Nicolas Hulot, Patrick Poivre d’Arvor… un syndrome TF1 ?

 

https://www.linternaute.com/actualite/biographie/1776872-nicolas-hulot-de-nouveaux-temoignages-apres-les-accusations-dans-envoye-special/

Nicolas Hulot : une enquête pour viol ouverte, avant de nouveaux témoignages ?

 

Vidéo en cours
Les chips :
le résultat de la colère

 

Nicolas Hulot : une enquête pour viol ouverte, avant de nouveaux témoignages ? HULOT. Vendredi 26 novembre 2021, le parquet de Paris a annoncé l’ouverture d’une enquête pour viol et agression sexuelle contre Nicolas Hulot, à la suite de l’émission « Envoyé spécial ». De nouveaux témoignages pourraient par ailleurs être révélés.

L’essentiel
  •  Le parquet de Paris a ouvert, ce vendredi 26 novembre 2021, une enquête pour viol et agression sexuelle visant Nicolas Hulot « pour des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure », a précisé la juridiction dans un communiqué de presse, à la suite de l’émission « Envoyé spécial« .
  • La nouvelle « affaire Hulot » va-t-elle prendre une autre ampleur ? Déjà ébranlé par les témoignages diffusés sur France 2 jeudi soir, Nicolas Hulot pourrait être l’objet de nouvelles accusations d’agressions sexuelles comme l’a révélé Elise Lucet, vendredi, sur BFM TV.
  • Jeudi, « Envoyé spécial » a diffusé les témoignages de quatre femmes mettant en cause l’ancien animateur de l’émission « Ushuaïa » pour viol et agressions sexuelles. Des actes qui se seraient produits à diverses époques, et dont les récits sont détaillés.
En direct

16:45 – Qui serait la victime présumée pour laquelle une enquête a été ouverte ?

Le parquet de Paris a donc ouvert une enquête, vendredi, « pour des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure ». De quoi corroborer avec l’un des quatre témoignages diffusés jeudi soir dans « Envoyé spécial ». Parmi les accusatrices, une trentenaire prénommée Sylvia. Elle raconte avoir écrit à l’ancien animateur de télévision en 1989. Alors âgée de 16 ans, elle lui fait part de son admiration et reçoit, en retour, une invitation le 27 mai 1989 pour participer à l’émission « Antipodes » sur France Inter. Elle s’y est rendue. A la fin de l’émission ce jour là, selon Sylvia, le présentateur l’aurait invité à prendre un café, en tête à tête, avant de la raccompagner jusqu’à une bouche de métro.

C’est à ce moment-là que la situation aurait dérapé. Avant de quitter la voiture, l’homme d’alors 34 ans lui aurait demandé  »de l’embrasser dans le cou ». « Vous en avez rêvé », lui aurait-il lancé. La suite des événements se serait déroulée dans un parking « à ciel ouvert », où Nicolas Hulot aurait décidé de « défaire son pantalon » et de « montrer son sexe » à la jeune femme.  »Je me rappelle d’être dans un état d’incompréhension », avant d’être « forcée à faire une fellation », témoigne Sylvia. Et de poursuivre : « Je suis tétanisée. Je ne l’ai jamais fait. Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse. Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qu’il se passe ne peut pas arriver. [...] Je suis coincée. » La scène d’agression sexuelle se serait conclue par une seule phrase de Nicolas Hulot, avant de raccompagner l’adolescente à une bouche de métro : « Remaquillez-vous, on dirait que vous avez fait des trucs ».

16:17 – Quel est le délais de prescription pour viol et agression sexuelle sur mineur ?

Pour les chefs d’accusation qui visent Nicolas Hulot (viol et agression sexuelle sur mineur), le délais de prescription est de 30 ans pour le premier chef et de 10 ou 20 ans pour le second (le délais étant allongé pour les mineurs de moins de 15 ans). Ce délais ne débute pas à la date des faits présumés mais à la majorité de la victime présumée. Ainsi, elle dispose jusqu’à ses 28, 38 ou 48 ans du droit de déposer plainte.

16:12 – Qu’est-ce que « la prescription de l’action publique » ?

L’enquête préliminaire ouverte à l’encontre de Nicolas Hulot par le parquet de Paris s’attachera, dans un premier temps, à « déterminer si la prescription de l’action publique est acquise ». Concrètement, que cela signifie-t-il ? Le site officiel de l’administration française indique que « le délai de prescription est la période au-delà de laquelle l’auteur d’une infraction ne peut plus être poursuivi, c’est-à-dire jugé par un tribunal ». Des délais divers existent selon nature de l’infraction.

15:55 – Le parquet de Paris ouvre une enquête

Après la diffusion d’un reportage d’Envoyé spécial dans lequel Nicolas Hulot est accusé de violences sexuelles, le parquet de Paris a annoncé, vendredi 26 novembre 2021, ouvrir une enquête concernant « des faits susceptibles d’avoir été commis à Paris à l’égard d’une victime mineure » pour des chefs de viol et agression sexuelle.  Les investigations ont été confiées à la brigade de protection des mineurs (BPM) de la direction régionale de la police judiciaire (DRPJ). « Elles s’attacheront à déterminer si les faits dénoncés peuvent caractériser une infraction pénale et si, au vu de leur ancienneté, la prescription de l’action publique est acquise », précise Laure Beccuau, procueure de la République.

15:36 – Claire Nouvian a « honte que Nicolas Hulot prenne le rôle de victime »

Après le face caméra, Claire Nouvian prend la plume. L’une des femmes accusant Nicolas Hulot d’agression sexuelle dans « Envoyé spécial » jeudi soir signe une tribune dans Le Monde, ce vendredi, dans laquelle elle dit s’être « endormie avec un sentiment de honte ». Et précise sa pensée : « honte de la réaction de Nicolas Hulot face aux accusations d’agressions sexuelles, [...] honte que Nicolas Hulot ait préempté l’espace médiatique pour renverser les perspectives et prendre le rôle de victime ».

Fustigeant « son indignité, sa lâcheté, sa posture », elle s’indigne des propos tenus par le mis en cause au téléphone avec Elise Lucet : « en répétant à Elise Lucet que la parole des femmes serait devenue « sacrée », il a insinué qu’elle était désormais intouchable et qu’elle pouvait porter en elle l’injure, l’accusation aveugle, le procès d’intention, en un mot toute l’injustice qui est précisément ce que cette parole libérée cherche à combattre. Cette inversion rhétorique est d’une grande perversité ».

15:20 – Une ancienne militante d’EELV écartée car elle « excitait trop » Nicolas Hulot ?

Le tweet remonte au 15 octobre 2017. Les faits présumés, eux, en 2011. Au moment du tweet, Pauline Lavaud, militante chez EELV, publie ce message sur les réseaux sociaux : « Lui : ‘désolé, mais tu vas pas pouvoir faire partie de l’équipe de campagne du candidat, tu l’excites trop’. Moi : ‘…’ #BalanceTonPorc ». Le candidat en question ? Nicolas Hulot selon ses dires. C’est en tout cas ce qu’elle a assuré au micro de BFM TV, vendredi 26 novembre. La jeune femme l’assure, elle n’a jamais subi une quelconque agression de la part de l’ancien ministre, qui briguait alors l’investiture pour la primaire EELV en vue de la présidentielle de 2012.

Elle raconte avoir, un soir, reçu un appel tardif de Nicolas Hulot « vers 23 heures. Je n’avais pas vraiment compris l’objet de son appel. Suite à ça, il m’avait envoyé un SMS pour me souhaiter ‘bonne nuit’ donc là j’avais compris que ce n’était pas un appel professionnel ». Et de poursuivre : « Quelques jours après cet échange, à l’issue du débat entre les candidats, une personne de son équipe est venue me voir spontanément pour me dire que je n’allais pas pouvoir faire partie de l’équipe de campagne parce que j’excitais trop le candidat ». « Meurtrie », « humiliée », Pauline Lavaud juge, avec le recul, que « les profils sont les mêmes, ce sont des jeunes femmes qui débutent leur carrière professionnelle, qui sont peut-être impressionnées par le personnage. J’ai eu de la chance ».

14:58 – De nouveaux témoignages contre Nicolas Hulot à venir ?

Le dossier des accusations à l’encontre de Nicolas Hulot va-t-il s’étoffer ? C’est en tout cas ce qu’a laissé entendre Elise Lucet, présentatrice de l’émission « Envoyé spécial ». Invitée sur BFM TV vendredi 26 novembre 2021, la journaliste a indiqué : « il y aussi d’autres conversations avec d’autres femmes qui n’ont pas encore témoigné parce que c’est pas encore le moment pour elles. Ces femmes sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner ». Précisant « respecter leur décision » et que « c’est à elles de décider quand elles veulent témoigner et la manière dont elles veulent le faire », la journaliste « pense qu’à un moment ou à un autre, elles témoigneront ».

Accusation contre Nicolas Hulot: Elise Lucet déclare que « d’autres femmes sont en train de réfléchir à savoir si elles vont témoigner » pic.twitter.com/BKkruvAs37

— BFMTV (@BFMTV) November 26, 2021

14:19 – L’avocat de Nicolas Hulot fustige « une émission qui a voulu faire son procès et le condamner à vie »

Au lendemain de la diffusion de l’enquête réalisée par « Envoyé spécial », l’avocat de Nicolas Hulot, Me Alain Jakubowicz, s’est à nouveau exprimé sur l’affaire, après avoir accordé une première interview au Point. Sur RTL, il a fustigé vendredi à la mi-journée « une émission du service public a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie » dénonçant une « pratique absolument surréaliste » au moment d’évoquer l’échange téléphonique entre Elise Lucet et Nicolas Hulot, enregistré à l’insu de ce dernier et diffusé dans le reportage. Le conseil de l’ancien ministre a par ailleurs indiqué que la présentatrice avait initialement accepté de montrer le reportage au mis en cause en vue de sa venue en plateau, avant de finalement se rétracter.

⚖️ Nicolas #Hulot accusé de viols et agressions sexuelles
???? Son avocat Maître @JakubowiczA a réagi dans #RTLMidi
????️ « Une émission du service public a voulu faire le procès de Nicolas Hulot et le condamner à vie » pic.twitter.com/vjGVabryxD

— RTL France (@RTLFrance) November 26, 2021

12:52 – Près de 3,4 millions de personnes devant l’enquête

Gardée secrète jusqu’au dernier moment, l’enquête a réuni 3 346 000 téléspectateurs, faisant de France 2 la première chaîne de la soirée avec 16,6% de part d’audience. Il s’agit d’un record pour le magazine.

11:58 – Que risque Nicolas Hulot ?

La plupart des faits présumés étant prescrits et aucune plainte n’ayant été déposée, Nicolas Hulot ne devrait pas être inquiété par la justice. Pour autant, Eric Dupont-Moretti a indiqué sur LCI jeudi matin que « peut-être que le parquet s’emparera de cette affaire. Si les faits dénoncés sont prescrits, ça n’interdit pas au parquet de mener une enquête », le Garde des Sceaux rappelant avoir « expressément demandé dans une circulaire, aux parquets, dans une hypothèse de cet ordre, qu’une enquête soit conduite pour rechercher si d’autres plaignants peuvent être concernés ».

11:44 – Pour Nicolas Hulot, « ce n’est même plus la peine de se défendre »

S’il a refusé de s’exprimer dans l’enquête réalisée par « Envoyé spécial », Nicolas Hulot a tout de même répondu à l’appel d’Elise Lucet, qui l’a sollicité. Un échange d’un peu plus de six minutes dans lequel l’ancien ministre se dit « anéanti » par les faits évoqués par la journaliste : « on ne me foutra jamais la paix, c’est pas possible. Je ne sais pas de quoi il s’agit, je ne sais pas ». Il assure n’avoir « jamais eu de relations ambigües. Je veux dire, j’ai eu des histoires sans lendemain comme tout le monde ».

Celui qui est mis en cause par quatre femmes face caméras et deux autres par écrit s’est refusé à se défendre : « De toutes façons, la parole des gens mis en cause aujourd’hui, elle est de fait dénaturée et suspecte. Ce qui est normal aujourd’hui, la parole des femmes est sacrée, la parole des hommes est mise en cause, donc ce n’est même plus la peine de se défendre. Le procès médiatique, il est fait à l’avance ».

En dépit des relances d’Elise Lucet, Nicolas Hulot n’a pas accepté de répondre à une interview : « Je ne vais pas moi contre-attaquer en disant que ce sont toutes des menteuses, des trucs comme ça. Je n’en sais rien. Quand on est innocent comme je le suis, on est de toute façon piégé. Quoi que l’on dise, la parole est suspecte. On ne peut pas se défendre, parce que dans ce combat nécessaire et légitime des femmes, la parole des femmes est sacrée, et voilà ».

Nous avons proposé à Nicolas #Hulot de recueillir sa réaction sur les témoignages, mais il a refusé.

Nous avons choisi de diffuser le seul échange téléphonique que nous avons eu avec lui quand il a appelé @EliseLucet directement.#MetooPolitique @VirginieVilar pic.twitter.com/AJzGm7HTCG

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

11:16 – Dans une autre lettre, une ex-employée de TF1 dénonce également une agression sexuelle

Au-delà des quatre femmes qui ont témoigné dans « Envoyé spécial » et de la lettre de Maureen Dor, Franceinfo a diffusé une nouvelle lettre d’accusations contre Nicolas Hulot. Signée de la main anonyme, une ancienne employée de TF1 raconte qu’elle travaillait pour la chaîne « au début des années 1990″. Elle avait alors 23 ans. Après une première rencontre lors d’une « réunion de travail » pour « Ushuaïa », le présentateur l’invite à déjeuner, un moment « sympathique ». Mais c’est en quittant le restaurant que les choses auraient dérapé : « Une fois installés, il se tourne vers moi me dit qu’il a passé un moment agréable et saisit ma main pour la plaquer sur son pantalon, au niveau de son sexe en début d’érection ».

Elle raconte sa réaction : « Cela va très vite et mon réflexe est d’éclater de rire. J’ai déjà à l’époque un caractère assez affirmé et ai l’habitude de sortir des situations embarrassantes par l’humour. C’est sûrement ce que je pense faire à ce moment-là. S’en suit un retour interminable jusqu’à Boulogne (le siège de TF1), pendant lequel il ne me dit pas un mot ». A son retour au bureau, la jeune femme parle de ce qui ce serait produit à son chef, lequel la « rassure » écrit-elle.

Malgré une lettre de Nicolas Hulot à Patrick Le Lay, PDG de TF1, pour « dénigr[er] le travail que je fais sur son émission et demandant de prendre des mesures afin d’y remédier », elle n’est pas inquiétée et est protégée : « dans mon désarroi, j’ai la chance d’avoir un patron qui m’apprécie, respecte mon travail et décide de prendre ma défense. Il est outré, et me dit de ne pas m’inquiéter, qu’il va gérer la situation. Je ne sais pas ce qu’il a fait, mais je n’en ai plus jamais entendu parler et j’ai envers lui une reconnaissance infinie. Je n’ai plus jamais eu affaire à Nicolas Hulot, les interactions passant par son producteur. J’ai encore vécu quelques années heureuses et passionnantes à TF1″.

10:54 – Une animatrice dénonce une agression sexuelle de Nicolas Hulot dans une lettre

En plus des témoignages dans « Envoyé spécial », Franceinfo a diffusé, jeudi soir, une lettre transmise par l’animatrice et comédienne belge Maureen Dor, dans laquelle elle accuse Nicolas Hulot de l’avoir agressée sexuellement en 1989, alors qu’elle avait 18 ans. Après avoir écrit à Nicolas Hulot pour lui faire part de son admiration, elle reçoit un coup de fil de l’animateur qui lui propose une rencontre dans un hôtel de Bruxelles, à l’occasion du salon du livre. « J’y suis allée, toute heureuse d’avoir intéressé le grand homme, que j’ai vu apparaître dans le hall. De là, nous sommes allés boire un verre au bar de l’hôtel. Au bout d’un quart d’heure, il me dit que des journalistes doivent venir l’interviewer et il me propose de l’accompagner dans sa chambre pour les attendre », écrit-elle.

Et poursuit : «  J’ai 18 ans en 1989, élevée dans un milieu bourgeois catholique. Je suis vierge et surtout, je ne me trouve pas particulièrement sexy. C’est important à dire parce qu’à l’époque je pense sincèrement qu’un homme peut me proposer de l’accompagner dans sa chambre sans avoir aucune arrière-pensée ». Le présentateur de l’émission « Ushuaïa » aurait alors dérapé : « Je l’accompagne donc et, aussitôt dans la chambre, le voilà qui me saute dessus et tente de m’embrasser. Je le repousse, étonnée et effrayée, en lui faisant cette remarque si naïve : ‘Mais vous avez une femme !’ et lui de me répondre que cela n’a rien à voir et que je serai une ‘parenthèse’ ». Le téléphone sonne alors pour annoncer l’arrivée des journalistes. Elle ajoute que, plus tard, elle avait accepté d’aller dîner avec lui le soir, « fascinée par le bonhomme ». C’est à cause de cela qu’elle estime que « mon témoignage ne vaut rien ».

10:35 – Nicolas Hulot accusé de viols et agressions sexuelles par plusieurs femmes

La très attendue enquête d’Envoyé spécial a donc été diffusée jeudi 25 novembre 2021 sur France 2. Se succèdent ainsi quatre témoignages de femmes assurant avoir été victimes de viols et agressions sexuelles par Nicolas Hulot. Des propos chocs agrémentés de nombreux détails racontés par les victimes présumées. Les détails sont à retrouver plus bas dans l’article. S’il n’intervient pas dans l’émission, l’ancien ministre s’était exprimé mercredi sur BFM TV, indiquant se retirer de la vie publique et ne réfutant toutes les accusations.

En savoir plus

C’est un travail d’enquête aussi minutieux que colossal qui a été réalisé par Virginie Vilar, journaliste à l’origine du  »Envoyé spécial » diffusé le jeudi 25 novembre 2021, dans lequel Nicolas Hulot est mis en cause pour des faits de viols et agressions sexuelles par quatre femmes. Les équipes d’Elise Lucet, la présentatrice, ont travaillé pendant quatre ans sur cet épais dossier, rencontrant à plusieurs reprises les accusatrices. La journaliste aurait même, selon ses dires, rencontré d’autres femmes rapportant des faits semblables. « Au fur et à mesure des témoignages, tout se vérifiait, les lieux, les dates, il y avait des choses qui nous faisaient croire que ces témoignages étaient extrêmement crédibles », a expliqué Elise Lucet sur le plateau de C à vous, le 25 novembre, ajoutant que les témoins « nous ont fait une grande confiance et elles nous ont demandé clairement de protéger leurs identités et de ne pas les révéler avant l’émission ».

Une enquête d’1h20 à laquelle Nicolas Hulot n’a pas souhaité répondre, en dépit des sollicitations des journalistes. « Depuis le 9 novembre très précisément s’est engagée la demande de contradictoire, ça fait 17 jours qu’on est en contact avec Nicolas Hulot et avec ses avocats, Me Jakubowicz et Me Laffont, il y a eu des échanges entre nous, des coups de téléphone, de mails, de lettres », précisé Elise Lucet.

Sylvia :  »Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse »

La première à passer à l’antenne ce jeudi soir sur France 2 se prénomme Sylvia. Elle affirme avoir été agressée sexuellement par l’ancien ministre en 1989. Au moment des faits, elle était âgée de 16 ans et Nicolas Hulot de 34 ans. Ce dernier est alors présentateur de la célèbre émission « Ushuaïa » et sa présumée victime l’admire.  »Je me reconnais dans ses actions et dans les choix faits par Nicolas Hulot », explique l’accusatrice, dans l’émission de France 2. A travers un jeu concours lancé par la Maison de la Radio, Sylvia dit avoir écrit une lettre à l’animateur pour lui adresser toute son admiration. En réaction, Nicolas Hulot lui aurait envoyé une invitation, le 27 mai 1989, pour participer à son émission « Antipodes » sur France inter.

A la fin de l’émission ce jour là, selon Sylvia, le présentateur l’aurait invité à prendre un café, en tête à tête.  »Je suis ultra intimidée, c’est quand même la première personne publique que je vois d’aussi près », se remémore-t-elle sur France 2. Puis, après s’être intéressé à son invitée, Nicolas Hulot aurait décidé de la raccompagner jusqu’à une bouche de métro. Au moment où la jeune fille mineure sort de sa voiture, le trentenaire lui aurait demandé  »de l’embrasser dans le cou ». « Vous en avez rêvé », lui aurait alors lancé Nicolas Hulot. La suite des événements se serait déroulée dans un parking « à ciel ouvert », où Nicolas Hulot aurait décidé de « défaire son pantalon » et de « montrer son sexe » à la jeune femme.

« Je me rappelle d’être dans un état d’incompréhension », avant d’être « forcée à faire une fellation », témoigne Sylvia. Et de poursuivre : « Je suis tétanisée. Je ne l’ai jamais fait. Je suis en train de me demander si c’est ça une relation amoureuse. Comme je suis fan de lui, je ne peux pas me dire que ce qu’il se passe ne peut pas arriver. [...] Je suis coincée. » La scène d’agression sexuelle se serait conclue par une seule phrase de Nicolas Hulot, avant de raccompagner l’adolescente à une bouche de métro : « Remaquillez-vous, on dirait que vous avez fait des trucs ».

Sylvia a 16 ans quand Nicolas #Hulot laurait agressée sexuellement.

À l’époque, elle nose pas en parler.

Les faits quelle décrit se seraient déroulés il y a plus de 30 ans. Ils sont prescrits par la loi.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/qwhSSrY6Gl

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Aujourd’hui, dans l’émission d’Envoyé Spécial, Sylvia a dit vouloir « se libérer ».  »Il faut que je sorte de cette voiture », explique l’accusatrice. Sans preuves, elle ne peut pas grand chose devant la justice. Par ailleurs, remontant à plus de 30 ans, les faits seraient désormais prescrits, regrette-t-elle. « Qui allait me croire », répètera plusieurs fois Sylvia dans le reportage.

Cécile : « Je l’ai poussé et frappé au visage »

Cette affaire très médiatique, révélée dans le sillage d’une plainte d’une collaboratrice de Nicolas Hulot en 2018 (lire ci-dessous), ouvrira la voie à de nouveaux témoignages, enfouis pendant plusieurs années. « En février 2018, quand l’article d’Ebdo est sorti, ça m’a donné une gifle », relate le troisième témoin d’Envoyé Spécial, Cécile. En septembre 1998, à 23 ans, celle-ci est contractuelle à l’ambassade de France à Moscou. Un jour, on lui explique qu’elle doit se rendre à l’aéroport de Moscou pour aider Nicolas Hulot, qui est coincé à la douane. La demande serait même venue du président de la République de l’époque, Jacques Chirac. Pour la remercier d’avoir débloqué la situation, Nicolas Hulot l’aurait invitée avec toute son équipe à dîner à son hôtel. A la suite du dîner, toute l’équipe se serait rendue dans un bar dansant de Moscou, où l’animateur télé aurait décidé de lui offrir un premier verre. « Qu’est ce qu’on peut dire à quelqu’un de si célèbre ? », questionne Cécile, des années plus tard sur France 2.

Cécile raconte avoir été agressée sexuellement par Nicolas #Hulot en 1998. À l’époque, elle avait 23 ans.

Les faits quelle dénonce sont aujourd’hui prescrits.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/WHia6c3EWY

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Après quelques remarques désobligeantes, Cécile aurait décidé de rentrer chez elle et aurait été suivie dans le taxi par Nicolas Hulot. « Dans le taxi, il me tarde qu’une chose, c’est que ça se finisse », raconte aujourd’hui celle qui avait 23 ans au moment des faits. En lui posant la main sur la cuisse, Nicolas Hulot lui aurait proposé « un boulot chez TF1″. Puis les choses auraient dégénéré :  »Il se jette sur moi, il essaye de m’embrasser, il me touche les seins, l’entre-jambes », a énuméré la témoin dans Envoyé Spécial. Avant d’ajouter : « Je l’ai poussé et l’ai frappé au visage. Je crois que le non était très clair ».

Claire Nouvian : « Un dysfonctionnement dans ses rapports avec les femmes »

« Il y a clairement un dysfonctionnement dans ses rapport avec les femmes ». Ces mots, ce sont ceux de la militante écologiste Claire Nouvian, qui a rencontré Nicolas Hulot lors d’un tournage de son émission Ushuaïa, au Costa Rica, en 2008.  »Avant de partir en tournage, son entourage me prévient. Il faut éviter les situations où tu es seule avec lui. Si vous travaillez, c’est dans le restaurant de l’hôtel et pas dans ta chambre. Si il vient dans ta chambre le soir, n’ouvre pas », raconte celle qui a ensuite fait un bout de chemin en politique elle aussi. Claire Nouvian souligne même que trois à quatre alertes portant sur Nicolas Hulot lui seraient revenues par la suite. Il ne se passera rien au Costa Rica selon elle, mais plusieurs années plus tard, Nicolas Hulot aurait tenté de l’embrasser. D’après l’ancienne réalisatrice, « il y a beaucoup de jeunes filles qui passent à la casserole », toutes n’étant pas consentantes selon elle.

Claire Nouvian participe en 2008 à un épisode dUshuaïa.

Elle dit avoir reçu des mises en garde de la part de lentourage politique de Nicolas #Hulot.#EnvoyéSpécial #Metoo #MetooPolitique pic.twitter.com/smS9ea4BYg

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

Un baiser forcé à TF1

Un quatrième et dernier témoignage a été diffusé dans l’émission Envoyé Spécial sur France 2. Un témoignage anonyme cette fois, pour des faits présumés ayant eu lieu en pleine réunion de travail à TF1 et concernant un baiser « à pleine bouche » forcé. Mère célibataire avec des enfants en bas âge au moment des faits, la témoin explique qu’elle se serait battue s’il elle n’avait pas peur de tout perdre. « C’est inadmissible. Je lui ai dit sur le coup », explique cette femme dont l’identité sera tue. Nicolas Hulot lui aurait par la suite envoyé un message, non pas pour s’excuser mais simplement pour « regretter ne pas en avoir eu plus ».

Pascale Mitterrand et l’affaire de la villa en Corse

Pascale Mitterrand ne s’est pas exprimée dans Envoyé Spécial, mais l’affaire qui l’a opposée à Nicolas Hulot dès 2008 a été retracée dans l’émission d’Elise Lucet. La petite-fille de François Mitterrand a rencontré le présentateur d’Ushuaïa lors d’un stage de photographie chez Sipa Press, dans les années 1990. Selon les journalistes d’Envoyé Spécial, c’est le même Nicolas Hulot qui aurait ensuite demandé, par l’entremise du patron de Sipa Press, de faire venir dans sa villa en Corse cette jeune stagiaire de 19 ans, pour un reportage, en s’assurant  »qu’elle vienne seule ». Nous sommes alors en 1998 et selon le récit que Pascale Mitterrand en fera plus tard, le reportage devait durer 4 jours. Or au troisième soir, alors qu’ils visionnaient un film ensemble avec Nicolas Hulot, la jeune femme se serait endormie. Elle dira s’être réveillée en partie sous le corps nu de l’animateur qui la couvrait de baisers. Au moment de porter plainte une dizaine d’année plus tard, en juillet 2008, Pascale Mitterrand expliquera qu’elle se trouvait elle aussi dévêtue, mais sans aucun souvenir de s’être elle-même déshabillée. Paralysée, elle n’aurait alors pas osé dire « non ».

Bérengère Bonte raconte dans quelles circonstances, Pascale Mitterrand sest retrouvée seule dans la maison de Nicolas #Hulot

Elle a porté plainte pour viol contre lui en 2008.

Cette plainte est classée sans suite en raison de la prescription.
#EnvoyéSpécial #MetooPolitique pic.twitter.com/VtG2DzZbmo

— Envoyé spécial (@EnvoyeSpecial) November 25, 2021

En 2018, quand la plainte de Pascale Mitterrand sera révélée au grand jour, celui qui était encore ministre de l’Ecologie s’évertuera à écarter tout soupçon. A commencer par les soupçons sur l’âge de la plaignante : au moment des faits présumés, elle n’était pas mineure selon lui, alors qu’elle était d’abord présentée comme une jeune femme de 17 ans. Puis Nicolas Hulot indiquera avoir été entendu, à sa demande, par les gendarmes en charge de l’affaire en 2008 et que celle-ci avait été classée sans suite. « Elle a été classée sans suite parce que non seulement l’affaire avait été prescrite », a-t-il indiqué, mais parce que « les enquêteurs ont considéré que rien ne permettait de poursuivre ». « C’est vrai qu’il y a eu cette plainte mais la justice est passée, il faut en tenir compte », concluait-il.

Nicolas Hulot a refusé de répondre à Envoyé Spécial

Dans une interview accordée au Point jeudi 25 novembre, avant même la diffusion d’Envoyé Spécial, l’avocat de Nicolas Hulot Me Alain Jakubowicz a dénoncé avec véhémence la proposition d’Elise Lucet, présentatrice de l’émission, de faire réagir son client à l’enquête. Ce que Nicolas Hulot a refusé. « Nous avons demandé à Élise Lucet et aux auteurs du reportage – que personne n’a vu – de nous en fournir une copie afin que nous puissions le visionner et préparer nos réponses. Mme Lucet s’y est refusée, se contentant de nous donner à voir quelques bribes de l’émission, sélectionnées par elle. Élise Lucet nous dit « venez, regardez et défendez-vous », comme si nous étions convoqués par la PJ ou devant un procureur », a-t-il déploré.

Pour Me Jakubowicz, « dans le procès judiciaire, qui est le seul qui vaille, le mis en cause est informé des faits qui lui sont reprochés avant de devoir s’en expliquer ; il connaît l’identité des plaignantes qui le mettent en cause avant d’être confronté à elles ; il bénéficie d’un avocat et dispose du dossier. On aimerait au moins savoir qui sont les personnes qui accusent Nicolas Hulot, et de quoi, c’est le minimum. Eh bien, non, Mme Lucet s’y refuse ! Elle invoque le ‘secret des sources’, mais ça n’a rien à voir ! On ne parle pas ici de ‘sources’, mais d’accusations, et elles sont extrêmement graves », se désole-t-il. Fustigeant une « Star Ac en beaucoup plus glauque », l’avocat a rappelé dans l’hebdomadaire qu’il n’y avait « aucune enquête en cours sur ces faits ».

La vidéo de Nicolas Hulot sur BFMTV

Lors de son passage du BFMTV, mercredi 24 novembre, Nicolas Hulot s’est pour sa part défendu de toute agression sexuelle.  »Ni de près ni de loin je n’ai commis ces actes, ces affirmations sont mensongères », a affirmé l’ancien animateur et homme politique. « Je n’ai jamais contraint qui que ce soit », a-t-il martelé, dénonçant un « système qui est en train de perdre la raison », avec « la justice qui se déplace sur les plateaux de télévision ».  »Je vais quitter la présidence d’honneur de ma fondation, pour les protéger des salissures (…) Je quitte définitivement la vie publique parce que je suis écœuré », a par ailleurs déclaré l’ancien ministre, ajoutant : « Pourquoi pérenniser une notoriété qui me fait subir ce qu’un homme peut subir de pire ? ».

Nicolas Hulot a aussi décidé d’employer des arguments choc pour sa défense : « Je sais que j’ai un physique très ingrat et que donc seule la contrainte me permet de vivre des histoires d’amour… Mais plus sérieusement, je n’ai jamais séduit par contrainte ». Des propos qui ont provoqué une réaction de la ministre déléguée chargée de l’Egalité femmes-hommes Elisabeth Moreno.  »Ironiser sur un tel sujet ? Sérieusement ? », s’est-elle indignée sur Twitter.

Nicolas Hulot (@N_Hulot): « Je quitte définitivement la vie publique » pic.twitter.com/oQSzEeUjo3

— BFMTV (@BFMTV) November 24, 2021

Des rumeurs dès 2018

Les premières rumeurs sur le comportement de Nicolas Hulot avec les femmes ont émergé alors que ce dernier était toujours ministre de la Transition écologique dans le gouvernement Macron. En février 2018, l’ancien animateur TV, connu pour son engagement en faveur de l’écologie, avait fait l’objet d’un article dans le magazine l’Ebdo, disparu depuis, qui faisait état d’une plainte pour viol déposée en 2018 à son encontre. C’est à cette occasion que le nom de Pascale Mitterrand avait une première fois été mentionné.

L’affaire de 2018 concernait des accusations de harcèlement présumé subi par une ancienne collaboratrice de la Fondation Hulot. Au micro de BFMTV déjà, le 8 février 2018, Nicolas Hulot avait nié purement et simplement avoir fait l’objet d’une quelconque plainte. « La réponse est non, et je le dis avec d’autant plus de force que la personne en question, qui est parfaitement identifiée, avec laquelle je suis en contact, vous dira la même chose », avait-il martelé face à Jean-Jacques Bourdin.

Et quand son intervieweur avait évoqué un « accord de confidentialité », voire une « transaction financière », pour acheter le silence de la plaignante, Nicolas Hulot s’était insurgé, demandant à ce qu’on lui amène le « chèque » comme preuve. L’ancienne collaboratrice de Nicolas Hulot aurait par la suite été salariée à l’Assemblée nationale, ce qui alimentera les théories d’un échange de bons procédés pour étouffer l’affaire.

Biographie de Nicolas Hulot

Fervent défenseur de l’écologie, Nicolas Hulot est né le 30 avril 1955 à Lille. Dès son enfance, il aime déjà beaucoup les voyages et la photographie. Après quelques petits boulots, Nicolas Hulot réalise ses premiers photoreportages à l’agence SIPA, un premier travail qui lui permet de faire le tour du monde. De par son métier, le photographe s’intéresse tout naturellement à l’univers des médias. L’écologiste démarre ainsi une carrière de journaliste sur les ondes de France Inter. Il fait ensuite ses premiers pas sur le petit écran, en 1980, dans une émission pour enfants, intitulée « Les visiteurs du mercredi ».

En 1987, Nicolas Hulot lance sur TF1  »Ushuaïa, le magazine de l’extrême », une émission qui va devenir un véritable succès et le propulser au sommet. De ce programme découleront une nouvelle chaîne, ainsi qu’un mensuel en kiosque. En parallèle à son émission sur la nature devenue culte, Nicolas Hulot présente en 1996  »Opération Ovakango » sur la même chaîne. A côté de sa carrière d’animateur, le journaliste publie plusieurs livres axés sur la nature, l’écologie, à l’instar de « Graines de possibles » ou « Le syndrome du Titanic ».

La Fondation Nicolas Hulot et le « Pacte écologique »

Ancien membre d’Europe Écologie-Les Verts, Nicolas Hulot va devenir un fervent défenseur de la protection de l’environnement et contribuera par sa notoriété à sensibiliser le grand public sur les questions écologiques. En 1990, Nicolas Hulot crée la « Fondation Ushuaïa » qui devient, en janvier 1995, la « Fondation Nicolas-Hulot pour la nature et l’homme » puis en 2011, la « Fondation pour la nature et l’homme ».

Nicolas Hulot songera à se présenter à l’élection présidentielle de 2007 afin que les questions relatives à la protection de l’environnement soient véritablement prises en compte. Il se retirera finalement après la signature du Pacte écologique par un grand nombre de candidats des différents partis, dont Nicolas Sarkozy qui organisera le Grenelle de l’Environnement peu après son élection. En avril 2011, Nicolas Hulot se déclare néanmoins candidat à la présidentielle de 2012 et dans cette démarche s’inscrit à la primaire écologiste en 2011. Il sera battu par Eva Joly qui atteindra 49,75 % des voix.

Un ministre du gouvernement Macron

En 2015, Nicolas Hulot devient « envoyé spécial pour la protection de la planète » ce qui inclus la préparation de la 21ème conférence sur le climat (COP21). Dans ce cadre, il lance le « Sommet des Consciences ». La conférence rassemble une quarantaine de personnalités du monde entier afin de répondre à la question « The climate, why do I care ? » soit « Le climat, pourquoi je m’en soucie ? » En janvier 2016, il quitte son poste d’envoyé spécial.

A plusieurs reprises, Nicolas Hulot a refusé d’être ministre de l’Ecologie, pourtant proposé par Jacques Chirac, Nicolas Sarkozy et François Hollande. Pour Emmanuel Macron, en revanche, il prendra le portefeuille de la Transition écologique et solidaire en 2017. Un poste qu’il quittera en août 2018, quelques mois après la révélation d’une première affaire d’agression sexuelle présumée, classée sans suite.

Qui est Florence Lasserre, la femme de Nicolas Hulot ?

Côté vie privée, Nicolas Hulot est marié depuis 2002 à Florence Lasserre, la mère de deux de ses trois enfants, Nelson et Titouan. C’est en janvier 1996 que l’animateur d’Ushuaïa rencontre, à Chamonix, cette férue de ski ayant vécu trente ans au pied du Mont Blanc. Il vient alors tout juste de se séparer d’Isabelle Patissier, double championne du monde d’escalade, avec laquelle son mariage capotera entre 1993 et 1996. Auparavant, il avait vécu avec Dominique Cantien, directrice des variétés à TF1 de 1986 à 1992. Une histoire qui se terminera « de manière explosive » raconte aussi sa biographie. Après avoir vécu en Corse, le couple qu’il forme toujours avec Florence Lasserre s’est installé à Saint-Lunaire, en Bretagne, où cette dernière sera adjointe au maire.

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/info-franceinfo-affaire-ppda-florence-porcel-a-depose-une-nouvelle-plainte-pour-viol-avec-constitution-de-partie-civile_4858861.html

Affaire PPDA : Florence Porcel a déposé une nouvelle plainte pour « viol » avec constitution de partie civile

 

Cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction.

Article rédigé par

Nicolas Hulot, Patrick Poivre d'Arvor... un syndrome TF1 ? dans Calomnie catherine-fournier-661a413e
France Télévisions
Publié le 25/11/2021 18:01 Mis à jour le 25/11/2021 18:43
Temps de lecture : 1 min.
Florence Porcel à Paris, le 25 février 2021. (MAXPPP)
Florence Porcel à Paris, le 25 février 2021. (MAXPPP)

 

La journaliste Florence Porcel, qui accuse l’ancien présentateur du « 20 heures » de TF1, Patrick Poivre d’Arvor, d’un viol en 2009, vient de se constituer partie civile auprès du doyen des juges d’instruction, a appris franceinfo auprès du parquet de Nanterre jeudi 25 novembre.

Sa première plainte avait été classée sans suite, en raison d’une « insuffisance de preuves », selon le parquet de Nanterre. Cette nouvelle plainte avec constitution de partie civile entraîne automatiquement l’ouverture d’une information judiciaire, confiée à un juge d’instruction, sous réserve du versement de la consignation (somme destinée à couvrir l’amende encourue en cas de fausse dénonciation).

Le juge d’instruction dernier ne pourra être saisi que sur ces faits de viol – les seuls à être non prescrits parmi les accusations portées contre l’ex-présentateur – mais pourra consulter l’intégralité du dossier et entendre les autres femmes, malgré la prescription. Huit femmes avaient déposé des plaintes pour « viols », « agressions sexuelles », « tentatives d’agression sexuelle » ou « harcèlement sexuel » contre Patrick Poivre d’Arvor. Sept ont accepté de témoigner publiquement auprès de Libération début novembre. Sollicités, les avocats de Florence Porcel n’ont pas donné suite.

 

https://www.franceinter.fr/societe/les-huit-accusatrices-de-ppda-qui-temoignent-dans-libe-lancent-une-association-pour-liberer-la-parole

Les huit femmes qui accusent PPDA dans Libé lancent une association pour libérer la parole

 

par la rédaction numérique de France Inter, Thibault Lefèvre mis à jour le 10 novembre 2021 à 12h35 | publié le 9 novembre 2021 à 13h00
 

INFO FRANCE INTER – Ces femmes lancent l’association #MeTooMedias dans l’espoir de déclencher un mouvement #MeToo dans le monde médiatique au-delà du cas de l’ancienne vedette de TF1 Patrick Poivre d’Arvor.

 

La Une de Libération sur les témoignages à visage découvert des accusatrices de PPDA
La Une de Libération sur les témoignages à visage découvert des accusatrices de PPDA © Radio France / France Inter

 

Les huit femmes, dont sept à visage découvert, qui accusent l’ex-présentateur star de TF1 Patrick Poivre d’Arvor de viols, d’agressions ou de harcèlement sexuel dans Libération mardi ont constitué une association pour libérer la parole dans le monde des médias. L’association, qui s’appelle #MeTooMedias, vise à relayer le combat « des femmes et des hommes qui souffrent silencieusement dans ce milieu médiatique », explique à France Inter Emmanuelle Dancourt, l’une des accusatrices. Les statuts de l’association ont été déposé mercredi matin. Cette dernière en est la présidente, Hélène Devynck en est la vice-présidente. Elles seront en tête de cortège du défilé #NousToutes, le samedi 20 novembre.

Sept femmes ont témoigné à visage découvert dans Libération. Une huitième garde elle l’anonymat. Elles répondent ainsi à la ligne de défense choisie par PPDA dans l’émission « Quotidien » en mars 2021, quand l’ancienne figure de TF1 mettait en doute la sincérité et le courage de ses accusatrices :  »Uniquement de l’anonymat, toujours de l’anonymat. Jamais une personne qui ose venir, les yeux dans les yeux, me dire :Non, ce n’était pas bien.

On a décidé de créer #MeTooMedias, pas uniquement à propos de PPDA, mais pour toutes les femmes et les hommes qui souffrent silencieusement dans ce milieu médiatique.

« Offrir une ombrelle à toutes celles qui ont besoin de cette sororité »

« Ça a été une prise de conscience supplémentaire », estime avec le recul Emmanuelle Dancourt, journaliste de télévision et chroniqueuse sur RMC. Avec les autres femmes concernées par cette affaire, elle a décidé de monter une association pour libérer la parole dans les médias : « On ne se connaissait absolument pas. Mais quand vous portez plainte, vous avez le droit d’avoir accès au dossier. Donc on a bien vu nos noms aux unes et aux autres, puis on s’est retrouvé sur les réseaux sociaux. »

Cela ne s’arrêtera pas à un mouvement de témoignages sur les réseaux sociaux explique Emmanuelle Dancourt : « On veut monter une association et offrir une ombrelle à toutes celles qui ne veulent pas sortir de l’anonymat, mais qui ont besoin de cette sororité. » L’organigramme de leur association n’est pas encore définitif, tout n’est pas encore validé, mais les fondatrices du #MeTooMedias veulent lancer très prochainement leur mouvement sur les réseaux sociaux.

« Devant le courage hallucinant de Florence Porcel, on ne pouvait pas la laisser seule », confie Emmanuelle Dancourt à propos de l’écrivaine qui a porté plainte la première contre Patrick Poivre d’Arvor. Une première plainte classée sans suite par le parquet de Nanterre en juin dernier pour « prescription » ou  »insuffisance de preuves ». L’autrice Florence Porcel a toutefois déposé une nouvelle plainte avec constitution de partie civile après ce classement sans suite, ouvrant ainsi une information judiciaire confiée à un magistrat indépendant.

Florence Porcel, écrivaine, accuse Patrick Poivre d'Arvor de viols

L’écrivaine Florence Porcel accuse PPDA de viols : « Il a volé ma vie sentimentale, je ne veux pas d’impunité »

Thèmes associés

Le lynchage de Nicolas Hulot commence dès demain

 

 

 

C’est lui qui le dit en annonçant son départ « définitif » de la vie publique, dans une interview télévisée donnant une très grosse impression de déjà vu : entre Dominique Baudis dans le JT de TF1 le 18 mai 2003 et Nicolas Hulot sur BFMTV ce 24 novembre 2021, les différences apparaissent fort minces; ils n’ont pas exactement les mêmes tics, ça, ça se voit bien; et les temps ont changé…

 

 

https://www.francetvinfo.fr/societe/harcelement-sexuel/nicolas-hulot-quitte-definitivement-la-vie-publique-a-la-veille-d-un-numero-d-envoye-special-dans-lequel-plusieurs-femmes-l-accusent-d-agressions-sexuelles-et-de-viol_4857145.html

Nicolas Hulot quitte « définitivement » la vie publique, à la veille d’un numéro d’ »Envoyé Spécial » dans lequel plusieurs femmes l’accusent d’agressions sexuelles et de viol

 

L’ancien ministre de l’Environnement quitte également la présidence de sa fondation.

Article rédigé par

Le lynchage de Nicolas Hulot commence dès demain dans Calomnie francetv-info-36b69ec8
France Télévisions
Publié le 24/11/2021 11:35 Mis à jour il y a 16 minutes
Temps de lecture : 1 min.
L'ancien ministre de l'Environnement, Nicolas Hulot, le 15 décembre 2020. (BAPTISTE ROMAN / HANS LUCAS / AFP)

L’ancien ministre de l’Environnement, Nicolas Hulot, le 15 décembre 2020. (BAPTISTE ROMAN / HANS LUCAS / AFP)

 

Nicolas Hulot annonce quitter définitivement la vie publique, à la veille d’un numéro d’ »Envoyé Spécial » dans lequel plusieurs femmes l’accusent d’agressions sexuelles et de viol. « Je quitte définitivement la vie publique, a affirmé l’ancien ministre de l’Environnement, Nicolas Hulot sur BFMTV, mercredi 24 novembre. Je ne m’exprimerai plus. Je ne souhaite à personne de vivre le cauchemar dans lequel je vis. » Il quitte également la présidence de sa fondation.

« Envoyé Spécial » diffusera jeudi 25 novembre, à 21h05, un document dans lequel plusieurs femmes témoignent contre lui. Sollicité par l’émission, l’ancien ministre n’a pas souhaité répondre aux questions des journalistes de France 2. Selon Nicolas Hulot, « quatre ou cinq femmes » portent des accusations contre lui, en plus de la petite-fille de François Mitterrand dont la plainte pour viol avait déjà émergé il y a quatre ans.

« Je subis le poison de la rumeur »

« Je sais qu’à partir de demain, le lynchage va commencer. Je veux le dire sans formule, sans élément de langage : ni de près ou de loin, je n’ai pas commis ces actes. Ces affirmations sont purement mensongères », a assuré Nicolas Hulot face à Bruce Toussaint. Depuis 4 ans, je subis le poison de la rumeur, des insinuations parfois des accusations au grand jour. »

En 2018, Nicolas Hulot s’était déjà défendu d’accusations de harcèlement et de violences sexuelles le visant, avant la publication d’une enquête du magazine L’Ebdo. Une plainte pour « un fait de viol » avait été déposée en 2008 contre Nicolas Hulot, mais classée sans suite en raison de la prescription, avait confirmé la procureure de la République de Saint-Malo.

 

Marseille : comment l’« islamigré » revendiqué Cyprien Luraghi a encore frappé…

Eh bien voilà, quand il y a du reuz quelque part, aller voir ce que fait Cyprien Luraghi sur la toile, la solution est toujours là, à portée de tweet…

 

Marseille : comment l'« islamigré

 

 

https://www.lefigaro.fr/faits-divers/marseille-des-centaines-de-jeunes-envahissent-le-palais-omnisports-et-degradent-du-mobilier-20211107

Marseille : des centaines de jeunes envahissent le palais omnisports et dégradent du mobilier

Par Le Figaro

Publié le 07/11/2021 à 17:03, Mis à jour le 08/11/2021 à 07:03
Des centaines de jeunes envahissent le palais omnisports de Marseille et dégradent du mobilier
Current Time 0:47
/
Duration 0:47

L’un d’entre eux a été interpellé. La municipalité déplore cette recherche du «buzz», qui donne «une image dégradée de la ville».

Une action commise par «une poignée d’individus immatures», déplore la municipalité de Marseille. Samedi après-midi, des centaines de jeunes ont envahi le palais omnisports de la Capelette, dans le 10e arrondissement, afin d’y détruire du mobilier, indique la mairie de Marseille au Figaro, confirmant des informations de La Provence et France Bleu. La ville a annoncé son intension de déposer plainte.

À lire aussiFrançois d’Orcival: «À Marseille, la délinquance se propage par le nord»

Des centaines de jeunes se sont donné rendez-vous vers 15 heures, aux portes du bâtiment, qui accueille notamment les disciplines de hockey sur glace ou de skate. L’invitation avait été lancée par des «influenceurs sur TikTok et Instagram», nous précise Sébastien Jibrayel, adjoint aux Sports du maire (PS) Benoît Payan. De nombreuses familles étaient alors présentes. Le groupe a ensuite forcé le sas d’entrée, puis envahi les différentes salles, dégradant des palissades, des trottinettes ou de la décoration. Des tags ont également été signalés. Une dizaine d’agents de sécurité étaient présents, mais n’ont pu agir face à l’importance de la foule.

Incivisme

Très vite, la petite sauterie a été interrompue par la police. «Il y a les Schmitt [NDLR: les forces de l'ordre], on descend, on descend», peut-on entendre dans une vidéo issue des réseaux sociaux repérée par La Provence. Au total, une dizaine de jeunes ont été contrôlés et l’un d’entre eux a été arrêté. Sébastien Jibrayel ajoute qu’un policier aurait été légèrement blessé par un jet de projectile, mais les circonstances exactes restent à établir.

Cet évènement intervient alors que l’État a promis d’allouer jusqu’à 1,5 milliard d’euros à la ville, au travers du plan d’Emmanuel Macron «Marseille en grand». La mairie fait part de son indignation et condamne ces auteurs qui tentent de «donner en toute impunité pour quelques secondes de buzz une image dégradée de notre ville», selon un communiqué. Elle va par conséquent porter plainte. «L’incivisme, les violences diffusées sur les réseaux sociaux par un petit groupe d’individus dans le palais de la glisse ne resteront pas impunis», prévient l’élu. Auprès du Figaro, l’adjoint aux Sports appelle à des «sanctions sévères» face à «ces phénomènes de réseaux sociaux incontrôlables.»

À voir aussi – L’insécurité est-elle en hausse en France?

 

L’insécurité est-elle en hausse en France?
Current Time 0:12
/
Duration 7:14

Le Brestois Herwann Asseh accusé de viols : enquêtes sur l’enquête…

Il faut bien dire qu’une mise en examen pour viol à Brest, ce n’est vraiment pas un fait banal…

Du coup, tout le monde s’interroge : quel vent mauvais souffle donc sur Brest en ce moment ?

Ou bien encore : la juge Céline Verdier aurait-elle pris un gros coup de soleil cet été ?

 

https://www.letelegramme.fr/bretagne/viols-et-agressions-sexuelles-enquete-sur-la-chute-d-herwann-asseh-choregraphe-star-de-brest-08-10-2021-12843330.php

Publié le 08 octobre 2021 à 20h30

Viols et agressions sexuelles : enquête sur la chute d’Herwann Asseh, chorégraphe star de Brest

 

Réservé aux abonnés

Lecture : 5 minutes.

 

Enquête sur la mise en examen, en août, pour viols et agressions sexuelles, du chorégraphe brestois Herwann Asseh.

 

Herwann Asseh a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineur le 6 août 2021.
Herwann Asseh a été mis en examen pour viols et agressions sexuelles sur mineur le 6 août 2021. (Photo Alain Monot)

 

C’était le 10 avril 2021. Ce jour-là, Herwann Asseh modifie sa photo de profil Facebook. Il la remplace par un court texte, énigmatique. On y lit notamment : « Parfois, même en essayant de faire au mieux, nous sommes le méchant de l’histoire d’une personne ». Ses fans, davantage habitués aux photos de visages radieux et de corps en apesanteur, sont circonspects.

Ambassadeur de Brest

Herwann Asseh, 46 ans, c’était jusque-là l’itinéraire d’un enfant gâté par la danse. En 20 ans, l’ex-champion du monde de Street Dance a fondé sa compagnie, baptisée « Moral Soul », et est devenu l’ambassadeur de sa ville d’adoption, Brest. Il est de ceux que l’émission Métropolis, sur Arte, choisit, en novembre 2019, pour être l’une des figures de proue de son reportage sur la cité du Ponant. On l’y voit danser sur la terrasse du bureau du maire, dominant la rue de Siam, et vanter « Brest, bourrée d’histoires, bourrée de rencontres ».

« On était toutes fans de lui »

L’étape-clé de son ascension remonte à 1999, lorsque Jacques Blanc, directeur du Quartz, le propulse artiste associé de la Scène nationale brestoise. Depuis, nul besoin d’hologrammes : Herwann Asseh est omniprésent, de tous les stages, de tous les happenings dans les MPT, les écoles, les Ehpads… « On était toutes fans de lui », résume une admiratrice. Ses spectacles, conçus avec son alter ego féminin, sont très courus. Lui qui a commencé en dansant dans la rue obtient, en octobre 2015, une nouvelle reconnaissance des pouvoirs publics en installant sa compagnie dans le bel écrin de l’ancienne gare du Relecq-Kerhuon (29), rebaptisée « Fabrique des arts en mouvement ».

L’annonce de la paternité

Rien ne résiste à son charme, à son allant. Herwann Asseh a-t-il fini par s’en persuader ? La « success story » prend un tour plus sombre en décembre 2020. Un soir, à l’issue d’un cours, il réunit ses élèves danseurs dans les vestiaires et leur annonce qu’il est papa. Une adolescente sort précipitamment en sanglots. Une autre la rejoint, veut la consoler. En pleurs, la jeune fille lui explique qu’elle pensait être sa petite amie. Voilà qu’elle découvre qu’il a une compagne, et des enfants ! La confidente est interloquée : elle aussi vit une liaison avec le chorégraphe !

 

Courrier au procureur le 2 mai

Cet épisode sonne le glas d’un cloisonnement savamment entretenu par Herwann Asseh. Les jeunes femmes vont se confier les unes aux autres. Huit d’entre elles vont découvrir qu’elles ont été ses amantes et, selon elles, de manière forcée. Elles se tournent vers Sandrine Perirhin, élue en charge de la politique jeunesse. Cette dernière les oriente vers le planning familial de Brest, qui leur offrira un accompagnement sans failles.

C’est le maire du Relecq-Kerhuon qui, indirectement, leur fait franchir le pas du dépôt de plainte : en avril, Laurent Péron a connaissance d’informations jugées troublantes. « Fin avril, j’avais des éléments qui me laissaient penser qu’on n’était pas sur des rumeurs », dit-il. Il a en tête l’article 40 du code de procédure pénale : « Tout officier public qui, dans l’exercice de ses fonctions, acquiert la connaissance d’un crime ou d’un délit est tenu d’en donner avis sans délai au procureur de la République ». Son courrier part le 2 mai.

Pilote de drone

Pendant tout ce printemps 2021, la suspension des subventions à Moral Soul, puis la démission de son conseil d’administration, ont alimenté les discussions. Et puis, après 20 ans à la tête de Moral Soul, Herwann Asseh a pris la tangente et annoncé la naissance d’une nouvelle compagnie, nommée « Fenikkusu » (« phénix » en japonais). Ce virage est mis sur le compte du chambardement lié à la crise sanitaire. En fait, Herwann Asseh ne va pas tarder à entamer une formation pour devenir pilote de drone.

« Il avait un regard un peu particulier sur les grandes adolescentes »

Le 6 août 2021, il est mis en examen pour viols et agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, et corruption de mineur. Les faits couvrent une période allant de 2009 à 2021. L’instruction est confiée à la magistrate Céline Verdier. Herwann Asseh est laissé libre, sous contrôle judiciaire. À Brest, c’est le coup de tonnerre. Beaucoup tombent des nues. Pas tous. « La danse, dans le Finistère, c’est un petit milieu. Tout le monde se connaît de près ou de loin. Et quand même, il avait un regard un peu particulier sur les grandes adolescentes et on ne s’est pas toujours senti à l’aise », témoigne un danseur. « Quand on l’interrogeait sur cette proximité avec des jeunes filles, il nous parlait de fusion artistique », dit une autre.

 

« Tu es magnifique quand tu danses »

Les adolescentes, elles, racontent toutes, peu ou prou, la même histoire. Herwann Asseh les a repérées lors d’un cours ou un stage découverte de la danse. Ils ont échangé leurs numéros de téléphone. « Unique », « exceptionnelle », « Tu es magnifique quand tu danses »… Il ne tarit pas d’éloges sur chacune. Les SMS, longs et flatteurs, pleuvent. « Il parle de coup de foudre artistique et personnel. Ce sont des mots qui résonnent très fort chez des adolescentes ! », témoigne Me Emilie Bruézière, avocate des plaignantes, spécialisée dans les dossiers de victimes d’agressions sexuelles.

Danse et sexualité

Herwann Asseh leur aurait promis une carrière internationale dans la danse. Le Graal ! Mais, condition sine qua non, elles ne devaient pas en parler aux autres, qui ne comprendraient pas. Ce sera leur secret à eux. Ensuite, les textos prennent un autre tour. Herwann Asseh, adepte de la danse contact, aurait un credo : sans avoir connu la sexualité, on ne peut pas être vraiment à l’aise dans son corps. Particulièrement dans la danse, où l’un n’irait pas sans l’autre. Un couple de danseurs ne doit faire qu’un et se connaître intimement. D’après nos sources, sept des adolescentes sont mineures au moment des faits. La plupart ont connu des petits copains mais pas encore eu de relations sexuelles.

« Pressées d’être entendues par la justice »

Alors, étaient-elles consentantes comme l’aurait prétendu le chorégraphe à un élu ? Contacté, Me Fabrice Quantin, avocat d’Herwann Asseh, réitère qu’il « réserve sa position ainsi que ses éléments de défense au magistrat instructeur ». Les plaignantes, elles, racontent des faits d’agression sexuelle et de viol, commis par leur professeur de danse, dans sa voiture, dans des résidences lors de déplacements, sur des plages, au sein de la Fabrique des Arts en mouvement, au Relecq-Kerhuon…

Deux d’entre elles tomberont enceintes. L’une vivra une fausse couche, seule, désorientée. La seconde prendra une pilule abortive mais connaîtra des complications qui lui vaudront d’être hospitalisée. « Aujourd’hui, elles ont peur qu’on leur reproche de faire tomber quelqu’un de son piédestal, peur d’être traitées de menteuses. Elles sont pressées d’être entendues par la justice. Pour elles, ce sera important », explique Me Bruézière.

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/l-avocat-d-herwann-asseh-rappelle-la-presomption-d-innocence-aux-elus-brestois-07-09-2021-12820683.php

Publié le 07 septembre 2021 à 07h54

L‘avocat d’Herwann Asseh rappelle la présomption d’innocence aux élus brestois

 

Lecture : 2 minutes.

 

L’avocat d’Herwann Asseh regrette « la déclaration hâtive » des élus de Brest et Brest Métropole. Dans un communiqué adressé vendredi dernier à la presse, ces derniers avaient « condamné avec la plus grande fermeté les faits reprochés à Herwann Asseh ».

 

Le 6 août dernier, Herwann Asseh a été mis en examen suite à la plainte de neuf femmes mineures au moment des faits.
Le 6 août dernier, Herwann Asseh a été mis en examen suite à la plainte de neuf femmes mineures au moment des faits. (BST – F111A)

 

En fin de semaine dernière, le maire de Brest, François Cuillandre, et l’ensemble des élus de Brest et Brest métropole ont indiqué dans un communiqué qu’ils « condamnaient avec la plus grande fermeté les faits reprochés à Herwann Asseh ». Cette déclaration a fait réagir l’avocat du chorégraphe mis en examen le 6 août dernier pour viols et agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, mais aussi corruption de mineur.

 

« Déclaration hâtive »

« Une telle déclaration, qui tient pour acquis que ce dernier serait coupable des faits pour lesquels il est mis en examen, apparaît faire fi de la présomption d’innocence qui bénéficie à Herwann Asseh », tient donc à rappeler Fabrice Quantin, avocat au barreau de Brest. Lequel « regrette cette déclaration hâtive, alors même qu’une instruction est en cours, et réserve sa position ainsi que ses éléments de défense au magistrat instructeur ». « Monsieur Herwann Asseh souhaite que la Justice pénale puisse investiguer sereinement pour permettre la manifestation de la vérité », conclut maître Quantin.

 

 

https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/face-aux-violences-sexuelles-le-quartz-de-brest-appelle-a-la-mobilisation-de-l-ensemble-du-secteur-culturel-04-09-2021-12818989.php

Publié le 04 septembre 2021 à 09h08

Face aux violences sexuelles, le Quartz de Brest appelle à la mobilisation de l’ensemble du secteur culturel

 

Lecture : 1 minute.

 

Après les élus brestois, c’est au tour du Quartz, la scène nationale brestoise, de réagir à la mise en examen du chorégraphe Herwann Asseh pour viols sur mineures.

 

Le Quartz salue l’action du Planning familial auprès des victimes de violences sexuelles.
Le Quartz salue l’action du Planning familial auprès des victimes de violences sexuelles. (Photo d’archives Le Télégramme)

 

En cette rentrée, l’équipe du Quartz réagit à son tour à la mise en examen du chorégraphe et danseur brestois Herwann Asseh le 6 août, des chefs de viols et d’agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, mais aussi corruption de mineur.

 

Dans un communiqué, l’équipe de la scène nationale de Brest, qui a contribué à l’ascension du chorégraphe, « affirme son soutien aux victimes de violences sexuelles et salue l’action du Planning familial. Elle est une oreille attentive pour toutes celles et tous ceux qui souhaiteraient faire part d’une situation de violence, quelle qu’elle soit. Plus que jamais, la mobilisation du secteur culturel est absolument nécessaire ».

Ce vendredi, les élus de la ville de Brest et de Brest métropole avaient également affirmé leur détermination « à lutter contre de tels actes et leurs auteurs, aux côtés des partenaires, associatifs et services de l’État concernés ». La collectivité envisage de se porter partie civile dans cette affaire.

 
https://www.letelegramme.fr/finistere/brest/la-ville-de-brest-envisage-de-se-porter-partie-civile-dans-l-affaire-herwann-asseh-03-09-2021-12818660.php

Publié le 03 septembre 2021 à 15h28

La Ville de Brest envisage de se porter partie civile dans l’affaire Herwann Asseh

 

Lecture : 2 minutes.

 

Après la mise en examen du chorégraphe Herwann Asseh pour viols sur mineur, les élus de Brest et de Brest métropole annoncent que la collectivité envisage de se porter partie civile.

 

Depuis sa mise en examen, Herwann Asseh a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs.
Depuis sa mise en examen, Herwann Asseh a été placé sous contrôle judiciaire avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs. (Tangi Thierry)

 

La sombre nouvelle est tombée au cœur de l’été, le 6 août dernier : Herwann Asseh, le chorégraphe et professeur de danse brestois à la réputation nationale, a été mis en examen des chefs de viols et agressions sexuelles commis sur mineur par personne ayant autorité, viols et agressions sexuelles par personne abusant de l’autorité que lui confère sa fonction, mais aussi corruption de mineur. À l’origine de cette affaire, les plaintes de neuf jeunes femmes, toutes mineures au moment des faits, qui ont confirmé devant les enquêteurs des faits d’agressions sexuelles ou de viols. Ces faits s’étaleraient de 2008 à fin 2020.

 

Soutien aux victimes

« Les faits reprochés à Herwann Asseh, qui ont conduit après enquête à sa mise en examen, ont profondément surpris et choqué de nombreux Brestois et Brestoises, parmi lesquels de très nombreux acteurs et actrices culturels de Brest et du Finistère », indiquent dans un communiqué François Cuillandre et les élus de la Ville et de Brest métropole.

Tous disent « partager cette émotion et condamner avec la plus grande fermeté les faits qui sont reprochés à Herwann Asseh ». Ils souhaitent donc « manifester tout leur soutien aux jeunes filles victimes qui ont eu le courage de dénoncer les faits » et ils affirment leur détermination, « aux côtés des partenaires, associatifs et services de l’État concernés, à lutter contre de tels actes et leurs auteurs ».

Herwann Asseh sous contrôle judiciaire

Le communiqué précise que les avocats conseils de la collectivité examinent la possibilité de se porter partie civile aux côtés des victimes dans cette affaire. À la suite de la mise en examen du chorégraphe, un juge d’instruction a été saisi et dirige la poursuite de l’enquête. Herwann Asseh a été placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention, avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs.

 

 

https://www.ouest-france.fr/bretagne/brest-29200/enquete-mis-en-examen-a-brest-le-choregraphe-herwann-asseh-paradoxe-ambulant-b552f0f0-1171-11ec-aae0-4d1212b14fe9

ENQUÊTE. Mis en examen à Brest, le chorégraphe Herwann Asseh, paradoxe ambulant

 

Le danseur et chorégraphe Herwann Asseh, 46 ans, directeur artistique de la Cie Moral Soul. | ARCHIVES ALAIN MONOT
Ouest-France Frédérique GUIZIOU. Publié le 11/09/2021 à 07h33

 

« Ce n’est pas possible. Je ne connais pas cette personne que vous décrivez. Ce ne peut pas être Herwann Asseh… » Cette sidération devant la mise en examen du chorégraphe, le vendredi 6 août 2021, à Brest (Finistère), pour corruption de mineurs, agressions sexuelles et viols, revient sans cesse.

Une sidération partagée par ceux et celles auditionnés pendant l’instruction. Choqués par les contradictions que révèle l’enquête sur une personnalité contrastée, un paradoxe ambulant.

Charisme hors cadres

« On ne peut nier son charisme, son aura, son pouvoir d’attraction hors normes », confirme un artiste connu. « Après les spectacles, Herwann Asseh était entouré d’une cour d’admirateurs. Les fans se bousculaient… » Un agent de sécurité se souvient : « Au final d’une représentation, on a dû faire évacuer la salle, le public ne voulait pas le lâcher. »

Aurait-il abusé de cette aura ? « Herwann Asseh a toujours évolué hors cadres, analyse une chargée de production. Mais ça ne l’a jamais empêché de réussir ses projets. Il était capable d’accomplir, seul, des travaux d’envergure dans un équipement prêté par la collectivité, sans demander d’autorisation. Et ça passait… »

Sidération, encore, parmi ceux qui ont croisé ce chorégraphe très actif en milieu carcéral : « Je n’aurais pas eu le même chemin de vie si je n’avais pas croisé Herwann Asseh ; je me suis reconstruit grâce à lui, à la capoeira et au hip-hop, raconte cet ex-détenu. Il m’a, littéralement, fait sortir de l’ombre. »

Idem pour ces jeunes athlètes révélés via le parkour, ce sport qui chorégraphie la mobilité et la course en milieu urbain : « J’étais un jeune de quartier mal barré, déclare ce « traceur ». Il m’a aidé à trouver ma voie, à me tenir droit. »

2 000 messages passés au crible

Très physique, Herwann Asseh montait des spectacles performants, en évoquant le dépassement de soi : « Je n’ai jamais vu un geste déplacé de sa part, jamais senti de dérapage, jure une interprète qui a, aussi, joué le rôle du « regard extérieur » pendant les répétitions. J’ai, parfois, senti des tensions dans la compagnie. Mais c’est normal qu’il y ait des frictions entre le chorégraphe et les interprètes. »

Comme l’immense majorité des mis en examen au XXIe siècle, son téléphone — 2 000 messages passés au crible ! — est devenu son pire ennemi. Difficile d’oublier avoir envoyé un message comme : « J’ai adoré cet après-midi passé ensemble. Il faudra le refaire. Mais surtout, n’en parle pas aux autres, elles seraient jalouses. »

Je me souviens voir débarquer, de nulle part, cette jeune fille persuadée d’intégrer la compagnie alors que son inexpérience était évidente.

— L’administratrice d’un théâtre

Elles se sont parlé, elles en ont parlé. « Polyamoureux, non exclusif, surtout pas polygame », ironise, amère, une ex-amie. Qui remarque que les jeunes femmes qui ont porté plainte contre le chorégraphe « sont présentes sur les images prises en octobre 2020, pour les 20 ans de Moral Soul ».

Des plaignantes qui, selon le communiqué du Planning familial, « souhaitent, en outre, pointer du doigt la glamourisation des relations abusives, notamment commises par des personnes influentes ».

« Je me souviens voir débarquer, de nulle part, cette jeune fille persuadée d’intégrer la compagnie alors que son inexpérience était évidente, confie l’administratrice d’un théâtre. Étrange ? Ou typique ? Si le chorégraphe, ce tout-puissant, l’imposait, qui pour le contredire ? »

« Fusion artistique »

Certaines relations, forcément, posent questions. « Vous êtes ensemble à la ville comme à la scène ? » Aux interrogations, fréquentes, sur la nature de la complicité qui pouvait lier sa danseuse vedette et le chorégraphe, le duo répondait, invariablement : « Nous vivons une fusion artistique. » Une contradiction, encore, que vient réveiller un autre SMS d’Herwann Asseh : « Pour bien danser, écrit-il à une danseuse, il faut être libéré sexuellement. »

De là à analyser sa trilogie, consacrée aux rapports femmes-hommes, à la sombre lumière des accusations portées ? Du-All met en scène un coup de foudre ; Manibus est centré sur les différences et les stéréotypes. Et F(h)ommes, axé sur le couple sous toutes ses formes…

Je n’ai jamais éprouvé de sensation de détournement, de posture subversive

— Une danseuse.

« Des amalgames absolument ridicules ! réagit une danseuse. Si ses spectacles se cristallisaient sur le corps des femmes, c’était une danse inscrite dans notre époque, avec un discours féministe, un ton militant. Je n’ai jamais éprouvé de sensation de détournement, de posture subversive. »

Par la voix de son avocat, le chorégraphe a récemment rappelé aux élus de Brest Métropole « qui tiennent pour acquis qu’il serait coupable », la présomption d’innocence : « Herwann Asseh réserve sa position ainsi que ses éléments de défense au magistrat instructeur, souligne maître Quantin. Il souhaite que la justice pénale puisse investiguer sereinement pour permettre la manifestation de la vérité. »

Troublant. « Ce n’est pas seulement une affaire de justice, observe un avocat. En plein #metoo, c’est, aussi, une affaire en vibration avec nos enjeux de société. »

Moral Soul : de la « standing ovation » à la débâcle

« De la “standing ovation” à la débâcle, des embrassades en public avec les élus à l’opprobre officielle, observe un élu désormais à la retraite, le crash de Moral Soul est vertigineux. »

Environ 1 500 personnes, de tous horizons, participaient, par an, aux actions culturelles de Moral Soul, qui conçoit « la danse comme vecteur de lien social ». En 20 ans, Moral Soul a fait travailler 200 personnes, des danseurs aux professionnels des costumes en passant par les administratifs. En parallèle à sa carrière artistique, Herwann Asseh est intervenu pendant plus de quinze ans dans tous types de structures, maisons d’arrêt, Maisons pour tous, centres spécialisés, maisons de retraite, écoles, collèges, lycées, instituts.

« Je suis à la fois extrêmement en colère et triste »

« C’est terrible, je suis à la fois extrêmement en colère et triste, confie une ancienne de Moral Soul. On dirait que cette affaire entache toutes les belles choses accomplies, toutes les super collaborations. Famille, proches, associés… C’est tellement dur. Les dommages collatéraux sont énormes. Avoir Moral Soul sur son CV, c’est désormais la garantie d’être examiné avec suspicion. »

La compagnie Moral Soul existe encore. Elle n’est pas dissoute. En février 2021, son conseil d’administration, avant de démissionner, s’est acquitté de ses devoirs : gérer les ruptures de contrat de la vingtaine de salariés, annuler tous les spectacles programmés, payer les taxes et factures…

Focalisé sur le parkour

Avant sa mise en examen, Herwann Asseh a cru pouvoir rebondir, « renaître de ses cendres ». Accompagné de quelques proches collaborateurs, il a lancé des plans pour une nouvelle compagnie, baptisée « Fenikkusu », « Phoenix » en japonais. Il se serait ainsi focalisé exclusivement sur le parkour, cet art du déplacement en milieu urbain qu’il a contribué à populariser à Brest. Un nom en référence, aussi, aux « Yamakasi », héros d’un film consacré aux fondateurs de la discipline acrobatique.

Cette entreprise a immédiatement ravivé l’affaire. Le Planning familial, qui accompagne les plaignantes, a communiqué sur la démarche des jeunes femmes. Pour préciser que « leur décision d’entreprendre une démarche juridique était notamment motivée par le souhait d’empêcher le chorégraphe de continuer à encadrer des jeunes femmes mineures ».

Un nouveau conseil d’administration a donc pris, en urgence, la relève à Moral Soul. Pas pour de nouveaux projets, mais pour assumer les impératifs, comme payer l’Urssaf, gérer les subventions déjà versées par le conseil départemental du Finistère et le conseil régional de Bretagne, régler la location de boxes pour entreposer le matériel de la compagnie…

Il reste environ 40 000 € sur le compte. Dans ses statuts, une clause stipule que, si Moral Soul est dissoute, cette somme devra aller à une ou d’autres compagnies de danse, choisies après discussion avec les instances publiques.

Le parcours chronologique d’Herwann Asseh

1975. Naissance à Libreville, capitale du Gabon, d’une mère bretonne et d’un père gabonais, qui, opposant au régime d’Omar Bongo, passera dix ans en prison au Gabon.

1982. Arrive, à 7 ans, en France, avec sa mère, son frère et ses deux sœurs. La famille s’installe à Ploudalmézeau. Commence l’athlétisme à l’Institut national du sport puis en équipe de France.

1994. S’initie à la capoeira et au hip-hop à Paris.

1999. Sacré champion du monde de « street dance » à Mexico. Crée sa compagnie Moral Soul qui assure cours et créations de danse contemporaine et hip-hop.

1999-2011. Artiste associé puis en résidence au Quartz, la Scène nationale de Brest.

2000. Premières pièces Maman regarde puis Les Émigrants.

2012. Pour les fêtes maritimes Tonnerres de Brest 2012, monte Avoir 20 ans dans un port européen, avec 30 jeunes danseurs de cinq villes jumelles, Brest, Kiel, Plymouth, Cadix et Constanta. Et fait danser la population brestoise sur la Danse du tram, place de la Liberté, samedi 23 juin 2012, pour l’inauguration de la première ligne du transport en commun de Brest Métropole.

2015. Installation au Relecq-Kerhuon de la compagnie Moral Soul à La Gare, « Fabrique des arts en mouvement ».

2020. En octobre, événements anniversaires des 20 ans de Moral Soul.

2021. Neuf femmes portent plainte contre le chorégraphe de 46 ans. En août, mis en examen pour corruption de mineures, agressions sexuelles et viols, entre 2008 et décembre 2020. Placé sous contrôle judiciaire par le juge des libertés et de la détention, avec interdiction de paraître dans le Finistère et d’exercer toute activité impliquant un contact avec des mineurs.

 

Patrick Poivre d’Arvor accusé par 23 femmes : rien…

 

https://www.gala.fr/l_actu/news_de_stars/insultant-meprisant-patrick-poivre-darvor-fait-grincer-des-dents_478310

« Insultant », « méprisant »… Patrick Poivre d’Arvor fait grincer des dents

 

Nina Siahpoush-Royoux | 11h14 – Aujourd’hui à 11h14 – Mis à jour le lun. 11 octobre 2021 à 12h38

 

@RACHID BELLAK / BESTIMAGE

Invité à un salon littéraire qui s’est déroulé à Saumur, Patrick Poivre d’Arvor a été visé par de nombreuses critiques, notamment parce qu’il a été accusé par 23 femmes d’agressions sexuelles, même s’il a nié les faits présumés et que l’enquête a été classée sans suite.

 

Les 9 et 10 octobre, la ville de Saumur, dans le Maine-et-Loire, a accueilli les Journées nationales du Livre et du Vin. Parmi les personnalités publiques présentes, il y avait Patrick Poivre d’Arvor. De quoi faire couler beaucoup d’encre, notamment parce que l’ancien journaliste de 74 ans, qui a décerné un prix à l’écrivain Thibault de Montaigu pour son livre intitulé La Grâce, a fait l’objet de nombreuses accusations de viols. Même si l’enquête a été classée sans suite en juin dernier, pas moins de vingt-trois femmes ont été auditionnées.

Parmi elles, il y avait Hélène Devynck, qui a réagi sur son compte Twitter. Elle a notamment déploré le fait que Patrick Poivre d’Arvor ait « joué Le petit prince : ‘On ne voit bien qu’avec le cœur’ » alors qu’il a été traîné en justice par plusieurs personnes. « 23 femmes se sentent méprisées, moi la première », a-t-elle ajouté. Interviewée par L’Obs, elle a fait part de son indignation. « PPDA fait des signatures, va à des festivals, il est reçu partout, comme si de rien n’était. À chaque fois, c’est comme si on n’existait pas. Ça nous blesse. C’est insultant », a-t-elle affirmé, en parlant au nom de toutes les victimes présumées, qui ont accusé le présentateur de les avoir violées. Elle n’est pas la seule à s’être exprimée puisque la journaliste Emmanuelle Dancourt, a également rappelé son « combat » contre l’ex-compagnon de Claire Chazal, qui l’aurait « agressée sexuellement et harcelée pendant un an ». « Je suis écœurée par sa présence à Saumur », a-t-elle souligné dans son tweet.

Ce week-end au Salon du livre et du vin de Saumur, #ppda va jouer Le petit Prince; « On ne voit bien qu’avec le cœur ». Il remettra le « Prix Patrick Poivre d’Arvor ». 23 femmes se sentent méprisées, moi la première. pic.twitter.com/hTnkaOtMxB

— Devynck Hélène (@DevynckH) October 9, 2021

Au festival de #Saumur parmi les invités vedettes: @PPDA Personne n’a donc lu les témoignages des femmes violées? En France, #Metoo est une blague et la presse largement en dessous des enjeux comme le montre son silence autour du témoignage concernant @N_Hulot Étonnant, non? pic.twitter.com/jmFibmHGF1

— jean-michel aphatie (@jmaphatie) October 9, 2021

« Nous ne sommes pas des procureurs »

Autre coup de gueule, poussé cette fois par Jean-Michel Aphatie. Toujours sur le réseau social, notre confrère a exprimé son choc de voir ainsi Patrick Poivre d’Arvor mis sur le devant de la scène. « Personne n’a donc lu les témoignages des femmes violées ? En France, MeToo est une blague et la presse largement en dessous des enjeux », a-t-il regretté. Nos confrères de L’Obs ont contacté les organisateurs du festival pour chercher à en savoir plus et ces derniers ont expliqué que le journaliste « vient depuis de très nombreuses années à Saumur pour signer ses livres ». « Il y avait beaucoup de monde à son stand et à sa table ronde. On n’inviterait pas quelqu’un qui est en porte-à-faux avec des règles morales fondamentales et la justice. Nous, en tant qu’organisateurs de salons, nous ne sommes pas des procureurs de la République. On respecte la justice de notre pays à 200 % », ont-il affirmé, pour se dédouaner face aux critiques.

Article écrit avec la collaboration de 6Medias

Crédits photos : RACHID BELLAK / BESTIMAGE

 

12345...146

Le Club des Jeunes |
Collectif citoyen de Monfla... |
JCM Consultant |
Unblog.fr | Annuaire | Signaler un abus | Hug Lo
| Reelnew
| coachingmeteo