Policiers tués à Magnanville : deux proches du terroriste déférés devant la justice

Comme toujours, l’auteur des faits n’apparaît pas avoir été isolé…

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2016/06/17/01016-20160617ARTFIG00272-trois-proches-de-larossi-abballa-toujours-entendus-par-la-police.php

Deux proches de Larossi Abballa déférés devant la justice

    • Par Amaury Peyrach’
    • Mis à jour le 18/06/2016 à 10:43
    • Publié le 17/06/2016 à 17:50
Jean-Baptiste Salvaing a été tué lundi soir devant son pavillon. Le meurtrier, Larossi Abballa, a ensuite pris en otage puis exécuté son épouse en présence de leur fils de 3 ans et demi.

 

Deux hommes de 27 et 29 ans interpellés mardi et dont la garde à vue avait été prolongée de 48h sont en passe d’être mis en examen dans le cadre de l’enquête sur le meurtre de deux policiers lundi dans les Yvelines.

Deux proches de Larossi Abballa, l’homme qui a assassiné lundi deux policiers à leur domicile des Yvelines, seront présentés samedi aux magistrats en vue d’éventuelles mises en examen dans le cadre de cette enquête. Le parquet va ouvrir une information judiciaire confiée à des juges antiterroristes.

Les deux hommes de 27 et 29 ans avaient été arrêtés mardi en compagnie d’un troisième dont la garde à vue a été levée sans poursuite. Les enquêteurs tentent notamment d’établir si Larossi Abballa a agi seul ou s’il a bénéficié de complicités dans la préparation ou dans l’exécution de l’attaque qu’il a commise.

Les deux suspects, âgés de 27 et 29 ans, avaient été condamnés avec Abballa en septembre 2013 au procès d’une filière d’envoi de djihadistes au Pakistan, ont précisé des sources judiciaire et proche de l’enquête. Le plus âgé des deux avait été arrêté dans ce pays. Selon la chaîne d’information iTélé, ces deux hommes se nomment Charaf-Din A. – il habitait le même immeuble qu’Abballa aux Mureaux – et Saâd R.. Larossi Aballa avait écopé de trois ans de prison, dont six mois avec sursis et deux ans de mise à l’épreuve. Charaf-Din A. et Saâd R. avaient eux été condamnés à cinq ans fermes.

«On me disait que j’étais courageux, j’avais une estime de moi encore jamais connue»

Charaf-Din A. avait été interpellé en janvier 2011 au Pakistan. Expulsé vers la France, il est arrêté par les services français à sa descente d’avion quatre mois plus tard. Il était alors suspecté d’avoir voulu rejoindre al-Qaida dans les zones tribales pakistano-afghanes du Waziristan. «On a voulu jouer à la guéguerre. L’islam modéré ne m’attirait pas, pas assez sulfureux. On a utilisé des versets du Coran pour justifier nos actions», reconnaissait Charaf-Din A. en 2013, estimant qu’il ne serait «pas tombé dans ce traquenard» s’il avait «mieux connu» sa religion.

Le procès de 2013 avait révélé que Saâd R. avait été recruté au printemps 2010 par un ressortissant indien nommé Mohammed Niaz Abdul Raseed. L’homme convainc ce technicien en électronique de s’engager pour soutenir «la lutte armée» d’al-Qaida. Saâd R., jeune franco-marocain de 24 ans, télécharge alors tout ce qu’il peut trouver comme informations sur le djihad et sa volonté de s’engager s’affirme. «Ce qui m’a le plus attiré, c’est qu’en parlant de ce sujet sur le Web, j’étais populaire, on me disait que j’étais courageux, j’avais une estime de moi encore jamais connue», disait-il lors de l’audience, au côté de Charaf-Din A., son ami de lycée, français d’origine marocaine, qu’il a convaincu à s’enrôler et à partir pour le Pakistan.

Lire l’article du Figaro sur ce sujet: Le périple avorté de jeunes djihadistes jugés à Paris

Lors d’une perquisition au domicile d’un des trois hommes arrêtés cette semaine, une importante documentation djihadiste et un plan de la Seine-Saint-Denis, mentionnant l’emplacement des commissariats de police du département, avaient été retrouvés.

Les enquêteurs espèrent aussi puiser des informations dans le matériel informatique et téléphonique saisis chez les trois hommes, ainsi que dans celui d’Abballa trouvé chez ses parents et celui avec lequel il a mis en ligne sa vidéo de revendication depuis le domicile des policiers.

En outre, Le Parisien a annoncé vendredi soir qu’un quatrième homme avait été interpellé, à Mantes-la-Jolie (Yvelines).


Un lien entre Larossi Aballa et le terroriste présumé Sid Ahmed Ghlam

Selon le site rtl.fr, une note datée d’avril 2015, rédigée par des policiers des Yvelines, met en lien Larossi Abballa, meurtrier du couple de policiers à Magnanville (Yvelines) et Sid Ahmed Ghlam, soupçonné d’un projet d’attentat contre une église de Villejuif et assassin présumé d’Aurélie Châtelain. Abballa aurait été aperçu au volant d’un fourgon appartenant à Abdelkader Jalal, un homme de 33 ans mis en examen pour avoir été le logisticien de Sid Ahmed Ghlam. Ce premier signalement est suivi, en novembre 2015, d’une autre note où est cité Charaf-Din A, l’un des trois hommes actuellement gardés à vue dans le cadre de l’enquête sur le meurtre des deux policiers à Magnanville.

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http://www.lepoint.fr/justice/larossi-abballa-un-loup-solitaire-vraiment-18-06-2016-2047748_2386.php

Larossi Abballa : un loup solitaire, vraiment ?

 

Le Point.fr a eu accès à des documents qui établissent des liens concrets entre Larossi Abballa et des djihadistes bien connus des services.

 

Par

Modifié le 18/06/2016 à 12:16 – Publié le 18/06/2016 à 11:39 | Le Point.fr

 

Larossi Abballa, Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji.
Larossi Abballa, Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji. © DR/ DR

 

Ils sont trois à avoir été placés en garde à vue dans le cadre de l’enquête sur Larossi Abballa, l’auteur du meurtre d’un couple de policiers à Magnanville. Alors qu’un homme est ressorti libre, Saad Rajraji et Charaf-Din Aberouz, 27 et 29 ans, ont été déférés devant le parquet en vue d’une éventuelle mise en examen. Tous deux connaissaient bien Larossi Abballa. Ils ont été condamnés et incarcérés en même temps, évoluant clairement dans les sphères djihadistes. La cartographie relationnelle d’Abballa se dessine peu à peu. Elle indique que l’auteur des deux assassinats entretenait des liens directs avec des membres de la filière des Buttes-Chaumont, Forsane Alizza ou encore des attentats de Casablanca. La théorie du « loup solitaire » semble de moins en moins probable.

Charaf-Din Aberouz est un proche de Larossi Abballa. Les deux hommes ont fait partie d’un groupe de sept Français soupçonnés d’entretenir des liens avec des talibans et Al-Qaïda. Deux d’entre eux avaient été interpellés à Lahore par les services secrets pakistanais en 2011, juste avant d’atteindre le Waziristan, où ils prévoyaient de s’entraîner au djihad. Charaf-Din Aberouz est alors âgé de 25 ans. Il est condamné à cinq ans de prison en France pour association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un acte terroriste. Il sera libéré le 12 novembre 2015 au motif d’une réduction conditionnelle de peine.

« Violent dans ses rapports avec les mécréants »

Selon les informations que nous avons pu consulter, il est loin d’avoir été un détenu modèle. L’administration pénitentiaire le qualifie de « radicalisé » se comportant « en recruteur » et note : « démarche les détenus arrivants, fait la promotion de l’islam et débute l’enseignement des individus qu’il prend sous sa tutelle ». Ainsi, le 21 février 2012, Charaf-Din Aberouz organise un rassemblement d’une quarantaine de détenus lors de la promenade et prononce un discours pendant 10 minutes « dans le plus strict silence des détenus présents qui semblaient conquis et admiratifs », notent les services, inquiets. Le 27 janvier 2013, il prononce un appel à la prière en pleine nuit. Le 6 juin, ses gardiens rapportent un comportement « violent dans ses rapports avec les mécréants », le 31 décembre 2014, il se réjouit à l’annonce de l’exécution d’Hervé Gourdel en Algérie. Afin d’éviter qu’il ne radicalise tous ses camarades de détention, il changera cinq fois d’établissement sur une période de trois ans et demi.

Ce voyage dans les prisons françaises sera aussi l’occasion de se lier d’amitié avec des figures du terrorisme islamiste. Il fait la connaissance de Maximilien Thibaut, membre du groupe Forsane Alizza – qualifié de pieds nickelés du djihad –, ainsi que de Teddy Valcy, relation bien connue des frères Kouachi et d’Amedy Coulibaly, auteurs des attentats de janvier. Plus troublant encore, l’administration pénitentiaire note que Larossi Abballa est ami avec Rachid Aït El Hadj, un terroriste lui aussi originaire des Mureaux, condamné en 2007 pour les attentats de Casablanca. Ce dernier a été déchu de sa nationalité française en octobre 2015. Ce n’est d’ailleurs pas le seul membre du réseau des attentats de Casablanca que connaît Abballa : comme l’expliquaient nos confrères de RTL, Fouad Charouali (lui aussi déchu de sa nationalité), logisticien des attentats de Casablanca, était un voisin de la famille Abballa. Ils habitaient le même immeuble.

Imam autoproclamé

Autre relation déférée devant le parquet, Saad Rajraji. Lui aussi fait partie de la filière djihadiste pakistanaise démantelée en 2011. Condamné à 5 ans de prison, il est libre depuis novembre 2014. Lui aussi s’aventure vers des fréquentations qui suscitent l’attention des services. Dans le téléphone saisi par l’administration pénitentiaire on retrouve, sous différents noms, quatre numéros de téléphone correspondant à Thamer Bouchnak, un imam autoproclamé et considéré comme responsable du processus de radicalisation de nombreux codétenus. Ce dernier organise la lecture de textes religieux lors des promenades et bénéficie de l’attention de nombreux comparses « en raison de sa maîtrise des textes religieux », note l’administration.

Thamer Bouchnak a été membre de la filière des Buttes-Chaumont et a entraîné… Cherif Kouachi. Bouchnak connaît lui-même très bien Djamel Beghal, un ancien du GIA et d’Al-Qaïda. D’après une source proche du dossier, Thamer Bouchnak était jusqu’alors considéré par les services de renseignements comme « le plus susceptible de passer à l’acte ». L’enquête est en cours et devra déterminer si Larossi Abballa a agi sur ordre et bénéficié d’éventuelles complicités.

 

http://www.lefigaro.fr/actualite-france/2013/09/13/01016-20130913ARTFIG00533-le-periple-avorte-de-jeunes-djihadistes-juges-a-paris.php

Le périple avorté de jeunes djihadistes jugés à Paris

    • Par Philippe Romain 1
    • Mis à jour le 13/09/2013 à 23:31
    • Publié le 13/09/2013 à 19:20
Un taliban pakistanais en poste mi-août dans le Waziristan, à la frontière pakistano-afghane, où voulaient se rendre les apprentis djihadistes français.

 

Deux Français embrigadés, qui comparaissent depuis lundi devant le tribunal correctionnel, avaient été arrêtés au Pakistan, où ils comptaient rejoindre des groupes affiliés à al-Qaida.

L’aventure a tourné court. En janvier 2011, Charaf-Din Aberouz, un Français d’origine marocaine de 27 ans, et Zohab Ifzal, un Français d’origine pakistanaise de 24 ans, à peine posé le pied à l’aéroport de Lahore au Pakistan pour rallier un camp d’entraînement djihadiste, avaient été arrêtés par les autorités locales. Depuis lundi, avec leurs six acolytes suspectés d’«association de malfaiteurs en vue de préparer des actes terroristes», ils comparaissent devant le tribunal correctionnel, à Paris.

Les journées consacrées à l’examen du profil des prévenus ont donné l’impression d’une escouade de «paumés», originaires de banlieue parisienne, cherchant un sens à leur existence et qui rencontrent un individu «qui par son image, son érudition, sa faculté à convaincre, entraîne les autres» comme l’explique le procureur Benjamin Chambre. Ce recruteur s’appelle Mohammed Niaz Abdul Raseed, un ressortissant indien de 35 ans, présenté comme le «cerveau» de la bande. Cheveux noués en catogan et barbe noire, cet Indien était déjà membre, dans son pays, d’un mouvement musulman extrémiste.

Niant toute implication, dénonçant une «conspiration» et répondant toujours à côté des questions des juges, il s’était montré plus prolixe face aux enquêteurs de la DCRI. L’ingénieur en mécanique se définissait alors comme le conseiller de la petite troupe et racontait avoir été formé en Inde aux techniques de recrutement et de contre-interrogatoire. «Mon projet était de façonner un groupe avec trois branches: une de solidarité, une militaire et une politique», ajoutait-il.

«En parlant de ce sujet sur le Web, j’étais populaire»

Devant les magistrats, il a assuré sans vergogne que la masse de vidéos, livres et documents compromettants saisis chez lui dans le Val-d’Oise ne servaient qu’à «constituer une bibliothèque, comme hobby». Selon la DCRI, il a utilisé Facebook pour repérer des jeunes sensibles à la «cause» avant de leur faire suivre des entraînements physiques et des séances d’endoctrinement. Il s’agissait ensuite, grâce à ses contacts sur place, de faciliter leur départ au Pakistan pour rejoindre des groupes affiliés à al-Qaida.

Parmi les premiers à tomber dans ses filets, Saad Rajraji, un Franco-Marocain de 24 ans, devenu son bras droit et chargé du recrutement de nouveaux membres. Derrière ses fines lunettes, le technicien en électronique s’exprime avec aisance. «Je m’ennuyais beaucoup, je passais mon temps sur Internet, a-t-il expliqué. Quand Abdul Raseed m’a contacté et demandé si j’étais favorable à la lutte armée, j’étais choqué, car j’avais des doutes sur la légitimité de la chose.»

Après réflexion, il décide pourtant de sauter le pas. «J’ai beaucoup repensé à notre conversation, j’ai ressenti de l’humiliation, car j’ai toujours voulu aider les musulmans opprimés et, le jour où on me propose quelque chose de concret, même si c’était radical, je me dégonfle, a-t-il poursuivi. Je n’ai pas supporté et j’ai dit oui, par fierté.» Il télécharge alors tout ce qu’il peut dénicher sur le djihad. Ses réticences s’estompent. «Ce qui m’a le plus attiré, c’est qu’en parlant de ce sujet sur le Web, j’étais populaire, on me disait que j’étais courageux, j’avais une estime de moi encore jamais connue.»

Il rencontre alors Aberouz, qu’Abdul Raseed décrit comme «fort dans sa tête, très spirituel». Suffisamment pour être envoyé très vite dans un camp au Waziristan, vers la frontière pakistano-afghane. «On a voulu jouer à la guéguerre. L’islam modéré ne m’attirait pas, pas assez sulfureux», a expliqué Aberouz. «On a utilisé des versets du Coran pour justifier nos actions», a-t-il reconnu, estimant qu’il ne serait «pas tombé dans ce traquenard» s’il avait «mieux connu» sa religion. «Je voulais juste tirer à la kalachnikov, me défouler un peu, pour faire comme dans Call of Duty(un jeu vidéo, NDLR) ou ce qu’on voit à la télé», a-t-il encore poursuivi. Une fois dans l’avion, il a douté. «Mais je ne pouvais plus reculer, cela aurait été la honte.»

Aberouz s’est envolé avec Zohab Ifzal, embrigadé par Rajraji qui le connaissait depuis le lycée. Le garçon intéressait particulièrement le groupe pour ses origines pakistanaises facilitant l’obtention de visas. «Il n’avait pas le profil, a reconnu Aberouz. Il a été utilisé comme sauf-conduit parce qu’il avait de la famille là-bas.» Ifzal n’a pourtant eu besoin que de 2 entrevues avec Abdul Raseed pour accepter de partir. «Je ne réfléchissais pas beaucoup, j’avais trouvé des gens qui m’apportaient un soutien que je n’avais pas dans ma famille», a-t-il justifié… À la question de savoir ce qu’ils auraient fait en rentrant en France, Ifzal a répondu ne pas savoir: «C’était très flou.» Aberouz, lui, pense qu’Abdul Raseed aurait attendu «des instructions pour qu’on commette des attaques».

Le procureur a requis des peines de 8 ans de prison à l’encontre de Mohamned Niaz Abdul Raseed, 6 ans à l’encontre de Charaf-Din Aberouz et Saad Rajraji et 3 ans contre Zohab Ifzal.

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http://www.parismatch.com/Actu/Societe/Magnanville-une-instruction-etait-ouverte-contre-Larossi-Abballa-997871

Magnanville: une enquête visait Larossi Abballa

 

Paris Match | Publié le 17/06/2016 à 17h07 |Mis à jour le 17/06/2016 à 17h16

 

Larossi Abballa faisait l'objet d'une surveillance.

Larossi Abballa faisait l’objet d’une surveillance. DR

 

Le tueur de Magnanville a été identifié dans une instruction judiciaire avant qu’il passe à l’acte, assassinant le couple de policiers.

Le terroriste Larossi Abballa faisait l’objet d’une surveillance, d’écoutes et de géolocalisation lorsqu’il parti tendre son embuscade à Magnanville lundi soir pour poignarder un couple de policiers, ont révélé à Paris Match des sources policières et judiciaires. Cette instruction, ouverte contre X le 11 février dernier, porte sur une «filière de recrutement et d’acheminement de djihadistes vers la zone syrienne», indiquaient nos sources, soulignant que le degré de dangerosité du djihadiste a peut être été sous-évalué avant son passage à l’acte.

La DGSI menait les investigations sur commission rogatoire d’un magistrat antiterroriste. C’est dans ce cadre, à la faveur d’écoutes téléphoniques et de géolocalisations, que le portable d’Abballa a été identifié. Des échanges avec ses deux amis, Français d’origine marocaine, auraient ainsi été interceptés. Le premier, Saad Rajaraji, technicien en électronique, est âgé de 27 ans. Lors de la perquisition à son domicile, les enquêteurs ont découvert une carte du département de Seine-Saint-Denis, sur laquelle les commissariats de police du département sont précisément localisés. Ce document serait toutefois «ancien», selon des sources judiciaires. Le second, Charaf-Din Aberouze, 29 ans, serait le plus radicalisé. Les deux suspects avaient déjà été condamnés en 2013, à 5 ans de prison ferme, en même temps que leur ami Abballa, pour leur participation active à une filière de recrutement de combattants destinés au Pakistan. Dans cette affaire, Abballa avait écopé de 3 ans dont 6 mois avec sursis. Lors de son procès, Aberouze avait reconnu avoir effectué une formation militaire dans les zones tribales du Waziristan.

A voir :François Hollande rend hommage à « deux héros du quotidien »

Un départ en Syrie sous couvert de pèlerinage à la Mecque?

A présent, un troisième homme est également interrogé dans les locaux de la Direction générale de la sécurité intérieure (DGSI) pour une garde à vue prolongée de 96 heures, qui prendra fin samedi. Les limiers de la DGSI tentent de déterminer dans quelle mesure ces «vieilles connaissances» pouvaient avoir connaissance du projet terroriste d’Abballa et s’ils lui ont apporté une aide quelconque dans son assassinat du commandant de police Jean-Baptiste Salvaing et de sa compagne Jessica Schneider, assistante au commissariat de Mantes-la-Jolie. Courant mars, Abballa devait effectuer un pèlerinage à La Mecque, en Arabie Saoudite, en empruntant un vol via la Turquie. Il aurait pu profiter de ce transit pour, en réalité, se rendre en Syrie afin d’y peaufiner le projet de filière djihadiste et d’y prendre des ordres d’attaques sur le sol français de la part de chefs de Daech.

Alors qu’il était retranché dans le pavillon de policiers, Larossi Abballa a diffusé sur Internet un long message vidéo. Dans celui-ci, il appelait ses «frères» à attaquer les policiers, les gardiens de prisons, et une liste de cinq journalistes ainsi qu’un universitaire, nommément cités. Ces six personnalités ont chacune été reçues au ministère de l’Intérieur jeudi, et toutes été placées sous protection policière.

 

http://www.huffingtonpost.fr/2016/06/14/abou-mohammed-al-adnani-larossi-abballa-terrorisme-policiers-magnanville-yvelines_n_10452534.html

Qui est Abou Mohammed Al-Adnani, l’homme qui a inspiré Larossi Abballa à Magnanville?

 

Le HuffPost  |  Par

Publication: 14/06/2016 14h01 CEST Mis à jour: 14/06/2016 14h01 CEST

 

ABOU MOHAMMED ALADNANI LAROSSI ABBALLA

 

TERRORISME – En décembre 2015, l’enquête sur les attentats de Paris révélait le rôle prépondérant joué par Abou Mohammed Al-Adnani, porte-parole de l’organisation Etat islamique, dans les opérations extérieures du mouvement djihadiste. Il est considéré comme le véritable cerveau des attaques du 13 novembre.

L’attaque de Larossi Abballa perpétrée contre deux policiers à Magnanville dans les Yvelines est une réponse directe aux consignes d’Al-Adnani qui ne cesse d’exhorter ses partisans à passer à l’action dans leurs pays d’origine contre les forces de l’ordre des pays de la coalition engagés dans la lutte contre l’organisation, en Syrie et en Irak. Dans un message diffusé le 21 mai, le porte-parole de l’EI appelait, notamment, à des attaques contre les Etats-Unis et l’Europe pendant le mois du ramadan, qui a débuté le 6 juin.

Un vétéran du jihad

Originaire de la région d’Idlib, dans le Nord de la Syrie, Al-Adnani ne semblait pas destiné à devenir l’orateur consacré du mouvement jihadiste. En 1998, celui que les quotidiens arabes qualifient « d’ermite soufi » à la personnalité introvertie disparaît. On retrouve sa trace en 2003, en Irak, peu après l’invasion américaine.

Selon le département d’Etat américain, cité par Le Monde, Al-Adnani est « l’un des premiers combattants étrangers à s’opposer aux forces de la coalition en Irak ». Il prête alors allégeance à Abou Moussab Al-Zarkaoui, fondateur et maître à penser de l’EI, tué en 2006.

Capturé en 2005, Al-Adnani est emprisonné dans le camp Bucca, une prison gérée par l’armée américaine dans le sud de l’Irak, par laquelle sont passés de nombreux dirigeants de l’EI. Comme beaucoup d’autres jihadistes, c’est en ces murs qu’il rencontre l’homme qu’il présentera quelques années plus tard comme le nouveau « calife », Abou Bakr Al-Baghdadi.

Le ministre des attentats

Relâché en 2010, Abou Mohamed Al-Adnani profite du soulèvement populaire contre le régime de Bachar Al-Assad, qui éclate en mars 2011 pour renouer avec ses anciens compagnons d’armes irakiens.

Au fil des années, il est devenu une figure importante au sein de l’EI, au point que les services de renseignements occidentaux ont tendance à le considérer comme le « ministre des attentats », qui pourrait être chargé, en plus de motiver des jihadistes isolés, de superviser des campagnes de terreur en Occident.

Le responsable de l’EI le plus recherché

Si bien que l’homme fait désormais partie des terroristes les plus recherchés de la planète. Selon Le Monde, depuis août 2014, il figure sur la liste officielle américaine antiterroriste intitulée « Rewards for Justice », qui promet la somme de 5 millions de dollars pour tout renseignement permettant sa traque et son arrestation.

Selon les médias américains, il est le responsable le plus recherché par les Etats-Unis au sein du groupe Etat Islamique devant même Abou Bakr Al-Baghdadi, le chef de l’organisation.

« Tuez des policiers »

Comme Larossi Abballa, le meurtrier de deux policiers dans les Yvelines, Al-Adnani encourage ceux qu’il nomme « les soldats du califat » à utiliser n’importe quelle arme disponible contre « les soldats des tyrans ».

Dans un long message audio diffusé en septembre 2014 par Al Furqan, le principal média de l’EI, il lançait: « Levez-vous, monothéistes, et défendez votre Etat depuis votre lieu de résidence, où qu’il soit. Attaquez les soldats des tyrans, leurs forces de police et de sécurité, leurs services de renseignements et leurs collaborateurs ».

« Si vous ne pouvez pas faire sauter une bombe ou tirer une balle », expliquait-il, « débrouillez vous pour vous retrouver seul avec un infidèle français ou américain et fracassez-lui le crâne avec une pierre, tuez-le à coups de couteau, renversez-le avec votre voiture, jetez-le d’une falaise, étranglez-le, empoisonnez-le ».

Ainsi, depuis mars 2012, et l’assassinat par Mohamed Merah de trois militaires à Toulouse et Montauban, les policiers et soldats français ont régulièrement été pris pour cible par des jihadistes, agissant le plus souvent isolément. Ils sont sept à avoir perdu la vie dans ces attaques ciblées.

Lire aussi :

• Daech revendique le meurtre de deux policiers près de Paris

• Ce que l’on sait du meurtrier des policiers de Magnanville

• Nouveau coup dur pour l’État islamique, privé d’un axe stratégique

 

Hervé Gourdel : un des assassins tué lors d’une opération antiterroriste fin octobre

A l’occasion de la publication de cette information, je rappelle comment mon Chinois de Thaïlande avait brutalement « pété les plombs » le 29 octobre dernier, alors qu’il avait recommencé à s’exciter depuis quelques jours, m’obligeant même à fermer totalement les commentaires sur ce blog en date du 1er novembre 2014.

Il tend à se calmer depuis quelques jours :

 

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http://www.elwatan.com/actualite/un-des-auteurs-de-l-assassinat-du-francais-herve-gourdel-a-ete-elimine-par-l-anp-en-octobre-dernier-26-11-2014-279225_109.php

Un des auteurs de l’assassinat du Français Hervé Gourdel a été éliminé par l’ANP en octobre dernier

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le 26.11.14 | 14h02

Le ministre de la justice Garde des sceaux  Tayeb Louh a indiqué mercredi à Alger qu’un des terroristes qui ont assassiné,  fin septembre dernier, le ressortissant français Hervé Gourdel a été éliminé  par les forces de l’armée nationale populaire lors d’une opération antiterroriste.

  »Il ressort de l’enquête sur l’assassinat du ressortissant français  Hervé Gourdel que l’un des auteurs de ce meurtre, identifié  auparavant, a été éliminé en octobre dernier par les éléments de l’ANP  dans le cadre d’une opération antiterroriste », a déclaré M. Louh à la presse  en marge d’une séance plénière de l’Assemblée populaire nationale (APN) consacrée  au vote des projets de loi sur la création d’un fonds de pension alimentaire  pour les femmes divorcées exerçant le droit de garde des enfants et sur les  mutuelles sociales.

« L’enquête préliminaire dans cette affaire a permis d’identifier  un nombre de terroristes responsables de l’enlèvement et de l’assassinat du  touriste français, parmi lesquels figure le terroriste éliminé par les éléments  de l’ANP », a-t-il précisé.

Concernant l’enquête sur l’assassinat, en 1996, des moines de Tibhirines,  le ministre de la justice a fait savoir que la mission de la justice algérienne  dans cette affaire, comme dans d’autres, était d’oeuvrer dans le cadre de la  loi pour faire la vérité dans la pondération et conformément aux us  et traditions en vigueur en la matière ».

« Cette Affaire est soumise au niveau du pole judiciaire  compétent du tribunal de Sidi M’hamed et le juge d’instruction fait le nécessaire  conformément à la loi, a-t-il enchaîné assurant que la coopération  entre la justice algérienne et son homologue française « se déroule dans de bonnes  conditions ».

« Il y a une coopération entre la justice algérienne et la justice  française sur plusieurs affaires.Les deux parties travaillent dans le respect  de la loi et de la souveraineté de chaque Etat et sur la base des accords judiciaires  liant les deux pays », a encore soutenu M. Louh.

APS

 

http://www.leparisien.fr/international/algerie-un-des-assassins-du-francais-herve-gourdel-tue-par-l-armee-26-11-2014-4324541.php

Algérie : un des assassins du Français Hervé Gourdel tué par l’armée

 

Publié le 26.11.2014, 16h03 | Mise à jour : 17h16

Le Niçois de 55 ans Hervé Gourdel, enlevé et assassiné en Algérie par un groupe jihadiste.

Le Niçois de 55 ans Hervé Gourdel, enlevé et assassiné en Algérie par un groupe jihadiste. | Google + Hervé Gourdel

 

L’un des assassins présumés du Français Hervé Gourdel, enlevé puis décapité en Algérie en septembre dernier, a été tué par l’armée algérienne, selon le ministre de la Justice, Tayeb Louh.

L’homme est mort au cours d’une opération anti-terroriste qui s’est déroulée à la fin du mois d’octobre.

«L’enquête préliminaire dans cette affaire a permis d’identifier un nombre de terroristes responsables de l’enlèvement et de l’assassinat du touriste français, parmi lesquels figure le terroriste éliminé par les éléments de l’Armée nationale populaire (ANP)», a précisé à l’agence APS le ministre algérien au cours d’une conférence de presse. En revanche, le ministre n’a pas précisé son identité ni les circonstances dans lesquelles il avait été tué.

Guide de haute montagne de 55 ans dans le sud de la France, Hervé Gourdel avait été enlevé le 21 septembre à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger. Le groupe islamiste Jund al-Khilafa («Les soldats du califat») avait revendiqué son enlèvement puis sa décapitation diffusée sur Internet.  Selon le groupe, cet acte avait été commis en représailles à l’engagement de la France aux côtés des Etats-Unis dans les frappes aériennes contre le groupe Etat islamique (EI) en Irak. Cet assassinat avait suscité une très vive émotion en France. Les drapeaux étaient restés en berne pendant trois jours. Le mois dernier, Hervé Gourdel a été fait chevalier de la Légion d’honneur à titre posthume.

L’armée toujours à la recherche du corps d’Hervé Gourdel

Depuis cet assassinat, l’armée algérienne a lancé une opération d’envergure pour retrouver le corps du touriste français et localiser ses assassins dans le massif montagneux du Djudjura en Kabylie, à une centaine de kilomètres à l’est d’Alger. De son côté, la justice algérienne a lancé des poursuites contre quinze personnes actuellement en fuite et soupçonnées d’avoir participé à l’enlèvement. Toutes algériennes, elles sont poursuivies notamment pour «création d’un groupe armé terroriste», «prise d’otage» et «assassinat avec préméditation». Parmi elles figure le chef de Jund al-Khilafa âgé de 37 ans, Abdelmalek Gouri, dit Khaled Abou Souleïmane.

Les Soldats du califat avaient surgi sur la scène jihadiste fin août en publiant un communiqué annonçant avoir quitté Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), dénoncée pour sa «déviance», et fait allégeance à l’EI.

LeParisien.fr

 

http://www.lesoirdalgerie.com/articles/2014/11/23/article.php?sid=171273&cid=2

Actualités : Assassinat d’Hervé Gourdel
Daesh revendique l’enlèvement et la décapitation

Le Daesh, communément appelé l’Etat islamique, a officiellement revendiqué l’enlèvement et la décapitation du Français Hervé Gourdel en Algérie. C’est sa publication dénommé «Dabiq» qui a fait état de cette information, tout en se félicitant d’avoir «trouvé quelques djihadistes assoiffés de relancer la guerre».

Abder Bettache – Alger (Le Soir)

En revendiquant l’assassinat de l’alpiniste français, l’organisation terroriste Daesh confirme ainsi le ralliement du groupe Jund Al Khalifah à ses thèses.

Le groupe terroriste qui avait kidnappé et tué Hervé Gourdel avait déclaré son allégeance à l’Etat islamique en septembre dernier, soit quelques jours après le rapt. Selon «Dabiq», le groupe terroriste Jund Al Khalifah avait très «vite répondu à l’appel d’Abou Mohamed Al Adnani au ralliement à l’Etat islamique, en faisant un prisonnier français puis en l’exécutant pour punir la France d’avoir rejoint la coalition contre Daesh en Irak et en Syrie».

L’autre information mise en exergue par la publication de l’organisation terroriste est celle relative aux pays ciblés par les djihadistes de Daesh, qu’ils qualifient de «terres stratégiques pour le mouvement terroriste en vue d’une extension du Khalifat».

Pour rappel, les autorités algériennes ont identifié l’exécuteur de l’otage français, Hervé Gourdel. Il s’agissait de Kherza Bachir. En effet, l’homme masqué qui avait décapité le Niçois de 55 ans le 24 septembre dernier est un terroriste connu des services de sécurité et natif de Bab El-Oued. Connu pour avoir participé à de nombreuses actions criminelles, l’assassin en question est considéré comme le «mufti» (interprète de la loi musulmane, ndlr) du groupe terroriste Jund Al Khalifah. Pour rappel, c’est au cours d’une patrouille que les soldats de l’ANP sont tombés sur le campement des terroristes situé dans la forêt d’Aït Ouabane, en pleine montagne. Les militaires ont découvert des vêtements abandonnés à la hâte, des médicaments (dont des antidépresseurs), des obus de mortier, de la nourriture et un téléphone portable contenant des photos d’islamistes en armes. Après plusieurs vérifications, la plupart des 32 terroristes qui apparaissent sur la vidéo ont été identifiés.

Selon un communiqué du ministère de la Défense nationale (MDN), «le campement qui servait d’abri pour ce groupuscule terroriste, lors de l’exécution de son acte abject, a été détruit et les équipements qui étaient en sa possession ont été récupérés».

Cette découverte, poursuit la même source, intervient suite à une opération de recherche et de ratissage de «grande envergure» lancée par l’armée nationale populaire (ANP), dès l’enlèvement du ressortissant français, le 21 septembre, en «déployant tous les moyens nécessaires afin de retrouver et neutraliser le groupe terroriste qui a commis cet acte odieux».

Dans la première phase, cette «opération a permis aux forces de l’ANP de trouver l’endroit où l’enlèvement du ressortissant français a eu lieu, sur les hauteurs du mont Djurdjura, dans la wilaya de Tizi Ouzou», ajoute le texte qui souligne que l’ANP est déterminée à poursuivre ces «criminels» jusqu’à leur élimination totale.

Le ministère avait précisé que l’opération de recherche et de ratissage était toujours en cours. A noter que Gourdel, 55 ans, un guide de montagne était arrivé samedi 20 septembre dernier à Alger puis enlevé dimanche soir à Tikdja, alors qu’il était en compagnie de cinq Algériens lorsqu’ils ont été ciblés par les terroristes. Ses accompagnateurs originaires de la wilaya de Blida qui ont été libérés par les ravisseurs ont été entendus par les enquêteurs dans le cadre de l’enquête.

La police leur reproche de ne pas avoir signalé la présence de Gourdel aux autorités locales. Ils ont été placés sous contrôle judiciaire.

A. B.

Affaire Hervé Gourdel : comment l’armée algérienne traque les terroristes

http://www.courrierinternational.com/article/2014/10/13/comment-l-armee-algerienne-a-identifie-l-assassin-de-gourdel?page=all

REPORTAGE Comment l’armée algérienne a identifié l’assassin de Gourdel

 
Les autorités algériennes ont révélé le 11 octobre l’identité du terroriste qui a décapité Hervé Gourdel. Il s’agit de Kherza Bachir, originaire d’Alger, et qui a à son actif de nombreux assassinats. L’armée algérienne poursuit sa traque en Kabylie.

  • 13 octobre 2014
L'armée algérienne poursuit la traque des terroristes en Kabilye, le 10 octobre à côté du village de Aït Ouabane -AFP/Farouk Batiche
L’armée algérienne poursuit la traque des terroristes en Kabilye, le 10 octobre à côté du village de Aït Ouabane -AFP/Farouk Batiche
Le vent souffle fort sur le mont de Lalla Khedidja, en Kabylie, l’un des plus hauts pics d’Algérie. Une file interminable de véhicules militaires longe la route sinueuse qui relie Tizi Ouzou à cette montagne très prisée par les amoureux de la nature. A 560 mètres d’altitude, nous faisons notre première halte.Nous sommes à Tizi n’Kouilal. Une grande tente verte sert de QG au commandement de l’opération militaire lancée il y a trois semaines dans la forêt de Aït Ouabane, à la recherche du groupe terroriste Djound Al-Khilafa (Les soldats du califat), auteur de l’enlèvement et de l’assassinat [le 24 septembre] du ressortissant français Hervé Gourdel. Le dispositif mis en place est impressionnant. De la peinture noire sur le visage, le dos et la tête couverts d’herbes, les paras sont positionnés dans les coins les plus reculés.Formant une chaîne humaine, ils nous assurent le passage jusqu’au campement des terroristes. Avec nous, le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou, un colonel parachutiste, un homme de terrain qui cumule au moins deux décennies de lutte antiterroriste. Il connaît les coins et recoins de cette région comme sa poche. Durant tout notre voyage, il nous parle de la coopération de la population, de son patriotisme et de sa patience. « Cette région a déjà été nettoyée. Regardez bien le relief accidenté, à proximité des villages, à cheval entre trois wilayas, il y a de l’eau et une dense forêt pour les protéger. C’est une zone stratégique qui leur permet de voir de loin tout mouvement de l’armée. Avant même que nous arrivions, ils sont déjà très loin », explique le colonel.

Gourdel a emprunté ce chemin

Nous laissons nos véhicules pour entamer l’ascension, à pied, d’une ancienne route datant de l’époque coloniale, devenue piste, qu’empruntent les amoureux de cette montagne pour faire du camping. Les jeunes paras sont aux aguets. A gauche puis à droite, leurs kalachnikovs sont tout le temps en mouvement. Nous sommes déjà à plus de deux kilomètres. Des troncs d’arbre jonchent la route. « Ici, seuls les bergers s’aventurent et, dès qu’ils voient ces troncs d’arbre par terre, ils savent qu’il y a une chance sur deux pour tomber sur des terroristes. Gourdel et ses accompagnateurs ont emprunté ce chemin », explique le colonel.

Nous continuons à marcher sous les rafales de vent. Le paysage est féerique. Des sources d’eau douce, de la verdure à perte de vue, un panorama à couper le souffle. Nous arrivons devant un grand bassin en béton, qui récolte l’eau des entrailles du mont Lalla Khedidja, avant d’être déviée vers l’usine d’embouteillage située au pied de la montagne. Les parachutistes se mettent à genoux, en position de tir, les armes pointées pour certains vers le haut et pour d’autres vers les falaises. « C’est ici, devant ce bassin, que les terroristes ont enlevé Gourdel. Vers quelle destination l’ont-ils emmené ? Aucun des accompagnateurs n’a pu nous le dire. Cependant, ce qui est certain, c’est que l’endroit est à deux kilomètres seulement du campement du groupe », souligne l’officier.

Un véritable campement

Des appels radio brisent le silence. A quelques kilomètres, les paras viennent de trouver un obus Hawn, des jumelles et des engins suspects. « Ne faites rien, nous ne sommes pas loin de la zone », ordonne l’officier. Nous entamons la rude escalade d’un monticule. Bien camouflés, les paras sont partout. Sur les arbres, les rochers, dans les moindres coins exposés. Ils nous ouvrent le passage. Cela fait deux heures que nous marchons. Nous arrivons enfin à un vaste terrain, au milieu duquel se trouve un immense cèdre entouré de grosses pierres. « C’est ici que les terroristes ont tenu leur réunion d’allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) », révèle l’officier. L’endroit semble avoir été déserté à la hâte.

De vieilles baskets noires, des chaussettes, des sous-vêtements sont accrochés aux branches des arbres. Non loin, une cuisinière improvisée avec une cuve métallique à l’intérieur de laquelle une lame de fer est tapissée de charbon. Des marmites noircies par la fumée, des cuillères et des plats, mais aussi de grandes quantités de semoule, de pâtes, d’épices, de farine, de lait en poudre jonchent le sol. Des espaces où sont étalés des cartons sont aménagés en dortoir, alors que des sachets noirs couvrent les branches pour se protéger de l’humidité et du vent.

Le lieu est un véritable campement avec des postes de garde bien positionnés pour surveiller tout mouvement de véhicules et de personnes à des kilomètres, permettant ainsi une retraite en cas de pépin. Une odeur nauséabonde se confond à celle que dégagent les branches calcinées. L’officier se retire pour répondre à un appel radio. Un de ses éléments a trouvé un téléphone portable dans lequel se trouvent de nombreuses photos prises sur les lieux.

Le groupe s’est dispersé dans la précipitation

Des notices de médicaments, surtout des anti-inflammatoires, des antidouleur (notamment pour l’estomac) et des antidépresseurs sont éparpillées un peu partout. « Ils ont tous été identifiés à l’exception de ceux qui filmaient et de ceux qui assuraient la garde et n’apparaissent pas sur la vidéo. La majorité d’entre eux sont des rescapés des années 1990 [la décennie noire, années de guerre civile], seuls quelques-uns, les plus jeunes, sont de nouvelles recrues et donc inconnus des services de sécurité. Ils sont venus de Boumerdès, Bouira et Bordj Bou Arréridj pour la réunion. D’où la quantité de produits alimentaires. Nous avons détruit 25 kg de sucre, 80 kg de semoule, autant de farine et des dizaines de litres d’huile sans compter les autres ingrédients. Ils ont dû préparer cela pour recevoir les invités à la réunion. Ils ont filmé la séance d’allégeance, qui n’a été diffusée qu’après la décapitation d’Hervé Gourdel. Sur cette vidéo, trois des auteurs de cet assassinat étaient présents et leur chef, Gouri [Abdelmalek Al-Gouri, alias Khaled Abou Souleiman, un homme recherché par les services de sécurité algériens et condamné par contumace en 2012 à la peine capitale], n’apparaît pas, mais c’était lui qui parlait. Sa voix a été identifiée par nos spécialistes », explique le commandant du secteur opérationnel de Tizi Ouzou.

Pour lui, le groupe s’est dispersé dans la précipitation. Et d’ajouter : « Ils sont pris entre deux feux. Les forces de sécurité d’un côté, le groupe de Droukdel [Abdelmalek Droudkel, alias Abou Moussab Abdelouadoud, chef local d'Aqmi , Al-Qaida au Maghreb islamique] auquel ils ont déclaré la guerre de l’autre. Des batailles rangées entre les deux belligérants ne sont pas à exclure, d’autant que parmi ceux qu’on voit sur la vidéo, il y en a qui n’ont pas vraiment coupé les liens avec leurs anciens compagnons. »

Les visiteurs étaient très nombreux

L’officier donne l’ordre de tout brûler, de ne rien laisser sur les lieux. L’ordre de quitter l’endroit est donné. L’artillerie doit détruire des engins suspects trouvés cachés sous les buissons. Les jeunes paras scrutent les alentours. Ils nous ouvrent le passage et nous suivent pas à pas. Nous reprenons le même chemin, mais avec une autre équipe, toujours camouflée avec des branchages sur la tête et le dos. La prudence est de mise.

« C’est grâce à la population que nous sommes arrivés à ce lieu. Elle a été très coopérative. Notre présence sur les lieux la réconforte et cela nous encourage beaucoup. Tous ces jeunes parachutistes qui prennent part à l’opération sont déterminés à ne quitter la région qu’une fois nettoyée. Ils ne reculent devant rien. Ils sont très courageux. Ils avancent sans peur sur un terrain qu’ils savent miné. Il faut leur reconnaître une abnégation et un engagement sans faille », lâche l’officier, en tapant sur l’épaule d’un de ses éléments, dont l’âge ne dépasse pas les 25 ans.

Poursuivant notre marche, il nous montre du doigt, deux villages, en contrebas de cette montagne : Aït Ouabane et Aït Allaoua. « C’est vrai que les terroristes ne s’attaquent pas à la population de ces villages. Cependant, leur activité a privé la région des revenus du tourisme. Avant, les visiteurs étaient très nombreux et faisaient travailler de nombreuses familles. Ce n’est plus le cas aujourd’hui. Les gens ont peur de s’y aventurer », note le colonel.

Nous arrivons au QG. Pour le commandement, « il n’est pas question de laisser les bandes de criminels derrière nous. Avant que la première neige ne tombe, le groupe doit être totalement anéanti. C’est l’objectif assigné ». Les jeunes parachutistes font le va-et-vient. Certains viennent d’ajouter des couvertures dans leurs sacs à dos. Ils doivent assurer la relève et passer la nuit dans ces montages humides et froides. Cela fait trois semaines qu’ils n’ont pas quitté les lieux.

 

http://www.agoravox.fr/actualites/politique/article/assassinat-d-herve-gourdel-ou-va-l-157936

Assassinat d’Hervé Gourdel : où va l’Algérie ? Sous l’oeil des services secrets algériens…

 

dimanche 12 octobre 2014

L’assassinat d’Hervé Gourdel le 21 septembre dernier a de nouveau braqué les regards vers l’Algérie. Ce n’est pas la première fois que des événements tragiques concernant des Français s’y produisent : et si tout un chacun se souvient de l’assassinat des 7 moines de Thibhirine en 1996 dans des conditions similaires (épisode toujours pas officiellement éclairci 18 ans plus tard), on se rappelle moins la mort tragique de Pierre Claverie évêque d’Oran le 1er août 1996 et bien d’autres homicides moins médiatisés

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L’histoire du meurtre perpétré dans les monts du Djudjura est curieuse, nous a-t-on dit. Hervé Gourdel a été enlevé non loin du col de Tizi N’Kouilal qui culmine à 1560 mètres le 21 septembre, 24 heures après son arrivée en Kabylie où il a été amené par Karim Oukara, alpiniste de 43 ans résidant dans le Nord de la France, près de Lille, qu’il a connu grâce aux réseaux sociaux. Leur guide Oussama Dehendi, 22 ans, est connu pour faciliter les courses dans ces montagnes, c’est un professionnel reconnu. Ces 2 hommes capturés en même temps que le Français ont été libérés le 25 septembre quelques heures après l’assassinat du Français en même temps que les autres montagnards, Amine Ayache, Kamel Saâdi et Hamza Boukamoun. La rapidité de l’organisation de l’enlèvement interroge : les ravisseurs qui se réclament de l’Etat Islamique en Irak (Daech) étaient à l’évidence informés pour mettre au point en moins de 24 heures l’enlèvement, l’annonce de cette capture et la mise en scène de la décapitation. L’armée a été alertée très tôt : dès les premières heures du lundi 1500 hommes ont été amenés sur le terrain sous le commandement du général-major Boustila, bien avant que la première vidéo ne soit diffusée. Ce rapide déploiement interroge les observateurs.

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Par ailleurs l’enquête des services algériens a été bien trop simple. Les cinq accompagnateurs ont été relâchés cinq jours seulement après leur interpellation. D’autre part, chacun dans la région connaît les risques d’une expédition dans ces montagnes situées 40 km au sud-est de Tizi Ouzou, on les sait parcourues par des bandes armées issues des groupes islamiques des années 1990. Une centaine de personnes y ont été kidnappées depuis 10 ans. C’est pourquoi à Tizi Ouzou, mes interlocuteurs ne comprennent pas pourquoi cette expédition a été montée et affirment que c’est celui qui l’a décidé qui est le principal suspect.

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On sait moins que des régions entières de l’Algérie restent sous la menace de bandes terroristes où la sécurité n’est pas toujours assurée. La population probablement paralysée par la terreur et les massacres des années de guerre civile qui ont sévi pendant les années quatre-vingt-dix ne réagit pas. Et ils sont nombreux les Algériens à quitter le pays : en 2011 une étude réalisée par l’Université d’Alicante révélait que le nombre d’Algériens installés en Espagne augmentait de 5% chaque année, la même année les services officiels algériens annonçaient qu’il y avait plus de 60 000 algériens installés au Québec. En France ils sont près de 2 millions. En 2013 il n’y avait pas loin de 7 millions d’Algériens officiellement installés hors de leur pays (par comparaison il y a 1 700 000 Français qui vivent à l’étranger). L’émigration est un sport national algérien. Et un pays où la jeunesse n’aspire qu’à aller vivre sous d’autres cieux n’a pas d’avenir, d’autant que ce sont surtout les plus instruits, les plus cultivés qui s’enfuient.Ses dirigeants en sont-ils conscients ?

Ceux qui comme moi reviennent d’Algérie, un pays qu’ils fréquentent régulièrement, sont déconcertés à chaque visite : les mœurs changent, les mentalités régressent notamment loin des grandes agglomérations. Même dans les rues d’Alger, les femmes non voilées sont de moins en moins nombreuses. La vie est chère et l’inflation une réalité difficile à contourner. L’Etat débourse sans compter la manne pétrolière et gazière, sans penser, semble-t-il, que cette richesse commence à s‘épuiser. Tout ceci pour acheter une paix sociale qui n’est qu’artificielle et qui disparaîtra lorsque l’exaspération populaire le décidera. Et ce ne sont pas les projets pharaoniques inutiles, juste bons à jeter de la poudre aux yeux tel celui de la nouvelle grande mosquée d’Alger, près de l’Harrach, qui coûtera près de 3 milliards de dollars alors que l’agglomération en compte plusieurs centaines. Et comble d’ironie, ce seront 10 000 Chinois qui construiront cet ensemble qui pourra accueilli 40 000 fidèles, comme si les entreprises et la main d’œuvre algérienne manquaient alors que le chômage touche officiellement au moins 12% de la population active. L’autoroute Est-Ouest a également été construite par des Chinois.

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La Kabylie a été mise à l’index et subit de plus en plus le harcèlement des autorités. C’est une région qui se singularise par sa culture, sa langue, son histoire et ses coutumes. La Kabylie est un lieu où ses habitants tentent de maintenir ou de réhabiliter des valeurs démocratiques, de laïcité (les chrétiens n’y sont pas rares, le ramadan n’est pas obligatoire, on y trouve encore des boissons alcooliques à la vente). Tout est bon pour la discréditer. Ainsi l’assassinat d’Hervé Gourdel vient à point nommé pour la dénigrer. Les Kabyles sont pris en otages et finalement les terroristes islamistes – vraisemblablement manipulés par des services qui depuis plus d’un demi-siècle ont perfectionné leurs techniques qui n’ont pour but que de maintenir au pouvoir une oligarchie corrompue – y sont plus ou moins tolérés pour permettre l’élimination des militants amazighs les plus actifs sans que le gouvernement ne puisse être directement accusé. Ce dernier permet que dans des lieux géographiquement limités le terrorisme survive pour maintenir un climat d’insécurité.

Cette immersion dans la réalité algérienne ne peut qu’engendrer l’inquiétude : inquiétude pour un peuple qui semble abandonné par ses dirigeants, inquiétude de constater que le désordre et l’insécurité s’y installent, que le chômage et la précarité se développent, que l’islamisme radical poursuit ses avancées et que cette situation ne peut que s’étendre aux autres pays du Maghreb. Ils ne sont pas rares les chibanis qui évoquent avec une nostalgie à peine cachée le temps où le pays avait d’autres maîtres.

http://www.metamag.fr/metamag-2322-… 

http://www.jeuneafrique.com/Article/JA2804p048.xml0/

Algérie : jours tranquilles en Kabylie… malgré le terrorisme

 

13/10/2014 à 10:47 Par Farid Alilat, envoyé spécial

 

Tizi Ouzou en Kabylie.
Tizi Ouzou en Kabylie. © MOURAD ALLILI / AFP

Quelques jours après l’exécution atroce d’un otage français par des jihadistes, on est loin de l’atmosphère de psychose décrite par les médias. Retour sur les lieux du crime.

Montagnes du Djurdjura, en Kabylie, à 100 km à l’est d’Alger. Pour accéder au chalet où Hervé Gourdel a passé la nuit du 20 au 21 septembre, il faut emprunter un chemin étroit surplombant un ravin vertigineux, serpenter au milieu de cèdres centenaires qui forment à certains endroits des voûtes naturelles, ou encore slalomer entre les vaches faméliques qui y paissent librement. Devant la bâtisse en pierre taillée et aux tuiles rouges qui domine une clairière, des militaires bivouaquent au-dessus d’une dizaine de camions moteurs éteints.

Au milieu d’un troupeau de vaches, allongés sur l’herbe, des soldats se reposent, devisent ou tapotent sur leurs portables. Devant le barrage permanent installé à l’entrée du complexe touristique de Tikjda, partiellement incendié par des groupes armés dans les années 1990, trois militaires en faction jettent à peine un regard aux automobilistes qui se frayent un passage. À dix minutes de voiture plus au nord, sur le piton de Tizi Nkouial, à 1 560 m d’altitude, une vingtaine d’autres montent la garde.

Difficile de croire que dans ce décor fait d’alpages et de paysages lunaires s’est déroulé un drame qui a bouleversé et révulsé la planète, et replongé les Algériens dans les pires heures de la décennie noire : la décapitation, le 24 septembre, du touriste français Hervé Gourdel, 55 ans, par des éléments de Jund al-Khilafa (« soldats du califat »), nouvel affidé de l’État islamique (EI).

On est loin de cette atmosphère de traque, de guérilla et de psychose décrite par les médias.

Encore plus difficile de croire qu’une vaste opération ayant mobilisé 3 000 hommes - dont des parachutistes -, des hélicoptères, une armada de camions et de blindés s’y est déroulée pendant une semaine pour tenter de retrouver les ravisseurs et la dépouille de l’otage exécuté. Ici, en ce dimanche 28 septembre, le calme règne. Le dispositif a-t-il été levé ou surestimé ? Toujours est-il que dans ce massif à cheval sur les départements de Bouira, Tizi-Ouzou et Béjaïa, dans les hameaux à flancs de montagne, on est loin de cette atmosphère de traque, de guérilla et de psychose décrite par les médias.

« Ce coin est un havre de paix »

Issu d’une famille de bergers, Amar, 36 ans, vit dans ces pâturages, avec ses vaches, son cheval et ses chiens, de la fonte des neiges du printemps jusqu’aux premiers flocons d’hiver. En ce dimanche caniculaire, son seul motif d’inquiétude est une jeune vache qui tarde à mettre bas. Les terroristes ? Amar dit qu’ils ont toujours rôdé dans le coin sans s’en prendre aux populations locales. La grande opération de l’armée ? « J’ai vu passer des camions remplis de soldats, mais ce n’est guère nouveau, confie-t-il. Les militaires passent souvent par ici. » Alors, le soir, à la belle étoile, devant sa télé alimentée par un groupe électrogène, ce berger a du mal à reconnaître ses montagnes, que l’on décrit comme infestées de terroristes.

« Ce coin est un havre de paix, corrige Amar. Des familles et des touristes, y compris des étrangers, y campent même la nuit sans la moindre inquiétude. Depuis la mort du Français, le climat est devenu un peu pesant. Mais vous verrez que dans peu de temps la situation redeviendra normale. Des drames comme celui-là, nous, les montagnards, en avons tellement vécu qu’un livre ne suffirait pas à les raconter. » Ce fut le cas notamment en décembre 1994, quand quatre pères blancs français ont été mitraillés par des islamistes dans leur maison à Tizi-Ouzou, chef-lieu de wilaya (département) et principale ville de Kabylie.

Ath Ouabane, là où Hervé Gourdel aurait été enlevé le 21 septembre. Dans ce village rasé en 1958 par l’aviation française au plus fort de la guerre d’indépendance, les habitants sont partagés entre affliction et colère. Ici, on tient à rappeler que, par le passé, les villageois ont maintes fois repoussé les assauts de groupes armés venus subtiliser leurs armes, se ravitailler ou les racketter. « Déjà abandonné, Ath Ouabane est maintenant tristement entré dans l’histoire, maugrée Dahmane, vieux retraité. Notre village n’a rien à voir avec le rapt et l’exécution de ce touriste. »

Repaire du GIA

Makhlouf, enseignant dans le primaire, accable, lui, les autorités algériennes. « Plus de quatre-vingts citoyens ont été enlevés en Kabylie depuis 2005 sans 006102014145849000000JA2804p050_infoque l’État ne bouge le petit doigt, peste-t-il. Mais quand c’est un Français qui est kidnappé, l’armée dépêche des milliers de soldats. À croire que la vie d’un Français vaut celle de quatre-vingts Algériens. »

La Kabylie, fief des groupes armés ? Il y a dans cette sinistre réputation une part de vérité. Cette contrée montagneuse a en effet servi de repaire aux Groupes islamiques armés (GIA) dès le début des années 1990, mais aussi aux maquisards nationalistes durant la guerre d’Algérie ou aux bandits d’honneur au XIXe siècle. Pendant plus de quinze ans, ses maquis touffus, ses grottes et ses ravins étaient infestés de terroristes, qui y pratiquaient assassinats, embuscades, faux barrages et autres rackets.

Hassan Hattab, fondateur du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), repenti depuis 2007, en a longtemps fait son QG. Droukdel, l’insaisissable chef d’Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), s’y cacherait encore avec sa garde prétorienne. Si ces montagnes constituent encore des zones de repli, si des attaques contre les forces de sécurité sont encore périodiquement signalées, les terroristes n’y sont plus légion.

Certains ont été éliminés, d’autres ont déposé les armes, et il s’en recrute de moins en moins. « À preuve, commente un officier rangé de la lutte antiterroriste, personne n’est en mesure de fournir un chiffre crédible pour attester de la présence de ces irréductibles du jihad. » Aujourd’hui, des barrages militaires parsèment tous les accès aux grandes agglomérations, comme Ath Yenni, Les Ouacifs, Larbaa Nat Irathen, Aïn el-Hammam ou Azzefoune, et aux centaines de villages environnants. L’armée a installé des campements et des casernes autour des grands massifs forestiers dont la surface globale s’amenuise au fil des ans en raison des incendies récurrents.

Plus que l’activisme terroriste, c’est le banditisme et les enlèvements qui inquiètent la population. « La mort du Français est révélatrice de l’insécurité qui règne dans notre région, déplore Améziane Medjkouh, 63 ans, président de la Chambre de commerce et d’industrie du Djurdjura. Des opérateurs privés locaux ont subi le même sort sans susciter autant d’émoi. » Pour cet entrepreneur, la Kabylie a besoin de routes, de gaz de ville, de logements, d’emplois, de loisirs. « Elle a été marginalisée, alors que ses écoliers et lycéens sont parmi les meilleurs du pays, souligne encore Medjkouh. Ces zones montagneuses ont besoin d’un programme spécifique pour les sortir de l’isolement. Une fois qu’elles seront désenclavées, les terroristes ne pourront plus y mettre les pieds. »

Chasse… au sanglier

Yakouren, à 50 km à l’est de Tizi-Ouzou. Pendant des années, les forêts de chênes-lièges de cette grande bourgade ont servi de sanctuaire aux groupes d’Aqmi. On dit que les terroristes s’y sont terrés si longtemps que les animaux ne prenaient plus la fuite à leur passage. Depuis quatre ans, les chasseurs de gros et de petit gibier se sont réapproprié les lieux. « Hier, on y traquait les terroristes, aujourd’hui on y chasse les sangliers », plaisante Da El Hachemi, membre de l’Association des chasseurs d’Akfadou, agréée par l’État. Régulièrement, lui et ses compagnons, dont des officiers, organisent des battues dans les lieux mêmes où campent des jihadistes.

« Nous les avons croisés à maintes reprises à Yakouren, mais ils ne s’en prennent jamais à nous, raconte Mohamed, un autre chasseur. Ils nous dissuadent d’emprunter certaines pistes ou de s’aventurer devant leurs campements, qu’ils piègent. » L’année dernière, ces chasseurs ont mené une grande battue à Mizrana, autrefois fief de Hassan Hattab, avant de revenir avec une vingtaine de sangliers. Ce 29 septembre, Da El Hachemi et ses amis en préparent une autre, prévue pour début octobre. Comme si de rien n’était…

Col de Tirourda, à dix minutes à vol d’oiseau du chalet de Tikjda. Dans un bar-restaurant dont les larges baies vitrées plongent dans la vallée de la Soummam, des clients sifflent des bières jusqu’à une heure avancée de la nuit. Une file incessante de voitures et de camions montent ou descendent vers Tizi-Ouzou. Des automobilistes s’arrêtent de temps à autre pour acheter des canettes avant de reprendre la route. « Le malheureux touriste français ? Il s’est trouvé au mauvais endroit au mauvais moment », déplore un client.

Assassinat d’Hervé Gourdel : enquête sur ses accompagnateurs

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/algerie-l-otage-francais-decapite-par-ses-ravisseurs_1578891.html

Algérie: l’otage français décapité par ses ravisseurs

 

Par LEXPRESS.fr, publié le 24/09/2014 à 17:11, mis à jour à 17:54

Le groupe djihadiste Jund al-Khilafa annonce dans une vidéo avoir exécuté Hervé Gourdel, le Français pris en otage dimanche.

 

Algérie: l'otage français décapité par ses ravisseurs

Hervé Gourdel avait été kidnapé dimanche.

Youtube

Le pire est arrivé. Le groupe djihadiste Jund al-Khilafa a diffusé ce mercredi une vidéo montrant la décapitation de l’otage français Hervé Gourdel. Cette vidéo, pas encore authentifiée, s’intitule « Message de sang pour le gouvernement français ».

Le groupe avait menacé lundi dans une précédente vidéo de tuer ce guide de haute montagne de 55 ans enlevé en Kabylie, à l’est d’Alger, si la France ne renonçait pas « sous 24 heures » à ses frappes aériennes en Irak. L’ultimatum avait été rejeté mardi par le président François Hollande.

« Croisés criminels français »

Ce montage vidéo de près de 4m45 secondes débute par les images de François Hollande annonçant le début des bombardements français en Irak. Avant d’être exécuté, Hervé Gourdel mentionne, sous la contrainte, Hollande et Obama, puis envoie un message d’amour aux membres de sa famille. S’en suit plus de deux minutes de discours des djihadistes avant leur passage à l’acte. Un des hommes lit notamment un message dans lequel il dénonce l’intervention des « croisés criminels français » contre les musulmans en Algérie, au Mali et en Irak notamment.

L’enlèvement d’Hervé Gourdel, venu en Kabylie pour pratiquer la randonnée, avait eu lieu dimanche. Les randonneurs algériens qui l’accompagnaient avaient été relâchés par les ravisseurs, mais de telle façon que l’alerte auprès des autorités laisse suffisamment de temps aux terroristes pour déjouer au mieux la traque qui s’annonçait. 1500 militaires algériens avaient été déployés depuis lundi dans cette région montagneuse difficile d’accès.

Jund al-Khilafa (« les soldats du califat ») a prêté allégeance à l’organisation Etat islamique (EI) en juillet dernier. Après les bombardements français contre ses positions en Irak, EI a appelé en vidéo et dans diverses langues le week-end dernier au meurtre de citoyens de pays engagés dans la coalition internationale, et particulier de Français. Quelques heures plus tard, Hervé Gourdel était enlevé.

Avec Assassinat d'Hervé Gourdel : enquête sur ses accompagnateurs dans Attentats fpa

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mort-d-herve-gourdel-ces-djihadistes-nihilistes-sont-dans-une-surenchere-de-l-horreur_1579069.html

VIDEO. Mort d’Hervé Gourdel: « Des djihadistes nihilistes dans une surenchère de l’horreur »

 

Propos recueillis par , publié le 24/09/2014 à 21:56, mis à jour le 25/09/2014 à 10:28

Spécialiste de l’islamisme radical, le journaliste algérien H’mida Ayachi analyse pour L’Express la stratégie du groupe Jund al-Khilafa, qui a décapité l’otage français Hervé Gourdel.

VIDEO. Mort d'Hervé Gourdel: "Des djihadistes nihilistes dans une surenchère de l'horreur"

Capture d’écran d’un portrait d’Hervé Gourdel, placé sous les arcades de la mairie de Saint-Martin-Vésubie (Alpes-Maritimes), le 23 septembre 2014.

afp.com

Comment interprétez-vous l’exécution de l’otage français Hervé Gourdel par le groupe djihadiste Jund al-Khilafa (les soldats du califat) aussitôt après l’expiration de l’ultimatum lancé à la France?

Cette issue terrible était malheureusement prévisible. Dès que leur ultimatum a expiré, ces djihadistes ont mis leur sinistre menace à exécution. Tout simplement parce qu’ils n’avaient aucune intention de négocier. A partir du moment où leur demande – impossible à satisfaire – d’arrêter les frappes de la coalition internationale en Syrie et en Irak contre Daech, l’organisation Etat islamique, a été refusée, ils ont assassiné leur otage, en le décapitant. Les gens de Jund-al-Khilafa sont des salafistes djihadistes « nihilistes » : contrairement à ce qu’ils prétendent, ils n’ont aucun projet politique. Ils s’opposent à tous les autres courants de l’islamisme politique. S’ils ont prêté allégeance à Daech, l’organisation de l’Etat islamique, c’est surtout parce que ce dernier est le mouvement le plus puissant et le plus visible aujourd’hui. Ces djihadistes ont une formation très pauvre sur le plan idéologique. Mais ils sont dans la surenchère en matière de violence et d’horreur.

Qui sont les membres de ce groupe?

Ils sont plutôt jeunes. Leur chef, Abdelmalek Gouri, a 37 ans. Ils sont pour beaucoup le produit de l’échec du processus de concorde civile en Algérie durant les années 2000. Ce processus octroyait une grâce aux djihadistes qui déclaraient vouloir rentrer dans le rang. Abdelmalek Gouri avait été condamné en 1997 à cinq ans de prison pour avoir appartenu à une cellule de soutien du Groupe islamique armé (GIA) qui a semé la terreur en Algérie entre 1992 et 1999. Gouri a été libéré en 1999, mais il a repris le maquis dès l’année suivante. Il a fait partie du Groupe salafiste pour la prédication et le combat (GSPC), devenu Al-Qaïda au Maghreb islamique (Aqmi), en 2007. Puis, le 13 septembre dernier, Abdelmalek Gouri et ses hommes ont fait allégeance à l’Etat islamique.

Hervé Gourdel est le premier français assassiné par des djihadistes algériens depuis 2008. Il est aussi le premier otage français décapité. Que cherche Jund al-Khalifa en perpétrant cet acte horrible et en diffusant la vidéo?

Il a voulu faire un coup d’éclat, avec une énorme répercussion médiatique. Tout d’abord, Jund al-Khalifa adresse un message effrayant à l’Occident et, en particulier, à la France. Ensuite, il émet un signal fort en direction de la galaxie djihadiste. En décapitant son otage, il signe son acte sanglant à la manière de Daech : c’est une manière de rappeler son allégeance à cette organisation et de gagner en crédibilité auprès d’elle. C’est aussi un moyen d’attirer à elle d’autres groupes djihadistes locaux. En dépassant Aqmi en terme d’horreur mise en scène, Jund al-Khalifa compte s’affirmer comme l’organisation la plus radicale en Algérie et dans la région. Il peut attirer de nouveaux militants et combattants en incarnant le label de Daech en Algérie. Cette surenchère pourrait malheureusement fonctionner.

 

http://www.lexpress.fr/actualite/monde/afrique/mort-d-herve-gourdel-choc-colere-et-sideration-en-algerie_1579266.html

Mort d’Hervé Gourdel: choc, colère et sidération en Algérie

 

De notre correspondant à Alger, Anis Allik, publié le 25/09/2014 à 17:03, mis à jour à 19:19

Les recherches de l’armée algérienne pour retrouver l’otage français se sont avérées infructueuses. Ce crime perpétré au nom de l’EI ne devrait pourtant pas avoir d’impact sur les autorités algériennes.

 

Mort d'Hervé Gourdel: choc, colère et sidération en Algérie

L’entrée du village d’Ait Ouaban, à 80 km de Tizi Ouzou, dans les environs duquel l’armée algérienne a effectué des recherches pour retrouver Herve Gourdel

AFP PHOTO / FAROUK BATICHE

L’exécution en Algérie du randonneur français Hervé Gourdel par les djihadistes de « Jund al-khilafa », groupuscule dissident d’Aqmi et se réclamant de l’organisation Etat islamique, Daech, provoque un choc terrible dans le pays. Son intensité et son amplitude ne sont pas loin de celles ressenties en janvier 2013 après l’attaque de la plateforme gazière de Tinguentourine par un commando affilié à Al-Qaïda et l’assassinat sur ce site d’otages étrangers et occidentaux.

Mais, à la différence de ce qui s’est passé dans le désert de l’extrême sud du pays, les djihadistes qui ont tué le ressortissant français mercredi en haute Kabylie courent toujours. Dans leur sillage, et dans l’esprit des militaires algériens qui ont continué à mener ce jeudi matin des opérations de recherche, il s’est enkysté un terrible sentiment d’impuissance face au « manque de temps et de chance » de les intercepter ; et face au destin cruel qui a projeté dans le massif du Djurdjura le guide de montagne du pays niçois sur le chemin de ses assassins, la nuit du 21 septembre dernier.

Enquête en cours sur les accompagnateurs

« Les bourreaux auraient pu être n’importe où dans le massif du Djurjura où sont signalés de fréquents mouvements d’hommes armés, mais pas à Ait Ouabane, fief de résistance contre les islamistes retranchés dans la région durant les années 1990, pas où se trouvait Hervé Gourdel », rage un militaire algérien présent dans le massif avant de regagner Alger. Tant qu’ils n’ont pas été retrouvés et « écrasés comme à Tiguentourine », dira-t-il, il subsistera chez les « opérationnels » la frustration de n’avoir pas agi à temps. « L’enquête auprès des accompagnateurs algériens du randonneur français et sur les circonstances de son enlèvement n’est pas tout à fait terminée », laisse-t-il entendre. Elle peut conduire à de nouveaux éléments, mais il est très difficile selon lui de sortir de la « consternation » suscitée par des groupes qui ne sont plus ce qu’ils étaient, « ni en hommes ni en moyens », mais qui continuent de « donner de sales coups au pays ».

« Le crime odieux commis contre Hervé Gourdel, explique pour sa part le politologue Ahmed Khodja, n’a pas d’impact durable sur les autorités algériennes qui, bénéficiant du soutien précieux des Etats-Unis et de la France, passeront sous la crise » et continueront d’être écoutées sur le dossier de l’antiterrorisme. Il relance cependant le « vieux débat » du terrorisme résiduel -une « fiction fabriquée par le système Bouteflika » selon Athmane Mazouz du RCD, un parti de l’opposition-, et sur les moyens de combattre des djihadistes mondialisés et nihilistes, presque sanctuarisés en Kabylie, en impliquant une population dont la mobilisation s’est affaiblie.

Dilution du terrorisme dans le quotidien

En avril dernier, 11 militaires ont été tués dans les Ouacifs à quelques kilomètres du lieu où Hervé Gourdel a été enlevé. Dimanche dernier, près d’Iboudrarène, un bus transportant de jeunes soldats a été ciblé avant que le chef des assaillants ne soit éliminé. Tout cela s’est passé dans une passivité générale qu’on explique par le fait que des villageois, priés de se mettre de côté par les services de sécurité et par le gouvernement qui ne leur a pas restitué leurs fusils, ne défendent plus qu’eux-mêmes.

Pour le psychiatre Mahmoud Boudarene de Tizi-Ouzou, l’ancienne solidarité contre le terrorisme des groupes armés subsiste toujours là où existe le danger. Elle s’est cependant affaiblie sous le coup de l’ »inquiétante sidération » qu’ont les Algériens, en Kabylie en particulier, face à la violence dans sa globalité. C’est, d’après lui, le résultat de bouleversements sociaux dont le marqueur sombre est dans la « dilution » du terrorisme dans l’ »ordinaire » de rapts dont les motivations restent souvent inexpliquées. Selon un recensement non exhaustif, plus de 80 personnes ont été enlevées depuis 2005. Certaines ont perdu la vie. Mercredi, une quarantaine de citoyens se sont rassemblés devant l’université de Tizi-Ouzou pour dénoncer l’assassinat de Hervé Gourdel.

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/25/01003-20140925ARTFIG00188-assassinat-d-herve-gourdel-l-imprudence-des-accompagnateurs-algeriens.php

Assassinat d’Hervé Gourdel : l’imprudence des accompagnateurs algériens

    • Par Mélanie Matarese
    • Mis à jour le 25/09/2014 à 17:46
    • Publié le 25/09/2014 à 13:31
«Tous ceux qui font de la montagne savent que la zone de Tizi N'koulal est très dangereuse», affirme le président du Club sportif des montagnes d'Alger.

 

Selon le site arabophone al-Ahdat, le guide français serait entré en contact avec ses compagnons de randonnée algériens via Facebook.

«Tous ceux qui font de la montagne savent que la zone de Tizi N’koulal est très dangereuse. Moi-même, je n’y emmène plus personne depuis 1992. Quatre jours après l’enlèvement de Hervé Gourdel en Kabylie, exécuté mercredi par ses ravisseurs, Redouane Benzerroug, président du Club sportif des montagnes d’Alger, moniteur et guide de haut-montagne, se demande pourquoi ses accompagnateurs ont pris, selon lui, «un tel risque». «Il est très périlleux de s’aventurer au-delà du belvédère d’Assouil, (à trois km de Tizi N’Koulal, là où le groupe aurait été intercepté par les Soldats du Califat). Le terrain est encore dégagé et une caserne militaire se trouve à côté, précise-t-il. Mais au-delà du chemin forestier qui longe la forêt jusqu’à la grotte du Macchabée, la zone n’est plus sécurisée. En 2004, je me souviens que des skieurs algériens avaient été attaqués par des terroristes. Ici, tout le monde sait ça et un des accompagnateurs de l’otage le savait aussi».

Des Algériens qui se trouvaient avec Hervé Gourdel, on sait encore peu de choses. D’après des habitants de Tikdjda, ils seraient cinq. Il y aurait parmi eux un Franco-algérien, alpiniste amateur lillois originaire de Boufarik – un certain Karim Oukara, «électron libre qui vient souvent dans la région pour faire de l’alpinisme», et un certain Oussama Dehendi, qui serait âgé de 21 ans selon son frère, joint par téléphone en Allemagne. Sur sa page Facebook, celui-ci se présente comme «guide touristique à Tikdjda et précise qu’il habite à Boufarik. Son dernier post remonte au vendredi 19 septembre. Il indique dans son statut «ikdjda» (surexcité). D’après le quotidien Liberté, ces deux membres du club des alpinistes de Boufarik auraient été interpellés par les services de sécurité dans le cadre de l’enquête. La mère d’Oussama, que nous avons jointe par téléphone, précise avoir vu son fils «arriver mardi avec des gendarmes qui ont perquisitionné le domicile, avant de repartir avec les gendarmes pour Bouira».

Dans le groupe se trouvait aussi un certain Boukamoun, dont le père possède des chalets privés à Tikdjda. Toujours selon des habitants de la petite station, située à proximité d’une caserne militaire, d’une auberge et du Centre national des sports et loisirs, c’est dans sa maison qu’Hervé Gourdel aurait passé la nuit du samedi au dimanche après son arrivée à Alger. Il aurait même «appelé sa famille pour la prévenir qu’il se trouvait chez des amis». Beaucoup de mystère entoure encore l’identité du quatrième Algérien, que certaines sources décrivent comme «un mineur de Lakhdaria».

Ils seraient toujours retenus par les services de sécurité, qui leur reprocheraient de ne pas avoir signalé la présence d’un étranger parmi eux comme l’exige la procédure de sécurité. Selon le site arabophone al-Ahdat, qui cite des responsables sécuritaires, l’enquête a été confiée à la gendarmerie de Blida, aidée par des officiers du DRS (services de renseignement). Le site rapporte aussi qu’Hervé Gourdel est entré en contact avec ses accompagnateurs via Facebook. C’est Karim Oukara, le Franco-algérien de Lille qui l’aurait invité à venir en Algérie et qui aurait fourni l’attestation de résidence nécessaire pour l’obtention du visa. À l’aéroport, où l’attendaient Kamel et un des jeunes du groupe, le Niçois a ensuite pris directement la route pour Tikdjda dans une Kia Picanto. Le dimanche à 16h, ils auraient décidé de partir en promenade. Toujours selon al-Ahdat, les terroristes les auraient interceptés à proximité d’Ait Ouabane, relâchant quinze minutes plus tard les Algériens en leur disant: «prévenez les autorités si vous voulez».

 

http://www.lefigaro.fr/international/2014/09/25/01003-20140925ARTFIG00398-l-algerie-pourchasse-les-terroristes.php

L’Algérie pourchasse les terroristes

Convoi militaire de l'armée algérienne dans la région de Tizi Ouzou, au nord-est de l'Algérie, le 23 septembre.

 

Les accompagnateurs algériens d’Hervé Gourdel ont pris des risques en s’aventurant dans le massif du Djurdjura.

«Le ratissage se poursuivra nuit et jour jusqu’à ce que le corps d’Hervé Gourdel soit retrouvé» et que ses ravisseurs soient «neutralisés». Alors que les opérations de ratissage menées par près de 3000 militaires ne donnaient hier, toujours rien, les autorités algériennes ont répété que l’assassinat d’Hervé Gourdel ne resterait pas «impuni». Malgré le peu d’informations officielles données sur l’enquête, menée par la gendarmerie et les services de renseignements, des sources sécuritaires anonymes ont laissé entendre que les cinq Algériens qui accompagnaient le touriste français étaient toujours auditionnés.

Il y aurait parmi eux un Franco-Algérien, un Lillois originaire de Boufarik, un certain Karim Oukara, «un électron libre qui vient souvent dans la région pour faire de l’alpinisme», et un certain Oussama Dehendi, qui selon son frère en Allemagne joint par téléphone, aurait 21 ans. Sur sa page Facebook, il se présente comme «guide touristique à Tikjda» et précise qu’il habite à Boufarik. Son dernier post remonte au vendredi 19 septembre: il indique dans son statut «Tikjda! – surexcité!». D’après le quotidien Liberté, ces deux membres du club des alpinistes de Boufarik auraient été interpellés par les services de sécurité dans le cadre de l’enquête. La mère d’Oussama, que nous avons jointe par téléphone, précise avoir vu «son fils arriver mardi avec des gendarmes qui ont perquisitionné le domicile, avant de repartir avec les gendarmes pour Bouira.»

Les services de sécurité, qui ont perquisitionné les ordinateurs portables, les téléphones et les documents, n’auraient pas établi de lien entre les jeunes et les terroristes, mais ils leur reprochent de ne pas avoir signalé la présence d’un étranger parmi eux comme l’exige la procédure de sécurité. Une négligence dont les accusent aussi les connaisseurs de la région adeptes des sports de montagne. «Tous ceux qui font de la montagne savent que la zone de Tizi N’kouilal est très dangereuse. Moi-même, je n’y emmène plus personne depuis l’insurrection islamiste de 1992.»

Des villageois toujours en alerte

Quatre jours après l’enlèvement d’Hervé Gourdel en Kabylie, assassiné mercredi par ses ravisseurs, Redouane Benzerroug, président du Club sportif des montagnes d’Alger, moniteur et guide de haute montagne, se demande pourquoi ses accompagnateurs ont pris, selon lui, «un tel risque». «Il est très périlleux de s’aventurer au-delà du belvédère d’Assouil, (à 3 km de Tizi N’kouilal, là où le groupe aurait été intercepté par les Soldats du califat). Le terrain est encore dégagé et une caserne militaire se trouve à côté, précise-t-il. Mais au-delà – du chemin forestier qui longe la forêt jusqu’à la grotte du Macchabée – la zone n’est plus sécurisée. En 2004, je me souviens que des skieurs algériens avaient été attaqués par des terroristes. Ici, tout le monde sait ça et un des accompagnateurs de l’otage le savait aussi.»

Méziane, un habitant de Bouira adepte de randonnées, confirme, un peu gêné: «Oui, on sait que les terroristes sont là, comme dans d’autres coins non sécurisés au pied du Djurdjura. Dans les années 1990, en plein terrorisme, les gens de la région se sont armés pour se défendre et j’en connais dans des petits villages isolés, qui ont encore des armes.» Le sujet pourrait revenir d’actualité puisque le ministre de l’Intérieur, Tayeb Belaïz, a affirmé hier que tous les fusils de chasse confisqués durant la décennie noire devaient être restitués à leurs propriétaires. «Mais à Tikjda, poursuit Méziane, on ne risque rien. La semaine dernière, des membres du conseil d’administration de Danone, des Autrichiens, des Anglais, des Français et des Suisses, ont été hébergés au Centre national des sports et loisirs de Tikjda et sont partis en randonnée dans la montagne.»

Tikjda, c’est la petite station de montagne à 1475 m d’altitude où Hervé Gourdel a passé la nuit de samedi à dimanche, chez un autre Algérien du groupe, un certain Boukamoun, dont le père possède des chalets privés à Tikjda. Selon le site arabophone al-Ahdath, qui cite des responsables sécuritaires, le touriste français y est venu directement après son arrivée à l’aéroport où l’attendaient Karim Oukara et un autre de ses compagnons, avec qui il était entré en contact via Facebook. Le Franco-Algérien de Lille l’aurait invité à venir en Algérie, fournissant au consulat l’attestation de résidence nécessaire pour l’obtention du visa. Le dimanche à 16 heures, ils auraient décidé de partir en promenade. Toujours selon al-Ahdath, les terroristes les auraient interceptés à proximité d’Aït Ouabane, relâchant quinze minutes plus tard les Algériens en leur disant: «Prévenez les autorités si vous voulez.»

 

http://www.europe1.fr/international/otage-assassine-ses-compagnons-de-trek-entendus-2242557

Assassinat d’Hervé Gourdel : ses compagnons de trek entendus

 

Publié à 20h54, le 25 septembre 2014, Modifié à 06h57, le 26 septembre 2014

Assassinat d'Hervé Gourdel : ses compagnons de trek entendus

© SIPA
europe 1

Par Barthélémy Gaillard avec AFP 

COMPLICITÉ – La sûreté algérienne soupçonne l’un des compagnons d’Hervé Gourdel de complicité avec les terroristes responsables de sa mort.

 

Les compagnons de randonnées entendus par la police. Alors que l’opinion publique est en émoi après la décapitation d’Hervé Gourdel dans les montagnes de Kabylie, les enquêteurs de la police algérienne, eux, poursuivent leurs investigations. Elles les mènent pour l’instant aux cinq compagnons de randonnée d’Hervé Gourdel.

>> LIRE AUSSI – Hervé Gourdel a été décapité en Kabylie

En contact avec les ravisseurs ? De lourds soupçons pèsent sur les cinq personnes avec qui il se trouvait dans le massif du Djurdjura, selon un officier de la sûreté algérienne qui s’est confié au micro du correspondant d’Europe 1 en Algérie. En effet, l’armée est convaincue que l’un de ses accompagnateurs est en fait un complice de Jund Al-Khilafa, le groupe islamique qui revendique l’assassinat de l’otage français. Et pour cause, peu d’Algériens osent se rendre dans ce massif montagneux de Kabylie ou règnent les organisations terroristes. Pour l’armée, si un guide français a pu s’y rendre, c’est donc qu’un des accompagnateurs était en contact avec les ravisseurs.

>> LIRE AUSSI – Les musulmans de France entre colère et inquiétude

Jusqu’à douze jours de garde à vue. Aucune charge n’a été encore retenue contre ces amateurs de sports de montagne qui se sont rendus aux autorités après avoir été relâchés par les ravisseurs d’Hervé Gourdel selon ces sources. Selon la loi, ils auraient dû prévenir les autorités qu’ils accueillaient un étranger. En Algérie, la garde à vue peut aller jusqu’à 12 jours en matière de faits liés au terrorisme. Les enquêteurs cherchent à comprendre comment les quatre hommes ont rencontré l’otage décapité et dans quelles circonstances ils l’ont conduit à effectuer une randonnée dans une zone réputée pour abriter des groupes armés islamistes.

>> LIRE AUSSI – Comment expliquer la mort d’Hervé Gourdel aux enfants ?

« Ce sont des amateurs de trekking et de ski qui connaissent très bien la zone et qui servent de guides aux randonneurs », a expliqué un employé du parc national du Djurdjura, en excluant une possible relation entre eux et le groupe Jund al-Khilafa qui a revendiqué l’enlèvement et la décapitation de l’otage.

 

http://www.leparisien.fr/faits-divers/enquete-sur-les-accompagnateurs-d-herve-gourdel-en-algerie-27-09-2014-4168485.php

Enquête sur les accompagnateurs d’Hervé Gourdel en Algérie

 

Alger (Algérie) de notre correspondant Fayçal Métaoui | Publié le 27.09.2014, 07h10

Hervé Gourdel. 

Hervé Gourdel.  | (Document Facebook.)

 

Les cinq accompagnateurs d’Hervé Gourdel, le touriste français assassiné par l’organisation terroriste les Soldats du califat, mercredi, sont toujours en détention provisoire. Les services de sécurité poussent leurs investigations à propos de Karim Oukara, Hamza Boukamoum, Oussama Dehendi, Amine Ayache et Kamel Saâdi.

Il s’agit d’abord de déterminer les circonstances exactes de l’enlèvement du guide de montagne français dimanche dernier dans la région de Tikjda, en Kabylie.

Karim Oukara, membre d’un club amateur d’alpinistes, a été arrêté mardi à Boufarik, à 30 km au sud-ouest d’Alger. Chez lui, les policiers ont saisi du matériel informatique et un appareil photo. Karim Oukara, qui est de mère française et qui vit entre Lille et Boufarik, était en contact avec Hervé Gourdel avant son arrivée en Algérie. Oussama Dehendi, ami de Karim Oukara et membre du même club, a été interpellé le même jour. Selon des témoignages, les deux hommes ne sont pas connus pour être des radicaux islamistes. Hamza Boukamoum a loué un chalet à Hervé Gourdel à côté de la station d’hiver de Tikjda. Amine Ayache est un sportif, Kamel Sâadi est guide au centre des sports et de loisirs de Tikjda, qui dépend de l’Etat algérien. Un silence total englobe l’enquête sur ces cinq hommes. Leurs familles évitent tout contact avec la presse.

Passivité des autorités

Depuis la mort d’Hervé Gourdel, de nombreuses questions surgissent sur l’imprudence d’une telle expédition. La forêt de Tikjda est régulièrement visitée par des touristes algériens et étrangers, surtout le week-end. Les sportifs s’y rendent pour des entraînements. La région est partiellement sécurisée. De temps à autre, des groupes terroristes au nombre réduit signalent leur présence, surtout autour de la colline de Tizi N’Koulal et du village d’Iboudrarène, dans le département (wilaya) de Tizi-Ouzou.

Dans cette zone montagneuse, la population a exprimé sa colère à l’égard de la passivité des autorités qui n’auraient pas mis tous les moyens nécessaires pour traquer les terroristes qui passent par la région. En Kabylie, le crime organisé s’est également développé ces deux dernières années, avec notamment des cas de kidnapping qui ciblent des familles fortunées, des commerçants et des hommes d’affaires. Les bandes armées exigent souvent de fortes rançons pour libérer les otages. L’opposition accuse la justice de n’avoir pas fait grand-chose pour élucider ces cas d’enlèvement et poursuivre les ravisseurs qui semblent jouir d’une certaine impunité. En attendant les suites de l’enquête, les autorités algériennes traquent toujours le groupe terroriste et tente de récupérer le corps d’Hervé Gourdel.

 

Le Parisien

 

http://www.letempsdz.com/content/view/131667/182/

23-09-2014

Ali Zaoui, expert en questions sécuritaires et lutte antiterroriste, au Temps d’Algérie :

«L’enlèvement est monté de toutes pièces par les services secrets français»

Ali Zaoui, ancien militaire, expert en questions sécuritaires et lutte antiterroriste, ne croit pas à la version donnée par les autorités françaises  sur l’enlèvement du touriste français en Algérie. Il a indiqué que le rapt  du ressortissant français Pierre Hervé Gourdel à Bouira est monté de toute pièce par les services secrets français afin d’entraîner l’Algérie dans la lutte contre Daech.

Le Temps d’Algérie : Quelle analyse faites-vous du rapt du ressortissant français Pierre Hervé Gourdel à Bouira ?  
Ali Zaoui : Pour moi, cet enlèvement est monté de toute pièce par les services secrets français. La France veut forcer l’Algérie à s’ingérer militairement dans la région et notamment en Libye. C’est le même scénario de Pierre Camatt. On se souvient encore de son affaire.

Les Français veulent resserrer l’étau sur l’Algérie et lui forcer la main pour entrer dans ces conflits, surtout après la création de la coalition pour lutter contre l’Etat islamique (EI), et la participation de 10 pays arabes, comme déclaré par le président américain Barack Obama. L’Algérie est une puissance régionale à ne pas négliger.

La France ainsi que d’autres pays ont besoin de cette force pour les aider à combattre le terrorisme qu’ils ont même soutenu et financé. Alors que l’un des principes indéfectibles du pays est celui de ne jamais s’ingérer dans les affaires internes des pays et encore loin de sortir son armée hors de ses frontières.

Pourquoi vous pensez que ce rapt est un scénario monté par les parties citées ? Disposez-vous de preuves ?
Tous les indices indiquent que ce rapt combien même revendiqué par le groupuscule «Djound al khilafa» a été déjà planifié. Comment se fait-il que Pierre Hervé Gourdel soit enlevé le lendemain de son arrivée en Algérie ?

Pourquoi ne s’est-il pas conformé aux consignes de sécurité ? Le ressortissant français faisait de la randonnée dans cette région connue pour son insécurité. Pourquoi a-t-il donc choisi cet endroit ? Le kidnappé avait loué un chalet au nom de son ami algérien afin d’éviter d’être identifié par les services de sécurité algériens.

Et puis, dans son dernier tweet, on pouvait lire «Quand je rentre d’Algérie après le premier octobre, si je rentre». Cela indique qu’il était certainement destiné à mener une mission précise en Algérie. Les deux premiers ressortissants français enlevés en Algérie ont déjà été identifiés comme étant des agents d’espionnage français. Pour moi, il n’y a pas de doute. Gourdel serait un agent français bien rusé.

Mais le groupe dit «Djound el khilafa» a revendiqué ce rapt…
Le groupe terroriste activant dans cette région, baptisé «Djound el khilafa» qui a porté allégeance il y a quelques jours à l’organisation terroriste Daech, est composé de douze membres. Il serait vrai qu’ils ont pu enlever ce ressortissant français.

Le chef de ce groupe, de son vrai nom Djamel Aissaoui (Abou Djahada), a cherché par cet acte un nouveau coup médiatique. Mais je pense que cet enlèvement est de la pure propagande médiatique dans la région et au niveau international. Les médias servent de trait d’union entre «Djound el khilafa» et Daech. En réalité, ce groupe terroriste n’a pas de contact direct avec cette organisation et utilise les médias pour atteindre ce but.

Ces dissidences ne sont, dans le fond, qu’une guerre de leadership entre eux. Le but d’une telle annonce est d’attirer le plus grand nombre de jeunes et de les enrôler dans leurs rangs. Mais ce n’est pas sans compter sur la volonté de l’ANP qui est de combattre sans relâche le terrorisme et son financement. Qu’il s’agisse d’Aqmi ou de «Djound el khilafa», c’est juste les noms qui changent mais la détermination de l’armée reste la même.

Croyez-vous que les services de sécurité seraient en mesure de le sauver ?
L’ANP est capable de défendre et de protéger l’intégrité du territoire, du peuple et des ressortissants étrangers en Algérie. L’opération de ratissage menée hier aboutira. Les services de sécurité ont acquis une expérience en la matière. L’ultimatum de 24 heures fixé par ce groupe terroriste par la voix du kidnappé via la vidéo diffusée hier ne doit pas être une entrave dans les recherches menées par l’ANP.

Entretien réalisé par Fella Hamici

 

Hum…

Il y aurait parmi eux un Franco-Algérien, un Lillois originaire de Boufarik, un certain Karim Oukara, «un électron libre qui vient souvent dans la région pour faire de l’alpinisme», et un certain Oussama Dehendi, qui selon son frère en Allemagne joint par téléphone, aurait 21 ans. Sur sa page Facebook, il se présente comme «guide touristique à Tikjda» et précise qu’il habite à Boufarik. Son dernier post remonte au vendredi 19 septembre: il indique dans son statut «Tikjda! – surexcité!».

Tous les indices indiquent que ce rapt combien même revendiqué par le groupuscule «Djound al khilafa» a été déjà planifié. Comment se fait-il que Pierre Hervé Gourdel soit enlevé le lendemain de son arrivée en Algérie ?

Pourquoi ne s’est-il pas conformé aux consignes de sécurité ? Le ressortissant français faisait de la randonnée dans cette région connue pour son insécurité. Pourquoi a-t-il donc choisi cet endroit ? Le kidnappé avait loué un chalet au nom de son ami algérien afin d’éviter d’être identifié par les services de sécurité algériens.

Et puis, dans son dernier tweet, on pouvait lire «Quand je rentre d’Algérie après le premier octobre, si je rentre».

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