lutte… ». Mais l’article provoque la réaction de nombreux lecteurs et le journal doit s’en faire l’écho dans ses livraisons ultérieures, de même qu’il augmente le nombre des articles consacrés à la pollution.

24La chronologie de la conversion écologiste de l’organisation trotsko-maoïste Révolution est peu différente puisque, comme pour Lutte ouvrière, le premier article de fond est publié relativement tardivement, à l’été 1974 [35][35]« Écologie : socialisme ou barbarie », Révolution !, 62, 5…. Et cet article témoigne des classiques préventions gauchistes envers l’écologie politique : dénonciation des écologistes réactionnaires, perception de la révolution comme l’unique solution et méfiance envers les luttes concrètes, puisque « dans le cadre de la société bourgeoise, la lutte contre les nuisances, contre la pollution ne peut qu’avoir pour conséquence la stagnation, le chômage, l’accroissement de l’écart entre riches et pauvres [36][36]Ibid. ». Toutefois, l’intervention écologiste de cette organisation sera désormais relativement nette, et nous relevons ainsi dix articles pour la seule année 1975 [37][37]« Polluer sans temps mort… », Révolution !, 82, 14 février….

« Tout État pollue »

25Il peut paraître surprenant de constater que, dans cette catégorie des suivistes, se trouvent également les organisations anarchistes françaises. Certes, en novembre 1969, l’organe mensuel de la Fédération anarchiste, Le Monde libertaire, publie une flamboyante une écologiste, « Tas de cons… ça existe encore les oiseaux [38][38]« Tas de cons… ça existe encore les oiseaux ! », Le Monde… ! » D’autres unes dénoncent l’urbanisme moderne [39][39]« Du lapinisme à la cage à poules », Le Monde libertaire, 159,…, tandis que le premier article de fond sort en mai 1972, sous le titre bien anarchiste : « Tout État pollue [40][40]« Tout État pollue », Le Monde libertaire, 181, mai 1972. ». Mais tout cela reste bien modeste jusqu’en 1974. Ainsi, le congrès de la Fédération anarchiste (FA), en 1973, ne parle pas d’écologie [41][41]Le Monde libertaire, 192, juillet-août 1973., le pas étant franchi au congrès suivant, en 1974 où, pour la première fois, la question de l’environnement apparaît majeure [42][42]Le Monde libertaire, 203, juillet-août 1974.. La FA constitue une « commission écologiste » qui édite en novembre 1974 un numéro du Monde libertaire largement consacré, pour la première fois, à la question écologiste : « L’écologie, une nouvelle bonne conscience. Il est grand temps d’y penser ! » proclame la une [43][43]« L’écologie, une nouvelle bonne conscience : il est grand…. Quant à appeler aux manifestations écologistes, il faut atten-dre 1977 : Le Monde libertaire appelle alors à se rendre à la manifestation contre la construction d’une nouvelle centrale nucléaire à Creys-Malville dans l’Isère, publie plusieurs articles sur ce rassemblement de 1977, alors qu’il avait été silencieux sur celui de 1976 [44][44]Le Monde libertaire, 235, juillet-août 1977 ; Le Monde….

26Cette frilosité des anarchistes à s’emparer de la question écologiste est encore plus évidente du côté des organisations moins traditionnelles que la Fédération anarchiste. Les nouveaux groupes apparus dans les années 1970, voulant dépoussiérer le vieil anarchisme de la Fédération anarchiste, souvent sensibles à une argumentation crypto-marxiste, sont encore plus hermétiques que la maison-mère. Pour lire, dans Front libertaire des luttes de classes, le journal de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA), une dénonciation de la pollution, il faut attendre mars 1973 [45][45]« Le capitalisme continue à nous empoisonner », Front…, et l’été 1974 pour que l’écologie devienne un axe de réflexion du journal. Désormais, des articles sont publiés, relativement régulièrement, sur la question écologiste [46][46]« L’énergétique », Le Monde libertaire, 34, juin-août 1974 ;…, y compris des articles polémiques, tel celui de décembre 1974 dont le titre est explicite (« L’idéologie réactionnaire dans le mouvement écologiste [47][47]« L’idéologie réactionnaire dans le mouvement écologiste », Le… ») et provoque un débat dans les colonnes du journal [48][48]« Courrier écologique », Le Monde libertaire, 38, 24 janvier…. En fait, comme pour les trotskystes, la prise de conscience écologique s’accompagne de la volonté d’introduire un clivage au sein du mouvement écologiste entre révolutionnaires et réformistes.

27Cependant, malgré les indéniables limites de leur conversion écologiste, les organisations de cette deuxième catégorie apparaissent nettement plus ouvertes que celles de l’ultime catégorie que nous avons distinguée, celle des réfractaires.

Les réfractaires ou l’allergie écologiste

28Cette attitude très hostile à l’écologie n’est pas l’apanage d’une quelconque sensibilité et se retrouve aussi bien chez certains anarchistes, que chez des trotskystes ou des maoïstes.

29Regardons ainsi l’Organisation communiste libertaire (OCL) et son périodique Guerre de classes[49][49]Il ne faut pas confondre l’Organisation communiste libertaire…. Pendant toute la durée de son existence, de 1971 jusqu’en 1975, Guerre de classes n’a publié qu’un seul article dénonçant la pollution, un article relié en outre à un topos anarchiste, l’antimilitarisme [50][50]« Les essais nucléaires du Pacifique », Guerre de classes, 6,…. La même attitude réfractaire s’observe au sein d’une autre organisation anarchiste, issue d’une scission de l’ORA en 1976, l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL). Les premiers numéros de son organe de presse sont muets sur la question écologiste, et il faut attendre l’été 1977 pour que l’organisation s’inscrive vraiment dans une démarche écologiste révolutionnaire [51][51]« Les mobilisations de l’été », Tout le pouvoir aux… sans que cela constitue, pour autant, un axe important de l’organisation [52][52]Encore en 1981, aucun des neuf axes de la plateforme d’action….

30Parmi ces réfractaires, il est également nécessaire de ranger au moins une organisation trotskyste, l’Organisation communiste internationaliste (OCI). Son hebdomadaire, Informations ouvrières, n’intervient pas sur les questions écologistes avant 1977. Et c’est pour dénoncer « la réaction verte », titre d’un article d’Alexandre Hebert, le dirigeant syndicaliste très lié aux trotskystes de l’OCI, qui stigmatise le caractère réactionnaire des écologistes et soutient le développement de l’énergie nucléaire [53][53]Alexandre Hebert, « La réaction verte », Informations…. Quelques semaines plus tard, rendant compte de la manifestation de Creys-Malville, où un manifestant a trouvé la mort, l’hebdomadaire maintient son hostilité envers l’écologie politique [54][54]Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.. Toutefois, même une organisation comme l’OCI doit s’ouvrir quelque peu aux préoccupations écologistes. Le journal signale que l’article d’Alexandre Hébert a donné lieu à un abondant courrier qui l’amène à lancer un débat dans ses colonnes, débat alimenté principalement par un article anti-écologiste d’un dirigeant, mais aussi par un article écologiste d’un lecteur [55][55]Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.. C’est le début d’une légère ouverture de l’OCI à la question écologiste.

31Malgré la présence de ces organisations anarchistes et trotskystes, l’essentiel de cette catégorie des réfractaires est constitué par les organisations maoïstes de la seconde sensibilité, dite « mao-stalinienne ». Les journaux maoïstes que nous avons étudiés (Drapeau rouge, Front rouge, L’Humanité rouge, Le Marxiste-Léniniste, Le Prolétaire Ligne rouge) demeurent hermétiques à la préoccupation écologiste bien après les autres publications d’extrême gauche [56][56]Signalons toutefois que les publications les moins importantes…. Le journal de l’Union communiste française (marxiste-léniniste), Le Marxiste-Léniniste, comme Le Prolétaire Ligne rouge sont muets sur la question écologiste pendant de nombreuses années. L’exemple de Drapeau rouge est intéressant à approfondir. À l’origine, il s’agit d’une organisation maoïste implantée en Bretagne (son premier nom est Rennes Révolutionnaire) et, à ce titre, particulièrement au fait des catastrophes écologistes. Du reste, le premier numéro de Drapeau rouge comprend une nette dénonciation du capitalisme pollueur [57][57]« La pourriture de la société capitaliste en France », Drapeau…. Pourtant, rien de significatif n’est publié pendant longtemps : une allusion lors d’une intervention centrale prononcée dans un meeting au printemps 1973 [58][58]Drapeau rouge, 34, 8 juin 1973., un entrefilet sur une marée noire en janvier 1977 [59][59]« Bohlen : du pétrole et des idées », Drapeau rouge, 3… et un article d’une pleine page en mai 1977 [60][60]« Ekofisk : un accident ? », Drapeau rouge, 11, 9 mai 1977.. Il faut attendre l’été 1977, cinq ans après Rouge, pour qu’un long article de synthèse paraisse, à l’occasion de la marche sur Creys-Malville, et cet article demeure très balancé, développant une thématique qui pourrait être ainsi résumée : non au nucléaire capitaliste, oui au futur nucléaire socialiste ; « ce n’est pas l’énergie nucléaire qui est dangereuse, c’est le bourgeois qui la manipule de façon insensée [61][61]« Malville », Drapeau rouge, 16, août 1977. ». Autre exemple significatif, la lutte des paysans du Larzac contre l’extension du camp militaire est soutenue par les deux principales organisations maoïstes (L’Humanité rouge et Front rouge), mais elles omettent de signaler sa dimension écologiste, se limitant à la question de l’alliance entre ouvriers et paysans ainsi qu’à l’antimilitarisme [62][62]Voir L’Humanité rouge, 194, 25 juillet – 5 septembre 1973 ;…. En outre, leurs bulletins intérieurs sont, d’octobre 1970 à septembre 1976, totalement muets sur la question environnementale.

32Cette surdité à l’égard de l’écologie, nous en trouvons également la preuve en comparant les programmes des organisations édités à la même période que celui de la Ligue, déjà analysé. Il n’y a pas une ligne sur l’écologie dans le programme du parti communiste marxiste-leniniste de France (PCMLF)-Humanité rouge ou dans celui du groupe éditant Drapeau rouge, l’Organisation communiste de France (marxisteléniniste) [63][63]Cahier rouge, 14, janvier 1978 ; Organisation communiste de…. Quant à celui du parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste), il ne contient, sur quatre-vingt-seize pages, que deux phrases consacrées à la pollution [64][64]Parti communiste révolutionnaire marxiste-léniniste, Manifeste….

33Pour autant, ces maoïstes interviennent, très épisodiquement, sur cette question. La direction du parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste) a, dans une certaine mesure, sous-traité cette question par son organisation de jeunesse, l’Union communiste de la jeunesse révolutionnaire (UCJR). Ainsi, le premier numéro du journal de cette organisation, Rebelles, en février 1976, contient deux pages sur le nucléaire et l’écologie. Autre exemple, en avril 1978, un commando de cette même UCJR a souillé de peinture noire la façade de la Shell à Paris, afin de protester contre la marée noire de l’Amoco Cadiz. L’action est implicitement revendiquée par l’organisation dans la livraison de son journal en avril 1978, journal qui, pour l’occasion, fait sa une sur la question de l’environnement avec la photographie d’une manifestation et d’une banderole conforme au double credo écologiste et révolutionnaire : « Le pouvoir aux travailleurs, pas aux pollueurs [65][65]Rebelles, 9, avril 1978. Signe d’une évolution générale, le…. » Cette opération de commando, décidée centralement, ne signe nullement la montée de la préoccupation écologiste parmi ces militants maoïstes, mais marque la volonté de la direction de l’UCJR (donc de celle du parti communiste révolutionnaire) d’utiliser une arme de plus dans la propagande anticapitaliste. À partir de ce moment, on peut affirmer que les maoïstes se sont ouverts à la préoccupation écologiste, comme le révèle l’exemple des élections législatives de 1978. À cette occasion, les deux principales organisations maoïstes concluent une alliance électorale. Or, pour la première fois, l’argument écologiste occupe une place non négligeable dans leur propagande. À titre d’exemple, en Loire-Atlantique, les maoïstes présentent deux candidats, mais ils annoncent que, dans la huitième circonscription, « ils soutiendront les candidats d’ÉCOLOGIE 44 et leur combat contre la centrale nucléaire du Pellerin ; ils appellent à voter pour eux [66][66]CHT, Parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste),… ».

34Cette prise en compte de l’argumentaire écologiste reste cependant à la fois tardive et limitée. D’une part parce que, à notre connaissance, seules trois organisations maoïstes ont publié, avant 1979, l’équivalent du texte d’Ernest Mandel de juin 1972, autrement dit la théorisation de l’instrumentalisation écologiste : l’organisation, très marginale, de la nouvelle Cause du peuple en 1977 [67][67]Il ne faut pas confondre la nouvelle Cause du peuple, très… et, l’année suivante, deux organisations maoïstes importantes : le parti communiste marxiste-léniniste (PCML) et l’Union des communistes français (marxiste-léniniste) (UCF) [68][68]Le parti communiste marxiste-léniniste (PCML) est le nouveau…. D’autre part, parce que cette prise en compte demeure à sens unique : il n’existe aucune interrogation de fond sur la question écologiste, ni sur ses implications multiples ; il n’existe alors qu’une instrumentalisation de la thématique écologiste. Le capitalisme est le seul responsable des maux écologiques et, en conséquence, il faut dénoncer ceux qui omettent de marteler cette idée, les écologistes réformistes, donc réactionnaires.

35Pour expliquer cette différenciation entre pionniers, suivistes et réfractaires, il convient d’utiliser trois clés d’explication.

Modernité, marxisme et optimisme

36La première clé est celle de la modernité, entendue comme volonté d’établir un projet politique radicalement et volontairement novateur. Certains partis se veulent modernes, à l’écoute des bruits et des sentiments nouveaux issus de la jeunesse, tandis que d’autres se méfient ontologiquement de la nouveauté, toujours suspectée de déviation et de mirage anti-ouvrier. Entre préparer la gauche du 21e siècle d’un côté, et retourner à Lénine de l’autre, entre séduire la jeunesse et les couches moyennes d’une part, ou se recroqueviller sur une classe ouvrière mythifiée d’autre part, il y a un grand écart, souvent masqué, mais que la question écologiste tend à dévoiler.

37Le PSU s’est toujours voulu à l’écoute du nouveau et son caractère pionnier n’est donc guère étonnant. À l’inverse, tous les autres groupes regardent à la fois dans le rétroviseur et sur la ligne jaune. Le rétroviseur pour rester fidèle aux anciens, la ligne jaune qui menace toujours d’acclimatation petite-bourgeoise ces minces phalanges de purs. Leur obsession reste la trahison. Une telle préoccupation n’a pas de sens aux yeux du PSU, pour lequel avancer vers la révolution serait plutôt se détacher du passé de cette matrice social-démocrate, et non le réactiver, voire le fixer.

38C’est ce même rapport à la modernité qui provoque la rapide mutation des maoïstes spontanéistes de Tout et de La Cause du peuple. Mais leur dissolution quasi immédiate (dès qu’ils découvrent l’urgence de l’écologie et des autres exigences culturelles non conformes à leur univers théorique initial) témoigne de l’oxymore que signifiait un marxisme-léninisme moderne dans la France des années 1970.

39Ce rapport à la modernité éclaire également la fracture entre l’OCI d’une part, la Ligue communiste et l’Alliance marxiste révolutionnaire d’autre part. Ainsi, la Ligue veut réellement échapper au danger du repli sectaire et s’ouvrir aux aspirations nouvelles de la jeunesse, même si sa culture politique la fait perpétuellement se réfugier dans la procrastination ou le dédain, sentiment porté au paroxysme chez ceux qui se veulent les gardiens du temple de la vérité trotskyste, les lambertistes de l’OCI.

40La deuxième clé d’interprétation est le rapport au marxisme. Plus un groupe se réclame du marxisme, et plus il accorde une place centrale à la classe ouvrière, plus il peine à s’emparer de la question écologiste. Certes, dans le cas du PSU ou des maoïstes spontanéistes, ce rapport au marxisme renvoie partiellement à la question de la modernité, mais pas dans le cas anarchiste, au contraire. Là, la volonté de moderniser la vieille Fédération anarchiste amène la plupart de ces jeunes pousses de l’après-1968 à succomber aux sirènes du marxisme et de l’ouvriérisme, quitte à négliger les revendications écologistes, perçues comme petites-bourgeoises.

41La troisième clé d’explication est plus difficile à appréhender, mais elle est essentielle pour comprendre les différences d’approche au sein des organisations néoléninistes. C’est la notion d’optimisme révolutionnaire. Si les trotskystes sont généralement optimistes, les maoïstes le sont incorrigiblement. Et ce trait est d’autant plus prégnant qu’il résulte de données à la fois historiques et idéologiques.

42Historiquement, les trotskystes ont plus souvent appartenu au camp des vaincus qu’à celui des vainqueurs. En URSS, en Espagne ou pendant la Seconde Guerre mondiale, leurs échecs furent sanglants et la mort en martyre de leur inspirateur est à l’image de la destinée de leurs minces cohortes. Les maoïstes, eux, croient avoir toujours gagné : en URSS avec Staline, en Chine avec Mao et aucune défaite décisive (Cambodge, Pérou, Inde…) ne s’est encore produite.

43Cette donnée factuelle est solidifiée par les données idéologiques. Prenons les deux textes les plus sacrés de ces traditions politiques : le programme de transition de 1938 pour les premiers, la lettre en vingt-cinq points de 1963 pour les seconds. Le premier document, rédigé par Trotsky, servira de base à la formation des militants marxistes révolutionnaires au cours des décennies ultérieures. Or ce texte est consubstantiellement ambivalent, marqué à la fois par un optimisme parfois forcé sur l’urgence de la révolution socialiste et par un pessimisme sous-jacent qui fait craindre pour l’humanité elle-même [69][69]Léon Trotsky, L’Agonie du capitalisme et les tâches de la IVe…. D’où le résumé classique de ce texte par l’alternative « socialisme ou barbarie ». Pour les trotskystes des années 1930 jusqu’aux années 1950, la forme concrète de la barbarie était la guerre, mondiale puis nucléaire. Pour leurs successeurs des années 1970, la catastrophe écologiste pourrait être la forme nouvelle de la barbarie redoutée [70][70]Cette perspective sera largement prolongée dans les décennies…. À l’inverse, les textes maoïstes excluent systématiquement toute alternative pessimiste à la victoire du socialisme. Y compris avec l’apparition des armes nucléaires, qui ne constitue pas une différence de nature, comme le martèlent les textes programmatiques à l’origine de la scission sino-soviétique, dont la lettre en vingt-cinq points. Si les maoïstes envisagent avec tranquillité la perspective d’une guerre nucléaire, rien d’étonnant qu’ils ne soient pas paniqués devant quelques déchets radioactifs à stocker.

44Pour conclure, il est difficile de ne pas insister sur le paradoxe de cette extrême gauche française des années 1970, du moins si l’on écarte cet hybride que fut le PSU et qui n’y appartient que partiellement. Mais pour ce qui est des forces indiscutablement gauchistes, qui se veulent l’avant-garde consciente du peuple comme les anarchistes, voire qui s’autodésignent avant-garde du peuple comme les néoléninistes, ces forces (dans de nombreux domaines de la novation sociopolitique) se situent résolument à l’arrière-garde. Cela est vrai pour de nombreuses questions et cela reste particulièrement accentué dans le cas de l’écologie qui comporte, pour tous ces néoléninistes et pour beaucoup de militants anarchistes, quatre péchés capitaux rédhibitoires : économiquement, le fait de ne pas s’arrêter au concept de plus-value défini dans Le Capital, mais d’introduire des notions économiques étrangères à la théorie marxiste ; socialement, d’être une revendication portée par la petite bourgeoisie et non par les ouvriers qui, eux, veulent accéder à la consommation et non la rejeter ; politiquement, d’être une revendication dont l’urgence exige des victoires immédiates au lieu de se contenter du présent en attendant la révolution salvatrice et, idéologiquement, d’être hantés par la désespérance au lieu de lutter avec confiance.

45« Et pourtant, ils tournent », pourrait-on dire, car mon propos doit être nuancé par deux remarques essentielles.

46La première est que l’extrême gauche change progressivement et s’ouvre à ces revendications écologistes hétérodoxes, plus ou moins aisément, rapidement et profondément selon les sensibilités. Cette observation majeure renvoie au fait que l’extrême gauche française des années 1968 n’est ni une secte ni un courant politique marginal, mais reflète le positionnement politico culturel d’une bonne partie de la jeunesse. Celle-ci, dans son ensemble, s’approprie alors ces revendications multiformes. Naissant chez tel ou tel militant, ces préoccupations vont, par une sorte de capillarité sociale, imprégner les organisations gauchistes.

47La seconde remarque est que ce constat serait encore plus massif si nous abandonnions le terrain du gauchisme politique pour aborder les rives du gauchisme politico culturel qui nourrit la révolte existentielle de la jeunesse française de cette période. Loin des arguties théoriques chères aux militants, une bonne partie de la jeunesse française bricole ses propres références, son propre argumentaire au service de quelques idées à la fois vagues mais fortes (changer la vie, favoriser la liberté, assurer l’égalité), le tout dans un langage mâtiné d’anarcho-marxisme de toutes les variétés imaginables. Or ce gauchisme politicoculturel spontané (qu’il provienne des vagues de lycéens grévistes de ces années, des lecteurs de Charlie Hebdo ou du premier Actuel, ou des successives strates d’anciens militants du PSU, anarchistes ou néoléninistes revenus des querelles intestines et lassés de tout attendre de la révolution future) est, lui, à l’origine de la prise en charge par la société française de ces revendications alternatives, parmi lesquelles la dimension écologiste occupe une place croissante.

Notes

  • [1]
    Lutte ouvrière, 14 mars 2011. Voir également le titre de une du journal du Nouveau Parti anticapitaliste, Tout est à nous, 96, 31 mars 2011 : « Planifions dès maintenant la sortie du nucléaire » ; ou l’article publié le 23 mars 2011 sur le site du parti ouvrier indépendant : « Drame au Japon. L’urgence absolue : la renationalisation » (http://www.parti-ouvrier-independant.com). La condamnation du nucléaire est encore plus affirmée dans la presse anarchiste. Nous ne prendrons que l’exemple du titre du communiqué de la Fédération anarchiste du 11 avril 2011 : « Arrêt immédiat du nucléaire ! Sortie immédiate du capitalisme ! » (http://www.federation-anarchiste.org).
  • [2]
    L’histoire de cette décennie est traitée dans Philippe Buton, « L’extrême gauche française ou l’impensé écologiste (1964-1968) », Écologie politique, « Penser l’écologie en France » dirigé par Charles-François Mathis et Jean-François Mouhot, à paraître.
  • [3]
    Du nom de son principal dirigeant, le militant grec Michel Raptis, dit Pablo.
  • [4]
    Pour être exact, il convient de préciser que quelques groupes français se réclament toujours de Mao Zedong mais, à la différence des années 1970, leur influence est devenue extrêmement marginale.
  • [5]
    Respectivement Tribune socialiste, 480, 14 janvier 1971, et 540, 31 mai 1972.
  • [6]
    Tout, 8, 1er février 1971. Voir également « Le capital pollue ? », Tout, 9, 18 février 1971. L’article « Fournier t’es un con », Tout, 16, 29 juillet 1971, démontre, par-delà le désaccord envers le fondateur de La Gueule ouverte, la présence de militants au rassemblement antinucléaire de Bugey.
  • [7]
    « Lyon : l’industrialisation sauvage », J’accuse, 2, 15 février-15 mars 1971.
  • [8]
    Respectivement « Résolvons la crise du logement ! », La Cause du peuple – J’accuse, 21, 25 mars 1972 ; « Changeons la ville », La Cause du peuple – J’accuse, 23, 1er mai 1972 ; « Un million de vélos gratuits », La Cause du peuple – J’accuse, 23, 1er mai 1972.
  • [9]
    La Cause du peuple – J’accuse, 48, 13 septembre 1973.
  • [10]
    Respectivement « L’environnement, un vrai problème mais pas de réelle solution capitaliste », L’Internationale, 9, mars 1971 ; « Rapport Mansholt : la lutte contre la pollution n’est pas une diversion capitaliste », L’Internationale, 20, 19 avril 1972.
  • [11]
    Rouge est édité par les anciens dirigeants de la Jeunesse communiste révolutionnaire, organisation dissoute par le gouvernement le 12 juin 1968. Ces dirigeants créent ensuite la Ligue communiste (avril 1969), jusqu’à l’interdiction de celleci par le gouvernement le 27 juin 1973, et sa résurrection sous le nom de Front communiste révolutionnaire, puis de Ligue communiste révolutionnaire, avant sa récente autodissolution en vue de fonder le Nouveau Parti anticapitaliste.
  • [12]
    Aux trois cent trente-sept livraisons de l’hebdomadaire, nous avons ajouté les vingt-deux livraisons d’une première tentative de parution quotidienne, lors de la campagne présidentielle de 1974.
  • [13]
    La Ligue communiste, puis Ligue communiste révolutionnaire (LCR), a fait l’objet d’une thèse de doctorat de bonne qualité. Mais son auteur n’étudie la prise en compte de la question écologiste par l’organisation trotskyste qu’à partir de 1976. Voir Jean-Paul Salles, La Ligue communiste révolutionnaire (1968-1981) : instrument du Grand Soir ou lieu d’apprentissage ?, Rennes, Presses universitaires de Rennes, « Histoire », 2005, p. 223 sq.
  • [14]
    « Fos l’enfer de la pollution », Rouge, 131, 6 novembre 1971. Seuls les titres des articles ont été systématiquement analysés. Aussi n’est-il pas impossible, mais peu vraisemblable, qu’une telle préoccupation se fasse jour dans des articles programmatiques ou dans des panoramas généraux d’actualité. En tout état de cause, la non-publication d’articles spécifiques serait déjà significative.
  • [15]
    « Pas de chambres à gaz, des chambres à air », Rouge, 155, 29 avril 1972.
  • [16]
    « Un mouvement écologiste révolutionnaire se développe en France », Rouge, 161, 10 juin 1972.
  • [17]
    « Écologie et lutte de classes. La bombe Mansholt : la grande peur de l’an 2000 », Rouge, 163, 24 juin 1972.
  • [18]
    Voir « Pollution. Elbeuf : unité contre le chlore », Rouge, 176, 21 septembre 1972 ; Rouge, 194, 2 mars 1973.
  • [19]
    « Écologie et lutte de classes… », op. cit.
  • [20]
    Voir Rouge, 203, 4 mai 1973.
  • [21]
    « Pénurie, chômage, gaspillage… Croissance zéro ? », Rouge, 236, 4 janvier 1974.
  • [22]
    « Réinventer l’avenir », Rouge, 297, 25 avril 1975.
  • [23]
    Les collections consultées, au Centre d’histoire du travail (CHT) de Nantes, sont incomplètes. Nous ne pouvons donc définitivement exclure que la lecture des quelques numéros manquants modifierait à la marge les analyses ici présentées.
  • [24]
    « Socialisme ou barbarie », Discussions et débats : édité par le Cercle de recherches socialistes, 69, [août] 1977.
  • [25]
    Ibid.
  • [26]
    Ligue communiste révolutionnaire, Oui, le socialisme !, Paris, Maspero, 1978.
  • [27]
    Entretien Jean-Paul Deléage, 2 décembre 2010. La « dissidence mentale » de Jean-Paul Deléage avec la Ligue résulte de la question écologiste, mais c’est le soutien de la Ligue à l’intervention soviétique en Afghanistan qui sera l’événement déclencheur de son départ.
  • [28]
    « Vierzon : les habitants des “Forges” luttent contre la pollution » et « La Saône empoisonnée : quand le profit passe avant tout », Lutte ouvrière, 149, 6 juillet 1971 ; « Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs », Lutte ouvrière, 150, 13 juillet 1971 ; « Bugey-cobayes », Lutte ouvrière, 151, 20 juillet 1971.
  • [29]
    « Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs », op. cit.
  • [30]
    « Mururoa : pollution pour toute la terre, profits pour quelques-uns », Lutte ouvrière, 256, 24 juillet 1973.
  • [31]
    « Inondation au Bangladesh, incendies de forêts en France, sécheresse en Afrique. La société capitaliste aggrave les catastrophes naturelles quand la science pourrait les réduire », Lutte ouvrière, 313, 27 août 1974.
  • [32]
    « Au-delà des vacances, se donner le temps et les moyens de vivre », Lutte ouvrière, 464, 23 juillet 1977.
  • [33]
    « Énergie nucléaire : les capitalistes décident, voilà le vrai danger », Lutte ouvrière, 465, 30 juillet 1977.
  • [34]
    « L’écologie politique : un apolitisme réactionnaire », Lutte ouvrière, 303, 18 juin 1974.
  • [35]
    « Écologie : socialisme ou barbarie », Révolution !, 62, 5 juillet 1974.
  • [36]
    Ibid.
  • [37]
    « Polluer sans temps mort… », Révolution !, 82, 14 février 1975 ; « Le capitalisme dans l’ère nucléaire », Révolution !, 86, 14 mars 1975 ; « Halte au programme nucléaire », Révolution !, 91, 25 avril 1975 ; « Les antinucléaires dans la rue », Révolution !, 92, 30 avril 1975 ; « Main basse sur la ville : les promoteurs sont les casseurs », Révolution !, 94, 16 mai 1975 ; « Attention nucléaire », Révolution !, 96, 30 mai 1975 ; « La sûreté des centrales », Révolution !, 97, 6 juin 1975 ; « Douce, douce, l’énergie » et « Mobilisations anti-nucléaires », Révolution !, 101, 11 juillet 1975 ; « Coup de force à Braud-Saint-Louis », Révolution !, 114, 28 novembre 1975.
  • [38]
    « Tas de cons… ça existe encore les oiseaux ! », Le Monde libertaire, 155, novembre 1969.
  • [39]
    « Du lapinisme à la cage à poules », Le Monde libertaire, 159, 1970 ; « Parking humain », Le Monde libertaire, 171, 1971.
  • [40]
    « Tout État pollue », Le Monde libertaire, 181, mai 1972.
  • [41]
    Le Monde libertaire, 192, juillet-août 1973.
  • [42]
    Le Monde libertaire, 203, juillet-août 1974.
  • [43]
    « L’écologie, une nouvelle bonne conscience : il est grand temps d’y penser ! », Le Monde libertaire, 206, novembre 1974.
  • [44]
    Le Monde libertaire, 235, juillet-août 1977 ; Le Monde libertaire, 236, septembre 1977.
  • [45]
    « Le capitalisme continue à nous empoisonner », Front libertaire des luttes de classes, 25, 8 mars 1973. Voir également « Plus notre dose de radioactivité augmente, plus elle nous diminue », Le Monde libertaire, 28, 26 mai 1973 ; « Industrie nucléaire », Le Monde libertaire, 31, février 1974.
  • [46]
    « L’énergétique », Le Monde libertaire, 34, juin-août 1974 ; « L’industrie nucléaire, solution au chômage ? », Le Monde libertaire, 40, avril 1975 ; « L’uranium enrichi… enrichit le capital », Le Monde libertaire, 42, juin 1975 ; « Manif antinucléaire à Pierrelatte », Le Monde libertaire, 38, 24 janvier 1975.
  • [47]
    « L’idéologie réactionnaire dans le mouvement écologiste », Le Monde libertaire, 35, décembre 1974.
  • [48]
    « Courrier écologique », Le Monde libertaire, 38, 24 janvier 1975.
  • [49]
    Il ne faut pas confondre l’Organisation communiste libertaire (OCL), éditrice du périodique Guerre de classes entre 1971 et 1975, et l’OCL qui résulte de la transformation de l’Organisation révolutionnaire anarchiste (ORA) en 1976 – après la scission provoquée par la tendance de l’Union des travailleurs communistes libertaires (UTCL) – et qui édite le périodique Front libertaire des luttes de classes.
  • [50]
    « Les essais nucléaires du Pacifique », Guerre de classes, 6, octobre 1973.
  • [51]
    « Les mobilisations de l’été », Tout le pouvoir aux travailleurs, 7, 15 septembre 1977.
  • [52]
    Encore en 1981, aucun des neuf axes de la plateforme d’action de l’UTCL n’est consacré à la lutte écologique, voir Tout le pouvoir aux travailleurs, 43, 15 novembre-15 décembre 1981.
  • [53]
    Alexandre Hebert, « La réaction verte », Informations ouvrières, 811, 20 juillet 1977.
  • [54]
    Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.
  • [55]
    Informations ouvrières, 813, 10 août 1977.
  • [56]
    Signalons toutefois que les publications les moins importantes ne sont pas conservées pour toute la période étudiée et demeurent lacunaires (Drapeau rouge est très lacunaire pour les années 1974-1976, Prolétaire Ligne rouge n’est conservé que pour la période 1971-1974, Le Marxiste-Léniniste pour la période 1974-1975). Mais, selon nous, ces lacunes documentaires ne remettent pas en cause nos conclusions.
  • [57]
    « La pourriture de la société capitaliste en France », Drapeau rouge, 1, novembre 1971.
  • [58]
    Drapeau rouge, 34, 8 juin 1973.
  • [59]
    « Bohlen : du pétrole et des idées », Drapeau rouge, 3 (nouvelle série), 14 janvier 1977.
  • [60]
    « Ekofisk : un accident ? », Drapeau rouge, 11, 9 mai 1977.
  • [61]
    « Malville », Drapeau rouge, 16, août 1977.
  • [62]
    Voir L’Humanité rouge, 194, 25 juillet – 5 septembre 1973 ; Front rouge, 82, 13 septembre 1973 pour le rassemblement de 1973 ; L’Humanité rouge, « spécial paysans », juillet – août 1974 ; L’Humanité rouge, 123, 6 septembre 1974 pour celui de 1974. L’antimilitarisme est du reste la raison pour laquelle L’Humanité rouge ne soutient pas le rassemblement de 1974, puisqu’elle s’est alors ralliée à une option originale : « Il faut renforcer la Défense nationale » est le titre du n° 240 du 12 septembre 1974.
  • [63]
    Cahier rouge, 14, janvier 1978 ; Organisation communiste de France (marxiste-léniniste), Accumuler des forces pour la révolution socialiste, supplément à Drapeau Rouge, 1er trim. 1977.
  • [64]
    Parti communiste révolutionnaire marxiste-léniniste, Manifeste pour le socialisme, numéro spécial de Front rouge, avril 1977, p. 34.
  • [65]
    Rebelles, 9, avril 1978. Signe d’une évolution générale, le même mois, Drapeau rouge consacre également sa une à la marée noire, avec le titre « Noire la mer, rouge notre colère » (34, 8 avril 1978).
  • [66]
    CHT, Parti communiste révolutionnaire (marxiste-léniniste), parti communiste marxiste-léniniste de France, Ni bourgeoisie de droite, ni bourgeoisie de gauche, développons les luttes de classes, préparons la révolution socialiste !, Nantes, 2 mars 1978, 2 p., ronéotypée.
  • [67]
    Il ne faut pas confondre la nouvelle Cause du peuple, très marginale, qui imite soigneusement le logo et la présentation de l’ancienne Cause du Peuple, née en 1968, très influente et éditée par la Gauche prolétarienne. La nouvelle Cause du Peuple édite, en 1977, une revue, également très confidentielle Les Cahiers du marxisme-léninisme, qui contient un article intitulé « les marxistes-léninistes et l’écologie ».
  • [68]
    Le parti communiste marxiste-léniniste (PCML) est le nouveau nom légal du parti communiste marxiste-léniniste français-Humanité rouge (PCMLF-Humanité rouge), l’Union des communistes français (marxiste-léniniste), dirigée par Alain Badiou, trouve son origine dans une scission du parti socialiste unifié. Voir respectivement Parti communiste marxiste-léniniste, La Question de l’énergie nucléaire, s. l., 1978 ; Union des communistes français (marxiste-léniniste), Nucléaire, écologie et politique révolutionnaire, Marseille, Éd. Potemkine, 1978.
  • [69]
    Léon Trotsky, L’Agonie du capitalisme et les tâches de la IVe Internationale (1938), Paris, Maspero, 1973.
  • [70]
    Cette perspective sera largement prolongée dans les décennies ultérieures. Voir, par exemple, Samuel Holder, « Socialisme ou barbarie : comment se pose la question en ce début de 21e siècle ? », Carré rouge, 27, octobre 2003.
Mis en ligne sur Cairn.info le 17/01/2012
https://doi.org/10.3917/vin.113.0191

 

Le procès de la « démembreuse » de Toulouse se poursuit

Ce n’est pas de chance pour David Sénat, c’est le second de ses procès qui m’intéresse. Vraiment.

Je ne reviens pas sur le premier et ne commente ici que cette affaire atterrante de meurtre suivi de dépeçage de cadavre entre collègues de travail qui est actuellement examinée par la Cour d’Assises de Toulouse.

Elle m’intéresse au plus haut point en raison des profils de la victime et de sa meurtrière, typiques de la harcelée et de la harceleuse, car étant moi-même victime de faits de harcèlement accompagnés de nombreux faits criminels dont les auteurs, pour ceux qui sont toujours en vie, ne seront probablement jamais jugés, étant donné qu’il s’agit pour l’essentiel de magistrats CORROMPUS ayant recours à des crapules comme les deux psychopathes Pascal Edouard Cyprien Luraghi de Puy-l’Evêque et Jean-Marc Donnadieu de Béziers pour leurs basses oeuvres, elle me permet d’avoir un ersatz de procès par procuration.

Les journaux locaux en rendent compte en direct et livrent sur cette affaire de nombreux détails appelant mes commentaires :

https://www.midilibre.fr/2019/10/14/la-demembreuse-du-canal-du-midi-jugee-aux-assises-suivez-le-proces-en-direct,8479478.php

https://www.ladepeche.fr/2019/10/23/direct-suivez-le-troisieme-jour-du-proces-du-meurtre-du-canal-du-midi,8499272.php

Observons pour commencer que ces directs semblent réalisés par de vrais journalistes. Il ne s’agit ni de Jean-Pierre Amarger, de Midi Libre, ni d’Hélène Sergent, de 20minutes.fr, qui acceptent l’un et l’autre de publier comme des vérités vraies toutes les inventions délirantes des deux psychopathes précités, aux personnalités très proches de celle de la « démembreuse » de Toulouse, que ces deux soi-disant « journalistes » auraient certainement présentée comme une victime de la « déséquilibrée » Maryline Planche qui la harcelait sexuellement, cachait bien son jeu et l’a obligée à la tuer pour se défendre, c’est l’évidence même, puisque c’est Sophie Masala qui le dit, une femme que tout le monde s’accorde à dire parfaitement normale, et qui d’ailleurs a conjoint et enfants tandis que l’autre est restée célibataire et sans enfant. Pour preuve du « déséquilibre » absolu de Maryline Planche : elle n’a même pas de relations sexuelles. Au contraire, sa victime Sophie Marsala s’est prostituée, c’est donc une vraie femme parfaitement normale autant pour les deux psychopathes précités que pour tous leurs complices, certains psychiatres y compris, de ceux qui estiment nécessaire d’enfermer dans leurs hôpitaux psychiatriques pour les y traiter comme des malades mentaux extrêmement dangereux des femmes qui refusent de se prostituer – cela se voit à Brest, peut-être aussi dans l’Hérault où vivent ou d’où sont originaires plusieurs de mes harceleurs, par exemple le précité Jean-Marc Donnadieu, lequel a exercé comme brancardier à l’hôpital psychiatrique de Béziers durant sept ans.

Ce dernier est tout aussi « normal » que Sophie Masala dont la soeur rapporte qu’elles ont toutes deux été abusées sexuellement par leur grand-père dans leur enfance : lui regardait des films pornographiques avec sa tata, dit-il, et est devenu à l’âge adulte adepte de pratiques échangistes et BDSM semble-t-il assez violentes tandis que son complice Pascal Edouard Cyprien Luraghi a été élevé dans une famille ouvrière de Strasbourg où régnaient également selon ses dires violences en tous genres et abus sexuels, sa tata Rollande exerçant comme prostituée. Evidemment lui aussi fasciné par la pornographie, ce prétendu « écrivain en ligne et à l’oeil depuis 2001″ est connu sur la toile, outre comme mythomane, harceleur et calomniateur, pour avoir traduit de l’anglais le journal d’une adepte américaine de pratiques BDSM et se plaît à mettre lui-même en scène dans des romans pornographiques de ses victimes de cyberharcèlements, moi en particulier. Mais c’est bien moi qui l’y ai obligée, vous dit-on, puisqu’il le dit… Même sa soeur le décrit comme mythomane… Tout comme Sophie Masala, Pascal Edouard Cyprien Luraghi, Jean-Marc Donnadieu et tous leurs complices harceleurs ne cessent de mentir et d’inventer n’importe quoi… et comme par hasard, eux aussi en veulent beaucoup à l’argent de leurs victimes…

Leur personnalité commune est celle du pervers narcissique.

C’est celle de tous les harceleurs.

Et ces gens-là tuent lorsqu’ils se sentent démasqués.

L’acharnement haineux dont a été victime Maryline Planche est d’ailleurs exactement le même que celui dont a été victime Patricia Bouchon le 14 février 2011. Les assassins de cette dernière, à savoir Pascal Edouard Cyprien Luraghi et ses complices cybercriminels, qui manifestement craignaient qu’elle ne les dénonce ou les fasse poursuivre pour toutes leurs exactions à mon encontre, comprenant notamment des piratages informatiques et tentatives d’escroquerie au jugement, ont continué à exprimer publiquement tous ensemble leur haine viscérale à son égard en multipliant jeux de mots et plaisanteries sordides à propos de toutes les violences qu’ils lui avaient fait subir quasiment tous les jours durant trois bonnes semaines après les faits.

Non, Sophie Masala n’a pas reconnu sa mère en Maryline Planche, elle ne lui reproche pas la même fausseté, elle présente tout simplement le syndrome du pervers narcissique qui projette systématiquement sur sa victime ses propres défauts et fautes : c’est de sa fausseté personnelle qu’il s’agit… après que Maryline Planche l’ait bien démasquée…

Cette dernière était certes au courant du vol de tickets restaurants, mais ce n’est pas le plus grave : elle reprochait aussi à Sophie Masala d’être une fouteuse de merde, d’être malsaine, de se mêler de la vie privée de ses collègues de travail bien au-delà de ce qui est admissible, un comportement franchement anormal et inquiétant, pas sympathique du tout.

Tous mes harceleurs ont eu eux aussi ce travers, et jamais de manière gratuite : tous avaient un plan… tout comme Sophie Masala devait en avoir un…

C’est donc elle qui est fausse, et personne d’autre.

Probablement était-elle à la recherche de moyens de pression sur ses collègues, car elle devait viser la caisse comme elle l’avait déjà fait ailleurs…

Maryline Planche a une attitude maternelle avec ses collègues de travail, elle est bienveillante, ce qui en fait pour tous les pervers narcissiques une personne forcément très stupide et naïve qu’ils pensent pouvoir manipuler très facilement. De plus, elle est handicapée, entend mal et ne voit pas grand-chose. Pour Sophie Masala, c’est l’aubaine, elle est persuadée qu’avec elle elle parviendra à ses fins sans aucune difficulté. D’où son immense déconvenue quand elle s’est rendu compte de sa bévue, la proie a priori si facile n’en étant pas une. Elle dit s’être sentie rejetée. C’est le début de la haine et de toutes les inventions calomnieuses à l’encontre de celle qu’en réalité elle n’a pas bernée.

A la décharge de l’accusée : encore une fois, je ne suis pas d’accord avec tout ce qui se dit à son procès, il n’appartenait pas à son mari de compenser ou de rattraper tous les défauts ou manquements de son enfance et de son éducation, ni de juger si oui ou non des soins psychiatriques étaient nécessaires et susceptibles de prévenir ou d’empêcher de survenir ce qui s’est produit, ce n’est pas de son ressort, il a lui-même ses faiblesses et se trouve manifestement de tout temps dépassé par la situation; en revanche, c’était bien le rôle des premiers magistrats auxquels elle a été confrontée, à Montpellier. Or, ceux-ci l’ont condamnée sans même se soucier de la manière dont elle allait rembourser ses dettes et elle n’a rien trouvé de mieux que de se prostituer… Toutes les femmes qui ont participé ou participent toujours aux harcèlements dont j’étais ou suis toujours victime présentaient et présentent toujours cette même plaie béante : elles ont couché, se sont prostituées… et ne supportent absolument pas celles qui peuvent s’en dispenser… Ces magistrats inconséquents ont fait de Sophie Masala la bombe qui explose chez sa collègue Maryline Planche le 12 mai 2016. Au moins aussi choquant dans cette affaire : sa victime lors de cette première grosse alerte restée sans réponse appropriée n’est autre que la faculté de médecine de Montpellier, dont ni le doyen ni aucun des autres pontes ne s’est jamais inquiété de rien…

La Cour de Cassation vient tout juste de confirmer la condamnation du psychiatre en charge du schizophrène qui avait tué un étudiant à Grenoble après s’être échappé de l’hôpital psychiatrique le 12 novembre 2008 (voir ci-dessous).

Il était temps que la responsabilité de ces « médecins » si particuliers soit reconnue.

Il reste encore à responsabiliser leurs collègues magistrats.

 

 

https://actu.fr/faits-divers/demembreuse-toulouse-sophie-masala-une-femme-fragile-bascule-dans-lhorreur_28802113.html

« Démembreuse » de Toulouse : Sophie Masala, une femme fragile qui bascule dans l’horreur

 

La première journée du procès a été consacrée à l’étude de la personnalité de l’accusée, aînée d’une fratrie de 7 enfants, qui a grandi au sein d’un famille ouvrière.

 

Publié le 21 Oct 19 à 21:13
Le procès de la
Le tribunal de Toulouse, le 21 octobre 2019. (©AFP/ERIC CABANIS)

 

Jugée aux assises pour avoir tué, puis démembré sa collègue de travail à Toulouse en 2016, Sophie Masala a été décrite lundi 21 octobre 2019 par les experts comme une femme minée par les traumatismes durant l’enfance et dépourvue de limites.

Cette mère de famille de 55 ans est accusée de s’être introduite en mai 2016 dans l’appartement de Maryline Planche, 52 ans, de lui avoir fracassé le crâne à coups de bouteille.

Elle a ensuite coupé le corps en morceaux et les a jetés dans le Canal du Midi qui traverse Toulouse, sauf la tête qu’elle a enterrée dans un jardin public proche de son propre appartement, « car elle méritait une sépulture », dira-t-elle pendant l’instruction.

Lundi, la première journée du procès a été consacrée à l’étude de la personnalité de l’accusée, aînée d’une fratrie de 7 enfants, qui a grandi au sein d’un famille ouvrière à Valenciennes, dans le nord de la France.

Enfant, Sophie Masala est abusée par son grand-père, son père se suicide alors qu’elle a 10 ans, elle voit les amants de sa mère défiler dans l’appartement, doit s’occuper de ses six frères et sœurs et grandit dans un climat de violence conjugale. Elle est élevée dans la culture du mensonge.

De l’examen de personnalité, il ressort que Mme Masala dépense au point de s’endetter, escroque, aime les jeux d’argent. Condamnée pour détournement de fonds aux dépens de l’université de Montpellier, elle exerce la prostitution pendant plusieurs mois pour payer les dettes accumulées. Et son mari la soutient.

Lire aussi : « Démembreuse du canal » : Sophie Masala jugée pour avoir tué sa collègue de travail

« Conflit avec l’image maternelle »

Après avoir obtenu des diplômes sur le tard, elle intègre le bureau toulousain de l’Agefiph, organisme spécialisé dans l’insertion des handicapés, fin 2015, et entre rapidement en conflit avec Maryline Planche, décrite comme un employée-modèle.

Mme Masala a souffert pendant son enfance d’un manque d’affection de la part de sa mère, très absorbée par sa double vie.

Vêtue d’un tailleur noir, cheveux roux mi-longs, souvent tête baissée, Sophie Masala s’exprime peu. Elle se contente de répondre à certaines questions du président de la cour d’assises.

Vidéo. Le procès de la démembreuse du Canal du Midi débute ce lundi à Toulouse :

Pour l’experte-psychiatre, elle est « marquée par la pendaison de son père et les mauvaises relations avec sa maman ».

« Un désaccord sur l’archivage des documents, sur la position dans la structure, sur la discrétion sur sa vie privée, il y a toujours des jalousies dans un contexte professionnel, comment on en passe à cette haine si forte ? », interroge le président de la cour d’assises, David Senat.

« Elle trace des parallèles entre Maryline et sa propre mère (…) », selon l’experte.

On n’a pas d’élément pour dire qu’elle a un trouble psychique, on repère des éléments traumatiques majeurs dans l’enfance, un conflit avec l’image maternelle importante, donc une personnalité aux bases fragiles, elle n’a pas de limites. Elle présente un défaut de contrôle pulsionnel.

Lire aussi : Accusée d’avoir tué sa collègue, la « démembreuse du canal » jugée aux assises

« Fragilité psychique »

« Maryline, c’est une image d’autorité maternelle, tout l’énerve chez Maryline, souligne la psychiatre, elle ne la supporte pas comme elle ne supporte pas sa mère, car il y a des conflits qu’elle n’a pas réglés. Elle reproche à Maryline ce qu’elle reprochait à sa mère: une fausse image, une image falsifiée aux yeux des autres ».

L’expert-psychologue abonde. « Voir à 10 ans son père pendu, un suicide liée à l’inconduite de la mère, ça laisse des traces », met-il en avant. Il décrit pour sa part « une fragilité psychique », « une personnalité obsessionnelle » et relève « une absence de troubles mentaux ».

« On arrive petit à petit à l’idée fixe, à l’immense colère (…) l’image de la mère qu’on veut détruire », sentence Me Georges Catala, avocat de la famille de la victime.

Maryline Planche, célibataire sans enfants, était décrite à l’Agefiph comme consciencieuse, discrète, appréciée par sa hiérarchie, à l’attitude maternelle avec les autres employés.

« Elle reconnait les faits, mais pas l’intention d’homicide, elle est dans la culpabilité », plaide Me Pierre Dunac, avocat de Mme Masala, qui veut convaincre les jurés que le meurtre n’a pas été prémédité et mettre sa cliente à l’abri de la réclusion criminelle à perpétuité.

Si elle a pu découper le corps et le disperser aux quatre coins de Toulouse, c’est qu’elle a mis en oeuvre « des mécanismes de déni » de ce qu’elle était en train de faire, selon le psychologue.

Le verdict est attendu pour vendredi.

Lire aussi : Retour sur les lieux du crime pour la « démembreuse du canal du Midi »

Source : © 2019 AFP

 

https://www.lefigaro.fr/actualite-france/etudiant-tue-par-un-schizophrene-a-grenoble-le-pourvoi-du-psychiatre-rejete-20191022

Étudiant tué par un schizophrène à Grenoble: le pourvoi du psychiatre rejeté

 

La Cour de cassation a confirmé mardi la condamnation du médecin en charge de ce patient dangereux, qui avait tué en 2008 un jeune homme après s’être échappé de son hôpital psychiatrique.

Publié hier à 19:51, mis à jour il y a 5 heures
L’hôpital de Saint-Egrève, d’où s’est échappé Jean-Pierre Guillaud.
L’hôpital de Saint-Egrève, d’où s’est échappé Jean-Pierre Guillaud. PHILIPPE MERLE/AFP

 

Le 12 novembre 2008, Jean-Pierre Guillaud, un patient schizophrène, s’échappait sans difficulté du centre hospitalier de Saint-Égrève (Isère), dans lequel il était enfermé. Après avoir gagné en bus le centre de Grenoble, à une dizaine de kilomètres, il avait acheté un couteau et poignardé le premier venu: Luc Meunier, un étudiant de 26 ans. Dans cette affaire, le psychiatre Lekhraj Gujadhur a été condamné en 2016 à dix-huit mois de prison avec sursis pour homicide involontaire. Jamais un praticien hospitalier n’avait jusqu’ici été condamné pour homicide involontaire par la justice.

Dans cette affaire, le médecin, aujourd’hui âgé de 73 ans, a fait appel. Mais les juges grenoblois ont confirmé en 2018 qu’il ne s’était pas assez préoccupé du suivi de son patient, auteur de multiples agressions par le passé et souffrant d’une «psychose délirante chronique». Considérant qu’il n’y avait pas de lien de causalité entre la faute retenue et le décès du jeune étudiant, le praticien avait formé un pourvoi en cassation. Celui-ci a été rejeté mardi par les juges de la chambre criminelle, peut-on lire sur cette décision, consultée par Le Figaro.

On pose ici les bases de la responsabilité pénale d’un médecin psychiatre. Ceux-ci doivent prendre en considération la dangerosité des patients et la sécurité du public

Hervé Gerbi, avocat de la famille meunier

Dans son arrêt, la Cour de cassation confirme la décision de la cour d’appel grenobloise. Cette dernière avait conclu en mai 2018 que Lekhraj Gujadhur n’avait «pas accompli les diligences normales compte tenu de la nature de ses missions ou de ses fonctions, ses compétences ainsi que du pouvoir et des moyens dont il disposait». Une faute «caractérisée», avaient estimé les juges, pointant du doigt la mise en place d’une autorisation de sortie «sans surveillance» pour un patient considéré comme dangereux.

«Un vrai poids qui tombe»

Cet arrêt signe la fin d’un marathon judiciaire de onze ans. «La famille Meunier était en pleurs quand je leur ai annoncé la nouvelle. C’est un vrai poids qui tombe pour eux. Ils vont pouvoir faire totalement leur deuil», salue leur avocat, Hervé Gerbi, joint par téléphone. Pour le conseil de la famille, cette décision va «incontestablement» faire jurisprudence. «On pose ici les bases de la responsabilité pénale d’un médecin psychiatre. Ceux-ci doivent prendre en considération la dangerosité des patients et la sécurité du public, y compris en différant parfois des autorisations de sortie et en maintenant des personnes en hospitalisation plus longtemps lorsque cela est nécessaire», indique-t-il.

Le meurtre de Luc Meunier avait provoqué en 2008 une véritable onde de choc politique. Nicolas Sarkozy, alors président de la République, avait réclamé une réforme de la psychiatrie comportant des dispositions sur les malades dangereux, s’attirant une bronca des praticiens. L’hôpital de Saint-Égrève, relaxé en première instance, avait par la suite bénéficié de crédits pour clôturer tous ses pavillons.

 

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